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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-06-18, Collections de BAnQ.

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[" L I S A - M A R I E G E R V A I S I ls ont à peu près la même taille et portent chacun un sac à dos jeté sur l\u2019épaule.En regardant vite fait, on pourrait presque se demander lequel est le père et lequel est le fils.En risquant fort de se tromper, puisque le plus sage des deux n\u2019est pas le plus vieux.«Mon fils est bien plus posé que moi.C\u2019est mon idole!» lance tout sourire l\u2019auteur et metteur en scène Dominic Champagne en parlant de l\u2019aîné de ses trois garçons, Jules, âgé de 27 ans.À l\u2019ombre de l\u2019Opéra de Montréal, où le père travaille sur la version lyrique de The Wall, les deux hommes discutent identité, langue, politique, culture et souveraineté, vastes sujets qu\u2019on leur livre en pâture.Dans une conversation empreinte de respect, leurs visions divergent et se complètent.Lorsqu\u2019il ne gesticule pas avec fougue, Dominic est d\u2019une grande écoute, comme curieux de savoir ce que pense AUJOURD\u2019HUI Livres \u203a Des patriotes plus grands que nature.Une histoire du Bas-Canada racontée avec force images.Page F 1 Avis légaux.C 6 Décès.C 9 Météo.C 6 Mots croisés .D 4 Petites annonces .C 9 Sudoku .D 5 V O L .C V I I N o 1 3 6 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J U I N 2 0 1 6 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S Politique culturelle Soutenir les créateurs Page A 9 Plaisirs Quelques arpents de rêve hellénique Page D 1 Perspectives Avons-nous assez pleuré Orlando?Page B 1 ?w w w .l e d e v o i r .c o m 50 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 MONTRÉAL 514-231-8677 LAVAL 450-627-3716 LONGUEUIL 450-445-9829 .CA Certifié 5 Étoiles® TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES HORIZONTAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX ESTIMATION GRATUITE 1 855 770-8677 OPAQUES TRANSLUCIDES SOLAIRES MOTORISATION DISPONIBLE Claude Bouchard Québec, Lévis, Montréal, Trois-Rivières, Repentigny, Laval, Boisbiand, Mont-Tremblant, Longueuil, Beloeil, Magog % de rabais ou INSTALLATION GRATUITE H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L\u2019 af faire était entendue et ce n\u2019était plus qu\u2019une question de temps.N\u2019empêche, vendredi soir, le Canada s\u2019est officiellement doté d\u2019un cadre légal pour l\u2019aide médicale à mourir.Après deux semaines et demie de débats parfois déchirants, souvent passionnés et toujours de haut niveau, le Sénat a abdiqué et endossé le projet de loi tel que soumis par la Chambre des communes.Les non-élus ont renoncé à imposer ce que les élus refusaient, soit l\u2019admissibilité à cette aide des personnes n\u2019étant pas déjà en fin de vie.Ce débat aura lieu plus tard.C\u2019est donc l\u2019aboutissement d\u2019un débat parlementaire entamé en janvier, et la fin d\u2019un bras de fer qui opposait le Sénat et la Chambre des communes depuis neuf jours.Plusieurs sénateurs ont affirmé dans leur ultime discours vendredi que les élus devaient avoir le dernier mot en matière de législation, et qu\u2019il fallait donc voter la version du projet de loi C-14 préférée des députés.«Le gouvernement fait une grave erreur, mais c\u2019est le gouvernement qui devra en répondre au peuple, a lancé l\u2019ex-journaliste et sénateur André Pratte.Aussi, bien que cela m\u2019attriste, je vais voter Ottawa légalise enfin l\u2019aide à mourir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le metteur en scène Dominic Champagne et son fils aîné, Jules, discutent identité québécoise et rapport à la souveraineté.JEUNESSE (ENGAGÉE) D\u2019AUJOURD\u2019HUI À quoi s\u2019identifient les jeunes Québécois, quelle place donnent-ils à la langue, aux valeurs communes ?Entre élans locaux et mouvements mondiaux, Le Devoir raconte une jeunesse qui s\u2019engage autrement, comme l\u2019illustre cette conversation intergénération- nelle entre Dominic Champagne et son fils Jules.Si leurs cœurs battent à l\u2019unisson, leurs yeux, eux, ne voient pas le même horizon.Échange père-fils sur un Québec qui change Dossier \u203a (Égo)portraits identitaires.Huit jeunes répondent à nos trois questions.Pages A 4 et A 5 Changer le monde, un SPOT à la fois.Pour bien des jeunes Québécois, la politique se fait sur le terrain, loin des partis.Page A 4 Aspirations locales, flamme internationale.Le lieu de mobilisation est de moins en moins national.Page A 5 Sortir du placard pour s\u2019affirmer souverai- niste.Regard sur ceux qui se battent pour rajeunir l\u2019idée de l\u2019indépendance.Page A 6 L\u2019 athlétisme russe ne verra pas Rio, mais quelques-uns de ses athlètes propres, peut- être : la Fédération internationale d\u2019athlétisme (IAAF) a confirmé vendredi la suspension de la Fédération russe, tout en laissant la porte ouverte à ceux qui prouveront leur bonne foi, à six semaines des Jeux olympiques.La décision historique sanctionne la puissance mondiale après la découverte d\u2019un vaste système de dopage.«C\u2019est injuste», a réagi le président de la Russie, Vladimir Poutine, dans une rencontre avec les représentants d\u2019agences de presse organisée ATHLÉTISME Le rêve olympique des Russes s\u2019évapore Certains athlètes pourraient cependant être épargnés par la suspension de la Fédération YURI KADOBNOV AGENCE FRANCE-PRESSE Plusieurs athlètes ont réagi fortement, dont la championne de saut à la perche Yelena Isinbayeva.VOIR PAGE A 10 : JEUNESSE VOIR PAGE A 10 : MOURIR VOIR PAGE A 10 : ATHLÉTISME L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Montréal : 4875, Jean-Talon Ouest · (514) 344-8555 · 1 (866) 747-8555 Laval : 2267, boul.Le Corbusier · (450) 682-8280 www.abatjourillimites.ca \u2022 Plus de 5,000 abat-jour en magasin.\u2022 Le plus grand choix au Canada.\u2022 Service de recouvrement sur mesure.\u2022 Apportez votre pied de lampe pour un ajustement parfait.Présentez ce coupon au moment de l\u2019achat.Excluant 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qu\u2019à la lumière des évaluations obtenues, il était d\u2019avis que le problème n\u2019était pas seulement attribuable à une race de chien en par ticulier et qu\u2019il fallait plutôt s\u2019attarder à l\u2019encadrement des chiens potentiellement dangereux.« Dans les années 1970, c\u2019était le doberman.Dans les années 1980, c\u2019était le berger allemand.Là, on est dans les pitbulls.Ce n\u2019est pas juste au niveau d\u2019une race.Il y a la notion de chien dangereux.Des fois, il y a des problèmes des deux côtés de la laisse», a-t-il expliqué vendredi lors d\u2019une mêlée de presse.Il a laissé entendre qu\u2019il ne comptait pas imiter Régis La- beaume, qui, jeudi, a annoncé que les pitbulls seraient bannis du territoire de la vi l le de Québec dès le 1er janvier 2017.Les citoyens qui possèdent un tel chien auraient six mois pour se dé- par tir de leur animal, avait dit le maire Labeaume.Positions différentes Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, le maire de Québec justifiait ainsi la décision de son administration : « Comment on l\u2019a réfléchi ?Je l\u2019ai réfléchi en père de famille.Si j\u2019avais des enfants à la maison et que mon voisin possédait un pitbull, comment je me sentirais ?Je ne me sentirais pas en sécurité.» La nouvelle a provoqué un déferlement de commentaires par fois haineux sur les réseaux sociaux.Lors d\u2019une entrevue à l\u2019émission matinale d\u2019Alain Gravel sur les ondes de Radio-Canada vendredi, Denis Coderre a expliqué qu\u2019il ne se trouvait pas dans le même « état d\u2019esprit » que Régis Labeaume.« On ne peut pas euthanasier tous les chiens comme ça», a-t-il dit.Le maire Coderre a aussi indiqué qu\u2019avant de prendre position, il attendait aussi d\u2019en savoir davantage sur les causes du décès de Christiane Vad- nais, survenu la semaine dernière à Pointe-aux-Trembles à la suite de l\u2019attaque du pitbull de son voisin.Or, le coroner chargé du dossier aurait indiqué aux proches de Mme Vad- nais que la mor t de celle-ci avait bel et bien été causée par le chien, ont rappor té plusieurs médias vendredi.Plusieurs municipalités québécoises ont déjà interdit les chiens de type pitbull.Mardi, la Ville de Brossard a annoncé qu\u2019elle modifierait son règlement pour bannir ces chiens.Les citoyens qui en possèdent déjà pourront garder leur animal, mais devront se plier à plusieurs règles, soit se munir d\u2019une assurance responsabilité publique d\u2019un minimum de 250 000 $, prouver qu\u2019ils ont suivi un cours d\u2019obéissance avec leur chien et mettre une muselière à leur chien dans les endroits publics.Pour sa part, le premier ministre Philippe Couillard a fait savoir que Québec pourrait suivre l\u2019exemple de l\u2019Ontario et interdire les pitbulls.Discrimination raciale Étudiante à la maîtrise en droit à l\u2019Université Laval, Julie Goulet estime que ces règlements «ne s\u2019attaquent pas réellement au problème».Il y a deux ans, Mme Goulet avait rédigé une analyse juridique des règlements antipit- bulls dans le cadre d\u2019un cours à l \u2019École nationale d\u2019administration publique (ENAP).Elle plaidait que les villes gagneraient à cibler les compor tements dangereux plutôt que les espèces et que l\u2019accent mis sur les pitbulls constituait une forme de « discrimination ».Elle citait l\u2019exemple de Sherbrooke où, en cas de morsure, quelle que soit l\u2019espèce, la ville impose un examen comportemental du chien par la SPCA.Si l\u2019organisme en conclut que l\u2019animal est dangereux, il est euthanasié.Un tel règlement aurait-il pu empêcher le décès de Christiane Vadnais à Pointe- aux-Trembles ?Elle rétorque que c\u2019est la responsabilité du propriétaire du chien d\u2019être sensibilisé au caractère de l\u2019animal, mais aussi aux voisins à surveiller ce qui se passe près de leur résidence.Mme Goulet est elle-même propriétaire d\u2019un chien, mais c\u2019est un bouvier bernois.Dans son analyse, elle concluait que les règlements ciblant les pit- bulls avaient pour incidence de «créer un sentiment de sécurité faussé» chez les gens.Elle reproche en outre au projet de règlement présenté jeudi par le maire Régis Labeaume de donner un délai de grâce bien court aux propriétaires.Le Devoir PITBULLS Montréal adoptera une approche différente de celle de Québec Le maire Coderre n\u2019a pas l\u2019intention d\u2019imiter son homologue Régis Labeaume en bannissant une race en particulier J E A N N E C O R R I V E A U M algré la polémique qui ne semble pas vouloir d\u2019apaiser, le maire Denis Co- derre maintient le cap concernant le changement de nom du parc de Vimy, qui sera rebaptisé parc Jacques-Parizeau.Plusieurs voix se sont élevées cette semaine pour dénoncer la décision de la Ville de Montréal de donner à un parc d\u2019Outremont le nom de l\u2019ancien premier ministre péquiste.Après l\u2019ex-premier ministre on- tarien Bob Rae, qui a qualifié cette décision d\u2019« insulte pure et simple », le président de la Fondation de Vimy, Christopher Sweeney, a décrit ce geste comme de l\u2019« amnésie culturelle et historique» en soutenant que Vimy ne rappelait pas seulement une bataille de la Première Guerre mondiale, mais également l\u2019entrée du Canada sur la scène mondiale.Blaney s\u2019en mêle Tout en reconnaissant la contribution de M.Pari- zeau à la politique québécoise et canadienne, le député conservateur Steven Blaney a pour sa part soutenu qu\u2019il eut mieux valu trouver un autre lieu pour rendre hommage à l\u2019homme politique, plutôt que d\u2019effacer le nom de Vimy.« J\u2019ai le plus grand respect pour M.Parizeau, a-t-il affirmé en entrevue à TVA.C\u2019est un homme remarquable qui mérite qu\u2019il ait sa place dans les grands lieux publics, [\u2026] mais ça ne doit pas se faire au détriment de Canadiens français qui ont donné leur vie pour notre pays, notamment lors de la bataille de Vimy.» Selon lui, la construction de nouvelles stations de métro à Montréal pourrait permettre d\u2019honorer la mémoire de l\u2019ex- premier ministre.Un homme d\u2019exception Denis Coderre a tenté de calmer les esprits.« On va faire attention là.Vous parlez à un ancien critique de la Défense nationale.Je suis allé à Vimy moi aussi.Remettons les choses en perspective », a-t-il dit aux journalistes jeudi.Il a rappelé que l\u2019avenue de Vimy, adjacente à ce petit parc d\u2019Outremont, garderait son nom, et que d\u2019autres rues sur le territoire montréalais portaient ce nom, notamment dans l\u2019ar rondissement de Saint-Laurent.L\u2019idée de changer le nom du parc pour celui de Jacques- Parizeau a été suggérée par la Société d\u2019histoire d\u2019Outremont et a été entérinée à l\u2019unanimité par les élues de l \u2019 a r r o n d i s s e m e n t d\u2019Outremont en octobre dernier, a-t-il expliqué.« Ce n\u2019est pas une question de débaptiser [un lieu], c\u2019est une question de rendre hommage à un citoyen d\u2019Outremont qui était un homme d\u2019exception.M.Parizeau a vécu 30 ans près de là.Mais je comprends que ce soit \u201csensible\u201d», a admis M.Coderre.