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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1920-07, Collections de BAnQ.

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[" Publiée par la SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL Directeur et gérant: ARTHUR SAINT-PIERRE \u201c\u201c Le porte-voix en quelque sorte officiel Par quoi le cri du sol s\u2019échappe vers le ciel\u201d Edmond ROSTAND.ss = \" = it LW [ Nouvelle série, vol.I, No.VII.MONTREAL, JUILLET 1920 oo La copie : CANADA, 10 SOUS * ETATS-UNIS, 15 EAU, » ; 4 °¥ gl GEORGES DELFOSSE La gloire sortant du combat 2 LA REVUE NATIONALE la Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal Fondée en 1834 Grand aumônier : Mgr l'ARCHEVEQUE DE MONTREAL.Président général : Victor MORIN, LL.D., notaire, 97, rue Saint-Jacques.ler vice-président général : V.-E.BEAUPRE, L.C., professeur, 676, rue Saint-André.2e vice-président général : J.-B.LAGACE, M.A, professeur, 836, rue Saint-Hubert.; Secrétaire général : Guy VANIER, LL.L,, avocat, 97, rue Saint-Jacques.Trésorier général : Joseph HURTUBISE, courtier, 2, place d\u2019Armes.DIRECTEURS : L\u2019hon.L.-O.David, sénateur, 291, Victor Doré, professeur, 214, Berri.rue Saint-Hubert ; J.-V.Desaulniers, courtier en im- 1 : ; ; meubles, 1, rue Saint-Laurent ; Thomas Gauthier, courtier, 11, place Arthur Courtois, notaire, 97, rue ; ; Saint-Jacques ; L\u2019hon.F.-L.Bérque, sénateur, 740, J.-Emile Loranger, commis, 547, rue rue Sherbrooke ouest ; du Grand-Tronc.Chef du Secrétariat : Æmile MILLER, bureau 1, Monument National.Corporations filiales de la Société : La Caisse Nationale d\u2019Économie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie.AU PAYS DE L\u2019ERABLE Ce Hvre,\u2014 l\u2019un des plus beaux de l\u2019année, \u2014 est le fruit du 4e des grands concours littéraires de la Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal.Il contient treize nouvelles signées par des littérateurs avantageusement connus et \u2018de jeunes écrivains pleins de promesses.Marie-Alice, \u2014 par Mme Yvette O.-Gouin, ill.d\u2019O.-A.Léger.Les boeufs, \u2014 par Sylva Clapin, ill.d\u2019E.-J.Massicotte.Nestor et Piccolo, \u2014 par Mlle Marie - Rose Turcot, ill.de J.Melsaac.Pour Ulhonneur, \u2014 par Fr.Arsène, ili.de Georges Delfosse.Le retour au foyer, \u2014 par Fr.Robustien, ill.d\u2019A.-S.Brodeur.La visite de M.le curé, \u2014 par J.-E.Lariviére, ill.de Nap.Savard.La fin d\u2019un traître,\u2014 par Eu- géne Achard, ill.de Georges La- tour.La Noël à Saint-Hilaire, \u2014 par Camille Perras, ill.d\u2019Ozias Leduc.Claire Desroches, \u2014 par Joseph Courteau, ill.de J.-B.Lagacé.Le mariage du fils de Jacques Latouche, \u2014 par Joseph Patry, ill.d\u2019Ivan Jobin.Le petit docteur Alice.\u2014 par Mlle Clara Saint-Arnaud, ill.de Mlle Rita Mount.oo Mathias L' Anglais, \u2014 par Fr.Elie, ill.de J.Mclsaac.Les souvenirs ineffaçables, \u2014 J.-F.Simon, qui terminent le recueil, nous reportent au milieu des sympathiques populations de la région de Joliette.Au Pays de l\u2019Erable, un volume de 192 pp.12 hors-texte en demi-ton, 80 sous, franco 90 sous, $8.00 la douzaine.Fleurs de Lys, 1lle concours littéraire de la Société Saint-Jean-Bap- tiste.Un volume de 160 pp.8 hors-texte en demi-ton, 60 sous, franco T0 sous, $6.00 la douzaine.La Corvée, Ile concours littéraire.Epuisé.La Croix du Chemin, Ier concours littéraire.Epuisé.L\u2019Histoire Acadienne, Abbé Lionel Groulx, B.32 pp., avec carte et gravure, 10 sous, franco 12 sous.Vers les terres neuves, R.P.Alexandre Dugré.Br.64 pp., 10 sous, franco 12 sous.- Album Lafontaine, Ed., de luxe, 16 pp, abondamment illustré, 25 sous, franco 30 sous.Souvenir du 75e anniv.de la Société.franco 30 sous.CONTES HISTORIQUES SM QUATRIÈME CONCOURS she ê LITTÉRAIRE AAA DE LA 44 SOCIÈTE SAINT-JEAN-BAPTISTÉ ii DE MONTREAL S SIE if, > LES Eu) 1919 Un vol.387 pp., illustré.25 sous, ; CONTE PAR ILLUSTRE PAR Jacques Cartier._ _ _ _ _ - - Fr.Méthodius, des E.C.Nap.Savard.Samuel de Champlain._ _ _ _ R.P.Alexandre Dugré,S.J.J.Melsaac.Louis Hébert -_-_-11-_- Abbé A.Couillard-Després O.-A.Léger.Marie Rollet_ _ _ _ _ .- - - - Marie-Claire Daveluy A.-S.Brodeur.Guillaume Couillard._ - _ _ _ Abbé A.Couillard-Després Maurice Lebel.Robert Giffard _ _ _ _ _ _ - - _ Abbé Ivanhoë Caron A.-S.Brodeur.Chomedy de Maisonneuve - - - Victor Morin J.-B.Lagacé.Jeanne Mance 1.1-1 _ _ _ - Marie-Claire Daveluy Rita Mount.Lambert Closse - _ _ _ - .- - E.-Z.Massicotte O.-A.Léger.Mère de l\u2019Incarnation - - - - - Laure Conan O.-A.Léger.Le martyre des PP.Brébeuf et Lallemant _._ _ - - = - - = Abbé Lionel Groulx J.-B.Lagacé.L\u2019intendant Jean Talon - _ - _ Thomas Chapais 0.-A.Léger.Charles Le Moyne et ses fils ._ Vietor Morin J.Meclsaac.Pierre Le Moyne d\u2019'Iberville ._ Fr.Elie, des E.C.J.Meclsaac.La Vérendrye - 1-1 111 - Juge L.-A.Prud\u2019homme O.-A.Léger.Le «Grand dérangements de 1755 Aégidius Fauteux O.-A.Léger.Le Marquis de Montcalm - _ - Chanoine Emile Chartier O.-A.Léger.Charles-Michel de Salaberry - - Fr.Elie, des E.C.J.Melsaac.Les contes historiques, en huit couleurs, se vendent soit en feuilles, 2 sous chacune, soit en albums de 18 feuilles, à 50 sous.Au secrétariat de la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Monument National, ainsi que chez les libraires et les marchands de journaux, A nos nombreux clients Durant plusieurs années nos clients ont souffert de l\u2019exiguité de nos magasins ; depuis deux ans .surtout, la situation à ce point de vue était déplorée par eux.Dans quelques semaines, cet état de choses aura cessé d\u2019exister.Il nous fait plaisir de vous annoncer que deux autres magasins, après avoir subi une métamorphose complète, seront réunis à nos deux magasins actuels.A mesure que notre commerce prend de l\u2019envergure, nous nous attachons à rester toujours fidèles à notre principe de « SATISFACTION AVEC CHAQUE ACHAT » Rien n\u2019a été épargné afin de vous donner le comble de l\u2019attention et le maximum de service.| L\u2019inauguration officielle et solennelle de nos nouveaux magasins aura lieu samedi, le 17 juillet.À cette occasion nous aurons une grande vente.Le principe fondamental, l\u2019essence même de cette vente est : CE «Vendre du Bon pour vendre Beaucoup, Vendre Beaucoup pour vendre Bon Marché » | Les valeurs n\u2019ont pas été semées avec parcimonie, mais avec largesse, à vous de profiter largement des économies offertes.| Voyez les journaux, lisez nos circulaires, vous aurez une idée de la multiplicité des valeurs et de l\u2019importance des réductions mises à votre disposition durant cette vente d\u2019inauguration.-N.Messier MARCHANDS DE NOUVEAUTES 847-849-851, Avenue Mont-Royal est Téléphone : St-Louis 3460.eX (ns squlptes pies | nai fom, di [acon Jyeele cité prise Le 1 mar dés inl # fille ¢ pete | md La : rere, grandes passant } mavchan 0 fl aux eo eles feel: à À cme | Ue pet il ly fit les Ja Le i voleur ÿ Lin 3H g) LS Hlait à * tha; aati lauin \u20ac l se fem b {rag Nitney \u2018 long ¢ Mallre à fin Ya k tiny à de la Tay un Pare, k Digi bs Toy Maps {ip 0 2 i LS \\ \\ LA REVUE NATIONALE 7 A On sait que les cariatides sont des figures sculptées dont la tête supporte, à la manière des pilastres, certaines parties des édifices.Peut-être connaît-on moins l\u2019origine de ce mot.Il est formé, dit-on, du nom de la ville de Carya, en Laconie, par allusion à la servitude écrasante à laquelle les Grees réduisirent les femmes de cette cité prise d\u2019assaut.\u201c©o © Le mot once ne s\u2019emploie pas seulement pour désigner un poids, c\u2019est aussi le nom d\u2019un animal appartenant à l\u2019ordre des carnassiers, famille des chats, et que les anciens appelaient « petite panthère ».\u2014 Sa peau est connue sous le nom de «tigre d'Afrique ».= oO La scène se passe dans la boutique d\u2019un orfèvre, où sont installées en évidence plusieurs grandes coupes en argent finement ciselées.Un passant pénètre dans la boutique et demande au marchand : \u2014 Qu'est-ce que c\u2019est que ces coupes-là ?\u2014Elles sont destinées, répond le marchand, aux courses à pied qui vont avoir lieu dans quelques jours.Ce sont les prix qui seront offerts aux meilleurs coureurs.\u2014Ah ! dit le passant en prenant une coupe comme pour l\u2019examiner.Eh bien ! si on faisait une petite course tous les deux, le meilleur au- vait la coupe ! Et se précipitant vers la porte, il détala à toutes jambes emportant l\u2019objet d\u2019art.Le marchand s\u2019élança à sa poursuite, mais le voleur était agile et garda la coupe.oO o Léon XIII ne fumait pas, mais comme plusieurs grands hommes \u2014 Louis XIV par exemple \u2014 il aimait beaucoup à priser.Cependant, il fallait être admis dans l\u2019intimité du pape et dans sa chambre même pour le surprendre, la large tabatière en bois des Îles dans une main, et, dans l\u2019autre, un grand mouchoir de soie rouge à ramages fleuris ; sur la flanelle garnie de la soutane de travail, par-ci, par-là, quelques traînées brû- nâtres du tabac.La coquetterie du camerier Centra était, d\u2019ailleurs, de ne laisser sortir son maître du cabinet de travail pour la salle des audiences, qu\u2019avec des flarielles immaculées.Mais s\u2019il ne fumait pas, comme Pie IX.dont les deux odeurs préférées furent celles du tabac et de l\u2019eau de Cologne, Léon XIII aimait sentir pour un instant dans son cabinet, la fumée du cigare.Parfois, il appelait un de ses familiers et le priait d\u2019allumer un pur havane dont il suivait des yeux la fumée bleuâtre en souriant.oO 2 BIZARRERIE DE LA LANGUE.On dit souvent en parlant des dépenses que l\u2019on a faites : Je me suis mis en frais.Et l\u2019on ajoute presque toujours : Ça me cuûte chaud ! o oO UN MOT INEDIT D'ALEXANDRE DUMAS.On discutait devant lui sur l\u2019importance re- Jlative des grandes familles de l'aristocratie : \u2014Avant tout, dit l\u2019auteur «d\u2019Antony>, je COURTIERS D'IMMEUBLES 7 Place d\u2019Armes, - - - Téléphone : Main 3220.préfère les Bouillon : ils sont d\u2019une noblesse plus GOHIER & BIGRAS Montréal.consommée ! oO © LA GAIETE DE PIE X.« Sans nombre sont les traits d\u2019enjouement «naturel et les aimables saillies qu\u2019on appelait « dans l\u2019entourage du Saint Père » les scherzi del «Papa.» Un jour, 'Pie X interrogeait les deux cameriers de service sur l\u2019emploi de leur temps pendant le trajet en voiture, assez long, de leur hôtel au Vatican.Et comme l\u2019un aceusait l\u2019autre de ne faire que chanter : \u2014 « Auriez-vous, par te Fondée en 1885.hasard, mon fils, demanda le Pape avec malice \u2014 y ji ; la prétention d\u2019aller au paradis comme cela, en 7 Littératures Ca- carrosse, et toujours chantant » ?\u2014 Saint Père, se nadiennes et Fran- hâta de répondre le chambellan, pour le moment / caises.Livres et du moins, j\u2019y vais comme cela tous les matins, i On rapporte que Pie X, avisant parmi des pèlerins venus de très loin, une « pélerine » de formes un peu massives, s\u2019approcha d'elle et lui dit - \u2014 « Ma fille, décidement, il est bien vrai que la foi transporte les montagnes !» La ressemblance d'esprit de Pie IX et de Pie X était frappante.« Même gaité, même grâce vive, spirituelle, rieuse », écrit Camille Bellaigue dans son bel ouvrage sur « Pie X et Rome».Cependant, Pie X se défendait modestement de rappeler en rien Pie IX.« Pio Nono, disait-il, era moico di noi» ! ° © importante Librairie et Papeterie .Française du Canada.* articles religieux.Livres et fournitures de classes {Articles de bureaux et\u201d fantaisies.- Travaux.d'imprimerie et_ de Vreliure, GRANGER FRERES Libraires, Papeliers, Imporlaleurs 43 NotreDame Quest, Montréal Catalogues sur demande.La vanité est un effet sans cause.Banque d'Hochelaga Fondée en 1874 $10,000,000 7,900,000 71,000,000 Capital autorisé _ _ ._ _ _ _ _ _ _ _ Capital versé et réserve _ _ _ _ _ _ _ Total de l\u2019actif, au delà de _ _ _ _ Siege social : MONTREAL CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION : M.J.-A.VAILLANCOURT, président.L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, vice-président.A.TURCOTTE l\u2019hon.J.-M.WILSON, E.-H.LEMAY, A.-À.LAROCQUE, A.-W.BONNER ; BEAUDRY LEMAN, gérant-général.! \u2014 151 succursales et 144 sous-agences au Canada \u2014 41 succursales dans la cité et le district de Montréal.Ta Banque émet des lettres de crédit circulaires payables dans toutes | les parties du monde.ouvre des crédits commerciaux, achète des traites : sur les pays étrangers, émet des traites, des chèques et fait des paiements | télégraphiques sur les principales villes du monde, prend un soin spécial des encaissements qui lui sont confiés et fait remise promptement aux plus bas taux de change.INTERET ALLOUE AU PLUS HAUT TAUX COURANT SUR TOUS LES DEPOTS D\u2019EPARGNE DE $1.00 ET PLUS LA REVUE NATIONALE * QUALITE STYLE Fourrures L\u2019acheteur particulier viendra directement à notre établissement, où il est certain de trouver une rare collection de nouveaux styles dans la meilleure qualité de toutes les fourrures, et d\u2019un fini absolument parfait.Nos prix ne sont jamais trop élevés.LABERGE, CHEVALIER & CIE LIMITEE 457, RUE SAINT-PAUL OUEST MONTREAL (Entre McGill et Saint-Pierre) JEUNES GENS! N'oubliez pas a pee == SHH a) = = A) L.-G.St-Jean, cie Ltée 20-ouest, rue Notre-Dame MONTREAL Té!.Main 1756 or 3 «æ ; GENIE CIVIL \u2014 ARCHITECTURE Tout notre TAPIS! - TAPIS! - TAPIS! ; Douil INGENIEUR CHIMISTE A it oo - 1 + , oo.Commerce se jui Carpertes (rugs)-Douillettes Ingénieurs spécialistes : MINES \u2014 ELECTRICITÉ à notre domicile.(UNE ANNE COMPLEMENTAIRE) _ ECOLE DE PREPARATION Préparation aux examens d\u2019admission à l\u2019Ecole Polytechnique.Nous vendons à ase d dP B Les finissants des collèges classiques sont admis sans examens à l\u2019Ecole de Préparation.: meilleur compte COURS D\u2019ETE \u2014 Des cours d\u2019été spécialement établis pour les finissants des colléges que partout To classiques qui désirent entrer directement en 1ère année se donnent .du ler juillet au 15 septembre et préparent les candidats aux ailleurs.1113, rue Bordeaux examens d\u2019admission de septembre.POUR RENSEIGNEMENTS S'ADRESSER AU DIRECTEUR 228, rue Saint-Denis, Tél : Est 3477.Montréal _ \u2014 7 Canadiens - francais Nous vous invitons avec plaisir à venir pour tous appareils dans l'électricité, Nous occupons un endroit très central : 810 rue Papineau, angle Mont-Royal.Nous sommes en mesure de vous procurer tous les appareils électriques les plus modernes et à des prix défiant toute compétition.REPARATIONS \u2014 Nous nous occupons de tous genre de réparations, ainsi que de la pose des fils, des réinstallation de moteurs, réparations de cloches et de téléphones.Nous vous recevrons avec la plus grande courtoisie, toujours anxieux de vous créer un logis des plus enviables.GROS ET DETAIL D.VANASSE MARCHAND ELECTRICIEN Tél.St-Louis 1076.810, rue Papineau, MONTREAL.Faisant partie de l\u2019association des entrepreneurs électriciens ; 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une composition originale d\u2019Edmond-J.Massi- cotte.Une page de gravures, Le Canada illustré et plusieurs autres illustrations : portraits, modes, broderie, ete.LA REVUE NATIONALE est publiée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.administrée par la Société Nationale de Fiducie.Rédaction et administration, 286, rue Saint-Laurent, Montréal.Flle est imprimée par l'Imprimerie Maisonneuve, 478, avenue Lasalle.Directeur et gérant, Arthur Saint-Pierre.Enregistrée comme matière de seconde classe.Tous droits réservés.Abonnement annuel : $2.00, strictement payable d\u2019avance.Les demandes de changement d'adresse doivent être accompagnées de la somme de 5 sous.Notre Revue LA REVUE NATIONALE À $2.00.Nous avions avec notre imprimeur un arrangement qui devait durer toute l\u2019année, et sur les conditions duquel-nous nous étions basés pour fixer A $1.00 par année, l\u2019abonnement à la Revue Nationale.Notre imprimeur lui- même avait préparé sa soumission sur les bases d\u2019un contrat qu\u2019il avait avec les unions des divers métiers de l'imprimerie et sur le prix du papier au moment où il plaçait sa commande de papier pour l\u2019année.Or, il est arrivé ceci : le papier ne lui a été livré que par petite quantité avec une augmentation de prix à chaque nouvelle livraison.Il lui coûte à l\u2019heure actuelle exactement moitié plus cher qu\u2019en janvier.De plus, les ouvriers imprimeurs.dont le contrat avec les patrons ne finissait qu\u2019en juillet 1922, se sont arrangés pour se faire accorder une augmentation de salaire de 20 pour cent.Avec le résultat que la revue nous coûte actuellement 3334 pour cent de plus qu\u2019au début et que l\u2019on nous annonce une nouvelle augmentation en octobre et une autre en janvier.Dans ces conditions il n\u2019y a que deux choses à faire, ou diminuer la qualité de notre publication; ou en augmenter le prix.Pas plus que nous nos lecteurs ne voudraient que nous nous arrêtions à la première solution et c\u2019est pourquai nous avons décidé de porter le prix de vente de la Revue Nationale à 15 sous la copie, et l\u2019abonnement annuel à $2.00.Le nouveau tarif, pour la vente au numéro, entrera en vigueur avec la livraison d\u2019août ; pour l\u2019abonnement annuel il entre en vigueur immédiatement.Il est uniforme et re tient plus compte des zônes postales, que notre gouvernement est en train de faire disparaître en augmentant, lui aussi, son tarif de livraison, dans les zônes jusqu\u2019ici privilégiées.C\u2019est encore une considération qui a contribué pour sa part à nous imposer le relèvement de notre tarif d\u2019abonnement et de vente.Nos lecteurs comprendront, sans aucun doute, la situation qui nous est faite et feront sinon avec joie, du moins sans récriminations, le sacrifice que nous sommes obligés de leur demander.Quant à leur fidélité, pas un instan- nous ne voudrions la mettre en doute, car malgré l\u2019augmentation de notre tarif nous avons conscience que la Revue Nationale reste encore, suivant le mot d\u2019ordre que nous avons adopté : * la meilleure revue possible \u2014 au plus bas prix possible ».NATIONALE 5 vacances CAMERA ANSCO, $8.00 et plus.Pellicules « ANSCO » et « VULCAN » Nous vous ferons un agrandissement à 5 x 7, fini sépia et monté sur un joli carton brun, de tout négatif que vous nous apporterez, pour 48 sous SEULEMENT Travail garanti.Nous développons et imprimons pour amateurs.Papier, cartes postales et tous accessoires pour photographie.CAMERAS BUSTER BROWN LE MAGASIN DU PEUPLE.447-449 est, rue Ste-Catherine, Montréal NS J) M.HENRI D\u2019'ARLES A LA REVUE.Tout de suite après cette mauvaise nouvelle et pour en atténuer, sans doute, même en effacer l'effet, annonçons-en une excellente.À partir de septembre prochain, M.Henri d\u2019Arles devient un collaborateur régulier de notre publication.Il y tiendra la critique littéraire, et sans ignorer le mou- voment littéraire en France, notre distingué collaborateur se propose d\u2019'accorder une attention toute particulière à la vie littéraire chez nous.Nous en recauserons du reste, le mois prochain.ON DEMANDE.DES IMITATEURS.Donnons maintenant, en conclusion, le texte d\u2019une lettre que nous avons reçu de l\u2019un de nos nombreux amis québecquois.Nos lecteurs nous croiront sans peine, si nous leur disons qu\u2019elle représente exactement le genre de lettre qu\u2019un directeur-gérant de revue aime à recevoir.souvent.A Monsieur l\u2019Administrateur de La Revue National», Monsieur.J'ai lu avec infiniment de plaisir votre Revue, numéro adressé au curé de N.-D.de Jacques-Cartier, et je vous félicite de tout ce qu\u2019elle donne à ses lecteurs : typographie, gravures, articles, annonces, \u2014 en particulier de l\u2019esprit qui inspire et anime chaque livraison.Continuez dans cette voie, et la Revue Nationale fera œuvre féconde dans le peuple.Je vous entends d\u2019ici : les compliments, aux yeux d\u2019un administrateur, ne pèsent guère.Aussi faisons du pratique.Veuillez porter sur vos listes d\u2019abonnés pour un an, (à compter de la 1ère livraison, si possible) : dix abonnements.Comme le temps est précieux pour vous comme pour moi, ayant dit le principal, et fait le geste qui importe à tout Canadiens-français, j'ai bien l'honneur, en terminant.de vous saluer respectueusement ainsi que vos gens, et de vous souhaiter un éclatant succès.Votre humble serviteur, * * * Prêtre desservant. 6 LA REVUE NATIONALE La maison de charité n\u2019est pas 1 = gaie pour les \u201cvieux\u201d ; que | | les jeunes y pensent\u2026T\u2026 | En s\u2019assurant, pour les années à venir, un revenu subs- Comment y penser ?tantiel et viager.Parce que l\u2019homme ne peut rester éternellement dans sa prime jeunesse ; il vieillit, sa puissance de production diminue, il devient moins apte à concevoir, à préparer les Teg transactions avantageuses, l\u2019argent se gagne plus pénible- | qui ment, se fait plus rare.il faut de toute nécessité prévoir dl et préparer l\u2019avenir.Pourquoi y penser ?A quoi penser 9 A la « deuxième période » de la Caisse Nationale d\u2019Eco- qu q : nomie, le meilleur système de pensions viagères qui soit i au monde pour les personnes de 21 ans et plus, celui que .boul vous devez choisir.Wie 1° La Seconde Période donne une pension viagère après | vingt ans de sociétariat régulier, avec police acquittée Rh au bout de cing ans.Remboursement des primes lng payées a la mort ; Raisons de ce choix dite 2° La Seconde Période donne un chiffre de rente sur le- ma quel on peut se baser pour vérifier l\u2019exactitude des ! Jas bénéfices présentés ; Ten 3° Les rentes ont un maximum ni variable, ni fixe, mais den continuellement ascendant pendant 25 années ; après quoi, ce maximum se stabilise au plus haut chiffre atteint ; Wu | 4° Contre un placement à 5%, la Caisse Nationale d\u2019Eco- hu nomie offre un gain supérieur de $4,750.00 pour 25 | années, de $616.00 par année, jusqu\u2019à la mort, une fois télé ces 25 ans écoulés.Sim R à à Suite Med La Caisse Nationale d\u2019Economie ; 286, RUE SAINT-LAURENT \u20ac Main 4577-8.MONTRÉAL 5, a Publiée par la SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE Redaction on A : 286, rue Saint-Laurent, Montréal.Nouvelle série, vol.I, No.VIL _ | MONTREAL, JUILLET 1920 TONLE, \u2018\u201c Le porte-voix en quelque sorte officiel Par quoi le cri du sol s\u2019échappe vers le ciel\u2019 Edmond ROSTAND.je - CANADA, 10 SOUS La copie : ETATS-UNIS, 15 \u201c a Le Patriotisme fécond & On ne saurait s\u2019imaginer combien d\u2019avis contradictoires nous recevons chaque année à l\u2019occasion de la fête nationale.\u2014 « Pour l\u2019amour du ciel, tuez le mouton » disent les uns.\u2014 « Quand vous déciderez-vous à nous donner des chars allégoriques ?» clament les autres.\u2014 « Sus au Saint-Jean-Baptisme ! » hurle un troisième groupe.\u2014 « Hélas ! on n\u2019entend plus de discours », gémit un quatrième.\u2014 « Pourquoi ne faites-vous pas les examens d\u2019écoles » suggère un autre.Et chacun critique à sa façon.Tant il est vrai qu\u2019on ne peut « contenter tout le monde et son père », suivant l\u2019expression consacrée.Pour plaire à tous, il faudrait avoir l\u2019esprit inventif du boulanger qui avait construit son four sur un pivot.« Si vous aviez suivi mon conseil, lui disait un voisin, vous n\u2019auriez pas fait la cheminée du côté de l\u2019ouest ; le vent fera toujours rafaler la fumée ».\u2014 « Vous avez bien raison » répondait le malin boulanger et d\u2019un tour de cabestan il orientait son four dans la direction indiquée.\u2014 « À quoi avez-vous donc pensé, intervenail un autre, en placant votre four dans ce sens ; la chaleur ne sera pas tenable pendant la cuisson du pain ».\u2014 « En effet, je vous remercie du conseil », reprenait le mitron qui, d\u2019un nouveau tour de main contentait encore son homme.Mais la Saint-Jean-Baptiste n\u2019est pas une machine à pivot, qui peut évoluer suivant les caprices du moment.Fondée pour la conservation de l\u2019idéal national, elle doit rester immuable dans ses principes et dans ses actes.Son rôle ne se borne pas à la célébration du 24 juin, car les discours d\u2019apparat et les processions ne produiront qu\u2019un patriotisme stérile si l\u2019on ne met pas en action, pendant les trois cent soixante et quatre jours qui suivent, les résolutions solennelles provoquées par l\u2019enthousiasme des belles paroles.Aussi, avons-nous conscience de n\u2019avoir pas failli à la tâche.Les oeuvres nombreuses que notre société nationale a entreprises et conduites à bonne fin pendant ces dernières années en sont la preuve ; on n\u2019a qu\u2019à lire les rapports présentés aux congrès annuels pour s\u2019en convaincre.Le Conseil général estime que son activité doit s\u2019exercer tous les jours de l\u2019année, car son influence doit se faire constamment sentir dans la solution des questions nationales, sociales et économiques où les intérêts des Canadiens-français sont en jeu.Entre le patriotisme à mots sonores, mais vides de résultats, et celui qui consiste à parler peu mais à bien faire, il s\u2019est prononcé sans hésitation pour la dernière alternative, et la cause nationale y trouve tout avantage.La fête de la Saint-Jean-Baptiste a revêtu cette année le triple caractère que Duvernay voulait donner à la société qu\u2019il a fondée : affirmation de notre foi, glorification de notre histoire et surveillance de nos intérêts.La fidélité à nos principes religieux est étroitement liée à la conservation de notre caractère national ; c\u2019est la foi qui nous a soutenus dans nos luttes, et c\u2019est avec le puissant appui du clergé que nous maintiendrons nos institutions ; l\u2019acte religieux doit donc nécessairement faire partie de notre programme.L'histoire du Canada français est remplie de si grands enseignements qu\u2019on ne peut assez la redire à nos compatriotes ; du sacrifice de Dollard et de ses compagnons courant à une mort certaine pour assurer le salut de la patrie se dégage une leçon de patriotisme qui survivra même au bronze de l\u2019immortalité ; le superbe monument de Laliberté marque un événement dont le souvenir ne pouvait être trop exalté un jour de fête nationale.Et pour couronner cette journée, les apôtres du catholicisme social nous ont indiqué les moyens à prendre pour apporter une solution rationnelle aux problèmes qui menacent l\u2019humanité ; la sagesse de leurs enseignements, fruit d\u2019études approfondies, produira infiniment plus que les déclamations tapageuses pour la sécurité de nos institutions.Quant au déploiement extérieur, nous avons laissé toute initiative aux sections paroissiales, et les comptes-rendus de ces fêtes locales ont démontré que nous avons eu raison de nous en rapporter à leur émula*ion.Chaque paroisse connaît mieux ce qui convient aux désirs de sa population, et le territoire de notre ville, avec ses trente sections de paroisse, est tellement étendu, qu\u2019une grande manifestation générale ne doit intervenir qu\u2019à des époques périodiques, ou lorsqu\u2019un événement important la justifie.Le rôle du conseil central est plutôt d'indiquer la direction à suivre et de concentrer ses efforts sur la production d\u2019oeuvres fécondes.Victor MORIN, Président général, 8 QUESTIONS ECONOMIQUES ET SOCIALES Quelques considérations sur l\u2019organisation professionnelle La Semaine Sociale qui vient de clore ses travaux, à Montréal, a mis ce fait en pleine lumière : aujourd\u2019hui, plus encore qu\u2019à l\u2019époque où Léon XIII l\u2019écrivait, il existe une question qui « préoccupe et exerce à la fois le génie des doctes, la prudence des sages, les délibérations des réunions populaires, la perspicacité des législateurs et les conseils des gouvernants, et il n\u2019est pas de cause qui saisisse, en ce moment, l\u2019esprit humain avec tant de véhémence », cette question, c\u2019est la question sociale.Or avec l\u2019Ecole sociale catholique tout entière je considère l\u2019organisation professionnelle comme un remède indispensable à la crise sociale que nous traversons, comme la base nécessaire de toute réforme sociale vraiment efficace et bienfaisante.Il m\u2019apparaît que le syndicat est l\u2019œuvre sociale par excellence, à laquelle presque toutes les autres œuvres, qui ont pour but l\u2019amélioration du sort des ouvriers et des ouvrières, peuvent se rattacher et m me le doivent sous peine de perdre \u201c une partie de leur efficacité.I! est évident par ailleurs que l\u2019organisation professionnelle est une force ou bienfaisante, ou malfaisante et destructive suivant les principes qui l\u2019inspirent et la meuvent.Nous en avons des prenves nombreuses et manifestes dans les grèves, plus ou moins ouvertement révolutionnaires, qui paralysent partiellement, depuis la signature de l\u2019armistice, la vie économique de toutes les grandes nations industrielles.Dans tout.ce qu\u2019elles ont de non-économique, de politique ces grèves sont dues à l\u2019affollement des imaginations ouvrières par la propagande socialiste au sein de syndicats soi-disant neutres.Grâce aux formidables moyens d\u2019action que ces syndicats mettent à sa disposition le socialisme fait trembler les gouvernants de plus d\u2019un pays, devant qui se dresse le spectre hideux du bolshévisme, lequel n\u2019est, quoi qu\u2019on dise, qu\u2019un socialisme parvenu.A côté des associations professionnelles dominées par des influences révolutionnaires se développent lentement, mais sûrement, l\u2019organisation professionnelle chrétienne ou catholique.Du succès de ce mouvement, de l\u2019acceptation générale des principes qui le guident dépendent le maintien ou\u2018 plutôt le rétablissement de la paix sociale et le redressement sans violence des injustices criantes dont l\u2019existence au sein de notre civilisation moderne explique, pour une large part, l\u2019emprise de- l\u2019utopie socialiste sur les masses.Les syndicats catholiques féminins de France, fédérés sous le nom d\u2019Union Centrale des Syndicats Professionnels Féminins peuvent être considérés comme formant un groupe type d\u2019organisation professionnelle catholique.C\u2019est pourquoi, ayant justement reçu leur dernier rapport annuel, j'ai cru qu\u2019il y aurait à la fois intérêt et profit à exquisser leur organisation et a rendre compte brièvement de leur activité.Les lecteurs et les lectrices de la Revue Nationale pourront ainsi se faire une idée de l\u2019orientation donnée au mouvement d\u2019organisation professionnelle catholique et du précieux concours que ce mouvement peut apporter à la solution des problèmes