Le devoir, 12 novembre 2016, Cahier A
[" AUJOURD\u2019HUI Perspectives \u203a Entre inquiétude et espoir.L\u2019élection de Donald Trump vue du Mexique.Page B 1 Avis légaux.C 6 Carrières .C 3 Décès.C 8 Mots croisés .D 4 Petites annonces .C 8 Sudoku .D 4 V O L .C V I I N o 2 5 8 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 N O V E M B R E 2 0 1 6 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m 50 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 MONTRÉAL 514-231-8677 LAVAL 450-627-3716 LONGUEUIL 450-445-9829 .CA Certifié 5 Étoiles® TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES HORIZONTAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX FABRIQUÉ AU QUÉBEC SUR MESURE ESTIMATION GRATUITE 1 855 770-8677 OPAQUES TRANSLUCIDES SOLAIRES MOTORISATION DISPONIBLE Claude Bouchard Québec, Lévis, Montréal, Trois-Rivières, Repentigny, Laval, Boisbiand, Mont-Tremblant, Longueuil, Beloeil, 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Paris.Une course qui, on ne le savait pas encore, avait commencé cinq minutes plus tôt au Stade de France, où une autre équipe de trois kamikazes se firent exploser, et qui se terminera au petit Le jour où Paris a perdu un peu de son insouciance Promenade dans le « Paris outragé » du 13 novembre 2015 G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É A u plus bas dans les intentions de vote depuis les élections de 2012: voilà le constat sur lequel le Conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ) s\u2019ouvrira ce samedi.Le parti de Philippe Couillard a en ef fet perdu quatre points en un mois et se serait retrouvé au cœur d\u2019une course à trois si des élections avaient eu lieu cette semaine, indique un sondage Léger.Réalisé entre lundi et jeudi pour le compte du Devoir et du Journal de Montréal, le coup de sonde accorde 31 % d\u2019appuis au PLQ, à égalité statistique avec le Parti québécois (PQ, à 30 %).La Coalition avenir Québec (CAQ) est légèrement derrière, avec 25 %, alors que Québec solidaire est crédité de 10 % d\u2019appuis \u2014 l\u2019aiguille ne bouge essentiellement jamais pour ce parti.Comparativement aux résultats du dernier sondage Léger publié le 1er octobre, c\u2019est donc un recul de quatre points pour les libéraux, un gain d\u2019un point pour le PQ, et une hausse de deux points pour la CAQ.Certains de ces mouvements sont statistiquement non significatifs.Mais le tableau général indique surtout que le Québec aurait essentiellement voté cette semaine de la même manière qu\u2019il a voté lors des élections qui ont porté au pouvoir un gouvernement minoritaire péquiste en 2012.À ce moment, le PQ avait obtenu 32%, le PLQ 31%, et la CAQ, 27%.«C\u2019est la première fois qu\u2019on SONDAGE LÉGER L\u2019appui au PLQ recule Si une élection s\u2019était tenue cette semaine, le scénario de 2012 aurait pu se répéter C A R O L I N E M O N T P E T I T Q uand elle fréquentait l\u2019école primaire, Ala- nis Obomsawin était la seule autochtone de sa classe.Lorsqu\u2019il y avait des cours d\u2019histoire du Québec et du Canada, elle devait rapidement rentrer chez elle pour ne pas se faire battre, se souvient-elle.L\u2019histoire enseignée était « raciste » et volontairement « méchante », dit-elle.On y disait que les autochtones parlaient « la langue de Satan » et qu\u2019ils étaient des « sauvages ».Le tout donnait aux Blancs la légitimité de traiter les autochtones comme des êtres inférieurs.Le cinéma comme outil de revendication Le Québec rend hommage à Alanis Obomsawin pour l\u2019ensemble de son œuvre VOIR PAGE A 10 : CINÉMA P E D R O R U I Z L E D E V O I R PARIS, UN AN APRÈS LE CHOC Dossier \u203a Pour en finir avec l\u2019état d\u2019urgence.Page A 4 Les blessures psychologiques causées par les attentats sont toujours vives.Page A 5 Paris accueille moins de touristes.Page A 6 Salon du livre Serge Bouchard, l\u2019anthropologue aux yeux tristes Page F 1 VOIR PAGE A 10 : BATACLAN VOIR PAGE A 10 : SONDAGE Le PQ domine chez les francophones avec 10 points d\u2019avance sur la CAQ et 19 sur le PLQ L\u2019héritage de Leonard Cohen Pages A 2, A 3, B 6 et C 7 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 N O V E M B R E 2 0 1 6 LEONARD COHEN A 2 G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É P H I L I P P E P A P I N E A U Drapeaux en berne, mélange de profond respect et de recueillement partout .Les hommages ont af flué du monde entier vendredi pour célébrer l\u2019immense héritage artistique laissé par Leonard Cohen.Le poète et chanteur mont- réalais est décédé lundi à Los Angeles.Il a été inhumé discrètement jeudi dans sa ville natale, peu avant que les médias apprennent son décès.M.Cohen repose désormais au cimetière juif Shaar Hasho- mayim, sur les versants du mont Royal.La vague d\u2019émotion déclenchée par la disparition de ce géant des lettres et de la musique a touché plusieurs milieux : politique, culturel, juif\u2026 Le grand public aussi.Bien sûr, des centaines de Montréa- lais ont assuré une vigile à relais devant sa maison de pierre grise du parc du Portugal.Cohen, admiré dans le silence \u2014 et quelques refrains.Et que laisse l\u2019homme dans le sillage d\u2019une carrière littéraire de 60 ans ?Mille choses, ont répondu au Devoir (ou sur Twitter) plusieurs ar tistes.Tour d\u2019horizon d\u2019un gigantesque coup de chapeau collectif, qui dit qu\u2019après la mort, il y aura encore de la vie pour l\u2019œuvre Cohen.La montagne.Pour le légendaire chanteur Peter Gabriel, « quiconque regarde une page blanche et tente d\u2019écrire une chanson s\u2019assoit dans l\u2019ombre de la montagne qu\u2019était Leonard Cohen».La quête de lumière.« Ce matin, le contraste entre son décès et l\u2019élection de Donald Trump m\u2019a sauté au visage, confie Thomas Hellman, auteur-com- positeur-interprète (ACI) montréalais.Nous avons d\u2019un côté cet archétype du pire.Et de l\u2019autre, cet homme qui quitte la planète après avoir laissé une grande œuvre et l\u2019histoire d\u2019une vie guidée par une quête du dépassement de soi, de lumière, de sens, de la beauté.Pour moi, sa mor t arrive à un moment oppor tun.Il laisse une autre image de l\u2019humanité.Je vois ça comme une lueur d\u2019espoir.» La force des mots dans la musique.« Sa force de poète n\u2019a pas été modifiée pour accommoder la chanson, remarque Jim Corcoran, homme de chansons et d\u2019animation.Sa chanson est demeurée poétique et intacte, ses musiques sont d\u2019une simplicité et d\u2019une accessibilité extraordinaires, ses mélodies sont inoubliables et savoureuses.Il y en a peu qui peuvent réussir à avoir une densité lyrique avec une musique aussi belle.Lui nous a dit que la poésie peut être à la fois pure, profonde et populaire.» Le littéraire.«C\u2019est à travers les mots que Cohen nous aide à voir le monde d\u2019une manière dif férente, dit Thomas Hellman.Il était véritablement littéraire.Indéniablement et profondément.Il a poussé jusqu\u2019au bout l\u2019exploration des liens entre littérature et musique.» La force des mots, tout court.Pour l\u2019ar tiste Lewis Furey, «c\u2019est vraiment incroyable qu\u2019un chanteur populaire ait le talent, les moyens techniques d\u2019écrire d\u2019une manière si claire et que les gens aient envie d\u2019apprendre ses textes par cœur et de les réciter dans leur chaumière, dans leur bain, comme une prière ou un psaume».L\u2019intemporalité.Jim Corcoran, encore : « Il n\u2019a jamais été au goût du jour, donc il ne va pas crever avec le goût du jour.À quelques exceptions près, son œuvre passera à travers le temps.Et puis, l\u2019obscurité dans sa poésie permet au texte de durer longtemps.Quand un texte est clair et n\u2019a qu\u2019un sens, on s\u2019en lasse plus vite.» Le mentor.« J\u2019avais 17 ou 18 ans, se rappelle Lewis Fu- rey, voisin de quartier.C\u2019était un poète connu, mais il n\u2019avait La vie après la mort Les hommages pleuvent L\u2019artiste montréalais comptait des admirateurs partout, dans le S T É P H A N E B A I L L A R G E O N D ans le premier livre de la Torah, l\u2019Éternel fait défiler devant Adam « tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel pour voir comment il les appellerait ».Recevoir un nom devient comme une seconde naissance par et dans la capacité symbolique du langage.Leonard Norman Cohen, né en 1934 à Montréal, futur poète surpuissant, por te un nom chargé de sens pour les juifs.Depuis Aaron, frère de Moïse, le Kohen désigne en hébreu le « dévoué » au service sacerdotal du Temple.« C\u2019est un nom très courant dans la communauté juive, explique une autre Cohen, Sha- ronne, spécialiste des rapports entre son célèbre homonyme et la religion.Dès son plus jeune âge, le jeune Leonard, né dans une famille profondément enracinée dans le judaïsme, a dû sentir l\u2019importance de ce patronyme.» Montréal abr i te l\u2019une des plus vieilles et des plus importantes communautés juives du continent.Deux des aïeux de Leonard Cohen ont été rabbins.Solomon Klinitsky-Klein, père de sa mère, est même reconnu comme un immense exégète des textes sacrés et de la tradition.Surnommé « le prince des grammairiens», auteur d\u2019un thésaurus de termes talmudistes et d\u2019un dictionnaire d\u2019homonymes hébreux faisant autorité, il a enseigné à la fin de sa vie la lecture approfondie des textes sacrés en hébreu à son petit-fils.« Leonard Cohen a observé quotidiennement la discipline intellectuelle de son grand-père quand il lisait et interprétait les textes, dit Sharonne Cohen, qui elle-même enseigne l\u2019hébreu.Ce modèle a influencé sa propre approche des mots et de l\u2019usage des mots en littérature comme en poésie.Pour lui, les mots ont un pouvoir quasi sacré.Trouver l\u2019expression juste devient une mission, une vocation.Dans les médias, nous sommes habitués d\u2019entendre des gens peu respectueux du vocabulaire.Pour Leonard Cohen, au contraire, chaque terme avait une importance profonde.» Leonard Cohen est resté fidèle à ce culte du mot juste jusqu\u2019à la fin.Il s\u2019est aussi toujours identifié comme juif, même quand il a exploré du côté du christianisme, du bouddhisme et d\u2019autres traditions encore.« Je ne cherche pas une nouvelle religion, dira- t-il.Je suis assez heureux avec la vieille, avec le judaïsme.» Philosophie Mme Cohen ne le contredit pas.