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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2016-08-27, Collections de BAnQ.

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[" Agriculture urbaine La multiplication des légumes du bitume Page B 2 PERSPECTIVES C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A O Û T 2 0 1 6 Conclusion de notre série Carnet de voyage : Après la terre, la mer Page B 3 À force de jouer sur les mots, on finit par se brûler les ailes.Jacques Daoust l\u2019a appris à ses dépens : il a dû démissionner dans l\u2019opprobre.Mais à la suite du témoignage du chef de cabinet, Pierre Ouellet, qui n\u2019a pas hésité à enfoncer son ancien patron en commission parlementaire, on comprend que l\u2019ex-ministre n\u2019aurait pu traverser cette audition, à laquelle il devait participer, sans perdre la face.C\u2019est ce qu\u2019il avait compris.R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec D evant la Commission de l\u2019économie et du travail (CET), Pierre Ouellet, le directeur de cabinet de Jacques Daoust au moment où il était ministre de l\u2019Économie, de l\u2019Innovation et des Exportations, a révélé que celui-ci n\u2019était pas favorable à la vente par Investissement Québec (IQ) de son bloc d\u2019actions de Rona d\u2019une valeur de 156 millions.Or le conseil d\u2019administration d\u2019IQ, qui avait sollicité l\u2019avis du ministre, n\u2019en a rien su : il s\u2019est satisfait d\u2019un «OK» dans un courriel signé par le chef de cabinet.On a appris que le conseil avait pris la décision, le 17 novembre 2014, de vendre la totalité des actions Rona sans que le sujet soit à l\u2019ordre du jour de sa réunion, sans qu\u2019un dossier étoffé soit remis préalablement à ses membres.Quelqu\u2019un a soulevé l\u2019enjeu et hop ! on a adopté une résolution pour se débarrasser d\u2019un bloc d\u2019actions qu\u2019un décret gouvernemental lui avait fait acheter.Certains y verront un esprit de décision hors du commun, d\u2019autres, une précipitation inopportune.Devant la CET, Jean-Claude Scraire, l\u2019ancien président de la Caisse de dépôt et placement et président du conseil d\u2019IQ de juillet 2013 au printemps 2014, s\u2019est étonné que le CA de la société d\u2019État adopte cette résolution sans en parler au préalable avec le ministre.« J\u2019aurais d\u2019abord consulté avant d\u2019en arriver à une résolution», a- t-il fait observer.Qu\u2019arrive-t-il, une fois la résolution adoptée, si le ministre dit non ?Le conseil a l\u2019air fou.Louis Roquet, qui présidait le CA d\u2019IQ quand la décision a été prise, a eu une réponse singulière à ce sujet.Il s\u2019est dit d\u2019accord avec Jean- Claude Scraire.«Logiquement, c\u2019est ce que j\u2019aurais fait, mais ce n\u2019était pas à l\u2019ordre du jour.Ç\u2019a atterri comme ça», a-t-il dit.Comme un cheveu sur la soupe, pour ainsi dire.Pourtant, tous les dirigeants d\u2019IQ qui ont défilé devant les parlementaires étaient unanimes, que ce soit Louis Roquet et Jean-Claude Scraire ou deux anciens p.-d.g., Mario Albert et Yves Lafrance : ils ont affirmé que le CA devait obtenir l\u2019avis du ministre pour prendre une décision d\u2019une pareille ampleur, même en l\u2019absence d\u2019une obligation légale.Tous ont dit que, si le ministre exprimait son désaccord, le CA devrait se réunir à nouveau pour réévaluer son intention ou sa décision.Il est bon de rappeler qu\u2019IQ jouit d\u2019une certaine autonomie mais qu\u2019en vertu de l\u2019article 4 de sa loi constitutive, la société financière doit agir en conformité avec la politique économique du gouvernement.Et pour s\u2019en assurer, il lui faut consulter le ministre quand l\u2019enjeu est important, ce qui était manifestement le cas ici.Le cabinet du PM au parfum?Pierre Ouellet a suscité l\u2019incrédulité des députés de l\u2019opposition, particulièrement chez les péquistes, à qui les rouages du gouvernement sont familiers, en affirmant qu\u2019il n\u2019avait pas informé le chef de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne, qu\u2019IQ avait décidé de se débarrasser d\u2019un bloc d\u2019actions de Rona d\u2019une valeur de 156 millions.C\u2019est d\u2019autant plus «abracadabrant», pour reprendre le qualificatif employé par Amir Kha- dir, que les chefs de cabinet sont choisis par le cabinet du premier ministre et servent à encadrer les ministres.« Je n\u2019avais pas beaucoup de discussions avec le chef de cabinet du premier ministre, le ministre ayant plus d\u2019occasions que moi de le croiser, que ce soit au Comité des priorités, que ce soit au Conseil des ministres, les caucus le matin», a relaté Pierre Ouellet.Or, selon nos informations, le cabinet de Philippe Couillard n\u2019a pas été informé par Jacques Daoust, ni par son chef de cabinet, de la décision d\u2019IQ de se départir de ses actions de Rona.Si on se fie au témoignage de Pierre Ouellet, le ministre a adopté une attitude désinvolte dans cette af faire.D\u2019abord, il a semblé tout faire pour s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019avait aucune autorité pour invalider la décision.Puis, il n\u2019a rien fait pour tenter de l\u2019infirmer, ou même exprimer sa réprobation.Pour l\u2019opposition officielle, il s\u2019en est lavé les mains, ce que Pierre Ouellet n\u2019a pas démenti.« C\u2019est leur responsabilité.Ils vivront avec les conséquences », a dit Jacques Daoust à son chef de cabinet, selon ce dernier.Vers la sortie C\u2019est au début de juin que l\u2019enfer a commencé pour Jacques Daoust.La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, publiait un rapport qui traitait de l\u2019intervention d\u2019IQ, commencée à l\u2019été de 2012, pour empêcher l\u2019américaine Lowe\u2019s de mettre la main sur Rona.La VG indiquait que la société d\u2019État n\u2019avait pas besoin de l\u2019aval du gouvernement pour se départir de ses actions de Rona.Elle soulignait cependant que les membres du CA d\u2019IQ «ne considéraient pas avoir toute la latitude pour autoriser la vente sans consulter le gouvernement».Elle faisait état des procès-verbaux du conseil qui confirmaient qu\u2019il avait obtenu « l\u2019accord du ministre avant de vendre la totalité des actions».« Je ne sais pas où ils ont pris ça, c\u2019est rigoureusement inexact », s\u2019était insurgé Jacques Daoust.« Je n\u2019ai non seulement jamais été informé de ça, je n\u2019ai jamais autorisé ça, on ne m\u2019a jamais parlé de ça», avait-il livré au Devoir.Jacques Daoust avait même ajouté : « Je mets n\u2019importe qui au défi de me dire quand est-ce AFFAIRE RONA Daoust, prisonnier de ces paroles qui restent JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE «J\u2019ai toujours dit la vérité », a écrit l\u2019ex-ministre Jacques Daoust dans sa déclaration dif fusée lors de sa démission la semaine dernière.Hillary Clinton et Donald Trump ne sont pas les seuls candidats à la Maison-Blanche.Alors que les candidats des partis qui dominent la vie politique américaine recueillent un niveau historique d\u2019opinions défavorables, deux candidats de petits partis attirent des mécontents de Trump et Clinton : le liberta- rien Gary Johnson et Jill Stein, candidate des verts.Second de deux articles.M A R I E - C H R I S T I N E B O N Z O M P our la deuxième fois consécutive, Jill Stein, médecin de 66 ans, est la candidate des verts.En 2012, elle n\u2019avait réuni que 0,36 % des voix.À ce jour, elle reçoit 3,6 % des intentions de vote en moyenne des sondages.Jill Stein cible les millions d\u2019Américains qui ont soutenu Bernie Sanders lors des primaires, surtout ceux qui, contrairement au sénateur, refusent de voter Clinton.« Un mouvement révolutionnaire n\u2019est pas possible au sein d\u2019un parti contre-révolutionnaire », leur dit la candidate des verts.À respectivement 85 et 24 ans, l\u2019une en Virginie, l\u2019autre en Illinois, Janette Sherman et Cam Cunningham sont des électeurs de Bernie Sanders qui ont deux autres points communs.Ils ont voté pour Jill Stein en 2012 et rejettent Hillary Clinton.