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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1924-08, Collections de BAnQ.

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[" TEN F.gro Ve 4 SA \u20ac \u201c _ 5 ;/ F \u2014\u2014 - Ne Se ANNEE \u2014 No 8 MONTREAL 7 5.AOUT 1924 \\ wl PY => Us 4 LA REVUE = NATIONALE Organe de lo Société Saint-J ean-Baptiste de Montréal PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS La Vierge et la montagne .Henri d\u2019Arles 261 L\u2019épopée acadienie .Hermas Bastien 266 Cartier, Sir George-Etienne .- .F.J.Audet 270 Le massacre du frangais .- .Jules Ledoux 277 A men cher maitre .André Clairevoie 279 A travers notre vie nationale .A.Gagnon 282 Notre concours spécial de recrutement .Le chef du secrétariat 287 io \\, Rédaction ct Administration: 296, rue Saint-Laurent MONTREAL Abonnement annuel : 82.00 La livraison (chez les dépositaires) : 15 sous Les abonnements à la REVUE NATIONALE commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste.- \u2018 L'hon.F.-L.BEIQUE, sénateur, 540, rue Sherbrooke Ouest.La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Fondée en 1834 CONSEIL GÉNÉRAL : Grand aumônier: Mgr l'ARCHEVEQUE DE MONTREAL.- Président général: Victor MORIN, LL, D., notaire, 97, rue Saint-Jacques.ler vice-président général: Léon TREPANIER, publiciste, 371, rue Sherbrooke est.oC 2e vice-président général: Guy VANIER, LL.L., avoeat, 97, Saint-Jacques.Secrétaire général: J.-A, BARITEAU, notaire, 347, rue Maisonneuve.Trésorier général: Aimé PARENT, administrateur, 51 est, rue St-Paul.4 .3 Directeurs: L\u2019Hon.L.-O.DAVID, sénateur, 325, chemin Sainte-Catherine, Outremont.Thomas GAUTHIER, courtier, 11, place d\u2019Armes.JS.-V.DESAULNIERS, courtier en \u2018immeubles, 90, rue Saint-Jacques.Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384, rue Ontario Est.J.-W.CADIEUX, comptable, 530, rue Grosvenor.T.-W.DEZIEL, administrateur, 182, Ave Notre-Dame de Grâces, Chef du Secrétariat: Jean GUERIN, bureau No 1, Monument National, téléphone: Plateau 3768.if Corporations filiales de la Société: La Caisse Nationale d\u2019Economie -\u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Sotiété Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.La Direction de la Revue Nationale ne s\u2019engage pas à rendre les manuscrits non insérés, Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles, \u201c La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 296, rue Saint-Laurent, et imprimée par ARBOUR rr DUPONT, imprimeurs- éditeurs, 240 est, rue Lagauchetière, Tél.: EST 6264. LA REVUE NATIONALE 257 ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES de M ontréal Préparant aux situations supérieures du commerce, \u2019 de l'industrie et de la finance.BIBLIOTHEQUE ECONOMIQUE, MUSEE COMMERCIAL ET INDUSTRIEL Délivre les diplômes de « Licencié en sciences commerciales », de « Licencié en sciences comptables », et de « Docteur en sciences commerciales ».Le diplôme de « Licencié en sciences comptables » donne droit à l'admission dans «l\u2019Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec » et dans « l\u2019Association des comptables de Montréal» (Chartered accountants).Des BOURSES du GOUVERNEMENT sont accordées aux élèves méritants.Cours spéciaux.le soir: Comptabilité théorique et pratique, Opérations de banque, Correspondance commerciale anglaise et française, Arithmétique commerciale, Algèbre, Economie politique, Droit civil, Droit commercial, Langues étrangères : Espagnol, Italien, Allemand, etc.Pour tous renseignements, prospectus, inscriptions,etc., s\u2019adresser au DIRECTEUR DES ETUDES.399, AVENUE VIGER - - MONTREAL Produits de Qualité Lait pasteurisé, Crème, Beurre, Oeufs, Crème à la Glace racer tte ee Raa Lo 258 LA REVUE NATIONALE La Banque Provinciale du Canada Capital autorisé .$5,000,000.Capital versé et réserve .$4,500.000.SIEGE SOCIAL: 7 et 9, place d\u2019Armes, MONTREAL, Canada.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION : Président : Sir Hormisdas LAPORTE, C.P.,, ex-maire de Montréal, de la maison Laporte.Martin, Limitée, Vice-Président du Crédit Foncier franco-canadien.Vice-Président: M.W.-F.CARSLEY : Vice-President : M, Tancrède BIENVENU, administrateur de la Lake of the Woods Milling Co.Ltd.M.G.-M.BOSWONTII, vice-président du Canadian Pacific Steamships Ltd.l'hon.Némèse GARNEAU, C.L., Québec, Président « Les l\u2019révoyants du Canada ».M.Emilien DAOUST, Président de la Librairie Beauchemin Limitée, Commissaire du Port de Montréal.M.S.-J.-B.ROLIAND, Président de la Cie de Papier Rolland, Limitée.325 succursales et sous-agences dans les provinces de Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick et l\u2019Ile du Prince-Edouard.CARON FRERES Inc.NOUVEL EDIFICE CARON, Coin des rues BLEURY & CONCORD, Fabricants d\u2019Emblèmes de Sociétés et d\u2019Insignes de tous genres.L\u2019'OISEAU BLEU avec ses récits émouvants, ses contes illustrés, ses articles instructifs, ses histoires amusantes, constitue la revue idéale de la jeunesse.Abonnement annuel : Canada, 75 sous.\u2014 Union postale, $1.00.296, rue SAINT-LAURENT - - - MONTREAL = À \\ \\ sa | / ls 19 LA REVUE NATIONALE 259 nous sauvegarderons leur supériorité à AUX ANANAS DIAMANT fink = Va Un dessert toujours prêt et des plus hygiéniques.En pots de 4 livres.12 et 16 onces et en chaudières de 30 livres.(11, rue SAINT-TIMOTHEE Ÿ Tél EST1075 MONTRÉAL (i.1] rss M: : \"lle | Les | =) 4 5 LABRECQUE & PELLERIN Fabricants des produits marque DIAMANT ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL Cours du jour (Réouverture le 2 septembre 1924) Cours du soir (Réouverture le 7 octobre 1924) Préparation aux carrières industrielles ; enseignement théorique et pratique, donné le jour et le soir.70 ouest, rue SHERBROOKE Tél: Plateau 1513 Prospectus sur demande ENCOURAGEZ L'INDUSTRIE NATIONALE À LES PRODUITS sont Toujours les Meilleurs ! BEURRE, CRÈME DOUCE, CRÈME GLACÉE Montreal Dairy Co., Limited Tél.: EST 3000* LA REVUE NATIONALE Qualité 35 ANS D'EXISTENCE Service LA REVUE NATIONALE imprimée dans nos ateliers, est une preuve de l\u2019excellence de notre travail.Nous imprimons tout : Cartes d\u2019affaires, entêtes de lettres, programmes, livres, revues, brochures, etc, etc, à des prix très modérés.Tél.: EST 6264 ARBOUR & DUPONT IMPRIMEURS - EDITEURS 249 est, rue Lagauchetière, Montréal Près de la rue Saint-Denis Le Café \u201cPRIMUS\u201d (Fers-blancs 14, 1 et 2 lbs.) est un mélange des meilleurs cafés, grillés à point, qui donne cet arôme que rien n\u2019égale, cette saveur que rien ne remplace.ESSAYEZ-LE.L.Chaput, Fils & Cie, Limitée DISTRIBUTEURS MONTRÉAL i adnate lon Si \\ = | / 6e ANNEE Nos MONTREAL AOÛT 1924 etre er # LA REVUE NATIONALE i 3% te À Éd GG Dr Or dr dr de de dr de dre ddr LA VIERGE ET LA MONTAGNE .au milieu d'icelle est la montagne si renommée, ou Mont-Royal, qui a donné le nom à toute Visle; mais qu\u2019on appelle vulgairement Ville-Marie, aujour- dhuy dans le Canada, à cause que Mons.de la Dauversière, à qui elle appartenait, luy donna ce beau nom.ANN.DE L\u2019HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL.Les montagnes ont joué un grand rôle dans l\u2019histoire de la révélation, et particulièrement dans l\u2019évangile.En ce sens que ce sont de préférence des montagnes qui ont été choisies comme sites des manifestations divines.Il y a ainsi une longue liste de sommets consacrés par des faits surnaturels: le Sinaï, l\u2019Horeb, le Nébo, le Moria, le Carmel, et plus tard le mont des Oliviers, le Thabor, le Golgotha.La Vierge Marie, en qui le Verbe s\u2019est incarné, est elle-même assimilée à une montagne.La liturgie la compare fréquemment à