Le devoir, 4 octobre 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 2 5 L E D E V O I R , L E M A R D I 4 O C T O B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Système de justice québécois.Offensive contre les délais judiciaires.Page A 3 Le Monde \u203a Guerre en Syrie.À «bout de patience», Washington interrompt ses pourparlers avec Moscou.Page B 5 Avis légaux.B 4 Décès.A 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .A 4 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m La Cour supérieure suspend le règlement de Montréal sur les pitbulls Page A 2 FRANCIS VACHON LE DEVOIR Les quatre aspirants chefs du Parti québécois ont croisé le fer une dernière fois avant l\u2019élection, vendredi, du successeur de Pierre Karl Péladeau.R O B E R T D U T R I S A C M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondants parlementaires à Québec L es quatre candidats à la direction du Parti québécois, Alexandre Cloutier, Jean-François Lisée, Martine Ouellet et Paul St-Pierre Plamondon, n\u2019ont pas manqué d\u2019exprimer leurs divergences sur les questions de la langue française, de la laïcité et des seuils d\u2019immigration lors du débat organisé par Le Devoir sur les thèmes de la culture et de l\u2019éducation.Mais les protagonistes, qui semblaient conscients des lendemains qui suivront la course à la chefferie, sont demeurés modérés dans leurs échanges.Quand il fut question de la laïcité de l\u2019État, Alexandre Cloutier a soulevé le risque de « fracture » et parlé d\u2019une «voie de passage justement pour s\u2019unir, pour additionner, parce que plus que jamais le PQ doit rassembler.[\u2026] Le visage du Québec a changé et le PQ doit également changer ».Jean-François Lisée croit que le candidat du Lac-Saint-Jean imite Philippe Couillard en reprochant leur « fermeture» à ceux qui ne pensent pas comme lui.«Dire que ça va effrayer les communautés si on dit qu\u2019on veut marcher vers une société plus laïque, c\u2019est ne pas les connaître», a-t-il dit.Il veut lancer un débat sur l\u2019interdiction de la burqa et du niqab dans l\u2019espace DÉBAT DU PQ ORGANISÉ PAR LE DEVOIR Ultime affrontement avant le vote A L E X A N D R E S H I E L D S P résentée par Justin Trudeau comme le moyen le plus efficace de réduire les émissions canadiennes de gaz à effet de serre, l\u2019imposition d\u2019un prix obligatoire sur le carbone a fait dérailler la rencontre des ministres de l\u2019Environnement du pays lundi à Montréal.Trois provinces ont même quitté la salle en critiquant sévèrement la décision du fédéral, qui a pris tout le monde de court.Alors qu\u2019il prenait la parole aux Communes en réaf fir- mant la volonté de son gouvernement de ratifier rapidement l\u2019Accord de Paris sur les changements climatiques, le premier ministre Justin Trudeau a fait savoir qu\u2019Ottawa imposera un prix sur le carbone fixé à 10 $ la tonne aux provinces qui n\u2019auront pas mis en place un système de tarification d\u2019ici 2018.Le prix augmentera par la suite de 10 $ par année, pour atteindre 50 $ en 2022.Les provinces pourront aussi, comme le Québec l\u2019a déjà fait, mettre en place un système de plafonnement et d\u2019échange des émissions.Ce système devra toutefois permettre d\u2019atteindre la cible nationale de réduction des émissions de gaz à effet de serre, soit une réduction de 30 % d\u2019ici 2030, par rapport à 2005.Et tous les reve- NÉGOCIATIONS Ottawa décrète, 3 provinces désertent L\u2019imposition par le fédéral d\u2019un prix plancher pour la tonne d\u2019émissions de carbone contrarie les provinces et les territoires S Y L V A I N C O R M I E R T oute petite, la planète.De qui donc s\u2019empresse de me parler Tami Neil- son, fabuleuse chanteuse country- soul-blues-gospel, grande vedette en Nouvelle-Zélande, en tournée canadienne pour la première fois, en spectacle à l\u2019Upstairs ce mercredi ?« Damien Robitaille ! He\u2019s a big deal here, isn\u2019t he ?On chantait avec lui dans la chorale, en Ontario.C\u2019était l\u2019ami de mon petit frère ! » Dans le P\u2019tit extra, adjacent au Lion d\u2019Or, mon étonnement la fait sourire sous sa frange à la Bettie Page.Bien sûr, revue de presse aidant, je sais depuis quelques semaines \u2014 depuis la sortie locale de son cinquième album : le vibrant Don\u2019t Be Afraid \u2014 qu\u2019elle est Canadienne d\u2019origine.Qu\u2019avant de partir en 2006 chez les Kiwis pour y mener une carrière solo et y fonder une famille, elle était l\u2019une des Neilson.Famille country «dans la tradition de la Carter Family», qui TAMI NEILSON La chanteuse canadienne du bout du monde PEDRO RUIZ LE DEVOIR La chanteuse originaire de l\u2019Ontario Tami Neilson est une grande vedette en Nouvelle- Zélande grâce à son mélange unique de country-soul-blues-gospel.VOIR PAGE A 8 : NEILSON 10 $ Prix plancher pour la tonne d\u2019émissions en vigueur dès 2018 VOIR PAGE A 8 : CARBONE VOIR PAGE A 8 : DÉBAT Facebook se lance dans le commerce en ligne avec Marketplace Page B 1 L E D E V O I R , L E M A R D I 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 É L I S A B E T H Z I N G G à Paris L a découverte du mécanisme de l\u2019autopha- gie, récompensée par le prix de Nobel de médecine, pourrait contribuer à une meilleure compréhension des pathologies liées au vieillissement et peut-être permettre un jour de vivre plus longtemps en bonne santé.Le Japonais Yoshinori Ohsumi a reçu lundi le prix Nobel de médecine pour ses travaux de recherche fondamentale sur l\u2019autophagie, un processus de nettoyage et surtout de « recyclage » dans la cellule.«Ce processus est très important, car si la cellule n\u2019est pas capable de se nettoyer, on va avoir une accumulation de déchets », explique Isabelle Vergne, chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en France, qui travaille sur l\u2019autophagie.«Si ce processus est complètement déréglé, ça peut entraîner de nombreuses pathologies», ajoute- t-elle.C\u2019est le cas notamment des maladies neu- rodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson, des maladies infectieuses ou des cancers.Mais d\u2019autres pathologies comme l\u2019obésité ou le diabète, certaines maladies cardiovascu- laires ou intestinales, voire même l\u2019arthrose seraient également concernées.«La plupart des grandes pathologies sont liées à une insuffisance ou à un dysfonctionnement du processus autophagique », relève de son côté le Pr Guido Kroemer, autre spécialiste français qui travaille à l\u2019Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), en France.Se manger soi-même L\u2019autophagie (qui signifie « se manger soi- même») est un processus connu depuis les années 1960.Le Pr Ohsumi a identifié les gènes essentiels à l\u2019autophagie dans les années 1990 en utilisant de la levure et en montrant qu\u2019un mécanisme similaire était employé dans nos cellules.Cette découverte a suscité une floraison de recherches, qui pour l\u2019instant sont restées cantonnées aux plantes et aux animaux.« Nous essayons de comprendre pourquoi ce processus diminue avec l\u2019âge et de trouver des innovations capables de l\u2019activer afin de maintenir nos cellules en bon état plus longtemps, et de pouvoir vivre une vie meilleure et plus longue», indique de son côté le Pr Ioannis Nezis de l\u2019Université britannique de Warwick.Dans la plupart des pathologies, l\u2019autopha- gie doit être stimulée, comme dans les maladies neurodégénératives, pour éliminer les agrégats de protéines qui s\u2019accumulent dans les cellules malades.Il en va de même pour le diabète, l\u2019artériosclérose ou les maladies infectieuses lorsqu\u2019il s\u2019agit de stimuler la réaction immunitaire.«C\u2019est plus complexe dans le cancer», selon le Pr Kroemer qui précise que, selon les cas, on peut envisager de « stimuler, voire au contraire d\u2019inhiber» le processus d\u2019autophagie.Des travaux sur l\u2019animal ont ainsi montré que des stimulateurs de l\u2019autophagie pouvaient améliorer la réponse anticancéreuse, par l\u2019entremise de la réponse immunitaire.Mais d\u2019autres chercheurs se sont au contraire efforcés d\u2019inhiber l\u2019autophagie pour «réduire le stress cellulaire lié à la chimiothérapie», précise-t-il.Selon Mme Vergne, qui travaille sur la mycobac- térie à l\u2019origine de la tuberculose, de plus en plus souvent résistante aux antibiotiques, la stimulation de l\u2019autophagie permet de contrôler l\u2019infection.Une stratégie qui s\u2019adresse également à une autre mycobactérie, très présente chez les patients atteints de mucoviscidose, et elle aussi très difficile à traiter.« On pense que si on arrive à augmenter l\u2019autophagie, on pourrait l\u2019éliminer [\u2026] en demandant à l\u2019organisme, par l\u2019autophagie, de la tuer », explique-t-elle.Doper son autophagie Une autre pathologie, l\u2019arthrose, qui touche essentiellement les personnes âgées, est également en première ligne.Selon Claire Vinatier, chercheuse à l\u2019INSERM, des études précliniques sur des souris ont montré que l\u2019activation de l\u2019auto- phagie ralentissait l\u2019apparition de l\u2019arthrose et améliorait « les signes de mobilité».«Mais on est loin d\u2019en être à l\u2019homme», explique-t-elle.Parmi les molécules déjà testées sur l\u2019animal figure la rapamycine, un médicament antirejet déjà utilisé chez l\u2019homme lors des greffes.Pour éviter les effets secondaires de ce puissant médicament, il est injecté directement dans l\u2019articulation.D\u2019autres candidats sont aussi sur les rangs, comme la protéine Klotho, que l\u2019on trouve dans le corps humain.En attendant les essais cliniques chez l\u2019humain, ce qui pourraient encore prendre quelques années, on peut déjà doper son autophagie grâce à son alimentation, avec le resvératrol, un anti- oxydant contenu dans le vin rouge, certains fruits et le chocolat, ou encore la spermidine, une autre arme secrète anti-vieillissement, présente notamment dans le roquefort, avance Patrice Codogno, un autre spécialiste de l\u2019INSERM.Agence France-Presse PRIX NOBEL DE MÉDECINE L\u2019autophagie, une clé pour vieillir en bonne santé ?TORU YAMANAKA AGENCE FRANCE-PRESSE Yoshinori Ohsumi, 71 ans, visage souriant encadré d\u2019une barbe blanche sans moustache, les yeux éclairés de lunettes à monture invisible, a fait l\u2019essentiel de sa carrière de biologiste à l\u2019Université de Tokyo.Tokyo \u2014 Le Japonais Yoshi- nori Ohsumi, lauréat du prix Nobel de médecine pour son apport dans la compréhension du renouvellement des cellules, dit avoir toujours fui les domaines de recherche les plus en vue.« Je n\u2019aime pas la compétition.Je m\u2019amuse en faisant ce que les autres ne font pas plutôt que de faire ce que tout le monde veut faire », a-t-il déclaré au cours d\u2019une conférence de presse lundi à Tokyo après l\u2019annonce de son prix.«C\u2019était mon rêve lorsque j\u2019étais petit garçon, mais le Nobel m\u2019était sorti de la tête depuis que j\u2019étais chercheur», a-t- il ajouté.Il est le 25e Japonais à obtenir le prix Nobel et le quatrième en médecine, selon les médias nippons.M.Ohsumi, 71 ans, visage souriant encadré d\u2019une barbe blanche sans moustache, les yeux éclairés de lunettes à monture invisible, a fait l\u2019essentiel de sa carrière de biologiste à l\u2019Université de Tokyo.Il y a mené des expériences sur le processus de l\u2019autophagie qui ont donné des clés essentielles à la connaissance du vieillissement et de la réponse du corps à la faim et aux infections.Le processus autopha- gique est impliqué dans plusieurs affections comme le cancer et les maladies neurologiques.Ce champ de recherche «n\u2019attirait pas beaucoup l\u2019attention par le passé, mais maintenant nous sommes à une époque où il y a un accent plus fort là-dessus», avait-il estimé plus tôt sur la chaîne publique NHK.Il s\u2019est dit « surpris » quand le secrétaire du jury Thomas Perlmann lui a téléphoné : «Lorsque j\u2019ai commencé mes travaux il y a 27 ans, on comptait 20 articles [sur le sujet], il y en a peut-être 5000» maintenant, a- t-il dit.Interrogé plus tard lors de la conférence de presse sur les coupes budgétaires dans le domaine de la recherche fondamentale, il s\u2019est déclaré « inquiet ».