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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2016-03-26, Collections de BAnQ.

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[" Denis Marleau met en lumière l\u2019univers singulier de Roland Dubillard Page E 3 Robert Morin poursuit sa charge contre le milieu de la ?nance Page E 10 SOURCE ARTV Borgen, une femme au pouvoir (2010-2013) série télévisée danoise qui a attiré au petit écran le cinquième de sa population le dimanche soir.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N Quand c\u2019est fini, ça recommence.L\u2019équipe de création derrière le mirobolant et mondialisé succès de la série politique Borgen, une femme au pouvoir (2010-2013) développe un nouveau projet autour de la place de la religion dans la société danoise actuelle.Qui a dit qu\u2019il fallait, comme ici, tout miser (ou presque) à la télé sur les drames familiaux?«C\u2019est une série sur la famille d\u2019un pasteur.Au Danemark, comme au Québec, nous ne croyons plus beaucoup, alors cette production va nous aider à explorer ce que croire peut vouloir dire encore aujourd\u2019hui », explique au Devoir Camilla Hammerich, productrice en chef de la radiotélé- vision publique du Danemark, appelée là-bas DR, abréviation de Danmarks Radio.C\u2019est elle qui a dirigé les créateurs de Borgen.C\u2019est elle qui pilote la nouvelle production religieuse dont le titre anglais de travail est Riders on the Storm.Cette nouvelle fiction, comme les précédentes, par exemple Forbrydelsen (The Killing, 2007-2012) ou Bron/Broen (The Bridge, depuis 2011), découle de quelques principes qui guident tous les choix de production de la DR.Le premier est tout simple : le scénariste est roi.« L\u2019idée de la série doit venir de l\u2019auteur, dit la productrice.Les autres artisans et artistes demeurent au service de sa vision.» L\u2019autre ancrage fondamental concerne le service public.Toutes les émissions de la DR, y compris les fictions, doivent instruire la population danoise.«Nous avons l\u2019obligation de divertir et d\u2019éduquer en même temps, explique la productrice.C\u2019est dans notre Constitution.Les histoires que nous développons doivent donc être intéressantes et attirantes, mais en plus, peu importe leur sujet, que ce soit des histoires de police, d\u2019hôpital ou de justice, elles doivent éduquer le public, lui apprendre quelque chose.» Là encore, la leçon porte jusqu\u2019ici.Radio-Ca- nada doit aussi divertir, informer et éduquer, mais sans obligations, disons, transversales.Borgen définit un cas type.À la base, cette série renseigne sur le fonctionnement des gouvernements de coalition du petit pays de 5 millions d\u2019habitants.La première ministre Birgitte Nyborg, présidente du parti centriste, doit multiplier les tractations et les concessions pour garder le pouvoir et l\u2019utiliser.«C\u2019est une série sur le système démocratique danois, précise Mme Hammerich.C\u2019est presque de la télé scolaire, mais intéressante, avec un problème développé par épisode.Une de nos nouvelles série intitulée Begrag (Follow the money) parle des crimes financiers et du secteur de l\u2019énergie.» Des exemples à suivre Mme Hammerich était à Montréal la semaine dernière pour participer au colloque Le risque en série de l\u2019UQAM et de la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC).Le jour de l\u2019entrevue, elle planifiait voir la maison de son idole, Leonard Cohen, sur le Plateau- Mont-Royal.« J\u2019ai rencontré des professionnels formidables au Québec.Je comprends qu\u2019ils souhaitent produire plus de qualité.Je viens du Danemark et nous avons eu plusieurs succès internationaux tout en venant d\u2019une zone linguistique très petite.J\u2019espère donc avoir inspiré quelques idées ou personnes.J\u2019imagine que c\u2019est précisément pour cette raison qu\u2019on m\u2019a invitée.» La DR, officiellement appelée en anglais la Danish Broadcasting Corporation, est l\u2019équivalent de CBC/RC.La constellation médiatique danoise compte cinq chaînes radios et six réseaux de télé.Ces médias publics se financent par une redevance touchant l\u2019ensemble des appareils de réception, y compris les téléphones et les ordinateurs.La contribution par personne oscille autour de 600 $ par année, soit un peu moins du double par rapport au Canada, même en comptant les 75 millions supplémentaires injectés cette semaine parle premier budget libéral.La chaîne généraliste pour laquelle travaille Mme Hammerich dif fuse sans publicités.Une autre généraliste, avec pub, reçoit moins de subventions.«Les Danois regardent beaucoup la télé danoise, mais aussi les productions américaines ou britanniques.Borgen a attiré le cinquième de la population le dimanche soir.J\u2019imagine que notre population aime se voir à l\u2019écran.» La production entièrement et totalement ancrée dans la réalité du royaume, de sa capitale et même du château (Borgen) où siège le pouvoir, a aussi trouvé des audiences partout dans le monde.Borgen a été vu dans environ 80 pays.Forbrydelsen (The Killing) a été vu dans 150 pays, sans compter le remake américain, lui aussi très diffusé.Marché local et transnational Une étude récente du Journal of Popular Television a décortiqué cette fortune.Elle repose sur plusieurs facteurs, dont une volonté ferme de créer des productions de qualité qui plaisent sur le marché local tout en trouvant leur niche dans une télé de plus en plus transnationale, y compris quand il faut attirer des coproducteurs étrangers.« Le succès mondial de Borgen a été une surprise totale pour nous.The Killing avait déjà connu une belle réussite.Cette série policière a été tournée en collaboration avec des producteurs allemands.J\u2019ai donc offert à mon patron de trouver de l\u2019argent allemand pour réaliser Borgen.Il m\u2019a répondu qu\u2019une série sur les coalitions politiques danoises ne voyagerait nulle part.Il m\u2019a dit qu\u2019au mieux elle intéresserait la Suède, la Norvège et peut-être l\u2019Islande.Alors je n\u2019ai pas cherché de partenaires allemands et nous avons réalisé la série en gardant l\u2019œil sur la réalité danoise et le marché danois.Quand les ventes ont été réalisées en France, au Canada, par tout, C A H I E R E \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 SOURCE ARTV Une scène de la série télévisée suédo-danoise Bron/Broen dif fusée depuis 2011.Quelque chose fleurit au royaume du Danemark Après Borgen Quand les ventes ont été réalisées en France, au Canada, partout, nous avons compris la leçon : en traitant le local, on peut devenir mondial Camilla Hammerich, productrice en chef de la radiotélévision publique du Danemark « » VOIR PAGE E 3 : BORGEN C ertains trouvent bien irresponsable de soigner la culture dans un budget fédéral, plutôt que l\u2019armement ou la sécurité.Sans remplir le fameux trou du déficit par-dessus le marché.À eux, on aime rappeler la réponse de Churchill à son État-major qui lui suggérait, en pleine guerre, de sabrer les ar ts afin de soutenir l\u2019armement : «Then what are we fighting for ?» Et même s\u2019il ne l\u2019a pas dit \u2014 bien des citations du vieux lion britannique sont apocryphes \u2014, ça réchauffe le cœur d\u2019y croire.Car miser sur ce que la civilisation a de mieux en période de crise et sur l\u2019avenir n\u2019est peut- être pas le pire calcul à faire.Pas voté pour Justin Trudeau, mais s\u2019il faut causer valeurs, celles du fils de l\u2019autre nous rendent moins honteux de la feuille d\u2019érable tout à coup.La culture, donc.Du jamais vu : une injection de 1,8 milliard sur cinq ans.Et un message lancé : que planent les nuages noirs sur l\u2019écologie, l\u2019économie, les djihadistes de tous poils tapis dans l\u2019ombre, le matérialisme du jour.Voici les ar ts et lettres à la rescousse ! Espérons qu\u2019ils seront abreuvés à bon escient.On garde l\u2019œil ouvert.Promis ! Le long hiver de Harper Soudain, quand même, les amoureux de la culture s\u2019aperçoivent à quel point ils se sont gelé la couenne sous le long hiver de Harper.Dangereux de couper trop profond dans ce secteur-là ! Ça incite les institutions à délaisser l\u2019exploration, la mémoire, le contenu, au profit d\u2019une certaine facilité, à viser le succès populaire davantage que l\u2019excellence, avec effets dévastateurs sur l\u2019âme collective.Après que l\u2019ancien premier ministre eut sabré les tournées d\u2019ar tistes à l\u2019étranger, voici 35 millions qui tombent à pic dans leur cour.Nos vrais ambassadeurs ont des caméras, des voix, des plumes, des baguettes, des chaussons pour danser.Allez-y ! On a beau trouver Justin Trudeau trop égoportrait, trop aérien, son règne sonne un changement d\u2019ère.D\u2019autant plus en poussant la roue du virage numérique.Il était moins cinq pour imposer nos œuvres sur la Toile, pour s\u2019of frir de nouveaux outils de dif fusion, en développant l\u2019emploi dans ces secteurs de pointe.Depuis le temps qu\u2019on voyait des organismes culturels s\u2019anémier sous les saignées successives : les musées nationaux, le Conseil des ar ts du Canada, Téléfilm, l\u2019Office national du film, Radio-Canada, etc.Voici la manne.Leur reste à proposer aux générations montantes, nées avec les nouvelles technologies, l\u2019accès à un tronc culturel commun trop négligé.Québec n\u2019en pense pas moins, lui qui a haussé son propre budget en culture en misant beaucoup sur la petite enfance.Lueurs d\u2019espoir ! La mémoire de la société d\u2019État Radio-Canada, l\u2019ex-bête noire de Stephen Harper, se voit renfloué et pas qu\u2019un peu : 675 millions sur cinq ans.Remarquez, on comprend les grognements des concurrents des chaînes privées au spectacle de ces largesses, tant le diffuseur d\u2019État joue souvent dans leurs plates-bandes, en lorgnant la même assiette au beurre publicitaire.Avant de laisser les bonzes de Radio-Canada redéfinir, es- pérons-le, les contenus du jour à mettre en ondes, j\u2019étais allée interroger leur rôle de mémorialistes.Car si la numérisation touche de plein fouet la création de nouveaux contenus, elle permet aussi l\u2019archivage des anciens, en appel de mémoire.Radio-Canada possède des trésors dans ses voûtes du 2e sous-sol, niveau C.18 888 pieds carrés avec 550 000 cassettes, des bobines de film, etc.Tout un royaume d\u2019anciens té- léthéâtres, d\u2019émissions d\u2019affaires publiques et de