Le devoir, 9 janvier 2016, Cahier A
[" S A R A H R .C H A M P A G N E U n samedi de décembre, 15 h.Chaises en oblique, lumière dirigée, le silence d\u2019un appar tement de Villeray ne laisse filtrer que le son de la voix d\u2019Armand Luque et de celle d\u2019Anthony Sunseri, son tuteur.Une calculatrice grand format et sophistiquée déborde Éducation parallèle, « de l\u2019ombre » ou « supplémentaire », les activités d\u2019apprentissage en surplus de l\u2019école, ou tutorat privé, ont le vent dans les voiles.Injustice scolaire ou coup de pouce pour pallier les faiblesses de l\u2019école publique ?Le tutorat, ou l\u2019autre école privée AUJOURD\u2019HUI Plaisirs \u203a Un tour de la Guadeloupe, papillon des Antilles, et de son chapelet d\u2019îles, entre les sucrières et les plantations de café.Page D 1 Actualités \u203a Le policier (et député) Bill Blair pilotera la légalisation de la marijuana.Le gouvernement Trudeau a promis la réforme dans un premier mandat.Page A 3 Avis légaux.C 6 Décès.C 7 Météo.C 6 Mots croisés .D 5 Petites annonces .C 7 Sudoku .D 4 V O L .C V I N o 3 0 3 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 J A N V I E R 2 0 1 6 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m MONTRÉAL \u2022 QUÉBEC \u2022 TROIS-RIVIÈRES \u2022 LAVAL \u2022 LONGUEUIL \u2022 REPENTIGNY \u2022 BELOEIL \u2022 BOISBRIAND \u2022 MAGOG \u2022 ST-AGATHE \u2022 MONT-TREMBLANT .CA TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES\u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX \u2022 STORES HORIZONTAUX SUR MESURE 1 855 770-8677 ESTIMATION GRATUITE MOTORISATION DISPONIBLE Certifié 5Étoiles QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 514-231-8677 450-445-9829 MONTRÉAL LONGUEUIL LAVAL 450-627-3716 50% DE RABAIS OU INSTALLATION GRATUITE OP AQUES SOLAIRES TRANSLUCIDES OPAQUES SOLAIRES RANSLUCIDES La Corée du Nord a-t-elle vraiment testé une bombe H?Page B 1 Le Lac des cygnes afro-gai de Dada Masilo et son prince en tutu Page E 1 P H I L I P P E O R F A L I L es élus de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) ont voulu faire le grand ménage au niveau de la haute gestion de l\u2019organisme en déclenchant une enquête sur son directeur général, Gilles Petitclerc.L\u2019enquête terminée, Québec leur bloque maintenant la route, le projet de loi sur la réforme des commissions scolaires interdisant formellement à celles-ci de congédier leur premier dirigeant.Depuis le 4 décembre, Catherine Harel- Bourdon se retrouve face à un mur.Après avoir consacré des dizaines de milliers de dollars pour une enquête externe complète sur la gestion et l\u2019administration des ressources de la CSDM par son d.g., le conseil des commissaires a aujourd\u2019hui les mains liées.En plus de dissoudre les conseils des commissaires et de les remplacer par un conseil scolaire donnant plus d\u2019influence aux parents et au personnel scolaire, le projet de loi sur la réforme des commissions scolaires interdit à l\u2019article 193 «le congédiement du directeur général de même que la résiliation de son mandat», et ce, de la présentation du Québec bloque le renvoi du d.g.de la CSDM Craignant la « turbulence », le ministre empêche les élus scolaires de faire le ménage de leur haute direction A L E X A N D R E S H I E L D S T ransCanada a embauché un lobbyiste qui est aussi un membre actif de la Commission politique du Parti libéral du Québec depuis plusieurs années.Son mandat, qui cible plusieurs ministres influents du gouvernement de Philippe Couillard, est directement lié à la promotion du controversé projet de pipeline Énergie Est.Selon ce qu\u2019a constaté Le Devoir, l\u2019inscription de Patrice Ryan, militant de longue date du Parti libéral du Québec (PLQ), est apparue au registre des lobbyistes du Québec le 2 décembre 2015.Son mandat comme « lobbyiste- conseil » rémunéré par la pétrolière est toutefois en vigueur depuis le 1er mai 2015.Il est valide pour le moment jusqu\u2019à la fin de 2016, soit la période au cours de laquelle le projet TransCanada embauche un influent libéral Patrice Ryan agit comme lobbyiste pour le pipeline Énergie Est QUÉBEC SALUE « MONSIEUR L\u2019ALLIER » CLÉMENT ALLARD LA PRESSE CANADIENNE L\u2019occupant actuel de l\u2019Hôtel de Ville de Québec, Régis Labeaume, a rendu hommage, vendredi, à l\u2019un de ses illustres prédécesseurs, Jean-Paul L\u2019Allier, exposé en chapelle ardente dans la salle du conseil municipal.Des dizaines de citoyens sont aussi venus saluer celui que plusieurs appelaient «Monsieur L\u2019Allier».Page A 2 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Armand étudie les maths avec son tuteur, Anthony.Dossier \u203a La recette chinoise du succès scolaire Page A 4 Le boom de l\u2019industrie du tutorat privé Page A 5 VOIR PAGE A 8 : CSDM VOIR PAGE A 8 : TRANSCANADA VOIR PAGE A 8 : TUTORAT I S A B E L L E P O R T E R à Québec D es plus connus aux plus anonymes, les gens de Québec ont défilé vendredi à l\u2019hôtel de ville de Québec pour dire au revoir à celui que plusieurs appelaient « Monsieur L\u2019Allier ».La chapelle ardente, qui se terminait vendredi à 20 h, est suivie ce samedi de funérailles à la basilique-cathé- drale Notre-Dame de Québec.Jean-Paul L\u2019Allier est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l\u2019âge de 77 ans à la suite d\u2019une courte maladie.« Il part trop vite », a résumé l\u2019ancien patron du port, Ross Gaudreault, qui a été parmi les premiers à présenter ses vœux à la famille dans la salle du conseil.Dans la fi le dehors, les gens parlaient de « M.L\u2019Allier » avec émotion.« C\u2019était un grand humaniste », a résumé Suzanne Vincent, une résidente de Québec.À l\u2019intérieur, les gens étaient accueillis par sa conjointe, Jo- hanne Mongeau, ses quatre fils (Simon, Marc-Antoine, Benoît et Jean-Christophe) et leur conjointe.Cer tains de ses six petits-enfants étaient également présents.Les funérailles auront lieu ce samedi après-midi à la basilique juste en face de l\u2019hôtel de ville, dans le Vieux-Québec.La cérémonie sera présidée par le cardinal Gérald Cyprien La- croix.L\u2019homélie sera lue par Mgr Maurice Couture, ancien archevêque de Québec, qui a bien connu M.L\u2019Allier.Plusieurs personnalités du monde politique sont attendues, mais ce n\u2019est pas le cas du premier ministre Philippe Couillard, qui se trouve à l \u2019étranger.Aux dernières nouvelles, le chef de l\u2019opposition, Pierre Karl Péladeau, devait s\u2019y rendre.Radio-Canada a en outre révélé dans la journée que l\u2019actuel chef de cabinet de M.Péladeau, Pierre Duchesne, préparait une biographie de M.L\u2019Allier.L\u2019ancien journaliste, qui est aussi auteur d\u2019une biographie de Jacques Parizeau, a di t avoir enregistré des centaines d\u2019heures d\u2019entrevue avec l\u2019ancien maire ces dernières années.Un homme droit Vendredi, des politiciens de dif férentes appartenances se sont déplacés à la chapelle ardente.Le député Éric Caire, de la Coalition avenir Québec, a dit que M.L\u2019Allier avait «contribué à polir le diamant», en parlant de la ville.L\u2019ancienne consei l lère d\u2019Équipe Labeaume, Francine Lor tie, l\u2019a décri t comme un « grand communicateur, un homme assez doux qui imposait le respect ».Certains membres de sa famille élargie étaient aussi dans la file.Yvon Laliber té attendait patiemment et discrètement avec sa tuque des Nordiques de Québec.Père de la conjointe d\u2019un des fils de M.L\u2019Allier, Marc-Antoine, i l a dit que « c\u2019était un bon père de famille et un bon grand-père».Deux de ses cousines, Monique et Huguette Giroux, ont évoqué le «beau grand cousin» qu\u2019elles admiraient petites.«C\u2019était un homme généreux et droit », a ajouté la première.« Il a toujours aimé Québec.» Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Après 108 ans d\u2019activités au Québec, Bovet annonce avec regret la fermeture dé?nitive de tous ses magasins dès le samedi 30 janvier 2016.Quartier DIX30 450 466-8204 Centre Rockland 514 735-5441 Fairview Pointe-Claire 514 694-9050 Faubourg Boisbriand 450 435-6160 MONTRÉAL l Le grand magasin 4475, boul.Métropolitain Est (sortie 76) 514 374-4555 ou 1 866 32BOVET QUÉBEC l Place Ste-Foy (Espace Nord) l 418 653-6255 ou 1 866 33BOVET FERM É FERM É Achetons immédiatement tableaux canadiens et européens.Antiquités haut de gamme.Grande valeur offerte.Évaluation verbale gratuite pour les noms ci-haut mentionnés, selon la disponibilité.Claude Lafitte évaluateur et expert conseil depuis 1975 \u2022 514.842.1270 2160 rue Crescent, Montréal, www.lafitte.com Borduas Ferron Fortin Gagnon Krieghoff Lemieux Letendre McEwen Pellan Riopelle Suzor-Côté et autres\u2026 Jean- Pau l L e m i e u x « P o r t r a i t d e j e u n e f i l l e » H u i l e s u r t o i l e Québec fait ses adieux à « Monsieur L\u2019Allier » CLÉMENT ALLARD LA PRESSE CANADIENNE Le maire de Québec, Régis Labeaume, a rendu hommage à l\u2019ancien maire de la capitale.L I A L É V E S Q U E C\u2019 est en invoquant une loi québécoise et le Code civil que la Clinique juridique Juripop pense pouvoir poursuivre Uber, si l\u2019entreprise n\u2019accepte pas de rembourser les clients qui ont dû débourser des sommes qualifiées de démesurées pour un déplacement la nuit du jour de l\u2019An.Au cours d\u2019une rencontre avec la presse, vendredi à Montréal, le président de Juripop, Marc-Antoine Cloutier, a présenté la mise en demeure qu\u2019il a servie à Uber, la veille, se disant prêt à intenter un recours collectif devant les tribunaux si les clients concernés n\u2019obtiennent pas un remboursement.Selon lui, une vingtaine de clients se seraient déjà manifestés, en plus de la requé- rante potentielle au dossier, Catherine Papillon.Présente à la conférence de presse, Mme Papillon a admis qu\u2019elle avait bien vu le chiffre « 8,9 » encadré sur l\u2019application d\u2019Uber, mais qu\u2019elle n\u2019a alors pas compris que cela voulait dire qu\u2019elle paierait 8,9 fois le tarif normal de 10 $ pour sa course de moins de 10 kilomètres.Elle a af firmé avoir quand même vérifié auprès du chauffeur, qui lui aurait dit que la course allait coûter « 36$ et quelques sous ».Or, c\u2019est plutôt une somme de 97,18 $ qui lui a finalement été facturée, soutient-elle.Me Cloutier invoque d\u2019abord le Code civil, affirmant que le client et Uber concluent une forme de contrat d\u2019adhésion lorsque le client utilise l\u2019application d\u2019Uber.Et il s\u2019agit d\u2019un contrat pour lequel le client ne peut négocier les conditions.Or, il note que le Code civil précise qu\u2019on ne peut consentir à un contrat qui est «abusif».