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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2016-12-03, Collections de BAnQ.

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[" Manon Cornellier sur le rejet par les libéraux de la réforme électorale Page B 4 Julien Tourreille sur la possible prise de pouvoir des généraux Page B 2 PERSPECTIVES C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 D É C E M B R E 2 0 1 6 Science Le test Pap aux oubliettes pour détecter le cancer du col de l\u2019utérus Page B 6 En donnant cette semaine son accord à la construction de deux nouveaux oléoducs destinés à l\u2019exportation du pétrole des sables bitumineux, le gouvernement Trudeau a répondu à une demande pressante d\u2019une industrie qui compte bien faire augmenter sa production au cours des prochaines années.Ce parti pris en faveur des pétrolières soulève toutefois la question de la cohérence de la stratégie canadienne de lutte contre les changements climatiques.A L E X A N D R E S H I E L D S L e premier ministre, Justin Trudeau, a pris lui-même le micro mardi, en fin de journée, pour annoncer que son gouvernement approuvait la construction de l\u2019oléoduc Trans Mountain et l\u2019expansion de la Ligne 3, deux projets majeurs conçus pour faciliter l\u2019expor tation d\u2019une production pétrolière en croissance en Alberta.De quoi ajouter un million de barils par jour aux exportations canadiennes.« Aujourd\u2019hui, les oléoducs du Canada sont utilisés à pleine capacité.Cela veut dire que, si la production augmente de façon significative, nous serons forcés de trouver d\u2019autres moyens d\u2019acheminer le pétrole qui sont moins sûrs que les oléoducs », a fait valoir M.Trudeau, citant l\u2019exemple du transport ferroviaire pour justifier le feu ver t du fédéral.Le chef libéral a ainsi repris à son compte un argument cher à l\u2019industrie des oléoducs, qui ne cesse de l\u2019utiliser depuis la tragédie sur venue à Lac-Mé- gantic, en 2013.Pour les entreprises du secteur des énergies fossiles, il s\u2019agit d\u2019ailleurs d\u2019une excellente nouvelle.Après tout, malgré le préjugé très favorable de l\u2019ancien gouvernement conservateur, aucun oléoduc majeur n\u2019a été construit au Canada au cours des 10 dernières années.Et, même si le gouvernement Trudeau a fermé, mardi, la porte à un projet autorisé par le gouvernement Harper, Northern Gateway, il a tout de même donné son aval à Trans Mountain, évalué et recommandé par l\u2019Office national de l\u2019énergie en vertu de règles fixées essentiellement par les conservateurs.Qui plus est, les libéraux ont mobilisé pas moins de cinq ministres pour l\u2019annonce faite mardi, en plus de ceux qui ont maintenant la tâche de «vendre» le projet, notamment en Co- lombie-Britannique.Une mission de promotion qui sera appuyée, la semaine prochaine, par la première ministre albertaine, Rachel Notley, qui doit justement se rendre sur la côte ouest pour ajouter sa voix à celle des promoteurs de l\u2019oléoduc Trans Mountain, de Kinder Morgan.Un projet rejeté par plusieurs dans la province voisine de l\u2019épicentre de l\u2019exploitation de l\u2019or noir au Canada.Pour l\u2019Alberta Il faut dire que cette « voie ensoleillée » pour l\u2019industrie pétrolière est avant tout une bonne nouvelle pour l\u2019Alber ta.« Nous avons une chance de sor tir de notre enclave, s\u2019est d\u2019ailleurs réjouie Mme Notley, cette semaine.Nous OLÉODUCS Démission climatique au nom du pétrole ?L\u2019approbation de deux nouveaux oléoducs complique les choses pour le plan de lutte contre les bouleversements du climat DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE Le vice-président en chef de l\u2019Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique, Bob Chamberlin, issu de la Première Nation des Kwicksutaineuk Ah- kwa-mish, joue de la musique et chante durant la manifestation contre le projet d\u2019expansion Trans Mountain de Kinder Morgan, à Vancouver, le 29 novembre.La décision d\u2019Ottawa d\u2019autoriser deux projets d\u2019oléoducs dans l\u2019Ouest du pays a choqué plusieurs communautés autochtones environnantes \u2014 reflet d\u2019une opposition assez généralisée des Premières Nations à ce type de projet.À défaut d\u2019un veto, ces communautés ont certaines poignées juridiques pour se faire entendre.Explications.G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É « I ls font une grosse erreur.Nous n\u2019allons pas laisser cet oléoduc être construit.» Le premier ministre Trudeau avait à peine terminé sa conférence de presse, mardi, que Charlene Aleck, porte-parole de la nation Tsleil-Waututh (Colombie-Britannique), annonçait les couleurs de la résistance autochtone locale.Opposés au projet Trans Mountain de Kinder Morgan, les membres de Tsleil-Waututh ont multiplié les efforts, ces derniers mois, pour se faire entendre.Dans ce contexte, la décision du gouvernement Trudeau d\u2019autoriser le projet a été reçue comme une gifle au visage.Selon Mme Aleck, le premier ministre vient de briser sa promesse d\u2019établir une « relation renouvelée de nation à nation» avec les autochtones.Cette communauté n\u2019est qu\u2019une voix parmi tant d\u2019autres au sein des Premières Nations à s\u2019opposer aux projets d\u2019oléoducs.En juin, l\u2019Assemblée des Premières Nations Québec-La- brador (APNQL) a rejeté officiellement l\u2019idée d\u2019un oléoduc Énergie Est, promettant de défendre sa position devant les tribunaux, au besoin.« Il s\u2019agit d\u2019une position très claire d\u2019opposition formelle et of ficielle au projet », disait le chef, Ghislain Picard.Quelques mois plus tard, quelque 50 Premières Nations du Canada et des États-Unis \u2014 dont l\u2019APNQL \u2014 ont signé un traité symbolique d\u2019opposition à tous les projets de transport du pétrole albertain des sables bitumineux qui passeraient sur leurs terres (oléoducs, trains et bateaux).Le texte précisait que l\u2019expansion des sables bitumineux « est une menace collective pour [ces Premières] Nations et nécessite donc une réaction collective ».En 2012, près de 130 petites communautés de la Colombie-Britannique avaient aussi signé une lettre d\u2019opposition au projet Nor ther n Gateway, de la compagnie En- bridge (qui, lui, a été rejeté mardi par le gouvernement Trudeau).Est-ce à dire que toutes les Premières Nations sont opposées aux projets d\u2019oléoducs ?Non : à preuve, le Vancouver Sun a révélé en octobre qu\u2019une quarantaine de groupes autochtones appuyaient les projets de Kinder Morgan et d\u2019En- bridge.Tous avaient reçu des sommes d\u2019argent totalisant 9,3 millions à ce moment.«Comme le veut l\u2019adage, nous sommes open for business», déclarait alors Fred Seymour, chef d\u2019une Première Nation établie près de Kamloops.Mais, de manière générale, il y a bel et bien opposition.Et, malgré la décision du gouvernement Trudeau d\u2019aller de l\u2019avant avec des projets controversés, ces voix de résistance ont un grand poids dans la balance, estiment deux experts en droit autochtone consultés par Le Devoir.Redoutables « Il y a assurément un poids moral et politique, dit Maxime Saint-Hilaire (Université de Sherbrooke), surtout face à un gouvernement qui se présente avec un discours pro-autochtones et qui a promis de mettre en œuvre les principes de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.» « Mais il y a aussi un poids juridique important : les recours qu\u2019ont les autochtones en droit constitutionnel sont, de loin, les plus redoutables Résistance autochtone avec un (certain) poids Les Premières Nations n\u2019ont pas un droit de veto sur les projets d\u2019oléoducs, mais elles ont un outil puissant VOIR PAGE B 2 : DÉMISSION VOIR PAGE B 3 : POIDS DAVID GOLDMAN ASSOCIATED PRESS Megan Toben jette du tabac sur les rives de la rivière Cannonball, dans le Dakota du Nord, aux États- Unis, durant une cérémonie autochtone de l\u2019eau au camp Oceti Sakowin, où des opposants au projet de l\u2019oléoduc Dakota Access se mobilisent aussi.Selon les croyances autochtones, le tabac est utilisé pour ouvrir la barrière entre les mondes physique et spirituel, le 2 décembre. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 D É C E M B R E 2 0 1 6 P E R S P E C T I V E S B 2 P endant sa campagne, Donald Trump n\u2019a pas manqué de critiquer, parfois violemment, les généraux américains.Il af firma notamment qu\u2019il en savait plus qu\u2019eux sur comment vaincre le groupe État islamique.Président désigné, il semble vouloir leur accorder une place majeure au sein de sa future équipe.Quels signes y déceler sur sa politique étrangère ?Le contrôle civil de l\u2019appareil militaire, si cher aux Américains, est-il remis en cause ?Annoncé le 1er décembre, le choix du général à la retraite James Mattis comme secrétaire à la Défense porte à deux (après Michael Flynn, désigné conseiller à la sécurité nationale) le nombre d\u2019anciens hauts gradés appelés à jouer un rôle clé dans la politique étrangère du président Trump.Un troisième pourrait suivre si David Petraeus devait être choisi secrétaire d\u2019État.La rupture d\u2019une tradition En optant pour Mattis, Trump rompt avec une tradition privilégiant le contrôle civil et voulant qu\u2019un ex-militaire ne dirige pas ses anciens collègues.Il fait également fi de la législation en vigueur.La Loi sur la sécurité nationale de 1947 imposait en effet une période de dix ans (réduite à sept ans en 2008) avant qu\u2019un militaire retraité puisse exercer de hautes responsabilités civiles au sein du département de la Défense.Cette disposition fut exceptionnellement amendée en 1950 pour permettre au président Truman de nommer l\u2019ancien général George Marshall.Mattis n\u2019a quitté ses fonctions dans les forces armées qu\u2019en 2013.Avant qu\u2019il puisse exercer ses fonctions, le Congrès devra donc dans un premier temps voter une loi l\u2019y autorisant.Sa nomination devra ensuite être confirmée par un vote à la majorité simple au Sénat.Cette confirmation ne devrait pas poser problème.Mattis est en ef fet éminemment respecté, autant par ses anciens collègues que par des civils jouissant à Washington d\u2019une aura certaine sur les questions de défense, tels le sénateur John McCain ou la présidente du Center for a New American Security, Michèle Flournoy.Surnommé