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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1929-10, Collections de BAnQ.

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[" \u201c.Gérard Malenea 529, [eslaire Coll.11e ANNEE \u2014 No 10 MONTREAL OCTOBRE 1929 LA REVUE NATIONALE Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal SOMMAIRE PAGES De la lecture .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026ecercrrrerssnnceccensense Hermas Bastien 5 Le francais dans la famille.Petits tableaux champêtres \u2014 II.Vieille demeure .Blanche Lamontagne-Beauregard À l\u2019oeuvre, il faut s\u2019y mettre.| 1A.C.J.C.\u2014 Après vingt-cinq Ans .\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026rsssesssoscercecs J.-M.-Rod.Villeneuve, O.M.I.Les premiers mariés montréalais.Promenades historiques (Verchères) \u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.ee.Nos chansons populaires .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026serseessscenssccreene La langue française, langue officielle.À la Chapelle de la Réparation.Le francais et les affaires.Reprise générale des activités.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.rcsriscenerercene ; « Rédaction et administration: 1182, rue SAINT-LAURENT MONTREAL Abonnement annuel: $2.00 Les abonnements à la REVUE NATIONALE commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagrer la demande de 5 sous en timbres-poste. LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Fondée en 1834 Conseil général Aumâônier général: Mgr PARCHEVEQUE DE MONTREAL.Assistant-aumônier général: M.OLIVIER MAURAULT, p.s.s., supérieur du Collège Grasset, 5294, rue Saint-Denis.Président général: GUY VANIER, C.R., 57, rue Saint-Jacques ouest.ler vice-président général: AIME PARENT, administrateur, 21, avenue Galt, Verdun.2e vice-président général: Ernest BROSSARD, gérant de banque, 410, rue Beaubien est.Secrétaire général: V.-ELZEAR BEAUPRE, I.C., professeur, 3732, rue Saint-Hubert.Trésorier général: J.-ALBERT BARITEAU, LL.L., notaire, 1609, rue Maisonneuve.- Honorable F.-L.BEIQUE, sénateur, 112, rue Saint-Jacques ouest.Sir Hormisdas LAPORTE, industriel, 1016, rue Dorchester ouest.J.-C.BEAUCHAMP, administrateur, 551, rue Cherrier.J.-Victorien DESAULNIERS, directeur-gérant, 55, rue St-Jacques ouest.Joseph-R.POIRIER, comptable, 2445, rue Saint-Antoine.J.-Ovila MOQUIN, douanier, 139, rue Saint-Thomas, Longueuil, P.Q.Alfred BERNIER, voyageur de commerce, 48, rue Hazelwood, Outremont.Emile GIGUERE, professeur, 7590, rue Drolet.Alphonse PHANEUF, opticien, 1767, rue Saint-Denis.Louis POULIOT, employé civil, 10639, rue Laverdure, Ahuntsic.Chef du secrétariat: Alphonse de la ROCHELLE, notaire.Bureau No 1, Monument national.Tél: LAncaster 4364.Organisateur et propagandiste: Henry L.-AUGER, 540, rue Ontario est.Téléphone: HArbour 0983.CORPORATIONS FILIALES DE LA SOCIETE La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument national \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation., La direction de la Revue nationale ne s\u2019engage pas a rendre les manuscrits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, et imprimée par \u201cL\u2019ECLAIREUR\u201d Ine.imprimeurs-éditeurs, 1723, rue Saint-Denis.Tél: HArbour 8216.sie 40 LA REVUE NATIONALE Les plantations des régions élevées produisent ce thé savoureux Tout frais des plantations Fél.AMherst 1431 E.DUSSAULT ENTREPRENEUR Lattage et tringlage métallique Estimé sur demande 5211, RUE DFE BORDEAUX - - - MONTREAL 25 années de service public POUR VOS DEMENAGEMENTS ADRESSEZ-VOUS A CHARRON EXPRESS, Inc.Entreposage, Emballage, Expédition 1092, RUE PANET, Montréal \u2014_\u2014 Téléphone: AMHERST 2118 CRÈME À LA GLACE pour Réceptions ou pour Desserts :: elle est toujours appréciée :: Aujourd\u2019hui nous la livrons paquetée avec de la Dry-Ice (glace sèche), ce qui fait un paquet absolument propre et élimine l\u2019eau salée et les désagréments qui en résultent LIMITÉE EEE REA RSC LA REVUE NATIONALE Ce que notre Banque vous offre: Le service d\u2019un personnel courtois.Des services techniques complets.Une collaboration intelligente.Une garantie de sécurité exceptionnelle.La même sincère bienvenue, que vos épargnes soient petites ou considérables.BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Siège Social \u2014 Montréal EXIGEZ la marque \u201cAURRY\u201d sur vos ustensiles de cuisine; ils sont reconnus pour avoir une très grande durabilité et nos cinquante et une années d\u2019expérience les placent parmi les meilleurs sur le marché.\u2014 En vente chez les principaux quincailliers.A.AUBRY & FILS, LIMITEE 2340, DE LORIMIER Maison fondée en 1874.\u2014 Incorporée en 1914.INCOMPARABLE POUR TARTES ! 15* la boite - 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Le Dr Branting, de l\u2019Université de Toronto, n\u2019a pas découvert l\u2019insuline en baillant à sa fenêtre.Sa découverte, qui illustre son nom et glorifie son université, a exigé qu\u2019il soit un fervent lecteur de livres et de revues scientifiques.L\u2019honorable juge P.-B.Mignault, de la Cour suprême du Canada, n\u2019a pas édifié son oeuvre juridique en fainéantisant.Ses études de droit, que de recherches, que de lectures n\u2019ont-elles pas requises! Il en est de même des autres professions.Ceux qui y font leur marque sont des chercheurs, des liseurs.Le livre est le tremplin du succès.C\u2019est une loi universelle que l\u2019intelligence doit profiter de la science incluse dans les.livres. DE LA LECTURE 7 .\u201cJe n\u2019ai pas le temps de lire\u201d est une excuse qui ne vaut pas.On a le temps de nourrir son corps; il faut absolument trouver le temps de nourrir son esprit.D\u2019ailleurs ceux qui donnent cette raison sont ceux qui sont le moins occupés.On parle depuis quelques années de la crise du commerce, du petit commerce canadien-français.Les magasins à suceursales multiples délogent les magasins de quartiers.Il y a dans ce succès une question de méthode, d\u2019organisation que les directeurs de compagnies ont puisée dans les livres et qu\u2019ils ont appliquée à bon escient.Or, pour un Canadien français qui reçoit une revue technique se rapportant au négoce qu\u2019il exploite, il y a vingt-cinq Anglais qui se documentent.Qui lit les revues de mécanique et de science?On en compte plusieurs anglaises.Il y en a aussi d\u2019excellentes écrites en français.Demandez au libraire le percentage de ses abonnés à ces périodiques.Le marchand canadien-français qui se plaint que ses affaires périclitent ne cherchent pas à se documenter, n\u2019a pas le bon esprit de suivre l\u2019évolution du commerce, de se tenir au courant des méthodes nouvelles d\u2019organisation industrielle ou commerciale.Voici les soirées pluvieuses où il fait bon lire.Allez dans les bibliothèques publiques.Observez.Comptez le nombre de lecteurs juifs ou anglais, et vous verrez qui lit.Le bibliothécaire vous dira le nombre de livres demandés dans telle ou telle bibliothèque de l\u2019est et de l\u2019ouest de la ville.Vous verrez encore que les Canadiens français ne lisent pas.Le cinéma, le radio, la pipe, tout cela prend le temps que la lecture réclame.