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Titre :
Chroniques
Éditeur :
  • Montréal :[Chroniques],1975-1978
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Chroniques, 1975-05, Collections de BAnQ.

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[" 3 AVN dy Bi ¢ hroniques : i PER \u2014 C-89 Ces écoles sont des parkings Ce que l\u2019école désigne comme désobéissance, manque de respect, insubordination, impolitesse, effronterie, pubversion, excentricité vestimentaire, bavardage fautes d\u2019orthographe, je propose de les considérer orme autant de formes de résistance à une école dont a fonction première est de parquer des cohortes pendant dix ans pour mieux les soumettre au radar de la normalisation.\u2014 Le théâtre Euh ! Un théâtre de guérilla dans les rues de Québec Notre théâtre devient de plus en plus un instrument pour or- Janiser la classe ouvrière.On est au service de la population nais pas de n'importe laquelle: la population de la classe buvrière et de tous les groupes sociaux qui s\u2019en rapprochent.\u201d Raoul Une critique des Duguay s'en conservatoires Z consérvatoires de Musique nous va-t-au ciel renvoient donc l\u2019image de notre société, une image vieillie d\u2019une tradition de Cour Le mysticisme à préten- Royale et de Cathédrale transposée dans tions scientifiques du un monde moderne où la Cour est la grand prétre Duguay.banque et la Cathédrale la Place des Arts. ME \u2014 Herr æ > exw a> = = = =e = = = She SS SE LES = a.ee \u2014 N \u2014 _ 5 ee \u2014 ee eet ae eo &¢ ics * 4 e + Pot bec TA sé.$ - %, A x % | a 8 *% A a.a ER = 0) $ 1 ES à # 3 ot Ya 3 r 2 4 Pr bd 4 4 fi) # To 5 DH ee EE Bar ! >.= ER Press a; oe a 3 an aa = pe 3) Eg or Ês 7 £4 Tor: #; 1 menace cime Bibliothèque Nationale du Qué ou = 3 É 3 on BH bi péri dass, D: oy Sr po A ey pe .A Bo Rae es ae FREE Res Le oe Arar PE rie et Vi Lert 1 att TR aE err Fe a a) ws rR SES Se SE rer oe 5 pate Sp TIT Tee ug mis Aer XR udp Be IT ed == pot x amr an > po ee ess CES Re id En an rnin EEE PE ES prey 5 dk pr re PR rest AH 2H ol er a rn i ATI EE aa ES PE mr = Tee cr ETES mr AE ANTI ru TA al ps In ie > SIR RE EEE DE ete Tee ET aes LE ; A 2 Vol.1,n05 C- Sommaire .is a Ligne ouverte 2.Un lecteur nous eric?Débat(s) 3.Sur la langue par Jean-Marc Piotte i Entretien 6.Thérèse Arbic, Léandre Bergeron et Céline \u2018 Sairit-Pierre rencontrent le groupe du.Théâtre Euh! Chroniques 17.U.R.S.S.et Chine: deux voies économiques par Jean-Marc Piotte _- 21.Ces écoles qui sont des parkings RE par Céline Saint-Pierre 26, L'Avortement: encore une affaire de classes par Madeleine Gagnon \u2018 : 30.Des contes pour qui?par Philippe Haeck F 35.Raoul Duguay s\u2019en va-t-au ciel! ; par Thérése Arbic 40.Une conjoncture et quelques artistes : quelq 1 par Laurent-Michel Vacher 46.La Rue des Pignons, garante des normes - sociales par Noél Audet a 51.Le Marketing innocent - II Lo par Thérèse Dumouchel 56.Une critique des conservatoires par Monique Tremblay mT 60.Le Cinéma, bien, mais plus que le cinéma par Patrick Straram, le Bison ravi ; 65.Les opiums des peuples Informations LA - par Léandre Bergeron | | = me chroniques oo Case Postale 747, Succ.N.Montréal Collectif de production: Thérèse Arbic, Noël Audet, Léandie Ber- geron, Philippe Haeck, Madeleine Gagnon, Jean- Marc Piotte, Céline Saint-Pierre, Patrick Straram le Bison ravi, Laurent-Mighel Vacher, secrétaire à la rédaction.Courrier de-Ha deuxième classe: Enregistrement na 3451.Dépôt légal à la bibliothèque nationale du Québec.Maquette, composition: Agence de presse libre du Québec; Couverture: Mario Leclerc.Impression: Journal Offset. I © rie Deux films/Deux cinémas e Deux morales politiques/ Deux mondes/Deux générations [ LES VAUTOURS \u201cNous sommes des petits trous de cul\u201d Labrecque Lecture d\u2019un aveu et d\u2019un regret.Discours sur les origines de l'espèce péquiste.Nostalgie / culpabilité.: Retour en arrière - À la recherche du temps perdu.Histoire absente, désamorcée.Drame psychologique de l\u2019Oedipe - Papa Duplessis, maman courageus femmes dévoreuses.Appâts de la petite histoire pour prendre I'Histoire au piege.Dépouillement technique - supréme artifice du style mythologique rétrg L'art du vraisemblable.Complaisance déculpabilisante d\u2019un regard sur les mécanismes mis en pladi: par le pouvoir et ses agents naturels visant à désamorcer la révolte d l\u2019adolescent et détourner celui-ci de ses tentations historiques révolutio naires.Patience: vertu- civique la plus célébrée par le pouvoir.Vertu artisanale de certains cinéastes que récompense éventuellement 1 u loi d'encadrement.BAR SALON \u201cNous ne sommes pas des trous de cul\u201d Forcier Phénoménologie de l\u2019aliénation.Regard brechtien (jeune - L\u2019opéra de Quat\u2019sous) sur le drame / la tra de l\u2019actualité.\u2018Imaginaire des corps, machines-désirantes détraquées, perverties par l\u2019e fermement social.- Le peuple refoulé dans son économie libidinale de bar- salon.Politique du dérisoire et de la dérision.Forclusion des projets.Possible court-cireuités dans / par l'alcool.Tendresse brûlée - Constat de faillite sans complaisance.Pourtant Forcier! Attention aux tentations de l'échec.Mieux vaut le sileng#: historique d\u2019un Groulx que le délire logomachique d\u2019un Tremblay.Jean Antonin Billa A tram y le sible silend ea [ débat(s) a Deux notes- sur la langue Position théorique La langue est un moyen de communication et de connaissance.En tant que tel, comme les.moyens de production au niveau économique, elle est neutre eu égard aux classes sociales.C\u2018est l\u2019aspect principal de la contradiction.C\u2019est ce qui explique que Marx a pu écrire Le Capital - c\u2019est-à-dire un livre qui remettait en question la bourgeoisie - en utilisant la langue allemande telle que codifiée par la bourgeoisie de son temps.La langue est aussi un instrument de classe, donc elle n'est que relativement neutre: c\u2019est l\u2019aspect secondaire de la contradiction.Elle est influencée par les classes sociales tant par le contenu qu\u2019elle véhicule ou l'objectif visé (dans le mode de production capitaliste, socialisme ou bourgeoisie) que par la façon de l'utiliser (le formalisme bourgeois de Beaudry ou Ethier-Blais par opposition à une langue qui essaierait de refléter, tout en les travaillant, les tournures de pensée des masses -populaires).Position politique Léandre Bergeron met l\u2019accent sur la différence entre la langue française et la langue québécoise (chroniques, vol.1, no.3).Ce qui me semble erronné pour des raisons théoriques et politiques. sm mk pp = re Lorsque l\u2019on compare la langue que nous parlons au Québec à la langue parlée en France, on voit que nous avons la même structure gfammaticale et le même fond lexical.Cela s\u2019avère exact pour la langue comme moyen de communication et de connaissance, mais aussi, comme instrument de classe.D\u2019ailleurs, les exemples de la langue comme \u201c\u2018outil de domination des masses\u2019 que Bergeron donne sont valables autant pour la France que pour le Québec: le sexisme (pourquoi la culture \u201canglaise\u201d qui est tout aussi sexiste n\u2019a-t-elle pas influé sur la langue?- histoire des langues!); le participe passé; la politesse française (le contenu).Evidemment, nous avons au Québec une façon particulière d'investir cette langue commune - le français - tant au plan lexical qu\u2019au plan de la prononciation, et nous devons défendre cette originalité contre la bourgeoisie québécoise qui voudrait renforcer l'aspect \u2018\u2018instrument de classe\u201d\u2019 de la langue en nous imposant les normes parisiennes du français.Mais, théoriquement, il est faux d\u2019intervertir les termes du problème et de laisser entendre que les différences entre la langue que nous parlons ici et la langue qu\u2019on parle en France priment sur les ressemblances.La réalité linguistique est tout autre: les différences sont très secondaires par rapport aux ressemblances.En opposant la langue québécoise à la langue française, Léandre Bergeron défend un séparatisme linguistique qui l\u2019entraîne tout naturellement à mettre presque sur le même pied l\u2019impérialisme culturel américain et l\u2019\u201cimpérialisme culturel français\u201d (chroniques, vol.1, no.4, p.64).Or, la moindre analyse des phénomènes culturels au Québec montre | que c'est l'impérialisme américian qui domine nette- Jes fe | ee RE a Te ment, et pratiquement à tous les niveaux, ce qui n\u2019est pas sans influer sur notre langue, particulièrement dans les milieux ouvriers de l\u2019est de Montréal, où l\u2019on parle beaucoup plus de \u2018\u2018franglais\u2019\u201d que toute autre langue.Notre appartenance à la communauté française, au lieu d\u2019être un obstacle à notre épanouissement, est un de nos remparts contre l\u2019américanisation de notre culture et là \u2018\u2018créolisation\u2019\u2019 de notre langue.Aussi, le séparatisme linguistique, défendu par Berge- ron, favorise donc objectivement la déculturation du peuple québécois et la \u2018\u2018franglicisation\u201d\u2019 -de notre langue, entraînées par la suprématie de la langue anglaise imposée par l\u2019impérialisme américain et le capitalisme anglo-canadien.- SN Jean-Marc Piotte fi {ins | qu ll fl pil fl 148 fine A gl Jil pull Be tels Si #10 i] vil mp fir Mi entretien IS i Ae ii Un théâtre de guérilla vol Wu ' i dans les rues de Québec fire Hie lin lis Thérèse Arbic, Léandre Bergeron Jil if LY et Céline St-Pierre parlent avec le groupe du ET Hil rg Bl Théâtre Euh ! thy k Hse (iy i gate SHE HSE II EE SN NC I SEE SPS RIRES NE RR HE HR ER EH RR RI RN OO FE PE TES EE RES NPC PCR ICE MUNIE TET CE PEL PLL PETE PE PURE PEE ESL PU TUE L Théâtre Euh! \u2014 Qui on est?On est sorti des écoles de théâtre, les Conservatoires d'Art Dramatique de Québec et de Montréal.Cela | implique nécessairement qu\u2019on vient d\u2019un milieu bourgeois, car tout le monde n\u2019est pas admis dans ces Ecoles, ne serait-ce que la barrière | culturelle qui empêche les gens des milieux ouvriers d'atteindre ces Ecoles d\u2019Art professionnelles.Donc, on a été essentiellement préparé à un théâtre bourgeois; par conséquent, aussi, à un théâtre étranger.Il y en a aussi, parmi le groupe, qui sont allés en France, dans une école de mime, qui ont eu une préparation à un théâtre plus physique.Or, au départ, à la sortie de ces écoles-là, il y avait comme objectif de faire un autre théâtre; peut-être qu\u2019à ce momèént-là, la motivation était seulement de faire du théâtre québécois.Ben.ce serait un théâtre politique et un théâtre québécois, | c\u2019est-à-dire, un théâtre sur les conditions concrètes du Québec.Mais évidemment, on voulait élargir notre public, c\u2019est-à-dire le choisir.Nus, on voulait aller en milieu ouvrier, avoir des spectateurs ouvriers, mais ] c'était pas facile parce que la forme d\u2019art qu\u2019on connaissait ne fait pas partie de la culture ouvrière, ça fait partie d\u2019une culture bourgeoise et petite-bourgeoise.C\u2019est donc que tout ce qu\u2019on disait n\u2019était pas compris par les gens.Alors, pour atteindre nos objectifs, il a fallu se transformer, transformer tout ce qu\u2019on avait appris, parce que le | Théâtre qu\u2019on fait aujourd\u2019hui on ne l\u2019a pas appris dans les écoles.C\u2019est pas non plus en travaillant chacun de son bord, dans les livres, qu\u2019on l\u2019a découvert; c\u2019est en allant parmi le monde, c\u2019est en jouant pour eux- autres que notre théâtre s\u2019est transformé.Chroniques \u2014 Mais actuellement vous êtes presque tous des professeurs de théâtre, donc de petits-bourgeois, comment en arrivez- \\ vous à insérer votre pratique théâtrale dans le milieu ouvrier?Théâtre Euh! \u2014 On n\u2019était pas professeurs au départ, on l\u2019est devenu parce que ça nous permettait de vivre et, aussi, d'enseigner une nouvelle pratique théâtrale, avec des nouveaux moyens, dont l'improvisation.- Les ouvriers eux ont urie culture, on pouvait partir de la leur pour leur parler de ce qu'ils sont, de leurs problèmes mais je pense qu\u2019il y a une différence.c\u2019est-a-dire une différence entre prendre notre culture a nous et aller vers les ouvriers pour leur donner notre culture à nous.C\u2019est pas la politique du Théâtre Populaire, au temps de Jean Vilar, qui était d'apporter la culture bourgeoise au Parti Communiste Français, aux communistes français\u2026.La culture prolétarienne, à mon avis, elle est assez aliénée, je veux dire.c\u2019est n\u2019'importe quoi, c'est le Kellogg, c'est le Coke, c'est quoi encore.va falloir qu\u2019on la fasse ensemble, je \u2018| pense.Chronique \u2014 Dans cette ligne-là, y-a-t-il quelque chose d\u2019assez précis que tu pourrais expliquer.Comment vous êtes arrivés à être assez 7. conscient de la nécessité de produire un autre contenu et puis de tra- Bay vailler avec la classe ouvrière?i Théâtre Euh! \u2014 Ca a été le contact avec les gens d\u2019abord et avant tout.By Au départ ça a été de sortir dans la rue, d'aller jouer ailleurs que dans fn les salles de théâtre.A partir de ce moment-là, on a parlé avec du Bis monde, on s\u2019est rendu compte qu'il y avait d\u2019autres besoins, que la Bin société était divisée en classes, qu \"il y avait une autre culture que la jj} bourgeoise, etc.etc\u2026 c\u2019est ça qui nous a aidés beaucoup à préciser nos Bis objectifs au départ.Co né - Y a aussi nos origines de classe.On peut dire qu\u2019on vient tous de la Bin petite-bourgeoisie et quand on va dans un milieu populaire c'est y évident qu\u2019au départ on n\u2019est pas des leurs.Donc, tout ce qu\u2019on peut charrier comme gagage culturel, ça ne leur appartient pas, ils nous regardent du coin de l'oeil.Ils ont raison parce qu\u2019en fait c'est 4 nous d\u2019être à l'écoute de ce qu\u2019ils sont pour pouvoir leur dire ce qu'on pense.§ - En même temps que la recherche esthétique, il y a eu une recherche §.au niveau idéologique, c\u2019est-à-dire une formation idéologique qui se concrétise de plus en plus, à cause justement du contact avec les gens.et, pas dans une perspective populiste qui est de vouloir à tout prix être populaire.On veut'pas à tout prix être populaire, on veut pas à tout prix imposer notre théâtre.Notre théâtre devient de plus en plus un}, instrument pour organiser la classe ouvrière.On est au service de la| population mais pas de n'importe laquelle: la population de la classe La ouvrière et de tous les groupes sociaux qui s'en rapprochent.Chroniques \u2014 De quelle façon le groupe a-t-il évolué depuis sa fm formation?.fé Théâtre Euh! \u2014 Ben.\u2026déjà on était sensibilisé par ce qui se passait sla dans les années \"60.Quand même, le Guébec essayait de se chercher un| jl visage a travers le théâtre français mais c\u2019était impossible.Alors, il y a jp! eu au Québec le phénomène de la création collective, par le biais de ÿén l'improvisation, et là, comme les gens de théâtre avaient appris à parler gi français, quand est venu le temps d\u2019improviser, les comédiens neff, parlaient pas.ca se roulait par terre, dans les créations collectives.Puisf;,; \u201cpeu a peu, des sons sont sortis, pour en arriver enfin a a parler québécois.§,, Après trois ans d\u2019école les comédiens n\u2019arrivaient plus a parler comme} Ni le monde.Alors, ¢a a été une lutte, d\u2019abord pour faire un théatre} my québécois et l\u2019on peut déjà considérer ça comme un acte politique.j hi Après, il y a eu un deuxième temps: c\u2019était quel théâtre québécois?| a, L'A.Q.J.T.(Association Québécoise du Jeune Théâtre) a traîné cal Bh pendant quelques années.On fait du théâtre québécois, c\u2019est beau, fy, c\u2019est bon! Mais après, on a commencé a s\u2019interroger: quel théatref .québécois il fallait faire?Dans le théâtre québécois tout le monde tn aimait bien au départ Michel Tremblay qui a ouvert certaines portes®; ; mais après on a bien vu de quel côté se trouvait Tremblay.Il fallait, donner un sens à ce théâtre-là: pour qui il fallait le faire, comment il ny to, |» Gang C dy tly ea 105 ela cest peut 100g 10us 1s, rche j ge gens être tout un ela ass sait qu ya de rler 13 Pi 05.| ne ie que ois! q au, ii dé rs [at td fallait le faire.On en est arrivé ainsi à la question d\u2019un théâtre de classe.I] faut absolument aujourd\u2019hui que les gens se branchent: ou ils font du théâtre pour les bourgeois ou ils font du théâtre pour la classe ouvrière.Nous, on pense que le théâtre pour la classe ouvrière n\u2019est pas de soi nécessairement important et nécessaire; c\u2019est le contexte et le but dans lequel il est fait qui est important.Si c\u2019est un instrument, O.K.ça va.Nous, on se branche un peu plus dans cette optique-là et, de plus en plus, il y a des travaux qui se font dans le jeune théâtre à ce niveau-là: un théâtre de propagande pour la classe ouvrière.Chroniques \u2014 Parlez-nous de vos préoccupations\u2026.des thèmes que vous abordez.Théâtre Euh \u2014 Sur les productions on peut dire en gros qu\u2019il y a deux genres de spectacles qu\u2019on fait: d\u2019abord, des spectacles qui sont commandés par des groupes populaires, sur un sujet précis et les autres spectacles qu\u2019on choisit nous-mêmes et qu\u2019on développe.Quand c\u2019est un spectacle sur commande, les gens nous donnent une information sur un sujet, on lit l\u2019information, on se met d'accord sur ce qu\u2019on doit dire, après on se met autour d\u2019une table et on établit un canevas très serré avec des images.Après ça, on improvise.Quand on choisit nous-mêmes les sujets - par exemple je veux parler de notre dernier spectacle qui porte sur la rénovation urbaine à Québec - c\u2019est qu'on s'est rendus compte qu\u2019il y avait un problème à ce niveau-là à Québec, un problème qui touchait tout le monde et qui commençait à conscientiser tout le monde.À ce moment-là, on s\u2019est arrêté un moment donné et on s\u2019est dit: \u2018\u201c\u2018faut faire un spectacle là-dessus parce qu\u2019on peut le présenter presque partout dans la ville de Québec\u201d.- Dans les thèmes développés, il n\u2019y a pas juste la rénovation urbaine mais il y a tous les problèmes sociaux-économiques et culturels qu\u2019on peut rencontrer dans les quartiers populaires.de Québec,.particulièrement, le bien-être social, le chômage, l\u2019expropriation, les grèves, l\u2019avortement\u2026 bien des sujets.