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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-05-07, Collections de BAnQ.

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[" ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La cinéaste et auteure Anaïs Barbeau-Lavalette et l\u2019acteur et chanteur Émile Proulx-Cloutier proposent, avec Pôle Sud, documentaires scéniques, un premier spectacle de quartier.Le concours Les Francouvertes souf?e ses 20 bougies Page E 3 La consommation de la télé chez la génération du numérique Page E 7 C A H I E R E \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 M A I 2 0 1 6 STEPHEN LOVEKIN AGENCE FRANCE-PRESSE James Taylor au Today Show à NBC en 2015 à New York.S Y L V A I N C O R M I E R «M onsieur Steve Gadd !» s\u2019exclame-t-il au bout du fil.Je viens de dire à James Taylor que je pourrais nommer des gens qui seront au Centre Bell le vendredi 13 mai prochain pour Steve Gadd autant que pour lui.« Je sais ! Chaque soir c\u2019est lui qui a l\u2019ovation !» Eh! C\u2019est pas tous les jours que l\u2019as batteur sort des studios où sa frappe si souple a fait sa légende\u2026 «C\u2019est ma chance extraordinaire de partager la scène avec l\u2019homme qui a joué sur le Fifty Ways to Leave Your Lover de Paul Simon!» Taylor me fera l\u2019article à propos de chacun de ses musiciens, le claviériste Larry Goldings qui a son propre trio, «Blue» Lou Marini qui souffla dans son saxo pour les Blues Brothers, et ainsi de suite.« Je pense que ces douze musiciens et choristes qui viennent avec moi à Montréal, ils sont les meilleurs au monde.Peut-être que je ne suis pas assez\u2026 How do you say humble in french?» C\u2019est James Taylor qui a insisté pour que l\u2019entrevue se passe en français, quitte à chercher un mot ici et là, et revenir à l\u2019anglais «pour confirmer que je comprends la question\u2026» Dans cette volonté de parler en français au Devoir, il y a plus que le geste d\u2019un gentilhomme de bonne éducation, né au Massachusetts, élevé dans une jolie campagne de Caroline du Nord pas trop loin de l\u2019université où le paternel enseignait : c\u2019est l\u2019application d\u2019une conception de la vie\u2026 et de la musique.L\u2019idée de « faire toujours le plus grand effort possible pour établir une véritable connexion avec les gens», comme il dit en parlant de la minutieuse préparation qui permet aux spectacles de «dépasser le plus possible l\u2019efficacité technique pour que l\u2019on puisse vivre une expérience commune et vraiment s\u2019amuser».James Taylor, ou la minutie du bonheur M A R I E L A B R E C Q U E T héâtre de tant d\u2019explorations différentes au fil des ans, Espace libre présenterait, avec Pôle Sud, documentaires scéniques, son premier « spectacle de quar tier ».Une tentative d\u2019abattre les murs entre l\u2019institution théâtrale et son milieu en conviant certains de ses habitants sur scène.Et les gens du Centre-Sud auraient déjà commencé à s\u2019approprier l\u2019œuvre, contactant la billetterie de la salle sise rue Fullum afin de venir voir « le spectacle de nous autres »\u2026 Création d\u2019un couple multidoué, la cinéaste et auteure Anaïs Barbeau-Lavalette et l\u2019acteur et chanteur Émile Proulx-Cloutier, Pôle Sud est aussi le mariage de deux médiums : le documentaire filmique et le théâtre.Un concept original déjà expérimenté dans Vrais mondes : documentaires scéniques, il y a deux ans à la Cinquième Salle.Elle a ratissé le quartier, conduit des entrevues en profondeur auprès de personnes «contentes de partager leur histoire», pour finalement en retenir huit.Un matériel intime, capté uniquement par un discret preneur de son, ensuite ramené à l\u2019essentiel par son montage à lui.Le duo a imaginé une forme hybride, qui n\u2019est pas du théâtre, pour relayer leurs confidences sans passer par des acteurs.« Ce qui m\u2019intéresse dans les documentaires, c\u2019est la parole spontanée, dont l\u2019authenticité est dure à reproduire, explique Émile Proulx-Cloutier.Quand les gens se livrent en toute confiance, il y a quelque chose de très original, tant dans le choix des mots que dans la manière de les dire.C\u2019est souvent inimitable.» Afin de combiner l\u2019unicité du témoignage et cette force de la scène qu\u2019est la présence physique, sans pour autant contraindre leurs interviewés à performer, les créateurs ont séparé le corps et la voix.La trame sonore préenregistrée, enrichie d\u2019ambiances «enveloppantes», devient le moteur du spectacle.Puis, pour chaque court tableau, le metteur en scène a créé un cadre qui vise à rendre confortables ces néophytes du théâtre, qui reproduisent sur scène des gestes de leur quotidien ou de leur métier.Dans cette forme nouvelle qu\u2019ils en sont encore à inventer, « l\u2019éclairage joue un peu le rôle de la caméra.Notre ambition, c\u2019est d\u2019être \u201c spectaculaire \u201d, de se servir des outils que la scène offre pour que la soirée soit captivante, voire magique».Anaïs Barbeau-Lavalette s\u2019avoue bouleversée de voir que ces gens, qui sont allés très loin en entrevue, acceptent le risque vertigineux de venir sur scène partager une histoire «ultra- personnelle» devant un public.Contrairement à un documentaire filmique, les sujets seront directement confrontés aux réactions des spectateurs.Comment éviter le voyeurisme ?Ma question, la réalisatrice se la pose à chaque documentaire.«On est toujours en position de funambule.La ligne est mince.Mais je pense que c\u2019est une question de relation avec le sujet.Il y a eu plusieurs rencontres, et un lien s\u2019est créé avant l\u2019entrevue.Après, l\u2019aventure c\u2019est de plonger dans des mondes où on ne va pas, ou très rarement.» La «convention théâtrale implique un consentement», ajoute son conjoint.Et la «présence de la personne sur scène nous oblige à valider le montage auprès d\u2019elle.» Portrait de quartier Leur collage révèle des êtres pas si ordinaires.Trouver des «personnages» dans la réalité, ce n\u2019est, étonnamment, pas difficile, pour peu qu\u2019on prenne le temps de creuser, affirme Émile Proulx-Cloutier.Ou qu\u2019on écoute leur narration singulière.«Un bon personnage, même en fiction, n\u2019a pas nécessairement vécu des aventures rocambolesques.C\u2019est quelqu\u2019un à qui on a accès d\u2019une façon originale.C\u2019est un chemin particulier pour se rendre à une humanité.» «On n\u2019a pas tant cherché l\u2019extraordinaire qu\u2019à tracer un portrait poétique, rigolo, bouleversant du quartier, intervient sa partenaire.Une photo vivante de ce qui rend Centre-Sud humain.» La cinéaste d\u2019Inch\u2019Allah compare le spectacle à une VOIR PAGE E 2 : TAYLOR La vie des autres VOIR PAGE E 2 : AUTRES « On n\u2019a pas tant cherché l\u2019extraordinaire qu\u2019à tracer un portrait poétique, rigolo, bouleversant du quartier» CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 M A I 2 0 1 6 E 2 Faire L\u2019inis, c\u2019est beaucoup de travail.Avant, pendant et après.inis.qc.ca Vous voulez travailler dans l\u2019industrie du mobile, Le programme Médias interactifs et jeux vidéo Réalisateur multiplateforme Applications mobiles Concepteur de jeux vidéo Réalité augmentée Concepteur multiplateforme Expérience utilisateur Programme Médias interactifs et jeux vidéo 18 C ette semaine, l\u2019ex-ani- mateur de la station Énergie de Québec récemment expulsé de sa chaise, Jeff Fillion, maître X ès radio poubelle, a récolté un blâme du Conseil de presse.Celui-ci dénonçait « ses propos et son ton méprisant et haineux » tenus le 9 juin 2015, à l\u2019adresse de Raïf Badawi sur l\u2019antenne d\u2019Au choix de Jeff.« Awaille des coups de fouet.We dont care ! » avait lancé entre autres gracieusetés l\u2019inénarrable radioman à l\u2019adresse du blogueur.Condamné en Arabie saoudite à dix ans de prison et à mille coups de fouet, déjà écorché de cinquante, coupable d\u2019avoir prôné la libération religieuse, jugé apostat en son pays de charia, pr isonnier en des geôles guère hospitalières depuis quatre ans, il est un modèle de courage et de résilience, Raïf Badawi.Sa femme aussi.Les propos de Jeff Fillion ne sont pas qu\u2019absurdes venant d\u2019un animateur drapé dans le droit d\u2019enfiler les niaiseries au nom de la liber té d\u2019expression, ils sont faux.«Awaille des coups de fouet.We dont care ! » Pas vrai ! Pas vrai du tout.Par-delà l\u2019horreur objective de son sor t, on s\u2019en fout ici d\u2019autant moins que Raïf Ba- dawi est un peu du Québec, sans n\u2019y avoir jamais mis les pieds.Son épouse Ensaf Hai- dar et ses trois enfants réfugiés à Sherbrooke se sont fait caisses de résonance de l\u2019Arabie saoudite, pays qui autrement se verrait pour plusieurs réduit au concept abstrait du totalitarisme islamiste.Si le monde dit civilisé (parfois on en doute, quel pays au juste enfanta Donald Trump ?) se bat pour la libération de pri- sonnier-là, nulle part ailleurs sa cause n\u2019est-elle défendue avec plus d\u2019émotivité passionnée qu\u2019au Québec.Sa petite femme aux traits angéliques qui se bat comme une diablesse pour sor tir le blogueur du cauchemar saoudien, sera parvenue à ancrer le sort de Badawi dans les cœurs et les reins des citoyens de sa terre d\u2019accueil.On l\u2019a regardée aller, elle qui fut élevée sans droits, propriété de la gent masculine, devenue directrice de la fondation pour libérer son mari, à la proue contre vents et marées, et on l\u2019a admirée.De cause et de blindés On l\u2019a vu par ailleurs déchanter.De son siège dans l\u2019opposition, Justin Trudeau lui avait fait miroiter des engagements canadiens en faveur du mari écroué.Pour tant, rien ne bouge.Avec ses enfants, Ensaf Haidar n\u2019a pu rencontrer son ministre des Af faires étrangères, Stéphane Dion, que cette semaine.Il a posé pour la photo de famille en gardant floues les pressions futures du pays sur l\u2019Arabie saoudite dans l\u2019af faire Badawi.Realpolitik ?Défection, oui, en trois temps de la valse diplomatique.Lorsqu\u2019on vend des véhicules blindés à un pays\u2026 Et comment s\u2019étonner devant le cynisme grandissant de la population quant aux politiciens?Plus inspirant, Daniel Turp, l\u2019ancien député péquiste, professeur en droit international, a déposé avec ses étudiants en mars devant la Cour fédérale une requête de contrôle judiciaire contre la vente de ces blindés, commandée par l\u2019ancien gouvernement Harper et honorée à l\u2019ère Trudeau.Les lois canadiennes interdisent la vente d\u2019armes à des pays susceptibles de les utiliser contre des civils, ou qui affichent un bilan douteux en matière de droits de la personne.Je vous dis ça parce que la vie de bien des prisonniers d\u2019opinion, pas juste celle de Raïf Badawi, baigne dans cette soupe diplomatico-com- merciale-là, masquant les cris et les pancartes des citoyens révoltés d\u2019ici ou d\u2019ailleurs.Ceux-ci finissent par comprendre que la grosse partie se joue au-dessus de leurs têtes, sans états d\u2019âme.Et si les pays alliés ont du pétrole ou de l\u2019argent, s\u2019ils viennent du golfe Persique ou de la Chine, les droits fondamentaux ne pèsent pas trop lourd soudain.Un double combat Alors j\u2019ai lu Mon combat pour sauver Raïf Badawi d\u2019En- saf Haidar, sous le plume de la journaliste allemande Andrea C.Hoffmann.Cette bio est traduite en français, publiée à Paris chez l\u2019Archipel, installée dans les rayons de nos librairies.Le genre de livre qui ne gagnera pas un prix littéraire mais qui informe, et pas juste sur l\u2019af faire Badawi, sur sa société.