\u201cJe n\u2019ai pas le temps de lire\u201d est une excuse qui ne vaut pas.Elle ne vaut pas, parce que ce sont les gens les plus occupés qui trouvent le temps de lire.Westinghouse, l\u2019inventeur des freins à air, a puisé l\u2019idée de son invention dans un article de revue sur l\u2019air comprimé.Henry Ford ne doit-il pas son succès à une page de magazine décrivant une voiture -sans chevaux inventée par un Français.Les étonnants développements de l\u2019électricité sont dus aux expériences de Faraday, expériences relatées dans les livres.Edison lit cinquante revues techniques.Mussolini est un fervent lecteur de revues.Il semble bien que ces gens sont passablement occupés, Tous les savants lisent.La lecture est un gage de progrès.Tous les jours des inventions nouvelles bouleversent les données 8 \u201c LA REVUE NATIONALE anciennes.La chimie révolutionne tout.C\u2019est un chimiste qui a trouvé des ingrédients nouveaux pour améliorer la panification.Les Anglais possédaient aux Indes des plantations d\u2019indigo très riches, mais quand un chimiste allemand découvrit l\u2019indigo synthétique, leurs plantations perdirent leur valeur.La lecture, qui fut toujours une nécessité, devient de nos jours un gage absolu de progrès ou de faillite pour l\u2019individu ou la société.Il importe donc d\u2019en faire prendre l\u2019habitude à la jeunesse.Tout le monde peut y trouver profit.Il serait illusoire de perfectionner notre système d\u2019enseignement, d\u2019élargir nos programmes scolaires, si, une fois le collège abandonné, les esprits s\u2019anémient dans l\u2019indolence.Comment un enfant peut- il! prendre le goût du livre s\u2019il ne voit jamais lire ses parents?Dans tous les domaines, les exemples entraînent.Voici l\u2019automne avec ses longues veillées.Dans le calme du soir, le livre ou la revue invite le lecteur canadien-français.Qu'il aille y chercher un délassement, la chose est permise.fl est parfois nécessaire de s\u2019évader du réel pour se transporter dans un monde idéal où se trouvent plus de beauté que de bonté.Mais qu\u2019on ouvre les livres sérieux, pour cueillir les perles ignorées de notre histoire, pour acquérir les méthodes nouvelles, pour s\u2019enrichir enfin l\u2019intelligence des notions, des principes, de la science, des connaissances générales qui feront que la supériorité intellectuelle dont notre peuple se réclame, sera mieux qu\u2019une affiche ou un mot de passe.Cette supériorité, faisons-la plutôt resplendir, grâce à la culture générale et spécialisée, dans notre pensée quotidienne, pour qu\u2019elle informe notre langage et magnifie notre action.Hermas BASTIEN Je français dans la famille Quelques mots d'ordre Orner sa maison de gravures françaises.Désigner les objets de la maison par leur nom français.Exiger des inscriptions françaises sur les articles fournis par le commerce, tels que boîtes à lettres, robinets, ustensiles divers.Acheter des jeux français pour les enfants.Répandre les Contes historiques de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.HURON RAP NE HENRI RHANAHHH OO HN CETTE RRR RRR REE HERR RNa Nanas PETITS TABLEAUX CHAMPETRES Petits tableaux champêtres II VIEILLE DEMEURE J\u2019ai revu aujourd\u2019hui la plus vieille maison de la région, la plus vieille qu\u2019on puisse imaginer.Elle est maintenant déserte.Le vieux qui l\u2019habitait est mort l\u2019année dernière.Comment se tient-elle encore debout?Dieu seul le sait.Elle ressemble à une maison de cartes qui est sur le point de s\u2019écrouler.Son toit pointu et branlant retombe sur ses fenêtres embrumées, comme un vieux chapeau sur des yeux éteints.Ses fondations sont de pierre brute ajustée au moyen d\u2019un lourd ciment qui porte encore les marques de l\u2019ancienne truelle.Une meule à manivelle, un puits à longue perche, une faucille noire de rouille, toutes ces choses gisent là dans un délabrement complet.Les murs de bois moussu, aux lézardes nombreuses, abritent des rids d\u2019hirondelles, qui y cachent leurs couvées.Un vieux four tombé en ruines rappelle ces jours anciens où chaque famille cuisait son pain.Et dans le jardin abandonné fourmillant d'herbes sauvages, une unique fleur résiste encore à la destruction, un beau myosotis dresse sa petite tête bleue et crie: \u201cNe m\u2019oubliez pas\u201d !.Cette maison m\u2019impressionne.Il me semble que son vieux coeur va se réveiller, que ses paupières vont battre sous la force des souvenirs, et qu\u2019elle va me parler comme à une amie.Elle va me parler du passé, de son heureux passé véeu avec les êtres qui lui étaient chers.Et pourquoi ne parlerait-elle pas?N\u2019a-t-elle pas en elle des trésors, des beautés qui survivent, des ombres qui demeurent?Où peut-on trouver plus de vie que dans une vieille maison ?Oui, cette vieille demeure me parle.Elle parle des matins d\u2019été, où dans la brise fraîche, les hommes partaient au petit jour, la faucille sur l\u2019épaule, et ne revenaient qu\u2019à la brunante.lille parle des soirs où l\u2019on veillait à la chandelle, en contant de belles histoires.Elle parle des mariages joyeux, où l\u2019on chantait, où l\u2019on riait, où l\u2019on dansait; des soirées en famille, des repas A FRA RTASSETERE 10 LA REVUE NATIONALE où chacun, jeunes et vieux, fredonnait sa chanson.Elle parle des jours ensoleillés ou, dans la grande cuisine inondée de lumière, l\u2019aïeule filait tandis que la jeune mère endormait son enfant dans ses bras.O ravissante mélopée des femmes qui berçaient leurs petits! La vieille demeure est remplie de votre ombre, Ô vaillantes mères d\u2019autrefois!.Ah! pour elle, c\u2019étaient les beaux jours! Fille partageait la vie des êtres bien aimés; elle s\u2019attristait de leurs peines, elle se réjouissait de leurs joies.Comme eux, elle souriait à la venue du printemps qui dore les plaines, réchauffe les coeurs et charme les esprits.Avec orgueil, elle aussi voyait revenir l\u2019automne qui remplit les granges et comble les jardins.Elle tremblait avec ses maîtres quand le grand vent sifflait, quand le tonnerre grondait.Et, durant tous les jours de l\u2019année, comme une mere, avec amour, elle les rassemblait autour de la table coutumière pour manger le pain quotidien.Mais, hélas! ce beau temps n\u2019est plus.Les jours de deuil sont venus.Ceux qu\u2019elle aimait, la vieille maison les a vus partir, l\u2019un après l\u2019autre, couchés dans des draps blancs, quittant pour toujours leur seuil, étendus au fond d\u2019un noir cerceuil.Et depuis ce jour, ils ne sont plus jamais revenus.Où sont-ils?Où sont-ils?\u2026 Sur les routes inconnues, dans l\u2019ombre mystérieuse, marchent-il encore, les mains jointes, levant vers le ciel leur visage paisible, leurs yeux francs et honnêtes ?La vieille maison les attend toujours.Où sont-ils?Où sont-ils ?\u2026 Mais parce que leurs mains s\u2019étaient usées au travail, et que leur âme était restée naïve, Dieu, le Père des humbles de cette terre, Dieu le Maître indulgent, le Père miséricordieux, Dieu, sans doute, leur a ouvert la porte de la Demeure Eter- ; nelle.Blanche LAMONTAGNE-BEAUREGARD A l\u2019oeuvre, il faut s\u2019y mettre! Encourager les cours de bonne diction française Exiger des enfants qu\u2019ils soignent leur conversation.Lutter contre la vulgarité du langage et contre la mollesse d\u2019articulation. L\u2019A.C.J.C.11 IAC.J C.=Apres vingt~cing ans Ils s\u2019engageaient, ardents et fiers, dans la montée de l\u2019idéal, les quelques-uns de 1904 qui avaient regardé en haut.Les sommets entrevus les avaient grisés.On les vit aussitôt gravir en chantant le sentier abrupt, s\u2019enfouir bientôt sous le feuillage épais, reparaissant parfois en des éclaircies ensoleillées, puis de nouveau enveloppés dans le silence et sous les bois touffus.On les oublia.C\u2019étaient, disait-on, des idéalistes, des chevaliers-rêveurs en quête d\u2019aventures; c\u2019étaient des exaltés, peut-être même des exploiteurs de vertu pour arriver; tout au plus de jeunes songe-creux, des enfants d\u2019écoles en équipée: ils eussent entrepris comme une nouvelle croisade, une croisade d\u2019adolescents, contre qui?contre quoi?on avait à se le demander.Ainsi rai- sonnait-on à leur sujet, en divers milieux, quelques-uns humiliés et jaloux, les autres saturés d\u2019indifférence et de pacifique inertie.