Le devoir, 18 mars 2016, Cahier A
[" AUJOURD\u2019HUI Budget Leitão \u203a Les vaches maigres.Un éditorial de Jean- Robert Sansfaçon.Page A 10 Santé.Une hausse du budget en trompe- l\u2019œil.Page A 6 À lire.Notre couverture du budget en pages A 5 à A 7 Annonces.B 6 Avis légaux.A 8 Décès.B 6 Grille télé.B 2 Météo.B 4 Motscroisés B 4 Sports .B 8 Sudoku.B 7 E n début de semaine, le gouvernement Couil- lard avait fait couler l\u2019essentiel du budget dans l\u2019espoir d\u2019atténuer l\u2019effet désastreux des mauvaises manières du ministre de la Santé, de sorte qu\u2019il ne restait plus rien d\u2019intéressant à annoncer pour distraire l\u2019attention quand la vraie mauvaise nouvelle est tombée.Gracieuseté de l\u2019Unité permanente anti- corruption (UPAC).Il y avait tout un troupeau d\u2019éléphants dans la pièce du Centre des congrès de Québec où le nouveau trio économique était venu présenter les grandes lignes du budget aux médias.Bien entendu, aucun de ses membres n\u2019a voulu commenter le spectaculaire coup de filet.Si la police voulait faire la démonstration qu\u2019elle n\u2019est pas à la solde des libéraux, elle ne pouvait pas trouver mieux.En septembre 2013, le retour de Philippe Couillard à l\u2019Assemblée nationale avait été assombri par l\u2019annonce d\u2019une perquisition à la permanence du PLQ, mais ce n\u2019était rien en comparaison des arrestations de jeudi matin.Si jamais un doute subsistait quant à la re- Le troupeau d\u2019éléphants G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É L\u2019 UPAC a largué jeudi une véritable bombe à fragmentation dans le monde politique québécois.L\u2019arrestation de Nathalie Normandeau et de six autres personnes a torpillé la présentat ion du budget Leitão et plongé dans l\u2019em- bar ras le Par t i l ibéral du Québec, tout en rappelant que le dépôt du rapport de la commission Charbonneau n\u2019a pas signé la fin des enquêtes sur la corruption.La rafle historique menée au petit matin par l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) a dans les faits provoqué la commotion politique que le rapport Charbonneau n\u2019avait pas réussi à créer \u2014 notamment à cause de la dissidence du commissaire Renaud Lachance sur le financement politique.Une dissidence qui paraît au- jourd\u2019hui ébranlée.M.Lachance avait trouvé « ridicules » plusieurs conclusions de France Charbonneau sur les liens entre le versement d\u2019une contribution à un par ti politique et l\u2019obtention d\u2019un contrat.Jeudi, l\u2019UPAC a au contraire évoqué un problème « systémique».« Il est injuste et inéquitable d\u2019utiliser les contrats publics comme outil politique et il est également intolérable d\u2019utiliser le pouvoir de son influence pour favoriser des élections, a lancé le patron de l\u2019UPAC, Robert Lafre- nière.Il en va de la confiance des citoyens envers leurs dirigeants et leurs institutions.» M.Lafrenière (dont le mandat se termine le 28 mars, mais qui souhaite être reconduit dans ses fonctions) a qualifié de «graves» les infractions reprochées aux accusés.« Non seulement elles sont en violation de la loi, elles mettent en péril les principes mêmes de la démocratie», estime-t-il.Fraudes et corruption L\u2019« enquête-marathon » de l\u2019UPAC a donc mené aux arrestations de l\u2019ancienne ministre et vice-première ministre libérale Nathalie Norman- deau, de son ancien chef de LE BUDGET LIBÉRAL OCCULTÉ PAR L\u2019UPAC MICHEL DAVID R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L e ministre des Finances, Carlos Leitão, a présenté jeudi son troisième budget \u2014 le deuxième sans déficit \u2014, qui tente d\u2019apaiser la grogne en mettant un terme aux coupes en éducation et en réduisant les frais de garde pour certaines familles.«Je ne crois pas que cette colère [de la population] soit si destructrice que cela», a affirmé Carlos Leitão lors de la conférence de presse qu\u2019il a donnée au huis clos du budget en compagnie du président du Conseil du trésor, Sam Hamad, et de la ministre de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation, Dominique Anglade.«On n\u2019est pas le gouvernement de l\u2019austérité.Il n\u2019y a pas eu d\u2019austérité», s\u2019est défendu le ministre des Finances.Au moment où nombre de familles de la classe moyenne sont forcées de payer des frais de garde additionnels lors de la production de leurs déclarations de revenus, Carlos Leitão accorde à compter de 2015 une baisse de tarif aux quelque 30 000 familles avec deux enfants qui fréquentent les garderies subventionnées : le deuxième enfant est à moitié prix.Ce rabais rétroactif au volume représente un manque à gagner de 16 millions pour le gouvernement.Alors que le budget de l\u2019an dernier prévoyait qu\u2019une première tranche de la taxe santé serait éliminée en 2017, Carlos Leitão procède dès cette année à une première réduction, soit de 50 $ pour les contribuables qui gagnent moins de 41 000 $ et qui paient 100 $ et PARTICULIERS Aucune augmentation de taxes ni d\u2019impôts FAMILLES Réduction de la hausse des frais de garde SANTÉ Abolition de la taxe santé d\u2019ici 2018 ÉDUCATION Réinvestissement sur trois ans de 500 millions JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre des Finances, Carlos Leitão, en compagnie du président du Conseil du trésor, Sam Hamad De l\u2019austérité à l\u2019apaisement V O L .C V I I N o 5 9 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m JACQUES GRENIER LE DEVOIR Nathalie Normandeau a été vice-première ministre dans le gouvernement Charest d\u2019avril 2007 à sa démission, en septembre 2011.Onde de choc politique L\u2019ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau et six autres personnes sont arrêtées pour fraude et corruption L\u2019UPAC frappe \u203a Et de une! Un éditorial de Brian Myles.Page A 10 Le fruit d\u2019une longue enquête.Page A 3 À lire.Notre couverture en pages A 2 à A 4 VOIR PAGE A 12 : UPAC VOIR PAGE A 12 : BUDGET VOIR PAGE A 12 : DAVID J A C Q U E S N A D E A U L E D E V O I R L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 L \u2019 U P A C F R A P P E A 2 Voici des extraits du rapport de la Commission d\u2019enquête sur l\u2019octroi et la gestion des contrats publics dans l \u2019 industrie de la construction.L\u2019octroi de subventions au MAMROT [\u2026] Nous avons évoqué [\u2026] les liens étroits qui unissaient Bruno Lortie et Marc-Yvan Côté ainsi que les intérêts croisés ayant réuni toutes ces personnes autour du MAMROT [ministère des Af faires municipales, des Régions et de l\u2019Occupation du Territoire] : ancien ministre influent du Parti libéral, Marc-Yvan Côté soutient la candidature de Bruno Lortie comme chef de cabinet lorsqu\u2019il est sollicité à ce sujet par le cabinet du premier ministre.Marc-Yvan Côté travaille à cette époque comme vice-président principal au développement des affaires pour la firme Roche, très active dans l\u2019est du Québec.Originaire de cette région, Nathalie Norman- deau, alors ministre déléguée au Développement régional et au Tourisme, embauche Lor- tie comme chef de cabinet en 2003, puis est nommée en 2005 ministre du MAMROT, avec lequel la firme Roche traite couramment.[\u2026] L\u2019implication du cabinet politique dans le traitement des dossiers se manifeste de plusieurs façons.Durant les années où Nathalie Normandeau et Bruno Lortie sont à la tête du MAMROT, le cabinet intervient d\u2019abord auprès de l\u2019appareil administratif en lui demandant des « états de dossiers ».Ces demandes surgissent généralement après qu\u2019un représentant d\u2019une municipalité ou d\u2019une firme de génie a appelé un membre du cabinet politique pour savoir où en est rendue l\u2019analyse d\u2019une demande de subvention.Vincent Lehouillier a expliqué qu\u2019il recevait ainsi des appels de toutes les firmes de génie traitant avec le Ministère, à l\u2019exception de la firme Roche, qui possédait « ses entrées particulières » auprès du chef de cabinet : Marc- Yvan Côté parlait directement à Bruno Lortie.[\u2026] [\u2026] La preuve recueillie par la Commission nous amène donc à conclure que les intérêts d\u2019une firme de génie et ceux de certains membres d\u2019un cabinet politique ont été inextricablement mêlés durant les années où Nathalie Nor- mandeau et son chef de cabinet Bruno Lortie ont assumé la direction du ministère des Affaires municipales.La firme de génie Roche, qui participait activement à des activités de financement pour la ministre, a bénéficié dans une large mesure des subventions que cette dernière destinait principalement aux deux régions où la firme était solidement implantée.En même temps qu\u2019elle favorisait sa propre région, la ministre a eu recours à son pouvoir discrétionnaire de manière récurrente et sans en justifier l\u2019utilisation de façon suffisante, comme l\u2019a indiqué le Vérificateur général dans son rapport en 2013.Dans certains cas, les décisions de la ministre allaient à l\u2019encontre des recommandations de ses fonctionnaires.Des témoignages suggèrent que «beaucoup de pressions» ont été exercées par le cabinet sur l\u2019appareil administratif.[\u2026] Conclusion [Il] apparaît que l\u2019esprit de la Loi électorale, qui visait à empêcher le financement politique par des personnes morales, a été contourné à grande échelle à la fois par les principaux partis politiques et par les entreprises qu\u2019ils sollicitaient.[\u2026] [Il] est possible de conclure que, durant les années visées par le mandat de la Commission, un lien unissait le versement de contributions à des partis politiques provinciaux et le processus d\u2019octroi de contrats publics.Une vingtaine de situations types, décrites avec des exemples concrets par les témoins, illustrent les multiples formes qu\u2019a prises ce lien.De façon générale, ces situations mettent en scène des représentants d\u2019entreprises cherchant à obtenir des contrats publics et des représentants de partis politiques cherchant à obtenir du financement de la part de ces gens d\u2019affaires.Les uns et les autres interagissent notamment à l\u2019occasion d\u2019activités de financement politique et dans le contexte des objectifs de développement des affaires que poursuivent les représentants d\u2019entreprises.Une sorte de pacte plus ou moins tacite unit les acteurs au sein de ce système où le versement de contributions politiques se trouve récompensé par une certaine quantité de contrats.[\u2026] Dissidence du commissaire Renaud Lachance À la lumière des faits et des témoignages présentés en audience, je ne peux pas souscrire à la thèse [\u2026] concluant à un lien indirect entre le versement de contributions politiques et l\u2019octroi des contrats au niveau provincial.À mon avis, la seule question à se poser pour conclure à l\u2019existence de ce lien, qu\u2019il soit direct ou indirect, est la suivante : le versement d\u2019une contribution à un parti politique au niveau provincial a-t-il permis à une entreprise d\u2019obtenir un contrat ?Tous les dirigeants d\u2019entreprise témoins à la Commission, y compris ceux qui ont grandement collaboré et fait de graves admissions à la Commission, ont répondu non à cette question, que ce soit lorsque le Parti québécois ou le Parti libéral du Québec était au pouvoir.[\u2026] Les faits présentés devant la Commission n\u2019ont pas montré un lien, qu\u2019il soit direct ou indirect, entre le versement d\u2019une contribution politique au niveau provincial et l\u2019octroi d\u2019un contrat public.[\u2026] Extraits du rapport Charbonneau ARRESTATIONS Qui sont-ils?JAQUES NADEAU LE DEVOIR ARCHIVES LE DEVOIR ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR ARCHIVES LE DEVOIR ARCHIVES LE DEVOIR LINKEDIN JACQUES NADEAU LE DEVOIR Fonctions : ministre libérale des Affaires municipales, des Régions et de l\u2019Occupation du Territoire, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et ex-vice-première ministre du Québec sous Jean Charest (2003 à 2011).Accusations : Complot, corruption de fonctionnaires, fraudes envers le gouvernement, abus de confiance, fraude.Devant la commission Charbonneau, elle a dit : «Si ça s\u2019est fait, ça s\u2019est fait à l\u2019insu du ministère et de la ministre que j\u2019étais.On appelle ça de la magouille et ça doit être condamné.» Nathalie Normandeau Fonctions: ministre libéral des Transports, ministre de la Santé et des Services sociaux et ministre délégué à la Réforme électorale sous Robert Bourassa (1985 à 1994).Membre du Parti libéral du Canada jusqu\u2019en 2005 et banni à vie après le scandale des commandites.Vice-président du développement des affaires chez Roche Conseil de 1994 à 2005.Accusations : complot, corruption de fonctionnaires, fraudes envers le gouvernement, abus de confiance, fraude.Devant la commission Charbonneau, il a dit, concernant la participation des firmes de génie-conseil au financement des partis politiques : «C\u2019était dans l\u2019air du temps.À l\u2019époque, contribuer aux partis politiques \u2014 fédéral, provincial et municipal \u2014, c\u2019était dans les mœurs.» Marc-Yvan Côté Fonctions: ex-chef de cabinet de Nathalie Normandeau.Également très proche de Marc-Yvan Côté, qu\u2019il décrit comme son «grand frère adoptif ».Accusations : complot, corruption, abus de confiance, fraude contre le gouvernement.Devant la commission Charbonneau, il a dit, à propos de son rôle dans le financement politique du Parti libéral du Québec : «Le financement, c\u2019était juste un ajout à mes tâches qui étaient déjà pas mal remplies.» Bruno Lortie Fonctions : attaché politique au bureau de circonscription de Charlevoix du député péquiste Rosaire Bertrand et de l\u2019ex-première ministre péquiste Pauline Marois (1994 à 2010).Accusations: complot, abus de confiance, corruption de fonctionnaires.Devant la commission Charbonneau, il a dit, au sujet des 10 000 $ qu\u2019il a demandés et obtenus d\u2019un ingénieur de Roche parce qu\u2019il était incapable d\u2019atteindre ses objectifs de financement : « Moi, je suis orgueilleux, je veux atteindre mes objectifs.» Ernest Murray Fonctions : ex-vice-présidente de la firme de génie-conseil Roche.A été reconnue coupable en septembre de fraude et complot pour une affaire de stratagème d\u2019octroi et de partage de contrats publics à Boisbriand.Accusations : complot, corruption de fonctionnaires, fraudes envers le gouvernement, abus de confiance, fraude.Est aussi visée par des accusations de fraude fiscale déposées lundi par l\u2019UPAC.Devant la commission Charbonneau, elle a dit, à propos de l\u2019utilisation de prête- noms et de stratagèmes de fausse facturation pour faire des dons politiques : «On le sait que ce n\u2019est pas quelque chose qui est correct de faire du financement politique.On le faisait parce que tout le monde le faisait.» France Michaud Fonctions: ex-président et chef de la direction chez Roche.Accusations: complot, corruption de fonctionnaires, fraudes envers le gouvernement, abus de confiance, fraude.Est aussi visé par des accusations de fraude fiscale déposées lundi par l\u2019UPAC.Devant la commission Charbonneau, il fut dit : [que Mario Martel] aurait établi le budget annuel de financement des partis politiques avec France Michaud et aurait été mis au courant des plus importantes contributions aux partis.Mario W.Martel Fonctions : maire de Gaspé (2005 à 2013).Conseiller et attaché politique du député péquiste de la circonscription, Gaétan Lelièvre (2014 à 2015).Accusations: complot, abus de confiance.Devant la commission Charbonneau, un ex-ingénieur de chez Roche a déclaré, à propos du voyage à Paris et à Saint-Malo que la firme de génie-conseil aurait payé à François Roussy : «On a fait beaucoup de terrasse.» En retour, Roche aurait obtenu de lucratifs contrats de la Ville en échange de versements d\u2019argent dans un fonds d\u2019aide local.François Roussy L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 L \u2019UPAC FRAPPE A 3 J E A N N E C O R R I V E A U A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T I l a fallu plus d\u2019un an après la fin des enquêtes Joug et Lierre pour que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) porte des accusations contre sept personnes, dont les ex-ministres Nathalie Normandeau et Marc- Yvan Côté, en lien avec du financement politique présumément illégal.Ces délais, qui avaient suscité de l\u2019impatience dans les rangs de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC), pourraient s\u2019expliquer par la complexité du dossier et la nécessité d\u2019amasser des preuves solides, avancent des experts en droit.Les arrestations ont eu lieu simultanément dans la région de Québec, en Gaspésie et dans Charlevoix peu après 6 h jeudi matin au terme d\u2019une enquête «marathon» qui a duré quatre ans et demi, selon les dires de Robert Lafrenière.Les sept accusés sont soupçonnés d\u2019avoir comploté pour souscrire à une caisse électorale en ayant recours à des prête-noms en échange de contrats publics.Les ex-ministres libéraux Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, l\u2019ancien directeur de cabinet de Mme Normandeau, Bruno Lor tie, les ex-dirigeants de la firme Roche Mario W.Martel et France Michaud font face à des accusations de corr uption, de fraudes envers le gouvernement et d\u2019abus de confiance pour des infractions commises entre les années 2000 et 2012.Pour leur part, Ernest Murray et François Roussy, qui sont liés au Parti québécois, sont accusés de complot et d\u2019abus de confiance.L\u2019UPAC a invoqué la nature «systémique» des stratagèmes utilisés et la durée des infractions commises sur une longue période pour justifier son refus de nommer les dossiers ou contrats qui pouvaient y être liés.Rappelons que l\u2019enquête Joug concernait le dossier de l\u2019usine d\u2019eau de Boisbriand, alors que l\u2019enquête Lierre portait sur le financement du Parti libéral du Québec.La commission Charbonneau La timidité qu\u2019on a pu reprocher à la commission Charbonneau à la publication de son rapport en novembre dernier prend un autre éclairage à la lumière des événements de jeudi.« La commission a rappelé à plusieurs reprises qu\u2019elle ne devait pas nuire aux enquêtes criminelles », rappelle Martine Valois, professeure à la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal.Celle-ci dit avoir « lu et relu » les pages du rapport abordant le financement politique.