La revue nationale /, 1 novembre 1926, Novembre
[" VM.Gérard Malchelosse, | 529, Leciaire MO\\TRFAL.Se ANNÉE \u2014 No 11 MONTRÉAL NOVEMBRE 1926 LA REVUE NATIONALE Organe de la Société Saint-Jcun-Baptiste de Montréal PARAISSANT LE 10 DY CHAQUE MOIS Chez nos frères les Acadiens.\u2026.Hermas Bastien 325 Trois grandes figures de l\u2019épiscopat canadien.\u2026.: Charles Poirier 331 Sir Joseph Dubuc.Maximilien Coupal 335 L\u2019hommage de la jeunesse à un chef de la race: Sir Joseph Dubuc.Jean-Jacques Lefebvre 335 A travers notre vie nationale: Importance du francais.\u2014 L\u2019Ho vital Sainte-Justine.\u2014 Le respect du dimanche.\u2014 A \u2018propos d'\u2019étatisme.\u2014 M.Eugène Trudel.\u2014 La Sauvegarde.\u2014 Salutaire exemple.\u2014 Créé Chevalier.\u2014 Le ces du Daily Mirror.\u2014 M.Dunning et le frangais.mcumcrersentrennnnnncenenss A.Gagnon 341 Chronique de la Société : Fête nationale 1927.\u2014 Section Leurget.-\u2014 Section SAINE-RÉMÉ Lcrcnccerrresreansensene ceonconerntes rradoenonsacsanetn0cons400usen sans 000uu00 Oscar Blain 344 Rédaction et Ad: istration: 1182, rue Saint-Laurent MONTREAL Abonnement annuel : $2.00 La livraison (chez les dépo-iteires) : 15 sous Les abonnements à la REVUE NATIONALE commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour trut changement d\u2019adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste. La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Fondée en 1834 Conseil général : Grand aumônier: Mgr l\u2019'ARCHEVÊQUE DE MONTRÉAL.Président général: Léon TREPANIER, publiciste, 371, Sherbrooke Est.ler vice-président général: Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384, rue Ontario Est.2e vice-président général: J.-W.DÉZIEL, administrateur, 182, Avenue Notre-Dame de Grâces.Secrétaire général: J.-A.BARITEAU, LE.L., notaire, 347, Maisonneuve.Trésorier général: Aimé PARENT, administrateur, 51 est, rue St-Paul.Directeurs: J.-C.BEAUCHAMP, administrateur, 119, Cherrier.Victor MORIN, LL.D., notaire, 97, rue Saint-Jacques.Guy VANIER, LL.L., avocat, 97, Saint-Jacques.J.-V.DESAULNIERS, courtier en immeubles, 17, rue Saint-Jacques.V.-E.BEAUPRE, 1.C., professeur, 676, rue Saint-André.J.-R.POIRIER, comptable, 250, rue Workman.J.-O.MOQUIN, douanier, 139, Saint-Thomas, Longueuil, P.Q.Chef du Secrétariat: Jean GUÉRIN, bureau No 1, Monument National, téléphone: LAncaster 4364.CORPORATIONS FILIALES DE LA SOCIÉTÉ: La Caisse Nationale d\u2019Économie -\u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la \"Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.La Direction de la Revue Nationale ne s\u2019engage pas à rendre les manuserits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.: La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 296, rue Saint-Laurent, et imprimée par ARBOUR et DUPONT, imprimeurs-éditeurs, 249 est, rue Lagauchetière \u2014 Tél.: EST 6264.pe 25 \u2018 LA REVUE NATIONALE 321 SATISFACTION GARANTIE Tél.BELAIR 0408 ERNEST MEUNIER MARCHAND - TAILLEUR 534 est, RUE RACHEL, -.- MONTRÉAL 2ème porte du Parc LaFontaine.Service Jour et Nuit Tél.: PLATEAU 5136-5137 GIROUARD TAXI Limitée LIMOUSINES ialités: riages et Baptémes ET TOURINGS Spécialités: Mariage pt (Chars privés) Pendant les chaleurs! les teintures garanties et les ondulations permanentes s\u2019imposent ! 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LA REVUE NATIONALE \u2014 | LA BANQUE PROVINCIALE 1 DU CANADA | # Siège social: 7 et 9, Place d\u2019Armes i MONTREAL 4 il 3 Capital autorisé.$ 5,000,000.00 \u2014 E.Capital payé et Réserve .$ 5,500,000.00 To : Actif total (au 30 nov.1925) $45,219,000.00 A | 8 Cette banque est la seule au Canada dont les argents confiés à son département d\u2019Epargne sont contrôlés par un Comité de Censeurs, ces messieurs examinant mensuellement les placements faits en | rapport avec tels dépôts.- | Conformément aux règlements approuvés par ses actionnaires,lors ! de sa fondation, cette banque ne prête pas d\u2019argent à ses directeurs.| 132 succursales dans les Provinces de Québec, d\u2019Ontario, | Fi du Nouveau-Brunswick et de l\u2019Île-du-Prince-Édouard.\u2014 \u2014 GR, « I Caron Frères Inc.| NOUVEL ÉDIFICE CARON, | 1 ; } Coin des rues BLEURY & CONCORD FABRICANTS D\u2019'EMBLÈMES DE SOCIÉTÉS ET D\u2019INSIGNES DE TOUS GENRES.Mi Cours LA REVUE NATIONALE Tél.: Calumet 0128 Membre de la Section Saint-Édouard J.-A.ST-AMOUR rs Assortiment complet d'accessoires électriques L'installation du système d\u2019illumination de la Croix du Mont-Royal est une preuve de l\u2019excellence de notre travail.2173, rue Saint-Denis, - - Montréal BANQUE CANADIENNE NATIONALE Siège social: Place d\u2019Armes, Montréal Capital versé et réserve .$ 11,000,000.Actif, plus de .$135,000,000.La grande banque du Canada français.254 succursales au Canada, dont 210 dans Ia Province de Québec.Filiale à Paris: BANQUE CANADIENNE NATIONALE (France), 14 rue AUBER Notre personnel est à vos ordres.GRACIEUSEMENT OFFERT PAR LA Compagnie d'Assurance \u201c MONT-ROYAL \u201d 17, rue Saint-Jean, Montréal Préparation aux carrières industrielles; enseignement théorique et pratique, donné le jour et le soir.Cours du Jour: 3 ANNÉES D'ÉTUDE.Cours du Soir: OCTOBRE à AVRIL.Prospectus sur demande. LA REVUE NATIONALE Qualité 37 ANS D'EXISTENCE Service LA REVUE NATIONALE imprimée dans nos ateliers, est une preuve de l\u2019excellence de notre travail.n Nous imprimons tout: Cartes d\u2019affaires, entétes de lettres, programmes, livres, revues, brochures, etc, etc, à des prix très modérés.Tel.: EST 6264 ARBOUR & DUPONT IMPRIMEURS - ÉDITEURS 249 est, rue LAGAUCHETIERE, - Prés de la rue Saint-Denis Montréal Tél.: ATLANTIC 4279.Spécialité: EDIFICES RELIGIEUX.| DAMIEN BOILEAU, Limitée | ENTREPRENEURS GÉNÉRAUX 245, Ave McDOUGALL - Outremont, Montréal On peut se procurer L\u2019OISEAU BLEU RELIÉ EN JOLIS VOLUMES: l\u2019année 1924 pour .l\u2019année 1925 pour .60 franco.QUARANTE PAGES de dessins en couleurs.Deux contes et des mots curieux.Des sujets historiques.\u2014 Des mots pour rire.LES $2 fo FES LES FE $0.70 franco.