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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2016-10-01, Collections de BAnQ.

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[" C L A U D E L É V E S Q U E E n écrivant sur la présente campagne électorale aux États-Unis, Christine Ockrent avoue avoir découvert sur ce pays, qui ne lui est pourtant pas étranger, des choses qu\u2019elle ignorait.« Comme beaucoup d\u2019Européens, je croyais qu\u2019il y avait deux Amérique, une Amérique républicaine, conservatrice et religieuse, et une Amérique démocrate, qu\u2019on n\u2019arrive d\u2019ailleurs plus à définir.Je me suis rendu compte que les États-Unis constituent en fait un pays morcelé, avec des communautés qui ne sont pas seulement ethniques ou religieuses.Il y a toute une classe de cols bleus ou de cols blancs, des gens appauvris ou même issus de la classe moyenne, qui se sentent les perdants du système», explique la journaliste et écri- vaine en entrevue téléphonique.«Même si leur parti contrôle le Congrès à Washington, les citoyens conservateurs qui votent traditionnellement pour les républicains ont assisté récemment à la légalisation du mariage homosexuel et à celle du cannabis dans certains États », poursuit- elle.Probablement plus grave, «ces gens se sentent les perdants de la mondialisation, de l\u2019immigration, qu\u2019elle soit clandestine ou même légale, et de la démographie puisqu\u2019ils ne seront plus majoritaires dans deux générations, d\u2019après les projections qui circulent.» « Ce qui m\u2019a impressionnée dans cette campagne invraisemblable, ç\u2019aura été d\u2019essayer de comprendre comment cette colère a permis à Donald Trump, le milliardaire, le roi des casinos, de piétiner 16 rivaux, dont plusieurs sénateurs et gouverneurs», à commencer par Jeb Bush, fils et frère de présidents républicains.Il reste moins d\u2019un mois et demi avant que les Américains ne votent pour l\u2019homme ou la femme qui dirigera leur pays au cours des quatre prochaines années.La course est très serrée.Le choix se portera soit sur Hillar y Rodham Clinton, la politicienne accomplie qui deviendrait la première femme à occuper la fonction suprême, soit sur Donald Trump, le milliardaire fantasque qui a jusqu\u2019ici déjoué tous les calculs.Choisir parmi le pire Comment le système politique a-t-il bien pu produire C A H I E R F \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 Coco, premier roman railleur sur la transmission Page F 2 Le Parti québécois a-t-il tué l\u2019élan indépendantiste?Page F 5 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le huitième roman de Serge Lamothe, romancier, poète et dramaturge, est surtout une réflexion sur la possibilité de contrôler (ou non) le cours de sa propre existence \u2014 voire de l\u2019inventer.Implosion d\u2019un parti, usure de l\u2019autre : l\u2019actuelle course électorale américaine livre le pire aux électeurs, tout en nourrissant leur colère.Comment les États-Unis ont-ils pu en arriver là ?se demande la journaliste française Christine Ockrent, tout en essayant, dans un essai percutant, d\u2019éclairer une dérive en marche.ENTREVUE Psychologie d\u2019une campagne électorale Comment les États-Unis ont-ils pu produire deux candidats détestés des électeurs ?se demande Christine Ockrent LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Le radical libre C H R I S T I A N D E S M E U L E S «C\u2019 est une espèce de variation sur le thème calde- ronien de \u201cla vie est un songe\u201d», rappelle Serge Lamothe en évoquant le titre de la pièce fameuse de l\u2019Espagnol, qui proposait déjà au XVIIe siècle un questionnement sur l\u2019illusion et la réalité, sur le rêve et le jeu.Au début de l\u2019été 1976, à 20 ans, tout juste de retour du Nunavik où il avait travaillé durant quelques mois au recensement national, un homme s\u2019improvise astrologue amateur et devient obsédé par une inconnue qui a oublié une valise devant sa porte.Et chacun de leur côté, au fil des quarante années qui vont suivre, ces deux parfaits inconnus se sentiront liés par des liens mystérieux sans jamais comprendre ce qui les retient l\u2019un à l\u2019autre.Comme un long rendez-vous manqué.Il deviendra archiviste dans la police, lecteur insatiable et grand voyageur\u2026 immobile.Infirmière dans le Grand Nord, puis déployée en missions un peu partout à travers le monde, Maya aura en apparence une vie plus remplie \u2014 mais contaminée également par une sorte de vide intérieur.Des personnages de jumeaux cosmiques, diamétralement opposés, orphelins en partie tous les deux, qui sont à la recherche de transcendance sans le savoir, mais qui semblent se compléter à la perfection.Puisant son titre d\u2019un mot prononcé par Omar Sharif dans le film Lawrence d\u2019Arabie («C\u2019était écrit ! »), quelque par t entre le destin programmé et la fatalité, Mektoub incarne aussi \u2014 mais sans jamais la nommer \u2014 l\u2019idée science-fic- tionnelle des mondes parallèles.À travers les destins enchevêtrés de ces deux personnages qui prennent tour à tour la parole pour nous raconter leur existence l\u2019un sans l\u2019autre, le roman se déploie selon trois grands axes : l\u2019invention, la destinée, l\u2019amour.Entre les deux, comme un lien, les livres de Zoltan Galaczy, un mystérieux auteur nouvel âge qui croyait que « la civilisation allait tuer l\u2019humain».Une question de liberté Mais le huitième roman de Serge Lamothe, romancier, poète et dramaturge né à Québec en 1963, est surtout une réflexion sur la possibilité de contrôler (ou non) le cours de sa propre existence \u2014 voire de l\u2019inventer.«Ce qui m\u2019a surtout intéressé ici, raconte-t-il, c\u2019est de me demander dans quelle mesure on peut infléchir le destin, altérer notre parcours dans cette vie \u2014 ou dans ce songe.Et j\u2019ai voulu mettre ce questionnement en parallèle avec notre destin en tant que civilisation.Sommes-nous en mesure d\u2019éviter cette espèce de mur dans lequel, collectivement, on se précipite à vive allure ?» « Et je n\u2019ai pas de réponse », avoue-t-il avant de ponctuer sa remarque d\u2019un grand rire.Même s\u2019il n\u2019a publié son premier livre qu\u2019à 35 ans, Serge Lamothe rêvait déjà depuis l\u2019âge de 12 ou 13 ans de mener cette vie d\u2019écrivain.Il en a fait le choix, dans une certaine mesure.Et ce choix, c\u2019est avant tout celui d\u2019une liberté incomparable.«La liberté que la littérature offre à l\u2019écrivain, ça ne se dit presque pas\u2026» À 53 ans, il partage aujourd\u2019hui son temps entre le Québec et la France.Depuis 2002, il a été complice de presque tous les projets de François Girard, metteur en scène à l\u2019opéra et au théâtre et cinéaste (Trente-deux films brefs sur Glenn Gould et Le violon rouge).Une collaboration qui lui permet de passer d\u2019une adaptation de Kafka à un opéra de Wagner et à un spectacle du Cirque du Soleil (Zed, Zarkana).Un va-et-vient constant et des entreprises créatrices passionnantes, reconnaît-il, mais où la liberté a parfois aussi ses limites \u2014 le plus souvent budgétaires.Des contraintes dont l\u2019écrivain, tout seul devant sa page, est complètement affranchi.«C\u2019est surtout ça qui m\u2019a attiré vers la littérature, re- connaît-il.Cette quête toujours renouvelée de l\u2019indicible.C\u2019est-à-dire : essayer de faire rendre gorge à la parole et de faire dire aux mots des choses qui n\u2019auraient pas été dites ou jamais exprimées de cette façon-là.» Depuis longtemps engagé dans une quête exploratoire, tournée vers lui ou cherchant à donner un sens à la réalité qui l\u2019entoure, Serge Lamothe est radicalement attaché à la liberté que lui permet l\u2019écriture.