« Ce que la juge Charbonneau décrit, c\u2019est qu\u2019il y a apparence de corruption politique », rappelle-t- elle tout en suggérant que la Commission voulait vraisemblablement éviter de nuire aux enquêtes policières.Selon elle, il n\u2019est pas étonnant que l\u2019enquête du DPCP ait mis autant de temps avant de porter des accusations dans le dossier du financement politique.«Quand on s\u2019apprête à porter des accusations contre l\u2019ex-vice-première ministre, on ne peut pas se tromper.Notre preuve doit être absolument solide».À ce sujet, le commissaire Lafrenière a affirmé que l\u2019UPAC avait accumulé une «preuve béton».Il a d\u2019ailleurs remercié la population pour sa patience en soulignant que les enquêtes de nature économique peuvent être longues, mais que le travail minutieux des policiers permettait maintenant d\u2019en récolter les fruits.À l\u2019automne dernier, des médias avaient rapporté l\u2019impatience manifestée en sourdine par l\u2019UPAC à l\u2019égard du peu d\u2019empressement de la Couronne à porter des accusations en lien avec une demi-douzaine d\u2019enquêtes complétées depuis des mois, dont deux touchant le Parti libéral du Québec.De passage en commission parlementaire pour expliquer le plan de restructuration de son bureau en novembre 2015, la directrice du DPCP, Annick Murphy, avait d\u2019ailleurs déploré la pression dont les procureurs faisaient l\u2019objet.Force de frappe La juge à la retraite Suzanne Coupal affirme qu\u2019on peut prendre la mesure, à la lumière des accusations qui sont maintenant portées, de l\u2019impor tance des enquêtes policières et de leur puissance de frappe en comparaison d\u2019une commission d\u2019enquête publique.« Oui, faire des enquêtes policières, c\u2019est laborieux.Il faut ramasser une preuve sérieuse et être convaincu que ça peut être présenté en Cour, mais ça donne des résultats », dit-elle.L\u2019avocat criminaliste Walid Hijazi avertit qu\u2019il faudra s\u2019armer de patience dans ce dossier.« On a une frappe policière spectaculaire, des accusations extrêmement graves qui touchent pour la première fois des politiciens au niveau provincial », dit-il.Par conséquent, « la preuve sera cer tainement très volumineuse.Il faut s\u2019attendre à un processus qui sera long.» Coup d\u2019éclat L\u2019opération policière coïncide avec le dépôt, à Québec, du budget du gouvernement Couil- lard, mais le commissaire Lafrenière a nié tout lien entre l\u2019opération policière et la ligne d\u2019action du gouvernement.« L\u2019agenda des enquêtes est dicté par les enquêteurs et par les procureurs.Quand les planètes sont alignées, il faut procéder.C\u2019est ce qui est arrivé dans ce dossier-là.Il y a eu des dénonciations émises il y a deux jours, et les mandats d\u2019arrestation ont été lancés hier.Alors, ça fait en sorte que, légalement, on doit faire ça rapidement, et c\u2019est pour ça que ça s\u2019est fait au- jourd\u2019hui», a expliqué le M.Lafrenière.La rafle survient aussi à quelques jours de la fin du mandat du commissaire Lafrenière à la tête de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC).Mais M.Lafrenière, qui a déjà formulé le souhait d\u2019obtenir un autre mandat, s\u2019est bien gardé de commenter le processus de recrutement au poste de commissaire.Le mandat de M.Lafrenière se termine le 28 mars et une cinquantaine d\u2019enquêtes sont présentement en cours à l\u2019UPAC.Reste que selon le commissaire, les arrestations de membres de la classe politique démontrent l\u2019indépendance dont jouit l\u2019UPAC.« Le message, aujourd\u2019hui, c\u2019est que l\u2019UPAC est indépendante et que nous pouvons mener n\u2019importe quelle enquête, peu importe le parti, qu\u2019il soit provincial ou municipal », a-t-il souligné.Le Devoir Les fruits d\u2019une longue enquête PEDRO RUIZ LE DEVOIR « De graves infractions », a dit en conférence de presse jeudi le commissaire de l\u2019UPAC, Robert Lafrenière, « qui mettent en péril les principes mêmes de la démocratie ».730 000 $ Contributions versées au Parti libéral du Québec, au Parti québécois et à l\u2019ADQ par des employés et des proches de la firme Roche entre 1998 et 2011.D A V E N O Ë L L a frappe de l\u2019UPAC est un nouveau coup dur pour une entreprise déjà visée par des accusations de fraudes fiscales déposées plus tôt cette semaine.Roche Groupe-Conseil, désormais connue sous le nom de Norda Stelo, est née il y a plus de 50 ans.La réputation de l\u2019entreprise a été mise à mal au cours des dernières années, notamment lors de la commission Charbonneau.Pendant les audiences, le public a appris que son personnel a versé aux trois grands partis provinciaux des dons totalisant plusieurs centaines de milliers de dollars au cours des années 2000.13 février 2007 Attribution d\u2019une subvention de 11 millions de dollars à la Ville de Boisbriand par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l\u2019Occupation du Territoire (MAMROT), dirigé par Nathalie Normandeau, pour la réfection et l\u2019agrandissement de son usine de traitement des eaux.Les travaux seront réalisés par la compagnie Infrabec de Lino Zambito et par la firme Roche.Novembre 2008 Cocktail de financement annuel de Nathalie Normandeau.L\u2019entrepreneur en construction Lino Zambito achète pour 10 000 $ de billets à la demande de France Michaud, la vice-présidente de la firme de génie-conseil Roche.7 avril 2010 Perquisition de l\u2019escouade Marteau dans les bureaux de Roche.3 février 2011 Arrestation par l\u2019escouade Marteau de sept personnes, dont Lino Zambito, France Michaud et l\u2019ancienne mairesse de Boisbriand de 2005 à 2009 Sylvie St-Jean, en lien avec le dossier de l\u2019usine de traitement des eaux de Boisbriand.16 février 2011 Création de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC).6 septembre 2011 La vice-première ministre du Québec et ministre des Affaires municipales Nathalie Norman- deau annonce son retrait de la vie politique.19 octobre 2011 Le premier ministre Jean Charest met sur pied une commission d\u2019enquête chargée de faire la lumière sur de possibles activités de collusion et de corruption dans l\u2019industrie de la construction.La présidence de la commission est confiée à la juge France Charbonneau.6 mai 2014 Perquisition de l\u2019UPAC à l\u2019Hôtel de Ville de Gaspé dans le cadre d\u2019une enquête sur l\u2019ancien maire François Roussy, pour lequel la firme Roche a remboursé une partie des frais d\u2019un voyage en France.18 juin 2014 Témoignage de Nathalie Normandeau à la commission Charbonneau.15 septembre 2015 France Michaud et l\u2019ancien maire de Boisbriand de 1998 à 2005 Robert Poirier sont reconnus coupables de fraude dans le dossier de l\u2019usine d\u2019épuration des eaux de la municipalité.24 novembre 2015 Dépôt du rapport Charbonneau après quatre ans de travaux.Le commissaire Renaud La- chance exprime son désaccord avec la présidente sur l\u2019existence d\u2019un lien entre le financement des partis politiques et l\u2019octroi de contrats par le gouvernement du Québec.14 mars 2016 L\u2019UPAC dépose 67 chefs d\u2019accusation à l\u2019endroit de la firme Roche \u2014 rebaptisée Norda Stelo \u2014 et de la firme Pluritec sur des cas présumés de fraude fiscale.17 mars 2016 L\u2019UPAC procède à l\u2019arrestation des ex-libéraux Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté et Bruno Lortie, des anciens représentants de Roche France Michaud et Mario Martel, d\u2019un ancien employé du Parti québécois, Ernest Murray, et de l\u2019ex-maire de Gaspé François Roussy.Le Devoir Roche Groupe- Conseil visé Projet Joug Cette enquête de l\u2019Unité permanente anticor- ruption (UPAC) s\u2019est intéressée aux stratagèmes de financement illégal mis en place par le Parti libéral (PLQ) et le Parti québécois (PQ).Elle aurait notamment visé à décortiquer les liens qu\u2019entretenait la firme de génie- conseil Roche, devenue Norda Stelo en décembre 2015, avec le PLQ, d\u2019une part, et le PQ, d\u2019autre part.Un stratagème d\u2019octroi de contrats en échange de contributions aux caisses des partis aurait été mis en place au sein des partis.La vice-présidente de Roche, France Michaud, aurait agi comme courroie de transmission entre la firme de génie- conseil et le PQ.Projet Lierre Le projet Lierre a ciblé uniquement le financement du Parti libéral du Québec.Les enquêteurs se sont notamment intéressés à l\u2019octroi d\u2019une subvention de 11 millions de dollars par la ministre des Affaires municipales, des Régions et de l\u2019Occupation du territoire, Nathalie Normandeau, à la municipalité de Bois- briand afin que Roche et Infrabec y construisent une nouvelle usine de traitement des eaux.Aussi, l\u2019enquête de l\u2019UPAC aurait permis d\u2019exposer un système de prête-noms et de révéler l\u2019influence des dons au parti sur l\u2019octroi de subventions.Marie-Michèle Sioui Deux projets pour une enquête Ministère des Affaires municipales (2005-2009) 128 350$ en 2005 140 193$ en 2006 161 391$ en 2007 184 541$ en 2008 132 903$ en 2009 Source : commission Charbonneau Dons recueillis par Nathalie Normandeau JACQUES NADEAU LE DEVOIR L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 L \u2019 U P A C F R A P P E A 4 M A R I E - M I C H È L E S I O U I L ui aussi ébranlé par la frappe de l\u2019Unité permanente anticorruption, le Parti québécois (PQ) s\u2019est défendu jeudi d\u2019être un parti rongé par la corruption, en insistant sur le fait que son rival, le Par ti libéral, se trouve dans une situation beaucoup plus gênante que la sienne, à son avis.«Ça n\u2019a rien à voir, en termes d\u2019ampleur», a déclaré le porte- parole de l\u2019opposition officielle en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, à propos de l\u2019ombrage que porte la rafle policière sur son parti.Ernest Murray, ex-attaché politique de Pauline Marois, et François Roussy, ex-maire de Gaspé et ancien attaché politique du député péquiste de Gaspé Gaétan Lelièvre, sont au nombre des accusés.Ils font face à des accusations de complot et d\u2019abus de confiance.«M.Roussy est accusé à titre de maire de Gaspé, donc il n\u2019y a pas d\u2019af filiation politique », a souligné Pascal Bérubé.« Ernest Murray était dans une circonscription sans pouvoir.Ce n\u2019est pas comme une vice- première ministre, qui peut donner des contrats », a-t-il ajouté, en référence à l\u2019ex-vice- première ministre libérale Nathalie Normandeau, qui fait face à sept chefs d\u2019accusation, notamment pour fraude et complot.« [Nathalie Norman- deau], c\u2019était quand même, je le rappelle, la vice-première ministre libérale du Québec.[\u2026] La vice-première ministre qui corrompt ses propres fonctionnaires, c\u2019est d\u2019une gravité historique.Les accusations de complot couvrent une période qui va de 2000 à 2012, soit presque toute sa carrière politique », a- t-il déclaré.François Roussy sous le choc Pascal Bérubé semble viser juste quand il avance que les faits qui sont reprochés à François Roussy ne concernent pas des gestes qu\u2019il aurait posés dans l\u2019exercice de ses fonctions pour le PQ.Les accusations por tées contre l\u2019ex-maire concernent des faits survenus entre 2000 et 2012.Or M.Roussy n\u2019est devenu l\u2019attaché politique de Gaétan Lelièvre qu\u2019en 2014, un an après avoir quitté sa fonction de maire de Gaspé.Dans un communiqué, François Roussy s\u2019est dit abasourdi par les accusations por tées contre lui.« Je suis sous le choc et vraiment très surpris de ces accusations ! Cela étant dit, je fais entièrement confiance au système judiciaire pour faire toute la lumière sur cette affaire et au moment oppor tun, je pourrai enfin exprimer toute ma version des faits», a-t-il réagi.Ernest Murray, en revanche, a reconnu devant la commission Charbonneau avoir sollicité la firme Roche afin qu\u2019elle fournisse 10 000 $ en financement pour la campagne de Pauline Marois dans Charle- voix, en 2008.Celui qui était aussi responsable de bureau dans la circonscription de Charlevoix a précisé que Pauline Marois avait été mise au courant de la participation de Roche dans sa campagne après coup.«On a toujours dit, dès le début : s\u2019il a commis des gestes, qu\u2019il soit sanctionné», a déclaré la leader parlementaire adjointe de l\u2019opposition officielle, Agnès Maltais, plus cinglante que son collègue au sujet de M.Mur ray.« Vraiment, là- dessus, on n\u2019a aucune pitié pour des gestes de financement illégal.J\u2019aimerais que M.Couil- lard ait la même attitude envers les gens du Parti libéral.» Également visée par des accusations, France Michaud, vice-présidente de Roche jusqu\u2019à sa première arrestation, en février 2011, a aussi certains liens avec le Parti québécois.En tant que cadre pour la firme de génie-conseil, elle aurait par ticipé à des stratagèmes de financement illégal, tant au PLQ qu\u2019au PQ.Elle fait face à sept chefs d\u2019accusation pour complot, corruption de fonctionnaires, fraudes envers le gouver nement, abus de confiance et fraude.Le Devoir Le Parti québécois se compare\u2026 et se console P H I L I P P E O R F A L I S i jamais Nathalie Norman- deau devait refuser de couler seule en révélant tout ce qu\u2019elle sait sur les stratagèmes de financement politique au Québec, elle pourrait en « faire tomber une méchante gang» au sein du Par ti libéral, estime l\u2019ex-numéro un de l\u2019opération Diligence, Sylvain Tremblay.Parce que quoi qu\u2019en dise Philippe Couillard, les liens entre « l\u2019ancienne garde » de Jean Charest et la sienne sont encore nombreux.Aujourd\u2019hui à la retraite, l\u2019ex-enquêteur de la Sûreté du Québec a souvent exprimé ouvertement son scepticisme face au travail de la commission Charbonneau et celui de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC).Même s\u2019il demeure sur sa faim, il juge que les arrestations de jeudi ont de quoi faire frémir M.Couillard et certains de ses ministres.«S\u2019il fallait que Mme Normandeau se mette à table et [se] dise \u201cc\u2019est pas vrai que je vais tomber toute seule\u201d et qu\u2019elle nous explique vraiment le financement du PLQ [\u2026] elle pourrait vraiment éclaircir [la situation] pour les contribuables qui se sont fait flouer pendant des années», a estimé M.Tremblay, qui fut l\u2019un des principaux responsables des opérations SharQc et Diligence de la SQ.« Elle peut en faire tomber une méchante gang.» Pourtant, jeudi matin, Philippe Couillard a tenté de minimiser les liens entre sa formation et celle que dirigeait Jean Charest jusqu\u2019en 2012.Il a déclaré que ces arrestations témoignent d\u2019une autre époque.«Le parti que je dirige actuellement a une pratique exemplaire en financement politique», a-t-il soutenu.Il a toutefois omis de préciser qu\u2019avant de rompre tous ses liens avec le PLQ au cours des derniers mois, Nathalie Normandeau avait été appelée en renfort à plus d\u2019une reprise afin d\u2019aider (bénévolement) à former divers candidats libéraux novices.De plus, dix des ministres de Philippe Couillard (et lui- même) ont travaillé côte à côte avec l\u2019ex-vice-première ministre au sein du cabinet Charest : Sam Hamad, Julie Boulet, Lise Thériault, Jean-Marc Fournier, Pierre Moreau, Christine St- Pierre, Laurent Lessard, Kathleen Weil, Geof frey Kelley, Stéphanie Vallée, Dominique Vien et Nicole Ménard.Du lot, M.Fournier, le leader parlementaire du gouvernement, fut l\u2019un des rares libéraux à commenter l\u2019arrestation de Mme Normandeau.« [L\u2019UPAC] fait son travail.Je pense que c\u2019est pour le mieux », a-t-il af firmé.Les autres ex-collègues de Mme Normandeau, tout comme M.Charest, ont préféré s\u2019en tenir à un «pas de commentaires».C\u2019est le cas de Julie Boulet, qui avait été tenue à l\u2019écart du premier cabinet ministériel de M.Couillard après son passage remarqué devant la commission Charbonneau, mais qui a réintégré le conseil des ministres au plus récent remaniement.Une partie de son témoignage avait été discréditée par le rapport final de la CEIC.«Du monde correct», dit l\u2019ex-président du PLQ Robert Benoît, ancien président du Parti libéral (1985- 1989) et député libéral d\u2019Or- ford (1989-2003), défend quant à lui bec et ongles ses anciens alliés politiques, tels que Mme Normandeau et M.Côté.Celui qui, devant la CEIC, avait désigné l\u2019arrivée de Jean Charest en politique provinciale comme point de départ du changement de culture au sein du PLQ estime au- jourd\u2019hui que la faute revient ni plus ni moins à l\u2019ancien premier ministre.« Comment ça se fait que ça chavire avec l\u2019arrivée de monsieur Charest ?C\u2019est la question que je me pose.[\u2026] Ce n\u2019était pas la culture du parti sous Robert Bourassa, Claude Ryan ou Daniel Johnson.Tout ça va se passer [\u2026] quand M.Charest prend le pouvoir.» Avec Antoine Robitaille et Marco Bélair-Cirino Le Devoir Un seul et même parti Dix des ministres de Philippe Couillard (et lui-même) ont travaillé avec l\u2019ex-vice-première ministre au sein du cabinet Charest JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ancien premier ministre Jean Charest, qui avait nommé Nathalie Normandeau au poste de ministre, est présentement à l\u2019extérieur du pays.Il ne fera «aucun commentaire», a indiqué l\u2019un de ses collaborateurs au bureau d\u2019avocats McCarthy Tétrault, Grégory Larroque.A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T C ogeco Media a suspendu Nathalie Normandeau sans salaire jusqu\u2019au dénouement des procédures judiciaires.Elle coanimait l\u2019émission radiophonique Norman- deau-Duhaime le midi au FM93 avec Éric Duhaime.Rapidement, jeudi matin, la station de Québec a modifié le visuel de son émission pour la renommer tout simplement Duhaime.En entrant en ondes en solo à 11 h, Éric Duhaime a affirmé avoir l\u2019impression de «vivre un cauchemar».« Il y a de ces matins où on se demande si la foudre nous a frappés», a-t- il déclaré alors que commençait simultanément le point de presse de l\u2019UPAC.Bien qu\u2019attristé par la nouvelle, l\u2019animateur a dit vouloir être le plus « transparent » possible.« Je n\u2019ai jamais ménagé un politicien qui fait quelque chose de répréhensible et je ne vais pas commencer aujourd\u2019hui », a-t-il ajouté en commentant l\u2019arrestation de sa coanimatrice.Après la diffusion en direct du début du point de presse, le directeur de la stat ion, Pier re Mar tineau, a lu en ondes le cours communiqué envoyé plus tôt aux médias et annonçant la suspension de Mm e Normandeau.