Le devoir, 8 juin 2016, Cahier A
[" O D I L E T R E M B L A Y D epuis le temps qu\u2019on n\u2019avait plus de nouvelles d\u2019André Brassard.Son accident vasculaire cérébral en 1999 l\u2019avait un temps terrassé.Il aura remis d\u2019autres pièces en scène, dont Oh les beaux jours de Samuel Beckett en 2008, avant de jeter l\u2019éponge pour cause d\u2019énergies perdues.Depuis le temps qu\u2019il n\u2019avait pas accordé d\u2019entrevues non plus\u2026 « Je me suis ennuyé de moi- même, lance-t-il dans son salon, rue Masson, confiné au fauteuil roulant.Le plus dur, c\u2019est d\u2019accepter de ne plus créer.» Celui qui avait signé en 1968, coup de tonnerre sur le ciel québécois, la mise en scène au Rideau vert des Belles-sœurs de Michel Tremblay, le créateur qui fut la main gauche ou droite de Tremblay, on ne sait plus laquelle, André Brassard : le soleil se lève encore « Je me suis ennuyé de moi-même », lance le metteur en scène-monument V O L .C V I I N o 1 2 7 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 8 J U I N 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a La ruralité comme tiers-monde numérique.L\u2019accès des régions aux technologies est dé?cient.Page A 7 Culture \u203a Le MBAM dévoile son nouveau pavillon.Le bâtiment de six étages abritera entre autres l\u2019art-thérapie.Page B 10 Avis légaux.B 6 Décès.A 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .A 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Trop peu de Québécois reçoivent le bon traitement en cas d\u2019AVC Page A 5 Primaires américaines Hillary Clinton entre dans l\u2019histoire Page B 6 A L E X A N D R E S H I E L D S A vec la première Loi sur les hydrocarbures de l\u2019histoire du Québec, le gouvernement entend donner des droits importants aux entreprises qui souhaitent exploiter le pétrole et le gaz naturel.Le projet de loi présenté mardi prévoit en effet que ces entreprises obtiendront la propriété du sous-sol sous permis et un droit d\u2019expropriation pour lancer leurs projets d\u2019exploitation.L\u2019esprit de ces dispositions provient de la Loi sur les mines adoptée il y a plus d\u2019un siècle.Selon le projet de loi 106 «concernant la mise en œuvre de la Politique énergétique 2030 et modifiant diverses dispositions législatives», les pétrolières qui détiennent un permis d\u2019exploration ou d\u2019exploitation bénéficieront d\u2019un «droit d\u2019accès au territoire qui en fait l\u2019objet».Ce permis sera valide pour au moins cinq ans et pourra être renouvelé.Qui plus est, les droits d\u2019exploration et d\u2019exploitation « constituent des droits réels immobiliers» et «une propriété distincte de celle du sol sur lequel ils portent», précise le texte du projet de loi Québec donne aux pétrolières le droit d\u2019exproprier L\u2019importante Loi sur les hydrocarbures reprend des dispositions de la vieille Loi sur les mines LES CITOYENS EN RENFOR T POUR SAUVER LE MONARQUE GABRIEL BOUYS AGENCE FRANCE-PRESSE Tous les Canadiens sont invités à collaborer à Mission monarque, une vaste étude sur les habitats de reproduction du papillon monarque, dont les populations migratrices ont décliné de 90% au cours des 20 dernières années.La participation du public aidera les chercheurs à recenser les sites privilégiés par les monarques.Page A 6 J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U N ouvelle tentative de suicide, conditions sanitaires précaires, soins médicaux inadéquats, manque systématique de personnel, confinements, échanges avec des hommes : les conditions des femmes ne s\u2019améliorent guère à la prison Leclerc, quelques mois après la fermeture du centre de détention non mixte Tanguay et le déménagement des détenues.Et, même s\u2019il assure que Québec a corrigé les problèmes, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, refuse d\u2019ouvrir les portes à une «mission d\u2019observation».La Fédération des femmes du Québec (FFQ) et la Ligue des droits et libertés (LDL) ont dénoncé conjointement mardi le fait que le ministre Coiteux leur interdise une visite de 48 heures pour constater la réalité que vivent ces détenues.La démarche préconisée par la FFQ et la CONDITIONS DE DÉTENTION La prison Leclerc interdite d\u2019accès Le ministre Coiteux refuse une mission d\u2019observation chez les femmes détenues ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR André Brassard fut la main gauche (ou était-ce la droite ?) de Michel Tremblay.VOIR PAGE A 10 : LOI VOIR PAGE A 10 : PRISON VOIR PAGE A 10 : BRASSARD Lire aussi \u203a Couillard a refroidi les investisseurs, dit Junex.La nouvelle loi était atendue.Page B 1 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 8 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 A L E X A N D R E R O B I L L A R D à Québec L e candidat à la direction du Par ti québécois (PQ) Alexandre Cloutier exposerait son parti à la marginalisation en ignorant le désintérêt des électeurs pour un référendum sur la souveraineté à brève échéance, a déclaré mardi son adversaire Jean- François Lisée.M.Lisée a affirmé que la population avait raison de penser qu\u2019il est impossible de gagner un référendum sur la souveraineté avec une aussi brève échéance.Un sondage publié lundi montre que seulement 13 % des répondants veulent une consultation populaire dans le mandat qui doit commencer en 2018.M.Cloutier a affirmé que les sondages ne compteraient pas dans son analyse pour décider si un référendum est possible.Dans une mêlée de presse, M.Lisée a fait référence aux propos de M.Cloutier, qui veut s\u2019appuyer sur ce qu\u2019il sent pour préciser ses intentions.«Je ne doute pas de la qualité de son flair, les sondages, ça va, ça vient, a-t-il dit.Mais il existe quelque chose qui s\u2019appelle \u201c les tendances lourdes\u201d.C\u2019est lorsque, pendant plusieurs années, la majorité des Québécois ou la moitié des électeurs péquistes disent qu\u2019ils ne veulent pas de référendum dans un premier mandat.Il faut savoir sentir ça.Et ça sent très, très fort.» M.Lisée, qui propose un référendum après le début du mandat qui doit commencer en 2022, a af firmé que les sondages fai - saient partie des éléments qui nour rissent son analyse.« Là, je ne le sens pas , a - t - i l di t .Les gens nous disent le contraire, on n\u2019es t pas proche de ça, ce n\u2019est pas à por tée de la main.Que des collègues soient plus optimistes, je le respecte, mais il me semble qu\u2019on reçoit des signaux de nos propres militants, de la population, de nos électeurs, j\u2019aimerais qu\u2019ils les captent mieux.» En promettant lors de la prochaine campagne électorale un référendum avant 2022, le PQ s\u2019exposera à un retour dans la position de deuxième groupe de l\u2019opposition, comme en 2007, quand l\u2019Action démocratique du Québec a formé l\u2019opposition officielle.«Ma prévision, elle est simple, a-t-il dit.Si on s\u2019entête à proposer un référendum dans le premier mandat, nous serons le troisième parti au Québec en 2018.Les libéraux ou la CAQ auront gagné, nous serons le troisième parti, on se sera marginalisé et ce sera très dur pour la suite.» Rôle pour Péladeau Jean-François Lisée offrira par ailleurs à Pierre Karl Péladeau d\u2019être son conseiller économique s\u2019il est élu chef du Parti québécois (PQ).M.Lisée a présenté mardi son plan d\u2019allégement réglementaire pour aider les petites et moyennes entreprises (PME).Dans une entrevue avec La Presse canadienne, le candidat n\u2019a pas voulu dire si le PQ a perdu en crédibilité économique avec la démission de M.Péladeau, en mai.M.Lisée a répété qu\u2019il est le fils d\u2019un entrepreneur et qu\u2019il a géré un organisme de recherche internationale doté d\u2019un budget de 1 million de dollars.Selon le candidat, il est « mieux outillé pour parler d\u2019économie que le neurochirurgien qui nous gouverne », le premier ministre Philippe Couillard.Malgré cela, M.Lisée souhaite obtenir les services de M.Péladeau s\u2019il est élu chef du PQ, en octobre prochain, et qu\u2019il devient premier ministre ensuite.« C\u2019est certain, si je suis chef du PQ, un de mes premiers appels ce sera d\u2019appeler Pierre Karl pour dire : \u201c viens m\u2019aider \u201d, a-t-il dit.Et si je négocie comme premier ministre avec Bombardier, je veux avoir Pierre Karl dans la pièce comme conseiller spécial.» Malgré ses critiques passées envers les risques de conflit d\u2019intérêts de M.Péladeau, en raison de sa position d\u2019actionnaire de contrôle du conglomérat Québecor, M.Lisée a assuré qu\u2019il a de bonnes relations avec l\u2019ex-chef péquiste.«On s\u2019aime bien, malgré tout, a-t-il dit.On a développé une bonne complicité ensemble.» La Presse canadienne RÉFÉRENDUM L\u2019empressement de Cloutier reléguerait le PQ en troisième place, clame Jean-François Lisée RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Le candidat à la chefferie du PQ Jean-François Lisée of frira à Pierre Karl Péladeau d\u2019être son conseiller économique s\u2019il est élu à la tête de la formation.Alexandre Cloutier a reçu mardi un nouvel appui du caucus péquiste.La députée Diane Lamarre, porte- parole en matière de santé, a annoncé qu\u2019elle se range dans son camp.Dans un point de presse avec M.Cloutier, Mme Lamarre a affirmé que son choix s\u2019est arrêté au terme d\u2019une réflexion « dif ficile, mais réfléchie ».Selon la députée, qui avait appuyé Pierre Karl Pé- ladeau durant la dernière course, M.Cloutier est le candidat avec le plus grand nombre de qualités qu\u2019elle recherche.Mme Lamarre a assuré que les députés ne font pas l\u2019objet de plus de pressions que lors de la dernière course afin qu\u2019ils choisissent un camp.« Le déclic » qui l\u2019a incitée à se ranger dans le camp de M.Cloutier est son engagement à préciser son projet indépendantiste d\u2019ici la fin de 2017.Diane Lamarre appuie Cloutier R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec Le chef de l\u2019opposition officielle, Sylvain Gaudreault, a brandi à l\u2019Assemblée nationale, mardi, des procès-verbaux qui montrent que le conseil d\u2019administration d\u2019Investissement Québec (IQ) a non seulement informé Jacques Daoust de la vente d\u2019un important bloc d\u2019actions de Rona, mais qu\u2019il a même consulté le ministre.Ces procès-verbaux viennent contredire Jacques Daoust qui, encore mardi, a soutenu qu\u2019il n\u2019avait pas donné d\u2019autorisation pour la vente des actions de Rona, ni même été informé de la décision d\u2019IQ.«Est-ce que le premier ministre peut enfin faire la seule chose qui lui reste et congédier son ministre des Transports ?» a lancé Sylvain Gaudreault lors de la période de questions.En vertu du procès-verbal du 17 novembre 2014, le CA adopte une résolution qui autorise IQ à disposer des actions de Rona qu\u2019elle détient \u2014 soit une valeur de 156 millions \u2014 « sous réserve d\u2019une consultation préalable auprès du ministre responsable de la Société », c\u2019est-à-dire Jacques Daoust, qui est alors ministre de l\u2019Économie, de l\u2019Innovation et des Exportations.À cette même réunion du conseil, après l\u2019adoption de la résolution, les administrateurs indépendants d\u2019IQ ont reçu le ministre pour une rencontre à huis clos.Jacques Daoust a soutenu que lors de cette rencontre, il a expliqué aux administrateurs ses attentes à l\u2019endroit de la société d\u2019État.« En aucune façon, il n\u2019a été discuté, le doss ier de Rona » , a - t - i l avancé.Couillard ne doute pas Une fois encore, Philippe Couillard a pris la défense de son ministre, qui lui a dit ne pas avoir été informé de la décision d\u2019IQ.« En privé avec moi et également en public » , a précisé le premier ministre.« Je ne vois pas de raison de remettre sa parole en doute.» Sylvain Gaudreault a aussi produit le procès-verbal de la réunion suivante, du 15 décembre 2014, celui qu\u2019avait mentionné la vérificatrice générale du Québec dans son rapport sur IQ.Le p.-d.g.par intérim d\u2019IQ, Yves Lafrance, y « fait état de l\u2019accord donné par le ministre responsable de la Société relativement à la vente de la totalité des actions de Rona détenues par la Société ».Le Devoir VENTE D\u2019ACTIONS DE RONA Des procès- verbaux contredisent Daoust Philippe Couillard défend son ministre M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L es diplomates canadiens ont le «devoir» de soulever la question des droits de la personne lorsqu\u2019ils rencontrent des officiels chinois, est d\u2019avis le représentant officiel du Québec en Chine, Jean- François Lépine.« Il faut avoir ce courage-là», a-t-il insisté lors d\u2019un déjeuner- conférence de la Société des relations internationales de Québec (SORIQ) mardi.« On a le devoir de communiquer aux autorités chinoises, à toutes sortes de niveaux, nos préoccupations en ce qui a trait à la question des droits de l\u2019Homme », a-t-il ajouté devant un parterre réunissant la totalité \u2014 ou presque \u2014 des chefs de poste des 28 représentations du Québec à l\u2019étranger.M.Lépine réagissait notamment à la leçon donnée il y a une semaine par le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, à la journaliste canadienne Amanda Connolly, après qu\u2019elle eut interrogé le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, sur le bilan de la Chine en matière de droits de la personne.«C\u2019est le rôle de cette fille- là de poser cette question-là», a dit l\u2019ex-grand reporter à Radio- Canada, rappelant du même souffle qu\u2019un ressortissant canadien accusé d\u2019espionnage est actuellement détenu en Chine.«Ne vous en faites pas.Bon, ça les offusque dans une conférence de presse, mais ils sont très conscients que c\u2019est notre préoccupation», a-t-il poursuivi.M.Lépine a toutefois mentionné qu\u2019« il y a toutes sortes de façons de [d]\u2019aborder [les enjeux liés au non-respect des droits de la personne] sans choquer nos interlocuteurs chinois ».« On n\u2019est pas obligés de le faire de façon agressive», a-t- il mentionné.Présence québécoise L\u2019ex-correspondant à l\u2019étranger a dit être « obsédé par une chose» depuis son arrivée dans le réseau diplomatique québécois : « augmenter la richesse collective du Québec ».Pour y arriver, il souhaite voir la présence québécoise en Chine s\u2019accroître.Alors que les acteurs de la communauté internationale se livrent une « concurrence foudroyante pour attirer l\u2019attention du gouvernement central chinois », M.Lépine préconise l\u2019établissement d\u2019autres «voies d\u2019accès » \u2014 la ville de Shanghai ou encore la province du Shan- dong, par exemple.Celles-ci sont « probablement plus ef fi- caces » pour obtenir des résultats.D\u2019ailleurs, il a dit tenter de « convaincre » le maire Régis Labeaume d\u2019« exploiter sa relation avec la Ville de Xi\u2019an», avec laquelle la Ville de Québec est jumelée depuis 2001.Un tête-à-tête d\u2019une heure entre des chefs de gouvernement québécois et chinois, comme celui entre René Lé- vesque et Zhao Ziyang en janvier 1984, est pratiquement impossible de nos jours.« [Au- jourd\u2019hui,] les grandes multinationales ont souvent plus d\u2019entrées au gouvernement que bien des pays.Par exemple, Bombardier a [un] accès au gouvernement central chinois qui est souvent 1000 fois ce que le Québec, nous pouvons avoir, seuls », a-t-il fait remarquer, réaliste.Entre États fédérés La déléguée générale du Québec à Paris récemment désignée, Line Beauchamp, a souligné à cet égard le rôle-clé du Québec dans la diplomatie internationale, mais plus particulièrement dans celle des États fédérés.« Nous sommes un État fédéré.Dans ce sens-là, moi je crois qu\u2019il y a une diplomatie d\u2019États fédérés [dans laquelle] le Québec a un rôle extrêmement important à jouer», a-t-elle affirmé.Les chefs de poste étaient réunis mardi à Québec, notamment afin d\u2019entendre derrière des portes closes le secrétaire général du gouvernement du Québec, Juan Roberto Iglesias, énumérer les priorités gouvernementales en matière de relations internationales.Le Devoir a tenté d\u2019en savoir davantage à ce sujet, mais en vain.