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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-09-17, Collections de BAnQ.

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[" Voyage intérieur sous la Satosphère Page E 2 La délivrance: la troisième vie de mère courage Page E 3 C A H I E R E \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 S E P T E M B R E 2 0 1 6 L'exposition Des chevaux et des hommes, mettant en valeur des objets de la collection Émile Hermès de Paris, est réalisée par Pointe-à-Callière en collaboration avec la maison Hermès.350, place Royale Vieux-Montréal (Québec) H2Y 3Y5 pacmusee.qc.ca Jusqu\u2019au 16 octobre 2016 La collection Hermès DES CHEVAUX ET DES HOMMES Œuvre de Christian Renonciat © Studio Sébert DER NIÈR E CH ANC E DAVID REICH Qu\u2019est-ce qui fait toujours courir John Cale à 75 ans ?«Well, it keeps me off the streets, pour commencer ! » S T É P H A N E B A I L L A R G E O N T ous aux abris, le voilà ressorti ! Marc Labrèche, surdoué de l\u2019humour franc et décapant, a passé l\u2019été en compagnie d\u2019Anne Dorval à la Première Chaîne, mais ça fait un bail, des années déjà, qu\u2019il n\u2019a pas animé une émission de télé.Son dernier grand show, 3600 secondes d\u2019extase, a été diffusé de 2008 à 2011.Il reprend du ser vice sur les ondes publiques avec Info, sexe et mensonges (ISM), dif fusée le vendredi 23 septembre à 21 h sur ICI Artv et le lendemain à 22h30 sur ICI Radio-Canada Télé.Chaque émission s\u2019articule autour d\u2019un éditorial sur un sujet d\u2019actualité ou un problème social, «un long éditorial», avertissent les documents promotionnels, livré par l\u2019animateur survolté devant public et avec projections multimédias.Le menu promet des invités-surprises et même des numéros de variétés.À l\u2019annonce de la création de cette émission au printemps, le pilote faisait grand usage d\u2019un vrai de vrai cheval.Le canasson reviendra, promet l\u2019humoriste monté.ICI RC n\u2019a pas organisé de visionnement de presse de la première émission.Dommage ! Il y sera question des travailleurs agricoles saisonniers et de la télé publique.Pour son retour, l\u2019ancien grand blond avec un nouveau show sournois va donc mordiller gentiment le média qui le nourrit ?Et pourquoi pas ?Depuis des années, avec ses pastiches, ses imitations et ses sketchs, Marc Labrèche s\u2019assume comme le plus acerbe critique du showbiz, du star- système et du complexe média- tico-industriel québécois.Il l\u2019aime bien et il le châtie bien.«Ça fait plusieurs années que je suis retiré de la télé et j\u2019ai eu le temps de me demander comment je voulais y revenir, dit le délicieux baveux.Ça nous semblait normal de parler de la télévision en général dans le premier bloc.La première émission sera diffusée après le gala des Gémeaux [présenté dimanche].Nous allons donc pouvoir en parler et parler de la télé en général, ce qui nous amène au diffuseur public qui nous reçoit, à la multiplication des plateformes, au mandat, etc.Nous allons faire un plaidoyer par amour critique pour Radio-Canada.» Le coup semble bien reçu de l\u2019autre côté de la cognée.«C\u2019est de l\u2019humour », dit Dominique Chaloult, grande patronne des télévisions radio-cana- diennes, qui revient alors sur l\u2019exemple récent du gala des Olivier, où les humoristes ont profité de sa dif fusion sur les ondes d\u2019ICI RC pour crier à la censure d\u2019un de leurs sketchs.« Malgré ce qui s\u2019est passé aux Olivier, on ne censure pas.On est très en arrière de nos ar ti- sans.Marc Labrèche vient à une antenne où il peut s\u2019exprimer.» Deux par deux Les enregistrements se font par pair.Le jour de l\u2019entrevue, mercredi, il devait notamment traiter de « volontourisme » (les voyages d\u2019aide à l\u2019étranger) et de transgenre.« Un transgenre vient en studio répondre aux questions de courriels du Journal de Montréal, de TVA et d\u2019autres sources », dit l\u2019animateur en rigolant un brin, tout en citant d\u2019autres sujets plus courts de ces premières émissions, dont le fameux « modèle scandinave dont on n\u2019est plus capable d\u2019entendre parler » et « l\u2019appropriation de l\u2019Arctique par plusieurs pays, dont le Canada».Il faut compter environ trois fois plus de temps de studio pour accoucher d\u2019une bonne demi-heure transmissible.Le pro préfère avoir moins de montages et jouer au plus près de la prise directe.« C\u2019est comme un petit cirque chaque fois.» Le modèle semble donc traiter le lourd avec un peu de légèreté, divertir autour et avec l\u2019information.On dit que le journalisme est l\u2019art de rendre intéressant ce qui est per tinent.En voici donc une autre version, une échappée drôle où la pertinence se lie à l\u2019irrévérence.L\u2019humour, c\u2019est donc du sérieux?«Ce n\u2019est pas sérieux et ça l\u2019est, répond Marc Labrèche, toujours aux aguets quand on s\u2019approche de la délicate question de l\u2019infodivertissement.C\u2019est toujours le même problème, comme si on ne pouvait pas parler de façon conviviale, ou même légère, de sujets qui ne le sont pas a priori.On ne se prend pas pour Enquête.C\u2019est clair pour tout le monde.Mais je suis fondamentalement curieux.On parle de ce qui nous Là où crèche Labrèche Info, sexe et mensonges sur fond de divertissement P H I L I P P E R E N A U D L e festival Pop Montréal déroulera cette semaine le proverbial tapis rouge pour l\u2019un des plus brillants innovateurs que le rock ait connus, John Cale.Après presque une décennie sans projet solo, il est réapparu avec un disque en 2012, puis l\u2019hiver dernier avec son seizième album en carrière.Qu\u2019est-ce qui vous fait encore courir à bientôt 75 ans, M.Cale ?« Well, it keeps me off the streets, pour commencer ! » plaisante la légende.Ne faisons pas de cachotteries, une certaine nervosité nous traversait quelques minutes avant de recevoir le coup de fil du cofondateur du mythique Velvet Underground, guitariste, pianiste, réalisateur et altiste aussi reconnu pour ses accointances avec les papes de la musique contemporaine américaine La Monte Young et Terry Riley.Cinquante ans de révolution rock, ça fait son effet.Au bout du téléphone depuis la Californie où il réside, John Cale se révèle la mine d\u2019anecdotes captivantes que nous espérions, la tête chercheuse du rock, l\u2019incarnation de l\u2019avant-garde en musique qui partagera justement sa sagesse avec le public lors d\u2019une session de questions-réponses.« J\u2019aime ces moments, le public y est généralement allumé, dit le musicien.Bien sûr, j\u2019aime prodiguer des conseils à qui veut bien m\u2019en demander, mais ce qui est intéressant dans ce genre d\u2019exercice, c\u2019est de constater comment les plus jeunes générations ont des idées et des perceptions complètement différentes [de celles que nous avions] à propos de ce que la musique devrait être.» Abreuvons-nous à sa source d\u2019anecdotes.Après avoir quitté le Velvet Underground au sein duquel il était secondé de Sterling Morrison, de Moe Tucker et de son ami Lou Reed décédé il y a deux ans, Cale a bossé pour la maison de disques Elektra.Là, il a vite senti venir la tempête punk \u2014 il était déjà dedans avec le Velvet, pourrait-on débattre \u2014, réalisant le premier album de The Stooges (éponyme, 1970).La claque ! JOHN CALE À POP MONTRÉAL La leçon du Maître ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le grand blond baveux revient au petit écran après une absence de cinq ans.VOIR PAGE E 8 : CALE VOIR PAGE E 4 : LABRÈCHE «Mon plus grand souhait, c\u2019est que le ton et les sujets nous permettent de trouver notre place dans le discours télévisuel ambiant» P arfois, pour retrouver mon souffle, entrant dans une sor te de méditation contemplative, je vais voir des œuvres projetées sur la coupole de la SAT, dite Satosphère, qui aura cinq ans le mois prochain.On aperçoit son dôme en sortant du métro Saint-Laurent, mais cer tains Montréalais semblent n\u2019y avoir jamais mis les pieds.J\u2019en entends plusieurs jurer qu\u2019un jour eux aussi\u2026 Pas encore.Ça viendra.La faune des aficionados s\u2019accroît quand même depuis l \u2019 inauguration de cette rotonde à images.18 mètres de diamètre, 13 mètres de hauteur, avec son écran à 360 degrés qui s \u2019anime, la Sato- sphère se révèle un des terrains d\u2019exploration artistique les plus fertiles de Montréal.On y a vu se décomposer sur des vidéos des astres et des plantes, des danseurs, des formes géométriques en anamorphose, des animaux, des personnes ; toutes transes psychédéliques unies.Couchés sur nos coussins, en bain d\u2019immersion sensorielle, envahis par la musique des 157 haut-parleurs, on se laisse englober, entraîner dans un niveau de conscience parallèle ; tantôt ef fleurés, tantôt secoués par ces formes lumineuses en muta t ion , étrangement détendus en sortant de là.Enseigne de modernité, soit, n\u2019empêche que cette paroi courbe m\u2019apparaît faire écho aux sources primitives de l\u2019ar t : dans les grottes où nos ancêtres de la préhistoire créaient des peintures et gravures r upestres, traces de leurs activités, de leurs symboles et de leurs rites, journal collectif parvenu jusqu\u2019à nous.La Satosphère est concave à l\u2019instar de ces murs rocheux, et les motifs projetés sur sa coupole varient tout autant selon la direction du regard et la position de l\u2019observateur à sa base.Des ar tistes en résidence viennent de par tout pour s\u2019y frotter.L\u2019espace en est un d\u2019expérimentation en marche, avec des œuvres qui tâtonnent çà et là en quête de leur pouls, sortes d\u2019écritures en formation.Temps étiré C e t t e s e m a i n e , l a S A T m\u2019a invitée à la première de Patterns de Pierre Friquet, présenté jusqu\u2019au 7 octobre, du mardi au vendredi.L\u2019artiste multidisciplinaire français se déploie entre l \u2019 Inde, la France et l\u2019Afrique du Sud.Il travaille souvent en réalité v i r tue l le , avec des t i t r es comme Vibrations et Jet Lag.Ce jeune créateur est un citoyen du monde en quête de mythes fondateurs et d\u2019espaces de transcendance.L\u2019autre soir, il était au poste avec son équipe.Ces œuvres-là, de haute complexité technique, reposent sur des aventures collectives.« La SAT est le pays des merveilles », déclarait le vidéaste.Il eut l\u2019impression d\u2019y voir repousser les limites du cinéma.Tout est relatif, comme disait Einstein.Sous la coupole, la durée de Patterns semble s\u2019étirer.Là où dix minutes d\u2019attention suf fisent à la perception d\u2019un film traditionnel, notre esprit réclame trois fois plus de temps pour digérer ce type d\u2019 images, d\u2019où les 30 minutes.De l\u2019avis de Pierre Friquet, notre regard est conditionné par le cadre, le format ; un modèle issu de la Renaissance, alors que les tableaux transportés, échangés, tiraient profit d\u2019une abondance de gros plans et de lignes de perspective.