Le devoir, 22 avril 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 8 8 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 A V R I L 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Éditorial \u203a La légalisation de la marijuana, ou la victoire de la raison.Manon Cornellier salue le projet libéral.Page A 8 Zeitgeist \u203a Entretenir le désir.Jouer à la cachette chaque matin pour alimenter le feu?Certains le font.Page B 10 Week-end \u203a Poète derrière la caméra.Le rappeur autochtone Samian expose ses photographies «humaines».Page B 1 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 8 Mots croisés.B 8 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 7 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Tout juste débarqué d\u2019avion pour une visite de quelques jours à Montréal, le candidat à la présidentielle française Jean-Luc Mélenchon parle de la nécessaire souveraineté des peuples et des dangers des accords économiques entre l\u2019Union européenne et le Canada.J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U «L es preuves d\u2019amour, ça ne se maîtrise pas », dit Jean-Luc Mélenchon, assis à une terrasse de gazon synthétique que s\u2019affaire à nettoyer un employé de l\u2019hôtel où il est descendu à Montréal.Habitué de l\u2019Amérique du Sud, le candidat qui s\u2019est lancé en solo dans la course à la présidence française en est à sa première visite au Québec.Il situe néanmoins d\u2019emblée le Québec au cœur d\u2019un espace politique dont il souhaite l\u2019avènement.Orateur redoutable, Jean-Luc Mélenchon affirme avoir eu le projet de venir au Québec au cours de sa campagne, mais que « les choses se sont un peu accélérées, voire beaucoup».Dans les sondages, dit-il, «je suis en train de croiser M.Hollande», en partie à cause de la chute de popularité de celui-ci.À la surprise générale, les deux flotteraient désormais autour des 16% d\u2019appuis.En 2012, Mélenchon avait obtenu 11% des voix, et terminé quatrième.L\u2019homme est connu pour sa liberté de parole.PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE Jean-Luc Mélenchon, pour l\u2019amour des peuples M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa C\u2019 est une véritable onde de choc qui a secoué la capitale fédérale jeudi.Le sénateur Mike Duffy, dont le sort semblait scellé il y a quelques mois, a été acquitté des 31 chefs d\u2019accusation de fraude, corruption et abus de confiance qui pesaient contre lui.Le juge Charles Vaillancourt a entièrement souscrit à la version des faits de Mike Duf fy.Et taillé en pièces la poursuite de la couronne, tout en prenant soin de vilipender le stratagème mis en place par l\u2019entourage de Stephen Harper pour étouffer toute l\u2019affaire il y a trois ans.Ce n\u2019est pas un criminel qui a profité des règles sénatoriales pour se faire rembourser toutes sortes de dépenses qu\u2019a vu devant lui le juge Vail- lancourt.Mais plutôt un Mike Duffy victime d\u2019avoir suivi les conseils de plusieurs et qui n\u2019a jamais enfreint les règles permissives du Sénat.Mike Duffy, d\u2019accusé à victime Le juge blanchit le sénateur et malmène l\u2019entourage de Stephen Harper JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR Le géant de la pop, lors d\u2019un passage au Centre Molson, au tournant des années 2000.Prince a donné deux spectacles à Montréal en mars.G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É F ormidablement funk.Superbement pop.Le groove rivé à ses guitares.Un génie de la scène, du look, de la démesure.Sorte d\u2019artiste total, seul et unique dans sa galaxie \u2014 mauve, évidemment.Mais tout cela doit désormais s\u2019écrire au passé: Prince est mort subitement jeudi, à l\u2019âge de 57 ans.Les circonstances de son décès demeuraient opaques en soirée.Mais selon différentes sources, Prince aurait été soigné pour une surdose la semaine dernière.Chanteur, guitariste, multi-instrumen- tiste, compositeur, danseur, producteur, acteur, réalisateur, icône de la mode et quoi encore, Prince quitte la scène avec l\u2019aura d\u2019un géant \u2014 malgré ce petit mètre soixante qu\u2019il surélevait de talons hauts et savait vêtir de mille flamboyances.Il s\u2019éclipse en laissant derrière lui une influence presque inégalée dans l\u2019univers pop, soulignait jeudi le magazine spécialisé Pitchfork en évoquant tout ce que son œuvre fut en «diversité, popularité et innovation».À mettre tout près de David Bowie, avec qui il partageait la passion de l\u2019expérimentation créative L\u2019homme en mauve s\u2019éclipse Le chanteur Prince laisse l\u2019empreinte d\u2019un géant PRINCE 1958-2016 Jean-Luc Mélenchon VOIR PAGE A 10 : DUFFY VOIR PAGE A 10 : MÉLENCHON VOIR PAGE A 10 : PRINCE Une étude démontre l\u2019utilité de la clinique sans médecin SABSA Page A 3 Jour de la Terre Le Canada devra s\u2019attaquer au chantier des GES Page A 2 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 OSSIER DE TEMPLES DE L\u2019ART À FORTERESSES ASSIÉGÉES LIRE À AN \u2019 D N U EMAIN D OIE V A L DRÉ ER I SS O D endus.Ét ponts t s ont ébr ue nomiq ands comple gr s Ne s lieux depui t de a ondem anlé leurs f els ont vieilli, leurs public s cultur e x al, Québec et Ott é ontr , M k or w Y épliq s bastions r e ents.C s se sont fr a.w a ultipliant ui en m \u2019h d ur ujo uent a ue et le iq umér s, le n tionné ac s se i r s c LE ET UR O P TE NTEX CO TE TEX LE .M A R C O F O R T I E R Sous les applaudissements de dirigeants du monde entier, Justin Trudeau doit signer ce vendredi aux Nations unies l\u2019accord de Paris sur la lutte contre les changements climatiques.Mais tout de suite après les poignées de main, les sourires et les tapes dans le dos, le vrai travail commencera en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).Les «voies ensoleillées» évoquées par le premier ministre risquent de céder la place à des passages nuageux.Quelque 130 pays enverront un signal fort en signant l\u2019accord de Paris en ce Jour de la Terre, le 22 avril.Les États signataires se sont engagés à tout mettre en œuvre pour limiter la hausse des températures à moins de deux degrés Celsius par rapport aux «niveaux préindus- triels ».Pour cela, ils devront réduire leurs émissions de GES de 40 % à 70 % d\u2019ici 2050.Il s\u2019agit de bien belles cibles, mais le gouvernement Trudeau doit passer de la parole aux actes, insistent les groupes écologistes.Ottawa et les provinces se donnent six mois pour accoucher d\u2019un plan de lutte contre les changements climatiques avant la ratification de l\u2019accord de Paris par le Parlement fédéral, probablement à l\u2019automne.Un des défis du Canada, c\u2019est que l\u2019industrie pétrolière et gazière, déjà le plus important émetteur de GES au Canada (26 % des émissions totales), prévoit d\u2019augmenter sa production, souligne René Audet, directeur de l\u2019Institut des sciences de l\u2019environnement à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Le projet de pipeline Énergie Est, destiné à livrer 1,1 million de barils de pétrole albertain par jour sur 4600 kilomètres, jusque dans les provinces de l\u2019Atlantique, représente un défi supplémentaire pour le gouvernement Trudeau.« Cet enjeu peut devenir un test pour l\u2019unité nationale.Si le BAPE [Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement] recommandait de ne pas faire le pipeline Énergie Est, Ottawa pourrait dif ficilement aller contre la volonté d\u2019une institution québécoise», dit René Audet.Déjà, des élus de l\u2019Ouest canadien ont répliqué avec vigueur quand le maire Denis Co- derre et d\u2019autres représentants québécois ont souligné les risques pour les résidants qui vivent près du pipeline envisagé.Le «Québec bashing» a irrité pas mal de monde.Une route semée d\u2019embûches Arrivé à Manhattan une journée à l\u2019avance, Justin Trudeau a eu un aperçu du dilemme qui l\u2019attend, jeudi, lors d\u2019une discussion avec des étudiants de l\u2019Université de New York.Un étudiant lui a demandé comment il pourrait appuyer les projets de pipelines alors qu\u2019il a fait campagne pour la lutte contre les changements climatiques.Cette apparente contradiction \u2014 appui de principe aux pipelines et nécessité de réduire les émissions de GES \u2014 n\u2019est pas le seul obstacle sur la route du gouvernement Trudeau.Ottawa et les provinces se sont donné six mois pour accoucher d\u2019un plan canadien de lutte contre les changements climatiques.Objectif : réduire les émissions canadiennes de GES de 30% par rapport au niveau de 2005, d\u2019ici 2030, comme le gouvernement Harper s\u2019y est engagé.Les provinces ont accepté le principe de mettre un prix sur le carbone pour inciter les entreprises à moins polluer, mais des divergences subsistent.La Saskatchewan et la Nou- velle-Écosse, entre autres, résistent à la mise en place de toute forme de taxe sur le carbone, comme le font la Colombie-Britannique et l\u2019Alberta.Le Québec, l\u2019Ontario et le Manitoba, eux, ont choisi d\u2019adhérer à la bourse du carbone avec la Californie.Ce marché du carbone permet aux entreprises polluantes d\u2019acheter un droit de polluer.«La bataille d\u2019Ottawa pour mettre un prix sur le carbone paraît symbolique.La réalité, c\u2019est que la majorité des provinces ont déjà mis un prix sur le carbone », estime Steven Guilbeault, du groupe Équiterre.Il est encouragé par les investissements de 4 milliards de dollars dès cette année pour l\u2019environnement \u2014 dont la moitié pour les changements climatiques \u2014, annoncés dans le budget fédéral du mois dernier.«Comme disent les anglophones, \u201cmoney talks\u201d.C\u2019est une volonté jamais vue pour un gouvernement fédéral de s\u2019attaquer à cette question-là», dit Steven Guilbeault.Ces sommes serviront notamment à améliorer les transports en commun.Le secteur des transpor ts est le deuxième plus impor tant émetteur de GES au pays, avec 23 % des émissions de tout le pays, selon Environnement Canada.Avec La Presse canadienne Le Devoir JOUR DE LA TERRE Le défi environnemental de Justin Trudeau La véritable lutte contre les changements climatiques devra débuter après la signature de l\u2019accord de Paris, ce vendredi à l\u2019ONU SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Justin Trudeau s\u2019est entretenu jeudi avec des étudiants de l\u2019Université de New York.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L es plaignants à l\u2019origine de la cause s\u2019étant rendue jusqu\u2019en Cour suprême dénoncent le projet de loi sur l\u2019aide médicale à mourir qu\u2019a pondu le gouvernement Trudeau pour répondre au jugement.Si cette loi avait été en vigueur, Kay Carter n\u2019aurait pas eu le droit de mettre fin à ses jours, déplorent son fils et sa fille.Ils estiment que mieux vaudrait ne pas voter de loi du tout plutôt que de mettre en œuvre ce C-14 honni.« Je suis outrée que la loi proposée par ce gouvernement exclurait précisément les gens qui sont à l\u2019origine de la cause », a lancé Lee Carter en conférence de presse jeudi.« En vertu de cette loi, Kay Carter se ferait refuser le droit à une mor t dans la dignité que la Cour suprême a dit qu\u2019elle avait.Nous nous sommes battus pendant une demi-décennie et avons obtenu une victoire au plus haut tribunal du pays.Ce projet de loi ef face la victoire que nous avons obtenue.Je dois maintenant me demander ce que ça a donné.» Lee Car ter est la fille de Kay Car ter, une dame qui était atteinte de sténose du canal rachidien lombaire, une maladie qui entraîne la compression progressive de la moelle épinière et condamne le malade à une immobilité forcée.Ne voulant pas vivre alitée, Kay Carter s\u2019est rendue en Suisse en 2010 pour obtenir de l\u2019aide à mourir.Respect du jugement Dans sa décision de 2015, la Cour suprême a dit que l\u2019aide médicale à mourir devrait être légalisée dans les cas de « problèmes de santé graves et irrémédiables ».Le projet de loi C-14 reprend cette formule, mais définit ces problèmes de santé comme ceux faisant en sorte que « la mort naturelle est devenue raisonnablement prévisible ».« Ma mère n\u2019avait pas une maladie mortelle et n\u2019était pas en train de mourir.Elle subissait des souf frances inimaginables qui auraient pu durer encore plusieurs autres années » , rétorque Lee Carter.Josh Paterson, le directeur général de l\u2019Association des libertés civiles de Colombie-Britannique, qui pilotait la cause, conclut que « ce projet de loi ne répond pas au jugement ».La ministre de la Justice, Jody Wilson-Ray- bould, s\u2019est dite convaincue que le C-14 respectait le jugement parce que les cas qui en étaient à l\u2019origine concernaient des personnes en fin de vie.Même si les juges ne l\u2019ont pas écrit, il est donc implicite qu\u2019ils réservent cette aide aux malades condamnées, selon elle.L\u2019autre malade dans la cause, Gloria Taylor, était atteinte de sclérose latérale amyotrophique (SLA).L\u2019espérance de vie des personnes atteintes de SLA est de deux à cinq ans.Le jugement de la Cour suprême invalidant les articles du Code criminel qui interdisent l\u2019aide médicale à mourir prendra effet le 7 juin prochain.C\u2019est pour éviter un vide juridique qu\u2019Ottawa se hâte de faire adopter sa loi.Selon M.Paterson, mieux vaudrait l\u2019absence de loi qu\u2019une loi mal faite.« Je ne dis pas qu\u2019il est mieux en général d\u2019avoir un vide, ou d\u2019avoir un vide pour toujours, mais je dis que ce projet de loi est pire que ce que nous aurions [avec le vide].» M.Paterson estime que ce sera comme avec l\u2019avortement : il y a un vide juridique depuis que la criminalisation de cet acte a été invalidée par la Cour suprême et que le gouvernement a échoué à encadrer la pratique.Le Devoir AIDE MÉDICALE À MOURIR La famille Carter descend en flammes le projet de loi fédéral Un libéral votera contre Le projet de loi C-14 a officiellement un opposant libéral.Le député de Winnipeg-Cen- tre, Robert-Falcon Ouellette, a indiqué jeudi que «non», il n\u2019était pas à l\u2019aise avec le projet de loi sur l\u2019aide médicale à mourir.Il n\u2019a pas voulu en dire davantage sur les raisons de son opposition, invitant les journalistes à écouter son discours la semaine prochaine, mais il a évoqué la «perspective autochtone» qui rejette le «concept de suicide».Il a d\u2019ailleurs déposé une pétition de l\u2019archevêché de Winnipeg demandant à Ottawa d\u2019invoquer la clause dérogatoire pour que le jugement de la Cour suprême autorisant l\u2019aide à mourir n\u2019entre pas en vigueur en juin.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Manifestation pour la libération de Raïf Badawi Les pays occidentaux devraient revoir leur stratégie de relations diplomatiques avec l\u2019Arabie saoudite et privilégier les droits de la personne plutôt que les contrats d\u2019armement militaire, ont plaidé jeudi les participants d\u2019une manifestation à Montréal pour la libération du blo- gueur saoudien Raïf Badawi.M.Badawi, qui n\u2019est pas un citoyen canadien, est emprisonné depuis quatre ans dans son pays pour le contenu de ses blogues.Il a été condamné en 2014 à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouet.Il a reçu les 50 premiers coups en janvier 2015, mais il semble que ce châtiment corporel ait été suspendu depuis, du moins de façon informelle.Il y a deux semaines, le premier ministre Justin Trudeau soutenait qu\u2019il ne fallait pas agir « trop vite » dans ce dossier, pour éviter de possibles « conséquences néfastes ».La femme de M.Badawi, Ensaf Haidar (à l\u2019avant-plan sur la photo), qui vit à Sherbrooke, réplique que quatre ans, c\u2019est déjà « beaucoup » pour elle et ses enfants.P H I L I P P E O R F A L I T rois communautés dévitalisées de la Haute- Côte-Nord conserveront, pour l\u2019instant du moins, leur seule institution financière, ont- elles annoncé jeudi, à la suite d\u2019une entente temporaire avec Desjardins.La fermeture de trois points de service des caisses populaires Desjardins à Longue-Rive, à Colombier et à Por tneuf-sur-Mer n\u2019est pas écartée pour autant, mais elle a été repoussée à juin.Entre-temps, les trois municipalités et la coopérative se sont entendues afin « d\u2019envisager d\u2019autres approches que celle envisagée présentement ».Desjardins a pris la décision au début d\u2019avril de regrouper ses services à Fo- restville, à 25 kilomètres de là.Comme ailleurs au cours des dernières années, on invoque la faible utilisation des points de service et l\u2019augmentation des transactions sur le Web.