* * * Vingt-cinq ans se sont écoulés.Les 9, 10 et 11 novembre prochains, l\u2019A.C.J.C., célébrera son vingt-cinquième anniversaire.Quel écho a répondu au claironnant appel de naguère?Que furent-ils ceux d\u2019il y a vingt-cinq ans?Qu\u2019ont-ils été depuis?Que sont et qu\u2019annoncent devoir être ceux qui derrière les premiers ont pris rang dans leurs cadres et sous le même drapeau?Voilà bien des questions pertinentes et auxquelles il est gênant peut-être de répondre.Mais non, la vérité est salutaire.Examinons et répondons sans passion ni mensonge.Un écart considérable, presque désespérant se mesure, il faut l\u2019admettre, entre ce qui a été fait et ce qu\u2019on avait rêvé.On entendait embrigader toute l\u2019élite de notre jeunesse catholique.Des régions entières n\u2019ont pu être abordées.Des classes, les plus hautes, celles d\u2019où l\u2019on espérait le plus, ont échappé, elles se sont soustraites à leur responsabilité, elles n\u2019ont pas compris.Par des groupements choisis, on pensait effectivement animer toute la masse.La masse s\u2019est laissée à peine pénétrer, ane 12 LA REVUE NATIONALE n\u2019a pas réagi et s\u2019en va de plus en plus à la médiocrité, à l\u2019indifférence, au cinéma, au plaisir souvent coupable, toujours dissolvant autant pour l\u2019esprit que pour le coeur.Au moins, fussent-ils le petit nombre, les membres de l\u2019A.C.J.C., seraient des invulnérables, des soldats de Gédéon ou de Léonidas; toutes les unités seraient des valeurs.Il n\u2019en a pas été de la sorte.Les Cercles une fois fondés, au lieu de végéter périodiquement, fourniraient un rendement plein; ils évolueraient dans une ascension constante ; ils seraient des foyers inextinguibles.L'histoire se doit d\u2019avouer, au contraire, des déceptions, des faillites, du lâchage, fréquemment.Tant d\u2019encouragements et de soins accordés à une si brillante jeunesse devraient former au service de l\u2019Eglise une armée fidèle, constante, toujours vaillante.La société civile aurait bientôt à s\u2019émouvoir des chevaleresques exploits de ces jeunes, qu\u2019elle admirerait; elle reconnaîtrait en eux ses meilleurs citoyens, les plus fermes défenseurs de l\u2019ordre public et du bien national, les plus aptes et les plus sûrs dépositaires des fonctions civiles.Aucun ne trahirait, aucun ne tomberait en route.Les magnats et les notables, intelligents Mécènes, leur créeraient un bien-fonds dont les revenus assureraient à leurs entreprises un rayonnement libre et puissant.* * * On avait, à la vérité, trop espéré.L\u2019idéal est un sommet qui s\u2019éloigne toujours; il exige sans cesse un courage plus grand qui le veuille saisir.Il est une abstraction.Elle ne s\u2019incarne qu\u2019avec les déficiences de la matière, les aléas du contingent; elle ne se meut dans le réel qu\u2019avec les pertes et l\u2019usure dues aux frottements des choses et des passions humaines.- Toutefois, malgré ses lacunes et ses limites, le concret n\u2019enferme-t-il rien de l\u2019idéal, n\u2019en garde-t-il pas quelque rayon, n\u2019en réfléchit-il point la splendeur?et n\u2019est-ce point là quelque chose qui vaille de l\u2019effort, de la peine et du sacrifice?Au demeurant, si l\u2019A.C.J.C.n\u2019a pas été tout ce que, même humainement, elle eut pu être, à qui la faute?A ces jeunes évidemment qui échappent et qui se dissipent dans l\u2019insouciance et la légèreté.À d\u2019autres aussi.À nous- yr.ey \u2014 \u2014t L\u2019A.C.J.C 13 mêmes, les moins jeunes, qui ne savons ni les captiver ni les retenir, par nos doctrines ou par nos exemples, par l\u2019atmosphère que nous faisons à leur enthousiasme et à leur activité.Sont-ils tenus d\u2019être sages avant que d\u2019avoir véeu, à moins qu\u2019ils ne voient chez leurs aînés la sagesse bien accueillie et respectée ?Lorsqu\u2019ils ont trouvé ceux qui les précèdent dans la vie soucieux des problèmes.publics, capables d\u2019apprécier avec justesse la hiérarchie des valeurs, l\u2019esprit avant la chair, l\u2019idée avant le sport, assez robustes pour ne céder dans l\u2019accomplissement du devoir social ni au métal brillant ni à quelque avancement flatteur, ils se sont regaillardis et ont été réconfortés dans leur course vers les hauteurs.Mais s\u2019ils ont vu, parmi les vieilles gardes, les foudres de guerre manquer de poudre, et les intrépides fondre comme neige au soleil, que vient-on leur reprocher dans l\u2019atmosphère de chaude moiteur qui enveloppe presque toujours les agissants, d\u2019avoir beaucoup rêvé, d\u2019avoir beaucoup promis, d\u2019avoir trop peu tenu?Ont-ils eu souvent les modèles et les chefs qu\u2019il fallait à leur éducation sociale et à leur action efficace?Non.Ont-ils eu beaucoup, malgré le grand brouhaha de discours et le cliquetis des arguments qu\u2019on a daigné leur servir, la sympathie qui prend les coeurs et le dévouement qui en est victorieux?Non.Le mea culpa que paraissent inspirer les présentes réflexions, au sujet des vingt-cinq ans de l\u2019A.C.J.C., n\u2019est pas à battre principalement sur la poitrine des accusés.Ils sont jeunes, nous sommes les vieux.3k 3k k Treve d\u2019ailleurs au pessimisme.L\u2019A.C.J.C.a été une oeuvre belle, une oeuvre féconde.Elle a fait du bien, elle a formé des bienfaisants.Plus d\u2019une centaine de cercles, quelques milliers de membres.Des avant-gardes qui préparent et élargissent les cadres de l\u2019A.C.J.C.de demain.Un programme de piété, d\u2019étude et d\u2019action, que les rapports des secrétaires établissent n\u2019être pas une vaine formule.Des unions régionales qui, malgré diverses fluctuations, concertent les labeurs et créent des mouvements d\u2019ensemble.Des conseils fédéraux chaque année, des congrès semi-annuels, dont les travaux constituent, quelques-uns, un SL ae RO RE PES 14 LA REVUE NATIONALE arsenal de doctrine et de faits sur les problèmes les plus urgents qui s\u2019imposent à l\u2019attention publique.Le patronat des Prix d\u2019action intellectuelle annuellement conférés aux oeuvres d\u2019esprit les plus remarquées dans notre jeunesse littéraire.Des campagnes restées fameuses, qui ont ému l\u2019opinion générale et dont les résultats ont été aussi tangibles que merveilleux: campagnes de propagande catholique, d\u2019éducation du sens social, de réforme des moeurs, de patriotisme agissant, de réclamation auprès des pouvoirs pour le redressement de griefs et d\u2019abus.Appui vigilant des initiatives et des activités dues à nos autres meilleurs groupements sociaux.Champ de recrutement pour les sociétés d\u2019adultes les mieux inspirées et les plus influentes, qui ont pris dans l\u2019A.C.J.C.de jeunes chefs déjà mûris aux plus généreuses et intelligentes entreprises.Voilà, certes, des titres incontestables et probants que l\u2019Association catholique de la Jeunesse canadienne-française peut mettre en avant pour démontrer que ses vingt-cinq ans n\u2019ont pas été stériles.Comment ici ne pas saisir l\u2019occasion d\u2019exprimer une fois de plus à la puissante Association de la Jeunesse la gratitude des Franco-Ontariens pour le concours qu\u2019elle leur a apporté, aux heures les plus graves de leur lutte, et dont on constate aujourd\u2019hui le résultat vainqueur.Les deux campagnes de sous- eriptions de l\u2019A.C.J.C.en faveur du mouvement ontarien, non seulement par les subsides précieux qu\u2019ils ont assurés aux organisateurs d\u2019une résistance qu\u2019il leur faudrait tenir pendant quinze ans, mais surtout par le sonore écho qu\u2019elles répercutèrent des réclamations de la minorité française, peuvent être classées parmi les plus beaux gestes que la Jeunesse catholique ait enregistrés dans sa neuve histoire.Ils suffiraient à l\u2019illustrer, à eux seuls.Les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui doivent en prendre conscience ; peut-être sont-ils moins bien placés que nous pour les apprécier.Sans doute, des facteurs nombreux auront contribué à amener la situation présente, non exempte de périls mais plus sereine toutefois, des Canadiens français de la province-soeur : l\u2019A.C.J.C en aura été un parmi les considérables.Nous le signalons parce que, si l\u2019on veut apprécier ce qu\u2019a fait l\u2019A.C.J.C.depuis son origine, il faut moins s'arrêter à des statistiques et à des faits bruts.