« On ne s\u2019embarquera pas sur la quest ion de fédéraliste/souverainiste.On s\u2019entend que lui et moi, on ne s\u2019entendait pas sur au moins un point , mais i l faudrait peut-être reconnaître l\u2019importance de l\u2019homme » , a dit le maire.Une rue aussi?M.Coderre a indiqué que la Ville avait l \u2019intention de commémorer le centenaire de la bataille de la crête de Vimy, qui s\u2019est déroulée du 9 au 12 avr i l 1917 et qui a coûté la vie à 3600 soldats canadiens.Le maire n\u2019écarte pas l\u2019idée de donner le nom de M.Pari- zeau à une r ue, mais pour l\u2019instant, a-t-il dit, la priorité de la Ville est d\u2019augmenter la présence des femmes dans la toponymie montréalaise.Le Devoir PARC JACQUES-PARIZEAU Coderre garde le cap et tente de calmer le jeu Le procès Faubourg Contrecœur aura lieu Le juge Yvan Poulin de la Cour du Québec a fait savoir vendredi qu\u2019il refuse d\u2019arrêter les procédures dans le procès des accusés du Faubourg Contrecœur.La défense avait tenté de faire valoir que ses clients seraient brimés du droit à un procès juste et équitable en raison de la divulgation tardive de la preuve et de l\u2019amendement des chefs d\u2019accusation.Le juge Poulin a réfuté ces arguments.Le procès des accusés, parmi lesquels figurent l\u2019ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal Frank Zampino, l\u2019homme d\u2019affaires Paolo Catania et l\u2019ex-col- lecteur de fonds d\u2019Union Montréal Bernard Trépanier, reprendra en janvier 2017.Le Devoir Incendie majeur dans Outremont Pas moins de 120 pompiers ont été appelés à combattre un incendie qui a ravagé un bâtiment L\u2019idée de changer le nom du parc pour celui de Jacques- Parizeau a été suggérée par la Société d\u2019histoire d\u2019Outremont J E A N N E C O R R I V E A U M ontréal a une nouvelle vérificatrice générale.Il s\u2019agit de Michèle Galipeau, qui occupait ce poste à la Ville de Laval depuis quatre ans.Mme Galipeau remplacera Jacques Bergeron, qui a quitté ses fonctions le 2 juin dernier au terme d\u2019un mandat de sept ans à la Ville de Montréal.Détentrice d\u2019un baccalauréat en administration des affaires et du titre de CPA auditeur, Mme Galipeau a travaillé au sein d\u2019entreprises du secteur financier et occupe les fonctions de vérificatrice générale de la Ville de Laval depuis 2012.En 2013, Mme Galipeau avait publié un rappor t accablant qui avait révélé l\u2019ampleur du contrôle exercé par les firmes de génie à Laval, la ville de l\u2019ex-maire Gilles Vaillancourt, aujourd\u2019hui accusé de g a n g s t é - risme.Elle y décrivait comment la Ville avait perdu le c o n t r ô l e dans l\u2019attribution des contrats et le paiement « d\u2019extras » pour la réfection de chaussée, d\u2019égout et d\u2019aqueduc.La nomination de Mme Gali- peau a été recommandée par un comité de sélection composé d\u2019élus et de fonctionnaires au terme d\u2019un processus comportant une entrevue d\u2019évaluation, un examen des compétences de gestion de la Ville par une firme de psychologie organisationnelle, ainsi qu\u2019une enquête d\u2019accréditation sécuritaire.Mme Galipeau, qui touchera un salaire annuel de 210 000 $, entrera en poste le 15 août prochain pour un mandat de sept ans.Les conseils de Bergeron Elle remplacera Jacques Ber- geron, qui a connu quelques épisodes tumultueux pendant son mandat en raison des relations tendues avec l\u2019administration de l\u2019ex-maire Gérald Tremblay.Rappelons qu\u2019à la suite du dépôt de son rappor t sur la gestion déficiente du contrat des compteurs d\u2019eau, il avait fait l\u2019objet d\u2019une enquête par la V i l le et ses cour r ie ls avaient été épiés.M.Berge- ron avait aussi eu un litige avec l\u2019ex-directeur général Louis Roquet.Lors de la présentation de son dernier rapport annuel en maire dernier, Jacques Berge- ron avait formulé quelques conseils pour son successeur \u2014 même s\u2019il admettait que les relations avec l\u2019administration Coderre étaient plus sereines.« Bien du courage.Se tenir debout et avoir deux bons adjoints », avait-il dit en insistant sur la nécessaire indépendance du vérificateur général.Le Devoir MONTRÉAL Michèle Galipeau nommée vérificatrice générale résidentiel de deux étages dans l\u2019arrondissement Outremont, à Montréal, vendredi après-midi.Ils ont mis cinq heures pour venir à bout des flammes, qui ont envahi un bâtiment de la rue McEachran, non loin de l\u2019avenue Van Horne.Des familles ont été évacuées et deux pompiers ont été légèrement incommodés par la chaleur.Le Devoir Gilles Lamontagne exposé en chapelle ardente à Québec Québec \u2014 La dépouille de l\u2019ancien maire de Québec, Gilles La- montagne, a été exposée en chapelle ardente vendredi à la salle du conseil municipal de l\u2019hôtel de ville de Québec.Le public pourra se recueillir devant le cercueil ce samedi.Les funérailles officielles de M.Lamon- tagne auront lieu par la suite en la basilique-cathédrale Notre- Dame de Québec.La cérémonie sera présidée par le cardinal Gérald Cyprien Lacroix.La Presse canadienne Des fois, il y a des problèmes des deux côtés de la laisse Denis Coderre, maire de Montréal « » Mme Galipeau remplacera Jacques Bergeron, qui a quitté ses fonctions le 2 juin dernier L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J U I N 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Esteban Torres Wicttorf f, qui a prononcé un discours lors de la vigile de jeudi, a été accusé de tapage dans un endroit public et de voies de fait.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec M A R I E - M I C H È L E S I O U I E steban Torres Wicttorff, accusé de tapage dans un endroit public et de voies de fait à l\u2019endroit du premier ministre Philippe Couil- lard, a été remis en liber té après une brève comparution au palais de justice de Montréal, vendredi.Le jeune homme de 20 ans, qui s\u2019est présenté en cour avec des menottes aux poignets et aux chevilles, a annoncé son intention de plaider non coupable.En attendant son prochain passage devant la justice, le 15 septembre, il devra respecter un total de 19 conditions, la plupart liées à l\u2019interdiction de participer à des manifestations ou d\u2019entrer en contact avec le premier ministre ou d\u2019autres politiciens.Esteban Torres Wicttorff devra aussi consulter un médecin ou un psychiatre dans les cinq jours suivant sa libération et « poursuivre tout suivi recommandé quant à son état psychologique».«On veut s\u2019assurer que monsieur est bien en état de comprendre ses conditions et que son état ne le mettra pas lui-même ou quiconque en danger », a expliqué la procureure de la Couronne, Amélie Rivard.Le militant trans devra aussi s\u2019abstenir de participer ou de s\u2019associer à toute activité militante reliée au Pink Bloc, une action collective queer opposée à la catégorisation des genres.« On croit que son militantisme, pour l\u2019instant, doit être mis de côté», a déclaré Me Rivard.L\u2019avocate de M.Torres, Arij Riahi, n\u2019a pas fait de commentaires aux médias.Vigile perturbée Esteban Torres Wicttor f f aurait lancé un objet sur le premier ministre Philippe Couil- lard jeudi soir, lors de la veillée aux chandelles en hommage aux victimes de la fusillade d\u2019Orlando.De son côté, M.Couillard, indemne, a appelé à « tourner la page» tout en saluant le travail des forces de l\u2019ordre.Celles-ci l\u2019ont exfiltré jeudi soir du parc de l\u2019Espoir, quelques secondes après qu\u2019il eut été agressé par M.Torres.« J\u2019étais bien entouré.La chose a été prise en main, comme on l\u2019a vu, très vigoureusement, a-t- il déclaré au micro de Radio-Canada vendredi avant-midi.L\u2019important, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas eu de suite fâcheuse pour personne et qu\u2019on tourne la page et qu\u2019on va de l\u2019avant.» Pas invité à l\u2019événement Esteban Torres Wicttorff n\u2019était pas invité à l\u2019événement de solidarité.En s\u2019en prenant au chef du gouvernement, il a trahi la confiance des organisateurs de la vigile destinée à honorer la mémoire des 49 victimes de la tuerie d\u2019Orlando, a fait valoir le président de Fierté Montréal, Éric Pineault.Philippe Couillard a aussi déploré que cet « événement ait entaché la fin de la soirée ».« C\u2019est malheureux », a-t-il dit, tout en précisant ne pas vouloir restreindre ses activités publiques à la suite de l\u2019agression dont il a été victime.« C\u2019est très important de ne pas toujours être dans un bureau parce qu\u2019on ne gouverne pas dans un bureau.Il faut être sur le terrain et voir les gens », a-t-il soutenu, de retour dans sa circonscription de Roberval.M.Couillard a rappelé vendredi que la Sûreté du Québec, responsable de sa sécurité, effectue une «évaluation du risque» des événements auxquels il compte participer.«Parfois, j\u2019ai des recommandations d\u2019assister ou de ne pas assister à certains événements.[\u2026] On va continuer à nous gouverner exactement de la même façon», a-t-il affirmé, tout en insistant sur le caractère «imprévisible» de l\u2019agression commise par M.Torres.Impossible de savoir si M.Couillard a pris part à la commémoration en dépit d\u2019un avis contraire du corps de police: le cabinet du premier ministre s\u2019est refusé à tout commentaire vendredi sur l\u2019imposant dispositif de sécurité mis en place pour assurer la sécurité de la dizaine d\u2019élus municipaux, québécois et fédéraux présents à la vigie.«C\u2019est pris au sérieux.Il y aura un \u201cdébriefing\u201d», a- t-on toutefois dit à micro fermé.Le Devoir AGRESSION DE PHILIPPE COUILLARD Esteban Torres accusé et remis en liberté G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É L e Parti québécois a « fait une erreur » en abolissant en 2000 les Centres d\u2019orientation et de formation des immigrants (COFI), estime la candidate à la chefferie Martine Ouellet.Elle promet ainsi de remettre en place ce réseau qui assurait la francisation des nouveaux arrivants.Mme Ouellet a présenté vendredi ses engagements en matière d\u2019accueil des immigrants.Elle plaide à cet égard pour un « changement d\u2019attitude » du gouvernement, de manière à ce que «notre société puisse être en mesure d\u2019améliorer sa capacité d\u2019accueil ».Elle a refusé de quantifier ce qui serait cette capacité d\u2019accueil idéale.«Ce n\u2019est pas une question de chif fres, a fait valoir Mme Ouellet.C\u2019est une question de moyens financiers et de moyens d\u2019accès à l\u2019emploi.On pourra accueillir le nombre d\u2019immigrants qu\u2019on aura les moyens d\u2019accueillir pour qu\u2019ils apprennent le français et qu\u2019ils trouvent un emploi », a-t-elle indiqué lors d\u2019une conférence de presse tenue à Montréal.Contrairement à son collègue, Jean-François Lisée \u2014 qui plaide pour une baisse substantielle du nombre d\u2019immigrants admis au Québec et qui aimerait que le vérificateur général soit chargé de déterminer les seuils d\u2019immigration optimaux \u2014, Mme Ouellet pense plutôt que c\u2019est au politique de déterminer ces seuils.« Il restera toujours [là-dedans] une partie de choix politique, qui est le choix des moyens financiers qu\u2019on mettra à la disposition des différentes organisations, organismes d\u2019accueil, que ce soit les COFI, les organismes en région, les organismes de développement économique qui devront faire le démarchage pour l\u2019accès à l\u2019emploi.» Le plan de Mme Ouellet concernant les nouveaux arrivants se résume pour le moment à des intentions : meilleure reconnaissance des diplômes, prise en charge des nouveaux Québécois avant leur arrivée au Québec (par le biais des délégations du Québec à l\u2019étranger), instauration de programmes d\u2019accompagnement à l\u2019accès à l\u2019emploi\u2026 Des limites Mme Ouellet a dénoncé l\u2019abolition des COFI au nom de l\u2019atteinte du déficit zéro à l\u2019époque du gouvernement Bouchard.« Ils donnaient des cours qui ouvraient sur l\u2019ensemble de la société», a-t-elle dit.Au moment de leur disparition, les COFI ne rejoignaient toutefois qu\u2019environ un tiers des immigrants québécois.Dans une note rappelant l\u2019historique des COFI et préparée par la Commission de la culture et de l\u2019éducation en 2013, on rappelait que « la francisation concentrée dans les COFI avait des limites, car les personnes immigrantes s\u2019y retrouvaient entre elles.La formation en COFI favorisait peu les contacts avec les milieux francophones, notamment les milieux éducatifs ».Devant ce constat, le gouvernement avait voulu décentraliser les cours vers des partenaires (universités, cégeps, commissions scolaires ou organismes communautaires).Le Devoir IMMIGRATION Ouellet ferait renaître un outil de francisation aboli La candidate à la chefferie du PQ refuse de quantifier la capacité d\u2019accueil idéale du Québec A L E X A N D R E S H I E L D S Une nouvelle saga rappelant celle du port de TransCanada à Cacouna pourrait bien être lancée sur la côte ouest.Des groupes environnementaux ont annoncé vendredi qu\u2019ils entament une action en justice contre l\u2019Office national de l\u2019énergie pour tenter de bloquer le projet de pipeline Trans Mountain, afin de protéger une population d\u2019épaulards en voie de disparition.Les avocats de l\u2019organisation Ecojustice affirment que l\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE) a contrevenu à la loi en recommandant le mois dernier au gouvernement Trudeau d\u2019approuver le projet Trans Mountain, de Kinder Morgan.Ce pipeline doit transpor ter chaque jour 890 000 barils de pétrole des sables bitumineux vers la région de Vancouver, qui doivent ensuite être exportés par navires.«Le rapport de l\u2019ONE est illégal et irresponsable », résume l\u2019avocate d\u2019Ecojustice, Dyna Tuy- tel.Selon elle, l\u2019organisme n\u2019a étudié aucun moyen pour tenter de réduire les impacts du trafic de pétroliers imputable au projet.Il faut dire que plus de 400 de ces imposants navires viendront chaque année charger du brut dans la région de Vancouver.En calculant les allers et les retours, ces pétroliers circuleront 800 fois par année en plein cœur de l\u2019habitat critique de la population d\u2019épaulard du Sud.Cette espèce est considérée comme «en voie de disparition», selon la Loi sur les espèces en péril.Cela signifie qu\u2019il existe une obligation légale de protéger l\u2019habitat critique de l\u2019espèce ou, dans le cas d\u2019un projet industriel, de mettre en place des moyens de mitigation.L\u2019ONE n\u2019a rien fait de cela, selon Ecojustice, qui représente les groupes Living Oceans Society et Raincoast Conservation Foundation.Or, la situation de ces mammifères marins est particulièrement critique, puisque moins d\u2019une centaine de ces épaulards du Sud nagent dans les eaux du Pacifique.Risques connus Dans le rapport favorable au projet d\u2019exportation pétrolière, l\u2019ONE a pourtant clairement reconnu les impacts nuisibles du projet d\u2019expansion pipelinière conçu pour faciliter la croissance de l\u2019industrie des énergies fossiles.« L\u2019Of fice conclut que l\u2019exploitation des navires liés au projet serait susceptible d\u2019avoir des conséquences défavorables importantes sur les épaulards résidants du Sud», soulignent les commissaires dans leur rapport publié en mai.