Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (9)

Références

Le devoir, 2016-02-13, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" V O L .C V I I N o 3 0 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 F É V R I E R 2 0 1 6 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S Justin Trudeau Cent jours en apesanteur Page B 1 Kendrick Lamar transporte la question noire aux prix Grammy Page E 1 ?w w w .l e d e v o i r .c o m AUJOURD\u2019HUI Livres \u203a Notre nouvelle série Point ?nal fait revivre Huguette Gaulin, poète immolée.Page F 1 Annonces .D 8 Avis légaux.C 4 Météo.C 2 Décès.C 8 Éditorial .B 4 Motscroisés D 4 Sports .C 8 Sudoku .D 5 MONTRÉAL \u2022 QUÉBEC \u2022 TROIS-RIVIÈRES \u2022 LAVAL \u2022 LONGUEUIL \u2022 REPENTIGNY \u2022 BELOEIL \u2022 BOISBRIAND \u2022 MAGOG \u2022 ST-AGATHE \u2022 MONT-TREMBLANT .CA TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES\u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX \u2022 STORES HORIZONTAUX SUR MESURE 1 855 770-8677 ESTIMATION GRATUITE MOTORISATION DISPONIBLE Certifié 5Étoiles QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 514-231-8677 450-445-9829 MONTRÉAL LONGUEUIL LAVAL 450-627-3716 50% DE RABAIS OU INSTALLATION GRATUITE OP AQUES SOLAIRES TRANSLUCIDES OPAQUES SOLAIRES RANSLUCIDES H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa D iscuter, débattre, échanger des idées ?Certainement.Mais en bout de piste, objection de conscience ou pas, il faudra rentrer dans le rang.Le gouvernement de Justin Trudeau a décidé d\u2019imposer la ligne de parti à ses députés dans le dossier de l\u2019aide médicale à mourir.Une position qui déçoit grandement ses adversaires conservateurs de même qu\u2019au moins un élu libéral.«Maudit qu\u2019ils me font de la peine!» En entrevue, le député conser vateur Gérard Deltell manque de mots pour dire sa déception en apprenant que les libéraux seront obligés de voter en faveur de la future loi fédérale \u2014 dont le libellé n\u2019est pas encore connu \u2014 sur l\u2019aide médicale à mourir.« Je suis sincèrement très déçu de la tournure que ça prend.On est en plein dans l\u2019exercice, en plein dans les réflexions pour trouver consensus, et on apprend que la partie est jouée d\u2019avance.À par tir du moment où le gouvernement dit qu\u2019il faut voter pour, et qu\u2019il est majoritaire, on fait quoi, nous autres ?L\u2019af faire est déjà entendue.C\u2019est décevant pour tout ce qui a été fait depuis trois semaines.» M.Deltell rappelle que Justin Trudeau a salué la démarche menée par le Québec dans ce AIDE À MOURIR Trudeau impose et déçoit Le caucus libéral devra voter selon la ligne de parti REINNIER KAZE AGENCE FRANCE-PRESSE Dans les villages du nord, des groupes de civils se forment pour repousser les assauts de Boko Haram.Sur notre photo, des hommes de Lding Lding dotés d\u2019armes de fortune.Le groupe terroriste le plus meurtrier au monde sévit au cœur de l\u2019Afrique.Principalement implanté au Nigéria, Boko Haram jette aussi son dévolu sur les pays voisins.Le Cameroun est l\u2019un de ceux-là.Loin des regards du monde, les Camerounais subissent les violences des extrémistes, auxquels ils livrent bataille.Portrait d\u2019un pays en guerre.J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y à Yaoundé, Cameroun A dji Abani se souvient de l\u2019heure, à la minute près, à laquelle Boko Haram est venu frapper son village.C\u2019était le 12 août dernier, à 20h12, alors que le soleil avait déjà caché ses rayons.Ce n\u2019était pas la première fois que la secte djihadiste venait cogner aux portes de la ville, rappelle-t-il.Mais en cette soirée d\u2019été, dans le village de Blamé, à quelques kilomètres de la frontière nigériane, Boko Haram n\u2019allait pas faire BOKO HARAM Drame humanitaire dans le sillage des djihadistes Dossier Lutter contre des «barbares déshumanisés».Combat militaire, protection et guerre des communications.Mutations d\u2019une nébuleuse à la violence inouïe.Les terroristes font de plus en plus dans le grand banditisme.Une guerre «mondiale».Le Cameroun appelle à l\u2019aide.Pages A 4, A 5 et A 6 O D I L E T R E M B L A Y à Berlin O n va d\u2019abord voir Denis Côté et son acteur James Hyndman à l\u2019hôtel Frantic, avant de les retrouver en équipe élargie à la conférence de presse.Avec Boris sans Béatrice en lice pour l\u2019Ours d\u2019or, c\u2019est la petite frénésie de la délégation québécoise au deuxième jour de la Berli- nale.Le Jour J.James Hyndman a beau être né en Allemagne, c\u2019était pur hasard des tribulations parentales.Le Max de Souvenirs intimes (Jean Beaudin, 1999) se faisait rare au cinéma d\u2019auteur.Accompagner un film à Berlin lui procure un retour en beauté.Ça se prend bien.Côté est un habitué des lieux.Quatre fois que ses films atterrissent ici, dont deux en compétition.Il y a trois ans, Vic + Flo ont vu un 66E BERLINALE Les fantômes sans nom de Denis Côté TOBIAS SCHWARZ AGENCE FRANCE-PRESSE Trois ans après son Ours d\u2019argent, Denis Côté présentait Boris sans Béatrice à la Berlinale, vendredi.VOIR PAGE A 10 : BOKO VOIR PAGE A 10 : MOURIR VOIR PAGE A 10 : CÔTÉ L A U R A P E L L E T I E R M ême s\u2019il refuse de promettre la tenue d\u2019un vote de la Chambre des communes sur la mission canadienne contre le groupe État islamique en Irak et en Syrie, le gouvernement de Justin Trudeau a préparé une motion à cet effet, disponible dans le feuilleton des avis du Parlement du 11 février.Cette motion, dont la date de dépôt et de vote n\u2019est pas connue, demande «que la chambre appuie la décision du gouvernement d\u2019élargir, d\u2019améliorer et de redéfinir notre contribution à l\u2019ef fort pour lutter contre l\u2019EIIL [État islamique en Irak et au Levant] en exploitant mieux l\u2019expertise canadienne, tout en travaillant en complémentarité avec nos partenaires de la coalition afin d\u2019obtenir un effet optimal».Au début du mois, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, s\u2019était limité à dire que son gouvernement était «déterminé à être ouvert et transparent» et qu\u2019une décision serait éventuellement prise quant au « type de discussion » qui serait tenu en chambre (débat, vote, etc.).Le gouvernement canadien n\u2019a pas l\u2019obligation constitutionnelle de consulter le Parlement pour mener une mission militaire, mais une telle procédure permet au gouvernement d\u2019augmenter la légitimité d\u2019une mission et de partager la responsabilité de ses répercussions.Le gouver nement précé- dent, mené par Stephen Harper, avait pris l\u2019habitude de tenir des votes liés aux missions de combat.Le Devoir J E A N N E C O R R I V E A U Q uatre jours après le début du procès du Faubourg Contrecœur, l\u2019un des accusés a plaidé coupable à des accusations de fraude et de complot pour fraude vendredi matin.Ancien président de la firme d\u2019urbanisme Groupe Gauthier Biancamano Bolduc (GGBB), Daniel Gauthier a reconnu qu\u2019un stratagème avait été mis en place pour favoriser l\u2019entreprise Construction F.Catania.La firme GGBB avait obtenu plusieurs mandats en lien avec ce projet.Elle s\u2019était notamment vu confier la réalisation d\u2019un plan d\u2019aménagement du site Contrecœur et c\u2019est elle qui avait préparé les appels d\u2019offres et de qualif ication.Daniel Gauthier siégeait également au comité de sélection.Selon l\u2019exposé conjoint des faits présenté devant le tribunal vendredi, l\u2019af faire aurait commencé en 2004, lorsque le comité exécutif de la Ville de Montréal a mandaté la Société d\u2019habitation et de développement de Montréal (SHDM) pour développer l\u2019ensemble immobilier du Faubourg Contre- cœur d\u2019une valeur estimée de 300 millions de dollars.Avant même l\u2019appel de qualification, Daniel Gauthier savait que Catania serait sélectionnée.Des ingénieurs auraient notamment validé l\u2019estimation de coûts avec Catania avant que le processus d\u2019appel de qualification ne soit lancé.Plusieurs des accusés, de même que les ingénieurs Michel Lalonde, ex-p.-d.g.de Génius conseil, et René Séguin, fondateur du Groupe Séguin (devenue Gé- nius par la suite), auraient participé à une rencontre au cours de laquelle le dossier du Faubourg Contrecœur et les estimations de coûts auraient été abordés.Catania aurait finalement déposé une soumission comportant des conditions reflétant les informations discutées auparavant.Tout au long du processus et même après, Catania aurait été avantagée, selon Daniel Gauthier.Le procès continue Daniel Gauthier faisait face à quatre chefs d\u2019accusation et a plaidé coupable à trois d\u2019entre eux, soit deux de fraude et un de complot pour fraude.M.Gauthier est aussi accusé d\u2019avoir aidé un fonctionnaire, soit l\u2019ex- directeur général de la SHDM Martial Fillion, à commettre un abus de confiance.Un arrêt conditionnel des procédures a été demandé par la défense pour ce chef d\u2019accusation.Les représentations sur la peine auront lieu le 24 mars.«C\u2019est important pour nous de nuancer certaines allégations dans cet exposé», a précisé l\u2019avocat de Daniel Gauthier, Jean- Claude Hébert.Deux témoins seront entendus, soit M.Gauthier et une autre personne.«Le procès se continue quant aux autres accusés», a pour sa part indiqué la procureure de la Couronne, Nicole Martineau.«Nous ferons valoir nos représentations quant aux faits et à la peine que nous demanderons lors de l\u2019audience prévue le 24 mars.» Rappelons que sept autres personnes font face à des accusations dans ce dossier.Parmi elles, Frank Zampino, ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Bernard Trépanier, ancien collecteur de fonds du par ti de l\u2019ex-maire Gérald Tremblay, et Paolo Catania, ancien président de Construction F.Cata- nia.Les autres accusés sont Martin D\u2019Aoust, Pasquale Fe- dele, André Fortin et Pascal Patrice, des employés de Constr uction F.Catania au moment des faits reprochés.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 BONI DE 1 % la première année pour les nouveaux fonds REER investis en obligations* * Le taux du boni peut être modi?é sans préavis.« Naviguer au ?l de l\u2019eau » Placez votre projet d\u2019avenir en lieu sûr dans un REER avec nos Obligations à taux progressif.www.epq.gouv.qc.ca Communiquez avec l\u2019un de nos agents d\u2019investissement au 1 800 463-5229 du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis de février, de 10 h à 16 h.445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Papeter ie Casse - Noisette Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter .Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 N os lecteurs et lectrices découvriront une nouvelle signature dans nos pages éditoriales à compter de la semaine prochaine.Manon Cornellier, chroniqueuse politique à Ottawa, fera désormais partie de notre équipe à titre d\u2019éditorialiste invitée.Elle signera principalement des éditoriaux sur la politique fédérale et canadienne, les enjeux touchant les femmes et d\u2019autres sujets de société.Mme Cornellier est une habituée de la maison.Elle tenait la chronique politique dans Le Devoir depuis 2006.Auparavant, elle a occupé les fonctions de correspondante parlementaire au Devoir de 1996 à 2006.Sa rigueur intellectuelle et la finesse de son analyse lui valent des invitations régulières comme analyste politique sur les plateaux de ICI Radio-Canada, de CPAC et d\u2019autres diffuseurs.Les lecteurs et lectrices avides de commentaires politiques reconnaissent chez Ma- non Cornellier une journaliste rigoureuse, indépendante d\u2019esprit et bien au fait des arcanes de la politique fédérale.Basée à Ottawa, elle complète une équipe formée du nouveau directeur, Brian Myles, de l\u2019éditorialiste invité Jean-Rober t Sansfaçon et des éditorialistes syndiqués Antoine Robitaille et Guy Taillefer.Brian Myles Directeur du Devoir Nouvelle signature à l\u2019éditorial FAUBOURG CONTRECŒUR Un des accusés plaide coupable ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Au procès du Faubourg Contrecœur vendredi, Daniel Gauthier a reconnu qu\u2019un stratagème avait été mis en place pour favoriser l\u2019entreprise Construction F.Catania.JEAN-FRANÇOIS LEBLANC LE DEVOIR Manon Cornellier, chroniqueuse politique à Ottawa, fera désormais partie de notre équipe à titre d\u2019éditorialiste invitée.Lire aussi \u203a Si c\u2019était à refaire.La dernière chronique de Manon Cornellier.Page B 2 LUTTE CONTRE LE GROUPE EI La motion du gouvernement est prête pour un vote en Chambre L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 F É V R I E R 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 Montréal : 4875, Jean-Talon Ouest · (514) 344-8555 · 1 (866) 747-8555 Laval : 2267, boul.Le Corbusier · (450) 682-8280 www.abatjourillimites.ca \u2022 Plus de 5,000 abat-jour en magasin.