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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1930-04, Collections de BAnQ.

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[" e ANNEE \u2014 No 4 MONTREAL AVRIL 1930 N | Organe, de la Societe NS .\u2019 .Saint-[ean-Baptiste Oi a ) \\ A KX Bi on PME 1) | | ) Im | | Le di h _ PAGES e dimanche 19 | 7 # Ag prsssscesacennnnnee \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026.Abbé Emile Lambert 101 7 } WR 1 Le vieux fort de Chambly | ANS M ee Gérard Malchelosse 102 | INN 4 | Une grande Canadienne francaise VAI eee Hermas Bastien 106 AL Les héros inconnus (suite) a Lerrsrerrrenrerrre Blanche Lamontagne-Beauregard 109 () i La chose publique et l\u2019Université Grsserssease nas tensennensananeen eee sn anse es cn c0 000 Jean Bruchési 113 Rouge-blanc-rouge brsrseserreserecececccscccscsssccrrrrenn Roger du Vernay 116 Bibliographie pessaserrr cena nes seras casa sa ene ren cannes Roger du Vernay 126 Rédaction et administration: 1182, rue SAINT-LAURENT \u2019 MONTREAL articles.LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Fondée en 1834 Conseil général Aumônier général: Mgr TARCHEVEQUE DE MONTREAL.Assistant-aumônier général: M.OLIVIER MAURAULT, p.s.s.supe rieur du Collège Grasset, 5294, rue Saint-Denis.Président général: GUY VANIER, C.R., 57, rue Saint-Jacques ouest.ler vice-président général: AIME PARENT, trésorier de la ville de Verdun, 21 avenue Galt, Verdun.2e vice-président général: Ernest BROSSARD, gérant de banque, 410, rue Beaubien est.Secrétaire général: V.-ELZEAR BEAUPRE, I.C., professeur, 3732, Tue Saint-Hubert.Trésorier général: J-ALBERT BARITEAU, LL.L., notaire, 1609, rue Maisonneuve.Honorable F.-L.BEIQUE, sénateur, 112, rue Saint-Jacques ouest.Sir Hormisdas LAPORTE, industriel, 1016, rue Dorchester ouest, J.-C.BEAUCHAMP, administrateur, 551, rue Cherrier.J.-Victorien DESAULNIERS, directeur-gérant, 55, rue St- Jurgen ouest.Joseph-R.POIRIER, comptable, 2445, rue Saint-Antoine.J.-Ovila MOQUIN, douanier, 139, rue Saint-Thomas, Longueuil, P.Q.Alfred BERNIER, voyageur de commerce, 48, rue Hazelwood, Outremont.Emile GIGUERE, professeur, 7590, rue Drolet.Alphonse PHANEUF, optométriste, 1767, rue Saint-Denis.Louis POULIOT, employé civil, 10639, rue Laverdure, Ahuntsic.Chef du secrétariat: Alphonse de la ROCHELLE, notaire.Bureau No 1, Monument national.Tél: LiAncaster 4364.Organisateur et propayandiste: T.-AUGUSTE POUPART.7125, rue Christophe-Colomb.Téléphone: CAlumet 8284-W.Ç; CORPORATIONS FILIALES DE LA SOCIETE La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Uaisse de Remboursement \u2014 le Monument national \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.,Ç \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 La direction de la Revue nationale ne s\u2019engage pas a rendre les manuscrits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs x La REVUE NATIONALE: est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, et imprimée par \u201cL\u2019ECLAIREUR\u201d Ine, imprimeurs- -éditeurs, 1723, rue Saint- Denis.Tél: HArbour 8216.40 ming = [[ \\\\ Vem aad [] Bem «: Bee) ue moth s 04 Jat ad \" fat» LA REVUE NATIONALE 97 Etablie en 1 786 DEMANDEZ LA BIFRE MOISON Brassée à Montréal depuis 144 ans La Bière que vos arrière-grand-pères buvaient Contes Historiques L\u2019Histoire du Canada, avec texte et images en couleurs 16 contes, reliés en un magnifique album \u2026.\u2026.\u2026.\u2026.$0.30 franco En feuilles détachées: le cent \u2026.\u2026.\u2026.\u2026.+.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026 $0.80 franco Edités par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal 1182, RUE SAINT-LAURENT MONTREAL CRÈME À LA GLACE pour Réceptions ou pour Desserts :: elle est toujours appréciée :: Aujourd\u2019hui nous la livrons paquetée avec de la Dry-Ice (glace sèche), ce qui fait un paquet absolument propre et élimine l\u2019eau salée et les désagréments qui en résultent LIMITÉE 98 LA REVUE NATIONALE \u2014 \u2014\" \u2014 |; Ce que notre Banque \u2014 vous offre: \u2014 - Le service d\u2019un personnel courtois.} | Des services techniques complets.Une collaboration intelligente.H Une garantie de sécurité exceptionnelle.La même sincère bienvenue, que vos épargnes soient petites ou considérables.BANQUE PROVINCIALE DU CANADA .Siege Social \u2014 Montréal \u2014 p I 3 La in EXIGEZ la marque \u201cAUBRY\u201d sur vos ustensiles de cuisines; ils sont fit a reconnus pour avoir une très grande durabilité et nos ecinquante- à six années d\u2019expérience les placent parmi les meilleurs sur le mark ché.\u2014 En vente chez les principaux guineailliers.\u2014 $i memes * A.AUBRY & FILS, LIMITEE 0% PE LORIMIER 3 Maison fondée en 1874.\u2014 Incorporée en 1914.4 INCOMPARABLE POUR TARTES ! Wa A \u2014 15* la boite - Refusez = = suffisant pour ATartes toutes ke » = imitations j Mer | Be à ~~ 3 (Pie DYE ~~ LR ee 9, i = eadows ENT: et à CITRON, ANANAS, FTI) FRAMBOISES, NT) CERISES.| > i Fabriqué Par Meadow-Sweet Cheese Mfg.[o.Limited, Montreal.® | 4 A x : lig, k ~\u2014 Enceuragez nos annonceurs ) \\ LA REVUE NATIONALE Membres de la Société Saint-Jean-Baptiste, abonnez vos garçonnets et vos fillettes à la revue illustrée qui en fera des patriotes L'OISEAU BLEU Abonnement annuel: Canada et Etats-Unis, 50 sous.1182, RUE SAINT-LAURENT - - - - MONTREAL BANQUE CANADIENNE NATIONALE Capital versé et réserve, $14,000,000 Actif, plus de $152,000,000 LA GRANDE BANQUE DU CANADA FRANCAIS 265 succursales au Canada dont 224 dans la province de Québec Nos ressources sont a votre disposition NOTRE PERSONNEL EST A VOS ORDRES Tél: CAlumet 4168 Membre de la Section Saint-Edouard J.-A.ST- AMOUR Ltée, ENTREPRENEURS ELECTRICIENS Assortiment complet d\u2019accessoires électriques.; La Croix du Mont-Royal est une preuve de l\u2019excellence de notre travail.6579, rue SAINT-DENIS - - - - MONTREAL Succursale: SAINT-HYACINTHE Téléphone: MArquette 1341 Z.LIMOGES & CIE, Limitée Etablie en 1885 BEURRE \u2014 OEUFS \u2014 FROMAGE 644, RUE WILLIAM - - - - MONTREAL K.C, SATISFACTION GARANTIE Tél : BElair 0408 ERNEST MEUNIER Membre de la section Saint-Jean-Baptiste No.13 TAILLEUR FASHIONABLE 994 est, RUE RACHEL - - - - MONTREAL Prés du Parc LaFontaine Tél: LAncaster 7700-3378 LA CIE J.& C.BRUNET Limitée PLOMBERIE \u2014 COUVERTURE \u2014 ELECTRICITE \u2014 CHAUFFAGE 1095, BOUL.SAINT-LAURENT - - - MONTREAL Encouragez nos compatriotes 100 LA REVUE NATIONALE - COURSES AU PARC DELORIMIER [ DU 24 JUIN AU 1er JUILLET M \u20147\u2014 Courses par jour \u20147\u2014 Montreal Driving Club Co.Ltd.\u2018j PEPTONINE } Nourriture Idéale pour les Bébés A \u2014 COUPON \u2014 i LA PEPTONINE 1590, Ave de l\u2019Hôtel de Ville - - - MONTREAL, Qué.Veuillez m\u2019adresser gratuitement votre brochure .NOM: FOE es eee a stata enon seats torr t ts esar errors stasis steerer nenertsceestesaantesiineat ests rserreesintssestsene PSN, * pagnie i\" ie NE Assurance sur la Vie ne : a ; Fr av » = (À i [51 à pi © { oo; Eda Saubegarde\u2019 | or MONTREAL le 37a.~ NARCISSE DUCHARME, Président : fg: Téléphone: AMherst 3038 top OVIDE LEPAGE, ENR.: ENTREPRENEUR ET IMPORTATEUR - à Marbre, Tuiles, Terrazzo, Tableaux en ardoise naturelle : &: ù Atelier et bureau: Cos 4094, RUE \"\u2019ARTHENAIS (près rue Rachel) MONTREAL Res \\ 12e ANNEE \u2014 No 4 MONTREAL AVRIL 1930 LA REVUE NATIONALE LE DIMANCHE VRIL est le mois du dimanche.Nos Seigneurs les archevêques et évêques ont voulu que la prédication porte sur cet important sujet.Aussi, le jour de Quasimodo, des exhortations sacerdotales viendront-elles rappeler au peuple son devoir.Grave en effet est le précepte.De droit divin, le dimanche doit être non seulement observé mais sanctifié.Pour le rendre saint, il faut prier et s'abstenir d'oeuvres serviles.Voila ce qu'il faut faire.La Revue nationale veut emboîter le pas dans la marche générale.Préposée à la garde des intérêts nationaux et religieux, elle ne pense pas rester en arrière lorsqu'il s\u2019agit de Dieu, de l'Eglise, de la patrie.Sentinelle vigilante, elle doit aux avant-postes signaler les abus.Or, il y en a à Montréal et ailleurs.Les Judéo-canadiens ouvrent encore leurs échoppes, rue Saint-Laurent: et cela au mépris formel d\u2019une loi provincial: et municipale.Il n'y a donc pas moyen de les faire fermer?Mais alors, à quoi sert-il d'être la majorité et d\u2019avoir des lois?La race sémitique vraie est peu nombreuse ici.Les Canadiens malheureusement les multiplient ces soi-disants Juifs et les voient partout.Sont-ils si influents que cela?C\u2019est notre irréflexion et notre manie de grossir contre nous les statistiques, qui leur accordent gratuitement un prestige, une force indue.Et puis, il y a aussi dans la province de puissantes industries qui sans raison abusent de l\u2019ouvrier au point de ne jamais lui laisser une journée de repos.Les journaux rapportent que la Compagnie internationale de papier (International paper) vient de payer I'amende.Elle ne devrait pas être la seule à le faire.Pour nous, aidons.de toutes nos forces la Ligue du Dimanche! Emile LAMBERT, ptre, cure. 102 LA REVUE NATIONALE Le vieux fort de Chambly L E voyageur qui contourne le superbe bassin de Chambly, sur md la rivière du même nom, aperçoit de loin, de quelque côté JG, qu'il vienne ou se dirige, les restes d\u2019un vieux fort: le fort Chambly.Ces murailles sont les ruines les plus vénérables et les plus pittoresques du continent américain.Car, de toutes les constructions militaires françaises de l'Amérique, il ne reste en effet rien d'aussi considérable ni de si imposant.Louisbourg a été rasé à fleur de sol.Québec, Montréal, Kingston n\u2019ont rien qui puisse autant attirer l'attention sous ce rapport.Il y a deux siècles et plus, le fort Chambly était la clef de la