«Je n\u2019ai pas d\u2019\u201caloha\u201d pour Clinton, déclare au Devoir Janette Sherman.J\u2019éprouve une antipathie particulière pour les gens comme Clinton qui se font faussement passer pour les défenseurs des travailleurs », confie Cam Cunningham.Mais seul Cam Cunningham «pense voter à nouveau» pour Jill Stein.Le 8 novembre, Janette Sherman, elle, écrira le nom de Bernie Sanders sur le bulletin de vote, ce que la loi permet.Ces électeurs s\u2019étaient engagés avec passion pour Bernie Sanders, un homme incarnant à leurs yeux l\u2019occasion historique de changer profondément le système politique et la société.Janette Sherman a, pour la première fois de sa longue vie, donné de l\u2019argent à un candidat en envoyant plusieurs chèques à Bernie Sanders.Le jeune Cam Cunningham a milité pour Bernie Sanders sur le terrain, a observé les opérations de vote aux primaires dans sa ville de Chicago et ne s\u2019est inscrit sur les listes électorales en tant que démocrate que pour pouvoir voter dans les primaires pour celui que ses par tisans n\u2019appellent que par son prénom.« Bernie était le premier candidat à la présidence avec une chance de gagner à être impliqué dans le progressisme, un socialiste qui remettait en cause les deux grands par tis proches des milieux financiers, c\u2019est pourquoi j\u2019étais si inspiré par Bernie, explique Cam Cunningham.Vu que le système est tellement dominé par le Parti démocrate et le Parti républicain qu\u2019un par ti tiers n\u2019est pas viable, Bernie était notre seule chance de conduire un candidat progress i s te à la Maison- Blanche, parce qu\u2019i l ne se présentait pas comme indépendant.» Envoyer un message Pour ce professeur de musique issu d\u2019une famille modeste, voter pour Jill Stein serait un vote de protestation.Comme en 2012, quand il avait choisi Jill Stein la première fois qu\u2019il avait été en âge de voter.« Je ne voulais pas voter pour Obama.Il n\u2019allait pas résoudre la guerre des drones et les autres problèmes qui me préoccupent le plus», raconte-t-il.Cette fois, le vote de Cam Cunningham pour Jill Stein serait dirigé contre Hillar y Clinton.« Je veux envoyer un message au Parti démocrate : c\u2019est que les démocrates ne peuvent pas obtenir mon suf frage en jouant sur la peur ; Clinton ne peut pas se contenter de dire que Trump est ef frayant, il faut qu\u2019elle et les démocrates montrent qu\u2019ils vont se battre pour le PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE Les verts courtisent les amis de Bernie La candidate Jill Stein exhorte les Américains à avoir «le courage de leurs convictions» VOIR PAGE B 2 : VER TS Si Jill Stein est connue des progressistes, elle ne l\u2019est presque pas du reste des Américains VOIR PAGE B 2 : DAOUST CLÉMENT ALLARD PC Le témoignage livré par Pierre Ouellet a suscité l\u2019incrédulité des députés de l\u2019opposition. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A O Û T 2 0 1 6 P E R S P E C T I V E S B 2 M A R C O F O R T I E R O n se croirait en campagne.Il y a des plants de tomates et de concombres, des fines herbes, des haricots, des fleurs comestibles.L\u2019air est frais.Ça sent bon.On se trouve pourtant en plein centre-ville, dans un potager aménagé sur le toit d\u2019un pavillon de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Des jardins comme celui-là poussent par dizaines à Montréal : sur les toits, dans les cours arrière des résidences, sur les balcons, sur des bouts de trottoir et même sur des terrains vacants, publics ou privés.Plus de quatre Mont- réalais sur dix (42 %), soit 800 000 personnes, pratiquent le jardinage en ville.Et c\u2019est comme ça partout dans le monde.Les grandes villes comme Paris, Londres, New York, Séoul, Tokyo, Toronto, Vancouver et bien d\u2019autres se convertissent à l\u2019agriculture urbaine.Jusqu\u2019à récemment, le phénomène était perçu comme une af faire de pelleteux de nuages.L\u2019agriculture urbaine est désormais prise au sérieux par des économistes, des entrepreneurs et des penseurs du monde entier, qui voient là un modèle d\u2019avenir.« Quand j\u2019ai commencé mes recherches, je ne savais pas qu\u2019il existait un mouvement d\u2019une telle ampleur pour l\u2019agriculture urbaine.Ce n\u2019est pas une mode passagère : on sait maintenant hors de tout doute que l\u2019agriculture de proximité est viable », dit Jennifer Cockrall- King, auteure de l\u2019essai La révolution de l\u2019agriculture urbaine, paru en français aux éditions Écosociété.La journaliste canadienne, établie à Edmonton, a parcouru la planète pour rapporter des histoires d\u2019agriculture en ville.Elle a été surprise par l\u2019ampleur du phénomène.En faisant pousser des légumes, en plantant des arbres fruitiers, en élevant des poules ou des moutons, des citadins du monde entier participent à cette «révolution» agricole.Des exemples ?À Detroit \u2014 ville désertée, dont la population a fondu de moitié en 50 ans \u2014 des mouvements de citoyens s\u2019emparent des terrains et des bâtiments abandonnés pour faire pousser fruits et légumes.Ces tonnes d\u2019aliments frais (et bios !) sont remises aux banques alimentaires, à des personnes âgées et à de simples citoyens.À Los Angeles, la deuxième commission scolaire en importance des États-Unis a aménagé des potagers dans plus de 100 de ses 900 cours d\u2019école.Aux Jeux olympiques de Londres en 2012, les organisateurs ont nourri tous les athlètes grâce à 2012 jardins communautaires.À Paris, pas moins de 132 vignobles ont pignon sur rue.Même la Maison-Blanche s\u2019est convertie à l\u2019agriculture urbaine : Michelle Obama, en croisade contre la malbouffe, a aménagé un potager et des ruches dans la cour arrière de la résidence présidentielle.Au pays de Castro L\u2019agriculture urbaine telle qu\u2019on la connaît aujourd\u2019hui a pris naissance à Cuba, raconte Jennifer Cockrall-King.Quand l\u2019Union soviétique s\u2019est dissoute, en 1991, le pays de Fidel Castro a perdu son plus grand partenaire commercial, qui achetait 85 % de sa production laitière et lui fournissait ses produits de base comme les aliments et le carburant.L\u2019économie cubaine s\u2019est effondrée.Les Cubains n\u2019avaient presque plus rien à manger.Le Cubain moyen a perdu près de 14 kilos dans les trois années qui ont suivi.Pour venir à bout de la famine, Castro a déclaré l\u2019état d\u2019urgence.Il fallait à tout prix trouver un nouveau modèle d\u2019agriculture qui deviendrait viable sans pétrole et sans équipements industriels \u2014 à cause de l\u2019embargo américain qui isolait l\u2019île du reste du monde.Les Cubains ont fait comme d\u2019habitude : ils se sont débrouillés avec les moyens du bord.Ils se sont mis à cultiver la moindre parcelle de terrain vacant dans les villes.C\u2019était une question de survie.Au fil des ans, ces petites « fermes urbaines» improvisées ont poussé par dizaines dans chaque ville.La Havane, avec ses deux millions d\u2019habitants, compte à elle seule plus de 200 de ces cultures urbaines.Les «organoponicos» \u2014 c\u2019est leur nom \u2014, qui vendent directement aux clients, sont devenus la base d\u2019un système alimentaire qui nourrit désormais les Cubains.Jennifer Cockrall-King ne veut pas faire la promotion du développement économique à la Castro, dont les limites sont bien connues.L\u2019exemple cubain prouve cependant qu\u2019on peut pratiquer l\u2019agriculture sans tomber dans le modèle industriel dominant : d\u2019immenses fermes qui cultivent des organismes génétiquement modifiés (OGM) et élèvent leur bétail à coups d\u2019hormones de croissance et d\u2019antibiotiques.Contre les déserts alimentaires « Il faut être réaliste : je ne pense pas que l\u2019agriculture urbaine nourrira des villes entières du jour au lendemain, mais ce modèle comporte d\u2019énormes avantages», dit l\u2019auteure.Lors de la crise financière de 2008-2009, les prix du blé, du riz, du maïs, des tomates et d\u2019autres aliments de base ont explosé partout dans le monde.Des émeutes de la faim ont éclaté dans une série de pays.Les fermiers urbains sont venus à la rescousse de populations qui avaient faim.L\u2019insécurité alimentaire ne touche pas juste les pays du tiers-monde : 50,2 millions d\u2019Américains ignorent jour après jour s\u2019ils vont manger à leur faim.Aux États-Unis, les gens doivent parcourir en moyenne 10 kilomètres pour se