« Derrière la pruderie qu\u2019on nomme piété, l\u2019Arabie saoudite est, me semble-t-il, un pays obnubilé par la sexualité, af firme Ensaf Haidar.Tout y tourne autour du sexe et de la meilleure façon de le brimer.» Elle ajoutera ailleurs : « En Arabie saoudite, une femme n\u2019est jamais maîtresse d\u2019elle- même.Et les hommes, qui décident pour elle, la considèrent comme leur propriété.J\u2019avais grandi dans ce système et ne le remettais pas en question.Mon unique désir était de passer de la coupe de mon père à celle de Raïf que j\u2019aimais.» C\u2019est tout le chemin parcouru par cette jeune femme qui épate.La voici passée du statut de « moins que rien » à celui de batailleuse émérite dans un Québec enneigé qui l\u2019a entourée, appuyée, où elle- même a secoué des apathies locales, en fouettant, puisque fouet il y a, les ardeurs d\u2019autrui.À travers ce livre-là, on la voit d\u2019abord évoluer dans sa première patrie.Cette volonté de fer, au fond, Ensaf Haidar l\u2019avait toujours eue : pour épouser celui qu\u2019elle aimait contre l\u2019avis de sa famille, pour reconquérir son homme quand il regardait ailleurs, pour s\u2019impliquer dans son blogue dont il la tenait à l\u2019écar t, pour couper avec sa famille qui la déshérita et la «divorça» contre son avis, pour obtenir le respect de son mari et celui de tous.Il n\u2019y a pas qu\u2019une histoire d\u2019amour entre elle et Raïf Ba- dawi \u2014 qui lui devra une fière chandelle s\u2019il s\u2019en sort un jour \u2014, mais une association de couple, à armes devenues égales, conquise de haute lutte.Cet ouvrage, Mon combat pour sauver Raïf Badawi, est tout autant un combat pour la reconquête d\u2019une femme privée d\u2019elle-même.Hier niée, méprisée, aujourd\u2019hui honorée, primée partout, en guerre contre l\u2019injustice, en paix avec elle-même.Chapeau ! otremblay@ledevoir.com MON COMBAT POUR SAUVER RAÏF BADAWI Ensaf Haidar et Andrea C Hoffmann Archipel Paris, 2016, 280 pages Mes chroniques culturelles s\u2019interrompent jusqu\u2019au 2 juin, dans la frénésie du Festival de Cannes.À bientôt ! Une amazone venue d\u2019Arabie saoudite ODILE TREMBLAY balade dans la rue, avec ses rencontres aléatoires, mais où l\u2019on pourrait entrer dans la tête des passants.Comme tout bon documentaire, Pôle Sud vise à nous réapprendre à regarder, à voir d\u2019un œil neuf ces quidams qu\u2019on croise dans la ville.« J\u2019ai la conviction que lorsqu\u2019on sort de ce spectacle, les autres nous paraissent plus intéressants.» Et sans éviter les idées reçues sur ce quar tier plutôt pauvre et ouvrier, i ls ont voulu aussi en élargir l\u2019image pour révéler un secteur « richissime en couleurs ».« Historiquement, c\u2019est un quar tier qui a reçu beaucoup de coups sur la gueule \u2014 notamment sur le plan de l\u2019urbanisme \u2014, mais qui malgré tout se relève et se tient debout , résume Proulx-Cloutier.Ce n\u2019était pas un choix délibéré, mais nos personnages sont aussi des gens qui ne l\u2019ont pas eu facile et qui sont étonnamment rési- lients.En même temps, ils en parlent avec simplicité.C\u2019est l\u2019une des grandes leçons que j\u2019en retire comme acteur : quelqu\u2019un qui a eu une vie chargée peut parfois la raconter avec une légèreté déconcertante.Et cela décuple la puissance de ce qu\u2019ils ont vécu.» Collaboratrice Le Devoir PÔLE SUD, DOCUMENTAIRES SCÉNIQUES Conception et mise en scène : Émile Proulx-Cloutier.Recherche et entrevues : Anaïs Barbeau- Lavalette.À Espace libre du 10 au 21 mai.SUITE DE LA PAGE E 1 AUTRES J\u2019ai dû l\u2019écrire après son Centre Molson en 1997 et ses passages au Festival de jazz en 2008 et 2012 : au-delà de l\u2019horizon de la perfection, il y a James Taylor et les siens, dans un lieu de groove heureux où les chansons aimées deviennent bien-aimées.« I will tell you this : pour moi, il faut arriver à ce moment où tout le monde peut s\u2019abandonner à la musique.Il faut que ça devienne une église, où quelque chose de vraiment \u201c spiritual \u201d se passe.C\u2019est ça que nous cherchons chaque fois.» Et il poursuit l\u2019explication en anglais, parlant plus vite : « Beaucoup de conditions doivent être remplies.Tout le monde doit être plus que prêt, il faut être en forme, physiquement et vocalement, et il faut que le son soit bon et que nous nous entendions parfaitement les uns les autres.Il faut tout ça pour que la rencontre ait lieu.» À lui les harmonies La plus grande part de son travail à lui, ce sont les harmonies.Les entrelacs de voix à trois, à quatre.« Je laisse le pianiste s\u2019occuper de son piano, le bassiste trouver ses lignes de basse : ma responsabilité, c\u2019est l\u2019arrangement de ces harmonies.C\u2019est essentiel aux trois quarts des chansons du spectacle.Je les construis ainsi : la fondation, c\u2019est Arnold McCuller et sa voix très puissante, il y a deux sopranos, et moi.Ça permet beaucoup de dynamique, c\u2019est mon plaisir.Tu sais, je viens des Beatles, moi : à la base, il y a la guitare, et les voix en harmonie.» Drôle de penser qu\u2019il a commencé chez Apple, la compagnie des Beatles, en 1968.«Je me pinçais quand Peter Asher m\u2019a présenté à eux, dans cette bâtisse.C\u2019était comme rencontrer Charles de Gaulle, en mille fois plus important.» Paul McCartney et George Harrison participeront à l\u2019enregistrement de Carolina in my Mind.« J\u2019essayais de faire bonne contenance, mais ils savaient que j\u2019étais un fan, ils m\u2019avaient tout appris.Un moment incroyable.» Des moments incroyables, il en vivra d\u2019autres («quand ils m\u2019ont mis en première page du Time Magazine en 1971, c\u2019était over whelming, man ! »).Et il insiste : il y a des moments incroyables possibles à chaque spectacle.« C\u2019est pour ça qu\u2019on fait très attention\u2026» La liste des chansons, précise-t-il, est « l\u2019objet de notre plus grand soin ».Ça avoisine la trentaine de titres, l\u2019accent est mis sur les incontournables qui ne sont pas contournés, mais il y a « des petits ajouts selon les villes, à Montréal on pourrait faire Snowtime\u2026» C\u2019est l\u2019une des chansons de l\u2019album Before the World, paru en 2015, le premier de matériel neuf en 13 ans.Qu\u2019il échantillonne pour le spectacle.Cinq titres, pas plus.«Si je voulais seulement ma propre satisfaction, j\u2019en jouerais plus.Mais ma satisfaction quand je joue l\u2019intro de Fire and Rain est aussi grande, c\u2019est comme si je décidais d\u2019entrer dans la maison et d\u2019aller dans le salon, là où se trouvent tous les invités.C\u2019est un moment très gratifiant.» Plus gratifiant qu\u2019Elvis interprétant Steamroller pour son spectacle Aloha from Hawaii diffusé par satellite en 1973 ?« À l\u2019époque, c\u2019était\u2026 étrange.Elvis, c\u2019était Las Vegas, et j\u2019étais dans une génération qui voyait ça comme de l\u2019entertainment de jadis, d\u2019antan! Nous, Joni Mitchell, Carole King, on était sans artifices\u2026 Et Steamroller était une parodie de blues, ce qui échappait probablement à Elvis.Je suis un blanc-bec de classe moyenne, je n\u2019ai pas ramassé le coton dans le delta, tu comprends?J\u2019aime le blues, mais je ne me sens pas le droit de chanter le blues au premier degré.Cela dit, aujourd\u2019hui, je suis très fier qu\u2019Elvis ait interprété une de mes chansons.Et c\u2019était une bonne version.Merci Elvis, où que tu sois.» Steamroller sera au programme vendredi.