de l\u2019heure.kook ok L\u2019Union Centrale des Syndicats professionnels féminins, dont le siège est à Paris, 5 rue de l\u2019Abbaye, se compose aujourd\u2019hui des syndicats suivants : des Institutrices privées ; des Dames employées du Commerce et de l\u2019Industrie ; des ouvrières de l\u2019habillement ; du « Ménage » ; des Gardes-malades diplômées ; des Maîtresses-ména- gères ; des Dames Sténo-dactylographes ; des Ouvrières d\u2019Usines.Ces huit syndicats se subdivi- LA REVUE NATIONALE sent en plus de quatre-vingts sections, dont 42 sont à Paris et le reste en province.Sur 55,000 membres que les syndicats catholiques de France ont fourni à la Fédération internationale des Syndicats chrétiens fondée à Paris en mars 1919, les syndicats féminins de la rue de l\u2019Abbaye en ont amené pour leur part 23,000.C\u2019est un beau chiffre, surtout si l\u2019on tient compte du fait que l\u2019organisation professionnelle féminine, catholique ou non, était pratiquement inexistante en France, il y a à peine quelques années.Les Syndicats de l\u2019Union centrale se réclament ouvertement de la doctrine sociale catholique ; ils ne sont pas de ceux qui mettent leur drapeau dans leur poche.Ceci n\u2019enlève rien à la vigueur ou à l'efficacité de leur action professionnelle ou économique, comme on va le voir.L'Union Centrale a pris une part active aux diverses agitations qui ont abouti au vote par le parlement francais des lois suivantes : repos hebdomadaire (1906) ; minimum de salaire (1915) ; semaine anglaise (repos du samedi après-midi,) (1917) ; capacité civile des syndicats (1918) ; journée de 8 heures, (1919).La section des Employées de banque, des Syndicats de la rue de l\u2019Abbaye a pris part, avec le Syndicat des Employées de banque affilié à la fameuse Confédération Générale du Travail, (C.G.T.) à une grève qui a obtenu des banquiers français, en faveur de leurs employés, d\u2019importantes et nombreuses réformes, y compris de substantielles augmentations de salaire et la reconnaissance du principe des négociations collectives.Elle a été dans cette grève un élément modérateur qui a empêché les Cégétistes de faire bien des bêtises.Les chefs du Syndicat rouge ont, du reste, reconnu publiquement la valeur du concours que leur apportaient leurs camarades catholiques en les suppliant, à plusieurs reprises, de ne pas les « plaquer».Les Dames employées du Commerce et de l\u2019Industrie ont été partie à une importance convention collective conclue avec les grands marchands de nouveautés : Bon Marché, Galeries Lafayette, Louvre, etc, ete.; convention qui fixe des salaires minimums, réglemente les heures de travail, protège les employées contre les renvois abusifs, leur assure des vacances payées et d\u2019autres avantages encore.Les diverses sections syndicales ont établi des bureaux de Placement qui fonctionnent avec sue- cès.Les cours de perfectionnement professionnel de l\u2019Union fédérale ont été suivis par plus de 2,500 syndiquées, et ses cours d\u2019art ménager par un nombre d\u2019auditrices plus considérable encore.L'Union a établi une coopérative d\u2019achats qui fait merveille, une caisse de retraite qui se développe lentement, des maisons de repos à la campagne pour ses membres, des Foyers et des restaurants syndiquaux, une Pouponnière syndicale, où l\u2019on prend soin des enfants des syndiquées obligées de travailler, une Mutualité du Trousseau, des Cours dé pré-apprentissage, une Caisse de \u201cprêts gratuits, une Caisse des familles, des lits dans les hôpitaux, un Comité d\u2019avocats-conseils.Les Syndicats se sont occupés de faire respecter la loi du salaire minimum pour les ouvrières à domicile et ont obtenu l\u2019établissement, dans la couture, de comités mixtes de patrons et d\u2019ouvrières qui ont réglé à l\u2019amiable bien des difficultés et évité bien des grèves.L'établissement de ces comités mixtes de patrons et d\u2019ouvrières ou d\u2019ouvriers est poursuivi avec ardeur par le mouvement professionnel catholique depuis les premiers moments de son existence.On sait que l\u2019idée a été mise en pratique il y a plusieurs années aux usines des grands industriels catholiques francais MM.Harmel.De sorte que, dans le domaine de la « démocratisation de l\u2019industrie » comme on dit de nos jours, les catholiques sociaux, patrons et ouvriers, ont été des précurseurs.Parmi les initiatives intéressantes prises au sein de l\u2019Union, mentionnons encore l\u2019établissement d\u2019un atelier de chômage et l\u2019organisation du travail à domicile pour 500 ouvrières.Aux époques les plus pénibles de la guerre, cette double initiative a sauvé de la misère bien des ouvrières.Depuis son origine, elle a distribué annuellement en salaire la jolie somme de 200,000 frs.L'œuvre continue à fonctionner et l\u2019exiguité de son local l'empêche seule de prendre un plus grand développement.L\u2019Union recommande l\u2019établissement de cercles d\u2019études dans chacune de ses sections et déplore que le manque de ressources l\u2019empêche de lutter à armes égales avec les syndicats révolutionnaires, qui conduisent, aux moyens d\u2019employés payés, une formidable propagande parmi les ouvriers et ouvrières de toutes les professions.Ce problème se pose devant les syndicats catholiques de tous les pays et n\u2019a été résolu que là où l\u2019on a eu le courage d\u2019exiger des contributions raisonnables des syndiqués.Le Syndicat des Institutrices privées est peut-être la plus sympathique de toutes ces associations si intéressantes.On sait à quelle situation précaire le sectarisme de l\u2019Etat a réduit l\u2019enseignement catholique en France.Les femmes héroïques qui se dévouent encore à cette enseignement souffrent profondément des conséquences de cet état de choses.Obligés de payer l\u2019impôt à l\u2019Etat pour le soutien des écoles sans Dieu, de porter tout le fardeau des frais du culte, depuis la spoliation des biens d\u2019Eglise, les catholiques francais ne peuvent pas consacrer à l\u2019enseignement libre tout l\u2019argent qu\u2019il faudrait.L\u2019apathie, l\u2019indifférence d\u2019un bon nombre à l\u2019égard des choses de l\u2019éducation aidant, les institutrices catholiques parisiennes en sont réduites à travailler pour un salaire moyen de 150 francs par mois, 1800 francs par année, alors que d\u2019après les enquêtes les plus sérieuses, le budget de dépenses d\u2019une ouvrière s\u2019élve 4 3600 francs au moins, Le Syndicat des Institutrices privées de la rue de l\u2019Abbaye s\u2019occupe activement de la question et en cherche la solution dans l\u2019établissement d\u2019un comité composé de pères et de mères de familles, de directrices d\u2019institutions et d\u2019ecclésiastiques, comité qui aurait pour première mission d\u2019éveiller l\u2019opinion publique et de l\u2019amener à une plus juste appréciation du travail accompli par le personnel enseignant catholique.Ceci fait, le relèvement des traitements et l\u2019amélioration générale des conditions d\u2019existence de ce personnel suivraient nécessairement, espère-t-il.Souhaitons- lui la réalisation de ses espérances.* * * De tout ce qui précède, en dépit de sa trop grande brièveté, une conclusion me parait se dégager avec suffisamment de force.A la faveur du triomphe des théories individualistes, les masses avaient été réduites à un état d\u2019asservissement économique d\u2019où l\u2019organisation professionnelle, entre autres agents, a contribué à les tirer dans une assez large mesure.Malheureusement il est arrivé trop souvent que l\u2019organisation professionnelle, dominée par des influences révolutionnaires, n\u2019a arraché les travailleurs au despotisme gue pour les jeter dans l\u2019anarchie, puis (là où l\u2019évolution est assez avancée, comme en Russie) sous une dictature plus implacable et plus universelle que celle des Czars.Un mouvement grandit, qui prétend protéger efficacement les travailleurs et contre l\u2019oppression du capital et contre la tyrannie plus redoutable encore de l\u2019utopie révolutionnaire ; c\u2019est le mouvement d\u2019organisation professionnelle catholique qui, encore de date récente et en dépit de circonstances adverses a déjà donné plus que des promesses ainsi que nous l\u2019avons vu dans le cas de l\u2019Union Fédérale des Syndicats professionnels féminins.Il s\u2019en suit donc que tous ceux, patrons et ouvriers, riches ou pauvres, hommes et femmes, qui veulent d\u2019abord l'avènement de plus de justice dans le monde, comme ceux qui redoutent pardessus tout le déchaînement des forces stupides et malfaisantes de la Révolution doivent donner leur sympathie active au mouvement syndical chrétien, lequel a déjà jeté dans notre sol de vigoureuses racines.La paix sociale, la prospérité économique de notre pays l\u2019exigent, comme aussi le bien-être et le bonheur de notre population.Arthur SAINT-PIERRE.pa veux be 8 qi déserte pe, Po Hote © Jes lg! piglet good volé à stade ges ant gs 106] gear bre fond, l a vagu Iu lar ais 0 Tite de pé l'œu à bras À robe voyait de sol sue, pate Hee | J avalen le mieu niseit fess.dieai doigt Quelle dev thi pondi somby fan la pale wir, lange Ur lire hig lv.trop b i LA REVUE NATIONALE = Choses du large Petites filles de la mer.par Blanche LAMONTAGNE Petites filles de la mer, petites filles aux yeux bleus, deux petites sœurs aux longues tresses qui pêchaient du poisson, au bout d\u2019une île déserte.Leur image est vivante dans ma mémoire.Pourquoi ?Je ne sais.Leur prunelle était kleue comme le flot, leurs cheveux, bruns comme les algues, et leurs pieds nus, simples comme la vague elle même.Je les vis par un clair matin de grand soleil.Un bateau paresseux, à lourdes voiles, nous avait amenés, pour un jour, dans la: solitude sauvage de l\u2019île X.Des rochers bruns, rouges el jaunes s\u2019élevant, s\u2019étendant, se crispant en formes bizarres au-dessus des flots.Sur ces rochers, des épines vinettes, des sapins, des genièvres, des petits fruits sauvages, des fleurs sombres, de l'herbe rude, pesante de sel.Au fond, l'horizon où grouille le flot, où bouillonne la vague, où hurle le vent, le grand vent si pur du large.À côté une lourde colonne d\u2019arbres épais où semble s\u2019arrêter la lumière.C\u2019est derrière cette forêt que je découvris la maisonnette de pêcheurs et les deux petites filles qui, dans l\u2019eau claire, pêchaient à la ligne.Petites filles de la mer, petites filles aux yeux bleus !\u2026.Elles avaient de longues jambes, de longs bras hâlés par l'air salin, un corps delicat et robuste recouvert d\u2019une robe mince dont on ne voyait plus la couleur.Leur visage était plein de soleil, et leurs cheveux, bruns et longs, dansaient, sur leurs épaules, au gré du vent.Deux petites psychées des grèves.Elles péchaient avec une habileté étonnante.La ligne passait et repassait dans leurs mains, sans secousse.Elles avaient une façon à elles d\u2019arracher sans trop le meurtrir le poisson qui, au bout du croc, agonisait en spasmes éblouissants\u2026 Deux petites fées.Leur peau brune s\u2019ornementait peu à peu d\u2019écailles d'argent, et l\u2019eau ruisselait de leurs doigts, comme un long collier de diamants.Quelle vision de simplicité et de grâce ! \u2014 « Pé- chez-vous comme cela tous les jours, leur deman- dai-je, et par tous les temps ?\u2014 Oh! oui, répondit la plus grande, surtout quand il fait sombre, au « montant », c\u2019est dans ce temps-là que «ça mord» le plus.On ne fournit pas à appâter.La ligne jetée, un de pris.Ca grouille dans le panier, ça donne une ambition.On pêche même le soir, des fois, jusqu\u2019à la nuit.Quand les étoiles dansent dans l\u2019eau, on croit que c\u2019est la truite qui nous regarde avec des yeux clairs.Moi, je Le serment de Dollard et de ses compagnons Nous lisons dans l\u2019histoire du Sieur De Maisonneuve par labbé P.Rousseau : Dol- lard et ses compagnons, s\u2019étant préparés par un dernier aveu de leurs fautes, se présentèrent à la table sainte, pour recevoir le pain des forts.L'un d'entre eux, ayant reculé au moment décisif, après la communion, tous firent le serment de ne demander aucun quartier à l\u2019ennemi et de combattre jusqu\u2019à la dernière goutte de leur sang ».C\u2019est cet épisode d\u2019un illustre fait d'armes, déjà raconté et illustré par la Revue Nationale, que Uartiste Joseph Saint-Charles a reconstitué dans ce tableau de grande allure.trouve cela beau».\u2014 Vous aimez donc beaucoup votre vie, vous y êtes attachées ?\u2014 « Ah! oui, bien sûr ! (Et elles me regardaient d\u2019un air étonné, surprises que j'aie pu en douter).On aime ça rester nu pieds dans l\u2019eau, toute la journée, rentrer mouillées jusqu\u2019aux os, le soir.On aime se laisser monter la houle sur les jambes, se promener avec le grand\u201darge et faire face au vent.Des fois, quand le pêre va pêcher au large c\u2019est nous qui allons voir aux filets.Vous voyez, ils sont tout près d\u2019ici.Histoire de sauter dans le chaland, de pousser un peu de la perche, et flic ! flac! on est rendu ! Des fois, le vent se fâche.Alors, on pense au père qui est au loin, mais on sait qu\u2019il va revenir.Petites filles de la mer, petites filles aux yeux bleus.\u2014 Tiens, me dis-je, mais c\u2019est joli cette joie de vivre, cette gaieté de petites pauvrettes qui ne se lassent pas de leur horizon !\u2026.C\u2019est une leçon.Si chacun voulait voir ainsi les beautés de sa vie et en oublier les laideurs! Si chacun s'éprenait de son existence ! Si chacun possédait la joie de vivre ! Qu'importent les jours monotones ou méchants quand on a confiance en la vie\u2026 \u2014 « Alors on pense au père qui est loin mais on sait qu\u2019il va revenir».Naïveté, foi, grandeur d\u2019âme, beaux prismes qui brillent sur 'avenir.Mais je pensais aussi: « Pauvres petites, hélas ! vous ne serez pas toujours jeunes, vous vieillirez, vous souffrirez.Votre père, peut-être, va revenir de ses pêches au large, mais votre mari, le jeune pêcheur que vous épouserez pour -a douceur, pour son habileté à la rame, à l\u2019écoute, peut-être lui, qu\u2019un jour, il ne reviendra pas.« On sait qu\u2019il va revenir »\u2026 .Vous croirez longtemps à ce retour.Debout, sur les crans sauvages que rasent I\u2019écume de la vague et l\u2019aile de l\u2019alouette, les bras levés, les cheveux à moitié défaits, faibles de crainte, fortes de foi, vous seruterez l'horizon où nulle voile ne se voit.Rien, rien, rien.Vous regarderez longtemps d\u2019un œil dévorant.Vous vous écraserez sur le dur rocher, vous attendrez des jours, des jours, des semaines, en vain.Alors, tout sera fini, et vous aurez le cœur brisé.Vous serez veuves, veuves de pêcheurs.Au fond de votre maisonnette grise, couleur de pluie, je vous vois, jeunes femmes aux yeux éteints, sanglotant près de la lampe qui fume dans la fenêtre petite et carrée.Petites filles de la mer, petites filles aux yeux bleus.Mais la mer vous reprendra.D'abord, vous la regarderez moins parce qu\u2019elle vous aura fait tant de mal.Vous regarderez moins le large, lui DEUX PETITES SŒURS AUX 1 ONGUES TRESSES, QUI PECHAIENT DU POISSON.qui vous aura pris votre amour, mais la pêche vous attirera par besoin, par nature.Vous retournerez à vos perches et à vos filets.Oui, la mer vous reprendra ; vous y êtes comme incorporées.La mer vit en vous, et vous Vivez en elle.Vous oublierez vos larmes, vous retrouverez votre ancienne joie, du temps où vous pêchiez du poisson au bout d\u2019une île déserte, petites filles de la mer, petites filles aux yeux bleus !.Blanche LAMONTAGNE. 10 LA REVUE NATIONALE ANATOLE LE BRAZ } Nous étions, un jour, réunis chez le peintre Bucci, Bucci l\u2019imaginatif, Bucci l\u2019évocateur, et nous causions de son dernier tableau.Ce tableau, de grande dimension, était posé, au milieu de l\u2019atelier, sur un énorme chevalet.Sans cesser de nous parler, Bucci faisait des retouches par ci, par là, dégageait un coin trop sombre, soulignait une expression, rectifiait un geste.Le titre du tableau devait être : En Bretagne, au moyen âge.L'impression qui s\u2019en dégageait était déjà très nette et faisait rêver de féodalité, de châteaux forts et de chevalerie.Dans une vaste salle à larges baies, meublée d\u2019armoires finement seulptées, de larges chaises de chêne et de tables massives, éclairée par des quinquets à l\u2019huile, chauffée par de grosses bù- ches crépitant dans une cheminée colossale, ornée de panoplies, de casques, de cottes de maille, de boucliers, de têtes de sangliers, de bois de cerfs, de couteau de chasse pendus au mur de granit, se trouvait réunie la société la plus brillante, la plus aimable, la plus raffinée, la plus éprise de fêtes que jamais peinture médiévale aît pu évoquer.Dehors, il devait faire très froid, car tout ce beau monde était groupé près de l\u2019âtre.Chez qui était-on ?Quelle était la noble dame qui avait convié ses voisines et ses voisins par ce soir d\u2019hiver ?Bucci ne voulait pas préciser, préférant laisser vagabonder nos imaginations.« Nous sommes, disait-il, chez le duc de Bretagne, ou chez la comtesse de Vannes, à moins que ce ne soit chez la duchesse Alain ou chez la gracieuse comtesse de Cornouailles.Cette petite cour est un raccourci de la cour du roi Arthur, déjà si éloignée des moeurs rudes des chansons de geste.Ce qu'elle aime, c\u2019est la fantaisie, le merveilleux, l\u2019esprit d\u2019aventure, les femmes, l\u2019amour.Aussi, voyez avec quelle attention tout ce monde écoute le trouvère installé au bon milieu de la vaste pièce.Il raconte les légendes de Brut, du Saint Graal, de l\u2019enchanteur Merlin et de la fée Viviane, les aventures de Lancelot du Lac, les amours de Tristan et Yseult et toutes les histoires recueillies un peu partout dans sa Bretagne.Les nobles dames, les preux chevaliers sont dans l\u2019admiration, sa parole est un charme.Sur la table, mon trouvère a posé sa hrote, sa petite harpe.Il va la prendre tout à l\u2019heure, pour s\u2019accompagner, \u2014 il chantera une chanson de toile, une chanson de croisade, à moins que le noble auditoire ne lui demande un lai, un virelai ou une sirvente.Tous ces chevaliers, ces châtelaines sont venus de loin pour l\u2019écouter, car le passage du trouvère est une bonne fortune pour ces châteaux isolés, hérissés de créneaux, gardés par des ponts-lévis comme des prisons.Le trouvère ne vient jamais assez souvent au gré de ses suzerains.On va le retenir ici pendant quelques jours, puis, il ira dans un autre château où, déjà, sa renommée l\u2019a précédé et il émerveillera d\u2019autres belles dames avec ses lgendes et ses petits vers de huit; dix pieds ».Ainsi parlait Bucci, en rougissant d\u2019un trait de carmin les lèvres d\u2019une comtesse, en ajoutant un reflet de lumière sur les casques de cuivre et en se reculant pour juger de l\u2019effet.Involontairement, irrésistiblement nous étions entraînés vers ce passé moyenâgeux si poétique ! Nous cherchions à mettre des noms sur les visages gracieux ou virils des personnages : « \u2014 Voici Arthur de Montfort, que Jean sans terre égorgera ; voici la belle Jeanne de Flandre ; le trouvère, c\u2019est Thomas, c\u2019est Chrestien de Troyes peut-être ?» \u2014 Ne faites donc aucune identification, protestait Bucci, vous vous tromperiez étrangement.J \u201cdécrit la vie, les âmes, les mœurs.\u2018passé, Contes du Soleil et de la Brume, Ames Je désire que ma conception reste dans la brume du passé, dans une pénombre indécise.Regardez mieux mon trouvère ; vous voyez bien que ce ne peut-être ni Chrestien de Troyes, ni d\u2019autre qu\u2019un breton.Il est vêtu d\u2019un « bragon-braz » et sur la table, à côté de sa hrote, on peut voir son chapeau de feutre rond et son « penn-baz » avec lequel il a tant marché, avec lequel il se défend à l\u2019occasion.Son costume est presque le même que celui de nos bretons d\u2019aujourd\u2019hui, car vous savez, en Bretagne, depuis le XIIème siècle, ni la langue, ni les mœurs n\u2019ont sensiblement changé.Ce trouvère est tout simplement un de ces.poètes-chanteurs qui parcouraient le Léon et la Cornouailles en chantant les histoires d\u2019autrefois.Les noms de ces vagabonds de génie ne sont pas venus jusqu\u2019à nous.Appelez-le comme vous voudrez \u2014 Le Bihan, Le Lonédec, Le Braz.Au fait, c\u2019est peut-être l\u2019aïeul d\u2019Anatole le Braz!» Bucci ne savait pas si bien dire.Si Anatole le Braz était venu au monde en 1159 au lieu de 1859, il aurait été un trouvère, et fameux ! Excepté d\u2019aller chanter dans les châteaux- forts aujourd\u2019hui disparus, il a refait en plein XIXème siècle ce qu\u2019ont fait ses ancêtres, les trouvères bretons.De propos délibéré il a pris un eontact complet avec l\u2019âÂme bretonne, qu\u2019il a exprimée avec toute son intensité, toute sa richesse, toute sa beauté primitives, \u2014 il a vagabondé à travers la Bretagne celtique reeueillant les contes et les chants populaires, rassemblant toutes les traditions et les publiant dans des ouvrages qui l\u2019ont fait connaître du monde entier.% * sk Parler du talent de Le Braz, définir sa manière, dire par quoi il nous charme n\u2019est pas chose facile, car, avec Le Braz, on ne juge pas, on sent, on est prit, on subit le sortilège.Pourtant en nous aidant de la fameuse méthode de Taine nous pourrons peut-être arriver à dégager les traits principaux de son art.Vous connaissez cette méthode qui définit, analyse, explique un talent par les quatre influences : de la race, du lieu, du moment et de la faculté maîtresse.Cette théorie qui rappelle la dissection a vieilli \u2014 elle n\u2019a pas tenu toutes ses promesses et on l\u2019a quelque peu abandonnée.Nous n\u2019allons pas nous y astreindre, mais nous en servir, et si elle nous aide, tant mieux ! Le Braz (en breton, Le Grand) est né en 1859 en plein cœur de la Bretagne, dans l\u2019Argoat (région des bois), au milieu de ces collines acei- dentées au flanc desquelles demeurent encore suspendus quelques lambeaux de l\u2019antique forêt-fée, de la merveilleuse Broceliande, chère aux romans arthuriens du XIIème siècle et où passent encore, dit-on, au clair de lune, les silhouettes enlacées de Lorlin et de Viviane.Il vécut ses premières années parmi les bû- cherons et les sabotiers dont il a plus tard si bien (Terre du d&\u2019Occident, Vieilles Histoires du Pays Breton.) Puis, la migration paternelle l\u2019entraîna-.vers .la mer, dans cette région de Tréger, sur la: côte .de la Manche, où il a toujours sa maison d\u2019été: Il y fut, à Ploumillion, l\u2019élève en latin du vieux curé Villiers de l\u2019Isle-Adam, l\u2019oncle du poète, \u2014 en sorte que pour premier instructeur, il eut un des représentants de l\u2019ancien ordre des Chevaliers de Malte\u201d Après quoi, vers dix ans, il partit pour le lycée de Saint-Brieuc ; à dix-sept, il émigrait vers le lycée Saint-Louis, à Paris.A vingt ans, il était élève en Sorbonne et prenait ses grades.On l\u2019exila quelque temps comme professeur au collège d\u2019Etampes.Puis soudain un lycée, le premier, faits et gestes intimes de nos célébrités.s\u2019ouvrait en plein territoire bretonnant à Quimper.\u2014 I] s\u2019y fit nommer et c\u2019est là que, pendant quinze ans, il travailla à la Renaissance bretonne.Quimper lui avait en effet valu de connaître le vieux folklorist breton, Luzel ; \u2014 il se mit a son école-et publia avee lui les Sonious Briez Izel (chansons populaires de la Basse-Bretagne).Puis, seul, après la mort du vieux maître, il rassembla toutes les traditions qui avaient trait à l\u2019Au-delà chez cette race éprise d\u2019infini.C\u2019est ainsi que fut composé le volume intitulé : La Légende de la Mort en Basse-Bretagne, qui l\u2019a fait connaître universellement.Entre temps, il avait publié un recueil de vers, la Chanson de la Bretagne qui partagea avec les Trophées de Heredia, le prix de.poésie française à l\u2019Académie.Les patrons avaient été François Coppée et Sully Prudhomme.C\u2019est encore de Quimper qu\u2019il a publié Pâques d'Islande, que l\u2019Académie courronne également, puis les Vieilles histoires du pays breton; puis le Gardien du feu, dans le Journal, puis le Sang de la Sirène.Les grandes revues, presque dès lë premier jour, lui ouvrirent leurs colonnes et il est un rare exemple d\u2019une carrière littéraire qui n\u2019a pas eu à s\u2019aider de la camaraderie.\u2018 Cela tient à ce qu\u2019on sentait la sincérité de ce qu\u2019il écrivait et qu\u2019il ne racontait que ce qu\u2019il avait observé de près chez le peuple singulièrement original, dans l\u2019intimité de qui il vivait.Presque toutes ses histoires ont, en effet, un grand fond de réalité ; quelquefois même les noms des personnages et des lieux ne sont pas changés.Ce fut dans ces circonstances que l\u2019Université de Rennes l\u2019appela chez elle, à une chaire de littérature française dans les rapports de cette littérature avec le celtisme.Il a publié de là Ames d'Occident, Au pays d\u2019exil de Château- briand, le Théâtre celtique, Croquis de Bretagne et d\u2019ailleurs, etc, .Dans la liste des premières œuvres nous avons omis le Pays des Pardons, qui' fut tout de suite admirablement traduit en anglais et qui a attiré tant de pélerins vers la Bretagne.Le rôle de Le Braz, dans le mouvement de \u2018 la Renaissance bretonne est immense.C\u2019est à l\u2019occasion du « Vieux mystère de Saint Gueriole » qu\u2019il fit jouer avec.Le Goffic, à Pleujeau, près de Morlaix, sous les auspices de Gaston Paris, que fut fondée l\u2019union régionaliste bretonne dont il fut le premier président élu.À ce titre, il a pris part aux manifestations celtiques du pays de Galles et de l\u2019Irlande.Aux yeux des érudits, ses plus grands titres de gloire, seront ses recherches et ses ouvrages sur la littérature celtique.Il a redressé bien des erreurs, il a éclairé bien des coins obseurs dans ce domaine où se sont miraculeusement xetrou- vées les origines quasiment insoupçonnées de notre littérature et dont notre patrimoine nationale s\u2019est enrichi.Nous, qui ne sommes pas érudits, nous aimons davantage Le Braz poète, Le Braz conteur.La France lui a accordé les honneurs qu\u2019elle n\u2019attribue qu\u2019à,ses meilleurs auteurs.Les portes de l\u2019Académie s\u2019ouvriront toutes grandes lorsque cet écrivain sincère, cet artiste délicat, cet homme de cœur voudra enfin solliciter la place qui l\u2019attend et qu\u2019on lui a reservée.i De sa vie privée, nous ne dirons rien ; bien qu\u2019aujourd\u2019hui, il sqit de mode de s\u2019intéresser aux Faisons pourtant remarquer que la vie a été pour lui mi- ! Cette causerie fut d\u2019abord préparée pour un auditoire américain, à Baltimore.A notre demande, l\u2019auteur a bien voulu la revoir et la mettre au point pour la Revue Nationale, nos lecteurs et tous ceux qu\u2019il appelle «ses bons amis les Canadiéns » lui en seront reconnaissants.Nos régionalistes, pour qui le nom d'Anatole Le Braz est un excellent argument; lui en sauront tout particuliérement ton gré.2 Voir plus bas la piéce de poésie écrite par Le Braz, rappelant ce souvenib d\u2019enfance.Ces vers sont inédits.Le manuscrit de l\u2019auteur nous a été communiqué par notre _aimable correspondant, M.A.Larrieu.A7 que?pie pert i jo gai pt pe vient le Pend qu 1 a fst To J dest qo ah We er qe 16 mi oe Que fis! En ture, à her nine, le ones J passé simé pa sinplem vor à qui per à l'endo à la por Le mieux marque Va de Fl Joyeuse groupe anis le Toujou cost sels couples 5 pas partout docume Tare eut dit er qu cette J is Yi Pho \u2018ontraj i \u201cun Medest br mq i Bret Tint JAN Hyg be Sant | L lies Yas LE Tin q \u2018sen li, fi ti trey fie, Ye, k Tr, la ey py i b erg lig her on IN ne lite: te lye [et i == nutieusement cruelle.Aprés avoir perdu sa pre- miére femme dans des circonstances douloureusement dramatiques, il avait épousé une Américaine de grande race qui était devenu son Egerie, une de ces femmes au cœur profond, à l\u2019affection compréhensive, délicate, solide, éternelle.Elle vient de lui être ravie.Pendant la guerre, son plus jeune fils, sur lequel il avait fondé tant d\u2019espérances, est tombé à dix-huit ans sous les balles de l\u2019ennemi.Tout autre qu\u2019Anatole Le Braz eût maudit la destiné, après de semblables épreuves.Lui se raidit, cache son chagrin et écrit : « Je veux rendre ce témoignage à la vie, que, si cruelle qu\u2019elle m\u2019aît été parfois, je la bénis encore des compensations uniques qu'elle LA REVUE NATIONALE au Figaro, etc.il nous a entretenu des choses d\u2019Amérique, et il est vrai que, pour une très grande part, il a fait connaître les Etats-Unis à la France.Voici ce qu\u2019il m\u2019écrivait avant mon départ pour votre pays, départ qui n\u2019était que projeté, mais qu\u2019il me fit décider séance tenante : « Je ne suis nullement inquiet de l\u2019accueil qui vous attend là-bas, (combien il avait raison !) Ce pays, vous le savez, est devenu un peu mien.A côté de l\u2019Amérique officielle tenue à trop de ménagements peut-être, (vous n'\u2019étiez pas encore arrivés à notre secours), il y a l\u2019Amérique vraie, celle qui nous est fraternelle à un degré unique, celle qui a nos principes, nos enthousiasmes, notre 11 caise le fit venir tous les deux ans pour des tournées de conférence dans vos groupes.Son succès fut prodigieux.Ceux qui ont eu le bonheur de l\u2019entendre vous diront combien sa parole est prenante, passionnée, sa phrase simple, sa sensibilité communicative.C\u2019est le même charme que dans ses livres : \u2014 sincérité entière, manifeste, évidente, au-dessus de tout soupçon: Rien qu\u2019à son geste, sobre le plus souvent, emballé aux bons moments, à sa voix chaude et persuasive, à son regard si doux, à ses yeux rêveurs, on sent que cet homme est au-dessus de bien des contingences humaines.Pour me permettre une comparaison que vous comprendrez mieux que d\u2019autres, il est tout le contraire d\u2019un bussiness-man.Il n\u2019a m\u2019a souvent accordées ».i Quelle peuvent étre ces compensations ?Evidemment, le spectacle de la nature, la neige sur les pommiers bretons, la mer d\u2019émeraude avec ses flocons d\u2019hermine, le beau ciel du pays natal, les légendes du coin du feu, les fouilles dans le passé, la joie de se savoir compris et aimé par tout un peuple, peut-être même simplement le fait d\u2019être au monde et d\u2019y voir clair, voilà autant de bonnes choses qui peuvent bercer une douleur, arriver à l\u2019endormir un peu ou du moins aider à la porter sans blasphémer.Le Braz apprécie ces choses saines mieux qu\u2019un autre ; n\u2019est-ce pas là la marque d\u2019une âme d\u2019artiste ?J\u2019ai pu le voir un jour, au Pardon des Fleurs d\u2019Ajone, au milieu d\u2019une foule joyeuse et frémissante, se mélanger aux groupes de jeunes filles, causer avec ses amis les Bretons.Qu\u2019était-il venu faire?Toujours la même chose : admirer les costumes anciens, écouter les récits de la veillée, entendre les binious, suivre les couples de danseurs dans leurs gracieuses gavottes, chercher, observer, fouiller partout comme un curieux, en quête d\u2019un document pour ses livres, d\u2019une pièce rare pour sa collection d'histoires.On eut dit un chasseur à l\u2019affut.J\u2019ose avancer qu\u2019il jouissait par tous les pores de cette liesse bretonne et qu\u2019il s\u2019amusait plus que tout le monde.Voilà donc une caractéristique de l\u2019homme : il n\u2019est pas pessimiste ; au contraire, il aime passionément la vie.Dans une de ses lettres, je vais trouver un autre trait de son caractère : la modestie.