« Ces propos n\u2019étaient pas destinés à être rendus publics », a indiqué le ministère du Conseil exécutif.Le Devoir RELATIONS CANADA-CHINE Les diplomates se doivent de soulever la question des droits de la personne, estime Jean-François Lépine MTQ: Annie Trudel devant la CAP La Commission de l\u2019administration publique (CAP) de l\u2019Assemblée nationale doit entendre mercredi soir l\u2019ex-analyste Annie Trudel et une responsable de l\u2019évaluation des programmes au ministère des Transports du Québec (MTQ), Louise Boily.Ces deux témoignages fort attendus permettront d\u2019aider à faire la lumière sur les irrégularités constatées au MTQ en lien avec l\u2019attribution de contrats et avec la présence de sous- traitants au sein du ministère.Les membres de la commission comptent notamment interroger Mme Trudel sur les documents critiques envers le MTQ qu\u2019elle a soumis à l\u2019ancien ministre Robert Poëti et qui auraient été modifiés avant d\u2019être en partie rendus publics.Le Devoir M.Lisée propose un référendum après le début du mandat débutant en 2022 SOURCE CC Le représentant du Québec en Chine, Jean-François Lépine L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 8 J U I N 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Jacques Daoust a dit avoir obtenu l\u2019aval de l\u2019industrie du taxi, d\u2019Uber, du syndicat des Métallos et de Téo Taxi relativement au report de l\u2019application de la loi.R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L e ministre des Transports, Jacques Daoust, a rendu public mardi un amendement afin que le projet de loi 100 sur l\u2019industrie du taxi et Uber soit adopté d\u2019ici vendredi, mais que son entrée en vigueur soit repoussée de trois mois, le temps de négocier les termes d\u2019un projet-pi- lote avec Uber.Pendant cette période de trois mois, la multinationale américaine poursuivra ses activités malgré tout, a confirmé son porte-parole, Jean- Christophe de Le Rue.«Ce qu\u2019on veut, c\u2019est de ramener la paix, a fait valoir Jacques Daoust dans une mêlée de presse.Ce qu\u2019on veut, c\u2019est d\u2019aller chercher un consensus.» Le ministre a dit avoir obtenu au cours de la fin de semaine l\u2019aval de l\u2019industrie du taxi, d\u2019Uber, du syndicat des Métallos et de l\u2019entreprise de taxi Téo relativement à ce report de l\u2019application de la loi.Même si Uber poursuit ses activités, « la loi actuelle continue de prévaloir », a fait observer Jacques Daoust.Il faudra également régler aussi « un petit problème fiscal », a-t-il ajouté.À la suite d\u2019un jugement de la Cour, Revenu Québec réclame d\u2019Uber le paiement des taxes de vente non perçues.Les chauffeurs de taxi menaçaient de perturber la tenue du Grand Prix de Montréal en fin de semaine et de mener d\u2019autres manifestations au cours de l\u2019été si le projet de loi n\u2019était pas adopté.Le président de la Commission-Jeunesse du Par ti libéral du Québec, Jonathan Mar- leau, collait aux semelles de Jacques Daoust mardi.Selon lui, le ministre n\u2019avait d\u2019autre choix que de jeter du lest après le « mea culpa » d\u2019Uber.« [La sortie de la multinationale] change totalement le paradigme.Ça crée quelque chose de nouveau », a-t-il soutenu lors d\u2019une mêlée de presse au parlement.Il a dit accueillir « très favorablement » l\u2019amendement puisqu\u2019il contribue à améliorer « le cocktail de possibilités de transport » et à freiner l\u2019usage de l\u2019auto-solo.« Si tout le monde y met du sien, on va arriver à construire quelque chose qui va nous permettre de nous démarquer à l\u2019échelle internationale », a-t-il af firmé, pas peu fier de récolter les fruits de la pression qu\u2019il a exercée sur le gouvernement libéral au fil des dernières semaines.Négociations en cours Mardi encore, la Coalition avenir Québec continuait à s\u2019opposer au projet de loi 100.«On a besoin, au Québec, pour relancer notre économie, de s\u2019ouvrir à l\u2019économie de partage.On ne peut pas régler ça rapidement, en disant : on impose la gestion de l\u2019of fre, on refuse l\u2019entrée d\u2019une entreprise comme Uber », a réitéré le chef de la CAQ, François Legault, en matinée.Son parti refuse de collaborer pour permettre l\u2019adoption d\u2019ici vendredi du projet de loi.Devant cette résistance, la seule option qui restait au gouvernement pour le faire adopter, c\u2019était d\u2019utiliser le bâillon.À la suite de l\u2019annonce du ministre, la CAQ a demandé une rencontre avec celui-ci et le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, entrouvrant la por te à une entente.Mais mardi soir, rien n\u2019était encore décidé.Tant la porte-parole péquiste en matière de transports, Martine Ouellet, qu\u2019Amir Khadir, de Québec solidaire, ont approuvé l\u2019initiative du ministre dans un point de presse pour lequel ils étaient accompagnés des représentants du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (R TAM), qui représente quelque 4000 chauffeurs de taxi.«Maintenant, notre demande est simple : Uber, soyez de bonne foi, et cessez vos activités », a exigé le porte-parole de RTAM, Benoit Jugand, qui exhorte aussi la CAQ de mettre un terme à son obstruction.Le porte-parole de la majorité des détenteurs de permis de taxi, Guy Chevrette, estime que le report de l\u2019application de la loi, « ce n\u2019est pas l\u2019idéal » : le compromis n\u2019a pas été accepté de « gaieté de cœur ».Mais mieux vaut l\u2019adoption d\u2019un projet de loi maintenant plutôt qu\u2019en décembre.Son regroupement présentera mercredi une proposition pour permettre l\u2019utilisation de permis de taxi par blocs d\u2019heures.Avec Marco Bélair-Cirino Le Devoir Jacques Daoust accorde trois mois à Uber pour négocier un projet-pilote M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e ministre de l\u2019Environnement, David Heur- tel, veut obliger les promoteurs à soumettre leurs projets à un « test climat » durant lequel ils tireraient au clair les émissions de gaz à effet de serre (GES) à prévoir.«C\u2019est une mesure de prévention.[\u2026] L\u2019initiateur de projets serait tenu de justifier ses choix technologiques, ses procédés, ses sources d\u2019énergie ou de fournir un plan de réduction de GES le cas échéant», a indiqué M.Heurtel, à l\u2019occasion d\u2019une conférence de presse suivant le dépôt du projet de loi 102 à l\u2019Assemblée nationale mardi après-midi.« Il est possible qu\u2019un projet, à sa face même, puisse paraître [\u2026] comme présentant des risques faibles, négligeables, mais que, lorsqu\u2019on considère le \u201ctest climat\u201d, bien là, un instant, peut-être qu\u2019il faut regarder ça plus en profondeur, et donc ça\u2026 le ministre aurait le pouvoir de forcer une évaluation plus exigeante», a-t-il ajouté, citant en exemple un projet d\u2019élargissement d\u2019une autoroute dont l\u2019impact sur les changements climatiques pourrait s\u2019avérer non négligeable.Le directeur principal d\u2019Équiterre, Steven Guil- beault, s\u2019est réjoui de la volonté af fichée par M.Heurtel d\u2019instaurer un «test climat».«Nous croyons qu\u2019un \u201ctest climat\u201d, à l\u2019image de celui utilisé par le département d\u2019État des États-Unis dans le dossier du pipeline Keystone XL, est une nécessité si le Québec veut atteindre ses cibles de réductions de GES», a-t-il soutenu par voie de communiqué.«Modulation du régime d\u2019autorisation» M.Heurtel ambitionne de dépoussiérer le régime d\u2019autorisation environnementale de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement (LQE), qui est resté intact \u2014 ou presque \u2014 depuis plus de 40 ans, au moyen du projet de loi 102.Plus précisément, il entend «accroître la modulation du régime d\u2019autorisation en fonction du risque pour l\u2019environnement».Pour y parvenir, le document de 130 pages crée «quatre types d\u2019encadrement» en fonction de «quatre niveaux de risque».«Les risques élevés nécessiteraient une procédure d\u2019évaluation et d\u2019examen des impacts sur l\u2019environnement; les risques modérés, une autorisation ministérielle ; les risques faibles, une déclaration de conformité, ce qui est nouveau; et les risques négligeables, une exemption», a résumé le ministre libéral.Par exemple, finis les «200 jours» pour traiter une demande de prolongement d\u2019un réseau d\u2019aqueduc ou d\u2019égout, a-t-il promis.Le projet de loi 102 permet toutefois au ministre de l\u2019Environnement d\u2019exiger une autorisation ministérielle pour tout projet ayant «l\u2019air anodin [mais qui] à cause de son contexte pourrait [faire courir] un risque élevé » à l\u2019environnement, comme le déversement des eaux usées de la ville de Montréal dans le fleuve Saint-Laurent.«C\u2019est un exemple bien concret que là, avec ce qu\u2019on a comme projet de loi, on pourrait se retrouver avec les pouvoirs pour justement poser beaucoup plus de questions puis aller plus loin.Parce que là, on parle d\u2019un niveau de risque beaucoup plus grand, qui a des impacts beaucoup plus grands que simplement un certificat d\u2019autorisation pour une chute de neige», a expliqué M.Heurtel.Cela dit, quelque 1500 autorisations ministérielles seraient bon an mal an éliminées, a-t-il fait remarquer mardi.M.Heurtel ose croire qu\u2019il est parvenu à rendre la Loi sur la qualité de l\u2019environnement « plus ef ficace » tout en « maint[enant] des plus hautes exigences en matière de protection de l\u2019environnement et une plus grande transparence favorisant l\u2019acceptabilité sociale».Le Devoir LOI SUR LA QUALITÉ DE L\u2019ENVIRONNEMENT Heurtel veut soumettre les projets à un « test climat » G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É L es moyens pour y arriver diffèrent, mais pas l\u2019objectif : les trois partis d\u2019opposition à Québec ont exigé mardi que le gouvernement Couillard mène une consultation sur le rapport du Comité consultatif sur le droit de la famille.Et ils critiquent au passage l\u2019incapacité de la ministre de la Justice à faire progresser ce dossier.«Ce qu\u2019on apprend est déplorable, indique en entretien la députée péquiste Véronique Hivon.Un an après le dépôt du rapport du comité, on a décidé de le tabletter.C\u2019est d\u2019autant plus grave qu\u2019on a vu au cours des derniers mois qu\u2019il y a de ces enjeux qui deviennent urgents si on ne veut pas que ce soit les tribunaux qui réécrivent de A à Z notre droit de la famille.» Le Devoir révélait mardi que la ministre Stéphanie Vallée a signalé récemment au président du comité consultatif, Alain Roy, que le dossier est entre parenthèses et que Québec n\u2019entend pas y donner de suite immédiate.Or une note confidentielle destinée au Conseil des ministres montre que la ministre souhaitait quant à elle organiser des consultations publiques et qu\u2019un document a même été préparé à cet égard.Mme Vallée n\u2019a pas accordé d\u2019entrevue au Devoir mardi.Mais elle a indiqué en Chambre que le gouvernement est «en action dans l\u2019analyse et dans les suites à donner aux recommandations de ce rapport et d\u2019autres avis » touchant le même sujet.Des « travaux suivront», a-t-elle ajouté.La ministre a fait valoir que les enjeux soulevés par ce débat sont complexes et de nature à « polariser les gens ».« On veut y aller de façon plus consensuelle », a indiqué Mme Vallée, sans préciser en quoi une consultation publique nuirait à ce principe.Motion de l\u2019opposition Les trois partis d\u2019opposition trouvent regrettable le blocage actuel.Le Parti québécois a ainsi déposé en après-midi \u2014 avec l\u2019appui de Québec solidaire \u2014 une motion visant la création d\u2019une commission non partisane chargée d\u2019étudier le rapport et de mener des consultations publiques.La Coalition Avenir Québec a de son côté préféré demander à la Commission des institutions un mandat pour que les parlementaires puissent étudier les recommandations du comité et consulter la population à cet égard.Dans un cas comme dans l\u2019autre, l\u2019intention est de forcer le gouvernement à bouger.Pour Véronique Hivon, l\u2019importance du dossier commande une consultation du type de celle qui a mené à l\u2019adoption de la Loi concernant les soins de fin de vie.« La situation actuelle est ironique, estime-t-elle.Au moment même où l\u2019on voit à Ottawa le marasme dans lequel le gouvernement est plongé parce qu\u2019il est en mode rattrapage par rapport aux tribunaux sur la question de l\u2019aide médicale à mourir, on prend ici le même chemin [du laisser-faire] dans le dossier du droit de la famille.» Son collègue de la CAQ Simon Jolin-Barrette estime que le dossier révèle « le manque de leadership de la ministre Vallée, incapable de faire cheminer ses dossiers au sein du Conseil des ministres.Celui du droit de la famille s\u2019ajoute au projet de loi 59 [discours haineux] ou à la réforme de la justice administrative».Mme Hivon y voit plutôt la preuve que «le gouvernement est en train de laisser tomber sa ministre de la Justice».Tous les deux rejettent l\u2019argument de la complexité du dossier pour expliquer le refus d\u2019agir.«Commençons donc par ouvrir le rapport à la page 1 », a dit M.Jolin-Barrette lors de la période de questions.«Si ce n\u2019est pas nous, les élus, qui faisons ce travail-là, ça veut dire quoi?demande Mme Hivon.Ça veut dire qu\u2019on abdique nos responsabilités.» Le rapport du comité Roy proposait 82 recommandations pour mettre à jour le droit de la famille québécois, qui n\u2019a pas été revu en profondeur depuis 1980.Le Devoir DROIT DE LA FAMILLE L\u2019opposition exige des consultations MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Uber poursuivra ses activités pendant l\u2019été.JACQUES NADEAU LE DEVOIR La députée péquiste Véronique Hivon soutient que le gouvernement est en train de laisser tomber sa ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.Lire aussi \u203a Il faudrait accoucher.Un éditorial d\u2019Antoine Robitaille.Page A 8 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 8 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 LANAUDIÈRE Samedi 11 juin, Rawdon CANTONS-DE-L\u2019EST Samedi 10 septembre, Orford CHOIX DE PARCOURS : DE 50 À 150 KM INSCRIVEZ-VOUS MAINTENANT velo.qc.ca EN PARTENARIAT AVEC P h o t o : M a x i m e J u n e a u , L \u2019 É t a t B r u t ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le mandat de Graham Fraser se terminera en octobre, après 10 années passées à titre de commissaire aux langues of ficielles.F A N N I E O L I V I E R à Ottawa E xcédé par le piètre bilan d\u2019Air Canada en matière de bilinguisme, le commissaire aux langues of ficielles demande désormais aux parlementaires des outils pour forcer le transporteur aérien à se soumettre à ses obligations.Graham Fraser voulait s\u2019assurer de marquer le coup : dans un geste très inhabituel, il a déposé mardi un rapport spécial au Parlement, portant uniquement sur Air Canada.Le transporteur est un mauvais élève en ce qui a trait au bilinguisme, et rien ne semble fonctionner pour qu\u2019il améliore ses notes, se désole le commissaire aux langues of ficielles.Conséquence : il demande des modifications à la loi pour lui donner plus de dents.« Mes prédécesseurs et moi avons utilisé tous les outils à notre disposition pour tenter d\u2019aider Air Canada à améliorer sa conformité à la Loi.Cependant, force est de constater qu\u2019après 45 ans, les mêmes problèmes se répètent », déplore le commissaire.Les plaintes qui arrivent sur le bureau du commissaire se suivent et se ressemblent : unique agent de bord unilingue anglophone pour le vol entre Montréal et Rouyn-Noranda ; pas de service en français entre Montréal et Bathurst ; une agente unilingue au comptoir d\u2019embarquement, qui refuse d\u2019aller chercher l\u2019aide d\u2019un collègue parlant français sous prétexte qu\u2019elle ne travaille pas pour «Air Québec»\u2026 Et ce qui transforme un client mécontent en un plaignant est le manque de respect à son égard et le mépris manifesté lorsqu\u2019il demande des services en français, note M.Fraser.