«Le bouddhisme était plus un mode de vie qu\u2019une religion pour lui, je pense.Il a aussi été attiré par la spiritualité amérindienne.Mais le judaïsme est toujours demeuré au centre de sa vie, pour une raison évidente, puisque ses fondements s\u2019y retrouvent.Je crois qu\u2019il se questionnait sans cesse parce qu\u2019il éprouvait une insatisfaction chronique.Il cherchait des réponses, des liens, des racines, et il avait une curiosité intellectuelle insatiable.» Cette soif d\u2019absolu, ce besoin de «négocier avec les plus profondes ressources de l\u2019âme », comme il le disait lui-même, a aussi profondément marqué ses livres et sa poésie.Dans son roman The Favorite Game (1963), le héros qui le représente parle de la déception éprouvée en constatant que tous les membres de sa famille ne par tagent pas sa conception de la religion comme aspiration métaphysique, se contentant d\u2019y voir un autre moyen de promotion sociale.L\u2019imprégnation spirituelle de l\u2019œuvre se concentre dans le classique Hallelujah, chanson culte reprise par des centaines d\u2019interprètes depuis 1984.Le titre reprend la formule d\u2019allégresse qui ponctue cer taines prières : « loué soit Dieu ».Le texte évoque le roi David, Bethsabée (« You saw her bathing on the roof ») Da- liala «She cut your hair»).L\u2019ensemble semble dire que la tristesse et l\u2019amertume succèdent toujours à la joie.Leonard Cohen, comme dans sa chanson, se retrouve maintenant devant « the Lord of Song».Il a été enterré près de ses parents, à Montréal.Son nom est gravé dans la pierre de la tombe pour les siècles et les siècles, amen.Le Devoir Cohen soit loué ! L\u2019œuvre de l\u2019artiste est profondément marquée par la recherche spirituelle «Il n\u2019a jamais été au goût du jour, donc il ne va pas crever avec le goût du jour.À quelques exceptions près, son œuvre passera à travers le temps.» \u2013 Jim Corcoran Trouver l\u2019expression juste devient une mission, une vocation pas fait de disque.J\u2019ai trouvé son numéro et je l\u2019ai appelé pour lui dire que je faisais moi aussi des poèmes et que j\u2019aimerais qu\u2019il les lise et me dise ce qu\u2019il en pensait.Il m\u2019a donné rendezvous au Bistro, rue de la Montagne [un endroit que fréquentait aussi un autre ami de Cohen, Pierre Elliott Trudeau].» «On s\u2019est assis sur la terrasse, je lui ai donné mes poèmes, je pensais que ce serait tout, mais non : il a commandé deux cafés et il a commencé à les lire devant moi.Et ensuite, on a parlé pendant une heure\u2026 Avec les jeunes, il était d\u2019une générosité incroyable.J\u2019ai commencé à le fréquenter avec d\u2019autres, on allait chez lui et on s\u2019assoyait autour de la table de cuisine.Il nous servait du thé et on parlait des poèmes.Il a toujours eu un côté maître, comme un maître zen.» Le mentor, bis.Martha Wainwright jouait de la guitare en bas de chez Cohen \u2014 c\u2019est l\u2019amie de sa fille Lorca.«Dans l\u2019après- midi, il est venu me voir et il a dit qu\u2019il avait beaucoup aimé écouter, qu\u2019il était impressionné par ce que je faisais.Il m\u2019avait écouté à travers le plancher.Il m\u2019a dit de faire attention avec les patrons des compagnies de disques, de conserver les droits de mes chansons.» L\u2019honnêteté.« Il a été honnête dans son art du début à la fin, estime le biographe de Cohen, Ira Nadel.Ses chansons, ses paroles, sa poésie n\u2019ont jamais été fausses.Il vivait ce qu\u2019il écrivait et comprenait ce qu\u2019il disait.Le public le sentait.Il chantait sans fard, toujours d\u2019une manière directe, que ce soit pour chanter la joie ou le désespoir.» Le chemin de carrière.« Il y a dans son parcours de vie une espèce de droiture, mais avec des ratés et des arrêts qui font en sorte qu\u2019au bout du chemin, ça impose\u2026 une œuvre, en fait, exprime l\u2019ACI Vincent Vallières.Peu importe ce que tu fais dans la vie, tu vis dans le moment, à essayer de maintenir une place, un statut.Et puis, quand tu regardes Cohen, tu réalises qu\u2019il faut voir plus largement.Ça ramène à l\u2019essentiel.» La voix sacrée.« Son chant était presque murmuré, dit John Zeppetelli , conser va- teur en chef du Musée d\u2019ar t contemporain de Montréal, où une grande exposition inspirée de l\u2019œuvre de Cohen se tiendra à la fin 2017.Il avait cette voix pleine de sagesse et d\u2019autorité, une voix sacrée qui portait ses préoccupations spirituelles.» En quelques mots.« Complètement unique et impossible à imiter», pense Nick Cave.En un mot.« Irremplaçable », selon Elton John.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 N O V E M B R E 2 0 1 6 1934-2016 A 3 salondulivredemontreal.com @slminfo #slmtl C ohen avait beaucoup bu.Beaucoup fumé aussi.Il était ce soir- là chez son ami Michel Gar- neau, poète, homme de télé et de radio, puissant amplificateur de la poésie d\u2019ici.C\u2019était à l\u2019époque où, vivant à un jet de pier re de distance, ils passaient beaucoup de temps chez l\u2019un ou chez l\u2019autre.À mesure que les ténèbres des discussions de la nuit s\u2019employaient à redonner un nouveau jour au monde, les deux hommes ne s\u2019entendaient plus sans pourtant cesser de se comprendre.À un moment, Cohen finit par se lever devant un Gar- neau demeuré impassible.«Michel, disait-il, tu as tort, complètement tort.» Avec son tempérament de cachalot toujours bien assuré de la territorialité de ses propos, Gar- neau l\u2019avait alors tout bonnement envoyé promener de sa voix homérique.Cohen était parti.Au petit matin, les bruits de la vie étaient revenus.Cohen aussi.Parce que c\u2019était lui, parce que c\u2019était eux, Garneau lui ouvrit.«Michel, tu as tort, ré- pétait-il encore plus éméché, complètement tor t, mais je veux te donner quelque chose.Ça te protégera.» Et Cohen lui tendit une petite icône de métal, un fétiche de fer blanc capable de chasser le noir entre eux deux.Des années plus tard, tandis que je discutais avec Garneau à son bureau dans les Cantons de l\u2019Est, celui-ci avait posé sur sa table de travail quelques feuilles de papier et cette petite amulette qui lui avait été jadis offerte, gage d\u2019une amitié qui durait entre Cohen et lui au-delà de rencontres espacées par le temps.J\u2019adore cette histoire de fétiche que me confia ce jour-là Garneau.Elle révèle un Cohen moins passionné par des dieux obscurs que par une mystique lumineuse dont il constitue au fond le noyau autant que la chair.Il est évident en ef fet que dans les nombreuses anecdotes qui jaillissent à l\u2019occasion de l\u2019annonce de sa mort, c\u2019est bien lui qui était devenu depuis longtemps l\u2019amulette, le fétiche, l\u2019idole.Il faut revoir Ladies and Gentlemen\u2026 Mr.Leonard Cohen, ce film de 1965 où Cohen, fils distingué descendu de la bourgeoisie de la montagne, vivait dans un hôtel miteux d\u2019où il commandait des sandwiches au fromage dans un français difficile à avaler.Très jeune, au temps de ses premiers vers, Cohen apparaît déjà comme une sorte de fétiche capable de fasciner un vaste public qu\u2019il fait cheminer avec lui sur les crêtes ciselées de ses poèmes.Qui un jour avait osé lui reprocher de ne connaître que trois accords de guitare ?De sa voix déjà crépusculaire, Cohen avait répondu que c\u2019était faux, archifaux : il n\u2019en connaissait que deux\u2026 J\u2019étais de ceux qui n\u2019étaient pas convaincus par les arrangements de ses plus récentes chansons, mais qui demeuraient néanmoins fascinés par la façon unique dont ses mots nous aidaient toujours à échapper à l\u2019insupportable ordonnance des choses ordinaires.Oui, même avec un mauvais synthétiseur en trame de fond, Cohen restait une solution permanente à la fureur du monde.Il af firmait pourtant n\u2019avoir aucun appétit par ticulier pour le monde du spectacle.Il s\u2019en était d\u2019ailleurs retiré plusieurs fois, après s\u2019être mis à chanter en un temps où le triomphe d\u2019une voix tenait encore à autre chose qu\u2019à la puissance et au débit du tuyau vocal.En 1969, Huber t Aquin et Leonard Cohen refusaient le prix du Gouverneur général.Le premier le fit au nom de l\u2019indépendance politique, le second au prétexte de l\u2019indépendance de ses poèmes : « C\u2019est un honneur vers lequel je tends personnellement, mais mes poèmes eux-mêmes me l\u2019interdisent absolument.» À Montréal, à côté du parc des Portugais, on ralentissait toujours un peu le pas.Parfois, l\u2019idole y était, à deux pas de chez lui, assis sur un banc, à discuter tout bonnement.À l\u2019annonce de sa mor t, plusieurs se sont retrouvés là, incapables de croire que, désormais, la lumière de son étoile ne jetterait plus que d\u2019outre- tombe ses poussières d\u2019or.jfn@ledevoir.com L\u2019icône Cohen JEAN- FRANÇOIS NADEAU SOURCE CBS RECORDS INC.monde entier.SOURCE DUSTIN RABIN PHOTOGRAPHY Cohen en concert au Sony Centre de Toronto, en octobre 2011 Une strophe, deux versions Le poème Streetcars (Tramways) est paru pour la première fois dans le recueil Flowers for Hitler (Des fleurs pour Hitler) en 1964.Il a été réédité dans l\u2019anthologie Stranger Music avec des textes de chansons, en 1993, chez McClelland & Stewart de Toronto.Streetcars Did you see the streetcars passing as of old along Ste Catherine Street?Golden Streetcars passing under the tearfull Temple of the Heart where the crutches hang like catatonic divining twigs.Tramways Avez-vous vu les tramways passer comme autrefois dans la rue Sainte-Catherine?Les tramways dorés passer sous le Temple du Cœur éploré où pendent les béquilles comme des branches divinatrices et catatoniques.(Tiré de Musique d\u2019ailleurs, traduction de Jean Guiloineau, Christian Bourgois Éditeur, Paris, 1994) Tramways As-tu vu les tramways passer comme naguère sur la rue Sainte-Catherine?Tramways dorés passant sous le larmoyant Temple du Cœur où les béquilles pendent tels de catatoniques bâtons de divination.(Étrange musique étrangère, traduction Michel Garneau, éditions de l\u2019Hexagone, Montréal, 2000) Lire aussi \u203a Le Montréal du poète, un parcours en photographie des lieux favoris de M.Cohen.Page B 6 Au temps de ses premiers vers, Cohen apparaît déjà comme une sorte de fétiche capable de fasciner un vaste public L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 N O V E M B R E 2 0 1 6 LE BATACLAN UN AN APRES LE CHOC A 4 A 5 Pour en finir avec l\u2019état d\u2019urgence Mieux préparée que la plupart des pays, la France connaît des ratés dans la lutte antiterroriste depuis 2012 I S A B E L L E P A R É V irginie (nom fictif) avait le nez collé sur son cellulaire quand des hommes en cagoule ont vidé le chargeur de leur kalach- nikov sur la terrasse bondée où elle était attablée, le 13 novembre 2015.Elle n\u2019a jamais vu venir les tireurs.Elle n\u2019a vu que les corps s\u2019affaler autour d\u2019elle, inertes.Après avoir réussi à se plaquer contre un mur, elle a attendu deux heures, tétanisée, avant que les secours arrivent.Atteinte d\u2019une balle au mollet, Virginie n\u2019est pas morte ce soir-là, mais c\u2019est tout comme.Sa vie s\u2019est arrêtée sur cette terrasse parisienne.Paralysée par les cauchemars persistants, les phobies et l\u2019anxiété, la jeune avocate a fini par quitter son travail, puis par limiter ses déplacements, avant de ne plus sortir du tout, rongée par la peur d\u2019un autre attentat.Incapable de supporter Paris, elle est partie de la métropole sans laisser de traces à ses médecins.Meurtries au plus profond de leur âme, des centaines, voire des milliers de personnes pansent toujours en silence les plaies laissées par les tueries terroristes.