Le devoir, 30 avril 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 9 5 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 0 A V R I L E T D I M A N C H E 1 E R M A I 2 0 1 6 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S Tourisme Dans le berceau mondial de l\u2019art Page D 1 Le cinéma d\u2019animation face à l\u2019extinction massive Page E 1 La clinique SABSA ferme le sans rendez-vous Page A 3 ?w w w .l e d e v o i r .c o m AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Le collège militaire de Saint-Jean- sur-Richelieu pourra-t- il renouer avec l\u2019université?Page A 3 Économie \u203a La ?n de la mondialisation.ou pas.Une chronique d\u2019Éric Desrosiers.Page B 2 Avis légaux.C 4 Carrières .C 5 Décès.C 8 Petites annonces .C 8 Sudoku .D 5 50 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 MONTRÉAL 514-231-8677 LAVAL 450-627-3716 LONGUEUIL 450-445-9829 .CA Certifié 5 Étoiles® TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES HORIZONTAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX ESTIMATION GRATUITE 1 855 770-8677 OPAQUES TRANSLUCIDES SOLAIRES MOTORISATION DISPONIBLE L\u2019Artisan du Store Claude Bouchard Québec, Lévis, Montréal, Trois-Rivières, Repentigny, Laval, Boisbiand, Mont-Tremblant, Longueuil, Beloeil, Magog % de rabais ou INSTALLATION GRATUITE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le seul producteur de cannabis autorisé au Québec doit construire une nouvelle serre seulement pour répondre à la demande actuelle.F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S à Gatineau L e vieux panneau Botanix, à l\u2019angle des chemins du Quai et de la Rive en descendant vers la rivière des Outaouais, est encore là, mais il est couver t d\u2019un autocollant rouge : « FERMÉ ».Quelques mètres plus loin, un jeune homme nous accueille à la barrière de sécurité.« Je vais avoir besoin de vos noms au complet pour les cartes de visiteurs », dit-il.Des cartes magnétiques, en fait.Non seulement le site est-il sous haute surveillance vidéo, il est entouré de fil barbelé.Hydropothicaire, le seul producteur québécois autorisé par Santé Canada, a commencé à vendre il y a six mois.Quand Le Devoir se présente, en L\u2019industrie du cannabis a faim La légalisation promise par Ottawa pourrait multiplier par dix la taille du marché Au Québec, les quelque 1000 réfugiés syriens qui sont parrainés par l\u2019État sont installés en région.Récit des défis d\u2019intégration, dans la très francophone ville de Saint-Hyacinthe.Premier d\u2019une série de trois textes.L I S A - M A R I E G E R V A I S à Saint-Jude Des femmes portant le hijab regardent avec une certaine méfiance un plat d\u2019oreilles de Christ.«Ça, c\u2019est non», disent en agitant RÉFUGIÉS EN RÉGION Arriver (et partir) de loin JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un groupe de réfugiés syriens a été initié à la cabane à sucre\u2026 sans les oreilles de Christ, bien entendu.P H I L I P P E O R F A L I L e monde syndical et le gouvernement Couillard forment aujourd\u2019hui « deux solitudes » que rien, pas même la traditionnelle rencontre marquant la Journée internationale des travailleurs, ne peut rapprocher.C\u2019est le constat qu\u2019ont dressé vendredi les principaux leaders syndicaux de la province, alors que manifestaient à Montréal et Québec quelques centaines de personnes.À l\u2019issue de leur échange annuel avec le premier ministre, les représentants de la FTQ, de la CSN, de la CSQ et de la CSD n\u2019ont pu que constater l\u2019ampleur du fossé qui les sépare actuellement du gouvernement.La question d\u2019une bonification «majeure» du salaire minimum avait déjà été rejetée d\u2019emblée, la hausse des prestations des revenus de retraite semble être écartée, et le réinvestissement dans les services publics, tant demandé par les centrales syndicales, apparaît Québec et les syndicats figés aux antipodes Le fossé pourrait se creuser sur le front municipal VOIR PAGE A 10 : CANNABIS Dossier \u203a Un commerce pas encore rentable.Page A 4 La révolution fumante de l\u2019Uruguay.Page A 5 Petite histoire de la prohibition.Page A 6 VOIR PAGE A 10 : SYNDICATS VOIR PAGE A 10 : RÉFUGIÉS Michal Hornstein, O.C., G.O.Q., influent homme d\u2019affaires, grand collectionneur d\u2019art, mécène d\u2019exception, s\u2019est éteint paisiblement le 25 avril dernier.Père de deux enfants, ce rescapé de l\u2019Holocauste avait choisi Montréal en 1951 où il s\u2019est construit une vie hors du commun grâce à l\u2019amour de sa femme Renata, sa ténacité d\u2019entrepreneur et sa générosité exemplaire envers la communauté.À la fois bâtisseur et rassembleur, ce philanthrope a joué un rôle clé à Montréal en s\u2019investissant dans la protection et la promotion des arts, la santé et l\u2019éducation.Faisant preuve d\u2019un dévouement remarquable, Michal Hornstein aura laissé une empreinte indélébile au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) ; il a d\u2019ailleurs siégé à son conseil d\u2019administration pendant quarante-six ans.En plus de son appui financier majeur et de ses nombreux dons d\u2019œuvres d\u2019art européen, il a toujours été plus que présent pour cette grande institution qu\u2019il chérissait comme une seconde maison.En 1970, il devient membre du conseil d\u2019administration du MBAM.En 1979, il accède à la vice-présidence du conseil.Dès 1982, il accepte de présider le comité d\u2019acquisition d\u2019art international antérieur à 1900 et des cultures anciennes.Son engagement exemplaire a favorisé le rayonnement du Musée en tant qu\u2019institution culturelle incontournable au Québec, au Canada et à l\u2019échelle internationale.En plus de contribuer au développement économique de la ville de Montréal, Michal Hornstein a vécu avec l\u2019ardent désir de partager les fruits de sa réussite professionnelle avec ses concitoyens.Il a appuyé des projets majeurs, particulièrement dans le domaine culturel, mais également dans les milieux de l\u2019éducation et de la santé.Avec chacun de ses gestes philanthropiques, ce grand mécène tenait à exprimer une profonde gratitude envers sa patrie d\u2019adoption.En 2012, Michal et Renata Hornstein ont d\u2019ailleurs été nommés Grands Montréalais pour leur implication dans la communauté.À cette occasion, il déclara : « Je vis à Montréal depuis soixante ans, cette ville m\u2019a tant donné.J\u2019aime les Montréalais, j\u2019aime les Québécois, ils sont tellement sympathiques ! Cette donation, c\u2019est une sorte de remerciement, une réciprocité.» Les actions philanthropiques de Michal Hornstein lui ont valu de nombreux honneurs et distinctions.Récipiendaire de la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II en 2012, il a été nommé Officier de l\u2019Ordre du Canada en 2014 et Grand officier de l\u2019Ordre national du Québec en 2013.En 2014, il recevait un Lifetime Achievement Award de la Faculté de gestion Desautels de l\u2019Université McGill, ainsi qu\u2019un doctorat honorifique de l\u2019École de gestion John-Molson de l\u2019Université Concordia.En novembre 2016 s\u2019ouvrira le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein, en mémoire du parcours de vie de ces survivants de l\u2019Holocauste.Cinquième bâtiment de la cité muséale du MBAM, il abritera les collections d\u2019art international, des maîtres anciens jusqu\u2019à l\u2019art moderne, ainsi que des espaces consacrés à l\u2019éducation.Le Musée salue la vie, la mémoire et la générosité de Michal Hornstein et offre ses sincères condoléances à sa femme bien-aimée Renata, à ses deux enfants Sari et Norbert, à Amy, épouse de Norbert, à ses petits-enfants Alex, Genna-Rose et Eric et à Maura, conjointe d\u2019Eric.Aujourd\u2019hui, c\u2019est un homme d\u2019exception que perdent le MBAM, la Ville de Montréal, le Québec et le Canada.Les pensées de l\u2019ensemble du personnel, des partenaires et des collaborateurs du Musée vont à sa famille et à ses proches.MICHAL HORNSTEIN (1920-2016) LE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL REND HOMMAGE À CE TRÈS GRAND MÉCÈNE Le futur Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein.Photo Doug & Wolf M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Saint-Jean-sur-Richelieu L e gouvernement fédéral réfléchit sérieusement à la possibilité de redonner au Collège militaire royal de Saint- Jean (CMRSJ) les moyens d\u2019offrir une formation universitaire.« Le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes envisagent la possibilité que le Collège militaire royal de Saint-Jean devienne une institution conférant des diplômes universitaires », a indiqué le cabinet du ministre de la Défense nationale, Harjit Singh Sajjan, dans un échange avec Le Devoir vendr edi .« Cependant, aucune décision n\u2019a été arrêtée à ce moment-ci», a précisé l\u2019attachée de presse Jordan Owens.Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a interpel lé Ottawa sur la nécessité de « redonner » au CMRSJ sa « mission universitaire », et ce, plus de vingt ans après l\u2019avoir confiée au Collège militaire royal du Canada à Kingston, en Ontario.Il s\u2019agirait de « tout un symbole » en marge des commémorations entourant le 350e anniversaire du For t Saint-Jean.En effet, l\u2019offre de programmes d\u2019études universitaires au CMRSJ constituerait un « témoignage de conf iance » à l\u2019égard de la population de la région, en plus d\u2019être « un geste fort pour les francophones de la part du nouveau gouvernement fédéral », a-t-il soutenu lors de son passage à Saint- Jean-sur-Richelieu.Le gouvernement de Jean Chrétien avait fait « fausse route » en fermant les portes du CMRSJ en 1995-1996 par souci d\u2019économie, a fait valoir le lieutenant-colonel à la retraite Rémi Landry, qui se tenait à ses côtés.« Ça a coûté plus cher que prévu.» D\u2019autre part, le Collège militaire royal de Kingston n\u2019a pas su répéter les « succès » obtenus par le corps professoral de l \u2019éta- bl issement de Saint -Jean.Par exemple, le programme de bilinguisme a connu des ratés.« [Au CMRSJ], ce n\u2019était pas juste pour permettre aux francophones d\u2019apprendre à parler anglais, mais ça permettait aussi aux anglophones de [s\u2019initier] à la culture francophone et, éventuellement, d\u2019obtenir un niveau de bilinguisme élevé qu\u2019ils pouvaient garder toute leur carrière », a soutenu M.Landry.Le professeur associé à l\u2019Université de Sherbrooke croise les doigts afin que le CMRSJ «produise» bon an mal an 300 élèves-officiers.«Difficile pour un francophone» M.Landr y obser ve, non sans inquiétudes, le nombre de diplômés universitaires francophones du Collège militaire royal du Canada s\u2019« éroder » depuis deux décennies en raison essentiellement de « la dif ficulté de Kingston à recruter des francophones du Québec ».À l\u2019heure actuelle, les francophones représentent 22 % des 883 cadets inscrits au programme de formation des officiers de la Force régulière et au programme de forma- tion-intégration à la Réserve.Ils étaient deux fois plus avant la fermeture du CMRSJ, soit environ 400.Le CMRSJ a rouvert partiellement sous l\u2019ordre du gouvernement conservateur en 2008, mais seulement pour offrir des programmes d\u2019études collégiales.Pas de programmes d\u2019études universitaires.« Les [futurs] of ficiers francophones ont le droit de recevoir une formation universitaire en français, ici, à Saint-Jean.[\u2026] Ce n\u2019est pas juste une question de retombées économiques, c\u2019est aussi une question de fierté», a fait valoir M.Legault devant la grille du collège militaire.Le chef caquiste a appelé les élus québécois au sein du caucus du Parti libéral du Canada à « fermement demander » le rapatriement de programmes de formation universitaire à Saint-Jean-sur-Richelieu dans le cadre de l \u2019examen de la Politique de défense.« C\u2019est cer tain que les députés libéraux de l\u2019Ontario vont vouloir tout garder à Kingston » , a averti le chef « nationaliste », planté devant un unifolié et deux fleurdelisés.