variétés, d\u2019information, etc.que j\u2019ai foulé la semaine dernière, tout émue.Depuis plusieurs années, les transferts des contenus en numérisation se font au rythme des fonds reçus: mollo sous les compressions, accent mis sur les supports les plus friables ; les contenus radios ces derniers temps.L\u2019information a été privilégiée par rapport aux émissions culturelles.L\u2019injection de fonds devrait augmenter la cadence de tout ça, en numérisant pour la suite du monde.Encore que depuis 1985, les séries produites au privé n\u2019appartiennent pas au producteur public.Trou dans son gruyère.Autre affaire.James Dormeyer, un réalisateur retraité de Radio-Canada, s\u2019inquiétait beaucoup de l\u2019état des archives et m\u2019en avisait.Plusieurs émissions à contenu historique et culturel n\u2019étant encore ni indexées ni numérisées.Il appelait au coup de barre, souhaitant au public de puiser à leurs contenus.Avant l\u2019annonce du budget, j\u2019étais allée rencontrer Louis Lalande, vice-président des Services français de la SRC et Patrick Monette, à la tête du Ser vice des archives, deux passionnés par la mémoire de la boîte.De 2007 à 2009, un programme du Patrimoine avait permis l\u2019esquisse d\u2019un site avec extraits audiovisuels et catalogue, qui cessa d\u2019être nourri, faute de carburant.Le public accédera-t-il enfin en ligne au contenu de ces archives ?En fait, m\u2019a-t-on expliqué in situ, les émissions culturelles coûtent tellement cher à redif fuser pour cause de frais à verser aux ayants droit, que les rendre disponibles en entier paraît dif ficile.L\u2019ONF propose sur son site beaucoup de documentaires, moins onéreux à gérer que les fictions du petit écran.Alors les archives radiocana- diennes nourrissent des émissions passées, présentes ou futures : Tout le monde en parlait, Les enfants de la télé, etc.Elles servent de base aux séries radio aussi, sur Rober t Charlebois, sur Jack Kerouac, par exemple, à des rediffusions parfois, vouées quant au reste au service interne.L\u2019autre jour, je parcourais les allées de ces rayonnages, me prenant à rêver, peut-être en vain, à cet accès universel aux œuvres phares de la mémoire télévisuelle collective, gratin du petit écran à un public captif, jadis moins sollicité.Entre hier et demain, je souhaitais à la SRC de mieux se concentrer sur la création vive, la mémoire, l\u2019information, en lâchant du lest commercial.On rêve.On rêve.Faut dire qu\u2019un virage politique en culture, ça se prend, soit.Ça se mérite surtout.À eux donc, de jouer.otremblay@ledevoir.com CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 E 2 Louisette Charland Lauréate Prix Sentinelle CARRIÈRE Caisse Desjardins du Plateau-Mont-Royal Louisette Charland s\u2019est illustrée pour son engagement au sein du Théâtre de Quat\u2019Sous depuis plus de 25 ans, notamment en soutenant les créateurs de la relève dans le cadre des Auditions générales.Médiatrice culturelle avant l\u2019heure, elle a su créer des rencontres remarquables entre les artistes et le public.Au cours de sa carrière, elle s\u2019est démarquée par son approche humaniste et sa détermination.Samuel Patenaude Lauréat Prix Sentinelle ENGAGEMENT DURABLE Caisse de la Culture Il y a six ans, Samuel Patenaude joignait l\u2019équipe du Théâtre Aux Écuries et devenait directeur technique d\u2019un théâtre en construction.Par son talent, sa vision, son audace, sa générosité, son sourire, Samuel est rapidement devenu un pilier de l\u2019équipe, épousant la philosophie de la mise en commun et du soutien à la relève et aux formes alternatives.Bien plus qu\u2019un directeur technique dévoué, il permet aux rêves des créateurs d\u2019advenir.Cet homme nous tire vers le haut : suivons-le ! PRIX SENTINELLE 2016 Le Conseil québécois du théâtre décerne les Prix Sentinelle pour souligner l\u2019apport indispensable des travailleurs culturels au développement de l\u2019art théâtral québécois.Travailleurs de l\u2019ombre, passionnés et persévérants, ils sont des alliés essentiels au sein des équipes artistiques.Depuis quatre ans, le Conseil québécois du théâtre organise la remise des prix lors de la Journée Mondiale du Théâtre, le 27 mars.FIERS PARTENAIRES DU CONSEIL QUÉBÉCOIS DU THÉÂTRE POUR LES PRIX SENTINELLE p h o t o : Y a n i c k M a c d o n a l d p h o t o : W i l l i a m G o m e s cqt.ca La culture remplumée ODILE TREMBLAY ANDRÉ LE COZ CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE On peut se demander si le public accédera enfin en ligne au contenu des archives de Radio-Canada (ici, Jack Kerouac à l\u2019émission Le sel de la semaine présentée par Fernand Seguin dans les années 1960). T H É Â T R E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 E 3 5 \u2014 \u2014 9 a v r i l 2 0 1 6 auteurs contemporains Arne Lygre Roland Schimmelpfennig Simon Stephens Elfriede Jelinek Ivan Viripaev mises en lecture par Catherine Vidal Christian Lapointe Charles Dauphinais Angela Konrad Florent Siaud comédiens à entendre theatreprospero.com PARTENAIRE DE SAISON 5 25 5 M A R I E L A B R E C Q U E J adis réputé pour ses spec- tacles-collages ludiques et empreints de vir tuosité, le codirecteur du Théâtre UBU nous propose une nouvelle exploration dans un tout autre univers.Celui de Roland Du- billard (1923-2011), acteur « prodigieux », écrivain, logicien, philosophe.Méconnu chez nous \u2014 Denis Marleau se souvient d\u2019une production des Diablogues au petit Café de la Place, en 1980 \u2014, son théâtre étonnant, décalé, tissé d\u2019humour et de tendresse fait toujours le bonheur des comédiens en France.«Il avait une passion pour la musique, ça paraît dans son écriture, décrit le metteur en scène.C\u2019est un écrivain avec un imaginaire, mais aussi une langue qui lui est propre.Il y a un art poétique, Dubillard.C\u2019est un état d\u2019esprit très particulier.» Délicieux duos langagiers mettant toujours en interaction les personnages anonymes Un et Deux, Les dia- blogues sont d\u2019abord nés à la radio, au début des années 50, sous la forme de sketchs.Leur succès incite l\u2019auteur à les porter sur scène en 1975.Il les jouera lui-même longtemps en compagnie de Claude Piéplu.Dubillard avait l\u2019art de composer des dialogues, souvent absurdes, possédant leur logique propre.« Il était fasciné par la mécanique du langage, intéressé par la limite de ce qui peut se dire.Il s\u2019amusait donc à pousser la logique.Mais toujours sur un mode léger.» Pour autant, ces « petits bijoux » ne cherchent pas absolument le rire.Ils développent des « états », par fois marqués par une touche de mélancolie.« Il y a là quelque chose de très humain, qui relève de l\u2019enfance, aussi.» Associé au théâtre dit de l\u2019absurde, le dramaturge s\u2019inscrit dans la lignée des Ionesco et Beckett.Mais au contraire de ces auteurs, «il part toujours de choses très concrètes.Chez Du- billard, c\u2019est rempli d\u2019objets et d\u2019allusions à la vie quotidienne.Mais tout à coup, ça déraille\u2026» Dialogues de sourds Parmi les dizaines de Dia- blogues, le metteur en scène a fini par en conserver 15 au bout d\u2019un long processus.Il s\u2019est d\u2019abord laissé guider par les comédiens avec lesquels il avait envie de travailler : les fidèles collaborateurs Carl Béchard, Bernard Meney, Sylvie Léonard, Bruno Marcil, Isabeau Blanche, ainsi qu\u2019un petit nouveau chez UBU, Olivier Morin.Obsédée par la rythmique et la musicalité, cette écriture est très exigeante pour l\u2019interprète, qui se doit d\u2019être extrêmement malléable, précise Marleau.«Elle requiert une capacité de jouer dif férents états dans un temps très court, de changer d\u2019intensité, de pleurer, de rire.C\u2019est très riche pour le jeu théâtral.» Les pièces choisies racontent souvent des «conversations impossibles, ou des dialogues de sourds.Mais bien qu\u2019ils soient chacun dans leur logique, il y a des moments de rencontres, tout à coup, entre ces personnages.C\u2019est cette humanité qui m\u2019a beaucoup touché.» Et ce qui rend ce théâtre «passionnant», c\u2019est de suivre le travail du langage, Ie processus de la pensée, les chemins de la logique.«Si on ne joue pas les processus, qu\u2019on cherche juste le gag, ce n\u2019est pas intéressant.» L\u2019un des enjeux du créateur était d\u2019unifier cet ensemble de tableaux \u2014 Les diablogues contiennent d\u2019ailleurs des références récurrentes à certains personnages \u2014 afin de montrer qu\u2019ils participent du même univers.« Il y a des changements d\u2019atmosphère, évidemment.Mais on retrouve presque un état de jeu particulier spécifique à chaque acteur, même s\u2019il interprète plusieurs personnages.Je joue beaucoup sur la notion d\u2019interchangeabilité.» C\u2019est là où le spectacle rejoint le réputé show-collage d\u2019UBU, Oulipo Show.En beaucoup moins mécanique.Axés sur la relation à l\u2019autre, Les diablogues relèvent plutôt du théâtre de situations.Une autre dimension Mais il s\u2019agit là aussi d\u2019un ouvrage de grande précision.Si ces sketchs pouvaient être simplement joués par deux acteurs devant un décor noir, comme ils le sont habituellement, Denis Marleau a tenté de leur donner une autre dimension, à travers tout un travail formel.«J\u2019ai tenu à ce qu\u2019il y ait une recherche sur la façon de présenter le réel chez Dubillard, avec un travail sur l\u2019image qui joue sur l\u2019ambiguïté de la perception.» Les images vidéos créées par Stéphanie Jasmin moduleront l\u2019espace selon les situations.« Je dis souvent aux comédiens de jouer comme dans un tableau.Il y a quelque chose de très pictural dans la présentation de ces personnages, qui met en relief le côté un peu suranné, très poétique de Dubillard.On est en dehors du temps, dans une autre dimension.» Roland Dubillard est de ces auteurs qui, après la Seconde Guerre mondiale, ont voulu sor tir du naturalisme, faire éclater un réel insupportable.Et Dieu sait que notre époque a aussi besoin de poésie\u2026 « Je pense qu\u2019on a besoin de vivre des expériences qui nous sortent un peu de notre quotidien.Moi, ce que je recherche chaque fois, c\u2019est de rencontrer l\u2019ar t poétique d\u2019un auteur, et d\u2019être un peu dirigé par lui, afin de voir le monde à travers ses yeux.