« L\u2019image a été une commodité, mise en carré pour mieux la vendre», tranche-t-il.Il estime le modèle de l\u2019immersion mieux collé à notre perception naturelle que la fragmentation d\u2019un sujet .Pour Pier re Friquet , l \u2019ar t total s\u2019adresse à tous les sens.Son spectacle se jouera par ailleurs en trois temps.Deux autres versions de Patterns en réali té vir tuelle seront également proposées, l\u2019une interactive, l\u2019autre pas.Sous la coupole, l\u2019ar tiste explorait une voie nouvelle.La Satosphère n\u2019a guère l\u2019habitude de projeter une œuvre nar rative.Patterns plonge dans une expérience de son passé familial, redécouverte en séance d\u2019hypnose, alors qu\u2019il se sentait dépossédé de lui-même.Un traumatisme de la mère avait laissé son empreinte sur lui.Le film est une séance de psychomagie pour détruire les séquelles de l\u2019épreuve.De Lovecraft à la catharsis Patterns est une autofiction d\u2019horreur et une thérapie.L\u2019auteur a même perdu neuf kilos en un mois lors du processus créatif, comme s\u2019il se délestait de ses fantômes.En plus de mettre au jour un secret de famille, Pierre Friquet dit s\u2019être inspiré de l\u2019univers de H.P.Lovecraft, auteur de Démons et merveilles, un des pères incontestés de la littérature fantastique et de la science-fiction.Né en 1890, fasciné par les légendes peuplées de créatures surnaturelles mal intentionnées, encore vivaces à son époque chez les habitants de la Nou- velle-Angleterre, ce précurseur était avant la lettre un être du XXIe siècle, tout en réalités virtuelles.J\u2019avais relu des pages d\u2019un de ses livres dans le métro, celui qui chuchotait dans les ténèbres, dans lequel des monstres assaillaient des vivants, soulignant des passages au vol : « Il n\u2019était pas bon d\u2019écouter ce qu\u2019ils chuchotaient la nuit dans la forêt avec des voix d\u2019abeilles qui essaieraient d\u2019imiter celles des humains.» M e v o i l à p r ê t e p o u r l a grande immersion.« Lovecraft est présent pour laisser un mystère, m\u2019a-t-il prévenue d\u2019entrée de jeu.Derrière la réalité artificielle, il y a quelque chose de plus horrifique.» À sa suite, dans son voyage initiatique, des monstres s\u2019en prennent aux fondements de sa demeure familiale, secouée par l\u2019épouvante et la poésie.Le sang, des matières organiques, mais aussi des cellules, des personnages, une matrice se désagrègent, des eaux déferlent.La lumière magique nous accueillera en fin de piste.Sa mère était peintre.Il lui a fait retrouver, à travers ces motifs, sa quête picturale.On pénètre la psyché de l \u2019 a u t e u r, e n s o n s e t musique, comme dans un rêve, sans tout saisir.Cer taines silhouettes sont floues, des liens moins fermes que d\u2019autres.L\u2019incursion intérieure se ressent par intuition, puis devient archétype.« Le dôme a ses réponses », assure Pierre Friquet avec des accents sibyllins d\u2019alchimiste, dont on préfère préserver le poids de mystère.otremblay@ledevoir.com CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 2 Grands partenaires Théâtre de Quat\u2019Sous 100 avenue des Pins Est, Montréal Billetterie 514 845-7277 quatsous.com Du 6 septembre au 1er octobre 2016 Une coproduction du Théâtre de Quat\u2019Sous et de LA FABRIK Le Royaume des animaux Texte Roland Schimmelpfennig Traduction Angela Konrad et Dominique Quesnel Mise en scène Angela Konrad Avec Eric Bernier, Philippe Cousineau, Alain Fournier, Marie-Laurence Moreau, Gaétan Nadeau, Lise Roy Concepteurs Loïc Bard, Juan Mateo Barrera Gonzalez, Angelo Barsetti, Catherine Béliveau, Carol-Anne Bourgon-Sicard, Linda Brunelle, Cédric Delorme-Bouchard, William Durbau, Simon Gauthier, Marie-Audrey Jacques, Anick La Bissonnière et Kenny Lefebvre « Le Royaume des animaux au Quat\u2019Sous ou comment rire des travers du merveilleux monde de la culture.Excellent ! » KATERINE VEREBELY | ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE « Une pièce incroyablement bien jouée, décoiffante, où l\u2019on rit beaucoup, parfois jaune.» SOPHIE JAMA | HUFFINGTON POST « Le spectacle étrange et envoûtant que signe Angela Konrad vogue du grotesque au tragique.» MARIE LABRECQUE | LE DEVOIR « Menée de main de maitre, la distribution formidable\u2026 se donne avec générosité et précision.» RAYMOND BERTIN | REVUE JEU « Konrad s\u2019est emparée brillamment de ce texte cinglant.Ses excellents comédiens nous le rendent avec brio, générosité et un total abandon.Le travail des concepteurs est impeccable.» LUC BOULANGER | LA PRESSE Voyage intérieur sous la Satosphère ODILE TREMBLAY SOCIÉTÉ DES ARTS TECHNOLOGIQUES Les spectateurs plongés sous le dôme de la Satosphère. T H É Â T R E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 3 Texte : Marta Hillers ESPACE GO + SIBYLLINES + Théâtre français du CNA Octobre 2016 CLARA Théâtre de l\u2019Opsis NORGE Théâtre Humain + Théâtre du Trident LE DÉCLIN DE L\u2019EMPIRE AMÉRICAIN Théâtre PÀP + + + Texte et mise en scène : Olivier Choinière Avec Marc Beaupré + Stéphane Crête + Maude Guérin + Emmanuelle Lussier-Martinez + Joanie Martel + Monique Miller + Gilles Renaud ESPACE GO + L\u2019ACTIVITÉ Janvier 2017 L\u2019ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! ESPACEGO.COM 514 845-4890 Texte : Marieluise Fleisser Mise en scène : Denis Marleau ESPACE GO + UBU Mars 2017 PARTENAIRE DE SAISON M A R I E L A B R E C Q U E L eur complicité, palpable, est de celles qui ne s\u2019improvisent pas le temps d\u2019une entrevue.Issues du même coin de pays, pareillement habitées par le panorama de la Côte-Nord, Jennifer Tremblay et Sylvie Drapeau ont développé un lien de « sororité ».«C\u2019est fascinant comme on est toutes les deux sensibles au territoire aride, remarque l\u2019auteure.Et c\u2019est très marqué dans mes trois textes : combien les paysages façonnent les personnages.» La dramaturge et la comédienne sont réunies pour une troisième fois autour d\u2019un monologue depuis le succès de La liste, en 2010.À parcourir le territoire intime de la famille et de la filiation.Dernier-né de la trilogie, La délivrance s\u2019amorce là où Le carrousel s\u2019achevait : au chevet de la mère agonisante de la protagoniste.« C\u2019est toujours la même femme, mais on ouvre un nouveau tiroir », explique Sylvie Drapeau.Si Jennifer Tremblay a eu envie de continuer à explorer son destin, d\u2019en fouiller de nouvelles facettes qui traduisent la complexité des existences humaines, elle l\u2019attribue d\u2019abord aux rencontres avec le public après les représentations de La liste.« Les gens étaient souvent très durs avec la narratrice \u2014 surtout les femmes.Et je me suis demandé comment on peut juger une femme à partir d\u2019une seule période de sa vie.Alors que ce qui nous fait agir vient d\u2019un paquet d\u2019expériences, de traumatismes\u2026» Dans La délivrance, la protagoniste a pour mission de persuader son demi-frère réfractaire de venir dire adieu à la mère dont il a été séparé il y a des années.Elle doit du coup régler une part douloureuse de son enfance dans le Québec profond des années 1980, auprès d\u2019un beau-père maltraitant qui ne s\u2019intéressait qu\u2019à son fils légitime.Jennifer Tremblay désirait traiter de violence familiale.« Il y a énormément de violence dans l\u2019intimité des familles, peu importe le milieu social.Et on entraîne les enfants dans des guerres tellement angoissantes.Le comble de l\u2019immaturité des adultes, c\u2019est de ne pas tenir compte de leur fragilité.Même chose lorsqu\u2019on les place constamment dans des situations nouvelles, comme leur demander de s\u2019adapter à un beau-parent.» Réfugiée dans une église, la nar ratrice s\u2019adresse aussi à Jésus, qui l\u2019avait abandonnée, seule, dans sa souf france.Dans ses recherches sur le terme délivrance, l\u2019auteure a découvert qu\u2019entre autres significations, il désigne le pardon des péchés.« Et ça rejoignait un thème qui m\u2019obsédait depuis très longtemps : lorsque j\u2019entre dans une église, je m\u2019imagine marcher vers le Christ et faire une scène, avec toutes sor tes de choses à lui reprocher.» (rires) Petite, elle passait beaucoup de temps à l\u2019église.« C\u2019était magique pour moi parce que \u2014 je l\u2019ai réalisé plus tard \u2014 c\u2019était le seul endroit où il y avait de la beauté.J\u2019habitais un village vraiment laid ! Et la Bible contient un paquet d\u2019histoires fascinantes.L\u2019auteure en moi devait être fascinée par cette mythologie.» Avec leur dimension archétypale , les personnages évoqués dans sa pièce renvoient aussi à divers contes, ces récits qui «habitent notre inconscient», a compris après-coup l\u2019auteure.Mères courages Centrée sur un personnage qui fait toujours face aux épreuves avec courage, la trilogie aborde aussi la condition féminine.Dans ce corps théâtral qu\u2019est le triptyque de Jennifer Tremblay, La délivrance représente le ventre.Celui des femmes qui porte l\u2019humanité.«On est prises dans un corps qui décide beaucoup de notre destin, qu\u2019on le veuille ou non.On peut dire: je vais faire ce que je veux dans la vie, même si je suis une femme.Mais le jour où on met des enfants au monde, on se trouve terriblement fragilisées.On n\u2019a plus le même pouvoir face au reste de l\u2019existence, parce que ça demande une très grande énergie.» Assumant un caractère féministe, l\u2019œuvre véhicule un désir de faire reconnaître toute la valeur de la maternité.De cet acte de porter la vie, avec les souf frances \u2014 et les risques \u2014 qu\u2019il engage.«Et je me rendais compte ce matin en regardant un enchaînement qu\u2019il y a dans la pièce un hommage aux gestes quotidiens des mères, à leur dévouement», ajoute l\u2019auteure.Au fil de ses pièces, Jennifer Tremblay estime que d\u2019imaginer la voix de sa grande interprète a influencé son écriture.« La délivrance, si elle contient des passages poétiques, est beaucoup plus ancrée dans le quotidien que Le carrousel \u2014 et dans ce sens plus proche de La liste.Et Sylvie a toutes ces personnalités-là.Elle est capable aussi bien d\u2019être dans le concret que complètement onirique.» Cet ultime monologue marquera-t-il la fin de leur collaboration?«On ne se pose pas ce genre de question, répond Sylvie Drapeau.Mais c\u2019est tellement magique qu\u2019elle existe dans ma vie, cette femme-là.Cette rencontre est très spéciale pour moi.Au début, j\u2019ai eu très peur de la solitude.Mais je l\u2019ai apprivoisée.Et cette fois-ci, je n\u2019ai même pas pensé que je serais toute seule en scène.J\u2019ai beaucoup cheminé à travers ce travail-là.» Collaboratrice Le Devoir LA DÉLIVRANCE Texte : Jennifer Tremblay.Mise en scène : Patrice Dubois.Au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 20 septembre au 15 octobre.La délivrance ou la troisième vie de mère courage Sylvie Drapeau et Jennifer Tremblay scellent leur alliance complice dans le dernier volet d\u2019une trilogie sur la femme ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Dans La délivrance, la metteure en scène Jennifer Tremblay et l\u2019actrice Sylvie Drapeau rendent hommage à la maternité dans un monologue sur la vie tourmentée d\u2019une femme.On peut dire : je vais faire ce que je veux dans la vie, même si je suis une femme.Mais le jour où on met des enfants au monde, on se trouve terriblement fragilisées.La dramaturge Jennifer Tremblay « » T H É Â T R E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 4 DEVENEZ SPECTATEUR PRIVILÉGIÉ - DERNIERS JOURS POUR S\u2019ABONNER À L\u2019INTÉGRALE! USINE-C.COM / 514 521-4493 S I M O N L A M B E R T A vec l\u2019auteur Simon Boudreault, le registre de la comédie n\u2019est jamais loin.Sa pièce Gloucester, comédie épique pigeant sans vergogne dans l\u2019univers shakespearien, ne fera pas exception.