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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-05-16, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 1 0 8 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 6 M A I 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a NPD.Le successeur de Thomas Mulcair sera élu à l\u2019automne 2017.Page A 2 Les Sports \u203a Basketball.Les Raptors de Toronto passent en ?nale de l\u2019Est pour la première fois de leur histoire.Page B 4 Avis légaux.B 6 Décès.B 2 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 2 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m R O B E R T D U T R I S A C à Drummondville L e chef libéral Philippe Couillard déplore que le réseau d\u2019éducation francophone soit à la traîne en matière de réussite scolaire et lui enjoint d\u2019imiter le réseau anglophone qui fait beaucoup mieux.« Nous devons dire à nos amis québécois de langue anglaise que la façon dont ils font les choses, la façon dont ils dirigent leurs commissions scolaires et leurs écoles est la direction à suivre pour tous les Québécois », a déclaré Philippe Couillard dans son discours de clôture du conseil général du Parti libéral du Québec qui réunissait quelque 500 militants.Le chef libéral a souligné que les commissions scolaires de langue anglaise affichaient un taux de diplomation au secondaire de 85% alors que les commissions scolaires, sauf exceptions, atteignent des résultats moindres (voir encadré).Pourquoi les commissions scolaires anglophones et quelques rares commissions scolaires RÉUSSITE SCOLAIRE Couillard veut s\u2019inspirer des Anglo- Québécois VOIR PAGE A 8 : COUILLARD H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa E lle est née dans un pays longtemps dépour vu de gouvernement où les femmes devaient s\u2019effacer de l\u2019espace public.Elle s\u2019est réfugiée dans un pays où, 20 ans plus tard, elle se retrouve sous le feu des projecteurs en tant que grande prêtresse de la réforme du système électoral.Décidément, Maryam Monsef, la ministre fédérale des Institutions démocratiques, collectionne les extrêmes.Maryam Monsef, 31 ans, est née en Afghanistan.Toute jeune, elle perd son père, qui est coincé dans un échange de coups de feu.Les circonstances sont nébuleuses et elle n\u2019aime pas en discuter.Quelques années auparavant, son oncle, qui étudiait à l\u2019université de Kaboul, avait été enlevé.Il n\u2019a plus jamais été revu.La situation politique en Afghanistan est des plus instables.La famille vit à cheval entre Hérat et l\u2019Iran situé à environ 200 kilomètres de là.Quand en 1996 les talibans prennent le contrôle du pays, Suri Basir-Monsef décide de faire le grand saut migratoire.La mère et ses trois filles s\u2019installent à Peterborough, en Ontario, où vit déjà un oncle.Maryam n\u2019a que 11 ans.« La météo était exactement comme aujourd\u2019hui : magnifique», a raconté Mme Monsef jeudi dernier en entrevue avec Le De- P?INT CHAUD Du confinement afghan aux lumières parlementaires Une puce sur les aliments à défaut d\u2019une date de péremption Page A 5 Chefferie du PQ Au tour de Lisée de se lancer Page A 3 VALERY HACHE AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019actrice française Marion Cotillard est à Cannes pour deux films en compétition.Elle y était dimanche pour défendre Mal de pierres, de Nicole Garcia.O D I L E T R E M B L A Y à Cannes V oici qu\u2019arrive Marion Cotillard, avec sa fragilité et sa sensibilité à fleur de peau, vêtue simplement, sans chichi de star, peut-être fatiguée, assez pour se ménager et n\u2019offrir que sa simplicité en partage.Cannes l\u2019aime et l\u2019actrice française le lui rend bien.L\u2019interprète de La vie en rose accompagne cette semaine deux films en compétition.Dès ce dimanche : le très beau et classique Mal de pierres, de Nicole Garcia, sur une femme des années 50 qu\u2019elle campe avec fièvre, trop ardente pour son époque et son milieu, entre un mari loyal et un amant idéalisé.Marion Cotillard est venue quatre fois en compétition, dont en 2012 pour De rouille et d\u2019os, de Jacques Audiard, et pour Deux jours, une nuit, des frères Dardenne, en 2014, repartie bredouille au prix d\u2019interprétation féminine, oscari- sée ailleurs, en attente de consécration ici.Jeudi, on verra l\u2019actrice française monter de nouveau les marches du Palais avec l\u2019équipe du film de Xavier Dolan.Ce dernier considère FESTIVAL DE CANNES Marion Cotillard, ce paysage\u2026 VOIR PAGE A 8 : CANNES VOIR PAGE A 8 : AFGHAN Lire aussi \u203a La déhumanisation sous la loupe des cinéastes.Page B 7 GALA DES OLIVIER HUMEUR SOLIDAIRE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des dizaines d\u2019humoristes masqués ont pris d\u2019assaut la scène du 18e gala des Olivier dimanche soir afin d\u2019af?cher leur solidarité avec Guy Nantel et Mike Ward, qui ont vu leur numéro portant sur la liberté d\u2019expression annulé.Ce geste a eu lieu alors que Ward, absent du gala, remportait le prix de la capsule, chronique ou sketch humoristique Web.Il s\u2019est aussi vu attribuer, en ?n de gala, l\u2019Olivier de l\u2019année.Page B 8 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 6 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 recensement.gc.ca VOTRE RECENSEMENT.VOTRE VOISINAGE.VOTRE AVENIR.des services comme les hôpitaux, les écoles et le transport en commun.Remplissez votre recensement en ligne aujourd\u2019hui.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Un mois après avoir été désavoué par le parti, Thomas Mulcair a laissé entendre cette semaine qu\u2019il ne se représenterait pas aux élections en 2019.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L e prochain chef du Nouveau Par ti démocratique (NPD) sera élu à l\u2019automne 2017, à l\u2019issue d\u2019une course trois fois plus longue que la précédente.Les aspirants chefs pourront déposer leur candidature et faire campagne à partir du 2 juillet prochain.Réuni à Ottawa dimanche, le conseil fédéral du NPD a établi l\u2019échéancier de la course à la direction devant permettre de remplacer Thomas Mulcair, désavoué le mois dernier par les membres de son parti.Le vote aura lieu entre le 17 septembre et le 31 octobre 2017.La date du scrutin devra être établie par l\u2019exécutif du parti, qui se réunira en juin.Cela signifie que la course s\u2019échelonnera sur au moins 15 mois, alors que la précédente n\u2019avait duré qu\u2019environ 6 mois.«Les conseillers avaient le désir de donner la chance aux candidats de s\u2019organiser sur une plus longue période pour faire le travail qui est nécessaire et pour s\u2019assurer que le parti ait le temps de faire valoir ses candidats », explique le directeur national du NPD, Karl Bélanger.Le prochain chef aura deux ans pour rassembler les troupes néodémocrates en vue des prochaines élections fédérales, prévues en octobre 2019.« Les néodémocrates de partout au Canada auront à faire un choix très impor tant pour l\u2019avenir du par ti.C\u2019est au- jourd\u2019hui que commence le travail pour remplacer le gouvernement libéral par un gouvernement néodémocrate véritablement progressiste », souligne le NPD dans un communiqué.Dépenses en hausse Les successeurs potentiels devront débourser des frais d\u2019enregistrement de 30 000 $ (deux fois plus que lors de la dernière course à la direction déclenchée en 2011) et devront respecter un plafond de dépenses établi à 1,5 million de dollars (trois fois plus qu\u2019il y a 5 ans).Ce plafond a simplement été augmenté parce que la course sera trois fois plus longue, affirme M.Bélanger.« Le Canada est un grand pays.Si on veut faire des voyages et avoir du personnel [pour la durée de la campagne], il faut avoir une limite en conséquence.Cela dit, nous sommes bien en deçà de la limite de 5 millions du Par ti conservateur», dit-il.Le prochain leader du NPD sera élu à l\u2019issue d\u2019un vote secret.Alors que le Parti libéral pourrait adopter fin mai une nouvelle constitution permettant à tous les sympathisants de participer gratuitement au processus décisionnel du parti, le NPD ne donnera le droit de vote qu\u2019aux membres en règle.«Les modalités pour devenir membre varient d\u2019une province à l\u2019autre, précise toutefois Karl Bélanger.Est-ce qu\u2019il y aura des choses à regarder de ce côté-là?Possiblement.L\u2019exécutif va s\u2019y pencher.» Thomas Mulcair demeurera chef inté- r imaire du NPD jusqu\u2019à ce qu\u2019un nouveau chef soit élu.Dans une entrevue accordée à La Presse, il a par ailleurs fait savoir dimanche qu\u2019il est « fort peu probable » qu\u2019il se présente aux prochaines élections fédérales prévues en 2019.«Ma réflexion est faite là-dessus et je commence à aimer l\u2019idée d\u2019avoir des fins de semaine avec Catherine, les enfants et les petits-enfants », a-t-il raconté, évoquant un possible passage vers le monde des médias.Le Devoir Le NPD aura un nouveau chef à l\u2019automne 2017 Les candidats pourront faire campagne à partir du 2 juillet prochain L e député Maxime Bernier a lancé of ficiellement sa campagne pour la course à la direction du Parti conservateur, dimanche matin, dans sa circonscription de la Beauce, en présentant sa vision du Canada.Maxime Bernier a dit vouloir devenir le chef du Par ti conservateur pour rendre le pays plus prospère.« J\u2019entame la course la plus impor tante de ma vie », a lancé le député, qui est un fer vent de la course à pied.Il s\u2019est engagé à rembourser la dette et à réduire les impôts s\u2019il est élu.L\u2019ex-ministre, qui exposait ainsi sa vision du Canada lors d\u2019un événement à Sainte-Marie, s\u2019est aussi longuement attardé sur la réduction de la taille de l\u2019État.Maxime Bernier a af firmé être en faveur d\u2019une réduction de la taille du gouvernement, de la dette et des dépenses publiques.Il s\u2019est aussi attaqué au gouvernement libéral en place à Ottawa, qu\u2019il a qualifié de gouvernement trop gros et dépensier.Les libéraux de Justin Trudeau «veulent endetter les générations futures de 110 milliards de dollars au cours des prochaines années pour payer des dépenses dont nous n\u2019avons pas les moyens et même si nous ne sommes pas en récession, a-t-il dit.Je crois que cela est un geste irresponsable envers les Canadiens et, surtout, envers les générations futures.» Parcours sinueux M.Bernier s\u2019est fait élire pour la première fois sous la bannière conser vatrice en 2006.Il l\u2019avait emporté avec 67 % des voix cette année-là et a toujours été réélu aisément depuis.Maxime Bernier a rapidement gravi les échelons, passant de ministre de l\u2019Industrie à celui des Affaires étrangères.Il avait dû démissionner de son poste de ministre en 2008 après avoir laissé chez son ex-amie de cœur Julie Couillard des documents confidentiels.Maxime Bernier avait déjà annoncé en avril qu\u2019il briguerait la direction du Par ti conservateur.Il a d\u2019ailleurs déposé les documents nécessaires le mois dernier.Une autre candidate, la députée onta- rienne Kellie Leitch, a déjà annoncé of ficiellement qu\u2019elle souhaitait succéder à Stephen Harper à la tête du parti.Les noms des députés Jason Ken- ney, Michael Chong, Tony Clement et Lisa Raitt circulent également, mais aucun d\u2019entre eux n\u2019a encore annoncé sa décision.Le député conser vateur Jacques Gourde et l\u2019ancien député de la Colombie-Britannique John Reynolds seront coprésidents de campagne pour Maxime Bernier.M.Reynolds a dit dans son allocution être persuadé que le député de Beauce gagnerait au Québec et au Canada aux prochaines élections de 2019 et qu\u2019il pourrait battre le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau.Le prochain chef conservateur sera choisi le 27 mai 2017.La Presse canadienne PARTI CONSERVATEUR Maxime Bernier lance sa campagne JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Maxime Bernier est député de la Beauce.La course s\u2019échelonnera sur au moins 15 mois, alors que la précédente n\u2019avait duré qu\u2019environ 6 mois L E D E V O I R , L E L U N D I 1 6 M A I 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 D emain, 17 mai, il y aura 374 printemps que Paul Chomedey de Maisonneuve fondait Ville-Marie, au nom de la Société Notre-Dame de Montréal.La mode veut que nous célébrions seulement les chiffres ronds.Le 50e anniversaire de ceci, le 100e de cela.Il ne saurait donc être question d\u2019un 374e anniversaire avec beaucoup d\u2019effusions.On attendra plutôt le 375e, afin de se faire croire que cela convient mieux pour susciter l\u2019attention générale, tout en continuant d\u2019oublier ceux qui étaient là avant ces Européens.L\u2019histoire est-elle plus significative lorsqu\u2019elle croise par hasard sur son chemin un étalon mathématique fixé par la simple multiplication des doigts de nos mains ?