\u2014 Comme tous les Celtes, Le Braz est un modeste.Son succès l\u2019étonne, il ne peut pas s\u2019habituer à la gloire: « Quand je songe, écrit-il, au petit Breton qui naquit à Duault, en pleines montagnes d\u2019Arrée, il y a cinquante ans passés et quand je considère mes aboutissants d\u2019aujourd\u2019hui, je ne puis me défendre d\u2019un sentiment de quasi-stupeur devant les mystères de la destinées ».La modestie ne va pas sans la simplicité ; aussi, rien de plus simple, de plus naturel que l\u2019abord de Le Braz.Le métier de professeur ne l\u2019a pas marqué : rien\u2018 d\u2019aride, rien de pédagogique dans sa A Villiers de l\u2019Isle-Adam Toi qui craignais l\u2019hommage à l\u2019égal d\u2019une offense Et mais plus grand d\u2019être délaissé, Je t\u2019offre, comme encens, le souvenir d\u2019enfance Qui s\u2019élève vers toi du fond de mon passé.Petit Breton barbare, affamé de connaître, Et que hantait déjà la chimère, o Villiers, J'étudiais alors à l\u2019école d\u2019un prêtre Que l\u2019on disait issu du sang des chevaliers.J\u2019apprenais sous sa loi du latin de cantique Aux pages d\u2019un missel illustré d\u2019un blason.Et cela se passait dans un vieux bourg celtique, Durant les soirs venteux de l\u2019arrière-saison.x * Xk Or, un soir que ronflait le suroît de novembre Comme nous latinions ainsi, les pieds au feu, La vieille Anna, poussant la porte de la chambre, Dit : Monsieur le Recteur voici votre neveu ! Et, comme un goéland dont le vol en détresse S\u2019abat sur la clarté d\u2019un phare, dans la nuit, Quelqu\u2019un d\u2019impétueux s\u2019engouffre dans la pièce, Comme s\u2019il eût traîné tout l\u2019orage après lui.Ce pétrel voyageur, cet oiseau de tempête Qui, soudain, parmi nous tombait du ciel grondant, C'était \u2014 oui, c\u2019était toi, vertigineux poête, Auguste-Mathias Villiers de l\u2019Isle-Adam.C'était toi, ruisselant, trempé, couvert de fange, Mais le regard si fier et si prestigieux Qu\u2019on eût cru voir entrer je ne sais quel Archange, Messager de la foudre, avec l\u2019éclair aux yeux.x * * \u2014 Va, \u2014 me dit le Recteur, \u2014 la leçon est finie Non : elle commençait ! car, le sublime émoi Qui nous étreint le cœur au contact du génie, Tu venais, o Villiers, de le répandre en moi.Pour la première fois je sentis dans mon être Frémir et palpiter quelque chose de grand.Et voilà le tribut que je t\u2019apporte, o maître : Un frisson d\u2019infini dans une âme d'enfant ! Anatole LeBRAZ.jamais fait de concessions âu public, il n\u2019a jamais écrit en vue d\u2019un fort tirage, comme certains, et non des moindres.Mais, me direz-vous, Anatole Le Braz n\u2019a donc que des qualités, aucun défaut ?Laissez-moi vous faire remarquer que ne pas être bussiness-man, surtout aujourd\u2019hui, ne constitue peut-être pas une qualité.Je suis du reste bien tranquille : Le Braz a des défauts (c\u2019en est un si vilain de n\u2019en pas avoir !) comme moi \u2014 et vous.Mais il les garde comme il dit, pour son propre usage ou bien s\u2019arrange de son mieux pour les rendre agréables à autrui.Il m\u2019a été donné d\u2019entendre Le Braz s\u2019adresser à des Bretons, précisement à Pont Aven, au pardon des Fleurs d\u2019ajonc dont nous parlions tout à l'heure.On avait aménagé sous le bocage, au milieu des chênes séculaires du Bois d\u2019Amour, une estrade rustique destinée à l\u2019orateur, au bon trouvère qui était venu pour conter sa légende fleurie.Je n\u2019exagère pas en disant que plus de deux mille bretons étaient accourus d\u2019un peu partout, de Pont Labbé, de Concarneau, de Quim- perlé pour l\u2019entendre.Rien de plus pittoresque que cette multitude de costumes nationaux, de coiffes blanches et de sollerettes tuyautées sous les ombrages du bois.L'air était d\u2019une singulière pureté, d\u2019une impondérable légèreté.La voix harmonieuse du conteur vibrait à travers les branches comme une harpe caressée par le vent.Le Braz disait la légende des Fleurs d\u2019Ajonce, légende qu\u2019il avait imaginée de toutes pièces et qui était faite pour charmer les fines, les douces, les rêveuses, les belles filles de Pont-Aven.Selon lui, le Bon Dieu avait résolu le jour de la dis- tributien des fleurs de donner à chacune des provinces de la douce France la fleur qui devait rester son emblême.Toutes les provinces étaient accourues de bonne heure et avaient eu le choix de leur fleur préférée.La Bretagne, elle qui ne se presse jamais, arriva en retard à la distribution, car, remarquait le conteur, «chez nous, on a l\u2019éternité devant soi».Il ne restait plus que l\u2019ajone, dont les autres n\u2019avaient pas voulu.Le Bon Dieu la donna en s\u2019excu- conversations.De suite, il vous met à l\u2019aise, il vous écoute avec une attention très vive, très sincère.Ce que vous dites l\u2019intéresse énormement, ce qu\u2019il dit semble moins l\u2019intéresser.C\u2019est ordinairement, comme vous le savez, le contraire qui a lieu.Avec les mœurs féroces, arrivistes, qui règnent présentement dans la République des lettres, cette modestie, cet effacement n\u2019ont pas été sans lui nuire.Peu lui importe ! Enfin, (et ce détail vous intéressera particulièrement), Le Braz est un grand ami des Etats- Unis! Dans d'innombrables articles publiées au Journal des Débats, à la Revue des Deux Mondes, ! On se souvient que cette étude fut lue devant un auditoire de Baltimore.idéal.Celle-là, vous pouvez aller à elle de toute votre âme.Son grand cœur est le plus généreux qui soit sur terre, c\u2019est moi qui vous l\u2019affirme et je suis payé pour le savoir».Ce dernier trait est une allusion à son mariage.Le Braz termine ainsi : « Saluez pour moi ce pays américain auquel mon cœur appartient en partie et d'où vous reviendrez, comme moi, enchanté des êtres, enchanté des choses >.*x k * Vous savez dans quelles circonstances Le Braz vous fut envoyé.L'Université Harvard l\u2019appela, il y a quinze ans pour y faire les conférences de la fondations Hyde, puis l\u2019Alliance Fran- sant aux retardataires.« Bah ! dirent-ils, nous tâcherons d\u2019en faire quelque chose ».Et, en effet, les ajoncs, dès que vient le printemps, émaillent les landes arides de la Bretagne de leurs boutons d\u2019or éternellement en fleurs.La Bretagne, selon le mot de Le Braz, «est toute en or», le seul or, d\u2019ailleurs, qu\u2019elle connaisse.Il fallait voir avec quels délices, avec quelle attention, quelle fixité dans le regard, ces paysans écoutaient leur trouvère.Ils buvaient à la coupe sacrée de ses paroles, silencieux, recueillis, semblant communier dans un même rite comme aux temps abolis.(La fin prochainement). 12 LA REVUE NATIONALE r\u2014 LE REMPLACANT par Joseph-H.Courteau (Deuxième prix au concours).« Jeannette, il s\u2019agit de ton avenir ! «De mon avenir ?redit, la jeune fille pensive, pendant que par le carré découpé par la porte ouverte, Jeannette Juneau embrasse la vaste ferme taillée dans cette vallée étroite, comme une clairière pleine de lumière.Sur les bords plats de la petite rivière Blanche, qui descend du lac en cascades retentissantes, pour se traîner paresseusement à fleur de terre dans le vallon, les silhouettes des travailleurs allaient et venaient rapides s\u2019escrimant de la fourche sous une atmosphère de feu : car c\u2019était le temps des foins.Le parfum des trêfles qui grésillent de soleil se mêlent aux arômes des sapins d\u2019alentours ; la jeune fille reste muette d\u2019admiration en face de ce spectacle familier ; sa vie s\u2019est passée là, entre ces montagnes verdoyantes, pittoresques, où les sous bois délicieux foisonnent de bleuet de chant d\u2019oiseau, d\u2019ombre et de lumineuse clarté.Vendre sa terre! elle y tient par tous les fibres de son coeur.Un à un, pour s\u2019établir ses frères ont quitté le toit paternel ; la conscription a pris le dernier : Paul Juneau n\u2019est pas revenu ; le jeune conscrit canadien était tombé quelques part, en France, en pleine gloire, le soir d\u2019une journée victorieuse.Sa mère n\u2019avait pas supporté l\u2019épreuve : depuis deux ans Jeannette restait seule à la maison.Son père, avait engagé un Français, Martial Ledieu, venu de France avec Jean Denis, un ami de Paul.Et voilà que cet engagé modèle allait partir : il faudrait vendre.Pierre Juneau, le riche habitant des Mines, se tenait debout à côté du poêle.Grand, des traits réguliers, avec un large collier de barbe à peine grisonnante malgré la soixantaine, les yeux bruns, très vifs, embrouissaillés de sourcils épais, roulant entre ses doigts d\u2019un geste machinal une courte pipe éteinte, il attendait placidement la réponse de sa Jeannette.Celle-ci murmura enfin : terre .nous la garderons ».« As-tu bien réfléchi ma petite ?c\u2019est un marché avantageux ».La jeune fille ne répondit pas tout de suite ; ses regards se firent lointains comme pour interroger l'avenir.Qu\u2019adviendrait-il de ses projets et de ses rèves ; s\u2019ils ne se réalisaient pas ?« N\u2019importe, ne vendez pas, c\u2019est décidé ».Un sourire de bonheur erra sur les lèvres du vieillard ; « Tu sais que j'aime mieux cela moi aussi; j\u2019ai trop travailler ma terre pour la voir aux mains d\u2019étrangers ».Il allait sortir, mais se ravisant, il questionna : «Il ne faudra plus que tu renvoies tout le monde maintenant.tu ne peux pas toujours refuser un bon parti ; je ne suis plus jeune ».Jeannette rougit très fort.« Mon choix est fait, dit-elle très bas, j\u2019ai donné mon amitié à Martial» Et comme le père eut un geste de surprise, elle ajouta craintive presque suppliante : « Me blâmerez-vous ?Il est si travaillant, si bon.« Ça devait arrivé.ça devait arrivé.marmotta le vieux Pierre ; «Tu aurais pu choisir plus mal ; sait-il que tu l\u2019aimes au moins ?« Nous n\u2019en avons jamais parlé ».Ils se turent, tous les deux absorbés dans leurs pensées.Ainsi la terre ne serait pas vendue.Jeannette aimait le jeune Français.Mais lui ?Pierre Juneau devint perplexe.Qu\u2019allait- il faire.Certes, Martial Ledieu était un bon chrétien et un travaillant dépareillé ; avec ça, instruit et très capable.Cet engagé l\u2019avait étonné; dès l\u2019abord il n\u2019avait pas eu confiance en lui; « Ne vendez pas la Denis l\u2019avait bien recommandé pourtant ; mais ce petit homme timide, nerveux, concentré en lui- même, lui parut si courageux qu\u2019il l\u2019avait pris à l\u2019essai.il y avait 15 mois de cela.Juneau très habitué à compter sur son employé pour tous les travaux de la ferme, ne pouvait pas le laisser partir.Car Martial jetait les yeux vers l\u2019Abi- tibi ; les terres neuves le tentaient.Toutefois, il ne partirait qu\u2019après les récoltes, c\u2019est tout ce qu\u2019il promettait.Que penser de cette décision ?Depuis un mois, Ledieu traversait tous les soirs chez Jean Denis, sur l\u2019autre versant de la montagne.Ils revenaient ensemble après la veillée.A une question de Pierre Juneau, Jean n\u2019avait pas répondu, se contentant de sourir avec mystère.Jeannette commença la première à parler : « Surtout, ne lui en parlez pas ; ne lui dites pas un mot, qu\u2019il ne sache jamais.L\u2019habitant, alla vers ses hommes que dirigeait Martial ; et par grandes enjambées, à cause de l\u2019apparence subite de mauvais temps, il traversa les prairies encombrées de gros andains de mil bien sec, «non je ne lui dirai rien, ça c\u2019est sûr.ça vaudra mieux, se disait-il en se ha- tant.Il saisit sa forche à manche très long, d\u2019une souplesse éprouvée.De loin Martial lui cria : « Nous ne pourrons pas finir, patron ; la pluie s\u2019en vient vite, regardez, le coteau ».« Ah malheur de malheur, c\u2019est pourtant bien vrai, moi qui m\u2019amusais.Il n\u2019avait pas remarqué les nuages gris amoncelés sur la montagne du nord : c\u2019est signe de pluie dans le vallon.L'\u2019air, chargé d\u2019arômes se refroidit tout à coup ; un souffle violent passa dans les forêts voisines retournant les feuilles frémissantes des érables et des chênes ; les vieux arbres se tordirent dans l\u2019apreté du vent, tandis que le fond de la vallée restait encore dans\u2018une immobilité impressionnante.Juneau encouragea les hommes : « Un coup de coeur les amis ; c\u2019est pas Dieu possible que ce foin reste comme ça».Ils étaient trois à l\u2019oeuvre ; couverts de sueurs, la peau cuite de soleil, les veines des bras saillantes comme des cordons bleuâtres tendus violemment.et «les veillo- ches» s\u2019alignaient en ligne droite, régulières, pressées les unes sur les autres.Des gouttes de pluie, larges comme des sous, s\u2019écrasèrent dans la poussière grise de la route, puis des tourbillons de vent poussèrent l\u2019averse en paquets d\u2019eau débordant des rigoles vers la rivière crépitante, trempant les hommes, qui, courbés en avant, les gilets par dessus la tête, couraient d\u2019une course .folle aux bâtiments.Le vent s\u2019engouffra dans les fonds avec un sifflement aïgu ; mais ces rafales furent brèves ; le soleil se montra entre deux nuages ; un arc-en-ciel ceintura l'horizon, et, de la terre monta une vapeur chaude, brouillard impalpable qui resplendit sur chaque brin d\u2019herbe ; des gouttelettes de cristal, scintillantes, s\u2019accrochèrent au feuillage lavé, puis.lentement la pluie retomba, fine, toute menue, en vraie pluie de durée.Les travaillants s\u2019étaient reposés tout l\u2019après-midi ; repos forcé, mal venu, accepté en maugréant, parce que le travail était à recommencer.Martial, cependant, en avait profité pour faire jaser le patron ; celui-ci aimait à raconter les misères des commencements dans ces pays de montagnes.Curieux, Martial le questionnait sur le passé ; il parlait peu ; en revanche il écoutait, émerveillé de découvrir tant de constance et d\u2019amour, tant de fidélité à la terre dans cette famille d\u2019habitant.Un de ses plaisirs favoris, c\u2019était de surprendre sur les lèvres des cultivateurs, des fois un peu frustes, les vieilles expressions savoureuses pleines de sens et débordantes d\u2019esprit des paysans de son village et d\u2019autres, inconnues d\u2019abord.Quand on lui avait dit un matin d\u2019hiver : « Ça, c\u2019est une poudrerie en règle ; les balises vont disparaîtrent dans les bancs de neige,» il n\u2019avait pas saisi très bien ; mais maintenant, le français des habitants n\u2019avait plus de secrets pour lui ; il jouissait de ce parler normand auquel on mélangeait bien un peu de mots anglais, mais toujours à la française : comme ce «rang de Presse» si fertile et cependant fermé à la colonisation, parceque les Price ne voulaient pas concéder.-.Pierre Juneau, secoua sa pipe sur le cendrier du poêle ; .« Oui, commenca-t-il, répondant à une question de Martial, nous sommes canadiens avant tout ; nos ancêtres, m\u2019a-t-on dit, vinrent un jour des bords de l\u2019Yonne à l\u2019Ile d'Orléans, il y a deux siècles passés ; de là ils montèrent à la Pointe- aux-Trembles, puis à Deschambault ; c\u2019est de là que je suis partis dès l\u2019ouverture de ces cantons ; voilà notre histoire ; en chemin l\u2019arrière grand père a épousé une acadienne de Grand-Pré, fuyant la proscription.la famille est donc deux fois francaise ».Les yeux clos, Martial croyait rêver : La lampe, sur le milieu de la table, éclairait vaguement la cuisine où ils se trouvaient tous les trois, Pierre Juneau, Jeannette et lui.La jeune fille, assise, s\u2019occupait à un tricot, qui n\u2019avançait pas vite, toute aux paroles de son père ; il continuait lentement, dans un nuage de fumée : «Moi, quand j'ai ouvert ma terre, ici, on m\u2019a traité de fou ; ces montagnes ne leur disaient rien de bon ; mais je les avais vu, et je savais.« Elles sont incomparables vos montagnes, interrompt Martial, « Eh ! oui, je sais bien, mais dans ce temps là, on ne les connaissait pas ; il n\u2019y avait pas de route ; un simple chemin de chantier passait tout près d\u2019ici, en allant au lac Blane, et dans les hauts ; C\u2019est de la bien bonne terre ; plus tard on a ouvert le rang double, de l\u2019autre côté ; je n\u2019ai pas voulu changé.c\u2019était si planche et si facile à faire ! Il y a les lacs là-bas, quand vous les connaîtrez.nous irons après les foins.Le vieillard se tut subitement.Cette expédition reposante après les grands travaux, c\u2019était une tradition des premières années ; on se rencontrait un bon matin dix ou quinze familles, grimpant vers le lac avec tout un attirail de pê- che, et des batteries de plats, de chaudières et de sceaux que les femmes et les enfants rempliraient de beaux bluets d\u2019un bleu presque noir ; Paul avait toujours été le bout-en-train de ces caravanes.La famille Juneau reprendrait la tradition interrompue.Le vieil habitant murmura : « Maudite guerre ! Ah ! Malheur, pourquoi la France me l\u2019a-t-elle pris?» De grosses larmes glissèrent le long de ses joues jusqu\u2019à sa barbe qu\u2019il essuya d\u2019une main tremblante.Jeannette laissa tomber son ouvrage sur ses genoux.Elle dit, très simple, « Père, la France est digne d\u2019amour quant même, il ne faut pas lui en vouloir.» Martial la regarda avec admiration : « C\u2019est bien ce que vous venez de dire là, mademoiselle Jeannette ; comme vous êtes Française.Il allait continuer, mais Juneau l\u2019interrompt avec aigreur : « N\u2019empêche que nous devons être de chez nous ; nous aurions dû y rester » Un silence lourd tomba.Ces dernières paroles ressucitaient tout un passé ; mais avant ces trois siècles de vie canadienne quinze autres siècles d\u2019atavisme français ont existé ; l\u2019habitant n\u2019y songeait point ; pour lui, le pays et la famille seuls comptaient.Et pour conclure, il ajouta dans un geste de désespérance : « Nous possédons les terres, nous aurions dû garder nos fils ».Ledieu ne répondit pas.Il ne pouvait que reconnaître la vérité de ces affirmations.Il se souvint d\u2019avoir raconter maintes fois l\u2019arrivée des soldats canadiens dans la ligne de feu.Un jour, AC | él pu\" ranges tite fants?| Vous i ju \"a | hen VOUS Be On peste i Un que 8 \u20ac était OU doa quaë P mue Et Ne fl de Québec : siles ga plier \u20ac honda LA REVUE NATIONALE 13 = - j dès l\u2019aurore, un bataillon anglais, était ire \u20ac *1 désire : : ; dey, e, Blais, venu dire ce qu\u2019il désire : «Si vous voulez devenir «Il ne s\u2019agit pas de souhaits, mais il faut Sig pour la reléve ; tous ces soldats parlaient un bon canadien, et nous connaitre mieux, lisez nos que tu suive mon exemple , de français.On les avait entouré avec une surprise livres ; vous êtes plongé dans vos revues de Martial avait Soudain âli: sans doute, Jean Si indicible.Depuis, il les avait vu à l\u2019oeuvre ces Paris ; ce n\u2019est pas là-dedans que vous appren- plaisantait comment pourrait-il s'établir lui fe, enfants du Canada-français ; T1 dit tout haut : drez les choses de chez nous ; vous verrez que l\u2019étranger qui ne possédait rien \u2019 oN « Nous ne les connaissons pas du tout avant ce si ça va mal des fois, il n\u2019y a pas de notre C\u2019est i ble J tu devrais le sa- wi jour là ».| \u2026.faute», A, \u2018est impossi e, Jean, tu evrais le s i, « Et aujourd\u2019hui, les connaissez-vous mieux Dix heures sonnérent à I\u2019horloge ; Juneau vo Et pe ; dons Soi rétor ua celui-ci ls chez vous, demande Jeannette.se dirigea vers la gallerie d\u2019où il inspecta le ciel; très sérieux \"cherche autour de toi débrouille un « Beaucoup mieux.Co les étoiles pointaient ça et là, à travers les nua- toi.crois-tu \u2019 ue j\u2019ai voulu te faire sécher d\u2019en- ni ,Ç « On nous croit encore, peau-rouge, indigène, ges sombres ; la pluie cessait peu à peu.Il ren- nui en Pommenant ici ?Ne n\u2019est-ce pas ?; tra pour s'agenouiller avec les autres.Après la Et il lui souffla un nom à l'oreille tout en le mg « on l\u2019a cru, reprend Martial ; nous croyez- prière, Martial monta à sa chambre ; il entendit tirant en dehors de la foule bruyante qui sor- or vous si coupables ?Avant la guerre, le Canada qu\u2019on fermait la porte au verrou ; l\u2019horloge fut Lu J Pr était pour nous une colonie anglaise, où il ne remontée, puis ce fut le silence dans la maison.tait de l\u2019église.- devait y avoir que des Anglais ; et des indiens à Ledieu ne s\u2019endormait pas.Accoudé à la « Voyons donc, cui disait Martial, c\u2019est va grands panaches de plumes multicolores, comme fenêtre il contemplait avec une sorte d\u2019apaise- absurde, c\u2019est fou celà ; je suis inconnu, pauvre.on en voit dans les gravures.ment, cette nature étrange ; l\u2019obscurité immo- Sans vouloir l\u2019entendre plus longtemps Jean « Et maintenant, fit Jeanne, curieuse.bile des montagnes semblait resserrer le vallon, l\u2019avait interrompu doucement : « Maintenant ?je sais que votre race est qui vers l\u2019est, allait se perdre tout près dans «Tu seras le remplaçant qu\u2019on aime, voilà.fille de la nôtre, et que les Français du pays de une gorge profonde, ravinée où la rivière se Et il s\u2019était prestement esquivé, le sourire aux 2 Québec sont dignes de nos communs ancêtres ; glissait silencieusement.Dans une éclaircie du lèvres.i si les gars du 22ième étaient rouges, c\u2019étaient de ciel, la lune s\u2019éleva, toute ronde, comme si elle Ledieu était revenu après vêpres, à pied, eu plaisir et de blessures, car leur sang a coulé sortait de la montagne, Éclairant les cîmes d\u2019une dans une grande indécision.Toute la semaine ms abondamment sur le sol de France.lumière blanche, indécise encore, laissant les il avait observé Jeannette ; La vaillante fille qui = faisait aller la maison, n\u2019était certes pas vul- Pi gaire ; il lui avait trouvé des attraits insoup- fn connés ; elle parlait bien, travaillait encore mieux, et -quand elle voulait se mettre en peine [a de toilette, il la suivait des yeux avec un air fl vois, Û 0 § | EN l ii 1 d\u2019admiration.Et pourtant Jeannette n\u2019était pas i ce qu\u2019on pouvait appeler une jolie fille ; cependant, un air de bonté, une délicatesse native la rendaient agréable, charmante.I! ne l\u2019avait pas assez regardée jusqu\u2019à ce jour ; pendant des mois il s\u2019était renfermé en lui-même, plongé dans des études de cultures intéressantes, à l\u2019ahurissement des voisins, qui ne voyaient rien de bon dans les livres ; Quand, Pierre Juneau l'avait questionné : « Savez-vous cultiver ?», il avait répondu aver franchise : Non; mais je veux apprendre.| | Ml Et il s\u2019était mis à l\u2019œuvre, organisant un poulailler modèle, un rucher bien à l\u2019abri des vents, se livrant à la culture des racines avec beaucoup de succès.Maintenant le patron ne tarissait pas d\u2019éloges sur le compte de son employé, ne lui reprochante qu\u2019une invincible timidité, qui cachait une tristesse profonde.Aux sucres, pendant les longues nuits étoi lées, où les deux hommes faisaient bouillir l\u2019eau, entre deux tournées, Juneau le chapitrait tout doucement : «Ce n\u2019est pas bien de s\u2019a- bimer comme celà Monsieur Martial, lui disait- il.Et celui-ci de répondre avec la vision de toutes ses épreuves et la souffrance de ses « NOUS AVONS PAYE BIEN CHER CETTE GLOIRE-LA ».deuils : «Que voulez-vous, patron, j'ai trop .is .souffert pour redevenir joyeux, j'ai vieilli avant Contre son habitude, Ledieu s\u2019animait.Avec fonde très obscurs ; puis la lumière descendit.Le bave» \u2019 Ses deen 1x .; ; ./ ge».une volubilité difficile à suivre, il racontait ce qu\u2019il paysage de ce coin des Laurentides ne ressem Bah! C ond st savait de ces jeunes gens d\u2019une jovialité sans blait guère aux larges plaines crayeuses de la ; ans a ; .Tat ra, vous êtes encore égale.d\u2019une bravoure téméraire.disciplinés, Champagne.son pays natal, et pourtant, l\u2019émigré JC ca reviendra © .«mourant puissamment» à Saint-Julien, Vimy, se sentait envahir par un calme reposant, abso- Martial ne répondait plus ; et malgré cette Courcelette.lu, qui était une douceur et une joie.Peu à peu, prédiction, ça n\u2019était pas encore revenu.Ce- Impassible, l\u2019habitant l\u2019écoutait.cependant, la nostalgie du foyer détruit revint.; pendant, ce soir là, il s\u2019oubliait dans une admi- « Nous avons payé bien cher cette gloire-la » il vit la maison basse, le sol battu de la grande ration toute nouvelle.Dans le grand silence fit-il, en se prenant la tête à deux mains, les cuisine à moitié remplie par une cheminée monu- nocturne les clapotis de la Blanche montaient de coudes appuyés sur les genoux.Martial vit qu\u2019il mentale, noire de suies et d\u2019années ; il compara la chaussée du moulin en un rythme berceur ; le pleurait.Ah! Que cette guerre en aura fait la ferme paternelle, de quelques hectares, à la chemin du roi dans le déclin de la montagne, se couler de larmes, pensa-t-il en face de cette terre toute en longueur de son patron.« À quoi déroulait en lacets.descendant les coulées, con- douleur qu\u2019il ne pouvait consoler.bon me souvenir, se dit-il ; n\u2019ai-je pas été bien tournant un roc à pic disparaissant derrière Dehors, dans la nuit noire, sans étoile, la accueilli dans cette maison ; il compara l\u2019habi- une talle de bouleau blanes, pour se retrouver ; pluie tombait toujours en un bruit égal, sans tant canadien aux paysans de chez lui, puis la au village dont la mince silhouette du clocher se 9 arrêt.Jeannette avait repris son tricot.grande aventure de sa vie remplaga toutes les profilait, d\u2019une délicatesse extrême dans le clair Pierre Juneau releva la téte enfin, et sans autres préoécupations qui l\u2019assaillaient ; com- de tune éclatant.Et le long du chemin, dans les \u2019 * .cessc ruminant son chagrin : ment était-il rendu si loin de sa patrie ?Avait- terres, au hasard des lieux et des circonstances, ; .; .il révé ?Trois ans de guerre, de résistance, puis les rustiques maisons blanches, qui abritent une « Dire que je me reposais sur lui, M.Martial.: ; ; I .t Jopulation saine et joveu t travaillante d J'ai donné aux quatre autres tout ce que j'ai !a marche victorieuse en avant, la paix «© © PP same © Joveuse et travaiame don- dE es ue J retour au foyer détruit, la mort de ses deux rant le meilleur d\u2019elle-méme à la terre lauren: pu ; aucun de ceux-là n\u2019a déserté quand la mode : i , inât d n vieux tienne était de s\u2019en aller à la ville ou aux Etats-Unis frères tués ensemble, l\u2019assassinât de so : : Ils ne m\u2019ont donné que de la joie Tis sont fiers père, dans la maison ; et la rencontre du soldat Martial voulut réagir.Cette réverie l'en- ' d\u2019être chez eux 1 \u2018faut savoir tout cela pour qui était devenu son ami et son guide dans ce gourdissait étrangement : ou en était-il après 6 comprendre notre vie.et nos idées pays montagneux.Et maintenant, que devait-il ces quinze mois d\u2019exil et de travail ?Jean De- vo >., faire ?L\u2019Abitibi lui réservait-il le succès avec le nis lui avait fait entrevoir une vie nouvelle, être \"À « Vous avez le droit de votre côté, murmura Le \u2018oint.le di he LE à ; I Martial, votre survivance est merveilleuse.C\u2019est bonheur ?Jean Denis l'avait rejoint, le dimanc aimé ! Aimer tendrement la femme de son i : ; ; \u2019 d'avant, à la sortie de la messe : « Sais-tu, Le- choix.celà devait être bien doux, mais était-ce , une belle étude que je voudrais faire.9 ; à ; 2 ; gi A .| dien.que je me marie?possible pour lui?Le travail réparateur qui a Jeannette a fini son travail ; elle se léve en .J d des f t endort 1 F fs > disant au jeune homme qui hésite sans doute à « Tous mes souhaits, alors, mon cher Jean.redonne des forces et endo a souffrance ne 08 jou x2: pa 14 LA REVUE NATIONALE LE REMPLAÇANT (Swite) lui suffisait plus.Il aimait déjà depuis longtemps la fille de la maison ; Mais que diraient les gens toujours à l\u2019affut des nouvelles ?Et déjà, de charitables commères s\u2019inquiétaient de son séjour prolongé chez Pierre Juneau, comme des agissements de Jeannette, qui refusaient tous les meilleurs partis ; il y avait anguille sous roche, c\u2019était sûr.Le patron le connaissait, mais pouvait-il arrêter les langues pointues de s\u2019attaquer à la jeune fille ?Pour lui çà lui était égal.Mais s\u2019il s\u2019agit d\u2019elle! D\u2019un geste lent, fatigué, il passa la main sur son front et murmura : « Quel mal y a-t-il pourtant à ce que je l\u2019aime ?Les douze coups de minuit retentirent d\u2019en bas ; il prit un livre sur sa table, et esseya de lire un peu pour se reposer ; puis ne pouvant vas se distraire ainsi, il souffla sa petite lampe, et après avoir simplement poussé le châssis, il - se jeta tout vêtu sur son lit.* kx * Le travail des foins n\u2019avaient repris que sur les dix heures de la matinée.Martial très à l\u2019aise, s\u2019était rendu dans la pièce d\u2019en haut, tout près de la sucrerie, et malgré le terrain montant et difficile, cette pièce de mil était à terre en deux heures.Dans, l\u2019après-midi le travail devint très dur : sous un soleil de plomb, sans la moindre brise rafraischissante, ou il fallait s\u2019agiter les bras pour avoir un peu d\u2019air frais, les hommes éventraient les veuilloches en trois coups de fourches ; le champs fut couvert d\u2019une couche épaisse de foin humide, qui sécha vite.Bientôt, de toutes parts, à travers champs, chez les voisins, et chez Juneau, dans la route qui descent entre les deux terres, de lourds voyages s\u2019acheminent lentement vers les granges, et vons s\u2019engouffrer dans les batteries béantes.L\u2019ouvrage dura jusqu\u2019au samedi suivant, et les foins furent finis.