«Ovni», «dur à classer» : ce sont les premiers mots qui lui viennent pour décrire ce texte qu\u2019il signe avec son complice de longue date Jean- Guy Legault.Références à l\u2019envie, parodie et dérision, délire\u2026 le ton, résolument « festif », risque de rappeler Monty Python, ou encore la série Kamelott.Simon Boudreault, qui por te aussi bien les chapeaux de comédien et d\u2019auteur que de metteur en scène, de marionnettiste ou d\u2019improvisateur, parle en somme d\u2019un « projet fou » qu\u2019ils avaient : «écrire un faux Shakespeare, une fausse tragédie de Shakespeare, où on se permettrait pas mal de décon- nage, mais en s\u2019inspirant des personnages et des grandes scènes shakespeariennes».Les personnages, ce sont Goneril, York, Brutus, Yago, Caliban, Horatio, les trois sorcières\u2026 Il en passera près de 75.Les deux auteurs ont fouillé çà et là dans l\u2019œu- vre du dramaturge anglais comme on pige dans un sac à bonbons; c\u2019était à leur sortie de Lionel-Groulx, en 1998.Le projet, pour le moins « ambitieux », a donc dormi 15 ans : la première version faisait cinq heures et exigeait des moyens financiers que n\u2019avaient pas les deux amis.Un spectacle à 10 comédiens plutôt que les 14 prévus et, surtout, une coproduction à cinq ont fini par rendre possible l\u2019objet de démesure.Les dangers de la comédie?« Tsé, maintenant, comme auteur\u2026 Je m\u2019affirme vraiment comme un auteur comique », évoque cet «enfant de l\u2019impro».Le temps aide, évidemment : des pièces comme Sauce brune, D pour Dieu ou As is (tel quel) commencent à bien garnir son portfolio.« Je ne sais pas au Québec ce qui s\u2019est passé\u2026 Avec l\u2019émergence de l\u2019humour, on dirait que le théâtre plus institutionnel a voulu s\u2019écarter de la comédie, et la seule façon d\u2019en faire, c\u2019était par les classiques.Ah, Molière, c\u2019est correct, mais du théâtre contemporain comique, ah ça, non, on ne fait pas ça\u2026» La comédie demeure à ses yeux le véhicule idéal du propos, comme il le fait avec En cas de pluie, aucun remboursement (présentement et jusqu\u2019au 15 octobre chez Duceppe).Cette histoire d\u2019un propriétaire de parc d\u2019attractions, le King (Raymond Bouchard) du Royaume du Super Fun, qui prend sa retraite, rappelle ces constr uctions shakespeariennes à même d\u2019éveiller ambitions, manigances, égoïsme.Gloucester puisera aux mêmes talles : « Le besoin de l\u2019humain d\u2019identifier un ennemi, et le rassemblement qui se crée autour du fait qu\u2019on identifie un ennemi\u2026 Et quand un pays n\u2019a plus d\u2019ennemi, il se tourne vers des ennemis à l\u2019intérieur même de son pays, et à dif férentes échelles.[\u2026] Je pense que c\u2019est un thème qui va malheureusement être actuel\u2026» Collaborateur Le Devoir Portrait de Shakespeare en Arlequin Simon Boudreault signe Gloucester, une comédie contemporaine inspirée des scènes du grand Will PEDRO RUIZ LE DEVOIR Une scène de la pièce Gloucester intéresse et nous allume, ou de ce qui nous choque aussi parfois.» Il dit « nous » parce qu\u2019il parle au nom de son équipe.Le très respecté chroniqueur de La Presse + Yves Boisvert en est pour blinder le travail.La liste des collaborateurs comprend aussi Mathieu Charle- bois, maître du commentaire- choc en ligne, Raphaëlle Germain, qui écrit du Labrèche depu is des années , e t l e blaguiste Sébastien Ravar y.De gauche ou de droite?L\u2019indicatif d\u2019ISM a été composé par Daniel Bélanger.On peut le découvrir sur la page Facebook de l\u2019émission.Les rigolades déjà en ligne donnent une idée de ce qu\u2019on pourra déguster bientôt.Au sujet de la visite éclair de Philippe Couillard à Cuba par exemple : «Le chef d\u2019un État dirigé depuis trop longtemps par le même parti rencontre\u2026 Raúl Castro.» Ce genre de propos fait réfléchir sur l\u2019engagement.De quel bord penche ISM et faut-il même tenter de la situer sur le spectre gauche-droite, par exemple?«Entre toi et moi, ça ne m\u2019intéresse pas vraiment, répond Marc Labrèche.Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est de profiter d\u2019une tribune.Mon plus grand souhait, c\u2019est que le ton et les sujets nous permettent de trouver notre place dans le discours télévisuel ambiant.Juste ça, ce serait assez.Nous, on ne revendique rien.» Une étude de 2012 révélait que la plus grande proportion des jeunes Américains (18 à 30 ans) tire ses informations de deux émissions humoristiques de fin de soirée, The Colber t Repor t et The Daily Show.Infoman occupe ce créneau depuis des années.Marc Labrèche connaît cette donnée et il se réclame lui- même du genre, dont le Petit journal de Canal Plus en France, qui fait son beurre de la dérision de la politique à la télé.« Il y a une dif férence fondamentale, poursuit-il.Ce sont des émissions quotidiennes qui abordent l\u2019actualité au jour le jour.Nous, on ne peut pas faire ça.On fait donc autre chose qu\u2019un journal télévisé.Nous avons du temps.On s\u2019inscrit plus en profondeur dans les sujets, mais on les traite à notre manière, en s\u2019amusant et en discourant avec plaisir.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE E 1 LABRÈCHE GLOUCESTER Texte : Simon Boudreault et Jean-Guy Legault.Mise en scène : Marie-Josée Bastien.Avec Emmanuel Bé- dard, Geneviève Bélisle, David Bouchard, Simon Boudreault, Éloi Cousineau, Érika Gagnon, Jonathan Gagnon, Jean-Guy Legault, Catherine Ruel et Alexandrine Warren.À La Bordée du 20 septembre au 15 octobre.À la Place des Arts du 25 novembre au 17 décembre.«Avec l\u2019émergence de l\u2019humour, on dirait que le théâtre plus institutionnel a voulu s\u2019écarter de la comédie.Ah, Molière, c\u2019est correct, mais du théâtre contemporain comique, ah ça, non, on ne fait pas ça\u2026», lance Simon Boudreault. C A T H E R I N E L A L O N D E T roisième étage, et s\u2019ouvre la porte de l\u2019ascenseur sur un long, très long couloir aux riches boiseries qui se déploie à droite comme à gauche.D\u2019innombrables portes le percent ; fermées, entrouver tes ou béantes, et qui laissent alors voir une peau de loup suspendue, un ancien landau, un carré de terre, des affiches commerciales lumineuses d\u2019antan et leurs filages, ou au sol un cercle de grains d\u2019avoine qui embaument subtilement une de ces drôles de chambres de bois.Dès mardi, ces pièces seront habitées par 12 danseuses, pratiquantes et actrices de 12 micro-perfomances intimes (pour un à cinq spectateurs à la fois).Les spectateurs-visi- teurs hanteront à leur rythme l\u2019ancien et très bel Institut des sourdes-muettes des Sœurs de la Providence, à Montréal, créant à leur guise le parcours de ce déambulatoire qui invite au partage plus qu\u2019à assister à une représentation.Aurélie Pedron est intéressée, dans ces multiples salles, par « le concept du lieu clos, de la tanière, et par l\u2019errance du spectateur, par le trajet qu\u2019il va choisir.Et par le temps non linéaire, global, ce temps considéré davantage dans la philosophie orientale que par nous ici en Occident.On ne voit que ce qu\u2019on croit, mais quand on se retrouve dans un autre temps, il arrive qu\u2019on se donne la permission de percevoir les choses autrement.Et ça, c\u2019est au cœur du travail.» Se laisser voir Et parce qu\u2019elle veut que le spectateur y injecte aussi du sens, qu\u2019il y aille de son interprétation, la chorégraphe Au- rélie Pedron refuse de nommer les thèmes et textures de sa huitième création, afin de laisser le champ tout libre au regardant.Celui-ci pourra entrer, rester, partir, de chaque pièce ou du bâtiment, à sa guise.« On est dans une pudeur, je dirais, pour permettre au regard du spectateur de venir vers les interprètes », plutôt que dans une présence projetée typique de l\u2019idée de la représentation.«On est dans une autre trajectoire du regard.» La créatrice dira tout de même qu\u2019elle parle d\u2019errance, d\u2019entre-deux, des états de métamorphose rares et profonds de la vie humaine.Ce corps-matière La créatrice s\u2019inspire d\u2019objets \u2014 vieux abat-jour métalliques cabossés, dents animales et fleurs encadrées, cordes pour faire des nœuds \u2014 et d\u2019éléments \u2014 terre, fumée, lumière, glace, vent.Ainsi que de ses interprètes, de leurs corps, de leurs âmes et de leurs transparences, ici et un peu par hasard, tous féminins.Des danseuses qu\u2019elle laisse improviser, longtemps, dans ses scénographies, afin de trouver «des por tes » sur leur intimité, qui deviennent entrées vers de nouvelles improvisations.De petites per formances se construisent ainsi, avec le temps, en précisant et en orientant lentement la direction, par essais, trouvailles et errances.«En conjuguant des matériaux, puis les matériaux et les interprètes, ils se révèlent les uns les autres.» Comme des per for- mances dans des installations?Oui, répond la chorégraphe, on peut dire ça.« J\u2019aime plonger profondément, même dans une seule chose ; les danseuses n\u2019ont souvent qu\u2019une seule tâche sur laquelle se concentrer.» Elle a choisi ses danseuses pour leur profondeur, «leur capacité à ouvrir, à aller à l\u2019intérieur, à se mettre à nu, à se montrer sans rien avoir à prouver, sans chercher à séduire, à bien faire, à être performantes.» La récurrence de cer tains accessoires, chargés mytho- logiquement, le rappor t revendiqué au mystère et à ce qu\u2019une part d\u2019œuvre, grande ou petite, puisse rester inexpliquée, rappelle, autrement, David L ynch, mais sans la cruauté du réalisateur.Une inspiration qu\u2019Aurélie Pedron assume complètement.«Ce que je recherche, c\u2019est que le spectateur, en s\u2019en allant, soit troublé sans trop savoir pourquoi.Que le lendemain, il y ait des flashs qui lui reviennent, et une semaine plus tard, des images du spectacle qui resurgissent.Pas que ça fasse \u201cWow!