À ce compte, comment s\u2019étonner encore que la culture historique ici ne soit qu\u2019une affaire de façades?Avant le début du XXe siècle, on n\u2019enseigna guère l\u2019histoire en ce pays.Malgré l\u2019existence des travaux d\u2019un François-Xavier Garneau, on avait surtout de l\u2019attention pour les fables religieuses.Ce pays fut gavé de mythes puis placé en orbite dans les hautes sphères d\u2019un apolitisme nimbé de rêves héroïques.En 1943, le Québec fut la dernière province canadienne à adopter une loi en faveur de l\u2019instruction obligatoire.L\u2019Angleterre l\u2019avait fait en 1880.La France en 1882.La Suède, bien avant.Cette loi adoptée, la situation ne changea pas pour autant du jour au lendemain.Pensez donc: tant de gens ne s\u2019étaient pas battus si longtemps contre l\u2019éducation obligatoire pour s\u2019avouer vaincus par une simple loi! Tout un système d\u2019éducation confessionnel continua donc de laisser l\u2019histoire être chevauchée par celle de la sainte mère l\u2019Église.Cela n\u2019engendra pas au final beaucoup d\u2019enfants forts.Un tel refus du savoir, encouragé des décennies durant, a facilité un joyeux surplace social.Le simple fait de mettre un pied devant l\u2019autre suffisait alors à se faire croire que l\u2019on avait du courage et que l\u2019on avançait dans la bonne direction, alors que, dans les faits, on se contentait de tourner en rond autour de fables historiques.Au fond, on a toujours eu peur de l\u2019éducation.L\u2019idée qu\u2019elle soit enfin accessible à tous gratuitement continue d\u2019ailleurs d\u2019inquiéter.Le gouvernement Couillard craint comme la peste les effets anticipés d\u2019une refonte du programme d\u2019histoire au secondaire, au point d\u2019y mettre un frein.Il y a pourtant bien plus à craindre à ne pas ou peu enseigner l\u2019histoire, tel qu\u2019on en a pris l\u2019habitude depuis si longtemps.?En 1642, Maisonneuve pose pied sur l\u2019île de Montréal.Le 17 mai, ou le 18, Barthélemy Vimont célèbre une messe.C\u2019est ce jésuite, témoin direct, qui racontera les premières heures de cette colonie.Il ne fait pas de cas de ceux dont les ancêtres occupent ce territoire depuis 11 000 ans.En fai- sons-nous bien davantage?À l\u2019ancien emplacement d\u2019Hochelaga, Maison- neuve et sa bande se trouvent à la porte d\u2019une civilisation, celle du maïs.Voici des maisons fermées, des places publiques, des espaces de culture, une véritable organisation sociale.Mais les aventuriers de la foi, aveuglés volontairement par leur dessein divin, ne voient d\u2019abord en Montréal qu\u2019un théâtre pour concrétiser la plus vieille et la plus universelle des nostalgies humaines: la quête d\u2019un paradis originel, un éden dont rêvait déjà Jacques Cartier, le premier à y être passé.En 1535, le marin malouin parle d\u2019un monde paradisiaque.Il évoque les plus belles plaines qui se puissent voir, des espaces couverts de chênes, des forêts couvertes de glands où tout s\u2019ouvre soudain sur de riches terres labourées par des Indiens attentifs.L\u2019Amérindien n\u2019est fixé d\u2019abord dans ce projet mystique qu\u2019à titre de symbole de façade.C\u2019est le «bon sauvage», l\u2019homme naturel qui émane du paradis.Ce mythe sera décuplé avec les idéaux philosophiques du XVIIIe siècle.À chaque moment où ce territoire se refondera sur de nouvelles bases politiques, on ramènera ce même symbole de pureté fabulée.La mort du général Wolfe, la toile de Benjamin West qui célèbre la conquête anglaise, donne à voir l\u2019Amérindien dans la pose distancée du Penseur de Rodin.Lorsqu\u2019en 1867, année de la Confédération, la Banque de Montréal installe devant son édifice principal un immense fronton inspiré du Parthénon, l\u2019Amérindien est à nouveau voué à une pose similaire où il évoque l\u2019univers paradisiaque de la pureté fabulée des origines humaines.Au-delà de l\u2019Amérindien bon rien que pour la façade, des gens comme un Charles Le Moyne montrent au contraire de l\u2019ouverture à la rencontre de l\u2019Autre.Au point que, sans trop s\u2019en rendre compte, ils se canadianisent et posent petit à petit les jalons d\u2019une nouvelle nationalité.À ce jour pourtant, on a encore bien du mal à prendre en compte les dimensions réelles de l\u2019Amérique autochtone dans la constitution de notre identité.?Ces deniers jours, pour son projet de train électrique au cœur de Montréal, la Caisse de dépôt et placement du Québec annonçait vouloir «éviter de toucher aux façades» des immeubles sur son tracé, «parce qu\u2019on est sensibles au fait que ce sont des édifices patrimoniaux».Ce n\u2019est pas en sauvant seulement les façades de quelques anciens édifices, en se faisant croire ainsi que la surface peut être tenue pour l\u2019équivalent de la profondeur, qu\u2019on en arrivera bientôt à comprendre la place des fondations et des fondateurs dans une société.Il serait temps de s\u2019en aviser.Et de l\u2019enseigner.Enseigner JEAN-FRANÇOIS NADEAU R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec J ean-François Lisée a décidé, dimanche, de se lancer dans la course à la direction du Parti québécois, a appris Le Devoir.Le député de Rosemont en a fait l\u2019annonce aux candidats déclarés, Véronique Hivon et Alexandre Cloutier.Il a fallu cinq jours à Jean-François Lisée pour déterminer que sa contribution à la course à la chefferie péquiste se distinguera suffisamment de celles des autres candidats pour que sa candidature en vaille la peine.Mardi dernier, il avait réfléchi tout haut sur l\u2019utilité de sa candidature.«La question que je me pose et que je pose aux gens à qui je parle, c\u2019est : quelle serait l\u2019utilité ou la nécessité de ma candidature ?Est-ce que j\u2019ai des choses à dire qui ne sont pas dites par d\u2019autres ?» Le candidat croit qu\u2019il est en mesure de formuler, à la faveur de cette course à la chefferie, des propositions qu\u2019il considère comme singulières.Lors de la précédente course à la direction de 2014-2015, Jean-François Lisée faisait partie des cinq candidats sur la ligne de départ avec Alexandre Cloutier, Bernard Drainville, Martine Ouellet et Pierre Karl Péladeau.Pierre Céré s\u2019était présenté par la suite.Son entrée en piste fut aussi fulgurante que controversée.En octobre 2014, dans un livre- événement intitulé Le journal de Lisée : 18 mois de pouvoir, mes combats, mes passions, Jean- François Lisée révélait les dissensions au sein du Conseil des ministres du gouvernement Ma- rois relativement au projet de charte de la laïcité.Il affirmait qu\u2019il aurait voté contre le projet de charte des valeurs si elle n\u2019avait pas compris un article garantissant les droits acquis.Ses collègues députés lui avaient reproché ce qu\u2019ils considéraient comme une violation de son serment ministériel de discrétion.Il avait accusé son rival Bernard Drainville d\u2019avoir «empoisonné» le débat sur la laïcité avec cette charte.En outre, Jean-François Lisée avait été le seul candidat à relever la situation problématique du candidat Pierre Karl Péladeau qui conservait ses actions de contrôle de l\u2019empire médiatique Qué- becor.Il avait qualifié le magnat de la presse de «bombe à retardement» pour le PQ, ce qui avait suscité l\u2019hostilité de maints militants péquistes.Le 23 janvier 2015, Jean-François Lisée s\u2019est retiré de la course parce que l\u2019avance de Pierre Karl Péladeau lui apparaissait insurmontable.Les militants péquistes veulent avoir «leur moment Péladeau», avait-il déclaré.Il faut également souligner qu\u2019un sondage publié à l\u2019automne 2014 ne favorisait aucunement le candidat.Chez les sympathisants péquistes, Jean-François Lisée, en dernière place, ne recueillait que 2 % des appuis.Mécanique référendaire Le candidat avait présenté une proposition à la fois et claire et souple sur la tenue ou non d\u2019un référendum sur la souveraineté dans un premier mandat de gouvernement.À six mois des élections de 2018, il aurait informé la population si un tel référendum se tiendrait, une position qu\u2019avait reprise Pierre Karl Péladeau.Dans son livre Sortie de secours, publié en 2000, il avait suggéré au gouvernement péquiste de tenir des référendums sur autre chose que la souveraineté afin de réclamer des pouvoirs du gouvernement fédéral.Le Devoir PARTI QUÉBÉCOIS Jean-François Lisée sera de la course JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le porte-parole du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos, Benoit Jugand, s\u2019est adressé à la presse.F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S Q uelle que soit la décision d\u2019Uber quant à l\u2019avenir de ses activités au Québec, les travailleurs du taxi poursuivent les procédures juridiques déjà entreprises contre la société californienne et pressent le gouvernement Couil- lard d\u2019adopter « le plus rapidement possible » son projet de loi 100 et de l\u2019appliquer.Trois jours après le dépôt du projet de loi, salué par l\u2019industrie mais critiqué par certains qui le voient comme une occasion ratée d\u2019aborder des enjeux plus larges, comme la mobilité urbaine et l\u2019innovation, 300 membres du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM) se sont réunis en assemblée à Montréal pour faire le point sur cer tains éléments.Le RTAM a notamment décidé de demander à Québec de retirer la disposition portant sur la modulation des tarifs en fonction de l\u2019achalandage.Lors d\u2019une conférence de presse tenue pendant la pause de l\u2019assemblée, son porte- parole a tenu à aborder le sujet de l\u2019économie du partage.«Uber, ce n\u2019est pas l\u2019économie du partage.C\u2019est du capitalisme pur.Lorsqu\u2019on prend de l\u2019argent et qu\u2019on l\u2019envoie dans les paradis fiscaux, ce n\u2019est pas l\u2019économie du partage», a dit le porte-parole du RTAM, Benoit Jugand.« Lorsqu\u2019on surcharge et qu\u2019on facture cinq, six, sept fois le tarif, ce n\u2019est pas l\u2019économie du partage.Si économie du partage il y a, le RTAM sera présent aux dif férentes tables de négociation.On est d\u2019accord avec le principe, mais on tient à rappeler au gouvernement qu\u2019Uber, c\u2019est du taxi.» Offensive Le projet de loi a pour ef fet d\u2019imposer à Uber l\u2019obligation de se conformer aux règles de fonctionnement de l\u2019industrie du taxi.L\u2019entreprise américaine, qui ne paie pas d\u2019impôts au Québec, devra notamment percevoir la TPS et la TVQ, et les chauf feurs devront détenir un permis de taxi.M.Jugand a dit que le RTAM, qui af firme représenter environ 4000 membres dans le taxi et le camionnage, a soumis 31 propositions en commission parlementaire et que le gouvernement en a retenu 18.Le RTAM a déjà lancé deux procédures contre Uber, soit une demande d\u2019injonction permanente et une demande d\u2019action collective.