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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-08-06, Collections de BAnQ.

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[" Plaisirs \u203a Sans réserves.Les autochtones se réapproprient leurs produits touristiques.Page D 1 Le goût des autres \u203a Samuel Archibald relit Anne Hébert à l\u2019occasion de son centième anniversaire de naissance.Page D 1 Avis légaux.C 6 Carrières .C 3 Décès.C 4 Mots croisés.B 6 Petites annonces .C 4 Sudoku.B 6 V O L .C V I I N o 1 7 6 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m 50 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 MONTRÉAL 514-231-8677 LAVAL 450-627-3716 LONGUEUIL 450-445-9829 .CA Certifié 5 Étoiles® TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES HORIZONTAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX ESTIMATION GRATUITE 1 855 770-8677 OPAQUES TRANSLUCIDES SOLAIRES MOTORISATION DISPONIBLE Claude Bouchard Québec, Lévis, Montréal, Trois-Rivières, Repentigny, Laval, Boisbiand, Mont-Tremblant, Longueuil, Beloeil, Magog % de rabais ou INSTALLATION GRATUITE La relève agricole est défaillante au Québec, découragée par le prix prohibitif des terres et les quotas pour écouler les productions contingentées.La MRC de Brome-Missisquoi a ébauché il y a quelques années le programme Banque de terres qui permet à des propriétaires de terres agricoles sous-utilisées de les mettre à la disposition de jeunes qui désirent faire leurs armes.Le Devoir a rencontré quelques uns de ces néo- ruraux dont l\u2019expérience fait école au Québec.C A R O L I N E M O N T P E T I T B ernard Alonso n\u2019avait jamais mangé d\u2019insectes comestibles de sa vie avant d\u2019investir la première ferme qui en fait la culture au Québec, à Frelighsburg.Aujourd\u2019hui, il prend plaisir à en faire goûter à ses visiteurs.Spécialiste de la AGRICULTURE Des insectes et des hommes En ouvrant leurs terres à la relève, les agriculteurs se donnent de nouvelles racines J E S S I C A N A D E A U Jean Charest a discuté du projet Énergie Est avec le président de l\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE) et trois de ses membres lors d\u2019une rencontre privée alors qu\u2019il était consultant pour TransCanada.C\u2019est ce que révèle un échange de courriels et des notes manuscrites obtenues par le National Observer en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information, consultés par Le Devoir.Le projet Énergie Est rattrape Charest L\u2019ONE s\u2019excuse d\u2019avoir caché des informations sur une rencontre avec l\u2019ex-PM, alors consultant De la «soucoupe volante» du «bunker» jusqu\u2019au lac à l\u2019Épaule, en passant par l\u2019«Aquarium», Le Devoir a parcouru quelques-uns des lieux de pouvoir où le Québec moderne a été construit.Deuxième de six textes.M A R C O B É L A I R - C I R I N O D A V E N O Ë L L\u2019 ancienne salle du Conseil des ministres, aux allures de poste de commandement d\u2019une « soucoupe volante », constitue un arrêt obligatoire pour toute personne qui explore les coulisses du pouvoir politique québécois.Et pour cause.Les gouvernements, de Robert Bourassa à Bernard Landry, y ont transformé le visage du Québec à coups de décrets : droits linguistiques, négociations avec les employés de l\u2019État, fusions municipales\u2026 LIEUX DE POUVOIR La «soucoupe volante» : un pouvoir en apesanteur MICHEL BRUNELLE, PATRIMOINE EN DEVENIR, LES PUBLICATIONS DU QUÉBEC Plusieurs décisions controversées ont été prises dans cette salle entre 1972 et 2002.VOIR PAGE A 8 : SOUCOUPE Rio 2016 s\u2019ouvre en couleurs et en musique avec un souci d\u2019écologie Pages C 4 et C 5 Suivez notre couverture complète des Jeux sur le site Web et l\u2019application du Devoir.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La ferme d\u2019insectes de Frelighsburg vend une partie de sa production au marché Jean-Talon.VOIR PAGE A 8 : INSECTES VOIR PAGE A 8 : ÉNERGIE Lire aussi \u203a Place aux Jeux politiques.La compétition sportive demeure un outil d\u2019expression de la puissance des nations.Page B 1 I S A B E L L E P O R T E R à Québec C omme Saint-Cuthbert dans Lanaudière, les villes de Terrebonne et de Mascouche demandent à Ottawa d\u2019empêcher la construction d\u2019un aérodrome sur son territoire.En attente d\u2019une décision de Transports Canada, elle espère avoir convaincu le ministre Marc Garneau que le projet pose des risques à la sécurité.«C\u2019est un projet inacceptable à tous les égards : sur le plan de la sécurité, de l\u2019aménagement», plaide le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, dont la pétition contre le projet a récolté plus de 10 000 signatures ces derniers mois.« On va raser des boisés d\u2019intérêt métropolitain.Ça vient tout annuler les e f for ts qu\u2019on a faits pour les protéger.» Le maire est tombé des nues à la fin 2015 quand il a su que l\u2019aérodrome de Mas- couche se préparait à déménager sur une partie de son territoire sans que la Ville ait son mot à dire.« Ils nous ont mis devant le fait accompli.» Rappelons que les projets d\u2019aérodromes relèvent des lois fédérales sur l\u2019aéronautique et ne sont plus soumis aux lois provinciales ni municipales depuis un jugement de la Cour suprême en 2010.D\u2019autres villes se sont ainsi fait imposer des projets ces dernières années à Neuville et plus récemment à Saint-Cuthbert.En mars, le ministre fédéral des Transpor ts Marc Gar- neau a fait un arrêté ministériel pour bloquer le projet en attendant que le promoteur (la Corporation de l\u2019aéroport de Mascouche) tienne une consultation et que le ministère puisse l\u2019évaluer.Au ministère, on a répondu cette semaine que la Corporation avait transmis à Transports Canada un rapport des commentaires reçus lors de la consultation et que « Trans- por ts Canada est toujours à analyser l\u2019ensemble des éléments de ce dossier ».Selon le maire de Ter re- bonne, les échanges avec le ministre Garneau sont positifs.« On a rencontré le ministre il y a environ un mois pour faire le tour du dossier, et présentement, on est en attente d\u2019une décision.Je dois dire qu\u2019il a été d\u2019une très bonne écoute à notre endroit.» Terrebonne est particulièrement préoccupée par les enjeux de sécurité dans ce dossier.Le site choisi par les promoteurs est situé à proximité d\u2019un site d\u2019enfouissement où on fait de la captation de méthane.« Si un avion tombe là-dessus, il y a un danger d\u2019explosion.» De plus, ajoute-t-il, on trouve de l\u2019autre côté l\u2019entreprise General Dynamics, qui fabrique des bombes.« Dans le dossier du train de l\u2019Est, le BAPE avait recommandé de construire un mur de protection à cause des opérations de General Dynamics.Si on prend ça en considération pour un train de banlieue, imaginez pour des avions ! » Le Devoir B O R I S P R O U L X C ertains délégués internationaux ne pourront être à Montréal pour par ticiper au Forum social mondial (FSM), dont le coup d\u2019envoi sera donné mardi, faute de visa.Le gouvernement du Canada refuse l\u2019entrée à au moins 200 demandeurs, indique le comité organisateur du FSM.Ce nombre ne reflète qu\u2019une partie des refus, craint Raphaël Canet, coorganisateur du Forum.L\u2019organisme a sondé les quelque 2000 participants qui nécessitent un visa afin de savoir si les procédures s\u2019étaient bien déroulées.Des 276 réponses recueillies, il semble que seuls 76 visas ont été obtenus, les autres ayant plutôt été rejetés ou retenus.«En attente des autres résultats, on craint que la tendance se maintienne.Jusqu\u2019ici, ce sont 70 % des dossiers qui ont été rejetés.» La liste par tielle des demandeurs infructueux, obtenue par Le Devoir, démontre que la majorité des refus proviennent de pays d\u2019Afrique (République démocratique du Congo, Mali, Burkina Faso, Bénin, Togo, Nigeria et Maroc), mais aussi du Moyen- Orient ou d\u2019Asie (Iran, Palestine, Népal) et d\u2019Amérique (Haïti, Brésil et Équateur).Des têtes d\u2019affiche rejetées Certains intervenants de premier plan se sont butés à un refus de la part d\u2019Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).C\u2019est le cas d\u2019Aminata Traoré, ex-ministre de la Culture et du Tourisme du Mali et actuellement candidate du poste de secrétaire générale de l\u2019ONU.Contactée par Le Devoir, l\u2019ex-ministre s\u2019est contentée de préciser qu\u2019elle saura lundi si elle peut finalement venir au Canada, soit deux jours avant sa présence attendue à la grande conférence de l\u2019Espace éducation du FSM.Notons aussi le rejet du dossier d\u2019Imad Temiza, président du Syndicat palestinien indépendant des postiers.Dans un courriel, le Palestinien a transmis au Devoir sa lettre de refus.« Je refuse votre demande», conclut le premier paragraphe de la lettre, signée simplement de l\u2019Ambassade du Canada à Ankara.Parmi les raisons évoquées, on note « les raisons du voyage au Canada» et « les personnes ressources au Canada ».« Je n\u2019ai pas la conviction que vous avez des fonds nécessaires [\u2026] pour votre activité déclarée au Canada», stipule le fonctionnaire, qui ne se nomme pas.Cette justification plonge dans l\u2019incompréhension le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), qui a produit une lettre d\u2019 invitat ion au Canada pour Imad Te- miza.«Nous avions précisé que nous [le STTP] prenions en charge l\u2019ensemble des responsabilités comme son voyage, son hébergement et son allocation», indique Denis Lemelin, ancien président national du STTP, qui a déjà rencontré Imad Te- miza lors d\u2019un congrès à Genève, en Suisse.