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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1919-03, Collections de BAnQ.

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[" z VOL.I \u2014 No 3 MONTREAL MARS 1919 La Revue Nationale Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal PARAISSANT LE 20 DE CHAQUE MOIS Oeuvre nationales .2 2222 2 20 Victor Morin Le français dans le New Hampshire .Henri d\u2019Arles Les missionnaires acadiens .Placide Gaudet - Petits corps, grandes âmes .Casimir Hébert Notre histoire .+ + 4 + 2 6 *k Rédaction et administration: 296 RUE SAINT-LAURENT Montréal Abonnement annuel: $1.00.La livraison (chez les dépositaires): 15 sous.85 98 117 123 127 Les abonnements à la Revue Nationale commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagner Ia demande de 5 sous en timbres-poste.La revue\u2019 canadienne-française au plus fort tirage.SE race lb.Men a ee.MEME as.ob MANIERE Moh, le. LASOCI ETE SAINT-J EAN- BAPTISTE DE MONTREAL FONDEE EN 1834 Grand aumônier: Monseigneur l\u2019Archevêque de Montréal.Président général: Victor Morin, LL.D, notaire, 97, rue Saint-Jacques.ler Vice-président général: VY.-E.Beaupré, LC, professeur, 676, rue Saint-André.2e Vice-président général: J.-B.Lagacé, professeur, 836, rue Saint-Hubert.Secrétaire général: Guy Vanier, LL.L3 avocat, 97, rue Saint-Jacques.Trésorier général: Joseph Hartubise, courtier, 2, place d\u2019Armes.| Directeurs: L'hon.L.-0.David, sénateur, 391, rue Saint-Hubert; \u2014 Thomas Gauthier, courtier, 11, place d\u2019Armes; \u2014 l\u2019hon.F.-L.Béïque, sénateur, 746 Sherbrooke ouest; \u2014 Victor Doré, professeur, 214, rue Berri; \u2014 JV.Desaulniers, courtier en immeubles, 1, rue Saint-Laurent; \u2014 Arthur Courtois, notaire, 35, rue Saint-Jacques; J.-Emile Loranger, commis, 547, rue du Grand-Tronc.Chef du Secrétariat: Emile Niller, bureau 1, Monument National.Corporations filiales de 1a Société: la Caisse Nationale d'Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie.1 + - La Revue Nationale est publiée à l\u2019imprimerie Adj.Menard, 29, rue Saint-Vincent, Montréal.La \u201cSTRATHCONA\u201d COMPAGNIE D'ASSURANCE- INCENDIE (Edifice Versailles) 90, rue Saint-Jacques, Montréal Cette compagnie essentiellement canadienne-fran- .çaise a été organisée en 1908, avec une charte provinciale, et opère dans la province de Québec seu- lement.\u201c \"Capital autorisé - - - - - $500,000.Capital souserit - - - - - 300,000.(par au-delà de 400 Notaires qui agissent aussi comme ses agents.) Capital payé - - - - - $120,000.DEPOT COMPLET AU GOUVERNEMENT Cette compagnie n\u2019est pas contrôlée par la \u201cCanadian Fire Underwriters Association\u201d.A.-A, MONDOU, N.P.; ; J.MARCHAND Président : Sec.-Trés.et Gérant-Général Nous invitons les Institutions religieuses et les Fabriques à demander notre tarif spécial.\u2019 io ag mans can = La plus importante librairie et papeterie française du Canada.Fondée en 1885.LIVRES RELIGIEUX CLASSIQUES FRANÇAIS CANADIENS FOURNITURES DE CLASSES DE BUREAUX DE DESSIN ARTICLES RELIGIEUX ET DE FANTAISIE PAPIERS PEINTS TAPISSERIES | GRANGER FRÈRES Place d\u2019Armes et Notre-Dame O., MONTREAL Notre assortiment de meubles de toutes sortes est le plus considérable dans tout l\u2019est du Canada.Et nous pouvons le prouver, Nos prix sont raisonnables et nos meubles sont de la plus haute gualiité.Et nous pouvons le prouver.Notre personnel! est des plus courtois et des plus expérimentés.Et nous pouvons le prouver.Nous garantissons une satisfaction complète à tous nos clients ou nous remboursons leur argent.Canadiens-francais Un choix de 30,000 disques \u201cPathé\u201d Nous avons en magasin l'imriense répertoire des merveilleux disques Pathé.Vous v trouverez les anciennes et les nouvelles N .chansons que vous aimez, chantées par les Je chante clair les merveilleux disques artistes du Grand Opéra et de l'Opéra \u201cPathé\u201d Comique de Paris.Seule la Compagnie Pathé met à votre disposition ce répertoire incomparable de musique francaise: 1a plus belle au monde.Venez à nos salons; c\u2019est avec plaisir que nous vous ferons entendre les merveilleux disques Pathé.Achetez un opéra complet \u2014 Le Trouvère, Carmen, Galathée, Rigoletto, Faust, La Favorite, etc.Et votre famille en sera ravie.= \u2014 Nouveautés Si vous êtes anxieux de trouver définitivement la solution du problème du coût élevé de la vie, achetez à notre établissement.Vous éprouverez un sentiment de légitime fierté et de satisfaction en magasinant ici, car chaque achat représente une économie sensibie.Peu importe l\u2019article que vous désiriez, nous l\u2019avons à un prix économique.Les prix les plus bas prévalent en tout temps, cependant la qualité supérieure subsiste quand même.Nous voulons plaire, tous nos efforts tendent vers cet idéal.Malgré la rareté des tissus de toute sorte, notre assortiment ne le cède en rien à celui des années précédentes.Nous avons une grande variété d\u2019étoffes à robes et à costumes, soies et velours de tout genre et pour tous les goûts; doublures de toutes les couleurs, bref nous avons ce qu\u2019il vous faut.Visitez notre rayon de la mercerie, nous avons des valeurs qui sauron vous intéresser.L.-N.MESSIER 847-549-851, AVE MONT-ROYAL EST Tél.Bell St-Louis 3460 MARCHAND DE \u201cNOUVEAUTES\u201d ee A SNA NSS iii ~~ La Librairie Notre-Dame achète au comptant el au maximum de leur valeur commerciale les livres, lots de livres et bibliothèques.Nous nous rendons à domicile pour l'achat des bibliothèques et des lots de livres importants qui nous sont signalés.Librairie Notre- Phone Main 7767 28, rue Notre-Dame ouest : MONTREAL La Marque ALLIGATOR est pour le consommateur, !a meilleure garantie de qualité et de valeur.Avant d\u2019acneter, assurez-vous si la marque se trouve sur vos harnais, malles, sacs de voyage, etc.LAMONTAGNE LIMITEE 338, RUE NOTRE-DAME OUEST BLOC BALMORAL MONTREAL LV voL.I \u2014 No 3 LA REVUE NATIONALE MARS 1919 ŒUVRES NATIONALES RAPPORT DU PRÉSIDENT DE LA SOCIETE SAINT- JEAN-BAPTISTE AU CONGRÈS DU 13 MARS 1919 Messieurs les Délégués, Avec l\u2019expiration du terme d\u2019office de votre Conseil général, j\u2019ai l\u2019honneur de vous présenter le rapport de son administration pour l\u2019année écoulée.Il est également de mon devoir de remercier les officiers du conseil et des sections, le personnel du bureau-chef et tous ceux qui nous ont apoprté leur concours dans l\u2019accomplissement de nos oeuvres.Nous avons eu à déplorer la perte d\u2019un de nos membres les plus distingués en la personne du Dr Emmanuel P.Lachapelle, chevalier de la Légion d\u2019honneur, ancien président de cette Société et l\u2019un des membres du bureau de direction, dont le dévouement à la cause des Canadiens francais et particulièrement aux oeuvres de la Société Saint-Jean-Baptiste ne s\u2019est jamais démenti.I.RECRUTEMENT Nous avons cherché par divers moyens à activer le recrutement des membres de la société; dans ce but, nous avons retenu les services de MI.P.Laganière pour les sections de la ville de Montréal, et de M.L.-C.Farly pour celles du dehors.= Les résultats de leur activité ont déjà commencé à se faire 86 LA REVUE NATIONALE sentir, et nous recommandons à nos successeurs de continuer cette initiative.Le concours de recrutement établi l\u2019an dernier parmi les sections a produit d\u2019heureux résultats; bien qu\u2019il ait été de courte durée, la section Louis Hébert a remporté la palme dans la division de l\u2019Est, avec un résultat de 167 nouveaux membres; celle d\u2019Iberville est en tête des sections de l\u2019Ouest, avec 87 nouveaux membres, et celle de Dorion dans la division Nord avec 65 nouveaux membres.En vue de donner un signe de ralliement aux membres de la Société Saint-Jean-Baptiste, non seulement de Montréal, mais de tous les endroits, même aux Etats-Unis, nous avons fait préparer un bouton-insigne que nous engageons tcus les membres de la société à porter.Les sections peuvent se le procurer à un prix modéré au secrétariat de la société.II.OEUVRES FINANCIERES L\u2019année qui vient de s\u2019écouler marque en particulier deux événements importants dans les opérations financières de notre société: celui de l\u2019échéance des rentes viagères de la Caisse Nationale d\u2019Economie, et celui de la mise en opération de la Société Nationale de Fiducie.(A.) Caisse Nationale d'Economie \u2014Cette organisation financière de la Société Saint-Jean-Baptiste ayant été fondée en 1899, la période d\u2019accumulation de ses fonds est expirée le ler janvier de l\u2019année courante, et les membres qui y comptaient vingt ans de présence à cette date ont droit au service de la rente calculée sur le produit de l\u2019intérêt au cours de l\u2019année dernière.Ce calcul donne à chacun d\u2019eux, en autant que les prévisions ont pu être établies par le nombre de sociétaires de la première année encore vivants à la date de l\u2019échéance, une somme d\u2019au moins cinquante-six piastres et trente-trois cents ($56.33) pour chacun d\u2019eux cette année.Ces sociétaires ayant versé au cours de leurs vingt années de présence une somme de soixante piastres ($60.00) au fonds inaliénable de la Caisse, outre vingt piastres ($20.00) au Lag ï OLUVRES NATIONALES .87 fonds d\u2019administration, formant en totalité quatre-vingts piastres ($80.00) versées au cours des dernières vingt années, le résutlat obtenu doit être considéré très satisfaisant.(B).Société Nationale de Fiducie.\u2014Cette société, dont nous avons annoncé la formation il y a deux ans, a été mise en pleine opération par le versement du capital requis, par l\u2019octroi du permis nécessaire de la part du gouvernement provincial, par la constitution de son bureau d\u2019administration, et par le commencement de ses opérations.Le capital souscrit par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal est de $250.000.00, dont $100,000.00 ont été versés suivant les exigences de la loi relative aux sociétés de fiducie.Dans le but d\u2019entourer de toutes les précautions possibles cette oeuvre financière à laquelle la société nationale des Canadiens francais attache son nom, le conseil a cru devoir inviter des personnes du dehors à s\u2019y intéresser pécuniairement, et elle a réservé à cet effet un tiers de son capi- tal-actions qu\u2019elle offre aux souscriptions du dehors parmi les personnes qui rencontrent les conditions exigées des membres de la Société Saint-Jean-Baptiste ; les deux autres tiers du capital-actions devront toujours rester en la possession de notre société, et le conseil d\u2019administration de cette institution ne pourra se renouveler que par tiers, dont les titulaires seront élus respectivement par le conseil de la société Saint-Jean-Baptiste, par le corps des présidents anciens et actuel de cette société, et par les actionnaires individuels.Le Conseil d\u2019Administration se compose des personnes suivantes: Président, M.Gaspard DeSerres, commissaire-ad- ministrateur et trésorier de la ville de Montréal; Vice-président, M.Victor Morin, président général de la Société Saint- Jean-Baptiste de Montréal et secrétaire-trésorier général de l\u2019Association du Notariat Canadien ; Directeurs, MM.Charles Laurendeau, ancien juge de la Cour Supérieure et chef du contentieux de la ville de Montréal; V.- E.Beaupré, vice- président général de la Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal et professeur de hautes mathématiques à l'Ecole cet rie SERA EE RIS SRSA MED ad a LAA EDO LM MEI MILEY ree 88 LA REVUE NATIONALE Polytechnique de Montréal; Guy Vanier, secrétaire général de la Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal, avocat; Joseph Hurtubise, trésorier général de la Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal, courtier; Victor Doré, directeur de la Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal et contrôleur des finances de la Commission scolaire catholique de Montréal; Justinien Pelletier, contrôleur des finances de la ville de Montréal, et Adjutor Rivard, bâtonnier général du Barreau de la province de Québee.Le Conseil a retenu les services de M.A.W.Patenaude, ancien gérant de la Banque d\u2019Epargne (Saint-Denis-Beaubien) aux fonctions de gérant de cette nouvelle institution; les opérations ont commencé le 10 octobre dernier, et les résultats déjà obtenus nous permettent d\u2019entretenir les meilleures espérances.Nous croyons que cette institution est venue à son heure, et que l\u2019importance des questions économiques ne doit pas être perdue de vue dans l\u2019organisation de nos forces nationales.(C.) Monument National.\u2014 Les revenus de cet édifice sont plutôt stationnaires; la dépréciation générale de l\u2019immeuble pendant les années de guerre que nous venons de traverser s\u2019est fait sentir ici comme ailleurs.Nous avons confié l\u2019administration du Monument National, de même que celle de la Caisse Nationale d\u2019Economie et de la Caisse de Remboursement, à la Société Nationale de Fiducie, et nous espérons que sous sa direction progressive et énergique, ainsi qu\u2019avec le retour de l\u2019activité des affaires déterminé par le traité de paix, les années à venir seront meilleures que celles que nous venons de traverser.(D.) Fiats financiers \u2014Les états financiers des diverses corporations filiales de la Société Saint-Jean-Baptiste vous seront soumis par notre trésorier-général.Afin de donner aux membres du congrès le loisir de les étudier plus à fond qu\u2019ils ne peuvent facilement le faire au cours des séances de ce congrès, le conseil de votre société a cru devoir appeler cina personnes, prises parmi les présidents de sec- OEUVRES NATIONALES \u2019 89 tions, à former un \u2018Comité de Finances\u201d qui pourrait étudier ces états avant la tenue du congrès, et préparer ainsi votre travail en meilleure connaissance de cause.Ce comité se compose de MM.J.-Emile Loranger, de la section LaSalle, J.-Ernest Brossard, de la section Iberville, Georges Tanguay, de la section Immaculée-Conception, H.-L.Auger, de la section Saint-Jacques et O.Laverdure, de la section Montcalm ; il s\u2019est réuni hier pour prendre connaissance des divers états financiers qui vous sont soumis et vous présentera son rapport.Nous espérons que vous apnrouverez l\u2019initiative de la création de ce comité dont l\u2019existence est cependant sujette à votre ratification.II.OEUVRES NATIONALES (A.) Fête de la Saint-Jean-Baptiste\u2014La célébration de notre fête nationale a revêtu cette année son éclat accoutumé par la célébration d\u2019une messe en plein air sur le versant de mont Royal par Sa Grandeur Mgr Gauthier.Un cachet tout particulier s\u2019est attaché à cet événement par la présence du détachement des Chasseurs Alpins de l\u2019armée française, populairement connus sous le nom de \u201cDiables Bleus\u201d, qui, arrivé en visite à Montréal le matin même, a pris part officiellement à la célébration du service religieux.La messe a été suivie d\u2019un goûter offert par les autorités municipales dans le chalet du mont Royal; dans l\u2019après-midi, des jeux athlétiques ont été organisés dans les divers quartiers de la ville et une collecte a été faite pour nos soldats; la fête populaire s\u2019est terminée par un concert au pare Lafontaine, où des discours patriotiques ont été prononcés.