«Et s\u2019il y a des limites, elles sont en moi », affirme Serge Lamothe, qui n\u2019a pas du tout le « syndrome de l\u2019écrivain tor turé ».Pour lui, écrire est avant tout une quête de liberté, la poursuite d\u2019un sens caché des choses.Longue portée Après trois romans plutôt autobiographiques (La longue portée, La tierce personne, L\u2019ange au berceau, L\u2019Instant même, 1998, 2000 et 2002), l\u2019écrivain a un peu changé sa signature.Même «Pour moi, la littérature est d\u2019abord une aventure personnelle» Serge Lamothe tisse une histoire d\u2019amour impossible mêlant destinée, invention et mondes parallèles VOIR PAGE F 2 : LAMOTHE VOIR PAGE F 4 : DUEL TIFFET Donald Trump n\u2019est pas un homme d\u2019affaires génial, mais il est un as du marketing « » Le nom de Clinton est associé à un establishment que la jeunesse et une partie de l\u2019électorat démocrate ne veulent plus voir « » Christine Ockrent s\u2019il ne changerait rien, dit-il, à ces premiers livres, bien reçus et dont i l parle au- jourd\u2019hui comme d\u2019un « travail de retour sur soi ».Par la suite, avec Tarquim- pol, Les Baldwin et Les enfants lumière, ses romans ont pris une tangente parfois plus expérimentale.Si avec Mektoub il fait un léger pas de côté vers le story telling, accompagné de près sur ce chemin par son éditeur, Antoine Tanguay, il a toujours l\u2019impression de « faire du Lamothe», comme il le dit.Ma terre est un fond d\u2019océan, son troisième recueil de poésie, qui paraît au même moment, emprunte lui aussi les sentiers fertiles de la liberté.Comme une «hérésie miraculeuse», ex- pose-t-il dans la préface, la poésie s\u2019oppose «à la parole creuse et utilitariste des marchands et des promoteurs, des faiseux de lois et de règlements, des paten- teux de discours et de mensonges historiques».«En littérature, poursuit-il, je crois beaucoup à des gens comme Blanchot, qui disait que la pérennité de la littérature tient à sa propension à disparaître.Dans ce sens, je ne suis peut-être pas de mon temps: je vois une immense différence entre l\u2019industrie du livre et la littérature.La littérature ne cherche pas tant à être vue ou à être lue, à vendre de la copie.Elle se cherche elle-même, contrairement à ce qu\u2019on colporte aujourd\u2019hui de manière assez systématique.Pour moi, la littérature est d\u2019abord une aventure personnelle.Après, qu\u2019on puisse la par tager avec des lecteurs, c\u2019est extraordinaire.C\u2019est du pur bonheur.» Collaborateur Le Devoir MEKTOUB Serge Lamothe Alto Québec, 2016, 200 pages MA TERRE EST UN FOND D\u2019OCÉAN Serge Lamothe Mémoire d\u2019encrier Montréal, 2016, 84 pages SUITE DE LA PAGE F 1 LAMOTHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 L I V R E S F 2 UNE ÉCOLE À LA DÉRIVE Essai sur le système d\u2019éducation au Nunavik Nicolas Bertrand s e p t e n t r i o n .q c .c a LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC D O M I N I C T A R D I F Qu\u2019est-ce qui est apparu en premier, l\u2019œuf ou la poule ?Le génie naît-il de la mélancolie ou la mélancolie du génie ?Voilà autant de questions qui semblent hanter Anto ine Charbonneau-Demers.Le lauréat du prix Rober t-Cliche 2016 se paie malicieusement la gueule des drama queens confondant tristesse et talent dans Coco, son premier roman.Quelque part dans une banale vil le de région, aussi b ien d i r e un « raco in du monde » , un fils est déposé par son père devant un ancien presbytère.On l\u2019a inscrit sans demander son avis au cours de théâtre des ateliers Marie-Thérèse Lambert.Elle est une grande actrice, dit-on, bien que sans preuve à l\u2019appui.D\u2019abord rétif , le frêle préado accepte, de force, de descendre au sous-sol où se déroulent les activités, et où il est happé par le magnétisme de sa prof.« Comment une femme peut- elle être aussi longue ?s\u2019inter- r oge - t - i l , sub jugué .El l e marche ; non, elle se déplace ; non, elle se pavane, dans les drapés noirs de sa robe.Elle boit de l\u2019eau ; non, elle la fait couler dans sa gorge comme dans une géode.Je m\u2019imagine parcourir le chemin de sa bouche jusqu\u2019à la sor tie de son ventre.» Rapidement pris sous l\u2019aile de madame, qui a tutoyé la gloire à New York, où elle faisait chaque soir mine de se suicider sur scène (!), le gamin se voit confier le rôle d\u2019un cancéreux.Il faudra, vraisemblance oblige, lui raser le crâne et révéler son coco.Onirique satire En 1984, Claude Meunier et Louis Saia dénonçait dans Ap- pelez-moi Stéphane l\u2019emprise d\u2019un acteur déchu sur ses élèves, dans l\u2019esprit desquels il s\u2019immisçait subrepticement.Dans une perspective moins caustique, et plus onirique, Antoine Charbonneau-De- mers raconte une semblable relation tordue entre une mentore aux pieds d\u2019argile et son petit apprenti.Un comédien doit-il d\u2019abord se jouer son théâtre à lui-même ?se de- mande-t-il en se dévoyant dans les comprimés et l \u2019alcool.Cette Marie-Thérèse, qui l\u2019obnubile, souhaite-t-elle être sa mère, son amante, son guide ?L\u2019admire-t-il ou la mé- prise-t-il ?Parce que le réconfor t se trouve par fois là où on ne le soupçonne pas, celui que l\u2019on surnomme Coco se reconnaîtra éventuellement, signe que son délire s\u2019aggrave, dans la figure de la reine des tragédiennes à la gomme, dont il dévore la biographie.«Je m\u2019assois près des cendriers et j\u2019ouvre le livre.Dressée pour être star.Michèle Richard s\u2019invente.Je comprends, en lisant, qu\u2019elle ment.Comme moi.C\u2019est une artiste parce qu\u2019elle s\u2019est efforcée d\u2019être assez malheureuse pour l\u2019écrire.Michèle Richard est malheureuse et elle chie son malheur dans le hall d\u2019un hôtel.» Avec ses passages joliment surréalistes dans lesquels le comédien en herbe rêve à Kame- lia Kaze, sulfureux alter ego de Marie-Thérèse Lambert, l\u2019auteur de 22 ans signale subtilement que son roman appartient au monde de la satire sagace.Les phrases en italiques qu\u2019il insère à même le paragraphe participent du même effort de décalage et permettent d\u2019avoir accès au monologue intérieur d\u2019un narrateur plus malicieux qu\u2019il le laisse d\u2019abord paraître.En évoquant la mort de Marie Trintignant, assassinée par Ber trand Cantat dans une chambre d\u2019hôtel lituanienne en 2003, Antoine Charbon- neau-Demers joue avec le feu, mais, grâce à l\u2019élégance de son écriture, ne sombre pas dans le mauvais goût.Sa fable railleuse est aussi amusante que son propos est limpide : le narcissisme rend aveugle, il demeure une des drogues les plus puissantes.Collaborateur Le Devoir COCO Antoine Charbonneau-Demers VLB Montréal, 2016, 224 pages PREMIER ROMAN Mentore aux pieds d\u2019argile Derrière le prix Robert-Cliche 2016 se cache une fable railleuse sur la relation maître-élève Points de convergence.Dans Géolocaliser l\u2019amour (éditions de Ta mère) et dans L\u2019enfant mascara (Leméac), l\u2019auteur et dramaturge Simon Boulerice plonge en vrille dans les amours complexes, celles qui tuent pour de vrai ou qui tuent de l\u2019intérieur, la faute à nos vies numériques.Autopsie d\u2019un drame séculaire toujours bien ancrée dans le présent.F A B I E N D E G L I S E O n connaît la chanson: les histoires d\u2019amour finissent mal ! En général, et sans doute un peu plus à l\u2019ère des Tinder et Grindr, ces réseaux sociaux qui permettent à l\u2019humain connecté, peu importe son orientation sexuelle, de sortir de sa solitude et ce, en «magasinant» une âme sœur ou en traquant cette aventure d\u2019un soir qui, sur les cœurs de pierre, laisse des égratignures.Géolocaliser l\u2019amour dresse, en une série de poèmes, la cartographie de ces nouveaux rapprochements humains induits par ces applications.L\u2019amour et les sentiments y sont désormais réduits à l\u2019état de marchandise, avec une facilité d\u2019accès, tout comme des déceptions, des frustrations et parfois une violence que les abonnés à ces amours chiennes préfèrent souvent ne pas regarder en face.