Le devoir, 3 septembre 2016, Cahier J
[" INTERNATIONAL FORUM MONDIAL DE L\u2019ÉCONOMIE SOCIALE C A H I E R T H É M A T I Q U E J \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 Une solution pour conserver les sièges sociaux, selon Fondaction Page J 6 Ces jeunes qui lancent des entreprises d\u2019économie sociale Page J 2 Gérald Larose Président Contactez-nous ! 1 877 647-1527 caissesolidaire.coop Fier partenaire du Forum mondial de l\u2019économie sociale La Caisse d\u2019économie solidaire est l\u2019institution ?nancière des entreprises collectives et des citoyens engagés pour une économie sociale et durable.Le Forum mondial de l\u2019économie sociale (GSEF) 2016 se tiendra à Montréal dès mercredi.Des leaders du domaine provenant de mégapoles comme de petites municipalités d\u2019une soixantaine de pays dans le monde s\u2019y retrouveront pour mettre en avant leurs meilleures stratégies.M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale C e matin, vous payez une facture sur AccèsD de Desjardins avant de vous rendre au travail.Vous êtes en retard, alors vous sautez dans un taxi Coop pour aller reconduire fiston au CPE et votre plus grande à son collège privé.Vous faites un saut en chemin pour acheter un café équitable issu d\u2019une coopérative de petits producteurs mexicains.Après le travail, vous allez rejoindre des amis aux Jardins Gamelin, puis terminez la soirée au Divan Orange, où il y a un spectacle que vous ne voulez pas manquer.Sans vous en rendre compte, vous venez de faire sept transactions ou activités en économie sociale.« À peu près tout le monde au Québec fait affaire chaque jour avec des entreprises d\u2019économie sociale sans nécessairement en être conscient », constate Jean-Martin Aussant, directeur général du Chantier de l\u2019économie sociale, qui organise le GSEF 2016 avec la Ville de Montréal.Les derniers chif fres datent, et le gouvernement est en train de refaire un por trait à jour, mais on parle de plus de 7000 entreprises d\u2019économie sociale au Québec.Elles emploient plus de 150 000 personnes dans une foule de secteurs.« L\u2019économie sociale génère environ 10 % du PIB du Québec, indique Jean- Martin Aussant, économiste de formation.C\u2019est rare dans le monde, les endroits où l\u2019économie sociale est aussi présente.» «Dans la métropole, l\u2019économie sociale représente plus que 60 000 emplois, précise pour sa part Denis Coderre, maire de Montréal.C\u2019est incontournable.» Opter pour l\u2019économie sociale Qu\u2019est-ce que l\u2019économie sociale au juste ?Au Québec, la loi la définit par trois types d\u2019entreprises : les coopératives, les mutuelles et les organismes à but non lucratif (OBNL).Il y a de grands joueurs, comme Desjardins bien sûr, mais également plusieurs petites initiatives dans différents secteurs de l\u2019économie.« On voit beaucoup de jeunes en ce moment, par ticulièrement dans le domaine de l\u2019urbanisme, qui créent des entreprises sous la forme collective parce que cela répond mieux à leurs valeurs en matière de gestion démocratique et de par tage plus équitable des retours », constate Béatrice Alain, directrice générale du GSEF 2016.Par exemple, en plus des Jardins Ga- melin, l\u2019OBNL la Pépinière a créé le Village au Pied-du-Courant.Ces lieux visent une nouvelle occupation du territoire pour améliorer les milieux de vie en misant sur le design urbain, l\u2019économie sociale, la culture et l\u2019implication des communautés locales.« Le thème du forum d\u2019ailleurs fait un clin d\u2019œil au concept très actuel des villes intelligentes, mais nous l\u2019interprétons dans le sens de tirer profit de l\u2019intelligence collective, explique Béatrice Alain.Lorsqu\u2019on concerte les citoyens pour aménager l\u2019espace public et utiliser les ressources communes, on arrive à quelque chose de plus innovant et qui répond mieux aux besoins locaux.» Dans les politiques de Montréal Pour arriver à de tels résultats sur le terrain, il faut pouvoir compter sur une ouverture des gouvernements locaux.La Ville de Montréal, qui a d\u2019ailleurs sa commissaire à l\u2019économie sociale, frappait un grand coup en 2009 en lançant son Partenariat en économie sociale pour un Les villes à l\u2019heure de l\u2019économie sociale JEAN-MICHAEL SEMINARO Les représentants d\u2019environ 325 municipalités sont attendus à Montréal cette semaine sur le thème de la «Collaboration entre les gouvernements locaux et les acteurs de l\u2019économie sociale et solidaire pour le développement des villes».En vignette, le Village au Pied-du-Courant, aménagé par l\u2019OBNL la Pépinière.Jean-Martin Aussant VOIR PAGE J 4 : VILLES Pour y participer Date Du 7 au 9 septembre Où Au Palais des congrès de Montréal, 1001, place Jean-Paul-Riopelle Quoi Plus de 30 ateliers et des visites sur le terrain Pour qui Pour des participants de tous les continents désirant discuter de la collaboration entre les gouvernements locaux et les acteurs de l\u2019économie sociale pour développer durablement les villes Site Web www.gsef2016.org INTERNATIONAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 J 2 P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale O n entend souvent au Québec dire qu\u2019il faut davantage stimuler l\u2019esprit entrepreneurial des jeunes Québécois.Ces propos nous parviennent habituellement des milieux d\u2019affaires et du patronat.Pourtant, des jeunes se lancent bel et bien en affaires, mais optent de le faire plutôt par l\u2019intermédiaire de l\u2019économie sociale.UTILE et l\u2019Enclume en sont de bons exemples.Loger les étudiants L\u2019Unité de travail pour l\u2019implantation de logement étudiant (UTILE) est un OBNL fondé en janvier 2013 dont le mandat est la promotion et la construction de logements étudiants.Y a-t-il pénurie?«On estime qu\u2019à Montréal seulement, il y a un besoin pour environ 4000 chambres abordables, soutient Laurent Levesque, coordonnateur général d\u2019UTILE.De plus, les compressions budgétaires imposées aux universités ont fait chuter leurs investissements immobiliers, dont, en particulier, ceux affectés aux résidences étudiantes.» La bougie d\u2019allumage qui a servi à la création d\u2019UTILE est le fiasco de l\u2019îlot Voyageur.L\u2019idée première était de voir si l\u2019on pouvait se servir de cette structure pour en faire du logement étudiant.Bien que ce projet initial soit tombé à l\u2019eau, le modèle d\u2019affaires élaboré, lui, est bien demeuré.«UTILE agit comme un promoteur immobilier, puisqu\u2019il acquier t le terrain, finance et fait bâtir le bâtiment et en demeure le propriétaire.Par contre, on se distingue de ce dernier parce que nous avons une approche du bas vers le haut, ou bottom-up, c\u2019est-à- dire que le projet de logement étudiant doit être fait par et pour la population étudiante.» De plus, une fois le bâtiment construit et loué, sa gestion quotidienne est confiée à une coopérative de locataires.