Le devoir, 26 avril 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 9 1 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 A V R I L 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Radio-Canada réplique au « jugement sans nuance» de Pierre Lapointe.Page B 10 Actualités \u203a Aide sociale.Le nombre de prestataires est en baisse au Québec.Page A 6 Économie \u203a CSeries.Couillard presse Ottawa d\u2019investir.Page B 1 Avis légaux.A 6 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Un homme en détresse psychologique est abattu par la police de Montréal Page A 2 Lac-Mégantic Les citoyens attendent le ministre Garneau de pied ferme Page A 3 K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L e gouvernement Couillard va de l\u2019avant avec sa promesse électorale et vise l\u2019implantation de 50 super-cliniques au Québec d\u2019ici la fin 2018.Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, y voit la réponse tant attendue au désen- gorgement des urgences, mais la Fédération des médecins omnipraticiens ne partage pas son enthousiasme.« Voilà un point tournant significatif dans la transformation de notre réseau», a déclaré le ministre Barrette mardi après-midi, au moment de présenter le programme qui permettra, es- père-t-il, d\u2019améliorer l\u2019accès aux soins de première ligne.Une super-clinique est d\u2019abord et avant tout un Groupe de médecine de famil le (GMF) qui acceptera d\u2019of frir davantage de ser vices et de se soumettre à cer taines contraintes.En échange, le gouvernement offrira un soutien financier et du personnel infirmier supplémentaires.Pour obtenir et conserver le statut de super- clinique, un GMF devra offrir au moins 20 000 consultations annuelles, ouvrir ses por tes 12 heures par jour, sept jours sur sept et permettre la prise de rendez-vous jusqu\u2019à trois heures avant la fermeture de la clinique.« Depuis quand les rendez-vous ne doivent se donner que le lundi jusqu\u2019au vendredi, de 8 h à 15 h, depuis quand ?, a lancé Gaétan Barrette.Je suis convaincu que, parmi les gens qui nous écoutent, il y a plein de monde qui aimerait avoir leur rendez-vous chez leur médecin à 18h30 plutôt que de l\u2019avoir à 11 h.C\u2019est aux médecins de s\u2019adapter à la population.» 50 super- cliniques d\u2019ici la fin 2018 Les omnipraticiens doutent du succès de cette nouvelle « révolution » TCHERNOBYL, 30 ANS PLUS TARD VIKTOR DRACHEV AGENCE FRANCE-PRESSE Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explosait, causant la pire catastrophe nucléaire de l\u2019histoire.Visite au cœur d\u2019un village des exilés de l\u2019atome.Page A 4 A L E X A N D R E S H I E L D S L\u2019annulation du BAPE sur Énergie Est décrétée par le gouvernement Couillard signifie que plus de 300 mémoires produits en vue des audiences publiques ne seront jamais rendus publics.Et selon les modalités fixées par Québec, l\u2019étude d\u2019impact du plus important projet de pipeline en Amérique du Nord devra être complétée en à peine six semaines.Une situation sans précédent taillée sur mesure pour TransCanada, dénoncent les environnementalistes.Selon ce qu\u2019a confirmé au Devoir le porte-parole du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE), Luc Nolet, les mémoires qui devaient être présentés à partir de lundi demeureront lettre morte, à moins d\u2019être publiés par leurs auteurs.«Ces mémoires ne seront pas rendus publics ni mis en ligne sur le site du BAPE», a-t-il précisé.Tous ces documents de réflexion et d\u2019analyse, qui représentaient une importante « charge de travail», avaient été acheminés au BAPE en date du 20 avril.Selon les informations diffusées par PROJET D\u2019OLÉODUC ÉNERGIE EST Plus de 300 mémoires à recommencer JEAN-PIERRE MULLER AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019écrivain franco-américain Martin Gray, en 2004 J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U A u nom de tous les miens, son grand livre racontant notamment son expérience du ghetto de Varsovie et son évasion du camp d\u2019extermination de Treblinka, a connu des éditions en vingt-six langues et fait l\u2019objet d\u2019une adaptation pour le grand écran en 1983.L\u2019auteur franco-américain Martin Gray est mort chez lui en Belgique, dans la nuit de dimanche à lundi.Il était âgé de 93 ans.Paru en 1971, Au nom de tous les miens reste un immense best-seller, son grand livre.L\u2019ouvrage a été rédigé « en collaboration » avec Max Gallo, écrivain à succès, spécialiste très prolifique de romans fondés sur une trame narrative liée à de grands moments historiques.C\u2019est à cette mise en forme de son récit personnel que Martin Gray doit son immense succès commercial.Bien qu\u2019il ait publié une douzaine d\u2019ouvrages depuis les années 1970, Martin Gray était réticent à se déclarer écrivain.1922-2016 Martin Gray rejoint tous les siens L\u2019auteur d\u2019Au nom de tous les miens était l\u2019un des derniers survivants du ghetto de Varsovie VOIR PAGE A 10 : GRAY VOIR PAGE A 10 : CLINIQUES VOIR PAGE A 10 : ÉNERGIE Lire aussi \u203a Le refus de l\u2019« humilité ».Un éditorial d\u2019Antoine Robitaille.Page A 8 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Déjeuner-causerie dans le cadre de la Série Aff aires présentée par : Thèmes abordés : Avec l\u2019appui de : Mercredi 4 mai 2016 · de midi à 14 h · INSCRIVEZ-VOUS \u2022 WWW.CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 4e révolution industrielle : le Québec est-il prêt ?Suzanne Fortier Principale et vice-chancelière, Université McGill Monique F.Leroux Présidente, Alliance coopérative internationale Mario Coculuzzi Directeur, Partenaires d\u2019aff aires et évangéliste, Est du Canada, Microsoft Jean-Sebastien Cournoyer Cofondateur et associé, Montreal Start Up et Real Ventures Fonds de recherche \u2013 Nature et technologies Fonds de recherche \u2013 Santé Fonds de recherche \u2013 Société et culture J O C E L Y N E R I C H E R à Québec D urant la campagne au leadership libéral de 2012- 2013, l \u2019équipe de Philippe Couillard a reçu des dons supérieurs à la limite qu\u2019il avait fixée, selon la liste des donateurs publiée sur le site du Directeur général des élections (DGE) et consultée par La Presse canadienne.La contribution de quatre donateurs a atteint le double de la limite autorisée, soit 1000 $.Vérification faite, trois ans plus tard, le PLQ n\u2019a pas remboursé un sou des sommes reçues en trop.Les documents fournis au DGE sur le financement de la course indiquent par ailleurs que, même s\u2019il y avait deux autres candidats, Raymond Bachand et Pierre Moreau, M.Couillard était en fait seul en piste, du point de vue des contributions reçues et des dépenses effectuées, laissant les deux autres mordre la poussière loin derrière lui.Dès son entrée dans la course à la direction du PLQ, à l\u2019automne 2012, M.Couillard avait af firmé qu\u2019il n\u2019accepterait aucune contribution financière à sa campagne dépassant 500 $, et ce, même si la limite légale était fixée à 1000 $ par personne.« Notre équipe n\u2019acceptera que des contributions maximales de 500 $ par électeur.Nous voulons une campagne basée sur les idées plus que sur la forme, et considérons qu\u2019un tel financement nous donnera les moyens de rejoindre les militants dans toutes les régions du Québec », déclarait M.Couil- lard, en octobre 2012.Il en faisait un moyen de lutter contre le cynisme en politique.Au PLQ et au cabinet du premier ministre Couillard, on se perd en conjectures, ne pouvant pas expliquer l\u2019origine du problème, ni désigner un responsable ou expliquer l\u2019absence de suivi quant au versement de ces dons supérieurs à 500 $.Demande de vérifications Alerté par La Presse canadienne, le cabinet du premier ministre a décidé de demander des vérifications au DGE, trois ans après le fait, au cas où, par exemple, deux donateurs auraient pu por ter le même nom et cumuler deux dons de 500$ présentés comme un seul don de 1000 $.Le porte-parole du premier ministre, Harold For tin, a tenté de minimiser l\u2019accroc aux règles, en faisant valoir qu\u2019on parlait d\u2019une fraction minime du total des dons reçus.Le président de la campagne de financement de M.Couil- lard, député de Lafontaine et ancien président du PLQ, Marc Tanguay, était celui qui devait encadrer les solliciteurs, s\u2019assurer de la légalité des dons et de leur conformité aux règles.Il a refusé une demande d\u2019entrevue.Le contrôleur financier du PLQ, Simon Mar tin, a aussi décliné une demande d\u2019entrevue visant à comprendre ce qui avait pu se passer.Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019examen du f inancement de cette course révèle que M.Couil- lard a fait pratiquement cavalier seul, tant du point de vue de revenus amassés que des dépenses effectuées.M.Couillard est, de loin, celui qui aura fait sonner le tiroir-caisse le plus souvent.Il a reçu 60 % du nombre total des contributions versées aux candidats et a accaparé 50 % de tout l\u2019argent amassé durant cette période, selon le Sommaire des rappor ts de campagne et le Sommaire des fonds de campagne remis au DGE.Les dons faits aux trois candidats ont totalisé 1,3 million de dollars, dont 667 777 $ à M.Couillard.C\u2019est presque trois fois plus que ce qu\u2019a réussi à engranger Pier re Moreau (231 386 $) et bien plus que ce qu\u2019a recueil l i M.Bachand (417 199 $).En nombre de contributions financières versées, le meneur a aussi totalement éclipsé ses adversaires, avec un total de 2076 donateurs, contre 842 pour M.Bachand et 550 pour M.Moreau.L\u2019ampleur des dépenses engagées par les trois candidats durant leur campagne, une cagnotte de 1,6 million de dollars, est à l\u2019avenant : M.Couil- lard semble avoir été dans une catégorie à part.Si l\u2019on additionne les dépenses de MM.Moreau et Ba- chand, on n\u2019atteint même pas le cumul des dépenses consenties par l\u2019équipe Couillard.La colonne du tableau af fichant le « Total des dépenses campagne » indique un montant de 219 963 $ pour M.Moreau, 401 239 $ pour M.Bachand et 642 430 $ pour M.Couillard, juste en dessous du plafond permis de 650 000$.Si l\u2019on ajoute les « Dépenses autres que campagne », c\u2019est-à- dire des dépenses de campagne contractées après la date of ficielle de clôture, le 17 mars, on arrive à un «Total de dépenses » de 231 010 $ pour M.Moreau, 414 120 $ pour M.Bachand et 667 652 $ pour M.Couillard.La Presse canadienne COURSE À LA DIRECTION DU PLQ L\u2019équipe de Couillard a reçu des dons supérieurs à 500 $ K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L e décès d\u2019un homme dans la soixantaine atteint par balle dans des circonstances nébuleuses, lundi matin à Montréal, remet à l\u2019avant-plan le débat sur les interventions policières en présence de personnes en état de détresse psychologique et l\u2019utilisation du pistolet Taser.Lundi matin, les policiers du Ser vice de police de la Ville de Montréal (SPVM) se sont présentés dans un immeuble résidentiel de la rue Ontario Est, près de l\u2019intersection de la rue Sicard, dans le quar tier Hochelaga-Mai- sonneuve, après avoir reçu un appel concer nant un homme « qui présentait des signes de détresse psychologique », a indiqué la Sûreté du Québec.Selon les autorités, cet homme, André Benjamin, 63 ans, était muni d\u2019une arme blanche lors de l\u2019arrivée des policiers.Dans les minutes suivantes, il a été atteint par «au moins » un coup de feu.Il a alors été transporté à l\u2019hôpital, où son décès a été constaté.Lors de l\u2019intervention policière, les agents ont utilisé une « arme à impulsion électrique », communément appelée un pistolet Taser, a précisé en début de soirée la porte-parole de la SQ Marie-Josée Ouellet.Il n\u2019a cependant pas été possible de savoir à quel moment les policiers en ont fait usage.Les agents sont entrés dans l\u2019édifice, mais on ne sait pas s\u2019ils ont interpellé M.Benjamin dans un logement, dans l\u2019escalier ou dans un couloir.« La chronologie et les circonstances vont être établies au cours de l\u2019enquête », a précisé Mme Ouellet.Celle-ci n\u2019a pas été en mesure de préciser si André Benjamin était connu des services policiers.Accès au Taser Ces événements sur viennent un peu plus d\u2019un mois après le dépôt du rapport du coroner Luc Malouin, qui a enquêté sur la mort d\u2019Alain Ma- gloire.Ce dernier a été abattu par un agent du SPVM lors d\u2019une intervention survenue en février 2014, alors qu\u2019il se trouvait dans un état de détresse psychologique.Le coroner Malouin a jugé que l\u2019inter vention policière avait été « correcte, mais sans plus ».Il a notamment recommandé d\u2019améliorer la formation des policiers en santé mentale et de mettre davantage de Taser à la disposition des policiers du SPVM.«Si les patrouilleurs avaient eu un Taser, cela aurait pu neutraliser M.Magloire avant de devoir faire feu », a souligné Me Ma- louin en entrevue au Devoir lors du dépôt de son rapport.Si les policiers qui sont intervenus lundi ont utilisé un pistolet Taser, pourquoi André Benjamin a-t-il également été atteint par balle?C\u2019est la grande question à laquelle tentera sans doute de répondre la SQ, à qui a été confiée l\u2019enquête, comme le veut la politique ministérielle en pareilles circonstances.Rappelons que le Bureau des enquêtes indépendantes, qui aurait dû se charger de ce genre d\u2019enquête, se fait toujours attendre.Il devait entrer en fonction au début de 2016, puis en avril, puis en mai, mais il ne sera pas opérationnel avant la mi-juin, d\u2019après ce qu\u2019a indiqué sa directrice, Madeleine Giauque, la semaine dernière lors de la commission parlementaire qui se penchait sur les crédits du ministère de la Sécurité publique.Avec La Presse canadienne Le Devoir MONTRÉAL Un homme décède par balle malgré l\u2019utilisation du Taser K ananaskis \u2014 Le premier ministre Justin Trudeau a condamné, lundi, le meurtre d\u2019un Canadien « commis de sang-froid» par les militants islamistes qui le retenaient en otage aux Philippines depuis sept mois et qui l\u2019ont décapité.M.Trudeau a confirmé que la victime était John Ridsdel, un résidant de Calgary âgé de 68 ans.L\u2019homme avait été enlevé par des membres du groupe armé Abou Sayyaf en compagnie d\u2019un autre Canadien, Robert Hall, d\u2019un Norvégien et d\u2019une Philippine en septembre dernier dans une marina située sur l\u2019île de Samal, dans le sud du pays.Les militants avaient menacé de décapiter l\u2019un des trois captifs masculins s\u2019ils ne recevaient pas une rançon colossale réclamée avant 15 h lundi, heure locale.M.Trudeau a dit qu\u2019il était «outré» qu\u2019un sac de plastique contenant la tête de M.Ridsdel ait été jeté dans la rue lundi soir par deux hommes à Jolo, une ville de la province de Sulu.«Le Canada condamne sans réserve la brutalité des ravisseurs et cette mort inutile», a-t-il déclaré lors d\u2019une apparition organisée rapidement devant les journalistes pendant une retraite de son cabinet.«La responsabilité de ce meurtre commis de sang-froid revient entièrement au groupe terroriste qui a pris la victime en otage.» Justin Trudeau a indiqué que son gouvernement travaillerait avec son homologue philippin et ses partenaires internationaux afin de retrouver les auteurs de ce «crime haineux» et de les traduire en justice.Au nom de tous les Canadiens, il a aussi exprimé ses plus sincères condoléances à la famille et aux amis de M.Ridsdel.