Le devoir, 1 octobre 2016, Cahier E
[" Red Bull Music Academy, la redoutable mécanique Page E 3 Serial ou quand la balado a le vent en poupe Page E 4 C A H I E R E \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 Kim Nguyen ou l\u2019envoûtante étrangeté Le cinéaste québécois revient sur le fond et la forme d\u2019Un ours et deux amants C\u2019était important pour moi que cet élan vers le Grand Blanc relève du concept de l\u2019inquiétante étrangeté, de Freud Kim Nguyen « » Dévoilé au Festival de Cannes, présenté ensuite au Festival international du film de Toronto et, enfin, en ouverture du Festival du nouveau cinéma le 5 octobre, Un ours et deux amants, le plus récent long métrage de Kim Nguyen, ne manque ni d\u2019ambition ni d\u2019imagination.F R A N Ç O I S L É V E S Q U E I l est original, le cinéma de Kim Nguyen, et cela, depuis son tout premier film.Campé dans un pays non identifié de l\u2019Europe de l\u2019Est au XIXe siècle, Le marais, sorti en 2002, annonçait un auteur doué pour transformer la réalité en fantasmagorie en l\u2019imprégnant d\u2019une part de mythe.Moins ouvertement insolite que Truffe ou La cité, son nouvel opus, Un ours et deux amants, est plus proche du réalisme magique parcimonieux de Rebelle.Comme dans ce dernier film, les tourments des protagonistes, deux amoureux qui venaient du froid, s\u2019incarnent à l\u2019image.Littéralement.Fait intéressant, Un ours et deux amants, en salle à partir du 7 octobre, aurait pu être le second long métrage de fiction de Kim Nguyen plutôt que son cinquième.«Tout de suite après Le marais, Roger [Frappier, le producteur] m\u2019a montré une nouvelle de Louis Grenier qui est devenue Un ours et deux amants quatorze ans plus tard», explique le réalisateur.Le film se déroule dans une ville anonyme du Grand Nord, tout près du pôle : «200 âmes et des routes qui ne mènent nulle part».Lucy et Roman y travaillent, s\u2019y cachent plutôt.Fuyant leurs démons respectifs, ils se sont trouvés.Leur relation est intense, toxique, diraient certains.Elle est pourchassée par le spectre d\u2019un homme, peut-être son père.Il est visité par un ours polaire aux origines divines avec qui il discute le plus normalement du monde.Faisant face à un cul-de-sac existentiel, les deux jeunes gens décident de partir vers le Sud en motoneige.Or, pour belle qu\u2019elle soit, cette nature-là ne pardonne pas.Inquiétante étrangeté Tourné à Iqaluit, Un ours et deux amants repose à ce chapitre sur les interactions non pas entre deux, mais entre trois personnages, les décors naturels spectaculaires étant le troisième.«C\u2019était important pour moi que cet élan vers le Grand Blanc relève du concept de l\u2019inquiétante étrangeté, de Freud.» On parle bien sûr de ce malaise engendré par une rupture dans la rationalité du quotidien, et qui prend ici la forme de cet ours parlant, de ce fantôme malveillant, et, oui, de ce paysage vivant, et de surcroît blanc comme un linceul.Une séquence chargée de poésie montre d\u2019ailleurs le panorama « respirant », avec les embâcles qui se soulèvent telle une inspiration, puis s\u2019abaissent telle une expiration.Ingénieux, l\u2019effet fut accompli en photographiant les marées au rythme d\u2019une image toutes les 20 secondes.«Ce phénomène-là \u2014 la respiration de la mer gelée \u2014 est probablement, de tout ce que j\u2019ai vu dans ma vie, ce qui illustre le mieux cette idée que la terre est une créature vivante.» La nature de l\u2019amour Cela étant, «anthropomorphiser» le décor revêtait d\u2019autres avantages.«Comme scénariste et cinéaste, il vient un moment où tu prends conscience à quel point le lieu de l\u2019action peut enrichir une trame narrative.L\u2019univers extérieur FILMS SÉVILLE Tatiana Maslany et Dane DeHaan, deux des acteurs du film Un ours et deux amants du réalisateur Kim Nguyen ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pour Kim Nguyen, la beauté et la dureté de l\u2019Arctique of fraient l\u2019occasion de donner vie aux tourments de Lucy et de Roman.VOIR PAGE E 11 : NGUYEN CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 E 2 à l\u2019affiche tnm.qc.ca infos et réservations bellessoirees.umontreal.ca une grande entrevue avec denis marleau et stéphanie jasmin animée par lorraine pintal jeudi 6 octobre de 14 h à 16 h sur la scène du tnm les beaux entretiens ! Une présentation supplémentaire ! mer 26 octobre à 20 h avec emmanuel schwartz, benoît brière, anne-marie cadieux, violette chauveau + carl béchard, nicolas dionne-simard, annie éthier, maxime genois, rachel graton, denis lavalou, bruno marcil, monique miller, jérôme minière collaboration artistique stéphanie jasmin production tnm en collaboration avec ubu, compagnie de création du 25 octobre au 19 novembre 2016 avec Evelyne de la Chenelière Sophie Desmarais Louise Laprade Frédéric Lavallée Évelyne Rompré une coproduction ESPACE GO + SIBYLLINES + THÉÂTRE FRANÇAIS DU CNA texte Marta Hillers traduction Françoise Wuilmart adaptation Jean Marc Dalpé mise en scène Brigitte Haentjens PARTENAIRE DE SAISON THÉÂTRE ESPACE GO | BILLETTERIE : 514 845-4890 | ESPACEGO.COM J\u2019 a i chez mo i une grande œuvre horizontale, quasi monumentale, du peintre et graveur québécois Paul Béliveau.Il s\u2019agit d\u2019un travail d\u2019artiste, giclée sur papier Arches, sur tirage photo, représentant deux dos de livres couchés sur fond noir : L\u2019avalée des avalés et L\u2018océantume de Réjean Du- charme, en leurs éditions Gal- limard originales jaunies, écornées, avec un encadrement très moderne qui fait contraste.Le rouge du titre de L\u2019avalée des avalés s\u2019est af fadi, désormais rosé et presque illisible, exactement comme sur le livre de 1966 trouvé dans une librairie d\u2019occasion.Le tableau témoigne du passage du temps sur des volumes aimés, relus, puis abandonnés par leur propriétaire : d\u2019où leur position couchée.C\u2019est du moins ma lecture de cette œuvre-là, d\u2019autant plus qu\u2019elle participe à la série Va- nitas de Béliveau, mise en branle en 2002, qui devait lui apporter la célébrité et trôner sur la soixantaine d\u2019expositions solos consacrées à son œuvre, ici et ailleurs.Dans l\u2019iconographie courante, les vanitas, ou vanités, depuis le Moyen Âge représentées sur natures mor tes par un crâne et des objets abîmés \u2014 livres, globes, instruments de musique, etc.\u2014, évoquent les plaisirs, les passions et les possessions éphémères de la vie, une fois leurs rayons tombés.Quand le ministre de la Culture, Luc Fortin, a reconnu le mois dernier la parution de L\u2019avalée des avalés comme un événement historique, j\u2019ai levé les yeux en saluant sa représentation au mur.Mais je lui réser ve mon grand coup de chapeau le 16 novembre prochain, lors du cinquantenaire de sa venue au monde.Rares sont les peintres de livres aujourd\u2019hui.Et quand j\u2019ai trouvé à Paris, sur les quais, l\u2019aquarelle plus naïve d\u2019un artiste inconnu représentant des dos de volumes usés, je l\u2019ai acquise aussi comme prise de guerre.Les objets communiquent parfois entre eux, du moins j \u2019aime à le croire, et ce duo de bouquins encadrés, accrochés chacun de leur bord, doit échanger des confidences la nuit, en enjambant les bibliothèques de mon salon.La galerie de Bellefeuille, qui vend à Montréal les œu- vres de Paul Béliveau sur l\u2019avenue Greene, m\u2019a envoyé l\u2019autre jour une copie de ses dernières acryliques sur toile.Elles représentent des dos de livres encore, mais debout, colorés, pas jaunis, l\u2019un mêlant des ouvrages sur Giacometti, Vermeer et Andy Warhol, l\u2019autre en hommage au constructi- visme russe, dont l\u2019alliage des dos de livres sur ce thème compose un nouveau tableau de la même école.Des images sur la Toile De fil en aiguille, j\u2019ai appelé l\u2019ar tiste qui habite Québec, tout en étant représenté par des galeristes à New York, Montréal, Vancouver, Londres et Boston.Cer tains de ses montages hyperréalistes représentent des livres québécois, d\u2019autres des livres plus pop américains, ou français.Souvent les langues, époques et origines s\u2019y mélangent, et on ne s\u2019étonne pas de trouver Les fables de La Fontaine accouplées à The Jungle Book de Rudyard Kipling ainsi qu\u2019à des ouvrages sur Pinocchio ou Bugs Bunny.Mis à par t ses œuvr es conçues à par tir de tirages photos, Paul Béliveau dit ne pas représenter de vrais livres.Il joue avec les images trouvées sur la Toile, les retravaille en ef fet flash sur diverses tonalités chromatiques, et les dos des ouvrages côte à côte finissent par ressembler à des couvertures.Paul Béli- veau m\u2019assure ne pas se lasser des livres, compagnons d\u2019une vie entière.« J\u2019aime créer des liens entre eux et autre chose, dit-il.En mettant côte à côte des moments de silence et des moments colorés.» Il me parle d\u2019œuvres de sa série Les humanités, exposées à partir du 8 octobre au Musée des beaux-arts de Sherbrooke.Plusieurs abordent les grands legs architecturaux de l\u2019humanité, menacés et détruits par les guerres à Palmyre, à Alep ou ailleurs.Il y présente aussi deux autodafés, pile de volumes à la tranche et au dos brûlés, dont on ne peut plus deviner le contenu.Ces livres y deviennent doublement « va- nitas».«Un hommage à la culture qu\u2019on tente de tuer », résume l\u2019ar tiste.On évoque le roman d\u2019anticipation Fahrenheit 451 de Ray Bradbur y, porté à l\u2019écran par Truf faut, d\u2019une actualité troublante.De mélancolie et de métamorphoses « Au XIXe siècle et au début du XXe, rappelle-t-il, représenter des livres était encore courant.» Et d\u2019évoquer les peintres de genre, si friands d\u2019ob- j e t s , l es na tur es mor tes d\u2019Ozias Leduc, qui les prenait pour thème par fois sur une tablette.« Ils symbolisent la connaissance, le savoir.Moi, je ne tenais pas à exprimer des livres penchés.Ça leur donne un côté fané.Je travaille par citations, par appropriations, en me basant sur le renom d\u2019un ar tiste, sur les souvenirs, les objets dotés d\u2019un bagage culturel », explique Paul Béliveau.La contre-culture est au rendez-vous de ses thèmes, les années fleurs de San Francisco, le jazz, Warhol et ses acolytes, les folles décennies 60 et 70, avec des percées vers les titres anciens traitant en général de philosophie et d\u2019arts visuels.Il s\u2019avoue proustien, pour la beauté de la langue de l\u2019auteur de La recherche.Les tableaux de Paul Béliveau sont aussi des madeleines qui ouvrent leurs portes sur le temps perdu.« C\u2019est sûr qu\u2019ils envoient un signal de mélancolie, de nostalgie de l\u2019objet que j\u2019ai tenu entre les mains, convient-il.Bien sûr que le livre est menacé.Mais il y a aussi un côté festi f à jouer avec lui .L\u2019usure du temps est utilisée comme un élément de création.» Ironie du sort ou nouvelle empreinte gravée sur son palimpseste, l \u2019écran a pris la place des livres dans sa recherche iconographique.Au départ, il s\u2019alimentait à trois ou quatre bibliothèques, mais ne s\u2019y rend plus guère.« Je vais sur Google, avoue-t-il .Quand j\u2019ai commencé ma série il y a vingt ans, on ne trouvait rien.Aujourd\u2019hui, la qualité, la résolution des images sont merveilleuses.L\u2019impression numérique fut une libération pour moi.Plus besoin de sortir de mon atelier.L\u2019information est là, prête à toutes les métamorphoses.» otremblay@ledevoir.com Béliveau, rêveur de livres SOURCE GALERIE DE BELLEFEUILLE Paul Béliveau, Vanitas 16.09.14, 2016.Acrylique sur toile.ODILE TREMBLAY J\u2019aime créer des liens entre eux et autre chose.En mettant côte à côte des moments de silence et des moments colorés.Paul Béliveau « » P H I L I P P E R E N A U D L a Red Bull Music Academy (RBMA) fut créée comme un programme de développement destiné aux jeunes musiciens.« L\u2019idée est de cultiver et favoriser la créativité », explique son cofon- dateur Many Ameri.