«Et comme le propriétaire est un OBNL et le gestionnaire une coop, nous pouvons of frir des loyers à prix plus abordable que ce que propose le marché.» Le modèle architectural qu\u2019UTILE a développé s\u2019éloigne aussi de la résidence étudiante traditionnelle.«Les résidences traditionnelles sont construites sur le même modèle, soit une enfilade de chambres menant à une cuisine commune.Dans notre cas, nous construisons plutôt des logements qui comprendront une, deux ou plusieurs chambres.L\u2019option à plusieurs chambres sera sans doute la plus répandue, puisque les deux tiers des étudiants préfèrent vivre en cohabitation.» Le plan d\u2019af faires d\u2019UTILE prévoit utiliser la valeur d\u2019un bâtiment comme levier.Une fois qu\u2019une portion suffisante de l\u2019hypothèque d\u2019un bâtiment a été remboursée, celui-ci peut alors servir de garantie afin de financer la construction d\u2019un nouveau bâtiment, et ainsi de suite.«Nous nous servons de la même stratégie que l\u2019on retrouve dans le développement immobilier privé, mais nous appliquons cette stratégie pour le bien de la vie collective.» UTILE travaille présentement sur un premier projet de logement étudiant, dont l\u2019annonce of ficielle devrait avoir lieu cet automne.« Depuis notre création, nous avons surtout travaillé à sécuriser notre financement.Nous avons maintenant deux investisseurs, soit le Fonds communautaire du logement étudiant et la Fiducie du Chantier de l\u2019économie sociale, qui, ensemble, ont investi 3 millions de dollars.Cette somme servira à constituer une mise de fonds.Nous sommes présentement à la recherche de nouveaux investisseurs.» Aménager le territoire L\u2019Enclume est un atelier d\u2019aménagement des territoires fondé en 2011 dont le mandat est d\u2019agir comme consultant.Par contre, l\u2019Enclume se distingue nettement des autres firmes œuvrant dans le même secteur.D\u2019abord, l\u2019Enclume est une coopérative de travailleurs.« Nous avons choisi la coopérative de travailleurs parce que cela correspondait à nos valeurs, explique Karl Dorais Kinkaid, porte-parole de l\u2019Enclume.Nous ne voulions pas d\u2019une gestion hiérarchisée, nous souhaitons que tous nos membres soient par ties prenantes, et nous étions convaincus que la formule coopérative était la meilleure pour assurer la pérennité de l\u2019entreprise.» Autre distinction notable : la firme a une approche généraliste de l\u2019aménagement des territoires.« Dans notre secteur, les firmes ont tendance à se spécialiser dans un secteur particulier de l\u2019aménagement des territoires.Nous avons choisi au contraire de demeurer généralistes.Cela, évidemment, teinte notre approche de l\u2019aménagement des territoires, puisque nous le considérons dans toutes ses dimensions : physique, bien évidemment, mais aussi historique, patrimoniale, immatérielle et culturelle, etc.Notre approche est donc plus globale.» L\u2019Enclume, depuis sa création, a travaillé sur plus d\u2019une vingtaine de projets différents, et sa gamme de ser vices est très variée.À un bout du spectre, la Ville de Montréal commande une étude sur le parc La Fontaine.« C\u2019est une étude préalable dont l\u2019un des volets consistait à cerner la perception qu\u2019ont les utilisateurs du lieu.» À l\u2019autre bout, la Ville de Haw- kesbur y, en Ontario, commande un schéma d\u2019aménagement.«La Ville de Hawkesbury a beaucoup souffert de la fermeture de sa seule usine et se trouve dans l\u2019obligation de se revitaliser.On a fait une étude de la ville et de son territoire dans toutes ses dimensions en relevant les points forts et les points faibles, pour ensuite proposer un schéma d\u2019aménagement, qui suggère des pistes de solution et qui servira aux élus et à la communauté dans l\u2019élaboration d\u2019un plan d\u2019aménagement.» Cette approche mult idi - mensionnelle fait en sor te que l\u2019Enclume n\u2019est pas une firme d\u2019aménagement des territoires comme les autres.« Je nous définirais davantage comme un atelier de développement et de valorisation des territoires dans l\u2019ensemble des dimensions de ces derniers.» Et la formule coopérative de travailleurs sied bien à cette approche.« Notre objecti f n\u2019est pas uniquement de faire de l\u2019argent, ce qui nous permet de mettre plutôt en avant les projets eux-mêmes, qui deviennent alors notre principale motivation.» Ces jeunes qui lancent des entreprises d\u2019économie sociale JACQUES NADEAU LE DEVOIR La bougie d\u2019allumage qui a servi à la création d\u2019UTILE est le fiasco de l\u2019îlot Voyageur.L\u2019idée première était de voir si l\u2019on pouvait se servir de cette structure pour en faire du logement étudiant.Bien que ce projet initial soit tombé à l\u2019eau, le modèle d\u2019af faires élaboré, lui, est bien demeuré.Le Forum mondial de l\u2019économie sociale de Montréal foisonnera d\u2019idées et de projets novateurs visant à construire un monde meilleur.En voici deux exemples\u2026 parmi tant d\u2019autres ! C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale «L\u2019 union fait la force » a beau être un cliché, il s\u2019applique pourtant judicieusement à l\u2019économie sociale.C\u2019est ainsi que, dans le cadre du Forum mondial de l\u2019économie sociale, des représentants de France et de Corée du Sud nous parleront des projets dont, espè- rent-ils, on pourrait s\u2019inspirer.Dans un premier temps, Thibault Cuénoud présentera la plateforme de sociofinancement jadopteunprojet.com, qui, en deux ans, a permis le démarrage d\u2019une cinquantaine d\u2019entreprises d\u2019économie locale en Nouvelle-Aquitaine.Pour leur part, les représentants d\u2019iCOOP KOREA relateront comment ils ont fédéré 84 coopératives de consommateurs d\u2019aliments produits dans le respect de la nature.«Nous désirerons également faire état des problèmes d\u2019un monde sans cesse plus globalisé et en compétition capitaliste, indiquent les Coréens.Nous désirons ainsi démontrer que la coopération permet de faire une réelle différence dans les petites communautés grâce à la mise en œuvre d\u2019idées novatrices.» « Le Forum mondial va nous permettre de rencontrer des acteurs de la finance solidaire et alternative d\u2019un peu partout, et j\u2019espère énormément échanger avec eux, indique M.Cué- noud.Et comme on a tous des idées intéressantes, j\u2019espère pouvoir en récupérer quelques- unes à Montréal ! » Les Pirates du Clain Thibault Cuénoud présentera ainsi une plate- forme de financement participatif, « ce qu\u2019au Québec, vous appelez de sociofinancement, dit-il.La plateforme jadopteunprojet.com est une sorte d\u2019ovni, puisque nous sommes la seule du genre en France à avoir été créée par un collectif de financement solidaire.» Lancée en 2014, cette plateforme permet à de petites PME de voir le jour en collaboration avec le milieu communautaire local et, tout aussi important, aux citoyens de la région du Poitou-Charentes d\u2019y participer.Il s\u2019agit d\u2019une structure d\u2019économie sociale unique à bien des égards, poursuit M.Cué- noud, qui préside de façon bénévole le projet.C\u2019est ainsi que, dans un premier temps, tout entrepreneur doit se faire accompagner par un organisme de la finance solidaire de sa région.