« C\u2019est une chanson pour s\u2019amuser.Tous ensemble.Toute mon intention dans le spectacle se résume à ça : par tager la joie de la musique.It takes you out of the self, you know ?Avec la musique, on peut s\u2019échapper.Tous ensemble.» Le Devoir JAMES TAYLOR AU CENTRE BELL Vendredi 13 mai à 20h30 SUITE DE LA PAGE E 1 TAYLOR PATRICK HERTZOG AGENCE FRANCE-PRESSE Ensaf Haidar, l\u2019épouse de Raïf Badawi, se bat comme une diablesse pour sortir le blogueur du cauchemar saoudien. M U S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 M A I 2 0 1 6 E 3 Danse + Théâtre Le festival magnétise du 26 mai au 8 juin 2016 514 844 3822 1 866 984 3822 fta.ca 25 spectacles en?amment Montréal dans 3 semaines Réservez maintenant ! Jamais assez Fabrice Lambert, Paris 3 + 4 juin Usine C Une danse du feu magistrale, une œuvre éblouissante The Black Piece Ann Van den Broek Anvers + Rotterdam 27 + 28 mai Usine C Entre obscurité absolue et lumière crue, une aventure sensorielle extrême Con grazia Martin Messier + Anne Thériault 1 + 2 + 3 juin Espace Libre Création 2016 Une ode inquiétante à l\u2019agonie du monde matériel Logique du pire Étienne Lepage + Frédérick Gravel 3 + 4 + 5 juin PDA / Cinquième Salle Création 2016 Portraits de trentenaires nonchalants, délurés, plutôt désespérés L\u2019autre hiver N.Chaurette + S.Jasmin + D.Marleau + D.Pauwels Gand + Mons + Montréal 1 + 2 juin Centre Pierre-Péladeau Salle Pierre-Mercure Un opéra technologique où l\u2019inouï devient possible Fin de série Manon Oligny 4 + 5 + 6 juin Agora de la danse Création 2016 Une critique cinglante d\u2019un monde en quête de perfection Gala Jérôme Bel, Paris 7 + 8 juin Monument-National Une ode à la différence, une danse décomplexée et jubilatoire Nos serments Julie Duclos, Paris 31 mai + 1 + 2 juin Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui Un théâtre aux accents du cinéma, un portrait doux-amer sur l\u2019inconstance de l\u2019amour P H I L I P P E P A P I N E A U R éel tremplin et véritable cours en accéléré de l\u2019industrie musicale pour les artistes, et façon ludique de découvrir de la nouvelle musique pour le public, le concours Les Francou- vertes souffle cette année ses 20 bougies, et tiendra sa grande finale au Club Soda ce lundi.Son parcours n\u2019a pas été sans cahots, pavé de dif ficultés financières et d\u2019ajustements à un écosystème en mutation, mais il a aussi été le théâtre de grands spectacles et de magnifiques découvertes.Au fil des ans, Les Francouvertes ont réussi à s\u2019établir comme baromètre de la scène alternative.Créées en 1995 par l\u2019organisme Faites de la musique, Les Francouvertes ont connu une vie en deux temps, s\u2019éteignant en 2003 le temps d\u2019une année de restructuration après la disparition de sa structure mère.Puis l\u2019événement a repris du collier en 2005, permettant à nouveau de faire monter sur scène des artistes en début de parcours, mais dans un contexte professionnel.Depuis quelques années, l\u2019événement qui accueille la francophonie canadienne se définit comme «le concours-vitrine de toutes les musiques».La notion d\u2019apprentissage revient régulièrement dans le discours de la directrice des Fran- couvertes, Sylvie Courtemanche.Celui de la scène, du lien avec le public, des façons de faire de l\u2019industrie musicale, des salles, des étiquettes de disque, etc.« C\u2019est une réalité qui, sans vouloir trop faire de comparaisons, est quand même plus près de celle des artistes qui font Les Francouvertes que ceux qui gagnent un gros truc comme La voix, dit Courtemanche.Aux Francouvertes, les attentes ne sont pas les mêmes, t\u2019es aussi moins garroché dans une espèce d\u2019arène de l\u2019industrie.Ça respecte plus les étapes d\u2019intégration au professionnalisme d\u2019un nouvel artiste que quand t\u2019arrives du jour au lendemain devant deux millions de personnes qui t\u2019ont vu à la télé.» Comme la musique va\u2026 Au fil des éditions, les Francouvertes ont modifié leurs règlements pour éviter quelques dérives, pour s\u2019adapter aux nouvelles façons de faire et au monde numérique.Par exemple, les maximums d\u2019albums vendus ont été ramenés vers le bas, et les artistes ne peuvent être liés par contrat à une étiquette de disque avant le concours.Il reste toutefois assez fréquent que les gagnants ou les finalistes s\u2019entendent avec une maison de disque à la suite du concours.Dylan Perron, Philippe Brach et Les Hay Babies sont les trois plus récents vainqueurs des Francouvertes, rejoignant Bernard Adamus, Les Sœurs Boulay, Damien Robitaille, Loco Lo- cass, Ariel et plusieurs autres parmi les lauréats de l\u2019événement, qui confie au public et à un jur y de l\u2019industrie un poids égal dans le choix du gagnant.«Si on regarde les artistes de cette 20e édition, c\u2019était une année de bands, analyse Sylvie Cour- temanche.Il n\u2019y avait pas beaucoup de soirées où il y avait de petites formations en trio, par exemple, c\u2019était une année de gros groupes de six, voire sept musiciens.» Les trois groupes finalistes respectent cette tendance.Ils sont Caltâr-Bateau, La Famille Ouellette et Mon Doux Saigneur (voir les encadrés ci-contre).La directrice des Francouvertes note aussi que les participants travaillent désormais beaucoup leur son, qui prend le dessus sur le texte.« La portion musicale prend de plus en plus de place, cette année c\u2019est clairement ce qu\u2019on a senti.Y\u2019a même des groupes qui n\u2019avaient à peu près pas de textes.Sinon les jeunes ils écrivent bien, ils écrivent complètement différemment, on n\u2019est plus dans le classique refrain-couplet-re- frain-couplet, c\u2019est moins chanson à fredonner, et ce n\u2019est pas un reproche.» Une aura, un choix En 20 ans, les prix offerts aux participants ont passablement changé.La cagnotte reste le montant de 10 000 $ of fer t par SiriusXM au grand gagnant, mais la liste des récompenses fait plusieurs écrans sur le site Web du concours : aide à l\u2019enregistrement, distribution physique et numérique, promotion radio, spectacles en salle ou en festivals, etc.C\u2019est une bonne chose en soi, mais cette longue brochette de prix «professionnels» a eu un impact sur les inscriptions.«Des concerts à Osheaga, aux FrancoFolies, dans des gros festivals, au Coup de cœur francophone, ça fait en sorte que c\u2019est pas nécessairement des bands de garage qui débutent qui ont tendance à s\u2019inscrire, explique Sylvie Courtemanche.Pour beaucoup, la décision de s\u2019inscrire aux Francou- vertes est plus réfléchie, plus planifiée.Des artistes me disent \u201cpas cette année \u201d, ils veulent essayer telle ou telle affaire avant.» La présence aux concerts de plusieurs journalistes et membres de l\u2019industrie musicale, en plus du fait que les deux premières rondes se déroulent au joli Lion d\u2019Or, font aussi réfléchir les possibles participants.«Et pour l\u2019organisation, ça crée des attentes.Il y a toujours l\u2019idée d\u2019accoter le meilleur de ce qu\u2019on a fait.Et pourtant, c\u2019est tout à fait plausible, parce qu\u2019on travaille avec des artistes de la relève, qu\u2019il y ait des éditions où certains participants sont moins prêts que d\u2019autres.Mais on s\u2019entend que ce sont des artistes en train de se construire un fond, une signature.C\u2019est pas obligé qu\u2019à la fin ce soit tout prêt, tout établi !» Parce que pour le tout établi d\u2019avance, il y a toujours La voix.Le Devoir LA FINALE DES FRANCOUVERTES Avec prestation des porte-parole Koriass et Vincent Peake.Au Club Soda, lundi 9 mai.Les Francouvertes, le baromètre de l\u2019alternatif Le concours-vitrine fête ses 20 ans et tient lundi une finale tout en découvertes, pile dans son mandat Mon Doux Saigneur Le groupe montréalais mené par le chanteur et guitariste Emerik St-Cyr a terminé en tête du palmarès de la ronde préliminaire et des demi-finales.Tout n\u2019est pas coulé dans le béton dans la musique folk-blues de Mon Doux Saigneur, le groupe improvisant beaucoup sur scène.Leur approche est à la fois un peu corrosive et mélodique, douce, le groupe jouant avec une violoncelliste sur scène, mais n\u2019hésitant pas à faire monter le volume et l\u2019énergie.La Famille Ouellette Les six gars de La Famille Ouellette, tout vêtus sur scène du même manteau rouge, décrivent leur musique comme de la pop-gastronomique.Non, ils ne forment pas une vraie famille, mais la rumeur veut qu\u2019ils partagent tous le même appartement de Villeray, à Montréal.Leur musique qui flirte avec le jazz et l\u2019électro fait penser à du vieux Misteur Valaire, avec aussi la même part d\u2019humour dans le sérieux.David Lagacé, du groupe, est aussi de la formation Fire/Works.Mais La Famille Ouellette n\u2019en sera lundi qu\u2019à son troisième spectacle à vie, les deux premiers étant\u2026 aux Francouvertes.Caltâr-Bateau C\u2019est le groupe finaliste avec le plus d\u2019expérience, Caltâr-Bateau ayant déjà lancé deux disques et donné plusieurs spectacles.Sur leur dernier album, La bavure des possessions, on peut d\u2019ailleurs entendre plusieurs membres de Mon Doux Saigneur, Eliott Durocher Bundock étant même carrément des deux formations.Caltâr-Bateau monte à sept sur scène (avec violoncelle et saxophone), et laisse beaucoup de place aux textes et aux mélodies.Les finalistes 2016 FRANCOUVERTES Photo de famille des finalistes FRANCOUVERTES BÉATRICE FLYNN FRANCOUVERTES M A R I E F R A D E T T E D e tout temps, le thème du père est sans doute un des plus abordés en littérature jeunesse .Jasmine Dubé , auteure, metteure en scène, comédienne, cofondatrice et directrice ar tistique des Bouches décousues, reprend, avec Papoul qui sera présenté à la Maison-Théâtre du 11 au 22 mai, ce thème fondateur en insistant sur le contexte effréné dans lequel vivent les familles du XXIe siècle.Valoriser le père Papoul, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un papa poule agréablement débordé par le brouhaha de la vie.Entre les petits à nourrir, les devoirs à super viser, les précieux moments de jeu, le travail, la garderie \u2014 ici tendrement appelée la poulette- rie \u2014, Papoul doit garder le fort pendant que Mapoul est occupée à l\u2019extérieur de la maisonnée.« C\u2019est une situation que les petits connaissent, mais traitée de façon fantaisiste, clownesque aussi », nous raconte Jasmine Dubé.En 1995, l\u2019auteure écrivait Le petit monstre, une pièce dans laquelle elle abordait la relation père-fils.Vingt ans plus tard, elle a eu envie d\u2019aller voir ça ressemblait à quoi, un père avec ses enfants.Parce qu\u2019on le sait, son rôle a quelque peu changé.«Les mères n\u2019ont pas le choix de partager leur place.Ça se faisait il y a 20 ans, mais les choses bougent.C\u2019est beau de voir un père avec ses enfants.On les voit plus dans le métro, avec des poussettes\u2026 Moi, c\u2019est un sujet qui m\u2019intéresse beaucoup.Il y a eu Petit monstre, il y a Papoul, il y a aussi eu un album à La Bagnole, Ma petite boule d\u2019amour.C\u2019est ce que je veux mettre de l\u2019avant, la valorisation des papas.» Et, si le père est central, l\u2019omniprésence du grand-papoul est aussi saisissante.Il y a là une sorte de solidarité intergéné- rationnelle entre les personnages masculins.Le silence est d\u2019or Si les mots comptent pour beaucoup dans la vie et le travail de Jasmine Dubé, elle s\u2019est amusée à bousculer ses repères.Après avoir écrit le texte de Papoul, l\u2019auteure s\u2019est donné comme défi de dés- écrire, de faire le chemin inverse.