Québec-presse, 2 septembre 1973, Cahier 2
[" dé gas à = RAY ny Re ve ë pr: 5 or.5 i ES Yr oh Be es wy XH cs o us = 2 és RE Yas: We: A x 534 ES rp 54 va BP À ; ESA pdt els 3 \u20ac fate I \u2014 Por Lei, Evos EY oo Lo Es a Ths i ne oo i PE A pe a A me 2 = LY ES pea ES 2 HE = 3 7 pese y 2 Fon E + =A eX 2 5 3 = x Tern pe Es a = 8 & 5 re - id 3 er 5: = 2 = AE is 2 % as ; 5 se = Ly Si pe 1 * > rr Rae À 5 ÿ 4 pps _ IS 4 3 = re 5 ii 3 a Éd i Le i Be - id da ay fra pl = x il ci ET Naf 7» gare os as pe) a prs is 3 fn en 5 LH a se Res aie, oA 74 ; oi ot Fre od: x T= XY 5 E, i Ÿ i 29 ER, se om it bx = 2 i = i or 2 a A = a rs ek , ES + eu 2 2 A Sue Le 5 aa pes ce 3 Lo 5 SE A Go a Xa SG I ool) HE) mE io Zo Fal A FT ZR gt = RE E st 3 2) i as A ra 7 dé TE way 1 Ps = ed = i, a Se # fe A So a 2 Fed a ee 3 + py a: FR se a A 2 Tes pos Li 2 Sh z 3 AT + 5 i Ait = # 2 PS SN .\u2018Ni iF Sh se 2 = où ar 2 EEA 5 x7 » As atl =} JE 43 > pea, ae a pi +55 + ba cn 5 se es = Fo Tee 3 i ke 1 x se RE TE Ba) «hs ag ris EE LS oy La = = ih Fe 05 oi eet a 4 ni 90 TH, Ha ee 3 ü 7 i Ro 2 ss te Sr EX À fes 5 i à a oe ad EE, ze a % 2 so Ê Fisk ro C1 24 i 4 = a < > He = 2% 325 i A = LR THINS for = = 3 4 a ze ve 5 HR ld i.> a > 5 a iz is a 2% we SF iE 3 = XY un ae bg i .= En 2 Re 2 x By - a # oe t a £3 a f pl = = Es = rials 5 #3 je rd a sé a a pa 2 7 3 ws: Li ft Pie se RS, = Zu = 1 7 eg i ee cri + SE nT he 3 bara ST A es « 2 pd Poy x Eig ne 2 3 ey 6 Pas GE + RE F A ; à = sei) cc vs og pa os si = ie i a fo vs 2 Es -23 = 4 = ES Es 32 2 as 2 = 5 x a De ve Eh 44 Le Es = 000 we Ee a ig ; 5 Hy Ë \u2014 eel 77 ol A: à fie * © - a 58 £2 £& As, > kD ts ce Le LS 5 x is ps Er 1 iS gi pes at \u201css + Le a 5, D es Deus 1 a i \u201d: Se se 5 Es A eid 2 pr = 7 Hi = LE Sy = es = RE oe Las 2 Sire or = Bi 32 = EE ce i = = à à = i A W We, fs ss ee) aL LS cat 35 Edt = ji fF Rid a La 5 = i 2e pe wa het as TH Ro © \u201cFu WET ogre Sh = RE 5 ES sr je di E TE + or Nn i Fi > J Es Cae = i Ras = re 3 ar 7 Se a à it - » i \u20ac ES ~~ PAR £2 x A Es Ç a.5 S % fe, Ë = = Lis 5 a en 53 AU nés 5 es or TS 5 Bid 2 / Sh 2 A SE ™ a 3 ë 7e Le # ds À 3 2 c B Bs tis FS A Rit, E vus 4 5 Le 4 gi] = = % ie oH ey ë = = + des, 2 + Ing ex a ES \u2014 Pros > Fos ER 9 \u201c2 = a # ù LE ¥ \u20ac bi 4 ë 5 se = ee = fir SUPPLEMENT/FETE DU TRAVAIL 1973 a Re oh QU A at A | TH vas a > J 7 2 © otic VE = ag dass ag Lo sen es a vs SZ re a A op Eli ES THY is and CE 4] = 7 = RF I ee Jo 2 ast 5! Re > aie RANGE es 0 ui = = QL .= f e 0 e .a 2 + 1 pa @ a : T de oO © au r © 5 8 v 0- i 3 = s 8 Ze = xo rN = + $ ent g = & e y ux, ans les a 4 ans rle- uc- out uc- va- al- -C \u201c ere Jne u )TO- = = ira- 1\u20acS nus on- uns na- stes ds, les 2 A &, eu- nts ont en 21m - ose par ont ue- ux Qu La femme au travail: \u201cDOCILE ET ADROITE\u201d Photos Les photos qui illustrent ce supplément sur la femme au travail sont l'oeuvre des photographes suivants: pages 1, 3, 15: Pierre Gaudard page 12, Liberation News Service page 21, André Giguère (Ovo) La femme est docile et adroite.Voilà pourquoi les employeurs se {arrachent sur le marché du travail.C\u2019est normal.Au foyer, on lui a appris qu'être féminine, c'est d\u2019abord et avant tout jouer le rôle de la servante de l'homme, une servante souriante et aimable, sans cesse reconnaissante devant le mari, seul pourvoyeur des biens nécessaires à la famille.Elle doit se préoccuper des détails du ménage, du bien-être des enfants, de sa bonne apparence.Comme elle dépend