À travers les nouvelles réalités qu\u2019il est parvenu à créer.» Collaboratrice Le Devoir LES DIABLOGUES Texte: Roland Dubillard.Mise en scène: Denis Marleau.Une coproduction avec UBU compagnie de création.Au Théâtre du Rideau vert, du 29 mars au 23 avril.Folies à deux Denis Marleau met en lumière l\u2019univers singulier et poétique de Roland Dubillard ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Selon Denis Marleau (notre photo), Roland Dubillard avait l\u2019art de composer des dialogues, souvent absurdes, possédant leur logique propre.nous avons compris la leçon : en traitant le local, on peut devenir mondial.» La règle vaut par tout.Le film et la série de police Fargo s\u2019incarnent dans la réalité hy- perlocale du Minnesota.«Pour Borgen, il y a la barrière de la langue en plus.Au fond, les gens s\u2019intéressent moins au système politique qu\u2019à la vie du personnage principal, une femme forte qui doit trouver un équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée.» La leçon danoise se pose aussi par rapport aux productions américaines qui finissent par formater mondialement les attentes.«Les États-Unis produisent à leur façon et le font très bien, conclut Camilla Hamme- rich.Leurs productions arrivent d\u2019énormes studios.Elles coûtent des fortunes.Nous, nous avons développé d\u2019autres façons de faire depuis plus de 20 ans.C\u2019est ce que je souhaite à la télé québécoise.C\u2019est ce que j\u2019ai dit aux créateurs formidables que j\u2019ai rencontrés ici : pour s\u2019exporter, votre télé devrait miser sur ses histoires et ses façons de faire.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE E 1 BORGEN Le téléroman (on ne peut pas parler de série télé) L\u2019Auberge du chien noir terminera sa course sur ICI Radio-Canada en mars 2017 après 376 épisodes étalés sur 15 saisons.La question de base, ce n\u2019est pas pourquoi il a fallu temps de temps pour débrancher cette production futile, mais bien pourquoi elle a trouvé sa place dans la grille du service public.S\u2019agit-il du symptôme d\u2019un mal plus profond qui gangrène la télé publique et la télé québécoise en général ?Il y a bien Série noire, mais pour le reste ?«Notre télé n\u2019est pas assez audacieuse», répond Germain Lacasse, professeur associé à l\u2019Université de Montréal en études cinématographiques.Il était au même colloque que la productrice Camilla Hammerich, du Danemark, comme le journaliste du Devoir.«Les risques sont rares.Bunker était assez osé, mais ça date.Les Bougon aussi.François Avard était aux scénarios comme il continue d\u2019innover régulièrement, par exemple avec Les beaux malaises.Mais notre télé est beaucoup trop consensuelle.Comme notre cinéma d\u2019ailleurs.Je ne boude pas la créativité de nos artistes.J\u2019observe qu\u2019on reste trop dans les mêmes ornières.On fait dans le mélodrame sans jamais aborder des sujets plus politiques.Je suis plutôt anarchiste et j\u2019aimerais bien par exemple une série sur la grève étudiante de 2012.Trop souvent, on s\u2019égare dans le pathos et le mélo au lieu d\u2019aller vers des choses explicitement politiques.Je ne veux pas que ça, mais si on n\u2019en fait jamais, qu\u2019est-ce qu\u2019on réveille?Notre télé ne dérange pas, ou très rarement.Et si la télé publique ne dérange pas, je trouve qu\u2019elle ne joue pas son rôle.» Une télé trop consensuelle ?ICI RADIO-CANADA TÉLÉ L\u2019Auberge du chien noir terminera sa course sur ICI Radio-Canada en mars 2017, après 15 saisons. Y V E S B E R N A R D S e án Dagher remet ça : après la réal isation de Chansons maritimes, un projet au réper toire chanté en anglais originalement présenté en novembre 2014, le voici à nouveau avec Chants de matelots, tout en français, of fer t mercredi à la sal le Bourgie.Parrainé par La Nef, le concer t révèle des chansons qui ont accompagné les expéditions françaises vers l\u2019Acadie, le Québec, la Louisiane et les Caraïbes.Cap vers l\u2019Amérique francophone ! «Pour le premier concert, celui de Chansons maritimes, on voulait faire un petit survol de toutes les traditions de chansons marines en anglais, en français, en por tugais et en néerlandais, mais j\u2019ai vu tout de suite que c\u2019est impossible à faire en un seul concert, alors j\u2019ai décidé de séparer ça.En français, il y a une merveilleuse tradition de chansons marines et nautiques.Il y en a tellement que je me suis limité », raconte le capitaine au long cours.En théorie, il propose des chansons des XVIIe et XIXe siècles, mais il ne va pas s\u2019y limiter.Pour la réalisation du programme, il a consulté plusieurs sources : des chansons qu\u2019il connaissait déjà, d\u2019autres qu\u2019il a apprises par Internet et enfin celles du coffret Anthologie des chansons de mer : chants de marins traditionnels, réalisé par la Chasse-Marée et que lui a prêté l\u2019incontournable Élizabeth Gagnon de Radio- Canada.« Le cof fret comprend cinq disques doubles et je me suis concentré sur les trois premiers : \u201c Chants de marins traditionnels des côtes de France\u201d, \u201cDanses et complaintes des côtes de France\u201d et \u201cChants de bords des baleiniers et long- courriers\u201d.J\u2019en ai trouvé trop», explique le maître d\u2019œuvre.Et qu\u2019y a-t-il de dif férent avec le projet précédent ?Le réper toire y est-il du même type que celui de l\u2019an dernier ?«Cette année, il y a des femmes à bord, répond Seán.Les chansons en anglais, c\u2019est très chansons de travail, très costaud, très brut.Dans le réper toire français, il y a de ça, mais aussi des chansons plus narratives, plus introspectives, des complaintes, des chansons chantées par des femmes sur les côtes sur l\u2019absence de leurs hommes.Il y a plus de variété et ça se prêtait davantage à un équipage mixte.» Chants de matelots met donc en valeur une palette de sentiments : de l\u2019amour à la nostalgie, à l\u2019inquiétude et à la jalousie.Qu\u2019en est-il de la structure des chansons ?«C\u2019est dif férent de l\u2019an dernier.Les chansons de travail, c\u2019était fait pour être le plus long possible, pour le temps que ça prend pour ramer ou tirer.Cette année, il y a de ça aussi, mais d\u2019autres sont plus typiquement françaises.Les chansons à répondre québécoises sont très similaires aux chansons à répondre bretonnes.» Mais Seán Dagher en fait évoluer les formes.Parfois, il crée des arrangements dif férents, par exemple en laissant de côté les réponses dans une chanson entière ou dans une partie de chanson pour créer des arrangements différents.Et le côté musical ?« Cette fois-ci, il y a plus d\u2019instruments, poursuit le concepteur du spectacle.Dans la précédente création, les instruments étaient surtout là pour soutenir les voix, tandis qu\u2019ici, c\u2019est quand même basé sur les textures vocales, mais les instruments occupent une place plus impor tante.» Et les rythmes peuvent être variés : « On peut avoir une chanson qui parle directement d\u2019une place en Bretagne, mais sur un rythme cari- béen.Ça se peut aussi.Comme les chansons sur Paris qui ne viennent pas toutes nécessairement de Paris.» Pour mener le projet à bon port avec sa voix et son cistre, Seán Dagher compte sur un équipage relevé : Dorothéa Ventura et David Lapierre au chant ; Pierre-Alexandre Saint- Yves au chant, au chalumeau et au rauschpfeife ; Kate Bevan- Baker au violon et au chant.Un autre ajout de marque : Steve Normandin aux accordéons, entre autres.Bonne traversée! Collaborateur Le Devoir CHANTS DE MATELOTS La Nef À la salle Bourgie le mercredi 30 mars à 20 h.Renseignements : 514 285-2000 option 4, www.la-nef.com M U S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 E 4 Kwe aweti\u2019.Yiheh Onyawatenro\u2019.Askenoni\u2019ia\u2019ies ! Yo-ho mon ami.Entre dans cette demeure, viens te réchauffer au même feu qui a été allumé et nourri plusieurs semaines avant ton arrivée.Nous savions que tu ne nous oublierais pas, ta visite était espérée, attendue avec enthousiasme.Je m\u2019adresse à toi en m\u2019inspirant de la verve reconnue des premiers habitants de ces territoires.Cette même verve qui scella des alliances sur les tétons de Tadoussac, sur les berges du fleuve à Pointe-à-Callière, qui t\u2019invita à pagayer, côte à côte, sur cette grande rivière qui marche jusqu\u2019au cœur de la grande tortue.Je m\u2019adresse à toi en m\u2019inspirant de ceux qui aimeraient, avec nous, habiter les scènes de cette province, siège de notre imaginaire collectif.Je ne suis qu\u2019un pauvre animal, je parle mais mes mots ne sont que des bruits qui prennent un sens parce que tu veux bien leur en donner.Je te demande humblement d\u2019entendre ma supplique et de la laisser déciller tes yeux, faire résonner ton oreille, éclairer et réchauffer ton âme pour qu\u2019elle soit disposée à se laisser séduire, ajuster les battements de ton cœur au même rythme que celui des acteurs et de ces autres visiteurs qui sont venus prendre place avec toi.Nous sommes une nation d\u2019orateurs sensibles, qui révèlent tes désirs et tes angoisses, qui voudraient t\u2019offrir la chance, ne serait-ce que pour cet instant que nous partageons, de faire porter par notre parole toute la tristesse et la joie que tu pourrais avoir peine à exprimer.Ce lieu que tu vois devant toi, ce proscénium, est une fenêtre que nous occupons, humblement, pour te dévoiler à toi-même.Nous n\u2019avons pas l\u2019audace de te dicter quoi que ce soit mais nous espérons te rendre une part d\u2019âme que le combat que tu mènes, jour après jour, pour survivre dans un monde qui te déshumanise, te gruge un soupir à la fois.Nous aimerions t\u2019offrir le rire.Un rire qui résonnera dans ta tête et ton ventre.Qui te donnera chaud et ouvrira le visage de l\u2019inconnu qui te côtoie.Nous aimerions t\u2019offrir la chance de verser de vraies larmes.Des larmes qui allégeront ton cœur et te rapprocheront de l\u2019autre qui souffre aussi des mêmes tourments.Toi, qui es ici avec nous tous ce soir, réalises-tu ta chance ?Réalises-tu à quel point ton geste est signifiant ?Tu es ici, maintenant.Les acteurs soufflent en coulisse, les mains moites, prêts à te révéler une part d\u2019eux-mêmes, une part de toi- même.Tu es le témoin privilégié d\u2019un moment unique qui ne se répétera jamais, sauf dans ta mémoire et celle de ton voisin.Regarde à ta gauche, à ta droite ou derrière toi et salue une personne que tu ne connais pas.Cette personne va t\u2019attendre ce soir pour te dire un mot, un seul mot sur ce qui vient d\u2019être vécu.Nous t\u2019invitions à la rencontre, à faire menuentakuan.Ce