\u2022 Le plus grand choix au Canada.\u2022 Service de recouvrement sur mesure.\u2022 Apportez votre pied de lampe pour un ajustement parfait.Présentez ce coupon au moment de l\u2019achat.Excluant les commandes.Aucun ajustement de prix sur les commandes ou achats antérieurs.Valide du 13 février au 31 mai 2016.OBTENEZ 20% de rabais sur TOUS nos abat-jour 40%de rabais sur TOUS nos pieds de lampes et n le a t n so à e c râ g s é y to ô c a l i u\u2019 q de Montréal, il aura marqué les gens , la télévision communautaire TCF n i e s u a s n a 5 1 t n a r u d é u q i l p m I .février 19 .Il aurait eu 94 ans le l\u2019automne dernier entre 1945 et 1980, nous a quitté à journaliste puis représentant publicitaire Jean-Paul Boivert, un vétéran du Devoir e d t e d , Merci Jean Paul - .TCFtv du site web de TCF au www peut être visionnée sur la page d\u2019accueil dée par Jean-Paul Boivert Une entrevue accor chaîne.la de développement française et son apport considérable au , son amour de la langue communicateur ! .ca I S A B E L L E P O R T E R à Québec P our sauver le lac Saint- Charles, la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) devrait s\u2019attaquer en priorité aux problèmes des stations d\u2019épuration de Lac- Delage et de Stoneham, plaide l\u2019expert en santé des lacs, Richard Carignan.« Nos stations d\u2019épuration d\u2019eaux usées, surtout les petites, sont loin d\u2019être idéales pour arrêter le phosphore et l\u2019azote.Moi, si j\u2019avais à choisir entre une fosse septique et des stations d\u2019épuration à la technologie actuelle comme il y a à Tew- kesbury et Stoneham, je prendrais la fosse septique.Je pense que la fosse septique arrête plus que les stations d\u2019épuration », explique M.Carignan.La CMQ prépare actuellement un plan d\u2019action pour restaurer la santé du lac Saint-Charles qui approvisionne environ 300 000 résidants de Québec en eau potable.Ces dernières années, les apports en phosphore et en azote ont rempli le lac de plantes aquatiques et sa santé s\u2019est rapidement détériorée.On a beaucoup entendu parler du moratoire pour freiner l\u2019étalement urbain et ensuite raccorder les maisons dotées de fosses septiques à des réseaux d\u2019égouts.Toutefois, le projet de la CMQ vise aussi à moderniser les stations d\u2019épuration.C\u2019est peut-être l\u2019action la plus importante, selon M.Carignan.L\u2019idée de raccorder des résidences aux égouts est bonne, dit-il.Or l\u2019impact serait limité si la station d\u2019épuration où transitent ces égouts n\u2019était pas à niveau.«C\u2019est assez reconnu que les stations d\u2019épuration québécoises sont pas mal en retard.» Un problème bien connu Basé à l\u2019Université de Montréal, ce biologiste se spécialise dans l\u2019étude des plantes aquatiques comme celles qui ont envahi le lac Saint-Charles ces dernières années.Ses recherches portent surtout sur la contamination des lacs de villégiature dans les Laurentides.Or, l\u2019an dernier, c\u2019est à lui que la CMQ avait confié le soin d\u2019évaluer les études de l\u2019Association pour la protection de l\u2019environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL).Dans ses conclusions, l\u2019APEL recommandait entre autres d\u2019« optimiser la per formance des stations d\u2019épuration des eaux usées de Lac-Delage et de Stoneham-et-Tewkesbury, notamment en ce qui a trait aux trai tements ter t iaires destinés à éliminer l\u2019azote et le phosphore des ef fluents ».Les « traitements tertiaires» sont ceux qui permettent d\u2019enlever le phosphore, explique le professeur Carignan.«Au Québec, les stations sont de niveau primaire ou tertiaire alors que les tertiaires sont la norme partout ailleurs», déplore-t-il.Les tares des stat ions d\u2019épuration de Stoneham et de Tewkesbur y sont bien connues et on sait depuis des années qu\u2019elles contribuent à répandre du phosphore dans le lac Saint-Charles.Les deux municipalités doivent rénover les stations d\u2019ici la fin de l\u2019année si elles souhaitent se conformer aux nouvelles normes du ministère du Développement durable.Or, un différend persiste quant au paiement de la facture estimée à 2,4 millions de dollars.Dans le passé, les deux villes ont plaidé que le gouvernement devait subventionner les projets puisque c\u2019est lui qui a édicté les nouvelles normes.Or, l\u2019an dernier, le ministère des Affaires municipales avait rejeté leur demande en invoquant le contexte d\u2019austérité.L\u2019étude produite par l\u2019APEL en 2012 soutient que les rejets de l\u2019usine de Lac-Delage respectaient les normes de l\u2019époque, mais que les concentrations en PT et en azote restent toutefois « impor tantes » en « considérant que ces eaux se jettent dans un lac jugé prioritaire et démontrant déjà des signes d\u2019eutrophisation accélérée ».On signalait en outre que la performance de l\u2019usine d\u2019épuration était moins bonne que l\u2019année précédente.Le Devoir LAC SAINT-CHARLES Eau potable : un expert montre du doigt les stations d\u2019épuration M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, refuse de plier face aux organismes qui demandent en chœur le retrait de toutes les pénalités prévues à la réforme de l\u2019aide sociale.Les nouveaux demandeurs d\u2019aide sociale auront l\u2019obligation de participer à au moins «une rencontre» dans un organisme spécialisé en employa- bilité, à défaut de quoi ils s\u2019exposeront à des pénalités, a indiqué M.Blais sur les ondes d\u2019une radio de Québec jeudi matin.«C\u2019est pas discutable.» À ses yeux, « ce qui compte, ce n\u2019est pas la gravité de la sanction, c\u2019est l\u2019assurance qu\u2019il va y avoir une sanction».M.Blais a défendu la pertinence du projet de loi 70, relatant qu\u2019un organisme spécialisé en employabilité est parvenu à joindre à peine cinq des cent prestataires du Programme d\u2019aide sociale figurant sur une liste que lui avait remise Emploi Québec.«Ils ont réussi à en contacter cinq sur cent pour une rencontre.Il y en a seulement deux qui sont venus», a précisé M.Blais, statistiques à la main.L\u2019élu libéral s\u2019est fait reprocher par l\u2019animateur de l\u2019émission du FM93, Sylvain Bou- chard, de s\u2019être «dégonflé » en renonçant à punir au moyen de ponctions importantes à leurs prestations d\u2019aide sociale les «BS» refusant de prendre part au programme d\u2019insertion au travail « Objecti f emploi », comme le prévoit le projet de loi 70 dans sa forme actuelle.M.Blais a dit faire face à un « blocage idéologique » des membres de la Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main-d\u2019œuvre.Ils font preuve de « radicalisation à l\u2019envers » en écar tant toute forme de sanction pour inciter les jeunes à atteindre l\u2019«Objectif emploi», a-t-il soutenu au micro de la station de radio de Québec.«Tous les organismes se sont dit le mot : \u201cÇa reste volontaire.\u201d Moi aussi, j\u2019aimerais ça toujours travailler avec des gens volontaires dans ma vie, mais parfois, il faut contraindre pour les pousser», a-t-il déclaré, rejetant la possibilité de rendre la participation au « Programme Objectif emploi » facultative.«Ce n\u2019est pas acceptable.» Pas de déménagement Cependant, le ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale a juré ne pas avoir fait son nid sur la portée des sanctions qui seront détaillées dans la version finale du projet de loi 70.« Si vos auditeurs au- jourd\u2019hui ont une solution pour régler ce problème-là, qu\u2019ils me la donnent, à par t [s\u2019il s\u2019agit de] donner 50 000 $ si vous vous rendez à une visite.Qu\u2019est- ce qu\u2019on peut faire ?Ce qu\u2019on peut faire, bien sûr, c\u2019est de dire aux gens : \u201cSi tu ne viens pas à une seule rencontre, là, on ne parle même pas de commencer et de réussir, il va y avoir une pénalité\u201d», a-t-il dit en ondes.M.Blais a aussi réitéré que les prestataires d\u2019aide sociale ne seront pas forcés de déménager pour occuper un poste, comme l\u2019a suggéré M.Hamad.«Ça tombe bien, on aura des fonds pour les aider.Mais, on n\u2019a pas besoin d\u2019insister.Il y en a, des emplois pour eux [à proximité de leur résidence actuelle] », a-t-il dit non sans également craindre la médiatisation de cas absurdes.« Le jour où quelqu\u2019un va dire \u201cRegarde, à Québec, il n\u2019y a pas un emploi, mais sur la rue Chris- tophe-Colomb à Montréal, en ce moment, il y a un emploi dans un McDonald\u2019s, tu dois déménager\u201d, le projet commence à déraper.Ce n\u2019est pas nécessaire qu\u2019on aille là pour qu\u2019on atteigne les objectifs.» La protectrice du citoyen a exprimé de « sérieuses ré - serves » à l\u2019égard du projet de loi 70.Elle croise les doigts afin que « les personnes qui seront admises au programme Objectif emploi seront véritablement aidées et, à terme, qu\u2019elles ne seront pas victimes d\u2019exclusion, voire menées au dénuement total ».La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a pour sa part averti le gouvernement libéral que «[les] mesures d\u2019aide à l\u2019emploi ne doivent cependant pas porter atteinte au droit à l\u2019égalité de même qu\u2019au droit à des mesures d\u2019assistance financières et des mesures d\u2019aide sociale susceptibles d\u2019assurer un niveau de vie décent garanti tant par la Charte [des droits et libertés de la personne] qu\u2019en vertu des engagements internationaux pris par le Québec à cet égard».Le Devoir AIDE SOCIALE François Blais refuse de plier Le ministre dit faire face à un « blocage idéologique » des organismes communautaires JACQUES NADEAU LE DEVOIR À Montréal, Ban Ki-moon lance une flèche à l\u2019ancien gouvernement Harper Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a servi un camouflet diplomatique à l\u2019ancien gouvernement de Stephen Harper lors de sa visite officielle à Montréal, vendredi.Après que le maire Denis Coderre eut souligné qu\u2019il s\u2019agissait de la première visite d\u2019un secrétaire général de l\u2019ONU dans la métropole depuis celle de Boutros Boutros-Ghali en 1994, Ban Ki-moon a déclaré qu\u2019il était «de retour parce que le Canada est de retour» (« I\u2019m back because Canada is back»), reprenant ainsi la formulation du premier ministre Justin Trudeau.Interrogé sur cette déclaration à l\u2019issue de la visite, Denis Coderre s\u2019est d\u2019abord montré prudent : « Je ne regarde pas le passé, mais je sais que l\u2019avenir est prometteur parce qu\u2019on a un gouvernement qui croit à l\u2019approche multilatérale», a d\u2019abord déclaré le maire.Puis, pressé de préciser sa pensée, il s\u2019est avancé plus loin : «Le Canada a un potentiel extraordinaire, une réputation magnifique.Les Anglais disent qu\u2019on est des \u201cbridge builders\u201d [\u2026] On avait perdu cette ré- putation-là à certains égards, mais je pense que ça va mieux maintenant.» Questionné sur les efforts de paix en Syrie, Ban Ki- moon a reconnu que la situation était très complexe puisque, même si des discussions de paix sont en cours, le groupe armé État islamique, la Russie et le régime de Bachar el-Assad poursuivent les combats.Il a dit vouloir œuvrer sur trois axes, soit faciliter et soutenir les pourparlers, fournir une aide humanitaire d\u2019urgence dans les régions difficiles d\u2019accès et combattre l\u2019extrémisme et le terrorisme.