«C\u2019est amusant de travailler sans savoir où on va.Il est difficile de savoir ce qui peut mener à un résultat.J\u2019espère que la société va se préoccuper patiemment de la recherche fondamentale.» Né peu avant la fin de la guerre dans la ville de Fukuoka, sur l\u2019île méridionale de Kyushu, où son père enseignait l\u2019ingénierie, il grandit dans un milieu universitaire.Il est le plus jeune d\u2019une fratrie de quatre garçons.S\u2019il dit avoir été « influencé» par son père dans son choix de carrière, il se sent rapidement plus intéressé par les sciences naturelles que les domaines industriels, expli- quera-t-il dans une interview accordée en 2012 au Journal of Cell Biology.Avant de rejoindre l\u2019Université de Tokyo, il obtient un poste postdoctoral à l\u2019Université Rockefeller de New York.Yoshinori Ohsumi : un parcours hors des sentiers battus J E A N N E C O R R I V E A U Q uelques heures après l\u2019entrée en vigueur du nouveau règlement sur le contrôle des animaux lundi, la Cour supérieure a ordonné à la Ville de Montréal de ne pas appliquer les dispositions spécifiques aux pitbulls en attendant qu\u2019elle tranche, mercredi, sur la suspension du règlement demandée par la SPCA.Le juge Louis J.Gouin a entendu les arguments des deux parties lundi, mais il n\u2019a pas caché son inconfort à l\u2019égard de deux aspects du dossier.Il a ainsi remis en question la définition des «chiens de type pitbulls» qu\u2019il juge très large, d\u2019autant que la Ville y inclut les chiens pitbulls croisés, ce qui est susceptible de rendre très difficile l\u2019identification des chiens appartenant à ce groupe et soumis à de nouvelles règles, comme l\u2019obtention d\u2019un permis spécial et le port de la muselière.La dangerosité Il s\u2019est également interrogé sur le fait que la Ville ait pu excéder ses compétences en réglementant les pitbulls et en les assimilant à la catégorie des «chiens dangereux», alors que, dans les faits, cette classe peut comprendre des chiens qui ne représentent pas une menace.« Vous dites que \u201cdangereux\u201d peut vouloir dire \u201cgentil\u201d.Je suis soucieux de la sécurité du public, mais il y a des lois qui existent », a dit le juge tout en suggérant que la Ville apporte des améliorations à son règlement.L\u2019avocat de la Ville, Me René Cadieux, a rétorqué que la Ville appliquait la notion de dangerosité de façon préventive et qu\u2019elle était en droit de le faire.Le juge s\u2019est également étonné que la Ville n\u2019ait pas encore eu confirmation de la race du chien qui a tué Christiane Vadnais en juin dernier, événement qui a poussé l\u2019administration Coderre à élaborer son règlement.Le chien était enregistré comme un boxer dans l\u2019ar rondissement d\u2019Anjou.Des tests d\u2019ADN auraient été effectués, mais les résultats n\u2019ont pas été dévoilés.«Est-ce à dire que c\u2019est si difficile d\u2019identifier un chien de type pitbull?a demandé le juge.La Ville n\u2019a pas attendu les résultats des tests d\u2019ADN pour faire son règlement?» Discriminatoire?Rappelons que le règlement adopté mardi dernier par le conseil municipal décrit les pitbulls comme les chiens appartenant aux races pitbull terrier américain, terrier américain de Staffords- hire et bull-terrier du Staffordshire ainsi que tout chien issu de l\u2019un de ses croisements ou présentant leurs caractéristiques morphologiques.La SPCA s\u2019était adressée à la Cour supérieure pour tenter de faire invalider les articles portant sur les pitbulls.Devant le juge, les avocates au dossier, Me Marie-Claude St-Amant et Me Sibel Ataogul, ont fait valoir que les dispositions du nouveau règlement étaient discriminatoires parce qu\u2019elles imposaient des contraintes supplémentaires aux propriétaires de pitbulls et enfreignaient l\u2019article du Code criminel qui accorde un statut d\u2019êtres sensibles aux animaux.La difficulté d\u2019identifier les pitbulls compte tenu de la définition « vague et ambiguë » obligera à terme les tribunaux à déterminer, au cas par cas, s\u2019il agit ou non de pitbulls.Les avocates ont aussi soutenu que le règlement, qui interdit la mise en adoption de pit- bulls, entraînera forcément l\u2019euthanasie de chiens en santé et ne présentant pas de problème de comportement.Décision mercredi Le juge Gouin a annoncé qu\u2019il rendrait une décision ce mercredi sur la suspension temporaire des articles litigieux en attendant que la cause soit entendue sur le fond, dans quelques mois.Il a donc demandé à la Ville de ne pas appliquer les dispositions portant sur les pitbulls d\u2019ici à cette décision.Comme la Ville a refusé, il a délivré une ordonnance de sauvegarde.Ainsi, les règles visant les pitbulls, comme le port de la muselière et l\u2019interdit d\u2019adoption, sont suspendues jusqu\u2019à mercredi 17 h.Le Devoir MONTRÉAL Suspension temporaire du règlement sur les pitbulls L E D E V O I R , L E M A R D I 4 O C T O B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 S T É P H A N E B A I L L A R G E O N E n 35 ans, le Québec est passé de champion à cancre de la classe étatique en matière d\u2019accès aux informations publiques et de protection des données privées.Cette position déjà peu enviable ne fait qu\u2019empirer puisque les autres sociétés démocratiques révisent régulièrement leurs pratiques tandis que le gouvernement multiplie les verrous sur ses données tout en laissant filer celles de ses citoyens, surtout en ligne.Ce sévère constat résume les conclusions du nouveau rapport de la Commission d\u2019accès à l\u2019information.L\u2019évaluation quinquennale déposée lundi confirme des tendances lourdes dénoncées dans les constats précédents, notamment dans le rapport de 2011.La ministre responsable promet de remédier à la situation.«En 1982, quand la loi sur l\u2019accès à l\u2019information a été adoptée, nous étions les premiers de classe, tout le monde reconnaît ça.Depuis, on n\u2019a pas fait beaucoup et on est les derniers de classe.On le reconnaît», dit Rita de Santis au Devoir.Elle dirige le Secrétariat à l\u2019accès à l\u2019information et à la réforme des institutions démocratiques.« Nous sommes en train de préparer des modifications substantielles à la loi afin de nous remettre en tête de la classe, ajoute la ministre libérale.Nous allons répondre aux inquiétudes pas seulement du président de la Commission, mais aussi de la Fédération professionnelle des journalistes [du Québec] et d\u2019autres groupes.» Ces inquiétudes ont été exposées en commission parlementaire en 2015.Mme de Santis espère déposer son projet de loi avant la fin de la session parlementaire, d\u2019ici décembre.Le toit coule Le président de la Commission, Jean Char- tier, a proposé l\u2019image de la nécessité de rénover les législations concernées : «Les fondations sont solides, mais la plomberie, l\u2019électricité et même la toiture sont à refaire à neuf », a-t-il dit lundi en conférence de presse, à Québec en présentant son rapport intitulé Rétablir l\u2019équilibre.Le président Chartier a aussi plaidé pour faire entrer les lois québécoises en matière de transparence et de protection des renseignements « dans le XXIe siècle ».Son rapport comprend 67 recommandations.La ministre Rita de Santis qui a reçu le rapport la semaine dernière ne veut pas discuter une des mesures en particulier.Dans sa présentation orale, M.Chartier a glissé que le Québec arrive dixième sur quatorze au Canada pour son manque de transparence gouvernementale selon une évaluation de 2015 du Center for Law and Democracy, un organisme canadien.Et encore, à seulement deux points (81) de la quatorzième place occupée par le Nouveau-Brunswick avec une note de 79.Trois axes La transparence administrative et décisionnelle se trouve aux fondements des démocraties modernes.L\u2019année 2016 célèbre d\u2019ailleurs le 250e anniversaire de la toute première législation mondiale sur l\u2019accès aux données, une décision votée en Suède et en Finlande en 1766.Il existe maintenant plus de 100 lois du genre dans le monde.Le rapport Rétablir l\u2019équilibre divise la présentation et ses recommandations autour de trois axes, la transparence des organismes, la protection de la vie privée et le mouvement mondial des données ouvertes.Transparence.La législation québécoise permet plus de 150 dérogations.Le gardien des données recommande de revenir à l\u2019esprit originel en ouvrant largement les vannes pour recenser l\u2019information détenue et la diffuser.Il veut également que le principe de l\u2019accessibilité s\u2019applique à tout organisme subventionné par l\u2019État de même qu\u2019à ses filiales.Une règle de 50 % des budgets sous perfusion étatique est évoquée.«L\u2019accès aux documents doit devenir la règle plutôt que l\u2019exception», résume Jean Chartier dans la présentation de son rapport.Protection.L\u2019inventaire de la Commission révèle «un constat implacable depuis des années», soit un net recul en ce qui concerne la confidentialité des renseignements personnels.Le problème s\u2019amplifie avec la grande numérisation.Le rappor t recommande d\u2019inclure une obligation de responsabilité des entreprises, mais aussi un meilleur encadrement des renseignements sensibles.«La Loi doit être modifiée pour af firmer la protection des renseignements personnels », résume le président Chartier en rappelant que les achats en ligne ou la consultation de sites Web entraînent la captation de renseignements privés par des entreprises.Données.Là encore, la Commission réclame un «engagement clair et précis de rendre disponibles des données ouvertes favorisant la démocratie et la transparence».Le rapport souhaite aussi des balises pour respecter les renseignements personnels.«Il ne suffit pas de retirer le nom d\u2019une personne d\u2019une banque de données pour qu\u2019elle ne soit pas identifiée», résume le président Chartier.Le Devoir PORTRAIT DU QUÉBEC OPAQUE Un rapport expose à nouveau les failles de la loi d\u2019accès à l\u2019information JACQUES NADEAU LE DEVOIR La conférence de presse de lundi avait été convoquée par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée qui, en compagnie des autres membres de la Table Québec-Justice, a présenté un plan d\u2019action visant à ramener les délais dans des paramètres qui respectent la décision du plus haut tribunal.M A R C O F O R T I E R T rois mois après un « électrochoc » donné par la Cour suprême, le système de justice québécois prend les grands moyens pour rétablir la confiance du public, minée par des délais excessifs qui mettent en péril la bonne marche des procès criminels.La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, et d\u2019autres responsables de la justice se sont engagés lundi à accélérer de façon importante la tenue des procès criminels.Ils répondent ainsi à l\u2019arrêt Jordan de la Cour suprême du Canada, prononcé en juillet dernier, qui fixe à 18 mois la durée maximale d\u2019un procès en Cour du Québec et à 30 mois un procès en Cour supérieure.Passé ces délais, le droit à un procès dans des délais raisonnables est bafoué et les accusés peuvent être libérés, a tranché le plus haut tribunal du pays.C\u2019est ce qui est arrivé le mois dernier à Salvatore Cazzetta, décrit comme un membre influent des Hells Angels, qui a été libéré dans cette cause (mais qui fait face à d\u2019autres accusations).Il avait été arrêté en 2009 et accusé de gangstérisme, complot pour fraude et d\u2019avoir privé les gouvernements de sommes dépassant 5000 $.Trois autres accusés, qui faisaient face à des accusations comparables, ont aussi été libérés.« Les longs délais qui ont cours actuellement dans certaines causes criminelles ne sont tout simplement pas acceptables et commandent une action concertée de tous les intervenants du milieu », a dit la ministre Stéphanie Vallée en conférence de presse au palais de justice de Montréal, lundi.Des délais à respecter Elle était flanquée des juges en chef de la Cour supérieure et de la Cour du Québec, de la bâtonnière du Québec, de la directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP), ainsi que d\u2019une représentante des avocats de la défense du Québec.Tous ces responsables de l\u2019administration de la justice se sont engagés à changer la «culture de complaisance» envers les délais judiciaires, dénoncée en juillet par la Cour suprême.«Nous n\u2019aurons pas le choix : ça sera 18 mois ou 30 mois », a résumé Me Annick Murphy, du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), en parlant de la durée des procès criminels.« Il faut rendre les dossiers à terme dans les délais prescrits et non pas laisser aller les dossiers », a-t-elle ajouté.Par exemple, les procureurs de la poursuite doivent désormais envisager de réduire le nombre de chefs d\u2019accusation ou de limiter le nombre d\u2019accusés dans un procès, a illustré Me Murphy.Ce ne sera pas la fin des mégaprocès, mais ceux-ci seront gérés de façon plus efficace, a-t- elle expliqué.Le DPCP compte aussi faciliter la divulgation électronique de la preuve dans le but d\u2019accélérer la mise en branle d\u2019un procès.Les procureurs du DPCP ont commencé à recenser des façons de faire progresser les procès les plus à risque, a indiqué Me Annick Murphy.Par exemple, il est possible que les procureurs se concentrent sur les procès où il y a une victime \u2014 comme dans les cas d\u2019agression sexuelle \u2014 a expliqué au Devoir une sous-ministre de la Justice.Il en va de la confiance du public envers la justice, selon elle: les victimes doivent savoir que leur plainte sera traitée avec respect et diligence.Coûts et bénéfices Pour respecter les délais de 18 mois et de 30 mois fixés par la Cour suprême, il faudra sans doute réduire le nombre ou la portée des accusations dans des mégaprocès, estime Anne- Marie Boisver t, professeure à la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal.On pense tout de suite au procès de l\u2019ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, accusé avec 35 autres personnes de fraude, complot et corruption.M.Vaillan- court est aussi accusé de gangstérisme.