« La CAQ défend l\u2019idée d\u2019un Québec fort à l\u2019intérieur du Canada.La promotion de la langue française est au cœur de notre projet.L\u2019éducation en français est un droit.Ça doit être aussi vrai dans les forces armées canadiennes », a-t-il poursuivi.M.Legault craint que plusieurs détenteurs d\u2019un diplôme d\u2019études collégiales du CMRSJ aient balayé la possibilité de déménager à Kingston pour effectuer des études universitaires, et ainsi renoncé à un poste d\u2019of ficier au sein des forces armées.« Il y a un risque réel qu\u2019on se retrouve avec moins d\u2019of ficiers de haut niveau francophones », a-t-il soutenu, flanqué des députés Claire Samson, François Bon- nardel et Éric Caire.Malgré la diminution de la fréquentation des collèges militaires, les Québécois continuent néanmoins de « prendre [leur] place » dans tous les échelons des forces armées, a nuancé M.Landry.Mais la réouver ture complète du CMRSJ « corriger[ait] la grave erreur » commise en 1995 par le gouver nement fédéral, a conclu le député de Saint-Jean, Dave Turcotte.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 0 A V R I L E T D I M A N C H E 1 E R M A I 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 EXPOSITION LA BIBLIOTHÈQUE, LA NUIT Réservez votre place pour cette exposition-événement immersive ! Conçue en partenariat avec Ex Machina et Robert Lepage, ainsi qu\u2019avec l\u2019écrivain Alberto Manguel.8 MAI \u2013 14 H \u2013 AUDITORIUM UN CHAT QUI PARLE ! Le Chat botté \u2013 L\u2019opéra pas de rats, spectacle pour les 8 ans et plus.En compagnie de la Fille aux grandes oreilles.17 MAI \u2013 19 H \u2013 AUDITORIUM ARCHITECTURE ET PAYSAGE L\u2019architecte Pierre Thibault s\u2019entretient avec Michel Venne de l\u2019interaction constante entre l\u2019humain et le territoire à habiter.19 MAI \u2013 19 H \u2013 AUDITORIUM MICRO KABARET KINO Six réalisateurs jumelés à six auteurs présentent des courts métrages inspirés d\u2019un univers littéraire.25 MAI \u2013 19 H \u2013 AUDITORIUM VOIR L\u2019ITINÉRANCE AUTREMENT Une conférence présentée à l\u2019occasion du retour de l\u2019œuvre d\u2019art public Poème d\u2019un jour sur le parvis de la Grande Bibliothèque.Ph o t o : P a t r i c k M a t h i e u P h o t o : S t é p h a n e B o u r g e o i s Plani?ez vos sorties.Toute la programmation à banq.qc.ca Gratuit | 475, boul.De Maisonneuve Est, Montréal | Berri-UQAM Grand partenaire de Ph o t o : M i c h e l L e g e n d r e GRANDE BIBLIOTHÈQUE SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU Le Collège militaire royal pourrait retrouver son statut d\u2019université I S A B E L L E P O R T E R à Québec A près avoir échoué à convaincre le gouvernement du Québec de la soutenir, la clinique SABSA, située sur le boulevard Charest à Québec, a cessé d\u2019accueillir de nouveaux patients vendredi après-midi.Son personnel se défend par ailleurs d\u2019offrir un service coûteux, comme l\u2019affirmait jeudi le ministre de la Santé Gaétan Barrette.Vendredi, la clinique a interrompu son service sans rendez-vous.« On le cesse temporairement le temps de faire la campagne de financement et de voir l\u2019ampleur du montant qu\u2019on va être capables d\u2019aller chercher pour savoir comment on va pouvoir continuer à déployer nos services », explique la coordonnatrice Emmanuelle Lapointe.SABSA s\u2019est donné jusqu\u2019à la fin du mois de mai pour récolter 250 000 $ sur la plateforme La Ruche.Au moment d\u2019écrire ces lignes, elle avait recueilli 43 560 $.Malgré la fermeture d\u2019une partie des services, la clinique continue pour l\u2019instant de recevoir les patients qu\u2019elle avait déjà, mais sur rendez-vous.Le ser vice pour les personnes souffrant d\u2019hépatite C est aussi maintenu.« C\u2019est sûr que notre objectif, c\u2019est de continuer le sans rendez-vous mais à l\u2019heure actuelle [\u2026] si on réussit à aller chercher le montant qu\u2019on vise, on serait bon pour faire un bon bout », poursuit Mme Lapointe.Coûts équivalents, selon les chercheurs L\u2019équipe se défend par ailleurs d\u2019offrir un service plus coûteux qu\u2019ailleurs comme l\u2019affirmait le ministre Barrette la veille.Jeudi, il a dit qu\u2019il était hors de question qu\u2019il subventionne un « réseau parallèle qui va [lui] coûter 45 % plus cher pour faire plaisir à un groupe d\u2019intérêt ».En se basant sur le plan d\u2019af faires de SABSA, il évalue que le coût moyen d\u2019une visite atteint quelque 130 $ à la coop SABSA, mais 90 $ dans d\u2019autres cliniques intégrées multidisciplinaires comme la clinique l\u2019Actuel, le Groupe santé Westmount Square et la Clinique médicale Quartier latin.Cette affirmation a fait bondir le groupe de chercheurs qui documente l\u2019expérience de SABSA depuis le début à l\u2019École des sciences infirmières de l\u2019Université de Montréal.Selon son étude, le coût moyen d\u2019une visite à SABSA en 2015 était de 92 $.« Ce n\u2019est donc pas 45 % trop cher comme il le clame, mais un coût équivalent, ce qui prouve encore une fois que SABSA est une organisation efficiente», a écrit le professeur Arnaud Duhoux dans un courriel.Comment expliquer cet écar t ?Les chercheurs s\u2019appuient sur les résultats de 2015 (coûts de fonctionnement de 301 157 $), alors que le ministre se base sur une proposition (ou plan d\u2019af faires) que SABSA avait soumise au Centre intégré de santé l\u2019an dernier (coûts de fonctionnement estimés à 460 000 $).« Ils nous avaient demandé de leur donner une idée du montant dont on pourrait avoir besoin pour opérer, explique Emmanuelle Lapointe.C\u2019est juste une évaluation.Nous, on a déposé ça pour commencer, mais il n\u2019y a pas eu de discussion après ça.On pourrait par exemple en financer une partie.» Dans l\u2019évaluation, SABSA proposait d\u2019avoir deux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) à temps plein, ce qui n\u2019était pas le cas.« Ça nous permettrait d\u2019opérer tout le temps même si Isabelle [Têtu, l\u2019IPS] n\u2019est pas là », poursuit la coordonnatrice.SABSA a par ailleurs reçu l\u2019appui du chef d\u2019orchestre de Québec, Bernard Labadie, vendredi.Dans une vidéo diffusée sur le Web, ce « sur vivant du cancer » enjoint aux gens de contribuer à la cause.« C\u2019est une œuvre qui est essentielle dans une société dite civilisée qui a la prétention d\u2019avoir de la compassion et de prendre soin de tout le monde», plaide-t-il.Le Devoir QUÉBEC SABSA a fermé sa clinique sans rendez-vous MARCO BÉLAIR-CIRINO LE DEVOIR Le gouvernement de Jean Chrétien avait fait « fausse route» en fermant les portes du CMRSJ en 1995-1996 par souci d\u2019économie, a fait valoir le lieutenant-colonel à la retraite Rémi Landry, aux côtés de François Legault, vendredi à Saint-Jean-sur-Richelieu. M A R C O F O R T I E R E n 2013, ce petit pays d\u2019Amérique latine a lancé une véritable révolution en devenant le premier État à légaliser le cannabis, envers et contre tous.Deux ans et demi plus tard, cette politique ambitieuse de l\u2019ancien guérillero José «Pepe» Mujica Cordano \u2014 devenu président puis sénateur, après avoir fait 14 ans de prison pour activités révolutionnaires \u2014 suscite encore la méfiance dans la population.Pour ces bons catholiques, la drogue incarne quasiment le visage du mal.Le gouvernement de l\u2019Uruguay a quand même fait le pari de légaliser le cannabis pour mieux le contrôler, un peu comme s\u2019apprête à le faire Justin Trudeau.Malgré des difficultés normales, l\u2019Ur uguay semble en voie de remporter son pari.La méthode ur u- guayenne serait même celle à suivre, notamment par le gouvernement Trudeau, estiment des experts.Ce faisant, le Canada pourrait devenir à son tour un modèle pour le reste du monde, affirme Line Beau- chesne, professeure au Département de criminologie de l\u2019Université d\u2019Ottawa.«Le modèle uruguayen est observé de près à l\u2019échelle internationale, car à ce jour, c\u2019est le plus complet en matière de régulation, allant de la graine à la consommation du cannabis, et touchant à l\u2019ensemble des usages de cette drogue», dit-elle au Devoir.L\u2019exper te a livré vendredi une présentation devant des élus fédéraux, à Ottawa.Elle leur a dit qu\u2019ils ont une lourde responsabilité.«Il est important que le Canada soit un modèle dans cette légalisation du cannabis et non une \u201c expérience \u201d de plus à celles qui existent déjà.La déclaration de la ministre de la Santé publique à l\u2019UNGASS [session extraordinaire de l\u2019Assemblée générale des Nations unies sur la drogue, tenue la semaine dernière] laisse bon espoir que nous saurons être un bon modèle, même si ce sera très complexe à accomplir », a indiqué Line Beauchesne aux élus canadiens.La professeure nous a remis sa présentation PowerPoint.«Si nous sommes un modèle, plusieurs autres pays emboîteront le pas et nous deviendrons un moteur de changement à l\u2019international», a-t-elle précisé.Une trêve dans la «guerre» La fumée de pot plane plus ou moins légalement depuis quatre décennies en Uruguay, où le cannabis a été décriminalisé dans les années 70 (avant la légalisation en décembre 2013).L\u2019Amérique latine a renoncé depuis longtemps à la « guer re totale » contre les drogues prônée notamment par Washington.Le Paraguay, la Colombie, le Pérou, le Chili, le Brésil, l\u2019Argentine et le Mexique ont décriminalisé les drogues, à divers degrés, entre 1988 et 2009, indique Line Beauchesne.Le premier souci de l\u2019Uruguay et des États voisins est de mettre fin à la violence liée au trafic de drogue.Pour y arriver, le régime du révolutionnaire de « Pepe Mujica » s\u2019est assuré de garder le cannabis à un prix très bas \u2014 1 $ le gramme \u2014, pour que les criminels se désintéressent du trafic de la drogue.Pour rassurer les pays voisins, l\u2019Uruguay met aussi tout en œuvre pour éviter les surplus de production, qui risquent d\u2019envahir le marché par le biais du crime organisé.L\u2019État a formé un comité national d\u2019experts chargé de réfléchir au meilleur modèle de légalisation.Il a ainsi créé un organisme national qui supervise toutes les étapes de la mise en marché du cannabis, de la culture à la vente.Les citoyens de 18 ans et plus ont le droit de faire pousser six plants femelles en fleurs.Ils doivent s\u2019inscrire à un registre leur donnant le statut légal de cultivateurs.À ce jour, les amateurs de pot font pousser eux-mêmes la majorité du cannabis consommé en Uruguay, malgré la porte ou- ver te à d\u2019autres modes d\u2019approvisionnement.Les gens peuvent ainsi acheter un peu moins de 10 grammes par semaine (480 grammes par année) auprès d\u2019une pharmacie ou d\u2019un club de cannabis autorisé.Ces clubs privés, inspirés du modèle en vigueur en Espagne, peuvent regrouper entre 15 et 45 personnes qui s\u2019organisent pour cultiver leur pot.Ces clubs ont le droit de cultiver 99 plants dans des jardins communautaires.Ces lieux hautement contrôlés par une lourde bureaucratie sont peu populaires à ce jour : à peine une vingtaine de clubs de cannabis sont en voie de certification, indique Line Beauchesne.La légalisation permet aussi la culture de marijuana par des producteurs privés regroupés dans une Fédération des cultivateurs de cannabis.Comme au Canada, où les producteurs de pot thérapeutique se trouvent sous une haute sur veil- lance des autorités, les producteurs de l\u2019Ur uguay doivent obéir à des normes strictes de qualité et de sécurité.« L\u2019important, pour casser le marché noir, est de garder les prix bas.Pour cette raison, l\u2019Uruguay a résisté à la tentation de taxer le cannabis.Au Canada, il faudra éviter de faire les mêmes bêtises qu\u2019avec le tabac, qui est beaucoup trop taxé.Les gouvernements sont assoif fés de taxes » , af firme Line Beauchesne.Cannabis au volant Comme la légalisation vise à « réduire les méfaits », l\u2019Uruguay a interdit la promotion du cannabis et a réglementé l\u2019étiquetage et la vente au détail.Une vaste campagne contre le cannabis au volant fait aussi partie du plan de légalisation.