« Je pense que la première fois que j\u2019ai entendu la phrase \u201c sorry, I don\u2019t speak French\u201d, c\u2019était sur un vol d\u2019Air Canada.C\u2019est souvent une question d\u2019attitude», soulève-t-il.Dans un cas extrême, un agent de bord a même menacé d\u2019appeler la police lorsqu\u2019un client s\u2019est montré trop insistant pour obtenir un ser vice en français.Des employés francophones du transporteur enregistrent par ailleurs des plaintes quant à leur langue de travail, la supervision et la formation n\u2019étant souvent offertes qu\u2019en anglais.Quatre options Pour serrer la vis à Air Canada, M.Fraser propose quatre pistes de solution, dont l\u2019imposition d\u2019amendes en cas de non-respect de son obligation à fournir des services bilingues.La Loi sur la participation publique au capital d\u2019Air Canada pourrait également être modifiée pour permettre à la cour d\u2019imposer des dommages-intérêts en cas d\u2019infraction, sans avoir à prouver un préjudice.La mise en place de sanctions pécuniaires administratives pour favoriser le respect de la loi est une autre possibilité.Enfin, le commissaire pourrait avoir le pouvoir de signer des ententes exécutoires avec Air Canada sur la question.M.Fraser demande aux parlementaires d\u2019étudier ces quatre options «de toute urgence et de façon prioritaire» dans l\u2019un des deux comités sur les langues officielles.Pour l\u2019instant, le gouvernement libéral n\u2019indique pas s\u2019il entend apporter des modifications législatives, mais assure qu\u2019il étudiera le rapport avec attention.Les partis d\u2019opposition, eux, veulent s\u2019assurer que le gouvernement ne se contente pas d\u2019étudier la question, mais agisse de façon concrète dans le dossier.Ce rappor t spécial devrait être le dernier déposé aux Communes par Graham Fraser, qui termine son mandat en octobre après 10 ans.La Presse canadienne FRANÇAIS Graham Fraser réclame des outils pour serrer la vis à Air Canada Le commissaire aux langues officielles dénonce l\u2019inaction du transporteur H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa Le Parti conservateur et le Bloc québécois ne se formalisent pas du fait que la Loi référendaire actuelle ne permette pas la tenue de la consultation populaire sur la réforme du mode de scrutin, qu\u2019ils réclament à grands cris.La loi n\u2019a qu\u2019à être changée, disent-ils.Les députés conservateurs réclament depuis des mois que le gouvernement libéral s\u2019engage à soumettre à un vote populaire toute future modification au système électoral canadien.Le Bloc québécois réclame lui aussi, quoiqu\u2019avec moins d\u2019opiniâtreté, la tenue d\u2019un référendum sur cette question.Mais l\u2019ancien directeur général des élections Jean-Pierre Kingsley a rappelé en entrevue que la loi fédérale n\u2019autorise que des référendums sur des questions de nature constitutionnelle et que le mode de scrutin n\u2019en est pas une.En entrevue avec Le Devoir, le porte-parole conservateur en matière de réforme électorale, Scott Reid, reconnaît l\u2019obstacle, mais le minimise.«Il n\u2019y a aucun doute que la Loi référendaire est très spécifiquement conçue pour consulter sur des questions constitutionnelles.[\u2026] Mais on peut changer la loi ou adopter une nouvelle loi.» Le Bloc québécois tient le même discours.« Tous les jours on en modifie, des lois, et on en adopte.Alors cette loi-là peut être modifiée comme n\u2019importe quelle autre loi », lance le chef par intérim, Rhéal Fortin.Scott Reid croit que le gouvernement fait peut-être semblant de ne pas le savoir.«Je soupçonne qu\u2019ils veulent jouer l\u2019horloge pour rendre [le référendum] impossible.Parce qu\u2019il faut d\u2019abord modifier la Loi référendaire, ensuite, selon le directeur général des élections actuel, ça prend environ six mois pour organiser un référendum.Et après cela, il faut mettre en place le nouveau système [de vote], ce qui prend du temps.» Les libéraux ont promis que la prochaine élection en 2019 serait tenue en vertu d\u2019un nouveau système électoral.Comité bientôt en marche C\u2019est d\u2019ici deux semaines qu\u2019un comité parlementaire entreprendra ses travaux pour étudier la réforme électorale et entendre des témoins.La motion créant ce comité a été adoptée à 230 voix contre 91 mardi.Seuls les conservateurs s\u2019y sont opposés.M.Reid assure en entrevue que son parti n\u2019a pas l\u2019intention pour autant de boycotter les travaux.Sous la pression du NPD, le gouvernement a renoncé à sa majorité à ce comité : les libéraux n\u2019occuperont que cinq des douze sièges.Les conservateurs en auront trois, et le NPD deux.Le Parti vert et le Bloc québécois en auront aussi chacun un, avec droit de vote.Le comité devra faire ses recommandations à l\u2019automne au gouvernement et celui-ci concoctera ensuite un projet de loi pour réformer le mode de scrutin.Le NPD dit espérer que les libéraux se sentiront obligés de respecter les conclusions du comité.«Il faut que tout ça ait une certaine cohésion», lance le député néodémocrate Alexandre Bou- lerice, qui voit dans l\u2019aide médicale à mourir un exemple à ne pas suivre.Un comité parlementaire avait étudié la question, mais les libéraux n\u2019ont pas pris en compte les recommandations pour concocter le projet C- 14.«Il faut que les travaux de ce comité, qui est large, inclusif et ouvert, soient significatifs et servent d\u2019inspiration directe au projet de loi», conclut M.Boulerice.Le Devoir RÉFORME DU MODE DE SCRUTIN Conservateurs et bloquistes veulent changer la loi pour tenir un référendum M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa Maxime Bernier multiplie les propositions populaires dans l\u2019Ouest.Le candidat à la succession de Stephen Harper estime que le secteur des télécommunications devrait être entièrement dérégle- menté: affaiblir le CRTC et ouvrir grandes les portes aux investissements étrangers.Une idée qui transformerait l\u2019industrie en « Far West », ce qui inquiète experts et intervenants culturels.Le député beauceron \u2014 qui dirigeait le ministère de l\u2019Industrie il y a dix ans \u2014 es- t ime aujourd\u2019hui que ce même ministère devrait faire table rase dans le domaine des télécommunications.Le Conseil de la radiodif fusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) impose une « concurrence artificielle » aux fournisseurs Internet.« À mesure que l\u2019industrie évolue, le CRTC trouve toujours de nouvelles raisons de continuer à la réglementer afin de justifier son existence.En faisant ainsi, i l ne protège pas les consommateurs, il protège uniquement son propre pouvoir », a reproché Maxime Bernier dans un discours présentant sa réforme envisagée.Sa solution : retirer progressivement au CRTC son rôle de régulateur des télécommunications.Le ministère et le Bureau de la concurrence auraient le soin de s\u2019occuper de l\u2019industrie.Et Maxime Bernier, fervent défenseur du libre marché, ouvrirait complètement le secteur aux investisseurs étrangers.«Presque tout le monde s\u2019entend pour dire que davantage de concurrence est une bonne chose pour les consommateurs», a-t-il fait valoir à Toronto.Un «Far West» risqué Soit, l\u2019arrivée de compagnies étrangères dans le domaine permettrait probablement une baisse des prix pour les consommateurs que dit défendre Maxime Bernier.«C\u2019est une règle d\u2019économie fondamentale: la concurrence exerce généralement une pression vers le bas », convient Pierre Bélanger, professeur en communications à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Mais l\u2019arrivée de ces nouveaux joueurs comporterait en revanche sa part de risques.Car des propriétaires étrangers pourraient bien racheter des plus petits et faire perdre «des fleurons canadiens», alors qu\u2019« il y a une immense considération culturelle chez nous, où on veut of frir des services canadiens aux Canadiens».L\u2019accueil d\u2019investisseurs étrangers en déréglementant du même coup tout le secteur risquerait en outre de «déstabiliser complètement» l\u2019industrie, dont les compagnies pourraient subir «une secousse économique substantielle sur le plan des revenus», selon M.Bélanger.Un avis partagé par un collègue de M.Bernier, Tony Clement, lui aussi ex-ministre de l\u2019Industrie et probable candidat à la chefferie conservatrice.Car le secteur des télécommunications en est un d\u2019« oligopole », « fermé aux nouveaux arrivants », où les gros joueurs écraseraient les plus petits pour conserver le contrôle du marché.«Et c\u2019est pour ça qu\u2019il faut un arbitre », a insisté M.Clement en disant que pour l\u2019instant, « malheureusement », le CRTC demeure essentiel.Le sort de l\u2019industrie inquiète aussi le domaine culturel depuis longtemps.Si Maxime Bernier n\u2019a pas encore dévoilé sa vision pour la radiodif fusion \u2014 il le fera cet automne \u2014, sa proposition de mardi préoccupe néanmoins l\u2019Association québécoise de la production médiatique (AQPM).Car celle-ci espère que les fournisseurs de téléphonie et de ser vices Internet soient contraints à leur tour, comme les diffuseurs, de fournir une contribution à la création et à la production de contenu canadien.Or, sans CRTC, difficile de l\u2019exiger, déplore la prési- dente-directrice générale de l\u2019AQPM, Hélène Messier.«Tout [le contenu] passe par Internet maintenant et on va confier ça à des intérêts étrangers pour faire baisser les coûts de quelques dollars par mois?Je trouve que c\u2019est une vision à très courte vue», s\u2019est-elle désolée.Maxime Bernier s\u2019était aussi attiré des critiques, il y a deux semaines, en se prononçant pour l\u2019abolition de la gestion de l\u2019offre.Une idée si impopulaire au Québec qu\u2019elle a poussé le député Steven Blaney à songer à se lancer dans la course à la chefferie pour s\u2019y opposer.Le Devoir CHEFFERIE DU PARTI CONSERVATEUR Maxime Bernier veut déréglementer les télécommunications Mes prédécesseurs et moi avons utilisé tous les outils à notre disposition pour tenter d\u2019aider Air Canada à améliorer sa conformité à la Loi.Cependant, force est de constater qu\u2019après 45 ans, les mêmes problèmes se répètent.Graham Fraser, commissaire aux langues officielles du Canada « » La famille Trudeau paiera pour une nouvelle gardienne Ottawa \u2014 La famille du premier ministre Justin Trudeau perd une des deux gardiennes embauchées \u2014 et rémunérées par l\u2019État \u2014 pour s\u2019occuper des trois jeunes enfants.Marilou Tray- villa quitte ses fonctions et sera remplacée, mais par quelqu\u2019un embauché directement par le couple Trudeau- Grégoire et rémunéré par celui-ci.Le statut de l\u2019autre gardienne demeure inchangé.Le bureau du premier ministre refuse d\u2019expliquer le changement de statut de la seconde gardienne.Faut-il y lire une reconnaissance que l\u2019État n\u2019avait pas à payer pour les deux ?Silence.La résidence du premier ministre dispose d\u2019un budget plafonné pour l\u2019embauche de personnel.Le départ d\u2019une gardienne permet en théorie l\u2019embauche d\u2019un autre employé.L\u2019opposition conservatrice a vertement critiqué la famille Trudeau pour ces deux gardiennes, y voyant une contradiction avec le discours électoral libéral.M.Trudeau avait justifié l\u2019abolition du fractionnement du revenu par le fait que les familles aisées comme la sienne n\u2019avaient pas besoin d\u2019aide gouvernementale.Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 8 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T Au Québec, une minorité de victimes d\u2019un accident vasculaire cérébral ischémique (AVC) sont traitées «selon les recommandations nationales et internationales».C\u2019est la conclusion inquiétante d\u2019une étude de l\u2019Institut national d\u2019excellence en santé et en services sociaux (INESSS), qui souligne des lacunes importantes dans la prise en charge des AVC.C\u2019est pourtant la troisième cause de décès et première cause d\u2019incapacité grave chez les adultes.Selon les données recueillies en 2013-2014, en raison de divers délais avant et après l\u2019arrivée à l\u2019hôpital, seulement 8 % des patients ont reçu la thrombolyse, un traitement qui permet de dissoudre le caillot qui bloque la circulation sanguine vers le cerveau.Le problème se situe en par tie en amont, puisqu\u2019une minorité de patients, soit 35 %, était ar rivée à temps à l \u2019urgence pour recevoir le traitement.Mais même parmi ceux qui sont ar rivés en moins de 3,5 heures à l\u2019urgence, la cible, seulement 23 % ont reçu la thrombolyse.L\u2019étude a été menée auprès de 3152 patients d\u2019un peu partout au Québec, dont les dossiers médicaux ont été épluchés après un AVC.L\u2019étude de l\u2019INESSS a été déposée sur le Web le 31 mai.« La présente évaluation à l\u2019échelle provinciale montre un grand besoin d\u2019amélioration de la prise en charge des AVC », concluent ses auteurs.Selon la neurologue au CHUM Céline Odier, ces données ont provoqué un électrochoc quand elles ont circulé dans le milieu, avant leur publication.« C\u2019est une grande critique du système et beaucoup de choses ont été mises en place depuis », constate celle qui a siégé au comité consultatif de l\u2019INESSS dans le cadre de cette étude.L\u2019AVC ischémique est le plus fréquent des AVC et se caractérise par une mauvaise irrigation du cerveau en raison d\u2019un caillot de sang.Il entraîne la mort dans 15 % des cas et des handicaps ou des séquelles graves chez la moitié des victimes.Une course contre la montre Le traitement de l\u2019AVC est une véritable course contre la montre.L\u2019accès à des traitements rapides commence par l\u2019identification rapide des symptômes \u2014 visage affaissé, incapacité à lever les bras normalement, trouble de la prononciation \u2014 par les patients et leurs proches.«L\u2019AVC, ça ne fait pas mal, donc les gens n\u2019ont pas le réflexe de venir à l\u2019hôpital», déplore la Dre Odier, qui remarque qu\u2019une campagne de sensibilisation récente commence à por ter ses fruits.Dans l\u2019étude, 71 % des patients ont été transpor tés à l\u2019urgence en ambulance.D\u2019où l\u2019importance que les paramédics puissent reconnaître les signes d\u2019AVC et diriger les patients vers un centre tertiaire ou secondaire.À Montréal, Sherbrooke et Québec se trouvent les quatre «centres tertiaires».La thrombolyse, et plus récemment la thrombectomie, y est disponible 24 heures sur 24.Il y a aussi 19 centres secondaires, qui offrent un peu moins de services.À Montréal, une grande réorganisation est en cours, indique la Dre Odier.Les ambulanciers seront appelés à reconnaître les AVC graves afin que les patients soient dirigés vers le CHUM ou le CUSM pour recevoir la thrombectomie.C\u2019est un tout nouveau traitement, plus efficace, qui consiste à retirer le caillot mécaniquement en passant par les artères.Des délais à l\u2019hôpital Une fois à l\u2019hôpital, les délais continuent à jouer contre les patients.L\u2019imagerie médicale, d\u2019abord, est nécessaire pour le diagnostic.Alors que dans les centres tertiaires 43 % des patients sont passés à l\u2019imagerie dans le délai prescrit de 25 minutes après leur arrivée, cette proportion chute à 23 % et 11 % dans les centres secondaires et tertiaires.Par la suite, la thrombolyse doit être administrée rapidement si elle est indiquée.Selon l\u2019étude, dans les centres tertiaires, moins de la moitié des patients qui ont eu une thrombo- lyse ont reçu le traitement dans le délai recommandé de 60 minutes.C\u2019est 22% dans les centres secondaires et 26% dans les centres primaires.Dernièrement, la cible a été abaissée à 30 minutes.Au CHUM, par exemple, le délai médian est actuellement de 43 minutes, indique la Dre Odier.Le récent programme de télé-thrombolyse devrait avoir amélioré les statistiques en région, croit-elle.Les spécialistes du CHUQ et du CHUM peuvent interpréter les examens diagnostiques et examiner les patients à distance.Après les soins d\u2019urgence, seulement 14 % des patients, dans l\u2019étude, ont été pris en charge dans une unité d\u2019AVC, où les services sont adaptés, ce qui permet une meilleure réadaptation.«L\u2019augmentation de l\u2019accès à une unité d\u2019AVC constitue un des facteurs les plus importants pour améliorer les résultats cliniques», souligne le rapport de l\u2019INESSS.Réagissant à cette statistique «catastrophique», plusieurs hôpitaux organisent l\u2019ou- ver ture de nouvelles unités d\u2019AVC, selon la Dre Odier.Point positif, après leur épisode aigu, la majorité des patients ont reçu une thérapie anti- plaquettaire, un traitement qui prévient la formation de caillots, et ont été évalués quant à leurs besoins en réadaptation.Les médecins n\u2019ont pas obtenu de financement du MSSS pour gérer une base de données qui permettrait aux hôpitaux de suivre leurs indicateurs et d\u2019apporter des changements rapidement, indique la Dre Odier.