tel ou tel de ces sommets, restés célèbres pour avoir vu la face de Dieu ou entendu retentir les paroles éternelles.Justifions cette comparaison en montrant les analogies réelles qu\u2019il y a entre la Vierge et la Montagne.D\u2019une montagne, la Vierge a d\u2019abord l\u2019altitude.Son sommet se perd dans les cieux.Marie est la plus haute expression de l\u2019humanité pure.Avec elle, le genre humain s\u2019élève pres- irr TCT ri biemra 262 LA REVUE NATIONALE que jusqu\u2019à l\u2019infini.Aucune créature visible ne peut entrer en parallèle avec la Vierge.En grâce, en honneur et en gloire, celle-ci surpasse même les anges, qui la saluent comme leur reine.François Conpée a écrit ceci: « Victor Hugo, le prodigieux lyrique, auprès de qui nous tous, rimeurs de la fin du dix-neuvième siècle, sommes ce que la butte Montmartre est à l\u2019Himalaya.» Cette image expressive est rigoureusement vraie des plus grands saints en regard de la Vierge Marie.Elle les domine tellement, elle leur est tellement transcendante, qu\u2019ils font l\u2019effet de pygmées à côté d\u2019elle.Rappelons qu\u2019elle est la seule créature à qui a été dit le mot profond : Gratiô plena.La première impression que donne la vue d\u2019une montagne est celle de puissance.Quand l\u2019on contemple ces masses énormes se dressant contre le ciel, ces profils gigantesques découpant sur l\u2019horizon leur ligne majestueuse,l\u2019on éprouve cette frayeur sacrée qui s\u2019appelle admiration.Car, l\u2019admiration véritable est complexe: elle étreint et puis dilate le coeur.Devant ces reliefs de la nature, où s\u2019inscrit la force créatrice, la pensée s\u2019élève jusqu\u2019à Dieu qu\u2019elle adore dans ses oeuvres.Et Marie n\u2019est-elle pas, bien davantage que les montagnes, l\u2019effet de la Toute-Puissance ?La Volonté Infinie a soulevé jusqu\u2019aux cieux cette humble fille des hommes.Sa vocation mystérieuse a scellé ses fiançailles avec la Sagesse Eternelie : de cette ineffable alliance est né le Verbe fait chair.La grandeur de Marie est tellement extraordinaire que la liturgie n'hésite pas à lui appliquer des révélations dont le sens premier et essentiel appartient à Dieu.Dieu consent à partager avec elle la gloire de ses attributs, pourtant incommunicables par définition.Necdùüm montes gravi mole constiterant, ante colles ego parturiebar.La masse des montagnes ne reposait pas encore sur ses fondements que déjà J\u2019existais; j'étais enfantée avant les collines.» Comme pour supprimer l\u2019abîme de l\u2019Infini qui sépare cette créature de son créateur, Dieu proclame qu\u2019elle était vivante et toute formée dans sa pensée éternelle, participant déjà, bien avant les âges, à une existence idéale au sein de la Trinité.Ces hardiesses de la langue liturgique confondent notre esprit.Dieu a donc voulu revêtir la Vierge-Mère d\u2019une grâce si entière que l\u2019inégalité essen- ARR TERRE LA VIERGE BT LA MONTAGNE 263 tielle entre sa nature et la sienne s\u2019effacât en quelque sorte.L'oeil humain est trop faible pour embrasser les montagnes dans leur ampleur et leur hauteur.Leur faîte n\u2019est pas à la portée de notre vue: il se perd dans les.profondeurs de l\u2019espace.Notre pensée est moins capable encore de suivre l\u2019élan qui emporte Marie au-delà des mondes, et confond son image avec celle de Dieu même.IT D\u2019une montagne, la Vierge a encore la blanche parure éternelle.J\u2019ai vu Hermon.J\u2019ai vu l\u2019Etna.Des neiges inviolées déroulaient leur écharpe autour de leur cime.L\u2019ardent soleil semait là-dessus ses joyaux, rivières de diamants, coulées d\u2019émeraudes, ceintures d\u2019améthystes.Mais ses rayons ne parvenaient pas à entamer le royal manteau d\u2019hermine.Les sommets étincellent comme une mer de cristal: l\u2019abondante clarté ne désagrège cependant pas leur solide substance.Elle résiste à ses coups directs.L\u2019on ne les voit ni s\u2019effriter ni fondre sous leur éclat.L\u2019atmosphère qui les baigne, toujours égale, sert de préservatif à leur beauté candide.Ils sont également hors d\u2019atteinte aux poussières de la terre.Rien ne vole jusqu\u2019à eux de ce qui souille.\u2014 Et Marie est Immaculée.Elle n\u2019a jamais connu d\u2019autre état que celui de blancheur.Le mot: innocence, dans ce qu\u2019il a de plus absolu et de plus radical, lui convient parfaitement.Sans tache, non parce qu\u2019une sanctification est intervenue après coup, mais ainsi concue.L'âme d\u2019un enfant est bien belle après sa régénération.Et il est des créatures chez qui se perpétue la grâce reçue au baptême.« Si tu savais comme c\u2019est pur, une jeune fille », dit un personnage de roman.Et il a raison.Notre- Seigneur lui-même a exalté la blancheur de l\u2019enfance: « Leurs anges contemplent la face de mon Père qui est dans les cieux.» Comme s\u2019il eût assimilé l\u2019innocence de l\u2019enfant à celle de l\u2019ange.Mais aucune vertu, quelle que soit son intégrité, ne se compare à celle de Marie.Dieu « voit des taches dans ses anges ».Il n\u2019en découvre pas dans l\u2019Epouse de son Esprit et la Mère de son Fils.Sa puissance n\u2019a rien eu à effacer en elle parce que aucune ombre ne s\u2019y était posée.IEC) LESAN AF 264 LA REVUE NATIONALE L\u2019innocence de l\u2019enfant est fragile.Celle de Marie avait la fermeté divine.Nos neiges n\u2019ont guère de consistance ni de couches profondes; aussi le feu des passions a tôt fait de les mordre et de les réduire à néant.Que de souillures s\u2019y mêlent aussi, altérant leur éclat premier, y semant des îlots d\u2019ombre! Les neiges dont s\u2019enveloppait Marie étaient riches, épaisses, elles étaient éternelles, elles étaient inattingibles au souffle de nos corruptions.La lumière céleste les dorait, les faisait resplendir, les colorant de reflets érisés.Tour à tour elles se changeaient en parterre de roses ou en pourpre sanglante.Le soleil divin avait beau jeu de jeter ses fééries sur ce sommet qui plongeait dans la source même d\u2019où émanent ses rayons.ITI Des montagnes, la Vierge Marie a l\u2019action bienfaisante.La-haut se forment les torrents qui fécondent les vallées.Des altitudes jaillit la bonne eau fraîche et chaste.Les sources claires et chantantes, c\u2019est là qu\u2019on les trouve, de là qu\u2019elles se fraient une route à travers les rochers et les herbes, jusqu\u2019aux plaines, jusqu\u2019aux cités.Elles coulent, elles coulent, généreuses, inépuisables, rayant la montagne de leurs filets limpides, suspendant partout leurs dentelles d\u2019argent, animant de leur musique fluide et perlée le grand silence des choses.\u2014 Des flancs de la Vierge a jailli la véritable source de notre vie.Là, dans le plus adorable mystère d\u2019amour, s\u2019est formé celui qui devait épancher sur le monde des torrents de grâces.