« Bien que les ef fets des navires liés au projet sur les épaulards résidants du Sud ne représentent qu\u2019une petite partie de l\u2019ensemble des ef fets cumulatifs, l\u2019Office reconnaît que l\u2019augmentation au chapitre du transport maritime lié au projet contribuerait aux effets cumulatifs qui menacent déjà le rétablissement des populations d\u2019épaulards résidents du sud», ajoutent-ils.Le hic, c\u2019est que selon les règles de l\u2019ONE dans le cadre de l\u2019étude du pipeline Trans Mountain, l\u2019organisme fédéral n\u2019a pas eu à tenir compte du trafic maritime, considéré comme «connexe» au projet.Et l\u2019épaulard n\u2019est pas la seule espèce menacée qui pourrait subir les impacts de la hausse du trafic pétrolier imputable au pipeline Trans Mountain.En fait, six ont été répertoriées dans la zone d\u2019étude maritime du projet.Le projet de Kinder Morgan est très contesté sur la côte ouest.Si l\u2019ONE recommande à Ottawa de donner le feu vert, la Ville de Vancouver et le gouvernement de Colombie-Britannique se sont prononcés contre le pipeline.Avec l\u2019abandon du projet de port de TransCa- nada à Cacouna, ce genre de situation ne semble pas, pour le moment, se produire au Québec.Mais TransCanada pourrait également être confrontée à une espèce de cétacé menacée.Les imposants volumes de pétrole qui seront exportés par des pétroliers qui circuleront dans la baie de Fundy traverseront l\u2019habitat critique de la baleine noire, elle aussi en voie de disparition.Le Devoir PROJET TRANS MOUNTAIN Nouvelle poursuite pour bloquer un projet de pipeline Un cas rappelant celui de Cacouna secoue l\u2019ouest du pays Fusion à venir entre les Affaires municipales et la Sécurité publique Québec \u2014 Le mariage entre les Affaires municipales et la Sécurité publique sera bientôt consommé, selon ce qu\u2019a appris La Presse canadienne.L\u2019idée à la base du projet: procéder à une vaste réorganisation visant à mieux servir les citoyens sur tout le territoire québécois.Le ministre Martin Coiteux, qui chapeaute les deux ministères, se dit prêt à vaincre, au besoin, toutes les résistances.Il planche présentement sur une proposition concrète de fusion à présenter au Conseil des ministres incessamment.Le ministre Coiteux a déjà élaboré un «modèle» de fusion, qui devra d\u2019abord passer le test du Conseil des ministres, puis des partenaires directement concernés, tant des milieux policiers que municipaux.La Presse canadienne Officiellement candidat, Lisée se compare à Sanders Montréal \u2014 Jean-François Lisée a officiellement déposé vendredi son bulletin de candidature dans le cadre de la course à la direction du Parti québécois (PQ).M.Lisée s\u2019est rendu à la permanence du PQ, à Montréal, avec en mains 2200 signatures d\u2019appui, soit 700 de plus que le nombre exigé.Elles sont réparties dans 77 circonscriptions de 15 régions du Québec.Il a aussi remis le premier dépôt de garantie de 10 000$, réclamé par le parti avant le 30 juin, et un deuxième montant identique qui n\u2019était pourtant demandé qu\u2019à la fin du mois d\u2019août.Alors qu\u2019il fait face à des adversaires plus jeunes qui semblent incarner le renouveau, Jean-François Lisée n\u2019hésite pas à se comparer au candidat à l\u2019investiture démocrate américaine Bernie Sanders, «parce qu\u2019il dit les choses vraies, parce qu\u2019il se mouille, et parce qu\u2019il sort du moule en raison de ses idées audacieuses et jeunes».La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR Martine Ouellet a fait son annonce à Montréal. P R O P O S R E C U E I L L I S P A R S T É P H A N E B A I L L A R G E O N Peut-on découper l\u2019histoire en générations?Chaque moment de l\u2019histoire cristallise des idéaux, des opinions, des valeurs.Les gens se trouvent une identité à travers les mêmes références, des événements politiques marquants par exemple, ou des défis propres à la cohor te qu\u2019ils constituent collectivement, même si à l\u2019intérieur de cette génération existent toutes sortes de compositions et de recompositions.[\u2026] Quand on parle d\u2019une génération, on fait référence à une hétérogénéité.Il n\u2019en reste pas moins qu\u2019on peut ef fectivement relire l\u2019histoire à travers des vagues successives de populations qui finissent par tourner autour des mêmes questions, même si elles n\u2019apportent pas les mêmes réponses.Alors, parlons du problème national québécois et de la solution péquiste.La souveraineté du Québec est-elle l\u2019utopie d\u2019une génération qui risque de disparaître avec elle?Selon les sondages, on comprend que le PQ attire davantage de gens de 45-55 ans, la CAQ, de 35-45 ans et QS, de 18-25 ans.Selon l\u2019âge, on est donc porté à appuyer davantage que d\u2019autres groupes des partis spécifiques.En raffinant l\u2019examen des sondages, on voit bien que les jeunes de 18-25 ans se répartissent équitablement dans les quatre formations, si on ajoute le PLQ.Les jeunes appuient donc davantage QS que les groupes plus âgés, mais 75% des 18-25 ans ne votent pas pour ce parti.On constate aussi que l\u2019appui pour le PQ semble massivement concentré dans un groupe d\u2019âge.Mais c\u2019est assez limité comme analyse.Ce n\u2019est pas seulement que le projet souve- rainiste est orphelin d\u2019un parti.C\u2019est aussi que le Parti québécois est orphelin d\u2019un projet.Ce qui est le plus marquant, ce n\u2019est pas tant que l\u2019appui à la souveraineté diminue chez les jeunes actuels par rapport à l\u2019appui au même âge de la génération précédente.Ce qui surprend surtout, c\u2019est la baisse de l\u2019appui à la souveraineté dans toutes les cohortes.Comment s\u2019explique cet essoufflement transgé- nérationnel?Selon moi, quatre facteurs font qu\u2019une personne décide un jour que le Québec devrait jouir d\u2019une autonomie politique plus grande.Deux de ces facteurs favorisent la souveraineté, soit la référence nationale et la croyance en la viabilité de l\u2019État souverain.Deux autres facteurs la bloquent maintenant, soit l\u2019absence de crise politique et l\u2019absence de projet de société.Parlons des facteurs favorables.Il faut se définir comme Québécois pour vouloir l\u2019être et croire qu\u2019on peut le devenir?Il faut d\u2019abord une référence nationale pour permettre de s\u2019identifier davantage à ce groupe en situation protopolitique.Il faut par exemple que les gens qui habitent le Québec disent et pensent que celui-ci leur fournit une identité.Sur le temps long, c\u2019est la tendance lourde qui semblerait encourager la souveraineté.Ensuite, il faut croire à la viabilité de la collectivité indépendante.[\u2026] Les Québécois sont assez à l\u2019aise avec cette idée que le Québec serait viable économiquement.Ce qui pourrait donc relever le niveau d\u2019appui à la souveraineté.Le problème, c\u2019est que les deux autres facteurs, la crise et le projet à considérer, viennent couler la barque.L\u2019absence de crise plombe donc le projet.Mais pourquoi dites-vous que ce projet en lui-même ne décolle plus?Il faut que les gens s\u2019identifient à la nation, jugent viable un État-nation, mais il faut une crise pour provoquer la séparation et un projet de pays.Ce projet manque pour deux raisons, je pense.La première est culturo-ci- toyenne.L\u2019État québécois a protégé l\u2019identité québécoise francophone.C\u2019est l\u2019État de la loi 101, par exemple.grands syndicats et même les organisations internationales.Geneviève Laroche, 31 ans, une autre lauréate de Forces Avenir, a créé un organisme avec son mari d\u2019origine burun- daise, Kira Burundi.Chaque année, ils amassent des milliers de dollars au Québec pour financer des lave-autos qui permettent de sortir les enfants burundais de la rue.« Mon mari, Diomède, a été lui-même enfant de la rue.C\u2019est grâce à quelqu\u2019un qui ne faisait pas partie de sa parenté, qui lui a trouvé un travail, qu\u2019il a pu s\u2019en sortir.» Dès le départ, il était hors de question pour elle de s\u2019associer à une grande organisation internationale ou à une ONG déjà existante.« Je voulais œuvrer dans une organisation à petite échelle qui ne s\u2019enfarge pas trop dans les structures et qui donne assez de flexibilité aux gens sur le terrain pour faire des projets qui leur ressemblent.» Cette mouvance, François Grégoire l\u2019attribue aussi à l\u2019école, qui encourage de plus en plus les jeunes à s\u2019engager socialement dans leurs temps libres et multiplie les programmes internationaux et les projets à l\u2019étranger.À Québec, les étudiants en architecture qui ont démarré le SPOT ont d\u2019ailleurs été encouragés à le faire grâce à un comité « innovation» créé à l\u2019université.Quand on lui demande pourquoi elle préfère s\u2019engager à l\u2019international plutôt qu\u2019au Québec, Geneviève Laroche rétorque que ç\u2019a toujours été ainsi.« Ç\u2019a l\u2019air vraiment ridicule comme ça, mais depuis que je suis toute petite je veux sauver les enfants d\u2019Afrique ! » Elle s\u2019intéresse aussi aux causes environnementales, à la situation des personnes âgées, mais n\u2019est pas intéressée par les partis politiques.Les jeunes dans les CA La tendance n\u2019est pas nouvelle, mais elle se confirme.En 2004, trois jeunes députés du Parti québécois (les «Mousquetaires ») tiraient les mêmes conclusions au terme d\u2019une tournée du Québec.«Le militantisme au sein de notre parti n\u2019[en] est pas la suite logique», disaient-ils.«Il y a quelque chose qui repousse les jeunes à adhérer et à participer aux instances des grands partis et des grandes structures », notamment cette impression que leurs idées ne sont pas prises en compte, notaient Alexandre Bourdeau, Stéphan Tremblay et Jonathan Valois.C\u2019est vrai, concède Kevin, du SPOT.« Je me rappelle avoir entendu Alexandre Cloutier parler d\u2019une tournée qu\u2019il avait faite des écoles secondaires.Il voulait comprendre pourquoi les jeunes ne voulaient plus s\u2019engager en politique.Il disait que les jeunes ne voulaient pas s\u2019engager dans des structures, qu\u2019ils fonctionnaient par projets.[\u2026] Je ne veux pas nécessairement m\u2019engager dans des structures lourdes et administratives, je veux m\u2019impliquer intensément, maintenant, et voir les résultats de ce que je fais.[\u2026] On veut que ça procède rapidement.» Que ce soit rapide et «concret ».«Notre génération est toujours dans le virtuel, on est déconnectés.On l\u2019est tellement qu\u2019on a besoin de compenser à côté par des expériences concrètes.» Ils estiment que les générations plus vieilles pourraient quand même leur donner plus de place et saluent le projet de loi libéral pour imposer des jeunes dans les conseils d\u2019administration.Votent-ils ?Bien sûr, mais Jasmine explique qu\u2019elle veut plus.« Le type d\u2019engagement qu\u2019on a, c\u2019est un peu une façon de voter.Pas une façon de voter aux urnes, mais de faire valoir notre opinion.Aux urnes, tu ne votes pas pour un sujet précis, tu votes pour quelque chose de global, tandis que là, c\u2019est une occasion de voter sur un sujet précis qui nous tient particulièrement à cœur.» Le Devoir A 5 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J U I N 2 0 1 6 JEUNESSE D \u2019AUJOURD\u2019HUI A 4 Qui êtes-vous ?De Gatineau à Victoriaville, nous avons brièvement sondé de jeunes Québécois de tous les horizons.Qu\u2019est-ce qui fait d\u2019eux des Québécois?(1) À quel territoire s\u2019identifient-ils?(2) Pour quelle cause se mobiliseraient-ils?(3) Camille Trudel, 25 ans, Montréal (de Boucherville) 1.Je m\u2019identifie aux valeurs d\u2019ouverture d\u2019esprit et d\u2019égalité des sexes.Le mouvement social populaire de 2012 m\u2019a rappelé qu\u2019il y a encore une force revendicatrice en nous.J\u2019en suis fière.2.La planète.Il est essentiel de reconnaître que nous sommes tous dans le même bateau.3.Le féminisme, le virage écologique, la gratuité scolaire et la lutte plus générale contre l\u2019austérité me tiennent à cœur.Jérémie Levasseur, 23 ans, Victoriaville 1.Je suis un Québécois parce que je ne sais pas vraiment qui je suis, qui nous sommes.Mais je sais que je suis fier d\u2019en être un.2.Mon territoire, c\u2019est le Québec ! J\u2019ai plein d\u2019amis, plein de voisins, mais j\u2019habite au Québec.3.Je me battrais tous les jours pour un Québec où l\u2019éducation serait la priorité, où l\u2019on utiliserait l\u2019éducation comme tremplin.Emmanuelle Dorion, 27 ans, Québec 1.La langue française, l\u2019héritage culturel ca- nadien-français, notre histoire et nos racines qui sont distinctes et plus anciennes.2.Ville de Québec, province de Québec, Canada, monde.3.Je me mobiliserais pour toute atteinte non équivoque aux libertés fondamentales et pour la protection de l\u2019environnement.Ensuite, pour les injustices qui pourraient me toucher personnellement.Enfin, il m\u2019arrive de participer à des rassemblements tels que la vigile qui a eu lieu ce jeudi en mémoire des victimes du bar Pulse.Nathaniel Oliveri-Pilotte, 22 ans, Montréal 1.Ce qui fait de moi un Québécois est, avant le territoire qui m\u2019a vu grandir, ma socialisation culturelle et politique ! Mes habitudes alimentaires et sociales ; mes connaissances linguistiques, historiques et politiques ; ainsi que mes relations familiales et amicales sont des aspects qui me forment en tant que Québécois.2.Le monde est mon terrain de jeu.Je suis un Québécois, mais d\u2019abord un Terrien ! 3.Plusieurs causes me font sortir dans les rues tant qu\u2019elles sont libertaires, égalitaires, justes et collectives.Le poing levé, je marche contre le capitalisme, le patriarcat, le racisme, les religions, le colonialisme, l\u2019impérialisme et les discriminations sexuelles! Morgane Lopez, 26 ans, Montréal (de Lyon) 1.Je vis depuis trois ans à Montréal et me sens très attachée à ma ville d\u2019adoption.Je l\u2019aime pour sa pluralité ethnique et son ouverture d\u2019esprit, ses belles start-up et son identité à mi- chemin entre l\u2019Europe et l\u2019Amérique du Nord.2.Montréal-Québec.3.Je suis très sensibilisée aux causes environnementales et aux injustices sociales (inégalités hommes-femmes) qui justifieraient une mobilisation de ma part.Théo Chenette Choquette, 25 ans, Saint-Hyacinthe 1.Les Québécois sont de bons vivants qui aiment rire.Je m\u2019identifie au sens de l\u2019humour mordant du Québec\u2026 et à la poutine.2.La Montérégie est mon territoire.3.Je conjugue peut-être un peu trop le je-m\u2019en- foutisme, mais je ne suis pas vraiment la politique et l\u2019actualité.Sauf que j\u2019ai voyagé un peu, et le monde est beau.J\u2019ai envie de laisser une planète en santé à mes enfants un jour.Je sortirais dans la rue pour lutter contre les coupes à blanc, le déversement d\u2019eaux usées dans le fleuve et d\u2019autres causes environnementales.Maxence Garneau, 20 ans, Montréal (de Roberval) 1.La langue française, la culture québécoise, notre histoire, c\u2019est ce qui fait que je me considère comme Québécois et non Canadien.Mon sentiment d\u2019appartenance au Québec est grand.2.Mon territoire, c\u2019est le Québec.Tant que j\u2019y suis, je me sens chez moi.J\u2019ai grandi au Lac- Saint-Jean.Mes racines sont là-bas, mais ma tête n\u2019y est plus.Mon cœur non plus, j\u2019imagine.Je suis parti à l\u2019âge de 17 ans pour venir m\u2019installer à Montréal et voler de mes propres ailes.Je me sens chez moi partout à Montréal où l\u2019on parle français.3.C\u2019est certainement les droits des homosexuels/homophobie.C\u2019est une cause qui me touche directement.Alors, c\u2019est certain que c\u2019est important pour moi que les choses changent.J\u2019ai grandi en me sentant différent, en vivant beaucoup de préjugés, d\u2019intimidation et en ayant peur de qui j\u2019étais.C\u2019est certain que je souhaite que les choses changent et que les jeunes dans les écoles ne passent pas par ce même chemin.Je veux que l\u2019intimidation cesse.Plus que tout, je souhaite que tous les jeunes soient acceptés comme ils sont et qu\u2019ils en soient fiers.Personne ne mérite de souffrir parce qu\u2019il est qui il est réellement.Emma Suzanne, 17 ans, Montréal (de Paris) 1.La culture québécoise et la langue française.2.Montréal, c\u2019est mon QG! Je sens que c\u2019est ma ville surtout au petit matin quand je la sillonne à vélo.3.Pour le féminisme, la protection de l\u2019environnement et contre la brutalité policière.Propos recueillis par Lisa-Marie Gervais PHOTOS FRANCIS VACHON LE DEVOIR Kevin Mark et Jasmine Maheu Moisan, coordonnateurs du SPOT à Québec, une place publique hyperdesign qui vit de façon temporaire pendant l\u2019été et dont le lancement avait lieu vendredi soir.I S A B E L L E P O R T E R à Québec De plus en plus de jeunes Québécois tracent de nouvelles formes d\u2019engagement social.Oubliez les partis politiques.Pour eux, la politique est ailleurs : dans des projets souvent locaux qu\u2019ils pilotent eux-mêmes et dont ils peuvent voir les retombées rapidement.Jasmine et Kevin sont les coordonnateurs du SPOT à Québec, une place publique hy- perdesign qui vit de façon temporaire pendant l\u2019été.Cette année, elle a poussé à l\u2019entrée du quartier Saint-Sauveur, sur les lieux d\u2019un stationnement.