« Le Canada doit régler tout de suite la question du cannabis au volant, avant la légalisation.C\u2019est primordial.Il existe une façon simple de le faire : il s\u2019agit d\u2019interdire la conduite avec les facultés af faiblies, que ce soit par l\u2019alcool, le cannabis, les médicaments ou la fatigue.Au moins 15 % des accidents de la route sont dus à la fatigue », dit Line Beauchesne.Un des plus grands défis de la légalisation du cannabis au Canada sera de créer une synergie entre Ottawa, les provinces et les ter ri - toires, qui devront tous jouer un rôle.Le gouvernement fédéral donnera le ton en énonçant les grands principes, mais la mise en œu- vre de la légalisation sur le ter rain relèvera en bonne par tie des provinces, rappelle la professeure de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Qui vendra le cannabis ?La Société des alcools du Québec ?Les pharmacies ?D\u2019autres détaillants ?Quelles seront les heures d\u2019ouverture ?Quel sera le niveau de taxation ?Dans un monde idéal, Ottawa dicterait les grandes lignes du projet.Les provinces s\u2019y conformeraient, mais la légalisation sera sans doute à géométrie variable, estime Line Beauchesne.« Les provinces peuvent détruire la politique de légalisation.Ça paraît simple de légaliser le cannabis, mais ça ne l\u2019est pas.» Le Devoir A 5 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 0 A V R I L E T D I M A N C H E 1 E R M A I 2 0 1 6 L \u2019 INDUSTRIE DU CANNABIS A 4 F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S L\u2019 industrie émer- gente qu\u2019est celle de la marijuana médicale est si jeune que la rentabilité n\u2019est pas encore au rendez-vous, affirme un regroupement pancanadien d\u2019entreprises autorisées.Cela dit, le taux de croissance du nombre de patients a de quoi faire des jaloux dans d\u2019autres créneaux : 10 % par mois.« Les producteurs ont investi des millions», dit Colette Rivet, directrice générale de l\u2019Association de l\u2019industrie du cannabis médical du Canada, qui représente 65 % des producteurs.« Mais aucun d\u2019entre eux n\u2019a encore récupéré ses dépenses d\u2019investissement.» À peine 31 producteurs, qui ont reçu l\u2019autorisation de Santé Canada pour produire du cannabis médical, se disputent le marché d\u2019environ 50 000 patients actuels.En se basant sur les taux de pénétration de marchés bien établis comme la Californie et le Colorado, Dundee Capital Markets a estimé l\u2019an dernier que le nombre d\u2019usagers pourrait atteindre 1 % de la populat ion canadienne d\u2019ici 2024, donc 400 000 personnes, et 2 % d\u2019ici 2034.« Sur la base d\u2019un prix de 5,50$ à 7,50$ le gramme, et la consommation moyenne d\u2019un gramme par jour, nous entrevoyons un marché de 1,2 milliard en 2024», a écrit l\u2019an dernier l\u2019analyste financier Aaron Salz, de Dundee, dans une analyse de 60 pages survolant plusieurs sociétés inscrites en Bourse.Oui , inscri tes en Bourse.Des sociétés comme Canopy Growth, le plus gros du secteur au Canada, Aphria, PharmaCan, Mettrum Health, Organigram\u2026 D\u2019ailleurs, les exigences réglementaires imposées aux sociétés à capital ouvert font en sor te que leurs données financières sont publiques.T o u t c o m m e l e u r s p r o - blèmes.Par exemple, le rapport de gestion trimestriel de Canopy Growth, publié à la fin du mois de février, est révélateur.La section dédiée aux principaux risques est explicite : son principal fournisseur de conseil financier l\u2019a récemment avisé qu\u2019il ne veut plus faire affaire avec lui ni avec le secteur dans son ensemble ; l\u2019entreprise reconnaît qu\u2019elle est vulnérable à la perception du public ; elle doit faire el le-même ses études de marché parce que l\u2019industrie est encore jeune et les données sectorielles sont rares, etc.Stratégies d\u2019affaires Canopy, dont la valeur boursière tourne autour de 260 millions, a deux divisions.Alors que Tweed se veut plus cool, avec des produits dérivés comme des casquettes, des t- shirts et des mélanges à muffin, Bedrocan met de l\u2019avant une philosophie de compassion : depuis janvier 2016, toutes ses variétés de cannabis se vendent 5 $ le gramme.Chez un joueur plus petit, Mettr um Health, une récente présentation faite aux investisseurs décrit noir sur blanc la stratégie financière.La compagnie compte environ 6000 clients et enregistre des ventes annualisées de 8 millions.« L\u2019objectif est de stabiliser le coût des ventes dans une fourchette de 2 $ à 2,50 $ le gramme », peut-on lire.L\u2019entreprise pèse aussi ses options dans l \u2019optique d\u2019une légalisation récréative, notamment en matière de ventes au détail.« D\u2019ici là, le marché médical continuera de croître et va possiblement s\u2019accélérer », indique la compagnie, « en raison d\u2019une acceptation culturelle et politique plus grande ».Le Devoir Une industrie émergente avec des millions en jeu Pas encore rentable, le marché de la marijuana médicale est appelé à croître F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S L a production de marijuana médicale comme vecteur de diversification économique ?À Lebel-sur-Quévillon, où la fermeture d\u2019une usine de papier a fait disparaître 700 emplois il y a dix ans, un couple d\u2019infirmiers travaille d\u2019arrache-pied depuis un an et demi dans un seul but : envoyer une demande de permis à Santé Canada.« Je veux une réponse d\u2019ici l\u2019automne.Sinon, j\u2019irai la chercher, dit Keven Boisvert, qui travaille dans le domaine de la santé avec sa conjointe.Le but n\u2019est pas d\u2019être mis en priorité, mais on a dépensé beaucoup d\u2019argent là-dedans, on est sérieux et on veut vraiment créer des emplois.On en a besoin.J\u2019ai confiance.» Si tout se déroule comme prévu, la demande sera transmise dans les deux ou trois prochaines semaines.Le projet, insiste M.Boisver t, est très avancé.Entente avec les Serres Harnois, des promoteurs locaux pour la construction d\u2019une voûte, services de la firme de sécurité montréalaise Sirco, plan d\u2019urgence, contacts avec la GRC\u2026 «On a juste à aller sur le site de Santé Canada pour faire une demande», dit M.Boisvert, dont le projet a récemment intéressé les médias régionaux, dont Radio-Ca- nada.«Mais en parlant avec notre firme-conseil de sécurité, on a décidé de monter un dossier béton en ayant tous les éléments pour montrer qu\u2019on est sérieux.» L\u2019investissement initial fait par l\u2019entreprise, nommée Écuries Sicistan, devrait se situer entre 1,5 et 2 millions.La production de la première année pourrait atteindre 500 ou 600 kg, selon M.Boisvert, qui prévoit la création de 10 à 15 emplois.S\u2019éloigner de la monoindustrie Après la papetière, les gens se sont tournés vers Hydro- Québec et les mines.« La mo- noindustrie, ça ne marche pas », dit le maire de Lebel-sur-Qué- villon, Alain Poirier, dont la ville compte 2200 personnes.« Il faut sortir de ce carcan-là.Quand un projet nous arrive, comme celui de M.Boisvert, il faut étudier les retombées.Ce sont des emplois et c\u2019est de la diversification, alors on est favorable.» Le sujet est délicat, convient le maire, qui voit dans l\u2019expérience une sorte de processus pédagogique pour tout le monde.«Son projet est médical.Ce n\u2019est pas un comptoir, là, où des gens qui veulent consommer pourront venir nous voir parce qu\u2019on aura du cannabis disponible.Ce n\u2019est vraiment pas ça.Mais les gens, en 2016, ont une ouverture d\u2019esprit par rapport à ça.» Les opinions ont été défavorables au début, dit M.Boisvert.«L\u2019opinion a changé rapidement lorsqu\u2019on a commencé à expliquer l\u2019objectif médical et la création d\u2019emplois.Là, tout le monde m\u2019en parle.» Ce processus d\u2019éducation populaire éclaire des lanternes chez ceux qui n\u2019ont pas saisi l\u2019ampleur de la réglementation.« Les installations seraient très sécurisées.Personne ne pourrait aller jouer autour de ça », dit le maire.Par ailleurs, le terrain ne sera pas situé dans le « périmètre urbanisé » , c\u2019est-à-dire le cœur commercial qui est entouré d\u2019une zone résidentielle.« C\u2019est comme n\u2019importe quelle industrie qu\u2019on veut accueillir ici, on ne la veut pas trop proche du périmètre.On parle de deux ou trois kilomètres.» Par exemple, le terrain choisi pourrait être situé près de l\u2019aéroport ou de l\u2019ancienne usine Domtar.Invitée par Le Devoir à dire si elle avait pris position dans le dossier, la Direction de la santé publique du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l\u2019Abibiti- Témiscamingue a écrit qu\u2019elle «n\u2019émettra pas de commentaire sur le sujet».Si jamais la légalisation se faisait à grande échelle, M.Boisvert voudrait évidemment augmenter sa production.«Mon but premier est médical.Mais si c\u2019était légalisé, j\u2019espère qu\u2019ils ne permettront pas à n\u2019importe qui de produire chez eux.Il faudrait que ça soit les mêmes producteurs déjà encadrés par Santé Canada.» Le Devoir Revitaliser la ville avec le cannabis Lebel-sur-Quévillon songe à produire de la marijuana médicale pour diversifier son économie La légalisation du pot est d\u2019abord une politique de santé publique qui vise à éloigner les enfants de la drogue, à encadrer la consommation des adultes et à éliminer le marché noir qui enrichit le crime organisé.Démonstration de ce qui attend le Canada à travers l\u2019exemple de l\u2019Uruguay.La révolution fumante de l\u2019Uruguay Comment un petit pays d\u2019Amérique latine peut inspirer le gouvernement Trudeau GUILLERMO LEGARIA AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019Uruguay a été le fer de lance de la légalisation de la marijuana en Amérique latine.Il fait partie des pays, comme la Colombie, le Pérou, le Chili, le Brésil, l\u2019Argentine et le Mexique, qui ont décriminalisé les drogues, à divers degrés, entre 1988 et 2009.L\u2019important, pour casser le marché noir, est de garder les prix bas.Pour cette raison, l\u2019Uruguay a résisté à la tentation de taxer le cannabis.Line Beauchesne, professeure au Département de criminologie de l\u2019Université d\u2019Ottawa « » 10 % Taux de croissance du nombre de patients consommant de la marijuana thérapeutique 31 Nombre de producteurs, qui ont reçu l\u2019autorisation de Santé Canada pour produire du cannabis médical 400000 Nombre de Canadiens qui pourrait consommer du cannabis médical en d\u2019ici 2024 Mon but premier est médical Keven Boisvert, travailleur dans le domaine de la santé « » Ce n\u2019est pas un comptoir, là, où des gens qui veulent consommer pourront venir nous voir parce qu\u2019on aura du cannabis disponible « » PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le producteur québécois Hydropothicaire va augmenter sa production de façon spectaculaire au cours des prochains mois afin de répondre à la demande actuelle pour la marijuana médicale, dit son président, Sébastien St-Louis (en photo).M A R C O F O R T I E R A u Colorado, le cannabis produit et vendu légalement est de si bonne qualité que les consommateurs boudent le pot vendu sur le marché noir par le crime organisé.M ê m e l e t o u t - p u i s s a n t crime organisé mexicain a perdu du terrain sur le marché illégal du cannabis aux États-Unis, explique Serge Brochu, professeur à l\u2019École de criminologie de l\u2019Université de Montréal.Il revient d\u2019un séjour d\u2019une semaine au Colorado, où il a étudié les impacts de la légalisation du cannabis.Le Colorado fait par tie des quatre États, plus la capitale fédérale, qui ont légalisé le cannabis au cours des dernières années.Les États-Unis restent officiellement engagés dans la « guerre contre les drogues », mais le président Obama tolère la légalisation du pot dans les États américains et dans les pays voisins \u2014 en Amérique latine et bientôt au Canada.Au Colorado comme ailleurs, les autorités ont le souci de freiner le marché noir contrôlé par le crime organisé.L\u2019État a réussi en bonne partie à limiter la part du marché illégal malgré des taxes de plus de 25 % sur le cannabis licite, a découvert Serge Brochu.