Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2016-07-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" V O L .C V I I N o 1 4 7 L E D E V O I R , L E L U N D I 4 J U I L L E T 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Les Forges de Montréal menacées d\u2019expulsion.Des défenseurs du patrimoine demandent la clémence de la Ville.Page A 5 Actualités \u203a Michel Rocard 1930- 2016.Le socialiste ami de la cause souverainiste.Page A 4 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m BAGDAD SUBIT LA TERREUR DJIHADISTE AIDAR HAMDANI AGENCE FRANCE-PRESSE Le groupe armé État islamique a revendiqué dimanche l\u2019attaque la plus meurtrière perpétrée dans la capitale irakienne cette année.Au moins 119 personnes sont mortes à Bagdad lors d\u2019un double attentat suicide.Page B 1 A L E X A N D R E S H I E L D S Q uébec a autorisé le prélèvement de plus de 30 millions de litres d\u2019eau dans des rivières d\u2019Anticosti afin de réaliser les trois premiers forages avec fracturation sur l\u2019île, a appris Le Devoir.La majorité de cette eau sera puisée dans des cours d\u2019eau abritant une population de saumon en voie de disparition.Quant aux eaux usées, elles seront traitées sur place selon une méthode encore inconnue, puis rejetées directement dans le golfe du Saint-Laurent.Le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) a accepté de préciser, à la suite d\u2019une demande officielle, « les quantités maximales » d\u2019eau pouvant être utilisées pour chacun des trois forages du programme de recherche de pétrole et de gaz de schiste.Ces travaux financés majoritairement par l\u2019État québécois doivent débuter cet été, pour être achevés en 2017.Un premier forage, nommé « Canard », pourra être réalisé avec 10,57 millions de litres d\u2019eau.Un deuxième, désigné comme le forage « La Loutre », pourrait pomper jusqu\u2019à 11,15 millions de litres d\u2019eau dans une des rivières désignées par le MDDELCC.Enfin, le forage « Jupiter », situé près de la rivière à saumon du même nom, aura droit à un maximum de 9 millions de litres.Au total, le gouvernement du Québec a donc autorisé le prélèvement de 30 720 000 litres d\u2019eau dans des rivières réputées pour la qualité de leurs eaux.À titre de comparaison, un tel volume équivaut à la quantité nécessaire pour remplir pas moins de 10 piscines olympiques, ou alors un total de 1000 camions-citernes.ANTICOSTI 30 millions de litres d\u2019eau pour 3 forages L\u2019eau sera extraite de rivières abritant des saumons en voie de disparition avant d\u2019être rejetée dans le golfe M A R C O F O R T I E R L es plus traumatisés par le Brexit du 23 juin sont sans doute les sondeurs.Ils se sont trompés du tout au tout, encore une fois.Les experts de l\u2019opinion publique avaient prédit que les Britanniques voteraient pour rester dans l\u2019Union européenne.Une majorité de 52 % des électeurs a plutôt décidé de rompre les liens politiques avec le continent.« On s\u2019est tous trompés », reconnaît la sociologue Claire Durand, considérée comme une sommité en matière de sondages.«J\u2019ai raté l\u2019occasion d\u2019être célèbre! Si j\u2019avais bien regardé les choses, j\u2019aurais pu prédire les résultats avec exactitude, comme je l\u2019avais fait pour le référendum de 2014 en Écosse», ajoute en souriant la professeure de l\u2019Université de Montréal.Comme bien des analystes, Claire Durand avait prédit (en se basant sur l\u2019ensemble des coups de sonde menés au Royaume-Uni durant la campagne sur le Brexit) que les Britanniques décideraient à 52 % de rester dans l\u2019Union européenne.C\u2019est le contraire qui s\u2019est produit : une victoire du camp du Leave avec 52 % des voix.P?INT CHAUD Brexit : dur lendemain de veille pour les sondeurs Il a frôlé la mort au plus près et en est revenu transformé.Plus vivant que jamais \u2014 du moins musicalement.À 60 ans, l\u2019immense pianiste Fred Hersch est un miraculé de la vie, voilà tout.Récit d\u2019un retour improbable.JAZZ Fred Hersch, le pianiste miraculé FIJM Le pianiste américain Fred Hersch G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É C\u2019 était en 2008, et tous les proches de Fred Hersch croyaient qu\u2019il y passerait.Le si- déen était atteint de la démence associée au VIH \u2014 ce qui survient lorsque le virus infecte le cerveau.Plongé dans le coma pendant deux mois, incapable de s\u2019alimenter pendant huit mois.Et incapable de bouger ses mains.Lui, un pianiste.« J\u2019ai eu quelques ennuis de santé qui ont fait de moi un meilleur musicien» : voilà comment le principal intéressé résumait une année d\u2019horreur lors d\u2019un entretien avec Le Devoir , lundi dernier.Fred Hersch a évité le pire, et décidé qu\u2019il s\u2019en servirait comme carburant pour la suite des choses.Comme tant d\u2019autres homosexuels, Hersch a contracté le vir us au milieu des années VOIR PAGE A 8 : JAZZ Lire aussi \u203a Notre couverture du Festival international de jazz de Montréal.Page B 8 VOIR PAGE A 8 : ANTICOSTI VOIR PAGE A 8 : BREXIT Euro La France met ?n au parcours inouï de l\u2019Islande et fera face à l\u2019Allemagne Page B 4 Fierté gaie Un dé?lé historique à Toronto en hommage aux victimes d\u2019Orlando Page A 3 Lire aussi \u203a Brexit, vraiment?Une chronique de François Brousseau.Page B 1 L E D E V O I R , L E L U N D I 4 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Ouvert au public 5 juillet \u2014 Austérité : entre soumission et colère 6 juillet \u2014 L'écologie : est-on dans une vraie transition?À l'UQAM, Bistro Sanguinet (308, rue Sainte-Catherine Est, Montréal) De 17h30 à 19h 5@7 La sociologie au défi de l'actualité Animation : Josée Boileau JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les propriétaires militent pour avoir le droit d\u2019exiger une caution équivalant à un mois de loyer, une mesure dénoncée par le FRAPRU.B O R I S P R O U L X O nze ménages se sont trouvés sans logement à Montréal au 1er juillet.Cette année, c\u2019est à Gatineau que l\u2019on trouve le plus de cas, avec 39 ménages qui sont hébergés temporairement dans des organismes communautaires, dans des logements de dépannage municipaux ou chez des parents ou amis.Trois cas semblables ont été signalés à Sherbrooke.En tout, 120 ménages en difficulté ont demandé de l\u2019aide de leur Office municipal d\u2019habitation cette année, selon les données compilées par le Front d\u2019action populaire en ré- aménagement urbain (FRA- PRU).L\u2019organisme recense chaque année le nombre de personnes en détresse au moment de la grande période du déménagement.Plus de logements à louer Quand on leur demande si cette année pourrait être la dernière de leur traditionnel bilan de juillet, le coordinateur François Saillant et l\u2019organisatrice communautaire Marie-Jo- sée Corriveau, du FRAPRU, éclatent de rire.« J\u2019espère, mais je ne crois pas qu\u2019on soit au bout de nos peines ! » Pourtant, il existe de nombreux signes encourageants indiquant qu\u2019il existe un plus grand nombre de logements à louer en 2016.Puisque le marché des appartements en copropriété neufs a été saturé au cours des dernières années, des promoteurs se sont tournés vers le marché locatif, qui connaît un essor impressionnant depuis 2015 : 13 020 nouveaux logements ont été mis en chantier l\u2019an dernier, rapporte le FRAPRU.« Si la tendance se maintient, il y aura plus de logements locatifs que de condos mis en chantier en 2016.C\u2019est la première fois depuis 20 ans », explique François Saillant.Son enthousiasme est toutefois limité.Ces nouveaux logements sont souvent de petite taille, inadaptés aux familles.Leur prix est aussi beaucoup trop élevé pour que des personnes à faibles revenus y aient accès.« Les locataires risquent de ne pas profiter beaucoup de cet essor.Le marché va plutôt là où c\u2019est payant», analyse-t-il.S\u2019il y a moins de locataires à la rue le jour de la fête du Canada, les plus démunis se tournent parfois vers des appartements trop chers ou se contentent de lieux insalubres ou surpeuplés.« On voit une hausse des évictions.Le problème s\u2019est étendu à toute l\u2019année.» Selon le FRAPRU, seul le logement social est une solution viable.Québec refuse l\u2019argent du fédéral L\u2019argent destiné au logement social existe, du moins au fédéral.Le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a déjà annoncé 2,3 milliards de dollars sur deux ans.Il mène actuellement des consultations pour mettre en place une stratégie nationale en matière d\u2019habitation.À Victoria, en Colombie-Britannique, le ministre québécois des Affaires municipales et de l\u2019Occupation du territoire, Martin Coiteux, a toutefois refusé l\u2019aide fédérale «à ce stade-ci», craignant qu\u2019elle remette en question les compétences du Québec en matière de logement.Selon le FRAPRU, le gouver nement Couillard laisse ainsi tomber les mal-logés.« Avant, les provinces exigeaient que le fédéral s\u2019engage dans ce dossier.Maintenant que l\u2019argent est sur la table, elles se plaignent d\u2019ingérence», se désole Marie-Josée Corriveau.Ce qui l\u2019inquiète, c\u2019est le sort des logements sociaux existants, et dont les conventions auprès de la Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement prendront fin dans les années à venir.Si rien n\u2019est fait, 95 000 logements sociaux risquent de perdre leur subvention, prévient l\u2019organisme.Les propriétaires militent pour légaliser la caution Si le FRAPRU se sent délaissé par le gouvernement provincial, les propriétaires, eux, af firment que la discussion avance avec Québec quant à l\u2019assouplissement des règles qui régissent le logement locatif.La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) a trouvé son cheval de bataille: le dépôt de sécurité, ou «caution».Après le départ de leurs locataires, les propriétaires trouvent parfois leur appartement dans un piteux état : gros meubles laissés sur place, négligence ou même vandalisme.Un sondage mené auprès des membres de la COR- PIQ montre que la majorité des logements ont besoin soit d\u2019un nettoyage soit de réparations après le départ des locataires.Pour 15% d\u2019entre eux, le montant des réparations dépasserait les 700$.Le porte-parole du lobby des propriétaires, Hans Brouillette, avance que permettre l\u2019exigence d\u2019un dépôt équivalant à un mois de loyer au moment d\u2019emménager, remboursable au déménagement, permettrait de rétablir la confiance entre propriétaires et locataires.Si cette caution est illégale au Québec, la pratique est courante dans d\u2019autres provinces.Selon la CORPIQ, le ministre Coiteux semblait « intéressé » par cette proposition, et analysera l\u2019équilibre des droits entre propriétaires et locataires.La mesure est critiquée par le FRAPRU, qui estime que les plus démunis n\u2019ont pas la capacité financière pour payer ce dépôt.Le Devoir Des Québécois sans logis malgré un marché locatif en expansion À Montréal, 11 ménages n\u2019ont pas trouvé de logement convenant à leurs besoins A L E X A N D R E S H I E L D S L a femelle béluga naissante remise à l\u2019eau jeudi soir par une équipe de spécialistes de l\u2019espèce est-elle toujours vivante ?La question demeure entière, trois jours après la tentative de sauvetage très délicate réalisée sur le Saint-Laurent.L\u2019animal a été retrouvé échoué vivant à Rivière-du- Loup jeudi midi, un événement rarissime au Québec.L\u2019équipe du Groupe de recherche et d\u2019éducation sur les mammifères marins (GREMM) est donc allée recueillir ce très jeune béluga, afin de le transporter à bord de son bateau.L\u2019équipe a ensuite été en mesure, vers 19 h, de localiser un groupe composé de femelles et de jeunes bélugas nés les années précédentes.La petite femelle a donc alors été remise à l\u2019eau dans le secteur de l\u2019île aux Lièvres, non loin de Cacouna.Mais les scientifiques ont dû quitter les lieux peu de temps après.Et depuis, on ne sait pas ce qu\u2019il est advenu de ce «veau».Selon ce qu\u2019a fait valoir dimanche le Réseau québécois d\u2019urgences pour les mammifères marins, l\u2019animal âgé d\u2019à peine quelques jours n\u2019a pas été signalé depuis sa remise à l\u2019eau.Il pourrait toutefois être retrouvé de nouveau échoué, puisque le succès d\u2019une telle opération de sauvetage est loin d\u2019être assuré.Mère adoptive En fait, pour que le jeune cétacé ait une chance de survivre, il faudrait qu\u2019il soit en quelque sorte adopté par une femelle adulte, puisque sa mère est probablement décédée après avoir mis bas, selon le président du GREMM, Robert Michaud.Le jeune béluga est en effet très dépendant des soins prodigués par sa mère, notamment pour l\u2019allaitement, qui dure pas moins de deux ans.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que l\u2019équipe du GREMM a remis la jeune femelle à l\u2019eau parmi un groupe de femelles et de jeunes.Elle a aussi été vue nageant en compagnie de ce groupe pendant une quarantaine de minutes.Si aucune femelle ne décide d\u2019adopter ce jeune béluga, il devrait mourir rapidement.Il pourrait alors être retrouvé sur une rive, ou encore à la dérive sur le Saint-Laurent.On peut aussi ne jamais le revoir.Déclin rapide Depuis quelques années, les chercheurs ont constaté une hausse importante des mortalités de nouveau-nés et de femelles ayant connu des complications mortelles au moment de la mise bas.