«Dès l\u2019annonce, nous avons proposé d\u2019explorer des modalités différentes pour la desserte des communautés tels des heures réduites d\u2019ouverture, l\u2019hébergement dans les locaux municipaux ou encore le partage de personnel.Nous sommes donc très heureux de l\u2019ouverture exprimée par la présidente de la caisse qui a accepté d\u2019explorer cette voie», a déclaré le porte-parole des maires, le premier magistrat de Longue-Rive Donald Perron.Le conseil d\u2019administration de la caisse Desjardins du Centre de la Haute-Côte-Nord et les maires travailleront «pour trouver une approche différente».Le Devoir DESJARDINS La fermeture des points de service en Haute-Côte-Nord est évitée pour l\u2019instant L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 A V R I L 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 L a semaine dernière, nous pouvions lire dans Le Devoir une phrase pour le moins surprenante.Une responsable de planification familiale était interrogée sur l\u2019étrange disproportion entre garçons et filles que les exper ts ont constatée dans les naissances au sein des familles d\u2019origine indienne au Canada.Pour une raison inconnue, il naît en ef fet beaucoup plus de garçons dans ces familles, et cela s\u2019accentue à partir du troisième enfant.On sait qu\u2019en Inde, où seul un fils peut exercer les rites funéraires durant la crémation de ses parents, l\u2019avortement sélectif est une pratique courante.Or que répondait la consultante ?« On ne va pas chercher les motivations quand une femme veut avorter, alors pourquoi on irait chercher celles de ces femmes-là ?» Peut-être justement parce que ces avortements pourraient cacher un crime abominable ! « Circulez, y a rien à voir ! » Telle est la réponse que l\u2019on entend souvent dès qu\u2019il est question des pratiques culturelles et religieuses d\u2019une minorité.Comme si la religion n\u2019existait pas et qu\u2019elle était toujours un facteur secondaire et négligeable.Les crimes d\u2019honneur ?De toute façon, les femmes sont toujours discriminées par tout.Le por t du voile islamique ?Cela dépend de la façon dont on le porte et, pour le reste, cette vieille coutume disparaîtra bientôt.Le djihadisme ?Une réaction extrême de jeunes « radicalisés » due à la pauvreté et à la discrimination.Tout se passe au fond comme si la religion ne faisait jamais partie de l\u2019équation.Après les attentats de Paris, le président François Hollande poussa d\u2019ailleurs le ridicule jusqu\u2019à af firmer que ces crimes n\u2019avaient «rien à voir avec la religion musulmane».Et pourtant, que nous disent les djihadistes sinon que leur seule motivation est religieuse ?Sinon que tout ce qu\u2019ils font est d\u2019abord justifié par la foi qui leur vient du Coran?C\u2019est à ce véritable déni que s\u2019attaque Jean Birnbaum dans un livre tout en nuances, en finesse et en érudition intitulé Un silence religieux (Seuil).Au fond, nous dit le directeur du cahier littéraire du journal Le Monde, la gauche \u2014 car il s\u2019agit surtout d\u2019elle \u2014 adhère à une vision à ce point « progressiste » du monde, où les religions sont censées s\u2019effacer devant la raison, qu\u2019elle n\u2019est même plus capable de penser le religieux, d\u2019en comprendre les mécanismes et d\u2019en mesurer la force de conviction.Au mieux, la religion ne serait qu\u2019une trace de l\u2019ancien monde qui disparaîtra bientôt.Jamais elle ne peut être perçue comme une force du présent, et encore moins de l\u2019avenir.?C\u2019est bien là ce qu\u2019on appelle un déni.Or, cette cécité vient de loin, rappelle ce disciple du philosophe Jacques Derrida.Birnbaum montre avec quel zèle la gauche française qui soutenait avec raison la libération de l\u2019Algérie n\u2019avait pas voulu voir les racines souvent religieuses de cette guerre d\u2019indépendance.Or, sans l\u2019islam, le Front de libération nationale n\u2019aurait jamais pu mobiliser les masses algériennes.À gauche, on voyait bien les signes d\u2019un combat contre les infidèles, mais l\u2019émancipation allait y remédier et faire disparaître ces stigmates du passé.Ce n\u2019était qu\u2019une question de temps.Birnbaum rappelle que le philosophe Michel Foucault avait bien vu, lui, dans la révolution iranienne une révolution spirituelle comparable aux révoltes protestantes en Europe.Mais on ne le prendra pas au sérieux, convaincu que le progrès matériel aurait raison de ces vieilleries.Birnbaum remonte même jusqu\u2019à Marx, dont les héritiers ne verront dans la religion que le simple « soupir de la créature opprimée».Ce « silence » de la gauche devant la religion l\u2019empêche notamment de voir le conflit que l\u2019islam entretient depuis des siècles avec la modernité et la guerre civile qui se déroule en son sein.Voilà pourquoi des intellectuels de gauche se permettent de traiter d\u2019« islamophobe » un Kamel Daoud, qui risque pour tant sa vie chaque jour à Oran.En reléguant l\u2019islamisme au Moyen Âge, on s\u2019interdit de voir qu\u2019il est né, au XIXe siècle, pour répondre à certaines contradictions de la modernité.Et que la religion, contrairement à ce l\u2019on croit à gauche (mais aussi à droite), n\u2019est pas étrangère à la postmodernité.Il n\u2019est qu\u2019à voir comment l\u2019islamisme s\u2019est adapté aux techniques les plus modernes et se déplace avec agilité dans notre système juridique qui met les droits de l\u2019individu au-dessus de tout.Comme le dit Birnbaum, « l\u2019islamisme, c\u2019est hy- permoderne».Devant cette thèse, on comprend aussi à quel point le discours sur la « déradicalisation » met la religion de côté au seul profit de la psychologie.À nouveau, le fondamentaliste ne serait qu\u2019un déviant qu\u2019il suffirait de remettre dans le droit chemin du progrès.Comme si les djiha- distes n\u2019étaient pas en quête de sacré et de quelque chose qui les dépasse.À l\u2019heure du déclin de l\u2019humanisme, l\u2019islamisme apparaît pourtant comme le seul universalisme qui défie aujourd\u2019hui le capitalisme mondial.Ce que nous apprend Birn- baum, c\u2019est que, dans le vide spirituel qui caractérise nos sociétés, la religion a gardé toute sa force et son gigantesque pouvoir de mobilisation.Bref, qu\u2019il faut prendre la religion au sérieux.« Y a rien à voir ! » RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR La clinique SABSA est essentiellement portée par l\u2019infirmière praticienne spécialisée Isabelle Têtu, qu\u2019on voit ici avec la patiente Jennifer Drouin.A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L a clinique infirmière SABSA de Québec n\u2019est pas un « modèle parallèle de soins » comme le dénonce le ministre de la Santé, Gaé- tan Barrette, clament des chercheurs à la lumière d\u2019une étude menée sur la première année d\u2019existence de la coopérative.Non seulement SABSA a permis d\u2019économiser au moins 147 000$ en soins médicaux en 2015, elle a surtout offert des soins et un suivi dans certains cas impossibles à obtenir autrement dans le réseau de la santé, selon le rapport de recherche préliminaire dont Le Devoir a obtenu copie.«C\u2019est le contraire d\u2019un réseau parallèle, c\u2019est une jonction entre le réseau standard et les besoins particuliers d\u2019une population vulnérable », dit le chercheur à l\u2019Université de Montréal Damien Contandriopoulos.En plus de ce dernier, le rapport est signé par six chercheurs, dont Arnaud Duhoux de l\u2019Université de Montréal et Bernard Roy de l\u2019Université Laval.Ce que ça donne La coopérative a traité 1189 patients dif fé- rents en 2015.Elle a offert 3256 consultations, pour une moyenne de 271 par mois.L\u2019infirmière praticienne spécialisée (IPS) Isabelle Têtu indique par ailleurs que, depuis le début de 2016, le rythme de croisière semble avoir été atteint, et c\u2019est près de 400 consultations par mois qui ont été réalisées.«Nous sommes rendus à près de 1600 patients rejoints, ajoute-t-elle.On offre des soins des orteils jusqu\u2019aux cheveux.» Un peu plus de la moitié des patients sont venus consulter plusieurs fois \u2014 on peut déduire que la coopérative est devenue leur lieu habituel de soins.La clientèle est composée à 40 % de patients présentant au moins une vulnérabilité.La plus fréquente : les problèmes de santé mentale, à 19 %.Ce sont aussi 14 % des patients qui vivent avec le VIH/sida ou l\u2019hépatite C.Parmi ceux qui ont consulté quatre fois ou plus pendant l\u2019année, 77 % ont une vulnérabilité.Il semble donc que ce sont ces patients qui avaient le plus besoin d\u2019une prise en charge qu\u2019ils ne trouvaient peut-être pas ailleurs dans le réseau.Même si les patients ont consulté pour 200 raisons différentes, les infirmières et travailleuses sociales de SABSA ont réglé la quasi-totalité de ces problèmes de santé.Moins de 5 % des consultations ont nécessité d\u2019être soumises à un professionnel de la santé extérieur, ce qui «démontre la capacité de la coopérative à prendre en charge la grande majorité des besoins de soins de ses patients», indique le rapport des chercheurs.La coopérative collabore notamment avec des médecins spécialistes dans le suivi des patients vivant avec l\u2019hépatite C ou le VIH.«On dit que SABSA offre des soins parallèles à ceux du CLSC.Or c\u2019est plutôt le CLSC qui envoie des patients à SABSA », obser ve Damien Contandriopoulos.Ce que ça coûte SABSA, c\u2019est essentiellement une IPS, Isabelle Têtu, entourée d\u2019infirmières cliniciennes et de travailleuses sociales qui n\u2019hésitent pas à se rendre là où les patients sont, notamment les toxicomanes.Selon le rapport, les frais de fonctionnement pour 2015 ont été de 301 157 $.Ce sont 5618 actes médicaux qui auraient été facturés à la RAMQ si les patients avaient consulté en clinique.En tenant compte des primes octroyées aux médecins pour les patients vulnérables et des subventions aux GMF, la facture aurait avoisiné les 147 000 $.Damien Contandriopoulos explique que cette estimation est très prudente.Elle utilise des examens médicaux réguliers à 22$ comme référence, et non pas des visites à l\u2019urgence, qui coûtent beaucoup plus cher au réseau de la santé.«Il est certain en fait que les économies ont été plus importantes, mais nous demeurons prudents dans nos estimations», dit le chercheur.Impossible de dire si les économies en visites médicales pourraient un jour être à la hauteur des coûts de fonctionnement de la coopérative \u2014 qui s\u2019autofinancerait, en quelque sor te.«Mais elle offre aussi des services qui ne sont pas tous of fer ts dans le système, fait valoir M.Contandriopoulos.Si on prévient une seule infection à l\u2019hépatite C chez un toxicomane ou une seule gref fe du foie chez une personne atteinte, ce sont des dizaines de milliers de dollars d\u2019économie grâce à la prévention.» Cer tains soins of fer ts à SABSA lui sont uniques, mais d\u2019autres le sont effectivement, du moins théoriquement, au CLSC, ajoute le chercheur.Avec Isabelle Porter Le Devoir Des chercheurs démontrent l\u2019utilité de SABSA La clinique sans médecin ne constitue pas un «réseau parallèle», conclut un rapport Minuit moins une À quelques jours de la fin de son financement, le 1er mai, la clinique est toujours à la recherche de solutions pour assurer son avenir.Une campagne de sociofinancement a permis d\u2019amasser 36 000$, alors que les besoins sont d\u2019environ 250 000$.Le sans rendez-vous sera fermé le 1er mai, mais Isabelle Têtu continuera à suivre ses patients, bénévolement s\u2019il le faut, dans l\u2019espoir d\u2019une solution viable.«On ne va pas fermer du jour au lendemain», assure-t-elle.Le CIUSSS de la Capi- tale-Nationale poursuit ses discussions avec elle pour trouver une solution.«Cette clien- tèle-là est importante pour nous», assure le p.- d.g.du CIUSSS, Michel Delamarre.Mme Têtu pourrait notamment intégrer le CLSC, pro- pose-t-il, «puis on va continuer à voir comment on fait pour desservir cette clientèle-là».F A N N I E O L I V I E R à Ottawa R omeo Saganash a déposé jeudi un projet de loi pour s\u2019assurer que les lois canadiennes respectent la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.Le député néodémocrate entend ainsi tester « la sincérité » du gouvernement libéral sur ses engagements à l\u2019égard des peuples autochtones.La Déclaration a été adoptée sans enthousiasme en 2010 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui lui avait d\u2019abord opposé une résistance pendant trois ans.M.Harper a fini par apposer la signature du Canada au bas du document, qu\u2019il jugeait avant tout symbolique.M.Saganash veut pousser un cran plus loin et s\u2019assurer que les lois canadiennes y sont conformes.« Il est temps maintenant de procéder à la prochaine étape logique, qui est celle de s\u2019assurer que la Déclaration peut finalement être reflétée dans toutes les lois du pays qui touchent les peuples autochtones », a-t-il expliqué en point de presse à Ottawa, jeudi.La Déclaration dresse une liste des droits individuels et collectifs des peuples autochtones et aborde de nombreuses questions, comme les terres traditionnelles, l\u2019autodétermination, l\u2019identité, la langue et l\u2019éducation.Ses 46 articles prônent notamment l\u2019égalité et le respect.Le Canada avait été un des quatre États à avoir voté contre lors du vote à l\u2019Assemblée générale de l\u2019ONU en septembre 2007.Il s\u2019est finalement ravisé trois ans plus tard.Donner le bénéfice du doute Dans le projet de loi C-262 de M.Saganash, il est écrit que le Canada «doit prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que les lois fédérales soient compatibles avec la Déclaration».Le député d\u2019Abitibi\u2013Baie-James\u2013Nunavik\u2013 Eeyou a rappelé que la mise en œuvre de la Déclaration de l\u2019ONU \u2014 une recommandation de la Commission de vérité et de réconciliation \u2014 était inscrite dans les lettres de mandat de la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett.Il espère donc qu\u2019il aura l\u2019appui du gouvernement dans sa démarche.Il avait déjà déposé un projet de loi semblable auparavant et avait obtenu l\u2019appui des libéraux, alors dans l\u2019opposition.« J\u2019ai toujours dit, depuis que ce nouveau gouvernement [libéral] a été élu, que je n\u2019allais pas douter de leur sincérité à établir une nouvelle relation avec les peuples autochtones.Mais en tant que député de l\u2019opposition, j\u2019ai la tâche de mettre à l\u2019épreuve cette sincérité », a-t-il souligné.Au bureau du premier ministre, on ne se prononce ni pour ni contre, indiquant qu\u2019il faudra d\u2019abord étudier le projet de loi.«Nous avons hâte de participer au débat sur le projet de loi de M.Saganash et nous le remercions pour tout son travail acharné sur ce dossier.Le gouvernement s\u2019est engagé à mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et à travailler en partenariat avec les Autochtones afin de bâtir une véritable relation de nation à nation», a affirmé par courriel l\u2019attaché de presse de Justin Trudeau, Cameron Ahmad.Les problèmes vécus dans les communautés des Premières Nations sont criants, comme l\u2019a illustré récemment l\u2019épidémie de suicides vécue à Attawapiskat.Selon Ghislain Picard, chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, la mise en œuvre de la Déclaration constituerait une suite logique de l\u2019engagement libéral.