« Dans les rencontres que j\u2019ai pu faire par l\u2019entremise de ces réseaux, le sentiment est partagé, dit Simon Boulerice, dont le bouquin re- visite avec une plume lucide et délicate autant ses aventures que celles de ses amis.Tout le monde est conscient qu\u2019il participe à quelque chose qui n\u2019a pas de bon sens, mais s\u2019y adonne quand même.» Esprit critique, es-tu là?Pas toujours, et ce serait la faute à la solitude, ce sentiment puissant et douloureux, moteur, selon lui, de ce nouveau commerce.«Stig Dagerman [romancier suédois] l\u2019a très bien résumé dans Notre besoin de consolation est impossible à rassasier [publié en 1952], dit-il.L\u2019être humain est fondamentalement carencé.Il a des brèches à colmater, et même si ces sites Internet ne sont pas très heureux, qu\u2019ils offrent de la tendresse et de la sexualité à consommation rapide, ils animent un désir impossible à refréner.» L\u2019illusion du rapprochement est forte.Elle ouvrirait même la por te sur des histoires d\u2019amour remarquables, assure Simon Boule- rice qui croit en la présence d\u2019humanité dans ces vastes catalogues humains.Mais il garde les yeux ouverts: le miracle de l\u2019amour est possible, mais il se produit moins souvent que la déception amoureuse.Pis, il y a aussi violence, dans le rejet d\u2019un prospect dont l\u2019envie disparait soudainement au moment de la rencontre.Violence aussi dans les commentaires formulés parfois sur une apparence.«On en devient collectivement masochiste, dit-il.Mais c\u2019est peut-être parce qu\u2019on y trouve notre compte.» Il y a de l\u2019amour dans l\u2019ère, mais cet amour est un brin dénaturé par des réseaux qui en font une matière jetable, dit Simon Boulerice.«On parle d\u2019être humain, mais on le réduit, par la fiche de son profil, par sa photo qui surjoue ses forces et dissimule ses faiblesses, à l\u2019état de produit.C\u2019est du magasinage et c\u2019est sans doute là toute la racine de la dysfonction: comment trouver des relations sérieuses dans des amours jetables?» Chez lui, le paradoxe nourrit la nostalgie.«Le caractère organique de l\u2019amour n\u2019est plus là, les rencontres for tuites qui fondent les histoires d\u2019amour non plus.On est dans la fabrication des relations, dans un buf fet à volonté, qui conduit sans doute l\u2019humain vers une possible chute.» Elle donne aussi le ton à une inquiétude devant des jeunes générations qui pourraient ne connaître de la séduction que ça.« Ce n\u2019est pas représentatif de la vie, dit-il.La séduction se joue ici dans un cadre protégé.L\u2019écran nous confère une armure qui nous laisse croire que l\u2019on est plus fort.Plus fort dans la haine, dans le mensonge, mais aussi dans la séduction.Or, cette armure nous fait perdre le contact avec la fragilité de nos émotions », qui fondent pourtant les rapprochements depuis que le monde est monde.Oui, la frénésie de ces nouveaux rapports donne le vertige, dit-il.Mais c\u2019est de moins en moins celui de l\u2019amour.Le Devoir GÉOLOCALISER L\u2019AMOUR Simon Boulerice Éditions de Ta mère Montréal, 2016, 244 pages L\u2019ENFANT MASCARA Simon Boulerice Leméac Montréal, 2016, 182 pages ENTREVUE Les amours chiennes En deux bouquins, Simon Boulerice sonde le cœur d\u2019un présent perdu dans ses solitudes ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Sur les sites de rencontre, le ratio miracle et déception n\u2019est pas à la faveur de l\u2019amour, dit le jeune auteur Simon Boulerice.La mort pour l\u2019amour C\u2019est une histoire tragique qu\u2019aborde avec élégance Simon Boulerice dans L\u2019enfant mascara, celle d\u2019un jeune transgenre amoureux d\u2019un garçon de son école.On est en 2008.À l\u2019approche du 14 février, il lui demande d\u2019être son valentin.La réponse va être d\u2019une violence inouïe : deux balles d\u2019arme à feu qui projettent l\u2019enfant décomplexé dans la mort et conduit son amour impossible et vexé dans une prison fédérale pour une peine de 21 ans.Le crime homophobe a fait vibrer l\u2019Amérique, avant de devenir source d\u2019inspiration pour le créateur québécois, qui plonge ici dans la tête de Larry King \u2014 c\u2019est le nom de la victime \u2014 pendant les jours qui précèdent le drame.Il y est question d\u2019identité sexuelle complexe et assumée, de l\u2019arrogance de l\u2019adolescence, de la folie de l\u2019amour, mais aussi de ces envies de l\u2019autre qui donnent ces ailes que la fulgurance brûle parfois.Fabien Deglise PEDRO RUIZ LE DEVOIR Avec ses passages joliment surréalistes, Antoine Charbonneau-Demers signale subtilement que son roman appartient au monde de la satire sagace.VITRINE MOT CLÉ MEKTOUB Serge Lamothe Alto Québec, 2016, 200 pages Roman à la tonalité mélancolique, Mektoub se déploie à travers deux narrateurs, un homme et une femme qui ne se sont jamais rencontrés, mais qui se sentent liés depuis toujours par une réalité mystérieuse qui à la fois enrichit et alourdit leur existence.«Dans un monde radicalisé, nous serions des radicaux libres », croit l\u2019un des acteurs de cette petite cellule exclusive.De Montréal à Kuujjuaq, des Olympiques de 1976 à nos jours, ils vont chacun de leur côté tenter de faire sens de cette intuition.Servi par son écriture fine et son intelligence habituelles, Serge Lamothe livre peut-être ici l\u2019un de ses meilleurs romans, où une science-fiction légère sert de moteur au jeu et à l\u2019invention.Histoire d\u2019amour impossible, éloge de l\u2019imaginaire, variation sur le thème de la liberté et du destin, commentaire sensible sur le monde contemporain \u2014 ce théâtre de beauté et d\u2019amour où l\u2019on court peut-être tous à notre perte \u2014, Mektoub séduit avec ses parts égales d\u2019ombre et de lumière.Christian Desmeules D A N I E L L E L A U R I N «J e suis une créatrice, je ne fais plus de films\u2026 il fallait que je fasse quelque chose», balance Paule Baillargeon de sa voix d\u2019éternelle jeune fille.À 71 ans, la réalisatrice, scénariste et actrice s\u2019est lancée dans l\u2019écriture romanesque comme on se jette à l\u2019eau.Sans bouée.Elle a commencé à écrire sans savoir que ce serait un roman, encore moins que ce serait publié un jour.«C\u2019est parti tout seul », s\u2019étonne-t-elle encore aujourd\u2019hui.«J\u2019ai enlevé mes lunettes et je les ai jetées au milieu du chemin.» C\u2019est la première phrase qui lui est venue.Elle l\u2019a gardée.C\u2019est la phrase qui ouvre Sous le lit, suivie par celle-ci : « Je me suis étendue nue sur le lit de verre de mes lunettes, au vent violent, à la pluie et au tremblement de terre.» En cours de route, ignorant ce qu\u2019elle tenait entre les mains, doutant d\u2019elle-même, elle a demandé conseil.Elle s\u2019est tournée vers deux écri- vaines qu\u2019elle admire : Élise Turcotte et Carole David.« Toutes les pistes étaient lancées, les chemins étaient là, explique Paule Baillargeon, mais il n\u2019y avait rien de terminé.Élise et Carole m\u2019ont dit de continuer, d\u2019aller au bout de mes chemins.» Ce qu\u2019elle a fait.Résultat : un cour t roman qui fonctionne beaucoup par associations d\u2019images.L\u2019impression de se retrouver dans un rêve.Une image en amène une autre, et ainsi de suite.Si les transitions par fois nous échappent, chaque image parle.« C\u2019est surréaliste, onirique cer taine- ment, mais il y a des choses très concrètes aussi », avance l\u2019au- teure.Et comment! À tout moment, paf, la réalité nous arrive en pleine face.Et ça peut être très violent.Du genre : une violation de domicile et une prise d\u2019otages à coups d\u2019AK-47.Très violent, Sous le lit, mais tendre aussi, sensuel.Traversé par une grande histoire d\u2019amour.« L\u2019amour, c\u2019est le moteur de mon roman », s\u2019enthousiasme Paule Baillargeon.Au cœur de l\u2019intime Après avoir cassé ses lunettes, la narratrice, le dos en sang, est recueillie par un homme bienveillant.Qui la soigne.Peau-Rouge, c\u2019est son nom.