« Il n\u2019y aura aucun commentaire pour l\u2019instant par respect pour les procédures judiciaires », a- t-il déclaré.Le Devoir Le FM93 largue Normandeau OSSIER LES DÉSAFFECTIONS MÉDIATIQUES L À STÉPHANE DE D N U DEMAIN IRE ER I SS O passe larg s lo jeune ands médias ne f gr tions t orma ansf s tr ement le ulonner s débo ent de le v ê ups r er v ê ont plus r sue giq echnolo une m \u2019 ait d tr or .P utiers ne s\u2019y r o s vieux r e .L ui tion q a ut ssent plus; econnai LE ET UR O P AILLAR B TE NTEX CO TE TEX LE .GEON Les arrestations menées par l\u2019UPAC seraient venues confirmer ce qui était déjà bien connu sur la colline Parlementaire, à savoir que les deux principales formations politiques du Québec mènent depuis des années leurs campagnes avec de l\u2019«argent sale», ont fanfaronné jeudi la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS), affirmant tous deux être les seuls à être à l\u2019abri de tout soupçon.«Plus personne ne peut nier que le système de corruption et de collusion fut bien implanté au Parti libéral du Québec (PLQ), a estimé la porte-parole de QS Françoise David.Nous espérons que l\u2019enquête se poursuivra pour démasquer tous les responsables politiques.» Porte-parole en matière d\u2019intégrité à la CAQ, Nathalie Roy a exigé que le premier ministre présente des excuses au nom du PLQ, en plus de s\u2019engager à rembourser chaque cent d\u2019argent « souillé » qui aurait été amassé illégalement dans le cadre du stratagème allégué.« Ce scandale est pire que le scandale des commandites.[\u2026] Nous demandons à M.Couillard de jurer qu\u2019il n\u2019y aura pas d\u2019autres membres du Parti libéral qui se feront accuser de corruption.» Selon elle, Philippe Couillard ne peut se dissocier des gestes allégués.Il était, tout comme Mme Norman- deau, un membre influent du gouvernement Charest, a-t-elle rappelé.Pire que le scandale des commandites, selon la CAQ et QS JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La vice-première ministre qui corrompt ses propres fonctionnaires, c\u2019est d\u2019une gravité historique.Les accusations de complot couvrent une période qui va de 2000 à 2012, soit presque toute sa carrière politique.Le porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé « » A 5 Retenir les étudiants étrangers au Québec Québec \u2014 Actuellement, le quart des étudiants étrangers finissent par déposer une demande pour obtenir leur certificat de sélection au Québec et le gouvernement trouve que ce n\u2019est pas assez.D\u2019où un investissement de 2 millions sur trois ans dans un projet de « rétention » de Québec International et un autre de « soutien entrepreneurial » Québec précise sa stratégie numérique Québec \u2014 Très attendue, la stratégie numérique du Québec tourne autour d\u2019un investissement de 12,8 millions en 2016-2017, notamment pour le virage numérique des PME du secteur manufacturier, les infrastructures en milieu rural, la promotion de l\u2019écosystème québécois et la promotion du commerce électronique.Reprenant un thème déjà vu dans le passé, Québec mise aussi sur un nouveau crédit JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019Union étudiante du Québec (UEQ) s\u2019est dite « indignée » du « faible réinvestissement » de 47 millions dans le réseau universitaire.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e ministre des Finances, Carlos Leitão, desserre légèrement l\u2019étau sur le secteur de l\u2019éducation et de l\u2019enseignement supérieur, ajoutant 84 millions de dollars supplémentaires à cette «priorité nationale» en 2016-2017.Ce réinvestissement de 84 millions s\u2019ajoute à celui de 80 millions, qu\u2019il avait annoncé à l\u2019automne dernier.En tout, 164 millions de « nouveaux dollars » seront donc investis en éducation et en enseignement supérieur entre 1er avril 2016 et le 31 mars 2017.Le taux de croissance annuel des dépenses passera donc de 0,9% à 3% \u2014 3,2% primaire et secondaire et 2 % enseignement supérieur \u2014, ce qui est jugé nettement insuffisant par les partis d\u2019opposition.Cette cible de 3% demeure nettement en deçà de la croissance annuelle moyenne des dépenses de la décennie pré- austérité, c\u2019est-à-dire 3,6 %.«C\u2019est nettement insuffisant», a déclaré le député péquiste Nicolas Marceau, déplorant que « l\u2019austérité se poursui[ve]».Le réseau de l\u2019éducation a été mis sur le « respirateur artificiel » par le gouvernement libéral, a dénoncé le chef caquiste, François Legault.«Il stabilise le patient, c\u2019est tout.» «Nos élèves valent mieux que ça », a soupiré l\u2019élu solidaire Amir Khadir.Les recteurs ont accueilli favorablement le 3e budget Leitão, qui «marque un virage important pour le secteur de l\u2019enseignement supérieur».En revanche, l\u2019Union étudiante du Québec (UEQ) s\u2019est dite «indignée» du « faible réinvestissement » de 47 millions dans le réseau universitaire.«Le gouvernement ne donne même pas la chance au réseau universitaire de se sortir la tête de l\u2019eau», a affirmé la porte- parole de l\u2019UEQ, Caroline Au- bry.La situation \u2014 «services réduits» et «salles de cours [qui] débordent» \u2014 commande un réinvestissement de 350 millions, selon elle.L\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) soupçonne le gouvernement de «volontairement» réduire le financement des cégeps et des universités afin de «mieux y introduire des mécanismes du privé».La Fédération des cégeps a, elle, poussé un soupir de soulagement après des années de « compressions ».Les sommes dévolues en 2016-2017 « couvriront les coûts de système », mais permettront aussi de mettre en place de « nouvelles mesures », a-t-elle fait remarquer.La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ne partageait pas son enthousiasme.«C\u2019est comme si on posait un diachylon sur une plaie béante : c\u2019est un pas dans la bonne direction, mais on s\u2019attendait à plus », a af firmé le président de la FECQ, Antoine Côté.Celui-ci s\u2019est toutefois réjoui de la création d\u2019un programme de mobilité étudiante pour les étudiants collégiaux.«Les plus vulnérables» Dans son budget, M.Leitão a notamment prévu des investissements additionnels de 4 millions pour « intervenir davantage auprès des clientèles les plus vulnérables tout au long de leur parcours de formation », ainsi que 2 millions pour «offrir aux jeunes à risque de décrochage un accompagnement soutenu dès leur entrée au secondaire».Il a aussi mis de côté 40 millions pour «donner aux élèves le goût de réussir et de se dépasser, notamment par la pratique d\u2019activités physiques ».Enfin, il a prévu 27 millions supplémentaires afin de « renforcer les liens» entre la formation et les besoins du marché du travail.« Il faut laisser aux commissions scolaires la latitude pour réaliser des projets en lien avec les besoins et les réalités de leur milieu, elles seules peuvent le faire », a demandé la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard.Le Devoir L\u2019étau se desserre en éducation A L E X A N D R E S H I E L D S D écidé à stimuler l\u2019emploi dans les régions minières, le gouvernement Couillard a décidé d\u2019investir plus de 620 millions de dollars dans la restauration des sites miniers abandonnés du Québec.La facture totale pour les 700 sites à la charge de l\u2019État pourrait dépasser le milliard de dollars.Le budget Leitão présenté jeudi souligne ainsi que le gouvernement entend mettre en œuvre «un plan d\u2019accélération de la restauration des sites miniers abandonnés.L\u2019objectif de réduction du passif environnemental en lien avec les sites miniers passera donc de 50 % à 80% d\u2019ici 2021-2022».L\u2019enveloppe de 620 millions de dollars de fonds publics sera dépensée sur une période de six ans, ce qui permettra, selon le gouvernement, de « stimuler le développement économique dans les régions minières affectées par la baisse actuelle des prix des matières premières tout en améliorant la qualité de l\u2019environnement».Selon les documents budgétaires présentés jeudi, 120 sites miniers ont jusqu\u2019ici été « réhabilités ».« Le gouvernement du Québec a toujours sous sa responsabilité réelle 498 sites miniers à réhabiliter sur son territoire, ce qui représente des travaux d\u2019environ 775 millions de dollars », précise le document présentant le budget.Jusqu\u2019à l\u2019an dernier, les travaux de restauration des sites abandonnés tardaient toutefois à se mettre en place.Des données gouvernementales avaient en ef fet démontré, en janvier 2015, que le gouvernement du Québec avait dépensé près de 103 millions de dollars en huit ans dans la gestion du «passif environnemental minier».Or, la facture totale chiffrée par le MERN en mars 2013 précise que l\u2019État québécois doit injecter près d\u2019un milliard de dollars de fonds publics pour compléter la restauration des 700 sites disséminés sur le territoire.En supposant que le gouvernement aurait décidé de maintenir la moyenne annuelle des montants dépensés, il lui aurait fallu un total de 93 ans pour venir à bout de cet héritage, fruit de décennies de négligence environnementale.Le Devoir SITES MINIERS 620 millions pour la restauration M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e couperet tombe sur le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).Celui-ci écopera d\u2019une baisse de son budget de fonctionnement d\u2019un montant maximal de 5,2 millions de dollars, et ce, à compter du 1er avril prochain.L\u2019élue péquiste Véronique Hi- von a qualifié d\u2019«excessivement inquiétante, voire indécente» la coupe dans le budget de l\u2019équipe de la DPCP, Annick Murphy, et ce, après «la mise en œuvre de mesures structurantes pour améliorer l\u2019efficacité de l\u2019organisation», selon une expression retenue par le Conseil du trésor.«Les besoins sont grandissants.[Le grand patron de l\u2019Unité permanente anticorrup- tion (UPAC), Robert Lafrenière] lui-même disait [jeudi] qu\u2019il y avait des dizaines d\u2019enquêtes en cours en ce moment à l\u2019UPAC.[\u2026] Qu\u2019est-ce que ça donne si, à l\u2019autre bout, il y a engorgement et qu\u2019on n\u2019est pas capable de traduire ça en accusations?» a-t-elle demandé lors d\u2019une mêlée de presse jeudi soir.Mme Hivon a souligné à gros traits le « timing» de l\u2019annonce du resserrement du budget de fonctionnement du DPCP.«Quel timing ! Quelle ironie ! Aujourd\u2019hui même, on commence à voir les fruits du travail de l\u2019UPAC et du DPCP parce qu\u2019enfin des accusations ont été portées contre Madame Normandeau», a-t-elle déclaré, pressant le gouvernement libéral de « justifier » cette décision «complètement inconcevable».La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a appelé à ne pas perdre de vue les « sommes d\u2019argent [liées] à la récupération fiscale du ministère des Finances » qui seront transférées « pendant l\u2019année et selon les besoins » au « budget de base » de 5,2 millions.« Approximativement, bon an, mal an c\u2019est environ 3 millions.Dans le budget de dépenses 2016-2017, il n\u2019est pas inclus parce qu\u2019on ne peut pas prévoir le montant [avec précision] », a-t-elle expliqué dans un entretien téléphonique avec Le Devoir.Par ailleurs, le budget de dépenses du programme « Administration de la justice », visant notamment à assurer le « soutien administratif nécessaire au fonctionnement des cours de justice », a également été revu à la baisse, et ce, de 3,6 millions par rappor t à la dépense anticipée pour l\u2019année financière 2015-2016.« Cet écart résulte, en partie, de la mise en œuvre de mesures de contrôle des dépenses », a expliqué le Conseil du trésor.Le Devoir JUSTICE Le couperet tombe L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 BUDGET QUEBEC 2016 I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e monde autochtone reçoit plus d\u2019attention que d\u2019habitude dans le budget 2016- 2017 à travers une série de petites mesures allant de l\u2019accès à la justice aux rénovations des maisons.Le gouvernement s\u2019attarde notamment à la situation dramatique des résidants de Kitci- sakik, petite communauté al- gonquine dont les conditions de vie ont souvent été comparées à celles du tiers-monde.Là, on priorisera l\u2019aide à la rénovation des maisons qui sont surpeuplées et en très mauvais état.Un total de 55 résidences seront ainsi retapées dans cette communauté isolée de 430 habitants (2 millions sur cinq ans).Beaucoup à faire Le gouvernement concède en outre qu\u2019il reste «beaucoup à faire» pour adapter les services gouvernementaux aux besoins des autochtones.Une attention particulière est donnée aux autochtones qui habitent en ville.Pour leur venir en aide, on augmente le financement des dix centres d\u2019amitié autochtones et des refuges de 5 millions sur cinq ans.S\u2019ajoutent 3,9 millions pour «améliorer les infrastructures de ces organismes».Le gouvernement Couillard bonifie l\u2019aide pour augmenter la fréquence de la Cour itinérante en milieux cri et inuit.On compte améliorer la présence d\u2019avocats sur place et on accroît le recours aux visio- conférences.L\u2019ensemble coûtera 5 millions sur cinq ans.Ces mesures découlent du dernier rapport de la protectrice du citoyen, qui critiquait sévèrement l\u2019administration de la justice au Nunavik.On ajoute aussi 3 millions par an au budget du ministère de la Sécurité publique pour soutenir le travail des policiers exerçant en milieu autochtone.L\u2019argent sera consacré à des « mesures de prévention » relatives à la violence, « la consommation abusive d\u2019alcool et de drogues» et «aux problèmes liés aux compétences parentales».Québec poursuit aussi ses efforts pour améliorer l\u2019accès à la téléphonie cellulaire et à Internet au Nunavik.En plus de poser des problèmes de sécurité, ces lacunes nuisent au développement du Plan Nord et à la rétention des travailleurs sur le territoire, note-t-on dans les documents budgétaires.Après avoir investi 11,5 millions dans une solution temporaire l\u2019an dernier, on annonce maintenant la réalisation d\u2019une étude de 1,5 million pour trouver une solution « permanente» aux problèmes d\u2019accès.Le Devoir Un peu d\u2019aide aux autochtones à HEC (« entrePrism »).Les fonds dédiés à Montréal International iront à de la sensibilisation à l\u2019université pour s\u2019assurer que les étudiants intéressés sont pris en charge et épaulés dans leurs démarches.L\u2019aide à entrePrism permettra quant à elle d\u2019accompagner les étudiants dans leur démarrage d\u2019entreprise et de développer de nouveaux outils pour leur venir en aide.HEC constate une « très forte demande d\u2019accompagnement entrepreneuriale » à l\u2019heure actuelle.Le Devoir d\u2019impôt de 24 % sur les salaires pour appuyer des entreprises qui mettront de l\u2019avant d\u2019éventuels «grands projets » créant au moins 500 emplois.Le gouvernement est résolument optimiste : les projets admissibles à ce crédit, estime-t-il, entraîneront à terme 3000 emplois au coût, pour le Trésor public, d\u2019un manque à gagner de 49,9 millions sur cinq ans.La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a estimé que la stratégie «viendra renforcer la base économique de la métropole».Le Devoir C A R O L I N E M O N T P E T I T L\u2019 organisme Culture Montréal a accueilli favorablement l\u2019apport de 10 millions de dollars au budget du ministère de la Culture et des Communications du Québec, annoncé dans le budget Leitão.La directrice de Culture Montréal, Marie-Claude Lépine, se réjouit également de la volonté du gouvernement du Québec d\u2019investir dans l\u2019offre de création destinée aux jeunes publics de 4 à 12 ans.Des dix millions ajoutés au budget du MCC, cinq devraient être investis dans le budget du Conseil des arts et des lettres du Québec, ce qui n\u2019est pas assez selon le mouvement pour les Ar ts et les Lettres.De cette somme, un impor tant montant devrait être consacré au développement de la littérature, de la musique ou du théâtre pour jeunes publics.Deux autres millions de dollars seront consacrés à la consolidation des institutions muséales, dont au moins un million pour le Musée des beaux-ar ts de Montréal, le premier du Québec en termes d\u2019achalandage, qui s\u2019apprête justement à ouvrir un nouveau pavillon.Enfin, le gouvernement compterait investir trois millions de dollars dans la valorisation et la promotion du français, notamment auprès des populations immigrantes.Le Devoir CULTURE L\u2019offre aux jeunes publics augmentée Au cours des trois prochaines années, le gouvernement libéral consacrera 700 millions à la réfection des établissements d\u2019enseignement (500 millions), à l\u2019aménagement d\u2019«écoles plus écoresponsables» (100 millions), ainsi qu\u2019à la construction de nouveaux gymnases (50 millions) et d\u2019installations sportives et récréatives de toutes sortes (50 millions).La hausse des investissements en infrastructures profitera aux «amis du pouvoir» : au premier chef les firmes de génie-conseil et les entreprises de construction, a lancé l\u2019élu solidaire Amir Kha- dir.«Ce sont eux qui ont guidé la main qui a écrit le budget», a- t-il affirmé, tout en pointant l\u2019arrestation de l\u2019ex-ministre libérale Nathalie Normandeau.«Cet événement montre l\u2019influence indue des milieux d\u2019affaires sur le [Parti libéral du Québec].» 