*x x x ST De son \u2018pas gymnastique, Martial se dirige vers la montagne, ou Denis doit l\u2019attendre.Le sentier circule à travers un fouillis de broussailles où les grands framboisiers se courbent, lourds de jolies baies rouges ; il s\u2019arrête au bas d\u2019un rocher granitique tout veiné de blanc.A ses pieds, la maison et les dépendances de Ju- reau s\u2019étalent dans un entonnoir étroit, et la rivière semble un mince filet d\u2019eau ; de l\u2019autre côté, sur !e versant sud, apparaît un plateau incomparable d\u2019une fertilité merveilleuse ; la double rangée de maisons claires s\u2019allonge dans le sointain, puis disparaît enfin au-delà - d\u2019une montagne riche en plomb et en zine.L'arrivée de Jean le tire de sa contemplation.Les deux amis grimpent encore plus haut, à l\u2019ombre du bouquet de sapins verts, presque inaccessibles.Le soleil de l\u2019après-midi est ardent sur les hauteurs ; Martial qui n\u2019en peut plus, essoufflé par cette ascension difficile, s\u2019affale tout de son long dans la mousse ; « Tu n\u2019est pas montagnard pour un sou, fait Denis, railleur, tu dois t'habituer pourtant, puisque tu reste ; « M\u2019habituer ! C\u2019est facile à dire, je suis loin de l\u2019être, et il s\u2019essuie le visage à grands coups de mouchoir.« Mais, ne dit-on pas que tu veux les épouser ces montagnes là ?« Que dis-tu, il regarde Denis avec une surprise intense, « Qu\u2019y a-t-il ?« Dame, on dit que\u2026 tu te.décides enfin.que tu ne t\u2019en va plus.je t\u2019ai déjà raconté cela d\u2019ailleurs ».Martial comprit, son ami continuait cette conversation commencée naguère à la sortie de la messe un dimanche ; il demanda avec un grand sérieux : « Veux-tu te marier?Et comme Martial ne lui répond pas ; » Le veux-tu, cui, ou non ?Je te donne un mois.après les récoltes, pas un jour de plus ; c\u2019est entendu.Martial voulut répondre, mais il ne trouva pas de mots pour s\u2019exprimer.Jean Denis continua, lui exposant, le bonheur qu\u2019il ne doit pas laisser pour de vains scrupules.Il n\u2019est pas un étranger au milieu des habitants et ce qui est mieux, Jeannette l\u2019aime, c\u2019est évident.Et lui montrant, toute la ferme en bas, il ajoute : Tiens Ledieu, si je n\u2019avais pas choisi ma femme, je descendrais tout de suite de ce côté là.J\u2019irais près d\u2019elle.Martial l\u2019interrompt brusquement : « Toi ce n\u2019est pas pareil ; mais moi.«Tu as raison.elle ne pourrait pas m\u2019aimer comme elle t'aime ; c\u2019est toi, qui descendra, tout à l\u2019heure.Il continuérent plus bas, car une troupe d\u2019enfants et de jeune gens, venait d\u2019arriver dans le champs de framboises, à quelques arpents du rocher qui leur servait d\u2019asile.Ils se turent subitement : Jeannette venait à eux avec d\u2019autres jeunes filles du rang, coiffées de larges chapeaux de paille à cause du soleil.Denis calma bien vite les craintes de Martial.« Elles ne viendront certainement pas ici ; contente toi de la regarder.de loin,» des voix claires montèrent jusqu'aux jeunes gens ; le chant des oiseaux s\u2019éleva dans les sapins ensoleillés et ce fut dans le silence une musique ennivrante, à laquelle vinrent se mêler les cris stridents des cigales invisibles, s\u2019abreuvant de soleil.Denis parlait à Martial: «Tu as vingt- cinq ans, ne dis pas que c\u2019est impossible.Regarde bien, et lui indiquant la maison que l\u2019om- ° bre envahissait déjà : « Chez vous, les fermes portent un nom et j\u2019en ai entendu de très jolis ; nous disons, la terre, ici ; cette terre est à toi si tu le veux».«Et si on me refuse, obstiné ; « As-tu des yeux pour ne point voir ?Jeannette t'aime.Ai-je besoin de le dire encore ?« Comment le sais-tu ?« Mais toute sa vie depuis des mois, me le prouve ; elle a renvoyé tous ceux qui se sont présentés .« C\u2019est vrai ; cependant son deuil, ne pense- tu-pas.«Oh ! son deuil ; c\u2019est déjà vieux de deux ans, et aujourd\u2019hui elle porte plutôt le deuil de son amour méconnu.«Et si je partais, murmura Martial ; Denis fut surpris d\u2019une telle obstination.« Partir ?Quand ton bonheur qui te crie de rester ?Et c\u2019est un devoir aussi ; car tu l\u2019aime cette Jeannette que tu veux fuir.« Que dira-t-on si je reste ?voleur de bien.demande Martial Que je suis un Jean Denis ne s\u2019occupe pas de cette question il continue sa pensée.«Tu peux partir ; mais écoute bien, un jeune homme, un enfant, l\u2019avenir de la famille, est sorti de cette maison.il a donné sa vie pour ton pays.«Prends sa place?C'est un foyer où la flamme chancelle, tu dois la ranimer.cette terre ne doit jamais être vendue».Martial restait silencieux, indécis.Jean continua : « Aurais-tu peur d\u2019une petite canadienne ?Ma foi, tu étais plus brave devant les boches, à cette charge, l\u2019un à côté de l\u2019autre ; tu te souviens.Il ne répondit pas encore.de son ami le frappa.Pourrait-il être le remplaçant du fils disparu ?Si ce devoir lui don- rait le bonheur ?« Que dois-je faire ?Conseille moi.C\u2019est vrai que je l\u2019aime ; mais je suis pauvre et c\u2019est pour celà que j'ai voulu me tenir à l\u2019écart.J'ai goûté du bonheur dans cette maison hospitalière.D\u2019avoir été privé pendant trois ans de guerre, ce m\u2019était une joie très douce de me laisser vivre sans lendemain, entouré de bons soins et d\u2019affection.au réveil, j'ai lutté contre mon coeur, et contre toi aussi, qui m\u2019entraînais ; j'ai refusé toutes les invitations, sous prétextes de fatigues ou d\u2019études, et cependant je tremblais d\u2019apprendre un jour l\u2019annonce de son mariage ».Mais l\u2019argument Jean l\u2019interrompit.« Tu as eu tort ; c\u2019est fou ce silence incom- présensible.ce soir tu parleras.et tu resteras des nôtres, pour continuer les traditions familiales de toute l\u2019âme française que tu apporte de France.Decides-toi et viens chez nous dès que tu auras une réponse ; et ça ne tardera pas, je te le promets.» Martial ne répondit rien, mais il tendit amicalement la main\u2019 à Jean ; et ils descendirent.* x * Après le train, Juneau dit à son engagé : «Irons-nous voir la terre à la brunante ; l\u2019avoine doit déjà commencer à jaunir.Ledieu fit un signe affirmatif ; était-ce une chance pour lui ?ainsi il pourrait s\u2019expliquer, demander la main de Jeannette, réussir peut-être ; la joie le transforma, mais il ne voulut pas le faire paraître.Volontairement il demeura fermé tout le temps du souper.Jeannette ne lui avait jamais vu un air aussi sombre.Elle eut l\u2019appréhension que des choses graves allaient se passer.Son coeur se serra un peu! Partirait- il done ?Que lui avait mis en téte ce Denis qui ne voulait pas parler.Et tout en pensant à ces choses, elle préparait la table de la salle à diner ; sur la nappe de toile très blanche, s\u2019alignèrent les belles assiettes bleues et or, dont on se -servait le dimanche ; le soleil inondait la salle de ses rayons dansant au plafond, illuminant les murs.Et Jeannette pensa : Il y aura du bonheur dans la maison.Maintenant les deux hommes s\u2019en vont par la route, vers le bout de la terre.Martial connaissait cette attirance du sol pour les habitants.Ce n\u2019est pas assez de travailler cette bonne terre féconde pendant les six jours de la semaine, il faut au propriétaire la joie de la voir, de se pencher sur elle, de la palper amoureusement, d\u2019en sentir les apres senteurs.Le nère Juneau aimait cette visite hebdomadaire, c\u2019était pour lui -un plaisir et un divertissement.Ce soir là, ce fut la visite aux pièces de grain.La route monte entre les deux terres jusqu\u2019à la rivière, qui la borne d\u2019un côté ; ils traversèrent le pont, pour entrer dans une pièce d\u2019orge ; les épis inclinés prenaient une teinte d\u2019or, et les tiges ondulaient doucement en longues vagues très douces, comme en cadence.Le jeune homme fut émerveillé de la splendeur de la terre canadienne.Juneau, prenant les devants, égrenait entre ses mains des épis lourds de grains, à chair laiteuse ; ils étaient parvenus au côteau; les cinquantes arpents de terre apparurent alors dans une féerie de lumière ; le vieil habitant, appuyé contre la clôture de cèdre, racontait à son engagé, les misères des défrichements ; malgré tout, le travail avait été plus facile qu\u2019en d\u2019autres endroits, ici il n\u2019avait pas fallut se battre avec les pierres et les souches, «les roches sont dans la montagne par ici, les racines couraient sur le sol.Regardez moi ça l\u2019ami, est-ce un beau bien,» il se baissa et saisit une poignée de cette terre grise granulée, et l\u2019exposa au soleil ; «On dirait qu\u2019elle est vivante.celui qui la prendra après moi ne fera pas un mauvais marché ».«Qu\u2019en ferez-vous, Martial.D\u2019un geste lent, l\u2019habitant passa la main dans sa barbe.\u2018 Son engagé venait de réveiller tout le passé avec ses espoirs et ses douleurs.Il répondit enfin : « Demandez-le à Jeannette, elle seule me reste.Martial, s\u2019arrêta, l\u2019espoir au coeur.Il se souvint qu\u2019elle n\u2019avait pas voulu vendre, et tout de suite, il eut la certitude qu\u2019il était aimé.«Père Juneau, vous me connaissez bien, fit- il subitement ; et sans attendre de réponse, il continua : « Voilà quinze mois que vous me voyez à l\u2019oeuvre ; nous avons les mêmes idées et le même amour de la terre, voulez-vous de moi pour votre fils.plus tard, demanda \\ Rk # \u201cJe Telly, Ame \u20ac fey tt pg Wl Ty; ly apy Sens Nagy, fay da ft, | Soir, Tent, $ Forte ; Te Mong * hy ay tle | me ny end Nel =- = = jy tome 5 fe ails côtes pt alors abitent ptit à pk je gle st # cles panes 4 Jan, it vi Tes ghi 5 pause jen ji pu gleur® i | # 1 J iy tout qin #- = = LA REVUE NATIONALE Enfant si beau ! Dans le cerveau ! Rêve qui m'éblouit, me charme et me fascine De ta candeur, Comme une voix d\u2019argent à la note divine Qui parle au coeur.Mon âme de vingt ans se ressouvient encore Des jours heureux ! Mais ce temps si jaloux, hélos ! n\u2019est qu\u2019une Pleurons sur eux ! O jours si pleins d\u2019appats ! Pourquoi nous fuir ?Nous les ravir ?Buisers ! Des premiers ans ! Revenez consoler le coeur hanté de peine Des grands enfants ! Plaisirs ! Tendres souris ! D'un vrai croyant ; Comme un enfant.Aux traits si fiers ! Je crois goûter encor l\u2019aromate des roses Et des baisers ! Déjà trop tôt, hélas ! j\u2019ai franchi de la vie Le premier pas ; Dans le sentier commun ou germe l\u2019ironie, \u2019 Ne te perds pas ! Et ton coeur pur ! D'un ciel d\u2019azur ! Elie A UN ENFANT Lorsque vers moi ton oeil tout doucement se lève, Ce regard innocent me glisse un charmant rêve O moments pleins de charmes, Pourquoi, Seigneur, faut-il, par de constantes larmes, Bouche sereine Je pense à cet esprit qui vit dans la demeure Je pense à toi ma mère et regrettant je pleure En te.voyant bel ange aux pommettes si roses, Oh conserve toujours ta mignonne innocence Que toujours ton regard ait la douce influence aurore .BOURGAULT.LE PAIN QUOTIDIEN Les lonines 0: t placé toute leur confiance Dans ta vertu sacrée, 6 pain quotidien ! Lorsque Dieu dépouilla l\u2019Ancêtre de son bien IL glissa dans son pain la sublime espérance.Tu renfermes en toi les attraits du devoir Rigorreux à nos bras, mais utile à notre âme.Et ceux qui t\u2019ont compris, eu cri qui te réclame, Ont joint au dur travail la douceur de l\u2019espoir.Hs ont peiné yaîment sous les tâches ardues ; De l\u2019aurore an couchant ils ont oeuvré pour toi Sachant bien qu\u2019à la fin ils auraient sous leur toit Ta bonté reposante et ta joie assidue.Dépouillé de la forme âpre du châtiment, Unissant les douceurs multiples de la manne Aux saintes voluptés de l\u2019amour qu\u2019il émane, Le pain renferme Dieu dans le Saint-Sacrement.C\u2019est le pain qui refait les forces dépensées Et c\u2019est de lui que naît le courage éternel Dont se nourrit le coeur périssable et charnel Où notre humanité retrempe ses pensées.Le puin des anciens jours, le pain bis, le pain noir Etait plus savoureux à l\u2019antique misère Et portait les vertus fécondes de la terre Dans.le sang de la race attachée au terroir.Nos aïeux, plus croyants, en se mettant à table, Consacraient le repas d\u2019un grand signe de croix Afin que le Seigneur, touché de tant de foi, Leur gardât l\u2019âme franche et le pain délectable.Aussi sont-ils partis, dans le soir avancé, Fiers et beaux dans leur force et robustes encore.Et la terre a repris, leurs coeurs en son amphore Mais leur cher souvenir ne nous à point laissés.Le puin est fait damour, de force et de prière Et c\u2019est ce qui lui donne un vivifiant parfum, Car ce sont les vertus des laboureurs défunts Que renferme le blé jailli de bonne terre.(\u201c La Genèse du Pain\u201d) Alphonse DESILETS.LE REMPLACANT (Suite) «Je comprends.je comprends, fit le vieillard, soudain très grave, se parlant à lui- même ; et après un silence qui parut un siècle au jeune homme, il leva les yeux vers lui : « Ce n\u2019est pas à moi de décider cela.Jeannette vous répondra mieux, je crois.Il resta songeur un moment, puis il ajouta : « Pour moi je veux bien » Sans un mot, ils revinrent tous deux à la maison.Jeannette, les voyant venir alluma la lampe, dans la salle d\u2019entrée, puis descendit au jardin, comme au temps jadis, quand on venait la voir.Elle a l\u2019impression bien nette d\u2019isolement.Son amour secret devient trop lourd à porter.Sur ses lèvres errent des paroles qu\u2019elle ne prononce pas, « si vous vouliez, Martial, vous ne partiriez point.nous serions si heureux.» Mais elle ne les dira jamais.Martial est arrivé ; elle entend la barrière grincer sur ses gonds ; il s\u2019avance dans Vallée fleurie ; elle le sait prés d\u2019elle et pourtant une force plus forte que sa volonté l\u2019immobilise.Martial n\u2019ira plus dans son pays.Adieu, les plaines lumineuses de France; une autre lumière l\u2019a pris pour toujours.Jeannette lève alors les yeux sur lui ; le jeune homme est rayonnant.Il semble la voir pour la première fois ; elle est mise simplement, sans recherche ; sa robe noire lui sied à merveille.Vraiment elle ne lui a jamais parue si jolie.Il prononça simplement ces mots : « Mademoiselle Jeannette.Le jardin s\u2019assombrit brusquement transition et les sommets rougeoient d\u2019incendies éclatants ; c\u2019est une fin de jour comme on n\u2019en voit que là ; le soleil sans diminuer ses splendeurs rayonnantes, se plonge tout entier au- delà des monts ; les grands nuages pourpres flambent et les bois sont encore remplis de lumière ardente.La voix de Martial s\u2019éleva de nouveau, très tendre, comme une caresse d\u2019une infinie douceur.attendue depuis longtemps ; Jeannette se laissa bercer, se demandant quel serait le réveil, toute seule, encore, toujours isolée, loin de celui qu\u2019elle aimait de toute son âme ; et dans un beau rêve cette voix \u2018disait : « Mademoiselle Jeannette, je vous aime ; si vous vouliez, je resterais ici ; votre pays serait mon pays, Vos traditions seraient les miennes >.Elle leva les yeux, avec l'impression qu\u2019une immense tendresse l\u2019enveloppait toute.Si elle voulait ! Martial parlant lentement continua : « Le père approuve Ma demande.si vous vouliez de moi, je serais, pour lui le remplaçant qui garde la terre, qui l\u2019aime.Nous l\u2019aimerons du même amour puissant, inaltérable > ; il se tut.Jeannette le regarda : « Vous ne voulex donc plus partir pour les terres neuves, Martial ?Il fit non d\u2019un geste.La nuit était venue ; ils rentrèrent.La lampe de cuivre doré, suspendue au plafond, éclai- sans RE rait la pièce d\u2019une manière indécise, laissant les meubles dans l\u2019ombre ; dans leurs cadres, les disparus souriaient, en signe d\u2019approbation.Jeannette, heureuse pour la première fois depuis longtemps, faisait les honneurs de la maison ; Martial ne désespérait plus ; il attendait les paroles qui décideraient de sa vie.Pierre Juneau, assis commodément dans une chaise berçante, fumait furieusement sa courte pipe.«Eh! Bien qu\u2019attends-tu ma petite » demanda-t-il entre deux bouffées.Elle se recueillit un moment, puis répondit : « Voilà seulement dix minutes qu\u2019il attend, tandis que moi.et se tournant vers Martial, elle continua : «Je ne veux pas que vous partiez d\u2019ici, puisque je vous aime moi aussi ; nous nous marierons entre les récoltes et les guérets».Les deux fiancés veillèrent ensemble après l'échange de leurs serments.Dix heures sonne- rent à l\u2019horloge.Martial s\u2019en va chez Jean Denis, le coeur tout plein des souvenirs de cette veillée de fiançailles.Il monte allègrement le sentier de la montagne ; la nuit est silencieuse, et le ciel constellé d\u2019étoiles brillantes.Il se retourne avant de contourner le rocher qui lui cachera la vallée ; la maison apparaît encore éclairée.Jeannette est là.au foyer joyeux, qui demain rayonnera de vie française.Alors, il lui envoie un baiser de la main, et disparaît dans la nuit.Valleyfield, 13 avril 1920.Jacques DES MINES. 16 LA REVUE NATIONALE (Ouvrage couronné par l\u2019Académie Française).Mlle PAPE-CARPANTIER | 7 (suite) J\u2019ai vu (ah ! il ya longtemps que je voyais !) et Au bout d\u2019un temps que la jeune fille trouve interminable, la voiture s\u2019arrête devant une grande porte sombre, au-dessus de laquelle flotte un drapeau.Un vieux concierge conduit les deux voyageurs dans le cabinet de la directrice.Elle est là, assise à un bureau modeste, sous la lumière d\u2019une lampe de travail.Quand Marik se trouve en face de cette figure pâle, empreinte de gravité et de douceur, quand elle voit s\u2019attacher sur elle de splendides yeux noirs qui sont une lumière, elle se sent dominée par l\u2019invincible respect qu\u2019inspire toute supériorité morale.Cependant elle rougit, et par peur de dire ce qu\u2019il ne faudrait pas, ou de ne pas dire ce qu\u2019il faudrait, c\u2019est à peine si elle répond aux questions que lui pose Mme Docé.Qu'importe ! Celle-ci comprend que la petite paysanne soit intimidée, et elle lui parle avec une bienveillance calme et maternelle.Le cours ne commence que dans huit jours.Pendant une semaine, Marik se trouvera seule dans la grande maison, avec les maîtresses déjà revenues ; cela lui laissera le temps de s\u2019acclimater un peu.Mme Docé a pensé qu\u2019au début surtout, la pauvre dépaysée aurait besoin de solitude, que le contact trop brusque avec des jeunes filles si différentes d\u2019elle la ferait souffrir, et, au lieu de la mettre au dortoir.comme les autres, elle a fait disposer pour elle une petite chambre sous les toits.C\u2019est là que l\u2019on conduit Marik après que M.Girault l\u2019a quittée.C\u2019est done fait! La voila seule dans cette cellule, blanche et étroite, elle, habituée aux grands espaces, aux courses a travers champs et grèves.La voilà, pour toujours, loin de ce qui lui est cher et familier.Un lit de fer, un placard pris dans l\u2019épaisseur du mur, une petite table de toilette, une chaise, c\u2019est tout son mobilier ; et, d\u2019un seul côté du plafond très mansardé, le jour arrive par une tabatière.Chaque chose étonne Marik : les grands escaliers, si hauts, qu\u2019on lui a fait monter, le gaz qui éclaire les couloirs, les fermetures même des portes, toutes ces nouveautés sonnent le glas de l\u2019exil.Elle est lasse.Ses poumons sont pleins de la poussière du train ; ses yeux brûlent.Plus de douze heures de chemin de fer ont endolori ses membres, et, aux tempes, le battement de ses artères scande le bourdonnement de la locomotive, resté dans ses oreilles.Au début, une énergie la soutenait, une fièvre de s\u2019enfuir, de se sacrifier, de disparaître.À présent, son âme est encore plus brisée que son corps ; elle réalise tout ce qu\u2019elle n\u2019a plus, et plie sous une détresse pire que la mort.Elle a soufflé sa lampe pour qu\u2019on ne s\u2019aperçoive pas qu\u2019elle veille encore.Mais tandis qu\u2019elle gît, effondrée sur sa chaise, si anéantie qu\u2019elle n\u2019a pas même la force de se mettre au lit, au milieu du carré de ciel noir que découpe la toute petite fenêtre, elle aperçoit une étoile.XXII Dès le lendemain matin, Mme Docé lui dit : «Je vais vous demander un petit sacrifice : celui de votre costume.Vos compagnès arrivent dans quelques jours ; vous allez être entourée d\u2019une foule d\u2019indifférentes.Votre coiffe, (cette jolie coiffe que j'aime, moi), les étonnera sûrement ; certaines s\u2019en moqueront, et vous classeront, d\u2019emblée, comme un être à part, qu\u2019elles placeront, sans nul doute, au-dessous d\u2019elles, même si vous valez cent fois mieux ».Et, devant les yeux de Marik qui se remplissaient de larmes : « Ne pleurez pas.L'amour du pays natal ne tient pas à la forme des vêtements ; vous ne se- sez pas moins fidèlement bretonne parce que vous aurez laissé votre guimpe et que vous porterez un chapeau, et personne ne se sentira autorisé à voir en vous une singularité.Par l\u2019extérieur et le costume, ressemblez à tout le monde : c\u2019est par votre âme qu\u2019il faut vous distinguer.Et, quoique je vous aie vue hier soir pour la première fois, je connais votre âme, mon enfant, et je suis sûre d\u2019elle.\u2014 Oh, madame ! s\u2019écria Marik avec effusion, PIERRE ET MARIK.ce que vous me commanderez je le ferai de tout mon coeur ».; L\u2019après-midi, grâce à une petite somme laissée par M.Girault pour cette usage, elle se trouva vêtue de la tête aux pieds autrement qu\u2019elle ne l\u2019avait toujours été, vêtue comme une étrangère.Alors, elle rangea soigneusement en un paquet sa guimpe et sa coiffe ; elle y épingla un morceau de papier sur lequel elle écrivit : Mes chères hardes de Bretagne, et pieusement, comme on touche un mort, elle posa ce paquet sur la plus haute planche de son armoire, tout au fond.Mais quand, pour sortir de sa chambre, elle passa devant le petit miroir accroché au mur, elle détourna vivement la tête pour ne se point voir.XXIII Le soir où Pierre revint de Paris, l\u2019âme, en vérité, très joyeuse du retour, dès son entrée dans la maison, l\u2019orage éclata.Jacquette était seule, assise devant la grande cheminée, sous la clarté jaune du lutik.L'heure du souper étant passée, tous les serviteurs avaient quittée la salle, mais la table était restée dressée, avec le couvert du fils de la maison.Il entra.Sa mère s\u2019était levée, l\u2019avait débarrassé de sa valise, et, tout de suite après les embrassements de l\u2019arrivée, lui avait apporté à manger : ; « Pourquoi vous donnez-vous la peine de me servir vous-même, maman ?fit gaiement Pierre.Où donc est Marik 7» La nature de Mme Le Goaz n\u2019était pas de celles qui hésitent devant une explication : « Marik n\u2019est plus ici, répondit-elle d\u2019un ton qu\u2019elle s\u2019efforçait de rendre indifférent.Elle est partie.\u2014 Partie ?Où?\u2014 Qu\u2019en sais-je ?Elle s\u2019est sauvée.\u2014 Sauvée ?Allonc donc ?C\u2019est une plaisanterie, n\u2019est-ce pas, maman ?\u2014 Elle s\u2019est sauvée.une nuit.\u2014 Non, non, Marik n\u2019a pas fait cela.Si elle n\u2019est plus ici, c\u2019est que vous l\u2019avez chassée.\u2014 Pierre ! Je n\u2019ai pas l\u2019habitude de mentir; je n\u2019ai pas non plus l\u2019habitude de me cacher.C\u2019est pourquoi je te répète qu\u2019elle est partie d\u2019elle- même, l\u2019autre nuit, mais que, sans cela, mon devoir eût été de la chasser .et que je l'aurais fait.\u2014 Ma mère ! \u2014 Je l\u2019aurais fait ! accentua-t-elle.\u2014 Et pourquoi ?\u2014 Pour des raisons qui ne regardent que moi, pour des raisons qu\u2019une mère n\u2019a pas à donner à son fils.\u2014 Ma mère, reprit Pierre en baissant un peu la voix, je vous en supplie, pesez vos paroles.Si quelqu\u2019un a calomnié Marik près de vous.je ne sais quelle noirceur on a pu imaginer .vous la connaissez aussi bien que moi, vous pouviez la défendre comme je la défends.» Mme Le Goaz prit un air très hautain.\u2014 Personne n\u2019a eu la peine de la calomnier.cela m\u2019a suffi.\u2014 Mais vous savez où elle est ?\u2014 Non, je ne le sais pas ; non, ni ne m\u2019en soucie.Ah ! ajouta-t-elle en éclatant, quand on n\u2019a qu\u2019un fils, et qu\u2019il ne se garde pas, il faut bien que sa mère le garde ! » Pierre avait bondi.Il vint se placer devant sa mére, tout prés.Quoiqu\u2019elle fit trés grande, il la dominait encore.Leurs yeux se croisérent, leurs yeux d\u2019acier, si pareils, .« Ma mère, je cours à la recherche de celle que vous avez chassée.Veuille Dieu que je la retrouve ! » Et il partit, tête nue, faisant claquer la porte, tandis que le chat, furtivement grimpé sur la table, se régalait de la soupe que Pierre avait laissée intacte dans son assiette.Les Girault, chez qui Pierre courut d\u2019abord, ne pouvaient, (nous savons la promesse qui les rendait muets), lui rien dire de ce qu\u2019il avait si grande fièvre de savoir.Les deux vieillards lui répondirent par des hésitations, des réticences, des équivoques dont, seule, sa propre émotion l\u2019empêcha de constater l'embarras.T1 quitta le Couédie ne sachant rien de plus que lorsqu\u2019il y était arrivé.Et, tandis que le sable du jardin craquait sous ses pas éloignés : « Ah ! mon vieux mari.mon vieux mari ! s\u2019écria Mme Girault à bout d\u2019efforts ; qu\u2019il est difficile de mentir à notre Âge, quand on n\u2019en a pas l\u2019habitude ! » Du Couédic, Pierre courut chez Magalon.Celui-ci n\u2019était-il pas, par son métier même, au courant de ce qui se passait à dix lieues à la ronde ?Il trouva la maisonnette ouverte et vide.Le chercheur de pain était assis, comme l\u2019autre soir, sur un rocher de granit poli qui lui servait de trône.« Ohé ! Magalon ! appela Pierre à travers la lande.\u2014Je suis ici, monsieur Pierre.Venez vous asseoir près de moi.Je regarde l\u2019eau.Je me dis qu\u2019elle est profonde et froide pour les malheureux trépassés que j'entends gémir toutes les nuits.Et il y en a, Seigneur Dieu ! il y en a de plus en plus ! Aussi, malheur à ceux à cause de qui l\u2019on se noie ! Au jour du jugement, l\u2019eau qui emplit le corps des pauvres défunts pèsera lourd sur leurs épaules.Elle pèsera, pèsera comme des pierres de plomb, et les fera couler dans un étang de flammes, grand comme notre mer de Bretagne ».Puis, sans transition : « Monsieur Pierre, je sais d\u2019avance pourquoi vous me cherchez ce soir.Je sais aussi que c\u2019est sans votre consentement, mêmement sans votre connaissance que ce qui s\u2019est passé.\u2014 Magalon ! s\u2019écria le jeune homme, vous savez où est Marik.\u2014 Non, monsieur Pierre, malheureusement.A l\u2019heure qui sonne je ne sais point où elle est.L'autre soir, je l\u2019ai tirée de l\u2019eau où elle s\u2019était jetée, par crainte de votre mère, j'en suis bien sûr, quoiqu\u2019elle n\u2019ait pas voulu en convenir.Je l\u2019ai réchauffée, je lui ai donné ma place dans ma cabane, et j'ai passé la nuit sur le rocher où nous sommes.J\u2019y ai bien dormi, à ce qu\u2019il paraît, car le lendemain, quand les allouettes de la lande m'ont éveillé, l\u2019enfant n\u2019était déjà plus la.Elle s\u2019était levée plus matin encore que les alouettes.D'abord, ça m\u2019a_ donné un coup : j'ai eu peur qu\u2019elle ne soit retournée.enfin.à l\u2019endroit d\u2019où je l\u2019avais retirée.Cependant, elle m\u2019avait promis, bien promis .,.Monsieur Pierre, reprit-il avec solennité, votre mère attirera sur votre maison une grande colère, ou sans cela il ne faudrait plus croire à la justice de Dieu.\u2014 Et depuis ?demanda Pierre le coeur labouré, sans relever, cette fois, l\u2019insulte faite à sa mère ; depuis ?\u2014Je ne l\u2019ai pas revue, ni n\u2019ai entendu parler d\u2019elle.Je pensais qu\u2019elle reviendrait peut-être, si elle ne savait où coucher, la pauvrette ! Elle n\u2019est pas revenue.Je vous plains bien, continua le mendiant après un silence lourd ; je sais que vous êtes très malheureux.Cette petite était quasiment votre soeur.Je m\u2019enquerrai en faisant mes tournées, et, si j'apprenais quelque chose, je w LA REVUE NATIONALE tf vous le dirais; oui, je vous le dirais, méme si c'était.\u2014 Merci, Magalon, merci.\u2014 Bonsoir, monsieur Pierre, Dieu soit avec vous ! » Certes, il en a besoin, le pauvre Pierre, que Dieu soit avec lui.Depuis son départ précipité, Jacquette l\u2019attend.D'abord, elle est allée sur la route, devant la ferme; puis, comme l'heure s\u2019avancait, elle s\u2019est postée à la fenêtre, derrière le rideau, d\u2019où elle peut voir la porte de la cour, et elle ne quitte pas cette porte des yeux.Que peut faire son fils si longtemps ?Sitard ?Où est-il allé ?Elle se défie de tout, à présent, surtout de la nature de Pierre, de son premier mouvement.Depuis combien de temps est-elle là, angoissée, guettant la silhouette noire qu\u2019elle croit proche, ne la voyant jamais apparaître ?Enfin ! elle l\u2019a aperçue.Pierre traverse la cour, la cuisine ; il monte l\u2019escalier.Et vite, vite, pour qu\u2019il ne puisse soupçonner combien elle était inquiète, combien son coeur a battu, pour qu\u2019il se figure qu\u2019elle n\u2019attache aucune importance à toute cette histoire, Jacquette se jette dans son lit, s\u2019étend.comme s\u2019il y avait longtemps qu\u2019elle est \u2014 Une sainte ?Elle est jolie ta sainte ?(Mme le Goaz ricanait.) Elle ne déteste pas les rendez-vous au clair de lune, ta sainte ! ni les cadeaux des amoureux, puisque je t\u2019ai vu sortir de sa chambre à la nuit tombée, et que tu lui as donné des bijoux ».A cette attaque directe, un voile se déchira pour Pierre ; il comprit tout : la profondeur de la haine de sa mère, et les causes de cette haine.«Ah! vous avez cru\u2026 vous avez pu croire.cela .d\u2019elle ?Ma mère, je vous affirme, je vous jure, sur votre honneur, qu\u2019il ne s\u2019est rien passé, jamais, entre Marik et moi, dont l\u2019un ou l\u2019autre nous avons a rougir.Ah ! c\u2019est cela que vous croyiez ?D\u2019elle, et de moi ! Eh bien, moi, malgré sa disparition, malgré ce que vous venez de me dire, je doute si peu de Marik, je suis si sûr de ce qu\u2019elle est, que je serais prêt aujour- d\u2019hui, demain, sans lui faire aucune question qui pût avoir l\u2019air d\u2019un soupçon, je serais prêt à lui offrir le nom que je porte._\u2014 Ton nom?Ton nom qui est le mien?J'aimerais mieux l\u2019étrangler de mes propres mains, et monter ensuite sur l\u2019échafaud.En voila assez! Tu es fou.Mais si jamais tu la retrouves, et que tu veuilles lui offrir ton mom, couchée.Les explications furent brèves.« Ma mère, fit Pierre, d\u2019une voix dont il avait peine à contenir le tremblement, je n\u2019ai rien trouvé ce soir.Sans doute aurai-je plus de chance demain, ou aprés-demain, ou plus tard, car je continuerai mes recherches, je vous le jure, jusqu\u2019à ce que je sache quelque chose.En attendant, je veux vous demander.