Le devoir, 6 octobre 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 2 7 L E D E V O I R , L E J E U D I 6 O C T O B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Martine Ouellet, la gardienne du temple.Une chronique de Michel David.Page A 3 Actualités \u203a Ouragan Matthew.Le bilan s\u2019alourdit à Haïti, alors que les secours évaluent les dégâts et les besoins.Page A 4 Avis légaux.B 4 Décès.A 4 Météo.B 3 Mots croisés.B 8 Petites annonces .A 4 Sudoku.B 3 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Pierre Bonnard, maître de l\u2019art moderne, s\u2019expose au MNBA de Québec Page B 8 Course à la chefferie du PQ Les «Bleuets» pourraient peser fort dans la balance Page A 3 Déclarations volontaires Moins d\u2019un mois pour les entreprises fautives pour obtempérer Page B 1 H É L È N E B U Z Z E T T I M A R I E V A S T E L Correspondantes parlementaires à Ottawa L\u2019histoire aura-t-elle le hoquet ?Mercredi, la Chambre des communes a voté en faveur de l\u2019Accord de Paris sur les changements climatiques, comme elle avait, 14 ans plus tôt, entériné le Protocole de Kyoto.Comme à l\u2019époque, le gouvernement libéral a su rallier les néodémocrates et les bloquistes, mais pas les conservateurs.Et, encore une fois, même ceux qui l\u2019appuient prédisent que le gouvernement faillira à respecter Paris, comme il a failli dans le cas de Kyoto, parce que son plan d\u2019action ne fait pas le poids.Le vote s\u2019est soldé par la marque de 207 voix en faveur de l\u2019Accord et de 81 voix opposées.Le Canada ratifie l\u2019Accord de Paris Les libéraux obtiennent l\u2019appui du NPD et du Bloc, mais pas des conservateurs.Comme pour le Protocole de Kyoto\u2026 KENA BETANCUR AGENCE FRANCE-PRESSE Antonio Guterres a été à la tête du Haut-Commissariat pour les réfugiés de 2005 à 2015.Antonio Guterres, ancien haut-commissaire aux réfugiés et ex-premier ministre portugais, devrait être formellement choisi par le Conseil de sécurité ce jeudi.Sa nomination devra être entérinée par les 193 membres de l\u2019Assemblée générale.S T É P H A N E B U S S A R D à Washington F lanqué des représentants des États membres du Conseil de sécurité, l\u2019ambassadeur de la Russie, Vitali Tchourkine, l\u2019a annoncé ainsi mercredi : «Nous avons un net favori.Son nom: Antonio Guterres.» Sauf surprise de dernière minute, le Portugais de 66 ans, bien connu pour avoir dirigé, de 2005 à 2015, le Haut-Commissariat pour les réfugiés, sera le prochain secrétaire général des Nations unies.Les membres du Conseil de sécurité avaient déjà fait de l\u2019ancien premier ministre du Portugal le favori dans la course à la succession du Sud-Coréen Ban Ki-moon, qui achève son double mandat à la tête de l\u2019ONU le 31 décembre prochain.SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L\u2019ONU Antonio Guterres, successeur désigné de Ban Ki-moon LES CHAUFFEURS DE TAXI MANIFESTENT LEUR COLÈRE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des centaines de chauffeurs de taxi ont fait la grève et nuit à la circulation dans les rues de Montréal et d\u2019autres villes du Québec, mercredi, pour dénoncer haut et fort la mise en œuvre prochaine du projet-pilote du gouvernement encadrant les activités du service Uber.Page A 3 A L E X A N D R E S H I E L D S L e gouvernement Trudeau a beau prétendre qu\u2019il protégera l\u2019environnement tout en développant l\u2019économie canadienne, il n\u2019en sera rien, affirme William Rees, le scientifique à l\u2019origine du concept d\u2019empreinte écologique.Selon lui, le pays restera enfermé dans un modèle néolibéral basé sur une croissance éternelle, qui a pourtant des effets destructeurs pour la planète.Le premier ministre, Justin Trudeau, mais aussi la ministre de l\u2019Environnement, Catherine McKenna, répètent depuis des mois que la croissance de l\u2019économie doit aller de pair avec la protection de l\u2019environnement.« Ils ne peuvent pas le faire.Il n\u2019existe aucun cas dans aucun pays où la croissance perpétuelle ne signifie pas un recul pour l\u2019environnement », réplique M.Rees, en entrevue au Devoir.«Même si les politiciens ne veulent pas le reconnaître, il existe une contradiction flagrante entre la croissance économique continue et la protection de l\u2019environnement.Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi », ajoute celui qui a développé le concept d\u2019empreinte écologique, un outil qui permet d\u2019évaluer la pression de l\u2019activité Le modèle néolibéral, une nuisance pour l\u2019environnement ?William Rees, le scientifique de renommée à l\u2019origine du concept d\u2019empreinte écologique, critique la vision d\u2019Ottawa VOIR PAGE A 8 : GUTERRES VOIR PAGE A 8 : MODÈLE VOIR PAGE A 8 : ACCORD U = ne etre ouverte aux députés afi protéger des emplois au Canada BAKERY CONFECTIONERY oO B® Are Fédération TY des travailleurs Man G et travailleuses & ébec NI £10 du Québe TOBACCO WORKERS & GRAIN MILLERS Madame la Députée, Monsieur le Député, Le gouvernement fédéral envisage l'instauration de l'emballage neutre pour les produits du tabac au Canada et, comme nous sommes les syndicats qui représentent plus de 300 employés de cette industrie au Québec, nous avons senti l'obligation d'écrire à NOS députés fédéraux pour exprimer nos inquiétudes.Le gouvernement en place avait promis, durant la campagne électorale, de prendre des décisions fondées sur des faits, ce qui selon NOUS semblait marquer le début d'une nouvelle approche plus consultative en matière d'élaboration de politiques au Canada.Malheureusement, avec le processus retenu, Ce gouvernement revient sur son engagement, ce qui est très préoccupant pour nous et pour les électeurs que NOUS représentons.Lorsque le gouvernement parlait de « s'appuyer sur des faits », les Canadiens croyaient que ce dernier prendrait en compte des recherches et \\es meilleures données disponibles avant d'adopter des politiques qui touchent leurs vies, et qu'il examinerait avec attention les analyses coûts-avantages avant de prendre des décisions.| est inquiétant de constater que cela est loin d'être le cas.Le processus de consultation n'a visiblement pas tenu compte des preuves fiables concernant l'emballage neutre, plus précisément des faits entourant les conséquences socioéconomiques possibles qui nous préoccupent tant.Nous représentons plus de 300 employés de l'industrie du tabac qui travaillent a Montréal et à Québec.Outre le fait qu'une telle politique pourrait nuire a ces emplois, NOUS trouvons regrettable que ces circonscriptions et les municipalités qu'elles englobent n'aient pas été directement invitées à participer par les représentants du gouvernement durant le processus de consultation.La situation est d'autant plus consternante lorsque l\u2019on sait que déjà près de 20 % des produits du tabac vendus au Canada sont des produits illégaux, Ce qui prive les travailleurs canadiens d'emplois syndiquês OU non syndiqués.Selon la Gendarmerie royale du Canada, 175 organisations criminelles seraient impliquées dans la vente de produits du tabac illégaux à l'échelle du pays.Ces produits qui ne sont ni testés ni réglementés, sont vendus au dixième du prix des produits légaux.Les personnes mineures ont ainsi un accès facile aux produits du tabac, et le gouvernement est privé d'environ 1,6 milliard de dollars en recettes fiscales chaque année.En Australie, le seul pays OÙ l'emballage neutre est en vigueur et ce, depuis près de quatre ans, les données du gouvernement indiquent que cette initiative n'a pas eu l'effet escompté, n'ayant provoqué aucune réduction supplémentaire de l'usage du tabac.Par ailleurs, les ventes de produits de contrebande ont augmenté de 21 %.Si la même situation survient au Canada, le problème des produits illégaux Ne fera qu'empirer et il y aura des répercussions négatives sur les emplois dans l'industrie légitime au pays.| est important que tous les députés connaissent et comprennent la gravité des conséquences que cette politique entraînera.Aussi, NOUS demandons à Nos représentants fédéraux de plaider en faveur d'un processus d'audience publique ouvert, équitable et rigoureux et d'en soutenir l'application pour la politique sur l'emballage neutre proposée.Seule une audience publique permettra aux Canadiens et aux décideurs de prendre connaissance de l'information et leur accordera le temps nécessaire pour étudier avec soin les conséquences d'une telle politique afin d'éviter des répercussions négatives pour les Canadiens.Cordialement, Syndicat des travailleurs ot travailleuses de la boulangerie, de la confiserie du tabac et de la meunerie, sections locales 235T et 261T Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec L E D E V O I R , L E J E U D I 6 O C T O B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 T out ce qui est exagéré est insignifiant, dit-on, et Martine Ouellet a beaucoup exagéré durant la course qui s\u2019achève, plus encore que lors de la précédente.Elle a atteint un sommet, mardi, en déclarant que «c\u2019est la première fois au Parti québécois que l\u2019indépendance est compromise».On peut très bien être en désaccord avec la stratégie référendaire que proposent ses trois adversaires, mais il faut avoir la mémoire courte pour affirmer une chose pareille.La démarche dite d\u2019«affirmation nationale » qui avait été enchâssée dans le programme en 1985 était certainement plus inquiétante.Exception faite des années de l \u2019après- Meech, qui ont culminé dans le référendum de 1995, la démarche proposée par les dif fé- rents chefs du PQ relevait certainement de ce « flou mou » que Mme Ouellet reproche au- jourd\u2019hui à Alexandre Cloutier, qu\u2019il s\u2019agisse des référendums « sectoriels » de Jacques Pari- zeau, du « moment approprié » de Pauline Ma- rois, des « conditions gagnantes » de Lucien Bouchard ou de l\u2019« assurance morale » de Bernard Landry.Aux élections de 1981, René Lévesque avait promis solennellement de ne pas tenir de référendum durant toute la durée du mandat, mais, en s\u2019engageant à en tenir un dans un deuxième mandat, Jean-François Lisée semble au moins exclure la répétition du «beau risque» qui avait mené le PQ au bord de l\u2019éclatement.Il est vrai qu\u2019il a maintes fois démontré la facilité avec laquelle il peut changer d\u2019idée, même sur les questions les plus fondamentales, et la course qui s\u2019achève a donné la mesure de sa force de conviction.Refaire avec autant de succès le coup du « bon gouvernement », considéré depuis 30 ans comme l\u2019antithèse du projet souverainiste, relève de l\u2019exploit.?Mme Ouellet a été très claire : elle n\u2019a aucune intention de faire sienne la démarche préconisée par son futur chef, que ce soit M.Lisée ou M.Cloutier.La députée de Vachon s\u2019est érigée en gardienne du temple, qui vilipendera les impies jusqu\u2019à son dernier souffle.M.Lisée estime que cet entêtement serait « inapproprié » et M.Cloutier pense sûrement la même chose.Au PQ, rejeter la stratégie pour accéder à la souveraineté défendue par le chef revient à contester son leadership.Alors que les deux favoris dans la course se disputent le deuxième choix des par tisans de Mme Ouellet, le moment est mal choisi pour évoquer de possibles sanctions, mais il peut arriver un point où l\u2019inapproprié devient carrément inacceptable.Il va sans dire que la dissidence de Mme Ouellet serait plus tolérable si elle ne s\u2019exprimait pas dans des termes aussi inutilement blessants.Au sein du caucus, certains ne demanderaient pas mieux que de lui tordre le cou.Poursuivra-t-elle sur le même ton, même si le prochain congrès accepte de réécrire l\u2019article 1 du programme à la convenance du nouveau chef?Dans le feu des débats, il arrive parfois que les mots excèdent la pensée, mais, à voir la hargne avec laquelle elle continue à attaquer, alors que la course est, à toutes fins utiles, terminée et que ses