«Réduire les chefs d\u2019accusation?C\u2019est une question qu\u2019on devra se poser.Une cause de gangstérisme, c\u2019est plus difficile à prouver qu\u2019une fraude.Il faut penser en termes de coûts et bénéfices», dit-elle.L\u2019experte en droit pénal estime que les juges devront aussi se montrer plus inter vention- nistes dans des procès.«Au procès de Nathalie Normandeau, le juge s\u2019est étonné que l\u2019enquête préliminaire prenne six semaines plutôt que quatre.Mais une fois l\u2019étonnement passé, est-ce qu\u2019il peut faire quelque chose ?Il va falloir que les juges soient un peu plus agressifs dans ce rôle- là», dit Anne-Marie Boisvert.Le juge en chef de la Cour supérieure, Jacques R.Fournier, et sa collègue de la Cour du Québec, Élizabeth Corte, se sont engagés à collaborer avec tous les autres acteurs du milieu judiciaire pour accélérer les procès.«Tout le monde devra faire les choses un peu mieux et un peu plus rapidement», a dit la juge Corte.Le juge Fournier a réclamé une fois de plus la nomination de juges supplémentaires.«La coopération est essentielle afin de résoudre la crise des délais judiciaires, a-t-il dit.Le système de justice est arrivé à saturation.Chaque arrêt de procédure pour délais excessifs en est un de trop.Ces échecs risquent de miner la confiance du public envers la justice.Si les citoyens cessent d\u2019y croire, c\u2019est tout notre système démocratique qui est menacé.» Le Devoir Offensive contre les délais judiciaires La ministre, les juges et les avocats s\u2019engagent à « rétablir la confiance du public » M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa A lors que le gouvernement Trudeau s\u2019apprête à légaliser la marijuana, un sénateur conservateur s\u2019inquiète du fait que les policiers du pays sont mal outillés pour serrer la vis aux conducteurs qui prennent le volant sous l\u2019influence d\u2019une drogue.Claude Carignan propose d\u2019outiller tous les patrouilleurs de tests de dépistage en bord de route, tout comme ils le font depuis des années pour attraper les chauffards qui ont pris un verre de trop.À l\u2019heure actuelle, faute d\u2019un test instantané lors d\u2019un contrôle routier, les individus soupçonnés de conduire avec les facultés affaiblies par la drogue sont ramenés au poste de police où un évaluateur en reconnaissance de drogue leur fait subir quelques examens.Un processus long et accablant, selon le sénateur québécois Claude Cari- gnan.Résultat, le crime est «largement sous-déclaré parce que la police ne dispose pas des outils dont elle a besoin pour dépister les conducteurs», a-t-il déploré lundi en présentant son projet de loi privé.Le nombre de cas serait presque équivalent à celui des cas de conduite en état d\u2019ébriété, selon le Centre canadien de lutte contre l\u2019alcoolisme et les toxicomanies qui rapportait qu\u2019en 2012 la présence de drogues avait été décelée chez environ 40% des conducteurs mortellement blessés.Or en 2013, la quasi-totalité des poursuites pour facultés affaiblies portaient sur des cas d\u2019alcool au volant (97%), contre seulement 3% de cas de facultés affaiblies par la drogue.«Il y a un décalage entre la réalité et les accusations», a expliqué M.Carignan.Le problème est déjà «alarmant» et le sénateur craint qu\u2019il ne devienne «catastrophique» lorsque la marijuana aura été légalisée.Les policiers devraient selon lui avoir en mains un appareil de dépistage par la salive.L\u2019agent pourrait ensuite faire passer un deuxième examen aux conducteurs appréhendés, afin d\u2019évaluer leurs facultés physiques.De tels appareils de dépistage de la drogue sont déjà utilisés en Australie, en France, en Belgique, au Royaume-Uni et en Allemagne, a noté le sénateur.Le gouvernement libéral, qui promet un projet de loi pour légaliser la marijuana au printemps prochain, attend les recommandations d\u2019un groupe de travail mis sur pied pour le conseiller en la matière.Le fédéral attend en outre l\u2019avis d\u2019un comité qui se penche précisément sur la conduite sous l\u2019influence des drogues.« Entre-temps, la ministre [de la Justice] est ouverte à toute proposition législative», a indiqué le bureau de Jody Wilson-Raybould.Son secrétaire parlementaire, Bill Blair, a convenu que le problème cité par le sénateur Carignan existe au pays et que son gouvernement travaille à une solution.«Quand nous aurons fait ce travail, nous présenterons des lois plus sévères et nous nous assurerons que nos forces policières et nos tribunaux aient les outils nécessaires pour déceler, dissuader et poursuivre les individus qui commettent ces infractions», a-t- il indiqué à sa sortie des Communes.Le Devoir DROGUE AU VOLANT Le sénateur Carignan veut munir les policiers d\u2019un détecteur Réduire les chefs d\u2019accusation ?C\u2019est une question qu\u2019on devra se poser.Une cause de gangstérisme, c\u2019est plus difficile à prouver qu\u2019une fraude.Il faut penser en termes de coûts et bénéfices.Anne-Marie Boisvert, professeure à la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal « » La chronique de Michel David fait relâche aujourd\u2019hui L E D E V O I R , L E M A R D I 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.LE DEVOIR ne sera pas respon sable des erreurs répétées.Merci de votre attention.Pour une publication section décès dans Le Mémoriel 1855, rue Du Havre Montréal Qc H2K 2X4 Télé: 514 525-1149 Téléc.: 514 525-7999 necrologie@lememoriel.com Par téléphone, télécopieur ou par courriel Dimanche à vendredi : 10h à 12 h et de 13h à 17h00 (comptoir à la clientèle fermé le dimanche) Samedi : fermé Heure de tombée 15h15 L E S P E T I T E S A N N O N C E S Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 Condo 2 étages - Ste-Adèle 3 ch.A./C.Plancher chauffant.Piscine.2 1/2 sdb.1 437 pc.Bel environnement.(450) 229-1336 103 CONDOMINIUMS ET COPROPRIÉTÉS 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.PLATEAU - Grand 9 1/2 De Bordeaux / Gilford RDC avec s/sol.Cour.Stat dbl.2 400 $ Libre 514-598-5872 locationduplateau.com Rosemont - 26e Ave - Beaubien 6 1/2.SDB, cuisine, balc., planc.rénovés 2016.Haut de duplex.Dispo maintenant.(514) 616-0709 VERDUN - HAUT DE DUPLEX Vaste 5 1/2 à 2 minutes du métro et Bixi.Belle rue paisible et ombragée.Excellent voisinage.LIBRE 1er NOVEMBRE WWW.BONNEVISITE.CA/687 514-678-2412 PARIS VII - XV Champ-de-Mars Site exceptionnel - 2 1/2 rénové 08 Tt équipé, très ensoleillé.Sur jardin Sem/mois 514 272-1803 PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER Au coeur des pistes à Val David 5 1/2, 2 ch., grand salon 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165 PROPRIÉTÉS À LOUER DIEU NALIO CHERY ASSOCIATED PRESS En Haïti, les responsables sont passés de porte en porte dans les villes de Jérémie et des Cayes, pour informer la population de l\u2019approche de l\u2019ouragan.Au moins 1200 personnes ont été évacuées.P ort-au-Prince \u2014 Les étalages vides des supermarchés de Port-au-Prince témoignent de l\u2019état d\u2019urgence qui commence à se faire sentir depuis dimanche soir, en Haïti, à quelques heures de l\u2019arrivée de l\u2019ouragan Matthew.Les pluies diluviennes qui accompagnent le puissant ouragan se sont abattues lundi sur la Jamaïque et sur Haïti, inondant les rues et chassant plusieurs résidants vers les abris d\u2019urgence.On déplore deux morts en Haïti, pour un bilan total de quatre victimes.Avec plus de 3000 personnes déployées sur le terrain, la Croix-Rouge haïtienne travaille actuellement à sensibiliser les populations les plus vulnérables au réel danger que représente l\u2019ouragan.Les habitants se trouvant à proximité de la mer ou dans les zones montagneuses sont les premiers ci- blés en raison des risques accrus d\u2019inondations, de glissements de terrain et d\u2019éboulements.«Ce n\u2019est pas facile, car la population résiste et il faut arriver à persuader les gens de la nécessité de se déplacer vers les abris provisoires », fait valoir la Dre Marie Marcelle Cauvin, directrice exécutive de la Croix-Rouge haïtienne.Quelque 1300 abris de fortune ont été aménagés à travers le pays pour accueillir 340 000 personnes qui pourraient être touchées par le passage de l\u2019ouragan.Déjà, dans le département de Grand\u2019Anse, situé dans le nord-ouest du pays, plus de 400 personnes ont trouvé refuge dans ces abris.Lundi après-midi, la Croix-Rouge canadienne n\u2019avait toujours pas reçu de demande officielle afin d\u2019appuyer l\u2019équipe locale.« Tout le monde est en stand-by et nous sommes prêts à intervenir, a assuré Brigitte Gaillis, porte-parole de l\u2019organisme en Haïti.Nous avons un système de réponse aux urgences si nos collègues haïtiens n\u2019ont pas la capacité de répondre.[Si la tempête prend de l\u2019ampleur], des équipes spécialisées travailleront en rotation pour évaluer la situation en fonction des zones affectées », a-t-elle expliqué.Des provisions alimentaires, des couvertures et du matériel pour effectuer le traitement des eaux en cas de besoin ont été acheminés, principalement aux Cayes, dans le sud du pays, et à Jérémie, dans le nord-ouest.Selon Mme Gaillis, un hôpital mobile comportant une unité de chirurgie pourrait rapidement être déployé par avion si le pire survenait.Se préparer devant l\u2019inconnu Dimanche, le président intérimaire d\u2019Haïti, Jo- celerme Privert, a appelé la population à la vigilance lors d\u2019une allocution au Centre d\u2019opération d\u2019urgence nationale (COUN).« Mes compatriotes, ne soyez pas têtus, ne dites pas : \u201cDieu est bon\u201d et prendra soin de vous : il faudra évacuer les zones qui représentent un danger.Nous n\u2019avons aucun intérêt à risquer notre vie», a-t-il prévenu.Afin de rejoindre un maximum de gens, le Conseil national des télécommunications (CONA- TEL) a diffusé un texto en créole invitant les citoyens susceptibles de se retrouver dans des zones d\u2019éboulement ou de glissement de terrain à se déplacer au plus vite chez des membres de leur famille ou des amis.Un article en créole a également été publié sur le site du quotidien francophone haïtien Le Nouvelliste visant à rappeler les principales consignes de sécurité et l\u2019importance de faire ses provisions avant l\u2019arrivée de Matthew.Christiane Bruyère, qui habite à Port-au-Prince depuis quatre ans, dit se sentir en sécurité.En tant que coordonnatrice régionale pour le Programme de coopération volontaire canadien (PCV-Haïti), elle veille tout de même à ce que tous les coopérants demeurent à la maison jusqu\u2019à ce que la tempête soit passée.Alors que le pays se prépare à af fronter le pire, les Canadiens en Haïti sont invités à s\u2019inscrire sur le site du gouvernement du Canada avec leurs coordonnées complètes afin d\u2019être joints plus facilement en cas de désastre.Actuellement, environ 2000 Canadiens se sont inscrits sur le site.« Malheureusement, ce n\u2019est pas représentatif, car on estime qu\u2019il y aurait 4000 Canadiens au pays», déplore Richard Le Bars, responsable des af faires publiques pour l\u2019ambassade du Canada en Haïti.Ce dernier a toutefois constaté une trentaine de nouvelles inscriptions depuis lundi matin.Cuba : 316 000 personnes évacuées Quelque 316 000 personnes ont été évacuées par mesure de précaution dans l\u2019est de Cuba, région qui devrait être frappée dans les prochaines heures par le très puissant ouragan Matthew, a annoncé la Défense civile lundi soir.«20 000 personnes ont été mises à l\u2019abri dans des refuges et 296 000 relogées chez des particuliers », a déclaré le numéro deux de cet organisme, Luis Angel Macareno, à la télévision.L\u2019« alerte cyclonique » a été déclarée par le gouvernement cubain dans six provinces orientales de la grande île des Caraïbes, dont Santiago de Cuba et Guantánamo.Avec des rafales atteignant 230km/h, Matthew, classé en catégorie quatre sur les cinq que compte l\u2019échelle de Saffir-Simpson, progressait lundi vers le nord des Caraïbes à la vitesse de 13km/h.Avec Agence France-Presse La Presse canadienne Ouragan Matthew en Haïti : des Canadiens sur un pied d\u2019alerte L\u2019association fête les deux ans de son projet en lançant six nouveaux services libres et éthiques, solutions de rechange à Skype, à Evernote, à Google Groups et autres géants du Web.Framasoft accélère la « dégooglisation » du Web Ottawa doit financer des garderies francophones, dit Graham Fraser Le gouvernement Trudeau doit faire davantage pour assurer l\u2019essor de services de garde francophones dans les provinces canadiennes où ceux-ci sont minoritaires, conclut le commissaire aux langues officielles dans un rapport paru lundi.Graham Fraser demande notamment de financer des initiatives touchant ces services dans son prochain plan pour les langues officielles.