« On parle d\u2019une personne reconnue dans le monde.Il va régulièrement en Europe, a deux enfants.Il n\u2019a pas un profil qui pose un problème de sécurité.» Imad Temiza a indiqué au Devoir que sa demande de visa a coûté plus de 1000 $, dont une entrevue au Bureau canadien des visas en Jordanie.Furieuse, son organisation basée à Ramallah a publié un communiqué dans lequel elle invite les organisateurs des prochains forums «à choisir dans l\u2019avenir un pays hôte qui permet aux activistes de tous les pays et de tous les profils sociaux de par ticiper à l\u2019événement, sans égard à leurs possessions matérielles ».Un problème annoncé L\u2019inaccessibilité du visa avait été l\u2019un des principaux arguments avancés contre la tenue à Montréal de cette édition du Forum social mondial, qui sera aussi la première à se tenir dans l\u2019hémisphère Nord.Raphaël Canet, du comité organisateur, avance que tout a été fait pour faciliter la procédure : « Ça fait des mois qu\u2019on est en contact avec le ministère [de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté].On a essayé de travailler main dans la main avec le gouvernement.» Le FSM, dont le gouvernement du Canada figure parmi les commanditaires, est une activité reconnue par les autorités d\u2019immigration, soutient M.Ca- net.«On nous a donné un numéro de référence, avec comme promesse que ça faciliterait l\u2019obtention du visa.Ça semble avoir marché pour certains, mais pas pour d\u2019autres», se désole-t-il.Dans un courriel, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada confirme que le Forum est enregistré auprès de son Unité des événements spéciaux de Citoyenneté et Immigration, mais jette plutôt le blâme des problèmes de traitement sur le laxisme des organisateurs du FSM.« À la suite de leur inscription, le comité organisateur n\u2019a fait aucune tentative d\u2019informer l\u2019Unité des événements spéciaux de problèmes ou de dif fi- cultés dans l\u2019obtention des visas des par ticipants », indique la por te-parole, Nancy Caron.Les fonctionnaires, écrit-elle, ont comme tâche de s\u2019assurer que les demandes respectent la loi, dont les critères « s\u2019appliquent à tous ceux qui veulent entrer au Canada, peu importe leur pays d\u2019origine».Les organisateurs font maintenant appel au premier ministre Justin Trudeau et au ministre de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, pour débloquer la situation.Raphaël Canet croit que le nombre important de refus risque de provoquer la grogne au sein des organismes de la société civile qui prendront part aux activités de la semaine prochaine dans la métropole québécoise.« La frustration est très grande du côté des pays africains.Ce sont ces délégations qui subissent le plus cette situation.» De mémoire, aucun Canadien n\u2019a été refusé lors d\u2019éditions précédentes du Forum social mondial.Le Devoir G I U S E P P E V A L I A N T E L\u2019 avocat de Richard Henry Bain, Alan Guttman, a tenté vendredi de remettre en question le témoignage livré la veille par le psychiatre convoqué par la Couronne.M.Bain, qui est âgé de 65 ans, a plaidé non coupable aux six chefs d\u2019accusation déposés contre lui pour meurtre prémédité, tentative de meurtre, possession de matériel incendiaire et incendie criminel relativement à l\u2019attentat survenu au Métropolis de Montréal le soir de la victoire du Parti québécois aux élections générales, le 4 septembre 2012.Le technicien de scène Denis Blanchette a perdu la vie et son collègue Dave Courage a subi de graves blessures après avoir été atteints par le même projectile à l\u2019extérieur du Métropolis.L\u2019avocat de la défense essaie de démontrer que l\u2019accusé n\u2019est pas criminellement responsable de ses actes, puisque à la suite d\u2019une psychose survenue en 2009, M.Bain n\u2019aurait jamais retrouvé son état normal.Cet épisode aurait été déclenché par la prise de Cym- balta, un antidépresseur.Richard Henr y Bain a déclaré devant le jury qu\u2019il avait recommencé à prendre ce médicament sans en aviser son médecin en 2012, ce qui aurait provoqué une nouvelle crise psychotique.Psychoses L\u2019exper t appelé à la barre par la Couronne, Joel Watts, avait soutenu dans son témoignage plus tôt cette semaine que Richard Henry Bain était conscient de la nature des actes qu\u2019il commettait le 4 septembre 2012.La Couronne plaide que les actes de l\u2019accusé étaient motivés par une haine envers les indépendantistes québécois.Il était par ailleurs mécontent du résultat des élections ayant por té au pouvoir le Parti québécois, alors dirigé par Pauline Marois.M.Watts a toutefois admis en contre-interrogatoire, vendredi, que certains éléments indiquaient que l\u2019accusé avait souf fer t d\u2019une crise psychotique en 2009.Le psychiatre avait écrit le contraire dans son rapport.« Rien n\u2019indique jusqu\u2019à présent que Richard Henry Bain a souf fer t d\u2019une psychose, sauf pour cette seule fois », a-t-il reconnu lorsque questionné par Me Guttman.Joel Watts a cependant réitéré qu\u2019il ne croyait pas que M.Bain était dans un tel état le soir de l\u2019attaque, soit environ trois ans plus tard.L\u2019accusé a, selon M.Watts, démontré qu\u2019il avait de toute évidence planifié son passage à l\u2019acte de septembre 2012, entre autres en se présentant masqué au Métropolis.Il avait aussi pris soin de retirer la plaque d\u2019immatriculation de son véhicule, a-t-il ajouté.La psychiatre convoquée par la Défense, Marie-Frédé- rique Allard, avait précédemment af f irmé que Richard Henry Bain avait manifesté les symptômes d\u2019un épisode maniaque et psychotique en 2009.L\u2019avocat de M.Bain soutient que son client présentait, en 2012, un comportement erratique et était poussé par des croyances religieuses et politiques irrationnelles.L\u2019accusé avait notamment accumulé des réserves de denrées alimentaires, de médicaments et d\u2019autres biens de première nécessité d\u2019une valeur de 75 000 $, craignant une éventuelle épidémie du virus H1N1.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Achetons tableaux de qualité canadiens et européens.Grande valeur offerte Marc-Aurèle Fortin, \u201cHochelaga\u201d, pastel et crayon gras, v.1930, 18\u201d x 25\u201d Borduas Ferron Fortin Gagnon Krieghoff Lemieux 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métro Papineau, où auraient eu lieu les deux agressions.M A R I E - M I C H È L E S I O U I L es portes d\u2019organismes venant en aide aux personnes itinérantes sont grandes ouvertes pour accueillir le jeune homme qui a été formellement accusé, en Chambre de la jeunesse vendredi, de voies de fait et de harcèlement criminel à l\u2019endroit d\u2019un sans-abri.L\u2019adolescent serait celui qui apparaît dans deux vidéos diffusées sur Facebook, dans lesquelles il lance le contenu d\u2019un verre au visage d\u2019un sans-abri, puis le gifle au visage.En salle de cour, il est resté silencieux, se frottant nerveusement les mains pendant que son avocate, Adriana Chafoya-Hunter, a déclaré qu\u2019il avait l\u2019intention de plaider non coupable.La Couronne s\u2019étant opposée à sa libération, l\u2019adolescent, dont l\u2019identité est protégée parce qu\u2019il est mineur, restera détenu dans un centre jeunesse jusqu\u2019à son retour en cour, mardi.En plus des deux chefs de voies de fait et du chef de harcèlement criminel, il fait face à des accusations de vols qualifiés et d\u2019extorsion dans d\u2019autres dossiers.Selon l\u2019avocate de la défense Véronique Robert, qui n\u2019est pas impliquée dans le dossier, il ne serait pas étonnant que le jeune homme change d\u2019idée et enregistre une reconnaissance de culpabilité.«Je ne vois pas comment on pourrait faire un procès là-dedans, à moins que l\u2019identification [de l\u2019accusé] ne soit pas claire sur la vidéo», a-t-elle commenté.L\u2019accusation de harcèlement criminel, qui sous-entend que des gestes répétés ont été posés, semble aussi confirmer que le jeune homme est celui qui apparaît sur les deux vidéos, a ajouté l\u2019avocate.Portes ouvertes Dans le grand local où Le Devoir l\u2019a rencontrée, la directrice générale de la Mission Mile-End, Linda Lou Hachey, a déclaré que la porte de son organisme était grande ouverte.« Il peut venir ici quand il veut », a-t-elle lancé.« Je pense que ça l\u2019aiderait à comprendre que la vie dans la rue, c\u2019est dif ficile.Et ce n\u2019est pas un choix», a renchéri sa collègue Lori Olson, qui dirige les programmes de l\u2019organisme, qui vient en aide aux personnes vivant en marge de la société.Le président de la Mission Old Brewery, Matthew Pearce, a aussi proposé d\u2019accueillir le jeune pour qu\u2019il fasse du bénévolat dans le refuge qu\u2019il dirige.«On va le former, pas l\u2019attaquer, a-t-il promis.Il est à un âge où on peut le former.Il est mal dirigé en ce moment, est-ce qu\u2019on peut le remettre sur les rails?» Le «remettre sur les rails», voilà une proposition qui a trouvé écho chez l\u2019artiste Dan Bigras, porte-parole du Refuge des jeunes depuis 1991.« Quand on dit qu\u2019un jeune manque d\u2019attention au point de faire une af faire comme ça, on ne pourrait pas lui en donner, de l\u2019attention, pour le convaincre qu\u2019il mérite autre chose que de se faire lyncher par le peuple?» a-t-il demandé.À la lumière d\u2019une conversation publiée sur sa page Facebook, il semble que l\u2019adolescent soit hébergé en centre jeunesse depuis quelque temps.« Il peut s\u2019y trouver parce que c\u2019est un jeune contrevenant ou parce qu\u2019il est sous les services de la protection à la jeunesse», a expliqué Me Rober t, prudente parce que cette information n\u2019a pas été confirmée.Atteinte à la dignité Rencontré aux abords du métro Papineau, où auraient eu lieu les deux agressions, le sans-abri qui apparaît dans les vidéos s\u2019est montré moins tendre à l\u2019endroit du jeune.«C\u2019est de la pouillasse», a répété l\u2019homme de 73 ans, fâché par les agressions qu\u2019il aurait vécues dans la nuit de mercredi à jeudi.Celui qui s\u2019est présenté sous le nom de Raymond a fait état d\u2019une vie difficile, marquée par la dépendance au jeu et à l\u2019alcool et passée principalement dans la rue, depuis « huit ou neuf ans ».