« Le contrat d\u2019Uber, c\u2019est un contrat d\u2019adhésion dont on ne peut pas négocier les termes.Et il y a des règles par ticu- lières qui s\u2019appliquent à ça.On ne peut pas invoquer le consentement d\u2019un consommateur à sa propre lésion.On ne peut pas consentir à se faire soi-même flouer.Et ici, ce qu\u2019on vient dire, c\u2019est qu\u2019il y a une dispropor tion tellement importante entre le prix payé par le consommateur et la nature du service qui est of fer t qu\u2019il y a ici abus.Et dès qu\u2019il y a abus, il y a lésion », a expliqué Me Cloutier.« L\u2019argument du consentement, ici, de notre côté, il ne vaut absolument rien.Il n\u2019est pas une excuse à des tarifs aussi importants imposés au consommateur», a tonné Me Cloutier.« Ce genre de consentement- là, ça s \u2019apprécie dans un contexte par ticulier.On sor t d\u2019un endroit ; on télécharge l\u2019application ; les conditions d\u2019utilisation sont dans un autre document, difficile à lire.On accepte les tarifs qui nous sont proposés par Uber en se disant \u201c si je prends Uber, ça va me coûter moins cher qu\u2019un taxi \u201d et on se retrouve avec une facture qui ne fait aucun sens par rapport au service qu\u2019on vient de commander», a fait valoir Me Cloutier.L\u2019avocat invoque également la Loi sur la protection du consommateur, en ver tu de laquelle le client d\u2019Uber est cette fois considéré comme un consommateur, qui est donc protégé contre des publicités qui peuvent l\u2019induire en erreur et contre des tarifs exagérés, selon lui.Version d\u2019Uber Du côté d\u2019Uber, le porte-parole Jean-Christophe de Le Rue fait valoir que les tarifs d\u2019Uber augmentent en fonction d\u2019un algorithme pendant les périodes de fort achalandage pour inciter davantage de chauffeurs à se rendre disponibles.Il s\u2019agit d\u2019un concept de «prix dynamique» qui est basé sur la loi de l\u2019offre et de la demande.Autrement dit, quand il y a beaucoup de demande, les prix grimpent puisque le service est couru.Et « lorsque les prix augmentent, cela est clairement indiqué dans l\u2019application : les usagers sont informés et invités à confirmer et à accepter une augmentation des tarifs \u2014 ou ils peuvent opter pour obtenir une notification lorsque les prix baissent » et attendre, réplique M.de Le Rue.« Nous avons utilisé plusieurs méthodes pour informer nos usagers à l\u2019avance du réveillon pour nous assurer qu\u2019ils étaient au courant et pourraient prendre une décision éclairée», ajoute-t-il.Selon lui, le consentement des clients était donc éclairé.Lorsque l\u2019application leur soulignait le multiple « 8,9 » ou «2,3 », par exemple, les clients devaient même confir mer qu\u2019ils l\u2019acceptaient, affirme-t-il.La Presse canadienne UBER Juripop s\u2019attaquera au contrat et aux tarifs «abusifs» O ttawa \u2014 Le gouvernement de Justin Trudeau, sous le feu des critiques des défenseurs des droits de l\u2019homme, a justifié vendredi un important contrat de vente d\u2019armement à l\u2019Arabie saoudite.Après l\u2019exécution la semaine dernière de 47 personnes dont le chef religieux chiite Nimr Baqer al-Nimr, figure de la contestation contre le régime saoudien, le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion a estimé nécessaire d\u2019entretenir des relations avec le royaume wahhabite pour faire avancer les droits de l\u2019homme.Pas question pour M.Dion de remettre en cause un contrat de 13 milliards $US.Signé en 2014 par le précédent gouvernement conser vateur, le contrat porte sur la vente de véhicules blindés légers à l\u2019Arabie saoudite et qui seront fabriqués par la filiale canadienne du groupe américain General Dynamics.Pour Stéphane Dion, la signature d\u2019un contrat ne signifie pas pour autant un cautionnement d\u2019un régime politique.Le Canada « a des contrats de vente d\u2019armes à des pays dont on n\u2019aime pas forcément les régimes», a-t-il déclaré vendrede sur les ondes de Radio-Canada.Le ministre des Af faires étrangères, qui avait dimanche « réprouvé » les 47 exécutions en Arabie, a voulu dissocier la défense des droits de l\u2019homme et les contrats commerciaux.« Si le Canada doit cesser de faire af faires avec les pays qui exécutent et qui reconnaissent la peine de mort, la liste risque d\u2019être longue et pas très loin de nous », a-t-il déclaré en référence à certains États du voisin américain, premier partenaire commercial du Canada.Pour protéger le pays Le ministre, en parlant d\u2019une « entente » avec l\u2019Arabie, a estimé que les véhicules blindés avaient pour but de «protéger le pays» et «pas de tirer sur la population».Dans ce type de contrat, « il y a une entente» et « si des gouvernements ne respectent pas les ententes » alors le Canada serait en droit de remettre « en cause notre capacité de faire af faires avec eux dans bien des domaines».Lors de la campagne électorale, le premier ministre avait assuré qu\u2019il n\u2019annulerait pas le contrat tout en affirmant: «ce ne sont pas des armes, ce sont des jeeps».Le quotidien Globe and Mail a souligné vendredi que les véhicules blindés seraient équipés de systèmes de missiles antichars ou de canons.Agence France-Presse ARMEMENT Le Canada défend son contrat avec l\u2019Arabie saoudite Un chercheur exclu de l\u2019Ordre du Canada Le titre d\u2019officier du Canada a été retiré au chercheur Ranjit Chandra en raison des accusations de fraude scientifique dont il a fait l\u2019objet.L\u2019annonce concernant le scientifique, autrefois lié à l\u2019Université Memorial de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et- Labrador, est parue vendredi dans la Gazette du Canada.Ranjit Chandra, dont la nomination remontait à 1989, a été reconnu coupable d\u2019avoir falsifié une étude portant sur le lien entre les préparations pour nourrissons et l\u2019eczéma.Sur la liste des personnes dépouillées de leur insigne de l\u2019Ordre du Canada, le médecin rejoint notamment l\u2019ex-magnat de la presse Conrad Black.Le Devoir À l\u2019intérieur, les gens étaient accueillis par sa conjointe, Johanne Mongeau, et ses quatre fils L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 J A N V I E R 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 GILBERTE BUSSIÈRE, CND Nous entendrons ensuite Gilberte Bussière nous parler de ce que signifie pour elle être missionnaire aujourd\u2019hui.Elle nous partagera comment cette expérience de mission a été pour elle chemin vers Dieu.D\u2019UN NOUVEAU MONDE À L\u2019AUTRE : 1642-2017 Des hommes et des femmes d\u2019exception ont rêvé et bâti Montréal\u2026.Rêver Montréal, c\u2019est une série de conférences organisée dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal pour les faire connaître.LUNDI 11 JANVIER 2016, À 19H Collège Villa-Maria, salle Thérèse-Casgrain Pavillon Marguerite-Bourgeoys entrée du 5015 Notre-Dame-de-Grâce, Métro Villa-Maria LORRAINE CAZA, CND Le courage missionnaire à la fondation de Montréal Un extraordinaire élan missionnaire a porté les premiers montréalistes.Chez ces hommes et ces femmes du 17e siècle, une même motivation : « (.) faire célébrer les louanges de Dieu en un désert, où Jésus Christ n\u2019a jamais été nommé ».C'est ce désir missionnaire si spécifique à la fondation de Montréal que Lorraine Caza explorera avec nous dans le cadre de cette conférence.Une initiative du Centre le Pèlerin en collaboration avec trois des communautés fondatrices Pour voir toutes les conférences de 2016 et pour vous inscrire visitez : revermontreal.com ou encore composez le 514 737-6262 G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É L a Coalition avenir Québec (CAQ) demande à Philippe Couillard de poser un « geste nationaliste » : celui d\u2019exiger que ce soit l\u2019Assemblée nationale \u2014 et non un comité de sélection, même amélioré \u2014 qui établisse une liste de sénateurs potentiels pour Ottawa.L\u2019ensemble des parlementaires québécois doivent participer au processus, dit-on.La CAQ propose ainsi que l\u2019Assemblée nationale soumette au fédéral une liste de trois noms pour combler chaque siège disponible.Ces noms devraient avoir été approuvés par 75 % des parlementaires québécois.C\u2019est une idée que la CAQ avait déjà soumise il y a un mois, mais qu\u2019elle relance « dans un contexte d\u2019urgence », dit le député Simon Jolin-Barrette.«On sait qu\u2019il y aura une nomination de façon imminente, et la réponse du gouvernement Couillard [au nouveau processus mis en place par Justin Trudeau à Ottawa] manque d\u2019ambition et de courage», a-t-il indiqué en entretien.Le gouvernement Trudeau a annoncé au début décembre qu\u2019il mettait en place un comité consultatif indépendant de cinq membres chargé de proposer au premier ministre des candidatures pour remplir les sièges vacants au Sénat (il y en a 22 actuellement).Ce comité est composé de trois membres du fédéral et de deux membres des provinces, tous choisis par le premier ministre fédéral.Les provinces proposeront les noms de leurs représentants, et elles seront consultées pour concocter la liste de candidats que le comité étudiera.Équilibre Le gouvernement Couillard a globalement bien accueilli cette proposition, tout en y suggérant des modifications.Dans une lettre rendue publique le 21 décembre, le ministre des Affaires intergouvernementales, Jean-Marc Fournier, plaide auprès d\u2019Ottawa que le comité devrait plutôt compter six membres, dont trois personnes désignées par Québec.On souhaite également que chaque candidature soit approuvée à l\u2019unanimité et que le premier ministre du Québec puisse « formuler ses commentaires et recommandations » à propos de la liste que le comité souhaitera transmettre à son homologue fédéral.Mais en bout de ligne, peu importe le processus, c \u2019est Just in Trudeau qui aura le mot final.Vendredi , le cabinet de M.Fournier a soutenu que « le fédéral étudie sérieusement » la proposition de Québec.«Nous partageons l\u2019objectif de rendre le Sénat plus indépendant et non partisan», dit-on.Nationalisme Québec parle d\u2019une « proposition de par ticipation significative des provinces à l\u2019égard du nouveau processus de sélection des sénateurs ».Mais pour la CAQ, la démarche demeure trop timide.« Rien ne justifie qu\u2019en 2016 les Québécois ne puissent faire partie intégrante du processus de nomination des sénateurs », soutient M.Jolin-Barrette.«La solution mise de l\u2019avant par la CAQ est pragmatique, réaliste, non partisane et ne nécessiterait aucune modification constitutionnelle», fait-il valoir.La CAQ situe ainsi cette demande dans la lignée de sa nouvelle position constitutionnelle de promotion d\u2019un nationalisme for t.