rivière Richelieu, alors appelée rivière des Iroquois, parce qu'elle conduisait directement au pays de ces féroces ennemis.Construit d'abord en bois en 1665, il a vu la guerre plusieurs fois jusqu\u2019en 1709, alors qu'il fut reconstruit en pierre, et ce sont les restes de cette fortification qu'i! faut aujourd'hui préserver comme un souvenir unique de notre enfance nationale.Pris par les Anglais, les Américains, et encore par les Anglais, le vieux fort de Chambly a une longue et intéressante histoire.Malgré plus de cinquante années d'occupation française, la population de la colonie n'\u2019atteignait à peine 2,500 âmes en 1663.Laissés à leurs propres ressources par un gouvernement qui ne comprenait la Nouvelle-France que dans le commerce des fourrures, les habitants se trouvaient à la merci des sauvages Iroquois.Depuis vingt ans la situation devenait de plus en plus critique.Il n\u2019y avait pas de semaine, de jour, qui ne fut marqués par quelque meurtre, des enlèvements, des incendies qui fournissaient des victimes aux Iroquois.Les maisons étaient attaquées a tout moment.On se battait sans cesse et le nombre des maraudeurs, loin de diminuer, augmentait.Comme nous n\u2019avions pas de troupes 2 leur opposer les Iroquois avaient beau jeu pour venir faire des coups, assommer et scalper les défricheurs dans les champs, mettre le feu aux granges et aux récoltes, capturer des femmes et des enfants qu'ils brûlaient ou torturaient d'une manière abominable.Cette situation durait donc depuis un quart de siècle lorsque Pierre Boucher, des Trois-Rivières, alla implorer des secours au roi de France.Il lui demanda des soldats pour aller détruire les Iroquois dans l'Etat actuel de New-York, ravager leurs villages, les .i, LE VIEUX FORT DE CHAMBLY 103 terroriser en un mot et mettre fin à leurs courses désastreuses lorsqu\u2019ils descendaient par cette rivière et venaient massacrer les colons sans défense.Colbert voulut faire plus grand.Il nous envoya au printemps de 1665 vingt-auatre compagnies de soldats, soit environ 1,400 hommes.Ces renforts arrivèrent à point, car les guerriers iroquois bloquaient tous les cours d'eau qui se déversent dans le Saint-Laurent, à Montréal, aux Trois-Rivières, à Québec.À l'arrivée des troupes, ils jugèrent prudent de déguerpir.La nécessité de se défendre contre les Iroquois inspira l'idée de construire, dès l'été de 1665, des forts à Sorel, Chambly, Sainte- Thérèse, au lac Champlain.C\u2019est pourquoi Pierre de Sorel et Jacques de Chambly, tous deux capitaines au régiment de Carignan, construisirent les deux forts qui portèrent par la suite leurs noms.Ces forts à peine terminés, sept cents hommes du régiment de Carignan et des volontaires du pays allèrent pour porter la guerre chez les Iroquois, mais l'affaire fut mal conduite et manqua son coup, de même qu'une seconde expédition conduite l\u2019année suivante par M.de Tracy.Malgré la présence et la vigilance des soldats des forts, les Iroquois continuaient leurs massacres à la sourdine.Mais ce fut bien pis à partir de 1684, alors qu\u2019ils se joignirent aux Anglais qui venaient de déclarer la guerre aux Français.La terreur se répandit plus que jamais tout le long du Richelieu et du Saint-Laurent.Ce fut une période lamentable de notre histoire qui dura jusqu'en 1700, et le petit fort de bois ne dut souvent son salut qu'à la promptitude avec laquelle les gens de la campagne accoururent à son secours.Mais en 1702, ayant été momentanément abandonné, les Iroquois l'incendièrent.En 1709, les hostilités avec les Anglais reprirent de nouveau.Afin d'arrêter les ennemis dans leur marche par terre vers Québec, il fut résolu de bâtir à l'endroit même où avait existé le premier fort de pieux, une forteresse en pierre capable de résister à une forte armée.Les travaux furent poussés sagement par M.de Beaucour et furent terminés au mois de septembre 1711.Le fort reçut officiellement le nom de Pontchartrain, en l'honneur du ministre de la marine en France, mais celui de Chambly prévalut dans la bouche des habitants.Les murs, que les excursionnistes de notre société nationale avaient l'avantage de visiter 1'été dernier, datent donc de 1711.Ils ne sont plus qu\u2019une ruine, mais une ruine imposante qu'il faut préserver avec piété parce qu\u2019elle nous rappelle notre ancienne mère-patrie.ABH TRL Ta a a i ki 104 LA REVUE NATIONALE Plusieurs fois réparé au cours des trente années de paix qui suivirent, le fort reçut un secours considérable de soldats en 1744, alors que la guerre entre les colonies anglaises et le Canada rendit cette précaution nécessaire.La crise dura jusqu\u2019en 1760.Les postes échelonnés tout le long du Richelieu et du lac Champlain tombèrent successivement aux mains des Anglais.En 1759, M.de Bour- lamaque se replia sur le Saint-Laurent, laissant le fort de l\u2019Ile-aux- Noix aux soins de quelques soldats; l\u2019année suivante, apprenant que les ennemis avançaient par le lac Champlain, M.de Roquemaure abandonna le fort Saint-Jean après l'avoir brûlé.Les Anglais se divisèrent en deux détachements, dont l\u2019un, commandé par le major Robert Rogers, fut envoyé contre Chambly avec plusieurs pièces d'artillerie.Le capitaine de Lusignan y commandait avec une compagnie de cinquante hommes.Le ler septembre, il cédait la place, car, manquant de provisions, il ne pouvait supporter de siège.Cinq jours plus tard, Laprairie, Longueuil, Montréal capitulaient.Le Canada devenait possession anglaise.Le fort Chambly resta ouvert aux mains des vainqueurs qui, jusqu'en 1775, y tinrent une faible force armée.Mais en 1775, le fort fut attaqué par les Américains.Sa garnison se défend mal, ces canonniers passent au service des Américains, et le commandant Stopford, de connivence avec les insurgents, cède la place d\u2019une façon incompréhensible après une faible résistance.Au mois de juin suivant, le général John Sullivan, apprenant que les Américains se retiraient battus de la province, abandonna le fort après y avoir mis le feu à la partie en bois.Il n\u2019y resta que les quatre murs et.les courtines.En 1777, le gouverneur Guy Car- leton le répara et y plaça des défenseurs qui y stationnèrent plusieurs années.La guerre continuait, mais elle était transportée sur le fleuve Hudson.De 1780 à 1784, des prisonniers américains furent détenus dans les voûtes du fort Chambly.La guerre de 1812-1814 rendit du mouvement à la contrée de Chambly.Aussitôt la guerre commencée, le fort devint un point d'appui considérable et fut remis à neuf.En 1814, il y eut une grande concentration de militaires et c\u2019est de Chambly que partirent 8,000 soldats pour aller attaquer Plattsburg.La paix étant revenue, Chambly fut un lieu de repos pour les soldats du duc de Wellington qui avaient fait la guerre d'Espagne.Mais voici 1837 et la rébellion.Chambly joue un rôle important dans l\u2019histoire de cette époque tragique et les donjons du fort regorgent de prisonniers patriotes.La paix revient cependant ar lens parle Ten: 1 far: + LE VIEUX FORT DE CHAMBLY 105 \u2014\" et le fort est ensuite peu à peu délaissé, à venir jusqu'en 1851, alors qu\u2019il est complètement abandonné.Déjà la rivière rongeait les terres, les murs.s'abimaient, d\u2019autres endroits faiblissaient.Des brèches s\u2019ouvraient ici et là et les fenêtres se délabraient.Seul, Bravant l\u2019abandon et l'outrage, comme l'a écrit dans des strophes touchantes notre poète Benjamin Sulte, le fort subit les blessures du temps durant trente années.Tout menaçait ruine.Les gens de Chambly contemplaient ce grand trépassé avec un air de tristesse quand le marquis de Lorne, venu à Chambly pour le dévoilement du monument de Salaberry, en 1881, décida de sauver cette relique d\u2019une destruction complète.Il engagea l'affaire avec le gouvernement et J.-O.Dion fut immédiatement nommé conservateur du fort, poste qu'il occupa avec un zèle des plus patriotiques jusqu'à sa mort survenue en 1916.Des travaux de restauration furent faits.On répara les murs en leur conservant une physionomie vieillotte et un aspect décrépi.Tel qu'il est aujourd\u2019hui, ce vieux monument, que le vandalisme n'a pu complètement détruire, est plein de souvenirs.Il nous rappelle nos ancétres qui nous ont ouvert ce pays au milieu de sacrifices sans nombre.Il nous rappelle nos luttes séculaires avec l\u2019envahisseur étranger.Il nous rappelle la plus belle des histoires, enfin.Assurons à cette intéressante localité qu\u2019est Chambly son vrai caractère historique.Que cette forteresse qui, autrefois, excitait l'envie des ennemis de la France et du Canada, reste debout pour nous parler du passé.Ses pierres n'ont pas de noms, mais elles conservent dans la mémoire d\u2019un peuple des souvenirs respectés et qui parlent au coeur.Gérard MALCHELOSSE POUR LA SEMAINE DU DIMANCHE La Semaine du Dimanche va avoir lieu du 27 avril au 4 mai.A tous ceux qu\u2019intéresse cette grave question du précepte dominical dans notre province, soit qu\u2019ils veulent se renseigner eux-mêmes, soit qu\u2019ils aient besoin de faits et d\u2019arguments pour en parler ou en écrire, l\u2019Action Paroissiale offre une série de brochures consacrées à ce sujet.No 56 (O.T.) Contre le travail du dimanche par le R.P.Archambault, s.j.No 117 (O.T.) Le Mois du dimanche, par le R.P.Archambault, s.j.No 118 (O.T.) Pour le repos dominical, plans et conférences.No 107 (E.S.P.) Le Travail du dimanche dans notre industrie, par Mgr Eug.Lapointe INRA THRILL abit IR HS UHRA © Rib RTE EU Hoc RRBRRLNG TITRE HIRT SARL LR : J teeny 106 LA REVUE NATIONALE Une grande Canadienne Française À vie bienfaisante, même quand l'humilité chrétienne la tient dans l'ombre et l'oubli, finit toujours par rayonner.C\u2019est le cas de la Vénérable Mère Marie-Marguerite Dufrost de la Jemmerais, veuve d'Youville, fondatrice des Soeurs Grises ou de la Charité qui a eu après sa mort l\u2019honneur accordé à aucun personnage de notre histoire: sa vie a été narrée par dix biographes différents.La première Vie de la Mère d\u2019Youville a été écrite par son fils, l'abbé Charles-Marie-Magdeleine d\u2019Youville.Nous la trouvons pour la première fois dans le Rapport de l\u2019Archiviste pour 1924-1925.Le docte abbé Faillon, en 1852, publia la Vie de Mme d'Youville, fondatrice des Soeurs de la Charité de Villemarie, dans l\u2019île de Montréal.Les mérites de cette vénérable fondatrice étaient connus jusqu\u2019en France et, en 1894, le comte de Palys, publiait à Rennes un volume substantiel intitulé: Une famille bretonne au Canada, madame d\u2019Youville.En 1895, Mgr D.S.Ramsay signait la première vie en langue anglaise de la Mère d\u2019You- ville, sous le titre Life of the Venerable M.M.Dufrost de Lajem- merais, Mde d'Youville, foundress of the Sisters of Charity, (called Grey Nuns of Montreal.) L'ouvrage de madame L.