(B) Anniversaire de la Fondation de Montréal \u2014Notre société a voulu continuer l\u2019initiative prise en 1917 à l\u2019occasion du 275e anniversaire de la fondation de Montréal, de rappeler cet évènement important, et elle a cru devoir lui donner un caractère tout particulier en en faisant la fête spéciale de l\u2019enfance, afin d\u2019inculquer aux jeunes Canadiers fran- 90 LA REVUE NATIONALE çais, dès leurs premières années, le culte des beautés de notre histoire.A cet effet, les enfants ont été invités à prendre part à deux séances historiques dans la salle des fétes du Monument National, le 17 mai pour les garcons, et le 18 mai pour les filles.Au cours de ces séances des projections lumineuses de monuments historiques et autres vues du Canada ont été données avec des commentaires sur les faits saillants de notre histoire.(C) Contes historiques \u2014Dans le même ordre d\u2019idées que l'initiative précédente, nous avons voulu répandre la connaissance de notre histoire parmi les enfants en publiant des images colorées, dans le genre de l\u2019imagerie célèbre d\u2019Epinal, où des écrivains de renom et des artistes de talent ont reproduit les faits et gestes principaux des grands personnages de notre histoire, sous la rubrique de \u201cContes Historiques de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal\u201d.Dix de ces contes, tirés à 20,000 exemplaires chacun, ont été publiés jusqu\u2019à présent et les éloges que nous avons recus, de même que le bon accueil qui leur a été fait, nous engagent à en continuer la série.(D) Concours Historiques et Littéraires\u2014Les concours institués depuis quelques années et ouverts à nos littérateurs se sont continués.Nous avons invité les concurrents à choisir eux-mêmes cette année le sujet de leurs travaux en leur laissant toute la latitude voulue, leur imposant seulement la restriction de parler de choses canadiennes.Le premier prix a été décerné à Madame Léon Mercier-Gouin, dont l\u2019intéressante nouvelle est publiée dans le dernier numéro de La Revue Nationale, et les autres travaux primés seront à leur tour publiés dans les numéros suivants en cette revue.(E) La Revue Nationale \u2014 Votre Conseil a transformé sous ce nouveau titre la publication de sa revue jusqu\u2019ici connue sous le nom de Petit Canadien.Des amis de notre société trouvaient que ce dernier nom ne répondait plus à importance de notre revue, et votre conseil ayant égale- OLUVRES NATIONALES 91 ment l\u2019ambition d\u2019en doubler le volume et de soigner de plus en plus sa tenue littéraire, nous avons appelé des écrivains du dehors à y collaborer.\u201cLe Petit Canadien\u201d est donc devenu \u201cLa Revue Nationale\u201d le premier janvier de cette année.En même temps Le Pays Laurentien et La Revue Acadienne, deux revues historiques et littéraires estimées, qui existaient à Montréal depuis quelques années, ont manifesté l\u2019intention de se fondre avec notre nouvelle publication, nous avons accueilli dans notre famille leurs collaborateurs littéraires en même temps que leurs lecteurs.Nous n\u2019avons aucun doute que les deux premiers numéros de la nouvelle revue, qui se publie à 64 pages, vous donneront l\u2019impression que la Revue Nationale doit avoir sa place marquée aux foyers canadiens-francais.Avec l\u2019importance que prend cet organe officiel de notre société, nous devons signaler aux délégués de ce congrès que la contribution payée par les membres devient insuffisante à couvrir les frais de sa publication, et devant l\u2019importance qu\u2019elle a prise, nous vous demandons s\u2019il n\u2019y aurait pas lieu d\u2019aviser au versement d\u2019une contribution qui pourrait au moins nous permettre de rencontrer les frais de publication.(F) Langue française \u2014La lutte pour 'e maintien de notre langue, bien que moins vive en apparence que par les années passées, se continue toujours.Il semble cependant se faire certaines réactions en notre faveur, et nous devons signaler les revendications courageuses qui ont été faites auprès de publications anglaises de la part de M.l\u2019abbé Bail- largé et de M.J.-A.-E.Dion qui ont fait taire en certains milieux les calomnies habituelles lancées contre la langue des Canadiens français.Il nous faut être constamment sur la brèche à ce sujet.Notre Conseil a déjà cherché les moyens pécuniaires d\u2019organiser une campagne de réaction puisqu\u2019il est reconnu que, de nos jours, le nerf de la guerre est à la base de toutes les organisations, même celles des causes les plus méritoires; nous n\u2019avons pu réussir complètement jusqu\u2019à ce jour, mais 92 LA REVUE NATIONALE nous ne comptons pas abandonner la partie.Nous avons cependant institué un bureau de publicité en faveur de nos revendications; ce bureau nous a été très utile au plus fort de la lutte, et l\u2019expérience que nous y avons puisée nous servira lorsque nous serons en mesure d\u2019exécuter un plan de campagne systématique.| (G) Lutte contre la Mortalité Infantile\u2014Notre Société a prêté son concours depuis plusieurs années dans la lutte contre la mortalité infantile, tant en coopérant a l\u2019établissement des Gouttes de Lait qu\u2019en apportant son appui financier aux autres oeuvres qui sont conduites d\u2019une manière si patriotique et si désintéressée par nos collaboratrices, les Dames de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste.Nous avons voulu cette année faire oeuvre éducationnelle auprès du peuple, par l\u2019image, en faisant préparer, sous la direction du Dr Henri Dorval, une pellicule destinée à lui enseigner les soins élémentaires à donner aux bébés, et nous avons fait représenter en vues animées dans les différentes parties de notre ville, mais surtout dans les quartiers populeux et dans divers endroits de la province, cette pellicule intitulée : \u201cSauvons nos Bébés\u201d.Nous croyons que les résultats compenseront amplement les déboursés que notre Société a dû faire pour cette oeuvre nationale.(H) Assistance aux Soldats.\u2014La Société Saint-Jean- Baptiste a prêté son concours effectif au bien-être de nos soldats; elle a institué l\u2019été dernier, sous le nom de \u201cGuignolée du Soldat\u201d une collecte fructueuse destinée à procurer des secours matériels à ceux qui sont allés soutenir l\u2019effort des Alliés dans la grande guerre.Les revenus de cette collecte ont dépassé la somme de $5,000.00, et nous remercions le publie d\u2019y avoir répondu si généreusement.Le Conseil de notre Société a versé d\u2019autres contributions à l\u2019organisation des \u201cHuttes de Guerre\u201d et aux autres oeuvres si nombreuses et si nécessaires, qui se sont développées pour le soulagement de nos soldats.Nous devons signaler en dernier lieu l\u2019aide apportée au OEUVRES NATIONALES 93.R.P.Sigouin, S.J., capitaine-aumônier des soldats de retour du front, tant pour l\u2019oeuvre du livre français mis entre leurs mains que dans les autres scins auxquels il se consacre pour leur bien-être.(M) Cours Publics et Conférences \u2014La fréquentation des cours publies de la Société Saint-Jean-Baptiste au Monument National est toujours très satisfaisante.Neuf cent quatre-vingts élèves se sont inscrits aux cours de la présente année et trois cents autres ont suivi les conférences du dimanche.Nous avons ajouté de nouvelles classes, en particulier un cours de comptabilité, et les cours et conférences du dehors sont également bien fréquentés.Notre directeur des cours, M.J.-V.Desaulniers, se déclare très satisfait, tant des professeurs que des élèves.(J) Terrain Duvernay.\u2014La Fabrique Notre-Dame de Montréal avait affecté un terrain au cimetière de la Côte des Neiges pour la sépulture du fondateur de notre Société, Ludger Duvernay, en 1855, mais aucun titre n\u2019en avait été consenti.Nous avons obtenu la concession de ce terrain en faveur de la Société Saint-Jean-Baptiste par acte authentique, à titre gratuit, et nous en offrons nos remerciements à Messieurs les Curé et Marguillers de l\u2019Oeuvre et Fabrique de Notre-Dame de Montréal.Il incombera maintenant au conseil de prendre les mesures nécessaires pour le bon entretien de ce terrain et du monument qui s\u2019y trouve.IV.AUTRES INITIATIVES Le conseil général a cru que son activité devait s\u2019étendre à diverses sphères pour le bien-être des Canadiens français; outre l\u2019agriculture et de colonisation auxquelles il s\u2019est intéressé depuis nombre d\u2019années, il a également prêté cette année son concours à l\u2019avancement de l\u2019art et de l\u2019industrie.(A) Agriculture et Colonisation \u2014Sous les auspices de la Société Saint-Jean-Baptiste et avec le concours du gouver-. 94 | LA REVUE NATIONALE nement provincial et des autorités municipales, l\u2019Association des Jardins de Guerre s\u2019est organisée au printemps dernier, et les résultats obtenus sous la présidence de M.F.Samuel Mackay et la direction de M.Bruno Wilson, ont été des plus satisfaisants; on peut en lire le rapport élaboré dans le numéro d\u2019octobre dernier du Petit Canadien.Diverses publications de propagande pour l\u2019agriculture et la colonisation ont été distribuées par notre Société ; cette oeuvre a recu le concours actif du Dr T.-A.Brisson, dont l\u2019enthousiasme pour toutes les questions d\u2019agriculture et de colonisation ne se ralentit jamais.(B) Industrie \u2014En vue d\u2019encourager la netite industrie nationale, nous avons établi en décembre dernier une Kxpo- sition du Jouet qui a produit \u2018d\u2019excellents résultats.Le but de cette exposition est d\u2019encourager la production à domicile de l\u2019industrie du jouet, dont l\u2019Allemagne et le Japon ont jusqu\u2019ici retiré de si grands avantages.Le résultat du concours et les appréciations de cette exposition sont publiés dans le numéro de février de la Revue Nationale.(C) \u2018Arts \u2014 Nous apportions l\u2019an dernier notre concours à l\u2019établissement d\u2019un musée d\u2019art à Montréal par la Société Canadienne des Beaux-Arts; nous avons voulu cette année témoigner également notre sympathie à une autre manifestation de l\u2019art, en facilitant à un groupe d\u2019artistes qui se sont réunis sous le nom d\u2019Association d\u2019Art Lyrique, la préparation et d\u2019exécution d\u2019oeuvres musicales au Monument National.Aussi le public canadien-français a-t-il applaudi et encouragé par sa présence nombreuse les diverses représentations qui ont été données par cette association.V.ASSISTANCE AUX OEUVRES-SOEURS Bien que la Société Saint-Jean-Baptiste ne dispose pas de grandes ressources financières, elle s\u2019est efforcée de venir en aide aux oeuvres nationales du dehors.Elle a manifesté OEUVRES NATIONALES 95 d\u2019une manière tangible sa sympathie aux vaillants défenseurs des écoles françaises d\u2019Ontario, ainsi qu\u2019aux écoles du Keewatin, en faveur desquelles elle a organisé, avec le concours de l\u2019Association d\u2019Art Lyrique, une grande représentation théâtrale qui lui a permis de verser entre les mains de Mgr Char- lebois, évêque du Pas, une somme de $455.00 pour ses écoles.Elle a collaboré en outre d\u2019une manière active au Souvenir Acadien de Grand-Pré, à l\u2019œeuvre de l\u2019Action Française à Montréal et à celle du Ralliement Catholique et Français en Amérique, que nos frères des Etats-Unis conduisent avec un si beau patriotisme.Les autres oeuvres auxquelles nous avons souscrit sont: les Abris du Soldat, la Croix Rouge Canadienne, l\u2019Aide aux Conscrits, l\u2019Union Allet, l'Union Nationale Française, la Fédération Nationale Saini-Jean-Baptiste et diverses autres associations et oeuvres d\u2019intérêt public.À ce sujet, nous devons également rappeler qu\u2019à la suite du jugement qui condamnait les commissaires de l\u2019école cana- dienne-francaise de Green-Valley (Ontario) a l\u2019amende ou à Pemprisonnement pour avoir permis l\u2019enseignement du fran- cais à leurs élèves, notre société a déclaré qu\u2019elle paierait cette amende plutôt que de laisser emprisonner ces vaillants champions de la cause nationale.Cette question ayant été règlée par la suite, notre conseil a cru devoir apporter son concours aux frais de ce règlement.VI.COOPERATION NATIONALE Il a semblé au conseil général qu\u2019il y aurait avantage à réunir les représentants attitrés des divers groupes de la grande famille canadienne-française pour se concerter ensemble, sur les questions d\u2019intérêt commun.Nous avons invité dans ce but les officiers des diverses associations nationales de la Saint-Jean-Baptiste, tant du Canada que des Etats-Unis, à se réunir au Monument National le 15 décembre dernier, et nous avons traité nombre de questions et de problèmes d\u2019intérêt national. 96 LA REVUE NATIONALE Des représentants de diverses sociétés \u2018Saint-Jean-Bap- tiste de la province de Québec, d\u2019Ontario et des Etats-Unis étaient présents, et leurs délibérations ont été consignées dans un rapport produit aux archives.L\u2019écho de ces délibérations se fera probablement entendre dans les principaux milieux où nos intérêts sont en jeu, peut-être même sur le continent européen, mais comme le succès des problèmes à résoudre dépend souvent de la discrétion dont on entoure leur élaboration, nous demandons qu\u2019il nous soit simplement permis, pour le moment, de signaler cette conférence.Dans le même ordre d\u2019idées, votre conseil a invité un certain nombre de personnalités marquantes de notre race à rencontrer M.J.-C.Bracd, professeur émérite de l\u2019Université Vassar de l\u2019Etat de New-York, venu à Montréal dans le but de se documenter pour la préparation d\u2019un livre qu\u2019il est à écrire sur le rôle et la situation des Canadiens francais.Les relations que nous avons eues avec cet éminent écrivain ont été des plus cordiales, et déjà il se fait notre défenseur aux Etats-Unis, sa patrie d\u2019adoption.Il est également de notre devoir de signaler cet excellent plaidoyer que M.William H.Moore, de Toronto, a fait en faveur des Canadiens français dans son livre intitulé \u201cThe Clash\u201d, dont la popularité multiplie les éditions.Les excellentes relations que nous avons entretenues avec M.Moore depuis près de deux ans ont peut-être provoqué, dans une certaine mesure, les bons sentiments qu\u2019il nous témoigne dans son livre ainsi que dans sa revue hebdomadaire \u201cThe Canadian Courier\u201d.De même que ce rapport s\u2019ouvre en signalant la perte que notre conseil a faite dans la personne du Dr Lachapelle, nous devons également le clore en enregistrant le deuil qui frappe toute la race par la mort de Sir Wilfrid Laurier, un de ses plus illustres représentants.Le pays tout entier a rendu hommage à l\u2019élévation de caractère, au patriotisme et aux grandes qualités de coeur et d\u2019esprit de l\u2019homme OEUVRES NATIONALES \u2019 97 d\u2019Etat qui vient de disparaitre.Notre société nationale a cru de son devoir de manifester sa sympathie en invitant le public à un service solennel pour la repos de l\u2019âÂme du défunt, dans la cathédrale de Montréal, en même temps que son service funèbre était chanté à Ottawa, et l\u2019empressement avec lequel le peuple de cette ville a répondu à notre invitation nous a démontré que nous étions les fidèles interprètes du sentiment canadien-français en prenant cette initiative.Nous avons maintenant l\u2019honneur de remettre entre les mains de ce congrès le mandat qui nous a été confié il y a deux ans pour l\u2019admiinstration des affaires de notre société nationale, et nous vous prions d\u2019agréer nos remerciements pour l'honneur et la confiance dont nous avons été l\u2019objet.Le président général, Victor MORIN LE FRANÇAIS DANS LE NEW HAMPSHIRE Dans une première étude, nous avons examiné les conditions draconiennes, faites aux langues étrangères en général, et au français en particulier, dans l\u2019état du Connecticut.La proclamation de M.le Gouverneur Holcomb les supprime toutes de l\u2019enseignement primaire, dans les écoles publiques et privées; seulement, en ces dernières, il reste permis aux enfants de prier Diu dans la langue de leur choix, soit: la langue maternelle; et c\u2019est l\u2019unique faveur que la générosité du pouvoir accordé à celle-ci.Un passage de cette proclamation m\u2019a frappé, celui où il est dit qu\u2019il n\u2019est pas besoin de démonstration pour prouver que l\u2019usage exclusif de l\u2019anglais dans les écoles primaires \u2018importe à la sécurité de l\u2019état et de la nation.