\u201d en sor tant\u2026 » Une expérience, une rencontre singulière davantage qu\u2019un spectacle.Le Devoir LA LOBA Parcours chorégraphique d\u2019Aurélie Pedron, habité par 12 danseuses.Une présentation de Danse-Cité.Au 3700, rue Berri à Montréal, du 20 au 24 septembre.D A N S E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 5 LA DÉLIVRANCE 6 septembre \u2014 1er octobre 2016 Mise en scène Luce Pelletier Distribution Émilie Bibeau, François-Xavier Dufour, Alice Moreault et Étienne Pilon Conception Julie Breton, Mélanie Demers, Catherine Gadouas, Maryline Gagnon, Olivier Landreville, Claire L\u2019Heureux et Jocelyn Proulx Billetterie d\u2019Espace GO 514 845 4890 espacego.com D\u2019après le roman d\u2019Anne Hébert, Aurélien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant anglais paru aux Éditions du Seuil Création pour la scène Pierre Yves Lemieux Outremont une codiffusion avec 23 septembre 14 h / 20 h 24 septembre 16 h Pour tous, à partir de 10 ans Billetterie : 514 495-9944 theatreoutremont.ca © F L E U R D E L I S E D U M A I S PRÉSENTE d\u2019Antoine Laprise / mise en scène de Jacques Laroche Théâtre de la Petite Marée Grands partenaires THÉÂTRE DE QUAT'SOUS 100 avenue des Pins Est Billetterie 514 845-7277 quatsous.com Lecture James Hyndman Lecteur invité Christian Bégin Recherche et animation Stéphane Lépine Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute Le théâtre des écrivains Lecture d\u2019extraits choisis pour les passionnés de littérature Lundi 26 septembre 2016 - 19h30 Les chambres de bois d\u2019Aurélie Pedron Une chorégraphie ?Plutôt la visite libre d\u2019une fort étrange maison Le financement public de la danse, qui a connu des heures plus généreuses, influence presque directement le type de spectacles qui se créent au Québec et au pays.Il est présentement extrêmement difficile pour un chorégraphe de trouver assez de sous pour se permettre de créer, en prenant qui de plus est quelques heures pour entrer profondément dans une recherche, pour huit danseurs et plus.Si l\u2019intention d\u2019Aurélie Pedron pour La Loba a toujours été de viser une intimité, jamais un grand plateau, le projet s\u2019est démultiplié jusqu\u2019à devenir très ambitieux.Organisationnelle- ment (occuper un lieu autre qu\u2019un théâtre supprime bien des facilités et des habitudes) et techniquement.Comme un grand plateau, mais morcelé, travaillé un morceau du puzzle à la fois.« Je crois vraiment à cette idée que la somme des parties puisse être plus forte qu\u2019un tout », indique Aurélie Pe- dron.Pour incarner l\u2019univers, douze danseuses aux personnalités et aux parcours particuliers, dont la plupart pour ce projet vont performer pendant trois heures chaque soir : Ariane Boulet, Karina Champoux, Marie Claire Forté, Annie Gagnon, Rachel Harris, Karina Iraola, Audrée Juteau, Linda Rabin, Catherine Tardif, Anne Thériault, Alexane Tremblay et Lucie Vigneault.Comme un grand plateau morcelé PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Peaux animales et objets insolites peuplent l\u2019étrange déambulatoire de La Loba.Aurélie Pedron Y V E S B E R N A R D P our le début de sa 15e saison, Constantinople s\u2019aventure sur les pistes siciliennes en s\u2019associant à la chanteuse multi-instrumentiste Matilde Politi pour la création d\u2019Île des trois mers.Ce projet, qui sera présenté pour la première fois au Québec ce samedi à la salle Bourgie, complétera un programme double qui sera également composé du matériel de Passages, le nouveau disque récemment paru chez Buda Musique en France.Explications de Kiya Tabas- sian, le directeur artistique de Constantinople.«Le répertoire de ce CD se rapproche beaucoup de celui de Carrefour de la Méditer ranée IV.Il renferme de nouvelles compositions du joueur d\u2019oud Charbel Rou- hana, de la joueuse de kanun Didem Basar et de moi.Le son est très proche de la tradition, sans batterie, mais également très nouveau parce qu\u2019on a tous une approche très créative avec nos instruments.» Charbel Rouhana est l\u2019un des joueurs d\u2019oud parmi les plus reconnus de sa génération au Liban.Issu de la musique orientale aussi bien classique que religieuse ou profane, il aborde plusieurs influences de la planète, mais ne perd jamais de vue l\u2019empreinte première de sa musique.Quant à Didem Basar, elle est issue de l\u2019école turque du kanun.Maintenant résidante de Montréal, on l\u2019a également connue à cause de ses collaborations avec Ismail Fencioglu.En plus de Charbel Rouhana et de Didem Basar, on re- t r o u v e é g a l e m e n t s u r l e disque Passages Neva Özgen, l a v i r t u o s e t u r q u e d u kemençe, et le multipercus- sionniste Patrick Graham, qui a étudié les techniques de jeu des tambourins italiens.Sicile, carrefour de cultures Tous ces ar tistes reviennent pour Île des trois mers, le projet inspiré par cette Sicile, la plus grande île italienne, qui est entourée par la mer T yr r hénienne, la mer Io - nienne et la Méditerranée.Pour animer son patrimoine, on a fait appel à Matilde Po- liti, que Kiya Tabassian présente : « Elle a fait beaucoup de recherches sur les chants populaires et folkloriques de la Sicile.Elle compose aussi des chants dans le même style.Elle chante avec beaucoup d\u2019intensité et cela paraît à la fois dans son visage et dans son corps.Elle défend l\u2019idée que la musique sicilienne est métissée, tout comme la population d e l \u2019 î l e , l e s m o n u m e n t s , l \u2019archi tec ture .Dans ce t t e musique, les percussions sont impor tan t e s e t l e s mode s comme les rythmes sont proches de ceux du Moyen-Orient.On a donc essayé d\u2019aller chercher dans ces couleurs.» De quoi se compose donc le caractère métissé de la Sicile ?« La Sicile a été arabophone pendant plusieurs siècles, répond Kiya Tabassian.On a trouvé de magnifiques poèmes d\u2019Ibn Hamdis, un grand poète sicilien de l\u2019époque qui écrivait en arabe.Sur sa poésie, nous avons fait plusieurs composi- t ions originales .Cer tains poèmes seront chantés à moitié en arabe, à moitié en sicilien.» Et i l y a plus : « On sait qu\u2019historiquement, il y avait en Sicile beaucoup de Perses.Il y a aussi une présence turcophone et juive.Tout cela a influencé la musique.L\u2019île est passée dans tous ces courants chrétiens, musulmans et juifs, philosophiques et poétiques, poursuit le directeur ar tistique.Matilde m\u2019a fait entendre des enregistrements de chants des années 1920 jusqu\u2019en 1930.O n y e n t e n d e n c o r e p l u s qu\u2019aujourd\u2019hui cette diversité de genres.Après la Deuxième Guerre mondiale, avec la présence de la télé, toutes ces couleurs par ticulières de dif fé- rentes traditions se sont de plus en plus ef facées.Raison de plus pour les retrouver et les recréer.» Collaborateur Le Devoir PASSAGES/ ÎLE DES TROIS MERS De Constantinople.Salle Bourgie, le samedi 17 septembre à 20 h.Renseignements : 514 285-2000, poste 4 constantinople.ca Passages, de Constantinople, sur étiquette Buda Musique, en vente maintenant en ligne ou en magasin en novembre.M U S I Q U E T H É Â T R E D \u2019 O B J E T S CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 6 23 + 24 sept.© G i l b e r t H a g e m.a.i.qc.ca / billetterie 514 982-3386 LEILA\u2019S DEATH ALI CHAHROUR ( B E Y R O U T H ) En association avec © Nicolas Ruel Chorégraphe Aurélie Pedron En collaboration avec les performeuses Ariane Boulet, Karina Champoux, Marie Claire Forté, Annie Gagnon, Rachel Harris, Karina Iraola, Audrée Juteau, Linda Rabin, Catherine Tardif, Anne Thériault, Alexane Tremblay, Lucie Vigneault 20 au 25 septembre 2016 3700, rue Berri | danse-cite.org | AURÉLIE PEDRON | Traces-Chorégraphes LA LOBA 12 danseuses, 1 lieu atypique.Une expérience à vivre! TARIF UNIQUE 25$ MUSIQUE DU MONDE Retour aux sources de la Sicile métissée Constantinople ouvre sa saison en invitant la chanteuse italienne Matilde Politi MARCO LI MANDRI La chanteuse Matilde Politi interprète avec intensité et passion les chants populaires et folkloriques de la Sicile.M A R I E F R A D E T T E P résentée au théâtre Ou- tremont par le dif fuseur des ar ts de la marionnette Casteliers, Otomonogatari \u2014 contraction de mots japonais qui signifie approximativement « histoire de bruit » \u2014 est un regard porté sur un univers méconnu, celui d\u2019Otomo Yoshihide, musicien expérimental, faiseur de bruit, de rythmes étonnants.Dans un décor fait de carton, Antoine Laprise raconte le parcours for mateur de ce Japonais happé très tôt par la musique qu\u2019il entend à la radio.À travers ce survol biographique, le spécialiste du théâtre d\u2019objets nous plonge au cœur de la culture japonaise en abordant des éléments historiques et ar t i s t iques qu i nous font découvrir ce monde.En éternel globe-trotteur, il porte en lui cette volonté d\u2019ouvrir des fenêtres.« Je suis un ambassadeur, un diplomate de l\u2019art.Je crée des liens, des ponts.J\u2019essaie de faire en sorte que le présent soit le plus ouvert possible, qu\u2019il y ait le plus de liens entre les choses, les gens.Parce que c\u2019est le début du doute, de la méfiance et de l\u2019éloignement qui peut mener à un conflit.C\u2019est là qu\u2019il faut agir.C\u2019est dans ces préjugés-là qu\u2019il faut aller.» L\u2019origine de la pièce, premier spectacle solo de l\u2019auteur, remonte à il y a 20 ans, au moment où Laprise découvre Yo- shihide pendant un festival de musique expérimentale à Victoriaville.« Ç\u2019a littéralement changé ma vie.Artistiquement, ç\u2019a été une commotion considérable.Si bien que l\u2019année suivante, quand j\u2019ai fait la course Destination monde, mon quatrième reportage, c\u2019était à Tokyo sur Otomo [\u2026] Après, j\u2019ai passé six mois au Japon et commencé à écrire sur lui.» Le spectacle a pris vie l\u2019an dernier au théâtre Petite Marée, à Bonaventure, en Gaspé- sie.«Otomonogatari, au départ, était destinée aux amateurs de cette musique, aux gens qui aiment se faire casser les oreilles.Mais, par un heureux hasard, une place s\u2019est libérée à Petite Marée \u2014 qui est un théâtre pour enfants \u2014 et on a décidé de jouer le jeu.On avait un sujet pointu et on s\u2019adressait aux enfants\u2026 C\u2019était le public idéal.» La rencontre de l\u2019Autre se joue bien sûr dans le sujet offert par Laprise, mais la mise en scène signée Jacques Laroche en appelle aussi.D\u2019entrée de jeu, avant même que la pièce débute, une intro invite les spectateurs à découvrir de nouveaux sons.« Je mélange une vingtaine de morceaux que mon régisseur fait jouer de façon aléatoire et je sors la pochette pour montrer aux gens ce qu\u2019ils écoutent.Ça va des grands noms de la musique expérimentale anglais, tel Derek Baily, à Jimmy Hendrix, en passant par la musique traditionnelle japonaise et la pop japonaise des années 1960.» Le spectateur baigne dans une cer taine ambiance dès le début.Sortir des sons formatés Le plaisir des découvertes, de goûter à des agencements de sons inédits, reste à la base de ce spectacle.Antoine La- prise est un curieux, un amoureux de cette musique distincte.Dans une société qui nous propose toujours les mêmes sons, la même musique formatée, le même angle, il croit fermement qu\u2019il fait bon de découvrir autre chose.