-A.Jetté, châtelaine de Spencerwood, Vie de la Vénérable Mère d\u2019Youville, fut favorablement accueilli, en 1900.Enfin, M.l'abbé Emile Dubois, publia, en 1921, une vie abrégée de la fondatrice des Soeurs Grises, qui a été répandue par milliers d'exemplaires en Amérique.Egalement en 1921, à l'occasion du cent cinquantième anniversaire de la mort de la Mère d\u2019Youville, la communauté publia une notice qui eut sa version anglaise.Depuis 1844, les filles de la Mère d\u2019Youville sont établies au Manitoba.Un beau livre de M.Ernest Cyr parut, en 1925, sur la glorieuse fondatrice.Les Soeurs Grises, publièrent, en 1929, un volume sous le titre Vie de la Vénérable Mère d\u2019You- ville.La biographie écrite par l\u2019abbé Antoine Sattin, que publie cette année le Rapport de l\u2019Archiviste de la Province nous paraît riche d'aperçus intéressants.Cet abbé naquit à Lyon, le 18 février 1767.Entré dans la compagnie de Saint-Sulpice, il fut ordonné prêtre le 19 mars 1794.Quelques mois plus tard, il passait au dit ques sen ans UNE GRANDE CANADIENNE FRANÇAISE 107 Canada.Professeur au petit séminaire, il fut employé dans le ministère paroissial, puis chargé de la direction des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu.C'est entre 1818 et 1836, alors qu\u2019il était chapelain de l'Hôpital général de Montréal, qu\u2019il écrivit sa biographie.* * * Madame d'Youville, naquit le 15 octobre 1701 à Varennes.Son père, Christophe Dufrost de la Jemmerais, gentilhomme breton, était capitaine dans les troupes de la colonie: sa mère se nommait Marie Gautier de Varennes.Elle avait dix ans, lorsque des amis de la famille procurèrent deux années de pension chez les Ursulines de Québec à Marie-Marguerite, devenue orpheline de père et aînée d'une famille de six enfants.On la retrouve ensuite à Montréal, où elle vécut heureuse.Elle épousa à vingt et un ans M.d'Youville.De multiples épreuves assombrirent sa vie conjugale.Elle puisa dans sa piété naturelle et dans les sages directions spirituelles de son confesseur, M.du Lescoat, le courage de la résignation.M.d'Youville mourut à vingt-huit ans, laissant une veuve, deux enfants, et des dettes.Madame d'Youville, pour soutenir sa famille, (1) prit le parti d'élever un petit négoce.Ses loisirs, elle les consacrait à des pratiques pieuses, mûrissant déjà un magnifique projet, que ne fit que généreusement seconder M.Normant, supérieur du séminaire, devenu son confesseur, après la mort de M.du Lescoat.La Providence mit sur sa route trois nobles femmes: Mademoiselle Louis Thau- mur la Source, fille d'un médecin de Montréal, Catherine Cusson et Catherine Demers, fille d\u2019un tailleur.Telles furent les trois compagnes de Madame d'Youville qui, en 1738, loua une grande imaison Vis-à-vis l'ancien couvent des Récollets, appartenant à Madame Le Verrier.Monsieur Normant les encouragea dans leur sainte résolution de se vouer au service des pauvres, tout en les prémunissant contre les persécutions.Elles ne manquérent pas.La malignité publique attaqua leur réputation.Un jour, comme elles se rendaient à l\u2019église, des passants les injurièrent, voire leur lancèrent des cailloux.La calomnie les accusa de vendre des liqueurs fortes, dont elles s\u2019enivraient elles- mêmes.C\u2019est de là que leur est venu le nom de Soeurs Grises, qu'on leur donna par dérision, nom qui leur resta et qu'elles éternisèrent par la couleur de la robe qu\u2019elles choisirent ensuite, comme pour s\u2019honorer d\u2019avoir été humiliées.Dès la première année, sa maison hébergea quatre pauvres et, en 1839, on en comptait dix.Après de multiples déménagements, 3H i iH i iN 1e 1 108 LA REVUE NATIONALE - l\u2019Hôpital général, qui était sous la direction des Frères Chaton Ë lesquels démissionnèrent en 1747, fut proposé à Madame d'You- 3 ville et à ses compagnes qui en prirent possession le 7 octobre 1747, avec neuf pauvres.L\u2019hopital fut réparé, amélioré, agrandi.Le 3 gouverneur Duquesne fit appel à la générosité publique.En 1754, 3 la maison se trouvait entourée de murs de pierre.Des lettres patentes érigealent en communauté cette nouvelle société juridiquement reconnue; il ne restait plus à Mgr de Pont- briand qu\u2019à lui donner toutes les formes d\u2019une communauté régulière.Cela se produisit lors de sa visite pastorale le 15 juin 1755.; i En dépit des miseres que la capitulation de Montréal avait ap- | ow w portées, les Soeurs Grises se chargèrent .après la conquête du soin | big 5 des enfants trouvés.Le général anglais qui gouvernait alors le À ie 3 district de Montréal témoigna sa reconnaissance à madame d'You- | 4 ville, en déclarant que les amendes, recouvrées en justice, seraient 1 a î appliquées à l'hôpital, en dédommagement du service rendu.1g Un désastreux incendie, le 18 mai 1765, vint ralentir 1'élan BEE 3 de l\u2019œuvre.La communauté fut reçue à l'Hôtel-Dieu et toute la J 4 population, maintenant au fait des services rendus par l'hôpital, se a 8 montra généreuse.En 1766, la maison se rouvrait: religieuses, Gis 8 pauvres, infirmes, tous revenaient à leur chère demeure.vu % | Madame d'Youville mourut le 23 décembre 1771.Toute la | dt.1 colonie pleura cette sainte femme.Ses vertus se nimbèrent d'un Be kh: éclat sans tache.Née dans le dénuement, la communauté des Soeurs gi +f Grises a crû.Elle est devenue un grand arbre.Des branches ont | ax Ÿ été transplantées.Dans l\u2019humus, toutes se sont enracinées.Leur 1 E.ombrage protège partout sous le signe auguste de la croix l\u2019huma- qi 2 nité souffrante.Le dévouement des Soeurs Grises embaume toutes | te i les douleurs.Gr §; * * * La silhouette de Madame d'Youville, sublime figure du Mont- pe # réal féodal, il fait bon la contempler.Il est profitable d'admirer | ai 3 l'utilisation que cette dame canadienne-française a tirée de sa vie.oe De nos jours, où tant d\u2019existences se perdent dans l\u2019inaction, l\u2019insi- ert 8 gnifiance, et les futilités, puissions-nous savoir ou trouver nos mo- || Gr?4 déles d\u2019existence utile.| Meet Hermas BASTIEN ong ; # ss Rg ë (I) Elle envoya ses deux fils au Séminaire de Québec.Tous Bi, 3 deux devinrent prêtres.Pen LES HEROS INCONNUS 109 Les héros inconnus ANGELE II NE fois par année, à la même date, Mme Saint-Amand recevait la visite de sa soeur aînée, Elise, vivant dans une Ë paroisse voisine et mariée à un de ces hommes qui sont bY de tous les métiers.Le printemps et l\u2019automne, il était ; travailleur des champs, l\u2019été il devenait matelot, et l'hiver, 1l se faisait bûcheron avec les gens des chantiers.Elle, c\u2019était une grande femme sèche ayant la voix aigre et l\u2019air rude, mais cachant un bon coeur sous des apparences sévères.C\u2019est elle qui, jadis, avait avancé aux Saint-Amand l'argent nécessaire aux débuts de leur commerce.Aussi, était-elle portée sur la main.Elle venait toujours à la fin de juin, quand le grain était en terre et le jardinage terminé.Cette fois, elle semblait plus mince que d'habitude et se plaignait de sa santé devenue mauvaise.Enfin, le jour de son départ, elle demanda à sa soeur de lui prêter Angèle, afin de pouvoir se mettre au repos pour quelques mois.\u2018\u201c \u2014 L'été, tu sais que mon homme navigue, dit-elle; je suis dévorée par le rhumatisme et incapable de faire ma besogne comme autrefois.Cette jeune fille, qui est très forte, viendra à bout de tout.Je te la renverrai à l'automne, par la voiture du postillon\u201d .Mme Saint-Amand n\u2019osa refuser, et Angèle, voyant que c'était le désir de sa maîtresse, n'eut pas un seul instant l'idée de résister.Elle partit donc sans une plainte, sans une parole, et songeant déjà à l\u2019heureux jour où elle reviendrait à la maison des Saint-Amand.