«C\u2019est en voyant nos statistiques sur les délais à l\u2019imagerie, au CHUM, que nous avons décidé de former les techniciens de nuit, illustre-t-elle.On espère maintenant pouvoir continuer à développer la base de données à faible coût.» Le Devoir SANTÉ Le Québec traite mal les victimes d\u2019AVC JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le problème se situe en partie en amont, puisqu\u2019une minorité de patients, soit 35%, était arrivée à temps à l\u2019urgence pour recevoir le traitement.VIBREZ AU RYTHME DU GRAND PRIX ET DE PFAFF MCLAREN LE 10 JUIN, LE RITZ-CARLTON MONTRÉAL SE TRANSFORME EN SOMPTUEUSE BOÎTE DE NUIT FUTURISTE.C\u2019est à 19 h que débutera la soirée.Dès leur arrivée, les invités seront plongés dans une atmosphère à la fois futuriste et envoûtante.Imaginé par l\u2019ingénieuse conceptrice Maddy K, le décor sera composé de grands drapés, d\u2019éléments métalliques et de jeux de lumière.Complètement transformés, la Cour des palmiers, le Salon ovale et sa terrasse seront méconnaissables ! Quant à la populaire plage Moët & Chandon, conceptualisée par Le Living Décor et chaque été très appréciée des visiteurs, elle sera accessible lors de l\u2019événement et jusqu\u2019à la fin août.Évidemment, les amateurs de bolides ne seront pas en reste : des McLaren 675LT, 650 S et 570 S seront aussi exposées sur les lieux.Multiples prestations Pendant la soirée, le réputé DJ YO-C se chargera de l\u2019ambiance musicale.Un célèbre duo électronique de Vancouver, Destineak, livrera aussi une performance combinant jeu de platines et prestation vocale.Le compositeur et violoncelliste Philip Sheppard proposera pour sa part une symphonie spécialement créée pour la soirée.La chanteuse Shaharah Sinclair, qui a fait bonne figure à La voix en 2015, offrira également un tour de chant.Des performances artistiques offertes par Holt Renfrew seront aussi présentées.Bar ouvert Jusqu\u2019à 21 h, tous les convives pourront profiter du bar Moët & Chandon où seront servis des cocktails et du champagne.Ils pourront également se régaler aux stations salées signées Johnny Porte, qui est chef exécutif au Ritz-Carlton Montréal.Après 21 h, les bouchées seront remplacées par des délices sucrés et le champagne, par un bar ouvert.Les clients qui désireront le faire pourront tout de même acheter des bouteilles de Moët & Chandon.Un bar sera dédié au Romeo\u2019s Gin et un autre, au Belvedere Spritz ; le talentueux mixologue montréalais Brahm Mauer sera d\u2019ailleurs aux commandes de ce dernier.Plus de 600 personnes sont attendues lors de cette soirée devenue un classique des festivités entourant le Grand Prix du Canada.Toutes les équipes de l\u2019établissement travaillent sans relâche pour que la soirée soit absolument parfaite.D\u2019ailleurs, pour ne pas être pris au dépourvu, plus de 1000 bouteilles ont été commandées ! Faire partie de la fête Très prisés, les billets pour la fête que tient annuellement le Ritz-Carlton Montréal à l\u2019occasion du Grand Prix du Canada s\u2019envolent rapidement.Ceux qui désirent s\u2019en procurer devront débourser 425 $ pour un accès avant 21 h, ou encore 325 $ pour un accès après 21 h.Pour chaque billet vendu, 10 $ seront donnés à UNICEF Canada.L\u2019argent amassé permettra d\u2019acheter des moustiquaires pour les lits afin de protéger des enfants.Pour plus de détails, consultez la page Ritz-Carlton Montréal Grand Prix 2016 : www.eventbrite.ca/e/soiree-grand-prix- 2016-ritz-carlton-montreal-et-pfaff- mclaren-tickets-24747400140 Le Ritz-Carlton Montréal ne pourrait tenir cette grande soirée sans ses précieux commanditaires.Il tient à souligner l\u2019apport de : CHUBB Insurance, DAC JET International, Giorgio Armani Beauty, Holt Renfrew, les vins Ktima Gerovassiliou, Events by Maddy K, Moët & Chandon, OGILVY, Pirelli, Salvatore Ferragamo Eyewear, Romeo\u2019s Gin et Macchi.Le 10 juin, tout Montréal vibrera au rythme du Grand Prix.Pour l\u2019occasion, le Ritz-Carlton, en collaboration avec Pfaff McLaren, a prévu des festivités hautes en couleur ! Non seulement le champagne y coulera à flots, mais l\u2019endroit se transformera en somptueuse boîte de nuit où vedettes, personnalités politiques, athlètes et gens d\u2019affaires partageront le plancher de danse.Moins de la moitié des patients qui ont eu une thrombolyse ont reçu le traitement dans le délai recommandé de 60 minutes O ttawa \u2014 Des mill iers d\u2019autochtones sont privés d\u2019eau potable au Canada, parfois depuis des décennies, en raison d\u2019usines de traitement des eaux défectueuses ou de sources contaminées, a dénoncé mardi le groupe Human Rights Watch.Devant cette « crise de l\u2019eau », le gouvernement canadien doit prendre ses responsabilités, a demandé l\u2019organisation non gouvernementale dans un rapport.Ces problèmes chroniques d\u2019eau potable affectent des dizaines de réser ves à travers le Canada, aggravant les conditions d\u2019hygiène et de santé des populations.Dans 89 des 600 réser ves autochtones, les habitants ne peuvent pas consommer l\u2019eau du robinet et doivent absolument la faire bouil l ir.Des aver tissements sont en vigueur depuis près de 20 ans dans cer taines collectivités, la plupart situées dans la province de l\u2019Ontario.Trois seraient survenus au Québec.Le paradoxe canadien L\u2019ONG pointe le paradoxe d\u2019une crise qui frappe les ré- ser ves autochtones dans un pays aux immenses réserves d\u2019eau douce.Parmi les causes à l\u2019origine de cette crise, HRW mentionne l\u2019absence de normes réglementaires sur la qualité de l\u2019eau dans les réser ves, qui relève de la responsabilité de l\u2019État fédéral.« La crise de l\u2019eau résulte d\u2019années de discrimination », écrit Amanda Klasing, auteure du rapport, en appelant le gouvernement à s\u2019attaquer aussi bien à ses symptômes qu\u2019à ses causes plus profondes.HRW attire l\u2019attention sur la responsabilité du gouvernement fédéral canadien, qui f inance et super vise la construction des usines de traitement des eaux et qui a parfois fait construire des infrastructures qui ne répondent même pas aux normes minimales de qualité pourtant en vigueur pour le reste de la population.L\u2019organisat ion déplore aussi un financement gouvernemental sporadique et insuf fisant, des infrastr uc- tures défectueuses ou médiocres et des sources d\u2019eau dégradées ou contaminées par des bactéries (E.coli), voire de l\u2019uranium.Pour ce rapport d\u2019une centaine de pages, l\u2019ONG a visité cinq réser ves en Ontario, sondé une centaine de ménages autochtones et compilé des données gouvernementales concer nant 191 systèmes de traitement d\u2019eau dans 137 communautés.Parmi les problèmes de santé associés au manque d\u2019eau potable, des ménages mentionnent, selon HRW, des infections de la peau, comme de l\u2019eczéma ou du psoriasis.Des parents limitent la durée du bain ou de la douche de leurs enfants par crainte d\u2019une contamination.HRW salue l\u2019engagement du premier ministre Justin Trudeau de régler les problèmes d\u2019eau dans les réserves d\u2019ici cinq ans, tout en rappelant les nombreuses promesses passées des gouvernements qui n\u2019ont pas été tenues.Agence France-Presse CANADA Human Rights Watch dénonce la «crise de l\u2019eau» vécue par les autochtones INFOGRAPHIE LE DEVOIR L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 8 J U I N 2 0 1 6 S C I E N C E A 6 L E S P E T I T E S A N N O N C E S AVIS DE DÉCÈS Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 RÉGION ST-PAULIN TERRE À BOIS, plantation, 50 acres.3 500 $ / acres.AUBAINE! Construisible.819-609-2704 AHUNTSIC - GRAND 5 1/2 3 chambres fermées, très éclairé, climatisé, à 5 minutes du métro Crémazie et du centre Claude-Robillard.LIBRE 1er JUIN.1 100 $.Katia Gagnon 514-232-5190 CENTRE-SUD - 3 1/2 RÉNOVÉ 1er, près métro Beaudry, terras.arr.JUIL.640 $.514-524-5697 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.LACHINE - 3 1/2 et 4 1/2 Immeuble entièrement rénové, superbes appartements.LIBRES.À partir de 750 $, 1 mois gratuit 514-574-8004 OUTREMONT - GRAND 6 1/2 Haut de duplex.Ensoleillé, calme, 3 CAC, cuisine équipée, 2 balc., 2 SDB, garage, pl.bois franc.1730 $ 514-342-2297 135 TERRAINS 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER PLATEAU - RUE LAVAL - 5 1/2 2e, 2 balcons, 4 électros, grande remise, non-chauffé, non-fumeur.1 450 $ 514-844-9461 CHAMBRE À LOUER.Beau 5 1/2 chic, ensoleillé à Outremont.Femme n-fumeuse.JUILLET/AOÛT 514-271-2202 Vanessa AHUNTSIC - 6 1/2 SUR 2 ÉTAGE AVEC GARAGE Près Cégep André-Grasset et Ahuntsic, près des services.MI-JUIL.1 300 $.514-816-1487 PARIS VII - XV Champ-de-Mars Site exceptionnel - 2 1/2 rénové 08 Tt équipé, très ensoleillé.Sur jardin Sem/mois 514 272-1803 PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com ÎLES-DE-LA-MADELEINE www.maisonmercocagne.com Juin-Sept-Oct : 100 $ / jr.Juil- Août : 1000 $/sem.506-576-9609 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 1317, ave du Mont-Royal Est VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 163 OFFRE À PARTAGER 164 CONDOMINIUMS À LOUER 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER 176 CHALETS À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER Promotion spéciale Petites annonces Pour les annonces textes de 5 lignes et moins 7 jours de parution : 100 $ Pour les encadrés À l\u2019achat de deux obtenez le troisième gratuitement Pour information Téléphone : 514 985-3322 Courriel : petitesannonces @ledevoir.com OUTREMONT 445 St-Joseph Ouest, près Laurier Immeuble béton, ascenseurs Chauffé, eau chaude et électroménagers inclus.Garages intérieurs 125 $/mois SURINTENDANT 514-276-5949 4½ (petit) 1 400 $/mois 4½ (grand) 1 750 $/mois m o c eli ri emo m le e@ g o necrol 1 9 9 9 -7 5 52 4 5 : .léc é T 4 9 14 1 5- 52 1 5 lé: é T , 4 K 2X 2 H , Qc l réa t on M , rue Du , e r v Ha 55 18 l e i mor é Le M Samedi : ferm (comptoir à la Heure de tom Dimanche à v ar téléphone, télécopieur ou par courriel P Pour une publication sectio fermé le dim é clientèle anche) 5h15 bées 1 endredi : 10h à 12 h et de 13h à 17h0 n décès dans 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 599 MESSAGES BAIN EN BOIS 100 % QUÉBEC ARTECO INC arteco.ca 438.397.1560 arteco.inc@gmail.com PARCE QUE VOUS ÊTES UNIQUE P A U L I N E G R A V E L Tous les Canadiens sont invités à collaborer à Mission monarque, une vaste étude sur les habitats de reproduction du papillon monarque, dont les populations migratrices ont décliné de 90 % au cours des 20 dernières années, au point où ce papillon est aujourd\u2019hui considéré comme une espèce au statut préoccupant par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).La participation du public aidera les chercheurs à déterminer les sites privilégiés par les monarques, ce qui permettra d\u2019élaborer un plan de conservation susceptible d\u2019optimiser la reproduction de ces papillons emblématiques lors de leur séjour chez nous.Incapables de répertorier tous les sites de reproduction du monarque au pays, les chercheurs de l\u2019Insectarium de Montréal, de l\u2019Institut de recherche en biologie végétale de l\u2019Université de Montréal, de l\u2019Université du Québec à Rimouski, de l\u2019Université d\u2019Ottawa et de l\u2019Université de Calgary font donc appel à tous les Canadiens pour qu\u2019ils repèrent et recensent les plants d\u2019asclépiades qui poussent près de chez eux et pour qu\u2019ils les scrutent régulièrement afin de dénombrer les œufs que des monarques y auraient pondus, ainsi que les chenilles et les chrysalides qui en découleront.Les monarques qui séjournent au Canada représentent environ 15% de la population totale de cette espèce en Amérique.«On prévoit qu\u2019avec le réchauffement climatique, l\u2019aire de reproduction du monarque va s\u2019étendre vers le nord et devenir de plus en plus importante au Canada, d\u2019où nos efforts pour accroître les chances du monarque de se reproduire et ainsi augmenter la population estivale et sa résilience lors de sa migration automnale», souligne Maxim Lari- vée, chef de la section Collections entomologiques et recherche à l\u2019Insectarium de Montréal, qui dirige le projet Mission monarque.Asclépiade Les monarques se reproduisent uniquement sur des plants d\u2019asclépiades, principalement sur l\u2019asclépiade commune, mais aussi sur l\u2019asclépiade incarnate qui est présente surtout dans les milieux humides comme les marais et le bord des étangs et des lacs.L\u2019asclépiade qui est très importante pour la pollinisation de nombreux insectes ne pousse que dans les milieux ouverts, tels que les champs abandonnés ou en jachère, les bords de route et de champs cultivés.« Auparavant, on en voyait même dans les champs agricoles, mais en raison de l\u2019utilisation d\u2019herbicides systémiques, on a noté une forte diminution de la reproduction du monarque dans toutes les zones agricoles», rappelle M.Larivée avant de préciser que le monarque pond ses œufs sur l\u2019asclépiade et que ceux-ci s\u2019y développent jusqu\u2019au dernier stade de leur croissance, soit le moment où l\u2019insecte est prêt à faire sa chrysalide.À par tir de données historiques de répartition de l\u2019asclépiade, les chercheurs ont conçu des modèles prédisant les zones de reproduction du monarque au Canada.Mission monarque leur permettra de valider ces prédictions sur le terrain, et de connaître les sites que les monarques privilégient comme lieux de reproduction.Ces données permettront ensuite d\u2019orienter et de raffiner leurs efforts de conservation.Les citoyens qui désirent participer doivent se procurer sur Internet (mission-monarque.org) le protocole de cueillette des données sur le terrain, lequel respecte la méthode scientifique tout en restant convivial.Les participants doivent visiter régulièrement le même site où prospèrent des asclépiades, idéalement toutes les semaines ou toutes les deux semaines, et ce, jusqu\u2019à la fin août.«Pour faire un décompte le plus exact possible, on doit soulever les feuilles de la plante parce que les œufs peuvent se trouver aussi bien sur le dessus que le dessous des feuilles.Les chenilles, quant à elles, se déplacent beaucoup et ne sont pas faciles à dépister durant leurs premiers stades car elles ne dépassent pas le centimètre de longueur.Et même si on ne trouve pas d\u2019œufs ou de chenilles au début de l\u2019été, il faut poursuivre nos observations », recommande M.Larivée avant d\u2019ajouter que les gens peuvent commencer leur inventaire dès maintenant puisque les premiers monarques sont arrivés dans le sud de l\u2019Ontario.Durant l\u2019été Les apprentis biologistes pourront observer deux générations de monarques durant l\u2019été, car les individus qui atteignent le Québec au printemps se reproduisent dès leur arrivée.Puis, leurs rejetons se reproduisent à leur tour durant l\u2019été, et ce sont les descendants de cette deuxième génération qui migreront vers le Mexique à l\u2019automne.«On soupçonne fortement que les individus qui arrivent de migration (du sud du Mexique) ne se reproduisent pas au même endroit que ceux de la deuxième génération.On croit que ces derniers remontent plus au nord, où les plants d\u2019asclépiades sont plus jeunes, plus frais et contiennent moins de cardéno- lides, une substance toxique que les chenilles auraient du mal à digérer mais qui les protègent, ainsi que les adultes, des prédateurs.Le suivi durant l\u2019été va nous permettre de le vérifier et d\u2019optimiser nos interventions», explique M.Larivée.En plus des recensements réalisés par les simples citoyens, des inventaires seront également ef fectués par des biotechniciens dans les parcs fédéraux et les autres aires protégées par le fédéral et probablement aussi par le provincial, qui a été contacté à cet effet.Les chercheurs espèrent que les villes par ticiperont aussi à cet ef for t collectif.