La revue nationale /, 1 février 1926, Février
[" \u201c*, Gérard Marchelosse, 529, Teclaire MONTREAL.8e ANNÉE \u2014 No 2 MONTRÉAL FÉVRIER 1926 LA REVUE NATIONALE Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS Le centenaire des Oblats La Direction L'évolution de notre régime scolaire.Hermas Bastien «La Sève Immortelle » Marie-Claire Daveluy Annales de la S.S.J.B.de Montréal.E.-Z.Massicotte A travers notre vie nationale: Honneurs distribués.\u2014 M.Charles Chaput.\u2014 M.Paul Tourigny.\u2014 Un congrès de médecins.\u2014 Une initiative.\u2014 Lauvéats.\u2014 Le puritanisiène américain.\u2014 La loi triomphe.\u2014 Excellente attitude.\u2014 La loi Lavergne.\u2014 A l\u2019honneur.\u2014 Rapport encourageant.\u2014 Cas curieux.A.Gagnon Chronique de la Société : La Société Nationale de Colonisation.\u2014 Voyage au Congrès eucharistique de Chicago.\u2014 Aide au Collège de Sudbury.\u2014 Visite à l\u2019A.A.d\u2019A.N.\u2014 Visite des sections.\u2014 Foyer à Saint-Edouard Jean Guérin Rédaction et Administration : 296, rue Saint-Laurent MONTRÉAL Abonnement annuel: $2.00 La livraison (chez les dépositaires) : 15 sous Les abonnements à la REVUE NATIONALE commencent invariablement au ler janvier.-\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste. La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Fondée en 1834 Conseil général : Grand aumônier: Mgr l\u2019'ARCHEVÊQUE DE MONTRÉAL.Président général: Léon TRÉPANIER, publiciste, 371, Sherbrooke Est.ler vice-président général: .Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384, rue Ontario Est.2e vice-président général: J.-W.DÉZIEL, administrateur, 182, Avenue Notre-Dame de Grâces.Secrétaire général: J.-A.BARITEAU, LL.L., notaire, 347, Maisonneuve.Trésorier général: Aimé PARENT, administrateur, 51 est, rue St-Paul.Directeurs: L'hon.1-0.DAVID, sénateur, 325, chemin Ste-Catherine, Outremont.Victor MORIN, LL.D., notaire, 97, rue Saint-Jacques.Guy VANIER, LL.L., avocat, 97, Saint-Jacques.J.-V.DESAULNIERS, courtier en immeubles, 90, rue Saint-Jacques.V.-E.BEAUPRE, I.C., professeur, 676, rue Saint-André.J.-R.POIRIER, comptable, 250, rue Workman.J.-0.MOQUIN, douanier, 139, Saint-Thomas, Longueuil, P.Q.\u201c Chef du Secrétariat: Jean GUERIN, bureau No 1, Monument National, téléphone: Plateau 3768.Corporations filiales de la Société: La Caisse Nationale d'Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National\u2014la Société Nationale de Fiducie\u2014la Société Nationale de Colonisation.La Direction de la Revue Nationale ne s\u2019engage pas à rendre les manuserits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal 496.rue Saint-Laurent, et imprimée par ARBOUR et DUPONT, imprimeurs-éditeure, 249 est, rue Lagauchetière, 'Tél.: EST 6264.eis 2D LA REVUE NATIONALE Economie a Vous avez la valeur de votre argent avec le i ; \u2019 pen [a Da as A RNAS ci a ne Be i Pa « A i de RY Ee hE, EE a ER.A Des feuilles purement fraiches qui produiront une infusion délicieuse dans votre théière.Etiquette brune, 75c la livre.Mélange Orange Pekoe, 85c la livre.Produits de Qualité Lait pasteurisé, Crème, Beurre, Oeufs, Crème à la Glace LA REVUE NATIONALE LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Siège social: 7 et 9, Place d\u2019Armes MONTREAL _\u2014 Capital autorisé .+ .$ 5,000,000.Capital payé et Réserve .$§ 4,500,000.Actif total (au 30 nov.1924) .$40,646,000.Cette banque est la seule au Canada dont les argents confiés à son département d\u2019Epargne sont contrôlés par un Comité de Censeurs, ces messieurs examinant mensuellement les placements faits en rapport avec tels dépôts.Conformément aux règlements approuvés par ses actionnaires, lors de sa fondation, cette banque ne prête pas d\u2019argent à ses directeurs.350 BUREAUX DANS LES PROVINCES DE QUEBEC, D\u2019ONTARIO, DU NOUVEAU-BRUNSWICK ET DE L\u2019ILE-DU-PRINCE-EDOUARD.Caron Frères Inc.NOUVEL EDIFICE CARON, Coin des rues BLEURY & CONCORD Fabricants d\u2019Emblèmes de Sociétés et d\u2019Insignes de tous genres LA REVUE NATIONALE Tél: Calumet 0128 Membre de la Section Saint-Edouard T ENTREPRENEUR J.- À.S - AMOU ELECTRICIEN Assortiment complet d'accessoires électriques L'installation du système d\u2019illumination de la Croix du Mont-Royal est une preuve de l'excellence de notre travail.2173, rue SAINT-DENIS - - - MONTREAL BANQUE CANADIENNE NATIONALE Siège social: Place d\u2019Armes, Montréal Capital versé et réserve .$11,000,000.Actif, plus de .$130,000,000.La grande banque du Canada français 254 succursales au Canada, dont 210 dans la Province de Québec.Filiale à Paris: BANQUE CANADIENNE NATIONALE (France), 14 rue AUBER NOTRE PERSONNEL EST A VOS ORDRES.GRACIEUSEMENT OFFERT PAR LA Compagnie d\u2019Assurance « MONT-ROYAL » 17, rue Saint-Jean, Montréal Préparation aux carrières industrielles: enseignement théorique et pratique, donné le jour et le soir.COURS DU JOUR (réouverture le 8 septembre 1925) COURS DU SOIR (réouverture le 6 octobre 1925) PROSPECTUS SUR DEMANDE. 36 LA REVUE NATIONALE c ANNE \\ \u2014 a i a: Qualité 37 ANS D'EXISTENCE Service : x LA REVUE NATIONALE | 1 imprimée dans nos ateliers, est une preuve ; a.a de l\u2019excellence de notre travail.