«C\u2019est comme s\u2019il y avait des couleurs qu\u2019on n\u2019avait pas le droit de regarder.C\u2019est comme s\u2019il y avait un code de la musique comme il y a un code de la route.C\u2019est insensé.Mais je ne fais pas ce spectacle pour revendiquer quoi que ce soit.Je le fais pour par tager le plaisir qu\u2019il y a à écouter d\u2019autres choses que des plats préparés.Il y a mille façons de faire de la musique et on ne se doute pas qu\u2019on peut aller explorer les choses d\u2019une autre façon.» Laprise espère qu\u2019il y aura une rencontre intime entre les enfants et cet homme, qu\u2019ils saisiront l\u2019importance « d\u2019affronter contre vents et marées que ce qu\u2019ils aiment ne soit pas dans la norme ou dans l\u2019ère du temps.On leur propose souvent des sujets proches d\u2019eux.Pourquoi ne pas leur proposer quelque chose de complètement « flyé»?Parce qu\u2019on est dans un monde de conformistes, il y a beaucoup de trucs pour nous distraire de nous-mêmes, de notre intériorité.Rester en contact avec soi-même, ça peut donner la marginal i t é .On es t en manque de marginalité, je trouve.Le conformisme me fait peur.Je pense que c\u2019est nécessaire pour créer une unité d\u2019ensemble dans une civilisation, mais quand il y a juste ça, ça confine à la bêtise.» Collaboratrice Le Devoir OTOMONOGATARI \u2013 L\u2019ÉVEIL D\u2019UNE OREILLE Création d\u2019Antoine Laprise.Présentée par Casteliers au théâtre Outremont les 23 et 24 septembre (matinées et soirées).Toutes oreilles ouvertes sur le monde Otomonogatari \u2013 L\u2019éveil d\u2019une oreille rend hommage à la différence FLEURDELISE DUMAIS Antoine Laprise explore les sons et l\u2019univers japonais à l\u2019aide du théâtre d\u2019objets.Il y avait en Sicile beaucoup de Perses.L\u2019île est passée dans tous ces courants chrétiens, musulmans et juifs, philosophiques et poétiques.Kiya Tabassian, directeur artistique de Constantinople « » S Y L V A I N C O R M I E R C e sera plutôt plein, sur la scène du Club Soda, ce samedi soir.Il y aura le village de Petite-Vallée, ce qui occupe un certain espace.Il y aura la mer, qui pourrait déborder dans la salle.Et tous ceux, « chansonneurs » et autres « passeurs », qui auront compris littéralement l\u2019invitation.« À micros ouverts pour Petite- Vallée», telle est la proposition de ce spectacle-bénéfice.Un ralliement aux bras tendus, larges comme les bras d\u2019Alan Côté, le directeur-nounours du festival.Déjà, la liste des premiers accourus \u2014 les mentionnés sur l\u2019affiche \u2014 impressionne : se mêleront ou se succéderont Les sœurs Boulay, Louis-Jean Cormier, Marie- Pierre Ar thur, Vincent Val- lières, Philippe Brach, Patrice Michaud et Pascale Picard.D\u2019autres, bien d\u2019autres s\u2019ajouteront, Klô Pelgag notamment.Faudra trouver de la place pour le public.En 34 ans de Festival en chanson de Petite-Vallée, c\u2019est la chanson québécoise au grand complet, toutes générations alliées, qui aura fait le tra jet jusqu\u2019au nord de la péninsule gaspésienne.Et il y a, presque invariablement, des récidives : on ne chante pas qu\u2019une fois au Théâtre de la Vieille Forge, et on ne passe pas qu\u2019une nuit blanche à «chanter plus fort que la mer», pour reprendre le titre du documentaire de 2004 sur le village et son festival (réalisé par mes amis et collaborateurs Éric Ruel et Guylaine Maroist, assumons nos liens).«Tu plonges à l\u2019essence même de ce qu\u2019est la chanson», disait Richard Séguin dans ce film.Alan Côté parle douze ans plus tard « d\u2019un lieu d\u2019ancrage qui accueille des faiseurs et des amoureux de la chanson ».Et il constate les ef fets à long terme, s\u2019émer veille de voir « des petits qui sont passés par le camp chanson en bas âge, passés par la formation du festival, et revenus faire leur show en pros par la suite\u2026» Soutien et avenir La suite.Tout est là.En 2015, le collègue Philippe Papineau évoquait en ces pages un «naufrage redouté ».Le pire a été évité (voir encadré), renflouage de déficit à l\u2019horizon, mais on souhaite dépasser le mode survie.D\u2019où cette soirée au Club Soda, qui n\u2019est pas la vitrine promotionnelle que le festival présente chaque début d\u2019année.Il s\u2019agit ici de soutien ET d\u2019avenir.L\u2019avenir d\u2019un artisanat chansonnier québécois, dont le «festival en chanson » est devenu une sorte d\u2019épicentre décentré.«Y a de quoi de vivant et de réciproque à Petite-Vallée, explique Philippe Brach.C\u2019est un deux semaines où tu peux profiter d\u2019échanges avec des gens qui font le même métier que toi, mais différemment.C\u2019est le signe que ça se parle encore, comme si on avait un projet en commun.C\u2019est une mise au point, une célébration, un ressourcement et un passage bénéfique dans la carrière d\u2019un artiste.En plus, tout ça se trame dans un décor tout simplement parfait.» Jamboree d\u2019un métier.Immersion dans le comment- tu-fais-toi, avec l\u2019air salin pour o u v r i r l e s é c l u s e s d e l a création.Patrice Michaud raconte : «Lors de mon premier passage à Peti te -Vallée en 2008, j\u2019ai surpris une conversation entre Michel Rivard, parrain de ma cohorte, et Nelson Minville.Michel se plaignait alors d\u2019une chanson qu\u2019il disait impossible à finir.\u201cJ\u2019ai bougé la forme, coupé le pont, changé le ton, même le thème ! Incapable !\u201d J\u2019ai compris, moi qui avais le même problème, que je n\u2019étais pas sorti de l\u2019auberge (ni de la Forge !).» Tous les artistes évoquent ainsi des moments clés, des tournants, des liens qui comptent.Klô Pelgag se revoit, assise comme dans un rêve « à l\u2019une des tables du mythique Café de la Vieille Forge », ce « lieu magique précurseur des rencontres importantes d\u2019une vie ».À Petite-Vallée, disent-ils tous, il y a le lâcher-prise d\u2019un camp de vacances et l\u2019envie irrépressible de jouer et chanter à plusieurs, à toute heure.Stéphanie Boulay : «L\u2019année après \u201cnotre\u201d année, on revenait faire un show retrouvailles.On était logées dans la même maison.On était avec le fameux Dan Gaudreau [légendaire musicien local, pilier du festival, décédé en 2010].Il savait jouer toutes les tounes de la vie dans toutes les tonalités, ce gars-là.On a chanté jusqu\u2019à quatre heures du matin, on était juste bien.» C\u2019est pour ça, comprend-on, que le spectacle de ce samedi a lieu: pour l\u2019esprit Petite-Vallée, pour qu\u2019il existe encore et toujours un lieu là-bas, tout là-bas, où la chanson se déploie du temps, hors des impératifs de carrière et pourtant au cœur même de l\u2019aventure.«Le festival a toujours été un trippeux, résume Marie-Pierre Arthur, fille du coin.Il trippe sur les créateurs et sur les tounes.Il rend curieux tous ceux qui s\u2019en approchent.» De près ou de loin.Le Club Soda, à neuf heures de route, ce sera la porte à côté.Le Devoir À MICROS OUVERTS POUR PETITE-VALLÉE Au Club Soda, ce samedi à 20 h.M U S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 7 Requiem de Mozart & Magnificat de Bach Magnificat ! En association avec Arts & Entertainment Productions, Attila Glatz Concert Productions présente BILLETS : 514-842-2112 / 1-866-842-2112 placedesarts.com L\u2019authentique tradition allemande Orchestre KlangVerwaltung & chœur Chorgemeinschaft Neubeuern Enoch zu Guttenberg, chef d\u2019orchestre Deux chefs-d\u2019oeuvre intemporels 140 musiciens sur scène Grand choeur et orchestre Susanne Bernhard, soprano Anke Vondung, mezzo-soprano \u2019 , , Présenté par La Fondation Arte Musica présente SALLE BOURGIE FRETWORK, consort de violes SUZIE LeBLANC, soprano Jeudi 6 octobre \u2013 19 h 30 My Mind to Me a Kingdom Is Œuvres de BYRD, GIBBONS, PURCELL Fretwork est une véritable référence dans le répertoire baroque anglais.Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 CANTATES DE BACH - AN 3 Dimanche 25 septembre \u2013 14 h ARION ORCHESTRE BAROQUE Alexander Weimann, chef J.S.BACH Cantates BWV 45, 96 et 113 Continuez l\u2019aventure avec nous ! SOFYA GULYAK, piano Mercredi 19 octobre \u2013 19 h 30 TCHAÏKOVSKI Suite de Casse-Noisette MEDTNER Quatre contes, op.26 PROKOFIEV Sonate no 6, op.82 Sofya Gulyak interprète avec brio le répertoire pianistique russe.PREMIÈRE FOIS À MONTRÉAL Chanter au-delà du sauvetage Petite-Vallée « à micros ouverts » au Club Soda, un spectacle qui n\u2019est pas une bouteille à la mer JEAN-CHARLES LABARRE En 34 ans de Festival en chanson de Petite-Vallée, c\u2019est la chanson québécoise au grand complet, toutes générations alliées, qui aura fait le trajet jusqu\u2019au nord de la péninsule gaspésienne.L\u2019an dernier dans Le Devoir, Alan Côté sonnait l\u2019alerte de la côte jusqu\u2019à la grande ville : déficit accumulé de 275 000 $, «constat terrible » d\u2019une population en peau de chagrin.L\u2019impensable était envisagé : la fin du Festival en chanson de Petite-Vallée.Le diable d\u2019homme, souriant mais plein de dents, ne s\u2019est pas démené en vain depuis.«Le plus difficile est passé.Pendant la dernière année, une subvention ponctuelle du CALQ s\u2019est transformée en soutien récurrent, Musicac- tion a augmenté son apport et nous avons reçu une aide ponctuelle pour nous permettre de préciser le maillage qui se fera avec [le Festival de la chanson de] Tadoussac dès l\u2019an prochain.» Tous moyens conjugués, «de quoi respirer tout en éliminant le déficit accumulé sur cinq ans.» Sourire large d\u2019Alan.«Le specta- cle-bénéfice au Club Soda fait partie de ces initiatives\u2026» Sortir la tête (chantante) hors de l\u2019eau Le festival a toujours été un trippeux.Il trippe sur les créateurs et sur les tounes.Il rend curieux tous ceux qui s\u2019en approchent.Marie-Pierre Arthur « » La route vers le punk Il nous rappelle sa rencontre avec la musique d\u2019Iggy Pop et des frères Asheton : « Jac Holzman avait une vision claire de ce qu\u2019il voulait faire [de la maison de disques Elek- tra] lorsqu\u2019il en a pris la direction.Je venais alors de terminer les arrangements de The Marble Index [deuxième disque de la chanteuse Nico], et lui avais signifié mon envie de faire de la réalisation.Or, j\u2019ai été très étonné lorsqu\u2019il m\u2019a confié qu\u2019il avait beaucoup aimé The Marble Index \u2014 pour tout dire, j\u2019aurais été souf flé qu\u2019un directeur de label, quel qu\u2019il soit, ait pu apprécier cet album [abordant chanson et musique contemporaine], très difficile d\u2019approche.» «Donc, poursuit Cale, il m\u2019a répondu: \u201cD\u2019accord, il faut trouver le véhicule par fait pour te mettre au volant d\u2019un tel projet.\u201d Par coïncidence, Jac collaborait avec un type que je connaissais bien de l \u2019époque de la Factor y d\u2019Andy [Warhol], Danny Fields », figure célèbre de la scène punk américaine qui a découvert les MC5 et joué les managers pour les Ramones et les Stooges.« Danny m\u2019a dit : \u201cJohn, vient passer le week-end dans le Michigan.Il y a ce groupe qui donne un concert et que j\u2019aimerais que tu voies, peut- être qu\u2019on pourrait travailler ensemble si ça te plaît.» C\u2019était The Stooges.They were funny.» La suite est entrée dans l\u2019histoire.Autre jalon dans sa carrière de dépisteur de talents et de tendances, la sortie du premier album de Patti Smith, Horses (1975), qu\u2019il a réalisé.«J\u2019étais très intéressé par la manière dont elle travaillait la musique et la poésie, et par comment elle parvenait à marier les deux.J\u2019ai d\u2019abord connu son travail de poète, et surtout sa manière de procéder, basée sur l\u2019improvisation.Cela me fascinait \u2014 elle me fascine encore au- jourd\u2019hui, elle est tellement forte.Apprécier la musique des autres, c\u2019est ce qu\u2019il y a de mieux ; lorsqu\u2019on découvre des talents comme ça, des gens qui ont des idées, on se sent vraiment bien.» Velvet Underground à Montréal Les années 1970 et 1980 n\u2019ont pourtant pas été paisibles pour Cale, qui a souffert de ses dépendances aux drogues.