« Ils ont traversé une terrible épreuve et vivent des moments extrêmement douloureux, nos pensées les accompagnent pendant qu\u2019ils surmontent ces moments difficiles ».Aucune rançon M.Trudeau a ajouté que le gouvernement n\u2019allait pas commenter ou dévoiler d\u2019information qui pourrait « compromettre les ef forts ou mettre en danger les otages restants ».Il n\u2019a répondu à aucune question, notamment celle demandant si le gouvernement avait payé une rançon pour M.Ridsdel ou pour M.Hall.Par contre, un responsable a déclaré que la politique de longue date du gouvernement était de ne jamais payer de rançon.La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, a qualifié la nouvelle de l\u2019exécution de M.Ridsdel de «choquante et affligeante».« Des incidents comme cela nous rappellent à tous que la menace du terrorisme demeure très réelle, a-t-elle indiqué dans une déclaration.Nous devons être solidaires avec nos alliés contre le terrorisme, qui demeure le plus grand défi auquel le monde fait face au- jourd\u2019hui.» Le chef du Nouveau Par ti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a demandé au gouvernement Trudeau de faire tout ce qui est possible pour sauver les autres otages et a déclaré que « nous condamnons unanimement cet acte odieux ».«Nous devons poursuivre nos ef forts diplomatiques pour la paix dans le monde et surtout, ne pas baisser les bras malgré les événements tragiques comme celui d\u2019aujourd\u2019hui », a ajouté le chef dans une déclaration.Dans des vidéos mises en ligne, M.Ridsdel et M.Hall, ainsi que les deux autres otages, sont vus assis sur le sol dans une clairière avec des militants lourdement armés derrière eux.Dans certaines des vidéos, on voit un militant placer un long couteau sur le cou de M.Rids- del.Deux drapeaux noirs sont suspendus sur le feuillage épais.Plus tôt lundi, la police philippine avait annoncé la découverte de la tête d\u2019un homme caucasien dans le sud de l\u2019archipel, sans toutefois identifier la victime.Les otages seraient détenus sur l\u2019île de Jolo, dans la province de Sulu, une région sauvage dominée par la jungle où les extrémistes garderaient plusieurs prisonniers.Abou Sayyaf, que le Canada et d\u2019autres pays occidentaux considèrent comme une organisation terroriste, a réussi à survivre pendant plus de 20 ans grâce aux impor tantes sommes d\u2019argent récoltées par le biais d\u2019enlèvements, surtout de touristes et de missionnaires étrangers, et d\u2019extorsion.Ces enlèvements font ressor tir les problèmes de sécurité qui existent depuis un bon moment déjà dans le sud des Philippines, une région riche en ressources qui souffre de pauvreté, d\u2019une absence de loi et d\u2019ordre et des rébellions de musulmans et de communistes depuis des décennies.La Presse canadienne Un otage canadien a été exécuté par des extrémistes aux Philippines YOUTUBE LA PRESSE CANADIENNE Dans des vidéos mises en ligne, Robert Hall (à gauche) et John Ridsdel, ainsi que les deux autres otages, sont vus assis sur le sol dans une clairière avec des militants islamistes lourdement armés derrière eux.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dès son entrée dans la course à la direction du PLQ, à l\u2019automne 2012, Philippe Couillard avait af firmé qu\u2019il n\u2019accepterait aucune contribution financière à sa campagne dépassant 500$. L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 A V R I L 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 P armi les députés de la CAQ élus pour la première fois à l\u2019élection générale d\u2019avril 2014, le porte-parole péquiste en matière d\u2019éducation, Jean-François Roberge (Chambly), est sans doute celui qui a le plus agréablement surpris.À leur entrée en politique, ses collègues Nathalie Roy (Montarville) ou François Paradis (Lévis) étaient déjà des figures familières en raison de leur carrière médiatique, mais les anciens de l\u2019ADQ, François Bonnardel et Éric Caire, ont mis du temps à le devenir.M.Roberge n\u2019a pas la même notoriété, mais il fait partie du petit groupe de ceux qui seraient assurément ministres dans un gouvernement dirigé par François Legault.Un curriculum vitæ bien étoffé ne fait pas foi de tout, comme le réseau de la santé en fait présentement la douloureuse expérience.Quoi qu\u2019on puisse penser du programme de la CAQ en matière d\u2019éducation, on se prend néanmoins à penser que M.Roberge aurait l\u2019étof fe d\u2019un bon ministre de l\u2019Éducation.Alors que François Blais semblait jeter un regard sur le monde de l\u2019enseignement du haut d\u2019un satellite et que son successeur, Sébastien Proulx, donne encore l\u2019impression de chercher ses repères, cet ancien enseignant au niveau primaire appréhende le réseau de l\u2019éducation à travers le prisme de l\u2019école et de l\u2019élève.L\u2019essai qu\u2019il a publié récemment sous le titre Et si on réinventait l\u2019école?permet au commun des mortels de comprendre, à partir d\u2019observations faites sur le terrain, ce qui cloche avec les commissions scolaires, qu\u2019il ne propose pas nécessairement d\u2019abolir, ou encore dans l\u2019organisation des services professionnels comme l\u2019orthopédagogie ou la psychoéducation.À tort ou à raison, la CAQ est souvent perçue comme un parti à la vision strictement comptable, incapable de quitter le niveau des pâquerettes.Il est assez rafraîchissant de lire sous la plume de son porte-parole, romancier à ses heures, que ce serait une grave erreur de réduire la mission du réseau de l\u2019éducation à la satisfaction des besoins du marché du travail au détriment d\u2019une solide culture générale.?Le livre de M.Roberge ne fait pas état de son parcours politique, qui n\u2019est toutefois pas dépourvu d\u2019intérêt.Comme bon nombre de ca- quistes, cet ancien leader étudiant et président de Force Jeunesse a jadis milité au PQ.À l\u2019époque où François Legault était ministre de l \u2019Éducation dans le gouver nement Bouchard, i l avait vainement tenté de le convaincre de mettre sur pied un ordre professionnel des enseignants.M.Legault lui avait expliqué qu\u2019il n\u2019était pas question pour le PQ d\u2019indisposer les syndicats, partenaires indispensables de la coalition souverainiste, qui s\u2019y opposaient catégoriquement.L\u2019indépendantiste qu\u2019était M.Roberge avait néanmoins trouvé inacceptable qu\u2019on puisse renoncer à un instrument qu\u2019il estimait indispensable à un enseignement de qualité, au nom d\u2019un projet qui ne se réaliserait peut-être jamais.?Depuis deux ans, l\u2019éducation est devenue le symbole des dommages causés par les politiques d\u2019austérité du gouvernement Couillard, que tous les partis d\u2019opposition ont dénoncées à l\u2019unisson.Il s\u2019en faut cependant de beaucoup que les problèmes du réseau se limitent aux seules compressions budgétaires.Au risque de se faire pirater, la CAQ s\u2019est fait un devoir d\u2019offrir une opposition constructive, comme en témoignent les deux propositions, tirées du livre de son por te-parole, qu\u2019elle a faites en fin de semaine dernière : proposer la maternelle à 4 ans à tous les enfants du Québec et imposer la fréquentation obligatoire de l\u2019école à 18 ans, comme c\u2019est déjà le cas en Ontario et au Nouveau-Brunswick.«Au point de vue politique, l\u2019éducation est très souvent le thème porteur choisi par nos premiers ministres quand vient le temps de faire de beaux discours » qui demeurent sans suite, se désole M.Roberge en conclusion de son livre.Les sincérités successives et les déconvenues qui en résultent sont en effet fréquentes en politique.Dimanche, à Trois-Rivières, M.Legault a déclaré à son tour que l\u2019éducation sera la principale priorité de son parti lors de la prochaine campagne électorale.Le lendemain, le chef de la CAQ a expliqué sur les ondes du 98,5 FM que son grand défi sera d\u2019expliquer à la population les tenants et aboutissants de sa nouvelle politique\u2026 constitutionnelle.On peut dif ficilement contester que « notre survivance comme peuple dépend de notre capacité à réinventer l\u2019école et à valoriser l\u2019éducation», comme le croit M.Roberge.Il est cependant le premier à reconnaître que la souveraineté sera encore un enjeu incontournable, peu importe que le PQ promette un référendum ou non.En refermant son livre, on se prend à penser que ce « prof idéaliste », manifestement amoureux de son métier, aurait été plus heureux et peut-être plus utile en restant dans son école.mdavid@ledevoir.com Chronique d\u2019un « prof idéaliste » A L E X A N D R E S H I E L D S L e ministre des Transports, Marc Garneau, est attendu de pied ferme ce mardi à Lac- Mégantic, alors qu\u2019il doit rencontrer des élus et des citoyens impatients de voir enfin des progrès dans le dossier de la voie ferrée de contournement.Une étude préliminaire sur le projet doit d\u2019ailleurs être rendue publique en mai, a appris Le Devoir.Près de trois ans après l\u2019explosion du convoi pétrolier qui a provoqué la mor t de 47 personnes et détruit une partie de Lac-Mégantic, le message répété à plusieurs reprises demeure le même.«Il faut absolument accélérer les étapes en vue de la réalisation de la voie de contournement, d\u2019autant qu\u2019il faudra plusieurs années pour la construire», résume le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire, Robert Bellefleur.Le maire de la municipalité, Jean-Guy Cloutier, a d\u2019ailleurs fait valoir lundi qu\u2019un « rapport préliminaire » détaillant la faisabilité de la voie de contournement et les coûts de celle-ci sera rendu public d\u2019ici la mi-mai.« Avec cette étude, nous avons bon espoir de pouvoir entamer les discussions avec le gouvernement », a-t-il dit.L\u2019étude, menée par la firme AECOM, a été menée au coût d\u2019un million de dollars et financée par les gouvernements fédéral et provincial.Une telle voie ferrée permettrait d\u2019éviter une fois pour toutes le passage de convois de produits dangereux en plein cœur de cette municipalité traumatisée par la tragédie de juillet 2013.Mais pour le moment, le gouvernement Trudeau n\u2019a pris aucun engagement concret en vue de sa réalisation.Aucun montant n\u2019a été inscrit à ce sujet dans le dernier budget fédéral.Même si aucune annonce n\u2019est prévue mardi, le ministre Marc Garneau sera certainement questionné sur le sujet, puisqu\u2019il doit rencontrer le maire Jean-Guy Cloutier, le maire de Nantes, Jacques Breton, le Comité de vigilance pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic et la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire.Insécurité En soirée, le ministre fédéral des Transports doit également participer à une rencontre avec les citoyens afin de répondre à leurs questions.« Je m\u2019attends à ce que beaucoup de gens viennent parler de leur sentiment d\u2019insécurité à chaque fois qu\u2019ils voient passer un convoi de wagons-citernes, a souligné M.Bellefleur.Ils vont demander au ministre d\u2019agir maintenant pour régler le problème le plus rapidement possible, et non pas d\u2019attendre dans cinq ou dix ans.» Selon le maire Jean-Guy Cloutier, le ministre doit aussi « rassurer la population» sur la sécurité de la voie ferrée qui traverse Lac-Mégantic.« Il y a des inquiétudes avec les infrastructures actuelles », a-t-il ajouté.Il faut dire que des convois ferroviaires ont recommencé à circuler il y a de cela plusieurs mois.Certains wagons DOT-111 transportent donc des produits dangereux en plein cœur de Lac-Mégantic.Selon M.Bellefleur, des centaines des wagons y passent chaque mois, transportant notamment dif férents produits gaziers et de l\u2019acide sulfurique.Le porte-parole du regroupement citoyen estime toutefois que la voie ferrée est « vétuste », voire « dans un état lamentable ».Une telle situation en inquiète plusieurs, selon lui, puisque aucun engagement de réfection des rails n\u2019a été pris jusqu\u2019à présent.«On me dit qu\u2019on respecte les normes de sécurité.Mais bien souvent, nous sommes à la limite des normes, et le gouvernement refuse d\u2019agir.C\u2019est assez inquiétant.» L\u2019an dernier, la Direction de santé publique de l\u2019Estrie publiait une étude révélant que la tragédie pétrolière de juillet 2013 faisait encore souffrir la population : 95 % de Méganticois disaient avoir été touchés par la tragédie.On observait plus de dépressions, de troubles anxieux et de problèmes de consommation d\u2019alcool.Avec Marie Vastel Le Devoir LAC-MÉGANTIC Le ministre Garneau attendu de pied ferme Un « rapport préliminaire » détaillant la faisabilité de la voie de contournement et les coûts de celle-ci sera rendu public d\u2019ici la mi-mai M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e Canada n\u2019a pas connu de seconde tragédie comme celle de Lac-Mégantic.Mais les voies ferrées du pays sont néanmoins régulièrement le théâtre d\u2019incidents.Rappel des dernières années.Depuis l\u2019été 2013, où Lac-Mé- gantic a été ravagé par l\u2019explosion de wagons-citernes remplis de pétrole, le Bureau de la sécurité des transpor ts du Canada (BST) a entamé 30 enquêtes, dont 15 sont encore en cours.De ce total, une douzaine portait sur des accidents ayant causé un déversement de br ut, de plus ou moins grande quantité.Au Québec, six accidents \u2014 un seul mortel \u2014 ont donné lieu à une enquête du BST.Une simple recherche sur Internet permet cependant de répertorier bon nombre d\u2019autres incidents qui n\u2019ont pas nécessairement entraîné une enquête du BST.Déraillements et déversements Le dernier gros déraillement de wagons-citer nes remonte à mars 2015 à Gogama, dans le nord de l\u2019Ontario.Un train transportant 100 wagons-citernes déraille.Il faudra six jours avant que les incendies soient tous éteints, selon l\u2019enquête préliminaire du BST.Les wagons étaient de nouvelle génération, avec une coque renforcée.Leur « per for- mance » a été néanmoins « semblable » à celles des wagons de génération précédente à Lac-Mé- gantic, a noté le BST.Plus d\u2019un million de litres de pétrole se sont dispersés dans l\u2019atmosphère ou dans le sol.En janvier 2014, c\u2019était à Plaster Rock au Nouveau-Br unswick qu\u2019un train transportant 19 wagons remplis de pétrole a déraillé.La plupar t des wagons-citernes se sont empilés, ont déversé leur cargaison et environ 230 000 litres de pétrole brut ont pris feu.Les deux accidents n\u2019ont pas fait de blessés.La majorité des enquêtes du BST porte sur des déraillements de train, mais tous ne contenaient pas des matières dangereuses.Certains déraillements ont causé, par exemple, des déversements de céréales ou de soja.D\u2019autres n\u2019ont pas fait de dégâts, les wagons parvenant à demeurer droits.Des passages à niveau meurtriers Les passages à niveau du pays sont aussi source d\u2019inquiétude.Un accident mor tel est sur venu en décembre 2014 à l\u2019ouest de La Tuque, en Mauricie, lorsqu\u2019une camionnette ne s\u2019est pas arrêtée à un passage à niveau.La conductrice et le passager avant avaient consommé des substances illicites et aucun des quatre occupants ne por tait sa ceinture de sécurité, selon le rapport du BST.Une personne est décédée, deux ont été grièvement blessées, la quatrième l\u2019a été légèrement.En septembre dernier, c\u2019est une ambulance qui s\u2019est fait frapper par un train en Colombie-Britannique.Le délai d\u2019abaissement de la barrière était « inadéquat » pour les véhicules plus longs franchissant le passage à niveau, a observé le BST.Les ambulanciers ont été blessés et le patient qu\u2019ils transportaient a succombé aux blessures subies lors de la collision.