Ë L'été parut bien long à Angèle dans cette demeure nouvelle i où rien ne lui était familier.Les travaux du ménage et de la i cuisine, ceux de l\u2019étable et de la porcherie, ainsi que l'entretien du potager la tenaient occupée jusqu\u2019au soir.Mais, après souper, quand elle se berçait dans la chaise de cuisine, aux côtés de \u2018\u2019madame Elise\u201d, un grand ennui s\u2019emparait d\u2019elle.Elle pensait à Ë Mme Saint-Amand, à cet intérieur plaisant auquel elle était habituée, et surtout à petit Pierre qu\u2019elle aimait tant, et qui était loin, maintenant, comme un trésor perdu.Elle songeait à ces heures paisibles où elle l\u2019endormait dans ses bras, le bordait dans son 3 petit lit.Elle se rappelait ses freles doigts attachés a son cou et ses 110 LA REVUE NATIONALE grands yeux tristes qui la regardaient si candidement.Ah! comme elle aurait voulu être encore auprès de lui, même pour le veiller nuit et jour comme au temps de sa grosse maladie! .Les jours et les semaines passaient.L'\u2019ennui d Angele devenait une obsession.Il lui semblait qu\u2019elle était comme en exil et que cet exil n'aurait pas de fin.Les heures lui paraissaient longues comme des années.Madame Elise, s'apercevant sans doute de sa mélancolie, se mit à rassembler des voisines pour veiller.Quand la température était propice, on s\u2019asseyait sur le perron pour y jaser de mille et une choses.Les petits cancans, les histoires d'aventures, les récits d'autrefois allaient leur train.Quand le vent était froid, ou qu'il pleuvait, elles se réunissaient toutes autour de la table de cuisine, sous la lueur d'une grosse lampe à l'huile.On apprit à Angèle à manier les cartes, et elle jouait chaque soir, avec les autres, plusieurs parties de \u2018\u2018Charlemagne\u201d\u2019.Mais elle demeurait toujours triste et distraite, se mélant bien peu aux conversations.Sa pensée était ailleurs.Elle avait hâte de monter à sa chambre pour se souvenir à son aise.Alors, elle pensait à petit Pierre, à ses grands yeux toujours rivés sur elle, à ses cheveux dorés qu'elle peignait, à ses petits pieds qu'elle chaussait et déchaussait .Son coeur se gonflait de tristesse contenue.Elle comptait les jours qu\u2019il lui restait à vivre dans cette maison: et parfois, s'enfouissant la tête dans les oreillers, lasse de fatigue et d'ennui, elle s'endormait en pleurant .Les froids allaient venir.Déjà les \u2018\u2018grandes mers\u2019 d'automne lançaient sur la grève leurs attaques formidables.Les feuilles commençaient de tomber, et le vent les faisait tourbillonner, les unes sur la route comme des oiseaux blessés, les autres sur les flots, comme des flottilles en détresse.Dans les jardins, des femmes et des filles, par groupes, faisaient la cueillette des légumes.Les pê- cheurs ramassaient leurs filets; les bateaux rentraient au port.Madame Elise scrutait chaque jour le large, et guettait les voiles nouvelles.Parmi les goélettes qui revenaient elle ne reconnut pas celle qui portait son mari.Mais une lettre de lui arriva bientôt, disant que son capitaine laissait le vaisseau en hivernement à Québec, qu'ils s'en retourneraient tous deux par terre, et que le long du voyage ils rendraient visite à tous les parents.Ils devaient arrêter à l'Ile d'Orléans et à Saint-Jean-Port-Joli.Ils seraient de retour dans un mois environ.Angèle fut atterrée de cette nouvelle.Encore un mois avant de retourner chez Mme Saint-Amand ! Comment trouverait-elle le rome \u2014 (Ow ét a tee «2 LES HEROS INCONNUS 111 courage d'aller jusqu'au bout?Non, c'était impossible, elle n'en pouvait plus! Elle se révoltait, ne voulait pas accepter cette épreuve qui lui paraissait au-dessus de ses forces.Elle se dit: \u201cjen parlerai à Madame Elise aujourd\u2019hui; je vais lui dire que je veux m'en aller\u201d.La journée se passa; une mystérieuse gêne l\u2019empêcha d'ouvrir la bouche.Le soir, quand elle monta à sa chambre sa décision était prise.Elle se mit au lit avec l'idée de partir à pied le lendemain.Le jour se laissait à peine deviner qu'elle était déjà sur la 10ute, avec son petit paquet sous le bras.Les monts, encore habillés des ombres de la nuit, ressemblaient à de hautes murailles.Un mince filet de clarté émergeait au-dessus des forêts.Le gris de la mer se distinguait vaguement.Tout semblait enveloppé de brume.Ici et là, des coqs s\u2019éveillaient et chantaient.Quelques maisons, sortant du léthargique silence, laissaient entendre des grincements de verrous, des bruits de portes qu\u2019on ouvre et qu\u2019on ferme.Angèle marchait d'un pas pressé.Il lui semblait que ses pieds ne touchaient pas terre, qu'elle avait des ailes.Plus elle avançait, plus le jour augmentait.Elle distinguait très bien maintenant le sable des ornières et la découpure des toits.À un tournant du chemin un gros chien qui aboyait furieusement se dressa devant elle.Elle le chassa en lui jetant une pluie de cailloux.Des enfants I'apercurent et tentèrent de la poursuivre avec des bâtons.Mais elle se mit à courir si vite qu\u2019ils s\u2019arrêtèrent, décontenancés.Elle avait fait déjà plusieurs milles de chemin quand elle s'aperçut, par le calme du dehors et les bruits qui venaient des cuisines, que c'était l'heure du dîner.Dans sa hâte du départ elle n'avait pas songé à prendre une bouchée ni à s\u2019emporter le moindre morceau de pain.Avec l'odeur des chaudrons son appétit se réveillait; elle aurait aimé se mettre quelque chose sous la dent.Mais elle ne voulut pas s'arrêter encore, car il fallait, à tout prix, arriver au terme du voyage avant la nuit.Les heures et les heures passaient.Elle se hâtait toujours sur cette route qui devait la conduire à la chère maison retrouvée.Déjà le soleil touchait le sommet des collines.Partout, c\u2019était le même paysage, avec la mer en face; des étendues de champs en souche ou en culture, des prés piqués de hauts arbres, dont le feuillage protégeait du vent les moutons paresseux; des vallées où cou- aient des ruisseaux entre des haies de saules; des buissons, des RIO RER RER PE = 112 | LA REVUE NATIONALE taillis, des rideaux mouvants de peupliers; des bois, des fermes soli- | taires dressant leurs bâtiments au milieu des plaines silencieuses .Le vent, refroidi par la haute marée, jetait une fraîcheur humide venant du large.Angèle se sentait lasse et glacée.De plus, i une grande faim la torturait.Cette fois, il fallait bien refaire un ï i peu ses forces pour continuer son chemin.Elle décida de frapper a la premiere porte.Une voix cria: \u201cEntrez!\u201d Des enfants étaient 20 assis autour d'une table et mangeaient.Un autre, joufflu et rougeaud, dormait chaudement dans son \u2018\u2019ber\u2019.Un chat, couché en | rond, ronronnait près du poêle.La grand mere, une petite vieille, ë tremblante et marchant menue, apporta à Angèle un grand bol de \u2018 M lait, du pain et du sucre qu'elle dévora avec avidité.\u2014 \u2018Vous vous _ A rendez à pied à la Bonne Sainte-Anne; c'est un voeu que vous avez _ 8 fait, sans doute!\u201d questionna timidement l'aimable vieille.Angele, ; 3 qui n'avait jamais menti, répondit un faible \u2018\u2019oul\u2019\u2019, et pour ne pas _ | perdre plus de temps s'enfuit aussitôt sur la route.E 3 Bientôt, enfin, elle reconnut, au loin, le clocher de l'église et 1 = a les toits des maisons groupées autour.Tout cela se fondait, s'effa- La 3 çait dans la brume du soir.Elle savait qu'il restait encore une \u201cue bonne distance.Aurait-elle le temps de se rendre avant la nuit?|| ve i De plus, voilà que le vent s'élevait, dans une tourmente glaciale, et | æ 8 qu\u2019il neigeait, qu\u2019il neigeait à gros flocons.Elle voulut se | i hâter davantage, mais elle ne le pouvait plus car ses pieds lui fai- \"3 | saient trop mal.La neige tombait toujours.\u2019Transie jusqu'aux ge 4 os, Angèle tremblait comme un enfant qui a froid.Après avoir \u201cep marché longtemps encore, traînant maintenant des pieds endoloris, ie elle aperçut, enfin, à droite, avec sa façade de briques rouges, et le LR vieux cerisier qui étendait ses branches nues autour, elle aperçut \u201cA la grande demeure des Saint-Amand! = Alors, elle 'embrassa des yeux la maison bien-aimée qui con- 2 tenait tout son bonheur.Une grande émotion l\u2019oppressait.Elle Las eut tout de suite la vision des êtres chers qu'elle allait revoir, des Un joies d'autrefois qu\u2019elle venait de reconquérir .| \u201c4 LE Eperdue, chancelante de faiblesse, a bout de force, elle poussa et la porte, et se laissant tomber dans une chaise elle éclata en sanglots.oe Blanche LAMONTAGNE-BEAUREGARD 5 3 4 (A suivre) Des .va = Le LA CHOSE PUBLIQUE ET L'UNIVERSITE 113 La chose publique et l'Université U cours de l'hiver qui vient de finir, l'un de nos hommes po- A litiques les plus en vue demandait pourquoi, dans notre pays les professeurs d'université ne cherchaient pas à obtenir un mandat du peuple.Il paraissait s'étonner du tout petit nombre de quelques professeurs dans l'une ou l'autre de nos deux Chambres de ceux que la vie publique attire, ayant l'air de penser que la présence fédérales serait très profitable au pays.Quelques jours plus tard, pour célébrer son cinquantième anniversaire de naissance, la Société des Débats de McGill réunissait ses amis sous la présidence du gouverneur général, lord Willingdon.Une douzaine d'orateurs: ministres, députés, professeurs, étudiants appuyèrent ou combattirent la thèse de la représentation des universités au Parlement.On sait que, depuis 1063 au moins les universités d'Oxford et de Cambridge ont chacune le droit d'élire deux députés en vertu d\u2019une charte de Jacques ler.Par la suite, l\u2019université de Londres, les autres universités anglaises, celles d\u2019'Ecos- se, du Pays de Galles et de l'Irlande du Nord reçurent le même privilège.A la réunion de McGill, les orateurs rappelèrent ces faits, accumulèrent les arguments pour et contre; et, finalement la majorité se prononça en faveur de la négative.Mais cette question de la représentation directe des universités dans nos Parlements n\u2019est qu'un aspect du problème, beaucoup plus vaste, de la participation des universitaires à la vie politique active du pays.Et par universitaires, il faut entendre non pas ceux qui sont passés par l\u2019université, qui y ont fait des études plus ou moins sérieuses, mais ceux qui continuent d'y vivre, d'en vivre (même très peu!), en somme ceux qui y donnent un enseignement.Doivent-ils, ceux-là, se mêler à la vie publique, prendre part aux luttes politiques, demander un mandat à ce peuple qu'on dit \u2018\u2018souverain\u2019\u2019?Si nous n\u2019étions pas, hélas! à une époque où la démocratie \u2014 la mauvaise \u2014 est maîtresse, où 1l semble que deux seules issues se présentent aux Etats du monde: anarchie et démagogie ou gouvernement fort; si l'autorité n'était pas, en général, à la merci d'une majorité plus ou moins consciente, nous dirions que c'est le peuple qui devrait offrir un mandat aux universitaires, non pas à ceux-ci de le demander.Et, sans aucun doute, nous n'assisterions pas alors à certains spectacles attristanss, 114 LA REVUE NATIONALE à des scènes disgracieuses qui dégoûtent les honnêtes gens, qui éloignent de la politique vn grand nombre de citoyens, universitaires ou non.Faut-il alors prêcher l\u2019abstention?Va-t-on voir se multiplier le nombre des Achille modernes retirés sous la tente?Les universitaires \u2014 1l y en a peut-être deux ou trois à Ottawa \u2014 se contente- ront-ils d'avoir une action indirecte sur la vie politique du pays?C\u2019est ce que croyait M.Antonio Perrault au soir d\u2019une conférence consacrée par le signataire de ces lignes à \u2018l\u2019université et la vie politique.