\u201d J\u2019ai sans doute l\u2019esprit obtus; je manque probablement des lumières départies aux hommes politiques du Connecticut; mais pareille affirmation aurait, pour moi du moins, avantage à être démontrée, car elle ne m\u2019apparaît pas du tout comme une vérité qui s\u2019impose ; je lui trouve même une allure sophistique qui fait que je ne puis me garder de l\u2019envisager avec défiance.Que, dans un pays où l\u2019anglais est la langue officielle, la langue des lois, de la politique, des affaires, il soit comnve- nable et juste que tous l\u2019apprennent et puissent le parler, aucun homme de bon sens ne peut le contester; qu\u2019un parler commun serve de terrain d\u2019entente sur toutes les questions d\u2019intérêt général, et favorise l\u2019éclosion et le développe- LE FRANCAIS DANS LE NEW-HAMPSHIRE 99 ment de ce qui soit l\u2019esprit national américain parmi tant de races diverses qui habitent les Etats-Unis et qui sont venues chercher un refuge dans ce vaste port de la liberté, je le concède aussi.Mais que, pour arriver à ces fins légitimes, il faille apprendre exclusivement l\u2019anglais et proscrire des écoles où se forme l\u2019enfance tout autre parler, cela est proprement inadmissible aux yeux de la saine raison.Le parler anglais a-t-il une vertu si rare, une telle richesse d\u2019essence, que sa seule connaissance suffise à façonner le bon citoyen américain?Ou faut-il qu\u2019il règne sans partage dans l\u2019enseignement primaire sous peine de faire manquer le but auquel chacun doit aspirer, et qu\u2019il est du devoir de l\u2019Etat de travailler à instaurer dans les âmes \u2014 la fidélité au drapeau?D\u2019autre part, les langues spéciales aux peuples qui se sont donné rendez-vous dans le sein de l\u2019Urion, sont-elles donc si dangereuses que leur survivance chez ces groupes ethniques puisse constituer une menace pour la sécurité de l\u2019Etat qui les a accueillis?Il est naturel que ces races étrangères aiment à parler et à cultiver le parler qu\u2019elles ont reçu des ancêtres et qui fait partie de leur patrimoine familial.Leur dénier ce privilège est attenter à un droit sacré.Et du moment qu\u2019elles font tout le nécessaire pour acquérir la connaissance de la langue du pays où elles sont venues chercher la paix dans le travail, et auquel elles ont juré pleine et entière allégeance, je ne vois pas au nom de quel principe légitime on peut leur demander davantage; je ne vois pas sur quoi repose l\u2019abandon de la langue maternelle auquel on veut les forcer à souscrire.Ou mieux, je ne le vois que trop: au fond de la proscription qui bannit ainsi de nos classes tout parler autre que l\u2019anglais, il y a une criante injustice, un déplorable abus de pouvoir.Et quand la proclamation de M.le gouverneur Holcomb invoque, pour donner semblant d\u2019équité à pareille mesure d\u2019ostracisme, \u201cla sécurité de l'Etat et de la nation\u201d, elle ne fait qu\u2019adopter la formule commode derrière laquelle tous les tyrans se sont abrités pour perpétrer leurs forfaits. \" 8 1 Hi W ) 100 LA REVUE NATIONALE Ainsi, depuis les nombreuses années où je m\u2019occupe de l\u2019amère question acadienne, que j'en ai dépouillé de de pièces officielles, de documents infâmes, où se retrouvent ces mots! C\u2019est au nom de la sécurité de la province de la Nouvelle- Ecosse que les autorités britanniques, le roi Georges II, William Shirley, Edward Cornwallis tramèrent un plan qui n\u2019allait à rien moins qu\u2019à faire apostasier les pauvres acadiens, à les faire renoncer à leur langue d\u2019abord, et ensuite à leur religion.C\u2019est au nom de la même chimérique sécurité que l\u2019infect gouverneur Charles Lawrence balaya ce peuple paisible et loyal, trop paisible, trop loyal, aux quatre vents de l\u2019espace, qu\u2019il le jeta sur des plages inhospitalières, lui infligeant sans l\u2019ombre d\u2019un motif un châtiment sans parallèle dans l\u2019histoire.Ah! je connais trop bien cette formule, je sais trop par l\u2019histoire l\u2019abus qu\u2019en ont fait les chefs d\u2019Etat, pour l\u2019accepter jamais sans réserve, ou pour me laisser intimider par son caractère solennel.Et ici, comme en tant d\u2019autres cas, je ne vois qu\u2019une chose, c\u2019est qu\u2019elle est alléguée à faux, et que M.le gouverneur du Connecticut serait bien incapable de prouver que le salut public dépend de l\u2019unificatio nlinguistique, et qu\u2019à moins que dans toutes les écoles on n\u2019enseigne que l\u2019anglais, qu\u2019on ne pétrisse de notions purement anglaises le cerveau des enfants, l'avenir des Etats-Unis court de grands risques.Il y a dans pareil raisonnement à peu près autant de logique que dans celui du personnage de Molière, \u2018\u2018voilà pourquoi votre - fille est muette\u201d, et vraiment la conclusion prêterait à rire si la circonstance n\u2019était si grave et si l\u2019enjeu n\u2019était si considérable.Force nous est de la prendre au sérieux, et de constater avec regret que des hommes d\u2019Etat, peut-être bien intentionnés, peuvent n\u2019avoir pas le sens commun.Du Connecticut, le mouvement d\u2019américanisation s\u2019étendit au New-Hampshire.Et ici, il a donné lieu à des tractations nombreuses, qui ont abouti à une sorte de modus vivendi, dont le mieux que je puisse dire est qu\u2019il est satisfaisant pour nous, en principe du moins.Sa vraie nature se montrera LE FRANÇAIS DANS LE NEW HAMPSHIRE 101 à l\u2019exercice.Il est difficile d\u2019en porter un jugement définitif avant qu\u2019il n\u2019ait fonctionné, et qu\u2019on ne l\u2019ait vu à l\u2019oeuvre.Théoriquement, ce modus vivendi est acceptable.L\u2019autorité diocésaine, qui était partie contractante, ne l\u2019eût jamais ratifié, signé et imposé, s\u2019il eût méconnu le droit naturel, et si nos inaliénables privilèges n\u2019y eussent été spécifiés.Mais un modus vivendi n\u2019est pas une entité abstraite et destinée à rester dans la catégorie de l\u2019idéal; il est fait en vue de la pratique, et la pratique est la pierre de touche qui en fera éclater la vertu ou le défaut.C\u2019est pourquoi, tant que le système proposé n\u2019aura pas subi la longue épreuve de la réalisation et de l\u2019adaptation concrètes, mieux vaut s'abstenir de se prononcer d\u2019une facon absolue à son sujet.M.Jules Cambon a dit avec profondeur: \u201cIl y a dans toutes les lois un point où il faut s\u2019en remettre aux individus qui les appliquent.\u201d! Et c\u2019est ainsi qu\u2019il ne faut pas trop désespérer si\u2019 une loi est mauvaise, ni non plus manifester trop de confiance si elle est bonne \u2014 les lois humaines étant malléables, et se laissant plier dans une grande mesure à la volonté de ceux qui les mettent en action.L\u2019avenir du modus vivendi qui vient d\u2019être promulgué dans le New-Hampshire dépend donc beaucoup de ceux qui sont chargés de veiller à son application ; et par là, nous voulons parler non pas seulement des autorités officielles, mais encore et surtout de-nos curés franco-amé- ricains, entre les mains de qui est remise notre survivance ou notre disparition ethnique.De par les termes de cette entente, nos destinées françaises reposent en grande partie sur eux, comme nous allons le voir.En se transportant dans le New Hampshire, c\u2019était nous que la vague d\u2019américanisation heurtait les premiers et qu\u2019elle menacait d\u2019étouffer et d\u2019anéantir.Nous sommes les seuls, ou à peu près, à y avoir des écoles privées bilingues.Il y a d\u2019autres écoles catholiques ou confessionnelles, mais tout s\u2019y 1 Déclaration du 10 juin 1891.Cf.Un gouverneur général de l'Algérie, dans le Correspondant du 25 novembre 1918, par Michel des Bversains.ECOLE NORMALE CHAMPAGNAT ey 102 LA REVUE NATIONALE fait en anglais uniquement.En sorte que, si nous exceptons une école polonaise catholique qu\u2019il y a dans Manchester, et où la langue maternelle des enfants est, croyons-nous, bien enseignée, ce n\u2019est que dans nos écoles franco-américaines que l\u2019enseignement primaire se donne dans les deux langues fran- caise et anglaise, et que ces deux parlers se tiennent dans une juste équilibre.Et le nombre de petits francais à fréquenter ces écoles annuellement ne laisse pas d\u2019être imposant: il se chiffre dans les quatorze ou quinze mille.Dans la seule ville de Manchester, nos écoles comptent environ cinq mille enfants.Il faut bien le constater: quelques centaines nous échappent; il se trouve des parents qui n\u2019ont pas le sens des choses, qui ne comprennent pas leur devoir sur ce point si important.Mais nous rallions la très grande ma- Jorité, j'allais dire la presque totalité de nos petits franco- américains.Quinze mille dans nos classes ! C\u2019est une force, une réserve qui permet d\u2019envisager l\u2019avenir avec confiance.C\u2019est là également l\u2019explication des progrès que nous avons partout faits dans le New Hampshire, où nous sommes, au bas mot, 85,000 et probablement 90 ou 92,000.Grâce à nos écoles, nous sommes demeurés homogènes, et avons constitué un bloc compact et bien uni.Nous avons voulu, comme de juste, nous adapter au milieu; nous nous sommes ouverts, dans la mesure nécessaire, aux influences américaines; mais, loin de faire table rase de notre personnalité canadienne- française et de nous dépouiller de notre héritage ancestral, sous le prétexte insensé de nous modeler une physionomie vraiment américaine, nous sommes restés fidèles à tout ce que la nature nous avait donné, ajoutant à cette base inébranlable et sacrée, les choses commandées par les circonstances et les entours, nous pliant aux nécessités d\u2019une sage et prudente évolution sociale.Si donc les promoteurs de l\u2019américanisation dans le New Hampshire, obéissant au zèle mal éclairé dont se sont inspirées les autorités du Connecticut, eussent également établi chez nous l'unification linguistique dans l\u2019enseignement primaire, LE FRANÇAIS DANS LE NEW HAMPSHIRE 103 c\u2019en était fait des conquêtes pacifiques que nous devons a la préservation intelligente de notre parler français et de tout ce que ce parler représente et incarne, c\u2019était l\u2019assimilation, \u2018la chute dans l\u2019insignifiance\u201d\u2019 comme a si bien dit M.l\u2019abbé Courchesne ;* c\u2019était, à plus ou moins brève échéance, l\u2019abdication fatale de tout ce que nous avions jusqu\u2019ici cultivé et gardé au prix de grands sacrifices alimentés par un amour plus grand encore.Quinze mille enfants n\u2019apprenant que l\u2019anglais à coeur de jour, n\u2019entendant que l\u2019anglais, saturés d\u2019anglais, buvant l\u2019anglais par tous les pores?Mais au bout de cing ans, au bout de dix ans au plus, notre nationalité française n\u2019était plus qu\u2019un mythe, une épave sur un vaste océan ; nos luttes, nos efforts pour conserver notre caractère ethnique s\u2019évanouissaient comme un songe ; et tant de travaux accomplis par les prêtres et les fidèles pour assurer notre légitime survivance, notre physionomie distincte au milieu d\u2019un monde en fusion, n\u2019apparaissaient plus que comme des chimères, comme un rêve d\u2019utopiste, une entreprise que nos ennemis avaient bien eu raison d\u2019appeler vaine, éphémère, et destinée à s\u2019écrouler tôt au tard sous les coups de l\u2019inévitable réalité ! L\u2019enjeu en valait la peine : tous les hommes de coeur en conviendront avec nous.Grâce à Dieu, le danger qui nous menaçait de ce chef semble avoir été écarté.Mais cela ne s\u2019est pas fait tout seul.En effet, le comité d\u2019américanisation du New Hampshire, constitué l\u2019été dernier, se jeta d\u2019abord à corps perdu dans le mouvement lancé par Washington; et, dès sa première réunion, il recommanda l\u2019adoption et l\u2019application intégrale des résolutions venues de là-bas.Le 20 août, il publiait un document officiel sous ce titre: L\u2019anglais, notre langue nationale, \u2014 définissant le programme qu\u2019il allait suivre pour atteindre à ses fins.\u2018 Or, il y a, à la page 4 de cette pièce, un article intitulé: 1 Cf.l\u2019Action Française, no de nov.1918.Une Soirée d\u2019Action Française à Boston. 104 LA REVUE NATIONALE \u2018Ecoles publiques et privées, et partant ceci : \u201cLes commissaires et surintendants des écoles devront veiller à ce que,dans toutes les écoles primaires, l\u2019enseignement soit donné dans la langue anglaise seulement.School Boards and Superintendents should insist that in all schools when elementary subjects are taught, they should be taught in the English language only.\u201d \u2014 C\u2019était bien net: Pon voulait nous étrangler sans autre forme de procés.Mais la Providence veillait sur nous.En juillet, un jeune avocat de Manchester, M.Wilfrid Lessard, avait été invité à prendre part aux délibérations du comité d\u2019américanisation.En octobre, il fut nommé officiellement membre de ce comité, lequel comptait déjà un autre franco-américain, M.Henri Ledoux, qui depuis a donné sa démission.M.Lessard avait suivi de près l\u2019oeuvre déjà accomplie par le Bureau : et l\u2019attitude que celui-ci avait prise concernant les écoles l\u2019avait particulièrement inquiété, comme elle inquiétait tous les prêtres canadiens du New Hampshire.Et c\u2019était cette attitude absolue, exclusive, qu\u2019il s\u2019adressait pour lui de redresser et d\u2019orienter dans un sens plus large et plus raisonnable ; c\u2019était cette proposition, d\u2019une seule couleur crue et violente, dans laquelle il s\u2019agissait d\u2019introduire des nuances imposées par le droit naturel et l\u2019intérêt bien entendu de tous.Ce fut donc sur ce point que porta tout l\u2019effort de notre représentant dans les tractations nombreuses et délicates qu\u2019il eut avec ses collègues.Nous n\u2019avons pas à faire ici l\u2019histoire de toutes ses démarches ni à reproduire ses plaidoyers en faveur de notre cause, laquelle n\u2019était du reste que celle de la justice et du bon sens.Nous irons tout de suite au résultat, lequel est, sinon parfait, du moins satisfaisant, et marque un écart considérable avec le point de départ.Que M.Lessard ait pu faire faire tout ce chemin à des esprits prévenus, et qui semblaient fermés à toute idée de concession sur un point essentiel à notre avenir, prouve beaucoup en faveur de son entregent, de son affection envers sa race, j'ose ajouter de son dévouement à la religion.Il a compris, en effet, que si la langue française était supprimée de nos écoles, c\u2019était un coup très LE FRANÇAIS DANS LE NEW HAMPSHIRE 105 grave, et, à la longue, mortel, porté à la foi des jeunes générations.Et c\u2019est de quoi nous devons le féliciter et le remercier.Et donc, le comité d\u2019américanisation était gagné à des vues raisonnables, grâce à l\u2019intervention active de notre chargé d\u2019affaires; il était tout prêt à revenir sur sa décision première, et à adopter une ligne de conduite propre à sauvegarder à la fois les intérêts de l\u2019Etat et les droits des parents en matière d\u2019éducation.Il y mettait toutefois une condition : c\u2019était que l\u2019autorité diocésaine se prononçat ouvertement, et promulgât un document basé sur l\u2019entente survenue entre les deux parties, et garantissant l\u2019exécution d\u2019un programme comportant autant de matières anglaises qu\u2019en re- quiéraient les lois communes de l\u2019Etat, et reconnaissant en outre le droit positif d\u2019enseigner la religion dans la langue que l\u2019on voudra, et assurant le privilège d\u2019enseigner aux enfants une autre langue : soit leur langue maternelle.La lettre de Monseigneur l\u2019Evêque de Manchester à son clergé, formulant ces trois points, est en date du 15 novembre 1918.Jamais lettre épiscopale n\u2019aura eu plus mauvaise presse.En voyant l\u2019usage qu\u2019en en sollicitant le texte, les journaux anglais de Manchester et d\u2019ailleurs ont voulu en faire, je me suis rappelé le mot piquant de Carmen Sylva dans ses Pensées d\u2019une Reine.