«Cela nous assure que l\u2019entreprise à naître sera suivie avant et tout au long de sa création, puis durant sa croissance, explique M.Cuénoud.Par la suite, en s\u2019associant à notre plateforme, on les aide, entre autres, à créer leur logo, à animer une page Facebook, à développer une stratégie de communication par les réseaux sociaux, à créer une communauté, etc.» Et, bien entendu, grâce à cette plateforme de sociofinancement, la jeune PME peut récolter quelques milliers d\u2019euros.« Ça peut paraître modeste, admet-il, mais 5000 euros en phase de démarrage peuvent permettre d\u2019acheter de l\u2019équipement et de disposer d\u2019un peu de trésorerie.» Pour leur part, les citoyens de la région s\u2019impliquent en faisant des dons aux entreprises de leur choix.Le don moyen s\u2019élève aux environs de 60 à 65 euros, précise M.Cuénoud, alors qu\u2019en contrepartie, le donateur reçoit éventuellement un «petit cadeau».Il cite ainsi l\u2019exemple de trois jeunes de Poitiers « en situation de non-emploi » qui désiraient créer une microbrasserie.« On leur a d\u2019abord dit qu\u2019ils se devaient d\u2019être accompagnés par des acteurs de la finance solidaire qui les aideraient à concevoir leur projet , explique M.Cuénoud.Ils ont ainsi créé la brasserie Les Pirates du Clain.Et une fois leur projet bien amorcé, ils sont venus nous voir pour procéder à une collecte de fonds\u2026 ce qui leur a aussi permis de se faire connaître.» En deux ans, jadopteunprojet.com a de la sorte créé une communauté d\u2019environ 1800 citoyens qui contribue au démarrage d\u2019entreprises à saveur sociale et communautaire.«Ces citoyens sont également de futurs consommateurs, lance, sourire en coin, M.Cuénoud, puisqu\u2019ils développent par la suite un intérêt pour l\u2019achat de\u2026 bière locale ! » «À l\u2019heure actuelle, notre plateforme présente une cinquantaine de projets et nous connaissons une évolution d\u2019environ 120% d\u2019activités tous les mois, dit-il avec satisfaction.Nous commençons à être bien connus \u2014 et même reconnus \u2014 comme plateforme solidaire.Et nous sommes tout à fait ouverts à partager notre expérience et nos ressources, même que nous le souhaitons », annonce-t-il.Quand les femmes s\u2019y mettent Dans les années 1980, un nombre croissant de consommateurs sud-coréens s\u2019inquiétait de la qualité des aliments qu\u2019on leur offrait étant donné l\u2019usage excessif de pesticides.Ils observaient également une baisse notable des quantités de grains et de céréales en provenance de l\u2019étranger \u2014 d\u2019où la naissance d\u2019une certaine insécurité alimentaire.C\u2019est ainsi qu\u2019en 1997, six coopératives de consommateurs se sont regroupées pour former iCOOP KOREA avec comme but concret de mettre en commun leurs ressources.Avant tout, il s\u2019agissait pour elles de favoriser la production locale d\u2019aliments en respect avec l\u2019environnement.« Notre but, indique-t-on, est d\u2019encourager la L\u2019ÉCONOMIE SOCIALE DANS LE MONDE De belles réalisations pour un monde meilleur VOIR PAGE J 4 : MONDE INTERNATIONAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 J 3 UNE VALEUR AJOUTÉE POUR NOS COMMUNAUTÉS csn.qc.ca À LA CSN, 15 000 membres œuvrent dans le secteur de l\u2019économie sociale PLUS DE Un événement charnière exceptionnel, selon Marguerite Mendell E M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale L argement connue dans les réseaux de l\u2019économie sociale, du développement économique communautaire et de la finance solidaire, Marguerite Mendell est l\u2019une des plus réputées spécialistes de l\u2019ESS en Amérique du Nord.Ayant toujours partagé sa carrière entre la recherche universitaire et la pratique au sein d\u2019organismes, elle a développé au fil des 30 dernières années une expertise hors du commun.En plus d\u2019être membre du conseil d\u2019orientation du prochain Forum mondial de l\u2019économie sociale, Mme Mendell prendra part à plusieurs activités au cours de l\u2019événement.Notamment, le 7 septembre, elle sera l\u2019une des inter ve- nantes lors d\u2019un atelier portant sur le financement de l\u2019ESS au Québec.Puis, le lendemain, aux côtés de M.Christian Iaione, professeur à l\u2019Université LUISS de Rome, et de M.Madani Coumaré, président du Réseau africain de l\u2019ESS et président du Réseau national malien de l\u2019ESS, elle présentera une allocution dont le thème est « L\u2019ESS comme outil stratégique du développement durable des villes».Interrogée sur ses attentes quant au Forum, Mme Mendell confie être fort emballée par la tenue de cette rencontre internationale dans la métropole québécoise.« Il s\u2019agit d\u2019un événement charnière et exceptionnel pour Montréal, et ce, pour plusieurs raisons», indique-t-elle.Parmi celles-ci, notons d\u2019abord le thème autour duquel s\u2019articulera le Forum.Car d\u2019après la spécialiste, dans le contexte actuel, s\u2019interroger sur les diverses formes que peut prendre la collaboration entre les gouvernements locaux et les organisations de l\u2019ESS s\u2019avère particulièrement pertinent.« L\u2019événement sera vraiment axé sur les contextes locaux et le développement des villes.C\u2019est tout à fait d\u2019actualité, parce qu\u2019un peu partout à travers le monde, on commence à réaliser que les villes ont la capacité de répondre à plusieurs grands défis sociaux, économiques et environnementaux.Ce qui est très intéressant, c\u2019est que la recherche nous démontre que, là où il y a collaboration entre les acteurs de l\u2019économie sociale et solidaire et les gouvernements locaux, les résultats sont meilleurs.Les possibilités de relance et de restructuration y sont plus grandes, et les objectifs sociaux économiques et environnementaux sont plus souvent atteints », précise Mme Mendell.Apprendre des autres et tisser des liens Mais il n\u2019y a pas que la thématique du Forum qui enthousiasme l\u2019économiste.Le fait que l\u2019événement regroupe des chercheurs, des acteurs de l\u2019ESS et des membres de divers paliers de gouvernement d\u2019un peu partout à travers le monde s\u2019avère aussi très intéressant aux yeux de Mme Mendell.«Le modèle québécois d\u2019économie sociale attire beaucoup d\u2019attention internationale ; on est reconnus à travers le monde pour nos initiatives, re- lève-t-elle.Mais il ne faut pas oublier qu\u2019au Québec, on a aussi appris énormément des expériences d\u2019ailleurs, qu\u2019on a adaptées à nos façons de faire.» Par exemple, depuis 1997, le Québec compte des coopératives de solidarité.Or, ces dernières sont largement inspirées des coopératives sociales qui ont émergé en Italie dans les années 1960 et 1970 et qui ont été institutionnalisées par une loi en 1991.Dans le même ordre d\u2019idées, le Regroupement des cuisines collectives du Québec s\u2019est beaucoup appuyé sur l\u2019expérience du Pérou pour s\u2019organiser.