«Cette patiente a vécu ce que plusieurs témoins ont traversé à la suite des attentats.Ils ont développé des symptômes persistants attribuables au syndrome de stress post- traumatique [SSPT] qui a rendu impossible la poursuite de leurs activités normales », explique le Dr Bruno Millet, professeur en psychiatrie et praticien à l\u2019hôpital La Pitié-Salpêtrière.Plus que les 130 mor ts et les 413 blessés qu\u2019ont faits les six attaques du 13 novembre 2015, le nombre réel des victimes « indirectes» des frappes terroristes oscillerait entre 3000 et 5000, selon les autorités de la santé publique parisiennes.Plusieurs d\u2019entre elles vivent encore prostrées dans la peur, paralysées par des maux normalement associés aux anciens combattants ou aux personnes vivant en zone de guerre.Plongés dans l\u2019horreur Dans les semaines qui ont suivi les attaques terroristes, plusieurs premiers répondants, ambulanciers, policiers et soignants sont sortis meurtris psychologiquement de cette épreuve.« J\u2019ai suivi une jeune infirmière, appelée en renfort le soir du 13 novembre, qui a reçu un homme de 23 ans drapé sous une couverture.En levant le drap, elle a vu son ventre et ses testicules qui avaient explosé sous l\u2019impact des balles.Ce n\u2019est pas la normalité, même pour des soignants, de se retrouver plongés dans de telles scènes de guerre», explique le Dr Millet, coordonnateur, avec le psychiatre québécois Alain Brunet, du projet Paris-Mémoire, un essai clinique destiné à tester un traitement expérimental du SSPT.Habitué aux « traumatismes pénétrants », le Dr Mathieu Raux, responsable du centre de traumatologie de La Pitié-Salpêtrière, un hôpital de pointe qui a reçu le plus gros lot des blessés (52 blessés, dont 25 en urgence absolue), confirme que plusieurs collègues ont dû recevoir de l\u2019aide psychologique.«Nous sommes habitués aux blessés par balle, mais rarement à des blessures par kalachnikov», dit-il.Membres sectionnés ou pulvérisés, balles dans le crâne: pendant 48 heures, l\u2019horreur a déferlé sous leurs yeux.«Plusieurs employés, dont certains ont eux-mêmes été séquestrés sur les terrasses, ont rapporté des cauchemars et étaient sidérés.Certains ont été mis en arrêt de travail», dit-il.Après quelques semaines, la personnalité d\u2019une collègue du Dr Raux a même changé du tout au tout.Autrefois enjouée, elle est devenue agressive, en constant conflit avec ses compagnons de travail.«Elle est allée voir le Dr Millet et, depuis, tout est revenu comme avant.Je suis très reconnaissant des efforts déployés pour aider ces gens atteints de stress post-traumatique.» Un traitement québécois Pour aider ces victimes, la France a fait appel l\u2019hiver dernier à un expert québécois, le psychiatre Alain Brunet, qui a développé depuis 10 ans un traitement novateur basé sur le «blocage de la reconsolidation» de la mémoire.Une approche qui permet de guérir le SSPT en combinant la psychothérapie et l\u2019administration d\u2019un médicament bêtabloquant.Les essais cliniques amorcés par l\u2019hôpital La Pi- tié-Salpêtrière devraient recruter plus de 400 patients.Une cinquantaine de victimes des attentats perpétrés à Paris le 13 novembre et ailleurs ont suivi jusqu\u2019ici cette thérapie destinée à éliminer les émotions extrêmes générées par la réminiscence de scènes d\u2019horreur.La thérapie inédite mise sur les propriétés du propranolol, un médicament connu utilisé depuis longtemps pour traiter l\u2019hypertension, les migraines \u2014 aussi employé pour limiter le trac chez les artistes ! On a découvert que ce médicament avait aussi la capacité de bloquer l\u2019émission des hormones de stress dans l\u2019amygdale, une zone du cerveau qui intervient dans la consolidation de la mémoire émotionnelle.«Pour rester douloureux, un souvenir doit être consolidé par la mémoire dite émotionnelle.Or, si on intervient dans ce processus avec le propra- nolol, les émotions associées à ce souvenir vont peu à peu se dégrader.Le souvenir n\u2019est pas effacé, mais la douleur liée au souvenir, elle, oui.Le souvenir devient plus factuel après le traitement », explique le Dr Alain Brunet, spécialiste mondial de cette thérapie unique.Le propranolol permet ainsi aux patients souffrant de SSPT de revisiter graduellement leurs souvenirs lors de plusieurs séances et de « reprogrammer » leur impression dans le cerveau, sans que les symptômes physiques douloureux rejaillissent.L\u2019impact de cette nouvelle thérapie sur les mécanismes de la mémoire avait fait grand bruit quand les premiers résultats d\u2019une recherche, menée conjointement par l\u2019Université McGill et l\u2019Université Harvard, avaient été publiés en 2008.Erronément appelé «la pilule de l\u2019oubli» par les médias américains, le propranolol a permis à atténuer en six à huit semaines les symptômes physiques et psychologiques liés à des expériences de guerre chez des vétérans.«On obtient dans certains cas des guérisons spectaculaires.On pourrait remettre sur pied des communautés entières dans le cas d\u2019attentats de masse», espère le Dr Brunet, dont les résultats des essais cliniques ne seront connus qu\u2019en 2017.Appelé par la France à former 40 cliniciens dans 10 centres hospitaliers, il a entraîné plus de 150 soignants dans 16 centres, tant la demande est grande.Les essais cliniques seront menés dans trois autres villes où la vague terroriste a frappé, notamment à Nice, meurtrie le 14 juillet par la mort de 86 personnes et par 434 blessés, à Rouen, où le père Jacques Hamel a été égorgé, et à Lille.Devant cette avancée prometteuse, plusieurs pays, dont la Belgique, la Tunisie et l\u2019Algérie, ainsi que les autorités de Fort McMurray, où les incendies ont aussi laissé des séquelles psychologiques, ont fait appel à ses services.Il presse, selon lui, de conclure cette étude pour pouvoir rapidement développer un modèle de traitement du SSPT.Cellules de crise Dimanche, jour de commémoration, des cellules d\u2019urgences médicales mises sur pied par l\u2019Assistance publique \u2013 Hôpitaux de Paris seront à pied d\u2019œuvre dans plusieurs lieux.« Il pourrait y avoir des attaques de panique et des sentiments de très grande anxiété chez certaines personnes», affirme le Dr Millet, qui estime que plusieurs victimes, encore terrées chez elles, ne savent toujours pas à quelles portes frapper.«Si on tient tant à cette étude, c\u2019est pour répondre à une détresse extraordinaire de la population parisienne.Il y avait eu Charlie Hebdo, mais là, ç\u2019a atteint un niveau sans précédent.Ces attentats, ç\u2019a été notre 11-Septembre à nous, les Parisiens.» Le Devoir Les blessures psychologiques causées par les attentats sont toujours vives Un traitement québécois offert aux victimes de stress post-traumatique PHOTOS LARRY ROCHEFORT En raison de l\u2019état d\u2019urgence, des centaines de militaires sont toujours présents dans les rues de Paris.Au centre : le Bataclan, épicentre des attaques du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts et 434 blessés, rouvre ses portes aujourd\u2019hui, 12 novembre, avec un concert de Sting.À droite : la vie a repris son cours près du café La Bonne Bière, rue de la Fontaine au Roi, où cinq personnes ont été fauchées par les balles.Si le drame a rapproché certains résidants, d\u2019autres ont préféré quitter le quartier.PATRICK KOVARIK AGENCE FRANCE-PRESSE Des soldats patrouillent près de la cathédrale Notre-Dame de Paris, quelques jours après les attentats.Filière djihadiste: le point sur l\u2019enquête M A X I M E B I L O D E A U Le 18 novembre 2015, la police française mène une opération à Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris.À l\u2019issue d\u2019un siège de sept heures, les deux seuls terroristes qui avaient survécu aux attentats, dont un des cer veaux, Abdelhamid Abaaoud, sont abattus dans l\u2019appar te- ment où ils s\u2019étaient réfugiés.Peu après, deux hommes sont interpellés, puis écroués par les autorités françaises pour avoir fourni le logement à ces deux tueurs des terrasses.Ces derniers sont encore aujourd\u2019hui à l\u2019ombre.Le 18 mars 2016, au terme d\u2019une longue traque, le Français Salah Abdeslam est arrêté à Molenbeek, une commune de Bruxelles.Il est soupçonné d\u2019avoir coordonné les attaques parisiennes et est extradé en France à la fin d\u2019avril, où il fait face à la justice.Son rôle exact dans les attentats de Paris reste flou puisqu\u2019il refuse de parler.Dans ce même coup de filet, deux hommes qui ont exfiltré Abdels- lam de la France vers la Belgique sont mis en examen.Un troisième, qui a aidé « l\u2019ennemi public numéro un» dans sa cavale, est aussi arrêté.Le 22 mars 2016, des explosions retentissent à l\u2019aéroport international Zaventem ainsi qu\u2019à la station de métro Maelbeek, à Bruxelles.Dans la foulée, on apprend que les quatre auteurs de cet attentat avaient participé aux préparatifs des attaques parisiennes.La thèse d\u2019une seule cellule terroriste aux vastes ramifications se précise.Le 29 juillet 2016, deux hommes arrêtés en Autriche sont remis à la France.Cet Algérien et ce Pakistanais prévoyaient de participer aux attentats de Paris avant d\u2019être interpellés et brièvement placés en détention en Grèce, lors de leur arrivée en Europe, en compagnie de deux des kamikazes de la France.En novembre 2016, d\u2019autres suspects sont incarcérés en Italie, au Maroc, en Algérie, en Turquie et en Belgique, tous concernant les attentats de Paris et de Bruxelles.Les enquêteurs remontent le fil des événements jusqu\u2019à la route des Balkans, en Hongrie.Cette semaine, l\u2019identité de celui qui se faisait appeler du nom de guerre Abdou Amhad a été révélée.Le Belgo-Marocain Oussama Atar, parti rejoindre le groupe État islamique en Syrie en 2012, est soupçonné d\u2019avoir missionné deux des assaillants de Paris et le tandem arrêté en Autriche.Le Devoir Avec l\u2019Agence France-Presse MIGUEL MEDINA AGENCE FRANCE-PRESSE Plusieurs premiers répondants, dont des ambulanciers et des policiers, ont souffert du syndrome de stress post-traumatique.Le psychiatre q u é b é c o i s Alain Brunet C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris Dans la soirée du 13 novembre 2015, dès les premières rumeurs d\u2019attentat, une douzaine de gendarmes de l\u2019unité d\u2019intervention de la gendarmerie (GIGN) se sont rapportés spontanément à la caserne des Célestins, à deux kilomètres du Bataclan.C\u2019est la manière de faire dans ce corps d\u2019élite de la gendarmerie, qui ne relève pas de la police, mais de l\u2019armée.Sans attendre d\u2019ordre, les gendarmes se sont rendus eux-mêmes à un lieu convenu à l\u2019avance.Mais ce soir-là, l\u2019ordre d\u2019intervenir n\u2019est jamais venu.Il faudra plutôt attendre 20 longues minutes avant que n\u2019interviennent deux autres unités d\u2019élite, le RAID et le BRI, qui relèvent des forces de la police.Heureusement, devant le Bataclan, un commissaire qui passait par là par hasard a pris l\u2019initiative d\u2019entrer et d\u2019ouvrir le feu sur un kamikaze, qui se fera aussitôt exploser.L\u2019explosion mettra fin au carnage, obligeant les deux autres djihadistes à se réfugier à l\u2019étage avec leurs otages.Premiers arrivés sur les lieux, les policiers n\u2019ont pas les armes pour affronter des kalachnikovs et demandent aux militaires d\u2019intervenir pour secourir les blessés.On leur rétorque que ceux-ci ne sont là qu\u2019«en assistance» et n\u2019ont pas le droit d\u2019intervenir.Il faudra deux heures pour secourir tout le monde.Pour François Heisbourg, spécialiste international des questions de sécurité, ce genre de dysfonctionnements sur le terrain nuit aux très bons résultats des services de renseignement français.