« Si scires donum Dei.Si tu connaissais le don de Dieu!» Le don par excellence de Dieu, l\u2019Eucharistie.N\u2019est- ce pas sous le symbole de l\u2019eau que le Christ-Jésus en a parlé à la Samaritaine?Cette eau vive, et qui jaillit jusqu\u2019à la vie éternelle, on la voit sourdre des entrailles de la Vierge.Marie est ainsi le principe de notre salut.Rigans montes de superio- ribus suis.Elle nous a donné le « Désiré des Collines Eter- nelles.» « En ce jour-là, dit le prophète, les montagnes distilleront une douceur, In illà die, stillabunt montes dulcedi- nem.» Par l\u2019Incarnation du Verbe, dont Marie a été l\u2019instrument, et par la Rédemption à laquelle elle a collaboré, a LA VIERGE KT LA MONTAGNE 265 coulé dans les âmes la suavité du salut.Les Sacrements, en particulier la communion, consommation de la vie spirituelle, éternellement renouvelés dans leur source qui est le Christ, continuent de nous inonder, par l\u2019intermédiaire de la Vierge, de leurs flots purs.Haurietis aquas in gaudio de fontibus Sal- vatoris.O Marie, montagne divine, soulevez-nous de terre, emportez-nous parmi vos neiges lumineuses, faites que nous goûtions dans vos fontaines cachées le rafraîchissement et le repos! Henri D\u2019ARLES, Lauréat de l\u2019Académie Française. RE EE Ea re LA REVUE NATIONALE L\u2019ÉPOPÉE ACADIENNE L\u2019Acadie est une terre française qu\u2019habite une race héroïque.Nulle région n\u2019a été idolâtrée par ses enfants d\u2019un amour plus invincible.Où les ancêtres ont grandi, où les ancêtres ont souffert, les Acadiens savent que c\u2019est la Patrie.Le traître Winslow a dispersé une race de paisibles laboureurs ; ressuscitée, la voici qui consacre au sol natal la vigueur de ses bras et le sang de ses artères.Les races immortelles ne se forgent pas dans la prospérité.Celui qui mène les peuples par des sentiers mystérieux s\u2019est plu à rassembler les descendants des victimes de 1755.Ce ne peut être que pour des fins sublimes que la Providence a enrichi leur patrimoine d\u2019un tel prodige de survivance.L'histoire acadienne commence en 1610 avec le retour de Poutrincourt qui s\u2019empresse de distribuer des terres à ses colons.Bientôt, Mare Lescarbot et Louis Hébert récoltent les premiers blés.L\u2019occupation française naissante subit, en 1513, un malheur profond : Samuel Argall vient dévaster Port Royal.L\u2019Acadie reste à la puissance anglaise jusqu\u2019au traité de Saint-Germain-en-Laye, en 1632, alors qu\u2019elle recommence sa vie.Ces colons, oubliés par la France, doivent sans cesse repousser les incursions anglo-américaines.Le territoire devient, de nouveau en 1645, colonie anglaise pour le demeurer jusqu\u2019en 1667.Cinq fois, de 1667 à 1710, les Acadiens sont visités par les Américains qui pillent les domaines dont ils incendient les habitations.Au milieu de telles vicissitudes, s\u2019est constituée une race batailleuse.Des caractéristiques nettement burinées en font un groupe distinct que l'isolement a fortifié.Il est séparé de Québec par des forêts vierges et de ia France par un politique cd'insouciance.À partir de 1686, plus d\u2019immigration.La baie francaise ne voit croître sa population que grâce à sa vitalité, si bien, qu\u2019en 1701, les neuf- dixièmes des habitants descendent des premières souches.Et L'EPOPHE ACADIENNE 267 la croissance est rapide ; ses effectifs, se doublent tous les seize ans.L\u2019occupation anglaise n\u2019anémie point la vitalité catholique de la petite race dont le foyer est Port-Royal.Quand Subercase, en 1710, abandonne l\u2019Acadie aux Anglais, les conquérants sont en présence d\u2019une race que trois générations rattachent à la glèbe.Un siècle d\u2019héroïsme palpite dans les âmes et toute une épopée hante les souvenirs.Les Acadiens sont organisés.Epris de liberté et d\u2019horizons nouveaux, ils forment une société féodale, avec leurs seigneurs terriens et leurs censitaires, avec leurs prêtres et leurs notables.Ajoutons que leur sens national est très vif: ils reconnaissent que la patrie, c\u2019est la terre natale, avec ses clochers veilleurs et ses cimetières qui se souviennent.Le traité d\u2019Utrecht, en 1713, ratifie officiellement la conquête anglaise.Les conquérants ne s\u2019établissent guère dans la région avant 1749, date où fut fondé Halifax; ils ont juste une garnison à Port-Royal devenu Annapolis.Attachés à la terre, les Acadiens sont maintenant au nombre de 18,000 depuis Annapolis jusqu\u2019à Chipoudy.Ils ont essaimé de l\u2019autre côté de l\u2019isthme de Shédiac et jusque dans l\u2019île Saint-Jean.Ils jouissent d\u2019une aisance qui rappelle l\u2019âge d\u2019or.Leur situation politique a été déterminée par le traité de cession et par un décret de la reine Anne.Le vainqueur tolère les vaincus à l\u2019état de « neutres », exempts du service des armes pour le conquérant, avec le droit de céder leurs biens et de quitter le territoire à leur bon plaisir.Les Anglais n\u2019ont pas l\u2019intention de coloniser pour le moment: leur intérêt leur prescrit donc de garder les Acadiens pour suffire à la subsistance des troupes de garnisons.Pourtant, la croissance numérique des vaincus, leur bravoure inoubliée, apeurent le conquérant.Que faire?.Ici, commence la tragédie.Quarante années durant, la ruse et la déloyauté s\u2019acharnent sur la fidélité et la confiance d\u2019un peuple de paysans.En dépit du traité et de l\u2019édit signé par la reine Anne, le conquérant veut obtenir des Acadiens la Lak Sarre rar Lo ms Lt smn tt Se Ci ar oR Sor re Lt 268 LA REVUE NATIONALE prestation du serment d\u2019aliégeance.A quelles perfidies les maîtres n\u2019ont pas recours! Les vaincus de protester, en défendant leur neutralité: ils affirment qu\u2019ils sont français et catholiques et déclarent qu\u2019ils quitteront leurs domaines plutôt que de s\u2019engager à prendre les armes contre la France.La mère-patrie les a oubliés mais ces français, fiers de leur origine, prouvent leur fidélité à la terre lointaine, par un geste qui les égale aux héros eschyliens.Enfin, le droit l\u2019emporte sur l\u2019astuce et, en 1730, après de longs pourparlers, les Acadiens peuvent compter sur le maintien de leurs privilèges.Après la fondation d\u2019Halifax, la colonisation se développe.La présence des Acadiens devient moins impérieuse.Alors?.Cornwalis essaye de déchirer l\u2019entente; il exige le serment d\u2019allégeance.L\u2019angoisse dans l\u2019âÂme, tout le peuple décide de partir, de s\u2019en aller en terre française, au Canada.Le gouverneur refuse alors tout passe-port.Si les Acadiens partent ils emporteront leurs biens et les Anglais ne trouveront a leur félonie aucun bénéfice.Les événements se précipitent comme les coups de tonnerre annonciateurs de l\u2019orage.Au printemps de 1755, Lawrence fait confisquer les armes et saisir les embarcations.Les soldats de Sa Majesté anglaise gardent les routes.Les paysans sont espionnés, surveillés, traqués.Les traîtres, experts en persécution, n\u2019ont oublié aucun détail de leur crime.Conviés dans les temples, les Acadiens sont déclarés prisonniers du roi.Les ravisseurs parcourent les campagnes et s\u2019emparent des bestiaux, des meubles, de l\u2019argent laissés aux maisons.Les vaisseaux disposés en rade, on embarque pêle-mêle, vieillards, femmes, enfants.On pourchasse dans les bois ceux que les navires n\u2019emportent pas.Dix mille hommes sont ainsi dispersés et cependant qu\u2019ils s\u2019éloignent, en gémissant, des rivages chers, ils assistent à la flambée de leurs villages.L'histoire humaine ne relate pas deux crimes aussi ignobles, dans la préméditation et l\u2019exécution, que le forfait de 1755.Faut-il chercher les motifs?En 1720, une missive ministérielle des « Lords of Board» de Londres, disait: «Il nous semble que les Français de la Nouvelle-FEcosse ne seront jamais de bons sujets de Sa Majesté.C\u2019est pourquoi nous pensons qu\u2019ils devront être expulsés aussitôt que les forces L'EPOPEE ACADIENNE : 269 que nous avons dessein de vous envoyer seront arrivés dans la Nouvelle-Ecosse.» En juillet 1755, Phipps écrit à Lawrence: « Je vous prie de considérer à quels dangers sont exposés aujourd\u2019hui les intérêts de Sa Majesté à l\u2019égard des Français neutres.Tout scrupule doit disparaître ; s\u2019il en restait encore, il est juste et nécessaire qu\u2019on les chasse de la province.» C\u2019est dans une lettre de Winslow qu\u2019on trouve le vrai mobile: « Si nous pouvons accomplir cette expulsion, cela aura été une des plus grandes actions qu\u2019aient