«Le marché licite est un gage de qualité, dit-il.On a l\u2019impression que les consommateurs n\u2019ont pas d\u2019avantages à continuer de s\u2019approvisionner sur le marché noir.» Le professeur de l\u2019Université de Montréal explique que le « Colorado Gold » a une réputation enviable auprès des connaisseurs.Le taux de THC \u2014 l\u2019ingrédient qui provoque l\u2019euphorie \u2014 du cannabis légal est plus élevé que celui du pot mexicain.Les policiers américains ont indiqué à Serge Brochu que le marché noir du cannabis a diminué au Colorado depuis la légalisation.Un « marché gris » a toutefois pris la relève : le pot licite du Colorado se retrouve en vente dans les États voisins, où le cannabis reste illégal.De la même façon, il est plausible de croire que la marijuana légale du Canada se fraiera un chemin vers les États américains frontaliers, estime le professeur.La marchandise canadienne aura toutefois de la concurrence américaine, puisque 11 États, dont le Maine et le Vermont, tentent d\u2019organiser un référendum sur la légalisation du cannabis en marge de l\u2019élection présidentielle de novembre prochain.Questions pour le marché noir L\u2019ampleur du marché noir au Canada, après la légalisation, dépendra de décisions prises en grande partie par les provinces, estime Serge Bro- chu.«Le marché noir risque de garder la partie du marché que la loi ne permet pas de desservir », dit le professeur.Quelles seront les heures d\u2019ouverture des boutiques de cannabis ?Quel sera l\u2019âge légal pour en acheter ?Quel sera le taux de THC de la marijuana canadienne ?Si les boutiques légales ferment obligatoirement à 17 h, le marché noir r isque de prendre la place en soirée.Si l\u2019âge légal est fixé à 25 ans, les consommateurs plus jeunes continueront de s\u2019approvisionner sur le marché illicite.Et si le taux de THC est trop bas (comme au Mexique), le crime organisé se chargera d\u2019offrir du cannabis jugé plus attrayant.Le Devoir La poule aux œufs d\u2019or du « Colorado Gold » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 0 A V R I L E T D I M A N C H E 1 E R M A I 2 0 1 6 L \u2019 INDUSTRIE DU CANNABIS A 6 514 861-0469 | ymavocatsmtl.com Achetons immédiatement tableaux canadiens et européens.Antiquités haut de gamme.Grande valeur offerte.Évaluation verbale gratuite pour les noms ci-haut mentionnés, selon la disponibilité.Claude Lafitte évaluateur et expert conseil depuis 1975 \u2022 514.842.1270 2160 rue Crescent, Montréal, www.lafitte.com Borduas Ferron Fortin Gagnon Krieghoff Lemieux Letendre McEwen Pellan Riopelle Suzor-Côté et autres\u2026 Jean- 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par Ottawa ou pas, certaines personnes qui au- jourd\u2019hui font pousser leur pot entendent bien continuer à l\u2019avenir.Alfred* vit dans la grande région d\u2019Ottawa-Gatineau.Depuis de nombreuses années d é j à , i l c u l t i v e quelques plants de c a n n a b i s p o u r s a consommation personnelle et celle de quelques copains.On ignore encore si le gouvernement de Justin Trudeau, en légalisant cette drogue, autorisera les citoyens à en faire pousser eux- mêmes (comme en Uruguay, au Colorado, en Oregon et en Alaska) ou s\u2019il l\u2019interdira (comme dans l\u2019État de Washington).Mais peu importe la décision, Alfred continuera ses activités «agricoles».« Je ne vais pas payer 5 ou 10 $ le gramme de pot alors que le mien me coûte environ 0,10 $ à produire ! » lance-t-il au Devoir .Les tribunaux ont récemment invalidé l \u2019obligation qui était faite aux malades de se procurer leur marijuana thérapeutique auprès de fournisseurs accrédités par Ottawa justement pour u n e r a i s o n d e p r i x : l e gramme thérapeutique (qui doit être produit en respectant d\u2019onéreuses mesures de sécurité) se vend entre 6 $ et 10 $.La compagnie T weed offre une variété moins puissante à 5 $.Alfred fait en général pousser entre cinq et dix plants par année.Son investissement annuel atteint, dans le pire des cas, les 150 ou 200 $ par année : « J\u2019achète deux poches de ProMix, j\u2019ajoute généralement du fumier de crevettes et de l\u2019engrais pendant l\u2019année.» Les plants ne coûtent que 5 $ chacun.Avec tous ces for tifiants, chacun produit au moins 200 à 300 grammes pour une production annuelle d\u2019environ 1400 grammes de cannabis (50 onces).Sans compter les généreuses galettes de hachisch extrait des feuilles\u2026 Après avoir prélevé sa part personnelle, Alfred fournit quelques-uns de ses amis proches et réussit à se faire un revenu d\u2019appoint de quelques milliers de dollars par année.Le retour sur l\u2019investissement est plus qu\u2019intéressant.« Mais amis m\u2019aident pendant la saison [surtout pour extraire le hachisch à l \u2019automne] .Je ne leur vends pas cher, mais c\u2019est certain que je fais de l \u2019 a r g e n t a v e c ç a .Parce que c\u2019est moi qui prends tous les risques.» Pour Alfred ou ses amis, il restera encore beaucoup plus rentable de produire le pot eux-mêmes q u e d e s \u2019 a p p r o v i - sionner auprès des détaillants accrédités.« Je pense que ça va avoir un ef fet à long terme, prédit-il.Les plus jeunes seront moins susceptibles de se lancer là-dedans désormais parce que ça va être disponible l é g a l e m e n t .D o n c d\u2019ici 20 ou 30 ans, il n\u2019y aura presque plus de monde comme moi.» Alfred par ailleurs aime bien l\u2019idée de produire sa propre herbe.« C\u2019est de l\u2019agriculture locale.Je sais où il est cultivé, je sais ce que j\u2019ai mis dedans.» Cet argument de la culture locale est repris par Julien*, qui a longtemps fait pousser e n O u t a o u a i s q u e l q u e s plants, pour sa consommation personnelle et pour faire des dons à des amis.Comme il préconisait la culture non supervisée en forêt (avec les risques de per tes à cause d\u2019heureux randonneurs ou de chevreuils gastronomes) ou la culture en pot, sa production était réduite.« C\u2019est l\u2019fun de faire du jardinage et ça fait économiser des sous ! » lance Julien à propos de la culture à domicile.« Il y a aussi le plaisir de le voir grandir.» Selon lui, la légali- sat ion « ne va pas changer grand-chose de ce côté-là ».Le Devoir *Noms fictifs La fin du pot en pot ?Les petits producteurs ne devraient pas disparaître avec la légalisation J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U I sabella Clark, la première femme du premier ministre John A.Macdonald, était tomb é e g r a v e m e n t m a l a d e .Qu\u2019avait-elle ?Dans l\u2019intention de se soigner autant que d\u2019adoucir ses jours, elle développa vite une dépendance sérieuse à l\u2019opium.Elle en mélangeait, sous forme de poudre, avec du vin.Certains parlent à son sujet d\u2019une consommation équivalant à plus d\u2019une dizaine de boulettes de cette drogue chaque jour.Nous sommes au XIXe siècle.L\u2019opium est connu en Asie depuis des siècles comme analgésique.Mais à compter du XVIIIe siècle, les grandes puissances coloniales se lancent dans la vente de drogue, qui finance en retour les opérations de leurs administrations à l\u2019étranger.La France coloniale, au tournant du XXe siècle, alimente près de 25 % de son administration en Asie grâce au commerce de narcotiques.Elle compte pour ce faire sur la mise en place notamment d\u2019une Régie de l\u2019opium.En février 1909, à Shanghai, 13 pays se réunissent pour réguler le marché des opiacés.D\u2019autres réunions internationales suivront.Les mesures de restriction à la consommation prennent de l\u2019ampleur.Il n\u2019empêche que dans l\u2019Empire britannique, comme dans d\u2019autres univers coloniaux, les drogues circulent sans qu\u2019on en fasse trop de cas.Imaginons seulement Sherlock Holmes, le héros policier de Conan Doyle, véritable adepte de la morphine et de la cocaïne.À Montréal, on trouve dans les années 1910 des caricatures et des textes qui s\u2019inquiètent de la prolifération des narcotiques.La prohibition qui se dessine a- t-elle contribué au contrôle des excès dont on s\u2019inquiète alors?En 2014, une analyse des eaux usées de Montréal indiquait qu\u2019environ 25 000 doses de cocaïne étaient consommées chaque jour à Montréal.Les volutes de la prohibition Mais pendant très longtemps, les préoccupations de la société sont davantage tournées vers l\u2019alcool.À compter des années 1830 et 1840, de puissantes campagnes envers la tempérance voient le jour.Ces mouvements ne lâchent pas prise et finissent dans beaucoup de cas par triompher localement.Au Canada français, à la suite de la défaite des Insurrections de 1837-1838, l\u2019Église s\u2019installe en force.Elle favorise ce qu\u2019elle appelle un « réveil religieux ».Cette période est propice à des élans mystiques dans lesquels l\u2019alcool est tenu d\u2019emblée comme un fléau.Mais ce sont aussi des notables, pas forcément des croyants fervents, qui prêchent pour un contrôle sévère de l\u2019alcool, voire pour son interdiction.En 1845, Mgr Lartigue considère que l\u2019abstinence totale est une avenue que les forts doivent emprunter pour ser vir d\u2019exemples aux faibles.On trouve des élans du même type chez les protestants et des figures associées au progrès social, comme l\u2019ancien patriote Wolfred Nelson qui est un ardent partisan du régime sec en ce qui concerne l\u2019alcool.Dans beaucoup de milieux, la prohibition de l\u2019alcool est présentée comme une réforme sociale préliminaire à toutes les autres.Des apôtres de la tempérance font leur apparition.Un des plus célèbres est Charles Chiniquy, en qui Mgr Bourget place toute sa confiance pour la lutte contre l\u2019alcool.De grandes processions contre l\u2019alcool se mettent en branle.Partout au Québec, les croyants se pressent par milliers pour ériger des croix de la tempérance.Plusieurs provinces canadiennes interdirent alors purement et simplement la vente d\u2019alcool.Au Québec, l\u2019interdiction totale fut de courte durée.En 1919, au sor tir de la Première Guerre mondiale, elle fit l\u2019objet d\u2019une consultation populaire.L\u2019interdiction pure et simple de l\u2019alcool avait permis à des associations de malfaiteurs de prospérer, tout en vendant des produits de mauvaise qualité susceptibles d\u2019intoxiquer gravement leurs consommateurs.Le maintien de la prohibition aux États-Unis entraîna un commerce illicite aux frontières, dont plusieurs villes et villages limitrophes conservent à ce jour le souvenir.Dans plusieurs provinces, l\u2019État accapara la vente légale d\u2019alcools en tout genre.En 1921, le gouvernement du Québec crée la Commission des liqueurs, qui devient en 1961 la Régie des alcools, puis la Société des alcools en 1971.Il faut attendre cette époque pour que les clients puissent toucher les bouteilles directement sans contraintes, selon la pratique désormais commune du libre-service.Le Devoir HISTOIRE Entre prohibition, tempérance et libre-service Les perspectives sur les drogues et l\u2019alcool ont été bousculées à travers les époques «Les plus jeunes seront moins susceptibles de se lancer là-dedans désormais parce que ça va être disponible légalement.» ) >=, 4 PC b | vy FA) ox.% - f r var\" JR: Ne bad 3 Le + A 5, .2 p 2D 7 N us 3 ÿ % 4 \u2026\" a A 3 ; a o , 1 X = ip \\ Se ÿ Le) UE) ha 4 RY $ w 1 -e i 3 2 ar) \u2018 A caf H \u2019 rase A i EQ qe 4 Lod hla he Ad hE J rds 5, 3 », «\\ zZ a Eu\u201d Fa pitt a a La \u2014 x \\ ve) Ta corm ai * 5 3 a (19 = Ji 7 CEM v QS eu = wt rd L a Ne & +.a pl) ¢ N~ ~~, pA à xs p 4 de \"Ty, > (24 > cie LS 35, Ps, he AW N .