\u2018Je crois, disait alors ce professeur de droit, que l'action des universitaires trouvera jeu plus franc, plus utile dans les groupes indépendants de la vie politique.\u201d Et il entendait par là les groupements sociaux de jeunesse ou autres.L'abstention est rarement une attitude favorable en politique; et Je prends la politique dans son sens élevé, son sens vrai qui est celui de science du gouvernement des peuples, et qui consiste à orga- miser, à utiliser, en vue du bien commun, l\u2019ensemble des forces d\u2019un État.Les universitaires n\u2019ont pas, en principe de raison à invoquer pour justifier leur abstention.C\u2019est une toute autre question de savoir si, dans les circonstances actuelles, ils pourront recevoir ce fameux mandat qu\u2019on leur conseille de rechercher.On adresse souvent aux intellectuels, en particulier aux universitaires, le reproche de se désintéresser de la vie politique.On les accuse même parfois de tout attendre sans avoir rien fait.Rien fait pour qui?S'il s'agit du pays, de la province ou de la cité, l\u2019accusation tombe à plat.Car un professeur d'université, qui prend son rôle au sérieux, rend de précieux services à son pays en lui prépa- , rant les générations à venir, en poursuivant des recherches scientifiques, en publiant des ouvrages de littérature, d'art ou de science.Peut-on soutenir qu'il ne rend pas service au pays le professeur à qui l\u2019on demande de fonder une école, celui qui dirige une faculté, celui dont la réputation dépasse les frontières de sa patrie et qu'on met de l'avant lorsqu'il s'agit de faire face à la musique?Sans doute, le professeur, l\u2019universitaire, ne doit pas s\u2019enfermer dans sa tour de carton ou d'ivoire, siéger en permanence dans sa chaire.Il ne doit pas craindre de descendre dans ['aréne, s'il est jeune et combattif surtout.Mais, en toute justice, pourquoi l\u2019électorat, pourquoi les partis politiques ne tiendraient-ils pas compte avant tout des services rendus au pays, a la communauté par les universitaires?Pourquoi ces services ne peseraient-ils pas dans la = rma LA CHOSE PUBLIQUE ET L'UNIVERSITE 115 balance autant que toute autre espèce de service lorsqu'il s'agit de certaines fonctions, de certains postes honorifiques ?Il ne faut pas, certes, élever de cloisons étanches entre les diverses classes de la société.Mais il ne faut pas non plus, comme certains politiciens le font chez nous, depuis quelque temps, inconsciemment ou non, précher la lutte des classes.Les intellectuels, qui peuvent fort bien être aussi des commerçants, des industriels ou des {inanciers, sont et seront toujours, dans tout pays, ce qu\u2019on appelle l'élite Et ceux qui sont généralement la partie la plus solide de cette élite, ce sont les universitaires.Au début de leur vie politique, 11 manquera peut-être à la plupart d'entre eux cette fameuse expérience si souvent invoquée.Mais leurs études, leurs méditations, leur discipline intellectuelle sont garantes que ces universitaires possèderont très vite l'expérience requise.Ils seront au premier rang.Le 7 mars dernier, cette république de l\u2019Europe centrale qui doit à sa position géographique le surnom de \u2018\u2018plaque tournante\u2019\u2019, la \u2018Tchécoslovaquie, était er: liesse pour fêter le quatre-vingtième anniversaire de son président, M.Masaryk.Les voeux de tout un peuple fier, ceux des nations amies montèrent, ce jour-là, vers l'immense château de Prague, vers cet Hradschani qui domine la ville chargée d'histoire et la paresseuse Moldau, et où habite, depuis douze ans, le fils de l\u2019humb'e paysan slovaque, devenu le successeur des rois de Bohême.Le doyen des Chefs d'Etat est, avant tout, un professeur de philosophie.Il eut même, vers 1908, parmi ses élèves de l'université de Prague où il enseigna longtemps, le dixième fils d'une famille de paysans tchèques qui s'appelait Edouard Benès, qui devint à son tour professeur d\u2019économie sociale, puis de philosophie, le collaborateur de Masaryk dans la lutte pour l\u2019indépendance tchécoslovaque et est, depuis nombre d'années, ministre des Affaires Etrangères de son pays.La Pologne nous fournit aussi de nombreux exemples de professeurs qui occupent de hautes fonctions publiques.Le président de la république polonaise, M.Ignace Moscicki est un chimiste de grande valeur qui fut prcfesseur à l\u2019université de Lwow.M.Bartel qui, tout récemment encore, occupait pour la deux ou troisième fois ia présidence de Conseil des ministres, professe toujours à l'Ecole polytechnique de Lwow.Nombreux sont les professeurs d\u2019université qui siègent au sénat et à la Chambre de Varsovie.Je garde un souvenir ému de cet ancien premier ministre, éminent historien de la révolution russe.de ce sénateur de Lwow, célèbre professeur RRR ve STARS By PERE Intel SI Aegly rE 116 LA REVUE NATIONALE _ ju d'histoire, de ce professeur de médecine de Poznan et de plusieurs | Moog autres à la fois universitaires et hommes politiques rencontrés en Pologne.Ces faits, qu'il serait facile de multiplier, justifient l\u2019affirma- , tion d\u2019un récent biographe de Mgr Seipel: \u201cLe chemin des profes- = seurs est, de nos jours, en Europe centrale, le chemin des écoliers | pour beaucoup de ministres, de présidents du Conseil, voire de a Chefs d'Etat\u2019.Mgr Seipel lui-même, avant de devenir, en 1922, ar chancelier d'Autriche à l\u2019âge de 46 ans, enseigna la théologie morale [a aux universités de Vienne et de Salzbourg de 1907 à 1917.| x L'université enseignante serait-elle donc, ailleurs que chez nous, (x 2 cette \u2018\u2018boutique ou l\u2019on met en vente des hommes politiques nou- veaux'\u2019 et que cherchait, un jour, le célèbre homme d'Etat grec, M.Venizelos?; L Jean BRUCHESI {es Rouge - Blanc - Rouge {x .sont des couleurs nationales: celles d\u2019un Etat qui a conquis son indépendance il y a douze ans seulement.Et, si l'on remonte I 8 à l\u2019origine de son peuple, on constate que Rusins, chef de l\u2019une des | i tribus dont il descend, arborait précisément une banniére rouge | | | traversée d'une bande blanche.A la question: \u201cQUEL EST DONC CE PEUPLE QUI, COMME LE QUEBEC, SAIT SI BIEN SE SOUVENIR?son | hymne national répond: \u201cDIEVS, SVETI LATVIJU!\u201d Dieu, | 2 sauve la LETTONIE.12 * * * LATVIJU vient de LAT VIS qui, en letton, veut dire: \u201cDE- dus FRICHEURS'': la Lettonie, habitée trois mille ans avant Jésus- c Christ, est effectivement restée un pays agricole.Ce pays, qui compose avec l'Esthonie et la Lithuanie qu'il cu sépare, une des trois Républiques baltes, est une vaste plaine; le mont Gaizin, le plus élevé, n'a que 314 mètres.Zébrée par plus \u201cas de 500 fleuves et cours d\u2019eau, étoilée de 1000 lacs, la Lettonie est surtout riche de la faune et de la flore des pays septentrionaux; ajoutons qu'elle possède 1, 800,000 hectares de terres boisées, ses eg forêts comprenant 48.5% de conifères, 29.8% de sapins.\u201c=X i Situé sur le littoral de la mer Baltique, entre l\u2019Esthonie, la a Russie, la Pologne et la Lithuanie, son territoire forme une éten- EE ei ne Lt a tal te TE D ROUGE-BLANC-ROUGE 117 due de 65,791.4 kilomètres carrés.La Lettonie est donc plus grande que chacun des pays suivants: Lithuanie, Esthonie, Danemark, Suisse et Albanie; elle est même plus grande que la Hollande et la Belgique ensemble, puisque l'étendue de ces deux pays n\u2019est que de 64,000 kilomètres environ.La population lettone, aux 2/3 rurale, est actuellement de 2,000,000 d\u2019âmes; en 1800, la Lettonie ne comptait que 870,000 habitants.Il convient d'ajouter qu\u2019elle en a perdu près de 650,000 au cours de la dernière grande guerre, preuve qu\u2019elle a affreusement souffert.Il y a aussi des colonies lettones en Russie, aux Etats- Unis et dans la zone courlandaise de la Prusse orientale.Cette population, en majorité de race aryenne, parlant la langue indo-européenne du groupe baltique, comprend 75.93 pour 100 de Lettons; les autres nationalités se répartissent comme suit: Russes, 10.28 pour 100; Juifs, 4.5 pour 100; Allemands, 3.4 pour 100; Polonais, 2.53 pour 100.Grâce à son climat sec et à la prédominance de l'agriculture, le peuple letton est sain et robuste.La plupart des habitants ont les cheveux bruns, soit 44 pour 100; 35 pour 100 sont blonds, les autres, châtains.Le Letton a la poitrine large et il est de haute taille.C\u2019est un laborieux.Il est de plus très conservateur: il a pu en effet assimiler les Allemands et les Russes.Aussi mène-t-il une vie familiale sévère, surtout à la campagne où les fermes isolées favo- tisent cette vie intense de la famille.Il possède enfin une âme lyrique attachante, comme on pourra s\u2019en instruire au chapitre des arts.La Lettonie a pour capitale Riga, où vient se jeter le plus grand fleuve du pays, la Duna, après un parcours de 1000 kilometres.Cette ville, fondée en 1201, par l'évêque Albert, forme une étendue de 20,720 hectares.Sa population est d'environ 350, 000 âmes.Elle est administrée par un conseil de 90 membres, élus pour trois ans; ce conseil élit ensuite la mairie qui en comprend 10 et représente l'exécutif.On aura une assez juste idée de l'importance de cette ville balte, le vrai coeur de la Lettonie, quand on saura qu\u2019à la conférence internationale ferroviaire tenue à Moscou, en 1926, il fut décidé que les communications directes entre l\u2019Europe et l\u2019Extrême-Orient seront établies via la capitale de la Lettonie; la ligne reliant Paris à Tokio passera effectivement par Berlin, Riga, Moscou et Vladivostok.