« C\u2019est pas parce qu\u2019Uber quitte demain, ou si un jour ils décident de respecter la loi, que tout à coup l\u2019argent volé ou pris illégalement dans les poches des chauffeurs de taxi va leur revenir », a dit Me Marc-An- dré Cloutier, fondateur de Juripop.Il souhaite une date de procès d\u2019ici la fin de l\u2019été ou le début de l\u2019automne.Au conseil général du Parti libéral, tenu en fin de semaine à Dr um- mondville, le ministre Daoust a dit samedi que le projet de loi « n\u2019est certainement pas l\u2019idéal », mais que personne n\u2019a proposé autre chose.Dimanche, le premier ministre Couillard a annoncé un chantier sur l\u2019économie du partage.«Mission accomplie» L\u2019assemblée des travailleurs du taxi s\u2019est déroulée à huis clos, à l\u2019exception d\u2019une courte introduction à laquelle les médias ont pu assister.Au plaisir des membres, M.Jugand a af firmé que « la mobilisation, c\u2019est ce qui a fait en sorte qu\u2019on a pu faire comprendre au gouvernement qu\u2019on est une industrie qui doit être respectée ».La bataille n\u2019est pas gagnée pour autant, a-t-il convenu en point de presse.Vingt-quatre heures avant le dépôt du projet de loi 100, un juge de la Cour supérieure a estimé qu\u2019au sens de la loi, Uber fonctionne comme un service de taxi.Le juge Guy Cournoyer se penchait sur un litige entre l\u2019entreprise califor- nienne et Revenu Québec au sujet de la saisie de données auprès de la compagnie en 2015.Ainsi, le juge a écrit que, compte tenu des « faits qui lui étaient présentés, le juge ayant délivré les mandats de perquisition pouvait donc conclure qu\u2019il existait des éléments de preuve pouvant justifier la conclusion qu\u2019Uber avait commis les infractions fiscales alléguées».Le juge a ajouté que « la Loi concernant les services de transport par taxi définit clairement le transport par taxi lorsqu\u2019elle prévoit que le transport rémunéré de personnes à l\u2019aide d\u2019une automobile doit être autorisé par un permis».Le Devoir UBER Les travailleurs du taxi maintiennent la pression Québec doit adopter rapidement son projet de loi 100, dit le syndicat ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Jean-François Lisée avait tenté sa chance en 2015.Le RTAM a déjà lancé deux procédures contre Uber, dont une demande d\u2019action collective L ac-Simon \u2014 La police autochtone reprendra du service dans la communauté de Lac-Simon, en Abitibi, a annoncé le gouvernement du Québec, dimanche.Les ministres de la Sécurité publique, Martin Coiteux, des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, et le responsable de la région de l \u2019Abit ibi -Témisca- mingue, Luc Blanchette, se sont rendus à Lac-Simon dimanche, où ils ont rencontré des représentants de la nation Anishnabe.À l\u2019issue de la rencontre, trois mesures pour tenter d\u2019améliorer la sécurité dans la communauté ont été annoncées, dont le retour graduel de la police autochtone.Dès le mois prochain, un policier à la retraite de la Sûreté du Québec (SQ), Réjean Hardy, aura le mandat d\u2019expert-conseil auprès de la police autochtone de Lac-Simon pour une durée d\u2019un an.La police locale sera donc assistée dans ses activités policières et ses tâches opérationnelles ou administratives, avant de reprendre entièrement la responsabilité du territoire.Prévention Un programme de prévention de la criminalité auprès des jeunes sera aussi implanté.Selon le gouvernement, le projet vise à lutter en amont contre une problématique touchant les jeunes d\u2019une région et représente un investissement de 625 000 $ sur cinq ans.Également, 30 000 $ seront versés pour installer des caméras dans les écoles pri - maire Amikobi et secondaire Amick W iche, a f in d \u2019en contrôler les accès.En conférence de presse, la vice-chef de la nation Anishnabe s\u2019est montrée satisfaite et a dit vouloir le retour de la police autochtone dans la communauté.« Après les durs événements des derniers mois que nous avons vécus , nous devons revoir notre sécurité publique pour assurer la continuité de notre corps de police et assurer leur sécurité», a déclaré Pamela Papatie.Deux drames Ces mesures sur viennent après qu\u2019un policier eut été tué dans la communauté, lors d\u2019une opération qui avait mal tourné cet hiver.L\u2019agent Thierr y LeRoux a été tué le 13 février à la suite d\u2019une inter vention dans une résidence de Lac-Simon.Accompagné par un autre collègue, il avait été appelé à se rendre sur place en raison d\u2019une querelle quand Anthony Raymond Papatie l\u2019a abattu, avant de s\u2019enlever la vie.Le jeune policier travaillait pour la police de Lac-Simon depuis seulement six mois.Un jeune homme de la communauté a aussi perdu la vie à la suite d\u2019une intervention policière en avril.Des agents de la police de Lac-Simon avaient été appelés pour un individu arpentant les rues en brandissant une arme blanche.L\u2019intervention avait été compliquée par le fait que les policiers locaux avaient aussi été pris à partie par des citoyens du territoire algonquin.Des renfor ts avaient alors été demandés à la SQ.Le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les policiers de Lac-Si- mon, avait attribué la mort de Sandy Tarzan Michel, âgé de 25 ans, à un sous-financement chronique du corps policier.Lac-Simon est situé à 35 kilomètres de Val-d\u2019Or.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 1 6 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Résultats des tirages du : Résultats des tirages du : En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.compl.compl.l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s COMPL.03 06 08 17 21 28 34 02 17 000 000 $ Prochain gros lot (approx) : 1072328 13 000 000 $ 08 21 24 33 41 46 29 07 21 24 31 36 40 25 2016-05-14 2016-05-13 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 40084102-03 Prochain gros lot (approx.) : 8798324 F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S L a société minière Canadian Malar tic a présenté aux citoyens de la ville dimanche une nouvelle version de son guide de cohabitation, qui prévoit 10 millions pour des acquisitions de maisons situées le plus près de la mine et 40 millions pour les inconvénients et dérangements.Fruit de 16 rencontres de travail entre dif férentes parties prenantes, dont la Ville, les citoyens qui habitent le plus près de la mine, des ex- per ts, la Coalition Québec meilleure mine et des acteurs économiques locaux, le plan pourrait être mis en œuvre cet été.Deux volets La présentation du plan constitue un chapitre majeur pour la population locale, car les modalités potentielles étaient jusqu\u2019ici inconnues et que la société minière travaille déjà sur l\u2019expansion de la mine.Le Bureau des audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) a récemment tenu une séance d\u2019information avec les citoyens.Les 40 millions en compensations, pour tous les citoyens et rétroactifs aux trois dernières années, visent à indemniser la population en fonction de la proximité et du degré de dérangement, par exemple la poussière, le bruit, les vibrations, etc.Quant au budget d\u2019acquisitions, il se situe à 6,8 millions pour les activités actuelles, à raison de 150 000 $ en moyenne pour chacune des 45 maisons admissibles dans le quar tier sud, situé à côté de la mine.Il pourrait atteindre 9,8 millions si l\u2019agrandissement était un jour autorisé, ce qui toucherait vingt maisons supplémentaires.Le plan sera soumis aux commentaires jusqu\u2019au 31 mai.Celui-ci demeure «préliminaire» et « pourrait être amélioré », peut-on lire dans une lettre aux citoyens signée par le maire, Martin Ferron, le directeur général de la mine, Serge Blais, et les coprésidents par intérim du comité de suivi, Vincent Rous- son et Jacques Saucier.Par ailleurs, certains sujets continuent de faire l\u2019objet de discussion, notamment les mesures d\u2019atténuation et le déménagement des « personnes vulnérables ».« Les citoyens sont déçus », a dit Louis Trottier, membre du Comité de citoyens de la zone sud de la voie ferrée.Très mécontent, il a dit que les citoyens tiendraient une assemblée publique lundi soir, en présence d\u2019un avocat, pour déterminer la façon dont ils entendent réagir.Pas suffisant La Coalition Québec meilleure mine et MiningWatch Canada estiment que l\u2019enveloppe devrait plutôt tourner autour de 200 millions.« Une enveloppe de 50 millions permettrait d\u2019of frir l\u2019acquisition à peine à 5 % de la population de Malar tic alors que la santé publique a clairement indiqué que près de 30 % de la population demande à être relocalisée, une proportion qui augmente à plus de 50 % dans les quartiers les plus rapprochés de la mine à cause des impacts reliés aux dynamitages, au bruit, à la poussière et à la circulation accrue », a déclaré le porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine, Ugo Lapointe.Le Devoir Mine de Malartic : 50 millions pour atténuer les désagréments La société minière a présenté son plan à la population, qui prévoit des acquisitions de maisons près de la fosse pour 150 000 $ chacune LAWRENCE CÔTÉ-COLLINS La fosse de la mine d\u2019or de Malartic pourrait s\u2019agrandir si le projet de l\u2019entreprise est approuvé.Le Collège militaire de Saint-Jean redeviendra une université Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, annoncera mardi que le Collège militaire royal de Saint-Jean (CMRSJ) retrouvera son statut d\u2019institution universitaire, selon ce qu\u2019ont rapporté dimanche plusieurs médias.Cette institution francophone décernait des diplômes universitaires à des officiers des Forces armées canadiennes jusqu\u2019à sa fermeture en 1995.Elle a été rouverte en 2008, mais avec le statut d\u2019établissement collégial.Les militaires francophones devaient alors poursuivre leur formation au Collège militaire royal du Canada, à Kingston.Lors de la dernière campagne électorale fédérale, les conservateurs se sont engagés à rétablir la vocation universitaire du CMRSJ.«Les officiers francophones ont le droit de recevoir une formation universitaire en français», a fait valoir il y a quelques semaines le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.Le Devoir L\u2019 astrophysicien, inlassable conteur et découvreur des anneaux de Neptune, est décédé dimanche.André Brahic ?Une des figures de l\u2019astronomie française, mais aussi un formidable passeur de savoir, «monté sur pile atomique, au débit \u201ctorren- tuesque\u201d, capable de vous faire vibrer pour un robot spatial ou une découverte d\u2019astrophysique», écrivait Libération il y a quelques années.Cet homme chaleureux, incapable de s\u2019arrêter lorsque de façon imprudente quelqu\u2019un lui donnait la parole, est décédé d\u2019un cancer ce dimanche à Paris, dans la ville où il était né 73 ans plus tôt.«Faire briller les yeux des enfants» André Brahic était né en novembre 1942 dans une famille modeste.Initié à l\u2019astrophysique par Evr y Schatz- man, le père de la discipline en France après la guerre, il devient dès les années 1980 un spécialiste de l\u2019exploration du système solaire conduite par la sonde spatiale Voyager et la mission américano-euro- péenne Cassini par tie en 1997, qui continue à tourner autour de Saturne.Il s\u2019intéresse aux anneaux de Sa- tur ne avant de lancer en 1984 un programme qui lui permet de co-découvrir les anneaux d\u2019une autre planète gazeuse, Neptune, avec l\u2019astronome américain William Hubbard.Le dernier anneau se décompose en quatre arcs dont trois furent découverts au départ par André Brahic qui leur donna les noms de « Liberté », « Égalité » et « Fraternité » en référence à la devise nationale française, tandis que le dernier arc fut trouvé par l\u2019une de ses collaboratrices.Astrophy- sicien au CEA et professeur à l\u2019Université Diderot\u2013Paris VII, il avait également dirigé le laboratoire Gamma-gravitation.Brahic défendait aussi la culture de la science dès le plus jeune âge.Bien expliquée, « elle peut faire briller les yeux des enfants ».Auteur de nombreux livres de vulgarisation, il multipliait les conférences où il partageait, enthousiaste, son amour de l\u2019exploration spatiale.