jamais accomplies les Anglais en Amérique; car, entre autres considérations, la partie du pays qu\u2019ils occupent, est une des meilleures terres qu\u2019il y ait au monde et, dans ce cas, nous pourrions placer quelques bons fermiers anglais dans leurs habitations.» On sait l\u2019odyssée des déportés.Il en fut transporté en Angleterre et en France; d\u2019autres sur le littoral anglo-améri- cain.Quelques centaines remontèrent jusqu\u2019au Canada.Lors de la cession, en 1763, à peine deux mille habitaient les provinces maritimes.C\u2019est vers 1766 qu\u2019ils commencèrent à se rapprocher de leur patrie où ils défrichèrent d\u2019autres domaines.Le ciel aidant, ils s\u2019enracinèrent de nouveau dans le sol ancestral.Aujourd\u2019hui, les provinces de l\u2019est comptent plus de 200,000 Acadiens.Ce n\u2019est plus qu\u2019une question de temps.Au train où cette race se multiplie, les provinces orientales deviendront prochainement en majorité française.Dans l\u2019allégresse de ta pacifique revanche, ô peuple acadien, fidèle à l\u2019Acadie patriarcale chantée par Longfellow, écoute de ton passé monter la plainte endolorie.Ton martyre proclame la vertu sublime du sacrifice et de la fidélité à ses origines.Afin de donner aux autres groupes francais des parcelles de ton héroisme, persiste dans la pérennité de ton effort, sentinelle glorieuse de la civilisation francaise au Canada ! Hermas BASTIEN. HE 270 LA REVUE NATIONALE CARTIER, SIR GEORGE-ETIENNE, BARONNET Fils du lieutenant-colonel Jacques Cartier, de Saint- Antoine-sur-Richelieu, et de Marguerite Paradis, Sir George- Etienne naquit à cet endroit le 6 septembre 1814 et il fit ses études classiques au collège de Montréal.Si nous en croyons le dictionnaire généalogique de l\u2019abbé Tanguay, son bisaïeul, Jacques Cartier dit Langevin, charpentier, fils de Pierre et de Marie Beaumier, de Prulier, diocèse d\u2019Angers, était venu au Canada et il avait épousé à Beauport, le 6 juillet 1744, Marguerite, fille de Nicolas Mongeon natif de Montargis, en Champagne, et de Madeleine Vachon.Il devint marchand à Québec.Sir George était donc d\u2019origine angevine.Après avoir fait son droit sous M.Edouard Rodier, il fut admis au barreau du Bas-Canada en novembre 1835.Dix- neuf ans plus tard, il était créé Conseil de la Reine et, en 1866, il devenait membre honoraire du barreau du Haut-Canada.M.Cartier s\u2019occupa de bonne heure de politique, et il va ans dire qu\u2019il fut d\u2019abord un enthousiaste admirateur du grand tribun qui remuait les masses par sa parole vibrante et enflammée.Le sang qui bouillonnait dans les veines du jeune avocat n\u2019avait pas encore eu le temps de se refroidir lorsqu\u2019éclata la rébellion de 1837.I y fut impliqué et dut s\u2019expatrier afin d\u2019échapper à la prison.Il passa aux Etats- Unis et se retira à Burlington, Vermont, d\u2019où il revint après la proclamation d\u2019amnistie.Il se remit à la pratique de sa profession, se fit vite un nom et acquit une clientèle choisie autant que nombreuse.I] épousait, en 1846, Hortense, fille de M.Edouard-Ray- mond Fabre, marchand de Montréal et soeur de Mgr Fabre, archevéque de Montréal.Cette méme année, M.La Fontaine présida une réunion publique tenue à Montréal, pour discuter le projet d\u2019une voie OTT HER RRA NT CARTIER, SIR GEORGE-ETIENNE 271 ferrée entre cette ville et Portland, Maine.M.Cartier pro- nonca en cette occasion un discours en faveur du projet.Ce fut là le commencement de la politique de progrès qu\u2019il devait suivre jusqu\u2019à sa mort.Le gouvernement responsable venait enfin de nous être accordé dans toute sa plénitude et M.La Fontaine avait été appelé à former un ministère (11 mars 1848), quand M.Cartier qui devait par la suite jouer un rôle de tout premier ordre dans la politique canadienne, entra à l\u2019Assemblée législative du Canada, comme député du comté de Verchères, le 7 avril 1848.Ti continua de représenter ce collège électoral jusqu\u2019au 10 juin 1861.Il fut ensuite élu dans la division de Montréal- Est qu\u2019il représenta du 9 juillet suivant au ler juillet 1867.M.Cartier avait décliné le poste de Solliciteur-général du Bas-Canada, en 1851, puis celui de commissaire des Travaux Publics, en 1853.Il acceptait, le 27 juin 1855, le portefeuille de Secrétaire provincial dans l\u2019administration Macnab-Taché, et le 24 mai de l\u2019année suivante, il devenait Procureur-général du Bas-Canada dans le ministère Taché-Macdonald.M.Cartier conserva ce poste jusqu\u2019au ler août 1858.Le 6 du même mois, après la chute de l\u2019éphémère administration Brown- Dorion, il devenait premier ministre avec M.John A.Macdonald comme leader du Haut-Canada, et il prenait le poste d\u2019Inspecteur-général qu\u2019il échangeait le lendemain pour son ancien portefeuille.Il conserva celui-ci jusqu\u2019au 23 mai 1862, lorsque son administration fit place à celle de Macdonald- Sicotte.M.Cartier reprit son ancien poste de Procureur- général, le 30 mars 1864, dans le ministère Taché-Macdonald et il y demeura jusqu\u2019à la Confédération.M.Cartier était entré au parlement comme supporteur de MM.LaFontaine et Baldwin, et il continua de donner son appui à MM.Hincks et Morin, puis à Sir Etienne-Pascal Taché.La grande question constitutionnelle ayant enfin été résolue en 1848, le gouvernement songea a s\u2019occuper sérieusement des besoins matériels du pays et c\u2019est la tâche qu\u2019entreprit M.Cartier.L'agriculture, le commerce, l\u2019industrie, avaient été plus ou moins négligés pendant la iongue lutte qu\u2019avait eu à soutenir l\u2019Assemblée pour l\u2019obtention de la plé- ARES LCM SEER CN MAR ISAAK) 272 LA REVUE NATIONALE nitude du gouvernement responsable.Une question s\u2019imposait maintenant.Afin d\u2019aider au développement des ressources naturelles du pays, il fallait de toute nécessité ouvrir des voies de communication, construire des chemins de fer et creuser des canaux.M.Cartier appliqua toute son énergie a cette oeuvre.Il avait, comme nous l\u2019avons vu dans son discours à Montréal, en 1846, posé les premiers jalons.Dès son entrée à la législature, il s\u2019occupa activement de ces questions, Parmi les principales mesures dont M.Cartier fut l\u2019auteur, citons: la construction du chemin de fer du Grand Tronc et du pont Victoria; la promotion de l\u2019instruction publique et l\u2019établissement d\u2019écoles normales; l\u2019amélioration des lois eri- minelles ; l\u2019abolition de la tenure seigneuriale; la décentralisation judiciaire dans le Bas-Canada ; la codification des lois civiles et de la procédure dans les cours de justice du Bas- Canada; la confédération des provinces anglaises de l\u2019Amérique du Nord; la réorganisation de la milice et la construction de fortifications pour la défense du pays.Oeuvre gigantesque s\u2019il en fut et qui aurait pu occuper dix ministres ordinaires, mais l\u2019homme aux vastes conceptions qu\u2019était Cartier, les conduisit toutes à bonne fin.Il fut président de la commission des chemins de fer de l\u2019Assemblée législative, de 1852 \u2018à 1867, puis du comité du Conseil Privé, de 1867 à sa mort, à l\u2019exception d\u2019une seule session, quand il était absent en Angleterre.Cartier prit aussi une part active à la conférence de Charlottetown, et il fut l\u2019âÂme dirigeante de celle de Québec, en 1864, et de celle de Londres en 1866-67, C\u2019est là que l\u2019on mit enfin la dernière main à l\u2019oeuvre de la Confédération Canadienne.La nouvelle constitution fut mise en vigueur le ler juillet 1867.Une nouvelle nation venait de naître, dont les destinées promettaient d\u2019être brillantes.Les autorités