« J\u2019aime jouer avec les mots, mais est-ce qu\u2019ils sont essentiels ?J\u2019avais envie de voir ce que ça faisait faire sans mots .Et je me suis rendu compte que ça fonctionnait.» Le défi était aussi de traduire scéniquement ce qui était écrit sans brouiller le sens.Elle a opté pour des sons, de la musique, des éclairages, des jeux qui rappellent la douceur, la quiétude du lien affectif, mais aussi le r ythme ef fréné du XXIe siècle.«Même si les mots ne sont pas là, la tendresse reste.» Par exemple, pour mettre en scène l\u2019heure des devoirs, Papoul dessine un œuf sur la porte du poulailler, puis i l a joute un bec, des pattes, figurant ainsi l\u2019histoire de l\u2019œuf ou de la poule.Le temps se joue pour sa part beaucoup à travers le personnage du grand-père, installé pour l\u2019occasion dans une horloge.L\u2019image frappe fort.« Il module le temps en jouant de la contrebasse.Des fois, tout va au ralenti, des fois, c\u2019est pressé.Il y a dif férents rythmes dans la journée.» L\u2019auteure adore le silence, par ticulièrement dans une salle de théâtre.« Avoir un silence dans une salle d\u2019enfants, ça ne trompe pas, ça.Parce qu\u2019il y a beaucoup de compétition.Le voisin est parfois plus intéressant\u2026 Mais quand c\u2019est bon, les petits ont les yeux rivés sur la scène.C\u2019est gratifiant, les silences, de salles d\u2019enfants.» Le public en tête et en cœur Avec Papoul, Dubé veut valoriser l\u2019image du père, mais elle veut aussi montrer l\u2019adulte imparfait.«On aime bien voir nos travers au théâtre.J\u2019écris pour les enfants et leurs parents depuis toujours.» Un Papoul c\u2019est tendre, assurément, mais ça a aussi des défauts qui font rire les petits et les grands.Toutes les générations sont réunies sur scène, du grand-papoul aux poussins, en passant par le Pa- poul et les œufs, petits rejetons en devenir.Rester dans la théâtralité est primordial pour Dubé, mais savoir rejoindre le public dans ce qu\u2019il est et ce qui le préoccupe l\u2019est tout autant.Et pour y arriver, elle implique les enfants dans sa création.«C\u2019est important de savoir à qui on s\u2019adresse.Les enfants sont tous différents.Des timides, des délurés\u2026 J\u2019ai toujours le public en tête et en cœur quand j\u2019écris.Je ne veux pas oublier à qui je m\u2019adresse.» Collaboratrice Le Devoir PAPOUL Texte et mise en scène : Jasmine Dubé.Avec : Charles Dauphinais et Christophe Papadimitriou.Une production du Théâtre Bouches décousues.À la Maison-Théâtre du 11 au 22 mai.Public visé: 3 ans et plus.M U S I Q U E T H É Â T R E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 M A I 2 0 1 6 E 4 Papoul, l\u2019homme-orchestre Jasmine Dubé nous parle de sa toute nouvelle création, une pièce sur la place du père dans la famille P H I L I P P E P A P I N E A U C omme va la vie de Champion vont ses albums.S\u2019il avait d\u2019une certaine façon catalysé sa lutte contre le cancer et son expérience symphonique avec l\u2019OSM sur l\u2019obscur Degré un, paru en 2013, le revoilà souriant, ironique, dansant et un peu \u2014 beaucoup \u2014 adolescent sur les bords sur ce nouveau disque intitulé au second degré Best Seller.De son vrai nom Maxime Morin, Champion a visiblement le moral.Il se montre à nous le verbe aiguisé, le rire facile, le regard lucide, fier de sa nouvelle livraison musicale qui va replonger les auditeurs dans une énergie des premières heures, proche de celle de Chill\u2019em All et de ses bombes No Heaven et Keep On.La formule y est : rythmes électroniques accrocheurs joués en boucle, lignes de guitare électrique, voix de femme avec de l\u2019âme.«Si Degré un c\u2019est un disque que j\u2019ai fait pour moi, Best Seller c\u2019est un disque que j\u2019ai fait pour les fans, lance Champion candidement.C\u2019est pas tout blanc tout noir comme ça, mais la prédominance est là.» Le musicien a plongé pour l\u2019occasion dans de vieilles compositions faites pour son deuxième album Resistance, mais qu\u2019il avait mises à la poubelle «parce que c\u2019était la simple suite facile à Chill\u2019em All.» Erreur, croit-il a posteriori.Aujourd\u2019hui, il y repige et remanie quatre titres: I Can\u2019t Let Go, Life Is Good, Lead On et Claustrophobic.« J\u2019ai écouté Chill\u2019em All à quelques reprises, parce que j\u2019aime sa vibe, j\u2019aime cette période-là de ma vie.Je voulais juste me remettre dans une cer taine cohérence par rappor t à ces vieilles tounes-là, par rapport à d\u2019où je viens.» À la voix cette fois, on peut entendre Lou Laurence, Ma- rie-Christine Depestre et Anna Frances Meyer (Les Deuxluxes).Payant, Best Seller?Revenir en arrière comme ça, ce n\u2019est pas tourner en rond ?« C\u2019est tellement pas tourner en rond, parce que c\u2019est la première fois que je fais ça, revenir en arrière ! » rigole Champion, un peu fier de sa réponse.Mais le vétéran ne fait pas de cachotteries, l \u2019ef ficace et bien nommé Best Seller existe aujourd\u2019hui pour qu\u2019il puisse gagner sa vie.Meilleur vendeur ou vendu?« Il faut qu\u2019une fois de temps en temps je fasse du cash.Sinon ça ne marche pas.Ce disque-là sert entre autres à ça.La pièce Life Is Good, ça va être une toune payante en synchronisation » dans les publicités ou les émissions de télévision.Sujet tabou, celui de l\u2019argent, de l\u2019art pour gagner sa vie et non pas pour le geste en soi.«Les trucs que je fais qui n\u2019ont pas une intention marchande, tu les entendras jamais ! Et Dieu sait que j\u2019en fais, mais ça ne s\u2019adresse pas aux gens.Et y\u2019a aucun musicien qui va avouer qu\u2019il fait ça pour faire de l\u2019argent.Moi je l\u2019assume, je te le dis, une partie de ce disque-là est là pour ça.Je ne fais pas vraiment de demandes de subvention, ou alors un peu, mais je ne suis pas admissible, je suis un francophone qui fait de la musique en anglais au Québec.C\u2019est pas du techno, ni du rock, ni de la pop, je ne rentre pas dans les cases, faque je vais me le faire moi-même, mon cash ! » Et il éclate de rire.Champion avoue quand même ne pas avoir toujours pensé ainsi, mais que les années et les expériences de travail et de vie ont fait pivoter son avis à ce sujet.«Les musiciens ont tendance à idolâtrer un style, ou à s\u2019idolâtrer eux-mêmes, à trouver que leur intégrité est la plus belle chose au monde.Que c\u2019est immuable et que leur musique est immuable à cause de ça.La musique, c\u2019est un outil de communication, c\u2019est pas ton existence.Ton existence sera toujours plus grande que ta musique.Ta musique est au service de ta vie.» Accepter les erreurs Best Seller n\u2019est pas un disque sans faille, mais l\u2019énergie un peu délinquante, un peu rigolote de l\u2019ensemble fait penser à un grand adolescent qui se soucierait peu d\u2019être dans le cadre.Champion a d\u2019ailleurs forcé la note sur ce qu\u2019il appelle des erreurs intentionnelles.Il y a deux chansons au titre similaire, Life Is Good et What a Life.Il trouve la pièce Yea-Eah un peu trop longue, et le disque hétéroclite.« C\u2019est maladroit ?So be it.C\u2019est hyper gratifiant en tant qu\u2019artiste de faire un disque cohérent du début à la fin, avec un beau son, le fan se sent full en sécurité tout le long, c\u2019est comme Dieu.Mais crisse, les êtres humains ce ne sont pas des dieux, on n\u2019est pas parfaits, on est tout croche, on est fucked up.J\u2019ai travaillé ça un peu, cette idée de faire un éditorial plus qu\u2019un poème.» Si Degré un avait été présenté très peu de fois sur scène en raison de ses exigences orchestrales, Champion espère quand même être un peu plus présent en spectacle avec Best Seller, qu\u2019il voulait pouvoir présenter avec son groupe de musiciens.«C\u2019était clair, naturel.Et dans cet esprit-là, ce sont des tounes qui se jouent bien avec le band, qui font le party.J\u2019ai pas envie de jouer pour des gens assis.» Le Devoir BEST SELLER Champion Bonsound Best Seller : la recette du succès Après un disque orchestral intérieur et personnel, Champion revient avec le léger Best Seller, fait pour plaire à son public ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Champion espère être maintenant plus présent en spectacle.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Jasmine Dubé veut mettre de l\u2019avant la valorisation des pères. C H R I S T O P H E H U S S L a semaine à venir sera marquée par le retour à la tête de l\u2019OSM du chef russe Vasily Petrenko, 39 ans, dans la 1re symphonie de Gustav Mahler.La première visite de Vasily Petrenko en novembre 2012, dans la 10e symphonie de Chos- takovitch, avait fait l \u2019ef fet d\u2019une bombe, nous amenant à titrer notre compte-rendu « Das Wunder Petrenko » (le miracle Petrenko), en référence au fameux article « Das Wunder Karajan » qui lança, en 1938 à Berlin, la carrière du plus fameux chef de la seconde moitié du XXe siècle.Nous avons ensuite appris que le frisson était très largement partagé sur scène par les musiciens.En entrevue cette semaine, Vasily Petrenko nous avoue que le déclic amoureux a aussi eu lieu vu de l\u2019estrade : « L\u2019OSM est un orchestre avec un très gros potentiel, mais qui démontre l\u2019envie de réaliser ce potentiel, d\u2019aller de l\u2019avant et de progresser.En d\u2019autres termes, les musiciens ne se contentent pas de jouer : ils sont volontaires pour se surpasser à chaque moment.Ça, c\u2019est très important pour moi.» Et Petrenko d\u2019enchaîner : « Je me suis beaucoup promené et j\u2019ai observé la ville.J\u2019ai beaucoup aimé Montréal, même si c\u2019était déjà l\u2019hiver.Mais en tant que Russe travaillant en Norvège, j\u2019en ai vu d\u2019autres ! » Ambitions non dissimulées Ceci amène tout naturellement à évoquer « la» question, puisqu\u2019il n\u2019a pas fallu six mois (mars 2013) pour que La Pre s s e évoque le nom de Petrenko comme successeur idéal, voire quasi désigné, de Kent Nagano.Le chef en a-t-il eu l\u2019écho ?« Je l\u2019ai entendu dire, même si je n\u2019ai pas lu l\u2019article.Personne de l\u2019OSM ne m\u2019avait parlé concrètement, car je pense que Kent, à ce mo- ment-là, avait un contrat pour je ne sais combien d\u2019années encore.L\u2019orchestre n\u2019était pas, à ce moment-là, dans une démarche de recherche urgente d\u2019un directeur musical », dit Vasily Petrenko au Devoir.Mais encore ?« Lorsqu\u2019un orchestre commence à chercher, il y a des discussions.