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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-09-03, Collections de BAnQ.

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[" Olivier Kemeid prend la barre du Quat\u2019Sous à Montréal Page E 3 Neuf réalisateurs pour une pièce de Stéphane E.Roy Page E 8 C A H I E R E \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 S Y L V A I N C O R M I E R P as de fébriles autour de la table de pique-nique.Jour 1 des entrevues pour la sortie d\u2019Ef fets spéciaux, mais Joël Vaudreuil, Stéphane Lafleur et Mathieu Charbonneau ne sont vraiment pas énervés.Pas plus que Nicolas Mous- sette, quand il rejoint finalement les copains dans la cour arrière de chez Grosse Boîte, la compagnie de disques d\u2019Avec pas d\u2019casque.Plutôt soulagés.C\u2019est moi, l\u2019excité, avec mes photocopies des textes de l\u2019album, touffues d\u2019annotations illisibles.Mathieu essaie mine de rien de les lire à l\u2019envers.«Ce sont les premiers commentaires extérieurs aujourd\u2019hui, premières expériences d\u2019écoute en dehors de nous autres, des proches, de l\u2019équipe », constate le gars du baryton et des claviers.« Nous, ça fait longtemps que c\u2019est fini.Quatre mois?On a eu le temps de l\u2019écouter souvent\u2026» Joël, le batteur, rigole en douce : « C\u2019est fini, là, on ne l\u2019écoute plus.C\u2019est votre tour\u2026» Dans mes photocopies fripées, j\u2019ai entouré les lignes qui m\u2019ont jeté par terre.Il y en a partout.Stéphane Lafleur, à toutes les trois ou quatre lignes, me renverse, et c\u2019est pas pour rien qu\u2019il a déjà eu le Félix de l\u2019auteur ou compositeur de l\u2019année (c\u2019était en 2012, pour l\u2019album Astronomie).Des fois, je me dis que même Richard Desjardins voudrait écrire comme lui.J\u2019en veux pour exemple qui tue ce couplet dans la chanson intitulée Audrey est plus for te que les camions, une histoire de survie, justement : « Ils ont fouillé son cof fre de chair / Aux douanes de la mort / Et n\u2019ont trouvé / Que sa cargaison de courage ».Et ça lui vient comme ça, pouf ?«Non, pas comme ça, pouf.Mes petits cahiers de moleskine sont remplis de phrases qui ne se retrouvent jamais nulle part.» Ni dans ses films, ni dans les chansons d\u2019Avec pas d\u2019casque.J\u2019ai souligné aussi les mots à occurrences telles que ça semble voulu.Lentement.Lenteur.Tranquillement.Lumière.«Ça devait être ça qui devait sortir\u2026», avance Stéphane, laconique mais souriant, les yeux baissés.«C\u2019est des chansons écrites sur une période de quasiment deux ans.C\u2019est après-coup que tu vois les mots qui reviennent douze fois ! Avant, j\u2019aurais cherché des équivalents.Je me surveillais.» Pour Astronomie, ajoute-t-il, Nicolas avait fait le décompte des mots récurrents.« C\u2019étaient \u201cpanique\u201d et \u201cbrouillard\u201d», se souvient l\u2019homme du lap steel et de la basse.« J\u2019ai décidé de ne plus me battre contre ça, continue Stéphane, d\u2019assumer plutôt que d\u2019essayer autre chose et teinter l\u2019intention qui a jailli.C\u2019est correct d\u2019avoir des mots- clés.C\u2019est ça, le propos.» Indéniablement.« Ça doit être l\u2019âge, je sais pas », lâche comme du lest le parolier de 40 ans.«C\u2019est des épisodes de vie, aussi.» Tous ces mots lents et lumineux disent certainement un désir de calme et de bien-être.«C\u2019est pas ça, le but pour tout le monde ?» s\u2019exclame le chanteur, qui s\u2019exclame rarement.« Je pense que je suis quelqu\u2019un de plus heureux dans la vie parce que mes angoisses et mes peurs ont pu passer par des chansons, par la musique qu\u2019on crée ensemble.Je ne pense pas être quelqu\u2019un de lourd\u2026 » Joël : « Mais si tu ne chantais pas\u2026» Rigolade de groupe.Jamais trop, jamais de filtre Drôle de groupe, Avec pas d\u2019casque.Duo guitare-batterie au début, devenu trio puis quatuor en fonction de ce que Lafleur appelle « l\u2019agrandissement naturel du carré de sable ».Groupe « où les paroles et les musiques sont plus que jamais complémentaires », constate-t-il.Groupe de goût et de mesure, qui n\u2019en fait jamais trop.Ça s\u2019entend tellement quand on écoute les chansons dans la séquence de l\u2019album : elles démarrent presque toutes en délicat grattage d\u2019acoustique et se déploient sans tapage, le pedal steel et le baryton dans Autour, l\u2019ambiance psych-arabisante dans Derviches tourneurs, le trémolo de la guitare électrique dans Nos corps (en ré bémol), le lent et inexorable crescendo instrumental dans Les gloires du matin, porté par des claviers célestes.Le minimum vital.Avec pas d\u2019casque, comme l\u2019expression venue du hockey le dit littéralement, c\u2019est encore et toujours la même volonté de proximité.Pas de protection, pas de filtre émotionnel dans «Nos silences se racontent / Et ce soir dans tes bras / C\u2019est la paix dans le monde / Et nous faisons confiance à nos corps».Pas de distance dans la musique non plus.«On le dit et on le répète, nous autres, on essaie de jouer comme si on jouait devant nos amis, résume Stéphane.Une relation très simple.» Progression au bouche-à-oreille, anticar- riérisme à l\u2019extrême, les gars du groupe n\u2019ont toujours pas leurs faces sur les pochettes, et on ne les voit pas trop dans les clips non plus.Mathieu : «On a tous d\u2019autres projets.Personne ne veut faire juste ça dans la vie, on n\u2019a pas l\u2019obligation de faire rouler le groupe entre les tournées.» Stéphane : «C\u2019est quétaine, mais on a toujours essayé de garder la notion de plaisir dans cette affaire-là.» Les passages à la télé angoissent ?Pas de télé.Malaise par rapport à la vente de chansons J É R Ô M E D E L G A D O P orno ou art?Ou porno et art?La question a accompagné Robert Mapplethorpe (1946- 1989) pendant toute sa (courte) carrière.Depuis sa mort, le doute s\u2019est dissipé.Le photographe américain, figure de la contre-culture new-yor- kaise dans les années 1970, occupe une place de choix dans l\u2019histoire de l\u2019art du XXe siècle.Une considérable rétrospective Mapplethorpe atter rit à Montréal, au Musée des beaux-arts (MBAM), avec l\u2019aura artistique bien solide, un pied dans l\u2019homo-érotisme sans censure, l\u2019autre dans la beauté classique des corps.Chose étonnante, l\u2019exposition Focus : Per fec- tion.Robert Mapplethorpe est la première exposition monographique de l\u2019artiste au Québec, excepté une lointaine présence à la galerie John A.Schweitzer en 1984.Autre particularité : si la rétrospective est une conception purement états-unienne, la présentation montréalaise réunit ce que la Californie a scindé en deux, entre le J.Paul Getty Museum et le Los Angeles County Museum of Ar t (LACMA).À l\u2019origine du projet, il y a eu l\u2019acquisition par les deux établissements californiens d\u2019un lot de 2000 œuvres, jusque-là conservées à la Robert Mapplethorpe Foundation.Focus : Per fection, qui ouvrira dans une semaine, rassemble 250 œuvres de toutes les périodes du photographe, tous genres confondus, des plus légères (portraits de célébrités ou natures mortes) aux plus dérangeantes, scènes charnelles explicites.Avis aux sensibles, et aux curieux.« On ne peut pas dire qu\u2019une bite soit élégante », commentait, dans une publication de 1988, Janet Kardon, directrice de l\u2019établissement derrière la dernière rétrospective du vivant de Mapplethorpe \u2014 la célèbre et controversée Robert Mapplethorpe : The Per fect Moment.« Moi, je pourrais le dire », rétorque le principal intéressé, avant de préciser avoir voulu faire, avec un tel sujet, une photographie «aussi raffinée qu\u2019une image de fleurs».« Avec ces simples mots, \u201cMoi, je pourrais le dire\u201d, Mapplethorpe ouvre un espace de dif fé- rence et de désir qui permet au langage de la pornographie (la \u201cbite\u201d) de trouver sa place dans le vocabulaire du goût esthétique et de la distinction (\u201célégante\u201d) », écrit Richard Meyer, chercheur à la Stanford University et auteur d\u2019un des essais de la colossale monographie lancée en marge de Focus : Perfection.Robert Mapplethorpe, l\u2019émancipation par la photo ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR De gauche à droite: Joël Vaudreuil, Stéphane Lafleur, Nicolas Moussette et Mathieu Charbonneau © ROBERT MAPPLETHORPE FOUNDATION.USED BY PERMISSION.Derrick Cross, de Robert Mapplethorpe, 1983.Épreuve à la gélatine argentique.