«Des services accessibles aident les parents francophones à transmettre leur langue à leurs enfants, mais ils favorisent aussi leur transition vers l\u2019école de langue française et le développement d\u2019un sentiment d\u2019appartenance à la communauté», a-t-il déclaré.Le Devoir Lieux de culte : référendum à Outremont le 20 novembre Les citoyens de l\u2019arrondissement d\u2019Outremont se prononceront le 20 novembre par référendum sur le règlement interdisant les nouveaux lieux de culte sur l\u2019avenue Bernard.Le règlement adopté par la mairie est déjà en vigueur sur l\u2019avenue Laurier, mais suffisamment de citoyens se sont opposés à son application sur l\u2019avenue Bernard pour forcer la tenue d\u2019un référendum, exercice qui coûtera 65 000$.Le Devoir La direction du Vieux-Port et le syndicat concluent une entente La direction du Vieux-Port de Montréal et le syndicat des employés en grève depuis le mois de mai ont annoncé conjointement, lundi soir, la conclusion d\u2019une entente de principe.L\u2019équipe de négociation du Syndicat des employés du Vieux-Port de Montréal (SEVPM) recommandera l\u2019acceptation de l\u2019entente à ses membres lors d\u2019un vote de ratification mercredi.D\u2019ici là, les deux parties se sont entendues pour ne pas dévoiler le contenu de l\u2019entente tant que les membres n\u2019en auront pas pris connaissance.Il y a environ un mois, les 300 employés fédéraux membres du SEVPM, section locale de l\u2019Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC-Québec), avaient rejeté à la majorité l\u2019offre d\u2019un conciliateur.Le SEVPM, dont les membres travaillent notamment au Centre des sciences de Montréal, au Port d\u2019escale et à la patinoire du Vieux-Port de Montréal, avait dit ne pas avoir obtenu le rattrapage salarial et des congés de maladie, présentés comme ses deux revendications principales.La Presse canadienne C A M I L L E G É V A U D A N D eux ans, déjà.Voilà deux ans que l\u2019association Fra- masoft a lancé sa campagne « Dégooglisons Internet », avec sa carte rigolote d\u2019Internet occupé par les géants du Web en référence à Astérix et à ses offensives pour proposer un service libre comme solution de rechange à chaque service américain des « Gafam » (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft).Le projet avance plus vite que ce qui était espéré, et Framasoft fête son anniversaire en dévoilant un nouveau ser vice chaque jour de cette semaine.Un village libriste qui résiste à l\u2019envahisseur L\u2019idée de départ, dévoilée en octobre 2014, était de profiter d\u2019une prise de conscience du grand public sur l\u2019espionnage massif de nos vies numériques auquel s\u2019adonnent les renseignements américains, après les révélations d\u2019Edward Snowden.Cette surveillance est facilitée par les Gafam auxquels la majorité des internautes confient toutes leurs données: les déplacements géographiques sur Google Maps (donc Google), les vidéos chez YouTube (donc Google), les cour riels sur Outlook (donc Microsoft), les conversations vidéo sur Skype (donc Microsoft), et puis les dossiers par tagés sur Drop- box, les post-it sur Evernote, les envois de fichiers sur We- transfer\u2026 Que des ser vices privés américains, opaques et fermés, qui piochent dans les données de leurs clients pour peaufiner leur ciblage publicitaire et on ne sait quoi encore (puisque leur code source est secret), et dont il est très difficile de partir, car on peut rarement récupérer toutes les données qu\u2019on leur a confiées.Framasoft a donc voulu montrer qu\u2019il est toujours possible de trouver une solution de remplacement aux services américains centralisés.Les militants de l\u2019association et les développeurs de la communauté du logiciel libre ont proposé d\u2019adapter ou de créer de toutes pièces leurs propres ser vices, ouver ts et libres, certes moins beaux et parfois moins faciles à utiliser qu\u2019un Google Agenda, mais en qui on peut avoir confiance.Pour quitter Evernote et Skype Framasoft annonçait vouloir lancer dix « Framaser vices » par an pendant trois ans, mais «nous pensions que c\u2019était un but impossible », écrit aujourd\u2019hui l\u2019association sur son blogue.Elle a finalement eu l\u2019heureuse surprise de découvrir que les in- ternautes ont répondu à l\u2019appel: grâce aux dons, «nous sommes en train d\u2019y arriver!».Non seulement les services existants sont entretenus, maintenus et mis à jour, mais de nouveaux sites arrivent à éclore.Framasoft a même lancé récemment Framinetest Edu, un clone à utiliser à l\u2019école du jeu Minecraft, désormais propriété de Microsoft.Et pour les deux ans de Dé- googlisons Internet, ça va être la fête toute la semaine.Lundi sor t Framalistes, le remplaçant de Google Groups.C\u2019est un service simple pour gérer des listes de dif fusion : « choisir vos options d\u2019abonnement, vous désabonner, accéder aux archives ou gérer les listes dont vous êtes propriétaire, etc.».Mardi, ça sera Framanotes, à la place de Evernote pour « créer, conserver et chif frer vos notes, images, fichiers, marque- pages sur des tableaux».Mercredi, Framaforms pour abandonner les questionnaires et formulaires en ligne made in Google.Jeudi, gros morceau : Fra- masoft s\u2019attaque à Skype en sortant Framatalk.On y lancera des vidéoconférences ou des conversations audio sans logiciel ni inscription.Un clic pour créer le salon de discussion, et c\u2019est prêt.Il n\u2019y aura plus qu\u2019à inviter les par tici- pants en leur envoyant le lien.Vendredi, la classe : Frama- soft lance son Framagenda.C\u2019est aussi joli et complet qu\u2019un Google Agenda, juste un poil plus compliqué à synchroniser avec les appareils mobiles.Deux projets sont encore sur le gril pour 2016 \u2014 un site pour les pétitions en ligne au lieu d\u2019Avaaz et de Change.org, et un outil de traduction de logiciels.Il restera ensuite 2017 pour tenter de faire quelque chose contre les mastodontes Twitter, Gmail et YouTube.On souhaite bien du courage à Framasoft, mais ses militants semblent sur- motivés: la dégooglisation a «re- mobilisé les énergies en interne» alors que Framasoft « était sur le point de fermer » en 2014 : «Épuisement des membres, épuisement des ressources financières\u2026» En deux ans, l\u2019association est «passée de deux à cinq permanents», vient de prendre un nouveau CDD [contrat à durée déterminée] et a accueilli « de nouveaux membres bénévoles pleins d\u2019énergie et d\u2019idées».Libération Il reste 2017 pour tenter de faire quelque chose contre Twitter, Gmail et YouTube L E D E V O I R , L E M A R D I 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 A L E X A N D R E S H I E L D S M ême si l\u2019objectif de Québec d\u2019atteindre 100 000 véhicules électriques sur les routes d\u2019ici 2020 est encore très loin du compte, le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles Pierre Ar- cand demeure cer tain de la réussite de ce volet majeur de la politique énergétique du gouvernement Couillard.Un peu plus de 11 600 véhicules électriques roulent actuellement sur les routes de la province.Une nette progression par rappor t aux données de 2012, alors que seulement 1200 véhicules de ce type étaient immatriculés au Québec.Ce chif fre de 11 600 représente toutefois à peine 12 % de l\u2019objectif de 100 000 véhicules en 2020 fixé par le gouvernement.Sera-t-il possible de l\u2019atteindre ?« Il reste quatre ans », a d\u2019abord répondu M.Arcand lundi matin, dans le cadre d\u2019une conférence de presse portant sur un projet de station «multicarburants ».« Il y a actuellement des projets extrêmement intéressants », a ajouté le ministre, en soulignant « la demande très forte » pour certains modèles de voitures, dont la Volt ou la Tesla.« Il est clair également qu\u2019il va y avoir de plus en plus de voitures hybrides rechargeables sur le marché », a-t-il également fait valoir.Projet pilote Globalement, donc, le ministre Arcand estime que l\u2019objectif demeure atteignable.« Je pense que, lorsqu\u2019on regarde la situation, je suis plus optimiste que vous », a-t-il répondu à la question du Devoir.M.Arcand a du même coup souligné que l\u2019objectif de doter chaque station-service d\u2019une borne de recharge d\u2019ici 2020 demeure.Qui plus est, le gouvernement a décidé de s\u2019associer à des entreprises comme Gaz Métro, La Coop fédérée et Hy- dro-Québec pour développer un « projet pilote » de station « multicarburants » qui offrira de l\u2019hydrogène, du propane ou du gaz naturel dans la même station-service.Une première station de ce type doit être implantée en 2018.Les émissions du secteur des transports représentent 43% de toutes les émissions de la province.Un virage vers une «économie faible en carbone» suppose donc un changement de mentalité chez les Québécois.« Les consommateurs doivent faire les bons choix, et il faut les aider à faire les bons choix», disait d\u2019ailleurs le premier ministre Philippe Couillard au moment de dévoiler la politique énergétique 2030 en avril dernier, en mentionnant l\u2019idée de bonifier l\u2019offre de transport en commun, dont les trains.Le parc automobile du Québec devrait croître de plus de 300 000 véhicules d\u2019ici 2020, et ainsi avoisiner le cap des cinq millions.Dans ce contexte, les voitures électriques continueront de représenter une faible par t du total.Pendant ce temps, on assiste à une croissance de la vente de véhicules utilitaires sport.Le Devoir Québec est persuadé d\u2019atteindre 100 000 véhicules électriques en 2020 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre des Ressources naturelles et de l\u2019Énergie, Pierre Arcand, a annoncé lundi à Montréal un projet pilote pour implanter des stations multicarburants, dont la première d\u2019ici la fin de 2018.J U L I E N B O U I S S O U C\u2019 est un grand pas vers l\u2019entrée en vigueur de l\u2019accord de Paris sur le climat.L\u2019Inde a ratifié, dimanche, le traité issu de la COP21 destiné à contenir le réchauf fe- ment climatique sous le seuil de 2 °C par rapport au niveau préindustriel.La date n\u2019a pas été choisie par hasard : c\u2019est le jour anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi, qui avait déclaré que la planète comptait «suffisamment de ressources pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun».L\u2019Inde peaufine ainsi son image d\u2019une puissance émergente, consciente de ses responsabilités dans la limitation du changement climatique.Un total de 62 pays représentant près de 52% des émissions mondiales de gaz à ef fet de serre ont désormais ratifié l\u2019accord.Avec l\u2019Union européenne, qui doit emboîter le pas de l\u2019Inde mercredi, le traité conclu à Paris en décembre 2015 réunit les conditions nécessaires à son entrée en vigueur, qui devrait intervenir dès novembre pendant la COP22 de Marrakech.Pour l\u2019Inde, un défi difficile se pose : comment réconcilier les impératifs de développement et ceux de la lutte contre le changement climatique?Plutôt que limiter sa consommation d\u2019énergie, elle a choisi de se convertir aux énergies propres.C\u2019est en tout cas son intention.Car le charbon, le plus polluant d\u2019entre tous, est au- jourd\u2019hui à l\u2019origine de 60% de sa production d\u2019électricité, et sa consommation devrait doubler d\u2019ici une quinzaine d\u2019années.Dans sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique remise à l\u2019ONU le 2 octobre 2015, le gouvernement indien annonçait vouloir augmenter la capacité de production d\u2019énergie renouvelable à 175 gigawatts (GW), contre 38 GW aujourd\u2019hui, en misant essentiellement sur le solaire.Un objectif jugé ambitieux, et qui va dépendre de l\u2019évolution du coût des panneaux solaires et des financements mis en place par le gouvernement.Le premier ministre, Naren- dra Modi, est également à l\u2019origine de l\u2019Alliance solaire mondiale, destinée à favoriser les partenariats entre 120 pays pour promouvoir cette énergie renouvelable.D\u2019ici à 2030, l\u2019Inde veut augmenter la part des sources d\u2019énergies non fossiles à hauteur de 40 % de sa production d\u2019électricité.Ce qui l\u2019obligerait à multiplier par dix ses capacités de production nucléaire, de 6 à 63 GW.De nombreux experts y voient un programme irréaliste, tant la construction de centrales rencontre une forte opposition dans le pays.New Delhi s\u2019est aussi engagée à réduire d\u2019au moins un tiers l\u2019intensité carbone de son PIB d\u2019ici à 2030 par rapport au niveau de 2005.«Justice climatique» Au total, l \u2019Inde évalue à 2500 milliards $US l\u2019ensemble des actions qui doivent être engagées en matière de climat.Elle compte sur les transferts de technologies et l\u2019aide financière des pays développés pour atteindre ses objectifs.Car New Delhi entend bien mettre les pays riches en face de leurs responsabilités.