cadeau que nous offrons n\u2019est pas sculpté dans la pierre, personne n\u2019a dû s\u2019écorcher les doigts à le tisser.Nous n\u2019avons pas eu à fouiller le sol et à retirer quoi que ce soit à la terre mère.C\u2019est un espace que nous avons sculpté.Ce sont des mots que nous avons tissés.C\u2019est à même nos âmes que nous avons pioché pour offrir cet objet précieux, tel un collier de perles nacré, un wampum, qui raconte ce qui nous lie.L\u2019art est une ressource éternellement renouvelable.Tant qu\u2019il y aura des êtres sensibles qui sauront se servir de leur imagination, l\u2019espoir de pouvoir vivre ensemble survivra.Espérons que ce soit tant que l\u2019herbe poussera dans la plaine, tant que la neige tombera et tant que le vent soufflera.Le théâtre est l\u2019endroit où nous préparons la grande répétition de ce que nous désirons comme communauté.L\u2019endroit où nous nous réconcilierons enfin, par delà les artifices.JOURNÉE MONDIALE DU THÉÂTRE / 27 MARS 2016 Message québécois rédigé par Charles Bender Pour la Journée Mondiale du Théâtre, le Conseil québécois du théâtre honore l\u2019art théâtral si essentiel à l\u2019identité et la culture d\u2019une nation.Il confie la rédaction du message québécois à une personnalité de théâtre et salue ainsi la contribution du théâtre québécois au rayonnement international du Québec et du Canada. En 2016, c\u2019est l\u2019artiste de théâtre Charles Bender, issu de la nation huronne-wendat et cofondateur de la compagnie de théâtre autochtone Menuentakuan, qui signe le message québécois.cqt.ca LA NEF Cap vers l\u2019Amérique francophone S E R G E T R U F F A U T C\u2019 est en apercevant la couver ture de Blues et gospels (Gallimard, 1984), dernier livre signé par Marguerite Yourcenar, mémorialiste de l\u2019empereur Hadrien et première femme élue à L\u2019Académie française, club d\u2019aristos bizarrement épargné durant la Révolution française, qu\u2019on s\u2019est interrogé comme suit : mais qu\u2019advient-il de ces petits blues si chers à l\u2019écrivaine qu\u2019elle s\u2019appliqua à traduire beaucoup au soir de sa vie ?On est donc par ti à la recherche du petit blues de nos jours avec d\u2019autant plus de curiosité que cela faisait une paye, voire trois, qu\u2019à ce sujet, ce genre, on n\u2019avait pas consacré une ligne.D\u2019emblée, on sera brutal : une arnaque s\u2019est immiscée dans les bacs des disquaires.Il s\u2019agit de Dr.John At Newport 2006 publié par l\u2019étiquette européenne Immortal.Un live qui coûte 24 $, taxes comprises.L\u2019arnaque?Le show qu\u2019a donné ce pianiste et chanteur aussi incontournable que nécessaire à la beauté de nos jours a été enregistré par un fumiste dont l\u2019identité n\u2019est d\u2019ailleurs pas précisée.C\u2019est dire.Ce déficit de sérieux est d\u2019autant plus rageant que le programme déployé le 13 août 2006 par le Dr.et ses complices, dont l\u2019altiste Donald Harrison, c\u2019était du lourd.Du solide, car fait de standards, d\u2019une composition de Duke Ellington, des vieux, vieux blues comme St-James Infirmary et de ceux écrits par le Dr.Bon.Cela se résume en deux mots : à éviter.Passons à la bonne nouvelle.Elle s\u2019appelle The Acoustic Blues & Roots of Duke Robil- lard (21,50 $ tout compris), publiée par l\u2019excellente étiquette albertaine Stony Plain.Et alors ?Marguerite de Crayencour, c\u2019était son véritable nom, aurait adoré car ce disque est à l\u2019image de son livre.Mais encore ?Les 18 morceaux choisis par ce guitariste maître des subtiles ponctuations ont été déclinés à l\u2019enseigne de l\u2019extrême simplicité, à l \u2019aune du dénuement.Ainsi que le titre de l\u2019album le précise, Robillard et ses amis ont laissé les instruments électriques au hangar.Au fond, ce refus de l\u2019amplification est très logique pour la bonne et simple raison que bien des compositions choisies par Robillard ont été écrites avant que Charlie Christian ne popularise la guitare électrique dans les années 30.Parmi les « vieilleries » proposées, on a retenu Saint Louis Blues de W.C.Handy, Big Bill Blues de Big Bill Broonzy, Someday Baby de Sleepy John Estes, Take a Little Walk With Me de Rober t Lockwood et Profoundly Blue de Meade Lux Lewis, que Ro- billard a enregistré en compagnie de\u2026 Jay McShann.À ces interprétations gravées par fois avec des chanteuses, parfois avec un clarinettiste, parfois avec une mandoline ou un banjo, toujours avec une contrebasse et souvent avec un piano, Robillard a gref fé ses compositions.The Acoustic Blues & Roots of Duke Robillard est réjouissant de bout en bout.Mieux.Robillard ne nous propose rien de moins qu\u2019un festin concocté à l\u2019enseigne de la simplicité.?Ernestine Anderson, la chanteuse de la clar té, a rejoint le big band que Duke Ellington dirige dans l\u2019au-delà le 10 mars dernier à Seattle, la ville où elle a passé le plus clair de son temps, la ville où elle fit la connaissance de Ray Charles et Quincy Jones, qui furent de grands amis.Elle avait 87 ans.À l\u2019instar de Dinah Washington, Anderson inclinait vers le blues quand Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan inclinaient vers le scat.Elle était aussi à l\u2019aise dans les sillons sonores creusés par Ellington, Count Basie, Benny Goodman et consor ts que dans ceux de B.B.King.Pour en savoir davantage, on vous conseille vivement l\u2019écoute d\u2019un documentaire sonore de près de 60 minutes produit par la station par excellence, soit NPR.Il suf fit de taper : npr.org/programs/jazzpro- files/archive/anderson.html.Commentée par Nancy Wilson, ce documentaire fait entendre notamment les témoignages de Quincy Jones et du grand pianiste Norman Simmons.?Très grosse nomination: l\u2019excellent contrebassiste Christian McBride a été choisi pour succéder à George Wein comme directeur artistique du Festival de jazz de Newport, l\u2019ancêtre des festivals, fondé justement par Wein en 1954.Cette nomination a ceci de très réjouissant: les administrateurs de cet événement ont choisi un\u2026 musicien de jazz et non un «mar- ketologue».McBride assumera seul la programmation à compter de 2017.?L\u2019affiche du mois : le quintet que le trompettiste Kevin Dean va animer ce samedi soir à l\u2019Upstairs a ceci de singulier : des poids lourds de l\u2019Ontario et de Colombie-Britannique seront de la partie.Il s\u2019agit du contrebassiste Neil Swanson et du saxophoniste ténor Mike Murley.André White, le caméléon du jazz local, sera au piano et le vif Dave Laing, à la batterie.On vous suggère vivement l\u2019écoute du dernier CD de Dean : Weather Permitting sur étiquette Addo.Un régal ! Tél : 514 931-6808.?Le site All About Jazz a confectionné un dossier fantastique sur Stan Getz.Outre un très long article, le dossier en question propose deux captations de shows un avec Chet Baker à Stockholm et Jim McNeely au piano d\u2019une durée de 1heure30 et l\u2019autre dans la Napa Valley d\u2019une durée de 1 heure 45.Outre cela, il est proposé un enregistrement télé avec John Coltrane et Oscar Peterson et une soixantaine de photos.Il suffit de taper : musicians.allaboutjazz.com/stangetz ?L\u2019album libéré du temps : David Murray Quartet \u2014 Love and Sorrow sur étiquette japonaise Diw avec un trio de rêve.Soit John Hicks au piano, Fred Hopkins à la contrebasse et Idris Muhammad à la batterie.À l\u2019exception de Sorrow Song, composée par Murray, cette formation met en relief les beautés de classiques écrits par Duke Ellington ou Cole Porter avec une maestria qui force l\u2019admiration.?À la rubrique la vidéo de la semaine, on inscrit : Transmission Hour Episode 16 \u2014 The Duke Robillard Jazz Trio sur YouTube.Et oui, le bonhomme du Rhode Island est aussi un excellent guitariste de jazz.Avec Brad Hallen à la contrebasse et Mark Teixeira à la batterie.Collaborateur Le Devoir Les blues de Yourcenar, puis de Duke et Dr.John PEDRO RUIZ LE DEVOIR Seán Dagher (à droite) peut compter sur un équipage relevé pour Chants de matelots.ROBBIESAURUS WIKIPÉDIA Duke Robillard est un guitariste maître des subtiles ponctuations. C H R I S T O P H E H U S S L e temps pascal vaut traditionnellement au discophile la parution de nouvelles versions des Passions de Bach.Comme les références traditionnelles sont bien établies, il n\u2019y a pas lieu, en général, d\u2019en faire tout un plat.Mais le millésime 2016 se présente sous un jour diffé- rent avec trois nouvelles contributions de poids.Les grands chefs baroques ou grands maîtres du chant choral ont tous voulu laisser au disque leur vision des grandes œuvres sacrées de Bach.Dans la première catégorie, un trio naturel s\u2019impose : Nikolaus Harnoncourt, avec ses réen- registrements des années 2000, Franz Brüggen et Philippe Herreweghe.Chacun y ajoutera, selon ses goûts, les noms de Ton Koopman, Sigis- wald Kuijken ou John Eliot Gardiner.La catégorie des maîtres du chant choral comprend, historiquement, Michel Corboz, mais aussi Eric Ericson, le plus grand chef de chœur du XXe siècle.Dans cette catégorie esthétique, qui mise davantage sur le chant que sur le grain sonore des instruments anciens, il faut ajouter les enregistrements Bach dirigés par Peter Schreier (Philips), versions de choix pour qui n\u2019a pas d\u2019af finités avec les instruments anciens et les effectifs réduits.Pour finir ce tour d\u2019horizon, il faut signaler deux propositions artistiques isolées extrêmement for tes : Gustav Leonhardt (DHM) dans la Passion selon saint Matthieu et Benoit Hal- ler et sa Chapelle rhénane dans une Passion selon saint Jean renversante (Zig Zag), dont nous avions fait notre disque de l\u2019année 2010.Ce printemps nous apporte trois nouveautés majeures : Peter Dijkstra et René Jacobs dans la Passion selon saint Jean et Frieder Bernius dans la Passion selon saint Matthieu.Jacobs se range dans la catégorie des « grands chefs baroques », Dijkstra et Ber- nius dans celle des «maîtres du chant choral».Les dompteurs de chœurs Le nom de Frieder Bernius n\u2019est pas inconnu des lecteurs du Devoir : son passage au Québec il y a une dizaine d\u2019années avec son chœur de Stuttgar t est inoubliable.