« Notre contribution nationale s\u2019inscrit dans un par tenariat scientifique international pour la conservation du monarque.Ainsi, les données recueillies ici pourront servir à des chercheurs états-uniens et mexicains», précise M.Larivée.Le Devoir Vaste étude pour recenser les sites de reproduction du monarque Des chercheurs demandent la collaboration des Canadiens afin d\u2019aider le papillon, dont la population est en déclin ISTOCK Les monarques qui séjournent au Canada représentent environ 15% de la population totale de cette espèce en Amérique.SONYA CHAREST Un plant d\u2019asclépiade commune L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 8 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 J E A N N E C O R R I V E A U M algré l\u2019opposition citoyenne et celle des Amis de la montagne, le ministère de la Culture a donné son aval à l\u2019aménagement d\u2019un terrain synthétique multispor t dans le parc Rutherford, situé dans le périmètre du site patrimonial du Mont-Royal, a appris Le Devoir.La Ville de Montréal avait déjà obtenu le soutien financier du ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur pour le projet.Ne manquait que le feu ver t du ministère de la Culture puisque le terrain fait par tie du site patrimonial du Mont- Royal.L\u2019autorisation a finalement été accordée à la Ville le 6 mai dernier par la ministre suppléante Hélène David.La Ville pourra donc aller de l\u2019avant avec l\u2019aménagement du terrain de surface synthétique d\u2019une superficie de 9670m2 au- dessus du réservoir McTavish, à l\u2019angle de l\u2019avenue du Doc- teur-Penfield et de la r ue McTavish.Le terrain servira pour la pratique du soccer, du football et du rugby.L\u2019Université McGill, qui a contribué financièrement au projet, aura le droit d\u2019utiliser le terrain 47 % du temps, contre 53% pour les citoyens et les groupes sportifs de l\u2019arrondissement de Ville- Marie, a précisé la Ville mardi.Un projet critiqué La déception était vive chez les opposants au projet.« On considère que c\u2019est une forme de privatisation insidieuse de l\u2019espace public.Ce projet est un prélude à des choses beaucoup plus grandes, a commenté Aziz Fall, un citoyen membre des Amis du parc Rutherford qui se bat depuis plus d\u2019un an pour empêcher la réalisation du projet.Il s\u2019agit de l\u2019argent des contribuables qui sert à financer des espaces publics à des fins privées.[\u2026] C\u2019est quelque part immoral et illégal de faire ça.» Même déception du côté des Amis de la montagne qui, l\u2019an dernier, s\u2019étaient prononcés contre le projet.L\u2019organisme de défense de la montagne estimait que le plan de réaména- gement contrevient aux règles de protection du mont Royal.Un terrain synthétique contribuera à la formation d\u2019îlots de chaleur, a rappelé Les Amis de la montagne, qui critique aussi l\u2019installation de quatre fûts d\u2019éclairage de 30 mètres de haut susceptibles d\u2019altérer le paysage et de créer une pollution lumineuse de jour comme de soir.« Nous avons eu une rencontre avec des représentants du conseil du patrimoine du ministère qui nous ont écoutés.Nous avons aussi écrit une lettre à l\u2019arrondissement de Ville-Marie pour leur dire que nous étions ouver ts à trouver une solution, mais cette lettre est restée sans réponse», a indiqué Hélène Panaïoti, directrice des communications des Amis de la montagne.Ce projet de terrain synthétique constitue une nouvelle menace pour le mont Royal, estime le conseiller de Projet Montréal Alex Norris.« On voit que Denis Coderre est incapable de protéger la montagne.C\u2019est une agression après l\u2019autre, avance M.Norris.Le mont Royal a besoin d\u2019être protégé.Il subit un stress écologique sans précédent avec un achalandage très élevé et la crise de l\u2019agrile du frêne.On pourrait perdre des milliers d\u2019arbres, mais plutôt que d\u2019agir pour renaturali- ser les espaces minéralisés, le maire met un terrain artificiel.C\u2019est un manque de respect pour la montagne de la part de Denis Coderre.» Des effets limités?La Ville soutient que le parc Rutherford est le seul endroit pouvant accueillir un terrain multispor t pour les 36 000 jeunes de 10 ans et plus de l\u2019arrondissement de Ville-Marie.Ce projet permettra aussi de réduire le déficit d\u2019infrastructures sportives dans le district de Peter-McGill, précise-t-on.Quant aux fûts de lumière, leur impact sera restreint puisque leur nombre sera limité à quatre et qu\u2019ils seront dotés d\u2019un système à deux niveaux, de 200 lux et 300 lux, « ce qui est également très peu comparativement au niveau d\u2019éclairage usuel », a indiqué Anik de Repentigny, chargée de communication à l\u2019arrondissement de Ville-Marie.«Les luminaires prévus sont de dernière génération et sont munis de coupe-flux permettant de très bien circonscrire l\u2019éclairage à la sur face de jeu et de limiter au minimum les débordements lumineux.» De son côté, l \u2019attaché de presse du ministre de la Culture, Karl Filion, a précisé qu\u2019après de multiples discussions avec le ministère, la Ville avait proposé un projet ayant le moins d\u2019impacts possible.«Toutes les installations, que ce soit la sur face synthétique, les estrades ou les dispositifs d\u2019éclairage, sont réversibles », a signalé M.Filion.Le Devoir MONTRÉAL Feu vert à un terrain synthétique sur le flanc du mont Royal F A B I E N D E G L I S E Les temps changent, mais pas partout dans le Québec des régions.Cinq ans après le dévoilement du rappor t du Groupe de travail provincial sur les collectivités rurales branchées et ses recommandations pour démocratiser l\u2019accès à la téléphonie cellulaire et l\u2019Internet partout sur le territoire, plusieurs ténors de la ruralité dénoncent toujours et encore un sous-développement numérique chronique et persistant loin des grands centres urbains.Ils appellent d\u2019ailleurs à une prise de position for te et urgente, de tous les ordres de gouvernement, en faveur de ces services jugés désormais essentiels et sans lesquels plusieurs villages seraient, selon eux, condamnés à l\u2019agonie et à la disparition.« Ce n\u2019est pas un luxe, mais une obligation, lance à l\u2019autre bout du sans-fil Arnaud Warolin, préfet de la MRC de Témisca- mingue.Une zone rurale sans cellulaire ef ficace et un accès à Internet de qualité ne peut plus attirer de familles, des entreprises, ni même de villégiateurs.C\u2019est comme si on n\u2019avait plus de route, d\u2019eau potable et d\u2019électricité.Et notre avenir est en jeu.» Dans son rapport présenté en 2011 au ministère des Affaires municipales du Québec, le Groupe est ar rivé aux mêmes conclusions et recommandait que le ministère prenne des mesures rapides pour que l\u2019Internet à haute vitesse soit of fert à l\u2019ensemble des foyers et entreprises rurales et urbaines d\u2019ici 2015 « au plus tard ».Le rapport appelait à des tarifs suivant la moyenne enregistrée dans les pays de l\u2019OCDE et insistait sur l\u2019importance d\u2019une collaboration Québec-Ottawa pour assurer une couverture complète des territoires ruraux par la téléphonie cellulaire.«Les recommandations étaient fermes et bien dirigées pour améliorer l\u2019accessibilité, résume Claire Bolduc, ex-présidente du défunt organisme Solidarité rurale du Québec et membre de ce groupe de travail, mais aucune décision n\u2019a été prise.Cinq ans plus tard, le retard que nous avions souligné en 2011 s\u2019est désormais accentué», dans l\u2019in- dif férence gouvernementale, selon elle.Un plan insuffisant En mai dernier, Philippe Couillard et Dominique An- glade, ministre responsable de la Stratégie numérique, ont dévoilé un plan d\u2019action pour «propulser l\u2019économie québécoise vers l\u2019avenir numérique» : 200 millions sur cinq ans, dont 100 millions dédiés à « la connectivité des ménages et des entreprises installées dans les zones éloignées».C\u2019est 20 millions par année.Ottawa, pour sa part, a présenté un programme similaire doté d\u2019une enveloppe de 500 millions sur cinq ans, soit 100 millions par an pour couvrir la ruralité de dix provinces.«Ça prend plus que cela», résume Larry Bernier, maire du village de Lac-Édouard \u2014 200 âmes perdues dans le bois au nord de La Tuque et où la téléphonie cellulaire n\u2019est pas accessible le long de la route 155, qui permet d\u2019atteindre la grande ville la plus proche.« Il en coûterait 2 millions pour assurer la couver ture sur les 65km qui nous séparent de La Tuque.Et il y a des centaines de cas comme celui-là partout au Québec.» Selon lui, la démocratisation de l\u2019Internet à haute vitesse et du cellulaire sur l\u2019ensemble de la ruralité du Québec devrait cesser d\u2019être vue comme un coût, et plutôt être considérée comme un investissement.« Si l\u2019on veut occuper le territoire et s\u2019assurer que cette occupation est porteuse de richesse et de développement économique, il faut s\u2019assurer d\u2019avoir les outils technologiques pour le faire, surtout ceux qui sont désormais incontournables dans la nouvelle réalité économique et sociale du Québec.» Connexion difficile Dans les Laurentides, à peine 15 % des ménages sont branchés à un service Internet à haute vitesse.Les trois quarts jouissent d\u2019une vitesse trop faible pour leur permettre d\u2019interagir correctement avec la modernité.À travers le Québec, près de 800 000 ménages n\u2019auraient pas accès ou disposeraient d\u2019une connexion médiocre à l\u2019Internet.« Ce n\u2019est pas acceptable, dit le député libéral fédéral de la circonscription Laurentide-Labelle, David Graham, qui vient d\u2019être nommé président du Caucus national de l\u2019infrastructure numérique.Nous devons réunir à la même table les entreprises privées et les organismes publics pour trouver ensemble des solutions », et accroître la rapidité de l\u2019Internet et la fiabilité du cellulaire en région et en réduire les coûts.À Lac- Édouard, l\u2019Internet par satellite coûte 100 $ par mois, pour un ser vice inférieur à ce qui est disponible dans les villes.Pour Claire Bolduc, il faut rendre obligatoire la connexion à haute vitesse de toutes les résidences du Québec par une loi forçant les compagnies à tirer leurs câbles jusqu\u2019aux exclus de la modernité.«À l\u2019époque de l\u2019électrification, dans les années 40, c\u2019est ce qu\u2019a fait Adélard Godbout, dit-elle, pour amener l\u2019électricité dans chaque rang.Aujourd\u2019hui, le gouvernement dirige les citoyens vers une multitude de services en ligne sans se soucier de leur accès à un réseau.C\u2019est en train de faire apparaître un ensemble de citoyens de deuxième zone qui, depuis deux ans, entrent dans les préoccupations plutôt silencieuses de notre gouvernement.» Le Devoir La ruralité comme tiers-monde numérique Cinq ans après un rapport crucial, l\u2019accès des régions aux technologies est déficient Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 L A N A U D I È R E Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Caroline Filion au 514 985-3444 ou edevarennes@ledevoir.com GOLF EN RÉGI N 2075 Côte Terrebonne à Terrebonne Réservations : 450 964-2251 I www.golfleversant.com FORFAITS GOLF, VOITURETTE & SOUPER Partie de golf 18 trous avant 14h30 Souper table d\u2019hôte ou grillades du mercredi LUNDI AU JEUDI À PARTIR DE 58 $ taxes en sus Partie de golf 18 trous avant 14h30 I Souper Pastabar VENDREDI À PARTIR DE 68 $ taxes en sus Partie de golf 18 trous entre midi et 14h30 I Souper table d\u2019hôte SAMEDI, DIMANCHE & JOURS FÉRIÉS À PARTIR DE 68 $ taxes en sus Souper seulement I Pastabar 20.50$ I Table d\u2019hôte à partir de 21.00$ Grillades à partir de 21.00$ taxes et services en sus PEDRO RUIZ LE DEVOIR La Ville pourra aller de l\u2019avant avec l\u2019aménagement du terrain à surface synthétique au-dessus du réservoir McTavish, à l\u2019angle de l\u2019avenue du Docteur-Penfield et de la rue McTavish.P H I L I P P E O R F A L I N ouveau bouleversement au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) : le président-directeur général, Normand Rinfret, a annoncé mardi qu\u2019il ne solliciterait pas un nouveau mandat à la tête du mégahôpital.Il quittera l\u2019établissement le 2 septembre prochain, alors que celui-ci est aux prises avec un déficit de près de 40 millions de dollars.« Après mûre réflexion, j\u2019en suis venu à prendre une décision aussi dif ficile qu\u2019importante, soit de ne pas demander le renouvellement de mon présent mandat », a indiqué dans une note de ser vice acheminée aux employés, mardi, celui qui avait succédé en catastrophe au Dr Arthur T.Porter en 2011.« Je crois que des changements de leadership sont essentiels à la santé organisationnelle » du CUSM, ajoute-t-il dans son message, dont Le Devoir a obtenu copie.Depuis qu\u2019il a été appelé à remplacer le Dr Porter, soupçonné d\u2019avoir accepté plus de 22,5 millions de dollars en pots-de-vin afin d\u2019accorder le contrat de constr uction du nouveau CUSM à la firme d\u2019ingénierie SNC-Lavalin, Normand Rinfret a fait face à son lot de crises, des compressions budgétaires à répétition au déménagement houleux de six hôpitaux vers le nouveau CUSM, sur le site Glen, en passant par une poursuite de 330 millions de dollars intentée en avril par le consortium formé de SNC-Lavalin et d\u2019In- nisfree, qui souhaitent être dédommagés pour des sommes additionnelles engagées dans la conception et la construction du complexe hospitalier de 1,34 milliard.Déficit de 40 millions M.Rinfret évoque lui aussi de nombreux défis dans sa note destinée au personnel.«Nous avons su naviguer à travers les nombreux changements gouvernementaux, bouleversements liés aux ressources humaines, aux coupes budgétaires, aux rénovations critiques, à la construction de nos nouvelles installations et à la consolidation de nos activités cliniques, sans compter tous les soubresauts qui ont fait de nous ce que nous sommes aujourd\u2019hui.» M.Rinfret doit profiter de la prochaine assemblée générale annuelle du CUSM, le 14 juin, pour officialiser un déficit de 40 millions pour l\u2019exercice financier de 2015-2016.Il reviendra maintenant au ministre de la Santé Gaétan Barrette de trouver un successeur à M.Rinfret.Celui-ci a simplement indiqué mardi avoir « pris acte » de la décision du p.-d.g.La loi 10 prévoit qu\u2019il incombe au conseil d\u2019administration du CUSM de fournir une liste de candidats potentiels au Dr Barrette.Un comité de sélection composé de cinq personnes et dirigé par le président du CA du CUSM, Claudio Bussandri, a été formé.Le Devoir Le p.-d.g.du CUSM annonce son départ Une manif contre le harcèlement La controverse entourant un gag Juste pour Rire tourné la semaine dernière se poursuit.La «victime», Livia Dallaire, convie la population à venir manifester avec elle au parc La Fontaine le dimanche 12 juin à 15 h.Le rassemblement, où chacun pourra s\u2019exprimer en mots, poésie ou chanson, vise à dénoncer la banalisation du harcèlement de rue dont sont victimes plusieurs femmes.Mardi dernier, Mme Dallaire n\u2019a pas aimé qu\u2019un faux jardinier la complimente et la drague de façon insistante.Après avoir fait le pitre, notamment en tombant malencontreusement dans un tas de terre, il lui a pointé les caméras de Juste pour rire, l\u2019informant que c\u2019était un gag.Pour la victime, la mise en scène n\u2019était qu\u2019«un scénario de cruise non consentante, perpétuant l\u2019idée que le harcèlement, c\u2019est drôle».Le Devoir RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Normand Rinfret en compagnie du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, au CUSM, en novembre 2014 La réforme du droit de la famille, qu\u2019un grand nombre d\u2019observateurs, d\u2019experts et de citoyens souhaitent et réclament, est reportée aux calendes grecques.La faute à quoi ?À de la perte de temps induite par l\u2019infâme projet de loi 59 sur les discours haineux, aujourd\u2019hui en grande partie retiré\u2026 qu\u2019un grand nombre d\u2019observateurs, d\u2019experts et de citoyens rejetaient.Autre couac important, dans l\u2019ère Vallée de la Justice.annonce of ficielle de la consultation pourrait être faite dans la semaine du 6 juin », pouvait- on lire dans une «note d\u2019information à l\u2019intention du Conseil des ministres » du 25 avril, obtenue et révélée par Le Devoir mardi.Le sujet : la réforme du droit familial.Or il n\u2019y aura pas de consultations.Ni en août ni à l\u2019automne.Après le jugement de la Cour suprême dans l\u2019affaire Lola c.