À ce mo- ment-là, personne ne parlait de cela.» Pour préciser le cadre, au printemps 2013 nous étions à trois ans de la fin du contrat en cours de Kent Nagano (2016), finalement prolongé à l\u2019automne 2013 jusqu\u2019en 2020.Et maintenant ?« Je suis très ouvert à toute discussion et à toute of fre possible.» Pourtant, nous sommes cette fois à quatre ans du terme du contrat actuel du directeur musical et Le Devoir a révélé que le comité exécutif de l\u2019OSM a fait à Kent Nagano une proposition de prolongation.Technicité et compréhension Diriger la 1re symphonie de Mahler, un « choix en commun», réjouit Petrenko.«C\u2019est la symphonie que je dirigerai souvent l\u2019été prochain en tournée avec l\u2019Orchestre des jeunes de la Communauté européenne.» Cette Première est-elle une explosion créative ou porte-t- elle les appréhensions des souffrances à venir, comme le défend Yannick Nézet-Séguin dans son récent disque (BR Klassik) ?«Les deux, selon Pe- trenko.Comme Brahms, Mahler a pris du temps à écrire une 1re symphonie.Il n\u2019était pas dans un état d\u2019esprit ou un projet précis, comme pour les 5e et 6e symphonies, dont l\u2019une est l\u2019expérience de la vie qui prend le pas sur la mort et l\u2019autre la mor t qui triomphe de la vie.La 1re renferme partout l\u2019idée de matérialiser en musique la beauté de la nature et les combats de la vie humaine.Le finale est presque beethové- nien dans sa volonté de réveiller la conscience des hommes et de l\u2019univers.» Dans sa désormais fameuse intégrale Chostakovitch au disque (Naxos), Petrenko parvient à faire jouer son orchestre de Liverpool avec une intensité et une justesse de couleurs très rares.Après avoir souligné qu\u2019il y a « un lien direct entre Chostakovitch et Mahler, car Mahler a composé des œuvres sur la destinée humaine, alors que Chostakovitch a développé cette idée en écrivant sur la destinée humaine et la survie de l\u2019homme à l\u2019époque soviétique », Petrenko dévoile sa recette : « Ce que je dis en premier est technique.Où positionner l\u2019archet?Comment articuler?Lorsque les aspects techniques sont fixés, je m\u2019engage dans des aspects plus psychédéliques, par exemple l\u2019art d\u2019étirer une ligne sur 5 ou 6 minutes.» En langage critique, dans notre compte-rendu de 2012, c e l a s e t r a d u i s a i t : « Pe- trenko est effectivement un maniaque du dosage et de la précision, mais il transfigure la préméditation et l\u2019analyse en happening musical.» Petrenko qui a récemment enregistré, à Liverpool et Oslo, les symphonies de Tchaïkovski, les symphonies de Scriabine, Roméo et Juliette de Prokofiev et qui prépare les poèmes symphoniques de Richard Strauss, ne veut pas se lier à un éditeur.«Pour un artiste, il est important d\u2019enregistrer ce qu\u2019il souhaite et non ce qu\u2019un éditeur veut.» Par ailleurs, Vasily Pe- trenko est persuadé que «le futur est dans le téléchargement» et les exploitations numériques de la musique.Le Devoir VASILY PETRENKO En concert à l\u2019OSM les 11 et 12 mai à 20 h.Berlioz : Le Corsaire.Liszt : Concerto pour piano no 2 (soliste Jean-Yves Thibaudet).Mahler : Symphonie no 1.Le 12 mai à 10h30, concert avec Andrew Wan: 2e concerto pour violon de Prokofiev et 1re symphonie de Mahler.514 842-9951 À écouter: Symphonies de Chostakovitch chez Naxos ou Symphonies de Rachmaninov chez Warner P H I L I P P E R E N A U D I l est aujourd\u2019hui un des meilleurs ambassadeurs de la musique québécoise à l\u2019international, et pourtant peu de gens connaissent son nom ou sa musique.Voici Kaytranada, 23 ans, compositeur, DJ et remixeur extraordinaire qui lance ces jours-ci un succulent premier album, 99,9 %, chez XL Recordings, la maison britannique des Adele, Radiohead et Jamie xx.Il est temps qu\u2019on en parle, d\u2019autant que le musicien n\u2019en pouvait plus d\u2019attendre la sortie de ce disque.« Ça fait deux ans que j\u2019attends ce moment », échappe Kevin Célestin, joint dans sa chambre à coucher/studio d\u2019enregistrement, dans le sous-sol de la maison de sa maman, sur la Rive- Sud de Montréal.«Ça a même créé une certaine frustration chez moi : mon équipe me retenait de lancer de nouvelles chansons.Question de stratégies marketing et médiatique, qu\u2019on me disait.Je suis soulagé et excité de me dire que les gens vont pouvoir l\u2019entendre.» Ses fans, d\u2019ici et d\u2019ailleurs, qui suivent sa carrière depuis ses débuts, l\u2019attendaient depuis longtemps.Né à Port-au-Prince, arrivé ici en jeune âge avec sa famille (qui ne l\u2019a pas eu facile, à lire dans un touchant portrait du musicien récemment paru dans le magazine Fader), il laisse l\u2019école secondaire pour se consacrer à sa passion, la musique.« J\u2019ai touché à beaucoup de genres musicaux, raconte Célestin.Beaucoup de rap au début, le courant boom bap», avec son frère, rappeur, et ses amis du quartier.« Après, j\u2019ai commencé à faire du house et du disco.Tous les jours, je travaillais à me perfectionner.Chaque moment libre était consacré à faire des beats », d\u2019abord sous le nom Kaytradamus, puis sous Kaytra- nada.Bourreau de travail, il dit avoir plus de 500 chansons instrumentales dans son ordinateur, «pas toutes bonnes, mais je retravaille sans cesse pour m\u2019améliorer».Ses premières productions officielles paraissent en 2010, de manière indépendante.En 2012, il propose sur sa page SoundCloud un remix officieux (un bootleg, comme on dit) d\u2019un vieux succès de Janet Jackson, intitulé If, qui se répand comme une traînée de poudre \u2014 en date d\u2019aujourd\u2019hui, le remix a été écouté plus de 5,8 millions de fois.Janet l\u2019a appelé pour lui dire qu\u2019elle aimait son travail : « On a parlé de travailler ensemble\u2026» Résidence à la BBC Ce brillant remix, qui donne un tout nouveau souf fle à cette chanson r & b, fut l\u2019étincelle dans la carrière de Kaytranada.Il y a deux ans jour pour jour, nous apprenions qu\u2019il avait conclu cette entente avec XL Recordings ; six mois plus tard, la BBC lui offrait une résidence en tant que DJ sur son antenne Radio1 Xtra aux côtés des gros noms de la musique électronique que sont Flying Lotus, Skream et Jon Hopkins.Durant sa résidence, il se faisait un point d\u2019honneur de jouer la musique de ses amis montréalais, KenLo, Vlooper, Shash\u2019U, High Klassified, Alaclair Ensemble, pour ne nommer qu\u2019eux.Nul n\u2019est prophète en son pays, dit l\u2019adage.Si le public des États-Unis a aussi répondu avec enthousiasme au son Kaytranada (il était de l\u2019affiche du festival Coachella l\u2019année dernière), c\u2019est en Europe, et principalement en Grande- Bretagne, où sa popularité est la plus grande\u2026 pour l\u2019instant.« Je ne sais pas comment l\u2019expliquer, répond le musicien.Déjà, seulement en écoutant la radio là-bas, tu constates qu\u2019ils sont à l\u2019af fût des musiques électroniques, du rythme.Et ça, c\u2019est ce que je fais depuis le début de ma carrière.Ça doit être comme ça que j\u2019ai gagné le cœur des Britanniques.» Pour ceux qui sont moins familiarisés avec le travail de Célestin, qui a appris à composer à l\u2019ordinateur à 16 ans après avoir été conseillé par son grand frère Louis-Philippe, l\u2019album 99,9 % constitue une parfaite carte de visite : tout ce qui fait la magie des productions de Kaytranada y est, dans un concentré de grooves souriants et ensoleillés.Ce « son Kaytranada », à la croisée des chemins du hip-hop, du house et du disco, est reconnaissable à sa manière de travailler ses échantillonnages sonores, mais surtout à sa section rythmique.Ses motifs de percussions sont plus étoffés que la moyenne, qu\u2019il touche au rap ou au house, toujours avec un petit quelque chose de décalé, révélant ainsi l\u2019influence musicale d\u2019un J Dilla.À ces rythmes, il ajoute des lignes de basses très creuses, mélodiquement ingénieuses, et un peu «sales», comme si elles émanaient de vieux haut-parleurs défoncés.La description convient à Célestin.« J\u2019essaie du mieux que je le peux de mettre des éléments surprenants dans chacun de mes beats, en privilégiant un son peu lo-fi, la force du kick, l\u2019ef fet si- dechain [un truc de studio qui permet de moduler le son des rythmes selon leurs volumes respectifs] que t\u2019entends souvent dans les chansons technos, j\u2019adore cet effet.Les gens savent que c\u2019est mon son.» « J\u2019essaie de penser à l\u2019été lorsque je compose, poursuit Kevin.C\u2019est une bonne combinaison, écouter de la musique en dansant et en faisant la fête avec les amis et la famille.C\u2019est vraiment le feeling que je veux transmettre dans ma musique, ça réveille de bons souvenirs aux gens.» Le Devoir M U S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 M A I 2 0 1 6 E 5 MUSIQUE CLASSIQUE Vasily Petrenko : l\u2019aspirant Kaytranada, à la croisée des chemins du hip-hop, du house et du disco MARK MCNULTY Petrenko se dit ouvert à toute of fre possible concernant une éventuelle succession de Kent Nagano.LIAM MACRAE C\u2019est en Europe, et principalement en Grande- Bretagne, que Kaytranada connaît actuellement la plus grande popularité. PARTENAIRES EN DESIGN: ALFRED H.BARR, JR.ET PHILIP JOHNSON Au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu\u2019au 21 août J É R Ô M E D E L G A D O L e long fil qui relie le Bauhaus allemand et le Musée des beaux-ar ts de Montréal (MBAM) n\u2019est pas un élastique qui risque de casser.Bien au contraire, clame la petite exposition Partenaires en design: Alfred H.Barr, Jr.et Philip Johnson.Petite, en nombre de salles (1), mais sensée et condensée que cette longue histoire faite d\u2019objets et du goût pour le moderne (lire actuel).Tout entre dans l\u2019ordre des choses, et dans les cinq estrades thématiques qui composent l\u2019expo du musée de la rue Sherbrooke.Entre le Bauhaus, école d\u2019architecture et de design qui a jeté les bases du modernisme, et le MBAM de 2016, plus d\u2019un épisode s\u2019échelonne.