\u2014 Ce n\u2019est pas la peine, interrompit Jacquette d\u2019un ton indifférent, je ne te répondrais pas.Des choses de ce genre arrivent dans toutes les maisons, sans que cela fasse tant d'histoires.Quand, pour une raison plus ou moins grave, une servante a cessé de vous convenir, on la renvoie et on n\u2019a de comptes à rendre à personne.Ici, je suis la maîtresse.\u2014 Certes ! mais mon père est mort, et j'ai l\u2019âge d\u2019homme ; j'ai donc une part de responsabilité.Je n\u2019ai jamais discuté votre commandement ; j'y ai obéi comme le premier de vos serviteurs.Au jour présent, je ne vous accuse ni ne vous condamne, ne sachant rien ; mais devant tout seul, arriver à comprendre, j'ai le droit de vous demander pourquoi vous avez agi comme vous l\u2019avez fait.\u2014 Et moi, j'ai le droit de ne te point répondre ; et j'ai aussi celui de te dire qu\u2019en me parlant sur ce ton, en rappelant le souvenir de ton pre, à propos d\u2019une affaire de cette espèce, c\u2019est en même temps moi et lui que tu offenses.\u2014 Ce serait loin de ma volonté.Vous savez que j'ai toujours été pour vous le tils le plus respectueux et le plus soumis.Je ne m\u2019en vante point.L\u2019affection et le respect sont choses qu\u2019il est doux de devoir à sa mère.Mais ce qui s\u2019est passé ici, en mon absence, est un cauchemar que ie voudrais chasser, et vous seule pouvez me tirer de peine.Maman, maman, voyez ce que je souffre ! Si je vous ai manqué dans mes paroles, pardon ; mais je vous en supplie, expliquez-moi.\u2026.\u2014 Je n'ai rien à t\u2019expliquer : mon fils n\u2019a pas à juger mes actes.\u2014 Mais en refusant de me répondre, vous me forcez à penser que vous avez commis une grande injustice, et, si Dieu ne l\u2019a pas empêché, un grand crime.\u2014 Un grand crime ! respectueux ! > Elle s\u2019était assise sur son séant.Ses yeux flambaient sous son front implacable que sa coiffe de nuit enserrait comme le béguin d\u2019une religieuse.« Oui, si Marik s\u2019est suicidée.\u2014 Suicidée ?Ah! ah! ah! Tu es simple.Ah ! les benets de garçons ! Ils-sont bien tous les mêmes.Rassure-toi.Elle est jolie, elle sait plaire : elle ne s\u2019est point suicidée ».Ces dernières paroles furent lancées avec tant de perfidie que Pierre ne put se contenir.« Ma mère, je vous en conjure, pas un mot de plus.Je ne laisserai dire à personne, pas même à vous, pareilles infamies sur une enfant qui n\u2019est pas là pour se défendre., \u2014 Et depuis quand as-tu pris l\u2019habitude de m'imposer silence ?s\u2019écria Jacquette avec cette fierté haute qui était son arme supérieure.Depuis quand ?Depuis qu\u2019une petite drôlesse te turne à son gré ?\u2014 Marik est une sainte.de tels faits, si graves, et que je ne puis, ly (i 2 Comme tu y vas.fils | uh I PIERRE S\u2019ETAIT JETE A TERRE SUR LA ys comme tu dis si bien, tu te passeras de mon consentement ; ou bien, tu attendras que les fossoyeurs t\u2019aient débarrassé de ta mère.Ce ne sera peut-\u2018tre pas long.Alors.tu serais libre de remplir Kergoz de toutes les servantes qu\u2019il te plaira; mais, de mon vivant, les murs ne verront pas chose pareille.Maintenant, va te coucher.Sur ce sujet, nous n\u2019avons plus rien à nous dire ».Ét elle se retournera du côté de la ruelle en un mouvement brusque qui fit craquer tout le grand lit._ Pierre resta quelques minutes muet au milieu de la chambre.; « Ma mère.dit-il enfin avec une nettete et une lenteur qui solennisait ses paroles, j'aime Marik Le Gall de tout mon coeur, et je la vénére 2 l\u2019égal de vous-même.Vous avez raison : sur ce sujet- 1a, nous n\u2019avons plus rien a nous dire ».Et il quitta la chambre.XXIV Et, de fait.ils prirent très vite l'habitude de ne plus se dire rien.Deux fois par jour, aux heures des repas.BRUYFRE HUMIDE.Pierre venait s'asseoir en face de sa mère, à peu près comme on s\u2019assied à table d'hôte en face d\u2019étrangers dont on ne tient pas à faire la connaissance.La présnece des serviteurs rendait plus facile leur mutuelle attitude.Puis, il allait d\u2019une occupation à une autre, machinalement, ainsi qu\u2019à des choses qu\u2019on sait parfaitement inutiles.Dans les premiers temps, il semblait absorbé par cette seule idée : quand allait-on retrouver le corps de Marik ?Rien ne lui paraissait probable que son suicide, et il s\u2019étonnait.chaque soir, que le jour qui venait de s\u2019écouler n\u2019eût amené aucune découverte.A la moindre annonce de quelque lugubre trouvaille, il courait, le coeur battant, se disant : « C'est elle, cette fois : ce ne peut être qu\u2019elle ».Il s\u2019enquérait des détails, se croyant certain de ce qu\u2019il allait apprendre ; puis, subitement rassuré, il se sentait, à la minute d\u2019après, repris par l\u2019ef- rovable conviction que ce serdit pour le lendemain.Une fois, il avait couru jusqu'à Audierne, où l\u2019on venait de repêcher quelqu\u2019un de noyé.C'était un vieux matelot, énorme, gonflé par l\u2019eau sous laquelle il avait séjourné plusieurs semaines.Et, de ce qu\u2019il vivait ainsi dans de continuelles fausses alertes, il avait pris l\u2019habitude, quand il se promenait le long de la grève, de quêter du regard au loin, sur toute lé- tendue de la mer, à la recherche d\u2019une épave.Cela ne l\u2019empêchait point de tout faire pour retrouver les traces de Marik vivante.Mais, dès le début, il s\u2019était convaineu de l\u2019impossibilité de démarches officielles.Quand il avait parlé de s'adresser à la police de Quimper.« Va, va, mon petit, avait répondu Jacquette ironique.Je sais bien ce que les bonnes langues diront, lorsqu\u2019on verra que c\u2019est le fils qui la réclame, et non la mère».Alors, il s\u2019était tenu tranquille, mais il n\u2019avait voulu faire de confidences à personne.Non, même pas à sa marraine.Elle n\u2019avait rien pu lui apprendre, le premier soir, lorsqu\u2019il avait couru comme un fou au Couédie, certain d\u2019y retrouver la clef de la douloureuse énigme.Rien pu ?ou rien voulu ?Du reste, Mme Le Goaz avait dû lui raconter les choses à sa manière.Mme Girault se montrait plus affectueuse, plus maternelle que \u2018amais, il est vrai, mais elle n\u2019avait pas questionné Pierre, elle ne lui avait pas parlé de Marik.Eh bien.tant mieux ! TI préférait qu'il en fit ainsi.Puisqu\u2019elle semblait pour toujours disparue, pourquoi lui aurait-on parlé d\u2019elle ?Pour l\u2019en consoler, ou pour l\u2019en détacher ?Il aimait mieux se replier en un mutisme que les indifférents jugeraient sauvagerie, et sous lequel se déguisait Ja pensée constante de cet amour éveillé trop tard, éveillé dans un drame.Car jusqu'alors, il n\u2019avait cru ressentir pour l\u2019orpheline qu\u2019une affection fraternelle, entrée dans l\u2019âme avec les quotidiennes accoutumances, douces autant que sans flamme, dont il semble si b\u2018en qu\u2019on -pourrait se passer.Mais la haine de sa mère l'avait soudainement éclairé, La passion est toujours maladroite, parce qu\u2019elle est aveugle.Jac- quette avait fait éclore ce qu\u2019elle redoutait : l\u2019outrance même de son inimitié avait révélé à son fils l\u2019amour qu\u2019elle voulait étouffer : il aimait Marik, il l\u2019aimait de toute son âme, il n\u2019aimerait jamais qu\u2019elle.Et sous le m°me toit.et continuellement en face l\u2019un de l\u2019autre, la mère et le fils, si étroitement unis jadis, vivaient comme s\u2019ils eussent été, non pas seulement étrangers, mais ennemis.De cet état de choses.créé par elle.Jacquette était fort malheureuse.Comme toutes les natures excessives, elle- était sortie désemparée de sa colère.Le remords n\u2019était pas ce qui empoisonnait sa vie.Dans les commencements, elle aussi avait été prise de la terreur que Marik ne se fût noyée, précipitée du haut d\u2019une roche ou fait écraser, mais c'était à cause de sa responsabilité dans un pareil dénouement.Quand Pierre rentrait, morne.elle n'osait pas le questionner.mais elle interrogeait tout bas les domestiques.faisait des signes de croix au claquement d\u2019une porte, au vol subit d\u2019une poule.au grincement de la girouette, à tout ce qu\u2019on sait être le bruit d'une âme qui revient.Par la suite, ses inquiétudes s'étaient endormies.et de ce qu\u2019on ne retrouvait pas Marik, elle prit volontiers son parti.(A suivre à la page 30). 18 LA REVUE PEINTURE | Ce qu\u2019elles dirent \u2026 PAULINE \u2014 MARGOT \u2014 ESTELLE.\u2014Au Parc Lafontaine, fin de juin, vers cing heures de l\u2019après-midi.Coin ombré.Température délicieuse.Margot et Estelle, deux jolies frimousses blondes, causent, assises sur l\u2019un des bancs placés dans le voisinage du Monument Dollard.; ESTELLE \u2014 Pauline nous rejoint, n\u2019est-ce pas ?MARGOT \u2014 A l\u2019instant.(Riant).Nous semblons ainsi que des âmes en peine sans elle, des « ânes en plaines » comme disait l\u2019autre.ESTELLE \u2014 Merci.Dis plutôt des femmes en danger.mauvais ménage toutes deux.aussitôt.MARGOT \u2014 Blanc, sans y manquer mon lieutenant.Et chose curieuse, voila que tu te mets a4 voir rouge.C'est une confusion ! ESTELLE \u2014 (Soupirant).Il y aura quelque jour de la tragédie entre nous.Hélas ! à cause de ma ressemblance avec le doux, le conciliant, le bélant Abel, je serai ta victime ! MARGOT \u2014 (sursautant).Eh bien ! tu en as une impudence ! Si l\u2019on peut dire ! Sachez Mademoiselle que sur mon front très lisse ne se verra jamais la marque du fratricide.ESTELLE \u2014 (qui triomphe.) Es-tu solennelle! Comment dis-tu ?fra-tri-ci-de ?Ouf ! Pour une simple réminiscence de la Bible me servir ce vocable ! MARGOT \u2014 Je le maintiens.Aux grands remèdes les grands maux.ESTELLE \u2014 Cœur d\u2019or d\u2019infirmière, va ! PAULINE \u2014 (qui approche vivement, et peut saisir les derniers mots prononcés par Estelle).Bonjour, mes petites, mais dites donc n\u2019auriez-vous pu m\u2019attendre pour la distribution des aménités.L'on se traite de cœur d\u2019or, ici.?: ESTELLE \u2014 (lui serrant la main).Chère, chère Pauline, nous t\u2019attendons toujours, quelque soient les douceurs que nous nous lancions gentiment à la tête, Margot et moi.Je te jure que c\u2019est le première mot.peu ! sucré, qui se présente.Tu l\u2019as goûté.MARGOT \u2014 Bonjour, Pauline, viens, installe-toi entre nous deux, \u2018entre nos contradictoires personnes.Bien, je me sens rassurée maintenant.Ah ! bah ! (elle ramasse une revue que Pauline tenait à la main et vient de laisser échapper) tu lis toujours la « Revue des Jeunes » ?PAULINE \u2014 Oui, (souriante).Elle ne vieillit pas, vois-tu ! C\u2019est un avantage, entre beaucoup d\u2019autres qu\u2019elle a sur moi.ESTELLE \u2014 Pauvre petite Mathusa ! (Elle lui effleure doucement les cheveux).As-tu pleuré ce matin sur un nouveau cheveu blanc ?Ta sombre chevelure a-t-elle d\u2019aussi blanches noirceurs ?MARGOT \u2014 (qui feuillette la revue).Pauline, tu prises tant que cela le mystique Vallery-Radot, ou Francois Mauriac ?Nous ferions Vois-tu, mon chat, si je dis noir, tu dis ESTELLE \u2014 Mais non, Margot, c\u2019est l\u2019abbé Sertillanges qui intéresse notre amie.PAULINE \u2014 En ce moment, oui.ESTELLE \u2014 Et que dit-il de si extraordinaire ce fils de Saint Thomas ?Quelle \u201c« somme » nouvelle offre-t-il à nos modernes esprits ?PAULINE \u2014 Il préconise la belle, la bonne, la fréquente conversation.ESTELLE \u2014 La vôtre alors! Oh! le charmant abbé ! Et intelligent !.Il se doute bien qu\u2019il ne prêche pas dans le désert avec un pareil sujet.Pour ma part, je suis convaincue avant de l\u2019avoir entendu.Le sujet, par lui-même, est un argument ad.mulierem.MARGOT \u2014 (haussant les épaules).Tu as bien tort Estelle, d\u2019admettre si facilement que nous aimons tant à parler les femmes et plus que ces messieurs.Si souvent au contraire nous sommes à écouter l\u2019un d\u2019entre eux, pérorant, pérorant.PAULINE \u2014 (taquine).Sans oublier qu\u2019aux moments psychologiques.n\u2019est-ce pas, ces messieurs peuvent être loquaces tant qu\u2019ils le désirent.Tu ne les interromps jamais.MARGOT \u2014 (riant).Jamais.Et voilà pourquoi votre fille est muette.pas assez souvent à son gré.ESTELLE \u2014 Revenons à nos brebis, pardon, au pasteur de notre doux troupeau.Que dit ce bon abbé, Pauline, sur les flots de paroles s\u2019échappant sans cesse des lèvres humaines ?MARGOT \u2014 Ne fais aucun effort de mémoire, chérie.Ouvre au hasard la revue.Tiens, tes yeux brillent.Eureka.Fais voir cette perle ?NATIONALE PAULINE \u2014 (lisant).« La conversation nous donne au voisinage d'autrui un profond sentiment de nous-même, nous invite à jouir de notre humanité sans effort, organise entre nous des ententes exquises, ou, sans amères querelles, des débats exaltants ».\"ESTELLE \u2014 Bravo ! Ententes exquises ! qui est parlé ! Ca me va ! MARGOT \u2014 Dis donc, Pauline, pourquoi l\u2019abbé Sertillanges sermonne- t-il sur ce sujet ?Je m\u2019en étonne.« Celui qui ne pêche pas par la langue est parfait », nous avait-on accoutumé à croire.La conversation est remplie d\u2019embâches, d\u2019accrocs plutôt soit à la charité, soit à la vérité.Nous la pratiquons avec cxaiînte et tremblement.ESTELLE \u2014 Ca n\u2019y paraît pas !.C\u2019est de la perversion, alors, chez toi, c\u2019est du propre.PAULINE \u2014 Il paraît, Margot, que cela devenait aussi nécessaire de nos jours, que de parler des modes inconvenantes.Sujets d\u2019actualité.La chaire de vérité doit les approfondir pour notre plus grand bien.Quelques écrivains français ont fait la même remarque que toi.ESTELLE \u2014 Qui donc ?Cite, cite.Cela va m\u2019apparenter avec d\u2019illustres personnages, ça me flatte.MARGOT \u2014 Petite snob ! PAULINE \u2014 Gonzague Truc, par exemple, Margot.ESTELLE \u2014 Connais pas.MARGOT \u2014 Ni moi non plus.ESTELLE \u2014 (ironique).Si c\u2019eût été Henry Bordeaux, quels yeux extatiques, n\u2019est-ce pas ?MARGOT \u2014 Pas tant que cela.Je ne puis lui pardonner d\u2019avoir de- claré que les canadiennes avaient de grands.pieds, ESTELLE \u2014 Mais il ne nous connait pas.Les avoir admis petits, petits, eût été une chinoiserie puérile.Il a opté pour le confortable.MARGOT \u2014 Ça lui apprendra aussi à faire de l\u2019exotisme sans rime ni raison.\u2018Comment peut-on avoir l\u2019idée de décrire des gens que l\u2019on n\u2019a jamais vus ! PAULINE \u2014 Vous délaissez le Père Sertillanges, mes petites.Vous ne vous doutez guère des choses innombrables qu\u2019il a dites sur la conversation.Cela a absorbé tout son temps durant l\u2019Avent de 1919, ESTELLE \u2014 Oui ! Entre autres, choses ?PAULINE \u2014 Ecoutez ceci, qui émeut, vraiment, nos ames catholiques : (elle lit.) » La vie du Sauveur est-elle autre chose qu\u2019une conversation supérieure ?Il parla quelquefois avec véhémence et aborda la grande foule; mais la plus grande partie de son apostolat se passe en des conversations familières, sur les chemins, sous les portiques du temple ou à table » ESTELLE \u2014 Et les Grees ?Et Socrate ?MARGOT \u2014 (avec un regard sournois vers Estelle).Et les péripatéticiens ?.: ESTELLE \u2014 Hein ! Mais tu les collectionnes les grands mots.sans les grands remèdes ! Tu n\u2019as pas hésité, ma parole !.Je commence 3 te considérer avec respect.PAULINE \u2014 Evidemment, il devait être question des Grecs, devisant en se promenant sous le beau ciel d\u2019Athénes.ESTELLES \u2014 Délicieux ! L\u2019on devrait revenir à cette méthode.Oh ! se préparer au baccalauréat en philosophant sous les arbres du Pare Lafontaine.Quel réve.MARGOT \u2014 Et en hiver ! Discutez froidement, passe, mais avec dix degrés et phis au-dessus de zéro ! PAULINE \u2014 L'abbé Sertillanges a aussi un paragraphe charmant sur la conversation à table.«On est, s\u2019exclame-t-il, le pauvre terrien et le client des rêves infinis ; on mendie de la substance pesante et l\u2019on déploie des ailes ».ESTELLE \u2014- Avouons que les français s\u2019y connaissent.ser en ce pays, à table et partout.MARGOT \u2014- Conclusion ?PAULINE \u2014 « Donner à la conversation toutes ses qualités religieuses et humaines, y introduire l\u2019ordre et la hiérarchie de valeurs que fournit netre esprit de foi» Mais lisez l\u2019article.J\u2019ai simplement voulu amorcer votre curiosité.Vous verrez que les vices de la conversation y sont finement détaillés.MARGOT \u2014 L\u2019on s\u2019en doute.Avec un œil de cette trempe ! ESTELLE \u2014 Ententes exquises !.Débats exaltants !.Pour ces quelques mots, je ie sacre l\u2019un de mes auteurs de chevet, l\u2019abbé Sertillanges.La conversation c\u2019est toujours un peu cela en votre compagnie, mes cœurs.Îaris - Oleice Cacelcy Débats exaltants ! Voila On sait cau- chez eus [oll mar\u201d | ots nals jolie NS pra jour até téis cil dag tout {elie sens pré desc dial fem ti Al ga hon aux dec if i gas Sil Tage lire is Chez nous.Toutes les montréalaises ont apprécié la gracieuse coutume de porter au jour de la fête de Dollard, la rose rouge symbolique.Honneur au martyr de la patrie ! ° © Un nouveau recueil de poêmes de Mlle Blanche Lamontagne est un événement littéraire que nous signalons toujours avec plaisir.« La vieille maison », est un volume feuilletté par plus d\u2019une jolie main, en ce moment.La popularité de notre poétesse canadienne-française ne se dément pas.° ° Mlle Marie-Rose Turcot nous présente son premier livre, si je ne me trompe : « L'homme du jour».C\u2019est un choix de nouvelles racontées agréablement.Mademoiselle Turcot a de la fantaisie créatrice, de l\u2019observation, beaucoup de facilité à s\u2019exprimer, trop peut-être.Il faudrait élaguer et sertir davantage.A l\u2019œuvre done, oh ! toute jeune romancière canadienne-française.° ° Le « National Council of Women » doit être félicité sur le sens commun, doublé d\u2019un heureux sens historique, dont il vient de faire preuve en préconisant l\u2019enseignement bilingue dans toutes les écoles du Canada.L\u2019une des deux langues officielles du Dominion n\u2019est pas considérée par ces femmes intelligentes « as a foreign language », et assimilée à l\u2019italien et à l\u2019allemand.Il est regrettable que certaines grandes institutions anglaises de Montréal persistent \u2014 très candidement, toutefois, \u2014 à n\u2019en pas dire autant.© ° Ailleurs.Les Américaines ont été devancées dans l\u2019organisation de clubs popularisant les vêtements à bon marché.Les françaises n\u2019avaient pas songé aux salopettes, il est vrai, mais une « ligue de bas de coton » a été fondée, il y a quelque temps déjà, à Paris.L\u2019Echo de Paris a signalé cette innovation, at rappelé à ce sujet qu\u2019en 1919, un seul magasin à Paris a vendu 1,300,000 paires de bas de soie à trente francs la paire.D\u2019après un rapport présenté à la « Société de l\u2019Etude des conséquences sociales de la guerre», dont les quartiers généraux se trouvent à Copenhague, Danemark, il appert que le surplus de femmes en Europe, a triplé depuis la guerre et se chiffre actuellement à 15,000,000.° ° L'évolution féminine en Chine se poursuit et traverse une phase intéressante.L\u2019on s\u2019y préoceu- pe de culture générale et plusieurs femmes chinoises vont chercher dans les lycées d\u2019Europe, jusqu\u2019aux Etats-Unis, les éléments de toutes les sciences.Des progrès semblables sont constatés au Mexique.Il est intéressant de lire la vie de l\u2019une des initiatrices du mouvement en ce pays.Senorita Doctora Maria Teresa Montoya, médecin, qui a bien maintenant soixante-dix ans.° ° La princesse royale de Suède (Marguerite de Connaught), surnommée si joliment la « princesse aux fleurs», et dont on a appris la mort récente, est l\u2019auteur d\u2019un volume qui paraît en ce moment en Angleterre : « The Garden that we made».L'art de cultiver soi-même son jardin y est bien délicatement compris et préconisé.La princesse de Suède a eu, entre autres, ce mot touchant : « Nothing made by human hands can be at all compared with the wonder and beauty of God\u2019s flowers !» LA REVUE NATIONALE Portrait littéraire et rs FATE a évccut Madame Humphrey WARD 1851-1920 A quelle famille de lettrés appartenait cette romancière anglaise ! Née Mary Augusta Arnold, Mme Ward était, entre autres, la nièce du célèbre critique anglais.Matthew Arnold.Jeune fille, elle vint à Paris en compagnie de cet oncle, et dina, un soir, en compagnie d\u2019écrivains fran- cais de renom parmi lesquels, Hyppolite Taine.Ce dernier s\u2019émerveilla de la fine intelligence de Miss Arnold.Il faut relire la lettre où Taine raconte son entrevue avec la jeune fille.Elle est insérée dans la « Correspondance » de cet auteur publiée par Hachette.Rappelons également que Madame Humphrey Ward a, à deux reprises, si je ne me trompe, situé le cadre de ses romans au Canada.Dans « George Anderson», par exemple, qui a paru, il y a plusieurs années dans La Revue des Deux-Mondes.Un bon nombre des romans de Mme Ward ont été traduits en français.Enfin, l\u2019auteur de « Robert Elsmere» fut une philanthrope distinguée.Elle fonda à Londres, I'« Edward Settlement », destiné aux petits infirmes de toutes sortes.Elle en fut l\u2019intelligente et tendre directrice.Quelle existence bien remplie a été celle de cette aristocrate de la pensée et du sentiment ! Elle mérite profondément le modeste hommage que nous lui rendons aujourd\u2019hui.Elle est décédée le 24 mars dernier.Quelques articles de revue.Paul Bourget.\u2014 Renan et Taine après 1870.(La revue Universelle, 15 mai 1920).Berthe G.Gaulis.\u2014 Le bolchévisme musulman.(Ibid.).A.D.Sertillanges.\u2014 La conversation.(La Revue des Jeunes, 10 janvier et 15 mars 1920).Ww illiam Ranks.\u2014 French Canada and the British Empire.(Current History, april 1920).Gonzague True.\u2014 De quelques déformations de Tart lit- t\u2018raire.(La Minerve française, ler et 15 février 1920).Geneviève Beauquis.\u2014 En lisant Wells.(La Grande Revue.mai 1920).Paul Dudon.\u2014 Trois filles de France sur les autels.(Etudes.-) mai 1920).Paul Coulet.\u2014 La doctrine catho- l\u2019que du Capital, Droits et devoirs.(Ibid.) Robert d+ la Sizeranne.\u2014 L'art religieux et les salons.(La Revue des Deux-Mondes, mai 1920).A.C._ ampbell.\u2014 Why sugar is scarce?(The canadian Nation, 15 mai, 1020).Albert Roussel.\u2014 Quelques jeunes musiciens français.(Le Canada Musical, juin 1920).Jeanne CLOSSE.19 Lendemains de Conquête Nous extrayons de l\u2019œuvre récente de l\u2019abbé Groulx, les deux belles pages que voici : Somme toute, après ce lendemain de conquê- le, en cette année 1766, c\u2019est un point d\u2019interrogation angoissant que doit se poser l'historien.Que va devenir dans la nouvelle atmosphère in- feetée de protestantisme dissolvant, la jeune race idéaliste, chevaleresque, fille d\u2019une si pure histoire.synthèse des labeurs et des pensées des an- ¢ tres, issue des beaux chevaliers aux luisants coups d\u2019épée et aux merveilleuses aventures, la race de la Nouvelle-France amoureusement modelé dans les mains divines de l\u2019Eglise ?Si les menaces sont grandes, Dieu merci, les protections sont plus hautes et plus puissantes.La jeune nationalité allait être guidée dans ces périodes si laborieuses, par un grand évêque, un évêque de la meilleure tradition épiscopale, plus méritant que ne l\u2019a fait jusqu'ici l\u2019histoire, plus srand que d\u2019autres venus après lui et d\u2019une gloire moins assurée de l\u2019avenir.Au-dessous de ce caeË prend place un clergé clairvoyant et labo- vieux, « d\u2019un attachement et d\u2019une fidélité sans ésale au Saint-Siège», osait dire un jour au Pape lui-même, l\u2019abbé de La Corne.Ces nobles vertus lui vaudront de savoir garder mieux à son peuple l\u2019intégrité de la foi et des mœurs.Elles permettront à l\u2019un de nos évêques, Mgr Hubert, d\u2019écrire à Rome, trente-quatre ans après lu c-nquête, que depuis 1760, à peine cing catholiques ont apostasié leur foi.Il existait aussi, entre les deux races mises en présence, l\u2019une de formation saxonne, l\u2019autre de descendance latine, une opposition mentale.une incompatibilité de sentiments, une absence d\u2019affinités qui atténueraient le péril des contacts.La juxtaposition des races s\u2019est faite, mais non point la pénétration.Et la nôtre, race historique, de celles dont l\u2019unité se fait du mélange de plusieurs, sous l\u2019action du milieu et des institutions, la nôtre gardait cette force de n\u2019avoir mêlé en son creuset, que des éléments homogènes.Race la plus pure peut-être sur tout ce continent, elle aurait cette prérogative d\u2019être plus impénétrable.Enfin.c\u2019est le temps et le lieu de rappeler la parole mémorable de Marie de l\u2019Inca-nation : « Le Canada est un pays spécialement gardé par la Providence ».Plus haut que toutes les protections humaines, veillait la gardienne auguste de notre histoire, la Providence de Dieu qui n\u2019a jamais abandonné le spectacle du monde ni même celui d\u2019un continent, à l\u2019uniformité désas- Lreuse d\u2019une seule race et d\u2019une seule civilisation.-\u2014 Heures lyriques.Epigramme contre moi A Olivar ASSELIN.Vous wlavez épinglé dans votre anthologie Comme un insecte rare, un brillant papillon ; Je me vois, à l\u2019honneur de l\u2019entomologie Mon docte maître, orner votre collection.Sur mon aile chacun jugera si la goutte D'émail qui l\u2019agrémente a perdu son éclat, Si cette poudre exquisement qui la veloute Sous le coup d\u2019éventail des heures s\u2019envola.Chacun mesurera la longueur de mon aile.Je suis étiqueté, classé, catalogué, Lecteur admire moi si je te semble un aigle St je suis un nabot tu pourras me narguer.Je brille tel un astre\u2014il me faut bien le croire\u2014 De moyenne grandeur ; car vous aurez voulu Vous faire le gardien de ma durable gloire Aussi longtemps que votre ouvrage sera lu.Pour soi-même souvent l\u2019on a des complaisances.Mais comment d\u2019un regard calme et judicieux, Qui veut être étranger, se lire avec aisance Entre les grands élus et les morts sourcilleux ?Ce qu'il en est de la fantasque renommée ! La noble chose ct qui vous sauve du néant ! L'avenir oubliera ma belle âme embaumée De poète ancien, épineux et né en\u2026 Un soir, lorsque du Temps auront fui les décades, Un rieux bibliomane, un savant avisé Dont on aime à flatter l\u2019innocente toquade, En m\u2019exhumant voudra me conférencier.Ce méconnu.(dira sa bouche doctrinale) De nombreuses erreurs son œuvre se chargea\u2026 Parmi les «poetae minores », je signale.Que dira-t-il ?Au fait je me sens « feu» déjà.\u2018Anthologie des poètes canadiens).René CHOPIN. 20 LA REVUE NATIONALE DU SALON A LA CUISINE Pour la campagne et la plage, lors même que l\u2019on fréquente des endroits très à la mode, c\u2019est une preuve de bon goût et de raffinement que de choisir des toilettes simples.C\u2019est-à-dire sans broderies ou ornements somptueux, sans rien qui alourdisse ou qui surcharge.Cette simplicité, cependant, n\u2019exclut pas la fantaisie et c\u2019est sur les toilettes de plage ou de campagne que l\u2019on peut se permettre les couleurs un peu voyantes, les garnitures originales et les caprices amusants.Ainsi, les rouges et les jaunes vifs qui, à ia ville feraient un effet déplorable, sont admis et l\u2019on voit même avec agrément des casaques de soie ou des chandails de tricolette dans ces tons vifs retombant sur une jupe blanche à plis soleil.Le plissé soleil est la fureur du moment ; pas une robe qui n\u2019en soit ornée ; quand ce n\u2019est pas la jupe entière qui est comprise de cette façon, c\u2019est un ou deux volants au bas du corsage ou d\u2019étroits plissés posés de chaque côté de la jupe, verticalement le long des coutures.Ce serait une nouveauté heureuse si elle n\u2019avait l\u2019inconvénient de demander beaucoup de tissu et de se froisser très rapidement, quand il s\u2019agit d\u2019une jupe entièrement plissée.Pour une petite toilette d\u2019été, relativement peu coûteuse c\u2019est tout de même abordable.Pour les toilettes claires et qui réclament un blanchissage fréquent, il est nécessaire de choisir des formes simples, facilement lavables.qui ne présentent pas de grandes difficultés de repassage.On a trouvé pour corri- La mode simple et jolie blanches,.noires ou de couleur.C\u2019est une garniture solide et très nouvelle, mais qui a l\u2019inconvénient d\u2019être fragile et de supporter mal les blanchissages réitérés, ce qui est cependant une condition nécessaire lorsqu'il s\u2019agit de vêtements de coton.Quoi qu\u2019il en soit, pratique ou non, ce genre est très en vogue, aussi bien sur le souple linon, le modeste crépon de coton ou le riche taffetas.La vogue du foulard nous est aussi une très précieuse ressource; nous pouvons, en combinant foulard et serge ou foulard à dessin et foulard uni obtenir de très fraîches toilettes estivales.Parmi les dessins nombreux dont la fantaisie sollicite notre caprice, il n\u2019en est pas qui nous plaise davantage que les foulards à pois.C\u2019est toujours vers ces motifs classiques que va notre goût et c\u2019est presque uniformément les coloris marine que nous adoptons.On fait surtout le haut de la robe jusqu\u2019au- dessous des hanches en foulard à pois alors que le bas est en serge souple unie.Il est inutile d\u2019insister sur l\u2019aide précieuse apportée par cette combinaison à l\u2019art des transformations.+ Nous voyons aussi beaucoup d\u2019or- 4 gandi.Les cols, les plissés, les jabots et méme les guimpes sont la nouveauté.L\u2019organdi peut être, à volonté, blanc ou de couleur, ce qui le laisse très facile à mettre.Quels jolis effets nous obtenons avec ces guimpes à manches ! Elles accom- > No 1.