\u201cSi Gutenberg avait prévu le journalisme, il aurait détruit son invention.\u201d! Sans prendre la peine de lire ce document, ou du moins sans chercher à le comprendre, voici que des reporters en mal de nouvelles sensationnelles, l\u2019insèrent dans leurs colonnes, sous des manchettes longues de deux pouces, où il était donné comme instaurant le seul parler anglais dans toutes les écoles catholiques du diocèse, à l\u2019exclusion de la langue maternelle des enfants.Et les grands journaux de Boston et d\u2019ailleurs de saisir au vol ce canard et de le faire figurer en place d\u2019honneur dans leurs lourdes feuilles, et de le présenter à l\u2019opinion catholique stu- 1 Page 136, Paris, Calmann Lévy, 1888. 106 LA REVUE NATIONALE péfiée comme constituant un triomphe signalé dans l\u2019oeuvre de l\u2019américanisation, c\u2019est-à-dire de l\u2019anglicisation commune et absolue de toutes les races diverses en ce continent.Je ne dis pas que les plumitifs de Manchester l\u2019ont fait absolument exprès; mais il n\u2019en reste pas moins que leur coup est un monument de sottise, et que, sous couleur de porter aux nues la suprême autorité catholique de l\u2019Etat, ils lui ont, en réalité, infligé le plus cruel affront qu\u2019elle pût recevoir, affront rendu plus sensible à cause de la nationalité à laqueile appartient Monseigneur Guertin.La façon dont ils ont accueilli la mesure pondérée, et nécessitée par les circonstances, que celui avait portée, mettait cet évêque en posture odieuse à l\u2019égard de toute sa race, et l\u2019on ne nous fera pas croire que c\u2019est par sympathie pour lui, ni pour les véritables intérêts du catholicisme qu\u2019ils ont agi ainsi.Le catholicisme, ces Journaux s\u2019en soucient bien.N\u2019est-ce pas dans les mêmes colonnes qu\u2019à l\u2019occasion d\u2019une Lettre Pastorale de Monseigneur l\u2019Evêque de Manchester sur le mariage chrétien, parut une moquerie de la doctrine et de la discipline ecclésiastiques sur cette institution sacrée, fondement de la famille et de la société?N\u2019est-ce pas dans les mêmes colonnes que fut publiée, en août 1914, peu après la mort de Sa Sainteté Pie X, une attaque infâme contre l\u2019oeuvre de restauration chrétienne accomplie par ce vénérable Pontife, et telle que Monseigneur Guertin dut protester là contre, la dénoncer devant tous ses prêtres, et leur demander d\u2019y apporter une sanction par le renvoi du journal qui s\u2019était permis un tel blasphême?Ah! nous savons à quoi nous en tenir sur la nature des compliments que ces folliculaires ont adressés à l\u2019Evêque de Manchester, en tirant à eux un document conçu en des termes si justes et en l\u2019interprétant de façon abusive.Male olet \u2014 pouvons- nous en dire.Sa Grandeur n\u2019aurait jamais pu souscrire à une proposition supprimant de nos écoles notre langue maternelle, encore moins l\u2019imposer, et cela, pour des raisons plus sacrées que celles que nous pourrions inférer de ses origines françaises, notamment pour la raison que semblable mesure LE FRANÇAIS DANS LE NEW HAMPSHIRE 107 eût été méconnaître un principe intangible de droit naturel, tout comme celui qui nous commande d\u2019honorer notre père et notre mère; et encore pour la raison que, ainsi que Mgr Paquet, l\u2019éminent théologien, l\u2019a si bien établi dans son étude définitive sur l\u2019Eglise et le problème des langues nationales : \u201cPar un sens avisé des intérêts religieux sans doute, mais aussi par une haute et délicate préoccupation de justice sociale, l\u2019Eglise s\u2019est fait une règle d\u2019entourer de tous les égards les langues multiformes et les nations qui les parlent.On ne saurait citer d\u2019elle, j'entends de l\u2019autorité souveraine qui la gouverne, ni une démarche, ni un décret, ni un mot, par lequel elle ait enjoint à un groupe quelconque de fidèles d\u2019abdiquer le culte et le parler ancestral.On ne l\u2019a jamais vue, on ne la verra, Dieu merci, jamais poser sur le coeur de ses fils une main de cosaque pour en suspendre ou en étouffer les légitimes battements.Elle leur prescrit des dogmes, elle leur impose des devoirs: elle laisse à la nature le soin de dessiner sur leurs lèvres les lettres et les sons qui traduisent leurs croyances et qui formulent leurs prières.\u201d Alors, en présentant la lettre de Monseigneur l\u2019Evêque dans les termes où ils l\u2019ont fait, les journaux anglais de Manchester ont tout simplement mis Sa Grandeur en opposition avec la tradition constante de l\u2019Eglise catholique.Nous savons qu\u2019il y a eu intervention immédiate auprès de qui de droit, laquelle a résulté en un article paru le 21 novembre dans le même journal Manchester Union.Cet article était intitulé: How it works out, c\u2019est-à-dire : comment la mesure va fonctionner?Le comité d\u2019américanisation du New Hampshire a inséré cet article dans ses publications officielles, et l\u2019a fait suivre d\u2019une déclaration par laquelle il le donne comme exprimant à la fois la lettre et l\u2019esprit du document épiscopal, ainsi que la pensée même qui avait guidé les autorités de l\u2019Etat en la question des langues 1 Cf, Premier Congrès de la Langue Francaise au Canada.tome 1, pages 531-332. 108 LA REVUE NATIONALE étrangères dans les écoles privées.Cette déclaration est signée: Frank S.Streeter, président; Ernest W.Butterfield, Surintendant de l\u2019Instruction Publique; abbé P.J.Scott, surintendant des écoles paroissiales du diocèse.Mais pas n\u2019était besoin de ce commentaire pour nous rassurer sur le sens exact et obvié de la lettre de Monseigneur.I! suffisait de l\u2019avoir lue intelligemment pour voir qu\u2019aucune de ses formules ne prêtait à la grotesque et sournoise machination que l\u2019on avait ourdie en la défigurant, machination qui a fait sur les esprits, chez-nous et à l\u2019étranger, un impression déplorable.Et l\u2019on sait combien durables sont les impressions premières.Aussi, est-ce pour nous devoir de justice et de loyauté de faire en quelque sorte l\u2019exégèse d\u2019un document qui méritait un meilleur sort, afin de le montrer sous son vrai jour, afin qu\u2019il ne reste plus d\u2019équivoque à son sujet, et que Monseigneur l\u2019Evêque de Manchester soit vengé des ridicules.imputations dont il a été l\u2019objet.La première partie de la lettre n\u2019est pas essentielle à la fin que nous avons en vue.L\u2019Evêque y attire l\u2019attention de ses prêtres et de ses fidèles sur une oeuvre destinée à assurer la permanence des biens pour la revendication desquels les Etats-Unis ont participé à la grande guerre: cette oeuvre est l\u2019union dans un même esprit civique et sous un même drapeau de tous les peuples qui composent ce pays.\u201cC\u2019est là, dit-il, l\u2019objet du mouvement d\u2019américanisation.Pour arriver à cette fin désirable, le premier moyen nécessaire est que tous ceux qui habitent à demeure dans l\u2019Etat parlent une langue commune, l\u2019anglais.\u201d Que l\u2019on veuille bien remarquer que l\u2019anglais n\u2019est pas présenté comme la langue que l\u2019on doive exclusivement apprendre et parler, mais comme terrain d\u2019entente sociale entre les diverses races et comme instrument propre à favoriser le cohésion entre les groupements ethniques si variés qui se partagent le pays.Le document poursuit: 1 + eae a LE FRANÇAIS DANS LE NEW HAMPSHIRE 109 \u201cLa position de nos écoles paroissiales à cet égard a été clairement définie dans la correspondence échangée entre l\u2019Evêque de Manchester et le comité d\u2019américanisation du New Hampshire, en la présence de son président, M.Frank S.Streeter.Vous y verrez que le quatrième article fondamental du programme d\u2019américanisation, formulé à Washington, le 3 avril 1918, et portant que \u201cdans toutes les écoles primaires l\u2019anglais soit la seule langue enseignée et la seule langue de l\u2019enseignement\u201d a été nettement expliqué et interprété par le comité d\u2019américanisation et le Surintendant de l\u2019Instruction Publique de Etat du New Hampshire, dans un sens que l\u2019Evêque a approuvé.Cette explication et cette interprétation constituent la base sur laquelle fonctionnera l\u2019application du dit article dans toutes les écoles du New Hampshire.Cette interprétation est comme suit: lo \u201cDans toutes les écoles, même privées, l\u2019on se servira exclusivement de l\u2019anglais pour enseigner aux enfants la lecture, l\u2019écriture, l\u2019épellation, l\u2019arithmétique, la grammaire, la géographie, la physiologie, l\u2019histoire, l\u2019économie politique, la musique et le dessin; l\u2019anglais sera également la langue de l\u2019administration.20 \u2018\u201cL\u2019usage exclusif de l\u2019anglais pour les fins - d'instruction et d\u2019administration n\u2019a pas pour effet d\u2019empêcher que, dans les écoles privées, les exercices religieux ne se fassent dans une autre langue.30 Une langue étrangère pourra être enseignée dans les écoles primaires, pourvu que le programme d\u2019étude tracé par le Département d\u2019Instruction Publique du New Hampshire (ou son équivalent,) ne soit pas abrégé, mais mis en pratique conformément aux lois de l\u2019Etat.\u201cCes trois articles, conclut Monseigneur l\u2019Evêque, tels qu\u2019approuvés par nous, n\u2019admettent ni faux-fuyant ni équi- 110 LA REVUE NATIONALE voque.Ils sont destinés à servir de fondement à notre programme scolaire; et leur insertion dans ce programme n\u2019implique renoncement à rien de ce qui importe au bien-être et au progrès de quelque école catholique que ce soit.Il y est dûment pourvu à l'instruction religieuse, (remarquez que l\u2019Evêque dit ici: instruction religieuse, et non plus seulement, comme dans l\u2019article II, exercices religieux, devotional exercises; \u2014 il y a là plus qu\u2019une nuance dans les termes; ces expressions interpretent en notre faveur et agrandissent ou élargissent ce que les simples mots: exercices religieux ont d\u2019un peu vague ou d\u2019un peu étroit.Il faut sous-entendre également que l\u2019instruction religieuse peut être donnée dans la langue maternelle des enfants).\u201cEn outre, l\u2019enseignement de toute autre langue que l\u2019on voudra demeure permis en marge des matières requises par le Département d\u2019Instruction Publique du New Hampshire, c\u2019est-à-dire à condition que le programme officiel, ou son équivalent, soit observé.\u201d Voilà donc les trois points de la lettre de Monseigneur l\u2019Evêque de Manchester, desquels on est parti pour soutenir que, dans toutes les écoles catholiques franco-amériecai- nes du diocèse, l\u2019enseignement du français était pratiquement supprimé, de par l\u2019autorité épicopale, d\u2019accord avec le comité d\u2019américanisation du New Hampshire.Que si, dans cette lettre que les journaux plus haut mentionnés ont, avec un enthousiasme de mauvais aloi, qualifiée d\u2019historique, il eût été spécifié que le programme qu\u2019elle énoncait était précisément celui auquel nous nous étions toujours tenus, l\u2019accès de lyrisme auquel elle a donné lieu chez les américani- sants à outrance n\u2019eût plus guère été possible.Monseigneur a eu sans doute de bonnes raisons de ne pas faire remarquer que ce programme n\u2019avait rien de nouveau, puisque nos écoles avaient toujours fonctionné d\u2019après ce système auquel les circonstances donnaient un relief inattendu.II traitait avec le pouvoir public, un pouvoir susceptible, ombrageux, capable de causer de grands embarras, et qu\u2019il s\u2019agissait LE FRANÇAIS DANS LE NEW HAMPSHIRE 111 donc de ménager: l\u2019objet de ces tractations était d\u2019assurer à nos écoles un status en quelque sorte officiel., Et ii était habile de laisser croire à ces messieurs du comité d\u2019américanisation, que le programme que l\u2019on instaurait ainsi en commun, sur les bases d\u2019une entente survenue entre l!\u2019autorité religieuse et l\u2019autorité civile, avait quelque chose d\u2019original, constituait une innovation.Autrement, ils auraient pu se dire à part eux qu\u2019ils n\u2019avaient absolument rien fait en l\u2019espèce et que leur collaboration n\u2019avait été qu\u2019illusoire.Mais dans la réalité, ce programme ne change rien à ce qui existait déjà; c\u2019est la continuation et comme la consécration de celui que nous avons toujours suivi pour le plus grand bien de nos enfants.Seulement, au lieu qu\u2019autrefois, nous nous arragions entre nous l\u2019appliquer, de par le modus vivendi qui vient d\u2019être passé en New Hampshire, nos écoles ont en quelque sorte acquis droit de cité dans l\u2019Etat; et cette espèce de reconnaissance officielle, entourée d\u2019ailleurs de toutes les garanties contre l\u2019ingérence séculière, dangereuse parce que protestante, dans un domaine que l\u2019Evêque catholique se réserve et qu\u2019on lui assure, n\u2019est pas, croyons-nous, pour diminuer la valeur morale et sociale de nos établissements d\u2019éducation.Résumons la pensée maîtresse, l\u2019âÂme de la lettre de Monseigneur l\u2019Evêque de Manchester, et montrons que, si, d\u2019un côté, elle accorde satisfaction aux légitimes revendications de l\u2019Etat en matière scolaire, de l\u2019autre, elle sauvegarde nos droits et nos inaliénables privilèges en matière de religion et de langue.Premièrement, elle trace pour nos écoles tout un programme d\u2019anglais, en conformité avec les lois scolaires du New Hampshire.Ce programme, nous voulons l\u2019observer, aussi bien, et mieux encore, si possible, que par le passé; et cela, non pas seulement parce que Monseigneur notre Evêque nous le demande et a le droit de nous le demander, mais encore parce que nous reconnaissons plus que jamais 112 LA REVUE NATIONALE que, citoyens d\u2019un grand pays où la langue anglaise est la ; langue officielle, nous ne saurions aspirer à y jouer un rôle | politique, ni à y avoir notre part d\u2019influence sur les destinées générales, sans posséder l\u2019instrument dans lequel sont | formulées les lois et dans lequel se traitent toutes les questions qui intéressent le présent ou l\u2019avenir de la nation.Nous reconnaissons, en outre, que nous ne sommes pas venus aux Etats-Unis pour y faire bande à part, ni pour y vivre comme, des exilés plus ou moins volontaires, soupirant sans cesse, comme les Hébreux au bord des fleuves de Babylone, \u2018après la patrie lointaine et perdue.Nous sommes ici chez nous, par libre choix ou par droit de naissance ; et notre intérêt i personnel et collectif, à nous, américains de descendance française, demande que nous nous adaptions