«C\u2019est ce que fait l\u2019ONU mais ce n\u2019est pas facile.Nous y travaillons très fort », a dit M.Ban.Je pense que je ne suis pas un excellent communicateur François Blais, au micro du FM93 « » LA PRESSE CANADIENNE Le ministre François Blais L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 F É V R I E R 2 0 1 6 LA PLAIE BOKO HARAM A 4 A 5 J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y à Yaoundé, Cameroun Une «horde de barbares complètement déshumanisés».Le ministre de la Communication au sein du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma Bakary, n\u2019a pas de mots assez durs pour qualifier les combattants de la secte dji- hadiste Boko Haram.«Ils ont perdu le sens de la vie, de l\u2019humanité», ajoute de sa voix grave cet homme de grande taille, vêtu d\u2019un costume traditionnel bleu clair comme on le porte dans l\u2019extrême-nord, son coin de pays.Et où frappe sans relâche Boko Haram.Selon lui, « nous [les Camerounais] ne sommes que des victimes collatérales du terrorisme», en référence au fait que les assises de Boko Haram sont de l\u2019autre côté de la frontière, au Nigéria.N\u2019empêche, le Cameroun se retrouve sur la ligne de front dans la lutte contre la secte djihadiste.D\u2019entrée de jeu, M.Ba- kary affirme que ce sont les soldats camerounais qui, à eux seuls, ont empêché Boko Haram de prendre le contrôle du territoire de leur côté de la frontière.Après une première phase où les combattants ne se risquaient qu\u2019à des incursions, raids et kidnappings, ils ont commencé dès le début de 2014 à mener des attaques frontales contre les forces camerounaises.La guerre était déclarée, le combat était mano a mano.Quelque 2000 unités d\u2019élite de l\u2019armée camerounaise, la Brigade d\u2019intervention rapide, et plusieurs autres milliers de soldats ont été déployés le long de la frontière dans le nord et sont parvenus à prévenir l\u2019occupation du territoire par Boko Haram.Or, loin de baisser les bras, les djihadistes ont alors modifié leurs tactiques pour recourir en masse aux attentats kamikazes.Depuis juillet seulement, l\u2019extrême-nord du pays a été la cible d\u2019une quarantaine de ces actes terroristes.La Force multinationale mixte « Ils ont encore l\u2019initiative, reconnaît le ministre.Ce sont eux qui décident quand ils veulent attaquer.» L\u2019organisation terroriste tue les hommes et enlève les femmes et les enfants, les endoctrine, les met en esclavage, et «plusieurs nous reviennent en porteurs de bombe», poursuit-il.De fait, des attentats kamikazes ont été perpétrés par des fillettes âgées d\u2019à peine 13 ans\u2026 Pour contrecarrer cette menace qui se déploie dans l\u2019ombre, les forces armées came- rounaises participent également à la Force multinationale mixte, un effort militaire de 8700 soldats partagé par les pays de la région du lac Tchad touchés par Boko Haram (Ni- géria, Tchad, Niger, Cameroun et Bénin), et qui se met progressivement en place.Trois cents conseillers militaires américains ont également gagné le nord du pays, fin 2015, pour épauler les forces locales.Mais, au sein du gouvernement came- rounais, on reconnaît que la lutte ne peut être que militaire.Yaoundé recourt notamment au concept de défense populaire avec la mise sur pied de comités de vigilance.«Il s\u2019agit surtout de dénoncer : identifier tout élément suspect et en avertir les autorités afin de prévenir les attentats », résume René-Emmanuel Sadi, ministre de l\u2019Administration territoriale et de la Décentralisation (de l\u2019Intérieur, en d\u2019autres mots).Bref, il s\u2019agit de combler les besoins en renseignement sur le terrain.Selon le directeur des communications au ministère de la Défense, le colonel Didier Badjeck, les comités portent leurs fruits.«Entre cinq et six attentats ont été déjoués au cours de la semaine dernière», assure-t-il lors d\u2019un entretien dans ses bureaux de Yaoundé, fin janvier.Les représentants du gouvernement disent aussi avoir impliqué les chefs traditionnels et les leaders musulmans de l\u2019Ex- trême-Nord dans une campagne pour contrer l\u2019endoctrinement par l\u2019islam radical.Une longueur d\u2019avance Mais le colonel se montre beaucoup plus pessimiste sur le plan de la guerre des communications.«Vous savez très bien que les groupes comme Boko Haram ou État islamique ont une longueur d\u2019avance dans les communications, lance M.Bad- jeck.Ils dominent systématiquement les médias sociaux.» Il prend également à partie les ONG qui, selon lui, font l\u2019apologie de Boko Haram en critiquant les agissements du gouvernement et « transforment ainsi les bourreaux en victimes».«Et je pèse mes mots ! », insiste-t-il.Amnistie Internationale a publié, en septembre dernier, un rapport épinglant les forces de sécurité camerounaises pour des violations des droits de l\u2019homme dans le cadre de leur campagne contre Boko Haram.L\u2019ONG fait état, après enquête sur le terrain, de « cas spécifiques d\u2019arrestations de masse, d\u2019exécutions illégales, de recours excessif à la force, de disparitions forcées, de morts en détention et de torture».Amnistie a notamment documenté la mort de 25 personnes lorsque placées en garde à vue, la destruction de maisons et l\u2019assassinat de civils lors d\u2019assauts dans les villages, la détention sans chef d\u2019accusation de 84 enfants pendant six mois et d\u2019autres «graves violations».Amnistie fait aussi fulminer le ministre de la Communication, pour qui le rapport fait le jeu de Boko Haram.« J\u2019ai dit aux gens d\u2019Amnistie : « vous êtes ins- trumentalisés à votre insu.Les membres de Boko Haram ne sont pas bêtes, ils savent le rôle que joue la communication »», clame-t-il, en assurant que les militaires apprennent à respecter « de façon stricte » les droits de l\u2019homme et livrent une guerre « dans les règles de l\u2019art ».« Nous ne prétendons pas qu\u2019il n\u2019y a jamais eu de bavure, concède toutefois du même souffle M.Bakary.Ce serait surhumain.» Le Devoir Lutter contre des «barbares déshumanisés» Yaoundé doit concilier combat militaire, défense populaire et guerre des communications J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y L a secte djihadiste Boko Haram, affiliée au groupe armé État islamique (EI) depuis près d\u2019un an, a évolué depuis sa fondation en 2002.D\u2019abord appelés « ta- libans du Nigéria», ses combattants se sont ensuite lancés dans un véritable djihad afin de re- fonder un ancien califat.Mais de quel bois idéologique, au juste, se chauffe l\u2019organisation terroriste ?Comment re- crute-t-elle ?Où s\u2019arme-t-elle ?Entrevue avec le politologue et analyste à l\u2019International Crisis Group Hans De Marie Heungoup, dont les recherches l\u2019ont mené dans le nord du Cameroun, où sévit Boko Haram.Que veut Boko Haram?A-t-il un véritable objectif idéologique ou n\u2019est-ce qu\u2019un groupe criminel?C\u2019est une organisation terroriste qui était au départ nourrie par des ambitions religieuses, mais qui se criminalise à mesure que son recrutement perd de sa charge idéologique et religieuse.Par conséquent, près de la moitié de ses attaques de basse intensité relèvent au- jourd\u2019hui davantage de la grande criminalité que du djihadisme.À sa création en 2002, le but proclamé par le fondateur, Mohamed Yusuf, était de faire appliquer de façon plus rigide la charia dans les États du nord-est du Nigéria.À ce moment, Boko Ha- ram était qualifié de mouvement religieux extrémiste de type salafiste.En 2009, après des affrontements entre les forces de sécurité nigé- rianes et les partisans de Mohamed Yusuf qui firent plus de 700 morts dans la secte, y compris son chef, plusieurs cadres se sont réfugiés dans les pays voisins et ailleurs dans le monde.Ils sont retournés au Nigéria un an plus tard sous la gouverne d\u2019AboubaKar Shekau et lancèrent alors le djihad.Le but était d\u2019imposer la charia dans tout le Nigéria, pour ensuite reconstruire le califat musulman de Sokoto, qui recouvrait au XIXe siècle le nord du Nigéria et du Cameroun, et le sud du Tchad et du Niger.Shekau a clairement proclamé son adhésion à l\u2019idéologie takfiriste, basée sur l\u2019excommunication violente et qui, dans le djihad contemporain, concerne même les musulmans qui ne suivent pas l\u2019orthodoxie salafiste.Cela a poussé la nébuleuse vers une violence inouïe et indiscriminée.Boko Haram a prêté allégeance au groupe EI en mars 2015.Quelle est la nature de leur lien?Le groupe EI a reconnu Boko Haram comme l\u2019une de ses filiales et l\u2019a autorisée à porter le nom « État islamique en Afrique de l\u2019Ouest ».Mais cette adhésion ne s\u2019est pas traduite par un soutien important du groupe EI, qui non seulement semble de plus en plus englué dans les combats en Syrie et en Irak, mais a sur tout pour priorité, en Afrique, de consolider son implantation en Libye.Cela dit, de plus en plus d\u2019indices trahissent le soutien du groupe EI.On a notamment observé un changement mélioratif dans les vidéos d\u2019Aboubakar Shekau, qui contiennent davantage de références théologiques et d\u2019effets cinématographiques, à l\u2019instar des vidéos du groupe EI.Le serment d\u2019allégeance a aussi permis de crédibiliser Boko Haram auprès d\u2019autres mouvements djihadistes qui les percevaient jadis comme des djihadistes inférieurs.Boko Haram a aussi acquis la capacité de fabriquer ses propres roquettes.Les militaires sur le terrain témoignent d\u2019une amélioration de la qualité des mines antipersonnel et des explosifs fabriqués par Boko Haram.Quel est le profil des membres et des sympathisants de Boko Haram ?Comment sont-ils recrutés ?Les membres de Boko Haram sont pour la majorité des musulmans des ethnies Kanuri et Haoussa, recrutés principalement dans les couches les plus défavorisées et illettrées de la population.Au plus fort de la guerre, Boko Ha- ram comptait entre 18 000 et 30 000 combattants.Aujourd\u2019hui, après les revers subis, ils seraient entre 5000 à 7000 : des milliers ont été tués ou emprisonnés, ou encore ont déserté les rangs.Cependant, au cours des deux dernières années, de nombreux musulmans issus d\u2019autres ethnies ont rejoint Boko Haram.Le phénomène s\u2019est même étendu à un moment aux ethnies traditionnellement animistes.Quant au nombre de sympathisants, il est plus difficile à évaluer.Boko Haram recrute de trois façons : par le prosélytisme religieux et idéologique, ce qui fonctionne de moins en moins, d\u2019où une crimi- nalisation de la secte ; par l\u2019incitation financière en of frant 300 euros, parfois une moto, et en promettant une épouse aux futurs combattants ; ou carrément par la contrainte.Rien qu\u2019au Cameroun, près de 1000 personnes ont été enlevées par Boko Haram.Comment s\u2019arme, s\u2019approvisionne et se finance la nébuleuse?Boko Haram a bénéficié de trois voies d\u2019approvisionnement.Ils ont beaucoup pillé du matériel de l\u2019armée nigériane.Chaque