\u201c \u2014 \u2014 CD =.Pre DS rt \u2014+ ee am 8e ANNÉE \u2014 No 11 MONTRÉAL NOVEMBRE 1926 ré ré rt dr dr ri ri rc rc LA REVUE NATIONALE Lu dy Le Le a Éd Se a À Sa Le du Su dln Ÿ À i i Lo CHEZ NOS FRERES LES ACADIENS C\u2019est le titre d\u2019un ouvrage intéressant de M.l\u2019abbé Emile Dubois.Il xprime une vérité indéniable.Les origines, la langue, la religion, les épreuves communes, resserrent .les liens d\u2019une fraternité réelle.Qui sait si les évolutions possibles des groupements français et catholiques de l\u2019Est canadien ne la confirmeront pas un jour d\u2019une façon éclatante?A l\u2019heure présente, la nationalité acadienne par le seul fait de son développement garde toute la valeur d\u2019un argument en faveur de la survivance latine dans un continent où dominent les influences anglo-saxonnes.Puisqu\u2019il y a toujours profit à « incliner le passé devant l\u2019avenir », nous tâcherons de rappeler succinte- ment par quelles luttes les Acadiens sont demeurés une force numérique et française.Les descendants des victimes de Lawrence commencèrent à revenir sur le sol ancestral au début du XIX siècle.Isolés, les Acadiens comprirent vite que pour survivre ils avaient besoin d\u2019écoles.Il en surgit.Des prêtres, tels que l\u2019abbé Lafrance et le Père Lefebvre, osèrent même fonder des collèges.Vers 1847, une école d\u2019entraînement pédagogique fut inaugurée.La loi de 1848 ne disait mot de la langue française.Les écoles acadiennes, où l\u2019on avait des manuels français mais où le personnel faisait défaut, n\u2019étaient que tolérées.Le premier instituteur fut Auguste Renaud, d\u2019origine française.Le Nouveau- Brunswick se fédéra en 1867.Destinée à la protection des mi- 326 LA REVUE NATIONALE norités, cette union des provinces ouvrit une ère troublée dans l\u2019histoire scolaire acadienne.L\u2019article 93 de la Charte fédérale n\u2019était pas assez explicite pour empêcher la mesquinerie politique.Et la loi provinciale de 1871 effaça brutalement tous les caractères français et catholiques de l\u2019enseignement.Ni Sir John McDonald, ni Cartier, ni la législature inculpée ne daignèrent faire disparaître la cause du mécontentement.Le Conseil privé alla même jusqu\u2019à nier tout droit aux Acadiens.La loi de 1871 resta donc en vigueur : elle n\u2019attribue aucun statut officiel à la langue française mais, en fait, elle donne plein pouvoir aux syndics d\u2019engager des maîtres de leur choix.C\u2019est ainsi que graduellement s\u2019est établie une situation qui, pour n\u2019être pas parfaite, ne laisse pas d\u2019accorder une certaine latitude.Depuis 1905, le Bureau de l\u2019Education autorise une série de manuels français.La langue de communication est la langue francaise et selon la coutume, on consacre une demi- journée à l\u2019une et à l\u2019autre langue.Sur huit inspecteurs scolaires, deux sont acadiens.Les districts de ces derniers comptent au-delà de quatre cents écoles bilingues.Disseminées dans les territoires des inspecteurs anglais, il y a environ vingt-cinq écoles françaises.Outre les écoles communes, le Nouveau-Brunswick possède plusieurs couvents où la préparation des brevets, contrôlés par l\u2019Etat, oblige à faire très large la part de l\u2019anglais.La minorité acadienne est dotée de deux excellents collèges classiques: l\u2019Université du Collège Saint-Joseph, dirigée par les Pères de Sainte-Croix et le Collège du Sacré-Coeur, aux mains des Pères Eudistes.Ces deux institutions, qui comptent plus de six cents élèves, fournissent à la race les cadres de son élite.A la législature locale, dont le premier ministre fut longtemps un acadien, l\u2019honorable Pierre Veniot, la minorité est largement représentée.Elle y compte trois sénateurs et quatre députés fédéraux.Les acadiens ont en cette province quatre journaux français : Le Moniteur acadien, le Madawaska, l\u2019Acadien, l\u2019Evangeline.Au point de vue religieux, ils ont deux évêques de leur race.Naguère le plus compact, le groupement acadien de la Nouvelle-Ecosse est actuellement moins considérable.C\u2019est Cumberland 41,191 3,975 9.64 Digby et Annapolis 28,965 2,234 7.71 | Cap Breton nord et ; Victoria 31,325 2,082 6.64 Halifax 97,228 5,995 6.16 * Pictou 40,851 1,555 3.81 Shelburne et Queens 23,435 769 3.24 King 23,723 390 1.64 Hauts 19,739 211 1.06 Colchester 25,196 457 1.02 Lunemberg 33,742 2,026 b Population totale 523,387 ® \u2014 acadienne 56,619 Taux pour cent 10.80 Comtés de Population Taux l\u2019He du Prince Edouard totale acadienne pour cent Prince 31,520 7,910 25.25 Queens 36,650 2,659 7.27 Kings 20,445 1,402 6.85 LA REVUE NATIONALE 330 Population totale 88,615 \u2014 acadienne 11,971 Taux pour cent 13.50 * * * « Lorsque les bannis de 1755, écrit Mgr L.-A.Paquet ?, furent livrés aux caprices de la mer pour être jetés et dispersés sur tous les rivages, il y en eut qui, s\u2019armant d\u2019un reste d\u2019énergie, parvinrent à se rendre maîtres des vaisseaux sur lesquels on les avait parqués, et à ramener ces navires vers des ports francais.N\u2019était-ce pas là l\u2019image, le signe précurseur de ce que nous voyons aujourd\u2019hui dans les sphères sociales de l\u2019ancienne Acadie, où les premiers habitants du sol, si injustement dépossédés, ont pu ressaisir une partie de leur influence, et où plusieurs d\u2019entre eux prennent une part de plus en plus grande dans la direction du vaisseau de leur pays?La Providence se joue des calculs des hommes et elle marque souvent son action par d\u2019éclatants retours de justice.Elle venge, dans l\u2019existence bénie des fils, l'honneur et la fortune outragée des ancêtres.» Hermas BASTIEN.Bibliographie: ESTAMPES \u2014 La critique chez nous, par Henri D\u2019Arles.L\u2019analyste exquis qu\u2019est Henri d\u2019Arles vaut d\u2019être lu tant pour sa phrase chatoyante que pour les idées personnelles qu\u2019il émet.On lira avec intérêt ce qu\u2019il pense du talent de notre jeune romancier canadien- français, Harry Bernard, qui vient de publier son troisième volume « La Maison Vide », de même que les considérations sur la Gaspésie au Soleil, du Rév.Père Bernard, c.s.v.Le lecteur goûtera aussi les pages où l\u2019auteur nous entretient de notre histoire littéraire .encore à naître.Et le tout se termine avec des souvenirs et des appréciations sur la vie du « Citoyen Blanchet ».Elles sont parmi les meilleures du recueil de ces critiques.Le volume est intitulé « Estampes ».De belle apparence typographique, il fait honneur à l\u2019éditeur qui s\u2019en était chargé.En vente à la Librairie d\u2019Action française, 1735, rue Saint-Denis, Montréal.\u2014 Prix: $0.60.0.B.1 Etudes et appréciations, p.136, 137. 