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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-08-29, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 1 9 5 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 A O Û T 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Société \u203a Mexique.La culture de l\u2019avocat fait des ravages.Page A 5 Culture \u203a Festival des ?lms du monde.Des accrocs.Et parfois de bons ?lms.Page B 8 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m S A R A H R .C H A M P A G N E P lus de 1400 pièces présentes dans des pipelines de TransCanada contiennent potentiellement «des matériaux aux propriétés de qualité inférieure».Elles font l\u2019objet d\u2019un avis de sécurité de l\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE), produit par l\u2019instance huit ans après avoir pris connaissance du problème.En février dernier, l\u2019Office a diffusé un avis de sécurité exigeant le signalement de certains tuyaux et raccord par toutes les compagnies relevant de sa compétence.Les pièces visées ont été fabriquées par Canadoil Asia en Thaïlande et Ezeflow, qui possède une usine à Granby faisant la promotion du projet Énergie Est.La réponse de TransCanada, transmise à l\u2019ONE et obtenue par Le Devoir, fait l\u2019inventaire de ces pièces et de leur emplacement.Une trentaine de ces pièces se trouvent notamment dans un gazoduc à l\u2019ouest de Montréal et au moins cinq dans une partie de gazoduc qui sera convertie en oléoduc pour le projet Énergie Est.La par tie canadienne de Keystone en compte aussi plusieurs centaines.C\u2019est la faible résistance à la rupture d\u2019un de ces «coudes» fabriqués par Ezeflow entre 2005 et 2008 qui a provoqué le bris d\u2019un pipeline de gaz naturel en Alberta en 2013, selon ce que rap- TRANSCANADA Des pièces de pipelines douteuses Plus de 1400 pièces contiennent potentiellement «des matériaux aux propriétés de qualité inférieure» JOUR DE RENTRÉE SCOLAIRE AU QUÉBEC ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR C\u2019est jour de rentrée dans des centaines d\u2019écoles du Québec.Alors qu\u2019enfants et enseignants se préparaient dimanche à une nouvelle année scolaire, d\u2019autres s\u2019apprêtent à vivre une année loin des classes.Page A 2 Lire aussi \u203a Conception étriquée.Un éditorial d\u2019Antoine Robitaille.Page A 6 I S A B E L L E P O R T E R à Québec N ouvel obstacle à l\u2019intégration des réfugiés syriens.Les plus récentes données de la SAAQ montrent que les futurs automobilistes sont deux fois moins nombreux à réussir l\u2019examen théorique quand ils le font en arabe.Le taux de réussite en langue arabe est en effet de 33 % contre 65 % pour l\u2019ensemble des tests, toutes langues confondues.Ces statistiques issues de la Société d\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ) concernent les résultats aux examens réalisés entre avril 2015 et août 2016.À titre comparatif, notons que les résultats en espagnol sont également inférieurs à la moyenne, mais de façon beaucoup moins marquée, avec un taux de réussite de 45,6 %.Pour ce qui est de la version du test en mandarin (seule autre langue disponible pour les examens écrits en plus du français et de l\u2019anglais), les résultats sont au même niveau que la moyenne.Rappelons qu\u2019en mai dernier un résidant de Lévis qui parraine une famille de réfugiés syriens avait dénoncé dans les médias les embûches à l\u2019intégration de la famille, notamment pour le permis de conduire.Le père de la famille, Marwan Al-Oufan, alléguait que l\u2019examen était dans un arabe incompréhensible et que son cousin l\u2019avait raté sept fois.En août, lui- même a échoué pour la cinquième fois.Les données de la SAAQ semblent lui donner raison.SAAQ : taux d\u2019échec élevé pour l\u2019examen théorique en arabe JACQUES NADEAU LE DEVOIR Fahad et Aalia ont convolé en justes noces samedi dernier en pleine savane africaine devant un soleil qui déclinait à l\u2019horizon.Les jeunes mariés ont été envahis par l\u2019émotion au cours de la cérémonie se déroulant au zoo de Granby.En quête d\u2019histoires d\u2019amour réelles, Le Devoir s\u2019est invité dans des mariages de diverses communautés culturelles, aux rites et traditions pluriels.Notre série Quatre mariages et un enterrement vous promène de vœux en vœux dans des célébrations qui soulignent l\u2019amour\u2026 Et la mort.Quatrième de cinq textes.QUATRE MARIAGES ET UN ENTERREMENT Un amour indo-pakistanais dans la savane africaine VOIR PAGE A 8 : PIPELINES VOIR PAGE A 8 : SAAAQ L I S A - M A R I E G E R V A I S S i Walt Disney n\u2019avait pas déjà eu l \u2019 idée, Aalia Adam et Fa- had Diwan auraient pu être l\u2019inspiration d\u2019une version moder ne de Jasmine et Aladin.Elle, une femme indépendante, intelligente, et qui suit les inclinations de son cœur.Lui, jeune homme à l\u2019âme pure \u2014 qui n\u2019a toutefois rien d\u2019un voleur (si ce n\u2019est qu\u2019il lui a ravi son cœur !).Ne manquait plus que le génie de la lampe leur accorde un vœu : celui de se marier.« Dans ma tête, j\u2019étais déjà mariée avec elle un an après l\u2019avoir rencontrée», raconte Fa- had, jeune homme musulman d\u2019origine pakistanaise, arrivé au Québec à l\u2019âge de 8 ans.«Pour moi, on est mari du mo- Partage de la route Quelle place pour les camions en ville ?Page B 5 La «discrimination génétique» au cœur d\u2019une guerre de lobbyistes Page A 3 VOIR PAGE A 8 : AMOUR L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 A O Û T 2 0 1 6 R E N T R É E S C O L A I R E A 2 E n cette période de rentrée scolaire, le gouvernement provincial doit sérieusement commencer à faire ses devoirs, selon la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).Inter viewée par La Presse canadienne avant la tenue d\u2019un point de presse de son organisation à Montréal, la présidente de la CSQ, Louise Chabot, a déclaré dimanche qu\u2019il faut qu\u2019un véritable « tournant » s\u2019opère au sein du réseau de l\u2019éducation pour que les élèves y deviennent réellement la priorité incontestée.Poursuivant sur sa lancée, Mme Chabot a ajouté que « le système a été assez malmené » par des compressions à répétition et qu\u2019il est grand temps de redresser la barre.Investissements insuffisants Elle a reconnu que le gouvernement québécois semble désireux d\u2019améliorer les espaces à l\u2019intérieur desquels les élèves évoluent sur une base quotidienne en annonçant des injections de fonds visant à rénover les infrastructures scolaires.Or, selon elle, ces investissements ne représentent certainement pas une panacée pour remédier à l\u2019ensemble des maux qui gangrènent le monde de l\u2019éducation.Louise Chabot a indiqué que le nombre d\u2019élèves éprouvant des difficultés d\u2019apprentissage et d\u2019adaptation croît et que ces derniers peinent à réussir, car ils ne jouissent tout simplement pas d\u2019un encadrement adéquat.Elle a précisé que le succès de ces enfants et de ces adolescents dépend de l\u2019ajout de ressources capables de les soutenir et, par le fait même, d\u2019alléger la tâche de leurs enseignants.Écouter les acteurs du milieu À son avis, pour définir clairement les besoins de ces élèves et ceux de leurs camarades de classe ne rencontrant pas d\u2019embûches particulières, le gouvernement provincial devra se résoudre à écouter les acteurs du milieu de l\u2019éducation.« Il a une approche top- down.Il décide de quoi l\u2019école a besoin en fonction de sa vision des choses.Il faudrait [plutôt] qu\u2019il prenne un temps d\u2019arrêt pour regarder la situation en misant sur l\u2019exper tise du personnel [du réseau] », a-t-elle expliqué.En optant pour cette approche plus collaborative, le gouver nement du Québec pourrait, selon Mme Chabot, « se doter d\u2019une vision globale et non pas à courte vue des problèmes » du système.Nouveau ministre La présidente de la Centrale des syndicats du Québec a souligné que, pour en arriver à un tel résultat, le ministre de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, devra sortir des ornières creusées par ses prédécesseurs.« Il semble être à l\u2019écoute, désireux de corriger les choses, [mais] il faut qu\u2019il évite de se précipiter dans toutes sortes de mesures qui ne mèneront nulle part.Il devra prendre le temps de vraiment consulter [le personnel de l\u2019éducation] », a-t- elle conclu.La Presse canadienne La CSQ exige un changement de cap Le syndicat réclame davantage d\u2019investissements et l\u2019adoption d\u2019une approche plus collaborative PEDRO RUIZ LE DEVOIR Au fil des ans, l\u2019enseignante Danielle Vien a vu des élèves du primaire, mais surtout du secondaire défiler dans sa classe.Pour une deuxième rentrée consécutive, le mouvement «Je protège mon école publique » formera ses chaînes humaines devant les écoles dès le 1er septembre.L\u2019objectif, toujours le même, est de dénoncer les compressions et d\u2019exiger, de la part du gouvernement, un «réinvestissement dans le réseau public ».Depuis sa création en mai 2015, le mouvement a réussi à mobiliser, tous les premiers du mois, des centaines de personnes dans tout le Québec.Le retour des chaînes humaines F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S Alors que plusieurs milliers d\u2019enfants se préparaient dimanche pour une nouvelle rentrée scolaire, quelques centaines d\u2019entre eux, ayant un statut d\u2019immigration précaire, ne pourront pas se présenter à l\u2019école lundi matin, faute de moyens.Bon an mal an, de nombreux enfants « sans statut » se butent à des exigences administratives qui les empêchent d\u2019intégrer le système scolaire gratuitement, au même titre que leurs camarades, une situation vivement dénoncée par le Collectif éducation sans frontières.Incapables de fournir une preuve de la résidence permanente de leurs enfants, des parents se voient, chaque année, dans l\u2019obligation de débourser d\u2019importants frais de scolarité, variant entre 5500$ et 7100$ par enfant, selon le niveau scolaire.Faute de quoi, ils ne peuvent tout simplement pas envoyer leurs enfants sur les bancs d\u2019école.«J\u2019ai connu des jeunes qui avaient manqué plusieurs années de scolarité», précise Steve Baird, l\u2019un des membres du collectif actif depuis l\u2019automne 2011.À l\u2019heure actuelle, entre 300 et 400 jeunes n\u2019ont pas accès à une éducation primaire et secondaire gratuite, selon une estimation du ministère de l\u2019Éducation datant de 2013.Selon le Collectif, les chiffres seraient toutefois sous-évalués.«À notre avis, ils pourraient être plusieurs milliers dans cette situation», précise Steve Baird.Difficile toutefois d\u2019avoir des statistiques à jour dans ce dossier, ni le ministère ni les commissions scolaires ne faisant le suivi auprès des familles dont les enfants sont exclus.Surtout dans la mesure où l\u2019éducation est obligatoire au Québec jusqu\u2019à l\u2019âge de 16 ans.« Ces enfants sont bien souvent obligés de se cacher, déplore le porte-parole.Ils sont prisonniers d\u2019un système incohérent qui, d\u2019une part, les met à l\u2019écart, mais qui, d\u2019un autre côté, exige qu\u2019ils soient présents.» Depuis novembre 2014, le Protecteur du citoyen recommande que des modifications réglementaires soient apportées afin que « tout enfant âgé de 6 à 16 ans domicilié sur le territoire du Québec ait accès à l\u2019éducation publique gratuite [.], peu importe son statut d\u2019immigration ou celui de ces parents».Aucune modification ni mesure temporaire n\u2019a toutefois été adoptée jusqu\u2019à présent par le ministère de l\u2019Éducation.Le Devoir Des enfants « sans statut » privés de rentrée scolaire encore cette année En cette rentrée scolaire, Le Devoir vous transporte dans la réalité d\u2019élèves, de parents et d\u2019enseignants, et de ceux qui les entourent.Cinquième histoire de cette série qui raconte le début de l\u2019année à la fin de l\u2019été.P H I L I P P E O R F A L I C ette année, pour la rentrée, Danielle Vien n\u2019a pas décoré sa salle de classe.Sa craie ne se posera pas sur le grand tableau noir de son local de l\u2019école secondaire Marie-Anne, à Montréal.Et elle n\u2019attendra pas, fébrile, le son de la cloche signalant l\u2019ar rivée momentanée d\u2019une toute nouvelle fournée d\u2019élèves de 5e secondaire.Cette année, pour la première fois depuis 1976, Danielle Vien, jeune retraitée de l\u2019enseignement, restera chez elle en ce matin de retour en classe.« C\u2019est drôle, mais j\u2019ai l\u2019impression de ne pas être au bon endroit en ce moment!», lance-t- elle, un trémolo dans la voix, de son domicile de Blainville, où elle vient d\u2019emménager.«Et j\u2019ai beau essayer, j\u2019oublie toujours de changer de temps de verbe, de parler de l\u2019enseignement au passé plutôt qu\u2019au présent.» Le « coup », elle l\u2019a vraiment ressenti mercredi dernier, alors que ses collègues de l\u2019école secondaire du quartier Ahuntsic amorçaient leur retour au travail, en prévision de la rentrée des élèves, lundi.