fois qu\u2019ils attaquent un camp militaire et que les soldats s\u2019enfuient, les combattants récupèrent le matériel laissé sur place : fusils d\u2019assaut, roquettes, véhicules blindés, camions, etc.Ils ont aussi bénéficié de l\u2019effondrement de la Libye pour y acheter des armes à vil prix, qui ont transité par le Tchad et le Cameroun avant d\u2019entrer au Nigéria.Plusieurs sources évoquent également des armes achetées au Soudan.Enfin, il y a controverse à savoir si le soutien passif de certaines autorités administratives du Nigéria à Boko Ha- ram entre 2002 et 2009, associé à la corruption des élites militaires, n\u2019aurait pas permis à la secte d\u2019acquérir des armes destinées à l\u2019armée nigériane.Il faut dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une région où le trafic d\u2019armes s\u2019est toujours effectué sans trop de difficultés.Pour s\u2019approvisionner en denrées alimentaires, ils pillent tout simplement les populations et les marchés, au Nigeria et au Cameroun.En 2015, côté camerounais, plus de 100 attaques avaient pour but l\u2019approvisionnement alimentaire.Côté financement, Boko Haram a dirigé des activités de motos-taxis dans le nord-est du Nigeria, fait la contrebande de poisson séché dans le sud-est du Niger et de carburant \u2014 le «zoua zoua» \u2014 dans le nord du Cameroun.Autre levier : les enlèvements, pour obtenir des rançons, au Nigéria et au Cameroun.Il y avait parmi les personnes enlevées des Occidentaux et la femme du vice-premier ministre camerounais.La secte a aussi braqué des banques et des convois blindés au Nigéria.Elle aurait enfin obtenu des fonds d\u2019al-Qaïda dans le Maghreb islamique vers 2010-2011.Boko Haram aurait reculé sous les assauts des forces militaires de la région.Mais il reste néanmoins une menace sérieuse avec la multiplication des attentats-suicides.La nébuleuse re- cule-t-elle?Oui.Boko Haram ne contrôle plus que des villages et des localités reculées du nord-est du Nigéria.Plusieurs combattants se nichent aussi au niveau des monts Mandaras, à la frontière du Cameroun et du Nigéria, et dans certaines îles dif ficilement accessibles du lac Tchad.Mais c\u2019est un recul relatif.Les activités de la nébuleuse ont baissé au Nigeria, mais au Cameroun, elles font plus de morts.Le nombre d\u2019attentats-suicides commis au Cameroun au cours des sept derniers mois \u2014 une quarantaine \u2014 est même plus élevé que ceux commis par le groupe EI en Irak et en Syrie.Ainsi, Boko Haram a trouvé le moyen de compenser son recul militaire.Ils perdent beaucoup moins de combattants qu\u2019avant, tout en infligeant plus de pertes aux populations civiles.Le Nigéria, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Bénin sont tous impliqués dans la lutte contre Boko Haram.Cet effort militaire est-il efficace?Suffisant?Il est hélas insuffisant et peu efficace pour le moment.Il est insuffisant sur le plan logistique, matériel et financier \u2014 la plupart de ces pays sont des producteurs de pétrole et accusent la baisse du prix du baril.Il y a aussi des lacunes sur le plan de la coordination du renseignement, de la planification et de la conduite régionale et des opérations militaires.Ces ef forts sont aussi peu efficaces car un seul des trois secteurs militaires de la Force multinationale mixte est opérationnel : celui de Mora, au Cameroun.Et même ce secteur ne parvient pas à enrayer la spirale des attaques de basse intensité et des attentats-suicides.Le Nigéria reste le principal acteur de la lutte contre Boko Haram \u2014 et la principale cible.On a longtemps accusé Abuja de passivité.Qu\u2019en est- il aujourd\u2019hui?Il est vrai que le Nigéria été un peu nonchalant, mais depuis janvier 2015, les forces nigé- rianes se montrent plus déterminées.Elles ont infligé de lourdes pertes à Boko Haram.Le problème, comme je l\u2019ai mentionné, c\u2019est que la nébuleuse a su s\u2019adapter au nouveau rapport de force, tandis que les armées de la région, elles, ne parviennent pas à s\u2019ajuster aux nouveaux contours de cette guerre.Boko Haram a-t-il des chances d\u2019être éradiqué sous peu?C\u2019est très peu probable.C\u2019est une guerre d\u2019usure qui est amenée à durer.Dif ficile de croire que cette guerre puisse être terminée dans les deux prochaines années.Le Devoir Les mutations d\u2019une nébuleuse à la violence inouïe Voués au djihad, les terroristes font de plus en plus dans le grand banditisme Depuis juillet seulement, l\u2019extrême-nord du pays a été la cible d\u2019une quarantaine d\u2019actes terroristes Boko Haram en dates-clés Février 2002 L\u2019imam Mohamed Yusuf, formé en Arabie saoudite, fonde Boko Haram.Fin juillet 2009 Début de l\u2019insurrection de Boko Haram dans le nord-est du Nigéria.Mohamed Yusuf perd la vie.Abubakar Shekau prend alors la tête de la secte djiha- diste.Fin 2012 Premières incursions de Boko Haram au Cameroun.14 avril 2014 276 écolières sont enlevées par les combattants à Chibok, au Nigéria.La campagne internationale #BringBackOurGirls s\u2019ensuit.La majorité des jeunes filles sont toujours portées disparues.24 août 2014 Le chef de la secte djihadiste, Abubakar Shekau, proclame le «califat » islamique dans le nord-est du Nigéria.Janvier 2015 Boko Haram commet son plus grand massacre à Baga, au Nigéria.Environ 1600 personnes perdent la vie.7 mars 2015 Boko Haram prête allégeance au groupe État islamique.Cinq jours plus tard, l\u2019organisation basée en Irak et en Syrie l\u2019accepte dans ses « rangs».Janvier-juin 2015 Boko Haram perd du territoire conquis sous l\u2019assaut des forces armées.Le groupe terroriste modifie ses tactiques et recourt de plus en plus aux attentats-suicides.Issa Tchiroma Bakary PLANÈTE TERRE Hans De Marie Heungoup, politologue et analyste à l\u2019International Crisis Group L\u2019organisation terroriste tue les hommes et enlève les femmes et les enfants, les endoctrine, les met en esclavage, et plusieurs nous reviennent en porteurs de bombe Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication au sein du gouvernement camerounais » » REINNIER KAZE AGENCE FRANCE-PRESSE Le président du Cameroun, Paul Biya (à gauche) et son homologue nigérian, Muhammadu Buhari, à Yaoundé, l\u2019été dernier.ASSOCIATED PRESS Image tirée d\u2019une vidéo de Boko Haram.REINNIER KAZE AGENCE FRANCE-PRESSE Manifestation à Yaoundé, l\u2019an dernier, pour dénoncer les violences de Boko Haram qui se sont multipliées au Cameroun.R E I N N I E R K A Z E A G E N C E F R A N C E - P R E S S E AGENCE FRANCE-PRESSE Des Nigérianes fuyant Boko Haram passent dans le village de Mairi, qui a fait l\u2019objet d\u2019un raid la semaine dernière.SIA KAMBOU AGENCE FRANCE-PRESSE Des réfugiés nigérians préparent le repas dans le camp de Baga Sola.REINNIER KAZE AGENCE FRANCE-PRESSE Des soldats camerounais portent le cercueil d\u2019un des leurs, tombé alors qu\u2019il combattait Boko Haram. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 F É V R I E R 2 0 1 6 LA PLAIE BOKO HARAM A 6 UN MILLION $ d\u2019économies sur les vacances ensoleillées Incluant la garantie de protection de prix Ces prix sont déjà si bas, nous vous garantissons qu\u2019ils ne baisseront pas.1 800 570 5280 Appelez pour des rabais supplémentaires Départs de Montréal.Le solde « Un million d\u2019économies sur les vacances ensoleillées » est une o?re d\u2019une durée limitée qui s\u2019applique aux nouvelles réservations seulement et à certains produits et départs seulement.La « Garantie de protection de prix » est une o?re d\u2019une durée limitée qui s\u2019applique aux nouvelles réservations faites du 13 au 26 février 2016 (inclusivement) pour des départs du 20 février au 30 avril 2016.La Garantie de protection de prix s\u2019applique aux réservations de forfaits vacances et de forfaits croisière seulement.Ne s\u2019applique pas aux réservations de groupe, de croisière seulement, d\u2019hôtel seulement et de vol seulement.Pour les modalités et conditions complètes de la « Garantie de protection de prix », consultez le Sunwing.ca/fr.Vous devez vous enregistrer dans les 7 jours suivants votre réservation a?n de faire partie du programme de « Garantie de protection de prix ».L\u2019« Aubaine du jour » est une o?re d\u2019une durée limitée qui s\u2019applique aux nouvelles réservations faites avant minuit (23 h 59 HNE) pour chacun des jours seulement et à certains produits et départs seulement.L\u2019« Aubaine du jour » est une promotion de 10 jours qui sera en vigueur du samedi 13 février 2016 à 00 h 01 au lundi 22 février à 23 h 59.Chaque aubaine du jour doit être réservée avant minuit le jour où elle est o?erte pour pro?ter des économies.Les économies sont déjà re?étées dans les prix a?chés.Les prix sont par personne, en occupation double pour des forfaits vacances de 7 nuits (sauf indication contraire) incluant taxes et frais relatifs au transport.Les sièges et les chambres sont limités, la capacité est contrôlée et est disponible au moment de l\u2019impression.Les taxes locales applicables sont payables à la destination et sont en sus (Costa Rica 29 $ US, Honduras 46 $ US, Panama 15 $ US, RD 30 $ US).Les prix n\u2019incluent pas la contribution des clients au Fonds d\u2019indemnisation des clients des agents de voyages de 1,00 $ par tranche de 1 000 $ de services achetés.Les vols sont sur Sunwing Airlines ou Jetair?y.Le service en vol varie selon l\u2019heure de vol et la destination.Pour les modalités et conditions complètes, veuillez vous référer à la brochure de Vacances Sunwing 2015/2016.Titulaire d\u2019un permis du Québec #702928.| 13/02/2016 Aubaines du jour 24 heures Expérimentez les hôtels SmileMC Exclusivité Sunwing Réservez d\u2019ici le 19 févr.2016 pour pro?ter de ces aubaines de vacances et de centaines d\u2019autres ! Des aubaines imbattables pour les vacances de dernière minute Parfait pour les couples et adultes Club Amigo Marea Del Portillo Manzanillo de Cuba, Cuba Chambre supérieure \u2022 2, 9 et 16 mars - 7 nuits 745$ Puerto Plata Village Caribbean Beach Puerto Plata, Rép.dom.Surclassement chambre supérieure 21 févr., 3 et 6 mars - 7 nuits 845$ Memories Splash Punta Cana PLUS Punta Cana, Rép.dom.Ch.de luxe \u2022 22 févr.et 7 mars - 4 nuits 1145$ Hotel Aguas Azules PLUS Varadero, Cuba Chambre vue jardin \u2022 7, 8, 9 et 10 mars - 7 nuits 765$ Sol Cayo Guillermo Cayo Coco, Cuba Chambre \u2022 3, 8 et 16 mars - 7 nuits 895$ Playa Blanca Resort Panama Chambre supérieure \u2022 4 et 11 mars - 7 nuits 1195$ Riu Guanacaste Costa Rica Chambre \u2022 4 et 11 avril - 7 nuits 1495$ IBEROSTAR Rose Hall Beach Jamaïque Chambre économique \u2022 4 mars - 7 nuits 1675$ Platinum Yucatan Princess All Suites Resort & Spa Riviera Maya, Mexique Suite junior de luxe \u2022 4 et 6 mars - 7 nuits 1755$ \u2022 Les enfants (2 à 12 ans) séjournent toujours gratuitement \u2022 Aucun supplément simple \u2022 Serviettes de plage dans votre chambre, eau en bouteille et bien plus Pro?tez d\u2019un séjour entouré de vues magni?ques Blau Costa Verde Beach Resort PLUS Holguin, Cuba Chambre \u2022 19, 20 et 21 févr.- 7 nuits 945$ « Je négocie des aubaines de vacances imbattables et un excellent rapport qualité-prix pour les clients Sunwing.» Jennifer Directrice des produits Holiday Inn Resort Montego Bay Jamaica Jamaïque Chambre \u2022 18 mars 1365$ Se termine samedi à minuit Se termine dimanche à minuit Barceló Maya Caribe PLUS Riviera Maya, Mexique Chambre supérieure 3, 10 et 17 mars 1455$ Sélection Sunwing Exclusivité Sunwing J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y à Yaoundé, Cameroun L a guerre contre Boko Haram provoque une véritable « saignée » dans le trésor camerounais, indique le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, sans en chiffrer le montant exact.