1 VN eee FOR = = GRANDES FIGURES DE L\u2019EPISCOPAT CANADIEN 331 TROIS GRANDES FIGURES DE L'ÉPISCOPAT CANADIEN Novembre est le mois du souvenir, le mois de la prière pour nos morts aimés.Ainsi dans chaque famille trouve-t-on consolant de se remémorer les chers défunts, de rappeler quelques traits de leur vie, de redire leur bonté, leur dévouement, leur amour du travail, le courage qui les animait.La grande famille qui s\u2019appelle la patrie, a aussi ses morts dont il lui est doux de se ressouvenir : chaque année,à la liste de ceux qui disparaissent, parmi ses enfants les plus nobles, s\u2019a- jJoutent des noms illustres.C\u2019est ainsi qu\u2019au deuil général causé au milieu de l\u2019année 1925 par la mort de son Eminence le cardinal Bégin, sont venus, à peu d\u2019intervalle, s\u2019en ajouter deux autres, non moins douloureux pour l\u2019Eglise et la Patrie canadiennes: nous voulons parler du décès de Sa Grandeur Me Paul-Eugène Roy, archevêque de Québec, survenu au début de 1926, et de celui, arrivé, il y a quelques mois, à peine, du vénérable évêque de Sherbrooke, Sa Grandeur Mgr Paul-Larocque.En ce mois de novembre, où la reconnaissance et l\u2019affection se font un devoir de rendre hommage aux vertus des êtres chers disparus, qu\u2019il nous soit permis d\u2019évoquer les nobles et belles figures de ces vénérés prélats dont la carrière épiscopale ne fut pas moins éminente, que remarquable la sainteté de leur vie.Inclinons-nous tout d\u2019abord avec un filial respect, devant celle de l\u2019auguste prince de l\u2019Eglise canadienne, son Eminence le Cardinal Louis-Nazaire Bégin, et avant de résumer brièvement cette carrière si féconde en oeuvres religeuses et nationales, signalons les traits caractéristiques de ce vertueux prélat.« Une bonté paternelle, une douceur aimable, une indulgence inlassable qui, pourtant, savait s\u2019allier à la fermeté », ainsi que l\u2019écrit dans une notice biographique Mgr le Chanoine Souard.Son Eminence le Cardinal Bégin fut aussi un homme d'action: on en peut juger par les quelques aperçus suivants: la création du patronage catholique des ouvriers, la fondation de « l\u2019Action Sociale Catholique », la résurrection du Chapitre - 332 LA REVUE NATIONALE métropolitain, un Congrès Eucharistique provincial, la fondation d\u2019une Ecole Apostolique, l\u2019érection dans le diocèse, de maints instituts religieux.Mgr Bégin fut peut-être, de tous les évêques canadiens, celui qui a érigé le plus grand nombre de paroisses dans son diocèse: sous son florissant épiscopat, T2 nouvelles paroisses prirent naissance, soixante-douze nouveaux autels d\u2019où s\u2019éleva vers le ciel, grâce au dévouement et à l\u2019initiative du digne Pasteur, l\u2019encens de la prière et du sacrifice expiatoire.L\u2019évêque-cardinal fut un ami du peuple; si ses relations avec les grands personnages étaient empreintes de naturel et d\u2019aisance, il savait aussi se mettre à la portée des plus humbles de ses ouailles.Nous n\u2019avons pas oublié la bienveillance toute paternelle avec laquelle il réunissait les petits servants de messe des paroisses, leur adressant des paroles affectueuses, et distribuant à chacun des médailles et des images.La condescendance pour les petits et les humbles n\u2019empêche pas les hommes d\u2019être grands: le doux prince de l\u2019Eglise que fut Son Eminence le cardinal Bégin en est une preuve palpable.Celui qui savait trouver les mots pour parler aux plus petits des écoliers, aux plus modestes ouvriers et paysans, était pourtant gradué de l\u2019Université grégorienne de Rome,et docteur en théologie.Né le 10 septembre 1840, à Lévis, Son Eminence le cardinal Bégin mourut le 18 juillet 1925, à l\u2019âge patriarcal de 85 ans.Celui que Dieu appelait à continuer l\u2019oeuvre du regretté prélat n\u2019avait pas été étranger à cette oeuvre de dévouement et de labeurs incessants, aussi bien, il suffit de mentionner feu Son Eminence le Cardinal Bégin, pour voir se dessiner tout à côté, dans un autre cadre glorieux, la physionomie grave et imposante, illuminée de la double auréole de la vertu et du génie de Sa Grandeur Mgr Paul-Eugène Roy.Depuis vingt ans déjà, il était l\u2019aide dévoué, le bras droit du vénéré cardinal; et si Mgr Roy, résumant la personnalité de son illustre prédécesseur, ne trouva pas de plus magnifique éloge que ces mots: « Nul ne fut comme lui paternel».Nous pouvons ajouter que nul fils ne sut plus parfaitement faire revivre les vertus du Père.Avec des caractères différents, ces deux âmes du cardi- i Jui or EEE SRE A Bal aan GRANDES FIGURES DE L\u2019EPISCOPAT CANADIEN 333 nal et de l\u2019évêque-coadjuteur vibraient à l\u2019unisson des mêmes sentiments, tout comme les cordes d\u2019une lyre qui, avec des sons différents, résonnent en une harmonie ravissante.C\u2019est ainsi que, dans l\u2019oeuvre éminente de « l\u2019Action Sociale Catholique », comme dans toutes les organisations qui sont nées de cette oeuvre, on trouve, s\u2019employant à leur développement, à leur extension, à côté de Mgr Bégin, le dévoué auxiliaire que la Providence appelait à lui succéder sur le trône archiépiscopale de Québec.Parmi toutes les oeuvres qui ont signalé la carrière si intensément active et fructueuse du regretté Mgr Roy, et qu\u2019il faudrait de longues pages pour énumérer, il en est une à laquelle, outre celle de la presse catholique, il se dévoua avec un zèle digne de sa grande âme d\u2019apôtre: c\u2019est le Congrès de Tempérance qui eut lieu en 1910 et qui fut le prélude de cette admirable campagne dont les résultats ont été si bienfaisants pour notre population.Les difficultés que rencontra cette Croisade furent, on le sait, multiples, mais celui qui en avait pris la direction n\u2019était pas homme à se laisser abattre.Outre qu\u2019il était véritablement chef, doué d\u2019un admirable prestige, il possédait aussi du chef, la prudence, le courage et la ténacité.Il était aussi l\u2019orateur vibrant et persuasif que l\u2019on ne se lassait pas d\u2019entendre.« Vigueur de la pensée, maitrise de la langue, puissance de la métaphore, éloquence du geste, tout chez Mgr Roy, avec son imposante stature, contribuait à charmer l\u2019imagination, à convaincre l\u2019intelligence, à persuader la volonté, » écrit un de ses biographes.Sa Grandeur Mgr Roy fut aussi un grand et sincère patriote: il aimait sa nationalité, il était fier d\u2019être canadien, il aimait notre doux parler.Avec quelle admirable maîtrise il présida le Congrès de la langue française, en 1921! On peut dire du distingué archevêque que son inlassable activité, son dévouement héroïque persistèrent jusqu\u2019à ses derniers jours.N\u2019est-ce pas de son lit de souffrance qu\u2019il eut le courage de tracer, en août 1925, le plan d\u2019une nouvelle campagne de Tempérance ?Mgr Roy eut la consolation de voir ce séminaire des Missions Etrangères, dont il fut l\u2019un des fondateurs, et qui lui 334 LA REVUE NATIONALE était si cher, fournir à la vigne du Seigneur, trois de ses enfants, prémices des nombreux ouvriers évangéliques qui viendront s\u2019y former à l\u2019apostolat pour les missions lointaines.Dans son testament spirituel, touchant et sublime adieu du Père à ses enfants, on peut lire quelques lignes se rapportant spécialement à cette oeuvre du Séminaire des Missions Etran- gères, qui tenait tant à son âme apostolique.L'illustre archevêque fut aussi, durant sa douloureuse maladie, l\u2019initiateur du Congrès Eucharistique des Prêtres Adorateurs, tenu à Québec, en octobre 1925.Ce fut le couronnement des oeuvres de sa laborieuse, mais trop courte carrière.Sa Grandeur Mgr Roy continua, par sa sublime résignation dans la souffrance, un apostolat non moins utile et une prédication non moins éloquente, et il pouvait, à bon droit, lui qui avait consacré sa vie entière à travailler pour le ciel, dire de sa voix expirante, en fixant un dernier regard sur son crucifix: « Est-ce le ciel qui s\u2019en vient?.» Quelques moments après, le vénéré archevêque allait recevoir au ciel, l\u2019éternelle récompense.C\u2019était samedi, le 20 février 1926.Sa Grandeur Mgr Roy était né à Berthier, comté de Mont- magny, le 9 novembre 1859.