À titre d\u2019exemple, sur les 14 carcasses retrouvées en 2015, 6 étaient des nouveau-nés, tandis que trois femelles retrouvées étaient mortes à la suite de complications liées à la mise bas.Avec les carcasses déjà retrouvées en 2016, dont deux femelles, Rober t Michaud redoute d\u2019ailleurs la poursuite de cette tendance lourde.«Ce ne sont pas de bonnes nouvelles.Mon impression, c\u2019est que ça semble être une saison qui est dans la ligne des autres saisons depuis 2010, au moment où a commencé la série noire.» Ces chiffres peuvent sembler faibles, mais pour une population qui se limite à quelques centaines d\u2019individus, les impacts sont dramatiques.Au final, les données indiquent clairement un recul dangereux de la population du Saint-Laurent.Celle-ci ne compterait plus que 880 individus.Ils étaient plus de 10 000 il y a un siècle.L\u2019espèce montre en outre des signes de déclin.Le Devoir Aucun signe du béluga orphelin Des scientifiques ont tenté de greffer la jeune femelle à un groupe de mères GREMM La jeune femelle a nagé une quarantaine de minutes avec le groupe.Rivière Yamaska : des milliers de poissons morts Les autorités ignorent toujours ce qui a causé la mort de milliers de poissons dans la rivière Yamaska, à la hauteur de Saint- Hyacinthe, en Montérégie.Des poissons de toutes sortes ont été trouvés sans vie jeudi.Plusieurs étaient en état de putréfaction avancée, ce qui signifie que leur mort remonterait à plusieurs jours.Des agents de la faune ont récolté des échantillons, mais la cause de cette mortalité massive n\u2019a pas encore été déterminée.Parmi les hypothèses étudiées, il pourrait s\u2019agir d\u2019une contamination de l\u2019eau causée par des travaux réalisés à proximité de la rivière Yamaska, un déversement qui n\u2019aurait pas été signalé aux autorités ou une diminution draconienne du taux d\u2019oxygène dans l\u2019eau, le niveau de la rivière étant très bas.La Presse canadienne T ous les of ficiers du Bloc québécois resteront neutres dans l\u2019actuelle course à la direction du Parti québécois, dont la période de mise en candidature s\u2019est achevée le 30 juin.Le leader parlementaire du Bloc, Luc Thériault, souligne que le mot d\u2019ordre a été donné au chef, au whip, au président du caucus et au leader parlementaire de ne pas s\u2019immiscer dans la course.M.Thériault précise que ses collègues députés peuvent de leur côté prendre position pour le candidat de leur choix, s\u2019ils le désirent.Luc Thériault souligne que le Bloc est une coalition d\u2019indépendantistes provenant d\u2019Option nationale, de Québec solidaire, du Parti québécois et même de la Coalition avenir Québec, et qu\u2019il serait mal avisé pour ses « ténors » de s\u2019engager activement pour l\u2019un ou l\u2019autre des candidats à la succession de Pierre Karl Pé- ladeau au PQ.Cinq candidats La période de mise en candidature dans le cadre de la course à la direction s\u2019est terminée le 30 juin, date limite à laquelle les candidats devaient avoir répondu aux critères établis par le parti.Ils devaient notamment déposer une liste de 1500 appuis et une somme de 10 000 $.Une somme identique sera exigée avant la fin du mois d\u2019août.La direction du PQ annoncera ce lundi les candidatures qui ont été reçues et validées.Du même coup, la course sera officiellement lancée.Cinq candidats se feront vraisemblablement la lutte, soit les députés Alexandre Cloutier, Martine Ouellet, Véronique Hivon et Jean-François Lisée, de même que l\u2019avocat Paul Saint-Pierre Plamondon.La Presse canadienne DIRECTION DU PQ Les officiers du Bloc n\u2019appuieront aucun candidat 5 Nombre de candidats qui avaient déposé leur bulletin de candidature à la date limite, le 30 juin.Les plus démunis se tournent parfois vers des logements trop chers ou se contentent de lieux insalubres L E D E V O I R , L E L U N D I 4 J U I L L E T 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 L es saveurs de la Provence ont toujours beaucoup de succès parmi les ingrédients qui mettent en appétit au profit des succès commerciaux de l\u2019été.Il suffit apparemment de bien mélanger le mot Provence à n\u2019importe quelle sauce pour faire croire ensuite qu\u2019on s\u2019apprête à goûter une portion de paradis.La recette a bien sûr ses limites: si les patates en poudre du ministre Barrette étaient rebaptisées «pommes de terre à la provençale», elles n\u2019arriveraient pas plus à satisfaire une population qui étouffe de rage tandis qu\u2019on s\u2019emploie à la gaver de mauvaise foi.La Provence est devenue un de ces symboles forts avec lesquels les cigales du commerce chantent à tue-tête les plus beaux mirages de l\u2019été.Dans les Cantons de l\u2019Est, des hordes de visiteurs viennent désormais consommer cette illusion en fourrant leur nez dans des champs de lavande.C\u2019est ainsi que tout un monde arrive à se transformer en touriste chez lui, tout en croyant volontiers que les parfums d\u2019ailleurs doivent être vénérés comme les véritables dieux d\u2019ici.Au moins, la mode des romans d\u2019été consacrés à une Provence soigneusement évidée semble enfin passer.Les « leçons de vie» gonflées à l\u2019hélium, façon Peter Mayle, ont fini par faire de l\u2019air après avoir agité beaucoup de vent.Mais comme par nature le commerce adore le vide, on trouve vite à nous gonfler de la même chose, commercialisé sous un autre nom.Elizabeth Gilbert, l\u2019au- teure de Mange, prie, aime, vient par exemple de faire le nécessaire pour que tous les médias du monde rapportent qu\u2019elle se sépare de son mari.Ce qui revient à dire que ses préoccupations de millionnaire imbibée d\u2019une mystique Nouvel Âge seront à nouveau matière à un livre supposément intéressant.Merci la publicité.La nouveauté du jour chasse celle d\u2019hier.Nos années finissent ainsi par devenir lourdes, chargées à ras bord de divertissements légers.Quand les vacances nous redonnent enfin ce temps que nous vendons, faut-il nous laisser encore étouffer par le commerce d\u2019illusions qui ne nous empêchent pas de nous jeter les uns sur les autres?Je ne cache pas avoir passé des étés formidables en Provence.J\u2019y avais tout mon temps.Je tournais autour de Marseille, à goûter les plaisirs des olives, du thym, de la fougasse, des pâtes fraîches à la tomate et au basilic.Au port, j\u2019allais voir le vieux Michel qui parlait de sa pêche d\u2019autrefois tandis que son fils sortait de la cale ses prises du jour.Je vivais là-bas en compagnie de quelques amis qui étaient pour moi une vraie richesse.Ce n\u2019est pas de rêver de la douce Provence qui cause problème, mais d\u2019avoir laissé en sortir la vie au profit de ce qui n\u2019est que commerce mécanique.Les vraies richesses est le titre d\u2019un livre de Jean Giono.Tout le monde au Québec connaît au moins le grand écrivain pour une de ses nouvelles, L\u2019homme qui plantait des arbres, adaptée à l\u2019écran par Frédéric Back.Un des personnages dessinés par Back trône même, sous la forme d\u2019une immense sculpture végétale, au pied du pont Jacques-Cartier, à l\u2019entrée de Montréal.Dans Les vraies richesses, Giono raconte que les paysans ont un jour cessé de faire du pain pour vendre du blé, abandonnant ainsi, au nom de la soif du profit, les «gestes premiers» de l\u2019humanité.À l\u2019heure où les fermiers ne sont plus à même de vivre du terroir, on multiplie paradoxalement les réincarnations des produits qu\u2019ils ont dû abandonner.Tout est «à l\u2019ancienne», si l\u2019on en croit la publicité.Mais il est devenu rare de pouvoir goûter aujourd\u2019hui une chose aussi simple que du bon pain sans se faire chanter tout un refrain dans des commerces pseudo-chics.À la frontière du Québec avec le Vermont, au bout de l\u2019autoroute 55, une boulangerie artisanale s\u2019est donné pour nom Les vraies richesses en hommage à Giono.Les propriétaires, Jean-Pierre Oddo et Anne-Christine Bru, se sont installés à Stanstead.Ils ont gagné le cœur de tout un pays habitué à manger de l\u2019éponge synthétique qu\u2019on lui faisait passer pour de la mie.Ils ont réintroduit la loi et l\u2019art du vrai pain.Quand j\u2019entre, la boulangère m\u2019offre un invariable bonjour à l\u2019accent chantant.«Pourquoi on ne parle jamais de vous, mais plutôt de votre mari dans les entrevues que je vois af fichées sur vos murs?» Rien de plus normal, dit-elle.«Ce n\u2019est pas moi qui le fais, le pain», dit-elle.Sans elle pourtant, pas de pain du matin au soir tandis que monsieur travaille dans la nuit.Les gens s\u2019arrêtent pour prendre un café, manger une bouchée, acheter leur pain quotidien, des pâtisseries aussi.Plusieurs cyclistes dont je suis y font une pause.Les plus gourmands achètent une feuillantine, un assemblage de pâtes feuilletées monté autour de quar tiers de pommes sucrées.Des Américains traversent la frontière pour s\u2019en gaver.Il vaut mieux être là tôt, sinon on court le risque de ne plus rien trouver, hormis des miettes.Or voici que, juste à côté de cette boulangerie artisanale, à un coin de rue de là, s\u2019ouvrira dans quelques jours, comme dans nombre de villages du genre, un Tim Hortons.Je devine déjà que la pâte molle, tantôt trop salée, tantôt trop sucrée, attirera des foules même si tout à côté se trouve le meilleur des pains faits main.Nous avons faim d\u2019un monde véritable.Et pourtant, nous nous éloignons d\u2019un monde à taille humaine, soumis que nous sommes à «une chaîne sans fin d\u2019esclavage» qui se présente sous les formes de la liberté, mais qui se produit et se détruit «sans créer ni joie ni liberté», pour emprunter les mots de Giono.jfn@ledevoir.com La loi du pain JEAN-FRANÇOIS NADEAU P H I L I P P E O R F A L I à Toronto S ur le coup de 15 h, tout s\u2019est ar rêté au centre- ville de Toronto.La foule hystérique s\u2019est soudainement tue, le temps d\u2019une minute, en mémoire des 49 victimes de la tuerie d\u2019Orlando, pendant que des confettis aux couleurs de l\u2019arc-en-ciel flottaient dans le ciel.Trois semaines jour pour jour après la tuerie du club Pulse, « il aurait été facile d\u2019avoir peur et de rester chez soi.On a plutôt décidé de venir ici et d\u2019af firmer fièrement qui on est », a expliqué, en marge du 36e défilé torontois de la Fierté gaie, Ash, jeune trentenaire qui se présente depuis peu comme un homme.Même si l\u2019atmosphère était résolument à la fête, Orlando était sur toutes les lèvres dans la foule de quelques centaines de milliers de personnes qui ont pris part à ce défilé historique, puisque pour la première fois, un premier ministre canadien en fonction par ticipait aux célébrations.Différents Originaire des Philippines, Zyra Moatano tenait à être présente avec sa fille de dix ans, à titre d\u2019«alliée».« Je tenais à éduquer ma fille, à lui expliquer que c\u2019est correct, que peu importe qui tu es, on est tous humains et qu\u2019il n\u2019y a rien de mal à être différent.» Être différent, Pierre Rajotte et ses amis Norman et Tom en ont eu conscience toute leur vie.C\u2019est en 1982 ou 1983 que les trois To- rontois gais, aujourd\u2019hui dans la soixantaine, ont participé au défilé de la fierté pour la première fois, à une époque où le simple fait d\u2019assister à cet événement constituait un acte de défiance, selon eux.« Je n\u2019ai plus honte de qui je suis grâce à la fier té.Ma première Pride, j\u2019avais peur d\u2019être vu, peur d\u2019être reconnu.Il fallait faire attention.Maintenant, on s\u2019en fout ! », souligne M.Rajotte.Ovations pour Trudeau Comme plusieurs, ils tenaient à être là pour voir le premier ministre Justin Trudeau défiler dans les rues de la métropole ontarienne.Brandissant un drapeau unifolié où les couleurs de l\u2019arc-en-ciel s\u2019étaient substituées au rouge habituel, le chef libéral a eu droit à de nombreuses ovations tout au long de la marche qui s\u2019est échelonnée sur quelques heures.«C\u2019est tout un honneur, toute une fier té d\u2019avoir M.Trudeau avec nous», a affirmé au Devoir le directeur général de Pride Toronto, Mathieu Chantelois, soulignant que la première ministre de l\u2019Ontario, Kathleen Wynne, et sa conjointe, de même que le maire de Toronto John Tory ont aussi répondu présent à l\u2019appel lancé par les organisateurs, fidèles à leur habitude.Tous les candidats déclarés de la course à la direction du Par ti conser vateur fédéral, de même que le chef progressiste-conserva- teur ontarien, Patrick Brown, étaient également présents.«Mon Dieu qu\u2019on a progressé» Des médias d\u2019un peu partout sur la planète ont sollicité des entrevues avec Pride Toronto lorsque la présence de M.Tr udeau a été confirmée, souligne M.Chantelois.« Les gens voulaient comprendre comment c\u2019était possible.