« C\u2019était un personnage éblouissant et hors du commun, extraordinairement chaleureux, profond et authentique, un grand savant et en même temps un conteur, un écrivain », a commenté son éditrice Odile Jacob, qui était très proche de lui.«La France perd un scientifique prodigieux et joyeux dont le seul projet était de faire partager sa passion au plus grand nombre», a déclaré l\u2019Élysée dans un communiqué.«Pas Sarkozy» Il s\u2019investissait inlassablement auprès des hommes politiques pour les sensibiliser à cette question.À Chirac et Jos- pin, alors en campagne présidentielle, il disait : «Quand vous avez des problèmes dans les banlieues, envoyez les astronomes d\u2019abord, la police après !» Il n\u2019aimait pas Nicolas Sarkozy.En 2007, dans un discours mordant et très drôle lors d\u2019une réunion de l\u2019association Sauvons la recherche, il affirmait que l\u2019élection du candidat de droite entraînerait un recul de la recherche scientifique de plusieurs années.«Ce ne sera pas aussi grave que Mme Tchat- cher, pas aussi grave que Pinochet, ce sera au niveau de Brej- nev », s\u2019enflammait-il devant une salle hilare.« Élisez n\u2019im- por te qui, mais pas lui.» Ce jour-là, il avait mal lu les étoiles.Libération André Brahic, une étoile est morte L\u2019astrophysicien a découvert les anneaux de Neptune Lac-Simon retrouvera son corps policier La police autochtone devrait reprendre le contrôle graduellement La santé publique a clairement indiqué que près de 30% de la population demandait à être relocalisée Ugo Lapointe, Coalition Québec meilleure mine « » Un policier à la retraite sera expert- conseil auprès de la police autochtone André Brahic Manifestation pour la sauvegarde du boisé des Hirondelles Quelque 200 manifestants se sont réunis dimanche matin à Saint-Bruno-de-Montarville pour faire pression sur Québec dans le dossier du boisé des Hirondelles, ce terrain menacé par un projet de développement immobilier.Plusieurs groupes environnementaux ainsi que le maire de Saint-Bruno, Martin Murray, ont pris part au rassemblement afin d\u2019interpeller le ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel.Selon Radio-Ca- nada, ce dernier aurait l\u2019intention d\u2019autoriser le projet résidentiel sur ce terrain appartenant au sénateur Paul Massi- cotte.Dans cette saga qui dure depuis près de 10 ans, les opposants au projet disent vouloir protéger le ginseng à cinq folioles, une plante en voie de disparition.Québec envisagerait plutôt de déplacer cette plante menacée à l\u2019extérieur du boisé des Hirondelles.Le Devoir Exécutions : Pfizer interdit l\u2019utilisation de ses produits Le géant pharmaceutique Pfizer a annoncé qu\u2019il interdisait l\u2019administration de ses produits pour des injections létales.Pfizer a expliqué dans un communiqué publié sur son site Internet, vendredi, que ses produits étaient fabriqués pour «améliorer et sauver la vie des patients».L\u2019entreprise s\u2019oppose donc «fermement» à ce qu\u2019ils soient utilisés pour infliger la peine de mort à des prisonniers.L\u2019annonce de Pfizer aura vraisemblablement peu d\u2019effets immédiats.Sa décision fait suite à une mesure adoptée précédemment, après l\u2019acquisition de l\u2019entreprise Hospira, l\u2019année dernière.Hospira, établie à Lake Forest en Illinois, avait proscrit l\u2019utilisation de ses produits pour la peine capitale, comme l\u2019avaient fait plusieurs autres sociétés pharmaceutiques.Ce nouveau développement signifie que les 25 entreprises approuvées par le gouvernement américain pour fournir les substances servant aux exécutions ont maintenant interdit leur utilisation à cette fin, selon Reprieve, une organisation de New York qui s\u2019oppose à la peine de mort.Associated Press L E D E V O I R , L E L U N D I 1 6 M A I 2 0 1 6 SOCIETE A 5 GASPILLAGE ALIMENTAIRE Des puces pour éviter de jeter ses choux gras Plusieurs pays songent à éliminer les dates de péremption PHOTOS GÉRALD DALLAIRE LE DEVOIR I S A B E L L E P A R É L e mois dernier, le ministre allemand de l\u2019Agriculture, Christian Schmidt, jetait un pavé dans la mare en disant vouloir en finir avec les dates de péremption sur les aliments.Une indication qui, à son avis, précipite indûment vers la poubelle des tonnes d\u2019aliments encore comestibles.Pour y arriver, il brandit une solution inusitée : intégrer aux aliments des puces électroniques qui attesteront de l\u2019état réel du produit à l\u2019aide d\u2019un code de couleur.Du vert (encore bon) au rouge (périmé), la puce indiquera aux consommateurs l\u2019état de fraîcheur du produit convoité.L\u2019Allemagne a investi pas moins de 10 millions d\u2019euros (14,6 millions $CAN) pour développer, d\u2019ici trois ans, de tels emballages intelligents.Le gouvernement a même amorcé un ballet diplomatique pour convaincre ses partenaires européens d\u2019entrer dans la danse, puisque les règlements sur l\u2019étiquetage découlent encore de normes européennes régissant le commerce et les normes de salubrité sur le Vieux Continent.Pour l\u2019instant, seuls les Pays-Bas ont emboîté le pas et font tandem avec le pays d\u2019Angela Merkel pour sonder le développement de ces emballages à puces.Jeter ses choux gras Selon Éric Ménard, auteur, blogueur et spécialiste du gaspillage alimentaire, l\u2019initiative allemande est à ce jour unique.«À ma connaissance, ils sont les premiers à sonder cette avenue.En France, il existe encore un système de péremption avec deux dates, celles de la date limite de consommation (DLC), qui témoigne du délai maximal à l\u2019intérieur duquel un aliment demeure sain à consommer, et celle de la date de durabilité minimale (DDM), qui est l\u2019équivalent de notre libellé \u201cmeilleur avant\u201d et signale que le produit est encore propre à la consommation mais que son goût ou son état, sa couleur ou son état original peuvent être altérés.» Or ce double libellé sème la confusion chez les consommateurs, l\u2019appellation variant selon les produits.La DLC est utilisée pour les produits périssables (viandes, poissons, etc.), alors que l\u2019autre, la DDM ou « meilleur avant », touche une foule les produits non périssables, comme le sucre ou les lentilles.Au final, le procédé assure le roulement continu des produits sur les tablettes, au grand bonheur des commerçants comme des fabricants, mais pousse à tort bien des consommateurs à jeter aux poubelles des produits encore propres à la consommation.Faut-il éliminer toutes ces appellations nébuleuses ?« Non, je ne crois pas, estime Éric Mé- nard, qui juge que la date de durabilité, qui témoigne de la fraîcheur d\u2019un aliment, est une information jugée encore fort pertinente par plusieurs consommateurs.» L\u2019emballage intelligent pourrait-il être un compromis intéressant ?« La voie proposée par l\u2019Allemagne est prometteuse, mais la partie n\u2019est pas gagnée », estime ce conseiller en environnement.« L\u2019emballage bon marché est une façon de réduire les coûts pour les fabricants.Or ce système de puces pourrait être onéreux.Ici, on a encore du mal à abandonner la barquette de styro- mousse pour des raisons de coût.Et cela, même si les fabricants savent fort bien que c\u2019est ce qui est le plus polluant.L\u2019enjeu du coût va peser lourd dans la balance», dit-il.De l\u2019étiquetage aux puces, il reste donc beaucoup à faire pour que l\u2019Allemagne, qui souhaite réduire de moitié d\u2019ici 2030 le gaspillage sur son territoire, atteigne sa cible.Pas moins de 82kg d\u2019aliments par habitant y sont jetés chaque année, dont la moitié sont des fruits et légumes.Haro sur les supermarchés Récemment, la France et l\u2019Italie sont montées au front, la première ayant voté en février dernier une loi pour interdire aux grandes surfaces de mettre leurs produits périmés aux ordures ou, pire encore, de les rendre non comestibles en les aspergeant d\u2019eau de Javel pour éloigner les glaneurs et les itinérants.Désormais, les « invendus » des supermarchés doivent obligatoirement être offerts au rabais, redirigés vers les organismes de charité, l\u2019industrie du compostage ou transformés pour l\u2019alimentation animale.Toutefois, ces nouvelles lois imposées aux supermarchés ne touchent que\u2026 5 % du gaspillage alimentaire en France.La Belgique, où le pouvoir de délivrer ou non des permis aux grandes surfaces relève des élus locaux, avait été une des pionnières dans le domaine en 2013.Plusieurs villes autour de Bruxelles ont depuis rendu conditionnelle la délivrance des permis aux commerçants de l\u2019alimentation à la revalorisation de leurs déchets.Le Québec\u2026 à la traîne Ici, on est encore loin de toutes ces mesures visant à éviter que des aliments se retrouvent dans les dépotoirs.Et ce, même si un rapport du ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec (MAPAQ) produit en 2012 évaluait à 32 000 tonnes la quantité d\u2019aliments encore comestibles jetée chaque année par l\u2019industrie agroalimentaire.Ce vaste gaspillage ne comprend pas la nourriture mise aux poubelles par le secteur agricole, ni celle jetée par les consommateurs.Selon des chiffres du Chain Value Management Centre, au moins la moitié des six millions de tonnes de produits alimentaires mis à la décharge chaque année au Canada le sont par les consommateurs.Au Québec, la nouvelle politique québécoise de gestion des matières résiduelles vise à ce que la totalité des déchets organiques soient détournés des sites d\u2019enfouissement d\u2019ici 2020.«Ici, on n\u2019a pas encore agi sur la question des dates de péremption.Mais la différence dans les cibles visées par le Québec, affirme Éric Ménard, c\u2019est que la politique qui vise la valorisation déchets alimentaires d\u2019ici 2020 s\u2019appliquerait à tous, pas juste au secteur des grandes surfaces.Mais à l\u2019heure actuelle, on est encore loin du compte.» Le Devoir Le gaspillage alimentaire est un problème mondial auquel de plus en plus de pays veulent s\u2019attaquer.Leur cible ?Les dates de péremption, à l\u2019origine d\u2019une grosse part des aliments jetés aux ordures.L\u2019Allemagne tente un nouvel angle d\u2019attaque : la puce électronique.Au moins la moitié des six millions de tonnes de produits alimentaires mis à la décharge chaque année au Canada le sont par les consommateurs.C\u2019 est une belle histoire, avec ses photos de chiens, de chats, de lapin, de grenouille et même de ce hérisson, dans les mains d\u2019une hôtesse de l\u2019air, tout sourire, debout au milieu de la cabine d\u2019un avion rempli de réfugiés de la catastrophe naturelle.Alors que la ville de Fort McMurray, en Alberta, était encore aux prises avec les flammes la semaine dernière, un pilote de la compagnie pétrolière Suncor, Keith Mann, a décidé de transgresser les règles de son entreprise pour assurer l\u2019évacuation de 100 animaux sauvés du brasier, en compagnie d\u2019humains cherchant eux aussi un nouveau refuge, plus bas vers le sud.Le transport d\u2019animaux n\u2019est pas autorisé en temps normal sur la ligne aérienne de la pétrolière, qui ne s\u2019est pourtant pas privée de les prendre en photo dans la cabine, de partager les clichés en ligne ou avec quelques médias et, du coup, de nourrir ce récit plein d\u2019humanité et de compassion d\u2019une arche de Noé opposant ses bons sentiments à l\u2019horreur d\u2019une dévastation.Une sorte de « bonne nouvelle Suncor » dans la circonstance.La stratégie de communication a un petit quelque chose de grossier et cherche sans doute à tenir le plus longtemps possible les regards éloignés des questions dif ficiles que la compagnie, tout comme ses concurrentes qui prospectent le pétrole dans les sables bitumineux de l\u2019Alberta, va bientôt devoir affronter.Du moins une fois que les