au parler qui est celui de la majorité, celui de la nation.Mais cette juste concession, loyalement acceptée et consentie, comme moyen de création d\u2019un esprit civique américain, suppose-t-elle renoncement a rien de ce qui nous distingue comme race?Nullement.Loin de vouloir tronquer notre personnalité francaise, la législation élaborée par l\u2019autorité diocésaine tendrait au contraire à l\u2019élargir, à la rendre plus compréhensive, et, tout ÿ en la gardant intacte dans son fonds et en lui conservant son 1 héritage ancestral et magnifique, à l\u2019enrichir d\u2019éléments nou- \u2018 veaux, imposés par les circonstances de temps ou de milieux : où elle est appelée à évoluer.Aussi, l\u2019enseignement de la religion dans nos écoles, non pas seulement les prières, mais les instructions catéchétiques et les leçons d'histoire sainte \u2014 le texte épiscopal déclare formellement, dans l\u2019article second, que cela échappe à l\u2019emprise T.de l\u2019article premier concernant l\u2019anglais, que cela est un do- | ; maine réservé et intangible où nous pouvons continuer de j { nous mouvoir à notre gré.Et déjà, cette restriction renferme | des conséquences que tout esprit logique est obligé d\u2019accepter â telles qu\u2019elles sortent de leur principe ; elle serait toute seule à qu\u2019elle nous laisserait encore beaucoup de latitude dans la ] pratique.Il va de soi, en effet, que l\u2019enseignement religieux LE FRANÇAIS DANS LE NEW HAMPSHIRE 113 dans la langue maternelle suppose que l\u2019enfant connaît cette langue.Pour qu\u2019il la connaisse, il faut qu\u2019il l\u2019apprenne, et pour qu\u2019il l\u2019apprenne, il faut qu\u2019on la lui montre.Et où la lui montrera-t-on, si ce n\u2019est dans les classes?Il faut donc, en l\u2019espèce, enseigner le français à l\u2019école, puisque, si l\u2019on n\u2019apprend à l\u2019enfant, ni a épeler, ni à lire, ni à écrire en français, le catéchisme francais sera pour lui du grec; il sera incapable de le déchiffrer, et fatalement, s\u2019il n\u2019a pas appris les rudiments de sa langue, il ne sera pas possible de lui enseigner, fût-ce sa religion, dans une langue qu\u2019il n\u2019entendra pas.Et alors, l\u2019article second du document se trouverait être illusoire, accorder une permission dont il serait vain de vouloir se réclamer, consacrer un droit dont l\u2019exercice serait empêché par la nature des choses.Au reste, nos privilèges ne se bornent pas à celui qui est stipulé dans cet article deuxième.L\u2019article dernier nous concède tout un programme de foreign language, \u2014 et pour nous cela veut dire la langue maternelle, \u2014 que nous sommes libres d'ajouter au programme d'anglais.A dire le vrai, nous ne sommes que médiocrement flattés d\u2019entendre traiter notre langue de \u201clangue étrangère\u201d.Mais cette expression était imposée à Monseigneur l\u2019Evêque par le point de vue strictement américain auquel il s\u2019est placé.L\u2019anglais étant aux Etats-Unis la langue de la constitution, des lois, de la politique, tout autre parler est donc rangé, par le fait même, au nombre des foreign languages.Ce terme est officiel, et n\u2019a aucun sens péjoratif.Nous avouons qu\u2019il ne nous semble pas très juste, en ce qui concerne le francais en particulier, le français sans lequel l\u2019anglais n\u2019eût jamais existé.Car, ainsi que M.Jusserand le montre très bien, dans son Histoire Littéraire du Peuple Anglais, l\u2019idiôme définitif de l\u2019Angleterre a été formé par une transaction entre l\u2019anglo-saxon et le français.\u201cA mesure qu\u2019on avance dans le XIVe siècle, écrit-il dans son tome I, livre III, chapitre I, p.244, nombre de familles de mots franco-latins recoivent en Angleterre la naturalisation, et peu à peu se constitue cette langue anglaise 114 LA REVUE NATIONALE dont le vocabulaire compte aujourd\u2019hui deux fois plus de mots d\u2019origine française ou latine que d\u2019origine germanique.À la fin du dictionnaire étymologique de Skeat, publié à Londres en 1882, se trouve une table de mots de la langue, classés d\u2019après leur provenance ; les mots empruntés aux idiomes germaniques et scandinaves occupent sept colonnes et demie ; les mots tirés du francais et des langues romanes ou classiques, seize colonnes.La nation anglaise descend de deux peuples, le saxon et le français; elle a eu un père et une mère dont l\u2019union a été féconde bien qu\u2019orageuse ; et celui des deux ancêtres que d\u2019aucuns renient aujourd\u2019hui, sous prétexte de tendresse filiale, c\u2019est-à-dire la France, n\u2019est peut-être pas celui qui s\u2019est occupé avec le moins d\u2019amour de former et d\u2019instruire leur commune postérité.\u201d Ainsi s\u2019exprime un grand homme de lettres, un savant, un ami sincère de l\u2019Angleterre et des Etats-Unis, et son langage est le reflet direct de la vérité.Et donc, dire du français qu\u2019il est, aux Etats- Unis, une langue étrangère, ce n\u2019est pas parler en philologue, ce n\u2019est pas non plus parler en historien.Une mère n\u2019est jamais une étrangère pour son fils ni chez son fils, où que soit ce fils.Or, la langue française ayant formé de son sang et de ses entrailles le parler anglais, il nous semble que les législateurs américains s\u2019honoreraient en reconnaissant officiellement cette filiation, et en accordant au verbe de la France, par toute l\u2019étendue du territoire, un traitement de faveur, lequel ne serait que la gratitude d\u2019un fils bien né envers celle qui lui a donné la vie.Quoi qu\u2019il en soit, la langue française est, pour Monseigneur l\u2019Evêque de Manchester, aussi bien que pour nous, la langue maternelle.Et si, au regard de la loi américaine, ce parler est un parler étranger, il ne l\u2019est pas au regard de l\u2019Eglise catholique dont nous sommes avant tout et au-dessus de tout les fils; il ne l\u2019est pas au regard du droit naturel.Par l\u2019article troisième de la lettre épiscopale, il nous est octroyé de l\u2019enseigner à nos enfants.Pour l\u2019enseigner, il faut que nous en ayons le temps.Et pour que nous en ayons le LE FRANÇAIS DANS LE NEW HAMPSHIRE 115 temps, il faut, de toute nécessité, ne pas charger toutes les heures de classes, ou à peu près, de matières anglaises.Autrement, que deviendrait un tel privilège?Ce serait une formule abstraite et vide.Au roi qui lui demande ce qu\u2019il y a dans le livre qu\u2019il est occupé à lire, Hamlet répond : \u2018Des mots! des mots! des mots!\u201d Il serait certes injurieux pour l\u2019auteur de ce document de croire qu\u2019il a voulu se payer et nous payer de mots.Sous ces mots, il y a des choses sacrées à son coeur d\u2019évêque et à son âme canadienne-française ; des choses qui incarnent les souvenirs du foyer, lui rappellent son père et sa mère; des choses qui sont basées sur le droit naturel, sur les droits des parents en matière d\u2019éducation, des choses desquelles il sait que notre avenir religieux dépend ; des choses dont il entend bien assurer chez-nous la survivance, et pour la défense desquelles il serait prêt à faire tous les sacrifices.C\u2019est pourquoi nous pouvons être sans crainte, et du côté de l\u2019autorité diocésaine, et du côté de l\u2019Etat, puisque l\u2019Etat a inspiré et accepté le modus vivendi, qui vient d\u2019être mis en vigueur chez nous, et, en retour de ce je pourrais appeler ses articles organiques, s\u2019est engagé à laisser nos écoles sous l\u2019unique contrôle de l\u2019autorité religieuse.Cependant, il est de l\u2019essence d\u2019un privilège d\u2019être facultatif.L\u2019on peut en user ou n\u2019en pas user, sans que la loi y appose de sanction.C\u2019est en ce sens que nous avons dit plus haut que l\u2019avenir du français, dans nos écoles du New Hampshire, était entre nos mains.Liberté nous est concédée de l\u2019enseigner.Que si nous ne profitons pas de cette liberté, et que nous ne nous montrions pas soucieux de garder toutes nos possessions, et d\u2019aller jusqu\u2019à l\u2019extrême limite de nos privilèges sur ce point, l\u2019Etat ne viendrait pas nous en faire reproche ni nous forcer d\u2019en user.Non.Mais d\u2019autres voix s\u2019élèveraient en nous pour nous accuser d\u2019inertie, d\u2019abdication nationale et même d\u2019apostasie,\u2014les voix de la conscience, des ancêtres, de l\u2019histoire.L\u2019Eglise elle-même pourrait nous accuser de coupable abandon d\u2019un héritage mille fois sacré.La nature protesterait contre une telle lâcheté.Et qui sait 116 LA REVUE NATIONALE si l\u2019âme de nos enfants, que cette abdication de notre langue française, en laquelle le catholicisme s\u2019est incarné, aurait conduite à l\u2019abdication de la foi, ne crierait pas éternellement vengeance contre nous?Mais je suis tranquille et confiant.Je connais le passé de nos prêtres franco-américains; j'ai longuement écouté le récit de leurs lettres pacifiques pour le maintien de ce trésor de notre langue que leur coeur associe à celui de nos croyances éternelles; je connais l\u2019âÂme de l\u2019Evêque qui préside à nos destinées morales, et en qui nous saluons, au dessus et au delà du citoyen américain, un apôtre de l\u2019Eglise catholique.Cet évêque aime sans doute la patrie où il est né, il aime la race glorieuse de laquelle la Providence l\u2019a fait descendre, il aime par-dessus tout les âmes confiées à ses soins et il veut leur salut.À tous ces titres, il est prêt à favoriser tous les mouvements propres à rendre la patrie plus prospère et plus unie, ses frères par le sang plus instruits et pilus capables d\u2019influence.Mais ce dont il s\u2019inquiète surtout, c\u2019est de l\u2019avenir éternel des âmes.Or, il est prouvé que la conservation de notre idiome ancestral rentre dans l\u2019ordre des moyens qui nous acheminent sûrement vers la seule fin nécessaire, notre langue étant la gardienne de notre foi.Le représentant parmi nous du Suprême Pasteur des âmes est donc nautement intéressé à ce que ce moyen de salut ne nous soit pas enlevé, ne se fonde pas dans une unification linguistique à laquelle ni l\u2019Etat, ni encore moins l\u2019Eglise, n\u2019ont rien à gagner.Aussi, comptant sur la conscience et le caractère de notre Evêque, confiant dans le zèle patriotique et religieux de notre clergé, sachant par expérience la bonne volonté de nos franco-américains à seconder toujours les efforts de ces derniers dans la lutte pour les causes où notre avenir est en jeu, nous pouvons, je crois, espérer que nos destinées françaises, en New Hampshire du moins, n\u2019iront se heurter contre aucun obstacle fatal à leur développement et à leur légitime efflorescence.Henri \u2019ARLES LES MISSIONNAIRES ACADIENS INFAMIFS DÉBITÉES SUR LE COMPTE DES ACADIENS ET DE LEURS MISSIONNAIRES.1710-1765 Shakespeare a raison de dire dans Othello: \u201cCelui qui \u201cvole ma bourse me vole une bagatelle; c\u2019est quelque chose, \u201cmais ce n\u2019est rien.Elle était à moi, elle est à lui, et a été \u201cl\u2019esclave de mille autres.Mais celui qui dérobe ma bonne re- \u201cnommée me vole une chose qui ne l\u2019enrichit pas, et qui me \u201crend vraiment pauvre.\u201d L\u2019esprit d\u2019intolérance et de fanatisme que la Réforme, comme on l\u2019appelle, a fait surgir en Angleterre, sous Henri VIII et ses successeurs contre la religion catholique, s\u2019est implanté en Acadie par les fils d\u2019Albion après la reddition du fort de Port-Royal, au mois d\u2019octobre 1710.Il s\u2019y est accru à mesure que l\u2019élément anglais, venu de l\u2019Angleterre et de la baie du Massachusetts, a pris racine dans le pays.Il ne faut pas oublier qu\u2019à cette époque la persécution la plus atroce contre les catholiques était à son apogée dans le Royaume- Uni.Les gouverneurs britanniques et leurs délégués, à l\u2019exception de Hopson et de Caulfeild, apportèrent en Acadie les mêmes sentiments de haine et de persécution qui les animaient en Angleterre.Les représentants de la couronne britannique à Annapolis Royal \u2014 l\u2019ancien Port-Royal du régime fran- cais \u2014 ne regardaient les Acadiens guère mieux que s\u2019ils eussent été des sauvages ou des parias, et ils ne se gênaient nullement de leur faire sentir lourdement l\u2019arrogance et la morgue qui caractérisaient ces nouveaux arrivés d'outre-mer et du Massachusetts dans le but de s\u2019enrichir.Ils n\u2019ont cessé non seulement de persécuter, d\u2019emprisonner et de maltraiter 118 LA REVUE NATIONALE nos pères et leurs missionnaires, parce qu\u2019ils ne pouvaient faire des protestants des premiers, mais ils les ont constamment représentés à Whitehall et à la cour de St-James comme des insoumis, des insolents et des traîtres.Ils peignirent les Acadiens comme les ennemis jurés du roi d\u2019Angleterre.Ces mensonges n\u2019enrichissaient pas les calomniateurs et les diffamateurs dont les principaux furent les colonels Samuel Vetch et Francis Nicholson, le capitaine John Doucet, le colonel Richard Philipps, le capitaine Lawrence Armstrong, le colonel Edward Cornwallis et le lieutenant-colonel Charles Lawrence, de néfaste mémoire, mais ils enlevaient à nos pères et à leurs missionnaires leur bonne réputation et les discréditaient aux yeux des lords du commerce et des colonies et aussi à la Cour.Mais le pire ennemi des Acadiens fut incontestablement William Shirley, gouverneur de la baie du Massachusetts, comme on pourra le constater au cours des articles suivre sous un autre titre.Celui qui veut se donner la peine de faire une étude sérieuse et approfondie des lettres écrites et des longs mémoires \u2018faits par ces divers personnages se convaincra facilement que les vers de Shakespeare dont je viens de donner la traduction s\u2019appliquent, à la lettre, aux infamies débitées sur le compte des Acadiens et de leurs missionnaires.Commencons d\u2019abord par démontrer par quelques pièces, l\u2019esprit de bigoterie, d\u2019intolérance et de fanatisme qui régnait à cette époque.Le premier de ces documents est une lettre de Francis Nicholson, le même à qui le brave de Subercase remit son fort à Port-Royal.Quand Nicholson écrivit cette lettre, quatre mois après la capitulation de Port-Royal, il était alors à Portsmouth (Angleterre), sur le point de faire voile pour se rendre à Boston ,rejoindre l\u2019expédition de Walker contre Québec.La lettre en question adressée à Dartmouth, secrétaire d\u2019Etat, est du 9 mars (N.S.) 1711 et commence comme suit: LES MISSIONNAIRES ACADIENS 119 \u201cJ\u2019espere que le Dieu tout-puissant favorisera l\u2019expédi- \u201ction que, avec tant de sagesse et d\u2019équité, Sa Très Sacrée \u201cMajesté (la reine Anne) a décidé d\u2019entreprendre et dont le \u201csuccès contribuera à la gloire de Dieu, à l\u2019extirpation de la \u201creligion catholique romaine, à l\u2019expansion de l\u2019Eglise d\u2019An- \u201cgleterre, ainsi qu\u2019au bien-être des sujets loyaux et soumis de \u201cSa Majesté dans l\u2019Amérique septentrionale, et tous autres \u201cqui ont l'honneur et le bonheur d\u2019être les hommes liges de \u201cSa Majesté en récolteront aussi du profit.