«Il a élevé la pornographie au niveau de l\u2019art» Avec pas d\u2019casque, le temps de la lenteur Le nouvel album Effets spéciaux, progression tranquille d\u2019un groupe sans compromission VOIR PAGE E 6 : MAPPLETHORPE VOIR PAGE E 7 : LENTEUR «On fait de la musique parce que ça nous aide à vivre.Parce que ça fait de la lumière.» I l y avait foule mardi soir au lancement de la 11e édition montréalaise du World Press Photo au Marché Bonsecours, dans le Vieux-Montréal.Perçant la cohue, on lorgnait les panneaux placardés d\u2019images terribles et sublimes.Cent cinquante photos primées et quatre autres expos thématiques posées là jusqu\u2019au 2 octobre.Ce monde en clichés, c\u2019est le nôtre, à échelle de la planète rétrécie, pour l\u2019année 2015.Les images les plus frappantes portent à la fois le pire et le meilleur en elles.Comme la lauréate du Grand Prix 2015 signée par l\u2019Australien Warren Richardson : Espoir d\u2019une nouvelle vie.Ce bébé tendu à travers les barbelés frontaliers de la Hongrie donne le ton du cru : Les migrants, les bousculés des guerres civiles, avec un soupçon d\u2019espérance en sus.Le jury du World Press, plus pessimiste lors des cuvées précédentes, semble avoir songé à ménager son public.L\u2019esprit des spectateurs cherche une bouée.Faut comprendre ! Alors, la plupar t des photos primées lancent ce message en bouteille à la mer : « Le sor t du monde n\u2019est pas perdu.Voyez ! » À tort ou à raison, chacun veut y croire.Sinon, l\u2019œil veut zapper\u2026 N\u2019en faisons rien : la photo Crise des réfugiés en Europe du Russe Sergey Ponomarev ressemble au Radeau de la Méduse de Géri- cault.Même composition par faite, même bateau de fin du monde sur fond d\u2019horizon perdu, mais ces nouveaux naufragés mettent enfin pied à terre, en Europe inconnue et généreuse, qui sait ?Ailleurs, en noir et blanc, les yeux trop ronds de réfugiés africains sur des rafiots sombres reflètent la peur, les souvenirs pas racontables, et toujours ce fol espoir qui luit, comme dans un vers de Verlaine.Même cette photo Marche à Paris signée Corentin Fohlen, montrant de jeunes Parisiens qui manifestent contre le terrorisme place de la République, avec statue de Marianne perchée sur pyramide humaine, dégage un parfum d\u2019utopie.Anesthésiés « Il y a trop d\u2019images » , écrivait Bernard Émond dans son essai abordant l\u2019impact des films et des clichés commerciaux sur nos sociétés bombardées de flashs en tous genres.Vrai ! Les plus lourdes de sens se dissolvent au milieu des autres.Nous voici anesthésiés, jour après jour, par le trop-plein d\u2019éclats de guerres et d\u2019exodes, succédant aux potins visuels sur l\u2019intimité des stars.Entre icônes, cauchemars et fantasmes, on a le voyeurisme tout désorienté.Et l\u2019ordre de priorités, cul par-dessus tête\u2026 Ne la cherchons pas au Marché Bonsecours, cette photo récente du petit Omran sorti des décombres d\u2019Alep, enfant maculé de sang, assis dignement sur son siège orange, le visage hébété.Mais tous y pensent.À la cadence des réseaux sociaux, la vague d\u2019émotion soulevée par sa détresse aura duré pour tant moins longtemps que l\u2019ef fet du jeune Aylan noyé un an plus tôt, face contre sable, sur sa plage turque.Toutes ces images dont la beauté a poussé sur le terreau de la tragédie créent le malaise, puis la saturation.On passe à la suivante.Nous sommes les monstres du XXIe siècle, accrochés à trop d\u2019écrans, trop de clichés, avides de brouillard, cependant.L\u2019action Cette habitude de transformer l\u2019horreur en scènes abstraites et quasi fictives nous joue des tours.On en perd la jugeote.Pluie d\u2019images soit, reste à apprendre à la gérer.Par l\u2019action sans doute, gestes importants ou dérisoires.La sensation d\u2019impuissance nous transforme pour sa part en statues de sel.La por te-parole de cette édition du World Press, Anaïs Barbeau-Lavalette, appelait à l\u2019essentiel ressourcement pour retrouver «des gens qui, après l\u2019exil, après les bombes, après la peur, atterrissent quelque part ».Elle s\u2019était impliquée en amont.De fait, en montant du rez-de-chaussée au premier étage, son expo parallèle Je ne viens pas de l\u2019espace, montée en collaboration avec le photographe Guillaume Simoneau, capture des moments de vie de réfugiés syriens à Montréal.Des familles parrainées étaient présentes en chair et en os au Marché Bonsecours mardi, posant ou pas devant leurs portraits.Certains réfugiés syriens dévoraient des morceaux de pizza du buffet, avec la voracité de ceux qui ont eu faim trop longtemps.Derrière, sur les panneaux, que de souffrance captée, si photogénique hélas, de Katman- dou à Pyongyang, en Corée du Nord, de l\u2019Irak à la Méditerranée, berçant tant de migrants entassés sur leurs coques de noix.Si éloquente aussi.On a fait la tournée des images, songeant qu\u2019une grande partie de la misère mondiale serait endiguée si l\u2019argent des banques et des multinationales cessait d\u2019enrichir le 1 % des nantis.Si les gouvernements n\u2019étaient pas complices de ces boucheries-là.Si l\u2019abrutissement des peuples n\u2019était pas programmé.Il l\u2019est.Trop de sons aussi En revenant chez moi, j\u2019ai fermé les yeux pour faire silence.Car il y a aussi trop de sons, qui empêchent de se concentrer.Tenez : cette semaine, un article du Devoir évoquait le long combat du Londonien Nigel Rodgers à la tête du mouvement Pipedown contre la musique d\u2019ambiance.Cette arme de destruction massive envahit notre espace public : centres commerciaux, supermarchés, etc.Sa victoire ?La chaîne de vêtements Marks and Spencers vient de cesser la diffusion du sirop de mélasse sonore dans ses magasins.À Londres ou ailleurs : problèmes d\u2019audition, hausse de la tension artérielle, stimulation indue sont causés par cette Muzak à engendrer les zombies.Et comment s\u2019entendre alors penser ?Quand tant de gens se battent pour un bout de pain ailleurs, ces sons poussent à l\u2019achat inutile, faisant tourner la roue des inégalités sociales.Dans les restaurants, une autre pluie de mauvais décibels pousse les uns et les autres à se réfugier devant leur téléphone intelligent.D\u2019où ces couples en relation virtuelle avec l\u2019ailleurs, face à face privé de contact humain.On se croirait dans le 1984 d\u2019Orwell.Loin des sons et images martelés, laissez- nous choisir ceux qui nous inspirent et nous nourrissent ! On lance ce vœu pieux dans l\u2019espace, sans trouver vraiment à qui l\u2019adresser\u2026 otremblay@ledevoir.com CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 2 LIEU CULTUREL POUR TOUS LES MONTRÉALAIS Automne 2016 LYNDA LEMAY DÉCIBELS ET DES SILENCES PREMIÈRE MONTRÉALAISE 14 septembre, 20 h CAS PUBLIC SYMPHONIE DRAMATIQUE 21 septembre, 19 h 30 MARIE-NICOLE LEMIEUX L\u2019INVITATION AU VOYAGE 4 octobre, 20 h MARIE-JOSÉE LORD, soprano FEMMES PREMIÈRE MONTRÉALAISE 20 octobre, 20 h ANNE CARRERE PIAF ! LE SPECTACLE 28 octobre, 20 h FLORENT VOLLANT PUAMUNA 29 octobre, 20 h LEWIS FUREY BRAHMS LIEDER 1er, 10 et 11 novembre, 20 h pO SYLVAIN CLAVETTE, RICK HAWORTH, MARIO LÉGARÉ MAGNETO TRIO 2 et 3 novembre, 20 h pO MICHEL CUSSON SOLO 19 novembre, 20 h PIERRE FLYNN SUR LA TERRE 9 décembre, 20 h ET PLUS ENCORE ! pO PETIT OUTREMONT Info et billets theatreoutremont.ca 514 495-9944, poste 1 LE AU THÉÂTRE OUTREMONT LA NUIT DES FEMMES QUI CHANTENT.LE FADO AVEC LÍDIA JORGE 24 septembre, 20 h pO JACK KEROUAC : LA VIE EST D\u2019HOMMAGE AVEC ROBERT LALONDE 29 septembre, 20 h BORDEL DE TÊTE YVES DESROSIERS 30 sept.et 1er oct., 20 h pO LA FEMME QUI FUIT ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE LECTURE-SPECTACLE ET CAUSERIE 25 septembre, 15 h Grands partenaires 25$ EN PRÉVENTE JUSQU\u2019AU 6 SEPTEMBRE Du 6 septembre au 1er octobre 2016 Une coproduction du Théâtre de Quat\u2019Sous et de LA FABRIK Le Royaume des animaux Texte Roland Schimmelpfennig Traduction Angela Konrad et Dominique Quesnel Mise en scène Angela Konrad Avec Eric Bernier, Philippe Cousineau, Alain Fournier, Marie-Laurence Moreau, Gaétan Nadeau, Lise Roy Concepteurs Loïc Bard, Juan Mateo Barrera Gonzalez, Angelo Barsetti, Catherine Béliveau, Carol-Anne Bourgon-Sicard, Linda Brunelle, Cédric Delorme-Bouchard, William Durbau, Simon Gauthier, Marie-Audrey Jacques, Anick La Bissonnière et Kenny Lefebvre Théâtre de Quat\u2019Sous 100 avenue des Pins Est, Montréal Billetterie 514 845-7277 quatsous.com Trop d\u2019images ou pas assez ?ODILE TREMBLAY SERGEY PONOMAREV La photo Crise des réfugiés en Europe du Russe Sergey Ponomarev ressemble au Radeau de la Méduse de Géricault. T H É Â T R E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 3 Texte : Marta Hillers ESPACE GO + SIBYLLINES + Théâtre français du CNA Octobre 2016 CLARA Théâtre de l\u2019Opsis NORGE Théâtre Humain + Théâtre du Trident LE DÉCLIN DE L\u2019EMPIRE AMÉRICAIN Théâtre PÀP + + + Texte et mise en scène : Olivier Choinière Avec Marc Beaupré + Stéphane Crête + Maude Guérin + Emmanuelle Lussier-Martinez + Joanie Martel + Monique Miller + Gilles Renaud ESPACE GO + L\u2019ACTIVITÉ Janvier 2017 L\u2019ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! ESPACEGO.COM 514 845-4890 Texte : Marieluise Fleisser Mise en scène : Denis Marleau ESPACE GO + UBU Mars 2017 PARTENAIRE DE SAISON A L E X A N D R E C A D I E U X I l y a Le royaume des animaux, allégorie politique dans laquelle le lion usurpe la couronne de la savane, laquelle trônait préalablement sur la tête du zèbre.Et il y a Le royaume des animaux, la pièce de l\u2019auteur allemand Roland Schimmelpfennig, où s\u2019entrecoupent des scènes de ladite allégorie animalière et le quotidien anxiogène des interprètes qui la jouent.Ce sont donc des acteurs jouant des acteurs jouant des animaux qui s \u2019ébrouent depuis des semaines dans la salle de répétition du Théâtre de Quat\u2019Sous.La metteure en scène Angela Konrad n\u2019en est pas à sa première mise en abyme, elle qui nous conviait, l\u2019année dernière dans le même théâtre, à une adaptation de Richard III intitulée Auditions ou Me, Myself and I, où le tyran était justement\u2026 une metteure en scène.Dominique Quesnel, qui l\u2019interprétait, a cette fois aidé Konrad à traduire le texte, même si elle ne participera pas à la création en tant que comédienne.« Ce fut une extraordinaire préparation.Dominique est une actrice, ça se sent dans le travail.Elle est déjà dans la langue, elle joue au moment de traduire.En travaillant comme ça, on saisit déjà tous les mécanismes de la dramaturgie, au moment de la traduction.» Elle avoue ne pas se sentir d\u2019affinités particulières avec les écrivains dramatiques actuels de langue allemande, à la fois ses compatriotes et ses contemporains ; les spectateurs montréalais ont déjà été exposés à quelques œuvres de Marius van Mayenburg, Dea Loher, Anja Hilling et, par trois fois déjà, Schimmelpfennig (Une nuit arabe, La femme d\u2019avant, Le dragon d\u2019or).«Sur le plan dramaturgique, oui, ça m\u2019intéresse, j\u2019aime décor tiquer leurs pièces avec les étudiants », explique celle qui est aussi professeure à l\u2019École supérieure de théâtre de l\u2019Université du Québec à Montréal.