À Ottawa, en septembre 2013, un chauffeur d\u2019autobus distrait n\u2019a pas cédé le passage et est entré en collision avec un train de voyageurs de Via Rail.Six personnes, dont le chauffeur d\u2019autobus, sont mortes, neuf ont été gravement blessées, vingt-cinq autres légèrement.Déraillements mineurs à Montréal La région de Montréal a aussi connu des accidents mineurs de trains de marchandises.Un déraillement de wagons à la gare d\u2019Hochelaga, en octobre 2015, a causé des dommages à une résidence à proximité de la voie ferrée.Le Devoir De nombreux accidents sur les voies du pays MICHEL DAVID JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une voie ferrée de contournement permettrait d\u2019éviter une fois pour toutes le passage de convois de produits dangereux en plein cœur de cette municipalité traumatisée par la tragédie de juillet 2013.Souhaitons-lui que la déconvenue ne soit pas trop cruelle Je m\u2019attends à ce que beaucoup de gens viennent parler de leur sentiment d\u2019insécurité à chaque fois qu\u2019ils voient passer un convoi de wagons-citernes.Ils vont demander au ministre d\u2019agir maintenant pour régler le problème le plus rapidement possible, et non pas d\u2019attendre dans cinq ou dix ans.Robert Bellefleur, de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire « » L A U R E N T G E S L I N S É B A S T I E N G O B E R T A u sortir de la forêt, les pavillons de briques s\u2019alignent le long d\u2019une route mal pavée.Malgré une ambiance typique de la campagne ukrainienne, on devine vite que Viltcha n\u2019est pas un village comme les autres : tout a été construit d\u2019un coup.Sur l\u2019artère centrale d\u2019un plan de ville octogonal, on arrive en droite ligne vers le bâtiment décrépit de l\u2019administration locale.À l\u2019entrée, un monument en forme de cloche, avec une date symbolique: 26 avril 1986, le jour fatidique de l\u2019explosion du réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl.Insouciante « Viltcha, c\u2019est un village unique.Il a été construit pour les victimes de Tchernobyl.Tout le monde vient de la zone.Ici ne vivent que des invalides, des gens qui ont été évacués, des liquidateurs, ceux qui ont été dépêchés à la centrale pour contenir la contamination, etc.», explique Tetyana Sementchouk, la responsable de l\u2019association La mémoire de Tchernobyl, très impliquée dans la vie du village.Il y a exactement trente ans, elle avait 22 ans, et était enceinte de sa première fille.Elle était une insouciante habitante de Pripiat, une des «villes de l\u2019atome» soviétiques, construite en 1970 afin d\u2019héberger le personnel de la centrale voisine.Évacuée en quelques heures avec les 53 000 autres habitants de Pripiat, elle passe plusieurs années entre la Biélorussie et le village de Viltcha, à 45 kilomètres de la centrale.Jusqu\u2019à ce que les autorités soviétiques rasent ce village, et relogent les habitants dans un « Nouveau Viltcha», situé à plus de 700 kilomètres à l\u2019est.«Les plans de construction étaient très ambitieux», détaille Maïa Borissivna, une autre évacuée.« On nous avait promis une école suffisamment grande pour 300 élèves, une crèche bien aménagée, une clinique sur plusieurs étages\u2026» Mais en 1991, l\u2019Union soviétique s\u2019ef fondre, à la stupeur générale.Et le jeune État ukrainien, indépendant, n\u2019a pas les moyens de terminer le projet.« Ça, ça devait être le magasin spécialisé dans l\u2019alimentation pour enfants », poursuit Maya Borissivna, en passant devant un bloc de briques rouges délabré.La construction n\u2019a jamais été achevée.Un tiers du village jamais construit, pas de maison de la culture, pas d\u2019activités économiques.Les exilés de l\u2019atome se retrouvent isolés, sans emploi ni distraction, et cantonnés à une vie paisible, passée à panser leurs plaies, et à ressasser leurs souvenirs.« C\u2019est Mykola, un des premiers pompiers mobilisés pour tenter de refroidir le réacteur.Il est mort dans un hôpital de Moscou, le 16 mai 1986», raconte avec émotion Tetyana Sement- chouk en passant devant la photo d\u2019un jeune homme en uniforme, dans le hall d\u2019entrée de l\u2019administration locale.«Sa photo est ici, car il est des nôtres, du vieux Viltcha.On se souvient de lui, comme d\u2019une partie de la maison.» « Ici, personne n\u2019est en bonne santé, poursuit-elle.Dans chaque famille venue de la zone, il y a quelqu\u2019un de malade.Une femme sur deux ou trois a été opérée des seins.» Un diagnostic par tagé par Anna Sementchouk, infirmière à la clinique locale, un bâtiment d\u2019un étage aux murs bleus délavés.«Nous faisons face, en général, à des types de maladies dif férentes de celles de la moyenne de la population : des problèmes cardiaques, des insuffisances respiratoires, de l\u2019encé- phalopathie, des cas de cancers\u2026 Il y a évidemment un avenir à Viltcha.Mais il y a tout à construire ici, dans tous les sens du terme.» Au contraire des localités de la zone contaminée, Viltcha semble ignoré par les donateurs internationaux, et oublié par l\u2019État.« La médecine est gratuite, mais nous ne bénéficions d\u2019aucun traitement de faveur », explique Oleksandr Breiten- feld.Comme les autres retraités d\u2019Ukraine, les exilés de Viltcha doivent sur vivre sur des pensions d\u2019environ 1500 hryvnias, soit environ 75 dollars canadiens par mois.Et pourtant, Viltcha attire.«Environ 30% des maisons de Viltcha ont déjà été rachetées, et hébergent des familles qui n\u2019ont rien à voir avec Tchernobyl, constate Oleksandr Breitenfeld.Ici, les infrastructures sont meilleures que dans les autres zones rurales de la région.Nous avons l\u2019électricité, l\u2019eau courante et les routes sont praticables.» «Strip-teaseuse» Viltcha héberge même la seule discothèque du canton, tenue par Nune Margaryan et son mari, qui avaient fui leur Arménie natale à la suite de la guerre du Haut-Karabakh, dans les années 90.« Chaque week-end, nous organisons des grandes fêtes, et nous faisons même venir une strip-teaseuse de Kharkiv.Cela attire des jeunes, explique Nune Mar- garyan, dans la grande salle vide.C\u2019est bien, car sinon la population de V il tcha est vieillissante.» Début mars, Oleksandr Brei- tenfeld a enterré son meilleur ami, un ancien liquidateur.«À voir la taille du cimetière, on dirait que Viltcha existe depuis cent ans, lance-t-il, sans pour autant perdre son humour noir.Vous voyez, nous avons la chance d\u2019avoir trois Viltcha.Viltcha 1, c\u2019est là où nous avons vécu, Viltcha 2, c\u2019est le nouveau village qu\u2019ils ont construit pour nous.Et Viltcha 3, c\u2019est ici, où l\u2019on va tous finir par nous ranger.» À Viltcha, le souvenir de l\u2019exil est omniprésent.C\u2019est l\u2019une des raisons pour lesquelles les quelque 2000 habitants se sont fortement mobilisés pour accueillir d\u2019autres réfugiés, ceux de la zone de guerre du Donbass.« Ils étaient plus de 1000 en 2015, maintenant nous en avons encore environ 300 », estime Maya Borissivna.« Ici, c\u2019est calme, l\u2019air est pur, c\u2019est l\u2019idéal pour ma petite fille », confie Anna, qui a vécu plusieurs mois dans sa cave à Gorlivka, un des bastions séparatistes.« Ma petite a 4 ans, mais elle sait déjà faire la dif férence entre un obus de char et un missile Grad, explique-t-elle.Alors, je suis reconnaissante aux habitants de ce village calme et tranquille de nous accueillir.D\u2019autant qu\u2019ils comprennent notre traumatisme de l\u2019exil.» Si une solution politique est un jour trouvée pour mettre fin à la guer re qui déchire l\u2019Ukraine, les réfugiés du Donbass pourront peut-être rentrer chez eux.Ceux des villages évacués de Tcherno- byl sont en revanche condamnés à être inhumés dans une ter re qu\u2019ils considèrent comme étrangère.Libération L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 A V R I L 2 0 1 6 T C H E R N O B Y L , 3 0 A N S P L U S T A R D A 4 Le 26 avril 1986 survenait la catastrophe de Tchernobyl, le pire accident nucléaire de l\u2019histoire.Au total, 116 000 personnes ont dû être évacuées d\u2019une zone de 30 kilomètres autour de la centrale.Dans les années suivantes, 230 000 autres ont connu le même sort.Viltcha, petite localité proche de Kharkiv, dans l\u2019est de l\u2019Ukraine, a été créée pour héberger les réfugiés de Tchernobyl.Mais toutes les promesses de l\u2019époque ont volé en éclats.Au cœur du village des exilés de l\u2019atome C H R I S T I A N L O S S O N L e 26 avril 1986 survenait la plus grosse catastrophe nucléaire de l\u2019histoire.Trente ans plus tard, du Japon à l\u2019Ukraine en passant par la France, le coût humain et financier de l\u2019atome ne cesse de croître.Il y a tout juste trente ans, le monde a découver t avec Tchernobyl un accident nucléaire inégalé dont on paie encore le prix aujourd\u2019hui.Il y a à peine plus de cinq ans, la catastrophe de Fukushima a montré que même les pays les plus en pointe en matière de technologie n\u2019étaient pas à l\u2019abri des dangers de l\u2019atome.Au-delà du coût humain et environnemental, le nucléaire a un coût financier exorbitant.Il se chiffre à plus de 1000 milliards de dollars pour l\u2019Ukraine, la Biélorussie et la Russie.Plus de 1500 milliards pour le Japon\u2026 Un seul accident grave en France (non majeur) reviendrait à 140 milliards de dollars a minima, prédisait en 2012 l\u2019Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.Loin du catastrophisme, la Commission européenne vient d\u2019estimer que 123 milliards d\u2019euros seront nécessaires d\u2019ici à 2050 pour le démantèlement des centrales finissantes et 130 milliards d\u2019euros pour la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs.Et si l\u2019on se penche sur la seule évolution des dépenses d\u2019investissements et de maintenance, on constate qu\u2019elles explosent depuis dix ans : « 100 milliards d\u2019euros entre 2014 et 2030, soit 1,7 milliard en moyenne par réacteur » , estime la Cour des comptes pour la seule France, championne du monde de la production électrique d\u2019origine nucléaire par habitant.Les réacteurs nouvelle génération, façon Flamanville ?Un chantier estimé à 10,5 milliards d\u2019euros, trois fois le devis initial.Le monde compte 438 réacteurs en activité ; une soixantaine est en construction.Si la France entend ramener sa part du nucléaire dans la production d\u2019électricité à 50 %, des pays ont compris le prix du nucléaire et décidé d\u2019en sor tir progressivement : l\u2019Allemagne, la Suède, la Belgique, l\u2019Italie ou la Suisse.Résultat, même si la Chine continue de construire des centrales, la par t de l\u2019atome dans le mix énergétique mondial est passée de 18 % en 1998 à\u2026 12 % en 2015.Et cette par t n\u2019est pas amenée à progresser, même si, pour lutter contre le ré- chauf fement climatique, l\u2019Agence internationale de l\u2019énergie préconise le doublement du parc mondial d\u2019ici à 2050.Mais il existe un autre moyen de ne pas émettre de gaz à effet de serre sans pour autant puiser dans une énergie non renouvelable : ar rêter d\u2019utiliser les énergies fossiles.C\u2019est la tendance.Quatre- vingt-dix pour cent des nouvelles capacités de production d\u2019électricité installées dans le monde l\u2019an dernier sont à la base renouvelables : c\u2019était 50 % en 2013.Un boom qui s\u2019explique par la chute des prix : - 45 % pour les seules éoliennes depuis 2010.D\u2019ailleurs, jamais les capacités installées d\u2019énergies renouvelables n\u2019ont autant progressé qu\u2019en 2015 : + 8,3 %.Libération L\u2019heure des comptes Les coûts liés à l\u2019exploitation de l\u2019énergie nucléaire sont en pleine effervescence SZUSTKA / GETTY IMAGES Plus de 50 000 personnes ont dû être évacuées de Prypyat, une des «villes de l\u2019atome» soviétiques, construite en 1970 afin d\u2019héberger le personnel de la centrale voisine.VOLODYMYR REPIK ASSOCIATED PRESS Un travailleur de Tchernobyl mesurant les niveaux de radiation avec un dosimètre, en 1986.À l\u2019arrière-plan : construction d\u2019un sarcophage au-dessus du quatrième réacteur, celui qui a explosé.De nouveaux fonds pour Tchernobyl Kiev \u2014 Le G7 et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) se sont engagés lundi à verser 125 millions $CAN supplémentaires pour financer la construction d\u2019un nouveau dépôt de stockage du combustible usé à Tchernobyl.Réalisé par le groupe américain Hol- tec, le projet coûtera au total 568 millions.Cette structure stockera du combustible usé provenant des trois réacteurs qui n\u2019ont pas été touchés directement par l\u2019explosion du quatrième réacteur en 1986 et ont continué à fonctionner après la catastrophe.La construction doit être achevée cette année pour que cette nouvelle installation devienne opérationnelle à partir de 2017 pour «une période minimum de 100 ans», selon la BERD.Environ 200 tonnes de magma hautement radioactif se trouvent par ailleurs à l\u2019intérieur du réacteur numéro 4 de Tchernobyl, détruit par l\u2019explosion le 26 avril 1986.Parce que le sarcophage de béton bâti à la va-vite en six mois au-dessus du réacteur accidenté menaçait de s\u2019écrouler et exposer la matière radioactive à l\u2019air libre, la communauté internationale, dont le G7, s\u2019est engagée à financer la construction d\u2019une nouvelle chape plus fiable.Agence France-Presse GUILLAUME SOUVANT AGENCE FRANCE-PRESSE Une tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Civaux, en France.Un seul accident nucléaire grave en France reviendrait à 140 milliards de dollars au minimum, a-t-on estimé en 2012.Ici, personne n\u2019est en bonne santé.Dans chaque famille venue de la zone, il y a quelqu\u2019un de malade.Une femme sur deux ou trois a été opérée des seins.Tetyana Sementchouk, responsable de l\u2019association La mémoire de Tchernobyl « » L es députés péquistes de l\u2019Est de Montréal s\u2019inquiètent de voir leurs citoyens laissés pour compte dans le sillage du mégaprojet de train électrique de 5,5 milliards de dollars présenté par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), vendredi.En conférence de presse lundi, ils ont pris bien soin de répéter qu\u2019ils sont en faveur du projet , mais ont ajouté qu\u2019i l crée un déséquil ibre dans l\u2019offre de transport que le gouvernement devra corriger.Ils ont ainsi fait valoir que l\u2019Est de Montréal attendait depuis des années le prolongement de la ligne bleue du métro, une desser te rapide sur le boulevard Pie-IX et un réaménagement de la r ue Notre-Dame.Le député de Rosemont, Jean-François Lisée, a notamment rappelé que Québec et Ottawa qualifiaient de prioritaire le prolongement de la ligne bleue du métro dans l\u2019est jusqu\u2019à la semaine dernière.Il réclame maintenant un échéancier et une prévision de coûts rapidement pour ce projet, craignant qu\u2019il retombe sur la liste d\u2019attente.La porte-parole péquiste en matière de transpor ts, Martine Ouellet, réclame pour sa part l\u2019étude sur laquelle s\u2019est basée la Caisse de dépôt pour déterminer que les plus grands besoins en matière de transpor t col lecti f étaient dans l \u2019ouest de l \u2019 î le et non pas dans l\u2019est.Le projet de la Caisse fait toutefois suite au mandat qu\u2019elle avait reçu de présenter un projet de système léger sur rail (SLR) pour relier la Rive- Sud au centre-ville sur le futur pont Champlain et un lien entre le centre-ville et l\u2019aéroport Montréal-Trudeau.Les priorités de Québec En marge du Forum Innovation d\u2019Aéro Montréal, lundi, au Palais des congrès de Montréal, Philippe Couillard rejeté les critiques af firmant que l\u2019Est de Montréal était laissé pour compte, expliquant que le prolongement de la ligne bleue du métro ar rivait au deuxième rang des priorités en matière de transport collectif dans la métropole.Comme la CDPQ ne compte assumer que 3 des 5,5 milliards que coûtera le projet, Québec et Ottawa devront se partager le reste de la facture.