«C\u2019est un gars de la terre, précise l\u2019auteure, ce n\u2019est pas un intellectuel, il représente le peuple.La beauté du peuple.» Avec cet homme vieillissant, la narratrice, elle-même vieillissante, redécouvre l\u2019amour, redécouvre son corps : « Mon corps est une prairie qui ondoie dans le vent chaud de ses lèvres, de sa bouche qui me lave, et me dévore.Il parle.Il dit je t\u2019aime.» Alors que Peau-Rouge lui fait une «promesse terrifiante d\u2019amour», elle n\u2019a plus d\u2019âge.« J\u2019ai vécu ça, confie Paule Baillargeon.C\u2019est quelque chose qu\u2019on ne s\u2019attend pas à vivre quand on a l\u2019âge que j\u2019ai.Et on s\u2019aperçoit qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019âge.» Pas d\u2019âge, même si le corps, lui, a vieilli.«Ton corps est vieux, poursuit-elle.Tu aimerais tellement que ce ne soit pas le cas.Mais tu vis quand même une jeunesse, et mieux qu\u2019une jeunesse, parce que tu es forte de toute une expérience.Tu sais que tu es dans l\u2019amour.Tu vis un cadeau de la vie.» Sous le lit est bel et bien un roman.Avec des scènes complètement inventées.Elle y tient.Même si elle concède que « c\u2019est très personnel, très intime».«J\u2019ai mis mes tripes sur la table, ajoute-t-elle.Totalement.Et c\u2019est épeurant.» (rires) Dans son dernier film il y a six ans, Trente tableaux, le premier qu\u2019elle réalisait sur un scénario de son cru depuis La cuisine rouge en 1979, elle avait amorcé une démarche autobiographique.Clairement présenté comme un autoportrait, ponctué de ses dessins, ce long métrage représentait à ses yeux un bilan de vie.«Le fait d\u2019avoir pu le faire m\u2019a réconciliée avec moi- même, dit-elle.Ça m\u2019a comme lavée.J\u2019étais triste de ne pas avoir pu faire plus de films.» Quand elle a reçu un prix du Québec pour l\u2019ensemble de son œuvre cinématographique en 2009, elle était la première étonnée.Sa réaction au moment où elle a appris qu\u2019on voulait soumettre sa candidature en dit long : « Vous ne pouvez pas me présenter, je n\u2019ai pas d\u2019œuvre personnelle», s\u2019est-elle exclamée.«Je n\u2019ai pas fait tous les films que je voulais faire», affirme la cinéaste, qui a reçu il y a quatre ans le Jutra hommage pour l\u2019ensemble de sa carrière avant de se voir remettre par l\u2019UQAM un doctorat honorifique.«J\u2019ai fait des films de commande», insiste-t-elle.Des films écrits par d\u2019autres ou adaptés de romans, comme Le sexe des étoiles, de Monique Proulx.« J\u2019aurais voulu poursuivre ma démarche personnelle après La cuisine rouge, mais ça n\u2019a pas été possible», déplore-t-elle, constatant que ce film féministe, expérimental, sur la guerre des sexes, lui a fermé la porte des institutions.«J\u2019ai écrit plusieurs scénarios, mais je ne les ai jamais tournés.Je les ai proposés, mais ça n\u2019a pas marché.Je pense qu\u2019on me trouvait trop radicale, même si on ne me l\u2019a jamais dit en pleine face.» La liberté retrouvée Elle qui dit s\u2019être battue toute sa vie pour être libre a trouvé dans l\u2019écriture un espace d\u2019ouver ture inattendu.« Je ne décidais pas de ce que j\u2019allais écrire.C\u2019est la première fois que je suis vraiment entraînée par les mots, les images.» Roman d\u2019amour, Sous le lit, mais aussi roman politique, qui s\u2019interroge sur le sort du peuple québécois : « Je rêve en silence de changer le peuple, de le guérir de sa mor t lente », note la narratrice, qui cherche le poème idéal, celui qui réveillerait le peuple avachi devant la télé avec un bol de chips et une caisse de bière.« J\u2019ai été indépendantiste toute ma vie.Évidemment, aujourd\u2019hui je suis triste », laisse tomber Paule Baillargeon.Roman féministe, bien sûr, Sous le lit.Roman de la réconciliation et du deuil, qui panse les plaies d\u2019un avor tement.Roman existentiel, tout autant, qui s\u2019inter roge sur la mort, sur la vie après la mort.« Pendant que j\u2019écrivais, raconte l\u2019auteure, je suis devenue ef froyablement fatiguée.C\u2019était anormal.J\u2019étais couchée, incapable de me relever.Je me suis demandé si je n\u2019étais pas en train de mourir\u2026 C\u2019est passé maintenant, mais ça m\u2019a inspirée.» Roman hommage au cinéma, enfin, à Jean-Luc Godard en par ticulier, cinéaste préféré de Paule Baillargeon pour la maîtrise dont il fait preuve, mais surtout pour la liberté totale dont il témoigne dans son œuvre.Liberté totale : c\u2019est l\u2019expérience qu\u2019elle a vécue avec Sous le lit.Oui, dit-elle, elle s\u2019est sentie plus libre dans l\u2019écriture de ce roman que dans tout ce qu\u2019elle a fait au cinéma jusqu\u2019ici.« Infiniment plus libre », précise-t-elle.Avant de conclure : «L\u2019écriture, c\u2019est la liberté.» Collaboratrice Le Devoir SOUS LE LIT Paule Baillargeon Les Herbes rouges Montréal, 2016 , 102 pages L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 LITTERATURE F 3 \u2014 Québec en toutes lettres.7e festival \u2014 une édition noire 29 septembre \u2014 9 octobre Rencontres | Maison de la littérature Présentées par 7 octobre Polar, pas polar ?Avec Andrée A.Michaud, Guillaume Morrissette et Marie-Ève Sévigny Série Noire Avec Aurélien Masson Polar suisse Avec Quentin Mouron, Corinne Jacquet et Florian Eglin Les personnages récurrents dans la littérature policière Avec Johanne Seymour, Richard Ste-Marie, Jean Lemieux et Norbert Spehner Rencontre avec Gary Victor 8 octobre Polar historique Avec Jacques Côté, Maryse Rouy et Hervé Gagnon Polar d\u2019écrivaines Avec Julie Rivard, Zhanie Roy et Maureen Martineau Polar politique Avec Gary Victor, Stéphane Ledien et Jean-Jacques Pelletier Le polar québécois est-il exportable ?Avec Martin Michaud, Jacques Côté, Louise Alain et Carole Boutin 9 octobre Polar jeunesse Avec Camille Bouchard, André Marois et Maryse Rouy Le roman policier, anatomie d\u2019un genre Avec Norbert Spehner #QCenTL En spectacle | Stanley Péan, Gilles Archambault, Louise Dupré, Rober Racine, Chrystine Brouillet, Martin Michaud et plusieurs autres 418 641-6797 quebecentouteslettres.qc.ca P A L M A R È S AUTEUR/ÉDITEUR CLASSEMENT PRÉCÉDENT/ NB DE SEMAINE(S) RANG 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Romans québécois Les fautifs Denis Monette/Logiques 1/5 Il était une fois à Québec \u2022 Tome 1 d\u2019un siècle.Michel Langlois/Hurtubise 8/2 Sur les berges du Richelieu \u2022 Tome 1 La tentation.Jean-Pierre Charland/Hurtubise 2/5 La nature de la bête Louise Penny/Flammarion Québec 3/5 Feu \u2022 Tome 5 Le patriote errant Francine Ouellette/Libre Expression 7/2 Les chevaliers d\u2019Antarès \u2022 Tome 3 Manticores Anne Robillard/Wellan 4/6 Vi Kim Thúy/Libre Expression \u2013/1 L\u2019impureté Larry Tremblay/Alto 9/2 La promesse des Gélinas \u2022 Tome 4 Laurent France Lorrain/Guy Saint-Jean 6/6 L\u2019espoir des Bergeron \u2022 Tome 1 Un bel avenir Michèle B.Tremblay/Les Éditeurs réunis 5/3 Romans étrangers Si tu me voyais comme je te vois Nicholas Sparks/Michel Lafon 1/2 L\u2019homme qui voyait à travers les visages Éric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel 2/4 Un cœur sombre Roger Jon Ellory/Sonatine 4/2 Les bottes suédoises Henning Mankell/Seuil 5/5 Landon \u2022 Tome 1 Le choc Anna Todd/Homme \u2013/1 La fille de Brooklyn Guillaume Musso/XO 3/27 Cours, Alex Cross! James Patterson/Lattès 6/7 Station Eleven Emily St.John Mandel/Alto 7/5 Péché de chair Colleen McCullough/Archipel 10/6 Crossfire \u2022 Tome 5 Exalte-moi Sylvia Day/Flammarion Québec 8/12 Essais québécois Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces.Boucar Diouf/La Presse 6/50 Abécédaire du féminisme Collectif/Somme toute \u2013/1 La vérité sur le sucre André Marette | Geneviève Pilon/VLB 2/3 Un barbare en Chine nouvelle Alexandre Trudeau/Boréal 1/2 Le sens du devoir Lise Payette/Québec Amérique 3/3 À douze pieds de Mark Twain.Cabotinerie Victor-Lévy Beaulieu/Trois-Pistoles 7/2 Amériquoisie Jean Désy/Mémoire d\u2019encrier \u2013/1 Retrouver la raison Jocelyn Maclure/Québec Amérique 5/3 La peur du peuple.Agoraphobie et agoraphilie.Francis Dupuis-Déri/Lux 9/2 La dette du Québec : vérités et mensonges Collectif/M éditeur \u2013/1 Essais étrangers La puissance de la joie Frédéric Lenoir/Fayard 1/36 Les tisserands.Réparer ensemble le tissu.Abdennour Bidar/les Liens qui libèrent 5/2 Sapiens.Une brève histoire de l\u2019humanité Yuval Noah Harari/Albin Michel 2/32 Ce qui est à toi est à moi.Contre Airbnb, Uber.Tom Slee/Lux 3/3 Sorcières, sages-femmes et infirmières Barbara Ehrenreich | Deirdre English/Remue-ménage 6/2 Idéaux politiques Bertrand Russell/Écosociété 9/2 Pour la sociologie Bernard Lahire/Découverte \u2013/1 Le monde est mon langage Alain Mabanckou/Grasset 8/2 De la vérité dans les sciences Aurélien Barrau/Dunod \u2013/1 Ivres paradis, bonheurs héroïques Boris Cyrulnik/Odile Jacob 10/10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Du 19 au 25 septembre 2016 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.ENTREVUE Polysémie des images romanesques De l\u2019écran au roman, Paule Baillargeon pose ses tripes sur la table dans Sous le lit Sous le lit au cinéma ?Paule Baillargeon se laisse aller à rêver.