« Mais ça doit aussi m\u2019interpeller comme projet de mise en scène.La mise en abyme proposée par Le royaume des animaux me semblait d\u2019une grande cohérence, notamment en tant que suite à Auditions\u2026, qu\u2019on avait faite ici.Ça relevait d\u2019une évidence.» Terrain shakespearien Celle qui se sent davantage en adéquation avec Brecht, Heiner Müller et Shakespeare \u2014 « J\u2019y reviendrai avant longtemps, c\u2019est sûr, j\u2019en ai besoin » \u2014 s\u2019est donc emparée de ce manuscrit datant d\u2019une dizaine d\u2019années, encore inédit en français et jamais monté dans cette langue.« Il y a la parabole animalière, qui est très belle, et qui traite selon moi de la mort de la gauche, avec ce zèbre herbivore et plutôt paisible qui se fait éjecter par les manigances du lion, lequel est ensuite hanté par son acte.» Nous voilà en terrain shakespearien, dans les marais hantés de Macbeth, dont la jouissive production d\u2019Angela Konrad reprendra d\u2019ailleurs l\u2019af fiche en novembre à l\u2019Usine C.Mais il y a aussi dans la pièce cette troupe bientôt dissoute après six ans d\u2019activité, ce qui cause du souci chez ceux et celles pour qui se grimer en marabout ou en antilope était devenu une habitude.«On les voit avoir peur d\u2019être récupérés par un projet débile.Ils résistent un peu, mais finissent par renoncer, par s\u2019éjecter de l\u2019histoire, par chercher des débouchés dans le mainstream, le convenu.Travailler ça avec de vrais comédiens, c\u2019est complexe, ça crée forcément des étincelles.On est renvoyé à son propre fonctionnement.» Éric Bernier, Philippe Cousineau, Alain Fournier, Marie-Laurence Moreau, Gaé- tan Nadeau et Lise Roy se prêteront à ce jeu des métamorphoses.Angela Konrad ne tarit pas d\u2019éloges à l\u2019égard des concepteurs, travailleurs dans l\u2019ombre qu\u2019elle tient à mettre en avant en entraînant ce journaliste-ci dans l\u2019atelier où s\u2019af fairaient la semaine dernière la costumière Linda Bru- nelle, le maquilleur-perruquier Angelo Barsetti et leur équipe.Sans trop en dévoiler, disons que les apparats qui seront portés sur scène forment une magnifique et troublante synthèse entre l\u2019humanité, l\u2019animalité et la choséité auxquelles le texte renvoie.« Avec Anick La Bis- sonnière, qui a conçu l\u2019espace scénique, et Cé- dric Delorme-Bouchard aux lumières, à nous cinq donc, on a vraiment trouvé quelque chose, une manière particulière de travailler.Et la générosité, l\u2019abandon des acteurs dans le tragico- mique, dans le grotesque\u2026 ça me renverse chaque fois.» Cette ferveur et cette collégialité ne contras- tent-elles pas fortement avec la réalité suggérée par la pièce, faite d\u2019étiolement de la solidarité, d\u2019affaissement des valeurs, de soumission à un certain ordre du monde ?« Je m\u2019en rends bien compte et ça me bouleverse.Ça prend beaucoup d\u2019amour pour montrer l\u2019avilissement, l\u2019aliénation, une humanité en perdition.On s\u2019en prend plein la gueule.» Collaborateur Le Devoir LE ROYAUME DES ANIMAUX Texte de Roland Schimmelpfennig, traduction d\u2019Angela Konrad et Dominique Quesnel, mise en scène d\u2019Angela Konrad.Avec Éric Bernier, Philippe Cousineau, Alain Fournier, Marie-Laurence Moreau, Gaétan Nadeau, Lise Roy.Une production de La Fabrik et du Théâtre de Quat\u2019Sous présentée au Quat\u2019Sous du 6 septembre au 1er octobre.L\u2019île du docteur Konrad Dans les entrailles du Théâtre de Quat\u2019Sous se trament des mutations génétiques qui en disent long sur notre époque M A R I E L A B R E C Q U E C\u2019 est sous la silhouette légendaire de Paul Buis- sonneau, gravée en ver re dans la salle de répétitions du Quat\u2019Sous, qu\u2019Olivier Kemeid prend la pose pour notre photographe.Le nouveau directeur artistique et codirecteur général du « petit grand théâtre » a eu une pensée émue pour le fondateur en acceptant son poste, avec un « mélange de vertige et d\u2019enthousiasme ».Depuis sa nomination, dont l\u2019annonce est tombée fin juin, il mesure tout l\u2019attachement des Montréalais, même de ceux qui ne le fréquentent pas forcément, pour ce lieu au passé « si fort ».Le créateur, né au square Saint-Louis, entretient lui- même un l ien par t icu l ier avec le théâtre de Quat\u2019Sous.C\u2019est là qu\u2019 i l a été le plus joué, et qu\u2019il a obtenu sa première chance, grâce à une commande de celui-là même qu\u2019il remplacera dès la fin de septembre, Éric Jean, en place depuis 2004.Là aussi qu\u2019il va créer Les manchots en mars prochain.Rentrée chargée pour cet auteur et metteur en scène (Moi, dans les ruines rouges du siècle, l\u2019Énéide) toujours très actif : présentation de Five Kings à Limoges, cocréation des Lettres arabes 2 à l\u2019Espace libre.De ses quatre années passées à la tête de ce dernier lieu (2006-2010), Kemeid aura d\u2019ailleurs appris la nécessité de sortir de sa zone de confort ar tistique.« Il faut bâtir des saisons cohérentes, signées, sans tomber pour autant dans un réflexe clanique.Comme créateur, on a le réflexe de monter ce qu\u2019on aime.Mais il faut rester ouvert pour permettre à plusieurs courants de cohabiter.Je pense qu\u2019un directeur ar tistique a le devoir de rester à l\u2019af fût des nouvelles tendances, des dif férentes esthétiques, sans diluer l\u2019identité du théâtre par un trop grand éclectisme.Ça exige une navigation assez précise.» À ce t i tre , s i l \u2019ancienne maison de Pierre Bernard et de Wajdi Mouawad a pris des couleurs différentes selon les directorats, son mandat reste d\u2019être «un incubateur», offrant une tribune aux créateurs qui marqueront le paysage théâtral, affirme Kemeid.Outre les créations, le nouveau directeur privilégiera un répertoire contemporain mondial qui lui « semble ne pas avoir toujours une grande place à Montréal ».Homme de texte et de sens, se méfiant du divertissement pur (en insistant sur l\u2019adjectif) « qui n\u2019est pas raccroché à une réflexion », le bachelier en sciences politiques et en philosophie entend aussi ne programmer que ce qui «relève de l\u2019absolue nécessité ».Repenser les formules Olivier Kemeid a présenté au comité de sélection un projet axé sur deux grandes idées.D\u2019abord, celle d\u2019« arrimer un lien fort avec la Cité », prise dans un sens large inspiré du concept grec d\u2019agora, afin que le Quat\u2019Sous devienne un « lieu de réflexion, de poésie, de propositions esthétiques et éthiques ».« J\u2019ai envie d\u2019articuler, autour des spectacles, des conférences, des rencontres avec des littéraires, des philosophes\u2026 De décloisonner un peu le théâtre en prolongeant les échanges.» Dans la même veine, il projette de constituer un comité consultatif d\u2019artistes associés \u2014 qui ne seraient pas uniquement issus du théâtre \u2014 afin de nourrir ses choix.Un groupe où « circuleraient des propositions, des utopies, des envies et des textes » afin d\u2019entrevoir à plus long terme les projets stimulants.« Je crois aussi avoir le devoir de repenser certaines manières de faire du théâtre.S\u2019il y a un lieu où on peut le faire, c\u2019est le Quat\u2019Sous.Un modèle s\u2019est installé, souvent à cause des ressources financières, des exigences des conseils des arts : un format assez rigide où on présente cinq spectacles, qu\u2019on répète pendant huit semaines\u2026 J\u2019ai envie d\u2019essayer de proposer autre chose, de réfléchir à d\u2019autres manières de faire des saisons.» De remettre en question même la formule de l\u2019abonnement fixe, qui ne convient pas à la jeune génération.La nomination d\u2019Olivier Kemeid s\u2019inscrit dans un renouvellement récent de certaines directions à Montréal.Ces dernières années ont vu une relève de la garde au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, chez Denise-Pelletier, à l\u2019Espace libre, à la Chapelle.« Sauf aux Écuries, personne de ma génération n\u2019est bâtisseur-fonda- teur , note-t-il .On hérite de théâtres déjà fondés.» Ce qui induit un l ien dif férent.« Moi, j \u2019arrive comme locataire.J\u2019essaierai de ne jamais dire : mon Quat\u2019Sous.» Très soucieux de diversité culturel le sur scène comme de pluralité socio-économique dans le public, le nouveau directeur caresse plutôt l\u2019utopie d\u2019en faire « le Quat\u2019Sous de bien du monde ».Collaboratrice Le Devoir L\u2019utopie au pouvoir Olivier Kemeid envisage son directorat au Théâtre de Quat\u2019Sous avec des idées et des idéaux plein la tête PEDRO RUIZ LE DEVOIR Angela Konrad (au centre, portant des lunettes) nous convie à une autre mise en abyme.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Olivier Kemeid projet te de constituer un comité consultatif d\u2019artistes associés afin de nourrir ses choix. C A R O L I N E M O N T P E T I T J eannot Painchaud a été bercé aux îles de la Madeleine par de la musique aux consonances celtes et du country bluegrass.C\u2019est cet univers musical qui lui a inspiré le nouveau spectacle du Cirque Éloize, Saloon.Le spectacle sera présenté en exclusivité au Canada au festival western de Saint-Tite, au milieu d\u2019un village de cirque conçu pour l\u2019occasion.La musique, dont il a confié la réalisation à son cousin Éloi Painchaud, devrait d\u2019ailleurs être omniprésente dans Saloon.Jeannot Painchaud promet qu\u2019elle montera sur scène, où l\u2019on jouera entre autres du banjo et du violon.