« Toutes les dépenses que nous orientons vers cette guerre, c\u2019était pour le développement de notre nation, qui en a drôlement besoin.» Par la voix de plusieurs de ses ministres, le gouvernement du Cameroun en appelle à un soutien international de nature financière, humanitaire et militaire.Non pas de combat, mais toute aide logistique, matérielle et d\u2019encadrement qui permettrait aux soldats came- rounais de tenir la dragée haute à Boko Ha- ram.« La communauté internationale avait pris des engagements pour aider tous les pays de la ligne de front », rappelle le ministre Bakary, en référence notamment au sommet de Paris en mai 2014, où la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l\u2019Union européenne avaient promis d\u2019aider les pays du lac Tchad.Or, « à ma connaissance, nous attendons encore certains des moyens promis par les grandes nations», indique-t-il.Depuis l\u2019entretien avec le ministre, fin janvier, une somme de 250 millions de dollars a été promise principalement par le Nigéria, l\u2019Union européenne, le Royaume-Uni et d\u2019autres pays africains.Ces fonds doivent financer la Force multinationale mixte de 8700 soldats qui se déploie progressivement depuis fin 2015 pour combattre Boko Haram.L\u2019effort canadien À Ottawa, on affirme que « le Canada étudie présentement l\u2019appel de financement humanitaire de 2016 pour le Cameroun ».Le gouvernement fédéral a octroyé 2,5 millions au pays l\u2019année dernière afin d\u2019aider les personnes déplacées, les réfugiés venus du Nigéria et les populations hôtes.Pour 2016, le Plan de réponse humanitaire au Cameroun, chapeauté par l\u2019ONU, nécessitera près de 400 millions de dollars.Le Canada par ticipe également, chaque année, à un exercice militaire « qui permet de développer les capacités antiterroristes et renforce la collaboration entre les par te- naires africains, y compris l\u2019armée camerou- naise », souligne également par courriel une por te-parole du ministère des Af faires étrangères.Au sein du gouvernement camerounais, on insiste sur la dimension internationale de la lutte contre le terrorisme, y compris Boko Haram.« C\u2019est une guerre mondiale !, tonne le colonel Didier Badjeck, directeur des communications au ministère de la Défense.Le terrorisme gagne du terrain.Si l\u2019on tousse à Kolofata [dans l\u2019extrême-nord du Cameroun], on finit par éternuer à Toronto.Faudrait qu\u2019on se réveille ! » Le Devoir Une guerre «mondiale» Le Cameroun appelle à l\u2019aide dans sa lutte contre les djihadistes REINNIER KAZE AGENCE FRANCE-PRESSE Des soldats camerounais patrouillent près du village de Mabass, au nord du pays.Toutes les dépenses que nous orientons vers cette guerre, c\u2019était pour le développement de notre nation, qui en a drôlement besoin Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication au sein du gouvernement camerounais « » Depuis l\u2019entretien avec le ministre de la Communication, fin janvier, une somme de 250 millions a été promise principalement par le Nigéria, l\u2019Union européenne, le Royaume-Uni et d\u2019autres pays africains S I A K A M B O U A G E N C E F R A N C E - P R E S S E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 Dans le TOP 25 mondial*.À prix \u2030 McGill, c\u2019 est pourmoi L caI.7 LES QUÉBÉCOIS PAIENT LES MÊMES DROITS DE SCOLARITÉ À MCGILL QUE DANS LES AUTRES UNIVERSITÉS DU QUÉBEC.MCGILL OFFRE PLUS DE 26 MILLIONS DE DOLLARS PAR ANNÉE EN PRÊTS ET BOURSES, EN PLUS DE L\u2019AIDE FINANCIÈRE OFFERTE PAR LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC.*QS WORLD UNIVERSITY RANKINGS® 2015/16 GRANDE BIBLIOTHÈQUE Plani?ez vos sorties.Toute la programmation à banq.qc.ca Gratuit | 475, boul.De Maisonneuve Est , Montréal | Berri-UQAM Grand partenaire de EXPOSITION \u2013 NIVEAU 1 C\u2019EST QUOI, CE DÉLIRE ?DéLire, c\u2019est 10 inst allations artist iques inusitées, insp irées des « coups de cœur » litt éraires de personnalités.Parmi celles-ci, le designer Michel Dallaire.25 FÉVRIER \u2013 19 H \u2013 AUDITORIUM JEAN-CLAUDE GERMAIN SOUS LA LOUPE Lect ure publique et entretien autour de ce dramaturge à l\u2019imagination débridée.27 FÉVRIER \u2013 DE 20 H À 2 H \u2013 HALL ET SALLE D\u2019EXPOSITION NUIT BLANCHE À LA GRANDE BIBLIOTHÈQUE Visite noct urne de l\u2019exposition La bibliothèque, la nuit, act ivité et project ions.DU 28 FÉVRIER AU 6 MARS \u2013 ESPACE JEUNES C\u2019EST LA RELÂCHE SCOLAIRE ! Spect acles, act ivités sp éciales, etc.Février Quelques séries et événements à ne pas manquer.P h o t o : M a r c M o n t p l a i s i r Pho t o : J e a n - M a r i e B i o t e a u A L E X A N D R E S H I E L D S L e gouvernement du Québec ne prévoit pas, pour le moment, de mener de nouvelles opérations de nettoyage dans la rivière Chaudière, contaminée à la suite du déversement de pétrole survenu à Lac-Mégantic en 2013.Un récent rappor t d\u2019experts du ministère de l\u2019Environnement soulignait pourtant qu\u2019il serait « souhaitable » de mener de tels travaux.«Le Comité expert étudie les actions qui peuvent être prises dans les zones problématiques, incluant le nettoyage», a indiqué par écrit le ministère, en réponse aux questions du Devoir.« Ces actions doivent être envisagées en fonction du meilleur bénéfice environnemental net, c\u2019est-à-dire que les actions prises, telles que l\u2019utilisation de machinerie lourde dans des secteurs sensibles, ne doivent pas être plus dommageables que la situation que l\u2019on cherche à améliorer», a-t-on précisé.Dans son plus récent rapport, basé sur des données de 2014, le comité expert chargé du suivi de la pollution pétrolière dans la rivière Chaudière soulignait que la contamination a diminué, mais qu\u2019« il reste toutefois des endroits, dans les 15 premiers kilomètres de la rivière, où les teneurs excèdent les critères».Les scientifiques ont aussi noté que «les sédiments du lac Mégantic, devant le parc des Vétérans et près de la marina, sont contaminés par les hydrocarbures pétroliers et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)».Une autre étude a mis en évidence « un risque écotoxi- cologique » l ié à cette présence de pétrole et de HAP, des composés reconnus pour leur forte toxicité.Des essais menés en laboratoire ont mis en lumière des impacts sur les poissons.Des échantillonnages ont aussi permis de constater de sérieuses anomalies, dont des déforma- t ions et des lésions, chez presque toutes les espèces de poissons.Le rapport soulignait donc qu\u2019il serait «souhaitable» de décontaminer les zones les plus polluées.De telles opérations, très coûteuses, ont certes été menées, mais sur une très petite portion de la rivière.Le ministère de l\u2019Environnement a par ailleurs indiqué qu\u2019un suivi de la santé de la rivière sera réalisé cette année.On prévoit notamment un suivi de la contamination des sédiments, et ce, dans dif férents secteurs du cours d\u2019eau, qui se jette dans le Saint-Laurent.«Il y aura aussi un suivi de la communauté de poissons.Ce suivi permettra d\u2019étudier l\u2019impact à plus long terme d\u2019une exposition aux sédiments contaminés», a ajouté le ministère.Un suivi a aussi eu lieu en 2015.Le rapport du comité expert «devrait être disponible dans les mois à venir».Au moins 100 000 litres de pétrole brut se sont déversés dans la rivière Chaudière, dans la foulée de la tragédie de Lac-Mégantic.Le Devoir RIVIÈRE CHAUDIÈRE Québec ne prévoit pas de nouvelles opérations de décontamination A L E X A N D R E S H I E L D S L e ministre David Heurtel reconnaît que le projet de pipeline Énergie Est devrait être évalué en vertu des dispositions prévues par la Loi sur la qualité de l\u2019environnement.Mais il a tout de même décidé de lancer l\u2019étude du projet sans s\u2019y conformer, puisque Trans- Canada refusait de se plier à la réglementation en vigueur au Québec depuis 35 ans.Le Devoir révélait vendredi que le gouvernement Couil- lard contrevient à la législation environnementale en vigueur au Québec depuis 1980 en n\u2019obligeant pas TransCanada à se soumettre à une évaluation complète de son projet de pipeline Énergie Est.Il s\u2019agit d\u2019une première depuis la création du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE).En ver tu de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement, la pétrolière aurait dû obligatoirement déposer un « avis de projet » au ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).À la suite de la présentation de cet avis, le ministre de l\u2019Environnement aurait donné une «directive» qui précise les éléments qui doivent faire par tie de « l\u2019étude d\u2019impact» qu\u2019aurait dû produire TransCanada.C\u2019est seulement une fois que cette étude est complétée à la satisfaction du MDDELCC que peut débuter le processus du BAPE.Dans une lettre envoyée à T ransCanada dès novembre 2014, le ministre David Heurtel avait d\u2019ailleurs insisté sur la nécessité, pour la multinationale albertaine, de se conformer à la législation en vigueur.En réponse aux questions du Devoir, le cabinet du ministre de l\u2019Environnement a d\u2019ailleurs souligné vendredi qu\u2019une demande officielle avait bel et bien été envoyée à l\u2019entreprise en 2014.La demande est demeurée lettre morte pendant plusieurs mois.BAPE sans étude Québec a donc finalement décidé de lancer l\u2019évaluation du BAPE, et ce, même si TransCanada ne respecte pas la législation québécoise.Selon ce qu\u2019a précisé l\u2019attachée de presse du ministre, Mylène Gaudreau, le BAPE doit «mener une enquête et une audience publique sur l\u2019ensemble de la portion québécoise du projet afin de s\u2019assurer que le gouvernement ait en main le plus d\u2019éléments possible lors des audiences de l\u2019Of fice national de l\u2019énergie et ainsi faire valoir adéquatement les préoccupations du Québec sur le projet ».Même si l \u2019évaluation du BAPE est menée sans étude des impacts du plus important projet de pipeline en développement en Amérique du Nord, le ministre Heurtel défend sa décision.« En donnant un mandat au BAPE en vertu de l\u2019article 6.3 [de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement], le ministre du MDDELCC n\u2019a pas abdiqué ses prétentions comme quoi le projet est assujetti à une évaluation environnementale québécoise», a répondu Mme Gaudreau.Malgré le refus de TransCa- nada de se conformer à la Loi sur la qualité de l\u2019environnement, le gouvernement Couil- lard l\u2019a autorisé à mener des travaux en vue de la construction du pipeline Énergie Est.Des levés sismiques ont notamment été autorisés dans le fleuve Saint-Laurent, près de Québec.«Ces demandes ont été analysées par un comité d\u2019experts indépendants dont la composition a été validée par le BAPE en conformité avec la loi et les règlements applicables», a précisé l\u2019attachée de presse du ministre.Selon TransCanada, le pipeline Énergie Est pourrait transporter chaque jour 1,1 million de barils de pétrole à travers le Québec dès 2020 ou 2021.Cela signifie que la province deviendra un territoire stratégique pour l\u2019exportation de la production croissante de l\u2019industrie des sables bitumineux.Le pipeline d\u2019un mètre de diamètre franchira plus de 800 cours d\u2019eau au Québec, dont le fleuve Saint-Laurent.Il traversera plusieurs zones agricoles, des milieux naturels et le territoire de plusieurs dizaines de municipalités.Le Devoir ÉNERGIE EST Le ministre Heurtel a dû lancer l\u2019étude du BAPE sans la collaboration de TransCanada JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Même si l\u2019évaluation du BAPE est menée sans étude des impacts du plus important projet de pipeline en développement en Amérique du Nord, le ministre David Heurtel défend sa décision. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 8 LE DEVOIR DE DÉBATTRE Le mercredi 24 février 2016, 19 h elle condamn , PQ QS u : la ga e ch p op l\u2019 à - est aille obit e R oin Ant De e du st iali or édit \u2019 Animé par l v osition oir ?e é Québec solidair vid se Da çoi an Fr ev ipale inc iée pr assoc e et sident é -pr ice V e oir g é Marie Gr oir Le D ur ueur po oniq Chr vid el Da Mich uin o ée de G déput e, ur osemont po é de R Déput s Li çoi an ean-Fr J conseil - ence ellig CT Int A T , e sé 8 5 1 2 3- 18 64 4 u ez a v ser é R ue, Québec iq abr e de la F 2, côt I S A B E L L E P A R É M ême si l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) prédit qu\u2019il faudra encore des « semaines ou quelques mois » avant de prouver le lien entre le virus Zika et les cas de microcéphalie, les indices s\u2019additionnent pour inculper le pathogène dans ces graves malformations du cerveau.À Genève, la sous-directrice générale de l\u2019OMS, Marie-Paule Kieny, a soutenu vendredi que le lien entre le virus transmissible par moustique et la microcéphalie chez certains nourrissons était « de plus en plus probable ».Malgré la collaboration d\u2019une quinzaine de groupes et d\u2019entreprises qui planchent sur le développement d\u2019un vaccin, il faudra toutefois encore 18 mois avant que des essais cliniques ne puissent démarrer, a ajouté l\u2019OMS.Zika présent dans le cerveau d\u2019un fœtus Toutefois, cette semaine, une étude publiée par des chercheurs slovènes dans le New England Journal of Medecine (NEMJ) est venue renforcer la thèse d\u2019un lien causal avec le Zika.Ces chercheurs ont trouvé le virus en grande quantité dans les cellules du cerveau d\u2019un bébé dont la mère avait été infectée à 13 semaines de grossesse.Cette femme d\u2019origine slovène, bénévole au nord du Brésil, a été dirigée vers un centre médical européen après que des anomalies fœtales ont été suspectées à 28 semaines de grossesse, en octobre 2015.Après des échographies normales réalisées à 14 et 20 semaines, celles menées à la 29e semaine de gestation ont démontré que le fœtus, jusque-là normal, présentait un retard fœtal et une microcéphalie.La mère a subi une interruption médicale de grossesse à 32 semaines.L\u2019autopsie réalisée sur le fœtus et des tests génétiques ont révélé que le virus Zika était présent en quantité dans les tissus cérébraux, mais absent de tout autre organe.« Cela change carrément la donne.Cela veut dire que le virus est présent chez le fœtus des mois après l\u2019infection et qu\u2019il se concentre dans une zone bien précise qui semble être le cerveau », affirme le Dr Éric Frost, professeur de microbiologie et d\u2019infectiologie à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Sherbrooke.Ces dernières semaines, des chercheurs brésiliens ont aussi décelé le virus dans le liquide amniotique de 28 femmes enceintes rapportant les symptômes associés au Zika, qui avaient décidé de mettre fin à leur grossesse.Dans ces cas, il était toutefois impossible de savoir avec précision s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une infection liée au Zika ou à un virus apparenté, comme celui de la dengue.Des chercheurs américains ont aussi dépisté le virus dans le sperme d\u2019un homme, plus de 60 jours après qu\u2019il eut été infecté.La persistance de ce type de virus dans l\u2019organisme est très inhabituelle, selon l\u2019infectiologue.«Normalement, les tests d\u2019anticorps ne peuvent dépister un virus que deux, trois ou quatre jours après l\u2019infection.Si on retrouve le virus si longtemps après, dans la région af fectée, on se rapproche drôlement d\u2019une preuve bétonnée», pense-t-il.Après l\u2019état d\u2019urgence mondial décrété par l\u2019OMS, certains y ont vu un geste démesuré compte tenu du faible nombre de cas de micro- céphalie rapportés.Sur plus de 4000 cas soupçonnés au Brésil, 400 ont été confirmés, mais seulement 6 ont pu finalement être reliés au virus Zika avec certitude.Les larvicides montrés du doigt En pleine crise du Zika, des voix au Brésil s\u2019élèvent pour mettre en cause les larvicides largement épandus pour tuer le moustique vecteur du virus dans le bond observé des cas de microcéphalie.Le 3 février, des médecins argentins et brésiliens ont plutôt montré du doigt l\u2019ajout récent d\u2019un insecticide dans l\u2019eau potable des zones où l\u2019épidémie fait rage.Les éclosions antérieures et celles observées dans d\u2019autres pays, plai- dent-ils, n\u2019avaient jusqu\u2019ici jamais entraîné de telles malformations chez les nouveau-nés.Le Devoir L\u2019étau se resserre autour du virus Zika Les preuves de microcéphalie s\u2019additionnent alors qu\u2019un vaccin est attendu d\u2019ici 18 ans J E A N - L O U I S D E L A V A I S S I È R E A L E X A N D R E G R O S B O I S à La Havane L e pape François et le patriarche orthodoxe russe Kirill ont franchi vendredi à Cuba un pas historique en faveur de l\u2019unité du christianisme au terme de la première rencontre entre les chefs des deux plus grandes confessions chrétiennes depuis près de 1000 ans.Après un face-à-face sans précédent empreint d\u2019émotion, les dirigeants de l\u2019Église catholique et de la principale Église or thodoxe ont regretté dans une déclaration commune « les blessures causées par des conflits d\u2019un passé lointain ou récent» entre chrétiens.«Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu», ont-ils souligné dans cette déclaration signée au terme d\u2019une rencontre de deux heures dans un petit salon de l\u2019aéroport de La Havane.Avec cet entretien sans précédent depuis le schisme de 1054 entre Églises d\u2019Orient et d\u2019Occident, « l\u2019unité est sur le bon chemin.Nous avons échangé avec clar té et sans tabous », a commenté devant la presse Jorge Bergoglio, peu avant de repartir vers le Mexique, où il était attendu pour une visite de cinq jours.« Les deux Églises peuvent coopérer pour protéger les chrétiens dans le monde entier », avait précédemment estimé Kirill, âgé 69 ans.Comme attendu, les deux hommes ont aussi exhorté les politiques à intervenir en faveur des chrétiens d\u2019Orient, victimes de la guerre en Syrie et de l\u2019expansion du groupe État islamique dans la région.«Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l\u2019éviction des chrétiens du Proche-Orient [\u2026] En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources», indique le texte commun.« Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins », ont encore estimé les deux chefs religieux.L\u2019entretien avait commencé par une accolade et des embrassades entre le pape et le patriarche russe à barbe blanche coif fé d\u2019un « koukol », la traditionnelle coif fe blanche arrondie surmontée d\u2019une croix.«Enfin!» Depuis 1964, de nombreuses rencontres avaient déjà eu lieu entre un pape et le patriarche de Constantinople, théoriquement chef spirituel du monde or thodoxe, mais qui n\u2019a d\u2019autorité directe que sur 3,5 millions de fidèles.En revanche, les chefs des Églises de Rome et de Moscou (plus de 130 millions des 250 millions d\u2019orthodoxes) ne s\u2019étaient pas rencontrés depuis près de 1000 ans.« Enfin, nous nous voyons ! » a lancé le pape François à son interlocuteur, en répétant plusieurs fois «nous sommes frères ».« Il est très clair que ceci est la volonté de Dieu », a ajouté Jorge Bergoglio, après que Kirill eut observé « maintenant, les choses sont plus claires » entre les deux Églises.Lors de cette entrevue, ils ont également abordé la question de l\u2019église gréco-catholique uniate.Présente dans l\u2019ouest nationaliste de l\u2019Ukraine et en conflit avec Moscou, cette Église fait l\u2019objet de frictions entre Rome et Moscou.«Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables », ont indiqué les deux hommes dans leur déclaration.Reconnaissant que «la méthode de \u201cl\u2019uniatisme\u201d du passé, comprise comme la réunion d\u2019une communauté à une autre, en la détachant de son Église, n\u2019est pas un moyen pour recouvrir l\u2019unité», Kirill et François ont reconnu aux uniates «le droit d\u2019exister et d\u2019entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles».Enfin, les dirigeants des deux Églises ont rappelé leurs concordances de vue sur des thèmes tels que la famille, le mariage, l\u2019avortement ou l\u2019euthanasie, et ont réaffirmé leur attachement aux «racines chrétiennes» de l\u2019Europe.Cuba est la première étape du périple latino- américain de 11 jours de Kirill, qui doit le mener au Paraguay puis au Brésil.Le souverain pontife était quant à lui attendu à Mexico pour une visite de cinq jours.Agence France-Presse Rapprochement historique entre chrétiens Le pape François et le patriarche orthodoxe russe Kirill signent une déclaration commune à Cuba MAX ROSSI AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019entretien a commencé par une accolade et des embrassades entre le pape et le patriarche russe.P I E R R E R O C H I C C I O L I à Paris L a justice française a confirmé vendredi qu\u2019elle s\u2019estimait habilitée à juger le réseau social Facebook dans un conflit l\u2019opposant à un internaute alors que le géant du net prétendait n\u2019avoir de comptes à rendre qu\u2019à la justice américaine.La cour d\u2019appel de Paris a confirmé l\u2019ordonnance du tribunal de grande instance de Paris du 5 mars 2015 qui avait jugé «abusive» la clause exclusive de compétence, obligatoirement signée par tous les utilisateurs de Facebook.Cette clause désigne un tribunal de l\u2019État de Californie, où siège l\u2019entreprise, comme étant le seul habilité à trancher les litiges.À l\u2019origine du litige, l\u2019action en justice engagée en 2011 par un instituteur qui reproche à Facebook d\u2019avoir censuré son compte sur lequel il avait posté une photo du tableau de Gustave Courbet L\u2019origine du monde, représentant un sexe féminin.«Cette décision est un acte de souveraineté de la part des juridictions françaises qui par cet arrêt signifient à Facebook, mais également à tous les géants du Net, que dorénavant ils devront respecter la loi française et répondre de leurs éventuelles fautes devant les juridictions de ce pays », s\u2019est félicité Me Stéphane Cottineau, avocat de l\u2019in- ternaute.«Cet arrêt va faire jurisprudence et obliger Facebook et toutes les autres sociétés du e-commerce étrangères qui disposent de ce type de clause à modifier leur contrat», a-t-il ajouté.L\u2019avocat s\u2019est aussi dit «satisfait » que la justice française puisse maintenant se pencher sur le fond du dossier, « la confusion faite par Facebook entre œuvre d\u2019art et pornographie et la question de la liberté d\u2019expression sur les réseaux sociaux».