chances de victoire sont infinitésimales (moins de 1 %, selon le prévisionniste Bryan Breguet), c\u2019est à se demander si elle ne recherche pas l\u2019auréole du martyr.?Il faudra cependant y réfléchir à deux fois avant de l\u2019expédier au bûcher.Au fil des ans, des péquistes aussi notoires que Jacques Pari- zeau, Camille Laurin ou, plus récemment, Jean- Martin Aussant ont claqué la porte parce qu\u2019ils étaient en désaccord avec leur chef sur cet enjeu existentiel pour le PQ, mais personne n\u2019a jamais été expulsé pour cette raison.Les « purs et durs » n\u2019ont plus le poids qu\u2019ils avaient à l\u2019époque où ils ont conduit René Lévesque et Lucien Bouchard au bord de la démission.Il est néanmoins permis de croire que Mme Ouellet fera mieux que les 13,2 % de voix recueillies en 2015.Même si la tenue d\u2019un référendum à brève échéance peut sembler irréaliste, certains pourraient bien vouloir s\u2019assurer que quelqu\u2019un veillera à empêcher le PQ de succomber à nouveau aux charmes du pouvoir.Avant répartition des indécis, le dernier sondage Léger-Le Devoir la créditait de 12 % des intentions de vote des électeurs péquistes.Après répartition, le sondage Crop réalisé une semaine plus tôt lui en accordait 22 %.On peut penser que son résultat se situera quelque part entre ces deux chiffres.Cela représente un pourcentage significatif, face à un chef qui n\u2019aura pas été le premier choix de la majorité des membres et dont la légitimité sera plus facilement fragile.Déjà, le report du référendum à un deuxième mandat rendra la «convergence » des partis souverainistes plus problématique qu\u2019elle ne l\u2019est déjà.La dernière chose à faire serait de montrer la porte à ceux dont le seul tort serait d\u2019être trop impatients de voir naître le pays.Il faudra se résigner à vivre avec les imprécations de la gardienne du temple.mdavid@ledevoir.com La gardienne du temple MICHEL DAVID M A R C O F O R T I E R D es centaines de chauffeurs de taxi ont fait la grève et ralenti la circulation dans les r ues de Montréal et d\u2019autres villes du Québec, mercredi, pour crier leur colère contre l\u2019ouverture du gouvernement Couillard au ser vice de transport Uber.Les voitures de taxi ont défilé lentement et en klaxonnant dans des r ues et des autoroutes de Montréal, entre la fin de l\u2019avant- midi et la fin de l\u2019après-midi.Le front commun du taxi, qui représente 22 000 travailleurs, souhaitait paralyser le carré Dorchester, au centre-ville, mais la police de Montréal a remis des contraventions aux conducteurs qui stationnaient leur voiture en double file.Pour éviter des avis d\u2019infraction, les manifestants ont continué de circuler à basse vitesse au centre- ville, ce qui a ralenti la circulation sans toutefois la paralyser.Quelque 2500 chauffeurs de taxi, selon les organisateurs, ont d\u2019abord bloqué la circulation dans le quartier Saint- Michel à Montréal, puis à Laval, avant de se diriger vers le centre- ville par des itinéraires différents.« Les objectifs du front commun sont atteints.On a voulu envoyer un message clair au gouvernement : on est capable de mobiliser les gens », a réagi Benoît Jugand, un des porte-parole du front commun.L\u2019industrie du taxi a dénoncé une fois de plus ce qu\u2019elle appelle une « injustice scandaleuse » : le gouvernement a créé deux régimes de permis, mais il n\u2019offre aucune compensation aux propriétaires de taxi qui ont payé jusqu\u2019à 200 000 $ pour un permis.«À quatre pattes devant Uber» Mardi soir, Benoît Jugand et Guy Chevrette, du front commun du taxi, ont rencontré le ministre des Transports, Laurent Lessard.Ils ont notamment proposé que Québec rachète les permis de taxi à la valeur de 2014, pour indemniser des chauffeurs qui doivent désormais livrer concurrence à Uber.Les chauf feurs de taxi dénoncent un projet-pilote d\u2019un an qui accordera à Uber l\u2019équivalent de 300 permis de taxi.À compter du 14 octobre, la multinationale devra payer des taxes et des impôts, percevoir la TPS et la TVQ et verser des redevances modulées en fonction du nombre d\u2019heures de ser vice offertes.Comme dans l\u2019industrie du taxi, le compteur d\u2019Uber partira à 3,45$ au début de chaque course.« Le gouvernement est à quatre pattes devant cette compagnie-là, dit Benoît Jugand.Une fois qu\u2019Uber aura mis le marché à terre, il va dire au gouvernement : on est les seuls à pouvoir offrir le service.» Le ministre Laurent Lessard a indiqué mercredi qu\u2019il «analyserait » la proposition reçue, la veille, du front commun du taxi.« J\u2019ai bien entendu aussi qu\u2019ils of fraient leur collaboration sur la modernisation de l\u2019industrie du taxi, puisqu\u2019il y a 10 ou 11 projets-pilotes en cours actuellement.C\u2019est leur droit très légitime [de manifester].On a reçu un mandat qui n\u2019était pas le même.Moi, j\u2019ai un mandat de conclure une entente à l\u2019intérieur d\u2019un cadre temporel, et eux, ils ont reçu un mandat de la contester », a réagi M.Lessard.Il a rappelé que l\u2019industrie du taxi conteste devant les tribunaux l\u2019ouverture faite à Uber par le gouvernement.Tous contre Couillard Les chauffeurs rencontrés mercredi en avaient gros sur le cœur contre le gouvernement Couillard.Selon le front commun, 92 % des chauffeurs de Montréal sont issus des communautés culturelles, notamment haïtienne, libanaise et maghrébine.« J\u2019ai toujours voté libéral, mais pour moi, c\u2019est fini : j\u2019ai pris ma carte de membre du Parti québécois et j\u2019ai voté pour Martine Ouellet [dans la course à la chefferie] » , dit Guerol Philistin, un chauffeur arrivé d\u2019Haïti en 1988.Ce père de cinq enfants dit avoir payé son permis de taxi 160 000 $ en 2003.Il estime que son permis a perdu énormément de valeur et en perdra encore au fur et à mesure qu\u2019Uber s\u2019implantera dans le marché.Le chauffeur de 51 ans affirme que ses revenus ont chuté dramatiquement depuis l\u2019arrivée d\u2019Uber et Uber X.Il nous montre son compteur : revenus totaux de 248,30$ entre dimanche matin et mardi soir.Les touristes ne prennent presque plus le taxi, déplore Guerol Philistin.Ils débarquent en ville, ouvrent leur téléphone et commandent une voiture d\u2019Uber à l\u2019aide de l\u2019application qui fonctionne à Montréal comme à Boston.Guerol Philistin devra obligatoirement remplacer en décembre 2017 sa vieille Toyota Camry qui affiche 484 481 kilomètres au compteur.La voiture aura fait son temps après huit ans, selon les règles du Bureau du taxi.Il devra s\u2019endetter une fois de plus pour gagner des revenus de plus en plus maigres.Mais il continuera.« J\u2019ai presque 52 ans, qu\u2019est-ce que je peux faire d\u2019autre ?Je vais continuer dans le taxi et je ne travaillerai jamais pour Uber, même si mes revenus descendent à zéro.Je ne peux pas aider Uber à détruire l\u2019industrie du taxi.» Le Devoir Les chauffeurs de taxi se font entendre Des centaines de conducteurs en grève ont ralenti la circulation au Québec M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e vote des «Bleuets» pourrait s\u2019avérer décisif dans l\u2019élection du 9e chef du Parti québécois.Le président de l\u2019association péquiste du Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean, Sabin Gaudreault, en est bien conscient.Il a démarré la machine électorale mercredi à 8 heures pile.« Il y a toute une armée de bénévoles qui font des appels pour faire sortir le vote.On marche comme dans une campagne électorale régulière », confie le sympathisant du député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, dans un entretien téléphonique avec Le Devoir.La région compte aujourd\u2019hui 8541 membres électeurs, soit près de 12 % de l\u2019ensemble des 73 236 détenteurs d\u2019une carte du PQ.« Ça vote fort évidemment en faveur d\u2019Alexandre ici », ajoute M.Gaudreault.Mais, à moins de 48 heures de l\u2019annonce des résultats, il refuse de « vendre la peau de l\u2019ours avant de l\u2019avoir tué».L\u2019équipe de campagne de M.Cloutier a lancé mercredi une « opération de sortie de vote » au Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean et à Montréal, deux régions où « ça vote for t pour Cloutier», a appris Le Devoir.Alexandre Cloutier s\u2019est dit ravi de l\u2019ampleur de la mobilisation suscitée par sa deuxième candidature à la chefferie du PQ, de Saguenay à Saint-Félicien.«Les bleuets ! C\u2019est exceptionnel, ce qui s\u2019est passé au Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean.Ce sont 5000 membres de plus [depuis la démission fracassante de Pierre Karl Péladeau].Les grandes familles souverainistes se sont toutes mobilisées.Je n\u2019ai jamais vu ça.Elles vendaient des cartes de membre dans les centres d\u2019achats », a-t-il lancé lors d\u2019un point de presse tenu sur la colline parlementaire, mercredi.« 12 % du membership [total] est au Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean, c\u2019est sûr que ça devrait aider», a-t-il ajouté.L\u2019avocat de 39 ans a dit terminer sa deuxième course à la direction du PQ « la tête haute».« Je dors très très bien le soir.Je suis très fier de la façon dont j\u2019ai construit cette course au leadership, parce que je n\u2019ai jamais trahi ce que je suis profondément», a-t-il affirmé, entouré de la plupart des 14 élus péquistes qui l\u2019appuient.Il a élaboré sa plate-forme électorale, y compris la section sur la laïcité de l\u2019État, «avec cœur, avec intégrité, sans calcul ».D\u2019ailleurs, M.Cloutier a dit avoir «une divergence d\u2019opinion» avec son principal adversaire, Jean-François Lisée, sur l\u2019impact de l\u2019irruption du prédicateur controversé Adil Charkaoui dans les intentions de vote des membres électeurs du PQ.Il y a plus de deux semaines, M.Lisée avait diffusé, puis retiré, un message sur son fil Twitter dans lequel il montrait que les positions de M.Cloutier en matière de laïcité plaisaient au Collectif québécois contre l\u2019islamopho- bie, dont le coordonnateur est M.Charkaoui.Le député de Rose- mont avait qualifié mardi d\u2019« extrêmement mineur » l\u2019effet anticipé de l\u2019affaire Charkaoui sur l\u2019issue du vote.Pire cauchemar des fédéralistes?M.Lisée a soutenu mercredi que sa promesse de ne pas tenir un référendum sur l\u2019indépendance du Québec dans un premier mandat du PQ dépouillera le camp fédéraliste, formé du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec, de son principal argument de peur.« Ils font toujours les élections sur deux sujets : l\u2019économie et le référendum.L\u2019économie, ils vont avoir honte de leur bilan économique, c\u2019est cer tain.Un référendum, il n\u2019y en aura pas dans un premier mandat », a-t-il fait valoir, tout en brandissant une caricature de Garnotte.Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc-Fournier, a juré, la main sur le cœur, n\u2019avoir « aucune préférence » entre les quatre candidats à la chefferie du PQ, c\u2019est-à- dire Alexandre Cloutier, Jean-François Lisée, Martine Ouellet et Paul Saint-Pierre Plamon- don.Peu importe leur prochain chef, les élus péquistes, « tous les jours, vont travailler pour séparer le Québec du reste du Canada », a soutenu le ministre libéral, en marge du caucus libéral.