« Pour moi, l\u2019année a toujours commencé à la fin de l\u2019été, pas avec le 1er janvier.C\u2019est particulier aujourd\u2019hui ! Toute ma vie a été réglée par la rentrée scolaire », dit-elle, assurant être très heureuse d\u2019avoir décidé de prendre sa retraite.Pendant quarante ans, elle a vu des élèves du primaire, mais sur tout du secondaire défiler dans sa classe.Depuis 1984, elle enseignait en 5e secondaire à l\u2019école Marie-Anne, où la clientèle est composée de jeunes de 16 à 21 ans, des raccrocheurs pour la plupart.«Au secondaire 5, ce sont de jeunes adultes.Ce que j\u2019aimais, c\u2019était le sentiment d\u2019avoir un impact, de les aider à s\u2019orienter dans la vie.À cet âge-là, les jeunes s\u2019ouvrent beaucoup à nous, tu peux avoir des conversations d\u2019adulte à adulte.Tu n\u2019es pas juste enseignant, tu es psy, orienteur.Tu les prépares à la vie.C\u2019est ça qui était le plus valorisant.» Élément déclencheur Pour elle, l\u2019heure de la retraite a sonné avec la plus récente série de négociations pour le renouvellement du contrat de travail des enseignants.Elle songeait déjà depuis quelque temps à quitter l\u2019enseignement, comblée d\u2019avoir eu une vie professionnelle bien remplie et prête à passer le flambeau.La joute de bras de fer entre Québec et les centrales syndicales a été le dernier incitatif dont elle avait besoin.«Ce que je voyais, c\u2019était une diminution de services pour les élèves.Dans une école spécialisée, ça nous touche beaucoup, et je voyais que ce n\u2019était pas que mes conditions de travail qui allaient changer, mais aussi, surtout, les conditions d\u2019apprentissage.J\u2019ai décidé que j\u2019en avais eu assez.» Songe-t-elle à faire de la suppléance, comme le font bon nombre d\u2019enseignants retraités?«Pas une nanoseconde, s\u2019ex- clame-t-elle.Ça ne me tente pas du tout.J\u2019ai enseigné, c\u2019est correct, c\u2019est fait, je laisse la place aux jeunes.Avec ma retraite, je ne suis pas à plaindre, alors que les jeunes profs ont besoin d\u2019argent pour payer leur loyer.La suppléance, ça leur appartient!» Cela ne l\u2019empêche pas d\u2019avoir une foule de projets, comme d\u2019aménager cette maison bigé- nérationelle, où elle habite depuis peu avec son fils et sa famille, et faire du bénévolat dans les salles de classe de ses amies.« Je vais aussi devoir aller faire un tour à Marie-Anne, pour leur remettre mes clés ! » Profession malmenée Le Québec comptait en 2014- 2015 près de 65 800 éducateurs \u2014 enseignants, personnel de direction et soutien pédagogique \u2014 selon Statistique Canada.En comparaison avec la moyenne canadienne, les membres du personnel de l\u2019enseignement québécois tendent à être légèrement plus âgés, puisque seulement 4,6% d\u2019entre eux ont moins de 30 ans (deux fois moins qu\u2019à l\u2019échelle du pays).Et qu\u2019en est-il des salaires ?Le Québec se situe en milieu de peloton, selon la plus récente étude de l\u2019agence fédérale sur la rémunération des enseignants, qui remonte à 2011- 2012.Un enseignant québécois au sommet de l\u2019échelle salariale gagnait alors 72 210 $, contre 64 130 $ en Colombie-Britannique et, à l\u2019autre extrême, 92 104$ en Alberta.Les enseignants du Québec étaient donc payés légèrement en dessous de la moyenne canadienne de 75 000$, mais devaient attendre le plus longtemps \u2014 au moins 15 ans \u2014 avant d\u2019atteindre le sommet de leur échelle salariale, leurs collègues des autres provinces atteignant ce palier en 10 ou 11 ans.Par conséquent, avec 10 ans d\u2019ancienneté, les enseignants québécois sont les moins payés au pays (58 640 $, comparativement à 71 482$ en moyenne à l\u2019échelle du Canada).Le Devoir Faire son deuil de la rentrée Après 40 ans d\u2019enseignement, Danielle Vien remise ses craies pour de bon Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Le Québec comptait en 2014-2015 près de 65 800 éducateurs \u2014 enseignants, personnel de direction et soutien pédagogique \u2014 selon les données de Statistique Canada.J\u2019oublie toujours de changer de temps de verbe, de parler de l\u2019enseignement au passé plutôt qu\u2019au présent Danielle Vien, enseignante à la retraite « » Entre 300 et 400 jeunes n\u2019ont pas accès à une éducation primaire et secondaire gratuite, selon un estimation datant de 2013 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 A O Û T 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 M A R C O F O R T I E R U n projet de loi visant à interdire la «discrimination génétique » donne lieu à une partie de bras de fer entre la puissante industrie de l\u2019assurance et une quinzaine de groupes qui défendent les droits des malades.Le projet de loi S-201, qui sera étudié à la reprise des travaux parlementaires à Ottawa, vise à protéger les gens qui ont passé un test génétique confirmant qu\u2019ils sont à risque de développer une maladie.La Coalition canadienne pour l\u2019équité génétique (CCEG), qui regroupe 16 groupes de défense des malades, mène un blitz de lobbying auprès du gouvernement Trudeau dans l\u2019espoir de faire adopter la loi.Dans la seule soirée de jeudi, pas moins de 1000 courriels ont été envoyés à des ministres fédéraux, a appris Le Devoir.Au moins trois lobbyistes se sont aussi déplacés au caucus du gouvernement Trudeau, qui a eu lieu à Saguenay cette semaine, pour prendre le pouls des élus libéraux.La nouvelle loi interdirait aux compagnies d\u2019assurances d\u2019obliger leurs futurs assurés à divulguer les résultats de tests génétiques.À l\u2019heure actuelle, les assureurs n\u2019ont pas le droit d\u2019exiger un test d\u2019ADN, mais ils peuvent demander aux futurs assurés qui ont volontairement subi un test génétique de leur en révéler les résultats.Le projet S-201 modifierait aussi le Code canadien du travail et la Loi canadienne sur les droits de la personne pour interdire la discrimination basée sur les « caractéristiques génétiques ».Un employeur ne pourrait exiger qu\u2019un travail leur passe un test d\u2019ADN.Le refus de passer un test ne pourrait devenir un moti f de congédiement ou de non-embauche.Des règles néfastes pour la santé « Médicalement, les règles actuelles ne tiennent pas la route.Il y a des gens qui préfèrent ne pas passer de test génétique pour ne pas se faire questionner par leur assureur.Ce test pourrait pour tant leur sauver la vie : on sait que les cancers ont plus de chances d\u2019être guéris s\u2019ils sont dépistés tôt », affirme Don Boudria, ancien ministre libéral devenu lobbyiste, qui compte parmi ses clients l\u2019organisme Cancer de l\u2019ovaire Canada.Quinze autres organisations font partie de la Coalition, dont la Société canadienne de la SLA, la Société Alzheimer du Canada, la Fondation canadienne de la fibrose kystique, la Société Huntington du Canada, la Fondation canadienne du rein, Dystrophie musculaire Canada, Ostéoporose Canada, la Société Parkinson Canada, l\u2019Association de spina-bifida et d\u2019hydrocéphalie du Canada et la Fondation canadienne du syndrome de la Tourette.Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CCRJI) est aussi préoccupé par la montée des tests génétiques, parce que les femmes juives ashkénazes ont un gène qui les rend plus susceptibles d\u2019avoir un cancer du sein ou de l\u2019ovaire.« Les Canadiens pourraient devoir subir un test génétique ou révéler des informations génétiques privées aux sociétés d\u2019assurances ou aux employeurs.Cela nuit à leurs chances de trouver ou de conserver un emploi, d\u2019obtenir une promotion ou d\u2019acheter une police d\u2019assurance», écrit David J.Cape, président du CCRJI, dans un courriel envoyé à ses membres le 25 août.«En l\u2019absence d\u2019une loi qui interdit la discrimination génétique, plusieurs Canadiens choisissent de ne pas avoir de test par crainte que les résultats soient utilisés à mauvais escient», ajoute-t-il.Évaluation des risques Le projet de loi S-201 a été présenté par le sénateur libéral indépendant Jim Cowan.Le Sénat a adopté le projet le 14 avril dernier.La Chambre des communes doit étudier le projet de loi en deuxième lecture avant la fin du mois de septembre, selon nos sources.L\u2019industrie de l\u2019assurance s\u2019oppose avec vigueur au projet de loi, qui priverait les assureurs d\u2019informations cruciales sur leurs clients potentiels.Le principe de l\u2019assurance, c\u2019est de tarifer la personne en fonction des risques qu\u2019elle présente.La prime reflète le niveau de risque assumé, explique Lyne Duhaime, présidente pour le Québec de l\u2019Association canadienne des compagnies d\u2019assurances de personnes (ACCAP).Les membres de l\u2019ACCAP versent des prestations de 84 milliards de dollars par année au Canada.L\u2019industrie emploie 155 000 personnes au pays.Pour évaluer le risque, les assureurs posent déjà des questions « intimes» aux clients potentiels.Sans même passer un test génétique, un client dont un des parents est atteint de la maladie de Huntington ne sera pas nécessairement assurable, souligne Lyne Duhaime.Une assurance-vie à long terme nécessite aussi une prise de sang qui peut révéler des maladies comme le sida, le diabète, le taux de cholestérol, etc.«Si le test génétique a lieu le lendemain de la souscription à l\u2019assurance, la personne sera assurée», précise-t-elle.De plus, l \u2019ACCAP estime que la première partie du projet de loi S-201 (sur la livraison de ser vices sans tests génétiques) « soulève de sérieuses questions constitutionnelles ».Comme le secteur de l\u2019assurance est de compétence provinciale, Ottawa n\u2019a pas le pouvoir de légiférer en la matière, a fait valoir Frank Swedlove, président et chef de la direction de l\u2019ACCAP, devant un comité parlementaire en février 2016.Le Devoir La «discrimination génétique » au cœur d\u2019une guerre de lobbyistes Assureurs et groupes de défense des droits des malades accentuent la pression à la veille de l\u2019étude en deuxième lecture du projet de loi fédéral S-201 GEORGES GOBET AGENCE FRANCE-PRESSE La nouvelle loi interdirait aux compagnies d\u2019assurances d\u2019obliger leurs futurs assurés à divulguer les résultats de tests génétiques.À l\u2019heure actuelle, les assureurs n\u2019ont pas le droit d\u2019exiger un test d\u2019ADN, mais ils peuvent demander aux futurs assurés qui ont volontairement subi un test génétique de leur en révéler les résultats.S T E P H A N I E L E V I T Z à Ottawa E n dépit de pressions croissantes pour aider les réfugiés syriens à fuir la guerre, l\u2019ancien gouvernement conservateur a rejeté à deux reprises une mesure pour faciliter le parrainage privé chez les Canadiens, selon des documents récemment publiés.Des fonctionnaires fédéraux avaient proposé deux fois \u2014 en mars et en juillet, lorsque la crise s\u2019est intensifiée \u2014 d\u2019exempter les Syriens et les Irakiens d\u2019une règle les obligeant à obtenir le statut of fi- ciel de réfugié avant de pouvoir être parrainés par des petits groupes au Canada.À chaque occasion, la recommandation a été écar tée par l\u2019ancien ministre de l\u2019Immigration, Chris Alexander.Les documents ont été obtenus par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Les conservateurs avaient finalement accepté d\u2019apporter ce changement, mais seulement au mois de septembre, dans la foulée du décès du petit réfugié Alan Kurdi, trois ans, dont la mort par noyade avait été immortalisée sur une photo devenue tristement célèbre.Une note interne, appelée «Politique publique pour faciliter le parrainage des réfugiés syriens ou irakiens pour les groupes de cinq et les parrains communautaires », avait été envoyée à M.Alexander le 17 mars 2015.Une politique adoptée par les conservateurs était alors en jeu.En vertu du nouveau règlement mis en place par les conservateurs en 2012, il était presque impossible pour des groupes informels d\u2019amener des réfugiés au Canada sans avoir un accord de parrainage avec le gouvernement.Par conséquent, lesdits « groupes de cinq» pouvaient seulement parrainer des personnes qui détenaient le statut de réfugiés aux Nations unies ou dans leur pays hôte.Approche différente Les demandes des réfugiés qui n\u2019étaient pas ainsi désignés étaient plus dif ficiles à vérifier, elles prenaient beaucoup plus de temps à traiter et elles obstruaient tout le système de parrainage, selon des documents gouvernementaux publiés à l\u2019époque.C\u2019est d\u2019ailleurs en partie pour cette raison que les conser vateurs avaient modifié le règlement.Mais le gouvernement de Stephen Harper n\u2019aimait pas non plus que le parrainage soit devenu un moyen de réunification familiale et il craignait que ces demandes aient pour effet de refouler d\u2019autres réfugiés avec des besoins plus urgents, selon une source bien au fait du processus de décision à l\u2019époque.