économiquement de son mari, elle sera obéissante et s\u2019écrasera devant les hommes qui, elle le sait, n'aiment pas les femmes compétitives.Ce ne sont ni les chercheurs, sociologues ou psychologues, qui ont inventé cette théorie.Ce sont les employeurs qui l\u2019affiment bien candidement.Qu\u2019il suffise de rappeler le témoignage de Claude Duhamel, représentant de Bell Canada, qui expliquait récemment comment il se fait que 52.5% du personnel de la compagnie scit féminin: \u2018Plus souple que l'homme.la femme absorbe, assimile mieux les instructions et, surtout, les met plus rigoureusement en pratique.Dussé-je étonner de nombreux maris, la femrie qui travaille met toute sa fierté à obéir parfaitement aux ms- tructions au lieu de chercher à iés contourner.\u201d M.Duhamel explique que la compagnie Bell Téléphore est 5rê: à accepter des taux de roulement, à accorder des congés sans solde lors dine grossesse ainsi que des privilèges pour les femmes qui travaillent tard la nuit, ceci afin d'offrir à son public exigeant \u2018une souriante voix féminine\u201d.La société Cominion Textile jréfère elle aussi les femmes 3 cause de leur grande docilité face aux ordres niascu- lins ainsi que pour leur dextérité m:nuet- le.Le porte-parc'e dé la comsagnis.Jean Sirois, déplore néanmoins qu\u2019 fait- le céder devant igs instincts amoursux et maternels qui ramènent sans vesss les femmes au foyer.Pej Selon Ruth Parker, sociolzque de ?'i- niversité du Québec, tous le, probièmes auxquels la femme fait {z.e dans js monde du travail viennent ae c# qu'elle est définie dans notre société, d\u2019abore: et surtout, comme un appendice intégra: d'un homme et jamais comme un être indépendant en soi: \u201cDans le mo=de du travail, son probléme central est de concilier deux rôles exigeants et souvent incompatibles, un conflit personnel auquel un homme a rarement à faire face.\u201d Dans ce numéro spécial consacré à la femme au travail, nous tenterons de cerner l'oppression des femmes, étroitement liée à l'éducation reçue et au rôle que lui confère la société.Des chiffres éloquents apportent la preuve que \\: discrimination féminine, loin de s'\u2019atténuer, va en progressant.Les professiors accessibles à la femme, les conditions matérielles et salariales qui lui sont imposées, l\u2019embauche et la promotion, tout confirme sa dépendance économique.Pour boucler la boucle, on se penchera sur la femme au foyer, celle qui, comme nous le dira Marie-Andrée Bertrand, criminologue, a pour rôle \u2018d'harmoniser ies conflits au foyer, de résorber les lensions qui rongent son mari aux prises avec un monde agressif\u201d.Quelques témoignages de travailleuses en disent aussi long sur les conditions de travail que bien des enquêtes sociologiques ap- srofondies.Nous vous proposons les deux.M.L.tous pour soleil.Il ny a pas de lieu privilégié où la femme serait parfaitement heureuse partout et depuis longtemps la lutte des travailleuses c\u2019est la une meilleure place au iutte de Bonne Fic 33% des travailleurs peuvent compter sur ur syndicat pour améliorer leurs conditions de travail et de salaire.es travailleurs Ë LE FEMMES occupent uns place toujours plus yrange sur le marché du travaii Elles sont un ac- tit wnportant pour le syrdicalisre.LES AUTRES sont sans défense devant leurs employeurs.Les efforis des syndiqués doivent tendre hil : ; a améliorer leur sort.Ee A i UNION DES EMPLQYES DE COMMERCE 2 ë ! OCAL 500, FT3 4 Richard Mercier Syndicat des