Ÿ a ler + at eT .1B) nas un o Bom a * por Ala, ~f.LY hE} \\ M » $ ~~ nd 34 -\u2014a gx N [ye al [oy AA A ce TEA iy Ly 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FEDERATION CS DES PROFESSIONNELES CSN.qC.ca L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 0 A V R I L E T D I M A N C H E 1 E R M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 8 J E A N N E C O R R I V E A U L\u2019 incertitude persiste quant au sort de la maison Boi- leau, une demeure ancestrale de Chambly condamnée à la démolition.Les discussions visant à sauver l\u2019immeuble se poursuivent entre Québec et la Ville de Chambly.La ministre de la Culture, Hélène David, devait annoncer vendredi si elle comptait déposer un avis d\u2019intention de classement pour la maison Boi- leau, une mesure qui aurait assuré la sauvegarde de l\u2019immeuble.En après-midi vendredi, l\u2019attaché de presse de la ministre a indiqué au Devoir qu\u2019aucune décision ne serait prise au cours de la journée.« Il y a des discussions qui sont en cours avec le maire de Chambly et ces discussions se poursuivent », a dit Karl Filion sans pouvoir préciser de nouvel échéancier.Constr uite au début du XIXe siècle, la maison Boileau a appartenu au notaire René Boi- leau, patriote et figure marquante de la ville de Chambly.Compte tenu de la détérioration du bâtiment, le conseil municipal de Chambly avait autorisé sa démolition le 5 avril dernier.Le ministère de la Culture ayant été saisi d\u2019une demande de classement, la ministre David a demandé et obtenu de la Ville de Chambly l\u2019engagement selon lequel la maison ne serait pas démolie avant le 29 avril.Il n\u2019a pas été possible, vendredi, de parler au maire de Chambly, Denis Lavoie, afin de savoir si la démolition de la maison pouvait survenir dans les prochains jours.«Comme c\u2019est la Ville qui délivre le permis de démolition, c\u2019est elle qui a le contrôle sur ce permis et ce n\u2019est pas nous.Mais on discute avec [le maire]», a indiqué M.Filion.Des citoyens inquiets Pendant ce temps, les citoyens qui militent pour la sauvegarde de la maison croisent les doigts.Plus tôt cette semaine, ils ont reçu l\u2019appui de la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, qui a pressé la ministre de protéger la maison.À l\u2019Assemblée nationale, mercredi, la ministre David a expliqué que le Québec comptait quelque 5000 maisons ayant appar tenu à des patriotes et que son ministère ne pouvait les classer toutes.« Il y a énormément de patriotes dont les maisons ont été classées », a- t-elle souligné.Le Devoir CHAMBLY Le sort de la maison Boileau en suspens J E A N N E C O R R I V E A U L es élus municipaux ont droit cette année à des augmentations de salaire de 1,5 %.La rémunération du maire Denis Coderre passera ainsi à 165 373 $, et celle du maire Régis Labeaume à 156 992 $, sommes auxquelles s\u2019ajoute une allocation de dépenses de 16 216 $.C\u2019est la Loi sur le traitement des élus municipaux qui fixe les hausses de salaire autorisées.Celles-ci sont établies en fonction de la taille des villes et du taux d\u2019augmentation des prix à la consommation au Canada entre décembre 2013 et décembre 2014, qui a atteint 1,5%.En tenant compte de l\u2019allocation de dépenses de 16 216 $ consentie à tous les élus, la rémunération globale du maire Coderre a grimpé à 181 589 $ en 2016, contre 178 905 $ l\u2019an dernier.Celle de Régis La- beaume est passée de 170 579$ à 173 138$ entre 2015 et 2016.Pour sa par t, le maire de Laval, Marc Demers, a droit à une rémunération globale de 167 705 $, alors les maires de Gatineau, Longueuil , Sherbrooke, Saguenay, Lévis, Trois-Rivières et Terrebonne toucheront 158 654 $ en 2016.Les élus autres que les maires reçoivent des rémunérations additionnelles s\u2019ils occupent des fonctions au comité exécutif ou au sein de commissions, par exemple.En 2015, les élus montréalais les mieux payés après le maire Coderre étaient Pierre Desro- chers, Anie Samson, Russell Copeman, Chantal Rouleau et Lionel Perez, avec une rémunération globale de 162 612 $.Comparaisons À ceux qui pourraient critiquer la hausse de salaire du maire Coderre, son cabinet rétorque que celle-ci est encadrée par la loi.À titre de comparaison, les hausses de rémunération des employés de la Ville de Montréal (cadres et employés syndiqués) varient de 2 % à 2,5 % en 2016, a précisé Louis-Pascal Cyr, directeur des communications au bureau du maire.À Québec aussi, on soutient que la hausse de salaire du maire Labeaume est justifiée.« S\u2019il y a un maire qui se démène, c\u2019est bien lui », indique l\u2019attaché de presse de M.La- beaume, Paul-Christian Nolin.De plus, dit-il, le maire La- beaume a toujours réclamé que les avantages accordés aux élus qui quittent leurs fonctions avant la fin de leur mandat leur soient retirés.Nouvelles règles Plus tôt cette semaine, le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, a d\u2019ailleurs déposé des propositions d\u2019amendements au projet de loi 83 afin d\u2019appliquer au monde municipal les règles qui encadrent la rémunération des députés de l\u2019Assemblée nationale.Ainsi, lorsque la nouvelle loi entrera en vigueur, les élus municipaux quittant leurs fonctions en cours de mandat n\u2019auraient plus droit à des indemnités à moins d\u2019un problème de santé important.Un cas récent avait soulevé la controverse.Accusé de crimes sexuels contre une personne mineure, l\u2019ex-maire de Mont- réal-Nord, Gilles Deguire, avait reçu une indemnité de départ de 146 000 $.De plus, les élus reconnus coupables d\u2019une infraction au Code criminel pourraient être destitués.Rappelons qu\u2019en juillet dernier, le maire de Baie-Trinité, Denis Lejeune, avait reçu un verdict de culpabilité d\u2019agression sexuelle, mais il avait pu continuer à occuper ses fonctions d\u2019élu.Le Devoir Des hausses de salaire de 1,5 % pour les maires J E A N N E C O R R I V E A U L es coaccusés dans le procès du Faubourg Contre- cœur connaîtront en juin la décision du juge Yvan Poulin au sujet des requêtes en arrêt des procédures qui lui ont été présentées.D\u2019ici là, le procès est ajourné.Le procès qui avait débuté le 8 février dernier devait durer trois mois.Mais en raison des nombreuses requêtes déposées par la défense, le tribunal n\u2019a pu se pencher sur le cœur de l\u2019af faire, et aucun témoin n\u2019a encore été entendu.Les avocats des coaccusés, parmi lesquels Frank Zam- pino, ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, avaient demandé l\u2019arrêt des procédures.Ils ont fait valoir que le ministère public avait tant tardé à divulguer de nombreux éléments de preuve qu\u2019il devenait ardu pour la défense d\u2019analyser convenablement une si grande quantité de documents.Plus tôt cette semaine, le juge Yvan Poulin a entendu les arguments de la Couronne, qui a réclamé le rejet des requêtes de la défense.Le juge Poulin rendra sa décision le 17 juin.Si le juge devait rejeter ces requêtes, le procès ne reprendra qu\u2019en janvier 2017, puisque les avocats n\u2019ont pu trouver de dates convenant à tous plus tôt.Rappelons que, dans ce dossier, huit coaccusés font face à des accusations de fraude, complot et abus de confiance.Ils sont soupçonnés d\u2019avoir manœuvré pour favoriser l\u2019entreprise Construction F.Cata- nia pour la réalisation du projet immobilier dans Mercier\u2013 Hochelaga-Maisonneuve.Un des accusés, Bernard Trépanier, ex-collecteur de fonds du par ti de l \u2019ancien maire Gérald Tremblay, a obtenu un procès distinct en raison des traitements contre le cancer qu\u2019il doit subir.Il devra revenir en cour le 24 mai.Parmi les autres accusés, on compte Frank Zampino, Paolo Catania, ex-président de Construction F.Catania, ainsi que Martin D\u2019Aoust, Pasquale Fedele, André Fortin et Pascal Patrice, des employés de Construction F.Catania au moment des faits reprochés.Le Devoir FAUBOURG CONTRECŒUR Le procès est ajourné jusqu\u2019en juin ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Uber contre taxi dans les rues de Montréal Deux manifestations se sont déroulées simultanément vendredi, l\u2019une des partisans d\u2019Uber (notre photo) et l\u2019autre, juste à côté, de la Coalition Main rouge, contre les paradis fiscaux, mais en partie en compagnie de chauffeurs de taxi.Le tout s\u2019est déroulé sans incident, sur l\u2019heure du dîner et en début d\u2019après-midi, au centre-ville de Montréal, sous forte surveillance policière.Par ailleurs, alors que le ministre Jacques Daoust affirme que l\u2019entreprise Uber fait du transport illégal de personnes, la Commission- Jeunesse du Parti libéral \u2014 son propre parti \u2014 a invité ses membres à participer à la manifestation en faveur d\u2019Uber.Le ministre des Transports n\u2019a pas encore déposé son projet de loi pour encadrer Uber.Pourtant, du même souffle, la Commission-Jeu- nesse du Parti libéral a diffusé un communiqué vendredi dans lequel elle apparente Uber à « l\u2019économie du partage».P H I L I P P E O R F A L I M ême s\u2019il ne présentera la réforme du Code de la sécurité routière qu\u2019à l\u2019automne, le ministre des Transports intervient «maintenant» pour accroître la sécurité des cyclistes sur les routes.Jacques Daoust incorporera des changements réglementaires relatifs à la bicyclette réclamés depuis des années dans le projet de loi sur l\u2019industrie du taxi qui doit être adopté sous peu.« Il y a urgence d\u2019agir », a estimé vendredi Jacques Daoust.La veille, son attachée de presse avait pour tant indiqué que ces changements devraient attendre à l\u2019automne.Le ministre entend obliger les automobilistes à respecter un « corridor de sécurité » de 1 mètre à l\u2019approche d\u2019un vélo.Il sera dès lors illégal d\u2019effectuer un dépassement sans respecter cette zone tampon.Le montant des amendes pour l\u2019emportiérage \u2014 le fait d\u2019emboutir, avec sa porte de voiture, un cycliste roulant dans la voie adjacente à l\u2019espace de stationnement \u2014 connaîtra quant à lui une hausse «significative», promet-il, sans toutefois s\u2019avancer sur un chiffre précis.À Montréal, environ trois cyclistes par semaine sont victimes d\u2019un emportiérage, selon la police.Ce nombre ne serait que la pointe de l\u2019iceberg, puisqu\u2019il ne comprend que les cas rapportés, bien souvent les plus graves.L\u2019article 430 du Code de la sécurité routière précise déjà que «nul ne peut ouvrir la portière d\u2019un véhicule [\u2026] sans s\u2019assurer qu\u2019il peut ef fectuer cette manœuvre sans danger».Or, si les conséquences pour le cycliste peuvent être mortelles, l\u2019amende actuelle est «ridiculement basse», selon la présidente de Vélo Québec, Suzanne Lareau.Le même délit entraîne actuellement, en Ontario, une amende de près de 500$.Seulement dans les villes Dans le projet de loi sur l\u2019industrie du taxi, M.Daoust souhaite donc inclure une « mesure papillon » , c\u2019est-à- dire ajouter ces deux éléments à un texte législatif déjà à l\u2019étude, pour qu\u2019ils entrent en vigueur en même temps que celui-ci, probablement à la fin de la session parlementaire, « en attendant la refonte du Code à l\u2019automne».«On a actuellement le projet de loi sur le transport collectif dans la région de Montréal, et le projet de loi sur l\u2019industrie du taxi.Je n\u2019aurais pas eu le temps de [présenter en plus un projet de loi sur] la sécurité routière.Il y a deux urgences, le corridor de sécurité et l\u2019emportiérage, et on s\u2019occupe de ces deux urgences.» Pour l\u2019heure, ces deux changements s\u2019appliqueront uniquement dans les villes, lieux où les accidents de la sor te sont les plus fréquents, selon lui.«C\u2019est là qu\u2019il y a le plus de risques.Sur les routes en banlieue et en campagne, on a plus de marge de manœuvre.