« J\u2019étais mécanicien », a-t-il dit au sujet de son ancienne vie.Une vie antérieure, Dan Bigras en a aussi eu une, dans les rues de Québec, quand il était adolescent.« Je me souviens, il y avait une mère.En passant à côté de moi dans la rue \u2014 je n\u2019étais pas sale et tout crotté, j\u2019étais juste éf foiré là et c\u2019était clair que ça allait moyen bien \u2014, la mère tirait son enfant en disant : si t\u2019es pas sage, tu vas finir comme lui, a-t-il raconté.Comment tu penses que je reçois ça, moi?J\u2019ai envie de tuer la Terre en entier.Ça fait mal, esti, t\u2019es dans la rue, tu vas déjà pas bien, et tu te fais traiter comme ça.» Aux mots de cette passante, il a associé les gestes qu\u2019aurait présu- mément posés l\u2019adolescent.«C\u2019est une agression parce qu\u2019on pense que tu ne vaux rien, que tout le monde te méprise et qu\u2019on ne payera pas trop cher», s\u2019est-il désolé.« Nous ne vivons pas ce qu\u2019ils vivent.Les regards baissés, les yeux fuyants, ce sentiment de jugement qu\u2019ils ressentent parce qu\u2019ils ne portent pas les bons vêtements, parce qu\u2019ils sont peut-être sales », a ajouté Linda Lou Hachey.«Une partie de la société ne voit pas ces gens comme des humains », a aussi avancé Lori Olson.Mais une autre partie de la société \u2014 de plus en plus grande, selon les intervenants à qui Le Devoir a parlé \u2014 tente de comprendre la réalité des sans-abri, en s\u2019éloignant des préjugés.« Quand j\u2019ai commencé Le Refuge, il y a 26 ans, la réaction que j\u2019avais, c\u2019était : il faut les punir, les fouetter, les envoyer en prison », a raconté Dan Bigras, au sujet des commentaires qu\u2019il entendait à propos des itinérants.«C\u2019était très agressif.On n\u2019a aucune idée du progrès qui a été fait sur le regard qu\u2019on a sur eux.» Selon Matthew Pearce, la médiatisation d\u2019agressions visant des personnes sans-abri donne l\u2019impression que ces attaques sont en hausse.À preuve, cette vidéo publiée en juin, dans laquelle un homme lance un verre de boisson gazeuse à un itinérant en lui criant de se trouver un emploi.« Des gestes de manque de respect, ça arrive fréquemment, a cependant nuancé M.Pearce.Je ne sais pas si c\u2019est en croissance, mais c\u2019est en persistance.» Le Devoir Agression d\u2019un itinérant à Montréal : une occasion de faire tomber les préjugés P H I L I P P E O R F A L I L es électeurs de trois circonscriptions québécoises seront conviés aux urnes à l\u2019automne, selon toute vraisemblance aux environs de la Toussaint, pour combler des sièges vacants à l\u2019Assemblée nationale.La loi accorde au premier ministre un délai de six mois pour remplir les sièges laissés vacants au parlement de Québec.Philippe Couillard pourrait donc techniquement attendre jusqu\u2019au 2 novembre pour déclencher l\u2019élection partielle dans Saint-Jérôme, nécessaire en raison de la démission du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, le 2 mai dernier, et quelques mois de plus pour les circonscriptions de Marie- Victorin et d\u2019Arthabaska.Il est toutefois d\u2019usage de tenir tous les scrutins partiels nécessaires au même moment, et c\u2019est ce qu\u2019escompterait faire le premier ministre Couillard.Il s\u2019assurerait également d\u2019attendre la sélection d\u2019un nouveau chef du PQ par les partisans de cette formation avant d\u2019aller de l\u2019avant avec le déclenchement du scrutin, pour des raisons stratégiques.Suivant ce scénario, les élections elles- mêmes auraient lieu soit à la fin novembre, soit au début du mois de décembre.« C\u2019est le gouvernement qui déclenche, souligne le porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ), Thomas Verville.Nous, on se tient prêts.Ça signifie que si des élections sont déclenchées aussi tôt qu\u2019en septembre, on sera prêts.» Le bureau du premier ministre s\u2019est gardé de commenter les rumeurs de partielles, rappelant uniquement que le choix de la date «est la prérogative du premier ministre».Sur le terrain, malgré la pause estivale, plusieurs des partis sont à pied d\u2019œuvre.C\u2019est particulièrement le cas dans Saint-Jérôme, fief, le temps d\u2019un mandat, de la Coalition avenir Québec.Après la démission de Pierre Karl Péla- deau, la formation de François Legault pense être en mesure de reprendre la circonscription.Les deux principaux partis d\u2019opposition y présentent tous deux des candidats issus du monde municipal, le conseiller Marc Bourcier, pour le PQ, et Bruno Laroche, maire de Saint-Hippolyte et préfet de la MRC Rivière-du-Nord, pour la CAQ.Bastion péquiste, Marie-Victorin est chaudement disputé\u2026 au sein des rangs souverai- nistes.Pour l\u2019heure, pas moins de six personnes ont exprimé le souhait de succéder à l\u2019ex-ministre Bernard Drainville, notamment l\u2019animatrice Sophie Stanké, et l\u2019ex-candidate du Bloc, Catherine Fournier.«On est très heureux qu\u2019il y ait autant de candidats qui s\u2019intéressent à ce siège, a souligné Yanick Grégoire, du PQ.On a des gens qui sont issus de plusieurs milieux, avec des profils très intéressants.C\u2019est encourageant.» Le PLQ et la CAQ n\u2019ont pas arrêté leur choix sur un candidat pour l\u2019instant.La situation est plus délicate dans Ar tha- baska, sans député depuis le décès de l\u2019indépendante Sylvie Roy, le 31 juillet, à la suite d\u2019une hépatite aiguë.Par respect pour la défunte, aucun parti n\u2019a jusqu\u2019à maintenant entamé les démarches visant à la remplacer.Mais la CAQ, l\u2019ancienne formation de Mme Roy, espère bien gagner de nouveau ce siège entouré de circonscriptions caquistes et libérales.Le Devoir Des élections partielles à l\u2019automne Trois circonscriptions devront se choisir un nouveau député Saint-Jérôme Sans député depuis la démission du chef du PQ, Pierre Karl Péladeau, le 2 mai 2016.Candidats : PQ Marc Bourcier, conseiller municipal à Saint-Jérôme ; CAQ Bruno Laroche, maire de Saint-Hippo- lyte et préfet de la MRC Rivière-du-Nord ; PLQ Pas de candidat officiel.Marie-Victorin Sans député depuis la démission du député du PQ, Bernard Drainville, le 14 juin.Aucun candidat déclaré.Arthabaska Sans député depuis le décès de la députée indépendante Sylvie Roy, le 31 juillet.Aucun candidat déclaré.Trois circonscriptions en jeu La directrice générale de la Mission Mile-End, Linda Lou Hachey (à droite), et sa collègue Lori Olson sont prêtes à ouvrir les portes de l\u2019organisme au garçon pour qu\u2019il prenne contact avec le milieu de l\u2019itinérance. A 5 A LA RENCONTRE DES NEORURAUX A 4 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 L e phénomène se con - firme dans toutes les régions du Québec, même si cela se présente à différents degrés et sous diverses formes.Les agriculteurs vieillissent.Leur âge moyen est de 55 ans et ils font face à un manque criant de relève dans leur milieu.En fait, la vraie relève n\u2019a souvent pas de racines dans une entreprise agricole.C\u2019est ce qu\u2019a constaté Leslie Carbonneau lorsqu\u2019elle a pris en charge le programme de banque de terres agricoles de la MRC de Brome-Missisquoi.C\u2019est à la suite d\u2019une consultation publique que ce projet a vu le jour.En 2011, la MRC mandate le Groupe de réflexion et d\u2019action sur l\u2019agriculture et le paysage pour élaborer un plan stratégique d\u2019accès aux terres pour les agriculteurs en devenir.Le projet de banque de ter res voit le jour en 2012 et connaît un grand succès.L\u2019année suivante, d\u2019autres MRC emboîtent le pas à Brome-Missis- quoi, d\u2019abord celle d\u2019Argenteuil, puis celles de Val-Saint-François, de Char- levoix, de l\u2019Érable, de Memphréma- gog et de Pontiac.Même la communauté métropolitaine de Montréal a manifesté de l\u2019intérêt pour le projet.« On s\u2019est rendu compte qu\u2019ils avaient autant de terres agricoles disponibles que nous », dit Leslie Carbonneau.Le programme permet d\u2019offrir des terres en location, ou en location avec option d\u2019achat.Après être entrées en contact avec des agriculteurs souhaitant louer leurs terres dans leur municipalité, les MRC mettent en commun leurs efforts pour recruter des candidats agriculteurs dans les écoles ou différentes foires agricoles.«On a touché un point sensible, dit Noé- mie Asselin, agente pour la banque de terres de la MRC de l\u2019Érable, dans le Centre-du-Québec.Il y avait de la demande et il y avait de l\u2019offre.» Étant donné que les candidats, en général, ne proviennent pas de familles d\u2019agriculteurs, ils sont disposés à se déplacer pour faire leurs premières récoltes.« On a des candidats de la Mau- ricie, de Montréal, de l\u2019Estrie et du Bas-Saint-Laurent, dit-elle.Il y a beaucoup de relève non apparentée au milieu.Ils vont souvent dire, de toute façon : \u201cPeu importe où je vais déménager, je n\u2019ai pas d\u2019attache dans une région.\u201d » À ce jour, 26 propriétaires de la MRC de l\u2019Érable ont mis leurs terres ou leurs bâtiments à louer par l\u2019entremise de la banque et 19 candidats ont manifesté leur intérêt pour la région.La MRC de l\u2019Érable s\u2019apprête à faire signer un premier jumelage qui permettra à une entreprise maraîchère bio de s\u2019installer, en plus d\u2019offrir de la formation en zoothérapie avec de petits et de grands animaux.Comme ailleurs, cette MRC demande aux candidats d\u2019avoir une expérience minimale ou de la formation, mais les exigences sont flexibles.«Ce ne sont pas des critères coulés dans le béton.On peut avoir quelqu\u2019un de 46 ans avec une 4e secondaire mais qui a dix ans d\u2019expérience.L\u2019idée, c\u2019est d\u2019avoir des candidats sérieux», dit-elle.Contrairement à la MRC de Brome-Missisquoi, celle de l\u2019Érable n\u2019est pas une zone de villégiature.On a donc adapté le programme de banque de terres à leur région.