« Je trouve que mon roman pourrait faire un mosus de bon film.Pas un film à 3 millions, à 10 millions.Il faudrait que ce soit tourné par un grand réalisateur.» Pourquoi pas elle ?«Non, sincèrement je n\u2019ai pas la capacité de faire un film comme ça.Et puis, personne ne va me donner le budget pour le faire\u2026» MARIE-HÉLÈNE TREMBLAY LE DEVOIR «J\u2019ai écrit plusieurs scénarios, mais je ne les ai jamais tournés.Je les ai proposés, mais ça n\u2019a pas marché.Je pense qu\u2019on me trouvait trop radicale, même si on ne me l\u2019a jamais dit en pleine face», dit Paule Baillargeon.«L\u2019amour, c\u2019est le moteur de mon roman» L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 L I T T É R A T U R E F 4 Les États-Unis par eux- mêmes.À l\u2019approche du scrutin américain, le 8 novembre prochain, Le Devoir vous propose de traverser l\u2019Amérique, d\u2019est en ouest, à la rencontre, chaque semaine, d\u2019auteurs qui, par le roman, la nouvelle, l\u2019essai ou la bande dessinée, dressent le portrait social, politique et économique de leur pays dans toute sa diversité.Troisième escale : la banlieue triste et la surconsommation depuis l\u2019Ohio de Derf Backderf.F A B I E N D E G L I S E L es ordures produites sur un territoire par les humains qui y vivent et y consomment peuvent être un très bon indicateur économique, estiment quelques économistes américains un peu moins coincés que les autres.Or, ces matières résiduelles peuvent également former un vaste territoire narratif capable de révéler la sociologie d\u2019un lieu, ses travers, ses peurs, ses obsessions\u2026 Un territoire qu\u2019explore, en benne à ordures, Trashed (éditions Çà et là) du bédéiste américain Derf Backderf.Tout en dessins bichromes et sur un scénario aussi cru que percutant, l\u2019homme y revient en effet, dans une version romancée, sur les lourdes années où il a été éboueur dans une petite ville de banlieue, banale et en- nuyante, de l\u2019Ohio.C\u2019est sale.C\u2019est raboteux.Mais cela donne au final un portrait plutôt convaincant de cette Amérique qui consomme dans l\u2019individualisme de ses maisons en rangées, qui produit dans l\u2019urgence et l\u2019obsession de l\u2019accumulation, sans trop se soucier des conséquences que cela peut avoir tout autour.La vérité sort des bouches de cette fiction où, à la page 196, J.B., \u2014 c\u2019est le nom du personnage principal \u2014 est envoyé le long d\u2019une autoroute pour y faire le ménage avant le passage de la tondeuse à gazon municipale.Il doit y récupérer, à la main, des dizaines de bouteilles de plastique remplies d\u2019urine, traînant dans les herbes hautes après avoir été jetées là par des camionneurs.« Ces routiers ont tant la pression de livrer leur cargaison au plus vite qu\u2019ils ne peuvent pas s\u2019arrêter pour aller aux toilettes », explique-t-il.En Ohio, plus d\u2019un million de ces contenants sont retrouvés sur le bord des autoroutes, selon le département chargé de l\u2019entretien de ces axes routiers.Là-bas, comme ailleurs au pays d\u2019Hillary, de Donald et de Mickey Mouse, sur vivre se joue désormais dans l\u2019irrespect des humains, qui, à défaut de mieux, se vengent sur la nature et l\u2019environnement.Chronique d\u2019une empreinte écologique ordinaire, Trashed s\u2019amuse de toutes ces dérives en braquant le projecteur sur ces sacs noirs remplis de merde de chien, ce vieux frigo déglingué, ces restes de peinture et de solvant dont on veut ignorer l\u2019existence une fois posés au coin de la r ue ou au pied d\u2019une boîte aux lettres au bout de l\u2019allée.Et ce, même si ce transfert de responsabilité se joue dans l\u2019insolence, l\u2019illégalité et la contradiction, que Derf Backderf éclaire avec ironie, humour et mordant.L\u2019individualisme ordinaire est sor ti des maisons de l\u2019Amérique, deux fois par semaine! Des disparités sociales qui cohabitent à un coin de rue à la peur du pauvre et de l\u2019étranger, en passant par l\u2019égoïsme du bien nanti, l\u2019abus de biens publics et le petit mépris du fils de riche lancé au visage de l\u2019homme qui ramasse ses crottes, tout est là, ou presque, pour révéler cette face sombre des États-Unis, dans un ensemble bien plus ordonné finalement et beaucoup moins puant que le contenu des sacs poubelles dans lesquels l\u2019œuvre cherche ici à faire un peu le ménage.Le Devoir TRASHED Derf Backderf Éditions Çà et là Bussy-Saint-Georges, 2015, 238 pages ÉTATS-ÉCRITS D\u2019AMÉRIQUE (3) Matière résiduelle à réflexion Trashed raconte une banlieue de l\u2019Ohio par ses poubelles I l y aurait encore quelque chose de pourri au royaume du Danemark.Dans ce monde de «consciences pures et de chiottes propres», il flotte parfois comme une odeur de rêves avortés, de désespoir et de misère lente.C\u2019est en tout cas l\u2019avis d\u2019un Estonien en cavale, infiltré dans un camp de réfugiés de la Croix-Rouge qu\u2019on a installé dans un trou perdu de la campagne dano ise .Ma is c\u2019est peut-être à cause de l\u2019odeur dif ficile à suppor ter de ses voisins de chambre népalais, africains ou bangladais.Ou tout simplement parce que lui-même ne se lave plus.Bel exemple de picaresque moderne, Le voyage de Hanu- mân d\u2019Andreï Iva- nov, un Estonien r ussophone « apatride » né en 1971, es t une sor te de Voyage au bout de la nuit semi-autobiographique.Compagnons d\u2019infortune, un Estonien et un Indien qui ne se quittent pas d\u2019une semelle vont dériver ensemble dans une nef des fous de demandeurs d\u2019asile et de clandestins, pour rissant dans l \u2019attente « comme des légumes que personne n\u2019a achetés » .Réduits à enrager contre le confor t policé qu\u2019ils observent, pour ainsi dire, de l\u2019autre côté de la vitre.À l\u2019aube des années 2000, jeté dans un mouvement «d\u2019éternel non-retour» vers son pays natal où des ennuis avec la mafia locale l\u2019ont forcé à se faire oublier le plus longtemps possible, le narrateur sans but, Eugène, est tenu pour mor t par tous ses amis.Cette paire beckettienne à la Vladimir et Estragon, clochards célestes accrochés l\u2019un à l\u2019autre comme la misère sur le pauvre monde, est réduite à faire les poubelles la nuit pour alimenter son petit trafic de nourriture périmée ou de bouteilles vides.Avec l\u2019espoir de pouvoir ensuite acheter assez de hasch pour en revendre à profit , avant de se soûler, de s\u2019assommer d\u2019herbe ou d\u2019aller rendre visite à quelque prostituée sans visage.En gros : essayer d\u2019oublier un moment trop court sa vie de chien errant et de crève-la-faim.Personnage protéiforme Moulin à paroles, « paranoïaque fini », mal engueulé, instable, contempteur grotesque et hilarant du Danemark (comique surtout, j\u2019imagine, si l\u2019on n\u2019est pas Danois), Hanumân peut se faire passer à volonté pour un Arabe, un Pakistanais ou un Péruvien.Par-dessus tout, celui qui por te le nom du dieu-singe dans la mythologie hindoue est obsédé par un objectif unique et sans la moindre originalité : atteindre un jour les États-Unis, sor te de nir vana où il pour ra enfin prendre abri sous le grand manteau vert américain.