ét | Nous imprimons tout : Cartes d\u2019affaires, | entêtes de lettres, programmes, livres, revues, | brochures, ete, etc, à des prix très modérés.A.H : \u2019 a Tél.: EST 6264 ls a - tele an | | ARBOUR & DUPONT |.: IMPRIMEURS - EDITEURS nd Ÿ connut : H - .a \u2019, CTL a 249 est, rue Lagauchetiére, Montréal 1 oh À ui à | Près de la rue Saint-Denis .| ii | ng CONTES HISTORIQUES à qu ! UN en \u2014 nd i.! ay | LHISTOIRE DU CANADA | 1 me a (avec texte et images en couleurs) in % limi 3 | 16 contes, reliés en un magnifique album: 0 ; Nouveau prix: $0.30 franco.ki ë | | ig .oe .Hit | Edités par la Société Saint-Jean-Baptiste ls de Montréal, | ag i Ta « 296, rue SAINT-LAURENT | 1g) t i A 8e ANNÉE \u2014 No 2 MONTRÉAL FÉVRIER 1926 ii LA REVUE NATIONALE dede dr de de dr de dr de de dd de dr de dd dr ri LE CENTENAIRE DFS OBLATS Rigi 4 3 3 dé # Les Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée célèbrent cette année le centième anniversaire de leur fondation.Cette Congrégation, aux humbles origines, mérite vraiment la reconnaissance du peuple canadien-français ; et il convient de se rappeler à l\u2019occasion de ce centenaire combien la communauté des Oblats a largement contribué à l\u2019expansion de l\u2019Eglise en notre pays ainsi qu\u2019au développement de la fierté nationale chez nos compatriotes.L'histoire de leur apostolat en notre pays est intimement liée à celle de l\u2019Eglise canadienne.Et les Oblats de Marie- Immaculée ont déjà fourni à notre Eglise quatre archevêques et quatorze évêques.Leur zèle apostolique s\u2019est exercé avec une constance héroïque dans les solitudes de l\u2019Ouest et du Nord, ainsi que dans l\u2019Est du pays.Leur activité apostolique s\u2019est même déversé sur le sud africain.Pionniers, missionnaires et apôtres, les Oblats sont aussi des propagandistes de toutes les oeuvres qu\u2019on veut leur confier.L\u2019enseignement classique et universitaire, le ministère paroissial, les retraites fermées, les oeuvres ouvrières, les retraites paroissiales, autant d\u2019oeuvres auxquelles ils savent donner une impulsion pratique et vigoureuse.Le Canada est certainement l\u2019un des pays qui a le plus bénéficié des travaux des fils de Mgr de Mazenod, au double point de vue catholique et national.La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal est donc heureuse d\u2019exprimer, au nom de tous ses membres, à la Communauté si méritante des Oblats, sa plus vive reconnaissance et ses meilleurs voeux de prospérité.LA DIRECTION. 38 LA REVUE NATIONALE L\u2019EVOLUTION DE.NOTRE REGIME SCOLAIRE Nous avons déjà exposé! la conduite généreuse de la majorité catholique de notre province à l\u2019égard de la minorité protestante dans la distribution des subsides scolaires.En justice, le groupe minoritaire doit recevoir 14.28 p.c.des deniers publics mais, oubliant les injustices du passé, la majorité lui accorde 22.61 p.c.Ce geste, qui nous honore, ne trouve guère d\u2019imitateurs chez les gouvernants des autres provinces canadiennes.A ces pages nous voulons ajouter l\u2019esquisse rapide de la formation de notre système éducationnel.Nous suivrons l\u2019ordre chronologique en parcourant les grands chapitres de notre histoire.La noblesse d\u2019origine de nos ancêtres dans le domaine intellectuel est clairement attestée par nos historiens.Le plus nombreux contingent d\u2019émigrants venait de la Normandie « où tout le monde était instruit » même si les archives étaient plus réticentes, l\u2019expansion rapide d\u2019un français dépouillé des particularités de patois supposerait, chez les premiers colons, un respectable degré d\u2019instruction.En dépit des difficultés matérielles de l\u2019époque, les habitants léguèrent à leurs enfants les bienfaits de l\u2019instruction populaire.Ils trouvèrent des aides dans leurs premiers missionnaires, auxquels se joignirent bientôt les Ursulines et les Soeurs de la Congrégation de Notre- Dame.Le clergé paroissial n\u2019eut qu\u2019à suivre les conseils des évêques.La première école canadienne fut ouverte par un franciscain et destinée aux petits sauvages.Gabriel Sagard a raconté dans son Histoire du Canada ses impressions d\u2019instituteur chez les Hurons.Dès 1618, des démarches furent faites en France pour l\u2019organisation d\u2019un collège secondaire.A la 1 Cf.Revue Nationale, de sept.1925.prise aucun août | louve flit 1 nara ar Be Riche lr ge Ell gare is | [si Hey Hout és ih dors Fini bu Tait ligt 46 (nh Big ny lu ly en ng La Ce NUS hee fis L'EVOLUTION DE NOTRE REGIME SCOLAIRE 39 prise de Québec, en 1629, on n\u2019y avait formé aucun savant, aucun séminariste mais l\u2019élan populaire était donné.Le ler août 1635, le Père Lejeune annonçait au cardinal Richelieu l\u2019ouverture d\u2019une école par les Jésuites.Mgr de Laval en ouvrit une seconde, cinquante ans plus tard, alors que Québec n\u2019avait qu\u2019un mille de population.Une troisième fut fondée par Mgr de Saint-Valier à la fin du 17e siècle.En la région de Québec et à la fin de