Également, le modèle de crédit communautaire qui a été implanté au Québec en 1990 a emprunté plusieurs éléments à l\u2019approche mise en avant par la Banque Grameen du Bangladesh, qui, depuis 1976, se spécialise dans le microcrédit.«Au Forum, il y aura des gens de presque tous les continents qui partageront leur expérience.Ce sera une occasion extrêmement riche d\u2019apprentissage et de par tage des meilleures pratiques.Ça va nous permettre d\u2019accroître notre connaissance de ce qui se passe ailleurs dans le monde et, par la suite, nous pourrons utiliser ce que nous avons appris comme levier pour créer de nouvelles initiatives », soutient la spécialiste de l\u2019ESS.Dans le même esprit, Mme Mendell estime que le Forum sera pour la plupart une excellente occasion de tisser de nouveaux liens.Sa programmation comprenant bon nombre d\u2019ateliers collaboratifs et d\u2019activités sociales, les participants auront maintes occasions de faire d\u2019intéressantes rencontres.« Il est rare qu\u2019un événement nous donne l\u2019occasion d\u2019avoir accès à autant de gens de dif férents pays, mais aussi, de dif férents domaines.Le Forum va permettre aux acteurs de l\u2019économie sociale et solidaire, aux chercheurs et aux représentants des gouvernements d\u2019avoir des échanges formels, mais aussi informels.C\u2019est impor tant, parce que c\u2019est souvent après des rencontres imprévues, autour d\u2019un café ou dans un corridor, que se développent des relations durables qui peuvent mener à toutes sortes de partenariats », note l\u2019économiste.Si elle s\u2019avère convaincue de l\u2019apport positif qu\u2019aura sur ses participants la troisième édition du Forum mondial d\u2019économie sociale, Mme Mendell dit espérer que celle-ci saura aussi inspirer le milieu académique québécois, et ce, particulièrement sur le plan de la transdisciplinarité.« Je ne veux absolument pas nier l\u2019importance de la recherche fondamentale ni celle de la recherche appliquée classique, mais je crois que le milieu académique doit s\u2019ouvrir davantage et tenter d\u2019adopter une approche plus transdiscipli- naire, conclut l\u2019économiste.C\u2019est quelque chose qui commence à émerger dans divers milieux, mais ce n\u2019est pas encore extrêmement répandu.On doit encourager ces pratiques-là, et j\u2019espère vraiment que les initiatives qui seront présentées lors du Forum inspireront le milieu académique en ce sens.» Du 7 au 9 septembre prochains, Montréal sera l\u2019hôte de la troisième édition du Forum mondial de l\u2019économie sociale.À cette occasion, plus de 1000 personnes des quatre coins de la planète se pencheront sur les dif férentes formes de collaboration possibles entre les gouvernements locaux et les acteurs de l\u2019économie sociale et solidaire (ESS).D\u2019après Marguerite Men- dell, économiste, professeure à l\u2019École des af faires publiques et communautaires de l\u2019Université Concordia et directrice de l\u2019Institut d\u2019économie politique Karl-Polanyi, l\u2019événement s\u2019annonce particulièrement prometteur.Entretien.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Interrogée sur ses attentes quant au Forum, Mme Mendell confie être fort emballée par la tenue de cette rencontre internationale dans la métropole québécoise. INTERNATIONAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 J 4 L\u2019économie circulaire Les Presses de l\u2019Université de Montréal Sous la direction de Sébastien Sauvé, Daniel Normandin et Mélanie McDonald LIBRE ACCÈS PDF et ePub gratuit en ligne www.pum.umontreal.ca Une transition incontournable Pablo Achard Les MOOCs Cours en ligne et transformations des universités Penser autrement développement solidaire et durable.Montréal s\u2019engageait alors à travailler avec les entreprises d\u2019économie sociale dans le cadre d\u2019une stratégie intégrée pour développer durablement la ville.« Concrètement, cela signifie que chaque fois que nous réalisons des projets, comme PME MTL, on s\u2019assure qu\u2019il y a quelque chose d\u2019intéressant pour les entreprises d\u2019économie sociale, explique le maire.Ça signifie qu\u2019on travaille avec La Ruche, la plateforme de sociofinance- ment.Ça veut dire qu\u2019on participe à l\u2019Opération sac à dos des Magasins-Partage.» Aux yeux de Denis Coderre, ce genre de projets a des impacts directs sur la qualité de vie des gens, sur les plans de la mixité sociale, la réinsertion sociale, la création de richesses et la cohésion sociale.Comme Montréal, plusieurs villes s\u2019intéressent à l\u2019économie sociale.On en attend environ 325 au GSEF.« C\u2019est majeur, affirme Denis Coderre.Alors que, dans une vingtaine d\u2019années, près de 70 % de la population mondiale habitera en ville, les villes sont devenues incontournables et elles s\u2019intéressent aux stratégies gagnantes pour mieux intégrer l\u2019économie sociale au développement.Par exemple, pour aborder les enjeux de logement et pour s\u2019attaquer à de grandes problématiques, comme le réchauffement climatique.» Pour Montréal, le GSEF sera aussi l\u2019occasion d\u2019affirmer son leadership dans le domaine en annonçant officiellement la création de la Maison de l\u2019innovation sociale.«C\u2019est un projet majeur réalisé avec plusieurs partenaires, comme des universités, de grandes fondations, des praticiens et des gouvernements, mais on ne peut pas donner d\u2019autres détails pour le moment», précise Jean-Martin Aussant.Inspiration mutuelle Comme hôte de ce grand événement, est-ce que Montréal peut se considérer comme un exemple à suivre ?« Il n\u2019y a pas un modèle pour tous, parce que les réalités sont dif férentes d\u2019un territoire à un autre, précise Béatrice Alain.Cela dit, je pense que le Québec se démarque par son écosystème, qui soutient les initiatives locales en matière de financement, d\u2019accompagnement technique, de réseautage et de renforcement des capacités.» Par contre, cela ne veut pas dire que le Québec peut s\u2019asseoir sur ses lauriers.« Plusieurs endroits dans le monde réalisent des choses très innovantes en matière d\u2019économie sociale, ren- chérit-elle.Je pense par exemple à l\u2019Espagne et à Séoul.Le Forum permettra de mieux voir ce qu\u2019ils font, comment ils ont réussi à mettre en place des mesures et comment cela pourrait faire avancer nos pratiques.» SUITE DE LA PAGE J 1 VILLES consommation éthique par la collaboration.» Il s\u2019agissait en fait d\u2019améliorer la sécurité alimentaire en Corée du Sud tout en se préoccupant de la protection de l\u2019agriculture locale et de l\u2019environnement, et ce, en tout respect pour les personnes et pour les travailleurs.Résultat : iCOOP KOREA rassemble à présent 246 690 consommateurs regroupés au sein de 84 coopératives.Fait remarquable, souligne-t- on : 99 % des membres sont des femmes, alors que 3000 d\u2019entre elles dirigent et animent ces coopératives et tout ce mouvement de solidarité.Autre fait remarquable, rappor te-t-on : lorsqu\u2019une coopérative atteint une cer taine taille, elle se scinde en deux afin de préserver une échelle humaine ou, plus particulièrement, son fonctionnement démocratique, de façon à ce qu\u2019elle reste toujours très près de la communauté qu\u2019elle dessert.