À ses yeux, la Déclaration lance à Ottawa le message que «maintenant, c\u2019est le temps de changer les choses et d\u2019entretenir une relation qui, vraiment, met plus en évidence la dignité des peuples autochtones».La Presse canadienne DROITS DES AUTOCHTONES Saganash met à l\u2019épreuve le gouvernement Trudeau CHRISTIAN RIOUX à Paris L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 ENTRÉE GRATUITE \u203a MERCREDI 4 MAI 2016 À 19 H À la Société des arts technologiques, 1201 boulevard Saint-Laurent, métro Saint-Laurent Les Amis du Devoir vous invitent à rencontrer les artisans du journal à l\u2019occasion de la JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE Marie-Maude Denis Animatrice et journaliste à l\u2019émission Enquête Conférence animée par Brian Myles Directeur du Devoir Plaidoyer pour la presse indépendante ; qu\u2019attend l\u2019État pour la soutenir ?Josée Blanchette Chroniqueuse au Devoir L\u2019audace, la meilleure amie de la liberté dans une presse en santé Invités spéciaux Une autre mesure conservatrice est remise en cause Ottawa \u2014 La Cour suprême du Canada a accepté jeudi d\u2019entendre une cause entourant des modifications apportées par l\u2019ancien gouvernement conservateur au régime de libération conditionnelle.Les conservateurs ont supprimé en 2012 l\u2019obligation, pour la Commission des libérations conditionnelles, de tenir une audience orale à la suite de la suspension, cessation ou révocation de la liberté conditionnelle ou d\u2019office.Les deux plaignants dans cette affaire contestent la constitutionnalité de ces dispositions, alléguant qu\u2019elles violeraient l\u2019article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés.La Presse canadienne Plus de 16 000 $ pour déterminer le sérieux du «pastafarisme » Québec \u2014 Des fonds publics ont servi à démontrer qu\u2019un foulard de pirate et une passoire à spaghettis ne peuvent pas être considérés comme des signes religieux justifiant une demande d\u2019accommodement.La Société d\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ) a déboursé 16 140$ pour donner un contrat servant à déterminer si le «pastafa- risme», qui se réclame d\u2019un dieu appelé le «Monstre en spaghetti volant», constituait une religion.La députée caquiste Nathalie Roy s\u2019est indignée jeudi de ce qu\u2019elle a qualifié de gaspillage de fonds publics basé sur un manque de jugement.Selon elle, cette commande «loufoque et ridicule» relance le débat autour des accommodements religieux, alors que Québec n\u2019a toujours pas défini de balises claires.La Presse canadienne I S A B E L L E P O R T E R à Québec C\u2019 est finalement ce vendredi que la Cour suprême entendra la cause opposant Jean-François Morasse et Gabriel Nadeau-Dubois.Le plus haut tribunal au pays devra établir si la Cour d\u2019appel a erré en acquittant Nadeau-Du- bois en décembre 2014.La cause doit être entendue en matinée à Ottawa.Elle fait suite à un combat judiciaire de plus de trois ans qui a pris naissance au cœur du conflit étudiant.Alors étudiant en arts plastiques à l\u2019Université Laval, Jean-François Morasse, un opposant à la grève, avait obtenu une injonction pour qu\u2019on lui permette d\u2019accéder à ses cours.Il avait ensuite poursuivi Gabriel Nadeau-Dubois pour outrage au tribunal en plaidant que ce dernier avait encouragé les étudiants à défier des injonctions lors d\u2019une intervention à RDI.Lors de l\u2019entrevue, le porte- parole de la Coalition large de l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) avait déclaré qu\u2019il est «tout à fait légitime que les gens prennent les moyens nécessaires pour faire respecter le vote de grève», en érigeant notamment des piquets de grève.Deux jugements En décembre 2012, la Cour supérieure l\u2019avait condamné à 120 heures de travaux communautaires.Le juge Denis Jacques estimait alors «qu\u2019au lieu de soutenir cette règle fondamentale qui repose sur le principe de la primauté du droit, pierre d\u2019assise de notre société libre et démocratique », Gabriel Nadeau-Dubois avait «choisi la voie de l\u2019affront et de l\u2019incitation au non-respect des injonctions».M.Nadeau-Dubois avait alors porté la cause en appel.Or voilà qu\u2019en janvier 2015, la Cour d\u2019appel se rangeait aux arguments de son avocat, Me Giuseppe Sciortino.Selon le juge Dufresne, ses propos à la télévision étaient ambigus.« À moins d\u2019une extrapolation déraisonnable des paroles prononcées par l\u2019appelant, on ne peut y déceler la preuve hors de tout doute de la transgression [\u2026] de l\u2019ordonnance.» Cette cause est suivie de près par les groupes de défenses des liber tés civiles comme la Ligue des droits et libertés.Dans un texte publié jeudi dans Le Devoir, un collectif de 50 personnes af fir- mait que cette croisade judiciaire constituait « un dangereux précédent ».«On peut être en accord ou en désaccord » avec l\u2019opinion émise par M.Nadeau-Dubois dans l\u2019entrevue, écrivaient-ils.«Mais le débat est ailleurs : il porte sur la judiciarisation des débats publics, sur le recours au judiciaire pour faire taire ces débats », ajoutaient-ils.Le Devoir Morasse et Nadeau-Dubois devant la Cour suprême ce vendredi LE DEVOIR DE DÉBATTRE Le mercredi 27 avril 2016, 19 h 15 ans après le r ort p ap éril a en p , le fr ose ar L De e du st iali or édit \u2019 Animé par l v u Qué çais est an oir ?c e b -il e t ec e et codir st onstitutionnali C d ar ér édéric B Fr e M ur s ue stiq oits lingui e de dr tièr ma tional en e na oir t a v Obser \u2019 de l s s Québécoi tional de na dins esjar e D tin Mar ice tr a e et comment st urnali o J son w o agacé D e L Ann evoir D pondant du s e orr C stian Rioux Chri 8 5 1 2 3- 18 64 4 u ez a v ser é R ue, Québec iq abr e de la F 2, côt JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Jean-François Morasse et Gabriel Nadeau-Dubois s\u2019af frontent en cour depuis 2012.J E A N N E C O R R I V E A U Une collision entre un cheval et une voiture dans le quartier Griffintown a ravivé le débat sur la présence des calèches à Montréal.Déplorant l\u2019incident, le maire Coderre a indiqué qu\u2019il examinait toutes les options, dont celle d\u2019interdire les calèches dans la métropole.Depuis des années, la présence de calèches en ville est remise en question.Mercredi, une vidéo diffusée sur Internet a donné des munitions à ceux qui souhaitent leur disparition.On y voit un cheval de calèche, sans cocher à bord, heurter une voiture à l\u2019angle des rues Peel et Wellington.Le cheval se relève avec quelque difficulté et s\u2019éloigne sans blessure apparente.« Ma patience a des limites.C\u2019est sûr que ce sont des images qui sont extrêmement choquantes », a dit le maire jeudi, sans pour autant être prêt à interdire les calèches.« Je pense que le cheval fait par tie de l\u2019identité de Montréal.Je l\u2019ai déjà dit dans le contexte des célébrations du 375e.» Le maire a pour tant en mains l\u2019étude qu\u2019il avait commandée l\u2019an dernier à l\u2019organisme Cheval Cheval au sujet des chevaux en milieu urbain, mais il a dit vouloir terminer son analyse avant de prendre position : « J\u2019ai demandé quelles étaient les options.Qu\u2019il n\u2019y ait plus de calèches à Montréal ?Faut-il professionnaliser l\u2019industrie davantage ?A-t-on besoin d\u2019outils réglementaires pour qu\u2019on ne soit pas à la merci des propriétaires ?Ne vous inquiétez pas, je suis très sensibilisé à cette question.» Enquête en cours Joint par Le Devoir, Jean Gan- duber t, membre du conseil d\u2019administration de Cheval Cheval, a indiqué que le rapport de l\u2019organisme avait été remis à l\u2019administration il y a plusieurs mois, mais il n\u2019a pas voulu dévoiler les recommandations qui avaient été formulées.Il a qualifié de « très surprenant» l\u2019incident survenu à Montréal, mais a indiqué qu\u2019il fallait examiner le contexte avant d\u2019en tirer des conclusions.De son côté, la Ville de Montréal, en collaboration avec le ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation, a ouver t une enquête concernant l\u2019incident de cette semaine.Rappelons que l\u2019an dernier, la chute d\u2019un cheval sur une plaque de métal de chantier avait créé l\u2019émoi et incité le maire Coderre à commander un rapport vétérinaire sur la santé des chevaux de calèche.Celle-ci avait démontré que les chevaux étaient généralement bien traités.Une industrie archaïque?Il y a urgence d\u2019agir, estime l\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville.Le conseiller de Projet Montréal Sterling Downey a réclamé la suspension des permis de l\u2019entrepreneur à qui ap- par tient le cheval.Il a aussi demandé la tenue d\u2019une consultation sur l\u2019avenir de l\u2019industrie des calèches à Montréal et une hausse du nombre d\u2019inspecteurs.« Si la V il le de Montréal n\u2019es t pas capable de gérer cet te industrie , on va être obligés de demander l\u2019abolition des calèches.C\u2019est ridicule que l\u2019on continue à avoir ces incidents, a-t-il dit.On ne peut continuer comme ça.C\u2019est déplorable pour l\u2019image de Montréal .I l faut faire quelque chose pour protéger ces animaux.» De son côté, la SPCA a qualifié l\u2019industrie des calèches d\u2019«archaïque, cruelle et dangereuse» et a pressé l\u2019administration d\u2019emboîter le pas aux villes de Londres, Paris, Beijing et Toronto, qui ont interdit les calèches.Le Devoir MONTRÉAL Coderre envisage la fin des calèches Londres, Paris, Beijing et Toronto ont interdit les calèches L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Montréal : 4875, Jean-Talon Ouest · (514) 344-8555 · 1 (866) 747-8555 Laval : 2267, boul.Le Corbusier · (450) 682-8280 www.abatjourillimites.ca \u2022 Plus de 5,000 abat-jour en magasin.\u2022 Le plus grand choix au Canada.\u2022 Service de recouvrement sur mesure.\u2022 Apportez votre pied de lampe pour un ajustement parfait.Présentez ce coupon au moment de l\u2019achat.Excluant les commandes.Aucun ajustement de prix sur les commandes ou achats 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possession de cannabis.À Montréal, le maire Denis Coderre a indiqué que les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) « [feront] preuve de discernement ».«On sait qu\u2019on s\u2019en va vers la légalisation.Je pense que, pendant tout ce processus, il faut faire preuve de discernement», a- t-il affirmé, avant d\u2019ajouter : «Il ne faut pas essayer le système.» M.Coderre a aussi plaidé pour le déploiement de dif fé- rentes « mesures d\u2019éducation » sur la consommation de ce psy- chotrope avant qu\u2019il soit accessible à toute personne majeure et vaccinée.Analyse en cours Un comité interministériel mène déjà des « travaux d\u2019analyse » sur les « enjeux » liés à la légalisation de la marijuana, a souligné M.Coiteux.En effet, le gouvernement québécois a préféré ne pas attendre le dépôt d\u2019un projet de loi à la Chambre des communes.« Il y a un gouvernement légitimement élu qui va de l\u2019avant avec un engagement qu\u2019ils ont pris.Il y aura un projet de loi.Ma responsabilité comme ministre de la Sécurité publique, c\u2019est de m\u2019assurer que les conditions au Québec soient telles qu\u2019on puisse s\u2019adapter à cette situa- tion-là», a-t-il affirmé.À l\u2019instar de son confrère, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s\u2019est abstenu de s\u2019immiscer dans le débat sur la légalisation du pot.«Que je pense que c\u2019est une bonne ou une mauvaise idée [c\u2019est sans intérêt puisque] c\u2019est un choix fédéral.Alors, à partir du moment où le fédéral décide d\u2019aller de l\u2019avant, on doit aller de l\u2019avant.On n\u2019a pas le choix», a-t-il affirmé aux médias.M.Barrette a néanmoins appelé Ottawa à la «prudence».Il a exhorté son homologue fédéral, Jane Philpott, à établir des « règles d\u2019encadrement claires, précises pour la protection du public ».Bref, « comment ça va s\u2019opérationnali- ser?» À ce moment-ci, «c\u2019est la grande question», estime-t-il.Les modalités de vente du cannabis, après son éventuelle légalisation, constituent le « prochain enjeu » à traiter, a souligné le ministre libéral.M.Barrette a toutefois rappelé les «ef fets potentiellement délétères sur la santé» d\u2019une grande consommation de marijuana.«On pourrait faire le même raisonnement avec l\u2019alcool.» Avec Jeanne Corriveau Le Devoir MARIJUANA Québec attend le projet de loi fédéral pour changer d\u2019approche M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e Directeur général des élections du Québec (DGEQ) est « prêt » à passer au crible les « livres » des vingt dernières années du PLQ, du PQ, de la CAQ et de QS.Il invite tous les partis politiques « accept[ant] de se prêter à l\u2019exercice » de lui remettre toute la documentation en leur possession.«On va procéder à l\u2019examen de ce que les partis vont être en mesure de nous fournir», a indiqué la porte-parole du DGEQ, Julie St-Arnaud Drolet, dans une entrevue téléphonique avec Le Devoir jeudi soir.«On est prêts à entamer une vérification.[\u2026] Le DGE va procéder à l\u2019examen des livres des partis [politiques], et des pièces justificatives qu\u2019ils pourront fournir», a-t-elle ajouté.L\u2019organisme disposant d\u2019un pouvoir de surveillance et de contrôle à l\u2019égard du financement politique a cru bon d\u2019afficher sa disponibilité «à la suite de la discussion des derniers jours à l\u2019Assemblée nationale».Les par tis d\u2019opposition se sont affairés toute la semaine à accentuer la pression sur le premier ministre Philippe Couillard afin qu\u2019il dévoile les « secrets » du financement du Parti libéral du Québec.« Le Parti libéral va finir par plier.[\u2026] Il faut juste persister», avait lancé le député solidaire Amir Khadir, mercredi midi, après que le gouvernement libéral eut balayé du revers de la main une motion «reconnaiss[ant] la nécessité de déclencher, en collaboration avec le Directeur général des élections du Québec, une enquête [\u2026] concernant le financement des partis politiques au cours des années 1996 à 2011 ».Il a refait de même jeudi.«Nos livres sont ouverts, M.le Président, pas de consentement», a déclaré le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Gerry Sklavounos.M.Couillard a répété que les « livres » du PLQ, où sont colligées une foule d\u2019informations sur les revenus et les dépenses engagées à « toute époque », sont accessibles « en tout temps» au DGEQ.«Actions à entreprendre» En l\u2019absence de consigne unanime de l\u2019Assemblée nationale, le DGEQ a décidé de prendre les devants.Il précise toutefois que son « examen » des rap- por ts financiers de toutes sor tes qui lui seront éventuellement soumis ne lui permettra pas de prendre toute la mesure du financement illégal amassé par chacune des formations politiques.«À lui seul, l\u2019examen des livres et des rapports financiers des partis ne viendra pas établir le por trait global du financement illégal.La Loi électorale prévoit actuellement un délai de conservation de cinq ans pour les pièces justificatives.Ce délai était de deux ans avant 2010», a souligné Mme St-Arnaud Dro- let.«Mais nos vérifications vont toutefois pouvoir guider les actions à entreprendre par la suite», a-t-elle poursuivi.Le PLQ établira un « modus operandi» avec le DGEQ, a fait valoir le porte-parole du parti politique, Maxime Roy.«On va offrir notre collaboration pleine et entière.On l\u2019a toujours fait.On va continuer à le faire.» Le Devoir FINANCEMENT POLITIQUE Le DGEQ se dit prêt à analyser l\u2019information qu\u2019on lui fournira ELAINE THOMPSON ASSOCIATED PRESS La légalisation de la marijuana par le gouvernement fédéral est prévue en 2017.A L E X A N D R E R O B I L L A R D à Québec L\u2019 opposition péquiste a créé un climat « vicié et malsain» qui a mené le gouvernement à annuler un contrat donné sans appel d\u2019offres pour l\u2019évaluation des retombées économiques du projet d\u2019oléoduc Énergie Est, a déclaré jeudi le ministre des Finances, Carlos Leitão.M.Leitão a af firmé que ce seront les fonctionnaires de son ministère qui effectueront finalement ce mandat, plutôt que le cabinet de consultants Aviseo Conseil.« Nous avons décidé de faire ça, de le donner au ministère des Finances étant donné le climat vicié et malsain qui a été créé par l\u2019opposition of ficielle, a-t-il dit aux jour nalistes.Avant même que la firme commence ses travaux, l\u2019opposition était déjà arrivée à la conclusion que ce rapport allait être complaisant et que les personnes en question étaient des incompétents.» En début de semaine, M.Leitão avait annoncé qu\u2019un contrat de près de 95 000 $ avait été donné sans appel d\u2019offres à Aviseo, ce qui lui a valu des critiques de la part du chef péquiste Pierre Karl Péladeau.M.Péladeau a établi un lien entre un des associés d\u2019Avi- seo, Jean-Pierre Lessard, et le directeur du cabinet du ministre, Guillaume Caudron, qui sont d\u2019anciens collègues du ca- binet-conseil Secor et coauteurs d\u2019une estimation chiffrant les retombées économiques du Plan Nord à 148 milliards.Les péquistes ont aussi souligné qu\u2019un des associés actuels d\u2019Aviseo, Pierre Lefeb- vre, avait été choisi par l\u2019ex-mi- nistre libérale des Finances Monique Jérôme-Forget afin de diriger l\u2019Agence des partenariats public-privé, en 2005.Leitão se défend Jeudi, M.Leitão a af firmé que son directeur de cabinet n\u2019a « jamais été impliqué directement ou indirectement dans l\u2019octroi de ce contrat ».Selon le ministre, alors que le Par ti québécois était au pouvoir, le ministère avait accordé des contrats de gré à gré aux personnes citées par ses adversaires.