ce même siècle, Ste-Foy, Chateau Richer, St-Joachim, l\u2019Ile d\u2019Orléans, St-Joseph de Lévis avaient leur école, peut-être même Sillery et Lorette.Quinze ans après sa fondation, Montréal vit s\u2019ouvrir, grâce à Marguerite Bourgeoys, sa première école régulière.Elle était mixte.Vers 1666, les Sulpiciens prirent charge des garçons: ils furent aidés par les Frères Charron.Le poste des Trois-Rivières eut également ses classes régulières.Les Ursulines enseignaient à Québec et aux Trois-Rivières; les Hospitalières, à Québec; les Soeurs de la Congrégation, à Montréal, à Québec et dans les environs.Les régions éloignées ne furent point sans moyens d\u2019instruction.Au curé, maître d\u2019école, s\u2019adjoignait l\u2019instituteur ambulant qui fait alors son apparition dans notre histoire.Erigée à la demande des parents grâce au concours de l'initiative privée et de quelques rares subsides royaux, sous la surveillance du curé et la régie de l\u2019évêque qui nommait les maîtres, avec un programme visant à l\u2019essentiel où la religion tient la première place, telle fut la petite école qui devint après la Guerre de Sept ans une force de résistance nationale et de conservation ethnique.* * * La transition du régime français au régime anglais compliqua la situation.Les ancêtres n\u2019eurent plus seulement des problèmes d\u2019organisation à résoudre; ils durent faire face à leurs nouveaux maîtres, victorieux, arrogants.Ils sont las de la lutte mais la fierté de ces « héros en guénilles » laissent deviner qu\u2019ils sauront se défendre.Ils ont résolu dans leur âme blessée de demeurer français, bien que les signataires du : Cf.La formation du régime scolaire canadien-français.R.P.Egide- M.Roy, of.m. A Jt Et Se Emi ss Pt eprrrrs®y = me 7 40 LA REVUE NATIONALE traité de Paris semblent avoir cru peu vraisemblable la survivance de la colonie perdue.On comprend que la guerre avait détruit bien des écoles, que le désarroi des vaincus dont plusieurs avaient fui dans les forêts, que la mauvaise volonté des vainqueurs devaient ralentir l\u2019élan éducationnel.Murray avait reçu instruction d\u2019encourager exclusivement la construction d\u2019écoles protestantes et l\u2019autorité royale avait supprimé la liberté d\u2019enseignement en mettant la fonction d\u2019instituteur à la merci du Lord Evêque de Londres.Devant telle hostilité, que pouvait tenter un peuple ignorant la langue de ses maîtres?Le traité de Versailles (1783) qui consacrait l\u2019indépendance américaine anéantit toute espérance du retour du drapeau français.Et le patriotisme canadien-français devint d\u2019une loyauté très fière.Cependant, la politique anglaise louvoyait.Lord Dorchester, en 1787, nomma une commission d\u2019enquête chargée d\u2019aviser aux moyens de répandre l\u2019instruction.Les enquéteurs recommandèrent une organisation prétentieuse et hostile à notre race.Mgr Hubert s\u2019opposa à ce projet qui, dix ans plus tard, fut repris sous une forme plus simple mais aussi nocive pour les nôtres.Ce qui manquait à nos écoles, c\u2019était les secours de l\u2019Etat.\u2019 La première législature du régime de 1791 avisa donc aux secours pécuniaires.Elle transmit à Sa Majesté le voeu que les biens des Jésuites fussent affectés à l\u2019instruction primaire.Londres ne répondit pas à cette requête.En 1801, le lieute- nant-gouverneur soumit un projet intitulé: « Acte pour établir des écoles gratuites et pour le progrès de l'instruction ».Ce statut autorisait le gouvernement à créer une corporation sous le nom d\u2019Institution royale pour le progrès de l\u2019Instruction.Neutralité et centralisation excessive, tels étaient les vices de cette loi qu\u2019une chambre en majorité française aurait dû rejeter.Une manoeuvre déloyale lui ouvrit la voie.On l\u2019introduisit à la fin de la session et le projet passa sans bruit.L\u2019évêque et le clergé empêchèrent l\u2019application de cette mesure qui fut, auprès des nôtres, un échec complet.La chambre basse, ayant tenté vainement de rappeler l\u2019acte de 1801, s\u2019employa à créer un organisme nouveau.Elle adopta, en 1820, à la satisfaction des catholiques, un projet at iat mi fri ih ST (Oi, ps les ale den.bos of It en véque 1 wil anit atri {a 1,60 [al mol taie } Cut I Js 1s 2 as ] qu mire.ele ef ii + ation true le alt On jut pale pelt Elle roel L'EVOLUTION DE NOTRE REGIME SCOLAIRE 41 qui donnait aux écoles catholiques une organisation autonome et qui donnait la direction officielle à l\u2019évêque.Maitlands réserva le projet à la sanction royale qui ne fut jamais accordée.Albion châtiait ainsi la chambre qui se rebiffait sur la question des subsides.En 1824, la loi des « Ecoles de fabrique » fut votée.Elle autorisait chaque fabrique à affecter un quart de son revenu à l\u2019entretien d\u2019une école.Cette affectation supposait un budget solide et les législateurs n\u2019avaient pas examiné les bilans fabriciens.