À la suite de cette modification, le nombre de demandes a chuté considérablement.En 2015, les membres de la famille Kurdi avaient tenté de faire une telle demande.En fait, ils avaient même écrit au ministre Alexander le 17 mars \u2014 soit le même jour où ce dernier a reçu la note de son ministère.Dans sa lettre, la famille Kurdi avait écrit qu\u2019elle tentait d\u2019accueillir l\u2019oncle du petit Alan et sa famille au Canada, mais ils ne pouvaient pas quitter la Turquie parce qu\u2019ils ne détenaient pas le statut de réfugiés.Les critères canadiens ralentissaient tout le processus, avaient-ils soutenu.M.Alexander n\u2019a lu cette lettre que plusieurs mois plus tard.La Presse canadienne RÉFUGIÉS SYRIENS Les conservateurs ont refusé de faciliter le parrainage L\u2019industrie de l\u2019assurance s\u2019oppose avec vigueur au projet de loi, qui priverait les assureurs d\u2019informations jugées cruciales F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S L e blitz de négociations entre Postes Canada et son plus grand syndicat ne semble pas sur le point de se terminer.Dans la soirée de dimanche, les pourparlers entre les deux parties, qui ont eu cours sans relâche tout au long de la fin de semaine, se poursuivaient toujours et devaient se prolonger dans la nuit de lundi à dimanche, selon le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP).Devant ce constat d\u2019échec, le STTP, qui représente 50 000 des 64 000 employés de la société d\u2019État, a fait savoir dimanche que sans entente, une grève tournante commencerait dès lundi mat in en Alber ta et dans les Territoires du Nord-Ouest.Les travail leurs de ces régions refuseront de faire des heures supplémentaires.Si rien ne se règle d\u2019ici lundi soir, les moyens de pression seront appliqués par les travailleurs d\u2019une autre province.Le STTP a toutefois assuré par voie de communiqué que ces moyens de pression ne perturberaient pas \u2014 ou très peu \u2014 le service offert à la population.Le syndicat écar te pour l\u2019instant un débrayage général.«Nous continuerons de livrer le courrier tous les jours », a indiqué le président national du STTP, Mike Palecek.Depuis vendredi, un médiateur nommé par le gouvernement fédéral tente, sans succès, de trouver un terrain d\u2019entente entre la direction de la société de la Couronne et le syndicat.Grands enjeux Parmi les grands enjeux, selon le STTP, figure l\u2019équité salariale des employés r u- raux et suburbains, ce que Postes Canada ne voit pas comme un problème.De son côté, l \u2019employeur souhaite que tous les nouveaux employés soient soumis à un régime de retraite à cotisations déterminées.Comme bien d\u2019autres sociétés, Postes Canada af - firme que l\u2019actuel régime à prestations déterminées est devenu un fardeau et qu\u2019il s\u2019accroît plus vite que l\u2019entreprise elle-même.Son déficit de solvabilité, qui désigne les sommes à débourser si Postes Canada fer me ses portes, était de 8,1 milliards au mois de juin.Le syndicat avait diffusé un préavis de grève jeudi soir, accusant Postes Canada de refuser de négocier de bonne foi.Un porte-parole de Postes Canada a soutenu que la menace de moyens de pression créait de l\u2019incertitude pour les clients.« Quiconque tente de planifier son utilisation du système des postes dans les prochains jours se demande si les envois se rendront à destination, et cela aura un énorme impact sur les af faires, que cela plaise au syndicat ou non » , a dit John Hamilton en entrevue téléphonique.Avec La Presse canadienne Le Devoir POSTES CANADA Blitz de négociations infructueux Sans entente, des moyens de pression seront enclenchés à partir de ce lundi Nous continuerons de livrer le courrier tous les jours Mike Palecek, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes « » L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 A O Û T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 GAGNEZ DEUX LAISSEZ-PASSER POUR LE DÉFI DES CANTONS-DE-L\u2019EST Samedi 10 septembre - Départ/arrivée : Mont-Orford CHOIX DE PARCOURS : DE 50 À 150 KM PARTICIPEZ DÈS MAINTENANT ! LEDEVOIR.COM/CONCOURSDEFIDESCANTONS P h o t o : M a x i m e J u n e a u , L \u2019 É t a t B r u t CONCOURS Normandeau de passage en cour Québec \u2014 L\u2019ancienne ministre libérale Nathalie Norman- deau sera présente en cour lundi pour la première fois depuis le début des procédures contre elle.Accusée notamment de corruption avec six autres personnes à la suite d\u2019un vaste coup de filet de l\u2019Unité permanente anti- corruption (UPAC) le 17 mars, elle sera au palais de justice de Québec pour une conférence de gestion en vue de fixer l\u2019enquête préliminaire.Lors de la dernière audience, le 5 juillet, le juge Alain Morand, de la Cour du Québec, avait exigé la présence de tous les accusés et de leurs avocats à la prochaine étape des procédures.Nathalie Normandeau fait face à un total de sept chefs d\u2019accusation de complot, de corruption, d\u2019abus de confiance et de fraude.Elle est passible d\u2019un maximum de 14 ans d\u2019emprisonnement.La Presse canadienne Dernier hommage à Mauril Bélanger Le premier ministre Justin Trudeau figure parmi ceux qui ont assisté aux funérailles du député Mauril Bélanger samedi à Ottawa.La cérémonie a eu lieu à la basilique-cathé- drale Notre-Dame, qui est située dans la circonscription qu\u2019a représentée le défunt pendant plus de deux décennies.Les drapeaux de l\u2019hôtel de ville d\u2019Ottawa ont été en berne jusqu\u2019au coucher du soleil, samedi, pour rendre hommage à cet ardent défenseur des droits des francophones au Canada anglais.Mauril Bélanger s\u2019est éteint le 15 août dernier à l\u2019âge de 61 ans après une bataille publique contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA), communément appelée maladie de Lou Gehrig.Il a appris qu\u2019il était atteint de cette maladie neurodégénérative incurable en novembre 2015, quelques semaines seulement après avoir été réélu dans la circonscription d\u2019Ottawa-Va- nier pour la huitième fois depuis son arrivée en politique fédérale lors d\u2019une élection partielle, en février 1995.La Presse canadienne GM rappelle près de 370 000 véhicules pour un problème d\u2019essuie-glaces Le constructeur automobile General Motors annonce le rappel de 368 000 véhicules pour une défectuosité qui pourrait empêcher le bon fonctionnement des essuie- glaces.Le problème a été constaté sur les modèles 2013 des Chevrolet Equinox et GMC Terrain.Une pièce mécanique serait sujette à une corrosion rapide qui pourrait rendre les essuie-glaces inopérants.La défectuosité a été constatée en décembre dernier au Canada, et l\u2019enquête qui a suivi a contraint GM à effectuer ce rappel.La Presse canadienne Calgary demande l\u2019aide d\u2019Ottawa pour l\u2019accueil de pandas Calgary \u2014 Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, demande une aide financière au gouvernement fédéral pour s\u2019acquitter des coûts d\u2019hébergement de deux pandas géants prêtés par la Chine qui arriveront au zoo de sa ville en 2018.M.Nenshi a écrit au premier ministre Justin Trudeau, lui signalant que la préparation du zoo pour l\u2019accueil des deux pandas et de leurs petits coûtera très cher.Le président du Zoo de Calgary, Clément Lanthier, estime que l\u2019opération s\u2019élèvera à environ 30 millions de dollars.L\u2019entente avec la Chine a été conclue par le précédent gouvernement conservateur en 2012, mais aucun soutien financier n\u2019a été prévu par Ottawa.Justin Trudeau a déjà recommandé au zoo de soumettre une demande dans le cadre des programmes du ministère de la Diversification de l\u2019économie de l\u2019Ouest.La Presse canadienne I S A B E L L E P O R T E R à Québec Des organismes cherchent à convaincre la Ville de Québec d\u2019investir dans un projet-pi- lote en immigration dans les jardins communautaires de la ville.Ils pensent qu\u2019un tel projet pourrait contribuer à accélérer la francisation des immigrants.Cet été, les Ateliers à la terre de Beauport ont accueilli cinq femmes d\u2019origine mexicaine, japonaise et colombienne.«La progression [en français] de ces femmes-là est phénoménale », explique Lucie Deschênes, la bénévole du jardin qui les a prises en charge.« Pour l\u2019une d\u2019elles, les professeurs de français avaient perdu espoir qu\u2019elle s\u2019intègre», raconte-t-elle.Et là, tout semble possible.Mme Deschênes a pu recruter ces femmes par l\u2019entremise du Centre Monseigneur Marcoux, où elle donne des ateliers de francisation, toujours comme bénévole.Elle dit qu\u2019au jardin, elle a offert d\u2019être leur «ange gardien».«Je suis avec elles une journée par semaine.J\u2019explique, je répète, j\u2019envoie des photos de ce qu\u2019on a à faire.» Le coordonnateur du jardin, Guillaume Simard, explique qu\u2019il entrevoit ce « potentiel » depuis « des années ».Mais il est convaincu qu\u2019il faudra davantage « encadrer la chose » pour obtenir des résultats.Avec d\u2019autres organismes, il a fait une proposition à la Ville pour qu\u2019elle finance un projet- pilote.Il s\u2019agirait essentiellement de payer une personne pour accompagner les participants et coordonner le tout.L\u2019an prochain, lui-même ne pourra pas compter sur Lucie Deschênes, qui doit partir.«On s\u2019en occupe un peu avec les heures qu\u2019on a, mais on sait que ces gens-là ont besoin d\u2019un accompagnement spécifique plus soutenu.Il faut veiller à ce qu\u2019ils se sentent bien, qu\u2019ils comprennent bien les règles.Souvent, ils habitent loin, et c\u2019est difficile pour eux de se rendre jusqu\u2019ici, alors on va leur offrir un transport.» Les organismes demandent 18 000$ et espèrent recruter 50 personnes immigrantes vulnérables sur le plan socio-économique.Selon Guillaume Si- mard, cela pourrait permettre de prolonger la francisation.«La période estivale est comme une période morte pour eux, notamment en matière de francisation.En plus, le côté collectif du jardin est intéressant.On mange ensemble, on vit ensemble pendant une journée, alors ça facilite les liens.» L\u2019une de ses par tenaires dans le projet, Suzanne Laroche, a déjà commencé à travailler avec des immigrants dans les jardins de Québec, notamment au Jardin Sacré- Cœur, dans Saint-Sauveur.Elle aussi enseigne en francisation pendant l\u2019année et a pu user de ses contacts avec les étudiants pour recruter des jardiniers.Effet d\u2019entraînement Johora Ban Pakhatnu a répondu avec enthousiasme.Lors d\u2019une visite de son lot, elle nous montrait avec fierté ses courges et ses tomates.D\u2019origine bir- mane, Mme Pakhatnu a encore énormément de dif ficulté en français, même si elle est au Québec depuis des années.« Moi, j\u2019aime donner quelque chose.Radis, haricots, tomates\u2026 Mon pays avant mon papa, grand grand jardin.» Ce jour-là, elle et d\u2019autres femmes devaient montrer à Mme Laroche comment cuisiner les feuilles de courge.L\u2019intervenante avait apporté un petit brûleur de camping, du sel et de l\u2019huile.Des femmes de tous âges, voilées de la tête aux pieds, s\u2019affairaient à cuisiner pour elle.À par t Mme Ban Pakhatnu, toutes ont refusé de se faire photographier par conviction religieuse.Elles cachaient même leurs mains et leurs pieds pour que l\u2019appareil ne croque pas la moindre parcelle de leur peau.«On n\u2019est pas autorisées à montrer notre corps, juste les yeux», a expliqué l\u2019une des plus jeunes, Kismot Ara, 17 ans.Dans un excellent français, la jeune femme a raconté comment le jardin était entré dans la vie de sa famille.«Souvent, on marchait ici et on voyait que les gens faisaient des jardins, mais on ne savait pas comment faire pour y aller.» Le jardin est situé aux abords de la rivière Saint- Charles, et on le voit très bien de la piste.« On a demandé aux HLM comment on pouvait y aller, et ils ne savaient pas.» Puis leur voisine, Mme Pa- khatnu, leur a dit qu\u2019elle s\u2019était fait offrir un lot.Depuis, c\u2019est pratiquement devenu un lieu de rassemblement pour la communauté.«Dans notre pays, toutes les femmes ont des jardins.C\u2019est quelque chose de culturel pour nous.Ça nous permet d\u2019être heureuses, de nous réunir.» Par contre, cela n\u2019a rien d\u2019économique, selon elle.«Ça coûte cher! Ça nous a coûté 500$ en fruits et en graines parce qu\u2019on les fait venir de l\u2019extérieur pour cultiver des légumes qui n\u2019existent pas ici.On jardine pour le plaisir.» Au jardin, les dames bir- manes ont tendance à rester entre elles et parlent peu aux autres, mais c\u2019est déjà quelque chose, explique Suzanne Laroche.Pour plusieurs d\u2019entre elles, le jardin est devenu un prétexte pour sor tir.