« Les Québécois souhaitent faire progresser leur nation à l\u2019intérieur du Canada.Et c\u2019est clair que cela passe par accepter que le Québec ait son mot à dire dans la nomination de ceux qui composent une des deux chambres législatives du Canada», pense-t-il.Plus tôt cette semaine, un ex- conseiller politique de Gilles Duceppe et Pauline Marois, Stéphane Gobeil, a annoncé qu\u2019il conseillerait désormais François Legault \u2014 sur tout pour l\u2019aider dans son projet d\u2019union des forces nationalistes.Le Devoir Aux élus du Québec de choisir les sénateurs, réitère la CAQ M A R C O F O R T I E R L\u2019 ancien chef de police de Toronto Bill Blair dirigera l\u2019équipe chargée de légaliser la consommation et la possession de marijuana.Le premier ministre Justin Trudeau a nommé ce policier de carrière de 61 ans, élu député libéral le 19 octobre, dans l\u2019espoir d\u2019apaiser les craintes des Canadiens opposés aux drogues.À la surprise générale, le chef libéral a confirmé au cours des dernières semaines qu\u2019il remplirait dès son premier mandat l\u2019ambitieux engagement électoral de légaliser la marijuana.Bill Blair est secrétaire parlementaire de la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould.Il s\u2019est fait connaître en livrant une dure bataille contre l\u2019ancien maire de Toronto Rob Ford en 2013.Le chef de police avait révélé l\u2019existence d\u2019une vidéo montrant le maire de sa ville en train de fumer du crack.Rob Ford et son frère Doug, conseiller municipal, avaient tout fait pour discréditer le chef Blair, qui leur avait tenu tête.Son contrat n\u2019a pas été renouvelé en avril 2015, après une carrière de 30 ans dans le plus grand corps policier du Canada, dont 10 années en tant que chef.Bill Blair a dirigé des enquêtes criminelles visant notamment le crime organisé et des trafiquants de drogue.«La nomination d\u2019un ancien chef de police à la tête de cette initiative [visant à légaliser le cannabis] va certainement rassurer les gens.C\u2019est une bonne chose que ce soit lui, il va agir avec prudence », estime Serge Brochu, professeur à l\u2019École de criminologie de l\u2019Université de Montréal.Il étudie la toxicomanie et les politiques de répression contre les drogues.Le système encombré Le criminologue croit que le processus de légalisation lancé par Justin Trudeau est une « exce l lente chose » .Comme le premier ministre, Serge Brochu est convaincu que les accusat ions pour possession simple de cannabis encombrent inutilement le système de justice.La marijuana accapare 54 % de toutes les infractions impliquant des drogues au pays, a découver t le professeur en scrutant les statistiques of fi- cielles.En 2013, pas moins de 58 965 condamnations pour possession de cannabis ont été prononcées au Canada.« Ces condamnations entraînent la création d\u2019un casier judiciaire, une interdiction de voyager aux États - Unis et la per te du droit d\u2019exercer certaines professions.Ce sont des conséquences impor tantes », dit Serge Brochu.Malgré l \u2019ampleur de ces chiffres, le criminologue croit que le pot est presque décriminalisé au pays.Dans les faits, à peine 2 % des utilisateurs de marijuana se font accuser de possession simple, selon Serge Brochu.Il est arrivé à cette conclusion après avoir étudié un groupe de personnes qui fumaient en moyenne deux joints par jour.« À peu près personne ne s\u2019est fait arrêter par la police.Pourquoi ?Parce que ces gens consomment chez eux ou chez des amis», explique-t-il.La légalisation risque tout de même d\u2019augmenter l\u2019usage de la marijuana, estime Serge Brochu.Pour cette raison, il croit que le gouvernement Trudeau et les provinces doivent mettre sur pied une vaste politique de santé publique pour prévenir les abus.Limiter l\u2019accès « Je suis d\u2019accord avec Justin Trudeau quand il dit que la légaliser vise à mieux contrôler l\u2019accès au cannabis, sur tout chez les jeunes», dit-il.C\u2019est ce que propose le programme libéral : « Nous élaborerons de nouvelles lois plus strictes.Celles-ci puniront sévèrement quiconque fournit cette drogue à un mineur, conduit un véhicule après en avoir consommé ou en fait la vente à l\u2019extérieur du nouveau cadre législatif.Nous créerons un groupe de travail fédéral-provincial qui, en collaboration avec des spécialistes en santé publique, en toxicomanie et en application de la loi, mettra en place un réseau strict de vente et de distribution de marijuana qui sera soumis aux taxes d\u2019accise provinciales et fédérale.» Le Devoir Un policier pour piloter la légalisation du cannabis Trudeau confie cette mission délicate à Bill Blair, ancien chef de police de Toronto ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Justin Trudeau a nommé Bill Blair, policier de carrière de 61 ans, élu député libéral le 19 octobre, dans l\u2019espoir d\u2019apaiser les craintes des Canadiens opposés aux drogues.Il s\u2019est fait connaître en livrant une dure bataille contre l\u2019ancien maire de Toronto Rob Ford en 2013 M A R I E - M I C H È L E S I O U I L es étudiants de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) qui espéraient amorcer la session d\u2019hiver en connaissant leurs notes du trimestre précédent devront prendre leur mal en patience : la reconduction vendredi de la grève des membres du Syndicat des étudiants employés de l\u2019UQAM (SETUE) crée un flou sur la correction des examens.C\u2019est que les professeurs et chargés de cours qui avaient embauché des étudiants pour faire de la correction reçoivent des indications contradictoires de la part de l\u2019UQAM, de leurs départements et de leurs syndicats.Et certains d\u2019entre eux craignent de devenir des briseurs de grève en ef fectuant les tâches qui devaient revenir à des membres de la SETUE.« Le SCCUQ est outré par la position de l\u2019UQAM qui prend en otages les enseignants et change leurs conditions de travail, a ainsi fait savoir le Syndicat des chargés de cours de l\u2019UQAM (SCCUQ).En agissant ainsi, l\u2019UQAM adopte clairement une attitude antisyndi- cale que nous dénonçons.» Après avoir recommandé à ses membres de ne pas effectuer les tâches confiées par contrat à des auxiliaires d\u2019enseignement, le syndicat a changé son fusil d\u2019épaule.Un passage devant la Commission des relations du travail (CRT), qui a refusé de rendre non obligatoire, dans l\u2019immédiat, la correction des examens, l\u2019a refroidi.Dans l\u2019attente d\u2019une décision du CRT sur le fond de l\u2019affaire, le SCCUQ a demandé à ses membres de suivre les recommandations de leurs départements respectifs.Or, « il y a un flou », a reconnu le vice- président à l\u2019information du SCCUQ, Richard Bousquet.«Certains départements ont demandé de corriger.D\u2019autres, non», a-t-il rapporté.Le syndicat a aussi demandé aux chargés de cours de rap- por ter « tout supplément de tâche de surveillance ou de correction » et interpel lé l\u2019UQAM afin que la date de remise des notes, prévue le 7 janvier, soit repoussée.Au service des communications de l\u2019université, la porte- parole Caroline Tessier a déclaré au Devoir que l\u2019UQAM allait « faire preuve de souplesse et de compréhension » quant au dépôt des notes.« On comprend que dans cer tains cas, ça va se prolonger », a affirmé Mme Tessier.Quant à la rémunération supplémentaire, l\u2019administration en est à étudier la question, a-t-elle ajouté.De son côté, le syndicat des professeurs (SPUQ) recommande toujours à ses membres de refuser d\u2019accomplir les fonctions des salariés du SETUE.L\u2019UQAM estime quant à elle que « les professeurs, les maîtres de langue et les chargés de cours sont responsables de la correction des travaux et examens», a rappelé Mme Tessier.Le SETUE doit encore rencontrer la direction de l\u2019UQAM le 18 janvier.Une assemblée générale devrait donc être convoquée dans les jours suivants.Le Devoir Corrigera, corrigera pas ?En pleine grève de la SETUE, un flou sur la correction des examens persiste à l\u2019UQAM L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 J A N V I E R 2 0 1 6 LE BUSINESS DE L \u2019APPRENTISSAGE A 4 A 5 J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y Dernier dimanche avant Noël, alors que les écoles ont fermé les manuels et leurs portes jusqu\u2019en janvier, Yizhou Wang, 11 ans, est assis à un pupitre.Com - me tous les diman ches.Autour de lui, comme dans les salles de classe voisines, des élèves du primaire et du secondaire écoutent en silence les enseignants du collège Élite, une école de tutorat privé où plus de 60 % de la clientèle est d\u2019origine chinoise.Plusieurs d\u2019entre eux reviendront le lendemain pour le «camp d\u2019hiver».Au menu pour le temps des Fêtes : cours de français, de mathématiques et d\u2019anglais, entre autres.Yizhou, arrivé à Montréal avec son père en mars dernier, de Nankin, en Chine, se prépare à l\u2019examen d\u2019entrée au secondaire.Son souhait est d\u2019aller au collège privé Regina Assumpta, lance-t-il dans un français fluide, lui qui était encore unilingue mandarin il y a moins d\u2019un an.Pour son père, Yijun, inscrire son fils unique à des classes de tutorat, en plus de l\u2019école régulière, relevait de l\u2019évidence.Il fallait, dit-il, que Yizhou rattrape le plus rapidement possible son retard en français afin de passer avec succès l\u2019examen d\u2019entrée au secondaire.Pour augmenter ses chances, ils ont même devancé leur arrivée à Montréal, laissant ainsi derrière eux mère et femme, qui ne pourra immigrer avant plusieurs mois encore.«Nous avons planifié notre arrivée à Montréal en fonction de l\u2019éducation de notre enfant», résume Yijun Wang.Ruée vers les écoles privées Chez les élèves d\u2019origine chinoise à Montréal, succès scolaire se conjugue bien souvent avec tutorat privé.Et succès scolaire il y a.Selon les chiffres du ministère de l\u2019Éducation colligés entre 2002-2003 et 2013-2014 dans les écoles secondaires privées de Montréal, le nombre d\u2019élèves dont la langue maternelle est le mandarin ou le cantonais est passé de 24 à 175 au collège Jean-de-Brébeuf, de 5 à 243 à Jean-Eudes, de 30 à 229 au collège Regina As- sumpta et de 16 à 106 au pensionnat du Saint- Nom-de-Marie.Au collège privé Jean-Eudes, où les élèves asiatiques représentent environ 20 % de la clientèle, la directrice générale, Nancy Desbiens, observe clairement que le recours au tutorat privé est plus courant chez ces élèves.«Ils réussissent très, très bien.Ils font vraiment tout pour réussir», dit-elle.Tradition chinoise Selon Bradley Zhao, directeur du collège Élite, l\u2019éducation est une priorité pour les Chinois.«C\u2019est la tradition, dit-il.En Chine, si tu as 10 $ et que tu as le choix entre payer pour manger ou pour t\u2019éduquer, tu optes pour l\u2019éducation.Le niveau de sacrifices que l\u2019on est prêt à faire est très élevé.» Pour Julian Dierkes, sociologue à l\u2019Université de Colombie-Britannique qui s\u2019est penché sur le tutorat privé en Asie, «les Chinois sont largement convaincus qu\u2019une bonne et prestigieuse éducation mène directement à une bonne carrière.C\u2019est un investissement.Et, contrairement à ce qui prévaut au Canada, il existe un fort consensus en Chine sur la hiérarchie du prestige entre les écoles et les universités.