\u201c= * Nous avons dit que la Lettonie était habitée il y a 3000 ans avant l'ère chrétienne: des découvertes archéologiques récentes indi- RRR a RE SES A H; \u20182 A KR A L 1 'N It Ce 118 LA REVUE NATIONALE quent en effet l'existence d'une culture baltique individuelle dès l'époque de la pierre; cette culture embrassait le pays où s'étaient établies les tribus lettones: Courons, Semgaliens, T'alaves, Sels et Letgaliens, venues du sud.Le Dr Kivull, au cours des fouilles faites il y a quelques années dans des tombes, a pu constater d'autre part que les Lettons savaient faire des dentelles dès le Ile siècle, soit treize siècles avant l\u2019Europe.T'acite, dans \u2018\u2019Germania\u2019\u2019 parle des Aestes.Ce sont bien les ascendants des Lettons actuels: ne faisaient-ils pas le commerce de l'ambre, qu\u2019on rencontrait en grandes quantités sur le littoral de la Baltique?L'auteur latin les caractérise, de plus, comme plus habiles et plus diligents en agriculture que les paresseux Allemands.Le Grec Pytheas décrit, de son côté, dans son récit de voyage, un groupe de pays septentrionaux ou l'on voit sécher le blé, et la description ne peut s'appliquer qu\u2019aux groupes de Lettonie, encore sous cette forme: c'est la remarque même de E.Paegle, rédacteur actuel d'un journal letton.D'après Wulfstan, autre voyageur, venu d'Angleterre, au IXe siècle, les Aestes auraient été avancés au point de connaître jusqu\u2019à la manière de produire le froid artificiel! .Le développement du peuple letton peut facilement s\u2019expliquer par le fait que le pays dominait les voies de communications entre l'Occident et l'Orient.Les premières migrations par le golfe de Riga sont celles des Varègues qui, venus de la Scandinavie, allèrent fonder en Russie Novgorod, Polock et Kiev.Le folklore vient renforcer les données de l'archéologie et de l'histoire sur l'antiquité du peuple letton.Qui n\u2019a entendu parler de la merveilleuse et unique collection des deux cent quelque mille chants populaires et contes de ce pays?C\u2019est la plus nombreuse qui soit, démontrant que les Lettons expriment ainsi leur lyrisme depuis des siècles.Cette cueillette démontre d'un autre côté que l'on doit abandonner la légende de la mission civilisatrice des Allemands et des Russes en Lettonie.Ce peuple est effectivement devenu indépendant après sept siècles de servitude.C\u2019est à la fin du XIIe siècle qu\u2019il fut soumis par des colons allemands.Lors de cette invasion, les tribus lettones avaient bien assimilé déjà les Lives, rendus sur les rives de la Bal- tique, mais elles n'avaient pas encore pu réussir à fonder un Etat, d'où la principale cause de leur longue sujétion; ce n\u2019est qu\u2019au XVIIe siècle qu\u2019elles purent s'unir en un même peuple.Les Lettons devaient passer successivement sous le joug des Allemands, des Polo- | ime: pia: Jue ei : cent (i lire (anne dans là : (one mca timbre fg ROUGE-BLANC-ROUGE 119 nais, des Suédois et des Russes.Ce n\u2019est qu'au milieu du XIXe siècle qu\u2019il prit conscience de sa nationalité, Une première révolte éclata bien contre le tsarisme en 1904-1905, mais elle échoua.En 1915, Nicolas II ayant autorisé l'organisation d\u2019une armée lettone, jeta par le fait même les bases fondamentales de l'indépendance politique du peuple.Il convient de faire remarquer que la doctrine wilsonienne du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes n\u2019a pas peu contribué à amener, pour la Lettonie, le glorieux jour de son emancipation définitive.Ce grand jour fut celui du 18 novembre 1918, le septième après l'armistice qui mit fin à la Guerre des Nations.Le bolchévisme devait bien troubler encore la nation lettone pendant quelques mois, mais pour lui permettre de jouir enfin, d'une entière tranquillité en août 1920, alors que fut signé un traité de paix avec le gouvernement de l\u2019'U.R.S.S.Si la situation exceptionnelle de la Lettonie explique son ancienneté, elle a aussi une heureuse répercussion sur sa politique: est le lien, en effet, entre l'Occident et l'Orient, comme nous avons déjà fait observer.Aussi cette République a-t-elle été reconnue par les grandes puissances dès janvier 1921, puis admise dans la Société des Nations en septembre de la même année.Cet Etat, qui comprend les quatre provinces de Livonie, Courlande, Semgalie et Latgalie, s\u2019est donné une constitution démocratique qui a été adoptée en février et mise en vigueur en novembre 1922 par l'élection du Ier Parlement, la Saeima, composé d'une seule Chambre de 100 membres.Les députés sont élus pour trois ans par le suffrage universel direct et secret, le pouvoir souverain appartenant au peuple.Le Président est élu par la Saeima pour trois ans également.Quant au pouvoir exécutif, il est exercé par des ministres responsables au Parlement, ces ministres sont au nombre de neuf.Comme il n'y a pas de Chambre Haute, ce sont des conseils spéciaux qui en prennent !a place auprès des différents ressorts: il y a ainsi un conseil financier auprès du ministère des finances; un conseil agricole auprès du ministère de l\u2019agriculture; des conseils de musique, de théâtre, etc, auprès du ministère de l'instruction publique.C 1 a Le Président ne peut être réélu qu\u2019une seule fois.Il ne peut prononcer la dissolution de la Saeima que sur la'base d\u2019un vote populaire.Il a le commandement de l\u2019armée, à laquelle tous les Lettons de 21 ans doivent 18 mois de service.RB IR TIN HAR TR TR RI rey: pam RE EEE 120 LA REVUE NATIONALE Les ministères sont ceux des autres nations; mais il convient de faire observer que la Lettonie s\u2019est donné un ministère de la Prévoyance sociale.Si le gouvernement est effectivement un art, il est aussi et surtout une prévoyance, ce que l\u2019on oublie dans plus d'un pays.La plupart des députés sont des représentants des paysans.Aux élections de 1925, il y avait 16 représentants de minorités: 5 Allemands, 5 Russes, 2 Polonais et 4 Juifs.Tout citoyen letton se légitime par ses documents légaux; aussi ne dresse-t-on pas de liste électorale.Les deux sexes sont placés sur un pied de complète égalité.Lorsqu'ils sont majeurs, les citoyens lettons peuvent se prévaloir des droits suivants, en outre de ceux d'élire la Saeima et de résoudre la question de sa dissolution, dont nous avons déjà parlé: soumettre des projets de loi modifiant la constitution; procéder à un vote populaire pour adopter ou rejeter des projets de loi ou des résolutions ayant force de loi.Si l\u2019on jette un regard sur les programmes politiques, on relève l'existence en Lettonie de la sociale-démocratie qui prend ses directives à la Ile Internationale et dont la portée se confine au domaine industriel; l'Union paysanne qui s'intéresse surtout au développement de l'agriculture; un centre démocratique qui s'inspire d'un programme radical-démocratique; des chrétiens nationalistes, etc.Quant à la politique extérieure, on voit que l\u2019idée qui y prédomine c\u2019est celle d\u2019une union des Etats baltes: Lithuanie, Esthonie, voire de la Finlande et de la Pologne, mais il y a divergence sous ce rapport.Un des premiers actes de l'Assemblée constituante, en 1920, a été de voter une loi agraire partageant les grandes propriétés entre les membres de la population paysanne.Au chapitre de l\u2019Econo- mique, on en comprendra l'heureuse répercussion.La Lettonie jouit d'une excellente santé morale: qu'il suffise de dire que le communisme y est légalement interdit.Ajoutons que cette République comprend 19 districts administratifs, quatre tribunaux d'arrondissement, une Chambre de Justice et un Sénat.Les juges sont inamovibles.On compte 510 municipalités de communes rurales en Lettonie, 80 villes et bourgs avec marchés.