(à suivre) Charles POIRIER.Rectification: Dans le numéro du mois dernier, à la page 316, il a été publié que M.P.LaRocque était devenu secrétaire de la section Centrale.Pour plus de précision, M.Paul LaRocque occupe la position de secrétaire, conjointement avec M.J.Bourbonnière.Toute correspondance doit cependant être adressée à M.LaRocque, 2710, rue Adam.LA RÉDACTION. L\u2019HOMMAGE DE LA JEUNESSE À SIR DUBUC 335 SIR JOSEPH DUBUC Au Révérend Pére Edouard Lecompte, S.J., Auteur de l\u2019ouvrage: «Un grand Chrétien ».Saint-Rémi se souvient: il a gravé sur pierre L\u2019un des noms les plus beaux de ses nombreux enfants, Celui dont notre race à bon droit est si fière Et figure, distingué, parmi les plus brillants.Mais l'Histoire, déjà, mieux que sur le calcaire, Plus haut que ne pourraient d\u2019impérissables chants, A su dresser au juge, en narrant sa carrière, Le plus digne, ici-bas, de tous les monuments.Ah! Sir JOSEPH DUBUC, parfait dans sa jeunesse, Pour l\u2019âge mur, modèle, exemple à la vieillesse, Fervent du « Juste et Vrai », dans chaque état, pieux, Sur le chemin bordant la terre paternelle Comme sous les rayons d\u2019une gloire immortelle Mérite bien d\u2019en avoir deux.Saint-Rémi de Napierville, Maximilien COUPAL.ce 31 octobre 1926.L'HOMMAGE DE LA JEUNESSE À UN CHEF DE LA RACE SIR JOSEPH DUBUC \u201d Messieurs les Présidents, Messieurs les Membres du clergé, Mesdames, Messieurs, Invité par le comité Dubuc à porter ici la parole, j\u2019eus été tenté de me récuser si je n\u2019eus considéré que mon âge et mes qualifications.Et, en ce moment même, si je ne consen- 1 Texte de l\u2019allocution prononcée, le 31 octobre 1926, à Saint-Rémi de Napierville, lors du dévoilement d\u2019un monument à Sir Joseph Dubuc. 336 LA REVUE NATIONALE tais à m\u2019oublier, je sentirais mon embarras premier grandir à la vue de cet auditoire.impressionnant, c\u2019est le moins que j'en puisse dire.Mais quand je sus au juste en quoi devait consister cette allocution, soit l'hommage de la jeunesse à un chef de la race, je ne me connus pas de motifs d\u2019hésiter davantage.Selon M.Edouard Montpetit, 'un de nos maîtres de l\u2019oeuvre, l\u2019on vient une fois de plus de le reconnaître expressément, il faut tenir comme un bienfait inestimable le don d\u2019une idée bonne à son pays.S\u2019il m\u2019était permis de caresser cet espoir, sans cependant me bercer de trop d\u2019illusions, j\u2019estimerais n\u2019avoir perdu ni votre temps ni le mien.J\u2019implore l\u2019indulgence de ceux qui trouveront peut-être mes propositions trop affirmatives.À vingt ans, l\u2019on a tant de confiance et de certitudes ou.si peu, qu\u2019un tout autre ton devient difficile, pour ne pas dire impossible.Egalement, je crois devoir à la probité d\u2019avertir au préalable que les faits allégués au cours de cet entretien ont été puisés dans le beau livre que le Père Lecompte a consacré à la mémoire de celui dont Saint-Rémi s\u2019enorgueillit à bon droit.D\u2019autres ont célébré ou célébreront en celui qui est l\u2019objet de la présente démonstration, le chrétien intrépide qui vit de sa foi, le citoyen modèle, le caractère dont la hauteur et la fermeté eurent maintes fois l\u2019occasion de s\u2019affirmer devant l\u2019insulte et les menaces, aussi bien que devant ce qu\u2019un de ses panégyristes appelle «les voluptés tentatrices de la fausse paix qui énerve les courages » et dont il n\u2019a pas pu ne pas subir les assauts, le publiciste convaincu et persuasif des affaires de l\u2019Ouest en 69, l\u2019avocat des terres des métis, le législateur protagoniste de projets de loi destinés à garantir la pleine mesure des droits de ses compatriotes.Certains préfèreront s\u2019arrêter plus longuement sur son plus beau titre de gloire, celui de magistrat, le magistrat laborieux, instruit, droit et équitable qui devait prononcer le jugement, définitif somme toute, sur la question tant de fois débattue et non encore résolue des écoles du Manitoba.Pour ma part je me réserve la liberté de saluer en Sir Dubuc le fils du sol et l\u2019homme de doctrine.Le regardant comme tel, il est possible pour moi, je le crois et j\u2019essaierai de le faire voir, de tirer de la vie de Sir Dubuc la leçon d\u2019énergie L'HOMMAGE DE LA JEUNESSE À SIR DUBUC 337 et les directives intellectuelles que le Père Lecompte souhaite à tous en conclusion de son ouvrage.Tenter de célébrer le fils du sol, le descendant de « ces humbles minuscules qui forment le grand livre de l\u2019histoire » (Rostand) en la personne d\u2019un magistrat, d\u2019un juge en chef, peut sembler étrange, paradoxal, et prendre l\u2019air de vouloir provoquer plutôt le scepticisme que la conviction.Et pourtant, en tout celà, mon vif désir serait que l\u2019on n\u2019aille pas croire que je sacrifie à l\u2019excitation cérébrale d\u2019un moment, à une vague association d\u2019idées, à une facile jonglerie de mots, mais qu\u2019on veuille bien consentir à voir la connexité profonde de ce langage avec la réalité des choses.Un écrivain de Montréal, commentant la vie de Dubuc, devant ce qu\u2019il appelle ces « subites migrations de classe »,sans doute au lendemain d\u2019une lecture de la psychologie arbitraire du Bourget de l\u2019Etape, ne peut dissimuler son étonnement, voire son ironie.Y a-t-il matière vraiment?Notre histoire religieuse tout entière n\u2019est-elle pas là pour attester que les élites se recrutent et se renouvellent dans le peuple?Notre histoire civile elle-même ne fournit-elle pas des exemples de parfaite intégrité chez des hommes partis d\u2019en bas et qui, après avoir gravi tous les degrés de la hiérarchie sociale, n\u2019en gardent pas moins au sommet la continuité des vertus qui ont précisément permis cette ascension?Les noms d\u2019Hippolyte Lafontaine, de Norbert Morin, et, plus près de nous, de Philippe Brodeur, avec celui de Dubuc, n\u2019en sont-ils pas un suffisant exemple?Que disait l\u2019abbé Groulx, l\u2019historien psychologue, un autre maître de la pensée canadienne, au cours d\u2019une enquête similaire au cas étudié présentement?