Ça dit qu\u2019on est prêts à marcher dans la même direction.Beaucoup de travail a été accompli dans les derniers mois [pour l\u2019avancement des droits des personnes LGBTQ au Canada], mais ce n\u2019est pas fini.On ne sera jamais trop de gens à marcher dans la rue.» Des mots qui rejoignent ceux de la première ministre Kathleen Wynne, première chef de gouvernement ouver tement gaie du monde anglo-saxon.Son gouvernement a annoncé la semaine dernière qu\u2019il serait désormais possible d\u2019obtenir des pièces d\u2019identité où le sexe du titulaire ne sera pas précisé, comme le demandait la communauté trans.« En plus des changements légaux, il y a des changements culturels qui sont en train de s\u2019opérer au Canada, a-t- elle estimé.Il reste énormément à faire, mais mon Dieu qu\u2019on a progressé.C\u2019est un message d\u2019ou- ver ture qu\u2019on envoie au monde après Orlando.» Le festival de la Fierté de Toronto, l\u2019un des plus importants dans le monde, attire chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes.Celui de cette année a pris une tournure résolument plus militante à la suite de la tragédie de Floride, mais aussi en raison de la participation du mouvement Black Lives Matter, qui a orchestré un sit-in ayant duré près d\u2019une demi-heure, en plein défilé, pour dénoncer la présence de la police parmi les organismes participants au défilé.Le Devoir Toronto défile avec Trudeau pour Orlando La Fierté gaie, à laquelle participait pour la première fois le premier ministre du Canada, a observé une minute de silence à la mémoire des victimes de la tuerie PHOTOS NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE Justin Trudeau arborait un unifolié aux couleurs de l\u2019arc-en-ciel.À ses côtés, la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne et sa conjointe (en jaune), ainsi que le maire de Toronto, John Tory (en rose).Le défilé de Toronto est l\u2019un des plus importants dans le monde.Le défilé a pris une tournure particulièrement militante cette année avec les protestations du mouvement Black Lives matter, qui a tenu un sit-in contre la présence de la police et déclenché des bombes fumigènes colorées.Je suis fier d\u2019afficher ma solidarité envers la communauté LGBTQ2, aujourd\u2019hui et jour après jour Justin Trudeau « » Il reste énormément à faire, mais mon Dieu qu\u2019on a progressé.C\u2019est un message d\u2019ouverture qu\u2019on envoie au monde.Kathleen Wynne « » La première ministre de l\u2019Ontario, Kathleen Wynne, et sa conjointe, de même que le maire John Tory ont aussi répondu présent à l\u2019appel L E D E V O I R , L E L U N D I 4 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services- et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services- et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa bilité se limite au coût de la parution.APPEL D?OFFRES Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h à la date ci-dessous, au bureau d?arrondissement d?Ahuntsic-Cartierville à l?attention du secrétaire d?arrondissement, 555, rue Chabanel Ouest, bureau 600, Montréal, H2N 2H8, pour : Catégorie : Travaux de construction Appel d\u2019offres : S-AC-2016-020 Descriptif : Reconstruction de sections de trottoirs, de bordures et divers travaux, là où requis, sur diverses rues de l?arrondissement d?Ahuntsic-Cartierville.Date d\u2019ouverture : 20 juillet 2016 Dépôt de garantie : Cautionnement représentant 10 % du montant de la soumission Renseignements : Guy Joncas, ingénieur guy.joncas@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d?offres seront disponibles à compter du 4 juillet 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s?adressant au Service électronique d?appels d?offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7236 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement au bureau de l?arrondissement immédiatement après l?expiration du délai ?xé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s?engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n?assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.DONNÉ à Montréal, ce quatrième jour de juillet deux mille seize.Chantal Châteauvert Secrétaire d?arrondissement DIRECTION DU DEVELOPPEMENT DU TERRITOIRE ET ÉTUDES TECHNIQUES Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h à la date ci-dessous mentionnée, à la réception de la Maison du citoyen, située au 12090, rue Notre-Dame Est, Montréal (Québec) H1B 2Z1, pour : Appel d\u2019offres : RP-16-PARC-49 Descriptif : Parc Pierre-Perrault \u2013 Réaménagement Date d\u2019ouverture : Mercredi le 20 juillet 2016 Dépôt de garantie : 10 % du montant de la soumission Renseignements : Anne Clément, architecte paysagiste, anne.clement@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.DOCUMENTS Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter de la publication du présent avis.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO), en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.OUVERTURE DES SOUMISSIONS Les soumissions seront ouvertes publiquement à 11 h, le mercredi 20 juillet 2016, soit immédiatement après l\u2019expiration du délai pour leur présentation, à la Maison du citoyen située au 12090, rue Notre-Dame Est, Montréal (Québec) H1B 2Z1.La Maison du citoyen est ouverte de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 16 h 30, du lundi au vendredi.L\u2019arrondissement de Rivière-des-Prairies\u2013Pointe- aux-Trembles ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 4 juillet 2016 Le secrétaire d\u2019arrondissement Me Alain Roy, LL.M., OMA, avocat APPEL D\u2019OFFRES ORDONNANCE Avis est donné que le comité exécutif, à sa séance du 29 juin 2016, a adopté l\u2019ordonnance suivante en vertu de l\u2019article 37 du Règlement sur l\u2019utilisation des services des écocentres (RCG 10-023) : Ordonnance relative à l\u2019écocentre Saint-Laurent (1) Cette ordonnance prévoit que l\u2019établissement situé au 3535, rue Sartelon constitue un écocentre au sens du règlement RCG 10-023 et établit que le nombre de visites d\u2019un client admissible à cet écocentre est illimité.Cette ordonnance entre en vigueur en date de ce jour et est disponible pour consultation durant les heures normales de bureau au Service du greffe, 275, rue Notre-Dame Est.Elle peut également être consultée en tout temps sur le site internet de la Ville : www.ville.montreal.qc.ca/reglements.Montréal, le 4 juillet 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Avis public Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Biens et services Appel d'offres : 16-15442 Descriptif : Fourniture d'équipement d'éclairage pour le Biodôme de Montréal Date d'ouverture : 20 juillet 2016 Dépôt de garantie : 2 % (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Francesca Raby, agente d'approvisionnement : 514 872-4907 Appel d'offres : 16-15084 Descriptif : Fourniture et livraison d\u2019arbres pour le projet Bonaventure Date d'ouverture : 20 juillet 2016 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Sonia Bedder, agente d'approvisionnement : 514 872-5514 Documents : Les documents relatifs à ces appels d'offres seront disponibles à compter du 4 juillet 2016 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 4 juillet 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Canada Province de Québec District de Longueuil COUR DU QUÉBEC (Division des petites créances) AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (Art.136 et 137 C.p.c.) Avis est donné aux défendeurs ci-dessous mentionnés de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Longueuil situé au 1111 Jacques-Cartier Est, local RC-27, Longueuil, Québec, J4M 2J6, et ce, dans les 30 ou autre nombre de jours indiqué dans l\u2019ordonnance afin de recevoir la demande introductive d\u2019instance en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis des options qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Défendeurs Dernière adresse connue No dossiers Demandeurs BRISTEL GILBERT 419 BOUL.STE-FOY, LONGUEUIL 505-32-034735-150 WINCHESTER WARREN HENLEY LINE 150 BOUL.DESORMEAUX, LONGUEUIL 505-32-035554-162 ROBINSON SABRINA FORTIN JACQUES 70 RUE CATHERINE, ST-REMI 505-32-035520-163 L'HEUREUX JEFFREY 9008-3106 QUEBEC INC.105 RUE CATHERINE, ST-REMI 505-32-035520-163 L'HEUREUX JEFFREY MORIN YANNICK 7 36e AVENUE OUEST, BLAINVILLE 505-32-035474-163 CAD PAYSAGEMENT INC.GESTION-PROJETS CONSTRUCTION INC.7 36e AVENUE OUEST, BLAINVILLE 505-32-035474-163 CAD PAYSAGEMENT INC.BIPZANIS NICOLAS 3646 BD TASCHEREAU # 51548, GREENFIELD PARK 505-32-035501-163 CHAYA BRAHIM CONSTANINIA-FOPOULES ANASIA 3646 BD TASCHEREAU # 51548, GREENFIELD PARK 505-32-035501-163 CHAYA BRAHIM Le présent avis est publié aux termes d\u2019ordonnances rendues le 29 juin 2016 par le greffier Philippe Dupont.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances l\u2019exigent.À Longueuil, le 29 juin 2016 Philippe Dupont, g.a.c.q.Service des grands parcs, du verdissement et du Mont-Royal Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal H2Y 1C6, pour: Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres: 16-6911 Descriptif : Promenade Fleuve-Montagne \u2013 Seuil fleuve Date d\u2019ouverture : 20 juillet 2016 Dépôt de garantie : 10 % du montant de la soumission / cautionnement, chèque visé ou lettre de garantie bancaire Renseignements : appelsdoffres.infos.dgpv@ville.montreal.qc.ca Claudia Pelletier, agente de bureau Télécopieur : 514-872-1474 Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 4 juillet 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appel d\u2019offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca .Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de Ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, 4 juillet 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) SECTION I \u2013 AVIS Avis est donné à : nom et dernière adresse connue numéro de dossier 9144-4117 Ouébec Inc.: 2118 Ste Catherine Ouest, Montréal, Oc., H3H 1M7 500-32-152223-162 Lessard Benoit: 2360 Nicolas-Pinel # 121, Ouébec, Oc., G1V 4G6 500-32-151905-165 Maçonnerie Viaud Inc.: 4950 de la Savane # 707, Montréal, Oc., H4P 1T7 500-32-150172-155 Torres Figueroa Willman Alberto: 1376 Jarry O.# 4, Montréal, Oc., H2E 1A5 500-32-148452-156 Olenik Craig: 119 Cedarcrest, Dollard-des-Ormeaux, Oc., H9A 1G1 500-32-152203-164 De La Cruz Ramon: 7260 Ouerbes # 4, Montréal, Oc., H3N 2B5 500-32-152112-167 Limoges Sandra: 6307 D'Aragon, Montréal, Oc., H4E 3B2 500-32-152109-163 Glaude Mathieu: 3-1003 Ontario Est, Montréal, Oc., H2L 1 P8 500-32-152108-165 Bourbonnais Jean Pierre: 626 Chicoine # 302, Vaudreuil-Dorion, Oc., J7V 9J4 500-32-152191-161 Piste Bleu Inc.: 460 Bissell, Stanstead, Oc., JOB 3EO 500-32-150704-163 Safa Habdul Hakim: 5835 Boul.Industriel, Montréal, Oc., H1G 3J4 500-32-152295-160 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Montréal situé au 1 Notre-Dame Est # 1.04, Montréal, Qc., H2Y 1 B6, dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance en recouvrement d'une petite créance qui ya été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.SECTION II-INFORMATIONS.RELATIVES À LA PUBLICATION Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 30 juin 2016 par le greffier dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.SECTION III \u2013 INFORMATIONS FINALES Montréal, le 30 juin 2016 Marioara Albastroiu Greffier de la Cour du Québec Canada Province de Québec District de MONTREAL Localité MONTREAL C O U R D U Q U É B E C Chambre civile Division des petites créances 1 NOTRE-DAME EST MONTRÉAL (QC) H2Y 1B6 Téléphone : 514-393-2304 Service des grands parcs, du verdissement et du Mont-Royal Appel d\u2019offres : 16-6871 Square Dorchester - Réaménagement de la portion nord L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 13 juillet 2016 est reportée au 18 juillet 2016 à 14h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, 4 juillet 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Appel d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE AVIS est par les présentes donné que suite au décès de Gertrude LAFORTUNE, en son vivant domiciliée au 1705, avenue Victoria, unité 721, en la ville de Saint-Lambert, province de Québec, J4R 2T7, survenu le quatre février deux mille seize (04-02-2016), un inventaire des biens de la défunte, a été fait conformément à la Loi, par Danielle BEAUSOLEIL, la liquidatrice successorale, ainsi qu'il appert du document daté du 29 juin 2016.