rendre à l\u2019épicerie.Les quartiers pauvres des grandes villes sont de véritables déserts alimentaires où il est impossible d\u2019acheter une pomme, des noix ou du brocoli.Il n\u2019y a que des dépanneurs et du fast-food.Pas étonnant que les deux tiers des Américains soient en surpoids.L\u2019agriculture urbaine peut devenir une partie de la solution en rendant accessibles des aliments sains, estime Jennifer Cockrall-King.C\u2019est déjà le cas à Montréal, où la culture de fruits et de légumes a connu une croissance effrénée depuis une dizaine d\u2019années.Une ville de cultures «Montréal est une ville d\u2019agriculture reconnue internationalement, mais les administrations municipales ne s\u2019en souciaient pas.La Ville est en voie de rattraper son retard», dit Éric Duchemin, professeur associé à l\u2019UQAM et coauteur du chapitre sur Montréal dans le bouquin de Jennifer Cockrall-King.On a tendance à oublier que Montréal est bâtie sur les terres les plus fertiles de la vallée du Saint-Laurent.Au début des années 1800, l\u2019arpenteur général du Bas-Canada, Joseph Bou- chette, vantait les qualités de l\u2019avoine (pour les chevaux), des pommes, des melons, des fraises, des prunes, des pêches et des abricots cultivés sur l\u2019île.Le maire Jean Drapeau, qui était bien de son temps, a tout fait pour tourner le dos à l\u2019héritage agricole de Montréal.Il voulait montrer une ville «moderne» au monde entier, pour Expo 67.Le 14 juillet 1966, le maire Drapeau a interdit l\u2019élevage et l\u2019abattage de bétail à Montréal.Un événement imprévu a relancé l\u2019agriculture en ville : un quadrilatère complet du quartier Centre-Sud a été détruit par les flammes lors du « week-end rouge » de novembre 1974, pendant une grève des pompiers.Les résidants de ce quartier défavorisé ont réclamé le droit de faire pousser leurs légumes.Pierre Bourque, alors directeur du Jardin botanique, établit ce qui deviendra le vaste réseau de jardins communautaires qu\u2019on connaît aujourd\u2019hui \u2014 97 jardins exploités par 12 000 Montréalais.Mine de rien, les cultures citadines se sont multipliées depuis 10 ans.Les quatre universités montréalaises mettent à profit leurs grands espaces \u2014 au sol ou sur leurs toits \u2014 pour faire pousser fruits et légumes.L\u2019Université McGill, qui dispose de 1727 hectares de terrain, nourrit ainsi des personnes âgées en alimentant la popote Santropol roulant.La première serre commerciale du monde à s\u2019être établie sur le toit d\u2019un immeuble se trouve aussi à Montréal depuis 2009 (et également à Laval).Les fermes Lufa approvisionnent 1000 personnes par année en légumes frais.De son côté, l\u2019organisme Les Fruits défendus fait la récolte sur des terrains publics et privés (vous savez, ces cerises ou ces poires qui pourriraient sur place ou par terre faute d\u2019avoir été cueillies).Les cueilleurs, les propriétaires des arbres et des groupes communautaires se par tagent les fruits.Ils ont récolté 2,5 tonnes d\u2019aliments dans 82 arbres en 2013.L\u2019autre grande nouveauté, c\u2019est la production de miel en ville : Montréal compte 365 colonies d\u2019abeilles, qui ont donné 11 tonnes de miel l\u2019an dernier.On pourrait vous raconter encore 1001 histoires d\u2019agriculture urbaine à Montréal et ailleurs.Ça n\u2019arrête pas.Et ça peut aller encore plus loin.On pourrait par exemple planter des arbres fruitiers et des plantes potagères plutôt que des arbres décoratifs comme le lilas.La Ville pourrait obliger les entreprises ou les institutions à aménager des toits verts \u2014 le Palais des congrès est en train de le faire sans même y être forcé ! Chaque espace vert en ville \u2014 bout de parc, bout de trottoir, devanture de résidences \u2014 peut devenir un potager.On voit de plus en plus apparaître des poivrons, des tomates et des concombres le long des pistes cyclables, dans l\u2019espace public.Et même des plantes pas tout à fait légales, mais ça, c\u2019est une autre histoire\u2026 Le Devoir LA RÉVOLUTION DE L\u2019AGRICULTURE URBAINE Jennifer Cockrall-King Traduit de l\u2019anglais par Geneviève Boulanger Écosociété Montréal, 2016, 328 pages La multiplication des légumes du bitume Un nouveau livre décrit la croissance exponentielle de l\u2019agriculture urbaine, y compris à Montréal JACQUES NADEAU LE DEVOIR Éric Duchemin, professeur associé à l\u2019UQAM, a contribué au livre de Jennifer Cockrall-King.On le voit ici sur l\u2019un des toits verts de l\u2019université.L\u2019agriculture urbaine est désormais prise au sérieux par des économistes, des entrepreneurs et des penseurs du monde entier, qui voient là un modèle d\u2019avenir peuple », souligne le jeune homme, qui se décrit comme « un socialiste libertarien, pas un qui s\u2019appuie sur l\u2019étatisme ».La peur est un sentiment très présent dans la campagne présidentielle.Selon des sondages Gallup et Associated Press, le quart des Américains ont peur de ce que pourrait donner une présidence Trump ou une présidence Clinton.« Clinton et Trump sont les candidats à la Maison-Blanche les moins aimés et les plus craints de l\u2019histoire des États-Unis », indique au Devoir Jeff Cohen, cofondateur de RootsAction, groupe militant à gauche du Parti démocrate.«Les jeunes et les progressistes en savent tellement sur Hillary Clinton et ses liens avec les milieux d\u2019af faires qu\u2019ils ne voient pas beaucoup de dif férence entre elle et Trump.Ils ont autant de mépris pour l\u2019un que pour l\u2019autre », observe M.Cohen qui, après avoir soutenu M.Sanders, «penche pour Jill Stein».Si Jill Stein est connue des progressistes, elle ne l\u2019est presque pas du reste des Américains.D\u2019après un sondage Reuters/Ipsos, 16 % seulement des électeurs les plus susceptibles d\u2019aller voter peuvent l\u2019identifier.La candidate des verts exige donc d\u2019être admise aux débats présidentiels télévisés.Avec Gary Johnson, elle a déposé une plainte contre la commission qui fixe les conditions d\u2019accès aux débats, un organisme contrôlé par les partis démocrate et républicain.À un mois du premier débat, Jill Stein est très en deçà du seuil de 15% d\u2019intentions de vote imposé par la commission.Une trouble-fête?Admise aux débats ou non, Jill Stein prend des voix à Hillary Clinton.Avant un scrutin présidentiel américain qui se joue à un tour, à la majorité simple et au niveau de chaque État en raison de l\u2019existence d\u2019un collège électoral, elle est traitée de « trouble-fête » (« spoiler ») par l\u2019entourage de la candidate démocrate.Mais les électeurs et militants de gauche interrogés par Le Devoir rejettent cette accusation.«Si Clinton perd lors d\u2019un scrutin serré, elle n\u2019aura qu\u2019elle-même à blâmer», prévient Jeff Cohen, le cofondateur de RootsAction.«En 2000, Al Gore prit comme colistier Joe Lieberman, l\u2019un des rares démocrates qui étaient encore plus centristes, va-t-en-guerre et proches des milieux financiers que lui, mais les démocrates ont blâmé Ralph Nader pour la victoire de George W.Bush, alors que c\u2019est Lieberman qui avait scellé la défaite de Gore», souligne M.Cohen.De son côté, Janette Sherman, la médecin retraitée qui entend écrire le nom de Bernie Sanders sur son bulletin de vote, estime que « le Parti démocrate n\u2019a qu\u2019à choisir de meilleurs candidats capables de mobiliser la gauche ».À l\u2019instar de nombreux Américains, les amis de Bernie se disent frustrés par l\u2019absence de choix électoral réel, les failles des candidats des deux grands partis et la futilité de leur vote.«Notre démocratie est un vrai gâchis.Trump et Clinton sont inacceptables », déplore ainsi Janette Sherman.« Clinton et Trump ne sont pas si dif férents que ça, ils peuvent tous deux causer des dégâts pour le pays et le monde », af firme Cam Cunningham, le jeune prof de musique de Chicago, avant d\u2019ajouter : «C\u2019est si déprimant de songer que Clinton, Trump et leurs partis sont jugés les seuls aptes à diriger notre pays ! » Dans cette ambiance, Jill Stein repousse les appels au vote utile du camp Clinton.