« Il concoctait ses histoires avec un tel art qu\u2019on ne pouvait guère distinguer le vrai et la fable, et débusquer la vérité, ou son ombre, sous une montagne de bobards.Ses monologues fantasmagoriques étaient pleins de personnages et d\u2019événements historiques qui n\u2019avaient jamais existé et qu\u2019il inventait à mesure.S\u2019il commençait à pleurer, ça pouvait aller jusqu\u2019à la toux, au bégaiement.» D\u2019abord passé par la Grèce et l\u2019Italie, qu\u2019il déteste autant que le Danemark à toute occasion (cette « boîte à sardines »), dentiste amateur qui est la terreur des molaires molles de son entourage, l\u2019Indien est une vraie boîte à surprises.Dans tous les cas, inutile de le contredire.« Autant se suicider.» Un personnage, un vrai.« Presque toute la merde du monde était concentrée en ces murs, avec tous ces déchets, cette crasse, ces voleurs, ces drogués, ces terroristes en fuite, ces simulateurs, ces trafiquants, ces crapules, ces faux jetons, ces bluf fers qui se font passer pour des réfugiés, ces tricheurs qui sont venus ici pour y mener la bonne vie et qui se retrouvent dans ce poulailler, ce cloaque puant.» Après quelques mois à errer au Danemark, Andreï Iva- nov a lui-même vécu durant deux ans dans un camp de réfugiés en mentant sur son identité.Il a depuis longtemps repris pied, est revenu en Estonie et raconte à qui veut l\u2019entendre qu\u2019il a beaucoup lu Céline.Le voyage de Hanu- mân, réjouissons-nous, est le premier tome d\u2019une trilogie scandinave.Une galerie de personnages à la limite de la folie.Des naufragés sans papiers pris dans les spirales de l\u2019autodestruction, pour qui la rage et le mensonge sont des moyens de sur vie.Par fois bête et mé- chant, porté par une narration bondissante qui nous fait cavaler entre humour, désespoir, névrose et folie contagieuse, le roman d\u2019Ivanov est une magnifique découverte.LE VOYAGE DE HANUMÂN Andreï Ivanov Traduit du russe par Hélène Henry Le Tripode Paris, 2016, 448 pages Compagnons de déroute L\u2019Estonien Andreï Ivanov raconte la dérive picaresque de vrais faux demandeurs d\u2019asile au Danemark DERF BACKDERF Trashed se déroule tout en dessins bichromes et sur un scénario aussi cru que percutant.CHRISTIAN DESMEULES M I C H E L B É L A I R L\u2019 Afrique du Sud est un creuset multicolore dans lequel se façonne un peu de l\u2019avenir du monde\u2026 et les choses se présentent plutôt mal.Il suffit de suivre l\u2019actualité pour se rendre compte à quel point le pari est difficile.C\u2019est ce que nous raconte d\u2019ailleurs depuis longtemps Deon Meyer dans chacun de ses livres, ce que nous dit aussi Roger Smith en appuyant fortement sur la violence qui sévit dans les flats du Cap.Mais voilà, une nouvelle voix s\u2019élève, celle de Michèle Rowe.Et que dit-elle de neuf ?Les enfants du Cap plante son histoire dans cette péninsule, au sud de la fameuse Table Mountain qui domine la ville.Un vieil adage s\u2019y vérifie: «Làoù il y a de l\u2019homme il y a de l\u2019hommerie», quelle que soit la couleur de l\u2019homme en question.Le récit s\u2019amorce lentement avec la découverte d\u2019un corps sur la plage qui fait remonter de vieilles histoires impliquant à peu près tout le monde, Blancs, Métis, Noirs.Au fil des pages souvent somptueuses décrivant ce paysage unique bordé par deux océans contradictoires \u2014 l\u2019un torride comme l\u2019Asie et l\u2019autre nourri par l\u2019Antarctique \u2014, on découvre des gens odieusement riches et des quar tiers pauvres, des policiers corrompus protégeant des petits dealers ordinaires et une classe moyenne blanche avec de moins en moins de moyens, justement.Au centre de cette toile, un noyau dur de spéculateurs tire sans en avoir l\u2019air les dernières ficelles du legs de l\u2019apartheid.L\u2019inspectrice Persy (pour Perséphone) Jonas, une enfant du coin, est chargée de l\u2019affaire.C\u2019est sa première enquête.Elle sent intuitivement que Sean Doller y, son ami d\u2019enfance devenu truand, y est impliqué jusqu\u2019à l\u2019os, mais elle doit en faire la preuve.Aux prises autant avec un collègue envieux et louche qu\u2019avec une profileuse imposée par son patron, la policière prend rapidement conscience que cette affaire la met devant les démons qui hantent son passé.Mais Jonas est entêtée et elle va savoir mener l\u2019enquête jusqu\u2019à sa conclusion.Ce qui fascine ici d\u2019abord, c\u2019est le ton ; la magouille n\u2019a pas vraiment de couleur et on a un peu l\u2019impression de lire un dossier bien étof fé sur ce qui s\u2019est passé en Afrique du Sud après l\u2019apartheid et l\u2019âge d\u2019or de Mandela.Les personnages également s\u2019imposent.Avec lenteur, écrasés de chaleur et souvent imbibés d\u2019alcool, ils déclinent leur présence mollement selon leur statut : cool, inconscients, profiteurs, désespérés.Il y a là de minables ordures, comme il se doit, mais aussi des personnages touchants dans leurs maladresses \u2014 comme Persy, Marge Labuschagne, la profi- leuse un peu névrosée, et quelques autres.L\u2019intrigue est bien menée jusqu\u2019à la fin et, on l\u2019a dit, l\u2019écriture de Rowe est magnifique quand elle s\u2019attarde à décrire les odeurs et les couleurs étranges de ce pays si différent.Dans une Afrique du Sud qui a du mal à se défaire de ses complexes et de ses préjugés, voilà une voix plus «sociale» que l\u2019on réentendra certainement.Collaborateur Le Devoir LES ENFANTS DU CAP Michèle Rowe Traduit de l\u2019anglais par Esther Ménévis Albin Michel Paris, 2016, 440 pages POLAR Tension en territoire de contradictions RODGER BOSCH AFP Arrestation et recherche d\u2019armes dans la région du Cap Andreï Ivanov raconte à qui veut l\u2019entendre qu\u2019il a beaucoup lu Céline deux candidats que les électeurs n\u2019aiment pas?Christine Ockrent évoque une « implosion » du Parti républicain et une « usure » du Par ti démocrate.Elle consacre d\u2019ailleurs des chapitres à cette évolution dans son dernier ouvrage, Clinton/Trump.L\u2019Amérique en colère, paru chez Robert Laffont.«L\u2019élite du Parti républicain a perdu complètement le contact avec sa base, explique-t-elle en entrevue.Elle se préparait gentiment à choisir Jeb Bush.Tout était organisé en fonction de cela.Or, dès le premier débat, Trump lui a reproché d\u2019être \u201clow energy\u201d et c\u2019en a vite été fait de lui.[\u2026] Donald Trump a pris l\u2019élite du parti totalement au dépourvu.» Christine Ockrent ajoute que le milliardaire « fracasse tous les dogmes » des républicains, dont l\u2019attachement au libre-échange et à une institution comme l\u2019Alliance Atlantique.« Et en quels termes ! Il trouve que l\u2019OTAN est un vieux machin et que Vladimir Pou- tine est un type épatant, qu\u2019il est un meilleur président que le président des États-Unis.» En voulant hausser leurs cotes d\u2019écoute, les chaînes de télévision ont fait de Trump un candidat sérieux et, ce faisant, lui ont donné l\u2019équivalent de 2 milliards de dollars de temps d\u2019antenne gratuit.«Il n\u2019est sûrement pas un homme d\u2019affaires génial, mais il est un as du marketing: il dit tout haut ce que beaucoup de Blancs d\u2019un certain âge qui ne supportent pas d\u2019avoir un président noir pensent tout bas.Leur colère a trouvé un visage», estime Christine Ockrent.