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Michelle ROSA, Notaire, sise au 1372 avenue Victoria, Green?eld Park (Québec), J4V 1L9.Donné, ce 29 juin 2016.Me Michelle ROSA, Notaire P aris \u2014 L\u2019ancien premier ministre de la France et grand ami du Québec Michel Rocard est décédé samedi à l\u2019âge de 85 ans.Militant socialiste de longue date, M.Rocard a été premier ministre sous François Mitterrand de 1988 à 1991.Les Français lui doivent notamment le revenu minimum d\u2019insertion et la contribution sociale généralisée (qui finance la protection sociale).Devenu membre du Par ti socialiste en 1974, il a occupé plusieurs autres postes politiques, dont ceux de ministre de l\u2019Aménagement du territoire de 1981 à 1983 et de l\u2019Agriculture de 1983 à 1985.Il démissionnera parce qu\u2019il s\u2019opposait à l\u2019instauration du mode de scrutin proportionnel.Michel Rocard a été maire de Conflans-Sainte-Honorine de 1977 à 1994, année où il a quitté cette fonction pour entrer au Parlement européen comme député.Il y restera jusqu\u2019en 2009.En 2009, le président Nicolas Sakorzy l\u2019a nommé ambassadeur chargé de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique.Il préside aussi une conférence d\u2019experts sur l\u2019institution d\u2019une Contribution climat énergie.Né à Courbevoie en 1930, il était diplômé de l\u2019Institut de politique de Paris et de l\u2019École nationale d\u2019administration.Ordre du Québec Grand défenseur de la souveraineté du Québec, M.Ro- card a été reçu officier de l\u2019Ordre du Québec en 2001 en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle au développement des relations entre Québec et Paris.Sur le site Internet de l\u2019Ordre, il est écrit que «Michel Ro- card a contribué de façon remarquable au développement du rôle international du Québec et au maintien des liens privilégiés entre les deux gouvernements».«Le Québec a besoin d\u2019amis, vous l\u2019avez dit, et plus encore dans un proche avenir.Mais nous en avons.Et vous comptez parmi les plus grands.De l\u2019appui que vous apportez, le Québec ne cessera de se souvenir», avait déclaré le premier ministre de l\u2019époque, Bernard Landry, lors de la remise de la décoration.Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a offert ses condoléances aux proches de M.Rocard sur Twitter.Émue par la nouvelle, l\u2019ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin, qui l\u2019a rencontré à de très nombreuses reprises, a déclaré que Michel Rocard avait été «un acteur incontournable des relations France-Québec, et plus particulièrement avec la famille souverainiste».Les liens entre Michel Ro- card et les mouvements indépendantistes québécois remontent au début des années 1970.Il avait notamment accueilli M.Landry et Mme Beaudoin, tous deux délégués par le Parti québécois pour « établir des contacts initiaux entre nos mouvements respectifs, encore dans l\u2019opposition», comme le racontait en 2001 l\u2019ancien premier ministre québécois.Deux fois Oui En 1980, Michel Rocard s\u2019est prononcé en faveur du Oui lors du référendum.M.Landry révélait, en 2001, que le politicien français avait même contribué à la rédaction de cer tains passages du livre blanc sur la sou- veraineté-association.Louise Beaudoin se souvient encore de la « très belle lettre » que Michel Rocard avait écrite à René Lévesque, alors premier ministre du Québec, après la défaite pour « l\u2019encourager à continuer ».Bernard Landry en citait un passage en 2001 : « Vous avez déjà mesuré que l\u2019avenir du Québec dépend des Québécois seuls.Mais cela n\u2019enlève rien ni aux sentiments personnels ni à l\u2019approbation que beaucoup d\u2019entre nous portent à votre cause».Michel Ro- card renouvela son appui aux forces souverainistes lors du référendum de 1995.En 1987, il a publié un livre, Le cœur à l\u2019ouvrage, dans lequel il recommande aux entrepreneurs de son pays « d\u2019utiliser systématiquement ce merveilleux relais sur le continent américain que représente le Québec, beaucoup plus habitué que nous à pénétrer le marché de son voisin méridional».Deux ans plus tard, en 1989, M.Rocard, alors premier ministre, a reçu, en visite of fi- cielle, son homologue québécois Robert Bourassa.Socialiste errant Après avoir été écarté de ses fonctions par le président Mitterrand, il était venu au Québec.«Certains d\u2019entre nous lui avaient écrit une petite chanson qui s\u2019appelait Un socialiste errant au lieu du Canadien errant», a raconté Mme Beaudoin à La Presse canadienne.En 2013, il avait reçu un doctorat honoris causa de l\u2019Université Laval.« Il en avait été honoré et très flatté », se souvient Mme Beaudoin.La Presse canadienne MICHEL ROCARD 1930-2016 Le socialiste ami de la cause souverainiste L\u2019ex-premier ministre français de François Mitterrand avait approfondi les relations entre la France et le Québec MARTIN BUREAU AGENCE FRANCE-PRESSE Michel Rocard a encouragé René Lévesque à poursuivre son œuvre après sa défaite au référendum de 1980.Le Québec a besoin d\u2019amis, vous l\u2019avez dit, et plus encore dans un proche avenir.Mais nous en avons.Et vous comptez parmi les plus grands.Le premier ministre Bernard Landry, en 2001 « » L A U R E N T K R U G E L à Fort McMurray L\u2019 homme ayant dirigé la bataille contre « La Bête », l\u2019incendie de forêt qui a ravagé For t McMurray en mai, affirme que les pompiers ayant par ticipé à la lutte doivent maintenant se battre contre d\u2019autres sortes de démons.Le chef du service d\u2019incendie de la Municipalité régionale de Wood-Buffalo, Darby Allen, soutient que les répercussions psychologiques de la catastrophe se font sentir chez les membres des équipes qui ont travaillé sans relâche pendant des jours pour faire reculer l\u2019imposant brasier qui a dévoré 10% de la ville du nord-est de l\u2019Alberta il y a deux mois.« Ils ont traversé l\u2019une des épreuves les plus importantes que puisse traverser un pompier durant sa carrière », a déclaré M.Allen lors d\u2019une récente entrevue à une caserne dans le centre-ville de For t McMurray.Si des services de consultation psychologique ont été offerts dès le début du désastre, Darby Allen a prévenu qu\u2019il était crucial que ces services demeurent disponibles à long terme.L\u2019incendie a été si difficile à maîtriser que M.Allen l\u2019a comparé à un animal sauvage.« Il semblait vraiment être doté d\u2019un cerveau.Il semblait vraiment vouloir faire des choses que nous ne voulions pas qu\u2019il fasse.Et peu impor te le plan que nous avions, il semblait avoir son propre plan et nous résistait à tous les niveaux.» Finalement, environ 10 % de la ville a été détruit, le brasier n\u2019ayant laissé pratiquement que des ruines dans les quartiers d\u2019Abasand, Beacon Hill et Waterways.Maisons sacrifiées Présentement, le sentiment le plus dif ficile à combattre pour les pompiers, c\u2019est la culpabilité.«On ne peut pas éteindre tout l\u2019incendie d\u2019un seul coup et, parfois, il faut abandonner un secteur pour se concentrer sur un autre, a expliqué Darby Allen.Parfois, on doit prendre des décisions dans le cadre desquelles on va perdre des résidences pour en sauver d\u2019autres.» Plusieurs pompiers s\u2019en veulent parce qu\u2019ils ont l\u2019impression qu\u2019ils auraient pu en faire plus.Certains ont vu leur propre maison brûler, mais sont tout de même retournés travailler.« La vérité, c\u2019est que nous n\u2019aurions pas pu en faire plus, a confié M.Allen.Mon travail, c\u2019était de les rassurer en leur disant qu\u2019ils avaient fait tout ce qu\u2019ils pouvaient et je crois réellement que, pour sauver autant de propriétés que nous l\u2019avons fait, il a fallu que des efforts incroyables soient déployés.» Dans certaines situations, la décision de rappeler les pompiers était une question de vie ou de mor t.« À quelques endroits, dont à Abasand et Beacon Hill, nous nous sommes battus contre le brasier pendant de longues périodes de temps et nous avons dû nous retirer en fin de compte en raison de l\u2019ampleur et de l\u2019intensité des flammes, a-t-il raconté.Nous avons dû retirer nos ressources parce qu\u2019elles n\u2019auraient pas survécu si elles étaient restées.Les gars se sentent coupables à cause de cela.Ils voulaient rester et ils ne pouvaient pas le faire.» De manière générale, la population de Fort McMurray traverse une période difficile sur le plan émotif, a indiqué la mai- resse de la ville, Melissa Blake.« Il y a eu d\u2019emblée un peu comme une lune de miel en raison du soutien et de la compassion extraordinaires qui ont afflué de partout en Alberta, au Canada et à l\u2019étranger, a déclaré Mme Blake.Toutefois, la prochaine étape, c\u2019est celle où on revient dans notre communauté et qu\u2019on constate l\u2019ampleur des pertes et de la destruction, où on traverse la vallée de la mort, où on sombre dans le désespoir, la dépression et l\u2019insomnie.» La Presse canadienne J E A N N E C O R R I V E A U L es Forges de Montréal sont en péril.L\u2019organisme qui, depuis plus de 15 ans, perpétue le savoir-faire du métier de forgeron, a reçu un avis d\u2019expulsion de la Ville de Montréal.Celle-ci allègue qu\u2019une clause du bail n\u2019a pas été respectée et exige que les Forges quittent leur immeuble de la rue Riverside en décembre.C\u2019est à l\u2019ombre de l\u2019autoroute Bonaventure, dans la première station de pompage de Montréal que Mathieu Collette a installé Les Forges de Montréal, un organisme à but non lucratif (OBNL) qu\u2019il a fondé en 2000 sous l\u2019impulsion de la Fondation du maire de Montréal à l\u2019ère de Pierre Bourque.L\u2019immeuble construit en 1887 et situé au 227, rue Riverside, abrite tous les équipements nécessaires à la pratique traditionnelle des travaux de forge, un métier que l\u2019industrialisation a relégué dans l\u2019oubli.L\u2019organisme loue depuis 15 ans l\u2019immeuble de propriété municipale qui occupe un terrain appartenant à l\u2019Administration portuaire de Montréal.Au fil du temps, il en a assuré la restauration et l\u2019entretien.Formé en France auprès d\u2019un maître-forgeron, Mathieu Collette a entrepris de préserver et de dif fuser le savoir- faire traditionnel de la ferronnerie.Les Forges offrent de la formation aux apprentis forgerons, accueillent des visiteurs et sensibilisent le public à cet art millénaire.Un million en rénovations En février dernier, la mauvaise nouvelle est tombée.La Ville fait savoir qu\u2019elle désire résilier le bail \u2014 qui devait prendre fin en 2021 \u2014, car elle reproche à l\u2019OBNL de ne pas avoir respecté l\u2019une des clauses du contrat qui l\u2019obligeait à investir au moins un million de dollars dans la rénovation de l\u2019immeuble entre 2006 et 2008.Mathieu Collette reconnaît que les investissements n\u2019ont pas été réalisés dans leur totalité, mais il explique que des événements, comme le projet de démolition de l\u2019autoroute Bonaventure, ont créé une incertitude qui l\u2019empêchait de faire des investissements massifs.Au moment de reconduire le bail en 2006, l\u2019organisme avait déjà investi 454 000$ et a accepté de s\u2019engager pour un autre bail malgré les exigences de la Ville.« Je venais d\u2019investir près de 500 000 $ et je ne voulais pas perdre tout ce que j\u2019avais fait», explique Mathieu Collette.Les Forges travaillaient aussi sur un projet d\u2019écomusée pour les métiers du feu, dont la forge, le travail du verre et la céramique, ainsi qu\u2019une école pour forgerons et une halte pour les cyclistes.Le projet, auquel souhaitaient participer Parcs Canada et une entreprise privée, n\u2019a jamais pu se concrétiser.Résiliation du contrat Depuis 2008, les Forges ont eu plusieurs discussions avec les fonctionnaires au sujet des investissements exigés dans le bail.La Ville n\u2019a jamais réclamé la fin du contrat et Les Forges ont été autorisées à rester dans leurs locaux, soutient Mathieu Collette.«On a toujours été de bonne foi.On a travaillé en bonne collaboration.On était sûrs que les gens étaient sensés et comprenaient l\u2019importance du projet», explique-t-il.Les Forges estiment que la Ville a renoncé à la clause 6.3 du bail en 2006 et ne peut, huit ans plus tard, exiger la résiliation du contrat.C\u2019est ce que leur avocat a fait valoir dans une lettre qu\u2019il a fait parvenir récemment à la Ville.La V ille a décliné la demande d\u2019entrevue du Devoir et n\u2019a pas voulu indiquer quel usage elle comptait faire de l\u2019immeuble advenant le dé- par t des Forges.« Cet organisme est un locataire de la Ville de Montréal.Il se trouve en défaut relativement à ses obligations contractuelles avec la Ville.Le dossier suit son cours » , a indiqué Jacques- Alain Lavallée, chargé de communication à la Ville.Pour les Forges, déménager constitue un casse-tête.Leurs locaux actuels, situés dans un secteur industriel à l\u2019écart des habitations, permettent les activités de la forge sans déranger le voisinage.Mathieu Collette rappelle que la Loi sur le patrimoine culturel adoptée en 2012 exige des municipalités qu\u2019elles favorisent l\u2019implantation de lieux de diffusion du patrimoine immatériel.«Nous, on le fait gratuitement.On ne demande pas une cenne.On a pris un bâtiment en ruine pour le réparer à nos frais et pour faire ce que la Ville est obligée de faire», dit-il.Patrimoine immatériel Directeur des programmes chez Héritage Montréal, Dinu Bumbaru presse l\u2019administration Coderre de trouver une solution « pragmatique » au litige.Malgré l\u2019importance de l\u2019éthique dans les contrats, la Ville doit aussi tenir compte des enjeux du patrimoine bâti et du patrimoine immatériel comme celui de la forge, croit M.Bumbaru.