derniers bouquets de fumée, en se dissipant, auront redonné un peu plus à l\u2019esprit critique son droit de cité.Là où ça fait mal Le correspondant au Canada du Guardian, quotidien britannique respecté et respectable, lui, n\u2019a toutefois pas attendu pour les poser, ces questions, en établissant jeudi dernier un lien direct entre les incendies de forêt en hausse sur le territoire boréal canadien, le réchauffement climatique et plusieurs responsables de ces bouleversements du climat par leur pollution : les compagnies Suncor, ExxonMobil, BP, Shell, Total, Chevron, CNRL et autres incontournables de la course à l\u2019énergie fossile, qui ont toutes pignon sur tas de sable de l\u2019Athabasca, de la Peace River et du Cold Lake.Ces géants du forage nourrissent un groupe très sélect, mais finalement pas très glorieux, de 90 entreprises à travers le monde qui sont responsables des deux tiers de la production de gaz à ef fet de serre.Vous savez, ces gaz qui, par effet d\u2019osmose, augmentent la sécheresse d\u2019une forêt et les risques d\u2019incendie qui viennent avec.Cette mathématique de la culpabilité a été établie en 2013 par le Climate Accountability Institute du Colorado et posée dans les pages du journal Climatic Change.La dévastation de la forêt boréale, l\u2019éradication de 10 % de cette ville minière par le feu, relève donc bien plus de la maladie auto-immune que du hasard et de la coïncidence, à en croire le Guardian, qui propose d\u2019ailleurs que la facture de la reconstruction soit envoyée aux compagnies pétrolières, plutôt qu\u2019aux contribuables canadiens.Devant le drame et la dévastation, un regard extérieur peut aider à ne plus rester les yeux collés sur le doigt de cette main invisible qui désigne finalement bien d\u2019autres choses que des animaux sauvés par Suncor.Ne pas éclairer le drame de Fort McMurray par ce réchauf fement climatique que l\u2019existence même de cette ville alimente, ce serait faire fi de l\u2019étude de l\u2019International Institute for Applied Systems Analysis qui, en août dernier, a sonné l\u2019alarme sur les conséquences délétères de ces changements de température induits par la pollution sur la forêt boréale, au Canada comme ailleurs.Chaleur et sécheresse à la hausse augmentent la récurrence des incendies incontrôlables et la propagation d\u2019épidémies d\u2019insectes dangereux, écrivaient les auteurs de l\u2019étude à l\u2019époque en évoquant un risque élevé de « savanisation » de ces territoires à moyen terme, si aucune mesure n\u2019était prise pour inverser la tendance.Savane ?Oui, comme celle qui va fatalement remplacer les 2300 km2 de la forêt boréale incendiée autour de Fort McMurray.Coupables et récidivistes Depuis la fin de la semaine dernière, des enquêteurs se promènent d\u2019ailleurs sur ces terres brûlées pour mieux cerner le commencement du brasier et tenter de trouver, le cas échéant, des coupables, qui sont probablement très nombreux et pas seulement dans cette région du globe.Car les incendiaires de Fort McMurray, ce sont aussi ces obsédés ou ces dépendants des énergies fossiles tout comme ceux qui lambinent pour s\u2019en éloigner, ce sont ceux qui carburent à l\u2019inertie, qui imposent des freins à l\u2019électrification des transports, qui formulent des excuses pour justifier encore et toujours la combustion lente et sournoise des derniers gisements de pétrole pour soutenir les impératifs de production, de vente, d\u2019obsolescence programmée d\u2019une industrie qui, à Fort McMurray comme ailleurs, commencent réellement à se nuire à elle-même.Ce que les photos d\u2019un chien, la langue pendante, assis sur le tapis d\u2019un transport aérien d\u2019urgence après le décollage, ne permettent certainement pas très bien de voir.chroniquefd@ledevoir.com Sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD Les incendiaires FABIEN DEGLISE Le gouvernement fédéral a lancé, comme promis, le processus de réforme du mode de scrutin.Mais si le choix final reste entre les mains d\u2019une simple majorité de députés \u2014 libéraux \u2014, toute la légitimité de la réforme sera mise en doute.urant la dernière campagne, les libéraux, comme les néo-démocrates, ont promis que les élections de 2015 seraient les dernières à se tenir en ver tu du mode de scrutin actuel .La raison invoquée était la même.« Dans une démocratie pluripar tite comme le Canada, le système majoritaire uninominal à un tour fausse la volonté de l\u2019électorat », disait mercredi dernier la ministre responsable des Inst i tut ions démocra - tiques, Maryam Monsef.Un comité parlementaire spécial mènera donc une consultation et proposera, d\u2019ici le 1er décembre, un système électoral qui, entre autres choses, « reflétera avec plus de précision les vœux des Canadiens », a-t-elle ajouté.Le comité comptera, comme à l\u2019accoutumée, six libéraux, trois conservateurs et un néo-démocrate, mais vu l\u2019enjeu s\u2019y joindront un représentant du Bloc québécois et un autre des ver ts.On applaudirait volontiers, sauf que bloquiste et ver t n\u2019auront pas le droit de vote, ce qui permettra aux libéraux de conserver leur majorité au sein du comité.En plus, les citoyens devront communiquer avec ce comité par écrit ou en ligne.Pour se faire entendre de vive voix, ils devront se rabattre sur les assemblées locales que tous les députés seront invités à tenir dans leur circonscription.Des assemblées, faut-il noter, que chacun organisera à sa guise et qui auront lieu, fort probablement, en plein été puisque leurs conclusions devront être transmises au comité parlementaire le 1er octobre au plus tard.Et tout ce remue-méninges fait à toute vapeur ne sera pas précédé ou accompagné d\u2019une campagne d\u2019information sur les dif férents modes de scrutin, un travail qui aurait pu être confié à un organisme indépendant, comme Élections Canada.Le mode de scrutin appartient aux citoyens.C\u2019est leur outil pour choisir leurs élus.Faute de temps cependant pour tenir une vraie consultation citoyenne, tout se retrouve entre les mains de ces mêmes élus qui connaissent fort bien le système qui avantage le plus leur formation.Il suf fit de voir leurs prises de position passées pour le constater.Le libéral Justin Trudeau a déjà dit préférer le bulletin de vote préférentiel qui favorise son par ti.Le NPD et les ver ts militent pour un système proportionnel et les conservateurs, pour le statu quo.?Tenir les élections de 2019 en ver tu d\u2019un nouveau mode de scr utin impose un échéancier ser ré qui prive les citoyens d\u2019un débat réfléchi comme ceux qui ont eu lieu au Québec (commission Béland), en Colombie-Britannique, en Ontario, au Nouveau-Br unswick et à l \u2019Île-du-Prince- Édouard.L\u2019étude de l\u2019éventuel projet de loi, qui sera présenté le 1er mai 2017 au plus tard, promet-on, se fera elle aussi à toute vapeur puisqu\u2019il doit entrer en vigueur à l\u2019automne 2017.Le directeur général des élections a aver ti qu\u2019il lui faudrait au moins deux ans pour mettre le nouveau système en place, sur tout s\u2019il faut modifier les frontières de cer taines circonscriptions, une retombée inévitable d\u2019un système proportionnel.Les citoyens n\u2019auront pas le dernier mot non plus puisque le gouvernement écarte l\u2019idée d\u2019un référendum.On peut reconnaître que le temps manque, mais la cohérence aussi.Ce gouvernement qui dit rechercher un meilleur respect de la volonté des citoyens s\u2019en remet à un comité où son parti sera armé d\u2019une majorité parlementaire obtenue avec moins de 40 % des voix.En plus, la ministre invoque le système électoral qu\u2019elle veut mettre au rancart pour justifier de ne pas donner de droit de vote au Bloc et aux ver ts, ce que demandait le NPD.Ce dernier disait, avec raison, qu\u2019aucun parti ne devrait avoir la majorité au comité afin de favoriser la recherche d\u2019un consensus.On ne sait pas non plus qui décidera du sort du projet de loi du gouvernement.Ce dernier n\u2019en souf fle mot.Mais en l\u2019absence d\u2019un référendum, rien de moins qu\u2019un vote à majorité qualifiée ne serait acceptable.Le choix de notre mode de scrutin ne peut relever que du bon vouloir des libéraux.Répétons-le.Le système électoral appartient aux citoyens.S\u2019ils ne peuvent en décider directement, ils doivent avoir l\u2019assurance que la décision finale exigera l\u2019appui d\u2019une diversité de leurs représentants élus.La légitimité de la réforme en dépend.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 6 M A I 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Merci, Madame Payette Surprise et attristée de lire à la place de votre chronique du vendredi 6 mai « que Le Devoir met fin à la chronique de madame Lise Payette ».Phrase laconique si l\u2019en est de la part d\u2019un journal comme Le Devoir après neuf ans de collaboration.Mes vendredis ne seront plus jamais les mêmes sans la lecture de votre chronique.Étiez-vous considérée comme TROP féministe?Parliez-vous TROP vrai?Étiez-vous TROP indépendantiste ?Tous ces TROP qui nous ont fait réfléchir, applaudir, qui nous ont permis de prendre conscience que nous étions aussi «capables de\u2026» de prendre notre place dans cette société\u2026.Je vous connais, Madame, depuis cette belle campagne électorale de 1976, je faisais partie de ces centaines de bénévoles dans le comté de Dorion.Depuis ce temps je vous admire pour votre force morale, votre intelligence qui a souvent fait mal paraître certains hommes.Vous avez toute mon admiration, je souhaite vous lire ou vous entendre encore longtemps dans d\u2019autres lieux, dans un prochain livre peut-être, réunissant tous ces écrits.Merci, Madame.Marie-Claire Nivolon Montréal, le 13 mai 2016 L I B R E O P I N I O N J U L I E L A T O U R Avocate J U L I U S G R E Y Avocat U ne chape de plomb de plus en plus suffocante s\u2019abat sur la liberté d\u2019expression au Québec, alimentée par une rectitude politique tentaculaire, qui trouve elle-même sa source dans une mentalité victimaire croissante.Dans ce contexte, nous souhaitons exprimer notre vive inquiétude face au projet de loi no 59, présentement à l\u2019étude en commission parlementaire, visant à inscrire dans la Charte québécoise des dispositions contre les «discours haineux» ou incitant à la violence, en duplication avec celles qui existent déjà au Code criminel.La liberté d\u2019expression est une source essentielle pour irriguer la démocratie.Chèrement acquise à travers l\u2019histoire, elle peut être définie comme la liberté mère, à la base de la liberté de pensée et d\u2019opinion, qui inclut la liberté de s\u2019exprimer, de publier, d\u2019informer, de manifester et de débattre.Comme l\u2019écrivait en 1994 le juge Baudouin de la Cour d\u2019appel du Québec, dans l\u2019affaire Montréal (Ville) c.Cabaret Sex Appeal inc: «Une société libre et démocratique comme la nôtre doit nécessairement faire preuve d\u2019un haut degré de tolérance pour l\u2019expression de pensées, d\u2019opinions, d\u2019attitudes ou d\u2019actions», y compris celles qui «peuvent être dérangeantes, choquantes ou même blessantes pour certaines personnes ou pour certains groupes.La liberté d\u2019expression ne doit pas être couchée dans le lit de Procuste du \u201cpolitical correctness\u201d».Rectitude politique Le projet de loi no 59 participe d\u2019une rectitude politique dangereuse, issue de l\u2019idéologie de mul- ticulturalisme canadien, que le Québec n\u2019a jamais cautionnée.Et malgré son adhésion au multicul- turalisme, le législateur fédéral a abrogé, en juin 2013, l\u2019article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne, relié au discours haineux, avec l\u2019adoption de la loi C-304, tandis que d\u2019autres provinces remettent en question la façon dont les institutions canadiennes des droits de la personne traitent les plaintes anti-haine à travers le pays, vu les excès obser