postiers du Canada Présittant section Montréal 2 / QUEBEC-PRESSE, 2 SEPTEMBRE 1973 / SUPPLEMENT FETE DU TRAVAIL Là où le travailleur est bafgué.la travailleuse l\u2019est encore plus par Virginie Boulanger Le jour où on leur a dévoilé les résultats du rapport B&B, les Québécois ont reçu un choc.A travers ce rapport que le gouvernement d'Ottawa a vainement tenté de cacher, les Québécois se sont rendus compte de leur infériorité.En voyant écrit noir sur blanc quel rang ls occupaient dans l'\u2019échelle sociale du Canada - les tout derniers, juste avant les Italiens et les Indiens - ils ont compris qu'ils n'avaient pas seulement un complexe d'infériorité mais qu'ils étaient inférieurs.Le jour où l'on fera une enquête sérieuse sur la situation de la femme au travail, au foyer et dans la société, l'on aura un choc aussi grand.Parce qu'à l'usine, à l\u2019hôpital, à la manufacture, au bureau, à l'établissement commercial, là où l'homme est opprimé, la femme l\u2019est encore plus.Des recherches effectuées par une équipe d'étudiants de l'université du Québec le démontre d'ailleurs assez clairement.On est loin du salaire égal En se basant sur des documents issus du bureau de la Main-d'oeuvre féminine à Ottawa, cette région fait état de la différence de salaire entre les travailleurs et les travailleuses du Canada.Elle s'est surtout intéressée au cas des humbles travailleurs laissant à d\u2019autres le soin de démontrer que la discrimination existe aussi chez les professionnels, les employés supérieurs de la fonction publique,.dans l'industrie et dans le commerce.C'est ainsi qu'on a noté que dans l'industrie du vêtemen pour dames, les salaires accordés aux hommes est toujours nettement supérieur à ceux des femmes qui font le même travail.Pour le métier de couseur, par exemple, la différence de salaire entre les travailleurs et les travailleuses du Canada.Elle s'est surtout intéressée au cas des humbles travailleurs laissant a d'autres le soin de démontrer que la discrimination existe aussi chez les professionneis, les employés supérieurs de la fonction publique, dans l'industrie et dans le commerce.C'est ainsi qu'on a noté que dans l'industrie du vêtement pour dames, les salaires accordés aux hommes est toujours nettement supérieur à ceux des femmes qui font le même travail.Pour le métier de couseur, par exemple, la différence entre les deux salaires est de 74%.Pour le métier de fileur, l'écart est de 41.6%.On est loin du \u201csalaire égal à travail égal\".\u201cDans l\u2019industrie des pièces automobiles, le même phénomène est observé, lit-on dans ce document.Pour le métier d\u2019assembleur, le taux de salaire des hommes est de 68.3% supérieur à celui des femmes alors que pour le métier de conducteur de machine, il est de 64% plus élevé.\u201d Ces écarts énormes entre le salaire d'une femme et d'un homme pour un même travail, diminuent parfois grâce aux conventions collectives de travail négociées par les syndicats.Cependant, les femmes ne doivent pas trop compter là dessus car les syndicats ne se sont pas avancés très loin dans cette direction.Peut-être est-ce dû au fait que dans les centrales syndicales les dirigeants syndicaux sont en majorité des hommes et qu'ils ont d'autres priorités et\u2019 d'autres chats à fouetter?