« Il s\u2019agit bien d\u2019un bâtiment municipal d\u2019intérêt patrimonial et la recommandation internationale pour la sauvegarde du patrimoine bâti est de leur trouver un usage compatible, ce qui est bien le cas avec les Forges de Montréal », estime M.Bum- baru.«Il faudrait qu\u2019un tel cas ne soit pas jugé qu\u2019à l\u2019aune des chif fres et des écritures juridiques des contrats.[\u2026] Car un bâtiment patrimonial municipal abandonné n\u2019est pas [plus avantageux] qu\u2019un contrat détourné.» En vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, ce sont désormais aux municipalités de prendre en charge les dossiers visant la reconnaissance d\u2019un patrimoine immatériel auprès du ministère de la Culture.Titulaire d\u2019un doctorat en ethnologie et patrimoine de l\u2019Université Laval, Monique Provost a bien tenté de sensibiliser l\u2019administration Co- derre au métier de la forge comme patrimoine immatériel, mais sans succès.«En mettant Les Forges dehors, non seulement la Ville démontre qu\u2019elle ne considère pas le patrimoine immatériel, mais elle por te préjudice à ce patrimoine.C\u2019est ça qui est odieux.La Ville aurait pu essayer de trouver des solutions.» Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 4 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les Forges of frent de la formation aux apprentis forgerons, accueillent des visiteurs et sensibilisent le public à cet art millénaire.Les Forges de Montréal menacées d\u2019expulsion Des défenseurs du patrimoine immatériel font appel à la clémence de la Ville En mettant Les Forges dehors, non seulement la Ville démontre qu\u2019elle ne considère pas le patrimoine immatériel, mais elle porte préjudice à ce patrimoine Monique Provost, docteure en ethnologie et patrimoine « » Un navire s\u2019échoue près de Varennes Un navire de marchandises est resté échoué une partie de la journée de dimanche près de la ville de Varennes, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent à l\u2019est de Montréal.Une porte-parole du Bureau de la sécurité des transports du Canada, Rox-Anne D\u2019Aoust, a expliqué qu\u2019une panne de la pompe de l\u2019appareil à gouverner est survenue au moment où l\u2019Anna Desga- gnés descendait le fleuve, et le navire a dévié du chenal.L\u2019incident n\u2019a fait aucun blessé et aucune pollution n\u2019a été détectée.Le bateau transportait une cargaison non identifiée.Selon les informations du site MarineTraffic, le navire construit en 1986 avait comme destination Baie-Saint-Paul, dans Charle- voix.Le navire a été renfloué avec succès dimanche, et est désormais ancré à Varennes.Des remorqueurs le transporteront à Montréal ce lundi.Des enquêteurs du BST et des inspecteurs de Transports Canada devront faire la lumière sur l\u2019incident.Le Devoir Postes Canada : la grève écartée jusqu\u2019à mercredi Postes Canada s\u2019est dite «extrêmement déçue» de la contre- offre déposée vendredi soir par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP).La partie patronale et le STTP peuvent, depuis samedi à minuit, déclencher un arrêt de travail à condition que l\u2019un ou l\u2019autre dépose un avis 72 heures à l\u2019avance.Le STTP a toutefois prévenu, samedi matin, que ses 50 000 membres ne feraient pas la grève avant mercredi.Il attendait la réponse de Postes Canada au sujet de la proposition déposée vendredi en marge d\u2019une série de négociations intensives.La partie patronale a aussi le droit de décréter un lockout.Postes Canada considère que la contre-proposition, tout comme les précédentes, «ne tient absolument pas compte des questions relatives au régime de retraite, ainsi que des autres enjeux auxquels fait face le service postal ».La Presse canadienne Les regrets rongent les pompiers de Fort McMurray Le chef du service d\u2019incendie plaide pour un soutien psychologique à long terme LA PRESSE CANADIENNE Parfois, les pompiers ont eux-mêmes perdu leur maison dans les flammes, comme c\u2019est le cas pour Mark Stephenson.La Loi sur le patrimoine culturel exige des municipalités qu\u2019elles favorisent l\u2019implantation de lieux de diffusion du patrimoine immatériel Philippines : le corps de Robert Hall retrouvé Manille \u2014 L\u2019armée philippine a retrouvé, samedi, ce qu\u2019elle croit être le corps de l\u2019otage canadien Robert Hall, qui a été décapité par les membres du groupe islamiste Abou Sayyaf il y a plus de deux semaines, après que la date limite pour le versement de la rançon qu\u2019ils réclamaient eut été dépassée.Des villageois ont mené les soldats jusqu\u2019à un endroit près du village de Kamuntayan et de la ville de Talipao dans la province de Sulu, où les extrémistes auraient enterré la dépouille de M.Hall après l\u2019avoir tué le 13 juin.La tête de l\u2019homme a été découverte à l\u2019extérieur d\u2019une église catholique abandonnée.Le major Filemon Tan a affirmé qu\u2019il était fort probable que le cadavre soit celui du Canadien, selon l\u2019information recueillie par le service de renseignement et auprès des habitants du secteur.Les médecins légistes doivent confirmer l\u2019identité de la victime.Associated Press MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Le gouvernement libéral compte présenter au printemps 2017 un projet de loi légalisant la marijuana et un autre sur la réforme du mode de scrutin.Dans les deux cas, il dit d\u2019abord vouloir consulter les Canadiens.Il suf fit toutefois de comparer les deux processus qu\u2019il a lancés pour comprendre le sérieux accordé au premier projet et l\u2019improvisation qui entoure le second.eudi dernier, le gouvernement fédéral a présenté le groupe de travail sur la légalisation et la réglementation de la marijuana, dévoilé un site Internet et un document de consultation destiné aux citoyens.À ceux qui trouvaient qu\u2019on en avait mis du temps, les ministres ont répondu avoir voulu bien faire les choses afin que le groupe de travail et les citoyens aient en main les outils nécessaires à la consultation.Rien de tel n\u2019a été prévu pour le comité parlementaire spécial sur la réforme électorale, qui a commencé ses travaux le 21 juin dernier.Aucune documentation n\u2019apparaît encore sur son site ni de lien vers une publication de la Bibliothèque du Parlement que le personnel du comité nous cite en exemple.Ce n\u2019est pas tout.Le comité doit en moins de cinq mois consulter les experts, revoir ce qui a été fait ailleurs et entendre les groupes intéressés.Des citoyens pourront soumettre des mémoires, mais le comité comptera surtout sur les députés pour prendre le pouls de la population.Comment les élus s\u2019y prendront-ils ?Libre à eux, bien que le comité et le gouvernement les aient encouragés à tenir des assemblées publiques\u2026 sans offrir de soutien technique ni ?nancier.De son côté, le comité parlementaire n\u2019a pour l\u2019instant qu\u2019un maigre budget de 300 000 $ alors qu\u2019il doit faire une tournée de quelques villes canadiennes cet automne.Dans l\u2019entourage de la ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, on dit envisager de publier un calendrier des audiences.On travaillerait aussi sur des documents.« Quelque chose s\u2019en vient », dit-on.Mais quand ?Cela aurait dû être prêt depuis longtemps.?Dire que le temps presse est un euphémisme.Les députés qui tiendront des assemblées publiques devront faire rapport au comité dès la mi-octobre.Le comité lui-même doit remettre son rapport au Parlement en décembre.Comme ses travaux démarrent au moment des vacances estivales, on est forcé d\u2019y aller à petites doses.Selon une ébauche de calendrier adoptée mercredi dernier, et qui pourrait encore changer, deux réunions, toujours pas annoncées au moment d\u2019écrire ses lignes, doivent avoir lieu cette semaine, quatre autres à la ?n juillet et six autres à la ?n de l\u2019été.Malgré toute leur bonne volonté, comment les députés peuvent- ils arriver à cerner ce qui fait consensus au sein de la population en si peu de temps, avec une telle précipitation et si peu de ressources?Le gouvernement a tellement mal piloté ce projet qu\u2019on en vient à se demander s\u2019il ne souhaitait pas qu\u2019il échoue.Ce dossier complexe et fondamental pour notre démocratie a été con?é à une ministre néophyte sans qu\u2019on lui affecte les conseillers libéraux les plus versés en la matière.Même celui qui a inspiré cette promesse électorale, le politologue Robert Asselin, a atterri au ministère des Finances ! Il a fallu des mois pour accoucher d\u2019une proposition bancale de comité parlementaire, le gouvernement se donnant la haute main sur les travaux.Devant le tollé, le gouvernement a reculé pour ?nalement acquiescer à une demande faite des mois auparavant par le NPD.Malgré tout le temps perdu, le gouvernement persiste à dire qu\u2019il veut un nouveau système en vigueur dès les élections de 2019.Or le directeur général des élections a déjà indiqué qu\u2019il faudrait deux ans pour le mettre en place, surtout s\u2019il faut revoir les frontières des circonscriptions.L\u2019échéance arbitraire que se sont imposée les libéraux les oblige à brûler les étapes, au risque d\u2019imposer aux citoyens un système qu\u2019ils désapprouvent.Mieux vaudrait prendre son temps et s\u2019assurer que le mode de scrutin envisagé soit vraiment celui dont veulent les électeurs.Bref, il faut bien faire les choses, quitte à retarder d\u2019une élection l\u2019entrée en vigueur d\u2019un nouveau système.La réforme du mode de scrutin doit être un processus citoyen.La population doit avoir le temps de s\u2019informer sur ce sujet complexe a?n de pouvoir faire une contribution et un choix informés.Ce qu\u2019on lui offre en ce moment ressemble malheureusement à un succédané de consultation.L E D E V O I R , L E L U N D I 4 J U I L L E T 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Aide à mourir : les médecins victimes d\u2019acharnement Je me sens interpellée par le récent débat sur l\u2019administration de l\u2019aide médicale à mourir (AMM) au CUSM et au CHUM.Il me semble que mes collègues ont le dos bien large ces temps-ci.Il est vrai que, historiquement, l\u2019unité des soins palliatifs (USP) du Royal Victoria a été une pionnière au Québec, et l\u2019équipe du CUSM en est la fière héritière.Mais prétendre que l\u2019accès à l\u2019AMM est restreinte parce que les patients ne peuvent la recevoir dans l\u2019USP m\u2019apparaît erroné.Le fait de changer un patient de chambre pour recevoir divers types de soins est courant dans un hôpital et je ne vois pas comment cela peut outrepasser les délais prévus par la loi sur l\u2019AMM lorsque les processus sont bien établis.N\u2019en déplaise à M.Barrette, Mme Hivon et à Me Ménard, on peut aborder les disparités régionales dans les demandes de différentes façons: pourquoi les demandes sont-elles plus nombreuses à Québec?Question d\u2019attitude médicale?De profil sociopsycholo- gique?De perception des patients face à l\u2019accessibilité de certains soins?Il est, selon moi, réducteur de s\u2019acharner uniquement sur les médecins des USP, et le ministre, fidèle à lui-même, a trouvé un nouvel épouvantail sur lequel s\u2019acharner.Il y a des méca- L I B R E O P I N I O N S H L O I M E P E R E L Militant pour la conservation de la nature «Dans la vie sauvage, repose la sauvegarde du monde» \u2014 De la marche, Henry David Thoreau L es Montréalais devraient savoir que le dimanche 12 juin s\u2019est tenue une importante marche de protestation, un pèlerinage en fait, pour promouvoir la conservation du plus grand espace naturel non protégé de l\u2019île de Montréal situé à Pierrefonds.Cette manifestation a été organisée par une étudiante dévouée de l\u2019Université Concordia, Cathou Dupuis.Les participants ont marché 30 kilomètres depuis le mont Royal jusqu\u2019au parc-nature de l\u2019Anse-à-l\u2019Orme ; plusieurs se sont joints à eux en chemin.Cette marche de huit heures avait pour but de contester les milliers d\u2019appartements et la nouvelle « ville » que des promoteurs veulent installer dans cet environnement vierge, un projet qui a l\u2019assentiment de l\u2019administration Coderre.Nous soutenons qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une manifestation beaucoup plus pertinente aux célébrations de Montréal que les millions dépensés pour des « souches » de granit installées sur le mont Royal ou des jeux de lumière sur le pont Jacques-Cartier.Plus de 10 000 Montréalais ont signé une pétition pour conserver les espaces naturels de Pierrefonds.Nous pouvons cer tainement mieux honorer Montréal en conservant et en réhabilitant ce qu\u2019il reste de sa biodiversité, ses écosystèmes, ses arbres, ses plantes, ses milieux humides, ses forêts, ses oiseaux et ses mammifères.Disparition des espaces verts Le 17 juin, nous avons souligné la Journée mondiale de lutte contre la désertification des Nations unies.La destruction de la nature sur notre île par l\u2019implantation de copropriétés et des infrastructures qui y sont reliées représente un type de « désertification urbaine ».Nous en sommes à la sixième année de la Décennie des Nations unies pour la biodiversité, une initiative qui vise à demander aux gouvernements de prendre soin de l\u2019environnement, de la Terre.Un nombre croissant de nos citoyens comprennent le besoin de soigner notre Terre.Puisqu\u2019un pourcentage important des espaces naturels a déjà été détruit, nous avons besoin d\u2019une politique de non-destruction des espaces verts restants.Des études ont montré qu\u2019en 1966 45 % du paysage de l\u2019île de Montréal affichait une connectivité verte élevée, un pourcentage réduit à 6,5 % en 2010.Nous ne voulons certainement pas continuer sur cette voie de la destruction.En mai, une nouvelle étude intitulée State of Nor th America\u2019s Birds (L\u2019état des oiseaux d\u2019Amérique du Nord), menée par le Nor th American Bird Conservation Institute, annonçait que le tiers des oiseaux d\u2019Amérique du Nord est menacé d\u2019extinction.C\u2019est précisément ce type de destruction des habitats des oiseaux, à des fins de profit, que constitue l\u2019énorme projet de copropriétés prévu à Pierrefonds, qui vulnérabilise les oiseaux.Plusieurs des 219 espèces d\u2019oiseaux observées dans le secteur de Pierrefonds \u2014 bientôt sacrifié par la mise en valeur domiciliaire \u2014 sont en danger et considérées comme menacées par le très respecté Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).Elles figurent aussi sur la liste du ministère de l\u2019Environnement du Québec.Plusieurs sont des espèces migratoires.Nos politiciens municipaux et nos promoteurs ignorent peut-être qu\u2019en vertu de la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (Canada/É.