À l\u2019âge de 68 ans, Bernius s\u2019est construit chez Carus une discographie impressionnante, comprenant la version de référence du Requiem allemand de Brahms, une interprétation majeure du Requiem de Mozart et de nombreux disques référentiels, notamment dans la musique sacrée de Mendelssohn.Dans Bach, il lui reste à immortaliser sa version des Passions.La nouvelle Passion selon saint Matthieu est très conforme à l\u2019esthétique consensuelle de Ber- nius: des effectifs parfaitement choisis, des timbres jamais agressifs avec une sorte de «bonté sonore ».La satisfaction de l\u2019écoute est immédiate, car même dans l\u2019ardeur, cela reste beau.Comme Helmuth Rilling jadis, Bernius est également un grand découvreur de jeunes solistes.Son Évangéliste, Tilman Lichdi, est aussi impeccable que méconnu.Bernius propose une Saint Matthieu qui vient relayer la version Schreier, pour qui trouve Harnoncourt, Leonhardt et Jacobs trop abrasifs.Peter Dijkstra, 37 ans, vedette de la nouvelle génération, dirige le meilleur chœur symphonique du monde, celui de la Radio bavaroise.Sa Passion selon saint Jean (BR Klassik) se signale par la présence transcendante en Évangéliste de Julian Prégardien, qui a fait ses débuts dans le rôle dans la version Haller.Tilman Lichdi chante ici les airs de ténor.L\u2019atmosphère sonore est vaste, comme une cathédrale, mais bien cernée.Le Concerto Köln apporte les sonorités orchestrales anciennes et la parution comprend un disque d\u2019explications sur l\u2019œuvre (en allemand uniquement).Un petit peu en retrait : le Jésus de Tareq Nazmi et l\u2019alto Ulrike Malotta.Le maître du mot Quand bien même on attribuerait aux consen- suels Dijkstra et Bernius une note méritée de 9 sur 10, ni l\u2019un ni l\u2019autre ne laissent entrevoir le choc de la version de René Jacobs.Cet artiste est vraiment l\u2019un des musiciens majeurs de notre temps.On peut récuser l\u2019approche musicale volontariste de Jacobs.Je l\u2019ai fait dans une Passion selon saint Matthieu qui me semblait tarabiscotée.Mais chacune de ses interprétations est une relecture, un choc au plexus.Dans la Passion selon saint Jean, René Jacobs ne provoque pas; il propose.La partition habituelle est enregistrée dans un SACD multicanal spectaculaire (lisible en CD stéréo).La version de 1725 (un an après la création, dont le manuscrit est perdu) est restituée dans un DVD joint au coffret.L\u2019effectif de Jacobs est plus aéré: 4 solistes et 16 choristes du RIAS Kammerchor (16 autres chanteurs s\u2019ajoutent dans les chorals).La théâtralité de la direction, qui relaie parfaitement celle, exacerbée, de l\u2019œuvre, est la seule qui se rapproche de l\u2019interprétation de Benoit Haller, que Jacobs surpasse grâce à ses solistes, avec un contre-ténor et un ténor aussi inconnus que parfaits (Benno Schachtner et Sebastian Kohlhepp) et le Christ de Johannes Weisser.Werner Güra tient suprêmement son rang en Évangéliste, accompagné par un continuo d\u2019une beauté parfaite (luth!).Outre l\u2019articulation, ce qui fascine et bouleverse c\u2019est l\u2019incroyable poids des mots, cette éloquence absolument inédite.Musicalement, les fugues fusent, avec un habile jeu d\u2019effectifs.Cette Saint Jean en volumes (les chorals !) et en arêtes chamboule la discographie.Le Devoir PASSION SELON SAINT JEAN René Jacobs.Harmonia Mundi 2 SACD 1 DVD HMC 802 2236.37 Peter Dijkstra.BR Klassik 2CD (+ CD suppléments) 900 909 PASSION SELON SAINT MATTHIEU Frieder Bernius.Carus 3CD 83285 M U S I Q U E C L A S S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 E 5 MIMEOMNIBUS.QC.CA CRÉATION-INTERPRÉTATION SARAH BEER, JENNYFER DESBIENS, CHARLES FOURNIER, SIMON LANDRY-DÉSY, NOÉMI LIRA, XAVIER MALO, BRYAN MORNEAU, ANNE SABOURIN, ANDRÉANNE THÉBERGE, OLIVIER TURCOTTE LUMIÈRES MATHIEU MARCIL MUSIQUE LUDOVIC BONNIER plywood MAÎTRISE D'OEUVRE RÉAL BOSSÉ un show sur le rough OMNIBUS le corps du théâtre donne à voir .se bâtir avec des retailles de condos Du 5 au 30 avril 2016 BILLETTERIE 514 521-4191 1945, RUE FULLUM Saison 15-16 ESPACELIBRE Bach pris au mot ! L\u2019année 2016 est un millésime exceptionnel pour les Passions de Bach HARMONIA MUNDI René Jacobs est vraiment l\u2019un des musiciens majeurs de notre temps.INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Johann Sebastian Bach M É L A N I E C A R P E N T I E R R éveil de la belle saison oblige, Danse Danse invite le public au rituel du spectacle pour un retour à Montréal attendu du Prélude à l\u2019après-midi d\u2019un faune et du Sacre du printemps de la Compagnie Marie Chouinard.Créations interna- tionalement célébrées, cette fois c\u2019est l\u2019Orchestre symphonique des jeunes de Montréal qui accompagnera les virtuoses et mythiques créatures à cornes dans leur danse aux pulsations vitales et atomiques.Mais qu\u2019y a-t-il au juste dans ces deux œuvres incontournables du début des années 1990 qui inscrivent la chorégraphe au panthéon de la danse contemporaine ?Avec ces mouvements qui brouillent les frontières entre l\u2019humain et l\u2019animal, le travail de coaching méticuleux de Marie Chouinard auprès de ses danseurs apparaîtrait comme une réponse évidente.« Je suis une amoureuse des danseurs.Je trouve que c\u2019est une race à part.Ils sont sensibles, à l\u2019écoute, ils ont des intelligences corporelles et des sensibilités extraordinaires », s\u2019émerveille la chorégraphe, qui s\u2019estime chanceuse de pouvoir travailler auprès de ces êtres doués d\u2019une sensibilité hors du commun.Voyant leur aboutissement en 1993 et 1994, les deux créations cultes par tagent l\u2019aura de Vaslav Nijinski, célèbre chorégraphe des Ballets russes.Pour son Prélude, Marie Chouinard s\u2019est inspirée des photographies de l\u2019original et saisissant faune.Renversant les codes des genres, cette figure mythologique en rut est incarnée sur scène par une femme, dans ce premier solo que l\u2019artiste transmet alors à Dominique Porte.Dans les plus récentes représentations, c\u2019est Carole Prieur, interprète depuis 25 ans dans la compagnie, qui s\u2019y frotte.« Dans les grandes traditions que ce soit dans les débuts du théâtre grec ou le théâtre nô, les hommes jouaient les rôles de femme.Je trouve que c\u2019est extraordinaire de faire jouer le sexe opposé par un interprète, ça le pousse à aller dans les archétypes et les fondements des rôles masculins et féminins», explique-t-elle.Dans la première version du solo L\u2019après-midi d\u2019un faune (1987), elle avait écarté la musique de Debussy qui, selon elle, passait à côté de l\u2019animalité du faune, et avait choisi de symboliser les nymphes par des faisceaux de lumière.« Les nymphes devaient être bien jolies, mais elles ne m\u2019intéressaient pas.Il faut lire le poème de Mallarmé: ce sont des choses évanescentes, elles sont un rêve.C\u2019est Nijinski, le choc dans cette œu- vre ! C\u2019est lui le phénomène.C\u2019est de lui que Sarah Bernhardt a dit : \u201c Mon dieu, j\u2019ai peur ! \u201d quand elle l\u2019a vue sur scène », affirme Marie Chouinard.Ce n\u2019est que plus tard qu\u2019elle accepte de réintégrer la musique de Debussy \u2014 que Ni- jinski lui aussi, par ailleurs, détestait \u2014, voyant finalement dans cet air mélodieux la chaleur et les odeurs de l\u2019été dans les montagnes grecques autour du terrassant faune.Le Big Bang, de Stravinski à Chouinard Rejetant les étiquettes et n\u2019ayant pas l\u2019ambition de refléter le monde contemporain, la perception qu\u2019a Marie Chouinard des deux œuvres canoniques de la danse est hors du temps.« Quand j\u2019ai compris que je voulais choré- graphier le Sacre, je me suis interdit d\u2019en regarder d\u2019autres versions.Cette œuvre est une histoire entre Stravinski et moi.Non pas entre l\u2019histoire de la danse et moi.D\u2019ailleurs, je n\u2019ai pas travaillé avec son livret, je ne l\u2019aime pas du tout.Son histoire de sacrifice de la femme, je la trouve machiste et ancienne», dit-elle avec ferveur.Comme point de départ, le corps.Alors qu\u2019elle traversait une période de jeûne, la musique de Stravinski a eu sur elle l\u2019effet d\u2019une épiphanie, tant et si bien que cette symphonie puissante entre en résonance avec sa danse organique toute singulière, où le corps devient un univers habité de plusieurs couches de réalité.«Parce que j\u2019étais dans un état d\u2019hypersensibilité, j\u2019entendais la musique non pas à partir de mes oreilles, mais par ma colonne ver té- brale, mes cellules et ma moelle épinière», se souvient-elle.Selon elle, si la musique de Stravinski a su traverser les temps, c\u2019est parce qu\u2019on peut y lire la solitude humaine dans notre rapport au cosmos.Bien au-delà du printemps, c\u2019est la consécration de l\u2019apparition de la vie, de la matière et du concret.C\u2019est ce sens métaphysique que la chorégraphe retient dans cette réinterprétation.Les œuvres ayant marqué l\u2019histoire ont le mérite de s\u2019être construites en rupture avec les traditions dans lesquelles elles ont vu le jour.Ainsi, Le prélude et Le sacre, deux ballets à l\u2019origine choré- graphiés par Nijinski sur les opus de Stravinski et de Debussy, ont marqué les prémices de la danse et de la musique modernes.Celles de Chouinard visent à transcender les sources de son ar t, pour remonter et refléter les fondements mêmes de l\u2019imaginaire collectif et de ses archétypes, ainsi que de l\u2019univers et la vie.Une approche purement métaphysique.Collaboratrice Le Devoir PRÉLUDE À L\u2019APRÈS-MIDI D\u2019UN FAUNE ET LE SACRE DU PRINTEMPS De Marie Chouinard.Avec Sébastien Cossette-Masse, Paige Culley, Valeria Galluccio, Leon Kupferschmid, Lucy M.May, Mariusz Ostrowski, Sacha Ouellette-Deguire, Carol Prieur, James Viveiros, Megan Walbaum.Musique : Claude Debussy et Igor Stravinski, jouée par l\u2019Orchestre symphonique des jeunes de Montréal.Au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, le 31 mars et les 1er et 2 avril.D A N S E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 E 6 Petits sandwichs, scones, confitures, crème Devonshire, thé et musique anglaise pour vents et piano, my dear ! Thé à l\u2019anglaise Concert 30 $ I 25 $ I 10 $ Thé + concert 45 $ I 40 $ I 30 $ Hôtel Le Reine-Élizabeth 900, boul.René-Lévesque Ouest www.pentaedre.com/billetterie/ 514 675-4371 Pentaèdre est en résidence au Conservatoire de musique de Montréal et membre du Conseil québécois de la musique.en concert Œuvres de Jacobs, Vinter, Arnold, Elgar et Hurlstone MARIE-ÈVE SCARFONE I PIANO Vendredi 1er avril 2016 I 17 h 30 C o n c e p t i o n g r a p h i q u e © w w w .a m t h e b e r g e .c o m P h o t o s   © L o u S c a m b l e MERCREDI 30 MARS 2016?20?H SALLE