À peine cinquante écoles purent-elles fonctionner à la faveur de la loi de 1824.Cependant, notons que l\u2019unité paroissiale est prise comme base.de l\u2019organisation scolaire.C\u2019est une idée féconde que l\u2019on reprendra.Cinq ans plus tard, en 1829, le parlement vota une troisième mesure qui eut de meilleurs résultats parce qu\u2019elle accordait une contribution assez généreuse, vu les conditions financières de la province, la loi de 1829 fut successivement amendée en 1831-32-33.L\u2019effort fut fructueux car le nombre des écoles était, en 1836, de 1321 avec une fréquentation de 3600 élèves.Mais l\u2019insurrection de 1837 s\u2019annonce mettant de l\u2019incertitude dans toutes les réalisations.* * * Notre régime scolaire atteignit la dernière étape de son évolution en 1875.Il s\u2019y achemina graduellement, à partir de 1840.On peut partager cette période en trois parties: la première va de 1840 à 1853 et comprend toute l\u2019administration du Dr Meilleur comme surintendant: le fait principal est la municipalisation de l\u2019école; la seconde s\u2019étend de 1853 à 1867: l\u2019autorité supérieure s\u2019affermit par la création du Conseil de l\u2019Instruction publique et la consécration par le pacte fédératif de l\u2019autonomie éducationnelle des provinces; dans la dernière phase de 1867 à 1875, notre régime accentue son libéralisme en s\u2019établissant sur des bases plus rigoureusement confessionnelles.1840-1853 Le conseil spécial de Lord Sydenham avait édicté le régime municipal pour le Bas-Canada en vue d\u2019une loi de l\u2019instruction qui fut votée le 18 septembre 1841.En chaque dis- 2 LA REVUE NATIONALE trict municipal, une commission scolaire fut élue par les contribuables et chargée de la régie des écoles.Elle agissait sous la direction du conseil municipal qui prélevait les taxes.Les écoles étaient communes, neutres, sans égard pour la nationalité.Au centre, une commission d\u2019éducation était chargée de la mise en éxécution de la loi: elle se composait d\u2019un président et de deux surintendants, dont un pour chaque province.Le Dr Meilleur fut chargé du Bas-Canada.Devant le malaise grandissant, le ministère libéral Lafontaine-Baldwin fit préparer en 1843 un projet d\u2019écoles séparées pour chaque province.La loi municipale venait de confier l\u2019administration locale à une conseil élu en prenant pour base l\u2019unité paroissiale.L'école, ainsi, bénéficia de la vie paroissiale.Les cotisations libres furent remplacées, en 1846, par des taxes foncières.La loi de 1845-46 peut donc être regardée comme la grande chose de l\u2019éducation dans la province de Québec.Un amendement, en 1849, vint permettre aux curés l\u2019accès aux charges de commissaires.Les évêques, dans une lettre collective, recommandèrent cette loi qui fit progresser la cause de l\u2019éducation.1853-1867 Le deuxième surintendant fut M.Chauveau qui occupa ce poste de 1855 à 1868.Son administration débuta par la création d\u2019écoles normales car les progrès, selon les conclusions d\u2019une enquête, se faisaient en quantité plutôt qu\u2019en qualité.Trois écoles normales s\u2019ouvrirent donc: Jacques Cartier et McGill à Montréal et Laval à Québec.A partier de 1857, fut publié dans les deux langues le Journal de l\u2019Instruction publique, qui parut jusqu\u2019en 1879.Le Conseil de l\u2019Instruction publique s\u2019organisa en 1859, initialement composé de dix catholiques et de quatre protestants.L\u2019évêque catholique siégeait au côté de l\u2019évêque anglican.Quand une décision soulevait la question de la confessionnalité, le Conseil faisait preuve du plus grand libéralisme à l\u2019égard de la minorité protestante.Un amendement vint permettre aux membres de voter ou de s'abstenir selon qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019intérêts catholiques ou protestants.C\u2019était, en principe, les deux comités qui seront établis plus tard. gèe de siden: e Le alaise à pré or ration sige.atiors 5, La che amer, à com me: ' I pa (red sions lie for i qui pull yal geal ait la çe di p cat pote fghl L\u2019EVOLUTION DE NOTRE REGIME SCOLAIRE 43 1867-1875 Avec la confédération, chaque province devint autonome en matiére d\u2019éducation.La loi provinciale de 1869 divisa le Conseil en deux Comités d\u2019aprés le dualisme religieux et national.A M.Chauveau qui eut le titre de ministre de l\u2019Instruction publique succéda M.Ouimet.Le successeur de celui- ci fut M.Boucher de Boucherville qui proposa l\u2019établissement de la charge de surintendant, poste à l\u2019abri des fluctuations de la politique active.La loi qui en fut votée (1875) stipulait aussi l\u2019entrée des évêques au Conseil de l\u2019Instruction publique.