Ça peut donc être très compétitif.[\u2026] Dans ce contexte, le tutorat privé est une partie normale du système d\u2019éducation.» La majorité des élèves chinois fréquentent ainsi les bu xi ban, ces écoles de tutorat du soir et de fin de semaine.Une pratique que, bien souvent, les émigrants chinois apportent avec eux.Différences culturelles Dans le réseau scolaire montréalais, la compétition est à des années-lumière de celle, féroce, qui prévaut en Chine, assurent en chœur Xiaonan Feng et son fils, Shuzhao, qui est en 2e secondaire à Jean-de-Brébeuf.«Les gens d\u2019ici voient les jeunes Chinois travailler fort, fort, fort, mais ce n\u2019est pas si pire que ça.En Chine, c\u2019est plus dif ficile, on travaille plus fort», assure le père, lui aussi séparé de sa femme neurologue restée en Chine, incapable de trouver un emploi similaire au Québec.«Ici, la proportion des élèves qui passent les examens d\u2019entrée au secondaire est nettement plus élevée qu\u2019en Chine.» «En Chine, j\u2019étais bon en maths.Mais, sans vouloir of fenser, je suis bien meilleur ici!», renchérit Shuzhao, qui a fait les cinq premières années de son primaire dans la province de He- nan.Pourtant, le tutorat reste selon lui indispensable pour améliorer ses résultats dans les matières où il excelle moins.Outre le français, qu\u2019il ne parlait ni ne lisait avant d\u2019arriver à Montréal, il doit fournir un effort supplémentaire en histoire, en géographie et dans les autres disciplines qui s\u2019éloignent des sciences pures.«L\u2019histoire du christianisme, de l\u2019Occident, je ne connais pas bien ça», confie-t-il.S\u2019ajoutent à cela les habitudes d\u2019apprentissage.«En Chine, on nous dit de mémoriser.Beaucoup.Même des textes.Ici, on doit comprendre, donner son opinion et développer.Je ne suis pas habitué.C\u2019est une énorme différence», résume Xiaonan Feng.Selon M.Feng, sans le tutorat, jamais les portes de Jean-de-Brébeuf ne se seraient ouvertes pour son fils, qui rêve de suivre les traces de sa mère en allant étudier la neurologie à l\u2019université McGill.Il a d\u2019ailleurs refait sa première année du secondaire dans cette école privée après avoir passé un an dans le public, puis réussi enfin l\u2019examen d\u2019entrée.Et, à présent qu\u2019il y est, pas question de ralentir la cadence d\u2019étude.«Aller en médecine, c\u2019est pas si facile que ça!, affirme Shuzhao.Il faut que je continue à travailler fort.» Collaborateur Le Devoir La recette chinoise du succès scolaire Pour Julian Dierkes, sociologue à l\u2019Université de Colombie-Britannique qui s\u2019est penché sur le tutorat privé en Asie, les Chinois sont largement convaincus qu\u2019une bonne et prestigieuse éducation est un investissement.S A R A H R .C H A M P A G N E D\u2019 abord signalé dans les rubriques de petites annonces, l\u2019apprentissage ex- trascolaire s\u2019organise de plus en plus de façon formelle en une véritable industrie : des soirs d\u2019hiver aux « vacances » d\u2019été, les of fres se multiplient pour stimuler les petits cerveaux.Individuellement ou en petits groupes, selon le programme scolaire of ficiel ou celui élaboré par la compagnie, les modèles d\u2019affaires varient des cours de mathématiques à ceux d\u2019anglais en passant par les camps de jour d\u2019apprentissage.Le point commun de ces entreprises?Elles sont pratiquement toutes en croissance.S\u2019il est dif ficile d\u2019obtenir un portrait canadien de cette expansion, une analyse publiée par le magazine Forbes évalue qu\u2019aux États-Unis, l\u2019industrie surpassera les 102 milliards de dollars en 2018.Plus près d\u2019ici, en Ontario, 35 % des parents ontariens ont affirmé en 2015 avoir acheté ce genre de services dans les trois dernières années.Ils étaient 27 % en 2012, selon le sondage d\u2019opinion réalisé année après année par des professeurs de l\u2019Université de Toronto.Sous le radar des autorités publiques Le nombre d\u2019entreprises dédiées à cet apprentissage « supplémentaire » a crû entre 200 et 500 % selon les grandes villes canadiennes, dans les 30 dernières années, indique Janice Aurini.Pour mener ses études sur le sujet, la pro- fesseure de sociologie à l\u2019Université de Waterloo a dû constituer sa propre base de données à partir des Pages jaunes.« L\u2019industrie passe complètement sous le radar des autorités publiques », dit-elle.En effet, le ministère de l\u2019Éducation du Québec ne dispose d\u2019aucune donnée sur les élèves bénéficiant de tutorat privé, confirme au Devoir une porte-parole.Le système est donc dans « l\u2019ombre », celle de l\u2019éducation of ficielle et celle de l\u2019angle mort des autorités publiques.Suivre le rythme «D\u2019année en année, on croît de 30%», révèle Benoit Archambault, président de Succès scolaire.En voyant le potentiel de ce « marché » moins développé qu\u2019ailleurs, il a décidé de fonder cette entreprise en 2006.Dix ans plus tard, il compte aujourd\u2019hui sur un réseau de 600 tuteurs à travers le Québec, surtout dans les plus grandes agglomérations.Les centres d\u2019apprentissage de S.O.S.Études à Gatineau, Laval et Montréal ont vu de 10 à 22 % plus de personnes dans les dernières années, assure Patricia Roy, propriétaire de la succursale au nord de la métropole.Kumon, dont le premier centre a été ouvert en 1958 à Osaka, au Japon, compte 26 000 franchises dans 49 pays.À l\u2019échelle mondiale, quatre millions d\u2019enfants suivent le programme de ce géant multinational.Au Québec, le nombre de Kumons a presque doublé en 10 ans, passant à 26.Leur présence reste nettement inférieure à celle dans d\u2019autres provinces, qui porte le total canadien à 333.« À Toronto et Vancouver, on ouvre des centres Kumon à tous les coins de rue, c\u2019est un peu le Starbucks en leur domaine », af firme Lise Couture, directrice de la franchise de Bros- sard qui a ouvert ses portes il y a 26 ans.La demande a-t-elle augmenté chez elle?« Oh mon Dieu, oui », s\u2019exclame celle qui décrit les débuts de Kumon comme l\u2019initiative d\u2019«une dame japonaise dans son sous-sol».Les compagnies se chargent du recrutement des tuteurs ou des instructeurs, terminologie variant selon les formules.Il n\u2019existe au Canada aucun encadrement particulier du métier, qui emploie la plupart du temps des étudiants universitaires, voire des enseignants diplômés moyennant un tarif un peu plus élevé.Les devoirs des parents Les « boîtes qui embauchent des incompétents » ne dureraient heureusement pas longtemps, selon Mme Roy, puisque « la plupart des parents font aussi leurs devoirs ».Les compétences et les antécédents judiciaires sont vérifiés à l\u2019embauche, assurent toutes les compagnies contactées.Malgré le désintérêt des gouvernements, il existe des incitatifs fiscaux à étirer la semaine éducative.Le crédit d\u2019impôt pour les activités «artistiques» des enfants existe depuis 2011 au fédéral et 2013 au provincial.Ce montant comprend en effet les services visant à «acquérir et à utiliser des aptitudes intellectuelles spécifiques », a confirmé au Devoir l\u2019Agence du revenu du Canada.Le Devoir Le boom de l\u2019industrie du tutorat privé PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des photos prises dans les classes du collège Elite, installées au cégep de Saint-Laurent à Montréal.ISTOCK Les enfants doivent rester des enfants et pouvoir jouer librement, dit un professeur en éducation.S A R A H R .C H A M P A G N E S inge savant ou apprenant en confian ce ?En- fant-agenda ou humain qui développe son plein potentiel ?Les parents doivent revenir à l\u2019équilibre dans l\u2019organisation de la vie de leurs petits.Le tutorat ne convient pas à tous, avertit une psychologue.Surtout, les enfants doivent rester des enfants et pouvoir jouer librement, dit un professeur en éducation.Geneviève Marcotte voit de tout-petits anxieux défiler dans son cabinet de psychologue.« Beaucoup d\u2019enfants.» Elle évalue que 10 % des jeunes souf frent aujourd\u2019hui de troubles anxieux, malgré le caractère très récent des études en psychologie de l\u2019enfant.Cette anxiété peut être associée à plusieurs aspects de leur vie, notamment la per for- mance scolaire.Difficile, pourtant, de reprocher aux parents leur volonté de donner toutes les chances à leurs enfants.La peur au ventre de « manquer leur coup », les chefs de famille font la chasse aux possibilités de développement.Esclaves de leur propre calendrier, les adultes s\u2019astreignent eux-mêmes à un rythme ef fréné reproduit sur leur descendance, au point où « l\u2019on se sent mal quand les enfants ne font rien », note Mathieu Point.Le professeur en science de l\u2019éducation à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) milite pour la réhabilitation du « jeu libre ».Une activité « universelle » qui rend le système cognitif plus mature mais ne s\u2019impose pas avec évidence à notre époque «d\u2019hyperstimula- tion ».« Une panoplie d\u2019études constatent le déclin du jeu en termes de temps et de qualité », avance-t-il.Face à cette conclusion, M.Point a développé le cours en ligne ouvert et gratuit (un MOOC en anglais) « Jouer pour apprendre en petite enfance ».Pas moins de 7500 parents du monde francophone s\u2019y sont inscrits lors de la première session l\u2019automne dernier ! La décision de l\u2019enfant Le plaisir définit le jeu libre, mais pas seulement ; la notion est intimement liée à celle du choix.« C\u2019est l\u2019enfant qui décide quand il commence, quand il termine, avec quoi, avec qui.Le jeu libre est à l\u2019inverse des activités structurées », explique M.Point.« Quand votre enfant s\u2019ennuie, vous criez victoire ! », renchérit Geneviève Marcotte.L\u2019ennui mène à la créativité chez les enfants.Pourquoi, alors, prendre un cours?«On veut créer un environnement adéquat, accompagner le jeu et savoir se retirer au bon moment», justifie M.Point.Ces moments permettent de développer des stratégies sociales de gestion des conflits ou du partage, de faire des découvertes, de prendre des risques en explorant.D\u2019ailleurs, les enfants réussiraient mieux à l\u2019école en y entrant un an ou deux plus tard qu\u2019au Canada, explique le professeur de l\u2019UQTR en citant notamment la Norvège et la Finlande.La volonté d\u2019encadrer les activités ne se fait pas sentir qu\u2019à travers le tutorat : «C\u2019est au- jourd\u2019hui ce que fait un \u201cbon\u201d parent.Avant, on prenait un ballon et on jouait au soccer avec nos enfants, maintenant, on les inscrit à un cours », illustre Mme Marcotte, qui est également au- teure de livres sur l\u2019anxiété chez les tout-petits.Elle invite cependant les gens à ne pas rejeter d\u2019emblée le tutorat.