« Aujourd\u2019hui, ces personnes sont des incompétents, mais en 2012 et 2013, ils étaient très bons, a-t-il dit.Cette incohérence est déplorable.» Les coûts de l\u2019annulation du contrat à Aviseo Conseil devraient être minimes puisque le contrat ne prévoit qu\u2019un remboursement des frais engagés alors que le mandat venait tout juste d\u2019être confié, a indiqué le ministre.Selon une source gouvernementale, le PQ a « injustement » fait un lien par tisan puisque Jean-Pierre Lessard a été économiste pour le Bloc québécois.« Ce n\u2019est pas un ami libéral », dit-on.La Presse canadienne ÉNERGIE EST L\u2019analyse des retombées économiques se fera à l\u2019interne M.Couillard a répété que les « livres» du PLQ sont accessibles en tout temps Lire aussi \u203a Victoire de la raison.Un éditorial de Manon Cornellier.Page A 8 P H I L I P P E O R F A L I F ace à la situation précaire dans laquelle se trouvent un nombre grandissant de médias traditionnels, la ministre de la Culture, Hélène David, reste de marbre.Son gouvernement n\u2019a pas, pour l\u2019heure, l\u2019intention d\u2019aider la presse écrite, régionale ou indépendante au moyen de subventions ou de crédits d\u2019impôt additionnels.C\u2019est du moins ce qu\u2019elle a laissé entendre jeudi soir à l\u2019Assemblée nationale, lors de l\u2019étude des crédits budgétaires en culture.Pressée par la députée péquiste Véronique Hivon de préciser si le gouvernement Couil- lard pourrait envisager une aide financière additionnelle aux journaux et autres médias menacés de fermeture en raison des bouleversements qui ébranlent leur industrie, Mme David a refusé de s\u2019engager.Les journaux régionaux se débrouillent bien seuls, a- t-elle soutenu.« Il y a eu des transactions sur lesquelles on n\u2019a pas nécessairement de pouvoir, mais quand Capitales Médias a repris certains journaux [de Gesca], ça a été un soulagement collectif.[\u2026] Tout ça est en mouvance.» La porte-parole péquiste en matière de culture s\u2019est montrée déçue.Un nombre grandissant d\u2019États interviennent pour soutenir l\u2019industrie médiatique, rappelle-t-elle.« Ce n\u2019est pas un domaine qu\u2019on peut laisser aller au gré des marchés ! C\u2019est un pilier démocratique im- por tant.J\u2019invite la ministre à réfléchir à un plan concret », a-t-elle dit, évoquant des « chiffres ef farants » qui laissent craindre le pire.« Le gouvernement fédéral songe à agir, nous, on laisse le train passer.Or, le gouvernement a une responsabilité de favoriser l\u2019information », a-t-elle déploré.Hélène David a affirmé qu\u2019elle avait rappelé récemment à ses collègues l\u2019importance, pour leur ministère, d\u2019acheter de la publicité dans les journaux régionaux, une source de revenus majeure pour ces publications.Depuis 1995, un décret « incite » les ministères à investir 4 % de leur budget publicitaire dans les médias communautaires.Mais cette cible est rarement atteinte.Le Devoir La ministre David n\u2019envisage pas d\u2019aide immédiate pour la presse écrite Infractions liées au cannabis 2010: 15 769 2011: 15 727 2012: 14 677 2013: 15 476 2014: 15 038 Source : ministère de la Sécurité publique JACQUES BOISSINOT PC Le DGEQ a lancé jeudi un appel à tous les partis politiques. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 A V R I L 2 0 1 6 A 6 É C O N O M I E Titre Symbole Fermeture Variation Volume ($) (%) (000) Titre Symbole Fermeture Variation Volume ($) (%) (000) Alim.Couche-Tard ATD.B 55.88 -2.20 -3.79 1215 Canadian-Tire CTC.A 136.23 -2.66 -1.92 235 Cogeco CCA 64.33 -0.03 -0.05 84 Corus CJR.B 11.87 0.16 1.37 299 Groupe TVA TVA.B 4.06 0.06 1.50 4 Jean Coutu PJC.A 20.88 -0.29 -1.37 74 Loblaw L 69.70 -0.88 -1.25 460 Magna MG 54.91 0.04 0.07 1643 Metro MRU 42.50 -0.55 -1.28 596 Quebecor QBR.B 32.49 -0.23 -0.70 115 Rona RON 23.79 0.01 0.04 174 Saputo SAP 39.57 -1.15 -2.82 552 Shaw SJR.B 23.51 0.02 0.09 1805 Dollarama DOL 89.65 -1.20 -1.32 363 Tim Hortons THI 99.00 0.00 0.00 0 Transat A.T.TRZ 8.50 0.08 0.95 44 Yellow Media Y 20.80 -0.31 -1.47 34 S&P TSX SPTT13881.20 -30.09 -0.22 263389 S&P TX20 TX20 570.59 4.16 0.73 112939 S&P TX60 TX60 812.74 -2.55 -0.31 142447 S&P TX60 Cap.TX6C 898.73 -2.82 -0.31 142447 Cons.de base TTCS 501.02 -11.53 -2.25 4321 Cons.discré.TTCD 166.68 -0.67 -0.40 8277 Énergie TTEN 184.63 0.61 0.33 71832 Finance TTFS 247.83 -1.20 -0.48 21801 Aurifère TTGD 207.61 5.51 2.73 76469 Santé TTHC 99.02 4.53 4.79 4668 Tech.de l\u2019info TTTK 53.16 -0.21 -0.39 4034 Industrie TTIN 178.79 0.67 0.38 15833 Matériaux TTMT 221.09 2.74 1.25 109678 Immobilier TTRE 281.04 -4.91 -1.72 5740 Télécoms TTTS 139.11 -1.47 -1.05 3752 Sev.collect.TTUT 222.59 -1.35 -0.60 5756 Métaux/minerals TTMN 518.75 -15.11 -2.83 29648 TSX Venture JX 658.38 4.13 0.63 124863 Cameco CCO 15.66 -0.50 -3.09 1329 Canadian Natural CNQ 38.71 0.60 1.57 3396 Canadian Oil Sands COS 9.93 0.00 0.00 0 Enbridge ENB 53.69 0.16 0.30 1411 EnCana ECA 9.03 -0.07 -0.77 8912 Enerplus ERF 6.55 -0.02 -0.30 1503 Pengrowth Energy PGF 1.74 0.01 0.58 1707 Pétrolière Impériale IMO 40.59 -0.54 -1.31 826 Suncor Energy SU 36.06 -0.47 -1.29 3420 Cenovus Energy CVE 18.66 0.10 0.54 2689 TransCanada TRP 51.82 0.10 0.19 1460 Valener VNR 21.73 0.02 0.09 98 Air Canada AC 8.59 -0.29 -3.27 1638 Bombardier BBD.B 1.72 -0.02 -1.15 9062 CAE CAE 14.97 0.15 1.01 442 Canadien Pacifique CP 191.17 2.60 1.38 438 Chemin de fer CN CNR 82.88 1.12 1.37 1322 SNC-Lavalin SNC 47.40 -0.44 -0.92 230 Transcontinental TCL.A 20.24 -0.06 -0.30 30 TransForce TFI 22.76 0.34 1.52 499 B.CIBC CM 100.51 -0.20 -0.20 739 B.de Montréal BMO 81.75 -0.25 -0.30 1597 B.Laurentienne LB 50.62 -0.10 -0.20 107 B.Nationale NA 45.16 -0.40 -0.88 1202 B.Royale RY 77.51 -1.21 -1.54 3038 B.Scotia BNS 65.04 -0.19 -0.29 2718 B.TD TD 56.25 -0.15 -0.27 2652 Brookfield Asset BAM.A 42.23 -1.09 -2.52 989 Cominar Real CUF.UN 17.16 -0.28 -1.61 268 Corp.Fin.Power PWF 32.83 0.09 0.27 228 Fin.Manuvie MFC 18.96 -0.17 -0.89 4320 Fin.Sun Life SLF 42.84 -0.15 -0.35 757 Great-West Lifeco GWO 36.26 0.18 0.50 375 Industrielle All.IAG 41.32 0.20 0.49 152 Power Corporation POW 30.80 0.25 0.82 459 TMX X 50.92 0.28 0.55 21 Agrium AGU 109.61 -0.42 -0.38 413 Barrick Gold ABX 20.79 0.73 3.64 6732 Goldcorp G 22.37 0.80 3.71 4752 Kinross Gold K 5.97 0.26 4.55 9598 Mines Agnico-Eagle AEM 53.24 1.63 3.16 1080 Potash POT 22.99 0.26 1.14 3545 Teck Resources TCK.B 13.40 -0.55 -3.94 9593 Fortis FTS 38.84 -0.59 -1.50 1049 TransAlta TA 6.61 0.28 4.42 1761 BlackBerry BB 9.04 -0.11 -1.20 906 CGI GIB.A 61.61 -0.52 -0.84 455 BCE BCE 58.77 -0.81 -1.36 1613 Manitoba Telecom MBT 32.21 -0.34 -1.04 171 Rogers RCI.B 49.08 -0.24 -0.49 915 Telus T 39.51 -0.51 -1.27 1052 iShares DEX XBB 31.73 -0.01 -0.03 110 iShares MSCI XEM 24.84 -0.11 -0.44 8 iShares MSCI EMU EZU 33.12 0.00 0.00 0 iShares S&P 500 XSP 24.03 -0.12 -0.50 353 iShares S&P/TSX XIC 22.01 -0.04 -0.18 79 FIRST QUANTUM FM 8.60 -0.29 -3.26 12570 KINROSS GOLD CORP K 5.97 0.26 4.55 9598 TECK COMINCO CL B TCK.B 13.40 -0.55 -3.94 9593 ENCANA CORP ECA 9.03 -0.07 -0.77 8912 BAYTEX ENERGY CORP BTE 6.13 0.09 1.49 8221 YAMANA RES INC YRI 5.59 0.16 2.95 7319 BARRICK GOLD CORP ABX 20.79 0.73 3.64 6732 iShares S&P TSX 60 XIU 20.47 -0.06 -0.29 6044 GOLDCORP INC G 22.37 0.80 3.71 4752 MANULIFE FINANCIAL MFC 18.96 -0.17 -0.89 4320 CONCORDIA HEALTH CXR 38.65 7.79 25.24 1632 ENDEAVOR SILVER EDR 5.00 0.29 6.16 969 GUYANA GOLDFIELDS GUY 6.49 0.36 5.87 669 S&P TSX GLOBAL HGU 39.13 2.12 5.73 543 CELESTICA INC CLS 14.02 0.73 5.49 527 SILVER STANDARD SSO 10.74 0.53 5.19 1362 PRETIUM RESOURCES PVG 9.35 0.43 4.82 2088 FORTUNA SILVER FVI 7.44 0.34 4.79 438 ARC RESOURCES LTD ARX 20.53 0.93 4.74 1634 KINROSS GOLD CORP K 5.97 0.26 4.55 9598 MEG ENERGY CORP MEG 6.99 -0.59 -7.78 3191 HUDBAY MINERALS HBM 5.09 -0.39 -7.12 2885 PREMIUM BRANDS PBH 55.52 -2.38 -4.11 172 TECK COMINCO CL B TCK.B 13.40 -0.55 -3.94 9593 ALIMENTATION ATD.B 55.88 -2.20 -3.79 1215 EMERA INC EMA.IR 43.17 -1.58 -3.53 3583 RUSSELL METALS INC RUS 21.57 -0.74 -3.32 268 AIR CANADA AC 8.59 -0.29 -3.27 1638 FIRST QUANTUM FM 8.60 -0.29 -3.26 12570 BOARDWALK EQUITIES BEI.UN 54.30 -1.81 -3.23 267 CONCORDIA HEALTH CXR 38.65 7.79 25.24 1632 CANADIAN PACIFIC CP 191.17 2.60 1.38 438 S&P TSX GLOBAL HGU 39.13 2.12 5.73 543 METHANEX CORP MX 44.87 1.84 4.28 325 AGNICO EAGLE MINES AEM 53.24 1.63 3.16 1080 CANADIAN NATIONAL CNR 82.88 1.12 1.37 1322 SHAWCOR LTD SCL 32.79 1.05 3.31 165 ARC RESOURCES LTD ARX 20.53 0.93 4.74 1634 GOLDCORP INC G 22.37 0.80 3.71 4752 WEST FRASER TIMBER WFT 42.49 0.75 1.80 386 WESTON GEORGE LTD WN 110.45 -3.02 -2.66 129 CANADIAN TIRE CORP CTC.A 136.23 -2.66 -1.92 235 PREMIUM BRANDS PBH 55.52 -2.38 -4.11 172 ALIMENTATION ATD.B 55.88 -2.20 -3.79 1215 FRACO-NEVADA CORP FNV 85.50 -2.02 -2.31 945 BOARDWALK EQUITIES BEI.UN 54.30 -1.81 -3.23 267 EMERA INC EMA.IR 43.17 -1.58 -3.53 3583 LINAMAR CORP LNR 58.16 -1.29 -2.17 139 DOMTAR CORP UFS 50.81 -1.27 -2.44 105 ROYAL BANK of RY 77.51 -1.21 -1.54 3038 ENTREPRISES DE CONSOMMATION DISCRÉTIONNAIRE ÉNERGIE FINANCIÈRES INDUSTRIELLES ENTREPRISES DE MATÉRIAUX SERVICES PUBLICS TECHNOLOGIE TÉLÉCOMMUNICATIONS FONDS NÉGOCIÉS EN BOURSE LES PLUS ACTIFS DE LA BOURSE DE TORONTO LES GAGNANTS EN % LES PERDANTS EN % LES GAGNANTS EN $ LES PERDANTS EN $ LES INDICES DE LA BOURSE DE TORONTO TSX CROISSANCE Consultez toutes les cotes boursières sur www.decisionplus.com M A R C H É S B O U R S I E R S TORONTO S&P TSX 13 881,20 ?-30,09 -0,2% New York S&P 500 2091,48 ?-10,92 -0,5% NASDAQ 4945,89 ?-2,24 -0,0% DOW JONES 17 982,52 ?-113,75 -0,6% PÉTROLE 43,18 -1,00 $US -2,3% ?OR 1250,30 -4,10 $US -0,3% ?DOLLAR CANADIEN 78,57 -0,48 $US -0,6% ?1$US = 1,2727 69,59 -0,42 EURO 1 EURO = 1,4369 INDICES QUÉBÉCOIS Indice Fermeture var.pts var.% IQ30 2218,40 -17,37 -0,78 IQ120 2250,91 -12,52 -0,55 CENTRE D\u2019ANALYSE ET DE SUIVI DE L\u2019INDICE QUÉBEC L\u2019indice Québec est une initiative du Département de finance de l\u2019Université de Sherbrooke et de l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine B E N O Î T T O U S S A I N T R O M A I N F O N S E G R I V E S à Francfort Quelques semaines après avoir musclé son action devant une inflation léthargique, la BCE a demandé jeudi qu\u2019on laisse du temps à ses mesures pour dévoiler pleinement leurs effets, mais exigé le soutien actif des gouvernements.« Nos mesures fonctionnent, elles sont ef ficaces, laissez-leur juste du temps pour montrer pleinement leurs ef fets » , a plaidé son président, Mario Draghi, lors d\u2019une conférence de presse.Mais cela ne peut se faire tout seul.« Afin de récolter pleinement les fruits de nos mesures de politique monétaire, d\u2019autres sphères de décision doivent contribuer de façon beaucoup plus appuyée, au niveau national et au niveau européen », a-t-il insisté avec un ton plus véhément qu\u2019à l\u2019habitude.La politique de la BCE est « la seule à soutenir la croissance» depuis quatre ans, a-t-il regretté, reprochant aux gouvernements de ne pas avoir lancé les réformes structurelles indispensables.Le président de l\u2019institution monétaire s\u2019exprimait à Francfort à l\u2019issue de la réunion régulière du conseil des gouverneurs, qui a décidé, sans surprise, de maintenir ses taux d\u2019intérêt directeurs à leurs niveaux historiquement bas.«Nous avons pour mandat de chercher à atteindre la stabilité des prix pour toute la zone euro, pas seulement pour l\u2019Allemagne, a dit M.Draghi.Nous obéissons à la loi, pas aux politiques, parce que nous sommes indépendants », a insisté le président de la BCE, s\u2019exprimant officiellement pour la première fois après une récente vague de critiques germaniques.La guerre des mots pourrait toutefois bien se poursuivre puisque la banque centrale, mise en échec depuis de longs mois par une inflation désespérément basse, a encore promis jeudi d\u2019utiliser tous les instruments disponibles dans le cadre de son mandat, si nécessaire.L\u2019Italien a notamment répété que les taux directeurs de l\u2019institution pourraient aller encore plus bas que leur niveau actuel.Pour Marcel Fraztscher, président de l\u2019institut économique allemand DIW, « la BCE a donné un signal clair de la poursuite de la politique expansive.[\u2026] La politique des taux zéro va se poursuivre au moins trois ou quatre ans».Pénalisés par le recul des cours du pétrole, les prix ont fait du surplace en mars, après un recul de 0,2 % en février, là où la banque centrale vise une « inflation proche mais inférieure à 2%».Agence France-Presse Mario Draghi hausse le ton Le soutien de la croissance n\u2019est pas la responsabilité de la BCE uniquement, dit son président G É R A R D B É R U B É S urpris par leurs collègues américains appelant à une sur taxe de 50 % sur l\u2019aluminium importé, les syndicats tentent d\u2019exclure le Canada d\u2019éventuelles mesures de rétorsion.Unifor puis les Métallos se sont dits surpris jeudi par l\u2019initiative des United Steelworkers (USW \u2014 Syndicat international des Métallos) demandant à la Commission sur le commerce international des États-Unis d\u2019imposer aux alu- mineries non américaines une surtaxe pouvant aller jusqu\u2019à 50 % sur l\u2019aluminium entrant aux États-Unis.Au Par ti québécois, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a également réagi jeudi en exhortant le gouvernement Couillard d\u2019intervenir rapidement auprès des autorités américaines pour contester toute éventuelle surtaxe sur les importations d\u2019aluminium en provenance du Canada, peut-on lire sur TVA Nouvelles.Il est estimé qu\u2019au moins 65 % de l\u2019aluminium produit au Canada est impor té aux États-Unis.Le geste déchire également les syndicats.Chez les Métallos, on entend démêler le tout.« Nous comprenons le désarroi des sections locales américaines du secteur de l\u2019aluminium, où il s\u2019est perdu des milliers d\u2019emplois depuis cinq ans », jusqu\u2019à 6500, a-t-on chiffré.« Le dumping chinois et d\u2019autres pays tels que la Russie et l\u2019Arabie saoudite font mal aux États-Unis.Mais nous ne permettrons pas que les travailleurs d\u2019ici, les usines d\u2019ici, compétitives, qui fonctionnent avec une énergie verte, pâtissent d\u2019une tentative de sauvetage.On ne mettra pas à risque les alumineries canadiennes», explique la direction québécoise des Métallos dans un communiqué publié jeudi.La demande américaine vise « le dumping déloyal », avec des producteurs qui ne respectent pas les prix de référence à la bourse des métaux de Londres.« Ce n\u2019est pas ce que font les alumineries québécoises et canadiennes.Il faut corriger le tir et mieux cibler la requête.Le Syndicat des Métallos fera donc des représentations, de concert avec les autorités canadiennes, pour que l\u2019aluminium canadien soit exclu d\u2019une éventuelle surtaxe », a ajouté le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.Des discussions ont permis de clarifier la position avec le Syndicat international des Métallos (USW) et « d\u2019entamer les représentations pour mieux cibler la demande », as- sure-t-il.« Tant au Canada qu\u2019aux États-Unis, des représentations sont amorcées pour exclure l\u2019aluminium d\u2019ici d\u2019éventuelles mesures commerciales antidumping.» Un autre syndicat également af filié à la FTQ, abritant plusieurs membres exerçant dans l\u2019industrie de l\u2019aluminium, a également manifesté sa «stupéfaction » face à l\u2019initiative du syndicat américain.« Ça nous apparaît assez incompréhensible, d\u2019autant plus que ça [affecterait] non seulement nos membres, mais tout autant les leurs qui travaillent dans l\u2019industrie de l\u2019aluminium dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean», a déclaré Renaud Gagné, directeur québécois d\u2019Unifor, dans un communiqué.Il indique que des échanges ont eu lieu entre la direction québécoise d\u2019Unifor et celle des Métallos.