BOURGIE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL 1339, RUE SHERBROOKE OUEST, MONTRÉAL RÉSERVATION 514-285-2000 OPTION 4 | INFORMATIONS 514-523-3095 www.la-nef.com SEÁN DAGHER VOIX X CISTRE   DAVID LAPIERRE VOIX   KATE BEVAN-BAKER VIOLON X VOIX DOROTHÉA VENTURA VOIX  PIERRE-ALEXANDRE SAINT-YVES VOIX X CHALUMEAU STEVE NORMANDIN ACCORDÉONS?X HARMONICA X VOIX CHANTS DE MATELOTS CHANSONS DE TRADITIONS NAVALES DE LANGUE FRANÇAISE DIRECTION MUSICALE SEÁN DAGHER ?PRODUCTION LA NEF Aux sources de deux œuvres organiques et mythiques de Marie Chouinard JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon Marie Chouinard, si la musique de Stravinski a su traverser les temps, c\u2019est parce qu\u2019on peut y lire la solitude humaine dans notre rapport au cosmos.COMPAGNIE MARIE CHOUINARD Une scène de Prélude à l\u2019après-midi d\u2019un faune GÉOMÉTRIE VARIABLE De Serge Tousignant À la galerie Graf f (963, rue Rachel Est) jusqu\u2019au 16 avril J É R Ô M E D E L G A D O S ans nostalgie ni amertume, mais quand même.Il plane, dans l\u2019ultime exposition de la galerie Graf f sur la rue Rachel, des airs d\u2019au revoir.Des adieux aux lieux, oui, mais aussi des adieux tout cour t.Dans la photographie et la sculpture de Serge Tousignant, objet de l\u2019exposition Géométrie variable, le passage du temps est palpable.La série Folio, construite à partir d\u2019anciennes maquettes et planches contacts de l\u2019artiste, est éloquente à ce sujet.Chacune des cinq images est construite selon de complexes superpositions de plans et de répétitions du carré.Or, malgré ce jeu animé et dense, ce sont des vides, des blancs qui interpellent.Ces espaces vacants s\u2019avèrent être des trouées laissées par le retrait, ou l \u2019ef facement, ou l \u2019oubli d\u2019une photographie.Fidèle de Graf f de longue date, depuis ses origines en réal i té \u2014 dans le l ivre Le monde selon Graff, 1966-1980, il est cité dès le sur vol de la première année recensée \u2014, Serge Tousignant était un peu une figure imposée pour clore cette ère qui s\u2019achève.La galerie Graf f, issue des ateliers d\u2019estampe fondés par Pierre Ayot, s\u2019apprête en ef fet à déménager au centre-ville (voir l\u2019encadré ci-dessous).Géométrique, animée par de rigoureuses observations de l\u2019espace ou de la surface d\u2019un papier, la pratique de Tousi- gnant a emprunté plusieurs voies à travers les années.La photographie, le cadre photographique plus précisément, demeure néanmoins son principal moyen d\u2019expression.Lumière centrale Géométrie variable ne fait pas exception.Des 12 œuvres ou séries exposées, 10 sont des impressions numériques.Or, même dans les deux autres cas (du vinyle marouflé et une peinture sur métal), l\u2019écriture de la lumière est centrale aux œuvres.Photographe, Serge Tousignant, mais aussi un coloriste assumé.Aurait-on oublié ?Du moins, ses pièces, toutes récentes, réalisées entre 2012 et 2015 (excepté une œuvre de 1968), le rappellent.Des carrés rouges, noirs, verts, bleus et d\u2019autres teintes surgissent du passé dans la série Folio.L\u2019abstraction géométrique hante la création actuelle ; elle a du moins pris ici le dessus sur la photographie narrative.Dans la mosaïque Nymphéas (La géométrie flottante), de petits plans monochromes apparaissent sur un cours d\u2019eau comme des magmas indélébiles.Dans cette œuvre, l\u2019ar tifice fonctionne moins bien.Dans les photos Totem, c\u2019est tout le contraire.Les dominantes tantôt jaunes, tantôt vertes, tantôt bleues y animent un espace à la fois réel et fabriqué de toutes pièces, qui prend son origine dans une installation de papiers collés sur un mur.La juxtaposition subséquente d\u2019images analogiques et d\u2019 images numériques crée sinon la confusion, de belles illusions.Il y a chez ce Tousignant, celui porté par 50 ans de travail, un plaisir évident à rejouer des formes souvent explorées.Et à revoir le passé, à le réévaluer.Une photo hors catégorie est dans ce sens emblématique.Dans La cour de récréation de l\u2019école Saint-Clément-de-Viau- ville où j\u2019ai fait ma première année scolaire en 1948 (quel titre, déjà !), un grand cercle au sol, blanc, confronte un cabanon au bleu étonnant.Ce qui était pour lui une aire de jeu (et qui l\u2019est pour d\u2019autres enfants aujourd\u2019hui) est devenu une surface d\u2019explorations optiques.La perspective presque vertigineuse de cette image pourtant toute simple n\u2019est pas sans s\u2019offrir comme une jolie métaphore du sablier qui s\u2019écoule sans fin.Collaborateur Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 E 7 DE VISU C U L T U R E Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal 350, place Royale Vieux-Montréal (Qc) H2Y 3Y5 pacmusee.qc.ca À Pointe-à-Callière jusqu\u2019au 17 avril 2016 présentent De courts ou plus longs voyages, ici, ailleurs\u2026 Entrez dans l\u2019art québécois! 7 mai La collection privée de Pierre Lassonde Musée national des beaux-arts du Québec Quelques places disponibles 11 juin Val Notre-Dame \u2013 l\u2019abbaye Concert d\u2019orgue et de clavecin Ajout de places : réservez sans tarder ! La nouvelle brochure est arrivée! www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec Vertigineux adieux Serge Tousignant ferme l\u2019aventure de la galerie Graff sur la rue Rachel PHOTOS GALERIE GRAFF Serge Tousignant, Folio au carré rouge (d\u2019après Highway Confidential, 1985), 2014-2015 Serge Tousignant, Nymphéas (la géométrie flottante), 2015 La galerie Graff quitte la rue Rachel, mais ne ferme pas ses portes.En septembre, elle réapparaîtra au Belgo, l\u2019édifice du centre-ville.En fait, elle prendra l\u2019espace tout confort que s\u2019est aménagé en 15 ans la galerie Pierre-François Ouellette art contemporain.C\u2019est d\u2019ailleurs cette dernière qui a acheté l\u2019immeuble de la rue Rachel mis en vente par Graff.Bref, dans cet échange d\u2019espaces, tous gagnent.Rappelons que l\u2019atelier Graff, centre de production en arts imprimés qui occupait les étages supérieurs sur la rue Rachel, a opté pour un local plus vaste dans Hochelaga-Maisonneuve.Déménagements A R T S V I S U E L S CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 E 8 Photographie internationale par des artistes aveugles Du 20 février au 18 septembre seulement droitsdelapersonne.ca Au-delà du regard Peut-on utiliser Instagram sans voir?C\u2019est le dé?#VoiceOverPhoto RAPHAËLLE DE GROOT RENCONTRES AU SOMMET Au Musée national des beaux- arts du Québec, à Québec jusqu\u2019au 17 avril M A R I E - È V E C H A R R O N C\u2019 est en fin de semaine que Raphaëlle de Groot terminera la résidence qu\u2019elle a amorcée le 17 mars au Musée national des beaux-ar ts de Québec (MNBAQ) dans le but de créer un protocole d\u2019emballage et de déballage pour sa collection d\u2019objets banals amassés entre 2009 et 2012.Samedi dernier, lors de ma visite, l \u2019ar tiste finissait de photographier les quelque 1800 objets qui, tour à tour, reprenaient leur place au sol en formant une procession bigarrée.L\u2019étape suivante devait consister à les imbriquer tous dans la caisse vert lime prévue à cet ef fet.Massive, elle trônait dans la pièce à la fin de la journée, son habitacle ouvert seulement tapissé d\u2019un grand filet.Beaucoup de travail restait à faire, mais l\u2019ar tiste ne semblait pas s\u2019en inquiéter.La performance vient clore l\u2019installation monumentale Rencontres au sommet dont le MNBAQ est la 3e escale.Avant lui, il y a eu, en 2014, la Southern Alberta Art Galler y et l\u2019Art Gallery of Windsor.Ces expositions découlent du tentaculaire projet Le poids des objets, amorcé en 2009, au cours duquel l\u2019artiste a mis en tension son nomadisme et l\u2019accumulation d\u2019objets qu\u2019on lui a donnés.Les propriétaires s\u2019en sont départis à son invitation, à condition de laisser par écrit l\u2019histoire qui motivait leur geste.Ces témoignages, que l\u2019exposition permet de consulter, mais rarement près de leur source, pointent de l\u2019objet tantôt sa charge émotive, tantôt son inutilité.Encombrants ou non désirés, ces objets, com- prend-on surtout, n\u2019ont jamais trouvé la poubelle, mais plutôt les bons soins de l\u2019ar tiste, comme si, malgré leur embarrassante présence, ils avaient justement mérité mieux.En passant de main en main, l\u2019objet délestait son propriétaire tout en se voyant automatiquement octroyer une valeur supplémentaire.L\u2019intérêt du travail de l\u2019artiste est de révéler cette économie, toute symbolique, qui touche la culture matérielle en marge du système normatif de consommation (surproduction, surconsommation, obsolescence programmée, gaspillage).Comme le souligne l\u2019historienne de l\u2019art Julie Bélisle dans le substantiel catalogue publié sur le projet, nous n\u2019aurions, semble- t-il, jamais possédé autant d\u2019objets.Contre la banalisation de leur existence, un aveuglement étrangement encouragé dans les sociétés matérialistes, De Groot force sur eux l\u2019attention.Elle les traite comme des quasi-sujets.Elle montre qu\u2019eux, c\u2019est nous.D\u2019ailleurs, les objets de sa collection, De Groot les agence pour suggérer des rencontres, des processions ou des discussions entre eux.Ces objets s\u2019animent également dans des vidéos intégrées à l\u2019exposition.Indexation Alors que la caisse est en voie d\u2019être refermée, et avec elle toute la collection d\u2019objets de l\u2019artiste, ressortent les actions qui ont contribué à leur valorisation au fil du projet.Pendant les années de la constitution de la collection \u2014 au cours de résidences qui l\u2019ont amenée aux États-Unis, au Mexique, en Italie puis dans diverses villes au Canada \u2014 et après, l\u2019artiste a produit des œuvres autour des objets.Comme on le voit sur les murs de la salle, De Groot a multiplié les façons d\u2019indexer leur présence, par le truchement d\u2019inventaires, de cartes pour emporter, de photos, de pesées, d\u2019empreintes, de listes, de performances filmées et d\u2019extractions en de sous-ensembles sous la forme d\u2019un colis emmailloté ou d\u2019un manteau garni.L\u2019ultime protocole qui sera formulé au terme de cette résidence montrera qu\u2019à par tir d\u2019un nombre fini d\u2019items, il est possible d\u2019engendrer à l\u2019infini de nouvelles perspectives.En somme, les objets sont pratiqués et performés à travers des opérations qui