«Je crains que ma mémoire de cette époque se soit brouillée\u2026», répond le musicien lorsqu\u2019on lui demande s\u2019il garde un quelconque souvenir du premier concert de Velvet Underground & Nico à Montréal, lors d\u2019Expo 67.Si ses soucis jaillissent peu sur l\u2019impeccable Paris 1919 (1973), aujourd\u2019hui considéré comme un monument de l\u2019art pop, ils plombent l\u2019atmosphère « terne » de l\u2019album Music for New Society (1982), l\u2019un des plus sous-estimés de sa riche discographie et que le musicien a revu sur le disque M: FANS, p a r u e n d é b u t d \u2019 a n n é e .« Je n\u2019aime pas particulièrement revisiter mon vieux matériel ou écouter mes anciens albums.[Réenregistrer les chansons] me semblait une bonne façon de le revisiter; la version originale possède quelques forces que j\u2019ai tenté de magnifier sur la nouvelle version.Ce nouveau a beaucoup plus de viande autour de l\u2019os.Les émotions sont transformées, je pense.Et puis, de toute façon, lorsque je monte sur scène, les chansons changent encore.J\u2019aime essayer de nouveaux arrangements pour mes chansons.» Même, découvr e - t -on à l\u2019écoute de M: FANS, des rythmiques qui s\u2019approchent du hip-hop, l\u2019un des rares genres musicaux contemporains qui ont échappé à l\u2019influence du travail de Cale.« J\u2019apprécie la pop [d\u2019aujourd\u2019hui] autant que le hip-hop qui, à mon avis, présente les seules idées intéressantes en ce moment sur le plan de la réalisation.Cette musique a vraiment changé la manière dont on fait des disques [et a] transformé la manière de composer des chansons [\u2026].Ceux qui en font ont des conceptions très uniques de ce que sont un couplet et un refrain.» Garder l\u2019esprit ouvert, toujours être à l \u2019écoute.C\u2019est une leçon qu\u2019il a notamment retenue d\u2019un de ses mentors, le grand compositeur avant- gardiste La Monte Young.«Vraiment, il m\u2019a appris l\u2019art d\u2019écouter, explique Cale.Nos oreilles nous donnent beaucoup d\u2019informations, on découvre énormément en écoutant, ou en s\u2019écoutant jouer.On en apprend sur notre personnalité, notre capacité de concentration, on apprend beaucoup sur soi-même.» Collaborateur Le Devoir Pour en apprendre plus sur John Cale, rendez-vous au théâtre Rialto vendredi, à 20 h, puis le lendemain, à 17 h, au MBAM, pour la session question-réponse.popmontreal.com N I C O L A S M A V R I K A K I S Mais de quoi parlent donc ces monochromes blancs et noirs qui occupent d\u2019une manière aussi minimaliste l\u2019espace de la galerie Nicolas Robert ces jours-ci ?Une énième réflexion moderne sur la peinture et sa spécificité, sur la peinture qui parle de peinture?Pas tout à fait.L\u2019artiste Jim Verburg sait jouer avec nos perceptions et les techniques de création artistique.Les œuvres noires \u2014 qui forment la série Metaphysical Obstacles and The Acceptance of the Inevitable \u2014 semblent être composées de photographies scientifiques prises par un télescope et/ou un microscope électronique.À moins que cela ne soit par quelques technologies plus nouvelles\u2026 En les voyant, le visiteur en effet hésitera.Il se demandera s\u2019il voit des traces de par ticules atomiques ou subatomiques captées à la suite de collisions dans un grand accélérateur ou s\u2019il est en train de scruter des images des confins de l\u2019univers.Dans cette série, l\u2019œuvre Untitled #17, par exemple, pourra évoquer un ciel étoilé vu d\u2019une autre planète \u2014 de la lune ?\u2014 un peu comme l\u2019avait fait Rober Racine dans Mare Serenitatis , pointe sèche de 1999.Une autre œuvre, Untitled #12, semble être une photo tirée d\u2019un reportage sur l\u2019exploration de l\u2019immensité obscure des fonds marins.Seules quelques taches blanches, évoquant quelques bulles d\u2019air ou condensations à la surface d\u2019un hublot, servent de repères spatiaux\u2026 Les œuvres blanches de Verburg, \u2014 de la série An Accurate Silence \u2014 ont elles aussi des allures de photographies.Il y a un côté aqueux à ces images qui fait penser au processus maintenant ancien de photo traditionnelle, celle que l\u2019on développait en utilisant divers bains.Ces surfaces blanches semblent flotter à la sur face d\u2019une étendue d\u2019eau, comme si elles trempaient encore dans leur bain de rinçage\u2026 Ces images font aussi penser à des tirages de négatifs surexposés qui auraient donné naissance à des photos presque entièrement blanches, où seuls quelques détails, ici et là, évoquent une ligne d\u2019horizon et un paysage évanescent.La photo comme nouveau repère?Mais en fait, ni dans un cas ni dans l\u2019autre, il ne s\u2019agit de photographies, mais bien de peinture étalée sur du papier mylar glacé, un papier translucide.La peinture se donne ici des allures de photos.Cette œuvre semble renouer avec des idées chères à la théoricienne de l\u2019art Rosalind Krauss.Celle-ci a déjà expliqué, il y a plusieurs décennies, comment l\u2019art postmoderne parle de la photographie comme nouveau paradigme, comme nouveau modèle, comme nouvel imaginaire visuel incontournable.Longtemps méprisée par les peintres, la photographie, pourtant de nos jours en complet éclatement \u2014 ne serait-ce que du point de vue technique \u2014, semble en ef fet depuis quelques décennies prendre sa revanche.De nos jours, la photo aurait donc contaminé la peinture et les autres moyens d\u2019expression artistiques.Le hasard et le transgenre Jim Verburg en est arrivé à ce type d\u2019art un peu par hasard.Lors d\u2019une résidence de création en 2015 à l\u2019Open Studio, atelier de gravure à Toronto, il a expérimenté entre autres la technique du monotype.Comme le travail de graveur le veut, il était en train d\u2019étaler sur une plaque l\u2019excès de pigment présent sur le rouleau encreur, ser vant à étaler les pigments d\u2019une manière uniforme, lorsqu\u2019il fut touché par les effets lumineux et de texture de cet excès de pigment appliqué en une fine couche.Le résultat lui sembla d\u2019une grande richesse visuelle qui allait tout à fait dans l\u2019esprit de ses recherches plastiques antérieures.Il a donc décidé de pousser plus loin sa réflexion, d\u2019étaler encore plus finement de la peinture sur une plaque de verre avant d\u2019y appliquer une feuille de papier mylar.Comme l\u2019explique son gale- riste Nicolas Robert, il s\u2019agit donc d\u2019une peinture inspirée par les techniques d\u2019impression de la gravure et du monotype en particulier\u2026 Depuis plusieurs années, Verburg développe un art qui met en scène des effets de lumière.Comme l\u2019a écrit la théoricienne de l\u2019art et artiste Alex Bowron, Verburg souhaite interpeller bien des états lumineux de la matière : « réflexion, absorption, opacité et translucidité ».Et c\u2019est encore le cas ici, en particulier dans les œuvres toutes blanches.L\u2019encadrement de ces œuvres accentue ces effets.Le mylar a été légèrement placé à distance d\u2019un fond plus jaune qui permet au blanc peint de se détacher plus nettement, de vibrer, d\u2019accentuer les effets de flottement\u2026 Ses images jouent d\u2019une manière très subtile et sensuelle avec des effets de profondeur et d\u2019espace.Une œuvre qui renouvelle avec intelligence le genre du monochrome.Collaborateur Le Devoir IMPERMANENT HORIZON De Jim Verburg.À la galerie Nicolas Robert jusqu\u2019au 29 octobre.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 S E P T E M B R E 2 0 1 6 DE VISU E 8 C U L T U R E Cette exposition est organisée par le Los Angeles County Museum of Art et le J.Paul Getty Museum, en collaboration avec la Robert Mapplethorpe Foundation et le Musée des beaux-arts de Montréal.L\u2019exposition et sa tournée internationale bénéficient du soutien de la Terra Foundation for American Art.| Robert Mapplethorpe, Poppy [Coquelicot], 1988.Acquis conjointement par le J.Paul Getty Trust et le Los Angeles County Museum of Art ; don partiel de la Robert Mapplethorpe Foundation ; achat partiel à l\u2019aide de fonds apportés par le J.Paul Getty Trust et la David Geffen Foundation.© Robert Mapplethorpe Foundation.Used by permission.| Le MBAM remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec pour son appui essentiel.Une présentation de Mécène de l'exposition Avec le soutien de À VOIR DÈS MAINTENANT ! FOCUS : P E R F ECT ION R O B E R T M A P P L E T H O R P E « L\u2019évènement de la rentrée.» !\"#$!#%& Image : Dominic Papillon, Linéaments, 2015 444 - 372, Ste-Catherine O., Mtl 514 393-8248 Pour acheter vos billets ou consulter le catalogue, rendez-vous au www.circa-art.com Edmund ALLEYN BOILEAU Claude BOUTHILLIER BRISSON-DARVEAU CLOUTIER CRASTE Yannick DE SERRE DUECK DUPUIS-BOURRET FLEMING GOULET LACHAPELLE LADOUCEUR LAFORGE MOREST PICARD PICARD Amélie PROULX ROUSSEAU et plusieurs autres Du 24 septembre au 15 octobre 2015 Cocktail VIP le 21 septembre dès 17h Quand la peinture se donne des allures de photo Les œuvres monochromes de Jim Verburg évoquent les anciens procédés photographiques JIM VERBURG Propre à Verburg, la peinture appliquée sur du papier mylar insuffle une impression de flottement.SUITE DE LA PAGE E 1 CALE Lorsque je monte sur scène, les chansons changent encore.J\u2019aime essayer de nouveaux arrangements pour mes chansons.John Cale « » C H R I S T O P H E H U S S L\u2019 année 2011 fut majeure pour la diffusion musicale à Montréal, avec l\u2019ouverture de la Maison symphonique, le 7 septembre, suivie, le 28 septembre, par celle de la salle Bourgie dans l\u2019ancienne église Erskine and American de la rue Sherbrooke.Cinq ans plus tard, quel bilan en tirer pour la diffusion de la musique à Montréal?Si la Maison symphonique de Montréal était très attendue, et depuis longtemps, la salle Bourgie est venue comme un cadeau de la part du mécène québécois Pier re Bourgie.Ces deux salles ont comblé, chacune à leur manière, un vide plus ou moins patent.Une salle est certes caractérisée par son architecture et son acoustique, mais en premier lieu elle est définie par sa jauge (ou capacité) qui délimite son créneau d\u2019utilisation.La Maison symphonique est une salle d\u2019une capacité de 1850 à 2100 sièges, selon que l\u2019on utilise, ou non, les places situées à l\u2019arrière de la scène.Le parterre seul a une capacité de 800 sièges, ce qui en fait potentiellement une salle de musique de chambre de luxe.Avec 440 sièges, la salle Bourgie est, disons, une salle de musique de chambre, un rien petite par rappor t aux 600 places de la salle Pollack, dont elle a récupéré un certain nombre de projets.Dans cette logique, on comprend que le Ladies\u2019 Morning Musical Club soit resté fidèle à Pollack : comme ses concerts sont remplis à 80 % par des abonnements, ces 160 sièges supplémentaires ont leur importance pour le bilan financier.Parlons acoustique Il est toujours très périlleux de décréter par anticipation qu\u2019une salle sera miraculeuse sur le plan acoustique.Il avait été claironné que ce serait le cas avec la Maison symphonique.Ce qu\u2019on en a entendu le 7 septembre 2011 n\u2019en fut que plus confondant : une acoustique présente et brillante, certes, mais une réverbération de hall de gare, un paramètre pour tant a priori calculable et maîtrisé.Le problème a été jugulé par un abaissement important du plafond modulable.Personne ne nous fera croire qu\u2019une mesure aussi radicale était prévue.Par ailleurs, le positionnement sur scène voulu par Kent Nagano (un orchestre étagé en hauteur) a dû être abandonné.