« C\u2019est la porte d\u2019entrée du quartier mais, en temps normal, on y passe comme si de rien n\u2019était.Le lieu peut avoir une fonction qui a beaucoup plus d\u2019ef ferves- cence qu\u2019un stationnement.L\u2019idée, c\u2019est de révéler son potentiel », explique Jasmine Maheu Moisan, 24 ans.«On veut montrer qu\u2019on peut faire mieux, que c\u2019est pas nécessairement cher et que ça vaut la peine », renchérit Kevin Mark, 26 ans.La rencontre avait lieu cette semaine en plein cœur du chantier, à 48 heures de l\u2019ouverture.Derrière nous, une vingtaine d\u2019étudiants en architecture et en design urbain s\u2019af fairaient à construire la bête.Certains peinturaient, d\u2019autres aménageaient le carré de sable pour les enfants.Deux ou trois gars avaient les yeux rivés sur des ordinateurs.SPOT est l\u2019acronyme de « sympathique place ouverte à tous ».On y vient pour jaser, manger, prendre un verre ou participer à des activités (cinéma, concerts, etc.).La Ville soutient le projet à 100 %.Elle a même accepté de libérer des stationnements de rue autour du site pour que les étudiants y installent des supports à vélos nouveau genre.«Dans le fond, on prêche par l\u2019exemple», résume Kevin.Pour lui, le SPOT est une façon de contrer l\u2019étalement urbain, de réclamer plus d\u2019espaces publics, de proposer une façon de vivre plus communautaire.Créer du changement Cette espèce d\u2019idéalisme pragmatique, François Grégoire l\u2019a observée souvent depuis la création de Forces Avenir.Depuis 17 ans, cet organisme décerne des bourses pour valoriser l\u2019implication parascolaire des étudiants.Les valeurs d\u2019entrepreneuriat sont de plus en plus présentes, dit-il.« Ils finissent par se rendre compte qu\u2019ils ont peut-être plus de pouvoir comme ça sur ce qu\u2019ils veulent voir arriver dans le monde, plutôt que de s\u2019intégrer dans une grande machine qui existe déjà et qui ne bougera pas aussi vite qu\u2019ils le voudraient.» Julien Lamarche, 26 ans, était l\u2019un des lauréats de Forces Avenir l\u2019an dernier.Avec des amis, cet étudiant en génie mécanique a créé à Sherbrooke La Fabrique, un atelier collectif où les gens ont accès à des outils et peuvent suivre des formations.Pour lui, il n\u2019y a pas de doute, « la politique aujourd\u2019hui se fait à l\u2019extérieur des partis politiques ».Son projet, dit-il, s\u2019inscrit dans un «mouvement mondial ».«La première mission de La Fabrique, c\u2019est de faire de chacun un créateur et de faire des projets durables.» Cer tes, il s\u2019intéresse à d\u2019autres causes, comme l\u2019environnement.Il a aussi manifesté pendant le printemps érable en 2012, mais a trouvé sa portée limitée.« C\u2019est peut-être à cause de mon esprit ingénieur, mais j\u2019ai un côté aussi très pragmatique.Oui, j\u2019étais derrière le mouvement, je trouvais ça intéressant de défendre des causes, mais ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est le \u201ccomment\u201d.Comment créer du changement [\u2026], comment changer le modèle économique surtout?» Depuis 2013, le modèle de La Fabrique a fait des petits, comme La Patente à Québec, un atelier du même genre créé l\u2019an dernier dans le quartier Limoilou.Julien est également un ardent défenseur du modèle coopératif.Il a même terminé une maîtrise en gestion des coops pour l\u2019aider à démarrer La Fabrique.«Ce que je trouve intéressant dans le modèle coopératif, c\u2019est de créer quelque chose qui va durer.» Il n\u2019est pas le seul à s\u2019y intéresser.Il suffit de voir la liste des microbrasseries en modèle coopératif qui ont poussé au Québec ces dernières années pour le constater.Vincent Deslauriers a travaillé pendant dix ans dans des projets visant à stimuler la par ticipation politique chez les jeunes, d\u2019abord par un projet du Directeur général des élections (DGEQ), puis au sein des forums jeunesse.Les coopératives, dit-il, touchent beaucoup les jeunes.« J\u2019ai trouvé ça su- per-porteur.Les jeunes utilisaient l\u2019économie sociale pour faire des changements selon leurs valeurs.» Réfractaire aux institutions Les coopératives font figure de compromis pour cette génération très réfractaire aux institutions.Des institutions comme les partis politiques, mais aussi les gouvernements, les Changer le monde, un SPOT à la fois Pour bien des jeunes québécois, la politique se fait sur le terrain, loin des partis SPOT est l\u2019acronyme de « sympathique place ouverte à tous».Chercheur transdisciplinaire, Jean-Philippe Warren étudie les mutations sociopolitiques et idéologiques du Québec à travers les transformations des sciences sociales, des congrégations religieuses, des mouvements sociaux, de l\u2019art et de la littérature.Professeur à l\u2019Université Concordia, il a publié récemment un livre sur les utopies véhiculées par la jeunesse québécoise à la fin des années 1960 (Une douce anarchie).Il travaille présentement à une histoire de l\u2019amour au Québec.Aspirations locales, flamme internationale Le lieu qu\u2019investissent les jeunes est de moins en moins national, selon Jean-Philippe Warren Notre génération est toujours dans le virtuel, on est déconnectés.On l\u2019est tellement qu\u2019on a besoin de compenser à côté par des expériences concrètes.Kevin Mark, l\u2019un des coordonnateurs du SPOT à Québec « » VOIR PAGE A 6 : ASPIRATIONS Qui êtes-vous?De Gatineau à Victoriaville, nous avons brièvement sondé de jeunes Québécois de tous les horizons.Qu\u2019est-ce qui fait d\u2019eux des Québécois?(1) À quel territoire s\u2019identifient-ils?(2) Pour quelle cause se mobiliseraient-ils?(3) M A R I E - M I C H È L E S I O U I E n 2004, les jeunes députés péquistes Alexandre Bour- deau, Stéphan Tremblay et Jonathan Valois sautaient dans une Jetta pour arpenter le Québec et questionner les jeunes de 25 villes sur leurs intérêts politiques.Le constat de ceux qu\u2019on a baptisés « les trois mousquetaires » : à moins de mettre en branle d\u2019importants changements, la souveraineté deviendra « une vieille idée, et le mouvement souverainiste, un vieux mouvement».Douze ans plus tard, la cour - se à la chefferie du Parti québécois s\u2019articule autour de questions concernant les moyens d\u2019accéder à l\u2019indépendance.Or, chez les jeunes électeurs comme chez les plus vieux, les questions de mécanique référendaire sont loin de déchaîner les passions : environ la moitié des répondants à un sondage Léger mené pour le compte du Devoir et du Journal de Montréal ont indiqué que les diverses modalités d\u2019accession à la souveraineté «ne changeraient rien» à leurs intentions de vote.* « Soit les gens votent PQ peu impor te [les modalités], soit ils ne votent pas PQ, et alors ça ne les concerne pas », analyse Christian Bourque, vice-président chez Léger Marketing.Les observations du trio de mousquetaires auraient-elles sur vécu à la vieille Volkswagen ?Alexandre Bourdeau, devenu un « vieux » retraité de la politique, à 38 ans, se résigne : le constat de son groupe n\u2019a pas pris une ride.« On est encore sur la mécanique, on n\u2019est pas sur le fond.C\u2019est clair que les jeunes sont moins interpellés par ça», affirme-t-il.Pourtant, les jeunes souve- rainistes \u2014 péquistes ou pas \u2014 existent bel et bien.Ils rêvent de voir le Québec devenir un pays, et ce, même s\u2019ils ne se passionnent pas pour la mécanique référendaire.Il y a quelques jours, Fanny Geoffrion a modifié sa photo de profil Facebook.Elle y pose fièrement, af fiche « J\u2019appuie Cloutier » à bout de bras, sourire fendu jusqu\u2019aux oreilles.«C\u2019est comme un geste qui me permet de dire que je m\u2019assume.C\u2019est pourquoi je dis que je sors du g a r d e - r o b e ! lance-t-elle en entrevue.C\u2019é tait impor tant [de modifier ma photo] parce que je n\u2019ai jamais rien affiché sur Facebook à propos de mes convictions politiques.Moi, ma priorité, c\u2019est de convaincre les gens de débarquer les libéraux.» L\u2019enthousiasme de Fanny pourrait bien se refléter dans le vote, à en croire cette tendance voulant que le vote jeune soit un vote déterminant.« Quand il y a un enjeu important, la possibilité d\u2019avoir un impact politique, là, les jeunes participent autant que les générations précédentes », remarque Christian Bourque.À preuve, la ruée vers les urnes à l\u2019élection fédérale de 2015.Le taux de participation des électeurs de 18 à 24 ans s\u2019est accru de 18,3 points de pourcentage par rappor t à 2011, en faisant l\u2019augmentation la plus impor tante pour ce groupe d\u2019âge depuis qu\u2019Élections Canada a commencé à publier les données démographiques sur la par ticipation électorale, en 2004.« Les jeu - nes ont participé massivement dans le but de remplacer les conservateurs de Stephen Harper par les libéraux de Justin Trudeau », analyse Christian Bourque, en rappelant que la grève étudiante de 2012 a causé un engouement semblable au provincial.Engagement convaincu, vote sceptique Reste que la par ticipation électorale n\u2019est pas nécessairement vue comme le moyen ultime de s\u2019impliquer comme citoyen.Evan Demers, un journaliste de 31 ans qui se décrit comme un souverainiste de droite, dit « voter sans enthousiasme» malgré son fort intérêt pour les questions politiques.«Au provincial, j\u2019ai pas mal toujours voté pour le PQ, même si c\u2019est un vote à nez bouché», af- firme-t-il.« Les gens de droite sont tous partis, donc ce n\u2019est pas très enthousiasmant d\u2019un point de vue idéologique, à part pour la question de l\u2019indépendance», ajoute celui qui déplore le manque d\u2019ouverture envers les idées de droite au sein des partis indépendantistes.David Gascon, un enseignant au secondaire de 24 ans, a cessé de s\u2019impliquer auprès de Québec solidaire pour se tourner vers la société civile, où il évolue dans des véhicules souverainistes qui ne sont pas «de grosses machines », contrairement aux partis.«La société civile, c\u2019est très réactif.C\u2019est cette diversité d\u2019action qui m\u2019attirait, cette franche camaraderie», explique-t-il.Pour David, le coming out souverainiste a été déclenché par un cours d\u2019histoire où il était question des Patriotes.Evan, lui, a grandi dans une famille souverainiste.Le plus important changement politique qu\u2019il a vécu a été un virage de la gauche vers la droite.«Pendant la grève de 2005, j\u2019ai été un peu dégoûté par le group think, le refus de la dissidence dans les assemblées générales, rapporte-t-il.Ç\u2019a amorcé une remise en question.» La souveraineté cool Contrairement à Evan et à Fanny, David n\u2019a pas grandi dans une famille souverainiste.Mais il évoluait dans un cercle où l\u2019intérêt politique était valorisé.« J\u2019étais dans des milieux où on ne l\u2019a pas ringardisé.Mes amis [\u2026] étaient un peu dans ce processus-là aussi », se rappelle-t-il.Ce « facteur cool» de la politique, l\u2019enseignant le constate dans ses classes.«Je pense que c\u2019est facile pour un jeune qui se fait ridiculiser de ne plus s\u2019intéresser à la politique.Je le vois au secondaire, des jeunes qui disent à leurs amis : ben non, ne t\u2019implique pas\u2026», rapporte-t-il.Rejoindre les jeunes, surtout quand le party de fin de session semble bien plus attirant qu\u2019un congrès politique, c\u2019est « la question à 100 $ », reconnaît Guillaume Rousseau, membre de l\u2019exécutif jeunesse du PQ.Selon lui, la séduction du jeune électorat passe simplement par le contact humain et la présentation d\u2019exemples concrets.«On peut faire valoir qu\u2019on n\u2019a pas notre mot à dire sur [l\u2019oléoduc] Énergie Est, mais que si on était un pays, on pourrait choisir », suggère-t-il.Quand même, le PQ \u2014 pour parler de celui-là \u2014 peine à se défaire de son étiquette ringarde, estime Alexandre Bour- deau.« Pour tant, ils ont des idées novatrices.Des fois, ce n\u2019est pas le contenu, c\u2019est le contenant.» Un bon contenant Il arrive d\u2019ailleurs que ce contenant prenne la forme d\u2019un nouveau par ti, comme Québec solidaire ou Option nationale.« Québec solidaire est un choix naturel pour les 25- 34 ans », constate d\u2019ailleurs Christian Bourque.Non seulement les jeunes ont-ils tendance à être plus à gauche, ob- serve-t-il, ils sont également frileux à l\u2019idée de placer une élite au pouvoir.Aussi, « Québec solidaire représente quelque chose de nouveau, de plus revendicateur, croit Alexandre Bourdeau.Le parti fait de la politique de terrain, moins de congrès.» En revanche, le PQ ne peut pas se permettre d\u2019être aussi revendicateur parce qu\u2019il connaît les rouages du pouvoir, croit l\u2019ex-député.Mais cela ne doit pas être une excuse qui justifie l\u2019immobilisme, ajoute-t-il.