le « chien fou » ou encore le « moine soldat », Mattis est bel et bien une figure incontournable des quinze dernières années.Il a dirigé des opérations majeures en Afghanistan en novembre 2001, en Irak lors de l\u2019invasion de 2003 et en 2004 lors d\u2019assauts sur la ville rebelle de Falloujah.Il est aussi un penseur influent, ayant coécrit avec David Petraeus le manuel de contre-insurrection des forces américaines en 2006.Mattis et Trump s\u2019entendent sur deux idées.D\u2019une part, la politique étrangère américaine serait dans un état désastreux au point d\u2019affaiblir le prestige et la crédibilité des États-Unis sur la scène internationale.D\u2019autre part, les deux hommes estiment que le gouvernement Obama s\u2019est montré trop faible et naïf face aux adversaires des États-Unis, en particulier l\u2019Iran.Les garde-fous Au-delà de cette af finité intellectuelle avec Mattis et d\u2019une fascination manifeste pour la chose militaire, l\u2019intérêt que Donald Trump accorde aux hauts gradés est politiquement fort habile.Alors que les Américains ne font plus guère confiance à leurs institutions, que ce soit les médias, les banques, le système politique et même les groupes religieux, les forces armées bénéficient d\u2019une solide cote de popularité.Depuis 2002, les données de l\u2019institut Gallup démontrent que trois Américains sur quatre en moyenne leur font confiance.En outre, même s\u2019ils sont habitués de ma- nœuvrer dans les coulisses du pouvoir, les militaires ne sont pas perçus dans la population comme des politiciens de carrière.Ils sont respectés pour leur sens du sacrifice et leur parler- vrai.Leur expérience reconnue des questions internationales peut également être rassurante quant à l\u2019incompétence évidente du futur locataire de la Maison-Blanche.Certes habile, le choix d\u2019anciens généraux n\u2019est cependant pas sans risques pour Donald Trump.Il ne doit surtout pas s\u2019attendre à les voir se compor ter en béni-oui-oui.Ils devraient en fait formuler les critiques les plus fortes des idées avancées par Trump, comme l\u2019usage de techniques d\u2019interrogatoire assimilables à de la torture, la remise en question des alliances, ou encore la présentation de l\u2019islam et des musulmans dans leur ensemble comme une menace à la sécurité des États- Unis.Les militaires, contrairement à l\u2019homme d\u2019af faires, n\u2019ont pas non plus le goût du risque.Il est donc fort probable que ceux-ci dissuadent d\u2019éventuelles pulsions va-t-en- guerre du 45e président.La cour que fait Trump à d\u2019anciens hauts gradés peut apparaître surprenante.Elle est en décalage complet avec le message que les États- Unis ont régulièrement envoyé à leurs alliés, que ce soit l\u2019Égypte, le Pakistan ou encore la Turquie pour un plus grand contrôle civil sur le militaire.À l\u2019heure actuelle, elle constitue cependant le meilleur rempart contre les périls de l\u2019inexpérience et de l\u2019incompétence présidentielles en matière de politique étrangère et de sécurité nationale.ÉTATS-UNIS La prise de pouvoir des généraux ?Lundi, quatre élections partielles auront lieu : dans Marie-Victorin et Verdun, où l\u2019issue du scrutin fait peu de doute, et dans Arthabaska et Saint-Jérôme, où un certain suspense persiste.Péquistes et caquistes sont fébriles, tandis que les libéraux sont relaxes, assurés qu\u2019ils sont de ne pas perdre leurs acquis.R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec I l y a un an et demi, la Coalition avenir Québec avait subi une amère défaite dans la circonscription de Chauveau, qu\u2019avait quittée Gérard Deltell pour se consacrer à ses ambitions fédérales.Le choc avait été dur.François Le- gault avait expliqué la défaite par la polarisation entre fédéralistes et souverainistes.La candidate Jocelyne Cazin s\u2019était plainte du peu d\u2019appui que Gérard Deltell lui avait manifesté.Des médias aussi : ils avaient relayé le message des libéraux qui l\u2019avaient qualifiée de «parachutée», avait-elle déploré.Si jamais la CAQ ne réussit pas à l\u2019emporter dans Arthabaska, les caquistes ne blâmeront pas feu Sylvie Roy \u2014 ou sa sœur Nathalie Roy, qui s\u2019est rangée du côté des libéraux \u2014 mais ils n\u2019en penseront pas moins.Certes, il y avait quelque chose d\u2019indécent à voir la CAQ, au début de la campagne électorale, se revendiquer de l\u2019héritage de Sylvie Roy, qu\u2019elle avait expulsée du caucus sans trop de ménagement.Sa sœur y est allée d\u2019une lettre dénonçant cette instrumentalisation de la députée décédée l\u2019été dernier.François Legault a dû faire une mise au point, après que les journalistes eurent compris, erronément, semble-t-il, qu\u2019il accusait cette dernière d\u2019avoir été payée par les libéraux pour écrire cette lettre.Les libéraux ne se sont pas gênés pour exploiter la situation, en embauchant deux attachés politiques de Sylvie Roy.C\u2019est devenu une manie chez eux de débaucher des adversaires.Puis, ils ont accusé les caquistes d\u2019instrumen- taliser la députée.Quitte à faire pareil, forcément.« Il fallait que ça arrête », convient-on chez les libéraux.Dans Arthabaska, c\u2019est aussi une élection pour petits vieux.À quelques reprises, les docteurs Couillard et Barrette sont allés à leur chevet.La participation est faible lors d\u2019élections partielles et ce sont les électeurs plus âgés qui votent le plus.La santé, un enjeu Dans chaque camp, on reconnaît que les services de santé sont un enjeu de l\u2019élection ; les libéraux ont d\u2019ailleurs fait des pieds et des mains pour qu\u2019il en soit ainsi.Juste avant le déclenchement des élections, Gaétan Barrette est venu confirmer l\u2019agrandissement de l\u2019urgence de l\u2019Hôtel-Dieu d\u2019Arthabaska, un projet maintes fois promis puis annoncé.Mais que seraient les campagnes électorales sans ce recyclage d\u2019engagements éculés?Durant la campagne, Gaétan Barrette est revenu sur une de ses décisions, en donnant le crédit au candidat libéral Luc Dastous.L\u2019Hôtel- Dieu conservera son service de radiologie et on lui fournira même un appareil dernier cri.À Québec, à la faveur d\u2019une opération de communication sans précédent, Gaétan Barrette avait décidé de remporter la bataille du « manger mou » en se pourléchant les babines devant une platée de CHSLD, pour le bénéfice des caméras.Il voulait river le clou au député de Lévis, François Paradis, qui n\u2019a pas son pareil pour embarrasser le gouvernement avec les problèmes terre à terre de cet électorat édenté, avec les «vraies affaires» d\u2019une population vieillissante.François Paradis exploite un nouveau créneau en politique, que l\u2019on pourrait qualifier de populisme gériatrique.La corruption est un autre thème qu\u2019exploite la CAQ pour embêter les libéraux.À l\u2019Assemblée nationale, l\u2019incisif Éric Caire est revenu à maintes reprises sur le scandale de la Société immobilière du Québec (SIQ), une histoire ancienne mais qui porte la marque des libéraux.De son côté, Simon Jolin-Barrette cherche à lier Luigi Coretti, l\u2019ex-patron de la firme BCIA accusé de fraude, mais dont le procès a avorté en raison des délais, avec le secrétaire général associé au Conseil exécutif et ancien organisateur libéral, Pietro Perrino.La CAQ livre une bonne bataille au Parti québécois dans Saint-Jérôme, une circonscription qu\u2019elle a déjà décrochée avec un candidat-ve- dette, Jacques Duchesneau.La formation de François Legault joue à fond la carte identitaire pour déstabiliser le camp péquiste.Ainsi, la CAQ a lancé une publicité montrant une femme vêtue d\u2019un tchador à côté de clichés de Philippe Couillard et de Jean-François Lisée avec les mentions suivantes : « Couillard et Lisée en faveur du tchador pour les enseignantes dans nos écoles » \u2014 « Seule la CAQ défend nos valeurs ».Cette publicité fut diffusée dans les médias sociaux mais aussi dans l\u2019hebdomadaire local.Cet assaut a poussé Jean-François Lisée à présenter à la va-vite le « consensus » identitaire de son caucus il y a deux semaines, une semaine après avoir tendu la main à Québec solidaire, à la veille de son Conseil national.Il s\u2019agit d\u2019une position qui ressemble à celle de la CAQ : interdiction du port des signes religieux pour les agents de l\u2019État exerçant un pouvoir coercitif, comme les juges et les policiers, soit Bouchard-Taylor, plus les enseignants, mais avec un accent mis sur l\u2019inclusion et la diversité.La burqa demeure dans le por trait, puisqu\u2019un comité de parlementaires et d\u2019ex- per ts devra se pencher sur son interdiction dans l\u2019espace public.Dans un point de presse tenu lundi, Véronique Hivon était manifestement mal à l\u2019aise quand Le Devoir lui a demandé ce qu\u2019elle pensait du port de la burqa dans l\u2019espace public : elle n\u2019avait pas d\u2019opinion à exprimer.Mais l\u2019élue s\u2019est ralliée au consensus, s\u2019accrochant aux éléments d\u2019« ouverture » que contient la nouvelle position, à l\u2019instar d\u2019autres députés qui pensent pareillement, comme Alexandre Cloutier et Sylvain Gaudreault, pour ne nommer que ceux-là.Que ce soit chez les libéraux, les péquistes ou les caquistes, on croit que les quatre élections partielles se solderont par le statu quo.C\u2019est du moins le scénario le plus probable.Les libéraux n\u2019auront pas de mal à conser ver Verdun, et les péquistes, Marie-Victorin, tandis que la CAQ remporterait Arthabaska, et le PQ, Saint-Jérôme.Dans des élections partielles, où la participation est faible, la CAQ est toutefois désavantagée en raison de son organisation anémique et de la composition de son électorat, plus jeune et moins politisé.Perdre Arthabaska serait une gifle pour le parti, mais, avec un résultat très serré, il n\u2019y aurait pas péril en la demeure, ras- sure-t-on à la CAQ.En revanche, la perte de Saint-Jérôme serait désastreuse pour le PQ, ce que les stratèges péquistes refusent d\u2019envisager.Jean-François Li- sée en serait quitte pour peaufiner sa stratégie.Mais on peut compter sur lui pour le faire si cela s\u2019impose ; c\u2019est sa spécialité.Le Devoir Fébrilité électorale au PQ et à la CAQ JULIEN TOURREILLE avons une chance de vendre vers la Chine et vers d\u2019autres marchés, et ce, à de meilleurs prix.» Des arguments de mise en marché qui