« Il y a des femmes qui sont ici depuis sept ou huit ans et n\u2019ont aucune socialisation, surtout les plus âgées.» À la Ville de Québec, on indique que le projet est à l\u2019étude et que des rencontres sont prévues entre Mme Laroche et le Service des loisirs.Le Devoir QUÉBEC L\u2019intégration par le jardinage Des organismes sollicitent l\u2019appui de la Ville pour développer un projet-pilote qui contribuerait à la francisation des immigrants RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Johora Ban Pakhatnu, d\u2019origine birmane, était fière de montrer son lot lors du passage du Devoir.D e toute évidence, les envolées verbales du maire de Québec, Régis Labeaume, à propos de la desserte du Centre Vidéotron n\u2019ont pas fini de faire des remous.Dès lundi, le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM) tiendra une assemblée dans la capitale pour réagir aux récentes sorties du coloré politicien.Ce dernier avait laissé entendre, au sortir d\u2019un spectacle de Céline Dion, que les chauffeurs de taxi n\u2019avaient pas pu offrir un service convenable aux nombreux admirateurs de la diva qui avaient été forcés de faire le pied de grue à proximité de l\u2019amphithéâtre, faute de pouvoir avoir accès rapidement à un moyen de transport pour rentrer chez eux ou à leur hôtel.Visiblement exaspéré par cet épisode, M.Labeaume avait même souligné qu\u2019il était «ouvert» à la présence d\u2019une filiale «légale» de l\u2019entreprise Uber dans sa ville.Onde de choc Le responsable du développement stratégique et des affaires publiques au RTAM, Benoît Ju- gand, a soutenu que les «propos incendiaires» du maire ont provoqué une onde de choc au sein de son organisation, qui compte dans ses rangs quelque 4000 travailleurs, y compris des chauffeurs et des propriétaires de taxis et de limousines ainsi que des camionneurs du Québec.En entrevue à La Presse canadienne, M.Ju- gand a indiqué avoir été «inondé d\u2019appels» de la part de membres abasourdis par «la condescendance» du maire à leur endroit.Durant la rencontre de lundi, il espère que leur indignation les poussera à se montrer constructifs et à pondre des recommandations destinées à Régis La- beaume pour «aider à régler, une fois pour toutes, la problématique» de la desserte du Centre Vi- déotron.«Il faut être en mesure de sortir de cette réunion avec des propositions venant des gens qui travaillent directement à Québec et qui conduisent la clientèle de cette ville», a-t-il mentionné.Selon Benoît Jugand, les chauf feurs et les propriétaires de taxis représentés par son organisation ressentent le besoin de soumettre leurs propres idées, car ils en ont plus qu\u2019assez de voir M.Labeaume et « un petit cercle fermé de dirigeants de compagnies de taxis » tenter de mener le bal dans ce dossier.La Presse canadienne TAXIS À QUÉBEC Un syndicat de chauffeurs entend répliquer au maire Labeaume Le jardin est pratiquement devenu un lieu de rassemblement pour la communauté birmane J O R D A N P R E S S à Ottawa Des fonctionnaires du ministère des Anciens Combattants recommandent au gouvernement fédéral d\u2019offrir une allocation de logement aux vétérans sans-abri et à ceux en difficulté afin de s\u2019attaquer à ce qu\u2019ils décrivent comme une situation inacceptable au Canada.Une version préliminaire de la nouvelle stratégie fédérale propose aussi au gouvernement de constr uire de nouveaux logements abordables spécifiquement pour les vétérans, soulignant que le pays n\u2019a pas assez de logements pour répondre aux besoins uniques de ces gens qui souffrent souvent de problèmes de dépendance et de santé liés à leur service.Les vétérans itinérants doivent avoir un accès immédiat à un logement, au soutien de leurs pairs, à une assistance pour sortir de la rue, ainsi qu\u2019à des soins intensifs pendant des mois voire des années pour traiter plusieurs maux, est-il écrit dans le document.Le brouillon de la stratégie, datée du 4 août et obtenue par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information, indique que le gouvernement a l\u2019obligation d\u2019aider les quelques milliers d\u2019anciens combattants qui vivent dans la rue au Canada.Une version finale de la stratégie devrait être publiée plus tard cette année.Virage important Le document ne vise pas à éradiquer complètement l\u2019iti- nérance des vétérans au Canada, mais elle cherche à réduire leur nombre à un point où « l\u2019itinérance sera rare, brève et non récurrente».« En tant que ministère, nous avons le mandat des soins, du traitement et du rétablissement de la vie en civil des anciens combattants en général.Manifestement, une personne sans-abri n\u2019est pas [bien] rétablie dans la société civile », a déclaré Tim Kerr, responsable du Secrétariat des priorités au ministère des Anciens Combattants.«À cause de cela, notre ministre, notre ministre délégué, mon équipe et moi-même croyons que nous avons l\u2019obligation d\u2019aborder le problème de l\u2019itinérance des vétérans», a-t-il ajouté.Les recommandations, si elles sont adoptées, marqueraient un virage impor tant dans les programmes de prestations, qui actuellement, ne permettent pas de répondre aux besoins en matière de logement, contrairement aux États-Unis.Davantage de flexibilité Seuls les anciens combattants pouvant prouver un l ien entre leur ser vice et leurs blessures ou leurs maladies peuvent recevoir des prestations.Mais cela est une tâche difficile pour les vétérans qui deviennent sans-abri dix ans après leur service, a souligné Jim Lowther, président du Veterans Emergency Transition Services, un organisme de bénévoles qui a aidé près de 1200 vétérans à la rue dans les six dernières années.«Dans chaque province, nous avons besoin de logements conçus pour héberger les vétérans.Nous avons besoin de maisons de transition dans chaque province pour les aider à se remettre sur pied», a ajouté M.Lowther.Le ministère appelle le gouvernement à élargir les critères d\u2019admissibilité pour les prestations et les services, à permettre plus de flexibilité aux bureaux locaux pour qu\u2019ils débloquent des fonds d\u2019urgence aux vétérans dans le besoin et à maintenir un meilleur contact entre les bureaux locaux et les organismes de la région pour ar river à aider plus de vétérans.M.Kerr, qui a travaillé 28 ans dans la marine, a indiqué que les recommandations reposaient sur plusieurs années de recherches et de nombreux mois de travail au ministère.La Presse canadienne Le ministère des Anciens Combattants veut combattre le fléau de l\u2019itinérance Des fonctionnaires recommandent d\u2019offrir une nouvelle allocation et de construire des logements abordables L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 A O Û T 2 0 1 6 SOCIETE A 5 F R É D É R I C S A L I B A L e monument en forme d\u2019avocat géant trône à l\u2019entrée de Tancitaro, dans l\u2019ouest du Mexique.La sculpture symbolise l\u2019importance de ce fruit pour les habitants de cette petite ville de l\u2019État du Michoacán, devenue la capitale mondiale de l\u2019avocat.Le boom de la consommation des Américains, mais aussi des Européens, Français en tête, fait flamber les prix du fruit, rebaptisé l\u2019«or vert » du Mexique.Une ruée qui provoque une déforestation massive et profite au crime organisé.Vus du ciel, des pans entiers de forêt sont zébrés de champs d\u2019avocatiers sur les flancs des montagnes du Michoacán.La région concentre les quatre cinquièmes de la production nationale d\u2019avocats.Cette terre volcanique au climat tempéré sied au fruit, dans un pays qui en est le premier producteur mondial, avec près du tiers de la récolte.En trente ans, les plantations sont passées de 31 000 à 118 000 hectares, selon le ministère de l\u2019Agriculture.En 2015, la production a atteint 1,6 million de tonnes, en hausse de 6,6 % en un an.Face cachée de ce succès économique : la destruction des forêts de pins, dont certains endémiques.« Les agriculteurs plantent clandestinement des avocatiers au milieu des pins », explique Victor Manuel Coria, le directeur de l\u2019Institut national de recherches forestières, rattaché au ministère de l\u2019Agriculture.« C\u2019est un travail de fourmi, sur plusieurs années.Petit à petit, ils coupent les branches, puis les troncs desséchés.» La faune est aussi menacée : coyotes, pumas et autres oiseaux rares habitent la forêt, qui accueille aussi des millions de papillons monarques lors de leur grande migration annuelle.Sans parler du problème de l\u2019eau, consommée en masse par les avocatiers, qui influe sur le niveau des rivières, ou de celui des pesticides.Petite histoire de l\u2019avocat « Pas question de diaboliser pour autant le fruit, qui a des vertus diététiques exceptionnelles et fait vivre des milliers de familles », souligne M.Coria.Le Mexique est le centre d\u2019origine de l\u2019avocat \u2014 cultivé bien avant l\u2019arrivée des conquistadors, au début du XVIe siècle.En espagnol, le nom du fruit, « aguacate », est le dérivé d\u2019« ahuacatl », qui signifie « testicule » en langue indienne nahuatl.À cause de sa forme suggestive, le fruit était considéré par les peuples pré-hispaniques comme un aphrodisiaque.Mais sa production à grande échelle ne débute dans le Michoacán qu\u2019à partir des années 1960, avec l\u2019introduction de nouvelles variétés.M.Coria le constate : « Depuis quatre ou cinq ans, les zones de cultures traditionnelles sont saturées.Les paysans empiètent sur la forêt pour répondre à la demande.» À qui la faute ?Plus de la moitié de la production est exportée.La France est le second importateur d\u2019avocats mexicains, après les États- Unis, et avant le Japon et le Canada.Dans l\u2019Hexagone, le fruit se mange plutôt en hors- d\u2019œuvre ou en salade, tandis que le guacamole, purée d\u2019avocat épicée, a gagné ses lettres de noblesse dans les rayons des supermarchés.Un succès économique lié à une stratégie marketing énergique : en 2013, les 19 000 producteurs mexicains et les 46 entreprises exportatrices d\u2019avocats se sont rassemblés au sein d\u2019Avocados from Mexico.Deux ans plus tard, l\u2019organisation déboursait 1 million de dollars pour un spot publicitaire diffusé durant le Super Bowl, l\u2019événement sportif phare aux États-Unis.Depuis, la demande fait bondir les prix.En juin, aux États-Unis, l\u2019avocat se vendait 1,10 dollar pièce, contre 86 ¢ en janvier.De l\u2019autre côté de la frontière, les Mexicains, qui l\u2019achètent au kilo, ne sont pas épargnés par la hausse.En juillet, l\u2019avocat pouvait atteindre de 60 à 80 pesos le kilo.Incendies criminels Devenu plus cher que certains métaux, le fruit suscite la convoitise du crime organisé.En 2013, les habitants de plusieurs villages du Mi- choacan ont pris les armes, exaspérés par les rackets d\u2019un cartel de la drogue, qui tentait de s\u2019emparer de leur or vert.« Au début, ils nous demandaient 1000 pesos par hectare, puis ils ont voulu prendre une partie de nos terres », raconte un producteur sous le sceau de l\u2019anonymat.Organisés en milice d\u2019autodéfense, les habitants ont libéré les communes de l\u2019emprise de la mafia.Le sang a coulé à Tancitaro.Mais la production d\u2019avocats n\u2019a jamais été touchée.Elle a même légèrement augmenté.Au- jourd\u2019hui, les milices ont intégré des « corps de défense ruraux» créés par le gouvernement.«Mais le crime organisé reste implanté dans la région», confie le producteur, qui lui attribue une vague d\u2019incendies criminels ravageurs.Tacin- taro est l\u2019une des municipalités du Michoacán les plus touchées par ce fléau.Selon une étude de la Commission nationale des forêts (Cona- for), des incendies ont détruit, en 2009, 12 500 hectares de bois dans la région.« Un an plus tard, la superficie des cultures d\u2019avocats gagnait 8000 hectares supplémentaires», alertait déjà en mai le journaliste michoacano Jésus Lemus, dans le magazine d\u2019investigation Reporte Indigo.Depuis, la situation semble s\u2019être aggravée : le 9 août, Osvaldo Fernández Orozco, le responsable régional de la Conafor, a révélé que, cette année, 818 incendies avaient dévasté 15 620 hectares de bois, soit 9 % de la surface forestière du Michoacán.Le gouvernement tente d\u2019empêcher la modification des sols forestiers par des programmes de développement économique et le renforcement de la surveillance du territoire.Le 13 juillet, dans le Michoacán, la police a arrêté treize suspects en possession de plants d\u2019avocatier qu\u2019ils s\u2019apprêtaient à planter clandestinement.Mais ses actions semblent dérisoires au regard de l\u2019étendue à surveiller.Sans compter qu\u2019un nouvel essor du marché est annoncé : le 21 juillet, le gouverneur du Mi- choacan, Silvano Aureoles, s\u2019est félicité des perspectives d\u2019un récent accord commercial avec la Chine.Pour répondre à cette hausse de la demande, le gouvernement mise sur de nouvelles terres cultivables dans d\u2019autres États mexicains.Pas facile pour autant de dissuader les agriculteurs du Michoacán de céder à l\u2019appât du gain.Le Monde MEXIQUE La culture de l\u2019avocat fait des ravages L\u2019« or vert » du premier producteur mondial provoque la déforestation et profite au crime organisé PHOTOS NICK WAGNER ASSOCIATED PRESS À Mexico, une femme prépare un sac d\u2019avocats.La culture de ce fruit a explosé ces dernières années, provoquant des problèmes environnementaux et sociaux dans l\u2019État du Michoacán, où la terre lui est favorable.1,6 tonne C\u2019est la quantité d\u2019avocats que le Mexique a produits en 2015, une hausse de 6,6 % en un an.En 30 ans, les plantations sont passées de 31 000 à 118 000 hectares.Les paysans empiètent sur la forêt pour répondre à la demande « » Durant la période estivale, cette chronique vous propose un voyage au cœur de quelques mythes qui construisent notre présent.Au- jourd\u2019hui, l\u2019indignation.I ndignez-vous, qu\u2019 i ls disaient ! À la bourse des sentiments qui dominent dans l\u2019époque, l\u2019indignation a depuis