« Ils vont être déconnectés de l\u2019ensemble des Québécois.Ils ne vont pas travailler à réunir les Québécois.» Le Devoir CHEFFERIE DU PQ Les « Bleuets » pourraient peser fort dans la balance JACQUES NADEAU LE DEVOIR Quelque 2500 chauffeurs de taxi auraient bloqué la circulation dans le quartier Saint-Michel à Montréal, puis à Laval, avant de se diriger vers le centre-ville par des itinéraires dif férents.J\u2019ai toujours voté libéral, mais pour moi, c\u2019est fini : j\u2019ai pris ma carte de membre du Parti québécois Guerol Philistin, chauffeur de taxi « » Un poème du PM Québec \u2014 Le premier ministre Philippe Couillard a révélé, mercredi, son goût pour l\u2019art poétique, dans un message d\u2019au revoir adressé au chef intérimaire péquiste, Sylvain Gaudreault.M.Couillard a lu en chambre un poème écrit pour M.Gaudreault, qui lui posait mercredi sa dernière question à titre de chef de l\u2019opposition officielle.En préambule, M.Couillard a expliqué qu\u2019il avait été inspiré par la pièce Tartuffe, de Molière.Lundi, le premier ministre a assisté à la première de la pièce montée par le Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal.M.Couillard a déclaré que son texte était intitulé En attendant Gaudreault, une référence à la pièce En attendant Godot, du dramaturge Samuel Beckett.«Oui, la poésie, c\u2019est important, a-t-il dit.L\u2019art, c\u2019est important dans la vie.» Puis M.Couillard a lu son au revoir : De nos courtes vies, les parques filent la toile Bien osé pour nous d\u2019en deviner le cours Le PQ bientôt montrera un troubadour Capable selon eux de redresser les voiles D\u2019un bien fragile esquif voguant vers les hauts fonds D\u2019un récif acéré qui n\u2019offre rien de bon De notre collègue la voix s\u2019éteindra-t-elle?Un autre fauteuil déjà attend son appel On y entendra parler de séparation Pourtant, quelle douceur dans le beau mot union Redoutable adversaire aujourd\u2019hui il demeure De son ralliement futur nous attendons l\u2019heure Car de notre grand parti est issu le sien Travaillons ensemble pour refaire ce lien «Il y a toute une armée de bénévoles qui font des appels pour faire sortir le vote» L E D E V O I R , L E J E U D I 6 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS : Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.LE DEVOIR ne sera pas respon sable des erreurs répétées.Merci de votre attention.Pour une publication section décès dans Le Mémoriel 1855, rue Du Havre Montréal Qc H2K 2X4 Télé: 514 525-1149 Téléc.: 514 525-7999 necrologie@lememoriel.com Par téléphone, télécopieur ou par courriel Dimanche à vendredi : 10h à 12 h et de 13h à 17h00 (comptoir à la clientèle fermé le dimanche) Samedi : fermé Heure de tombée 15h15 L E S P E T I T E S A N N O N C E S AVIS DE DÉCÈS Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 Condo 2 étages - Ste-Adèle 3 ch.A./C.Plancher chauffant.Piscine.2 1/2 sdb.1 437 pc.Bel environnement.(450) 229-1336 103 CONDOMINIUMS ET COPROPRIÉTÉS 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER PLATEAU - Grand 9 1/2 De Bordeaux / Gilford RDC avec 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l\u2019émission des visas et qui confie ensuite à l\u2019Organisation internationale des migrations (OIM) le soin d\u2019obtenir les permis de sortie et de planifier le voyage vers le Canada.Selon Immigration Canada, 3466 demandes d\u2019asile ont été traitées, mais les réfugiés qui en font l\u2019objet sont toujours en attente d\u2019un billet d\u2019avion, dont 172 iront au Québec.Pourquoi ces délais entre la délivrance du visa et le vol ?La famille qui parraine les Dar- wish aimerait bien le savoir.«On a frappé à tellement de portes et personne ne peut nous donner l\u2019heure juste.On est dans un flou», a souligné l\u2019une des membres du groupe, Rafaëlle Sinave.Avec d\u2019autres « parrains», elle a appelé divers députés, le ministère et le cabinet de la ministre de l\u2019Immigration du Québec, Kathleen Weil, et son homologue fédéral, John McCallum.«Une secrétaire du bureau de McCallum n\u2019a pas voulu nous laisser parler avec un attaché politique, elle nous a répété ad nauseam qu\u2019on devait envoyer un courriel », poursuit l\u2019enseignante au cégep.Or, au mois d\u2019août dernier, alors que les Darwish subissaient de la discrimination et de l\u2019intimidation dans leur ville de la Turquie, des centaines de courriels ont été envoyés au bureau du ministre fédéral, mais ils sont tous restés lettre morte.Le lien de confiance a également été brisé une seconde fois, alors que les parrains des Darwish ont récemment appris que les cinq visas de la famille n\u2019avaient pas encore été envoyés par la poste, bien que leur émission eût été confirmée il y a deux mois.« On nous demande de faire preuve d\u2019humanité et de bien soutenir la famille qu\u2019on parraine, mais peut-on au moins être informé de ce qui se passe avec notre dossier?, a lancé Maude Mé- nard-Dunn, visiblement découragée.On veut simplement savoir combien de temps encore on va attendre pour pouvoir s\u2019organiser et bien prendre soin d\u2019eux.» Des explications Généralement, les vols surviennent d\u2019un à deux mois après l\u2019approbation du visa, a indiqué le ministère de l\u2019Immigration.Il reconnaît que la situation est plus difficile depuis les «événe- ments récents», faisant référence au coup d\u2019État raté en juillet dernier en Turquie.«Nous anticipons des retards, a-t-on répondu au Devoir.Certaines situations échappent à notre contrôle, mais nous continuons de déployer des efforts à cet égard.» Les permis de sortie ne sont pas faciles à obtenir du gouvernement.Des sources au fait du dossier des réfugiés syriens ont également laissé entendre au Devoir que, après l\u2019« ef for t » d\u2019accueil de 25 000 réfugiés syriens réalisé en une centaine de jours à la fin de 2015 et au début de 2016, les ressources sont désormais moins nombreuses dans les ambassades, ce qui ralentit le traitement des demandes.Immigration Canada ne confirme pas cette thèse, même s\u2019il admet que les demandes de réfugiés syriens en cours de traitement sont très nombreuses (20 261).Au Québec, 7644 réfugiés syriens qui ont une demande de parrainage acceptée sont toujours attendus.« Il y a eu un ef fort pour les premiers 25 000, mais, à partir du moment où ç\u2019a été atteint, on a l\u2019impression que c\u2019est passé en vitesse inférieure», a dit Rafaëlle Sinave.Elle déplore en outre que les familles qui parrainent au privé soient à ce point laissées à elles-mêmes dans le processus, sans aucun suivi ni personne à qui poser des questions.«Combien de milliers de familles qui parrainent sont en attente comme nous ?On leur lance un appel pour qu\u2019elles nous contactent.Collectivement, on pourra agir.» Le Devoir SYRIE Des milliers de réfugiés toujours en attente L I S A - M A R I E G E R V A I S A u lendemain des ravages causés par l\u2019ouragan Matthew à plusieurs pays insulaires des Caraïbes, l\u2019heure est à l\u2019évaluation des dégâts.À Haïti, où les forts vents et la pluie torrentielle ont détruit des ponts et des routes et ont complètement isolé des communautés, l\u2019estimation des besoins est plus difficile.«Il y a eu du vent et beaucoup de pluie [mardi], mais ça s\u2019est arrêté ce matin [mercredi].Comme il fait très chaud, l\u2019évaporation a commencé et on peut mieux évaluer le terrain», a dit au Devoir Brigitte Gaillis, qui travaille en Haïti pour la Croix- Rouge canadienne.Jérémie et Cayes, les deux importantes communes situées de part et d\u2019autre de la presqu\u2019île du Sud, ont été fortement touchées par l\u2019ouragan dont l\u2019œil en colère a traversé Haïti : maisons et écoles détruites, toits arrachés, tronçons de route effondrés et ponts empor tés.Même les plages ont complètement disparu dans la tourmente.Plus de 10 personnes auraient trouvé la mort.À certains endroits, les habitants sont sans communication depuis plus de 24 heures et pourraient le demeurer encore un certain temps.Dans d\u2019autres, l\u2019évacuation est en cours, car l\u2019eau monte.Et les camions ne peuvent même pas emprunter les routes alternatives pour acheminer les secours.«Pour le moment, Jérémie et Cayes sont isolées.Mais on espère que ça va se régler.On essaie de voir si on peut envoyer des hélicoptères pour apporter de l\u2019eau et des rations alimentaires, a souligné Mme Gaillis.On ne sait pas ce qui se passe quand on avance plus dans la pointe [de l\u2019île] et dans les montagnes.[\u2026] C\u2019est une grosse journée d\u2019évaluation.» Le bureau des Nations unies pour l\u2019aide humanitaire (OCHA) a estimé, mercredi matin, que 300 000 personnes en Haïti avaient besoin d\u2019une assistance immédiate.Selon Brigitte Gail- lis, les gens n\u2019ont pas paniqué, n\u2019ayant pas réellement eu conscience de la force de l\u2019ouragan qui fonçait droit sur eux.Cer tains sont mêmes restés barricadés chez eux, ne voulant pas laisser derrière eux le peu qu\u2019ils ont.«Quand l\u2019ouragan a commencé, ils sont venus en courant, il fallait aller les chercher sur place.Il y a eu un moment dramatique dans la journée», a-t-elle raconté.Une préparation préalable Sachant que l\u2019ouragan arrivait, les équipes de secours de plusieurs organisations humanitaires et des Nations unies avaient préparé un plan d\u2019urgence, conjointement avec l\u2019administration locale.Des réunions où se rencontrent tous les acteurs humanitaires et locaux sont organisées régulièrement pour faire le point.« On collabore avec la Croix-Rouge haïtienne, qui a des bénévoles et des gens formés.Après, il faut voir ce qui manque sur le terrain.Il ne s\u2019agit pas de tout déployer, ça coûterait trop cher.Mais nous devons voir comment on peut identifier les besoins et y répondre de la meilleure façon possible », a expliqué Myrian Marotte, directrice des communications à la Croix-Rouge canadienne, division Québec.Une collecte de fonds a été lancée mardi.D\u2019après Brigitte Gaillis, la priorité est de combler les besoins sanitaires.«Quand il y a des inondations, il y a toujours une contamination des sols et de l\u2019eau par les débris.Jeudi, on aura une réunion pour faire l\u2019état des besoins en matière de santé », a-t-elle expliqué.Certains groupes viennent déjà en aide aux déplacés.Ils seraient environ 70 à Port-au-Prince et dans les environs.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir OURAGAN MATTHEW Les secours en sont à l\u2019étape de l\u2019évaluation À Haïti, la tempête a détruit des ponts et des routes, isolant des communautés C A M I L L E B A S - W O H L E R T à Stockholm Le prix Nobel de chimie a été attribué mercredi au Français Jean-Pierre Sauvage, au Britannique Fraser Stoddart et au Néerlandais Bernard Fe- ringa, pères de minuscules «machines moléculaires» préfigurant les nanorobots du futur.Ces trois chercheurs « ont amené les systèmes moléculaires vers des états où, remplis d\u2019énergie, leurs mouvements peuvent être contrôlés, a expliqué le jury Nobel.Le moteur moléculaire se trouve aujourd\u2019hui au même stade que le moteur électrique dans les années 1830, lorsque les scientifiques exposaient des manivelles et des roues, sans savoir que cela mènerait aux trains électriques, aux lave- linges, aux ventilateurs et aux mixeurs», a-t-il ajouté.Jean-Pierre Sauvage, 71 ans, professeur à l\u2019Université de Strasbourg, est le premier à penser ces nanomachines, qu\u2019il présente comme un « assemblage moléculaire capable de se mettre en mouvement de manière contrôlée, en réponse à divers signaux : lumière, changement de température, etc.» « De tels systèmes existent en grand nombre dans les cellules vivantes et interviennent dans tous les processus biologiques importants », avait-il expliqué en 2008.