« Au dé- par t, on s\u2019est demandé : comment créer un environnement dans lequel des musiciens pourraient apprendre de l\u2019expérience de chacun et enrichir leur vocabulaire musical pour mieux pouvoir communiquer ce qu\u2019ils font par la musique?» La réponse cour te : en construisant un espace de travail qui favorise ces échanges, en invitant des conférenciers d\u2019expérience et en élaborant une programmation de concerts stimulants.L\u2019opération nécessite un an et demi de travail en amont, « sept ou huit visites dans la ville choisie, plusieurs réunions avec [les gens du marketing de] Red Bull Canada et les acteurs de la scène musicale locale.On recrute [à Montréal] une équipe de photographes, d\u2019architectes, de designers, d\u2019éditeurs, de techniciens de production, et tout ce processus est extrêmement important puisqu\u2019il nous permet [\u2026] d\u2019en apprendre plus sur la ville qu\u2019on visite », ex- pl ique Ameri , qui dirige l\u2019Académie depuis sa fondation en 1998.« Ensuite, on se pose cette question : que pou- vons-nous faire ici qui aura du sens et de l \u2019 impor tance pour les gens ?» « Ce qui est intéressant, c\u2019est qu\u2019ils ont mobilisé les \u201cjoueurs\u201d [de la scène musicale montréa- laise].Tout le monde a son petit morceau » du faramineux budget de RBMA, estime Alain Mongeau, directeur de Mutek, auquel est associée la marque Red Bull depuis quatre ans.«Ensuite, s\u2019ils ont bien porté attention à ce qui se passe ici, l\u2019événement dressera un portrait intéressant de la vitalité et de l\u2019étendue de la communauté créative montréalaise.» En classe et en studio Comme l\u2019année dernière à Paris, l\u2019année précédente à Tokyo et l\u2019année d\u2019avant à New York, plus de 4000 jeunes musiciens d\u2019une centaine de pays dif férents ont postulé pour faire par tie de l\u2019Académie.Seuls 70 ont été retenus.Ils arrivent de l\u2019Iran, de l\u2019Australie, du Chili ou de l\u2019Islande, sont transportés, hébergés et nourris aux frais de l\u2019Académie.Une seule Québécoise fait partie de la cohorte : Marie Davidson, poète, chanteuse, compositrice, membre du duo Essaie pas, qui lancera le 3 octobre Adieux au dancefloor, nouvel album solo.«T\u2019es pas ici pour enregistrer ton prochain hit, t\u2019es ici pour expérimenter, pour apprendre, pour par tager tes connaissances et collaborer avec les autres participants.L\u2019expérience est intéressante.C\u2019est vraiment une chance d\u2019avoir accès à tant de connaissances et de matériel », explique la musicienne.Juste avant notre conversation, elle travaillait avec un musicien berlinois dans l\u2019un des dix studios d\u2019enregistrement spécialement construits par l\u2019Académie au deuxième étage du Centre Phi.Auparavant, cet étage n\u2019était qu\u2019un vaste espace ouvert : des salles aux plafonds élevés servant à des expositions, des évé- nements, des conférences.En trois semaines, RBMA y a érigé des murs, posé des tapis, garni chacun des studios d\u2019équipement audio dernier cri.Lors de notre visite, des synthétiseurs Moog tout neufs venaient d\u2019être branchés ; on a aussi pu voir un Roland TR- 909, célèbre boîte à rythmes, accouplée à un séquenceur et à un ordinateur.Au bout d\u2019un corridor, on a installé le studio de la radio de l\u2019Académie, qui dif fuse une programmation originale toute l\u2019année.Reste encore à déterminer ce qui restera de ces installations à la fin de l\u2019événement ; autrefois, à Rome, à São Paolo et à Madrid, par exemple, RBMA construisait carrément ses installations qui, une fois l\u2019événement terminé, devenaient un centre de dif fusion ar tistique et un studio géré par les administrations locales.« C\u2019est complètement fou ! » lance Dan Seligman, directeur de Pop Montréal, qui a aussi visité les installations.Public recherché Pour le public montréalais, le RBMA sera une mine de concerts alléchants.À l\u2019af fiche ce soir au Belmont, boulevard Saint-Laurent, Colin Stetson et le groupe EX EYE partageront la scène avec le guitariste expérimental Stephen O\u2019Malley de Sun 0))).Demain, le mythique DJ Theo Parrish vient faire tourner des disques, une coprésentation avec Piknic électronique.Lundi, une soirée intitulée Ondulations met en vedette la pionnière du synthétiseur Suzanne Ciani, en duo avec la cla- viériste Kaitlyn Aurelia Smith.Le lendemain, ce sera une rencontre inédite entre le producteur électro CFCF et le pianiste jazz Jean-Michel Blais.Du pointu, du costaud, du rigoureux, que de bons concerts qui mettent l\u2019eau à la bouche des (jeunes) amateurs de musiques d\u2019avant-garde, le public cible du RBMA.Depuis plusieurs mois, la venue du RBMA suscite des attentes, mais aussi quelques appréhensions de la par t de producteurs et promoteurs de spectacles de la métropole qui frémissent de voir appa- ra î t re un concur rent aux poches profondes.« Évidemment, les promoteurs de la ville se sentent un peu menacés, confirme Dan Sel igman, directeur de Pop Montréal.Les artistes montréa- lais, de leur côté, vont accepter d\u2019y jouer, parce que c\u2019est cool et que c\u2019est très, très bien payé.[Les organisateurs du RBMA] sont chanceux d\u2019avoir l\u2019appui d\u2019une multinationale qui leur permet de disposer de budgets quasi illimités pour faire ce qu\u2019ils veulent.» Many Ameri reste coi sur la facture du RBMA, qu\u2019on estime aisément à quelques millions de dollars.Un montant qui rapporte, assure Da- n i l o D a n t a s , p r o f e s s e u r agrégé au Dépar tement de marketing de HEC et expert de la question du marketing de la musique, qui voit dans l\u2019initiative un « bel exemple de ren fo r cement d \u2019 image de marque dans un environnement contrôlé ».« Contrairement à la commandite, où plusieurs marques s\u2019associent à un événement qui possède une cer taine réputation, Red Bull fait avec son Académie comme avec ses événe- ments de sport extrême, comme le Crashed Ice, des événements qu\u2019ils contrôlent à 100 %, qui sont en phase avec les valeurs de la marque, avec l\u2019esprit de la marque, et surtout avec les valeurs de son public cible », les jeunes branchés sur la musique.Le retour sur investissement se calcule par le rayonnement du RBMA dans les médias à travers le monde et par la diffusion sur les réseaux sociaux par le public.« La dif fé- rence entre Red Bull et les autres marques, c\u2019est que lui pousse ce concept à l\u2019extrême, ajoute le professeur.Une opération de cette ampleur, je n\u2019ai jamais vu ça.» Or, tous les acteurs de la scène musicale montréalaise auxquels nous avons parlé s\u2019entendent sur une chose : l\u2019équipe derrière le RBMA aime la musique et organise un événement d\u2019une exemplaire qualité.« Ils ont la musique à cœur, c\u2019est ça le plus important», dit Dan Seligman.Collaborateur Le Devoir M U S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 E 3 D E T I R S O D E M O L I N A M I S E E N S C È N E A L E X A N D R E F E C T E A U Théâtre Denise-Pelletier 17 16 D I R E C T I O N A R T I S T I Q U E C L A U D E P O I S S A N T 2 8 S E P T E M B R E A U 2 2 O C T O B R E 2 0 1 6 Avec Sophie Cadieux, Kim Despatis, Sébastien Dodge, Mathieu Gosselin, Renaud Lacelle-Bourdon, Roger La Rue, Anne-Marie Levasseur, Lise Martin, Éric Paulhus et Simon Rousseau C O P R O D U C T I O N D U T H É Â T R E D E L A B A N Q U E T T E A R R I È R E B I L L E T T E R I E 5 1 4 2 5 3 - 8 9 7 4 A B O N N E Z-V O U S U n e h i s t o i r e d \u2019 a m o u r .u n p e u c o m p l i q u é e i i \u2019 .l i « La performance des comédiens vaut à elle seule le déplacement.(\u2026) Leur truculence suscite une fascination jubilatoire.» - Sophie Pouliot, Revue Jeu « Olivier Choinière se frotte à une langue dont il parvient à évoquer la rythmique parfois rimée, où il réussit à marier crudité et lyrisme » - Marie Labrecque, Le Devoir « Un texte ciselé au scalpel (\u2026) Mani Soleymanlou, Martine Francke et Alice Pascual donnent la chair de poule.» - Francine Grimaldi, Ici Radio-Canada Première « (une) formidable descente aux enfers.» - Léa Arthémise, Atuvu.ca Jusqu\u2019au 28 octobre se tient un événement musical à mi-chemin entre le festival de musique d\u2019avant-garde et le stage de formation, alors que l\u2019impressionnante machine de la Red Bull Music Academy prend possession du Centre Phi pour accommoder 70 « académiciens » venus de partout sur la planète.L\u2019événement annuel, que les grandes métropoles du monde rêvent toutes d\u2019accueillir, est aussi musicalement pertinent qu\u2019il est d\u2019une redoutable ef ficacité pour l\u2019image du fabricant de boissons énergétiques.Décryptage.Le festival de la démesure La Red Bull Music Academy pose sa redoutable mécanique à Montréal On se pose cette question : que pouvons-nous faire ici qui aura du sens et de l\u2019importance pour les gens ?Le cofondateur Many Ameri « » DAN WILTON /MARIA JOSE GOVEA The Venopian Solitude en studio à Montréal.Win Butler, en lecture publique, mardi. S T É P H A N E B A I L L A R G E O N U ne série qui s\u2019intitule Serial, c\u2019est banal.Il n\u2019y a pourtant rien d\u2019ordinaire dans cette production extraordinaire.Le dernier des 23 épisodes de cette balado de journalisme d\u2019investigation a été mis en ligne en mars.La narratrice et enquêteuse américaine Sarah Koenig a consacré des années à décons- truire une affaire criminelle, le meurtre de la jeune Hae Min Lee survenu en 1999 à Baltimore.Son travail exemplaire et captivant entremêle les commentaires, les entrevues, les sons ambiants et la musique.Le formidable résultat a été téléchargé plus de 120 millions de fois.On répète : les épisodes de Serial ont été écoutés par 20 fois la population francophone du Québec, sourds et enfants compris.« Ce qui est nouveau, ce qui est en expansion dans le monde, c\u2019est la création uniquement pour la balado, explique la directrice de la chaîne radio-ca- nadienne ICI Première, Patricia Pleszczynska.La série Serial a mis sur la carte mondiale la possibilité de faire une programmation audio qui rejoint un large public sans un support linéaire.» Une journée spéciale On célébrait vendredi la Journée internationale du podcast.En fait, 2016 au complet peut-être désignée comme l\u2019année de la grande massification pour le genre, surtout ici où le dif fuseur public a lancé Première PLUS en février, pla- teforme entièrement consacrée à la balado en tous genres : longues entrevues, regroupement d\u2019archives, livres audio enrichis et productions originales.Première PLUS va lancer en novembre une application et une seconde fournée de créations sérielles.« Nos livres audio marchent très bien et nos séries originales aussi », explique encore Patricia Pleszczynska, en donnant l\u2019exemple de La route des 20 de Patrick Masbourian, un portrait de la jeunesse canadienne.« Certaines formes vivent même mieux sur le numérique qu\u2019à la radio.Je ne verrais pas la pertinence de dif fuser la lecture d\u2019un livre sur notre chaîne FM ICI Première.Par contre, La route des 20 a été reprise sur cette chaîne.Le principe est simple : il faut trouver la bonne plateforme pour rejoindre les gens où ils sont.» Plus que la radio La balado offre du contenu audio en téléchargement, hors streaming, pour ménager la bande passante.Elle permet surtout l\u2019écoute à volonté.«La radio fonctionne par rendezvous fixes », explique la pro- fesseure Chantal Francœur, de l \u2019École des médias de l\u2019UQAM, spécialiste de l\u2019audio.« La balado mise sur la souplesse.En tout cas, elle donne le choix du moment de l\u2019écoute et de la mise en disponibilité pour cette écoute.Par ailleurs, la ba- lado permet de créer des formats originaux, de raconter des histoires de façons dif férentes en utilisant des particularités de l\u2019audio.» La nouvelle boîte Magnéto, lancée en juin à Montréal, pourrait utiliser cette remarque comme présentation.Le site de l\u2019organisme sans but lucratif Magnéto (magnetobalado.com) annonce précisément qu\u2019il veut «faire rayonner la culture par l\u2019audio et contribuer au développement de la création sonore et radiophonique au Québec».Le labo fournit un ser vice complet d\u2019accompagnement de créations en fiction comme en documentaire, pour des lectures ou des entretiens.On peut y enregistrer les sons, réaliser le montage, accompagner les créateurs et dif fuser leurs œuvres.Seulement, il faut des moyens pour développer ce créneau et Magnéto a profité de la Journée internationale du podcast de vendredi pour lancer un manifeste appelant à l\u2019adoption d\u2019un programme pour soutenir la balado dans la politique culturelle du Québec en redéfinition.Une cinquantaine de personnalités ont déjà signé la déclaration, dont Hugo Latulippe, Gabriel Nadeau-Dubois et Émile Proulx-Cloutier.