des lunes dépassé le stade du titre à sur veiller.Elle est devenue une action de première qualité, une valeur refuge contre les indolences, les incohérences, les paradoxes et les incompréhensions du présent.L\u2019indignation a l\u2019af firmation féconde, particulièrement dans les univers numériques, où depuis une dizaine d\u2019années elle fait circuler sa révolte colérique contre tout ce qui porte atteinte à la dignité humaine, et bien plus encore.Elle apparaît autant quand des réfugiées tombent à l \u2019eau pour mourir avec femmes et enfants que lorsque la scène fait remonter à la surface les commentaires haineux chez ceux qui ont peur de l\u2019autre.Elle montre du doigt les dérives des politiciens ou donne du carburant à leur populisme.Elle se porte à la défense des enfants victimes de sévices, des animaux maltraités, des nids-de- poule négligés, des demi-trottoirs injustifiés.Elle dénonce un ser vice mal livré, un produit mal pensé, une défaite sportive et même une météo non participative.L\u2019indignation n\u2019est pas sélective, elle est protéiforme et redondante.Ses espaces d\u2019expression sont multiples.Un cadre moral Sentiment qui laisse de manière évidente l \u2019émotion dominer la raison, l\u2019indignation a la floraison facile sur le ter reau d\u2019une socialisation en ligne qui se façonne désormais avec en main des outils de partage favorisant le culte de l\u2019instant et la réaction instinctive.Dans l\u2019urgence d\u2019être et de paraître par le commentaire, elle se fait riposte évidente face à une photographie-choc, une déclaration scabreuse, une révélation surprenante ou tout autre comportement qui ébranle les consensus.Elle donne des mots à la montée de sang, discrimine le bien du mal et se pose sur tout en gardienne de cet te morale contemporaine et pixelisée, celle qui rétrécit les tolérances, et qui, sans l \u2019 indignation, n\u2019aurait probablement pas les mêmes balises.Et du coup, elle trompe en laissant croire qu\u2019elle peut être, en ligne comme ailleurs, bonne conseillère.Dans Par-delà le bien et le mal, le philosophe Friedrich Nietzsche estime que l\u2019indi- gnat ion est le prolongement naturel de l \u2019égoïsme, celui qui fonde les individualismes contemporains ou donne cette tonalité distante à la compassion dans les univers numériques.C\u2019est le sentiment que l\u2019élite convoque pour se « délivrer de la masse, du vulgaire, du grand nombre », même si pour cela, elle doit sur tout frayer avec la contradict ion : « Personne ne ment autant que l \u2019homme indigné », disait - i l .Homme ?Et parce qu\u2019on est 2016, femme, aussi ! L\u2019écrivain Georges Soulès, lui, ajoutait : « L\u2019indignation est un plus gros péché que le mensonge.» Sans doute pour titiller les croyants.Colère et égarement Sur le chemin de la revendication, l\u2019indignation s\u2019égare souvent en se donnant des faux airs de critique, celle qui réside désormais dans l\u2019excès d\u2019émotion plutôt que la dif ficile rationalité et l\u2019instruction du jugement.Elle confond bien souvent sa por tée avec celle de la révélation, de la dénonciation à caractère social, par ticulièrement celles incarnées par des Chelsea Manning, Julian Assange, Edward Snowden et dont l\u2019élévation au rang de héros de la transparence et de la défense des liber tés collect ives au mépris de leurs l iber tés indivi - duelles n\u2019est pas étrangère à une montée de l\u2019indignation dans l\u2019actuelle profusion.Par ef fet de mimétisme ou simple culture de la reproduction des modèles, ils ont libéré la parole du dénonciateur de salon qui, sans réelle matière à dénonciation, n\u2019a d\u2019autres choix que de poser ses outrages sur la place publ ique en arsenal de défense du bien commun.L\u2019indignation, c\u2019est l\u2019illusion d\u2019atteindre le caractère ver tueux d\u2019un lanceur d\u2019aler te, tout en attirant les regards vers soi.C\u2019est la quête d\u2019une distinction, d\u2019une singularité qui forcément ne pourront jamais être atteintes tant la massification et la diversification des objets de scandale auxquels carbure l\u2019indignation lui font perdre désormais toute sa substance.Au point de donner envie, face à cette transmutation, de s\u2019en indigner\u2026 chroniquefd@ledevoir.com sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD Les nouvelles mythologies (10) FABIEN DEGLISE L\u2019indignation, c\u2019est l\u2019illusion d\u2019atteindre le caractère vertueux d\u2019un lanceur d\u2019alerte, tout en attirant les regards vers soi hose promise, chose due.De toute façon, personne n\u2019imaginait que le gouvernement Trudeau irait se dédire, tant les missions de paix incarnent la bonne conscience canado-libérale sur la scène internationale.Ainsi, Ottawa a annoncé vendredi dernier sa réintégration dans le giron onusien du système des opérations de paix, tel que cela a été promis en campagne électorale, avec un budget sur trois ans de 450 millions de dollars et une contribution en personnel de 600 soldats et de 150 policiers.La contribution est importante, mais loin d\u2019être massive.La par ticipation canadienne aux missions de Casques bleus avait ?échi sous le méchant Stephen Harper, qui se trouvait en fait à poursuivre l\u2019ample désengagement amorcé avant lui par Jean Chrétien, conformément à la tendance dans l\u2019ensemble du monde occidental à vouloir mettre tous ses œufs militaires dans le panier de l\u2019OTAN.On en tire aujourd\u2019hui les leçons en Afghanistan.Au 31 juillet dernier, une petite centaine seulement de soldats et de policiers canadiens faisaient partie des opérations de maintien de la paix (OMP), sur des effectifs internationaux totaux de plus de 100 000 personnes.En vertu de ses nouveaux engagements, le Canada devient l\u2019un des cinq principaux contributeurs occidentaux aux efforts de maintien de la paix.Ces missions ont-elles encore leur pertinence ?Absolument.Et peut-être même plus que jamais.Il est entendu que la nature des con?its a changé et qu\u2019il saute aux yeux que ceux-ci se sont complexi?és.Et qu\u2019en conséquence, on ne peut plus nécessairement les penser et les panser comme on les pensait et les pansait sous Lester B.Pearson.Le Mali, où le Canada pourrait décider de s\u2019investir (on en saura possiblement davantage le mois prochain quand Justin Trudeau participera à l\u2019Assemblée générale de l\u2019ONU), est un cas représentatif.Ensuite, il va de soi que les Casques bleus sont un outil dans un plus large dispositif que les Nations unies ne doivent pas, par ailleurs, cesser de développer.Il est essentiel, et Ottawa dit s\u2019y engager, que la communauté internationale continue de déployer ses efforts en amont pour prévenir les con?its et, en aval, pour consolider, et non pas seulement «maintenir», la paix.Faut-il rappeler, en?n, que les OMP, qui coûtent annuellement 8 milliards de dollars, sont une goutte d\u2019eau dans l\u2019océan des dépenses militaires mondiales qui ont atteint la somme de 1676 milliards en 2015 ?Ne perdons pas de vue le scandale qui fait que les missions de paix sont un diachylon sur la plaie sociale que constitue le commerce mondial des armes.À la rentrée scolaire, c\u2019est prévisible, on discutera encore essentiellement, sur la place publique, de coûts « cachés» pour les parents, de financement, d\u2019informatique ; moins de structures heureusement, mais sans doute encore de pédagogie, etc.Rarement sera-t-il question des contenus de l\u2019enseignement.Cette manière dont on débat de l\u2019école en évacuant la substantifique moelle ne révèle-t-elle pas une conception étriquée de l\u2019éducation ?chaque rentrée scolaire, les mêmes reportages sur le coût des cahiers, des stylos, des manuels, des nouvelles technologies, etc.On dénoncera encore le grand « mensonge » que représenterait l\u2019expression « éducation gratuite » au Québec.Le sujet est légitime et il pose de réelles questions liées à la notion fondamentale d\u2019égalité des chances.Par exemple, un établissement peut-il, comme l\u2019école Le Sommet à Charlesbourg, exiger des parents qu\u2019ils achètent une tablette électronique à leur enfant ?Le ministre Sébastien Proulx a répondu par la négative, tout en promettant dans la foulée de tout faire pour augmenter l\u2019acquisition des budgets pour l\u2019achat de matériel technologique, ce qui permettrait à plus d\u2019écoles d\u2019offrir le matériel «gratuitement ».Même si ce sont là des dimensions importantes, on devrait cesser, au Québec, de réduire tout débat sur l\u2019éducation à ses coûts et à ceux des technologies.Il y a là une première « distraction » importante qui nous détourne des contenus.Les outils sont évidemment très pratiques, mais ils n\u2019ont rien de magique.Ils ne peuvent améliorer un enseignement foncièrement mauvais.(Un PowerPoint peut même souvent aggraver les choses dangereusement\u2026) Nous devrions avoir eu notre leçon, après des décennies d\u2019expériences «audiovisuelles» et technologiques en classe.S\u2019ils ont évidemment été utiles, les rétroprojecteurs, VHS, Commodore 64, tableaux blancs « intelligents» (!), ordinateurs portatifs, tablettes, etc., ont souvent été le prétexte à de graves paresses pédagogiques et estudiantines.Ils n\u2019ont sans doute pas modi?é fondamentalement les manières dont les cerveaux humains apprennent.On découvre même aujourd\u2019hui que, pour la prise de notes, il n\u2019y a de tel que de le faire à la main\u2026 En?n, les meilleurs musiciens et sportifs nous le font admirablement comprendre: dans l\u2019apprentissage, rien ne surpasse la répétition, l\u2019entraînement, l\u2019effort, l\u2019admiration (pour les grands), la régularité.Deuxième distraction: les débats de structures.Heureusement, l\u2019automne 2016 s\u2019annonce dénué de débats sur l\u2019abolition ou non des élections et (ou) des commissions scolaires.Ce n\u2019est pas une raison pour cesser de porter un regard critique sur nos structures.Ni une occasion pour ceux qui en font partie de reprendre certaines de leurs pires habitudes (congrès bidon et coûteux par exemple!).Troisième distraction : la pédagogie.Dans Raisons communes (Boréal, 1997), Fernand Dumont notait que «dans les tentatives récentes des comités [\u2026] pour définir les objectifs d\u2019une école en déroute, [\u2026] on évite de se prononcer sur les contenus».Pressentant la fameuse réforme Marois-Legault-Fournier, il déplorait que ces comités passionnés de « compétences » (non de connaissances) énumèrent «des «capacités» «d\u2019énoncer», de «structurer», de «critiquer», en contournant soigneusement les objets auxquels pourraient s\u2019appliquer ces exercices.Il semble que la tolérance, notion cardinale pour ce qui est des rapports entre les religions, ait été sortie de son milieu naturel pour être appliquée aux contenus en éducation.«Sous prétexte de sauvegarder le pluralisme des convictions, on transforme l\u2019éducation en technologie des esprits.» Voilà une bonne façon, encore aujourd\u2019hui, de nommer cette conception étriquée de l\u2019éducation avec laquelle il faudrait rompre.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 A O Û T 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Rentrée scolaire : le défi colossal de l\u2019enseignement Fraîchement diplômée, Marianne De Ga- rie-Charette fait ses débuts dans une école défavorisée à Montréal (Le Devoir, 26 août 2016).Pour son entrée dans la profession, l\u2019enseignante recrue héritera d\u2019une classe 3e-4e en milieu défavorisé, car les plus expérimentés n\u2019en veulent tout simplement pas, conscients de la tâche titanesque qui les attendrait.Force est d\u2019admettre qu\u2019un défi colossal se présentera pour cette enseignante en devenir, mais à quel prix?Mme Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), permettez-moi de vous rappeler que la passion et la vocation ont leurs limites et que ce super beau défi, comme vous le dites si bien, deviendra lourd à porter pour cette recrue de l\u2019enseignement.Je suis inquiet pour cette enseignante, car au- delà de ces belles paroles, il serait bon de vous rappeler que plus de 25 % des nouveaux enseignants abandonnent la profes- L I B R E O P I N I O N M I C H È L E S T A N T O N - J E A N Chercheuse invitée au Centre de recherche en droit public de l\u2019Université de Montréal.Elle a été présidente de la Commission d\u2019enquête sur la formation professionnelle et socioculturelle des adultes (1980-1982).