700 millions pour les infrastructures La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a appelé à ne pas perdre de vue les «sommes d\u2019argent [liées] à la récupération fiscale du ministère des Finances» A 7 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 BUDGET QUEBEC 2016 A 6 Santé et Services sociaux En hausse de 2 %.Regroupe les activités du réseau de la santé et les programmes administrés par la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec.38,4 Les dépenses en milliards de dollars Autres ministères Les dépenses liées à la mission de «l\u2019économie et de l\u2019environnement» sont en croissance de 1,8%, celle de la «gouverne et de la justice», de 5,4%.29,7 En baisse de 0,5%.Ces cotisations sont payées par les particuliers et les entreprises pour aider au financement du système de santé.Cotisations pour les services de santé Impôts des particuliers En hausse de 4,1%.29,6 6,5 4,9 Entreprises du gouvernement En baisse de 2,2%.Hydro-Québec devrait générer 2,6 milliards, comparativement à 1,1 mlliard pour la SAQ et pour Loto-Québec.20,2 Transferts fédéraux En hausse de 5,7%.Le Québec recevra 10 milliards en péréquation et 5,9 milliards en transferts pour la santé.Taxes à la consommation En hausse de 2,7%.Les revenus des carburants (2,4 milliards) seront en légère hausse, tandis que ceux des produits du tabac seront en baisse (1 milliard).18,9 Total des revenus 102,6 milliards de dollars (en hausse de 3,2%) Les revenus en milliards de dollars 2,03 milliards - En contribution au Fonds des générations Surplus prévu Les montants ont été arrondis: les sommes diffèrent légèrement des totaux indiqués Tous les documents budgétaires sont disponibles à www.finances.gouv.qc.ca 2,03 milliards 21,6 Éducation et culture En hausse de 3%.Comprend notamment les activités des réseaux d\u2019enseignement, les programmes d\u2019aide financière et ceux liés à l\u2019immigration.Service de la dette En hausse de 3,6%.10,4 2,7% Croissance des dépenses de programmes pour 2016-2017 Total des dépenses 100,1 milliards de dollars (en hausse de 2,5%) 15,9 Autres revenus Les revenus des droits et permis diminueront de 0,5%, à 3,8 milliards.6,6 Impôts des sociétés En hausse de 2,5%.SOURCE VÉLO-QUÉBEC Une portion du circuit de vélo de la Route verte ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Selon le gouvernement, les 88 millions supplémentaires serviront à « augmenter les services à la population ».F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S à Québec Les moyens mis de l\u2019avant par Québec pour appuyer les entreprises sont « limités » et leur impact pourrait prendre du temps avant de se faire sentir, mais le secteur privé voit quand même dans le budget Leitão un message clair, notamment en ce qui concerne l\u2019innovation.Sur cet aspect, l\u2019un de ses représentants y a vu l\u2019influence de la ministre de l\u2019Économie, Dominique Anglade, dont l\u2019entrée au Conseil des ministres à la fin janvier avait suscité des espoirs à ce chapitre.«Le gouvernement sent l\u2019urgence de trouver la formule gagnante pour innover davantage et combler le retard en matière de productivité, a dit le président des Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Éric Tétreault.C\u2019est un budget manufacturier.» Entre autres, l\u2019une des mesures prévoit dès le 1er janvier 2017 une déduction fiscale pour les revenus d\u2019un produit «incorporant un brevet protégeant une invention développée au Québec».Le taux d\u2019imposition passerait de 11,8% à 4%.L\u2019aide est chiffrée à 16,6 millions pour sa première année complète, et grimperait à 47 millions en 2020-2021.Pour 2016-2017, Québec chiffre à 107,3 millions l\u2019aide à l\u2019innovation de divers «secteurs clés».Par exemple, l\u2019enveloppe prévoit 13 millions à la nouvelle stratégie numérique du Québec, une aide de 5 millions pour la stratégie de l\u2019aérospatiale, 2,6 millions aux sciences de la vie, 6,3 millions pour les technologies vertes et 9 millions pour le secteur agroali- mentaire (recherche, occasions d\u2019exportation, gains de productivité).Cette somme comprend 45 millions pour le secteur forestier, dont 27 millions sont prévus pour le remboursement de «chemins mul- tiressources », et 23 millions au secteur environnemental, dont 14,3 millions seront consacrés au rétablissement de sols.Par ail leurs, Québec a glissé dans l\u2019aide au secteur manufacturier une somme de 130 millions, imputable à un nouveau programme de crédit d\u2019impôt pour la rénovation résidentielle écoresponsable.Plusieurs fabricants québécois sont actifs dans ce créneau, soutient Québec.Enfin, Québec se joint à d\u2019autres investisseurs et va consacrer 65 millions à trois fonds d\u2019amorçage, notamment dans les sciences de la vie et les technologies vertes.Quant aux PME, Québec propose une diminution supplémentaire de la cotisation au Fonds des services de santé, ce qui a réjoui la Fédération canadienne de l\u2019entreprise indépendante.La mesure est estimée à 244 millions sur cinq ans.Le Devoir SOUTIEN AUX ENTREPRISES Des moyens « limités », mais un message clair Le secteur privé se réjouit entre autres de l\u2019insistance sur l\u2019innovation J E S S I C A N A D E A U A vec le nouveau budget Leitão, il faut s\u2019attendre à de nouvelles compressions dans le réseau de la santé, dénoncent les syndicats, représentants des usagers et partis d\u2019opposition.« C\u2019est une catastrophe, s\u2019insurge Régine Laurent de la FIQ.Ça veut dire qu\u2019on va avoir à absorber d\u2019autres coupes.Sur le terrain, je ne sais pas comment ça va se traduire, on est déjà sur le respirateur artificiel.» Le gouvernement Couillard a annoncé un investissement de 88 millions supplémentaire en santé, soit une hausse de 2,4 % par rapport au budget de l\u2019an der nier, qui était déjà bien mince.Or, selon plusieurs obser vateurs, il faudrait une augmentation annuelle d\u2019environ 5 % pour simplement couvrir l\u2019augmentation des coûts du système.« En réalité, ça veut dire qu\u2019on nous annonce de nouvelles compressions de 2,6 % », dénonce le por te-parole de Québec solidaire, Amir Khadir.Au Parti québécois, on perçoit la santé comme étant « le grand perdant » de ce budget Leitão.«Le peu d\u2019argent qu\u2019il y a va en augmentations de salaire.Ça veut dire que les patients vont subir les ef fets de ce budget famélique en santé», affirme Nicolas Marceau.Cette critique est reprise presque mot pour mot par le président du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), Pierre Blain.« Ce n\u2019est clairement pas le budget des usagers.» Pas d\u2019argent frais Selon le gouvernement, les 88 millions supplémentaires serviront à «augmenter les services à la population».Mais ce sont des mesures qui, pour la plupar t, ont déjà été annoncées.On promet 60 millions dans les soins à domicile, 5 millions pour des ser vices aux enfants et adultes ayant des troubles du spectre de l\u2019autisme, 15 millions pour augmenter l\u2019accès en chirurgie, 6 millions pour les centres de désintoxication et 2 millions pour la prévention en santé.« Deux millions en prévention, c\u2019est bien peu quand on sait que les budgets de la santé publique ont été amputés de 30% l\u2019an dernier, rappelle Stephen Léger, vice-président à l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.La prospérité, c\u2019est pour Bombardier, les médecins, mais pour ce qui est de la santé de la population, on en est encore aux compressions.La maison craque de partout et on nous offre de mettre de la peinture.» Taxe santé Sans surprise, le gouvernement a devancé la réduction de la taxe santé pour les contribuables « à plus faible revenu » .La contribution santé devait être abolie sur trois ans, et ce, à par tir de 2017, mais le ministre Leitão a annoncé dans son discours du budget une « mise en œu- vre et une accélération de ce plan d\u2019abolition de la contribution santé.» Dès cette année, ce sont donc 4,3 millions de Québécois qui pourront bénéficier d\u2019une réduction du fardeau fiscal équivalant à 130 millions de dollars.On passe ainsi d\u2019une contribution maximale de 100$ à 50$ pour les Québécois dont le revenu se situe sous les 41 000$.Ceux qui payaient 200 $ en payeront 175$.Pour les autres, qui payaient jusqu\u2019à 1000 $, il faudra attendre en 2017 pour voir la tarification baisser à 800 $.Mais dès le 1er janvier 2018, plus aucun Québécois ne devrait payer la taxe santé, promet le gouvernement.L\u2019abolition de la taxe santé représente, à terme, une baisse du fardeau fiscal de 759 millions de dollars par année pour les 4,5 millions de contribuables qui y étaient soumis.Le Devoir SANTÉ Une hausse en trompe-l\u2019œil I S A B E L L E P O R T E R à Québec L es plus gros efforts financiers du gouvernement Couillard en matière de lutte contre la pauvreté ci- blent les travailleurs à faible revenu.En multipliant les primes au travail, on vise à les décourager de recourir à nouveau à l\u2019aide sociale.Juste pour les ménages sans enfants, ces primes augmenteront en 2016-2017 de 42 millions, ce qui devrait toucher 43 000 ménages de plus.Le gouvernement veut ainsi « valoriser l\u2019ef fort de travail » et « inciter les personnes à quitter l\u2019aide financière de dernier recours ».Accueil partagé Or, les groupes sociaux présents au huis clos du budget n\u2019ont pas semblé emballés par cette mesure.«Cet incitatif [\u2026 ] réduit en fait la pression sur les employeurs du Québec pour qu\u2019ils accordent de meilleurs salaires », fait valoir le Collectif pour un Québec sans pauvreté.Sur un autre front, le gouvernement hausse aussi son aide aux banques alimentaires via de l\u2019aide fiscale aux donateurs.Cet investissement de 100 000$ par an permettra à un plus grand nombre de grossistes d\u2019avoir droit à des avantages fiscaux s\u2019ils donnent de la nourriture (les producteurs de lait, les fournisseurs d\u2019aliments pour bébés, de farine, de sucre, de pâtes alimentaires, de légumes surgelés et de mets préparés).L\u2019an dernier, on l\u2019avait offert aux maraîchers, ce qui avait permis d\u2019ajouter 143 producteurs aux fournisseurs du réseau de Moisson Québec.En 2014-2015, plus de la moitié des 19 banques alimentaires avaient manqué de denrées pour répondre à la demande.Sinon, le gouvernement Couillard a été critiqué jeudi particulièrement en matière de logement social et d\u2019aide au revenu.Des organismes comme le FRAPRU lui reprochent de maintenir la baisse des unités Accès Logis entreprise l\u2019an dernier au profit des suppléments au loyer.Plus de 10 000 logements Accès Logis financés dans les budgets précédents sont actuellement en préparation ou en voie de l\u2019être.Mais Marie-José Corri- veau, organisatrice au Front d\u2019action populaire en réaména- gement urbain (FRAPRU), fait valoir que les autres coupes imposées au programme les rendent très dif ficiles à réaliser.«Non seulement le nombre d\u2019unités nouvelles est-il insuf fisant, mais en plus, ce qu\u2019on met sur la table ne sera pas livrable.» Du côté de l\u2019aide au revenu, le budget augmente les prestations des assistés sociaux qui participent au programme Objectif emploi.Or, il reste muet quant aux pénalités que le projet de loi 70 entend imposer aux personnes qui refusent d\u2019y participer.Le Devoir Plus d\u2019argent pour éloigner les gens de l\u2019aide sociale Les travailleurs à faible revenu sont les premiers visés J E S S I C A N A D E A U à Québec Alors que les parents réalisent tout juste l\u2019ampleur de l\u2019augmentation que représente la modulation des frais de service de garde imposée en avril dernier par le gouvernement Couillard, celui-ci tente d\u2019apaiser un peu la grogne populaire en diminuant les frais de garde de 50% pour le deuxième enfant.Pour une famille qui gagne un revenu annuel de 100 000$, le tarif de garde pour le deuxième enfant passe de 11,41$ à 9,36$ par jour.Pour ceux qui paient la contribution maximale, le tarif quotidien passera de 20 $ à 13,65 $.Cette réduction s\u2019applique de façon rétroactive, et les parents recevront un remboursement «dès ce printemps», promet le gouvernement.Cette mesure de 14 millions touchera 30 000 familles.Les parents dont la déclaration de revenus a déjà été analysée recevront un retour de Revenu Canada.Ils devront toutefois s\u2019attendre à payer davantage au fédéral.Nouvelles places Le gouvernement s\u2019engage également à poursuivre la création de nouvelles places subventionnées, mais le programme des mesures d\u2019aide à la famille, qui a pour but de « favoriser l\u2019accès à des services de garde de qualité », est réduit de 30 millions par rapport aux dépenses de l\u2019an dernier.Les représentants des syndicats et des services de garde subventionnés se désolent de voir que le gouvernement va de l\u2019avant avec les compressions annoncées de 120 millions par année.Le gouvernement a toutefois confirmé qu\u2019il leur redonnerait, pour cette année seulement, un budget de transition de 60 millions.« Le gouvernement se targue d\u2019avoir généré des surplus, il aurait pu les réinvestir en petite enfance, le premier maillon de la chaîne en éducation », déplore Xavier de Gaillande, de l\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).« C\u2019est un saccage éhonté des CPE » , dénonce à son tour Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec.Le Devoir CPE Diminution des frais de garde pour le deuxième enfant 4,3 Baisse en millions du fardeau fiscal des contribuables québécois en 2016, grâce à la réduction de la taxe santé I S A B E L L E P O R T E R à Québec Après avoir été vivement critiqué pour les coupes imposées au circuit de vélo de la Route verte, le gouvernement a décidé de réinvestir dans l\u2019entretien du réseau à la grandeur du Québec.Le budget prévoit un nouvel investissement de 10,5 millions dans le réseau d\u2019ici à 2021.Un geste qui rétablit l\u2019aide donnée avant les coupes imposées lors du pacte fiscal fin 2014.Avant les compressions, les municipalités payaient déjà 50 % de la facture d\u2019entretien.Pour plusieurs petites municipalités, c\u2019est déjà énorme, a fait valoir le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Richard Lehoux.Son organisation est ravie du retour du gouvernement dans ce dossier et souligne que la Route verte est un important attrait touristique en région.Près de 300 millions ont été investis dans son développement, qui a d\u2019ailleurs continué à s\u2019étendre malgré les compressions, ajoute-t-on.Le gouvernement engage aussi de nouveaux fonds en infrastructures pour élargir l\u2019accotement sur cer tains tronçons moins sécuritaires.D\u2019ici dix ans, une somme de 50 millions serait ainsi consacrée aux 2000 kilomètres de la Route que les cyclistes doivent partager avec les voitures.La Route ver te compte plus de 5000 kilomètres et est considérée comme la plus longue véloroute en Amérique du Nord.Il y a quelques années, le magazine National Geographic l\u2019avait placée au sommet du classement des plus belles véloroutes du monde.Le Devoir Aide rétablie pour la Route verte JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre des Finances, Carlos Leitão F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S à Québec Un demi-milliard d\u2019ici 2020.C\u2019est la somme à laquelle Québec s\u2019apprête à renoncer en instaurant un nouveau rabais pour les 150 grands consommateurs du secteur manufacturier et des ressources naturelles qui convertiront des lignes de production pour répondre aux mutations du marché ou amélioreront leur efficacité.Ce nouvel appui, qui touche quinze secteurs allant des produits pétroliers au textile en passant par l\u2019aquaculture et la fabrication de matériel de transport, se traduit par un rabais de 20 % pendant quatre ans.En gros, cela se traduirait potentiellement par le remboursement de 40 % des investissements admissibles.Dès 2016-2017, croit Québec, des projets de 357 millions seront jugés admissibles, ce qui générerait l\u2019année suivante un manque à gagner de 42 millions.Ce trou dans les revenus de l\u2019assiette fiscale grimperait à 244 millions en 2020-2021.Complémentarité Le gouvernement a dit que sa mesure est «complémentaire» à ce que la Régie de l\u2019énergie avait annoncé en mars 2015 au sujet d\u2019un « tarif de développement économique » touchant 4000 entreprises.Il était déjà question d\u2019une réduction de 20% par rapport au tarif régulier.Dans son document budgétaire, le gouvernement évalue à 2,6 milliards la redevance provenant d\u2019Hydro-Québec en 2016-2017, suivie de 2,7 milliards l\u2019année suivante.Et pour une entreprise qui réussit à réduire de 20 % ses émissions de gaz à ef fet de serre, a indiqué Québec, il y aura un remboursement supplémentaire de 10 % sur les investissements.« Les entreprises des secteurs manufacturier et de la transformation des ressources naturelles font face à une compétition impor tante, notamment sur les marchés extérieurs.L\u2019intégration des meilleures technologies disponibles est donc un élément essentiel pour assurer leur croissance », af firme le budget du ministère des Finances.« Un des obstacles a?l\u2019investissement est souvent le manque de liquidités.» La mesure a fait bondir Québec solidaire et la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, laquelle a souligné que « les tarifs continuent d\u2019augmenter pour les particuliers ».Les entreprises devront déposer leurs propositions entre septembre 2016 et décembre 2018, et devront compléter leur projet avant le 31 décembre 2020.Le rabais entrera en vigueur dans l\u2019année suivant la réalisation et les trois années subséquentes.Le Devoir ÉLECTRICITÉ Nouveau rabais pour les consommateurs industriels Québec offre aux clients du tarif une diminution potentielle de 20 % pendant quatre ans C\u2019est 250 pages de mesures économiques mais l\u2019emploi baisse.