« Au fur et à mesure qu\u2019on gravit les échelons, on se rend compte qu\u2019il y a un manque de soutien de la création sonore : en fait, il n\u2019y a pas de sous pour la création par le son, pas de bourses, pas de subventions, aucun levier spécifique, rien», explique au Devoir Marie-Lau- rence Rancourt, qui a cofondé Magnéto avec Zoé Gagnon-Pa- quet après un parcours de formation et de stage qui l\u2019a menée jusqu\u2019en Belgique.Allo Adorno Les deux premières productions de Magnéto seront en ligne à compter du 10 octobre : Périphérie racontera brièvement des histoires vraies, par exemple celle d\u2019une jeune femme obsédée par un inconnu ; Les nuits contraires s\u2019organisera autour de quatre longues rencontres avec l\u2019au- teure France Théoret.« La liber té de ton des nouveaux formats est intéressante, ajoute Mm e Rancour t.Mais moi, je suis encore plus intéressée par ce qu\u2019on peut dire, faire entendre et faire vivre avec le nouveau langage radiophonique.On dit souvent qu\u2019on veut faire du cinéma pour les oreilles et une nouvelle manière de raconter le monde.Il y a donc tout un langage radiophonique à se réapproprier, en contournant la radio traditionnelle.Pour moi, la balado, c\u2019est un outil et non une fin.Le numérique, c\u2019est un véhicule pour la culture, les idées, les histoires, en accordant beaucoup d\u2019importance au contenu et au contenant.» Serial montre que, quand ça marche, ça peut marcher très, très fort.À un point tel que les scores hollywoodiens de cette production font réfléchir sur les nouvelles alliances entre l\u2019avant-garde et la culture de masse, le low et le high ar t, comme on le disait avant la postmodernité.Une étudiante de la profes- seure Francœur commence une maîtrise sur cette production en se demandant justement s\u2019il s\u2019agit d\u2019un produit culturel de masse tel que dénoncé par la théorie critique de Theo- dor W.Adorno & co, d\u2019une nouvelle forme liée à l\u2019hyperin- dividualisme contemporain ou d\u2019une forme hybride.« La balado fait se poser des questions profondes, y compris sur le journalisme , note la médialogue.J\u2019of fre un stage aux étudiants en journalisme où je leur suggère d\u2019écouter des postcasts comme Serial, mais aussi ce que fait [l\u2019artiste] Chantal Dumas, ou [la compositrice] Hélène Pré- vost, ou Sound Matters sur ITunes pour trouver des inspirations pour des repor tages avec plusieurs niveaux d\u2019information.» Le Devoir M É D I A S CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 E 4 D E M A R T I N C R I M P LA CAMPA GNE P H O T O : J E A N - F R A N Ç O I S B R I È R E 4 - 2 2 O C T O B R E 2 0 1 6 514 526-6582 theatreprospero.com Traduction Guillaume Corbeil Mise en scène Jérémie Niel Avec Delphine Bienvenu Victoria Diamond Justin Laramée Le NTE présente sounjata DU 27 SEPTEMBRE AU 8 OCTOBRE 2016 Texte et mise en scène ALEXIS MARTIN Conception des marionnet tes YAYA COULIBALY Avec Yaya Coul ibaly Habib Dembélé Phil ippe Koné Steve Laplante Karine St-Arnaud Dernière semaine ! NTE.QC.CA 1945, RUE FULLUM | 514 521-4191 La balado a le vent en poupe Serial a été téléchargé 120 millions de fois.Pourquoi ?2004.Le journaliste de la BBC Ben Hammersley forge le néologisme podcast, en associant la marque iPod de baladeur numérique et « broadcast », comme baladodiffusion va rapprocher baladeur et diffusion.Le terme désigne une émission diffusée sur le Web.À l\u2019époque, on parlait aussi de « netcast ».2005.George W.Bush diffuse son adresse radiophonique hebdomadaire en balado.2006.Apple propose la création simplifiée de podcasts avec son nouveau logiciel d\u2019enregistrement GarageBand.2011.L\u2019animateur Adam Carolla établit un nouveau record Guinness avec près de 60 millions de téléchargements de sa balado quotidienne.2013.iTunes annonce avoir atteint le milliard d\u2019usagers à son système de baladodiffusion, qui offre plus de 60 millions de productions gratuitement.Chaque jour, le système s\u2019enrichit de 80 000 minutes de production.L\u2019épisode dure 22 minutes.Les plus populaires traitent, dans l\u2019ordre, de religion, de musique, d\u2019humour et de télé ou de cinéma.2016.Radio-Canada lance Première PLUS, organisée autour de la diffusion de longs formats en radio.Le crescendo en six dates DAVID HILLS ISTOCK La création uniquement pour la balado est en pleine expansion dans le monde.MIKE COPPOLA AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019architecte de Serial, Sarah Koenig, avec son équipe «On dit qu\u2019on veut faire du cinéma pour les oreilles et une nouvelle manière de raconter le monde» A L E X A N D R E C A D I E U X L ors de notre rencontre, Jé- rémie Niel ne porte pas le t-shirt que lui a offert la chorégraphe Catherine Gaudet, avec qui il a créé récemment La très excellente et lamentable tragédie de Roméo et Juliette.« Le théâtre, c\u2019est plate », peut- on lire sur ledit gaminet.Il éclate de rire lorsque je lui demande s\u2019il déteste toujours autant son art.«C\u2019est faux de dire que je n\u2019aime pas le théâtre, bien sûr ; c\u2019est juste que je trouve qu\u2019il devient intéressant quand on le bouscule, quand on le malmène un peu.Disons qu\u2019on a, lui et moi, un rapport conflictuel, une relation trouble.» Parisien formé en mise en scène au Conservatoire d\u2019art dramatique de Montréal, Niel inaugurait sa compagnie Pé- trus en 2005 en montant La campagne du Bri tannique Martin Crimp.Longtemps associé au Théâtre La Chapelle à titre d\u2019adjoint artistique auprès de l\u2019ancien directeur Jack Udashkin, il revient en quelque sor te à ses racines campagnardes en remontant au- jourd\u2019hui ce qu\u2019il appelle sa «pièce d\u2019origine», cette fois au Prospero en collaboration avec le Groupe de la Veillée.« C\u2019est de là que tout par t.C\u2019est une pièce qui m\u2019habite depuis ; même dans les projets sans réel texte que j\u2019ai pu monter par la suite, le fantôme de Crimp n\u2019était jamais loin», explique celui à qui l\u2019on doit notamment des adaptations scéniques de romans d\u2019Évelyne de la Chenelière (La concordance des temps) et d\u2019Atiq Ra- himi (Cendres) , a ins i que quelques incursions du côté de la danse contemporaine et du théâtre classique (Phèdre).La campagne (The Country) a vu le jour en 2000 au Royal Court Theatre de Londres, qui avait auparavant présenté Le traitement (The treatment) et Atteintes à sa vie (Attempts on her Life).On y fait la rencontre de Richard, médecin de profession, qui ramène un soir chez lui une jeune femme ina- n imée .I l exp l ique à son épouse Corinne qu\u2019il l\u2019a trouvée ainsi, sur le bord de la route.Mais dans cette maison isolée, décor franchement plus inquiétant que champêtre, personne ne dit vraiment la vérité, donc allez savoir.«Crimp, c\u2019est l\u2019un des grands dramaturges contemporains, aucun doute pour moi.La campagne reste une pièce un peu à part dans son œuvre, moins dé- construite, moins formelle que d\u2019autres », enchaîne Niel.C\u2019est vrai qu\u2019on n\u2019y trouve pas cet éclatement qui caractérise par exemple l\u2019une de ses œuvres les plus récentes, Dans la république du bonheur, présentée la saison dernière à Québec et à Montréal dans une mise en scène de Christian Lapointe.Thriller à la Hitchcock sans solution à la clé, La campagne s\u2019avère « faussement réaliste, mais il y a une histoire, ce qui n\u2019est pas le cas de tous mes spectacles », indique Jéré- mie Niel.Le mensonge du théâtre Ce récit glissant met en scène trois personnages fuyants, dont Niel souhaite cultiver l\u2019ambiguïté.« J\u2019aime les personnages médiocres, les antihéros.C\u2019est quand l\u2019ar t essaye de refléter notre médiocrité qu\u2019il devient intéressant.Ma position de créateur, c\u2019est vraiment de me retirer, d\u2019observer le monde s\u2019agiter en essayant de ne jamais le juger mais d\u2019en tirer un jus artistique et esthétique.À l\u2019ère des réseaux sociaux, on baigne tellement dans la condamnation permanente, c\u2019est d\u2019une violence inouïe.» Selon le créateur, la pièce aborde aussi cet autre mensonge qui est celui de la représentation théâtrale et son débordement dans le réel, alors qu\u2019on est dans la mise en scène perpétuelle de nos vies aussi bien publiques que privées.Il a, en ce sens, trouvé un bel interlocuteur en la personne de Guillaume Corbeil, traducteur de cette nouvelle Campagne et auteur dramatique qui a creusé ces thèmes avec obsession dans des textes comme Cinq visages pour Camille Brunelle, Tu iras la chercher et Unité modèle.Retrouver ses marques Avec cette nouvelle production, Jérémie Niel renoue avec deux des trois interprètes du projet original, Delphine Bienvenu et Justin Laramée ; Victoria Diamond complète la distribution dans le rôle de la vaporeuse Rebecca.Comment me- sure-t-il le chemin parcouru, d\u2019une Campagne à l\u2019autre ?« L\u2019âge m\u2019a adouci, pour le mieux.Je voulais à mes débuts être super-radical, intransigeant.Je travaille encore selon des partis pris esthétiques forts, mais je peux déroger à ces lignes si je trouve que ça sert le propos.Je suis aussi rentré davantage dans le texte, alors qu\u2019avant l\u2019aspect formel pouvait parfois prendre le dessus, oblitérer des nuances.» Il rigole en fantasmant sur un espace théâtral où les spectateurs seraient accueillis longuement d\u2019avance dans de gros divans confortables, avec un verre et un bon massage, comme dans un espace transitoire, un conditionnement permettant d\u2019entrer dans la fiction.«Le problème avec les œu- vres lentes, c\u2019est qu\u2019on les attrape dans le tourbillon de nos vies de fous ! J\u2019adore le cinéma de Pasolini, mais je sais que je ne peux pas le voir n\u2019importe quand, je ne peux pas y entrer comme je me glisserais dans un Tarantino, par exemple.C\u2019est une question de disposition, de curiosité aussi.» Le théâtre de Jérémie Niel demeure un univers de la lenteur, de la pénombre, du chuchotement.« Je n\u2019ai jamais l\u2019impression de faire un théâtre super-intello, mais je comprends que ça peut avoir l\u2019air de ça parce que l\u2019enveloppe est curieuse, peu commune.Mais pas besoin d\u2019un bac en philo pour comprendre mes pièces ! J\u2019ai vraiment l\u2019impression d\u2019explorer des émotions simples, humaines, je ne travaille que là-dessus.» Collaborateur Le Devoir LA CAMPAGNE Texte : Martin Crimp, traduit de l\u2019anglais par Guillaume Corbeil.Mise en scène : Jérémie Niel.Une coproduction de Pétrus et du Groupe de la Veillée présentée au Prospero du 4 au 22 octobre.T H É Â T R E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 E 5 présente « UNE EXPÉRIENCE INOUBLIABLE GARANTIE.» \u2014 ELLE « LES ACROBATES CONJUGUENT PROUESSES, BEAUTÉ ET ÉLÉGANCE\u2026 » \u2014 LE PARISIEN UN SPECTACLE À COUPER LE SOUFFLE, DANS LA GRANDE TRADITION DES CIRQUES D\u2019EUROPE CENTRALE.par RECIRQUEL COMPANY BUDAPEST 12 AU 22 OCTOBRE Billets en vente TOHU.CA D\u2019IBERVILLE JARRY 4 au 22 octobre 2016 Salle Fred-Barry 4353 rue Ste-Catherine E.Billets 514 253-8974 joejacketjohn.com denise-pelletier.qc.ca Angoisse champêtre Jérémie Niel renoue avec La campagne de Crimp et ses mensonges feutrés ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le récit glissant de La campagne met en scène trois personnages fuyants, dont Jérémie Niel souhaite cultiver l\u2019ambiguïté.J\u2019aime les personnages médiocres, les antihéros.C\u2019est quand l\u2019art essaye de refléter notre médiocrité qu\u2019il devient intéressant.Jérémie Niel « » S I M O N L A M B E R T à Québec L e hasard amène à Québec, coup sur coup, deux spectacles de la metteure en scène néo-brunswickoise Anne-Marie White.