\u2014ils sont tout de même q L\u2019A.C.J.C 15 péremptoires, \u2014 qu\u2019à une observation profonde.L\u2019oeuvre de l\u2019A.C.J.C., chez nous, ¢\u2019a été un esprit nouveau.Il y avait sans doute avant elle des générosités et de nobles ambitions chez nos jeunes.En somme, elles demeuraient individuelles, ou ne trouvaient d\u2019autres cadres généraux que les pieuses congrégations fermées et les clubs politiques.Depuis l\u2019A.C.J.C., et depuis lors seulement, le jeune chrétien, celui des milieux populaires autant que des classes professionnelles, s\u2019il a de l\u2019idéal et l\u2019ambition d\u2019une vie qui monte en rayonnant, qui s\u2019élève dans la lumière et dans la force morale pour en resplendir et en répandre, sait à quel milieu se mêler, à quel programme s\u2019appliquer.Voilà qui compte.Voilà une apologétique suffisante pour légitimer l\u2019existence de l\u2019'A.C.J.C.et réclamer l\u2019estime en sa faveur.Malgré les déficiences et les pertes, le bilan offre de ce côté un tableau persuasif et rassurant.Et c\u2019est de quoi il faut chaudement féliciter la méritante Association, à l\u2019occasion de ses fêtes jubilaires.k * À Sera-t-il permis à l\u2019un des premiers parmi les admirateurs d'une jeunesse qui veut avoir des ailes et s\u2019en servir, en lui exprimant les voeux les plus sincères, d\u2019accompagner ses congratulations de quelques conseils.Et d\u2019abord, qu\u2019elle maintienne son esprit de jadis.Le nombre de ses membres importe moins que leur valeur.Ce sont des convaincus et des agissants qu\u2019elle doit recruter ou former.Les autres retarderaient son envol.Il sera temps aux heures de conscription générale de les envelopper dans les mouvements publics.Il faut d\u2019abord constituer un rouage ferme qui actionne, sans en briser les pièces, les divers groupements de jeunesse.L'A.C.J.C.doit être ce rouage.À telle fin, il lui faut une sérieuse culture d\u2019esprit.Je ne parle ni d\u2019érudition ni d\u2019études éclatantes.Je distingue les besoins et les moyens.Mais à tous je recommande le souci des idées nettes, des choses bien comprises.Sus au verbalisme et à l\u2019enflure oratoire.Qu\u2019il s\u2019agisse du métier le plus humble comme des entreprises financières les plus vastes, d\u2019élémentaires notions d\u2019agriculture ou d\u2019études de philosophie sociale, du petit catéchisme ou d\u2019une apologétique développée, travaillons à base de bon sens, d\u2019observations exactes, de faits RO 16 LA REVUE NATIONALE bien établis et judicieusement discriminés.Recommandations utiles partout et pour tous.Elles le sont doublement en un siècle où la science obnubile le savoir, en un monde où le clinquant, hélas! possède trop de faveur.Voilà ce que je dis à tous.Aux chefs, je dis plus encore.Devenez des hommes supérieurs par l\u2019esprit et la doctrine.À côté de vous, il y a une course à la supériorité, supériorité technique, supériorité littéraire, supériorité dans les sciences naturelles, politiques et sociales.Prenez vous-mêmes rang parmi les coureurs.Devenez des compétences.Si vous vous contentiez d\u2019une science toute livresque et sans racines, d\u2019une valeur toute faite de bonne volonté, vous seriez devancés, et avec vous, ce seraient la religion et la race elles-mêmes qui seraient compromises.On dirait que la piété rétrécit et que le patriotisme emballe: double absurdité que l\u2019insuffisance des uns et la mauvaise foi des autres parviendraient à accréditer.\u2018Dans le camp catholique, en plus, il faut non seulement des valeurs, mais les premières valeurs.D\u2019où nécessité de la formation générale, des hautes cultures, celle de la philosophie, celle de la théologie et pour les laïques eux-mêmes, au moins dans ses parties essentielles.Il se rencontre des techniciens de toutes les branches du savoir et des arts.Il faut des techniciens de la foi.Le privilège n\u2019en est pas réservé aux seuls clercs.Surtout de nos jours où le clergé est insuffisant et ne peut aller partout.D\u2019où l\u2019importance qu\u2019attachent les Souverains Pontifes à l\u2019action catholique, au rôle apostolique du laïcat.Pour ce, il faut des esprits qui sachent bien leur foi, afin de la vivre fortement et dans son intégrité.Du coup .c\u2019est dire, et tel est mon dernier avis, que les jeunes de l\u2019A.C.J.C.devront être de francs-chrétiens, sans peur et sans reproche.Des chastes sans pruderie, des priants sans pose, des chrétiens d\u2019état de grâce et de victoire sur soi-même.Voilà qui est difficile, voilà qui n\u2019est pas à la mode.C\u2019est pourtant de cette espèce de chrétiens, des originaux qui vont jusqu\u2019à vivre comme ils croient, qu\u2019ont voulu enrégimenter et former ceux qui, il y a vingt-cinq ans, fondaient l\u2019A.C-J.C.C\u2019est à telle fin qu'ils reçurent et qu\u2019ils recevront encore les suffrages des meilleurs esprits et les bénédictions des plus augustes autorités.J.-M.-Rod.VILLENEUVE, O.M.1.Me LES PREMIERS MARIES MONTREALAIS Les premiers mariés montréalais Les noms de Mathurin Mousnier et de Françoise Fafard évoquent l\u2019un des plus souriants événements du Montréal héroi- que: le premier mariage.En effet, le 3 novembre 1647, par un froid matin (1), les entours de la forêt de Ville-Marie vibraient sous les éclats de voix joyeuses; l\u2019on y.percevait aussi le crissement léger, continu, d\u2019innombrables feuilles sèches, remuées et foulées par des passants en groupe.Ce cadre.dépouillé d\u2019automne ne pouvait voiler l\u2019agréable vision d\u2019une noce, en marche vers la chapelle du fort, notre primitive église Notre-Dame, située au fond de l\u2019enceinte fortifiée.Quelle couleur accusait le cortège inusité ! Les coiffes normandes ou autres des femmes, leurs robes de droguet aux teintes variées, voisinaient avec les bonnets, les chapeaux à plumes et les justaucorps plus ou moins ornés des colons.Point de fleurs tardives aux corsages féminins.En outre, les gais invités apparaissaient armés jusqu\u2019aux dents.C\u2019est que la vie, en reprenant ses droits, ne pouvait faire fi, en ces lieux, de la présence attentive de la mort.Les conditions sociales les plus diverses avaient tenu à fraterniser pour la mémorable circonstance.En l\u2019un des témoins, ne reconnaissait-on pas l\u2019affable gouverneur, M.de Mai- sonneuve; dans l\u2019autre, le charpentier-militaire, si populaire à Ville-Marie, Gilbert Barbier ?Mais en tête du défilé, que les premiers mariés montréalais resplendissaient! Mathurin Mousnier portait beau avec ses vingt-huit ans robustes que faisaient valoir ses habits de fête : chemise blanche de toile de Hollande, rabat de toile de baptiste, casaque d'écarlate.La mariée, une accorte normande, paraissait rayonnante.Enfin, elle échappait au fantôme avide du célibat, elle qui comptait déjà vingt-trois ans! (1) En cette année 1647, la neige commença dès le lendemain, le 4.