* + * Tel est, dans son essence, le régime qui existe aujourd\u2019hui.Ses progrès depuis 1875 ont été des adaptations aux besoins de l\u2019heure.L\u2019esprit n\u2019en a point changé.On voit qu\u2019il est conforme à la justice qui réclame que l\u2019on respecte les minorités, au droit naturel qui veut que l\u2019éducation, charge familiale, soit donnée dans des institutions qui prolongent le foyer, au droit positif divin qui prescrit à l\u2019Eglise des obligations éducationnelles, au bon sens qui confère à l\u2019Etat un rôle supplétif.Hermas BASTIEN.UN DIXIEME ANNIVERSAIRE.Bientôt, l\u2019Action française, organe de la Ligue d\u2019Action française, comptera dix années d\u2019existence.En notre pays où, selon le mot d\u2019un de nos écrivains, \u201con fonde des revues qui meurent et des sociétés qui ne vivent pas», les dix années d\u2019existence de l\u2019Action française et de l'oeuvre qu\u2019elle a mission de servir constituent déjà un témoignage éloquent de sa profonde vitalité et de son importance.Peu de publications ont contribué autant que l\u2019Action française à accentuer le réveil patriotique de notre élément canadien-français.Et les nombreuses enquêtes qu\u2019elle a poursuivies, avec le concours de nos meilleures plumes du Canada français, dénotent chez les directeurs de la Ligue d\u2019Action française, un zèle incontestable et une profondeur de vues qui devraient aider puissamment notre race à se préparer des lendemains dignes d\u2019un peuple vraiment catholique et français.Puisse l\u2019Action française poursuivre encore pendant de nombreuses années son travail de pensée et d\u2019action au service de notre foi, de notre langue et de nos traditions. eh x irewa n ow 44 LA REVUE NATIONALE \u201cJA SÈVE IMMORTELLE \u201d Elle tremble bien un peu ma main chaque fois qu\u2019elle se pose sur l\u2019oeuvre posthume de Laure Conan: La Sève Immortelle.Mon amitié désolée se résigne mal au silence qui s\u2019établit, plus profond tous les jours, entre nous et la grave romancière disparue.Lentement, les feuillets repassent sous mes yeux, et, aux premiers comme aux derniers, je m\u2019attarde.De si poignants souvenirs me pénètrent, images aux brûmes traversées de rayons.Les premières pages de La Sève Immortelle, mais Laure Conan me les avait lues, par un bel après-midi de printemps.Sa chère voix un peu solennelle vibrait sous la joie enthousiaste de la créatrice.Flle devisait ensuite du roman futur, avec une émotion agréablement nuancée par son rire heureux, court, très frais, bien à elle, je vous assure.Ses héros, ses héroïnes, il me fallut les accueillir avec beaucoup de grâce.Ils accompliraient de si beaux gestes.Ceux-ci, le noble coeur de la romancière les avait rêvés baignés de douceur; ceux-là, son ferme esprit les avait ordonnés, mesurés, chargés de sens, investi d\u2019une mission élevée.Les dernières pages de La Sève immortelle, oh! ces touchantes dernières pages, personne n\u2019ignore, je crois, en quelles tragiques circonstances elles furent écrites ; personne non plus, à leur évocation, ne se dérobe à un émoi admiratif.Souvenons- nous ensemble.Reprenons les lignes du préfacier de La Sève immortelle, l\u2019honorable Thomas Chapais, historien et littérateur, à qui «le privilège d\u2019une vieille amitié.permettait de suivre les progrès du livre».Il dit: « .un message inquiétant vint nous informer que Laure Conan était très sérieusement malade.A la douleur éprouvée par les parents et les amis se joignait un très vif regret.Qu\u2019allait-il advenir de l\u2019oeuvre inachevée.(La Sève immortelle), qui promettait d\u2019ajouter un brillant fleuron aux lettres canadiennes\u201d.Consultés, les hommes de l\u2019art affirmèrent que la malade pouvait, sans aggraver son état, écrire quelques pages.Elle eut ce rare courage moral.Malgré son angoisse et sa souffrance, elle com- LA SÈVE IMMORTELLE 45 manda à son imagination et à sa pensée, et, dans le lit où elle était clouée elle écrivit ce chapitre final, où le drame intime auquel elle nous a fait assister, s\u2019achève par la victoire de la fidélité à la France nouvelle fondée par les aïeux sur les rives du Saint-Laurent.» Le courage moral de Laure Conan, nous le connaissions bien, nous, ses amies.A l\u2019exemple du préfacier disert de La Sève immortelle, nous n\u2019en avions jamais douté.Il savait se libérer si héroïquement, dominer la crainte, braver le tumulte intérieur.Il pouvait offrir en face d\u2019un danger qui, resserrant brutalement son étreinte, admirable réaction de tout l\u2019être spirituel, un hymne d\u2019espoir en la vie, en l\u2019amour, en la beauté.Les dernières pages de La Sève immortelle \u2014 l\u2019oublierons- nous jamais?\u2014 reçurent donc les suprêmes battements d\u2019un grand coeur.Elles s\u2019illuminèrent des reflets d\u2019une agonie qui ne fut pas sans grandeur.C\u2019était, n\u2019est-ce pas, celle d\u2019une âme, qu\u2019une foi sans fléchissement, sans compromission, avertie, sincère, très haute, environne d\u2019éblouissantes clartés.La Sève immortelle! Il semble en abordant cette oeuvre, comme du reste certaines autres de Laure Conan, que l\u2019on s\u2019approche, d\u2019attachantes, de nobles sculptures.Rappelons-nous les qualités de fermeté, de précision, de pureté, d\u2019un classicisme peut-être un peu froid, mais toujours élégant, qui marquent le mouvement dans son roman : L\u2019Oublié.Dans ces pages, comme dans celles de La Sève immortelle, vous le verrez, il faut louer, en même temps qu\u2019observer, la sobriété des descriptions, le puissant raccourci des situations, le laconisme des entretiens, formé de