|| est certain que le jour où il s'occuperont de cette question, ils auront fort à faire pour changer les choses d\u2019abord dans leurs propres bureaux où leurs propres secrétaires se plaignent - comme les secrétaires de big boss - d'être traitées en esclaves.Mais nous ne touchons là que la forme la plus directe de la discrimination qui s'exerce contre la travailleuse.Forme subtile de discrimination \u201cIl existe des formes déguisées de discrimination contre la travailleuse et à l'avantage du travailleur qu\u2019il est assez difficile de démasquer, notamment en ce qui a trait aux promotions.L'exemple que nous fournit un syndicaliste sensibilisé à ce problème se passe dans une banque, mais on pourrait citer des cas identiques a peu prés dans tous les domaines.II s\u2019agit d\u2019un gérant de banque qui avertit son employée la plus ancienne et la plus compétente qu'elle doit considérer comme finale sa promotion au poste de compta- ble-adjoint.\u2018Je suis désolé, lui déclare le gérant, mais une femme ne peut accéder aux échelons supérieurs dans le secteur bancaire.C\u2019est pas moi qui fait les règlements\u201d, s'excuse ce brave homme qui ne pense pas un instant qu\u2019il serait peut-être temps que les choses changent et qu\u2019il a son mot à dire.\u201d Le document insiste sur une autre forme de discrimination plus hypocrite mais assez répandue.La définition des tâches.On définit un boulot différemment selon qu'il est occupé par une femme ou par un homme et la petite différence dans la définition est bien sûr soulignée par un écart de.salaire.Les plus choquants sont les syndicalistes \u201cCe qui est le plus surprenant et le plus choquant, c'est de constater une discrimination avouée dans les salaires des employés masculins et té- minins dans bon nombre de conventions collectives.Comme si l\u2019injustice et l\u2019irrationalité devait se propager jusque là au dépens des plus démunis, aux dépens d\u2019une classe de travailleurs dont ies voix sont moins fortes et le portefeuille plus léger.! est triste de constater que les syndicats ne semblent pas échapper a cet usage.Pourtant en passant en revue une série de conventions collectives, on trouve rarement trace de discrimination avouée dans les niveaux de salaire les plus élevés.Par contre, dans les catégories inférieures de salaires on retrouve constamment des écarts importants.\u201d On nous présente deux exemples de cette discrimination, pris au hasard mais l\u2019on nous affirme qu\u2019il y en a autant qu\u2019il y a d'industries ei d\u2019entreprises.Le premier exemple est tirée de la convention collective de travail du personnel hospitalier du Québec - convention collective de travail couvrant les années 1969-1970-1971.On y donne d\u2019abord la description des emplois et des salaires selon le sexe.Pour la définition des tâches, on ne s\u2019est pas em- barassé de subtilités.On définit comme \u2018l'AIDE FEMININ A LA LINGERIE, la personne qui fait l\u2019ouvrage général dans le service de la buanderie et \u201cl'AIDE MASCULIN A LA LINGERIE, la personne qui fait l'ouvrage général dans le service de la buanderie\u201d.Jusque là pas de problème.C'est au chapitre des salaires, que les choses se corsent.Pour la première année, l'aide féminin reçoit $74.par semaine alors que l\u2019aide masculin aura $84.Pour la deuxième année, l'écart de $10.sépare toujours les deux compagnons de travail, l'une recevant $78.et l'autre $88.Pour la traisièrie année, un petit effort est fait.La différence entre les deux salaires n'est plus que de $9.en faveur du travailleur mâle.