À nos oreilles, c\u2019est la disposition utilisée par Yan- nick Nézet-Séguin, Valer y Gergiev et Ivan Fischer, avec les contrebasses alignées au fond, qui fonctionne le mieux.Lorsqu\u2019ils jouent à Montréal le programme présenté la veille à Québec, les Violons du Roy doivent s\u2019adapter en un temps record, car les caractéristiques du Palais Montcalm à Québec (riche en graves) et de la Maison symphonique (très c la ire et aux graves pauvres) sont opposées.Notons que le prétendu « coef ficient d\u2019absorption » des sièges, qui nous avait été tant vanté, s\u2019est avéré un leurre : la dif férence acoustique entre siège vide et siège occupé est très grande et, lorsque le parterre seul est ouvert au public, il convient de tirer des rideaux en hauteur pour absorber un peu le son qui s\u2019y dilue.L\u2019acoustique de la salle Bour- gie est bien plus prévisible : c\u2019est clair, immédiat, un rien dur et facilement saturé.Au- delà d\u2019une douzaine de musiciens, l\u2019expérience devient assez stressante (et ne parlons pas du gamelan que j\u2019y ai entendu une fois), mais cela convient aux pianistes, aux quatuors et orchestres de chambre (I Musici, Violons du Roy, Arion) en petite formation.Une salle plus fonctionnelle La Maison symphonique de Montréal répond aux besoins qui ont mené à sa réalisation : elle représente une amélioration qualitative majeure par rapport à la salle Wilfrid-Pelletier, les musiciens s\u2019entendent mieux sur scène et sentent la présence du public pour lequel ils jouent.La présence sonore permet de programmer Haydn ou Bach et d\u2019en livrer des interprétations aux raffinements accrus, perceptibles par le public.Ce dernier peut vivre une expérience musicale beaucoup plus physique, forte et « impliquante ».Le passage salvateur d\u2019une « maison de l\u2019OSM » (illusion initiale de certains) à une salle de concerts symphoniques en bonne et due forme ne s\u2019est pas fait complètement dans les mentalités.L\u2019accès d\u2019autres présentateurs à la Maison symphonique, dans les journées libérées par l\u2019OSM, leur donne souvent des sueurs froides, d\u2019autant que les dates libérées le sont en général 18 mois avant le début des saisons musicales, un délai trop cour t pour attirer certains artistes très demandés.Une salle aussi accueillante a néanmoins remis Montréal sur la carte des tournées orchestrales.L\u2019Orchestre symphonique de Boston et, plus tard, celui du Ma- riinski de Saint-Pétersbourg nous visiteront en 2017.Un marché sursaturé?Le « tôlier» de la salle Bour- gie est la Fondation Arte Mu- sica, qui organise en propre ou coproduit près de 90 concerts par an et loue la salle à des organismes tels I Musici, Arion ou l\u2019Orchestre de chambre McGill.La salle Bourgie a répondu à un besoin criant au par fait moment : l\u2019Université McGill voulant récupérer les salles Pollack et Redpath pour ses besoins propres, il y avait engorgement.Les organismes précités, mais aussi le Festival Bach ou d\u2019autres protagonistes, ont trouvé en la salle Bourgie un lieu idéal pour se produire.Par contre, l\u2019of fre nouvelle de p lus ieurs d i za ines de concerts est venue sursaturer un marché dans lequel l\u2019offre était déjà élevée par rapport à la demande.Les récitals de solistes ou concerts de musique de chambre concurrencent directement l\u2019of fre du Ladies\u2019 Morning et de Pro Musica.Le por trait ne serait pas complet sans mentionner l\u2019apport majeur des équipements des deux salles.La salle Bour- gie renferme une collection d\u2019instruments anciens, collection à laquelle devrait s\u2019ajouter prochainement un pianoforte.La Maison symphonique dispose, grâce à Jacqueline Des- marais, de l\u2019un des plus beaux orgues symphoniques en activité et, grâce au mécène David Sela, de deux pianos Steinway exceptionnels, choisis par Emanuel Ax et Till Fellner.Ces instruments de top niveau mondial concourent évidemment à l\u2019attractivité des lieux aux yeux des solistes internationaux.Le Devoir J É R Ô M E D E L G A D O L a profusion des images et l\u2019accessibilité des outils (caméras et autres) ont souvent donné lieu à des expositions thématiques portées par une vision tranchée et tranchante.En 2013, le Mois de la photo à Montréal, par exemple, dressait une sorte de bilan de la robotisation de la photographie.Plus rarement, cependant, des expos livrent des constats sans en afficher grassement leurs intentions.La coïncidence des programmations de deux dif fuseurs du Pôle de Gaspé, dans le Mile- End, révèle ainsi, sans le crier, où nous en sommes dans la création d\u2019images.Du petit espace de Perte de signal, centre d\u2019artistes spécialisé dans « le rayonnement des arts numériques», aux salles sophistiquées de Dazibao, centre né dans la mouvance du « potentiel documentaire» de l\u2019image, un fait se confirme : il est devenu pratiquement impossible de définir, de nommer, d\u2019identifier.Entre le film documentaire, le journal in t ime e t l \u2019œuvr e contemplative, entre un portrait sonore et une discussion sur Mar x, i l semble y avoir de tout dans l\u2019actuelle exposition de gr oupe à Daz i - bao, une expo par ailleurs sans titre ni thème notoire.On a davantage l\u2019impression qu\u2019il s\u2019agit de quatre solos, entremêlés les uns aux autres.Un fil invisible Dans cette expo sans identité, il y a pourtant un fil invisible qui traverse les salles et qui unit, en toute cohérence, les quatre ar tistes et les six œuvres projetées sur grands (et un petit) écrans.C\u2019est cette dif ficulté à nommer les choses, pas seulement l\u2019objet d\u2019art, qui transcende d\u2019un mur à l\u2019autre.Le son de l\u2019eau, ça se décrit avec quels mots ?Un des pê- cheurs au cœur du film Where Does Sound Go, Where Does It Come From n\u2019arrive pas à le dire.Il sait pourtant pertinemment reconnaître, dans n\u2019importe quel enregistrement, si ce bruit traduit un environnement rocheux ou pas, agité ou calme.Sandra Volny, auteure de ce document tour né au Chili, tend ici une fine ligne entre son et image, entre essai et reportage, entre projet ar tistique (le sien, comme ar tiste sonore) et combat politique, celui des pêcheurs, dont l\u2019expertise rudimentaire est menacée par le progrès technologique.La politique en sourdine Le sujet politique revient plus d\u2019une fois dans cette expo de solos.En sourdine, comme dans le plan-séquence de Tierra Quemada (Terre brûlée) de Gabriela Golder, où une colline disparaît sous la brume.Explicite, comme dans les images embrouillées ou fort nerveuses d\u2019Ali El-Darsa, qu\u2019il a captées avec les plus simples appareils sur le marché ou alors récupérées sur YouTube.La violence urbaine et la fête explosive se confondent dans un chaos similaire.C\u2019est une autre œuvre de Golder, artiste argentine, qui est emblématique de l\u2019expo.Dans Conversation Piece, la lecture du manifeste du Parti communiste entre une grand- mèr e e t ses pe t i tes - f i l l es mène à de jolis quiproquos, notamment parce que ça se déroule dans le confor table décor d\u2019une demeure bour- geo ise .Que r es te - t - i l de l \u2019 idéal communiste ?Comment (re)définir et comprendre le combat ouvrier ?Il est question d\u2019apparences t r o m p e u s e s , à p l u s i e u r s égards.Déjà, les gazouillis d\u2019oiseaux et les voix d\u2019enfants, perceptibles dès l\u2019entrée en galerie, instaurent un climat paisible et rassurant.Si le ton en général appelle en effet la sérénité, la nature des images et des propos n\u2019évacue ni les incertitudes ni les inquiétudes.Roberto Santa- guida, dont le Peripheral Island rompt avec la forme tradi- t ionnel le du documentaire, rassemble des témoignages sur p l u s i e u r s s u j e t s , notamment la perspective de la mort.À noter que ces quat r e so los sont pra t iquement des premières expositions à Montréal pour les quatre ar tistes, qui o n t t o u s p l u s o u moins un pied-à-terre en ville, ou en ont eu un, comme Gabriela Gender, passée par l \u2019UQAM.Rober to Santaguida, le plus Montréalais des quatre, provient du monde du cinéma et s\u2019est ici introduit dans l\u2019art actuel grâce à la bourse Prim/Dazibao.Théâtre mécanique Sous-exploitée, la petite salle de Per te de signal prend en cette rentrée automnale une tout autre dimension.L\u2019installation qu\u2019on y présente, Mécaniques discursives, des artistes belges Yannick Jaquet et Frédéric Penelle, peut s\u2019y trouver sur le mur du fond, elle occupe tout l\u2019espace, et même plus.Mariage d\u2019images numériques et imprimées, de projections et de figurines en papier, d\u2019ombres et de lumières, l\u2019œuvre propose une immersion dans un univers farfelu.Fausses perspectives, trompe- l\u2019œil, rapports d\u2019échelle dis- propor tionnés\u2026 Pour tant, tout s\u2019imbrique.Il y a du théâtre de marionnettes dans Mécaniques discursives, un côté rétro dans ce spectacle noir et blanc, quelque part entre un tableau surréaliste et les usines du cinéma de Chaplin.C\u2019est un cirque où chaque mouvement est d \u2019une fo l le préc is ion .Présentée plus d\u2019une fois en Europe, l\u2019œuvre se trouve à Montréal grâce au pro jet d\u2019échange Résonances numériques qui lie le Québec et la fédération Wallonie-Bruxelles.Collaborateur Le Devoir Œuvres d\u2019Ali El-Darsa, de Gabriela Golder, de Sandra Volny et de Roberto Santaguida.À Dazibao, 5455, avenue de Gaspé, local 109, Montréal, jusqu\u2019au 8 octobre.MÉCANIQUES DISCURSIVES De Yannick Jaquet et Frédéric Penelle.À Perte de signal, 5445, avenue de Gaspé, local 107, Montréal, jusqu\u2019au 8 octobre.M U S I Q U E C L A S S I Q U E D E V I S U CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 9 s L A C H A P E L L E D E Q U É B E C / LES VIOLONS DU ROY 2 0 1 6 / 2 0 1 7 ANTHONY MARWOOD CHEF ET VIOLONISTE © W a l t e r V a n D y c k 29 SEPTEMBRE PALAIS MONTCALM \u2013 MAISON DE LA MUSIQUE, 14 H ET 20 H 1er OCTOBRE MAISON SYMPHONIQUE, 19 H 30 Anthony Marwood fusionne les époques en un concert hors du commun autour de la 5e Symphonie de Beethoven ! Avec la participation de STEVEN MACKEY à la guitare électrique dans Four Iconoclastic Episodes ABONNEZ-VOUS JUSQU\u2019À 35 % DE RÉDUCTION ! 