\u201d D\u2019après Nicholson un des buts de cette expédition contre Québec était \u2018\u2018l\u2019extirpation de la religion catholique romaine et l\u2019expansion de l\u2019Eglise d\u2019Angleterre.Or, il faudrait croire que l\u2019expédition réussie contre Port Royal, l\u2019année précédente, avait les mêmes buts.On connaît la reculade de Walker devant Québec et le désastre survenu à sa flotte.A force d\u2019intrigues et de mensonges, Nicholson réussit à supplanter Vetch au gouvernement d\u2019Annapolis Royal, où celui-ci commandait depuis la reddition de ce fort, en 1710.Le terme d\u2019office de Nicholson fut du 31 octobre (N.S.) 1712 au 81 janvier (N.S.) 1715.Il est vrai qu\u2019il ne fit qu\u2019un bien court séjour à Annapolis-Royal, et cela durant l\u2019été de 1714, mais ses affidés le renseignaient à Boston où il résidait.Animé des sentiments que montre sa lettre, il aurait été étonnant que Nicholson fût tendre envers les Acadiens et leurs missionnaires.(1) (1) C\u2019est le même qui, par sa dépêche datée de Boston, le 15 novembre (N.S.) 1714, au lieutenant-colonel Thomas Caulfeild, son lieu- tenant-gouverneur à Annapolis, dit: \u201cJe vous recommande surtout de faire tout ce qui sera possible dans les intérêts du service du roi, mais particulièrement pour la salut et la conservation de la garnison de Sa Majesté à Annapalis Royal qui est sous votre commandement.Je vous recommande pareillement de surveiller les actes et la conduite des Francais dans votre gouvernement, spécialement ceux de la banlieue et ceux qui habitent le haut de la rivière Annapolis Royal, parce que, étant les plus près du fort, ils peuvent plus facilement se livrer à des méfaits contre nous, car vous devez vous rappeler que je vous ai souvent fait connaître mes sentiments à leur égard: il n\u2019y a aucune confiance à mettre en eux surtout en leurs prêtres, 120 LA REVUE NATIONALE On serait tenté de croire que cet esprit d\u2019intolérance se fût apaisé avec les années.Qu\u2019on en juge par la pièce sui- \u2018vante tirée des Newcastle papers (volume 168).C\u2019est une instruction de la Société pour la propagation de l\u2019Evangile à l\u2019_étranger, en 1754, adressée à ses missionnaires protestants «en Amérique.Voici: \u201cIls auront à se défendre contre les attaques qui \u201cont pour but d\u2019abolir notre sainte religion, d\u2019échanger le \u201cbonheur dont jouissent nos concitoyens d\u2019Amérique sous le \u201crègne du meilleur des rois pour un régime de tyrannie cer- \u201ctaine, de superstitions misérables, et d\u2019idolâtrie papale, avec \u201cles persécutions admises qui en sont l\u2019accomplissement; et \u201cceux qui ne prendront pas les armes pour se défendre (allu- \u201csion aux quakers de la Pennsylvanie) seront coupables du \u201ccrime de meurtre, parce qu\u2019ils auront livré leurs honnêtes, \u201cinnocents et paisibles compatriotes, avec tout le pays, à la \u201cfureur de notre ennemi avéré.\u201d J\u2019ai réservé pour le clou de ma démonstration de l\u2019esprit d\u2019intolérance religieuse une pièce très cocasse : c\u2019est l\u2019extrait d\u2019une lettre d\u2019un marchand à Halifax, dans la Nouvelle- Ecosse, à son ami à Londres datée du 3 juillet 17538.Je conseille à mes lecteurs de se bien tenir.Voici ce que dit ce marchand d\u2019Halifax: \u201cJ\u2019ai manqué d\u2019oublier que la tribu d\u2019Indiens, qui avait \u201cfait la paix avec nous, l\u2019a encore rompue et a balafré quel- \u201c\u201cques personnes., Nous devons tout ceci à la perfidie de nos et je ne voudrais pas même mettre ma confiance aux ministres du roi -de France s\u2019ils étaient 13.\u201d C\u2019est encore le même qui mande, par sa lettre datée de Boston, le \u201831 décembre (N.S.) 1714, au colonel John Moody, lieutenant-gouverneur à Plaisance, ce qui suit: \u201cJ\u2019espère que vous prendrez un bon soin des forts de Sa Majesté et des troupes qui sont sous votre commandement, ne vous fiant en aucune manière aux Français, excepté dans un cas d\u2019absolue nécessité, car je les trouve partout les mêmes, c\u2019est-à-dire pleins de fourberie, et c\u2019est surtout le cas pour ceux qui sont catholiques romains et sous la domination des Jésuites et des prêtres et pour la gloire de leur propre nation.\u201d Ces extraits démontrent suffisamment l\u2019état d\u2019âÂme du deuxième gouverneur anglais à Annapolis Royal. ith ope ou LES MISSIONNAIRES ACADIENS 121 \u201cvoisins les Français dont les prêtres disent aux Indiens que \u201cnotre Sauveur est né en France et a été crucifié en Angle- \u201cterre, et que les Anglais sont tous hérétiques et que c\u2019est faire \u201cbien devant Dieu que de les tuer.\u201d Cette dernière pièce se passe de commentaires.Son auteur est évidemment un pauvre cerveau détraqué qu\u2019une maison de santé aurait dû abriter sous son toit.Revenons anx nombreuses dépêches adressées au secrétaire d\u2019Etat et aux lords du commerce et des colonies par les autorités qui commandaient à Annapolis Royal, de 1710 à 1749.Ces messieurs ne cessèrent de calomnier et de vilipender les Acadiens et leurs missionnaires.Ils y mettaient tant d\u2019ardeur qu\u2019on est porté à se dire, en lisant ces longues lettres remplies de mensonges et de fiel, qu\u2019ils auraient fait une grosse maladie s\u2019ilssn\u2019avaient pas mangé de l\u2019Acadien et du prêtre.Par ces faussetés et ces calomnies ils empoisonnaient et faussaient l\u2019esprit des autorités à Whitehall, envers nos pères.C\u2019est tellement le cas qu\u2019on en trouve la preuve dans les instructions qu\u2019on donnait ensuite aux gouverneurs.Ces instructions étaient invariablement rédigées, à la demande du secrétaire d\u2019Etat, par les lords du commerce et des colonies et soumises ensuite au souverain, qui les approuvait et les signait.Les instructions, données à Philipps le 30 juin (N.S.) 1719, renferment plusieurs des recommandations faites par Vetch, Nicholson et Doucet, particulièrement celles de ce dernier depuis 1717, aux lords du commerce et des colonies et au secrétaire d\u2019Etat, à l\u2019endroit des Acadiens.Ces très nombreux et divers documents sont déposés au Public Record Office et au British Museum à Londres et nous en avons une copie aux Archives publique du Canada, à Ottawa.Bien que maintes parties soient erronées et mensongères on s\u2019en sert aujourd\u2019hui comme documents officiels.Et c\u2019est de la sorte qu\u2019on écrit l\u2019Histoire!!! Les pires diffamateurs de nos pères et de leurs missionnaires, avant la fondation d\u2019Halifax en 1749, furent incon- RE het - A CO UE Sp 122 LA REVUE NATIONALE testablement le lieutenant-gouverneur Lawrence Armstrong, à Annapolis, et William Shirley, gouverneur de Massachusetts.Et quiconque a lu la volumineuse correspondance d\u2019Armstrong et celle de Shirley trouve, dans les instructions données à Cornwallis le 10 mai (N.S.) 1749, la teneur des recommandations faites par Armstrong et Shirley et aussi par Paul Mascarène à l\u2019endroit des Acadiens.Ces trois personnages voulaient faire des protestants de nos pères afin de les rendre bons sujets.Les documents ne manquent pas pas sous ce rapport, et j'en citerai quelques-uns au cours d\u2019une série d\u2019articles sur les Acadiens durant la guerre de la succession d\u2019Autriche en Amérique, 1744-1748.Ici je fais mien, tant je le trouve juste et exact, ce passage d\u2019un des appendices à la quatrième édition d\u2019Un Pèlerinage au pays d\u2019Evangéline, par l\u2019abbé H.-R.Casgrain.Il a trait à la position où se trouvèrent les habitants français de l\u2019Acadie durant cette guerre en Amérique.\u201cLes Acadiens qui avaient été soumis à des tromperies \u201cet des persécutions de tout genre auraient pu, s\u2019ils eussent \u2018voulu, secouer leur joug lorsque éclata la guerre de la suc- \u201ccession d\u2019Autriche.Ils auraient pu dire aux autorités d\u2019An- \u201cnapolis Royal: Depuis que vous avez mis le pied dans notre \u201cpays, vous nous avez trompés; vous nous tromperez encore.\u201cC\u2019est vous-mémes qui, par vos continuels manques de pa- \u201crole, nous avez déliés de la nôtre.\u201d D\u2019après mon humble opinion et mes faibles lumières l\u2019abbé Casgrain avait parfaitement raison de parler ainsi.Mais que firent nos pères?A l\u2019exception d\u2019une vingtaine tant de Port-Royal que des Mines \u2014 c\u2019est le chiffre que donne Mascarène qu\u2019ils avaient prêté à Annapolis en 1729 et en 1730, en les autres districts de l\u2019Acadie.C\u2019est Mascarène lui-même qui va confirmer cette assertion.Placide GAUDET ils restèrent tous fidèles au serment POUR LA JEUNESSE PETITS CORPS, GRANDES ÂMES CHAPITRE I (suite) 5 octobre 1217.J\u2019ai trois belles promenades en perspective, la première avec grand-père, qui ne veut pas retourner chez lui sans revoir un peu son vieux Montréal ; l\u2019autre, dans une dizaine de jours en compagnie de M.Alexandre Brisebois, qui nous fera explorer la caverne de la Côte Saint-Michel, avec tous les camarades que l\u2019entreprise hardie n\u2019aura pas trop effrayés.Enfin je suivrai grand-père à Laval-des-Rapides s\u2019il peut retarder son séjour à Montréal jusqu\u2019au congé de la semaine prochaine.8 octobre 1917 J\u2019ai vraiment été paresseux.J\u2019aurais dû transcrire mes notes, car mon père m\u2019a dit qu\u2019il veut voir mon journal avant qu\u2019il parte.Ce cher père, il est triste depuis quelques jours ; c\u2019est sans doute la pensée d\u2019une séparation prochaine qui l\u2019obsède.On dirait qu\u2019il a au coeur une amertume qu\u2019il n\u2019ose avouer et que pour l\u2019oublier il a besoin d\u2019affection, parce qu\u2019il recherche notre présence plus qu\u2019à l\u2019ordinaire ; et les termes calins qui traduisent son amour se font tendrement variés.Il est fatigué de ce genre de vie nomade qui régulièrement l\u2019arrache à son foyer pour une période plus ou moins longue.Chaque départ renouvelle sa douleur, mais il faut bien qu\u2019il s\u2019y résigne ; le travail c\u2019est la loi de la vie et de lui dépendent le bonheur et la subsistance de tant d\u2019êtres bien-aimés! Comme je serais malheureux si un accident l\u2019enlevait à mon amour ! Je vais prier Dieu qu\u2019il me conserve le meilleur de mes amis: O Notre Père commun, qui me faites un précepte de respecter et d\u2019aimer mes parents, je vous prie de répandre vos plus précieuses faveurs sur ce père si aimant qui depuis mon entrée dans la vie a consacré son existence à rendre la mienne heureuse.C\u2019est lui qui m\u2019apprit à vous bénir, ô Père des hommes.Vous seul pouvez le récompenser comme il le mérite; 124 LA REVUE NATIONALE accordez-lui la faveur de votre amitié et à moi celle d\u2019être sa joie.Donnez-lui une vie heureuse et tranquille et que votre main puissante éloigne d\u2019une tête si chère tout fâcheux accident.Ange de Dieu, protégez sans cesse de l\u2019ombre de vos ailes, celui qui soutient mon existence de son dur labeur.Amen.MOEURS DES SAUVAGES \u201cAu mois d\u2019octobre les sauvages prennent une grandissi- me quantité d\u2019anguilles qu\u2019ils font boucaner et sécher à la fumée dans leurs cabanes et en mangent ordinairement n\u2019ayant point d\u2019autres mets jusqu\u2019à ce que les neiges soient grandes pour la chasse de l\u2019orignal.Les Francais en mangent aussi principalement les jours que l\u2019on ne mange point de chair.Ce sont les femmes qui les accommodent.Elles vident ce poisson, le lavent fort bien, l\u2019ouvrant par le dos, non par le ventre, puis le pendent à la fumée l\u2019ayant auparavant fait égoutter sur des perches hors de leurs cabanes.Elles le taillent en plusieurs endroits afin que la fumée les dessèche plus aisément.Ils les font rôtir avec une petite broche de bois qu\u2019ils piquent en terre auprès du foyer.Leur vaisselle est d\u2019écorce de bois, Ils essuient leurs mains grasses à leurs cheveux et à leurs chiens.Il est vrai qu\u2019ils ont de la poudre de bois sec et pourri dont les mères nettoient leurs petits enfants et n\u2019ont point d\u2019autre linge.\u201cIls ont cela de particulier qu\u2019ils ne veulent jamais dire leur nom devant d\u2019autres, on ne sait trop pourquoi.Le Père Lejeune demandant un jour à l\u2019un d\u2019eux comment il s\u2019appelait, il baissa la tête sans rien dire; et un Francais demandant à un autre Kniga échenicasson comment t\u2019appelles-tu?il répondit namanikisteriten je n\u2019en sais rien.Que si on demande à quel- qu\u2019un le nom d\u2019un autre il le dit librement, mais non pas le sien.\u201cQuand quelqu\u2019un les traite et qu\u2019ils ont fait bonne chère, ils frappent de leurs mains doucement leur ventre tout en disant Nick ipoun c\u2019est-à-dire je suis soûl.Voilà comment ils remercient leurs hôtes de la bonne chère qu\u2019on leur a faite.\u201cIls portent un grand bouclier de bois de cèdre fort long et fort large quand il vont à la guerre dont ils se couvrent entièrement le corps, un peu plié et courbé, cousu haut et bas avec de la corde faite de peau, laquelle le soutient sur l\u2019épaule droite PETITS CORPS, GRANDES AMES 125 couvrant le côté gauche et quand ils ont tiré leur coup, ils ne font que retirer le côté droit pour le mettre à couvert.\u201cIls aiment fort la sagamité, qui en leur langue signifie de l\u2019eau ou du brouet chaud, maintenant ce mot se prend pour toute sorte de potage, de bouilli et autres choses semblables.Celle qu\u2019ils aiment beaucoup est faite de farine de blé d\u2019Inde, laquelle étant bouillie avec de l\u2019eau ne fait que de la colle et néanmoins ils en mangent avec appétit quand principalement on y met un peu de fimy, c\u2019est-à-dire de l\u2019huile, ainsi qu\u2019ils font dans les fraises et framboises, quand ils en mangent.Leurs plus grands festins sont de graisse ou d\u2019huile.Ils mordent quelquefois dans un morceau de graisse blanche figée, comme nous mordrions dans une pomme.\u201d Ici finissent mes notes.Ce que je viens d\u2019écrire nous a été lu en classe.M.Brisebois nous a déclaré que le livre d\u2019où il tirait ce passage était très précieux et qu\u2019une permission expresse du bibliothécaire de l\u2019Ecole nous valait cette faveur de le voir.i Nous fûmes invités à examiner de près, à en contempler les pages jaunies par deux cent quatre-vingt-deux années d'existence, mais personne ne fut admis à y toucher.Notre professeur, en bibliophile averti, le maniait avec un respect imposant.On aurait dit une mère manipulant un nouveau- né; chaque page aui tournait sous ses doigts était à peine effleurée et sa main se posait sur chacune d\u2019elles délicatement, comme s\u2019il avait craint d\u2019appuyer trop fort.\u201cEnfants, dit-il, il faut avoir pour les livres un grand respect, surtout pour ceux qui contiennent la parole de Dieu, et les oeuvres des génies de l\u2019humanité.Ceux qui comme celui que je tiens renferment les sources de l\u2019histoire de notre pays, sont dignes de la plus grande vénération et je comprends que des patriotes dépensent des sommee considérables pour les posséder.\u201d \u201cLes livres, mes enfants, ce sont les plus commodes des maîtres, ceux qui nous instruisent sans verges et sans férules, sans cris et sans colères, sans costume et sans argent.Ce sont des professeurs qu\u2019en tout temps l\u2019on peut aborder sans crainte de les trouver endormis, qui ne dissimulent jamais leurs idées, qui jamais ne murmurent et jamais ne se moquent de nos bévues.\u201cRendez-donc aux livres le respect que vous donnez à vos maîtres et préférez-les aux plaisirs.Une bibliothèque bien 126 LA REVUE NATIONALE choisie est un écrin des perles les plus fines, et tout ce qui excite nos désirs ici-bas ne saurait lui être comparé.Si donc, mes enfants, vous aspirez à la félicité, à la sagesse, à la science et même à la foi, il vous faudra en même temps avouer votre attachement pour les livres, ces maîtres par excellence, ces consolateurs, ces guides, ces phares de l\u2019intelligence.