« Ces dernières années, presque tous les terroristes qui ont commis des attentats en France étaient fichés, dit-il.Cela veut dire qu\u2019on les connaissait et que les radars étaient pointés dans la bonne direction.C\u2019est quand même une bonne nouvelle.Mais ce n\u2019est pas suffisant.» Des dossiers qui se perdent Depuis le 11 septembre 2001, la France se vantait de l\u2019efficacité de ses ser vices de renseignement, qui avaient permis d\u2019échapper à des attentats comme ceux survenus à Madrid en 2004 et à Londres en 2005.Mais cette époque est révolue, selon François Heisbourg.La fusion, en 2008, de la Direction générale des renseignements généraux (DGRG) avec celle de la sécurité du territoire (DST) a créé de profonds dysfonctionnements.« On a démantelé les renseignements de proximité des grandes villes de province, ce qui a permis, par exemple, d\u2019ignorer l\u2019opinion des policiers de Toulouse, qui considéraient Mohamed Merah comme quelqu\u2019un de très dangereux.À Paris, la DST le considérait plutôt comme une source qu\u2019on pouvait éventuellement manipuler.» Même confusion avec Saïd Kouachi, un des auteurs de la tuerie de Charlie Hebdo, qui était allé s\u2019entraîner au Yémen.Les services de renseignement l\u2019ont repéré dès son retour sur le territoire.Mais lorsqu\u2019il déménagera à Reims, on perdra mystérieusement sa trace, car la nouvelle entité des services de renseignement, la DGSI, n\u2019a plus d\u2019antenne dans cette ville.« En France, dit Heisbourg, nous avons de très bons services de renseignement, mais qui ne savent pas travailler ensemble.Le même problème se retrouve dans le domaine de l\u2019intervention, comme on l\u2019a vu au Bataclan.» La même erreur s\u2019est répétée le 9 janvier 2015, lors de l\u2019envoi, non pas d\u2019une, mais de deux unités spéciales (RAID et GIGN) pour donner l\u2019assaut aux frères Kouachi à Dammartin-en-Goële.Quand, le même jour, Amedy Coulibaly prendra des otages à l\u2019Hyper Cacher de Vincennes, le RAID se retrouvera coincé dans des embouteillages.Pas de commission d\u2019enquête Coauteur, en 2005, d\u2019un livre blanc sur le terrorisme, François Heisbourg déplore le refus du gouvernement de créer une véritable commission d\u2019enquête sur les attentats du 13 novembre 2015, comme celle qui a suivi ceux du 11-Septembre aux États- Unis.Heureusement, dit-il, le gouvernement a renforcé, depuis, les renseignements en région et leur a donné plus de moyens, ainsi qu\u2019aux forces d\u2019inter vention.Il a aussi été décidé que l\u2019unité spéciale la plus proche sera la première à intervenir.«Mais cela ne suffit pas.Il faudrait pouvoir discuter de tous les aspects de la lutte antiterroriste.» Devant ce refus, des députés de l\u2019opposition ont créé une commission parlementaire présidée par le républicain Georges Fenech.Coïncidence tragique, son rapport a été déposé le 12 juillet dernier.« Imaginez, deux jours avant l\u2019attentat de Nice, le gouvernement a rejeté du revers de la main les 39 recommandations de cette commission, dit François Heisbourg.Et il n\u2019y a jamais eu de débat depuis ! » Après l\u2019attaque de Nice qui a fait 85 morts, François Hollande a prolongé une nouvelle fois l\u2019état d\u2019urgence.Or plusieurs experts, y compris des policiers, conviennent aujourd\u2019hui que cet état d\u2019urgence ne sert pratiquement plus à rien.Dans les trois premiers mois, il a permis de donner un coup de pied dans la fourmilière avec 3379 perquisitions et 587 saisies d\u2019armes.« L\u2019état d\u2019urgence a eu un ef fet qui s\u2019est rapidement amenuisé », écrivent les auteurs du rapport de la commission parlementaire.Jean-Frédéric Poisson, parmi les 26 élus qui ont voté contre sa reconduction, estime que «cet état d\u2019urgence est aujourd\u2019hui totalement \u201cinutile et inefficace\u201d».Surenchère à droite Candidat à la primaire de la droite et du centre, ce député chrétien-démocrate est l\u2019un des rares, à droite, à refuser la surenchère à laquelle se livrent la plupart des candidats.Nicolas Sarkozy a proposé d\u2019assigner à résidence avec bracelet électronique toutes les personnes « fichées » ainsi que la création de centres de rétention.Opposé à un «Guantánamo à la française», Alain Juppé suggère plutôt la rétention administrative de tous les Français de retour de Syrie.La députée républicaine de l\u2019Essonne, Nathalie Kosciusko- Morizet, prône quant à elle « l\u2019instauration d\u2019une peine à perpétuité réelle et ef fective, sans possibilité de sortie, pour les terroristes ».Le 2 septembre dernier, le procureur de la République, François Molins, a dû rappeler à tous que « le socle de l\u2019État de droit » implique qu\u2019«on ne peut pas détenir quelqu\u2019un avant qu\u2019il ait commis une infraction».Un état d\u2019urgence inutile Comme lui, plusieurs agents du renseignement et des services de police s\u2019opposent à la mise en rétention des personnes « fichées », ne serait-ce que pour pouvoir remonter les filières sans alerter les suspects.Selon Heisbourg, l\u2019état d\u2019urgence est devenu « une mécanique infernale », en voie d\u2019af faiblir le système de défense français, et reconduit d\u2019abord pour des raisons politiciennes.« Non seulement ce n\u2019est pas un progrès de l\u2019État de droit, mais il est en train de carboniser les armées.L\u2019opération Sentinelle mobilise des militaires dans des opérations qui pourraient être en partie sous-traitées à des vigiles privées.Cela démobilise les militaires, qui quittent le service prématurément.Il faut absolument démilitariser la lutte contre le terrorisme.» Sans oublier que tous ces soldats dans les rues contribuent à tuer le tourisme en France.François Heisbourg craint que les terroristes profitent de la campagne présidentielle pour commettre un nouvel attentat.Il s\u2019inquiète aussi du retour des djihadistes qui suivra l\u2019affaiblissement du groupe État islamique en Syrie.« Il faudrait pouvoir en discuter quelque part, dit-il.Tout cela est très caractéristique d\u2019un gouvernement qui n\u2019aime pas le débat et refuse de se remettre en question.On préfère la communication et passer des heures à parler aux journalistes\u2026 » Le Devoir L\u2019état d\u2019urgence est devenu \u201c une mécanique infernale \u201d, en voie d\u2019affaiblir le système de défense français François Heisbourg, spécialiste international des questions de sécurité « » Nous avons de très bons services de renseignement, mais qui ne savent pas travailler ensemble.Le même problème se retrouve dans le domaine de l\u2019intervention, comme on l\u2019a vu au Bataclan.François Heisbourg « » Lire aussi \u203a Deux autres textes dans notre cahier Livres.Page F 12.DOMINIQUE FAGET AFP Avril 2016.Un convoi transfère Salah Ab - deslam vers la prison française Fleury-Me - rogis, en prove nance de la Belgique. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S .U N A N A P R È S L E C H O C A 6 Pour réserver un espace publicitaire, contactez Caroline Filion au 514 985-3444 ou cfilion@ledevoir.com Expérience d'immersion interculturelle Albanie, Bénin, Burkina Faso, Dharamsala (Inde), Pérou, Sénégal et Vietnam Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 250 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca DÉPART de groupe guidé en français du 28 février au 20 mars 2017 *par personne en occupation double (frais d\u2019OPC non inclus) Supplément occupation simple 1349 $ Vol au départ de Montréal avec Air Canada · Programme de 19 nuits (Hôtels 4*) Inclus 1 nuit de campement dans le désert de Thar · 3 repas par jour (57 repas inclus) 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Montréal 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Papeter ie Casse - Noisette Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter .Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L es attentats terroristes survenus en France en janvier et en novembre 2015 ont fait fuir des touristes, qui ont boudé la première destination touristique mondiale en 2016.Depuis le début de l\u2019année, la fréquentation touristique est en baisse partout en France, et c\u2019est Paris qui ressent le plus durement le coup.Les données enregistrées depuis le début de l\u2019année pointent toutes dans la même direction : baisse de 7 % de la fréquentation pour l\u2019ensemble de la France et de près de 11 % pour la capitale française.Paris et ses alentours ont accueilli près de deux millions de visiteurs en moins, ce qui se traduit par un manque à gagner estimé à près d\u2019un milliard d\u2019euros, selon le président du Comité régional du tourisme de Paris Île-de- France, Frédéric Valletoux.