« J\u2019ai l\u2019intention d\u2019interpeller M.[Justin] Trudeau et de discuter avec lui de nos trois grandes priorités en matière de transport en commun; le projet de la CDPQ, le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et le projet de Service rapide par bus à Québec », a affirmé le premier ministre qui n\u2019a pas voulu s\u2019avancer sur la répartition des sommes à injecter par les deux ordres de gouvernement.Le premier ministre s\u2019est dit persuadé que la CDPQ sera en mesure de respecter l\u2019échéancier de 2020 annoncé vendredi, donnant en exemple la Canada Line, le métro aérien reliant l\u2019aéropor t au centre-vil le de Vancouver, dans laquelle la CDPQ détient une importante participation.Ce projet d\u2019environ 2 milliards de dollars avait été livré en octobre 2009, soit près de quatre mois avant l\u2019échéance prévue, ainsi que dans le respect des budgets.La Presse canadienne J E A N N E C O R R I V E A U L e Port de Montréal rénovera la jetée Alexandra à temps pour le 375e anniversaire de Montréal en 2017, mais il devra se passer de l\u2019aide fédérale pour y parvenir puisque le projet n\u2019a pas répondu aux critères du financement venant d\u2019Ottawa.Pour leur part, le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal comptent verser 35 millions pour cette infrastructure destinée à attirer davantage de croi- siéristes dans la métropole.L\u2019administration portuaire avait déjà annoncé qu\u2019elle réaménagerait la jetée Alexandra et la gare maritime Iberville au coût de 78 millions de dollars.Le projet doit rendre les lieux plus attrayants et plus fonctionnels pour les bateaux de croisière qui font halte à Montréal.Meilleur accès au fleuve Le marché des croisières est en progression.Le Port de Montréal a enregistré un total de 91 000 passagers et membres d\u2019équipage en 2015, une année record.Et l\u2019Association des croisières du Saint-Lau- rent a déjà prévu une hausse de 5 % par an pour les prochaines années, a signalé Sylvie Vachon, p.-d.g.de l\u2019Administration portuaire de Montréal (APM) lundi.«D\u2019ici 2025, on pourrait recevoir autour de 100 000 passagers, et 125 000 avec les membres d\u2019équipage », a-t-elle avancé.Le projet de rénovation de la jetée Alexandra, située en face du Vieux-Montréal, prévoit notamment la reconstruction de la gare maritime au rez- de-chaussée, la construction d\u2019une nouvelle tour d\u2019observation ainsi que l\u2019aménagement d\u2019une place publique et l\u2019abaissement du bout de la jetée pour faciliter l\u2019accès au fleuve.Le projet sera achevé pour 2017, à l\u2019exception de la tour d\u2019obser vation qui ne sera prête qu\u2019en 2019.Ottawa absent Lundi matin en conférence de presse, trois ministres québécois, soit Mar tin Coiteux (Af faires municipales), Julie Boulet (Tourisme) et Jean D\u2019Amour (ministre délégué aux Af faires maritimes), ont annoncé l\u2019aide financière de Québec de 20 millions.De son côté, la Ville de Montréal contribuera au projet à la hauteur de 15 millions, a fait savoir le maire Denis Coderre.Le grand absent : Ottawa.Le Port, une organisation fédérale, avait soumis une demande de subvention de 26 millions pour son projet, mais celui-ci ne cadrait pas dans les programmes existants, a admis Sylvie Vachon.APM devra donc combler la différence et investir 43 millions.« Ça ne plombera pas notre année financière, a assuré Mme Vachon.On a réorganisé l\u2019ensemble de notre programme d\u2019immobilisations pour à la fois pouvoir compléter notre projet qui est de livrer notre nouveau terminal à conteneurs pour 2016 et amorcer ce projet dont la livraison est prévue pour 2017.» L\u2019absence d\u2019Ottawa n\u2019a pas étonné Denis Coderre.« Moi, honnêtement, je ne vois pas ça comme une absence.Ottawa investit massivement au niveau du Por t de Montréal.[.] C\u2019est un dossier qui va prendre de l\u2019ampleur et qui est vivant., a-t-il rappelé.On va se réjouir.Il n\u2019y a pas de bébittes.Ne vous inquiétez pas.» Un marché lucratif En modernisant la jetée, le Port pourrait attirer les plus grandes lignes mondiales de tourisme maritime, croit la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.« Il s\u2019agit d\u2019une clientèle très lucrative et en pleine croissance dont les commerces de la métropole pourront tirer profit », explique son président Michel Leblanc.En raison des travaux en cours, la jetée Alexandra sera fermée cette année.L\u2019accueil de la plupar t des navires de croisière se fera à des quais situés à l\u2019est du pont Jacques- Car tier et deux chapiteaux semi-permanents pourront recevoir les passagers.Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Pour annoncer vos camps, contactez Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com CHOISISSEZ MAINTENANT ! 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de 2018, fait valoir la députée péquiste Martine Ouellet.L\u2019ancienne candidate à la direction du Parti québécois (PQ) lance un double message à l\u2019intention du mouvement des « orphelins politiques » et des partis souverainistes : le PQ reste le meilleur refuge pour les électeurs qui cherchent à défaire le Parti libéral du Québec (PLQ), selon elle.« Il y a une urgence d\u2019agir à cour t terme pour défaire le Parti libéral.S\u2019il fallait que les libéraux soient élus en 2018, ça serait une catastrophe pour les gens qui croient que l\u2019État joue un rôle pour le développement collectif », dit Martine Ouellet, jointe par Le Devoir.L\u2019ancienne ministre au sein du gouvernement Marois dit comprendre le désenchantement du mouvement des « orphelins politiques », lancé la semaine dernière par l\u2019avocat Paul St-Pierre Plamondon.Comme lui, Martine Ouellet déplore les politiques libérales, qui affaiblissent l\u2019État au profit du secteur privé, selon elle.La députée met toutefois les «orphelins» en garde contre le danger de laisser les libéraux filer une fois de plus avec la victoire au scrutin de 2018.«Créer un nouveau parti, c\u2019est beaucoup d\u2019énergie, ça prend du temps.Et pour prendre des décisions, il faut former le gouvernement.Le Parti québécois peut prendre le pouvoir dès 2018, on a plus de membres que tous les autres partis réunis», dit-elle.Vers la convergence Martine Ouellet estime que Pierre Karl Péladeau et la députée Véronique Hivon ont envoyé un signal positif en vue d\u2019une convergence des forces souverainistes, avec leur lettre publiée samedi dans Le Devoir.Le chef péquiste a plaidé pour une feuille de route « progressiste» commune à tous les partis indépendantistes.Il a aussi invité les indépendantistes de tous les partis à venir influencer le programme du PQ, qui sera adopté au printemps 2017.Mme Ouellet estime que les électeurs et militants progressistes peuvent avoir confiance en Pierre Karl Péladeau, même si certains mettent en doute sa conversion aux valeurs de gauche.«Le PQ a eu des chefs de différentes tendances, mais a toujours été une coalition de centre gauche.Les porte-parole du parti, c\u2019est une chose, mais les membres et les électeurs, c\u2019en est une autre», dit-elle.Françoise David, porte-parole de Québec solidaire, s\u2019est montrée sceptique devant la main tendue du chef péquiste.Pas plus tard que le mois dernier, Pierre Karl Péladeau a affirmé qu\u2019il a « beaucoup d\u2019af finités » avec le programme économique de François Legault, chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), a rappelé lundi Mme David.Au sujet de la feuille de route commune avec le PQ, la représentante de QS a été claire : «Nous n\u2019en sommes pas là.Dans un an ou un an et demi, quand nos membres auront pris des décisions, on vous dira quelle décision on a prise.On n\u2019en est absolument pas là», a-t-il dit lors d\u2019un point de presse à Québec.Le Devoir Le PQ évoque « l\u2019urgence » de s\u2019unir contre les libéraux Seul le Parti québécois peut défaire Philippe Couillard dès le scrutin de 2018, dit Martine Ouellet Martine Ouellet estime que les électeurs et militants progressistes peuvent avoir confiance en PKP L A E T I T I A V A N E E C K H O U T S elon l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO), sécheresses, inondations et températures extrêmes provoquées par le phénomène El Niño, l\u2019un des plus puissants des dernières décennies, af fectent quelque 60 millions de personnes de par le monde, depuis les îles du Pacifique, le Timor oriental ou le Vietnam, jusqu\u2019au corridor sec d\u2019Amérique centrale, en passant par l\u2019Éthiopie et l\u2019Afrique australe.Dans cette dernière région, 36 millions de personnes souffrent actuellement d\u2019insécurité alimentaire.En proie à une terrible sécheresse depuis le début de la campagne 2015-2016, de vastes zones du Zimbabwe, du Malawi, de la Zambie, d\u2019Afrique du Sud, du Mozambique, du Botswana, de la Namibie, du sud de l\u2019Angola et de Madagascar enregistrent les plus faibles précipitations depuis trente-cinq ans, ce qui a entraîné des retards dans les semis et affecté le développement des cultures et la repousse des pâturages.Tout laisse à penser que les per tes de récoltes seront considérables à l\u2019échelle régionale.Estimée à 7,4 millions de tonnes, la production de maïs en Afrique du Sud pourrait accuser une chute de 30 % par rapport à 2015, et de 40 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.Dans le reste de l\u2019Afrique australe, la récolte céréalière ne devrait pas dépasser 17 millions de tonnes, là encore en recul par rapport aux niveaux déjà faibles de la dernière campagne.Des progrès «sapés» Ces baisses prévues de rendements font grimper les prix des denrées al imen- taires, rendant la situation des ménages précaires d\u2019autant plus incertaine.Après la Namibie, le Lesotho, le Zimbabwe, le Swaziland et cinq des neuf provinces d\u2019Afrique du Sud, le Malawi a à son tour, le 13 avril, déclaré l\u2019état d\u2019urgence.En Afrique de l\u2019Est, la situation en Éthiopie se dégrade également for tement : 10,2 millions de personnes sont en proie à la faim.Plus de 2,2 millions d\u2019enfants de moins de 5 ans souf frent de sous-nutrition et 450 000 de malnutrition aiguë.« L\u2019Éthiopie connaît une sécheresse aussi sévère que celle de 1984, qui avait été dévastatrice.La situation dans ce pays est d\u2019autant plus préoccupante que son gouvernement s\u2019est for tement mobilisé ces dernières années et a réalisé d\u2019importants ef forts pour développer l\u2019accès à l\u2019eau potable, investir dans les infrastructures \u2013 désormais on n\u2019est jamais à plus de quatre heures d\u2019une route \u2013 et accroître l\u2019assistance aux ménages vulnérables.Autant de progrès que El Niño est en train de saper », s \u2019alarme Dominique Burgeon, directeur de la division de l\u2019urgence et de la réhabilitation de la FAO.« En Éthiopie comme en Afrique australe, l\u2019impact sur la sécurité alimentaire va se faire sentir jusqu\u2019à la fin 2016 », prévient cet expert.Réunies le 17 mars à Rome, quatre agences de l\u2019ONU \u2014 la FAO, le Fonds international pour le développement agricole, le Bureau de la coordination des af faires humanitaires et le Programme alimentaire mondial \u2014 ont appelé la communauté internationale à une réaction forte.Elles estiment en ef fet le besoin d\u2019aide alimentaire d\u2019urgence et d\u2019assistance humanitaire à plus de 2,4 mill iards de dollars (2,12 mill iards d\u2019euros).Or i l en manque 1,5 milliard.«C\u2019est maintenant qu\u2019il faut se mobiliser» « Cela fait un an et demi qu\u2019on annonce que El Niño aura des ef fets catastrophiques, mais les bailleurs commencent à peine à se mobiliser ! Combien de crises El Niño faudra-t-il encore pour que des actions concrètes soient mises en place et que les pays puissent avoir les moyens de répondre aux impacts dès le début et de renforcer la résilience des populations vulnérables ?», interpelle Ber trand Noiret, chargé de plaidoyer sur le changement climatique d\u2019Action contre la faim, une ONG présente entre autres en Éthiopie, au Malawi et au Zimbabwe.La priorité pour la FAO, en Éthiopie comme en Afrique australe, est d\u2019acheminer du fourrage et des vaccins pour le bétail et de livrer aux agriculteurs des semences et des engrais pour préparer la prochaine campagne de semis.« C\u2019est maintenant qu\u2019il faut se mobiliser et aider les ménages, insiste Dominique Burgeon à l\u2019adresse des bailleurs.D\u2019autant que, tant en Afrique australe qu\u2019en Éthiopie, cette extrême sécheresse intervient après une année [2014-2015] chaude et sèche qui avait déjà amputé la campagne agropas- torale et érodé la capacité des populations à rebondir.» « Actuellement, on est au pic de la saison de soudure [ce laps de temps entre l\u2019épuisement des réserves et la nouvelle récolte], ajoute M.Burgeon.Les récoltes vont arriver, donnant le sentiment d\u2019une amélioration.Mais elles seront très faibles, et les personnes auront encore moins de moyens de résistance.La prochaine période de soudure sera encore plus longue.» Pour susciter un sursaut de la communauté inter nationale, l\u2019ONU doit organiser le 26 avril une réunion des bailleurs à Genève.Le Monde L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 6 S H E R Y L U B E L A C K E R à Toronto Le Canada a confirmé qu\u2019il avait enregistré son premier cas de virus Zika transmis sexuellement.L\u2019Agence de santé publique du Canada a révélé qu\u2019un résidant de l\u2019Ontario aurait contracté le virus en ayant une relation sexuelle avec un partenaire ayant voyagé dans un pays aux prises avec le virus.Le diagnostic a été confirmé après que des tests eurent été effectués par le Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg, qui enquête toujours sur un autre cas similaire.Le virus se transmet majoritairement par les piqûres de moustiques infectés, mais un nombre croissant de cas de transmission par voie sexuelle ont été répertoriés mondialement.Le 24 mars, l\u2019adjointe du mé- decin-conseil en santé publique de la Saskatchewan avait affirmé que la province enquêtait sur le cas d\u2019une femme, qui aurait contracté le virus après avoir eu une relation sexuelle avec un homme qui avait voyagé dans un pays où le virus est répandu.Pas moins de 55 Canadiens ont été touchés jusqu\u2019à maintenant, la plupar t d\u2019entre eux ayant voyagé dans des régions où le virus se propage rapidement, comme l\u2019Amérique du Sud et l\u2019Amérique centrale ou certaines régions du Mexique et des Antilles.L\u2019Agence fédérale af firme qu\u2019il n\u2019y a pas eu de cas confirmés d\u2019infection locale par les piqûres de moustiques et que le risque pour les Canadiens demeure très faible étant donné que les moustiques qui transmettent le virus ne sont pas établis au Canada.Santé Canada conseille aux voyageurs revenant des pays affectés ainsi qu\u2019à leurs par te- naires sexuels de prendre des précautions pour se protéger du virus.Les femmes enceintes et celles qui prévoient le devenir devraient éviter de voyager dans ces pays, a souligné l\u2019agence dans un communiqué, lundi.Si le voyage ne peut être évité ou repoussé, des mesures strictes contre les piqûres de moustiques devraient être prises en raison du risque sérieux d\u2019effets sur la santé de l\u2019enfant.Les femmes devraient également attendre deux mois avant d\u2019essayer de concevoir pour s\u2019assurer que toute infection soit éliminée du corps.Les hommes qui voyagent dans ces pays devraient également porter le condom pour une période de six mois après leur retour et éviter de concevoir pendant la même durée.Les couples devraient aussi retarder la conception d\u2019au moins six mois si l\u2019homme a été infecté.La Presse canadienne Canada: un premier cas de Zika transmis sexuellement El Niño a atteint son apogée en tant que phénomène météorologique il y a trois mois déjà, à la mi-janvier.Mais ses ef fets, dévastateurs, sur les récoltes et la sécurité alimentaire se font, eux, de plus en plus durement sentir.El Niño, une menace pour la sécurité alimentaire L\u2019Afrique australe et l\u2019Éthiopie sont particulièrement à risque de perdre des récoltes à grande échelle AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services- et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services- et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé - dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa bilité se limite au coût de la parution.Appel d\u2019offres public Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h, à la date ci-dessous, à la mairie de l\u2019arrondissement située au 6854, rue Sherbrooke Est, Montréal, pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 2016-013 Travaux de reconstruction de chaussée et de sections de trottoirs sur quatre rues locales et sur une rue artérielle à l\u2019arrondissement de Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve (P.R.R.2016).Date d\u2019ouverture : Jeudi, le 12 mai 2016 à 14 h.Renseignements : Madame Karima Aribia, ingénieure au 514 872-6946.Cautionnements : Chaque soumission doit être présentée avec un cautionnement de soumission représentant une somme de 10% du montant soumissionné, émis par une compagnie d\u2019assurances autorisée par l\u2019autorité des marchés financiers, conformément au cahier des charges, et accompagné d\u2019une lettre d\u2019intention d\u2019une compagnie d\u2019assurances de fournir le cautionnement d\u2019exécution des travaux égal à 50 % et de paiement des matériaux, des sous-contrats et de la main d\u2019œuvre égal à 50 % du coût de la soumission.