font déjà par tie du discours des par tisans d\u2019Énergie Est.Au nom de la prospérité de l\u2019industrie et, par ricochet, de l\u2019économie du pays, les provinces doivent accepter de devenir des plaques tournantes pour l\u2019exportation pétrolière.La politicienne albertaine a toutefois affirmé que les nouvelles infrastructures de transport n\u2019entraîneraient pas une hausse de la production des sables bitumineux.En effet, puisque la hausse était déjà prévue et qu\u2019elle nécessite la construction d\u2019oléoducs, en raison de la saturation du réseau ferroviaire.Les différentes données disponibles font état d\u2019une hausse de 40 % pour les sables bitumineux d\u2019ici 2025, soit une production qui sera alors de 3,4 millions de barils par jour, contre 2,4 millions au- jourd\u2019hui.Et la croissance devrait se poursuivre par la suite, selon l\u2019Association canadienne des producteurs pétroliers.Cette croissance est compatible avec la protection du climat, selon M.Notley, en raison du « leadership » alber tain en matière de lutte contre les changements climatiques.La province a ainsi imposé un plafond d\u2019émissions annuelles de 100 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) à l\u2019industrie des sables bitumineux, qui se situe présentement à 70 millions de tonnes.Mais, avec une croissance prévue de 50 % dans le secteur d\u2019ici 2030, à quoi faut-il s\u2019attendre ?Les deux projets d\u2019expansion approuvés cette semaine vont, quant à eux, de pair avec des émissions totales situées entre 24 et 28 millions de tonnes, et ce, uniquement pour les GES imputables à la production pétrolière.De quoi annuler l\u2019effet de la fermeture accélérée des centrales au charbon et d\u2019une taxe sur le carbone qui serait de 50 $ en 2030.Mais, selon Oil Change International, si on inclut les émissions liées à l\u2019utilisation de ce pétrole, les GES totaux annuels atteindraient près de 200 millions de tonnes.Bref, on s\u2019éloignerait encore plus d\u2019une éventuelle réduction des GES.Incohérence La guerre des chiffres risque de se poursuivre entre partisans et opposants de ces projets, mais une chose demeure : Justin Trudeau s\u2019est engagé à prendre les mesures nécessaires pour que le Canada réduise ses GES de 30 % d\u2019ici 2030, par rapport à 2005.Cela signifierait de les ramener à 524 millions de tonnes, par rapport aux 732 millions de tonnes actuelles.Autant dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un projet ambitieux, surtout pour un pays où la croissance des GES est constante et alimentée en grande majorité par le secteur des énergies fossiles.Même si M.Trudeau estime que l\u2019autorisation de nouveaux oléoducs s\u2019inscrit parfaitement dans le plan climatique du Canada, la spécialiste des changements climatiques, Catherine Potvin, juge qu\u2019il n\u2019existe « aucune cohérence » entre les annonces de cette semaine et la réalité climatique.En s\u2019appuyant sur les travaux du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC), elle croit que le Canada fait fausse route en s\u2019engageant ainsi à long terme avec l\u2019industrie pétrolière.Après tout, souligne la scientifique, les oléoducs qui seront mis en exploitation dès 2019 sont conçus pour être utilisés pendant plusieurs décennies, alors même qu\u2019il faudrait plutôt mettre en place un plan à long terme de réduction de la production pétrolière au pays.Michel A.Bouchard, du McGill-UNEP Center for Environmental Assessment, estime pour sa part que le Canada n\u2019atteindra tout simplement pas ses cibles de réduction de GES pour 2030.«On ne voit pas de vision stratégique de la part du gouvernement.Il n\u2019y a, pour le moment, aucun calcul rigoureux pour nous convaincre.» Selon lui, il faudra surveiller ce qui ressortira de la rencontre, prévue le vendredi 9 décembre, entre Justin Trudeau et les premiers ministres des provinces pour savoir si le Canada a véritablement un « plan » crédible de lutte contre les changements climatiques.Doutes Reste aussi à voir si les oléoducs autorisés cette semaine seront bel et bien construits.Même la leader conservatrice, Rona Ambrose, a émis des réserves cette semaine, après le feu ver t du gouvernement Trudeau.Selon elle, l\u2019opposition risque d\u2019être forte.Même son de cloche du côté du directeur principal d\u2019Équi- terre, Steven Guilbeault, qui croit que l\u2019oléoduc Trans Mountain «ne sera jamais construit ».Des Premières Nations pourraient notamment lancer des procédures, comme cela s\u2019est vu pour d\u2019autres projets ailleurs au pays.Des groupes écologistes et citoyens de la côte ouest promettent eux aussi de contester l\u2019autorisation d\u2019Ottawa, accordée malgré une forte opposition, notamment de la Ville de Vancouver et de la Ville de Burnaby.C\u2019est là que les 890 000 barils de pétrole par jour seraient chargés à bord de pétroliers, à raison de 34 navires par mois.Ce volet du projet est d\u2019ailleurs déjà attaqué en justice.Le groupe Ecojustice a lancé, avant le feu vert du fédéral, une procédure contre l\u2019Office national de l\u2019énergie, qui n\u2019a pas tenu compte des impacts du trafic pétrolier sur une population d\u2019épaulards de la région, en voie de disparition.Une action en justice qui pourrait maintenant viser le gouvernement.De quoi ouvrir la porte à une saga semblable à celle de Cacouna.Reste à voir quelle sera ici la couleur du slogan des libéraux fédéraux, qui ne cessent de répéter que le développement économique et la protection de l\u2019environnement doivent aller de pair.Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 DÉMISSION JACQUES NADEAU LE DEVOIR La perte de Saint-Jérôme serait désastreuse pour le PQ, ce que les stratèges péquistes refusent d\u2019envisager.Jean-François Lisée en serait quitte pour peaufiner sa stratégie.La CAQ livre une bonne bataille au Parti québécois dans Saint-Jérôme, une circonscription qu\u2019elle a déjà décrochée avec un candidat-vedette, Jacques Duchesneau L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 D É C E M B R E 2 0 1 6 P E R S P E C T I V E S B 3 P ersonne n\u2019a dû être plus soulagé de voir Gilles Vaillancourt se retrouver derrière les barreaux que le premier ministre Couillard et sa ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.S\u2019il avait fallu que l\u2019ancien maire de Laval échappe à la justice, le tollé aurait été immense.Il est impossible d\u2019établir dans quelle mesure la perspective d\u2019un arrêt des procédures, en invoquant l\u2019arrêt de la Cour suprême sur les délais déraisonnables, a pu influer sur les négociations qui ont mené à l\u2019aveu de culpabilité de M.Vaillancourt et à l\u2019abandon de l\u2019accusation de gangstérisme, comme l\u2019a suggéré Jean-François Lisée.De toute évidence, ses avocats ont jugé bien incertain le résultat d\u2019une éventuelle requête, puisqu\u2019il a préféré négocier.De l\u2019aveu même du juge en chef de la Cour supérieure, Jacques Fournier, l\u2019arrêt Jordan n\u2019en constitue pas moins une épée de Damo- clès qui menace le système de justice.Dans une entrevue accordée au J o u r n a l d e M o n t r é a l , M.Fournier a clairement évoqué la possibilité que des meurtriers soient remis en liber té, faute de ressources pour qu\u2019ils soient traduits en justice dans des délais jugés raisonnables.« C\u2019est très grave.Nous avons un bon système, mais il est débordé.On fait tout ce qui est humainement possible, nous mobilisons toutes nos ressources, mais nous avons nos limites, a-t- il expliqué.[\u2026] La crise est maintenant.Ça va être long à réparer, et plus on fait vite, mieux ce sera.» Le juge en chef associé, Robert Pidgeon, a renchéri dans une entrevue donnée à Radio-Ca- nada.«Ça n\u2019a pas de bon sens.On est à l\u2019âge de pierre en matière de services juridiques.Il y a des efforts qui sont déployés par le système judiciaire, mais nous allons avoir besoin d\u2019aide du monde politique pour nous fournir des ressources et aussi moderniser notre système.» ?Il est inhabituel et certainement anormal que la magistrature sente le besoin de lancer un tel cri d\u2019alarme sur la place publique.Si elle s\u2019y est résignée, c\u2019est de toute évidence que les canaux usuels ne permettaient pas de faire passer le message de façon suf fisamment ef ficace.Alors que l\u2019Ontario venait d\u2019annoncer l\u2019ajout de 13 juges et 32 procureurs, le gouvernement Couillard ne donnait pas l\u2019impression d\u2019être habité par un grand sentiment d\u2019urgence.Vendredi matin, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, déclarait encore à l\u2019Assemblée nationale qu\u2019elle en était à « analyser les ressources dans un contexte de changement de culture ».Il n\u2019était pas question de faire une « annonce à l\u2019emporte-pièce ».Clairement, elle ne semblait pas comprendre que la crise qui menace le système judiciaire risquait aussi de se transformer en crise politique.De toute évidence, quelqu\u2019un au bureau du premier ministre a pris conscience du fait que cette procrastination devenait de plus en plus incompréhensible pour la population.Le moins qu\u2019on est en droit d\u2019attendre d\u2019un gouvernement est de faire en sor te que le système judiciaire fonctionne convenablement et d\u2019éviter que des criminels soient remis en liberté parce qu\u2019on manque de juges, de procureurs ou de locaux.Il est vrai que les finances publiques onta- riennes ont pris du mieux, mais le budget pour l\u2019année 2016-2017 n\u2019en prévoit pas moins un déficit de 4,3 milliards.Si la province voisine a pu trouver des fonds pour permettre au système judiciaire de s\u2019ajuster à la situation créée par l\u2019arrêt Jordan, comment expliquer que le Québec, qui a dégagé des surplus de 2,2 milliards, en soit incapable ?Le réinvestissement de 200 millions en quatre ans, qui a été annoncé en catastrophe vendredi après-midi, sera certainement le bienvenu, mais il demeure inquiétant qu\u2019on a attendu que le système arrive à un point de rupture avant d\u2019agir.Ce n\u2019est pourtant pas d\u2019hier que la ministre a été avertie des conséquences néfastes des compressions budgétaires décrétées par son gouvernement sur l\u2019administration de la justice.Depuis qu\u2019elle est en poste, Mm e Vallée donne continuellement l\u2019impression d\u2019être dépassée