«L\u2019impact est durable et complètement inédit par son importance, a-t-il confié cette semaine à l\u2019Agence France- Presse.Beaucoup de petites entreprises ont un genou à terre.» Depuis janvier, les arrivées internationales ont chuté de près de 8 % et le taux d\u2019occupation des hôtels parisiens a dégringolé pendant la première moitié de l\u2019année (\u20139 %).Le Musée du Louvre, une des attractions les plus prisées de la capitale française, a enregistré une baisse de 20 % de sa fréquentation.Relancer la destination Selon le gouvernement Hollande, la France conservera cette année son titre de première destination touristique mondiale en recevant près de 80 millions de touristes étrangers.Mais pour stopper l\u2019hémorragie, elle devra redresser les indicateurs.Il en va de la santé économique du pays, puisque 9 % de son PIB dépend du tourisme.Début novembre, Paris a présenté un plan qui s\u2019échelonnera de 2017 à 2022 pour donner un nouvel élan au tourisme.Préparé avant les attentats de 2015, il vise une augmentation annuelle de 2 % du nombre de visiteurs.La stratégie se déclinant en 59 actions souligne l\u2019importance de miser sur les atouts de la ville, comme la culture, l\u2019histoire et la gastronomie, tout en améliorant la sécurité et la propreté.La Ville veut par ailleurs développer la vie nocturne et le tourisme gai.En début de semaine, le gouvernement français a débloqué plus de 40 millions d\u2019euros pour donner un coup de pouce au secteur touristique de l\u2019Hexagone.Cette somme devrait notamment permettre d\u2019ajouter des caméras de surveillance, de renforcer la sécurité de sites névralgiques et d\u2019améliorer les infrastructures d\u2019accueil.Le gouvernement souhaite franchir le cap des 100 millions de visiteurs internationaux en 2020.Le Devoir TOURISME ET TERRORISME Paris encaisse durement le coup 80 M Nombre de visiteurs attendus en France en 2016, en baisse de 5 millions par rapport à 2015.-11 % Baisse de la fréquentation touristique à Paris depuis le début de l\u2019année.La diminution est de 7 % pour l\u2019ensemble de la France.-8 % Diminution des arrivées internationales en France depuis janvier 2016.Les baisses les plus importantes concernent les touristes japonais (\u201339 %), chinois (\u201323 %) et allemands (\u201311 %).JACQUES DEMARTHON AGENCE FRANCE-PRESSE Le Musée du Louvre, l\u2019une des attractions les plus prisées de Paris, a enregistré une baisse de 20% de sa fréquentation depuis le début de l\u2019année.R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L e chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, entend profiter du 3e congrès de son parti pour clairement camper le caractère nationaliste de sa formation politique et mettre en avant l\u2019un des principaux thèmes de la CAQ du temps qu\u2019elle était un mouvement émergent: l\u2019éducation.Mais dans son discours dimanche, François Legault exposera les grandes lignes d\u2019un projet économique majeur, qui sera au centre de la plateforme électorale de la CAQ en 2018.« On propose aussi d\u2019adopter l\u2019ar ticle 1, qui dit clairement que la CAQ est un parti nationaliste qui va défendre notre identité à l\u2019intérieur du Canada.Et donc, les choses seront plus claires que jamais », a déclaré François Legault dans un point de presse vendredi.Le chef caquiste ne manquera pas de présenter la CAQ comme un parti proche du peuple.« Il y a juste un parti qui est proche des préoccupations des Québécois, a-t-il avancé.On a deux élites [sic], M.Couillard et M.Lisée, qui se moquent de nos propositions de baisser les impôts de 1000$, de mettre des tests de français obligatoires pour tous les nouveaux arrivants.Ils trouvent ça ridicule.» Au coin de l\u2019ambition Samedi et dimanche, quelque 400 militants se réuniront à Drum- mondville pour ce congrès national affublé d\u2019un slogan qui ne cherche pas à briller par son originalité : Un Québec ambitieux.Le cahier du participant contient un total de 47 propositions, dont 21 sont inscrites sous le vocable Nationalisme et 26 sous celui de l\u2019Éducation.Une plénière d\u2019une durée de deux heures trente, samedi, est prévue pour que les militants en disposent.Dévoilé, jeudi par la députée d\u2019Iberville, Claire Samson, le rapport sur la langue française et l\u2019immigration ne sera pas soumis aux membres.Ses propositions seront reprises dans la prochaine plateforme électorale de la CAQ, a-t-on indiqué dans l \u2019entourage du chef caquiste.Toutefois, une proposition visant à obliger les immigrants qui ne parlent pas le français à suivre des cours de français est présentée aux militants.Sans surprise Dans ce volet dit nationaliste, on retrouve une proposition portant sur l\u2019instauration d\u2019une déclaration de revenus unique, dont se chargerait le fisc québécois.Or, il s\u2019agit d\u2019un engagement électoral de la CAQ en 2014.À ce chapitre, aucune surprise, puisque la plupart des propositions proviennent des positions exprimées en novembre 2015 par François Le- gault et le por te-parole en matière d\u2019af faires intergouvernementales canadiennes, Benoit Charette.On y retrouve, notamment, le rapatriement des budgets fédéraux en culture, l\u2019application de la loi 101 aux entreprises à char te fédérale, la sélection par le Québec des immigrants issus de la réunification familiale et le transfer t en bloc des fonds fédéraux pour les infrastructures.En éducation, les militants doivent se pencher sur une proposition pour rendre obligatoire l\u2019école jusqu\u2019à 18 ans ou jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019un diplôme.On veut également contraindre les élèves du secondaire à faire 20 heures de bénévolat par an.Le Devoir CONGRÈS DE LA CAQ Legault veut couler dans le béton son nationalisme Lire aussi \u203a L\u2019éditorial d\u2019Antoine Robitaille sur la CAQ.Page B 4 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec À moins de deux ans des prochaines élections générales, le Parti libéral du Québec veut se débarrasser de l\u2019étiquette d\u2019« austérité » qui lui colle à la peau.Pour y arriver, la commission politique invite poliment l\u2019équipe de Philippe Couillard à intensifier la lutte contre les inégalités sociales après qu\u2019il eut enregistré un surplus budgétaire de 2,2 milliards de dollars en 2015-2016.La commission politique soumettra aux militants du PLQ, réunis samedi et dimanche en conseil général à Laval, une nouvelle résolu- tion-cadre sur les politiques sociales, dans laquelle elle recommande au gouvernement libéral de «continue[r] de soutenir les travailleurs à faible revenu par des moyens fiscaux et des politiques de redistribution [de richesse] » tout en « s\u2019assur[ant] que les mesures de lutte contre la pauvreté n\u2019af fectent pas la compétitivité des entreprises du Québec».L\u2019État doit « envisag[er] l\u2019implantation dans la société québécoise de nouveaux modèles de répartition des revenus [\u2026] afin de mieux soutenir l\u2019employabilité », puisque l\u2019accès à l\u2019emploi constitue « le levier principal du bien-être économique et social des personnes», rappelle la commission politique.Des défis Même si le taux de chômage a reculé à 6,8 %, le gouvernement libéral ne doit pas « relâcher les efforts », car «de nombreux défis se présentent à la société québécoise», comme l\u2019accroissement du nombre de travailleurs précaires, insiste l\u2019instance chargée de définir les orientations politiques de la formation politique.D\u2019autre part, la commission politique du PLQ presse l\u2019équipe de Philippe Couillard d\u2019« améliore[r] la situation des aînés dans le besoin en augmentant l\u2019enveloppe budgétaire des divers programmes existants, notamment ceux visant à garder les aînés dans leur milieu de vie».Enfin, elle exhorte au gouvernement québécois de « sout[enir] davantage les familles monoparen- tales » pour faciliter la conciliation de leur travail et leurs obligations familiales.La commission politique du PLQ a aussi une pensée pour les plus démunis de la société québécoise.Elle préconise « l\u2019implantation de banques alimentaires dans les quartiers ayant les besoins les plus pressants ».Les ministres Dominique Vien (Travail) et François Blais (Emploi et Solidarité sociale) lanceront la réflexion en matière de politiques sociales samedi après-midi.Au cours des derniers jours, Mme Vien a ouvert la porte à une hausse notable du salaire minimum, tandis que M.Blais s\u2019est vu conférer le pouvoir de contraindre les nouveaux demandeurs d\u2019aide sociale « aptes à l\u2019emploi » à suivre un « plan d\u2019intégration en emploi » sous peine de diminution de leurs prestations (loi 70).Huit valeurs libérales En prévision du conseil général, le cabinet du whip en chef du gouvernement, Stéphane Billette, a prié dans un courriel les élus libéraux de réciter le credo libéral, a fait remarquer une source du Devoir.L\u2019ex-chef libéral Claude Ryan avait séquencé l\u2019ADN du PLQ.Il avait isolé sept valeurs : les « libertés individuelles », l\u2019« identification au Québec», le «développement économique», la « justice sociale», le «respect de la société civile», l\u2019«attachement à la démocratie», ainsi que l\u2019«appartenance canadienne».«Est libérale, nous disent les dictionnaires, la personne amie de tout ce qui est digne d\u2019un être libre ; accueillante envers les idées en général, y compris les idées dif férentes des siennes ; ouverte à de nouvelles expériences et à des horizons inédits ; ouverte au dialogue, tolérante, généreuse ; sensible aux besoins des êtres plus faibles ; acquise à l\u2019égalité fondamentale des êtres humains par-delà toute discrimination », soulignait M.Ryan dans une plaquette parue en 2002.Quelques années plus tard, Jean Charest avait érigé l\u2019« équité intergénérationnelle » en 8e valeur de l\u2019action politique du PLQ.La rumeur selon laquelle une «9e valeur» déterminée par M.Couillard apparaîtrait dans la nouvelle édition de l\u2019ouvrage de M.Ryan, qui sera lancée samedi soir, est fausse, a indiqué le porte-parole du PLQ.Le Devoir Le PLQ amorce son opération de séduction Après avoir sabré les dépenses, le PLQ veut lutter contre les inégalités sociales JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une nouvelle résolution-cadre visera à « soutenir les travailleurs à faible revenu».L I A L É V E S Q U E L a Coalition avenir Québec met sa menace à exécution et annonce qu\u2019elle va poursuivre pour dif famation la députée péquiste Agnès Maltais, qui a reproché à deux anciennes employées bénévoles du Parti québécois d\u2019avoir apporté des documents lorsqu\u2019elles sont passées à la CAQ en 2011.Le chef de la CAQ, François Legault, en a fait l\u2019annonce, vendredi, au cours d\u2019une conférence de presse à l\u2019Assemblée nationale.Selon Mme Maltais, les deux femmes en question, Lynne Harpin et Nicole Savard, auraient téléchargé des documents du PQ sur une clé USB peu avant de quitter le PQ pour la CAQ.La porte-parole du Parti québécois pour les questions d\u2019éthique et d\u2019intégrité avait soutenu que, parmi les documents qui auraient été télé- chargés, on retrouve une liste de membres du Parti québécois dans la circonscription de Rousseau, une liste des bénévoles de la circonscription et une liste des donateurs.Mme Maltais affirme qu\u2019à l\u2019époque, le député Nicolas Marceau en avait même parlé à la Sûreté du Québec.La Presse canadienne CAQ Maltais fera l\u2019objet d\u2019une poursuite Ville de Québec : Marchand nie avoir fait des démarches François Marchand, l\u2019avocat qui souhaite affronter le maire Labeaume aux prochaines élections, se défend d\u2019avoir cherché à se joindre à Équipe Labeaume plus tôt cet été.Or, au cabinet du maire, on jure le contraire.