\u201d Pendant ce petit discours, M.Brisebois, debout à son pupître, tenait\u2019de sa main gauche le précieux bouquin appuyé sur sa poitrine.Sans ajouter un mot, il porta l\u2019in-folio à ses lèvres et le déposa sur sa table.Notre professeur est un ami des livres et il ne perd aucune occasion de nous faire partager cette amitié.LES EDITIONS DE LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE Recueil-souvenir des fêtes du 75e anniversaire de l\u2019Association S.-Jean-Baptiste.1n-8, 287 pages, illustré, 40 sous, franco 50 sous.La Corvée, deuxième concours littéraire de la Société, 1917: In-8, 240 pp., illustré, 70 sous; franco 80 sous.Fleurs de lys, troisième concours littéraire de Ia Société, 1918.In-8, 160 pp.illustré.60 sous, franco TO sous.L\u2019Histoire Acadienne.Conférence de l\u2019abbé Lionel! Groulx.In-16, 32 pp., avec carte et gravure; franco 10 sous.Vers les terres neuves, par le R.P.Alexandre Dugré, S.J.In-16, 64 pp., éd.de propagande, franco 10 sous.Occasions: a) La Corvée, l\u2019Histoire Acadienne et le Recueil- souvenir, franco $1.25.b) Recueil-souvenir: Histoire acadienne et Fleurs de lys, franco $1.00.Conditions spéciales aux maisons d\u2019enseignement et aux commissions scolaires.\u2014 Au Secrétariat, Monument National, 296, rue Saint-Laurent. messages So NOTRE HISTOIRE EN CONTES ILLUSTRES ET COLORIES Que la \u2018\u201cbambinerie\u201d canadienne-française se réjouisse! Les images d\u2019Epinal, ces feuilles naïvement illustrées et coloriées, qui ont fait les délices de notre jeunesse et qui ne nous arrivent plus de France, viennent de réapparaître,\u2014et combien intéressantes! Ainsi l\u2019a voulu l\u2019inlassable Société Saint- Jean-Baptiste de Montréal.Dès aujourd\u2019hui, nous pouvons dire à l\u2019enfance de notre pays: voulez-vous des contes que vous goûterez bien, parce qu\u2019ils sont écrits pour vous, par des conteurs charmants, illustrés par de talentueux dessinateurs, et surtout parce qu\u2019ils vous parleront de héros et d\u2019héroïnes qui sont tout à fait de notre histoire et dont les mânes bienfaisantes visitent sans doute nos foyers?Ces contes coloriés nous entretiennent de toute la théorie des belles âmes, des surhumaines audaces, des invincibles courages qui ont ouvert ce pays à la civilisation francaise, à la foi catholique et qui ont déposé sur ce coin du monde la semence d\u2019une race immortelle.Que l\u2019on juge de la valeur de ces contes par l\u2019énumération de ces dix premiers sujets: Chomedey de Maisonneuve .récit de Victor Morin ill.de J.-B.Lagacé Louis Hébert .récit de l\u2019abbé A.Couillard- Després\u2014ill.d\u2019°0.-A.Léger Marie Rollet (sa femme) .récit de Marie-Claire Daveluy ill.d\u2019A.-S.Brodeur récit de l\u2019abbé A.Couillard- Després\u2014ill.de Maurice Lebel Jeanne Mance .récit de Marie-Claire Daveluy ill.de Rita Mount Guillaume Couillard .Le martyre des PP.Brébeuf et Lalement .récit de l\u2019abbé Lionel Groulx ill.de J.-B.Lagacé 128 | LA REVUE NATIONALE L\u2019intendant Jean Talon .récit de Thomas Chapais ill.d\u2019O.-À.Léger La Vérendrye .récit du juge L.-A.Prud\u2019hom- me\u2014ill.d\u20190.-A.Léger Le grand dérangement de 1755 .2 222 2 2 + + = récit d\u2019Aégidius Fauteux ill.d\u20190.-A.Léger Le marquis de Montcalm .récit du chanoine Emile Char- tier\u2014ill.d\u2019O.-AÀ.Léger La publication de ces Contes histoiriques est une oeuvre nationale et non une entreprise de librairie.Une édition à bon marché (deux sous la feuille, la série de dix, vingt sous) n\u2019a été rendue possible que grâce au gracieux concours d\u2019écrivains et d\u2019illustrateurs canadiens-francais.La Société fera relier prochainement ces feuilles de conte en album.Et les personnes qui achètent les contes au fur et à mesure de leur apparition peuvent également les relier.C\u2019est à cette fin que la marge des feuilles est plus grande à gauche qu\u2019à droite.Faisons pénétrer ces attachantes images dans tous les foyers du Canada français.Partout, elles ont une importante mission à remplir: récréer, instruire et entretenir la fierté de nos origines.Une dame de Nilrem, Alberta, nous écrit: \u201cLes amusements des jeunes enfants manquant beaucoup ici ; j'ai un petit- fils de cinq ans qui me demande du matin au soir de lui raconter des histoires; je ne puis plus en inventer.J'ai dû écrire en France qu\u2019on m\u2019envoie des images d\u2019Epinal, pour y arriver\u201d.A combien de mamans, d\u2019institutrices et d\u2019instituteurs, ces contes, délicieusement écrits et illustrés, vont-ils permettre d\u2019enrichir leur répertoire de récits particulièrement propres à façonner le coeur et à parer l\u2019esprit des \u201chommes et des femmes de demain\u201d! Et Dieu sait si notre patrie a besoin de compter des unités qui connaîtront bien l\u2019histoire sans souillure, la glorieuse épopée de la race française au nouveau monde, avec ses espoirs et ses légitimes orgueils, qu\u2019il nous faut ranimer partout.Prix spéciaux pour le commerce et les maisons d\u2019enseignement.On reçoit les commandes au Secrétariat de la Société, Monument National, Montréal.\u2014_ ht le ~~. = == Victime d'un exécuteur- testamentaire incompétent Ce jeune homme intelligent est condamné à un travail ardu auquel ne le destinait ni la condition ni la fortune de sa famille.L\u2019exécuteur - testamentaire auquel son père avait confié l'administration de sa succession a été infidèle, il a spéculé avec l'héritage de cet enfant.Piaignons son sort; mais espérons que l\u2019imprévoyance de ce père sera une lecon pour tous.VOTRE TESTAMENT Lorsque vous ferez votre testament nommez un exécuteur-testa- mertaire offrant toutes les garanties de responsabilité, d\u2019honnéteté, de compétence et d\u2019habileté.LA SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE est cet exécuteur-testa- mentaire idéal, tant par la compétence et l'honnêteté de son bureau de direction que par son personnel.Demandez nos livrets \u201cPourquoi et comment faire votre iestament\u201d.La Société Nationale de Fiducie Constituée sous l\u2019autorité de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal A.-W.PATENAUDE, gérant SIÈGE SOCIAL: Monument National Main 3914-4577 286, rue Saint-Laurent DE MONTREAL > > Messieurs les Soctétaires de la CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE MONTREAL Messieurs les Sociétaires, Nous avons le plaisir de vous annoncer que la CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE est entrée dans sa vingt-et-unième année d\u2019existence.En vertu de ses statuts tous les membres qui ont 20 années de sociétariat se trouvent donc portés sur la liste des pensionnaires.Vous trouverez ci-joint un tableau indiquant le montant total de rentes que nous paierons au cours de l\u2019année 1919.Nous publions aussi plus loin le rapport financier de la Caisse pour l'exercice 1918; vous constaterez par ce rapport que tous les livres, documents, pièces justificatives, prêts hypothécaires, obligations, comptes de banques, pour l\u2019exercice finissant le 31 décembre 1918 ont été examinés et vérifiés par les vérificateurs licenciés nommés par l'assemblée des sociétaires et qu\u2019ils ont trouvé le tout conforme aux livres.bY Nous serons toujours a votre entiére disposition, Messieurs les Sociétaires, pour vous fournir tous les renseignements que vous pourriez désirer sur le système de la Caisse.Nous vous engageons fortement à faire de la propagande autour de vous, vous rappelant toujours que plus le recrutement sera actif, plus la pension sera élevée.VICTOR MORIN, Président de la Société Saint- Jean-Baptiste de Montréal. AA LISTE APPROXIMATIVE DES PENSIONNAIRES DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE POUR L\u2019ANNEE 1919 553 Pensionnaires Classe \u201cB\u201d .1106 Classe \u201cA\u201d 694 Pensionnaires Classe \u201cA\u201d .694 Classe \u201cA\u201d Nombre de pensions .1800 Intérêts à être distribués > pour Pannée 1919 \u2014- $101,401.09 Rente approximative .$ 56.35 Classe \u201cA\u201d Rente approximative .112.66 Classe \u201cB\u201d BILAN AU 31 DECEMBRE 1918 ACTIF: En Caisse et en Banque .96,154.76 Obligations \u201cA\u201d .1,009,435.90 Intérêts accrus .2e 6 11,568.65 Arrérages d\u2019intérêts dûs coe 57.84 11,626.49 1,021,062.39 Prêts hypothécaires \u201cB\u201d .770,771.08 Intéréts acecrus .12,679.11 783,450.19 $1,900,667.34 PASSIF: Capital .2.2 24444 + 0 0 $1,900,667.34 Nous avons examiné et vérifié les livres, documents, pièces justificatives, prêts hypothécaires, obligations, comptes des banques, pour l'exercice finissant le 31 décembre 1918, et dans notre opinion, le Bilan et l\u2019Etat de Caisse annexés, sont conformes aux livres, à la date précitée.(Signé) M.L.J.LaCASSE, L.I.C, VICTOR PELLETIER, Montréal, le 24 février 1919.Vérificateurs.\u201cA\u201d OBLIGATIONS Valeur d\u2019achat Valeur au et pair et : Intérét Intérét Municipalité de la Ville d ela Cote St-Louis \u2014 414% \u2014 1927 .20,000.00 Intérêts accrus au 31 décembre 1918 300.00 20,300.00 20.300.00 Municipalité du Canton de Mani- waki, 5% \u2014 annuités \u2014 1935 7,333.80 Intérêts accrus au 31 décembre 1918 183.44 7,517.24 7,517.24 Commission Scolaire de Shawinigan, 5% \u2014 annuités \u2014 1935 .10,267.49 Intérêts accrus au 31 décembre 1918 213.90 10,481.39 10,481.39 Ecoles Séparées de Nepean \u2014 57% 1936 .3,000.00 Intérêts accrus au 31 décembre 1918 56.25 3,056.25 3,056.25 Municipalité du Village de Jon- quiéres \u2014 5% \u2014 semi-annui- tés \u2014 1956 .24,023.09 Intéréts accrus au 31 décembre 1918 150.14 24,173.23 24,173.23 Vil Municipalité de Sturgeon Falls, \u2014 5% \u2014 1935 Intérêts accrus au 31 décembre 1918 Municipalité du Sudbury \u2014 57, \u2014 1925 .Intérêts accrus au 31 décembre 1918 Municipalité Scolaire du Village de Rigaud \u2014 5% \u2014 1957 .Intérêts accrus au 31 décembre 1918 Ville de Roberval \u2014 5% \u2014 1958 .Intérêts accrus au 31 décembre 1918 Ville de Victoriaville \u2014 5% \u2014 1959 Intérêts accrus au 31 décembre 1918 Deuxiéme Division du Comté du Lact St-Jean \u2014 57, \u2014 1959 \u2014 semi-annuité .Syndics de l\u2019École de Danville \u2014 5% \u2014 1980 .Intérèts accrus au 31 déc.\u20181918 .Municipalité du Village de Warwick \u2014 5% \u2014 1950 .Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Commission Scolaire de la Municipalité du Village de la Riviére St-Pierre \u2014 514% \u2014 1943 OMunicipalité Scolaire de la Ville de Longueuil \u2014 57% \u2014 1960 .Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Municipalité du Canton de Windsor 5% \u2014 1960 \u2014 semi-annuités Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Municipalité d\u2019Asbestos \u2014 67,\u20141936 Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Ville de Laval des Rapides \u20145% 1954 .Commission Scolaire du Village \u2018de Tétraultville \u2014 67, \u2014 1954 .Commission Scolaire S.-Jean-Berck- 6, \u2014 1954 .Intéréts accrus au 31 déc.\"1918 .Municipalité du Village Rapides de L'Orignal \u2014 7%, \u2014 1954 .Intérêts accrus au 31 déc.1918 .S.-Alexis de Grande Baie\u20146%-\u20141925 Intérêts dus au 31 déc.1918 Intérêts accrus au 31 déc.1918 .viii 25,668.25 559.09 9,285.92 425.59 6,058.88 176.71 5,765.94 48.05 94,094.08 784.12 4,978.46 114.09 13,800.00 287.50 22,924.49 191.04 11,421.09 95.17 37,355.23 .1,027.27 67,500.00 : 1,800.00 9,777.59 85.56 28,911.00 57.84 750.00 26,227.34 9,711.51 6,235.59 5,813.99 94,878.20 5,287.82 5,092.55 14,087.50 95,260.00 23,115.53 11,516.26 38,382.50 39,018.00 22,500.00 69,300.00 9,863.15 29,718.84 26,227.34 3,711.51 6,235.59 5,813.99 94,878.20 5,287.82 5,092.55 14,087.50 $5,260.00 23,115.63 11,516.26 38,382.50 42,000.00 25,000.00 73,800.00 9,863.15 30,807.84 i i i | Ville St-Michel de Montréal \u2014 6% 1955 .12 2 2 4 0 4 4 2 226 Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Gouvernement de la Puissance \u20145% 1925 .Intéréts accrus au 31 \u2018déc.\"1918 .Ville de LaSalle \u2014 57% \u2014 1954 .Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Ville de Dorion \u2014 5% \u2014 1919 .Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Ville de Roberval \u2014 614% \u2014 1946 Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Corporation de la Ville de Nicolet 657% \u2014 1928 .Intérêts accrus au 31 déc.\u20181918 .Municipalité Scolaire de la Ville de Longueuil \u2014 615% \u2014 1966 .Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Municipalité Scolaire de la Ville de Rigaud \u2014 64% \u2014 1949 Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Commission Scolaire des Ecoles Catholiques de Montréal \u2014 67; 1923 .Intérêts acerus au 31 \u2018déc.\"1918 .Cité de Montréal \u2014 67 \u2014 1923 .Cité de Montréal \u2014 6%, \u2014 1923 .Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Cité de Verdun \u2014 6% \u2014 1923 .Cité de Verdun \u2014 6% \u2014 1923 .Intérêts accrus au 31 déc.1918 .\u201cp\u201d 45,000.00 500.00 4,875.00 20.83 42,500.00 416.66 .40,320.00 350.00 58,210.40 630.61 8,817.92 95.53 59,651.45 646.23 9,900.00 160.87 5,000.00 50.00 .98,000.00 24,500.00 122,500.00 1,250.00 .29,058.00 19,372.00 48,430.00 200.00 45,500.00 4,895.83 42,916.66 40,670.00 58,841.01 8,913.45 60,297.68 10,060.87 5,050.00 123,750.00 48,630.00 50,500.00 5,020.83 50,416.66 42,350.00 58,841.00 8,913.45 60,297.68 10,060.87 5,050.00 126,250.00 50,200.00 1,021,062.39 1,050,508.39 PRETS HYPOTHECAIRES Oeuvre et Fabrique de la Paroisse de Labelle \u2014 5% \u2014 1953 .Intérêts accrus au 31 déc 1.918 .10 17,739.73 591.32 et Intérét 18,331.05 Valeur d\u2019achat Valeur au pair et Intérét 18,331.05 Ecoles Séparées d\u2019Alfred, Ontario\u2014 5% \u2014 1926 .Intérêts accrus au 31 déc.\"1918 .\u2018Oeuvre et Fabrique de la Paroisse du Très Saint-Sacrement, près Lachine \u2014 5% \u2014 1930 Intérêts accrus au 31 déc.1918 .© ae + Oeuvre et Fabrique de la Paroisse St-Stanislas de Montréal, 534% 1959 .Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Société St-Jean-Baptiste de Montréal \u2014 5% \u2014 1922 .Intéréts accrus au 31 déc.1918 .Société St-Jean-Baptiste de Montréal \u2014 6% 7 \u2014 1922 .Intérêts accrus au 31 déc.1918 .\u201cParoisse Ste-Philomëne de Rose- mont \u2014 7% \u2014 1917 .\u2018Intérêts accrus au 51 déc.1918 .\"Paroisse de Gracefield \u2014 7%, \u2014 1925 Intérêts accrus au 31 déc, 1918 .St-Raphaël de Burbidge\u20147 7 \u20141925 Intérêts accrus au 31 déc.1918 .St-Gabriel de Bouchette\u201477%\u20141925 Intérêts accrus au 31 déc.1918 .Oeuvre et Fabrique de la Ville de Montréal-Est \u2014 7% Intérêts accrus au 31 déc.1918 .St-Rédempteur de Hull \u2014 644% \u2014 1936.2.121112 L 20 Intérêts accrus au 31 déc.1918 .\u201cOrphelinat Catholique de Montréal 615% \u2014 1923 .Intéréts accrus au 31 déc.\u20181918 .\u201cCorporation de l'Ecole Polytechnique de Montréal \u2014 644% \u2014 1957 Intérêts accrus au 31 déc.1918 .800.00 16.67 816.67 816.67 20,000.00 71.23 20,071.23 20,071.23 122,000.00 1,082.91 123,092.91 123,092.91 120,000.00 1,100.00 121,100.00 121,100.00 100,000.00 1,080.33 101,080.33 101,080.33 32,000.00 560.00 32,560.00 32,560.00 10,000.00 116.67 10,116.67 10,116.67 10,000.00 116.67 10,116.67 10,116.67 10,000.00 116.67 10,116.67 10,116.67 9,000.00 179.50 9,179.50 9,179.50 50,000.00 1,354.16 51,354.16 51354.16 135,000.00 2,644.53 137,644.53 137,644.53 134,231.35 3,635.45 137,866.80 137,866.80 783,450.19 783,450.19 + ow TABLEAU D'HONNEUR DES ORGANISATEURS de la CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE Moyenne d'inscription par se- Inscriptions pour Pannée .maine en tenant compte 1919 des classes 1 Eudore Rousseau 1 F.-X.Cabana 2 F.-X.Cabana 2 J.-I.Piché 3 Victor Laframboise 3 Eudore Rousseau 4 Désiré Buisson 4 V.Laframboise 5 J.