impériales, satisfaites de ce résultat pres- qu\u2019inespéré, accordèrent des récompenses sous forme de décorations aux principaux chefs du mouvement.M.John À.Macdonald fut fait chevalier commandeur de l\u2019ordre du Bain, le 29 juin 1867, et l\u2019on offrit à M.Cartier de le créer compagnon du même ordre.Indigné de cette infamie, celui-ci repoussa cette offre avec dédain, en disant que c\u2019était lui, et non son collègue Macdonald, qui avait été le principal artisan de CARTIER, SIR GEORGE-ETIENNE 273 la confédération et qu\u2019il n\u2019accepterait certainement pas une distinction inférieure à celle accordée à son collègue.Il refusa même la commanderie de l\u2019ordre du Bain.Downing Street s\u2019apercevant alors de sa bévue, recommanda à la Reine de nommer M.Cartier, baronnet du Royaume-Uni, ce qui fut fait en avril 1868.Sir Georges choisit comme devise : « Franc et sans dol».Ce titre héréditaire s\u2019est éteint avec sir George.Le ler juillet 1867, M.Cartier avait accepté le portefeuille de la milice et de la défense nationale dans le cabinet de Sir John A.Macdonald.TI fut élu dans Montréal-Est le 14 septembre suivant.Il retourna en Angleterre en 1868 afin de discuter un plan de défense du nouveau dominion et pour négocier l\u2019acquisition des territoires du Nord-Ouest.Cartier fit passer une nouvelle loi de milice cette même année et, l\u2019année suivante, l\u2019acquisition des vastes territoires du Nord-Ouest devenait un fait accompli.\"Trois ans plus tard, c\u2019est-à-dire en 1872, Cartier faisait passer une mesure pour autoriser la formation d\u2019une compagnie qui entreprendrait de relier les provinces de l\u2019Est à l\u2019Océan Pacifique.C\u2019est le Pacifique Canadien.La question de la Confédération n\u2019était pas bien vue de tout le monde.Les adversaires politiques de Cartier la battait encore en brèche lorsqu\u2019eurent lieu les élections de 1872.Sir George fut défait dans Montréal-Est par M.(plus tard Sir Amable) Jetté.Il se présenta alors dans le comté de Provencher, Manitoba, où il fut élu par acclamation, ce qui lui permettait de continuer son oeuvre, mais sa santé, altérée par un travail constant et soutenu, commencait à décliner.Il était malade lorsqu\u2019il partit pour l\u2019Angleterre, afin d\u2019y discuter la question du Pacifique Canadien et autres.Il mourut à Londres le 20 mai 1873.Ses restes furent ramenés au Canada et il eut de magnifiques obsèques à Montréal.Sir George avait été fait chevalier grand\u2019croix de l\u2019ordre royal d\u2019Isabelle-la-catholique, en janvier 1872.Il avait aussi été élu dans Montréal-Est, membre de l\u2019Assemblée législative de la province de Québec, le 14 septembre 1867.Du 4 juillet 1871 à sa mort, il y représenta le comté de Beauharnois. 274 LA REVUE NATIONALE Lady Cartier mourut en 1898, à l\u2019âge de soixante-et-dix ans.Ils laissèrent deux filles, Joséphine et Hortense.L\u2019aînée À mourut en 1886, âgée de trente-six ans.La seconde vit encore.cl « Les vingt-quatre années qui vont de 1848 a 1872, dit i M.Benjamin Sulte ! en parlant de Cartier, sont plus que tout 1 un siècle aux yeux de l\u2019histoire.Le génie de la réforme et des créations utiles y a concentré tous ses efforts avec un bonheur tC surprenant.Ceux qui ont vu de près les choses de cette époque s\u2019en étonnent moins que les hommes de la génération actuelle, parce qu\u2019ils vivaient de lair de ce temps particulier aux fondations d\u2019empires et qui souffle en général sur tout un peuple, au lieu que les grandes inventions industrielles de cer- 1 tains individus sont plutôt propres à surprendre les masses qui ne s\u2019y attendent jamais.» \u2018 Laissons encore parler M.Sulte qui a connu intimement Sir George-Etienne Cartier.« Cartier était un avocat pénétré de l\u2019esprit du génie et 8 du défaut des lois.Homme d\u2019Etat, d\u2019autre part, et allant jus- ol qu\u2019à surveiller les petites choses, mais tenant ses regards fixés a sur les trois ou quatre questions qui dominaient pour le moment, il portait ses vues sur des calculs d\u2019avenir que nos beaux talents n\u2019ont guère coutume d\u2019envisager.Et puis, c\u2019était un homme pratique \u2014 rare qualité en tout temps et partout.« L\u2019esprit entièrement occupé de sa tâche patriotique, il s\u2019appliquait à affermir ce qui était bon à conserver, tout en cherchant à nous procurer ce qui manquait.DEE rare Sak i « A la manière dont il entendait sa mission, il est visible qu\u2019il travaillait pour l\u2019avenir et voulait un Canada plus grand, tout en conservant les institutions établies, les améliorant et a leur donnant plus de stabilité.Il a paru audacieux en -expri- 3 mant sa pensée.C\u2019était un prophète: on ne conteste plus sa i clairvoyance.» a Voici le portrait qu\u2019en trace le méme auteur: « Sir George- 9 Etienne Cartier était de taille moyenne, un peu petite même, 1 1 Ocorges-Etienne Cartier, par Benjamin Sulte.Montréa!l.Ducharme,1919.\u2014\u2014\u2014 \u2014+ A ee ey eum \u2014 ns se CARTIER, SIR CEORGE-ETIENNE 275 ce qui n\u2019empêchait pas qu\u2019à première vue il nous donnait l\u2019idée d\u2019une vigueur peu commune.Sans être gras, il était rondelet, potelé, si bien que nerfs et muscles étaient enfouis sous cette enveloppe.La main et le pied petits, d\u2019un modèle superbe.Sa tête, plantée aplomb sur le cou, était d\u2019une mobilité extrême: en parlant il la remuait de mille manières, qui, toutes, signifiaient quelque chose; aussi le mouvement qu\u2019il lui imprimait constamment, causait-il une certaine surprise aux étrangers.La pétulance toute française que l\u2019on remarquait de suite en l\u2019abordant n\u2019avait rien de cette allure importune ou frivole que les Anglais disent être particulière au tempérament français.Ses gestes avaient des secousses de lion, force et souplesse, non brusquerie, et plusieurs s\u2019y sont trompés.Quand il voulait être brusque, c¢\u2019était par calcul, il ne se ressemblait plus et, comme il se dominait assez pour s\u2019emporter rarement, il me semble qu\u2019il n\u2019est jamais allé jusqu\u2019à la colère.« On a dit et répété au\u2019il était rude, sans égard, sans cérémonie.Erreur complète \u2014 mais sa parole pressée, hachée, parfois saccadée et toujours chaleureuse contribuait à répandre cette croyance \u2014 et, ma foi, il paraissait bien aise de la voir s\u2019accréditer.C\u2019était l\u2019épouvantail des importuns, des courtisans, des gens inutiles, comme il s\u2019en trouve partout.On a dit de lui: « chêne à la rude écorce et coeur généreux ».Sir Adolphe Routhier, qui l\u2019a connu, note qu\u2019il y avait du Bonaparte en lui et, comme l\u2019autre, il prenait son peuple pour cheval de guerre, le menait de bataille en bataille, de victoire en victoire.» Voici, de son côté, l\u2019appréciation qu\u2019en fait M.Achintre dans ses Portraits et Dossiers parlementaires.« Richelieu et Bismarck resteront illustres, parce que tous deux ont réalisé une grande chose: celui-ci, l\u2019unité allemande, celui-là, l\u2019unité française.Chacun de ces ministres a été l\u2019incarnation vivante des aspirations nationales.C\u2019est dans cette cause unique que le philosophe et l\u2019historien devront chercher un jour le secret de la puissance de tels hommes, celui de leur popularité ainsi que la justification de leur grande oeuvre. 