À la base de sa découverte, il a lié deux molécules en forme d\u2019anneau pour former une chaîne.Une expérience développée ensuite par Fraser Stoddart, 74 ans, professeur à l\u2019Université Northwestern, aux États-Unis.Il a créé un «rotaxane», enfilant une bague moléculaire sur un axe moléculaire fin et démontrant que la bague était en mesure de se déplacer le long de l\u2019axe.Cette découver te lui a permis de créer un ascenseur et un muscle moléculaires.Bernard « Ben » Feringa, 65 ans, professeur à l\u2019Université de Groningue (Pays-Bas), est le premier à avoir développé un « moteur moléculaire », ce qui lui a permis de créer une nanovoiture avec quatre roues motrices.Interrogé par l\u2019Académie, il a dit «avoir l\u2019impression d\u2019être un peu comme les frères Wright, qui ont volé [en avion] pour la première fois il y a 100 ans.Les gens ont dit : pourquoi aurions- nous besoin de machines volantes ?Et maintenant, nous avons le Boeing 747 et Airbus».Selon le jur y, à terme, ces machines miniatures « seront très probablement utilisées dans le développement d\u2019objets comme les nouveaux matériaux, les capteurs et les systèmes de stockage d\u2019énergie».La création d\u2019ordinateurs moléculaires qui permettraient de stocker et traiter l\u2019information au niveau moléculaire, ou de robots microscopiques, capables de remplir une grande variété de fonctions dans la médecine ou la vie quotidienne, compte parmi les applications potentielles de ces machines.Selon Fraser Stoddart, cette découverte pourrait être utilisée dans les traitements contre le cancer.«Vous pouvez contrôler un médicament et réguler son administration, pour qu\u2019il soit efficace plus longtemps, en utilisant une dose plus petite plutôt que les traitements souvent lourds contre le cancer», a-t-il expliqué.Agence France-Presse Le Nobel de chimie récompense la découverte des «machines moléculaires» La découverte de trois scientifiques préfigure les nanorobots du futur HECTOR RETAMAL AGENCE FRANCE-PRESSE Haïti a été durement frappé par l\u2019ouragan Matthew.À Léogêne, ces femmes doivent braver les intempéries pour traverser la rue.Le gouvernement haïtien a d\u2019ailleurs été forcé de reporter l\u2019élection présidentielle prévue dimanche.Le règlement sur les pitbulls reste suspendu Un juge a choisi mercredi de maintenir temporairement la suspension des articles concernant les «chiens de type pitbulls » que contient le règlement sur le contrôle des animaux adopté par la Ville de Montréal.Le juge Louis J.Gouin, de la Cour supérieure du Québec, avait entendu lundi les arguments de la Ville et des opposants et avait autorisé la suspension immédiate des articles.Il devait ensuite déterminer si la suspension devait être maintenue jusqu\u2019à ce que les mérites de la cause sur la légalité des dispositions puissent être débattus, comme le réclamait la SPCA.Il faudra possiblement attendre plusieurs mois avant la tenue d\u2019une audience sur le fond.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E J E U D I 6 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 L\u2019ouragan Matthew a laissé des dommages importants derrière lui en Haïti.Il faudra beaucoup de travail pour qu\u2019une grande partie de la population retrouve l\u2019accès à des ressources essentielles.Déjà, plus de 80 employés et 37 volontaires du CECI sont à pied d\u2019œuvre dans les régions les plus gravement touchées pour assurer le soutien et la planification des opérations qui répondront aux besoins vitaux de centaines de milliers de sinistrés.Contribuez à votre manière en faisant rapidement un don au CECI.Pour que la suite soit pleine d\u2019espoir, donnez.ceci.ca P A U L I N E G R A V E L De plus nombreux Québécois sont obèses, accros aux drogues ou en détresse psychologique qu\u2019en 2008, révèle l\u2019enquête sur la santé de la population québécoise, réalisée en 2014-2015, par l\u2019Institut de la statistique du Québec.Dans le cadre de cette enquête, 45 760 personnes âgées de 15 ans ou plus, répar ties dans 17 régions du Québec, ont répondu par téléphone ou par Internet à un questionnaire portant sur leurs habitudes de vie et leur état de santé physique et mentale.La compilation des données a montré que le nombre des Québécois en détresse psychologique s\u2019est accru depuis 2008 et que ce sont surtout les femmes, plus précisément les jeunes femmes, qui sont affectées.En 2015, 33 % des Québécoises se situaient au niveau élevé de l\u2019échelle de détresse psychologique, contre 24 % des hommes.La proportion des Québécois aux prises avec des émotions négatives susceptibles d\u2019aboutir à la dépression ou à l\u2019anxiété diminue toutefois avec l\u2019âge, passant de 36 % des jeunes de 15 à 24 ans à 22 % des personnes de 65 ans ou plus.Cette tendance est particulièrement marquée chez les femmes, dont 45 % de celles qui sont âgées de 15 à 24 ans sont mal en point psychologiquement, un nombre qui représente une augmentation de 9 % en huit ans.Or ce sont les individus sans emploi (43 %) et les étudiants (36 %) qui sont le plus souvent atteints par la détresse psychologique.Les résultats de l\u2019enquête indiquent aussi qu\u2019environ 20% des travailleurs \u2014 dont une plus grande pro- por tion de femmes \u2014 s\u2019estiment victimes de harcèlement psychologique au travail, un facteur qui pourrait contribuer à la détresse psychologique.Le cannabis populaire La consommation de drogues a aussi pris de l\u2019ampleur au sein de la population québécoise, puisque 17% des Québécois en ont fait usage en 2014-2015, alors qu\u2019ils n\u2019étaient que 13 % en 2008.Cette augmentation ne concerne toutefois que le cannabis, qui est de loin la drogue la plus utilisée par les Québécois.La consommation diminue toutefois avec l\u2019âge, car la proportion des consommateurs passe de 40% des 15 à 24 ans à 23% des 25 à 44 ans et à 10 % des 45 à 64 ans.Les jeunes de 15 à 24 ans sont aussi propor tionnellement plus nombreux que leurs aînés à consommer de la cocaïne (4,7 %), des amphétamines (3,3%), de l\u2019ecstasy ou d\u2019autres substances semblables (5 %), des hallucinogènes (3,8 %) et des médicaments non prescrits (2,3%).L\u2019enquête a également permis de constater que ce sont surtout les étudiants (35 % d\u2019entre eux) et les personnes vivant dans une famille monoparentale (24%) qui figurent parmi les plus grands amateurs de drogues.Obésité Autre signe de détérioration de l\u2019état de santé des Québécois : l\u2019obésité.Sa prévalence a augmenté d\u2019environ 3 % entre 2008 et 2015 \u2014 atteignant 19 % de la population \u2014 et ce, autant chez les hommes que chez les femmes, mais surtout chez les personnes âgées de 45 ans ou plus.La prévalence de l\u2019embonpoint, dont est atteinte 35% de la population, est toutefois demeurée inchangée au cours de cette même période.Les hommes sont plus nombreux que les femmes à présenter un surplus de poids (embonpoint et obésité inclus).L\u2019enquête révèle par ailleurs que les hommes (24 %) sont de plus grands amateurs de boissons sucrées que les femmes (14%).Or le rapport de l\u2019enquête relate des études indiquant que « la consommation d\u2019au moins une boisson sucrée par jour chez les adultes peut accroître de 27 % leur probabilité de devenir obèse» et que, chez les enfants, elle peut la hausser de 60%.Une bonne nouvelle figure néanmoins au tableau : la proportion des Québécois qui fument régulièrement ou occasionnellement est passée de 24 % en 2008 à 19 % en 2014- 2015.Et cette baisse est présente autant chez les hommes que chez les femmes, ainsi que dans tous les groupes d\u2019âge.Le Devoir SANTÉ Les Québécois entre drogue, dépression et obésité La détresse psychologique s\u2019est accrue, particulièrement chez les jeunes femmes JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon l\u2019étude de l\u2019Institut de la statistique, 17% des Québécois ont fait usage de drogue en 2014-2015, alors qu\u2019ils n\u2019étaient que 13% en 2008.R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec P ierre-Olivier Lussier, l\u2019ex- attaché de presse de Laurent Lessard lorsqu\u2019il était ministre des Forêts, s\u2019est déniché un emploi un mois après son départ du cabinet, au sein de l\u2019importante entreprise forestière Rémabec, violant ainsi les règles d\u2019après-mandat visant le personnel politique, selon l\u2019opposition officielle.La porte-parole péquiste en matière d\u2019éthique, Agnès Maltais, a dénoncé l\u2019inertie du ministre et du premier ministre, Philippe Couillard, qui n\u2019ont pas demandé au commissaire de l\u2019éthique et de la déontologie des membres de l\u2019Assemblée nationale de faire enquête, ce qu\u2019elle qualifie «d\u2019infraction aux règles déontologiques».Seuls le ministre et le premier ministre peuvent présenter une telle requête.En vertu de l\u2019article 26 du Règlement concernant les règles déontologiques applicables aux membres du personnel d\u2019un cabinet ministériel, un membre du personnel d\u2019un cabinet, comme Pierre-Olivier Lussier, ne peut accepter, dans l\u2019année qui suit la cessation de ses fonctions, un emploi dans une entreprise avec laquelle « il a eu des rapports of ficiels, directs et importants» dans l\u2019année qui a précédé son départ.Pour le Parti québécois, en tant que ministre des Forêts, Laurent Lessard ne pouvait pas éviter d\u2019avoir des rapports directs et importants avec l\u2019acteur majeur de l\u2019industrie forestière qu\u2019est Rémabec et il en allait de même pour son attaché de presse, qui accompagne le ministre à toute occasion, sauf exception.La preuve que Pierre- Olivier Lussier était connu des dirigeants de Rémabec, c\u2019est qu\u2019ils l\u2019ont embauché, allègue-t- on.L\u2019attachée de presse a quitté ses fonctions le 1er avril 2015, pour être engagé le mois suivant par Rémabec à titre de directeur des communications et des relations publiques.Le 16 septembre dernier, il s\u2019inscrivait au registre des lobbyistes pour représenter l\u2019entreprise auprès, notamment, du ministère des Forêts et du cabinet du premier ministre.À l\u2019Assemblée nationale, Laurent Lessard n\u2019a pas dit pourquoi il n\u2019avait pas demandé au commissaire à l\u2019éthique d\u2019enquêter ; il est maintenant trop tard pour ce faire, puisque le commissaire ne peut mener une enquête que pendant l\u2019année qui suit le départ de l\u2019employé.Le ministre a toutefois produit la lettre de démission de son ex- attaché de presse, dans laquelle il s\u2019engage à respecter les règles déontologiques.Copies de la lettre furent transmises au ministre et au chef de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Du- fresne.Laurent Lessard a soutenu qu\u2019il n\u2019avait pas eu de contact avec son ex-employé après son départ, puisqu\u2019il l\u2019avait mis à la porte.Joint mercredi, Pierre-Olivier Lussier n\u2019a pas voulu commenter.Pour Agnès Maltais, il s\u2019est passé bien des choses au printemps de 2015 autour de Laurent Lessard.Yvon Nadeau quitte son poste de conseiller auprès du ministre en sachant que son entreprise, Pyrobiom Énergies, obtiendrait une subvention de trois millions pour un projet réalisé dans une scierie de Ré- mabec.Un an plus tard, Réma- bec a acquis Pyrobiom.Le Devoir Éthique : un ex-attaché de presse de Lessard critiqué Deux poids lourds du développement économique, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Montréal international, ont lancé un appel du pied prudent au gouvernement Couillard.Le financement de l\u2019enseignement supérieur doit faire partie de ses priorités.a Chambre de commerce s\u2019est brûlé les ailes, lors du printemps érable de 2012, en appuyant une hausse des droits de scolarité dans les universités québécoises.Il en allait de la prospérité du Québec et des étudiants, faisait valoir son président, Michel Leblanc.Le genre de propos pour déchaîner les passions chez les étudiants avec qui le gouvernement Charest et la classe d\u2019affaires n\u2019arrivaient plus à dialoguer.Le milieu des affaires en 2012 en était arrivé à la conclusion presque unanime qu\u2019une société distincte fortement minoritaire en Amérique du Nord, comme le Québec, ne pourrait se développer sans avoir accès à des travailleurs hautement quali?