[\u2026] Il faut arrêter ces frôlements tellement dangereux.» Il reconnaît que les rappels à l\u2019ordre de l\u2019homme d\u2019affaires et ex-cycliste professionnel Louis Garneau, et du père de Mathilde Blais, cette cycliste ayant péri sous les roues d\u2019un camion qui tentait de la dépasser, sous le viaduc Saint- Denis, à Montréal, le 28 avril 2014, ont eu l\u2019effet escompté.M.Garneau et Jean Blais reprochaient à Québec son inaction, alors même que l\u2019ex-mi- nistre des Transports, Robert Poëti, avait promis d\u2019agir rapidement, il y a plus d\u2019un an.Le Devoir SÉCURITÉ ROUTIÈRE Des mesures pour protéger les cyclistes seront appliquées dès cet été T E R R Y P E D W E L L à Ottawa U n hôpital en Syrie qui bénéficiait de l\u2019aide du Canada a été détr uit par des frappes aériennes délibérées, a indiqué un organisme humanitaire, ajoutant que cela avait forcé d\u2019autres hôpitaux de la région à fermer leurs portes.Le Centre de soins médicaux Al-Marjeh, qui est situé dans une zone contrôlée par les rebelles, à Alep, a été bombardé vendredi, a annoncé l\u2019Union des organisations de secours et de soins médicaux.L\u2019établissement a reçu des fournitures médicales d\u2019une valeur de plusieurs millions de dollars de la part du Canada.Des images de l \u2019attaque partagées sur le site Internet du groupe montrent un édifice en ruines et du matériel médical enfoui sous un toit qui s\u2019est effondré.Selon l\u2019organisme, connu sous son acronyme français UOSSM, c\u2019est la deuxième fois en trois jours qu\u2019un hôpital civil est bombardé à Alep.«L\u2019un de nos centres de soins de santé primaires à Alep a été frappé gravement, directement par un tir aérien», a déploré le médecin Anas Al Kassem, un chirurgien d\u2019Oakville, en Ontario, qui dirige UOSSM-Canada.« Heureusement, pas de victime, mais la zone, les édifices, la clinique dentaire ont été détruits gravement», a-t-il ajouté.«Crime de guerre» Environ 50 médecins canadiens sont impliqués dans l\u2019UOSSM, mais aucun d\u2019entre eux n\u2019a travaillé dans le centre Al -Marjeh depuis plus d\u2019un an puisque la ville est trop dangereuse, a dit M.Al Kassem.L\u2019organisme non gouvernemental, qui a quali- f ié l \u2019attaque de crime de guer re, a incité la communauté internationale à protéger les hôpitaux et les travailleurs humanitaires de la guerre civile qui fait rage en Syrie.«Quelque chose doit arriver, parce que ce sont des crimes de guerre contre l\u2019humanité, et nous ne pouvons pas opérer de cette façon», a soutenu le médecin.Le gouvernement canadien a condamné les récentes attaques «inacceptables» contre des installations médicales.«Les Canadiens sont outrés par le ciblage délibéré de bénévoles, de travailleurs humanitaires et de membres du personnel médical venant en aide au peuple syrien», a déclaré la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bi- beau, par voie de communiqué.Selon l\u2019organisme, le centre Al-Marjeh avait ouver t ses portes en 2014 et avait, depuis, of fert 46 000 consultations à des femmes et des enfants, notamment.Bien que les organismes et les hôpitaux canadiens envoient des fournitures médicales au centre, il est financé par le gouvernement français et les Nations unies.Six hôpitaux ont été la cible d\u2019attaques dans la dernière semaine, selon M.Al Kassem.Au mois d\u2019octobre, 15 établissements médicaux avaient été touchés \u2014 à peu près au même moment où la Russie a lancé sa campagne de frappes en Syrie.Au moins 27 personnes ont perdu la vie dans l\u2019une de ces attaques, jeudi dernier, a indiqué Amnistie internationale.La ville d\u2019Alep est divisée entre les troupes gouvernementales de Bachar al-Assad et les factions rebelles.Cette semaine, les bombardements ont tué environ 200 personnes, selon l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019homme.Le docteur Al Kassem a attribué la responsabilité de l\u2019attaque de vendredi aux troupes r usses et syriennes, mais cette information n\u2019a pas pu être confirmée.La Presse canadienne SYRIE Un hôpital d\u2019Alep qui bénéficiait de l\u2019aide du Canada a été détruit S T É P H A N I E M A R I N A ndré Arthur a animé vendredi sa dernière émission de radio et déclaré à ses auditeurs en guise d\u2019adieu : « Je sacre mon camp, that\u2019s all folks ! » Lors de l\u2019émission dif fusée vendredi midi sur CHOI Radio X 98,1 Québec, l\u2019homme de 72 ans a dit que ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019il perd un boulot en radio, mais qu\u2019il s\u2019agit de la dernière.Le controversé animateur avait repris sa place derrière le micro en août dernier, ce qu\u2019i l a qualif ié de l \u2019un des « plus beaux plaisirs qu\u2019on lui avait faits », lors de l\u2019émission éponyme Arthur le midi.Le départ ne s\u2019est fait ni volontairement ni d\u2019un commun accord : M.Arthur a déclaré en ondes que les dirigeants de la station lui ont indiqué vouloir mettre fin à sa participation.L\u2019animateur dit avoir «rouspété et supplié un peu».Sans expliquer les raisons de cette décision, M.Arthur, qui a souvent tenu des propos controversés, a dit qu\u2019il est impossible de plaire à tous dans ce métier.« Dans le métier qu\u2019on fait, si tout le monde vous aime, si tout le monde vous apprécie au plus haut point et si tout le monde vous félicite à tout bout de champ, c\u2019est que vous ne faites pas votre job», a-t-il dit.Il af firme qu\u2019il est impossible de parler de sujets qui lui tiennent à cœur sans déplaire à l\u2019occasion « ni sans piler sur l\u2019orteil de quelqu\u2019un».«On vit dans une société où il est beaucoup plus important de plaire que de dire la vérité», a-t- il lancé en guise de conclusion.Sur son compte Twitter, la station CHOI Radio X a fait savoir qu\u2019i l s \u2019agissait vendredi de la dernière émission d\u2019André Arthur, sans fournir plus de détails.En entrevue téléphonique, le directeur général de CHOI Radio X, Philippe Lefebvre, a refusé de dire précisément pourquoi le contrat de l\u2019animateur a été révoqué.« Il s\u2019agit d\u2019un ensemble de facteurs, dont ce qu\u2019il affirme en ondes [que ce serait en lien avec des propos lancés lors de son émission], mais ça ne se limite pas exclusivement à ça», a dit M.Lefebvre.Il a précisé que lorsque André Ar thur a été embauché, tous savaient que ce n\u2019était pas pour le long terme et que, d\u2019ailleurs, son contrat n\u2019avait pas de durée précise.Il a ajouté que «malgré l\u2019émotion d\u2019André et la nôtre aussi, ça s\u2019est quand même bien terminé malgré tout».Ils ont rigolé ensemble après la prise de décision, a-t-il dit, et l\u2019animateur a tenu à finir sa semaine, après avoir appris la décision mardi.«Je pense que c\u2019est la première fois de sa carrière qu\u2019il a la chance de saluer ses auditeurs», a poursuivi M.Lefebvre.Dès vendredi midi, son nom n\u2019apparaissait pas sur la liste des animateurs de la station, ni son émission.Celui qui était connu sous le surnom de «Roi Arthur» à une cer taine époque avait commencé sa carrière radiophonique dans les années 1970 et a par la suite travaillé à dif fé- rentes antennes.Il a fait l\u2019objet de nombreuses plaintes auprès du CRTC et de quelques poursuites devant les tribunaux.Il a aussi été le député fédéral indépendant de la circonscription de Portneuf\u2013Jacques- Cartier, de 2006 à 2011.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 0 A V R I L E T D I M A N C H E 1 E R M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 9 C E N T R E D E R E C H E R C H E S M A T H É M A T I Q U E S CR M LE VENDREDI 6 MAI 2016 Entrée libre PAVILLON ANDRÉ-AISENSTADT 2920, chemin de la tour, Salle 1140, Université de Montréal Université-de-Montréal ou Côte-des-Neiges Un vin d\u2019honneur sera offert gracieusement à 18 h 30 HORAIRE ET INSCRIPTION : http://crm.umontreal.ca/2016/science24heures2016/index.php LES MATHÉMATIQUES AU SERVICE DE L\u2019ENVIRONNEMENT Dans le cadre de 24 heures de science Dans le cadre de la 11e édition des 24 heures de science Vous êtes invité(e) à une demi-journée d\u2019activités de 14h à 20h30 où vous découvrirez le rôle des mathématiques dans l\u2019environnement.Vous pouvez assister à l\u2019ensemble des activités, ou encore vous joindre à nous pour une activité particulière.L\u2019ensemble des activités auront lieu au Pavillon Claire-McNicoll ou au Pavillon Jean-Coutu de l\u2019Université de Montréal.Amenez vos étudiant(e)s, ami(e)s et parents.445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Papeter ie Casse - Noisette Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter .Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 A L E X A N D R E S H I E L D S T ransCanada a accepté de produire une étude d\u2019impact de son projet Énergie Est après avoir « convenu » d\u2019un calendrier de réalisation pour l\u2019évaluation environnementale avec le gouvernement du Québec.C\u2019est ce qui se dégage des informations rendues publiques vendredi par la pétrolière albertaine, qui dévoilait ses résultats financiers pour le premier trimestre de 2016, période au cours de laquelle les bénéfices ont atteint 252 millions de dollars.Trans- Canada y donne des détails sur les progrès de ses dif fé- rents projets, dont le pipeline de 15,7 milliards de dollars qui doit traverser le Québec.L\u2019entreprise de Calgar y y précise qu\u2019elle a accepté de soumettre une étude d\u2019impact pour Énergie Est après avoir eu des « communications » avec le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.La pétrolière indique ainsi qu\u2019elle a accepté de mener son étude selon les dispositions de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement, qui prévoit que tout pipeline de plus de deux kilomètres est assujetti à une procédure environnementale précise, et ce, depuis 1980.TransCanada a toutefois accepté de s\u2019y plier selon un calendrier « convenu » pour la suite du processus d\u2019étude, peut-on lire dans le document d\u2019information rendu public vendredi.Selon ce qu\u2019écrit la multinationale à ses actionnaires, le calendrier négocié et la production d\u2019une étude d\u2019impact ne devraient d\u2019ailleurs pas occasionner de retards pour la procédure fédérale menée sous l\u2019égide de l\u2019Office national de l\u2019énergie.Juridiction fédérale L\u2019entreprise réitère en outre qu\u2019elle par ticipe à la procédure environnementale québécoise de façon « volontaire », comme elle l\u2019écrivait d\u2019ailleurs dans l\u2019avis de projet transmis au gouvernement du Québec la semaine dernière.La pétrolière estime depuis le début que son projet est placé uniquement sous la juridiction du gouvernement fédéral.Des écologistes ont affirmé cette semaine que TransCa- nada a tout simplement dicté ses conditions au gouvernement du Québec avant d\u2019accepter de produire une étude d\u2019impact, comme le réclamait le gouvernement du Québec depuis novembre 2014.Dans une lettre transmise à TransCanada vendredi dernier, le ministère de l\u2019Environnement du Québec se montre d\u2019ailleurs rassurant.On promet ainsi à l\u2019entreprise que le délai pour réaliser l\u2019évaluation provinciale n\u2019excédera pas celui du gouvernement fédéral.Qui plus est, la directive transmise à TransCanada pour la production de son étude d\u2019impact ne fait pas mention de la question des émissions de gaz à effet de serre.On ne sait donc pas si cette question sera étudiée dans le cadre du BAPE qui doit se tenir l\u2019automne prochain.L\u2019organisme indépendant a indiqué au Devoir cette semaine que tout dépendra de la teneur du « mandat » qui sera octroyé par le ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel.Pipeline en 2020 Jeudi, le ministre a affirmé que le projet de pipeline Énergie Est ne pourra pas être construit au Québec tant que le gouvernement Couillard n\u2019aura pas donné une autorisation formelle à TransCanada.Le pipeline Énergie Est doit être soumis à une évaluation de l\u2019Office national de l\u2019énergie et une décision dans le dossier est attendue pour 2018.Trans- Canada espère alors commencer la construction, de façon à ce que le pipeline soit en exploitation en 2020 ou 2021, et ce, pour au moins 40 ans.Il transpor tera chaque année plus de 400 millions de barils de pétrole.Le pipeline Énergie Est traversera le territoire du Québec sur une distance de 650 kilomètres, franchissant au passage plus de 860 cours d\u2019eau, dont plusieurs rivières qui servent de source d\u2019eau potable.Il traversera aussi plusieurs terrains privés, puisque plus de 2000 propriétaires terriens sont concernés par le tracé de la pétrolière.Il s\u2019agit du plus important projet de pipeline en Amérique du Nord et du plus im- por tant projet industriel privé de l\u2019histoire du Québec.Quelque 80 % du pétrole des sables bitumineux et du Dakota du Nord qui circulera chaque jour dans le pipeline seront directement exportés, notamment vers les États-Unis et l\u2019Europe.Le Devoir ÉNERGIE EST TransCanada et Québec ont « convenu » d\u2019un calendrier pour l\u2019évaluation du pipeline André Arthur est congédié de CHOI RadioX à Québec RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR La décision de TransCanada de soumettre finalement Énergie Est à une étude d\u2019impact a mené à l\u2019annulation du BAPE sur le projet.Quelque 300 mémoires ne seront donc pas rendus publics.