leur sont extrinsèques, mais qui les constituent en même temps.En rassemblant les objets dans la caisse, l\u2019espace s\u2019épure pour laisser voir des objets sous vitrines puisés dans les collections de six musées, dont le MNBAQ et le Musée de la civilisation.De Groot a choisi des objets qui pouvaient avoir des résonances avec les siens, les collections muséales étant elles aussi truffées d\u2019objets inusités (à cause de leur petite histoire), indésirables ou gênants, quand il s\u2019agit par exemple de témoins d\u2019une histoire coloniale.En incluant ces objets dans son projet, De Groot soulève une réflexion sur le travail des musées ; elle mime les opérations de ces institutions tout en les détournant de leurs formes et de leurs finalités habituelles.Comme le résume Véronique Leblanc dans la publication, dirigée par le commissaire et conser vateur au MNBAQ Bernard Lamarche, l\u2019ar tiste « [\u2026] transforme l\u2019espace d\u2019exposition où se rencontrent des catégories d\u2019objets qui se redéfinissent les unes les autres, à la manière d\u2019identités confrontées à une altérité.» L\u2019exposition désenclave ainsi les objets de leur signification reçue, invitant à « leur imaginer de nouvelles interprétations sociales et historiques».La nature protéiforme et la progression rhizomique du projet attestent avec éloquence cette multiplicité, de même que l\u2019ar tiste présente sur place, en tant que volubile interprète des liens qui unissent les objets.Ceux-ci vont partiellement disparaître dans la caisse le reste de l\u2019exposition, se préparant pour d\u2019autres voyages avec des instructions (dont la teneur, au moment d\u2019écrire ces lignes, restait inconnue) leur garantissant sans doute un avenir encore prolifique.Collaboratrice Le Devoir Un impossible exercice de clôture En résidence au MNBAQ, l\u2019artiste Raphaëlle de Groot emballe son atypique collection IDRA LABRIE MNBAQ Raphaëlle de Groot en pleine action d\u2019emballage de sa collection d\u2019objets, à quelques jours de la fin de sa résidence au MNBAQ. LE HOMARD (V.F.DE THE LOBSTER) ?Satire d\u2019Yorgos Lanthimos.Avec Colin Farrell, Rachel Weisz, Angeliki Papoulia, Jessica Barden, Léa Seydoux, Olivia Colman, John C.Reilly, Ariane Labed.Plusieurs pays, 2015, 118 minutes.O D I L E T R E M B L A Y C ette production aux nationalités multiples, Grèce, Royaume-Uni, France, Irlande, États-Unis, Pays-Bas, aurait pu perdre son âme sur son socle apatride au milieu de sa grosse distribution internationale.Mais sa proposition scénaristique est si originale, puissante et loufoque qu\u2019elle n\u2019a pas besoin d\u2019ancrage.Comme une carte du tendre à l\u2019envers et sans boussole.Prix du jur y au der nier Festival de Cannes, cette fable sur la rectitude politique se déguste à tous les degrés et n\u2019a pas besoin d\u2019af ficher ses codes pour séduire.On connaissait sur tout le Grec Yorgos Lanthimos pour son film Dogtooth (Canine), une œuvre décalée et jouissive sur le thème « famille, je vous hais ! » Avec ce premier passage à l\u2019anglais, c\u2019est la société entière, en aliénation collective, qui en prend plein les dents, sur humour noir.Clin d\u2019œil au Rhinocéros d\u2019Ionesco et à La métamorphose de Kafka, sous l\u2019aile de Buñuel et de Dalí aussi, The Lobster est une œuvre surréaliste qui démonte par l\u2019absurde nos univers formatés ivres de conformisme, en prenant férocement les diktats de l\u2019heure à rebrousse-poil.Avec des scènes fortes, l\u2019ouverture au premier chef, mêlant le lyrisme à l\u2019absurde, The Lobster est un festin cinématographique en plats multiples.En vedette : un Colin Farrell méconnaissable, moustachu et bedonnant (engraissé comme une oie pour le rôle).Le postulat se situe dans un futur rapproché qui traque les célibataires.Ceux-ci sont arrêtés et sommés de s\u2019apparier en 45 jours dans un hôtel doublé d\u2019un centre de thérapie.Faute de quoi ils seront transformés en l\u2019animal de leur choix.Le héros (Farrell, époustouflant), qui traîne son frère devenu chien en laisse, a choisi pour sa part de devenir un homard si l\u2019âme sœur ne se pointe pas.L\u2019amour étant réduit ici à un rôle de ciment social, renvoyant aux sites de rencontre en ligne ; pas si décollé du réel que ça en fin de compte.Entre déjeuners rencontres, animations kitsch, séances de chasse dans la nature parmi un étrange et poétique bestiaire d\u2019anciens humains réincarnés, les jours s\u2019écoulent comme un implacable sablier.Les changements de tons, de styles, de personnages, de genres sont autant de virages étonnants poursuivis à travers une forêt de symboles.Triptyque The Lobster est un triptyque, dont la première partie est la plus savoureuse.Après évasion, le héros aboutira au bois des solitaires où une armée, avec une amazone-chef (Léa Seydoux, au profil inquiétant), chassera de son côté les amoureux.Le conformisme des uns se trouvant renversé par celui des autres.Un dernier segment plus intimiste, avec amours entre le héros et une solitaire égarée au royaume du sentiment (Rachel Weisz) au dénouement œdipien est moins dynamique.Yorgos Lanthimos joue de l\u2019allégorie quand même tout du long, enchaînant des séquences apparemment disparates, gardant l \u2019esprit du spectateur en évei l , le gorgeant d\u2019images fulgurantes, entre rire, dél ire, angoisse, se gref fant au film romantique pour le démonter, le détourner, le défier, l\u2019amadouer, lui briser les reins en un exercice de haute volt ige qui épate et épuise.Le Devoir C I N É M A CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 E 9 Portes ouvertes, mercredi 30 mars 2016 inis.s.è t apr ndant e ant, pe v A aucoup de tr st be e \u2019 \u2019inis, c L e air F AIL V TRA DU \u2019INIS, C\u2019EST L ca qc.ail.v a O D I L E T R E M B L A Y «M a grand-mère arménienne est morte à Marseille l \u2019an dernier à 107 ans , évoque le cinéaste français Robert Guédiguian.La simple reconnaissance du génocide l\u2019aurait aidée à s\u2019apaiser.Il subsiste en Turquie des églises arméniennes à moitié détruites.Si les Turcs avaient pu rendre les biens de l\u2019Église, ça aurait fait symbole\u2026» Un peu comme l\u2019Ararat d\u2019Atom Egoyan, Une histoire de fou de Robert Guédiguian est le film offert par un prolifique cinéaste à ses origines paternelles hantées par le mémoire du génocide de 1915, de son côté en commémoration de centenaire.Les Turcs, qui refusent de l\u2019admettre, déportèrent et exécutèrent alors entre 1,2 et 1,5 million d\u2019Arméniens.Le cinéaste de Marius et Jeannette, qui nous aura livré au long des décennies de vibrantes chroniques marseillaises, avait abordé le génocide par la bande en 2006 dans Le voyage en Arménie, en périple initiatique.Mais Une histoire de fou, fresque sur plusieurs époques à la narration complexe, va plus loin.Le cinéaste s\u2019est intéressé aux conséquences du génocide plus qu\u2019à sa représentation.« J\u2019ai toujours été internationaliste, confie en entrevue à Paris ce gauchiste de la première heure.Je viens d\u2019un peuple génocidaire \u2014 ma mère est allemande \u2014 et d\u2019un génocide \u2014 mon père est arménien.Je ne peux penser qu\u2019en termes de l\u2019humanité entière à travers L\u2019Internationale.Tant qu\u2019on parlait d\u2019une autre option, comme le communisme, la question de l\u2019identité demeurait secondaire.Depuis que ce rêve a disparu, chacun cherche une branche à laquelle se raccrocher.Les gens se demandent d\u2019où ils viennent plutôt qu\u2019où ils vont.Dans les débats actuels sur les migrations, la question est d\u2019ordre politique mais ne devrait pas être identitaire.» Guédiguian proteste contre cette obsession de l\u2019identité en revendiquant bien haut la juxtaposition des nationalités.«Je suis Allemand, Français et Arménien.Je ne veux pas me battre contre les Turcs, mais contre les riches.Mais il fallait que je me mêle de ce génocide.À travers l\u2019histoire arménienne, on raconte les conséquences de toutes les guerres.Je voulais surtout comprendre comment les crises se transmettent de génération en génération quand elles ont été niées.Lorsque le génoci- daire demande pardon, fait des efforts, ça met du baume sur les cicatrices et ça brise le cercle.Ce qui n\u2019est pas le cas de Turcs.Eux qui n\u2019ont pas voulu des Arméniens cherchent aujourd\u2019hui à se débarrasser des Kurdes.» Un peu comme pour son Armée du crime en 2009, sur de jeunes juifs d\u2019origines diverses entrés dans la Résistance sous l\u2019Occupation allemande, Guédiguian dit avoir reçu un budget substantiel pour les besoins de cette production d\u2019époque.«Mon film remonte aussi le cours du procès de Soghomon Thelirian.Après que sa famille fut exterminée, il avait exécuté en 1921 dans une rue de Berlin Talaat Pacha, responsable du génocide arménien, avant de se voir acquitté par le jury populaire.Ce qui allait créer une étrange jurisprudence.Ils parlaient alors de crime contre l\u2019humanité.Le terme \u201cgénocide \u201d n\u2019existait pas.Je place en parallèle un autre attentat à Paris 60 ans plus tard.» Syndrome de Stockholm?Le scénario est en partie inspiré du récit autobiographique La bombe de l\u2019Espagnol José Antonio Gurriarán.Ce jeune journaliste espagnol était sorti à moitié paralysé d\u2019un attentat de l\u2019Armée secrète arménienne pour la libération de l\u2019Arménie, avant de se passionner pour leur cause et d\u2019aller rencontrer ses chefs à Beyrouth.Syndrome de Stockholm?«C\u2019est une position plus politique que psychologique, estime le cinéaste : cette volonté de comprendre avant de juger.Pour évoquer les 100 ans de l\u2019après-génocide, j\u2019avais besoin de raconter une histoire, en suivant aussi la famille du personnage, de ceux qui posent une bombe, de celui qui a été blessé.» Le film a été tourné à Marseille, en Arménie et à Beyrouth.Guédiguian a l\u2019habitude de travailler avec sa famille d\u2019acteurs, sa femme en premier chef, Ariane Ascaride, ici en mère d\u2019un terroriste arménien.Il avait déjà dirigé Grégoire Leprince- Ringuet dans L\u2019armée du crime, lui donne cette fois le rôle du jeune homme en fauteuil roulant qui veut comprendre.