À l\u2019occasion du Forum de Montréal, les Coréens présenteront leur nouveau projet au nom évocateur : Natural Dream Park.Il s\u2019agit de deux complexes industriels nouveau genre spécialisés dans la production d\u2019aliments respectueux de l\u2019environnement et de leur communauté.SUITE DE LA PAGE J 2 MONDE Je pense que le Québec se démarque par son écosystème qui soutient les initiatives locales en matière de financement, d\u2019accompagnement technique, de réseautage et de renforcement des capacités Béatrice Alain, directrice générale du GSEF 2016 « » P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale F ondée en 1971, la Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins célèbre cette année ses 45 ans.Quarante-cinq ans durant lesquels la Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins a non seulement pris du coffre, mais a aussi su évoluer et innover constamment.« Au fond, l\u2019histoire de la Caisse d\u2019économie solidaire, c\u2019est un peu l\u2019histoire de l\u2019évolution du Québec, et surtout celle de la gauche québécoise », affirme Marc Picard, son actuel directeur général.Rappelons que cette institution financière est née à Québec grâce au militantisme des syndiqués de la CSN de la région de Québec.Elle por te alors le nom de Caisse d\u2019économie des travailleurs réunis de Québec.Elle est née de la fusion des caisses d\u2019économie de travailleurs de cette région.En 2000, elle fusionne avec la Caisse d\u2019économie des syndicats nationaux de Montréal et, en 2002, avec la Caisse d\u2019économie de Lanaudière.C\u2019est en 2004 qu\u2019elle adopte son appellation actuelle.La Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins s\u2019inscrit donc dans une vieille tradition québécoise, qui est celle des caisses de travailleurs, dont les plus anciennes moutures remontent aux années 20 du siècle dernier.Si, au départ, elle était vouée à servir d\u2019outil financier aux travailleurs, elle s\u2019est développée par la suite surtout par son action dans le domaine des coopératives, d\u2019abord de travailleurs et d\u2019habitation, pour ensuite s\u2019ouvrir à l\u2019ensemble des entreprises coopératives et des organismes à but non lucratif.Au- jourd\u2019hui, elle englobe tout ce qui se nomme « entreprise d\u2019économie sociale », y compris les entreprises du milieu culturel.La situation actuelle «À sa fondation, en 1971, la Caisse comptait environ 500 membres, poursuit Marc Picard.Aujourd\u2019hui, elle en compte 15 000, dont 12 000 individus et 3000 entreprises coll e c t ive s .En fa i t , env i ron u n e entreprise collective sur deux au Québec est membre de la Caisse d\u2019économie solidaire.» Bien que le siège social soit toujours situé à Québec, elle possède des bureaux à Montréal et à Joliette.L\u2019actif sous gestion au 31 décembre 2015 s\u2019élevait à 770,4 millions de dollars.«Notre volume d\u2019affaires s\u2019établit présentement à 1,6 milliard de dollars.» La Caisse d\u2019économie solidaire ne veut pas en rester là et aimerait bien continuer à croître.« Évidemment, nous cherchons toujours à faire grandir notre membrariat, notamment auprès de la jeune client è l e , don t l e s va l eur s au - jourd\u2019hui sont souvent les mêmes que les nôtres.De plus, le partage de ces mêmes valeurs fait en sorte que nos membres nous sont très fidèles, ce qui fait que nous connaissons une excellente rétention de nos membres, avec lesquels nous continuons à développer des projets.» Investissement à impact social L\u2019investissement à impact social est un nouvel élément dans le coffre à outils du financement responsable.Grosso modo, il tient à assurer que l\u2019investissement, en plus de répondre aux critères de respect de l\u2019environnement, du développement durable et de la bonne gouvernance, a un impact social direct.L\u2019investissement à impact social demeure aujourd\u2019hui largement l\u2019affaire d\u2019 inst i tut ions car i tat ives, c o m m e l a F o n d a t i o n Rockefeller.Pour permettre aux individus et aux entreprises collectives de participer à l\u2019investissement à impact social, la Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins a développé son propre véhicule d\u2019investissement à impact social, soit le Placement à rendement social.« Les individus et les entreprises collectives qui placent leur argent par l\u2019intermédiaire du Placement à rendement social sont assurés que cet argent servira uniquement pour des projets qui ont un impact social véritable.» En ef fet, une tranche de 1000 $ dans le Placement à rendement social est distribuée ainsi : 320 $ aux OSBL, 320 $ aux coopératives, 230 $ aux individus qui adhèrent aux principes coopératifs de la Caisse, 80 $ aux organismes culturels, 30 $ aux travailleurs autonomes et aux entreprises privées qui sont socialement engagés, et 20 $ aux organisations syndicales.Le Placement à rendement social se décline en quatre formules : un dépôt garanti rachetable en tout t e m p s , u n d é p ô t g a r a n t i à terme fermé de 1 mois à 10 ans, un dépôt à rendement progressif et un dépôt garanti lié au marché.«Aussi, les individus et les entreprises qui choisissent de placer leur argent dans un Placement à rendement social renoncent aussi à leur ristourne.Cette ristourne est plutôt placée dans notre Fonds d\u2019aide au développement du milieu.Le Fonds d\u2019aide nous sert à faire des dons à divers organismes ou même à des individus dont le projet répond à nos critères et valeurs.» Forum mondial de l\u2019économie sociale La Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins sera bien présente au Forum mondial de l\u2019économie sociale.« Nous sommes un partenaire de l\u2019événement et l\u2019un des principaux commanditaires.Aussi, nous allons participer à certains ateliers.» L\u2019un de ces ateliers concerne le lien entre les élus municipaux et les entreprises collectives.Qu\u2019en est-il de la situation au Québec?«Le gouvernement libéral a vraiment changé la donne en abolissant les CLD et en confiant leur mandat aux municipalités et aux MRC.En agissant de la sorte, il a détruit le réseau sur lequel on s\u2019appuyait.Présentement, tous les intervenants travaillent à en reconstruire un.Sans compter que la sensibilité des élus municipaux à l\u2019économie sociale varie grandement d\u2019une municipalité à une autre.» Au fil des ans, la Caisse a évolué avec l\u2019évolution de la société québécoise ; travailleurs, coopératives, OSBL, environnement, développement durable.« Notre président, Gérald Larose, qualifie notre caisse d\u2019institution financière des mouvements sociaux.» Aujourd\u2019hui, la dernière étape de cette constante évolution est la finance responsable.