« Le mal est de sortir de son milieu, non pas pour une ascension, mais pour une désertion.» Certes ces constatations ne veulent pas être un réquisitoire, au profit d\u2019une seule classe sociale.Je ne veux pas non plus me prévaloir des principes égalitaires chers à toute une école philosophique, historique et politique du siècle dernier, de ce siècle à la fois « stupide » et séduisant, diviniser des forces obscures, des mouvements indisciplinés et répéter 338 LA REVUE NATIONALE avec un penseur de ce temps-là: «toutes les grandes choses se font par le peuple ».Ce que je prétends,c\u2019est que Sir Dubuc se trouvait dans un particulier état d\u2019âme, éminemment approprié à l\u2019accomplissement intégral, efficace et méritoire de ses hautes fonctions.Ce même écrivain de Montréal, dont je parlais tout à l\u2019heure, ne manque pas d\u2019ajouter par ailleurs: « Aux moments périlleux, on voit Dubuc s\u2019affermir les qualités de sa race.» Ces qualités, le Père Lecompte s\u2019est chargé de les synthétiser et de les désigner comme la source vive de l\u2019invincible énergie de notre héros, savoir: l\u2019attachement au vieux culte, l\u2019amour du sol, des traditions, des aspirations nationales, de l\u2019idiome de nos pères, « tout ce qu\u2019il y a d\u2019unanime en nous, disait M.Montpetit, notre foi, notre langue, nos traditions, notre race, notre pays ».Tout le long de sa carrière mouvementée, Dubuc ne perd jamais ces forces de vue.Aux heures pénibles de l\u2019orientation, durant ses études légales à McGill, à son premier retour des lointaines contrées de l\u2019ouest, quand il s\u2019en va à Berthier au devant de sa fiancée et avant même que de s\u2019y rendre, au cours de sa vie parlementaire à Ottawa, et par la suite, chaque fois que l\u2019occasion le lui permet, nous voyons Sir Dubuc accourir sur ce sol de Napierre- ville, que ce soit à Saint-Rémi ou à Saint-Michel.Sans doute, en ces circonstances, il remplit un devoir de piété filiale.Mais il y a plus, j'en suis sûr.Dans cette volonté de contact avec un sol où « fleurissent, comme le note quelque part M.Olivar Asselin, la loyauté, la bonhomie, la politesse, les vertus domestiques, la pureté des moeurs, l\u2019amour de la justice, une langue française, pleine et savoureuse », Dubuc sentait, sans la lettre peut-être, ce que Maurice Barrès, le théoricien par excellence de l\u2019idée de patrie, a traduit d\u2019une formule saisissante : « L\u2019énergie de l\u2019individu est un héritage de l\u2019âme de nos ancêtres et la transmission ne s\u2019accomplit que par l'influence permanente de la terre natale.» Mot superbe que l\u2019abbé Groulx reprend: « On ne compte, on ne vaut que si l\u2019on se gouverne, non selon soi-même mais selon sa race.» Ce ferme appui sur la race, je ne le crois possible, tout comme l\u2019a pratiqué Dubuc,que dans le culte de la petite patrie, \u2014.x = = eet L\u2019HOMMAGE DE LA JEUNESSE À SIR DUBUC 339 la petite patrie sans laquelle la grande risque souvent de n\u2019être qu\u2019une froide abstraction; la petite patrie, cette « ambiance saine, la seule qui s\u2019harmonise vraiment avec l\u2019être intime » (Henri d\u2019Arles) ; la petite patrie qui « parle un langage de soumission aux conditions existantes, plus compréhensif et plus persuasif parce que plus près du coeur et plus fervent ».(Louis Durand, avocat aux Trois-Rivières).Voilà un des enseignements de portée immédiate ou lointaine, mais réelle, que je crois opportun de tirer de la vie de Dubuc.Nous le suivrons parce que tous nous refuserons toujours d\u2019être les pauvres êtres désaxés, les « déracinés » naguère déplorés par le grand artiste et le grand patriote et avec lui, tous, penseurs, écrivains et dirigeants vraiment soucieux de l\u2019ordre.Au moment d\u2019aborder en Dubuc l\u2019homme de doctrine, je me sens quelque peu plus embarrassé.Outre que Dubuc a fait sa marque surtout comme représentant d\u2019une science éminemment positive, la jurisprudence, il reste, qu\u2019il n\u2019a pas été précisément un constructeur de système.Il n\u2019a pas, que je sache, laissé de ces oeuvres de pensée, de ces interprétations nouvelles ou inconnues des choses qui plus que l\u2019action positive, posent un nom aux yeux de la postérité, sinon à ceux des contemporains.Mais, où j'entends insister, c\u2019est que sur les doctrines existantes, Dubuc était averti et prévenu.Et ici je crois retrouver l\u2019action que son exemple peut avoir sur nos esprits.Son pieux biographe note que l\u2019élève des Messieurs sait pousser ses études largement en dehors du programme des classes, notamment en philosophie pour laquelle il se découvre des prédispositions spéciales.Là il développe et affermit sa raison au contact de maîtres tels que Thomas d\u2019Aquin, Pascal, de Maistre, Bonald.Armé des grands principes de la philosophie traditionnelle, de cette doctrine à la fois rationnelle et positive, l\u2019orgueil et le levier de la civilisation occidentale \u2014 et cette affirmation se peut tenir même en n\u2019oubliant pas les noms de Kant et M.Bergson \u2014 Dubuc peut désormais se lancer dans la vie, sûr du triomphe de la vérité et de la justice pour lesquelles incessamment il combattra.Dans la question des écoles du Manitoba, qui est le point 340 LA REVUE NATIONALE culminant de la carrière du magistrat, le Père Lecompte apprécie la thèse de Dubuc de la façon que voici : « Lorsque l\u2019on compare le jugement du juge Dubuc à ceux de ses deux collègues, on voit vite apparaître et dominer la puissance de synthèse que possédait cet homme devant une cause si enchevêtrée fût-elle.Cette puissance, il la devait d\u2019abord à son esprit droit, solide, pénétrant.Il la devait aussi et beaucoup à sa formation classique, à son travail constant et sérieux, à ses deux bonnes années de philosophie, toutes conditions qui lui avaient appris à aller droit au coeur d\u2019une question, à démêler le vrai du faux, à écarter tout ce qui encombre la voie, à faire enfin ressortir le point capital, en projetant sur lui des flots de lumière.» Ainsi voyons-nous s\u2019accuser une fois de plus la primauté d\u2019une discipline spéculative sur l\u2019empirisme.Car l\u2019empirisme ne peut avoir qu\u2019un temps.I] permet tout au plus pour l\u2019individu et la nation, d\u2019aller au petit bonheur le long des routes diverses de l\u2019existence.L'homme d\u2019étude et de doctrine en Dubuc, je le retrouve encore dans ses déclarations du congrès de la langue française.Les vues qu\u2019il exprime là sur nos caractères ethniques, la bienfaisance de nos institutions, l\u2019avenir de notre race, dénotent une patiente méditation de notre histoire, un long examen des choses.Cette obstinée détermination à courir à l\u2019essentiel, cette