par les événements.Elle s\u2019empêtre autant dans son projet de loi sur la neutralité religieuse qu\u2019elle l\u2019avait fait dans celui qui voulait interdire les discours dits haineux.Même la définition du mariage avait semblé lui posé un problème insoluble.La question est de savoir si elle est la plus apte à mener à bien la modernisation qui s\u2019impose.Quand l\u2019Assemblée nationale aura ajourné ses travaux pour Noël, le premier ministre Couillard aura davantage le loisir de réfléchir au remaniement ministériel auquel il devra vraisemblablement procéder pour faire une place à Pierre Moreau.Pourquoi ne pas le nommer à la Justice ?Certains diront que le fait que sa conjointe est une juge pourrait le placer dans une position délicate.Vraiment ?Après tout, celle du ministre de la Santé est une radiologue et cela ne semble pas le gêner le moindrement.mdavid@ledevoir.com Au bord de la crise MICHEL DAVID DAVID AFRIAT LE DEVOIR Hubert T.Lacroix, président-directeur général de CBC/RC répète, en entrevue au Devoir, que l\u2019objectif de sa proposition doit être compris globalement, dans la perspective de la refonte du système médiatique national.pour le gouvernement à l\u2019heure actuelle.C\u2019est, pour Ottawa ou les promoteurs de ces projets, une menace beaucoup plus grande que les droits des provinces sur le partage des compétences.» M.Saint-Hilaire et Sébastien Grammond (Université d\u2019Ottawa) soulignent qu\u2019il n\u2019y a pas de droit de veto pour ces communautés \u2014 sauf exception (certaines catégories de terres pour les signataires d\u2019un « traité moderne»).La vraie poignée est plutôt celle accordée en 2004 par la Cour suprême, dans une décision concernant la nation Haïda.« Ç\u2019a eu des répercussions énormes, dit Maxime Saint-Hilaire.Non seulement sur la pratique du droit autochtone, mais aussi sur l\u2019exploitation des ressources naturelles sur le territoire.Ç\u2019a créé une onde de choc qui a complètement modifié la configuration du domaine.» Consulter\u2026 Et pourquoi donc ?C\u2019est que la cour a alors établi l\u2019obligation de la Couronne de consulter les peuples autochtones et de trouver des accommodements à leurs préoccupations (pour l\u2019Office national de l\u2019énergie, l\u2019obligation n\u2019est pas aussi claire \u2014 la Cour suprême s\u2019est penchée sur la question cette semaine).De plus, elle est venue dire que cette obligation de consultation pour le gouvernement s\u2019applique même si les droits des autochtones n\u2019ont pas encore été reconnus dans un traité.« Auparavant, l \u2019État pouvait exploiter le territoire comme si de rien n\u2019était pendant l\u2019étape de revendication, dit M.Saint-Hilaire.C\u2019est au- jourd\u2019hui impossible.» «Pour le gouvernement, c\u2019est très clair : il doit y avoir une consultation sérieuse, résume M.Grammond.Et, s\u2019il n\u2019y en a pas, les autochtones peuvent se tourner vers les tribunaux pour faire valoir leur point.» C\u2019est ce qui avait amené la Cour d\u2019appel fédérale à renverser, en juin dernier, l\u2019approbation initiale du projet Northern Gateway.La cour avait alors réprimandé Ottawa pour un manquement à son devoir de consultation.« Dans le cas de Trans Mountain, le processus de consultation semble avoir été beaucoup plus robuste », dit M.Grammond \u2014 qui s\u2019attend tout de même à une contestation devant les tribunaux.Compensations Cette obligation imposée par la Cour suprême a aussi un impact sur les entreprises, fait valoir le professeur de Sherbrooke.Kinder Morgan et Enbridge ont obtenu l\u2019appui de 40 communautés parce qu\u2019il y a eu une négociation volontaire sur les « répercussions et avantages » \u2014 une manière d\u2019éviter un blocage par la suite.«C\u2019est un levier qui permet aux communautés d\u2019aller chercher des compensations financières intéressantes.» M.Saint-Hilaire met en relief le fait que la capacité d\u2019organisation des dif férentes communautés influe beaucoup sur leur perception de la menace que peut représenter un projet énergétique qui touche leurs terres.« Au Québec, par exemple, les Cris sont généralement plus en faveur des projets de développement énergétique, parce qu\u2019ils sont structurés comme groupe, qu\u2019ils ont des institutions fortes et qu\u2019ils peuvent profiter d\u2019éventuelles ententes.C\u2019est plus difficile pour les groupes déstructurés.» En toute chose, la clé réside dans « la participation autochtone à la prise de décisions et au partage des bénéfices », estiment les deux professeurs.« Il y a toujours eu des réticences et des oppositions envers des développements qui ne tenaient pas compte des préoccupations des Premières Nations, rappelle Sébastien Gram- mond.Ça s\u2019est vu à la baie James, dans les années 1970, autour de l\u2019exploitation forestière, dans les années 1990 au Québec, et pour l\u2019exploitation minière dans le Nord de l\u2019Ontario, dans les années 2000.» La décision de la Cour suprême en 2004 ne garantit pas que tous y trouvent toujours leur compte \u2014 la réaction de Charlene Aleck l\u2019illustre bien.Mais elle assure à tout le moins que les autochtones ne subissent pas le développement énergétique sans mot dire.Reste maintenant à voir s\u2019il y aura entente possible sur le terrain miné des oléoducs \u2014 entre les « open for business» et ceux qui sont farouchement opposés aux tuyaux pétroliers.Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 POIDS Exit la pub.Bonjour les millions supplémentaires pour un mandat revu de fond en comble.CBC/RC se rêve en grand.Le beau plan de refondation a-t-il des chances de réussir ?S T É P H A N E B A I L L A R G E O N Comme le passé, l\u2019avenir contient tout et son contraire.On peut donc tirer n\u2019impor te quelle leçon (ou presque) de l\u2019histoire.On peut aussi enrober de projections plus ou moins rationnelles bien des promesses de développement.CBC/Radio-Canada tente le coup futurolo- gique, dans son mémoire déposé lundi, dans le cadre des consultations sur l\u2019avenir du contenu canadien dans l\u2019univers numérique.Son plan souhaite la fin de la pub sur les plateformes télé et Internet \u2014 il n\u2019y en a plus depuis 40 ans à la radio.En échange, la société de la Couronne demande une enveloppe budgétaire de compensation annuelle de 318 millions.La prévision mise sur un transfert de 158 de ces millions vers les concurrents privés, surtout ceux de la télé.Le groupe Serdy serait du lot des gagnants potentiels.Le petit consortium, qui inclut les chaînes Zeste et Évasion, n\u2019y voit pourtant que plans sur la comète.« Il s\u2019agit d\u2019une forme de pensée magique, puisqu\u2019au cours des dernières années la publicité a connu un important recul au Québec, dit le communiqué émis mercredi.Rien ne permet de faire une telle affirmation !» Le président et chef de la direction de Serdy, Sébastien Arseneault, souligne en plus que la diffusion sans pub concurrencerait de manière déloyale des chaînes soumises à la pub.« J\u2019aimerais bien avoir le privilège de pouvoir offrir à ma clientèle une programmation sans publicité », déclare-t-il, en réclamant plutôt une révision du mandat de CBC/RC pour ne plus lui permettre de concurrencer le privé.TVA a répété le même souhait, en même temps.Fermer ou réformer?Hubert T.Lacroix, président-directeur général de CBC/RC, regrette ce genre de réaction.Il répète, en entrevue au Devoir, que l\u2019objectif de sa proposition doit être compris globalement, dans la perspective de la refonte du système médiatique national.« Notre mémoire ne concerne pas seulement l\u2019institution CBC/RC et je suis surpris par certaines réactions », dit-il, en précisant que les projections de répartition des publicités relayées dans son mémoire s\u2019appuient sur les normes comptables et économétriques en vigueur dans le secteur.« Je répète que l\u2019objectif de notre position s\u2019inscrit dans le cadre plus général de la consultation menée par le ministère du Patrimoine pour repositionner les médias dans un environnement numérique.Notre mémoire ne concerne pas que l\u2019institution CBC/RC.Nous souhaitons un financement stable pour le radio- dif fuseur public et, en même temps, que tout le monde se retrouve à la table pour poursuivre les discussions, y compris sur notre mandat.» Les attaques ne viennent pas que du secteur médiatique.Des aspirants au leadership conservateur développent des machinations autrement plus sévères depuis quelques semaines.Maxime Bernier veut aussi retirer la pub des ondes, mais pour finalement cadrer au plus strict le mandat de CBC/RC, comprimer ses budgets et laisser le public fournir des fonds supplémentaires, un peu comme PBS le fait avec son téléthon intermittent.Le réseau public américain passe encore le chapeau en ce moment.La rivale aspirante-chef, Kellie Leitch, ne fait pas dans la dentelle : elle suggère de fermer la patente, un point c\u2019est tout.En fait, première ministre, elle ne conserverait du diffuseur national que le service d\u2019urgence et les relais vers les régions les plus reculées du pays-continent.Ici comme ailleurs Cette oscillation entre les extrêmes n\u2019étonne pas Arnaud Anciaux, professeur au Département d\u2019information et de communication de l\u2019Université Laval.« La question du rapport entre la mission des médias publics et leurs sources de financement revient assez fréquemment dans beaucoup de pays en Occident», dit le spécialiste de l\u2019économie des médias.Les deux problèmes sont liés, évidemment.C\u2019est pour revoir ses objectifs que le diffuseur souhaite changer son budget.Selon le cercle vicieux actuel, pour attirer de la pub, il faut faire du volume, ce qui force souvent à imiter le privé.«Le rapport prend une position ambitieuse sur ce point, poursuit le spécialiste.Il dit que, si on retire les revenus publicitaires en les compensant par de nouvelles subventions publiques, ce qui est loin d\u2019être neutre, Radio-Canada pourrait s\u2019inscrire véritablement dans son mandat de service public en se distinguant de la programmation des diffuseurs commerciaux.Il y a là une sorte de rupture.Le rapport parle d\u2019aller chercher la collaboration des créateurs de la culture canadienne, d\u2019une programmation plus distinctive.» Il fait alors remarquer que ce genre de transformation s\u2019avère beaucoup moins simple qu\u2019il n\u2019y paraît.Il donne l\u2019exemple de France Télévisions, qui a abandonné la publicité en soirée, le 5 janvier 2009, sur ses chaînes, en échange de nouveaux revenus liés à des taxes spécifiques.Résultat : les revenus ont moins été compensés que prévu.Surtout, la grille n\u2019a pas changé tant que ça et les auditoires n\u2019ont pas coulé vers le privé, au contraire.