* * * Quand on se rappelle que la Lettonie a été un des principaux hamps de bataille du front oriental au cours de la guerre de 1914 Four qu: uel fore | i Js ma prs À des a pes S.qu té, &: Qu à : Tide].er \u20ac que te Le El HR hilt = - 1 ROUGE-BLANC-ROUGE 121 à 1918, on peut plus facilement apprécier son renouveau économique.Elle peut être comparée sous ce rapport à la Belgique ou au nord de la France, car elle a subi toutes les déprédations des troupes allemandes et russes.Pays surtout agricole, comme nous l\u2019avons déjà vu, la Lettonie s'occupait surtout autrefois de la culture des céréales: aujourd'hui, elle s'intéresse de plus en plus à l'élevage et à la laiterie; la récolte locale ne suffit plus.Il faut faire observer que 10 pour 100 des fermes ont été détruites pendant la guerre, pendant que 30 pour 100 étaient encore endommagées.Mais tout indique qu'elle reprendra bientôt son rôle de pays exportateur, grâce à la réforme agraire à laquelle nous avons fait allusion tout à l\u2019heure.Avant cette réforme, datant de septembre 1920, près de la moitié du territoire letton, soit 48.12 pour 100, se trouvait entre les mains de gros propriétaires de nationalité allemande.Bien que près de 80 pour 100 des Lettons dirigeassent leurs activités dans le domaine agricole, le droit à la terre n\u2019était pas encore reconnu au peuple.Maintenant, plus heureux que le paysan de l'U.R.S.S., qui n'a que la jouissance de la terre, le paysan letton est consacré, dans la propriété du sol.Curieux tout de même de constater que la révolution bolchéviste, qui voulait détruire la propriété individuelle, en a provoqué au contraire la création sur la terre paysanne où elle n'existait pas.Mais il n'y a pas de pires aveugles que ceux qui ne veulent rien voir.Les associations sont très répandues dans la campagne lettone.Elles sont subventionnées par un \u201cFonds de Culture\u2019 qui tire ses ressources d'une imposition de 3 pour 100 en sa faveur sur les billets de chemins de fer.Il est intéressant de constater l\u2019étendue de ce mouvement coopératif: la T'olka lettone rappelle notre \u2018\u2018corvée\u201d canadienne-française; la Draudze chez les pêcheurs a un caractère encore semblable.On y voit jusqu\u2019à des coopératives.de consommation, la première ligue de consommateurs ayant vu le jour dès 1865.La plupart de ces associations sont fédérées.La culture du lin tient une place remarquable dans l\u2019agriculture lettone: l'habitant des toits rouges de Lettonie considère en effet le lin comme son or.L'industrie lettone, presque complètement détruite par la £uerre, se refait graduellement et dans des conditions tout à fait différentes: la plupart des établissements ont effectivement été évacués par ordre du gouvernement russe en 1915 et au cours des 122 LA REVUE NATIONALE années suivantes.Elle n\u2019exporte actuellement que 10 pour 100 de sa production.Parmi les différentes branches de l'industrie lettone, on remarque celle de la métallurgie (construction et réparation d\u2019instruments aratoires) ; celles du bois; des produits alimentaires; des tex- miles (filatures et tissage de coton): du papier et des imprimeries; des minerais (brique); chimiques (caoutchouc) ; des produits animaux (tanneries) et des stations électriques.Au point de vue commercial, la Lettonie exporte surtout des matières premières et des semi-fabricats (bois et lin, par exemple).lle importe d'autre part des produits textiles, des machines agricoles et industrielles, des produits alimentaires.Des traités de commerce ont été passés avec presque tous les pays européens; voire avec les Etats-Unis et le Japon.Présentement, c'est l'exportation des produits de laiterie, de la viande et du bois qui paraît avoir les plus grandes chances de l'avenir; on exporte aussi, mais en moindres quantités, des articles cn caoutchouc, du cuir, du papier, du linoléum et des huiles.La Lettonie possède trois grands ports: Riga, Libau et Win- dau.Le transit par ce pays a oscillé de 1922 à 1927 autour de 500,000 tonnes.Le bilan combiné de toutes les institutions de crédit s'élevait, en 1926, à 255 millions de francs or contre 211 millions en 1925.C\u2019est le premier pays d'Europe qui, après la guerre, ait réussi à stabiliser son change et à atteindre la parité de l'or.Le 3 août 1922, fut adoptée une loi établissant l'or à la base de la monnaie lettone.L'unité monétaire est le lat (Ls) qui équivaut à 0,2903226 gramme d'or fin.Le budget de l\u2019Etat oscille autour de 160 millions de francs or; il est basé principalement sur les impôts indirects.Ajoutons qu'il se tient tous les ans à Riga une exposition internationale à laquelle participent 20 Etats, dont la France, la Suisse, la Suède, etc.C'est aujourd\u2019hui la plus grande foire de marchandises de l'Orient.La journée de 8 heures a été introduite en Lettonie.x * * D'après C.Seignobos (Cf.Annales des Nationalités, 1913), la langue lettone est la plus ancienne de l'Europe.Elle reflète la langue primitive des Aryens.Des mots tels que GOVS, vache, ZOSS, oie, SUNS, chien, CIRVIS, hache, MEDUS, miel, TRIER PTET, PR rT CORP EMPIRE ESC FT FO TOE SESE Sr IPERS IRR HRK HET EL PRR RELL SRS SLL FR Rt Em v y wy MR A Lis teur lig i; flr fom fq ls Jours, Four, L am le Taz (- | tt \u2018Ondes : Les fag ¢. all Ti) si à hase qu ane 1 fn li od ROUGE-BLANC-ROUGE 123 ASMENS, lame, conduisent a l'antiquité aryenne la plus reculée, alors que les Aryas vivaient encore groupés.Le letton n'est devenu la langue usuelle de la Saeima que depuis l'avènement de la République; c\u2019est aussi la langue des écoles et de l'Université.L'enseignement est obligatoire en Lettonie.On y a inscrit aussi aux programmes l'anglais et \"allemand, le français et le russe.Aujourd'hui, 91.5 pour 100 des habitants savent lire et écrire.Voilà tout au plus 70 ans, il n\u2019y avait qu\u2019une centaine de Lettons qui avaient une instruction secondaire.La Lettonie compte maintenant des hommes éminents, de réputation même européenne: l\u2019académicien Walden, docteur en chimie; le professeur philosophe Dr Endzelin: K.Barons, qui a réussi à collectionner plus de 200,000 chansons et contes populaires; le Dr K.Balodis, professeur d'Economie politique.Elle possède des peintres de renom: Huhn, Fedders, Purvits: des poètes, dramaturges et conteurs tels que Rainis, Brigader, Blau- manis, Skalbe, Auraters, Poruks, Virga, et nombre de compositeurs: Vitals, Baumanis, l\u2019auteur de l'hymne national letton, Me- lugalis, Medins, Kalmins.Riga a son université.On relève encore dans la capitale et les autres villes lettones, un établissement d'enseignement supérieur privé (allemand) ; plusieurs universités populaires; une Académie de l'Etat des Beaux-Arts; plusieurs conservatoires de musique; deux Opéras (Riga et Libau) ; un théâtre ambulant et plusieurs théâtres de province; des musées, bibliothèques, expositions.Plusieurs journaux, revues et livres sont publiés: l'ancêtre des Journaux date de 1822.Les minorités allemande, russe, juive et polonaise sont aussi pourvues d'écoles primaires et secondaires subventionnées par l'Etat.* * * Le Letton est très doué au point de vue artistique.L'art de la nation lettone est avant tout décoratif: l'élément le plus populaire est la croix de feu considérée comme le symbole de la race aryenne.On s'intéresse surtout en Lettonie à la céramique (fabrication de vaisselle d'argile); au travail du cuir; au filage (fabrication de cordes et de ficelles) et au tissage.Il est intéressant de constater le fait que les formes de la préhistoire renaissent, dans ces différents domaines artistiques, après plusieurs siècles de servitude.Ry ae. 124 LA REVUE NATIONALE Le paysan letton porte des vêtements fabriqués par lui-même, comme nos ancêtres portaient autrefois des habits en étoffe du pays.Il fait aussi ses meubles, préférant toujours le produit de style national à tout autre.: | La littérature lettone trouve sa meilleure formule dans une saine fusion des éléments réalistes et romantiques.R.Blaumanis doit être considéré comme le peintre classique de l'âme paysanne; il vit avec le paysan et découvre chez lui sa profonde vie intérieure que favorise, comme nous l'avons déjà remarqué, l'isolement des habitations.Les chansons lettones sont lyriques; l'élément épique y est très restreint.Elle est de forme simple et modeste; toutes ont quatre strophes, guère plus.C'est le miroir fidèle de l'âme populaire.Ainsi que nous venons de le dire, avec la liberté et l'indépendance s\u2019est réveillé chez les Lettons l'esprit des ancêtres.On peut même ajouter que la Lettonie assiste à une vraie Renaissance.Cette renaissance se fait surtout remarquer au chapitre des chants populaires, d\u2019où l'importance que la question doit prendre chez nous.Inaugurées il y a quelques années, les Fêtes de Chant, en Lettonie, de l\u2019avis de M.Janis Zalis, \u201cONT ETE LE FACTEUR LE PLUS PUISSANT, PLUS ENCORE, L\u2019ELEMENT DECI- SIF DANS LES LUTTES DU PEUPLE LETTON POUR SON INDEPENDANCE ET DANS L'EVOLUTION DE SA CONSCIENCE NATIONALE\".L'auteur le plus populaire de chansons lettones est Emils Darzins, mort en 1910.La remarque de M.Zalis au sujet des Fêtes de Chant letton est d'un grand intérêt pour nous, qui nous plaignons du manque d'esprit patriotique chez les nôtres; aussi faut-il féliciter notre Société nationale, la Saint-Jean-Baptiste, d'avoir inauguré, cette année, une série de fêtes semblables à Montréal.Il est à espérer que cet exemple aura son heureux écho dans les autres centres de la province et jusqu'aux derniers hameaux.Les sports sont aussi très en vogue en Lettonie.Le sport préféré est le \u2018\u2018football\u2019\u2019, pendant que le plus ancien est le cyclisme.L\u2019automobilisme s\u2019y développe de plus en plus, ce qui provoque une politique progressive de voirie par tout le pays; le réseau routier actuel laisse beaucoup à désirer.add aR ROUGE-BLANC-ROUGE 125 La Lettonie, à côté de son armée et d'une garde civique, a aussi ses \u2018\u2019boys-scouts\u201d\u2019.Au point de vue religieux, la population lettone se divise comme suit: luthériens 57.2 pour 100; catholiques 22.5 pour 100; 2 orthodoxes 9 pour 100; adeptes de Moïse 5 pour 100.i Le gouvernement letton a signé un concordat avec le Vatican ; le 30 mai 1922.?Comme dans notre province, on voit, le long des routes, dans 5 la campagne lettone, toute une théorie de croix champétres ornementées des instruments de la passion.+ * = | Notre étude sur la Lettonie nous force à conclure que les pro- , blèmes les plus urgents pour son économie nationale sont l\u2019intensification de l'agriculture et le développement de son industrie.; C\u2019est le manque de capitaux qui, à l'heure actuelle, retarde E S son progres dans ces deux domaines.Car elle voit toutes les pos- 5 sibilités que renferme son territoire.IN\u2019en mentionnons qu\u2019une: 1] une station électrique sur la Duna pourrait fournir 300,000 H.P.5 pendant neuf mois de l\u2019année et 120,000 aux eaux les plus basses.Comme pays de transit, elle s'intéresse aussi à ses voies de 3 communication, ports et chemins de fer, afin déë les préparer à remplir sa tâche d'Etat trait d'union, quand les relations entre l\u2019Eu- R rope occidentale et l'Europe orientale reprendront toutes leurs acti- d vités.No! Nous ne saurions terminer cette étude sans dire grand merci G au consul de Lettonie à Montréal: c\u2019est en effet à M.J.