« Je le trouve brechtien, en distanciation, ce qui empêche son personnage de devenir pathétique.Quant à Ariane, elle est toujours dans l\u2019affect.Ce rôle de mère émotive lui va comme un gant.Depuis le temps qu\u2019on est ensemble, je n\u2019en reviens toujours pas de notre différence.Je suis plus rationnel, mais c\u2019est elle que les gens écoutent.» Le Devoir Cette entrevue a été effectuée à Paris à l\u2019invitation d\u2019Unifrance.Les séquelles du génocide arménien, selon Guédiguian Jeux de l\u2019amour et de la férocité ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AGENCE FRANCE-PRESSE «J\u2019ai toujours été internationaliste», confie en entrevue à Paris le cinéaste Robert Guédiguian.MÉTROPOLE FILMS Une histoire farfelue : dans un futur rapproché, les célibataires sont arrêtés et sommés de s\u2019apparier en 45 jours. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 CINEMA E 10 C U L T U R E 64.INTERNATIONALES FILMFESTIVAL MANHEIM-HEIDELBERG International Competition 2015 CONSULTEZ LES GUIDES- HORAIRES DES CINÉMAS À L\u2019AFFICHE theatreoutremont.ca 514 495-9944 LE GARAGISTE Le lundi 28 mars | 16 h et 19 h 30 8,50 $ de Renée Beaulieu AVEC NORMAND D\u2019AMOUR, LOUISE PORTAL, PIERRE-YVES CARDINAL, NATHALIE CAVEZZALI ET MICHEL DUMONT O D I L E T R E M B L A Y D ans l\u2019œuvre protéiforme de Robert Morin, certains films se regroupent par affinités thématiques.Si l\u2019auteur du Nèg\u2019 et du Journal d\u2019un coopérant vogue par essence à contre-courant des dogmes et des tendances du jour, parfois sa caméra se dresse pour dénoncer les riches et les puissants.Grand moraliste sans la tête de l\u2019emploi, mais à quoi ressemble au juste la tête de l\u2019emploi, en ces matières?Son dernier-né, Un paradis pour tous, en salles vendredi, s\u2019inscrit dans la lignée de Papa à la chasse aux lagopèdes en poursuivant sa charge contre le milieu de la finance.Cette fois, Robert Morin scrute les paradis fiscaux et autres modalités trouvées par l\u2019humain pour détourner ses impôts vers ses propres goussets.« Trente mille milliards échappent à l\u2019impôt de la planète », est-il déclaré dans son film.C\u2019est pourquoi le riche reste riche et le pauvre, pauvre.Et que tourne la roue du monde.Un paradis pour tous, dans lequel Stéphane Crête joue l\u2019ensemble des rôles (une trentaine, y compris des figurants) met en scène un inspecteur du fisc, Buster Simard, qui perd son emploi après avoir voulu dénoncer un bandit à col blanc.Et de retourner sa veste en tournant un guide vidéo sur l\u2019art de l\u2019évasion fiscale pour les nuls en trois chapitres, pénétrant la gueule du loup chez les vilains à cravate ou pas.La démonstration se déploie entre Montréal, Genève, Calgary et les îles Caïman.Pour ce film produit avec des fonds des conseils des arts, quelques bouts de ficelle et de tissu, quatre personnes sur le plateau (Morin tenait la caméra), la Floride fut maquillée en île Caïman.S\u2019ils ont fait un petit saut en Suisse subito, d\u2019autres images leur étaient livrées de Calgary.«On tournait surtout dans des motels à Montréal.» Mauvais goût pour mauvais goût « Tout est laid dans mon film, revendique le cinéaste.Je l\u2019aime ainsi.On voulait bousculer la rectitude politique, comme dans Le temps des bouffons de Falardeau.Et venez nous écœurer maintenant\u2026 C\u2019est un film de polyvalente, de mauvais goût, vulgaire.Car le comble du mauvais goût, c\u2019est de ne pas donner à sa société l\u2019argent que tu lui dois\u2026» Le mauvais goût de la forme se marie donc au mauvais goût du propos.Ton sur ton.Il songea à infiltrer vraiment les réseaux des paradis fiscaux en y plaçant de l\u2019argent, mais allez donc filmer ça au grand jour\u2026 « J\u2019ai écrit le scénario.Stéphane Crête se l\u2019est mis en bouche, inventant quelques tirades.On l\u2019a tourné en une vingtaine de jours.» Et voilà ! Robert Morin ne se considère pas tout à fait comme un cinéaste, plutôt comme un artiste en arts visuels, embranchement cinéma.Son premier médium est la peinture.Il s\u2019y replonge souvent, écrit aussi, songe à publier des scénarios qu\u2019il a sur la planche, chasse et pêche dans sa cabane de Maniwaki le reste du temps.Il s\u2019amuse aussi.«Mais jamais autant qu\u2019en tournant Un paradis pour tous.On a ri comme des fous.» Le cinéma narratif ennuie celui qui préfère créer des concepts, démontrer des théorèmes, triturer des cubes Rubik avant de les filmer.Cette fois le serpent se mord la queue avec un personnage appelé à emprunter les voies qu\u2019il condamne, en espérant les dynamiter.Dans Un paradis pour tous, le cinéaste a jeté dans sa soupe tous les clichés sonores et visuels : sur les gais, les bandits à la petite semaine, les juifs, les Arabes, les narcomanes, les patrons qui font des partouzes à trois sous, les banquiers carnassiers et alcooliques ; tous ornés des divers attributs propres à leurs fonctions.Le roi de l\u2019évasion fiscale s\u2019appelle Pierre-Karl Desmarais.Exercice de contraction.«Ces noms-là me sont venus à l\u2019esprit\u2026» Stéphane Crête se démultiplie donc à travers ce « one-man-show ».« J\u2019étais allé voir son spectacle Esteban où il changeait de personnages et ça m\u2019a donné envie de faire un film sur quelqu\u2019un qui aime se déguiser, explique le cinéaste.Mais on n\u2019est pas dans Cruising Bar, où tu reconnaissais Michel Côté.Des fois, même sans déguisement, j\u2019oubliais au montage que c\u2019était Stéphane Crête.» Les métamorphoses sont le rayon du comédien, pas de problème.« Je me déguisais déjà quand j\u2019étais petit », dit-il.Quand même, dans Un paradis pour tous, le coefficient de dif ficulté montait de plusieurs crans.L\u2019interprète devait jouer sans vis-à-vis, avant de se donner la parole dans une nouvelle peau.Comme les acteurs qui communiquent avec des héros de synthèse encore inexistants devant des écrans verts ; mais au long d\u2019un film entier.« Le niveau de jeu de Buster Simard est réaliste, mais tous les autres personnages sont des espèces de clowns.Cet exercice schizophré- nique m\u2019a appris que le mariage des niveaux de jeu était possible.» Même s\u2019il assure prendre la vie et la création plus calmement qu\u2019autrefois, Robert Morin monte déjà son prochain film, Le problème d\u2019infiltration, avec Christian Bégin, Sandra Dumaresq, Guy Thauvette, etc., qui capte les six instants où un personnage narcissique est déstabilisé.Comme une infiltration d\u2019eau dans ses beaux murs\u2026 Le Devoir L\u2019évasion fiscale pour les nuls Robert Morin lance la semaine prochaine le long métrage Un paradis pour tous, mettant en vedette Stéphane Crête ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pour Robert Morin, le mauvais goût de la forme de son film se marie au mauvais goût du propos.LE RANG DU LION ?Drame psychologique de Stéphan Beaudoin.Scénario : Sophie-Anne Beaudry.Avec Sébastien Delorme, Frédéric Lemay, Geneviève Bédard, Félix-Antoine Boutin, Katrine Duhaime, Catherine-Audrey Lachapelle, Marie-Chantal Nadeau, Étienne Pilon, Émile Schneider.Québec, 2016, 78 minutes.O D I L E T R E M B L A Y A bordant une thématique rarement traitée de nos jours, celle d\u2019une communauté de jeunes à la campagne autour d\u2019un guide de vie, per vers narcissique (rien là dessus depuis Moïse : l\u2019af faire Roch Thériault en 2002 avec Luc Picard), Le rang du lion est un film québécois atypique et intéressant qui offre à l\u2019écran plusieurs nouveaux visages de jeunes acteurs.Il s\u2019inspire des communes des années 1970 tout en gardant un flou autour de l\u2019époque de l\u2019action.Premier long métrage du réalisateur télé Stéphan Beaudoin (Yamaska, La promesse) et auteur du court métrage Initiation, Le rang du lion, produit de façon indépendante, tourné dans les Cantons-de-l\u2019Est, scénarisé finement par Sophie-Anne Beaudry, brosse sans caricature les failles et les défaillances d\u2019un monde en autarcie.Alex (Frédéric Lemay) a suivi sa nouvelle copine Jade (Geneviève Bédard) qui s\u2019était enfuie du cercle pour retrouver Montréal, mais elle l\u2019entraîne dans son retour sans lui préciser la dynamique de leur groupe.Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019une secte religieuse, mais basée sur la philosophie nietzschéenne à travers un segment d\u2019Ainsi parlait Zarathoustra.Et alors que tout le monde cache à Alex des éléments clés, notamment sexuels, de cette thérapie collective, il en découvrira peu à peu les effets pervers.La vraie initiation du jeune homme se fait hors du groupe, dans une individualité propulsée vers sa rébellion.Manipulation et idéalisme Troublant dans son portrait de collectivité soumise à un être charmant et tyrannique (Sébastien Delorme, très charismatique), ce film, en une lente montée psychologique et à travers le seul regard du nouveau venu, Alex, parvient, avec une tension soutenue, à exposer les ravages de la manipulation sur de jeunes esprits idéalistes.Ce huis clos en pleine nature, cadre qui permet à la fois d\u2019exposer l\u2019étouffement psychologique d\u2019un univers et sa libération à portée de vue, offre assez d\u2019ellipses pour laisser le spectateur dans son salutaire brouillard.Sur les dérives éthiques, la responsabilité individuelle, l\u2019aspiration à une métaphysique supérieure, les réponses ne sont pas offertes mais laissent au spectateur le soin d\u2019y jongler.Le jeu de Sébastien Delorme domine, avec, il est vrai, le rôle le plus fort et complexe du lot : celui du mentor qui manie tour à tour la carotte et le bâton.Frédéric Lemay incarne avec beaucoup d\u2019ambiguïté celui de la recrue qui passe de la soumission dubitative à l\u2019af frontement.Les autres jeunes comédiens, naturels et bien dirigés, s\u2019insèrent dans la partition d\u2019ensemble.La caméra à l\u2019épaule apporte une nervosité au film, les gros plans cernent les doutes et les émois des personnages, et le choix du huis clos confère à ce conte philosophique une densité qui ser t son propos.Quant à la nature, elle baigne avec une symbolique de sortilèges et de libération, les rêves et les déboires de ces jeunes aux cerveaux lavés, en quête pourtant louable d\u2019une transcendance, détournée par les jeux de pouvoir du mentor.On sait gré au cinéaste et à sa scénariste d\u2019avoir évité l\u2019approche manichéenne.Nul n\u2019est tout blanc ou noir dans cette affaire, même le gourou.C\u2019est là une des grandes forces du Rang du lion.Le Devoir Un gourou dans la nature FUN FILM Le film parvient à exposer les ravages de la manipulation sur de jeunes esprits idéalistes."]
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