raison qui ne se laisse jamais surprendre mais qui s\u2019impose plutôt chaque fois qu\u2019elle vient en exercice, sont une invite à tous aux longues réclusions laborieuses qui seules permettent d\u2019atteindre à la haute culture qu\u2019on nous propose de toutes parts.Refuserons-nous de suivre cet exemple, d\u2019entendre ces appels ?Nous ne saurions.La jeunesse de culture humaniste et latine de qui tous attendent les directions de demain ne se soustraira pas au devoir présent.Elle sera à la hauteur des tâches prochaines.Notre civilisation va s\u2019accroissant toujours.Les problèmes de l\u2019ordre moral et sociologique deviennent plus complexes.La jeunesse comprend que celui-là seul, individu ou collectivité, les solutionnera qui les dominera.Dubuc, patriote et doctrinaire, vous avez fait mentir le mot du' penseur qui veut que l\u2019élite doive fatalement se À TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 341 corrompre dans l\u2019exercice du pouvoir.Recevez notre salut enthousiaste et notre hommage fervent.Au carrefour des conceptions les plus contradictoires et des systèmes les plus divers, votre nom, votre vie, vos oeuvres, votre mémoire nous seront un encouragement, une force, un point de mire entrai- nant, et escomptons-«le, victorieux.Jean-Jacques LEFEBVRE.Octobre 1926.À TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE IMPORTANCE DU FRANÇAIS.M.E.W.Beatty, président de la compagnie Pacifique Canadien, déclarait tout récemment au banquet des étudiants des Universités Queens et McGill, qu\u2019il avait appris le français d\u2019une façon très superficielle, au temps où il étudiait à l\u2019Université Queens.Il a constaté à son arrivée à Montréal que ses connaissances de cette langue étaient encore plus superficielles qu\u2019il ne l\u2019avait cru d\u2019abord.C\u2019est alors qu\u2019il a pu constater par lui-même toute l\u2019importance de la connaissance du français au point de vue national.« Nous avons une grande province, dit-il, une province splendidement administrée et composée de 90 pour cent de gens qui parlent le français.L\u2019élément francais s\u2019étend dans les provinces maritimes et dans les provinces de l\u2019ouest de même qu\u2019en Ontario.Cela signifie que le Canada sera une nation composée surtout de gens de langue anglaise ou de langue française.Il est donc nécessaire que nous connaissions la mentalité de nos voisins et que nous en comprenions la langue.Cela n\u2019est pas une concession, ete.» Voilà des paroles tombées de haut et qui valent bien les aneries du brave Dr Edwards. 342 LA REVUE NATIONALE L'HÔPITAL SAINTE-JUSTINE.Cette institution qui depuis quelques années a sauvé à notre race des milliers d\u2019enfants, a lancé tout dernièrement une souscription publique afin d\u2019obtenir les moyens qui lui permettent de continuer son oeuvre.Notre population a souscrit $72,000.00, c\u2019est-a-dire & peu pres sept sous par tête.C\u2019est plutôt maigre pour une oeuvre de cette importance, l\u2019une des armes les plus efficaces contre la mortalité infantile.Il n\u2019est pas une famille à Montréal qui, chaque semaine, ne dépense aux environs d\u2019un dollar pour une sortie d\u2019amusement, et il n\u2019est pas une famille aussi qui n\u2019ait recours à l\u2019Hôpital Sainte- Justine, en cas de besoin, qu\u2019il s\u2019agisse de soins ou de conseils.Heureusement, le gouvernement provincial a compensé l\u2019insuffisance de la générosité publique,par un don de $150,000, sous forme de garantie d\u2019emprunt.Il est remarquable que pour des dépenses inutiles, il se trouve énormément de bonnes volontés et que les demandes pour les nécessités premières, rencontrent une indifférence totale chez le public.LE RESPECT DU DIMANCHE.A la suite des représentations officielles du premier ministre Taschereau, plusieurs compagnies ont fermé leurs usines le dimanche.Citons pour mémoire, La Laurentide Pulp and Paper, à Grand\u2019mère et la Canada Paper Mills, à Sherbrooke.À PROPOS D\u2019ÉTATISME.Un groupe de contribuables a lancé l\u2019idée de mettre sous la régie gouvernementale, le commerce de la gasoline.L\u2019étatisme est une doctrine sociale dangereuse, parce que centralisatrice, et en dernier ressort oppressive et autocratique.Il est à espérer que de pareilles fantaisies sociologiques rencontreront la résistance de tous les gens bien pensants dans notre province.M.EUGÈNE TRUDEL.M.Eugène Trudel a été choisi président de l\u2019Association of Chartered Accountants.C\u2019est la première fois depuis sa fondation que cette grande association de comptables cana- À TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 343 diens, choisit un Canadien-Français comme président.C\u2019est une preuve que nos hommes de profession ont une valeur égale à celle des professionnels d\u2019autres langues.LA SAUVEGARDE.C\u2019est l\u2019un des chateaux-forts de notre indépendance économique bâti par des patriotes qui se doublaient d\u2019hommes d\u2019affaires avertis et tenaces.Grâce à la Sauvegarde, des sommes énormes qui, chaque année, allaient grossir les trésors des compagnies étrangères, restent dans l\u2019épargne canadienne- française.La Sauvegarde a maintenant traversé les heures difficiles et elle rivalise avec avantage au point de vue affaires avec les compagnies les plus puissantes.Il ne tient qu\u2019à nos compatriotes de la faire plus grande, plus forte et plus effective, par leur encouragement pratique.La Sauvegarde en retour pourra financer des oeuvres canadiennes-françaises importantes et aider dans une plus grande mesure à libérer de nouveaux champs économiques pour notre race.SALUTAIRE EXEMPLE.Un magistrat ontarien a puni sévèrement deux énergumènes fanatisés qui avaient tenté de dynamiter l\u2019église catholique de Barrie.Les tristes individus faisaient partie de l\u2019Association Ku Klux Klan.Le magistrat a déclaré qu\u2019il n\u2019y avait pas de place en notre pays pour des êtres semblables.C\u2019est à l\u2019honneur du jury d\u2019avoir eu la largeur d\u2019esprit de comprendre la nécessité, en notre pays, de l\u2019harmonie religieuse et du respect mutuel des droits de chacun.CRÉÉ CHEVALIER.M.Georges Vanier, l\u2019architecte canadien-français qui a dessiné les plans de la maison des étudiants canadiens à Paris, a été créé Chevalier de la Légion d\u2019Honneur par le gouvernement français.LE CAS DU DAILY MIRROR.On se rappelle que feu M.Boivin, ministre des douanes, avait protégé notre pays de cette sale feuille qui nous déverse quotidiennement de la pourriture et des scandales à pleines 344 LA REVUE NATIONALE pages.Le gouvernement éphémère de l\u2019été dernier, à la suite d\u2019on ne sait quelle obscure pression, a rouvert l\u2019entrée du pays à cette feuille.Comme question de fait, elle est toujours aussi malpropre qu\u2019autrefois, peut-être pire.Il est à souhaiter qu\u2019au début de la prochaine session fédérale, nos députés exigeront immédiatement le bannissement du Daily Mirror.On ferait bien aussi d\u2019y joindre le Boston Advertiser.Puisqu\u2019il est de mode de crier à l\u2019américanisation, l\u2019on devrait bien commencer par nous débarrasser de ses manifestations les plus malsaines, dont la plupart de ses revues et journaux.M.DUNNING ET LE FRANÇAIS.Le Leader, de Regina, rapporte ce qui suit, au sujet d\u2019une assemblée libérale à Moose Jaw où M.Dunning, ministre des chemins de fer, à Ottawa, parlait.