-U.), ces oiseaux, leurs nids, leurs œufs et leurs oisillons ne devraient d\u2019aucune façon être mis en danger.Parmi ceux-ci on retrouve la sturnelle des prés, la grive des bois, le goglu des prés, l\u2019hirondelle rustique, le martinet ramoneur, la paruline du Canada, l\u2019hirondelle de rivage et autres.Poissons, couleuvres et fougères rares On a compté jusqu\u2019à cinquante-neuf zones humides dans le secteur de Pier refonds convoité par les promoteurs, zones qui abritent non seulement de nombreuses espèces d\u2019oiseaux, mais aussi des amphibiens, des mammifères, des reptiles, des insectes, des plantes et des arbres.La rivière à l\u2019Orme voisine abrite des populations de poissons.On retrouve aussi dans ce secteur des cerfs, des salamandres, des couleuvres brunes et tachetées.Plus de 160 espèces de plantes et d\u2019arbres ont été recensées, dont des espèces menacées comme la sanicle et le noyer cendré et des fougères rares.Le comité exécutif de la ville de Montréal ne mesure pas toute la sensibilité de cette zone qui forme une vaste région naturelle avec les parcs-natures du Cap-Saint-Jacques et de l\u2019Anse-à-l\u2019Orme, la réserve d\u2019oiseaux de Senne- ville, l\u2019Arborétum Morgan, l\u2019Ecomuseum et la Rivière-à-l\u2019Orme.Nous ne pouvons détruire un tel endroit en espérant qu\u2019il n\u2019y aura aucun impact sur les écosystèmes voisins.Ces divers éléments devraient être interreliés avec des espaces verts rehaussés et devraient faire l\u2019objet d\u2019un statut particulier.Nous devons en fait réaliser l\u2019objectif d\u2019une ceinture verte reliant tous les écosystèmes de l\u2019île de Montréal.N\u2019oublions pas que, le 6 novembre 1992, le Canada signait la Convention sur la diversité biologique.En introduction, on peut lire que « les menaces qui pèsent sur les espèces et les écosystèmes n\u2019ont jamais été aussi grandes.La disparition d\u2019espèces en raison des activités de l\u2019homme se poursuit à un rythme alarmant».La Ville de Montréal, par ses élus et son administration, ne montre toujours pas, contrairement à sa population de plus en plus sensibilisée, qu\u2019elle est prête à prendre soin de la Terre et à lui accorder le respect qu\u2019elle mérite, mais obtient rarement.Fêter Montréal en réhabilitant ses espaces naturels FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET nismes de suivi et de contrôle prévus à la loi, laissons-les fonctionner.Geneviève Jacob, médecin de famille Le 29 juin 2016 Sénat : régler le problème du français par le français Monsieur le sénateur Serge Joyal, Un article publié dans Le Devoir («Des sénateurs forcés de renoncer au français», 28 juin 2016) fait état de services de traduction tellement déficients au Sénat que certains sénateurs se sentent obligés de livrer leurs discours en anglais.Je trouve que votre attitude est imparfaite.Vous n\u2019avez pas à laisser mener vos actions par des traducteurs incompétents.Le mot est l\u2019outil premier du politicien.Il définit les politiques, marque les débats et cerne les adversaires.Il vous appartient de livrer des textes dans un français impeccable.Pour ce faire, il faut les soigner, les textes.Les travailler, les relire, se questionner sur chaque mot sans relâche, leur injecter du souffle et de la pertinence, jusqu\u2019à ce que vous en soyez entièrement satisfait.Un texte bien tourné captive aussi bien l\u2019auditeur que le lecteur.Un texte très bien tourné force l\u2019admiration.Le traducteur suivra.Je vous suggère de régler le problème du français par le français.Votre travail consiste à élaborer des projets de société, pas à vous enfarger dans des mots autres que ceux de votre langue.Luc Panneton, chargé de cours, Certificat de rédaction professionnelle Montréal, le 28 juin 2016 RÉFORME ÉLECTORALE Des raisons de douter J MANON CORNELLIER Ce qui vaut pour le Brexit vaut pour le Québec N\u2019en déplaise au premier ministre du Canada et aux pseudo-gourous politologues ayant le même discours, le «50% + 1» est reconnu internationalement, et c\u2019est ce qui a été appliqué dans le cas du Brexit et reconnu par toute l\u2019Europe.Dans ce contexte, il n\u2019y a aucune raison, à part le «Québec bashing», pour que cela ne soit pas appliqué au Québec dans le cas où on obtiendrait un tel résultat lors du prochain référendum.Encore une fois, le gouvernement canadien fait preuve de mépris à l\u2019égard de tous les citoyens québécois et de la démocratie.Cela fait des décennies qu\u2019il joue ce jeu.Tant qu\u2019à avoir un gouvernement aussi démagogue qui joue de cette façon avec la démocratie, autant donner la chance à la construction d\u2019une vraie démocratie à l\u2019intérieur d\u2019une république québécoise souveraine avec laquelle Ottawa devra forcément négocier.Jacques Sideleau Montréal, le 29 juin 2016 L E D E V O I R , L E L U N D I 4 J U I L L E T 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.H illary Clinton est-elle une féministe ou une femme soumise?La question se pose depuis longtemps en politique réelle, mais cela m\u2019est revenu brusquement à l\u2019esprit lors d\u2019une représentation de La mégère apprivoisée, comédie de Shakespeare normalement perçue comme un spectacle amusant, rempli d\u2019ironie et à double sens au sujet de la lutte des sexes.Nous ne vivons pas, cependant, une époque normale.Ainsi, je me suis retrouvé l\u2019autre soir devant une interprétation «anti-misogyne» montée par le directeur artistique du Théâtre public de New York, Oskar Eustis, et la réalisatrice britannique Phyllida Lloyd.Composée d\u2019une distribution entièrement féminine, cette production tient aussi à nous faire rire, mais d\u2019une tout autre façon.Utilisant de la musique rock et de fréquentes interruptions du texte avec un langage et de nouvelles reparties contemporaines, Eustis et Lloyd cherchent à inverser la domination masculine «célébrée», selon Eustis, par le grand dramaturge.Voilà donc les sœurs célibataires \u2014 la douce et sage cadette Bianca et l\u2019aînée violemment égoïste et indépendante Katherina \u2014 présentées comme concurrentes dans un concours de beauté organisé par Donald Trump.De sots commentaires sexistes du candidat républicain à la présidence sont claironnés par haut-parleurs alors que des femmes habillées de manière sexy défilent sur scène.Le message est évident: ce soir, on va se moquer des manières grotesques du phallocrate qu\u2019est Trump et, par conséquent, on va soutenir la candidature de Hillary Clinton.Vers le milieu de la pièce, un discours hors texte est prononcé par l\u2019un des acteurs, regrettant la perte des privilèges d\u2019antan quand monsieur pouvait passer chez sa maîtresse avant de rentrer tranquillement à la maison, la table mise et le dîner prêt.Pas loin de moi, une dame d\u2019un certain âge, arborant un macaron de campagne de Hillary, manifeste son approbation.Justification simpliste Je ne suis pas un grand expert de Shakespeare, mais je voudrais quand même avancer l\u2019idée que la justification d\u2019Oskar Eustis dans le programme est franchement simpliste: «C\u2019est la seule pièce importante de Shakespeare que je n\u2019ai jamais produite ou réalisée.La raison est simple: je n\u2019ai jamais pu supporter l\u2019action centrale de la pièce, qui consiste, au fond, à apprivoiser une femme.» Ce dégoût, j\u2019imagine, remonte en partie à la tradition consistant, au XIXe siècle, à munir Petruchio, prétendant de Ka- therina, d\u2019un fouet (au XXe siècle, il lui donne souvent une fessée) pour évoquer l\u2019application d\u2019une discipline sadique.Selon Richard Hosley, dans mon édition Pelican des œuvres complètes, rien dans le texte ne peut soutenir cette mise en scène brutale.De plus, «le discours de Kate au sujet de la soumission d\u2019épouse à époux [à la fin] est parfois mal interprété et considéré comme une preuve de la tyrannie de l\u2019époux [\u2026] Certes, les élisabéthains dans leur conception des relations maritales [\u2026] étaient plus soucieux des \u201cdegrés\u201d que nous.» Apparemment, les paradoxes du mariage politiquement incorrect sont contraires à l\u2019ordre du jour au Festival Shakespeare de Central Park.Tout cela n\u2019est pas si important en soi, sauf qu\u2019il ne s\u2019agit plus de théâtre.Dans le drame politique qui se jouera dans les quatre prochains mois, Hillary Clinton sera d\u2019une part promue comme un modèle de femme ayant réussi, une pionnière.Mais, d\u2019autre part, elle se trouvera ridiculisée, présentée comme une caricature de succès féminin, devant tout à son homme, tout en étant humiliée sans cesse en raison de l\u2019infidélité dont elle fut victime.À la défense de Hillary, Madeleine Albright, secrétaire d\u2019État sous Clinton, dénonce le manque de solidarité parmi les jeunes femmes qui appuient Bernie Sanders: «Il y a un endroit spécial en enfer pour les femmes qui ne s\u2019entraident pas», a-t-elle tonné.L\u2019écrivaine Liza Featherstone dénonce quant à elle dans The Nation le manque de solidarité de Hillary pour les femmes déshéritées.Selon elle, «il serait difficile d\u2019imaginer un plus grand coup pour le bien-être matériel des femmes pauvres que la réforme de l\u2019assistance sociale de 1996 du président Clinton.En tant que première dame, Hillary n\u2019était pas une simple spectatrice», souligne Mme Featherstone.Compte tenu de notre obsession pour la vie privée des candidats, le débat sur les compétences féminines de Hillary va inévitablement se concentrer sur sa conduite à l\u2019endroit de son mari.Emily Hill, dans The Spectator, use de dérision: «Obtenir le pouvoir par le truchement du mariage et supporter un mari vraiment merdique, c\u2019est ce que les femmes font depuis des siècles.» Quant à Trump, il n\u2019hésitera pas à attaquer sa rivale pour son prétendu soutien aux frasques hors mariage de Bill: «Elle n\u2019est pas victime.Elle était complice.Quelques-unes de ces femmes ont été détruites, et Hillary a travaillé avec lui.» En définitive, Hillary n\u2019est ni Katherina ni Bianca.En tout cas, je ne voterai jamais pour elle.Cela reviendrait à appuyer un couple inséparable qui nous a conduits à une situation où les plus riches, alliés à la caste politique, écrasent l\u2019esprit de la démocratie en Amérique.Pour autant que je sache, l\u2019oligarchie n\u2019a pas de sexe.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.L\u2019oligarchie n\u2019a pas de sexe JOHN R.MACARTHUR S É B A S T I E N P R O U L X Ministre de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport, ministre de la Famille, ministre responsable de la région de la Gaspésie\u2013Îles-de-la-Madeleine, député de Jean-Talon hers enseignants et enseignantes, La fin de l\u2019année scolaire me donne l\u2019occasion de vous écrire.Je veux d\u2019abord vous souhaiter un bel été et du repos après une année bien remplie.Que ces vacances vous permettent de vous ressourcer auprès des vôtres.Je souhaite de tout cœur que cette dernière année vous ait permis, d\u2019une part, de transmettre à vos élèves le plaisir d\u2019apprendre et de découvrir et, d\u2019autre par t, de leur faire prendre conscience des bienfaits de l\u2019effort et de la nécessité de vivre harmonieusement au sein d\u2019une communauté scolaire.Votre tâche, je dirais même votre vocation, est de faire en sorte que nos enfants deviennent des adultes qui non seulement auront acquis des connaissances et développé des compétences, mais qui auront aussi découver t l\u2019importance des liens sociaux et du respect d\u2019autrui dans notre société.J\u2019ai déjà visité plusieurs écoles pour aller à votre rencontre.Je veux vous remercier sincèrement de m\u2019avoir accueilli et de m\u2019avoir fait part de vos expériences, vos observations et vos suggestions.