Ça ne s\u2019invente pas.Nicolas Marceau, porte-parole de la du Parti québécois en matière de finances publiques « » La plus grande austérité depuis deux ans, c\u2019est celle du portefeuille des Québécois François Legault, chef de la Coalition avenir Québec « » Le réinvestissement en éducation ne représente que 87 millions en services directs.C\u2019est l\u2019équivalent de 50 cents par jour, par élève.Nos enfants valent mieux que cela.Amir Khadir, le coporte-parole de Québec solidaire « » La Route verte compte plus de 5000 kilomètres et est considérée comme la plus longue véloroute en Amérique du Nord «Le gouvernement se targue d\u2019avoir généré des surplus, il aurait pu les réinvestir en petite enfance» Nouveau crédit à la rénovation Un nouveau crédit d\u2019impôt de 20 % à la rénovation résidentielle écoresponsable, Rénovert, remplacera le pré- cédent, LogiRénov, confirme Québec dans son plus récent budget.Jusqu\u2019à 100 000 Québécois pourraient bénéficier de ce nouveau crédit, pouvant atteindre un maximum de 10 000 $ d\u2019économies fiscales.Une série de travaux seront admissibles, tels que l\u2019isolation d\u2019une maison, le remplacement du système de chauffage ou l\u2019installation de nouvelles fenêtres.La mesure devrait coûter jusqu\u2019à 173,3 millions au gouvernement du Québec, qui souhaite ainsi stimuler le secteur de la rénovation domiciliaire, en plus de réduire les gaz à ef fet de serre.Le Devoir Le ratatinement du MRI se poursuit Québec \u2014 Le ministère des Relations internationales et de la Francophonie est forcé de resserrer de 0,7% son budget de dépenses.Le Conseil du trésor s\u2019est résolu à retrancher 650 600dollars au MRI, et ce, même s\u2019il reconnaît que «la prospérité du Que?bec tient, en grande partie, de sa capacité à promouvoir ses intérêts, son attractivité et sa crédibilité auprès des acteurs de la scène internationale».Le gouvernement libéral mise «principalement» sur la «réorganisation des bureaux a ?l\u2019étranger» pour atteindre la cible d\u2019économies.Le MRI a rappelé au Québec plusieurs dizaines de fonctionnaires présents dans ses délégations générales, ses délégations, ses bureaux et ses antennes autour du globe depuis le retour des libéraux aux commandes de l\u2019État.Le Devoir Le gouvernement hausse aussi son aide aux banques alimentaires L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 A 8 A V I S L É G A U X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 avisdev@ledevoir.com Édition du vendredi 25 mars 2016 : les réservations doivent être faites le mercredi 23 mars avant 12h 00 Édition du samedi 26 mars 2016 : les réservations doivent être faites le mercredi 23 mars avant 16h 00 Édition du mardi 29 mars 2016 : les réservations doivent être faites le jeudi 24 mars avant 12h 00 Édition du mercredi 30 mars 2016 : les réservations doivent être faites le jeudi 24 mars avant 16h 00 Le journal ne sera pas publié le lundi 28mars 2016.AVIS PUBLICS TOMBÉES POUR LE CONGÉ PASCAL AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services- et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services- et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa bilité se limite au coût de la parution.Avis est donné à Céramique Avant Tout Inc que la demande- resse a déposé au greffe de la Cour du Québec du district de Montréal, un préavis de reprise d'un bien meuble selon les articles 1749 C.c.Q., 2757 et ss.et 2784 et ss.C.c.Q.Une copie de ce préavis à été laissée à l'intention du défendeur, au greffe du tribunal, au palais de justice de Montréal, situé au 1 rue Notre- Dame Est, Montréal, province de Québec, Canada.Il est ordonné au défendeur de remédier aux défauts du présent préavis dans les vingt (20) jours suivant l'inscription de celui-ci.À défaut de payer les sommes dues et/ou remettre le bien volontairement décrit au créancier, avant l'expiration de ce délai de vingt (20) jour, le créancier s'adressera au tribunal afin d'obtenir une ordonnance de reprise forcée dudit bien.Le présent avis est publié à la demande de Mario Matteau, huissier de justice, qui a tenté sans succès de vous signifier un préavis de reprise d'un bien meuble selon les articles 1749 C.c.Q., 2757 et ss.et 2784 et ss.C.c.Q.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Montréal, le 18 mars 2016 Mario Matteau huissier de justice matricule 477 Foisy Labrecque huissiers de justice inc 356 90e avenue LaSalle (Québec) H8R 2Z7 tél: 514-368-8219 PRENEZ AVIS de la publication de la clôture de l\u2019inventaire de la Succession d'Irène Gravel, décédée le 14-01-2016.Ledit inventaire peut être consulté à l\u2019étude de Me Steve D\u2019Agostino, notaire, 7963, rue Notre-Dame Est, Montréal, Qc.H1L 3K8.Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au comptoir Accès Ville-Marie situé au 800, boulevard De Maison- neuve Est, 17e étage, Montréal H2L 4L8, pour : Appel d\u2019offres : VMP-16-009 - Fourniture et installation de clôtures sur le boulevard René-Lévesque Est entre Saint-Urbain et Bleury et à l\u2019entrée du pont Jacques-Cartier Date d\u2019ouverture : 6 avril 2016 Dépôt de garantie : 10% de cautionnement.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 18 mars 2016 par le biais du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Renseignements : vm-appeldoffres@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette fin par l\u2019arrondissement de Ville-Marie et placée dans une enveloppe cachetée portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.L\u2019arrondissement de Ville-Marie ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 18 mars 2016 Me Domenico Zambito Secrétaire d\u2019arrondissement APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC Service des infrastructures, de la voirie et des transports Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 12 h à la date ci-dessous, à Ville de Montréal Service des infrastructures, de la voirie et des transports Concours de design Vivre le chantier Sainte-Cath À l\u2019attention de Diane Raymond 801, rue Brennan, 10e étage Montréal (Québec) Canada, H3C 0G4 Catégorie : Services professionnels Référence SÉAO : 331001 Descriptif : Concours de design pour l\u2019atténuation des impacts par la mise en valeur du chantier du projet de la rue Sainte-Catherine Ouest Date de dépôt des propositions : 5 mai 2016, midi Renseignements : Pour de plus amples renseignements, veuillez nous envoyer un courriel à l\u2019adresse suivante : chantier.saintecath@gmail.com Documents : Les documents relatifs à ce concours seront disponibles à compter du 18 mars 2016 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents du concours en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Lors d\u2019une première étape anonyme, les concurrents, issus des domaines de l\u2019aménagement et du design (architecture, architecture de paysage, urbanisme, design urbain, design d\u2019intérieur, design de l\u2019environnement, design industriel ou design graphique), seront appelés à soumettre une esquisse, qui permettra au jury de sélectionner un maximum de cinq firmes finalistes.Ces finalistes se verront, ensuite, octroyer une somme de 24 900 $ pour développer leurs concepts qu\u2019ils devront présenter à un jury de 9 membres qui aura la tâche de désigner le lauréat(e).À l\u2019automne 2016, ce dernier se verra alors confier le mandat de concevoir son projet.Montréal, le 18 mars 2016 Concours de design Vivre le chantier Sainte-Cath! Le conseiller professionnel pour ce concours, Mme Véronique Rioux Concours de design Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au comptoir Accès Ville-Marie situé au 800, boulevard De Maison- neuve Est, 17e étage, Montréal H2L 4L8, pour : Appel d\u2019offres : VMP-16-012 Place Jacques-Cartier Restauration de la maçonnerie du Monument Nelson (Colonne Nelson) Date d\u2019ouverture : 6 avril 2016 Dépôt de garantie : 10% de cautionnement.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 17 mars 2016 par le biais du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Renseignements : vm-appeldoffres@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette fin par l\u2019arrondissement de Ville-Marie et placée dans une enveloppe cachetée portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.L\u2019arrondissement de Ville-Marie ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 18 mars 2016 Me Domenico Zambito Secrétaire d\u2019arrondissement APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres :16-15164 A56 \u2013 Fourniture et installation d\u2019une (1) boîte fermée de 14 pieds en aluminium sur châssis de camion fourni par la Ville L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 21 mars 2016 est reportée au 30 mars 2016 à 14 h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 18 mars 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres ORDONNANCE Avis est donné que le comité exécutif, à sa séance du 16 mars 2016, a adopté l\u2019ordonnance suivante en vertu de l\u2019article 62 du Règlement sur les tarifs (exercice financier 2016) (15-091) Ordonnance émise relativement aux tarifs du service Bixi pour la saison 2016 (2) L\u2019objet consiste à remplacer la section V du chapitre III du règlement 15-091 (articles 56 à 62) dans le but d\u2019y inclure de nouvelles promotions tarifaires.Cette ordonnance entre en vigueur en date de ce jour et est disponible pour consultation durant les heures normales de bureau au Service du greffe, 275, rue Notre-Dame Est.Elle peut également être consultée en tout temps sur le site internet de la Ville : ville.montreal.qc.ca/reglements Montréal, le 18 mars 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Avis public Avis public Régie des alcools, des courses et des jeux Avis de demandes relatives à un permis ou à une licence Toute personne, société ou association au sens du Code civil peut, dans les 30 jours de la publication du présent avis, s\u2019opposer à une demande relative au permis ci-après mentionné en transmettant à la Régie des alcools, des courses et des jeux un écrit assermenté qui fait état de ses motifs, ou intervenir en faveur de la demande, s\u2019il y a eu opposition, dans les 45 jours de la publication du présent avis.Cette opposition ou intervention doit être accompagnée d\u2019une preuve attestant de son envoi au demandeur ou à son procureur, par courrier recommandé ou certifié ou par signification à la personne, et être adressée à la Régie des alcools, des courses et des jeux, 560, boul.Charest Est, Québec (Québec) G1K 3J3.NOM ET NATURE DE ENDROIT ADRESSE LA DEMANDE D\u2019EXPLOITATION DU DEMANDEUR NOM ET NATURE DE ENDROIT ADRESSE LA DEMANDE D\u2019EXPLOITATION DU DEMANDEUR (1) Restaurant pour (vendre) et (1) Restaurant pour (vendre) sur terrasse sur le domaine public 357, avenue Victoria Westmount (Québec) H3Z 2M1 Paolone Inc.LE CAFÉ CRÈME 357, avenue Victoria Westmount (Québec) H3Z 2M1 Dossier : 4 276 424 Avis public Régie des alcools, des courses et des jeux Avis de demandes relatives à un permis ou à une licence Toute personne, société ou association au sens du Code civil peut, dans les trente jours de la publication du présent avis, s\u2019opposer à une demande relative au permis ou à la licence ci-après mentionnée en transmettant à la Régie des alcools, des courses et des jeux un écrit sous affirmation solennelle faisant état de ses motifs ou intervenir en faveur de la demande, s\u2019il y a eu opposition, dans les quarante- cinq jours de la publication du présent avis.Cette opposition ou intervention doit être accompagnée d\u2019une preuve attestant de son envoi au demandeur par tout moyen permettant d\u2019établir son expédition et être adressée à la Régie des alcools, des courses et des jeux, 1, rue Notre-Dame Est, bureau 9.01, Montréal (Québec) H2Y 1B6.NOM ET NATURE DE ENDROIT ADRESSE LA DEMANDE D\u2019EXPLOITATION DU DEMANDEUR 1 Bar 1 Bar avec ajout de spectacles sans nudité Changement de capacité de 1 Bar sur terrasse sur le domaine public (suite à une cession) (demande amendée) 1 Restaurant pour vendre 2 Restaurants pour vendre dont 1 sur terrasse sur domaine public 408, rue Lafleur Montréal (Québec) H8R 3H6 6584, boul.Saint-Laurent Montréal (Québec) H2S 3C6 2523, rue Notre-Dame Ouest Montréal (Québec) H3J 1N6 2518, rue Notre-Dame Ouest Montréal (Québec) H3J 1N5 NOM ET NATURE DE ENDROIT ADRESSE LA DEMANDE D\u2019EXPLOITATION DU DEMANDEUR Lillian Craddock et Dionne Wiles (Restaurant Jamaïque Caraïbes Style de la Maison s.e.n.c.) JAMAÏQUE CARAÏBES STYLE DE LA MAISON 408, rue Lafleur Montréal (Québec) H8R 3H6 Dossier : 2096-832 9314-4376 Québec Inc.BAR POPULAIRE 6584, boul.Saint- Laurent Montréal (Québec) H2S 3C6 Dossier : 1118-546 Les Entreprises Meldipeau inc.RESTAURANT DILLALO 2523, rue Notre- Dame Ouest Montréal (Québec) H3J 1N6 Dossier : 681-973 9302-1822 Québec Inc.RESTAURANT EL GORDO 2518, rue Notre- Dame Ouest Montréal (Québec) H3J 1N5 Dossier : 203-042 2 Restaurants pour servir dont 1 sur terrasse Permis additionnel 1 Restaurant pour vendre sur terrasse 1 Restaurant pour servir 2 Restaurants pour vendre dont 1 sur terrasse 9329-4759 Québec Inc.JARDIN DES DÉLICES 3537, rue Rachel Est Montréal (Québec) H1W 1A8 Dossier : 4276-853 Hoogan et Beaufort inc.HOOGAN ET BEAUFORT 4095, rue Molson Montréal (Québec) H1Y 3L1 Dossier : 4169-256 9326-3242 Québec Inc.RESTAURANT PHO NGOC TUAN 4647, rue Jarry Est Montréal (Québec) H1R 1X6 Dossier : 2874-287 9328-3406 Québec Inc.BISTRO WALTER 1575, rue Fleury Est, local 100 Montréal (Québec) H2C 1S7 Dossier : 2492-445 3537, rue Rachel Est Montréal (Québec) H1W 1A8 4095, rue Molson Montréal (Québec) H1Y 3L1 4647, rue Jarry Est Montréal (Québec) H1R 1X6 1575, rue Fleury Est, local 100 Montréal (Québec) H2C 1S7 Avis public Régie des alcools, des courses et des jeux Avis de demandes relatives à un permis ou à une licence Toute personne, société ou association au sens du Code civil peut, dans les 30 jours de la publication du présent avis, s\u2019opposer à une demande relative au permis ci-après mentionné en transmettant à la Régie des alcools, des courses et des jeux un écrit assermenté qui fait état de ses motifs, ou intervenir en faveur de la demande, s\u2019il y a eu opposition, dans les 45 jours de la publication du présent avis.Cette opposition ou intervention doit être accompagnée d\u2019une preuve attestant de son envoi au demandeur ou à son procureur, par courrier recommandé ou certifié ou par signification à la personne, et être adressée à la Régie des alcools, des courses et des jeux, 560, boul.Charest Est, Québec (Québec) G1K 3J3.NOM ET NATURE DE ENDROIT ADRESSE LA DEMANDE D\u2019EXPLOITATION DU DEMANDEUR Changement de catégorie du permis de Restaurant pour (vendre) sur terrasse à permis de Bar sur terrasse 6615, chemin Côte De Liesse Montréal (Québec) H4T 1E5 3100-1605 Québec Inc.BAR SPORTIF L\u2019ÉCHAPPÉE 6615, chemin Côte De Liesse Montréal (Québec) H4T 1E5 Dossier : 371 997 J E A N N E C O R R I V E A U L a conseillère indépendante du Vieux-Rosemont Érika Duchesne est passée dans le camp d\u2019Équipe Denis Coderre.Le maire en a fait l\u2019annonce jeudi après-midi en compagnie de sa nouvelle recrue.Élue sous la bannière de Projet Montréal à l\u2019occasion d\u2019une élection par tielle en avril 2012, Érika Du- chesne avait quitté les rangs du parti d\u2019opposition en septembre dernier.Elle disait ne plus se reconnaître dans la stratégie de cette formation politique maintenant dirigée par Luc Ferrandez.Jeudi, Mme Duchesne n\u2019avait que de bons mots pour le maire Coderre, disant partager sa vision pour Montréal.« Je suis impressionnée par la gestion serrée de l\u2019argent des contribuables qui a été faite depuis le début par cette administration.Les priorités sont claires », a-t-elle dit.Elle a soutenu que sur le terrain, l\u2019appartenance à un parti ou à un autre importait peu pour les citoyens.« Ce que les gens veulent, c\u2019est quelqu\u2019un qui est engagé, qui est dévoué à sa tâche et qui va les écouter et essayer de répondre à leurs besoins, a-t-elle dit.Comme je fais ça tous les jours, presque sept jours sur sept, je ne pense pas qu\u2019il y en ait beaucoup que ça va déranger si je continue à bien les servir.» « Je suis aussi une f i l le d\u2019équipe et ça me manquait », a-t-elle ajouté.De son côté, le maire Co- derre a décrit Mme Duchesne comme une personne « d\u2019une grande honnêteté».Présent à la conférence de presse, Richard Bergeron, ancien chef de Projet Montréal et membre du comité exécutif de l\u2019administration Coderre, a indiqué qu\u2019il demeurait indépendant même s\u2019il n\u2019écar te pas l\u2019idée de se joindre au parti du maire en 2017.Le Devoir L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 9 CE DIMANCHE DE 14 H À 16 H \u2022 514 985-3322 PETITESANNONCES@LEDEVOIR.COM WESTMOUNT 598 AV.VICTORIA Élégante Victorienne! 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isolé son pays comme jamais au sein de l\u2019Union européenne.En sept mois, la chancelière aura bouclé la boucle.Après avoir fait la morale à tous, posé en mère Teresa des réfugiés et créé un appel d\u2019air insoutenable, la voilà sur le point de soumettre l\u2019Union européenne au chantage des autocrates turcs pour se sor tir du pétrin et stopper l\u2019afflux de migrants qui est en train de provoquer un séisme politique en Allemagne.En moins d\u2019un an, la chancelière sera passée d\u2019une posture moraliste qui lui promettait le prix Nobel de la paix à une sordide négociation avec les Turcs où elle sacrifie en bloc la liberté de presse, les droits des Kurdes et l\u2019honneur de l\u2019Europe.Comment en est-on arrivé là?On a souvent écrit qu\u2019en digne fille de pasteur luthérien, Mer- kel voulait racheter les fautes de l\u2019Allemagne.On oublie que son père, le théologien Horst Kas- ner, ne fut pas qu\u2019un idéaliste qui quitta Hambourg pour installer sa famille à l\u2019Est quelques mois avant la fermeture du rideau de fer.Cette sympathie envers le régime totalitaire lui valut, ainsi qu\u2019à ses enfants, un traitement privilégié.Angela Merkel a-t-elle hérité de l\u2019idéalisme «accommodant» de son père ?Chose certaine, en ouvrant toutes grandes les frontières, après que la presse eut fait ses choux gras de la photo du cadavre du petit Alan Kurdi, elle a lancé l\u2019Europe dans une course infernale qui s\u2019achève dans un compromis déshonorant qui ne fait l\u2019affaire de personne.L\u2019idée de répartir les réfugiés équitablement entre les 28 pays membres avait peut- être du sens dans la tête des bureaucrates de Berlin et de Bruxelles, mais elle ne correspondait ni à l\u2019histoire ni à la géopolitique des pays de l\u2019Union.Comment des pays aussi disparates que la Pologne, la Suède et la France, qui vivent tous des réalités distinctes en matière d\u2019immigration, pour- raient-ils accepter un même quota de réfugiés ?Même le Canada et les États-Unis ne le pourraient pas.Les pays ne sont pas des halls de gare, quoi qu\u2019en pensent les ingénieurs sociaux.Imposer cette logique, c\u2019était pousser l\u2019Europe au seuil de l\u2019implosion.On y est.?