és et bien formés.Quatre ans plus tard, le lobby des gens d\u2019affaires n\u2019a pas changé d\u2019idée, mais il modi?e cette fois sa stratégie.Dans une nouvelle étude menée conjointement par la Chambre de commerce et Montréal international, intitulée La contribution des universités de la région de Montréal à l\u2019économie du Québec, il n\u2019est nullement question du mode de ?nancement des universités.Les deux organismes insistent cependant sur l\u2019importance de mettre l\u2019éducation supérieure à l\u2019avant-plan, a?n que Montréal et le reste du Québec se démarquent à l\u2019échelle internationale.L\u2019étude est truf fée de statistiques intéressantes, la principale portant sur la corrélation entre le PIB des régions métropolitaines en Amérique du Nord et la part des diplômés universitaires chez les plus de 25 ans.Plus il y a de diplômés, plus le PIB est élevé.Rien de surprenant à première vue.L\u2019étonnement provient de la place occupée par Montréal à ce chapitre : la métropole fait un peu mieux que Cleveland au bas de l\u2019échelle et moins bien qu\u2019une ville aussi af?igée par la pauvreté que Detroit.La prospérité de Montréal est déjà tributaire de l\u2019économie du savoir, autant pour les retombées à long terme, que procure une forte concentration de diplômés universitaires, que pour les retombées immédiates, qui découlent de la présence de 11 universités attirant plus de 155 000 étudiants.Pour le commun des mortels, l\u2019université se résume trop souvent à des étudiants en grève et à des professeurs en sabbatique, ou l\u2019inverse.Les universités forment le cinquième secteur d\u2019emploi en importance de la métropole (41 475 postes), presque à égalité avec le secteur de l\u2019aéronautique, dont le Québec s\u2019enorgueillit constamment.Il serait temps de considérer ces maisons du savoir comme un secteur névralgique de l\u2019économie.Leurs dépenses annuelles de 4,3 milliards de dollars génèrent des impacts économiques de 3,6 milliards dans la région de Montréal seulement.Il s\u2019agit probablement de la grappe qui reçoit le moins de considération en proportion de son impact, dans l\u2019économie de la métropole.Les dépenses en enseignement supérieur du Québec en entier se chiffrent à 6,4 milliards en 2016-2017, en hausse de 2,5% par rapport à l\u2019exercice précédent.Après des années de coupes et de resserrements, il n\u2019était pas trop tôt pour réinvestir dans ce secteur.L\u2019éducation supérieure ne se résume pas à une succession de statistiques sur les retombées économiques.L\u2019université est l\u2019incubatrice d\u2019une nouvelle génération de citoyens à qui elle fournit des outils pour argumenter, critiquer et prendre les commandes de son destin.Le diplôme universitaire est un passe-partout pour la réussite dans la société québécoise, marquée par le lent déclin du secteur manufacturier et la montée de l\u2019économie du savoir.L\u2019ère n\u2019est pas faite pour les hommes à tout faire.Le bachelier fait plus de 60 000$ en moyenne, contre 24 000$ pour le non-diplômé.Il af- ?che un taux de chômage de 6%, contre 18% pour le travailleur qui n\u2019a pas terminé ses études secondaires.Il n\u2019y a pas à en douter, le Québec sera plus riche d\u2019une présence accrue des diplômés universitaires, et c\u2019est là que le bât blesse.Montréal traîne de la patte par rapport aux autres grandes villes canadiennes.Chez les 25 à 34 ans, la proportion des diplômés universitaires est de 37%, comparativement à 43% à Toronto ou à 41% à Vancouver.La Chambre de commerce et Montréal international visent une augmentation de 5% des jeunes diplômés sur cinq ans, sans offrir de véritable solution pour y parvenir.Pour élargir le bassin des diplômés universitaires, il faut travailler bien en amont, en encourageant la persévérance scolaire au primaire et au secondaire.C\u2019est un préalable essentiel à la réussite du plan.L E D E V O I R , L E J E U D I 6 O C T O B R E 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N J E A N - F R A N Ç O I S H O T T E 27 ans, génération Y, Star Wars, Montréal.Étiquette : sale inclusif et bizounours.Indépendantiste R O M É O B O U C H A R D 80 ans, génération pré-boomers, Star Trek, région du Bas-Saint-Laurent.Étiquette : vieil identitaire, vilain perdant des deux référendums.Indépendantiste L e débat sur la laïcité et l\u2019identité a pris une place démesurée chez nous ces derniers temps et il a créé plus de division que de solidarité chez les Québécois.Seuls les partis politiques et les médias en profitent.Pendant ce temps, les libéraux règnent confortablement, le statu quo est maintenu à Ottawa et à Québec.Un climat malsain s\u2019est installé au Québec.Des débats politiques secondaires s\u2019éternisent.Le nationalisme québécois, jadis si ouvert et si riche, semble s\u2019effriter.Nous nous éloignons de notre objectif commun: l\u2019indépendance.Plus concrètement, l\u2019opposition entre ceux qu\u2019on qualifie d\u2019identitaires et d\u2019inclusifs prend chaque jour davantage l\u2019allure d\u2019une guerre entre Québécois, en plus de faire régner un climat de dénonciation et d\u2019intimidation qui empoisonne le débat démocratique.Chacun croit posséder la vertu, la raison, on s\u2019accuse et on s\u2019insulte.Roméo et Jean-François, nous venons de deux générations dif férentes et de deux milieux différents.Nous avons eu plusieurs divergences d\u2019opinions dans le passé.Après une longue discussion, ensemble, nous en sommes venus à une conclusion : nous parlons trop des oppositions entre identi- taires et inclusifs.Nous pourrions en parler moins.Nous pourrions surtout en parler autrement, sans nous entre-tuer.Beaucoup d\u2019autres problèmes impor tants devraient nous préoccuper.Ce débat prend trop de place dans notre société et nous perdons du temps précieux.Il est plus que jamais important pour le mouvement souverainiste de faire preuve de civisme et de solidarité.Aujourd\u2019hui, nous proposons une trêve, nous voulons mettre l\u2019avenir du Québec avant nos différends.En toute humilité, dans nos cabanes en bois rond respectives, nous proposons aux Québécois d\u2019imposer cette volonté aux différents médias et aux différents politiciens qui continuent d\u2019alimenter cet incendie.Nous reconnaissons avoir en commun les principes suivants, comme fondements de notre combat commun, et nous voulons en discuter de façon civilisée : a) le Québec est un peuple et une société distincte, doté d\u2019une histoire et d\u2019une identité qui lui sont propres; b) la langue française et la culture québécoise constituent notre principal lien commun; c) les droits de la personne, particulièrement la liberté d\u2019expression et de religion, l\u2019égalité de tous en droit et l\u2019égalité homme-femme, la neutralité religieuse de l\u2019État sont des bases de notre vivre-ensemble; d) l\u2019accueil des immigrants, réfugiés et migrants est une constante de l\u2019histoire du Québec ; cet accueil est plus que jamais nécessaire et nous devons assurer le mieux possible leur intégration au niveau de la langue, du milieu de travail, de la fonction publique, des médias, des échanges culturels et de la solidarité humaine; e) la solidarité sociale, l\u2019ouverture au monde et la tolérance envers les minorités font partie de l\u2019héritage des Québécois auquel nous voulons faire honneur.Nous invitons les chroniqueurs et influenceurs du Web à doser leurs interventions sur la question identitaire et les signes religieux.Nous invitons les dif férents intervenants de gauche comme de droite, inclusifs comme identitaires, à réfléchir sur l\u2019utilité de ce débat, à modérer le ton à adopter et à éviter de lui donner une place disproportionnée dans notre société.Cette guerre nous divise inutilement, nous fait tous du tort, nous éloigne de notre objectif commun \u2014 un Québec libre et accueillant \u2014 et nous empêche de profiter mutuellement de nos expériences et connaissances respectives pour trouver des solutions adaptées aux problèmes du Québec.Ça ferait du bien de parler d\u2019économie, de développement durable, d\u2019éducation, de progrès et d\u2019indépendance pour relancer le Québec vers l\u2019avenir.Comme beaucoup d\u2019autres, nous en avons assez de cette guerre dans les médias sociaux et publics, au moment où il importe plus que jamais de créer des ponts entre les générations et les régions du Québec.Nous nous engageons à respecter, comme simples citoyens et sans prétention, une trêve et un pacte de civisme dans ce débat identi- taire.Nous nous engageons à éviter dans nos écrits et nos débats, à l\u2019égard de personnes, les accusations et les étiquettes « identitaire », « inclusif », « bizounours », « xénophobe », « islamo- phobe », « antisémite » ou « raciste », ainsi que les mots «amalgame », «discrimination» et « incitation à la haine et à la violence », à moins qu\u2019il ne soit avéré par les faits et le droit qu\u2019il s\u2019agit de personnes et de comportements extrémistes qui dépassent clairement le niveau acceptable de civisme.Nous nous engageons à travailler, dans un esprit de compréhension mutuelle, pour trouver des solutions acceptables aux problèmes qui préoccupent le Québec en ce moment : a) l\u2019indépendance du Québec ; b) la refondation de notre démocratie ; c) l\u2019avenir de la langue française et de la culture québécoise ; d) l\u2019accueil et l\u2019intégration des immigrants ; e) l\u2019égalité des hommes et des femmes ; f) la discrimination des minorités ; g) la justice et la solidarité sociale ; h) la justice envers les premiers peuples ; i) la protection de l\u2019environnement et de notre planète.Pour une trêve entre inclusifs et identitaires FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET manité et la planète, de l\u2019oppression humaine à l\u2019exploitation des animaux en passant par le consumérisme et la dégradation de l\u2019environnement.Les élèves apprennent que nous sommes tous liés les uns aux autres, hommes et animaux, sur une planète à l\u2019écosystème fragile.Par exemple, on leur apprend qu\u2019il existe un lien entre la cruauté envers les animaux et la violence contre les êtres humains.La cruauté envers les animaux est souvent le premier pas vers la violence à l \u2019encontre des enfants, des femmes et des aînés.Les animaux sont parfois traités de la même façon que les enfants ou les femmes le sont dans les ateliers clandestins.Pour préparer notre jeunesse aux défis à venir et pour bâtir une société plus humaine et plus compatissante, nos écoles doivent enseigner aux enfants à avoir un regard critique sur les enjeux de notre monde et à respecter toute forme de vie sur notre planète.C\u2019est en éduquant la jeunesse d\u2019au- jourd\u2019hui au sujet des droits de la personne, de la protection des animaux et de l\u2019éthique environnementale et en expliquant à ces élèves de quelle façon ils peuvent rendre leur monde meilleur que nous leur donnons les outils de la réussite.Le programme d\u2019« éducation humaine » peut contribuer à améliorer le comportement des élèves et leur réussite scolaire.Des pitbulls et de l\u2019éducation humaine Permettez-moi de faire un lien entre la controverse entourant l\u2019interdiction des pitbulls à Montréal et la vaste consultation publique lancée par le gouvernement Couillard au sujet de son plan de «modernisation » du système d\u2019éducation public québécois.L\u2019an dernier, au Québec, une loi a établi que les animaux sont des « êtres sensibles », mais il est évident qu\u2019il faut davantage sensibiliser le public de la province au bien-être des animaux.Il y a environ 65 ans déjà, l\u2019anthropologue renommée Margaret Mead, qui a écrit de nombreux ouvrages sur la place des adolescents dans les sociétés, soutenait que la sensibilisation au comportement acceptable à adopter à l\u2019égard des animaux devait faire par tie des programmes scolaires.Elle était d\u2019avis que la façon dont nous traitons les animaux est le reflet direct de nos valeurs.En conséquence, il y a quelques années, une toute nouvelle matière a été mise en place et introduite progressivement dans le programme scolaire de plusieurs écoles nord-américaines : « l\u2019éducation humaine» (humane education, en anglais).Cette matière se propose d\u2019examiner