Éric le 25 janvier 2013, le gouvernement Couillard avait mandaté un comité consultatif présidé par le juriste Alain Roy de l\u2019Université de Montréal.Pourquoi une réforme alors que «Lola» avait perdu?Le jugement avait en effet rejeté la thèse selon laquelle le régime québécois était anticonstitutionnel parce qu\u2019il traitait les couples mariés différemment des couples « accotés », comme on dit en langue vernaculaire.Le jugement, toutefois, était très serré : cinq juges contre quatre.Et, comme le soulignait le ministre de la Justice de l\u2019époque, Bertrand St-Arnaud (nommé juge depuis), la dernière grande réforme du droit familial avait eu lieu en 1980, «à partir d\u2019un projet de loi qui avait été déposé par Marc-André Bédard en 1979».Par la suite, des modi?cations ont été faites, mais «à la pièce, en 1989 notamment, en 1991 et, par la suite, 1998, 2002».Bref, il était temps de lancer une grande ré- ?exion.En vue d\u2019une réforme globale a?n de coller à une réalité qui avait évolué.En 1980, on avait décidé de faire la réforme du droit familial de manière urgente, sans attendre la refonte du Code civil (lancée en 1953, cette dernière n\u2019aboutira qu\u2019en 1992 !).Le droit familial est en retard d\u2019une réforme, autrement dit.Dès mai 2015, la ministre Vallée avait pourtant tout en main : le jugement «Lola», mais surtout le rapport Roy, 616 pages et 82 recommandations.Trop lourd ?Ou alors, « on se demande par quel bout prendre ça» ?selon des propos recueillis dans les of?- cines libérales.La ministre Vallée, dans les couloirs, soulignait que c\u2019était un dossier complexe.Les questions à trancher sont nombreuses, certes.Parmi celles-ci : faut-il adopter un nouveau régime parental impératif, lequel prendrait naissance dès qu\u2019un couple aurait un enfant ?Devrait-on pouvoir, d\u2019un commun accord, se soustraire au patrimoine familial ?Que faire des mères porteuses ?Et du droit de l\u2019enfant adopté à connaître ses origines ?La réalité même de la famille a énormément changé au Québec depuis 1980.Justement, les politiciens sont élus pour tenter de démêler des écheveaux, pour consulter, dé?nir des consensus.« Il faut aimer les problèmes pour être en politique.Si vous n\u2019aimez pas les problèmes, ne touchez pas à ça ! » disait avec raison Jean Chrétien dans le documentaire Fièvre politique à Télé-Québec.La péquiste Véronique Hivon, mardi, en Chambre, se questionnait : la ministre Vallée attend-elle que les tribunaux réécrivent notre droit de la famille ?Ce serait dommage.Et puisque nous parlons de Mme Hivon, la proposition de cette dernière devrait être sérieusement considérée par Mme Vallée : une commission itinérante non partisane sur le modèle de « Mourir dans la dignité ».Nous l\u2019écrivions ici même il y a un an : il est possible de s\u2019inspirer de ce grand exercice qui a conduit à l\u2019adoption de la Loi concernant les soins de ?n de vie.Ce processus de ré?exion et de consultation, proposé par une députée d\u2019opposition, aura en bout de course conduit la Cour suprême à renverser complètement la jurisprudence et à pousser le Parlement fédéral à agir.Quand les législateurs le veulent, quand ils travaillent de manière non partisane \u2014 c\u2019est ce que la majorité des Québécois souhaitent \u2014, les résultats peuvent être impressionnants.Au lieu de s\u2019engager dans une telle avenue dès juin 2015, la ministre Vallée a préféré \u2014 poussée, semble-t-il, par le premier ministre \u2014 privilégier le projet de loi 59 sur les discours haineux.Une énorme perte d\u2019énergie et de temps, pour un projet de loi mal conçu qui a fait grincer des dents jusqu\u2019au caucus libéral même, alors qu\u2019on se plaignait de ne pas avoir eu le temps de l\u2019étudier convenablement.Un projet de loi maintenant en grande partie retiré ! Comment expliquer cela?Parce que le droit familial n\u2019est pas «politiquement payant» ?Parce que Philippe Couil- lard, dès le lendemain de son élection, disait : « Il est important pour moi de traiter cette question tôt dans notre gouvernement»?Il n\u2019est peut-être pas trop tard pour lancer une grande consultation de parlementaires itinérants au sujet de la réforme du droit familial.Le gouvernement Couillard trouve-t-il cela assez important ?L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 8 J U I N 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Du temps perdu La candidate à la chef ferie du Par ti québécois Véronique Hivon veut séduire les communautés culturelles et les anglophones.C\u2019est du temps perdu.Pour espérer battre à la fois le Parti libéral et le Par ti québécois, c\u2019est ce que voulait faire François Legault en créant la Coalition avenir Québec.Il a vendu son âme et qu\u2019est-ce que ça lui a rapporté ?Que dalle ! Les communautés culturelles et les anglophones ont continué de voter libéral.M.Legault l\u2019a finalement compris et c\u2019est pour cela que son discours est redevenu plus nationaliste.S\u2019ils se sont refusé à faire confiance à la CAQ, ce sera encore pire pour le PQ manière Hivon.Pour séduire les communautés culturelles et les anglophones, il faut consentir à des bassesses.Jusqu\u2019où est prête à aller Mme Hivon?Sylvio Le Blanc Montréal, le 7 juin 2016 L I B R E O P I N I O N FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Deux propositions Paul Saint-Pierre Plamondon propose que le PQ, s\u2019il est élu en 2018, écar te l\u2019idée de faire un référendum lors d\u2019un premier mandat.Il a raison et cela sera même une nécessité, car après le départ des libéraux, l\u2019énergie requise pour remettre en place le bon fonctionnement du Québec sera telle qu\u2019il n\u2019en restera plus pour organiser un référendum.Redresser le navire québécois sera une tâche importante et longue ; cela exigera la présence d\u2019une équipe de députés compétents.Mais Plamondon erre lorsqu\u2019il propose de « mettre une croix\u2026 sur l\u2019épisode de la charte des valeurs».S\u2019il est vrai que le PQ a manqué de souplesse et de réalisme lors de l\u2019étude du projet de loi en 2014, on doit se rappeler que cette charte de la laïcité était requise pour répondre aux recommandations de la commission Bou- Des églises-mausolées Il y a 14 ans, j\u2019avançais dans ces pages l\u2019idée de transformer nos églises patrimoniales en quête d\u2019une nouvelle vocation en mausolées ou columbariums dans lesquels reposeraient les cendres de nos disparus.L\u2019idée fut reprise en 2003 par l\u2019Écomusée de l\u2019Au-delà, mais s\u2019est par la suite évaporée.Alors me revoici.Plutôt que de construire des « funéplex» dont l\u2019architecture laisse parfois à désirer, pourquoi ne pas utiliser des bâtiments au riche passé religieux?Cette conversion aurait en plus le mérite de préserver l\u2019intégrité de ces bâtiments et d\u2019en conserver l\u2019aspect sacré.Il demeure d\u2019ailleurs étonnant que les grandes maisons funéraires n\u2019aient toujours pas repris cette idée et qu\u2019aucun projet-pilote n\u2019ait été tenté ! Les médias font état de façon constante de la disparition d\u2019églises patrimoniales ou de leur désolante transformation souvent en condos ou en lieu commercial.Un des nombreux joyaux menacés, l\u2019église Saint- Jean-Baptiste de Québec, qui se cherche justement une nouvelle vocation, en est un exemple éloquent.Ce cas, qui a fait la une du journal Le Devoir en mai dernier, n\u2019est d\u2019ailleurs pas le seul.La cathédrale Saint- Germain de Rimouski serait également menacée.Et la situation est identique dans plusieurs villes et villages de tous les coins du Québec.Cela a été confirmé \u2014 chiffres à l\u2019appui \u2014 par le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), qui constate que les fermetures, les ventes et les démolitions d\u2019églises se multiplient.L « \u2019 RÉFORME DU DROIT FAMILIAL Il faudrait accoucher ANTOINE ROBITAILLE É R I C C O R N E L L I E R Enseignant au primaire L a semaine dernière, alors que je me trouve dans la salle des enseignants, la secrétaire de mon école vient porter une boîte sur la table commune.J\u2019y jette un coup d\u2019œil et j\u2019en conclus que cet envoi s\u2019adresse au professeur d\u2019anglais puisqu\u2019il s\u2019agit de guides d\u2019enseignement écrit en cette langue.Quelques minutes plus tard, l\u2019enseignante de première année entre dans la salle et m\u2019apprend qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un matériel destiné à l\u2019enseignement de l\u2019anglais, mais plutôt d\u2019une nouvelle méthode d\u2019enseignement de l\u2019écriture pour le cours de français.En apprenant cela, je suis un peu troublé.J\u2019exprime ma surprise en posant à ma collègue la question suivante : «Vous n\u2019allez tout de même pas enseigner le français de la 1re à la 6e année en vous basant sur une méthode écrite en anglais et même pas traduite en français pour ce qui est de son application pratique dans les classes?» Ma collègue me répond que cette méthode \u2014 il s\u2019agit des Units of Study in Teaching Writing de Lucy Calkins et d\u2019une équipe d\u2019enseignants du Teacher\u2019s College Reading and Writing Project relié à l\u2019Université Columbia \u2014 est vraiment efficace, que déjà plein de classes du Québec l\u2019emploient avec enthousiasme et que depuis les résultats en écriture des élèves connaissent une amélioration fulgurante.Elle ajoute que les conseillers pédagogiques de notre commission scolaire la recommandent et qu\u2019ils se sont engagés à faire une traduction maison des manuels du maître pour que tous les enseignants y aient accès.Argent perdu Cependant, pour ce faire, il faut que les écoles qui souhaitent utiliser cette méthode achètent ces manuels dans leur version originale anglaise, question de respecter les droits d\u2019auteur.Ici, il me semble important de mentionner le fait que, si de nombreuses écoles achètent les livres de cette méthode, cela équivaut à procurer une petite fortune aux maisons d\u2019édition qui les publient et un prestige certain à ses propagateurs québécois qui font aussi leurs petites affaires : congrès et formations à la clé.Je suis ébahi ! Ainsi, nos conseillers pédagogiques vont consacrer des heures de travail à traduire du matériel états-unien pour que nous puissions soi-disant enseigner ef ficacement l\u2019écriture en français à nos élèves du primaire.N\u2019existe-t-il pas une ou des méthodes valables publiées en français ?N\u2019avons-nous pas des chercheurs et des didacticiens dans nos universités québécoises?Et, plus fondamentalement, n\u2019est-ce pas opérer un profond déracinement de soi, devenir étranger à sa propre culture nationale que d\u2019en arriver à passer par des méthodes conçues dans une langue autre que la nôtre pour enseigner l\u2019écriture aux jeunes enfants?En septembre 1967, dans les pages du mensuel français Le Monde diplomatique, Fernand Dumont dénonçait l\u2019invasion de nos universités par les manuels américains.Il expliquait avec beaucoup de justesse qu\u2019«une discipline ne se livre pas dans une langue donnée par une sorte de transparence : dans les sciences de l\u2019homme, en particulier, c\u2019est une façon de voir les choses, le reflet d\u2019un système particulier d\u2019éducation, un certain climat idéologique d\u2019ensemble qui marquent ainsi l\u2019étudiant pour toujours ».Et il ajoutait que certains universitaires, dans « une méconnaissance totale des traditions et des progrès de la recherche européenne, [en étaient arrivés à développer] le sentiment que la science est américaine » (La vigile du Québec, Bibliothèque québécoise, 2001).Presque 50 ans plus tard, nous nous retrouvons devant le même problème.Pourtant, dans un référentiel de compétences professionnelles publié en 2001 par le ministère de l\u2019Éducation (La formation à l\u2019enseignement.Les orientations et les compétences professionnelles), la première des compétences pour un enseignant se définit comme suit: «Agir en tant que professionnel héritier, critique et interprète d\u2019objets de savoir ou de culture dans l\u2019exercice de ses fonctions».À mes yeux, la mise en œuvre sérieuse de cette compétence suffirait à mettre fin à cette folle aventure d\u2019une didactique du français pensée et construite en anglais.Enseigner, apprendre, travailler et vivre en français dans ce coin d\u2019Amérique que nous habitons, tout cela ne saurait se faire en gardant son innocence.Nous sommes un petit peuple dont la culture et la langue sont fragiles.Même pour se trouver un emploi au salaire minimum, il arrive souvent que l\u2019on exige de nous que nous soyons bilingues.Dans ce contexte, ce qui menace le goût de lire, d\u2019écrire et de parler en français, c\u2019est la dévalorisation de notre langue dans son utilité sociale, économique et intellectuelle.Il faut mettre fin à cette capitulation linguistique mortifère.Le français est une grande langue internationale, riche d\u2019une culture littéraire, scientifique et spirituelle pluriséculaire.Sa maîtrise peut ouvrir l\u2019intelligence sur tous les aspects du monde.Voilà ce qu\u2019il faut dire et faire comprendre aux enseignants et aux enfants du Québec.Contre l\u2019anglicisation de la didactique du français Toujours selon le CPRQ, 200 lieux de culte n\u2019ont toujours pas trouvé de nouvelles fonctions pour assurer leur survie.Lentement, on assiste à l\u2019érosion d\u2019un important pan du patrimoine québécois.Au risque de me répéter, 14 ans plus tard, afin que nos lieux de culte ne soient pas « envoyés chez le diable » ou constituent un fardeau immobilier pour les générations futures, j\u2019af firme que des actions concrètes sont nécessaires et que ces actions doivent être posées le plus rapidement possible.Roger Desautels Prévost, le 31 mai 2016 chard-Taylor, ce qui est encore vrai.Y voir une source de discrimination qui va contre le «principe de porte ouverte à tous les Québécois » fait penser à de l\u2019électoralisme.Au Québec, les temps ne sont pas à la mollesse et à l\u2019atermoiement en ce qui concerne l\u2019imposition d\u2019une laïcité nécessaire pour contrer les discours des promoteurs d\u2019un islam sociétal.Jean-Marie Desgagné Le 6 juin 2016 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 8 J U I N 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).L e zoo de Cincinnati n \u2019avait guère le choix.Devant un gorille de 205 kilos, tirant un bambin de trois ans comme une catin, on n\u2019hésite pas longtemps.On ne saura jamais si l\u2019animal voulait protéger le petit intrus, comme il semblait vouloir le faire dans les premières minutes, ou, au contraire, l\u2019abîmer.Devant les cris horrifiés de la foule, le gorille paraît de plus en plus agité, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire.Mais peu impor te.La question n\u2019est pas de savoir qui devrait porter la responsabilité de la mort de l\u2019animal.La question est bien davantage de se demander si ces « jardins de merveille » n\u2019ont pas fait leur temps.Le zoo moderne est né en 1826 à Londres sous les auspices de la Société zoologique.Il s\u2019agissait alors d\u2019un lieu où les scientifiques pouvaient observer différentes espèces à leur guise.Mais des demandes répétées de gens voulant voir les animaux ont rapidement transformé les lieux en attrait touristique.Les zoos se répandent vers le milieu du siècle, au moment où on se découvre un appétit accru pour le colonialisme et l\u2019exotisme en tout genre : de la femme à barbe aux Pygmées africains, en passant par le tigre du Bengale.C\u2019est un geste de puissance et de richesse que d\u2019exhiber des choses rares venues de loin.Se préoccuper des conditions de cet esclavage n\u2019entre pas dans l\u2019équation.Les zoos aujourd\u2019hui ont évidemment évolué.On délaisse les petites cages et les enclos miteux pour les grands espaces et les plans d\u2019eau.On professe la conservation et la protection animale la main sur le cœur.On ne doute pas non plus du déchirement qu\u2019a dû ressentir le gardien du zoo après avoir abattu le gorille, un compagnon de longue date.Mais peu importe le décor, ou les intentions, il s \u2019agit toujours de quelque chose d\u2019ar tificiel et, ultimement, de contestable : forcer des animaux à vivre l\u2019anormale afin d\u2019épater la galerie.Rien n\u2019illustre ce dilemme mieux que les pirouettes de baleines dans les parcs aquatiques, les dénommés Sea World, qu\u2019on retrouve dans plusieurs grandes villes américaines et canadiennes.En 2010, la mort d\u2019une entraîneuse à Orlando a fait couler beaucoup d\u2019encre, en plus de susciter un film documentaire absolument bouleversant, Black- fish.Si vous voulez voir qu\u2019est-ce que c\u2019est que de passer de la liberté et l\u2019insouciance de l\u2019état sauvage à la contrainte et la psychose de l\u2019enclos, regardez ce film (disponible sur Netflix).Le film retrace le parcours de l\u2019orque Tili- kum, responsable de la mort de Dawn Bran- cheau à Orlando, mais également de deux autres entraîneurs, dont un à Vancouver où la vie captive de la baleine a débuté.Bien qu\u2019on les sur nomme les bale ines tueuses, « on ne connaît pas d\u2019incident agressif [envers les humains] impliquant des orques à l\u2019état sauvage », dit un biologiste.D\u2019ailleurs, les images des orques sautant et pirouettant dans leur enclos, por tant l \u2019entraîneur sur leur nez, ouvrant grande la gueule pour qu\u2019il y passe la tête, sont du pur Disney, féeriques et innocentes à souhait.Jusqu\u2019au jour où \u2014 et les images sont également au rendez-vous \u2014 Tilikum attrape le bras de son entraîneuse et la traîne au fond de la piscine, un geste punitif qu\u2019il répétera à quelques reprises.Le monde de l\u2019innocence vient de basculer.Dawn meurt « mutilée » et noyée après 10 minutes.Tout comme la scène où Marion Cotillard se fait bouf fer les deux jambes par son Moby Dick à elle (De rouille et d\u2019os de Jacques Audiard), c\u2019est totalement horrifiant.