À celui des Alfred H.Barr et Philip Johnson cités dans le titre succèdent ceux du MoMA de New York, de la passionnée de design Li- liane M.Stewart, du Musée des arts décoratifs qu\u2019elle a fondé, de la collection du MBAM et, enfin, du Programme Liliane et David M.Stewar t pour le design moderne, l\u2019entité qui a conçu l\u2019expo.Partenaires en design est le dernier projet entrepris par Li- liane M.Stewart, décédée en 2014.Il réunit 70 objets, autant du mobilier que de la vaisselle, ainsi que des textiles et des machines.Parmi les gros morceaux figure la cuisinière Electrochef (1930), de Warren Noble et Emil Piron, dont les éléments, notamment le four, semblent en flottaison.L\u2019objet appar tient au MBAM après avoir transité entre les mains de dame Stewar t, comme beaucoup de ce qui est exposé.On peut cependant dire que tout, ou presque, émane du MoMA.Le musée de Manhattan, fondé en 1929, a renouvelé le programme muséal, ouvrant les por tes à des disciplines telles que les arts dits industriels.Bien que le modèle puisse être contesté, un musée encyclopédique, comme le MBAM, poursuit avec honneur l\u2019initiative new-yorkaise.L\u2019âme pionnière du MoMA était celle d\u2019Alfred H.Barr et Philip Johnson, respectivement son premier directeur et son premier conservateur d\u2019architecture.Leurs idées, qui culminent avec le style international, leur sont venues de voyages en Europe, entre 1927 et 1931.Inspirées des préceptes du Bauhaus pour les angles droits et les formes simples, leurs expos, telles que Machine Art (1934), ont fait école.Avec ses 600 pièces, exemples du mariage entre beauté et fonction, cette expo a droit à une des aires thématiques de Partenaires en design.C\u2019est là qu\u2019on retrouve la cuisinière Electrochef.Si l\u2019expo surprend pour sa thèse de départ \u2014 la collaboration entre Barr et Johnson serait méconnue \u2014, elle ne s\u2019empêtre pas dans les détails.Les cinq sections proposent des arrêts succincts, mais évocateurs de L E D E V O I R , L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 M A I 2 0 1 6 DE VISU E 6 C U L T U R E Presgieuse exposion : 15 oeuvres de Marc?Aurèle Forn jamais vues du public depuis près de 50 ans Pour voir les oeuvres : http://lafitte.com/expositions.htm 7 au 28 mai, mardi à samedi de 11h à 17h Toutes les oeuvres sont disponibles pour achat 31 mai \u2013 18 juin : Maîtres Québécois Alleyn, Ferron, Gagnon, Hurtubise, Lemieux, McEwen, Mousseau, Pellan, Riopelle, Suzor Côté Achetons tableaux de maîtres canadiens et européens 2160, rue Crescent, Montréal, H3G 2B8, (514) 842-1270 lafitte@lafitte.com \u2013 www.lafitte.com www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec Voyage exclusif aux beaux détours du 24 septembre au 9 octobre 2016 HONFLEUR, PARIS ET LA CAMPAGNE FRANÇAISE la côte normande, le Calvados et l\u2019art impressionniste, Satie, Ravel, Debussy, des jardins, des musées\u2026 Détails sur demande - Réservez maintenant! Un peu d\u2019été aux États-Unis, les 12 et 13 août, spectacle inédit au SARATOGA PERFORMING ARTS CENTER L\u2019OISEAU DE FEU de Stravinsky : musique et marionnette et le BREAD AND PUPPET MUSEUM au Vermont Prix spécial jusqu\u2019au 12 mai! 3926, rue Saint-Denis, Montréal 514 277 0770 \u2014 galeriebernard.ca RICHARD CLOUTIER LES VOYAGES ORGANISÉS Exposition du 12 mai au 18 juin 2016 Vernissage le 11 mai de 17h à 20h Le CCA tient à remercier de leur appui généreux le ministère de la Culture et des Communications, le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des arts de Montréal, la Graham Foundation for Advanced Studies in the Fine Arts et Hydro-Québec.Testa & Weiser, Carbon Tower (prototype): rendu extérieur de la base de la tour, 2002.Dossiers d\u2019archives Testa & Weiser, Collection Centre Canadien d\u2019Architecture, Montréal.Don de Peter Testa et Devyn Weiser.© Peter Testa et Devyn Weiser LET\u2019S BE OPEN ABOUT\u2026 L\u2019ART CONCEPTUEL À Dazibao (5455, avenue de Gaspé) jusqu\u2019au 18 juin M A R I E - È V E C H A R R O N L\u2019 engouement pour l\u2019ar t conceptuel n\u2019est pas en voie de se tarir.Dazibao rejoint cette tendance bien vivante avec son exposition au titre sans équivoque : Let\u2019s Be Open About\u2026 l\u2019art conceptuel.Dans la présentation qu\u2019en fait la directrice France Choinière, qui a développé la proposition avec l\u2019ar tiste Daniel Olson, elle rappelle à juste titre Trafic, l\u2019art conceptuel au Canada (1965-1980) qui, sous forme de publication et d\u2019expositions à travers le pays, a établi un premier examen exhaustif sur les productions canadiennes de cet ar t qui inter roge la nature même de l\u2019art.Outre cet exercice historique phare, elle aurait pu a u s s i é v o q u e r Fi l ia t i on s conceptuelles, présentée en 2008 à la galerie Leonard et Bina Ellen, une des institutions impliquées dans Trafic, qui s\u2019intéressait, notamment avec le travail de Daniel Olson, aux inflexions plus récentes de l\u2019ar t conceptuel.Au-delà du mouvement historique ancré dans les années 1960 et 1970, des formes et des stratégies persistent aujourd\u2019hui, donnant lieu à des approches dites conceptualistes.Cela englobe tout le legs de l\u2019art conceptuel, et il est profus.Dans le sillage de Marcel Duchamp, pionnier incontesté, c\u2019est la remise en question des fondements de l\u2019ar t qui a été démontrée avec l\u2019art conceptuel : le statut d\u2019objet unique, l\u2019attribution, les instances de légitimation (catalogue, contexte de diffusion et les autres intermédiaires), le savoir-faire, la matérialité\u2026 Les manifestations de cet héritage sont pour ainsi dire partout dans l\u2019ar t actuel.C\u2019est peut-être pour cette raison que, par la variété des sujets abordés, la proposition de Dazibao semble ratisser bien large.En même temps, l\u2019exposition se concentre sur les œu- vres de neuf artistes, de générations et de provenances différentes, qui ont le langage au cœur de leur structure et qui font souvent de l\u2019ar t conceptuel un motif, une référence.Dialogues avec le passé De ce fait, les allers-retours dans le temps, pour générer des dialogues avec le passé, et les récits sont nombreux.L\u2019exposition s\u2019amorce d\u2019ailleurs avec la reproduction en vitrine des Sentences on Conceptuel Ar t (1968) , de Sol Lewitt, texte fondateur du mouvement.Les énoncés, qui font entre autres valoir que le processus et les idées sont sur un pied d\u2019égalité avec l\u2019œuvre-ob- jet achevée, ou parfois même supérieurs à elle, mettent la table.À côté, pour souligner le passage d\u2019une génération à une autre, la jaquette d\u2019un livre de Fionna Banner remet en perspective le nu féminin et la question de l\u2019auteure.Dans un portrait filmé, Kelly Mark revisite 20 ans plus tard une de ses œuvres.Le dispositif est le même, mais elle induit une autre intention, déclarée dans le titre, qui change la signification de l\u2019œuvre.Ainsi, un énoncé qui accompagne l\u2019œuvre peut en colorer la réception.C\u2019est la manipulation formelle du texte qui se produit, par ailleurs, dans la double projection d\u2019Ignas Krungle- vicius.Elle donne à lire la retranscription d\u2019un interrogatoire mené par un enquêteur à propos d\u2019un meurtre.Les inter ventions formelles, sons, couleurs et lettrage campent l\u2019état psychologique des personnages dans cet échange serré où l\u2019étau se resserre autour de la présumée criminelle.D\u2019une redoutable efficacité.Ce témoignage dynamique, de type champ/contrechamp, tranche avec celui mené par Moyra Davey dans la vidéo Notes on Blue.Elle se filme dans les différentes pièces de son appartement, au moyen de cadrages décalés en train de réciter un monologue sur l\u2019œu- vre du cinéaste britannique Derek Jarman, Blue.Son propos est en fait un palimpseste de citations, un collage qui entremêle sa subjectivité à d\u2019autres récits personnels empruntés à des poètes et des littéraires.La subjectivité, que semblait évacuer l\u2019art conceptuel, est ici exploitée à fond, mais son unité est critiquée et interrogée à travers une des formes prisées par le mouvement historique : les notes de travail et les réflexions.Il y a aussi les œuvres de Ro- sika Desnoyers, d\u2019Alexandre Jimenez, d\u2019Elise Rasmussen, d\u2019Emilie Serri, d\u2019Alejandro Ce- sarco et de Jo-Anne Balcaen, cette dernière ressortant clairement du lot par sa finesse.La courte vidéo, Mount Rundle, fait plonger avec la caméra dans la matérialité d\u2019un paysage peint à l\u2019huile par l\u2019artiste quand elle avait 12 ans.Dans un témoignage sonore écrit à la deuxième personne du singulier, elle raconte comment cette toile préfigurait son expérience future lors d\u2019une résidence d\u2019artiste dans l\u2019Ouest canadien.Le refus de l\u2019autorité de la tradition, que la peinture comme discipline résume, est symboliquement représenté par un flou dans le paysage qu\u2019elle oppose au travail de ses pairs venus en résidence avec un objectif de productivité qu\u2019elle trouve d\u2019abord menaçant puis empreint de vacuité.Avec une pointe d\u2019humour, l\u2019artiste emprunte à l\u2019art conceptuel la forme de la boucle dont le moteur s\u2019avère l\u2019idée.Une bonne idée.Collaboratrice Le Devoir L\u2019art à propos de l\u2019art conceptuel Fondateurs de la modernité JO-ANNE BALCAEN La vidéo Mount Rundle fait plonger avec la caméra dans la matérialité d\u2019un paysage peint à l\u2019huile par Jo-Anne Balcaen quand elle avait 12 ans.2015 THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY Prospectus de l\u2019exposition à la galerie John Becker de New York, du 10 janvier au 10 février 1931 VOIR PAGE E 7 : DESIGN M É D I A S CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 M A I 2 0 1 6 E 7 Les Vaillants Un documentaire de Pascal Sanchez, 79 min - VO Francofonia Un essai d\u2019Alexandre Sokourov, 88 min - VOSTF À L\u2019AFFICHE 14h30 19h30 DÈS LE 6 MAI 18h00 335, boul.de maisonneuve est berri-uqam (514) 842-9768 cinematheque.qc.ca cinematheque.quebecoise cinemathequeqc Montréal New Wave Un documentaire d\u2019Erik Cimon, 92 min - VOSTF À L\u2019AFFICHE 16h15 21h10 S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L\u2019 abonné type de la chaîne Teletoon est un jeune homme de 22 ans.Ce réseau est d\u2019ailleurs le plus populaire de la tranche d\u2019âge des 18-34 ans après les chaînes spécialisées en sports.Mercredi, Teletoon a dévoilé un nouveau projet d\u2019émission qui sera lancé en septembre.L\u2019humoriste Mike Ward sera aux commandes de ce cabaret live, diffusé quatre fois par