276 LA REVUE NATIONALE « Sur une scène moins vaste, l\u2019'hon.M.Cartier a joué un rôle à peu près semblable; il demeurera, lui aussi, comme la plus haute personnification de sa race.Si des conditions politiques particulières circonscrivent sa renommée, sa tâche n'en a pas été moins difficile, son mérite moins grand, son oeuvre moins complète; car, si deux génies ont constitué des tron- cons épars d\u2019une race divisée des peuples unis et homogènes, l\u2019Hon.M.Cartier a préservé de l\u2019absorption, sauvé de l\u2019anéantissement la nationalité Franco-Canadienne, et, cela avec tant d\u2019habileté et de courage, que, tout en forcant ses adversaires à le servir, il s\u2019est attiré leur estime et leur respect.Au milieu de luttes ardentes, de circonstances difficiles, l\u2019histoire de la carrière politique de l\u2019Hon.Baronnet n\u2019est que le développement de ce patriotique dessein.» Francis-J.AUDET. LE MASSACRE DU FRANÇAIS 277 LE MASSACRE DU FRANCAIS Remy de Gourment tenait les peuples bilingues pour des peuples bâtards.Sans s\u2019incliner devant les jugements d\u2019un écrivain, comme devant la vérité, et sans accepter servilement les idées d\u2019un esprit brillant mais souvent sophistique, il faut avouer que les personnages du Dr Drummond rendent sympathiques les Iroquois unilingues.La pratique de deux langues est terrible pour les individus sans culture.Sur la route ou trébuchent souvent les gens soi-disant instruits \u2014 que les raffinés écoutent la langue du prétoire \u2014 les ignorants ne peuvent manquer de s\u2019étendre tout de leur long.La langue du commerce et surtout du petit commerce est trop souvent une infamie au Canada.Il nous a été donné il y a quelques jours de lire avec le plus parfait dégoût une multitude de calendriers pour 1925 imprimés dans un gros atelier.C\u2019était à souhaiter la fin du monde et la suppression de toute mesure du temps! Des âneries, un fourmillement de fautes, de perpétuels souffiets à Sa Majesté la langue française, à cause d\u2019une imitation de l\u2019anglais et d\u2019un souci exagéré de brièveté dans le bilinguisme.Par exemple, pour faire court, un épicier montréalais indiquera son adresse comme suit: No.XX Notre Dame, Montreal.C\u2019est l\u2019orthographe anglaise.Dans la langue de Shakespeare, le point se met toujours après l\u2019abréviation ; en fran- cais, on le supprime après la dernière lettre du mot, comme dans No, telle rue.Notre Dame, sans trait-d\u2019union, c\u2019est de l\u2019anglais; aussi, Montreal, sans accent sur l\u2019e.Et les St.Alphonse, et les Tel.Est, sans accent et sans deux points apres le «I»! Je n\u2019en finirais plus d\u2019énumérer toutes ces fautes de détail qui ont leur importance, et qui se commettent un peu partout 365 fois par année, et reçoivent comme une apothéose sur les calendriers et les affiches.Je ne sais pas quand mes chers compatriotes sauront que l\u2019'abréviation de Madame, c\u2019est Mme, et que Mde.est le mot 278 LA REVUE NATIONALE énergique prononcé par un général francais, dans une bataille célèbre.Singulier titre à accoler au nom d\u2019une brave femme qui gagne honorablement sa vie dans le commerce et sollicite les bonnes grâces des clients! Qui apprendra aussi au peuple que viande de choix se dit très bien, mais qu\u2019épiceries de choix, c\u2019est de l\u2019anglais (groceries) ou du boche, et que compliments n\u2019a pas le sens anglais de cadeau ou d\u2019hommage?Tobaconiste est aussi une expression qui ne fleurit que sur les bords du Saint-Laurent.ou de la Tamise.Les mêmes gens qui empruntent à l\u2019anglais le mot « tobacconist » disent tout naturellement les argents (monies).D\u2019ailleurs, au palais, le mot argent s\u2019emploie couramment au pluriel.11 a été féminisé à l\u2019hôtel municipal, lieu plus raffiné et plus délicat.Ces calendriers lourds de fautes s\u2019étaleront dans les foyers, 365 jours par année, mettant sous tous les yeux avec le nom d\u2019un fournisseur et d\u2019une gravure genre Greuze commercialisé, de multiples offenses contre le génie de la langue française.Les expressions fautives et les abréviations erronées passeront fatalement des murs dans les écrits.Elles s\u2019incrusteront surtout dans les jeunes intelligences à force de frapper les jeunes yeux retenteurs.Cet instrument de corruption grammaticale s\u2019ajoutera à tous les mauvais exemples de la rue, à tous les scandales donnés par la presse.La presse est une école de scandale au témoignage des puristes, ne füût-ce qu\u2019à cause de ses nombreux titres sans i accent.(Les caractéres sont anglais, voyez-vous, comme les unions typographiques sont généralement américaines par leur direction suprême.) Mais la presse s\u2019est améliorée et elle peut plaider les circonstances atténuantes: la rapidité du travail, la nécessité de traduire de l\u2019anglais en français, ete.La rédaction barbare des calendriers-réclames \u2014 travail fait des mois d\u2019avance \u2014 décèle pure ignorance, indifférence ou mépris envers la langue française.C\u2019est une des manifestations de l\u2019anglicisation de notre langue du commerce.Il reste encore aux chevaliers du bon langage de belles croisades à faire, pour faire de nous des Latins authentiques.I.Chr ey pr Jules LEDOUX. A MON CHER MAITRE 279 À MON CHER MAÎTRE I Pour te faire régner sur un monde de l\u2019art, Apollon te fit roi, \u2014 suprême bienfaisance, \u2014 Et tu pris dans ta main, de même que Mozart, L\u2019archet frêle, et pourtant, symbole de puissance.Ton âme faite belle et ton coeur créé bon Apportèrent la joie à ton fervent royaume ; Et tu fus un monarque, ainsi que Solomon, Chéri dans ton palais et sous le toit de chaume.On admira surtout cette simplicité Qui toujours dépassa ton art, je peux écrire, Mettant à son niveau ta sensibilité Que les artistes seuls tenteraient de décrire.Seuls aussi, les amis qu\u2019honore ta maison, Ont vécu l\u2019émotion tendre, au contact d\u2019une âme Veillant sur l\u2019âÂme-soeur, perdue en sa prison, Avec ce dévouement dont l\u2019amour se réclame.II De bonne heure tes sens avaient perçu ies sons, Et ton esprit cherchait le secret de leurs charmes ; Voyant un violon, un jour, de grands frissons Secouèrent ton corps, et tu versas des larmes.Ton chemin de Damas était ainsi trouvé; Un frère à toi te fit, dans sa condescendance, Cadeau de cet objet, dans ton esprit rêvé ; Et ce fut le travail, ensuite, l\u2019ascendance.Et quel travail fougueux ! Et quel martellement ! Comme tu fis vibrer le sapin et l\u2019érable, Par les soirs et les jours dans ton isolement ! Mais tu devins un maître et ce fut admirable.Admirable de voir cette ténacité Et cet enthousiasme à la trempe virile.Qui surent conquérir la virtuosité, Faire qu\u2019un beau talent ne fut ras don stérile.» F Ai D a a Que nous reconnaissons, même aux jours ténébreux, LA REVUE NATIONALE III Tu traversas la mer et passas chez Vieuxtemps.Du petit canadien cette âme fut saisie, Puisque tu fis pleurer cet illustre du temps, En jouant sous ses yeux sa « Grande Fantaisie ».Sarrasate, Ysaye, ont connu ton talent.Sarrasate voulut même, sous sa tutelle, Te garder pour l\u2019Europe ; et tu fus indolent, Préférant exalter ta patrie immortelle.Ce maître de l\u2019Espagne, en te tendant la main, Savait tout le pouvoir de tes notes exquises ; Puis il entrevoyait jusqu\u2019au bout ton chemin Tout parsemé de fleurs et de palmes conquises.Tu vins en Amérique, et jamais sceptre d\u2019or N\u2019eut de rayonnement plus pur que ton emprise Sur ce publis nouveau, \u2014 sympathique décor, \u2014 Qui fut tout réjoui de ta franche maîtrise.Bach, Mozart, Beethoven, ces géants d\u2019autrefois Et classiques auteurs, ornaient ton répertoire : Que de pleurs, que de chants éveillés sous tes doigts! Quand tu jouais, pour eux, c\u2019était une victoire.La presse loua fort ton savoir et ton jeu : Vivacité, souplesse, attitude parfaite, Perlé du staccato, délicatesse, feu, Tel fut le sentiment de la critique faite.Qu\u2019as-tu