Àl\u2019occasion du décès de Ber trand Schwartz, Jules Desrosiers rappelait, dans Le Devoir (26 août), quelques grandes lignes de la pensée de ce grand ami du Québec.Il rappelait que cet important acteur de la mise en place de plusieurs innovations en éducation des adultes au Québec avait dit un jour: «S\u2019il y a une chose qui m\u2019étonne du Québec, c\u2019est la facilité avec laquelle vous prenez des initiatives exceptionnelles.Ce qui m\u2019étonne encore plus, c\u2019est la facilité avec laquelle vous pouvez y mettre fin.» Quelle vérité profonde! Pour avoir, depuis les années 1970, suivi attentivement les évolutions et les régressions successives en éducation des adultes, je ne peux que souscrire à cette affirmation.Nous naviguons de ministre en ministre et de réforme en réforme sans vraiment évaluer correctement nos réussites et nos succès.Chaque rentrée nous ramène des réflexions sur l\u2019éducation qui répètent à peu près toujours les mêmes constats.Quelles réponses apportons-nous à ces réflexions ?De nouvelles réformes\u2026 alors que les conditions de réussite sont largement documentées et connues.En éducation des adultes, nous avons été des pionniers en matière de reconnaissance des acquis, de formation des formateurs, de formation en entreprise, de mise sur pied de services d\u2019accueil et référence, mais nous avons continuellement changé nos politiques et nos structures.De sorte qu\u2019aujourd\u2019hui, par exemple, qui se souvient de la Direction générale de l\u2019éducation des adultes, qui soutenait l\u2019innovation dans les services d\u2019éducation des adultes, dans les commissions scolaires et les cégeps?Qui se souvient des trois programmes mis en place sous Pauline Marois, au ministère de la Main-d\u2019œuvre et de la Sécurité du revenu: retour aux études, stages en milieu de travail et travaux communautaires, qui avaient fourni des occasions intéressantes aux jeunes chômeurs et assistés sociaux?On discute de la remise sur pied de programmes similaires sans rappeler ces anciens programmes, qui bien sûr n\u2019étaient pas parfaits, mais dont on peut s\u2019inspirer en examinant les succès et les failles.On rappelle sans cesse qu\u2019il faut des classes plus petites, des enseignements adaptés aux adultes, lesquels, selon leur âge et leur profil, ne sont pas tous semblables.C\u2019est précisément ce que rappelait le président de la Fédération autonome de l\u2019enseignement, Sylvain Mallette, dans Le Devoir (27 et 28 août), lorsqu\u2019il écrivait que « le jeune de 16-17 ans et l\u2019adulte de 35-40 ans n\u2019ont pas les mêmes parcours ni les mêmes attentes en matière de formation.Les enseignants savent bien que ce ne sont pas les mêmes approches qui fonctionnent avec tout le monde.Or, on ne les a pas écoutés et le ministre a rendu l\u2019application de la réforme obligatoire [pour tous]».Nous avons d\u2019énormes problèmes de décrochage scolaire, qui donnent lieu à des retours en éducation des adultes de Québécois présentant des carences en littératie (concept beaucoup plus large que l\u2019alphabétisation) et des souvenirs négatifs de leurs années passées sur les bancs de l\u2019école.Nous avons donc besoin, pour eux, de méthodes et de rythmes d\u2019apprentissage adaptés à leurs profils individuels.L\u2019autonomie des professeurs Par-dessus tout, il faut donner aux enseignants beaucoup d\u2019autonomie, comme ils le réclament.Les pays qui réussissent bien en éducation des adultes le font.Ils mettent l\u2019accent sur les résultats, et non sur les processus.Comme le proposent les nouveaux objectifs du développement durable 2015-2030, adoptés par l\u2019Organisation des Nations unies en septembre 2015, il faut mettre l\u2019accent non seulement sur l\u2019accès, mais aussi sur la qualité.Il faut laisser place au jugement et à la compétence de nos formateurs d\u2019adultes.Il faut leur offrir à eux aussi une éducation permanente, des postes à temps plein, une rémunération convenable ; mais aussi les évaluer correctement, comme le font la Finlande, le Danemark et la Norvège.Pour avoir présidé, de 1980 à 1982, la Commission d\u2019enquête sur la formation professionnelle et socioculturelle des adultes, je dois malheureusement dire que le Rapport de cette commission, intitulé Apprendre: une action volontaire et responsable, est encore largement pertinent.Nous avons souvent la mémoire courte au Québec, mais nous sommes aussi des créateurs et des innovateurs.Nos enseignants aussi le sont.Laissons- leur donc la marge d\u2019autonomie qu\u2019ils réclament, tout en nous souciant d\u2019avoir des indicateurs de per formance adéquats de nos systèmes.Éducation : le Québec a la mémoire courte FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET sion avant même avoir achevé leurs cinq premières années dans l\u2019enseignement.Statistique inquiétante, et ce n\u2019est certainement pas en laissant ces jeunes enseignants sans soutien pédagogique et des classes multiniveaux surpeuplées que vous allez aider la cause.Admettons que cette nouvelle génération d\u2019enseignants mérite certainement mieux pour une société qui dit se soucier de la cause des enfants.Il est tout de même convenu de leur souhaiter une bonne rentrée scolaire malgré cette triste réalité! Francois Bellefeuille, enseignant Le 28 août 2016 de pleuvoir sur les humains, et d\u2019autres humains continuent de se noyer.Stop, et appelons «un chien un chien».À la suite du drame inimaginable qui a eu lieu à Montréal \u2014 une femme attaquée et mise à mort par un chien \u2014, on a vu une levée de boucliers de propriétaires, d\u2019associations de propriétaires et de vétérinaires pour défendre la protection des chiens à potentiel d\u2019attaque.Stop.J\u2019aimerais savoir pourquoi un bon citoyen poli, gentil, vivant dans une société particulièrement douce, a envie de devenir l\u2019ami d\u2019un chien potentiellement mé- chant.Il l\u2019achète, il en prend soin, il le dresse, parfois même il le dresse à attaquer.Forcément qu\u2019il l\u2019aimera, après ces longs mois d\u2019intimité, à savoir le dressage de ce chien choisi par lui, pour en faire un ami, mais juste SON AMI ! Est-on vraiment obligé de s\u2019organiser pour aimer un animal qui peut facilement devenir « un tireur fou », quand il y a tant de chiens aimables?Hélène Leclère Maria, le 15 août 2016 Pourquoi aimer un chien potentiellement méchant?Aimer les chiens, c\u2019est bien ; mais aimer les humains, c\u2019est mieux.Le débat qui fait rage, c\u2019est le cas de le dire, depuis plusieurs semaines au sujet de la protection de chiens potentiellement dangereux me semble tout à fait dérisoire quand, pendant ce temps, les bombes continuent À RENTRÉE 2016 Conception étriquée CASQUES BLEUS Un rôle toujours utile C ANTOINE ROBITAILLE GUY TAILLEFER L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 A O Û T 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.I l m\u2019est arrivé une drôle d\u2019histoire à la parution de mon premier livre sur les Français aux États-Unis.C\u2019était en 2003, bien avant les réseaux sociaux.Après que j\u2019eus envoyé le fichier PDF de la page couverture à quelques amis français, l\u2019un d\u2019eux, Daniel, m\u2019est revenu tout de suite.« Jean-Benoît, quelle horreur ! Personne n\u2019a vu la faute sur la page couverture?\u2014 Heu ! Attends.Mon nom est écrit correctement.Le titre aussi\u2026 \u2014 Tu n\u2019y es pas.La faute est dans l\u2019image.Le drapeau français dans le coin\u2026 Tu ne vois pas, il est à l\u2019envers ! Rouge, blanc, bleu ! » Daniel avait raison.En vexillologie (l\u2019étude des drapeaux), un drapeau se lit toujours à partir de la hampe \u2014 donc bleu blanc rouge pour le drapeau français.En français, on dit « bleu blanc rouge » comme le drapeau.Mais en anglais, l\u2019usage linguistique veut que cette énumération se dise « red white and blue ».D\u2019où le fait qu\u2019un graphiste américain, dont c\u2019est pourtant le métier de voir, a vu le drapeau à l\u2019envers.(Quand j\u2019ai signalé l\u2019erreur à l\u2019éditeur, celui-ci a immédiatement corrigé l\u2019image, mais le premier tirage n\u2019a jamais été retiré et circule toujours.) L\u2019œil est-il francophone?J\u2019ai toujours été fasciné par la question de savoir si la langue forge nos perceptions \u2014 et si oui, comment ?Qu\u2019y a-t-il de proprement francophone à parler français?Les yeux d\u2019un anglophone voient-ils vraiment le monde dif férem- ment de ceux d\u2019un francophone ?L\u2019intraduisible d\u2019une culture détermine-t-il une vision du monde?Les francophones sont-ils plus revendicateurs parce qu\u2019ils ont un mot dans leur vocabulaire, revendiquer, qui n\u2019a pas vraiment d\u2019équivalent en anglais ?Les anglophones sont-ils plus «caring» parce qu\u2019ils ont le verbe to care dans leur langue?Un arabophone jauge-t-il le monde différemment parce que sa langue a trois nombres : singulier, duel et pluriel (plus de deux) ?Les Allemands sont-ils intolérants aux interruptions parce que le verbe ou sa particule vient en fin de phrase?J\u2019aimerais être catégorique sur ce point, mais j\u2019en suis incapable.Certes, les traducteurs sont constamment en butte à des termes dif ficile- ment traduisibles \u2014 notamment dans les saveurs, ou les couleurs.Un cheveu auburn est-il vraiment brun rouge ?Un cheveu châtain est-il chesnut ou blond?Mais l\u2019absence de mot dans une langue ne signifie nullement que cette réalité n\u2019est pas perçue.Considérez le passé simple.Il est inexistant en français oral et presque totalement fossilisé à l\u2019écrit, ce qui est en soi une bizarrerie.Est-ce à dire que les francophones perçoivent le passé différemment des hispanophones ou des anglophones, qui n\u2019ont pas de problème avec le passé simple ?Cela tient plutôt à un problème de norme.Alors, les francophones disent le passé simple autrement : avec un passé composé ou un présent, et des marqueurs temporels.Impossible en vase clos En réalité, on peut dif ficilement considérer en vase clos cette question de l\u2019influence de la langue sur notre représentation du monde.On ne peut pas isoler le facteur purement linguistique des interférences qui émanent de l\u2019actualité, de la culture, des valeurs, de la vie, quoi ! A fortiori quand on parle une langue internationale.Il n\u2019y a rien de proprement francophone au débat sur la laïcité ou le burkini : c\u2019est une question franco-française, qui déborde chez nous par effet de véhicularité, et un peu par suivisme.Et les influences extérieures sont d\u2019autant plus grandes que les locuteurs d\u2019une langue mondialisée comme le français sont très majoritairement bilingues \u2014 et donc constamment exposés à des visions du monde souvent contradictoires et capables de pouvoir dire les choses de deux manières, au moins.Bref, on ne peut tout simplement pas dire que les francophones pensent d\u2019une certaine manière parce qu\u2019ils parlent français.Il y a 25 ou 30 ans, on nous bassinait encore avec ces théories oiseuses sur le « français, langue des Lumières ».C\u2019est aussi nul que d\u2019affirmer que l\u2019anglais est naturel aux sciences ou la finance.Cer tes, i l ar r ive constamment qu\u2019une langue parvienne à nommer une chose avant les autres langues \u2014 comme auburn, comme châtain, comme revendiquer, comme hash- tag.Mais il n\u2019y a absolument rien dans le génie d\u2019une langue qui l\u2019empêche d\u2019exprimer la même chose, sauf l\u2019usage.Ce n\u2019est pas le choix qui manque.Pour auburn, on peut dire brun rouge.On aurait aussi bien pu dire al- borne ou auborne, mot de vieux français qui signifiait blond, anglicisé vers le XVe siècle.R ien n\u2019empêche les ang lophones de d ire chesnut pour châtain.En fait, rien ne m\u2019empêche d\u2019user du passé simple quand je parle à mon chauffeur de taxi, si ce n\u2019est la norme sociale.En fait, toute langue peut tout voir et tout dire.Ce qui l\u2019en empêche, ce sont nos propres œillères.Le pouvoir des mots JEAN-BENOÎT NADEAU R É J E A N B E R G E R O N Professeur de philosophie, Cégep Gérald-Godin Lettre à Hélène David, ministre de l\u2019Enseignement supérieur oderniser les cégeps » : voilà, Madame la Ministre, les paroles énigmatiques que vous avez laissées sor tir de l\u2019enclos de vos dents (pour reprendre l\u2019expression d\u2019Homère).Comment interpréter celles-ci ?Que peut-il bien se cacher derrière le mot « moderniser », mot-valise et sans fond, sorte de boîte de Pandore de laquelle peuvent s\u2019échapper bien des malheurs lorsqu\u2019elle est entrouverte d\u2019une manière irraisonnée.N\u2019agissez pas, Madame la Ministre, comme Épiméthée, ce fils de titans qui, comme l\u2019indique son nom, possédait ce malheureux défaut de toujours penser en retard.Penser en retard : c\u2019est ce que font trop souvent les politiciens en matière d\u2019éducation depuis quelques décennies.Ils ont pensé en retard en plongeant la tête la première dans la réforme de l\u2019éducation sans études probantes pour justifier un pareil chambardement.Ils ont pensé en retard en équipant les écoles de tableaux blancs interact ifs qu i maintenant servent souvent de simples projecteurs .Et i ls ne prendront pas plus le temps de réfléchir très longtemps avant d\u2019engouffrer des millions de dollars dans l\u2019achat de tablettes numériques afin de se conformer à l\u2019air du temps.Les exigences du marché Pourquoi un pareil compor tement ?C\u2019est que les politiciens sont trop souvent aveuglés par cette conception très étroite du progrès qui consiste à s\u2019imaginer qu\u2019il faut à tout prix adapter le système d\u2019éducation aux besoins du moment, à ceux du marché, de la grande entreprise et des employeurs.Et comment y arri- vent-ils ?En insistant sur la formation des apprenants, sur le développement