les défis auxquels sont confrontées l\u2019hu- La formule gagnante que promeut le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, en vue d\u2019accroître la réussite scolaire devrait faire de la place aux cours d\u2019«éducation humaine ».Un tel programme formerait des élèves responsables qui deviendront plus tard des citoyens québécois renseignés et compatissants.Chris Eustace, professeur à la retraite Montréal, le 3 octobre 2016 UNIVERSITÉS MONTRÉALAISES Un moteur important L\u2019ennemi commun L\u2019approche incrémentielle du gouvernement Trudeau sur la taxe du carbone est louable.Il savait les postures récalcitrantes des provinces pétrolières, Saskatchewan, Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labra- dor.Malgré son apparence dyssynchrone ou de mal tomber, l\u2019annonce d\u2019Ottawa leur a of fert une sortie théâtrale montrant à leurs obligés qu\u2019elles sont montées aux créneaux d\u2019une bataille qu\u2019elles savaient perdue.Elles ont d\u2019ailleurs plus d\u2019un an pour lancer leur propre attaque fiscale ou boursière contre l\u2019ennemi commun, le carbone.Elles peuvent aussi se joindre à une autre armée alliée en formation, celle des énergies vertes.Même la menteuse Volkswagen va gonfler ses rangs avec sa voiture électrique hyperperformante.Pascal Barrette Ottawa, le 5 octobre 2016 BRIAN MYLES L L E D E V O I R , L E J E U D I 6 O C T O B R E 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.Q U O C D I N H N G U Y E N Médecin résident en gériatrie et détenteur d\u2019une maîtrise en santé publique A N D R É A N N E W A S S E F Médecin résidente en psychiatrie e dernier épisode de Tout le monde en parle a dû laisser un goût amer à bien des gens du domaine de la santé.Alors que Mme Josée Blan- chette racontait son expérience avec son cancer du côlon, le système de santé et ses professionnels en prenaient pour leur rhume ! Prenant le pouls de collègues, nombre d\u2019entre nous avons sourcillé devant des propos qui étaient souvent simplistes et réducteurs, parfois désinformés et franchement dangereux.Qu\u2019on se le dise tout de suite : la chimiothérapie est efficace, mais pas toujours et ni pour tous, évidemment.Grande est notre envie de défaire une à une toutes les af firmations trompeuses, mais il nous paraît encore plus critique de souligner les trois constats qui suivent.La santé étant actuellement de toutes les tribunes, il n\u2019est pas surprenant que TLMEP ait parlé d\u2019autisme et de cancer.Mais ce qui peut surprendre, ce sont les personnes sous les projecteurs pour en parler : M.Louis T, un humoriste, et Mme Blanchette, une chroniqueuse.Les professionnels de la santé n\u2019ont pas, et ne devraient pas, avoir l\u2019exclusivité des discussions sur la santé.Les perspectives d\u2019humoristes, de journalistes, surtout comme patients, apportent des éclairages essentiels.Mais, à la lumière de l\u2019émission, le premier constat qui s\u2019impose est que, dans ces deux segments totalisant une trentaine de minutes, une perspective du domaine de la santé aurait été nécessaire pour nuancer certaines affirmations et en corriger d\u2019autres.Par exemple, il aurait fallu préciser que les autistes de haut niveau dont parlait Louis T.sont rarissimes.À Guy A.qui demandait s\u2019il fallait « laisser mourir les personnes âgées » sans traitement, il aurait fallu répondre qu\u2019une discipline entière, l\u2019oncogériatrie, a pour mission d\u2019adapter cas par cas les traitements oncolo- giques pour ces patients fragilisés, en fonction de leurs capacités et de leurs désirs.Sans user de l\u2019argument d\u2019autorité et sans corporatisme, les études en santé sont longues pour plusieurs raisons.D\u2019abord, parce que le développement de l\u2019expertise professionnelle ne se fait pas en écrivant un livre.Parce que l\u2019anecdote personnelle et les témoignages anonymes ne sont pas une base de connaissances assez objectives et généralisables pour traiter des patients.Et aussi parce que la compréhension des statistiques, l\u2019expérience clinique et les nuances qui viennent avec elle prennent du temps à acquérir.Mais il faut tirer une seconde leçon tout de suite.Comme professionnels de la santé, notre habileté à communiquer et à établir un lien de confiance avec les patients doit être améliorée.Car, si nous n\u2019apprenons pas à mieux communiquer pour répondre aux interrogations des patients et de l\u2019opinion publique, d\u2019autres, meilleurs communicateurs, s\u2019en chargeront.Au mieux, ces derniers feront un bon travail de sensibilisation, et, au pire, une dangereuse campagne de désinformation.Il est de notre devoir d\u2019éviter une r upture définitive de la confiance entre la population et les soins que nous prodiguons.En troisième lieu, il faut se questionner sur la responsabilité factuelle et sociale de TLMEP, une des émissions québécoises les plus écoutées.De la part de notre dif fuseur public, ne sommes-nous pas en droit de s\u2019attendre à plus de rigueur pour éviter d\u2019encourager la complaisance, le sensationnalisme et les déclarations à l\u2019emporte-pièce, pour un sujet aussi chargé que la santé ?Mme Blanchette a soutenu que ceux qui savent ne parlent pas et que ceux qui parlent ne savent pas.Espérons, à l\u2019avenir, que seuls ceux qui en sauront plus parleront autant.Tout le monde peut bien parler de santé, mais le vrai défi, c\u2019est de bien en parler.Parlons de la santé puisque Tout le monde en parle G I L B E R P A Q U E T T E Directeur général, Hebdos Québec adame Payette, Récemment formée, la Coalition pour la pérennité de la presse d\u2019information au Québec (la « Coalition ») est formée du Devoir, de Groupe Capitales Médias, d\u2019Heb- dos Québec, du Quebec Community Newspaper Association et de TC Transcontinental.Notre Coalition, qui regroupe 172 journaux, existe parce que l\u2019univers médiatique a radicalement changé depuis la publication de votre rappor t en 2010.En tant qu\u2019éditeurs, nous vivons une problématique commune.Force est de constater que plusieurs des recommandations de votre rapport ne sont plus adaptées à la nouvelle réalité de la presse.Référer, comme vous le faites dans votre exposé, à l\u2019exemple du modèle français de gestion des plans d\u2019aide à la presse est périlleux.Parce que, d\u2019une part, la culture entrepreneuriale de la France dif fère sensiblement de la nôtre et que, d\u2019autre part, la «bureaucratie » canadienne ou québécoise ne se compare pas à celle de nos amis français.Malheureusement, votre rapport de 2010 a rapidement évacué la réflexion sur le modèle d\u2019af faires des médias de masse, sans avoir identifié la véritable menace venant de la montée fulgurante des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).Intellectualiser le débat ne ser vira en rien le citoyen.Nos journaux agissent comme chiens de garde de la démocratie et de la gestion des administrations publiques.Ils sont un véhicule de transmission de la culture.Ils connectent les gens à leur milieu de vie.Le temps presse.Depuis 2009, selon Statistique canada, le nombre d\u2019emplois dans le secteur de l\u2019édition a diminué de 43 % au pays.En 2013, Google générait des revenus de 51 milliards, alors que l\u2019industrie de la presse écrite aux États-Unis a vu fondre ses revenus à 24 milliards, soit la moitié de ceux d\u2019un seul géant.Les médias sociaux ne créent pas de contenus ni de richesse collective.Ils les transportent, sans compensation, alors que nous assumons seuls le coût de production élevé d\u2019une information réfléchie et de qualité.Ces titans des médias sociaux ne paient pas leur juste par t aux trésors publics de chez nous.Nos journaux, oui.Les demandes d\u2019aide de notre Coalition visent à protéger des milliers d\u2019emplois de qualité dans nos salles de rédaction.Notre démarche vise entre autres à protéger les créateurs de nos contenus, les journalistes.La création d\u2019un titre protégé pour la profession de journaliste, comme vous le suggérez, n\u2019aiderait en rien la poursuite inéluctable de notre virage numérique.Depuis la publication de votre rapport sur l\u2019avenir de l\u2019information en 2010, les fondements mêmes des médias ont été atteints.Durant toute cette période, nous ne nous sommes pas reposés sur nos lauriers.Bien au contraire.Nous avons investi massivement dans un modèle numérique non rentable puisque 80% des revenus traversent la frontière, vers la poignée de géants américains que sont Google, Facebook et les autres médias sociaux.Nous n\u2019avons, comme industrie, aucun contrôle sur cet état de fait.Par contre, une bonne partie de la solution passe par un cadre législatif, réglementaire et fiscal qui ne peut provenir que de l\u2019État.Notre Coalition réclame une aide temporaire des gouvernements, car, en définitive, c\u2019est le citoyen et notre démocratie qui seront pénalisés au fur et à mesure que des journaux s\u2019éteindront.En terminant, et contrairement à ce que vous proposez, il n\u2019est pas dans la mission du Conseil de presse du Québec d\u2019administrer de futurs programmes d\u2019aide .Le Conseil de presse est avant tout un tribunal d\u2019honneur.Constitué sous la forme d\u2019une organisation tripartite formée de représentants des médias, des journalistes et du public, il se placerait directement dans une position conflictuelle.L\u2019État dispose déjà d\u2019organes qui s\u2019acquitteraient fort bien de la gestion d\u2019un futur plan d\u2019aide à la presse d\u2019information.L\u2019heure n\u2019est plus à la réflexion, mais bien à l\u2019action.LA RÉPLIQUE Publié en 2010, le rapport Payette est dépassé D E N I S D E B E L L E V A L O.Q., ex-ministre des Transports du Québec, ex-président de VIA Rail Canada l y a une éternité, M.Poëti étant ministre des Transports, le gouvernement du Québec hésitait à financer l\u2019installation d\u2019un tramway sur le nouveau pont Champlain.Cher, très cher ! La nature ayant horreur du vide, la Caisse de dépôt a pris l\u2019initiative de proposer son propre projet.Baptisé REM, le rejeton de la Caisse devrait non seulement relier le quartier 10/30 du Grand Longueuil à la gare Centrale, mais se prolonger jusqu\u2019à l\u2019aéroport de Dor val via le tunnel sous le Mont-Royal.Le tout autofinancé par la Caisse.Génial ! Le démon étant dans les détails, une horde satanique n\u2019a pas manqué de surgir au fur et à mesure d\u2019un examen circonspect de la progéniture.Depuis, face aux lacunes évidentes du projet, la Caisse accumule les « améliorations » et les coûts, notamment pour relier péniblement le REM au métro, sauvegarder des milieux naturels et prolonger le service jusqu\u2019à Saint-Eus- tache, le trajet du REM empruntant en effet les voies ferrées actuelles du train de banlieue desservant le nord-ouest de l\u2019agglomération via Laval.Et, surprise, le gouvernement doit en payer une bonne moitié, sinon davantage, pour assurer à la Caisse un rendement raisonnable sur ses capitaux investis.On découvre aussi que des milliers d\u2019acres de terres agricoles de classe 1 au sud de l\u2019autoroute 30 doivent être asphaltées pour accueillir les voitures des usagers qui iront prendre le REM à sa station terminale.Autre « détail » : les usagers du train de l\u2019est depuis Repentigny, qui ont accès directement au cen- tre-ville via le tunnel du Mont- Royal, se verraient obligés de prendre une correspondance sur le REM à un endroit à préciser, au nord de l\u2019autoroute 40.En outre, les passagers du train rapide de VIA projeté entre Québec et Montréal, via Trois-Rivières, devront faire de même.Et ce n\u2019est pas fini ! Néanmoins, le projet poursuit son train d\u2019enfer.Il est temps de faire le point et de remettre en question cette aventure rocambolesque pour les raisons suivantes, entre autres.Les coûts approximatifs devenus faramineux Au dépar t, la Caisse devait financer son projet à