À Love Is in the Birds, « soirée festive » sous forme de mise en lecture à l\u2019occasion du festival Québec en toutes lettres, succédera #PigeonsAffamés, une création sur notre bonheur nord-américain qui se posera pour cinq représentations au théâtre Périscope, ce mois-ci, puis aux Écuries en novembre.Les deux spectacles du Théâtre Trillium (Ottawa), sur plusieurs points, se trouvent aux antipodes.Love Is in the Birds, mélange de monologue, de poésie et de chansons, se voulait tout d\u2019abord un événement unique et spontané dans le cadre du festival Zones théâtrales 2013, un « happening ».«Mais c\u2019est un projet qui a capté une onde quelque par t dans l\u2019univers, précise Anne-Marie White, et qui finalement est parti en tournée, et qui tourne depuis.» Pas mal, pour un spectacle « sans prétention », qui s\u2019est donné 30 heures de répétition sur quelques semaines.Là-dessus, #PigeonsAf famés loge à l\u2019autre extrémité du spectre, précise celle qui, l\u2019automne dernier, quittait la barre de la compagnie Trillium pour assurer la direction générale et ar t ist ique de La Nouvel le Scène, dans la capitale canadienne.Avec 600 heures de répétition sur trois ans et l\u2019apport de deux concepteurs (Mylène Roy pour les mouvements et la gestuelle, et JP Loignon pour le travail vocal), le spectacle fait appel à un processus de création complexe : un mélange de spoken words et de beat box, de corps slammés et de chorégraphies, élaboré avec six interprètes engagés dès le départ dans le processus.Deux approches Soirée dédiée à la parole, Love Is in the Birds rassemble six interprètes qui liront les textes de 13 voix francophones, mélangeant les accents du Québec, de l\u2019Ontario et de l\u2019Acadie, mais aussi de la Belgique et de la Suisse, autour de la chanson L\u2019arbre est dans ses feuilles.Anne-Marie White, qui se donnait ici le projet de fouiller la question de la transmission, a pour ce faire sollicité les textes de différents auteurs, pour ensuite procéder à un tri.Alors que le premier spectacle a la forme simple d\u2019une mise en lecture festive, #Pi- geonsAffamés reste de son côté une construction beaucoup plus «scénarisée»: «On a un tel désir d\u2019aller justifier nos actions, et il est si facile de surfer sur un bonheur total\u2026 Il nous est apparu rapidement, dans le processus de création, que les corps devaient aller à l\u2019encontre de ça et aller à l\u2019animal qu\u2019on est et à cette espèce de hurlement pour dire : \u201cBen voyons donc, ç\u2019a pas de bon sens ; je peux pas être dans un monde si parfait!\u201d » Interrogeant «la légitimité de notre bonheur, de notre confort nord-américain, à la bonne conscience », la pièce se veut aussi plus incisive.«On est vraiment capables de se donner raison sur tout.Dans le fond, il y a toujours un spécialiste qui va venir nous conforter dans ce qu\u2019on a fait, ce qu\u2019on a choisi, qui va venir nous déculpabiliser.» Dans un cas comme dans l\u2019autre, on sent toutefois dans les mots de White un profond désir de créer du lien, de faire advenir un espace pour le rassemblement.« En tant que créatrice, c\u2019est vraiment une étape impor tante.Je suis quelqu\u2019un qui a une immense capacité à rire à la fois de moi- même et de ce que nous sommes tous ensemble.Ce regard-là, indulgent, j\u2019avais envie que les spectateurs le reçoivent.» Le cynisme, très peu pour la metteure en scène.Plus de 20 ans de métier la laissent avec une sensibilité toute tournée vers son auditoire.«Je veux que le spectateur soit le plus tôt possible avec moi dans cette explora- tion-là.C\u2019est pas l\u2019auteure qui présente une vision du monde pour passer un message, comme quoi elle a compris quelque chose que le spectateur devrait aussi comprendre en sortant de là\u2026 J\u2019ai tellement peur de ça!» Collaborateur Le Devoir LOVE IS IN THE BIRDS Présenté le 2 octobre à la Maison de la littérature, dans le cadre du festival Québec en toutes lettres.#PIGEONSAFFAMÉS À l\u2019affiche du Périscope du 11 au 15 octobre et Aux Écuries du 23 au 25 novembre.T H É Â T R E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 E 6 Présenté par La Fondation Arte Musica présente Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 Les cantates de Bach et la piété religieuse Mardi 1er novembre \u2013 17 h 30 Conférence par GEORGES LEROUX L\u2019histoire du soldat de Stravinski Samedi 15 octobre \u2013 14 h Conférence par DANICK TROTTIER Entendez l\u2019œuvre en concert le dimanche 16 octobre à 14 h à la salle Bourgie.Une brève histoire de la musique russe pour piano Mardi 4 octobre \u2013 17 h 30 Conférence par GUY SAUVÉ À l\u2019auditorium Maxwell-Cummings du MBAM LES CONFÉRENCES ARTE MUSICA VIP du MBAM : entrée libre Grand public : 10 $ (ttc) 34 ans et moins : 5 $ (ttc) Requiem de Mozart & Magnificat de Bach Magnificat ! En association avec Arts & Entertainment Productions, Attila Glatz Concert Productions présente BILLETS : 514-842-2112 / 1-866-842-2112 placedesarts.com L\u2019authentique tradition allemande Orchestre KlangVerwaltung & chœur Chorgemeinschaft Neubeuern Enoch zu Guttenberg, chef d\u2019orchestre Deux chefs-d\u2019oeuvre intemporels 140 musiciens sur scène Grand choeur et orchestre Susanne Bernhard, soprano Anke Vondung, mezzo-soprano \u2019 , , La scène pour rassembler Anne-Marie White se paie un programme double dans la capitale M A R I E L A B R E C Q U E Après plusieurs créations performatives centrées sur des questions sociales, la compagnie Joe Jack et John, dirigée par Catherine Bourgeois, ose une première œuvre de répertoire : quatre courtes pièces de Samuel Beckett, écrites entre 1970 et 1985, regroupées sous le titre Abîmés.Un choix audacieux qui, selon la met- teure en scène, va pourtant de soi.Son intuition s\u2019est d\u2019ailleurs confirmée : en France, a-t-elle appris depuis, plusieurs troupes ayant un mandat similaire à la sienne, c\u2019est-à-dire qui travaillent avec des interprètes présentant «une déficience ou un trouble de développement», montent le dramaturge irlandais.« Becket t a déve - loppé des personnages anonymes souf frants, esseulés, enfermés.J\u2019y vois un lien avec mon intérêt pour les castings d\u2019antihéros.» Vrai que les personnages handicapés ou présentant des limitations physiques ne manquent pas chez l\u2019auteur de Fin de partie.Catherine Bourgeois estime aussi que, dans une société valorisant la productivité, la place des personnes handicapées peut nous bousculer dans nos valeurs.Et qu\u2019on tend à projeter sur eux un désespoir, une interrogation sur l\u2019absurdité de l\u2019existence.«Ces questionnements sont présents aussi dans l\u2019œuvre de Beckett: qu\u2019est-ce qu\u2019on attend, à quoi sert la vie?» C\u2019est d\u2019abord son envie de travailler avec certains interprètes qui a orienté le choix des dramaticules.«La facilité quand on fait du théâtre de création en collectif, c\u2019est que les personnages émergent en répétition, et qu\u2019ils sont souvent collés sur les capacités de l\u2019interprète.J\u2019avais ce souci de trouver des textes qui pouvaient coller à la peau de mes acteurs.» Une distribution marquée par la diversité, comme elle les aime: Marc Béland, Guillermina Kerwin, Michael Nimbley et Gabrielle Marion-Rivard.La pièce Pas, au parcours très chorégraphié, siérait ainsi à la rayonnante vedette du film Gabrielle, qui a un don « pour apprendre de longs textes» et qui a fait des spectacles de gigue contemporaine.Michael Nimbley, avec qui la metteure en scène collabore pour une quatrième fois, prête sa présence «unique» au rôle muet de L\u2019impromptu d\u2019Ohio.« Je pense que Michael est né pour jouer du Beckett.Il a cette charge du présent, de l\u2019ici-main- tenant.Ce gars-là me jette à terre lorsqu\u2019il est sur scène.» Au dire de la créatrice, la chimie a pris entre les quatre comédiens, «choisis parce qu\u2019ils me bouleversent», dont aucun n\u2019avait jamais touché au théâtre de l\u2019auteur d\u2019En attendant Godot.Une approche humanisée La sélection des œuvres, qui inclut aussi Quoi où et Souffle, relève également d\u2019un désir d\u2019explorer cer tains thèmes : « l\u2019isolement, l\u2019enfermement, la folie.Et notre finalité, la mort qui s\u2019approche.Même si ce ne sont pas des sujets d\u2019actualité concrète, il y a là une résonance sociale, d\u2019ordre philosophique.Tout le monde peut s\u2019identifier à la solitude, à des moments de perte de contrôle».La conceptrice de Je ne veux pas marcher seul tente de s\u2019éloigner d\u2019une vision purement formelle.« Il y a un cliché autour de certaines œuvres de Beckett, parce que les personnages sont un peu désincarnés.Moi, je l\u2019approche avec une certaine humanité.Sans tomber dans l\u2019interprétation psychologique, on essaie de donner chair à ces personnages-là.» En même temps, cette artiste formée en scénographie, qui prend plaisir à travailler, pour une fois, sur un texte déjà écrit, a pu s\u2019éclater davantage dans la conception visuelle.Elle a par exemple décidé de traiter Souffle \u2014 une « virgule dramatique», selon l\u2019appellation de l\u2019auteur, qui se résume à une didascalie: éclairer un détritus, sur fond sonore d\u2019inspiration/expiration \u2014 uniquement par le truchement de la vidéo.Afin d\u2019illustrer comment « chaque souf fle nous rapproche de notre mort», la metteure en scène a photographié à intervalles réguliers des éléments organiques se décomposant.Elle met en outre en avant un travail pictural autour de la lumière, un élément majeur qui entre en dialogue avec les acteurs.« Beckett ne fait pas des propositions faciles.Le défi, c\u2019est que ça ne devienne pas juste conceptuel, clinique, que le spectacle reste vivant.» Cet univers est très encadré : qui monte Beckett aujourd\u2019hui n\u2019a pas le choix de rester fidèle aux indications scéniques très précises de l\u2019auteur, une volonté stipulée dans son testament.« La succession est assez insistante là-dessus.Ç\u2019a été quelque chose, de négocier les droits.» Catherine Bourgeois parle d\u2019une «petite mésentente» : les ayants droit auraient compris qu\u2019elle voulait travailler avec des interprètes physiquement handicapés, ce qui aurait contrevenu à certaines directives scéniques.La créatrice entend pourtant «jazzer» sa production, d\u2019emblée destinée au public de Fred- Barry, avec son fort taux d\u2019adolescents.«L\u2019idée initiale, c\u2019était qu\u2019il y a moyen de faire quelque chose de tripant avec Beckett.Parfois, on monte cet auteur dans une vision froide, austère.Et les jeunes se disent: mon Dieu, c\u2019est poche, le théâtre\u2026.» Rendezvous ici plutôt avec un Beckett «à la sauce Joe Jack et John», une lecture contemporaine, multidisciplinaire et performative.Collaboratrice Le Devoir ABÎMÉS Textes: Samuel Beckett, mise en scène: Catherine Bourgeois, production: Joe Jack et John.Du 4 au 22 octobre, à la salle Fred-Barry.Beckett et les antihéros Abîmés propose une lecture multidisciplinaire de quatre courtes pièces du dramaturge PEDRO RUIZ LE DEVOIR «Tout le monde peut s\u2019identifier à la solitude, à des moments de perte de contrôle», croit Catherine Bourgeois.