-V.Desaul- niers, que nous en devons les substantiels renseignements.ais Roger du VERNAY i ton: : ue j bE of Les retraites fermées, en liaison avec l\u2019inquiétude i wv de nos âmes.; $ | GAUVREAU (Joseph) M.D.hid } Sous ce titre expressif, un militant de l\u2019action catholique, un de ces , laïques apôtres comme Pie XI en demande avec tant d\u2019instances de nos 590 jours, le docteur Joseph Gauvreau prononçait il y a quelques mois une i om intéressante conférence.Son diagnostic de médecin, sa psychologie pé- Et nétrante, lui ont permis d\u2019analyser l\u2019âÂme moderne et d\u2019y découvrir le i: gro\" grand mal dont elle souffre.A ce mal il indique le remède approprié.Ë b fr L\u2019Oeuvre des Tracts a cru faire oeuvre utile en publiant en brochure E ces pages de haute valeur apologétique et sociale.A 126 LA REVUE NATIONALE BIBLIOGRAPHIE MARGES D'HISTOIRE (Tome II), Saint-Sulpice MAURAULT (Olivier) p.s.s.Ce volume, promis et impatiemment attendu, vient de paraître à la Librairie d\u2019Action canadienne française, éditrice des deux tomes précédents.L\u2019on se rappelle que les tomes I et II furent consacrés respectivement à l\u2019Art au Canada et à l\u2019histoire de Montréal.M.Olivier Maurault, p.s.s., a réservé le tome III pour la Compagnie de Saint-Sulpice dont il est l\u2019un des membres les plus distingués au Canada.L\u2019ouvrage révèle un esprit de probité qui s\u2019harmonise facilement à l\u2019admiration justifiable de l\u2019auteur envers l\u2019oeuvre accomplie depuis le début de la colonie par les Sulpiciens.L\u2019on n\u2019y cherchera pas une synthèse complète des faits et gestes de cette puissante compagnie, ni des tableaux historiques reliés par une chaîne logique ou chronologique.L\u2019auteur a simplement voulu dégager, croyons-nous, les événements les plus saillants qui ont fait étape dans l\u2019évolution de la vie sulpicienne depuis bientôt trois siècles.Ce n\u2019est pas non plus une histoire critique cherchant à analyser les causes ou les effets de certaines actions.L'auteur préfère la méthode monographique, se contentant de renseigner, de rappeler des faits sans s\u2019attarder à les juger.Quand et comment la compagnie de Saint-Sulpice s\u2019établit-elle en Nouvelle-France?Quand et pourquoi fut construit le Fort des Messieurs?Qu\u2019ont fait les Sulpiciens pour la diffusion des bons livres au Canada?Que peuvent bien contenir de précieux ou de mystérieux les voûtes et les souterrains du vieux séminaire et de l\u2019église Notre-Dame?Et les moulins du Séminaire n\u2019ont-ils pas eux aussi une histoire qui révèle des moeurs et coutumes particulières ?Voilà le premier effort de recherches dont M.Maurault nous fait profiter dans son langage simple et harmonieux, et avec un sens de curiosité affinée qui donne l\u2019impression du romancier dont l\u2019imagination se plait à créer des fictions d\u2019une vraisemblance telle qu\u2019elle se confond avec Ia réalité rigoureuse.: Le second effort de l\u2019auteur est consacré à mettre en relief l\u2019oeuvre apostolique des missionnaires sulpiciens.Tel est le dessein des chapitres intitulés L\u2019He aux Tourtes, Oka, l\u2019Ontario, l\u2019Acadie, Sorel, Sault-au-Ré- collet, Guillaume Vignal et Missionnaires sulpiciens de toute la Nouvelle- France et de ceux du Lac-des-Deux-Montagnes.Bref, nous croyons que ce tome III, s\u2019il n\u2019offre pas l\u2019intérêt général des deux précédents, l\u2019emporte par sa documentation plus dense et sa compétence mieux démontrée.Les Marges d\u2019Histoire (3 vol.) de l\u2019abbé Maurault constituent une documentation qui méritait de survivre et est destinée à rendre des précieux services à la génération montante.Avis aux éducateurs en quête de livres de prix canadiens.S.S.PIE XI L\u2019ENCYCLIQUE SUR I\u2019EDUCATION CHRETIENNE DE LA JEUNESSE La plupart ont lu dans quelque journal le magistral document que le Pape vient de publier sur l\u2019Education chrétienne de la Jeunesse.Quels sont les droits et les devoirs, en cette grande question, de l\u2019Eglise, de la famille et de l\u2019Etat; puis quels principes, quelles règles faut-il suivre dans les nombreux cas qui s\u2019y rattachent; caractère de l\u2019enseignement, choix des maîtres, coéducation, ete; tous ces sujets le Pape les traite à fond à la lumière de la doctrine catholique.L\u2019enseignement qu\u2019il donne doit guider tous les fidèles.Et c\u2019est pour cela qu\u2019un tel document doit être conservé et relu comme un livre de chevet.Aussi l\u2019Ecole sociale populaire a-t-elle cru répondre aux voeux d\u2019un grand nombre en publiant en brochure cette Encyclique, augmentée d\u2019une table de matières détaillée.TER LA REVUE NATIONALE 127 80 de vos clients jugent votre-maison d\u2019après votre papeterie et vos imprimés.Nous sollicitons votre patronage strictement sur les qualités de nos travaux, et sur notre habileté à vous bien servir dans toute l\u2019acception du mot.L\u2019ECLAIREUR, INCORPORE Imprimeurs \u2014 Editeurs \u2014 Papetiers TROIS ETABLISSEMENTS BEAUCEVILLE MONTREAL DRUMMOND VILLE Ecole Technique de Montréal 200, RUE SHERBROOKE OUEST Fondée par le Gouvernement Provincial ORGANISATION DES COURS Cours réguliers Cours abrégés a) Techniques (3 années) Mécaniciens d\u2019autos (2 à b) Métiers (2 à 3 années) Cours d\u2019Apprentissage Imprimerie (3 années) 6 mois) Cours du soir Nombreux Cours libres DAMIEN BOILEATU, Président et Gérant Outremont Tel.: ATlantic 4279 AIME BOILEAU, Vice-Président ADRIEN BOILEAU.Secrétaire-Trésorier Outremont Tél: ATlantic 3308 DAMIEN BOILEAU, Limitée ENTREPRENEURS GENERAUX Spécialité: Edifices Religieux EDIFICE \u201cTRUST & LOAN\u201d, Téléphone: HArbour 4838 10, RUE SAINT-JACQUES EST MONTREAL Ne négligez pas vos yeux c\u2019est un bien qu\u2019on ne perd qu\u2019une fois ; Examen de la vue Lunettes élégantes, etc.A.-L.PHANEUF Optométriste-Opticien 1767, rue Saint - Denis Téléphone: HArbour 5544 U.Boileau, Prés.-Gér.E.-N.Boileau, Sec.-Trés.ULRIC BOILEAU, Limitée ENTREPRENEURS GENERAUX Spécialité: Edifices Religieux 4869, rue Garnier MONTREAL Bureau: Tél: CHrerrier 3191-92 LA REVUE NATIONALE Le Certificat Spécial de Rentes viagères donne droit à 2 pensions: 1\u2014une pension payable, en entier, au bout de 20 ans, à tous les membres d'une famille jusqu\u2019au dernier survivant; 2.\u2014une pension spéciale garantie payable également à chaque sociétaire même avant 10 ans.Si le père meurt avant 20 ans, c\u2019est la Caisse qui continue de payer ses contributions afin de permettre à la mère et aux enfants de retirer les 2 pensions sans aucun débours.DITES-NOUS votre âge, si votre épouse vit, combien vous avez d\u2019enfants.REPONSE GRATUITE Caisse Nationale d\u2019Economie 55, Saint-Jacques o., 55 MONTREAL \u201cCe qu\u2019est la Fiducie\u201d qui vient de parai- tre porte sur les services ci-contre: ENVOI GRATUIT \u2014 Société Nationale de Fiducie 55, Saint-Jacques o., 55 MONTREAL (I ADMINISTRATION : \u2014 Fortunes privées \u2014 Successions \u2014 Capitaux \u2014 Valeurs \u2014 Immeubles (et réparations) \u2014 Rapports sur le revenu \u2014 Fonds d\u2019amortissement: COURTAGES: \u2014 Assurances \u2014 Hypothèques \u2014 Achat et vente de valeurs mobilières et immobilières; DEPOTS: \u2014 Argent \u2014 Testaments\u2014 Titres et Valeurs; EXECUTIONS TESTA- MENTAIRES: \u2014 Tutelles et Curatelles \u2014 Fonctions de procureur; FIDUCIE DE TOUTES SORTES: \u2014 Détention de garanties \u2014 Garde de titres et de registres \u2014 Perception de répartitions d\u2019églises.OBLIGATIONS ET ACTIONS : \u2014 Garde des valeurs \u2014 Encaissement de leurs revenus \u2014 Achat et vente pour les clients \u2014 Emission pour sociétés, compagnies, etc.CONSULTATIONS GRATUITES.Pr: Ye 0 Hip tery. COMITES PERMANENTS DE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL 1929-1930 COMITE DE REGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE ET DE LA CAISSE DE REMBOURSEMENT Président: M.Guy VANIER Secrétaire-trésorier: J.-Albert BARITEAU Membres: MM.Aimé PARENT, Jos.-R.POIRIER, Alphonse PHANEUF COMMISSION ADMINISTRATIVE DU MONUMENT NATIONAL Président: M.J.-Ovila MOQUIN Membres: MM.Guy VANIER, J.-Albert BARITEAU, J.-Ernest BROS- SARD, Louis POULIOT COMMISSION D\u2019ETUDE Président: M.V.-Elzéar BEAUPRE Membres: MM.Olivier MAURAULT, p.s.s., Alfred BERNIER, J.-R.POIRIER, J.-Ernest BROSSARD, Emile GIGUERE, Alphonse PHANEUF COMITE DES COURS ET PUBLICATIONS Président: M.Emile GIGUERE Membres: MM.J.-Albert BARITEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, J.-Ovila MOQUIN, Louis POULIOT, Alphonse PHANEUF .CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE Président: M.Victor MORIN ler vice-président: M.Guy VANIER, C.R.2e vice-président: M.J.-Victorien DESAULNIERS Membres: MM.Charles LAURENDEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, Justi- mien, LF ELLETIER, Aimé PARENT, J.-Ernest BROS- Directeur-gérant: M.J.-Victorien DESAULNIERS CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE COLONISATION Président : M.Jules de SERRES Vice-président: M.Rodolphe LANGEVIN Secrétaire: M.Henry L.-AUGER Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, gérant, Oscar GATINEAU, Alphonse HARDY, L.-M.CORNELLIER, J.-Ovila MOQUIN 3 Hi rari abi tii iN f a sos S f COMPLIMENTS DE LA BRASSERIE DOW ; < ET DE LA BRASSERIE DAWES { | a » / NATIONAL BREWERIES LIMITED _ be Imprimerie de l\u2019Eclaireur Inc., 1728, rue St-Denis, Montréal mime 40 is SN "]
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