mots concis, n\u2019exprimant que l'essentiel, un essentiel profond, creusé par la pensée, volontairement dépouillé de toute somptuosité verbale.Nous songeons, en présence du relief exact, dont s\u2019accusent les traits des héros et en harmonisent la force, la vérité et la grâce, aux coups de ciseau du sculpteur, asservissant le marbre, le forçant à reproduire, docile, sa hautaine vision d\u2019art.Certes, nous n\u2019avons aucun étonnement de cette particulière disposition de métier chez l\u2019auteur.Elle est artiste et tant d\u2019autres écrivains s\u2019apparentent, n\u2019est-ce pas, aux peintres et t + 46 LA REVUE NATIONALE aux musiciens.Il est même un peu puéril de noter ces choses.Mais en moi s\u2019affirme si vif le désir de souligner cette tendance vers une forme d\u2019art définie; en moi dure le plaisir d\u2019admirer la prose affinée dont savait se nourrir, à l\u2019occasion, la plume de Laure Conan.Approchons-nous maintenant, très près, de La Sève immortelle, oeuvre émouvante.Embrassons d\u2019un coup d\u2019oeil son ensemble plein de vigueur, de distinction, de fierté, d\u2019amour.Puis fixons les yeux sur quelques figures qui émergent et rayonnent.Elles traduisent les sublimes intentions de l\u2019auteur.Que voulait nous rappeler l\u2019auteur, dirons-nous alors, par ce tableau douloureux et digne des heures qui suivirent la Conquête en 1759?Car Laure Conan ne nous présente pas autre chose sous ce titre lucide, quoique symbolique: La Sève immortelle.Elle évoque une bien belle chose, vraiment, et dont il faut sans cesse se pénétrer si l\u2019on ne veut pas errer en son patriotisme parfois chercheur: la détresse magnifique de la poignée de Canadiens, demeurée à cette époque sur le sol natal, se déclarant ennemis du défaitisme et du désespoir, résolus à ne point mourir comme race, et pour cela affirmant avec une hauteur de vues, souvent prophétiques, sa croyance envers la Providence qui se penche sur les peuples qui veulent renaître et travailler sous son regard, à une nouvelle quoique encore mystérieuse mission.Non, La Sève immortelle, n\u2019est pas autre chose qu\u2019une invitation à un patriotisme tenace, clair, susceptible de renoncement.Non, l'hommage aux ancêtres qu\u2019elle contient, n\u2019en diminuera jamais l\u2019unique préoccupation, ni la force intime des entretiens.Ce patriotisme, voyez, afin qu\u2019on l\u2019aime et le sente palpiter, il se revêt de chair héroïque, aux béantes blessures; il pleure, lutte, s\u2019affaisse puis se redresse, et, enfin, se reprend à la vie et à ses oeuvres d\u2019édification.Ah! le beau livre aux salutaires leçons que ce nouvel évocateur de notre grand deuil français! Je vous en prie, faites-lui prendre place auprès d\u2019un autre, très beau aussi, que vous relisez parfois, qui traite du même sujet, que vous avez déjà nommé tout bas: Les anciens Canadiens, par Philippe Aubert de Gaspé.Il est vrai, vous ne rencontrerez pas chez Laure Conan, l\u2019abondance, la facilité, ce charme d\u2019un esprit vif, spontané, 0585 ten d'ad- mn, a nr 1 él Nour, ni à eur, alors, rent ps Sore dont n 500 de la natal Jus à y UNE ee I paitr core pe IF once: pe time tk Dl in, \u20ac ; beal noire pli foi th uc plan\u2019 | LA SÈVE IMMORTELLE 47 plein de verve et de fantaisie qui distinguent l\u2019oeuvre de notre vieil auteur classique, Gaspé.Mais sous la diversité des riches dons spirituels, comme vous retrouverez chez ces deux auteurs, le même agenouillement, le même attendrissement devant la noblesse silencieuse, et la puissance de renoncement des survivants de la Conquête ; le même plaisir, bien français celui-ci, devant leurs sens clair des choses.Le bon sens! Il dirige vite les actes des ancêtres; ils rassérènent les regards sous les fronts sombres, encore ornés de cicatrices.Le héros principal de La Sève immortelle, Jean de Tilly, fut comblé de dons bien charmants, physiques et spirituels, par la grâce de l\u2019auteur.C\u2019est que Laure Conan voyait en lui la chevaleresque jeunesse française, prodigue de son sang, qui avait dû se remettre à l\u2019âpre existence, créée par la défaite.Vers la lutte obscure ces héros s\u2019acheminaient avec la même touchante et entêtée bravoure que vers les combats clairs et glorieux.Et l\u2019auteur tint à placer le fier Jean de Tilly, « ce fils de cinq générations de Tilly qui dormaient sous la terre canadienne », sur le même plan supérieur du sacrifice où s\u2019était engagée Blanche d\u2019Haberville, l\u2019héroïne de Gaspé.Comme elle, nous voyons Jean de Tilly renoncer à un amour qui l\u2019enlevait à son pays,à sa mission de la survivance française en Canada.Quelle vérité humaine, pourtant, Laure Conan a mis dans le geste de douleur du jeune homme.Comme ce beau soldat de vingt ans lutte à la fois dans son esprit, dans son coeur, dans sa chair! Que d\u2019heures misérables de doutes et de chagrin avant qu\u2019il se courbe sous l\u2019impérieux commandement de sa conscience.Je ne sais rien de plus poignant, à l\u2019heure où le blessé de Sainte-Foy vaine ses dernières, hésitations, que ce sourd gémissement, cette