« Hillary Clinton fait dans la politique de la peur en disant essentiellement aux électeurs de voter pour le candidat qu\u2019ils détestent le moins.Mais qu\u2019est-ce que ça nous a rapporté de voter pour le moindre mal ?» lance Jill Stein en exhortant les Américains à avoir « le courage de leurs convictions ».Collaboratrice Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 VERTS WIN MCNAMEE AFP Jill Stein est une médecin de 66 ans.qu\u2019il [le CA] m\u2019a parlé et dans quel contexte.» Pierre Ouellet aura donc relevé ce défi, tout comme Yves Lafrance, le p.-d.g.par intérim d\u2019IQ, qui est venu témoigner devant les parlementaires.Il faut dire que le ministre s\u2019était enferré en février, au moment de l\u2019annonce de l\u2019of fre publique d\u2019achat (OPA), amicale cette fois-ci, de Lowe\u2019s pour Rona.Il avait répété qu\u2019il n\u2019avait pas été au courant qu\u2019IQ avait vendu ses actions.On doit reconnaître à Jacques Daoust son opiniâtreté.«Une tête de cochon», résument certains.« J\u2019ai toujours dit la vérité », écrivait-il dans sa déclaration diffusée lors de sa démission la semaine dernière.« Je n\u2019avais pas été informé de l\u2019intention des administrateurs de vendre la participation d\u2019Investissement Québec », ajoutait-il.Notez bien la nuance : il parle maintenant de l\u2019intention et non pas de la décision.C\u2019est vrai, il n\u2019a pas été informé de leur intention, mais bien de leur décision.Comme ministre, Jacques Daoust avait d\u2019indéniables qualités : il s\u2019exprimait clairement, il possédait un esprit de synthèse, il était un excellent communicateur.Il a été remplacé par Laurent Lessard, dont les performances langagières sont à l\u2019autre bout du spectre.Les journalistes appréciaient Jacques Daoust parce qu\u2019il avait la langue bien pendue.Il s\u2019est en quelque sorte pendu avec.Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 DAOUST M O N I Q U E D U R A N D L e navire fait si peu de bruit et les eaux du golfe sont si calmes qu\u2019on ne sait plus si on est aux amar res ou si on les a larguées.Après la route de terre, lente et r ugueuse, voici la route de mer, lente et dansante.Je boucle la boucle de mon périple Québec-Labrador sur le Bella Desgagnés, qui remonte le golfe du Saint-Lau- rent à partir de Blanc-Sablon.Mon monstre de 4x4 est emballé dans un conteneur et voyage avec moi.Le Bella, comme on dit ici, est un bateau tout neuf et confortable, une espèce assez rare sur les eaux du globe parce qu\u2019il est propulsé au biodiésel.Il fait la navette du ravitaillement à partir de Rimouski vers les villages de la Basse-Côte-Nord.«J\u2019aime mieux livrer des tomates et des laitues que du pétrole », dit le capitaine Philippe Hé- mar t, un grand gaillard d\u2019origine bretonne, rompu à une navigation parfois difficile, l\u2019hiver tout spécialement, dans les échancrures de cette côte constellée d\u2019îles.Navire à fond plat, le Bella revendique des prouesses : il peut pivoter sur lui-même, progresser dans peu d\u2019eau, effleurer les paysages.Nous voici justement dans les fameux rigolets aux abords de Saint-Augustin, notre première escale.On peut presque toucher du doigt les îlots entre lesquels se faufile le bateau.Spectaculaire, tout simplement.La Basse-Côte-Nord vit tout entière au rythme de ce navire qui combine transport de marchandises et de passagers, unique lien avec le reste du monde pour plusieurs villages.« Le Bella est arrivé.» Cette seule petite phrase, on dirait, rassérène.Surmonté de grues, harnaché de conteneurs, il por te sur son dos des véhicules, des outils, des denrées fraîches, bref, tout le nécessaire de la vie.Et l\u2019été, des poissons et des crustacés que les pêcheurs lui confient pour être vendus sur les marchés des villes, trésor des jours de labeur.Le Bella Desgagnés est pour ainsi dire le principe vital de cette région du bout du monde.En plus d\u2019héberger une faune humaine bigarrée, venue d\u2019un peu partout.Adélard, comme sculpté dans la pierre Il est assis tout seul, à tribord, face à la côte.Le regard perdu dans l\u2019immensité.Adé- lard, 58 ans, est tout de suite repérable.À cause de son immobilité, alors que tout bouge sur le bateau.Les passagers vont d\u2019un pont à un autre, conversent entre eux, agitent leurs appareils photo.Pas Adé- lard, tout seul sur un long banc du navire, dehors, au grand vent, observant la rive, son pays, sa terre, sans bouger.Il a l\u2019air sculpté dans la pierre, comme celle de la côte au sol rocheux où il est né.Adélard Car touche vient d\u2019Unamen Shipi/La Romaine, une communauté d\u2019environ un millier de personnes, dont une large majorité d\u2019Innus.Il voyage fin seul.À partir d\u2019Una- men Shipi, il prend le large, trois ou quatre fois par année, soit vers l\u2019est, jusqu\u2019à Blanc-Sa- blon, soit vers l\u2019ouest, jusqu\u2019à Kégaska.« Juste pour faire un tour», dit-il.Ensuite, il revient chez lui, comme ça, tout bonnement.La nuit, il préfère dormir dans un fauteuil du 3e pont plutôt que de se prévaloir d\u2019une chambre à quatre lits que les résidants de la côte peuvent réser ver à moindre coût.Puis, on le voit, au petit matin, recouvrer son poste d\u2019observation et sa pose sculptée sur le long banc.Après Saint-Augus- tin, direction La Tabatière.Juste là, qu\u2019on embrasse du regard, une île, une maison, un homme qui pêche.«Ce sont des paysages qui me touchent à pleurer », confie Jacques La- chance, dont la découverte de la Basse-Côte-Nord fut une révélation et a orienté toute l\u2019existence.Il vit à Natashquan l\u2019été, à Rivière-au-Tonnerre l\u2019hiver.C\u2019est lui qui a fondé l\u2019agence de voyages Coste, une coopérative en tourisme équitable.Alors que les villages de la Basse-Côte se vident et que les jeunes ne trouvent plus de raison d\u2019y revenir, il voit dans le tourisme de niche un salut possible.«Les Européens voyagent en Europe du Nord.Pourquoi ne viendrions-nous pas, nous du Québec et de l\u2019Amérique, nous recueillir dans ce lieu de grandeur, d\u2019apaisement et de rencontre avec soi ?» Il voit loin.«Un jour, avec le réchauf fement climatique, on viendra se rafraîchir dans cette région.» Véronique Nolet, elle aussi, voit loin\u2026 sur la mer.Biologiste, spécialiste de l\u2019habitat marin à l\u2019Alliance ver te, un programme de certification environnementale pour l\u2019industrie maritime, elle est venue former tout l\u2019équipage, de la timonerie jusqu\u2019au personnel d\u2019entretien, à l\u2019observation des baleines et à la collecte d\u2019informations les concernant.Vous vous demandez pourquoi ?Pour mieux connaître, grâce à ces obser vateurs, le parcours des baleines, afin de pouvoir influencer le parcours des navires.« La marine marchande a un impact important sur les mammifères marins », explique-t-elle.Outre les possibilités de collision, le bruit généré par les navires est un facteur de stress et par fois de mortalité.«Nous visons à améliorer les pratiques des navigateurs, en les encourageant, par exemple, à contourner des zones à risques ou à y ralentir.» Véronique réside à Lévis, face au fleuve.«Je suis de la génération de La grenouille et la baleine.J\u2019ai grandi dans l\u2019imaginaire de ces grands cétacés mystérieux.» Un village coupé du monde Il y a une bande de jeunes à bord du Bella, sac au dos, goût de l\u2019aventure en bandoulière.Bénédicte et Julien résident à Sept-Îles.Ils voient toute la Basse-Côte, et même au-delà, dans les yeux l\u2019un de l\u2019autre, amoureux, impatients de mettre pied à terre à chaque escale pour se bécoter encore et crier leur joie d\u2019être en vie.Accostage à La Tabatière, seconde escale, un village coupé du monde.Isidore Wil- cott monte sur le navire en même temps que son véhicule, en partance pour son long périple annuel dans les Maritimes.Il a envie de rouler jusqu\u2019à plus soif.«Chez nous, il n\u2019y a que neuf kilomètres de route», dit-il, l\u2019œil rieur.Il sort de sa poche une feuille où sont alignés, manuscrits, les noms des hôtels où il s\u2019ar rêtera.« J\u2019embarquerai sur sept traversiers durant mon voyage ! » Comme le font tant de résidants de la Basse-Côte, Isidore est allé travailler dans l\u2019Ouest, comme ouvrier de la construction.Il y est resté 39 ans, avec un seul rêve : rentrer un jour chez lui, à La Tabatière.Il est enfin rentré.L\u2019isolement ?Il en a fait son allié.