- En réalité, dans notre histoire, il y a quatre grands spectacles qu\u2019on a fait de nous-mêmes qui sont venus à un moment où on voulait savoir où on en était.Le premier spectacle c\u2019était Quand le matriarcat fait des petits, c'était un façon de se dire à nous-mêmes - parce qu\u2019on se connaissait pas avant - qui on était.Alors, ça a servi à ça.Le deuxième, c'était - on a fait d\u2019autres spectacles entre temps - Cré Antigone, c\u2019était alors pour savoir où on se situait par rapport à ce qui se passait au Québec à partir dè la crise d\u2019Octobre.Après ça, on a fait L'histoire du Québec, une façon de s\u2019apprendre notre histoire, de la montrer au monde et de faire le point aussi.Entre-temps, de petits spectacles.et on arrive à Un, deux, trois, vendu! qui est un spectacle où l\u2019on essaye d'avoir un oeil sur le Québec, sur ce qui se passe.Entre temps la troupe accepte des spectacles sur commande.Ces petits spectacles sur commande sont en fait la majorité, la grande majorité de ce qu\u2019on fait 9. depuis trois ans.Au niveau des sujets étudiés, des contextes dans lesquels les choses sont faites: c\u2019ést une question de priorité.Comme par exemple, dans les CEGEPS, on s'est aperçu que présenter nos spectacles, ça clochait toujours un peu mais on y va parce qu\u2019ils ont quelque chose à apprendre mais il faudrait qu\u2019éventuellement on fasse un spectacle sur l'éducation.Pour le moment, quoique très important, c'est pas prioritaire.Chroniques \u2014 Comment se fait la répartition des tâches au sein du groupe?- Théâtre Euh! \u2014 Au Théâtre Euh! tous les comédiens font tous les métiers, en rapport avec le théâtre; c\u2019est-à-dire placer les spectacles, s'occuper de la mise en scène, s'occuper d\u2019éclairages, écrire des textes quand il y a lieu, pas de boss, personne qui supervise tout le temps.Desf: fois, il y en a un qui peut superviser un sketch, comme ça, pour le bien de tout le monde mais après ça, c\u2019est un autre qui s\u2019en occupe.Ce quif n'empêche pas d'utiliser les ressources personnelles des gens, leurs} compétences mais on essaie autant que possible de s\u2019enseigner le travail.Nous, les filles, on a appris à à faire un peu de menuiserie, on\u2019a appris parce que c\u2019est important, sinon, quand une personne se spécialise elle devient indispensable au groupe alors qu\u2019on veut fonctionner même si quelqu'un doit partir pour quelque temps.- Ca c\u2019est sous l\u2019optique générale de la lutte idéologique, c\u2019est-à-dire, qu'il ne faut pas s'accaparer les choses, individuellement, il faut que çak; serve à tout le monde.Si quelqu\u2019un devient compétent, une compétence À telle que les autres n'ont pas accés.ben.c \u2018est contraire a notrefy optique.Chroniques \u2014 .et le financement de vos spectacles, pouvez-vous nous en parler un peu?Théâtre Euh! \u2014 En gros, quand on joue pour des gens qui peuvent nous payer on leur demande un prix; quand on joue pour des gens quif ne peuvent pas payer on ne leur demande rien ou alors, on fait un échange de services: si c\u2019est un groupe populaire - par exemple ici, on fait partie de la Corporation des Loisirs Notre-Dame de Québec - on nous fournit un local et, de notre part, chaque fois qu\u2019il y a une soirée communautaire dans ce quartier-ci, on participe d'office.- Chaque fois qu'on reçoit un cachet qu\u2019on considère décent - par exemple quand on va jouer dans un CEGEP et qu\u2019ils nous donnent un bon montant d'argent - ça nous permet de jouer pour des groupes populaires, de jouer une fois, deux fois, trois fois, selon l\u2019argent qu\u2019on a reçu.Tout l'argent qu'on gagne nous permet de financer la troupe.B Chroniques \u2014 Avez-vous demandé des subventions?- Théâtre Euh! \u2014 On a déjà demandé des subventions pour alle faire deux tournées mais elles nous ont été refusées.Mais on estË 10.4 hs hoi put hin Mi ince \u2018accord pour s\u2019auto-financer et on s'auto-finance depuis le début.Si fimais on avait une subvention - je pense qu\u2019 on ne la refuserait pas itfarce qu\u2019on y a droit comme n \u2018importe qui d\u2019autres - il reste que ce \u2018#rait sans lendemain.On n\u2019a jamais pensé que le théâtre qu\u2019on faisait louvait devenir rentable, c\u2019est-à-dire qu\u2019on pourrait un jour vivre de lotre théâtre, ça on n'a jamais pensé à ça, c\u2019est de moins en moins falisable ici.C\u2019est pour ça, que chaque personne dans la troupe, pour wfurvivre, fait un autre travail.| On n\u2019est pas intéressé à jouer pour jouer, à \u2018accumuler des ileprésentations.A ce moment-là, on -serait des comédiens gifrofessionnels.D'ailleurs, la caractéristique du tréâtre bourgeois c\u2019est nf u\u2019 il n'existe que par sa production: les groupes se forment autour af une production et enlevez la production les troupes n\u2019existent plus, il ale reste plus rien.Tandis que nous, souvent après une série de mjpectacles, on peut rester deux mois sans jouer.Il n'en reste pas moins @'on fait des réunions sur des questions idéologiques, on se précise, on frépare des choses, on fait des contacts, on assiste à des réunions, des f hoses comme ca.wl Phroniques \u2014 Avez- -vous d'autres types d\u2019interventions en dehors de pajos activités théâtrales?p{'héâtre Euh! \u2014 On essaie de faire une lutte aussi au niveau de enseignement du théâtre.Comme il y a beaucoup d\u2019informations onnées sur le théâtre traditionnel, on passe de la propagande à à travers Jt otre enseignement.st| Chaque personne doit s'occuper de garder contact avec quelques fa 11. groupements populaires à Québec et puis, régulièrement, on va | _ rencontrer, parler avec eux-autres.Par ricochet, ¢a reste une forng d\u2019intervention.> i - Cette pratique-là, qu\u2019on essaie d\u2019instaurer de plus en plus dans] groupe, c\u2019est-à-dire, d\u2019avoir des contacts de plus en plus fréquents a des groupements populaires, se fait très lentement mais plus ça va plus les contacts se précisent de la part de tout le monde.Chroniques \u2014 Entre votre public et vous, À l\u2019intérieur d\u2019un spectad A quels rapports établissez-vous?Théâtre Euh! \u2014 Ben\u2026au début quand on faisait des spectacles un pe peu longs, quand on allait jouer dans le fond des cours, on s\u2019est aper qu'il y avait des mères avec leurs enfants, qui ne pouvaient Ë attentives pendant très longtemps, de même que la plupart spectateurs.On a été obligé de les raccourcir.On s'est aperçu aug qu\u2019on utilisait trop l\u2019anglais, ici à Québec ça ne parle pas l\u2019anglaisgs\" - On a dû revoir aussi certains jeux.Un exemple: deux comédielll changeaient de rôles, pour leur faire plaisir.Les gens nous ont dit q dans la vie on ne change pas de rôle comme ça.Chroniques \u2014 Après vos spectacles discutez-vous avec le public?Théâtre Euh! \u2014 Au début on faisait des discussions quasiment bataille rangée au niveau de l\u2019esthétique.Ceux avec qui on discutä n'étaient pas d'accord avec notre théâtre.Ils trouvaient ça écoeura dégueulasse, pas bon, etc.Petit à petit notre public a changé donc discussions aussi.Par exemple, on a fait une série d\u2019interventions niveau de soirées d\u2019informations, dans un quartier populaire: illustrait le thème principal exprimé dans cette soirée, c\u2019était un pg comme l'illustration de ce dont les gens discutaient\u2026 Après ça, les gel: parlaient du spectacle.Jamais ils ne disaient: \u2018\u201cah vous êtes donc bo acteurs\u201d.Ils discutaient de leurs problèmes, de ce que ça leur disaient eux.- Ca veut dire que le théâtre pour eux, doit leur servir et non pas \u20ac une chose en soi.\u2018 Chroniques \u2014 À cause du contenu de vos spectacles, avez-vous senti répréssion s\u2019exercer contre vous?Si oui de quelle façon s\u2019est-e manifestée?Théâtre Euh! \u2014 Faut pas nécessairement charrier sur la répressioy faut pas voir des canons nécessairement mais je pense que de plus ¢ plus la répression s\u2019est faite sentir et, historiquement, dans not groupe, de plus en plus, on a su y faire face.De plus en plus, à répression, on a su.opposer une force, une organisation nouvelle.| été à tous les niveaux: au niveau financier, au niveau ot blicitane.niveau des idées politiques véhiculées, ça a été aussi au niveau de n 12.th pa albjectifs qui étaient de rejoindre la population.On en a rejoint une \u2018fimrande majorité, dans un quartier populaire de Longueil, l\u2019ancienne \u2018ille-Jacques-Cartier, mais on en a été exclus par les autorités fn [ourgeoises.| baj Ca c\u2019est un cas très flagrant.Il y a eu aussi des cas un peu moins injagrants, comme les organismes régionaux de loisirs, qui nous font igner des affaires\u2026qui nous font dire dans le contrat qu\u2019on va être umoristique, qu\u2019on va être drôle, qu\u2019on lancera pas d'âttaques lersonnelles.Bon, ça disons que c\u2019est une répression à peine visible que ous sentons dans l\u2019organisation de notre travail.Mais il y a aussi les IEGEPS, les CEGEPS bourgeois, en milieu bourgeois qui, de plus en ijlus, s'opposent à notre théâtre parce que ça n\u2019intéresserait pas les tillèves.En fait, ça les énerve parce que c\u2019est une forme d\u2019art qu\u2019ils ne t domprennent pas, qu\u2019ils ne veulent même pas voir, ne serait-ce qu\u2019au lagiveau esthétique.Des enquêtes policières, on a l'impression qu'il y en dis} eu mais on n\u2019a pas de preuves pour le dire, alors.tel Au niveau des subventions il y a aussi une répression: on n\u2019en n\u2019a ltgimais eu.Advenant qu\u2019il y en aurait, ça serait une façon détournée de ous récupérer.= QUE! i! (hroniques \u2014 Mais a Paris, que s\u2019est-il passé?at d'héâtre Euh! \u2014 Oui, à Paris, à la Sorbonne, au cours de notre voyage ign France en 1972, une répression à tous les niveaux: au niveau ipsthétique globalement, ça c\u2019est sûr.En parlant québécois surtout, ils mous refusaient parce que pour eux c\u2019est plus intéressant d'entendre jarler américain, ils ne comprennent rien mais au moins ça fait méricain, alors qu\u2019entendre parler une langue un peu.abatardie.ca is a écoeuré ben raide; au niveau du folklore, ça peut peut-être les = j eux-mêmes, des français, du problème des travailleurs nord-afri- pins.s#f Mais on a pris des moyens pour opposer une résistance a.cette Épression-là.À notre deuxième spectacle par exemple, à la Sorbone, in a décidé de leur dire en pleine face èe qu\u2019on pensait d\u2019eux.On avait réé un mur de glace entre la salle et la scène et on a joué vingt fois en gne des extraits de l'Histoire du Québec mais en Anglais, à la orbonne.La veille on avait joué en joual\u2026 .Tremblay était dans la salle, Brassard et Yvette Brind\u2019amour mais ils e sont pas restés, ils avaient honte de nous, ils sont pattis.Pour continuer sur la répression, il y a aussi au niveau de Je enseignement.Chacun de nous enseigne un peu partout et, de plus en lus, on nous serre la vis.Il y a toute sorte de mécanismes \u2018\u2019\\dministratifs qui font des emmerdements aux gens du Théâtre Euh! a .np Mais on peut aussi parler d\u2019une nouvelle stratégie qu\u2019on essaye de pnjévelopper au niveau national.L\u2019A.Q.J.T.existe pour les jeunes 7 ' 13. troupes de théâtre dont on fait partie.Mais, de plus en plus, l\u2019'A.Q.J.a réussi à se faire mandater comme représentante de-tout le théâtré québécois, elle a proposé une série de spectacles et une série de troupes Notre objectif à la Super Franco-fête, c\u2019était de jouer dans la basse-vill&} - parce que les occasions de jouer dans les rues nous sont de plus en plu interdites.Donc, la Super Franco-fête nous a permis d\u2019aller à St-Roc d'aller au Cap-Blanc, ainsi de suite.On a dit: \u2018\u2018on va jouer une foi dans les lieux de la super Franco-fête, les autres interventions on va led} faire ailleurs en milieux populaires.\u201d - Au Festival d'Eté de Québec, ben\u2026.on n\u2019a pas pu y aller parce qu\u2019o dit de quoi et il n\u2019est pas d'accord avec ça.Chroniques \u2014 Croyez-vous que depuis la formation du groupe votrej action théâtrale ait été efficace, en avez-vous fait le bilan?Théâtre Euh! \u2014 L'efficacité pour nous ça a été d\u2019abord d\u2019alle| rencontrer ces groupes-là et de faire accepter l\u2019idée du théâtre: 1e groupes populaires, les comités de citoyens et même certains syndicats£ Ca a été assez dur au début mais après on s\u2019est aperçu qu\u2019on introduisait un élément utile dans les réunions où ça parlai - énormément, où ça utilisait des mots, des mots pendant toute uns, soirée où les gens finalement ne comprenaient plus rien.Par nog, sketches d'un quart d\u2019heure, on distrayait les gens, on les amusait et o hil passait une information.Si tu veux, on remplaçait un peub, y l'audio-visuel.Avec de plus en plus de demandes et comme nous, le ui Théâtre Euh! on dit toujours ce qu\u2019on a à dire, ben.on a pu avoir ur bai certain impact.mi {hon bntrep - Le Théâtre a des moyens, on peut raconter quelque chose visiblement tout en amusant.Les groupes nous demandent parce qu\u2019on a cette efficacité-là.Nous, à partir de maintenant, on se dit: \u2018On va jouer où ilk se passe déjà quelque chose\u201d.Là où on va aller, c\u2019est pas seulement oùlflhän il y aura un spectacle, mais là où il se passera quelque chose avant etfin: après le spectacle.Pour être efficace, il faut que notre action s'imbrique dans un projet concret, alors on se branche parce quel l'efficacité théâtrale, uniquement théâtrale, ça ne vaut rien.iron - De plus en plus et au fur et à mesure des pratiques, on s\u2019est renduË (re compte de la place réelle du théâtre dans le mouvementfinié révolutionnaire.Le théâtre doit être un théâtre d\u2019agitation-propagande.fu a .roy - Qu'est-ce que c\u2019est la place du théâtre?Faut pas lui donner une place Le trop importante non plus, faut pas lui donner une place moins; importante que celle qu'elle peut avoir.Il faut la coordonner aux conditions concrètes, voir la place qu\u2019elle occupe réellement.En fait notre lutte n\u2019est pas uniquement culturelle mais elle l\u2019est aussi.Si o abandonnait la lutte au niveau culturel, la lutte idéologique au nivea tj des jeunes troupes, je pense que ce serait une erreur pour le moment.I hi y a de plus en plus de jeunes troupes qui font du théâtre à partir deh, La : * 2A 2 Æ » 2 2 2 * M \u2018| l'improvisation, un théâtre québécois.branché sur la réalité mais pa a 14. ~~ MT tig Us id Dlg Roch fog als L'on] otre aller Is Cats, l'on tat teti ion i pareillement.On commence a s\u2019apercevoir que ça a eu un peu d\u2019effets néfastes qu\u2019on enseigne de nouvelles méthodes de travail sans une vision politique.Certaines troupes aujourd\u2019hui font un théâtre très libéral qui est de plus en plus contraire à ce qu\u2019on fait, qui est de plus en plus contraire au mouvement révolutionnaire et qui devient | réactionnaire.C'est nous qui avons engendré ça d\u2019une certaine manière.Alors, il faut se poser des questions là-dessus, pout ne pas [perpétuer certaines choses, parce que les conditions ont changé.Chroniques \u2014 Comment entrevoyez-vous la poursuite du travail entrepris?Na ., .Théâtre Euh! \u2014 On amorce notre sixième année d\u2019existence.Paimerais rappeler qu\u2019il y a eu un Congrès de l\u2019A.Q.J.T.au mois d'octobre dernier à Montréal qui réunissait toutes les jeunes troupes de théâtre de la province.À ce Congrès-là, la base a décidé de mettre l'accent sur la régionalisation.- Qu'est-ce que c'est la régionalisation?C\u2019est le projet de former un comité dans chaque région réunissant toutes les troupes.A Québec, il y {a eu un comité composé de six troupes: Le Théâtre Parminou, la -Troupe des Treize, le Tic Tac Boum, la T; roupe De Même, le Théâtre en vrac et nous.On se réunit une fois par mois et le but de ce comité régional c\u2019est d\u2019abord de connaître la région de Québec par une enquête sociologique, culturelle, économique et politique.À la suite de quoi on peut faire un théâtre qui correspond aux besoins des gens de Québec.Le C.R.Q.en est à ses débuts.Ca ne veut pas dire que les tactiques en sont complètement assumées par toutes les troupes mais l'objectif est d\u2019abord de faire un théâtre pour la population de Québec, en particulier.15. - H y a un autre comité régional au Saguenay.Et dans d\u2019autres régions B{ gs le travail avance.- - Théâtralement, on n\u2019est plus tout seul.Des fois, on peut avoir un contact, rious, le Théâtre Euh! pour jouer pour un organisme populaire } mais si on n\u2019a pas le temps de le faire parce qu\u2019on a autre chose en même temps, on peut le refiler à une autre troupe parce qu\u2019on sait |§ qu\u2019eux aussi veulent faire un théâtre pour la régionalisation à Québec.À - Une autre partie de notre travail est aussi très importante, c\u2019est notre § rapport avec la rénovation urbaine à Québec.Notre dernier spectacle À Un, deux, trois, vendu! va servir à plusieurs groupements de citoyens B de la région de Québec dans une campagne qui s\u2019amorce contre les Ë multinationales de l\u2019hôtellerie.Alors, on continue de jouer dans les quartiers populaires, encadré par les comités de citoyens et fes groupes E populaires.C\u2019est une lutte populaire qui est importante et qui touche tout le centre-ville de Québec.Une quantité de gens sont délogés pour § faire place à des auto-routes, des hôtels, des centres d\u2019achats.La ville À essaie d'expulser la classe ouvrière du centre-ville, elle n\u2019en a plus} besoin au Centre-ville, elle essaie de l\u2019expulser n\u2019importe où: c\u2019est ça p l'objectif réel de la rénovation urbaine, c\u2019est là-dessus que la bataille s'engage.La ville veut installer une autre classe sociale qui va rentabiliser les hôtels, les boutiques, les brasseries, les restaurants, etc.- On peut ajouter quelque chose à ça, c\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui les conditions concrètes du mouvement révolutionnaire obligent les groupes à -s'unifier - les groupes qui ont une pensée assez cohérente, disons un peu forrtés - à s\u2019unir dans le mouvement révolutionnaire et à démarquer le travail, les objectifs et la pensée de chacun.Nous, on veut s'intégrer à ça, c\u2019est un de nos objectifs: apporter un appui au by mouvement révolutionnaire et y participer.Mais il faut donner une \u2018 vraie place au théâtre, pas ure place trop importante.Si notre Théâtre: peut servir à ça, nous on trouve que c\u2019est un objectif et qu\u2019 à long terme c\u2019est très important.Une troupe de théâtre politique se greffe a unk | organisme politique.Comme cellule politique l\u2019action théâtrale seule § j est impossible.= - Il faut chaque fois organiser des rencontres avec des organisations R a populaires.