«Les enfants qui présentent des dif ficultés d\u2019apprentissage peuvent bénéficier de ce type d\u2019accompagnement.Ils se sentiront plus compétents face aux tâches et aux évaluations, l\u2019outil devient une aide véritable », dit Mme Marcotte, à condition de le faire avec des attentes réalistes et modérées.Le tutorat devient parfois une recommandation pour ces enfants qui défilent dans son cabinet et «qui ne se sentent pas bons, qui s\u2019autodéni- grent».Une façon, aussi, de préserver la relation entre parents et enfants en introduisant une tierce personne.Il faut donc considérer la situation de l\u2019enfant.et l\u2019intention de ses parents, pour évaluer si le tutorat est approprié ou non.«Parfois, l\u2019enfant devient aussi un trophée qui va permettre au parent de rayonner, qui montre que \u201c je suis une bonne personne \u201d », déplore Mme Marcotte.Et l\u2019obsession de performance sera refilée à la prochaine génération.Le Devoir Retrouver la liberté du jeu De l\u2019aide au bout du fil et du clic Le tutorat à distance a aussi la cote.C\u2019est ce que fait Allô prof, le seul organisme exclusivement d\u2019aide aux devoirs à recevoir une subvention du ministère de l\u2019Éducation, a indiqué au Devoir une porte-parole.Par téléphone, texto, forum ou capsules vidéo, une équipe d\u2019enseignants répond gratuitement aux questions des élèves du primaire, du secondaire et de la formation aux adultes.Il faut dire que le programme d\u2019aide aux devoirs, instauré par Québec en 2004, a subi une cure minceur dans plusieurs commissions scolaires au cours des dernières années.Certaines l\u2019ont carrément suspendu ou ont laissé au choix des écoles de le maintenir, en partie ou non.L\u2019externalisation (ou délocalisa- tion) touche aussi l\u2019apprentissage.Chez TutorVista, Growing Stars ou BrightSpark Education, le modèle d\u2019af faires est le même : les tuteurs engagés en Inde sont payés une fraction des salaires européens ou nord- américains.Le prix de ce tutorat constitue l\u2019argument de poids de ces mini-écoles virtuelles mondialisées.200 à 500% C\u2019est la croissance du nombre d\u2019entreprises dédiées à l\u2019apprentissage «supplémentaire » dans les 30 dernières années selon les grandes villes canadiennes, d\u2019après Janice Aurini, professeure de sociologie à l\u2019Université de Waterloo.La majorité des élèves chinois fréquentent des écoles de tutorat le soir et la fin de semaine, une pratique que bien des émigrants apportent avec eux En Chine, si tu as 10 $ et que tu as le choix entre payer pour manger ou pour t\u2019éduquer, tu optes pour l\u2019éducation.Le niveau de sacrifices qu\u2019on est prêts à faire est très élevé.Bradley Zhao, directeur du collège Elite à Montréal « » Nous publions des extraits du livre Et soudain ils ne riaient plus (Les arènes, 2016), dans lequel un quatuor de journalistes relate le déroulement des attentats de janvier 2015, et notamment les derniers instants de l\u2019homme de maintenance Frédéric Boisseau, tué le premier par les frères Kouachi.M A R I E - F R A N C E E T C H E G O I N M A R I E - A M É L I E L O M B A R D - L A T U N E D O R O T H É E M O I S A N T H I E R R Y L É V Ê Q U E P ersonne n\u2019aime reprendre le travail après les Fêtes.Ce 7 janvier, pourtant, Jérémy Ganz roule vers Paris, après avoir bondi hors de son l i t dès 4 h du matin et chantonné sous la douche.Depuis Ormesson- sur-Marne, petite commune d\u2019Île-de-France à la limite de la Brie, il faut à peine une demi- heure pour rallier la capitale quand la circulation est fluide.Dehors, la température dépasse tout juste zéro.Et le brouillard épais qui enveloppe la proche banlieue parisienne n\u2019est pas près de se lever.Mais pour Jérémy, la journée sera belle.Il a 32 ans, il est employé de Sodexo, l\u2019un des leaders mondiaux de la maintenance des immeubles, et , dans quelques heures, il travaillera à nouveau sous les ordres de Frédéric Boisseau, un colosse, de dix ans son aîné, qui est tout autant son ami que son chef.Frédo, c\u2019est ainsi que tout le monde l\u2019appelle, a lui aussi quitté sa maison de Villiers- sous-Grez aux aurores.Pour gagner Paris, il doit bien compter une heure et demie de trajet.Quand il est parti, sa femme, Catherine, et ses deux garçons de 11 et 13 ans dormaient encore, à l\u2019ombre des grands arbres de Fontainebleau.Jérémy et Frédéric, deux minuscules points sur la grande carte routière du trafic quotidien en direction de Paris.Deux hommes heureux de se retrouver pour commencer la nouvelle année.Le premier est un petit gars de la banlieue, qui a grandi à Trappes où il a vu mourir une dizaine de ses copains : suicide, accidents de voiture, et même meurtres.Le deuxième est un homme de la campagne qui n\u2019a jamais voulu s\u2019éloigner de sa forêt.« À nous deux, di- sent-ils toujours, on forme un couple du tonnerre.» C\u2019est Frédéric qui a voulu garder Jé- rémy dans son équipe quand celui-ci a été embauché à So- dexo sept ans plus tôt, lui aussi qui s\u2019est battu pour son salaire, qui l\u2019a aidé quand il était en panne de logement.Ces derniers temps, une réorganisation du travail les avait séparés.Et puis, juste avant Noël, Frédo a of fert à Jé son plus beau cadeau : « C\u2019est bon, mon Jé, je te récupère.On fait à nouveau équipe.C\u2019est reparti.On va tout exploser.» Ce 7 janvier, Jérémy arrive le premier devant les locaux de Sodexo, 64 rue du Dessous- des-Berges, dans le 13e arrondissement.Il se réjouit de réintégrer le groupe de Frédéric, une seconde famille, chaleureuse, cosmopolite, où lors des pots et des anniversaires on prévoit de la dinde pour ceux qui ne mangent pas de porc et du Coca pour ceux qui ne boivent pas d\u2019alcool.« Hé, Jérém, tu t\u2019es levé tôt aussi ?», lui dit Frédéric quand il entre à son tour dans le bureau.« Ça doit être à cause de la lune.On se fait un café?» Sa silhouette massive \u2014 1 m 88, 110 kg \u2014, ses grosses paluches rassurent aussitôt Jé- rémy.« On vient de décrocher un lot d\u2019immeubles rue Nicolas- Appert, poursuit Frédéric.Il y en a 14 ou 15.On peut embellir et faire du chif fre.On va y aller en repérage aujourd\u2019hui.» Le temps de réunir les plans, les documents et l\u2019outillage nécessaires, l\u2019horloge marque 9 h.Jérémy enfile sa doudoune et son gros bonnet, Frédéric son éternel blouson.Ils montent dans la Clio blanche de fonction, traversent la Seine pour gagner la rue Nicolas-Appert, dans le 11e arrondissement.Sur le chemin, ils se montrent leurs photos de Noël et du réveillon du Nouvel An.[\u2026] ?Ce mercredi 7 janvier, c\u2019est Georges Wolinski qui passe le premier, vers 9 h.Comme tous les jours, il achète Libé, Le Figaro, Le Parisien, un ou deux « news magazines ».C\u2019est un papivore, un dinosaure, pas du genre à lire les journaux sur une tablette.Cabu arrive un peu après, pour Le Canard enchaîné.« Je ne prends pas Charl ie , je l \u2019aurai là-bas » , d isent - i ls l \u2019un et l \u2019autre.Le kiosquier ne s \u2019en formalise pas.Il sait que le mercredi, jour de sortie de l\u2019hebdomadaire, est aussi jour de conférence de rédaction.Et que Wolinski et Cabu retrouvent « toute la bande à Charlie» dans les locaux du journal, au 10 r ue Nicolas- Appert dans le 11e arrondissement.Wolinski a 80 ans, Cabu 76.Mais il est rare qu\u2019ils manquent une réunion.Tous deux ont des revenus qui pourraient leur permettre de couler une retraite tranquille, surtout «Wolins\u2019» qui ne s\u2019est jamais caché d\u2019aimer « les belles fringues, la bonne bouffe, les cigares, le caviar, le cachemire, les montres Cartier, les Jaguar, les filles impeccables ».Pour se les offrir, ce fils d\u2019un immigré polonais installé à Tunis (mort assassiné par l\u2019un de ses employés quand le petit Georges avait deux ans) est passé par presque tous les journaux, de L\u2019Humanité à Paris Match.Il a près de 80 albums à son actif, il est aussi écrivain, auteur de plusieurs pièces de théâtre, publicitaire, af fichiste.Cabu, lui, c\u2019est LE dessinateur, sans doute le plus connu de France.I l est capable, di t - on, de dessiner en gardant son crayon et son car net dans sa poche.Même à l\u2019aveugle, son trait est sans égal .I l peut tout faire.Il dessine comme il respire.Il a inspiré des générations entières et demeure un modèle pour la jeune garde.Les personnages qu\u2019il a inventés peuplent l\u2019imaginaire commun, cer tains sont même entrés dans le dictionnaire.Le Grand Duduche, son double naïf et malicieux, nour ri aux idéaux de 1968, l\u2019adjudant Kronenbourg, sous- of f \u2019sadique et aviné, inspiré par son service militaire en Algérie, le « beauf », caricature de bistrotier poujadiste sous Pompidou, puis affublé d\u2019une queue-de-cheval à catogan et travaillant dans la com\u2019, sous Mitter rand, mais toujours aussi con.Cabu et Wolinski pourraient donc rester au chaud ce mercredi 7 janvier, se prélasser et laisser les autres travailler.Mais «nous deux, dit le premier, on continuera longtemps à faire chier le monde ».Pour que la « connerie » reflue.Et cette dernière ne cessant de prospérer, « je ne me vois pas m\u2019arrêter, dit le second.Chaque jour, on se demande quel dessin on va faire et\u2026 on trouve toujours ! » Surtout pour Charlie Hebdo, leur œuvre commune dont ils portent l\u2019histoire depuis que Ca- vanna, Reiser ou Gébé ne sont plus.[\u2026] Cabu et Wolinski veulent continuer à faire rire de tout.De Mahomet, de Jésus, de Bouddha et de tous les prophètes en général, des évêques, des rabbins, des imams [\u2026] ?«C\u2019est Charlie Hebdo, ici ?» La secrétaire sursaute.Elle est en train d\u2019actionner la photocopieuse installée au rez-de- chaussée du 6, allée Ver te.L\u2019homme qui l\u2019interpelle est habillé tout en noir, il a le visage masqué et porte un fusil « comme on en voit dans les films », se dira plus tard l\u2019employée.Elle travaille chez Sa- gam, une société spécialisée dans les soins aux nouveau-nés et les accessoires de puériculture.Un deuxième homme, plus petit, mais également armé et vêtu de noir, se tient un peu en retrait.Tous deux avancent vers elle.La secrétaire essaie de bloquer la porte, mais elle est repoussée en arrière.Les deux hommes sont maintenant à l\u2019intérieur.«C\u2019est ici Charlie Hebdo?», répète le plus grand, en tirant un coup de feu vers le sol.La secrétaire et les cinq autres salariés de l\u2019entreprise se précipitent sous les tables.