« J\u2019espère que la nouvelle génération va dire : bon, on a fait ça et ça, c\u2019était le contexte historique de l\u2019époque.Aujourd\u2019hui, on s\u2019en va ailleurs», dit-il.Alexandre Bourdeau souhaite voir Alexandre Cloutier, un héritier des mousquetaires, prendre la tête du par ti.Sur cette question, le « vieux routier » demeure bien jeune.Quand Léger leur a demandé quelle personnalité politique ferait le meilleur chef pour le PQ, les 18-24 ans ont choisi Alexandre Cloutier dans une proportion de 15 %, tandis que les 25-34 ans l\u2019ont désigné à 28 %.«Mais la moitié des jeunes et des moins jeunes n\u2019ont pas encore pris position, nuance-t-il.La course est ou- ver te, même chez les jeunes », dit-il ensuite, comme pour rappeler que le vote jeune peut encore tout changer.Le Devoir * Le sondage a été mené en ligne du 6 au 8 juin auprès de 990 électeurs québécois.Un échantillon probabiliste de la taille de ce sondage (990 personnes) aurait une marge d\u2019erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J U I N 2 0 1 6 JEUNESSE D \u2019AUJOURD\u2019HUI A 6 I ls appartiennent à une génération qui n\u2019a jamais eu à se positionner sur la question nationale dans le cadre d\u2019un référendum, et pourtant.Ils ont été accrochés par un cours d\u2019histoire au secondaire, une soirée familiale ou une « écœuran- tite » du Parti libéral.Regard sur des jeunes souverainistes qui sont sortis du placard.Sortir du placard pour s\u2019affirmer souverainiste JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les jeunes Virginie Provost et Thierry Bilodeau, lors du lancement de la campagne d\u2019Alexandre Cloutier à la chefferie du PQ, dimanche dernier à Montréal.1968 1985 1988 1996 2001 2005 2007 2015 2016 Âge 30 40 50 60 70 Candidat élu Candidat Âge moyen Mais depuis quelque temps s\u2019impose une nouvelle façon d\u2019entrevoir la relation de l\u2019État à la population.Ceux et celles qui voudraient faire de l\u2019État l\u2019instrument de promotion d\u2019une collectivité, serait-elle majoritaire, se retrouvent dans une position précaire.Ensuite, l\u2019État québécois, c\u2019est aussi un projet social-démocrate qui canalisait les rêves d\u2019un monde passablement égalitaire et émancipé.Cette vague est en train de refluer et on se retrouve avec un État stationnaire.Il n\u2019y a plus de progression.La dernière grande réforme étatique remonte aux années 1990, à la création des CPE et de l\u2019assurance médicaments.Maintenant, on gère les dysfonctionnements.Le projet national ne peut donc plus se servir de l\u2019État pour y projeter les rêves de la collectivité.Mais comment cette situation affecte-t-elle les jeunes en particulier ?Ce qui frappe le mouvement souverainiste frappe tout le monde.Sauf que les jeunes n\u2019ont pas été socialisés dans un monde qu\u2019ils devraient abandonner, mais dans le monde qu\u2019ils habitent maintenant.Alors, à quoi les jeunes Québécois rê- vent-ils?Leurs rêves ne me semblent pas canalisés par l\u2019af firmation nationale.Leurs aspirations sont davantage localisées, dans leurs patelins, dans leurs quartiers, dans la ville.L\u2019humoriste Adib Alkhalidey a déjà dit que le Québec, pour lui, c\u2019est la ligne de métro orange.C\u2019est extrêmement localisé.À l\u2019autre bout, il y a la planète entière.Il y a un écartèlement des références communautaires.Je ne vois pas chez les jeunes un abandon de la flamme réformiste, de la volonté de faire une différence dans la marche du monde.Mais le lieu qu\u2019investissent les jeunes est de moins en moins national.Pour une raison simple : ce n\u2019est pas qu\u2019ils n\u2019y croient plus dans l\u2019abstrait, c\u2019est qu\u2019il ne s\u2019y passe plus rien.Il y a donc une responsabilité du ou des partis?N\u2019est-ce pas aussi parce que militer dans un parti politique, c\u2019est très XXe siècle?On dérive vers la question de la participation citoyenne, qui pour moi est indépendante de la question sou- verainiste.Il y a eu des hauts et des bas dans la participation citoyenne depuis plus de 100 ans.On votait peu au début du XXe siècle.On votait plus dans l\u2019après-guerre.L\u2019éducation joue un rôle dans ce cas.On peut bien tenter d\u2019attirer les gens aux urnes par toutes sortes de moyens, reste que, si beaucoup de gens ne votent pas, c\u2019est qu\u2019ils ne savent pas pour qui voter.La situation est d\u2019ailleurs la même ailleurs au Canada et dans le monde.Le Devoir SUITE DE LA PAGE A 5 ASPIRATIONS SOURCE VERILIBE Le professeur Jean-Philippe Warren : «Les rêves des jeunes ne me semblent pas canalisés par l\u2019af - firmation nationale.Leurs aspirations sont da - vantage localisées, dans leurs patelins, dans leurs quartiers, dans la ville.» L\u2019âge des candidats à la chefferie du PQ au fil des ans GRAPHIQUE AUDE NAZAIRE ET DAVE NOËL LE DEVOIR Depuis quelque temps s\u2019impose une nouvelle façon d\u2019entrevoir la relation de l\u2019État à la population Quand il y a un enjeu important, la possibilité d\u2019avoir un impact politique, là, les jeunes participent autant que les générations précédentes Christian Bourque, vice-président chez Léger Marketing « » Les jeunes souverainistes, péquistes ou pas, rêvent de voir le Québec devenir un pays même s\u2019ils ne se passionnent pas pour la mécanique référendaire L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 J A M E S P H E B Y à Ouerdya A I T A B D E L M A L E K à Londres La police britannique enquêtait sur de possibles liens avec l\u2019extrême droite du meurtrier présumé de Jo Cox, tuée en pleine rue jeudi dans sa circonscription du nord de l\u2019Angleterre, où s\u2019est rendu vendredi David Cameron pour rendre hommage à la députée, à l\u2019unisson d\u2019un pays sous le choc.« Là où nous voyons de la haine, là où nous voyons des divisions, nous devrions les chasser de notre vie politique, de notre vie publique, de nos communautés », a déclaré à Birstall le premier ministre, après avoir déposé une gerbe de fleurs, entouré du chef de l\u2019opposition travailliste, Jeremy Cor- byn, et du président du Parlement, John Bercow.M.Corbyn a annoncé que le Parlement, en vacances pour cause de référendum sur l\u2019UE jeudi, avait été rappelé à sa demande pour rendre lundi « l\u2019hommage qui est dû [à Jo Cox] au nom de tous ceux qui dans ce pays chérissent la démocratie, la liberté de parole et d\u2019expression politique».« C\u2019était une femme merveilleuse.Je suis profondément désolé, profondément triste de ce qui lui est arrivé», a-t-il ajouté, visiblement ému.Enquête en cours Le meur tre de Jo Cox, 41 ans, mère de deux jeunes enfants, a provoqué une immense émotion au Royaume- Uni ainsi que la suspension immédiate de la campagne pour le référendum.Elle restera suspendue au moins jusqu\u2019à dimanche.La police a dit étudier la piste de possibles liens avec l\u2019extrême droite du principal suspect, un homme de 52 ans, qui aurait crié «Britain first !» («La Grande-Bretagne d\u2019abord ! »), selon des témoins.Selon le Southern Poverty Law Centre, un groupe américain de défense des droits civiques, le suspect, nommé Thomas Mair par les médias, est un «partisan dévoué» d\u2019un groupe néonazi basé aux États-Unis.Le quotidien The Guardian a affirmé vendredi après-midi que la police avait retrouvé des symboles nazis à son domicile, ainsi que de la littérature d\u2019extrême droite, notamment un manuel pour fabriquer des pistolets.La police a confirmé que le suspect, dans «une attaque ci- blée», avait tiré sur la députée avant de la poignarder, alors qu\u2019elle gisait en sang sur le sol.En soirée, les autorités ont annoncé que le présumé meurtrier a été inculpé pour homicide.Le frère du suspect a, quant à lui, déclaré au Sun que le Thomas Mair avait eu «des antécédents de troubles mentaux», une piste également suivie par la police.«Ça a toujours été quelqu\u2019un de calme, de solitaire, mais aussi de très gentil.Je n\u2019arrive pas à croire qu\u2019il ait pu commettre un tel acte.Mais il avait des troubles mentaux », a déclaré Mar y, une voisine de 54 ans, à l\u2019AFP.Campagne agressive Des médias n\u2019hésitaient pas à mettre en cause l\u2019agressivité de la campagne politique dans son acte.Le quotidien The Guardian a dénoncé « un ton brutal qui attise les divisions».Le Spectator a blâmé jeudi soir le camp militant pour la sortie de l\u2019UE, mettant directement en cause le dirigeant du parti europhobe, Ukip Nigel Farage, et les chefs de file de la campagne pour le Brexit, avant de retirer ce passage.Vendredi, la chancelière allemande Angela Merkel a mis en garde contre « l\u2019exagération et la radicalisation partielle des discours [qui] ne par ticipent pas à la création d\u2019une atmosphère de respect ».Le ton devrait désormais changer, estiment les analystes interrogés par l\u2019AFP.«Ce drame va avoir un ef fet apaisant sur une campagne qui a été agressive, avec des conflits de personnes», déclare Wyn Grant, professeur de politique anglaise à l\u2019Université de Warwick.«Le camp du Brexit va devoir faire plus attention à son langage», estime John Curtice, professeur en sciences politiques de l\u2019Université de Strathclyde.Mais aucun ne s\u2019aventure à prédire les conséquences de ce drame sur le résultat du vote alors que les dernières enquêtes d\u2019opinion, avant le meurtre, donnaient les partisans du Brexit en tête.Agence France-Presse La police étudie la piste de l\u2019extrême droite Sous le choc, l\u2019Angleterre rend hommage à la députée assassinée jeudi P H I L I P P E B E R N A R D à Londres L es origines sociales de Jo Cox, 41 ans, tuée jeudi 16 juin à Birstall, dans le nord de l\u2019Angleterre, son parcours, et son positionnement politique proeuropéen ont tout pour faire d\u2019elle une icône anti- Brexit.Et, si les motivations politiques de son assassin étaient avérées, une martyre de la campagne en cours.Née en 1974 à Batley, dans le West Yorkshire, Jo Cox revendiquait ses origines populaires.Sa mère, Jean, était secrétaire dans une école et son père, Gordon, ouvrier dans une usine de dentifrice à Leeds.Lorsque, en 2014, elle devient la candidate du Labour dans la circonscription de Batley et Spen, elle se déclare « fière et émue » de concourir dans la région où elle avait grandi.Après son élection, en mai 2015, elle raconte au quotidien Yorkshire Post le choc qu\u2019elle a éprouvé en s\u2019élevant dans l\u2019échelle sociale, notamment lors de ses études à Cambridge, université dont elle a été diplômée en 1995, la première de sa famille.«Je ne suis pas née femme politique, expliquait-elle.Cela m\u2019est venu à Cambridge, quand j\u2019ai pris conscience que l\u2019endroit où vous êtes né a de l\u2019importance, que la manière dont vous parlez a de l\u2019importance, de même que vos relations.Je passais mes étés à emballer des tubes de dentifrice à l\u2019usine où mon père avait travaillé, quand tous les autres étudiants prenaient une année sabbatique.J\u2019ai mis cinq ans à me remettre de mon expérience à Cambridge.» Critique envers Corbyn À partir de 2002, Jo Cox travaille pour des organisations non gouvernementales sur les questions de pauvreté et de discrimination.« Je me suis trouvée devant des situations horribles, des femmes violées à maintes reprises au Darfour \u2014 Soudan \u2014 ou des enfants-sol- dats ougandais auxquels on avait donné une kalachnikov pour qu\u2019ils tuent des membres de leur propre famille.» Jo Cox avait également travaillé à l\u2019ONU, à Bruxelles et à New York.Elle avait été conseillère de Sarah Brown, l\u2019épouse de l\u2019ex-premier ministre Gordon Brown.Élue à Westminster, elle prend la vice-présidence du groupe parlementaire sur la Syrie qu\u2019elle crée, ainsi que la présidence du réseau des femmes travaillistes.Elle s\u2019élève contre les projets du premier ministre britannique, David Cameron, de supprimer certaines prestations sociales.Elle fait aussi partie des cinq députés du Labour, qui, contre la ligne de leur parti, s\u2019abstiennent, en décembre 2015, lors du vote sur les frappes aériennes contre le groupe État islamique (EI) en Syrie.Alors qu\u2019elle n\u2019est pas liée à la gauche du parti, elle accorde son parrainage à Jeremy Corbyn pour qu\u2019il puisse se présenter à l\u2019élection du président du Labour en septembre 2015.Mais elle vote pour la blairiste Liz Kendall.Engagement clair Jo Cox, jeune femme souriante et élégante, vivait avec son mari, Brendan, et leurs enfants, Lejla et Cuillin, sur une péniche amarrée sur la Tamise, à Londres.Elle se rendait à Westminster à vélo.Alors que Jeremy Corbyn est critiqué pour son faible engagement dans la campagne pour le vote « in» (rester dans l\u2019UE), la députée du West Yorkshire était très impliquée dans la bataille électorale.«L\u2019immigration est une préoccupation légitime, mais ce n\u2019est pas une bonne raison pour quitter l\u2019UE », assurait l\u2019un de ses derniers tweets publiés, alors que des électeurs du Labour sont tentés par le « out », qui, pensent-ils, permettra d\u2019arrêter l\u2019immigration est-européenne.Mercredi, la veille de sa mor t, el le avait pris place avec son mari et leurs enfants à bord d\u2019un bateau pneumatique rouge, brandissant un drapeau « in » au milieu de la flottille de marins pêcheurs qui manifestaient en faveur du « Brexit ».Cette image si emblématique pourrait symboliser le tournant de la campagne pour le référendum du 23 juin.Le Monde Décès tragique d\u2019une icône anti-Brexit D\u2019origine modeste, la députée était très engagée dans la campagne référendaire MEUR TRE DE JO COX OLI SCARFF AGENCE FRANCE-PRESSE Le premier ministre David Cameron a déposé une gerbe de fleurs vendredi sur les lieux du drame.Là où nous voyons de la haine, là où nous voyons des divisions, nous devrions les chasser de notre vie politique David Cameron, premier ministre britannique « » T H O M A S U R B A I N à Orlando M oins d\u2019une semaine après l\u2019attentat survenu dimanche, les premiers enterrements ont commencé à Orlando, mais près de la moitié doivent se dérouler à Porto Rico, dont sont originaires plusieurs victimes.Un premier enterrement a eu lieu jeudi à Kis- simmee, banlieue d\u2019Orlando à forte présence hispanique, et cinq autres étaient prévus vendredi, notamment un au principal cimetière d\u2019Orlando, le Greenwood Cemetary.Là, un espace gigantesque avait été mobilisé, tout au fond du cimetière, pour enterrer, si besoin, les 49 victimes côte à côte.Mais à ce jour, seuls quatre espaces ont été retenus, a expliqué Don Price, le responsable du lieu.Les autorités devraient profiter de l\u2019espace restant pour installer un mémorial en mémoire des victimes du 12 juin.Don Price avait eu l\u2019idée d\u2019installer un gigantesque panneau noir sur la grille du fond, derrière la future sépulture, pour éviter que les automobilistes qui empruntent l\u2019autoroute filant le long du cimetière n\u2019assistent à l\u2019enterrement depuis leur voiture.Pour égayer un peu la présentation, Don Price avait fait poser des étendards arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT (lesbiennes, gais, bisexuelles et transgenres), et un drapeau américain.Les trois autres enterrements de victimes à Greenwood doivent avoir lieu samedi.Des victimes inhumées à Porto Rico Selon plusieurs sources, environ 20 victimes vont être inhumées à Porto Rico, dont sont originaires beaucoup des familles touchées par le drame, notamment celle d\u2019Anthony Luis Lau- reano Disla, qui a choisi de rester à Orlando.Au moins quatre autres le seront au Mexique et une en République dominicaine.Jeudi soir, avant de s\u2019envoler pour Por to Rico, la famille de Rodolfo Ayala s\u2019est rendue une dernière fois au mémorial du Phillips Center d\u2019Orlando, quelques heures après le passage de Barack Obama et Joe Biden qui y avaient déposé des fleurs.Au passage, ils se sont assurés qu\u2019un drapeau portoricain figurait bien parmi les objets hétéroclites disposés sur cet espace d\u2019une centaine de mètres carrés.