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L e journaliste Pierre Craig quitte Radio-Canada (RC).Il aura donc animé sa dernière saison, sa treizième, de La facture en 2015-2016.La décision de prendre sa retraite, à près de 65 ans, a été prise après la dif fusion du dernier épisode le 19 avril sur ICI Radio-Canada Télé.« C\u2019est un grand départ, serein, heureux et résolu », dit l\u2019animateur qui a aussi travaillé aux émissions Montréal ce soir, Le point, Enjeux et Le midi.Alors pourquoi partir maintenant, sans même avoir pris le temps de saluer en ondes ses trois quarts de million de fidèles téléspectateurs?«Pour répondre, je suis obligé de dresser un mur d\u2019opacité, moi, l\u2019ancien président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec [FPJQ], dit-il.Je trouve ça plate pour vous autres, les collègues.Je vais donc dire que je pars pour défendre mes convictions.» Mais encore?«Je n\u2019en dirais pas davantage.J\u2019ai pris la décision de partir zen.J\u2019ai pris la décision de ne pas partir en livrant bataille et en déchirant ma chemise.La raison est simple : c\u2019est juste pour mon bien-être.» La direction du diffuseur public refuse tout autant d\u2019expliquer la nature du dif férend.«Les principes auxquels Pierre Craig fait référence sont liés à des questions de régie interne que nous ne commenterons pas publiquement», écrit au Devoir Marc Pichette, directeur des relations publiques de Radio-Canada.Pierre Craig a été victime d\u2019un infarctus la veille de la Noël 2014.Il a alors été opéré d\u2019urgence et a ensuite délaissé la présidence de la FPJQ.« Je me suis beaucoup battu pour mes idées et mes convictions, aussi au sein de RC.Je n\u2019ai pas envie de partir en me battant.Je n\u2019ai pas d\u2019amertume.Mais j\u2019ai un pincement au cœur : je quitte une équipe que j\u2019adore et un public qui nous adore.» Il prépare un dernier reportage.Ce travail devrait être mené à bien le 12 mai.La diffusion se fera à la rentrée, en septembre, de La facture, émission qui doit donc reprendre les ondes pour une 21e saison.«En 20 ans, nous avons reçu un quar t de millions de messages de citoyens, explique l\u2019animateur Pierre Craig.Il y a là un immense appel à la justice.» Cette question le taraude de plus en plus.Il raconte que maintenant, devant les tribunaux du Québec, plus de la moitié des citoyens se représentent eux-mêmes, sans avocat, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas les moyens d\u2019en embaucher un.Le retraité Pierre Craig n\u2019a pas de projet professionnel de substitution précis pour l\u2019instant, sauf de prendre son temps.Il annonce par contre que s\u2019il reprend du service après ce repos, dans un format ou un autre, ce sera certainement autour de cette question de l\u2019accès à la justice ou plutôt de l\u2019injustice structurelle d\u2019un système judiciaire fortement grippé.Le Devoir Pierre Craig quitte Radio-Canada MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Pierre Craig a animé 13 saisons de l\u2019émission La facture.JACQUES GRENIER LE DEVOIR André Ar thur a été le député fédéra l indépendan t de l a circonscription de Por tneuf\u2013 Jacques-Cartier, de 2006 à 2011.Lire aussi \u203a Au public de La facture.Une lettre de Pierre Craig.Page B 4 Lire aussi \u203a Le tortueux chemin d\u2019un pipeline.Un texte d\u2019Alexandre Shields.Page B 3 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 0 A V R I L E T D I M A N C H E 1 E R M A I 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels 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pied d\u2019œuvre.Oubliez les fleurs du Botanix local, qui approvisionnait Rona et le 24 Sussex.Ce qui pousse aujourd\u2019hui, c\u2019est de la marijuana de haute qualité, cultivée dans des conditions hyperopti- males qui n\u2019ont rien à voir avec la culture illégale du marché noir.« Tout ce qu\u2019il y a dans la serre en ce moment, ça donne 150 kilos.Dans deux semaines, c\u2019est par ti.Tout sort.Dans trois semaines, on recommence », dit son président et cofondateur, Sébastien St-Louis.À raison de quatre récoltes par année, Hydropothicaire peut pro- du ire 600 k i los en 12 mo is .L\u2019ajout d \u2019une deux ième ser re, cinq fois plus grosse que la première, fera gr imper le total à 3600 kilos.La structure couvrant 35 000 pieds carrés est déjà montée ; elle sera prête dans six mois.En prévision d\u2019une légalisation promise par Just in Tr udeau ?« C\u2019est uniquement pour répondre à la demande actuelle.Sans la nouvelle serre, je ne peux pas prendre de nouveaux clients.» Et du coup, Hydropothicaire dépassera le plus gros producteur canadien, Canopy Growth, situé juste au sud d\u2019Ottawa.Ils sont une trentaine, au Canada, à pouvoir en faire la culture, une permission arrimée au Règ lement sur la mar ihuana à des fins médicales.L\u2019Ontario arrive au premier rang avec 18 producteurs, suivi de la Colombie- Britannique, avec 7.À l\u2019heure actuelle, on estime à 50 000 le bassin de patients qui consomment de la marijuana grâce à des prescriptions, un marché dont la taille potentielle est évaluée par certains à 500 millions de dollars.Une chose est claire : plusieurs producteurs salivent déjà à l\u2019idée d \u2019une légalisation à grande échelle, ce qui pourrait multiplier par dix la taille du marché.Idées préconçues L\u2019industrie combat encore un certain nombre de tabous, et l\u2019idée d\u2019une légalisation étendue ne fait pas l\u2019unanimité.D\u2019autant plus que Santé Canada affirme que « la marijuana n\u2019est pas un produit thérapeutique approuvé » et fait plusieurs mises en garde.Mais si l\u2019image que vous avez de la production de marijuana médicale est celle d\u2019une clique de hippies qui font pousser des plants dans un champ, exposés aux intempéries comme aux intrus dans un endroit accessible à tous, détrompez-vous.Ici, l\u2019emballage du produit fini, une boîte blanche de luxe au design épuré, fait penser à celui d\u2019un produit Apple.En plus des contrôles mensuels de Santé Canada, les laboratoires sont de pointe, les règles multiples, et le système de sécurité vient d\u2019un fournisseur qui se spécialise notamment dans le domaine bancaire.«On travaille avec la police locale, ajoute le président.Leur temps de réaction est de trois minutes.» Né à Ottawa il y a 32 ans, Sébastien St-Louis détient un MBA de l\u2019Université du Québec à Montréal et a travaillé, entre autres, à la Banque de développement du Canada.L\u2019idée de se lancer dans la mari juana sur vient en 2013.À l\u2019époque, un de ses amis travaille à Santé Canada, où il s\u2019occupe du service à la clientèle pour le vieux programme de marijuana.«Quand il m\u2019a dit que la loi changeait pour autoriser la marijuana médicale, je me suis dit \u201cOh! \u201d dit-il.J\u2019ai vu une occasion d\u2019af faires.» Il approche son beau-frère, Adam Miron, qui a cofondé ipolitics.ca, et les deux envoient une demande à Santé Canada.Quelques mois plus tard, ils font la rencontre de Louis Gagnon, propriétaire de l\u2019entreprise Aux Jardins de la Pointe-Botanix.Ce maître horticulteur de Masson-An- gers, un secteur de Gatineau, vit à côté des serres.Le noyau dur est complet : l\u2019homme de finance, le spécialiste en marketing et l\u2019horticulteur dont les fleurs ont déjà été primées par le ministère de l\u2019Agriculture.« Deux ans plus tard, on avait notre pleine licence.» Aujourd\u2019hui, Hydropothicaire fait affaire avec une quarantaine de cliniques.De manière générale, la moitié des clients ont des assurances.Qui sont-ils ?Entre autres, des vétérans aux prises avec un stress post-traumatique.Des gens qui souf frent de maladies chroniques.Ou des prestataires de la CSST, qui couvre le coût de la marijuana médicale.Règles strictes L\u2019ensemble des opérations est réglé comme une montre suisse.La vidéo de chaque caméra, par exemple, est conservée pendant au moins deux ans.Dans la salle de sécurité d\u2019un premier bâtiment, on ouvre un tiroir.« Au début, on stockait ça sur des disques durs de 2 teraoctets.On est passé à des disques de 4 teraoctets, puis 6», dit le directeur des installations.Il y a une vingtaine de disques.Sur les écrans, on voit à la fois des grands plans comme des plans plus serrés, concentrés sur la manipulation des employés.Au sous-sol se trouve une voûte de sécurité de « niveau 9 ».Cette cote désigne une voûte en béton dont le stockage autorisé est de 35 millions de dollars en produits finis.Santé Canada demande des murs d\u2019une épaisseur de 30 centimètres.Pour l\u2019expansion des prochains mois, Hydropothicaire s\u2019est doté de deux voûtes additionnelles, de niveau 10, aux murs de 45 centimètres, chacune étant capable de stocker pour 150 millions de dollars en produits finis.Pour accéder aux serres, on enfile les combinaisons blanches.«Je vous fais remarquer que vous n\u2019avez pas de poches sur ces combinaisons», dit M.St-Louis.Pourquoi ?Les règles de Santé Canada énumèrent toute une série de mesures de prévention contre le détournement potentiel.Le travail des employés est méticuleux.Pendant la récolte, tout est pesé, tout le temps : la plante au complet, les cocottes, les retailles.Croissance Si tout se déroule sans problème, le flux de trésorerie sera positif d\u2019ici l\u2019automne, ce qui veut dire que les entrées d\u2019argent seront supérieures aux dépenses.Le chif fre d\u2019affaires annuel pourrait atteindre 8 millions d\u2019ici décembre, 50 millions d\u2019ici cinq ans.«On a investi 10 millions jusqu\u2019à maintenant, et le même montant dans les trois prochains mois », dit le président.Une légalisation à grande échelle pourrait entraîner un investissement 10 ou 15 fois plus élevé.Car le terrain agricole sur lequel se trouve Hydropothi- caire couvre 65 acres (2,8 millions de pieds carrés, soit 43 terrains de football des Alouettes).«Le marché de l\u2019alcool est estimé à 23 milliards au Canada.En faisant des prévisions prudentes, on peut s\u2019attendre à au moins 4 milliards pour la marijuana récréative », dit M.St-Louis à la fin de la visite.«Mais je pense que ça peut se rendre à 23.» La grande question : où vendriez-vous?Le modèle pourrait varier et les options sont multiples, dit-il.Magasins d\u2019alcool, dispensaires autorisés, boutiques verticalement intégrées appartenant aux producteurs\u2026 Rien n\u2019est exclu.L\u2019équipe de direction, d\u2019ailleurs, a été approchée par des chaînes de pharmacies.Témoins d\u2019une autre époque, les anciennes serres des Jardins de la Pointe tiennent encore debout.Hors d\u2019usage, elles seront probablement démantelées.« Voulez- vous les voir ?C\u2019est de la vieille technologie.» Le Devoir l\u2019index les interprètes et les travailleurs sociaux qui ont organisé une sortie à la cabane à sucre pour les familles de réfugiés syriens nouvellement arrivés à Saint-Hyacinthe.Les musulmans, ce qu\u2019ils sont tous, ne mangent, bien sûr, pas de porc.