semaine, en direct de la plaza St-Huber t à Montréal.L\u2019octogénaire Edgar Fruitier sera des collaborateurs.Et comment cette bonne vieille chaîne a-t-elle dévoilé ces détails et ses intentions ?Sur Facebook.La diffusion en direct a généré 245 000 connexions et 7000 messages de réactions en 20 minutes.Voilà donc, en concentré, comment les rappor ts au médium très XXe siècle sont en train de muter en début de troisième millénaire.Les jeunes regardent encore la télé, mais pour les rejoindre il faut miser sur du contenu original qui leur ressemble en passant par les nouvelles plate- formes de dif fusion maximisant les chances d\u2019interaction.Les données sur le Mike Ward Show (c\u2019est son titre) ont été révélées dans le cadre du congrès annuel de l\u2019Association québécoise de la production médiatique (AQPM) qui réunissait les forces vives du milieu du cinéma et de la télévision en milieu de semaine à Québec.La célébration des 50 ans de l\u2019AQPM a fourni l\u2019idée de se questionner sur le renouvellement des publics, et en particulier sur l\u2019art et la manière de « séduire les enfants du millénaire ».La bataille des écrans Les milléniaux/millenials (aussi dits Y) sont nés avec le Web.Ils sont âgés de 18 à 34 ans et sont maintenant plus nombreux que les baby-boomers.Les Z suivent.Ils sont ados.Les études exposées aux quelque 150 congressistes montrent que ce nouveau monde fréquente encore la télé, mais moins.Des données québécoises inédites de Nu- méris établissent que 97,3 % des Z francophones et 97,6 % des Y regardent la télé linéaire.Comme les vieux, quoi.Ils y passent par contre moins de temps, en gros une vingtaine d\u2019heures par semaine par rapport à près de 38 heures pour les 35 ans et plus.« La télé est encore le média dominant, résume Louise-Hé- lène Paquette, directrice de la veille stratégique d\u2019ICI Radio- Canada, qui a révélé ces statistiques inédites jeudi matin.La fréquentation s\u2019ef frite, mais nous ne sommes pas encore face à une rupture radicale.» La fracture générationnelle a été mise en évidence pendant la deuxième journée du congrès, mercredi.Le Fonds des médias du Canada (FMC) propose une synthèse annuelle des tendances à l\u2019industrie.Celle de 2016 met l\u2019accent sur « l\u2019expérience».Celle des plus jeunes semble de plus en plus en rupture avec celle des plus vieux.« Les 35 ans et moins ne regardent pas beaucoup la télévision, explique Stéphane Cardin, vice-président des affaires publiques et des relations avec l\u2019industrie du FMC.Les mille- nials la regardent à moitié moins que les gens de 65 ans et plus, et ils composent la moitié de la population.Pour un producteur, c\u2019est une réalité fondamentale : il faut maintenant servir deux clientèles différentes.» M.Cardin donne l\u2019exemple de sa propre fille de 12 ans qui semble avoir complètement rompu avec la vieille boîte à images.«Depuis qu\u2019elle a son iPhone, je ne l\u2019ai pas vue une seule fois devant un autre écran», dit le papa vice-président.D\u2019autres données de Mme Pa- quette établissent que neuf Z sur dix ont maintenant un téléphone intelligent, par rapport à 52 % des 35 ans et plus.Ils sont autant sur Facebook, comme les Y d\u2019ailleurs.«On ne regarde plus la télé, on regarde un écran, résume Francis de Roussan Bouchard, 24 ans, qui a sondé des amis de son âge avant sa présentation.On utilise le mobile pour faire le lien vers le contenu télévisuel.» Il a d\u2019ailleurs expliqué l\u2019importance des sous-titres dans ce nouveau cadre pour pouvoir par exemple regarder une vidéo sur son téléphone, en public.Disruption « La télé traditionnelle est challengée, explique Pascal Lechevallier, fondateur de la firme franco-française What\u2019s Hot Media.Elle n\u2019a plus le monopole de l \u2019image et elle doit se repenser pour accompagner les millenials.» Les signes se manifestent partout.Les 18-24 ans fréquentent autant sinon plus Facebook que la télé traditionnelle.La chaîne française Canal +, spécialisée dans la distribution par abonnement, se dirige vers une perte de 400 millions cette année.« Il faut trouver un autre modèle, et il faut le trouver vite », résume le conseiller stratégique.Lui-même préfère parler de « disruption » pour saisir conceptuellement la transformation en marche qui n\u2019est pas une destruction mais une création, a-t-il précisé.Avec les plus jeunes, elles se manifestent par exemple par l\u2019échange d\u2019un milliard d\u2019images par jour sur le réseau Snapchat.Deux inter- nautes sur trois de 15-25 ans regardent des vidéos en ligne.« En France en tout cas, les organismes de subvention n\u2019ont pas encore bien accompagné la production et la distribution sur les nouvelles plateformes, dit M.Lechevallier.Il faut donc aller vers ces nouveaux réseaux et s\u2019adapter à cette nouvelle économie, par exemple en modifiant le financement des programmes.» Les grands joueurs s\u2019adaptent.Twitter a acheté les droits de diffusion de quelques matchs de football professionnel américain.Vivendi vient d\u2019engager 100 millions pour produire une soixantaine de webséries qui seront distribuées inter nationalement.« Les millenials ont migré vers les plateformes mobiles, et c\u2019est là qu\u2019il faut les retrouver », dit le spécialiste.Les producteurs et les diffuseurs nationaux s\u2019adaptent aussi.La série Like-moi de Télé-Québec (TQ), parlant des Y aux Y, en capsules facilement reproductibles sur les nouvelles plateformes, a été souvent citée en exemple cette semaine.« Like-moi a été pensé pour intéresser cette génération.C\u2019est une stratégie pour que les 13-34 ans adhèrent à nos contenus », explique Denis Dubois directeur général de la programmation de TQ.Peu importe l\u2019écrin au fond, du moment qu\u2019il attrape des audiences.La télé éducative de l\u2019Ontario (TFO) l\u2019a compris et elle mise à fond sur la diffusion de ses contenus pour les jeunes et les très jeunes par l\u2019intermédiaire de chaînes en ligne.« Il y a deux ans encore, nous utilisions Facebook pour dif fuser la publicité sur nos émissions, explique Laurent Guérin, directeur principal du contenu web- télé de TFO.Maintenant, nous dif fusons directement nos émissions sur Facebook.Je ne peux pas prédire quel sera le prochain réseau sur lequel les enfants des milléniaux vont se brancher pour communiquer.Mais je sais que pour une bonne part, les milléniaux nous ont déjà échappé\u2026» Le Devoir Le péril jeune Comment la télévision peut-elle rejoindre la génération des natifs du numérique ?l\u2019aventure provoquée par l\u2019arrivée en Amérique du Bauhaus (et des Gropius et Moholy-Nagy qui grappillaient autour).Autant on rend ici hommage à l\u2019œil de Liliane M.Stewart (l\u2019aire « Répandre le message du design moderne» semble être un minimusée à sa mémoire), autant on fait de Barr et de Johnson les fondateurs de notre modernité.Ainsi, les zones dédiées aux «appartement[s]» de l\u2019un et de l\u2019autre proposent des meubles d\u2019un Ludwig Mies van der Rohe.Ça en dit beaucoup.«Le terme moderne désigne ce qui est actuel», exprimait, en 1935, Philip Johnson.En présentant cette modernité née il y a trois quarts de siècle dans le Carré d\u2019art contemporain, le MBAM joue d\u2019audace.Avec raison.L\u2019absence de chronologie claire favorise le mélange de temporalités, sans nuire à la compréhension du propos.Enfin, le cinéaste Philippe Baylaucq (Hugo et le dragon) a reçu le mandat d\u2019animer les années 1930 par des petits films autostéréoscopiques (des images 3D, sans recours à des lunettes).Plutôt que de tomber dans une nostalgie prévisible, les objets et lieux prennent dès lors vie d\u2019une manière nouvelle et inusitée.Après Montréal, l\u2019expo voyagera à Boston, à Bie- lefeld, dans l\u2019ouest de l\u2019Allemagne, et à New York.Collaborateur Le Devoir SUITE DE LA PAGE E 6 DESIGN DENIS FARLEY Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969), chaise Barcelona 1929 (exemplaire vers 1960) ISTOCK Les 35 ans et moins ne regardent plus la télévision, mais plutôt des écrans.MBAM Charles Eames (1907-1978) et Ray Eames (1912-1988), meuble de rangement, modèle ESU 421-C, vers 1949 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 M A I 2 0 1 6 CINEMA E 8 C U L T U R E CONSULTEZ LES GUIDES- HORAIRES DES CINÉMAS PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE « Profondément beau, bouleversant et saisissant.» Marie-Paule Grimaldi, Ciné-Bulles « Du cinéma.Du beau.Du vrai.» Marc-André Lussier, La Presse SCENARIO YVES ANGELO, FRANCOIS DUPEYRON ET GILLES LEGRAND DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE PIERRE-HUGUES GALIEN DECORS BERNARD BRIDON COSTUMES ANNE-MARIE SANCHEZ SON LUCIEN BALIBAR, JEAN MALLET ET JEAN-PIERRE LAFORCE MONTAGE FABRICE ROUAUD PRODUCTION EXECUTIVE FREDERIC BLUM POST PRODUCTION SIDONIE WASERMAN UNE PRODUCTION EPITHETE FILMS AVEC LA PARTICIPATION DE OCS EN ASSOCIATION AVEC SOFICINEMA 11 COFINOVA 11 LA BANQUE POSTALE IMAGE 7 ET LA BANQUE POSTALE IMAGE 8 AVEC LE SOUTIEN DE LA REGION PROVENCE-ALPES-COTE-D\u2019AZUR EN PARTENARIAT AVEC LE CNC PRODUIT PAR FREDERIC BRILLION ET GILLES LEGRAND DISTRIBUTION BAC FILMS VENTES INTERNATIONALES BE FOR FILMS EPITHÈTE FILMS PRÉSENTE SYLVIE TESTUD GRÉGORY GADEBOIS MATHILDE BISSON ZACHARIE CHASSERIAUD UN FILM DE YVES ANGELO /facebook.com/fun?lmdistribution/ #AuPlusPresDuSoleil AU PLUS PRÈS DU SOLEIL « Une histoire alléchante, une écriture maîtrisée et des acteurs formidables.» Emilie Rivenq, ELLE CONSULTEZ LES GUIDES- HORAIRES DES CINÉMAS PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE theatreoutremont.ca 514 495-9944 BIENVENUE À F.L.8,50 $ de Geneviève Dulude-Decelles DOCUMENTAIRE.Portrait candide d\u2019étudiants d\u2019une école secondaire de région face à leur avenir.Le lundi 9 mai | 16 h et 19 h 30 BELLES FAMILLES ?1/2 Comédie dramatique de Jean-Paul Rappeneau.Avec Mathieu Amalric, Gilles Lellouche, Nicole Garcia, Marina Vacth.France, 2015, 113 minutes.A N D R É L A V O I E D ans la carrière de Jean-Paul Rappeneau, son adaptation de Cyrano de Bergerac avec un Gérard Depardieu à un sommet qu\u2019il a depuis dégringolé, représente un arbre majestueux cachant une forêt de rires et de légèreté.Car il ne faut pas oublier qu\u2019il fut l\u2019un des scénaristes de