« On doit passer d\u2019un discours sur le changement climatique à celui sur la justice climatique», avait déclaré, en septembre 2015, M.Modi.Malgré des objectifs ambitieux, le pari indien est donc loin d\u2019être remporté.Le pays, qui s\u2019apprête à devenir un géant industriel et urbain, est déjà le troisième émetteur de gaz à effet de serre de la planète et, si rien n\u2019est fait, ses émissions pourraient presque doubler d\u2019ici à 2030.Si l\u2019Inde veut continuer à sortir des millions d\u2019habitants de la misère \u2014 363 millions vivent sous le seuil de pauvreté \u2014 sans changer son modèle de développement, elle pourrait mettre en péril, à elle seule, l\u2019objectif de limiter la hausse des températures mondiales à 2°C.L\u2019Agence internationale de l\u2019énergie estime que la demande indienne constituera le quar t de la hausse mondiale de la consommation d\u2019énergie d\u2019ici à 2040.Malgré la réticence L\u2019Inde, qui a eu longtemps la réputation d\u2019être inflexible dans les négociations sur le changement climatique, a adopté une attitude plus conciliante lors du sommet de Paris de décembre.«Après la ratification de l\u2019accord par la Chine et les États-Unis en septembre, et par le Brésil, l\u2019Inde n\u2019a pas voulu apparaître comme la seule puissance émergente à traîner les pieds, explique une source diplomatique européenne.Le feu vert de M.Modi a été donné, malgré la réticence de son administration.» Est-ce aussi parce que l\u2019Inde a une conscience plus aiguë des catastrophes qui la menacent?Avec le réchauffement des températures, les précipitations pendant la mousson seront plus abondantes et de courte durée, mettant en danger la production agricole du pays.La fonte des glaciers de l\u2019Himalaya aggravera les risques de crue dans la plaine du Gange, et les cyclones seront plus nombreux à balayer sa côte Est.Le pays a pris conscience de ces dangers lors des inondations qui ont ravagé la ville de Chennai, dans le Sud, en décembre 2015.Destructrices, elles comportent également des risques sanitaires importants, en favorisant la multiplication de moustiques porteurs de la dengue, du chikungunya ou du paludisme.Le gouvernement évalue les pertes liées à l\u2019élévation des températures à 1,8% de son PIB annuel jusqu\u2019en 2050.« L\u2019Inde vient de montrer qu\u2019elle était un pays responsable dans les négociations sur le climat, mais la ratification n\u2019est que le début de difficiles négociations, assure Chandra Bhushan, le directeur général adjoint du Centre pour la science et l\u2019environnement, basé à Delhi.Elle devrait jouer un rôle important dans les discussions à venir sur les sujets du financement de la lutte contre le changement climatique, de l\u2019adaptation, et des pertes et dommages.» Le gouvernement doit désormais concrétiser ses promesses, en mettant sur pied des comités interministériels et en nouant un dialogue avec les différents États fédéraux et les municipalités.Un régulateur indépendant mesurant les émissions de chaque secteur de l\u2019industrie doit également être créé.Le Monde CLIMAT L\u2019Inde, pollueur majeur, ratifie l\u2019accord de Paris Malgré ses promesses écologiques, New Delhi dépend fortement de ses centrales polluantes au charbon Un adolescent a été arrêté à la suite de menaces contre une école d\u2019Asbestos Asbestos \u2014 Un adolescent a été arrêté lundi à la suite de menaces proférées sur les médias sociaux, qui visaient l\u2019école secondaire de l\u2019Escale à Asbestos, en Estrie.La relationniste Ingrid Asselin, de la Sûreté du Québec (SQ), a précisé que l\u2019arrestation avait eu lieu vers 7 h30 au domicile de l\u2019adolescent, qui est situé sur le territoire de la MRC des Sources.Du matériel informatique a été saisi et vérifié afin de déterminer s\u2019il a pu être utilisé pour formuler ces menaces.La SQ n\u2019exclut pas qu\u2019il puisse y avoir d\u2019autres arrestations relativement à cette affaire.Après avoir été informée des menaces, la Commission scolaire des Sommets avait annoncé la fermeture de l\u2019école secondaire de l\u2019Escale et du Centre de formation professionnelle de l\u2019Asbesterie pour la journée.Elle expliquait qu\u2019elle n\u2019était pas en mesure d\u2019assurer la sécurité de l\u2019ensemble des élèves et du personnel.Les élèves et le personnel ont donc été priés de demeurer à la maison.La Presse canadienne Décès du dernier résistant français au Québec Henry Daoulas, un des derniers résistants français à avoir maintenu à Montréal la tradition de la commémoration de l\u2019appel aux armes du général de Gaulle, s\u2019est éteint en juillet dernier.Âgé de 96 ans, il avait décidé en 2015 de mettre fin à cette tradition vieille de 75 ans.Depuis la fin de la guerre, la lecture publique du célèbre appel aux armes de De Gaulle était prononcée au parc La Fontaine le 18 juin devant l\u2019obélisque dédié au célèbre général.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Couillard présente sa candidate dans Verdun C\u2019est Isabelle Melançon, l\u2019actuelle chef de cabinet de la ministre de l\u2019Enseignement supérieur Hélène David, qui portera les couleurs du Parti libéral du Québec (PLQ) lors de l\u2019élection partielle dans Verdun, a confirmé lundi le premier ministre Philippe Couillard.Militante de longue date du PLQ, Mme Melançon avait déjà été candidate dans Saguenay, en 2002, puis directrice des communications du parti de 2005 à 2007.De 2008 à 2014, elle avait occupé les fonctions de directrice des communications à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).La date de l\u2019élection complémentaire dans Verdun, un bastion libéral, n\u2019est pas encore connue.Elle a été rendue nécessaire par la démission de l\u2019ex-ministre des Transports, Jacques Daoust, le 19 août dernier.11 600 véhicules électriques roulent actuellement sur les routes du Québec.Henry Daoulas Seuls les élus de Québec solidaire ont accepté de dévoiler à La Presse canadienne les montants de frais d\u2019hébergement qu\u2019ils ont réclamés à l\u2019Assemblée nationale, apprenait-on lundi.Si ces dépenses sont très bien surveillées, comme le président de l\u2019Assemblée nationale le martèle depuis des années, pourquoi les députés libéraux, péquistes et caquistes s\u2019accrochent-ils à ce secret anachronique ?Même le Commissaire à l\u2019information a dénoncé cette fermeture, hier.es députés du Parti libéral, du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec, sont souvent les premiers, en toute circonstance à réclamer plus de « transparence » ; ou alors à promettre de former le gouvernement « le plus transparent de l\u2019histoire ».Or, lorsqu\u2019il est question de leurs propres dépenses en tant qu\u2019élus de l\u2019Assemblée nationale, ils se font discrets, amants du secret.Ce sont eux qui votent les lois et d\u2019ailleurs les lois leur donnent, comme par hasard, raison.L\u2019article 34 de la Loi sur l\u2019accès \u2014 ou plutôt, ici, le non-accès\u2026 \u2014 à l\u2019information blinde le refus de tout député de rendre ses dépenses publiques : «Un document du Bureau ou d\u2019un membre de l\u2019Assemblée nationale ou un document produit pour le compte de ce membre par les services de l\u2019Assemblée n\u2019est pas accessible, à moins que le membre ne le juge opportun.» De 1992 à 2002, le journaliste Rod Macdonell, de The Gazette, a ferraillé avec l\u2019Assemblée nationale devant les tribunaux a?n d\u2019avoir accès aux allocations de dépenses des députés.Dans un jugement divisé (5 juges contre 4) en novembre 2002, la cour a ?nalement donné raison aux élus, en se fondant entre autres sur cet article 34.Depuis, on ignore la manière dont sont utilisés ces deniers publics.Rassurons-nous : derrière les portes closes, tout se passe impeccablement, répète le président Jacques Chagnon.En mars, lors de l\u2019étude de crédits de l\u2019Assemblée nationale pour 2016-2017, il reprenait son antienne concernant les dépenses des députés : «Notre organisation est beaucoup plus claire sur ce qu\u2019on accepte ou pas comme [\u2026] dépenses reliées au travail des députés ».Si le contrôle de ces dépenses est si rigoureux, quelles craintes peuvent alors avoir les députés à les dévoiler ?Pourquoi ne pas faire comme à Ottawa, où au moins un résumé des dépenses est disponible ?La situation, à Québec, devient intenable.Jean Chartier, président de la Commission d\u2019accès à l\u2019information, a bien fait comprendre, lundi, alors qu\u2019il présentait son rapport quinquennal, que ce secret était dépassé.Après tout, a-t-il dit (en anglais), il s\u2019agit de l\u2019argent des contribuables ! Le montant global octroyé à tous les élus pour se loger à Québec devrait « à tout le moins » être rendu public.Depuis longtemps, l\u2019interprétation de l\u2019article 34 est problématique, donne lieu à trop de restrictions, a-t-il aussi soutenu.Comme M.Chartier l\u2019écrivait d\u2019ailleurs dans son communiqué, la loi d\u2019accès a plus de 35 ans, mais n\u2019a jamais été revue en profondeur.Or, depuis, « bien des choses ont changé : la société a évolué, de nouveaux besoins ont émergé, de nouvelles technologies ont fait leur apparition.Tout cela a eu pour ef fet de rendre caduques cer taines dispositions » des lois sur l\u2019accès, écrit M.Chartier.Cer taines pratiques, aussi, sont considérées comme caduques.En 2009, au Royaume-Uni, des journalistes ont réussi, devant la High Court, à faire appliquer une loi d\u2019accès aux dépenses des députés.Que découvrit-on ?Que bien des élus abusaient.Le scandale avait été si grand que Michael Mar tin, « speaker » de la Chambre des communes à Westminster, avait été forcé de démissionner\u2026 À Québec, c\u2019est parce que l\u2019ex-lieu- tenante-gouverneure Lise Thibault ne pouvait échapper à cette loi qu\u2019un journaliste a eu accès à ses dépenses folles, que la police a pu faire enquête pour constater qu\u2019elle fraudait.Comme le commissaire Chartier le soutient dans son communiqué de lundi : « La transparence de l\u2019État constitue une des valeurs phares de la société québécoise [\u2026] Il est indispensable que la Loi sur l\u2019accès s\u2019applique à toute entité substantiellement financée par l\u2019État ou qui exerce une fonction de nature publique, de même qu\u2019aux filiales qui lui sont rattachées directement ou indirectement.» Cela devrait comprendre l\u2019Assemblée nationale.Car comme l\u2019écrivaient les juges dissidents dans la cause Macdonell, « nous doutons fort qu\u2019il soit essentiel à la fonction du député de garder le secret sur la façon dont il dépense les fonds publics qui sont mis à sa disposition et dont l\u2019utilisation est soumise à des modalités précises ».Ce secret existe depuis trop longtemps déjà.Il doit être levé d\u2019une manière ou d\u2019une autre.L E D E V O I R , L E M A R D I 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L\u2019éthique du gouvernement Couillard Encore une fois, un ministre du gouvernement Couillard est soupçonné de contournement des règles d\u2019éthique pour favoriser un ami.Étrangement, les conflits d\u2019intérêts ou l\u2019apparence de conflit d\u2019intérêts font trop souvent surface chez ces élus.Il semble pourtant que le premier ministre fasse la sourde oreille.Il invective plutôt les sonneurs d\u2019alarme, tout en réitérant sa confiance en ceux pris en faute.Le premier ministre du Québec serait-il L I B R E O P I N I O N L O U I S - A N D R É R I C H A R D Ph.D., Professeur de philosophie, Cégep de Sainte- Foy E n cohérence avec sa position sur le respect de la vie et son caractère sacré, l\u2019Église serait-elle avisée de célébrer des funérailles catholiques aux personnes décédées par aide médicale à mourir ou par suicide assisté?Telle est la question au cœur de la polémique médiatique de la semaine.La réponse fournie par certains évêques de l\u2019ouest du pays consterne certains, en choque d\u2019autres, mais ne laisse personne in- dif férent.Pour ma part, je crois pertinent de vanter les mérites de la question elle-même.Dans une démocratie moderne, laïque et libérale, le rôle politique du religieux est difficile à cerner.Mais posons comme Alexis de Tocqueville, célèbre auteur de La démocratie en Amérique, qu\u2019en même temps que la loi permet au peuple de tout faire, la religion l\u2019empêche de tout concevoir et lui défend de tout oser.C\u2019est ce qui donne sens et à-propos à l\u2019interrogation des évêques.Je rappelle pour mémoire, et contre toutes les manipulations démagogiques à suggérer le contraire, que la loi 2 du Québec n\u2019a pas été adoptée dans le consensus et l\u2019unanimité.Elle a été construite contre l\u2019avis exprimé lors de la commission parlementaire par une majorité d\u2019intervenants.En effet, 59 % des avis, toutes origines confondues, ont exprimé sans équivoque une réticence marquée à l\u2019endroit d\u2019une loi offrant l\u2019aide médicale à mourir.De plus, la très grande majorité des personnes impliquées en soins palliatifs y étaient opposées.Devant l\u2019irrésistible logique du droit au « tout faire », le facteur d\u2019expansion des lois favorisant l\u2019accès à l\u2019aide médicale à mourir croît à une vitesse formidable et donne l\u2019impression de rallier la société civile.Ainsi la question posée par les évêques de l\u2019Ouest jette un pavé dans la mare du politically correct.Ils sont métamorphosés en suspects de convenance.Mais leur question n\u2019en demeure pas moins intéressante et importante.Elle permet de réfléchir à la cohabitation du religieux et du politique, à la séparation