«Mais dans la soupe aux pois, il n\u2019y en a pas beaucoup», risque une serveuse vêtue d\u2019une chemise à carreaux.Ce n\u2019est pas la quantité, mais la présence qui compte, explique patiemment l\u2019un des interprètes.Des scènes comme celle-là, les Syriens et les Maskoutains en vivront certainement plusieurs au cours des prochains mois.Car Saint-Hya- cinthe, une technopole agricole où 96% de la population dit parler français à la maison, s\u2019ouvre de plus en plus à l\u2019immigration.Au Québec, des 5500 réfugiés débarqués jusqu\u2019ici, la grande majorité (4500) ont été parrainés au privé.La plupart de ces parrainages ont lieu à Montréal.L\u2019intégration des Syriens est facilitée par leur prise en charge directe par de la parenté ou des groupes de citoyens particulièrement conscientisés.C\u2019est aussi dans la métropole montréalaise que vit la plus grande communauté syrienne au Canada.Ailleurs au Québec, c\u2019est une autre histoire.Les réfugiés syriens qui se retrouvent en région dans l\u2019une des treize villes choisies selon leur capacité à accueillir les nouveaux arrivants font surtout l\u2019objet d\u2019un parrainage par l\u2019État (à peine 1000).Ils n\u2019ont ni famille ni repères.Et la métropole montréalaise \u2014 surtout le fameux marché Adonis \u2014 leur semble bien loin.Des familles démunies Étudiante en technique de travail social, Paola est stagiaire à la Maison de la famille des Maskoutains, l\u2019organisme qui s\u2019occupe, entre autres, des réfugiés à Saint-Hyacinthe.Depuis quelques mois, elle confronte ses recherches à la réalité du terrain.« C\u2019est une chose d\u2019étudier une réalité sur papier.Mais c\u2019est autre chose de la vivre », admet la jeune femme, qui a eu bien des surprises.Elle constate que les Syriens parrainés par l\u2019État proviennent de milieux beaucoup plus pauvres et démunis, où l\u2019éducation manque parfois cruellement.«Certains sont complètement analphabètes.Les parents ont rarement un niveau de scolarité qui va au-delà de la 6e année du primaire.» Les sept familles que Saint-Hyacinthe accueille \u2014 elles étaient huit, mais l\u2019une d\u2019elles est partie dès le début en Ontario \u2014 ont été recrutées dans les camps en Jordanie et en Turquie.«Ils vivaient sous le seuil de la pauvreté.Ils ont dû traverser la Syrie à pied pour s\u2019enfuir.» « Les familles sont plus \u201ctraditionnelles\u201d », remarque pour sa part Marthe Duhaime, travailleuse sociale et chargée du jumelage à la Maison de la famille des Maskoutains.«Leurs parcours sont très diversifiés, mais il n\u2019y a personne du milieu \u201cprofessionnel\u201d proprement dit.L\u2019un est fabricant de fromage, l\u2019autre est musicien ou fabricant de fenêtres.» Et les familles \u2014 l\u2019une d\u2019elles a même des jumeaux lourdement handicapés \u2014 sont nombreuses.«Des équipes de soccer ! » lance Mme Duhaime.Défis logistiques Avec neuf enfants \u2014 âgés de 14 mois à 16 ans \u2014, la famille d\u2019Ibrahim Hussein pourrait ef fectivement s\u2019inscrire dans une ligue.Après trois ans dans les camps de Jordanie, sa femme et lui ont eu l\u2019occasion de venir ici pour tout recommencer à zéro.« Il se sent Canadien », traduit un interprète marocain, venu bénévolement of frir son aide pour l\u2019activité cabane à sucre.« Vous savez, il n\u2019y a pas de mot, ni en arabe ni dans aucune autre langue, pour désigner un enfant qui meur t.C\u2019est quelque chose qui n\u2019est pas normal, dans la vie.Ces gens-là sont heureux et reconnaissants, parce que, pour la première fois, ils vont vivre dans un pays en paix.» Les sept familles syriennes \u2014 seize adultes et trente-sept enfants au total \u2014 sont arrivées en plein hiver, à quelques jours d\u2019intervalle, entre décembre et février.L\u2019équipe d\u2019intervenants de la Maison de la famille n\u2019a reçu les détails qu\u2019à quelques jours d\u2019avis.Il leur a fallu tout faire en même temps : les bilans de santé, les logements \u2014 plutôt rares pour d\u2019aussi grosses familles \u2014 et l\u2019inscription à l\u2019école.Cela donne lieu à certains ratés, comme installer dans un logement au 2e étage une famille dont le papa est handicapé d\u2019une jambe ou encore faire des visites à domicile sans qu\u2019aucun interprète ne soit disponible.Somme toute, la communauté demeure très ouver te, se surprend Mar the Duhaime .« Jusqu\u2019à maintenant, à mon grand étonnement, la réceptivité des gens est très, très bonne.Les réfugiés viennent de camps où ils n\u2019étaient pas les bienvenus, et ici, ils disent que c\u2019est tout le contraire.Ça me réjouit d\u2019entendre ça.» Le b.a.-ba de l\u2019installation À travers ce marathon de l\u2019installation, il faut leur donner un cours de vie au Québec 101, aussi élémentaire soit-il : le fonctionnement du microondes et de la douche, les horaires des autobus, en passant par un petit cours sur comment s\u2019habiller en hiver.«On est débordé et eux aussi», dit Paola, qui étudie au cégep du Vieux Montréal.Faire l\u2019épicerie, geste banal, devient une corvée.«On met des choses dans le panier et on regarde le chif fre sur la caisse », résume Ibrahim Hussein, qui ignore tout du français, en mangeant une bouchée de pain dans le sirop.Les adultes viennent tout juste de recevoir leurs papiers pour commencer la francisation.Alors qu\u2019ils ont fort à faire dès leur arrivée, la francisation n\u2019est guère une priorité.« Mais ce qui est beau, c\u2019est qu\u2019il y a beaucoup d\u2019entraide de la communauté arabe déjà établie», souligne l\u2019étudiante.À la mosquée où ils se rencontrent, certains leur proposent même de les emmener à Montréal pour acheter de la viande halal.Sans sirop d\u2019érable ! Paola reconnaît que le choix de les emmener à la cabane à sucre était discutable, mais le jeu en valait la chandelle, croit-elle.«Le but de l\u2019activité était qu\u2019ils passent du temps entre eux pour parler.Ils sont éparpillés dans la ville et ne se voient pas souvent », explique-t-elle, admettant avoir trouvé « touchy » tout ce porc dans les plats.«On s\u2019est questionné sur l\u2019intégration dans l\u2019équipe.On n\u2019a pas tous la même vision.» Contrairement à l\u2019afflux massif des réfugiés, le débat sur les classiques du folklore québécois, lui, ne se tarit pas.Le Devoir comme un fait accompli aux yeux de Québec, qui rappelle que les enveloppes présentées dans le plus récent budget sont plus importantes que celles de l\u2019année précédente \u2014 sans toutefois permettre de couvrir les augmentations systémiques des coûts relatifs aux services publics.Sur la question du « pacte fiscal » aussi, les deux parties se dirigent tout droit vers l\u2019affrontement, croit Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).Québec souhaite en effet accorder aux municipalités le pouvoir de décréter unilatéralement les conditions de travail de leurs employés, en cas d\u2019échec des négociations.Comme tout employeur assujetti au Code du travail, les villes doivent actuellement négocier avec leurs employés syndiqués, tout en ayant la possibilité de faire appel, d\u2019un commun accord avec les employés, à un médiateur ou à un arbitre en cas d\u2019impasse.«Le mouvement syndical a démontré que dans 90% des cas, au municipal, on parvient à des ententes négociées.On s\u2019attaque avec cette mesure au droit fondamental d\u2019association.Autant dire qu\u2019on est à mille lieues de s\u2019entendre.» Idem pour Daniel Boyer, de la Fédération des travailleurs du Québec : «Mettez les cols bleus, les cols blancs, les pompiers et les policiers ensemble, ça peut faire un mé- chant cocktail Molotov», a prédit le syndicaliste.Tout au plus, la ministre du Travail, Dominique Vien, a affirmé qu\u2019il s\u2019agissait là d\u2019une «rencontre très importante et très intéressante, au cours de laquelle nous avons discuté de l\u2019économie du Québec».La ministre a profité de l\u2019occasion pour rappeler que c\u2019est aussi le 1er mai que le taux général du salaire minimum au Québec s\u2019établira à 10,75 $ l\u2019heure, une hausse de 0,20 cents.Cette augmentation profitera à 260 000 personnes.Jacques Létourneau, président de la Centrale des syndicats nationaux (CSN), parle malgré tout d\u2019une «rencontre intéressante», soulignant l\u2019ouverture du gouvernement à discuter de développement économique et de création d\u2019emploi.«Le premier ministre s\u2019est avancé sur la tenue d\u2019états généraux sur l\u2019économie.Ça diffère des débats des années auparavant», a-t-il dit au Devoir.L\u2019événement réunirait les partenaires gouvernementaux, patronaux et syndicaux pour trouver des «solutions durables» aux défis économiques du Québec, selon M.Couil- lard.Ce dernier a aussi fait preuve d\u2019ouverture sur la question de la stimulation de l\u2019économie québécoise, a ajouté M.Létourneau.Dans la rue À voir tout le brouhaha causé par une série de manifestations à Québec et à Montréal vendredi, il apparaît toutefois évident que ces gestes ne suffisent pas aux yeux de travailleurs et d\u2019organismes tels que la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics (Coalition Main rouge), qui a orchestré plusieurs coups d\u2019éclat vendredi, en plus de planifier la marche de la Journée internationale des travailleurs, prévue dimanche au parc La Fontaine.Quelques semaines après le scandale des Panama Papers, la fuite de 11,5 millions de documents du cabinet Mossack Fonseca, spécialisé dans la création de sociétés-écrans à des fins d\u2019évasion fiscale, des groupes communautaires, des syndicats et même les chauffeurs de taxi ont dénoncé les politiques du gouvernement.En plus de marcher dans les rues de la métropole, ils ont occupé pendant plusieurs minutes les bureaux de la Banque Royale, de la Banque Scotia et de la firme KPMG, directement impliquées dans le scandale, selon eux.«Obsédés» par le retour à l\u2019équilibre et l\u2019assainissement des finances publiques, habitués des compressions budgétaires, Québec et Ottawa se privent par leur inaction de sources considérables de revenus, soutient Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain affilié à la CSN.«C\u2019est pourquoi on manifeste, pour exiger un réinvestissement dans les services publics et programmes sociaux, et pour lutter contre les échappatoires fiscales.L\u2019un va avec l\u2019autre: il y a des dizaines de milliards de dollars qui échappent complètement à l\u2019impôt, les plus riches ne fournissent pas leur juste part d\u2019efforts et, par conséquent, la population en paie le prix.Il faut agir», plaide-t-elle.Elle presse donc les gouvernements de poursuivre en justice les banques et entreprises favorisant les échappatoires fiscales.«Revenu Canada leur a permis de rembourser cet argent sans punition aucune, contrairement aux contribuables ordinaires.Moi, si je trompe le fisc, je ne m\u2019en tirerai pas aussi facilement.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RÉFUGIÉS SUITE DE LA PAGE 1 CANNABIS Tout ce qu\u2019il y a dans la serre en ce moment, ça donne 150 kilos.Dans deux semaines, c\u2019est parti.Sébastien St-Louis, président et cofondateur d\u2019Hydropothicaire « » ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des manifestants ont occupé brièvement les bureaux de la Banque Royale, vendredi.SUITE DE LA PAGE 1 SYNDICATS À propos des Syriens 5467 C\u2019est le nombre de réfugiés que le Québec a accueillis en 2015-2016.7300 C\u2019est le nombre total de réfugiés que le Québec veut accueillir d\u2019ici la fin de l\u2019année.4539 C\u2019est le nombre de réfugiés parrainés au privé.Ils vivent surtout à Montréal.928 C\u2019est le nombre de réfugiés pris en charge par l\u2019État.Ils vivent dans l\u2019une des 13 villes régionales du Québec choisies par le gouvernement.Sur les 13 villes, Québec est celle qui compte le plus grand nombre de réfugiés (225) pris en charge par l\u2019État.Avec 153 réfugiés, Gati- neau est la seconde.Saint-Jérôme accueille le plus petit nombre de réfugiés (5).Source : Ministère de l\u2019Immigration du Québec "]
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