Éloi Painchaud, qui a écrit une bonne par tie de la musique du spectacle, a également procédé à dif férentes adaptations de pièces de Johnny Cash ou de Patsy Cline, mais aussi de la trame sonore du f i lm des f rères Cohen O Brother, Where Are Thou ?, l\u2019un de ses films fétiches.Mais Jeannot Painchaud précise : son Saloon ne sera pas seulement américain, mais aussi québécois.Il sera à la fois théâtral et humoristique.P o u r l u i , l e s a l o o n e s t d\u2019abord et avant tout un lieu de rencontres plus improbables les unes que les autres : du charlatan à l\u2019étranger en passant par le cow-boy solitaire.Collaboration de trois ans Saloon marque le début d\u2019une collaboration de trois ans entre le Cirque Éloize et le Festival western de Saint-Tite.Le spectacle sera d\u2019ailleurs présenté à Saint-Tite en exclusivité canadienne cette année, avant de partir en tournée aux États-Unis et en Europe.Cette collaboration survient alors que le Festival western de Saint-Tite prépare la célébration de son 50e anniversaire en 2017 et propose une programmation un peu différente, peut-être pour aller chercher de nouveaux publics.« Quand je les ai appelés pour leur proposer mon spectacle, ça tombait pile » dans cette réflexion, raconte Jeannot Painchaud.Au fil des décennies, le Festival western de Saint-Tite est d\u2019ailleurs devenu une institution au Québec.«C\u2019est fascinant de voir ce village de 3000 habitants accueillir 600 000 visiteurs.Il y a des champs pleins de roulottes durant le festival», poursuit-il.Le Cirque a donc conçu un « village dans le village » du Festival de Saint-Tite.«Ç\u2019a des allures de fête foraine, dit Jean- not Painchaud.Il y aura une scène extérieure, un restaurant et un bar.» Exceptionnellement, le spectacle Saloon sera présenté sous chapiteau à Saint-Tite, alors qu\u2019il sera plutôt en salle au cours de la tournée internationale.Le Festival western de Saint-Tite se déroule du 7 au 17 septembre, et Saloon prend l\u2019affiche à partir du 9 septembre à 20 h.Le Devoir C I R Q U E D A N S E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 4 D I R E C T I O N A R T I S T I Q U E S Y L V A I N B É L A N G E R J O I G N E Z - V O U S A U C E N T R E D U T H É Â T R E D \u2019 A U J O U R D \u2019 H U I A B O N N E M E N T S À P A R T I R D E 9 2 $ C Y N T H I A W U - M A H E U X E S T D E L A D I S T R I B U T I O N D E D I M A N C H E N A P A L M T H E A T R E D A U J O U R D H U I .Q C .C A / D I M A N C H E CRÉDITS PHOTOGRAPHIQUES: ULYSSE DEL DRAGO DESIGN:GAUTHIER PARTENAIRES DE SAISON Le NTE présente sounjata DU 20 SEPTEMBRE AU 8 OCTOBRE 2016 « Ah ! le voyage ! Quel vertige.» Texte et mise en scène ALEXIS MARTIN Conception des marionnet tes YAYA COULIBALY Avec Yaya Coul ibaly Habib Dembélé Mamadou Koné Steve Laplante Karine St-Arnaud NTE.QC.CA 1945, RUE FULLUM | 514 521-4191 M É L A N I E C A R P E N T I E R D e passage à Montréal pour le festival Quartier Danse, l\u2019ar tiste franco-béni- noise Julie Dossavi présentera trois créations de son répertoire, dont une nouvelle performance engagée et déjantée.Volontairement has been, affublée d\u2019une perruque afro et d\u2019accessoires kitsch, avec son fidèle majordome qui ne lui ser t à rien, la Juju est l\u2019alter ego fantasque de Julie Dossavi.Superhéroïne sortie tout droit de l\u2019imagination de la chorégraphe, elle possède le pouvoir de remonter l\u2019espace-temps jusqu\u2019à ses racines africaines.Née en France de parents béninois, la chorégraphe a investi une impor tante par t d\u2019elle-même dans ce personnage.Danseuse interprète d\u2019expérience ayant fondé sa compagnie en 2003, à 48 ans, celle-ci semble arrivée à un tournant de son parcours artistique.«Après plus de 25 ans de carrière, je veux maintenant toucher à d\u2019autres choses et évoluer d\u2019une autre manière.Je n\u2019ai plus spécialement envie de faire de la \u201cbelle danse\u201d, mais plutôt de passer des messages, de toucher et de secouer un peu les gens, tout en les faisant rire», affirme-t-elle.Fan de l\u2019univers Marvel, elle s\u2019en inspire pour ce spectacle familial se voulant avant tout rassembleur.« Peu impor te l\u2019âge, mes créations sont destinées à tous.J\u2019ai besoin que les gens se mélangent, que le public soit multigénérationnel.Pour moi, un spectacle de cet ordre doit pouvoir sensibiliser tout le monde », explique-t-elle.Car même si le ton en est léger et humoristique, abordant l\u2019histoire des colonisations et des guerres d\u2019indépendance de l\u2019Afrique, les enjeux au cœur de La Juju sont des plus épineux.«C\u2019est la première fois que je mets à plat ces sujets-là, affirme l\u2019artiste.Je voulais parler de l\u2019histoire des relations entre l\u2019Occident et l\u2019Afrique, mais sans basculer dans l\u2019accusation.Dans cette pièce, je fais juste une constatation : voilà ce qu\u2019il s\u2019est passé il y a longtemps ; maintenant, sans oublier, continuons d\u2019avancer ensemble.» Un parcours de combattante Par f o i s br imée dans l a structure où elle évoluait, l\u2019artiste révèle dans ce spectacle les marques d\u2019un parcours semé d\u2019embûches.«En vivant en Europe, tout par ticulière- ment en France, ce n\u2019est pas facile d\u2019être femme, ar tiste et Noire.Ajoutez à ça une danse bizarre ! dit-elle, un rire dans la voix.Quand je suis arrivée dans le milieu de la danse, j\u2019étais un peu comme un ovni.Je m\u2019estime assez chanceuse, parce que je suis une battante.Je me suis battue pour imposer mes idées et mon statut.» Julie Dossavi ne manque pas de remarquer qu\u2019en danse contemporaine, en Europe, à ce jour, les hommes car tonnent.Ce sont eux qui sont à la tête de la plupart des centres chorégraphiques.Idem au niveau des programmateurs, où on trouve encore assez peu de femmes.« Il y a vraiment un déséquilibre injuste que je n\u2019arrive pas à saisir.Il reste en tout cas encore beaucoup de chemin à faire pour parvenir à la parité, dans notre milieu tout comme en société.» Une cause pour laquel le e l le se bat , convaincue que c\u2019est à travers l \u2019ar t e t la cul ture que les choses vont bouger.« Je voulais vraiment qu\u2019il y ait une dimension politique dans ce spec tac le par lant de la f emme, de sa f o r ce , aussi de la soumission que certaines femmes ont pu vivre par rappor t aux hommes .Même si mes autres créations évoquent la condition féminine, je n\u2019avais jamais fait un spectacle de cet ordre-là.Dans La Juju, pour y parvenir, je chante, je danse, je parle, je performe», explique celle qui a fait spécialement appel à un dramaturge.Venant de faire un passage remarqué au Festival d\u2019Avignon, elle opère dans cette récente création une fusion chorégraphique, au confluent des danses urbaines (hip-hop, voguing) et contemporaine.Proche de l\u2019actualité, elle a développé cette signature aux côtés d\u2019artistes d\u2019horizons multiples croisés sur son chemin.Aux platines d\u2019une machine musicale intersidérale, son partenaire Yvan Talbot est le médiateur de ce voyage musical qui transportera la danseuse sur les r ythmes de l\u2019afrobeat, inspiré du highlife et de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest des années 1960 à 1980.Collaboratrice Le Devoir La Juju de et avec Julie Dos- savi.Compositeur musical et interprète : Yvan Talbot.Dramaturge : Roberto Fratini Se- rafide.Le 11 septembre à la Maison de la culture Maison- neuve dans le cadre de Quartiers Danses.À chaque vent le papillon se déplace sur le saule, le 9 septembre à 11 h 30 (place des Festivals), et Adja- lin, le 10 septembre à 11 h 30 (place d\u2019Armes).Une superhéroïne, à armes égales Passez au Saloon\u2026 GRÉGORY BRANDEL Née en France de parents béninois, la chorégraphe a investi une importante part d\u2019elle-même dans le personnage de la Juju.Ouvert sur le rayonnement culturel de l\u2019Afrique, Quartiers Danses proposera une ciné-conférence sur un épisode du webdocu- mentaire 400 jours à rebours réalisé par Ma- rie-Claude Fournier.Celle-ci suit de près le projet international BOW\u2019T TRAIL de Rhod- nie Désir (rencontrée par Le Devoir le mois dernier), partie à la rencontre de la diaspora africaine pour étudier, documenter et préserver l\u2019héritage rythmique ancestral des pays africains et afrodescendants.Parcourant une quarantaine de pays, le travail de la chorégraphe montréalaise d\u2019ascendance haïtienne se penche à la fois sur les thèmes de la migration et de la déportation, ainsi que sur l\u2019histoire de l\u2019esclavage et des impacts de la traite négrière.Cet épisode nous emmènera en Martinique, à la rencontre d\u2019acteurs locaux engagés dans la valorisation de la culture bèlè, en particulier d\u2019un tambourinaire auprès de qui l\u2019artiste a effectué le premier pan de sa recherche et création.