« Des élèves qui réussissent, ça fait des profs heureux», m\u2019a dit une enseignante.Votre passion est réelle, je l\u2019ai bien ressentie.Créer une dynamique Je vais continuer mes visites, parce qu\u2019il n\u2019y a rien de mieux que de constater par soi-même les réalités sur le terrain.Ce que j\u2019ai entendu me confor te dans ma volonté de créer, autour de la combinaison élève-enseignant-réussite, la dynamique nécessaire qui profitera à tous.Nous avons annoncé que le Québec, après la tenue de consultations à l\u2019automne, se dotera l\u2019an prochain d\u2019une politique sur la réussite éducative.C\u2019est à cette occasion que nous déterminerons ensemble les mesures à adopter pour l\u2019avenir.Je tiens à ce que vous participiez aux choix que nous aurons à faire, à l\u2019instar des autres acteurs du milieu de l\u2019éducation et des concitoyens.Je veux connaître vos préoccupations et je vous assure de mon engagement.Déjà, nous avons annoncé de nouveaux investissements, tous centrés sur la réussite.Nous avons posé des gestes concrets visant une plus grande autonomie des écoles.Nous sommes à pied d\u2019œuvre pour réinvestir dans le maintien et la rénovation de nos bâtiments scolaires.Vous pouvez compter sur moi pour poursuivre ces efforts.Je termine en vous exprimant mon profond respect, car vous faites un travail remarquable.Les parents du Québec vous en sont reconnaissants.Bon été, chers professeurs Après des consultations, le Québec se dotera d\u2019une politique sur la réussite M A R C - H E N R Y S O U L E T Sociologue, Université de Fribourg J E A N - M A R C L A R O U C H E Sociologue, Université du Québec à Montréal P A U L S A B O U R I N Sociologue, Université de Montréal est au tournant des XIXe et XXe siècles que s\u2019est institutionnalisée, en Europe et aux États-Unis, une sociologie qui, malgré des programmes de recherche dif férents et parfois rivaux, se proposait d\u2019offrir les clés d\u2019interprétation des sociétés nées de la modernité.Cette sociologie, en tant que sociologie générale, a non seulement balisé les fondements de la discipline, mais s\u2019est également attachée à en cerner l\u2019objet et à en codifier les modalités d\u2019exercice.Elle a, ce faisant, circonscrit les grandes questions auxquelles elle se devait de répondre : les éléments fondamentaux de la vie sociale, la morphologie sociale, la hiérarchisation sociale et les classes sociales, le changement social, la socialisation, tout en les accompagnant d\u2019un projet normatif de transformation du monde, qu\u2019il soit de réforme sociale ou d\u2019émancipation politique.Cette sociologie à laquelle nous avons été formés et nourris voit, un peu plus d\u2019un siècle plus tard, son projet s\u2019ef friter progressivement et perdre en consistance et en légitimité tant les contextes sociaux ont changé.Globalisation culturelle, planétarisation des enjeux, notamment écologiques, hégémonie d\u2019un capitalisme financier fort éloigné du capitalisme industriel familial, fragilisation de la capacité des États nation à peser sur les dynamiques nationales et internationales, épuisement de la modernité comme projet, développement de logiques particularistes ou localistes, virtualisation de la réalité sociale.Force est de constater que les assises, les objets et les perspectives de la sociologie ne peuvent qu\u2019être affectés par ces mutations profondes du contexte dans lequel elle peine à se déployer comme discipline et comme pratique.Décloisonnement scientifique Le monde scientifique a par ailleurs lui-même bien changé, particulièrement en sciences humaines et sociales, où l\u2019on a assisté à un mouvement rapide et brutal au cours de ces dernières années.À une forme d\u2019organisation encore fortement humboldtienne structurée autour de disciplines et de savants travaillant seuls ou en très petits comités succède une configuration mettant en avant le décloisonnement des perspectives et la constitution de laboratoires autour de thématiques fédératrices.Les grands organismes de subventionnement appellent désormais au croisement et à la mutuali- sation des approches sur des problématiques capables d\u2019embrasser large.Ils encouragent les rassemblements institutionnels dépassant les attaches disciplinaires formelles, bousculant au passage les assises sur lesquelles les disciplines, dont la sociologie au premier chef, s\u2019étaient constituées.De surcroît, à l\u2019heure où se multiplient les appels d\u2019offres internationaux et les invitations à la comparaison et à la compilation, la communauté scientifique ne peut plus se penser à l\u2019intérieur des territoires nationaux subitement devenus trop étroits.Des sociologies, multiples et diversifiées, se pratiquent et se côtoient, marquant par là même le signe d\u2019une reconnaissance certaine.Les développements, les usages et la nécessité de la sociologie, dans un cadre de plus en plus incertain, n\u2019ont jamais paru aussi évidents.De nombreux acteurs ont été socialisés, quand ce n\u2019est pas formés, à la sociologie.Ils en ont gardé les pratiques d\u2019enquête et les concepts clés, à telle enseigne que l\u2019on peut désormais parler d\u2019un savoir sociologique ordinaire.Celui-ci soulève de fortes attentes d\u2019explication et institue ainsi des publics aussi attentifs que variés, comme en témoigne l\u2019ample demande de recherche partenariale.Inverser le regard Prendre au sérieux ces constats, c\u2019est choisir d\u2019opter pour un congrès réflexif, ayant pour centre la sociologie elle-même.Les congrès de l\u2019Association internationale des sociologues de langue française, au moins récemment, ont toujours retenu comme objet central un thème spécifique \u2014 Québec (2000), la mondialisation ; Tours (2004), l\u2019individu social ; Istanbul (2008), la culture ; Rabat (2012), l\u2019incertain \u2014 en essayant de comprendre comment la sociologie pouvait s\u2019en saisir.Le projet du congrès de Montréal est d\u2019inverser le regard, sans vouloir bien sûr s\u2019enfermer dans une perspective nombriliste.Il veut ouvrir la réflexion sur ce que les changements profonds au se in du monde contemporain font à la sociologie, en tant qu\u2019 inst itut ion sc ient if ique et en tant que champ de savoirs.Loin de se tourner avec nostalgie vers un âge d\u2019or mythifié, il s\u2019agit de prendre acte de mutations so- ciétales lourdes et de réfléchir ensemble au présent et à l\u2019avenir de la sociologie.Il convient donc non seulement de comprendre comment celle-ci s\u2019en trouve affectée dans son fonctionnement institutionnel, mais aussi de saisir les inflexions qui se dessinent dans ses registres théoriques et pratiques.C\u2019est ainsi sur la nature même du projet sociologique contemporain qu\u2019il convient de s\u2019interroger, de ses conditions de possibilité à ses contenus théoriques en passant par les pers- pect ives soc iopol it iques sur lesquelles i l peut/entend reposer.Répondre aux transformations Le XXe congrès de l\u2019AISLF souhaite ainsi inviter ses participants à se pencher sur ce que la sociologie invente, méthodologiquement ou conceptuellement, pour répondre à ces transformations.Comment faire de la sociologie au- jourd\u2019hui ?Le congrès de Montréal veut faire la part belle à « l\u2019imagination sociologique» et ouvrir des voies heuristiques afin d\u2019accroître la réflexivité sociale pour saisir la société qui « s\u2019en vient ».Il souhaite se pencher sur la façon dont la sociologie peut, à nouveaux frais, comprendre le monde contemporain pour agir sur lui et constituer une nouvelle « invitation » pour les générations de sociologues à venir.Demain la sociologie, donc ! Les auteurs sont organisateurs du XXe congrès de l\u2019Association internationale des sociologues de langue française qui aura lieu à Montréal du 4 au 8 juillet : congres2016.aislf.org) Sociétés en mouvement, sociologie en changement Le congrès qui s\u2019ouvre aujourd\u2019hui veut faire la part belle à « l\u2019imagination sociologique » ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La passion des professeurs est réelle.Le congrès de Montréal veut ouvrir la réflexion sur ce que les changements profonds au sein du monde contemporain font à la sociologie, en tant qu\u2019institution scientifique et en tant que champ de savoirs C C\u2019 L E D E V O I R , L E L U N D I 4 J U I L L E T 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S 1980.Mais contrairement à tant d \u2019autres qui en sont morts, une vingtaine de pilules par jour lui ont permis de franchir les années en défiant les pronostics, tout en créant un corpus de musique qui fait au- jourd\u2019hui école.Mais cet épisode de démence a bien failli être fatal à celui qui milite pour le droit des homosexuels et qui s\u2019implique activement pour soutenir la recherche et l\u2019éducation autour du sida.Hersch est en effet passé à un cheveu d\u2019y laisser la peau qu\u2019il avait sur les os.Dans un grand portrait publié dans le New York Times Magazine (NYTM) en 2010, l\u2019auteur et journaliste David Hajdu [qui aide aujourd\u2019hui Hersch à rédiger ses mémoires] raconte brillamment cette traversée du désert : réclusion, coma, trachéotomie, alimentation intraveineuse, perte des capacités motrices, une définition de l\u2019enfer sur terre.Mais Fred Hersch est bien là aujourd \u2019hui.Grâce à des mois de rééducation et de thérapies, «d\u2019ef forts éreintants, de soins médicaux ef ficaces, grâce aussi à un rejet presque irrationnel de l\u2019idée que ses problèmes puissent être autre chose qu\u2019une distraction temporaire de sa musique\u2026 et grâce à un peu de chance», notait Hajdu.Le pianiste a dû réapprendre à jouer.Mais Fred Hersch étant Fred Hersch \u2014 un ancien prodige devenu un pia- niste-référence pour d\u2019innombrables grands noms du jazz contemporain \u2014, cela s\u2019est fait vite, et avec des résultats qui défient un peu l\u2019entendement.Il multiplie depuis les projets musicaux, accumule les nominations aux Grammys, et a vu son niveau de notoriété et de reconnaissance exploser.Autre chose Au NYTM, Hersch constatait avec étonnement : « C\u2019est un miracle que je sois ici.» Avant d\u2019expliquer ce que la maladie avait changé dans son approche musicale.«C\u2019est intéressant parce que j\u2019ai dû apprendre à travailler avec une palette plus limitée sur le plan technique.En même temps, je me sens plus for t que jamais, créativement.J\u2019ai compris que j\u2019avais des choses plus intéressantes à exprimer sur le plan musical et que ce que je voulais dire ne demandait pas d\u2019ef fets pyrotechniques.» « Je pense que je joue beaucoup mieux qu\u2019avant cet épisode de coma, ajoute-t-il au Devoir.C\u2019est peut-être lié au fait d\u2019être un peu plus vieux, et d\u2019avoir appris à laisser aller certaines choses.C\u2019est comme si j\u2019avais grandi depuis huit ans.Il arrive aujourd\u2019hui plein de choses qui n\u2019arrivaient pas avant, parce que mon jeu a évolué.Forcément, quand vous passez près de mourir à quelques reprises, vous ne vous énervez plus à propos de certaines petites af faires.Vous revenez aux choses essentielles.» Une de celles-ci est d\u2019approcher le jeu de manière plus détendue, ajoute-t-il.Extrêmement ambitieux, Hersch a toujours voulu marquer l\u2019histoire du jazz, «devenir une star» du genre, comme il l\u2019indiquait au magazine Downbeat en octobre 2015.Mais il y est paradoxalement parvenu lorsqu\u2019il a cessé d\u2019y penser trop directement.« J\u2019essaie d\u2019avoir plus de plaisir quand je joue, dit-il au téléphone.Je m\u2019assois, je joue et ça semble marcher, sans que je sache trop pourquoi.Je profite plus, les gens profitent plus.» Un ingén ieur avec qui Hersch a travaillé sur la majorité de sa cinquantaine d\u2019albums, Michael MacDonald, résumait au NYTM en 2010 ce que la maladie avait changé chez Hersch.D\u2019un être « têtu, irascible, incroyablement talentueux » dont le jeu était « égocentrique », le pianiste est devenu un artiste dont la matu- r ité sur le plan mus ical et émotionnel a décuplé la qualité du travail, notait-il.Son ego demeure énorme\u2026 « mais quand il s \u2019assoit au piano, cet ego est purement au service de la musique».Influence Si le nom de Fred Hersch n\u2019est pas aussi connu que celui de plusieurs autres pianistes qui sont indéniablement des stars du jazz, il est probablement le plus respecté de tous ceux-ci.Son influence est immense auprès de pianistes vedettes, comme Brad Mehldau et Ethan Iverson (il a enseigné aux deux \u2014 de même qu\u2019à la Québécoise Julie Lamontagne), ou encore Jason Moran.