« Il existe quand même des habitudes dans une organisation médiatique, et le fait de changer les revenus ne modifie pas nécessairement les logiques de légitimité.En supprimant la publicité, on peut malgré tout faire des émissions pour le plus grand nombre, par exemple pour montrer le succès des transformations.» Un autre exemple, britannique celui-là, illustre que, même sans pub, même dans un créneau moins commercial, un média public peut susciter grognes et jalousies.« Il faut prendre conscience que, même si CBC/RC quitte le marché publicitaire, des critiques vont continuer, dit M.Anciaux.La BBC, qui ne diffuse pas de publicité, est la cible des médias commerciaux qui lui reprochent de les concurrencer en ligne, par exemple.Un média public qui produit de la qualité peut être l\u2019objet de reproches parce qu\u2019il retient trop l\u2019attention.» C\u2019est déjà le cas ici aussi, puisque deux journaux nationaux (le Globe & Mail et le Toronto Star) reprochent maintenant à CBC de les concurrencer en ligne.Bref, l\u2019histoire récente aussi donne de très intéressantes leçons pour juger de l\u2019avenir.Le professeur Anciaux en retient une dernière, elle aussi paradoxale : si les propositions de refinancement dans le mémoire institutionnel sont rejetées, le diffuseur public aura quand même donné un sérieux appui à l\u2019argument que la publicité sur ses plateformes nuit aux concurrents privés.«C\u2019est un peu une avancée risquée sur ce terrain, dit-il, sans vouloir s\u2019essayer à prédire ce qu\u2019il adviendra du projet de réforme.Mais on est en face d\u2019une proposition of ficielle du dif fu- seur public qui veut un changement important.C\u2019est dif ficile de savoir si ce sera tabletté.On peut au moins dire que cette idée disparaîtra moins facilement que les précédentes.» Le Devoir Radio-Canada suscite la grogne CBC/RC propose une réforme radicale.Les réactions d\u2019ici.Les leçons d\u2019ailleurs.C\u2019est pour revoir ses objectifs que le diffuseur souhaite changer son budget «Ça n\u2019a pas de bon sens.On est à l\u2019âge de pierre en matière de services juridiques.» Les libéraux se sont dissociés des principales recommandations du Comité spécial sur la réforme électorale.La ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, a même caricaturé le rapport avant de le lire avec attention.Si leur idée est faite, que les libéraux le disent.Sinon, à quel jeu jouent-ils ?e rapport définitif du comité parlementaire était attendu et, malgré quelques fuites, réservait sa part de surprises.Les douze membres se sont entendus pour rejeter le vote électronique et le vote obligatoire ainsi que pour proposer des incitatifs financiers afin que les partis présentent plus de femmes candidates.Ils ont recommandé des mesures en matière d\u2019éducation civique et de par ticipation de groupes sous-représentés.Mais sur l\u2019essentiel, ce fut la rupture, les libéraux faisant cavalier seul.Pas question pour eux de recommander un mode de scrutin proportionnel mixte et un référendum pour laisser aux Canadiens le dernier mot.La raison de leur opposition est simple : ils n\u2019ont pas obtenu ce qu\u2019ils voulaient.Ils ne le disent pas comme cela, mais ils af firment qu\u2019il est impossible de réaliser une réforme aussi « radicale » en si peu de temps et après avoir entendu si peu de par ticipants.Ils notent même dans leur rapport dissident que peu de gens connaissaient l\u2019existence du comité.À qui la faute ?Ce sont eux qui ont promis une réforme sans jamais afficher leur préférence.C\u2019est le premier ministre Justin Trudeau qui a toujours répété que les élections de 2015 seraient les der nières menées en ver tu du mode de scrutin actuel.C\u2019est le gouvernement qui a traîné à former le comité, le forçant à mener une bonne part de ses travaux durant l\u2019été.Le même calendrier absurde a été imposé aux députés, à qui on a demandé de tenir des assemblées publiques.Et tout cela sans campagne vigoureuse d\u2019information des citoyens.C\u2019est vrai qu\u2019une telle réforme ne peut être faite dans la précipitation et, par conséquent, être en place pour les élections de 2019, surtout qu\u2019il faut, à notre avis, que les Canadiens puissent se prononcer lors d\u2019un référendum.Les libéraux ne pouvaient ignorer les risques de se lancer dans une telle réforme « de façon précipitée vers un délai prédéterminé », comme le dit leur rappor t dissident.C\u2019était le dernier de leur souci en juin 2015.Ils étaient alors troisièmes dans les sondages et avaient besoin d\u2019attention.?Ils se défendent maintenant d\u2019avoir fait une promesse en l\u2019air.Si le comité avait opté pour le vote préférentiel, il aurait été possible d\u2019aller de l\u2019avant, a rétorqué le président du comité, le libéral Francis Scarpaleggia.Comme par hasard, c\u2019est l\u2019option qu\u2019à une certaine époque, M.Trudeau disait préférer.Celle aussi qui avantagerait aujourd\u2019hui son parti.N\u2019ayant pas eu ce qu\u2019ils souhaitaient, ils torpillent.Comment expliquer autrement l\u2019attitude de la ministre Monsef, qui, jeudi, a accusé le comité de ne pas avoir terminé son travail, puisqu\u2019il n\u2019a pas proposé de modèle précis ?Ce n\u2019était pas son mandat.Mme Monsef s\u2019est excusée vendredi d\u2019avoir laissé entendre que les députés n\u2019y avaient pas mis tous les efforts nécessaires, mais sans plus.Elle écartait toujours l\u2019essentiel du rapport.Elle est aussi restée muette sur sa tentative, jeudi, de ridiculiser le travail des députés en af?rmant qu\u2019ils recommandaient non pas un référendum sur un mode de scrutin, mais sur une formule mathématique, qu\u2019elle a brandie à plus d\u2019une occasion.L\u2019argument est fallacieux.Le rapport majoritaire a simplement fourni une formule de calcul pour évaluer le niveau de proportionnalité du futur système.Cela ne dit rien qui vail le pour la suite des choses.Mme Monsef dit vouloir reprendre cette « conversation » avec les Canadiens.Le gouvernement leur enverra sous peu une carte postale les invitant à répondre en ligne \u2014 d\u2019ici le jour de l\u2019An ! \u2014 à un questionnaire sur les valeurs devant sous-tendre le mode de scrutin.Ce sera une initiative du gouvernement.Dehors les autres partis ! Elle nie chercher la réponse que le gouvernement veut ou vouloir perdre du temps pour ensuite enterrer la réforme, mais l\u2019attitude du gouvernement envoie un tout autre message.On nous promettait le respect du Parlement et un esprit non partisan.Du vent quand on voit le traitement réservé au rapport de ce comité qui y a trop cru.Si la promesse des libéraux ne tient plus, qu\u2019ils le disent.La franchise vaut mieux qu\u2019un double jeu qui ne fait qu\u2019alimenter le cynisme qu\u2019on prétend combattre.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 D É C E M B R E 2 0 1 6 B 4 EDITORIAL L E T T R E S Sans voix Les politologues et notre gouvernement canadien pérorent sur un mode de scrutin où, de prime abord, se trouvent la stabilité des gouvernements et le pouvoir sans partage.Pendant ce temps, comme citoyenne, je ne me reconnais pas dans ces gouvernants.Comme femme, je ne suis pas représentée à la juste mesure de ma présence dans notre société.Comme électrice, ma voix ne compte pas.Les partis pour lesquels je vote n\u2019ont pas la représentation en Chambre qui leur revient.Invitée dernièrement par le gouvernement libéral canadien à exprimer mon point de vue comme citoyenne sur le mode de scrutin, je m\u2019y suis rendue avec l\u2019espoir que ma parole me donne un peu de pouvoir.Comme moi, plusieurs ont cru que leur parole porterait dans cette réflexion publique.Une majorité des personnes présentes ont signalé leur désir pour un modèle de type proportionnel, un mode de scrutin qui permettrait à chacun des par tis de recevoir un nombre de sièges proportionnel à l\u2019appui populaire reçu et of frirait aux femmes une représentation équitable.Malgré la promesse du Parti libéral de renouveler le mode de scr utin, monsieur le premier ministre Trudeau et madame la ministre Monsef font la sourde oreille.Ils ne veulent pas nous entendre et far finent avec l\u2019écho popu- L I B R E O P I N I O N K A R I N E H A B E L K A T H L E E N S A I N T - J E A N Épicerie chez Daniel, de Mont-Carmel L e samedi 3 décembre, les clients de la SAQ pourront bénéficier de rabais allant jusqu\u2019à 20 % sur huit produits en succursale.En tant que propriétaires d\u2019une agence SAQ, cette publicité, vue un peu par tout sur Facebook et dans La Presse +, nous consterne.En effet, les clients qui profiteront de rabais aujourd\u2019hui paieront leurs bouteilles moins cher que le prix coûtant payé par les agences.Cela fait partie des nombreux irritants que nous vivons en tant que partenaire d\u2019affaires de la SAQ.Le réseau des agences SAQ compte 495 points de vente.C\u2019est un moyen, pour la Société des alcools, de rejoindre une clientèle éloignée des succursales, tout en ne supportant pas les frais de locaux et de ressources humaines.C\u2019est un double avantage pour la SAQ : aller chercher de nouvelles par ts de marché en engageant peu ou pas de dépenses.Les agences sont situées, en grande majorité, en milieu r ural, dans des commerces de petite taille.En 2013, la SAQ a lancé un appel pour l\u2019ouverture de 40 nouvelles agences.Nous avons été personnellement sollicitées pour être dépositaires.Il s\u2019agit, bien sûr, d\u2019un projet intéressant pour une petite épicerie comme la nôtre, même si les conditions exigées par la SAQ sont assez imposantes.Tout d\u2019abord, la SAQ demande un inventaire minimum impor tant, chaque produit doit être présent sur deux rangées et compter au moins six bouteilles.Pour nous, par exemple, cela exige de maintenir un inventaire d\u2019environ 30 000 $.Ensuite, contrairement à ce qui se fait dans le commerce de détail, il est de notre responsabilité d\u2019aller chercher les produits à la succursale.Nous assumons donc les frais de transpor t et de ressources humaines reliés à celui-ci.D\u2019autre part, une quinzaine de promotions et de changements de prix par année exigent plusieurs heures de travail dans notre système de caisse.Et tout cela pour 7,5 % de profit brut, comparativement à 53 % pour la SAQ, selon le rapport annuel 2015.Nous avons tout de même décidé de faire le pas, car offrir les produits de la SAQ était une occasion d\u2019affaires qu\u2019on ne pouvait pas laisser passer.Aujourd\u2019hui, nous sommes indécises et nous nous sentons prises dans un engrenage.La SAQ laisse planer sur les agences une épée de Damoclès : au moindre signe de mécontentement, elle se réserve le droit de nous enlever l\u2019agence pour la donner à un autre commerce.Non seulement les promotions en succursale induisent une compétition inégale entre agence et succursale, mais en plus on a aussi une compétition entre commerces locaux.Si on se plaint, on perd l\u2019agence et elle va à notre compétiteur.Avec l\u2019importante baisse de prix effectuée le 9 novembre, notre profit vient encore de diminuer, puisque notre marge de 7,5 % se fait sur un montant moindre.Nous nous réjouissons pour les consommateurs, mais nous avons vite compris que cette baisse se faisait aux dépens des agences.