« On m\u2019assure que tous les ef forts seront faits pour que la situation soit corrigée et que la production canadienne soit exclue de cette pétition», écrit-il.Le Devoir DUMPING Une bataille de l\u2019aluminium s\u2019engage avec les États-Unis Des syndicats québécois veulent faire exclure le Canada d\u2019éventuelles mesures de rétorsion THIERRY CHARLIER AGENCE FRANCE-PRESSE Mario Draghi : «Nous avons pour mandat de chercher à atteindre la stabilité des prix pour toute la zone euro, pas seulement pour l\u2019Allemagne.» C algar y \u2014 Le gouvernement de l\u2019Alber ta a dévoilé jeudi les détails de son nouveau régime de redevances, ce qui, selon lui, devrait apporter clarté et certitude au secteur de l\u2019exploitation conventionnelle du pétrole et du gaz naturel.La province a simplifié son système avec une seule structure pour le pétrole brut, le gaz naturel et les liquides du gaz naturel, qui tient compte du nombre croissant de puits non conventionnels qui ont recours à un procédé horizontal de forage et de fracturation.En vertu du nouveau régime, les entreprises devront débourser un taux de redevances stable de 5 % jusqu\u2019à ce que les coûts d\u2019un projet soient recouvrés, après quoi les taux s\u2019établiront entre 5 et 40%, selon les prix de l\u2019énergie.Les coûts totaux pour le forage vertical et horizontal seront comparés à un indice d\u2019allocation des coûts qui favorisera les producteurs les plus efficaces.L\u2019Association canadienne des producteurs pétroliers a favorablement accueilli cette modernisation du régime de redevances, mais souligné que d\u2019autres mesures devraient être mises sur pied pour aider l\u2019industrie, par ticulièrement en ce qui a trait à l\u2019accès aux oléoducs.Le nouveau régime de redevances, qui suit de près les recommandations faites par un comité provincial sur le programme, s\u2019appliquera aux nouveaux puits mis en place à compter de 2017.Les puits dont l\u2019existence précédera cette date continueront d\u2019être soumis aux règles qui prévalent actuellement jusqu\u2019en 2027.La Presse canadienne L\u2019Alberta dévoile les détails de son nouveau programme de redevances ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 A V R I L 2 0 1 6 ECONOMIE A 7 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 J U L I E N A R S E N A U L T L\u2019 achat d\u2019un important bloc d\u2019actions d\u2019Alimentation Couche-Tard pour s\u2019assurer que la multinationale demeure sous contrôle québécois ne figure pas dans les plans du gouvernement Couillard.Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a estimé jeudi qu\u2019il ne revenait pas à l\u2019État d\u2019investir massivement dans des entreprises.« Nous ne sommes pas dans un régime de capitalisme d\u2019État, a-t-il dit au cours d\u2019une mêlée de presse dans les couloirs de l\u2019Assemblée nationale.Nous ne sommes pas dans un régime soviétique.» M.Leitão aimerait mieux faire appel à Investissement Québec (IQ), qui pourrait servir de catalyseur afin de mettre sur pied un groupe d\u2019actionnaires capable de détenir un certain pourcentage de la multinationale.«Ce n\u2019est pas IQ qui va dépenser tous ces milliards, a-t-il assuré.On peut attirer d\u2019autres investisseurs privés québécois pour créer un bloc de contrôle.C\u2019est l\u2019objectif.» Sa collègue à l\u2019Économie, Dominique An- glade, a abondé dans le même sens, affirmant qu\u2019il ne fallait pas envoyer le message que « le Québec était prêt à nationaliser» toutes ses entreprises.Investissement Québec, qui ne détient pas d\u2019actions de Couche-Tard, a déjà fait part de son intention d\u2019approcher l\u2019entreprise, à un moment qui n\u2019a toutefois pas encore été précisé.Le ministre des Finances a ainsi rejeté la suggestion du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Le- gault, d\u2019octroyer « plusieurs milliards de dollars » à cette société d\u2019État par l\u2019entremise du Fonds des générations pour inter venir.D\u2019après M.Legault, il manque entre 6 et 8 % d\u2019appuis aux dirigeants de Couche-Tard afin d\u2019obtenir le seuil de 66,6 % nécessaire à la prolongation du statut des actions multivotantes.Autrement, ces titres à 10 votes par action cesseront d\u2019exister une fois que le dernier des quatre fondateurs de la société, Jacques D\u2019Amours, fêtera son 65e anniversaire, en décembre 2021.Si les actionnaires refusent de changer leur fusil d\u2019épaule, le président du conseil exécutif et actionnaire de contrôle, Alain Bouchard, pourrait envisager une vente de l\u2019entreprise, a- t-il laissé entendre en entrevue à La Presse.M.Bouchard, qui détient 38,9 % de ces actions de catégorie A, estime que des actionnaires to- rontois de l\u2019entreprise sont en grande partie responsables de ce blocage.Selon le chef caquiste, IQ pourrait également demander à la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui détient 26,9 millions d\u2019actions de catégorie B, ou 6,4 %, d\u2019augmenter sa participation dans l\u2019entreprise établie à Laval.Sur ce point, M.Leitão a répliqué que la Caisse était indépendante et qu\u2019il n\u2019avait pas l\u2019intention de dire quoi faire à l\u2019investisseur institutionnel.La CAQ avait déjà proposé de mettre 10 milliards de côté afin de protéger les sièges sociaux québécois, ce qui ne veut pas dire pour autant acheter des actions de toutes les sociétés établies dans la province, a rappelé M.Le- gault.« Il y a des entreprises vulnérables.Je suis inquiet de perdre SNC-Lavalin, je suis inquiet de perdre Metro et la Banque Nationale.Il faut que Philippe Couillard se réveille.» La Presse canadienne Québec n\u2019investira pas dans Couche-Tard IQ pourrait jouer un rôle de rassembleur, dit Leitão F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S Le projet de loi modifiant les obligations d\u2019Air Canada « est loin d\u2019être en vigueur » et navigue dans un processus législatif « en bonne et due forme», se défend Ottawa alors que Québec craint qu\u2019une mise en application rapide mine ses discussions avec le transporteur concernant l\u2019entretien d\u2019avions et l\u2019achat d\u2019appareils du programme CSeries.« Il est clair que, pour nous, pour que la négociation soit ef fi- cace, il ne faut pas que ça vienne enlever des morceaux de la négociation », a dit la ministre québécoise de l\u2019Économie, Dominique Anglade.«Nous avons demandé que la loi n\u2019entre pas en vigueur tant que l\u2019on a une entente avec Air Canada.» Les d iscuss ions avec Air Canada portent précisément sur la mise sur pied d\u2019un centre d\u2019excellence d\u2019entretien de la CSeries, un programme dans lequel Québec est actionnaire à 49,5% depuis peu, et sur les 75 avions qu\u2019Air Canada envisage d\u2019acheter auprès de Bombardier.L\u2019achat de ces avions CS300, qui remplaceraient des Em- braer E190 vieillissants, ne fait pas encore l\u2019objet d\u2019une commande ferme.Lors de l\u2019annonce en février, Air Canada et Bombardier ont fait état, à la base, d\u2019une « lettre d\u2019intention ».Celle-ci por te sur 45 commandes fermes et une option sur 30 appareils supplémentaires.Les livraisons s\u2019étaleraient de 2019 à 2022.En raison de l\u2019engagement d\u2019Air Canada de faire effectuer au Québec l\u2019entretien des avions éventuellement achetés à Bombardier, Québec a accepté en février de suspendre son recours juridique contre le transporteur.Cette poursuite contre Air Canada a vu le jour en 2012 après la fermeture de son sous-traitant Aveos, ancienne filiale de la société mère d\u2019Air Canada.Québec souhaitait qu\u2019Air Canada honore les obligations contenues dans la loi fédérale de 1988 qui a mis la table à sa privatisation.La loi prescrit qu\u2019en plus d\u2019un service bilingue et d\u2019un siège social maintenu à Montréal, Air Canada doit maintenir des centres de révision et d\u2019entretien dans trois villes du Canada, soit Winnipeg, Mississauga et la Communauté urbaine de Montréal.Marge de manœuvre accrue Dans la foulée de la suspension des procédures par Québec, le gouvernement fédéral a dévoilé un projet de loi assouplissant ces conditions de manière à ne nommer que les trois provinces.Aussi, il donne au transporteur une marge de manœuvre pour décider seul des volumes de travail qu\u2019il y effectue.«Les commentaires de la ministre ont été faits sous la compréhension qu\u2019on avait mis un bâillon sur le projet de loi, ce qu\u2019on n\u2019a pas fait», a affirmé au Devoir l\u2019attaché de presse du ministre des Transports, Marc Roy.«Mercredi soir, on a eu un vote avec attribution de temps, ce qui n\u2019est pas un bâillon.Le bâillon, c\u2019est quand on passe un projet de loi par toutes les étapes dans la même séance.L\u2019attribution de temps accélère les choses une étape à la fois.» « Le projet de loi est loin d\u2019être en vigueur.Il navigue à travers le processus législatif en bonne et due forme », a ajouté M.Roy.« Le vote d\u2019attribution de temps de mercredi soir était nécessaire, car le NPD voulait un amendement ayant pour but de tuer le projet de loi et l\u2019empêcher de se rendre au Comité [permanent des transports], où des témoins pourront être entendus.» Le Comité parlementaire devrait se réunir dans la semaine du 2 mai.Il a été impossible d\u2019obtenir les commentaires d\u2019Air Canada.Le syndicat des machinistes a reproché au Comité des transports de la Chambre des communes de vouloir se prononcer d\u2019ici le 16 mai et de vouloir limiter les audiences à quatre jours.Le Devoir AIR CANADA Pas si vite ! Québec craint que l\u2019adoption rapide du projet de loi fédéral ne nuise à ses négociations avec le transporteur É R I C D E S R O S I E R S L e Partenariat transpacifique (PTP) aura un impact économique « modeste » au Canada, estime une étude du C.D.Howe, soit tout juste positif s\u2019il s\u2019y joint, et à peine négatif s\u2019il s\u2019en exclut.Les chercheurs estiment ainsi que s\u2019il est ratifié, l\u2019accord conclu cet automne par le Canada et 11 autres pays ajoutera tout au plus 3 milliards (ou 0,08 %) au produit intérieur brut (PIB) annuel canadien à l\u2019horizon de 2035.Si le Canada choisissait au contraire de faire faux bond aux autres et ne ratifiait pas l\u2019entente, il nuirait à ses échanges commerciaux et ses investissements de telle manière qu\u2019il lui en coûterait 1,7 milliard (ou 0,026 %) en 2035.«Notre analyse montre que même d\u2019ambitieux soi-disant accords globaux et approfondis comme le PTP ont peu d\u2019effets dans un marché mondial déjà très ouvert où toutes sortes d\u2019autres mécanismes parallèles réduisent les irritants qui nuisent au commerce et à l\u2019investissement », observent les auteurs de l\u2019étude d\u2019une vingtaine de pages dévoilée jeudi.Les gains attendus sont d\u2019autant plus timides qu\u2019on n\u2019a pas voulu réduire les hautes barrières commerciales que certains pays conservent dans quelques « secteurs sensibles », comme le riz au Japon et les produits sous gestion de l\u2019offre au Canada.Environ 90% des retombées économiques positives devraient atterrir dans les poches de trois pays : les États-Unis, le Japon et le Vietnam, estime l\u2019étude.Le Canada, la Malaisie et la Nouvelle-Zélande devraient aussi faire des « gains tangibles ».Quant aux six autres signataires du PTP, dont l\u2019Australie, Singapour et le Mexique, ils n\u2019y gagneraient rien.Les secteurs qui en profiteraient le plus au Canada seraient ceux de l\u2019agroalimentaire (dont les viandes de bœuf et de porc), des produits du bois, du matériel de transport et des services financiers et aux entreprises.Les producteurs de lait, d\u2019automobile, de vêtements et de textiles, de produits chimiques, de plastique et de métal accuseraient un recul.Certains secteurs, comme l\u2019automobile, semblent condamnés à perdre des plumes quoi qu\u2019il arrive, observe le C.D.Howe.En mission commerciale dans la capitale de l\u2019Union européenne, Bruxelles, la ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, a dit, lors d\u2019une téléconférence avec des journalistes, vouloir lire l\u2019étude avant d\u2019y réagir.Elle s\u2019est toutefois réjouie de voir une organisation de la société civile nourrir le débat sur la question.Son gouvernement a promis de mener une large consultation publique avant de décider du sort de l\u2019accord conclu par ses prédécesseurs conservateurs.Nouvel appui précieux pour l\u2019AECG En Europe pour dire tout le bien qu\u2019elle pense d\u2019un autre traité commercial en voie de ratification, celui-là entre le Canada et l\u2019Union européenne, Chr ystia Freeland s\u2019est dite « très optimiste » quant à son adoption par les Européens.Elle s\u2019est notamment félicitée de l\u2019appui à l\u2019Accord économique et commercial global (AECG) exprimé en sa présence la semaine dernière à Berlin par le vice-chancelier allemand et leader des sociodémocrates, Sig- mar Gabriel.Chef de fil d\u2019un courant politique jusque-là très critique de l\u2019entente et dont l\u2019appui sera essentiel pour obtenir le feu ver t du Parlement européen, l\u2019Allemand a présenté l\u2019AECG comme une occasion en or d\u2019établir une nouvelle « référence internationale » vers l\u2019établissement de « règles commerciales progressistes ».Le renversement d\u2019humeur des sociaux-démocrates allemands vient notamment des changements apportés au controversé mécanisme de règlement des différends permettant à des investisseurs de poursuivre les États.Les modifications visent à ce qu\u2019il repose sur un tribunal permanent constitué de juges indépendants, qu\u2019il s\u2019accompagne d\u2019un droit d\u2019appel, qu\u2019il soit plus transparent, qu\u2019il sanctionne financièrement les poursuites injustifiées et que l\u2019on réaffirme clairement le droit des gouvernements d\u2019adopter les lois qu\u2019ils veulent pourvu qu\u2019elles soient les mêmes pour tous.Ottawa et Bruxelles espèrent une signature de l\u2019AECG cette année pour une entrée en vigueur en 2017.Le Devoir C.D.Howe dégonfle le PTP Participer ou pas à l\u2019accord de libre-échange aura un impact marginal sur l\u2019économie canadienne «Nous ne sommes pas dans un régime soviétique» Carlos Leitão JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Dominique Anglade : «Nous avons demandé que la loi n\u2019entre pas en vigueur tant que l\u2019on a une entente avec Air Canada.» JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le ministre des Finances, Carlos Leitão, n\u2019a pas retenu la suggestion de la CAQ d\u2019investir quelques milliards dans Couche-Tard.Bell Helicopter licencie encore Le couperet tombe de nouveau chez Bell Helicopter, à Mirabel, dans les Laurentides, où une soixantaine de personnes perdront leur emploi.Cette autre mauvaise nouvelle s\u2019ajoute aux 200 licenciements annoncés en février dernier par la direction de l\u2019usine en décroissance depuis maintenant quelques années.À la mi-mai, lorsque les congédiements auront été complétés, environ 940 personnes travailleront aux installations de Mirabel, par rapport à près de 2000 employés il y a cinq ans.«C\u2019est la même raison que la dernière fois, a expliqué jeudi la responsable des communications chez Bell Helicopter, Lucie Tessier.Le marché est difficile, la reprise n\u2019est pas aussi rapide qu\u2019anticipée, ce qui nous force de nouveau à ajuster la cadence de production.» La Presse canadienne GM double ses bénéfices au premier trimestre General Motors (GM) a plus que doublé ses bénéfices au premier trimestre, marqué par un retour à l\u2019équilibre en Europe, grâce à de solides ventes de VUS et camionnettes.Le résultat net s\u2019est établi à 2 milliards $US, soit un bénéfice par action ajusté de 1,26 $US, a annoncé le groupe automobile jeudi.GM avait gagné 900 millions au premier trimestre 2015.Le chiffre d\u2019affaires trimestriel a progressé de 4,5 % sur un an à 37,3 milliards.Le premier constructeur automobile américain s\u2019est surtout réjoui de revenir à l\u2019équilibre en Europe, marché où il a perdu de l\u2019argent lors des 16 dernières années.Agence France-Presse «Le projet de loi est loin d\u2019être en vigueur», se défend un porte-parole du ministre fédéral des Transports Après l\u2019avoir promis en campagne puis annoncé à la face du monde mercredi, les libéraux ne peuvent plus reculer.D\u2019ici environ deux ans, la marijuana sera un produit légal au Canada en vertu d\u2019une approche centrée \u2014 finalement \u2014 sur la réduction des méfaits de la drogue et de sa prohibition.Le défi est complexe, cependant, et le gouvernement a raison de ne rien précipiter.e projet de loi légalisant la marijuana sera présenté au printemps 2017.Ce n\u2019est pas la ministre de la Justice qui l\u2019a annoncé, mais celle de la Santé, Jane Philpott.Un choix délibéré, car, à l\u2019avenir, la politique du gouvernement se fondera sur la science et adoptera « le point de vue de la santé publique afin de sensibiliser au maximum le public et d\u2019atténuer au minimum les risques ».