«Beckett ne fait pas des propositions faciles.Le défi, c\u2019est que ça ne devienne pas juste conceptuel, clinique, que le spectacle reste vivant.» PIERRE CRÉPÔ Love Is in the Birds mélange monologue, poésie et chansons. D A N S E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 E 7 4 OCTOBRE \u2013 19 H \u2013 AUDITORIUM MON CŒUR EST MONTRÉAL \u2013 LE MAIRE ET MONTRÉAL Denis Coderre présentera sa vision d\u2019avenir pour la ville et ses citoyens dans le cadre des célébrations du 375e anniversaire de la métropole.En collaboration avec l\u2019Inst itut du Nouveau Monde.18 OCTOBRE \u2013 19 H \u2013 AUDITORIUM FIGURES MARQUANTES DE NOTRE HISTOIRE - MONTRÉAL Une rencontre sur l\u2019insp irante Émilie Gamelin (1800-1851).En collaboration avec la Fondation Lionel-Groulx, MAtv, Québecor et le Fonds de solidarité FTQ.23 OCTOBRE \u2013 14 H \u2013 AUDITORIUM PIERRE ET LE LOUP Un conte musical pour découvrir avec humour les aventures du courageux Pierre, du fameux méchant loup et d\u2019autres personnages.Pour les 6 ans et plus.En compagnie de la Fille aux grandes oreilles.Product ion : Jeunesses Musicales Canada 475, boul.De Maisonneuve Est , Montréal Berri-UQAM Plani?ez vos sorties.Toute la programmation à banq.qc.ca Possibilité de réserver pour certaines act ivités (frais de 5 $) Gratuit | GRANDE BIBLIOTHÈQUE Photo : G u n t h e r G a m p e r Illust rati o n : S œ u r s d e l a P r o v i d e n c e Dia- bou- Ndao_RET - copie Photo : V i l l e d e M o n t r é a l Photo : Madeleine Forcier EXPOSITION PIERRE AYOT \u2013 REGARD CRITIQUE Découvrez une rétrosp ect ive de l\u2019œuvre audacieuse de Pierre Ayot, grand artist e multidisciplinaire québécois.Dès le 4 oct obre.?Conférence du commissaire de l\u2019exposition, Nicolas Mavrikakis, le 11 oct obre à 19 h à l\u2019Auditorium.6+ L\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal sous la direction de PAOLO BELLOMIA , chef invité présente LA FORCE DES MOTS Richard Wagner \u2013 Ouverture Faust Arnold Schoenberg \u2013 Cinq pièces pour orchestre, op.16 Alban Berg \u2013 Der Wein (Le Vin) d\u2019après des poèmes de Charles Baudelaire Soliste : Julie Daoust, soprano Récitant : Albert Millaire Franz Liszt \u2013 Ce qu\u2019on entend sur la montagne d\u2019après un poème de Victor Hugo Récitant : Albert Millaire Evelin Ramón \u2013 And we die there, without waking Lauréate du Concours de composition de l\u2019OUM Vendredi 7 octobre 2016, 19 h 30 Grand concert gratuit ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE 309, rue Rachel Est, Montréal MusUdeM musique.umontreal.ca Paolo Bellomia Albert Millaire Julie Daoust M É L A N I E C A R P E N T I E R L\u2019 interaction corps-objet et les possibilités d\u2019extension, voire de mutation, de notre véhicule de chair s\u2019inscrivent au cœur des préoccupations artistiques actuelles.À l\u2019aide de suppor ts technologiques sophistiqués, le domaine des arts visuels voit la prolifération de structures de plus en plus organiques.Des dispositifs dans lesquels la danse a un rôle primordial à jouer quant à l\u2019appréhension du mouvement.Avec l\u2019événement Métamorphose, le Studio 303 propose un véritable lieu de contact entre des créateurs de mouvements et des concepteurs de structures vivantes et innovantes.Les artistes visuels du collectif CHA présenteront une installation lumineuse de 360° que la chorégraphe Annie Gagnon habitera lors d\u2019une série de performances.Collaborateurs de longue date, Paul Chambers et David-Alexandre Chabot sont les prestidigitateurs aux lumières et à la scénographie d\u2019une pluralité de créations de la scène contemporaine en danse (à Tangente, au Studio 303).Au lieu de partir du mouvement ou d\u2019un thème, leur particularité est de placer le concept visuel à la base de leur création, pour ensuite y intégrer d\u2019autres disciplines.« Présentement, nos recherches tournent autour de l\u2019idée de la perception : celle de la lumière, de la couleur et de l\u2019espace.Qu\u2019on soit à l\u2019intérieur ou à l\u2019extérieur, cette installation explore les multiples perspectives.En permettant au spectateur de se promener, il a le pouvoir d\u2019expérimenter l\u2019œuvre dans toutes ses dimensions et de découvrir deux dif férentes facettes et univers, » af firme Paul Chambers.La chorégraphe Annie Gagnon ayant étudié en arts visuels, l\u2019interaction corps-objet occupe aussi une place centrale dans sa démarche.Elle gref fera ses mouvements au masque lumineux conçu pour l\u2019occasion.« Des fois, la lumière peut être très froide, très abstraite.Ce qui nous intéressait, c\u2019était de voir à quel point on pouvait se servir du corps pour manipuler les lumières.D\u2019autres sources lumineuses seront installées sur le corps d\u2019Annie pour alimenter et faire bouger la lumière.On essaie ici de donner un côté humain à la lumière», ajoute le concepteur.Un dispositif où le jeu avec la noirceur et les contrastes de lumière devient majeur.L\u2019interaction, organique entre la structure et le corps, est aussi orientée vers une relation personnelle avec chaque spectateur et la performeuse, tirant son inspiration de ses nombreuses collaborations avec Aurélie Pedron.Les néo-Icare Corps du futur ou corps fantasmé ?Intéressée aux structures architecturales modi- f iant l \u2019espace, l \u2019ar tiste vi - suelle Jacinthe Derasp, dans HERMES, compose à par tir d\u2019une imposante sculpture de papier prenant la forme d\u2019une aile.« Dans le processus de création, au fur et à mesure que la sculpture se transformait et grandissait, je me suis rendu compte que la relation avec le corps était très impor tante.C\u2019est alors naturellement qu\u2019est venue l\u2019idée d\u2019intégrer le mouvement », af firme-t-elle.À la suite de la présentation du cour t métrage HERMES à Concordia, la chorégraphe et interprète Bettina Szabo est allée à la rencontre de la réalisatrice.Le projet a ainsi muté en une performance.Pour la danseuse, c\u2019est l\u2019occasion d\u2019explorer les textures et aspérités du mouvement à travers une approche somatique.« La gestuelle est assez exigeante.Il s\u2019agit d\u2019établir un rappor t avec le ressenti, de trouver un parcours interne dans mon corps afin de voir comment la structure peut à la fois me mouvoir, mais aussi devenir une extension de moi », explique Bettina Szabo.Cette entité, qui à la fois complète le corps et en est séparée afin de le rendre plus organique, s\u2019inspire d\u2019images maritimes telles que les mouvements de l\u2019océan, des glaciers et de la faune marine.Faisant référence au messager des dieux grecs, leur travail évoque la constante transformation et la transpor tation dans dif fé- rentes réalités.Un paysage sonore bâti en temps réel agrémentera la performance en intégrant les sons produits par l\u2019interaction de Bettina Szabo avec la sculpture.Misant sur un truchement des perceptions auditives et visuelles, les deux démarches présentées dans Métamorphose défient les sens et s\u2019engagent dans une esthétique visionnaire au confluent des disciplines, des langages et des techniques.Collaboratrice Le Devoir MÉTAMORPHOSE Projet collaboratif de Paul Chambers, Annie Gagnon, David-Alexandre Chabot, Bettina Szabo et Jacinthe Derasp.Au Studio 303 les 8 et 9 octobre.Objets animés, corps habités Arts visuels, danse et performance insufflent vie et humanité aux choses SIMON ALLARD L\u2019artiste visuelle Jacinthe Derasp et sa sculpture de papier ailée DAVID-ALEXANDRE CHABOT / PAUL CHAMBERS Installation 360° du collectif CHA M U S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 E 8 Présenté par CAFÉS & JARDINS EN MUSIQUE ŒUVRES DE BACH, BENDA ET VIVALDI Chef invité : Alexander Weimann, clavecin (Canada) Solistes : Hélène Brunet, soprano; Philippe Gagné, ténor; Jesse Blumberg, basse; Claire Guimond, flûte 29 septembre 2016 19:30 30 septembre 2016 20:00 01 octobre 2016 16:00 02 octobre 2016 14:00 SALLE BOURGIE DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS ARIONBAROQUE.COM \u2014 514 355-1825 S E R G E T R U F F A U T M ine de rien, voilà que l\u2019Off Festival de jazz de Montréal en est à sa 17e édition.En d\u2019autres termes, et non des moindres, il a survécu à la stagflation et autres calamités économiques.Pour cela, on dit bravo, mais également pour ceci : cette année, Roscoe Mitchell est à l\u2019af fiche.La nouvelle est si importante qu\u2019il faudrait la réciter mille et une fois.Car qui dit Roscoe Mitchell dit membre du club sélect rassemblant les shamans de l\u2019improvisation, soit Albert Ayler, Dewey Redman, Anthony Braxton, Ornette Coleman, Paul Bley, Henry Threadgill, Lester Bowie, Sun Ra, Mu- hal Richard Abrams et Archie Shepp.Qui dit Mitchell dit également le jazz du poing tendu, le jazz politique.Qui dit Mitchell dit surtout The Ar t Ensemble of Chicago, qui est sans contredit l\u2019une des cinq meilleures formations de l\u2019histoire du jazz.Ce qui précède étant un constat et non une opinion, il ne peut être contesté.Nanananèèèrrre\u2026 Si le jazz était une carte géographique, alors ce saxophoniste qui joue de tous les saxes, y compris les plus exotiques ou rarissimes, serait au centre en compagnie de Mingus, de Monk, de Davis et quelques autres.Lui y serait, au centre, pour cette raison : en compagnie de ses amis de l\u2019Art Ensemble of Chicago, il a exploré les sillons des musiques africaines et orientales dans les moindres détails avant de les malaxer avec ces divers folklores qui ont fait le jazz.Pour ce qui est de l\u2019alchimie et de ses secrets, aucune formation n\u2019a fait autant que l\u2019Art Ensemble of Chicago.En dehors de ce groupe, Mitchell s\u2019est révélé un forcené du travail.Le nombre d\u2019albums et de concerts qu\u2019il donne année après année est incroyable.Parfois il est seul, parfois ils sont deux ou trois, parfois ils sont quinze ou cinquante.Bref, aucune architecture instrumentale ne lui est étrangère.Toujours est-il que le 15 octobre au Gesù, notre homme va animer, diriger, alimenter le Montréal-Toronto Art Orchestra.En fait, et ainsi que l\u2019indique le programme, il s\u2019agit d\u2019un projet inédit regroupant 10 musiciens de Toronto et autant de Montréal, dont notamment Jean Derome.Le concert débute à 20 h.Le prix du billet : 30 $, ou 20 $ pour les étudiants.Conversations et classe de maître Mitchell mis à part, on retient de cette 17e édition les conversations transatlantiques, pour reprendre le titre du show, que vont poursuivre les membres d\u2019une autre grande formation codiri- gée par la saxophoniste Christine Jensen et la pianiste Maggi Olin.Si l\u2019on a bien compris, elles vont tirer la diagonale entre Monk, Mingus, le rock progressif, les canons du classique et des folklores.Le 6 octobre au Lion d\u2019Or à compter de 20 h.Prix du billet : 30$.Le 7 octobre à la salle Tanna Schulich de l\u2019Université McGill, le pianiste allemand Georg Graewe donnera une classe de maître à partir de 15 h30.L\u2019entrée est gratuite.Le soir, on propose une formation originale : le Voodoo Jazz dirigé par le saxophoniste Jacques Schwarz- Bart, qui explore les musiques qui singularisent la culture vaudou en compagnie de la chanteuse Malika Tirolien et du percussionniste Tiga Jean-Baptiste.Sinon, on retient le Chasin Trane with McLean, un hommage du saxophoniste Al McLean à John Coltrane, le trio du guitariste new-yorkais Peter Bernstein, qui vient tout juste de sortir un album sur l\u2019excellente étiquette Smoke, le 3Rio fondé par le saxophoniste Alex Côté, le batteur Jim Doxas et le guitariste Gary Schwartz.Pour de plus amples informations, on vous suggère d\u2019aller à lof f festi- valdejazz.com.Collaborateur Le Devoir L\u2019Off du jazz à l\u2019enseigne de Roscoe Mitchell Le shaman de l\u2019improvisation va diriger le Montréal-Toronto Art Orchestra Y V E S B E R N A R D L auréat de quatre coups de cœur à la Vitrine des musiques locales métissées l\u2019an dernier, Solawa est l\u2019une des plus belles découvertes mont- réalaises de la dernière année.Aux confins des métissages entre culture autochtone, chanson québécoise ou latino- américaine, spoken word, jazz et autres musiques métissées d\u2019un parfum d\u2019Orient et de sonorités juives, le quintette lance lundi son premier disque à la Vitrola.Solawa renferme tout naturellement cette lumineuse sagesse apaisante qui s\u2019élève tout doucement au- dessus des modes.« Il faut libérer nos histoires, nos paroles, nos chansons.Il faut les goûter, les toucher et favoriser l\u2019expérience sensuelle », disait l\u2019artiste métisse multidisciplinaire Moe Clark dans une entrevue accordée au printemps.Cette semaine, nous avons rassemblé les quatre autres membres du groupe; chacun à leur façon, ils ont parlé du caractère naturel des métissages qui se dégagent de, ou plutôt qui engagent leur création.Jean Félix Mailloux, contrebassiste aux notes rondes et denses, a mis le projet en œuvre à l\u2019automne 2014.«Dès le début, ç\u2019a été plus un mélange qu\u2019une suite de compositions que chacun apporte.C\u2019est ce que j\u2019avais envie de créer et ç\u2019a été au-delà de mes espérances.Dans les autres projets, mes compositions sont plus achevées, mais ici, je crée des pièces pas finies pour laisser de la place aux autres.» Dans chacune des pièces, chacun apporte ses couleurs et sa personnalité.Moe Clark chante et raconte des histoires dans la musique, Damian Ni- senson fait respirer ses saxophones et ses chansons poétiques, Jean Félix Mailloux apporte une teinte de jazz voyageur, pendant qu\u2019Éveline Gré- goire-Rousseau fait de douces vagues à la harpe et que Ziya Tabassian explore aux percussions des sonorités qui ne sont pas qu\u2019orientales.