« Erreur de l\u2019entraîneuse », dira Sea World pour toute explication.Mais le film de Gabriela Cowperthwaite, une femme qui avait souvent fréquenté les parcs aquatiques avec ses enfants et voulait en avoir le cœur net, montre bien autre chose.On comprend que « toutes les baleines en captivité sont traumatisées » à partir du moment où elles sont arrachées de leurs mères \u2014 les baleines vivent en famille tissée serrée, on entendra une mère crier d\u2019angoisse à la capture de ses petits \u2014 et mis en enclos pour le restant de leur vie, « l\u2019équivalent d\u2019être pris dans une baignoire pendant 25 ans ».Harembe le gorille pouvait se compter chanceux : il bénéficiait d\u2019un peu plus d\u2019espace, en plus d\u2019être né en captivité.Mais de là à prétendre qu \u2019on agit pour le bien de l \u2019animal, ou même pour la conservation de l\u2019espèce, un instant.Mettre un animal en cage, le couper de son habitat naturel ne sera jamais rien d\u2019autre que de la torture, mais qu\u2019on égrène ici comme un chapelet, à petite dose et sans trop se rendre compte de ce qu\u2019on fait.fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter : @fpelletier1 Adieu aux zoos FRANCINE PELLETIER F R A N Ç O I S B L A I S Ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale l s\u2019est dit beaucoup de choses sur le projet de loi 70 ces dernières semaines, et en particulier autour du programme Objectif emploi qui touche exclusivement les premiers demandeurs à l\u2019aide sociale.Il est nécessaire de rétablir les faits en reprenant les principales accusations de ses détracteurs : Objectif emploi «s\u2019attaque» à tous les assistés sociaux du Québec.C\u2019est faux.Le programme s\u2019adresse uniquement aux nouveaux demandeurs de l\u2019aide sociale sans contrainte à l\u2019emploi.Il s\u2019en présente approximativement 17 000 au Québec chaque année sur un total de plus de 400 000 bénéficiaires.Pourquoi eux?Parce que les recherches indiquent qu\u2019ils sont les plus faciles à mobiliser si on leur fournit les ressources dont ils ont besoin et si on les place dans l\u2019obligation de participer à des mesures visant à améliorer leur potentiel humain.Objectif emploi va appauvrir les plus pauvres.C\u2019est faux.Les premiers demandeurs, sans contrainte, recevront une allocation spéciale pouvant porter leur revenu mensuel jusqu\u2019à 986$ par mois.Les allocations offertes visent à encourager et à soutenir les participants qui auront le choix entre : la recherche d\u2019un emploi, le retour aux études ou un suivi psychosocial dit de «pré-em- ployabilité» puisque certains ne sont tout simplement pas prêts à un retour aux études ou à une éventuelle prise d\u2019emploi.Toutes ces pistes permettront aux par ticipants d\u2019améliorer leurs chances de quitter l\u2019aide de dernier recours.Le gouvernement les obligera à occuper un travail pour lequel ils seront peu ou même pas du tout payés.C\u2019est faux.Les participants qui sont en mesure d\u2019occuper un emploi seront soutenus financièrement en plus d\u2019être accompagnés par des ressources spécialisées pour trouver un emploi qui leur convient.Des emplois il y en a, et les employeurs consacrent beaucoup d\u2019énergie pour les recruter.Les emplois qu\u2019ils occuperont éventuellement seront de vrais emplois, rémunérés comme tout autre emploi.La démarche d\u2019Objectif emploi est essentiellement punitive et vise à faire des économies sur le dos des plus pauvres.Rien n\u2019est plus faux.La mise en place d\u2019Objectif emploi exige au contraire l\u2019ajout de sommes importantes afin de bonifier les montants des allocations et l\u2019encadrement des participants tout au long de leur parcours vers les études ou l\u2019emploi.Il est vrai que le programme implique un engagement du prestataire et que des manquements à ses engagements pourront entraîner des diminutions de l\u2019aide offerte.Toutefois, les sommes en cause n\u2019ont rien à voir avec les investissements budgétaires, qui se comptent en plusieurs dizaines de millions de dollars.L\u2019opposition a d\u2019ailleurs reconnu les efforts du gouvernement ces derniers mois pour bonifier le programme même si elle s\u2019oppose toujours à l\u2019idée de pouvoir obliger les nouveaux demandeurs à s\u2019engager dans une démarche, quelle qu\u2019elle soit.Objectif emploi nourrit les préjugés envers les assistés sociaux.Lesquels?Il s\u2019appuie au contraire sur des faits bien établis.Tout d\u2019abord, après deux années consécutives à l\u2019aide sociale, les risques que la durée du séjour s\u2019allonge augmentent dangereusement.Il faut donc agir en priorité en amont par un suivi personnalisé comme nous comptons le faire.De plus, le volontariat dont certains vantent tant les mérites actuellement a démontré ses limites: à peine 15% des jeunes à l\u2019aide sociale au Québec ont participé à une mesure de réinsertion sociale, et une partie d\u2019entre eux seulement l\u2019ont terminée.C\u2019est trop peu et pendant ce temps, des milliers de jeunes hypothèquent leur avenir.On se vante de respecter leur choix alors que plusieurs d\u2019entre eux n\u2019ont jamais eu la chance de grandir dans un milieu leur fournissant un encadrement suffisant pour réussir leur vie.Cette situation est devenue difficilement tolérable alors que des milliers d\u2019emplois ne trouvent pas preneurs partout sur le territoire du Québec.Objectif emploi est contraire aux chartes des droits national et international.C\u2019est faux.L\u2019exigence de réciprocité ou d\u2019engagement mutuel est devenue au contraire une norme internationale à laquelle le Québec échappe, mais il ne devrait pas s\u2019en vanter compte tenu de la surreprésentation de prestataires de l\u2019aide sociale sur son territoire, notamment de jeunes.Des pays qui font beaucoup mieux que nous aujourd\u2019hui sur le plan de la lutte contre la pauvreté n\u2019hésitent pourtant pas à poser des attentes et des sanctions plus consistantes que celles proposées par Objectif emploi.Et personne n\u2019oserait prétendre que la Suède, la Norvège, le Danemark, l\u2019Allemagne, et les Pays-Bas violent les libertés fondamentales de leurs citoyens en imposant des obligations à leurs prestataires d\u2019assu- rance-emploi ou d\u2019aide sociale.Il en va de même pour la France, l\u2019Angleterre et la majorité des provinces canadiennes.Encore faut-il cependant trouver la formule qui nous convient bien tant sur le plan de l\u2019efficacité de la mesure que de notre volonté de protéger les plus démunis.Diminuer la pauvreté exige un effort sur plusieurs fronts à la fois : le revenu bien entendu, mais aussi l\u2019éducation et l\u2019employabilité.Peu de gens savent aujourd\u2019hui que dans l\u2019état actuel des choses, il est impossible d\u2019exiger d\u2019un prestataire de l\u2019aide sociale au Québec, récemment arrivé ou non, qu\u2019il rencontre une seule fois un agent pour évaluer sa situation et lui offrir des moyens de s\u2019en sortir.Comprenons-nous bien: pas une seule rencontre ne peut être exigée! Ce laissez-faire est devenu à mon avis intenable et isole le Québec des meilleures pratiques dans le monde en vue de diminuer l\u2019exclusion sociale et la pauvreté.Le volontariat, les chiffres le prouvent, a lamentablement échoué, c\u2019est pourquoi nous proposons l\u2019adoption du programme Objectif emploi qui permettra de mobiliser de façon durable les nouveaux demandeurs de l\u2019aide sociale.PROJET DE LOI 70 SUR L\u2019AIDE SOCIALE Il faut rétablir quelques faits B E N O Î T P E L L E T I E R Professeur titulaire à la Faculté de droit de l\u2019Université d\u2019Ottawa, et ex-membre du comité fédéral externe sur l\u2019aide médicale à mourir e projet de loi C-14, examiné en ce moment par le Sénat, va plus loin que l\u2019arrêt Carter sur certaines questions, alors que sur d\u2019autres, il est probablement en deçà de ce que la Cour suprême avait en tête au moment où elle a rendu sa décision.Le projet de loi fédéral permet aux infirmières praticiennes d\u2019évaluer les demandes d\u2019aide médicale à mourir et de fournir celle-ci aux patients, et ce, au même titre que les médecins.Cette aide peut donc être procurée aux patients par les infirmières praticiennes, sans même qu\u2019aucun médecin n\u2019ait à y participer.Or, dans Carter, la Cour suprême n\u2019a parlé que des médecins.Cela ne rend pas pour autant inconstitutionnelle l\u2019extension de cette aide aux infirmières praticiennes, puisque cet arrêt est un plancher et non un plafond.De plus, le projet de loi fédéral requiert l\u2019existence d\u2019une relation de cause à effet entre d\u2019une part la maladie, l\u2019affection ou le handicap dont un patient est affligé, et d\u2019autre part les souffrances qu\u2019il endure.Mais le projet de loi prévoit également que les souffrances peuvent être occasionnées non pas par la maladie, affection ou handicap du patient, mais plutôt par le déclin avancé et irréversible de ses capacités.Cette dernière hypothèse dépasse les exigences de l\u2019arrêt Carter.Cela n\u2019est toutefois pas inconstitutionnel puisque, répétons-le, cet arrêt constitue un minimum et non un maximum.En deçà de l\u2019arrêt Carter Le projet de loi C-14 se limite à des situations où le patient est dans un déclin physique avancé et à l\u2019approche de la mort.Notons cependant qu\u2019il n\u2019exige pas qu\u2019un pronostic soit établi quant à l\u2019espérance de vie du patient.Il n\u2019exige pas non plus que la mort de ce dernier soit causée par la maladie, l\u2019affection ou le handicap qui l\u2019affligent.Il suffit que sa mort naturelle soit «devenue raisonnablement prévisible compte tenu de l\u2019ensemble de sa situation médicale».Sur ces questions, le projet de loi C-14 se fonde essentiellement sur le paragraphe de l\u2019arrêt Car ter dans lequel la Cour suprême af firme que ce dernier n\u2019est censé s\u2019appliquer qu\u2019à des situations de fait semblables à celles présentées en l\u2019espèce, et qu\u2019il ne porte pas sur d\u2019autres situations où l\u2019aide médicale à mourir pourrait être demandée.Malgré l\u2019affirmation de la Cour suprême qui précède, nous doutons fortement que celle-ci ait vraiment voulu limiter l\u2019aide médicale à mourir aux seules situations où un patient est en fin de vie.D\u2019ailleurs, Kay Carter \u2014 soit celle qui était au cœur de l\u2019affaire qui porte désormais son nom \u2014 n\u2019aurait possiblement pas eu droit à cette aide si le projet de loi C-14 avait fait autorité à l\u2019époque.L\u2019interprétation la plus plausible de l\u2019arrêt Car ter nous semble donc être celle voulant que celui-ci s\u2019applique à tout patient qui est affecté de problèmes de santé graves et irrémédiables lui causant des souf frances persistantes et intolérables.Cela s\u2019avère, selon nous, même si la mort de ce patient n\u2019est pas raisonnablement prévisible, même si le patient a la capacité physique de mettre fin à ses jours, même si la maladie mentale est sa seule condition médicale et même s\u2019il n\u2019est pas atteint d\u2019une maladie mortelle.En effet, dans Carter, la Cour suprême s\u2019est dite inspirée par un certain nombre de principes tels que l\u2019intégrité physique et psychologique et la qualité de vie du patient, principes qu\u2019elle a rattachés aux droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne humaine.Du reste, la Cour a rappelé le droit des patients adultes de décider de leur propre sort, ainsi que l \u2019impor tance que soient respectés les choix que font ces patients quant à la fin de leur vie.Elle a aussi mentionné que l\u2019absence d\u2019aide médicale à mourir pouvait forcer une personne à s\u2019enlever la vie plus tôt qu\u2019elle ne l\u2019aurait fait si une telle aide avait été disponible.Or, il nous semble que toutes les valeurs ou considérations mentionnées ci-dessus s\u2019appliquent aussi bien aux patients dont la mort naturelle n\u2019est pas encore raisonnablement prévisible qu\u2019à ceux qui sont en fin de vie.De plus, selon nous, elles s\u2019appliquent aussi bien aux patients qui sont atteints d \u2019une maladie mentale qu \u2019à ceux qui souffrent d\u2019une maladie physique, dans la mesure évidemment où les différentes conditions énoncées dans Carter sont respectées.Donc, en se limitant aux cas où un patient est en fin de vie et en excluant la possibilité que la maladie mentale soit la seule condition médicale de celui-ci, le projet de loi fédéral propose une interprétation plutôt restrictive de l\u2019arrêt Carter et ouvre inévitablement la porte à de nouvelles contestations judiciaires.Néanmoins, il est impossible de prédire ce que ferait la Cour suprême si elle avait à se prononcer aujourd\u2019hui sur la validité de ce projet de loi.En effet, elle pourrait le déclarer insuffisant pour les motifs avancés ci-dessus.Mais elle pourrait aussi, au contraire, trouver qu\u2019il offre un compromis honorable, légitime et constitutionnel entre d\u2019une part l\u2019accès à l\u2019aide médicale à mourir et d\u2019autre part la protection des personnes vulnérables.AIDE MÉDICALE À MOURIR Pas qu\u2019une question de fin de vie I JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais L Le projet de loi fédéral propose une interprétation plutôt restrictive de l\u2019arrêt Carter Il s\u2019agit toujours de quelque chose d\u2019artificiel de forcer des animaux à vivre l\u2019anormale afin d\u2019épater la galerie L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 8 J U I N 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S LDL est appuyée par l\u2019Assoc iat ion des avocats et avocates de la défense de Montréal (AADM), l\u2019Association des avocates et avocats en dro it carcéral du Québec (AAADCQ), Femmes autochtones du Québec, l\u2019Association des services de réhabili- tat ion soc iale du Québec (ASRSQ), l \u2019Association des rel igieuses pour les dro its des femmes (ARDF), la Soc i é t é É l i zabe th Fr y e t quelques autres groupes.Selon Lucie Lemonde, profes- seure au Dépar tement de sciences juridiques de l\u2019UQAM et porte-parole de la LDL, il ne s\u2019agit pourtant que «de proposer des pistes de solution».Dans les circonstances, la présidente de la FFQ, Mélanie Sarazin, se demande pourquoi le gouvernement, malgré ses engagements répétés à corriger rapidement la situation, se refuse à ce qu\u2019elle soit obser vée et analysée de près de façon indépendante.La situation donne à penser que des droits fondamentaux sont bafoués, dit-elle.En point de presse, le ministre Coiteux admet qu\u2019il y a eu « un cer tain nombre de problèmes », mais « qu\u2019il y a déjà toute une série de correctifs qui ont été apportés ».La demande d\u2019une mission d\u2019observation a été déposée le 10 mai.Huit jours plus tard, la directrice de cabinet, Mme Isabelle Mignault, a rencontré des représentants de FFQ et la LDL.Elle a finalement décliné la proposition dans une lettre datée du 27 mai, «invoquant des motifs de sécurité et faisant valoir notamment que des correctifs avaient été apportés à la situation».En point de presse mardi, le ministre Coiteux indique que l\u2019accès est limité: « il y a des lois, il y a des règlements qui prévoient qui peut y accéder».Un refus sans fondement, fait valoir la juriste Lucie Lemonde.