« Nous savons qu\u2019il est impossible de régler le problème en procédant simplement à des arrestations», a martelé Mme Philpott.Le choix de faire cette annonce à New York, dans le cadre de la séance extraordinaire de l\u2019assemblée générale des Nations Unies sur la lutte contre la drogue, n\u2019était pas anodin.Cette rencontre, la première du genre depuis 1998, représentait une occasion de revoir un cadre imposé depuis plus de 50 ans et ayant la prohibition comme pierre d\u2019assise.Aux prises avec son échec et ses conséquences désastreuses, de plus en plus de pays remettent en question cette approche.En 2012, plusieurs pays latino-américains ont pro- ?té du Sommet des Amériques pour se demander si la légalisation, assortie d\u2019une solide réglementation, ne serait pas plus appropriée.En mars dernier, trois anciens présidents d\u2019Amérique du Sud ont pris parti pour la décriminali- sation des drogues.Des scienti?ques ont défendu la même position dans la prestigieuse revue The Lancet.La légalisation du cannabis est peut-être contraire aux conventions internationales, mais le Canada ne serait pas le premier à en tester les limites.Aux États-Unis, quatre États sont passés aux actes et au moins cinq autres tiendront des référendums sur le sujet en novembre.En juillet dernier, le Chili a opté pour la légalisation.D\u2019autres pays ont plutôt dépénalisé l\u2019usage du cannabis, alors que le Portugal est allé beaucoup plus loin en élargissant la mesure à plusieurs autres drogues, dont la cocaïne et l\u2019héroïne.?Cette évolution n\u2019est pas étrangère à l\u2019inef?cacité de la prohibition et à ses propres effets pervers : champ libre à l\u2019emprise du crime organisé, engorgement pénitentiaire, tragédies humaines attribuables à des produits frelatés, marginalisation sociale et j\u2019en passe.On assiste aussi depuis des années à l\u2019expérimentation de solutions ciblées pour réduire les méfaits de la drogue et de la prohibition.On pense entre autres aux centres d\u2019injection supervisée ou d\u2019échange de seringues.Pour tenir le crime organisé en échec et traiter les usagers en citoyens plutôt qu\u2019en malades ou délinquants, il faut toutefois des solutions systémiques, et la légalisation assortie d\u2019un solide encadrement en est une.La légalisation permet de réglementer la production, la distribution, la vente, les normes de qualité, le dosage, l\u2019âge d\u2019accès et ainsi de suite.Elle permet aussi de prendre de front l\u2019enjeu de la consommation à travers des programmes de santé, de prévention et d\u2019éducation.Le grand défi d\u2019Ottawa dans ce dossier sera de ne pas ouvrir les vannes sans avoir planché sur tous ces aspects et de ne pas le faire en vase clos.Il promet de consulter les provinces, les experts, les forces de l\u2019ordre et autres acteurs intéressés.Il ne peut en être autrement, car tous auront un rôle à jouer.On compare ce qui se prépare à ce qui a été fait pour le tabac, l\u2019alcool ou le jeu, mais il ne faudrait pas répéter les erreurs passées, en particulier au chapitre de la prévention, qui a trop tardé à se matérialiser.L\u2019autre danger serait de se laisser aveugler par l\u2019appât du gain, comme ce fut le cas avec le jeu, ou encore de mal doser la dissuasion ?nancière, comme on l\u2019a vu avec les taxes sur le tabac et la contrebande qui a suivi.Le gouvernement a raison d\u2019y aller au pas, l\u2019important étant de bien faire les choses.Il est dommage cependant qu\u2019il refuse, entre-temps, de décriminaliser la possession simple de marijuana et de laisser tranquilles les petits consommateurs.Les forces de l\u2019ordre ont mieux à faire, comme contrer les éventuelles tentatives du crime organisé d\u2019investir ce futur pan de l\u2019économie légale.mcornellier@ledevoir.com L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 A V R I L 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Charlevoix, destin favorable ?La splendide région de Charlevoix ne cesse de persévérer, le projet est relancé, cela après un cuisant revers dans l\u2019espoir d\u2019y voir installer un Club Med, avec hôtel de 120 millions de dollars au Massif de Petite-Rivière-Saint-François.Le litige achoppait sur le par tage des risques.À mon sens, il y a beaucoup plus que le par tage des risques.Je comprends très bien le désir légitime de la région de Charlevoix de se façonner un dynamisme économique favorable pour s\u2019émanciper.De l\u2019autre côté, le casino bat de l\u2019aile et les accès aéroportuaires sont inexistants.De surcroît, le train de Charlevoix ne roule pas.De plus, que feraient les touristes le soir ?Il n\u2019y a pas de « nightlife » dans Charlevoix pour attirer et retenir les voyageurs.Les touristes iront davantage vers les grands centres, où ils retrouveront des facilités de transpor t, du ski et le « nightlife », cela sans changer de chambre d\u2019hôtel.Que dire également du « festival de la maison à vendre » ?Charlevoix est un paradis splendide trop peu aménagé.Du travail reste à ef fectuer en aval, sans quoi cette région ne sera que la bouquetière, jamais la mariée ! Cette fois-ci, le destin sera-t-il favorable ?Je le leur souhaite ! Michel Beaumont Québec, le 21 avril 2016 Le congédiement de Jeff Fillion Jeff Fillion perdait son micro à CHOI, il y a onze ans, après un procès civil pour des propos tenus en ondes à quelques reprises en automne 2002.Il perd maintenant son micro pour un bref tweet.Est-ce démesuré?Absolument pas.NRJ et Bell Média, ce n\u2019est pas Radio X et Genex; la provocation n\u2019est pas une de leurs orientations stratégiques.Il était évident que Fillion serait renvoyé dès le premier gros problème.D\u2019ailleurs, Radio X était à la base la réponse au modèle consensuel des gros groupes radiophoniques.Il y a quinze ans, les frasques de Jef f Fillion passaient facilement sous le radar puisque celui-ci était primitif.Ce radar inclut maintenant YouTube, Facebook et Twitter.Il peut donc ratisser beaucoup plus largement, plus rapidement et plus intensément.L\u2019af faire Chiasson aurait été tout autre si elle avait eu lieu cette année.Un extrait contenant les premiers mots de travers aurait été rapidement dif fusé et vilipendé.Le cas Taillefer est encore plus facile puisqu\u2019il ne nécessite pas d\u2019écouter ce cher Jef f pendant quelques minutes, mais bien de l ire un tout petit tweet.En fait, Twitter est probablement un médium encore plus dangereux que la radio pour une « grande gueule », surtout si elle est vulnérable.Fillion l\u2019était particulièrement.Pendant ce temps, André Arthur est relativement protégé par CHOI.Il faut dire que l\u2019ancien député est carrément un élément de folklore local au même titre que le bonhomme Carnaval ou le Taj Mahal de la mairesse Boucher.Quand il a commencé à collaborer avec Jef f Fillion, il était déjà ce vieux routier qui s\u2019est promené de fréquence en fréquence.Il ne peut plus rien faire de vraiment impressionnant après son passage en politique, à part aller dans l\u2019espace.Personne n\u2019a vraiment d\u2019énergie à détecter ses propos possiblement scandaleux.Il faut en ef fet pour cela écouter son émission.Antoine Desgagnés Charlesbourg, le 20 avril 2016 Ahuntsic doit rester ! La Ville de Montréal veut renommer le parc Ahuntsic en parc Maurice-Richard.Quel manque de sensibilité de la part des autorités de la Ville ! Ne voit-on pas que les Amérindiens traversent une très mauvaise passe présentement, au Québec et au Canada?Et quel affront cela fera aux Premières Nations ! Les toponymes amérindiens ne courant déjà pas les rues, il faut les préserver coûte que coûte.La Ville doit revenir à son idée première : renommer le parc Stanley en parc Maurice-Richard.Les toponymes anglais, ce n\u2019est pas ce qui manque : Amherst, Durham, etc.Sylvio Le Blanc Montréal, le 21 avril 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N MARIJUANA Victoire de la raison L A L A I N - R O B E R T N A D E A U Avocat et docteur en droit constitutionnel L e ministre de l\u2019Éducation du Québec, Sébastien Proulx, déclarait mardi à l\u2019occasion de l\u2019étude des crédits de son ministère qu\u2019il fallait « modifier la Loi sur l\u2019instruction publique, RLRQ, c.I-13.3 pour adopter un règlement interdisant ce type de fouille ».Il avait en tête les fouilles à nu dans les écoles publiques du Québec.Si l\u2019on ne peut que souscrire à l\u2019opinion du ministre que l\u2019on ne devrait pas permettre les fouilles à nu des élèves des écoles publiques, se pose toutefois la question de jauger la norme juridique plus appropriée dans les circonstances.Cette opinion, voulant qu\u2019il faille adopter une norme réglementaire afin d\u2019obvier à l\u2019application de fouilles à nu dans les écoles publiques du Québec, me semble erronée et en porte à faux avec les principes constitutionnels les plus élémentaires, et cela, pour deux raisons.D\u2019une part, en raison du fait qu\u2019une norme réglementaire, se situant au plus bas niveau de la hiérarchie juridique, ne peut avoir pour effet de modifier une loi et, encore moins, une garantie constitutionnelle.D\u2019autre part, l\u2019interprétation de la Cour suprême du Canada de la norme constitutionnelle applicable au sujet des fouilles à nu rend superfétatoire l\u2019adoption d\u2019une norme réglementaire.La hiérarchie des normes juridiques Les règlements, aussi appelés « législation déléguée », sont édictés en vertu d\u2019une disposition habilitante de la loi.En d\u2019autres termes, un règlement découle des termes particuliers de la loi et un règlement qui dépasse le cadre du pouvoir de cette loi est dit «ultravires» et il est susceptible de sanction judiciaire par ce qu\u2019on appelle la révision ou le contrôle judiciaire.Ainsi, les règlements doivent être conformes à la loi et la loi, elle-même, doit être conforme à la Constitution canadienne.L\u2019examen de conformité jauge la légalité en fonction du partage des compétences, d\u2019une part, et, plus im- por tant encore, en fonction des garanties constitutionnelles inscrites dans la Charte canadienne des droits et libertés, d\u2019autre part.En l\u2019espèce, le litige potentiel, si tant est que litige il y a, ressortit de ce second volet (présumant sans peine la constitutionnalité de la Loi sur l\u2019instruction publique).Il faut donc examiner les garanties constitutionnelles et leur interprétation par la Cour suprême du Canada.Garanties constitutionnelles Dès ses premiers arrêts, la Cour suprême du Canada a interprété largement la protection constitutionnelle, of ferte par l\u2019article 8 de la Charte canadienne, aux fouilles, perquisitions et saisies «abusives».Ainsi, dans l\u2019arrêt Hunter c.Southam (1984), le juge en chef Dickson a indiqué que, à première vue, rares seront les occasions où une fouille effectuée sans mandat pourra être jugée légale et conforme à cette norme constitutionnelle.Dans l\u2019arrêt Collins (1987), bien que portant principalement sur la question de l\u2019admissibilité d\u2019une preuve obtenue illégalement, le juge Lamer, qui deviendra subséquemment juge en chef, a établi l\u2019un des principes les plus importants en la matière.Reprenant une conception de Friedrich von Hayek, Prix Nobel d\u2019économie en 1974, le juge Lamer affirmait que fouille ne sera pas abusive que dans la mesure où elle est autorisée par la loi, que la loi elle-même n\u2019a rien d\u2019abusif et que la fouille n\u2019a pas été effectuée d\u2019une manière abusive.Cette décision, malgré des décisions subséquentes \u2014 dont certaines portant expressément sur la question de la fouille dans les écoles, comme les arrêts R.c.M.(M.R.) (1998) et R.c.A.M.(2008) \u2014, est le principe judiciaire toujours applicable.La Cour suprême du Canada avait aussi fait une distinction, avec l\u2019arrêt Comité paritaire (1993), qu\u2019elle semble avoir cependant escamotée par la suite, entre les fouilles et perquisitions \u2014 qui commandent le plus haut degré de protection constitutionnelle \u2014 et les simples inspections \u2014 ces dernières étant moins attentatoires et n\u2019emportant pas les mêmes stigmates criminels obéiraient à des normes plus souples.En d\u2019autres termes, sur cette base, il pourrait être possible que la direction d\u2019une école procède à des « fouilles administratives» pour s\u2019assurer de la sécurité des élèves (en contrôlant la présence d\u2019armes ou de drogues, par exemple), mais les éléments recueillis ne pourraient pas \u2014 en l\u2019absence d\u2019un mandat de perquisition appuyé sur des motifs raisonnables \u2014 servir subséquemment à étayer des accusations de nature criminelle.À vrai dire, on aura compris que si l\u2019intervention du ministre vise à encadrer des «fouilles administratives», la modification de la Loi sur l\u2019instruction publique pourrait être appropriée afin d\u2019encadrer et de délimiter les pouvoirs de la direction des écoles publiques (si tel est le cas, ses conseillers juridiques consulteront l\u2019arrêt Comité paritaire [1993] avec intérêt).En revanche, si le but du ministre Proulx est essentiellement, comme il l\u2019affirmait, d\u2019empêcher les fouilles à nu dans les écoles publiques du Québec, son intervention est vraisemblablement inconstitutionnelle et, assurément, superfétatoire.Fouilles à nu et écoles publiques : une intervention superfétatoire MANON CORNELLIER L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 A V R I L 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).V ivre en démocratie, ce n\u2019est pas aller voter une fois tous les quatre ans après avoir entendu toutes les promesses que des candidats politiciens vont s\u2019engager à réaliser pour votre bien-être à vous, promesses qu\u2019ils ne tiendront pas après avoir été élus.C\u2019est un classique.Pire.Combien de Québécois ne savent même pas qui était Robert Burns?Je viens de terminer un livre essentiel consacré à un homme admirable de lucidité, qui est mort beaucoup trop tôt, Robert Burns, dont j\u2019ai partagé les rêves et le cheminement dans son désir de redonner de l\u2019air pur à la démocratie citoyenne, qui battait déjà de l\u2019aile avant 1976.Le livre est l\u2019œuvre d\u2019André Larocque, un ami et un proche collaborateur de Rober t Burns.Il contient une analyse précieuse du gouvernement Lévesque et, surtout, il permet la transmission de ce qui est resté une œuvre inachevée : le projet de Burns pour un sauvetage réfléchi de la démocratie québécoise.Larocque explique clairement qu\u2019il y a bien longtemps que les gouvernements élus au Québec cherchent par tous les moyens à détourner les citoyens et citoyennes de leurs responsabilités en laissant les élus libres de tout décider sans tenir compte de l\u2019opinion publique.De façon délibérée, avant le gouvernement Lé - vesque aussi bien qu\u2019après, les gouvernements élus ont choisi de ne pas associer les citoyens aux grandes décisions de l\u2019État.Dans l\u2019équipe de Burns, on découvre d\u2019abord que, depuis 1867, il y a eu plus de 50 référendums tenus au Canada.Par contre, il n\u2019y en a eu qu\u2019un seul tenu au Québec en 1919, et 78,6 % des citoyens ont répondu oui à la question suivante : êtes- vous d\u2019opinion que la vente des bières, cidres et vins légers, tels que définis par la loi, devrait être permise?Avouons tout de suite qu\u2019il aurait été dif ficile de voter non à cette question-là.La peur maladive qui a fait perdre le référendum de 1980 était d\u2019un autre ordre, et il est intéressant de se faire rappeler tout le mal que se sont donné les élus libéraux d\u2019Ottawa pour tasser le Québec.Nous avons si peu de mémoire, nous, les Québécois, que ce livre sur Robert Burns et son héritage est forcément un document inestimable qu\u2019il faut lire et faire lire aux jeunes qui se cherchent des défis qu\u2019ils pourraient trouver ici même au lieu d\u2019aller chercher à l\u2019étranger.Quand ils auront compris pourquoi la démocratie agonise au Québec, ils retrouveront l\u2019envie de redevenir de vrais citoyens et ci - toyennes, de cesser d\u2019être des « clients » des partis politiques et des services de l\u2019État, de cesser d\u2019être à la merci ou à la remorque des décisions prises en vase clos par des politiciens épris du pouvoir et des amis du pouvoir qui dirigent sans être élus et qui placent parfois leur précieux argent dans des paradis fiscaux.Il est encore temps de reprendre le combat de Robert Burns.Il est évident que la démocratie en arrache.Les élus du Parti libéral sont comme des soldats de plomb.Incapables de remplir le rôle de député que la population leur a confié.Ce parti est là depuis si longtemps qu\u2019il a oublié sa raison d\u2019être.Tout le reste est fait de balivernes et d\u2019histoires à dormir debout.Le chef est tout puissant, même dans ses contradictions et ses erreurs.Il domine.Et les citoyens n\u2019ont qu\u2019à bien se tenir.Les Québécois qui liront ce livre d\u2019André La- rocque auront de la peine en réalisant tout ce qui s\u2019est perdu des projets de Lévesque pour sauver notre démocratie et l\u2019apport précieux des citoyens et citoyennes à l\u2019évolution de notre société.Pour ma part, je suis toujours de près l\u2019utilisation du référendum dans cer tains pays comme la Suisse \u2014 où il y en a plusieurs chaque année, car le gouvernement estime devoir demander au peuple ce qu\u2019il en pense avant d\u2019agir \u2014 ou l\u2019Angleterre, où un référendum aura lieu bientôt pour demander aux citoyens s\u2019ils veulent rester ou non membres de l\u2019Europe.J\u2019ai eu le nez collé sur la Catalogne et sur l\u2019Écosse également.J\u2019ai pu réaliser qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019ici que le mot « référendum » est honni, mis à la poubelle, présenté comme une trahison alors que partout ailleurs, c\u2019est le meilleur moyen de faire vivre la démocratie.