(Journal des Jésuites, Québec, 1871, p.95). LA REVUE NATIONALE Quelle passait fraîche et rose, Françoise Fafard, vêtue de Ratine de florance couleur Serize sur laquelle, on avait jeté une mante de baraquan, à cause de ce froid assez vif de novembre.La voyant aussi souriante, alerte, pimpante, plus d\u2019une de ses malicieuses compagnes se prit sans doute à fredonner : C\u2019est la belle Françoise, lon, gai, C\u2019est la belle Françoise.Qui veut s\u2019y marier, ma luron, lurette, Qui veut s\u2019y marier, ma luron, luré.À l\u2019intérieur de la chapelle, agenouillé devant le beau tabernacle illuminé de 1642, le Père Dendemare, jésuite, attendait.Îl se sentait ému du bonheur de ces braves colons, qui désiraient, comme on l\u2019écrivait joliment alors, à cause de la bonne amitié qu\u2019ils avaient entre eulx, prendre Lun Lautre, par foy et loyauté, en mariage, et sespouser en face de notre Mère la Sainte Eglise (2).Le Père Dendemare souhaitait vivement être heureux dans les quelques mots qu\u2019il adresserait à l\u2019occasion de cette première bénédiction nuptiale, à Montréal.Mais l\u2019Esprit souffle où il veut! .Ah! voilà que l\u2019on entrait.Le missionnaire, lentement, se leva, fit face.Ses yeux se posèrent avec quelle tendresse, sur ce groupe de croyants déjà courbé très bas devant l\u2019autel.Où se donna, à la sortie, le premier repas de noce?Où ser- vit-on, sur la table d\u2019ordinaire frugale des colons, force chapons, outardes, anguilles, belles pièces de tourtières, etc .le tout arrosé d\u2019un excellent vin d\u2019Espagne?Enfin, où s\u2019écoulèrent ces heures de rires et de sauterie qui achévent les bombances?Certes, on dut y entendre des violons, y applaudir les soldats, en quelque plaisant ballet.Cela s\u2019était pratiqué récemment, à Québec, sous les yeux indulgents du Père Vimont.L'histoire ne nous narre aucun détail des réjouissances du trois novembre 1647.Mais l\u2019on peut conjecturer.Qui ne voit déjà les premiers mariés montréalais devenus les hôtes du gouverneur, coutumier de tendres prévenances envers les colons; (2) Mots copiés sur un document écrit de la main méme de Paul de Chomedey de Maisonneuve.(Contrat de mariage de Francoise Godé et de Jean Desroches, 1647.Greffe de Jean de Saint-Père, Palais de Justice, Montréal.) oy a LES PREMIERS MARIES MONTREALAIS 19 ou encore de Mlle Mance en son appartement particulier de l\u2019hôpital.Puis en y regardant de près, ne découvre-t-on pas plus d\u2019une charmante raison d\u2019en agir ainsi?Mathurin Mousnier était originaire de Clermont, près de La Flèche (3), pays de M.de la Dauversière.Peut-être avait-il été attiré par celui-ci vers Ville-Marie, constante préoccupation de ce grand coeur.À ces seuls titres, Mathurin Mousnier devenait cher à M.de Maison- neuve et à Mlle Mance, qui n\u2019oubliaient jamais qu\u2019ils devaient à M.de la Dauversière, cet honneur de remplir au Canada, très haute et très utile mission.Et la gracieuse épousée?Elle venait, tout juste, en cette année 1647, d\u2019être conduite depuis sa province de Normandie jusqu\u2019au Montréal, avec quelques autres filles vertueuses, par M.de Maisonneuve lui-même (4).La protection du gouverneur n\u2019accomplissait là qu\u2019un dernier geste gracieux.Le 24 novembre 1648, un an plus tard, les Mathurin Mous- nier, devenaient de nouveau la cause d\u2019une vive joie générale.En leur petite fille, Barbe, qui naissait ce jour d\u2019automne, n\u2019ac- cueillait-on pas le premier enfant, née de parents français, au Montréal?Fieur trop frêle, vite fauchée par la mort! Ondoyé par le chirurgien Jean Pouppée, le bébé reprit vie cependant.Le Père Jean de Quen le baptisa.M.de Maisonneuve et Mlle Mance acceptèrent, avec leur tact coutumier, de servir de parrain et de marraine, à ce premier enfant des colons.Barbe Mousnier, à cause de ces touchantes particularités de sa naissance, voit la postérité garder avec grâce le souvenir de son fugitif passage ici-bas.Elle mourait le 3 décembre 1648.Françoise Fafard fut encore une jeune maman fort éprouvée, le 3 décembre 1649.Deux petits garçons, Mathurin et Paul, nés le même jour, ne languirent que quelques heures en ses bras maternels.Ces tristesses successives entamèrent-elles le beau courage du jeune ménage?Il se pourrait.D\u2019autant plus qu\u2019il s\u2019y joignit, en l\u2019année 1650, un terrible état de dépression, général d\u2019ail- (3) Archives de la Fabrique de Notre-Dame.I.Registres de l\u2019état civil.(4) Sulte, Benjamin.Histoire des Canadiens français.v.3, p.45.IEC PME NRC ITI OS TBR! 20 LA REVUE NATIONALE leurs à Ville-Marie.La plupart des colons partaient ou songeaient à partir devant les coups de plus en plus terrifiants de la férocité iroquoise.Ne cherchons pas davantage les causes probables d\u2019une installation des Mousnier, aux Trois-Riviè- res, en 1651.Plusieurs familles Fafard habitaient déjà cet - endroit.Etait-ce des parents de Françoise?Puis, quelle affinée et héroïque société normande dominait là! .Jean, le troisième enfant des Mousnier naquit à ce petit poste, le 8 Janvier 1651.Hélas, les Trois-Rivières enveloppaient les colons de la même atmosphère tragique qu\u2019au Montréal.En 1652, ce fut drame sur drame.Ah! la grande pitié alors de ce noble coin de terre ensanglanté! Les Mousnier en repartirent, poussèrent jusqu\u2019à Québec.Leur cinquième enfant, Françoise y vint au monde, en 1653.Enfin, on les vit définitivement se fixer sur la côte paisible de Beaupré.Le recensement de 1666 les y trouve possesseurs d\u2019une concession de quinze arpents.Six enfants les entourent.En 1667, la cadette Franççoise les quitte.Elle épouse Charles Pouliot.Peu à peu, les autres suivent, les uns s\u2019établissent à Sainte-Fa- mille et à Saint-François (Ile d\u2019Orléans), les autres à Château- Richer, à l\u2019Ange-Gardien, à Lorette.Les Mathurin Mousnier devaient en effet laisser une fort belle descendance dans toute cette région du Québec.Françoise Fafard s\u2019éteignit le 13 janvier 1792, \u2018à Sainte- Anne\u201d, nous dit l\u2019abbé Tanguay, sans préciser davantage.Elle était âgée de soixante dix-huit ans.L\u2019histoire de la famille Mousnier, n\u2019en doutons pas, fut au XVIIe siècle, celle de combien d\u2019autres familles, aussi vaillantes, aussi tenaces.Il était intéressant de suivre l\u2019existence aventureuse de l\u2019une d\u2019elles.N\u2019importait-il pas aussi de faire revivre le charmant souvenir des premiers mariés montréalais, du petit poste de héros, destiné à devenir l\u2019une des grandes villes du Canada?Puis, autour de la plus humble de ces reconstitutions historiques, ne voyons-nous pas rayonner, pour notre douceur émerveillée, la grâce sans égale de nos origines françaises ?Marie-Claire DAVELUY Montréal, 27 août 1929.PA EY rae em eee PROMENADES HISTORIQUES 21 P romenades historiques Verchères Il ne sera plus dit que seuls les touristes étrangers sillonnent le réseau de nos routes pour y admirer nos lacs, nos montagnes, nos paysages, nos monuments et tout ce passé de gloire où vivaient nos aïeux.Verchères! Ce nom n\u2019évoque-t-il pas dans notre mémoire le geste de la plus vaillante héroïne du Canada français?Aussi des centaines et des centaines d\u2019excursionnistes, par chemin de fer ou en automobiles, prirent-ils part, le dimanche 18 août, à cette seconde Promenade, organisée par la Société Saint-Jean- Baptiste, au pays de Madeleine de Verchères.Les paroissiens sont venus nombreux à l\u2019arrivée du train comme pour recevoir des amis.