-1.Piché 5 Désiré Buisson 6 Adélard Bellmare 6 W.Lefebvre 7 J.-Fortunat Côté 7 J.-A.Beauparlant 8 Jean-B.Ricard 8 A.Bellemare 9 Wilfrid Lefebvre 9 J.-Fortunat Côté 10 Raoul Cousineau 10 O.Laverdure 11 Odilon Laverdure 11 Jean-B.Ricard 12 J.-A.Beauparlant 12 Raoul Cousineau O.de Lottinville 13 O.de Lottinville INSCRIPTIONS POUR L\u2019ANNEE 1919 Moyenne d\u2019inscription Classes \u201cA\u201d \u201cB\u2019 \u201cCC\u201d \u201cD\u201d \u201cE\u201d Total par semaine 1458 330 43 2 4 1857 31 41/76 J.-Arthur Dubé, Directeur du Recrutement.AVIS AU CLERGE ET AUX AMATEURS DE LIVRES La COMPAGNIE DE RELIURE D'ART ET DE FEUILLES MOBILES a cru faire oeuvre patriotique en dotant le Canada d\u2019un atelier de reliure artistique.Art nouveans; reliure de toutes les époques; répération de livres usagés; tous travaux exécutés par des ouvriers canadiens.La Compagnie pouvant actuellement se réclamer des principales bibliothèques de la ville de Montréal, ses clientes, et désirant étendre sa sphère d'action, fait appel au clergé, aux hommes de lettres et de profession, et aux amateurs, en les assurant d\u2019un travail parfaitement exécuté à prix convenables+ LA COMPAGNIE DE RELIURE D'ART ET DE FEUILLES MOBILES 58, rue de Montigny est, 58 Tél.Est 4255 MONTREAL xi LL enter ESSENCE ASIE EE SE ME DEEE Commission des Vivres du Canada Téléphones: Est 799-\u20144928 Licences No 10-8206 \u2019 11-758 5-248 Patisserie Francaise Restaurant ouvert de 7 heures a minuit Pâtisserie, Confiserie, Glaces, Sorbets.Spécialités pour Banquets, Mariages, Réceptions, etc.Cuisine pour la ville, Assortiment de viandes froides, Pâtés de Volaille et Gibier, Charcuterie fine.Spécialité: Conserves Alimentaires Françaises 172-176, rue Saint-Denis - - - - Montréal La Maison n\u2019a pas de succursale.LA PATISSERIE PARISIENNE JOS.RONDEAU, Prop.Médaille d\u2019or, Paris 1899 Le plus grand choix de Pâtisseries Françaises.Assortiment complet de bonbons fins ! ! 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Petits fours, Gâteaux secs, Glaces et Sorbets ! ! \u2014 : Table d\u2019hôte fixe et à la carte : \u2014: 328 EST, STE-CATHERINE Tél.Est 7676 Tél.Est 2005 GARAULT & LACROIX PEINTRES D\u2018ENSEIGNES 784 EST, RUE SAINTE-CATHERINE MONTRÉAL wi; Lib TS Fo Th = w | | f A.J.BOUCHER .EDITEUR DE MUSIQUE Enrg.28 est, rue Notre-Dame, - - - - Montréal SPÉCIALITÉ POUR PENSIONNATS: Romances, Chansonnettes et Musique de Piano, Cantates, Saynètes et Opérettes, Abécédaire musical, Livre de Musique, Claude Aug, L\u2019Accompagnement du Plain-Chant, par Ernest Gagnon, Musique sacrée, Cantiques, Recueils d\u2019Orgue, etec., etc.PAPIER D'\u2019ÉGYPTE ANTISEPTIQUE PARFUMÉ Pour purifier l\u2019air des habitations 10 sous le cahier, dans toutes les pharmacies, librairies, etc.VENTE EN GROS ROUGIER FRÈRES , 63, rue Notre-Dame Est MONTREAL Kodaks, Cameras et Accessoires Photographiques Agrandissements, Développement, Impressions pour amateurs, une spécialité.The D.H.HOGG CO., Reg'd 496 EST, SAINTE-CATHERINE MONTREAL Tél.Bell Est 5517 43, rue Saint-Gabriel COLLEGE COMMERCIAL ELIE Toutes les matiéres commerciales.Télégraphie et conversation anglaise enseignées jour et soir, par des experts.1, CARRE SAINT-LOUIS, MONTREAL Domicile: Etude: 43, rue Roy.Tél.Est 3797 Tél.Main 5760-8761 SALLUSTE LAVERY, B.À., B.C.L.De l\u2019étude légale Bérard, Rhéaume et Lavery, avocats procureurs XU Montréal eV EE EE École des Hautes Etudes Commerciales de Montreal PREPARANT AUX SITUATIONS SUPERIEURES DU COMMERCE, DE L\u2019INDUSTRIE ET DE LA FINANCE Bibliothèque économique, Musée commercial et industriel Délivre les diplômes de \u201cLICENCIE EN SCIENCES COMMERCIALES\u201d, de \u201cLICENCIE EN SCIENCES COMPTABLES\u201d et de \u201cDOCTEUR EN SCIENCES COMMERCIALES\u201d.Cours spéciaux de comptabilité.Pratique des affaires.Assurances, Banque.Expertises comptables, etc.Le diplôme de \u201cLICENCIE EN SCIENCES COMPTABLES\u201d donne droit à l\u2019admission dans \u201cL\u2019Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec\u201d et dans \u201cL\u2019Association des comptables de Montréal\u201d (Chartered accountants).Les cours du soir sont ouverts aux jeunes gens et aux jeunes filles.Des BOURSES DU GOUVERNEMENT sont accordées aux élèves méritants.Pour tous renseignements, prospectus, inscriptions, etc., s\u2019adresser AU DIRECTEUR DES ETUDES 899, AVENUE VIGER MONTREAL ELLE A TRIOMPHE DE L'EPREUVE L'année 1918 a été la plus extraordinaire de toute l\u2019histoire des compagnies d\u2019assurance-vie.Aux réclamations accumulées par quatre longues années de guerre, sont venues s\u2019ajouter celles causées par la terrible épidémie de grippe espagnole.Ces deux fléaux ont éprouvé l'existence de la COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUN LIFE DU CANADA, et elle en est sortie Jonsciente plus que jamais de sa force et de sa solide organisation.A la fin de 1918, l'ACTIF de la SUN LIFE était de $97 620 378.Son SURPLUS à la même date était de $8 027 378.Si vous recherchez une police d\u2019assurance de tout repos, transigez avec LA COMPAGNIE D'ASSURANCE SUN LIFE DU CANADA T.-B.Macaulay, président Siège Social: Montréal XV mn { Tél, Main 2064 (bureau) Tél.Westmount 2541 (domicile}- S.-RAOUL GAUTHIER Courtier @\u2019assurances Commissaire IMMEUBLE MONTREAL TRUST 11, place d\u2019Armes - - - - - - Montréal f i | Tél.Bell: MAIN 494 EDMOND HURTUBISE Courtier d\u2019assurances Chambre 77, immeuble \u201cGUARDIAN\u201d 160, RUE SAINT-JACQUES - - - MONTREAL LA ROYALE, Limitée COMPAGNIE D\u2019ASSURANCE SUR LA VIE ET CONTRE L\u2019INCENDIE I Wm.MACKAY, gérant-général J.-H.LABELLE, gérant-adjoint La plus puissante compagnie d\u2019assurance-feu de l\u2019univers ACTIF: $135 000 000 Bureau: I\u2019 IMMEUBLE DE LA COMPAGNIE REPRESENTANTS A MONTREAL: HURTUBISE & SAINT-CYR AGENCE ÉTABLIE EN 1860 Téléphone: MAIN 1287 Tv - Obligations | Municipales et Scolaires Bons de la Victoire w Correspondance solhcitée BEAUSOLEIL LIMITÉE AGENTS FINANCIERS .112, RUE ST-JACQUES TEL.MAIN 1415 MONTREAL LA CORPORATION DES OBLIGATIONS MUNICIPALES 2 Limitée i 124.rue St-Pierre, Québec.7, place d\u2019Armes, Montréal.= PLACEMENTS DE MARS 1919 Nous offrons, sujettes à vente préalable, les débentures suivantes: Endroit Echéance Prix Rapportant a Puissance du Canada Nov.1923 prix du marché 3 Puissance du Canada Nov.1933 prix du marché = Province de Québec «Mai 1926 100.5 p.c.ë Province de Québec Mai 1938 100.5 p.c.= VYilie de Joliette Mai 1944 93.514 p.c.Cité de Québec Mai 1922 101.97 51% p.c.un Fabrique de St-Arsène de Montréal Mars 1956 100.5% p.c.! Commission Scolaire de Montréal Mai 1923 101.97 515 p.c.| Ville Ste-Rose (Comté de Laval) Janv.1924 102.16 51 p.c.Ville de Chicoutimi Nov.1920 à 1945 100.544 p.c.Ville de Hampstead Nov.1959 108.6 p.c.Canton Chapleau, Out.Déc.1928 à 1940 100.6 p.c.Canton Chapleau, Ont.Août 1919 à 1939 6 p.c.Maisonneuve (Cité de Montréal) Avril 1941 88.50 5.40 p.c.Maisonneuve (Cité de Montréal) Mai 1930 100.5.50 p.c.Maisonneuve (Cité de Montréal) Nov.1952 93.86 5.40 p.c.Ces obligations sont par dénominations de $100., $560.ou $1,000.Nous donnerons sur demande tous les détails des émissions de débentures décrites ci-dessus.Si cette liste d\u2019obligations ne vous intéresse pas, veuillez la passer à des amis qui pourront en faire leur profit; vous leur rendrez service.À moins d\u2019avis contraire, toutes ces obligations sont vendues avec intérêts accrus.N.B.\u2014Nous ne sommes pas des courtiers, ni ne vendons sur marge, mais nous achetons et vendons pour notre propre compte toutes les débentures que nous offrons à notre clientèle.avi = Tee sage jt = hem es CE oven Ee, TRL Oh.30 bi J Lu HE © Canadiens francais, Le temps n\u2019est plus, d\u2019un patriotisme de discours.Il nous faut maintenant un patriotisme d\u2019action.Savez-vous bien quelle action éminemment patriotique constitue la pratique constante de L\u2019'ECONOMIE ?Avez-vous songé qu\u2019en prenant l\u2019habitude de l\u2019économie, vous vous rendez service à vous-même ainsi qu\u2019à votre race?LA BANQUE D'EPARGNE de la Cité et du District de Montréal hy vous invite cordialement à venir lui confier vos économies, quelque petites qu\u2019elles soient; elle vous réserve toujours le meilleur accueil et vous donne la sécurité la plus certaine.A.-P.LESPERANCE, Gérant général.XV LA BANQUE D'HOCHELAGA Fondée en 1874 Capital autorisé.$10,000,000 Capital versé, Fonds de réserve .7,800,000 Total de Vactif .57,000,000 DIRECTEURS: MM.J.-A.Vaillancourt, président Thon.F.-L.Béique, vice-président A.Turcotte, E.-H.Lemay, J.-M.Wilson, A.-A.Larocque, A.-W.Bonner, Beaudry Leman, gérant-général Yvon Lamarre, inspecteur SIEGE SOCIAL: 112, rue S.-Jacques, MONTREAL Bureau Principal: 95, rue S.-Jacques F.-G.Leduc, gérant 120 SUCCURSALES ET 85 AGENCES AU CANADA 42 BUREAUX DE QUARTIERS Tout dépôt D'UN DOLLAR ou plus ouvre un compte à la Banque, sur lequel est payé deux fois par année un intérêt au taux de 3% l\u2019an.\u2014 achète des TRAITES sur les pays étrangers, \u2014 vend des chèques et fait des PAIEMENTS TELEGRAPHIQUES sur les principales villes du monde, \u2014 prend un soin spécial des encaissements qui lui sont confiés, et fait remise promptement au plus bas taux du change.BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Constituée en corporation par le Parlement, en juillet 1900 Capital autorisé: $2,000,000.00 \u2014 Capital versé et surplus au 21 décembre 1916: $1,700,000.00 \u2014 Actif total: au-delà de $21,600 609.00 SIEGE CENTRAL: 7 et 9, place d\u2019Armes, Montréal, Canada BUREAU DE CONTROLE CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président: Sir Hormisdas LAPORTE, Les fonds ou argents qui sont con- 3 C.P., ex-maire de Montréal, de la fiés à cette Banque pour son Dépar- ; maison Laporte, Martin, Limitée, tement d\u2019Epargue sont contrdlés par % administrateur du Crédit Foncier un Comité de Censeurs, et les place- i Franco-Canadien.ments sont examinés mensuellement : Vice-Président: M.W.F.Carsley, ca- ! par les Messieurs qui composent ce pitaliste.comité, s savoir: Tancrède Bienvenu, administrateur Président: Sir ALEXANDRE LAde la Lake of the Woods Milling COSTE, C.R., Ex-juge en chef de Co.la Cour du Banc du Roi.M.G.-M.Bosworth_ vice-président du Canadian Pacific Ocean Service Limited.» é- L'hon.président Garneau, Clo Pores cial, admninistrateur Montreal Light de Chicoutimi.Heat & Power Co.M.L.-J.-O.Beauchemin, de la Li- M.S.-J.-B.Rolland président de la Vice-Président: l\u2019hon.Narcisse Péro- deau, N.P., ministre sans portefeuille du Gouvernement provin- brairie Beauchemin Ltée.Cie de Papier Rolland.M.Martial Chevalier, Directeur-gé- 84 bureaux dans les provinces de rant Crédit Foncier Franco-Cana- Québec, Ontario et Nouveau- dien.Brunswick.Pour la commodité des travailleurs, etc.des dépôts de toute somme depuis une piastre ($1.00) seront acceptés au département d'Epargne.Intérêt alloué: 3 p.c.sur dépôts d\u2019Epargne.La Société Saint-Jean-Baptiste fait des affaires de banque avec cette insti- tution.xviii La Banque émet des LETTRES DE CREDIT, CIRCULAIRES et \" MANDATS pour les voyageurs, \u2014 ouvre des CREDITS COMMERCIAUX, | LA SOCIÉTÉ D'ADMINISTRATION GÉNÉRALE 4 Incorporée par Acte de la Législature de Québec, le 26 mars 1902 ; 35, RUE SAINT-JACQUES, MONTRÉAL Edifice du Crédit Foncier Franco-Canadien Capital souscrit: $500,000.Capital payé: $125,000 A Réserve et profits non distribués: $140,781.25 IR Fonds administrés: $9,538:000.00 à Adminstration de Successions, de Fidéi-Commis et de Fortunes privées VOÛTES DE SÛRETÉ Conseil d\u2019administration : MM.J.-O.GRAVEL, Montréal, Président.J.-H.THORS, Paris, France, Vice-Président.A.TURRETTINI, Paris, France.MARTIAL CHEVALIER, Montréal.Hon.Sir AUGUSTE ANGERS, Montréal.Hon.Sir HORMISDAS LAPORTE, Montréal.TANCREDE BIENVENU, Montréal.L.de la VALLEE-POUSSIN, Paris, France.Hon.RODOLPHE LEMIEUX, C.R., Montréal.NAPOLEON LAVOIE, Québec.J.-A.RICHARD, LL.D., Montréal.Direction: MARTIAL CHEVALIER J-THEO.LECLERC Directeur-Général Secrétaire Tél.Main 2557 {ll Gunn, Langlois & Cie, Limitée : MARCHANDS DE PROVISIONS Oeufs, Beurre, Fromage, Volailles, Viandes fumées, Saindoux, etc.BUREAU: 105, RUE SAINT-PAUL EST je Entrepôts froids: \u2018 9-19, rue St-Amable \u2014 1-25, rue St-Vincent \u2014 262, Dorchester Est , | Tél.Main 8600, 1, 2, 3, 4, 5544 MONTREAL or\u2019 xix TTI IT ST TRL CREDIT FONCIER FRANCO-CANADIEN 35, Tue Saint-Jacques, Montréal Argent à prêter sur première hypothèque Capital: $9,647,667.19 \u2014 Actif: au-delà de $55,000,000 Tél.Main 4601 STANTON\u2019S EPILEPCURE Le seul remède infaillible contre l\u2019épilepsie (haut mal) EN VENTE AUX PHARMACIES P.-R.Thomas, 354, Bleury \u2014 J.-A.Goyer, 180 Ste-Catherine Est Â-A.Monipetit, 900, Ontario Est $1.25 la bouteilie, 6 pour $1.00 STANTON\u2019S EPILEPCURE F Tél.Est 2507 635, ST-HUBERT, MONTREAL L'ENSEIGNEMENT PAR LES PROJECTIONS | LUMINEUSES | MM.les Conférenciers et Professeurs, Illustrez vos cours au moyen de projections lumineuses.L'image bien commentée vaut tout un long exposé abstrait.Elle rend la leçon vivante et durable.\u2014 Séries de vues spéciales à l\u2019enseignement.VUES FIXES HISTOIRE SAINTE ET HISTOIRE DE L'ÉGLISE.HISTOIRE DU CANADA, d\u2019après les pièces d\u2019archives et les documents originaux.Vieux Québec et vieux Montréal.HISTOIRE DE L'ART \u2014Architecture, sculpture, peinture.SCIENCES.\u2014Géographie, géologie, \u2018histoire naturelle, anatomie, hygiène.DIVERS.\u2014Evénements patriotiques et religieux.Le Canada pittoresque.Chansons nationales.CINEMATOSGRAPHIR Pellicules appropriées aux besoius de la jeunesse.Industries.Voyages.Comédies.Verres\u2019 de lanterne faits d\u2019après vos photos, dessins au gravures.Demandez catalogue de la catégorie de vues qui vous intéresse.Copie et agrandissement.Location et achat de vues.EDGAR GARIEPY Projectionniste de l\u2019Université Laval et de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Tél.Est 6272 104, rue Saint-Denis \u2019 MONTREAL - vr Ey ÉCOLE POL YIECHNIQUE DE MONTREAL GENIE-CIVIL, ARCHITECTURE ET INGENIEUR-CHIMISTE DUREE DES COURS: QUATRE ANNEES Ingénieur spécialiste: Mines et Electricité UNE ANNEE COMPLENENTAIRE Ecole de Préparation Prépare aux examens d'admission à l\u2019Ecole Polytechnique.Durée des cours: une année pour les candidats admis en le section et deux années pour les candidats admis en 2e section.Les examens d\u2019admission ont lieu en juin et en septembre.Les finissants des cours classiques sont admis en 2e section, sans examen.Cours d\u2019été, du ler juillet au 1er septembre, en vue des examens d\u2019admission de septembre Pour renseignements s\u2019adresser au Directeur, 228, rue Saint-Denis - - - - MONTREAL 51 ans dans la même famille La Maison Dupuis Frères se réclame de plusieurs titres pour mériter la confiance et la faveur de ses clients.L\u2019un, \u2018entre autres, lui semble particulièrement précieux: celui d\u2019avoir été depuis cinquante-et-un ans la propriété de la même famille.De même qu\u2019en 1868 M.Nazaire Dupuis était le seul propriétaire de la maison qu\u2019il fondait, ainsi, en 1919, M.J.-Narcisse Dupuis, son frère, est l\u2019unique propriétaire de Dupuis Frères Ltée, puisqu\u2019il détient 1199 parts du capital-actions sur un total de 1203.Le fonds inépuisable d\u2019expérience et de connaissances- accumulées durant plus d\u2019un demi-siècle de contact avec le public, joint à la confiance qu\u2019inspire la présence des mêmes propriétaires, n\u2019est pas la moindre cause du succès de notre Maison qui célèbréera bientôt son 5le Anniversaire.| \\ 1 r "]
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