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 26 avril 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux de la mairie de l\u2019arrondissement située au 6854, rue Sherbrooke Est, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.DONNÉ À MONTRÉAL, CE 26E JOUR D\u2019AVRIL 2016 Monsieur Magella Rioux Secrétaire d\u2019arrondissement Services institutionnels Gestion et planification immobilière Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : travaux Appel d\u2019offres : 5847 Descriptif : Sécurisation de l\u2019enveloppe et travaux de décontamination Date d\u2019ouverture : 16 mai 2016 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission (cautionnement, chèque visé ou garantie bancaire) Renseignements : pour toute question, s\u2019adresser à immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Visites : Les visites sont individuelles.La date limite pour prendre rendez-vous est le 2 mai 2016, à 15 heures.Les visites auront lieu du 4 au 6 mai 2016 inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : 9h30 à 11h30, et de 13h30 à 15h30.pour prendre rendez-vous, s\u2019adresser à immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 26 avril 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fourni en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 26 avril 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Avis de demande de changement de nom.Prenez avis que Frédéric Rap- paz dont l'adresse de domicile est le 20 rue des Soeurs Grises, app.420, Montréal, Québec, H3C 5M1, présentera au Directeur de l'état civil une demande pour changer son nom en celui de Fred Truman Wolf.Cet avis a été rempli et signé à Montréal le 13 avril 2016, par Frédéric Rap- paz.I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e nombre de prestataires de l\u2019aide sociale est en baisse au Québec.À 6,4 %, le taux d\u2019assistance sociale «avoisine un plancher historique», se félicite le ministre de la Solidarité sociale, François Blais.On recense à l\u2019heure actuelle 318 457 ménages vivant de l\u2019aide sociale, soit 6000 de moins que l\u2019an dernier et 20 000 personnes de moins qu\u2019il y a deux ans.Dans un communiqué, le ministre Blais a attribué la baisse de 0,3 % du taux d\u2019assistance à « l\u2019action gouvernementale » et ses dif férents programmes d\u2019insertion à l\u2019emploi.Plus tard, lors de l\u2019étude des crédits budgétaires, il a souligné que le taux était « en baisse constante » et que le nombre de prestataires avait pratiquement diminué de moitié depuis le milieu des années 1990.Il reste par contre beaucoup à faire pour les personnes seules qui comptent pour 80 % des prestataires d\u2019aide sociale au Québec.Elles sont suivies de loin par les familles monoparentales (11,8%) et les couples avec enfants (4,4%).M.Blais a d\u2019ailleurs rappelé que la pauvreté chez les personnes âgées avait diminué de façon substantielle depuis les années 1960 grâce à la Régie des rentes notamment.Plus récemment, on a assisté au même phénomène chez les familles grâce aux programmes d\u2019allocation familiale.Il estime d\u2019ailleurs que le programme d\u2019allocation familiale promis par le gouvernement fédéral pourrait avoir un « impact historique» sur la lutte contre la pauvreté.« Un des défis, c\u2019est la question des personnes seules, a-t-il dit.C\u2019est le groupe qui n\u2019a pas vu sa situation s\u2019améliorer.Si on pouvait améliorer le sor t de ces personnes-là, ça aurait un impact impor tant.» Le sujet doit être au cœur des consultations sur le prochain Plan d\u2019action gouvernementale en matière de lutte contre la pauvreté, a-t-il poursuivi.Projet de loi 70: sanctions maintenues M.Blais a par ailleurs toujours l\u2019intention d\u2019imposer des sanctions aux jeunes prestataires de l\u2019aide sociale qui refuseront de participer au nouveau programme Objectif Emploi.Pressé de questions à ce sujet par les journalistes, il a déclaré qu\u2019il « pourrait y avoir des pénalités » sans préciser si elles allaient atteindre jusqu\u2019à la moitié du chèque de base, comme l\u2019avait laissé entendre son prédécesseur, Sam Hamad.Par contre, il n\u2019est plus question de forcer les participants au programme à déménager pour trouver du travail.« Il n\u2019y a rien comme ça dans le projet de loi.Personne ne sera obligé de déménager pour occuper un emploi.» Le programme Objectif Emploi vise à réduire le nombre de personnes de moins de 35 ans vivant de l\u2019aide sociale (les premiers demandeurs) en les forçant à participer à un processus d\u2019accompagnement vers le marché du travail.Les pénalités ne leur seraient pas imposées s\u2019ils refusent un travail, a soutenu le ministre lors d\u2019échanges avec la députée solidaire Françoise David.«Ce n\u2019est pas lié à un résultat particulier», a-t-il dit en soulignant que ce n\u2019était pas du workfare.«C\u2019est lié à un processus.Tant que vous êtes dans un processus de démarches, vous continuez à progresser.» Chaque année, environ 11 000 jeunes sans contrainte à l\u2019emploi ou handicap s\u2019inscrivent à l\u2019aide sociale.Selon le ministre, ils sont « surre- présentés », et ce n\u2019est «pas normal».Lundi, il a annoncé que ces jeunes seraient suivis non pas par les Centres locaux d\u2019emploi, mais par le Réseau des Carrefours jeunesse- emploi qui recevront en échange un financement plus stable d\u2019au moins 45,67 millions de dollars par an pour les trois prochaines années.Le Devoir AIDE SOCIALE Le nombre de prestataires est en baisse au Québec JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Selon le ministre François Blais, le nombre de prestataires a pratiquement diminué de moitié depuis le milieu des années 1990.10,2 millions C\u2019est le nombre de personnes qui souffrent de la famine en Éthiopie. L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 I S A B E L L E P O R T E R à Québec L es maires de 58 villages du Québec où le signal cellulaire est déficient pressent l\u2019industrie et le gouvernement fédéral de leur venir en aide.Ce mardi, le président de l\u2019Association canadienne des télécommunications, Bernard Lord, doit les rencontrer lors d\u2019une réunion à La Pocatière.« L\u2019objectif, c\u2019est d\u2019avoir le même service qu\u2019en ville et au même coût», résume le député conservateur Bernard Généreux (Montmagny-L\u2019Islet-Ka- mouraska-Rivière-du-Loup) qui défend cette cause à Ottawa.«On n\u2019est pas des citoyens de seconde classe.» Dans sa région, les petites municipalités qui sont situées dans les terres vers la frontière américaine n\u2019ont pas de signal.Le problème touche en outre cer taines por tions de l\u2019autoroute 20 où le signal est intermittent.Investissement Étant donné la faible densité de ces territoires, les compagnies de télécommunication sont réticentes à investir dans de nouvelles tours.Or cela limite le développement économique et pose même des problèmes de sécurité, plaide le député.« L\u2019élément qui est extrêmement impor tant pour nous, c\u2019est le 911.[\u2026] Si tu fais un accident d\u2019auto, tu ne peux pas appeler le 911 même si tu as payé pour.» À La Pocatière, Bernard Lord doit leur présenter le point de vue de l\u2019industrie.M.Généreux espère que cela favorisera d\u2019éventuels partenariats.« La rencontre va nous donner quelques pistes de solutions.» « Je comprends très bien qu\u2019ils ne vont pas investir 500 000 $ pour une tour qui va leur donner des revenus de 10 000 $ par an, mais en même temps, le cellulaire est devenu un service essentiel.» Outre M.Lord, les députés du NPD Guy Caron (Rim o u s k i - N e i g e t t e - T é m i s - couata-Les Basques) et du PLC Rémi Massé (Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia) doivent être présents.Car, selon M.Généreux, l\u2019enjeu transcende la par tisanerie.« Je veux vraiment que ce soit apolitique.Il faut qu\u2019on trouve une solution à long terme à cette problématique-là.» La semaine dernière, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) tenait des audiences dans ce dossier et le député a réclamé qu\u2019il reconnaisse l\u2019accès aux ondes comme un service essentiel.«Si c\u2019est reconnu par le CRTC, le gouvernement n\u2019aura pas le choix de s\u2019y soumettre», plaide-t-il.De quelle façon?Le député croit que le gouvernement fédéral pourrait financer des projets lancés par les communautés.Il donne l\u2019exemple de Girardville au Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean où une coopérative locale a obtenu des subventions du Québec et de la Ville pour construire une tour de télécommunications qui est louée aux compagnies de téléphone sans fil.Le Devoir TÉLÉPHONIE CELLULAIRE Cri du cœur pour un meilleur signal Un groupe de 58 municipalités mal desservies rencontrera l\u2019industrie ISTOCK Les compagnies de télécommunication sont souvent réticentes à payer pour des tours de transmission dans des secteurs à faible densité.LE DEVOIR DE DÉBATTRE Le mercredi 27 avril 2016, 19 h 15 ans après le r ort p ap éril a en p , le fr ose ar L De e du st iali or édit \u2019 Animé par l v u Qué çais est an oir ?c e b -il e t ec e et codir st onstitutionnali C d ar ér édéric B Fr e M ur s ue stiq oits lingui e de dr tièr ma tional en e na oir t a v Obser \u2019 de l s s Québécoi tional de na dins esjar e D tin Mar ice tr a e et comment st urnali o J son w o agacé D e L Ann evoir D pondant du s e orr C stian Rioux Chri 8 5 1 2 3- 18 64 4 u ez a v ser é R ue, Québec iq abr e de la F 2, côt S T É P H A N I E M A R I N L a Couronne ne fera pas appel du verdict d\u2019acquittement de l\u2019ex-animateur radio de CBC Jian Ghomeshi.Elle a fait savoir sa décision par communiqué, lundi.L\u2019homme de 48 ans avait été reconnu non coupable de tous les chefs d\u2019accusation portés contre lui, par un jugement rendu le 24 mars dernier, après un procès hautement médiatisé à Toronto.Il avait été accusé de quatre chefs d\u2019agression sexuelle et d\u2019avoir tenté d\u2019étouf fer, de suf foquer ou d\u2019étrangler une personne dans le but de vaincre sa résistance.La Couronne dit avoir conclu qu\u2019il n\u2019y avait pas de fondement juridique pour formuler un appel, puisque son droit d\u2019appel d\u2019un acquittement est limité aux erreurs de droit dans un jugement et ne peut por ter sur des erreurs de fait.Difficile pour tous Dans son communiqué, la Couronne indique que cette affaire a été dif ficile pour tous ceux qui y étaient impliqués.Puisque Jian Ghomeshi doit retourner devant un tribunal en juin dans une autre affaire d\u2019agression sexuelle, la Couronne indique qu\u2019il serait inapproprié pour elle de commenter davantage ce dossier.Dans sa décision rendue en mars, le juge William Horkins de la Cour de l\u2019Ontario avait exprimé des «doutes raisonnables » sur le témoignage des plaignantes et sur leur crédibilité.Les trois femmes qui ont témoigné ont raconté au procès que pendant leur liaison avec l\u2019animateur de CBC, en 2002 et 2003, il était devenu brièvement mais soudainement violent avec elles dans des moments d\u2019intimité.La défense a plaidé que les trois femmes avaient menti durant leur témoignage au sujet de leur relation avec l\u2019accusé, et qu\u2019elles n\u2019étaient donc pas crédibles.Le juge Horkins s\u2019est rangé à cet argument et a af f irmé à plusieurs reprises, dans son jugement, que les plaignantes avaient menti ou manipulé des faits et avaient caché de l\u2019information per tinente au sujet des contacts qu\u2019elles avaient maintenus avec l\u2019accusé après les agressions présumées.Prôner la vigilance Le juge soutient que cette cause a démontré la nécessité de faire preuve de vigilance quant à une fausse présomption qui voudrait que les plaignantes dans les cas d\u2019agressions sexuelles « disent toujours la vérité ».Il précise toutefois que l\u2019acquittement ne signifie pas pour autant que les événements en question ne se sont jamais produits.CBC avait congédié son animateur vedette lorsque le scandale avait éclaté, en 2014, et a annoncé, peu après le jugement, maintenir sa décision.La Presse canadienne PROCÈS GHOMESHI La Couronne ne fera pas appel du verdict I S A B E L L E P A R É L\u2019 Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) ne dispose pas de portrait précis de la hausse marquée des opioïdes qui transitent par les comptoirs de ces membres, mais il entend collaborer de près avec le Collège des médecins pour élucider les causes de la consommation massive de ces médicaments antidouleur, à l \u2019origine de nombreux décès par surdose.En réaction aux chiffres de la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ) dévoilés par Le Devoir lundi, révélant que le nombre d\u2019ordonnances d\u2019opiacés a bondi de 29 % depuis 2011 au Québec, l\u2019OPQ se dit préoccupé par le phénomène, mais affirme que ces données globales ne permettent toujours pas de tracer un portrait précis de la consommation des opioïdes au Québec.« Ce sont des chif fres globaux qui ne permettent pas de savoir quels médicaments sont le plus en cause dans cette hausse de consommation.Le nombre d\u2019ordonnances a augmenté, mais est -ce que les quantités par ordonnance ont diminué ?Ces chif fres pourraient être trompeurs.S\u2019agit-il de méthadone ?», a demandé lundi Michel Caron, adjoint professionnel à l\u2019OPQ.