donc récolté par tes travaux constants ?La gloire! Oui, cette gloire aux pures aîles d\u2019ange Est venu couronner l\u2019effort de ton printemps ; Et tu nous apportas cette rare vandange.Aussi le Canada se compte très heureux De voir ton nom inscrit sur les plus hautes cimes ; Au fond de notre ciel, à ses reflets sublimes, RH RRR RE BRR A MON CHER MAITRE 281 IV Ployant sous les lauriers, tu voulus chez tes gens, Par l\u2019enseignement vrai, faire oeuvre fraternelle.Et pour avoir compris Mendelssohn et Saint-Saens, Que notre gratitude, à toi, soit éternelle! Que de sujets ici, te devant leur essor, Auraient perdu les dons reçus de la nature, Si tu n\u2019étais venu nous offrir le trésor De ton expérience, et ta saine culture ! Et que seraient Scherzer, Kellert ou Chamberland, Sans tes doctes lecons, ta longue patience, Auraient-ils pu trouver le sentier consolant Ou tu les as conduits, guidé par ta science ?De méme Dansereau, ce deuil de ton salon, Cet espoir enlevé, \u2014 pleurons sur cette tombe, \u2014 Par un souffle mauvais venant de l\u2019aquilon, $ Et tombé lentement comme une feuille tombe.: Etant sans descendants, \u2014 épreuve de ta chair, \u2014 Ne maudis pas le sort que jamais l\u2019on évite.N\u2019as-tu pas le respect de tout un monde cher Qui, glorifiant ton nôm, s\u2019illumine et gravite ?Hélas ! de moi, bien tard, admis à tes leçons, ; Mais encor plein du rêve allumé par l\u2019artiste 3 Aux rayons de sa face, à l\u2019heure où nous pensons Au charme qu\u2019il apporte à l\u2019âme gaie ou triste ; De l\u2019élève envieux de ce vivant archet Qui, docile toujours, à tes désirs se prête : De l\u2019ami qui vers toi, rempli d\u2019espoir marchait, Tu fis, sans t\u2019en douter, un modeste poête.ENVOI Heureux agriculteur du champ de la beauté, Qui récoltas la joie en semant l\u2019harmonie, Avant que de passer à l\u2019immortalité, Accepte de mes vers l\u2019'hommage à ton génie.André CLAIREVOIE. ee | { 4 | gistré 6,260.Durant l\u2019année dernière 339 alambics illicites ! v | besoin, mais qu\u2019ils se contentent de prêcher cette évangélique | vertu sans crier à tout venant des calomnies sur Québec.Il y a Acadiens.L\u2019entreprise qui était plutôt hardie a réussi à mer- LA REVUE NATIONALE À TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE PHARISAISME.Notre-Seigneur méprisait particulièrement les pharisiens, ces odieux bonhommes qui se targuent de vertus extérieures mais dont l\u2019Âme est sale, la langue venimeuse et l\u2019esprit tors.Nos vertueux voisins qui consacrent la meilleure partie de leur existence à crier que les Québécois sont des saoûlons ont enrégistré cette année 11,370 condamnations pour ivrognerie tandis que la province de Québec en a enré- ont été saisis en Ontario contre 281 dans le Québec.Il y a là un beau sujet de méditation.Si nos voisins veulent prêcher l\u2019esprit de tempérance, c\u2019est leur affaire et ils en ont grand a là aussi une vertu de tempérance à pratiquer.VOYAGE EN ACADIE.Le journal le Devoir a eu l\u2019excellente idée d\u2019organiser un voyage du souvenir en Acadie dans le but de visiter les endroits illustrés par la prospérité et les malheurs de nos frères veille au point qu\u2019il a fallu changer complètement l\u2019organisation.Plus de deux cents Canadiens recrutés dans ce que la race compte de plus marquant iront là-bas effectuer une liaison qui, espérons-le, sera solide et durable.C\u2019est là une heureuse initiative et qui contribuera plus que les plus beaux discours à faire naître l\u2019esprit de solidarité qui constitue notre seule force au pays, et à raviver la fierté nationale dans ce retour au passé.LES AFFICHES DE CINEMA.On se rappelle que le mois dernier, le conseil municipal de Montréal avait promis dans un bel élan de ferveur la sup- HIETH el ea 8 pri mo bie de un IES or NU 1a pl up A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 283 pression totale des affiches de cinéma.Nous avions rappelé comment le conseil s\u2019était ensuite tenu coi.Effectivement, il s\u2019est prudemment gardé d\u2019agir et a maintenu le statu quo, en chargeant un ancien journaliste du soin de reviser ces pan- neaux-réclame.Nous ne voyons pas que la situation en soit améliorée parce qu\u2019on a enlevé au chef de police, la besogne de censure pour la donner à un autre personnage.Espérons cependant que M.Singher saura se montrer à la hauteur de son devoir.Mais il se dégage une lecon remarquable de l\u2019aventure.C\u2019est que les gens de bien sont nombreux et qu\u2019il leur est facile de vaincre quand ils veulent s\u2019unir, et que d\u2019autre part si le mal subsiste, la faute n\u2019en est imputable qu\u2019à notre paresse.Si dans le cas présent l\u2019agitation contre l\u2019affiche de cinéma s\u2019était continuée avec vigueur, les affiches seraient déjà supprimées.Mais on a cru à des promesses, et on a négligé de pousser plus avant la campagne.La force des ennemis du bien, il ne faut cesser de le redire, vient de la lâcheté des gens de bien.LE CHOIX DES BOURSIERS.Le gouvernement provincial doit choisir cette semaine les boursiers d\u2019Europe.On prétend qu\u2019il en est fort empêché par la multitude des applicants redoutablement recommandés.Nous croyons qu\u2019en l\u2019espèce, cette tâche aurait dû être abandonnée aux Universités.S\u2019il y a du favoritisme dans cette dernière méthode, on peut être sûr qu\u2019il sera moins nocif que celui créé par le gouvernement et au surplus ce dernier pourra s\u2019en laver les mains.LA JUSTICE CANADIENNE.Les journaux américains ont fait un tapage inouï autour de la pendaison de Walter Muir, le jeune homme qui abattait sans raison, ni provocation, un passant, de cing coups de ré- volver.Ils ont crié que la pendaison était une barbarie digne des sauvages, etc. 284 LA REVUE NATIONALE Ces aimables voisins feraient bien mieux de faire leur examen de conscience.L\u2019an dernier il y a eu dix mille meurtres aux Etats-Unis.À New-York même, il y en a eu plus de quatre mille.Une quarantaine de personnes ont été exécutées en tout par la justice.Les journaux américains estiment probablement que le sort des dix mille victimes est moins à plaindre que celui des apaches qui les ont assassinées, et qu\u2019il vaut mieux laisser les escarpés continuer leur sinistre besogne par souci d\u2019humanité.Et puisqu\u2019il faut parler de barbarie, les journaux améri- -cains devraient s\u2019aviser qu\u2019aux Etats-Unis, depuis trente- neuf ans, on a lynché 4,128 personnes pour des accusations aussi graves que celle d\u2019avoir volé un article de pacotille ou un fruit.Ils peuvent parler de barbarie car ils s\u2019y entendent.NOUVEL EVEQUE.Mer Langlois a été choisi comme coadjuteur de Son Eminence le cardinal Bégin.On ne pouvait faire choix plus sage et plus approprié.UN PONT.La ville de Montréal vient d\u2019hériter d\u2019un pont vainement attendu depuis une décade et dont le besoin se faisait de plus en plus vivement sentir.Ca été une sage mesure du gouvernement et qui unit cette fois les intéréts électoraux aux besoins véritables du pays.L\u2019élément anglais tente actuellement de l\u2019installer dans la partie ouest où il y a déjà le pont Victoria, et où il n\u2019y a aucune raison de l\u2019y construire.Nous prions nos députés d\u2019y voir.On a déjà vu de pires et de plus surprenants accrocs au bon sens que celui-la.