défaillance, témoignant de l\u2019étouffante contrainte physique qu\u2019il vient de subir: « Mère, crie-t-il, en retirant de sa poitrine sa main ensanglantée, mère, ma blessure au côté s\u2019est rouverte! » Et il s\u2019affaisse.La puissance d\u2019aimer se devait d\u2019égaler chez un Jean de Tilly la noblesse parfaite de l\u2019âme.Même dans son sommeil, sous l\u2019empire fantaisiste du rêve, vers quelles sublimes visions ne se tourne pas cet esprit: « J\u2019ai fait un beau rêve, dit-il un jour, à son frère Le Gardeur, j'aurais voulu le voir durer. ppm ev lie re re 48 LA REVUE NATIONALE \u2018étais encore dans l\u2019église des Ursulines.J\u2019assistais au Libera de M.de Montcalm.La pluie filtrait à travers le toit, coulait sur le drapeau.J\u2019entendais les prières, les sanglots.Quand on prit le cercueil pour le mettre en terre, je saisis le drapeau.je voulus le rouler.mais le drapeau m\u2019échappa des mains,.s\u2019éleva très haut.s\u2019étendit,.couvrit toute la terre canadienne.La pluie avait cessé, le soleil brillait.» Ah! s\u2019il y eut vraiment au lendemain de la conquête de ces admirables Jean de Tilly tout près des Blanche d\u2019Haber- ville, \u2014 et il y en eut car les romanciers, ces intuitifs, pénètrent et traduisent avant tout les sentiments de l\u2019âÂme populaire, \u2014 comment s'étonner de la persistante beauté de nos traditions françaises ?Et ces enfants, aux âmes chercheuses d\u2019idéal et d\u2019holocauste, croyons bien qu\u2019ils virent se pencher sans cesse sur eux des mères doucement cornéliennes.Laure Conan le devinait bien, allez.Elle l\u2019avouait avec enthousiasme.Elle l\u2019écrivait ensuite avec la plus sincère conviction.Aux côtés-de Jean de Tilly se voit donc et rayonne dans La Sève immortelle, une mère incomparable.La lucidité, la tendresse, l\u2019énergie, le bon conseil, distinguent cette femme.C\u2019est auprès d\u2019elle, je l\u2019ai dit, et à cause de l\u2019impression profonde produite par ses paroles,que Jean de Tilly cède enfin aux rudes exigences du sacrifice.Elle lui dit cette mère, et quels mots inoubliables, portant droit, a placé sur ses lèvres notre grande patriote, Laure Conan: « Votre pays, mon fils, a sur vous des droits imprescriptibles, y avez-vous bien réfléchi?.Avez- vous bien réfléchi a votre responsabilité vis-a-vis de ceux qui vont rester.Vous avez l\u2019âÂme grande,.rien ne vous fera oublier votre patrie.la pauvre terre natale, qui a bu votre sang.Vous souffrirez de ne l\u2019avoir plus sous les pieds.l\u2019avoir abandonnée vous sera un remords.Je vous en conjure, mon fils, avant de vous décider à partir,.examinez bien ce qu\u2019exige le devoir,.ce que commande l'honneur.» Me trompè-je?.À un moment de crise, où se troublerait notre patriotisme, ne croyez-vous pas que la lecture de semblables pages pourrait réveiller et soulever la noblesse native de la race?La voix de Laure Conan aurait cette puissance de JE taire Ë fiers I! tr de wel di mon feat Lis, fy.a lhe Te) neh Hit at rg LA SÈVE IMMORTELLE 49 faire frémir, puis se donner généreusement nos coeurs canadiens.D\u2019autres silhouettes de jeunes filles, de religieuse, de prêtre, de médecin,de militaire apportent de la lumière où de la mélancolie aux paysages de La Sève immortelle.Je vous laisse ce charme de découvrir vous-même toutes les beautés éparses du roman, de leur offrir l'hommage d\u2019un regard mouillé, ou de votre sourire conquis.Je ne désire plus que ceci: lever un instant les yeux sur la haute figure du chevalier de Lévis, le vainqueur de Sainte-Foy.Les pages où Laure Conan fait revivre cette vision de Lévis, foulant une dernière fois le champ de bataille de Sainte- Foy, accompagné par des héros canadiens, ont vraiment de la beauté.Elles n\u2019arrivent pas, il semble, à se fondre entièrement dans le trame dy récit.Elles ont une allure de vérité, une hauteur de sens, un fini qui les isolent.On dirait d\u2019un petit groupe de personnages, modelé avec art et ferveur, durant des jours et des jours, puis glissé tout à coup par l\u2019auteur au milieu du large panneau central du roman.Quels mots d\u2019ordre glissent des lèvres du chevalier Lévis tandis qu\u2019il va, mélancolique, sur le chemin de victoire qui s\u2019appelât Sainte-Foy?Que prononce-t-il, entre autres,ce grave et puissant soldat, qui devait s\u2019embarquer bientôt pour sa terre de France.Ecoutez: « Il faut vivre, Jean de Tilly,.ne jamais désespérer,.sur votre pays si beau le souffle de la France a passé!.» Puis, noblement, avant de quitter la terre héroïque de Sainte-Foy, il ajoute, chapeau bas: « Héros obscurs, vous n\u2019ètes pas morts en vain! » J\u2019ai l\u2019assurance que ceux qui liront Le Sève immortelle ne pourront guère échapper au frémissement salutaire qui vous secoue, lorsque se profilent, sur les terres glorieuses de l\u2019immolation aux jours de la Conquête, les grandes ombres d\u2019un Montcalm ou d\u2019un Lévis.Vous ai-je communiqué un peu de mon admiration pour la dernière oeuvre de Laure Conan, comme du reste, je souhaiterais le faire pour presque tous les ouvrages