À par tir du 9 janvier, nous devrons payer comptant lorsque nous irons chercher nos produits en succursale.Il ne nous sera plus permis d\u2019utiliser la carte de crédit.La SAQ économise ainsi une somme importante, en frais de carte de crédit, sur le dos des agences.Ce sont plusieurs milliers de dollars de marchandises que nous devrons payer avant même d\u2019avoir vendu une seule bouteille.Et cette bouteille sera fort probablement payée par carte de crédit par notre client.Des 7,5 % de profit que nous faisons, il faut donc retrancher près de 1,6 % en frais de crédit.Et soulignons au passage que les restaurateurs, de leur côté, peuvent continuer à payer par carte de crédit ; deux poids, deux mesures?La SAQ est une société d\u2019État qui a le monopole de la vente d\u2019alcool.Alors, pourquoi payer pour être le premier résultat af fiché dans Google ?Pourquoi créer un programme de fidélisation de la clientèle ?La fameuse carte Inspire, qui d\u2019ailleurs ne peut pas être utilisée en agence.Pourquoi faire des promotions ?Éthiquement, il est douteux qu\u2019une société d\u2019État offre des incitatifs pour augmenter la vente d\u2019alcool et donc, évidemment, sa consommation.Pour revenir à la situation des agences, nous sommes censées être des par tenaires d\u2019affaires de la SAQ, et cette dernière a pour mission de « contribuer de façon significative à la vie collective québécoise.C\u2019est dans cette optique qu\u2019elle considère toujours les enjeux sociaux, environnementaux et économiques dans ses prises de décisions.» Pourquoi alors agir de façon à étouf fer financièrement les commerces qui abritent les agences, alors qu\u2019elle pourrait participer concrètement à la dynamisation de nos milieux ?Nous souhaitons être partenaires d\u2019affaires avec la SAQ dans un esprit de réelle collaboration.L\u2019achalandage généré par la SAQ dans notre commerce est significatif et nous l\u2019apprécions.Dans notre village de 1100 habitants, situé dans le Haut-Pays du Kamou- raska, nous fournissons six emplois à des gens de chez nous et la SAQ est un partenaire de cette réussite.La question est de savoir pendant combien de temps encore nous en aurons les moyens.Les agences SAQ\u2026 enfants pauvres de notre société d\u2019État FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET laire.Je suis sans voix.Marie-Claude Bertrand Montréal, le 1er décembre 2016 en 2002, la juge Claire L\u2019Heureux-Dubé (de la Cour suprême) a déclaré la même chose.Et la juge de continuer en déplorant que, parfois, ce sont les politiciens qui ne prennent pas leurs responsabilités.Le juge Antonio Lamer, ancien président de la Cour suprême, avait tenu le même discours dans une conférence en 1982.Guy Durand, auteur de Six études d\u2019éthique et de philosophie du droit Dunham, le 1er décembre 2016 Arrêt des procédures et disposition de dérogation En attendant de réformer le système judiciaire, plutôt que de voir avorter de nombreux procès, il faudrait que le gouvernement fasse appel à la disposition de dérogation, dite clause nonobstant, justement pour se donner le temps d\u2019améliorer le système.Même si on hésite à y recourir, celle-ci n\u2019est pas antidémocratique.Non seulement estelle prévue dans la Charte des droits, mais aucun droit n\u2019est absolu et l\u2019interprétation des tribunaux n\u2019est pas toujours la plus juste ni la mieux justifiée.Il faut mettre les responsabilités à la bonne place.D\u2019autant plus que, dans l\u2019arrêt Jordan, le Tribunal était profondément divisé.La disposition de dérogation fait partie de l\u2019équilibre des pouvoirs dans une saine démocratie et assure la suprématie du Parlement sur la Cour quand il y a lieu.Jean Chrétien, qui avait pressé P.E.Trudeau à accepter l\u2019article 33 en 1982, en a défendu la légitimité, sinon la nécessité pendant toute sa carrière.Lors de la course au leadership en 1989, il a critiqué la politique de son parti en déclarant qu\u2019« il y a des situations où elle [la disposition] est absolument nécessaire».Dans une entrevue au Devoir, Écœurantite J\u2019en arrive tranquillement, mais sûrement à une véritable écœurantite due à tous ces discours dits identitaires, voire obsessifs autour, entre autres, des voilures de certaines dames et autres accoutrements ou signes religieux.Réveillons-nous et revenons aux sources du projet d\u2019indépendance, qui étaient d\u2019abord et avant tout d\u2019affirmer et de pérenniser le fait français, et de faire du Québec un pays et une terre francophones dans cette partie de l\u2019Amérique du Nord.Il sera toujours temps ensuite de voir à ce que les conditions particulières de la neutralité religieuse ou de la laïcité du nouvel État, du droit de port, ou non, de signes religieux dans des contextes précis, etc.soient balisées au moyen de décrets, lois et règlements adéquats, au même titre que toutes les autres sphères d\u2019activité menées en société.Pierre Deschênes Montréal, le 2 décembre 2016 RÉFORME ÉLECTORALE La farce libérale L MANON CORNELLIER L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 D É C E M B R E 2 0 1 6 B 5 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.A L A I N V A D E B O N C Œ U R Médecin, Longueuil la suite du passage remarqué d\u2019Olivier Bernard à Tout le monde en parle, à Radio-Ca- nada, le 27 novembre, les débats ont fusé toute la semaine sur les réseaux sociaux.Il est vrai que son style sympathique, mais assuré, voire un brin baveux, avait bien préparé l\u2019après-match et que, déjà sur le plateau, les regards troublés des invités, usagers pour certains des thérapies dénoncées, annonçaient la suite dramatique.Mon fil Facebook est devenu rouge à la suite de sa proposition sacrilège sur l\u2019équivalence du jus d\u2019orange et du Coke, qui m\u2019a rappelé le souvenir idyllique de ce mantra publicitaire de mon enfance : « Un déjeuner sans jus d\u2019orange, c\u2019est comme une journée sans soleil ! » Sur cette annonce, où le soleil illuminait les membres d\u2019une famille tout en blondeur buvant chacun au déjeuner un verre de jus d\u2019orange plein de vitamine C, le Pharmachien venait de jeter son ombre.Apparemment, je n\u2019étais pas le seul à sombrer dans la détresse.Une petite inexactitude a prêté flanc à ces attaques acides : le jus d\u2019orange ne contiendrait pas de vitamine, a-t-il mentionné.Pas tout à fait, bien entendu, puisqu\u2019il y en\u2026 un peu.Mais, dès lors, peu importait qu\u2019il contienne aussi bien trop de sucres (à la même concentration que le Coke), qu\u2019il explique en partie l\u2019obésité des adolescents ou que ses antioxydants ne nous soient pas vraiment nécessaires, puisqu\u2019on les trouve en abondance par tout, les gants étaient jetés et la révolte explosait contre celui qui ébranlait ainsi nos croyances.Tout le monde montait au front, en hommage à nos ancêtres sauvés du scorbut par les décoctions sapineuses amérindiennes, comme nous de ces journées sans soleil par notre jus d\u2019orange matinal dans les années 1960.Quel sombre personnage, ont scandé les foules! Ce ressac s\u2019est transformé en attaques frontales, les partisans de la pulpe ne capitulant plus.Olivier Bernard est donc devenu, en moins de 48 heures, « charlatan », « pauvre type », «danger public majeur », « épave remplie de produits chimiques», «pauvre con», « formaté par la grosse pharma», « terroriste de la santé publique», «membre de la mafia médicale», «démagogue», «pelleteux de cour» (je ne l\u2019ai pas comprise, celle-là\u2026), «payé pour mentir», «Dieu de la propagande», «disciple de Pfizer», « lobbyiste», «pharmachiant» et «génie de l\u2019épouvante» ! Bref, c\u2019était passablement négatif, souvent en majuscules et par ailleurs en nette corrélation avec la faiblesse des contre-arguments.Mais, quand je demandais avec quoi précisément les gens étaient en désaccord, c\u2019était silence radio.Mon hypothèse, c\u2019est qu\u2019en s\u2019attaquant à nos habitudes, à notre identité, à notre mémoire d\u2019avoir souvent guéri par telle ou telle méthode, ses propos dérangent, puisque nous préférons les faits qui confortent nos croyances plutôt que ceux qui nous en éloignent.On ne rejette donc pas le jus impunément, ni l\u2019homéopathie \u2014 pourtant bien une « insulte à l\u2019intelligence humaine » \u2014 dans la mesure où aucune science ne l\u2019appuie, ni théoriquement, ni empiriquement, malgré deux siècles d\u2019existence ; ni le concept de superaliment, pourtant galvaudé, la vraie « superalimentation » consistant surtout à manger beaucoup de fruits et de légumes variés ; ni la plupart des traitements proposés en naturopathie, qui n\u2019ont jamais prouvé leur utilité.Pourtant, Olivier Bernard n\u2019attaque pas les gens, seulement les pratiques, les idées et les concepts \u2014 même s\u2019il est vrai que plusieurs doivent se reconnaître dans ses petits personnages dessinés, rarement sans défauts.C\u2019est donc un débat d\u2019idées essentiel, que je trouve tout à fait rafraîchissant dans notre univers où l\u2019opinion règne en maître.Pour sa