À l\u2019Association des pharma- ciens-propriétaires du Québec, on dit ne pas avoir de portrait pointu de l\u2019évolution des ventes d\u2019opioïdes dans les pharmacies, mais l\u2019on sait que la prescription de méthadone \u2014 d\u2019abord destiné aux toxicomanes en sevrage \u2014, a connu un essor depuis que Santé Canada, en 2012, a autorisé son usage pour le traitement des douleurs aiguës chroniques.Selon la RAMQ, le nombre de prescriptions d\u2019opioïdes, dont la morphine, la métha- done, le fentanyl et la codéine, est passé de 1,9 million à 2,4 millions entre 2011 et 2015.Et cela, même si le nombre de patients ayant reçu de telles prescriptions n\u2019a augmenté durant la même période que de 10 %.Ce bond dans les prescriptions est jugé préoccupant alors que, ces dernières années, les effets délétères des opioïdes, notamment les sur- doses et les dépendances aux médicaments narcotiques, ont fait les manchettes.Seulement au Québec, l\u2019INSPQ évalue à 1775 le nombre d\u2019intoxications mortelles liées aux opioïdes entre 2000 et 2012.Ailleurs au Canada, les décès reliés au fentanyl, 40 fois plus puissant que l\u2019héroïne, ont mis les autorités de santé publique sur les dents.La Colombie-Britannique, où plus de 200 surdoses mortelles ont été recensées en trois mois, vient d\u2019en faire une urgence de santé publique.Des études s\u2019imposent Des détails sur les profils de consommation de chaque opioïde seront nécessaires pour savoir si la formation des médecins et des pharmaciens sur certains médicaments doit être adaptée, estime l\u2019Ordre des pharmaciens du Québec.Le comité de travail mixte du Collège des médecins et de l\u2019OPQ sur la question des opiacées se penchera sur le dossier afin de proposer, d\u2019ici quelques mois, de nouvelles directives tant pour les médecins que pour les pharmaciens.Mais d\u2019ici à ce que ce comité accouche d\u2019un rapport, certains projets pourraient être envisagés, estime M.Caron.En Ontario, dans certaines régions, les prescriptions de timbres de fentanyl s\u2019accompagnent de l\u2019obligation, pour le patient, de ramener les timbres usagés aux pharmaciens pour obtenir un renouvellement de leur ordonnance.Cette mesure vise à s\u2019assurer que le fentanyl prescrit médicalement ne soit pas détourné vers le marché des drogues de rue, où ce produit a provoqué des dizaines de surdoses mortelles.Le Devoir CONSOMMATION D\u2019OPIOÏDES L\u2019Ordre des pharmaciens veut un portrait plus précis de la situation Jian Ghomeshi JOHN MOORE GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE Des pilules d\u2019oxycodone, un opioïde.Selon la RAMQ, le nombre de prescriptions d\u2019opioïdes est passé de 1,9 million à 2,4 millions entre 2011 et 2015. Gaétan Barrette a rejeté avec empressement et vanité la recommandation d\u2019anciens hauts fonctionnaires de soumettre sa réforme à la vérificatrice générale pour évaluation.Ce refus contredit totalement deux principes que Philippe Couillard avait pourtant présentés comme cardinaux en 2014 : la « révision permanente » et la transparence.Et sans doute un troisième, vanté celui-là par l\u2019ancien président du Trésor Martin Coiteux : l\u2019humilité.Une inter vention du premier ministre s\u2019impose.eux qui ont réclamé le 23 avril une évaluation de ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler les «réformes Barrette» connaissent le système de santé, c\u2019est indéniable.Il s\u2019agit de Paul Lamarche, professeur honoraire en administration de la santé, mais aussi ex-sous-ministre associé au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ; Pierre Joubert, ex-directeur de la recherche et de l\u2019évaluation au MSSS et ex-directeur de la recherche à l\u2019Institut national de santé publique ; en?n, Marc-André Maranda, ex-directeur du programme de santé publique au MSSS.Leur demande était simple : que la véri?catrice générale se penche sur l\u2019effet des réformes de l\u2019actuel ministre de la Santé.Le Véri?cateur général est à leurs yeux l\u2019institution la plus «crédible» pour effectuer une «lecture neutre et objective de la situation actuelle».La demande a été appuyée par une vingtaine de personnes, dont des experts.Si l\u2019on en croit M.Barrette, «rien n\u2019est plus politique que cette lettre-là».Selon lui, «des analyses indépendantes, il s\u2019en fait dans le gouvernement».Là est le problème, justement.Comme le font remarquer les signataires de la lettre, « toutes les instances qui étaient susceptibles de fournir une lecture dif férente de celle du ministre sur ce qui se passe dans le réseau ont été abolies ou muselées».La Santé représente la portion la plus importante du budget du Québec : 38,4 milliards de dollars.La gestion d\u2019une somme de cette taille exige des contrepoids autres que ceux des oppositions parlementaires.La véri?catrice générale devrait jouer ce rôle.Au contraire, M.Barrette nous demande un acte de foi : « Attendons que la transformation du réseau soit complète avant de passer des commentaires.» Les cadres de la santé lancent des S.O.S., des superin?rmières quittent le Québec, etc.Il faudrait tout de suite pouvoir analyser, par exemple, « l\u2019évolution des nombres de départs, de postes non pourvus et des congés de maladie dans les établissements [\u2026], avant et après leur fusion dans les CISSS et les CIUSSS».Le ministre refuse net.On verra, insiste-t- il, le 31 décembre 2017, date où notre citrouille de système se transformera soudainement en carrosse.De la part de M.Barrette, allergique de manière congénitale aux critiques, la réponse ne surprend guère.Il reste que cet homme occupe le poste le plus important dans un gouvernement qui avait fait une promesse claire.Rappelons-nous: «Il s\u2019agira de mettre en place un mécanisme, mais surtout une culture d\u2019évaluation permanente», annonçait Philippe Couillard dans son discours d\u2019ouverture du 21 mai 2014.Dans le décret de l\u2019été 2014 qui créait la Commission de révision permanente des programmes, on précisait que l\u2019évaluation devait se faire «en continu».Gaétan Barrette a beau gérer le plus imposant budget de tout l\u2019État du Québec, il échappe aux grands principes de gestion de son gouvernement, à cette culture qu\u2019il fallait urgemment développer.D\u2019ailleurs, qu\u2019en pense M.Couillard, qui préside depuis septembre 2015 le Comité permanent de la révision des programmes, lequel est chargé (voir le site du Conseil du trésor) de donner les grandes orientations au Bureau de la révision permanente des programmes (BRPP) ?Fera-t-il une exception pour son collègue médecin ?Toujours en mai 2014, M.Couillard déclarait : « Il faut que la transparence soit la plus entière possible.» Le refus de l\u2019évaluation constitue évidemment un rejet de la transparence ; depuis les réformes Barrette d\u2019ailleurs, nombre de données sont inaccessibles ou occultées.Pourtant, « il s\u2019agit d\u2019être un peu plus humble comme gouvernement », philosophait Martin Coiteux en août 2015 en annonçant la création du BRPP.«L\u2019humilité, ce n\u2019est pas de la faiblesse.L\u2019humilité, c\u2019est d\u2019accepter de se faire évaluer.» L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 A V R I L 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Le rôle des députés Aucun député ne peut prétendre ignorer qu\u2019à répétition et à chaque occasion, toutes les enquêtes effectuées par des maisons de sondage compétentes ont démontré un taux d\u2019approbation de 75 à 80%, en faveur de l\u2019aide médicale à mourir (AMAM), demandée et balisée, ce qu\u2019a cautionné la Cour suprême le 6 février 2015.Toute loi peut être modifiée après son adoption, selon l\u2019expérience accumulée.Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019un cas de conscience.Un député ne peut voter contre le principe de cette loi, s\u2019opposant ainsi à la Cour suprême et à l\u2019opinion de plus de 75% de la population qu\u2019il prétend représenter.Il peut continuer de s\u2019y opposer par conscience personnelle, mais il ne peut moralement imposer ses croyances, au mépris de celles des autres, très majoritairement opposées aux siennes, ce qui serait une grave spoliation de la démocratie.Au nom de la compassion et de la sollicitude, il est urgent d\u2019adopter cette loi et de se fier à un comité spécial pour en parfaire les détails.De grands malades ont déjà suf fisamment payé pour l\u2019immobilisme coupable de M.Harper.En parallèle, les por te-parole des Églises semblent oublier que leurs plus grands philosophes et théologiens sont en faveur de l\u2019AMAM lors de circonstances inhumaines : G.Marcel, P.Ricœur, T.Beauchamp, J.Grand\u2019Maison, Mgrs J.Gaillot et J.S.Spong, P.Tillich, G.Rinfret, Hans Küng.Ce dernier rappelle dans Être chrétien que « le service de l\u2019homme ne doit jamais être sacrifié à une norme ou à une institution prétendument absolue» (p.285).Ce qui revient à dire que l\u2019homme n\u2019a pas été créé pour le Sabbath\u2026 Marcel Boisvert Montréal-Nord, le 21 avril 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N RÉFORMES BARRETTE EN SANTÉ Le refus de l\u2019« humilité » C R O S A I R E G A G N O N Saint-Ambroise L es pouvoirs publics abordent la question du patrimoine de manière craintive et timide.On entretient l\u2019impression de financer l\u2019inutile, et la stratégie la plus répandue se résume à «on laisse crever ».Le cas de l\u2019église Notre-Dame-de-Fatima de Jonquière témoigne avec horreur et éloquence de l\u2019incurie et de l\u2019ignorance municipales.Pourtant, feuilletez n\u2019importe quel livre portant sur l\u2019architecture religieuse du Québec et vous apercevrez cette forme de tipi tout blanc allongeant les bras vers le ciel.Fatima est un des rares monuments à témoigner avec autant d\u2019originalité, d\u2019audace et de créativité d\u2019un courant religieux issu de la modernité inspirée par le concile Vatican II.Le Québec des années 60 entrait dans une révolution.C\u2019était l\u2019époque de l\u2019abbé Pierre et ses compagnons d\u2019Emmaüs inspiraient la jeunesse ; c\u2019était le livre Deux prêtres en colère de Roméo Bouchard et Charles Lambert qui scandalisait le clergé séculier et qui accompagnait une vague de défroques importante chez les prêtres québécois.C\u2019était aussi l\u2019écrivain, l\u2019abbé Louis Evely, invité par des Oblats du collège de Jonquière à prononcer des conférences sur les changements qui secouaient les puces d\u2019une Église autoritaire, punitive et culpabilisante.L\u2019abbé Evely possédait tous les mots pour traduire cette réalité nouvelle d\u2019un catholicisme plus humain prêt à passer du culte étouffant au partage et à l\u2019amour.Du son passage au Saguenay autour de 1963-1964, j\u2019avais surtout retenu la forte impression que lui avait procurée l\u2019architecture religieuse d\u2019ici.La modernité, l\u2019originalité et la beauté des églises nouvelles qui jalonnaient la route entre La Baie et Alma le touchaient.Plusieurs d\u2019entre elles étaient toutes blanches, d\u2019autres épousaient des formes de bateaux ou de tentes.L\u2019art religieux saguenéen reflétait le réveil d\u2019un peuple qui af firmait son identité.Des- gagné et Côté étaient les « Charlebois » de l\u2019architecture.Scène de viol artistique Plus de cinq décennies plus tard, je n\u2019ose plus emprunter la rue Monfort, à Jonquière de peur d\u2019apercevoir cette « scène de viol artistique » qu\u2019est devenu le site de l\u2019église Fatima.Depuis plus de 15 ans, la Ville de Saguenay, sous l\u2019égide de son pieux premier magistrat, a laissé se construire un complexe immobilier juste derrière Notre-Dame-de-Fatima, donnant l\u2019impression d\u2019un encerclement qui étouf fe l\u2019œuvre.Les arbres qui restaient autour ont été coupés pour faire place à des maisons de ville.Il y a un an, la commission d\u2019urbanisme a décidé de sa démolition en prétextant l\u2019absence de projets et les coûts prohibitifs de la conservation.Le statut patrimonial lui a été retiré en 2014 ce qui équivaut, en pratique, à un permis de démolition.Or, il est probable que le coût de la démolition soit très élevé, en raison de la présence de contaminants.L\u2019environnement actuel de l\u2019église Fatima of fre une image d\u2019inutilité dans le paysage.Une manière subtile de sceller son sort d\u2019abandonnée.Les dépliants des circuits municipaux du patrimoine sont muets et aveugles à son sujet.Pourtant, en 2014, plus de 500 signataires d\u2019une pétition à l\u2019Assemblée nationale du Québec demandaient au gouvernement de garantir la protection de l\u2019édifice et plusieurs dizaines de lettres dans les médias provenant de citoyens, d\u2019experts, d\u2019architectes allaient dans le même sens.Niet ! Trop cher fut la réponse.Irrespect total à l\u2019endroit des artistes, des créateurs et de l\u2019histoire, la profonde, celle qui dépasse de loin les fixations des développeurs pour qui le cash est le seul moteur de développement.Pourtant, la France démontre depuis toujours qu\u2019il faut développer les petites choses remplies de sens et d\u2019histoire, leur accorder toute l\u2019attention qu\u2019elles méritent, parce que « ces morceaux de vie » sont les reflets de ce que nous sommes.Il semble assez improbable que le propriétaire actuel, incapable de la vendre l\u2019église Fatima, se lance dans des rénovations ou une démolition coûteuses.De Palmyre à Saguenay Quant à la ville de Saguenay, elle a choisi la météo comme partenaire principal ouvrant la voie au dépérissement de Fatima dans l\u2019espoir qu\u2019elle finisse par s\u2019écrouler toute seule.En silence, la ville laisse s\u2019accumuler les dommages et, cela, en toute impunité.On s\u2019émeut, avec raison, de la destruction des trésors de Palmyre et des bouddhas géants de l\u2019Afghanistan.Mais qu\u2019en est-il chez nous?Les dossiers «Fatima» pullulent et s\u2019accumulent dans un mélange d\u2019incohérence, d\u2019indifférence et d\u2019indécision gouvernementales.En fait, les décideurs ne voient pas l\u2019importance du patrimoine.Y compris le premier ministre qui habite à moins de deux heures de Fatima.La professeure Lucie K.Morissette juge que l\u2019église est victime « d\u2019un manque d\u2019amour », elle qui expliquait récemment dans Le Devoir la puissance de « l\u2019effet patrimoine mondial ».Les dossiers patrimoniaux sont soumis au- jourd\u2019hui à des traitements qui relèvent d\u2019une inconscience de décideurs ignorants des trésors dont ils sont responsables.Il s\u2019agit d\u2019une désinvolture révoltante, à bien des égards.Aucun compte à rendre ; ils ne sont redevables de rien devant personne.Ces églises, bâties avec l\u2019argent du monde, sont pour tant des biens publics.Et on laisse aller sans nulle forme de procès.Et le refuge de l\u2019austérité budgétaire est bien pratique pour justifier le silence et l\u2019inaction.Le plus terrible de tout, c\u2019est l\u2019impuissance qu\u2019on ressent, comme citoyen, devant l\u2019ampleur de la bêtise.Quand je rêve, j\u2019entrevois un miracle.Je vois des bleuets régionaux millionnaires, les Godin, les Harvey, les Bouchard, je vois un ancien premier ministre, je vois se lever la fierté envers Fatima.Le « viol artistique » de Notre-Dame-de-Fatima, à Jonquière ANTOINE ROBITAILLE Le commerce en ligne M.Peter Simons, homme d\u2019affaires im- por tant de Québec, a présenté sur les ondes de RDI la semaine dernière un message d\u2019une rare lucidité auquel peu de médias et d\u2019élus ont fait écho.M.Simons y lançait un cri du cœur sur l\u2019iniquité fiscale qui est en train de s\u2019installer à l\u2019échelle mondiale, entre les réseaux commerciaux traditionnels qui payent leur dû aux États (taxes d\u2019importation et taxes de vente) et le commerce en ligne dans lequel acheteurs et vendeurs pratiquent massivement l\u2019évitement fiscal et la négation des règles de protection des consommateurs.