« Il y a des propriétaires qui ont acheté de nouvelles terres mais qui ont des bâtiments dont ils n\u2019ont pas besoin, par exemple », dit Noé- mie Asselin.La MRC de Charlevoix a aussi mis en œuvre le programme cette année et en était encore à sélectionner des terres qui pourraient être louées à de nouveaux agriculteurs.« On a beaucoup de terres en friche», confirme l\u2019agente de projet Nancy Chabot.Plus une terre est abandonnée longtemps sans être cultivée, plus il est difficile de la travailler.Au cours du processus de jumelage, la MRC s\u2019assure que le candidat est bien renseigné sur la viabilité et la légalité de son projet.Il faut éviter que quelqu\u2019un signe un bail de six ans, par exemple, pour constater, après un an, que rien ne pousse.La diffusion du programme À la MRC de Brome-Missisquoi, Leslie Carbonneau les renseigne également sur une formation offerte par le ministère québécois de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation.En fait, le projet a pris une telle ampleur et acquis une telle popularité que cette MRC a transféré la diffusion du programme au Centre de référence en agriculture et agroali- mentaire du Québec (CRAAQ).Pendant ce temps, elle se réjouit de l\u2019af fluence de nouvelles entreprises dans la région, sans parler des 11 enfants de plus qui sont inscrits dans les écoles du coin.Le Devoir LA BANQUE DE TERRES Un terreau fertile pour pallier le vieillissement des agriculteurs Les nouveaux maraîchers n\u2019ont pas de racines régionales I l y a quelques années, Maaike Zuyder- hoff a dû quitter sa propriété de quel - ques acres, dans la campagne de Sutton, pour s\u2019installer au village avec sa mère malade.Cette femme impliquée socialement y avait déjà accueilli un jardin communautaire.« J\u2019ai eu des of fres de bûcherons qui voulaient acheter.Mais je n\u2019étais pas intéressée », dit-elle.Elle voulait y accueillir «une activité humaine qui ne détruirait pas le milieu environnemental ».Déjà, elle avait d\u2019ailleurs fait en sorte qu\u2019une partie du territoire soit préservée en tant que réserve naturelle.Bien que petite, sa terre longe un marécage, ce qui la rend fertile et facile à travailler.Après avoir transformé sa maison en habitation multigénérationnelle, elle fait appel à la banque de terres de Brome-Missis- quoi pour trouver des gens qui souhaiteraient travailler ce terrain productif sans détruire les environs.Par goût pour la nourriture La propriété de Maaike Zuyderhof f a l\u2019avantage de compter une habitation bigé- nérationnelle que les locataires peuvent occuper.«C\u2019est vraiment un atout d\u2019habiter sur la terre lorsqu\u2019on est en agriculture », re- marque-t-elle.Elle n\u2019a donc eu aucune difficulté à trouver des gens avec qui se jumeler.Plusieurs familles ont déjà occupé son terrain pour diverses cultures et ont ensuite poursuivi l\u2019aventure ailleurs.Cet été, la terre de Maaike Zuiderhoff accueille les jardins d\u2019Astragales d\u2019Alexandre Gaboury.Le jeune homme souhaite mettre en marché des légumes et des herbes vivaces en misant sur leurs vertus médicinales.Déjà, il vend des paniers bios de ses produits à dif férents abonnés de la région.Diplômé en design de l\u2019environnement, ayant grandi en banlieue, Alexandre Ga- boury souhaite faire de son jardin un lieu d\u2019accueil, tant pour les oiseaux que pour les insectes.«Pour moi, c\u2019est comme un laboratoire vivant», dit-il.«C\u2019est de l\u2019agriculture à l\u2019ancienne», re- connaît-il.Il travaille notamment la façon de contrôler la présence d\u2019insectes en couplant des plantes qui font le boulot ensemble.Selon lui, œuvrer de concert avec la nature permettra de diminuer la présence de l\u2019homme au champ, même s\u2019il avoue fournir pour l\u2019instant 12 heures de travail par jour.En attendant de pouvoir commercialiser ses plantes vivaces, il a planté quel - ques annuelles.C\u2019est par goût pour la nourriture qu\u2019A - lexandre Gaboury est arrivé à l\u2019agriculture.Maaike Zuyderhoff participe quant à elle à des ateliers de cuisine collective qui se tiennent régulièrement à Sutton et qui mettent en valeur les productions locales.Alexandre Gaboury a une associée, Mireille Léger-Rousseau, foodie elle aussi, dit- il.Elle a vu là également l\u2019occasion de se replonger les mains dans la terre après avoir obtenu un diplôme en sciences de l\u2019information.Quarante espèces Un grand chapeau sur la tête pour échapper aux rayons ardents du soleil, elle dit être de la mouvance des « surdiplô- més et surscolarisés » qui ont besoin de faire un retour aux sources.« J\u2019étais tannée de regarder un écran», dit-elle en s\u2019essuyant le front.«C\u2019est la première année, donc la production est encore modeste, mais on a quand même 40 espèces», dit-elle.Les associés misent entre autres sur l\u2019artichaut, qui réduirait l\u2019hypercholestérol et la surcharge pondérale.Le cassis, quant à lui, serait anti-inflammatoire et actif sur la vision et l\u2019audition.La verge d\u2019or serait diurétique et, en usage externe, soignerait les ulcères et les plaies.Qui sait si la visite du jardin ne permettra pas de redécouvrir des espèces aux vertus oubliées ?Le Devoir Objectif terre Deux foodies cultivent des légumes bios et préparent le terrain pour des herbes médicinales D epuis six ans, Louis-Philippe Auger cultive dans sa cour sept plants de houblon, près du métro Joliette à Montréal.Il s\u2019en ser vait jusqu\u2019à maintenant pour produire de la bière artisanale à des fins personnelles.À la mi-juillet, le diplômé en philosophie et deux de ses amis, Jean-Nicolas Lacasse et Jean- Sébastien Lapierre-Leduc, ont signé un bail pour planter 450 rhizomes de houblon à Phi- lipsburg, près du lac Champlain.Ils les planteront sur la terre d\u2019Éric Dorval, lui-même agriculteur à temps partiel, qui a entrepris en 2014 d\u2019ensemencer une plantation d\u2019arbres à noix à Philipsburg.C\u2019est le 25e jumelage effectué par la MRC de Brome-Missisquoi dans le cadre du programme de banque de terres.À ce jour, 82 propriétaires et 150 aspirants agriculteurs s\u2019y sont inscrits.Éventuellement, le groupe rêve d\u2019ouvrir une mi- crobrasserie où on servirait entre autres de la bière faite localement, de la feuille de houblon au bock.Éric Dorval souhaiterait aussi développer un partenariat avec un maraîcher qui lui permettrait de mieux pénétrer le marché alimentaire.Trois futurs brasseurs Comme Éric Dor val, les trois futurs brasseurs ont fait affaire avec la banque de terres de Brome-Missisquoi pour trouver un endroit où planter leur butin.«On pensait aller chez un ami, à Orford, mais on s\u2019est rendu compte que le sol était trop peu profond, il n\u2019y avait qu\u2019un pied de terre sur le roc», explique Louis-Philippe.Après s\u2019être inscrits, ils ont été orientés vers Éric Dorval par l\u2019agente Leslie Carbonneau.Les trois amis vivent toujours à Montréal, mais ils pensent peut-être déménager plus près de leur récolte.Né sur la Rive-Sud dans une famille originaire de la Beauce, Éric Dorval a déjà pratiqué l\u2019acériculture dans la région de Québec.La banque de terres demande en effet aux aspirants agriculteurs d\u2019avoir une certaine expérience ou une certaine formation en agriculture.Elle peut aussi les aider à développer un plan d\u2019affaires.En 2014, il a planté de sages rangées de noyers noirs, de noyers du Japon et de noyers hybrides.Il s\u2019intéresse aussi au carrier et n\u2019exclut pas de faire pousser des châtaigniers, une espèce considérée autrefois comme extrêmement courante en Amérique du Nord mais au- jourd\u2019hui en voie de disparition.Éric Dorval veut même tenter d\u2019utiliser l\u2019entièreté des noix produites.Avec le brou de la noix, on peut faire de la teinture.Et on peut se servir de la coquille pour faire une sorte de papier d\u2019émeri ou de l\u2019abrasif qu\u2019on répand sur la glace en hiver.Il a aussi réservé un espace de sa terre à des arbres qu\u2019il cultive pour les billes.On sait que le bois du noyer noir est une espèce très prisée qui vaut cher sur le marché.Des ruches L\u2019Association des producteurs de noix du Québec est en pleine croissance, dit-il.Et l\u2019Université de Sherbrooke serait à mettre au point un casseur de noix automatique qui permettrait un meilleur usage de la ressource.En plus des 42 heures qu\u2019il consacre à son travail rémunéré, Éric Dor val passe environ 30 heures par semaine à s\u2019occuper de son projet.C\u2019est une sorte de projet de retraite qui devrait arriver à maturité d\u2019ici quelques années.Il pense en effet pouvoir récolter des noix d\u2019ici cinq ans.Quant aux trois futurs brasseurs, ils comptent également faire des « tests » durant quelques années avant de mettre au point leur bière locale.Ils ont en commun, avec Éric Dorval, de ne pas dépendre financièrement de leur production pour l\u2019instant, puisqu\u2019ils occupent des emplois ailleurs.Sur la terre d\u2019Éric Dorval, un apiculteur a également installé des ruches pour le miel.« Je n\u2019ai plus de sirop d\u2019érable, alors il me paye en miel ! » dit-il.Alors que les pesticides et les néonicotinoïdes désormais intégrés au maïs en grains qui sert à fabriquer l\u2019éthanol nuisent aux abeilles au point de les menacer, Éric Dorval a l\u2019impression de se racheter en leur faisant une place sur son terrain.Le Devoir JUMELAGE De la broue et du brou Des projets de plantation d\u2019arbres à noix et de culture du houblon poussent à Philipsburg T E X T E S : C A R O L I N E M O N T P E T I T \u2022 P H O T O S : A N N I K M H D E C A R U F E L 26 C\u2019est le nombre de propriétaires de la MRC de l\u2019Érable qui ont mis leurs terres ou leurs bâtiments à louer via la banque, et 19 candidats ont montré leur intérêt pour la région.25 C\u2019est le nombre de jumelages effectués par la MRC de Brome-Missisquoi dans le cadre du programme de banque de terres.