« Jamais je n\u2019ai manifesté d\u2019intérêt à être conseiller municipal et à faire partie d\u2019Équipe Labeaume », a plaidé l\u2019avocat.En matinée, un journaliste du FM93 affirmait que M.Marchand avait approché l\u2019équipe du maire lors d\u2019une rencontre en juillet.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 8 JEAN-MARC LÉGER, JACQUES NANTEL et PIERRE DUHAMEL © J u l i a M a r o i s © S y l v i a n e R o b i n i Assistez à une discussion autour du Code Québec avec les trois auteurs au Salon du livre de Montréal VENEZ LES RENCONTRER AU STAND 460 Vendredi de 18 h à 20 h Samedi de 13 h à 14 h 30 Dimanche de 12 h à 14 h DIMANCHE 20 NOVEMBRE À 11 H 15 L E E B E R T H I A U M E à Ottawa P lusieurs milliers de personnes ont bravé le froid et le vent pour rendre hommage à ceux qui se sont sacrifiés pour défendre le pays et son art de vivre, vendredi.Plusieurs activités se sont déroulées dans l\u2019ensemble du pays pour souligner le jour du Souvenir.La cérémonie nationale a eu lieu au Monument commémoratif de guerre du Canada, à Ottawa, en présence du gouverneur général, David Johnston, et du premier ministre, Justin Trudeau.Plusieurs milliers de vétérans, de membres des Forces armées et de citoyens se sont rassemblés en silence, fouettés par des rafales alors que le temps tournait au froid.Dans le périmètre de sécurité se trouvaient des vétérans de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée, dont les rangs s\u2019amenuisent d\u2019année en année.Glorifier la paix Le défilé annuel devant le Monument a plutôt été conduit par d\u2019anciens militaires ayant pris par t à des missions de maintien de la paix.La grisaille du ciel, qui s\u2019est couvert tout au long de la cérémonie, accusait un contraste avec le bleu de leurs bérets.Col leen Fi tzpatr ick , de Colombie-Britannique, a été désignée comme mère de la Croix d\u2019argent cette année.Celle qui a perdu un fi ls lors du conflit en Afghanistan a déposé une couronne devant le Monument commémoratif au nom de toutes les mères dont l\u2019enfant est mort en service.Son fils, le caporal Darren Fitzpatrick, est mor t après avoir marché sur un dispositif explosif le 6 mars 2010.Le premier ministre, Justin Trudeau, a également déposé une couronne, joint par plusieurs dignitaires, dont le gouverneur général.David Johnston était vêtu d\u2019un uniforme militaire pour l\u2019occasion, en tant que commandant en chef du pays.Sa femme, Sharon Johnston, a elle aussi arboré un uniforme à titre de capitaine honoraire de vaisseau.Le silence régnait sur la foule lorsque a sonné l\u2019horloge de la Tour de la Paix, à 11 h, et qu\u2019ont claironné les notes du Last Post \u2014 la mélodie d\u2019usage pour commémorer les soldats disparus.Des coups de canon ont été tirés pour rendre hommage à toutes les générations de Canadiens mor ts au combat.Après le dépar t des dignitaires, plusieurs personnes ont déposé des coquelicots sur la tombe du Soldat inconnu.Un Monument nouveau Un débris de construction provenant d\u2019une palissade adjacente au Monument, porté par les for ts vents, a frappé une femme dans la foule.Elle a apparemment été blessée à l\u2019épaule.Le Monument a récemment été remis à neuf.Les travaux ont permis de remplacer la dalle de béton qui se trouve sous la structure et d\u2019en nettoyer les statues de bronze.Composé de 500 tonnes de granite et de 32 tonnes de bronze, le Monument s\u2019élève à 21 mètres de hauteur, à un jet de pierre de la colline du Parlement.Il a été érigé en 1939 en mémoire des défunts de la Première Guerre mondiale , quelques mois seulement avant le début de la Seconde Guerre.Des cérémonies sont organisées dans plusieurs villes du pays pour souligner le jour du Souvenir, qui est aussi observé en Europe et dans les pays du Commonwealth afin de commémorer les sacrifices de la Première Guerre mondiale et d\u2019autres guerres.Cette journée rappelle la si - gnature de l\u2019Armistice, mettant fin à la Grande Guer re, le 11 novembre 1918.Au Québec À Québec, une cérémonie s\u2019est déroulée à la croix du Sacrifice, près de l\u2019Assemblée nationale du Québec.« Nous sommes unis pour leur dire merci pour hier, aujourd\u2019hui et pour demain », a transmis par Twitter le premier ministre Philippe Couillard.À Montréal, le rassemblement principal a eu lieu à la place du Canada.Une dizaine de vétérans ont aussi été honorés lors de la 19e cérémonie du jour du Souvenir, organisée par la Société Saint-Jean-Bap- tiste de Montréal.Celle-ci s\u2019est déroulée au cénotaphe militaire du cimetière Notre- Dame-des-Neiges.La Presse canadienne JOUR DU SOUVENIR Hommage aux faiseurs de paix SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le chef d\u2019état-major de la défense du Canada, Jonathan Vance, a serré la main de vétérans réunis pour la cérémonie, vendredi, devant le Monument commémoratif de guerre, à Ottawa.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L es Casques bleus canadiens seront déployés en Afrique au moins trois ans.Mais pour le reste, le gouvernement Trudeau n\u2019a toujours pas décidé où ni quand il mènera la mission de paix annoncée cet été.«Les options qui sont en train d\u2019être préparées pour permettre au Conseil des ministres de prendre une décision sont basées sur une période envisagée de trois ans », a confirmé le bureau du ministre de la Défense, Harjit Sajjan.Les libéraux annonçaient fin août qu\u2019ils enverraient jusqu\u2019à 600 soldats et près de 150 policiers en mission de paix à l\u2019étranger.Le ministre espère toujours pouvoir préciser les paramètres de cette mission d\u2019ici la fin de l\u2019année.«La décision quant à l\u2019endroit et la durée n\u2019a pas encore été prise», a réitéré son bureau vendredi.Ottawa pourrait déployer ses soldats dans plus d\u2019un pays africain pour prêter main-forte à des missions onusiennes, et la mission canadienne, une fois décidée, serait réévaluée tous les ans, a précisé le ministre Sajjan en entrevue avec le Toronto Star.« Une part [des efforts] sera d\u2019œuvrer à réduire la radicalisation dans cer taines régions ; dans d\u2019autres endroits, il s\u2019agira de renforcer les capacités des autorités locales », a-t-il expliqué au quotidien torontois.Plusieurs s\u2019attendent à ce qu\u2019Ottawa envoie des Casques bleus au Mali \u2014 qu\u2019a visité le ministre Sajjan et où le gouvernement a déployé une mission de reconnaissance rassemblant des diplomates et des militaires.Un comité d\u2019experts chargés de conseiller Justin Trudeau avait justement favorisé un déploiement dans le petit pays africain.Et le premier ministre a souligné à plus d\u2019une reprise que l\u2019ONU voit « l\u2019intérêt d\u2019avoir des forces francophones ou bilingues».Repérage Le ministre Sajjan est également allé récemment au Sénégal, tout comme sa collègue au Développement inter national, Marie- Claude Bibeau, qui a elle aussi visité le Mali.Le ministre des Af faires étrangères, Stéphane Dion, était quant à lui en Afrique sub- saharienne cette semaine \u2014 au Kenya, au Nigeria et en Éthiopie \u2014 pour parler notamment de lutte contre le terrorisme et de prévention de la radicalisation.Les libéraux n\u2019ont jamais précisé si les pans de leur future mission de paix seraient soumis à un vote au Parlement, le ministre Sajjan arguant que la décision serait prise par le Conseil des ministres le moment venu.Le Devoir Ottawa envisage une mission de paix de trois ans en Afrique Le lieu précis et la date de déploiement ne sont toutefois pas connus Des coups de canon ont été tirés pour rendre hommage à toutes les générations de Canadiens morts au combat L I S A - M A R I E G E R V A I S L\u2019 onde de choc causée par l\u2019élection de Donald Trump s\u2019est fait ressentir jusque dans les cours d\u2019école du Québec.Les mots « troisième guerre mondiale» et « fin du monde» se sont fait entendre.« Il y avait beaucoup de sarcasme, d\u2019autres faisaient des jokes » , dit Félix, 10 ans.Presque du même âge, Teo raconte que des copains parlaient de construire un jeu, une sorte de mannequin de bois à l\u2019ef figie de Trump avec une tête amovible qu\u2019il faudrait atteindre avec une balle.Quant à Adèle, une fillette de 8 ans, elle se rappelle avoir entendu des moqueries comme\u2026 « Trump d\u2019éléphant».Devant un tout pêle-mêle d\u2019informations et de déclarations à l\u2019emporte-pièce que les enfants captent dans leur entourage, il est important de nuancer et de «remettre les pommes avec les pommes», croit Denis Dubé, enseignant de géographie et d\u2019histoire à l\u2019école des Pionniers à Saint-Augustin-de-Desmaures.Avec un collègue, il a organisé une soirée électorale mardi dernier, après avoir préalablement préparé ses élèves à cet important scrutin américain.« Je m\u2019aperçois qu\u2019il faut parfois mettre le pied sur le frein.Certains disent que c\u2019est la troisième guerre mondiale, d\u2019autres se questionnent de façon plus poussée et me demandent ce qui va se passer avec le Mexique ou avec le libre-échange.» Sans tout comprendre, les enfants ne sont pas dupes de ce qui se passe.Ils savent très bien qui est Donald Trump et le dépeignent avec des mots crus, sans détour.« C\u2019est un raciste et un pervers, lance Léo.Je sais que c\u2019est un homme d\u2019af faires, il n\u2019a jamais fait de politique.«Les États-Unis l\u2019ont choisi entre autres parce qu\u2019ils étaient tannés de leur politique et disent qu\u2019Hillary est une menteuse », croit pour sa part Félix.Pour Adèle, c\u2019est un « sexiste ».Et c\u2019est quoi, être sexiste ?« Le sexisme, c\u2019est comme si un garçon disait à une fille \u201ctoi, tu ne peux pas jouer au soccer\u201d.» Élève de troisième secondaire, Albert est capable de plus de nuance et s\u2019inquiète des impacts de cette élection sur le Canada.« Il y a une campagne sur le protectionnisme économique, donc ça peut nuire.Les États-Unis sont le premier partenaire économique du Canada.On ne sait pas finalement ce qu\u2019il va faire, mais ce n\u2019est pas vraiment encourageant, géopolitiquement avec sa position sur l\u2019OTAN, c\u2019est sûr qu\u2019il va y avoir des changements.» L\u2019importance de désamorcer Les attentats du World Trade Center, ceux dans les locaux de Charlie Hebdo ou au Bataclan\u2026 les jeunes commencent à avoir vécu pas mal d\u2019événements susceptibles de les chambouler.