\u2014ROBE DROITE EN TOILE PALM- BEACH « GERANIUM » GARNIE DF TOILE CIREE NOIRE.CORSAGE BOUTONNE _DEVANT AVEC COL EVASE NOUE D'UNE CRAVATE DE SATIN NOIR.ger la simplicité trop uniforme d\u2019un grand nombre de robes de coton une combinaison charmante.Il s\u2019agit du mélange de deux tissus : l\u2019un uni, faisant le fond ; l\u2019autre pékiné, constituant garniture.Rien de plus simple que ce travail qui produit un effet très pagnent des robes de taffetas, de lainage même et surtout de surah.Car ce tissu, longtemps oublié, va nous revenir.Ce n\u2019est certes pas une nouveauté, mais un retour que nous accueillerons volontiers.Le No 2 \u2014JOLIE TOILETTE DE SOIE GRIS- BEIGE, CORSAGE FERME DE COTE AVEC COL MONTANT.DES BANDES DE TAFFETAS BLEU GARNISSENT LE BAS DE LA JUPE ET LE DEVANT DU CORSAGE.heureux.Pour porter avec ces robes simplettes, il est un vêtement exquis, élégant et fort commode à exécuter.Je veux parler du petit manteau de taffetas.Il est pen de femmes comprenant vraiment la valeur de la coquetterie d'aujourd'hui qui hésitent à s\u2019en parer.Il s\u2019agit d\u2019une courte veste en taffetas noir formant casaque et drapant le corps ; elle dessine devant un mouvement croisé en châle monté après deux épaulettes plates ; les basques, courtes, arrêtées au-dessous des hanches, sont faites de quatre grosses coques de taffetas double ; une ceinture étroite en cuir ou en bijouterie serre la taille.Nous recommandons spécialement la fine coquetterie de cette vareuse aux femmes cherchant à se procurer un vêtement élégant d\u2019été qui rempla- surah n\u2019est ni jeune, ni bien joli par lui-même, mais il remplacera avantageusement le satin et se drapera mieux que le taffetas.Et, comme il y a des ferventes de l\u2019un et de l\u2019autre, nous verrons autant de satin que de taffetas et de surah.En passant la revue des petites élégances à-côté qui caractérisent ia nouveauté, je tiens à signaler la place de plus en plus marquée accordée dans notre parure aux encolures en linon.On voit beaucoup de cols plissés montant très haut en arrière et évasés devant sur un plastron.Malgré la vogue dont jouissent ces cols, il faut reconnaître qu\u2019ils ne sont guère pratiques, puisqu\u2019ils engoncent un peu et qu\u2019ils ne peuvent supporter le blaii- chissage.Mais la mode se préocuppe-t-elle de ces contingences ?TERN ki) ; SESS ce le grand manteau et les collets de plumes ou de marabout.Pour les robes courantes beaucoup de teintes très vives, de coloris hardis.éclatants ; on fait des crépons groseille, vieux rouge, abricot, bleu de roi.Ces crépons se rebrodent volontiers de petites perles LES TOUT - PETITS La santé des enfants dépend de l\u2019hygiène.Dès l\u2019âge le plus tendre, on doit les habituer à des soins de propreté qui leur deviendront une accoutumance nécessaire et un besoin, en même temps qu\u2019ils leur éviteront maintes contagions souvent mortelles.Avant chaque repas, l\u2019enfant doit se laver les mains au savon, surtout à l\u2019âge turbulent où il touche à tout, fait des pâtés de sable, des tours et des forteresses de terre.où il recueille, enfin copleusement, tous les microbes mis à sa portée.Ces microbes ne deviennent dangereux que s\u2019ils pénètrent dans l\u2019organisme.La bouche et le tube digestif en sont la porte grande ouverte.Si l\u2019enfant touche son pain, ses fruits, il avalera forcément avec quantité de bacilles.Une chose peut nous rassurer : c\u2019est que les microbes introduits en notre organisme ne nous intoxiquent pas forcément.Ils ne se développent et ne deviennent nocifs qu\u2019en cas d\u2019affaiblissement de fatigue ou de prédispositions ; mais ces cas peuvent se présenter d\u2019un moment à l\u2019autre, et le mieux est de se tenir loin de ces hôtes minuscules autant qu\u2019importuns et redoutables.Un autre soin de propreté sur quoi on ne saurait trop insister c\u2019est le lavage minutieux des dents.Des fragments d\u2019aliments peuvent rester entre les dents après les repas.Ils s\u2019y décomposent et leurs fermentations, se renouvelant dans les interstices dentaires, amèneront la carie, la gen- givite ou d\u2019autres infections et inflammations.Certaines mères ont la fâcheuse coutume de porter d\u2019abord dans leur bouche la cuillerée de soupe ou de bouillie qu\u2019elles vont donner à Bébé, pour voir si ce n\u2019est pas trop chaud.Louable précaution, moyen détestable.Rien n\u2019est plus antihygiénique, plus malsain.La bouche est un réservoir où se peuvent emmagasiner maints germes de microbes, sous la langue, entre les gencives, dans les dents ou dans la salive.C\u2019est vouloir les transmettre au pauvre mignon.La cuiller de l\u2019enfant ne doit servir qu\u2019à lui, \u2014 à lui seul.Que la mère ait une autre cuiller avec laquelle elle goûte ; mais que jamais un objet ne passe de sa bouche dans celle de l\u2019enfant.L'habitude de se brosser les dents après chaque repas se prend vite ; en la donnant à l\u2019enfant, on lui évitera maintes douleurs dentaires, si pénibles parfois, et peut-être d\u2019autres infections plus graves.Ne l\u2019oubliez pas.A la queue de la poele CRIQUES DE LA MONTAGNE Râpez des pommes de terre crues.Mélangez-y un oeuf ou deux (entiers) ; une ou plusieurs gousses d\u2019ail coupées en tranches fines, du sel et du poivre.Mettre dans la poêle de l\u2019huile et un peu de graisse et versez-y la pâte cuillerée par cuillerée pour faire autant de criques que vous en désirez.Laissez dorer d\u2019un côté, puis de l\u2019autre.Servez chaud dans un plat orné de persil.FLAN AUX POMMES DE TERRE Epluchez quelques pommes de terre.Coupez- les en rondelles assez minces.Mettez-les dans un plat rond allant au four.Battez un œuf comme pour une omelette.Ajoutez-y une tasse de lait.Battez de nouveau.Salez.Versez le tout sur les tranches de pommes de terre de manière à ce qu\u2019elles soient juste couvertes.Mettez, par-dessus, quatre petites noisettes de beurre, puis placez dans un fou gai le plat ainsi préparé.Laissez cuire environ une heure.Lorsque vous retirez le plat du four il a pris une belle couleur doré foncé.TONER = SFY LA REVUE NATIONALE CONCOURS CHEZ MARRAINE LE J'ai déjà commencé à recevoir des réponses à notre concours de récits historiques.Toutes sont bien intéressantes, mais, quelques-uns de nos petits concur- vents ne paraissent pas avoir saisi très bien le genre de récit que l\u2019on demande.Il ne s\u2019agit pas de faire pour notre concours une sorte de devoir de classe, où l\u2019on s\u2019efforce, suivant ses capacités de se conformer aux règles de la narration historique.Ce que Marraine désire c\u2019est un récit tout simple, raconté dans le même style naturel et spontané que vous employez pour vous « conter des contes » les uns aux autres.Que les faits et les dates que vous citez soient exacts, mais que la forme de votre récit soit de vous, le fruit de votre seule imagination.Voilà ce que vous demande Marraine.Nos petits amis trouveront à la page suivante, le récit que la mort de Guynemer, le brave aviateur français, a inspiré à un petit.écolier français de 12 ans.Il ne faudra pas imiter cet exemple, mais seulement vous en inspirer dans votre travail.Et maintenant bon courage et succès.Le concours est ouvert à tous mes fil- leurs, aux tout petits comme à leurs aînés \u2014 jusqu\u2019à dix-sept ans.Les concurrents seront classés en deux catégories, ceux de 12 ans ou moins formant la première et les autres, jusqu\u2019à 17 ans, la seconde.Il y aura deux prix pour chaque catégorie.Les manuscrits seront recus jusqu\u2019au 15 juillet.Ils ne devront pas dépasser 150 mots.La liste des lauréats sera publiée dans la Revue d\u2019août.Les envois devront être signés d\u2019un pseudonyme et porter, bien en vue, l\u2019âge de leur expéditeur.Un enveloppe cachetée, renfermant les noms, adresse, pseudonyme et âge du concurrent devra accompagner chaque envoi.Le tout sera adressé à Marraine Odile, Revue Nationale, 286, rue Saint-Laurent.Envoi de Casa, 11 ans.\u2018Béquillarde (Suite) \u2014C\u2019est vrai.pourtant.Enfin voyons si ton idée lui sourirait ?fit la mère à moitié vaincue.On consulta Angèle, qui parut ravie à la pensée d\u2019avoir des compagnes de travail et de jeu.Elle fut done envoyée à l\u2019externat et tout s\u2019y passa à merveille jusqu\u2019au jour où d\u2019étourdies petites filles lui infligèrent le rôle de la fée Carabosse, dans cette malencontreuse charade que la sous- maîtresse de madame Marcotte empêcha de continuer ; peut-être Angèle aurait- elle mieux fait de rire de l\u2019idée de ses compagnes que de la prendre au tragique.malheureusement, froissée déjà du surnom de Béquillarde que les folles écolières lui avaient donné, la pauvre petite infirme ne fut pas maîtresse du chagrin que lui causa cette nouvelle et humiliante preuve de sa disgrâce ; mais de peur, comme de coutume, d\u2019affliger ses A la cueillette Le petit prince héritier du trône de Belgique, Léopold, duc de Brabant, se conduisit comme un héros, tout le temps de l\u2019affreuse guerre qui vient de finir.Sa maman, la reine Elisabeth, très fière de lui l\u2019a souvent photographié, lorsqu\u2019il revenait de la ma- nœuvre avec sa compagnie.Ce petit prince, en effet, à peine âgé de douze ans, au début de la guerre devint soldat au 12e de ligne.Presque chaque jour il manœuvrait avec ses grands frères d\u2019armes.« Il a même déjà été aux tranchées, sur sa demande instante et à sa très grande joie, nous dit un officier revenu du front.Je l\u2019ai vu travailler, pelle à la main, deux heures durant, au creusement de boyaux de communication entre la troisième et la deuxième ligne et il rêvait d\u2019aller faire le coup de feu « avec les grands », les « braves ».N\u2019est- ce pas que voilà un vaillant petit prince ?x x + Bibliographie enfantine : « Belles histoires et belles images »- «La fée des Iles» \u2014 par Pierre Maël.Cette jolie histoire se passe en Bretagne.Les illustrations sont pittoresques et charmantes.\u2018Après avoir beaucoup joué, chanté et sauté on pourra s'amuser encore et finir gaiment la récréation en feuilletant ce beau livre.La petite Simonne, «la fée des Iles » est bienfaisante et combien gentille quand elle devient la protectrice des petits pêcheurs orphelins.Ceci plaira à mes filleules.Mais leurs jeunes frères s'intéresseront vivement aux aventures tragiques des enfants perdus en mer en pleine tempête.M.0.parents, elle concentra dans son cœur la peine qu\u2019elle ressentit et retourna courageusement à l\u2019externat le lendemain de cette pénible petite scène.Hélas! à cause de cette charade manquéc, par la faute involontaire d\u2019Angèle, les élèves de madame Marcotte avaient pris celle-ci en grippe, et à partir de ce jour néfaste, il ne fut sorte de malins tours que les injustes petites filles n\u2019inventassent pour « se venger, disaient- elles, de cette sotte bossue qui les avait empêchées de si bien s\u2019amuser le jour de la fête de Madame ! » Que c\u2019était vilain, méchant , n\u2019est-ce pas, nes amies, d\u2019agir de la sorte ?et combien ces entants devaient avoir mauvais cœur, elles qui tyrannisaient ainsi à plaisir un pauvre petit être frêle et digne de pitié comme Angèle.Et pourtant, non, elles n\u2019avaient pas mauvais cœeur ; mais elles se croyaient offensées et elles ne réfléchissaient pas.or, je vous l\u2019ai dit souvent : la plupart des fautes des enfants viennent de ce manque de réflexion .Une seule «2s élèves de madame Marcotte était restée fidèle à Béquillarde, c\u2019était la pensionnaire appelée Marie, qui avait vainement essayé d\u2019empêcher ses compagnes de choisir la petite infirme pour fée Carabosse.Elle passait maintenant toutes ses recréations auprès d\u2019Angèle essayant de l\u2019égayer, de la faire sourire, lui racontant des histoires, lui en lisant, causant avec elle, la protégeant, sans en avoir l\u2019air, contre les espiègleries des méchantes qui lui en voulaient si injustement.Aussi Béquillarde aimait Marie de tout son cœur et elle en parlait sans cesse à son papa et à sa maman.Flle leur disait comment la pauvre Marie, orpheline depuis l\u2019âge de cinq ans, ctait élevée à l\u2019externat par la bonté d\u2019âime de madame Marcotte ; ses parents ne lui avaient laissé aucune fortune et il ne lui restait personne au monde, sauf cette excellente dame.Sans doute, quand Marie serait grande et instruite, elle deviendrait sous-maîtresse chez sa bienfaitrice ; mais cette destinée semblait bien triste à Angèle qui avait pris l\u2019externat en horreur et que son affection pour cette bonne petite Marie y faisait seule retourner chaque jour.III LA VENGEANCE DE BEQUILLARDE \u2014 Maman, dit un matin la chère mignonne (qui depuis quelques temps semblait s\u2019affaiblir et diminuer de semaine en semaine, au lieu de croître en force et en taille comme le font les enfants à son âge), maman, si le bon Dieu me reprenait pour faire de moi un petit ange, est- ce que tu ne voudrais pas de ma chère Marie pour petite fille ?-A quoi vas-tu penser, follette ?re- pliqua la mère feignant la gaieté, alors qu\u2019elle pâlissait de douleur et se sentait défaillir à cette seule supposition de son enfant.\u2014 Dame, répartit Angèle, on m'a raconté que cela arrive quelquefois.\u2014Quelquefois .répéta la mère dont l'angoisse redoublait, mais si rarement !.\u2026 à suivre 22 LA REVUE NATIONALE Livres, revues et journaux CROQUIS LAURENTIENS.Un volume signé par le fr.Marie-Victorin, préfacé par Ernest Bilo- deau et illustré par Edmond J.Massicotte, voilà ce que sont les « Croquis laurentiens », et avoir dit cela, c\u2019est déjà en avoir fait un très bel éloge.C\u2019est que, les trois hommes qui ont collaboré, diversement et dans des proportions fort inégales, à cet ouvrage, se sont acquis une réputation très enviable et entièrement méritée.Bilodeau est le chroniqueur exquis et spirituel qu\u2019on lit toujours avec plaisir.méme quand il cause politique.Massicotte est l\u2019artiste consciencieux dont le crayon très sûr fixe en des tableautins d\u2019une extraordinaire vérité, les types et les vieilles coutumes de chez nous.Le fr.Marie-Victorin est un véritable poète, dont la prose harmonieuse et colorée chante comme jamais peut-être ils n\u2019avaient encore été chantée, même en vers, les belles âmes et la belle nature de son pays.Chez lui on ne trouve aucun des défauts que l\u2019on a reproché, parfois jusqu\u2019à l'injustice, à nos écrivains du terroir.Il a horreur du cliché et son vocabulaire, très riche, son imagination très vive, guidés par un goût que l\u2019on trouve rarement en défaut, lui font tracer des tableaux très originaux de scènes qui, décrites par tant d\u2019autres, rendraient l\u2019ennuyeuse impression du déjà vu.On lui reprochera peut-être de ne nous donner que de courts récits, de composer ses livres de pièces brèves et sans lien entre elles et il se peut qu\u2019on en conclue que, pour s\u2019en tenir à ce genre de composition il faut qu\u2019il se sente incapable de conduire à bonne fin une œuvre de longue haleine.Comme s\u2019il était plus facile d\u2019écrire une série de petits contes exquis ou de descriptions pittoresques qu\u2019un roman, même xecellent, et comme si les «Lettres de mon moulin» constituaient une production inférieure dans l\u2019œuvre d\u2019Alphonse Daudet ! Chicanerie que tout cela.«Les Récits laurentiens» sont, dant leur genre, une œuvre de qualité supérieure, qui honore grandement celui qui l\u2019a produite et la littérature nationale dont elle fait partie.Les lecteurs de la Revue Nationale, qui ont pu goûter à plusieurs reprises le style si élégant et si ferme, si original à la fois et si classique, de l\u2019auteur des Croquis laurentiens, voudront tous se procurer cet ouvrage et lui donner une place d'honneur dans leur bibliothèque.Le volume est édité par la communauté des frères des Ecoles chrétiennes, à laquelle le fr.Marie-Victorin appartient et sa typographie est excellente.Il ne se vend que 75 sous en librairie.Ajouter 10 sous pour frais postaux.A.ST-P.x x LE DIVORCE, par le R.P.Ceslas Forest, O.P.En vente chez tous les bons libraires, 75 sous.Voici un ouvrage qui arrive bien à son heure.Il expose la doctrine catholique sur le divorce, cette plaie purulente des sociétés protestantes ou dominées par les sectes antireligieuses, et qui menace de se communiquer aux rares pays où la morale chrétienne dst encore reflété dans les lois.L'auteur est professeur de théologie et il sait écrire, ce qui lui a permis de traiter son sujet avec une grande sûreté de doctrine et dans un style sans pédantisme, qui le met à la portée de toutes les intelligences normales.S\u2019il n\u2019eut été que théologien il eut pu faire un livre d\u2019aspect plus scientifique, mais utile aux seuls spécialistes ; s\u2019il n\u2019eut été que littérateur, il courrait le risque d\u2019être superficiel et de passer sous silence, faute de les avoir lui-même aperçu, quelques-uns des aspects les plus graves de la question qu\u2019il avait entrepris de traiter.Etant ce qu\u2019il est, il nous a donné un livre fortement pensé, clairement ordonné et très bien écrit où tous les éléments essentiels du problème sont brièvement, mais assez complètement exposés et de la lecture duquel on sort intellectuellement et moralement plus riche qu\u2019on n\u2019y était entré.Certaines tentatives faites à la Chambre des Communes et au Sénat, pour faciliter le divorce à toutes les classes de notre société par l\u2019établissement de cours provinciales de divorce ont provoqué la publication de cet ouvrage, et si ces tentatives ont échoué, on peut dire en toute vérité que c\u2019est due, pour une large part au solide travail du P.Forest.Beaucoup de nos hommes publics catholiques, foncièrement hostiles au divorce, mais qui se seraient peut-être laissés désarmer par l\u2019exclusion de la province de Québec de la législation projetée, ont vu plus clairement qu\u2019il ne s\u2019agissait pas là d\u2019une question provinciale, mais nationale, et qu'ils avaient le devoir de s\u2019oppos\u2019r à l\u2019adoption d\u2019une mesure aussi antisociale, mmfm si la province de Québec devait être mise à l\u2019abri de ses ravages.En livrant cette étude au public, le P.Forest a donc fait un geste de très large portée.À nous tous maintenant de consolider les résultats obte- hus et de prévenir un retour offensif des partisans du divorce en lisant et en faisant lire son livre dans notre entourage.L'ouvrage sort des ateliers du Droit et se vend 75 sous chez tous les bons libraires.Ja Coiffure Se bien coiffer est un art dans lequel excellent beaucoup de femmes, mais pas toutes.Il y faut des dons de nature : cheveux fins et souples d\u2019une jolie couleur, ni trop abondants ni trop clairsemés, ni trop longs ni trop courts, et, pardessus le marché, bien plantés autour du visage.C\u2019est l\u2019idéal, mais la nature, hélas ! ne le réalise pas toujours, et c\u2019est ici qu\u2019une honnête coquetterie intervient utilement : c\u2019est un shampoing de qualité appropriée qui rend - les cheveux mousseux, c\u2019est un coup de fer qui les moire d\u2019ondulations à peine marquées, c\u2019est un postiche discret qui « meuble » utilement, c\u2019est un joli peigne qui agrémente l\u2019ensemble.Dans l\u2019une des coiffures illustrée nous voyons par exemple un de ces grands peignes noirs à pierres d\u2019agate qui sont très au goût du jour.La coiffure en elle-même est \u2018d\u2019une agréable simplicité de ligne, facile à réaliser par ses propres moyens quand on a les cheveux assez lohgs pour former le large chignon roulé qui barre la nuque.Une mèche «en marteau » au-dessus de chaque oreille met un détail amusant dans cet ensemble net de fioritures.L\u2019autre modèle, très nouveau aussi, s\u2019exécute ainsi : Les cheveux sont tirés en arrière, légèrement ondulés, relevés, très haut derrière, roulés sur eux mêmes et terminés en frisures.Un bandeau de nattes de tulle blond sur chevelure brune enserre | la tête.A.ST-P.3 Ti) we 3, En) AU 14e, Le panier a ouvrage Nous vous présentons, ce mois-ci, un superbe couvre-lit d\u2019un travail facile avec broderies anglaise, plumetis et richelieu.Le travail de richelieu peut se remplacer, comme il a été dit dans une précédente causerie, par du point de tige et des nœuds français.Ce couvre-lit se termine à volonté par un ourlet à jour, une dentelle ou un feston.Dans le cas ou le dessus\u2019 de rouleau ne plairait pas on pourra le remplacer par des toilettes d\u2019oreillers assorties.Modèles de la maison Raoul Vennat, 642 St-Denis, Montréal, Tél.Est 3065.Dal Juste [6 Passe er (und if quel li Qu De nt Qi io 4 itt Bui Pais 1 Li list Plus Rien Cab Rêve Se de (\u2018es Quid 29 La She Nat [ini | Jar la g Jusqu'à à lang \u201cqui ont tasion q Sont nés (955, 1 He 1g sg les règle I'l {elangy du Tay ?1 Satisfan ion : Wiser NE Der I LL Us its = le L\u2019oiseau - mouche Dans mon jardin bordé de larges plantes, Juste assez grund pour être tout fleuri, Un oiseau-mouche aux ailes frémissantes Passe et repasse en son vol étourdi.- Ce visiteur qui nous vient des tropiques Connaît d'avance où sont les résédas Et, fleur lui-même, il a des goûts uniques Que les bourdons, les abeilles n\u2019ont pus.Il reparaît à la saison nouvelle Quand la cigale entonne sa chanson.De notre été c\u2019est l\u2019heure solennelle Où tout flamboie et tout devient rayon.Avec amour j'accueille sa visite En lui cédant les plantes de son choix ! Puis un chagrin me prend dès qu\u2019il nous quitte L'aurais-je vu pour la dernière fois ?Hlusion, ravissement et songe ! Plaisir d\u2019été ne dure qu\u2019un instant.Rien ici-bas ne se montre constant.Un bon moment jamais ne se prolonge.Rêve d'un jour, image passagère Se déroulant comme au fond du sommeil, C\u2019est l'oiseau-mouche, une forme légère, Qui s\u2019en retourne aux pays du soleil.Benjamin SULTE.POUR L'AVANCEMENT DES LETTRES La Société Saint-Jean-Baptiste demande un roman \u2014 $500 en prix Notre république des lettres ne lira pas sans intérêt l\u2019annonce d\u2019un grand concours littéraire par la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Jusqu'à présent, notre si active société nationale a lancé et réussi quatre concours de nouvelles, qui ont fourni à plusieurs jeunes écrivains l\u2019occasion de se produire.De ces joûtes littéraires sont nés la Croix du chemin (1916), la Corvée (1917), Fleurs de lys (1918) et Au pays de l\u2019érable (1919).Pourquoi pas un roman, c\u2019est-à-dire plus et mieux qu\u2019une nouvelle ?Voici d\u2019ailleurs les règles de ce nouveau concours.1° Le concours est ouvert à tout écrivain de langue française né au Canada ou demeurant au pays depuis cinq ans au moins.2° Toute oeuvre soumise au concours doit satisfaire à ces deux seules mais essentielles conditions : être conforme à la morale chrétienne et présenter des caractères canadiens-français comme personnages de premier plan.3° L\u2019étendue des manuscrits devra être d\u2019au moins cinquante mille (50,000) mots.4° Le concours se terminera le ler mai 1921.La Société ne recevra aucun manuscrit avant le ler mars 1921.5° Pour l'identification de tout manuscrit soumis au concours, l\u2019auteur devra se borner à lui donner un titre, en transerivant trois pages extraites de son oeuvre et qui resteront connues de lui seul.Il pourra établir son identité en produisant ces trois pages au jury du concours.6° Le jury se composera de cinq écrivains, désignés conjointement par la Société Saint- Jean-Baptiste de Montréal et la Faculté des lettres de l\u2019Université de Montréal.7° Pourvu que, dans l\u2019opinion des juges, les trois meilleurs manuserits soient trouvés dignes de récompense, le lauréat du concours recevra trois cents ($300) piastres et les auteurs des deux meilleures oeuvres recevront cent (8100) piastres chacun.8° La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal se réserve le privilège d\u2019éditer l\u2019oeuvre du lauréat, pourvu que le jury lui en fasse un rapport favorable.En outre, la Société s\u2019engage à remettre au lauréat la propriété littéraire de son oeuvre, à l\u2019expiration des cinq années qui en auront suivi l\u2019apparition.Le Chef du Secrétariat.Emile MILLER.Montréal, 18 mai 1920.LA REVUE NATIONALE Sous la loupe | MONA Excessivement défiante et sagement prévoyante.Nature fine et fière.peu banale.Un peu d\u2019orgueil, un brin de vanité.Mon Dieu ! Qui donc est parfait ici-bas ?Mona ne l\u2019est point-clle l\u2019avoue ingénument du reste \u2014 mais elle est assurément soucieuse de se perfectionner.Elle en a le goût et le désir.Ce qui aiderait beaucoup à la besogne, ce serait, je gage, une volonté plus ferme, plus égale encore.Mona est consciente de sa valeur ; elle voit aussi passablement ses défauts ; ce qui est rare.Elle observe volontiers et finement \u2014 pas toujours.avec.charite tout de même ! Elle cause et taquine avec plaisir, elle discute avec ardeur et conviction.Elle n\u2019est pas toujours gaie mais elle a souvent de lu bonne humeur, de l\u2019entrain, de l\u2019activité.Elle est imaginative et capable d\u2019enthousiasme.Mais elle ne doit pas « s\u2019emballer » car elle a un jugement très solide et elle n\u2019exagère rien.Débrouillarde et pratique, elle n\u2019est tout de même ni terre à terre, ni pot-au-feu.Elle est franche mais peu expansive, et j\u2019ajoute consciencieuse jusqu\u2019au serupule parfois.RAYON DE LUNE.\u2014 De l\u2019entrain, de la gaîté, de la véracité, de l\u2019enthousiasme.Votre correspondante Mademoiselle est jeune, franche, simple et aimante, très sensible.De l\u2019orgueil mais pas de pose ni de vanité.Elle n\u2019est pas aussi ex- - pansive qu\u2019elle parait l\u2019être.Elle cause facilement et avec brio.Un brin d\u2019égoïsme et de caprice ; la volonté n\u2019est pas toujours égale, pas toujours constante mais elle a ses heures de fermeté et elle est capable de beaucoup d\u2019initiative.Elle est fine et malicieuse sans méchanceté \u2014 nullement rancunière.Elle a extraordinairement le goût et la volonté de faire son devoir.Elle est très intéressante.Je vous adresse ce manuscrit ce soir même.TOUJOURS HEUREUSE\u2014 Très sensible, et facilement impressionnable, d'humeur un peu inégale, timide et nerveuse.La volonté est assez ferme, influençable mais capable de résolution calme et tenace.Elle est constante et généreuse.Elle a beaucoup de jugement et presqu\u2019à dbse égale, de l\u2019imagination.Je crois qu\u2019elle observe très soigneusement les autres et elle-même 3 elle s\u2019analyse et comme elle n\u2019a pas trop d\u2019orgueil elle voit juste ; comme elle aime le Beau, elle travaille à son perfectionnement.Je note un souci constant de chercher à faire bien et mieux que jamais.Elle a un goût délicat et doit être très pieuse.Elle aime à plaire et à être aimer mais sans aucune coquetterie.Elle a de l\u2019ordre et je la devine économe.Idéaliste et rêveuse.MUGUETTE Ah ! ça, Mademoiselle Muguette, vous voulez vous moquer de ma vieille sagesse, de mes lunettes, de mon sexe.de ma loupe.des « guillemets » ! .Allons lisez, tel que je vous l\u2019offre mon travail et ne croyez pas que je suis malin, ni trop indulgent .Très originale \u2014 une pointe d\u2019excentricité ; n'aime pas à étre ni paral- tre banale.Beaucoup d'égoisme et cependant capable d\u2019être généreuse.Débrouillarde et vive, active et s\u2019intéressant à toutes sortes de choses, bonne mais, capable de taquinerie et de petites malices \u2014 sans méchanceté.Très sensible \u2014 su- ceptible, un brin coquette et aimant plaire, affectueuse et cherchant l'affection, mais pas expans!- ve.L\u2019esprit est fin et vif, un peu précieux.Elle a du goût, beaucoup d'imagination.La volonté est inégale, influençable, peu énergique.À certaines heures, clle est déprimée et mélancolique.VINETTE \u2014 Elle est bien amusante Vinette: Elle a de l'esprit et de l'originalité, de la gaîté A cependant, je gage que son joli sourire s\u2019efface parfois.que Vinette pensive et mélancolique s\u2019oublie à broyer un peu de noir ?Elle a de la volonté mais sans raideur ; elle est douce, aimante et très sensible.Cependant elle essaye visiblement de maîtriser sa sentimentalité, son imagination \u2014 très vive.Elle est idéaliste avec une tendance au mysticisme.Elle est bonne mais avec un égoïsme d\u2019enfant gâté.Elle a dû l\u2019être\u2014 et il n'y a pas longtemps ! \u2014 Mais cela ne m effraye guère.Avec la vue nette du devoir.la vo- lénté ferme, le jugement sur que possèdent Vi- \u2018nette, on devient « quelqu'un > et très distingué.très affiné.Elle est franche, timide parfois, enthousiaste souvent.L\u2019Aubépine O neigeuse aubépine, à sourire de mai, Sur le front du coteau baigné d\u2019air embaunié, Je viens dire ton nom, ta blancheur odorante ; C'est pour toi qu\u2019en mon cœur la jeune strophe __ chante.Je chante pour bercer ma peine duns ces bois, Je te chante, aubépine, en songeant qu'\u2019autrefois, Comme toi le frimas de ta blanche parure Candide, je portais le lis d\u2019une âme pure.J'étais une aubépine en fleur en mes douze ans.O brève effeuillaison de mes rêves naissants ! Heure d\u2019aube où vétu de native noblesse J'étais vierge de doute et vierge de tristesse.Aubdépine ! aubépine ! en foulant ce penchant Pourquoi donc endeuiller le rythme de mon chant Quand ton printemps fragile emmielle la brise Et que le bourdon d'or de ton parfum se grise.Hélas ! toujours se mêle au présent, le passé.Que la paix, belle fleur, calme mon cœur blessé.Je veux baigner mes doigts de ta neige divine Et boire, plein mes yeux, ta jeunesse, aubépine ! Albert FERLAND.(11 Cette belle pièce de notre excellent collaborateur, a Été « tassée » hors de la Revue de mai, par les exigences de li mis: en page.Nos lecteurs nous en voudraient de ne pas la leur livrer, même un peu hors de saison.Réflexions d'un petit français de 12 ans sur la mort de Guynemer « Guynemer est le Roland de notre époque ; comme Roland il était très vaillant, et comme Roland il est mort pour la France.Mais ses exploits ne sont pas une légende comme ceux de Roland ; en les racontant exactement, c\u2019est plus beau que ce qu\u2019on pourrait inventer.Pour le glorifier, on va écrire au Panthéon, parmi les autres grands noms, le sien.On a mis son avion aux Invalides.Dans notre école, on lui a consacré une journée.Ce matin, en entrant à l\u2019école, on a affiché sa photographie ; à la leçon de morale, on a appris par cœur sa dernière citation ; en exercice d\u2019écriture, on a tracé son nom ; en rédaction, on a eu à parler de lui ; enfin, on a dessiné un avion.On n\u2019a pas pensé à lui que quand il a été mort ; avant qu\u2019il soit mort, dans notre école, chaque fois qu\u2019il abattait un avion, on était fier et heureux.Mais quand on a appris sa mort, ce fut un chagrin comme si un membre de notre famille avait été frappé.«Roland a été l\u2019exemple des chevaliers d'autrefois.Guynemer devra être l\u2019exemple des Français de maintenant, et tous tâcheront de l\u2019imiter et se souviendront de lui, comme on s\u2019est souvenu de Roland.Moi surtout, je ne l'oublierai jamais, je garderai le souvenir qu\u2019il est mort pour la France, comme mon cher papa».PRINCESSE LOINTAINE \u2014 Très froide \u2014 nullement sentimentale \u2014 l\u2019esprit très positif, très indépendant.Une fierté suceptible, une humeur un peu hautaine \u2014 bonne et généreuse au fond mais incapable \u2014 je l\u2019affirme \u2014 de sensiblerie.Intellectuelle et fort cultivée \u2014 l\u2019imagination est tenue en laisse et le sens critique débridé.Cela compose un personnage peu banal, intéressant plus encore que sympathique.GHISLAINE \u2014 Je retourne le manuscrit et voici l\u2019étude demandée \u2014 Sensibilité, nervosité, impressionnabilité extrême.Enthousiasme \u2014 humeur inégale.Elle est vive et souvent distraite.Pas mal d'imagination mais plus encore de juge- mer.Sens pratique developpé.Un peu d\u2019égoïsme, quelques légers caprices.La volonté est calme et résolue.Une certaine coquetterie\u2014gra- cieuse \u2014 rieuse \u2014 ingénue.Franche, démonstrative, aimante, mais pas toujours expansive.Je ne serais pas étonné si vous me disiez qu\u2019elle «est forte en calcul» !. 