À ce jour, 82 propriétaires et 150 aspirants agriculteurs s\u2019y sont inscrits.Les associés Mireille Léger-Rousseau et Alexandre Gaboury, diplômés respectivement en sciences de l\u2019information et en design de l\u2019environnement, dans leurs jardins à la campagne près de Sutton.Je voulais accueillir une activité humaine qui ne détruirait pas le milieu environnemental La propriétaire Maaike Zuyderhoff a fait appel à la banque de terres de Brome-Missisquoi pour trouver des gens qui souhaiteraient travailler son terrain fertile « » Éric Dorval, agriculteur à temps partiel, a ense - mencé en 2014 une plantation d\u2019arbres à noix à Philipsburg.Les MRC demandent aux candidats d\u2019avoir une expérience minimale ou de la formation, mais les exigences sont flexibles Étant donné que les candidats, en général, ne proviennent pas de familles d\u2019agriculteurs, ils sont disposés à se déplacer pour faire leurs premières récoltes Alexandre Gaboury souhaite faire de son jardin un lieu d\u2019accueil, tant pour les oiseaux que pour les insectes : «Pour moi, c\u2019est comme un laboratoire vivant.» Il travaille notamment sur la façon de contrôler la présence d\u2019insectes en couplant des plantes qui font le boulot ensemble. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 6 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 O ttawa \u2014 L\u2019unité nationale de soutien aux militaires malades ou blessés a un nouveau commandant sur qui reposent les espoirs d\u2019un renouveau de l\u2019organisation, jusque- là hautement critiquée.Le brigadier-général Dave Corbould a pris la tête de l\u2019Unité interarmées de soutien du personnel (UISP) vendredi.Le commandant a dirigé, en 2008, un groupement tactique en Afghanistan et, plus récemment, il a servi au sein du Commandement central des États-Unis.Les critiques fusent depuis de nombreuses années à l\u2019endroit de l\u2019UISP, dont le personnel serait insuffisant et formé de manière inadéquate.Le suicide de certains militaires dirigés vers l\u2019UISP a soulevé des inquiétudes quant à la capacité de l\u2019organisation de venir en aide aux membres des Forces armées canadiennes en détresse.À la demande du chef d\u2019état- major de la Défense, Jonathan Vance, l\u2019organisation a été soumise à un examen au cours de l\u2019été.Si l\u2019armée a refusé d\u2019en publier le rapport, elle maintient qu\u2019un remaniement est en cours afin de combler les lacunes relevées.En entrevue avec La Presse canadienne, David Corbould a reconnu que sa nomination s\u2019inscrivait dans ce remaniement, mais que beaucoup restait encore à faire.Le commandant a cependant soutenu que l\u2019UISP avait réalisé un excellent travail depuis sa mise sur pied en 2008, vantant les «centaines d\u2019histoires de réussite dont la majorité d\u2019entre nous n\u2019entend jamais parler».Il a ajouté que son unité souhaitait venir en aide aux membres vulnérables des Forces armées canadiennes qui sont jusque-là « passés inaperçus » ou qui ne sont «pas conscients des soins auxquels ils peuvent avoir accès ».« Pendant un an ou deux, ce que nous chercherons à faire est d\u2019améliorer les ressources \u2014 le personnel, l\u2019argent, les véhicules, etc.\u2014 des équipes intégrées de soutien afin qu\u2019elles puissent mieux fournir le service à nos membres malades et blessés », a-t-il exposé.L\u2019UISP comprend 24 centres de soutien un peu partout au pays, de même que huit bureaux satellites situés dans des communautés dotées d\u2019une importante population militaire.Son mandat consiste à favoriser la guérison des militaires, sur les plans physique et psychologique, pour leur permettre de regagner leur unité.L\u2019UISP doit également faciliter la transition à la vie civile de ceux qui ont été libérés pour des raisons médicales.Le sous-ef fectif de l\u2019unité pose un problème récurrent.Alors que son personnel, qui doit compter 474 personnes, est déjà jugé insuffisant, il lui manquait une cinquantaine d\u2019employés au printemps dernier.Environ 1500 mil i taires sont envoyés à l\u2019UISP annuellement et près de 3000 autres font appel à ses services par eux-mêmes.David Corbould n\u2019a pas fourni de détails sur une éventuelle révision à la hausse du nombre d\u2019employés ou du budget actuel de 20 millions de dollars de l\u2019UISP.« Nous aurons tout ce dont nous avons besoin, a-t-il assuré.C\u2019est une priorité du chef d\u2019état- major de la Défense.Il n\u2019y a aucun doute dans mon esprit, en tant que nouveau commandant, que nous n\u2019aurons pas de contraintes en matière de ressources puisqu\u2019il est question de nos blessés.» La Presse canadienne L\u2019unité de soutien aux militaires malades ou blessés a un nouveau commandant TIM SMITH LA PRESSE CANADIENNE Le commandant Dave Corbould a dirigé, en 2008, un groupement tactique en Afghanistan.I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e cardinal Marc Ouellet a causé la surprise cette semaine en se por tant à la défense d\u2019une déclaration du pape qui déplaît à de nombreux théologiens conservateurs : la possibilité pour les catholiques divorcés et séparés de participer au sacrement de la communion.Même si, au Québec, les catholiques divorcés ou remariés peuvent par ticiper au rituel sans problème, l\u2019Église considère toujours of ficiellement qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un péché.Or, dans une déclaration récente (le document Amoris laetitia), le pape François a avancé que cela pourrait être permis dans le cadre d\u2019un dialogue entre le prêtre et ses paroissiens.Cette semaine, le cardinal Marc Ouellet a défendu Amoris laetitia en affirmant que c\u2019était un document qui « méritait d\u2019être lu et relu lentement», ont rapporté plusieurs médias catholiques, dont le Catholic News Service et le Catholic Register.Le prélat québécois, qui est chargé de la nomination des évêques à Rome, a tenu ces propos lors d\u2019une assemblée des Chevaliers de Colomb à Toronto.Au diocèse de Québec, on explique qu\u2019Amoris laetitia fait suite au dernier synode des évêques sur la famil le qui s\u2019est tenu à Rome en octobre.«Après le synode, il y a toujours une déclaration solennelle du pape qui vise à tirer du jus des travaux et porter la perspective un peu plus loin», explique son porte-parole, René Tessier.« Ça ne va pas jusqu\u2019à dire qu\u2019on doit systématiquement donner la communion aux catholiques divorcés ou remariés, mais suggère qu\u2019il y ait davantage de dialogue entre les pasteurs et ces personnes-là.» Certes, la position de Marc Ouellet peut «étonner ceux qui s\u2019attendaient à ce qu\u2019il prenne le camp des conservateurs plus durs », mais ajoute qu\u2019il a toujours collé « à la doctrine of ficielle de l\u2019Église».Quant à savoir pourquoi la doctrine était aussi éloignée de la réalité du Québec, par exemple pour ce qui est de l\u2019ouverture aux divorcés, M.Tessier concède que « c\u2019est très rare » qu\u2019une personne divorcée se fasse refuser la communion.«Ce sont les personnes elles-mêmes qui choisissent.En général, elles savent qu\u2019elles ne devraient pas communier a priori.Pour les prêtres, ce serait embêtant de le refuser, d\u2019autant plus que le dimanche, à l\u2019église, on ne connaît pas tout le monde non plus.» Le Devoir MARIAGE Le cardinal Ouellet assouplit sa position sur les divorcés Le prélat québécois salue « la nouvelle approche pastorale » proposée par Amoris laetitia Une homme de 33 ans accusé de fraude envers des aînés Des accusations de fraude et de complot ont été formellement déposées vendredi contre Yanick Garneau, âgé de 33 ans, pour des fraudes visant des aînés.Ce résidant de Saint- Liguori, dans Lanaudière, a été arrêté jeudi par des enquêteurs de la Sûreté du Québec concernant des cas de fraude de type «grands-parents».Trois complices ont également été arrêtés, mais ils ont été libérés en attendant la suite des procédures judiciaires.Yanick Garneau a pour sa part comparu vendredi après-midi au palais de justice de Longueuil.Selon l\u2019enquête, il ciblait des aînés en se faisant passer pour leur petit-fils au téléphone et prétendait être dans une situation de détresse nécessitant une aide financière urgente.La Presse canadienne RICCARDO DE LUCA ASSOCIATED PRESS Le cardinal Marc Ouellet a défendu l\u2019Amoris laetitia en af firmant que c\u2019était un document qui «méritait d\u2019être lu et relu lentement».M iami \u2014 Un moustique génétiquement modifié pour empêcher la prolifération de cet insecte qui transmet notamment la dengue et le virus Zika ne devrait pas représenter de danger pour l\u2019environnement, a indiqué vendredi l\u2019agence américaine du médicament.La FDA, qui a étudié des milliers de commentaires du public depuis mars, a estimé que « le champ d\u2019essais proposé » du moustique OX513A mis au point par la société britannique Oxitec « n\u2019aura pas d\u2019impact considérable sur l\u2019environnement».Les moustiques mâles ont été génétiquement modifiés pour que leur progéniture meure avant d\u2019atteindre l\u2019âge adulte, ce qui, selon Oxitec, permettra de réduire la population du moustique Aedes aegypti, qui peut propager chez les humains des maladies virales comme le virus Zika, la dengue, la fièvre jaune et le chikungunya.Cette prise de position de la FDA ne signifie néanmoins pas que ce moustique OGM a reçu une approbation immédiate pour sa commercialisation, a précisé l\u2019agence fédérale dans un communiqué.