vés dans des cas concrets.Dans les circonstances, nous nous expliquons mal pourquoi le gouvernement libéral continue d\u2019aller de l\u2019avant avec ce projet de loi, alors même que sa pertinence et sa légalité ont été largement contestées par tous les intervenants de la société civile, lors de la consultation publique en commission parlementaire tenue aux mois d\u2019août et septembre derniers.Par comparaison et de façon totalement inexplicable, le projet de loi 62, présenté de façon concomitante, réduit la neutralité religieuse de l\u2019État à une peau de chagrin, car il n\u2019affirme ni ne reconnaît le principe de laïcité et de neutralité religieuse de l\u2019État dans la Charte québécoise, ce qui est une omission d\u2019importance pour les assises sociétales d\u2019un État de droit.Le discours haineux: un nouveau blasphème civil ?Pour l\u2019instant, les changements proposés au projet de loi 59 sont d\u2019ordre purement cosmétique.Pour cette raison, l\u2019article 1 a été adopté avec la vive dissension des partis d\u2019opposition.Les accrocs à la liberté d\u2019expression et à la liberté académique demeurent.On ouvre ainsi une boîte de Pandore pour instaurer une police de la pensée au Québec, sous les auspices de la brigade qui sera mise sur pied par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPJ).Le projet de loi 59 contient un arsenal de mesures liberticides pour punir le nouveau crime qu\u2019il instaure, le blasphème civil.Qu\u2019en sera-t-il dès lors notamment de la possibilité de critiquer librement les religions ?La CDPJ, qui n\u2019en est pas à une contradiction près, prône à la fois le pluralisme sociétal et l\u2019unicité du discours public.Nous nous expliquons mal l\u2019empressement de la CDPJ à revenir à la charge auprès du législateur avec une telle demande, au terme de trois tentatives infructueuses depuis 1994, et alors qu\u2019elle n\u2019a recensé qu\u2019une seule plainte, au milieu des années 90.Pour le reste, elle ne s\u2019appuie que sur des exemples hypothétiques.Où est donc l\u2019objectif urgent et réel requérant de légiférer?Si un droit aussi fondamental que la liberté d\u2019expression doit être restreint, il faut en démontrer les objectifs urgents et réels, de même que la finalité législative, totalement absents en l\u2019instance, et opter pour la législation la moins attentatoire possible, alors que le projet de loi no 59 contient au contraire un arsenal de mesures drastiques.La volonté de policer le débat public auquel aspire le projet de loi no 59 participe d\u2019une vision désincarnée de la société et semble vouloir occulter le fait que la démocratie est le théâtre des passions, qui doivent s\u2019articuler au sein des institutions existantes, à défaut de quoi on peut au contraire engendrer un glissement vers la violence ou la radicalisation.Projet de loi 59 sur le discours haineux : pourquoi continuer ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Aérodrome de St-Cuthbert : moi aussi, j\u2019ai des rêves J\u2019ai longtemps rêvé de retisser des liens avec le village de mes ancêtres.De vivre une vie où je cueille les fruits des arbres que j\u2019ai plantés.En vieillissant, je me suis mis à rêver de mes enfants qui courent le samedi matin, dans la rosée et le chant des oiseaux.De leurs yeux éclatants lorsqu\u2019ils cueillent une fraise ou une carotte, nés du soleil et d\u2019un sol riche.Ce rêve d\u2019un rapport plus sain avec la nature est partagé par beaucoup de mes voisins.Ils ont tous leur variante personnelle; il y a une herboriste, il y a un amoureux des chevaux, il y a celui qui court les foires pour que les enfants caressent ses chèvres.Leur rêve n\u2019est pas une chimère, ils l\u2019ont réalisé.Ils ont fait les choix qui s\u2019imposaient pour y arriver.Ils ont cherché et trouvé une communauté où il serait accepté.Ils n\u2019ont pas eu besoin d\u2019avoir un recours quasi théologique aux instances supérieures et opaques du gouvernement fédéral.Ils ont fait plus que suivre les règles, ils ont compris l\u2019importance d\u2019insérer leur projet personnel dans une communauté, tout en la respectant.Ils ont compris que leur rêve ne devait pas ruiner celui des autres.Cette maturité nous apparaît comme évidente.Pourtant, le promoteur du projet d\u2019aéroport à Saint-Cuthbert n\u2019hésite pas à invoquer son propre rêve pour nous l\u2019imposer.Et nos rêves?Le gouvernement du Canada va-t-il l\u2019autoriser à les détruire?Jean-Marc Lambert Saint-Cuthbert, le 15 mai 2016 Un mode de scrutin clair Le Canada (et le Québec aussi !) a besoin d\u2019un mode de scrutin revu et corrigé.Un gouvernement majoritaire avec 30 % des voix, c\u2019est la dictature de la minorité.On parle beaucoup de mode de scrutin proportionnel, mixte ou pas ou je-ne-sais- quoi.Tout cela est très obscur.Pour avoir voté selon des règles compliquées, je peux vous dire que, si on n\u2019est pas très bien informé, on ne sait pas quoi faire avec des bulletins de vote grands comme des pages de journal.Ces modes complexes ont déjà été rejetés par référendum dans plusieurs provinces.Je suggère donc un mode simple, éprouvé, largement utilisé, facile à comprendre et qui vraisemblablement corrigerait les énormes distorsions actuelles, ou au moins en donnerait la possibilité.Un mode uninominal à deux tours.Ce n\u2019est pas le mode idéal, mais les citoyens de ce pays sont sûrement plus enclins à approuver ce genre de modification qu\u2019un système complexe auquel ils ne comprendraient pas grand-chose.Ce serait un pas dans la bonne direction.Avantages: facile à mettre en place et à comprendre, simple à dépouiller, on peut risquer de voter pour un petit parti (qu\u2019on pourra reconduire ou non au 2e tour), on peut corriger son tir en fonction des résultats du 1er tour, pas besoin de redéfinir les circonscriptions électorales.Inconvénients: deux appels à voter en peu de temps, coûts (mais la démocratie coûte toujours à terme moins cher que la dictature), possibilités de distorsions (moindres qu\u2019avec un seul tour).Les élections à deux tours ne sont pas rares et semblent bien fonctionner: la plupart des pays d\u2019Amérique du Sud, plusieurs États européens l\u2019utilisent.Il y a donc de nombreux cas de figure comparables à étudier.Alors, pourquoi pas?Serge Sokolski Québec, le 14 mai 2016 RÉFORME DU MODE DE SCRUTIN Le jupon dépasse D MANON CORNELLIER L E D E V O I R , L E L U N D I 1 6 M A I 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).F R É D É R I C L A S S E R R E Département de géographie, Université Laval L\u2019auteur a participé, mercredi à Québec, au dernier rendez-vous de la saison du «Devoir de débattre», coorganisé par Le Devoir, la Conférence des Juristes de l\u2019État et les Musées de la civilisation.Le sujet portait sur le thème de ce texte.vec les impacts majeurs des changements climatiques, l\u2019Arctique est redevenu un sujet d\u2019actualité sur la scène politique canadienne.La fonte des glaces, en ouvrant possiblement l\u2019accès à des routes maritimes stratégiques et à des ressources jusqu\u2019ici peu exploitées, bouleversait un équilibre politique en fait largement hérité de la guerre froide.Les changements climatiques, en rendant possibles (mais non pas inévitables) une exploitation accrue des ressources et un trafic maritime en expansion, ont contribué, avec l\u2019augmentation spectaculaire des cours des matières premières jusqu \u2019en 2014, à propulser l\u2019Arctique dans la logique commerciale de la mondialisation.Ces enjeux économiques et stratégiques soulignaient l\u2019importance de la définition des frontières dans la région : les dif férends opposant les États arctiques ont souvent été interprétés comme de potentielles bombes à retardement compte tenu de l\u2019ampleur annoncée des réserves de ressources de la région et de l\u2019impor tance stratégique prêtée aux routes arctiques.Un litige dif férent Il faut déjà préciser que le litige sur le passage du Nord- ouest est très dif férent dans sa nature, des litiges entourant les frontières maritimes des plateaux cont inentaux étendus .La d ispute entre États-Unis et Canada sur le passage du Nord-ouest porte sur le statut de ces eaux.Pour Ottawa, il s\u2019agit d\u2019eaux intérieures canadiennes, sur lesquelles le Canada a donc plein contrôle, en particulier pour établir des règlements ayant tra it à la nav igat ion .Pour Washington, une bonne partie du passage se trouve sans doute dans les eaux territoriales du Canada, mais ce passage constitue un détroit international, ce qui signifie en droit que n\u2019importe quel navire peut y passer sans avoir à demander d\u2019autorisa- t ion .A i l leurs dans l\u2019Arctique, il y a des désaccords sur les front ières des plateaux cont inentaux étendus, zones maritimes dans lesquelles les États ne sont pas souverains, mais disposent des droits de rég lementat ion de l\u2019exploitation des ressources des fonds marins.La dispute avec les États-Unis et l\u2019Union européenne por tant sur le passage du Nord-Ouest n\u2019est pas récente : elle remonte aux années 1960 et a connu plusieurs rebondissements, en 1969 et 1985 notamment.Elle s\u2019est retrouvée sous les feux des projecteurs avec la fonte de la banquise, qui potentiellement pouvant entraîner le développement du trafic maritime et donc poser la question du contrôle de celui-ci : liberté de navigation ou supervision selon les règles canadiennes?En réalité, ce n\u2019est pas pour le potentiel économique du passage du Nord-ouest (PNO) en tant que tel que Washington manifeste son désaccord : le dépar tement d \u2019État a reconnu que les navires commerciaux américains qui souhaiteraient transiter par le PNO devraient respecter la législation canadienne.Ce que craint Washington, à tort ou à raison, c\u2019est la restriction de mouvement de ses navires mil ita ires, et le précédent, la possibilité que la souverai - neté canadienne sur le PNO donne des idées (à tor t ou à raison) à d\u2019autres États pour restre indre la l i - berté de navigation.Les litiges entourant les frontières maritimes ne sont pas récents non plus : un dif férend oppose le Canada et les États-Unis en mer de Beaufor t depuis 1977, tandis que la Russie et la Norvège ont connu un long désaccord en mer de Barents remontant aux années 1970.Ces litiges ont connu un retour en scène avec la dif fusion de revendications frontalières tout au long de la décennie précédente.Trop chères, trop complexes Faut-il s\u2019inquiéter de ces disputes en Arctique ?Au sujet du PNO, contrairement aux pronostics, le trafic de marchandises en transit y demeure très faible : un navire en 2013, un en 2014, zéro en 2015.Du côté russe, nettement mieux équipé, le trafic a augmenté jusqu \u2019en 2013 (71 transits) puis s \u2019est ef fondré à 18 en 2015.Ces chiffres sont très faibles par rappor t aux points stratégiques que constituent Suez (18 500 transits en 2015) ou Panama (11 000 transits en 2015).Les compagnies maritimes s\u2019intéressent très peu au transit par les routes arctiques, trop chères, trop complexes, peu faciles à intégrer dans les contraintes logistiques du transport maritime.De fait, il n\u2019y a pas de trafic maritime à superviser, ou très peu : il n\u2019y a donc pas de motif de tension politique.Quant aux frontières maritimes, l\u2019apparent empressement des États à déposer des revendications n\u2019a rien à voir avec une quelconque loi de la jungle qui donnerait une prime au premier arrivé.Au contraire, c\u2019est vraiment la règle de droit qui prévaut jusqu\u2019à présent.Et celle-ci dit que les États disposent de 10 ans après leur ratification de la Convention du droit de la mer pour pouvoir déposer une revendication sur des plateaux continentaux étendus.La course à l\u2019appropriation des espaces maritimes arctiques est en fait une course contre la montre de chaque État riverain.Le Canada devait ainsi déposer sa demande avant