même les revenus de la tar i f icat ion et les rentes du développement immo- b i l ier autour des stat ions .On parle maintenant d\u2019une proportion inconnue d\u2019un coût total qui augmente sans cesse, évalué présentement à 5,5 milliards de dollars.Non seulement l\u2019État devra- t-il maintenant fournir au moins la moitié de cette somme, mais cette propor t ion r isque d\u2019aug - menter, car la Caisse devra s\u2019assurer que les revenus de la tarification et de la rente immobi - lière seront suf fisants pour rentabiliser sa part du financement.Quant aux correspondances entre le réseau existant et le REM, elles entraîneront pour les usagers une double tarification.Sinon, l\u2019État ou les contribuables des villes de l\u2019agglomération devront assumer les coûts de l\u2019in- tégrat ion tar i fa ire en plus de subvent ionner la tar i f icat ion du REM.Somme toute, il en coûterait moins cher au ministre des Finances d\u2019assumer lui-même l\u2019ensemble du financement, car le taux de ses emprunts est moins élevé que le taux de rendement qu\u2019exigera la Caisse pour sa part du coût du projet.Revenons au bon sens : cette idée de financer ce pro jet à coût moindre via la Caisse est irréalisable.La dégradation du service pour les autres utilisateurs Un réseau de transport ne s\u2019appelle pas «réseau» pour rien! Tous ses éléments doivent fonctionner en synergie et coordination tant techniquement que financièrement, ce qui comprend l\u2019intégration tarifaire.Le projet de la Caisse est malheureusement conçu comme un élément en soi, avec sa propre logique technologique et financière.Sur le plan de la tarification, introduire un joueur de plus dans le réseau est contre-pro- ductif.Sur le plan de l\u2019intermodalité, c\u2019est un vrai cauchemar.Les liaisons physiques avec le métro seront difficiles et impliquent des coûts astronomiques.Les usagers en provenance de l\u2019est devront faire une correspondance pour rejoindre le centre-ville, ce qui dégradera leur propre service pour satisfaire aux exigences techniques du REM, qui, paraît-il, lui interdiraient l\u2019accès au tunnel du Mont-Royal.Le train moderne projeté par VIA entre Québec et Montréal ne pourrait pas lui non plus avoir accès au centre-ville (une exclusivité mondiale ridicule!) et ses passagers devraient aussi prendre correspondance avec le REM.On voudrait tuer le projet tant attendu de VIA qu\u2019on ne s\u2019y prendrait pas autrement.Cette lacune grave à elle seule justifie le rejet du projet de la Caisse.Retombons sur terre.Les autorités publiques doivent reprendre la maîtrise de ce dossier et revenir au concept initial d\u2019un tramway moderne qui a l\u2019avantage de se glisser facilement dans la trame urbaine.Le REM, lui, est prisonnier de son emprise.Montréal, comme la plupart des grandes métropoles, doit renouer avec ce mode de transport souple, qui permettrait d\u2019irriguer les tissus urbains de Montréal et de la Rive-Sud et de les relier entre eux, non seulement par le pont Champlain, mais aussi éventuellement par les autres liens existants.Un prolongement du métro dans Longueuil devrait aussi être envisagé.Quant à la liaison entre la gare Centrale et l\u2019aéroport, si une liaison par le nord est une bonne idée, rien n\u2019empêche de la réaliser via la ligne existante du nord-ouest! Ce retour au bon sens coûterait moins cher, serait plus simple et plus rapide d\u2019exécution, éviterait de pénaliser ou de détruire d\u2019autres liaisons et serait conforme aux objectifs du schéma d\u2019aménagement de l\u2019agglomération, en sauvegardant les terres agricoles au sud de l\u2019autoroute 30.Sur le plan urbanistique, la polyvalence du tramway améliorerait considérablement le transport en commun et contribuerait à la revitalisation et à la qualité de vie des quartiers.C\u2019est cette vision d\u2019ensemble que le projet du REM évacue entièrement.Le REM, une fausse bonne idée Les autorités publiques doivent reprendre la maîtrise de ce dossier et revenir au concept initial d\u2019un tramway CAISSE DE DÉPÔT ET PLACEMENT DU QUÉBEC Avec le REM, la Caisse accumule les « améliorations» et les coûts, notamment pour relier péniblement le projet au métro, sauvegarder des milieux naturels et prolonger le service jusqu\u2019à Saint-Eustache.LE DÉCLENCHEUR «Comment admettre en démocratie que c\u2019est l\u2019État qui définirait ce qu\u2019est ou non une entreprise de presse susceptible de recevoir ces avantages?Comment les médias continue- ront-ils de jouer leur rôle s\u2019ils sont redevables de leur survie à l\u2019État?Il est impératif de conserver une distance raisonnable entre l\u2019État et les médias, mais un financement direct ne conserve pas cette distance.» \u2014 Dominique Payette, «Une solution loin d\u2019être exemplaire», Le Devoir, 4 octobre.M L Il est de notre devoir d\u2019éviter une rupture définitive de la confiance entre la population et les soins que nous prodiguons « » I L E D E V O I R , L E J E U D I 6 O C T O B R E 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Lors des cinq votes informels précédents, Antonio Gu- terres est chaque fois arrivé en tête .Mercredi , sur les quinze membres du Conseil, seuls deux ont voté « blanc », un membre permanent avec droit de veto et un membre non permanent.Les treize autres ont glissé un bulletin secret en faveur de l\u2019ancien haut- commissaire aux réfugiés.Le neuv ième patron de l \u2019ONU ne sera donc ni une femme, ni un représentant de l \u2019Europe de l \u2019Est, deux requêtes formulées tantôt par la société civile, tantôt par cer- ta ins États membres .Quatrième Européen à occuper le prestigieux poste, Antonio Gu- terres a brûlé la politesse à neuf autres candidats encore en lice.Parmi eux, la Bulgare Kristalina Georgieva, commissaire européenne au Budget et ancienne vice-présidente de la Banque mondiale, pouvait nourrir encore quelques espoirs mardi, après les déclarations de Vitali Tchourkine, qui préside en octobre le Conseil de sécurité : « Nous pensons vraiment que c\u2019est au tour de l\u2019Europe de l\u2019Est de fournir le prochain secrétaire général.Et nous aimerions beaucoup voir une femme.» Contexte international très tendu Plusieurs raisons expliquent l\u2019échec d\u2019une candidature féminine et de l\u2019Est.Pour Moscou, Kristalina Georgieva a beau être de l\u2019Est, elle incarne une Union européenne qui a imposé de dures sanctions contre la Russie après l\u2019annexion, par le Kremlin, de la Crimée.De plus, la soutenir aurait été une manière de saper un autre choix.Les Russes auraient bien aimé voir une autre Bulgare, Irina Bokova, accéder au perchoir onusien.L\u2019actuelle directrice générale de l\u2019Unesco, formée à Moscou, a toutefois été jugée trop proche de la Russie par les Occidentaux.Deux membres permanents du Conseil de sécurité étaient prêts à opposer leur veto à la cand idature des deux Bulgares.La nomination d \u2019Antonio Guterres, qui doit encore être confirmée par un vote formel du Conseil de sécurité jeudi matin et entérinée par les 193 membres de l\u2019Assemblée générale de l \u2019ONU, apparaît comme un compromis acceptable dans un contexte international très tendu.La grave détérioration des relations entre la Russie et les États-Unis ainsi que l\u2019Occident a compliqué le processus de succession de Ban Ki-moon.Si Moscou n\u2019a pas opposé son veto au Por tugais, issu d\u2019une démocratie européenne, c\u2019est, dit-on dans les coulisses onusiennes, parce qu\u2019il aurait obtenu la garantie d \u2019obtenir dif férents postes en vue au sein de l\u2019institution sise le long de l\u2019East River, à New York.Face à la guerre en Syrie et au Yémen, à la plus importante cr ise migratoire qu i touche l\u2019Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, Antonio Guter res va prendre la tête d\u2019une organisation qui a besoin de retrouver un poids et une crédibilité, en particulier dans les questions relatives à l\u2019un des piliers sur lesquels elle a été créée voici 71 ans, à San Francisco : la paix et la sécurité.Dans le cadre du conflit syrien et d\u2019autres situations de crise humanitaire, l\u2019ONU a apporté une aide cruciale à des populations en détresse.Mais elle a été marginalisée par les grandes puissances quand il s\u2019est agi de traiter des questions de sécurité internationale.«Forte autorité morale» Au cours du processus de nominat ion, qu i a été plus transparent qu \u2019à l \u2019accoutumée, sous la pression de la société civile et d\u2019une ONG, 1 for 7 Billion, beaucoup ont estimé nécessaire d \u2019élire une personnal ité dotée d \u2019une « for te autorité morale », une cr it ique vo i lée de Ban Ki - moon, dont la prudence n \u2019a pas permis de replacer l\u2019organisation multilatérale au centre des préoccupations des grandes puissances, à l\u2019exception notoire du traité de Paris sur le climat.Dans ce sens, Antonio Guterres a prouvé, en tant que haut-commissaire aux réfugiés, qu\u2019il avait fait preuve d\u2019autorité pour affronter des crises migratoires, notamment en Afghanistan, en Syrie et en Irak.Responsable des questions onusiennes à Human Rights Watch, Louis Charbonneau le souligne : « Avec Antonio Gu- terres, le Conseil de sécurité a choisi un défenseur ef ficace et acharné des réfugiés, potentiellement capable de tenir un discours radicalement dif fé- rent en matière de droits de l \u2019homme, à une époque de grands défis.[\u2026] En fin de compte, le prochain secrétaire général de l \u2019ONU sera jugé sur sa capacité à résister aux puissances qui viennent de le choisir.» Le Temps SUITE DE LA PAGE 1 GUTERRES Antonio Guterres en cinq dates 30 avril 1949 Naissance à Lisbonne.1992 Devient secrétaire général du Parti socialiste portugais.1995 Nommé premier ministre.Mars 2002 Défaite des socialistes aux législatives.Il démissionne et se retire de la vie politique.2005-2015 Kofi Annan le nomme au poste de haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés.Tous les libéraux, néodémo- crates et bloquistes présents ont voté pour la motion gouvernementale, tandis que tous les conservateurs ont voté contre elle.La chef du Parti vert, Elizabeth May, n \u2019était pas en Chambre.Le candidat à la chefferie conser vatrice, Michael Chong, pourtant en faveur de la tarification du carbone, a voté contre la motion.Le vote n\u2019était que symbolique : le gouvernement de Justin Trudeau aurait pu ratifier l\u2019accord sans l\u2019appui du Parlement.Cette entente n\u2019établit pas de cibles de réduction des gaz à ef fet de serre (GES) : elle exhorte plutôt les pays à prendre les moyens nécessaires pour limiter le réchauffement de la planète à deux degrés Celsius.La ministre de l\u2019Environnement, qui avait pris la parole quelques heures avant le vote \u2014 dont l\u2019issue ne faisait pas de doute, en raison de la majorité parlementaire des libéraux \u2014 s\u2019est dite « heureuse ».« Nous faisons un grand pas en avant, a déclaré Catherine McKenna.Nous allons prendre des mesures concrètes pour nous attaquer aux changements climatiques.» Pour l\u2019accord, contre le prix plancher Les conser vateurs se sont opposés non pas parce qu\u2019ils boudent l\u2019Accord de Paris, mais parce qu\u2019ils refusent d\u2019entériner le moyen privilégié par M.Trudeau pour le respecter.«Nous sommes pour l\u2019Accord de Paris.Nous sommes pour l\u2019Accord de Paris.Nous sommes pour l\u2019Accord de Paris.Est-ce que je peux être plus clair que ça?, a lancé Gérard Deltell.Nous ne sommes pas en faveur de l\u2019imposition d\u2019une nouvelle taxe.» Le chef par intérim du NPD, Thomas Mulcair, estime qu\u2019il s \u2019agit d \u2019une er reur de leur part.«Les conservateurs se placent du mauvais côté de l\u2019histoire.» M.Mulcair estime néanmoins que la taxe libérale ne contribuera pas à réduire les GES et que la seule solution possible est l\u2019instauration d\u2019un système de plafonds et d\u2019échanges de crédits d\u2019émissions à l\u2019échelle du pays.