À l\u2019auditorium Maxwell-Cumming du Musée des beaux-arts, le 11 septembre à 15 h.Rencontre musicale avec la diaspora africaine JIM MNEYMNEH Le spectacle sera à la fois théâtral et humoristique. P H I L I P P E R E N A U D P our souligner la parution hier des Frères cueilleurs, quatrième album officiel d\u2019Ala- clair Ensemble, plongeons dans les confins de l\u2019œuvre, phénoménale, du collectif hip- hop québécois.La recension donne le tournis : en additionnant les projets parallèles solos et duos, les six membres d\u2019Alaclair ont offert plus d\u2019une cinquantaine de parutions \u2014 albums complets, mixtapes, beattapes et mini-albums \u2014 en moins d\u2019une décennie, la plupar t disponibles en télé- chargement gratuit.Le rappeur, chanteur et producteur KNLO, qui lancera le 21 octobre son album intitulé Long jeu , compte à lui seul dix beattapes (albums de r ythmiques instrumentales) et cinq mini-albums.Maybe Watson, le premier rappeur du collectif à lancer un album solo (portant son nom, 2011), compte aussi un album de remixes et trois mini-albums.Claude Bégin a lancé deux albums de chanson pop \u2014 ou trois, si on compte l\u2019étrange Touladis, disque compris dans le triptyque Musique bas-cana- dienne d\u2019aujourd\u2019hui (2011, complété par Le Roé c\u2019est moé et Un PIOU PIOU, parmi tant d \u2019au t r es) .Le pr oducteur Vlooper et les rappeurs Robert Nelson et Eman ont également enrichi la discographie du groupe.Dit simplement, Alaclair Ensemble se révèle une véritable constellation de collaborateurs qui fourmillent d\u2019idées musicales.Lesquel les, lo in de n\u2019aborder que le rap, touchent aussi à la chanson, au funk, à la musique électronique et au soul.Voici cinq parutions essentielles de cette discographie «post-rigodonne», pour reprendre l\u2019expression chère à ces musiciens.Bleu (KenLo Craqnuques, 2008) Par u avant même la naissance d\u2019Alaclair Ensemble, l\u2019album Bleu de KenLo (aujourd\u2019hui dit KNLO) est le deuxième recueil d\u2019instrumentaux du prolifique producteur et rappeur originaire de Québec.Par son travail de beatma- ker, KenLo a non seulement établi le son, bigarré et coloré, d\u2019Alaclair Ensemble, mais il a aussi jeté les bases de toute une scène musicale québécoise, toute une génération de créateurs de rythmiques hip- hop/électroniques qui se sont inspirés de sa démarche.Dès les premiers chapitres de cette série intitulée « Craqnuques », KenLo a attiré l\u2019attention des aficionados du beat par tout dans le monde, puisque ses albums étaient distribués gratuitement.Aujourd\u2019hui, les Kay- tranada, Shash\u2019u et autres High Klassified qui trouvent le succès hors du Québec se réclament tous du style KenLo.4,99 (Alaclair Ensemble, 2010) Le premier disque, la fondation du succès d\u2019Alaclair Ensemble qui, en 2010, innovait sur la scène hip-hop québécoise de deux manières.D\u2019abord, en offrant son album en téléchargement gratuit ; ensuite, en décoinçant la scène rap comme peu l\u2019avaient fait auparavant, retirant les ornières qui pouvaient freiner l\u2019évolution musicale de cette musique au Québec, jouant avec les codes du genre comme avec la langue employée pour exprimer les idées, mêlant les références à l\u2019histoire du rap à celles du Québec et de ses fondateurs.Fricassée musicale de haute volt ige, l \u2019a lbum compor te certes les défauts de ses ambitions \u2014 c\u2019est un joyeux fouillis musical ! \u2014, mais le ton, les pointes d\u2019humour et les authentiques grooves rendent l\u2019ensemble intemporel.Six ans plus tard, l\u2019album vient d\u2019ailleurs d\u2019être réédité en vinyle.Les filles du roé (Robert Nelson & Kaytradamus, 2012) Après la sortie de 4,99, les six membres d\u2019Alaclair Ensemble ont, à la manière du Wu-Tang Clan, commencé à se répandre, à étirer leurs tentacules, à explorer d\u2019autres avenues musicales, hors de leur tribu.Robert Nelson, reconnaissable entre tous par son timbre nasillard et sa prosodie angulaire, a réquisitionné les services d\u2019un tout jeune producteur alors surnommé Kaytra- damus, aujourd\u2019hui mieux connu à travers la planète sous le nom de Kaytranda.Tout le génie des str uctures r yth- miques rap de Kaytranada transparaît sur cet album, où chaque chanson porte le nom d\u2019une fi l le.Les ambiances musicales expérimentales tanguent vers la musique électronique, mais ne soyez pas dupes : Les filles du roé est un album de pur rap, finement articulé par le verbe unique de Robert Nelson.DREAK (Maybe Watson, 2013) Maybe Watson, alias Produit Laitier, a récemment fait la paire avec son collègue Robert Nelson pour nous offrir le premier album de leur duo, Rednext Level .L\u2019amalgame entre pop, rap et dance qui distingue Rednext Level des autres d isques de la constel lat ion Alacla ir Ensemble trouve cependant racine dans les mini-albums de Maybe Watson, par ticu- lièrement sur DREAK \u2014 référence, dans le titre et sur la pochette, au rappeur toron- tois Drake.Watson, rappeur polyvalent, déploie sur cet EP (mieux encore que sur son album solo) toutes les facettes de son art : refrains chantés à la manière d\u2019un crooner néo- R&B, rimes balancées de multiples manières, le tout ser vi par des productions très variées.XXL (Eman X Vlooper, 2014) XXL est non seulement un des meilleurs albums de la discographie d\u2019Alaclair Ensemble, ce fut également l \u2019un des meilleurs disques de rap québécois de 2014.Eman, anciennement du duo Accrophone (avec Claude Bégin), est sans doute le rappeur à la personnalité la plus discrète du collectif.C\u2019est sur tout un redoutable MC qui, ici, fait la brillante démonstration de son ar t de la rime.Les rythmiques, absolument sublimes, sont signées Vlooper, réalisateur et architecte en chef du dernier album d\u2019Alaclair.Ensemble, ils proposent un album rêvasseur, aux textes sans doute plus étudiés qu\u2019il n\u2019y paraît, tant ils semblent couler de source.On a ici af faire à un disque novateur et moderne dans lequel on prend plaisir à perdre la boussole.Collaborateur Le Devoir M U S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 5 I l l u s t r a t i o n : M i c h e l H e l l m a n ALLES 2 S GNIES A OMP 13 C A 16 SPECT CLES S A I S O N 1 6 / 1 7 I l l u s t r a t i o n : M i c h e l H e l l m a n LA MANUF CT A P TE OR P LE AROLE THE CHOIR CRA BAKER ÉÂTRE DU NOUV THÉÂTRE LE PROJET B TH OCAL ÉÂTRE URBI LA 7 B8 LES BICHES PEN HÉÂTRE DU GRAN THÉÂTRE T CA LIX BEAULIEU-DU URE Y EL- ARIO ONT O CL U ET ORBI SIVES D CHEVAL FIGHT CHESNEAU I l l u s t r a t i o n OUS V ABONNEZ ORNE.TRELALIC HEA - OM C ! Présenté par La Fondation Arte Musica présente SALLE BOURGIE CONCERT 5e ANNIVERSAIRE Mercredi 28 septembre \u2013 19 h 30 J.S.BACH Concerto brandebourgeois no 4, BWV 1049 J.S.BACH Concerto brandebourgeois no 5, BWV 1050 MENDELSSOHN Octuor à cordes Célébrez les 5 ans de la salle Bourgie en compagnie de plus de 25 musiciens.Soyez des nôtres ! LES VIOLONS DU ROY UN VOYAGE À DRESDE Vendredi 16 septembre \u2013 19 h 30 Reinhard Goebel, chef Œuvres de HANDEL, REBEL, SEYFERT, TELEMANN et VIVALDI Programme inspiré par la Staatskapelle de Dresde, orchestre emblématique fondé en 1548.Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 CHARLES RICHARD-HAMELIN Lundi 19 septembre \u2013 19 h 30 BEETHOVEN Rondos, op.51 nos 1 et 2 ENESCO Suite no 2, « Des cloches sonores » CHOPIN Nocturne, op.55 no 2 \u2014 Trois Mazurkas, op.59 nos 1 à 3 Polonaises, op.44 no 5 et op.53 no 5, « Héroïque » SUPPLÉMENTAIRE C H R I S T O P H E H U S S K ent Nagano ouvrira la saison musicale 2016-2017 avec Carmina burana de Carl Orff.La popularité de l\u2019œuvre a forcé la programmation d\u2019une représentation supplémentaire, samedi à 14 h 30.Il fallait une image forte pour faire oublier le flop de l\u2019ouverture de la saison 2015-2016, une interminable représentation concertante de Pelléas et Mélisande de Debussy qui avait plombé le moral même des plus fervents debussystes et provoqué, à la pause, l\u2019exode de VIP ennuyés.Il est vrai que la première soirée de la saison n\u2019est pas un rendez-vous ordinaire.Elle attire divers édiles et personnalités qui ne fréquentent pas spontanément les salles de concert.Il s\u2019agit, pour l\u2019occasion, de les divertir plutôt que de les édifier.Pour le millésime 2016, le changement est radical, avec ce qui fut, en d\u2019autres temps, ce que Volkswagen était à la voiture : la musique d\u2019un peuple.Carmina burana, œuvre nazie?Le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est que Carmina burana et Carl Orff (1895-1982) s\u2019en sont bien sortis.Nettement mieux, en tout cas, que la grande cinéaste Leni Riefenstahl, qui a vu toutes les portes se fermer après la guerre.Différence notable : Riefenstahl fut active et zélée dans une propagande hitlérienne revendiquée, alors que, pour l\u2019opinion publique, l\u2019œu- vre de Carl Orff, composée en 1936-1937, fut simplement récupérée par les nazis.Le compositeur, aussi, a réussi brillamment à semer le doute sur sa position au sein du régime, se faisant passer, après la guerre, pour un opposant.La lecture de Musik im NS-Staat, de Fred K.Prieberg, l\u2019historien de référence sur la politique musicale du IIIe Reich, montre pourtant, lettres à l\u2019appui, comment Orff s\u2019engagea dans l\u2019opération d\u2019ar yanisation de la musique de scène du Songe d\u2019une nuit d\u2019été de Shakespeare lorsqu\u2019il y avait un besoin politique urgent d\u2019enlever le nom de Mendelssohn des affiches et des mémoires.Les données manquent pour déterminer combien d\u2019opposants au régime nazi se sont engagés avec un tel zèle dans des opérations de nettoyage culturel\u2026 Si les thuriféraires du régime ont vu dans Carmina burana un «Cantique des cantiques à la gloire de la force et d\u2019un irrépressible instinct vital » (Zeitschrift für Musik) ou « l\u2019exemple d\u2019une musique claire, puissante et toujours disciplinée que notre époque demande » (Völkischer Beo- bachter), c\u2019est parce que cette exaltation orgiaque (le Dulcissime de la soprano n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un orgasme féminin mis en musique) permettait, thème cher à Hitler, de «penser avec son sang» plutôt qu\u2019avec son cerveau.À la question « Une œuvre telle que Carmina burana peut-elle être abordée aujourd\u2019hui innocemment et sans arrière-pensée comme un divertissement ?», le brillant Richard Taruskin répond dans son Histoire de la musique occidentale : « L\u2019information [sur une éventuelle allégeance au régime nazi] serait déterminante pour un biographe, mais pas pour la manière d\u2019interpréter une œuvre, devenue patrimoniale et qui a survécu à son auteur.» Malgré de nombreuses compositions ultérieures, Orff restera, pour la postérité et pour le grand public, le compositeur d\u2019une seule œu- vre, Carmina burana, qu\u2019il voulut voir devenir son opus 1, demandant à son éditeur de jeter tout ce qu\u2019il avait produit antérieurement.Tout ne disparut pas et, en 2010, fut révélé, à Berlin, sous la direction du Québécois Jacques La- combe, le court opéra Gisei (Le sacrifice, CD paru chez CPO), qui montre les sources musicales, alors très cosmopolites, du jeune Orff.Autres récupérations Carmina burana, créée en juin 1937, est une cantate scénique, une mise en musique de textes païens et plus ou moins grivois, de poètes des XIIe et XIIIe siècles, documents retrouvés dans le couvent de Benediktbeuren au début du XIXe siècle.Le « burana » du titre dérive directement du lieu de découverte de ces « chansons de Beuren », chansons sur le destin (le fameux O For tuna entendu à toutes les sauces), la nature, le vin et l\u2019amour.En 1936, Orff ne connaissait pas les mélodies originales médiévales, découvertes plus récemment.Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019une adaptation moderne de ces musiques.Par contre, le rythmicien Orff était assurément familier du «néo-pri- mitivisme » selon Stravinski (Oedipus rex), dont il a réussi à tirer, à coup d\u2019ostinatos obsédants, un décalque populaire, voire populiste.Stra- vinski tomba à bras raccourcis sur ce Carmina burana, qu\u2019il qualifia de «néo-néanderthalien».Snobé par les élites, Carmina burana a touché sa cible : le peuple.De ce fait, l\u2019œuvre devint incontournable, malgré l\u2019Histoire et son histoire : l\u2019Union soviétique, les États-Unis et Israël, qui s\u2019étaient gardé une petite gêne, ont commencé à la programmer à la fin des années 1960 (à l\u2019OSM, la première date de février 1964 sous la direction de Zubin Mehta).Ensuite, Carmina burana fut récupéré à toutes les sauces et dans toutes les sphères : au cinéma, notamment dans Excalibur de John Boorman, Tueurs nés d\u2019Oliver Stone, et jusqu\u2019à Jackass, dans les publicités et par des groupes, du rock au punk.Dans cet esprit, le miroir dans le miroir est sans doute l\u2019utilisation de l\u2019adaptation pop de Ray Manzarek (claviériste des Doors) par Oliver Stone dès 1991, dans son film The Doors, qui démontre, s\u2019il en était besoin, à quel point, en moins de cinq décennies, Carmina burana s\u2019est émancipé du cadre historique qui l\u2019a vu naître.Le Devoir CLASSIQUE L\u2019étrange destinée de Carmina burana La constellation Alaclair Ensemble MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Carmina burana a été présenté en 2014 au Stade olympique de Montréal.JERRY PIGEON Alaclair Ensemble explore autant le rap que la chanson, le funk, la musique électronique et le soul. PATRIMOINES De Yann Pocreau À la Galerie de l\u2019UQAM jusqu\u2019au 8 octobre N I C O L A S M A V R I K A K I S V oici une exposition qui aborde la question complexe de la mémoire.Et en premier lieu, celle des lieux.Dans cette expo multiforme intitulée Patrimoines, l\u2019artiste Yann Po- creau met en scène le nouveau CHUM, et en particulier l\u2019hôpital Saint-Luc qui sera bientôt totalement démoli.Dans les murs de la Galerie de l\u2019UQAM, Pocreau a procédé, entre autres, à une forme de documentation-appropriation de cet hôpital en recréant une de ses chambres à l\u2019aide d\u2019éléments récupérés sur place.Un rideau permettant de séparer les lits, des morceaux d\u2019un mur intérieur et même des briques des murs extérieurs de cet établissement ont été utilisés pour recréer en partie ce lieu, pour évoquer son atmosphère.Cette œuvre nous rappellera les liens qui unissent l\u2019ar t, entre autres à travers le concept de musée, à la conservation de la culture et du patrimoine.En voyant cette installation, on se rappellera comment bien des artistes modernes, dont Daniel Buren, ont analysé les musées comme étant des hôpitaux gardant artificiellement en vie les œu- vres d\u2019art dont le sens et la fonction sont depuis longtemps morts\u2026 L\u2019art doit-il participer à cette illusion d\u2019éternité que proposent les musées et les conservateurs de patrimoine?Comme les futuristes, faut-il réclamer la démolition des musées et des bibliothèques?Tout ne meurt-il pas un jour?Le passé n\u2019est-il pas un poids dont il faut se libérer?De plus, la matière permet-elle vraiment de garder la mémoire du passé?Amnésie À notre époque où l\u2019architecture est jetable \u2014 le phénomène de destruction de bâtiments anciens n\u2019a pas tant changé depuis les années 1970, quand on a cru que cette attitude était dépassée \u2014, cette exposition a bien des résonances.L\u2019architecture des hôpitaux est un patrimoine qui est peu protégé.L\u2019hôpital Saint- Luc sera donc totalement détruit, avec ses céramiques de l\u2019artiste Claude Vermette.Et qu\u2019arrivera-t-il à l\u2019Hôtel-Dieu ?Va-t-il être transformé en condominiums ?D\u2019autres types d\u2019architecture sont aussi en danger à Montréal ou ailleurs au Québec.Pensons à Ben\u2019s, détruit en 2008 malgré le fait qu\u2019il était un superbe exemple de restaurant des années 1950.De nos jours, plusieurs dénoncent comment à Montréal se développe un patrimoine architectural de façades, approche plutôt réductrice du travail de l\u2019architecte.Pour pousser encore plus loin sa réflexion sur la mémoire des lieux, Pocreau a invité Marie-Charlotte Franco, étudiante au doctorat, à venir présenter les résultats du travail d\u2019étudiants à la maîtrise en muséologie de l\u2019UQAM.Depuis 2013, ceux-ci ont réper torié les éléments du patrimoine des hôpitaux Saint-Luc, Hôtel-Dieu et Notre-Dame (qui forment le CHUM).Vous pourrez donc voir, entre autres choses, un mur couvert de fiches de recettes de cuisine de l\u2019Hôtel-Dieu, dont certaines dateraient des années 1920\u2026 Elles nous montrent qu\u2019il fut une époque, pas si lointaine, où, dans les hôpitaux, on mangeait bien.Mémoire immatérielle, mais bien vivante Pocreau nous parle aussi avec attention et sensibilité de la mémoire immatérielle individuelle, mais aussi collective.Par exemple, en collaboration avec Anna Lupien, il a filmé et inter viewé Auriette Breton, qui est entrée à l\u2019école des infirmières en 1962 et qui est au- jourd\u2019hui infirmière en chef à la clinique d\u2019hépatologie de l\u2019hôpital Saint-Luc.Cette partie de l\u2019expo évoquera une nouvelle et intelligente tendance en muséologie qui consiste à vouloir préser ver le patrimoine immatériel.Nous pensons entre autres au Musée de la mémoire vivante de Saint-Jean-Port-Joli.Dans un diaporama, Pocreau pousse l\u2019idée plus loin, incorporant dans son expo des photos de sa famille, de sa mère en particulier, photos où vous verrez des visages effacés\u2026 La mère de l\u2019artiste, Marie-Paul, souffre depuis deux ans de démence fronto-temporale, et Pocreau nous invite à ressentir un autre aspect de l\u2019amnésie, celle vécue par des individus.Voilà une maladie terrible pour ceux qui la vivent, mais aussi pour les proches qui ont le sentiment de perdre une partie de leurs souvenirs et même parfois de leur identité.Depuis deux ans, et ce jusqu\u2019en 2020 \u2014 dans le cadre du programme d\u2019intégration à l\u2019architecture pour le nouveau CHUM \u2014, Pocreau est en résidence de création, dans les bureaux des architectes et ingénieurs, laquelle lui permettra de réaliser un livre qu\u2019il publiera en 2020.Nous avons bien hâte de pouvoir nous plonger dans la lecture de cette mémoire collective appréhendée par l\u2019art de Pocreau.Collaborateur Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 DE VISU E 6 C U L T U R E Une exposition organisée en partenariat par le Musée royal de l\u2019Ontario, Toronto, et le Musée des beaux-arts de Montréal, en collaboration avec le Museo Archeologico Nazionale di Napoli et la Soprintendenza Pompei.| Fresque représentant une scène de banquet (détail).Herculanum.Museo Archeologico Nazionale di Napoli (MANN).Une présentation de Partenaire de l\u2019exposition MAINTENANT OU JAMAIS ! L\u2019EXPOSITION SE TERMINE LUNDI.Ouvert à la Fête du travail de 10 h à 17 h.Je me souviens\u2026 pas Yann Pocreau nous invite à explorer les méandres de la mémoire individuelle et collective YANN POCREAU L\u2019artiste Yann Pocreau nous parle avec attention et sensibilité de la mémoire immatérielle individuelle, mais aussi collective.Photo-érotisme Alors, est-ce de la porno et de l\u2019art ?Diane Charbonneau, conservatrice de la photographie au MBAM, préfère qualifier le travail de Mapplethorpe de photo-érotisme.« Il a élevé la pornographie au niveau de l\u2019ar t, dit-elle.Mais ce n\u2019est pas de la pornographie.La pornographie, c\u2019est fait avec l\u2019intention d\u2019exciter.Lui, son intention est de montrer la per fection de l\u2019acte [sexuel], de montrer la sensualité, et non de créer un besoin.Ses compositions mettent en scène le plaisir.» C\u2019est Diane Charbonneau qui assure la mise en place de cette première grande expo Mapplethorpe au Québec \u2014 et même dans un musée canadien.Le commissariat est néanmoins sous la responsabilité de Paul Martineau et Britt Salvesen, conser vateurs au Getty et au LACMA.Loin de la provocation, le projet vise à rappeler la place que Rober t Mapplethorpe s\u2019est taillée.Tout chez lui, qui était aussi méticuleux dans la composition de ses images que dans la gestion de sa carrière, relève de l\u2019émancipation sociale.Comme gai et comme photographe, ou « ar tiste », terme qu\u2019il préférait.Il y a d \u2019abord la rébel l ion, puis l\u2019af firmation et, enfin, la difficile acceptation d\u2019une fin, se sachant séropositif.« Il a placé la photographie comme une e xp r e s s i on , a contribué à en faire un des beaux-arts.Ses photos sont une recherche de la per fection », insiste Diane Charbonneau.On reconnaît à Mapplethorpe d\u2019avoir poussé les limites de son art, des conventions, de l\u2019acceptabilité.Il a puisé autant dans la pornographie gaie, interdite jusqu\u2019au début des années 1970, que dans les canons de l\u2019histoire culturelle.