« Quand j\u2019étais petit, on était un village isolé.Maintenant que j\u2019ai 76 ans, on est encore isolé.» Le bruit se répand comme une traînée de poudre chez les croisiéristes : au menu, ce soir, du chef Carl Parisée, talentueux maître des fourneaux à bord, du homard de La Tabatière, frais sorti de l\u2019eau.Alléluia ! La salle à manger du Bella se couvre de tabliers blancs et d\u2019adorateurs du crustacé.Le bonheur court de table en table et de pinces tendres en pattes juteuses.Avec, dans les larges baies vitrées, le soir qui penche dans une lumière divine.Entre la vue, le goût et l\u2019odorat, on ne sait plus où donner de la passion.Les touristes viendront sur la Basse-Côte pour les yeux, bien sûr, admirer Tête-à- la-Baleine et son île Providence, Harrington Harbour et sa Grande Séduction, Kégaska et son sable blanc, mais ils y viendront aussi pour le ventre, pense le chef Parisée.Fin de ma route de mer.Je descends du Bella Desgagnés dans la nuit de Natashquan, en regarde longuement les feux s\u2019éloigner dans l\u2019horizon d\u2019encre.Je revois mon périple en un éclair, depuis le miel des aubes d\u2019Uapishka jusqu\u2019aux icebergs de l\u2019Anse-au-Clair et de Blanc-Sablon.Quelques visages aussi, rencontrés au hasard de mon chemin.Surtout, surtout, la route, interminable, inoubliable, au soleil ou sous la pluie, ef frayante et attachante.389, 500, 510, on en voudrait encore.Le bout de la terre ne sera jamais trop loin.Le vent de Natashquan est si doux qu\u2019on s\u2019enroulerait dedans.C\u2019est l\u2019été ici.J\u2019avais oublié qu\u2019excepté au Labrador, c\u2019est l\u2019été.Demain, il restera 700 kilomètres de route à faire pour gagner Baie-Comeau et refermer ma grande boucle.700 kilomètres ?Et asphaltés ?Ce n\u2019est rien ! Collaboratrice Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A O Û T 2 0 1 6 P E R S P E C T I V E S B 3 Sur la Basse-Côte-Nord, on peut rejoindre Blanc-Sablon en faisant un énorme arc de cercle par le Nord québécois et le Labrador terre-neuvien.Le Devoir a fait le long périple et bouclé la boucle de Baie-Comeau à Baie-Comeau, une distance de près de 3000 kilomètres, d\u2019abord par la route, puis en bateau sur le golfe du Saint-Laurent.Compte rendu d\u2019un voyage insolite et fascinant dans l\u2019immensité sauvage.Dernier de huit articles.CARNET DE VOYAGE \u2013 SUR LA ROUTE QUÉBEC-LABRADOR Après la terre, la mer PHOTOS MONIQUE DURAND Sur la photo du haut, Harrington Harbour, ce village de la Basse-Côte-Nord rendu célèbre grâce au film La grande séduction.Ci-dessus, l\u2019arrivée du Bella Desgagnés à Blanc-Sablon et ci-dessous, Adélard Cartouche, d\u2019Unamen Shipi/La Romaine, aux côtés de Véronique Nolin, biologiste et spécialiste de l\u2019habitat marin à l\u2019Alliance verte.LE DEVOIR Le Bella Desgagnés est pour ainsi dire le principe vital de cette région du bout du monde L\u2019ex-ministre Jacques Daoust savait qu\u2019Investissement Québec allait vendre le bloc d\u2019actions qu\u2019il détenait dans Rona.Aujourd\u2019hui, il l\u2019avoue.Il a donc menti.Pour ce cafouillage, il a dû démissionner.Mais cette af faire met aussi en cause le jugement du premier ministre lui-même.ous le reconnaissent : Rona serait passée aux mains de Lowe\u2019s même si Investissement Québec (IQ) avait toujours en main le bloc de 10 % d\u2019actions acheté lors de la première tentative d\u2019acquisition, en 2012, mais revendu sans tambour ni trompette en 2014.La raison tient évidemment au fait que la dernière offre, contrairement à celle de 2012, a été bien accueillie par les administrateurs et les actionnaires de Rona.Même la Caisse de dépôt l\u2019a jugée acceptable compte tenu du contexte très concurrentiel dans lequel Rona était appelée à combattre au cours des prochaines années.De son côté, Investissement Québec a cru dès 2014 que le temps était venu de revendre son bloc d\u2019actions en interprétant que Rona ne faisait plus par tie des préoccupations du gouvernement.Ce qui dérange dans cet enchaînement de faits, ce n\u2019est pas qu\u2019IQ ait agi comme il l\u2019a fait, mais que personne au gouvernement ne se soit même demandé, en 2014, s\u2019il ne valait pas mieux conserver les actions de Rona.Même au conseil d\u2019IQ, la question s\u2019est plutôt posée en termes de risque ?nancier de détenir autant d\u2019actions d\u2019une société publique, et la décision de vendre fut prise alors que le sujet n\u2019apparaissait pas à l\u2019ordre du jour, a-t-on appris cette semaine.Une fois cette décision prise, on a consulté le ministre, mais celui-ci maintient n\u2019avoir jamais donné son accord parce qu\u2019il n\u2019avait pas à le faire.Quant au premier ministre, il n\u2019aurait pas été consulté, ce qui est tout de même incroyable compte tenu de l\u2019importance politique du dossier Rona au cours des années précédentes.De deux choses l\u2019une : ou le premier ministre savait et il a donné son accord, comme le soutient l\u2019opposition qui demande à entendre son chef de cabinet en commission parlementaire.Dans ce cas, il faudra conclure que M.Couillard n\u2019a pas dit la vérité.Ou le premier ministre n\u2019a pas été informé des intentions d\u2019IQ, comme il l\u2019af?rme, et cela est aussi inquiétant.Techniquement, le conseil d\u2019administration d\u2019IQ n\u2019avait pas à obtenir l\u2019autorisation du ministre ou du premier ministre puisque les actions avaient été acquises à même les « fonds propres » de l\u2019organisme.En revanche, IQ se devait de consulter en haut lieu étant donné la teneur éminemment politique de l\u2019achat initial.D\u2019ailleurs, les membres du conseil l\u2019ont compris puisqu\u2019ils ont inscrit la mention « sous réserve de la consultation préalable du ministre» dans la résolution prévoyant la vente des actions.Et ce qu\u2019ils ont fait, comme le chef de cabinet du ministre Daoust, Pierre Ouellet, l\u2019a reconnu.M.Daoust aurait même commenté la décision d\u2019IQ en disant : ils vivront avec les conséquences.Comment peut-on se laver les mains de la sorte quand on est ministre responsable ?Voilà qui force à s\u2019interroger sur la cohérence de ce gouvernement en matière d\u2019inter vention économique.Rona n\u2019est évidemment pas une entreprise que l\u2019on quali?e- rait de stratégique justi?ant une intervention d\u2019exception.Mais on peut tout de même s\u2019inquiéter de la perte éventuelle d\u2019un autre siège social malgré les promesses de l\u2019acquéreur.La vente de Provigo est là pour nous le rappeler.Si l\u2019on ne doit donc pas s\u2019attendre à ce que l\u2019État intervienne lourdement lors de transactions commerciales entre parties consentantes, il faut tout de même se demander ce que le gouvernement Couillard attend pour adopter certaines des mesures préventives qui ont été proposées il y a plus de deux ans par le Groupe de travail sur la protection des entreprises québécoises.M.Couillard aime répéter que nous vivons dans une économie ouverte où les CGI et Couche-Tard réussissent très bien.Cela ne nous empêche pas d\u2019être inquiets devant le risque appréhendé d\u2019assister, impuissants, au dépar t de sièges sociaux stratégiques comme ceux de SNC-Lavalin, de CAE ou de CGI.A-t-on réfléchi à cette éventualité ?Si oui, qu\u2019attend-on pour agir ?L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A O Û T 2 0 1 6 B 4 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N P I E R R E - A N D R É J U L I E N Professeur émérite P our Philippe Couillard, la vente de Rona peut très bien se comparer à l\u2019achat d\u2019environ 2000 dépanneurs canadiens et américains de CST Brand par Couche-Tard, achat, si les autorités anti-cartels l\u2019approuvent, qui fera de cette firme une des plus importantes chaînes de ce type de commerce en Amérique.Il oublie toutefois que ces échanges se produisent dans deux économies non comparables, soit l\u2019économie américaine, qui repose sur un produit intérieur brut de près de 20 000 milliards de dollars, avec des milliers de grandes entreprises du genre de Rona ou de Couche-Tard, et l\u2019économie québécoise, qui ne vaut que 400 milliards de dollars, soit 50 fois moins, et avec très peu d\u2019entreprises de cette