« Le Forum est une occasion pour nous de promouvoir la mise en place d\u2019un véritable écosystème de financement responsable.» CAISSE D\u2019ÉCONOMIE SOLIDAIRE DESJARDINS L\u2019institution financière des mouvements sociaux DENIS GENDRON «Le Forum est une occasion pour nous de promouvoir la mise en place d\u2019un véritable écosystème de financement responsable », selon le directeur général, Marc Picard. INTERNATIONAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 J 5 Ce cahier thématique a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Lise Millette, vice-présidente des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel lmillette@ledevoir.com.INVESTISSEMENT SOCIAL De l\u2019importance de mesurer les retombées E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale L e Réseau d\u2019investissement social du Québec (RISQ) devrait lancer un nouveau Guide d\u2019analyse des entreprises d\u2019économie sociale cet hiver.Cet ouvrage, destiné aux bailleurs de fonds des entreprises collectives, remplacera la première édition, rédigée par le RISQ avec ses partenaires en 2003.« L\u2019objectif était de documenter l\u2019exper tise développée au Québec dans l\u2019analyse de l \u2019économie sociale , qui , à l\u2019époque, avait de la difficulté à obtenir du financement auprès des institutions financières », explique Philippe Garant, directeur général du RISQ.Ce document est devenu une référence chez les gestionnaires de fonds dans la finance solidaire et les personnes chargées d\u2019analyser les projets d\u2019économie sociale.Il a aussi é t é u t i l i s é d a n s l e s p r o - grammes universitaires de gestion, dans les anciens centres locaux de développement (CLD) et dans les ministères.Il a suscité de l\u2019intérêt sur la scène internationale, avec une traduction en six langues.P o u r q u o i u n n o u v e a u guide ?Le contexte a «évolué», soulève M.Garant.L\u2019expertise en la matière s\u2019est enrichie et « i l y a de p lus en plus de sources de financement disponibles pour les entreprises d\u2019économie sociale».Les investisseurs privés se mettent de la partie avec l\u2019engouement provoqué par l\u2019investissement à impact social.Issue du monde anglo- saxon, cette nouvelle culture de la finance s\u2019appuie sur des investissements dont l\u2019objectif consiste à générer à la fois un rendement financier et des retombées sociales et environnementales positives.« Un des discours qu\u2019on entend régulièrement quand on parle avec des financiers, c\u2019est que ce n\u2019est pas tellement une question de disponibilité d\u2019argent, mais qu\u2019ils ont surtout de la dif ficulté à trouver de bons projets, dit M.Garant.Mais cette difficulté, on la voit plutôt comme une difficulté d\u2019évaluer les projets à leur juste valeur.» Par exemple, le guide du RISQ montre que deux facteurs sont cruciaux pour déterminer la longévité d\u2019une entreprise d\u2019économie sociale : sa gouvernance et son ancrage dans son milieu.Territoires innovants en économie sociale et solidaire (TIESS), un organisme de liaison et de transfert dans le secteur, a amorcé au printemps dernier un chantier de trois ans à travers lequel les acteurs du milieu vont tenter de définir et d\u2019échanger des outils de mesures.« On s \u2019es t rendu compte qu\u2019ils sont en train de faire la même chose en Wallo- nie », indique Marie J.Bou- chard, professeure à l\u2019École d e l a g e s t i o n ( E S G ) d e l\u2019UQAM et impliquée dans le projet du TIESS.« Si l\u2019économie sociale est méconnue, c\u2019est peut-être parce qu\u2019on ne se vante pas assez.Plus on va s\u2019outiller pour pouvoir faire cette mesure d\u2019impact social, mieux les gens vont pouvoir la connaître.» De plus, avec l\u2019engouement suscité par l\u2019investissement à impact, elle note « un risque si l\u2019économie sociale ne s\u2019outille pas adéquatement pour répondre».Elle craint que, si le milieu de l\u2019économie sociale ne détermine pas les indicateurs selon lesquels on peut évaluer avec justesse les impacts, il y ait un danger, dans la négociation avec les bailleurs de fonds, de tendre vers une uniformisation d\u2019indicateurs avec une «vision un peu technique du social ».Cer taines retombées sont complexes, voire parfois imposs ib les à quant i f i e r, comme les changements dans la qualité de vie d\u2019une personne, le renforcement de la cohésion sociale ou la résilience d\u2019une organisation.Marie J.Bouchard constate que les entreprises collectives ont déjà des indicateurs au sein de leur organisation, mais qu\u2019elles n\u2019ont pas le réflexe de les mettre en avant lors d\u2019une demande d\u2019évaluation.De plus, certaines ne connaissent pas les mesures éprouvées par des entreprises collectives d\u2019autres secteurs.Par exemple, les entreprises d\u2019insertion professionnelle ont développé des outils efficaces pour mesurer leurs retombées en employabilité, mais les coopératives d\u2019habitation ne savent généralement pas comment analyser cette répercussion, même si l\u2019implication de ses membres dans les travaux et la gestion d\u2019un immeuble peut parfois les qualifier pour des emplois.«Ceux qui ont déjà développé des outils vont les mettre au commun, puis on va essayer de voir comment on peut les transférer, les adapter », dit Mme Bouchard.Le Comité sectoriel de main-d\u2019œuvre en économie sociale et action communautaire (CSMO-ESAC) a de son côté publié en 2004 un guide sur les indicateurs d\u2019impacts sociaux à l\u2019intention des entreprises d\u2019économie sociale.Son but était aussi de faire en sorte que le milieu de l\u2019économie sociale détermine comment évaluer ses retombées sociales avant de se faire imposer par des bailleurs de fonds des mesures ou des indicateurs inadéquats.L ynda Binhas, chargée de projet en recherche et analyse au CSMO-ESAC, raconte que son organisme est intervenu, il y a quelques années, lorsqu\u2019un regroupement s\u2019est vu prescrire par son bailleur de fonds principal de répondre à un questionnaire pour mesurer son impact social.« On a agi pour que le questionnaire soit modifié en fonction de la réalité des services of ferts, dit-elle.Les indicateurs qu\u2019on appellerait universels, ça ne fonctionne pas.Il faut vraiment déterminer des indicateurs qui sont adaptés à l\u2019activité des entreprises et aux activités et services offerts par elle.» Marie J.Bouchard croit que des indicateurs et des mesures d\u2019évaluation trop uniformisées de la part des bailleurs de fonds pourraient aussi inciter les organisations à s\u2019imiter ou à se concurrencer.Or, selon elle, l\u2019une des forces du milieu québécois de l\u2019économie sociale réside dans le maillage des organisations et leur complémentarité.