- 1 > Actuellement, notre action prioritaire c\u2019est l\u2019intégration - au mouvement populaire à Québec, c\u2019est un de nos objectifs.C'est ce qui | est prioritaire.Les autres choses à discuter\u2026on n\u2019a pas réussi à tout éclaircir.mais on pense que la pratique va hous éclairer au niveau idéologique.Par notre lutte, par des discussions où tout le monde alef droit de parole, on essaye de se modifier, de se clarifier.PTR INR PR TNR RH RRR ROC eue ors sans espoir, avec conviction Jean-Marc Piotte U.RSS.S.et Chine: deux voies économiques Les éditions du Seuil, dans la collection Politique, viennent de publier sous le titre de Mao Tsé-Toung et la construction du socialisme des textes inédits de Mao écrits durant les années 1958-60.Ce livre est important pour diverses raisons.Premièrement, et compte tenu du petit nombre de textes de Mao accessi- ~ bles à l\u2019étranger, ce petit livre nous permet d\u2019acquérir une compréhension moins incomplète de la pensée du grand marxiste chinois.Deuxièmement, cette | publication nous permet de saisir avec plus de précisions les ressemblances et les différences entre le modèle soviétique de développement à la voie chinoise.Enfin, les textes de Mao constituent des commentaires du livre de Staline, { Problèmes économiques du so- 4 cialisme en URSS ainsi que du Manuel d'économie politique de l'Union Soviétique:, même si l'édition de '\u201959 du Manuel contient les modifications entraînées par les décisions du XXe Congrès, elle n\u2019en demeure pas moins imprégnée de la pensée stalinienne.Aussi, le livre de Mao permet de clarifier ce qui distingue sa pensée de celle de Staline.La prise de pouvoir en Chine et en Russie La Russie dut commencer la construction du, socialisme dans des conditions extrêmement difficiles: guerre civile, interventions étrangères, isolement international, etc.La Chine, au contraire, put jouir de conditions plus favorables.Lorsque les armées communistes forcent la clique de 17. Tchiang Kaï chek à se replier sur Taïwan, la Chine est pratiquement pacifiée.Et le parti communiste chinois put prendre le temps nécessaire pour former des lignes de paysans pauvres et pour introduire graduellement, compte tenu de l\u2019évolution de la conscience des masses, la réforme agraire dans le Sud de la Chine.La Chine communiste, contrairement à la Russie des années \u201820, était relativement protégée de toute intervention étrangère grâce à la puissance militaire du bloc -des pays socialistes.De plus, le Parti communiste chinois avait pu, grâce à sa longue histoire de lutte armée, introduire des réformes socialistes dans les zones libérées et former ainsi des cadres administratifs communistes.En Russie, au contraire, le Parti dut imposer aux masses paysannes le communisme de guerre (fondé sur la contrainte) et chercher à obtenir l\u2019appui des cadres de l\u2019ancien régime qui avaient des connaissances techniques requises pour faire fonctionner l\u2019économie.Les premières années du socialisme en Russie ont signifié, pour les peuples de l'Union soviétique, guerre, misère, famine et baisse radicale du niveau de vie tandis .qu\u2019en Chine, les premières années du socialisme ont apporté au peuple chinois, paix et hausse sensible de la qualité et du niveau de vie.Enfin, contrairement à la Russie révolutionnaire isolée in- ternationalement, la Chine put jouir de l\u2019aide économique et technologique fournie par l\u2019Union soviétique et profiter aussi des expériences socialistes qui avaient été faites en Russie.Lorsque l\u2019on compare la Chine à l\u2019URSS, il est 18.essentiel de bien connaître l\u2019histoire de ces deux pays, sinon la comparaison devient idéaliste, voir moralisatrice, ce qui est très éloigné d\u2019une connaissance fondée sur le matérialisme historique.Le modèle soviétique Le modèle stalinien de développement économique \u2014 caractérisé par un taux d\u2019accumulation élevé, une priorité absolue de l\u2019industrie lourde par rapport aux autres secteurs économiques et une prédilection pour les grandes entreprises utilisant une technologie avancée \u2014 avait fait ses preuves en Russie: malgré une agriculture en état de crise latente et permanente, l'URSS avait pu s'industrialiser très rapidement et résister victorieusement aux armées hitlériennes.Il n\u2019est donc pas étonnant que le premier plan quinquennal de la Chine (1953- 1957) soit étroitement calqué sur le modèle stalinien.Au début du plan quinquennal, tout va bien: en dépit d\u2019une lente progression de la production agricole, le taux d'industrialisation se maintient à un rythme rapide.Mais lorsqu\u2019en 1956-57, les effets bénéfiques de l'accumulation primitive socialiste (réforme agraire, étatisation et nationalisation des entreprises industrielles et commerciales, etc.) commencent à s\u2019épuiser, la Chine ne réussit plus à produire un surplus agricole permettant de développer son industrie lourde.Ainst, en 1957, la production des céréales avait à peine augmenté | depuis l\u2019année précédente et le taux de croissance de l\u2019industrie se situait à l\u2019avant-dernière place gent bel ui wi Sans Hit A \u201cres flop huss hg ny ie très fin ore fie.race tion aux \u20ac sur ion \u2014_\u2014 sa des gle le = = a: 2 LP sa femme noie par vengeance (il \u2018a laissé noyer son beau-frère) où si c\u2019est la femme que son mari tue | comme il a tué son beau-frère.On {aura reconnu là la technique de {la mise en abyme (le récit dans le récit) si souvent utilisée aujour- .d\u2019hui par les romanciers (voir par 4exemple L'Antiphonaire de Hu- {bert Aquin).Cette technique peut | produire la déroute du sujet parce \u2018|que nous ne savons plus qui est { qui, qui fait quoi; une telle tech- {nique rend inutiles d\u2019avance les {explications psychologiques tradi- jtionnelles qui ont besoin d\u2019attri- | buer des actes à des personnages {pour les en juger.responsables (comme si les personnages d\u2019un |récit étaient des personnes de la vie réelle!).L'idée de noyade est | présente dans tous les contes: une {mere de famille qui est envahie {par les bruits de ses enfants et de br {son mari (\u201cClotilde I'\u2019), une jeune ih {femme harcelée par les questions m +cruelles de ses-amis (\u2018Les dessins ae ; aminés\u201d), une femme enfermée li ; dans une prison puis dans un asile y.\u201cMutation\u201d: dans la prison une ir.{des épreuves ou supplices consis- ir {te à la faire avancer sur un tapis a {roulant, les yeux bandés, dans une gà {piscine à pente inclinée: \u2018L\u2019eau ox {du fait qu\u2019elle était invisible, avait & pris un aspect étrange et hostile.(5 \u2018Ma respiration ne parvenait pas à li \u2018reprendre son rythme normal et je IS finis par manquer d\u2019air.(.) st L'épouvante s\u2019empara de moi et je Ik me débattis jusqu\u2019à l\u2019épuise- is iment\u201d), une femme poursuivie 1 {par des fantômes (\u2018Les termi- IN Âtes\u201d\u201d), une femme qui imagine à iv [partir d\u2019un événement plusieurs il Jpossibilités narratives (\u201cCafé bei- M 4ge\u201d) ce qui noie le lecteur comme que ja mise en abyme (ces procédés - Mais m\u2019entraîna au dehors où le i 31.paraissent parfois trop mécaniques comme si l\u2019auteur voulait faire \u2018nouveau roman\u201d), etc.Mais ce qui est intéressant et qui me paraît dépasser les naufrages à à la Garneau-Hébert-Giguére c\u2019est l\u2019indication nette de deux moyens de sauvetage: l\u2019écriture et le crime.J\u2019imagine le fonctionnement suivant de ces deux moyens à partir de cette petite phrase de la jeune femme du conte \u201cLes dessins aminés\u2019: \u2018Je demanderai à D quelle sorcière ils chassaient donc en moi.\u201d Car il ne faut pas s\u2019y tromper ces contes d\u2019allure fantastique ne jouent pas ailleurs, ils jouent ici, ils mettent en jeu des phantasmes (des images qui reviennent, qui remontent à la surface) autour de la condition féminine.Ce n\u2019est pas pour rien que presque toutes les femmes de ces contes ont commis ou commettent des meurtres; j'aime la fin de \u201cL'Enigme du coude\u201d: \u2018Sans un cri, je suis revenue au seuil du \u2018salon et, d\u2019un mouvement bref du poignet, je lançai à la gorge de l'homme le petit couteau au manche d\u2019ivoire travaillé à l\u2019aiguille.(.) Ses yeux de personnage se vitrifièrent.Nous étions maintenant quittes.\u201d\u201d La femme arrête de pleurer ou de crier, muette, sûre d\u2019elle, elle élimine ceux qui veulent profiter d\u2019elle.Les \u2018\u2018crimes\u2019\u2019 commis il ne reste plus qu\u2019à les écrire c\u2019est-à-dire à les penser une fois pour toutes pour les dépasser; quand l\u2019écri- ture-a compris la nécessité de ces \u201ccrimes\u201d la femme libérée de ses fantômes peut rejoindre \u201cI\u2019homme qu\u2019elle aimait\u201d: \u2018De sa main droite dont je reconnaissais la douce odeur; l\u2019homme que j\u2019ai- soleil brillait et où il faisait bon marcher ensemble en se tenant la main.\u201d Les hommes à la tête de sable La Faim de I'ériigme (L\u2019 Aurore) de Patrick Straram le Bison ravi est à mi-chemin entre le conte moral et le récit de science-fiction.Appartient au conte moral-le personnage de Leiris (c\u2019est le - \u201chéros\u201d du récit) qui n\u2019arréte pas de penser son action et l\u2019action des autres, \u2018\u201c\u2018son rapport avec l\u2019autre, avec tous\u2019\u2019 appartient à la science-fiction le récit: un homme et une femme arrivent dans une ville et menacent de mort tous ses habitants s\u2019ils ne réussissent pas à \u2018répondre à l\u2019énigme du LIVRE DES ONZE PONTS SUR LES ONZE LACS\u201d.\u201cLa bourgeoisie exalte l\u2019individualité en apparence, pour l\u2019écraser en fait\u201d: citation d\u2019Henri Lefebvre tirée du chapitre \u2018La morale marxiste\u201d.de son ouvrage Le Marxisme peut aider à comprendre quelle stratégie poursuit Straram au travers du personnage de Leiris.L\u2019individualité qu\u2019encourage la bour- ° geoisie est celle qui justifie que quelques-uns seulement réussissent: la majorité alors est toujours placée devant l\u2019exemple de ceux qui ont réussi, celles de ceux qui appartiennent \u2018à la majorité sont ainsi conditionnés à aspirer à faire partie de laminorité qui a tous les privilèges parce qu\u2019elle a travaillé plus et mieux (c\u2019est ce qu\u2019on essaie de faire croire à la majorité).Straram au travers de Leiris propose une individualité forte non pas selon le mode bourgeois 32.où l'individu qui réussit domine i! par son prestige, son argent, mai selon le mode franc-tireur of\u201d l'individu réussit sa vie à force defi la mener aux limites.Toute la vid\" de Leiris est construite sur lé ail principe de \u2018\u2018rythmanalyse\u201d.Le i rythme est biologique, c\u2019est url besoin de mouvement (voir l\u2019at f, trait de la mer et la nécessité de lai! musique) et de chaleur (Leiris aime se promener aux moments} les plus chauds de la journéel# \u201cnonchalant et en état d\u2019alerte, ce point d\u2019une confiance-médf{\u201d fiance, d\u2019une détente-vigilance 4 qu\u2019il n\u2019atteint autrement qu\u2019aprèg 4 d\u2019assez longues périodes de conf | centration, d\u2019enfoncement en so toutes antennes braquées, dang les démarches de l\u2019esprit, qu\u2019i atteint parfois dans l\u2019amour à certains sommets\u201d).Cet état in\" tense Leiris le trouve aussi parfois\u2018 dans l\u2019amour, l'ivresse ou le jeu: 1e\u201d titre du récit, La Faim de l'énig-#\"\" me, est assez clair pour ce der-ff\" nier élément; quant à l\u2019amour il 1efl*' trouve avec sa compagne Alanis: \u201cIl y a entre eux une très belle#\"\" entente, calme, intéressée, inten-fE* se\u201d, et l'ivresse avec son ami gues pipes.L\u2019analyse est morale] c'est-à-dire qu\u2019elle tient compteg des autres, c\u2019est là l\u2019enseignement que Zamco le métis laisse à Leiris: girl \u201cLA REVOLUTION DE/DANS » L'INDIVIDU EST CONCRETH, A PARTIR DU MOMENT OUk, IL SE CONCOIT SELON SAR SOCIETALISATION.L'INITIE ng N'A DE VALEUR QUE REACH, TIONNAIRE, IL SE FIGE EN ORDRE ETABLI QUI INERTI4);, SE.SEUL INDIQUE UN DEVE{.NIR L\u2019ENSEIGNE.JE N\u2019A LIEUR \u201c MQU'AVEC L'AUTRE, AVEC ugrOUS.C'EST DANS LE TRA- \"iy AIL DE PRODUCTION D\u2019UN AMOUR QUE SE COMMENCE tid.A LUTTE POUR CHANGER Ir \u2019 JLA VIE.Souviens-toi que n\u2019a pas tune fin la lutte contre les mytho- mjogies.À toit de jouer, camara- je.\u201d Pourtant Straram à propos les mythologies écrit dans l\u2019a- roy ant-dernier chapitre: \u2018pour révé- mer comment des mythologies- ÿ ;dénaturent la vie et les détruire, qij'ai eu recours à cette autre my- methologie qui occulte le réel (les pyfapports sociaux déterminés par les rapports de production): gl esprit d'initiative d\u2019un héros qui iyjaurait seul le pouvoir de trans- qifformer le monde\u201d.Cette auto- y ieritique de Straram me paraît ti juste, mais son héros Leiris n\u2019a ris I: le ng er ik seulement son rôle d\u2019intellectuel: travailler à ce que chacun soit responsable de sa vie, travailler à l\u2019élimination des hommes à la tête de sable qui dans le récit jouent le rôle des policiers, c\u2019est- à-dire d'individus qui appliquent fes lois d\u2019une façon servile.Le français Michel Leiris auteur de L'Age d'homme et de La Règle du jeu; alors que les récits autobiographiques de Michel Leiris tra- \u2026vaillent à partir de l\u2019analyse psy- hanalytique, le récit de Straram ravaille à partir de la rythmana- Elyse qui conjugue la description (des besoins individuels et l\u2019analy- De la fiction pour qui ?VE BY] \u201cIci et maintenant, je cherche 2- il ten du héros bourgeois,il joue - nom de Leiris vient de l\u2019écrivain- en vain la fiction.Cette fiction vivement appelée est en un sens, contraire à l\u2019utopie parce qu\u2019elle veut se construire à partir de l\u2019ancrage historique.La fiction (re)cherche l\u2019histoire\u201d (France Théorêt, \u2018Dépendances\u2019 dans La Barre du jour, no.50).Dans ce texte que les écrivains d\u2019ici devrait lire attentivement France Théorêt énonce deux règles pour que la fiction ici et maintenant puisse jaillir: 1- que la théorie aille de pair avec la fiction, 2- que la fiction parte du sujet traversé par le vécu pour qu\u2019à son tour elle puisse traverser le vécu.Je transpose ces règles ainsi: 1- l'écrivain qui veut produire de la fiction doit s'armer de théorie, de science; doit aussi s\u2019exposer et exposer ceux et celles avec qui il vit; 3- pour que cette \u2018\u2018exposition\u201d soit valable elle devra être faite scientifiquement.Or actuellement il y a pour qui veut produire de la fiction trois sources scientifiques (\u201cEst \u201c\u2018scientifique\u2019, en histoire comme ailleurs, l\u2019opération qui change le \u2018\u2018milieu\u201d - ou qui fait d\u2019une organisation (sociale, littéraire, etc.) la condition et lieu d\u2019une transformation.\u201d - Michel de Certeau, \u201cL'opération historique\u201d, dans Faire de l'histoire, tome I, Galli- mard): Marx et la théorie de l\u2019histoire sociale, Nietzsche et la pratique du dépassement, Freud et la théorie des histoires individuelles.Or actuellement au Québec ces trois sources commencent à peine à rejaillir: l\u2019enseignement est encore pris bien souvent et au mieux dans les filets du structuralisme (linguistique, sémiotique) ou du formalisme (logique formelle, nouveau roman).33. Tout ceci pour répondre à la ques- qui veulent qu\u2019on leur montre tiorf initiale: de la fiction pour l\u2019ordre qui nous retient et la vie inventer ensemble.ceux qui ont envie que ça change, + Th \u2014 Dita ik \u2018 Kine Dy [ih il \u2018LE | Moy {0 hi a fp Ms M | ky i Bey Jai fy | 34 M A PACFERC ECC OO PO CIO hontre dei am \u2018Thérèse Arbic Allo Tôulmônd, un «show» pour initiés Le cérémonial qui entoure le spectacle de poèmes et chansons de Raoul Duguay, dès votre - arrivée au Théâtre d\u2019aujourd\u2019hui, laisse présupposer que vous aurez fort à faire durant les heures qui .viennent.D'abord, une exposition, dans le hall d\u2019entrée, d'oeuvres murales et un gros livre placé sur une table où vous inscrivez vos.impressions, vous occupent avant le spectacle.\u2018 Püis on vous invite à enlever votre manteau, avec insistance, ensuite par petits groupes, lentement, vous descendez un escalier peint \u2018 pour la circonstance et, dès en bas, vous enlevez vos chaussures que vous placez dans un sac de plastique que vous accrochez à un clou numéroté au mur, sans Raoul Duguay s\u2019en va-t-au ciel oublier auparavant de prendre un petit coussin.Ensuite, vous pénétrez dans un sanctuaire d'oiseaux, sous un ciel criblé d\u2019un million d'étoiles scintillantes, après avoir traversé une allée - mini-labyrin- the - \u2018bordée d'arbres.Une musique douée, paradisiaque, vous accueille et vous vous laissez choir sur le sol, vous prélassant le mieux possible sur votre petit coussin.Et là, entourant un soleil qui brille de mille feux, vous attendez.Après quelques minutes, le temps que tous les spectateurs / acteurs se placent, le poète \u201capparaît assis dans un fauteuil de théâtre, le seul qui soit demeuré dans cet espace que l\u2019on a déjà nommé \u201c\u2018théâtre\u201d, transformé, pour la circonstance, en un \u201cenvironnement total\u201d dans une tentative de reproduction de la vie 35.\u201d réelle.Cette mise \u201cen condition préalable vous angoisse un peu, ne sachant pas encore, quelques minutes avant la représentation, le rôle que vous aurez à y tenir.Mais qu\u2019à cela ne tienne, le poète est déjà là, prêt à vous rassurer.En premier lieu, les éclairages vous permettent d\u2019admirer le costume du poète, de la tête au pied, à la manière des enfants qui portent un costume neuf pour la première fois.Puis, peu à peu,.multiples vous découvrez les aspects de cet \u2018\u2018environnement total\u201d.Chaque effet spatial vous est présenté avec minutie et fierté, (on vous fait les honneurs de la maison) de la boule de crystal tournoyante sur laquelle s\u2019asseoit la poète, aux oiseaux de papier \u2018 accrochés aux arbres sur lesquels sont inscrits les poèmes du poète, aux ailes artificielles, à la balançoire suspendue entre ciel et terre, où s\u2019envolera, ce soir-là, notre poète, à la cage où, seul l\u2019homme s'emprisonne.Tout au long du spectacle, les acteurs / spectateurs découvriront les divers aspects du \u201ctalent\u201d du _ poète/ peintre / sculpteur / musicien / chanteur / bricoleur Duguay.Mais de participation, point! Sauf occasionneHement, de \u201c petits déplacements vers la gauche (de la salle, cela va sans dire) en emportant avec vous votre petit coussin et, (j'allais oublier) le pouls du voisirr qu\u2019il faut tâter, sérieusement, sinon* gare à la colère du poète qui ne comprend pas les petits rires qu'osent certains néophytes non- initiés au rituel de la cérémonie duguayenne.Tout au long de cette cérémonie 36.- nerveux les étoiles scintillent, des millions § de chants d\u2019oiseaux se font entendre et des textes et chansons # sont poussés à travers un micro, , que dis-je un micro, des-millions de micros suspendus qui ressem- | blent dans cet \u2018environnement @, total\u201d a des fenétres d\u2019aluminiunr 4; sur une maison de bois rond.Duguay dans la Presse duÿ samedi: \u201cC'est \u2018très difficile de #- vivre en poète au Québec.Les l#.gens voudraient qu'on dise dans # votre bouche ce qu'ils voudraient Ki entendre dans leurs oreilles.