taille et dispersées un peu partout sur le territoire.La source de la difficulté pour ce gouvernement à ne pas comprendre cette différence fondamentale est qu\u2019il en est toujours à la vieille théorie économique où l\u2019on croit que chaque entreprise évolue dans un monde de concurrence dans lequel ses destinées relèvent avant tout du génie de sa direction.Alors que dans la réalité le développement de toute entreprise repose sur le dynamisme non seulement des autres entreprises avec qui elle fait affaire, soit en aval ses fournisseurs et ses équipementiers ou en amont ses transpor teurs et ses distributeurs, mais aussi de tous les autres acteurs économiques autour d\u2019elle.Comme des investisseurs locaux pour soutenir une nouvelle expansion, mais aussi comme l\u2019école pour lui fournir une main-d\u2019œuvre ayant suivi des programmes plus adaptés à ses besoins et à ceux d\u2019autres firmes de la région, le centre de recherche du cégep pour l\u2019aider à développer un nouveau produit, un spécialiste local en informatique pour mettre à jour son système de gestion des opérations, etc.Et cette interdépendance est encore plus vraie en région, où les PME ne sauraient être créées et se développer sans les réseaux favorisant les échanges d\u2019information sur les changements dans l\u2019économie et comment y faire face sans le capital social facilitant les affaires.Capital social offrant, par exemple, le prêt d\u2019un designer lorsque celui de l\u2019entreprise est malade, l\u2019utilisation d\u2019une partie de l\u2019entrepôt de l\u2019usine voisine en attendant l\u2019agrandissement en cours, ou encore des règles de jeu favorables, comme l\u2019obligation morale de favoriser la sous-traitance régionale avant d\u2019aller à l\u2019extérieur.Cela s\u2019appelle la force du tissu industriel régional, quand les fils ou les liens entre tous ces acteurs sont forts, et sa faiblesse quand plusieurs liens disparaissent avec l\u2019arrivée de gérants peu ou pas impliqués dans ce tissu social.Comme ce sera rapidement le cas avec la vente de Rona ou des Rôtisseries St-Hubert, faisant en sorte que les réseaux informationnels sont moins efficaces et les solutions, quand un problème important survient, moins rapides sinon trop coûteuses.D\u2019ailleurs, dans ces derniers cas, c\u2019est encore pire, car ce sont des acheteurs de milliers de produits fabriqués au Québec pour leurs magasins, achats qui vont nécessairement décliner malgré toutes les promesses faites, comme ce fut le cas dès la deuxième année avec la vente de Provigo à Loblaws.Prenons comme exemple le cas d\u2019un fournisseur québécois de Rona en clous, vis et autres produits de construction et de rénovation.Même si un des représentants de cette firme d\u2019une centaine d\u2019employés a affirmé que cela ne devrait pas les toucher, il est assuré que les importations de produits de construction, notamment de bois, provenant des grandes scieries de la Colombie-Britannique où Lowe\u2019s est implantée depuis des décennies, finiront par être complétées par des boîtes de vis et de clous produits là-bas, profitant des économies d\u2019échelle.Ce qui va ne laisser à ce fournisseur qu\u2019un marché résiduel pour les magasins d\u2019ici, par exemple à cause de certains retards des livraisons colombiennes.Or ce fournisseur joue un rôle majeur dans le tissu industriel de sa région en participant à plusieurs comités et associations économiques, en favorisant la création de nouveaux programmes de formation dans les écoles secondaires et en stimulant l\u2019innovation dans la région en tant que « champion » à suivre pour les autres entreprises.Toutes nos études à l\u2019OCDE ont démontré l\u2019importance de ce tissu industriel, ou ce qu\u2019on appelle l\u2019écosystème, comprenant aussi toutes sortes de fournisseurs et d\u2019acteurs économiques favorisant le dynamisme entrepreneurial partagé.Ce qui veut dire que même si dix Québécois achetaient une entreprise américaine dans les années à venir, cela n\u2019aurait à peu près aucun effet négatif sur l\u2019économie américaine à l\u2019encontre de la vente de dix entreprises québécoises à des Américains.En d\u2019autres mots, chaque fois que nous perdons nos sièges sociaux, nous perdons aussi des liens complexes et multiples expliquant le dynamisme des entreprises dans plusieurs régions.Ce qui ne peut qu\u2019af faiblir systématiquement notre économie.M.Couillard, Couche-Tard ne compense pas la perte de Rona FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET RONA L\u2019indifférence coupable T JEAN-ROBERT SANSFAÇON Ces élèves qui ont des besoins particuliers Concernant les ser vices aux enfants québécois avec des besoins particuliers, le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a raison quand il déclare : «On peut faire mieux [Le Devoir, 20 août 2016].» Il a aussi tout à fait raison lorsqu\u2019il soutient qu\u2019un taux de diplomation de 45 % pour les élèves avec des besoins particuliers «n\u2019est pas acceptable».Cela dit, les méthodes pour repérer les «Une deuxième ministre dans l\u2019eau chaude » En référence à l\u2019article Une deuxième ministre dans l\u2019eau chaude de Mélanie Marquis (par La Presse canadienne), paru le 24 août dans Le Devoir, à propos des frais de photographie de la ministre McKenna Sincèrement, cela me désole de voir qu\u2019un média tel que Le Devoir tombe dans ce genre de nouvelle pour susciter des réactions ou des clics de la population qui ne prend pas le temps d\u2019analyser les faits.En réalité, comment peut-elle le faire si les journalistes ne le font pas eux- mêmes ?Ce genre d\u2019article ne fait qu\u2019encourager un certain mépris et une dévaluation du métier de photographe.C\u2019est d\u2019autant plus fâchant dans un contexte où il s\u2019agit d\u2019une profession qui éprouve déjà des difficultés dues à un marché miné par l\u2019omniprésence d\u2019amateurs.Le coût payé pour ce mandat est loin d\u2019être déraisonnable.Combien coûte le taux horaire d\u2019un plombier, électricien, avocat, etc.?Le photographe est aussi un professionnel offrant un service spécialisé et personnalisé.De plus, il s\u2019agit d\u2019un mandat lors d\u2019un événement de plusieurs jours (deux semaines, pour être plus précis) et à vocation commerciale.Ce genre de photos pourrait même être sujet à des licences de droits d\u2019auteur selon les utilisations.Vous devriez être bien placé pour connaître la valeur d\u2019une photo.Que l\u2019on critique le choix d\u2019un ministre d\u2019utiliser une limousine plutôt qu\u2019une berline, je peux comprendre, car il s\u2019agit d\u2019un choix personnel optant pour du luxe sur le dos des contribuables, mais dans le cas présent, il s\u2019agit tout simplement d\u2019un mandat pour récolter du matériel promotionnel personnalisé.Ce qui, soit dit en passant, était fort probablement judicieux considérant la position adoptée sur l\u2019environnement sous l\u2019ancien gouvernement conser va- teur.Bref, en tant qu\u2019ancien vice-président de l\u2019association Photographes professionnels du Québec, je me devais de vous faire part de ma déception quant à votre récupération, qui encourage un mépris de ma profession et de celle de mes confrères, que ce soit ici au Québec, au Canada ou ailleurs dans le monde.Michaël Drapeau Le 26 août 2016 enfants avec des troubles d\u2019apprentissage se sont af finées.Par conséquent, on dénombre de plus en plus d\u2019élèves qui ont besoin d\u2019une aide particulière \u2014 et celle- ci coûte cher.Mis à part la « réforme du financement » et le sujet de « l\u2019intervention précoce », qui feront l\u2019objet d\u2019un sommet en automne, il faudrait se pencher sur une autre idée qui aiderait grandement : réduire la taille des classes.Depuis plusieurs années, le système d\u2019éducation public du Québec est aux prises avec un nombre important d\u2019élèves par classe.Des centaines de milliers de dollars sont dépensées annuellement en salaire de professeurs pour des salles de classe saturées.Il s\u2019agit d\u2019une situation pour le moins troublante.Les professeurs réclament des classes de taille raisonnable, car il existe une corrélation entre le nombre d\u2019élèves par classe et la réussite scolaire.Les études démontrent que des classes plus petites sont synonymes de baisse du taux d\u2019absentéisme et de décrochage scolaire.On remarque également que dans de telles conditions, les enfants issus de milieux moins aisés réussissent aussi bien que leurs camarades plus fortunés.Le Québec devrait investir dans un plan de réduction de la taille des classes.