part, la médecine n\u2019a rien d\u2019un dogme, comme plusieurs l\u2019ont af firmé, courroucés, c\u2019est plutôt une somme de sciences en mouvement, cherchant chacune à démontrer l\u2019efficacité de ses propositions avant de les autoriser.Rappelons aussi que les médecines chinoise, hindoue ou amérindienne ne sont pas les seules à pouvoir vanter leur longue histoire, puisque la médecine moderne, avec 2500 ans d\u2019âge depuis la fondation de la théorie des humeurs, a aussi joui d\u2019une riche et complexe tradition, ayant abouti notamment aux saignées, purgatifs, clystères et autres brandy pour renforcer le cœur que l\u2019on sait.Mais, vers la fin du XIXe siècle, elle a commencé à prendre conscience que c\u2019était un peu n\u2019importe quoi, ces histoires, avant de les éliminer graduellement, au profit d\u2019une médecine de plus en plus fondée sur des preuves, la grande victoire du XXe siècle médical.Il faut donc admettre que la médecine a tué beaucoup de monde \u2014 et peut-être sauvé quelques-uns \u2014 en voulant équilibrer les humeurs bilieuses et lymphatiques, mais qu\u2019elle a finalement repoussé l\u2019obscurantisme pour développer un savoir de qualité, même si, comme tous les savoirs complexes, elle est parfois pervertie par des intérêts variés.Elle est devenue dominante au XXe siècle surtout parce qu\u2019elle est cohérente, efficace et reproductible.D\u2019autres pratiques auraient avantage à développer la même autocritique, au lieu de continuer à défendre parfois des fumisteries, quand il s\u2019agit de proposer des traitements sur d\u2019autres bases que l\u2019anecdote, l\u2019extrapolation ou même l\u2019expérience \u2014 dont la plus amusante définition est la répétition, avec un degré de conviction de plus en plus élevé, des mêmes erreurs et qui a beaucoup à voir avec les croyances, justement.Même si je sais que notre compréhension du monde repose avant tout sur des croyances partagées, il faut aussi avoir le courage d\u2019accepter que les preuves et les démonstrations de qualité comptent plus que les dogmes et qu\u2019il est difficile d\u2019y arriver sans la science.Je persiste et signe en levant mon verre de jus d\u2019orange à la santé du Pharmachien, pour son courage, sa rigueur et sa ténacité.Et, surtout, pour tous les débats salutaires qu\u2019il réussit à provoquer, même si c\u2019est parfois un peu fatigant sur les réseaux sociaux et que le jus d\u2019orange contient bien un peu de vitamine C.SCIENCES ET CROYANCES MÉDICALES Pourquoi je défends le « Pharmachiant » N I C O L A S M A R C E A U Député de Rousseau à l\u2019Assemblée nationale G A B R I E L S A I N T E - M A R I E Député fédéral de Joliette au Parlement fédéral a Loi sur la protection du consommateur du Québec est un modèle du genre.Non seulement elle protège la population contre les abus et les arnaques, mais elle lui of fre des recours gratuits, simples et efficaces.Pour une bonne part, c\u2019est grâce à des visionnaires comme Lise Payette, qui avait modernisé la loi en 1978.C\u2019est chez nous que les consommateurs sont les mieux protégés en Amérique.Mais cet atout est en péril : Ottawa veut nous retirer nos droits en mettant les banques au-dessus des lois.Attaque sournoise de Bay Street Les grandes banques canadiennes trouvent que la Loi sur la protection du consommateur du Québec est trop avantageuse pour les gens ordinaires.Depuis toujours, elles comptent sur leur allié à Ottawa pour tenter de s\u2019y soustraire.Le gouvernement Trudeau tente un coup de force législatif pour faire un cadeau de Noël aux banques, sur le dos de la population québécoise.On ne peut pas le laisser faire.Le projet de loi C-29 est un projet de loi mammouth de 244 pages, dont une multitude d\u2019articles techniques modifient pas moins de 14 lois fédérales.Enterré au travers du projet de loi, le gouvernement Trudeau modifie la Loi sur les banques pour y inclure un mystérieux nouveau «régime de protection des consommateurs en matière financière».L\u2019effet de ce nouvel article est clair : les banques seront au-dessus des lois québécoises.Au début des années 2000, des consommateurs québécois, au retour de leurs vacances à l\u2019étranger, ont eu la mauvaise surprise de découvrir que leur banque avait décidé de percevoir des frais sans les prévenir.Pourtant, la Loi sur la protection du consommateur interdit de le faire «à moins que le contrat n\u2019en mentionne de façon précise le montant».Après avoir tenté en vain de se faire rembourser, ces consommateurs floués se sont tournés vers l\u2019ombudsman des banques, qui n\u2019a rien trouvé à redire, parce que la loi fédérale n\u2019interdit pas les frais cachés.C\u2019est en utilisant les recours prévus dans la Loi sur la protection du consommateur qu\u2019ils ont pu déposer un recours collectif, en 2003.Il a débouché, après 11 ans de litige devant les tribunaux, sur l\u2019arrêt Marcotte de la Cour suprême.L\u2019arrêt Marcotte précise que la Loi sur les banques, fédérale, et la Loi sur la protection du consommateur, québécoise, s\u2019appliquent toutes les deux : celle d\u2019Ottawa pour le fonctionnement et celle de Québec pour les droits des consommateurs.Avec le projet de loi C-29 du gouvernement Trudeau, la loi fédérale contiendra une section appelée « régime de protection du consommateur», les banques pourront donc affirmer devant les tribunaux qu\u2019elles sont au- dessus de la loi québécoise.Les consommateurs québécois y perdent Actuellement, les consommateurs peuvent s\u2019adresser à l\u2019Of fice de la protection du consommateur pour faire valoir leurs droits.Et si ça ne suffit pas, ils peuvent intenter des recours collectifs.Dorénavant, ils ne pourront s\u2019adresser qu\u2019à l\u2019ombudsman des banques, un employé of fi- ciellement neutre, mais qui est nommé et payé par les banques.Pire, il ne peut que faire des recommandations.Aucune sanction, aucune amende.C\u2019est ainsi que toutes les protections juridiques dont jouissent les consommateurs québécois disparaissent au profit d\u2019un mécanisme qui ne repose plus que sur la bonne volonté des banques.Frais cachés, modification des frais ou des services décidée unilatéralement par les banques, obligation d\u2019offrir un contrat en français, interdiction de la publicité trompeuse, tout ça tombe, au profit des banques.On remplace nos droits par la promesse que les banques seront gentilles avec nous.Mobilisons-nous! À Ottawa, c\u2019est le Bloc québécois qui a sonné l\u2019alarme, avec des groupes de défense des consommateurs.À Québec, le gouvernement n\u2019a rien vu venir.C\u2019est le Parti québécois qui a dû déposer une motion affirmant que la protection du consommateur relève du Québec.La motion, adoptée unanimement, demande à Ottawa de retirer les articles problématiques de C-29.Malheureusement, ce fut silence radio de la part du gouvernement Couillard, qui n\u2019a pas profité de ce soutien unanime de notre Assemblée nationale pour interpeller Ottawa.Le gouvernement Trudeau se braque et tout por te à croire qu\u2019il veut imposer un bâillon pour que le pro jet de loi soit adopté avant même que la Chambre ne puisse en débattre sérieusement.Cette initiative est mauvaise pour le Québec.Elle est mauvaise pour les Québécois.Devant la turpitude de nos gouvernements, tant à Québec qu\u2019à Ottawa, il ne nous reste qu\u2019une seule option : mobilisons- nous et intensifions la pression.Les banques n\u2019ont pas à être protégées de leurs clients.Ce sont les consommateurs que l\u2019État doit protéger des banques.PROTECTION DU CONSOMMATEUR Les banques au-dessus des lois québécoises ?Non merci, Ottawa L RADIO-CANADA Olivier Bernard, le Pharmachien, lors de son passsage à Tout le monde en parle, le 27 novembre Je lève mon verre de jus d\u2019orange à la santé d\u2019Olivier Bernard pour son courage, sa rigueur et sa ténacité ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Nicolas Marceau, député de Rousseau à l\u2019Assemblée nationale À L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 D É C E M B R E 2 0 1 6 B 6 SCIENCES P A U L I N E G R A V E L P lusieurs papillomavir us peuvent induire des cancers, mais c \u2019est la souche VPH16A qui est de loin la plus virulente, puisqu\u2019elle est responsable de 50 à 60 % de tous les cancers du col de l\u2019utérus chez la femme.Ignacio Bravo, du CNRS, et ses collègues espagnols ont cherché à savoir quand et comment cette souche a acquis son grand pouvoir oncogène.Pour ce faire, ces chercheurs ont comparé entre eux les génomes d\u2019environ 2000 VPH16 dif férents, ainsi que 1500 génomes humains venant de la banque de données du Human Genome Diversity Project.Cette analyse leur a permis de retracer l\u2019histoire évolutive du virus et de voir que la souche VPH16A nous a été transmise par l\u2019homme de Néandertal.La souche VPH16 infectait déjà les ancêtres des humains modernes (Homo sa- piens) et de l \u2019homme de Néander tal.Lorsqu\u2019ils sont sortis de l\u2019Afrique, il y a environ 500 000 ans, les hommes archaïques (à l\u2019origine des Néandertaliens et des Déniso- vans) ont empor té avec eux cette souche archaïque de VPH16.Cette dernière a ensuite évolué de façon distincte de celle qui infectait les hommes modernes qui ont émergé et vécu en Afrique.« De la même façon que l \u2019homme de Néander tal et l\u2019homme moderne ont évolué dif féremment, les virus que portaient ces deux espèces ont également évolué dif férem- ment », précise Ignacio Bravo, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Montpell ier, en France.Ainsi , quand certaines populations humaines ont quitté l \u2019Afrique, i l y a 100 000 ans, elles por taient un VPH16 qui était dif férent de celui qui infectait alors les populations néandertaliennes vivant en Eurasie.Et, quand les hommes de Néander tal ont rencontré ces hommes modernes et ont eu des relations sexuelles avec eux, la souche de VPH16A qu\u2019ils portaient a colonisé les hommes modernes et a graduellement supplanté les souches africaines qui avaient infecté ces derniers jusque-là.« Le virus néander talien dont l\u2019homme moderne a hérité s\u2019est avéré plus agressif et plus oncogène pour lui.Et c \u2019est ainsi que presque tous les cancers du col de l\u2019utérus affectant les populations humaines, à l\u2019exception des populations de l\u2019Afrique subsaharienne [qui ne sont jamais sor ties de l\u2019Afrique], sont dus à la souche que l\u2019on a récupérée de Néan- der tal », ajoute le chercheur en biologie évolutive.