\u201d Hélas, hélas! que nous sommes loin du compte! Duguay voulait Ra nous annoncer la bonne nouvelle, | ce soir-là! Mais notre Ange J; Gabriel ne nous a, en réalité, fait | partager que ses chimères, ses | illusions et ses fuites/ Se situant | en dehors \u201cdes militants politi- » - ques haineux, (d\u2019une part) ou des J membres de la contre-culture, J.forts étroits d\u2019esprits\u201d (d\u2019autre part) (Le Devoir.également du- samedi) Duguay voudrait que, par § un acte de foi, les quelques trois | milliards d\u2019humains rampants jf\" que nous sommes désirent fortement que leur poussent des ailes pour devenir semblables aux oiseaux.Dans quelques milliards ÿ d'années nous dit-il, nous pour- rtons ressembler à ces milliers j d'oiseaux et rejoindre les cents | milliards d\u2019étoiles qui scintillent dans le firmament, dans un monde où tous les mondes de tout ÿ un chacun se rencontreraient, loin # \u2019 de - notre monde qui est un jf cimetière.\u2018Quand on compare tous ces millions, ces milliards et ces cents .milliards, et ces 1,000,0000,00000, |; ogg fo ong ig Fons fen.Ment um \u20ac de rois ants i ies.as our ers enls lent olf hin\u201d ls 4 if (qu'est-ce que c\u2019est le plus gros chiffres?) d'oiseaux, d\u2019étoiles et d'années lumière, au pauvre soixante-dix ans, en moyenne, que vit l\u2019homme, que sommes-nous, qui sommes-nous?.Toi, moi.c'est ce qui nous traverse qui importe, toi, ingénieur, financier, comptable, femme de ménage.Lui, poète! Soixante-dix ans à vivre en moyenne! (avec quelque malchance 80 ou 85!) Plus rien n\u2019est donc important, plus rien ne compte que le jeu! Un jeu de \u201c\u201cmonopoly\u201d\u2019 où les 100,000 piastres se dépensent sur un coup de .dé, où le poète jongle avec les milliards et appuie son délire sur des calculs mathématiques savants! \u201cLe cultivateur qui habite près de chez moi aime beaucoup mes poèmes et mes chansons: ce n'est pas un lettré.C'est la musique qui a permis de faire passer mes mots.\u2019 (Duguay dans Le Devoir).Une communication par les sons, les onomatopées dans un monde où toute autre communication demeure impossible.D'homme à homme, les ondes cosmiques qui les traversent, tiennent lieu de paroles.Emmurés au-dedans de nous-mêmes dans un monde perçu comme impossible à vivre, sans ouverture autre que la fuite vers l\u2019espace, les autres planètes, un univers autre que le nôtre: celui que l\u2019on connaît et sur lequel on peut agir.Agir avec et pour un cultivateur traversé, dans cet univers concret, par des journées de dix-huit heures de travail - uniquement pour assurer sa subsistance - la hausse du coût de la moulée, la nécessité de tuer ses veaux parce que le prix du boeuf baisse, tout ce qu'un \u201cmilitant politique haineux\u201d tente de saisir dans la réalité concrète du monde de la- terre d'aujourd'hui, sur laquelle nous vivons.Un cultivateur traversé par l'idéologie bourgeoise et qui voudrait vivre comme un prince sur cette terre et non les fesses à l\u2019air dans le firmament! Ainsi une lecture transversale de la cérémonie.duguayenne dégage un sens second qui justifie les poètes innocents irresponsables et fait le silence autour des \u201cbourgeois exploiteurs! Le mysticisme a prétentions scientifiques du grand prêtre Duguay déresponsabilise un public, surtout presqu\u2019exclusivement composé de jeunes, que leur rejet légitime du mode de vie nord-améritain capitaliste rend vulnérables à toute proposition de formes de vies nouvelles.Ces producteurs de gadget du show- business par l\u2019incarnation de rôles de prophètes, d\u2019initiés, forcent l\u2019auditoire au mimétisme.Il s\u2019établit ainsi un nouveau rapport de dominant à dominés, au détriment d\u2019Assemblées de fidèles réduits à une passivité servile et au seul profit de l\u2019ego de Duguay.Dans ce court laps de notre vie - 70 ans plus ou moins - cet espace à remplir avant de disparaître, pénétré d\u2019un désir profond que s'instaure un ordre nouveau où l\u2019homme n\u2019aurait plus à désirer Être un oiseau, vaut-il la peine de perdre son temps à écouter le délire égocentrique inconscient / conscient / satisfait d\u2019un poète en fuite vers d\u2019autres cieux?La lecture du poème d\u2019un homme d\u2019action qui a accepté de ; 37. i v \u2018 A 1 vivre sur cette terre et de lutter aux joies et au plaisir qu\u2019elles avec les autres hommes nous peuvent nous procurer: ramènera aux réalités concrètes, A ceux qui viendront après nous 1 Vraiment, je vis en de sombres temps! U n langage sans malice est signe \u2014_ De sottise, un front lisse D'insensibilité.Celui qui rit N'a pus encore reçu la terrible nouvelle.- Que sont donc ces temps.où .Parler des arbres est presque un crime Puisque c'est faire silence sur tant de forfaits! Celui qui là-bas traverse tranquillement la rue N'est-il donc plus accessible à ses amis Qui sont dans lu détresse?C'est vrai: je gagne encore de quoi vivre.- \u2014 0 .\\ .Mais crovez-moi: c'est pur hasard.Manger à ma faim, Rien de ce que je fais ne m'en donne le droit.Par hasard, je suis épargné.(Que ma chance me quitte et je suis perdu.) On me dit: mange.toi, et bois! Sois heureux d'avoir ce que tu as! Mais comment puis-je manger et boire, alors Que j'enlèce ce que je mange à l'affumé, = Que mon verre d'eau manque à celui qui meurt de soif?\u2014_\u2014 J'aimerais aussi être un sage.Dans les livres anciens il est dit ce qu'est la sagesse: Se tenir à l'écart des querelles du monde et sans crainte passer son peu de femps sur terre.Aller son chemin sans violence Rendre le bien pour le mal Ne pas satisfaire ses désirs mais les oublier Est aussi tenu pour sage.- Tout cela m'est impossible: Vraiment.je vis en de sombres temps! 2 - Je vins dans les villes au temps du désordre Quand la famine y régnait.Je vins parmi les hommes au temps de l'émeute Et je m'insurgeai avec eux.Ainsi se passa le temps Qui me fut donné sur terre.Mon pain: je le mangeais entre les batailles, Pour dormir je m'étendais parmi les assassins.L'amour.je m'y adonnais sans plus d \u2018égards Et devant la nature j'étais sans indulgence.Ainsi se passa le temps Qui me fut donné sur terre, Et find lid dnd Qui Sans Mas di! Fo fre [ely EE GR WE = ~~ NT gg RT CE alii, \u201cOù nous avons sombré De mon temps, les rues menaient au marécage.Le langage me dénonçait au bourreau.Je n'avais que peu de pouvoir.Mais celui des maîtres .Etait sans moi plus assuré -du moins je l'espérais.Ainsi se passd le temps > Qui me fut donné sur terre.Les forces étaient limitées.Le but Restait dans le lointain.Nettement visible, bien que pour moi Presque hors d'atteinte.Ainsi se passa le temps ; Qui me fut dônné sur terre.3 } Vous.qui émergerez du flot Pensez Quand vous parlez de nos faiblesses Au sombre temps aussi Dont vous êtes saufs.Nous allions, changeant de pays plus souvent que de souliers, A travers les guerres de classes, désespérés Là où il n'y avait qu'injustice et pas de révolte.Nous le savons: Lu haine contre la bassesse, elle aussi Tord les traits.La colère contre l'injustice Rend rauque la voix.Hélas, nous Qui voulions préparer le terrain à l'amitié Nous ne pouvions être nous-mêmes amicaux.Muis vous, quand le temps sera venu Où l'homme aide l'homme, Pensez à nous Avec, indulgence.Bertolt Brecht ) a 39. formes des choses, peinture de la vie - Laurent-Michel Vacher Une conjoncture | et quelques artistes Louis Comtois est un jeune peintre post-néo-plasticien en pleine ascension: il nous revient de Washington et Paris, comme il se doit, le chanceux! Il présente, directement au Musée d\u2019Art.contemporain (néo-plasticisme oblige) dix grandes oeuvres (commentées par le directeur des expositions, A.Parent, dans un style suggérant que ses louables efforts pour écrire comme Mme Saint-Martin vont bientôt être couronnés de succès).La plupart de ces panneaux sont des trypti- ques: trois toiles de mêmes dimensions juxtaposées, chacune soit de couleur unie, soit d\u2019une seule couleur mais en deux ou trois bandes_légérement différentes, presqu\u2019indistinctes.Ces couleurs la est la supposée + originalité de l\u2019entreprise \u2014 sont 40.véritablement peu communes: pastels, étouffées, kaki, incertaines, brumeuses, ce sont des couleurs improbables, des cou-, leurs.à côté de la couleur.Leur {i bits 40 prétendue poésie viendrait de+à.En vérité, ces troublantes couleurs ont un secret.Ce secret est triste.Elles sont grises.Le gris est la teneur dissimulée de cette oeuvre facile et ambitieuse.Attristante par sa vaine monumentalité, cette série de bandes n\u2019a d\u2019émouvant que son implicite grisaille, qui en fait la métonymje de sa propre impuissance.Préciosité et subtilité qui se perd dans le neutre, l\u2019éteint et le morose, la peinture\u2019 -de Louis Comtbis est un témoignages des mélancolies qui guettent aujourd\u2019hui toute recherche purement \u2014 et gratuitement \u2014 picturale.| | SE a À let td jit BI js bl M tn Em ist - Une hiérarchie en réserve Quel curieux monde en somme que celui des \u2018\u2018arts plastiques\u201d, à Montréal comme ailleurs.Autant que dans les autres secteurs, tout y est secrètement déterminé par les règles non écrites du système socio-économique régnant \u2014 capitalisme monopoliste, impérialisme américain, structure de classes, prééminence idéologique et culturelle bourgeoise, interventionnisme étatique, société de consommation dirigée.A quoi viennt s\u2019ajouter, jouant le rôle de viennent s\u2019ajouter, jouant le rdle de facteur surdéterminant, les particularités historiques et politiques du contexte québécois (colonisation et question nationale), qui ne font que complexifier encore un réseau de contradictions serré et ouvertement conflictuel.Imaginons un jeune \u201cartiste\u201d, * frais émoulu, par exemple, d\u2019une école d\u2019art.Même si nous ne Pierre Archambault, \u201cTraces.pouvons aisément rassembler toutes les données pertinentes pour son \u201cprofil\u201d sociologique \u201cprécis, nous savons bien qu\u2019il n\u2019y a presqu\u2019aucune chance pour qu\u2019il vienne d\u2019une famille ouvrière ou \u2018\u201cdéfavorisée\u201d et qu\u2019il yen a au contraire de très fortes pour que, d'autre part, ce soit envers et contre les réticences \u2018\u2018réalistes\u201d\u2019 et utilitaristes de son milieu qu\u2019il ait orienté son choix vers les \u2018\u2018beaux- arts\u201d, faisant preuve par là d\u2019un individualisme à double tran- -chant: aptitude à l\u2019autonomie et à la révolte, mais aussi très probable fascination par le mythe du génie créateur et'la gloire personnelle qu\u2019on y attache.D\u2019une combinaison variable de facteurs-personnels et sociaux va dépendre son statut: soit l\u2019homme d\u2019un métier (enseignant, fonctionnaire, employé, artisan, etc.), soit l\u2019homme d\u2019un projet (artiste, comme on dit): peintre, sculpteur, graveur, ce qui va le distinguer principalement sera de penser son 41. activité en termes d'oeuvres \u2014 avant tout, originalité et valeur supérieure.Car l\u2019idée de hiérarchie est ici essentielle: pour ceux qui sont inassimilables par les .hiérarchies du pouvoir et de l\u2019argent, il y a les hiérarchies de la culture en réserve.L'histoire de l\u2019art peut nous en convaincre: n'est-elle pas l\u2019histoire des grands artistes?Et certes, il y a des oeuvres extraordinaires et des hommes exceptionnels: mais il y en a dans notre monde plus et moins et,d'autres que-mous le souhaiterions! L'image et l\u2019idée qu\u2019on se fait d\u2019eux sont faussées par une \u2018\u2018aura\u2019\u201d\u2019 de subjectivité ete de fatalité qui les déracine et en le ce tout plus, oublier De fait concret.sont en nous-mêmes les critères des +|* puissants, des savants et des?riches qui prévalent, qui système, qui pensent d\u2019avance» pour nous: le goût n\u2019est que trop y |\u201d souvent présenté comme instable ) A et relatif alors que c\u2019est son fond, impensé et immuable, qu\u2019il s\u2019agi- ¥ rait de scruter et de réduire en\u2019 miettes (1).\u201d La place vide de la gauche Quatre grandes attitudes s\u2019observent face à cet état de choses et ouis Comtois.44 devenir u|/ font : |\u201d an Sop es et 110 nulle part mieux que dans la fameuse occupation de l\u2019Ecole des Beaux-arts en 1968 ne pouüvait-on les rencontrer: à droite, l\u2019acceptation consciente et active de ce monde fait les anti-occupants, qui veulent étudier et devenir ce que sont leurs maîtres.Partout et nulle part, on a ensuite le marais des indécis-inconscients, repliés sur un individualisme passif et déjà écrasés par la pression trop forte d\u2019un système qui en assume beaucoup pour en sélectionner.quelques uns.Au centre \u2014 qui se prétend toujours centre-gauche \u2014 on trouve les réformistes, ceux qui occupent mais négocient, sur la base d\u2019une acceptation implicite et globale de la situation actuelle, une rénovation pour eux avantageuse.Il reste alors, à l\u2019extrème gauche, quelques utopistes effrénés d'espoir et de désespoir à la fois, prophètes actifs mais inefficaces de la liberté et de l\u2019authenticité tout de suite, ici, absolument, au-delà de l\u2019histoire et de la société.De gauche progressiste et révolutionnaire, organisée et stratège, point.Entre le réformisme et l\u2019utopie, le modernisme et .l\u2019irréalisme, rien.Sans liens avec les luttes concrètes qui se mènent à l\u2019extérieur du champ culturel et scolaire, comment pourrait-il en être autrement?L\u2019un des traits frappants de cette situation est le suivant: le statut et le rôle de l\u2019art et de l\u2019artiste par rapport au monde réel Esocial) est à peine thématisé, si ce n\u2019est dans un discours justificateur ou dans des imprécations à courte vue.Que va devenir là-dedans notre jeune \u2018\u201cartiste\u2019\u2019?Quelle voie se présente à lui?Peut-on encore s\u2019étonner qu\u2019il ait recours aux bourses, aux subventions, aux voyages en Europe et aux U.S.A., a la gravure, à tout ce qui assure sa publicité personnelle auprès de l\u2019infime cénacle de privilégiés qui tient lieu de \u201cpublic\u201d à l\u2019art contemporain?Comment voudrait-on qu\u2019il échappe à l\u2019écrasement par les nécessités de la-vie, ou aux modes?Sa formation théorique est à peu près nulle.Son aptitude à l\u2019action collective, à la recherche de groupe, à l\u2019auto-critique et au dialogue, est-au mieux embryonnaire.Ses ambitions sont intactes.S'il peut, il deviendra un Louis Comtois.Il n'y a qu\u2019un pas Les meilleurs et les pires, dans ces conditions, ne seront donc pas très éloignés les uns des autres.Parmi ceux qui ont exposé récemment, il n\u2019y a pas loin d\u2019un Normand Bernier, qui singe l\u2019abstraction la plus pauvre et la plus clinquante avec un brio désespérant, à un Roger Vilder, qui traque superbement les lumières, les couleurs et les mouvements avec une attention rigoureuse; d\u2019un Claude Dulude qui combine vainement des taches délicates et étranges mais sans force ni impact à un Roger Mill qui réussit à pousser vers ses limites une exploration fascinée de l\u2019espace; d\u2019un Ronald Arès Bergeron qui polit à l\u2019excès les (1) Quant aux pratiques effectives des producteurs artistiques établis \u2014 les fichiers, les relations, le jeu des \u201caffaires\u201d, etc.\u2014 ils sont supposés ne pas exister, personne n'aurait l\u2019impudeur de les enseigner, ils s'apprennent par osmose, ils relèvent de l'évidence factice qu\u2019a, en toute chose, le libéralisme et passent en conséquence pour innocents.43. Reynald Conolly, brouillards de son mysticisme à un Lee Plotek dont le travail, même s\u2019il se fige et semble s\u2019appauvrir, indique encore.un parcours inédit, d\u2019un Louis Charpentier empêtré dans la platitude et la minceur à un Pierre Archambault dont les bricolages ont, du moins, une portée insolite, poétique et vraie; d\u2019un Jacques Thisdale qui fabule gauchement dans le rose nanane et la critique socio-culturelle facile à un Jean Noël qui nous fascine par ses recherches obstinées et passionnées \u2018sur le visage et sa rature; d\u2019un R.Connolly dont l\u2019'humour n\u2019est que sympathique à un Gunther Nolte dont la puissance et la perspicacité n\u2019ont pas encore trouvé à s\u2019employer pleinement.La production des uns comme des autres, de nos pires comme de nos meilleurs, est à tous égards si déracinée, si isolée, si hors-con- 44.\u201cL'homme au ballon\u201d.\u2018radicalement insatisfait.Peut-être Photo: Charlotte Rosshandler.texte, si étroitement individuelle et si investie d\u2019influences à la fois, si coupée de toute pensée et raison d\u2019être et de toute valeur ou combat réels, qu\u2019on en reste les expositions de groupe aident- elles encore à mieux cerner le malaise: la présentation des prétendues Forces vives de la Colom- bie-Britannique, celle des Peintres Italiens contemporains, celles des étudiants en arts de l\u2019université ciennes déjà, de l\u2019art actuel dû Japon et du groupe Véhicule \u2014 Périphéries \u2014 ou bien encore Concordia (ou celles, plus il Camérart, etc.): on voit de plus en § plus a quel point tout ceci pourrait rentrer dans, être subsumé sous, être absorbé par, un ensemble monstrueux, anonyme et dévorateur, nommé l'art américain d'aujourd'hui, que je viens Ta FE justement de vérifier sur place à [IESE I Né Re Smo oA . l\u2019occasion de la Biennale 75 du vais reparler en commentant l\u2019étonnant article de Tom Wolfe Whitney à New York (et du rituel marathon des galeries de SoHo).(\u2018The Painted World\u201d, dans: Harper's Magazine; avril \u201875, pp.De cet omnipotent fantôme, je 57-92).\u2014 andr, uell ih 6 of I ol reste être ent x Ih pre Jom fires des tit A! i di IH p \u2014~ or Na = cel sub il mé me es Gunter Nolte, \u201cA Vehicule Art\u201d Photo: Ginette Lefebvre.