514 285-2000 #4 418 641-6040 | 1 877 641-6040 BEETHOVEN POUR LE TEMPS PRÉSENT VIOLONSDUROY.COM La Maison symphonique et la salle Bourgie soufflent leurs cinq bougies Frontières ouvertes La salle du centre Perte de signal prend une nouvelle dimension JACQUES NADEAU LE DEVOIR Inaugurée le 7 septembre 2011, la Maison symphonique a permis d\u2019améliorer l\u2019expérience musicale des spectateurs, tout comme celle des musiciens.VERONICA MOCKLER Peripheral Island (2016) de Roberto Santaguida et Tierra Quemada (2015) de Gabriela Golder (à l\u2019arrière-plan) FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR La salle Bourgie, avec ses 440 sièges, est venue enrichir de dizaines de concerts par année l\u2019offre de musique de chambre à Montréal.Entre le film documentaire, le journal intime et l\u2019œuvre contemplative, entre un portrait sonore et une discussion sur Marx, il semble y avoir de tout dans l\u2019actuelle exposition de groupe à Dazibao HIERONYMUS BOSCH, TOUCHED BY THE DEVIL ?1/2 Documentaire de Pieter van Huystee.Pays-Bas, 2015, 86 minutes.A N D R É L A V O I E U ne petite armada d\u2019historiens, de conservateurs et de techniciens d\u2019origine néerlandaise est partie à l\u2019assaut de la vérité, celle entourant, ou pas, les toiles de Jérôme Bosch.L\u2019année 2016 marque le 500e anniversaire de la mort du peintre et dessinateur de descendance flamande établi aux Pays-Bas, plus précisément à Bois-le-Duc, et le musée de la localité, le Noord- brandants Museum, tenait à le souligner dignement.Or, que faire lorsqu\u2019on ne possède pour ainsi dire rien de l\u2019enfant chéri des environs?Le cinéaste Pieter van Huys- tee a décidé de suivre la trace de l\u2019historien Matthijis Ilsink et de ses collègues, désireux de voir (de très près) les toiles de ce génie de l\u2019époque médiévale, lui dont les œuvres regorgent de visions infernales, démoniaques, religieuses et délirantes.Tout comme l\u2019appareillage sophistiqué de ses personnages, son film, Hieronymus Bosch, Touched by the Devil, scrute avec une attention maniaque les moindres gestes de ces détectives de l \u2019ar t , conscients que le créateur du Jardin des délices terrestres, de La tentation de saint Antoine et de La nef des fous fut lui aussi imité, abondamment, et ce, dès le XVIe siècle : certains musées détiennent-ils vraiment des œuvres signées Bosch?Démêler le vrai du faux Lorsque ce commando débarque dans les plus prestigieux musées pour rassembler les toiles de leur future exposition, il est souvent accueilli avec un mélange de politesse et de suspicion.Le m a l a i s e e s t p a l p a b l e a u Musée du Prado à Madrid \u2014 le roi Philippe II d\u2019Espagne fut un grand collectionneur de Bosch \u2014, la haute direction ne camouflant jamais son orgueil de posséder la crème de la crème, dont bien sûr Le jardin des délices terrestres.Tout ce déploiement technologique vise à atteindre une authenticité bien improbable, ces fins limiers étant rongés par le doute sur l \u2019or igine véritable d\u2019un seul coup de pinceau, même soumis au rayonnement in f rarouge.Est-ce celui d\u2019un faussaire ou d\u2019un ar t isan du studio de Bosch ?À l\u2019opposé, un petit musée de Kansas City découvre, dans l \u2019euphorie générale, qu\u2019il possède une toile du maître, joie comparable à celle d\u2019un père découvrant que son fils a décroché un prix Nobel, selon son directeur.Ce travail monastique, parfois exécuté dans une quasi- obscurité, s\u2019ef fectue avec la même rigueur à Washington D.C., à Berlin ou à Anvers.Il montre aussi les us et coutumes de grands musées, d\u2019autres moins fortunés (à la Galle- rie dell\u2019Accademia de Venise, la restauration des toiles apparaît impérative pour la réputation des lieux), et ceux aussi des collectionneurs, aux motivations plus simples que celles de Matthijis Ilsink et sa bande.Moins un portrait exhaustif de cet ar tiste dont les toiles sont surchargées de mille détails (cer tains franchement cauchemardesques), Hieronymus Bosch, Touched by the Devil ressemble sur tout à la radiographie d\u2019un milieu opaque, mais dont la quincaillerie et les méthodes suscitent moins l\u2019admiration que l\u2019objet ultime de leur quête.Collaborateur Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 7 E T D I M A N C H E 1 8 S E P T E M B R E 2 0 1 6 CINEMA E 10 C U L T U R E embrasse-moi.?lm PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE « UN BON CRU, QUI TROUVE SON ÉQUILIBRE ENTRE L\u2019HUMOUR NOIR, LA TENDRESSE, LA PASSION ET LE FANTASME.» - Chantal Guy, La Presse MEILLEUR FILM CANADIEN UN FILM DE ANDRÉ FORCIER theatreoutremont.ca 514 495-9944 L\u2019HERMINE 8,50 $ de Christian Vincent (France) scénario à la Mostra de Venise 2015.Le lundi 19 septembre | 16 h et 19 h 30 Avec Fabrice Luchini.Prix du meilleur 335, boul.de maisonneuve est berri-uqam (514) 842-9768 cinematheque.qc.ca cinematheque.quebecoise cinemathequeqc Histoire hippie Un documentaire de Jean-André Fourestié, 88 min Version originale anglaise avec sous-titres français 16 sept.- 5 oct.Au pays de la muraille enneigée Un documentaire de Marilù Mallet , 95 min Version originale espagnole avec sous-titres français Les délices de Tokyo Un ?lm de Naomi Kawase, 113 min Version originale japonaise avec sous-titres français 21h00 19h15 17h00 LA LÉGENDE BLAIR (V.F.DE BLAIR WITCH) ?Drame d\u2019horreur d\u2019Adam Wingard.Avec James Allen McCume, Corbin Reid, Brandon Scott, Callie Hernandez.États-Unis, 2016, 90 minutes.A N D R É L A V O I E O n reconnaît un phénomène non seulement à sa popularité écrasante, mais aussi à son influence au fil du temps.Tout juste à la fin d\u2019une décennie ennuyeuse sur bien des plans, un film sor ti de nulle part allait redéfinir le cinéma d\u2019horreur et lui donner un nouvel éclat.The Blair Witch Project (1999), de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, a tiré alors grand profit des nouvelles technologies de l\u2019image et des possibilités naissantes du Web ; le tout s\u2019est chif fré en millions de dollars de recettes pour une production au budget famélique de moins de 100 000 $\u2026 Le buzz, car c\u2019est de cela qu\u2019il s\u2019agissait, tournait autour de la découverte d\u2019une suite d\u2019images au cadrage instable, le plus souvent sombres et granuleuses, illustrant l\u2019escapade d\u2019un groupe d\u2019étudiants en cinéma au milieu des bois, à la chasse à la sorcière réputée détestable.Cette vision cauchemardesque à l\u2019esthétique dépouillée, au montage abrupt et farcie de gros plans qui donnaient parfois la nausée, ressuscite 17 ans plus tard.Et on oserait ajouter : pourquoi?Blair Witch, d\u2019Adam Win- gard, fait abstraction de la suite racoleuse livrée dans la foulée de ce succès inattendu (Book of Shadows : Blair Witch 2), préférant se concentrer sur l\u2019obsession de James (James Allen McCume) de retrouver sa sœur Heather, celle qui autrefois, avec sa tuque, annonçait sans le savoir la mode hipster\u2026 Le jeune homme enrôle trois amis prêts pour l\u2019aventure, équipés de caméras miniatures, et même d\u2019un drone dont le dernier vagabondage aérien provoquera une pirouette délicieusement absurde.L\u2019arrivée dans la forêt désenchantée se déroule à la manière d\u2019une virée proche de l\u2019esprit scout, mais qui forcément tourne au vinaigre, plongeant ces insouciants dans une noirceur perpétuelle.Heureusement que leurs lampes et leurs piles sont d\u2019une résistance à toute épreuve.Duplicata sans surprise Personne ne pourra nier la force d\u2019attraction de cet univers en apparence brouillon et déjanté, dont l\u2019esprit de type «home movies» a donné lieu à quelques variations dignes d\u2019intérêt, comme Clover field dans la veine science-fiction.Fallait-il pour cela revenir aux origines, et surtout marcher dans les mêmes sillons visuels et narratifs ?Adam Wingard prend acte des développements technologiques \u2014 les séquences aériennes donnent une respiration salutaire à cette histoire trop familière \u2014 mais accentue certaines caractéristiques jusqu\u2019à l\u2019écœure- ment : quel niveau de décibels un spectateur peut-il endurer devant les cris de ces explorateurs du dimanche ?Déjà que la bande sonore est (volontairement) polluée de bruits parasites pour jouer à outrance la carte du réalisme\u2026 Ce duplicata d\u2019une autre époque veut nous ramener à ce bon vieux temps de l\u2019avant- 11-Septembre, celui où la fiction de type The X-Files nourrissait des peurs imaginaires et une paranoïa de pacotille.Dix-sept ans plus tard, la réalité s\u2019avère suf fisamment effroyable pour éviter d\u2019avoir à se perdre dans les bois avec une caméra.Collaborateur Le Devoir Qui s\u2019ennuie des années 1990 ?Le jardin des détails 500 ans après sa mort, Jérôme Bosch est scruté à la loupe, et soulève encore des doutes LE BÉBÉ DE BRIDGET JONES (V.F.DE BRIDGET JONES\u2019S BABY) ?1/2 Comédie sentimentale de Sharon Maguire.Avec Renée Zellweger, Colin Firth, Patrick Dempsey, Sarah Solemani, Kate O\u2019Flynn, Sally Phillips, Shirley Henderson et James Callis.Grande-Bretagne, 2016, 122 minutes.M A N O N D U M A I S E lle ne fume plus, ne boit (presque) plus, a perdu ses kilos en trop, mais n\u2019a pas changé.Fidèle à ses habitudes, elle se confie à son journal, ou plutôt à sa tablette.Éternelle célibataire, incorrigible gaf feuse, Bridget Jones (Renée Zellweger), 43 ans, tombe accidentellement enceinte.De qui ?Peut-être de Jack (Patrick Dempsey), riche et séduisant Américain, rencontré lors d\u2019un festival de musique en plein air, ou de Mark Darcy (Colin Firth), son ex en instance de divorce, croisé aux funérailles de son autre ex, Daniel (Hugh Grant), puis au baptême d\u2019un bébé dont ils sont parrain et marraine.Après quelques entourloupettes et malentendus, ces beaux messieurs apprennent que l\u2019un ou l\u2019autre est le géniteur.Dès lors, sous le regard amusé de la gynécologue de Bridget (Emma Thompson), les deux coqs se battront pour ravir le cœur de Bridget.Entre deux nausées, Bridget accumule les bévues au travail, au grand dam de sa jeune patronne (Kate O\u2019Flynn).Alors que les deux premiers volets étaient tirés des romans à succès d\u2019Helen Fielding, Le bébé de Bridget Jones de Sharon Maguire (Le journal de Bridget Jones) repose sur un récit original conçu par Fielding et Dan Mazer, ensuite peaufiné par Emma Thompson.Pour les lectrices, mentionnons que l\u2019action se situe entre les deuxième et troisième romans.Avec une intrigue pétrie de tous les clichés éculés de la comédie sentimentale, ce troisième volet des aventures du personnage d\u2019Helen Fielding réserve très peu de surprises.Bien qu\u2019on ait voulu étoffer le tout avec quelques considérations sur la maternité tardive et la conciliation travail-famille, cela ne suffit pas à faire oublier l \u2019 intrigue prévisible aussi mince que sa protagoniste.En fait, il vaut mieux avoir oublié le premier volet pour ne pas deviner tous les rebondissements télégraphiés et savourer ses retrouvailles avec cette sympathique héroïne faussement subversive qui, à l\u2019instar du quatuor féminin de Sexe à New York, rêve d\u2019épouser le prince charmant.Cela dit, le tout n\u2019est pas désagréable à regarder \u2014 et pas qu\u2019à cause du charme ravageur de Firth et de Dempsey ! Au gré d\u2019un rythme soutenu, la réalisation de Maguire ne réinvente pas la roue, mais s\u2019avère tout à fait efficace.Reprenant avec bonheur ce rôle qu\u2019elle a incarné en 2001 et en 2004, Renée Zell- weger campe une fois de plus une irrésistible Bridget Jones.Pour fans seulement.Le Devoir Plus mince que jamais CINÉMA DU PARC De fins limiers de la peinture scrutent les musées du monde à la recherche de véritables Bosch.UNIVERSAL Éternelle célibataire, incorrigible gaf feuse, Bridget Jones (Renée Zellweger) tombe accidentellement enceinte.De qui ?Peut-être de Jack (Patrick Dempsey) rencontré lors d\u2019un festival de musique\u2026 FILMS SÉVILLE Personne ne pourra nier la force d\u2019attraction de cet univers en apparence brouillon et déjanté."]
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