décembre 2013 .De plus, les médias soulignent les désaccords et chevauchements, mais omettent souvent de souligner les concordes, par exemple les accords Ca- nada-Danemark de 1973, URSS-États-Unis de 1990, Is- lande-Danemark en 1997 et 2014, Nor vège-Danemark de 2006, et sur tout Russie- Nor vège de 2010, alors que nombre d\u2019observateurs prédisaient de grandes dif ficultés pour résoudre ce litige.Les désaccords frontaliers arctiques ne sont pas insolubles, bien au contraire.Enfin, au cœur du bassin arctique, les ressources probables sont assez faibles : si litiges et chevauchements il y a en effet, il est peu vra isemblable que ceux-ci enveniment les relations entre les protagonistes au vu des très faibles enjeux stratégiques et économiques.La transition d\u2019une zone arctique figée dans la guerre froide vers une région bouleversée par les changements climatiques et l \u2019intégration dans des logiques commerciales, s\u2019est accompagnée d\u2019un réveil de disputes parfois anciennes, et de l\u2019émergence de nouvelles, pour des raisons qui n\u2019ont rien à voir avec un quelconque appétit territorial, mais bien avec les dispositions du droit international (10 ans pour préciser les revendications maritimes).Ces dif fé- rends sont réels ; ils ne sont pas majeurs et en aucun cas ne préfigurent un futur conflit que trop de médias ont annoncé dans le passé.Les frontières de l\u2019Arctique, source de conflits futurs ?SOURCE ANNE PELOUAS Le Louis-Saint-Laurent, navire amiral de la Garde côtière canadienne, dans les eaux de l\u2019Arctique La course à l\u2019appropriation des espaces maritimes arctiques est en fait une course contre la montre de chaque État riverain A T O L G A B I L E N E R Professeur de géopolitique, Université Galatasaray, université publique turque francophone établie à Istanbul l y a des signes qui ne trompent pas : Israël pourra ouvrir un bureau de liaison au siège de l\u2019OTAN à Bruxelles dans les prochains jours.Une demande qui était sur la table depuis des années, mais qui n\u2019avait pas pu être concrétisée jusqu\u2019ici\u2026 en raison du veto de la Turquie, opposée depuis 2010 à toute tentative de coopération entre l \u2019OTAN et Israël.Il semble que le veto a finalement été levé.Pourquoi ?De plus, le moment est délicat, puisque le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a récemment annoncé sa démis- sion-surprise.Il sera remplacé avant la fin du mois.Son départ était souhaité, voire imposé par le président Recep Tayyip Er- dogan, pourtant de la même famille politique \u2014 le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2002.Ce dépar t précipité reflète la volonté d\u2019Er- dogan de renforcer sa mainmise du pouvoir et de ne supporter aucune rivalité, même hypothétique.Justement, le changement de premier ministre peut être utilisé par Erdogan pour un changement de cap en politique étrangère, puisque M.Davuto- glu fut l\u2019architecte idéologique de la politique étrangère de l\u2019AKP, taxée de néo-ottomane.Dans son chef-d\u2019œuvre publié en 2001, La profondeur stratégique, M.Davutoglu, professeur de relations internationales, estimait que le partenariat stratégique de la Turquie avec Israël, lancé par des accords de coopération militaire en 1996, était nocif pour l\u2019image de la Turquie dans le monde arabo-musulman.Alors que, pour lui, la Turquie a un rôle historique à jouer dans l\u2019espace de l\u2019ancien Empire ottoman.Incident clé Une fois au pouvoir, l\u2019AKP n\u2019a pourtant pas coupé aussitôt les ponts avec Israël.Au contraire, premier ministre à l\u2019époque, M.Erdogan se rendit en Israël en 2005 pour une visite officielle afin de promouvoir les relations entre les deux pays.Juste après la victoire du Hamas dans les élections municipales palesti - niennes, cependant, les dirigeants du mouvement, considéré comme terroriste par Israël et par de nombreux pays occidentaux, ont été accueillis en héros à Ankara.Commença alors le long processus de dégradation des relations.La goutte qui a fait déborder le vase fut l\u2019incident de la flottille Mavi Marmara en mai 2010, quand neuf turcs, membres des ONG islamistes ont été tués par l\u2019armée israélienne, alors qu\u2019ils tentaient de parvenir à Gaza et briser l\u2019embargo israélien imposé à ce territoire dirigé par le Hamas.Ankara a rappelé son ambassadeur et, depuis, tout va mal entre les deux pays.Mais l\u2019eau a coulé sous les ponts: depuis l\u2019été 2015, l\u2019armée turque \u2014 qui fut un acteur majeur du rapprochement turco-is- raélien des années 1990 \u2014 est engagée dans un combat sans merci contre le PKK dans le sud-est du pays ; et le président Erdogan cherche des voies pour briser son isolement dans le monde occidental ; côté israélien, le gouvernement Nétanya- hou désire réduire l\u2019isolement régional de son pays, surtout depuis que l\u2019accord nucléaire a été signé entre l\u2019Iran et l\u2019Occident.Ainsi, les diplomates turcs et israéliens tiennent des réunions régulières depuis des mois.La presse turque ne cesse d\u2019évoquer des signaux positifs, en rappelant, d\u2019une part, que les liens commerciaux bilatéraux n\u2019ont pas vraiment été affectés par la crise politique et représentent 6 milliards de dollars par année et, d\u2019autre part, la possibilité de bénéficier des ressources gazières israéliennes récemment découvertes en Méditerranée orientale.Réconciliation Le moment est alors opportun pour une réconciliation, d\u2019autant plus que le président Erdogan a maintenant l\u2019occasion de blâmer son ancien premier ministre de tous les maux de la politique étrangère turque actuelle.Le pays est en pleine crise avec la Russie en raison de la crise syrienne ; la Turquie estime que l\u2019objectif numéro un en Syrie doit rester le dépar t d\u2019Assad, alors que cela semble ne plus être une priorité pour l\u2019Occident ; les alliés de la Turquie accusent celles-ci d\u2019entretenir une relation ambiguë avec le groupe État islamique et lui reprochent son refus de coopérer avec les Kurdes syriens ; la Turquie refuse, toujours malgré la position inverse de ses alliés occidentaux, de reconnaître le régime du général Sissi en Égypte, l\u2019AKP préférant garder des relations privilégiées avec les Frères musulmans et des organisations proches de ceux-ci, dont le Ha- mas\u2026 Tout cela, sans parler de la crise migratoire qui continue d\u2019empoisonner les relations avec l\u2019UE malgré l\u2019accord passé en mars dernier.Le regard que le président Erdogan porte sur Israël n\u2019est pas vraiment différent de celui de son ancien premier ministre.La différence est que M.Erdo- gan a prouvé à maintes reprises qu\u2019il est un leader pragmatique.C\u2019est pourquoi il peut tirer profit du départ de M.Davutoglu pour faire des changements de politique étrangère, dans l\u2019espoir de réduire les critiques de plus en plus sévères adressées à son égard en Occident.Il n\u2019est pas un secret non plus que les États-Unis attendent cette réconciliation avec impatience.Renouer avec Israël représenterait un changement important dans la direction de la politique étrangère turque.Il est maintenant entre les mains d\u2019Erdogan de décider si oui ou non ce changement viendra.Cela sera à lui aussi de faire avaler la pilule à ses électeurs.Réconciliation turco-israélienne à l\u2019horizon ?Renouer avec Israël représenterait un changement important dans la direction de la politique étrangère turque ADEM ALTAN AGENCE FRANCE-PRESSE Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan I FRANCIS VACHON LE DEVOIR Henri Dorion, Frédéric Lasserre, Suzanne Lalonde et Bernard Voyer participaient la semaine dernière au «Devoir de débattre» sur l\u2019Arctique. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 6 M A I 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le premier ministre Philippe Couillard lors de son discours de clôture du conseil général du PLQ voir.« Un des changements les plus immédiats pour moi a été de me dire : \u201cAh ! Je peux aller dehors, seule, sans supervision, et je serai en sécurité.\u201d Nous allions rarement à l\u2019extérieur [en Afghanistan] et, quand nous y allions, c\u2019était accompagnées d\u2019un membre masculin de notre famille.Pour des raisons de sécurité.Pour des raisons culturelles aussi.Et aussi à cause d\u2019une famille très protectrice qui avait subi les ravages de la guerre.» Mme Monsef mesure à quel point sa vie aurait été dif fé- rente si sa mère n\u2019avait pas tout quitté pour le Canada.«Si j\u2019étais restée en tant que réfugiée en Iran ou restée en Afghanistan, j\u2019y pense des fois, j\u2019aurais probablement été mariée jeune.J\u2019aurais, j\u2019espère, trouvé des façons dif férentes de faire une dif férence.» Elle a pu fréquenter l \u2019école, travailler aussi.En Afghanistan, « on recevait notre éducation à la maison», car le régime n\u2019autorisait pas les filles à s\u2019éduquer.Après avoir obtenu un baccalauréat à l\u2019Université Trent, Mar yam Monsef s\u2019implique dans une multitude de causes soc iales .Elle œuvre au YWCA, au Groupe de recherche d \u2019intérêt public de l\u2019Ontario, au New Canadians Centre, un organisme régional d\u2019accueil des immigrants et réfugiés.L\u2019appel de la politique La politique se présente à Maryam Monsef en 2014.La jeune femme entend retourner en Afghanistan, où un emploi l\u2019attend.Elle vend ses meubles, renonce à son joli appartement au centre-ville de Pe- terborough, décline des offres professionnelles alléchantes.« Je m\u2019en allais aider des femmes, raconte-t-elle au Devoir.Je m\u2019en allais redonner.Je n\u2019ai pas pu entrer en Afghanistan, car ce n\u2019était pas sécuritaire, en par ticulier à ce moment à cause de l\u2019élection qui devait avoir lieu dans les mois à venir.Il y avait une sor te de vide du pouvoir : il y avait une sorte d\u2019anarchie, il y avait de la peur, il y avait des enlèvements.» Elle évoque les files d\u2019attente interminables devant les bureaux de scrutin, repense à ces gens qui désiraient à tout prix se prévaloir de leur droit de vote si peu exercé au cours des trente dernières années.«Je l\u2019ai toujours su, car la politique a affecté ma vie depuis aussi loin que je me souvienne, mais c\u2019est à ce moment que j\u2019ai vraiment compris le lien entre la démocratie, la bonne gouvernance et tout le reste», dit la ministre.Mme Monsef s\u2019était quand même rendue jusqu\u2019en Iran et y avait aidé des réfugiées afghanes.Ce sont elles qui l\u2019ont encouragée à se lancer en politique, raconte-t-elle.« Elles m\u2019ont dit \u201cSi tu peux entrer en politique, fais-le.Fais-le pour nous qui ne le pouvons pas.Et n\u2019aie pas peur.\u201d J\u2019ai finalement rassemblé le courage de me présenter à l\u2019élection municipale et je suis arrivée à 1 % de la victoire [elle a obtenu 36% contre 40 % pour Dar yl Bennett, le maire élu].Et l\u2019espoir que Justin Trudeau a apporté à l\u2019élection fédérale, les gens qu\u2019il a rassemblés autour de lui m\u2019ont inspirée et m\u2019ont convaincue de mettre ma fatigue électorale de côté pour le faire une deuxième fois.» Une première Mar yam Monsef réussit à se faire élire dans Peterbo- rough-Kawartha, une circonscription très peu diversifiée où à peine 2 % de la popula- t ion est composée de nouveaux arrivants.Aucun dé - puté sor tant n \u2019éta it sur la ligne, la circonscription ayant été le f ief du conser vateur Dean Del Mastro, condamné à la prison pour fraude électorale en 2014.Elle est la première femme à s\u2019y faire élire depuis 1867, la première immigrante aussi.Lors de son premier d is- cours au Parlement, Maryam Monsef a parlé du « chemin parcouru » depuis son départ d\u2019un pays « où une parlementaire de 31 ans siégeant au cabinet é tai t impensab le ».