« Depuis que nous avons ouvert ce centre ces deux derniers jours, 94 familles et 256 personnes au total sont venues nous voir pour obtenir de l\u2019aide, a souligné le maire d\u2019Orlando Buddy Dyer.Juste un exemple, plus de 200 billets d\u2019avion ont été distribués à des familles pour qu\u2019elles retrouvent leurs proches.» Mobilisation pour les funérailles Tout comme pour le don de sang, qui a amené spontanément des milliers de personnes devant les centres de collecte de la ville, Orlando s\u2019est mobilisée pour les obsèques, et des sociétés de pompes funèbres et des pasteurs ont proposé à ceux qui le souhaitaient d\u2019assurer gratuitement l\u2019organisation des funérailles.Le fleuriste Bloom Florist a fourni les fleurs pour les obsèques de 28 victimes, et a pu répondre aux demandes particulières de plusieurs familles.Cer taines d\u2019entre elles avaient des demandes particulières, auxquelles ont pu répondre Bloom Florist, mais aussi l\u2019entreprise de pompes funèbres Cardinal Casket Company.Ainsi, Cory Connell, un jeune homme de 21 ans décédé dimanche, était un partisan de l\u2019équipe universitaire de football de Miami, dont les couleurs sont l \u2019orange et le ver t foncé : Kelly Greenwood, copropriétaire de la Cardinal Casket Company, a réussi à lui trouver un cercueil avec ces couleurs inhabituelles, vert et orange.Si la Floride fait par tie des États américains où la crémation est fréquente (62 % en 2013 selon l\u2019Association américaine de la crémation), Kelly Greenwood souligne que, selon son expérience, les personnes issues de la communauté hispanique choisissent plus souvent l\u2019enterrement, quand ils en ont les moyens.Pour une société qui livre, en moyenne, 30 cercueils par jour et en a un millier en stocks, 24 commandes supplémentaires ne changent pas grand-chose.« C\u2019est un petit plus pour les af faires, mais c\u2019est dû à une tragédie », regrette Kelly Greenwood.Agence France-Presse ÉTATS-UNIS Orlando commence à enterrer les victimes de la tuerie Plusieurs cérémonies sont prévues en Floride, mais également à Porto Rico, au Mexique et en République dominicaine DAVID GOLDMAN ASSOCIATED PRESS Anthony Luis Laureano Disla a été enterré vendredi au cimetière Greenwood.Lire aussi \u203a La peur des uns, la haine des autres.Un éditorial de Guy Taillefer.Page B 4 Jo Cox L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 8 P I E R R E S A I N T - A R N A U D à Longueuil Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), qui amorcera ses activités le 27 juin, est conscient qu\u2019il devra faire ses preuves afin de surmonter tout déficit de crédibilité qu\u2019il pourrait y avoir à son endroit, tant du côté de la population que des policiers.Lors d\u2019une rencontre de presse vendredi matin, la directrice du Bureau, l\u2019ex-procu- reure de la Couronne Madeleine Giauque, a dit vouloir rapidement établir la crédibilité de l\u2019organisme.« Il faut nous donner la chance de démontrer qu\u2019on va bien faire les choses [\u2026] On devra voir à l\u2019usage, mais on espère qu\u2019on va convaincre rapidement la population de notre efficacité et de notre sérieux.» La mise sur pied du Bureau, qui a donné lieu à de nombreux retards, survient trois ans après l\u2019annonce de sa création, décidée à la suite de nombreuses remises en question de la procédure traditionnelle faisant en sorte que des policiers enquêtent sur d\u2019autres policiers lorsque les gestes de ceux-ci doivent être scrutés de manière indépendante.Plus de transparence Me Giauque a indiqué que des mesures avaient été mises en place pour assurer la transparence de la démarche lors d\u2019une enquête, dont des communications rapides et aussi détaillées que possible aux médias.Elle a d\u2019ailleurs rappelé que c\u2019est ce besoin de transparence, réclamé par la population, qui est à l\u2019origine de la création du BEI, une réalité que les policiers eux-mêmes ne peuvent nier, a-t-elle constaté à la suite de nombreuses rencontres avec différents corps policiers.« Tout le monde réalise que notre société est rendue là, a-t- elle affirmé.La société veut de la transparence et c\u2019est la raison d\u2019être du BEI.» « Les corps de police en sont aussi conscients.Il est possible qu\u2019il y ait une cer taine réticence, mais il nous appartiendra de la vaincre en expliquant notre mission et notre façon de voir les choses.» Pour l\u2019instant, les directeurs de police doivent toujours transmettre une demande d\u2019enquête du BEI au ministre de la Sécurité publique, qui lui en donnera le mandat, mais ils adresseront directement leurs demandes au Bureau lorsque le projet de loi 107, qui encadre son fonctionnement, sera adopté l\u2019automne prochain.Me Giauque est persuadée que tout dossier nécessitant une enquête lui sera transmis, d\u2019une part parce que les directeurs de corps de police ont une obligation légale de le faire et, d\u2019autre par t, parce que l\u2019expérience passée démontre que des situations impliquant des policiers qui se traduisent par un décès ou des blessures graves n\u2019ont pratiquement aucune chance de passer sous silence.« Si vous cherchez tous dans vos mémoires, vous ne trouverez pas d\u2019événement où un individu aurait été blessé gravement ou tué par un policier sans que ça ait été rendu public et qu\u2019il y ait eu une enquête indépendante déclenchée », a-t-elle fait valoir aux journalistes présents.Effectif suffisant?Le BEI est composé de 26 employés, dont deux superviseurs d\u2019enquête et 16 enquêteurs ; environ la moitié de ces enquêteurs sont d\u2019anciens policiers, les autres étant des civils ayant diverses expertises liées au travail d\u2019enquête.Madeleine Giauque reconnaît s\u2019être demandé si ce nombre suffirait à la tâche.«Je me suis posé la question à plusieurs reprises.C\u2019est ce que le gouvernement considère comme suffisant pour l\u2019instant», a-t-elle dit.«À très court terme, on va se rendre compte si oui ou non ça fonctionne.Si ça ne fonctionne pas, on devra faire les ajustements nécessaires », a-t-elle dit.Bien que le Bureau soit considéré au sens de la Loi sur la police comme un corps policier, ses enquêteurs ne seront pas armés, mais détiendront les mêmes pouvoirs que d\u2019autres policiers, comme celui de procéder à des arrestations et de demander et exécuter des mandats de perquisition, par exemple.La possibilité qu\u2019ils soient éventuellement munis d\u2019une arme n\u2019est toutefois pas écartée, précise Me Giauque, mais elle fait valoir que cela ouvre des portes sur des problèmes complexes.La Presse canadienne Le Bureau des enquêtes indépendantes veut répondre aux attentes L\u2019organisme entrera en scène le 27 juin, trois ans après l\u2019annonce de sa création M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L es libéraux refusent de lancer l\u2019enquête publique qu\u2019ils réclamaient il y a six ans pour faire la lumière sur les allégations de tor ture contre des détenus afghans.La commission d\u2019enquête souhaitée par les troupes de Justin Tr udeau en 2010 ne semble plus nécessaire en 2016, maintenant que les libéraux sont au gouvernement.Des groupes de défense des droits de la personne, des professeurs de droit , d\u2019anciens politiciens et d\u2019actuels députés réclamaient encore la semaine dernière que le premier ministre Justin Trudeau lance une enquête publique pour déterminer si des détenus afghans, transférés par l\u2019armée canadienne aux autorités locales, ont été mal traités.Le député néodé- mocrate Kennedy Stewar t avait ajouté sa voix aux leurs, en déposant une pétition signée par quelque 700 personnes et sommant le gouvernement de créer une commission d\u2019enquête indépendante.La réponse d\u2019Ottawa est venue vendredi.Respect des obligations « Tout au long des opérations militaires du Canada en Afghanistan, le gouvernement du Canada s\u2019est assuré que les personnes détenues par les [Forces armées canadiennes] soient traitées avec humanité et prises en charge, transférées ou libérées conformément à nos obligations en ver tu du droit international.Par conséquent, le gouvernement du Canada ne croit pas qu\u2019une commission d\u2019enquête judiciaire indépendante s \u2019impose » , a tranché le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, dans une réponse écrite offerte à la pétition de M.Stewart.Les premières allégations de torture de détenus afghans aux mains des autorités locales avaient été ébr uitées en 2007.L\u2019entente de transfer t de ces prisonniers avait été conclue par le gouvernement de Paul Mar tin, dans les der niers jours de son mandat en 2005.Le gouvernement ne s\u2019était pas garanti le droit d\u2019aller surveiller le sor t réser vé aux prisonniers une fois qu\u2019ils étaient remis aux Afghans.Selon certains militaires et diplomates, ces détenus auraient été maltraités en détention afghane.Et le gouvernement et l\u2019armée du Canada auraient fait la sourde oreille et ignoré leurs inquiétudes.Or, en ver tu du droit inter national, i l est i l légal d\u2019envoyer un détenu vers un risque de torture.Le scandale suscité par ces al légat ions avait hanté le gouver nement de Stephen Harper, qui avait systématiquement refusé de tenir une enquête publique.Les partis d\u2019opposition en réclamaient tous une.Les l ibéraux y compris.Le Devoir DÉTENUS AFGHANS Les libéraux refusent de déclencher l\u2019enquête publique qu\u2019ils réclamaient il y a six ans L ongueuil \u2014 L\u2019Agence spatiale canadienne (ASC) lance ce vendredi sa quatrième campagne de recrutement d\u2019astronautes.L\u2019Agence acceptera les demandes jusqu\u2019au 15 août prochain.Elle devrait annoncer l\u2019identité des candidats sélectionnés à l \u2019été 2017, car la prochaine classe d\u2019astronautes de l\u2019agence spatiale américaine, la NASA, commencera sa for mation en août 2017.L\u2019agence basée à Longueuil est à la recherche de personnes en excellente santé, ayant une formation universitaire en science, en génie ou en médecine et possédant une variété d\u2019acquis.Elle demande aussi que les candidats fassent preuve de jugement, d\u2019intégrité, qu\u2019ils maîtrisent l\u2019art de parler en public et qu\u2019ils soient capables de travailler en équipe.La maîtrise de l \u2019une des deux langues of ficielles est obligatoire, le bilinguisme étant présenté comme un atout.Les personnes qui résident au Canada et les citoyens canadiens résidant à l\u2019étranger peuvent soumettre leur candidature, la préférence étant accordée aux personnes ayant la citoyenneté canadienne.La Presse canadienne L\u2019Agence spatiale canadienne recherche de nouveaux astronautes EgyptAir : les deux boîtes noires retrouvées Le Caire \u2014 Les deux boîtes noires repêchées ces dernières 24 heures en Méditerranée redonnent aux enquêteurs et aux familles des 66 victimes l\u2019espoir d\u2019élucider les raisons de l\u2019écrasement de l\u2019Airbus d\u2019EgyptAir, mais l\u2019exploitation des enregistrements pourrait prendre «plusieurs semaines».Le Flight Data Recorder, qui enregistre tous les paramètres de vol, a été repêché vendredi, a annoncé la commission d\u2019enquête égyptienne, au lendemain de la découverte de la première boîte noire, l\u2019enregistreur de voix, qui concerne les conversations dans le cockpit.Agence France-Presse Nomination de nouveaux juges Ottawa \u2014 La ministre de la Justice du Canada, Jody Wilson- Raybould, a annoncé la nomination d\u2019une série de nouveaux juges dans la foulée de critiques grandissantes au sujet de postes vacants qui entraînent une accumulation de causes et des reports multiples.La ministre a promu un juge à la Cour d\u2019appel fédérale et a pourvu bon nombre de postes vacants au Québec, en Ontario, en Colombie- Britannique et en Alberta.En date du 1er juin, 49 postes parmi ceux déterminés par le gouvernement fédéral étaient vacants.La Presse canadienne Les premières allégations de torture de détenus afghans avaient été ébruitées en 2007 PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Le ministre de l\u2019Innovation et des Sciences, Navdeep Bains SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a indiqué qu\u2019une commission d\u2019enquête judiciaire indépendante n\u2019est pas nécessaire. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 9 Portes Ouvertes: Les dimanches de 13 h à 16 h Showroom: 215 Redfern, suite 410 (514) 262-9055 \u2022 (514) 651-4410 \u2022 www.215redfern.com Westmount, l\u2019art de vivre à son meilleur Livraison Immédiate \u2022 Casque fermé s\u2019adaptant à votre audition \u2022 Pro?ls personnalisés pour optimiser l'expérience sonore \u2022 Pour la TV, la radio ou les systèmes Hi-Fi RS 195 LE SON QUE VOTRE PÈRE MÉRITE Disponible pour l\u2019achat chez: audiosupport.ca 1-866-411-5623 pour trouver la clinique la plus près Disponible chez les professionnels exerçant dans les cliniques Lobe Pendant que Québec fait des consultations pour dépoussiérer sa politique culturelle, Ottawa cogite pour faire entrer la sienne dans le numérique.Le Devoir a voulu aller au-delà de ces réflexions balisées pour dessiner les contours d\u2019une politique culturelle idéale.Dix personnalités se sont prêtées au jeu.Au- jourd\u2019hui, le point de vue de l\u2019éditrice et artiste Sylvette Babin.P R O P O S R E C U E I L L I S P A R S T É P H A N E B A I L L A R G E O N Est-il encore important que l\u2019État intervienne en culture?Il serait d\u2019abord nécessaire de définir le mot «intervenir».Soutenir financièrement les arts et la culture ne devrait pas être synonyme d\u2019ingérence dans la manière qu\u2019ont les organismes de gérer leur budget ou encore dans le genre de pratiques soutenues.Or, il arrive parfois que les discours des Conseils des arts se modifient au fil des changements (et des pressions) des politiques administratives gouvernementales.Ce genre «d\u2019intervention» n\u2019est évidemment pas souhaitable dans le contexte artistique, où la liberté d\u2019expression est intrinsèque à son existence.Je propose que la question soit plutôt: est-il encore important que l\u2019État soutienne la culture?Bien noté.Alors, que répondez-vous à votre question ?