« Oxitec a la responsabilité de s\u2019assurer que toutes les autres exigences locales, au niveau des États et au niveau fédéral, sont remplies avant de mener le champ d\u2019essais proposé», a-t-elle relevé.Le département de contrôle des moustiques dans les Florida Keys, chapelet d\u2019îles à la pointe de cet État du sud-est des États-Unis, devra notamment soupeser l\u2019occasion de donner son feu vert et, le cas échéant, le calendrier des essais.Ce programme consiste à libérer dans la nature des mâles Oxitec pour qu\u2019ils s\u2019accouplent avec des femelles Aedes aegypti.Seules les femelles piquent et inoculent les maladies.Toute lar ve née de cet accouplement mourra rapidement, réduisant la population des moustiques.«Des essais de performance au Brésil, au Panama et dans les îles Caïmans ont appliqué cette approche et, dans chacun de ces essais, la population d\u2019Aedes aegypti a été réduite de plus de 90%, un niveau exceptionnel de contrôle par rapport aux méthodes conventionnelles comme les insecticides», a fait valoir Oxitec dans un communiqué.La perspective de faire de même dans les Florida Keys a suscité une forte opposition chez de nombreux riverains.Une pétition sur le site change.org a récolté plus de 168 000 signatures.«Nous sommes convaincus que notre solution est à la fois hautement ef ficace et qu\u2019elle comporte de solides références environnementales », a déclaré Hadyn Parry, patron d\u2019Oxitec, cité dans le communiqué.Agence France-Presse Un moustique OGM de lutte contre le Zika inoffensif pour la nature M A R É E N O I R E Un centre de réclamation à Prince Albert Prince Albert \u2014 Un centre de réclamation temporaire a ouvert ses portes à Prince Albert, en Saskatchewan, afin d\u2019aider les gens touchés par le déversement de pétrole survenu dans la rivière Saskatchewan Nord, mais les représentants de la province et de Husky Energy, à qui appartient le pipeline à l\u2019origine du désastre, ont prévenu qu\u2019il était encore trop tôt pour établir les coûts liés à cet incident.Plusieurs entreprises ont été contraintes de suspendre leurs activités pendant environ deux semaines, le temps que des conduites temporaires vers d\u2019autres sources d\u2019eau soient installées.Les propriétaires de ces compagnies ont exprimé de l\u2019inquiétude concernant la perte de revenus.La Presse canadienne S A R A H R .C H A M P A G N E D u rire aux larmes, puis encore du sourire aux pleurs.Les émotions se sont vite succédé lorsque Katalin Lakatos a annoncé à Mar y Foster qu\u2019elle et sa fille ne seraient pas déportées.C\u2019était la troisième fois.Les deux femmes roms viennent en effet d\u2019obtenir un nouveau sursis.La famille ignore cependant jusqu\u2019à quand l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) leur permettra de rester.«La situation devient très compliquée », expose Mme Foster, militante de Solidarité sans frontières, organisme qui les soutient.Katalin et Gilda Lakatos ont déjà craint trois fois de devoir partir, alors que leur demande de résidence permanente pour des motifs humanitaires est présentement «en traitement » par Immigration Canada.«C\u2019est tout ce qu\u2019on peut savoir sur le site Web, c\u2019est impossible de planifier », déplore celle qui s\u2019est fait leur voix publique dans les dernières semaines.Impossible de planifier Le père et le frère Lakatos ont été dépor tés le 11 mars dernier.Ils sont arrivés tous ensemble en 2011.Après avoir vécu du harcèlement policier et de la discrimination, on leur a refusé le statut de réfugiés.Les deux femmes ont échappé de justesse à un renvoi en Hongrie en mai dernier.Le ministre fédéral de l\u2019Immigration, John McCal- lum, leur avait alors accordé un permis de séjour temporaire de deux mois en reconnaissance de « circonstances exceptionnelles ».Elles espéraient obtenir un renouvellement de ce permis, au moins jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019une réponse à leur demande de résidence permanente.La semaine der nière, un nouvel avis d\u2019expulsion f ixait au 11 août la date butoir.Devant la double attente, l\u2019ASFC a accepté jeudi de repousser l\u2019avis, au moins pour connaître l\u2019issue de la démarche de renouvellement du permis temporaire.«Mais c\u2019est impossible de planifier, on ne sait rien.C\u2019est tellement arbitraire », dénonce Mary Foster.Passées au « statut implicite » leur permettant de rester ici, elles ne peuvent cependant ni travailler ni étudier.« Il est donc très dif ficile de demeurer dans la précarité et l\u2019incer ti- tude presque totale » malgré le soulagement de ce nouveau sursis, indique Mme Foster, en décrivant une discrimination systémique envers les réfugiés roms.Une étude de chercheurs de l\u2019Université York de Toronto a démontré qu\u2019à peine 8,6 % des 11 000 demandes d\u2019asile de Roms ont été acceptées entre 2008 et 2012.La loi C-31 avait mis la Hongrie sur la l iste des « pays sûrs » en 2012 et l\u2019ex-ministre de l\u2019Immigration, Jason Ken- ney, avait déclaré que les demandes des Roms étaient « bidons » («bogus»).Le Devoir Nouveau sursis pour les Lakatos, toujours dans l\u2019inconnu Des douaniers saisissent 65 kilos de cocaïne à Lacolle Saint-Bernard-de-Lacolle \u2014 L\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a procédé à la saisie de 65 kilos de cocaïne au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, en Montérégie, au début de la semaine.L\u2019Agence a confirmé vendredi matin la spectaculaire saisie, qui a eu lieu lundi soir.La drogue, répartie dans 63 paquets, est évaluée à environ trois millions de dollars sur le marché noir.Une jeune femme a été arrêtée et a comparu en milieu de semaine.La Presse canadienne D A V I D C O U R B E T à Lille L a braderie de Lille, la plus importante d\u2019Europe, prévue début septembre, a été annulée vendredi par crainte d\u2019un nouvel attentat après la série d\u2019attaques que vient de connaître la France, qui a déjà conduit à une cascade d\u2019annulations similaires.« C\u2019est un problème de responsabilité morale.[\u2026] Je pense donc qu\u2019il faut suspendre la braderie de 2016 », a expliqué la mairesse de la ville, Martine Aubry.En 2015, cette brocante avait attiré près de 2,5 millions de visiteurs.Feux d\u2019artifice, spectacle aérien, fêtes populaires\u2026 : toute une série d\u2019événements festifs a été ainsi annulée en France ces derniers jours, après l\u2019attentat meurtrier du 14 juillet à Nice (sud-est), le jour de la fête nationale.Un Tunisien avait fauché avec son camion une foule venue assister à un feu d\u2019artifice sur le bord de mer, faisant 85 morts et 434 blessés.Douze jours plus tard, un prêtre était égorgé dans son église à Saint-Étienne-du-Rou- vray (nord-ouest), suscitant un nouveau choc dans le pays.En juin, deux fonctionnaires de police avaient été tués au couteau à leur domicile de la région parisienne.« Nous avons vraiment tout fait pour» accroître la sécurité, « mais il y a des risques que nous n\u2019arrivons pas à réduire.C\u2019est une décision douloureuse », a reconnu la mairesse socialiste de Lille.La braderie de Lille devait se tenir le week-end du 3 et 4 septembre.Du samedi au dimanche, ce devait être « deux jours et une nuit de folie ! », soulignait la mairie sur son site Internet Agence France-Presse L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 CULTURE A 7 Votre nouveau numéro est en kiosque ABONNEZ-VOUS ! quebecscience.qc.ca/abonnez-vous Aussi disponible en édition numérique DU 8 AU 12 AOÛT À MONTRÉAL L\u2019ÉCOLE DE LA PARTICIPATION CITOYENNE ÉDITION SPÉCIALE FORUM SOCIAL MONDIAL Pour connaitre la programmation complète et s\u2019inscrire : ecole.inm.qc.ca LISEZ LES TEXTES DES PARTICIPANTS DU PROFIL COMMUNICATION DE L\u2019ÉCOLE D\u2019ÉTÉ DE L\u2019INM DANS DANS LE DEVOIR DU 13 AOÛT! C H R I S T O P H E H U S S D eutsche Grammophon publie en une boîte cubique de 52 CD l\u2019intégralité des enregistrements du Quatuor Emerson.Un parcours captivant.Sur la photo de famille, Eugene Drucker, Philip Setzer et Lawrence Dutton regardent Paul Watkins, à droite, le petit nouveau qui a intégré la famille Emerson il y a trois ans.Les autres jouent ensemble depuis 40 ans ! C\u2019est pour marquer cet anniversaire que Deut- sche Grammophon ( D G ) p u b l i e a u - jourd\u2019hui une boîte rassemblant tous les enregistrements du Quatuor Emerson.A u c u n q u a t u o r n\u2019est aussi identifié à l \u2019ère du disque compact et à un seul label majeur que les Emerson avec DG, car le Quatuor Alban Berg avait commencé à enregistrer dans les années 70 chez Tel- dec, puis EMI.Juste après l\u2019émergence des Emerson sont notamment venus les Pra- zak (mais pour une petite étiquette) et les Takács, qui, eux aussi, ont changé d\u2019éditeur.Deutsche Grammophon a eu beau engager les Hagen comme tr ublions, dans un style plus hargneux, c \u2019est aux Emerson que furent confiées les intégrales Beethoven ou Chostakovitch du label jaune.Jouer debout ! En matière de calendrier, les Emerson se sont formés en 1976, le disque compact est arrivé en 1982, et le quatuor américain est devenu le grand quatuor de DG dès ses premiers enregistrements, en 1987.Pendant 37 années, la formation des Emerson fut immuable: Eugene Drucker, Philip Setzer, Lawrence Dutton et David Finckel.C\u2019est en 2013 que Paul Watkins remplaça David Finckel.Les Emerson, qui promurent l\u2019alternance des violons I et II, ont été longtemps et incontestablement les parangons du beau son, sculptural et moelleux.Les Emerson de la maturité jouent debout autour de leur violoncelliste, placé sur un podium au milieu.C\u2019est l\u2019une de leurs par ticularités depuis 2002.Il convient aussi et surtout de signaler à quel point la légendaire qualité de l\u2019exécution des Emerson s\u2019est maintenue dans son intégrité tout au long des années.Cette constance différencie les musiciens américains du quatuor le plus légendaire de l\u2019histoire de la Deutsche Grammophon, le Quatuor Amadeus, qui fut celui du passage de la monopho- nie à l\u2019ère stéréophonique.La dégradation de l\u2019intensité