« Me voici, ajoute-t-elle en entrevue, sachant ce que c\u2019est que de ne pas avoir un gouvernement utile, sachant ce que c\u2019est quand un gouvernement n\u2019est pas toujours légitime, sachant ce que je sais du chaos et de l\u2019agitation qui peuvent survenir quand les gouvernements ne sont pas au service du peuple, me voici investie de la responsabilité de moderniser les institutions démocratiques du Canada.Je ne prends pas cela à la légère, mais je sais aussi à quel point c\u2019est un honneur.Je sais que ce ne sera pas facile.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 AFGHAN Maryam Monsef en cinq dates 1985 Naissance à Hérat, en Afghanistan.Mai 1996 Arrivée au Canada en tant que réfugiée avec sa mère et ses deux sœurs, Mina et Mehrangiz.2009 Création de la Red Pashmina Campaign, un groupe qui incite les Canadiennes à donner pour aider les femmes afghanes, notamment en achetant une écharpe rouge caractéristique.Quelque 1500 écharpes ont été vendues à ce jour.27 octobre 2014 Se présente à la mairie de Peterborough, où elle arrive en deuxième place.19 octobre 2015 Élection à la Chambre des communes.Elle est la première femme d\u2019origine afghane à faire son entrée à la Chambre des communes et elle est la plus jeune ministre de l\u2019équipe Trudeau.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE d\u2019ailleurs sa présence auprès d\u2019eux comme un vrai miracle, à travers son horaire de fou, puisqu\u2019elle rencontrera la presse le jour, participera au gala du soir, avant de repartir aussitôt en Espagne sur le plateau de Five Seconds of Silence (avec Brad Pitt), de Robert Zemeckis.Pas de répit donc pour la frêle égérie de Dior, actrice avant tout, d\u2019un film à l\u2019autre investie de tout son être.Cette plongée à la rencontre de ses doubles de cinéma, elle l\u2019évoquait dimanche, précisant hésiter à accepter des rôles : « À cause du travail intense qui commence alors en dedans de moi pour la quête du personnage.C\u2019est comme tomber amoureuse.On y pense tout le temps.Je dois trouver la façon dont elle respire, dont elle souf fre.J\u2019ai besoin de savoir ce qui s\u2019est passé dans l\u2019enfance d\u2019un personnage.Il y a tellement de clés dans l\u2019enfance\u2026» Devant la presse, l\u2019actrice semble toujours craindre de ne pas se montrer assez précise dans ses réponses, ajoute des détails, s\u2019enroule autour, demande : «Est-ce que ça allait?Me suis-je bien exprimée?» Sa perpétuelle inquiétude doit bien constituer une des sources de son talent.Un film porté par une grâce Nicole Garcia aura attendu sa Marion un an, le temps pour l\u2019actrice d\u2019émerger d\u2019autres univers parallèles.La cinéaste ne voyait qu\u2019elle pour ce rôle de femme, très sexuée, en quête d\u2019absolu.«Son corps parle plus que les décors du film.Elle est une géographie\u2026 » Elle a voyagé dans ses paysages.Nicole Garcia en est à sa troisième course à la Palme d\u2019or et livre cette fois son meilleur film, porté par une sorte de grâce.Rien d\u2019extravagant, mais la lumière et les images magnifiques de Christophe Beaucarne sont posées sans réserve sur un univers romanesque, à distance parfaite, ne cherchant à blâmer personne si ce n\u2019est l\u2019époque, avec une vraie justesse et un amour pour ses personnages.Mal de pierres raconte l\u2019histoire d\u2019une jeune femme de la bourgeoisie campagnarde (Cotil- lard), aux por tes de la folie, qui cherche l\u2019amour fou et se retrouve mariée de force à un travailleur itinérant exilé de la guerre civile espagnole, brave type pourtant (Alex Brende- mühl, quasi mutique, tout en stoïcisme).Au sanatorium, elle s\u2019éprend d\u2019un beau lieutenant malade (Louis Garrel, parfait en mourant sophistiqué, cerné et alité).Le voici partenaire de Marion Cotillard pour la toute première fois, et la chimie passe bien.Ces femmes trop ardentes La cinéaste chérissait, il faut dire, le roman à sa base, signée par l\u2019Italienne Milena Agus, transposé de la Sardaigne à la France des années 50, avec longue parenthèse dans un sanatorium suisse, sorti tout droit de La montagne magique de Thomas Mann.Côté figures féminines fortes, on pense à la Catherine des Hauts de Hurlevent d\u2019Emily Brontë.Nicole Garcia évoque celles à la fois littéraires et cinématographiques, de Madame Bovary à Adèle H., qui ont rêvé l\u2019amour, en porte-à-faux avec leur société corsetée, débordant du cadre par toutes leurs fibres.De grandes actrices se sont frottées à ces rôles, d\u2019Isabelle Adjani à Isabelle Huppert.« Mais le personnage de Gabrielle évolue.» Pressentie pour camper l\u2019héroïne de Mal de pierres, Marion Cotillard avoue avoir d\u2019abord souhaité que le scénario tiré du roman par Jacques Fieschi lui déplaise.En vain.« J\u2019ai commencé à lire et j\u2019ai dit oui.Je suis attirée par ce que je n\u2019ai pas encore exploré, ici cette femme que les autres empêchent de déployer ses ailes.Gabrielle est un être singulier.Avec une passion brimée.Elle se laisse faire par son entourage, tout en se rebellant à l\u2019intérieur de sa coquille, se servant de son mari pour acquérir une certaine expérience sexuelle, sans le connaître toutefois.» «J\u2019aimais ces rôles d\u2019hommes pudiques, courageux, silencieux», précise Nicole Garcia.Le personnage du mari est très beau, tout en abnégation, en amour pur.«Il a cette capacité d\u2019être généreux, explique son interprète, d\u2019oublier que sa Gabrielle a un amant, qu\u2019elle ne sera jamais tout à fait sienne.» Mal de pierres est un film qui trouverait son public au Québec, par sa sensibilité sans mièvrerie, son classicisme et sa vérité.On espère qu\u2019il se fraiera un chemin jusqu\u2019à nos écrans.Le Devoir Odile Tremblay est à Cannes à l\u2019invitation du Festival.SUITE DE LA PAGE 1 CANNES francophones, comme la Commission scolaire Marguerite- Bourgeoys dans l\u2019ouest de l\u2019île de Montréal, font-elles mieux en matière de réussite scolaire?s\u2019est demandé Philippe Couil- lard, qui a aussi souligné que l\u2019Ontario obtenait des taux de diplomation supérieurs à ceux obtenus au Québec.«C\u2019est inacceptable », a-t-il dit.L\u2019écart important entre la réussite scolaire des garçons et celle des filles est également « inacceptable», a ses yeux.«Qu\u2019est-ce qui est fait dans ces milieux qui n\u2019est pas fait ailleurs?Est-ce si dif fi- cile?Est-ce si compliqué?Non, c\u2019est une question de volonté politique, de courage et de leadership, et on va faire en sorte que ça s\u2019applique pour tous les Québécois et à tous les enfants du Québec», a affirmé le chef libéral devant ses militants.Ce n\u2019est pas une question de ressources puisque toutes les commissions scolaires disposent de budgets semblables, a précisé Philippe Couillard lors de la conférence de presse qui a suivi.L\u2019engagement de la communauté anglophone dans ses écoles explique en partie leurs bons résultats, a-t-il avancé.Mieux vaut tard que jamais Dans son discours, Philippe Couillard a avoué que son gouvernement avait eu tor t de s\u2019«égarer dans des chicanes stériles sur les élections scolaires et les structures » pendant deux ans, notamment avec le projet de loi 86 sur la gouvernance des commissions scolaires.Il a parlé de «la réflexion nécessaire qui montre une grande maturité pour une formation politique de reconnaître qu\u2019il faut se concentrer d\u2019abord et avant tout sur la réussite éducative de nos élèves et nos enfants et nous éloigner des débats qui nous écartent des véritables priorités».En conférence de presse, Philippe Couillard a enterré pour de bon le projet de loi 86.Refusant d\u2019y voir une erreur, il a présenté un mea culpa moins franc que dans son discours.Il a indiqué que cer tains éléments qu\u2019il contenait \u2014 les allocations budgétaires et la responsabilisation des écoles \u2014 seront repris dans un autre projet de loi que le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, présentera pour adoption à l\u2019automne.En matinée dimanche, les militants libéraux ont assisté à la conférence du spécialiste en éducation Égide Royer pour ensuite se pencher sur une ré- solution-cadre sur l\u2019éducation.Parmi les propositions étudiées figurent l\u2019implantation graduelle de la maternelle à quatre ans ainsi que l\u2019école obligatoire jusqu\u2019à 18 ans, un prolongement de deux ans que le chef libéral avait dénoncé quand la Coalition avenir Québec l\u2019avait soumis et dont il avait évalué le coût à 250 millions.«La grave erreur, c\u2019est de présenter ça comme l\u2019école obligatoire jusqu\u2019à 18 ans.[\u2026] C\u2019est [plutôt] l\u2019apprentissage jusqu\u2019à 18 ans», a-t-il dit, précisant que cet apprentissage ne ferait pas nécessairement sur les bancs de l\u2019école.Les sommes pour assurer cet apprentissage prolongé ne seront pas soumises au «cran d\u2019arrêt », un concept abandonné à tout le moins dans le cas de l\u2019éducation, et elles seront dégagées graduellement.La résolution-cadre critique aussi les projets de chambardements de structures.«Alors que les dernières années ont été monopolisées par les questions de structures, de gouvernance et de ressources, trop peu d\u2019efforts ont été déployés autour de ce qui importe le plus, c\u2019est-à- dire l\u2019apprenant, son milieu et les facteurs reconnus pour favoriser sa réussite scolaire», peut- on lire dans le document.Samedi, les libéraux se sont divisés sur la proposition visant l\u2019économie de partage et Uber, mais aussi sur la création du registre des armes à feu dont une proposition réclamait l\u2019abandon.Elle fut battue de justesse après un débat animé.«Notre parti est le reflet de la société du Québec », s\u2019est félicité le chef libéral.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 COUILLARD Un chantier de l\u2019économie de partage Le gouvernement Couillard lancera un chantier de l\u2019économie de partage pour calmer les jeunes libéraux dissidents dans son parti, mais maintient la ligne dure avec son projet de loi 100 qui met au pas Uber.Au terme du conseil général du PLQ dimanche, le premier ministre a annoncé qu\u2019il acceptait la demande de la Commission-Jeunesse de mettre sur pied un chantier pour définir et encadrer l\u2019économie de partage.Philippe Couillard a toutefois fait savoir qu\u2019il n\u2019avait pas l\u2019intention de céder sur le cœur du projet de loi 100 déposé jeudi, ouvertement contesté par des militants, qui ont voté une résolution qui enjoint au gouvernement de se montrer plus souple envers ce «phénomène irréversible».Il a rappelé que son ministre des Transports, Jacques Daoust, est prêt à faire des «ajustements », mais pas sur les questions fondamentales, comme le permis spécial, l\u2019assurance, les vérifications de sécurité, etc.Ce chantier vise à mettre en place un «cadre général assez souple» pour permettre l\u2019apparition de ce modèle économique, a expliqué M.Couillard.Le président de la Commission-Jeunesse du PLQ, Jonathan Marleau, s\u2019est réjoui de l\u2019instauration d\u2019un tel chantier.La veille, il affirmait que le projet de loi 100 ne correspondait pas à la résolution adoptée par les membres du parti, mais dimanche, il gardait l\u2019espoir que le projet de loi serait modifié pour y être fidèle.La Presse canadienne Écart important Au cours des cinq dernières années, le taux de diploma- tion des élèves dont la langue d\u2019enseignement est le français est constamment demeuré inférieur à celui des élèves recevant un enseignement en anglais.Le taux de diplomation représente la proportion d\u2019élèves ayant obtenu un diplôme sept ans après leur entrée au secondaire.Il peut s\u2019agir d\u2019un diplôme d\u2019études secondaires, mais aussi d\u2019autres diplômes ou qualifications professionnelles.Taux de diplomation selon la langue d\u2019enseignement Français Anglais 2015 77,1 % 84,5 2014 75,0 84,5 2013 74,3 82,3 2012 72,7 81,9 2011 71,8 79,2 Source : Ministère de l\u2019Éducation du Québec "]
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