Zazie dans le métro, une brillante fantaisie au service de l\u2019œuvre de Raymond Que- neau, et le réalisateur de comédies pétillantes (La vie de château, Le Sauvage, Tout feu, tout flamme, Bon voyage) peuplées de figures agitées, et parfois un peu écervelées.Même s\u2019il tourne très (trop) peu, laissant souvent passer une décennie entre deux films, Jean-Paul Rappeneau reste fidèle à sa manière dans Belles familles, ce titre où l\u2019absence de trait d\u2019union dénote un trait d\u2019ironie.Il s\u2019inscrit aussi dans une longue tradition française de marivaudage et de cocufiage, procédés usés à la corde mais qu\u2019il maîtrise à la perfection, plaçant le tout dans le contexte étouffant de la province, ce qui ajoute à la complexité des secrets à préserver.Ils finissent à peu près tous par être dévoilés dès le moment où Jérôme Varenne (Mathieu Amalric, plus intense que romantique) pose le pied à Paris, riche homme d\u2019af faires établi à Shanghai, ville qui ne semble pas encore assez loin de sa famille toxique.Lorsqu\u2019il apprend que la demeure familiale, imposante, somptueuse mais au bord de la ruine, fait l\u2019objet d\u2019un litige entre la mairie d\u2019Ambray, une ville de province, et Grégoire, un ami d\u2019enfance (Gilles Lel- louche) qui veut aussi l\u2019acquérir, il se précipite sur les lieux.Or, sa seule présence suffira à attiser la colère de son frère (Guillaume de Ton- québec), les névroses de sa mère (Nicole Garcia), l\u2019attirance de la séduisante compagne de Grégoire (Marina Vacth, celle qui fut Jeune et jolie pour François Ozon), découvrant au passage des révélations entourant son père depuis longtemps décédé, qu\u2019il a toujours détesté.Belles familles démarre sur les chapeaux de roues et s\u2019engage dans sa course folle à un rythme qui ne fléchira jamais.Cette frénésie s\u2019articule grâce à l\u2019abondance de révélations (parfois saugrenues) qui tapissent ce récit de trahisons et de réconciliations, mais il y a aussi le style Rappeneau, qui lui non plus ne donne aucun signe de paresse.Entre les nombreuses joutes verbales, foires d\u2019empoigne et numéros de séduction (André Dussolier en fait des tonnes devant une Garcia indif férente), le cinéaste ne laisse rien au hasard, chargeant l\u2019écran de gestes anodins du quotidien, de figurants traversant l\u2019écran au pas de course, d\u2019automobilistes impatients, Rappeneau ayant assimilé depuis longtemps les principes fondamentaux de la screwball comedy.Il y a bien sûr cette posture typiquement franco-française, Belles familles étant porté par un babillage incessant qui fait le charme, parfois irritant, des meilleures études de mœurs du cinéaste, les couples se détruisant au gré des humeurs et des hasards.Mais avec toujours ce délicieux sourire aux lèvres pour célébrer la vie de château, ou cautionner une vie de mensonges\u2026 Collaborateur Le Devoir Vie de château, vie de mensonges MARYLAND ?Drame psychologique d\u2019Alice Winocour.Scénario : Alice Winocour, Jean-Stéphane Bron.Avec Matthias Schoenaerts, Diane Kruger, Paul Hamy, Victor Pontecorvo.France-Belgique, 2016, 98 minutes.O D I L E T R E M B L A Y A lice Winocour est la cinéaste française qui nous avait donné l\u2019excellent Augustine en 2012, fascinant pas de deux à la fin du XIXe siècle entre un célèbre neurologue et une patiente atteinte de troubles hystériques.Elle est également la coscénariste de Mustang de la Franco- Turque Deniz Gamze Ergüven (en nomination aux derniers Oscar, prix César du meilleur scénario original).Maryland, n\u2019en doutons point, ne recevra rien cette fois côté scénario.La mise en scène de ce film est plus aboutie que son intrigue abracadabrante.Toutes sortes de fils sont tissés dans ce film qui mélange la production d\u2019action au drame psychologique, en passant par la romance.Avec de bonnes idées qui s\u2019emboîtent mal, mais une vraie tension.C\u2019est un peu La Belle et la Bête.Le Belge Matthias Schoenaerts joue du muscle comme dans Bullhead, et porte avec son charisme habituel un rôle d\u2019homme meurtri sous son apparence de fier-à-bras, ici en militaire souffrant d\u2019un syndrome post-traumatique au retour d\u2019Afghanistan.Ne pouvant reprendre du service, Vincent devient le garde du corps de l\u2019épouse (Diane Kruger) d\u2019un homme d\u2019affaires libanais véreux, qu\u2019on découvrira trafiquant d\u2019armes.Entre les hallucinations visuelles et auditives de Vincent (excellente trame sonore, quand elle n\u2019est pas survitaminée par une musique tonitruante), ses passages à vide, ses retours en arrière, en constant état d\u2019aler te, on le voit doué d\u2019un vrai sens du danger.Le tout, en surveillant à chaque instant cette femme qui le trouble.Tout cela est bien filmé, entre réalités et fantasmes, en écho sensoriels, et Maryland, nom du chic domaine où le couple organise des réceptions princières, devient au fil des jours une forteresse assiégée.C\u2019est stylisé, avec excès de ralentis quand même, mais le rythme s\u2019impose et comme tout passe à travers la perception du personnage masculin, c\u2019est de son corps et de son visage dont la caméra s\u2019éprend.La riche demeure devient de son côté allégorique.Diane Kruger, en général trop écourti- chée pour le rôle, semble une statue sans états d\u2019âme, qui prend des risques absurdes et ne comprend jamais rien, même après avoir failli y laisse sa peau avec son enfant.Un épisode de plainte à la police sans suivi après agression grave semble particulièrement surréaliste.Maryland a changé de registre entre-temps à travers des poursuites à la Drive, avant de s\u2019enfoncer dans un huis clos, dès que, le mari parti, l\u2019épouse, l\u2019enfant et le garde du corps s\u2019enferment dans le sanctuaire profané par des ennemis masqués.Tout bascule alors dans le thriller d\u2019action, hormis les instants à la cuisine qui permettent aux personnages de communiquer un tant soit peu, tout passera désormais par des combats sanglants entre ce Tarzan et des ennemis jamais identifiés et par son amour muet pour la femme d\u2019un autre monde qui le toise.Schoenaerts est très bien, répétons-le, en mode renfermé, avec une faille parfois perceptible, en retrait de lui-même, mais il porte le film tout seul, et Diane Kruger aurait intérêt à effacer Maryland de son CV, car elle y est une pure potiche.Faute d\u2019un scénario en déroulement crédible, d\u2019une résonance émotive et psychologique, le film reste en surface de son thème.La fin hallucinatoire peut se défendre, tout ça à travers une facture très honorable.Au final, Alice Wino- cour aura bien filmé beaucoup trop de vide.Le Devoir De tension et de vide AXIA FILMS André Dussolier, à droite, en fait des tonnes devant une Nicole Garcia indif férente.LES VAILLANTS ?Documentaire de Pascal Sanchez.Québec, 2015, 79 minutes.A N D R É L A V O I E L e documentariste Pascal Sanchez (La reine malade, Littoral) a fait le choix (courageux) du silence et de l\u2019observation patiente dans Les vaillants, concédant de rares informations factuelles tirées de son carnet de tournage et superposées à ses images.Parmi celles-ci : la mor t d\u2019un jeune homme, tué par balle là où il avait trimballé sa caméra pendant un an.La mention devient un peu le symbole d\u2019un échec, d\u2019une tragédie maintes fois répétée, mais qui n\u2019étonne plus personne.En ef fet, pourquoi un meurtre dans le quar tier Saint-Michel à Montréal serait-il considéré comme une surprise, diront les cyniques ?C\u2019est principalement à eux que Pascal Sanchez s\u2019adresse, prenant le temps de démontrer que derrière les faits divers et les clichés se cache une population fière, combative, généreuse.Et tout aussi impar faite que n\u2019impor te quelle communauté qui aime bien céder à la paresse et au potinage.Pour en décrire les caractéristiques, épingler les travers et célébrer sa débrouillardise, le cinéaste a choisi le pari de la durée, prêt à passer une année au milieu d\u2019un assemblage d\u2019habitations à l\u2019architecture tristement fonctionnelle, beaucoup moins désolante lorsque les voisins bavardent sur les perrons et que les cris des enfants brisent la monotonie des jours.Premier constat réjouissant : une organisation de résidants tente l\u2019impossible, depuis le début des années 2000, pour redorer le blason de ce secteur de la ville plus connu pour ses émeutes que pour ses mouvements citoyens.Les initiatives de ce petit groupe de bénévoles de tous les horizons ethniques et culturels n\u2019ont rien de flamboyant : épluchettes de blé d\u2019Inde, réveillons de Noël, etc.Pour l\u2019organisation, ils ne peuvent compter que sur une poignée de convaincus, par ailleurs difficiles à mobiliser lors de l\u2019assemblée générale annuelle, moment symbolique choisi par le cinéaste pour débuter, et clore, son incursion bienveillante.Entre deux activités sociales, plusieurs membres de cette communauté savent tisser des liens fraternels, n\u2019hésitent pas à verser quelques larmes devant la caméra, ou à étaler leur vie privée dans ce qu\u2019elle a parfois de plus saisissante (une des protagonistes exhibe ses photos de mariage avec une fierté ostentatoire).Tout cela apparaît parfaitement anecdotique, d\u2019une banalité confondante, mais c\u2019est sans compter sur la grande humanité de ces héros du quotidien, ceux et cel les qui s \u2019occupent d\u2019éveiller des enfants grandissant trop vite sur le béton, ou ce joyeux bataillon de bonnes âmes réglant au quart de tour la distribution de paniers de Noël.Ces vaillants, qui visiblement n\u2019arrêtent jamais (même la bande sonore du générique final illustre, avec une pointe d\u2019ironie amusante, ce zèle contagieux), représentent un véritable modèle à suivre.À Saint-Michel comme ailleurs, les solutions miraculeuses contre le racisme, la pauvreté et le décrochage scolaire n\u2019existent pas.Ce n\u2019est pas une raison pour se plaindre ou rester les bras croisés ; les personnages de Pascal Sanchez ont mieux à faire.Collaborateur Le Devoir Ils aiment leur HLM Loin des clichés pour entendre vibrer le cœur du quartier Saint-Michel à Montréal LES FILMS DU 3 MARS Ces vaillants représentent un véritable modèle à suivre."]
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