« Nous ne sommes pas Charlie Hebdo, ce n\u2019est pas ici !» La première pensée qui leur traverse l\u2019esprit, c\u2019est qu\u2019ils vont mourir.Leur entreprise est située dans le même immeuble que Charlie Hebdo.Elle est, elle aussi, domiciliée au 10, rue Nicolas- Appert, mais sa devanture, qui donne sur l\u2019allée Verte, est en accès libre, ouverte au public.Les six employés terrorisés voient les deux hommes qui cherchent par tout.Le plus grand leur semble le plus nerveux.Il enjambe les marches de l\u2019escalier qui conduit à une mezzanine où une acheteuse et deux clients sont en pleine négociation.Le petit continue à les surveiller avec son fusil, puis dit, très calmement à l\u2019autre : «On y va, ce n\u2019est pas ici.» Toujours réfugiée sous sa table, la directrice artistique de la société note, malgré la peur qui la paralyse, qu\u2019ils parlent parfaitement le français.Elle pense aussi que, tout au fond de la pièce, une porte, invisible depuis l\u2019entrée, permet d\u2019accéder à l\u2019autre partie du bâtiment où se trouvent les bureaux de Charlie Hebdo.Les deux hommes ne l\u2019ont pas remarquée.Ils ressortent en prononçant une phrase en arabe.[\u2026] ?Deux étages plus bas, la porte de la loge, où s\u2019activent toujours les trois employés de Sodexo, s\u2019ouvre d\u2019un coup.«Charlie ! », entend d\u2019abord Jé- rémy.« C\u2019est où ?» En face de lui, deux silhouettes noires.Une intervention du Raid ou du GIGN, c\u2019est la première pensée qui vient à Jérémy.Puis une détonation lui empor te les oreilles.Il ne voit plus rien sauf le canon fumant de l\u2019arme qui le braque.« C\u2019est où Charlie Hebdo ?C\u2019est où ?» Jérémy s\u2019agenouille, s\u2019enfouit la tête dans les bras.« Je ne sais pas ! On est de la maintenance.On vient d\u2019arriver.C\u2019est notre premier jour!» Quand il se relève, les deux silhouettes ont disparu.Et alors, c\u2019est le hurlement de Frédo qui emplit le petit espace où ils sont confinés : «Jé, je suis touché, je vais crever.Appelle Catherine.» Plus tard, Jérémy se demandera pourquoi les Kouachi ont tiré sur Frédéric.Parce qu\u2019il pesait 110kg?Parce que sa musculature, forgée lors de ses séances de kravmaga, un sport de combat, et son blouson foncé lui donnaient des allures d\u2019agent de sécurité ?En attendant, Jé- rémy crie à son autre collègue, Claude, d\u2019appeler les secours puis, voyant leurs deux agresseurs repasser devant la loge et les tenir en joue, essaie de traîner le corps de Frédéric jusqu\u2019aux toilettes pour se mettre à l\u2019abri.« Je te lâche pas, Frédo, je suis là.Fais pas de bruit, je t \u2019en supplie.» Les deux silhouettes ne rentrent pas dans le local.Elles s\u2019avancent vers la por te vitrée, juste à côté, qui donne accès aux locaux de Charlie Hebdo.[\u2026] ET SOUDAIN ILS NE RIAIENT PLUS Les arènes Paris, 2016, 300 pages En librairie au Québec à compter du 10 février L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 J A N V I E R 2 0 1 6 C H A R L I E H E B D O , U N A N A P R È S A 6 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter.Papeter ie Casse - Noisette Solde de 20% sur toute la marchandise jusqu\u2019au 25 janvier Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 EXTRAIT Et soudain ils ne riaient plus ÙREMY DE LA MAUVINIERE ASSOCIATED PRESS Deux personnes se réconfortent au cœur de la tourmente devant l\u2019immeuble du Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.BERTRAND GUAY AGENCE FRANCE-PRESSE Christophe Boisseau (à droite), le frère de Frédéric, qui a été le premier abattu par les terroristes, avec Jérémy Ganz, qui était avec lui lors de l\u2019attaque.MICHAEL SOHN ASSOCIATED PRESS Un dessin représentant le caricaturiste Cabu, le dessinateur et directeur de la publication Stéphane Charbonnier, dit Charb, et le caricaturiste Georges Wolinski, trois des douze victimes Ce mercredi 7 janvier, c\u2019est Georges Wolinski qui passe le premier, vers 9 h.Comme tous les jours, il achète Libé, Le Figaro, Le Parisien [.].C\u2019est un papivore, un dinosaure. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 PLUS Départs de Montréal.L\u2019o?re de Chute de taxes est d\u2019une durée limitée sur des nouvelles réservations faites entre du 7 au 15 janvier 2016 (inclusivement) applicables pour les départs du 7 janvier au 31 mars 2016.Les économies de 200 $ par couple (100 $ par personne) sont re?étées dans les prix a?chés et applicables sur les vols seuls, tous les forfaits vacances vers le sud, tous les forfaits aux États-Unis et les forfaits croisières.Ne sont pas applicable pour les réservation de groupe.Les prix sont par personne, en occupation double, pour des forfaits vacances de 7 nuits (sauf indication contraire).Les sièges et les chambres sont limités, la capacité est contrôlée et est disponible au moment de l\u2019impression.Les taxes locales applicables sont payables à la destination et sont à part (Costa Rica 29 $ US, Honduras 46 $ US, Panama 15 $ US, RD 30 $ US).L\u2019o?re ne peut être jumelée à aucune autre o?re promotionnelle, peut changer et peut être retirée à tout moment sans préavis.Les prix n\u2019incluent pas la contribution des clients au Fonds d\u2019indemnisation des clients des agents de voyages de 1,00 $ par tranche de 1 000 $ de services achetés.Les vols sont sur Sunwing Airlines ou Jetair?y.Le service en vol varie selon l\u2019heure de vol et la destination.Pour les modalités et conditions complètes, veuillez vous référer à la brochure de Vacances Sunwing 2015/2016.Titulaire d\u2019un permis du Québec #702928.| 09/01/2016 DÉPARTS DE MONTRÉAL \u2022 UNE SEMAINE \u2022 TOUT COMPRIS Vivez la di?érenceMC Lorsque vous choisissez un hôtel de la Sélection Sunwing, vous obtenez des vacances à un prix imbattable et un traitement privilégié de la part de l\u2019un de nos partenaires hôteliers.Sélection Sunwing Exclusivité Sunwing Recherchez ces icônes pour plus d\u2019avantages exclusifs de Sunwing : 514 697 5280 Appelez pour des rabais supplémentaires pour les adultes pour les familles SplashWorld Extras Smile Relax RÉSERVEZ D\u2019ICI LE 15 JANV.2016 CHUTE DE TAXES! 200 $ par couple Économisez de plus sur nos prix DÉJÀ RÉDUITS ! 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Je pense qu\u2019il faut s\u2019intéresser au patrimoine avant qu\u2019il soit trop tard.Il est déjà tard, mais mieux vaut tard que jamais», a dit M.Fontaine.En l\u2019absence de mobilisation pour préserver l\u2019église et de fonds pour la rénover, la paroisse, qui compte six autres lieux de culte, avait décidé de vendre Saint-Gérard-Majella.En décembre, la fabrique a même vidé l\u2019église et vendu le mobilier et les objets qui s\u2019y trouvaient.« Mais avoir su qu\u2019on aboutirait à ça, je n\u2019aurais pas vendu les bancs et les objets », regrette M.Fontaine.La Ville de Saint-Jean-sur- Richel ieu n\u2019entend pas se mêler du dossier ni contribuer à la restaurat ion de l\u2019église, mais elle devra éventuellement autoriser le changement de zonage, la démolit ion de l \u2019 immeuble et la conformité du projet immobilier, a indiqué Sylvain Latour, attaché de presse du maire Michel Fecteau.Maison des patriotes Quant à la maison Chénier- Sauvé, une demeure patrimoniale de Saint-Eustache elle aussi menacée de démolition, le ministère dit suivre le dossier de près.La Ville de Saint-Eustache af firme que la maison aurait besoin de coûteuses rénovations de 2,8 millions, et elle songe à la démolir malgré une subvention de près d\u2019un million accordée par Québec.« On a mis de l\u2019argent sur la table pour assurer une restauration.On attend de voir quel est le plan de match [de la Ville] », a indiqué Philip Proulx.La Ville entend décider du sort de la propriété ayant appartenu au patriote Jean-Oli- vier Chénier dans les prochains mois.Le Devoir Québec songe à protéger une église menacée de démolition I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a saga environnementale qui secoue Bellechasse depuis six ans se poursuit.Les résidants d\u2019Armagh qui subissent les mauvaises odeurs du lieu d\u2019enfouissement technique envisagent maintenant de se défendre devant les tribunaux.Le Devoir a appris que le petit groupe de citoyens était entré en contact avec une avocate au cours des derniers jours.Ils n\u2019ont pas voulu fournir plus de détails sur l\u2019état des discussions.Sur la trentaine de voisins exposés aux odeurs, une poignée de propriétaires mènent la lutte dans le dossier depuis 2011.Les odeurs d\u2019œufs pourris qu\u2019ils sentent proviennent d\u2019émanations de composés organiques volatils (COV) et de sulfure d\u2019hydrogène (H2S).Il est courant que les lieux d\u2019enfouissement techniques génèrent ce type de gaz.Mais celui d\u2019Armagh en a émis davantage, ces dernières années, à cause d\u2019un produit d\u2019épandage qui a accru les émanations.Depuis deux ans, le produit n\u2019est plus utilisé et la municipalité a amélioré ses installations (par des conduites de gaz souterraines et des torchères).Cela a permis de réduire le nombre d\u2019épisodes et leur intensité, mais le problème demeure.Les risques pour la santé Au-delà du désagrément, les gens craignent pour leur santé.Ils se sont plaints de problèmes d\u2019ir ritation à la gorge, de maux de tête, d\u2019es- souf flement.En juillet 2014, la Direction de la santé publique déplorait le manque de données pour « statuer sur le risque d\u2019effets chroniques».Elle demandait à la MRC de mieux contrôler les odeurs et d\u2019offrir plus de soutien aux résidants.Un an et demi plus tard, la médecin responsable, Sylvie Lemieux, se montre peu alarmiste.« Ça fait au moins 20 ans qu\u2019il y a des études sur les sites d\u2019enfouissement et, à date, les données sont quand même rassurantes.[\u2026] Ils n\u2019ont jamais pu confirmer de lien de cause à ef fet entre le fait d\u2019habiter à proximité et divers problèmes de santé à long terme.» Elle ajoute que les plus for tes concentrations mesurées sur le site en janvier 2012 s\u2019élevaient à 0,54 ppm, alors qu\u2019on commence à craindre les problèmes nocifs ou graves à partir de 27 ppm.Reste la question des nuisances, du stress causé par les problèmes et de l\u2019impact sur la qualité de vie des résidants.Mm e Lemieux préconise quand même un surplus de précautions et davantage de données.Une étude du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) commandée par la MRC doit justement sortir au cours des prochaines semaines.À la MRC de Bellechasse, on dit attendre après cela pour agir.« Il y a des choses qui vont être faites par la suite», assure le directeur Christian Noël.