À long terme, une telle mesure serait bénéfique pour la société québécoise.Chris Eustace, professeur à la retraite Montréal, le 26 août 2016 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A O Û T 2 0 1 6 B 5 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.B R I A N M Y L E S Directeur, Le Devoir ans le cadre des audiences sur le renouvellement de la politique culturelle, Le Devoir a revendiqué un soutien ciblé de l\u2019État, n\u2019excédant pas cinq ans, pour aider les médias imprimés à développer de nouvelles stratégies d\u2019affaires et de nouvelles plateformes numériques.Il y a urgence d\u2019agir pour soutenir ces médias, dont la contribution au rayonnement de la culture québécoise est indéniable.Extraits.Dans la chaîne de diffusion des contenus culturels, Le Devoir est un maillon important qui permet la rencontre d\u2019un créateur avec son public.Combien de médias au Québec peuvent se targuer de couvrir les arts visuels, la musique classique, le rock, la musique émergente francophone, le théâtre, le théâtre jeunesse, les arts contemporains, le cinéma, la littérature sous toutes ses formes?Les contenus informatifs et critiques du Devoir permettent à la fois aux artistes de se faire connaître et au public de poser un jugement éclairé sur la diversité et la qualité de l\u2019offre culturelle au Québec.Il nous apparaît important que la prochaine politique culturelle du Québec tienne compte de ce rôle essentiel.Le Devoir fait sienne l\u2019idée selon laquelle la culture est « le miroir de ce que nous sommes ».Ce miroir perdra de son lustre si les médias québécois, à court de ressources, ne parviennent plus à jouer leur rôle dans la transmission et le partage des contenus culturels québécois.En d\u2019autres mots, il faut considérer que l\u2019écosystème culturel est indissociable de l\u2019écosystème médiatique, à plus forte raison dans une ère où la révolution numérique chamboule les fondements de l\u2019un et de l\u2019autre.Si l\u2019État est sérieux dans son intention de renouveler son engagement pour soutenir la culture, il doit porter une attention particulière aux médias.La visibilité et la « découvrabilité » des artistes et des entreprises culturelles dans l\u2019espace numérique, particulièrement celles francophones, nécessitent la présence de médias nationaux en bonne santé.Un contexte dif ficile Comme tous les médias traditionnels, Le Devoir subit la concurrence des conglomérats transfrontaliers tels que Google, Apple, Facebook et Amazon sur les marchés publicitaires numériques.Au Canada, les revenus publicitaires des quotidiens imprimés ont diminué de 30 % en dix ans, selon Journaux Canada.La situation est semblable au Québec.Il ne s\u2019agit pas d\u2019un problème relatif à la qualité de l\u2019information, ni à la gestion financière des quotidiens.Leur modèle d\u2019affaires est sérieusement ébranlé par la révolution numérique.Même s\u2018ils ont accru leur présence dans l\u2019univers numérique par le développement de sites Internet, d\u2019applications pour la tablette ou le téléphone intelligent, les médias ne récoltent que des miettes en publicité numérique.Le Devoir n\u2019est pas la seule organisation à formuler ce constat et à en arriver à demander une aide transitoire de l\u2019État pour affronter les défis des cinq prochaines années.La Fédération nationale des communications (FNC-CSN) et les représentants patronaux du Groupe Capitales Médias, TC Média, Hebdo Québec sont aussi d\u2019accord avec le principe d\u2019une aide de l\u2019État pour aider la presse.Le mémoire produit pour le compte de la FNC par la firme MCE Conseils donne un aperçu rigoureux des mesures potentielles d\u2019aide à la presse.Ce rapport est instructif à plus d\u2019un égard.Ainsi, MCE Conseils relève que le Québec et le Canada sont les nations qui aident le moins la presse écrite dans le monde occidental.La presse écrite québécoise reçoit en moyenne 3 $ par habitant, soit la moitié moins qu\u2019aux États-Unis (5,83 $ par habitant), pays de la non-intervention étatique par excellence.À titre indicatif, le palmarès des pays qui soutiennent le mieux la presse écrite comprend la Finlande (92,23 $ par habitant), la Norvège (57,65 $ par habitant) et la Suède (35,67 $ par habitant).Une taxe injuste À défaut d\u2019aider la presse écrite, directement ou indirectement, l\u2019État pourrait au moins éviter de lui nuire, notamment avec une taxe régressive comme celle sur le recyclage.Au fur et à mesure que les journaux imprimés disparaissent ou se convertissent au numérique, les joueurs restants sont contraints d\u2019assumer une facture plus élevée pour le recyclage.À titre indicatif, la quote-part versée par Le Devoir a connu une augmentation de 1806% entre 2010 et 2015! Les lecteurs qui sont encore attachés à l\u2019édition imprimée d\u2019un journal ne devraient pas être pénalisés par des taxes régressives frappant indûment des médias déjà mis à l\u2019épreuve par la révolution numérique.Par ailleurs, Le Devoir ne peut concevoir la nouvelle tendance en matière de placement publicitaire du gouvernement du Québec.En investissant davantage en programmatique, l\u2019État rejoint des masses d\u2019utilisateurs des médias sociaux, à faible coût, mais il contribue de ce fait à enrichir les conglomérats transfrontaliers qui ne créent pas de richesse ni d\u2019emploi au Québec.Il est plutôt inquiétant de constater que les budgets publicitaires de l\u2019État, constitués à même les taxes et les impôts des Québécois, bénéficient de plus en plus à des entreprises étrangères.Ces pratiques ont un effet déstructurant sur l\u2019industrie des médias, et elles contribuent à fragiliser davantage des entreprises qui peinent à effectuer un virage numérique.L\u2019État devrait adopter une politique de placement publicitaire éthique afin de privilégier les médias qui possèdent un siège social au Québec et qui contribuent à la création d\u2019emplois chez nous.Ces médias ont tous entrepris leur virage numérique, et ils possèdent des plateformes sur le Web, le mobile et la tablette qui conviendraient aux besoins de placement et de v is ib i l ité des min istères et agences gouvernementales.Une aide possible Le monde des médias est en mutation, et il ne viendrait à l\u2019esprit d\u2019aucun patron de presse de demander une aide permanente de l\u2019État.Dans le contexte actuel, l\u2019État doit comprendre que le statu quo n\u2019est pas une option.À ce jour, plus de 30 journaux imprimés ont disparu au Québec, principalement en région.Selon les données colligées par MCE Conseils, le secteur de la presse écrite a perdu 10,9% de sa main-d\u2019œuvre dans les trois dernières années.Ces pertes d\u2019emploi ont entraîné des pertes de quelque 33 millions en recettes fiscales pour l\u2019État, dont 21,6 millions en 2015 seulement.Ces emplois sont à jamais perdus : ils n\u2019ont pas été recréés dans les médias socionumériques en émergence.Il ne s\u2019agit pas de donner à l\u2019État un droit de regard ou d\u2019influence sur les contenus, mais de donner un peu d\u2019oxygène aux médias d\u2019information qui cherchent à compléter leur virage numérique.De nombreuses entreprises dans l\u2019industrie culturelle bénéficient déjà d\u2019une aide étatique.Le livre bénéficie d\u2019une exemption de la TVQ, la production télévisuelle et cinématographique repose sur les crédits d\u2019impôt, la création artistique est subventionnée par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), et ainsi de suite.Les contenus produits grâce aux crédits d\u2019impôt et aux subventions ne perdent pas de leur pertinence et de leur indépendance même s\u2019ils ont bénéficié d\u2019un soutien étatique.L\u2019urgence d\u2019agir Si l\u2019État s\u2019en tient à des critères quantitatifs pour élaborer des mesures d\u2019aide à la presse (tirage, taux de pénétration, masse