« Il faut d\u2019abord faire le tri, un adolescent ne va pas réagir de la même façon qu\u2019un enfant », soutient George Tarabulsy, professeur à l\u2019École de psychologie de l\u2019Université Laval.« Si on est ado et qu\u2019on est en train de réfléchir à notre place dans le monde, en entendant Trump, on peut se dire : ce n\u2019est pas comme ça que je veux vivre ma vie.Mais si on est enfant et qu\u2019à l\u2019école, on nous apprend à ne pas intimider et à être tolérants, on est face à une contradiction devant ses agissements.» L\u2019élection du milliardaire n\u2019a peut-être pas un potentiel traumatique aussi grand pour les enfants canadiens, mais tout dépend de la façon dont le sujet est abordé.« Il faut voir comment les parents communiquent avec les enfants.S\u2019ils sont très anxieux eux-mêmes et qu\u2019ils font tout un plat, ça peut [se répercuter] sur les enfants », note la psychologue Martine Zajac.D\u2019où l\u2019importance d\u2019en parler et bien, croit M.Tarabulsy.« La responsabilité, on espère que les parents et les jeunes l\u2019ont.On espère que ce sont des discussions qu\u2019ils auront en classe.» À l\u2019école de Félix, son enseignant a pris une heure pour parler de l\u2019élection.Même chose dans la classe de son petit frère, où la grammaire a dû attendre la fin de la discussion sur la surprise Tr ump.« Il soulève des questions par rappor t à l\u2019immigration et l\u2019économie, et c\u2019est clair que la façon dont la campagne a été menée, ça remet en question la validité de cette institution-là.[\u2026] Si un enfant entend parler ses parents au souper, ça peut le déstabiliser dans ce qu\u2019il pense » du bien et du mal, souligne le professeur.«C\u2019est important d\u2019en parler pour désamorcer.» Le Devoir ÉTATS-UNIS Le président désigné fait jaser dans les cours d\u2019école L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 9 Aubaines de la chance Économisez jusqu\u2019à 70% 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 Pro?tez d\u2019aubaines de dernière minute.Réservez tôt ! 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hôtel, un emplacement ou un type de chambre en particulier) ne sont pas permises pour cette promotion.Nous ne pouvons pas garantir des aménagements pour les gens ayant des besoins spéciaux.Il est aussi impossible pour nous de garantir que les personnes ayant fait des réservations séparément reçoivent une réservation dans le même hôtel.Votre hôtel vous sera révélé 7 jours avant le départ et celui-ci ne peut pas faire l\u2019objet d\u2019une négociation.Les économies allant jusqu\u2019à 70 % s\u2019appliquent au « Lucky Deals Five Riviera Maya » pour les départs du 8, 15 et 22 janvier 2017 et représentent l\u2019intégralité des épargnes de l\u2019off re « Aubaines de la chance » y compris l\u2019option payée des vacances et de l\u2019hôtel dans lequel les clients seront placés.*Les Vacances au champagne ne font pas partie de l\u2019off re « Aubaines de la chance ».Les économies sont déjà refl étées dans les prix affi chés.Tous les prix sont par personne, en occupation double pour 7 nuitées de vacances tout compris (sauf indication contraire).Le classement par étoile minimum choisi est garanti.Les prix n\u2019incluent pas la contribution des clients de 1 $ par tranche de 1 000 $ de services achetés, au Fonds d\u2019indemnisation des clients des agents de voyages.Les sièges et les chambres sont limités et leur capacité est contrôlée.Pour la liste complète des hôtels admissibles dans chaque destination, veuillez consulter le Sunwing.ca.Les taxes locales payables à destination sont en supplément (Costa Rica 29 $ US, Rép.dom.30 $ US, Roatan/La Ceiba 46 $ US, Panama 15 $ US).Les prix ne se combinent à aucune autre off re.Les vols sont opérés par Sunwing Airlines ou Jetairfl y.Le service à bord varie selon la durée du vol et la destination.Pour les modalités et conditions complètes, veuillez consulter la brochure Vacances Sunwing 2016-2017.Titulaire d\u2019un permis du Québec #702928.| 12/11/2016 UNE PLAGE PARFAITE n\u2019est que le commencement Envolez-vous avec le n°1 au Canada dans le sud PHOTOS GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR «Le sexisme, c\u2019est comme si un garçon disait à une fille \u201ctoi, tu ne peux pas jouer au soccer\u201d», dit Adèle, 8 ans.Albert, élève de 3e secondaire Félix, 10 ans «C\u2019est un raciste et un pervers», dit Léo du futur président.Teo, 9 ans L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 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maison et les hommes guidaient dans la nature», se souvient- elle.Après avoir étudié en administration, elle monte sur scène et devient chanteuse professionnelle, présentant entre autres des chansons du répertoire traditionnel abénaquis.Un documentariste s\u2019intéresse à son histoire après qu\u2019elle eut lancé une campagne de financement pour une piscine destinée aux enfants d\u2019Odanak.L\u2019ONF l\u2019invite alors comme conseillère pour la réalisation des films sur les autochtones.Elle adoptera alors la caméra pour toujours.Pour elle, ce sera simplement une autre façon de défendre sa cause.À partir de 1990, elle tournera une série de documentaires sur la crise d\u2019Oka.Son film, Kanesatake, 270 ans de résistance, lui vaudra 18 prix à l\u2019échelle internationale.Pour elle, cette crise a changé la perception des autochtones, parce que c\u2019était la première fois qu\u2019une communauté résistait à ce point pour défendre sa terre.À 84 ans, Alanis Obomsawin vient de terminer un film, On ne fait pas deux fois la même erreur, qui relate l\u2019éprouvant combat mené par les autochtones pour contester en cour l\u2019iniquité des services sociaux prodigués aux enfants autochtones des réserves, desservis par le gouvernement fédéral, par rapport à ceux offerts aux enfants, autochtones et non autochtones, vivant hors réserve, desservis par les gouvernements provinciaux.Le problème est si criant qu\u2019il incite les intervenants à placer les enfants dans une famille hors réserve, plutôt que de les maintenir dans leur propre famille.La bataille juridique contre le gouvernement fédéral a été ardue.Le film en décortique les tenants et aboutissants, mettant en vedette Cindy Blackstock, une intervenante autochtone, au- jourd\u2019hui professeure à McGill, qui tiendra le fort jusqu\u2019à la victoire finale des autochtones, en janvier 2016.Les chif fres qu\u2019elle évoque sont affolants : le taux de placement des enfants autochtones a bondi de 71 % entre 1995 et 2001, un phénomène que plusieurs comparent au phénomène antérieur des pensionnats autochtones.Selon divers intervenants, la surrepré- sentation des autochtones dans les statistiques sur le placement d\u2019enfants n\u2019est pas justifiée.Si ces enfants recevaient les services nécessaires sur les réser ves, la situation se résorberait.Cela n\u2019a pas empêché le gouvernement Harper de dépenser des millions pour combattre les défenseurs de l\u2019intérêt des enfants autochtones dans ce procès.Une femme optimiste «Tout mon travail est influencé par les enfants autochtones », dit la cinéaste, rencontrée dans les bureaux du Devoir, les yeux noirs pétillants et une belle tresse noire remontée en chignon.Son prochain film por tera sur une école de Norway House, une communauté crie dans le nord du Manitoba.« C\u2019est une école merveilleuse, dit-elle.Je ne suis jamais fatiguée d\u2019entendre les gens raconter leurs histoires.» En fait, Alanis Obomsawin demeure optimiste.Les choses ont énormément changé depuis son enfance, alors que les autochtones se sentaient souvent comme des animaux traqués, susceptibles d\u2019être battus ou violés.Les jeunes, par exemple, lui donnent espoir.« Il y en a qui ont marché de la baie James à Ottawa pour faire connaître la réalité autochtone», relève-t-elle.« Il y a encore beaucoup de suicides », recon- naît-elle, mais il y a des jeunes qui cherchent des solutions ailleurs que dans le suicide, l\u2019alcool ou la drogue.« Il va y avoir de grands changements », prédit-elle.Déjà, le gouvernement du Canada devra s\u2019adapter à l\u2019ordre de la cour dans le cas du financement des services sociaux offerts aux enfants.Dans ce contexte, il est évident que le fait de pouvoir élever ses enfants soi-même et de travailler à résoudre ses problèmes est fondamental pour l\u2019af firmation de soi.Sur le plan de l\u2019éducation, la cinéaste considère que le Québec est à la traîne derrière les autres provinces et territoires canadiens, quant à l\u2019intégration de la réalité autochtone dans son enseignement de l\u2019histoire.Elle relève, par exemple, que la crise d\u2019Oka devrait être enseignée dans les écoles, comme la nature et la culture des 11 Premières Nations du Québec.Mais, « comparativement aux États-Unis, le Canada est avancé », dit-elle, se réjouissant de l \u2019arrivée de Justin Trudeau comme premier ministre.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CINÉMA peut voir qu\u2019on se dirige vers une course à trois, note Christian Bourque, vice-président de la firme de sondages.Les résultats se resserrent.» Chez les francophones, le PQ domine avec 38 % d\u2019appuis, dix points devant la CAQ\u2026 et 19 points devant les libéraux.Ces derniers ont là aussi perdu quatre points depuis le 1er octobre, que se partagent ses deux principaux adversaires.Quant à la satisfaction envers le gouvernement, elle demeure faible : 26 %, contre 66 % de répondants qui se disent insatisfaits.Impossible de dire précisément ce qui a pu affecter la confiance des électeurs à l\u2019égard du gouvernement, soutient Christian Bourque.Mais plusieurs éléments y ont assurément contribué, pense-t-il : le rapport interne d\u2019un membre du conseil exécutif très critique du parti ; les allégations de Lino Zambito; les révélations de l\u2019émission Enquête sur des collecteurs de fonds du PLQ et la Société immobilière du Québec; tout le dossier de l\u2019espionnage des journalistes, «même si le gouvernement a réagi vite» ; l\u2019affaire Gerry Skla- vounos.«Ce sont tous des éléments qui créent un climat plus ou moins positif.» Pas d\u2019effet Lisée Pour le PQ du nouveau chef Jean-François Li- sée, les nouvelles sont plutôt neutres, pense M.Bourque.