24 LA REVUE NATIONALE KERNEVEZ (Suite de la page 30).Bienfaisant de la façon la plus \u2018ntelligente, comme on l\u2019est souvent dans les grandes familles d\u2019industriels, il avait organise sun usine et tout ce qui concernait ses ouvriers d\u2019une manière aussi large que sage.Deux ans aunaravant, il avait fondé une école maternelle, et, pour une raison quelconque, venait d\u2019être forcé de reni- placer la directrice.«Je n\u2019aurais rien pu désigner de meilleur pour vous, dit Mme Docé à Marik, Jès que celle- ci eut achevé la lecture de la lettre.Le traitement est de douze cents francs.Vous habiterez une gentille maison d\u2019école, toute neuve ; vous.aurez un petit jardin.La population de Jouy est honnête et laborieuse ; et, ce que j'apprécie le plus à votre point de vue, ma chère petite, votre vie s\u2019écoulera près de gens tels que M.et Mme Vogel.Je ne suis allée qu\u2019une fois à Jouy, au moment de la fondation de l\u2019école, mais j\u2019ai rapporté, de ce centre industriel et de cette famille, \"impression d\u2019un idéal de paix et de concorde.\u2014Oh ! madame, répondit Marik avec reconnaissance, si vous me jugez capable de remplir cette place, je m\u2019appliquerai tant, que vous n\u2019aurez point honte de votre élève ».Le jour du départ arriva vite, et Marik, émue à la fois des adieux et des projets, de ce qui finissait et de ce qui allait commencer, se trouva installée, avec sa modeste valise, dans le wagon qui devait la conduire à Jouy.Parfois, en une promenade, il vous est arrivé de gravir une côte très escarpée, très périlleuse, très brûlée du soleil.Vous atteignez enfin le sommet.Derrière vous, le chemin rocailleux où vos pieds ont saigné ; devant vous, une plaine fertile, ombragée, doux fleurante, comme dit Montaigne.Quelque chose d\u2019analogue se présentait pour l\u2019orpheline.Après des mois de travail qu\u2019avait précédés la plus effroyable des tempêtes, elle se trouvait vis-à-vis d\u2019une existence neuve, sinon joyeuse, du moins pacifiée, pleine de travail et de respectabilité.Pauvre petite âme troublée, il ne te reste plus qu\u2019à tâcher d\u2019oublier ce passé, vieux d\u2019un an déjà, où tu as senti l\u2019horreur de l\u2019injustice, l\u2019effroi de l\u2019abandon, où tu aurais succombé, sans quelques mains tendues vers ta main.Et, quelle que soit l\u2019âÂpre joie que tu trouves à y penser sans cesse, tâche aussi d\u2019oublier cet amour qui te brûle encore.Du sommet de la côte où te voilà arrivée, ne regarde plus que devant toi ; et ne conserve de la pénible route, que les quelques fleurs cueillies en passant, que le souvenir du bien que l\u2019on t\u2019a ait.XXVII Ni le temps ni le travail ne rendaient le calme à Pierre.Le temps ?N\u2019était-ce pas pour toujours qu\u2019il s\u2019était juré d\u2019aimer ?Le travail ?Il fauchait ou labourait tout un jour, trouvant une jouissance aiguë à faire agir ses muscles jusqu\u2019à l\u2019épuisement.Le vieil Alanik le regardais faire avec inquiétude.«Que notre maître commande, suppliait-il, puisqu\u2019il a appris dans les livres ; mais qu\u2019il me laisse faire l\u2019ouvrage ! I! abat le travail de deux journaliers.Ce n\u2019est pas une vie de chrétien qu\u2019il mène, et on se tue à ce métier-là.\u2014Vieil Alank, répondait Pierre en haussant les épaules, tu te figures toujours nue j'ai douze ans».Et il continuait, mais malgré cela, son âme ne retrouvait pas le repos.Un jour, le valet et lui étaient allés visiter une pièce de terre assez éloignée, et s\u2019en revenaient en longeant la mer.Pierre, selon son habitude, ne quittait pas l\u2019horizon des yeux, quand tout à coup Alank s\u2019écria, comme s\u2019il lui était impossible de se retenir davantage : « Vous attendez encore, monsieur Pierre ?Moi, je suis bien sûr, maintenant, que la mer ne ramènera rien.\u2014 Pourquoi ?\u2014Parce qu\u2019elle ne rejette pas ceux qui ne sont pas morts ».Pierre, brusquement, saisit le bras du domestique : « Elle n\u2019est pas morte ?Tu dis qu\u2019elle n\u2019est pas morte ?Où est-elle alors ?Que sais-tu ?\u2014O mon pauvre maître, comme vous êtes malheureux ! Je ne sais rien du tout ; sans cela, il y a beau temps que je vous aurais averti ; mais, tout de même, on peut bien avoir son idée.Je ne voudrais rien dire d\u2019une jeune fille qui avait l\u2019air d\u2019une brave enfant, et dont la mère était une si honnête femme ; mais ça me fait trop de peine de vous voir vous boire le sang paree que vous croyez qu\u2019elle s\u2019est tuée.Moi, je ne le crois point.Une jeunesse comme ça, ça ne connaît pas la vie, ça se laisse détourner.Si jeune ! et toute seule ! Il n\u2019y a pàäs qu\u2019elle, done; et comme me le disait encore hier la mère Guil- lou, en revenant de placer sa sardine : « La petite Marik à Mme Le Goaz, elle n\u2019est peut-être pas perdue pour tout le monde ».Le visage du jeune homme se décomposa.D\u2019un mouvement de violence irrésistible, il leva son penn-baz au-dessus de sa tête, ainsi qu\u2019une massue, puis le lança au loin dans la bruyère.« Tu as de la chance, mon pauvre Alanik, tu as de la chance d\u2019être vieux, et de m\u2019avoir tant soigné, quand j'étais enfant.Je ze défends, tu entends, je te défends de jamais parler à personne, pas même à moi de.celle dont tu parles.Et maintenant, ajouta-t-il avec rudesse, va voir à Kergoz si ma mère n\u2019a pas besoin de toi».Humblement, le vieux domestique répondit: « Pardonnez-moi, monsieur Pierre, je ne voulais pas vous faire de la peine».Pierre, resté seul, s\u2019était jeté a terre sur la hruvère humide.Lui, si doux, si maître de lui d\u2019habitude, comment, avait-il pu sortir ainsi de son caractère, lever son bâton sur son serviteur, sur son vieil ami ?Mais aussi, dans quelle indignation l\u2019avaient jeté ces commérages de paysans, sans vergogne aussi bien que sans pitié, que n\u2019arrêtent même pas ce qui est innocent comme Marik ! Innocent ?Innocent ?Etait-ce bien sûr ?Le plus affreux, c\u2019est que les paroles d\u2019Ala- nik répondaient à un état de son âme.Jusqu\u2019à présent, il aurait eu horreur de se l\u2019avouer, mais toute confiance était tuée en lui.Il n\u2019était plus capable que de douter.Il ne croyait plus en sa mère : Est-ce qu\u2019il n\u2019allait plus croire non plus en Marik ?Et, quelque effort qu\u2019il fit pour la chasser, la phrase haîneuse de la mère Guillou revenait sans cesse à son oreille : «La petite Marik à Mme Le Goaz n\u2019est peut-être pas perdue pour tout le monde ».En effet, puisqu\u2019elle n\u2019était pas morte, qu\u2019est-ce donc qu\u2019elle était devenue ?A peine formulée, la calomnie prenait, en la conscience de Pierre, une apparence de réalité, et l\u2019image qu\u2019il évoquait sans cesse lui apparut subitement moins pure.\u2018 XXVIII Comme il traversait la cour, en rentrant, son cœur battit : la chambre de Marik était entr\u2019ouverte.C\u2019est vrai! Il avait entendu, hier, dire à sa mere que la lessive était terminée, et que ie linge à raccommoder s\u2019accumulant, (ce linge qui n\u2019avait connu jusqu\u2019alors que la leste aiguille de Marik), il avait fallu arrêter à Fouesnant une ouvrière qui, moyennant douze sous par jour, venait coudre à la journée.C'est dans cette chambre qu\u2019on devait l\u2019installer pour travailler et peut-être pour coucher, si elle préférait ne pas s\u2019en retourner tous les soirs.Pierre ne put se retenir de pousser la porte.Personne.II entra.La chambre n\u2019avait pas été ouverte depuis le départ de Marik.Une odeur assez violente de moisi et de renfermé se dégageait des murs et du sol nu, et par la fente des volets entr\u2019baîllés, des filets cbliques de lumière montraient de la poussière partout où ils tombaient.Des monceaux -le linge blane de lessive encombraient la chaise, la table boîteuse, et débordaient du banc-tossel.Oui, c\u2019est dans cette pauvre chambre, presque semblable à un recoin d\u2019étable, qu\u2019il était venu tant de fois, que, tant de fois, il avait vu sa \u201cpetite amie, qu\u2019il lui avait parlé ie dernier soir.Sauf la poussière entassée, tout y était pareil à jadis ; les objets ne changent pas si vite ! Les gens s\u2019en vont, les choses restent ; elles restent ironiquement.Accrochée au cadre du lit, au-dessus des volets, Pierre reconnut une toute petite chromo qui avait appartenu à Françoise : un Christ vêtu de bleu et de rouge qui montrait son cœur au milieu de sa poitrine ouverte.Et ce cœur sanglant était couronné à la fois de rayons et d\u2019épines.Tiens ! Qu\u2019était-ce donc que ce papier soigneusement épinglé à la suite du Christ ?une feuille blanche, oblongue, enjolivée de guirlandes bleues, ayant aux quatre coins de petits génies, qui tenaient comme attributs un compas, un globe, un livre, un rouleau : Témoignage de satisfaction accordé à Vélève Pierre Le Goaz, classe de sixième.Visa du professeur.Ah oui ! il se rappelait maintenant.C\u2019était au rctour de sa première année de collège ; c\u2019était un de ses premiers témoignages.Marik, toute petite fille alors, avait absolument vou:u qu\u2019il lui en fit cadeau, et elle l\u2019avait placé là, à côté de l\u2019image devant laquelle elle faisait sa prière.Pierre décrocha le papier blanc et bleu, e: essuya la poussière, et, lentement, le plia : En se haussant pour atteindre le témoignage, il avait fait tomber un tas de linge posé sur le banc-tossel ; et tandis qu\u2019il se penchait pour le ramasser, il aperçut à terre, sous le lit, quei- que chose qui brillait.Il allongea le bras, fit venir \"tte cnose : C\u2019était une de ces épingles à boules irisées, miroitantes, ornées de paillettes, que l\u2019on veni dans les Pardons ; mais l\u2019épingle était Lrisée, faussée, une seule de ses boules restait intacte.Avec une intense émotion, Pierre la reconnut, Il se baissa de nouveau, forca ses yeux à ver dans l\u2019obscurité, explora le dessous du bane, du Jit avec son penn baz ; et voici qu'il retrouva aussi la seconde épingle, la petite broche d\u2019émaii, la bague dont le châton portait une croix.Tout y était, tout! Mais en quel état! broyé, tordu, en miettes.Il semblait qu\u2019on se fût acharné contre ces petites choses délicates qu'il avait eu tant de plaisir à donner.Alors, comme il tremblait que quelqu\u2019un n'arrivât, il joignit les débris au témoignage de satisfaction, enveloppa le tout d\u2019un morceau de papier et le serra dans la poche de son gilet.Durant trois jours, ce petit paquet le brûla.T1 lu\u2019 semblait qu\u2019il contenait des reliques, tout ce qui lui restait du meilleur de sa vie.Flusieurs fois dans la journée, n\u2019y pouvant tenir, il se mettait à l\u2019écart, en un recoin de la grange ou derrière une meille d\u2019ajones.Doucement, religieusement, il dépliait le papier ; et ses doigts tremblaient.Alors, il regardait les pauvres bijoux brisés, les berçait dans sa large main brune, comme si c\u2019eussent été de petite être vivants, très précieux et très malades ; puis, se rappelant que Marik avait baisé le Christ de !a bague, il y posait aussi ses lèvrse avec ferveur.Mais, chaque fois, il se répétait comme un problème qu\u2019il n\u2019arrivait pas à résoudre : « Pourquoi n\u2019a-t-elle pas emporté avec elle les souvenirs que je lui avait donnés ?Pourquoi les retrouvé-je abîmés ainsi ?» Cette question l\u2019obsédait à tel point qu'il résoivt de s\u2019en ouvrir à sa marraine.II courrait à elle; il romprait le silence qu\u2019il avait gardé jusque-là ; il avait besoin que quelqu\u2019un eût pitié de lui.Lorsque Pierre entra, Mme Girault était instailée devant l\u2019antique secrétaire en acajou, sur lequel elle faisait sa correspondance et où elle rangeait ses papiers.« Bonjour, mon garcon, fit-elle.Voici bien longtemps que l\u2019on ne t\u2019a vu.Tu nous délaisses.-\u2014Je ne l\u2019aurais pas voulu, marraine, mais j'ai eu beaucoup, beaucoup de besogne.\u2014Je sais : les moissons à finir et à rentrer; du goémon à remonter de la plage, pour l\u2019eh- grais ; des coupées de pins à Loctudy », Elle avait repoussé ses papiers de la main, et regardait am\u2018calement son filleul assis en face d\u2019elle, sur le petit sofa.Pierre se taisait ; maintenant qu\u2019il était en présence de sa marraine, son émotion l\u2019emp\u2019chait de trouver une phrase: 1] ne savait par quel mot commencer ce qu\u2019il avait si grande hâte de dire.Ur tout petit terrier anglais noir et feu, sauta d\u2019un bond sur ses genoux, et lui posa ses pattes sur les épaules en signe d\u2019amitié.« Tiens ! Qu\u2019est-ce que c\u2019est que cette petite bête-là, marraine ?Je ne vous la connaissais point.\u2019 \u2014Non ; c\u2019est un nouvel hôte du Couédis.Une fantaisie de ton parrain.T1 m\u2019a rapporté vendredi, cette petite chienne de Quimper, sous le prétexte qu\u2019elle me tiendrait compagnie et m\u2019empêcherait de m\u2019ennuyer.Mon cher mari ne se donate pas que j'ai toujours d la besogne et que je ne m\u2019ennuie jamais ».Elle passa la main sur la jolie tête du petit animal, qui, des genoux de Pierre avait sauté sur les siens, et semblait fort bien comprendre de qui on parlait.(A suivre) \u2018 .pry LA REVUE NATIONALE 25 le Canada Illustré La vie au grand air dans les principaux Cag lige Mari, vo, EB, all endroits de villégiature des Laurentides Le panorama qui s\u2019offre aux yeux des visiteurs au lac Tremblant est l\u2019un des plus grandioses des | Laurentides.qu'en ge Teel I bili.Les préparatifs pour le bain sur la plage du lac Le lac Carré, a St-Faustin, est le rendez-vous d\u2019un Tremblant.grand nombre de villégiateurs.Promenade en chaloupe sur la rivière du nord, par un calme matin de juillet.Jour de régates dans une villégiature populaire des \u2019 L'arrivée du train de fin de semaine dans une des Laurentides.jolies villégiatures du nord.> Qo Vignettes gracieusement fournies par le Pacifique Canadien © © Au lac Tremblant.i Les chutes, près de Ste-Marguerite, sont une des principales attractions naturelles dans ce populaire endroit de villégiature. 26 LA REVUE NATIONALE ST.DENIS COAL & CARTAGE Co.LIMITED BOIS \u2014 CHARBON \u2014 CAMIONNAGE 900, rue Saint-Denis.Tél.St-Louis 8302.Tél : Est 4841.N.THIBODEAU EXPERT SERRURIER ET MENUISIER Répurations gémérales 5414, rue Robin Montréal! 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Tout à coup i! vient à la petite fille une inquiétude materre'le.\u2014Pierre, Pierre ! Regarde done ma\u2019 pauvre Jeannette est brûlante ! Pierre \u2014 sans lever les yeux.\u2014 Bah ! tu l\u2019as trop embrassée ! C\u2019est ta figure qui a chauffé la pierre de son visage.Mais Mimi a parfois des idées fixes et rien ne l\u2019entête comme la contradiction.C\u2019est une vraie petite femme : \u2014Pierre, elle est malade ma fille.Si elle avait la rougeole, la scarlatine\u2026 .Quoi encore donc, qu\u2019elle pourrait avoir ?Pierre riant.\u2014 Mais.par exemple, la paralysie infantile, ca c\u2019est contagieux, alors, je me sauve ! (Il sort).Mimi, effrayé.\u2014 Ah ! mon Dieu ! si j'allais prendre cela.Mais laisser ma fille, mon enfant! Jamais ! (Indignée, à travers la porte).\u2014 Pierre, tu es, tu es un lâche, un sans cœur ! Soigneusement Mimi couche son .bébé, le le borde, le calme et va pour s\u2019assoir près du berceau.Mais elle se ravise : (Courant à la porte).\u2014 Pierre, Pierre ! Pierre.(de loin).\u2014 J\u2019ai peur de la contagion ! Mimi, (furieuse).\u2014 Reste.(Elle revient au berceau).\u2014 Décidément, elle est bien malade ma Jeannette, ma pauvre Ne- nette chérie.(A la porte).\u2014 Pierre, Pierre, viens done ! Pierre, (qui s\u2019ennui seul, s\u2019approche d\u2019assez bonne grâce).\u2014 Comment se porte l\u2019enfant, ma femme ?Mimi.\u2014 Je t\u2019en prie Pierre, fais le médecin et soigne Nénette ! Pierre \u2014 amusé \u2014 Tiens, je vas appeler Ernest qui fait sa version dans le bureau de papa.Ernest ! Ernest ! (II sort).Ernest entre presqu\u2019immédiatement, lair grave.\u2014 Mon pauvre ami, ne vous désolez pas.Calmez-vous, Madame.On en sauve tant de nos jours.Puis un bébé vous savez.ça a toujours quelque bobo.Voyons la malade.Tous les trois entourent le berceau.Ernest, Lair grave, Pierre, amusé.Mimi, mi-déridée, mi- sérieuse, voulant bien imiter une vraie maman inquiète.Pierre.\u2014 Il faudrait peut-être de l\u2019air à l\u2019enfant, Docteur ?Ma femme est vraiment trop craintive, elle a peur du froid, de l\u2019air, de tout.enfin.Mimi.\u2014 C\u2019est si délicat, un bébé, elle a tou- -jours été si frèle ! ! Ernest.\u2014 (qui, l\u2019air soucieux, a fait mine d\u2019ausculter l\u2019enfant).\u2014 Rien du côté.pulmonaire, Madame.Rassurez-vous mon ami, la fièvre est 7.Mon Dieu, température presque normale.Je crois que Bébé aura trop mangé de bonbons.Ce doit-être un peu d\u2019indigestion.(A Mimi \u2014 qui a rougi): N\u2019aurait-elle pas parfois trop mangé de confitures ou de crême, Madame?Mimi.\u2014 Vivement.\u2014 Ma fille n\u2019est pas gourmande.Ernest.\u2014 Malicieux.\u2014 A Pierre.\u2014 Ou une chute.peut-étre ?+L\u2019enfant n\u2019aurait-elle pas.Pierre.\u2014 Tais-toi donc, je ne joue pas avec les poupées, moi.Ernest \u2014 à Mimi, penché sur le berceau.\u2014 Je résume Madame.L\u2019enfant a dû trop manger de sucreries.donc, diète, Puis veillez bien sur elle.Les enfants tombent parfois.Ils peuvent finir par se casser\u2026 En tout cas, le bébé pourra avoir encore un peu de fièvre.Ne laissez pas trop longtemps seule l\u2019enfant.Et puis de l\u2019air, de \u2018air.Pierre.\u2014 Combien vous devrons-nous, Docteur ?Ernest.\u2014 Ah ! je vous en prie cher ami.une bagatelle.Nous en reparlerons et du reste.je repasserai voir l\u2019enfant\u2026 , Pierre.\u2014 Je vais vous reconduire.Tu permets Mimi.Mimi n\u2019écoute pas.Elle ouvre une petite malle et habille vivement sa poupée.\u2014De Pair.Il est gentil Ernest.Je demande vite à Maman et je vas un peu un jardin.Ce sera charmant.Ma pauvre Jeannette, tu m\u2019as bien inquiétée ! (Tout à coup soucieuse) Mais.Pourquoi que Pierre avait l\u2019air drôle et Ernest malin ?.Pourquoi qu\u2019il a dit de prendre garde aux chutes ?.Ah! j'y suis ! Pierre a dû prendre Jeannette pour lui faire faire des jeux | Téléphone : St-Louis 1599.ULDERIC PIGEON PHOTOGRAPHE 806, rue Papineau, - - MONTREAL.Tél : Main 7154 BEAUDOIN LIMITEE COMPTABLE Membre du Service de collection américain.Suceursale à Québec : 64, rue Saint-Joseph.Chambre 20 \u2014 60-Est, rue Notre-Dame, Montréal Tél : Est 4175 BENJAMIN ADDUCCHIO Marchand de BOIS ET CHARBON 247, rue Montcalm Montréax Tél : Est 8022 CHABOT & CATY N.CATY, successeur IMPRIMEUR ET RELIEUR Spécialité : travaux de bureau 139, rue Papineau, (près Sainte-Catherine).Montréal Bureau : Tél.Uptown 2907 J.EDOUARD MYETTE ELECTRICIEN Nous vous invitons à nous consulter avant de donner votre contrat.Appelez le soir : Téléphone Est 4525 417, rue St-Dominique 35, rue Drummond Montréal ~ Réparations de toutes sortes, Spécialité : magnétos, carbu- exécutées promptement rateur et système Delco.Tél : Est 7195 GARAGE W.DESROSIERS Le meilleur professeur enseignant tout ce qui concerne l'automobile \u2014 Brevets donnés après 3 semaines.8&4 AUTOMOBILES DE TOUTES SORTES A LOUER 223, rue Plessis Montréal TELEPHONE : MAIN 4679.A.DEROME & CIE Etampes en Caoutchouc 20, rue Notre-Dame-Est, Montréal.Tél : St-Louis 2013 JO.ROBERT \u2014OPTICIEN SPECIALISTE\u2014 DOCTEUR EN OPTOMETRIE Examen de la vue et verres correcteurs GARANTIS 880, rue Mont-Royal est, angle Marquette ECHANGE ONTARIO Echange de disques, gramophones et machines a coudre de toutes sortes.904 est, rue Ontario près Papineau, Montréal Tél.St-Louns 4770.J.-P.HERAULT Pneus Vulcanisés Spécialité : Non-Skid et Retred.684, rue Papineau, - - MONTREAL ancore\u2026 J'y vas ! Je vas lui conter ça ! Ah ! les mamans qui laissent leurs enfants pour aller s\u2019amuser\u2026 Maman l\u2019a bien dit, qu\u2019il finira toujours par y avoir.du malheur ro Co .(Tendrement).\u2014 Je ne te laisserai jamais seule, ma chère petite Nénette.Je t\u2019amenerai ou bien je resterai avec toi et quand a Pierre.(Pair terrible) je le feral fouetter, s\u2019il maltraite ma poupée ! Juliette LAVERGNE, Co fl voure! jo alle.pue \u20ac propos trois .chez fmm nine seau | Bi de ti bien } nez Al ao dev Vote il pavot, le! PET PIRE tout J Dei Cepen serv an sient.lorie bien ¢ gentil te LE leule ne semble | œ! fl Dis £ es pf I leis | des qu \u201cvo tire Porter i Tg) i ati de mi & Tay Nine Que ang)\u201d 7 Ya mi ils terry Yous Ag p Que j' Lisp à élu] ile ite ub tee \u201ca i my its P \u201cuse ang \u201cous ; Que pe ty gy Tomy te ly Mais: Th AL alti Mire real iti minique tral taekte Dele.concerne 8.LOUER ptréal quellé rel Courrier de Marraine Odile FLEUR D\u2019'IRLANDE.\u2014 (Port-Alfred).Votre pseudonyme est bien joli ma gentille filleule.Vous êtes accueillie avec plaisir chez Mar- vaine.Vous m'\u2019arrivez avec un petit air enthousiaste et une bonne humeur qui m\u2019enchantent.Je propose à mes filleuls votre devinette : «J'ai «trois pommes dans une assiette.Le curé vient «chez moi avec sa sœur et le sacristain avec sa « femme.Je voudrais leur en offrir chacun une ; comment vais-je faire ?» J'attends votre réponse au concours.BERTHE GENDRON.\u2014 Vous nous arrivez de très loin ma petite amie.Soyez la bienvenue.Lisez les « belles histoires de la revue» et reve- nez-nous encore.Je garde votre réponse.ALBERT ETHIER.\u2014 Je vois, assurément, qu\u2019on aime la page enfantine de la revue « par chez vous», et de plus qu\u2019on y est bien studieux.Votre réponse est classée.VIOLETTE DUFORT.\u2014 J\u2019ai reçu votre envoi.Revenez-nous ! Ou étudiez-vous ma fil- lcule ?Je vous lirai certainement avec plaisir.PETIT GRAPHOLOGUE et JEUNE CURIEUSE.\u2014 Vos questions ne m'ennuient pas du tout, je vous assure ! L'abbé Michon est généralement connu comme le créateur de la graphologie.Cependant, avant lui, quelques esprits curieux et observateurs ont, parait-il, essayé de deviner les caractères par l\u2019écriture de ceux qui les intéressaient.2.Offrez-lui une jolie série d\u2019images à colorier.Je prie «Jeune Curieuse» de vouloir bien changer son pseudo car j'ai déjà ici une gentille « Petite Curieuse »\u2026 Ce détail, sans doute, ne causera pas trop d\u2019ennui à ma nouvelle filleule et elle me reviendra gentiment encore avec son frérot «Petit Graphologue» lequel semble vraiment être un intéressant personnage ! PIERRE et MARGUERITE.\u2014 Le court mais gentil billet m\u2019a fait plaisir.J\u2019attends donc vos réponses au concours.MICHEL DURANDAL.\u2014 Avec les excellents professeurs que vous avez et le genre d\u2019études que vous faites vous réussirez certainement si vous continuez à bien travailler.Votre dernière lettre est arrivée comme on venait d\u2019apporter ma copie à l\u2019imprimerie.Vous voyez tout de même que j'ai lu attentivement votre missive.M.A.\u2014 Je suis très fière de votre appréciation de l\u2019autre jour : merci ! Je vous reçois chez-moi, avec le plus grand plaisir.Donnez- moi encore des nouvelles de votre cher malade.J'avoue que je suis très occupée.Néanmoins, je m'intéresse vraiment à mes correspondants.Quel dommage de vous voir vous « rouiller >» ainsi ! Les choses allant mieux \u2014 et je l\u2019espèrc! -\u2014 Vous travailleriez encore, n\u2019est-ce pas ?Combien je vous admire et malgré tout comme je vous plaignais parfois ! L'inquiétude est une si terrible chose.J\u2019attends de vos nouvelles donc.Vous voyez que je pense à vous, en attendant ! Aurevoir, «ancienne et fidèle » ! A bientôt ! POMPONNETTE.\u2014 Mais ie crois bien que j'en veux de cette mignonne Pomponnette ! Lorsque j'étais très jeune on me donna un jour à étudier une très jolie pièce pour le piano intitulée « Pomponnette ».C\u2019était si gentil que je la fredonnerais encore volontiers; je ne l\u2019ai pas oubliée et pourtant.il y a longtemps, bien longtemps de cela ! A votre question : j'aime le nom et j'aime aussi la gentille petite personne.Furet et moi sommes déjà de bonnes amies.J\u2019attends votre réponse au concours.- FURET.\u2014 J'aimerais bien vous entendre causer toutes les deux, Pomponnette et vous, la grande cousine ! J\u2019ai vraiment de la peine de vous savoir si souffrante, pauvre petite.J\u2019espère que ce terrible mal d\u2019yeux va guérir enfin.Ne vous fatiguez pas ma grande filleule, je vous en prie.Demandez à ce gentil personnage qu\u2019est Pom- ponnette de vous servir parfois de secrétaire ou de lectrice ! Je voudrais tant vous faire plaisir mais je ne vais jamais au bureau de la revue et j'habite très loin de la ville.Je crois que la chose serait longue et compliquée.Que penseriez-vous de faire adresser à la station postale de l\u2019endroit que vous habitez ?En attendant, je dis à mes filleules que Furet aimerait à correspondre avec quelques-uns d\u2019entre eux et je recommande Furet comme très intéressante correspondante ! J'ai moi aussi un jardin où je vois monter toutes sortes de choses.Je comprends que vous var le jardinage ! Soignez-vous bien et à bien- ot! LA REVUE NATIONALE 27 LULU.\u2014 Je venais tout juste de fermer mon courrier quand votre billet bleu m\u2019est arrivé.Inutile de vous redire ce que je pense de Lulu et de ses épitres, n'est-ce pas.?Ne soyez pas trop modeste et vous devinerez peut-étre ?.Sa- vez-vous qu\u2019il faut parfois se « suggestionner » et croire visible, palpable, tout près de nous ce que l\u2019on rêve de posséder.Il faut croire au bon- hear de l'heure présente ; il faut songer «i enchasser les rayons dor» \u2014 comme vous le dites si joliment, \u2014 mais dans une Ame si limpide qu\u2019ils puissent «éclairer au dehors».lt puis surtout, il y a la Providence ! Si bien que l'on ne craint plus les lendemains sombres et soucieux, «les éclipses».Mais voyons, Lulu ! Vous seriez capable de me faire prêcher ! Avez- vous lu « Chemin d\u2019ombre» du Père Roucau ?C\u2019est exquis et vous plairait il me semble.Je vous attend encore.Dites-moi si vous avez ain\u201c la Jeanne d\u2019Arc de Barbier et de Gounod.MARRAINE ODILE.Le courrier de la dame qui lit MICHEL DURANDAL.\u2014 I.Il s'agit des mots de la « Sérénade de Don Juan» de Tschai- kowsky, pourriez-vous me les procurer ?R.\u2014Voici : Sérénade de Don Juan, (Tolstoï) Tout sommeille dans Grenade Viens ! parais à ton balcon Ecoute ma sérénade Viens entendre ma chanson.Qui donc ose de ma belle Nier charmes et talents Au combat je les appelle Tous, tous, tous, chevaliers et manants Et l\u2019aube naissante Luit au firmament Je pleure et je chante Ah ! viens ma charmante Ecoute l\u2019amant.De Candix jusqu\u2019à Grenade Pour quêter les doux regards Entend-tu les sérénades ?Vois-tu luire les poignards ?Que de chants, que de querelles Chaque soir sous les balcons Mais à toi, toi la plus belle Tout, tout, tout mon sang et mes Et l\u2019aube naissante chansons.Luit au firmament Je pleure et je chante Ah ! viens ma charmante Ecoute l\u2019amant.CERMAINE.-\u2014I.Auriez-vous l'obligeance de me donner une liste d\u2019ouvrages a lire pour bien connaître l\u2019histoire politique du Canada, et l\u2019origine des partis politiques, ici ?II.Pourriez-vous me dire aussi quels sont les grands romanciers anglais modernes, dont les ouvrages ont été traduits en francais ?III.Quels ouvrages d\u2019Anatole France et de Guy de Maupassant, permet- triez-vous de lire à une \u2018jeune fille de vingt-cinq ans ?: R\u2014I.Lisez : Antoine Gérin-Lajoie.\u2014 Dix ans d'Histoire du Canada, 1840-1850 ; J,ouis- Philippe Turcotte, \u2014 Le Canada sous l\u2019Union ; Alfred DeCelles.\u2014 Papineau, Lafontaine et son temps, Cartier et son temps ; Siegfried.\u2014 Le Canada, les deux races ; Chapais, Thomas.\u2014 Cours d'Histoire du Canada, V.I.; Abbé Lionel Groulx.Nos luttes constitutionnelles, la Confédération.\u2014 II.Geo.Meredith, Geo.Herbert.Wella, John Galswothy, Rudyard Kipling.Quelques-uns ne sont pas irréprochables au point de vue moral.Il faudra consulter.Voyez un peu, avant, les Etudes d\u2019André Chevillon et de Firmin Roz sur les écrivains anglais contemporains.Cela vous aidera à les mieux pénétrer.\u2014 III.Anatole France.\u2014 Le crime de Sylvestre Bonnard ; Le livre de mon ami ; le Génie latin.Guy de Maupassant : Sur l\u2019eau.Note.\u2014 Prière d'écrire à la Dame-qui-lit avant le vingt de chaque mois, date où le courrier se ferme.Tout renseignement est donné gratuitement, mais demeure, dans la plupart des cas strictement personnelle.La Dame-qui-lit ne veut pas engager sa responsabilité morale dans cette question délicate et complexe de la lecture.LA-DAME-QUI-LIT.Tél.Est 518 Bureau et Atelier : 210, rue PLESSIS, près Ste-Catherine.H.TRUCHON ENTRE.\u2019RENEUR ELECTRICIEN Résidence : 1030, rue BORDEAUX.Tél, Est 3343.TEL : EST 2025.A.GALARNEAU Plombier, ferblantier et couvreur.459 rue Panet, - - - Montréal Tél.St-Louis 3002 W.D.PARE _ | PLATRIER Enduits faits au contrat ou à l'heure avec entière satisfaction.716, rue Papineau, près Marie-Anne, Montréal.Tél.EST 3140.STUDIO ONTARIO AGRANDISSEMENTS, POSES D'ENFANTS ET MARIAGES Spécialité : Ouvrage d'amateurs par service Ouvrage d'amateurs par serviec postal.714, rue Ontario-Est - - Montréal.TEL.EST 5519.ETABLIE : 1850.L.A.COTE LE PHOTOGRAPHE BIEN CONNU A l\u2019occasion du mois de mai, nous vous invitons de venir avec vos enfants.\u2014 Nous posons le jour et le soir \u2014Tout ouvrage est garanti.803, rue Ste-Catherine Est, MONTREAL Tél : Est 4252 O.BERTHIAUME CARROSSIER Nous faisons une spécialité de réparer les automobiles.455, rue Plessis Montréal Tl.St-Louis 945 J.-A.LAMARCHE ENTREPRENEUR PLATRIER I anchissng> \u2014 Tapissage \u2014 Peinture.Ouvrage fait avee soin et à prix modérés \u20ac46a RUE DROLET, MONTREAL CHS.ARCHAMBAULT NOTAIRE 775, rue Mont Roya! Est, MONTREAL Téléphone St-Louis \u20ac421.LEONARD & AIME JOYAL Entrepreneur de peinture sur auto.Ouvrage de première classe garanti au plus bas prix.1422, RUE BORDEAUX, Montreal.Ouvrage de toutes sortrs.Tél.St-Louis 6793 E.-O.SENECAL FNTREPRENEUR ELECTRICIEN Avant de donner votre contrat d'électricité consultez nous.847 rue Marie-Anne Est MONTREAL 52 rue Papineau A.BOUCHER HORLOGER.BIJOUTIER et GRAVEUR Spécialité : Reparation dans la bijnuterie.75, rue Mont-Royal Est, MONTREAL Retenez votre tour par téléphone.Tel.Est 9143 RAOUL THIBAULT SPECIALISTE OPTICIEN, OPTOMETRISTE Gradué en 1904 .425.rue Amherst, MONTREAL En face de l'Eglise Ste-Catherine, pres de la rue Robin. 