À cette question, ma réponse est oui, absolument.C\u2019est impératif.Les arts et la culture devraient toujours faire partie des secteurs soutenus par l\u2019État, au même titre (dans différentes mesures) que l\u2019éducation, la santé et les services sociaux.Bien que l\u2019on tente de plus en plus d\u2019attirer les secteurs privés, le milieu des affaires et du mécénat et de sensibiliser les organismes subventionnés à l\u2019importance du financement autonome \u2014 et tout cela est bien \u2014, on ne doit pas laisser la culture entre les mains du financement privé, pas plus que l\u2019on doit lier la survie des organismes à but non lucratif à des critères de rentabilité financière (ce qui aurait également un effet néfaste sur l\u2019accès des citoyens à la culture).De nombreuses formes d\u2019art n\u2019entrent pas dans une logique marchande.C\u2019est extrêmement im- por tant de préser ver ces pratiques dites « à risque» (c\u2019est-à-dire des recherches plus pointues et des pratiques qui ne seraient pas nécessairement «grand public») qui contribuent grandement au dynamisme artistique.Quel est selon vous l\u2019enjeu majeur actuel d\u2019une politique culturelle?Se rappeler que les artistes, c\u2019est-à-dire les créateurs, sont les piliers de l\u2019art.Ils sont à la base de toutes les productions, mais souvent les derniers à en retirer les bénéfices.Préserver la diversité des formes d\u2019art, des pratiques artistiques, des lieux de production et de diffusion, encourager l\u2019excellence, participer au rayonnement local, national et international.Accroître l\u2019accessibilité pour tous, remettre à l\u2019avant-plan l\u2019éducation des divers publics (dans les écoles en premier lieu).De façon générale, il faut comprendre que la culture et l\u2019art n\u2019entrent pas dans un moule rigide.Si l\u2019on doit créer une politique culturelle qui serait la base des réflexions pour les 10 ou 20 prochaines années, il faut qu\u2019elle soit assez souple, assez large pour évoluer avec la pensée des créateurs et de ceux qui font de l\u2019art leur priorité (tout en étant suf fisamment balisée pour ne pas tomber dans le piège des modes éphémères).À ce propos, le mot « innovation», largement employé lorsqu\u2019il s\u2019agit de faire des choix envers les formes de pratiques ar tis- tiques à soutenir, devrait à mon avis être utilisé avec une certaine parcimonie.De quelle manière l\u2019État soutient-il votre revue?Nous sommes financés par les trois paliers gouvernementaux (municipal, provincial et fédéral), principalement par du financement au fonctionnement, pour une partie des frais de production et de diffusion liés à notre mandat.Nous recevons occasionnellement de l\u2019aide ponctuelle pour divers projets (traduction, rayonnement à l\u2019international, ouvrages thématiques).Finalement, nous sommes soutenus par le programme Mécénat Placements Culture.Nous avons également recours à des programmes d\u2019emploi par l\u2019intermédiaire des Centres locaux d\u2019emploi.Habituellement, la totalité de nos subventions ne dépasse pas 50 % de notre chiffre d\u2019affaires.Que souhaitez-vous comme réformes pour le secteur particulier des revues culturelles?Si, déjà, il pouvait y avoir une mention et une reconnaissance de l\u2019importance des revues culturelles et des revues d\u2019art dans notre politique culturelle, ce serait un bon début.Dans la plupart des débats qui traitent de culture, on a tendance à occulter l\u2019importance du rôle des revues, tant dans le travail de réflexion sur l\u2019art que dans sa promotion et sa diffusion.Les revues d\u2019art sont non seulement des stimuli pour la recherche artistique, elles sont aussi le lieu même de création des chercheurs, philosophes, historiens et auteurs.Dans ce dossier, il serait par ailleurs important que les politiques culturelles reconnaissent la dif férence entre les revues spécialisées en art ou en littérature et les magazines à grand tirage et de culture populaire.Sur la scène fédérale, les dernières années ont été désastreuses du côté des périodiques culturels au sein de Patrimoine canadien, qui ne semble pas reconnaître cette différence.La révolution numérique vient bouleverser la production, la diffusion et la consommation culturelles.Qu\u2019attendez-vous des politiques culturelles dans ce contexte de grande mutation?En effet, nous faisons face à un grand bouleversement numérique.Les périodiques culturels (comme les médias imprimés) sont parmi les secteurs les plus touchés.Les attentes envers les politiques culturelles sont donc de faciliter cette mutation.Cela dit, il faut éviter de créer un modèle de fonctionnement unique qui ne conviendrait pas à tous.Malheureusement, lorsque des sommes importantes sont injectées dans la culture, on le fait parfois selon des critères très restrictifs.Chaque organisme connaît ses problématiques et ses besoins en matière de numérique, il est donc impor tant de les consulter, mais aussi de leur faire confiance dans la planification et la gestion de leur projet.Pourquoi?Pouvez-vous fournir des exemples?On a beaucoup misé sur la numérisation d\u2019œu- vres littéraires et artistiques, sur la mise en valeur des contenus et des archives.C\u2019est excellent.Cela dit, il faudrait éviter d\u2019uniformiser à outrance les projets financés.Le passage au numérique ne se fait pas de la même façon pour tous.Chez certains, cela se fait par la numérisation d\u2019œuvres et les banques d\u2019archives, pour d\u2019autres, c\u2019est la mise à niveau de leur plate- forme Web, pour d\u2019autres encore, c\u2019est le développement de contenu numérique inédit, l\u2019accès aux publics et aux marchés, etc.Le problème qui se pose parfois par rapport aux appuis financiers, c\u2019est la création de cadres rigides qui ne fonctionnent pas pour tous et qui font que, pour avoir accès à du financement, des projets non adéquats seront mis en avant.Prendre l\u2019avenue du numérique ne devrait pas se faire n\u2019importe comment.En contrepartie, il n\u2019est pas toujours nécessaire d\u2019entreprendre de lourdes et parfois inutiles études de marché.Certains sub- ventionnaires ont parfois tendance à mettre plus d\u2019argent dans les consultations que dans les projets eux-mêmes.Encore une fois, remettre les créateurs dans nos priorités serait essentiel.Par ailleurs, investir dans la numérisation d\u2019œuvres artistiques et littéraires doit aussi comprendre le soutien pour en assurer la circulation, en faire la promotion, la dif fusion, dans certains cas la mise en marché, etc.On tient souvent pour acquis que ces éléments vont de soi, mais les petits organismes n\u2019ont pas tous les moyens d\u2019assumer tous les « aspects collatéraux » rattachés à la production numérique.Quel modèle étranger de soutien aux arts et à la culture vous semble particulièrement inspirant?J\u2019avoue que mes déplacements à l\u2019étranger sont plus liés à la production-dif fusion artistique qu\u2019à l\u2019étude des modèles de financement.Et observer un modèle de l\u2019extérieur n\u2019of fre pas toujours le meilleur point de vue.En contrepartie, il me semble que le modèle québécois et canadien est intéressant, dans le cas des plus petites structures et pour les artistes, du moins.Notre système d\u2019évaluation par les pairs et nos Conseils des arts sont des exemples fort valables qui méritent d\u2019être soulignés.Le Devoir BOUILLON DE CULTURE (6 DE 10) Les créateurs, ces piliers de l\u2019art Sylvette Babin rappelle la nécessité de préserver les pratiques dites « à risque » Québec et Ottawa consultent Les deux ordres de gouvernement ont entamé récemment des consultations visant à mettre à jour leurs politiques culturelles pour tenir compte de l\u2019impact du numérique sur la production et la diffusion de la culture.À Ottawa, on souhaite notamment recenser « les mesures à prendre pour stimuler la création, la découverte et l\u2019exportation de contenu canadien » et « déterminer comment aider le secteur culturel à faire face aux changements » induits par le numérique.Les pré- consultations à cet égard sont terminées, et le gouvernement annoncera cet été la suite du processus dirigé par la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly.Québec veut quant à lui réécrire sa politique culturelle adoptée en 1992, en gardant toutefois ses principaux acquis: les structures de la SODEC et du CALQ; les avancées en matière d\u2019affirmation de l\u2019identité culturelle et de soutien aux créateurs et aux arts; les progrès enregistrés dans l\u2019accès et la participation des citoyens à la vie culturelle.Les impacts de la mondialisation, du développement des technologies, de la révolution numérique, des changements démographiques et linguistiques du Québec, de même que la transformation des habitudes de consommation culturelle des Québécois seront analysés.Objectif final: «favoriser une présence accrue de la culture dans toutes les sphères de la société».C\u2019est le ministre de la Culture, Luc Fortin, qui est responsable de ce dossier dans le gouvernement Couillard.Des audiences publiques se tiennent jusqu\u2019au 26 août à travers la province.Guillaume Bourgault-Côté ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Sylvette Babin est directrice de la revue esse arts + opinions.Elle poursuit une double pratique d\u2019éditrice et d\u2019artiste de la performance. véritablement son fils.À son tour, Jules laisse patiemment parler son père, rit de ses blagues et, par moments, lève les yeux au ciel.Vingt-six ans séparent le père et le fils, mais aussi deux époques.Le premier, «un enfant de René Lévesque» qui se dit l\u2019«héritier d\u2019un projet manqué», avait 17 ans au référendum de 1980.«J\u2019ai plus été le contemporain de la désillusion, de l\u2019effondrement de cette utopie.» À 27 ans, l\u2019âge qu\u2019a aujourd\u2019hui son fils, Dominic Champagne venait justement de voir naître Jules.Plongé dans le théâtre, il travaillait sur La cité interdite, une pièce portant sur le FLQ qui marquait les 20 ans de la crise d\u2019Octobre, tout en donnant des charges de cours et en écrivant pour la télé.À quelques printemps de la trentaine, la vie de Jules est tout autre.Le jeune avocat qui sera assermenté sous peu est trilingue, a deux baccalauréats, l\u2019un en science politique et l\u2019autre en droit, et termine un stage au Centre québécois du droit de l\u2019environnement.Il a voyagé et étudié à l\u2019étranger, notamment en Espagne, et a connu l\u2019effervescence et le tintamarre des casseroles du printemps 2012.« Je suis plus conservateur dans mes choix, j\u2019ai certainement pris moins de risques que mon père», constate le jeune homme.L\u2019âme québécoise On leur pose, d\u2019emblée, une question toute simple: si vous croisez un étranger en voyage, comment lui expliquez-vous en quelques mots ce qu\u2019est un Québécois?«Je dis toujours qu\u2019on est le petit village d\u2019irréductibles au nord du continent», répond Dominic Champagne tout de go.Il s\u2019étonne et se dit fier à la fois de faire partie de cette «petite mafia cana- dienne-française» qui fait rouler une partie des affaires à Las Vegas.«On est des Nord-américains, mais on est une entité distincte et un petit peuple.J\u2019ai envie de croire qu\u2019on serait quelque chose comme un grand peuple\u2026 mais cette flamme-là est vacillante.» Jules réfléchit, semble un peu dépassé.«Je ne serais pas à l\u2019aise de parler au nom des miens.Je ne sais pas c\u2019est quoi, l\u2019âme québécoise, l\u2019identité québécoise.C\u2019était très imprécis.Je ne sais même pas si c\u2019est descriptible», dit celui qui admet avoir plus de facilité à s\u2019identifier à Montréal.«Il y a une telle diversité et des contradictions qui font en sorte que c\u2019est très difficile» de cerner ce qu\u2019est un Québécois.Pour le jeune avocat, qui est né et a vécu dans le même quartier toute sa vie, l\u2019identité culturelle est une question complexe et délicate.«Je ne sais pas comment la souveraineté étatique pourrait être un véhicule pour porter notre identité culturelle.Je ne vois pas comment ça pourrait fonctionner», admet- il.Pour son père, fils d\u2019un sous-ministre qui, en 1974, a racheté l\u2019île d\u2019Anticosti à travers le gouvernement afin de la redonner aux Québécois, «l\u2019État» n\u2019est pas une structure rebutante.Souveraineté du territoire Mais d\u2019autres arguments existent en faveur du grand projet de nation.Pour Jules, c\u2019est dans la lutte environnementale qu\u2019il y a un «besoin immense » de souveraineté.« Le Canada, en tant que conception étatique étrange, c\u2019est quelque chose qui peut encore susciter des débats et un désir de souveraineté, dit-il.Pourquoi devrait-on souffrir les contraintes que le Canada nous impose en environnement et en quoi ça devrait supplanter le propre contrôle qu\u2019on veut nous-mêmes exercer sur notre territoire?» Sur ce point, Dominic \u2014 qui a beaucoup porté la lutte contre les gaz de schiste \u2014 rejoint son fils.Les deux se sont d\u2019ailleurs alliés pour réaliser le documentaire Anticosti.La chasse au pétrole extrême.«Dans ce combat-là, j\u2019ai sûrement retrouvé un sentiment d\u2019appartenance que je n\u2019avais jamais vécu de mon vivant, que l\u2019idéal de la souveraineté et les combats pour la langue ne m\u2019avaient pas donné.Tout à coup, je me suis mis à mener des combats où je me suis senti lié au sculpteur, au producteur maraîcher, à l\u2019électricien, juste parce qu\u2019on est dans le même terreau commun, parce qu\u2019il y a une gazière qui débarque et qu\u2019on a une cause commune.» Pas besoin, selon le metteur en scène, de prononcer le mot indépendance pour se réclamer de cet idéal.«La vision de la souveraineté qui est \u201cje suis celui qui occupe le territoire\u201d, je l\u2019ai toujours plus défendue que l\u2019indépendance du Québec, dit-il.