| Le défilé se forme: le drapeau de la Société vient en téte; une fanfare le suit; les sociétaires, quatre par quatre, marchent au pas militaire.Les visiteurs font leur entrée dans le village au chant de \u2019hymne national.L\u2019accueil ne peut étre plus bienveillant.Toutes les maisons sont pavoisées de drapeaux et de banderoles comme aux grands jours de fêtes.Verchères est en Tiesse.Le cortège, après avoir traversé tout le village, s\u2019arrêta sur le terrain de M.C.-A.Bussières.Le lunch fut servi en plein air.MM.Octavien Grenier, maire du village et Joseph Langlois, maire de la paroisse, au nom de leurs administrés, souhaitèrent la bienvenue aux excursionnistes.MM.Ernest Brossard, 2ème vice-président et Alphonse de la Rochelle, chef du secrétariat général, leur adressèrent les remerciements cordiaux de tous les voyageurs.Après le repas, la foule se réunit devant la demeure de M.Vital Chicoine, propriétaire actuel de la demeure où naquit Ludger Duvernay, fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste.M.Guy Vanier résuma la vie mouvementée de ce patriote et paya un tribut d\u2019hommages à sa mémoire.La Société Saint- Jean-Baptiste, plus que toutes ses autres initiatives, perpétuera son nom en multipliant les oeuvres les plus fécondes pour le progrès de notre peuple. LA REVUE NATIONALE La foule de plus en plus nombreuse descendit alors vers le fleuve Saint-Laurent pour y admirer le bronze du sculpteur Philippe Hébert et applaudir Mlle Réjane Brousseau, qui récita avec chaleur, deux pièces de vers, l\u2019une, Madeleine de Verchères, tirée des Médailles anciennes du poète Paul Gouin, l\u2019autre de _ Louis Fréchette, intitulée La Forêt.L'assistance au salut du Saint-Sacrement affirma le ca- .ractère religieux de la Société Saint-Jean-Baptiste.M.le curé L.-N.Laporte dit sa joie aux excursionnistes de les recevoir dans sa paroisse et souhaita voir revivre bientôt la section paroissiale de la Société, qui jadis fonctionna à Verchères avec un résultat satisfaisant.Le chant était dirigé par M.le notaire Marius Laporte, maître de chapelle.De retour sur le terrain de M.Bussières, les pèlerins, au nombre de plus de quinze cents, se groupèrent autour de M.l\u2019abbé Emile Lambert, curé de Saint-Léonard-de-Port-Maurice, qui, sur une estrade improvisée, sut tirer avec éloquence les leçons qui se dégagent de l\u2019histoire de Madeleine de Verchères.\u201cLe vieux fort\u201d, dit-il, \u201cest disparu, mais le souvenir des morts est resté, et le monument qui s\u2019élève aujourd\u2019hui, face au majestueux Saint-Laurent, rappelle le plus bel acte d\u2019héroïsme juvénile dont nos annales fassent mention.\u201cLa génération actuelle n\u2019a plus à se battre contre l\u2019Iroquois ; elle a à lutter contre d\u2019autres ennemis non moins dangereux: les mauvaises idées, les mauvais livres, les moeurs étrangères qui s\u2019infiltrent parmi la population canadienne.\u201d Notre langue française subit de durs assauts.Nous n\u2019en avons plus assez le respect, plus assez l\u2019amour.Quelle inondation de mots anglais, de termes d\u2019argot même pour désigner des choses bien canadiennes.C\u2019est du pur snobisme qu\u2019il faut combattre de toutes nos forces.Il termina en félicitant la Société Saint-Jean-Baptiste de faire revivre, par des promenades historiques, à différents endroits de notre province, les faits glorieux de notre histoire.Des jeux et amusements variés récréèrent les voyageurs pendant le reste de l\u2019après-midi.A la partie de souque à la corde, le comité régional du centre se laissa vaincre par les employés de la Caisse nationale d\u2019Economie.Le prix remporté par ceux-ci consistait en une coupe d\u2019argent, don de la section Lon- 1 ur à Ll Lo NOS CHANSONS POPULAIRES 23 gueuil.Une copie de la Vierge de Raphaél avait été offerte comme prix de présence.Les comités qui ont préparé cette promenade sont les suivants: Comité général d\u2019 organisation: MM.Ernest Brossard, président d\u2019honneur; J.-Ovila Moquin, président actif et organisateur; René Corbeil, Hervé Primeau, Joseph Lamoureux, J.-F.fingras et Osias Hébert.Comité des billets: MM.Henry L.-Auger, président actif ; René Corbeil et Wilfrid du Cap.| Comité du programme et des jeux : MM.P.-Zéphirin Nadon, président actif; Lucien Saint-Jacques, Léo Jodoin, Alphonse Desjardins, Henri Pepin, L.-A.Gauthier et le Dr A.-A.Le- febvre.Comité du chant et de la musique: MM.L.-A.Gauthier président actif; le Dr A.-A.Lefebvre, Lucien Saint-Jacques, Ovila LaFrenière, Georges-E.Bourbonnais, L.-P.Lanouette, Ernest Thérien et L.-G.Thérien.Comité des juges : MM.Octavien Grenier, maire du village de Verchères, Joseph Langlois, maire de la paroisse, C.-Auguste Bussières, manufacturier, etc, etc.Ces promenades devront se poursuivre l\u2019an prochain.Elles donnent le secret des beaux voyages.Ceux qui y participent ne leur demandent que ce qu\u2019elles peuvent donner.Elles sont instructives en même temps que récréatives.Elles ne trompent point; elles ne fatiguent point.Elles sont en même temps un plaisir pour l\u2019oeil, pour l\u2019esprit et pour le coeur.* x x Nos chansons populaires Le voeu tant de fois émis par les directeurs de la Société Saint-Jean-Baptiste eux-mêmes, par des journalistes, par plusieurs patriotes, a été enfin réalisé.Deux concerts publics, au parc La Fontaine, ont obtenu un succès qui a dépassé les espérances des organisateurs.Le premier, d\u2019abord fixé au 26 août, a été, à cause du mauvais temps, renvoyé au 29. 24 LA REVUE NATIONALE Des milliers de personnes avaient répondu à l\u2019appel de la Société et dès huit heures du soir une foule compacte s\u2019était groupée au tour du kiosque central.Les applaudissements qui éclataient à la fin de chaque chanson prouvaient combien était appréciée cette innovation populaire.M.Henry L.-Auger, organisateur et propagandiste, remercia la population d\u2019être accourue si nombreuses et tous les participants pour leur concours efficace et désintéressé.Au nom de la Société Saint-Jean-Baptiste, M.Ernest Brossard, deuxième vice-président, développa cette idée qu\u2019il est d\u2019une importance capitale de conserver nos chants d\u2019autrefois et les précieuses traditions de nos ancêtres.Ces concerts public, la Société Saint- Jean-Baptiste tentera de les organiser dans tous les parcs de la métropole.\u2018 M.Tancrède Fortin, échevin du quartier Ville-Marie et maire-suppléant, donna lecture d\u2019un télégramme de Son Honneur le Maire Houde, qui, retenu à Toronto, exprimait son regret de ne pouvoir assister au premier concert de la Société et promettait de présider le suivant.La ville de Montréal, déclara M.Fortin, accordera toujours son concours à d\u2019aussi louables organisations.Le second concert eut lieu le dimanche 15 septembre et attira une foule plus nombreuse que le premier.M.Henry L.