- JAUNISME.La Tribune de Chicago notait récemment le mal fait par les récits d\u2019affaires malpropres, dans les journaux, a propos du procès des millionnaires juifs américains coupables d\u2019un assassinat ignoble et monstrueux.Elle avouait toute la profondeur du mal et notait en même temps qu\u2019il n\u2019existait qu\u2019un irl fe.ons in mi age nent plus vi ins y de Olid fons si A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 285 moyen d\u2019y parer: l\u2019intervention de la loi.L\u2019idée est juste.On ne peut demander à des journaux à sensation de diminuer d\u2019eux-mêmes leurs profits.Il faudra qu\u2019une loi en supprimant toutes ces saletés supprime aussi la concurrence des feuilles qui en vivent.Qui la présentera ?LE PROGRES.A la fin de la guerre, les chimistes avaient découvert trente gaz asphyxiants.Ils en sont maintenant rendus à mille.C\u2019est décidément une belle chose que la science.L\u2019EXEMPLE DE L'ALSACE.L\u2019Alsace-Lorraine vient de donner un exemple magnifique de résistance aux oppresseurs ennemis de l\u2019Eglise.Le mouvement a pris une telle ampleur que le gouvernement terrifié et menacé de tomber sous la réprobation universelle a dû reculer et ajourner ses plans.C\u2019est une preuve de ce que peuvent les gens de bien contre le mal.Il s\u2019agit de sortir de sa torpeur.Mais l\u2019important c\u2019est de n\u2019y pas retomber.Il n\u2019aura servi à rien aux catholiques d\u2019Alsace-Lorraine d\u2019avoir imposé le respect à l\u2019ennemi s\u2019ils lui permettent ensuite de revenir et de saper les résistances petit à petit, au moyen de concessions et de mesures détournées.M.FERGUSON.Le premier ministre de l\u2019Ontario a prononcé récemment devant un auditoire orangiste un discours des plus neufs pour semblable milieu.Il a prêché la nécessité de la tolérance pour faire du Canada une patrie commune chère à tous.C\u2019était là du gros bon sens.Espérons que de telles paroles tombées de si haut auront une profonde répercussion et qu\u2019elles se traduiront en quelque chose de positif.M.MONTPETIT.Le gouvernement français a eu la bonne idée de faire donner des cours d\u2019histoire du Canada, à la Sorbonne, par un FT RCEMRS IUT LSRIEEE 286 LA REVUE NATIONALE Canadien.C\u2019était là quelque chose d\u2019éminemment logique.Bien plus il a eu la bonne fortune d\u2019en charger M.Montpetit.Il ne pouvait choisir un plus grand esprit d\u2019élite, un orateur plus parfait, un gentilhomme plus distingué.Il honore le goût du gouvernement français comme il honore aussi la race canadienne-francaise.LA LIAISON FRANCAISE.Un bon groupe de Canadiens francais se sont rendus dans I\u2019Ouest dans une excursion officielle.C\u2019est réellement la premiére démarche de liaison entre les groupes francais du continent.Il est à souhaiter qu\u2019elle se renouvelle.A.GAGNON.die Ce: ce a Ten est } le ù ir ae NOTRE CONCOURS SPECIAL DE RECRUTEMENT 287 Résultat de notre concours de recrutement ATTRIBUTION DES PRIX On se rappelle que notre Conseil général instituait au printemps dernier un concours spécial de recrutement dans nos sections en vue d\u2019augmenter le plus possible leur effectif à l\u2019occasion de la grande célébration de notre fête nationale.La Revue Nationale du mois d\u2019avril annonçait toutes les conditions de ce concours pour lequel cinquante dollars étaient offerts en prix.Disons tout de suite que le résultat de ce concours fut des plus encourageants, et il nous fait plaisir d\u2019apprendre à nos membres que ce concours, qui s\u2019étendit du 13 mars au 15 juin seulement, fournit à nos sections l\u2019occasion d\u2019enrôler 1,082 nouveaux membres.Un tel chiffre fait grandement honneur à nos zélés recruteurs que nous félicitons sincèrement.Voici dans quel ordre les quatre prix du concours furent attribués: Le ler prix ($20.), à la section Verdun qui se classa bonne première avec un recrutement de 394 membres; Le 2e prix ($15.), à la section d\u2019Iberville qui recruta 148 membres ; Le 3e prix ($10.), à la section Saint-Jacques qui augmenta son effectif de 94 membres: Le 4e prix ($5.), à la section Notre-Dame de Grâces qui recruta 56 membres.Si nous avions quelques mentions à décerner, il faudrait citer aussi à l\u2019honneur les sections suivantes: Immaculée-Con- ception, Saint-Stanislas, Dorion, Saint-Jean-Baptiste, Sainte- Marguerite-Marie et Centrale qui recrutèrent toutes plus que 20 membres.Un tel résultat prouve une fois de plus que lorsque nos membres se mettent sérieusement au recrutement, leur ardeur est bien récompensée.LE CHEF DU SECRETARIAT.CRE REN RI 288 LA REVUE NATIONALE VOS AUTOMOBILES SONT ASSURÉS ?OUI! Alors, soyez sans inquiétude.NON! Alors, appelez immédiatement notre représentant.UN AUTRE PETIT MOT Vous savez que le moindre déménagement vous oblige à faire corriger votre police.Vous savez que nous sommes à l\u2019entière disposition de tous pour leur faire ce travail, quelle que soit leur compagnie.Vous savez qu\u2019à la fin d\u2019avril, nous serons très occupés.Alors, dans votre avantage comme dans le nôtre, appelez immédiatement notre représentant.ALBERT N.GOORA, 10, rue SAINT-JEAN Tél.: MAIN 0912 MONTREAL LA BANQUE D'HOCHELAGA avec laquelle s\u2019est fusionnée LA BANQUE NATIONALE » Siège social: Place d\u2019Armes, Montréal Capital versé et réserve .$11,000,000.Actif total, plus de .$120,000,000.La grande banque du Canada français 268 succursales au Canada \u2014 216 dans la Province de Québec \u2014 59 à Montréal NOTRE PAIN QUOTIDIEN Toute personne voulant avoir un pain qui digére bien, demande a son épicier le pain « VICTORIA » et le PAIN PARISIEN de J.-A.BROSSEAU, fait par des experts.Si votre épicier ne le tient pas, téléphonez au No.Saint-Louis 678.Nous dennons une garantie avec chaque paire de verres s i Al , .eg i d'optique T'AIT-FAVREAU, Limitée \"4er Opticiens Optométristes L.FAVREAU, spécialiste 197, rue Ste-Catherine Est Tél.Est 7377 EXIGEZ la marque « AUBRY » sur vos ustensiles de cuisine; ils sont reconnus pour avoir une \u2018très grande durabilité et nos cinquante années da expéricnce les placent parmi les meilleurs sur le marché.\u2014 En vente chez les principaux quincailliers, : DELORIMIER, A.AUBRY & FILS, LIMITEE 600 DELORIMIER Maison fondée en 1874.\u2014 Incorporée en 1914, QUAND vous achetez vos harnais.valises, couvertes, malles, ete, etc, exigez toujours la marque ALLIGATOR.LAMONTACNE Limitée æ > > 3838 ouest, NOTRE-DAME, - MONTREAL MADE IN CANADA Québec, P.Q.Winnipeg, Man.Ecole Polytechnique de Montréal GENIE CIVIL\u2014ARCHITECTE\u2014INGENIEUR CHIMISTE\u2014 ECOLE DE PREPARATION ° Préparation aux examens d'admission à l'Ecole Polytechnique.Les finissants des collèges classiques sont admis\u2019 sans examens à l\u2019Ecole de Préparation, COURS D'ETE Des cours d'été spécialement établis pour les finissants des collèges classiques qui désirent entrer directement en 1re année se donnent du ler juillet au 15 sept.et préparent les candidats aux examens d'admission de septembre.228, rue ST-DENIS, Tél.Est 3477, MONTREAL Caisse Nationale d\u2019 Economie ; Encaissement - Du ler janvier au ler août\u201d RA \u2014 - 1923 2 2 4 41\u20ac 1924 : .\u2019 .« $253,803.44 325,058.76 $ 71,255.32 Augmentation en 1924 sur 1923 Recrutement 1923 Do .4,021 pensiotis 1924 Lo ._ .; .7,613 ; ad Augmentation en 1924 sur 1923 3,591 \u2014 95, rue SAINT-JACQUES 1057 MONTREAL * J.DeSERRES, gérant.0 0 La Société Nationale de Fiducie Fondée par, la Société Saint- Jean- Baptiste de \u2018Montréal No os principales fonctions: de fonds d'amortissement.Administration de fortunes privées.ne .; _ de propriétés.__ { de successions.Fiducies de toutes sortes.Achat et vente d\u2019obligations.Préparation d'émissions d\u2019obligations.-Liquidations et faillites.# - Prêts hypothécaires.( .Assurances générales.- Agents pouf transfert d\u2019 actions et d\u2019 obligations.Tél: Main -3365.J.DcSERRES, 95, rue SAINT- JACQUES | Gérant."]
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