[.] C\u2019est une véritable révolution, selon M.Simons, qui est en train de se produire.Avec la complicité insouciante des consommateurs qui veulent tout acheter au meilleur prix, de grands réseaux commerciaux se mettent en place dans l\u2019univers abstrait du Web, hors de la portée des taxes et des règlements que les États sont en droit de leur imposer.Uber en fait actuellement la démonstration, en invoquant faussement la notion d\u2019économie de partage.[.] Il y a lieu de s\u2019alarmer de cette situation, à l\u2019heure où, par ailleurs, on découvre l\u2019étendue des investissements des plus riches dans les paradis fiscaux et où, d\u2019autre part, on apprend que les prochaines ententes de libre-échange que le Canada s\u2019apprête à signer comprendront des mécanismes formels autorisant les entreprises privées qui se sentiraient lésées par la politique d\u2019un État, à poursuivre celui-ci en justice et à en obtenir des compensations financières (à même les taxes des citoyens).En accord avec M.Simons, je trouve donc urgent pour les États d\u2019adapter leurs politiques fiscales et leurs mécanismes réglementaires à l\u2019évolution technologique, en s\u2019assurant que toute transaction commerciale effectuée en ligne soit retraçable par les États concernés et que tous vendeurs et acheteurs qui y participent soient assujettis aux mêmes obligations que ceux du commerce traditionnel.[.] Philippe Barrette Québec, le 23 avril 2016 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 A V R I L 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).J E A N D E L I S L E Professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa e Bureau de la traduction du gouvernement fédéral a été créé en 1934 pour remédier à la situation anarchique qui régnait alors dans les services de traduction.Chacun des sous-ministres nommait les traducteurs, personne ne coordonnait la répartition du travail, personne n\u2019en contrôlait la qualité ni les coûts.En outre, une part non négligeable de la traduction était confiée à des fonctionnaires bilingues, souvent des secrétaires, qui n\u2019avaient pas toujours les aptitudes ni la compétence pour exécuter cette tâche.La Loi concernant le Bureau de la traduction vint imposer au nouvel organisme de faire et de réviser toutes les traductions de tous les ministères de l\u2019État.Le Bureau a pu mettre un frein au développement « désordonné » de la traduction, assurer un contrôle de la qualité et s\u2019imposer comme le service par excellence dans le domaine.Les traducteurs fédéraux en sont venus à former un groupe de spécialistes de la langue et de la traduction ; ils sont d\u2019ailleurs à l\u2019origine de la professionnalisation du métier de traducteur au pays.Le Bureau, financé par des crédits parlementaires, a connu un essor spectaculaire à la suite de l\u2019adoption de la Loi sur les langues officielles et a élargi considérablement les services linguistiques offerts aux fonctionnaires et à l\u2019ensemble de la population canadienne.On peut affirmer qu\u2019il a su faire preuve de dynamisme et de leadership en multipliant les innovations.Sa banque de terminologie Termium, de réputation mondiale, en est un exemple éclatant.Tout comme son « Portail linguistique » qui offre une vaste gamme d\u2019aides à la rédaction à l\u2019ensemble des Canadiens.Un déclin évident Depuis 1995, cependant, le Bureau est dans une situation bancale, source d\u2019un profond malaise au sein du personnel.D\u2019un point de vue administratif, il est à la fois une entreprise privée et un service public.En tant qu\u2019organisme de services spéciaux (OSS), il lui faut, comme une entreprise privée, recouvrer ses coûts, c\u2019est-à-dire facturer des «clients» (les ministères faisant appel à ses services), réaliser des économies, accroître le plus possible la productivité de son personnel et tirer le meilleur parti des nouvelles technologies.Ses services sont passés d\u2019obligatoires à facultatifs, sauf pour le Parlement.Les ministères peuvent s\u2019adresser au secteur privé pour répondre à leurs besoins en traduction, mais il est interdit au Bureau de soumissionner sur les marchés qu\u2019ils offrent.Les tarifs qui leur sont facturés sont ahurissants : ils varient de 0,24 $/mot à plus de 1,60 $/mot, selon les données rendues publiques par les ministères à la demande du député néodémocrate de Drummond à la Chambre des communes, François Choquette.Et c\u2019est sans compter le coût de la gestion des contrats et celui du contrôle de la qualité.L\u2019ensemble de ces coûts est supérieur à ce qu\u2019il en coûterait si les traductions étaient faites par le Bureau.Plusieurs ministères créent soit des services de traduction fantômes, ce qui contrevient au règlement, soit des postes de conseillers linguistiques \u2014 en réalité, des postes de traducteurs \u2014 qui ne sont pas tous occupés par des personnes compétentes ou formées en traduction.Le Bureau est donc sous-utilisé et, globalement, la traduction coûte plus cher, car de 2003 à 2012, le prix moyen du mot payé par le Bureau dans ses contrats avec le secteur privé a toujours été inférieur à 0,20 $.Logique mercantile Mais il y a plus.En tant qu\u2019organisme public, le Bureau a des obligations que n\u2019ont pas les entreprises privées de traduction avec qui il est en concurrence.Ainsi, il lui faut prévoir des conditions particulières pour la traduction de textes hautement confidentiels, développer la terminologie, normaliser la langue au sein de l\u2019administration fédérale, assurer des services d\u2019interprétation, offrir le sous-titrage intégral des délibérations télédiffusées de la Chambre des communes et de ses comités et former la relève en offrant des stages en traduction et en interprétation.Or, il est évident que, ces dernières années, la logique mercant i le a prévalu dans les grandes décisions prises par la direction du Bureau qu i a assu jett i son évolut ion aux seules considérations d\u2019ordre financier, au point qu\u2019il est même permis de penser que l\u2019on envisage le démantèlement pur et simple de cet organisme dont la « mission » de service public a été vidée de son contenu.Des faits ?Pas moins de 400 postes de traducteurs n\u2019ont pas été renouvelés ces dernières années et 140 autres doivent bientôt passer à la trappe.Un organisme peut-il s\u2019acquitter de sa mission honorablement quand il perd de 30 à 40 % de son effectif ?Le nombre de terminologues a tellement diminué que la composante terminologie est littéralement en voie d\u2019extinction, ce qui représente une importante perte d\u2019expertise.Termium est « sous-alimentée ».Le Bureau, qui participait à la formation de la relève, n\u2019of fre plus aucun stage depuis quatre ans.Aucun organisme privé n\u2019a pris le relais.Compte tenu de cette triste réalité, il est clair que l\u2019on revient lentement, mais sûrement, à une situation aussi chaotique que celle qui existait avant 1934.L\u2019histoire se répète, hélas! Et le logiciel de traduction automatique «Portage» que la direction du Bureau n\u2019a pas renoncé à implanter dans l\u2019ensemble de la fonction publique pour «faciliter les communications entre les fonctionnaires», sans aucune balise pour encadrer son utilisation, renforce cette impression de désorganisation.Les langues officielles au Canada sont le français et l\u2019anglais.La « langue machine » de- viendra-t-elle la nouvelle langue officielle?Dans l\u2019état actuel des choses, le Bureau de la traduction, qui avait acquis une réputation enviable au pays comme à l\u2019étranger, me fait penser à un édifice patrimonial que des promoteurs indifférents à l\u2019histoire et sans vision d\u2019avenir démolissent au nom d\u2019impératifs financiers.La traduction à Ottawa : de l\u2019anarchie à la chienlit A M I R K H A D I R Député de Mercier pour Québec solidaire, il s\u2019exprime toutefois ici à titre personnel.a convergence entre partis souverainistes, on en parle beaucoup ces jours-ci.Dans le rang des solidaires, le débat est en cours, mais l \u2019 idée rencontre de la résistance : est-elle possible avec le PQ ?Pierre Mouterde, animateur de Presse-toi à gauche, invite à la prudence, mais considère erroné de refuser a priori l\u2019unité d\u2019action avec le PQ tout autant que d\u2019accepter une alliance de facto dans la seule perspective électorale de 2018.Mais à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur de nos rangs, ceux qui y sont favorables assujettissent une éventuelle convergence à de multiples conditions, de sorte qu\u2019une entente politique paraît loin d\u2019être envisageable.Les rassemblements c i - toyens voués à l \u2019 indépendance pressent le pas et les OUI Québec of frent un lieu d\u2019animation pour le dialogue.Je propose ici de diverger de la convergence des partis pour parler de la convergence des forces sociales, qui semble la plus importante condition de faisabilité de la première et pourrait bien être le seul gage de réussite de l\u2019indépendance.L\u2019indépendance par et pour le «grand nombre» [\u2026] Québec solidaire a toujours soutenu que la lutte pour le progrès social et la lutte pour l\u2019indépendance nationale doivent être intimement liées.Nous n \u2019avons cessé de dire que, pour gagner la bataille de l\u2019indépendance, il faut convaincre de nouvelles personnes, il faut repenser l\u2019indépendance dans le cadre d\u2019un projet de société menant à l\u2019amélioration des conditions de vie du plus grand nombre.C\u2019est pourquoi nous avons critiqué le virage à droite du PQ, qui présentait le sacrifice de l\u2019objectif social afin de réunir « les conditions gagnantes » de la souveraineté.Or, en dépit de ce glissement, la souveraineté n\u2019est pas devenue l\u2019enjeu prioritaire du PQ.Denis Monière affirme que les par tis souverainistes ne mettent plus cet en jeu en avant depuis 1974, lorsque le PQ a adopté la procédure référendaire et la logique du bon gouvernement.Tout en captant la puissante énergie politique des mouvements populaires, il avait dans la même foulée dilué sa portée socialement transformatrice, voulant éviter d\u2019être trop associé à la gauche.Comment devait-il alors continuer à prospérer politiquement tout en atténuant l\u2019élan politique du mouvement social ?Son choix fut d\u2019éviter d\u2019axer ses campagnes sur l\u2019indépendance, afin d\u2019élargir sa base électorale et remporter le pouvoir.Peu à peu, c \u2019est devenu sa règle.L\u2019objectif de l\u2019indépendance est-il en soi la cause du déclin électoral du PQ ?Il est permis d\u2019en douter, car le PQ n\u2019en fait que rarement une priorité électorale.Il y a peut-être une autre interprétation.Il se pourrait que ce soit la faiblesse de ses propositions sociales qui affaiblit le PQ et porte sans cesse atteinte au projet d\u2019indépendance.Voilà une perspective qui confirmerait encore davantage la logique de l\u2019interdépendance des deux luttes.Il faudrait alors reconnaître que la timidité des forces souverai- nistes à mettre en valeur leur option pourrait à son tour avoir joué un rôle déterminant dans les reculs sociaux encaissés depuis deux décennies.[\u2026] Converger autrement J\u2019en conclus que la tâche la plus urgente du mouvement indépendantiste, y compris les partis politiques, est de faire converger les luttes de portée sociale avec la lutte pour l\u2019indépendance nationale.Les forces sociales ont besoin de nouvelles conquêtes.Le mouvement sou- verainiste a besoin de victoires.Comment faire converger ces deux exigences?Lors d\u2019un panel organisé par les Nouveaux Cahiers du socialisme, j\u2019ai formulé une proposition \u2014 appelons-la « primaire sociale » \u2014 pour faire converger les luttes sociales en cours avec une lutte électorale afin de produire un gain pour les souverainistes.Voici la proposition: une combinaison ad hoc d\u2019acteurs du mouvement social \u2014 assez volontaristes pour se positionner en faveur de la souveraineté \u2014 regroupe ses forces à l\u2019occasion d\u2019une élection partielle dans un comté détenu par le gouvernement afin de déloger le PLQ.Ce regroupement \u2014 groupes populaires, syndicats, organisations locales ou regroupements nationaux et associations citoyennes mobilisées autour de luttes spécifiques \u2014 établit une plateforme faisant converger les revendications sociales avec le projet d\u2019indépendance et organise une «primaire sociale» entre les partis souverainistes en vue de choisir une candidature commune.Le candidat qui en émerge porte la plateforme définie par la primaire et conserve la couleur de son par ti.Les deux autres formations s\u2019engagent à lui céder la place et à mobiliser la population.On aura défait le par ti de l\u2019austérité.La convergence des forces sociales aura rendu possible une véritable avancée pour le mouvement souverainiste, renouant avec les éléments qui dans le passé ont permis des conquêtes sociales et politiques pour le peuple québécois.Une variante de cette formule, qui pourrait en constituer le premier essai électoral ou la forme définitive, serait que les trois partis souverainistes cèdent leur place à un candidat indépendant qui serait choisi au terme d\u2019une «primaire sociale» pour por ter une plateforme indépendantiste et anti-néoli- bérale formant le socle de la convergence des forces politiques et sociales souverainistes.Quelle que soit la formule retenue, de nouvelles possibilités politiques en émergeront, mais devront être appuyées au préalable sur une mobilisation des forces réelles des souverainistes dans la société.?Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à arobitaille@ledevoir.com et à gtaillefer@ledevoir.com.Convergence ?Quelle convergence ?Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons des extraits du dernier numéro de la revue À bâbord (no 64 \u2013 avril/mai 2016, aba- bord.org) Le texte a donc été publié avant celui des péquistes Pierre Karl Péladeau et Véronique Hivon sur le même sujet.DES IDÉES EN REVUES ALEKSANDR KALUGIN GETTY IMAGES Depuis 1995, le Bureau de la traduction du gouvernement fédéral est dans une situation bancale, source d\u2019un profond malaise au sein du personnel.L L L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 A V R I L 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S La journaliste québécoise Mélanie Loisel est une des dernières à l\u2019avoir fréquenté de près.En 2014, elle a publié avec lui Ma vie en partage (Éditions de l\u2019aube).« Il a fait tellement de bien à des millions de gens qui ont lu ses livres.» Pour elle, « on n\u2019est pas dans la grande littérature », mais du côté de la « croissance personnelle ».