\u201cDans la même convention collective, on relève les mêmes injustices défavorisant l\u2019aide-cuisi- nière et favorisant l\u2019ai- de-cuisinier, l\u2019aide-bu- andiere et ['aide-buan- dier.\u201d L'exemple de l\u2019Impériai Tobaccn L'autre exemple dont fait mention le document est tiré de la convention collective signée entre l'Imperial Tobacco du Canada i.nnited et le Syndicat iniernisional des travailleurs du tabac (section locale 234! entrée en vigueur le 8 septembre 1970.Cede convention collective touche treize groupes de travailleurs.Chaque groupe comporte des travailleurs mâles et femelles.Mais les salaires varient selon qu'ils sont payés ax travailleurs mâles ou aux travailleurs femelles.!.e tableau ci-des- sou« es: très révélateur de a difficulté qu'on les syrdicais à faire reconnai- tre le rrincipe de !Yéga- lité des salaires dans l'égalité de: tâches.Taux horaires pour les hon:mes et pour les femmes Catégories Hommes Femmes 1 $3.76 $3.39 2 3.82 3.45 3 3.87 3.52 4 3.94 3.58 5 4.00 3.64 6 4.07 3.70 7 4.12 3.77 8 4.19 3.85 9 4.25 3.90 10 4.32 3.96 11 4.38 4.02 12 4.40 4.08 13 4.50 4.14 Suite a la page 6 Dans le textile des milliers de travailleuses se battent depuis nombre d\u2019années pour de meilleures conventions de travail.En ce jour important nous manifestons notre entière solidarité à nos membres et aux trop nombreuses non-syndiquées.© Union des Ouvriers du textile (UOTA) (FTQ) 1440 ouest, rue Sainte-Catherine, chambre 402 FTQ Montréal 107 \u201cDans notre société actuelle, les femmes sont moins bien rétribuées, engagées les dernières, promues les dernières et on leur confie les travaux les plus ennuyeux.Elles sont les premières à être licenciées en cas de récession, comme les femmes-membres des TUA en font maintenant l\u2019expérience et elles seront les dernières à être rappelées au travail.\u201d (Conférence des femmes du Syndicat des Travailleurs Unis de l\u2019automobile - octobre 1972) Le bureau québécois TRAVAILLEURS UNIS DE L\u2019AUTOMOBILE (TUA) propose comme objectifs: 1- Que les femmes soient des citoyennes à part entière; 2- Que les femmes aient leur place partout où il y a des décisions à prendre; 3- Que ies syndicats leur permettent de s'exprimer réellement à l\u2019intérieur de l'organisation syndicale; 4- Que la parité de salaire ne soit pas seulement une idée, une parole en l\u2019air, mais devienne une réalité; 5- Que ies femmes aient la possibilité, comme les hommes, de participer activement aux activités syndicales, sociales, politiques, culturelles ou autres.\u2019 Travailleurs unis © de l\u2019automobile + (TUA-FTQ) FTQ A tous nos membres travailleurs et travailleuses Québécois(es) nous désirons exprimer nos meilleurs voeux à l\u2019occasion de la Fête du travail.La réponse est dns les hommes travailleurs.Union des opérateurs de Machinerie lourde du Québec (CPQ-FTQ local 791) Les membres du Conseil provincial des machinistes du Quêbec félicitent les femmes du Québec qui s'engagent dans l'élaboration d'une société dynamique.A.ARCHAMBAULT, Président \u2014 665-3715 H.SAVOIE, Secrétaire \u2014 324-3973 Frost LE CONSEIL PROVINCIAL DES MACHINISTES DU QUEBEC e BUREAU CENTRAL 11815 PLACE MONTY.MTL-NORD 462, QUE ÿ TEL: 324-3973 4 / QUEBEC-PRESSE.2 SEPTEMBRE 1973 / SUPPLEMENT FETE DU TRAVAIL PUES: TN ERR, EE STR SCE SEC OR EEE Les syndiqués \u2018mâles\u2019 et la femme au travai! Les femmes ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour se libérer par Louis Fournier Les femmes ne doivent compter que sur elles-mêmes et sur leurs propres moyens pour