« Il n\u2019y a pas d\u2019effet Lisée sur les résultats du parti», remarque-t-il.Un autre indicateur révèle une certaine tiédeur de la population à l\u2019égard de M.Lisée et des autres chefs : celui de la question de savoir qui ferait le meilleur premier ministre du Québec.M.Couillard (18 %), M.Lisée (17 %) et François Legault (17 %) sont tous à égalité \u2014 et tous derrière le score de leur parti.Quatre péquistes sur dix n\u2019accordent par leur vote à M.Lisée à cet égard.M.Lisée ne se démarque pas non plus dans la catégorie du chef qui représente la meilleure opposition au gouvernement (27 %, deux points devant M.Legault).C\u2019est aussi ce dernier qui représente le plus le changement, estiment les répondants.Dans les jours suivant son élection comme chef du PQ en 2015, Pierre Karl Péladeau avait été crédité de 30 % d\u2019appuis comme meilleur premier ministre, dix points devant Philippe Couillard.L\u2019effet avait toutefois été bref : moins d\u2019un mois plus tard, M.Couillard obtenait 27 %, et M.Péladeau 25 %\u2026 Pour Christian Bourque, tout le portrait indique donc une division assez complète du portrait politique : trois partis à moins de six points d\u2019écart ; trois chefs également populaires (ou impopulaires, c\u2019est selon) ; Montréal qui est plutôt libérale (39%), Québec qui voterait CAQ (38%), et les régions davantage péquistes (34%).Médecins et surplus Deux questions périphériques posées par Léger montrent deux autres formes de division au sein de la population.D\u2019une part, 45 % des répondants estiment que la « rémunération actuelle des médecins au Québec est adéquate », contre 34 % qui la jugent trop élevée.Et en ce qui concerne l\u2019utilisation du surplus budgétaire de deux milliards du gouvernement, 52 % pensent que Québec devrait « d\u2019abord réinvestir dans les services publics », alors que 43 % opteraient pour diminuer les impôts.Le sondage a été mené en ligne auprès de 999 personnes entre les 7 et 10 novembre 2016.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SONDAGE matin dans le bain de sang du Bataclan.L\u2019Histoire « avec sa grande hache », aurait dit l\u2019écrivain Georges Perec.«Moi, j\u2019ai tout de suite reconnu le son des Ka- lachnikov », dit Tiya, qui revenait tout juste du tabac à côté.Ce n\u2019était pas la première fois que ce réfugié turc, qui tient une petite cantine sur la rue Alibert, entendait ce son caractéristique.Cet ancien militant du Parti communiste turc a obtenu l\u2019asile politique en France en 1986.Les passants se sont immédiatement réfugiés chez lui alors que plus de 400 coups de cette mitraillette retentirent en moins de vingt minutes.On retrouvera une centaine de balles.« Je leur ai fait des sandwiches, dit-il.Qu\u2019est-ce que vous vouliez que je fasse?» La détresse au détour d\u2019une phrase Il aura fallu quatre mois pour que rouvre le Petit Cambodge, où l\u2019on déguste les meilleurs rouleaux impériaux de Paris.Quatre mois pour que les médecins et les infirmières de l\u2019hôpital Saint- Louis, situé juste en face, retrouvent leurs habitudes sur sa terrasse.Ironie du sort, c\u2019est un médecin d\u2019une clinique du 19e arrondissement qui sera fauché ce soir-là, le Dr Stella Verry.Depuis, plusieurs familles ont quitté le quartier.Cela s\u2019est fait discrètement sans faire de bruit, dit Raymonde, une institutrice à la retraite.«Ici, c\u2019est un quartier très mélangé.Tout le monde se connaît.Depuis, les liens se sont resserrés entre les voisins.Les gens se reçoivent plus qu\u2019avant.Les enfants ont été très entourés.On en a parlé à l\u2019école.L\u2019appréhension est tue.Mais parfois, on sent la détresse profonde au détour d\u2019une phrase\u2026» Pour Tiya, qui se dit athée, c\u2019est la France qui a été visée ce jour-là.« Quand je vois ce qui se passe en Turquie, où le voile est de retour partout, je ne veux sur tout pas que ça arrive ici ! » C\u2019est aussi l\u2019opinion de Yariv, un agent de voyages israélite dont la boutique a été bloquée pendant trois semaines par des cordons de police.« Aujourd\u2019hui, ça va.La clientèle est revenue.» C\u2019est à côté de son bureau, à 450 mètres du Petit Cambodge, devant la brasserie Bonne Bière, que cinq personnes trouveront la mor t.Valérie, la vendeuse de fleurs juste en face, ne « veut plus en parler.Il faut tourner la page », dit-elle.Même son de cloche à l\u2019hôtel Absolute Paris, à quelques mètres, racheté juste avant les attentats par la chaîne française Maranatha.Aujourd\u2019hui, la clientèle n\u2019est toujours pas revenue.Mais ce n\u2019est pas tant les attentats qui ont déchiré le quartier que la révélation faite dix jours plus tard par la chaîne de télévision Canal Plus.Les résidants ont appris que le patron du Cosa Nostra aurait vendu au quotidien britannique Daily Mail la vidéo enregistrée ce soir-là par ses caméras de surveillance.Sur ces images qui ont fait le tour du monde, on voit les djiha- distes semer la terreur sur les terrasses, et les clients se réfugier sous les tables.Tout ça, pour 50 000,00 euros.Malgré les dénégations du patron, les gens du quartier boycottent depuis sa pizzeria.«Personne ne lui a pardonné, dit Yariv.J\u2019y allais avant, maintenant, je n\u2019y vais plus.Il y a des limites tout de même ! » Parfois, des voisins se présentent au comptoir et demandent au patron à la blague s\u2019il n\u2019aurait pas « de la monnaie\u2026 pour 50 000,00 euros ! » Un an plus tard, cette trahison ne passe toujours pas.Toute la France était visée Pour Yariv, le 13 novembre, tout a changé, dit-il.« Avant, les terroristes islamistes Merah, les frères Kouachi ou Amedy Coulibaly visaient les juifs, les policiers ou les journalistes.Ce soir- là, c\u2019est toute la France qui était dans le viseur.Même des musulmans ! » Depuis, « on a développé des réflexes », dit-il.Avec la recrudescence des attaques au couteau en Allemagne, en Israël et même en France, il évite les « mecs bizarres qui marchent dans la rue.Je remarque les voitures qui filent à toute allure.Je suis sur mes gardes.Ces petits gestes sont entrés dans les mœurs.On sait qu\u2019on est loin d\u2019en avoir fini avec le terrorisme et que ça va se reproduire\u2026 C\u2019est certain ! » Pour lui, l\u2019État d\u2019urgence, renouvelé en juillet dernier, est inutile.« C\u2019est complètement psychologique ! Mais ça rassure les gens de voir des militaires avec des mitraillettes dans les rues\u2026 » Des roses pour Rollande Le seul lieu où, un an après le drame, les gens viennent toujours déposer des fleurs est la salle de spectacle du Bataclan.«Pour tous ceux qui ont perdu leur Rollande», a écrit sur un bouquet de roses un inconnu venu d\u2019Amsterdam.« Que leur âme repose en paix », écrit simplement un autre.Le 12 novembre, la salle rouvrira ses portes avec Sting, l\u2019ancien leader de The Police.À l\u2019intérieur, tout a été refait à l\u2019identique.Étrangement, plusieurs ar tistes français, dont Francis Cabrel, ont refusé d\u2019y chanter à nouveau.Si ce n\u2019était des barrières et du tricolore flottant à une fenêtre du troisième étage du 48 du boulevard Voltaire, tout semblerait normal.C\u2019est de cet immeuble que Damienne est sortie il y a un an, trois minutes exactement après que les terroristes eurent pénétré dans la salle et abattu les vigiles à l\u2019entrée.« Si mon mari ne s\u2019était pas endormi devant le match de foot, j\u2019y passais, dit cette retraitée de La Poste.Heureusement, le gérant du café d\u2019à côté m\u2019a dit de partir dans la direction opposée.» Au retour, elle n\u2019a pas pu regagner son appartement avant 4 heures du matin.Le hall de son immeuble, où l \u2019on avait soigné des blessés, était plein de sang.Depuis, « j\u2019ai un peu la trouille d\u2019aller me promener sur les Champs Élysées à Noël.Mais il faut bien vivre\u2026 Et puis, on en a vu d\u2019autres.» Quelques jours avant la prise d\u2019otages, il y avait de fortes rumeurs d\u2019attentat, dit-il.Les urgentistes du SAMU avaient même fait un exercice sur la rue le matin du 13 novembre.«Trop d\u2019affect» Tous n\u2019ont pas surmonté ces événements aussi bien que Damienne.Les boulangers qui jouxtent le bistrot La Belle Équipe de la rue de Charonne, où les tireurs en Seat noire ont mis fin à leur cavalcade meurtrière, n\u2019ont jamais rouvert.Ils ont beau habiter à l\u2019étage au-dessus, ils ont cédé leur commerce à d\u2019autres.La boutique est toujours en rénovation.Ce soir-là, la majorité des 19 victimes du café La Belle Équipe était venue célébrer les 35 ans de Houda Saadi, elle-même serveuse dans un établissement du coin.« Ma compagne n\u2019a jamais osé repasser devant le café », dit Alain.Ce retraité de 70 ans n\u2019a pas supporté la manière trop émotive, dit-il, dont les médias ont rapporté ces attentats.« Il n\u2019y a plus que de l\u2019af fect.On va vers un cataclysme de la pensée.» Depuis un an, il y a moins d\u2019enfants dans le quartier, croit-il.Cet ancien communiste, qui a même fréquenté les camps de l \u2019African National Congress (ANC) en Zambie et le Chili à l\u2019époque d\u2019Allende, a quitté Vitry-sur-Seine.Il ne se sentait plus «plus le bienvenu» dans cette commune en banlieue devenue un ghetto ethnique.Deux jours après les attentats, les policiers ont d\u2019ailleurs démantelé un réseau djiha- diste dans cette commune où enseignait Madeleine Sadin, 30 ans, professeure de français au collège Adolphe-Chérioux, tombée sous les balles au Bataclan.Dimanche, Alain prendra par t aux hommages qui seront rendus aux victimes un peu partout dans Paris, notamment place de la République, devenue depuis un an et demi le symbole de ce nouveau « Paris outragé ».Les Parisiens seront invités à mettre une bougie à leur fenêtre.Une façon de se souvenir de cette époque pas si lointaine où la capitale savait être un peu plus insouciante.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BATACLAN La violence sexuelle est préoccupante Dans la foulée de l\u2019affaire Sklavounos et des agressions à l\u2019Université Laval, le sondage Léger révèle que près de neuf répondants sur dix estiment que le «harcèlement sexuel et la violence sexuelle sont un problème de société» plus répandu qu\u2019avant (31 %) ou aussi répandu qu\u2019avant (56 %).De même, 59 % des gens estiment que la société est «moins tolérante qu\u2019avant» quant à cette violence qui touche principalement les femmes.Dans ce contexte, 44 % des répondants se disent insatisfaits de la manière dont les services de police s\u2019occupent de ces cas (contre 37 % qui sont satisfaits).Plus tranché est le jugement sur la manière dont le système de justice s\u2019occupe des mêmes situations : 60 % des répondants sont insatisfaits, contre à peine un quart (26 %) qui se disent satisfaits.Les intentions de vote Pour quel parti voteriez-vous?Parti novembre 2016 octobre 2016 PLQ 31% 35% PQ 30% 29% CAQ 25% 23% QS 10% 10% Sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal réalisé en ligne du 7 au 10 novembre 2016 auprès de 999 personnes.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de 3,1% dans 19 cas sur 20.LE DEVOIR Les dif férents lieux où les terroristes ont semé la mort à Paris le 13 novembre 2015 "]
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