comme à l\u2019autonomie des institutions au cœur de la communauté politique.Pour cela, il faut avoir de la gratitude.La gestion de la réponse\u2026 Je ne suis pas théologien, mais je comprends que l\u2019Église envisage l\u2019existence terrestre dans la perspective du ciel à la rencontre de la cité de Dieu.Une telle perspective divise \u2014 ou du moins nuance \u2014 l\u2019art de vivre la citoyenneté.Le chrétien est invité à rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.Une telle posture impose un modus vivendi en décalage avec la posture de celui qui ne se sent redevable qu\u2019à César.La question des évêques de l\u2019Ouest trouve une autre source de légitimité, me semble-t-il.Mais alors qu\u2019en est-il de la réponse ?Ceux de l\u2019Ouest disent «non» à quiconque souscrit à l\u2019aide médicale à mourir et ceux de l\u2019Est affirment le « oui » au nom de la charité.Je caricature, mais entre les extrêmes, la voie moyenne doit tracer le chemin.Il serait ridicule d\u2019exacerber tant la rigidité que la souplesse.La question des funérailles catholiques aux personnes décédées par euthanasie ou suicide assisté ne saurait se résoudre en un refus catégorique ou une acceptation d\u2019emblée.Ici, comme dans tout ce qui engage les actes humains, le discernement fait son nid au cas par cas.Alors la conscience du pasteur avec celle de la famille du défunt traceront ensemble la voie convenable.Il me vient cependant en tête deux conseils évangéliques adressés aux gens d\u2019Église.Le premier vise à modérer les éventuelles réponses à l\u2019emporte-pièce, trop intransigeantes.Devant les défis apparemment titanesques de la vie chrétienne, le Christ rassure en affirmant qu\u2019il y a de nombreuses places dans la maison du Père.Contre la tentation de faire du ciel un centre commercial où la vie éternelle est toujours en solde, le Christ met en garde ses amis en rappelant de choisir la voie qui passe par la porte étroite.La loi de la foi\u2026 On retiendra que seul l\u2019amour est digne de foi.Les seules fins de vie dignes de ce nom sont tributaires de l\u2019amour qui les anime et les accompagne.C\u2019est une des raisons et peut-être la raison principale expliquant la réticence des agents au service des soins palliatifs contre la pratique de l\u2019aide médicale à mourir.Le mouvement de l\u2019accompagnement palliatif est de marque chrétienne quant à son origine et il en hérite encore quant à son esprit.L\u2019amour chrétien est plus riche, plus complexe et plus profond que toutes les autres formes possibles.Là est le lieu d\u2019un véritable mystère et, sous cet angle, le cardinal Lacroix a raison de dire que, du point de vue de Dieu, le ciel est pour tous.Mais la question doit être traitée du point de vue des hommes, et c\u2019est pourquoi elle reste si importante à examiner dans la constante reconfiguration des liens civiques entre l\u2019Église et l\u2019État.Comme le disait si bien James Madison : «Si les hommes étaient des anges, aucun gouvernement ne serait nécessaire.» Cela est vrai de tous et pour tous, sous les régimes des deux cités, celle de Dieu comme celle des hommes.Tocqueville a toujours raison.L\u2019Église reste utile à la société civile.Elle dérange ce qui nous arrange dans nos velléités à tout se permettre.Elle arrange ce qui nous dérange au service des plus vulnérables.La question catholique et l\u2019aide médicale à mourir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET lence inouïe.Comme je le lui ai répondu, qu\u2019on ne vienne pas me \u2014 nous \u2014 conseiller de respecter la sensibilité religieuse, en particulier musulmane.Les attentats de janvier 2015 et ceux qui s\u2019en suivirent sont une césure pour beaucoup d\u2019entre nous.L\u2019autocensure et le religieusement correct ne font pas partie de notre dictionnaire.La liberté d\u2019expression, aussi violente, brutale et incisive qu\u2019elle puisse être, est l\u2019une de nos armes les plus fondamentales.C\u2019est un principe non négociable que nos démocraties doivent consolider, garantir et protéger.Alban Ketelbuters, candidat au doctorat en études littéraires à l\u2019UQAM et au doctorat en Histoire et civilisations à l\u2019École des hautes études en sciences sociales Le 2 octobre 2016 dans l\u2019impossibilité de trouver, dans son entourage, un ministre compétent et sans tache pour remplacer au ministère problématique le ministre Lessard ?Devra-t- il, faute de mieux, occuper lui-même ce poste au risque de devoir un jour se congédier lui-même ?Sylvia Pelletier-Gravel Gatineau, le 2 octobre 2016 DÉPENSES DES DÉPUTÉS QUÉBÉCOIS Secret caduc L ANTOINE ROBITAILLE Merci, Djemila Benhabib ! Chère Djemila, Tout au long de cet injustifiable procès, tu as été admirable et impressionnante.Les adversaires de la laïcité auraient tant souhaité que tu regrettes, que tu t\u2019excuses, que tu baisses le regard, en un mot que tu t\u2019aplatisses.C\u2019est à un véritable procès politique que j\u2019ai assisté.Le procès des thèses que tu défends avec courage, constance et détermination depuis la publication de Ma vie à contre-Coran, de la bataille que tu mènes contre l\u2019intégrisme, de ton opposition au financement public des écoles religieuses, de ta résistance au laïus dominant sur le voile islamique, de ta réprobation des accommodements religieux, de ton engagement en faveur de l\u2019indépendance.«N\u2019est-ce pas vous qui êtes désincarnée dans ce monde qui a déjà accepté le multicultura- lisme?», ai-je entendu dans la bouche de Julius Grey.Quelle vulgarité.En vérité, tu défends remarquablement l\u2019héritage de la Révolution tranquille.Le Québec peut être fier de te compter parmi ses citoyens.C\u2019est leur liberté, notre liberté à tous, que tu protèges.Je n\u2019ai, pour ma part, qu\u2019une seule chose à te dire: merci.Lors du lancement de notre livre, L\u2019isla- mophobie, au Centre humaniste du Québec il y a quelques jours, un homme souhaitant débattre avec les auteurs a défendu l\u2019idée selon laquelle la sensibilité religieuse devait être respectée.Je suis citoyen français et j\u2019ai ressenti cet impératif comme une vio- Mourir dans la dignité ou souffrir inutilement Si vous habitez dans l\u2019Ouest canadien et que vous choisissez des mesures de fin de vie, les évêques catholiques de cette région vous menacent d\u2019être privés des derniers sacrements et de vous fermer les portes des églises pour un service religieux.Ce chantage de peur n\u2019est-il pas aux antipodes du questionnement que semble manifester le pape François envers le dogmatisme aveugle de certains représentants de l\u2019Église?Au Québec, il existe un consensus social et politique sur la question d\u2019abréger les souffrances inutiles de fin de vie.Le clergé conservateur de l\u2019Ouest ne devrait-il pas s\u2019ouvrir sur la question et faire preuve d\u2019humanisme et de compassion à l\u2019égard de catholiques qui, maîtres de leur vie, ont décidé d\u2019y mettre fin en toute connaissance de cause?Si la mort fait partie de la vie, il faudrait lui laisser la place quand la vie en a décidé ainsi.Marcel Perron Neuville, le 30 septembre 2016 L E D E V O I R , L E M A R D I 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.D O M I N I Q U E P A Y E T T E Ph.D., professeure titulaire au Département d\u2019information et de communication de l\u2019Université Laval et responsable du Groupe de travail sur le journalisme et l\u2019avenir de l\u2019information au Québec (GTJAIQ) mis sur pied en 2010 n peu plus de cinq ans après les recommandations du rapport du groupe de travail L\u2019information à Québec, un intérêt public, qui recommandait l\u2019intervention gouvernementale en soutien aux entreprises de presse, voici que bon nombre d\u2019entre elles réclament au- jourd\u2019hui cette aide financière.Il est clair que la situation que nous jugions critique en 2011 n\u2019a cessé de se détériorer et que l\u2019intervention de l\u2019État est urgente et nécessaire.Cette demande soulève cependant beaucoup de questions.Cette aide publique, sous forme de crédits d\u2019impôt, de soutien à la masse salariale, par exemple, serait versée directement à des entreprises de presse.Elle risque fort de ne pas servir la population si l\u2019on n\u2019y associe pas des mesures visant à promouvoir une information de qualité.Elle exige également une reddition de comptes sur les objectifs poursuivis comme l\u2019exige la saine gestion des fonds publics.Comment le faire tout en préser vant la liber té des entreprises de presse ?Il faut inventer des modalités qui mettront une certaine distance entre les médias et l\u2019État, un corps intermédiaire, susceptible de faire l\u2019analyse, la gestion et le bilan de ces investissements.Voilà l\u2019un des enjeux.C\u2019est notamment ce que nous indiquent clairement des cr it iques du modè le frança is d\u2019aide à la presse, un modèle de financement direct des entreprises.Trois études ont fait cette démonstration en France où l\u2019État intervient directement.En 2008, les débats lors des États généraux de la presse écrite ont mené là-bas à un plan d\u2019aide de plus de 600 millions sur trois ans, reconduit depuis, venu s\u2019ajouter aux aides directes et indirectes qui existaient depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.Pour la seule année 2010, l\u2019année étudiée par le GTJAIQ, les formes d\u2019appui d irect à la presse en France ont totalisé 578 millions d\u2019euros en incluant le financement de l\u2019Agence France-Presse.On estime les aides indirectes, comme l\u2019exonération d\u2019impôts, à 200 millions d\u2019euros .Le jour nal Le Monde a reçu, entre 2009 et 2011, l\u2019équivalent de 19 centimes d\u2019euro par exemplaire.Le journal La Croix, 32, Le Nouvel Observateur 29, so it la même somme que Télérama, et L\u2019Humanité détient le record avec 48 centimes par exemplaire.En 2010, le GTJAIQ a demandé au sociologue français spécialiste des médias Jean-Ma- r ie Char ron de commenter ces a ides publiques généreuses.Il est sévère.Selon cet expert, les aides publiques françaises sont multiples, coûteuses, et pas toujours ef ficaces.M.Charon conclut que l\u2019État français investit mal et que les aides en place ne favorisent pas les contenus : « La presse française paie trop cher pour sa fabrication, alors qu\u2019elle n\u2019investit pas ou ne peut pas investir suf fisamment dans ses contenus (ef fectifs, qualités, moyens af fectés aux rédactions).» À son tour, le consultant Aldo Cardoso a été mandaté par l\u2019administration française pour repenser la gouvernance des aides publiques à la presse.Dans son rappor t remis en septembre 2010, il reconnaît que « l\u2019information politique et la presse permettent aux citoyens de participer à la vie publique, pour autant que les titres respectent les termes d\u2019un engagement déontologique».Comme il l\u2019indique, « la plupart des interlocuteurs rencontrés par la mission s\u2019accordent sur la nécessité de repenser les fondements de cette intervention et de passer d\u2019une logique visant à aider \u201cdes acteurs et une industrie\u201d à une logique dédiée à l\u2019accompagnement d\u2019une \u201cfonction\u201d (celle d\u2019informer)».Plus récemment, en 2014, la Cour des comptes cette fois, l\u2019équivalent français de notre bureau du Vérificateur général, estime, au terme d\u2019un volumineux rapport, que « les résultats [sont] décevants au regard des attentes et des moyens engagés ».Ces mises en garde sont sérieuses.Elles signifient qu\u2019il faut trouver des modalités qui permettent de résoudre deux dif ficultés principales liées aux aides publiques aux médias : premièrement, s\u2019assurer que ces aides publiques serviront bien l\u2019information d\u2019intérêt public et, deuxièmement, qu\u2019elles protégeront les médias du fil à la patte que peut constituer un soutien direct de l\u2019État.La situation est plus complexe ici qu\u2019en Europe, notamment parce que, au Canada, comme ailleurs en Amérique du Nord, le journalisme n\u2019est ni une profession encadrée ni un titre protégé.Les entreprises de presse ne sont pas non plus clairement identifiées, surtout en cette période d\u2019émergence de nombreuses nouvelles initiatives sur Internet que l\u2019État doit pouvoir soutenir également si elles contribuent à l\u2019information d\u2019intérêt public.Mais comment admettre en démocratie que c\u2019est l\u2019État qui définirait ce qu\u2019est ou non une entreprise de presse susceptible de recevoir ces avantages ?Comment les médias continueront-ils de jouer leur rôle s\u2019ils sont redevables de leur survie à l\u2019État ?Il est impératif de conserver une distance raisonnable entre l\u2019État et les médias, mais un financement direct ne conserve pas cette distance.D\u2019autres modèles existent, comme le financement des entreprises de presse par l\u2019entremise de sociétés de journalistes, par exemple, servant de corps intermédiaire pour la gestion des fonds publics, et l\u2019idée de lier les subventions au respect de la déontologie journalistique est aussi une manière d\u2019y arriver.Pourquoi ne pas donner