À l\u2019audience, l\u2019avocate de Facebook avait demandé à la cour de constater l\u2019incompétence de la juridiction française.Elle avait fait valoir que l\u2019in- ternaute avait signé les conditions générales d\u2019utilisation qui prévoient la compétence exclusive d\u2019un tribunal califor- nien et estimé que l\u2019usager ne pouvait être considéré comme un consommateur, l\u2019adhésion au site étant gratuite.Elle avait en outre assuré que l\u2019enseignant « photographe free-lance » aurait eu un usage professionnel du site, ce qui l\u2019aurait privé du bénéfice du code de la consommation qui prévoit la saisine d\u2019un tribunal du ressort du consommateur.Dans son ar rêt , la cour d\u2019appel relève que si le service fourni par Facebook est gratuit, « la société tire des bénéfices importants de l\u2019exploitation de son activité, via notamment les applications payantes, les ressources publicitaires et autres, de sorte que sa qualité de professionnelle ne saurait être sérieusement contestée».Pour les juges, le plaignant peut faire valoir la législation française « sur les c lauses abusives ».Rappelant que le code de la consommation présume «abusives » les clauses ayant pour objet de «supprimer ou d\u2019entraver l\u2019exercice d\u2019actions en justice des consommateurs », la cour a considéré que la clause attributive de compétence du contrat Facebook entrait dans ce cadre pour plusieurs raisons.Agence France-Presse La justice française confirme sa compétence pour juger Facebook La justice française peut maintenant se pencher sur le fond du dossier, la liberté d\u2019expression sur les réseaux sociaux L I S A - M A R I E G E R V A I S L a vie de la Syrienne Salima bascule en seulement trois petites cases.Trois petites cases d\u2019une bande dessinée qui la font passer d\u2019ingénieure et mère de trois enfants à veuve et réfugiée.Le reste de la bédé racontera son parcours à travers le Liban, où elle connaîtra les logements temporaires et les camps, jusqu\u2019à Joliette, où elle atterrira en plein hiver.« Ça faisait longtemps qu\u2019on voulait parler des réfugiés sous l\u2019angle de la coopération», explique Marie Brodeur Gélinas, chargée de programmes à l\u2019Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).«La bédé, ça permet l\u2019évocation en peu de mots et les images font réfléchir.» L\u2019idée de Salima, d\u2019Alep à Joliette (www.alep-joliette.com), cet ouvrage illustré éducatif pour sensibiliser le grand public au sort des réfugiés, lui est venue l\u2019automne dernier.Elle a approché le bédéiste Francis Deshar nais, auteur de l \u2019ouvrage maintes fois primé Burquette (Les 400 coups) et du récent Salomé et les hommes en noir (Bayard), qui n\u2019a pas hésité à se lancer dans le projet.« J\u2019aime documenter un thème pour ensuite l\u2019illustrer », note cet adepte de bédé reportage.Un pari pour le moins risqué, le dessinateur devant scénariser et illustrer en un mois le parcours d\u2019une réfugiée syrienne en à peine huit pages sans n\u2019avoir jamais mis les pieds sur les lieux de l\u2019histoire.«Pour parler de tout ce trajet entre le moment où ils fuient leur pays jusqu\u2019à ce qu\u2019ils arrivent au Canada, il aurait fallu normalement 70-80 pages.Il fallait aussi mettre en lumière le travail des organismes de coopération\u2026 Je n\u2019ai pas pu élaborer.J\u2019ai dû faire des choix».Francis Desharnais a toutefois pu compter sur l\u2019appui d\u2019un comité formé de travailleurs de l\u2019humanitaire qui lui ont raconté leur expérience avec les réfugiés.L\u2019histoire est donc fictive mais basée sur une foule d\u2019anecdotes réalistes, et documentée par des photos prises au Liban, notamment à Tripoli et à la Bekka.«Moi, je sais à quoi ressemble un point de distribution d\u2019eau dans un camp de réfugiés.Pour [le bédéiste], ce n\u2019est pas nécessairement évident », souligne Jean-Baptiste Lacombe, chargé de programmes humanitaires chez Oxfam-Québec.Distribuée gratuitement sur Internet et de plus en plus dans les librairies et les bibliothèques, la bédé, de même que des fiches informatives et un petit quiz, servira de point de dé- par t à des groupes de discussions chez les 16 ans et plus.Déjà, les organismes membres de l\u2019AQOCI ont animé des ateliers sur la question des réfugiés dans le cadre de la Semaine du développement international qui se termine ce samedi.Défaire les mythes Pour M.Lacombe, il est important que la bédé serve à briser les préjugés généralement associés aux réfugiés.« On veut détruire le mythe du réfugié super pauvre, sans diplôme et qui vit dans un camp de réfugiés dans une tente.En Jordanie, au Liban\u2026 la plupar t des Syriens ne sont pas dans des camps, dit-il.En même temps, on ne veut pas que les gens se disent qu\u2019ils ne sont pas si mal en point parce qu\u2019ils ont des moyens ou un iPhone.» Après tout, un réfugié, ça peut être n\u2019importe qui.« Je veux qu\u2019après avoir lu cette bédé, les gens pensent à Salima, à la difficulté qu\u2019elle a eue à se trouver un emploi et à l\u2019humiliation qu\u2019elle a subie en lavant des planchers plutôt qu\u2019en travaillant comme ingénieure.Elle est peut-être Syrienne, arabe, musulmane, mais elle a une famille, des études et veut être en sécurité », poursuit M.La- combe, qui sillonne les zones de crises dans le monde depuis au moins cinq ans.« Je veux que les Québécois s\u2019identifient aux Syriens et ne les voient pas comme des gens dans un contexte géopolitique ultra-compliqué associé au terrorisme.» L\u2019histoire de Salima connaît un dénouement particulièrement heureux lorsqu\u2019elle arrive au Québec.Une trop belle fin, diront certains, sachant que tout n\u2019est pas rose dans le processus d\u2019intégration.«On a voulu exprimer l\u2019espoir et la résilience, précise Mme Brodeur Gélinas.Dans le cadre d\u2019une activité éducative, ça peut justement être très intéressant de dire aux jeunes que tout reste encore à faire et qu\u2019on a tous un rôle à jouer».L\u2019an prochain sera l\u2019an 2 des réfugiés, promet-elle.Et peut-être l\u2019occasion d\u2019un second tome à la bédé.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 9 G E O R G E S L A O U N O P T I C I E N Salima, d\u2019Alep à Joliette, une bédé pour raconter les réfugiés Vous l\u2019avez peut-être vu épinglé aux chemises et aux manteaux depuis quelque temps.Les macarons «Bienvenue aux réfugié.es ! » sur lesquels est dessiné un petit oiseau tenant au bec un rameau d\u2019olivier se vendent comme des petits pains.« On est rendu à 20 000 exemplaires ! » se réjouit Marie Brodeur Gélinas, chargée de programmes à l\u2019Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).Il y a moins de deux mois, l\u2019illustratrice Élise Gravel publiait sur son compte Facebook l\u2019esquisse de l\u2019oisillon, symbole d\u2019accueil et d\u2019ouverture envers les nouveaux arrivants.Mme Brodeur Gélinas lui a demandé la permission de récupérer le dessin pour en faire des macarons portant initialement la mention «Bienvenue les Syriens» et vendus au coût minimum de 1 $.Les dons amassés étaient à l\u2019origine versés à RIVO-résilience, un organisme qui offre du soutien psychologique notamment pour des réfugiés traumatisés.Depuis, d\u2019autres macarons souhaitant la bienvenue à tous les réfugiés ont été produits et se vendent au profit des divers organismes qui décident de les distribuer.«C\u2019est la preuve que les citoyens ont envie de s\u2019impliquer », se réjouit Mme Brodeur Gélinas.Vingt mille macarons vendus FRANCIS DESHARNAIS La vie de la Syrienne Salima bascule en quelques petites cases seulement.FACEBOOK L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 F É V R I E R 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S de quartiers.Au petit matin, le soleil s\u2019est levé sur une bourgade qui comptait huit villageois en moins, des dizaines de maisons rasées par les flammes et des voitures calcinées.C\u2019en était trop.Adji Abani, un musulman de 38 ans, réunit ses deux femmes et ses huit enfants, plia bagages et partit pour la ville de Ma- kari, histoire de s\u2019éloigner de la frontière nigériane et des incursions mortelles des djihadistes.«Les menaces venaient de partout, explique Adji Abani, joint au téléphone dans l\u2019extrême-nord du Cameroun.La nuit, on nous disait \u201cLevez-vous, il y a des attaques qui viennent\u201d.On était toujours sur nos gardes\u2026 C\u2019était insupportable.Toute activité est arrêtée là-bas.Tout est bloqué.Et on risquait notre vie.Ce n\u2019était plus la peine de rester.» En allant déposer les pénates de sa famille nombreuse dans un petit « chambre-salon » à Makar i , M.Abani a laissé à jamais derrière lui son beau-frère, en plus de son propre grand frère, tous deux morts aux mains de Boko Haram.Les membres de la famille Abani font partie des dizaines de milliers de Camerounais vivant dans l\u2019ex- trême-Nord du pays qui ont été déplacés par les exactions du groupe Boko Haram.La secte djihadiste est en effet à l\u2019origine de l\u2019une des plus graves crises au monde pour les réfugiés et les personnes déplacées, af f ir me dans son bureau de Yaoundé Max Schott, responsable du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Cameroun, et dont le travail consiste à coordonner les ef for ts humanitaires au pays.«C\u2019est dramatique.Il y a une véritable détérioration de la situation humanitaire», laisse-t-il tomber, tout en relevant le peu d\u2019attention que cela attire du reste du monde.Du côté camerounais, quelque 93 000 personnes ont été forcées de quitter leur coin de pays.À cela s\u2019ajoutent 65 000 Nigérians qui ont trouvé refuge au Cameroun.Avec le ralentissement des activités agricoles, du commerce et du tourisme en raison des violences et de la déstabilisation, une personne sur trois dans l\u2019extrême-nord du Cameroun se trouve aujourd\u2019hui en situation d\u2019insécurité alimentaire, indique le plus récent rappor t d\u2019OCHA, publié en janvier.La malnutrition a igüe, elle, en hausse rapide .« Avec 2,2 % d\u2019enfants souf frant de malnutrition aigüe sévère, le seuil d\u2019urgence est désormais dépassé», révèle encore le rapport.Adji Abani, ses deux femmes et ses huit enfants en subissent les conséquences .Sans emp lo i , M.Abani dit sur vivre grâce au Programme alimentaire mondial (PAM).« Le PAM nous donne à manger : du riz, des céréales\u2026 Mais c\u2019est insuffisant.On ne peut pas toujours manger trois fois par jour\u2026 Il y a des jours où il n\u2019y a rien», finit-il par confier, après avoir marqué une pause.Et tout comme 35 000 autres enfants de l\u2019extrême-nord du Cameroun, ceux d\u2019Adji Abani ne vont plus à l\u2019école depuis deux ans.«Les enseignants ont fui», explique-t-il simplement.De fait, 135 écoles ont fermé leurs portes dans cette région, selon OCHA.Traumatismes Et puis, il y a les traumatismes chez ceux qui ont été témoins de violences et de crimes brutaux, soul igne encore le rappor t d\u2019OCHA.C\u2019est ce qui s\u2019est produit dans la famille d\u2019Ali Oumar, qui a quitté en août dernier son village collé à la frontière nigériane avec sa femme et ses trois enfants, âgés de 1, 2 et 4 ans.Boko Haram a attaqué son village à trois reprises avant qu \u2019 il ne par te, raconte l\u2019homme de 32 ans en entrevue téléphonique au Devoir.Une explosion avait même eu lieu à 10 mètres de chez lui.Mais au troisième assaut, l\u2019enseignant à l\u2019école primaire de Dagué en a eu assez.Pris au milieu des échanges de tirs entre les forces de sécurité et les combattants de Boko Haram, l\u2019un de ses élèves venait de s\u2019écrouler sous les balles, raconte-t-il.Aujourd\u2019hui réfugié chez des membres de sa famille à Kousséri, à un jet de pierre du Tchad, il affirme que ses enfants restent terrifiés.« Ils se mettent à crier pendant la nuit, comme lorsqu\u2019ils entendaient des coups de feu [au village].Ils font des cauchemars.» Sa femme aussi a peur.« Elle est traumatisée», dit-il.Tout comme Ali Oumar, Adji Abani espère pouvoir regagner son village dès que possible.Mais l \u2019 insécur ité est encore trop grande le long de la frontière ni- gériane.« Les autorités nous disent d\u2019attendre.Alors, on attend, dit M.Abani.Quand tu es déplacé, tu ne peux rien.» Le Devoir Notre journaliste a séjourné au Cameroun à l\u2019invitation d\u2019Afrique Expansion.dossier.