de notre première romancière canadienne? | | 50 LA REVUE NATIONALE Les lettres, chez nous, ne peuvent assez vivement ressentir cet honneur, il me semble, de compter parmi les productions apparues à son aube, des livres achevés, d\u2019une forme artistique très pure, tels que ceux de cet écrivain féminin.Ils dégagent quelques-uns de ces livres un patriotisme de feu.Vous acclamez, avec moi, n\u2019est-ce pas, À l'oeuvre et à l\u2019épreuve, L\u2019Oublié, La Sève immortelle.D\u2019autres magnifient la foi, une foi profonde, nourrie, victorieuse et vous songez à L\u2019obscure souffrance, à La vaine foi.Laure Conan demeure sans conteste l\u2019un des grands noms de notre littérature.On le dit, oui, on le dit souvent, mais on l\u2019oublie aussi parfois.Il ne faut done pas hésiter, à l\u2019occasion, de le redire.Pour des raisons appropriées, on sera peut-être tentée d\u2019y retourner voir, et beaucoup, beaucoup de bien en résultera.Marie-Claire DAVELUY.Montréal, janvier 1926.CE QU'IL FAUT LIRE, La propriété privée et les systèmes opposés de Platon à Lénine, par Damien Jasmin, docteur en droit et docteur en philosophie.\u2014 Bibliothèque de l\u2019Action française, Montréal, 1925.M.Damien Jasmin, assistant secrétaire général de l\u2019Université de Montréal, a publié sous ce titre la thèse qui lui a valu le doctorat de la Faculté de Philosophie.Ce travail a déjà obtenu un prix d\u2019Action intellectuelle de l\u2019A.C.J.C.Il méritait de prendre la forme d\u2019un ouvrage qui contribuera à détruire bien des opinions fausses sur la propriété.Les lecteurs auront le plaisir de parcourir un livre bien fait, substantiel et d\u2019une littérature prenante.L\u2019auteur ne s\u2019est pas borné à un point de la question, mais il en a condensé en quelque trois cents pages toute la doctrine traditionnelle sur le point essentiel à la vie du mien et du tien.Il expose d\u2019abord les cinq preuves classiques de la légitimité du droit de posséder puis, dans la démonstration indirecte, il réfute les doctrines adverses.Pas un argument n\u2019est omis.La science de l\u2019auteur nous fait connaître les tentatives faites par les idéologues pour essayer de se passer de ce droit sacré.Cet ouvrage, qui est sur la question de propriété une petite Somme, devrait être entre les mains de tous ceux qui réfléchissent.Cette doctrine solide nous prémunira contre le danger de n\u2019avoir rien à rétorquer à ceux qui parlent et agissent en socialistes souvent sans le savoir.H.B.fi it 33 nr ANNALES DE LA S.S.J.B.DE MONTRÉAL 51 ANNALES DE LA S.S.J.B.DE MONTRÉAL Tablettes chronologiques (suite) 1911 \u2014 Des commissions spéciales sont chargées de l\u2019étude des intérêts nationaux.\u2014 Congrès de la Langue française.\u2014 Exposition pour le bien-être des enfants.\u2014 Opposition de la S.S.J.B.au numérotage projeté des rues de la ville.\u2014 La S.S.J.B.est invitée à assister aux fêtes du millénaire de la Normandie.\u2014 La S.S.J.B.charge M.O.Asselin de la représenter à la Convention des Franco-Américains du Maine.\u2014 Rapport des diverses commissions.\u2014 Fête nationale.\u2014 Banquet au Viger.\u2014 Intervention de la Société au sujet de la « Corporation Sole ».Conférence Gautherot.1912 \u2014 Communication importante d\u2019un groupe d\u2019anciens présidents et directeurs.Protestation de la Fédération nationale S.S.J.B.contre la refonte de la charte.Réponse de M.V.Morin.\u2014 Un comité est chargé d\u2019étudier les droits des C.F.du Keewatin en vue de l\u2019annexion de ce territoire au Manitoba.\u2014 Offrande d\u2019un buste de Jacques Viger à la Société par le sculpteur Alfred Laliberté.\u2014 Tentative de remettre en activité le comité du monument La Fontaine. i } 52 LA REVUE NATIONALE \u2014 Activité du comité régional de la langue francaise.\u2014 Réparation du monument des Patriotes de 1837-38.\u2014 Rapport de M.J.-B.Lagacé, secrétaire adjoint de la S.S.J.-B.au congrès de la langue française.i \u2014 Hommage a Mgr Leblanc, premier évéque acadien.un \u201c6 ; i | 1913 1 \u2014 Election à la présidence de M.Olivar Asselin, jour- il.4 ; naliste.I i a \u2014 60e anniversaire de la S.S.J.B.d\u2019Ottawa.Partici- ' À pation de notre société aux fêtes.ln % 1 \u2014 Souscription au Monument des Patriotes à être érigé : Ë a à Saint-Denis-sur-Richelieu.] 4 i | \u2014 Protestation de la S.S.J.B.contre le mauvais entre- ;} \u20ac ww tien de la place Youville où s\u2019élève le monument aux pionniers 3 À de Montréal.;l 0 a ~~ \u2014 Célébration du centenaire de la bataille de Chateau- de A guay.| à \u2014 Fête nationale.\u2014 Souscription publique du Sou de la X pensée française.T \u2014 Concours dans les collèges classiques.,; I 1914 , L \u2014 Sollicitation de souscription de la part des C.-F.du f Maine.û \u2014 Fête nationale.: \u2014 Démission du président général, M.O.Asselin.Il est ; remplacé par M.Charles Duquette, mutualiste.0 \u2014 Démonstration a \u2019hon.A.-J.Pothier.\u2014 Réorganisation des sections paroissiales.té (à suivre) ; E.-Z.MASSICOTTE.A I]
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