«On cherche à faire en sorte que la collégialité se maintient à travers ce défi, qui est très intéressant à relever», dit-elle.En se ré fé ran t aux 500 études de cas analysées par le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), Mme Bouchard constate une tendance dans les innovations qui ont eu du succès : « il n\u2019aurait pas fallu appliquer des standards a priori au financement, indique-t-elle.On a même fait des études sur les effets des types de financement sur le maintien de la mission [de l\u2019entreprise d\u2019économie sociale] et de son autonomie.Il faut que le fonds soit le moins normé possible, pour laisser l\u2019économie sociale faire ce qu\u2019elle fait de mieux, c\u2019est-à-dire combler rapidement les failles dans le marché et les services publics, répondre à des aspirations nouvelles, inventer des solutions à des problèmes sociaux émergents.» Les retombées sociales d\u2019une entreprise demeurent souvent complexes à évaluer.Alors que de plus en plus de bailleurs de fonds manifestent leur intention d\u2019investir dans la perspective d\u2019en générer, les acteurs de l\u2019économie sociale cherchent des indicateurs et des mesures pour que leurs répercussions soient reconnues à leur juste valeur.FONDACTION, UN FONDS DE TRAVAILLEURS ENGAGÉ EN FAVEUR DU DÉVELOPPEMENT DURABLE DU QUÉBEC En soutenant les entreprises de chez nous, notamment d\u2019économie sociale, nous contribuons à un développement économique fructueux qui appelle à la solidarité sociale et à la sauvegarde de la planète.Depuis plus de 20 ans, Fondaction permet ainsi le maintien et la création d\u2019emplois de qualité partout au Québec.Contribuez à donner du sens à l\u2019argent en choisissant Fondaction.fondaction.com ISTOCK «Si l\u2019économie sociale est méconnue, c\u2019est peut-être parce qu\u2019on ne se vante pas assez.Plus on va s\u2019outiller pour pouvoir faire cette mesure d\u2019impact social, mieux les gens vont pouvoir la connaître», indique Marie J.Bouchard, professeure à l\u2019École de la gestion (ESG) de l\u2019UQAM et impliquée dans le projet du TIESS. INTERNATIONAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 J 6 Avec 15 000 membres dans des organismes de l\u2019économie sociale et plusieurs outils collectifs, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est très engagée dans le domaine qui rejoint ses valeurs et sa mission ; un secteur vigoureux qui prend de l\u2019ampleur.A N N E G A I G N A I R E Collaboration spéciale C omme c\u2019est le cas pour la plupart des organisations syndicales, le rôle de la CSN ne s\u2019arrête pas à la défense des travailleurs.En arrière-plan, c\u2019est tout un projet de société qu\u2019elle défend, rappelle Pierre Patry, trésorier de la centrale syndicale.Que ce soit pour « démocratiser les lieux de travail ou faire en sorte que les travailleurs aient la mainmise sur leur argent », la CSN a toujours voulu démocratiser l\u2019économie.Son engagement envers l\u2019économie sociale date même de ses origines, comme le souligne une étude du Centre de re- c h e r c h e s u r l e s i n n o v a t i o n s s o c i a l e s (CRISES)* : dès la fin des années 30, la CSN participe à l\u2019âge d\u2019or des coopératives.Aujourd\u2019hui, 15 000 membres de la CSN (sur 325 000) travaillent en économie sociale.La propor tion est en revanche assez récente, puisque la plupar t \u2014 11 000 \u2014 se trouvent dans les centres de la petite enfance (CPE), qui se sont syndiqués progressivement ces dernières années.La CSN était déjà présente dans les garderies privées dans les années 70, c\u2019est donc tout naturellement qu\u2019elle a pris sa place dans les CPE lorsque ceux-ci ont commencé à être aux prises avec des coupes budgétaires et des « attaques du gouvernement », explique Pierre Patry.Le reste des membres de l\u2019économie sociale travaille dans des organismes à but non lucratif (OBNL) ou des coopératives dans divers secteurs d\u2019activité (social, environnement, etc.).Parfois les mêmes défis que dans le privé Si la CSN, par philosophie, veut développer l\u2019économie sociale dans divers secteurs, tels que l\u2019éducation, la santé et les services sociaux, notamment, il ne faut pas pour autant que ça devienne de la main-d\u2019œuvre à bon marché, qui se substituerait à des emplois du secteur public, comme on commence à le voir dans les soins à domicile, met en garde Pierre Patry : «Il faut trouver la frontière pour conserver au public ce qui doit l\u2019être!» Le syndicat reste donc vigilant et, même au sein des organismes d\u2019économie sociale dans lesquels il est présent pour représenter les travailleurs, il veille au grain, car «nous nous heurtons parfois aux mêmes problèmes que dans des entreprises privées quant aux conditions de travail », constate Pierre Patry.« Dans les organismes d\u2019économie sociale, certains problèmes liés aux conditions de travail surviennent à la suite de coupes budgétaires », poursuit le trésorier de la CSN, qui fait parfois front avec ces organismes dans sa lutte contre le gouvernement.« On a participé à certaines manifestations avec les CPE», rappelle Pierre Patry.Cependant, dans l\u2019ensemble, le travail syndical est plus aisé dans un organisme de l\u2019économie sociale \u2014 «où on peut avoir prise sur les décisions, où l\u2019information stratégique est partagée et où on ne recherche pas le rendement à court terme » \u2014 que dans une entreprise privée, estime le trésorier du syndicat.De nombreux outils collectifs La CSN est engagée dans l\u2019économie sociale également en étant un acteur, puisqu\u2019elle a créé au fil des ans de nombreux outils collectifs.Si la Caisse d\u2019économie solidaire, un outil financier innovant, a été créée en 1971, c\u2019est au début des années 90 qu\u2019« un pas de plus est franchi [\u2026], alors que la récession économique touche à nouveau le Québec », rappelle l\u2019étude du CRISES.La CSN fonde alors plusieurs organismes, Bâtirente, un REER collectif pour les travailleurs de la CSN, Fon- daction et, plus tard, Filaction, deux fonds de développement, ainsi que MCE Conseils, Neuvaction et DSI, des organisations-conseils sur les plans national et international.Les outils d\u2019économie sociale que la CSN met sur pied lui permettent aussi d\u2019agir dans le domaine du développement durable.Assez tôt, elle a épousé les thèses environnementalistes au point d\u2019en faire un sujet de préoccupation important, soucieuse de poursuivre son projet d\u2019une société durable sur tous les plans.À son congrès de 2008, rappelle l\u2019étude du CRISES, la CSN demande à tous les syndicats de s\u2019inscrire « graduellement dans un processus continu d\u2019action sur les enjeux environnementaux ».C\u2019est donc dans toutes ses sphères d\u2019activité que le développement durable va teinter les décisions.Mais un outil lui est, avec le temps, consacré : Neuvaction, un organisme qui pose des diagnostics socioéconomiques avant un investissement dans une entreprise et qui se spécialise depuis quelques années dans le développement durable.