et de la précision des Amadeus, notamment de leur 1er violon, Norbert Brainin, fut assez vite patente et, à la fin, très pénible.Le cube Emerson publié au- jourd\u2019hui est donc fort intéressant, car peu de quatuors ont, dans le dernier quart de siècle, enregistré un répertoire aussi large avec une qualité aussi constante pour un seul et même label.Le seul cof fret comparable sur le marché est celui du Quartetto Italiano chez Decca, mais il est moins beau sur le plan esthétique et moins large sur le plan du répertoire.En suivant les Emerson au disque, entre 1987 et au- jourd\u2019hui, nous disposons d\u2019intégrales Beethoven, Brahms, Mendelssohn, Bartok et Chos- takovitch, de quelques grands quintettes, des œuvres éminentes de Schubert, Haydn et Mozart et de partitions isolées majeures (Debussy, Ravel, Janacek, Tchaïkovski 1, Boro- dine 2, Grieg 1) avec, en plus, comme singularité, quelques œuvres du répertoire américain du XXe siècle que les Emerson ont parfois suscitées.Le cube Emerson permet à l\u2019amateur et au néophyte de posséder une excellente anthologie des grands quatuors à cordes par des interprètes d\u2019aujourd\u2019hui dans un son numérique soigné.Le Devoir EMERSON STRING QUARTET Complete Recordings on Deutsche Grammophon.DG 52CD 479 5982.MUSIQUE CLASSIQUE Le Quatuor Emerson : une histoire par le disque FRANCE La braderie de Lille est annulée par mesure de sécurité Une gravure de Dürer retrouvée dans une brocante en France Berlin \u2014 La Staatsgalerie de Stuttgart a récupéré une gravure sur bronze de l\u2019artiste allemand Albrecht Dürer du XVIe siècle découverte sur une brocante de Sarrebourg, dans l\u2019est de la France, « dans un très bon état », a appris vendredi l\u2019AFP.L\u2019œuvre d\u2019art, datée de 1520 et intitulée Maria von einem Engel gekrönt (Marie, couronnée par un ange), a été gracieusement restituée par un archéologue français à la retraite qui a « souhaité rester en retrait », a expliqué Anette Frankenberger, porte-parole du musée.L\u2019œuvre sur bronze de Dürer (1471-1528) est « dans un très bon état », a poursuivi la porte-parole.Agence France-Presse LISA MAZZUCCO Le Quatuor : Eugene Drucker, Philip Setzer, Lawrence Dutton et Paul Watkins, le petit nouveau qui a rejoint la famille il y a trois ans.DAVID AFRIAT LE DEVOIR Lire aussi \u203a Le compte rendu de Christophe Huss du concert de Charles Richard-Hamelin avec Kent Na- gano au Festival de Lanaudière sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir.La légendaire qualité de l\u2019exécution des Emerson s\u2019est maintenue dans son intégrité tout au long des années L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par 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naturels dans l\u2019agriculture, mais aussi sur les plans économique et social», explique-t-il.Sur les terres fertiles du Centre de la coen- treprise paysanne d\u2019Armandie, qu\u2019ils ont fondé à Frelighsburg, Nabil Chaib Draa, auquel s\u2019est joint l\u2019entomologiste Étienne Normandin, élève des insectes pour la consommation humaine.Le Centre est l\u2019un des 82 propriétaires agricoles inscrits au programme Banque de terres de Brome-Missisquoi.« Je me suis rendu compte à quel point il était important, si on voulait sauver les forêts, de diminuer la consommation de viande.La FAO [l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture] a proclamé en 2010 que c\u2019était l\u2019avenir, de manger des insectes.L\u2019avantage de l\u2019insecte, c\u2019est qu\u2019il a un impact écologique insignifiant», dit Bernard Alonso.Dans une ancienne écurie qui servait autrefois à abriter des chevaux qui couraient à Blue Bonnets, le groupe a donc mis sur pied un élevage de grillons domestiques et de ténébrions, ou vers à farine, que l\u2019on retrouve dans l\u2019environnement québécois.À l\u2019intérieur du bâtiment, les élevages s\u2019activent à se nourrir et à se reproduire dans des boîtes ouvertes réservées à cette fin.«Nos vers sont très heureux, assure Bernard Alonso.Rien à voir avec la production porcine», dit-il.Ils sont nourris au grain bio, s\u2019accouplent et font leurs œufs dans un carré de terre.Du gros et du prêt-à-manger Le succès est tel que, déjà, les entrepreneurs ne fournissent pas à la demande.Présentement, 50 000 ténébrions et 20 000 grillons sortent de la ferme chaque semaine.Les producteurs attendent encore du financement pour en faire une production industrielle et souhaiteraient éventuellement en produire quelque 20 kilos par semaine, toutes espèces confondues.C\u2019est la première ferme du genre au Québec, bien qu\u2019il s\u2019en trouve ailleurs dans le monde.Étonnamment, ce sont les Pays-Bas qui seraient le premier pays producteur d\u2019insectes au monde, selon M.Alonso.On en trouve aussi en Californie, à Detroit et en Ontario.La ferme d\u2019insectes de Frelighsburg vend quant à elle une partie de sa production au marché Jean-Talon, à la boutique des superali- ments du Québec d\u2019Ariane Clément.Il s\u2019agit de leur première cliente.Mais les associés de la ferme d\u2019insectes de Frelighsburg visent davantage le marché du gros.On utilise déjà des insectes, dit M.Alonso, dans la production de barres protéinées.En fait, les associés souhaitent faire une entrée dans le marché semblable à celle opérée par le commerce des sushis il y a 20 ans.Le groupe se cherche d\u2019ailleurs un cuisinier pour fabriquer des bouchées, des tapas ou des baklavas aux insectes, qu\u2019on rebaptiserait peut-être «buglavas»\u2026 Ils espèrent donc pouvoir vendre des insectes sous forme de prêt-à-manger.«Il faut les faire déguster, développer la clientèle», dit-il.Bernard Alonso nous en sert qu\u2019on a aromatisé de cannelle et de sirop d\u2019érable.Et en fermant les yeux, on y arrive\u2026 «En général, dit-il, ça ne se mange pas tout seul.C\u2019est bon par exemple sur de la crème glacée\u2026» Des légumes chinois bien d\u2019ici La production d\u2019insectes n\u2019occupe que de 1 à 3% de la terre de 50 acres du Centre de coentre- prise paysanne d\u2019Armandie.Aussi, la ferme est inscrite à la Banque de terres de Brome-Missis- quoi, et cherche entre autres des personnes qui voudraient y faire de la culture maraîchère.Déjà, la jeune Stéphanie Wang, à genoux dans la terre, cultive toute une gamme de légumes chinois : du chou chinois, de l\u2019okra, du bok choy, des radis daikon et des radis japonais.Elle les vend dans différents marchés locaux et dans quelques restaurants de la région.Quand elle était enfant, cette diplômée en sociologie d\u2019origine cantonaise, qui a grandi à Montréal, mangeait ces légumes que sa mère achetait au quartier chinois.« Il fait un peu plus chaud dans la région chinoise de Canton qu\u2019ici», reconnaît-elle.Mais ses légumes ne supportent pas non plus les températures trop élevées.Bernard Alonso ajoute que notre alimentation se base à tort sur des produits plus adaptés aux températures élevées, comme la tomate ou les poivrons, alors que notre corps a davantage besoin de produits mieux adaptés, le brocoli par exemple, ou les légumes chinois.Coordonnatrice dans l\u2019Union paysanne, où elle a apprivoisé les concepts liés à l\u2019agriculture écologique, Stéphanie Wang avait depuis longtemps envie de plonger ses propres mains dans la terre.Elle est en voie de devenir actionnaire du Centre de coentreprise paysanne d\u2019Arman- die.Les par tenaires peuvent ainsi par tager leurs frais d\u2019exploitation et de promotion, voire de distribution, poursuit M.Alonso.Le Centre n\u2019est pas encore ouvert au public.Mais dès les 20 et 21 août prochains, des journées portes ouvertes s\u2019y tiendront.On pourra en apprendre encore plus sur les insectes, tant ceux qui se retrouveront éventuellement dans notre assiette que ceux qui courent dans les champs et dans les bois.Le Devoir SUITE DE LA UNE INSECTES La salle emblématique du « bunker » de la Grande-Allée est en effet le théâtre, entre 1972 et 2002, de plusieurs décisions controversées précédées de débats animés.Hubert Thibault, apparatchik des gouvernements péquistes, se rappelle les séances « interminables » du Conseil des ministres dans ce décor lunaire.« Ça peut finir, surtout sous le PQ, à 8 h, 9 h, 10 h le soir.M.Bourassa était un peu plus discipliné », souligne-t-il.« C\u2019était la définition de l\u2019éternité.On ne savait pas quand on commençait et on ne savait pas quand on allait finir », poursuit l\u2019ex-ministre Claude Morin.Le 19 décembre 1979, René Lévesque convoque le Conseil des ministres dans «cette salle dont l\u2019éclairage indirect et la voûte en forme de verrue vous isolent comme dans une capsule interplanétaire».Il couche sur le papier la question du référendum du 20 mai 1980, sur laquelle le « méticuleux trio » formé de Claude Morin, de Louis Bernard et de Daniel Latouche avait «sué sang et eau».«[I]l va de soi qu\u2019aucune formulation ne saurait rallier d\u2019emblée un groupe qui s\u2019apprête à jouer son va-tout en quelques lignes.Assumant patiemment le rôle de sténo qu\u2019impose la présidence d\u2019une assemblée, je notais : un mot de trop selon celui-ci, une expression qui cloche selon celui-là.On soustrait, on additionne», relate l\u2019ancien chef du gouvernement dans ses mémoires Attendez que je me rappelle.Le débat s\u2019intensifie, s\u2019envenime.La proposition de tenir un second référendum sur une éventuelle entente de souveraineté-association « fait littéralement bouillir Jacques Parizeau, pour qui même le premier n\u2019était pas facile à avaler».«La tension devenant excessive, j\u2019ajournai pour une heure.