«J\u2019ai amené des classes entières d\u2019étudiants en prison.Il n\u2019y avait pas de problème! Nous n\u2019acceptons pas ce refus », citant la loi qui prévoit que le ministre peut tout à fait les accepter.Peu d\u2019améliorations Plusieurs témoins laissent entendre que la situation des femmes au pénitencier Leclerc s\u2019est très peu améliorée depuis leur arrivée en février 2016.Les femmes continuent d\u2019être en contact avec les hommes.Mélanie Martel, une avocate régulièrement en contact avec les détenues, cite le cas du parloir, où les femmes doivent traverser un espace commun.Il y aurait aussi des contacts hommes- femmes à l\u2019infirmerie, ainsi que dans la cour intérieure, de même qu\u2019au gymnase.«Je vous laisse imaginer les propos qui sont alors échangés.» Les rapports mixtes perdurent bel et bien, confirme la bénévole sœur Marguerite Ri- vard, qui n\u2019était pas présence à la conférence du groupe.En entrevue, sœur Rivard estime qu\u2019il y a eu très peu d\u2019améliorations, malgré les promesses qui lui ont été faites à la suite d\u2019une rencontre avec Jean-François Longtin, le sous-ministre des services correctionnels.«Il y a eu des améliorations pour les douches.On paye aussi des taxis pour les femmes qui doivent sortir de là, pour qu\u2019elles ne soient plus laissées au milieu de nulle part.Mais c\u2019est peu de choses, vous savez\u2026» Pour l\u2019essentiel, les conditions continuent d\u2019être misérables.«Le système de santé est exécrable.Je viens de croiser une infirmière qui pensait démissionner tellement elle n\u2019en pouvait plus.Les gardiens ne sont pas du mauvais monde, mais on est ici désormais dans la logique de la répression.Des femmes qui viennent ici pour quelques jours sont traitées comme si elles étaient des hommes dangereux.» Une autre femme a fait une tentative de suicide la fin de semaine dernière.En avril, une détenue s\u2019était enlevé la vie.Manque de personnel Les activités sont sans cesse annulées à cause d\u2019un manque de personnel.«Les rencontres des Alcooliques anonymes et bien d\u2019autres encore.S\u2019il manque du personnel tous les jours, ce n\u2019est pas normal», dit sœur Rivard.«Plusieurs femmes n\u2019ont toujours pas accès à des programmes.[\u2026] Les soins de base sont mal assurés.Il faut faire des requêtes pour de l\u2019aspirine ou un sac de glace dans un cas de foulure», explique Me Martel.Pour mettre plus de gens dans des cellules, on a entrepris de transformer des lits à une place en lits superposé s .Sans échelle pour accéder au lit de l\u2019étage supérieur, des accidents seraient survenus.Et « les hommes prisonniers ne sont pas mieux traités.» Des femmes sont encore enfermées dans leur cellule de 22 h à 11 h le lendemain matin, affirme Me Martel.Il manque de personnel pour distribuer un déjeuner.Une pomme ou un muffin est distribué à la va-vite.Ombudsman Me Martel dit avoir rédigé plusieurs plaintes à l\u2019ombudsman des prisons.Pour le faire elles- mêmes, les prisonnières doivent en principe téléphoner directement à ce service grâce à une ligne téléphonique spécialement dédiée.Ce n\u2019est pas toujours simple pour elles de le faire, soutient Me Martel.Au bureau de l\u2019ombudsman, on dit tout de même recevoir des plaintes.À Québec, le ministre Coi- teux soutient devant les journalistes que l\u2019ombudsman des prisons est la bonne personne pour traiter de ces problèmes.« C\u2019est la personne toute désignée pour s\u2019occuper de toute question relative aux enjeux qui ont été soulevés récemment.» Au bureau de l\u2019ombudsman, on explique que l\u2019organisme publie un rapport annuel mais n\u2019a pas les moyens d\u2019intervenir directement.Cependant, deux visites ont été faites récemment au pénitencier Leclerc.Des problèmes ont été signalés au ministère de la Sécurité publique.En point de presse, le ministre Coiteux a indiqué qu\u2019il entendait proposer une solution « à long terme » pour les prisonnières, «parce qu\u2019il faut réfléchir à la population féminine, à ses besoins spécifiques».Aux yeux de la présidente de la Fédération des femmes du Québec, « la situation est grave».Selon Mélanie Sarazin, « les femmes paient cher les mesures d\u2019austérité » en prison, lesquelles remettent en cause le respect de conventions internationales et de la charte des droits.Le Devoir Rectificatif Le texte coiffé du titre «Les forestières craignent un autre conflit avec les États-Unis », publié en page B 2 de notre édition du mardi 7 juin, reprenait les éléments d\u2019un reportage d\u2019ICI Radio- Canada citant Carl Grenier.Celui-ci y était présenté comme étant l\u2019ex-négociateur en chef du Canada dans le dossier du bois d\u2019œuvre.Or, M.Grenier dirigeait plutôt le conseil du libre- échange pour le bois d\u2019œuvre (CLÉ-Bois), un regroupement pancanadien d\u2019exportateurs de bois d\u2019œuvre qui s\u2019est d\u2019ailleurs opposé à l\u2019accord de 2006, a-t-il souligné.Nos excuses.Au bureau de l\u2019ombudsman, on explique que l\u2019organisme publie un rapport annuel mais n\u2019a pas les moyens d\u2019intervenir directement SUITE DE LA PAGE 1 PRISON déposé mardi par le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.Une fois qu\u2019il obtient le permis d\u2019exploration, le titulaire d\u2019un permis devra simplement informer le propriétaire du terrain et la municipalité « dans les 30 jours » suivant son inscription au registre public.Il devra également obtenir l\u2019autorisation du propriétaire « au moins 30 jours » avant d\u2019accéder au territoire et mener des travaux d\u2019exploration, à moins qu\u2019il ne choisisse de négocier un droit d\u2019accès ou l\u2019acquisition du terrain visé.Les entreprises devront toutefois constituer un «comité de suivi » afin de « favoriser l\u2019implication de la communauté locale sur l\u2019ensemble du projet d\u2019exploration ».Ce sont toutefois les entreprises qui choisiront les membres de ces comités et leur nombre selon un processus qu\u2019elles détermineront, mais avec certaines règles fixées par le gouvernement, dont l \u2019obligation d \u2019y nommer une majorité de membres « indépendants » de l\u2019entreprise.Expropriation Si une entreprise découvre un gisement de pétrole ou de gaz naturel et qu\u2019elle souhaite l\u2019exploiter, elle devra en faire la demande à la Régie de l\u2019énergie.L\u2019obtention de ce permis de « production » lui donnera d\u2019ailleurs des droits importants.Dans le cas d \u2019un ter rain privé, l\u2019entreprise pourra tenter d\u2019obtenir l\u2019accord du propriétaire ou encore d\u2019acquérir le terrain.Mais si ce dernier refuse, elle pourra aller beaucoup plus loin.Le projet de loi sur les hydrocarbures prévoit en effet qu\u2019«à défaut d\u2019entente, le titulaire peut, pour l\u2019exécution de ces travaux, acquérir ces droits réels ou ces biens par expropriation ».Une telle mesure est inscrite dans la Loi sur les mines du Québec depuis la fin du XIXe siècle.En clair, un propriétaire pourrait accepter la réalisation de travaux d\u2019exploration, mais s\u2019il refuse le lancement de l\u2019exploitation, il pourrait être exproprié.Même chose pour un propriétaire dont le terrain serait situé dans une zone visée par un projet d\u2019exploitation qui nécessiterait le forage de plusieurs puits, comme cela est habituellement le cas pour les projets impor tants.Il reste aussi à déterminer ce qu\u2019il adviendrait dans le cas où un forage horizontal traverserait le terrain d\u2019un propriétaire qui refuserait un projet, dans le contexte où le projet de loi 106 accorde la propriété du sous- sol aux entreprises.Chose certaine, les droits accordés aux pétrolières et aux gazières pourraient entraîner des situations problématiques dans plusieurs régions du Québec.Pas moins de 61 472 km2 du territoire québécois sont actuellement sous permis d\u2019exploration, selon la liste des permis en vigueur.Uniquement dans les basses terres du Saint-Lau- rent, la zone la plus densément peuplée du Québec, les permis recouvrent 18 301 km2.On compte aussi 24 065km2 de permis en Gaspésie et 8430 km2 dans le Bas-Saint-Laurent.Ministre rassurant Le ministre Pierre Arcand reconnaît que plusieurs entreprises ont déjà un droit d\u2019accès au territoire grâce à leurs permis d\u2019exploration.«On ne peut pas se défaire de ce qui a déjà été accordé dans le passé, a-t-il admis mardi, en entrevue au Devoir.Mais il faut un minimum d\u2019acceptabilité sociale.» Selon lui, le projet de loi sur les hydrocarbures prévoit de toute façon un encadrement « extrêmement strict» de l\u2019industrie.La future législat ion ne ferme par a i l leurs pas la porte aux opérations de frac- turation hydraulique.Mais M.Arcand a fait valoir qu\u2019aucune entreprise n\u2019a déposé de demande pour des projets liés aux gaz de schiste, et ce, même si des dizaines de permis d \u2019exploration sont toujours en v igueur dans les basses terres du Saint-Lau- rent.Il a aussi souligné l\u2019im- por tance, pour les entreprises présentes sur le territoire, d\u2019obtenir un cadre légal cla ir.« Elles vont au moins connaître les règles du jeu, alors que depuis plusieurs années, elles ne savent pas vraiment quelles sont les règles du jeu », a-t-il fait valoir.Est-ce qu\u2019il est cohérent de présenter, dans un même projet de loi, la création de l\u2019organisme Transition énergétique Québec et la Loi sur les hydrocarbures ?Globalement, le ministre estime que le Québec « ne sera jamais un grand producteur d\u2019hydrocarbures » et que le gouvernement souhaite développer aussi les « énergies renouvelables ».La Politique énergétique 2030 prévoit plusieurs mesures en ce sens, a d\u2019ailleurs ins isté P ier re Arcand, en rappelant l \u2019objectif du gouvernement de réduire notre consommation de produits pétroliers de 40 % d\u2019ici 2030.L\u2019atteinte d \u2019une cible aussi amb it ieuse passe selon lu i par l\u2019électrification des transports et le développement du transport en commun.C\u2019est justement l\u2019organisme Transition énergétique Québec qui devra « coordonner» la mise en œuvre de l\u2019ensemble des programmes et des mesures nécessaires pour atteindre les « cibles énergétiques » du gouvernement.Selon le rapport de l\u2019évaluation environnementale stratégique sur les hydrocarbures publié la semaine dernière, la production d\u2019énergies fossiles devrait toutefois alourdir le bilan des émissions de gaz à effet de serre de la province.Les projets que le gouvernement Couillard finance et encourage en Gaspésie pourraient aussi générer des émissions de gaz à ef fet de serre aussi intenses que celles du pétrole et du gaz de schiste, selon une étude du ministère de l\u2019Environnement.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 LOI JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le projet de loi du ministre Pierre Arcand vient préciser les règles du jeu pour les entreprises énergétiques.durant plus de 40 ans, sans compter tout le reste, garde un esprit intact.Son œil voit tout.Mais, il y a quatre ans, la mort est revenue le frôler avant de s\u2019éloigner encore.Ça marque, forcément.Rare et précieuse apparition : c\u2019est un revenant qui viendra échanger avec le public, samedi à la Cinémathèque québécoise, à Montréal.À 17 h, Éléphant présente, en hommage à feu Rita Lafontaine, le film restauré Le soleil se lève en retard, réalisé par Brassard et coscénarisé avec Tremblay en 1977.Faut pas trop demander au metteur en scène d\u2019évoquer Rita Lafontaine, tellement son départ l\u2019a atteint au cœur.« J\u2019ai de la misère à parler d\u2019elle.» 40 ans d\u2019amitié et de collaboration, des Belles-sœurs à Damnée Manon, sacrée Sandra, d\u2019À toi pour toujours, ta Marie-Lou à Encore une fois, si vous le permettez, en passant par Alber- tine en cinq temps et tout ce qu\u2019on voudra.La petite secrétaire qui faisait du théâtre amateur aura eu le temps de devenir une immense interprète.Eux qui travaillaient avec une famille d\u2019acteurs ne se seront jamais lassés de son naturel et de sa rigueur.Un film straight\u2026 pas straight Le soleil se lève en retard, délicieuse comédie romantique, est le troisième et dernier film du tandem après, en 1972, le cour t métrage très primé Françoise Durocher, waitress, et deux ans plus tard Il était une fois dans l\u2019Est, en compétition à Cannes.«Au cinéma, j\u2019avais l\u2019impression d\u2019être Dieu.Quand tu tournes une scène de nuit au milieu de la rue avec des figurants, quand tu dis : \u201cGo! \u201d Et que ça marche, il y a une sensation fugace\u2026» Quand même\u2026 «Faire des films après 1975, c\u2019était moins facile.On devait soumettre un scénario à plusieurs instances, écouter les bêtises de trop de monde\u2026.» Et puis Tremblay s\u2019est éloigné un temps du théâtre pour écrire ses romans.Leurs retrouvailles se sont faites plus tard exclusivement sur les planches.Exit le cinéma.Rita Lafontaine était à la distribution des deux films précédents, mais avec Le soleil se lève en retard, le duo désirait lui of frir sur un plateau d\u2019argent un rôle principal.« On voulait aussi faire un film straight.Ça n\u2019a pas vraiment réussi\u2026 On ne s\u2019éloigne jamais complètement de ce qu\u2019on a été.» Film « straight », parce qu\u2019il explore des amours hété- ros : celles d\u2019une fille réservée de 30 ans, secrétaire (Rita Lafontaine) toujours chez ses parents, avec un homme timide (Yvon Deschamps).Film «pas straight du tout», parce que la douce Gisèle vit dans une famille cinglée et farfelue et que même à son bureau, la faune féminine, vache et colorée, est du Tremblay pur jus.Ils cherchaient aussi à s\u2019éloigner de la Main et du Plateau pour explorer d\u2019autres coins de Montréal.« Ça se passe à Rosemont, même un peu dans la Petite-Patrie.» Le nom d\u2019Yvon Deschamps était sorti du chapeau comme appât.« Il était occupé mais quand il a su que le film ne se ferait pas sans lui, il a dit oui.» À la musique : nul autre que le groupe Beau Dommage, avec des accents d\u2019ironie qui servent l\u2019atmosphère.« Ils venaient de venir au monde et on les aimait beaucoup, évoque Brassard, mais la scène finale du mariage sur cha-cha-cha à cause de problèmes techniques n\u2019a pu être montée.Leur musique est donc moins présente que prévue.» Les amours de Gisèle et de Jean se bâtissent sur les malheurs des autres : sœur aînée (Denise Filiatrault, follement vivante) qui perd tout, cadette délaissée (Danièle Panneton), etc.Des personnages secondaires devaient également connaître l\u2019enfer.Trois jours de tournage perdus ont causé le sacrifice de ces scènes-là.Ça l\u2019a irrité.«Pendant longtemps, j\u2019ai eu l\u2019impression que le film était un enfant bâtard, confesse André Brassard.Mais depuis quelques années, je vois des restes\u2026» Le soleil se lève en retard sera toujours moins beau que l\u2019œuvre dans sa tête, mais on le trouve sévère, devant les charmes du film.Les vrais créateurs cherchent toujours un Graal insaisissable.Déposés par la vague André Brassard est conscient d\u2019avoir marqué avec Michel Tremblay notre culture en redonnant sa langue et ses rêves au peuple québécois.«On a eu la volonté de l\u2019anoblir, de l\u2019adouber en montrant qu\u2019il était aussi intéressant que la société bourgeoise du Faubourg Saint-Germain\u2026» Il se voit aussi comme un produit d\u2019une génération de boomers en éclatement créatif.«En même temps sont apparus Réjean Ducharme, L\u2019Osstid- cho, Les belles-sœurs.La vague nous a déposés sur la plage.Certains sont restés là, d\u2019autres ont appris à nager\u2026» De quoi il est le plus fier, en survolant sa vie de grand nageur?«De ne pas m\u2019être laissé monter la tête par la saveur du mois, répond-il.Chaque fois qu\u2019on avait un succès, on disait : Next ! De toute façon, plus on apprend, plus on se rend compte de ce qu\u2019on ne sait pas\u2026» Le Devoir LE SOLEIL SE LÈVE EN RETARD D\u2019André Brassard.En projection spéciale avec causerie, à la Cinémathèque québécoise, samedi 17 h.SUITE DE LA PAGE 1 BRASSARD On voulait aussi faire un film straight.Ça n\u2019a pas vraiment réussi\u2026 André Brassard, metteur en scène « » On ne peut pas se défaire de ce qui a déjà été accordé dans le passé.Mais il faut un minimum d\u2019acceptabilité sociale.Pierre Arcand, ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles « » "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.