de leurs compétences et de leurs habiletés techniques afin qu\u2019 i ls pu issent répondre rapidement et presque machinalement aux attentes et exigences pointues et spécialisées du marché de l\u2019emploi, exigences qui, demain, seront sans doute déjà dépassées.Malheureusement, cette approche instru- mentaliste de l\u2019éducation a son revers, car elle se fait au détriment du développement intégral de la personne.On veut faire de ces apprenants des travailleurs spécialisés, des outils vivants avant d\u2019en faire des êtres humains dotés d\u2019une formation générale et d\u2019une culture solides qui, elles, leur permettront de faire des choix éclairés tout au long de leur vie, de s\u2019épanouir pleinement et sur tout de s\u2019adapter à toutes les situations.Mais vous savez quoi, Madame la Ministre ?Si c\u2019est votre intention d\u2019arrimer encore davantage les cégeps au marché du travail, je veux vous annoncer que cette approche commence à être remise en question par plusieurs.Et cela, ce n\u2019est pas un pauvre professeur de philosophie qui vous le dit, mais certains hauts dirigeants du monde des af faires ainsi que des doyens de grandes écoles de commerce, qui sont de plus en plus nombreux à comprendre enfin ce que peuvent avoir de précieux pour les employeurs et les diplômés une culture solide et une formation générale.De bonnes nouvelles Voyez de quelle façon François Normandin, de la revue Gestion HEC Montréal, résume, dans son article ayant pour titre « Le retour en force des sciences humaines ?», les propos de Rachel Reiser, la vice-doyenne à la Questrom School of Business de l\u2019Université de Boston : « Car si les programmes universitaires en affaires s\u2019avèrent excellents dans le développement des habiletés techniques, ils échouent lamentablement dans l\u2019acquisition par les étudiants des habiletés de communication (prise de parole, écriture) et de pensée critique qui deviennent, au regard de la complexité du monde dans lequel nous vivons, de plus en plus essentielles.Ce sont là des habiletés qu\u2019une formation en sciences humaines et en philosophie peut aider à développer chez les futurs gestionnaires.» Et puis, pour aller plus loin dans votre réflexion, je vous invite à lire l\u2019étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante de septembre 2015, dirigée par Thierry Karsenti, qui a pour titre Quelle est la pertinence de la formation générale au collégial?Que nous révèle-t-elle?Que, contrairement à ce que racontent les prophètes de malheur, les employeurs sont satisfaits à 95% des diplômés qui sortent des cégeps.Qu\u2019il n\u2019y a pas de lien entre les taux d\u2019échec et la formation générale.Que, comparativement aux autres provinces canadiennes, les cé- geps du Québec obtiennent un meilleur taux de diplomation, etc.Ne pas réparer ce qui n\u2019est pas cassé Pourquoi cette énumération de bonnes nouvelles ?C\u2019est pour vous informer que les cégeps fonctionnent assez bien, que vous n\u2019avez pas à vous donner comme mandat de réparer ce qui n\u2019est pas cassé afin de répondre à quelques fonctionnaires en manque de projets de démolition.Ceux-ci ont déjà causé assez de tort à notre système.Ne participez pas à votre tour à leurs funestes projets.Madame la Ministre, de grâce, ne vous inspirez pas d\u2019Épiméthée en allant faire des gestes que nous regretterons tous.Suivez plutôt les traces de son frère Prométhée, de celui qui pense en avance et qui, pour sortir les êtres humains de leur abrutissement, leur a fait don de ce feu sacré de la connaissance afin qu\u2019ils puissent se tenir debout, s\u2019adapter à leur environnement, s\u2019épanouir et être libres.ÉDUCATION Cégep : une réforme inspirée d\u2019Épiméthée ?M A R I E - C L A U D E B I B E A U Ministre du Développement international et de la Francophonie près plusieurs mois de travail acharné, dont de nombreuses missions diplomatiques à travers le monde, les ministres des Af faires étrangères, de la Défense nationale, de la Sécurité publique, et moi-même pour le Développement international, avons officiellement annoncé que le Canada se réengageait dans les missions de paix.Tant au niveau de la sécurité que du développement, nous souhaitons soutenir les initiatives locales et partager l\u2019expertise canadienne, afin que nos pays partenaires soient mieux outillés pour faire face aux crises qui les affectent.La stabilité des États fragiles, notamment en Afrique, est critique pour la paix dans le monde, et on sait qu\u2019il ne peut pas y avoir de paix sans développement, comme il ne peut pas y avoir de véritable développement sans paix.Outre les conflits armés, le terrorisme et le banditisme, les changements climatiques apportent aussi leur lot de défis.L\u2019accès à une eau saine est crucial pour la sécurité alimentaire, la santé et à bien d\u2019autres égards.Considérant qu\u2019elle se fait de plus en plus rare, l\u2019eau pourrait devenir source de conflit.Ici aussi, le Canada peut apporter une contribution, en promouvant une gestion pacifique de cette ressource vitale.Situation alarmante En Afrique, où la population est appelée à doubler d\u2019ici 2050, pour atteindre 2,4 milliards d\u2019habitants, la situation est alarmante.En tant que membres de la Francophonie et du Commonwealth, nous avons le devoir d\u2019aider les pays les plus vulnérables du continent, à rétablir ou préserver la paix, non seulement par solidarité, mais aussi parce qu\u2019il en va de la sécurité mondiale.Je peux vous assurer que notre gouvernement a la ferme intention d\u2019entretenir un véritable dialogue avec les gouvernements africains et les institutions régionales du continent.D\u2019ailleurs, je me rendrai en Afrique prochainement afin de discuter avec les dirigeants, organismes et groupes de femmes locaux ainsi qu\u2019avec nos partenaires canadiens.À titre de ministre du Développement internationale et de la Francophonie, je veillerai à ce que les femmes soient partie prenante des processus de paix et projets d\u2019aide humanitaire et de développement, partout où le Canada sera présent.Plus encore, je m\u2019engage à lutter pour la défense de leurs droits, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive.Évidemment, on doit permettre aux filles d\u2019aller à l\u2019école.C\u2019est la meilleure façon de les protéger des mariages précoces et forcés, de leur donner les connaissances nécessaires pour assurer le bien-être de leur famille et de leur offrir la possibilité de contribuer au développement économique de leur communauté.On doit aussi faire en sorte que les garçons poursuivent leurs études afin d\u2019éviter qu\u2019ils soient contraints à travailler très jeunes ou, pire encore, qu\u2019ils soient recrutés par des groupes terroristes.Aux garçons comme aux filles on doit offrir la perspective d\u2019un avenir meilleur afin d\u2019éviter qu\u2019ils prennent la route dans des conditions extrêmes pour finalement devenir des réfugiés quelque part dans le monde.Faire preuve d\u2019innovation C\u2019est exactement pour ces raisons, et parce que nous sommes confrontés à des conflits de plus en plus longs et complexes, que nous unissons nos efforts pour la paix dans le monde et que le Canada sera de plus en plus présent en Afrique.Afin que nos ressources aient le plus grand impact possible là où nous inter viendrons, il faudra faire preuve d\u2019innovation, non seulement sur le plan technologique, mais aussi dans nos mécanismes de financement et les modèles que nous développerons avec nos partenaires.À cet égard, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est un bel exemple puisqu\u2019il réunit les pays donateurs comme le Canada, mais aussi le secteur privé, dont la Fondation Bill et Melinda Gates et les produits Red.De plus, pour bénéficier des projets du Fonds mondial, les pays ciblés doivent aussi contribuer f inanc ièrement à ces programmes, mais, plus important encore, ils doivent mettre en place des mesures de gestion saine et durable de leur système de santé.C \u2019est pourquoi je suis fière que le Canada accueille à Montréal, les 16 et 17 septembre prochain, la 5e conférence de reconstitution du Fonds mondial.Là encore, nous jouons un rôle de leader, cette fois dans le secteur de la santé mondiale.Le Canada sera de plus en plus présent en Afrique MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Les cégeps fonctionnant assez bien, la ministre n\u2019a pas à se donner comme mandat de réparer ce qui n\u2019est pas cassé.M « Aux garçons comme aux filles on doit offrir la perspective d\u2019un avenir meilleur afin d\u2019éviter qu\u2019ils prennent la route dans des conditions extrêmes pour finalement devenir des réfugiés A L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 A O Û T 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S ment qu\u2019on se dit oui tous les deux, qu\u2019on sait qu\u2019on va passer le reste de notre vie ensemble », renchérit Aalia, journaliste de télévision dans la mi-vingtaine originaire de l\u2019Inde, mais dont la famille a vécu en Afrique, au Malawi et au Botswana, avant de s\u2019installer au Canada.Les deux amoureux ne se sont pas contentés d\u2019une seule célébration pour of ficialiser leur union.Comme c\u2019est la coutume en Inde et au Pakistan, les célébrations du mariage durent une semaine, réparties en plusieurs cérémonies comme la dholki \u2014 une soirée tout en musique au rythme des tambours (dholk) \u2014 et la manjha \u2014 où l\u2019on étend de la poudre de curcuma sur le visage des futurs époux, symbole de lumière.Sur le thème des mille et une nuits, le mehndi est la célébration favorite d\u2019Aalia.« Souvent, c\u2019est bien plus amusant que le mariage lui- même», poursuit-elle.Traditionnellement, c\u2019est une soirée de « filles », celle des tatouages au henné sur les mains et les pieds (c\u2019est ce que signifie d\u2019ailleurs le mot mehndi).Aalia et Fa- had ont adapté la leur : les hommes \u2014 frères, oncles, cousins \u2014 ont non seulement été invités à cette grande fête qui se tenait au Rialto à Montréal, mais ils ont même dansé des chorégraphies savamment répétées et exécutées, dignes des meilleurs films de Bollywood.Assis côte à côte et tenant une feuille verte dans les mains, les amoureux ont d\u2019abord été nourris par les femmes mariées, comme le veut le rituel, et ont reçu la bénédiction des invités.Et curieuse tradition : la famille de la mariée doit user d\u2019un stratagème pour voler une des chaussures du marié, et la famille de ce dernier doit ensuite négocier ferme pour la récupérer.Le butin, qui peut dépasser les 1000$, revient à la famille de la mariée et est distribué entre les frères et sœurs, cousins et cousines selon certaines règles.« Ça peut devenir vraiment intense.Il y a de la chicane, et parfois même des batailles », avait prévenu Aalia.L\u2019histoire ne dit toutefois pas le montant de la rançon qu\u2019a dû payer Fahad pour ravoir sa chaussure en cuir de Karachi\u2026 Dif férences culturelles L\u2019idylle a débuté par un échange de regards dans des réunions d\u2019amis communs.Elle, de Boucherville, a fréquenté le collège privé anglophone Centennial.Lui, de Brossard, a grandi dans la communauté pakistanaise musulmane et a étudié à Heritage High School, l\u2019école anglophone rivale.Ce n\u2019est que plus tard, à l\u2019Université Concordia, où Aalia étudiait le journalisme et lui la comptabilité, qu\u2019ils se sont véritablement vus.Regardés dans les yeux.De cette rencontre fortuite, qui a fini par des rires et des yeux doux autour d\u2019un café chez Tim Hortons, Fahad a fait un poème.Quelques mois plus tard, il a organisé en secret des fiançailles-surprises à sa dulcinée, qui a pris la forme d\u2019un spectacle retraçant le parcours de la jeune femme chanté et dansé par tout un groupe d\u2019amis, le tout filmé en vidéo.« Aalia aime documenter sa vie.Si ce n\u2019est pas tweeté, ça n\u2019existe pas », dit Fahad, taquin, sous le regard gentiment courroucé de « sa » journaliste.Les fiançailles, c\u2019est une idée plutôt occidentale pour eux.« Dans notre culture, il n\u2019est pas vraiment permis de se fréquenter, alors le mariage se fait rapidement », explique Aalia.Leur mariage se voulait donc un savant mélange de traditions qui emprunte aux diverses cultures et reflète même l\u2019Afrique, d\u2019où vient la famille d\u2019Aalia, puisque la réception se tient au zoo de Granby.« J\u2019aimais l\u2019idée d\u2019un mariage indo-pa- kistanais dans un décor africain.C\u2019est multicul- turel », dit la jeune femme.Même s\u2019ils sont tous deux musulmans et originaires de deux pays voisins, les codes culturels peuvent différer beaucoup lorsque vient le temps d\u2019observer un rite.« Mais je pense que nos dif férences culturelles viennent plus du fait que j\u2019ai grandi à Boucherville et lui, à Bros- sard ! », conclut-elle en riant.Aalia fait du ski en famille, son frère est marié à une Québécoise et sa sœur à un Italien.Fahad a grandi dans un voisinage pakistanais musulman, dans une famille plus attachée aux traditions.