Étrange.C\u2019est sûr que l\u2019ignorance nous étouffe.J\u2019ai besoin de vous et de votre appui.On continue à parler de la fabuleuse richesse que nous appor tera ient les fameux p ipel ines d\u2019Énergie Est, ceux qui vont traverser le Canada à travers les champs, les fermes et les cours d\u2019eau, petits ou grands.Il semble que les Québécois n\u2019en veulent pas.Que diriez- vous qu\u2019on exige un référendum pour compter les « pour » et les « contre » ?Ce serait enfin clair, et ça nous guérirait peut-être de nos peurs maladives.Le combat de Robert Burns N A D I A E L - M A B R O U K Professeure à l\u2019Université de Montréal, Membre de Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec) arle de ta religion», «Qui est le créateur de l\u2019univers ?», «Reconnaît la musulmane et le juif dans cette image».Voici des exemples de questions auxquelles doivent répondre les enfants du primaire dans le cours Éthique et culture religieuse (ECR).Il y a lieu de se demander si, concrètement, ce cours ne va pas à l\u2019encontre des nobles objectifs de ses concepteurs.Le philosophe Georges Leroux, qui vient de publier un nouvel essai (Dif férence et liberté, Boréal), parle d\u2019ouverture au pluralisme et de dialogue entre les citoyens.Éducation au pluralisme?Certes.Mais pas en réduisant la diversité à sa dimension religieuse.Dialogue interculturel?Oui, mais pas en survalorisant le dialogue religieux.Que répondra l\u2019enseignant(e) à l\u2019enfant qui demande « Est-ce que l\u2019archange Gabriel existe vraiment ?», « Est-ce qu\u2019Abraham a vraiment voulu obéir à Dieu qui lui commandait de tuer son fils ?» Alors que M.Leroux affirme que les enseignants sont très à l\u2019aise de donner ce cours, en réalité, on les laisse seuls dans la classe pour arbitrer les incohérences et les conflits éventuels.Un cours fortement contesté Dans une récente entrevue, Georges Leroux évoque tro is vagues de contestat ion à ce cours : celles des parents chrétiens, du Mouvement laïque québécois et du mouvement nationaliste.Mais il y en a une quatrième, celle des femmes, illustrée par l\u2019avis du Conseil du statut de la femme de 2011, qui recommande d\u2019intégrer les connaissances sur les religions au cours Histoire et éducation à la citoyenneté au secondaire, parce que l\u2019enfant plus âgé est plus apte à prendre une distance critique par rapport au sujet.Ce dossier est également por té par PDF Québec (Pour les droits des femmes du Québec) à la suite d\u2019une analyse de tous les manuels ECR du primaire approuvés par le ministère de l\u2019Éducation.Il en ressort une contradiction flagrante entre le volet « éthique », qui valorise les facteurs d\u2019émancipation de la femme, et le volet « culture religieuse », où c\u2019est plutôt une vision fondamentaliste et traditionaliste du statut et du rôle des femmes qui est mise en avant.Les femmes sont nettement moins représentées que les hommes, et ce, pour toutes les religions.Alors que ce sont surtout les hommes qui officient aux cérémonies religieuses et qui manipulent les livres sacrés, ce sont les femmes qui font la cuisine et qui portent les enfants.Contrairement aux aspirations d\u2019ouverture vers l\u2019avenir de M.Leroux, les manuels scolaires illustrent plutôt un cours branché sur le passé, qui laisse craindre un retour en arrière pour les droits des femmes.Mais il y a également une cinquième vague de contestation, qui est celle des Québécois de culture musulmane, représentés notamment par l\u2019Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité (AQNAL), dont je fais partie.En effet, nous subissons les dommages collatéraux de l\u2019identification des groupes par leur religion.Nos enfants sont encouragés à s\u2019identifier comme musulmans.Mais, en plus, ils sont amenés à intégrer toute une série de pratiques religieuses contraignantes, portées par une version dogmatique et rigoriste de l\u2019islam.« Mon fils est devenu musulman avec ce cours », « ma fille demande maintenant à sa mère pourquoi elle n\u2019est pas voilée», «mon enfant est culpabilisé parce qu\u2019il ne mange pas halal à l\u2019école ».Voici le genre de commentaires rapportés par plusieurs.En ef fet, plutôt qu\u2019une approche non confessionnelle du phénomène religieux, c\u2019est bien un ensemble de règles, d\u2019interdictions et de codes religieux qui sont mis en avant.Quand la culture se résume à la religion M.Leroux prône l\u2019éducation au pluralisme, mais c\u2019est plutôt une vision normative des cultures religieuses qui ressort des manuels scolaires.La diversité est en fait réduite essentiellement à quelques stéréotypes.Les juifs portent une kippa, les musulmanes un voile, les bouddhistes une robe orange, les chrétiennes une croix dans le cou et les autochtones des plumes.C\u2019est simple, ainsi on peut les « reconnaître ».On amène les enfants, ni plus ni moins, à faire du profilage ethno-religieux.Et ces constatations ne sont pas extrapolées de quelques cas isolés de manuels défaillants.Par exemple, c\u2019est à peu près l\u2019ensemble des manuels ECR du primaire qui utilisent la femme voilée comme marqueur visuel pour l\u2019islam.Est-ce qu\u2019une petite fille qui subirait des pressions dans sa famille pour porter le voile se sentirait encouragée d\u2019en parler à l\u2019école, alors que l\u2019on présente le voile comme LE code vestimentaire de l\u2019islam ?Si l\u2019objectif est d\u2019éduquer les jeunes à la diversité, au pluralisme du Québec, il faudrait tenir compte de toutes les convictions spirituelles.Où sont les non-croyants ?Les non-pra- tiquants, qui forment pourtant la majorité de la population du Québec ?Mais surtout, ramener la culture à la religion est un raccourci qui a pour ef fet de gommer les spécificités nationales.De grands pans de la société du Québec moderne se retrouvent ainsi sous-représentés.Où sont les vagues successives d\u2019immigration au Québec, les Portugais, les Italiens, les La- tino-Américains, les Libanais, les Vietnamiens, les Haïtiens dans ces manuels ?Le biais religieux de ce cours n\u2019a pas pour effet de promouvoir la diversité culturelle.Promotion du fait religieux Le volet « culture religieuse » ressemble plus à de l\u2019endoctrinement et à de la promotion du fait religieux qu\u2019à un apprentissage objectif de connaissances sur les religions.On ressasse, pendant toute la scolarité de l\u2019enfant, des manifestations du religieux, mais sans les éléments permettant de développer son sens critique.Nous demandons que les concepteurs du cours ECR se préoccupent de savoir comment sont traduits, concrètement, les beaux principes du programme dans les manuels scolaires, mais surtout dans les classes, alors que les enseignants sont amenés à gérer, seuls, les pressions religieuses et les conflits qui peuvent en découler.Réduire le pluralisme à sa seule dimension religieuse est un réel danger pour la cohésion sociale et le « vivre ensemble ».N\u2019oublions pas que c\u2019est le Québec de l\u2019avenir qu\u2019on est en train de construire.ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE Un cours réducteur qui rate la cible J E A N - P I E R R E D U C H E S N E A U Militant de Québec solidaire n avril 2001, la Ville de Québec était au cœur de l \u2019actualité.Les chefs d\u2019État des Amériques se réunissaient dans une cité barricadée.Depuis le déraillement de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle, on assistait à des mobilisations massives contre la mondialisation du capital.Québec n\u2019allait pas rater ce rendez-vous.Loin de se résumer à une fin de semaine d\u2019actions, les mobilisations autour du Sommet des Amériques ont donné lieu, dans les mois précédents, à la diffusion de dizaines de milliers d\u2019articles de journaux, à l\u2019organisation de centaines de conférences et de débats.Tout le Québec prenait alors conscience du danger lié aux négociations secrètes de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA).Notons que cet accord « de deuxième génération » incluait des tribunaux donnant le droit aux « investisseurs » de poursuivre les États dont la réglementation sociale et environnementale pouvait nuire à leurs profits.On constatait aussi les ef fets de l\u2019ALENA, qui favorise la désindustrialisation du Nord et la perte de bons emplois ici pour les déménager au Mexique, où les conditions restent médiocres.Mobilisation imposante Malgré une campagne de peur relayée malheureusement par les médias, plus de 60 000 personnes ont participé à la Marche des peuples.La journée précédente, 15 000 personnes s\u2019étaient rendues au «mur de la honte » qui coupait le centre-ville en deux et l\u2019avaient fait tomber.Enfin, 2000 représentantes et représentants des mouvements sociaux de toutes les Amériques participèrent au Sommet des peuples, qui se tenait en parallèle.La mobilisation contre le Sommet des Amé- riques aura été une victoire, car elle a mené au rejet de la ZLEA.Les mouvements sociaux et les gouvernements de gauche d\u2019Amérique latine qui ont fait tomber la ZLEA en 2005 ont souligné le rôle clé de l\u2019opposition lors du Sommet de Québec dans leur cheminement.Présentement, un accord Canada-Europe est en négociation, et Jean Charest en a été l\u2019un des grands artisans.Le gouvernement canadien cherche par cet accord à permettre l\u2019accès au marché européen du pétrole et du bœuf canadien en sacrifiant les services publics (ouvert à la privatisation) et la protection des fromages (québécois).On ne peut que se désoler du manque de mobilisation actuelle sur ces enjeux.La crise économique mondiale de 2008 a démontré la justesse des revendications de l\u2019époque : déréglementer le capitalisme, c\u2019est laisser les puissances de l\u2019argent provoquer des krachs et des récessions.Les scandales actuels liés aux paradis fiscaux sont aussi liés à des accords de libre-échange comme l\u2019accord Ca- nada-Panama.Il faut en tirer des leçons et avoir le courage politique de faire d\u2019autres choix, celui d\u2019un commerce respectant les droits de la personne et la souveraineté des peuples.Les leçons oubliées du Sommet des Amériques P « E JACQUES NADEAU LE DEVOIR En avril 2001, le Sommet des Amériques organisé à Québec a donné lieu à de nombreux af frontements entre les policiers et les manifestants.LISE PAYETTE Les élus du Parti libéral sont comme des soldats de plomb.Incapables de remplir le rôle de député que la population leur a confié. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 2 A V R I L 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S (et une certaine propension à l\u2019androgynie).Ou encore Michael Jackson, à qui il disputa le titre de roi de la pop dans les années 1980.L\u2019annonce de son décès a pris tout le monde par surprise.L\u2019artiste était en plein cœur d\u2019une tournée qui le présentait en piano solo (il s\u2019était arrêté à Montréal il y a un mois) et où il paraissait en parfaite santé.Les premières informations diffusées jeudi laissaient entendre que Prince avait été hospitalisé la semaine dernière pour une grippe.Mais le site TMZ \u2014 qui a le premier annoncé le décès de l\u2019artiste \u2014 a fait part en soirée des informations liant sa mort à une overdose, le tout demeurant à confirmer.Son agente a simplement confirmé en mi- journée que « le légendaire interprète Prince Roger Nelson est mort dans sa résidence de Paisley Park», près de Minneapolis, sa ville d\u2019origine.Domination Paisley Park était en fait bien plus qu\u2019une résidence : lieu de création, d\u2019enregistrement et de spectacle, ce complexe porte le nom d\u2019un succès de Prince du milieu des années 80.Des succès, Prince en a produit à la chaîne au fil d\u2019une carrière lancée en 1978 avec l\u2019album For You, sur lequel il jouait de 27 instruments\u2026 Premier hit en 1979 (I Wanna Be Your Lover), bientôt suivi d\u2019une série de bombes contenues sur les albums 1999 (qui date de 1982) et surtout Purple Rain \u2014 trame sonore oscarisée pour le film du même nom, en 1984.Désormais superstar, Prince régna en maître sur les années 80.«Il était partout, et tout le temps, se souvient Laurent Saulnier, vice-président à la programmation au Festival international de jazz de Montréal.Si ce n\u2019était pas lui qu\u2019on entendait, c\u2019était un artiste qu\u2019il avait produit ou un autre pour qui il avait écrit \u2014 comme Nothing Compares 2 U [immense succès de Sinéad O\u2019Connor en 1989]», ou encore la trame sonore du premier film Batman.Les sources divergent, mais on estime qu\u2019il aurait vendu près de 100 millions de disques (pour une quarantaine d\u2019albums).Il collectionna dans la foulée Grammy et MTV Music Video Awards.M.Saulnier évoque un « artiste d\u2019exception, littéralement.C\u2019était un virtuose du studio, mais aussi un showman absolument incroyable.Quand il est arrivé, tout le monde le comparait à James Brown, et c\u2019était exactement ça.» Tous les albums de cet hyperactif n\u2019auront pas été des chefs-d\u2019œuvre \u2014 loin de là \u2014, mais Prince n\u2019a jamais cessé d\u2019être « absolument pertinent sur scène», dit l\u2019ancien chroniqueur musical.Électrique Prince s\u2019est produit à plusieurs reprises à Montréal.Retenons pour mémoire ses spectacles nocturnes présentés au Métropolis en juin 2011.Souvenirs incandescents d\u2019une expérience monumentale («Il était au sommet de sa forme», se rappelle M.Saulnier).Quatre heures de prestation sans une seconde de répit rythmique, des improvisations bouillantes, des riffs imparables.«Is this the funkiest band in the world?Am I in the funkiest city?