« Ce sont cinq univers qui se marient de façon très naturelle, dit-il.Ça m\u2019a fait grandir, dans le sens où il y a plus de chansons et où j\u2019étais moins habitué à en jouer.Je suis allé chercher un peu de batterie et j\u2019utilise aussi le tom- bak, mais j\u2019ai laissé ça ouvert, sans forcer.» Ailleurs, on a connu Ziya avec Constantinople ou par ses projets très singuliers de construction rythmique.Actuellement, il mène les destinées de Golestan et on le retrouve aussi dans le groupe Regard persan.Tout au long du parcours de Solawa, la harpiste Éveline Grégoire-Rousseau se fond dans la finesse de l\u2019ensemble avec un son fluide, en offrant des clins d\u2019œil au piano à pouce africain, à la guitare rythmique sud-américaine et même aux cordes orientales.Elle s\u2019accompagne en chantant les étoiles, improvise et of fre aussi quelques subtiles claques r ythmiques.De formation classique, elle contribue, avec les Sarah Pagé des Barr Brothers ou Emilie & Ogden, au regain d\u2019intérêt pour son instrument.« Depuis une douzaine d\u2019années, j \u2019ai voulu démystifier la harpe.J\u2019arrive à faire un peu tous les styles et tous les styles m\u2019influencent.J\u2019ai une harpe électrique, des pédales à effets, de la distorsion et du délai, mais avec So- lawa, je joue de la grande harpe classique avec les mécanismes à pédale.» Dans le groupe, chacun compose, alors qu\u2019Éveline écrit des textes teintés de nature, que Damian se livre à des images abstraites pourtant inspirées de la vie et que Moe libère en cri des plaines ou en anglais les images de son bagage culturel.« Il y a tellement de musique dans ses paroles, même si on ne les comprend pas.Ce qui rend un texte poétique, ce n\u2019est pas seulement le contenu émotionnel et ce que dit Moe, c\u2019est surtout la façon dont elle le dit : ça voyage, c\u2019est d\u2019une douceur, c\u2019est d\u2019une profondeur extraordinaire.» Avec ses complices, elle fait rêver en créant un climat de douce euphorie.Collaborateur Le Devoir SOLAWA Solawa Malasartes Concert de lancement à la Vi- trola, le lundi 3 octobre à 20 h.https ://solawamontreal.com Les métissages lumineux de Solawa Le délicat quintette lance un premier disque PATRICK JB FLYNN Le nombre d\u2019albums et de concerts que Roscoe Mitchell donne année après année est incroyable.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Solawa renferme tout naturellement cette lumineuse sagesse apaisante qui s\u2019élève tout doucement au-dessus des modes.Depuis une douzaine d\u2019années, j\u2019ai voulu démystifier la harpe.J\u2019arrive à faire un peu tous les styles et tous les styles m\u2019influencent.La harpiste Éveline Grégoire-Rousseau « » M U S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 E 9 UNE PRODUCTION DE lo?jazz.com C H R I S T O P H E H U S S M arie-Nicole Lemieux donnera, le mardi 4 octobre au théâtre Outremont, la première d\u2019un nouveau récital sans pause mêlant mélodies et poésie.«Ce n\u2019est pas une soirée autour de Marie-Nicole Le- mieux chantant la mélodie française.Le sujet, c\u2019est Baudelaire et Les fleurs du mal », prévient la chanteuse interrogée par Le Devoir.Par rappor t au récital à la Maison symphonique du 19 avril dernier, les recoupements de répertoire se limiteront à deux mélodies, car «on ne peut pas faire une soirée Baudelaire sans L\u2019invitation au voyage et La vie antérieure ».Aux côtés de Marie-Nicole Le- mieux, Raymond Cloutier personnifiera le poète.«Le spectacle est vraiment articulé autour de la poésie et de la mise en musique de la poésie.Raymond Cloutier lira des extraits de correspondances et des poèmes.C\u2019est un autre type de concer t : une heure et quart sans pause.» Marie-Nicole Lemieux se réjouit de cet événement intimiste qui sera aussi présenté au Musée d\u2019Orsay, à Paris, le 20 octobre prochain, dans le cadre d\u2019une exposition sur le Second Empire.La chanteuse espère «créer un petit engouement» ici, car elle apprécie beaucoup la formule du concert sans pause et aimerait remettre ça.Dans le public d\u2019Aida Nous avons croisé notre contralto-vedette, décorée de l\u2019Ordre du Canada, il y a quelques jours, le soir de la première d\u2019Aida à l\u2019opéra.Elle n\u2019était pas une spectatrice comme les autres, car elle cherchait à savoir si elle aborderait un jour le rôle Amnéris sur scène.Marie-Nicole Le- mieux a trouvé la titulaire du rôle, Olesya Petrova, « formidable » : «C\u2019est elle qui valait le spectacle.Chanter comme cela à 34 ans, c\u2019est une leçon.» Mais à l\u2019issue de la soirée, la chanteuse québécoise avait compris qu\u2019elle aurait à se tenir loin de ce rôle : « Je suis raisonnable.Si, vocalement, je ne peux pas, j\u2019en fais mon deuil.Et Amnéris, ce n\u2019est vraiment pas pour moi.» « Il y a des rôles que j\u2019aimerais chanter, mais ce n\u2019est pas moi qui engage ! » Avis aux directeurs ar tistiques des grandes scènes, Marie-Nicole Lemieux rêve de fouler à nouveau les planches dans le rôle de Dalila (Samson et Dalila de Saint-Saëns), souhaite aborder Charlotte du Werther de Massenet, rechanter Azucena dans Le trouvère de Verdi et augmenter sa dose de Rossini sur scène : Arsace dans Semira- mide, le rôle-titre de Tancrède, Isabella (L\u2019Italienne à Alger) et Rosine du Barbier de Séville.La saison 2016-2017 lui offrira cependant deux prises de rôle considérables.D\u2019abord Cassandre dans Les Troyens de Berlioz, lors de deux concerts à Strasbourg, en mars 2017, sous la direction de John Nelson, avec Michael Spyres, Joyce di Donato, Stéphane Degout et Marianne Crebassa.Ensuite, l\u2019emblématique Carmen.Le cliché sur deux pattes Carmen sera présentée, dans une version mise en espace, en janvier 2017.Une prise de rôle de Carmen, au Théâtre des Champs-Élysées à Paris?«Une belle folie», selon Marie-Nicole Lemieux.« Je suis contente car, quand on est jeune, Carmen est un rêve et, quand on vieillit, on se dit : \u201cÇ\u2019a tellement d\u2019ef fet !\u201d Cette musique est tellement belle ! Chaque fois que je suis dans la salle, je suis émerveillée.» Aux yeux de Marie-Nicole Lemieux, « le défi n\u2019est pas vocal ; il est dans l\u2019interprétation.Il faut être Carmen sans être un cliché sur deux pattes» ! Pour la chanteuse québécoise, la cigarière n\u2019est pas une « vamp ténébreuse », mais une personne « souriante, très spirituelle et solaire».«Carmen dit ce qu\u2019elle a à dire, mais elle rit beaucoup.La habanera, c\u2019est très drôle, très spirituel.» Elle n\u2019a guère de pitié pour le « pauvre Don José » : « Il va dans le mur, Carmen le lui dit et il n\u2019écoute pas.C\u2019est typique ; des histoires qui se répètent encore aujourd\u2019hui.» Pour une Carmen sur scène avec costumes et mise en scène, Marie-Nicole Lemieux n\u2019a « pas d\u2019of fre pour le moment».On la demande surtout dans Verdi.La chanteuse a changé d\u2019éditeur de disques au bon moment.Vedette de l\u2019étiquette Naïve, elle est passée en exclusivité chez Warner.«Je suis partie parce que je sentais qu\u2019il n\u2019y avait plus de suivi.Lors d\u2019une sortie de disque, il faut faire de la publicité, soutenir les artistes.» Pas plus que nous, depuis le placement de Naïve en redressement judiciaire, elle n\u2019a idée de ce qu\u2019il adviendra des disques qu\u2019elle a enregistrés.«Je ne savais pas à quel point cela n\u2019allait pas bien», déplore la chanteuse.Son premier disque Warner sortira en janvier 2017, en prélude à une tournée avec l\u2019Orchestre de Montpellier dirigé par Jean-Marie Zeitouni, qui mènera chef et soliste à Paris, à Moscou et dans plusieurs villes françaises.Pour les prochains projets d\u2019enregistrements, elle retrouvera Hugues Deschaux, le preneur de son vedette qui a fait la légende de l\u2019étiquette Alpha.«C\u2019est lui qui avait enregistré mon tout premier disque, Berlioz, Mahler et Wagner, chez Cyprès en 2000, et je ne m\u2019en souvenais même pas», avoue la chanteuse.Vous l\u2019avez compris, nous ne verrons pas souvent Marie- Nicole Lemieux cette saison.Profitons-en donc mardi ! Le Devoir L\u2019INVITATION AU VOYAGE Soirée de poésie et mélodies autour de Charles Baudelaire.Ma- rie-Nicole Lemieux (contralto), Raymond Cloutier (acteur), Daniel Blumenthal (piano).Théâtre Outremont, mardi 4 octobre à 20 h.Billets: 514 495-9944, poste 1.Chanter Baudelaire en préparant Carmen Marie-Nicole Lemieux donne mardi au théâtre Outremont un récital autour des Fleurs du mal PEDRO RUIZ LE DEVOIR La saison 2016-2017 of frira à Marie-Nicole Lemieux deux prises de rôle considérables.D\u2019abord Cassandre dans Les Troyens de Berlioz, lors de deux concerts à Strasbourg, en mars 2017, puis l\u2019emblématique Carmen.Un nouvel automne lyrique au Québec Numéro Automne 2016 disponible en kiosque ou au www.revuelopera.quebec www.revuelopera.quebec p h o t o : L o u i s e L e b l a n c Photo tirée de l\u2019opéra The Tempest de Thomas Ades, mise en scène de Robert Lepage, Opéra de Québec, 2012 info@revuelopera.quebec 514 664-4642 ou 1 888 256-2946 (sans frais) Le défi n\u2019est pas vocal ; il est dans l\u2019interprétation.Il faut être Carmen sans être un cliché sur deux pattes ! Marie-Nicole Lemieux « » N I C O L A S M A V R I K A K I S Dans cette petite expo, le centre Artexte nous convie à revisiter une grande époque pour la photographie au Canada.Les années 1970 et 1980 furent en effet fastes en photographes qui développèrent des approches originales.En 1978, l\u2019Office national du film réalisa d\u2019ailleurs une série d\u2019entrevues avec quelques-uns d\u2019entre eux: Walter Curtin, Pierre Gaudard, Gabor Szilasi, Sam Tata\u2026 Durant cette époque apparurent bien de nouveaux lieux consacrés à la photo: fondation de la galerie Yajima, à Montréal, en 1974, de la Nova Gallery, à Vancouver, en 1976, établissement des centres d\u2019artistes autogérés Gallery 44 à Toronto, en 1979, Dazibao à Montréal en 1980, Vu à Québec en 1981\u2026 C\u2019est durant cette époque que s\u2019organisent de nouveaux événements, comme le premier Mois de la photo à Montréal présenté par Vox en 1989.Même les universités sont de la partie.En 1978, un département de photographie est mis en place à Concordia.Ce ne sont là que quelques informations parmi la multitude que vous pourrez apprendre en visitant cette expo élaborée par la commissaire Zoë Tousignant.Au-delà de toutes ces infos historiques qui montrent une convergence d\u2019intérêts, vous pourrez aussi \u2014 et surtout \u2014 apprendre comment l\u2019art photographique a été au cœur de problématiques intellectuelles bien riches.La revue comme espace d\u2019exposition Dans un texte intitulé « La photographie par la bande» \u2014 qui fait partie du livre Exposer l\u2019art contemporain au Québec (2003) \u2014, l\u2019historienne et sociologue de l\u2019art Lise Lamarche l\u2019a bien expliqué.Dans les années 1970 et 1980, la photo accapare bien des lieux en dehors des circuits traditionnels pour sa diffusion: bibliothèques et librairies, mais aussi églises, bars, cafés, restaurants, caisses populaires, galeries de boutiques de centres commerciaux\u2026 Dans ces lieux, la photo se dissémine avec des expos individuelles, mais aussi collectives.Elle va à la rencontre de son public et veut «rendre aux modèles leurs images», les photographes exposant leurs clichés dans le voisinage des gens qui y sont montrés.La commissaire Tousignant souligne aussi cet aspect des choses et nous montre comment la photo de l\u2019époque utilise comme espace de dif fusion le mur des galeries ou d\u2019autres lieux inusités mais aussi, tout autant, et même plus, la page de revue.Vous pourrez consulter bien des exemplaires de ces revues spécialisées en photo : Ciel variable, Impressions, Image Nation, BlackFlash\u2026 Dans son texte de présentation, Tousignant nous permet aussi de saisir comment il y eut à cette époque des revues \u2014 