«Si le NPD avait été au pouvoir, nous aurions respecté l\u2019Accord de Paris, on ne l\u2019aurait pas que signé pour poser.[\u2026] N\u2019oubliez pas que les libéraux ont admis avoir signé l\u2019accord de Kyoto à des fins de relations publiques.» Une taxe plus flexible qu\u2019on pense Lundi, le premier ministre, Justin Trudeau, a annoncé que les provinces devront soit instaurer une taxe sur le carbone sur leur territoire, soit créer une Bourse du carbone.Sinon, Ottawa leur imposera à partir de 2018 un prix plancher du carbone de 10 $ la tonne, qui atteindra 50 $ en 2022.La question se pose : comment ce prix plancher pourra-t- il s\u2019appliquer au Québec ou à l\u2019Ontario, qui se sont joints à une Bourse du carbone ?Les grands émetteurs s\u2019y voient attribuer gratuitement des crédits pour 80 % de leurs émissions historiques.Ils doivent soit réduire leurs émissions restantes, soit acheter des crédits ou «droits de polluer».Ces crédits sont vendus par le gouvernement, qui en contrôle le prix, mais aussi par d\u2019autres entreprises ayant réduit leur pollution et disposant de crédits excédentaires.Les prix sur ce marché secondaire sont moins élevés et soumis aux aléas de l\u2019offre et de la demande.Comment pourra-t-on les contrôler ?En coulisses, à Ottawa, on explique qu\u2019on ne les contrôlera pas, justement.Le fédéral a concocté un système d\u2019équivalence entre prix sur le carbone et réductions de GES.On évaluera l\u2019ef ficacité de la Bourse en fonction des réductions de GES qu\u2019elle génère et non du prix auquel s\u2019y transigent les crédits de carbone (environ 13 $US la tonne, ces jours-ci).Il est donc envisageable que le prix des crédits à la Bourse soit en deçà du prix plancher d\u2019Ottawa et satisfasse néanmoins aux normes fédérales.Ces calculs seront rendus publics dans les prochaines semaines.Des provinces agacées La Saskatchewan s\u2019oppose catégoriquement à une taxe sur le carbone, plaidant qu\u2019elle a un système de capture et de stockage.Dénonçant « l\u2019une des plus impor tantes hausses d\u2019impôt nationales de l\u2019histoire canadienne », le premier ministre Brad Wall a avancé que la mesure fédérale coûterait 2,5 milliards à l\u2019économie de sa province et 1250 $ par famille.En coulisses, à Ottawa, on fait valoir que le stockage du carbone n\u2019est pas obligatoire en Saskatchewan : il ne peut faire of fice de plan de lutte contre les changements climatiques.La Nouvelle-Écosse martèle, de son côté, qu\u2019elle a imposé un plafond d\u2019émissions de GES au secteur de la production d\u2019électricité, dont le prix a augmenté de 62 % depuis 2005.Une « taxe sur le carbone indirecte », fait valoir le premier ministre, Stephen McNeil.Sa province a déjà atteint la cible, fixée par Ottawa, de réduction, d\u2019ici 2030, des GES de 30 % par rapport au niveau de 2005.Le ministre de l\u2019Environnement de Terre-Neuve a, comme ses homologues sas- katchewanais et néo-écossais, claqué la porte de la rencontre fédérale-provinciale lundi , mais la province ne rejette pas pour autant le plan d\u2019Ottawa.Le gouvernement songe déjà à légiférer une tarification du carbone .Mais son premier ministre, Dwight Ball, rappelle que la taxe sur l\u2019essence y a été doublée, à 0,33 $ le litre, ce qui correspond, selon lui, à une taxe sur le carbone de 70 $ la tonne .Notons qu \u2019 il s \u2019agit d\u2019une mesure temporaire pour aider la province, en grandes difficultés économiques.L\u2019histoire se répète De même, la menace d\u2019une poursuite est brandie à nouveau comme il y a 14 ans.Selon le National Post, la Saskatchewan de Brad Wall « étudie ses options » et songe à contester devant les tribunaux la taxe fédérale sur le carbone.En 2002, c\u2019était Ralph Klein, en Alberta, qui avait promis de « faire tout ce qui est possible, y compris lancer une contestation constitutionnelle si nécessaire », pour protéger l\u2019économie de sa province contre ce qu\u2019il prédisait être une lutte coûteuse contre les changements climatiques.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ACCORD humaine sur les ressources naturelles et les «services» fournis par la nature.William Rees estime que le nœud du problème réside dans le «mythe» néolibéral qui guide l\u2019action gouvernementale.« Il s\u2019agit d\u2019un modèle économique qui ne contient aucune référence à l\u2019environnement en général, à la biologie ou aux écosystèmes, et pourtant c\u2019est le modèle que nous utilisons pour diriger la planète.Mais il n\u2019est pas possible d\u2019avoir un développement durable si nous avons une économie dont le modèle ne tient aucunement compte du système qu\u2019il prétend diriger.» Le sujet sera d\u2019ailleurs au cœur de la conférence qu\u2019il présente jeudi, à Montréal, dans le cadre du sommet AquaHacking : unis pour le Saint-Laurent.La Terre en déficit Selon lui, ce modèle néolibé- ral n\u2019admet aucune possibilité de limiter la croissance, alors même que nous avons collectivement déjà «dépassé les capacités écologiques» de la Terre.«Le bateau coule.Il ne reste plus que quelques pouces avant que l\u2019eau ne s\u2019engouf fre dans le navire, mais nous croyons qu\u2019il est possible d\u2019ajouter du poids sur le bateau, illustre-t-il.Nous voulons doubler la taille de l\u2019économie au cours des prochaines années.C\u2019est ce que vous faites au Québec.C\u2019est ce que nous ferons partout au Canada, tout en continuant d\u2019affirmer que nous pouvons le faire sans détruire l\u2019environnement.» M.Rees cite en exemple la volonté affichée par le gouvernement Tr udeau de constr uire de nouvelles infrastructures pour exporter les ressources fossiles canadiennes et favoriser ainsi leur exploitation.« L\u2019être humain a une façon totalement contradictoire de voir les choses.M.Trudeau fait grand cas de l\u2019Accord de Paris sur le climat et il affirme que nous allons réduire nos émissions de gaz à ef fet de serre.Mais tous les scientifiques savent que, si nous développons les projets d\u2019oléoducs et de ports d\u2019exportation de gaz, nous ne pourrons jamais respecter nos engagements.C\u2019est impossible.» Du «pétrole éthique»?Il dénonce au passage l\u2019utilisation de l\u2019expression «pétrole éthique» pour définir la production canadienne, un terme popularisé par le chroniqueur Ezra Levant.« C\u2019est de la foutaise.C\u2019est un exemple de la façon dont on a créé une histoire pour justifier ce que le modèle de développement économique exige, sans tenir compte de la réalité.» Le scientifique de renommée internationale juge que le projet d\u2019oléoduc Énergie Est s\u2019inscrit aussi dans cette tendance à privilégier un développement « insoutenable » .« Tout cela est possible parce que nous avons, successivement, des gouvernements qui sont dédiés au modèle néolibéral, qui veut que le Canada soit essentiellement un expor tateur de ressources.C\u2019est ce qui justifie un projet comme Énergie Est.C\u2019est un modèle qui nous ramène à ce que nous étions au XIXe siècle.» Stratégie maritime William Rees critique également le modèle de développement mis de l \u2019avant dans la Stratégie maritime du gouvernement Couillard, un enjeu qu\u2019il doit d\u2019ailleurs aborder dans le cadre de sa conférence à Montréal.«Lorsque nous parlons du développement durable, alors que, concrètement, nous voulons parler de croissance continue, nous faisons la pire chose possible pour maintenir une relation à long terme avec l\u2019environnement.Mais, lorsque nous voyons le monde ainsi, nous plaidons pour la construction de plus de ports, pour plus de navigation industrielle, etc.Le Québec, malheureusement, reflète ce type de développement, qui sert de modèle partout sur la planète.» Une stratégie qui, en misant sur la création d\u2019emplois, peut toutefois s\u2019avérer efficace d\u2019un point de vue électoral.« Le gouvernement fait le calcul que, pour la population, la question des emplois a une plus grande valeur économique que l\u2019idée de préserver des espèces, comme les bélugas.Il ne voit donc pas de coût politique à l\u2019idée d\u2019aller de l\u2019avant.Il promet de la croissance et des retombées pour les collectivités.C\u2019est une vision à très cour t terme, typique des politiciens.» Le professeur Rees prévient toutefois que le maintien de cette vision du monde, détachée des impératifs écologiques, aura des impacts catastrophiques.« Nous érodons, morceau par morceau, ce système qui nous permet de survivre.Nous n\u2019allons rien laisser aux générations qui seront là dans 50 ans.C\u2019est notre façon de faire.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MODÈLE P H I L I P P E O R F A L I H oma Hoodfar avait beau être terrorisée dans sa cellule de la prison d\u2019Evin, elle savait qu\u2019elle pourrait, tout au long de sa détention, se raccrocher à une lueur d\u2019espoir : ses geôliers ne feraient pas d\u2019elle une seconde Zahra Khazemi, cette photojournaliste irano-canadienne torturée et violée avant d\u2019être assassinée, dans la même geôle, il y a maintenant 13 ans.« Ils me disaient qu\u2019ils renverraient ma dépouille au Canada.[\u2026] J\u2019étais prête mentalement à passer quelques années en prison, ou, comme ils disaient, peut-être 15 ans», a relaté la professeure à la retraite de l\u2019Université Concor- dia, relâchée le 26 septembre dernier après 112 jours de captivité.L\u2019anthropologue était incarcérée dans la section des prisonniers d\u2019opinion, la même que celle où a été détenue Mme Khazemi.On l\u2019a notamment accusée de collaborer avec des gouvernements ennemis.« Ils étaient très intimidants, ils voulaient me faire pleurer.Comme je ne pleurais pas, ils sont allés dans mon iPad.Ils ont fait jouer la musique qui a joué aux obsèques de mon mari.Et là, j\u2019ai pleuré», a-t-elle expliqué sur les ondes de Radio-Canada et de CBC, mercredi.« Je savais que la médiatisation de l\u2019histoire de Zahra Khazemi les avait rendus plus prudents.» Il y avait aussi des caméras de surveillance, se rassurait-elle.Elle assure ne pas avoir été violentée, du moins physiquement.Ses journées étaient meublées d\u2019interrogatoires quotidiens, qui pouvaient parfois durer de nombreuses heures.Puis, une fois de retour dans sa cellule, elle tentait tant bien que mal de faire de son emprisonnement une expérience anthropologique.« Je n\u2019avais pas de stylo, rien comme ça.Alors, je prenais le manche de ma brosse et j\u2019écrivais, invisiblement, sur le sol de ma cellule.» Elle a su qu\u2019elle allait enfin être libérée quand ses geôliers lui ont dit d\u2019être prête le lendemain à l\u2019aube.Le jour venu, des gardiens \u2014 et des gardiennes \u2014 l\u2019ont fait sortir de sa cellule, puis l\u2019ont amenée sur-le-champ dans un salon de beauté, où on lui a teint les cheveux et on l\u2019a maquillée, sous garde policière.«Il fallait aussi que je porte des vêtements aux couleurs vives.Ils voulaient que j\u2019aie l\u2019air en pleine forme au moment de ma libération», raconte-t-elle.Lundi dernier, elle était enfin libérée et transpor tée par avion à Mas- cate, dans le sultanat d\u2019Oman, un État ayant joué un rôle crucial dans la libération de la Montréalaise, qui découvre depuis son retour au pays les joies simples du quotidien, comme aller chercher son courrier ou flâner.Elle n \u2019entend pas remettre les pieds en Iran, du moins, pas sous le régime actuel.« J\u2019ai eu le cœur brisé » par cet ultime séjour dans sa terre natale, dit-elle.Avec Geneviève Tremblay Le Devoir ENTREVUE Homa Hoodfar a été victime de torture psychologique en Iran William Rees «N\u2019oubliez pas que les libéraux ont admis avoir signé l\u2019accord de Kyoto à des fins de relations publiques» Homa Hoodfar "]
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