À minuit, on parvenait à dégager un consensus à peu près solide», ajoute-t- il.Puis, les juristes de l\u2019État sont appelés en renfort pour passer au crible la « fameuse question » de plus de 100 mots.M.Lévesque la dévoilera quelques heures plus tard à l\u2019Assemblée nationale.Bref, « c\u2019est là que se terminent normalement les prises de décision», résume M.Morin, qui a accompagné cinq premiers ministres dans l\u2019exercice du pouvoir.La centrale du docteur Folamour La salle ne comportait aucune fenêtre sur l\u2019extérieur.Elle était plongée dans l\u2019obscurité des néons.Au centre s\u2019élève une grande table ovale en chêne sur laquelle semble se refermer le faux plafond situé juste au-dessus.Celui-ci est formé de lattes de bois convergeant vers un cylindre blanc braquant le sol.Les membres du gouvernement prenaient place tout autour de l\u2019imposante table.Leurs échanges étaient étroitement suivis notamment par le directeur de cabinet et le secrétaire général, assis derrière une table rectangulaire placée en retrait.Il y avait un petit quelque chose de « la centrale du docteur Folamour», selon l\u2019ex-ministre Lise Payette.La fumée des cigarettes emplissait tranquillement la salle, lui conférant une «atmosphère surréaliste » et à la longue «oppressante », se rappelle l\u2019ex-proche conseillère de René Lévesque et de Pierre Marc Johnson Martine Tremblay.« La première fois, c\u2019est un peu déroutant.» «Ça faisait un peu centre de contrôle de la défense américaine, au troisième sous-sol », lance Jean-François Lisée.Cela dit, l\u2019aménagement de la salle créait un « esprit de corps » entre les membres d\u2019un gouvernement.« Quand tu es assis autour de cette table ronde là, tu sais que tu formes un groupe, ça induit la solidarité, mais lorsque les moments étaient sombres dans les périodes dif ficiles de la politique, ça accentuait l\u2019idée d\u2019enfermement », explique-t-il.Pour reprendre contact avec l\u2019extérieur, les ministres ont des cabines téléphoniques à leur disposition à partir d\u2019une antichambre où ils peuvent croiser des hauts fonctionnaires s\u2019étant déplacés pour éclaircir l\u2019aspect technique d\u2019une situation.Intacte ou presque La « soucoupe volante » a été désertée à la suite du déménagement du cabinet du premier ministre et du ministère du Conseil exécutif du «bunker » vers l\u2019édifice Honoré-Mercier.La salle est demeurée intacte, ou presque, comme si elle s \u2019était figée dans le temps.D\u2019ailleurs, les noms des derniers membres du gouvernement Landry à l\u2019avoir fréquentée ap- para issent toujours sur un panneau de contrôle du système de climatisation : Rita Dionne-Marsolais, Agnès Maltais, Nicole Léger, Jean Rochon, Paul Bégin, Diane Lemieux et compagnie.L\u2019ancienne salle du Conseil des ministres a été envahie par les rayons de soleil seulement après qu\u2019un mur eut été percé et des vitres pare-balles, installées.Elle est aujourd\u2019hui accessible aux membres du gouvernement et de l\u2019administration souhaitant y tenir des rencontres.Aux commandes du superministère des Transports et des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault a rassemblé à quelques reprises sa garde rapprochée dans la « soucoupe volante » pour des réunions de travail, des « lacs-à- l\u2019épaule », indique-t-il, avant de rappeler les origines jonquiéroises de l\u2019architecte qui a imaginé le bâtiment controversé, Évans St-Gelais.Celui-ci est aussi derrière les plans du cégep de Jonquière ainsi que de l\u2019église Saint-Raphaël, précise l\u2019élu de Jonquière.Engagé dans la sauvegarde de l\u2019architecture moderne, le chef de l \u2019opposition of ficielle plaide aujourd\u2019hui afin que la salle 3.159 soit inscrite aux sites patrimoniaux et, ainsi, protégée en vertu de la Loi sur les biens culturels.Le Devoir Dossier \u203a Un terreau fertile pour pallier le vieillissement des agriculteurs.Les nouveaux maraîchers n\u2019ont pas de racines régionales.Page A 4 Objectif terre.Deux foodies préparent le terrain pour des herbes médicinales.De la broue et du brou.Cultiver la noix et le houblon à Philipsburg.Page A 5 50 000 ténébrions sortent de la ferme d\u2019insectes de Frelighsburg chaque semaine.S\u2019ajoutent également 20 000 grillons.En décembre 2014, l\u2019adjointe exécutive de Jean Charest écrit à Jacques Gauthier, membre de l\u2019ONE, pour lui demander des précisions sur la rencontre qu\u2019il a sollicitée avec l\u2019ancien premier ministre.«Je veux introduire le nouveau chair de l\u2019Office [sic] et parler des grands enjeux qui toucheront le Québec au niveau pétrolier (Energy East, etc.), répond Jacques Gauthier.Une rencontre assez générale somme toute.» Il précise plus tard qu\u2019il souhaite « faire le point sur les divers dossiers qui sont en cours et qui af fecteront notamment la province de Québec ».Il espère « une discussion ouver te avec M.Charest sur ces sujets ».Notes manuscrites La rencontre aura finalement lieu le 15 janvier, au bureau de Jean Charest à Montréal.L\u2019ex-pre- mier ministre a reçu la délégation de l\u2019ONE, composée du président Peter Watson et des deux commissaires, Jacques Gauthier et Lyne Mercier, qui siègent tous deux au comité d\u2019audience chargé d\u2019évaluer le projet Énergie Est.Les notes manuscrites de l\u2019un des participants de l\u2019ONE se rapportent directement au projet de TransCanada.On y retrouve notamment des références telles que : «Économie a besoin d\u2019investissements [\u2026] Quels profits pour Qc?Clé.[\u2026] Communications [\u2026] Sécurité du pipeline.» Ces courriels et ces notes contredisent les propos tenus le mois passé par le conseiller de Jean Charest, Grégory Larroque.Au National Observer, début juillet, il confirmait la tenue de cette rencontre, à laquelle il avait assisté, mais il affirmait qu\u2019Énergie Est n\u2019avait jamais été abordé.Même son de cloche du côté de l\u2019Office national de l\u2019énergie, qui soutenait que le sujet n\u2019avait pas été à l\u2019ordre du jour.Rappelons que les membres de l\u2019Office national de l\u2019énergie n\u2019ont pas le droit de discuter d\u2019un projet à l\u2019étude en dehors des audiences.Excuses de l\u2019ONE Le National Observer a fait une demande d\u2019accès à l\u2019information.Un mois plus tard, preuves à l\u2019appui, l\u2019ONE a été forcé de s\u2019excuser pour avoir fourni de fausses informations au journaliste.«Bien qu\u2019il n\u2019y ait eu aucune mauvaise intention dans notre réponse, l\u2019Office regrette sincèrement que nos recherches n\u2019aient pas permis de trouver ce matériel plus tôt et que notre réponse n\u2019ait pas reflété avec précision [la teneur de] cette rencontre», écrit le porte-parole de l\u2019ONE, Craig Loewen.En réponse aux questions du Devoir, son collègue Marc-André Plouffe affirme que «l\u2019Office n\u2019était pas au courant, à ce moment-là, de tout contrat par lequel M.Charest pouvait être lié».Il précise que d\u2019autres dirigeants au Québec, incluant des maires et des représentants de chambres de commerce, ont également été rencontrés «pour savoir comment faire participer la société québécoise efficacement [\u2026] au volet québécois de l\u2019Initiative de mobilisation pancanadienne».Il assure que les discussions sont restées dans les limites permises par l\u2019Office.«Si les personnes rencontrées voulaient parfois parler de projets pipe- liniers à l\u2019étude, les fonctionnaires de l\u2019Office n\u2019ont permis absolument aucune discussion inappropriée à ce sujet.» TransCanada Après sa défaite aux élections, Jean Charest est retourné au droit.Il a également accepté un mandat de consultant pour TransCanada, mais n\u2019a jamais eu un mandat of ficiel de lobbyiste.Son contrat est arrivé à terme en septembre 2015 et n\u2019a pas été renouvelé.Le cabinet M.Charest n\u2019a pas répondu à la demande d\u2019entrevue du Devoir.Du côté de TransCanada, on répond par cour- riel ne pas être concerné par cette rencontre.«M.Charest a été engagé par TransCanada pour agir à titre de conseiller.On ne lui a pas demandé de promouvoir le projet ni de faire du lobbying.Les questions portant sur l\u2019objectif de la rencontre et sur les sujets qui y ont été abordés devraient être dirigées vers ceux qui étaient présents et qui l\u2019ont organisée, ce qui ne touche TransCanada en aucun cas.» Commissaire au lobbyisme Ce n\u2019est pas la première fois que Jean Charest se retrouve dans l\u2019eau chaude en raison de son mandat de consultant pour la compagnie alber- taine.En mars dernier, le Globe and Mail révélait qu\u2019il avait tenté d\u2019organiser une rencontre entre des représentants de TransCanada et le cabinet du premier ministre Justin Trudeau pour discuter du projet d\u2019oléoduc Énergie Est.La commissaire fédérale au lobbyisme, Karen E.Shepherd, a finalement blanchi Jean Charest, affirmant que «l\u2019allégation [\u2026] était sans fondement».L\u2019automne dernier, à quelques jours des élections, le coprésident du comité de campagne nationale de Justin Trudeau et ancien chef de cabinet de Jean Charest, Daniel Gagnier, avait été forcé de démissionner après qu\u2019il eut donné des informations privilégiées à TransCanada.Questionné par Le Devoir à savoir si la commissaire au lobbyisme du Canada avait l\u2019intention d\u2019enquêter sur ces nouvelles allégations, son bureau se fait avare de commentaires.«La commissaire prend toutes les allégations au sérieux.La Loi sur le lobbying stipule que les examens et enquêtes doivent être menés en secret.Elle n\u2019offrira donc aucun autre commentaire.» Les audiences de l\u2019ONE sur le projet Énergie Est débuteront le 8 août au Nouveau-Brunswick.Le Devoir SUITE DE LA UNE ÉNERGIE SUITE DE LA UNE SOUCOUPE JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Lucien Bouchard préside son Conseil des ministres dans la «soucoupe volante» du «bunker» en 1996.À sa droite, les futurs premiers ministres Bernard Landry et Pauline Marois.« Ça faisait un peu centre de contrôle de la défense américaine, au troisième sous-sol », lance Jean- François Lisée "]
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