-Auger, après avoir adressé quelques paroles de remerciements à tous ceux qui les méritaient, invita M.Aimé Parent, premier vice-président, à parler au nom du Conseil général.Parmi les éléments de conservation de la langue et des traditions d\u2019un peuple, dit en substance M.Parent, l\u2019on peut compter à bon droit la chanson nationale comme l\u2019un des plus influents et des plus salutaires.C\u2019est en s\u2019inspirant de cette pensée que la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a mis à son programme d\u2019action la propagande de la bonne chanson, et qu\u2019elle fait actuellement un plus grand effort pour inviter nos compatriotes à cultiver davantage les chants canadiens.Déjà nous avons demandé à nos sections d\u2019exécuter un ou deux numéros de chants à chacune de leurs réunions particulières, et de remplir un joli programme de chansons canadiennes à leurs manifestations publiques, paroissiales et sociales.Pour accentuer cette fructueuse campagne de la bonne chanson française, notre conseil à organisé ces concerts populaires en plein air, « et il engage nos compatriotes à mettre nos airs canadiens à NOS CHANSONS POPULAIRES 25 honneur en toute circonstance, afin d\u2019en faire un rempart contre les infiltrations étrangères, en nous donnant un patriotisme plus convaincu et plus agissant.Il présenta les hommages de la Société à Madame la Mai- resse aux applaudissements de la foule et céda sa place à Son Honneur le Maire, M.Camillien Houde.Celui-ci déclara qu\u2019il était heureux de constater que la Société Saint-Jean-Baptiste a pris l\u2019initiative qu\u2019il désirait prendre lui-même depuis longtemps en popularisant nos airs canadiens et en les faisant exécuter par nos artistes canadiens-français.Il suggéra d\u2019instituer un concours de chant et de musique, qui serait placé sous les auspice de la Société Saint-Jean-Baptiste.Des prix récompenseraient les vainqueurs.Le Maire entonna lui-méme la chanson Alouette et la foule répondit avec entrain.Ces deux premiers concerts étaient sous la direction de M.Guillaume Dupuis, maître de chapelle à Notre-Dame.La fanfare de l\u2019Institut Saint-Antoine, dirigée par M.Victor Bosman, accompagnait chaque chanson et exécutait des morceaux de musique entre chacune d\u2019elles.M.Hercule Lavoie, soliste, chantait les couplets des chansons.Son concours a grandement contribué à assurer la réussite de cette initiative de notre société nationale.Les organisateurs du premier concert avaient inserit à leur programme les chansons suivantes: Alouette, À la claire fontaine, En roulant ma boule, A Saint-Malo, beau port de mer; ceux du second concert, celles-ci: Marianne s\u2019en va-t-au moulin, Le petit mousse noir, Il était un petit navire, Savez-vous planter des choux?Meunier, tu dors et Bonsoir, mes amis.L\u2019un et l\u2019autre concerts se terminèrent par le chant de O Canada.* * La langue française, langue officicielle Quelques mots d\u2019ordre Demander et utiliser les volumes français imprimés par le gouvernement.Exiger des Postes, de l\u2019Accise et des Douanes des inscriptions et formules française.Réclamer de la monnaie et du papier-monnaie bilingues pour le Canada bilingue. - LA REVUE NATIONALE A la Chapelle de la Réparation Le dimanche 22 septembre doit être marqué, à La Réparation, d\u2019une pierre blanche.C\u2019est probablement le plus beau jour qu\u2019elle ait eu depuis sa fondation; et c\u2019est à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal qu\u2019elle le doit.Il faut avouer que la Providence se mit de la partie.Pendant les derniers jours de la semaine, le temps s\u2019était refroidi au point que le bosquet du pèlerinage ne recevait plus de visiteurs.Mais le jour du dimanche se leva radieux.Le soleil, dissipant les brouillards, nous favorisa de cette chaleur d\u2019automne qui réjouit sans incommoder, et que tout le monde aime tant.De leur côté, les hommes surent correspondre aux excellentes intentions du ciel.Le succès des manifestations publiques dépend, en général, de la perfection plus ou moins grande des organisations.Or, l\u2019organisation de la Société Saint-Jean Baptiste fut parfaite.Depuis plusieurs jours déjà les journaux français de Montréal avaient publié des appels pressants de la Société, invitant la population à sa démonstration religieuse.De bonne heure, le matin du 22, les messes de la Chapelle avaient attiré de nombreux fidèles.Mais ce n\u2019était pas dans un local qui contient au plus 600 personnes, que les pèlerins devaient se rendre.Vers 10 h.du matin, la caravane des automobiles fit son apparition.En tête, se trouvait la voiture de S.G.Mgr Deschamps, auxiliaire de Montréal, et dans laquelle avait également pris place le président général, M.Guy Vanier.Elle était suivie par celles des dignitaires de la Société, et par une muititu- de d\u2019autres formant un long cortège.Les tramways, de leur côté, déversaient les pèlerins à flots ininterrompus.Vers 10 h.30 se forma la procession sous les grands arbres du bocage, jusqu\u2019au kiosque Saint-François d\u2019Assise.\u2018 Dans de telles circonstances, où le public se tient debout il ne saurait être question de messe solennelle et de longs discours.Mgr l\u2019Auxiliaire célébra donc une messe basse, tandis que le T.R.P.Urbain, vicaire provincial des Capucins, A LA CHAPELLE DE LA REPARATION 27 donna le sermon.Après avoir souhaité la bienvenue à la Société Saint-Jean Baptiste, il souligna en termes excellents, appuyés sur l\u2019autorité du pape Pie XI, la nécessité de réparer tant de péchés personnels et collectifs, privés et publics qui se commettent chaque jour.Il insista spécialement sur la lutte pour l\u2019esprit chrétien, contre la profanation du dimanche et le blaspheme.Après qu\u2019il eut fini de parler, Monseigneur voulut bien, en quelques mots, confirmer l\u2019enseignement du prédicateur.Puis il parla, avec une paternelle bonté, de l\u2019oeuvre de La Réparation et des Pères Capucins qui la desservent.Sa Grandeur félicita les directeurs de la Société Saint- Jean-Baptiste de si bien comprendre son rôle, approuva les initiatives qu\u2019elle prit au cours des mois de vacances et exprima le voeu de la voir s\u2019affirmer de plus en plus comme société catholique et nationale.\u2019 Le Chemin de Croix se préche tous les jours a 3 heures, devant les magnifiques stations du bocage.Ce jour-la, on eut peur que cette foule ne trouvât le temps long, et le Chemin de Croix commenca dès 2 hrs.Il fut prêché par le R.P.Venance, O.M.Cap., professeur de philosophie au Scolasticat de La Réparation, qui parla avec une voix pleine de charme et d\u2019émotion.Ce n\u2019était pas chose aisée de conduire une foule de près de 6,000 pèlerins dans les sentiers du grand bois, et de tenir leurs esprits enchaînés au récit de la Passion du Sauveur.Tout se fit cependant avec une piété très édifiante et dans un silence solennel.Les stations du Chemin de Croix parcourues, on jugea qu\u2019il serait impossible de convoquer les fidèles à la Chapelle.On les réunit devant la grotte de Lourdes, sur un terrain plan qui contient aisément des milliers de personnes.Le R.P.Ferdinand, O.M.Cap., ler chapelain du pèlerinage, donna de sa voix sonore tous les conseils et les directions nécessaires.Le curé de la Nativité d\u2019Hochelaga, Mgr LePailleur, présida le Salut tandis que la foule chantait.Pendant ce temps les tramways, arrivant en rames nombreuses, nous amenaient une nouvelle avalanche de pèlerins.Il ne fallait pas laisser ces gens privés de nourriture spirituelle.Le T.R.P.Urbain, O.M.Cap., prêcha vers 4 heures un nouveau Chemin de Croix à une multitude d\u2019environ 2,000 28 ~~ LA REVUE NATIONALE personnes.Entre temps, le R.P.Ferdinand, O.M.Cap., racontait à un groupe choisi d\u2019auditeurs les intéressantes péripéties de la fondation du pèlerinage et de ses directeurs: Dominicains, Pères du Saint-Sacrement, curé de Charlemagne et chapelains actuels.Tandis que la grande majorité des pèlerins priaient, se réconfortaient, écoutaient ces récits, d\u2019autres visitaient le Musée des Missions d\u2019Ethiopie, en Afrique.Déjà plusieurs jeunes Pères canadiens Capucins se dévouent en ce pays à la rude tâche du travail apostolique et missionnaire.Ce