«Il y a des odeurs, mais est-ce que ça a un impact toxicologique ou non ?L\u2019étude va le dire, mais pour l\u2019instant, les résultats préliminaires que nous avons démontrent que non.» Une offre pour retirer les menaces de poursuites Mais les résidants n\u2019ont guère confiance.Comme le révélait Le Devoir cette semaine, la MRC a offert avant Noël à deux propriétaires de payer pour leur « relocalisation temporaire » cet hiver.Or Sophie Thibault et Rober t Mar tineau ont refusé parce que l\u2019offre de 3000 $ exigeait qu\u2019ils renoncent à leurs droits de poursuivre la MRC.Interrogé là-dessus, M.Noël souligne que la renonciation aux poursuites touchait seulement à la question des odeurs.« C\u2019est quand même pas complètement fermé.S\u2019il y avait eu un ennui de santé comme du cancer ou autre chose, les recours auraient été possibles.» La MRC et le ministère du Développement durable s\u2019affrontent en outre devant les tribunaux pour établir qui est responsable du problème.Il y a un an, un jugement a donné raison à la MRC, mais le ministère a porté la cause en appel.Pourquoi la MRC demande- t-elle qu\u2019on renonce au droit de poursuivre si elle n\u2019est pas responsable alors ?« Nous autres, à un moment donné, on était prêts à donner 3000 $ chacun, mais comme toute compensation\u2026 Nous, on est un organisme municipal, ça prend une contrepartie à ça.» Le Devoir DÉPOTOIR D\u2019ARMAGH Les résidents songent à intenter une poursuite J E A N N E C O R R I V E A U L\u2019 an dernier, des milliers de Montréalais s\u2019étaient retrouvés avec des vignettes de stationnement qui se décollaient des vitres de leur véhicule.Cette année, la Ville semble être aux prises avec un autre problème: les informations imprimées sur certaines vignettes s\u2019effacent complètement avec l\u2019arrivée des températures froides.C\u2019est le cas de Jean-Philippe Alepins, un résident du Plateau- Mont-Royal qui a publié sur son compte Twitter vendredi une photo de sa vignette immaculée.Toutes les informations pertinentes, dont le numéro de plaque d\u2019immatriculation, avaient disparu.«L\u2019an dernier, elles décollaient, cette année, elles disparaissent», a-t-il commenté.Il n\u2019est pas seul dans son cas puisque, en deux jours, le Pla- teau-Mont-Royal a reçu plus d\u2019une centaine de plaintes à ce sujet, et l\u2019arrondissement s\u2019attend à en recevoir bien d\u2019autres au cours des prochaines semaines.On ignore la cause du problème, mais on évoque l\u2019ef fet des changements de température et les manœuvres pour déglacer le véhicule.« Il semble que ce soit la pellicule sur laquelle est imprimée l\u2019information qui se dégrade, a indiqué Michel Tanguay, chargé de communication à l\u2019arrondissement du Plateau- Mont-Royal.L\u2019achat des vignettes est centralisé, et c\u2019est la ville-centre qui les commande.Ce sont les mêmes vignettes dans tous les arrondissements.» L\u2019arrondissement envisage de distribuer des pellicules transparentes aux résidents pour éviter que les vignettes s\u2019abîment.Contraventions La Ville de Montréal n\u2019a pas été en mesure, vendredi, d\u2019expliquer la cause du problème ni d\u2019indiquer si d\u2019autres arrondissements étaient touchés.«Nous allons demander au Service de l\u2019approvisionnement de vérifier si le produit livré par le fournisseur est conforme aux spécifications techniques demandées par la Ville», a dit Gonzalo Nunez, relationniste à la Ville.L\u2019hiver dernier, des milliers de Montréalais s\u2019étaient retrouvés avec des vignettes qui se décollaient complètement après que des variations importantes de température aient été observées.Ne réalisant pas qu\u2019ils avaient perdu leur vignette, des automobilistes ont eu la mauvaise surprise de recevoir des contraventions.La Ville avait alors exigé de son fournisseur qu\u2019il remplace à ses frais 15 000 vignettes défectueuses.L\u2019entreprise avait aussi dû of frir des pellicules autocollantes aux citoyens afin d\u2019éviter que les vignettes se détachent encore.La Ville a finalement changé de fournisseur.Le Devoir STATIONNEMENT Des vignettes défectueuses à Montréal ?CONSEIL DU PATRIMOINE RELIGIEUX DU QUÉBEC En décembre, la fabrique a vidé l\u2019église et vendu le mobilier et les objets qui s\u2019y trouvaient.Au-delà du désagrément, les gens craignent pour leur santé.Ils se sont plaints de différents problèmes. des carnets d\u2019exercices, mais Armand est concentré sur autre chose.«On est partis pour la factorisation, tu vas travailler là-dessus», lui dit Anthony.Les feuilles d\u2019un cahier d\u2019exercices se tournent jusqu\u2019à la page 73.«J\u2019adore», glisse le jeune homme, à moitié ironique, avant de dire plus sérieusement quelques instants après, «c\u2019est une simple mise en évidence non?».L\u2019ambiance est sérieuse sans être sévère.Comme celle du centre d\u2019apprentissage Succès scolaire dans Côte-des-neiges, la compagnie avec laquelle la famille Luque fait affaire.Le samedi matin, une armée de tuteurs cogne aux portes de ses élèves.De l\u2019autre côté du fleuve, la salle d\u2019attente du centre Kumon de Brossard se gorge et se dégorge de ses jeunes apprenants tous les soirs en saison d\u2019étude.Déjà très présente en Asie et en Europe, l\u2019industrie du tutorat est en pleine expansion en Amérique du Nord.Dans un rapport, l\u2019UNESCO invitait dès 2009 les gouvernements à prendre acte du phénomène et à lui faire face.Ce système « de l\u2019ombre » n\u2019est pas nécessairement une mauvaise chose, mais les décideurs doivent « se demander pourquoi les parents à travers le monde sont prêts à investir des sommes aussi considérables pour complémenter la scolarité», y dit l\u2019auteur principal, Mark Bray.Ce professeur d\u2019éducation à l\u2019Université de Hong-Kong va jusqu\u2019à parler de «privatisation cachée du système» dans des pays comme la Corée du Sud où jusqu\u2019à 80% des enfants font des heures supplémentaires après la classe.Si cette pratique n\u2019atteint pas encore ces sommets ici, M.Bray souligne également l\u2019ironie de la voir surgir là où l\u2019école publique est gratuite, là où on a voulu tempérer les inégalités sociales par l\u2019éducation.Pas pour toutes les bourses À un tarif minimum de 40$ de l\u2019heure, avec un potentiel de plusieurs heures par semaine, cet accompagnement n\u2019est pas pour toutes les bourses.Pour «donner toutes les chances de réussir» à son fils, Jean-Louis Luque dépense entre 160 et 300$ par mois.Kumon facture mensuellement entre 100$ et 130$ pour deux rencontres hebdomadaires et des feuillets d\u2019explications et d\u2019exercices.«Comme parent, c\u2019est certainement une chose sensée à faire.On devrait s\u2019inquiéter cependant du fait que seulement un segment de la population y a accès », reconnaît Janice Aurini, profes- seure de sociologie à l\u2019Université de Waterloo.Benoit Archambault, président de Succès scolaire, se défend de perpétuer l\u2019élitisme en offrant des bourses de tutorat aux moins favorisés.Patricia Roy, directrice de S.O.S.études de Laval, l\u2019envisage plutôt comme un choix : « J\u2019ai vu des familles moins aisées gratter leurs fonds de tiroirs et des parents très à l\u2019aise annuler la moitié des cours.» Le tutorat deviendra-t-il une autre façon de faire pencher la toute relative « égalité des chances» de son côté?Ou cette ruée exprime-t- elle un malaise envers les standards éducatifs?« Il ne faut pas le prendre comme un désaveu envers le système public », croit Janice Aurini, de l\u2019Université de Waterloo.En Ontario, 70 % des parents ont en effet indiqué à des chercheurs de l\u2019Université de Toronto être satisfaits du système scolaire.« Les enseignants sont bien formés, les élèves réussissent bien les tests internationaux, le système est bon», insiste Mme Aurini.École « limitée» Lise Couture, propriétaire de la franchise Ku- mon de Brossard note tout de même une certaine inquiétude chez certains clients: «Les bases arithmétiques sont moins bien maîtrisées, alors que le programme est très étendu.Ils font déjà de la résolution de problèmes en 2e ou 3e année.» «L\u2019école étant limitée, il y a une place pour des services externes», indique quant à lui Benoit Ar- chambault.Certaines commissions scolaires et écoles proposent directement des listes de compagnies privées de tutorat.«94% des élèves augmentent leurs notes », pro- met-il.Sur la page Web de Kumon, des témoignages d\u2019enfants prodiges : « Pravav a obtenu son baccalauréat à 17 ans», Christine, 10 ans, a quant à elle « réussi une classe de géométrie à l\u2019Université Johns-Hopkins».L\u2019industrie vend parfois du rêve, et l\u2019entrée dans les «meilleures» écoles secondaires, mais pas seulement.Dans la réalité, «on reçoit beaucoup d\u2019enfants avec déficit d\u2019attention, médicamentés et quelques autistes », expose Mme Couture.Certains parents se sentent dépassés ou encore ne connaissent pas le système scolaire, constate quant à elle Patricia Roy, chez S.O.S.études.Armand Luque n\u2019est pas de ceux qui ont commencé le tutorat en bas âge, ni un rescapé d\u2019un naufrage académique certain.« J\u2019ai toujours préféré les maths et je voulais m\u2019arranger pour continuer à les aimer», indique-t-il, responsable et réfléchi.Il a aussi « un rêve », révèle son père Jean-Louis Luque.Ce jeune Français d\u2019origine est passionné d\u2019informatique et il veut accéder à un baccalauréat scientifique (l\u2019équivalent du DEC en sciences de la nature).À 17 ans, il est dans sa dernière année d\u2019étude du programme français au Collège Stanislas à Montréal.Au printemps 2015, à la fin de la troisième, ou l\u2019équivalent du secondaire 4 québécois, il devait passer un brevet basé sur trois matières, dont les mathématiques.Avec des résultats d\u2019à peine plus de 10 sur 20 dans cette matière, l\u2019adolescent s\u2019est mis d\u2019accord dès novembre 2014 avec ses parents pour se «booster», comme il le signifie.Et ce, quitte à y passer ses samedis.« C\u2019est sûr que je préférerais me reposer, mais on s\u2019y fait.On est une équipe maintenant avec Anthony, c\u2019est mon ami », dit-il.Son tuteur acquiesce : quand Armand a décroché 18 sur 20 en maths, six mois après le début de ses visites, il était «aussi heureux que lui ».Cet étudiant universitaire en biochimie, lui aussi originaire de France, se voit comme un outil supplémentaire, « sans jamais se substituer au professeur».Le Devoir Énergie Est doit faire l\u2019objet d\u2019une évaluation environnementale québécoise.C\u2019est aussi au cours de cette période que le gouvernement du Québec doit se prononcer sur le projet de pipeline qui serpentera sur le territoire de la province sur près de 700 kilomètres, traversant des centaines de cours d\u2019eau, dont le fleuve Saint-Laurent, le territoire de plusieurs municipalités et des terres agricoles.Le mandat précis de M.Ryan, fils de feu Claude Ryan, se lit comme suit : « Représentations afin que les orientations prises par le gouvernement provincial et les instances municipales soient favorables au développement du projet de pipeline interprovincial, et plus spécifiquement, les représentations afin d\u2019établir un cadre de processus volontaires de consultation publique et d\u2019autorisation adapté à ce projet ».Selon la fiche inscrite au registre des lobbyistes, le mandat cible le ministère du Conseil exécutif (le ministère du premier ministre Philippe Couillard), mais aussi celui des Finances, celui de l\u2019Économie, de l\u2019Innovation et des Exportations, celui de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles et celui du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.En contrepartie de son travail de lobbyiste-conseil, il doit recevoir «de 10 000$ à 50 000$».Pour le pipeline Contacté par Le Devoir, M.Ryan a confirmé qu\u2019il est effectivement lobbyiste-conseil pour la pétrolière albertaine.