[Est-ce le band le plus funky du monde?Suis- je dans la ville la plus funky?]», avait lancé le chanteur à une foule survoltée.Du Prince pur jus.Plus largement, son succès s\u2019appuyait sur une série d\u2019éléments intrinsèquement liés : paroles à forte teneur sexuelle ; rythmique irrésistible ; présence scénique électrique ; solos de guitare exubérants et précis (très «Hendrix» dans son éloquence et par cette relation fusionnelle à l\u2019instrument).Prince puisait à tout, s\u2019inspirait de tout : rock, R&B, soul, funk, disco, jazz, pop\u2026 Inclassable, donc.Et très indépendant, aussi.Il s\u2019est ainsi farouchement battu pour garder le contrôle de son œuvre et de sa destinée.Au milieu des années 1990, Prince s\u2019était lancé dans une guerre contre son label Warner, durant laquelle il adopta un nouveau nom imprononçable (sorte de hiéroglyphe \u2014 le fameux «love symbol») et dont il émergea avec une totale autonomie contractuelle et artistique.Autre singularité : ce visionnaire a entretenu jusqu\u2019à la fin une relation conflictuelle avec Internet et les changements apportés aux modèles de consommation et de diffusion de la musique.Il a notamment exercé une vigilance serrée pour bloquer toute diffusion non autorisée d\u2019extraits de spectacles sur YouTube.En 2014, il était plus ou moins «disparu» d\u2019Internet en fermant tous ses comptes de réseaux sociaux et sites.N\u2019empêche : jeudi, ils ont été des milliers à exprimer leur peine par ces mêmes réseaux.Sur Facebook, le président américain, Barack Obama, a souligné que « peu d\u2019artistes ont influencé le son et la trajectoire de la musique de façon plus marquée que lui ».Sur Twitter, Mick Jagger a parlé d\u2019un musicien «unique et révolutionnaire, au talent sans limites» ; Madonna pleurait un «visionnaire » ; les hommages ont ainsi plu\u2026 tout en teintes de mauve, évidemment.Le Devoir Il aura fallu cinq heures au magistrat pour lire les points saillants de son jugement de 308 pages, jeudi.Il a rejeté une à une les accusations portées contre le sénateur.Si Mike Duffy a récolté des milliers de dollars en indemnités de logement en plaidant habiter l\u2019Île-du-Prince-Édouard, c\u2019est parce que le bureau de Stephen Harper et des sénateurs hauts gradés le lui ont conseillé.Le sénateur a « cru honnêtement et raisonnablement » les conseils de ces « figures d\u2019autorité ».D\u2019autant plus que les sénateurs reçoivent «peu d\u2019éducation ou de formation» quant au concept de résidence principale et à la possibilité pour eux de réclamer des indemnités de logement pour ces demeures à l\u2019extérieur de la capitale fédérale \u2014 comme l\u2019a fait Mike Duffy dès sa nomination en 2008.Nulle part dans les règles du Sénat n\u2019est-il défini ce que représente une «résidence principale », a renchéri le juge.Quant aux remboursements de déplacements, les règles étaient également indulgentes, a tranché le magistrat.La couronne reprochait au sénateur d\u2019avoir facturé des voyages partisans pour aller aider des collègues conservateurs à récolter des fonds, ou de profiter de tels voyages pour aller voir sa famille.Or, tous les déplacements mis en cause comportaient un élément d\u2019affaires parlementaires selon le juge, et les affaires partisanes ne sont interdites qu\u2019en période électorale.Les détours pour aller voir sa fille à Vancouver n\u2019ont pas entraîné de frais supplémentaires pour le Sénat, puisque le sénateur allait déjà dans l\u2019Ouest.Et que Mike Duffy accepte une invitation au moment prévu de la naissance de son petit-fils était «opportuniste», mais cela «n\u2019équivaut pas à une conduite criminelle».Dans chacun des cas, de l\u2019avis du juge, M.Duffy croyait respecter les règles du Sénat et n\u2019avait pas d\u2019intention criminelle.Le juge Vaillancourt a été tout aussi clément dans le dossier des contrats octroyés par l\u2019ami de Mike Duffy, Gerald Donohue, qui a lui-même récolté 65 000$ en quatre ans par le biais du budget discrétionnaire du sénateur.M.Donohue a à son tour rémunéré une série d\u2019individus \u2014 une maquilleuse, un entraîneur, une compagnie d\u2019impression photo.Mais M.Duffy avait une «entière discrétion» quant à l\u2019utilisation de ces fonds qui lui étaient alloués de toute façon.Le Sénat n\u2019a donc pas déboursé de frais supplémentaires, a argué le juge.Dans le cas d\u2019un cachet versé à une bénévole \u2014 qui n\u2019aurait par définition pas dû être payée \u2014, M.Duffy a «outrepassé son pouvoir discrétionnaire», mais c\u2019était de bonne foi, selon le magistrat.Et Mike Duffy ne s\u2019est jamais enrichi grâce à ces contrats.La couronne critiquée S\u2019il a fait preuve d\u2019empathie envers Mike Duffy \u2014 le qualifiant de témoin crédible \u2014, le juge Vaillancourt n\u2019a pas été aussi tendre à l\u2019endroit de la couronne.Il a maintes fois reproché aux procureurs de ne pas avoir contre-interrogé Mike Duffy sur certains chefs d\u2019accusation ou d\u2019avoir manqué d\u2019inviter certaines personnes qui, selon le sénateur, lui auraient conseillé d\u2019agir comme il l\u2019a fait.Faute de preuve du contraire, le juge a accepté la parole de M.Duffy.Pourtant, l\u2019entraîneur personnel de Mike Duffy, Mike Croskery, a témoigné par exemple que c\u2019était son patron qui lui avait proposé de facturer Gerald Donohue une fois qu\u2019il est devenu sénateur.M.Duffy s\u2019entraînait pendant leurs rencontres, ne prenait pas de notes, M.Crosker y non plus.L\u2019entraîneur a dit ne « pas [avoir eu] à faire de travail supplémentaire » maintenant qu \u2019 il facturait le Sénat comme consultant de Mike Duffy.Idem pour le fameux chèque de 90 000$ de Nigel Wright, qu\u2019on n\u2019a pas reproché à Mike Duffy d\u2019avoir accepté.Le juge a adhéré au récit du sénateur, estimant qu\u2019il avait ef fectivement été « contraint de capituler » et d\u2019accepter que M.Wright lui verse les fonds pour rembourser le Sénat.Des courriels déposés parmi la preuve démontrent toutefois que c\u2019est l\u2019avocate de Mike Duffy qui a la première réclamé que son client n\u2019ait pas à débourser les sommes et qu\u2019il soit épargné d\u2019une enquête.Selon le juge, en arguant qu\u2019il n\u2019avait pas les fonds pour payer, M.Duffy a simplement fourni «un autre exemple [de son] refus de participer au plan de M.Wright».La couronne n\u2019a pas voulu commenter à sa sortie de la cour.Un stratagème digne d\u2019un film Le juge Vaillancourt a aussi malmené l\u2019entourage de l\u2019ancien premier ministre Stephen Harper et les leaders conservateurs du Sénat de l\u2019époque qui en sont venus à des « mesures incroyables » pour se débarrasser du « problème Duffy ».«Le déroulement des événements est ahurissant et choquant.[\u2026] Hollywood aurait-il pu égaler une telle créativité ?» a lancé le juge.Dans une société démocratique, tout ce stratagème «ne peut être que qualifié d\u2019inacceptable ».L\u2019avocat de Mike Duffy s\u2019est réjoui du jugement de même que des reproches adressés au bureau de Stephen Harper, à sa sortie du Palais de justice.Car son client venait de recevoir un verdict de non-culpabilité «retentissant».«Le sénateur Duffy a subi, au cours des trois dernières années, plus d\u2019humiliation publique que probablement n\u2019importe quel Canadien dans l\u2019histoire du pays », a déploré Me Donald Bayne en clamant que son client avait enfin été « innocenté».Mike Duffy a quant à lui quitté le palais de justice tout aussi stoïque que les autres jours.Mais il s\u2019est permis, à la suite de la lecture du verdict, une accolade avec son avocat.M.Duffy peut maintenant retrouver son siège au Sénat quand il le voudra.Le Devoir M A R I E V A S T E L H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondantes parlementaires à Ottawa L\u2019 acquittement complet du sénateur Mike Duffy suscite des regrets chez deux de ses ex-col- lègues conservateurs.Les sénateurs Jean-Guy Da- genais et Pierre-Hugues Boisvenu y voient la preuve que le vérificateur général a erré en leur reprochant certaines dépenses qu\u2019ils ont dû rembourser.Dans la foulée du scandale des dépenses de Mike Duffy, le vérificateur a été invité à passer au peigne fin les dépenses des sénateurs.Un mécanisme d\u2019arbitrage a été mis en place et ceux qui s\u2019y sont adressés ont vu le montant à rembourser être réduit.Mais aujourd\u2019hui, MM.Dagenais et Boisvenu se demandent si le processus n\u2019était pas vicié à la base compte tenu du verdict du juge Charles Vaillancourt.« Je pense que j\u2019avais raison dans mon cas, hein?» a lancé M.Boisvenu à La Presse canadienne.Le sénateur s\u2019est fait reprocher d\u2019avoir désigné comme résidence principale sa maison familiale de Sherbrooke (et touché des indemnités de logement de 15 800$) alors qu\u2019il était en instance de séparation et vivait à Ottawa.« Lorsque l\u2019arbitre est entré en jeu, les gens s\u2019étaient engagés à respecter la décision de l\u2019arbitre, ce qu\u2019on fait un peu à contrecœur.» M.Dagenais s\u2019est fait reprocher des dépenses de déplacement d\u2019un conseiller politique qui déclarait comme point de départ Ottawa alors qu\u2019il se trouvait déjà à Montréal.Il a remboursé 2267$.«Depuis le début, je dis qu\u2019il y avait des zones grises au Sénat.Alors ça va me donner raison.[\u2026] J\u2019ai décidé de rembourser parce qu\u2019il faut tourner la page, mais je maintiens que j\u2019ai remboursé à mon conseiller ce qu\u2019on m\u2019avait dit de faire.» Une défense toute prête?Les sénateurs Patrick Brazeau et Mac Harb ont été accusés par la GRC d\u2019avoir injustement réclamé eux aussi des indemnités de logement.L\u2019acquittement de Mike Duffy pourrait aider leur défense.Leur collègue Pamela Wallin fait toujours l\u2019objet d\u2019une enquête pour des allégations similaires, et son avocat a dit jeudi qu\u2019il prendrait le temps d\u2019étudier le jugement.Le leader conservateur au Sénat, Claude Cari- gnan, a refusé de commenter, au motif que des appels pourraient être faits.Mais l\u2019acquittement ne le fait pas regretter les remboursements exigés de ses pairs.Car absence de crime ne signifie pas pour autant respect des règles.«J\u2019ai toujours dit qu\u2019il y a des cas de discipline, des cas civils et des cas criminels.» L\u2019avocat de M.Duffy, Donald Bayne, ne croit pas que le jugement exonère tous les sénateurs.«C\u2019est une cause avec des faits précis.Je ne crois pas qu\u2019il y ait un large précédent pour tous les parlementaires, sauf le message que le Sénat doit créer des règles plus claires, éduquer les sénateurs quant à ce qu\u2019ils peuvent et ne peuvent pas faire au nom de l\u2019intérêt public.» Le Devoir Tous les sénateurs pourraient citer le verdict Duffy « Pour faire entrer des sujets théoriques dans le débat public, j\u2019utilise mon personnage avec tout ce qu\u2019il comporte d\u2019anguleux, de polémique.» Devant l\u2019« échec» de l\u2019Europe, il plaide ainsi pour la souveraineté du peuple.Et n\u2019hésite pas à faire le pont avec la question nationale québécoise.«Le souverainisme québécois peut être tout à fait analysé comme une expression de cette volonté quasi génétique des communautés humaines de maîtriser les groupes humains qui les composent et les territoires dans lesquels ils vivent.» L\u2019homme politique est-il à situer dans le principe « ni ingérence ni indif férence » que soutenait le président Sarkozy à l\u2019égard du Québec ?Il sourit.« Quel peut bien être le sens d\u2019un truc pareil ?C\u2019est pour faire plaisir à Ottawa et à Québec en même temps.Ce n\u2019est pas vrai ! Spontanément, tous les Français sont amoureux du Québec francophone.» Il va tout de suite plus loin.« Par conséquent, vous savez comme moi que les preuves d\u2019amour, ça ne se maîtrise pas.Vous en avez eu un illustrissime exemple avec le général de Gaulle.» Mélenchon évoque le «Vive le Québec libre ».« Il n\u2019était pas parti pour vous dire ça.Et ça a été plus fort que lui.Voilà : il faut mettre les choses à leur place.» La francophonie plutôt que l\u2019Europe L\u2019Europe, dit-il, se dirige tout droit vers un échec.«On a pris la méthode la plus absurde qui soit, dès que le libéralisme s\u2019est imposé.[\u2026] On a dit : \u201cVous êtes tous dedans et vous êtes obligés d\u2019être dans une compétition accrue.\u201d On n\u2019a jamais vu un truc pareil : réunir des gens pour qu\u2019ils s\u2019af frontent plus violemment.Car c\u2019est ce qui se passe, avec interdiction d\u2019harmonisations sociales et d\u2019harmonisations fiscales.» L\u2019échec de l\u2019Europe est tout d\u2019abord moral, avec « l\u2019af faire des réfugiés », « l\u2019explosion de la pauvreté».L\u2019échec est aussi politique : «aucune volonté commune n\u2019apparaît ».Puis l\u2019échec est économique : « l\u2019Europe est devenue une zone d\u2019appauvrissement».Dans cette perspective, Mélenchon veut explorer l\u2019idée que la francophonie pourrait devenir un espace politique.« Les relations réelles sont-elles seulement matérielles, marquées par des contrats sociaux tels que la relation de travail ?Ou sont-elles aussi culturelles?Ma singularité est que je pense que les relations culturelles sont premières, que c\u2019est à travers elles que les relations sociales se construisent.» L\u2019Europe est à devenir un poison violent ordinaire du monde, selon Mélenchon.«Il y a une sorte d\u2019arrogance post-coloniale qui décidément ne lâchera jamais les Européens.Ils se sentent en droit de faire la leçon à tout le monde, sans tenir compte du fait que le monde a changé.» D\u2019ailleurs, dit-il, «vous en avez eu une petite démonstration [en mars] avec Mme [Marine] Le Pen, qui est venue vous expliquer comment il fallait faire.Au-delà même de ce qu\u2019elle raconte, c\u2019est l\u2019attitude qui est incroyable.[\u2026] Il faut faire l\u2019inverse.Regarder ce que les gens font.» Il n\u2019aime pas la tendance à l\u2019enfermement iden- titaire.Heureusement, dit-il, «vous n\u2019êtes pas en train de croupir dans cette idée de déchéance de la nationalité [le gouvernement Trudeau a abrogé la loi conservatrice en février], ni de cette folie de l\u2019identité, de la religion».Libre-échange et inquiétudes Cette visite éclair au Québec est l\u2019occasion de discuter des problèmes qui couvent derrière des accords de libre-échange avec l\u2019Europe.L\u2019Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l\u2019Union européenne lui apparaît inquiétant.Il s\u2019agit «de l\u2019inconnu absolu».Heureusement, dit-il, la classe politique commence à en être un peu mieux informée, à s\u2019en inquiéter.Son programme politique s\u2019oppose à pareil traité.«Vous savez qu\u2019une des ruses de cette bureaucratie sans visage qu\u2019est la Commission européenne est de changer sans arrêt le nom des objets qui sont mis sur la table.Elle finit de rendre le débat impossible parce que déjà c\u2019est écrit dans une langue qui ne parle pas au commun des mortels.C\u2019est la langue sacrée de la religion libérale, vue par l\u2019Europe.» Il observe que ces tractations ont changé de nom tous les six mois.«Cela a été négocié dans une obscurité opaque.[\u2026] Jusqu\u2019en 2014, il n\u2019y avait aucun document qui circulait.C\u2019est une chose inouïe!» Or les documents du Partenariat transatlantique de commerce et d\u2019investissement (PTCI) et ceux de l\u2019AECG circuleront au moment de la campagne présidentielle, regrette Mélenchon.Cette année 2017 ne lui semble pas du tout un bon moment pour discuter de nouveaux traités complexes qu\u2019il critique par ailleurs sur la base d\u2019un constat d\u2019échec de l\u2019Union européenne.Au Québec, il doit rencontrer à ce sujet le mouvement syndical, des représentants du Parti québécois, du Nouveau Parti démocratique et de Québec solidaire.Pour le reste, il répète être ici pour apprendre et écouter.Les États-Unis ?Il admire Bernie Sanders, mais affirme que sa détestation de l\u2019arrogance de ce pays l\u2019a longtemps empêché de voir la révolte qui y couvait.Hillary Clinton lui apparaît comme un des derniers avatars d\u2019un monde voué à la destruction de tout idéal socialiste, comme l\u2019était auparavant un Tony Blair.Avec Guy Taillefer Le Devoir Samedi, Jean-Luc Mélenchon présente à la Grande Bibliothèque une conférence avec Gabriel Nadeau-Dubois.Mike Duffy Des expulsions trop hâtives ?En novembre 2013, devant les révélations sur leurs allocations de dépenses, les sénateurs Pamela Wallin, Mike Duffy et Patrick Brazeau se sont fait montrer la porte de la Chambre haute et ont été suspendus du Sénat.À la lumière de l\u2019acquittement de Mike Duffy, il s\u2019en trouve pour dire que le geste a été hâtif.En premier lieu, l\u2019avocat du sénateur acquitté.Donald Bayne a dénoncé la «meute politique» qui n\u2019a pas offert à Mike Duffy l\u2019audience impartiale qu\u2019il réclamait.Le sénateur libéral Jim Munson se rappelle qu\u2019« il y avait énormément de pression [\u2026] d\u2019appuyer ces motions».Il a refusé de le faire.«J\u2019avais l\u2019impression que des échafauds étaient en train d\u2019être montés à l\u2019extérieur, que le bourreau se promenait et qu\u2019on disait \u201ccoupons-leur la tête!\u201d.Je me demandais pourquoi on précipitait notre jugement.Eh bien, on a ce jugement aujourd\u2019hui.» Inversement, Larry Smith ne regrette rien.«Dans ma tête, les règles sont claires.» Jean-Guy Dagenais renchérit.«Faisons attention.Ça n\u2019a pas été du lynchage.Et il reste deux autres sénateurs [Wallin et Brazeau].» SUITE DE LA PAGE 1 DUFFY SUITE DE LA PAGE 1 PRINCE SUITE DE LA PAGE 1 MÉLENCHON "]
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