«Parce que le jeu de Fred est si beau, certaines personnes ne le prennent pas aussi au sérieux qu\u2019il le faudrait, disait d\u2019ailleurs Moran au NYTM.Les gens ne comprennent pas vraiment tout ce qui se passe dans sa musique.S\u2019il grognait en jouant ou s\u2019il plissait les yeux pour que ça ait l\u2019air ardu, peut- être que les gens compren- draient-ils davantage.Mais Fred n\u2019est pas là pour faire du théâtre.Il est au piano ce que LeBron James est sur un court de basketball : la perfection.» S\u2019il excelle en trio et dans les duos, c\u2019est probablement en solo que Fred Hersch se révèle le plus marquant \u2014 et c \u2019est en solo qu \u2019 il jouera à Montréal mardi.Le format convient par faitement à Hersch, qui vient de publier un neuvième album sur ce thème (Fred Hersch Solo, étiquette Palmetto).Son jeu à la fois riche et épuré trouve là un cadre d\u2019expression idéal : contrepoint, voix chorales, main gauche vir tuose\u2026 Le registre des couleurs Hersch, au fond.Et toutes considérations techniques mises à part, c\u2019est simplement de la musique d\u2019une immense beauté, au confluent du jazz et du classique.« En solo, l\u2019interaction est simplement entre moi et le piano, et entre moi et les chansons que je joue, explique-t-il en entretien.Par fois, je joue quelque chose et une chanson va me traverser l\u2019esprit.Et même si je ne l\u2019ai jamais jouée, je vais la faire, parce qu\u2019il faut respecter ces idées qui vous viennent dans l\u2019instant présent.Et le solo permet ça avec une immense liberté.» Une liberté qu\u2019il goûte d\u2019autant plus depuis qu\u2019il a touché sa face obscure.Et qu\u2019il en est revenu.Le Devoir En concert le 5 juillet 22h30 au Gesù SUITE DE LA PAGE 1 JAZZ Ce n\u2019est pas la première fois, loin de là, que les sondeurs britanniques ratent la cible.Ils avaient échoué à prédire les résultats des élections de 1992, 1997 et 2015, se souvient Claire Durand.L\u2019humiliation a été particulièrement brutale lors du scrutin de l\u2019an dernier.Les sondages annonçaient un autre gouvernement minoritaire.Contre toute attente, les conservateurs de David Cameron ont remporté une majorité des 650 sièges à la Chambre des communes.Chaque fois qu\u2019ils se mettent un doigt dans l\u2019œil, les sondeurs \u2014 et ceux qui analysent le travail des sondeurs \u2014 font leur mea-culpa et cherchent les raisons de leur échec.Pour expliquer la dif ficulté à prédire l\u2019issue du référendum sur le Brexit, Claire Durand a des pistes d\u2019explication qui peuvent aussi intéresser les sondeurs québécois.Les personnes âgées, un baromètre Premièrement, les sondeurs ont mal évalué l\u2019impact du vote des personnes âgées.Ces électeurs étaient les plus favorables au Brexit.Ils sont aussi les plus susceptibles d\u2019aller voter \u2014 beaucoup plus que les jeunes, qui appuyaient davantage le maintien du lien avec l\u2019Union européenne.En gros, quatre électeurs de moins de 34 ans sur dix ont voté au référendum du 23 juin, comparé à huit sur dix âgés de 60 ans et plus, selon les chiffres préliminaires.Le taux de participation global a été de 72 %.Les électeurs les plus âgés sont aussi les plus conservateurs, rappelle Mme Durand.Ils appuient généralement le statu quo.Au référendum sur le Brexit, les analystes ont cru à tort que le statu quo, pour les personnes âgées, consistait à rester dans l\u2019Union européenne.Mais c\u2019était plutôt la sortie, le retour au Royaume-Uni d\u2019avant l\u2019adhésion à l\u2019ensemble européen, en 1973.« On aurait dû tenir compte de ça », estime après coup Claire Durand.Avant le référendum, elle estimait que 67 % des indécis favorisaient le camp du Remain.Les résultats ont plutôt montré l\u2019inverse : «Si j\u2019avais estimé que 67% des indécis appuyaient le Brexit, je serais arrivée avec le score exact de 52 à 48 pour le Leave», dit la sociologue.Autre leçon du Brexit : dans un référendum, les gens qui se perçoivent comme des victimes potentielles de la rupture du statu quo «ont tendance à davantage cacher leur opinion et à davantage aller voter », explique Claire Durand.« Les gens du côté du Leave étaient moins susceptibles d\u2019être rejoints par les sondeurs, moins susceptibles d\u2019accepter de répondre au sondage quand ils étaient rejoints et moins susceptibles de révéler leur intention de vote quand ils acceptaient de répondre au sondage.» Bref, les partisans du Brexit ont été discrets, peut-être encore plus après l\u2019assassinat de la députée travailliste (et pro-Europe) Jo Cox par un déséquilibré favorable au Brexit, à une semaine du vote.Le mystère d\u2019Internet Il faut ajouter à cela l\u2019éternel défi des sondeurs \u2014 créer des échantillons fiables à l\u2019ère du Web \u2014 et on comprend mieux la surprise du Brexit.La plupart des sondages sont désormais menés à partir d\u2019échantillons de répondants recrutés sur Internet.Les firmes de sondage ont par exemple une banque de 400 000 personnes prêtes à répondre à des questionnaires sur le Web.D\u2019autres recrutent leurs répondants auprès de banques d\u2019adresses électroniques fournies par des entreprises de marketing.Les entreprises ont beau pondérer les résultats en fonction des caractéristiques de la population révélées par le recensement, « les résultats ne sont pas probabilistes, et ça paraît », dit Claire Durand.Auparavant, les répondants étaient recrutés dans l\u2019annuaire téléphonique.Il était beaucoup plus facile de créer des échantillons probabilistes.De nos jours, beaucoup de ménages n\u2019ont plus de ligne téléphonique à la maison.Et les gens ne répondent plus nécessairement au téléphone, quand ils en ont un.À peine une personne sur dix contactée au téléphone répond désormais aux sondages.«Je pense que les sondages Web vont devoir s\u2019améliorer, dit la sociologue.Le Web est devenu \u201cle\u201d mode de communication.On ne peut plus miser sur les sondages téléphoniques.Il commence à être temps qu\u2019on s\u2019arrête et qu\u2019on se demande comment créer des échantillons probabilistes.» Les sondeurs doivent trouver une façon d\u2019augmenter et de renouveler leurs banques de répondants, selon elle.Plusieurs pratiquent ainsi le « river sampling» : un logiciel ratisse le Web et amasse des adresses de courriel qui sont ajoutées aux banques de répondants.Les sondeurs ont intérêt à raffiner leurs méthodes, « parce qu\u2019ils sont des gens d\u2019af faires et qu\u2019ils risquent leur peau aux élections », estime Claire Durand.Les sondeurs savent aussi que les électeurs deviennent volages, imprévisibles, désenchantés, et qu\u2019ils sont prêts à jeter leur dévolu sur quiconque leur promet des jours meilleurs.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BREXIT Cinq élections mal sondées Claire Durand a recensé cinq élections importantes dans l\u2019histoire récente des sondages 1998 Le PQ remporte l\u2019élection générale avec moins de votes que le Parti libéral du Québec.Les sondages ont surestimé les appuis au PQ durant la campagne, probablement à cause de la faible représentation des anglophones et des allophones dans les échantillons.2002 Contre toute attente, Jean-Marie Le Pen, chef du Front national, termine deuxième au premier tour de scrutin à la présidentielle française, devant le socialiste Lionel Jospin.Selon toute vraisemblance, des sondeurs avaient prévu ce résultat-choc, mais n\u2019avaient pas osé le publier.2011 Le NPD de Jack Layton déjoue tous les pronostics en remportant 59 des 75 sièges au Québec, ce qui lui permet de former l\u2019opposition officielle à Ottawa.2012 Le scrutin tend à démontrer la fameuse «prime à l\u2019urne » dont jouit le PLQ : le PQ de Pauline Marois forme de peine et de misère un gouvernement minoritaire malgré l\u2019usure des libéraux de Jean Charest.Les sondages avaient sous-estimé les appuis au PLQ.2015 Encore une fois, la campagne électorale fédérale mène à un tournant dans l\u2019opinion publique : le Parti libéral de Justin Trudeau, qui partait troisième au déclenchement du scrutin, forme un gouvernement majoritaire.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Claire Durand Les 30 millions de litres d\u2019eau prévus pour réaliser ces forages ne représentent toutefois qu\u2019une infime partie de l\u2019eau qui serait nécessaire en cas d\u2019exploitation d\u2019énergies fossiles sur Anticosti.Selon les résultats de l\u2019évaluation environnementale stratégique (EES) menée par le gouvernement, «un total d\u2019environ 4155 puits » pourraient être nécessaires pour cette phase, qui durerait plus de 50 ans.Pour chacun, la quantité d\u2019eau nécessaire pourrait atteindre 16 millions de litres, toujours selon les conclusions de l\u2019EES.Or, les rivières de l\u2019île ne suffiraient absolument pas pour répondre à une telle demande, qui dépasserait les 45 milliards de litres, ou 15 000 piscines olympiques.Le rapport de l\u2019EES publié à la fin du mois de mai suggérait donc «d\u2019envisager l\u2019utilisation de l\u2019eau du golfe du Saint-Lau- rent», ou encore de recourir au gaz propane.Rivières à saumon Au moment d\u2019autoriser les trois forages exploratoires prévus dans le contrat signé par le gouvernement du Québec, le MDDELCC a d\u2019ailleurs indiqué le nom des quatre rivières qui pourront être utilisées pour y pomper de l\u2019eau.Deux d\u2019entre elles, la Jupiter et la Sainte- Marie, abritent des populations de saumon de l\u2019Atlantique.La population de saumons de l\u2019île est considérée comme en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Le gouvernement Couillard a tout de même autorisé le prélèvement d\u2019eau dans la plus importante rivière de l\u2019île, la rivière Jupiter, qui abrite près de 30% de tous les saumons d\u2019Anticosti.Cette rivière est très réputée pour la pêche.La Société des établissements de plein air du Québec, qui vante la «limpidité sans égale» de ses eaux, vend d\u2019ailleurs des forfaits de pêche à 6000$.Les importantes quantités d\u2019eaux usées des forages seront par la suite traitées directement sur l\u2019île d\u2019Anticosti.L\u2019«autorisation» accordée le 15 juin dernier au nom du ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel, précise cependant très peu de choses au sujet du processus de traitement.Le document indique simplement qu \u2019un « fournisseur» non identifié pour le moment devra exploiter « un système de traitement » pour décontaminer les eaux, qui peuvent contenir plusieurs produits toxiques.Ce système devra notamment pouvoir traiter des eaux usées « chargées en solide » jusqu \u2019à une cer taine concentration, qui n\u2019est pas précisée.Les rejets devront respecter les normes inscrites dans les règles « provisoires » fixées par Québec pour l\u2019exploitation de pétrole et de gaz.Le document ne fait pas mention des dispositions du projet de loi sur les hydrocarbures, qui n\u2019a pas encore été adopté.Eaux dans le golfe Si plusieurs éléments concernant le traitement des eaux usées restent à préciser, on sait d\u2019ores et déjà que ces millions de litres se retrouveront ensuite dans le Saint-Laurent.« Les eaux seront rejetées dans le golfe après traitement », a indiqué le MDDELCC, dans une réponse transmise deux semaines après la demande du Devoir.Selon les coordonnées géographiques inscrites dans l\u2019autorisation accordée au nom du ministre Heurtel, trois points de rejets sont prévus.Tous sont situés sur la rive sud de l\u2019île, reconnue pour la richesse de sa biodiversité marine.Tout indique qu\u2019un point de rejet sera même situé directement dans l\u2019embouchure de la rivière Jupiter.On retrouve à cet endroit une grande concentration d\u2019oiseaux marins, mais aussi de mammifères marins.Pour le biologiste Sylvain Archambault, de la Société pour la nature et les parcs, la décision gouvernement d\u2019autoriser le prélèvement de 30 millions de litres est une grave erreur.« Il est inconcevable qu\u2019on permette des prélèvements d\u2019une telle ampleur dans l\u2019habitat du saumon, une espèce menacée de disparition sur Anticosti, et de surcroît dans des rivières au débit déjà très faible, a-t-il fait valoir, à la lumière des informations obtenues par Le Devoir.Qu\u2019en est- il de la responsabilité du Québec face aux espèces menacées de disparition?» La rivière Jupiter a été ciblée depuis longtemps «comme territoire d\u2019intérêt pour une aire protégée », a-t-il également rappelé.« Alors qu\u2019Anticosti ne compte que 7,7 % d\u2019aires protégées, bien en deçà de l\u2019objectif de 17% pour 2020 auquel le Québec a adhéré, le ministère donne clairement préséance à l\u2019industrie pétrolière.» C\u2019est l\u2019opérateur des travaux sur le terrain, l\u2019entreprise Pétrolia, qui dirigera les opérations au nom de la Société en commandite Hydrocarbures Anticosti.L\u2019État québécois est le principal bailleur de fonds de ce projet d\u2019exploration, avec un investissement minimal de 57,7 millions.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ANTICOSTI PRODUCTIONS RAPIDE-BLANC La rivière Jupiter abrite des saumons de l\u2019Atlantique."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.