«On va y arriver», s\u2019est pourtant entêtée à répéter Angela Merkel.Jusqu\u2019au jour où la réalité politique reprit ses droits.Dimanche, pour la première fois depuis la guerre, un parti d\u2019extrême droite a atteint le score de 24 % en Saxe-Anhalt, supplantant même les sociaux- démocrates (SPD) et l\u2019extrême gauche (Die Linke).Nul doute que l\u2019AFD (Alternativ fur Deutschland) se prépare à entrer au Bundestag en 2017.Et si l\u2019AFD n\u2019a pas fait mieux, c\u2019est ironiquement grâce à la fermeture de la route des Balkans tant vilipendée par Merkel mais qui a commencé à réduire les entrées quotidiennes de migrants en Allemagne.Face à l \u2019ar rogance de la chancelière, même son plus proche allié, l\u2019Autriche, s\u2019est résolu à la lâcher.Quant à la France, son premier ministre, Manuel Valls, a osé à Munich la première critique publique de tout le mandat de François Hollande.Et ce n\u2019est pas terminé.Il est loin d\u2019être sûr que l\u2019usine à gaz négociée en catimini avec les Turcs, et qui prévoit le renvoi des migrants de Grèce en Turquie en échange de l\u2019accueil de réfugiés issus des camps, fonctionnera.Il s\u2019agit de déplacer des milliers de personnes.Qui en Europe peut encore faire confiance à la Turquie, qui se contente généralement d\u2019empocher les milliards de l\u2019Union européenne sans rien offrir en retour ?Et comment les Français, compte tenu des menaces terroristes qui pèsent sur le pays, pour- ront-ils accepter en retour de supprimer les visas de court séjour imposés aux Turcs?Quant à la réactivation du processus d\u2019accession de la Turquie à l\u2019Union européenne, elle ne saurait être qu\u2019une bombe à retardement.Personne ne peut croire qu\u2019une Union européenne dans un tel état de désœuvrement composée de pays où l\u2019intégration des populations arabo-musulmanes pose de graves problèmes sera bientôt prête à admettre la Turquie qui deviendrait bientôt le pays le plus populeux de l\u2019Union.La crise des réfugiés a bien montré que les pays européens ne pouvaient se passer de frontières.Est-ce pour autant la fin de l\u2019Europe ?Personne ne le souhaite.On peut même penser qu\u2019une majorité d\u2019Européens serait favorable à une union qui respecte et prenne pleinement en compte les nations qui la composent.Mais à force de ne pas les écouter, qui sait ce qu\u2019il restera demain de l\u2019Union européenne?Mère Teresa ou Machiavel ?A L E X A N D R E S H I E L D S T ransCanada cherche toujours à expor ter du pétrole des sables bitumineux à partir d\u2019un port situé au Québec, selon des informations révélées jeudi dans le cadre du BAPE sur Énergie Est.De nouveaux éléments qui témoignent du fait que le futur pipeline servira d\u2019abord à exporter du brut de l\u2019Ouest.Plus de 80 % du pétrole doit être directement exporté, selon les données actuelles.Selon des documents of fi- ciels de TransCanada mis en lumière par le directeur principal d \u2019Équiter re, Steven Guilbeault , la pétrol ière cherche toujours une façon d\u2019écouler un volume quotidien de 270 000 barils, soit un peu moins du tiers de tout le pétrole brut qui sera transporté chaque jour par Énergie Est.Selon ce qu\u2019écrit la pétrolière albertaine dans un document déposé au BAPE, « des pourparlers avec les expéditeurs touchés se poursuivent relativement au traitement de ces volumes ».Parmi les « options » sur la table, on étudie « le développement futur d\u2019un projet en vue de la livraison à des installations maritimes au Québec, projet qui ferait l\u2019objet d\u2019une demande distincte».Interpellé par M.Guilbeault, le vice-président d\u2019Énergie Est pour le Québec, Louis Bergeron, a d\u2019abord dit que la « demande » pour le projet de pipeline d\u2019exportation déposée à l\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE) ne comprend pas de projet de port.Il a toutefois admis que l\u2019entreprise discute toujours des moyens à prendre pour expédier un volume quotidien de 270 000 barils de pétrole sur un total de 1,1 million de barils transportés par Énergie Est.Il y a, a-t-il dit, un «désir» de clients pour un port d\u2019exportation à construire sur le Saint-Laurent.TransCanada indique d\u2019ailleurs, dans des documents publiés sur son site en décembre 2015, que des « évaluations » se poursuivront afin d\u2019étudier « la viabilité d\u2019un projet de terminal maritime au Québec, comme projet subséquent par Énergie Est ».Un tel por t, pour expédier des volumes importants de pétrole, devrait être situé en eaux profondes, comme devait l\u2019être celui prévu à Cacouna.Mais, a répété M.Bergeron jeudi, un tel projet devrait obligatoirement faire l\u2019objet d\u2019une nouvelle demande de Trans- Canada devant l\u2019ONE.Tout indique qu\u2019une telle demande pourrait très bien sur venir une fois que le pipeline Énergie Est sera construit et en exploitation, soit après 2020.À ce moment, le Québec sera déjà devenu un allié dans la stratégie d\u2019exportation de la production pétrolière des sables bitumineux et du pétrole de schiste du Dakota du Nord.Pipeline d\u2019exportation S\u2019il est construit, le pipeline Énergie Est devrait en ef fet servir presque exclusivement à l\u2019exportation directe, selon ce qui se dégage des données présentées dans le cadre des audiences du BAPE.Les par tisans du projet de pipeline font souvent valoir que le projet de l\u2019entreprise albertaine vise surtout à combler les besoins en pétrole brut des raffineries de l\u2019est du Canada, notamment au Québec et au Nouveau-Brunswick.Or, selon ce qui a été présenté dans le cadre des audiences du BAPE, qui se tiennent à Lé- vis, les raf fineries citées par TransCanada n\u2019utiliseront qu\u2019une très faible portion de tout le pétrole.Des représentants de la raf- f inerie d\u2019Ir ving, située au Nouveau-Brunswick, ont ainsi souligné qu\u2019ils s\u2019engageaient à acheter 50 000 barils par jour, et ce, pour une période de 20 ans.Qui plus est, selon ce qu\u2019a indiqué Louis Berge- ron, un total de 100 000 à 150 000 barils pourraient trouver preneur auprès de raffineries du Québec.Il s\u2019agit de Suncor, à Montréal, et de Va- lero, à Lévis.Cela signifie que, dans le meilleur des scénarios actuellement sur la table, pas moins de 900 000 barils transportés chaque jour par le pipeline seraient directement destinés à l\u2019exportation.D\u2019ailleurs, selon ce qu\u2019a déjà indiqué Trans- Canada, la multinationale souhaite exporter du brut vers les États-Unis, l\u2019Europe et l\u2019Inde.Pas moins de 281 pétroliers pourraient quitter les infrastructures portuaires de Saint- Jean, au Nouveau-Brunswick, pour aller rejoindre les marchés extérieurs au Canada.Il faut dire que la production des sables bitumineux doit doubler d\u2019ici 2030, pour atteindre 4 millions de barils par jour.Une telle croissance est impossible sans la construction du pipeline Énergie Est.En plus de ce pétrole, le pipeline pourra transporter chaque jour jusqu\u2019à 300 000 barils de pétrole importé du Dakota du Nord, a révélé mardi Le Devoir.Louis Bergeron a d\u2019ailleurs réitéré la semaine dernière que les pétrol ières cherchaient à obtenir un «meilleur prix » pour leur brut.Mais selon lui, les retombées d\u2019Énergie Est serviront aussi à financer « les services aux citoyens » du Québec.Le Devoir TransCanada songe toujours à construire un port au Québec GRAHAM HUGUES LA PRESSE CANADIENNE Le vice-président d\u2019Énergie Est pour le Québec, Louis Bergeron, a admis que l\u2019entreprise discute toujours des moyens à prendre pour expédier un volume quotidien de 270 000 barils de pétrole sur un total de 1,1 million de barils transportés par Énergie Est.CHRISTIAN RIOUX à Paris MONTRÉAL Érika Duchesne se joint au parti de Coderre Érika Duchesne Un juge approuve la première demande d\u2019aide médicale à mourir en Ontario Toronto \u2014 Un juge de l\u2019Ontario permet à un octogénaire en phase terminale d\u2019obtenir l\u2019aide médicale à mourir.Après 30 minutes d\u2019audiences jeudi, le juge de la Cour supérieure Paul Perell a accordé l\u2019exemption constitutionnelle à l\u2019homme de 81 ans à qui on avait diagnostiqué un lym- phome en 2012 et qui est présentement cloué au lit dans d\u2019intolérables souffrances.La requête n\u2019a pas été contestée par les gouvernements fédéral et provincial.Selon ce qu\u2019a entendu le tribunal, le grand- père, marié, souhaiterait mourir dès ce week-end.Il s\u2019agit de la première fois en Ontario \u2014 et de la troisième au Canada \u2014 qu\u2019une personne demande à être exemptée des provisions du Code criminel sur le suicide assisté, en vertu d\u2019un arrêt de la Cour suprême du Canada rendu l\u2019an dernier.La Presse canadienne Le journaliste Gary Lawrence honoré Le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) a honoré jeudi les journalistes Gary Lawrence et Isabelle Richer, à l\u2019occasion de la Soirée des Mérites et des prix Franco- pub, organisée par l\u2019Office québécois de la langue française.Collaborateur depuis vingt ans au Devoir, Gary Lawrence est lauréat du prix Jules-Fournier.Il a su se démarquer par la constance dans la qualité de ses textes et par l\u2019efficacité de son écriture, de l\u2019avis du Conseil.La richesse et la justesse de son vocabulaire ont retenu l\u2019attention.Isabelle Richer, de l\u2019émission Enquête, est pour sa part lauréate du prix Raymond-Charette 2015- 2016 pour la finesse de son expression orale de même que par la clarté et la précision de son vocabulaire.Le Devoir Gary Lawrence xercice de transition, a-t-on dit du budget présenté jeudi par le ministre des Finances, Carlos Leitão.Mais transition vers quoi, à part les prochaines élections, pouvons- nous demander?Comme toujours avec les gouvernements qui se succèdent à Québec, le budget 2016-2017 contient une in?- nité de micromesures dont on ne peut jamais démontrer la pertinence et l\u2019ef?cacité.En réduisant la contribution pour un deuxième enfant en CPE et en éliminant progressivement la taxe santé, le gouvernement corrige deux erreurs évidentes.Quant aux 700 millions consacrés à la rénovation des écoles, il était temps! En revanche, plusieurs autres mesures ne changeront strictement rien à la situation ?nancière de leurs béné?ciaires, les PME par exemple, encore moins à leur désir d\u2019investir.Tout le mon?de souhaite payer moins d\u2019impôt, c\u2019est no?rmal.La question est de savoir si une baisse de quelques dizaines de dollars est susceptible de modi?er le comportement des gens au regard des conséquences sur la qualité des services publics ainsi privés de ressources.En éducation encore, il faut applaudir le retour à un taux d\u2019augmentation des dépenses de 3% après quelques années de vaches maigres.Du même souf?e, on peut s\u2019inquiéter des minces 2,4% en santé alors que les besoins requièrent au moins 3 à 4% après les compressions des dernières années.Comment croire qu\u2019on améliorera, ne serait-ce qu\u2019un peu, les soins à domicile avec les ridicules 60 millions supplémentaires pour tout le Québec?Dans leur ensemble, les dépenses de programmes augmenteront de 2,5% en 2016-2017, soit tout juste un peu plus que l\u2019in?a- tion.C\u2019est dire que même une fois revenus à l\u2019équilibre budgétaire, il y a peu d\u2019espoir d\u2019assister à des améliorations de la qualité des services.Mais ce qui déçoit le plus dans l\u2019approche du gouvernement Couillard, ce n\u2019est pas de constater son obstination à vouloir gérer les comptes de façon rigoureuse, mais de réaliser que rien ne s\u2019améliore en dehors du plan budgétaire lui-même.En santé, les Québécois ont plus que jamais l\u2019impression de servir de prétexte à l\u2019augmentation de la paie du corps médical.Pourquoi avoir fusionné tous les établissements locaux sinon pour placer à leur tête des cadres triés sur le volet pour obéir aux ordres d\u2019un ministre imbu de sa personne et son pouvoir?Et voilà qu\u2019on s\u2019apprête à priver les CLSC de centaines de professionnels pour les offrir en cadeau au Docteur inc.sans débats préalables ni consultations.Même constat de stagnation ou de recul en éducation, en transport collectif, en administration de la justice\u2026 Et que dire de la politique économique?Le Plan Nord était le gros ballon politique de Jean Charest alors que la Stratégie maritime est celui de Philippe Couillard.Voilà un gouvernement qui intervient à la pièce en pro?tant de l\u2019erre d\u2019aller d\u2019une économie plus résiliente qu\u2019on le croyait.Malheureusement, cela ne suf?ra pas pour créer les 250 000 emplois promis lors de la dernière campagne électorale, et dont nos jeunes ont vraiment besoin.L\u2019arrestation de l\u2019ancienne vice-première ministre Nathalie Nor- mandeau par l\u2019UPAC marque un pas dans la bonne direction.La police et la Couronne ont cependant un devoir de suite.a lutte contre la corruption politique au provincial est une histoire de rendez-vous manqués, d\u2019enquêtes bâclées et de soupçons accueillis dans l\u2019indifférence du monde politique et policier.C\u2019est pourquoi l\u2019arrestation de l\u2019ex-ministre libérale Nathalie Normandeau et de six coaccusés marque un tournant.L\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) est remontée jusqu\u2019aux têtes dirigeantes présumées d\u2019un réseau de «copineurs» professionnels qui auraient joyeusement mêlé le ?nancement du Parti libéral du Québec (PLQ), la majoration de subventions du ministère des Affaires municipales pour les usines d\u2019eau en Gaspésie (la région de Mme Normandeau) et l\u2019octroi des contrats à la ?rme favorite de la ministre, Roche.Mme Normandeau, la numéro 2 du gouvernement Charest, son chef de cabinet, Bruno Lortie, le spécialiste du développement des affaires chez Roche, Marc- Yvan Côté, le président de la ?rme, Mario W.Martel, sa vice-présidente, France Michaud, et l\u2019ancien maire de Gaspé François Roussy ?gurent parmi les accusés.On peut dif?cilement reprocher à l\u2019UPAC d\u2019avoir négligé des preuves ou des témoins importants dans cette histoire, ni au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) d\u2019avoir manqué de courage.Longtemps taxés de sclérose, d\u2019impuissance et de frilosité lorsque venait le temps d\u2019examiner la conduite des politiciens provinciaux, l\u2019UPAC et le DPCP ont en?n démontré, par l\u2019exemple, que «personne n\u2019est à l\u2019abri» dans les enquêtes sur la corruption politique.Personne, y compris les politiciens provinciaux.Il était temps.Le rapport ?nal de la commission Charbonneau, à partir de la page 659, livre indirectement la trame de fond de l\u2019enquête de l\u2019UPAC.Les intérêts de Roche et ceux du cabinet des Affaires municipales étaient «inextricablement mêlés durant les années où Nathalie Normandeau et son chef de cabinet, Bruno Lortie, ont assumé la direction du ministère», note le rapport.Un pacte plus ou moins tacite aurait uni les acteurs du système au sein duquel «le versement de contributions politiques se trouve récompensé par une certaine quantité de contrats», ajoute le document.La clarté du langage de la juge France Charbonneau, jumelée au dénouement retentissant de l\u2019enquête policière, nous force à constater le décalage entre la réalité et l\u2019interprétation qu\u2019en a faite le commissaire Renaud Lachance dans son opinion dissidente.Juge-t-il encore ridicules les liens de causalité entre le ?nancement politique au provincial et l\u2019octroi de contrats?Les arrestations de jeudi offrent à M.Lachance une nouvelle occasion de sortir de son mutisme et d\u2019expliquer aux Québécois son raisonnement qui a laissé plus d\u2019un observateur attentif de la chose judiciaire avec un sentiment de perplexité.Le petit réseau Normandeau est neutralisé depuis son départ et celui de ses collaborateurs de la vie politique.D\u2019autres enquêtes, visant notamment l\u2019argentier bénévole du PLQ sous Jean Charest, Marc Bibeau, sont toujours en cours.Plus d\u2019une ministre libérale a mangé dans la main des ?rmes de génie-conseil de 2003 à 2012, une décennie sombre en matière d\u2019éthique publique.Le ?nance- ment sectoriel était érigé en système au PLQ.C\u2019est pourquoi l\u2019UPAC et le DPCP ne satisferont pas les attentes élevées de la population s\u2019ils s\u2019arrêtent maintenant.L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 A 10 EDITORIAL L E T T R E S La responsabilité de la réussite de votre école Dans l\u2019angle mort des statistiques de l\u2019éducation du Québec, nous retrouvons bon an, mal an entre 25% et 30% de jeunes qui n\u2019obtiennent pas leur diplôme d\u2019études secondaires avant l\u2019âge de 20 ans.Qui sont- ils?Ces jeunes ont un nom, une histoire de vie, une famille.Ils occupent un territoire, habitent un quartier, un village.Qui peut les aider à réussir ?Pour l\u2019AQPDE, le projet de loi 86 qui modifie la gouvernance des commissions scolaires, rapproche l\u2019école du lieu de décision et assure une plus grande place aux parents, bien que perfectible, est une partie de la réponse.Il place les directions d\u2019établissement scolaire au cœur des décisions et est le point de départ d\u2019une mobilisation collective auprès des jeunes qui ont besoin d\u2019un coup de pouce pour réussir à se faire une place dans notre société.Les directions d\u2019établissement scolaire avec leur personnel sont les mieux placées pour créer un environnement propice à la réussite.Ce sont elles qui peuvent choisir les stratégies efficaces en réponse aux besoins particuliers des élèves ; qui sont en mesure de dire si un élève doit être inscrit dans un parcours individualisé ; qui peuvent déterminer le service spécialisé nécessaire à un jeune en difficulté pour l\u2019amener vers la réussite.Chaque école doit obtenir plus d\u2019autonomie pour adapter ses actions, en finir avec les solutions uniques.C\u2019est ce que le projet de loi 86 propose.Nos jeunes sont les leaders de demain.Ils seront le moteur économique et social de nos régions.Accorder un plus grand pouvoir décisionnel aux membres de la communauté devient impératif.L\u2019AQPDE en appelle au ministre et aux oppositions afin qu\u2019ils procèdent à l\u2019adoption de ce projet de loi, avec les modifications qu\u2019il requiert.[\u2026] Danielle Boucher Présidente, Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE) Le 16 mars 2016 tre déplore des variations de coûts pouvant aller du simple au double.L\u2019ajout d\u2019activités de Centres médicaux spécialisés (CMS) permettra également d\u2019obtenir les coûts réels, se rappelant que les rapports financiers du projet pilote Hôpital du Sacré-Cœur et Rockland MD étaient inconstants et parfois contradictoires.Dès lors que nous disposons d\u2019un suivi comptable rigoureux et transparent, la table est mise pour établir un plan de financement adapté à cette intégration public-privé.La chirurgie ambulatoire a pris beaucoup d\u2019expansion et les hôpitaux doivent gérer des volumes considérables et de longues listes d\u2019attente, alors que certains CMS sont particulièrement bien adaptés à ce genre d\u2019intervention.