28 LA REVUE NATIONALE goût.MONTREAL, qui portent cette marque de fabrique.{ Symbole de la qualité Le coton, depuis des siècles, est préféré à tous les autres tissus pour la fabrication des sous-vêtements féminins.Et aujourd\u2019hui, plus que jamais, première place dans la toilette des belles dames de bon Toutes celles qui ont l\u2019habitude de n\u2019employer que du meilleur coton, admettront que la marque de commerce ci-dessus est une garantie de bonne qualité.Cette marque de commerce a toujours obtenu le suffrage de la sage maîtresse de maison et s\u2019identifie à tout ce qu\u2019il y a de beau en fait de draps de lit, de taies d\u2019oreillers, de vêtements de nuits, de patrons, de toile à voile, etc, etc.il occupe la Dominion Textile Co., Limited TORONTO, WINNIPEG.NE TARDEZ PAS a nous donner votre commande de teinture et nettoyage de manteaux, costumes, gants, robes de toilette et effets de ménage.TEL.EST 5000 Déchaux Rrères LIMITEE Teinturers.Dégraisseurs.Tél.Bell St-Louis 6283 E.LECLERC HORLOGER-BIJOUTIER Membre des C.-Colomb Canadiens-francais, n\u2019oubliez pas que la maison E.LECLERC, 111 rue Mont-Royal Est, occupe une place très importante dans la bijouterie à Montréal, et nous vous invitons MONTREAL à passer chez nous pour le constater.111, MONT-ROYAL EST, Abonnez-vous à 286, RUE SAINT-LAURENT, LA REVERS FOMLE LA MEILLEURE REVUE POSSIBLE, AU PLUS BAS PRIX POSSIBLE MONTREAL CE QUI SE PASSE ; Autre temps, autres moeurs :\u2014- M.Alfred Nettement, dans son histoire de la Restauration, raconte que M.de Villèle, appelé au ministère par Louis XVIII, refusa constamment d\u2019accepter le traitement auquel il avait droit comme ministre.Ce n\u2019est pas que cet homme d\u2019état fut très riche et capable de servir l\u2019Etat avec ce désintéressement sans en souffrir, car si nous en croyons nne lettre adressée à sa femme, dans les premiers temps de son ministère, il avait dû demander à Mme de Villèle de vendre une pièce de blé afin de payer ses frais d\u2019installation.Ce trait a de quoi surprendre quand nous le comparons à l\u2019acharnement qu\u2019ont mis nos législateurs fédéraux à demander une augmentation de leur indemnité parlementaire qui est portée de $2,500 a $4,- 000.D\u2019aucun, trouvant l\u2019augmentation justifiée par le coût de la vie, trouve déplorable qu\u2019elle ait été votée par un parlement de guerre, qui aurait dû, il y a déjà longtemps, réclamé un renouvellement de son mandat.L\u2019FTrlande la tragique :\u2014 Les émeutes de Londonderry, où une véritable guerre civile règne en permanence ; l\u2019assassinat de policiers anglais aux portes mêmes de Dublin Castle ; les menaces de mort contre le vénérable cardinal Logue, ont de nouveau appelé l\u2019attention du monde entier, durant le mois de juin, sur la malheureuse Irlande qui, après avoir mérité le titre glorieux d\u2019îÎle des saints y a ajouté celui moins enviable d\u2019îÎle martyre.Les communiqués optimistes de Downing Street et de Dublin Castle ne trompent plus personne : jamais I\u2019Angleterre ne pourra rétablir un gouvernement stable en Irlande, avec la coopération du peuple irlandais, et sans cette coopération, il lui sera toujours impossible de gouverner, autrement que par la force de ses armes et par des méthodes de répressions telles que celles qui sont, aujourd\u2019hui.en honneur, qui font frémir d\u2019horreur et d\u2019indignation le monde entier.Les meilleurs amis de l\u2019Angleterre ne peuvent que souhaiter qu\u2019elle applique à l'Irlande les principes inclus dans le traité de Versailles, qui veulent que chaque peuple ait le droit de disposer de ses propres destinées.Il est indiscutable, aujour- d\u2019hui comme hier et plus qu\u2019hier.que l\u2019Irlande ne veut plus du régime anglais, et qui pourrait l\u2019en blâmer?Comment cela finira-t-il ?Dieu seul le sait, Il nous est bien permis de croire cependant que l\u2019Angleterre devra tôt ou tard accepter l\u2019inévitable et rendre à l\u2019Irlande sa liberté, qu\u2019elle Imi a volée il y a près de neuf siècles.C\u2019est à ce prix seul qu\u2019elle obtiendra Jl\u2019estime de ceux qui croient à autre chose qu\u2019au règne de la force brutale, et pour qui le droit et la justice ne meurent jamais.Les alliés et l\u2019Allemagne :\u2014 De nouveau, les premiers ministres alliés ont eu à étudier la question de l'exécution du traité de Versailles.Réunis à Hythe, puis à Boulogne, ils ont, une fois de plus, signifié à l\u2019Allemagne, leur volonté de faire respecter le traité consenti par elle, surtout en ce qui a trait au dé- sarmement et aux indemnités de guerre.Cet ultimatum est arrivé à Berlin au moment même où l\u2019Allemagne subissait la plus terrible des crises ministérielles.Le parlement issu des dernières élections fédérales allemandes comprend trois groupes de force inégale, mais fort puissants: les réactionnaires, qui souhaitent le retour du régime impérial, et qui sont eux-mêmes divisés en deux ou trois fractions ; le centre, composé des catholiques et de divers autres partis, qui veulent le maintien du gouvernement républicain mais en conservant des allures bourgeoises ou même conservatrices ; la gauche, composée des socialistes majoritaires, qui veulent la république sociale mais sont adversaires des soviets, et les socialistes indépendants, partisans du régime communiste ou soviétique, tel qu\u2019instauré en Russie, par Lenine.Ces trois groupes, de tendances fort diverses, presqu\u2019irréconciliables, sont incapables de se maintenir au pouvoir, par eux-mêmes et doivent par conséquent s\u2019allier à leurs voisins de droite ou de gauche.L'ancien chancelier Bauer ayant remis sa démission au président Ebert, celui-ci a demandé à Herr Fehren- bach, président du Reichstag, de former un ministère.Fehrenbach s\u2019est mis à la tâche et s\u2019étant cherché des alliés à droite et au centre, succomba sous les coups des socialistes radicaux et modérés, Il n\u2019abandonna pas la partie, cependant, et au moment où nous écrivons ces lignes, il travaille à remettre son ministère sur pied.Quoiqu\u2019il arrive, on peut prévoir qu\u2019il ne pourra se maintenir au pouvoir sans l\u2019appui ou au moins la neutralité de la gauche, ou sans de nouvelles élections, ce que personne ne semble désirer en Allemagne.C\u2019est dans ces conditions que se trouve la grande vaincue pour faire face aux hommes d\u2019état alliés a la conférence de Spa qui doit s\u2019ouvrir vers le 15 juillet.Il est possible que l\u2019on ajourne ces délibérations à plus tard afin de permettre à la situation politique intérieure de l\u2019Allemagne de se stabiliser quelque peu.La convention de Chicago :\u2014 Les délégués du parti républicain réunis en convention nationale à Chicago, ont choisis le sénateur Warren Harding comme candidat à la présidence des Etats-Unis.Inconnu de l\u2019étranger et fort peu en vedette aux premiers jours de la convention, M.Harding est aujourd\u2019hui considéré comme le prochain président de la république voisine, car il semble bien que les républicains l\u2019emporteront facilement aux prochaines élections américaines.Fait qui mérite d\u2019être signalé, M.Harding est un journaliste qui est resté fidèle à sa profession, tout en s\u2019occupant de politique.Cela ne lui a pas trop mal réussi, comme on voit.A l\u2019heure où paraîtront ces lignes, les démocrates auront probablement fait leur choix.Parmi les politiciens les plus en vue comme ayant une chance d\u2019obtenir la candidature, on signale le procureur-général Palmer, l\u2019adversaire irréductible des radicaux, Wm Jennings Bryan, déjà deux ou trois fois candidat malheureux, et M.McAdoo, gendre du président Wilson, qui cependant refuserait de se laisser mettre en nomination, si l\u2019on en croit une dépêche parue l\u2019autre jour.Il est bién possible que, comme à Chicago, ce soit un « dark horse» ou un « candidat obscurs qui triomphe a la fin.\u2014 Ju} Rie Js Ji toad q if elt badge fo 10 yl pal wlof] de LA nation dtd re gH it péri \u201cFa de 1 par tenter mal | 1922 prono Le di (1 (an nette sait 5 Dents funn le der fone sv Et Tt | Murdo tribun protég une accuse cabine vl d' Pour \u20ac marre & po contre noe union certain any Is Polo ue au Ii pa ln [i Ang Ue pay eet Nouv Jer tier wg Wu | Yael, fm fy In de alliés | fichgy Grey Fou de let Moins Me le lu tt, i Ang i {tho Das a {ie les Ts | lity, Lng, i ills I fy fle Jy | thay, enn, ley | Nine J} * Bang EN ly ls § = Ma Ale \u20ac des Dent niles Opes ats, nt le L qui ou isd tres % du Sen le tks, nial Xiale ts, et art: 050 Iie 5, de in.bs mes or à che.N Te- et, hen.efor.set des (con 3 1a forma I il sire peut tenir moins sans rs age.p £ faire à la wir que pls ation ge Jin à Ci LA REVUE NATIONALE 29 Au parlement fédéral :\u2014 Rien de bien saillant n\u2019a marqué les derniers jours de la session à Ottawa.La nouvelle loi électorale a été adoptée sans grands changements au iexte primitif soumis au parlement.Il est de même du nouveau budget, avec sa longue nomenclature de tourds impôts.L\u2019hon.M.Ballan- tync a réussi à faire accepter su politique navale, qui pourvoit au développement de la marine marchande canadienne \u2014 politique vraiment nationale, \u2014 et à l\u2019entretien du redoutable cadeau en ruvires de guerre que vient de nous faire l\u2019Angle- Lerre \u2014 cela, c\u2019est de la politique impérialiste.Faute de mieux, Sir Robert Borden reste au pouvoir avec le même parti désuni et croulant, que l\u2019an tentera de maintenir tant bien que mal, plutôt mal que bien, jusqu\u2019en 1922, alors que le peuple aura à se prononcer sur son sort.Le défunt tribunal du commerce :\u2014 C\u2019en est fait : le tribunal du commerce est mort, et comme on pouvait s\u2019y attendre, ses derniers moments paraissent avoir été marqués d\u2019un nouveau scandale.M.Murdock, le dernier de ses membres restés en fonction, n\u2019a pas voulu s\u2019en aller sans vider son sac.Et vraiment, ce qu\u2019il en a sorti n\u2019est pas propre à nous édifier.M.Murdock accuse l\u2019ex-président du tribunal, l\u2019hon.juge Robson, d\u2019avoir protégé les profiteurs, au moins dans une circonstance qu\u2019il spécifie ; 1l accuse de plus certains membres du cabinet et la commission du service civil d\u2019avoir fait tout en leur pouvoir pour empêcher le tribunal du commerce d\u2019accomplir sa tâche, qui était de protéger les consommateurs, con- contre les profiteurs.C\u2019est une pièce nouvelle au dossier du gouvernement unioniste et une pièce qui ne l\u2019aidera certainement pas dans sa prochaine campagne électorale.I1 est juste d\u2019ajouter que le juge Robson oppose un démenti catégorique aux accusations portées contre lui, par M.Murdock.La querre en Turquie :\u2014 Ainsi qu\u2019il était à prévoir, le traité de paix avec la Turquie ne peut être exécuté avant que les alliés aient de nouveau vaineu les Turcs.MM.Mil- lerand et Lloyd George viennent de confier à la Grèce le mandat de chasser ou de mater les nationalistes turcs, maîtres de l\u2019Anatolie.M.Vé- nizelos, qui a accepté la tâche, au nom du gouvernement grec, se fait fort de l\u2019accomplir sans l\u2019aide des alliés.Et voilà la guerre de nouveau déchaînée ! Il reste à savoir si les Grees viendront aussi facilement à bout des Turcs, qu\u2019ils le prétendent.Il est à craindre, on le laisse du moins entendre dans les dépêches, que les nationalistes appellent à leurs secours les troupes bolshévis- tes, qui ont déjà des intelligences en Arménie et dans l\u2019Azerbaidjau.Et si cette crainte est fondée, ce n\u2019est plus aux seules troupes nationalistes que les Grecs auront à faire face, mais bien à la Russie bolshéviste tout entière.Il faudra bien alors que l\u2019Angleterre intervienne directement, si elle ne veut pas que les Russes lui ferment la route des Indes.On sait que la Russie bolshéviste n\u2019a jamais abandonné les visées de l'ancien gouvernement impérial sur Constantinople et la riche proie des Indes ; Le- nine l\u2019a déclaré à maintes reprises.Ce serait donc la reprise du duel gigantesque entre la Russie et l\u2019Angleterre, pour la possession de l\u2019Asie centrale et pour le contrôle des détroits du Bosphore.D\u2019un autre côté, la France a des intérêts considérables à protéger en Asie mineure de même que l\u2019Italie.On voit done que la guerre qui commence en Asie Mineure est susceptible de se développer en une nouvelle conflagration mondiale.Notre fête nationale :\u2014 La célébration de la fête Saint- Jean-Baptiste, le 24 juin, a été marquée par le dévoilement d\u2019un monument à Dollard des Ormeaux, le sauveur de la Nouvelle-France.Notre anc\u2019enne mére-patrie avait voulu participer à l\u2019imposante cérémonie en envoyant à Montréal, l\u2019aviso « La Ville d\u2019Ys», dont tous les marins formaient une garde d'honneur au monument, érigé au Parc Lafontaine.C\u2019est M.Marcel de Verneuil, gérant du consulat de France, qui a dévoilé le monument, aux applaudissement d'une foule immense réunie sur les lieux.Des discours ont été prononcés par MM.J.-B.Lagacé, président du comité du monument, l\u2019hon.juge L.-P.Brodeur, descendant d\u2019un des héros de Long-Sault, M.Marcel de Verneuil, M.Médéric Martin, maire de Montréal, M.John Boyd, M.Victor Morin, président de la Société St-Jean-Baptiste, Georges Baril, président de l\u2019A.C.J.C.Le matin, il y eut grand\u2019messe solennelle à l\u2019église Saint-Jean-Baptis- te, chantée par Sa Grandeur Mgr Bruchési.Le prédicateur du jour était le R.P.Lamarche, O.P.Le soir, il y eût séance publique de la «Semaine Sociale» au Parc Lafontaine ; les conférenciers en furent MM.Gaudiose Hébert, Henri Bourassa, Victor Morin, président général de la Société Saint-Jean- Baptiste, et M.l\u2019abbé Fortin, aumônier général des ouvriers catholiques syndiqués de la province.Ce fut une belle et imposante manifestation religieuse, patriotique et sociale.La Semaine Sociale :\u2014 Il ne nous appartient pas d\u2019exposer.même brièvement, les travaux de la première semaine sociale tenue à Mentréal.Des plumes plus autorisées que la nôtre le feront sans doute, et avec profit pour les lecteurs de le.Revue Nationale.Nous nous permettrons simplement d\u2019exprimer l\u2019espoir que ces journées sociales hâteront la solution du problème des relations entre le capital et le travail.Le conseil central de l\u2019A.C.J.C.:\u2014 Samedi et dimanche, 26 et 27 juin, I\u2019Assceiation Catholique d ela Jeunesse Canadienne-française a tenu son septième conseil fédéral.M.Guy Vanier, avocat, a été élu président, en remplacement du docteur G-H.Baril, sortant de charge.Le dimau- che soir, à la salle Saint-Sulpice, l'association a fêté le cinquantenaire de la proclamation du dogme de l\u2019infaillibilité du Pape par une séance solennelle, que présidait Sa Grandeur Mgr Bruchési.Les orateurs de la circonstance ont été les abbés Cu- rotte et Perrier, et M.Henri Bourassa.Henri du VALLIER.UNE CORRECTION Dans l\u2019article du Directeur de la Revue : Semaine Sociale et intéret national, publié le mois dernier, un phrase a été rendue inintelligible par la suppression des derniers mots.Nous la reproduisons ici en soulignant les mots supprimés.« Dans tous les pays, sans doute, l\u2019on peut dire que la question sociale est la question nationale par excellence, attendu qu\u2019une patrie ne peut rester ou devenir grande, alors que ses enfants sont en état actuel ou menaçant de guerre civile ; mais ll semble que cette vérité soit encore plus « vraie» si on peut dire, chez nous qu'ailleurs.Et la raison n\u2019en est pas difficile à donner, c\u2019est que notre vie nationale est plus menacée que celle de la généralité des autres races et que, par suite, tout ce qui nans divise seconde, favorise l\u2019action déjà dangereuse à l\u2019extrème; des éléments qui nous sont hostiles >.Gérant : Donation BERTHIAUME.M EUBLES de Salle à Diner, de Chambre à Coucher, de Salon, de Vivoir.LA PLUS HAUTE NOUVEAUTE.LITERIE Lits en cuivre et en fer, Sommiers et Matelas.GLACIERES, CAROSSES POUR ENFANTS, TAPIS, RUGS, PRE- LART, POELES.Nous défions toutes compétitions.Votre crédit est bon.E.German & Fils 963 STE-CATHERINE EST Tel.Bell : EST 2247 Entre Papineau et Cartier.Tél : Bureau : Calumet 1899 Tél : Résidence : Calumet 1681 hristopher Lumber Co., Marchand de Bois \u201c EN GROS \u201d PORTES, CHASSIS, ETC.M.Berthiaumo est membre de la Société Saint-Jean-Baptiste, section Olier.Nous sollicitons vos requisitions et commandes.694, RUE ALMA, MONTREAL TEL, DELL, EST 683 J.-E.Bourcier MANUFACTURIER DE FOURRURES 219, rue Amherst, - - - - - - MONTREAL.Près rue Sainte-Catherine.LS ] I mprimerie M aisonneuve 478, AVE.LASALLE Impressions commerciales, Catalogues, | Pamphlets, Revues, Programmes, etc.TELEPHONE: LASALLE 2354 | === 30 LA REVUE NATIONALE Vous aurez de belles et bonnes dents ce qui contribuera plus que toute autre chose à votre apparence, si vous confiez le soin de votre bouche au De PINAULT bexmste Gradué avec très grande distinction et médaille d\u2019or de l\u2019Université Laval.Toujours à votre disposition pour traiter et extraire vos dents sans douleur : on ne fait que des travaux de première qualité.Prix modérés et satisfaction garantie.Ouvert de 9 a.m.à 9 p.m.2602.Ste-Catherine Est, angle Létourneux.Tél.Las.2709 Hudon, Hebert & Cie IMPORTATION ET GROS Alimentation, Vins, Liqueurs 18, rue de Bresoles, Montréal, Canada Tél : Est 2323 J.-A.-W.DUFAULT ENTREPRENEUR DE POMPES FUNEBRES Embaumage : une spécialité 456, rue Plessis Montréal Troubles de la DIGESTION : \u2014 Maladies d\u2019'ESTOMAC, du FOIE, des Troubles des fonctions URINAIRES et SEXUELLES : INTESTINS et de la PEAU.Malad de la VESSIE, des REINS aladies de la SSIE, des RE 5 TRAITEMENTS ELECTRIQUES et des ORGANES GENITAUX.Dr J.-M.-E.PREVOST Des hépitaux de PARIS, LONDRES, NEW-YORK MEDECIN-SPECIALISTE 460, RUE ST-DENIS, (Coin Sherbrooke) MONTREAL Téléphones : \u2014 BUREAU : EST 7580 \u2014 RESIDENCE : EST 6791.Tél : Est 7403 Magasin : Main 576 FAUCHER & FILS IMPORTATEURS D'ACCESSOIRES D\u2019AUTOMOBILES ETOFFES A COUVERTURE, BOURRURE, TAPIS, \u2014\u2014 ACIER A RESSORT, ECROUS, ETC.ETC.362 à 368, rue Craig Ouest MONTREAL TELEPHONE EST 2029 La Maison Gravel, Enr.LIBRAIRIE \u2014 PAPETERIE \u2014 IMPRESSION \u2014 JOUETS Représentant du Phonographe Perfection.Disques et Aiguilles.384, rue Ste-Catherine Est - - - MONTREAL BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Constituée en corporation par le Parlement en juillet 1900 Capital autorisé : $5,000,000.00 \u2014 Capital versé et surplus au 30 juin 1919 : $3,000,000.00 \u2014 Actif total : au-delà de $34,000,000.00 SIEGE CENTRAL : 7 et 9, Place d\u2019Armes, - - - - - Montréal, Canada CONSEIL D'ADMINISTRATION Président : Sir Hormisdas LAPORTE, C.P., ex-maire de Montréal, de la maison Laporte, Martin, Limitée, administrateur du Crédit Foncier BUREAU DE CONTROLE Les fonds ou argents qui sont confiés à cette Banque pour son Département d\u2019Epargne sont contrôlés par un Comité de Censeurs, et les placements franco-canadien.sont examinés mensuellement par les Vice-Présidents : M.W.-F.CARSLEY.messieurs qui composent ce comité, à Tancrède BIENVENU, administrateur savoir : de la Lake of the Woods Milling Co.ai : Sir Al d LACOSTE, M.G.-M.BOSWORTH, vice-président du © ait Gix-iome \u2018on omar\u201d ae a tone Canadian Pacific Ocean Services du Banc du Roi.L'hon.Némèse GARNEAU, C.L., Qué- Vice-Président : l\u2019hon.Narcisse PERO- bec, président de la Cie de Pulpe de DEAU, N.P., ministre sans porte- Chicoutimi feuille du Gouvernement provincial, M.L.-J.-0.BEAUCHEMIN, de la Li- administrateur Montreal Light Heat brairie Beauchemin Ltée.& Power.M.Martial CHEVALIER, Directeur-gé- M.S.-J.-B.ROLLAND, président de la rant Crédit Foncier franco-canadien.Cie de Papier Rolland.95 succursales dans les provinces de Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick et PIle du Prince-Edouard.KERNEVEZ (Suite de la page 17) Les mois qui s\u2019écoulaient n\u2019amenant aucun rapprochement, elle se posa volontiers en victime, mais à ses propres yeux seulement.Pour rien au monde, elle n\u2019eût voulu convenir devant personne que son fils lui manquait.Son fils ! Est-ce que, vraiment, il n\u2019allait pas lui revenir ur jour ?Est-ce qu\u2019il resterait toujours ainsi, taciturne, irritable, avec des airs de juge, lui parlant à peine ne l\u2019embrassant plus jamais ?Pour qui donc, en vérité, dans l\u2019intérêt de qui avait-elle agi ?Alors, la maternité passionnée qui gonflait son cœur se dévoyait en des torrents de haine : « Oh ! cette Ma- rik !» Et c\u2019était une torture.XXV ««A la fin de votre lettre, chère madame Girault, vous me demandez: «N\u2019es-tu pus triste ?Ne penses-tu pas trop au pays ?Et vous dites que, si j'ai du chagrin, il faut que je vous le confie, comme si vous étiez ma mère.« Eh bien, non ; votre Marik n\u2019est pas triste ; votre Marik est heureuse, très heureuse.Elle n\u2019a qu\u2019une chose dars son cœur, et son cœur en est plein ; c\u2019est le souvenir de vous deux qui avez tant fait pour elle ; c\u2019est l\u2019espoir d\u2019arriver au but que vous- même lui avez fixé >».Lorsque Marik écrivait à Mme Gi- rault qu\u2019elle n\u2019était pas triste, et que son cœur n\u2019était plein que d\u2019une chose, elle savait bien que ce n\u2019était pas vrai.Le sentiment de la reconnaissance et celui de sa dignité donnaient à la jeune fille la force de dissimuler son secret, non de l\u2019oublier : le souvenir de Pierre vivait en maître dans son cœur.Les huit mois que Marik passa à l\u2019école normale furent pour elle une halte accordée par la Providence.Le travail intellectuel, pour lequel, tout enfant, elle semblait faite, fut, moins encore un aliment pour son esprit, qu\u2019un remède pour son âme.Tout d\u2019abord, les devoirs, les leçons lui parurent d\u2019une difficulté insurmontable.Oh ! sa première dictée, cette page d\u2019ortographe qu\u2019elle n\u2019avait pas pu terminer, haletante dr prendre «4 vol les mots prononcés si vite, lui semblait-il, et qu\u2019elle ne comprenait même pas tous ! Elle s\u2019acharna à ses tâches, s\u2019y absorba au point de s\u2019en donner la fièvre ; et, malgré cela, ce travail au- dessus de ses forces lui fut un apaisement, parce qu\u2019il occupa toute sa pensée.Elle ne se lia avec aucune de ses compagnes.Très modeste, à la fois, et très fine, elle jugeait leur rang social supérieur au sien, et, en ne se familiarisant pas, se plaça fort au- dessus de la plupart d\u2019entre elles.En dehors de la confiance et de l\u2019admiration sans réserves que lui inspirait Mme Docé, son cœur ne battit d\u2019aucune affection nouvelle.La directrice, de son côté, fut conquise par le charme de cette nature honnête, distinguée et vibrante.Elle s\u2019attacha à «la petite Bretonne» plus qu\u2019à d\u2019autres élèves plus banales et moins abandonnées ; et dans ce contact journalier avec une femme d\u2019essence supérieure, Marik puisa cette svrte de grâce habituelle, qui vous fait accepter les combats sans amertume et les défaites sans désespoir.« Je suis bien aise de vous voir reçue, mon enfant, dit Mme Docé à Marik qui vient de rentrer de l\u2019examen, et se tient, tout émue encore, debout devant le bureau de la directrice.-\u2014Oh ! c\u2019est grâce à vous, madame, grâce à votre bonté et à votre patience, grâce aux leçons supplémentaires que vous m\u2019avez données le soir.Sans vous.\u2014C\u2019est votre intelligence, votre docilité et votre soif d\u2019apprendre qui ont tout fait.Je vais télégraphier votre succès à Mme Girault, car c\u2019est un véritable tour de force que vous avez accompli, ma chère Marik.Mme Girault sera bien heureuse.On doit tant penser à vous là-bas, aujour- d\u2019hui ».C\u2019est vrai, c\u2019est un tout de force que Marik vient d\u2019accomplir.Quoique le programme des écoles maternelles ne soit guère chargé, il est extraordinaire qu\u2019elle ait réussi, en huit mois, elle, l\u2019inculte petite servante de Kergoz, à passer un examen, si modeste soit-il.Pour elle, qu\u2019importe ! Elle n\u2019a pas d\u2019orgueil.Ce qui l\u2019a fait tressaillir, c\u2019est la fin de la phrase de Mme Docé : « On doit tant penser à vous là-bas, aujour- d\u2019hui ».Oui, ils pensent à elle, les vaillants cœurs qui ont tout fait pour la sauver ; mais lui, l\u2019ami de toute sa vie, lui, dont l\u2019approbation serait, pour Marik, la plus enviable récompense; il ne sait rien de son courage, de son travail, de ses progrès.Marik diplo- mée ! Non certes, Pierre ne se doute guère de cette chose invraisemblable.Pense-t-il encore à son amie d\u2019enfance ?Comment la juge-t-il ?«Un doit tant penser à vous là- bas, aujourd\u2019hui !» Hélas ! lin attendant la cloche du dîner, Marik s\u2019est assise seule dans sa petite chambre.Le mouvement, l\u2019excitation de cette journée si remplie ont cessé.Elle est lasse.Par désœuvrement, avec des mouvements de somnambule, elle ouvre son armoire, cherche au fond de la planche la plus haue un paquet religieusement clos : Mes chères hardes de Bretagne.Marik ferme sa porte à clef, ouvre le paquet, prend chacune de ses affaires, la vêt lentement, avec des mains qui tremblent, des mains déshabituées.Elle épingle les ailes de sa jolie coiffe de Fouesnant, oiseau blanc tout prêt à s\u2019envoler, puis se regarde dans sa petite glace.Dieu ! Comme elle a changé ! C- n\u2019est plus Marik à la peau brune, aux joues rondes de l\u2019adolescence.C\u2019est une demoiselle de la ville, plus fine, plus blanche, et qui, dans ses propres vêtements, a l\u2019air de s\u2019être déguisée, Ceux de là-bas la reconnaî- traient-ils ?Son cœur se serre étrangement, et voici que ses yeux fixés sur le miroir se troublent, se remplissent de larmes qu\u2019elle essuie rageusement.Non ! elle n\u2019est plus la petite Marik que Pierre aimait ! La cloche du dîner sonne.Vite, vite, elle replie ses vêtements, et en les repliant, elle les baise.C\u2019est pour toujours maintenant qu\u2019elle les enferme.Puisqu\u2019il ne lui est pas permis de les reprendre, elle ne veut plus jamais les revoir.Car, rien que pour les avoir remis une minute, elle a élargi la blessure de son cœur.XXVI L\u2019examen passé, une position ne fut pas longue a trouver.Des quatre coins de la France, et méme de plus loin, on s\u2019adressait à Mme Docé pour lui demander des directrices d\u2019écoles maternelles ; c\u2019était même un de ses moyens les plus sûrs de faire doublement le bien ; d\u2019une part, envers les enfants pauvres qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019instruire, d\u2019autre part, envers les jeunes institutrices qui avaient à gagner leur vie.Un matin, elle fit venir Marik à son cabinet de travail.« Je viens de recevoir cette lettre, dit-elle.Lisez-la.Je\u2019 pense que la position dont il s\u2019agit vous conviendrait ».M.Voiel-Kroner, riche industriel originaire de Mulhouse, était venu aprés la guerre s\u2019installer non loin de Paris, dans la riante vallée de Jouy, ou il avait transporter son, foyer et son importante manufacture de cotonnades.(A suivre page 24) \\ \u2014 \u2014 Nan, 8 Entree Boney \u2014 J.A I Fre, 3, Wi trey dai, \u201clige a Pom i 1g] , n/ : > \u2014 Ÿ our oles ie LA REVUE NATIONALE 31 Téléphone: EST 799.La Patisserie \u2018(Rrançaise La meilleure pâtisserie.La meilleure cuisine.Les meilleurs chocolats.Le meilleur service.La plus jolie salle de thé.KERHULU et ODIAU 176, RUE ST-DENIS TOUJOURS EN AVANT NOIR ET VERT NATUREL THE Conserves alimentaires de fruits et légumes canadiens « PRIMUS » PRIMUS La marque « PRIMUS » est une garantie de qualité et de pureté L.CHAPUT, FILS et CIE, Limitée Maison fondée en 1842 2 à 12, rue de Bresoles \u201cPRIMUS\u201d (En paquets seulement) POUDRE A PATE CREME DE TARTRE GELEES EN POUDRE Montréal VOTRE MEDECIN VA VENIR .Gravement malade, vous attendez avec angoisse la visite du médecin, c\u2019est l\u2019heure des choses sérieuses, des réflexions amères et des regrets tardifs.Une de ces choses auxquelles vous pensez naturellement dans ces circonstances, c\u2019est l\u2019assurance-vie ; la nécessité vous en.parait alors évidente pour votre famille.Mais inutile d\u2019y penser, vous n'êtes plus en état de vous assurer ; c\u2019est à l\u2019époque où vous étiez plein de santé, que vous auriez dù le faire.: Aujourd\u2019hui, vous vous portez bien ; prenez donc une police d\u2019assurance-vie, vous le pouvez.Demain vous serez peut-être sous les soins du médecin ; aucune compagnie ne vous accepterait.PENSEY-Y.The Sun Life Assurance Co.of Canada ç Domicile : 684a, Pare Lafontaine.TEL : Jour, St-Louis 579 Nuit, St-Louis 2128.E.-C.ST- AMOUR (Enregistré) Entrepreneur de Pompes Funébres et Embaumeur.\u2014 Voitures doubles pour baptémes, mariages, enterrements, etc.Bureaux : 594, avenue Papineau, MONTREAL Vis-à-vis l'église de l\u2019'Imm.Conception.J.-O.LAUZON P-A.PHANEUF Pianos et Automatiques Gramophones \u2018\u201c VICTOR \u201d et Pratte, Haines Bros, Lauzon, New Scale \u2014 Records \u2018\u201c\u201c VICTOR \u201d \u2014 Williams, Marshall Wendell Venez visiter nos salons de musique et entendre les derniers records en vente et Instruments de musique pour tous les les plus populaires.Agent pour la machine choix.Agent de la machine à coudre à coudre \u2018\u2018 Singer \u201d.\u201c Singer \u201d.Catalogues de records envoyés sur demande.610, ave Mont-Royal Est, Sis tae; © MONTREAL Tél : St-Louis 5390.Plomberie, Chauffage à Vapeur et à Eau Chaude Couvertures en gravois, Tôle galvanisée, Ventilation forcée et naturelle \u2014 Ventilateur Aéolien pour Ventilation et Zéphyr pour cheminées.REPARATIONS GENERALES T.Lessard & Fils, Limitée 191, rue CRAIG EST Tél.Est.3644 Nourrissez - vous convenablement La Compagnie Montreal Dairy LIMITEE vous offre ses produits CREME DOUCE\u2014BEURRE\u2014CREME GLACEE Tél : Est 1618 \u2014 1361 \u2014 7019.\\ =) DIGNE DE VOTRE PATRONAGE LE PAIN \u201cVICTORIA\u201d ou \u201cPARISIEN\u201d DE LA BOULANGERIE J.- A.BROSSEAU, Limitée 49 à 75 RUE BOYER Ce pain \u2014 cuit sur la sole \u2014 est sain et nourrissant.Il est, à cause de sa saveur caractéristique, l\u2019aliment préféré de tous les âges.i .Appelez St-Louis 678\u2014si votre épicier n\u2019en a pas, de ce pain au goût vraiment délicieux.La Patisserie Parisienne JOS.RONDEAU, Prop.Médaille d\u2019or, Paris 1899.Le plus grand choix de p.tisseries françaises.Assortiment complet de bonbons fins ! ! 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