\u201d ei 45 « télévision/idéologie Noël Audet ~ Rue des Pignons, le téléroman le plus populaire de Radio-Cana- da, touche deux millions et demi de téléspectateurs.Voila un tirage que ne saurait atteindre autune œuvre écrite au Québec, füt-elle la plus importante de tous les temps.On mesure du coup le rôle prépondérant de la littérature télévisuelle dans l\u2019apprentissage pratique du phénomène littéraire, pour l\u2019ensemble d\u2019une population.Théâtre par la forme dialoguée du discours, roman par le type de développement narratif, cette formule littéraire moderne semble répondre aux goûts et aux critères esthétiques de l\u2019époque.Elle a une valeur d\u2019usage différente de celles des textes écrits, et sa fonction sociale m\u2019apparait sbeaucoup moins ambiguë: si la 46.La Rue des Pignons, garante des normes sociales littérature, quelquefois, parvient à remettre la société en question, le téléroman de Mia Riddez, comme je vais tenter de le montrer, se porte massivement du côté de la reproduction idéologique, ce que France Vernier qualifie de \u2018\u201cfonctionnement conforme\u2019, (1) c\u2019est- à-dire conforme à ce que le système social attend de lui et au code-de lecture dominant.D'une part en effet ce téléroman reproduit les valeurs dominantes quant à la famille, le mariage, l\u2019amour, la pauvreté, l\u2019école, le travail, l\u2019argent; d'autre part l\u2019écriture elle-même impose une lecture univoque de ces réalités sociales, .contrairement à d\u2019autres oeuvres (romans, poésies) qui, par les ÿ distorsions qu\u2019elles introduisent, § i- France Vernier: L'écriture et les textes.À éditions sociales, 1974 nt 1k nme § ch que ne peuvent mener à une connaissance plus juste des mêmes réalités.Un discours métaphysique.Dans une entrevue du Télé- Presse, mars 75, Mia Riddez conçoit très justement le téléro- man comme une littérature de masse en concurrence directe avec la littérature écrite, sans les rendre tous deux incompatibles cependant.En théorie, rien n\u2019interdit au passionné du téléroman ° de lire des livres\u2026Ûsi ce n\u2019est le fait que le langage télévisuel, parce qu\u2019il n\u2019a pas la polysémie (plusieurs sens) de la langue écrite, engendre une paresse intellectuelle où l\u2019on se contente du donné et de l\u2019évidence d\u2019un discours univoque, entièrement constitué de gestes, situations et paroles immédiatement reconnaissables et fonctionnant comme second code de transmissions des valeurs.De plus, ce langage particulier se donne comme transparent à la réalité qu\u2019il prétend dévoiler sans résidu dans un discours métaphysique où l'essence de toute chose est immuable.\u201cLa vie se charge de nous mettre à notre place\u201d proclame la sagesse du père Jarry; en effet, \u2018\u201cla vie\u201d, essence abstraite, occupe la fonction de sujet dans la phrase et on pourrait la remplacer par la providence, Dieu, et à la rigueur par la société ou le capitalisme, c\u2019est-à-dire que ce discours place les hommes en dehors de l\u2019histoire, ils n\u2019ont aucune prise sur la réalité.Comme des enfants, ils sont à l\u2019école toute leur vie sous la férule - des grands maîtres de.l\u2019Univers.Voilà ce que j'entends par le discours métaphysique des télé- romans: l\u2019univers s\u2019applatit pour obéir à des concepts essentialistes et l\u2019homme prend \u201csa place\u201d parmi les rôles éternels dévolus aux acteurs de cette tragédie.Il est vrai que les difficultés pratiques de la vie réelle finissent par briser la plupart des résistances, mais justement ce discours a pour fonction de masquer les causes réelles et la nature du problème en le désignant par le mot \u201cvie\u201d, ce qui le fait échapper à toute analyse et le consacre- comme problème métaphysique, donc éternel et insoluble.Ce qui pourrait se désigner comme exploitation, conditionnement idéologique, répression, lutte de classes, se trouve aseptisé, sorti de Thistoire et projeté.dans l\u2019ordre naturel: la vie c\u2019est la vie, il faut se soumettre à ses conditions pour avoir le droit d\u2019en jouir.\u201cSort humain de sort humain\u201d, le juron de Flagosse Berrichon, autre philosophe de la rue, en dit long dans le même sens: le sort qui est fait à l\u2019homme relève d\u2019un Destin plutôt hostile, mais l'Homme s\u2019en arrange.Cette première vision fataliste- métaphysique conditionne la description des rapports sociaux des nombreux personnages.L\u2019'appareil est en place pour les montrer en train de se plaindre, de souffrir, de triompher provisoirement, en un mot les faire vivre.\u2026avec une caution populaire Rue des Pignons a pour objectif de faire revivre un quartier populaire et son auteur se considère justifié de le faire à cause de sa \u2018\u2018vocation sociale\u201d passée.Ayant participé elle-même à l\u2019Oeuvre dela soupe, Mia Riddez connaît le milieu qu\u2019elle décrit et il faut bien reconnaître qu\u2019elle ne manifeste aucun mépris mais plutôt une grande téndresse pour les gens qu\u2019elle met en scène.Là s\u2019arrête sa prise de conscience sociale qui découle d\u2019une vision chrétienne du monde et de son échappatoire la charité.La misère y est décrite en termes moraux, quelquefois l\u2019auteur va jusqu\u2019à remonter aux causes familiales (Doudou, dont les valeurs sont faussées à cause de son père Abondius, ivrogne invétéré), mais jamais la misère ne reçoit sa véritable dimension, celle d\u2019un phénomène économique de classe.Dans ce quartier populaire devenu fictif par le traitement de l\u2019auteur, chacun a d\u2019ailleurs reçu en naissant de quoi se débrouiller dans la vie: soit le talent personnel, les biens matériels, la bonté, l\u2019amour\u2026 Restent les cas limites comme Abondius que la providence institutionnalisée, l\u2019abbé Dorval, a pour mission d\u2019empêcher de sombrer complètement.La norme qui dialogue avec elle-même La popularité de l\u2019émission tient sans doute à la vérité psychologique des .personnages: ils sont assez.bien campés et vraisemblables dans le réseau conceptuel de l'idéologie dominante.Des caractères, presque des caricatures: Abondius, irresponsable, accroché à 48.l\u2019alcool, ivrogne idéal; l\u2019abbé Dorval, prêtre-ouvrier, moderne, scout au service de tous les ménages heureux ou malheureux, incarnation de la doctrine sociale de I'Eglise; Maurice Milot ou la difficulté mais aussi la possibilité pour un pauvre (boxeur) de devenir chef d\u2019entreprise (on flaire le mythe sous-jacent: il suffit de se battre, d\u2019avoir du tempérament, et l\u2019on devient un homme d\u2019affaire respecté); la famille Jarry ou les petits problèmes moraux, affectifs, économiques, d\u2019une belle bonne grande famille québécoise par les temps qui courent; Flagosse Berrichon, la droiture et le courage, mais aussi le sociologue malgré lui, c\u2019est-à-dire celui qui comprend la société avec son gros bon sens et la justifie de ses explications sommaires: la vie serait si simple si on ne la compliquait pas pour rien.En d\u2019autrès termes, il suffit de comprendre son destin et de s\u2019y soumettre pour que la vie soit très supportable.Lui-même, Berrichon, a réussi a organiser, malgré ses handicaps, des loisirs sains et un centre sportif pour notre belle Jeunesse.Autre preuve que la réussite dépend uniquement d\u2019une volonté et d\u2019un acharnement personnels.La reproduction de ces contenus idéologiques est d\u2019autant plus efficace qu\u2019elle se fait par le moyen de personnages qui ont un comportement bien senti et proche des attitudes dites courantes ou normales.Ils exercent un -pouvoir sur les téléspectateurs du fait de leur conformité à un modèle psychologique et social \u201cnormalisé\u201d.À partir de là, on peut concevoir que c\u2019est la norme rr 7 qui dialogue avec la norme et se justifie constamment.Une pseudo-fresque sociale Enapparence, Rue des Pignons est donstruit comme une grande fresque sociale décrivant la vie d\u2019un ensemble de familles et d'individus très divers.On a donc l\u2019impression que le tableau pourrait représenter assez fidèlement la vie d\u2019un quartier sur tous les.plans.Or tel n\u2019est pas le cas.Non seulement l\u2019auteur ne fait qu\u2019additionner, sans les articuler, les mini-tableaux de problèmes de couples pris séparément, dans leurs différences complémentaires, mais encore les personnages ne sont pas vrais jusqu\u2019au bout, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils obéissent à une autre logique que la leur propre.Comme dans plusieurs autres téléromans, en étendant l\u2019analyse sur plusieurs semaines, on découvre que les personnages une fois lancés servent surtout à illustrer les idées et les émotions de l\u2019auteur.Ils sont ainsi retransformés en abstractions pour charrier des valeurs et des messages personnels sur la vie et la société.Jen prendrai pour preuve concrète le fait que presque chaque émission s\u2019oganise autour d\u2019une thématique spécifique (que l\u2019on pourrait nommer une dérive) qui dépasse les personnages et même leur vérité psychologique.La fonction de reproduction idéologique y joue à plein parce que l'articulation réalité sociale / personnages y est déviée au point de départ par le mode d'écriture: l'auteur ne décrit pas une réalité sociale, il utilise une vraisemblance sociale pour transmettre sa vision du monde.Ces dérives d'auteur sont fréquentes dans les téléromans, je crois même qu\u2019on pourrait y découvrir une loi du genre, sans doute à mettre en relation avec l'écriture à la petite semaine qui aurait tendance à distraire de là qualité dramatique des personnages et des situations, pour faire varier sans cesse les points de vue et les contenus émotifs qui deviennent déterminants.Prenons-quelques exemples.Le 18 février 75, la dérive de Mme Mia Riddez consistait en un discours multiforme sur le travail et l\u2019argent.Ce soir-là, dans la rue des Pignons, tout le monde réfléchissait sur l\u2019argent\u2026 curieuse coïncidence tout de même! Hector rend visite à son frère Maurice, président d\u2019une compagnie depuis deux ans, en plein désarroi financier.Hector: C\u2019est pas facile d\u2019être grand boss.C\u2019est plus beau de loin! .Maurice: C\u2019est un défi, un défi de tous les jours, de toutes les heures.Nous voilà tout attendris devant les difficultés économiques d\u2019un capitaliste sympathique.Ensuite les femmes parlent de faire une pétition pour obtenir des garderies subventionnées une façon de récupérer \u2018une lutte populaire \u2014 et philosophent sur l\u2019augmentation du coût de la vie, le chômage, la femme au travail sous-payée.\u201d Tout le monde est exténué, tout le monde travaille trop relativement aux bénéfices. économiques.Jusque là, le problème de l\u2019exploitation semble devoir s\u2019amorcer, mais il est par la suite complètement évacué dans la grande réponse universelle: c\u2019est la vie, responsables, il n\u2019y a que des victimes.Autres exemples de dérives et de charriages idéologiques.Le 10 septembre 74, Rue des Pignons fait l\u2019apologie de la fidélité matrimoniale en montrant l\u2019enfer du triangle.Hector vit un drame croissant entre sa femme et sa maîtresse, il glisse vers le \u2018\u201cdésastre\u201d et son frère Maurice qui a.déjà été\u201c\u2018libre comme l\u2019air\u201d\u2019 (donc c\u2019est l\u2019expérience qui parle), lui dit: \u2018Attention de ne pas gâcher ton mariage pour une histoire qui- naturalisées les fonctions que \u2018 en vaut pas la peine\u201d.Suivent des scènes pleines de leçons où Hector rompt avec sa maîtresse et choisit le bonheur dans le droit chemin.Le 5 novembre 74, c\u2019était la famille et la résignation des couples devant\u2019 toute sorte -de frustrations.Leitmotiv de l\u2019émis-° sion: \u201cLa vie se charge de nous mettre a notre place\u201d.L\u2019idéologie dominante est assimilée au point de devenir norme naturelle, conscience juste, autocenstre permanente.Le 18 mars 75, l\u2019institition du mariage: Eglise ou mairie, amour ou intérêt, passion passagère ou amour éternel.Doudou veut se marier avec Boutin, divorcé, qui a deux fois son âge, pour \u2018\u2018sortir de sa crasse\u201d, \u201cchanger de vie, changer de peau\u201d.L\u2019épicier Mar- soin, nouvellement marié à une commère, fait l\u2019apprentissage de la vie matrimoniale avec ses \u201cpetites chicanes et ses compensations\u201d.Le jeune docteur, lui, a il ny a pas de plus de style, il se laisse tenter par Emma \u2018\u2018au sourire de Joconde\u201d.Quant à Jl\u2019abbé Dorval,\" de mauvaises langues le disent amoureux de Doudou, amour interdit du prêtre pour la péche- - resse.On voit nettement ici le ramassis de valeurs reproduites telles quelles et l\u2019utilisation qui est faite des divers personnages pour la construction du thème amour et mariage.Rue des Pignons présente à quelques millions de personnes un miroir très fidèle des valeurs dominantes sans l\u2019ombre d\u2019un questionnement, et ce qu\u2019on y \u201ccherche tant c\u2019est sans doute cette image d\u2019une société immuable et rassurante en ceci que se trouvent chacun y exerce.- pa lie =~ TD Dar la culture d'en d\u2019sous ir § \u2014m._ {lent prientation donnée a ses.services hérese Dumouchel 1 bo I» ~ En me basant sur les articles de la revue Marketing social, j'ai fommencé dans un article précé- a analyser la nouvelle de marketing par l\u2019entreprise fcapitaliste et à voir le pourquoi de cette ré-orientation.La référence des textes cités renvoie toujours à - a revue Marketing social.La ré-orientation des services de marketing de l\u2019entreprise capitaliste et leur renforcement par l\u2019utilisation des associations - de consommateurs et des lois de protection du consommateur, \u2018(sous le couvert de la protection de l'Etat, sont des conséquences de Paccentuation de la contradiction entre le développement des forces productives et des rapports de production au sein du mode de production capitaliste.Les intel- ~ Le marketing innocent -\u2014 lectuels organiques de la classe capitaliste appellent cela \u201cla décennie actuelle du capitalisme en crise\u201d.Effets de l'accentuation de la contradiction sur la consommation Un premier effet direct de l\u2019accentuation de cette contradiction est l\u2019intensification de la lutte des classes, agissant directement en retour sur elle.J\u2019ai montré dans mon premier article que c\u2019est un des \u201cproblèmes\u201d avoué par le capitalisme et.porté à l\u2019attention des marketeurs.Si cette lutte est mentionnée dans une revue de marketing, c\u2019est parce qu\u2019elle a des effets sur le rapport des masses à la consommation, effets qui incitent à une remise en cause du MPC à ce 51. niveau même.L\u2019intensification de la lutte des classes suscite une politisation des masses qui favorise la liquidation progressive de l'étiquette abstraite de \u2018\u201c\u2018consommateur\u201d\u2019, collée à l\u2019individu par que la liquidation des comportements correspondant à cet étiquetage idéologique intériorisé.Cette politisation favorise également le dévoilement du rapport - existant entre le producteur direct exploité et son produit abstraitisé, devenu propriété du capital: ro so cast 26 a ei 4 ee sr is EEE \u201cDe nouvelles variables interviennent dans le processus d\u2019achat des consommateurs - On - boycotte tel magasin qui vend du raision forces sociales agissent sur le consommateur.Ce ne sont plus seulement les groupes naturels qui influencent l\u2019individu mais le leader de telle association politique.\u201d 1,2, p.15 Un deuxième effet de-l\u2019accentuation de la contradiction est la \u2018prolétarisation croissante de la petite bourgeoisie.Cette prolétarisation ébranle de plus en plus la soumission inconditionnelle de cette fraction des masses à l\u2019idéolpgie dominante.Le contrôle de la production des biens de consommation par une classe dominante de plus en plus restreinte, en fonction de ses seuls intérêts économiques, devient plus évident à cette classe et ses revendications contribuent a faire éclater l'idéologie de la consommation pour l\u2019ensemble des masses exploitées des pays \u2018à des niveau de vie élevé\u201d.Dans la 52.! l'idéologie néo-capitaliste, ainsi d\u2019*\u2018exploiteur\u201d.De nouvelles\u2019.revue Marketing social, on essalp™ de rendre le marketeur consciek i du fait que de plus en plus: | A I SEE EAL ARE SPRL AMR situations de I'écoute Monique Tremblay ~ Une critique des conservatoires et un apercu de leurs problemes Que sont les Conservatoires?Les Conservatoires sont des institutions gouvernementales relevant du Ministère des Affaires Culturelles.Il y a des Conservatoires de Musique et des Conservatoires d\u2019Art dramatique.Leur but est de former des professionnels de l\u2019art Au Québec, on compte maintenant sept Conservatoires de Musique: Rimouski, Hull, Val d\u2019Or, Montréal, Québec, Trois-Rivières et Chicoutimi.Etant donné leur lien avec le Ministère des Affaires Culturelles, chaque Conservatoire a la même structure de fonctionnement, obéit aux mêmes lois et les étudiants sont soumis aux mêmes - examens.Le personnel d\u2019un Conservatoi- ze de Musique comprend norma- _ A \\ } {ol lement un directeur, un adminisj | trateur, un secrétariat, un ou plusieurs bibliothécaires, des ap} pariteurs, des professeurs de ma#{\u201d\" tières théoriques (solfège, dictéef lin analyse etc.), d\u2019instruments, d chant, de composition, des ac compagnateurs pour les classe d\u2019instruments et un personnel d@ jy soutien: concierges, gardiens, etc L'équipement nécessaire au bo fonctionnement d\u2019un -Conserva toire se compose habituellemen d\u2019une bibliothèque, d\u2019une disco thèque et des salles d\u2019écoute}| d\u2019une ou de plusieurs salles d concert, des salles de cours, deg.studios de pratique et des instru ments: des pianos, des instru .ments de percussion, etc.Un étu+lw i diant \u2018admis au Conservatoire 6 peut y étudier à temps plein ou à :4, temps partiel.Pour compléter ses ke études au Conservatoire, il doit, ini oll sa M ce asser les examens de 4 cycles différents.Les Critères de Sélection Les cours au Conservatoire sont dispensés gratuitement; la base de I'admission est la sélection.Les critères de sélection varient selon l\u2019irstrument, mais quelques constantes demeurent: l\u2019âge est un des critères dominants.On n\u2019entre pas au Conservatoire à 20 ans, c\u2019est déjà trop vieux.Plus le candidat est jeune, plus il a de chances d\u2019être admis.Ce critère de base est étroitement lié à la vocation des Conservatoires.En effet, l'institution vise à former \u2018des musiciens professionnels, elle ne fait pas l\u2019éducation populaire.La sélection par l\u2019âge permet donc un filtrage à la base.Le choix de instrument constitue le deuxième critère important de l\u2019admission.Ce critère est lié à l\u2019offre et à la demande.En effet, s\u2019il y a trop de pianistes sur le marché du travail, on accepte moins de candidats en piano; on est donc plus exigeant à l\u2019admission.Après analyse, ce mode de fonc- @'tionnement s'avère significatif de A A568 notre société et révèle des probiè- mes graves.Qu\u2019une institution ait {6 comme but de former des music bon en ment seo ute, ç de de sir str és fire oi 1 565 doi æ = > ciens professionnels, c\u2019est bien, le problème est qu\u2019aucune autre institution ne se charge de dispenser gratuitement des cours de musique à tous ceux qui en font la demande sans vouloir devenir professionnels.La musique et les [arts en général occupent une place secondaire dans notre système d\u2019éducation.Un enfant qui voudrait commencer la pratique d\u2019un instrument doit le faire en dehors des écoles publiques, dans les Centres Culturels par exemple.Les parents doivent alors débourser des sommes d\u2019argent importantes pour payer des leçons privées à leurs enfants.Le taux horaire est de $8.