salariale, etc.) et qu\u2019il résiste à la tentation de faire une appréciation qualitative des contenus, la nécessaire séparation entre l\u2019État et les médias sera préservée.Sans un sérieux coup de barre, les médias écrits seront forcés de faire des choix déchirants au cours des prochaines années, et certains d\u2019entre eux ne seront pas en mesure de maintenir leur offre.Le tarissement des sources d\u2019information et de la diversité des voix sera délétère pour le Québec, où la concentration de la presse est déjà très forte.Les médias écrits donnent une voix, un visage, une existence à ce projet collectif qu\u2019est le Québec, ne l\u2019oublions pas.Le Devoir RENOUVELLEMENT DE LA POLITIQUE CULTURELLE Des médias nationaux en santé sont essentiels au rayonnement de la culture québécoise L\u2019État doit intervenir pour aider les médias écrits comme Le Devoir à relever les défis du passage au numérique D PEDRO RUIZ LE DEVOIR « Si l\u2019État est sérieux dans son intention de renouveler son engagement pour soutenir la culture, il doit porter une attention particulière aux médias », affirme le directeur du Devoir, Brian Myles, présent vendredi lors des consultations publiques sur le renouvellement de la politique culturelle du Québec.1.La politique culturelle doit accorder une attention particulière aux médias et reconnaître leur rôle distinctif et essentiel dans la chaîne de diffusion de la culture québécoise.En conséquence, les médias qui investissent dans la couverture de la culture doivent bénéficier de programmes de subventions de la part des institutions étatiques pour développer des contenus.2.Création d\u2019un programme de subvention et/ou crédit d\u2019impôt sur la masse salariale des entreprises de presse écrite déjà établies couvrant 50 % des coûts de production de l\u2019information (salaires des journalistes, masse salariale liée à la mise en page du journal et frais de reportage).3.Création d\u2019un programme de subvention et/ou crédit d\u2019impôt couvrant 50 % des investissements numériques (acquisition de logiciels spécialisés, création d\u2019application).4.Exemption de la taxe de recyclage pour les médias écrits québécois.5.Abolition de la TVQ sur les journaux.6.Création d\u2019un crédit d\u2019impôt à la distribution rurale et aux frais d\u2019envoi postaux.7.Augmentation significative du placement publicitaire de l\u2019État dans les journaux québécois.8.Le Centre des services partagés du Québec (CSPQ) doit créer et mettre à jour un registre public des dépenses publicitaires globales des ministères, organismes et sociétés d\u2019État, dans la mesure du possible.Ce registre doit minimalement permettre de distinguer la proportion des dépenses publicitaires faites dans les médias québécois et dans les médias étrangers, et de suivre leur évolution dans le temps.9.Instauration d\u2019un crédit d\u2019impôt aux particuliers pour les dons aux entreprises de presse indépendantes, sous l\u2019égide du ministère de la Culture et des Communications et le Secrétariat du Conseil du trésor.Les neuf recommandations du Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 7 E T D I M A N C H E 2 8 A O Û T 2 0 1 6 B 6 Chaque samedi pendant la saison estivale, et pour une huitième année, les lecteurs peuvent mettre leurs connaissances à l\u2019épreuve, et surtout leur patience, en se livrant aux jeux préparés par notre collaborateur Michel Roy, professeur à la retraite.En règle générale, les amateurs de mots croisés retrouveront aussi leur passe-temps favori dans cette page.S O L U T I O N S V O Y E L L E S A B S E N T E S : 1 .C o r d i a l e 2 .H y p o c r i t e 3 .C o r b e a u 4 .M a r s o u i n 5 .L a ï q u e 6 .H o u i l l e 7 .T r o p i q u e 8 .N a r q u o i s N O M S C O M P O S É S : 1 F , 2 H , 3 C , 4 J , 5 G , 6 A , 7 B , 8 E , 9 I , 1 0 D C O N S O N N E D O U B L E : 1 .F F : c o f f r e , t r u f f e , e f ?g i e 2 .L L : e l l i p s e , h e l l o , c a i l l o t 3 .M M : s o m m i e r , g o m m e , d o m m a g e 4 .N N : c o n n u , t o n n e , h o n n i 5 .P P : a p p o r t , n i p p e s , g r a p p e T R I P L E A M P U T A T I O N : 1 .E : P O É T E S S E 2 .I : P R I M I T I F 3 .O : C O M M O T I O N 4 .A : A L G A R A D E 5 .S : C A S S I S 6 .T : T A N T I N E T 7 .R : B A R R U R E 8 .P : P E P P E R M I N T A C T I O N D E .: 1 .T u e r i e 2 .S u r s i s 3 .R e f o n t e 4 .R é c e p t i o n 5 .R é t e n t i o n 6 .R i g o l a d e 7 .O n c t i o n 8 .A s p e r s i o n 9 .T r a c t i o n 1 0 .T i t r a g e Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 311 Horizontalement I.Tribulations.II.Rénovateur.III.Anti.Collant.IV.Neutron.Ecot.V.Bannes.Lui.VI.Ides.Isolées.VII.ter.Eq.Râ.VIII.Il.Sous-titré.IX.Occase.Our.X.Non-inscrites.Verticalement 1.transition.2.René.Delco.3.Intuber.Cn.4.Boitas.Saï.5.Uv.Rn.Eosn.6.Laconiques.7.Atones.8.Tel.Sortir.9.Iule.Lai.10.Oracle.Tôt.11.Noue.Rue.12.Sottisiers.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 311 1.Travail au noir dans la presse.2.Fait appel.Découverts quand la mer se retire.3.Manque total de compétences.Appréciation en marge.4.Avancée dans les rangs ennemis.Isthme de Thaïlande.5.Fait le ménage à l\u2019intérieur.Au cœur du Loiret.6.Mettre à nu.7.Travaille dur.Ne voulait pas prendre l\u2019art au sérieux.8.En fuite.Serrés pour être plus forts.9.Protections.10.N\u2019a pas beaucoup de sens artistique.11.Se fait voir à la nuit tombée.Blessée à l\u2019intérieur.12.Tournés en dehors du studio.I.Suivi en permanence, il lui arrive même d\u2019être poursuivi.II.Interdit.Ne mènera à rien.III.Agiles et rapides.D\u2019un auxiliaire.IV.Personnel.Franchie d\u2019un bond.V.En dérangement.Au bout du rivage.VI.Qu\u2019il va falloir reprendre.Des petits grains qui font envies.VII.Ses blancs font des bulles.Que l\u2019on ne pourra pas prendre au sérieux.VIII.Du cuivre dans la poche des romains.Se tient éloigné des ordres.Au centre de la luxure.IX.Trois plans pour faire bonne figure.Plusieurs fois dans l\u2019erreur.X.Gênées aux entournures.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI MOTS CROISÉS SUDOKU ACTION DE\u2026 Comment désigne-t-on l\u2019action de: EXEMPLE : APPROUVER = APPROBATION Tuer Surseoir Refondre Recevoir Retenir Rigoler Oindre Asperger Tirer Titre 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 CONSONNE DOUBLE Ici, il faut trouver la consonne double (SS, LL, NN, RR, ou autre) qui a été retirée dans les trois groupes de lettres suivants : EXEMPLE : BEE, VIE ET TUE.LA RÉPONSE EST LL, CE QUI DONNE LES TROIS MOTS BELLE, VILLE ET TULLE CORE = TRUE + = EIGIE = EIPSE = HEO + = CAIOT = SOIER = GOE + = DOAGE = COU = TOE + = HOI = AORT = NIES + = GRAE = 1 2 3 4 5 NOMS COMPOSÉS Associez un élément (1 à 12, colonne de gauche) à un autre élément (A à L, colonne de droite), de façon à former douze noms composés.1 chef- A de-nonne 2 haut- B de-bœuf 3 patte- C d\u2019oie 4 col- D de-vin 5 queue- E de-gris 6 pet- F d\u2019œuvre 7 œil- G de-cheval 8 vert- H de-forme 9 vesse- I de-loup 10 pot- J de-cygne TRIPLE AMPUTATION Voici ce qui reste de huit mots dont chacun a été amputé de trois lettres identiques.Ces lettres sont, par ordre alphabétique : A, E, I, O, P, R, S et T Il s\u2019agit de replacer chacune de ces lettres (triples) dans les mots suivants pour en découvrir le sens.Exemple : CSMLGIE.La lettre manquante est ici le «O», qui permet de découvrir le mot COSMOLOGIE.Si la première lettre du mot amputé est soulignée, cela indique que le mot commence par cette lettre.1 POTSS 2 PRMTF 3 CMMTIN 4 LGRDE 5 CAI 6 ANINE 7 BAUE 8 EERMINT VOYELLES ABSENTES On vous donne 8 mots (colonne de gauche, à la verticale) qui ont tous été amputés de 4 voyelles différentes.Ces 4 voyelles sont inscrites, en ordre alphabétique, pour chacun des mots, dans la 2e colonne.En?n, les lettres soulignées (colonne de gauche) sont là pour indiquer qu\u2019elles sont des lettres initiales.À la lumière de ces renseignements, vous devriez découvrir le pot aux roses.MOTS AMPUTÉS VOYELLES (EN ORDRE ALPHABÉTIQUE) 1 CRDL (A, E, I, O) 2 HPCRT (E, I, O, Y) 3 CRB (A, E, O, U) 4 MRSN (A, I, O, U) 5 LQ (A, E, I, U) 6 HLL (E, I, O, U) 7 TRPQ (E, I, O, U) 8 NRQS (A, I, O, U) JEUX DE MOTS "]
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