« Oui, fièrement, car je suis convaincu que l\u2019oléoduc est le mode de transport de l\u2019énergie le plus vert, le plus sécuritaire, le plus économique», a-t-il répondu par courriel.Il a également confirmé qu\u2019il siège à la Commission politique du PLQ.«Oui, fièrement, depuis de nombreuses années et dans le respect du code d\u2019éthique et de déontologie du PLQ.» En embauchant Patrice Ryan, TransCanada a ef fectivement choisi un spécialiste des relations gouvernementales qui est aussi un militant de longue date du PLQ.Selon ce qu\u2019a précisé par écrit le directeur des communications du parti, Maxime Roy, M.Ryan «est membre du PLQ depuis 1998.Il milite depuis de nombreuses années.Il a été président de la Commission politique régionale de Montréal de 2007 à 2013».La Commission politique du parti « a la responsabilité de définir les orientations politiques du parti et de proposer à ses membres les éléments de réflexion en vue de l\u2019élaboration du programme du parti », a également précisé M.Roy.Le PLQ s\u2019est en outre doté d\u2019un code de déontologie qui doit être respecté par les membres de la Commission politique, a-t-il souligné.Ce code oblige à « déclarer » tout intérêt dans une entreprise, mais aussi « éviter toute situation où il serait en conflit ou en apparence de conflit entre, d\u2019une part, les obligations de sa fonction et, d\u2019autre part, son intérêt personnel ou celui d\u2019une personne ou d\u2019une organisation qui y est liée ».M.Ryan a d\u2019ailleurs dit adhérer « complètement » au code de déontologie du PLQ.Le porte-parole du commissaire au lobbyisme, Daniel Labonté, a pour sa part indiqué que les lobbyistes actifs sont tenus de respecter un « code de déontologie » dans le cadre de leurs mandats.Il a toutefois admis qu\u2019il n\u2019existe pas de «dispositions spécifiques » pour encadrer les liens entre le lobbyisme et les activités politiques.Des questions éthiques Pour le juriste André Lacroix, spécialiste des questions d\u2019éthique et professeur à l\u2019Université de Sherbrooke, des «questions se posent » dans ce genre de situation, qui met en évidence les façons de faire des entreprises qui font la promotion de leurs intérêts.« Est-ce que s\u2019inscrire comme lobbyiste, donc dévoiler ses intérêts, est suf fisant ?Est-ce qu\u2019il n\u2019y aurait pas des implications politiques dont il faudrait se retirer.Il faudrait y réfléchir.Sans dire si cela est acceptable ou non, on peut lever un drapeau jaune et voir s\u2019il n\u2019y aurait pas là un malaise à clarifier.Il ne faut pas oublier qu\u2019il est rémunéré par l\u2019entreprise.» La question se pose d\u2019autant plus, selon lui, que dans le cas de M.Ryan, il ne s\u2019agit pas simplement de « militer » au sein du parti, mais bien de « prendre part aux instances décisionnelles » de celui-ci.Outre Patrice Ryan, TransCanada a également embauché l\u2019été dernier l\u2019avocate Anne Drost comme lobbyiste-conseil.Son mandat pour le projet de pipeline Énergie Est est le même que celui de M.Ryan.Mme Drost a représenté en 2012 le ministre libéral des Transports Pierre Moreau dans le cadre de négociations internationales.L\u2019ancien por te-parole de TransCanada au Québec dans le dossier du pipeline d\u2019exportation était Philippe Cannon, ex-candidat du PLQ lors des élections de 2007.M.Cannon a par la suite été attaché de presse de la ministre Line Beauchamp, lorsque celle-ci était ministre de l\u2019Environnement du Québec.Le projet de pipeline de TransCanada doit être évalué par le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement.La pétrolière al- ber taine a toutefois refusé de déposer une étude d\u2019impact pour son projet, comme cela se fait habituellement au Québec.Le gouvernement Couillard l\u2019a tout de même autorisée à mener des travaux préliminaires, notamment dans le Saint-Laurent, avant le début de l\u2019évaluation environnementale.Par ailleurs, le gouvernement du Québec ne compte pas tenir compte des impacts environnementaux de la production de pétrole des sables bitumineux qui coulera dans le pipeline Énergie Est, à raison de 1,1 million de barils par jour.S\u2019il se concrétise, ce projet conçu pour faciliter l\u2019expor tation du pétrole de l\u2019Ouest créera 33 emplois directs au Québec lors de la phase d\u2019exploitation.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 J A N V I E R 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par 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l\u2019Université de Waterloo « » SUITE DE LA PAGE 1 TUTORAT projet de loi jusqu\u2019à son adoption.La présidente de la CSDM fulmine.«On a reçu ce rapport cet automne.On l\u2019a entre nos mains, le rapport est encore là.[Mais] en ce moment, on ne peut pas prendre cette décision en raison de l\u2019article 193», confie-t-elle au Devoir.«Il n\u2019y a pas de quiproquo : depuis le 4 décembre, le ministre [François Blais] se donne le droit de faire un changement pas juste quand la loi sera adoptée, mais dès le moment du dépôt du projet.» Tassé de la direction générale à la fin mai, Gilles Petitclerc a été suspendu avec solde.Au même moment, il s\u2019est placé en congé, compliquant ainsi les démarches qui auraient pu mener à son renvoi.Gilles Petitclerc avait été critiqué dans le rap- por t commandé par Québec à la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) sur la situation financière de la CSDM.La goutte qui aura fait déborder le vase : une recommandation de Gilles Petitclerc d\u2019approuver la concession, sans aucun appel d\u2019offres, d\u2019un contrat de 825 000 $ minimum auquel auraient pu s\u2019ajouter des honoraires supplémentaires, à RCGT.Ce contrat visait à doter la CSDM d\u2019un «accompagnateur externe», comme recommandé dans le rapport de RCGT.La proposition avait été jugée « indécente» par des membres du comité exécutif de la CSDM.La résolution finalement adoptée à l\u2019unanimité avait rejeté sans équivoque l\u2019avis de la direction générale.«Ça va nous avoir coûté une fortune» Tenu à l\u2019écart de la CSDM depuis sept mois, M.Petitclerc continuera à être payé par l\u2019organisme au moins jusqu\u2019à l\u2019adoption du projet de loi, ce qui pourrait prendre encore quelques mois, au minimum.Entre-temps, Robert Gendron agit à titre de directeur général par intérim.«Ça va nous avoir coûté une fortune, maintenir Gilles Petitclerc à la CSDM.C\u2019est scandaleux, ce qui se passe.On comprend mal pourquoi Québec le protège ainsi», a confié une source liée au dossier.«Le rapport n\u2019est pas très flatteur à l\u2019endroit de M.Petitclerc, poursuit-elle.[\u2026] C\u2019est une enquête sérieuse, bien faite.La firme externe a fait le tour de tout le monde pour évaluer les façons de faire de M.Petitclerc.» Quoi qu\u2019il en soit, les choses vont beaucoup mieux aujourd\u2019hui à la CSDM, soutient Mme Harel- Bourdon.« Depuis six mois, ça roule très bien.On a su démontrer qu\u2019on a bien travaillé pour arriver avec un déficit moindre que prévu.On est en transformation organisationnelle, et nous en sommes les maîtres d\u2019œuvre.Ça va bon train, le ministère est constamment mis au courant de la transformation et du budget.Tous les départements travaillent activement à trouver des solutions afin d\u2019économiser des sommes, dans le but d\u2019investir le plus possible dans les services aux élèves.» Politique de la terre brûlée C\u2019est pour éviter que des élus scolaires profitent de leurs derniers moments d\u2019influence pour régler leurs comptes avec leur haute gestion que le ministre de l\u2019Éducation a inclus l\u2019article 193 dans le texte déposé le 4 décembre, a soutenu en entrevue sa por te-parole, Julie White.« On a eu des représentations selon lesquelles il pouvait y avoir des gestes posés.Notre idée, c\u2019est de s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y ait pas de congédiements » au sein des hautes gestions, dit-elle.«C\u2019est une politique de la terre brûlée», dit Julie White, au sujet des tractations à la CSDM et ailleurs, en référence à une tactique militaire visant à provoquer la destruction la plus vaste possible lors de guerres en s\u2019attaquant aux infrastructures et aux ressources de l\u2019adversaire.«Nous, on veut assurer une stabilité administrative durant la période de transition, en ayant le d.g.qui reste dans les commissions scolaires.» Sans surprise, le président de l\u2019Association des directions générales des commissions scolaires, Raynald Thibeault, juge que le ministre Blais a eu raison d\u2019intervenir de la sorte.« La volonté du ministre, c\u2019est de prévoir quelque chose d\u2019intérimaire entre le dépôt et l\u2019entrée en vigueur du projet de loi.C\u2019est une phase de turbulence et d\u2019imprécision pour les commissions scolaires et le ministre voulait qu\u2019il y ait une forme de stabilité », dit-il.Les avocats de l\u2019Association représentent d\u2019ailleurs M.Petitclerc dans le dossier qui l\u2019oppose à la CSDM.« Il y a cer taines situations où c\u2019est un peu tendu [entre les élus et leur direction générale].Il y a la CSDM, il y en a une autre», à la Commission scolaire du Val-des-Cer fs, à Granby.Celle-ci a également procédé à la suspension ainsi qu\u2019à l\u2019ouverture d\u2019une enquête externe sur la gestion de son d.g., André Messier, en avril.Les quelque 160 membres de l\u2019association, qui regroupe les d.g.et les d.g.adjoints des commissions, doivent d\u2019ailleurs débattre de la position à adopter face au projet de loi 86 lors d\u2019une rencontre la semaine prochaine.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TRANSCANADA SUITE DE LA PAGE 1 CSDM «Je suis convaincu que l\u2019oléoduc est le mode de transport de l\u2019énergie le plus vert, le plus sécuritaire, le plus économique» «C\u2019est une politique de la terre brûlée», dit Julie White, au sujet des tractations à la CSDM et ailleurs, en référence à une tactique militaire "]
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