à $12.Si un enfant ne présente pas le talent nécessaire pour faire carrière, la musique lui est donc interdite à moins qu\u2019il ne dispose de moyens financiers importants.De plus, les centres culturels sont généralement construits dans des lieux privilégiés, loins des quartiers populaires.: En plus de la sélection par le \u201ctalent\u201d, le Conservatoire tient compte aussi de l\u2019offre et de la demande.Comme nous venons de le voir, la musique occupant une place secondaire dans l\u2019éducation au Québec, peu de débouchés s\u2019offrent aux finissants des Conservatoires.Parmi les emplois qu\u2019ils peuvent occuper, l\u2019orchestre symphonique est un des plus importants.La vocation des deux orchestres symphoniques du Québec (Montréal et Québec) en est une de divertissement plutôt que d\u2019éducation.La rareté des emplois pour les musiciens professionnels amène l\u2019administration des Conservatoires à limiter le nombre d\u2019étudiants admis et finissants.On continue par le fait même l\u2019éternel culte de la vedette: réussir en musique signifie dominer par sa technique instrumentale, par son savoir qui prend- d\u2019autant plus de valeur qu\u2019il est difficile d\u2019accès.Il est sûr que si les débouchés demeurent rares, il est inutile de former des musiciens professionnels.Si la musique reste un divertissement bourgeois le Conservatoire gardera sa vocation qui est de former des musiciens professionnels: ces derniers continueront à divertir faute d'organismes permettant l\u2019éducation populaire.57.- Contradictions des Critères de Sélection La sélection faite par les Conservatoires présente des contradictions a l\u2019intérieur même de ses critères.Un enfant admis ne deviendra pas nécessairement professionnel.Un autre, doué à 6 ans, peut ne plus posséder les qualités nécessaires à un bon instrumentiste quelques années plus tard.Celui qu\u2019on refuse serait peut-être devenu-un excellent instrumentiste si on l\u2019avait encouragé.Par ailleurs, les limites d\u2019age font refuser un adulte qui, sans devenir virtuose (ou vedette) deviendrait peut-être, à force d\u2019efforts, un bon instrumentiste dans un ensemble.Mais les arts, qui sont aussi des moyens de connaissance et de conscience, ne font pas partie des priorités gouvernementales.Au contraire, on les utilise comme moyen pour inciter à la consommation da publicité, etc.) et comme manifestation divertissantes et passives (le concert, etc.).La musique en ce sens est comparable au sport.On ne fait pas l\u2019éducation sportive.Le Québec est plein d'amateurs passifs et malades.Problèmes financiers des conservatoires, Trois-Rivières: un cas type La sensibilisation populaire aux arts reste dans notre société un souci de dernier ordre; les écoles d\u2019art, en conséquence, ne sont pas parmi les priorités éducationnelles.L'art est riche là où il est rentable, c\u2019est-à-dire là où il se consomme: les salles de concerts par exemple.Les Conservatoires connaissent des problèmes finan- 58.ve \u2019 | source de contestations de la par.des étudiants.|! En octobre dernier, les étully; diants du Conservatoire de Trois Rivières occupaient leurs locauux pendant 10 jours afin de réclaÿf mer des choses fondamentalefy ment nécessaires au fonctionney 4 ment d\u2019une école.En effet, 1] Conservatoire étant privé dd}.directeur depuis le début des.cours, à cause des \u2018lenteurs admiW an nistratives\u201d (tout ce qu'il man 150 quait au nouveau directeur poufff, ; entrer en fonction était la signal, ture du Ministre des Affaireg]i, Culturelles), les étudiants étaientt.privés.de cours de flûte, d trompette et de matières théoriff., ques, car l'engagement de prof, fesseurs n'avait pas été fait.La], bibliothèque était aussi fermée## les heures d'ouverture du Con servatoire limitées, à cause d manque d\u2019appariteurs ou de sur veillants.Des instruments avaient été volés a cause du manque def sécurité des établissements et ils] n\u2019avaient pas été remplacés, car le Ministère des Affaires Cultu# relles exigeait l\u2019engagement d\u2019uriÿ gardien de nuit pour le rempla cement des instruments et l& Ministère des Travaux Publics, def qui relève un tel engagement refusait de le faire.Enfin, ld} Conservatoire de Trois-Rivières est installé dans 4 établissements différents dont un a été jug dangereux par le Service des In cendies et un autre ne satisfait pas aux normes de sécurité selon ld# service d'inspection du travail et des lieux publics.i bog [il | locaux par les étudiants du Con-| servatoire de Hull en octobre# lidQuébec.Tous les Conservatoi- vraiment à une chose, ont besoin lujres régionaux connaissent des de s\u2019y reconnaître, d\u2019y sentir une problèmes analogues à celui de affinité avec au moins une partie 4 {Trois-Rivières.Lors d\u2019une rencon- d\u2019eux-mêmes.Pourra-t-on alors, Titre des étudiants de Trois-Rivières parler de culture populaire ou dave Gerard Lajeunesse, chef du nationale dans un contexte qui i |Cabinet du Ministre des Affaires favorise l'affirmation de l\u2019enva- ae Culturelles, \u2018on apprenait que le hissante personnalité des grands | Ministère n avait pas\u2019 l'intention centres aux dépends de celle, ; Jde réaménager les Conserva- moins bien armée, des régions itoires de Musique, car une étude rurales ou semi-urbaines?Quel était faite sur la \u201c\u2018rentabilité\u201d\u2019 etla rapport y aura-t-il entre cette \u201cnécessité\u201d des Conservatoires culture uniformisée et la menta- régionaux.Dans une lettre au lité et le tempérament des popu- Premier Ministre, _ l\u2019association - lations régionales?\u201d des étudiants se prononçait en faveur du maintien des Conservatoires régionaux et de leur réa- ménagement: \u2018\u2018L\u2019autre inconvénient majeur d\u2019une décentralisation est la dépersonnalisation de monde moderne où la Cour est la toute expression artistique en banque et la Cathédrale la Place particulier et culturelle en géné-.des Arts ral.Les gens, pour s\u2019intéresser dm min, Me aire tien Les Conservatoires de Musique -hous renvoient donc l\u2019image de notre \u2018société, une image vieillie d\u2019une tradition de Cour Royale et de Cathédrale transposée dans un ide 59. le cinéma, bien, mais plus que le cinéma simulation de la réalité.Le cinéma est l\u2019art de toutes les simulations, l\u2019art même de la simulation.\\ Quelle auto-censure m\u2019a fait négliger, dans ce que j'écrivais à propos de \u201cLe milieu du monde\u201d d\u2019Alain Tanner (il faut absolument le voir 2 fois au moins), l\u2019un des facteurs les plus déterminants du réel qu\u2019analyse le film: la condition d\u2019immigrée d\u2019Ariana, dans un pays qui traite scandaleusement la main-d\u2019oeuvre d\u2019outre-frontières dont il a besoin, les Suisses (comme les Francais) ne s\u2019abaissant pas à certaines tâches?Il sera encore question de cinéma - Suisse le mois prochain \u2014 mais fai- af sons un premier point sur le cinéma américain actuel, le cinéma que \u2018consomme le plus le Québec, dont le gouvernement (qu'Ottawa est en train d'évincer sans partage) ne veut pas d\u2019une loi-cadre.du cinéma, qui irait à l\u2019encontre des intérêts des puissances d'argent américaines grâce auxquelles seules ce gouvernement (hautes finance et pègre) existe (comme celui d'Ottawa).Patrick Straram le Bison ravi Le problème est de savoir si on écrit l\u2019histoire ou si on crée une mythologie.Il n\u2019y a pas d\u2019art neutre: la neutralité de I'illu- \u2018sion est une illusion de neutralité.rien ne dissimule mieux la réalité que la «Cinéma et politique» Christian Zimmer \u2014 Un moderne esthétique au service de \u2014 l'impérialisme américa Griffith d\u2019une-part, Buster Keaton@, d\u2019autre part ont les premiers inventé le discours cinématographique.Howard Hawks, en \u201cclassi-f; que\u201d, et Orson Welles, en \u201cavant gardiste\u201d, ont ensuite permis le tex, \u201cte cinématographique.(I! faudraitik aussi citer Marx Brothers, Mankie-§ M wicz, Stanley Donnen et Gene Kelly | N sans parler des films américains dest be Allemands von Stroheim, Murnau,lf ! Lang et de l'Anglais Hichcock).Puisl | 5 il y eût, avec Visconti puis Rossel- B Pr, lini, le néo-réalisme italien.Au début} des années 60, des \u201cnouveaux ciné-} mas\u201d se fondèrent sur la critique du} cinéma hollywoodien, système def production et de distribution, et \u201cmodèle\u201d partout dans le monde f (hors ce modèle, peu d\u2019exceptions { d'une même envergure: Eisenstein, Dovjenko, Dreyer, Renoir, Mizogu- chi, et, précurseur d\u2019une modernité, | Vertov): France, Québec, Suède, 1 Brésil, Tchécoslovaquie, Hongrie, 4 Yougoslavie, Italie, Japon, Suisse, Allemagne, pays africains, sans parler de Cuba et de la trop brève explosion chilienne, du Bolivien Sanjines et de l\u201c\u201capatride\u201d Straub.Il fallait aux Etats-Unis un nouveau cinéma.Ce furent les minables \u201cEasy Rider\u201d ou \u201cMidnight Cowboy\u201d, etc.Comme la France produisit Lelouch pour neutraliser Godard, Hollywood, pour neutraliser Shirley Clarke ou John Cassavetes, produisit Robert Altman et ensuite À cet autre escroc dont le succès ici - { même juge ceux qui l\u2019admirent avec passion: Martin Scorsese.\u201cSoccoro sucks!\u201d crie Alice au début de \u201cAlice -À doesn\u2019t live here anymore\u201d, le + dernier film de Scorsese, qui va semployer 2 heures durant à 4 démontrer que \u201cAmerica sucks\u201d.| \u201cAlice doesn\u2019t live here anymore\u201d 1 sucks.pe ; Une amie essaye à Alice une robe À qu\u2019elle lui taille.Elles parlent hommes, frustrées mais possédées | par les leurs.Alice évoque Robert uN Redford, et se demande s'il a de Ki grands pieds.L\u2019amie demande pour- Mi quoi.Le téléphone sonne.En allant i répondre, Alice lance que la dimen- celle des pieds.Elle est au téléphone #4 quand I'amie arrive hilare en disant ie que Redford a des pieds gigantes- 4h ques, mais elle cesse de s\u2019esclaf- \u2018& fer quand elle voit Alice pâlir, crier, hf puis éclater en sanglots.Scène d\u2019un accident impliquant un camion de wh Coca-Cola (on a vu par les écus- 1 sons sur son habit de travail que son I mari était à l\u2019emploi de Coca-Cola).0 Enterrement.Alice et son fils ren- iy trent chez eux.Le garçon demande ce que va faire sa mère.\u201cTout ce [que je sais faire, c\u2019est chanter.\u201d 0 Alice au piano, plutôt médiocre, et 3 sion du phallus est proportionnelle à | surtout déphasée.Et tout le film est à l'avenant, qui narre le périple.d'Alice de ville en ville, de club en club, essayant de chanter en s\u2019accompagnant au piano, dans un monde brutalisant automatiquement la femme (ah! le contre-jour dans le couloir du Joe & Jim\u2019s Club qu'arpente Alice - sa première tentative - et le travelling pour découvrir le bar - jai fréquenté ce genre de bars 3 ans -: le typique est exagéré en pittoresque qui efface l'authentique, alors que la représentation prétend au réel - ainsi des dialogues, dont le moderne répète le traditionnel, le conventionnel du pire \u201cboulevard\u201d - mots d\u2019auteur pour \u201cfaire peuple\u201d).Découpage percutant.Montage d'attractions.Une caméra extrêmement mobile, travellings, panoramiques, zooms qui dramatisent par l'effet de surprise ou l\u2019idée-choc d'association.Alice finit -waitress à Tucson.(C\u2019est là la limite de Scorsese, là où _ commence Alain Tanner quand il fait \u201cLe milieu du monde\u201d, au moyen d'un cinéma diamétralement contraire).Rencontre d'un homme \u201cvrai\u201d, qui vit sur un ranch, qui comprend et satisfait Alice (au mur du living-room, une tapisserie: visages des fréres Kennedy, au milieu la statue de la liberté, sur le drapeau étoilé).L'enfant.insupportable, mais il ne faut pas dire non aux enfants, qui vont changer la vie, risque de provoquer une rupture, mais happy ending: l\u2019homme va quitter son ranch, et permettre à Alice de faire une carrière de chanteuse.Les problèmes femms / homme et mère /enfant, en cette Amérique de 1974, Scorsese les traite avec \u201caudace\u201d: psychologisme et effets hümoristiques réduisent la \u201cdynamique\u201d du film à guignol et cartes postales.Le \u201cmessage\u201d saborde le medium: in God we trust! Dieu est seulement devenu le self 61. 1H 8 | .-iB CA 8 I made (wo)man et le cinéma de Scorsese.Du show-business dont l'impact aliène un spectateur passif incapable de penser autrement qu\u2019en images, celles fabriquées pour l\u2019aliéner, qu\u2019il soit convaineu que dans ce pays libre il est bon de vivre à consommer: entre autres gadgets ne correspondant à aucun besoin: Scorsese.Dont le film-gadget n\u2019est pas innocent: il se prétend une critique de la société américaine (le vieux mythe monstrueux de la liberté de la presse aux Etats-Unis), pour en fait faire l\u2019éloge incondi- \u201c tionnel de la libre entreprise.Il n\u2019y a que stéréotypes pour consommation courante, afin d\u2019exciter avec des \u201ctranches de vie\u201d, sans la moindre référence aux structures économico- sociales.Ce genre de cinéma à I'épate a pour seule fin de gommer,.de rayer, d'occulter le réel.Le cinéma de Scorsese, facture et convenu (violence impitoyable y comprise, Scorsese y excelle), reconduit l\u2019image de l\u2019Amérique qui \u2018satisfait et rassure l\u2019Américain,.et les autres que cette image éblouit.Quant à la dimension \u201cironique\u201d du discours, elle ne sert qu\u2019à faire croire plus encore qu\u2019il y a \u201ccritique\u201d, liberté d\u2019expression (individualiste, élitiste): le plus ignoble du leurre.Exemple type d'un cinéma d\u2019apparence nouveau au service de l'impérialisme américain qu\u2019il réaffermit, sans aucune innovation qui transforme ou fasse progresser le cinéma.Il est déplorable qu\u2019on aime tant Scorsese au Québec.C\u2019est la conséquence logique du manque de critique ici, d\u2019une part, et, d'autre part, des initiatives pour promouvoir ici une nouvelle (contre) culture qui importe tels quels tous les produits made in U.S.A.rentables (comme- Fuller, le premier Penn, etc.).C'est} comme folle, t relégué au rayon des valeurs matérialistes qu\u2019ils réfutent! \u201cAlic doesn\u2019t live here anymore\u201d a ét tourné aux studios de Burbank Burbank, California.Ce n\u2019est même plus Hollywood, où certains cinéas tes savaient s'assurer une certaine marge d'autonomie (Minnelli, Ray #1 Tree 7% @ à Burbank que sont produites le grandes émissions de télévision, quizz et talk-shows (style \u201cAppelez moi Lise\u201d en plus grandiose).L'Amérique hystérise John Cassavetes (un acteur re marquable) inaugura en.1960 un} cinéma \u2018nouveau américain aveck \u201cShadows\u201d.Suivirent \u201cToo late blues\u201d, \u201cA child is waiting\u201d (que son producteur l\u2019empêcha de finir comme il le voulait et qu\u2019il renia), puis \u201cFaces\u201d, \u201cHusbands\u201d et \u201cMinnie and Moskowitz\u201d, 3 fictions-documents Nord, la civilisation possible en} système capitaliste implacablement déchiffrée, démontrée, mise à nu.k Son dernier film cède-t-il lui aussi à une certaine .stéréotypie d\u2019un moderne esthétique au service de l'im-k périalisme américain?En un, sens,} oui.Découpage et montage sontr{o- pensés en fonction d\u2019effets de sur-kire prise ou de dramatisation faciles, lef].scénario fait la part belle au suspense.Il s\u2019agit néanmoins d\u2019un film] dense et intense sur la schizophré- hi nie à laquelle vie quotidienne etBièn société américaines acculent laf \u201cfemme.L'épouse d\u2019un employé des; travaux publics, qui rêve jeux, fl gentillesse, amour, est considérée} et le devient, ne) \u2014 æ pouvant résister à la pression} qu\u2019exercent sur elle les autres - et Bi plus particulièrement son mari, à cela se fait aussi dans tant de sciences humaines).Et prophètes et fidèles du cosmos de n\u2019adorer plus au cinéma, outre l\u2019underground le plus malade, que Scorsese, Altman.& all, tout sens critique 62. RS les Visio, pee ' I'existence auxquels il s\u2019accroche \u2018incompatibles avec le mode de vie \u2018 américain).Les parents, américains, de la femme sont inexistants, sa belle-famille encore plus hystérique qu\u2019elle.Elle: Gena Rowlands, la femme de Cassavetes, une des actrices que fantasmatiquement je désire le plus depuis \u201cFaces\u201d, est absolument extraordinaire, et Peter _ Falk lui aussi bouleverse.Numéros d'acteurs?En un sens.Mais cet exhibitionnisme de \u201cmonstres sacrés\u201d me parait approprié au pro- pos, sur l\u2019hystérie à laquelle l\u2019Amé- - rique mène quiconque n\u2019accepte pas la réification, quiconque n\u2019accepte pas de se conformer à l\u2019accumulation de capital selon des conventions réduisant l'individu à l\u2019état de chose travaillant et consommant, soumis à des normes de comportement social les plus artificielles, les plus figées, mécaniques.Ne peut-on comprendre la folie comme la mise en scène (la mise en jeu) du sujet contre l\u2019anonymatisation à laquelle le Système réduit, via l'idéologie de la 63. classe possédante-dominante?Alors, malgré les concessions a un moderne esthétique au service de I'impérialisme américain (conforme à une morale de l\u2019effet qui interdit tout questionnement), \u201cA woman under the influence\u201d démontre implacablement comment l\u2019Amérique hystérise, au moyen d\u2019un cinéma rendant compte de la crise au moyen d\u2019un très efficace va-et- vient plans très éloignés - gros plans, les deux phases du vacillement de l'esprit refusant l\u2019ordre établi parce que cet ordre est contraire au réel de l'individu.C\u2019est pourquoi John Cassavetes avec \u201cA woman under the influence\u201d a fait un film beau comme une tragédie shakespearienne et nécessaire comme \u201cL\u2019idéologie allemande\u201d.Le film est critique, sa dimension * politique.Répétons, plus que jamais, avec Roland Barthes (entretien avec Jean-Jacques Brochier, dans l\u2019indispensable \u201cMagazine littéraire\u201d 97, février 75): \u201cLe politique est à mes yeux un ordre fondamental de l\u2019histoire, de la pensée, de tout ce qui se fait, de tout ce qui se parle.C\u2019est la dimension même du réel.La politique, c\u2019est autre chose, c\u2019est le moment où le politique se convertit en discours ressassant, en discours de la répétition.Et autant jai un intérêt profond pour le politique, un attachement profond au politique, autant j'ai une sorte d\u2019intolérance au discours politique.