« Il a le côté liber tin d\u2019Arthur Rimbaud, la poésie de Jean Genet et l\u2019intérêt pour le corps sculptural de Michel- Ange », résume la conser va- trice du MBAM.Chroniqueur ou ethnologue Mapplethorpe a sans doute fait beaucoup plus pour la cause gaie qu\u2019un simple militant.En tant que chroniqueur ou ethnologue, comme aime le considérer Diane Charbon- neau, il a montré des réalités qui, parfois encore aujourd\u2019hui, sont suspectes et effraient les plus conservateurs.D a n s l e s a n n é e s 1 9 8 0 , même s\u2019il a délaissé les scènes crues, Mapplethorpe n\u2019a pas été épargné par la controverse, notamment à l\u2019égard de ses nus, pratiquement que des hommes noirs.Exploitation ou célébration de la virilité ?L\u2019ambiguïté demeure.En même temps, il était bien vu de se faire photographier par lui.On accourait dans son studio, ce qu\u2019a révélé le catalogue 50 New York Artists en 1986.À sa mort, l\u2019expo phare The Per fect Moment a beaucoup circulé aux États-Unis.Non sans embûches.À Washington, sa présentation a été annulée.À Cincinnati, un directeur de musée a même été arrêté.Et il y a eu le cas d\u2019un sénateur qui s \u2019est battu contre ce qu\u2019il considérait comme « des œuvres malsaines ».Porno ou art, peu importe, au bout, les photographies de Rober t Mapplethorpe auront, selon Richard Meyer, « symbolisé la liber té sexuelle et ar tistique face à l\u2019intolérance et l\u2019homophobie ».Collaborateur Le Devoir FOCUS : PERFECTION De Robert Mapplethorpe.Au Musée des beaux-arts de Montréal, du 10 septembre au 22 janvier.SUITE DE LA PAGE E 1 MAPPLETHORPE ROBERT MAPPLETHORPE FONDATION Robert Mapplethorpe, Auto-portrait, 1985 C I N É M A CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 E 7 335, boul.de maisonneuve est berri-uqam (514) 842-9768 cinematheque.qc.ca cinematheque.quebecoise cinemathequeqc Histoire hippie Un documentaire de Jean-André Fourestié, 88 min Version originale anglaise avec sous-titres français DÈS LE 2 SEPT.17h15 / 20h45 Paul Sharits Un documentaire de François Miron, 85 min Version originale anglaise avec sous-titres français DÈS LE 2 SEPT.19h00 THE 9TH LIFE OF LOUIS DRAX (V.O.) ?1/2 Drame fantaisiste d\u2019Alexandre Aja.Avec Aiden Longworth, Jamie Dornan, Sarah Gadon, Aaron Paul, Oliver Platt, Molly Parker.Canada\u2013Grande- Bretagne\u2013France, 2016, 108 minutes.F R A N Ç O I S L É V E S Q U E «V oir et penser, c\u2019est la même chose lorsqu\u2019on a les yeux fermés », narre le petit Louis Drax.Plongé dans le coma après avoir chuté d\u2019une falaise, ce gamin de neuf ans a déjà frôlé la mor t plusieurs fois mais, comme les chats, il semble disposer de plusieurs vies.Depuis son lit d\u2019hôpital, Louis explore son subconscient et tente de se souvenir.Son père l\u2019a-t-il poussé sous le regard horrifié de sa mère ?Fasciné par ce cas singulier, le docteur Pascal essaie, lui aussi, de comprendre\u2026 Adapté du roman du même nom de Liz Jensen, The 9 th Life of Louis Drax évoque tour à tour deux autres adaptations : La nostalgie de l\u2019ange, de Peter Jackson, pour le fantastique aux accents macabres infusant l\u2019univers intérieur du jeune protagoniste qui flotte dans les limbes, et Max et les maximonstres, de Spike Jones, pour l\u2019enfant qui fuit en lui- même la réalité pour mieux l\u2019y affronter, finalement.Mise en scène sophistiquée Chantre de l\u2019horreur tous azimuts, c\u2019est-à-dire psychologique (Haute tension), sauvage (Le visage de la peur), satirique (Piranha), voire romantique (Cornes), le cinéaste français Alexandre Aja ne change pas tant de registre ici qu\u2019il arrime celui-ci au regard de son petit héros.Cela ne fonctionne que par intermittence, mais la faute incombe sur tout au scénariste Max Minghella, qui échoue à maintenir le mystère quant à la vraie nature de la malchance de l\u2019enfant.En ef fet, pas besoin d\u2019être très futé pour en saisir la teneur.Aussi les médecins, policiers et psys qui ne comprennent qu\u2019à la onzième heure ap- paraissent-ils beaucoup trop naïfs.Et c\u2019est sans parler d\u2019un dénouement ridicule alliant hypnose et télépathie.À sa décharge, Aja déploie sa mise en scène la plus sophistiquée à ce jour.Avec son directeur photo habituel Maxime Alexandre, le réalisateur compose des images r iches de sens cachés e t d\u2019hommages (notamment à Vertigo).Idem au sujet de son monteur Baxter, qui rend fluides les nombreuses allées et venues entre le monde réel, les souvenirs trompeurs de Louis et, enfin, les fugues fantasmagoriques de ce dernier, qui en viennent à contaminer l\u2019esprit du docteur Pascal \u2014 un aspect qui ne fonctionne pas du tout.À for te teneur fantaisiste dans la mesure où i l rend compte du subconscient de Louis, le récit lorgne ainsi, par moments, du côté du fantastique, une nuance jamais justifiée car mal intégrée.Sensibilité aiguë Dans le rôle-titre, Aiden Longwor th est en revanche formidable.Il exsude la même intelligence supérieure et la même sensibilité aiguë que Louis.Son interprétation méritait un meilleur film.Ce film-ci est rendu bancal à cause de la nature prévisible de sa « grande révélation ».C\u2019est tellement évident qu\u2019on y ver rait clair même les yeux fermés.Le Devoir Y voir clair The 9 th Life of Louis Drax repose sur une révélation qui n\u2019en est pas une FILMS SÉVILLE Dans le rôle-titre, Aiden Longworth est formidable.Son interprétation méritait un meilleur film.dans des pubs?Pas de ventes.Joël : «Quand t\u2019as tout le temps du plaisir dans la van, et qu\u2019il y a une chose qui t\u2019enlève ce plaisir, c\u2019est simple: sélection naturelle!» Malgré la reconnaissance, les attentes plus grandes à chaque album, zéro compromission.S té - p h a n e l \u2019 e x - pl ique\u2026 simplement.« J\u2019ai toujours voté pour l \u2019option où t\u2019essaies pas d\u2019enfoncer ta musique dans les oreilles du monde.Oui, notre public grandit, mais naturellement.Et le band évolue naturellement.Depuis treize ans.On prend le temps.On n\u2019enregistre jamais en studio.Toutes les bases d\u2019Effets spéciaux ont été faites dans un chalet, les overdubs et les voix, chez nous.J\u2019ai pas envie de chanter devant un technicien.» Joël renchérit : «Je pourrais pas tenir un beat si je savais qu\u2019il y a un compteur en arrière\u2026 » C\u2019est la manière d\u2019Avec pas d\u2019casque : Stéphane Lafleur écrit « tout le temps» et l\u2019album a existé «quand les horaires ont coïncidé et qu\u2019on a eu un mois de libre.» Mot souligné quatre fois, une fois chacun : libre.«On n\u2019ose même pas appeler ça un métier.On fait de la musique parce que ça nous aide à vivre.Parce que ça fait de la lumière.» Tiens, l\u2019un des mots-clés.Le Devoir EFFETS SPÉCIAUX Avec pas d\u2019casque Grosse Boîte SUITE DE LA PAGE E 1 LENTEUR ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 S E P T E M B R E 2 0 1 6 CINEMA E 8 C U L T U R E LA REINE-GARÇON RÉALISÉ PAR MIKA KAURISMÄKI ÉCRIT PAR MICHEL MARC BOUCHARD K-Films Amérique @KFilmsAmérique #lareinegarcon VERSION ORIGINALE ANGLAISE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS DE THE GIRL KING VERSION ORIGINALE ANGLAISE À LAFFICHE ! \u2019 PRÉSENTEMENT AU CINÉMA LO U D E L A ÂG E AGATA B UZ E K AGATA KULESZA U N F I L M D E A N N E F O N TA I N E V I N C E N T M ACA I G N E « FAIT PENSER À IDA ET DES HOMMES ET DES DIEUX.» GEORGES PRIVET, MÉDIUM LARGE M A N O N D U M A I S S téphane E.Roy a un faible pour les adaptations de pièces de théâtre au cinéma, dont Le dîner de cons de Francis Veber d\u2019après sa pièce et Le père Noël est une ordure de Jean-Marie Poiré, d\u2019après celle de la troupe du Splendid.Parfois, il craque pour un film sans savoir que le texte a d\u2019abord pris vie sur les planches, comme ce fut le cas pour Carnage de Polanski, d\u2019après la pièce de Yasmina Reza.« Pourquoi j\u2019aime ça ?Parce qu\u2019il y a plus de précautions, de détails, de précisions sur les dialogues», confie l\u2019auteur, dramaturge et scénariste.« Dans notre cinéma, on est plus dans l \u2019 image, dans les si lences.J\u2019adore ça aussi, mais je suis un trippeux de dialogues et des dialoguistes.Il n\u2019y en a pas au Québec.L\u2019un de mes grands amours au cinéma, c\u2019est Le déclin de l\u2019Empire américain d\u2019Arcand, où il y a des propos philosophiques.Pourquoi on ne pourrait pas faire ça en comédie?C\u2019est drôle, la vie aussi.» I m a g i n e z s o n b o n h e u r quand huit réalisateurs, Luc Picard, Ricardo Trogi, Jean- Philippe Duval, Micheline Lanctôt, Érik Canuel, Claude Brie, Marc Labrèche et Éric Tessier, ont accepté de transposer à l\u2019écran sa pièce Neuf variations sur le vide, dont il signe lui-même le premier segment, Abus, dans lequel Anne- Marie Cadieux et Christian Bégin vivent une relation toxique.Réalisant le dernier segment, Eccéité, où le personnage de Roy, un motivateur, croise une femme qu\u2019il a déjà aimée (Noémie Godin-V i - gneau), Éric Tessier a aussi tourné les segments où tous les personnages assistent à la conférence du motivateur et agi également à titre de réalisateur-coordonnateur.« C\u2019était très, très spécial parce que tu te trouves à parler à tes collègues, dont cer tains sont moins aguerris que d\u2019autres.Non seulement il fallait agencer le tout, mais je faisais aussi des commentaires lorsque les films arrivaient en montage.Ce qu\u2019il faut savoir, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y avait pas de désir d\u2019unité formelle, mais plutôt le désir de laisser chaque réalisateur et réalisatrice avec leur monteur, leur directeur photo, leurs comédiens.Ce que je trouve intéressant, c\u2019est qu\u2019en voyant le film, le public va reconnaître les couleurs de chacun», avance le réalisateur.Problèmes de communication Unité de ton ou pas, il fallait tout de même choisir un ordre de succession afin que 9 \u2013 Le film soit un tout cohérent.