« M.Dunning a fait allusion aux inconvénients dont il a souffert dans l\u2019est, lors de son dernier voyage, par suite du fait qu\u2019il n\u2019est pas capable de parler en français; il déclara que ce serait une excellente chose si l\u2019on enseignait aux enfants de langue anglaise à parler français.» A.GAGNON.Fête Nationale 1927.La voix des journaux a déjà souligné, à maintes reprises, que les provinces canadiennes devaient célébrer, l\u2019an prochain, le soixantième anniversaire de la Confédération canadienne.Comme les dates du 24 juin et du ler j uillet sont très rapprochées, il suffit de donner un peu d\u2019ampleur aux célébrations CHRONIQUE DE LA SOCIÉTÉ de ces deux fêtes pour faire durer les manifestations toute une semaine.Les franco-américains profiteraient de cette occasion pour venir en grand nombre à Montréal.Déjà le projet a été soumis aux membres de la Chambre de Commerce qui est heureuse d\u2019y donner son adhésion, et qui prie les hommes d\u2019affaires d\u2019en favoriser la réalisation.Quatre siècles de notre histoire passeront ainsi sous les yeux du public qui pourra vivre pendant quelques heures la vie de nos ancêtres.Une liste de chars allégoriques a déjà été préparée, pour représenter les grandes dates de notre histoire ainsi que nos congrès nationaux: QUATRE SIECLES D'HISTOIRE (1523-1925) Revue du développement successif de la civilisation chrétienne, de la colonisation, des arts et des sciences en Canada.1523-1925.\u2014 Quatre siècles d\u2019histoire.Allégorie.1523.\u2014François ler et le testament d\u2019Adam.Jean Veraz- zini arbore le pavillon français sur la côte est de l\u2019Amérique du nord, depuis la Caroline du sud jusqu\u2019à Terreneuve.1534.\u2014Jacques-Cartier prend possession du Canada au nom du roi de France, ou 1535.\u2014 Départ de Jacques-Cartier de Saint-Malo.Bénédiction des vaisseaux et des équipages par l\u2019évêque et le clergé.ou 1535.\u2014Jacques-Cartier sur le Mont-Royal.1604.\u2014M.de Monts et Henri IV.1608 \u2014L\u2019habitation de Québec.1632.\u2014Champlain demande à Louis XIII et au cardinal Richelieu de négocier la restitution de Québec.1639.\u2014Le gouverneur de Montmagny reçoit à Québec les Hospitalières et les Ursulines parties de Dieppe le 4 mai 1639, pour venir fonder dans la ville de Québec les deux communautés qui devaient devenir si célèbres dans les annales du Canada.L\u2019une de ces communautés fonde le premier hôpital du Canada.L\u2019autre la première académie pour demoiselles. 346 LA REVUE NATIONALE 1642.\u2014Sermon prophétique.\u2014 M.de Montmagny, M.de Maisonneuve, Mme de la Peltrie, Jeanne-Mance.\u2014 Le Père Vimont \u2014Fondation de Montréal, la métropole commerciale du Canada.1643.\u2014 Première moisson de blé.Allégorie.1659.\u2014Mgr de Laval arrive en la Nouvelle-France.1660 \u2014Départ pour le sacrifice.\u2014 Dollard et ses compagnons.MM.de Maisonneuve, de Belestre, Closse et Charles LeMoyne-Bourgeois, Femmes et filles.1662.\u2014Louis XIV reçoit Pierre Boucher de Grosbois premier ambassadeur canadien en Europe.1667.\u2014Jean Talon fait faire le ler recensement en Amérique.1668.\u2014Mgr de Laval et l\u2019école d\u2019Art et d\u2019Architecture.1671.\u2014Le 14 juin 1671, Daumont de Saint-Luçon prend possession des pays de l\u2019Ouest au nom du roi de France, et Nicolas Perrot, interprète.1672\u2014Le supérieur de Saint-Sulpice, M.Dollier de Casson et l\u2019arpenteur notaire, Bénigne Basset tracent les premières rues de Montréal.1679.\u2014 Robert Cavalier de la Salle, parent de Saint-Jean- Baptiste de la Salle, lance sur le lac Erié, le premier bateau à voile, qui ait navigué à l\u2019intérieur du continent.1700.\u2014De 1640 à 1700, l\u2019ancienne France a fourni à la Nouvelle, 4,894 colons, originaires de Normandie, Picardie, Perche,Aunis, Saintonge, Poitou, Touraine, Paris, Ile de France, Bretagne, Maine et Anjou.1717 \u2014Fondation de la première chambre de commerce canadienne.1734.\u2014La poste autrefois.1737.\u2014Commencement de l\u2019exploitation des Forges St- Maurice.1747-1754 \u2014Mme d\u2019Youville fonde le premier orphelinat.1755.\u2014Evangéline \u2014 Ave Maris Stella.1759.\u2014Montcalm et Wolfe.Apothéose.1764.\u2014 Premier journal et première grande imprimerie.1 d I il p> ji ar à a die al epee - = job pie | CHRONIQUE DE LA SOCIÉTÉ 347 1780.\u2014Fondation à Québec de la première bibliothèque publique.1783.\u2014Essor des grandes compagnies de traite écossaise et française.1792.\u2014Premier Parlement canadien.Chartier de Lotbi- nière réclame l\u2019usage de la langue française à la première séance.1803.\u2014Premiere fabrique de papier.1806.\u2014Industrie forestière.Première descente d\u2019un radeau sur l\u2019Ottawa.1809.\u2014 Premier bateau à vapeur, l\u2019Accommodation.1815.\u2014Reverbères à l\u2019huile dans les rues.1817.\u2014Fondation de la Banque de Montréal, la première au Canada.1818.\u2014Premiére Cie.d\u2019Assurance contre l\u2019incendie.1821.\u20141er Canal Lachine.1833.\u2014Début du régime municipal.Elzéar Bédard, ler maire de Québec, Jacques Viger, ler maire de Montréal.1836.\u2014L\u2019érable est choisi comme embléme des Canadiens « Issant de la fleur de lys de France et de la rose d\u2019 Angleterre.» 1836.\u2014Premier chemin de fer & Laprairie.1837.\u2014Premier éclairage au gaz des magasins.1841.\u2014Le Canada sous l\u2019Union\u2014LaFontaine et Baldwin.1847.\u2014Inauguration du télégraphe de Montréal et Québec, Toronto, Buffalo, Albany, New-York.1861.\u2014Premiers tramways a Montréal.1867.\u2014Confédération.\u2014 Victoria, Cartier-McDonald, Taché, Langevin, 1894.\u20141er automobile.1897.\u2014Noces de diamant de la reine Victoria.\u2014 Laurier et Gladstone.Liste supplémentaire de chars à l\u2019étude.\u2014Les premières pompes à incendie.\u2014 Inauguration du pont Victoria, une des merveilles du monde, en 1860.nr si EN a LA REVUE NATIONALE \u2014 Le téléphone.\u2014 Le phonographe.\u2014 L'avion.