au Conseil de presse du Québec la responsabilité de déterminer quelle entreprise peut se qualifier aux subventions et d\u2019en assurer le suivi ?Sans l\u2019instauration de certaines modalités de ce genre, les exemples nous apprennent que nous courons le risque de constater que l\u2019argent public n\u2019atteint pas d\u2019objectifs clairs et de voir des entreprises de presse susceptibles d\u2019être soumises et dominées.Il faut trouver des mesures qui permettront à l\u2019État de jouer pleinement son rôle face à la crise actuelle de l\u2019information qui démontre qu\u2019on ne peut en aucun cas continuer de laisser le seul marché, l\u2019offre et la demande, dicter les règles du journalisme.LE FINANCEMENT DIRECT DES ENTREPRISES DE PRESSE Une solution loin d\u2019être exemplaire L\u2019État doit chercher à favoriser d\u2019abord la mission d\u2019informer des médias J E A N M O R R I S S E T Poète, écrivain et professeur honoraire au département de géographie de l\u2019UQAM uiconque visite les aires d\u2019opération de Syncrude et Suncor à For t McMurray en ressort avec l\u2019étrange malaise de vivre un mensonge consenti où les mots eux-mêmes sont pervertis.Sous le prétexte de prouesses techniques et de réalisations d\u2019ingénierie offertes à l\u2019admiration crédule, on se retrouve sur un terrain de guerre et de champs minés s\u2019apparentant à une opération militaire perpétrée contre la terre \u2014 et contre les Nations premières qui en ont été chassées par la mise ensédentarité forcée.On se demande alors si ce n\u2019est pas par autodérision et pour se moquer d\u2019elle-même qu\u2019une société se désigne sous le nom de Suncor, « corporation solaire » ?Alors que ses activités empêchent toute lumière naturelle et tout soleil de pénétrer ses quartiers d\u2019exploitation.Tant les fumures blafardes et les vapeurs nauséeuses qui s\u2019en dégagent entretiennent une br ume gluante et gélatineuse à faire pâlir de jalous ie tous les fabr icants d\u2019enfer de la planète.Non seulement il s\u2019agit d\u2019un front militaire où les combats se poursuivent jour et nuit sans le moindre répit, mais le lieu des opérations bitumineuses et l\u2019architecture de ses paysages bituminés imposent chez les travailleurs un habitus ravageant peu à peu toute sensibilité.Tel un prisonnier libéré se sentant perdu hors de sa geôle, les installations de Syncrude génèrent une perte de conscience géographique, une mise en néant écologique soigneusement planifiée.Plus encore, Fort McMurray et ses rues sans piétons, ses sous-cités dortoirs, ses espaces bétonnés de partout apparaissent comme autant de camps de concentration acceptés et dont toute mémoire est bannie comme élément indésirable.Et où quiconque est pris en flagrant délit de flânerie risque de recevoir une contravention.Ce n\u2019est pas qu\u2019on soit in the middle of nowhere, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a même plus de middle ni de nowhere, le lieu étant devenu un hors- lieu fonctionnel.Comme si l\u2019espace lui-même était assujetti à un génocide permanent.Sables bitumineux : une opération militaire contre la terre Pourtant, ce lieu a une mémoire.Ce lieu a une histoire.D ans son récent rapport annuel, le Commissaire à la vie privée explique la nécessité de « moderniser les outils du XXe siècle».Il a raison : les lois sur la protection des renseignements personnels ont été mises en place avant Internet.Dans l\u2019univers en réseau, le défi est de protéger la capacité des individus de contrôler l\u2019information relevant de leur vie privée.Mais il importe aussi de garantir le fonctionnement des espaces publics, ces lieux désormais virtuels, dans lesquels les autres ont le droit de nous critiquer ou de connaître nos faits et gestes à caractère public.Évidemment, il faut regarder de très près les dispositions des lois mises en place afin de lutter contre le terrorisme.Les pouvoirs accrus accordés aux forces de sécurité doivent être balisés et surtout leur exercice surveillé efficacement.Le Commissaire préconise de réviser les lois sur la protection des renseignements personnels qui relèvent d\u2019un contexte informationnel qui n\u2019existe plus.Désormais, c\u2019est dans l\u2019environnement en réseau que se déroulent nos interactions avec les autres, avec les entreprises, avec les organismes publics et les entreprises privées.La véritable protection de la vie privée requiert de renforcer nos capacités de maîtriser les informations relevant de notre intimité, pas d\u2019occulter celles qui sont inhérentes à la vie sociale.Par exemple, le Commissaire veut revoir la place du consentement dans la protection des renseignements personnels.Actuellement, le principal droit protégé par les lois est celui de donner son « consentement » à la collecte et à l\u2019utilisation des renseignements que collectent les entreprises ou les organismes publics.Or, sur Internet, notre droit «de consentir» se résume à cocher « j\u2019accepte» lorsqu\u2019on ouvre un compte auprès d\u2019un fournisseur.Une fois qu\u2019on a cliqué « j\u2019accepte », les organismes ayant collecté des renseignements personnels peuvent pratiquement agir à leur guise.La protection fondée sur le consentement ne procure qu\u2019une impression que notre vie privée est protégée.Étant donné les conditions dans lesquelles circule désormais l\u2019information sur les individus, il importe d\u2019envisager des mesures protectrices même à l\u2019égard des données que nous avons «consenti » à partager.Par exemple, de plus en plus d\u2019objets connectés arrivent sur le marché.Protéger la vie privée de leurs utilisateurs suppose d\u2019y intégrer par défaut, dès la fabrication, des protections de l\u2019intimité.Le Commissaire devrait être habilité à réglementer les configurations techniques des objets qui se raccordent au réseau.Protéger la vie privée dans les réseaux suppose de réglementer proactivement les conditions auxquelles les entreprises et leurs partenaires peuvent accéder aux renseignements personnels.Car désormais, les informations sont là, présentes, disponibles, et leur protection suppose d\u2019encadrer le droit d\u2019y accéder.Les lois actuelles tentent de protéger en prohibant la circulation de l\u2019information.C\u2019est désormais en sécurisant l\u2019information qui circule qu\u2019il faut assurer le respect de la vie privée.Dans l\u2019environnement en réseau, il faut minimiser la collecte de renseignements personnels.L\u2019enjeu crucial est de bien régir le droit d\u2019accéder aux renseignements privés relatifs à une personne.Plutôt qu\u2019imposer de collecter de nouveau les informations chaque fois que l\u2019on accède à un service, il faut privilégier les outils qui sécurisent les accès aux données personnelles déjà collectées.Les lois doivent aussi garantir la libre circulation des informations publiques ou auxquelles les autres ont légitimement intérêt à accéder.À l\u2019égard de ces informations, c\u2019est contre les abus avérés que la loi doit nous protéger.Hélas, inspiré par certains développements en Europe, le Commissaire met en avant le droit de faire effacer les informations publiques licites sur Internet au nom du «droit à l\u2019oubli ».C\u2019est une orientation inquiétante.Il faut se tenir loin de la fuite en avant consistant à censurer des informations publiques licites plutôt que de s\u2019attacher à renforcer la protection des renseignements privés.Les orientations évoquées par le Commissaire laissent craindre des mesures qui viendraient censurer les moteurs de recherche et autres outils assurant la circulation de l\u2019information relative aux activités publiques.Les lois sur les renseignements personnels do ivent ref lé ter les en jeux inhérents au contexte engendré par les réseaux.Elles doivent protéger ce qui est vraiment de nature à mettre à mal notre vie privée, non empirer les lourdeurs bureaucratiques ou procurer des leviers à ceux qui veulent occulter leurs faits et gestes d\u2019intérêt public en les dotant d\u2019un droit de prétendre que l\u2019information publique à leur sujet aurait perdu sa «pertinence ».VIE PRIVÉE Moderniser les outils du Commissaire Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un extrait du dernier numéro de la revue Milieu(x) (no 3, an 2016, revuemilieux.org).DES IDÉES EN REVUES PIERRE TRUDEL U Q MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Il faut trouver des modalités qui permettent de résoudre deux dif ficultés principales liées aux aides publiques aux médias : premièrement, s\u2019assurer que ces aides publiques serviront bien l\u2019information d\u2019intérêt public et, deuxièmement, qu\u2019elles protégeront les médias du fil à la patte que peut constituer un soutien direct de l\u2019État. L E D E V O I R , L E M A R D I 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S nus perçus par la taxe carbone resteront dans la province où les émissions ont été émises.« Parce que la pollution traverse les frontières, toutes les provinces doivent faire leur par t » , a fait valoir M.Tr u- deau.« Après des décennies d\u2019inaction, après des années d\u2019opportunités manquées, nous allons finalement prendre des mesures concrètes et réelles », a- t-il également souligné.« La tarification du carbone est l\u2019un des moyens les plus efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et favoriser l\u2019innovation, a insisté pour sa part la ministre de l\u2019Environnement Catherine McKenna, à la suite de la rencontre avec les ministres de l\u2019Environnement des provinces et territoires.Déjà, 80% des Canadiens vivent dans une province où le gouvernement impose une telle tarification.Nous voulons suivre cette tendance et faire en sorte qu\u2019il en soit de même pour les 20 % restant de la population.» Douche froide Le problème, c\u2019est que cette nouvelle mesure a été présentée sans préavis.Elle a d\u2019ailleurs pris de court tous les ministres provinciaux réunis à Montréal.Résultat : alors même que les discussions se poursuivaient, en après-midi, la ministre de l\u2019Environnement de la Nouvelle-Écosse, Margaret Miller, a quitté la rencontre en critiquant la décision du gouvernement Trudeau.Son collègue de la Saskatchewan, Scott Moe, a fait de même quelques minutes plus tard.« Nous sommes venus ici de bonne foi, mais le gouvernement fédéral nous a trahis », a-t- il lancé.«Ce qui avait toujours été convenu, c\u2019est que le processus en serait un de collaboration.Mais d\u2019après ce que nous avons vu, ce n\u2019est pas le cas au- jourd\u2019hui.Ce n\u2019est pas une bonne journée pour les relations fédérales provinciales.» La Saskatchewan, qui mise notamment sur le développement des énergies fossiles, s\u2019oppose à une tarification du carbone.Le ministre de Terre-Neuve- et-Labrador, Perry Trimper, a lui aussi quitté la rencontre avant sa conclusion, se disant « surpris » de la décision unilatérale d\u2019Ottawa.Alors que les discussions progressaient depuis déjà près d\u2019un an, a-t-il rappelé, « soudainement, on annonce une politique qui aura un impact direct sur le contenu des recommandations que nous devons mettre de l\u2019avant.Cela va à l\u2019encontre de tout le travail qui a été fait ».La délégation du Manitoba a quitté promptement la rencontre, sans répondre aux questions des journalistes.Même départ précipité pour le Nunavut.La conférence de presse qui devait clore les discussions a même été annulée.Optimisme Ce climat tendu n\u2019a pourtant pas empêché la ministre Catherine McKenna de voir dans cette rencontre un franc succès.« Je suis tellement fière des progrès accomplis aujourd\u2019hui, a-t-elle dit.La discussion sur le prix du carbone a été dif ficile pour certaines provinces, mais nous devons avancer, et nous avons fait des progrès sur d\u2019autres éléments tellement importants.» Interpellée à plusieurs reprises sur le dépar t précipité de plusieurs ministres, elle a simplement indiqué que les discussions se poursui - vront.Une rencontre des premiers ministres des provinces sur la question climatique est d \u2019ailleurs prévue plus tard cette année.Même optimisme du côté du ministre québécois de l\u2019Environnement, David Heurtel, qui a souligné le changement de ton à Ottawa par rapport au règne conser vateur.« On avait un gouvernement à Ottawa qui reconnaissait à peine l\u2019existence des changements climatiques.Il faut donc réaliser que la rencontre d\u2019aujourd\u2019hui et la proposition fédérale d\u2019au- jourd\u2019hui, c\u2019est un pas dans la bonne direction.» L\u2019Alberta, qui compte pour 38 % de toutes les émissions canadiennes, a elle aussi salué les progrès réalisés à Montréal, tout en insistant pour dire que le fédéral doit aussi ouvrir la porte à la construction de pipelines pour permettre l\u2019ex- por tation du pétrole des sables bitumineux.Ces projets, qui faciliteront l \u2019expansion d\u2019un secteur pétrolier dont les émissions de gaz à ef fet de serre sont en hausse constante, doivent plutôt être rejetés en bloc, ont af firmé lundi les écologistes présents à Montréal.