« Avec le monteur Alain Baril, on a fait quinze versions et on en a testé cinq, explique Éric Tessier.Je suis très content de la succession qu\u2019on a réussi à avoir.Je n\u2019ai pas arrêté de penser à Danny Lennon de Prends ça court lorsqu\u2019il programme ses soirées de courts métrages, où l\u2019on voit bien à quel point l\u2019ordre et le passage d\u2019une émotion à une autre sont importants.J\u2019ai beaucoup de respect pour Danny.Au niveau de la production, c\u2019est très compliqué à faire, un film à sketchs.Je pense que ça prend de l\u2019énergie pour en voir un.C\u2019est peut-être pour ça qu\u2019à par t Cosmos et Montréal vu par\u2026, nous en avons peu fait au Québec.» « Quand un réalisateur me demandait s\u2019il devait y avoir une unité, je répondais qu\u2019on entrait dans la tête des personnages, que ça ne me dérangeait donc pas qu\u2019il n\u2019y en ait pas, se souvient Stéphane E.Roy.Puis, l\u2019un d\u2019eux a dit qu\u2019on retrouverait l \u2019unité dans les textes puisqu\u2019ils sont tous de moi.Souvent, dans les films à sketchs, chaque réalisateur écrit son histoire, d\u2019où le manque d\u2019unité.Dans ce f i l m , i l y a u n e u n i t é d e temps, celui de la conférence, et une unité de thème, celui de l\u2019incommunicabilité.» Si Jean-Phil ippe Duval a transpor té l \u2019act ion de son film dans les années 1960, où un réalisateur manipulateur (François Papineau) dirige une actrice capricieuse (Bénédicte Décar y) dans une annonce de tampons, et qu\u2019Érik Canuel a changé l\u2019issue d\u2019une r encontr e entr e deux ca - mionneurs (Nicolas Canuel et Maxim Gaudette), Stéphane E.Roy, très fier du travail de tous, confirme que 95 % des textes sont bien de lui.« Ce dont je suis le plus fier du film, ce sont les dialogues.Je les écoute et je trouve que ça fait du bien d\u2019entendre deux camionneurs se parler de même, qu\u2019il y ait de la poésie.Après tout, Claude Péloquin, qui parle comme un camionneur, peut déclamer de la poésie », conclut-il.Le Devoir Concentrés de vie Les mots fusent comme des balles dans l\u2019univers de Stéphane E.Roy LA REINE-GARÇON (V.F.DE THE GIRL KING) ?Drame historique de Mika Kaurismäki.Avec Malin Buska, Sarah Gadon, Michael Nyqvist, Lucas Bryant.Canada- Suède-Allemagne-Finlande, 2015, 103 minutes.A N D R É L A V O I E C haque film historique en dit beaucoup sur une époque, particulièrement sur celle où il fut tourné.C\u2019est pourquoi Queen Christina (1933), avec l \u2019 inoubl iable Greta Garbo, illustre beaucoup les limites idéologiques d\u2019un royaume, celui d\u2019Hollywood, donnant de la souveraine de Suède une image vaguement androgyne, et pas si encline à vouloir séduire la gent féminine.La chose n\u2019était pour tant pas un secret pour ses compatriotes au XVIIe siècle, et le cinéaste finlandais Mika Kauris- mäki aborde la question de façon franche, mais rarement sensuelle ou enivrante.Car celui qui tourne plus vite que son ombre, aimant aussi à l\u2019occasion por ter le chapeau de producteur, doit réconcilier les impératifs de ce que l\u2019on nommait autrefois l\u2019europouding : un assemblage hétéroclite d\u2019acteurs de tous les horizons causant en anglais devant des décors à la beauté opulente.La reine-garçon n\u2019affiche pas ces travers de manière ostentatoire.On y retrouve un dépouillement imprégné de théologie luthérienne \u2014 la cour de Suède n\u2019était pas Versailles \u2014 et une nature ambiante le plus souvent dépour vue de charme, figée dans la grisaille de l\u2019automne ou la froidure de l\u2019hiver.Autant de rappels pour démontrer que même les éléments semblent une entrave à l\u2019épanouissement de cette femme (la Suédoise Malin Buska, beaucoup d\u2019aplomb), élevée comme un garçon, séduite par les audaces des philosophes français, au premier chef René Descartes, bouleversée par la beauté des femmes (dont une dame de compagnie incarnée par la diaphane Sarah Gadon) et exaspérée par l\u2019insistance des hommes de son entourage, à commencer par son chancelier (Michael Nyqvist), pour qu\u2019elle prenne mari et produise des héritiers.Érudition et fascination Tous ces dilemmes s\u2019entrecroisent grâce à la f ine connaissance du personnage qu\u2019af fiche le dramaturge et s c é n a r i s t e M i c h e l M a r c Bouchard, dont on reconnaît l\u2019érudition et la fascination pour les univers sophistiqués chargés de rituels.Or ceux qui ont aimé son émouvant portrait théâtral intitulé Christine, la reine-garçon ne retrouveront pas la même déferlante d\u2019émotions passionnées et contradictoires, le tout livré dans plusieurs beaux et grands monologues inspirés.La pièce scrutait minutieusement ce moment charnière où la reine de Suède abandonnera bientôt sa couronne pour suivre ses passions jusqu\u2019au bout, et jusqu\u2019au Vatican.La reine- garçon se présente dans une approche résolument chronologique, de l\u2019enfance à l\u2019abdication, évoquant, à chaque phase, ses combats inachevés face au mariage, pour l\u2019amour, le savoir (à transmettre à tout un peuple de « bûcherons »), en somme pour un libre arbitre qui s\u2019accommode mal des carcans étouffants de la monarchie.Mika Kaurismäki, visiblement coincé entre les impératifs de la coproduction, joue ici de prudence, montrant une révolution en cours, celle des esprits face aux dogmes, mais sans véritable souffle épique ni outrances esthétiques.À l\u2019arrivée, il signe un film célébrant la modernité d\u2019une femme accablée par sa couronne, mais qui contemple ses batailles et ses ébats avec la retenue d\u2019un obser vateur quelque peu médusé.Collaborateur Le Devoir L\u2019Amazone du Nord Le poids accablant d\u2019une couronne sur la tête d\u2019un esprit libre à la modernité précoce LA NOUVELLE VIE DE PAUL SNEIJDER ?Drame psychologique de Thomas Vincent.Avec Thierry Lhermitte, Géraldine Pailhas, Guillaume Cyr, Pierre Curzi.France- Québec, 2016, 114 minutes.F R A N Ç O I S L É V E S Q U E D epuis peu, Paul Sneijder a atteint le statut de « semi- célébrité ».Ce dont il se passerait volontiers.En effet, Paul a fait les manchettes dans la foulée d\u2019un terrible accident qui a coûté la vie à sa fille née d\u2019un premier mariage, et duquel il a lui-même réchappé de justesse.L\u2019affaire, une chute d\u2019ascenseur de plus de 90 mètres, est, il est vrai, spectaculaire.Pragmat ique , l a seconde épouse du miraculé est déjà en train de planifier des études de luxe à leurs deux fils.Toujours en état de choc, Paul peine pour sa part à se réajuster.La nouvelle vie de Paul Sneijder, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019une renaissance contrecarrée par les turpitudes du monde dit civilisé.Coproduit par la France et le Québec, le film de Thomas Vincent a été tourné à l\u2019île des Sœurs et à Montréal en plein hiver.Ce qui capte d\u2019emblée l\u2019attention, c\u2019est la beauté quasi féerique que le cinéaste étranger extrait d\u2019un panorama que l\u2019on tient ici pour acquis et dans lequel on tend à ne percevoir que grisaille \u2014 pour peu qu\u2019on daigne le regarder.Pour autant, Vincent et son directeur photo Ronald Plante (Monsieur Lazhar, Fun- kytown) ne sombrent jamais dans les clichés de cartes postales.Les compositions offer tes sont agréables à l\u2019œil sans être ostentatoires.Le charisme de Lhermitte Ce qui s\u2019impose ensuite, c\u2019est la présence, le charisme, de Thierry Lhermitte.Tout de fragilité, de désarroi et de tristesse larvée, le comédien français n\u2019a jamais été aussi attachant.Pratiquement de chaque scène, la vedette du Dîner de cons porte le film avec grâce, l\u2019assurance prenant graduellement le pas sur la vulnérabilité.Dans le rôle ingrat de la deuxième femme calculatrice, sorte de Lady Macbeth en matière de dommages et intérêts, Géraldine Pailhas (Les revenants) atténue comme elle le peut les aspérités du personnage, lequel existe aux limites extrêmes de la vraisemblance.C\u2019est d\u2019ailleurs le cas du récit lui-même, ce qui est de toute évidence voulu.La profusion de touches d\u2019humour grinçant rend de fait compte d\u2019un désir d\u2019inscrire la trame dans une réalité un brin décalée.Impartir à chaque personnage secondaire une quelconque excentricité participe du même esprit.Cela fonctionne relativement bien pendant les deux tiers du film.Malheureusement, la dernière partie, qui plus est longuette, s\u2019avère si improbable (avec internement ourdi par une accointance psy de la conjointe suivi d\u2019une évasion, rien de moins) que, malgré toute la bonne volonté du monde, on n\u2019arrive plus à y croire.Relâchement narratif Des morceaux choisis restent toutefois en mémoire, comme ces échanges étonnamment intimes et chaleureux entre le personnage de Lhermitte et l\u2019avocat de la défense qu\u2019incarne Pierre Curzi avec un panache tranquille.Guillaume Cyr, en propriétaire d\u2019agence de promenade canine où se recycle le protagoniste, partage lui aussi de bons moments avec la vedette.Au final, La nouvelle vie de Paul Sneijder montre à quel point il importe de se libérer de ses entraves physiques et psychologiques.For t bien, mais à force de vouloir en faire autant, c\u2019est-à-dire de relâcher l a s t r u c t u r e n a r r a t i v e à mesure qu\u2019approche le dénouement, le film s\u2019éparpille.Reste la dignité de Thierry Lhermitte.Et la beauté de Montréal durant la saison froide.Le Devoir L\u2019art de rebondir ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Stéphane E.Roy (à droite) a vu sa pièce adaptée par huit autres réalisateurs, dont Éric Tessier (à gauche).K-FILMS AMÉRIQUE On retrouve dans La reine- g a r ç o n un dépou i l l emen t imprégné de théologie luthérienne.FILMS SÉVILLE Thierry Lhermitte porte le film avec grâce, l\u2019assurance prenant graduellement le pas sur la vulnérabilité."]
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