«Le Parti démocrate, devenu un parti d\u2019experts, a lui aussi perdu le contact avec cette classe moyenne et ces cols bleus de la Rust Belt qui se trouvent perdants à la fois de la crise des subprimes et de la mondialisation», poursuit l\u2019auteure, ajoutant que la grande surprise chez les démocrates aura été la ténacité de Bernie Sanders.Le vieux sénateur du Vermont «a enflammé les jeunes en leur offrant de l\u2019utopie et, il faut bien le dire, une forme de populisme.Tout ce que le nom de Clinton n\u2019offre pas.Ce nom est associé à un establishment que la jeunesse et une partie de l\u2019électorat démocrate ne veulent plus voir.» Christine Ockrent croit tout de même que les partisans de Sanders suivront le mot d\u2019ordre de leur idole et voteront le 8 novembre pour Mme Clinton, qui a d\u2019ailleurs fait évoluer son programme vers la gauche.Plusieurs sondages récents donnent Clinton et Trump à égalité, même si ce dernier s\u2019est aliéné une bonne partie des femmes, des Noirs et des Hispaniques, sans oublier les musulmans.Il est clair que le taux de participation dans chacun de ces segments de l\u2019électorat sera déterminant.Dans les deux camps, on s\u2019emploie à mobiliser les électeurs, même si ce n\u2019est pas toujours avec le plus grand enthousiasme.Ces élections, qui surviennent dans un climat marqué par une nouvelle vague d\u2019attentats et par des tensions raciales comme on n\u2019en avait pas connu depuis des décennies, sont néanmoins très intéressantes pour les journalistes.«Tout cela est incroyable et passionnant», constate Christine Ockrent, qui se garde bien de faire un pronostic.Collaboration spéciale Le Devoir CLINTON/TRUMP L\u2019AMÉRIQUE EN COLÈRE Christine Ockrent Robert Laffont Paris, 2016, 288 pages SUITE DE LA PAGE F 1 DUEL P our un Québécois nationaliste et indépendantiste, le temps présent n\u2019est pas réjouissant.À Ottawa, l\u2019héritier d\u2019un des grands négateurs du concept de nation québécoise règne en maître adulé, avec l\u2019assentiment d\u2019une majorité de Québécois.Au Québec, un poussif gouvernement libéral multipliant les faux pas et cultivant une allergie à tout discours favorable à l\u2019identité québécoise se maintient en tête des sondages.Le Par ti québécois (PQ), en quête d\u2019un nouveau chef inspirant, ne récolte l\u2019adhésion que du quar t des électeurs et traîne sa raison d\u2019être comme un boulet.La conjoncture, dans ce camp, est si pénible que même un intellectuel indépendantiste aussi déterminé que Mathieu Bock- Côté en est réduit à suggérer de « sauver les meubles » (L\u2019Actualité, septembre 2016).Ce n\u2019est pas en lisant Le mal du Québec, de Christian Saint- Germain, que les par tisans d\u2019un Québec libre et français trouveront du réconfort.« Il y a quelque chose de pourri au royaume de Menaud maître- draveur», lance d\u2019entrée de jeu le pamphlétaire.Le Québec, écrit-il, est devenu «une société dépossédée de tout idéal, remise à ses comptables, à ses médecins et au reste des âmes damnées qui mènent le monde à sa perte ».Atteint d\u2019une profonde «maladie de la volonté » qui le rend incapable de justifier son existence, devenu étranger à lui-même, c\u2019est-à-dire à la valeur de son exceptionnalité en Amérique, le peuple québécois a troqué sa vieille devise \u2014 « Je me souviens » \u2014 contre un appel à l\u2019aide de grabataires : «Aidez-nous à mourir.» Honneur et fragilité Dans une prose luxuriante et survoltée aux accents prophétiques et nietzschéens, le philosophe, poursuivant sur l\u2019élan de son précédent essai L\u2019avenir du bluff québécois (Liber, 2015), accable le PQ de reproches, l\u2019accusant d\u2019être le principal responsable de cette débandade.L\u2019indépendance nationale, selon lui, qui pense là comme les Bourgault, Fa- lardeau et Ferretti, est une af faire d\u2019« honneur rétabli », de sor tie de la dépendance coloniale et « ne saurait être \u201cvendue\u201d à des citoyens \u201cindécis\u201d, comme s\u2019il fallait présenter les avantages comparatifs entre divers modèles de systèmes politiques ».L\u2019indépendance se justifie, continue Christian Saint-Ger- main, en parlant d\u2019identité québécoise, voire d\u2019ethnicité, de foi profonde, d\u2019enracinement, de lutte coloniale, de conquête, de patriotes et de fragilité d\u2019un peuple en sursis.Or, au PQ, dans la course actuelle, « ce serait plutôt compost, électrification du transport en commun, garderie à 8 piastres, péréquation, réussite scolaire par réformes successives et changement de barèmes, sans compter la promesse audacieuse d\u2019en finir avec les patates déshydratées dans les CHSLD».Le PQ serait devenu un « théâtre d\u2019été », une « comédie de situation», un « forum de palabres tribaux où l\u2019on échange collectivement des excuses, des discours de démission et des boniments de circonstance ».Les grands prédécesseurs des péquistes d\u2019aujourd\u2019hui \u2014 les Lévesque, Parizeau, Landry et Bouchard \u2014 ne trouvent pas grâce non plus aux yeux du pamphlétaire, qui dénonce «cinquante ans d\u2019argumentaire provincial mené par des politiciens battus d\u2019avance» et habités par la «peur de la rupture».Très dur à l\u2019endroit de Pierre Karl Péladeau, cet « esprit confus à la syntaxe boiteuse et à la déclaration approximative », qu\u2019il compare au « Ré- jean de La petite vie» et dont il se moque du désistement pour des raisons familiales \u2014 ima- gine-t-on de Gaulle, note-t-il, avoir recours à un tel faux- fuyant \u2014, Christian Saint-Ger- main conclut que « le PQ a toujours préféré l\u2019état stationnaire à l\u2019État sécessionniste » , a échoué à faire évoluer « la conscience de soi francophone» et mérite de s\u2019éteindre.Tragédie et relance Le polémiste est peu disert, cependant, à l\u2019heure de nous dire comment cette extinction pourrait permettre un nouvel élan indépendantiste.Sa thérapie de choc n\u2019inclut pas de plan de relance et semble oublier que, quand la maison brûle, un PQ sauveur de meubles vaut mieux qu\u2019un vide perpétuellement rempli par les libéraux et qu\u2019il est préférable de sur vivre dans une décevante modération stratégique que de mourir dans la dignité du pur.Dans le premier cas, l\u2019avenir reste possible.Le mal tel que diagnostiqué par Saint-Germain, et qu\u2019il attribue au «modèle québécois» issu de la Révolution tranquille, est si profond qu\u2019il confine à la tragédie.Ayant démissionné de « la suite collective des choses», le Québécois serait désormais obsédé par sa seule fin individuelle et animé par une « passion de l\u2019ignorance».Indifférent au respect de sa langue qu\u2019il porte comme un fardeau et à la débâcle de son système scolaire qu\u2019il abandonne à des enseignants choisis parmi les étudiants les plus faibles et « frappés pour la plupar t des troubles envahissants de l\u2019inculture », comme leurs ministres, le Québécois accepte avec enthousiasme qu\u2019on fasse du « geste de tuer » une pratique de soins légitime, laissée aux mains d\u2019une « caste médicale » plus occupée à accaparer le budget de l\u2019État qu\u2019à améliorer la qualité des soins, se scandalise Saint-Germain, qui ajoute que « l\u2019assurance maladie est l\u2019opium du peuple québécois », la seule religion à laquelle il adhère.Expert en démolition, le philosophe enfonce souvent son marteau, non sans raison, là où ça fait mal.Toutefois, emporté par son énergie ravageuse, il excède sans cesse la mesure, laisse le plaisir du défoulement gagner sur le devoir de justice et de justesse et oublie qu\u2019au milieu des décombres, il faut avoir un peu de lumière pour pouvoir retrouver le chemin.louisco@sympatico.ca LE MAL DU QUÉBEC DÉSIR DE DISPARAÎTRE ET PASSION DE L\u2019IGNORANCE Christian Saint-Germain Liber Montréal, 2016, 144 pages L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 ESSAIS F 5 Les Presses de l\u2019Université de Montréal ont le plaisir de vous inviter à une table ronde organisée à l\u2019occasion du lancement de l\u2019ouvrage collectif Philosophies de la connaissance.Mercredi 5 octobre 2016, de 17 h à 19 h LIBRAIRIE OLIVIERI 5219, chemin de la Côte-des-Neiges Un vin