À Ottawa, la néodémocrate Linda Duncan s\u2019est dite désolée que le gouvernement s\u2019engage à signer l\u2019Accord de Paris « sans avoir les mécanismes en place » pour le faire appliquer.« Aurons-nous droit à un Kyoto numéro deux », a-t-elle demandé, en référence à l\u2019accord que les libéraux de Jean Chrétien avaient ratifié en 2002, mais n \u2019avaient jamais mis en œuvre avant leur défaite trois ans plus tard.Avec Hélène Buzzetti et Marie Vastel Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CARBONE Finlande À tout seigneur, tout honneur.La Finlande est le premier pays au monde ayant imposé une taxe sur le carbone.C\u2019était\u2026 en 1990.La taxe y varie selon le produit visé, mais est d\u2019environ 33 $ la tonne d\u2019émission de carbone et va jusqu\u2019à 191 $ la tonne pour le charbon et ses produits dérivés.Suède Le voisin scandinave a emboîté le pas en 1991 en instaurant sa taxe, qui atteint aujourd\u2019hui environ 141 $ la tonne de carbone.Le secteur industriel bénéficie de diverses réductions ramenant la taxe à 30 $.Irlande Sa taxe sur le carbone instaurée en 2010 a augmenté du tiers pour atteindre au- jourd\u2019hui 30 $ la tonne.Union européenne Les 28 pays de l\u2019Union, auxquels se sont joints l\u2019Islande, la Norvège et le Liechtenstein, se sont dotés en 2005 d\u2019un système de plafonds d\u2019émission de carbone, plus facile à instaurer politiquement qu\u2019une taxe.On estime qu\u2019environ 45% des émissions européennes sont couvertes par le système.Le prix de la tonne de carbone, soumis aux aléas du marché, a chuté au lendemain du Brexit à environ 10$ la tonne.Australie Le petit frère canadien dans la grande famille du Commonwealth a eu très brièvement une taxe sur le carbone.Dès son instauration en 2012 par la coalition tra- vailliste-vert, la taxe de 25 $ la tonne a suscité les passions.Elle a été abolie deux ans plus tard par les libéraux de Tony Abbott (les frères spirituels des conservateurs canadiens).Chili Il s\u2019agira du premier pays de l\u2019Amérique du Sud à instaurer une taxe sur le carbone, lorsque celle-ci entrera en vigueur.Les émissions seront comptabilisées en 2017 et la facture, envoyée l\u2019année suivante.Elle sera de 5 $ la tonne et s\u2019appliquera à 55 % des émissions du pays.Afrique du Sud La taxe de 12 $ la tonne devrait entrer en vigueur graduellement à compter de janvier prochain, jusqu\u2019en 2020 ; 60 % des émissions du pays sont exemptées, dont celles provenant de l\u2019Agriculture et de la foresterie.Hélène Buzzetti JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des opposants à l\u2019exploitation des énergies fossiles ont manifesté durant les négociations.Les systèmes de tarification en place au Canada Québec: Système de plafonnement et d\u2019échange des droits d\u2019émission (SPEDE), lié à la Californie.Mis en œuvre en 2013, il permet aux sociétés qui émettent moins de GES que prévu de revendre leurs droits.Prix des unités lors des dernières enchères de droits : 16,45 $ la tonne.Somme récoltée : 3,3 milliards de 2013 à 2020.Ontario: Système de plafonnement et d\u2019échange des droits d\u2019émission, qui sera lié au Québec et à la Californie.Le prix exact des droits mis aux enchères n\u2019est pas encore connu, mais la première ministre Kathleen Wynne a déjà évoqué 18$ la tonne.Somme récoltée: 1,9 milliard par année.Alberta: Le gouvernement Notley entend imposer une taxe carbone de 20 $ la tonne au 1er janvier 2017, qui passera à 30 $ en 2018.Somme récoltée : 9,6 milliards sur cinq ans.Colombie-Britannique: Taxe sur les émissions de carbone.Mise en place en 2008, elle se situe à 30 $ la tonne depuis 2011.Pour que son instauration ait lieu à coût nul, le gouvernement a réduit les impôts des particuliers et des entreprises.François Desjardins a joué à la même affiche que Loretta Lynn, Johnny Cash.The Neilsons ?Famille familière dans le ROC, jamais le moindre écho ici.«Nous n\u2019avons jamais joué au Québec.Je suis venue à Montréal une fois, quand je fréquentais mon futur mari.On a été au Festival de jazz, pour voir Tony Bennett.» Les deux solitudes, encore et toujours, à moins que ce ne soit l\u2019état des routes.Il aura fallu la reconnaissance aux antipodes pour qu\u2019elle revienne.À peine un détour.« Mon grand plan secret ! Me marier avec un Néo-Zélandais, déménager au bout du monde, me faire connaître, obtenir du succès : dix ans plus tard, enfin le Québec ! » Elle pouf fe d\u2019un grand rire, visiblement ravie.Exil volontaire et nécessaire, comprend-on.« Je crois qu\u2019autrement, je ne me serais jamais extirpée du filet de protection des Neilson : on ne se met pas beaucoup en danger quand on chante en famille\u2026» Son premier album néo-zélandais, Red Dir t Angel (2008), était composé «à partir des dé- mos que je colportais à Nashville », et s\u2019imposer chanteuse country là-bas tout là-bas est un sacré pari : « On n\u2019est pas tellement country en Nouvelle- Zélande.Il m\u2019a fallu jusqu\u2019à Dynamite ! [son quatrième album, paru en 2014] pour comprendre et faire comprendre qui j\u2019étais.Ce mélange de mon père blues et rock\u2019n\u2019roll, de ma mère pure et dure country, avec le gospel de ma jeunesse.Et mon goût pour le jazz là-dedans.» Discipline et lâcher-prise Il y a tout ça et plus dans Don\u2019t Be Afraid.Tami Neilson est un peu beaucoup Patsy Cline chez Ella Fitzgerald, ou alors Imelda May chez Peggy Lee, c\u2019est comme vous voulez, comparaisons cer tes excessives, mais pas sans vérité.Elle peut beaucoup, Tami : large registre, voix formidable et maîtrise des moyens.Sait quand retenir la note (If Love Were Enough , à feu doux), quand lâcher pr ise (Holy Moses , ple ins poumons).« Là encore, c\u2019est la discipline en famille, et la liberté en solo.Par moments, en studio, je chantais comme si c\u2019était une berceuse pour mes enfants, et à d\u2019autres, comme si j\u2019avais une foule à convaincre.» Rendus à fleur de peau, tout le temps : l\u2019album a été enregistré avant et après le décès de son père en février 2015.« J\u2019étais dévastée, j\u2019ai couché dans ses pyjamas pendant des semaines pour le sentir encore vivant\u2026 » La chanson-titre, la toute dernière de Ron Neilson, parachevée par Tami et son frère Jay, est testamentaire : on peut entendre le démo à la fin de l\u2019album.« J\u2019avais écrit Bury My Body pour lui, pour exprimer sa force devant la mort.Et quand je la lui ai fait entendre, il m\u2019a parlé de ce blues sur lequel il travaillait, qu\u2019il avait d\u2019abord appelé Fear Not.À l\u2019hôpital, je lui ai dit que je serais sa voix.Et pour la suite de l\u2019album, j\u2019ai été pour ainsi dire en mission.» Et cette mission se poursuit.En tournée jusqu\u2019ici, avec ses musiciens de là-bas.« Je les voulais avec moi, même si ça veut dire qu\u2019on finit par payer pour ce voyage.C\u2019est mon band.En studio comme en spectacle.Cet album, c\u2019est aussi leur son.C\u2019est ma famille néo- zélandaise d\u2019adoption.Et mon frère Jay traverse le Canada avec nous.Mon père disait : \u201cIl y a le diamant, mais c\u2019est l\u2019écrin qui met en valeur.\u201d Je pense que j\u2019ai besoin d\u2019être bien entourée.» Je lui dis que l\u2019Upstairs, c\u2019est la noble porte d\u2019entrée, mais que cet album demande une grande scène, pourquoi pas au Festival de jazz l \u2019an prochain ?« J\u2019en rêve\u2026» On est plusieurs.Le Devoir DON\u2019T BE AFRAID Tami Neilson Outside En spectacle à l\u2019Upstairs mercredi 5 octobre, à 20 h, 21h15 et 22h30.SUITE DE LA PAGE 1 NEILSON public, mais Paul St-Pierre Plamondon va plus loin en proposant de mettre en œuvre cette interdiction purement et simplement.Sur la fixation du nombre d\u2019immigrants admis au Québec, Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée se sont opposés tandis que Paul St-Pierre Plamondon af firmait qu\u2019on pouvait discuter d\u2019abaisser le seuil à 5000 immigrants ou encore de l\u2019augmenter à 95 000 sans se faire jeter la pierre.«On a le droit de mener ce débat-là sans se faire traiter de xénophobes», a lancé le candidat.Reprenant les arguments de la Chambre de commerce de Québec qui se plaint des pénuries de main-d\u2019œuvre, Alexandre Cloutier a plaidé pour le maintien des seuils actuels afin d\u2019assurer le développement économique.«La réponse facile, c\u2019est de réduire les seuils.La réponse intelligente, c\u2019est de dire: on va mieux accompagner», a-t- il dit.Martine Ouellet a critiqué le manque de ressources consenties à l\u2019intégration des immigrants et proposé de recréer les COFI (Centre d\u2019orientation et de formation des immigrants).Pour Jean- François Lisée, qui a suggéré que le vérificateur général du Québec soit mandaté pour proposer des seuils au gouvernement, le nombre de 50 000 immigrants, «c\u2019est un chif fre inventé par les libéraux [\u2026].C\u2019est de la rectitude politique de dire qu\u2019il faut s\u2019en tenir à ce chiffre».Sur la langue de travail, Martine Ouellet et Jean-François Lisée ont eu un accrochage, la candidate rappelant à son collègue la position qu\u2019il avait prise en évoquant la possibilité d\u2019exiger que les guichetiers de la Société de transport de Montréal (STM) connaissent l\u2019anglais.Cette possibilité était prévue par René Lévesque et Camille Laurin lors de la rédaction de la loi 101, a-t-il soutenu.«Soit tu veux changer la loi 101 pour enlever ce que Camille Laurin et René Lévesque y avaient mis, soit tu arrêtes de m\u2019acha- ler avec ça», a-t-il répliqué devant un parterre de plus de 250 personnes.Consensus sur l\u2019éducation Les échanges en matière d\u2019éducation ont toutefois permis de mettre en lumière des consensus.Ainsi, les quatre aspirants chefs se sont dits favorables à une modification de la Loi sur l\u2019accréditation et le financement des associations d\u2019élèves ou d\u2019étudiants afin de reconnaître, mais également d\u2019encadrer, le droit de grève des étudiants.«[Il faut] que ça se déroule convenablement», a affirmé M.Cloutier, se disant, à l\u2019instar de ses trois adversaires, en faveur du vote secret.Il n\u2019est pas question de restreindre la «liberté d\u2019expression et la liberté d\u2019association», a insisté M.St-Pierre Pla- mondon, rappelant avoir été «avocat des carrés rouges» durant le printemps 2012.Les candidats se sont également tous désolés des «moyens» à la disposition des enseignants québécois.M.Lisée préconise l\u2019octroi de «plus de moyens» aux écoles en milieu défavorisé.À ce sujet, M.Cloutier estime que les écoles publiques sont «de moins en moins publiques» notamment en raison de la multiplication des programmes d\u2019éducation internationale ou encore de sports-études.Les directions d\u2019école «sélectionnent» des élèves, puis «refilent la facture» aux parents, a-t-il déploré.De leur côté, les enfants éprouvant des difficultés d\u2019apprentissage vivent une «tragédie» devant l\u2019absence de ressources.«Il est grand temps de faire du ménage là-dedans», a-t-il fait valoir.Par ailleurs, M.Cloutier et M.St-Pierre Pla- mondon se sont engagés à contraindre les écoles secondaires privées, subventionnées à hauteur de 75% par l\u2019État, à accueillir davantage d\u2019élèves en difficulté.M.St-Pierre Plamondon a déploré que les écoles privées aient pris sous leur aile à peine 20% des enfants en difficulté.Ouellet se ralliera, mais\u2026 Les membres du PQ éliront un nouveau chef vendredi soir.Ils ne cloront pas pour autant le débat sur le mode d\u2019accession à l\u2019indépendance, a averti Martine Ouellet lundi soir.La députée de Vachon refusera net de promouvoir un référendum sur le pays du Québec au-delà de 2022 si son adversaire Jean-François Lisée remporte la course à la direction du PQ.«Je ne renierai pas mes convictions.Il y a toujours eu de la place au Parti québécois.Moi, ça fait 30 ans que j\u2019y suis au Parti québécois, il y a toujours eu de la place pour les débats», a-t-elle déclaré dans un point de presse lundi soir.La députée de Vachon s\u2019engage à «[se] rallier» au vainqueur tout en continuant à faire la promotion d\u2019un référendum dans un premier mandat du PQ.Mme Ouellet ne subira pas de «sanction» si elle continue à défendre un référendum entre 2018 et 2022, a précisé M.Lisée.«Je pense qu\u2019il ne serait pas approprié qu\u2019un candidat qui a perdu la course décide de continuer à faire la promotion de son idée jusqu\u2019au congrès puisque 70 000 personnes vont avoir pris cette décision», a-t- il toutefois affirmé à la presse.Jean-François Lisée, Alexandre Cloutier et Paul St-Pierre Plamondon se sont engagés à appuyer publiquement le plan vers le pays du prochain chef.« Il n\u2019est pas question, si je perds, de continuer de faire un genre de guerre d\u2019arrière- garde jusqu\u2019à la fin.On est des démocrates, il faut accepter la décision des membres», a soutenu le député de Rosemont.Avec Dave Noël Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DÉBAT Des précédents Voir \u203a L\u2019analyse post-débat de notre chroniqueur Michel David.Sur l\u2019application tablette ou le site Web du Devoir."]
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