[\u2026] Ce plan pourrait s\u2019inspirer de modèles américains comme la Clinique Cleveland ou Kaiser Permanente, que le Dr Barrette a déjà cité en exemple.Ce sont des organismes sans but lucratif très performants qu\u2019il faudrait développer davantage au Québec.La solution serait le mode privé conventionné qui relève du domaine public en santé et en éducation.Quoi qu\u2019il en soit, un modèle d\u2019intégration s\u2019impose puisque ce projet doit se présenter clairement comme une extension du système public et non un glissement vers le système privé.Léon Dontigny Le 10 mars 2016 Intégration public-privé en santé Le financement par activité qui devrait remplacer le budget global historique des hôpitaux constitue ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la troisième réforme du ministre de la Santé Gaétan Barrette, après celles des structures et de l\u2019accès aux médecins de famille.Espérant qu\u2019elle aura les effets bénéfiques escomptés en économie et en productivité, elle aura le mérite de donner l\u2019heure juste alors que le minis- FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N CORRUPTION POLITIQUE Et de une ! BUDGET 2016-2017 Les vaches maigres L E M I C H E L B É L A N G E R Avocat À la question en titre, régulièrement posée, une par tie de la réponse tient sans doute dans l\u2019improvisation de certaines décisions passées.En ef fet, les deux dernières sagas judiciaires ont, paradoxalement, été liées à des amendements législatifs passés en douce dans ce qu\u2019on a qualifié de « loi mammouth», héritage du dernier gouvernement fédéral, dont le préjugé favorable aux projets de pipelines était bien connu.Or, on peut changer les lois, mais pas les réalités qu\u2019elles visent justement à prévenir.Ainsi, changer la loi pour faire passer un pipeline dans l\u2019habitat essentiel d\u2019une espèce menacée n\u2019allait certes pas améliorer le sort de cette espèce que la loi visait précisément à protéger de disparition.On connaît la suite.Le béluga devait voir son habitat sauvé, in extremis, par une action judiciaire lancée par les écologistes sur la base de la Loi québécoise sur l\u2019environnement.Étrangement, TransCanada n\u2019a pas alors contesté la constitutionnalité de cette loi, mais a plutôt abandonné son projet de port pétrolier à Cacouna.Ensuite, la même « loi mammouth » devait également retirer à l\u2019agence fédérale d\u2019évaluation environnementale les projets de pipeline pour en transférer la responsabilité à l\u2019ONE.Ce faisant, on a éliminé l\u2019entente fédérale-provinciale destinée à harmoniser les procédures d\u2019évaluation lorsqu\u2019un projet relève des deux ordres de gouvernement.L\u2019application de l\u2019entente aurait fait en sorte que nous ayons une étude d\u2019impact respectant les préoccupations du Québec et une seule audience publique conjointe, laissant chacun des gouvernements exercer ses compétences respectives à l\u2019égard du projet.Si tant est que le gouvernement fédéral de l\u2019époque eût voulu garantir que cette compétence provinciale ne pouvait s\u2019exercer, c\u2019est la Constitution canadienne qu\u2019il aurait alors fallu changer.Or, même un mammouth n\u2019aurait pas été assez gros pour cacher une telle réforme.La prochaine saga judiciaire à la suite du dépôt d\u2019une poursuite par les écologistes, suivi du dépôt d\u2019une injonction par le gouvernement, portera donc vraisemblablement sur cet enjeu constitutionnel ; à savoir de qui relève l\u2019évaluation environnementale d\u2019un pipeline interprovincial et, éventuellement, qui peut en décider et dans quelle mesure.Un dernier mot sur l\u2019injonction provisoire demandée la semaine dernière par les écologistes.TransCanada a « choisi » de s\u2019engager dans une évaluation environnementale « volontaire », proposée de guerre lasse par le gouvernement provincial, après que celui-ci eut exigé, à plusieurs reprises, qu\u2019elle respecte le cadre légal à cette fin.L\u2019injonction provisoire visait à reporter le début de cette audience du BAPE, le temps pour la Cour de déterminer si ce n\u2019est pas plutôt la procédure judiciaire qui aurait dû s\u2019appliquer.La Cour a refusé l\u2019injonction, estimant que l\u2019urgence d\u2019établir la position du Québec aux fins des audiences de l\u2019ONE penchait en faveur du maintien de cette consultation.Elle a toutefois reconnu qu\u2019à terme, on pourrait devoir recommencer l\u2019exercice à zéro si les demandeurs devaient avoir raison sur le fond de la question.Ce dernier point, à lui seul, était important à faire confirmer judiciairement, tant pour consolider l\u2019engagement du gouvernement du Québec qui aura à mettre en œuvre cette nouvelle évaluation dans plusieurs mois, que pour éviter les reproches du promoteur et de l\u2019Ouest canadien qui pourraient alors être tentés de nous imputer la responsabilité de nouveaux délais\u2026 Cette dernière procédure aurait aussi pu être évitée si le gouvernement du Québec avait simplement utilisé son recours pour forcer TransCanada à respecter sa loi dès qu\u2019il est apparu évident qu\u2019elle refusait de s\u2019y soumettre.En somme, le simple maintien des règles environnementales élaborées depuis 30 ans et leur application rigoureuse aurait probablement évité ces litiges, tout en préservant l\u2019intégrité des processus de consultation, et surtout l\u2019objectivité d\u2019une décision définitive éclairée.Énergie Est: des poursuites évitables?JEAN-ROBERT SANSFAÇON BRIAN MYLES L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 A 11 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).L e brave homme était sûr d\u2019avoir tout ce qu\u2019il lui fallait entre les mains et sûr surtout de pouvoir, enfin, se montrer un peu plus généreux envers ce brave peuple qui l\u2019avait élu.Il se préparait à étonner tout le monde en jetant un peu d\u2019eau froide sur l\u2019austérité.Il allait prendre doucement le virage qu\u2019il souhaitait pour retrouver la confiance qu\u2019il avait vu fondre au soleil après avoir été élu.À deux ans de la prochaine élection, il allait essayer de se montrer un peu plus généreux, un peu plus juste et plus sensible à la misère humaine pour se refaire ainsi une réputation avant que le peuple n\u2019aille aux urnes dans deux ans.Le budget, son troisième, allait témoigner de sa bonne volonté.On reconnaîtrait enfin sa générosité et sa sagesse proverbiale.Il ne laisserait pas tout aller d\u2019un seul coup, mais il pouvait se permettre de faire la preuve qu\u2019il était un être sensible et qu\u2019il travaillait toujours pour le bien-être du peuple.Qui pourrait lui reprocher d\u2019avoir équilibré le budget envers et contre tous.Il était si fier de ses décisions, même celles qui détruisaient ce que d\u2019autres gouvernements avaient construit avant lui et auxquelles les citoyens tenaient.Le budget qu\u2019il avait préparé serait assez généreux pour calmer tout le monde.Il avait deux ans pour remettre son parti au goût du jour.À condition que personne ne vienne remettre en question ce qui avait déjà été fait, il avait toute la liberté dont il avait besoin pour mener son plan jusqu\u2019au bout.Que ça fasse mal ou non n\u2019était pas son problème.Dans le coin gauche : l\u2019UPAC Après la fermeture des dossiers de la commission Charbonneau, notre déception était profonde.Non seulement avions-nous l\u2019impression que la Commission n\u2019était pas allée au bout du travail qui lui avait été confié, mais nous avions l\u2019impression que l\u2019UPAQ allait disparaître doucement de l\u2019écran radar sans explications.Personne ne répondait plus à nos inquiétudes et nous avons vécu péniblement l\u2019abandon dont nous nous sommes crus victimes.Toutes ces heures de confessions publiques, affirmant l\u2019ignorance des indices que la commission Charbonneau brandissait devant des brebis qui se disaient toutes innocentes, allaient se retrouver dans de grands cahiers abandonnés quelque part et ne serviraient à rien.Si bien que nous en étions venus à penser que tout ça ne servirait à rien, que nous avions été les dindons de la farce et que les changements que nous souhaitions n\u2019auraient pas lieu.Nous avons été découragés devant le silence de l\u2019UPAQ.De temps en temps, nous avons vu des policiers se présenter à certaines adresses et en ressortir des heures plus tard les bras chargés de boîtes bien remplies\u2026 mais de quoi exactement ?Mystère et boule de gomme.Un sentiment profond que nos espoirs ne survivraient pas, et que la vie corrompue que la Commission nous avait permis de connaître un peu mieux ne serait pas remise en question.Certains disaient même que c\u2019était beaucoup trop d \u2019argent dépensé pour s i peu, quand on ne disait pas que finalement c\u2019était pour rien.Notre surprise a été grande à notre réveil jeudi matin.L\u2019UPAQ, dont nous avions pratiquement rayé l\u2019existence de nos vies, a refait surface.Des arrestations étaient en cours et pour la première fois, nous avons su tout de suite qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019accusations sérieuses.L\u2019UPAQ venait de nous dire que nous avions tort de penser qu\u2019il ne se passerait plus rien dans ces dossiers, et que la justice allait être appelée à trancher.Les arrestations étaient en marche.Enfin ! Il va falloir du courage pour aller au fond de toutes ces magouilles.Le vrai travail ne fait que commencer.La tentation sera grande pour certains de déclarer que ça suffit et que le reste du nettoyage va se faire tout seul.C\u2019est faux.Il nous appartient d\u2019empêcher le démantèlement de l\u2019UPAQ et il faut exiger que l\u2019on continue de donner, à ceux qui y travaillent, ce dont ils ont besoin pour que le vrai nettoyage se fasse.C\u2019est sûr que la journée de jeudi a jeté un peu d\u2019ombre sur le 3e budget du gouvernement libéral présentement au pouvoir.Il reste important de savoir ce qu\u2019il y a dedans, et de bien lire les analyses qu\u2019en feront les spécialistes, mais quoi qu\u2019en pensent ses auteurs, on ne pourra pas s\u2019empêcher de penser que la journée du 17 mars 2016 est le jour où le peuple a gagné une première manche.Bravo à l\u2019UPAQ.Vous pouvez compter sur notre appui.Vous l\u2019avez mérité.Dans le coin droit : Couillard LISE PAYETTE B Ä R B E L R E I N K E R E N É B O L D U C Les auteurs se sont connus à la fin des années 1980 dans un cours d\u2019italien, à Berlin.Ils vivent ensemble à Québec depuis 25 ans.as de super mardi en Allemagne, mais un « super » dimanche avec des élections dans trois Länder, deux dans l \u2019anc ienne Allemagne de l \u2019Ouest et une dans l \u2019ancienne Allemagne de l\u2019Est.Sans surprise, c\u2019est le jeune parti Alternative für Deutsch- land (AfD) qui est le grand gagnant de ces élections régionales.Ses candidats ont remporté entre 12 et 24 % du vote.L\u2019AfD a été fondée en 2013.Son programme est plutôt vague.À la base, le parti s\u2019est formé contre l\u2019euro, tout en soulignant qu\u2019il ne serait pas contre l\u2019Europe.Dès le dépar t, il s\u2019agit d\u2019une position difficile à tenir.On peut penser que certaines de leurs revendications sont justifiées, notamment celle sur la politique d\u2019immigration, qui intègre mal les nouveaux arrivants.Rappelons qu\u2019en Allemagne un citoyen de descendance turque reste turc même si ses parents sont nés en Allemagne.L\u2019AfD revendique une politique d\u2019intégration plus cohérente : un système d\u2019immigration sur le modèle du Canada avec sélection et plafonnement.Les idées politiques de l\u2019AfD sont de droite populiste.Ses positions soulèvent des inquiétudes chez la grande majorité des Allemands.Ceux qui se reconnaissent dans cette politique proviennent de différents horizons.On y retrouve, entre autres, des gens qui se sont regroupés autour de Pegida (Européens patriotes contre l\u2019islamisation de l\u2019Occident).Ils ont leur bouc émissaire pour tout ce qui ne va pas bien : le réfugié, l\u2019étranger.Attitude alarmante s\u2019il en est une, compte tenu de l\u2019histoire allemande.Angela Merkel, chancelière depuis 2005, à la tête d\u2019une grande coalition CDU (chrétien-démo- crate) et SPD (social-démocrate) depuis 2013, a ouvert les frontières l\u2019été dernier aux migrants qui arrivent par la Méditerranée.Impossible de fermer les yeux sur le nombre de personnes qui arrivaient.Inhumain aussi de les repousser.Les repousser où ?Cette politique d\u2019ouverture a conduit le magazine Time à décerner à Merkel le titre de personnalité de l\u2019année 2015.Toutefois, avec cette politique d\u2019accueil, la chancelière a déplacé la CDU \u2014 traditionnellement de centre droit \u2014 vers la gauche.Elle a gagné ainsi des électeurs du SPD (Parti social-démocrate d\u2019Allemagne), mais a créé en même temps un v ide à dro ite .Ce v ide a ébranlé des électeurs de la CDU (Union chré- tienne-démocrate d\u2019Allemagne), mais aussi les électeurs de la catégorie « autres par tis », groupuscules et partis de droite.Ils ont alors rejoint les rangs de l\u2019AfD.D\u2019autres électeurs de l\u2019AfD proviennent des rangs des non-élec- teurs, ceux qui ne s\u2019identifiaient à aucun parti.En Saxe-Anhalt, un nombre important d\u2019électeurs du parti Die Linke (La Gauche) a même voté pour l\u2019AfD en guise de protestation.Angela Merkel se fait donc attaquer par beaucoup de monde.Même dans ses propres troupes, l\u2019hostilité envers sa politique d\u2019accueil est palpable.Depuis décembre, les frontières sont à nouveau protégées: la fermeture des Balkans et de la frontière avec l\u2019Autriche donne un répit à l\u2019Allemagne.Pourtant, le message gouvernemental continue à manquer de précision: «oui, nous accueillons des migrants», «non, pas tant que ça», « il y aura des règles, nous ne savons pas lesquelles » et « ce n\u2019est pas pour tout de suite».Ce message flou explique en grande partie le vote de protestation contre Angela Merkel lors des élections régionales du 13 mars dernier.Tout de même, certaines fortes personnalités s\u2019en sont bien tirées.Dans le Land Bade- Wurtemberg, le ministre-président Winfried Kretschmann du Parti Vert a été réélu.Dans La Rhénanie-Palatinat, c\u2019est encore une fois le ministre-président en place, Malu Dreyer de la SPD, qui l\u2019a remporté.Il est allé chercher une bonne partie du vote vert, son partenaire de coalition.Le cas est passablement dif férent pour la Saxe-Anhalt.Même si c\u2019est le ministre- président en place, Reiner Hasselof f, de la CDU, qui est allé chercher la majorité des voix, c\u2019est dans ce même Land que l\u2019AfD a obtenu son me i l leur score avec 24,2 % et 24 sièges.C\u2019est là que l\u2019AfD a fait le plus de tort à tous les partis, incluant les Linke.Notons que c\u2019est aussi dans ce Land qu\u2019il y a eu récemment des attaques contre des réfugiés.Bref, l\u2019AfD a obtenu entre 14 et 24 sièges dans les trois Länder.Pour l\u2019instant, aucun Land n\u2019envisage une coalition avec l\u2019AfD.Lutte de pouvoir Bien que ces résultats semblent prometteurs pour un nouveau parti, l\u2019AfD est en train de s\u2019entre-déchirer.On assiste à une lutte de pouvoir de représentants qui semblent moins désireux de changer le monde que de se trouver un emploi respectable.Ce n\u2019est pas tout : une lutte se fait aussi entre partis populistes de droite et modérés qui veulent se faire les porte-parole de ceux qui ne se retrouvent pas ou plus dans la CDU.Malgré ces embûches, l\u2019AfD demeure confiante et se prépare aux élections fédérales de 2017.Ces élections auront peut-être montré à la grande majorité des Allemands qu\u2019il ne faut pas sous-estimer l\u2019AfD.Un peu comme le Front national en France, elle pourrait très vite détenir la balance du pouvoir si on ne commence pas à lever certains tabous, comme la question de l\u2019immigration.En vertu du droit d\u2019asile ancré dans sa constitution, l\u2019Allemagne est déjà \u2014 et ce, depuis des décennies \u2014 un pays de choix pour l\u2019immigration, et il faut qu\u2019elle se donne des règles pour l\u2019encadrer.Mais il faut aussi utiliser les lois existantes pour combattre la xénophobie qui s\u2019exprime de manière de plus en plus décomplexée.ÉLECTIONS EN ALLEMAGNE Alternative für Deutschland : faut-il s\u2019inquiéter ?Des résultats prometteurs pour un nouveau parti qui s\u2019entre-déchire MICHAËL SOHN ASSOCIATED PRESS La présidente du parti Alternative pour l\u2019Allemagne, Frauke Petry J É R Ô M E G A U D R E A U L T Directeur général de l\u2019Association québécoise de prévention du suicide (aqps.info) rois suicides sont commis chaque jour au Québec, alors qu \u2019il s \u2019agit d\u2019une cause de décès évitable.L\u2019une des mesures les plus efficaces pour prévenir le suicide est la réduction de l\u2019accès aux moyens de s\u2019enlever la vie, dont l\u2019arme à feu.Ce moyen est extrêmement létal et n\u2019offre que très rarement une seconde chance à la personne en détresse.La personne suicidaire ne veut pas mourir, elle souhaite cesser de souffrir.Non seulement sa vision des choses est troublée par sa souffrance, mais elle est ambivalente face à la mort jusqu\u2019à la toute dernière minute.La présence d\u2019une arme à feu représente donc un risque majeur dans ces circonstances ; elle amplifie l\u2019impulsivité du geste et donne peu de temps aux proches et aux intervenants pour effectuer une intervention qui permettrait de sauver une vie.C\u2019est pourquoi le contrôle des armes est si important.La simple présence d\u2019une arme à feu dans la maison multiplie par cinq les risques de suicide et près du tiers des personnes qui utilisent une arme à feu pour se suicider ne sont pas propriétaires de l\u2019arme.Ajoutons que la plupart des décès par arme à feu sont des suicides et impliquent des armes d\u2019épaule.Ils sont souvent le fait de personnes en détresse.Le gouvernement a donc le devoir de réglementer l\u2019accès aux armes à feu.D\u2019ailleurs, les pays ayant un contrôle plus serré des armes à feu présentent un taux de suicide avec ce moyen inférieur aux pays qui n\u2019en ont pas.Leur enregistrement permet de sauver des vies, car il a notamment pour ef fet de réduire le nombre d\u2019armes en circulation.Il est démontré que moins il y a d\u2019armes en circulation, moins il y a de suicides.Un registre facilite le travail des policiers lorsqu\u2019ils doivent intervenir avec une personne présentant un risque de suicide, il favorise la responsabilisation des propriétaires d\u2019armes en les incitant à respecter les normes et permet la traçabilité.Les nombreux suicides par arme à feu ont un coût énorme pour notre société.Nous n\u2019avons pas les moyens de nous priver d\u2019un outil efficace pour prévenir d\u2019autres drames.L\u2019ensemble des mesures fédérales adoptées à la suite de la tuerie à Polytechnique, dont l\u2019enregistrement de toutes les armes, a été associé à une baisse phénoménale des suicides par arme à feu.Au Québec, nous avons constaté une baisse de 60 % des suicides par arme à feu entre 1995 et 2008, et ce, sans indice de substitution avec d\u2019autres moyens.Plusieurs personnes qui ont eu des idées suicidaires dans le passé sont avec nous au- jourd\u2019hui et vont bien.Ce n\u2019aurait peut-être pas été le cas si elles avaient eu un accès facile à une arme à feu.Pour ces raisons, nous appuyons sans réserve le projet de loi 64 sur l\u2019immatriculation des armes d\u2019épaule.L\u2019enregistrement des armes pour prévenir le suicide GETTY IMAGES La simple présence d\u2019une arme à feu dans la maison multiplie par cinq les risques de suicide.P T Notre surprise a été grande à notre réveil jeudi matin.L\u2019UPAQ, dont nous avions pratiquement rayé l\u2019existence de nos vies, a refait surface. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 8 M A R S 2 0 1 6 A 12 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S conduction de Robert Lafre- nière à la tête de l\u2019UPAC, le voilà dissipé.Il serait maintenant impossible de le remercier de ses services sans être accusé de vengeance.Il est encore heureux que l\u2019arrestation de deux péquistes ait forcé le PQ à tempérer quelque peu son indignation.Les gros poissons n\u2019en sont pas moins des libéraux parmi les plus notoires.Tous les efforts que le premier ministre Couillard pourra faire pour s\u2019en dissocier ne l\u2019empêcheront pas d\u2019être sérieusement éclaboussé.Amir Khadir n\u2019a pas mis de temps à y voir l\u2019illustration de la «corruption systémique » qui règne selon lui au PLQ .Plus grave que le scandale des commandites, a renchéri la CAQ.Déclarer la culpabilité par association est une pratique courante en politique.Nathalie Normandeau était une éminente collègue de M.Couil- lard dans le gouvernement Charest.Des liens d\u2019amitié le liaient également à Marc-Yvan Côté, même s\u2019il a dû prendre ses distances avec l\u2019une et l\u2019autre quand il a repris du service .Voilà décidément un homme bien malchanceux dans ses fréquentations.Dans une vie antérieure, le nouveau président du Conseil du trésor, Sam Hamad, était vice- président du «développement des af faires» chez Roche, comme l\u2019ont également été M.Côté et une autre des personnes arrêtées, France Michaud.Inutile de dire qu\u2019il a préféré s\u2019en tenir à des considérations d\u2019ordre strictement budgétaire.En rétrospective, on ne peut que constater à quel point l\u2019ancien vérificateur général, Renaud Lachance, a fait preuve d\u2019aveuglement en enregistrant sa dissidence dans le rapport de la commission Charbon- neau.De toute évidence, le lien même indirect qu\u2019il avait refusé de voir entre le financement de la caisse libérale et l\u2019octroi de contrats publics est apparu limpide aux yeux de l\u2019UPAC.C\u2019est la juge Charbon- neau qui doit se bidonner.?Le moment choisi pour lâcher cette bombe, qui peut difficilement être for tuit, était d\u2019autant plus dommageable que le troisième budget Leitão, presque relégué au rang de fait divers, n\u2019est pas dépourvu de tout mérite.Certes, le réinvestissement annoncé, notamment en éducation, demeure modeste compte tenu des coupes des deux dernières années.Une hausse des dépenses de 3% permettra tout juste de couvrir les « coûts de système », c\u2019est-à-dire de maintenir les services à leur niveau actuel, même si tous les dommages causés par l\u2019austérité ne seront pas réparés de sitôt.En santé, l\u2019augmentation de 2,4% qui est prévue, soit exactement la hausse réelle des dépenses durant l\u2019année financière qui s \u2019achève, sera consacrée pour l\u2019essentiel à la hausse de la rémunérat ion, notamment celle des médec ins .Au moins, il y a un coup d\u2019arrêt dans les compressions.Le devancement de la diminution progressive de la taxe santé est également une bonne nouvelle, mais le meilleur est manifestement à venir.Le PLQ avait promis que la moitié des surplus serait retournée aux contribuables, l\u2019autre étant consacrée au remboursement de la dette, mais c\u2019est loin d\u2019être le cas.Invité à dire s\u2019il prévoyait une baisse de l\u2019impôt sur le revenu d\u2019ici 2018, le ministre des Finances a déclaré: «On verra au fur et à mesure que le temps passe et que les choses s\u2019améliorent.» Il aurait pu ajouter : «Et que les élections vont approcher.» C\u2019est le premier de ses trois budgets dont M.Leitão peut véritablement dire qu\u2019il porte sa signature.Les deux précédents étaient clairement ceux de l\u2019ancien président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, dont la mutation se voulait un signal que la page de l\u2019austérité était maintenant tournée.Après le grand ménage, le gouvernement a en principe mis le cap sur le développement économique.Même le porte-parole du PQ, Nicolas Marceau, a dû reconnaître que certaines mesures ont été bien imaginées.L\u2019ef fort demeure néanmoins modeste.Des « cibles justes », mais des «moyens limités», a résumé la présidente de la Fédération des chambres de commerce, Françoise Bertrand.Of ficiellement, M.Leitão maintient l\u2019engagement de créer 250 000 emplois en cinq ans, mais les projections de son propre ministère demeurent très en deçà de cette cible.La bonne nouvelle pour le gouvernement est qu\u2019il reste amplement de temps pour tripoter les chiffres d\u2019ici octobre 2018.mdavid@ledevoir.com SUITE DE LA PAGE 1 DAVID Philippe Couillard est un homme bien malchanceux dans ses fréquentations cabinet, Bruno Lortie, et de l\u2019ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté.Celui-ci fut aussi responsable du développement des af faires pour la firme de génie-conseil Roche \u2014 qui représente le fil liant tous les accusés.Sur le plan de la politique provinciale, avec deux ex-ministres visés, la rafle est inédite.Deux autres anciens dirigeants de Roche, soit l\u2019ex-président Mario Martel et l\u2019ancienne vice- présidente France Michaud, ont aussi été arrêtés.L\u2019ex-maire de Gaspé, François Roussy, et Ernest Murray, un ancien attaché politique au bureau de comté de l\u2019ex-première ministre péquiste Pauline Marois, complètent le portrait.Les sept font face à un total de treize chefs d\u2019accusations criminelles pour des infractions commises entre 2000 et 2012 \u2014 notamment fraudes envers le gouvernement, corruption, complots et abus de confiance.M.Martel fait aussi face à des accusations de fabrication et usage de faux documents.L\u2019UPAC a souligné que les accusés auraient contourné les lois afin d\u2019obtenir des avantages indus (cadeaux, financement politique, subventions).Mais elle n\u2019a pas donné de détails sur les circonstances précises des infractions.Derrière « le financement politique qui était en apparence légal, nous avons été en mesure de démontrer [qu\u2019il] y a avait des activités frauduleuses, et ce, sur de très longues périodes.C\u2019est pour ça qu\u2019on ne les attache pas à des projets », a précisé l\u2019inspecteur André Boulanger, responsable de la Direction des enquêtes sur la corruption de l\u2019UPAC.On sait toutefois que le coup de filet de l\u2019UPAC est le fruit de la fusion des enquêtes Joug (scandale de l\u2019usine de traitement des eaux de Boisbriand ; financement du Parti libéral et du Parti québécois) et Lierre (financement du PLQ).« Nous avons fusionné les deux enquêtes afin de démontrer l\u2019aspect systémique des stratagèmes», a expliqué M.Boulanger.Budget plombé Menée quelques heures seulement avant le début du huis clos du budget à Québec, la rafle de l\u2019UPAC a secoué tout le monde politique \u2014 et elle a complètement bousculé l\u2019ordre du jour médiatique.Au traditionnel cocktail d\u2019après- budget, plusieurs membres du gouvernement se montraient mécontents de voir le troisième budget Leitão relégué au second rang dans les bulletins de nouvelles.Selon un ex-enquêteur, le moment choisi pour procéder aux arrestations « n\u2019est pas une coïncidence.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales [DPCP] a autorisé les mises en accusation il y a quelques jours en sachant que le budget serait annoncé ce jeudi\u2026 et en sachant aussi que le budget du DPCP serait amputé.Non, je ne crois pas aux coïncidences.» Le premier ministre Philippe Couillard a commenté la nouvelle en matinée en soutenant que le Parti libéral qu\u2019il dirige n\u2019est plus celui des années Charest.«Le parti que je dirige actuellement a une pratique exemplaire en financement politique.» Les pratiques décelées par l\u2019UPAC avaient cours dans « une autre époque de la politique au Québec», a-t-il affirmé.La députée péquiste Agnès Maltais a toutefois rétorqué que les liens entre Nathalie Nor- mandeau et le Parti libéral sont encore frais \u2014 Mme Normandeau a agi comme conseillère lors de la dernière campagne électorale.«La police nous dit qu\u2019il y avait un système libéral de financement politique en échange de contrats.C\u2019est très grave.» L\u2019ombre de Charbonneau Selon Mme Maltais \u2014 dont le parti est aussi éclaboussé par l\u2019UPAC \u2014, les accusations de jeudi viennent « trancher la dissidence de la commission Charbonneau ».« C\u2019est Renaud La- chance qui a l\u2019air ridicule aujourd\u2019hui », s\u2019exclame un ex-enquêteur consulté par Le Devoir.Mais pour Martine Valois, professeure de droit à l\u2019Université de Montréal, les arrestations jettent plus largement un autre éclairage sur le rapport Charbonneau et sa timidité en matière de blâmes.La Commission a « laissé suffisamment d\u2019indices [indiquant] qu\u2019elle n\u2019était pas allée aussi loin qu\u2019elle aurait pu sur la question du financement politique» parce qu\u2019elle se devait de ne pas compromettre les enquêtes en cours, souligne-t-elle.Le DPCP a pris plus d\u2019un an avant d\u2019autoriser l\u2019UPAC à procéder à des arrestations \u2014 un délai qui a alimenté des rumeurs d\u2019ingérence politique.Mais il est normal de jouer de prudence lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une ex-vice-pre- mière ministre, soutient Mme Valois.« On ne peut pas se tromper.La preuve doit être absolument solide.» L\u2019avocat de Mme Normandeau, Maxime Roy, y voit plutôt le contraire.« J\u2019ai l\u2019impression que la preuve est fragile, insuffisante, et c\u2019est ce qui a amené l\u2019UPAC à réfléchir aussi longtemps [avant de procéder aux arrestations] », indique-t-il.Sa cliente plaidera non coupable.«Elle a été triste [et] étonnée» d\u2019être arrêtée jeudi, a-t-il dit.L\u2019ancien enquêteur de la Sûreté du Québec et spécialiste du crime organisé Sylvain Tremblay pense pour sa part qu\u2019il y a effectivement eu des « tergiversations politiques» dans ce dossier.Et il craint que le coup d\u2019éclat n\u2019ait pas de suite.«Est-ce que ça vient de mettre un point final sur les enquêtes sur le financement illicite ?demande-t-il.\u201cParfait, on vous en a donné, un ministre, vous en vouliez un?Maintenant, c\u2019est terminé.\u201d » Convaincu que les liens entre financement politique et octroi de contrats commencent à peine à être exposés, Sylvain Tremblay espère que Nathalie Normandeau « se mettra à table et [dira] : ce n\u2019est pas vrai que je vais tomber toute seule ».Robert Lafrenière n\u2019a pas donné de détails jeudi sur l\u2019état des autres enquêtes de l\u2019UPAC.« Je ne confirme ou n\u2019infirme jamais des dossiers d\u2019enquête sur certains individus ou non.Cette enquête a un dénouement impor tant au- jourd\u2019hui.Mais une enquête n\u2019est jamais complétée tant qu\u2019elle n\u2019est pas complétée.» Les sept personnes arrêtées seront formellement accusées au palais de justice de Québec le 20 avr i l .Elles r isquent jusqu \u2019à quatorze ans d\u2019emprisonnement.Avec la collaboration de Jeanne Corriveau, Philippe Orfali, Marie-Michèle Sioui, Antoine Robitaille, Marco Bélair-Cirino, Dave Noël et Amélie Daoust- Boisvert Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 UPAC de 25 $ pour les contribuables qui gagnent plus que ce seu il et qu i versent entre 100 $ et 1000 $, selon leur revenu.La taxe santé sera réduite à nouveau en 2017 pour être finalement abol ie en 2018 , so it un an avant l\u2019échéance annoncée l\u2019an dernier.Le gouvernement libéral remplit ainsi sa promesse électorale de supprimer avant les prochaines élections cette taxe régressive qui représente une ponction annuelle de 759 millions.Ce budget, qui marque la mi-mandat du gouvernement Couillard, af fiche des revenus consolidés de 102,6 milliards, en hausse de 3,2 %, tandis que les dépenses consolidées se chif frent à 100,1 milliards.Les dépenses de programmes, à 68,2 milliards, progressent de 2,7 %, soit 1 % de plus que l\u2019an dernier.L\u2019État québécois dégage désormais un surplus, constitué des sommes réservées au Fonds des générations.Le versement au fonds est de 2 milliards cette année, mais il est appelé à augmenter substantiellement dans les prochaines années.Il passera à 2,5 milliards l\u2019an prochain et à 3,8 milliards en 2020-2021.«Nous avons remis la maison en ordre.Nous avons établi des bases solides constituant le socle de notre prospérité », a déclaré Carlos Leitão dans son discours livré à l\u2019Assemblée nationale.Éducation et santé Après deux ans de privations, une forme de normalité réapparaît à l\u2019éducation, dont le budget augmente de 3 %, ou de 500 millions, soit un peu plus que la croissance naturelle des coûts.Une part de cette somme sera investie dans des initiatives par ticulières à hauteur de 164 millions.Déjà, le ministre Finances avait annoncé en novembre l\u2019octroi de près de la moitié de cette injection, soit 80 millions.De plus, le gouvernement Couillard accepte d\u2019investir au cours des trois prochaines années 700 millions dans les installations scolaires, dont 500 millions pour la rénovation des écoles vétustes ou insalubres.C\u2019est encore le régime minceur pour la santé et les services sociaux.Le gouvernement ne fait pas mieux que de consentir à une hausse de 2,4 % sur un budget qui atteindra 33,7 milliards, ce qui correspond à la croissance réelle des dépenses en 2015-2016.On promet que 88 millions seront réservés au soutien à domicile des personnes âgées, à l\u2019aide aux autistes et à la prévention.Dans les documents budgétaires, le ministère souligne que les transferts fédéraux en santé, dont l\u2019augmentation annuelle est plafonnée à un maximum de 3 % dès l\u2019an prochain au lieu de 6 %, doivent être impérativement renégociés avec le gouvernement fédéral.Sur le plan des mesures sociales, Carlos Lei- tão a annoncé une légère amélioration du bouclier fiscal qui entre en vigueur cette année ainsi qu\u2019une bonification de la prime au travail.Relance économique En matière de stimulation économique, Carlos Leitão recour t à une mesure éprouvée : le crédit d\u2019impôt à la rénovation.Le nouveau programme s\u2019appelle RénoVert et s\u2019inspire de LogiRénov.Nantie de ses surplus d\u2019électricité, Hydro-Québec sera appelée à accorder des rabais sur le tarif «L» aux entreprises manufacturières et aux sociétés actives dans la transformation des ressources naturelles qui s\u2019engagent dans des projets d\u2019investissement majeurs.En outre, le budget contient une série de mesures modestes.Le gouvernement accordera une déduction fiscale aux sociétés innovantes; la stratégie numérique a droit à 13 millions.Pour sa part, le secteur traditionnel de la forêt recevra 45 millions.Au total, en 2016-2017, le gouvernement dépensera 469 millions de plus pour de nouvelles mesures de tout ordre, ou 609 millions si on inclut les initiatives financées par le Fonds vert.L\u2019an dernier, il n\u2019a engagé qu\u2019un peu plus de la moitié de cette somme, soit 361 millions.Déception dans l\u2019opposition Tant le Parti québécois que la Coalition avenir Québec n\u2019ont pas manqué de souligner qu\u2019en matière d\u2019emplois, le gouvernement Couillard était loin d\u2019atteindre son objectif de créer 50 000 emplois par an, ou 250 000 en cinq ans.Le ministère estime à 29 000 en moyenne le nombre annuel de nouveaux emplois au Québec.Le porte-parole péquiste en matière de finances, Nicolas Marceau, a souligné que les revenus autonomes sont inférieurs d\u2019un milliard par rapport aux prévisions de l\u2019an dernier, une preuve, selon lui, que les coupes ont miné la croissance économique.Malgré les sommes versées dans le Fonds des générations, le poids de la dette par rapport au produit intérieur brut (PIB) se maintient à 55 %.Le chef de la CAQ, François Legault, a déploré le « budget famélique » en santé et « le manque d\u2019ambition » du gouvernement Couil- lard sur le plan économique.Enfin, Amir Khadir, de Québec solidaire, a établi un lien entre l\u2019arrestation de Nathalie Normandeau et un par ti qui favorise, à son avis, les privilégiés.Ainsi, il existe au Parti libéral une corr uption plus grande que les malversations qui ont touché son financement.« Cette corruption, c\u2019est l\u2019influence indue et directe du grand patronat et d\u2019une minorité de privilégiés sur les orientations économiques de ce gouvernement et de son budget », juge le député.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BUDGET JACQUES NADEAU LE DEVOIR La ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, avec Carlos Leitão Un absent : le rapport Godbout Québec \u2014 Le rapport final du comité présidé par l\u2019expert Luc Godbout sur la fiscalité ne figure pas dans le budget du ministre des Finances, qui reconnaît ne pas être en mesure de tout mettre en place.Certains acteurs économiques, notamment les chambres de commerce, l\u2019ont déploré.«Un tiers n\u2019a pas été mis en œuvre», a dit le ministre Carlos Leitão lorsque la presse l\u2019a invité à faire une mise au point.Le ministre affirme que le tiers des suggestions a été instauré et qu\u2019un autre tiers découle de pourparlers avec le gouvernement fédéral.«Dans ce qui n\u2019a pas été mis en œuvre, l\u2019essentiel reposait sur un remixage de la fiscalité [une baisse de l\u2019impôt sur le revenu et une hausse de taxes à la consommation]», a dit Carlos Leitão.«J\u2019avais dit que cela se ferait si nous étions capables de dégager un large consensus».Sans ce consensus, «on va devoir attendre».«Le ministre n\u2019a pas dit qu\u2019il ne le ferait pas», a dit Luc Godbout en entrevue au Devoir.«Les constats faits par le gouvernement pour promettre une réforme et ayant conduit à la création de la commission sont encore d\u2019actualité.» François Desjardins "]
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