« Le gouvernement devrait respecter de l\u2019expérience québécoise le fait que c\u2019était un vote libre et non pas un vote dirigé par le gouvernement.Je dois rappeler qu\u2019il y a 22 députés ministériels qui ont voté contre [la Loi sur les soins de fin de vie] à Québec, incluant 11 ministres, presque la moitié du conseil des ministres.» M.Deltell est le seul élu à la Chambre des communes à avoir été présent pendant tout le débat, et le vote final, à l\u2019Assemblée nationale sur l\u2019aide médicale à mourir.Le gouvernement de Justin Trudeau a mandaté un comité de 16 députés et sénateurs (dont M.Deltell) pour étudier la question et lui faire des recommandations d\u2019ici le 25 février prochain.Les parlementaires doivent se réunir cette semaine pour peaufiner leur rapport.Le gouvernement a promis qu\u2019il s\u2019en inspirerait pour rédiger sa loi, rendue nécessaire par un récent jugement de la Cour suprême.Mais voilà que vendredi, le leader du gouvernement en Chambre, Dominic Leblanc, a déclaré en entrevue avec le Globe and Mail que la loi ne fera pas l\u2019objet d\u2019un vote libre.Les députés libéraux devront l\u2019appuyer.« En bout de piste, la Cour suprême a désigné l\u2019aide à mourir comme un droit et nous voterons toujours de manière à protéger les droits garantis par la Charte», a déclaré M.Leblanc.Justin Trudeau a en ef fet promis que certains sujets seraient toujours soumis à la ligne de parti, notamment les initiatives affectant les droits protégés par la Constitution.En vertu de ce principe, le chef libéral a exigé de ses futurs candidats qu\u2019ils s\u2019engagent à voter contre toute initiative anti-avortement.Libéral, pro-vie et inquiet Le député libéral John McKay, un pro-vie qui a accepté de rentrer dans le rang pour se représenter à l\u2019élection, se dit surpris d\u2019apprendre qu\u2019il sera obligé de voter pour la loi, quelle qu\u2019elle soit.Il ne comprend pas l\u2019argument chartiste mis en avant par Dominic Leblanc.«Je tenais pour acquis que toutes les options qui nous seraient présentées seraient respectueuses de la Charte», s\u2019étonne-t-il en entrevue au Devoir.La Cour suprême a peut-être décrété que l\u2019aide médicale à mourir est un droit, dit-il, mais elle n\u2019a pas dicté la forme que doit prendre cette aide.M.McKay revendique donc le droit de débattre des modalités de cette pratique et, éventuellement, de s\u2019opposer aux options retenues par le gouvernement.«Ça m\u2019inquiète de savoir qu\u2019il y aura une ligne de parti avant même que le rapport du comité ou le projet de loi ne soient rédigés.» Si M.McKay n\u2019est pas enthousiaste à l\u2019idée de permettre l\u2019aide à mourir, il s\u2019incline devant la décision de la Cour.«Ce n\u2019est pas entièrement conforme à ma vision de la vie.Ma vision de la vie est conforme aux principes chrétiens, mais je reconnais que nous vivons dans une société post- judéochrétienne.» Une autre élue libérale semble s\u2019être faufilée dans les mailles du filet de Justin Trudeau : Fi- lomena Tassi, une députée de Hamilton qui se dit pro-vie.Mme Tassi n\u2019a pas rappelé Le Devoir vendredi pour dire ce qu\u2019elle comptait faire dans le dossier de l\u2019aide à mourir.Du côté néodémocrate, on critique moins que chez les conservateurs la décision libérale, qu\u2019on trouve néanmoins paradoxale.«Pendant les audiences, on a parlé du besoin de respecter la liberté de conscience des professionnels de la santé, et comme députés libéraux, ils n\u2019auront pas de vote libre», note la députée Brigitte San- soucy.Elle se dit malgré tout « fière» du travail accompli par le comité parlementaire (sur lequel elle siège) et «confiante» pour la suite des choses.«Les libéraux ont décidé de ne pas avoir de vote libre, ça leur appartient.» Des discussions intenses Le président du comité parlementaire mixte, le député libéral Rob Oliphant, raconte en entrevue que les audiences ont parfois été pénibles et touchantes.Il espère qu\u2019il réussira à faire adopter un rapport «de consensus».« Je pense toutefois que le Parti conservateur aurait pu choisir certains députés qui auraient plus facilement permis d\u2019atteindre un consensus que la situation dans laquelle on se retrouve à l\u2019heure actuelle », dit-il diplomatiquement.Outre Gérard Deltell, les deux autres députés conservateurs du comité sont farouchement pro-vie : Michael Cooper et Mark Warawa.Les députés envoyés pour remplacer M.Deltell pendant ses absences étaient aussi toujours pro-vie.Le Devoir ours, titre prédestiné, avait récolté l\u2019Ours d\u2019argent de l\u2019innovation.À Berlin, il a l\u2019impression que ses films sont choisis\u2026 juste parce que les sélectionneurs les aiment.Ni par amitié, ni pour ses beaux yeux ou ses tatouages, mais par goût de ses revirements insolites, cadrages au poil et ruptures de ton.Il a toujours reçu plus de résonance à l\u2019étranger que chez lui, même si Boris sans Béatrice assurera bientôt l\u2019ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois.«Personne ne fait des films qui bifurquent autant que ceux de Denis Côté, si étonnants, si riches», en- tendait-on après la projection.D\u2019autres cinéphiles avouaient s\u2019y perdre un peu.En conférence de presse, les journalistes le louangeaient.Il divisera l\u2019opinion; c\u2019est sûr.Boris sans Béatrice est sans doute le plus maîtrisé formellement des films de Denis Côté, son plus «bunuelien» aussi dans son climat, avec des personnages féminins forts, des fantômes qui n\u2019osent dire leur nom, et un Hyndman qui porte son personnage avec juste assez d\u2019inquiétude pour le fissurer sans le ramollir.Cadrages et luminosité exceptionnels, sons stridents lancés sur ces no man\u2019s land entre ville et campagne, son habituel terrain de jeu, ici plus policé, sur le terrain des gens de pouvoir.Une première, pour lui.Moins «casse la baraque» que Vic + Flo, flanqué d\u2019un happy ending pas évident, qu\u2019il décrit comme une ouverture vers tous les possibles, truf fé d\u2019apartés du côté du mythe \u2014 Narcisse, Tantale, Faust \u2014 et de plages d\u2019humour.Quel étrange objet non du désir, mais de l\u2019inquiétude! Une collègue dit le trouver thématiquement proche du film Le Mirage\u2026 pour intellos.J\u2019ajouterais des liens avec Le règne de la beauté de Denys Arcand, mais en réussi.Sous cette histoire d\u2019un chef d\u2019entreprise sûr de lui (James Hyndman) à qui tout sourit, mais dont l\u2019épouse ministre sombre en dépression sévère, Boris sans Béatrice questionne les valeurs hédonistes et matérialistes du jour.Le cinéaste y a mis du sien.«J\u2019ai fait le tour du monde, gagné des prix.Sans être une vedette, ça me procure un confor t intérieur.\u201cSuis-je une bonne personne?\u201d me suis-je un jour demandé.» Cette question taraude le héros.À la conférence de presse, Hyndman, rieur, lui répondait en boucle : «Oui, Denis.» Le vernis du héros craque, entre deux maîtresses, une fille gauchiste, une mère négligée et une belle maison au magnifique terrain, qui tient du mirage, justement.Et si chaque personnage n\u2019était qu\u2019une facette du héros?Si c\u2019était lui le vrai malade, et sa femme alitée, le deus ex machina?Comme à travers le Blow-Up d\u2019Antonioni, on ne sait plus si le héros a rêvé ou non tout ça.Une sorte de Jiminy Cricket, conscience du personnage incarnée par le Français Denis Lavant, gnome costumé à tête de Méphisto et au discours théâtral, le met au défi de réparer quelque chose en lui, s\u2019il veut retrouver sa femme.La partie peut commencer.«Pour mettre en scène le doute du personnage, j\u2019ai pris un acteur, pour montrer son tourment, un hélicoptère.» James Hyndman trace un parallèle entre son Boris et le Don Juan qu\u2019il a incarné au théâtre.«Don Juan dit : je préfère brûler en enfer que de changer.Boris choisit de ne pas mourir.C\u2019est un film sur la liberté.La statue du Commandeur est interprétée par Denis Lavant.» Pour tout dire, la « conscience » devait être jouée par Michael Lonsdale, inoubliable moine dans Des hommes et des dieux (Xavier Beauvois, 2010).«Mais il est âgé.Il a découvert Jésus et trouvait bizarres des métaphores du film.» Sa distribution fait la fierté de Denis Côté : Hyndman et Lavant bien entendu, mais aussi Simone-Élise Girard (l\u2019épouse), Isolda Dy- chauk (la maîtresse), Dounia Sichov (la servante et nouvelle maîtresse), le cinéaste toron- tois Bruce LaBruce en premier ministre.« Ça fait du bien de varier, d\u2019apporter à l\u2019écran des nouveaux visages.» Tourner chez les riches Il s\u2019agit du neuvième film de l\u2019ancien critique d\u2019Ici.«J\u2019en avais fini avec les personnages qui ont le dos rond et entrent en eux-mêmes, sans trop s\u2019exprimer.» Des dialogues de dix pages pour des personnages qui maîtrisent le langage, une action ancrée chez les riches; il s\u2019est fait plaisir.Mais le cinéaste brise un tabou.Au Québec, rares sont ceux qui osent réaliser des films hors du milieu populaire.Arcand se fait reprocher son élitisme.La misère noire dans la poutine, les cuisines, l\u2019arrière-cour urbaine ou la cabane au fond des bois trônent en vedettes incontestées de notre septième art, sur relents étrangement marxistes.«Pourtant le milieu social ne devrait jamais être une barrière, estime avec raison Denis Côté.Boris a des problèmes reliés à sa classe sociale, mais il n\u2019était pas question pour moi de faire un film anti- bourgeois.Plutôt un conte moral.» En trois langues par surcroît : français, anglais, russe.«J\u2019aime pas mon Québec trop pure laine, non plus.» Denis Côté se défend d\u2019avoir accouché d\u2019une œuvre judéo-chrétienne, quoiqu\u2019elle le soit malgré tout.« Que sert à l\u2019homme de gagner l\u2019univers s\u2019il vient à perdre son âme?» demandait le Christ.Interrogation au cœur du film.« Sauf que Boris n\u2019a pas vraiment fait quelque chose de mal.Il est juste à côté de ses pompes.» Les riches finissent quand même par payer le prix de leur condition au cinéma québécois.Cette fois encore.Fond culturel oblige\u2026 Le Devoir La plus grande terreur qui soit Boko Haram n\u2019attire pas autant les regards du monde que le groupe État islamique en Syrie et en Irak, auquel il a d\u2019ailleurs prêté allégeance l\u2019année dernière.Pourtant, il serait encore plus létal, indique un rapport du centre de recherche Institute for Economics and Peace publié en novembre dernier.Cela vaut à Boko Haram le titre funeste de groupe terroriste le plus meurtrier au monde.Il faut noter qu\u2019en plus du Nigéria et du Cameroun, la secte djihadiste frappe également le Tchad et le Niger voisins.Au total, l\u2019organisation terroriste aurait donné la mort à pas moins de 17 000 personnes et chassé plus de 2,6 millions de personnes hors de leur foyer.La cible camerounaise Depuis 2013, plus de 1200 personnes, vivant à peu près toutes dans l\u2019extrême-nord du pays, ont perdu la vie aux mains de la secte djihadiste Boko Haram, selon le gouvernement camerou- nais.Et le bilan ne cesse de s\u2019alourdir, avec la multiplication des attentats-suicides, qui font leur lot de victimes à chaque semaine.Basée dans le Nord-Est du Nigéria, une région voisine du Cameroun, la secte djihadiste Boko Haram est montée en puissance à partir de 2009.Le Cameroun est progressivement devenu la cible des combattants.SUITE DE LA PAGE 1 BOKO CLÉMENT ALLARD LA PRESSE CANADIENNE Au Québec, le projet de loi sur l\u2019aide à mourir a fait l\u2019objet d\u2019un vote libre.Ci-dessus, l\u2019Assemblée nationale applaudit Véronique Hivon (PQ) et Gaétan Barrette (PLQ) après le deuxième dépôt, le 22 mai 2015.Je pense que le Parti conservateur aurait pu choisir certains députés qui auraient plus facilement permis d\u2019atteindre un consensus Rob Oliphant, député libéral président du comité parlementaire « » SUITE DE LA PAGE 1 MOURIR SUITE DE LA PAGE 1 CÔTÉ "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.