comme OVO, qui paraît dès la fin de 1970 et jusqu\u2019en 1986 \u2014 où le texte n\u2019avait presque pas ou pas du tout de place.Cela refléterait une forme «de \u201csuspicion\u201d envers le mot qui était courante à l\u2019époque, ou sans nul doute l\u2019idée que l\u2019image photographique, comprise en tant que langage universel, pouvait et devait avoir la possibilité de s\u2019exprimer par elle-même».L\u2019exposition souligne d\u2019autres questions impor tantes.Tousignant parle notamment du débat qui eut lieu à l\u2019époque entre la photo «produite par des photographes et celle produite par les ar tistes » ! En 2016, époque où les frontières entre les diverses formes d\u2019expression sont floues et où l\u2019art se fait lui aussi transgenre, ce type de débat nous paraîtra certes dépassé, mais il n\u2019en reste pas moins captivant.Dans le local des archives d\u2019Artexte, allez aussi consulter la sélection de livres d\u2019artistes faite par l\u2019historien de l\u2019art Serge Allaire, sélection qui complète bien cette expo (même si elle ne respecte pas tout à fait le même cadre historique).Les photographes innovèrent aussi dans le domaine du livre et ce choix vous le démontrera.Vous devez en particulier aller regarder Cover to Cover (1975) de Michael Snow, livre sans texte, qui constitue presque un récit, sans en être vraiment un\u2026 Une œuvre en soi.Signalons que le samedi 5 novembre 2016, entre 14 h et 15 h, une visite commentée de l\u2019exposition aura lieu avec la commissaire.Collaborateur Le Devoir MAGAZINES PHOTOGRAPHIQUES CANADIENS, 1970-1990 RECONSIDÉRATION D\u2019UNE HISTOIRE DE LA PHOTOGRAPHIE IMPRIMÉE Commissaire : Zoë Tousignant, au centre Artexte C I N É M A D E V I S U CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 E 10 Présenté par La Fondation Arte Musica présente SALLE BOURGIE Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 SOFYA GULYAK Le piano russe Mercredi 19 octobre \u2013 19 h 30 TCHAÏKOVSKI Suite de Casse-Noisette MEDTNER Quatre contes, op.26 PROKOFIEV Sonate no 6, op.82 Née en Russie, cette pianiste relève avec brio les dé?s techniques du répertoire pianistique russe.L\u2019HISTOIRE DU SOLDAT Dimanche 16 octobre \u2013 14 h Ensemble de 7 musiciens Jean Marchand, le Lecteur, le Soldat et le Diable STRAVINSKI L\u2019histoire du soldat Texte de Charles-Ferdinand Ramuz Jazz, tango, valse et ragtime sont tous présents dans ce spectacle inspiré d\u2019un conte russe traditionnel.J a m e s W i l s o n M o r r i c e , S o l d a t m a r c h a n t , 1 9 1 8 .C o l l .M B A M FRETWORK, consort de violes SUZIE LeBLANC, soprano Jeudi 6 octobre \u2013 19 h 30 My Mind to Me a Kingdom Is Œuvres de BYRD, GIBBONS et PURCELL Fretwork est une véritable référence dans le répertoire baroque anglais.PREMIÈRE FOIS À MONTRÉAL Livres et autres mots d\u2019artistes François Côté \u2013 Editions/Diffusion Éditions du Rognon Éditions Le Pantalitaire (Julie Doucet) Éditions Roselin Galerie Éric Devlin Denise Lapointe \u2013 La Papeterie Saint-Armand Joyce Ryckman Ewa Monika Zebrowski.Et un hommage particulier à Pierre Guillaume Et sur les murs des œuvres de Claude Chaussard, Marie-Claude Robillard, Robert Roussil, Francine Simonin et Lisa Tognon 550 avenue Beaumont (au coin de Querbes) Montréal (métro L\u2019Acadie) 514-885-4238 /// artcontemporain@galeriericdevlin.com Trois jours seulement Vendredi 7 octobre de 13h à 21h Samedi 8 octobre de 11h à 18h Dimanche 9 octobre de 11h à 17h UN PETIT BOULOT ?Comédie noire de Pascal Chau- meil.Scénario: Michel Blanc, d\u2019après le roman de Iain Levison.Avec Romain Duris, Michel Blanc, Alice Belaïdi, Gustav Ker- vern.France, 2016, 97 minutes.O D I L E T R E M B L A Y Dernier film de Pascal Chau- meil (L\u2019arnacœur), disparu à l\u2019étape de la postproduction, Un petit boulot est une comédie sociale noire française à la belge (tournée dans le plat pays), scé- narisée par Michel Blanc, mais adaptée d\u2019un roman de l\u2019Américain Iain Levison.De ses influences multiples comme de ses genres entrelacés, il ressort un produit hybride dont la cadence et le ton ne sont pas toujours au point, mais qui, par ses côtés absurdes, casse le moule des productions françaises, d\u2019ordinaire plus cartésiennes.Sur le parcours de Jacques, un atypique tueur à gages (Romain Duris, suave en innocent aux mains rouges), l\u2019action se déroule sur fond de crise économique et de chômage ; ne justifiant pas toujours aisément le ton d\u2019amoralité générale, alors que l\u2019assassinat devient un moyen comme un autre de gagner sa vie.Michel Blanc y incarne, avec une classe à la fois hautaine et écorchée, le dépressif Gardot, caïd local qui of fre à un travailleur d\u2019usine mis au chômage de tuer son épouse infidèle contre argent sonnant.Et devant son adresse au travail, les contrats s\u2019enchaînent, même si le tueur improvisé a trouvé un petit emploi pépère auprès des copains.Pascal Chaumeil était plus percutant dans L\u2019arnacœur, autre histoire de boulot sans bon sens.Ici, les répliques ciselées au poil par Michel Blanc s\u2019émoussent quand une romance se met de la par tie (Alice Belaïdi y joue une fifille sans consistance) et plusieurs revirements s\u2019enchaînent alors maladroitement.Le duo formé de ces deux antihéros aux antipodes constitue le meilleur ressor t d\u2019un film truffé d\u2019humour noir, mais aussi de compassion pour ses petits exploités face au capitalisme sauvage (Alex Lutz est un modèle de salaud à col blanc), tous prolétaires combinards unis.Cette farce un peu surannée, par fois échevelée, sans point de vue toujours clair, laisse flotter sa ligne, nous appâte et nous perd, sans qu\u2019on saisisse vraiment au final vers quoi elle mène.Le Devoir Une satire sociale aux allures de farce Un petit boulot met en scène un duo tonique avec Blanc et Duris LES GRANDS GÉNIES (V.F.DE MASTERMINDS) ?Comédie policière de Jared Hess.Avec Zach Galifianakis, Owen Wilson, Kristen Wiig, Jason Su- deikis.États-Unis, 2015, 94 minutes.A N D R É L A V O I E Devant la médiocrité af fli- geante et le mercantilisme ostentatoire de certains films, il arrive parfois que nos pensées vagabondent.Et c\u2019est très bien ainsi.Masterminds, la nouvelle comédie de Jared Hess (Napoleon Dynamite, Nacho libre : vous voyez à peu près le niveau ?), semble donner raison à Hillary Clinton, la candidate démocrate à la présidence américaine, qualifiant de « déplorables » la moitié des partisans de son rival Donald Trump.Même si le récit, inspiré d\u2019une histoire aussi vraie qu\u2019invraisemblable, se déroule dans les années 1990 (les télé- avertisseurs, les patins à roues alignées et les discmen sont là pour nous le rappeler), on n\u2019a aucun mal à imaginer à qui cette meute de ratés pas très sympathiques accorderait son soutien.Si d\u2019aventure elle songeait à aller voter.Pour l\u2019instant, ils semblent tous prisonniers de maisons mobiles qui n\u2019ont rien vu du pays, de résidences délabrées qu\u2019aucune émission de téléréa- lité n\u2019oserait rénover, rêvant de devenir millionnaires bien écrasés dans leur fauteuil.Il suffira que David Ghantt (Zach Galifia- nakis, du Ritalin s.v.p.), le conducteur d\u2019un camion blindé, s\u2019éprenne de Kelly (Kristen Wiig, elle s\u2019ennuie, et nous aussi), une collègue frondeuse, pour que celle-ci réussisse à le convaincre de commettre le vol du siècle.Or ce demeuré ignore qu\u2019une fois son camion rempli au maximum de petites coupures, les complices de Kelly, dont un Owen Wilson sur le pilote automatique, vont l\u2019expédier vite fait au Mexique, et lui faire croire que sa part va bientôt suivre.Ce qui était aussi naïf que de songer que sa Bonnie Parker de pacotille allait le rejoindre pour vivre enfin le grand amour, lui qui était sur le point d\u2019en épouser une autre.Que ces imbroglios, pirouettes et autres cavalcades soient tirés du réel dépasse bien sûr l\u2019entendement, donnant aux films des frères Coen des allures de documentaires.Alors que tant d\u2019autres comédies reposent sur le même stratagème outrancier, est-ce la bêtise congénitale, et abyssale, de ces personnages qui nous afflige le plus dans Masterminds?Si ce n\u2019était que cela\u2026 À vouloir grossir le trait sans aucune retenue, à laisser des vedettes cabotiner à l\u2019excès (toutes ont prouvé ailleurs leur sens aiguisé de la repartie, mais encore faut-il avoir quelque chose à se mettre sous la dent) et à constater une absence totale de tonus dans des scènes d\u2019action ni drôles ni haletantes, Masterminds ne risque pas de partir avec la caisse.Que tout cela repose sur une histoire vraie prouve que le réel apparaît parfois beaucoup plus amusant, ou affolant.Suffit de penser à Donald Trump.Collaborateur Le Devoir Cambriolage de cons Une bande d\u2019imbéciles vole 17,3 millions de dollars.Histoire vraie, triste aventure.AZ FILMS Romain Duris joue Jacques, un atypique tueur à gages.Images à la page Zoë Tousignant nous plonge dans les enjeux de l\u2019art photographique entre 1970 et 1990 chez Artexte PHOTOS PAUL LITHERLAND Au centre Artexte, l\u2019exposition Magazines photographiques canadiens, 1970-1990 nous apprend comment l\u2019art photographique a été au cœur de problématiques intellectuelles très riches.Zoë Tousignant montre comment la photo de l\u2019époque utilise comme espace de dif fusion le mur des galeries ou d\u2019autres lieux inusités mais aussi, tout autant, et même plus, la page de revue. C I N É M A CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 E 11 dans lequel tu places tes personnages devient comme un véhicule qui te permet de polariser leurs conflits intérieurs, de les mettre en avant.La beauté et la dureté de l\u2019Arctique m\u2019offraient l\u2019occasion de donner vie, en quelque sor te, aux tourments de Lucy et de Roman.Ce climat, qui est tellement froid qu\u2019il brûle, ça me fascinait.Pour moi, ça évoquait l\u2019amour des personnages, un amour qui est à la fois vital et désespéré.L\u2019amour de Lucy et Roman leur est si indispensable qu\u2019il en devient déchirant.» Chaleur amoureuse sur fond de froideur implacable\u2026 De possibles et de transcendance Comme le signalait Kim Nguyen, Un ours et deux amants connut une longue gestation.Étonnamment, les éléments fantastiques devenus caractéristiques de son œuvre mirent longtemps à s\u2019imposer.« Roger a été très impliqué dans le processus d\u2019écriture et on a eu de nombreux échanges.À cet égard, Roger est quelqu\u2019un qui lit beaucoup de livres et voit beaucoup de films, et l\u2019une de ses grandes qualités, c \u2019est d\u2019être encore passionné par le fait de raconter des histoires.Dans ce cas-ci, une des raisons pour lesquelles on a mis le scénario de côté était qu\u2019on n\u2019arrivait pas à transcender ce qui était une trame narrative assez concrète.On allait d\u2019évé- nements en événements sans parvenir à accéder au monde intérieur des personnages.Ce n\u2019est que lorsqu\u2019on a rendu la frontière entre le réel et l\u2019irréel perméable que je me suis emballé.Je terminais Rebelle et je lisais [Har uki] Mura- kami [Kafka sur le rivage, Chroniques de l\u2019oiseau à res- s o r t ] , e t on d i ra i t que la conjugaison des deux m\u2019a rappelé que je pouvais faire fi de la rationalité.» Ces manifestations furent tournées telles quelles, comme si elles existaient, concrètement.«C\u2019est entre autres pour ça que j\u2019ai utilisé un vrai ours, et non des ef fets spéciaux.Mais en même temps, on peut donner dif férentes significations à ces apparitions.J\u2019aime laisser au spectateur diverses possibilités de lecture.Ça ne m\u2019appartient plus.» Toujours l\u2019amour Sur une lancée, Kim Nguyen tournera sous peu deux épisodes d\u2019une série à gros budget coproduite avec les États- Unis.Il est en outre en négociation avec Netflix pour une autre série.« Je veux expérimenter ce format dans le but d\u2019éventuellement adapter un roman trop dense pour le cinéma», précise- t-il.Et il y a ce projet d\u2019un roman graphique basé sur son adaptation abandonnée des Âmes mortes, de Gogol\u2026 En a t tendant , i l met l a touche finale au montage d\u2019un nouveau film intitulé Eye on Juliet.