À son sens, « c\u2019est quand même une contribution d\u2019avoir aidé tant de gens par ses mots ».Tragédies Né Mieczys?aw Grayewski à Varsovie le 27 avril 1922, Martin Gray a été retrouvé gisant dans la piscine de sa résidence à Ciney, petite ville à la lisière des Ardennes.Comme des dizaines de milliers de ses coreligionnaires, Martin Gray a été contraint de survivre, durant la Seconde Guerre mondiale, dans le terrible ghetto de Varsovie.Il a 17 ans au moment où les armées allemandes envahissent la Pologne et mènent la chasse aux opposants politiques et aux Juifs.Au ghetto de Varsovie, il agit comme contrebandier et résistant, raconte-t-il, ce qui lui permet d\u2019espérer sauver la vie des siens.Ils seront finalement tués par les nazis.Sa mère et ses frères seront exterminés dans les chambres à gaz.Il parvient pour sa part, selon un récit rocambolesque, à s\u2019enfuir du camp de la mort de Treblinka.Il en sort, caché dans des wagons, puis tente en vain de faire connaître le malheur des camps à une population qui ne veut rien entendre de l\u2019horreur qu\u2019on y vit.De retour à Varsovie, il retrouve son père, qui sera abattu sous ses yeux.Puis il rejoint les armées soviétiques.Il sera des soldats de l\u2019Armée rouge qui entrent dans Berlin en cendres pour en déloger les derniers défenseurs du régime d\u2019Hitler.Martin Gray avait immigré aux États-Unis après la guerre.En 1947, il y rejoint sa grand- mère maternelle et devient marchand de porcelaines et de lustres récents qu\u2019il revend à des antiquaires, tous au fait selon lui qu\u2019il s\u2019agit de contrefaçons de pièces anciennes.Un mariage le fait s \u2019 installer dans le sud de la France comme exploitant agricole.Et c\u2019est cette nouvelle vie qui ramène au jour l\u2019ancienne, tissée de fils de malheur.Vingt-cinq ans après la guerre, alors que la vie a repris ses droits dans son existence d \u2019homme, sur vient la mor t tragique de sa femme, Dina Cult, et de ses quatre enfants, tous tués dans un incendie de forêt alors qu\u2019ils tentaient de fuir leur maison, en désespoir de cause.Cette accumulation d \u2019histoires tragiques, il la raconte dans Au nom de tous les miens.Après cette suite de drames, il se remarie au début des années 1970, a d\u2019autres enfants.En 2004, il publie Au nom de tous les hommes (Éditions du Rocher).« Il a vécu une vie terrible », insiste Mélanie Loisel.«Et malgré tout, pour une promesse faite à son père, il a trouvé cette incroyable force de vivre.» Selon elle, il vivait d\u2019ailleurs une vie confortable, grâce à ses droits d\u2019auteur.Polémiques L\u2019éditeur Alain Stanké l\u2019a bien connu, dès les années 1970.Il se souvient en riant de l\u2019avoir entendu se plaindre que plusieurs lecteurs se passaient de main à main un même exemplaire d\u2019Au nom de tous les miens.« Ce n\u2019était pas bon pour les ventes, disait-il.» Alors pour son l ivre su ivant, i l ava it trouvé un moyen imparable d\u2019anéantir ces prêts entre lecteurs : « Il avait ajouté à la fin de chaque chapitre une page où il demandait à ses lecteurs de noter leurs impressions, leurs sentiments.» On ne peut prêter que dif ficilement à quelqu\u2019un d\u2019autre un livre annoté de considérations très personnelles.« Il attirait les foules dans les salons du livre», se souvient Alain Stanké.Alors que Martin Gray était au sommet de sa gloire, Stanké lui avait obtenu une chronique dans Photo-Journal.Il les signait, mais ne les écrivait pas.« J\u2019avais trouvé un ghost writer qui écrivait à sa place.» Pour Alain Stanké , Mar tin Gray était un homme entouré de mystères.Il avait investi quelque peu dans l\u2019immobilier au Québec, selon l\u2019éditeur.Le grand historien Pierre Vidal-Naquet, auteur notamment des Assassins de la mémoire, a accusé le duo Martin Gray et Max Gallo d\u2019avoir pris de sérieuses libertés avec la vérité historique des camps de la mort.Vidal-Naquet finira par indiquer que, s\u2019il avait fini par croire à la présence de Gray dans le camp de Treblinka, son récit n\u2019en demeurait pas moins émaillé d\u2019un nombre considérable d\u2019incohérences.Au cœur de cette polémique, en 1983, Max Gallo écrira : « J\u2019ai écrit avec lui Au nom de tous les miens, utilisant à la fois mon métier d\u2019historien et ma vocation de romancier.» « Il a été traité de faussaire, de fumiste.Ça lui a collé à la peau », explique Mélanie Loiselle, bien au fait de ces polémiques.« J\u2019ai écouté ses explications.Je n\u2019ai pas l\u2019impression d\u2019avoir eu affaire à un faussaire, mais qui suis-je pour juger ?» La mémoire est complexe, poursuit Mélanie Loiselle.«Quelle est la part que l\u2019on retient dans des situations extrêmes ?À quelle hauteur était la clôture des camps de la mor t ?Est-ce qu\u2019on s\u2019en souvient vraiment?» Son der n ier l ivre, Ma vie en par tage (2014), avait été en partie dicté au téléphone, mot à mot, à toute heure du jour et de la nuit, raconte la journaliste qui l\u2019a beaucoup fréquenté ces dernières années.« Il n\u2019était pas très en forme », confie-t-elle.« Il était sur la pente descendante.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 GRAY l\u2019organisme indépendant, «plus de 300 mémoires» ont été déposés en vue des audiences sur le pipeline Énergie Est, mais aussi «plus de 4000 commentaires en ligne».Rien de cela ne sera publié.«On repart sur de nouvelles bases», a dit M.Nolet.Une situation que dénonce l \u2019avocat Jean Bar il , professeur de dro it à l \u2019UQAM .« C\u2019est un grand manque de respect du public », a déploré ce spécialiste du droit de l\u2019environnement.« S\u2019ils sont un organisme indépendant avec un pouvoir d\u2019enquête, ils ont le pouvoir et le devoir de rendre les mémoires publics.C\u2019est le rôle du BAPE de favoriser la par ticipation du public.Il ne faut pas oublier qu\u2019au moment où nous devions être entendus, on nous dit que cette contre-exper tise citoyenne ne servira à rien.Ça risque d\u2019augmenter encore une fois le cynisme par rappor t au processus de consultations.» Même son de cloche du côté des groupes qui ont lancé une action en justice pour forcer TransCanada à respecter les lois environnementales du Québec.Tout en rappelant que la participation aux audiences du BAPE a déjà nécessité un investissement en temps et en argent, ils ont plaidé en faveur de la production d\u2019un «rapport intérimaire» afin de mieux cerner les éléments qui devraient se retrouver dans l\u2019étude d\u2019impact qui doit finalement être produite, un an et demi après que Québec l\u2019eut exigée de la pétrolière.Délais trop courts Le gouvernement a plutôt fait savoir que TransCanada doit recevoir incessamment la « directive » précisant les éléments de l\u2019étude d\u2019impact qui doit être remise au plus tard le 6 juin.«C\u2019est très rapide.Je n\u2019ai jamais vu une directive émise aussi rapidement », a insisté Me Baril.Quant aux délais pour réaliser l\u2019étude, ils lui apparaissent totalement irréalistes.Après tout, il s\u2019agit d\u2019évaluer les impacts d \u2019un projet de « très grande ampleur», soit un pipeline de 650 kilomètres qui traversera plus de 860 cours d\u2019eau, le territoire de plusieurs municipalités et des zones agricoles.Sans oublier la question des émissions de gaz à effet et la consultation des Premières Nations.« Concrètement, il n\u2019y a pas de délais inscrits dans la Loi sur la qualité de l\u2019environnement, a ainsi rappelé Jean Baril.En fait, il peut s\u2019écouler plusieurs mois, voire jusqu\u2019à deux ans, entre la réception de la directive et la remise de l\u2019étude d\u2019impact.Généralement, on parle d\u2019un délai qui se situe entre un an et deux ans.» Selon lui, il y a donc visiblement eu une «négociation» sur les délais.Au BAPE, on a indiqué lundi qu\u2019à la suite de la réception de l\u2019étude d\u2019impact, le ministère de l\u2019Environnement devra s\u2019assurer que celle-ci est complète, selon les critères fixés par Québec.Le processus du BAPE devrait ensuite s \u2019enclencher vers la fin de l \u2019été, pour une durée maximale de quatre mois.Cela signifie que l\u2019évaluation québécoise sera complétée à temps pour les audiences de l\u2019Office national de l\u2019énergie, comme le souhaitait TransCanada.Dossier «dif ficile» La pétrolière a toutefois répondu lundi qu\u2019elle sera en mesure de compléter l\u2019étude d\u2019impact selon les délais fixés par le gouvernement Couillard.La multinationale albertaine avait été sommée de produire une telle étude dès novembre 2014.Mais c\u2019est seulement vendredi dernier qu\u2019on a appris qu\u2019elle acceptait finalement de respecter les dispositions de la législation québécoise.Interpellé en marge d\u2019une conférence de presse, le ministre de l \u2019Énergie et des Ressources naturelles Pierre Ar- cand a dit avoir « pleinement confiance » dans le processus d\u2019évaluation du BAPE.« Nous allons pouvoir enfin comprendre la nature du projet et faire toutes les analyses nécessaires», a-t-il dit.« Le mo ins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que, depuis le début, c\u2019est un projet qui est particulièrement dif ficile.C\u2019est un projet qui suscite beaucoup de controverse.C\u2019est pour cela que le gouvernement prend son temps et qu\u2019il veut s\u2019assurer qu\u2019il y ait une étude environnementale et économique impor tante », a ajouté le ministre Arcand.M.Arcand n \u2019a pas voulu spéculer sur les raisons qui ont poussé TransCanada à finalement accepter de produire une étude d\u2019impact, disant ne pas avoir eu de contacts avec la pétrolière.L\u2019entreprise al- ber taine a 25 lobbyistes inscrits au registre québécois.La majorité d\u2019entre eux ont des mandats qui incluent des représentations auprès du ministère de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles.Le pipeline Énergie Est doit transpor ter chaque jour 1,1 million de barils de pé - trole des sables bitumineux et du Dakota du Nord à travers le Québec.Pour le moment, il est prévu que plus de 80 % de ce pétrole soit directement exporté.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉNERGIE J\u2019ai écrit avec lui Au nom de tous les miens, utilisant à la fois mon métier d\u2019historien et ma vocation de romancier L\u2019écrivain Max Gallo « » Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que, depuis le début, c\u2019est un projet qui est particulièrement difficile Le ministre Pierre Arcand « » JACQUES NADEAU LE DEVOIR Deux semaines après avoir annoncé la création d\u2019un guichet unique d\u2019accès à un médecin de famille, le ministre Barrette avance dans la même direction avec les super-cli- niques : plus de 80 % des visites minimales requises devront être faites par des patients qui n\u2019ont pas de médecin de famille ou qui ont un médecin de famille qui ne pratique pas dans la super-clinique.Un système de rendez-vous électronique « national » sera mis en place.En cas d \u2019épidémie, qu \u2019 il s \u2019agisse de la grippe ou de toute autre maladie, l\u2019offre de service de consultations sans rendez-vous devra être doublée.Chaque super-clinique devra minimalement offrir des services de radiographie simple, d\u2019échographie et de prélèvements.« Il n\u2019y aura jamais de frais accessoires pour ces trois éléments-là », a précisé le ministre.Emplacements choisis Le ministre de la Santé l\u2019a dit et redit lundi : c\u2019est le gouvernement, et non les promoteurs immobiliers, qui décideront de l\u2019endroit où se trouveront les futures super-cli - niques.« Nous ne voulons pas que les super-cliniques s\u2019ouvrent n\u2019importe où.Nous voulons que les super-cliniques soient un intermédiaire entre la population et les urgences, donc elles doivent être distribuées sélectivement sur le territoire», a-t-il insisté.Un GMF pourra devenir une super-clinique s\u2019il est situé dans une zone où la densité de la population est suf fisante.Cela signifie qu\u2019il n\u2019y aura pas de super-clinique sur la Côte- Nord, en Gaspésie ou aux îles de la Madeleine.Québec croit que les ressources financières et humaines rattachées au statut de super-clinique convaincront les médecins d\u2019adhérer au programme.Chaque super-cli- nique pourra compter sur un « soutien financier administratif » et l \u2019ajout d \u2019infirmières.« Ces infirmières seront à la charge du réseau » , a noté M.Barrette.Les sommes allouées et le personnel fourni varieront selon le nombre de consultations annuelles prévues.Le gouvernement procédera à des vérifications sur une base annuelle et les super-cli- niques qui ne remplissent pas tous les critères pourraient perdre leur statut.Dans son dernier budget, le gouvernement a prévu plus de 17 millions de dollars pour le déploiement de 32 super-cli- niques au cours de l\u2019exercice financier en cours et espère en ajouter 18 d\u2019ici la fin de son mandat.« Si nous devons et pouvons aller au-delà, le financement sera au rendez-vous », promet le ministre Barrette.«Elle est là, la réponse au dés- engorgement de l\u2019urgence, a-t-il conclu.Il ne resterait, dans un monde idéal, que les gens qui ont besoin d\u2019être couchés sur une civière ou qui ont une problématique plus sévère qui nécessite une courte observation.» « C\u2019est une révolution, mais est-ce qu\u2019elle sera accueillie par les médecins ?, se demande le président du Conseil pour la protection des malades, Paul G.Br u- net.C\u2019est à souhaiter, parce que c\u2019est la clé de voûte.Et si [le ministre Barrette] réussit cela, je serai obligé de dire qu\u2019il m\u2019a confondu.» En mai 2015, au moment de l\u2019annonce sur les GMF, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, était aux côtés de Gaé- tan Barrette en conférence de presse.Lundi, c\u2019était le grand absent.Pas d\u2019entente C\u2019est que les omn iprat i - ciens et Québec ne sont pas parvenus à s\u2019entendre sur le fin mot de l \u2019entente sur les super-cliniques.La FMOQ est ime qu \u2019 i l n\u2019est pas nécessaire d\u2019ouvrir les soirs de fin de semaine.« Nous ne croyons pas que ce soit la meilleure façon de répondre aux besoins de la population, af firme le Dr Louis God in .Nous pensons que c\u2019est plus approprié de faire plus de consultations dans la journée le samed i e t le d i - manche, c\u2019est ça que les patients veulent ».Il ajoute qu\u2019en raison des contraintes d\u2019horaires imposées par Québec, le concept de super-clinique ne séduira pas beaucoup de médecins.«On risque de se retrouver avec un réseau incomplet, qui est plus lent à se déployer et donc avec une offre moindre pour les patients », avertit-il.Non seulement il n\u2019est pas nécessaire d\u2019ouvrir en soirée la f in de sema ine, ma is les médecins sont nombreux à avo ir des tours de garde à l \u2019hôp ital pendant ces pé - riodes, fait-il valoir, rappelant au passage qu \u2019 i l ne t ient qu \u2019aux médecins d \u2019adhérer ou non au modèle présenté par le ministre Barrette.«[Le gouvernement] concentre encore plus de pouvoirs dans les mains des médecins et affaiblit encore davantage les CLSC alors que ceux-ci voient actuellement leurs ressources professionnelles transférées vers les GMF, toujours sans débat public », a pour sa part déploré la CSN.Avec Amélie Daoust-Boisvert Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CLINIQUES En quelques chiffres 5,6 millionsQuébécois qui sont inscrits auprès d\u2019un médecin de famille, soit 70,6 % de la population.411 000 Personnes « orphelines » de médecin qui sont inscrites au guichet d\u2019accès à un médecin de famille.50 000 Patients (par mois) qui ont obtenu un médecin de famille dans les six derniers mois de 2015.85% Pourcentage de patients que Québec souhaite voir inscrits d\u2019ici la fin de 2017.Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux et données au 31 décembre 2015 de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette « Nous ne croyons pas que ce soit la meilleure façon de répondre aux besoins de la population», affirme le Dr Louis Godin "]
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