(.) L'une des tâches essentielles d\u2019une avant-garde aujourd'hui serait de s'attaquer à ce problème de la culpabilité de l'intellectuel à l\u2019égard de la politique.Ce qui est très compliqué parce que cet éclaircissement devrait être fait à l\u2019aide d\u2019une méthode dialectique: il n\u2019est pas question de liquider la politique au profit d\u2019une dépolitisation pure et simple.Ce qu\u2019on cherche, c'est un mode de présence dans le 64.PRE ISO IE ER EEE CET I RT RTS Io discours politique qui ne soit pask ressassant.\u201d » Un mode de | PRESENCE dans le discours politique.Il faudrait chaque fois voir \u201cA woman under the influence\u201d puis immédiatement \u201cTout va bien\u201d.syndicaux ou du Parti Communiste Français, les reprises des séquences de travail de la journaliste amé-# \u201cricaine et du cinéaste français: autant de scansions du récit, qui cassent toute intrigue hypnotisant le spectateur, qui exigent de celui-B.ci un effort \u201crépété\u201d de réflexion, qui ont la fonction des panneauxf pièce de Brecht.L\u2019exagéré, le cari-% catural sont conventions d\u2019un jeulp dramatique qui à la fois \u201cimagent\u201d# un réalisme vrai (pas son apparence) ## et éclatent la fiction au moyen des]! points d'analyse que chaque mimo-f drame engendre.C\u2019est ce qui donntfyy à \u201cTout va bien\u201d son incomparable efficace didactique.-.Il faudra bientôt choisir irrévocablement: Cassavetes et Godardf \" (entre quelques autres) ou lef moderne esthétique au service den, l'impérialisme américain, qui excite ji) un monde pensant par clichés fai-B.sant aller de soi l'idéologie de la® hi classe possédante-dominante, sans| critique. i Ma ?b avec l'impétuosité de I'avalanche et la force de la foudre b Léandre Bergeron AE, ë a ti auch.| its Mins.Hue eam eas: e celui{! (elu ; Teron, meas} | dune] on je cari | un jeu agent\u201d rene) en des mime donot = arable | TMICRO ROBERT.lt a kl.ie de endie | bs fi | de lb} saus Le 1 i\u201c + ~~ OPIUM: n.m.Suc du fruit d\u2019un pavot, utilisé comme stupéfiant.Prendre de l'opium pour dormir.- Loc.La religion est l'opium du peuple (Karl Marx), elle l\u2019endort, l\u2019éloigne des problèmes \u2018réels.Maharishi, Hari Krishna, le catholicisme, l\u2019alcool, Mobilisa- \u2018tion, les sports professionnels, le Bulletin populaire, la tévé, le \u2018cinéma, le sexe, la poésie, la littérature en général, le marxis- ; toung, la Corvette, la musique en général, le skidou, toutes les arts \u2018religions, le tabac, Mainmise, les I a\" \u2018arts en général, le canal 10, le canal 2, la publicité en général, Playboy, Playgirl, le sexe en général, le potte, le LSD, le STP, les aspirines, les drogues en général, et ajoutez-en.- k y a ceux qui me-léninisme pensée Mao Tsé- Les opiums des peuples Coke qu: ofisant Parmi tous ces moyens, lesquels sont des opiums, lesquels n\u2019en sont pas?Il y a ceux qui font \u201cpartir\u201d ou s\u2019éloigner un peu.Il y a ceux qui abrutissent à la petite semaine.Il \u201camusent\u201d -a la journée longue.Il y a ceux qui _cristallisent une vie, y donnent un sens définitif.Il y a ceux qui donnent un haille (high) rapide.il y a ceux qui provoquent la conscience.Il y a ceux qui soulagent.Comment est-ce qu\u2019on classe tout ça?Pour le capitaliste, ces moyens sont bons s\u2019ils rapportent du fric immédiatement et s\u2019ils permettent de continuer à en faire à moyen terme en abrutissant les exploités et en les divisant pour les empêcher de contester le régime capitaliste.Et les gouvernements 65. Ae \u201cI i H 4 Ha i CX Air idan Nr Tr RATA oo EE Le ES à la solde de ces capitalistes font leur part dans le même sens en subventionnant les \u2018\u2018arts\u2019\u201d, en menant une lutte bien timide au commerce de la drogue.Pelletier subventionne Mainmise parce -qu\u2019il dépolitise les Québécois, \u2014Trudeau reçoit Maharisht pendant quelques heures, Drapeau amène les olympiades à Morial.Pour ceux imbus de l\u2019idéologie bourgeoise, parmi ces moyens il y a les bons, ceux qui \u2018\u2018expliquent l\u2019univers et sécurisent (les religions en général), ceux qui divertissent et distraient du quotidien insupportable (cinéma, té- vé, littérature, arts en général, magazines érotiques et autres, Mainmise, alcool), ceux qui guérissent ou aident à mieux fonctionner (aspirines, certaines autres drogues, le tabac); et d\u2019autre part, il y a les mauvais, ceux qui attaquent le régime capitaliste (le marxisme-léninisme pensée Mao Tsétoung, Chroniques, Mobilisation, le Bulletin Populaire, etc) et ceux qui minent le fonctionnement de l\u2019individu dans le régime capitaliste (certaines drogues dures).Pour les révoltés de l\u2019ordre bourgeois, pour les contre-cultu- ristes, les moyens qui permettent de \u2018partir\u2019, de décrocher du système mentalement sinon physiquement et mettent l\u2019individu dans un état de non-fonctionalité vis à vis le système sont corrèque, ben corrèque (drogues de toutes sortes, religions, érotisme, et toute le traditionnel vu dans une optique \u201c\u2018partie\u201d\u2019: tévé, cinéma, toutes les arts en général, Marx, toute la gagne) et les mauvais, les -pas corrèque, sont ceux qui main- 66.\u201c \u201c tiennent l\u2019individu dans un état de fonctionnalité dans le système\u201d (tévé, sports, arts dans une# optique stréte) ou contre le systé- f me (marxisme-léninisme pensée§ Mao Tsétoung, Chroniques, Mo-f bilisation, etc.).Quant à ceux engagés.dans une transformation radicale de la société, il y a,une distinction à faire entre ces moyens.Il y a les véhicules objectivement neutres et les véhicules chargés d\u2019un contenu déterminé.La tévé, les arts, le skidou, la voiture sont des moyens qui peuvent servir autant à la libération de l\u2019être humain qu\u2019à son exploitation.Entre les mains de la bourgeoisie, ils servent essentiellement à la domination et à l\u2019exploitation de la majorité.Dans un pays sur la voie du socialisme, ils servent à la libération de la majorité.If y a, d\u2019autre part, les véhicules chargés d\u2019un contenu.Les religions sont des véhicules chargés d\u2019un contenu qui éloi-j gne de l\u2019action qui transformerait le monde.Le marxisme-léninisme pensée Mao Tsétoung est un véhicule chargé d\u2019un contenu qui pousse à la transformation du monde.: Entre les véhicules objectivement neutres et les véhicules chargés d\u2019un contenu spécifique, il y a des moyens qui sont à la fois neutres (donc véhicules d\u2019exploitation ou de libération) et chargés également de non-fonctionalité.La sexualité est un moyen neutre qui peut charrier le rapport maître-esclave (exploitation) ou la libération d\u2019énergie entre égaux (libération) En même temps, cette même sexualité est chargé de non-fonctionalité, de complai- #* sance.Les sujets s'arrêtent sur ty Wem pe Site.Pensée 5, My- \"5 Ung de ha Üon à Fa leg fits gf nie | fs, le jens Ah | qu Mains ervent fon joi, Cig jon de ft, ls Ntend, culs él ome: oni ng es tend on du \u2019 ctf: cules figue I fois lo args lite} neutre put Lou à égaux emp i ge par if Sur une activité valable pour elle- méme.Les drogues sont des véhicules neutres auxquels le sujet apporte un contenu soit d\u2019exploitation ou de libération.Certaines drogues peuvent asservir l'individu, en faire objectivement un zombie (même si ses paysages intérieurs à lui rappellent le paradis terrestre).Les mêmes drogues sur certains autres sujets dans un état de disponibilité donné serviront de catalyseur pour saisir la réalité dans ses dimensions rationnelles et sur-rationnelles ou encore de médicament pour soulager un mal psychique ou physique, pour passer une étape difficile.Mais en même temps, les drogues sont chargé d\u2019un contenu de non-fonc- tionalité.Elles permettent comme la sexualité le court-circuitage momentané de la fonctionalité de l\u2019être et la complaisance dans un état de bien-être.Elles reposent, relaxent, détendent.Dans un projet révolutionnaire, le critère étant la lutte efficace de la classe ouvrière contre la bourgeoisie, un objectif immédiat sera de se servir des véhicules neutres pour mener la lutte contre la bourgeoisie qui emploie ces mêmes véhicules mais chargé d\u2019un contenu qui éloigne de la transformation du monde.Quant aux- véhicules chargés d'avance d\u2019un contenu réactionn- naire comme Maharishi et les religions en général, il faudra les combattre comme l\u2019obscurantisme sous toutes ses formes.Par contre, les véhicules à la fois neutres et chargés comme la sexualité et diverses drogues, ils devront être employé judicieusement.Le projet révolutionnaire exige des énergies.Des énergies qui peuvent se dissiper dans la non- fonctionalité et la complaisance doivent être canalisé dans la fonction-projet révolutionnaire, ce qui veut dire autodiscipline et discipline collective: proportions à maintenir entre la dépense d\u2019énergie dans la fonction-projet révolutionnaire et la dépense-récupé- ration d\u2019énergie dans la non- fonctionalité-complaisance.En même temps, ces moyens en tant que véhicules neutres peuvent servir de catalyseurs de connaissances où encore comme médicaments, mais comme nos connaissances dans ce domaine ne sont guère plus scientifiques que le piffomètre, mieux vaut y aller molo.(Prenons pour exemple certains anciens parti-pristes dont quelques uns ont capoté grâce à certaines drogues dans la contre- culture la plus réactionnaire tandis que certains autres ont pu explorer grâce aux mêmes drogues des aspects de nos subjectivités encore trop caché par le système répressif et, de ce fait, faire avancer la connaisance de l\u2019humain).Aussi croyons-nous que les maux qui affligent les gens dans les sociétés capitalistes (aliénation mentale, aberrations, pogna- ge de toutes sortes, capotage dans toutes les échappatoires possibles) ne peuvent être enrayé que par l\u2019élimination de l\u2019exploitation et que, tant que dure le présent système, les louables tentatives de libération individuelle par les véhicules neutres chargés ne sont que du réformisme à la façon de la Deuxième Internationale et voué à l\u2019échec.67 ag ee En attendant que la majorité des exploités du régime puisse décider collectivement de l\u2019usage socialement nécessaire de tous ces moyens, il appartient à tous ceux, individus et groupes intégrés au processus de transformation sociale, de juger, selon des critères d'efficacité dans la situation concrète, de l\u2019utilité précise de ces moyens.Maharishi, Hari Krishna, le catholicisme et autres religions sont des véhicules chargés négativement, de l\u2019opium négatif.A combattre.Dans la société capitaliste la grande.majorité des productions de jeu (tévé, théâtre, sports, littérature, peinture, musique) sont chargé d\u2019opium négatif.À combattre en se servant des mêmes véhicules dans le projet de transformation sociale radicale.Sexualité et drogues, - opiums positifs et négatifs.A employer judicieusement.ut ss 8#Ss\u2014- es informations Musiques nouvelles 8 concerts gratuits.Le 12 mai à 20h.30: Groupe de Recherches Musicales (Institut de l\u2019audio-vi- suel - Paris), Faculté de musique, Université de Montréal, 2375 Côte Sainte-Catherine.Le 13 4 20h.30: Groupe de Recherches Musicales: Lejeune, Malec, Parmegiani, Schaeffer, Pollack Concert Hall, McGill University, 555 ouest Sherbrooke.Le 14 a 20h.30: Cervetti, Dawson, Deak, Kasemetz, Lanza, avec l'actrice Meg Sheppard, Pollack Concert Hall.Le 15 à 20h.30: Beercroft, Ghent, Joachim, Coulombe Saint- Marcoux, par l'Ensemble de la Société de Musique Contemporaine du Québec sous la direction de Serge Garant, Pollack Concert Hall.Le 16 à 13h.30 et 16h.30: enfants et musique nouvelle, Bibliothéque Nationale du Québec, 1700 rue Saint-Denis.Le 16 à 17h.30 et à 22h.: musialo- gues-films avec Bernard Parme- giani, Auditorium (immeuble principal), Université de Montréal, 2900 Edouard-Montpetit.Le 17 à 20h.30: Groupe de Recherches Musicales: Bayle, Chion, Reibel, Schwarz, Pollack Concert Hall.Le 18 à 16h.30: films expérimentaux, Bibliothèque Nationale du Québec.Le 18 à 20h.30: musique électronique avec GI- MEL (Groupe d\u2019Interprétation de Musique Electro-acoustique: Marcelle Deschenes-Harvey, Gisèle Ricard, Nil Parent), Bibliothèque Nationale du Québec.Le 19 à 16h.30: musique électroni- ormations que, avec Metamusic (Montréal), Concordia University SGWU Campus, 1455 ouest rue de Maisonneuve.Le 19 a 20h.30: Canadian Electronic Ensemble (Toronto), Bibliotheque Nationale du Québec.Renseignements: - Micheline Tessier, 208 rue Bloomfield, Outremont.Révolution et cam éra A-la Cinémathèque québécoise, Bibliothèque Nationale du .Québec, 1700 rue Saint-Denis - programme gratuit sur demande: 866-4688 -, le 2 mai à 21h.30 \u201cLast grave at Dimbaza\u201d, un film tourné en 73, anonymement et clandestinement, sur les ghettos et les camps de concentration où les Blancs d\u2019Afrique du Sud parquent les Noirs, et \u201cQuand le peuple s\u2019éveille\u201d, un film tourné par une équipe de militants latino-américains entre juin 72 et- juin 73, Tricontinental Film Center, qui révele les carences qui allaient être fatales à l\u2019Unité Populaire au Chili.Une soirée a ne pas manquer. Le mercredi et le jeudi à 21h.30, des caméramen québé-' cois présentent les films dans lesquels ils considèrent avoir fourni leur meilleur travail d\u2019opérateurs.Initiative remarquable en ce sens qu\u2019elle met en relief un élément fondamental du cinéma, \u2019 souvent négligé: la prise de vue.Le 7 Alain Dostie propose \u201cImages de Chine\u201d de Marcel Carrière.Le 8 Jean-Claude La- brecque propose \u201cUn jeu si simple\u201d de Gilles Groulx le Lynx inquiet (Grand Prix aux XIe Journées Internationales du Film de Court-Métrage de Tours).Le 14 Georges Dufaux propose \u201cGeneviève\u201d, peut-être le meilleur film de Michel Brault (avec \u201cL\u2019Acadie, l\u2019Acadie\u201d).Le 15 Michel Brault propose \u201cFélix Leclerc troubadour\u201d et le film le plus important fait au Québec (avec \u201c24 heures ou plus\u201d): \u201cEntre tu et vous\u201d de Gilles.Groulx le Lynx inquiet.Le 21 Gilles Gascon propose \u201cTout temps, tout I'temps, tout temps\u201d de Fernand Dansereau.Le 22 Bernard Gosselin propose \u201cCapture\u201d et \u201cLes voitures d\u2019eau\u201d de Pierre Perrault. | | trale), le 2iéme film de l\u2019auteur Cinéma d\u2019actualité A l\u2019Outremont, 1248 ouest rue Bernard - programme-revue gra- truit sur demande: 277-4145 ou -277-2001 -, plusieurs films à voir ou à revoir en mai.Le 4 à 16h.30: \u201cLa classe ouvrière va au paradis\u201d de Elio Petri - la farce, loin { d'escamoter le réel, en renforce | l\u2019analyse, qui montre bien les relations travail - amour- qualité | de la vie.Le 5 à 21h.30: \u201cLe Socrate\u201d de Robert Lapoujade - un questionnement dialectique et la dialectique cinématographique telle que l\u2019interroge un peintre.Le 8 à 19h.: \u201cLa salamandre\u201d de Alain Tanner - la problématique écriture / vie, la femme aujour- d\u2019hui sujet (Bulle Ogier magis- de \u201cAu milieu du monde\u201d.Le 13 à 21h.30: \u201cLudwig, Requiem pour un roi vierge\u201d de Jurgen Syber- berg une aventure sans\u201d précé- dent tant dans le champ du cinéma que dans celui de la sociologie, dans celui de la psychanalyse que dans celui du politique, la première combinatoire Joyce / Brecht tentée.Le 20 à 18h.15: \u201cLa maman et la putain\u201d de Jean Eustache - un discours sur le discours, le cinéma interrogé à l\u2019intérieur du questionnement de l'amour par des -intelleetuels petits-bourgeois d\u2019après mai 68 à Paris.Le 21 à 19h.: \u201cEclipse\u201d de Michelangelo Antonioni - pratiques à la Bourse et solitude de la femme, Ce et à 21h.30: \u201cBlow-up\u201d de Michelangelo Antonioni - le réel à travers la photographie.Le 22 à 19h.30: \u201cL'homme n\u2019est pas un oiseau\u201d de Dusan Makavejev - le premier .film, et le meilleur, d\u2019un marxiste qui va progressivement se faire piéger par son libéralisme, un humour décadent et une lecture confuse et confusionniste de Wilhelm Reich, jusqu\u2019à ce sous-produit du cinéma américain \u201cmoderne\u201d qu\u2019est le sinistre et grotesque \u201cSweet movie\u201d.Le 27 à 19h.: \u201cLa terre promise\u201d de Miguel Littin - je n'ai pas beaucoup aimé, lors d\u2019une 1ère vision, cette grande fresque métaphorique sur le Chili, mais Serge Toubiana en écrit, dans le \u201cCahier du cinéma\u201d 253: \u201c.que dit le film, à quoi peut-il se résumer idéologiquement?À une idée simple qui consiste à dire aux paysans de 1972: vos aînés ont fait la même chose, il y a quarante ans, ils ont occupé les terres de Palmilla, guidés par José \u2018Duran; l\u2019armée des riches est venue et les a massacrés.Que la mémoire nous serve aujour- d'hui à éviter les erreurs du passé.(.) .ce qui est en jeu dans \u201cLa terre promise\u201d, c'est bien un discours idéologique sur l\u2019Histoire, discours qui est porteur de questions: aujourd\u2019hui, comment, pour qui, contre qui faut-il faire parler l\u2019Histoire?\u201d Le 27 toujours à 21h.30: \u201cFaut aller parmi l\u2019monde pour le savoir\u201d de i|- Fernand Dansereau - I'enregistrement de ce qui fut tenté à Saint-Jérome; \u201cfaites attention / le peuple / quand y décide de parler / y'est fort.\u201d Le 29 a | 21h.30: en première québécoise \u201cLes noces\u201d de Andrezej Wajda - \u201cun film sur l'impossible liberté collective d\u2019une nation soumise à un perpétuel tuteur.\u201d Que tous ces films ne vous empêchent pas de téléphoner à Micro-Cinéma ltée, 849-2384 pour vous indigner qu\u2019on annonce a I'Qutrement \u201cL\u2019amour fou\u201d de Jacques Rivette en version | abrégée.Ps.Transcendance & Co.Dans \u201cLa Presse\u201d du 24 mars 1975, Lily Tasso rapporte quelle conférence donnait la veille à la Place des Arts, devant 3,000 personnes, Maharishi Mahesh Yogi, \u201cle fondateur de la science de l'intelligence créatrice\u201d.1 million d\u2019hommes (et les femmes?) pratiquent la méditation transcendantale, auxquels s\u2019ajoutent chaque mois 200,000 nouveaux méditants.Maharishi: \u201cNous vivons dans une génération qui va transformer le monde.\u201d Comment?\u201cMaharishi rappelle qu\u2019une recherche en 60 points effectuée dans 360 villes a prouvé ce qu\u2019il avance: la productivité a augmenté.\u201d La productivité: mais les salaires?Les conditions de vie ont-elles été modifiées?Maharishi: \u201cPas besoin de prêcher aux criminels; il suffit de créer un sentiment puissant d'ordre autour de nous.