« C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un type qui travaille pour une firme de surveillance.Depuis Detroit, il pilote des \u201chexapodes\u201d, de petits drones munis de caméras qui survolent l\u2019Afrique du Nord.Une nuit, il surprend dans le désert la rencontre d\u2019un couple interdit qu\u2019il se met à espionner.En parallèle, il vient de vivre une rupture et s\u2019est inscrit à une application de rencontres, mais ce qu\u2019il voit quotidiennement sur son moniteur l\u2019amène à réfléchir sur sa propre existence.Ça se veut un poème sur les relations au XXIe siècle.Je m\u2019amuse avec la forme.La trame est étrange, mais il n\u2019y a ni esprit ni mysticisme.Ce n\u2019est pas fantastique.» Une situation de voyeurisme qui engendre une introspection : fantastique ou pas, le film s\u2019annonce peu banal.Quoique, s\u2019il est un mot étranger au cinéma de Kim Nguyen, c\u2019est bien celui-là.Le Devoir SUITE DE LA PAGE E 1 NGUYEN MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS V.F.DE MISS PEREGRINE\u2019S HOME FOR PECULIAR CHILDREN ?Avec Asa Butterfield, Eva Green, Terence Stamp, Ella Purnell, Samuel L.Jackson et Chris O\u2019Dowd.Comédie fantaisiste de Tim Burton.États-Unis, 2016, 127 minutes.M A N O N D U M A I S L\u2019 univers de Tim Burton est peuplé de doux dingues, d\u2019attachants marginaux et d\u2019enfants malmenés par le destin.Il n\u2019est donc pas surprenant de retrouver le cinéaste dans le monde merveilleux de Miss Peregrine, gouvernante ayant le pouvoir de se transformer en oiseau et, surtout, d\u2019arrêter le temps, que l\u2019on retrouve dans le best-seller de Ramson Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers.Après l\u2019assassinat de son grand-père Abe (Terence Stamp) par un mystérieux monstre mangeur d\u2019yeux, Jake (Asa Butterfield) regroupe les indices que le défunt lui a laissés afin de se rendre chez Miss Peregrine (Eva Green).Ayant dû fuir la Pologne parce qu\u2019il était juif, Abe y avait séjourné enfant.Or, en arrivant sur place, Jake constate que le temps s\u2019est arrêté en 1943.Miss Peregrine n\u2019a pas pris une ride et les compagnons de jeux d\u2019Abe, dont Emma (Ella Purnell), qui a la légèreté d\u2019une plume et contrôle le vent, n\u2019ont pas grandi d\u2019un centimètre.Si la vie paraît idyllique chez ces enfants singuliers, ces derniers sont menacés par le vil Barron (Samuel L.Jackson), friand d\u2019yeux d\u2019enfants aux dons par ticuliers.Afin de les protéger, Jake devra découvrir son propre don.Aux commandes de cette sage adaptation de Jane Goldman, rompue à des scénarios plus audacieux (Kick-Ass, Kingsman : Services secrets), Bur ton semble avoir pris moins de liberté qu\u2019à l\u2019accoutumée.Aurait-il craint de décevoir les lecteurs fidèles de la trilogie de Riggs ?De fait, l \u2019exubérance des personnages et la débauche visuelle de Charlie et la chocolaterie et d\u2019Alice au pays des merveilles ont fait place à des protagonistes moins flamboyants et à une ravissante esthétique gothique, laquelle n\u2019est pas sans évoquer celle de Sleepy Hollow et de Sweeney Todd.Burton aurait-il laissé un peu de son âme et de son imaginaire au vestiaire ?La question se pose, notamment lors des scènes où d\u2019horribles créatures appelées les Faucheurs chassent les enfants particuliers.Un peu plus et on se croirait projeté au milieu des Détraqueurs, ces hideuses créatures qui aspirent les âmes dans Harry Potter et le prisonnier d\u2019Azkaban d\u2019Alfonso Cuarón et dans Harry Potter et les reliques de la mort de David Yates.Bien que la folie de Tim Burton s\u2019y décline trop gentiment, ce charmant récit remporte la mise grâce à son savant mélange d\u2019horreur, de fantastique et d\u2019humour noir.Avec ses décors et ses costumes d\u2019une élégance surannée évoquant l\u2019époque victorienne, Miss Peregrine et les enfants particuliers séduit l\u2019œil du spectateur tout en gardant son attention grâce à son rythme soutenu.En gou- ver nante d\u2019exception, Eva Green impose son autorité naturelle auprès de la jeune et enjouée distribution, tandis que Samuel L.Jackson s\u2019amuse dans le rôle du vilain.Aurons- nous droit aux deux autres volets des romans de Ramson Riggs?Espérons-le ! Le Devoir Un joli conte gothique Tim Burton signe une sage adaptation de Miss Peregrine et les enfants particuliers 20TH CENTURY FOX Bien que la folie de Tim Burton s\u2019y décline trop gentiment, Miss Peregrine remporte la mise grâce à son savant mélange d\u2019horreur, de fantastique et d\u2019humour noir. UN HOMME DE DANSE ?Documentaire de Marie Brodeur.Image : Sylvestre Guidi, Marie Brodeur.Montage : Michel Giroux.Musique : Thomas Alain Thériault.Québec, 2016, 83 minutes.O D I L E T R E M B L A Y C er tains documentaires sont plus importants que d\u2019autres, quand leurs enjeux transcendent le parcours d\u2019une vie d\u2019exception notamment.Voué à une passion artistique, parmi les deuils, les dépassements et l\u2019évolution de nos sociétés, Un homme de danse de Marie Brodeur (Les mots dits), sur le danseur et historien américano-québécois Vincent Warren, est de ceux- là, et se révèle la rencontre la plus vivifiante de la rentrée.« T résor national » de la danse, tant classique que contemporaine, lui qui travailla à Santa Fe sous la baguette de Stravinski en direction d\u2019orchestre, qui partagea la vie du poète américain Frank O\u2019Hara, avant de se frotter à toutes les avant-gardes québécoises, par ticipa avec Margaret Mercier au mythique court métrage oscarisé de Norman McLaren Pas de deux, en décomposition de mouvement.Longtemps en plein soleil de son charisme et de sa beauté comme danseur étoile aux Grands Ballets canadiens, puis enseignant et fondateur de la réputée bibliothèque de danse à son nom (plus de 25 000 documents), l\u2019homme est si attachant et inspirant, si engagé généreusement dans la transmission de la culture, et habité par sa dimension spirituelle, qu\u2019il en devient un vrai modèle.« Être cultivé, ce n\u2019est pas seulement consommer de l\u2019ar t, c\u2019est vivre une expérience qui nous transforme », dira-t-il.Couronné meilleure œuvre canadienne au dernier Festival international du film sur l\u2019art (FIFA), ce documentaire, tout en r ythme et en élégance, monté avec grâce, est truf fé de documents d\u2019archives en miroirs d\u2019époque et ballets phares : Giselle, Casse-noisettes, Tommy , e tc .S \u2019y a jou tent maints témoignages dynamiques de partenaires et collaborateurs, souvent à travers une rencontre avec Warren : Véronique Landor y, Gaétan Patenaude, Jeanne Renaud, Paul-André Fortier, etc.Marie Brodeur a elle-même fait dix ans de ballet moderne, d\u2019où sa sensibilité à une discipline abordée en profondeur dans plusieurs de ses films : Danse du guerrier, Anik Bissonnette danser sa vie, etc.On assiste au déménagement à Montréal de l\u2019ar tiste collectionneur ancré 40 ans dans le même repaire, qui s\u2019en départ sous nos yeux comme un serpent par sa mue.Un homme de danse parle du temps qui passe sur les corps et les visages qui s\u2019étaient voués à la beauté.Comme il sur vole le cheminement de l \u2019homosexua l i té dans les mœurs nord-américaines.Vincent Warren a longtemps évolué dans une Amérique où les amours entre partenaires de même sexe étaient i l légales.Lorsqu\u2019il choisit la danse classique dans son enfance, les préjugés entourant un art considéré comme efféminé le suivaient partout.La mor t de son amour, Frank O\u2019Hara, fut, de son aveu, sa naissance comme artiste, tant il a transposé sa colère et sa tristesse dans la théâtralité de ses performances.C\u2019est la danse qui trône en reine dans ce film consacré à un artiste qui fut danseur au MET autant que sur Broadway, sur les pointes comme à travers l\u2019éclatement de la danse contemporaine.Il incarna à Montréal une figure de modernité dans l\u2019opéra rock Tommy de The Who, réconciliant tout un public avec une Place des Arts naissante, dont ce spectacle cassait le profil élitiste.Vincent Warren témoigne des sacrifices constants derrière la carrière éphémère du danseur (il prit sa retraite à 40 ans des Grands Ballets), sans cesser de se vouer à la danse, toutes origines unies, avec une passion pour celle de l\u2019Inde, qui l\u2019entraînait ailleurs.Une fois de plus.Le Devoir La danse au cœur Un homme de danse se révèle la rencontre la plus vivifiante de la rentrée L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 O C T O B R E 2 0 1 6 CINEMA E 12 C U L T U R E 5 /16 octobre 2016 FESTIVAL du NOUVEAU CINÉMA 45e Montréal présenté par Pr od uc teu rs NA TH AL IE CL OU TIE R, DE NI S M cC RE AD Y P rod uc tri ce ex éc uti ve CO LE TT E L OU MÈ DE Un e p rod uc tio n d e l \u2019OF FIC E NA TIO NA L D U F ILM DU CA NA DA À LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE DU 30 SEPTEMBRE AU 5 OCTOBRE onf.ca/waseskun « \u2026 un documentaire éclairant.Et puissant.» François Lévesque \u2013 Le Devoir theatreoutremont.ca 514 495-9944, # 1 8,50 $ LA HAUTE SOCIÉTÉ de Woody Allen (É-U.) Vostf.AVEC JESSE EISENBERG, KRISTEN STEWART ET STEVE CARELL.Le lundi 3 oct.| 16 h et 19 h 30 8,50 $ DOCUMENTAIRE WASESKUN ?1/2 Réalisation : Steve Patry Sis au pied des Laurentides dans la région de Lanaudière, le centre Waseskun est une prison à sécurité minimale pas comme les autres.On n\u2019y trouve ni barreaux aux fenêtres ni tour de guet surplombant une cour clôturée.Wa- seskun est affilié aux services correctionnels canadiens, mais est géré par et pour des autochtones.Ses détenus, ou plutôt ses résidents, ne se soumettent pas à une détention coercitive.Ils acceptent plutôt de suivre un programme de guérison holistique traditionnel basé sur le partage et la responsabilisation.Le documentariste Steve Patry a filmé le quotidien du centre pendant un an.Les hommes de l\u2019endroit se sont tranquillement ouverts à lui, à sa caméra respectueuse mais attentive.Il en résulte une mosaïque de témoignages bouleversants.Pour autant, la victimisation ne paraît jamais être une option pour ses hommes qui ont tenté d\u2019oublier des années de sévices à travers diverses dépendances.Devant certaines expériences relatées, on se demande comment la survie a été possible.D\u2019une valeur sociologique, anthropologique, et surtout humaine, indéniable, le film de Steve Patry a aussi pour lui le mérite, immense, de donner un droit de parole à des gens qui non seulement l\u2019obtiennent peu souvent, mais dont la condition résulte en bonne partie de ce qu\u2019on les en a privés dès l\u2019enfance.François Lévesque DRAME CRISE À DEEPWATER HORIZON V.F.DE DEEPWATER HORIZON ?Réalisation de Peter Berg.Avec Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malko- vich, Gina Rodriguez et Kate Hudson.États-Unis, 2016, 107 minutes.Le 20 avril 2010, l\u2019explosion de la plateforme pétrolière Deep- water Horizon, dans le golfe du Mexique, entraîna la plus grande catastrophe écologique dans l\u2019histoire des États-Unis.Dans Crise à Deepwater Horizon, Peter Berg (Le seul survivant) met en scène les heures précédant la catastrophe avant de plonger le spectateur au cœur de l\u2019horreur à la manière des plus grands films catastrophes des années 1970, tels La tour infernale.Au cours de l\u2019assommante première partie, Berg présente sommairement les principales figures du drame à venir, l\u2019ingénieur opiniâtre Vidrine (John Malko- vich), le valeureux chef de la sécurité Harrell (Kurt Russell) et le courageux technicien Williams (Mark Wahlberg).Entre deux scènes d\u2019intense bavardage, il propose une visite silencieuse des lieux exigus, installant dès lors une atmosphère tendue.Et lorsque se produisent les premières explosions et que les flammes envahissent les lieux, Crise à Deepwater Horizon se transforme en un film d\u2019action aussi musclé que suffocant, où le réalisateur rend hommage au courage des survivants et salue la mémoire des disparus.On regrettera toutefois la conclusion hâtive, voire bâclée, et le patriotisme peu subtil qui s\u2019y déploie.Manon Dumais Le Devoir SPIRA C\u2019est la danse qui trône en reine dans ce film consacré Vincent Warren."]
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