Étant donné l\u2019expansion de l\u2019économie sociale à l\u2019échelle planétaire, mais aussi au Québec, où elle représente déjà 5 % du PIB avec un chiffre d\u2019af faires de 17 milliards et 125 000 emplois, l\u2019engagement de la CSN dans le domaine ne pourra que croître dans les prochaines années.*«La contribution de la CSN à une économie solidaire et responsable : des outils collectifs à un Carrefour financier solidaire » \u2014 CRISES (2014) La CSN, un acteur naturel de l\u2019économie sociale La vente de fleurons québécois en 2016, comme les Rôtisseries St-Hubert à l\u2019entreprise ontarienne Cara, a soulevé les passions au sujet de la relève à la tête des entreprises d\u2019ici.L\u2019économie sociale est-elle une solution ?E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale L orsqu\u2019il était sur le point de prendre sa retraite, Denis Lebrun, fondateur de la Librairie Pantoute de Québec, avait annoncé son souhait de voir des employés acquérir l\u2019entreprise.« On était tous dans notre coin à se dire que c \u2019é tait beaucoup trop cher, qu\u2019on n\u2019était pas des gens d\u2019af faires, qu\u2019on ne voulait pas s\u2019endetter », raconte Stéphane Picher, directeur de la succursale Saint-Joseph et aujourd\u2019hui président de la coopérative de travailleurs actionnaires de la Libraire Pantoute.Deux employées, Victoria Lévesque et Marie-Ève Pi- chette, ont amorcé une démarche d\u2019acquisition.Pour acheter toutes les actions nécessaires au contrôle de l\u2019entreprise, elles ont convaincu d\u2019autres collègues de devenir propriétaires grâce à la formule coopérative.En 2014, la transition se concrétise.Les deux employées de la direction initiatrice de l\u2019achat ont formé une corporation détenant 27 % des actions, tandis que les autres employés se sont réunis au sein d\u2019une coopérative qui en possède 26 % ; 53 % des actions appar tiennent donc à des travailleurs de la librairie, ce qui leur assure une majorité dans la prise de décisions.Les trente employés ne sont pas obligés d\u2019être membres, mais deux tiers d\u2019entre eux le sont actuellement.En plus d\u2019assurer la relève, la coopérative a aussi changé la dynamique, notamment sur le plan de l\u2019engagement des employés, note M.Picher.« Les gens comprennent un peu mieux quelles sont les dépenses.Lorsqu\u2019il y a de moins bonnes années, peut-être parce qu\u2019on est plusieurs à détenir des actions, on est portés à être plus transparents.C\u2019est normal qu\u2019avant, on avait moins de chif fres, car c\u2019était un propriétaire.Mais cela a augmenté la confiance et l\u2019implication chez plusieurs employés.» De plus, M.Picher ob- ser ve que cette démarche a trouvé un écho dans la population.« On a vu la clientèle augmenter , af f irme-t - i l .Je crois que c\u2019est parce que la nouvelle était positive et que ça faisait contraste dans un contexte où on entendait surtout parler, au cours des dernières années, de fermetures [de librairies] et d\u2019un milieu du livre qui ne va pas bien.Ça nous a donné une belle visibilité.» Le chiffre d\u2019affaires d e l a L i b r a i r i e P a n t o u t e tourne aujourd\u2019hui autour de 4 millions de dollars.Pour mener à terme cette transition, la corporation et la coopérative de la Librairie Pantoute ont reçu chacune un prêt de Filaction, une entité de Fondaction composée de 22 fonds de développement, qui octroie des invest issements de moins de 500 000 $ à des PME du Québec.« C\u2019est évident que sans un financier comme celui-là, on n\u2019aurait pas réussi.On a payé les actions avec l \u2019em- p r u n t e t , d e p u i s , o n l e rembourse.» Un moyen d\u2019assurer la relève Transformer une entreprise à but lucratif en entreprise d\u2019économie sociale, un bon moyen d\u2019assurer la relève ?C\u2019est du moins ce qu\u2019on croit à Fondaction.Lorsqu\u2019un entrepreneur ne trouve personne à qui confier les rênes de son entreprise et approche le fonds de travailleurs pour savoir s\u2019il peut le mettre en lien avec de potentiels acquéreurs, il lui suggère de considérer l\u2019économie sociale comme solution, affirme Julien Lampron, directeur des af faires publiques chez Fondaction.«La formule coopérative est une formule intéressante pour conserver des sièges sociaux au Québec, dit-il.On va la pousser énormément et la mettre vraiment en avant.On accompagne des entreprises vers cette possibilité de fournir des capitaux pour des travailleurs qui voudraient éventuellement acquérir une entreprise.» Cette approche n\u2019est pas nouvelle chez Fondaction, et son préjugé favorable envers l\u2019économie sociale ne date pas d\u2019hier : 31 % des sommes investies par le fonds de travailleur, en entreprises ou dans des fonds partenaires, sont reliées à l\u2019économie sociale.Mais les dossiers de relève se multiplient sur leurs bureaux.« Les fondateurs, qui sont surtout de la génération des baby-boomers, sont en train de passer le relais [et] ils se tournent vers des institutions comme nous.» Devant la suggestion d\u2019étudier la piste de l\u2019économie sociale, l\u2019attitude de ceux qui cherchent à qui passer le flambeau semble avoir changé au cours des dernières années.« Il y a un peu plus d\u2019intérêt de la par t des entrepreneurs à considérer cette possibilité, indique M.Lupien.Il y a de nombreux exemples qui fonctionnent , donc f o rcément , l e s oreilles sont plus attentives.» Parmi les cas à succès, il rappelle celui de Fresche Solutions, autrefois nommée Speed- ware.Les employés ont racheté en 2010 l\u2019entreprise à des intérêts américains, alors que l\u2019entreprise Activant avait fait son acquisition en 2005.Fondaction leur a prêté main-forte pour reprendre le contrôle.L\u2019équipe de direction a pris une portion des actions, tandis que les employés se sont réunis en une coopérative de travailleurs actionnaires pour en acquérir une autre.Ensemble, ils prenaient possession de la majorité des parts de l\u2019entreprise montréa- laise et lui redonnaient son indépendance.« C\u2019est l\u2019exemple d\u2019une formule où l\u2019on est capable d\u2019accompagner des travailleurs dans la reprise d\u2019une entreprise », dit-il.Il ajoute que les réussites des coopératives agricoles en convainquent aussi certains.«Quand on voit que le modèle coopératif fonctionne, forcément, ça incite plus d\u2019entrepreneurs à se dire [que] passer à l\u2019économie sociale va assurer la pérennité de l\u2019organisation.» Les statistiques démontrent d\u2019ailleurs que le taux de survie des entreprises collectives est au-dessus de celui des entreprises privées à but lucratif.Une étude publiée en 2008 par le ministère du Développement économique, de l\u2019Innovation et de l\u2019Expor tation indiquait que le taux de survie d\u2019une coopérative est de 62 % après cinq ans et de 44 % après 10 ans, contre 35 % après 5 ans et 20 % après 10 ans du côté des entreprises privées à but lucratif.Une solution pour conserver les sièges sociaux, selon Fondaction YAN DOUBLET LE DEVOIR Le fondateur de la Librairie Pantoute, Denis Lebrun "]
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