« Les Néander taliens et les hommes modernes ont été en contact pendant plusieurs générations.Cela est confirmé par la grande hétérogénéité dans le nombre de gènes de Néandertal qui ont été intégrés dans le génome des dif férentes populations d\u2019hommes modernes », ajoute M.Bravo.En ef fet, les populations caucasiennes et asiatiques possèdent entre 1 et 5 % de gènes néandertaliens dans leur génome.« Ces gènes d\u2019origine néander talienne, qui se sont insérés dans le génome des hommes modernes, sont des gènes qui jouent un rôle dans le système immunitaire et la formation de la peau, qui constituent deux des principales barrières que rencontre le papillomavirus », souligne le chercheur.Chez les animaux Les chercheurs ont par ailleurs remarqué que plusieurs animaux, dont des primates, sont infectés par des VPH16 très semblables à celui qui cause le cancer du col de l\u2019utérus chez la femme.Ils n\u2019ont, par contre, relevé aucun cancer chez ces animaux.« À un moment donné de l\u2019évolution du papillomavirus, quelque chose s\u2019est passé qui a fait que le virus est devenu oncogène pour nous, les humains.On essaie de voir quelles sont les dif férences fonctionnelles entre les virus qui induisent de simples infections génitales chez les primates et ceux qui causent un cancer chez l\u2019humain », précise le chercheur.En comparant le génome du virus animal à celui du virus humain, M.Bravo et ses collègues ont trouvé un gène qui n\u2019est pas présent chez les primates non humains et qui pourrait expliquer le caractère oncogène du virus humain.«Il s\u2019agit d\u2019un tout petit gène qui apparemment rend plus difficile la détection des cellules infectées par le système immunitaire.L\u2019infection demeure ainsi sous le radar du système immunitaire, ce qui lui permet de devenir chronique plus facilement.Or c\u2019est justement quand l\u2019infection devient chronique qu\u2019un cancer risque d\u2019apparaître », explique M.Bravo, qui rappelle qu\u2019on ne débute le dépistage du col de l\u2019utérus qu\u2019à partir de l\u2019âge de 35 ou 40 ans, car, «si on le débutait plus tôt, toutes les femmes sexuellement actives seraient infectées.Or, dans plus de 99 % des cas, le système immunitaire arrive à éliminer l\u2019infection.» Le Devoir L\u2019origine du VPH, qui cause des cancers du col de l\u2019utérus P A U L I N E G R A V E L L a stratégie employée pour prévenir le cancer du col de l\u2019utérus pourrait changer sous peu au Québec.Une nouvelle façon de faire, visant d\u2019abord à détecter la présence du virus du papillome humain (VPH), pourrait supplanter le test Pap, ou frottis cervical, comme examen de première ligne.La meilleure façon de prévenir le cancer du col de l\u2019utérus consiste à éviter toute infection chronique par le VPH, qui est responsable de plus de 60 % de ces cancers, souligne Ignacio Bravo, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en France.Pour ce faire, vacciner contre le VPH les élèves du primaire est une stratégie adoptée par de nombreux pays, y compris au Québec.Une autre approche qui est utilisée au Québec depuis des dizaines d\u2019années est la « visite de santé préventive en gynécologie », à laquelle toutes les femmes de 21 ans ou plus devraient se soumettre tous les deux ou trois ans.Lors de cette visite, le médecin de famille interroge la femme sur son état de santé et procède à un examen gynécologique qui inclut un prélèvement de cellules du col de l\u2019utérus, aussi appelé frottis cervico-vaginal, ou test Pap (pour Papa- nicolaou, le nom de l\u2019inventeur du test), qui vise à déceler des cellules précancéreuses et cancéreuses au niveau du col de l\u2019utérus.Si le résultat du test Pap est positif, on prescrit alors un test de détection du VPH.Et si ce dernier test révèle la présence du VPH, on exécute une colposcopie et une biopsie.Procédure inversée Plusieurs pays européens et l\u2019Australie sont en train de changer cette façon de faire et d\u2019inverser la procédure.Désormais, on effectue, dans un premier temps, un test de détection du VPH et on ne procède à un test Pap, dans un second temps, que si des VPH ont été décelés lors du test de VPH.Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a demandé à l\u2019Institut national d\u2019excellence en santé et en services sociaux (INESSS) de comparer l\u2019efficacité des deux tests (Pap et VPH), d\u2019analyser la nouvelle procédure et de lui formuler des recommandations à cette fin, recommandations qui devraient être déposées au début de 2017.Plus cher, mais plus fiable Actuellement, le test de détection du VPH est plus cher que le test Pap, car il fait appel à des techniques de biologie moléculaire et est effectué par des laboratoires privés, alors que le frottis du test Pap est analysé par une cytotechnicienne et révisé par un pathologiste, à l\u2019hôpital.«Toutefois, presque toutes les études montrent que le test VPH a un meilleur profil coût-efficacité.Cela veut dire que même si le test est un peu plus onéreux, au bout du compte, ça nous coûte néanmoins moins cher en traitements pour le cancer, car le test nous permet de prévenir un plus grand nombre de cancers », souligne la gynécologue Marie-Hélène Mayrand, chercheuse du Centre de recherche du CHUM et membre du comité national de cancérologie sur le dépistage du cancer du col utérin qui se trouve sous l\u2019Autorité du MSSS.De plus, « le test Pap manque des lésions.Un test Pap peut être normal alors que la femme a des cellules précancéreuses.Pour que ce test donne de bons résultats, il faut donc le répéter aux deux à trois ans, sinon les lésions manquées progresseront vers le cancer.Le test VPH, quant à lui, est presque infaillible», poursuit la Dre Mayrand.« Somme toute, les études dont j\u2019ai pris connaissance me portent à croire que procéder d\u2019abord à un test de détection du VPH et effectuer un test Pap en second lieu seulement si le premier test de VPH est positif serait une meilleure option pour les femmes », af firme l\u2019exper te, avant de faire remarquer que, «à mesure que le test VPH sera adopté dans des programmes publics à gros volume, son coût continuera de diminuer».Selon la spécialiste, «pour que la transition se fasse le plus harmonieusement possible, il faudra toutefois prévoir des étapes préliminaires d\u2019information pour les femmes, de formation pour le personnel, dont les médecins, et de planification de la réorganisation des laboratoires ».« Le but souhaité est de faire du dépistage de bonne qualité.Or je pense que ce test [de VPH] répond à ces critères.De plus, il est dif ficile de lui trouver des défauts », ajoute la Dre Sylvie Bouvet, présidente de l\u2019Association des obstétriciens et gynécologues du Québec.L\u2019angoisse du test VPH positif Les infections au VPH étant relativement fréquentes, l\u2019utilisation du test de détection du virus en première ligne risque toutefois d\u2019aboutir à un taux élevé de tests positifs.«Même si un test positif ne veut absolument pas dire que la femme a un cancer, car, la plupart du temps, le système immunitaire est capable d\u2019enrayer l\u2019infection, il demeure néanmoins une source de stress pour nombre de femmes et de tension au sein du couple», fait remarquer Ignacio Bravo, chercheur au CNRS.Pour éviter de laisser planer le doute chez les patientes, des scientifiques s\u2019appliquent à mettre au point des techniques qui permettraient de différencier une infection aiguë d\u2019une infection chronique susceptible d\u2019aboutir à un cancer.«Quand le virus demeure longtemps dans le corps, il accumule des changements épigéné- tiques.En d\u2019autres termes, il subit une méthyla- tion de plus en plus forte à mesure que l\u2019infection progresse.Des chercheurs londoniens essaient de mettre au point un test qui permettrait de quantifier le niveau de méthylation du virus et qui nous renseignerait ainsi sur la période de temps que le virus a passée dans le corps », précise M.Bravo.Dépistage futur Une autre façon serait d\u2019analyser à la fois le génome de la femme et celui du virus, car « il semblerait qu\u2019il y a une interaction entre la génétique du virus et la génétique de l\u2019hôte, c\u2019est-à- dire de la personne infectée.La contribution de l\u2019homme de Néandertal dans chacun de nous est dif férente.Si on pouvait identifier les combinaisons virus-hôte qui sont par ticulièrement à risque, on pourrait ainsi dépister de façon plus ef ficace les infections qui sont les plus susceptibles de devenir un cancer et alors suivre de façon plus étroite ces infections, avant qu\u2019elles ne deviennent chroniques et que n\u2019apparaissent des signes de malignité», avance Ignacio Bravo.Le Devoir Un test de détection du VPH plutôt que le test Pap Détecter d\u2019abord le VPH serait une meilleure stratégie pour prévenir le cancer du col de l\u2019utérus Le VPH est également responsable de 20% des cancers de la gorge.Cette proportion serait même en hausse aux Canada, aux États-Unis et en Scandinavie, vraisemblablement en raison d\u2019un changement des pratiques sexuelles.Il est possible de savoir si un cancer de la gorge découle d\u2019une infection au VPH, plutôt que de l\u2019usage du tabac et de l\u2019alcool, en procédant à une biopsie qui révélera la présence ou l\u2019absence du virus.«En Espagne, on effectue un tel dépistage du VPH, car un cancer de la gorge d\u2019origine infectieuse répond très bien à la chimiothérapie et à la radiothérapie et présente donc un meilleur pronostic », précise Ignacio Bravo, du CNRS.VPH et cancer de la gorge 1500 cas de cancer du col de l\u2019utérus sont diagnostiqués par an au Canada.500 femmes meurent de ce cancer chaque année.DANGUBIC ISTOCK Dans plusieurs pays européens et en Australie, on ef fectue désormais, dans un premier temps, un test de détection du VPH et on ne procède à un test Pap, dans un second temps, que si des VPH ont été décelés lors du test de VPH.LUISMMOLINA ISTOCK Parmi les facteurs de risque de cancer du col de l\u2019utérus, on sait aujourd\u2019hui que le papillomavirus humain joue un rôle important.ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE "]
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