sera offert.Réservation obligatoire : 514 739-3639 Yves Gingras : Que peut dire la sociologie sur la nature de la connaissance ?François Duchesneau : Existe-t-il deux sortes irréconciliables de philosophie de la connaissance, la « continentale » et l\u2019« analytique » ?Pierre Poirier : Les sciences cognitives actuelles fournissent-elles un fondement radicalement novateur à la théorie de la connaissance ?Georges Leroux : La philosophie de la connaissance d\u2019aujourd\u2019hui a-t-elle quelque chose à apprendre de son histoire ?Les Presses de l\u2019Université de Montréal www.pum.umontreal.ca Robert Nadeau, qui a dirigé l\u2019ouvrage, animera la discussion.M I C H E L L A P I E R R E Le peuple fait peur à bien des conservateurs.Ne se laisse- t-il pas séduire par les idées du jour au point parfois de se révolter ?Le peuple peut aussi parfois avoir peur de ses gouvernants.Dans La peur du peuple, le politologue et militant Francis Dupuis-Déri joue lumineusement sur les deux sens de l\u2019expression.Vers 2012, du mouvement Occupy Wall Street à notre printemps érable, la démocratie directe et populaire a-t- elle pris un tournant planétaire?Dupuis-Déri le croit en se référant à David Graeber, participant et penseur, dès 2011, d\u2019Occupy Wall Street.Comme l\u2019anthropologue américain, le politologue québécois ne voit dans ce mouvement et l\u2019alter- mondialisme, qui l\u2019a précédé d\u2019une dizaine d\u2019années, rien de moins qu\u2019« un projet de refon- dation de la démocratie».Au lieu de s\u2019appuyer sur des représentants du peuple, la démocratie y devient directe, de façon plus systématique que dans la longue histoire du militantisme, c\u2019est-à-dire, pour reprendre les mots de Dupuis- Déri, qu\u2019elle « consiste à s\u2019assembler pour discuter et prendre collectivement des décisions ».Si elle s\u2019éloigne alors de l\u2019anarchie au sens de chaos, d\u2019absence d\u2019autorité, elle l\u2019inclut au sens plus rationnel d\u2019absence de domination.Sur les pas de Rousseau L\u2019essayiste traite de deux attitudes politiques opposées à l\u2019égard de la démocratie directe : l\u2019agoraphobie de ceux qui la repoussent et l\u2019agoraphi- lie de ceux qui l\u2019accueillent.Sa manière de voir les choses, si saugrenue qu\u2019elle puisse paraître à certains, s\u2019inscrit dans la lignée de Jean-Jacques Rousseau, le penseur politique encore clandestin, malgré son grand renom, de l\u2019Occident moderne.De lui, Dupuis-Déri cite Le contrat social (1762).Rousseau y écrit : «La volonté ne se représente point\u2026 Les députés du peuple ne sont donc ni peuvent être ses représentants.» Le politologue québécois réactualise avec brio cette idée : «L\u2019agoraphobie politique propose qu\u2019une élite exerce son pouvoir sur le peuple (domination), alors que l\u2019agoraphilie politique désire que le peuple exerce son pouvoir faire (autonomie), qui est à la fois un pouvoir avec (pouvoir collectif) et un pouvoir du dedans.» Ce dernier pouvoir, plus subtil, relève de la psychologie et de la culture.À la suite de Rousseau, qui soutenait que l\u2019usage de la députation «nous vient du gouvernement féodal », Dupuis-Déri y discerne une injure au principe de la démocratie.Pour lui, la représentation « est à la fois une monarchie et une aristocratie électives».Il se garde de citer le passage très lucide du penseur : « S\u2019il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement.Un gouvernement si par fait ne convient pas à des hommes.» Cependant, Dupuis-Déri se reconnaît utopiste.Ami du peuple, il ose, malgré la situation désespérante d\u2019une planète climatiquement en sursis, chercher la démocratie directe comme la seule étoile salvatrice.Collaborateur Le Devoir LA PEUR DU PEUPLE AGORAPHOBIE ET AGORAPHILIE POLITIQUES Francis Dupuis-Déri Lux Montréal, 2016, 464 pages La démocratie au-delà du désespoir Pour Francis Dupuis-Déri, seul le pouvoir direct du peuple peut sauver la planète Le PQ est-il coupable du mal du Québec?La formation politique est accusée d\u2019avoir étouffé l\u2019élan indépendantiste LOUIS CORNELLIER ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Expert en démolition, le philosophe Christian Saint-Germain enfonce souvent son marteau, non sans raison, là où ça fait mal.EMMANUEL DUNAND AFP Une participante d\u2019Occupy Wall Street, en 2012. I AU 9 TROIS:RIVIÈRES \u201830 SERTEMBRE OCTOBRE»2016 PRESENTE PAR O1?POETES INVITES PRIX DE POESIE DAVID, Carole Grand Prix Québecor du Festival International de la Poésie 2016 LACHAPELLE, Virginie Prix Piché de poésie de l'UQTR 2016 LEFEBVRE, Marianne B.Finaliste - Prix Piché de poésie de TUQTR 2016 BEAUREGARD D., Virginie Prix de poésie Jean-Lafrenière/Zénob 2016 SERRANO, Pedro (Mexique) Prix international de poésie Antonio Viccaro 2016 DUPRÉ, Louise Prix de poésie Jaime-Sabines/Gatien-Lapointe 2016 ROY, André Prix de poésie Alain-Grandbois 2015 POURBAIX, Joël Prix de poésie du Gouverneur général 2015 MORENCY, Joanne Prix de poésie Radio-Canada 2015 LABRIE, Pierre Prix ANEL-AQPF 2015 OUELLET, Pierre Prix Athanase-David 2015 , LESSARD, Rosalie Prix Emile-Nelligan 2016 CHIASSON, Herménégilde Prix Antonine-Maillet 2015 TRUDEL, Rosalie Bourse Hector-de-Saint-Denys-Garneau DUMONT, Frédéric Prix Félix-Antoine-Savard de poésie 2016 POÈTES INTERNATIONAUX ANCELET, Barry Jean (Louisiane) ANIKINA, Olga (Russie) AWONO, Jean-Claude (Cameroun) BARENDSON, Samantha (Argentine/France) BONNEVILLE, Lyse (France) CADET, Maurice (Québec/Haïti) \u20ac) CORBELLINI, Helena (Uruguay) CORTES GONZALEZ, Alejandro (Colombie) DAVENTRY, Claudia (Ecosse) FIERENS, Andy (Flandre-Belgique) JENKINS, Carol (Australie) LEGEZA, Dmitry (Russie) LIBERT, Béatrice (Wallonie-Belgique) MADRID, Salvador (Honduras) MASSRI, Maram (Syrie/France) NAMUR, Yves (Wallonie-Belgique) NILSSON, Henrik (Suede) PAOLANTONIO, Jorge (Argentine) PICCAMIGLIO, Robert (France) SALAS AVILES, Diego (LOJIQ) (Mexique) SANAHUJA, Eduard (Catalogne-Espagne) SANCHEZ BAREA, Ivonne (Espagne) SENE, Fama Diagne (Sénégal) SKWARA, Erich Wolfgang (Autriche) TALVAZ, Anne Ortiz (France) VALENCIA, Ingrid (LOJIQ) (Mexique) VILLARREAL, José Javier (Mexique) VILLARREAL, Minerva Margarita (Mexique) ZECHARIA, Anat (Israël) CB POÈTES RÉSIDANT OU AYANT ÉTÉ PUBLIÉS HORS-QUÉBEC ARLUK, Reneltta (Colombie-Britannique) BOSSÉ, Paul (Nouveau-Brunswick) CÔTÉ LEGAULT, Antoine (Québec) HARBEC, Hélène (Nouveau-Brunswick) HUARD, Julie (Québec) LANGLOIS, Dominic (Nouveau-Brunswick) TREMBLAY, Gaston (Ontario) VERMEERSCH, Paul (Ontario) POÈTES QUÉBÉCOIS AL-YASIRI, Issa Hassan (Irak-Québec) BARETTE, André BLAIS, Geneviève BOISVERT, France BOLSTER, Stéphanie BOUTHILLIER, Anne-Marie COWAN, Judith CYR, Céline CYR, Véronique DAOUST, Jean-Paul DARGIS, Daniel DEVAULT, Gilles DORION, Hélène DUVAL, Isabelle FORGUES, Valérie GAGNÉ, Nicole GERMAIN, Christine HÉBERT, Louis-Philippe LAFLEUR, Annie LAMBERT, Roseline LÉVESQUE, Baron Marc-André MARTEL, Émile MORENCY, Catherine PLEAU, Michel POISSON, Sylvie QUINN, Judy RÉGIMBALD, Diane RENAUD, Yannick ROFFÉ, Nelly SAGALANE, Charles SALMERON, Odelin (Cuba/Québec) TRAHAN, Michaël TURCOTTE, Élise YOUNSI, Ouanessa © Au moment où ce programme est entré sous presse, ce poète était en attente de visa.Il est possible qu'il ne l'ait pas obtenu.Veuillez consulter le site fiptr.com pour obtenir l'information à jour ainsi que l'horaire détaillé du festival.CH CRANDE*SOIRÉE QUEBECOR, RAL wed) Sachem 20 b 8 ae Tobligatoire Prague co 110YLOY la lYle-Synsy w.fs LE ET GALERIES DU CENTRE-VILLE ELQUES INCONTOURNABLES J ee 00000000000000000000000000 FY [YA 350 PSII oI: LES | TU RATIO 3 ess N/ oo QU ects Le pin.227 c'est de la poésie en bouteille, DUO RÉUNION : L'HEURE EXQ XA (3 MITC OR wy Centre d'art des BAH MUSIQUE MII MON DE LX lL FARR.J LX x = POESIE D'AIL NULS 9 octobre 17 h UE KX la culture Maiso Sa GE ENERO oS Mori AIG AY Aa AN art L TNE SO A) Lupine! 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