«La vie et les choix qu\u2019on fait dépendent certes de la culture, mais aussi beaucoup du milieu dans lequel on grandit », note la reporter à CTV.Mariage au zoo Elle a voulu des noces «uniques», différentes de celles de toutes les jeunes filles musulmanes de son entourage, et l\u2019on peut dire que c\u2019est un pari réussi.Sur la magnifique terrasse d\u2019un pavillon extérieur du zoo de Granby, Aalia et Fa- had ont convolé en justes noces samedi dernier en pleine savane africaine devant un soleil qui déclinait à l\u2019horizon.D\u2019une grande élégance, vêtu d\u2019une tunique et d\u2019un turban rose, Fahad a fait une entrée presque royale en compagnie d\u2019une petite garde rapprochée, au son des tambours.Puis, la musique s\u2019est tue en même temps que la clameur de la foule, et les regards se sont naturellement tournés vers la jeune femme.Précédée d\u2019un petit cortège de demoiselles d\u2019honneur et de ses parents, Aalia, dans une somptueuse robe rose brodée de petites perles brillantes, un voile diaphane sur la tête, a marché lentement jusqu\u2019à son fiancé.Derrière, les zèbres, girafes et oiseaux marabouts curieux de ce qui se tramait se sont approchés doucement, comme pour ne pas troubler la quiétude et l\u2019émotion du moment.L\u2019imam a prononcé les prières de circonstance et a rappelé les quatre conditions nécessaires pour que puisse avoir lieu un mariage musulman : le père \u2014 souvent le grand-père \u2014 doit avoir demandé à la future mariée si elle consent au mariage et si elle a été forcée d\u2019une quelconque façon, l\u2019union doit être réalisée en présence d\u2019au moins deux témoins, le futur marié doit donner à sa fiancée le mahair, un petit cadeau (une pièce, un talisman qui lui appartiendra pour toujours et devient comme une protection).Enfin, le père de la fiancée doit « offrir » officiellement sa fille, et le futur marié doit accepter l\u2019offre.Tout en respectant la tradition, Aalia, qui se considère comme «une femme forte et indépendante», a demandé gentiment à l\u2019imam de faire une petite entorse au protocole religieux.« Je lui ai dit que j\u2019aimerais qu\u2019il me demande aussi à moi si je donnais mon consentement, pas seulement à mon père.» Ce qui fut fait tout juste avant l\u2019échange des bagues \u2014 une tradition purement occidentale cette fois \u2014 et le mariage civil.« J\u2019aime l\u2019idée du mariage, d\u2019une célébration pour dire à ta famille et tes amis : \u201ché, je suis en amour !\u201d», dit Fahad.Son amoureuse s\u2019est occupée, avec l\u2019aide d\u2019une planificatrice de mariage, de tout organiser.« C\u2019était mieux que je ne lui demande pas son avis pour tout.On n\u2019aurait jamais eu fini », dit Aalia en plaisantant.« J\u2019avais mes critères.Je voulais que ce soit comme dans les romans ».« Et moi, tout ce que je voulais, c\u2019est qu\u2019elle soit heureuse », ajoute son amoureux, plantant son regard dans le sien.Et c\u2019est ainsi qu\u2019ils se sont mariés, qu\u2019ils vivront heureux et qu\u2019ils auront sans doute beaucoup de petits génies.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 AMOUR Comment expliquer cela?Selon le porte-parole de la SAAQ, Gino Desrosiers, aucune analyse n\u2019a été faite pour enquêter sur le taux d\u2019échec en arabe.On souligne que « les examens n\u2019ont pas été faits sur le coin d\u2019une table», mais avec le concours «de traducteurs certifiés».Les difficultés des arabophones seraient-elles liées aux différences entre l\u2019arabe parlé d\u2019un pays à l\u2019autre?La question reste entière.«Il faut regarder ça de près», estime le président de la Table de concer tation des organismes au ser vice des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), Stephen Rei- chold.«C\u2019est clair qu\u2019il y a un problème quelque part et qu\u2019il faut l\u2019identifier et le résoudre», a- t-il dit après avoir été mis au courant des données.« C\u2019est quand même troublant parce que la plupar t de ces gens avaient des permis dans leurs pays d\u2019origine et conduisaient déjà», soutient-il.Un enjeu pour les réfugiés en général Cela pose problème parce que le Québec s\u2019apprête à recevoir encore des milliers de réfugiés en provenance de Syrie, souligne-t-il.« Il y a 7000 Syriens parrainés qui devraient arriver, et un millier de réfugiés pris en charge par l\u2019État sont attendus par année.» Il ajoute que ceux qui sont parrainés par l\u2019État vont se retrouver « surtout en région» et qu\u2019on sait que « l\u2019intégration sans permis de conduire en région pose un sérieux problème, surtout pour aller travailler».Depuis 2015, 1114 réfugiés parrainés par l \u2019État se sont établ is au Québec, dont la grande majorité ont été dirigés à l\u2019extérieur de Montréal.Ils ont été accueillis à Drum- mondv i l le (60 personnes), Gatineau (134), Granby (68), Joliette (34), Québec (266), Saint-Hyacinthe (60), Saint- Jérôme (38), Sherbrooke (113), Trois-Rivières (51) et Victoriaville (50).Par ailleurs, les arabophones ne sont pas les seuls à devoir passer leur test théorique à répétition.Il y a deux semaines, Le Devoir rapportait les difficultés de réfugiés colombiens à Jo- liette et de Népalais dans la région de Québec.Rappelons que l \u2019examen théorique est divisé en trois sections : la sécurité routière, la signalisation et le type de véhicule.Quelle que soit la langue choisie, la section où l\u2019on réussit le moins est celle por tant sur la signalisation : 27 % (langue arabe), 38 % (espagnol), 56 % (mandar in) .Toutes langues confondues, la moyenne est de 60 %.Anciennement, l \u2019examen était aussi proposé en polonais, en italien et en grec.Au mi l ieu des années 1990, la SAAQ a aussi ajouté à ses services la possibilité de passer l \u2019examen théor ique avec l \u2019aide d \u2019un traducteur dans une trentaine de langues différentes.Toutefois, ce service est seulement of fert à Montréal.De plus, les immigrants ne peuvent s\u2019en prévaloir que dans les trois années suivant leur arrivée.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SAAQ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Aalia et Fahad se sont unis au cours d\u2019un mariage se voulant un savant mélange de traditions.1114 Nombre de réfugiés parrainés par l\u2019État qui se sont établis au Québec depuis 2015 porte l\u2019ONE dans son avis.Le North Central Corridor avait alors laissé s\u2019échapper 16,5 millions de mètres cubes de gaz naturel, au sud-ouest de Fort McMurray.La compagnie basée à Calgar y avait alors recensé 226 pièces préfabriquées par Ezeflow.Une trentaine de celles-ci se retrouvent sur un tronçon de 21km d\u2019un gazoduc exploité par TransCanada traversant la MRC de Vaudreuil- Soulanges entre Saint-Poly- carpe et Les Cèdres.Cinq de ces raccords sont également enfouis dans la section North Bay d\u2019un gazoduc, à partir de la localité ontarienne du même nom jusqu\u2019au sud-ouest d\u2019Ottawa, et qui doit être converti en oléoduc pour Énergie Est.Les 1200 autres pièces potentiellement défectueuses fabriquées par Canadoil Asia sont quant à elles disséminées dans le reste du réseau.Un rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) sur cette fuite explique que TransCanada s\u2019est fiée à l\u2019information tirée des dessins de conception, plutôt que de mesurer directement.«Ces problèmes n\u2019ont pas été repérés par le processus d\u2019assurance de la qualité de TransCa- nada», y souligne le BST.En contradiction avec son propre avis de sécurité, l\u2019ONE a af firmé au Devoir « qu\u2019aucune défaillance de pipeline ne s\u2019est produite au pays en raison de matériaux de qualité inférieure à celle qui est exigée».Manque d\u2019évaluations?« Tous les raccords identifiés ont été rigoureusement évalués et le réseau de pipelines de TransCanada fonctionne de façon sécuritaire», assure au Devoir Tim Duboyce, porte-parole de TransCanada.Ces raccords, y compris dans les « tronçons d\u2019Énergie Est qui seront convertis, ont été évalués et sont conformes à toutes les exigences du code», ajoute-t-il.Toutefois, l\u2019ONE note, dans son avis de février dernier, que les normes existantes ont « semblé incapables d\u2019empêcher la fabrication de tuyaux et raccords compor tant des matériaux de qualité inférieure ».Ces parties des canalisations sont en fait plus minces qu\u2019elles ne devraient.Notons qu\u2019Ezeflow a depuis appor té des améliorations à ses procédures de fabrication et à ses programmes d\u2019assurance de la qualité, indique l\u2019avis de sécurité de l\u2019ONE.Délais L\u2019avis de sécurité et la réponse de TransCanada surviennent au moins huit ans après que le problème a été décelé.L\u2019ONE est au courant depuis 2008 des faiblesses de certaines pièces.Une enquête a été ouver te cette année-là après avoir appris que « certaines canalisations en acier et certains raccords achetés et installés sur la canalisation Keystone pouvaient avoir une force de rupture inférieure aux prévisions».Cette enquête est toujours en cours huit ans plus tard, confirme Marc-André Plouffe, porte-parole de l\u2019Office.« Il n\u2019existe pour le moment, aucun rapport concernant l\u2019aptitude fonctionnelle des raccords installés sur le pipeline Keystone», établit-il.Le problème a été également signalé en 2008 au sud de la frontière .Dès 2009, l\u2019Administration de la sécurité des produits dangereux et des pipelines (PHMSA), l\u2019instance américaine chargée de la surveillance des pipelines à l\u2019instar de l\u2019ONE au Canada, avait diffusé un avis analogue à propos de tuyaux de qualité inférieure ayant échoué aux tests.M.Duboyce écrivait quant à lui au Devoir que TransCa- nada avait pris des mesures « bien avant la directive de l\u2019ONE à toute l\u2019industrie».Des mesures qui remonteraient à 2011, lorsque TransCanada dit avoir «constaté la situation» et « avisé les autorités respectives aux États-Unis et au Canada».Scepticisme Evan Vokes, ex-ingénieur de TransCanada, a sonné l\u2019alarme en 2011 au prix de son travail.Dans une plainte détaillée envoyée au régulateur des pipelines, il décrit de graves manquements à l\u2019inspection et au contrôle.En entrevue, son scepticisme se reporte maintenant tant sur l\u2019entreprise alber- taine que sur la capacité de l\u2019ONE à remplir son rôle de chien de garde : « Je crains que ce soit les mêmes personnes qui sont en train de prendre des décisions sur Énergie Est.» Dans un procès-verbal datant de 2015 de l\u2019Office, on apprend également que Roland George est celui chargé de « se renseigner » sur la potentielle non-conformité de matériel dans Keystone et dans le Nor th Central Corridor.M.George est l\u2019actuel président du comité d\u2019audience sur Énergie Est.Il pourrait techniquement décider de « prendre en considération tout élément public qu\u2019il juge pertinent dans son examen du projet », indique M.Plouffe de l\u2019ONE.Or, il est spécifié dans ce même document que ce membre de l\u2019Office « ne publiera pas son rap- por t et ses recommandations, s\u2019il y en a, publiquement».Il n\u2019a pas été possible de parler à un représentant de la compagnie Ezeflow.L\u2019installation en Thaïlande de Canadoil Asia n\u2019est plus en exploitation et cette filiale n\u2019est plus reliée à Canadoil Forge.Les audiences de l\u2019ONE sur le projet Énergie Est s\u2019ouvrent lundi à Montréal.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PIPELINES TransCanada se distancie de Charest TransCanada cherche à prendre ses distances de l\u2019ex-premier ministre Jean Charest, qui a rencontré des membres de l\u2019ONE alors qu\u2019il était consultant pour l\u2019entreprise albertaine.Si le vice-président d\u2019Énergie Est au Québec, Louis Bergeron, convient que l\u2019entreprise a un «gros dé?» devant elle, compte tenu du nombre d\u2019opposants au projet, il réitère que TransCa- nada n\u2019a jamais demandé une telle rencontre.«Je comprends que cela suscite des préoccupations, mais je ne peux pas changer le passé, a-t-il dit au cours d\u2019une entrevue avec La Presse canadienne.Nous sommes dans une nouvelle phase du projet et M.Charest n\u2019est plus présent.» Prudent dans ses commentaires, il s\u2019est distancié de M.Charest en af?rmant avoir «rebâti une équipe au Québec» depuis son arrivée chez TransCanada.«Quand vous regardez la liste des 22 lobbyistes qui sont inscrits, la plupart sont des ingénieurs et techniciens susceptibles de rencontrer des maires et municipalités», explique M.Bergeron.Toutefois, les récentes révélations ont incité des organismes à demander la récusation des commissaires Lyne Mercier et Jacques Gauthier \u2014 qui ont participé à la rencontre avec M.Charest.En réponse, l\u2019ONE s\u2019est limité à dire qu\u2019il étudiera ces requêtes par l\u2019entremise d\u2019un «processus par écrit».De plus, l\u2019organisme fédéral a indiqué qu\u2019il n\u2019avait pas l\u2019intention d\u2019entendre les questions sur ce sujet lors des audiences prévues cette semaine à Montréal.«J\u2019ose espérer que les décisions qui seront prises [par l\u2019Of?ce] seront à la hauteur des attentes du public», a-t-il ajouté.La Presse canadienne "]
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