musée, ouvert depuis un an à peine, est du plus vif intérêt.Ainsi se passa cette belle journée; puis l\u2019heure du départ sonna.Il faudrait dire les heures, car ce n\u2019est pas petite chose d\u2019organiser, par un seul chemin, le défilé de 10,000 pèlerins.L\u2019exode, néanmoins, se fit sans accident, tant les mesures avaient été parfaitement prises et exécutées.Il convient de remercier ici publiquement, la Compagnie des Tramways de Montréal, dont les voitures conduisant les pèlerins directement jusqu\u2019à Viauville suffirent amplement à leur tâche.Quant à la Société Saint-Jean Baptiste, à son président, à ses chefs et à ses organisateurs, notre reconnaissance ne saurait mieux s\u2019exprimer que par ces deux mots: Merci et au revoir! Fr.ALEXIS, O.M.Cap.Le français et les affaires Quelques mots d\u2019ordre Demander les numéros de téléphone en français.Réclamer partout des commis qui parlent notre langue.Imprimer ses cartes d\u2019affaires en français.Placer des étiquettes françaises sur ses marchandises Rédiger ses annonces en bon français.Donner des reçus français.N\u2019employer que des formules de chèque françaises.N\u2019utiliser que des formules de bordereau françaises.Correspondre en français.ki él bre aby a 0 LA REVUE NATIONALE Reprise générale des activités Le jeudi 5 septembre, une réunion des aumôniers, des présidents et des secrétaires de sections offrit l\u2019occasion au président général, M.Guy Vanier, de communiquer à tous les membres les mots d\u2019ordre de la Société.Ces mots d\u2019ordre ont été accueillis avec bienveillance et la reprise des activités semble déjà générale.Le Conseil rappelle aux sections que pour se conformer à l\u2019article 76 des Règlements et Procédures, elles doivent, entre fe 15 octobre et le 15 novembre, faire l\u2019élection de leur conseil et de leurs délégués au Congrès général.Les sections doivent aussi, pour l\u2019année nouvelle, choisir leurs délégués au comité régional auquel elles sont affiliées.Pour avoir droit de vote à une assemblée générale ou spéciale, un sociétaire doit avoir acquitté toutes ses contributions dues à la Société et avoir été admis comme membre d\u2019une section depuis au moins huit jours.Chaque membre devra donc acquitter sa contribution annuelle le plus tôt possible, puisqu\u2019elle est due depuis le ler septembre dernier.ENVOI DES RAPPORTS ANNUELS Les articles 97 et 98 exigent que les secrétaires et les trésoriers des sections fassent parvenir au secrétariat général de la Société leur rapport annuel sur les formules spéciales fournies par le Conseil général, et cela le 30 novembre au plus tard.LA REVUE NATIONALE Le numéro d\u2019avril 1929 est épuisé.Le secrétariat recevrait avec reconnaissance ce numéro de ceux qui ne conservent pas la collection de la revue. 30 LA REVUE NATIONALE Fondée et subventionnée par le gouvernement de la province de Québec Affiliée à l\u2019Université de Montréal Préparant aux situations supérieures du commerce, de l\u2019industrie et de la finance.Cours du jour: Trois années d\u2019études préparant aux licences en Sciences commerciales et comptables.Ces diplômes donnent droit d\u2019admission dans les associations d\u2019experts-comptables.Cours du soir: nombreux cours libres sur: Comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, correspondance commerciale anglaise et française, arithmétique commerciale, algèbre, économie politique, droit civil, droit commercial, espagnol, italien, allemand, ete.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence comptable.Cours par correspondance: Comptabilité \u2014 Langue anglaise et anglais commercial \u2014 français commercial \u2014 économie politique \u2014 droit commercial \u2014 droit civil \u2014 banque et bourse \u2014 mathématiques financières \u2014 etc.Bourses du gouvernement pour cours du jour et du soir.Pour tous renseignements, s\u2019adresser au directeur, Coin avenue Viger et rue Saint-Hubert, Montréal. LA REVUE NATIONALE 80 BEAUCEVILLE Nous sollicitons votre patronage strictement sur les qualités de nos travaux, et sur notre habileté à vous bien servir dans toute l\u2019acception du mot.L\u2019ECLAIREUR, INCORPOREE de vos clients jugent votre maison d\u2019après votre papeterie et vos imprimés.Imprimeurs \u2014 Editeurs \u2014 Papetiers TROIS ETABLISSEMENTS MONTREAL DRUMMONDVILLE Cours réguliers Cours d\u2019Apprentissage Ecole Technique de Montréal a) Techniques (3 années) b) Imprimerie (3 années) 200, RUE SHERBROOKE OUEST Fondée par le Gouvernement Provincial ORGANISATION DES COURS Cours abrégés Mécaniciens d\u2019autos (2 à 6 mois) Métiers (2 à 3 années) Cours du soir Nombreux Cours libres Féléphone: HArbour 1945 10, RUE SAINT 00000000000000000000009 Chambre 1093 TANCREDE FORTIN Conseil du Roi AVOCAT -JACQUES OUEST _\u2014 \u2014 MONTREAL Ne négligez pas vos yeux A.-L.PHANEUF Optométriste-Opticien 1767, rue Saint - Denis Téléphone: HArbour 5544 U.Boileau, E.-N.Boileau, Prés.-Gér.Sec.-Trés.c\u2019est un bien qu\u2019on « eo, ne perd ULRICBOILEAU, Limitée qu\u2019une fois ENTREPRENEURS Examen de GENERAUX la vue Lunettes élégantes, etc.Spécialité: Edifices Religieux 4869, rue Garnier MONTREAL Bureau: Tél: CHrerrier 3191-92 .LA REVUE NATIONALE 1899-1929 CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE MONTREAL 55, S.-Jacques O.HA.2185 Placer avec pleine sécurité financière et morale est devenu aujourd\u2019hui une opération collective.Si notre spécialité, notre expérience, notre loyauté et nos garanties peuvent vous servir.J.-V.DESAULNIERS, Directeur-gérant.Sheol ia ey [pre EHH HHH Nos rentes ont toujours plus que doublé le rendement d\u2019un placement ordinaire à cause de nos 5 sour- es de revenus: les contributions: 1.individuelles; 2.collectives; 3.des décédés; 4.des inconstants; 5.des sociétaires non encore parvenus à la rente.J.-V.DESAULNIERS, Directeur-gérant.1919-1929 SOCIÉTÉ NATIONALE DE FIDUCIE 55, S.-Jacques O.MONTREAL HA.2185 es COMITES PERMANENTS DE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL 1928-29 COMITE DE REGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE ET DE LA CAISSE DE REMBOURSEMENT Président: M.Aimé PARENT.Secrétaire-trésorier: M.J.-Albert BARITEAU.Membres: MM.Guy VANIER, Joseph-R.POIRIER, Alphonse PHANEUF.COMMISSION ADMINISTRATIVE DU MONUMENT NATIONAL Président: M.J.-Albert BARITEAU.Membres: MM.Guy VANIER, J.-Ovila MOQUIN, Ernest BROSSARD, Louis POULIOT.COMMISSION D\u2019ETUDE Président: M.V.-Elzéar BEAUPRE.Membres: MM.Olivier MAURAULT, p.s.s., Alfred BERNIER, J.-R.POIRIER, Ernest BROSSARD, Emile GIGUERE, Alphonse PHANEUF.COMITE DES COURS ET PUBLICATIONS Président: M.Emile GIGUERE.Membres: MM.J.-Victorien DESAULNIERS, J.-Albert BARITEAU, V.- Elzéar BEAUPRE, J.-Ovila MOQUIN, Louis POULIOT.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE Président: M.Victor Morin.ler vice-président: M.Guy VANIER, C.R.2e vice-président: M.J.-Victorien DESAULNIERS.Membres: MM.Charles LAURENDEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, Justi- nien PELLETIER, Aimé PARENT, Léon TREPANIER.Directeur-gérant: M.J.-Victorien DESAULNIERS.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE COLONISATION Président: M.Jules de SERRES.Vice-président: M.Rodolphe LANGEVIN.Secrétaire: M.Henry L.-AUGER.Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, gérant, Oscar GATINEAU, Alphonse HARDY, L.-M.CORNELLIER, Wilfrid DEZIEL. 4 | vy mo + COMPLIMENTS DE LA 57 T BRASSERIE DOW CL.ET DE LA ä BRASSERIE DAWES te NATIONAL BREWERIES LIMITED Imprimerie de I'Eclaireur Inc, 1723, rue St-Denis, Montréal pa{zrt=040 "]
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