\u201d\u201d Ordre: mais qualité de la vie, rapports d\u2019égaux à égaux, plaisir?Tout se précise: \u201cJe fais appel aux chefs de gouvernement et aux chefs de communauté pour répandre, dans leur propre intérêt, la pratique de la méditation transcendantale.\u201d : L\u2019INTERET DE QUI?Productivité, ordre, intérêt.Au-delà des classes.On pense au \u201cspectacle\u201d de Raoul Duguay, prophète tournant en dérision tout discours révolutionnaire, et commandant aux fidèles qu'il fascine leur \u201cparticipation\u201d, réé- tablissant dans sa mystique \u201cscientifique\u201d du cosmique le rapport dominant / dominés (lire \u201cSur le théâtre\u201d de la camarade Thérèse Arbic).Pour ceux qui_ne comprendraient toujours pas, ajoutons ces autres propos de Maharishi: \u201cM.Trudeau est un homme intelligent: il est réceptif à tout ce qui peut améliorer la société.(.) Il doit être un méditant; je le reconnais à l\u2019attention qu\u2019il portait à tout ce que je lui disais.\u201d A quoi peut bien méditer le pet?\u201cJe n\u2019ai entretenu M.Trudeau que de mes connaissances; c'est lui qui a en main le Trésor public, c'est à lui de décider.\u201d Enseignement de la méditation transcendantale: 115 dollars pour \u2018un adulte, 50 pour un étudiant.Un auditeur ayant demandé où va cet argent, \u201cOn ne doit pas s'inquiéter de savoir où va l\u2019argent, mais où va l'esprit.\u201d Il faut qu\u2019une société vive sans critique pour que de telles impostures aillent de soi, qui déres- ponsabilisent, préparant au fascisme dont les propriétaires des moyens de production ont besoin lorsqu\u2019il y a crise économique, qu\u2019entérinent tous les nouveaux poètes-prêtres du cosmique, qui proclament \u201cdépassés\u201d lutte des classes et matérialisme historique.P.S.Maharishi a répond L\u2019Aurore 1651 rue Saint-Denis Moment émouvant pour plusieurs, le 7 avril 1975, que celui de linstallation de I'équipe de l\u2019'Aurore dans les locaux qui furent si longtemps ceux des éditions du Jour.Victor-Lévy Beaulieu est donc de retour au 1651 de la rue Saint-Denis, où il apprit son métier avec Jacques Hébert, auquel on doit qu\u2019existe l\u2019édition québécoise à large diffusion, permettant aux meilleurs écrivains de publier.(on doit à Gaston Miron l'homme agonique pioché d\u2019un mal d\u2019épieu l'édition à diffusion plus restreinte de la poésie québécoise, l\u2019origine: l'Hexagone).Avec 75 livres publiés pendant une première an-' née - et une remarquable initiative de décentralisation / in- \u2018formation: foires du livre - rencontres avec écrivains à Chicou- timi, Rimouski et Québec, pour commencer -, les éditions de l\u2019Aurore se sont imposées incon- À testablement comme celles de- l\u2019écriture québécoise la plus moderne, la plus fondamentale.Il reste à surveiller comment évoluera dans ce lieu qui fut celui de l'intelligentzia la plus bourgeoise Léandre Bergeron le Buffalo hugolien.Ce lieu où l\u2019on fêtera souvent dans les années à venir un écrivain magistral qu\u2019a révélé l\u2019Aurore: Philippe Haeck le Lézard compte tenu du mot._ Editions de l'Aurore, 1651 rue Saint-Denis (844-8764).Merde.P.S. Les affaires Le cul Q par excellence, M.Denis Hardy, ministre des \u201cAffaires\u201d culturelles, \u201cne voit pas l\u2019utilité d\u2019une nouvelle consultation puisque les gens du milieu ont été \u201csur-consultés\u201d depuis bientôt douze ans.\u201d (Le Devoir, 9 avril 1975).Ces mêmes gens qui et l'épanouissement de la culture cinématographique dans toutes les régions du Québec, la liberté de création et d'expression.Oui?L'article 37 du projet de loi précise: promouvoir et soutenir .financièrement, en tenant compte de la rentabilité de ses investissements, la création, la production, la distribution, la diffusion et l\u2019exploitation de films oj Viennent de se regrouper, for- M mant une sorte de front com- gi mun contre la loi-cadre qu'Hardy iy veut déposer en chambre.Une loi An Qui ne modifie en rien la main- ty M Mise des monopoles américains hi M8 sur le marché du cinéma au 1x #9 Québec.Les intérêts financiers is | américains sont les mêmes sans it M8 lesquels les gouvernements libé- us KA Taux (ou conservateurs) d'Ot- ii tawa et de Québec s'effondre- [§ raient; du point de vue idéolo- québécois de qualité.Qui décidera de la qualité des films québécois dont la création, la production, la distribution, la diffusion et l\u2019exploitation assureront la - rentabilité des investissements?Bertolt Brecht: \u201c\u2026les moyens de production ne sont pas encore la propriété de ceux qui produisent, de sorte que le travail a le caractère d\u2019une véritable mar- gique et culturel le cinéma américain est indispensable au système capitaliste que ces gouvernements défendent (qui seraient incapables de se munir par eux-mêmes d\u2019une telle arme).Gilles Groulx, qui en parle, durant un entretien avec CHRONIQUES (pour octobre), signale en outre que les cinéastes québécois seront bien trop heureux de se jeter sur les 5 millions de dollars allant avec cette loi- cadre.Dernières nouvelles: Hardy a parlé \u201cd\u2019au moins 3 millions\u201d! La course aux miettes n'en sera que plus acharnée, et chandise - qu\u2019il est impossible de fabriquer sans les moyens de production (les appareils).\u201d Hardy Je cinéma québécois! Pour ceux qui ne comprendraient pas encore et s\u2019indignent que l\u2019on parle d'état fasciste au Québec, soulignons que cette même loi-cadre prévoit l\u2019abolition du Bureau de surveillance du cinéma, commission autonome et à caractère semi-judiciaire, une direction du cinéma au ministère des \u201cAffaires\u201d culturelles assurant désormais classification et contrôle des films.La Censure relèvera de l\u2019appareil politique.(Qu'un ministre prenne une décision qui fait scandale: il suffit de le remplacer, et il n\u2019y a ainsi jamais de véritable responsable.) Hautes finance et pègre décident des films que les Québécois peuvent voir (cinéma amé- , ricain et films pornographiques 3 passeront de plus en plus facilement), Gilles Groulx s\u2019exile, et renonce pas à une \u201ccarrière\u201d pour des idées., Cette loi-cadre entend favoriser la mise en place de l\u2019infrastructure artistique, industrielle et commerciale d\u2019un cinéma qui reflète et développe la spécificité québécoise, le développement i plus tiède la contestation: on ne #{ d'un cinéma québécois de qualité plus aucune critique ne s\u2019exercera.Brecht dans les années 30 en Allemagne dénonçait un fascisme qui ne consultait pas les producteurs mais auquel les Libéraux et les brasseurs d\u2019Affaires n\u2019avaient \u2014 pas encore fourni tout le raffinement avec lequel on abuse, on viole et on endoctrine les Québécois aujourd\u2019hui.Il est vrai que le cinéma est un matériau bien matérialiste, et que personne n'empêche de contester en revendiquant une culture plus cosmique.A vomir.La Guilde: une petite pègre qui tient les e e / / e musiciens québécois Le soi-disant syndicat des musiciens de Montréal, qui n\u2019est qu'une succursale d\u2019une \u201cunion\u201d américaine, et qui a ce nom merveilleux de Guilde (\u201cAu moyen âge, sorte d\u2019association de secours mutuel entre marchands, artisans, bourgeois\u201d - dictionnaire Robert) permet à certains musiciens de survivre en obligeant tout employeur à payer un tarif minimum.C\u2019est hélas son seul mérite! Cette \u201cunion\u201d profite en effet de l\u2019apathie syndicale des musiciens pour imposer des procédures, des règlements, une surveillance et des sanctions proprement fascistes.Les musiciens, qui lui sont soumis par la force des choses, la traitent de petite pegre, mais c\u2019est encore trop peu.La Guilde règne par la terreur.Un musicien doit en faire partie s\u2019il veut avoir le droit d\u2019exercer son métier en tout temps et en tout lieu, en Amérique; s\u2019il est pris en flagrant délit (et la Guilde a ses espions fort bien renseignés) de faire de la musique avec un non-membre, il devra payer une forte amende ou se faire expulser du \u201csyndicat\u201d sans préavis.Et toutes ces bonnes nouvelles, le musicien ne les apprend pas par lettre, mais par un avis public dans L\u2019entr\u2019acte, revue officielle de la Guilde en question à Montréal.Quelques exemples, parmi la centaine d\u2019amendes imposées, dans le numéro de mars 75: * À un employeur pour avoir payé moins du tarif minimum: $100 d\u2019amende; mais d\u2019un musicien, pour avoir travaillé à moins du tarif minimum, on exige la coquette amende de $500! Serait-\\ ce un syndicat pour protéger les employeurs?© Pour avoir joué avant la signature du contrat: amendes entre $25 et $60.e Pour avoir changé d\u2019adresse: $5 d\u2019amende! - Par ailleurs, la Guilde n\u2019avise aucun de ses membres quand vient le temps de payer sa cotisation; et s'il a le malheur d\u2019oublier d\u2019envoyer son chèque, le musicien apprend, par la voie de la revue, qu\u2019il est \u201csuspendu\u201d.Nouvelle amende, et ça recommence.On a peine à croire que les musiciens acceptent encore de subir pareil organisme.On se dit: il suffirait qu\u2019ils se regroupent et a \u2018 fondent leur propre syndicat.Malheureusement, s\u2019ils le faisaient, la Guilde américaine les tient à la gorge et leur interdirait d\u2019exercer leur activité professionnelle sur le territoire des U.S.A.Voilà en quoi consiste la souveraineté culturelle du sinistre Hardy-Cloutier-Bourassa.La même Guilde conduit à des aberrations du genre de l\u2019OSM, où la majorité des musiciens sont américains et non québécois, pendant que nos musiciens sont refoulés dans des orchestres de seconde zone.Où l\u2019on nous cite Hitler avec fierté, oui messieurs-dames! Le numéro de L\u2019Entr\u2019acte, mars 75, entr\u2019acte comme négociation au nom des musiciens sans les consulter, impresario magicien de coulisses, chantage, chômage, ce numéro est particulièrement écoeurant.À la page 42, sous une liste de noms \u201cInterdits-Unfair\u201d, on trouve, bien en évidence, la citation suivante: \u201cLa seule réalisation impérissable du travail et de l\u2019énergie humaine, c\u2019est l\u2019art.\u201d Hitler - Ma Doctrine Quand une revue ose, sans même sentir le besoin de se voiler la face, s\u2019enligner sur Hitler comme maître à penser fût-ce en art, on a là une preuve concrète de la faséisation croissante de certains milieux: C\u2019est un symptôme historique: les fascistes reprennent du poil de la bête, alors que la défaite de l'Allemagne nazie les avait fait rentrer dans leur trou.Ils sont à la veille de nous dire qu\u2019Adolf Hitler est réhabilité et que sa pensée sociale en vaut d\u2019autres.Ignorance politique?Confusion intellectuelle?Velléité d'un ordre fasciste?Tout cela se tient et n\u2019est que le produit larvé d\u2019un système en proie à des contradictions de plus en plus insurmontables.Car cette citation d'Hitler portait en elle la marque du fascisme, sans qu\u2019on ait besoin de remonter jusqu'au personnage qui l\u2019a pensée.Le travail concret de tous les hommes, y compris les artistes, y est méprisé au .bénéfice d\u2019une conception idéaliste//sfasciste de l\u2019art en tant que mystère total, objet absolu échappant au temps et à l\u2019espace.-La cervelle géniale que je soupçonne avoir découvert la phrase hitlérienne pourrait bien être l\u2019éditorialiste M.J.T., puisque dans le même numéro, ce brillant critique d\u2019art démolit un poète sous le titre \u201cUne poésie de l\u2019indécence.\u201d Je cite: \u201cLa poésie, fut-il dit, est d'inspiration divine.Certains ont reçu la lumière totalement, d\u2019autres, en partie, d\u2019autres, pas du tout.Etrangement, c\u2019est parmi ces derniers que se recrute une quantité incroyable de convaincus qui persistent à vouloir accéder à cette forme supérieure du langage, certains qu\u2019ils sont de retenir en leur âme les seules clefs de la vérité.\u201d (Les soulignés sont de moi).Vous ne saviez pas?La poésie, comme l\u2019organisation sociale, vient de Dieu, et la vérité, c'est dans l\u2019âme qu\u2019on la trouve, c'est même une question de clefs.Messieurs les musiciens, profitez donc d\u2019un entr\u2019acte pour, à tout le moins, rétablir un peu vos droits dans cette chierie qu\u2019est la Guilde des musiciens of Montreal.NA.La bande dessinée québécoise La revue La Barre du jour vient de réaliser un magnifique numéro quadruple (no 46-47-48- 49) sur La Bande Dessinée Kébé- coise (ouvrage collectif dirigé par André Carpentier).Cet ouvrage comporte trois grandes parties: l'histoire de la bande dessinée québécoise, sa situation sociale - voir l\u2019article \u201cLa Bd politique\u201d de Pierre Dupras en bande dessinée; lire l'analyse marxiste \u201cBd et société\u201d de Jacques Samson -, et des études sémiotiques sur le récit, les procédés, les personnages, les genres.Quelques-uns pourront juger prématuré un ouvrage sur la bande dessinée québécoise alors que la plupart des revues arrétent apres que- ques numéros; d\u2019autres, dont je suis, y voient un bon moyen d\u2019éveiller l'attention sur notre production, de l\u2019encourager en amorçant un travail critique.Ph.H.Histoire de la Littérature Prolétarienne en France.RAGON Michel.Histoire de la Littérature Prolétarienne en France.Paris, Albin Michel, 1974, 315 p.Le \u201cdomaine\u201d prolétarien de la littérature française n\u2019est sans doute pas le moins important ni le moins significatif mais c\u2019est très certainement le moins connu.Michel Ragon précise bien, dans son introduction, ce qu\u2019est cette \u201clittérature d\u2019expression populaire\u201d dont il a entrepris d\u2019écrire l'histoire.C'est, rappelle- t-il, celle \u201cqui exprime les idées, les sentiments, les moeurs du - peuple\u201d et qu\u2019on ne doit pas confondre avec la sous-littératu- re dite \u201cpopulaire\u201d ni avec la littérature \u201cpopuliste\u201d à la Francis Carco qui donne à ses lecteurs et ses lectrices le sentiment de s\u2019encanailler en toute sécurité.Michel Ragon recense et étudie la littérature- d\u2019expression populaire depuis une trentaine d'années.Il y a été amené par Rousseau, Michelet, Péguy, Gué- henno et Henry Poulaille qui, à des époques différentes et avec des moyens divers, ont revendiqué pour les humbles, les silencieux, le droit à la parole et à l\u2019écriture.L\u2019ouvrage qu\u2019il nous présente aujourd\u2019hui est en fait une troisième version, refondue et considérablement augmentée des Ecrivains du Peuple (Jean Vigneau, 1947) et de l\u2019Histoire de la Littérture Ouvrière (Les Editions ouvrières, 1953).Le grand mérite de ce travail c\u2019est qu\u2019il sauve de l\u2019oubli des auteurs qui ne sont pas médiocres, mais dont les ouvrages sont pratiquement introuvables.Il faut done souhaiter que l\u2019Anthologie des Ecrivains du Peuple que Ragon garde dans ses tiroirs _ trouve finalement un éditeur ainsi que son recueil de textes sur L\u2019Ouvrier dans la Littérature Française.Ainsi le-projet de la littérature prolétarienne, qui \u2019 est de permettre l\u2019expression ire a directe, authentique, de ceux qui vivent ou ont vécu la condition ouvrière, connaîtrait un commencement de réalisation en établissant la richesse et la diversité de sa propre tradition qu\u2019on peut faire remonter jusqu'au Moyen Age, si l\u2019on en croit Michel Ragon.En dépit de ses mérites l'ouvrage de Michel Ragon, sous sa forme actuelle, demeure très insuffisant.Il tente, en un seul volume, de dire trop de choses, d'atteindre trop de buts divers.Il se veut essai de définition de la littérature d'expression populaire, manifeste de la littérature prolétarienne, mise au point sur les polémiques diverses qu\u2019elle a suscitées depuis le romantisme, anthologie des oeuvres des poe- tes et des écrivains qui s\u2019y rattachent, chronologie des oeuvres publiées, recueil de notices, en général brèves; sur une soixantaine d\u2019auteurs, poètes populaires, socialistes romantiques, écrivains libertains, prolétariens, ouvriers et paysans.C\u2019est beaucoup pour un seul livre.Michel Ragon se voit obligé de traiter sommairement, trop sommairement bien souvent, les questions importantes qu'il soulève.De plus reprenant à son compte, dans l\u2019ensemble, les positions défendues par Henry Poulaille depuis la première guerre mondiale, il tend à faire la part trop belle à ceux qui furent ses amis et à réduire à la portion congrue, voire à passer sous silence, ceux qui se sont affirmés en dehors du mouvement qu\u2019il animait ou sont venus trop tard pour s\u2019y joindre.Michel Ragon ne semble pas non plus avoir tenu compte des articles critiques parus depuis une vingtaine d'années sur nombre des auteurs qu\u2019il cite.L'Histoire de la Littérature Prolétarienne en France reste à faire, et elle ne pourra l'être, croyons-nous, que par une équipe déterminée à repenser les problèmes théoriques soulevés par son existence et à effectuer la synthèse des travaux qu\u2019elle a inspirés et continue de susciter.Pierre Aubéry SUNY at Buffalo DOSSIER SPECIAL - SuR l'Auontement Et LA CONTHRCEPTION UBRES ET GRATUITS - Avortement: Dossiers, Manifestes Pour vous procurer cet excellent dossier publié par le Comité de lutte pour l\u2019avortement libre et gratuit et le Centre des femmes, écrire au: Comité de lutte pour l\u2019avortement et la contrà- ception libres et gratuits 4319 rue Saint-Denis, Montréal, Tél.: (514) 288-4057.Il vous en coûtera $1.00.Les profits réalisés par la vente de ce numéro serviront à la poursuite de la lutte sur l'avortement et la contraception.A la même adresse et selon les mêmes buts, vous pourrez vous formule d\u2019abonnement procurer pour la modique somme de $0.50 (cinquante cents) le document préparé par le théâtre des cuisines: - Ce.Manifeste du théâtre des cuisines.2- La pièce \u201cNous aurons les enfants que nous voulons\u201d.dossier comprend 1- Le NOM.u.ecsecnerreesacneen re eee rere \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Adresse.ararec nana den encens aaa.rensnstsenn a se 00e 0eceu0s Pros aneanansarnernruaenenren nana VON sec seen ou000 A partir du numéro.Date.Signature.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.lucsrcrcrerarrcre sacre nunnes _ \u2014 Abonnement d\u2019un an (douze numéros): $20.00; Abonnement de soutien: $40.00 et plus.Veuillez expédier votre chèque ou mandat à l\u2019ordre de: QUE ONIQUES, case postale 747, succursale \u201cN\u201d\u201d, Montréal, ué.| 7 .mL DR RE ein LS i [4 À { (¢ ( fi Le statut et le rôle de l\u2019a et de l'artiste par rapport M au monde réel (=social) sont à peine thématisés,f Sa si ce n\u2019est dans un « discours justificateur ou dans des imprécations afjl courte vue.19 SC Va RECU LE fy 15 MAIS fl toy BIBLIOTHÈGUE NAT-ONALE Fou | OU QUE rase sans acer cn fi ly Prix: $2.00 i a "]
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