Ça me fait plaisir qu\u2019il y ait un \u201cnous\u201d qui peut exister, qui transcende le \u201cnous\u201d patriotique qui nous a portés.» La langue, au cœur du débat?La souveraineté, elle, peut difficilement exister sans le débat sur la langue française.Et le Québec, du petit rang de village à la rue Saint-Denis, s\u2019anglicise, constatent les deux hommes.«Il y a une précarité par rapport à notre culture et notre langue qui est en train de revenir», souligne Dominic Champagne.Né à Sorel en 1963, il était ado lors de l\u2019adoption de la loi 101, mais a néanmoins vécu sa jeunesse dans un Québec post-Révolution tranquille fraîchement affirmé sur le plan linguistique.Pour lui, les Québécois, ces «porteurs d\u2019eau», s\u2019étaient affranchis.«Le combat de la langue n\u2019a pas été mon combat.Nourrir la culture et travailler en français, c\u2019est ce que j\u2019ai toujours fait», note le créateur qui a mis en scène plusieurs spectacles de la fête nationale et des événements hommage à la francophonie et à Félix Leclerc, notamment.«Et la génération de Jules, c\u2019est normal qu\u2019elle se sente moins \u201cinsécure\u201d par rapport à la langue.» Vrai que pour la jeune génération, ces grandes luttes linguistiques ne sont désormais que des chapitres de manuels d\u2019histoire.«Je suis fier de ma langue et je suis inquiet pour elle.Mais je trouve ça difficile de voir comment on peut protéger le français et en faire la promotion active sans exclure et tasser d\u2019autres groupes culturels, soutient-il.Ma réalité, ce n\u2019est pas celle d\u2019un français en train de s\u2019éteindre, à tout le moins dans mon quartier et mes cercles sociaux.[\u2026] À mon avis, peut-être que c\u2019est insouciant, mais il n\u2019y a pas d\u2019urgence d\u2019enclencher cette lutte-là.» Cela ne signifie pas pour autant qu\u2019il n\u2019y a plus de combats à mener, croit-il.«Si ça se trouve, il y en a autrement plus.C\u2019est juste que ça se fait à une autre échelle.» Et dans un Québec qui n\u2019est plus celui de son père, encore moins celui de son grand-père, la nostalgie d\u2019une époque où des mouvements embrasaient l\u2019ensemble d\u2019un peuple demeure.«Je n\u2019ai jamais vécu un grand mouvement de solidarité de mon vivant, à l\u2019exception du printemps 2012, souligne-t-il.C\u2019est dommage.Il y aurait encore cette tentation de sentir qu\u2019on peut faire partie de quelque chose de plus grand que soi, de sortir des luttes locales et modestes pour qu\u2019elles prennent une ampleur collective.» Le Devoir pour.» Le sénateur David Tkachuk a dit que cela lui «brise le cœur», mais que «la Chambre des communes nous a envoyé un message et on doit l\u2019entendre».Frances Lankin a parlé du devoir de «respecter le droit de gouverner» d\u2019une Chambre «démocratiquement élue».Le Sénat avait renvoyé C-14 à la Chambre des communes pour qu\u2019elle élargisse les critères d\u2019admissibilité de l\u2019aide médicale à mourir.Dans la version sénatoriale, il n\u2019aurait plus été nécessaire, pour se qualifier, que la «mort naturelle» d\u2019un malade «soit devenue raisonnablement prévisible » ni que ses capacités soient en déclin avancé et irrémédiable.La Chambre des communes, qui dès le départ avait étudié puis rejeté cette idée, l\u2019a repoussée à nouveau.Le Sénat devait décider vendredi s\u2019il s\u2019entêtait.Il a choisi de ne pas le faire après un débat de six heures au cours duquel le sénateur Serge Joyal a tenté, dans un ultime \u2014 et vain \u2014 effort, d\u2019exiger du gouvernement qu\u2019il soumette sous forme de renvoi cette portion du projet de loi à la Cour suprême.Le vote final s\u2019est soldé par 44 voix pour et 28 voix contre.Les opinions étaient très divisées.Quelques sénateurs aimaient la version de C-14 et ont voté pour (le leader du gouvernement au Sénat, Peter Harder, de même que George Baker et Mike Duffy).D\u2019autres ont voté pour afin de clore le ping-pong législatif tout en étant insatisfaits du projet de loi, soit parce qu\u2019il n\u2019allait pas assez loin (André Pratte, l\u2019ex-juge Murray Sinclair), soit au contraire parce qu\u2019il allait trop loin (Don Plett, Bob Runciman).Certains ont voté contre le projet de loi parce qu\u2019ils s\u2019opposent à l\u2019aide médicale à mourir (Denise Batters, Raynell Andreychuk).D\u2019autres enfin ont voté contre parce que le projet de loi n\u2019allait pas assez loin.C\u2019est le cas notamment de plusieurs Québécois : Joan Fraser, Claude Carignan, Pierre-Hugues Boisvenu, Jean- Guy Dagenais et Ghislain Maltais.Cette multiplication des motifs n\u2019a pas échappé au sénateur Jim Munson, ancien journaliste et ex-directeur des communications du premier ministre Jean Chrétien.« Je trouve ironique que les gens qui votent contre ce projet de loi le fassent pour des raisons opposées», a-t-il dit.Une première loi au Canada La loi qui a reçu la sanction royale vendredi soir permet légalement aux médecins, aux infirmières praticiennes, ainsi qu\u2019à ceux qui les assistent d\u2019aider un patient à mourir.Cette aide peut aussi prendre la forme d\u2019un médicament que le patient s\u2019administre lui-même à domicile.Pour se qualifier, un patient doit être âgé de 18 ans ou plus, être lucide et avoir fait une demande écrite signée devant deux témoins indépendants (qui ne sont pas susceptibles de recevoir un héritage à sa mort).Le patient doit aussi être affecté par des problèmes de santé «graves et irrémédiables ».Ce dernier concept est défini en quatre points : l\u2019affection doit être grave et incurable, elle doit causer des souffrances persistantes intolérables, la personne doit subir un déclin avancé et irréversible de ses capacités, et sa mort naturelle doit être devenue raisonnablement prévisible.Cette loi a été rendue nécessaire à la suite du jugement de la Cour suprême, en février 2015, qui a invalidé l\u2019interdiction mur à mur contenue dans le Code criminel.Dans une déclaration écrite commune, les ministres fédérales de la Justice et de la Santé, Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, se sont réjouies de l\u2019adoption de C-14, qui garantit « un accès sûr et cohérent à l\u2019aide médicale à mourir dans tout le Canada».«Nous remercions tous les parlementaires pour le travail acharné qu\u2019ils ont accompli afin de mener cette tâche à bien dans des circonstances aussi exigeantes.L\u2019aide médicale à mourir est un enjeu difficile, complexe et profondément personnel.» Les ministres réitèrent que leur loi respecte la Charte des droits et libertés et qu\u2019elle établit un «juste équilibre» entre l\u2019autonomie des patients et le besoin de protéger les personnes vulnérables.Plusieurs des opposants à C-14 (le NPD, le Bloc québécois, au moins deux députés libéraux, plusieurs sénateurs) soutiennent au contraire que le gouvernement crée un déséquilibre entre les personnes en fin de vie et les personnes souffrantes dont la mort n\u2019est pas raisonnablement prévisible.La lutte continue Le débat n\u2019est pas terminé, tant s\u2019en faut.D\u2019ici six mois, Ottawa devra lancer une étude pour déterminer si les mineurs et les personnes atteintes d\u2019une maladie mentale doivent y avoir accès et pour voir s\u2019il faut autoriser les demandes anticipées.Le fruit de cette étude devra être partagé avec les parlementaires deux ans plus tard.Le sénateur Claude Carignan exhorte le gouvernement à soumettre sa loi par renvoi à la Cour suprême pour vérifier s\u2019il peut, comme il le fait, limiter l\u2019aide à mourir aux personnes en fin de vie.«C\u2019est certain que ça ira devant les tribunaux, dit-il.Ce que je veux éviter, c\u2019est que ce soient les citoyens, qui sont déjà démunis, vulnérables, malades, qui doivent prendre de leur argent pour contester jusqu\u2019en Cour suprême pendant cinq ans.» Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 J U I N 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S pum.umontreal.ca SUITE DE LA PAGE 1 MOURIR Le gros morceau législatif du printemps ayant été adopté au Sénat à la dernière minute vendredi après-midi, la Chambre des communes a choisi de plier bagage plus tôt que prévu.Députés et ministres se demandaient s\u2019ils auraient à prolonger leur séjour à Ottawa au-delà du 23 juin, le temps que les sénateurs donnent leur appui au projet de loi C-14 sur l\u2019aide médicale à mourir.Ils auront finalement pu rentrer dans leurs circonscriptions une semaine plus tôt.La Chambre a ajourné ses travaux jusqu\u2019au 19 septembre, mais elle siégera quelque temps le 29 juin, pour entendre le discours du président américain Barack Obama au Parlement.Seuls trois autres projets de loi budgétaires statutaires ont reçu la sanction royale depuis l\u2019arrivée du gouvernement libéral en novembre.Une poignée d\u2019autres sont bien avancés dans le processus législatif.Le gouvernement tient en particulier à faire adopter d\u2019ici l\u2019été C- 15, sur l\u2019exécution de son budget.Le Sénat poursuivra d\u2019ailleurs ses travaux encore quelques jours la semaine prochaine pour en finaliser l\u2019étude.Marie Vastel Fin de session surprise SUITE DE LA PAGE 1 JEUNESSE à Saint-Pétersbourg.«La responsabilité doit toujours être individuelle et personne ne doit en pâtir parmi ceux qui n\u2019ont aucun rapport avec ces violations», a ajouté le président, qui réfute toutes les allégations de dopage organisé par l\u2019État.Yelena Isinbayeva, le visage de l\u2019athlétisme russe, double championne olympique au saut à la perche (2004-2008), a réagi la première au maintien de la suspension de sa Fédération : «C\u2019est une violation des droits de la personne.Je ne peux pas me taire, [\u2026] je vais m\u2019adresser à une cour des droits de la personne.» L\u2019IAAF juge que la Russie n\u2019en a pas fait assez pour mériter sa réintégration dans les grandes compétitions.Une suspension de toutes les compétitions internationales avait été imposée au mois de novembre dernier à la suite d\u2019un rapport d\u2019une commission indépendante de l\u2019Agence mondiale antidopage, qui avait dévoilé l\u2019existence d\u2019un système généralisé de dopage, de dissimulations et de corruption au sein de l\u2019athlétisme russe.Athlétisme Canada, comme plusieurs fédérations dans le monde, s\u2019était montrée favorable au maintien de la suspension de la Russie, plaidant que son homologue russe avait « laissé tomber ses athlètes» en participant à un système de «dopage généralisé».«Maintenir l\u2019interdiction de la Russie affirmera votre volonté ferme à protéger les intérêts des athlètes propres, par tout dans le monde », écrivait jeudi le directeur général d\u2019Athlétisme Canada, Rob Guy, dans une lettre adressée au président de l\u2019IAAF, Sebastian Coe.«Je pars du principe que nous aurons une discussion avec nos collègues de l\u2019Agence mondiale antidopage et, j\u2019espère, une réaction du Comité international olympique», a dit Vladimir Poutine à la suite de la décision.Une chance pour les athlètes propres En confirmant la suspension de la Fédération russe d\u2019athlétisme, l\u2019IAAF a laissé la porte ouverte aux athlètes qui pourraient être en mesure de prouver leur bonne foi.La fédération autorise en effet les athlètes russes qui n\u2019ont pas subi de contrôles positifs à prouver «qu\u2019ils n\u2019ont pas fait partie du système de dopage» afin de participer aux jeux de Rio.Il faut voir dans cette décision la patte personnelle de Sebastian Coe, ancien athlète de haut niveau.Le double champion olympique du 1500 m (en 1980 et 1984) a toujours affiché son soutien aux athlètes propres.Il a lui-même vécu le boycottage des États-Unis à Moscou en 1980, puis celui des Russes et pays satellites en 1984 à Los Angeles.«Faire empêcher de courir des athlètes qui n\u2019ont jamais été contrôlés positifs est pour lui un crève-cœur », assure un proche du président.Concrètement, « il sera possible pour des athlètes qui ne sont pas impliqués dans le système russe, mais qui font partie d\u2019un programme extérieur à la Russie et efficace contre le dopage de faire une demande spéciale.L\u2019IAAF étudiera ces cas et fera ses recommandations», a dit M.Coe vendredi.Les modalités entourant ces éventuelles participations, notamment la bannière sous laquelle compétitionneraient les athlètes, doivent être choisies par le Comité international olympique, qui se réunira mardi à Lausanne, en Suisse.« J\u2019espère que nous trouverons une solution, mais cela ne veut pas dire que nous allons nous vexer et dire que nous n\u2019allons pas lutter contre le dopage», a assuré Vladimir Poutine.Un nouveau scandale émerge La Russie tente depuis plusieurs mois de convaincre l\u2019IAAF qu\u2019elle a répondu aux demandes de l\u2019Agence mondiale antidopage et qu\u2019elle mérite d\u2019être réintégrée dans le giron de l\u2019athlétisme mondial.« Depuis six mois, les échantillons de nos sportifs ont été analysés par des spécialistes étrangers.Et ces échantillons ont été analysés dans des laboratoires étrangers.Il ne faut pas leur faire confiance ?» s\u2019est interrogé Vladimir Poutine.De son côté, la Fédération a agi sur la base des recommandations d\u2019un groupe de travail spécial qui a effectué le suivi des efforts de réforme de la Russie.L\u2019Agence mondiale antidopage a publié au début de la semaine un nouveau rapport accablant, qui fait mention d\u2019obstructions et de violations des contrôles de dépistage.Le scandale du dopage n\u2019est par ailleurs probablement pas près de finir, puisque de nouvelles allégations visaient vendredi la Fédération russe de natation.Le Times de Londres et le Frankfurter Allgemeine ont publié les résultats d\u2019une enquête selon laquelle de hauts responsables de l\u2019antidopage russe ont offert en 2011 à des dirigeants de la Fédération d\u2019éviter des contrôles antidopage à certains de leurs nageurs en échange d\u2019argent.Grigory Rodchen- kov, l\u2019ancien directeur du laboratoire russe antidopage, et Nikita Kamaev, alors patron de la Rusada, l\u2019agence russe antidopage, tous deux déjà impliqués dans le scandale de l\u2019athlétisme, auraient aussi tenté de corrompre la Fédération russe de natation, sans parvenir à un accord avec celle-ci.«Ce sont des accusations très sérieuses et nous exhortons quiconque ayant des éléments de preuve à les fournir afin que nous puissions recouper avec toutes les autorités compétentes et prendre si nécessaire des mesures disciplinaires immédiates », a réagi la Fédération internationale de natation.Agence France-Presse et La Presse canadienne SUITE DE LA PAGE 1 ATHLÉTISME "]
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