\u2014 Le radio.La Société Saint-Jean-Baptiste a nommé son comité d\u2019organisation.Au congrès spécial d\u2019automne, le programme détaillé de la célébration sera présenté aux sections et dès lors, jusqu\u2019au mois de juin, la préparation sera activée sans relâche.Section Bourget.Dans la salle de l\u2019école Lartigue, le 18 du mois dernier, les membres de la section Bourget étaient réunis pour assister à la présentation du nouveau drapeau offert par La Presse, à la section qui aurait le plus beau char allégorique, lors de la fête nationale du 24 juin 1926.Un public sympathique à la Société et à ses oeuvres a assisté à cette fête: ce qui montre qu\u2019il suffit de prendre l\u2019initiative pour entraîner nos Canadiens-Français dans la voie de l\u2019union et de la force.Les journaux ont publié avec détails le compte-rendu de cette soirée et il suffit de rappeler à tous nos membres de continuer ainsi l\u2019oeuvre commencée pour faire grandir encore notre race par sa propre valeur, et montrer aux autres ce dont le Canadien-Français est capable.Section Saint-Rémi.Dimanche, le 31 octobre, les citoyens de Saint-Rémi de Napierville, sous les auspices de la section Saint-Rémi de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, rendaient hommages a Sir Joseph Dubuc et perpétuaient le souvenir de « celui dont notre race à bon droit est si fière.» On peut lire dans ce numéro le texte de l\u2019allocution qui fut faite à cette occasion, ainsi que quelques vers de M.Cou- pal, à l\u2019honneur de Sir Joseph Dubuc.Oscar BLAIN. LA REVUE NATIONALE DÉLÉGATION EN FRANCE NORMANDIE, ILE-DE-FRANCE, ARTOIS, CHAMPAGNE, LANGUEDOC, GUYENNE, AUNIS, SAINTONGE, ANJOU, TOURAINE, BRETAGNE, DE LA Société Saint-Jean-Baptiste (Société Nationale des Canadiens-Français) ET DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE MONTRÉAL Sous la présidence conjointe de MM.Léon TRÉPANIER et Victor MORIN DÉPART DE MONTRÉAL ET DE QUÉBEC AU MILIEU D\u2019AOÛT 1927.RETOUR À MONTRÉAL ET À QUÉBEC AU COMMENCEMENT D\u2019OCTOBRE.Par ?\u201cANTONIA\u201d de la Compagnie Cunard.Le prix du voyage est exceptionnellement bas.Pour obtenir le programme-itinéraire, adressez-vous au Secrétariat de la Société Saint-Jean-Baptiste MONUMENT NATIONAL, Chambre No 1, rue ST-LAURENT ou aux organisateurs MM.THOS COOK & FILS 526 ouest, rue Sainte-Catherine, - Montréal LA REVUE NATIONALE Caisse Nationale d\u2019Economie Encaissement Du ler janvier au ler novembre 1925 .$452,800.64 1926 .Ce eee $504,877.07 Augmentation en 1926 sur 1925 .$ 52,076.43 Recrutement 1925 2.2 42 4 2 4 2 .9,998 pensions 1926 .15,115 \u2014 Augmentation en 1926 sur 1925 .5,117 \u2014 Encaissement sur nouvelles affaires Du ler janvier au Ier novembre 1925 ©.$55,940.40 1926 .+.$88,407.65 Augmentation en 1926 sur 1925 .$32,467.25 95, rue SAINT-JACQUES, - - MONTRÉAL J.DeSERRES, gérant.La Société Nationale de Fiducie Fondée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Nos principales fonctions: de fonds d\u2019amortissement.de fortunes privées.de propriétés.de successions.Fiducies de toutes sortes.Achat et vente d\u2019obligations.Préparation d\u2019émissions d\u2019obligations.Liquidations et faillites.Préts hypothécaires.Assurances générales.Lo Agents pour transfert d\u2019actions et d\u2019obligations.Administration Tél.: Main 3365.J.DeSERRES, 95, rue SAINT-JACQUES Gérant. LA REVUE NATIONALE FONDÉE EN 1885 BOULANGERIE MEDARD PAQUETTE (La succession Médard Paquette) FARINE de PREMIÈRE QUALITÉ \u2014 CUISSON SOIGNÉE PRIX MODÉRÉS 18 ouest, boulevard SAINT-JOSEPH - Montréal Tél: Belair 0863 La plus ancienne boulangerie canadienne-française.Tél.: EST 1853 LA CIE J.& C.BRUNET Limitée PLOMBERIE \u2014 COUVERTURE \u2014 ÉLECTRICITÉ \u2014 CHAUFFAGE 223, rue Saint-Laurent, - - - Montréal COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE \u201cLa Sauvegarde \u201d MONTRÉAL La seule Compagnie canadienne-française d\u2019Assurance sur la vie.Établie en 1898 Tél.: Belair 1609 ROBIN FRÈRES Manufacturiers de formes de chaussures Angle Carrières et Gilford, - Montréal GARDONS NOS ÉPARGNES CHEZ NOUS Le revenu en primes d'assurances, au Canada, en l\u2019année 1924, a été d\u2019au-delà de $210,000,000.00.Nos institutions nationales en ont à peine touché $3,000,000.00, Pour enrayer cet exode considérable de nos ressources financières, exigez de votre agent qu\u2019il place vos assurances dans LA PREVOYANCE Compagnie essentiellement canadienne fondée en 1905.Assurances de tous genres.Siège Social: ÉDIFICE « LA PRÉVOYANCE » Coin PLACE D\u2019ARMES et ST-JACQUES, - MONTREAL Tél.: HARBOUR 8202-3-4-5-6-7. LA REVUE NATIONALE 0} « L\u2019'ÉCOLE CHEZ SOI » À tous ceux qui ne peuvent suivre ses cours du jour et du soir L\u2019École des Hautes Études Commerciales de Montréal OFFRE SES COURS PAR CORRESPONDANCE Comptables, employés de banque ou autres salariés du commerce, de l\u2019industrie et de la finance, qui désirez améliorer votre sort, augmentez votre compétence professionnelle en suivant ces cours! Prospectus et tous renseignement sur demande Détachez et adressez-nous le COUPON ci-dessous qui vous donne droit, sans aucune obligation de votre part, à notre brochure.Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal, Coin Viger et Saint-Hubert, Montréal.Détachez ce coupon Adressez-moi par retour du courrier votre Brochure « L\u2019ECOLE CHEZ-SOI y que je pourrai garder sans aucune obligation de ma part de suivre vos cours.[ ] Comptabilité [ ] Langue anglaise [ ] L\u2019Anglais Commercial [ ] Economie politique [ ] Le français commercial [ ] Le droit commercial Nom Occupation Adresse COMITÉS PERMANENTS LE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL 1925 COMITÉ DE RÉGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE Président: M.Léon TREPANIER.Secrétaire-trésorier: M.Aimé PARENT.Membres: MM.Henry-L.AUGER, J.-W.DÉZIEL, J.-A.BARITEAU.COMMISSION ADMINISTRATIVE DU MONUMENT NATIONAL Président : M.Henry-L.AUGER, Membres: MM.Léon TRÉPANIER, Aimé PARENT, J.-R.POIRIER, J.-0.MOQUIN.COMITE DE REGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE DE REMBOURSEMENT Président: M.Léon TREPANIER.Secrétaire-trésorier : M.Aimé PARENT.Membres: MM.Henry-L.AUGER, J.-W.DÉZIEL, J.-A.BARITEAU.COMITÉ D'ÉTUDE Président: M.Guy VANIER.Membres: MM.Léon TREPANIER, J.-A.BARITEAU, Victor MORIN, J.-E.JEANNOTTE, 706, Ste-Catherine est, J.-P.LA- BARRE, 1946, St-Denis, Rév.Père TURGEON, O.M.I., 213, Visitation.COMITÉ DES REVUES Président : M.J.-W.DÉZIEL.Membres: MM.J.-A.BARITEAU, Léon TRÉPANIER, Victor MORIN, Guy VANIER.COMITÉ DES COURS ET CONFÉRENCES Président: M.J.-A.BARITEAU.Membres: MM.J.-V.DÉSAULNIERS, V.-E.BEAUPRÉ, Victor MORIN, J.-P.LABARRE.COMITÉ DU FRANÇAIS Président: M.Guy VANIER.Membres: MM.Aimé PARENT, J.-R.POIRIER. COMPLIMENTS DE LA BRASSERIE DOW ET DE LA | BRASSERIE DAWES | National Breweries Limited "]
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