assurer leur \u201clibération\u2019 dans 'e monde du travail.Telle est la conclusion \u2018un peu pénible pour les femmes\u2019 souligne-t-on, d\u2019une fort intéressante étude préparée pour le compte de la Commission d'enquête sur la situation de la femme au Canada et intitulée \u2018Le travailleur syndiqué face au travail rémunéré de la femme\u201d.Cé document, préparé par Renée Geoffroy et Paule Sainte-Marie, est le résultat d\u2019un questionnaire auquel ont répondu plus de 500 syndiqués masculins du Québec et une trentaine de responsables syndicaux.\u2018Le syndiqué moyen qui a répondu à l'enquête, précisent ses auteurs, est canadien-français, travailleur manuel, militant syndical, marié, père de famille et sa femme occupe un emploi rémunéré dans près de 25% des cas\u201d.Pas rapide.\u201cAussi longtemps que les femmes n\u2019auront pas pris position sur leur propre statut professionnel\u201d indique-t-on en conclusion de l'enquête, elles ne peuvent s\u2019attendre a une évolution rapide de la mentalité de leurs confrères\u201d.Et l'on cite les témoignages de \u201cmâles\u201d interviewés: e \u2018Si la femme elle- même, dit l'un d'eux, comme individu ou comme l\u2019intérieur d'un syndicat, est totalement indifférente, j'ai l\u2019impression que les hommes vont être indifférents aux désirs des femmes\u201d.6 \u201cSi c\u2019est un besoin pour les femmes, dit un autre, le syndicat s\u2019occupera de recyclage, de garderies, etc.ll va falloir que les femmes nous ai- groupe a dent, qu\u2019elles participent davantage\u201d.e \u2018Les femmes ne prennent pas les responsabilités qu\u2019elles devraient prendre\u201d se plaint un troisième.Alors, elles jouent presque régulièrement le rôle de deuxième place\u201d.e Un autre encore: \u201cLe syadicalisme est un moyen comme les autres qui contribue a l\u2019évolution de la société.En d\u2019autres mots, je panse que ça dépend de la femme et pour que la femme ait un véritable statut dans la société, c\u2019est elle qui doit ie bâtir, s'occuper de prendre la place qui lui revient.Qu\u2019elles cessent de brailler sur les hommes et de faire le procès des hommes\u201d.© Enfin un dernier: \u201cJe crois qu\u2019en tant que syndicaliste, nous avons notre part a faire.Je pense quand méme que le gros problème existe au niveau des femmes elles-mêmes.Elles ne sont pas assez préoccupées de leurs propres problèmes au sujet de leur travail.La plupart des femmes, lorsqu\u2019elles travaillent, vont accepter de le faire pendant cinq, dix ans de leur vie, pour apporter un peu de sécurité, un peu plus d'argent en banque, un peu plus de confort au foyer.Mais, en général, les femmes ne songent pas \u2014 a moins que les circonstances ne les y forcent \u2014 a se créer une carrière\u201d.Vieille conception Les deux femmes qui ont préparé le document observent une \u201cidéologie traditionnelle persistante sur le rôle de la femme\u201d chez les hommes qui ont répondu à l'enquête.Elles ajoutent toutefois: \u201cLes attitudes des syndiqués en jace du travail féminin oscillent entre cette idéologie traditionnelle et une conception plus égalitaire de la place des femmes et des hommes dans l'activité économique\u201d.Elles expliquent: \u201cIndividuellement, le syndiqué \u2014 qu\u2019il soit travailleur rna- nuel ou col blanc \u2014 traîne une conception millénaire de la femme que l'homme doit nourrir, protéger, défendre au besoin, en échange des bons services d'épouse, de procréatrice et d\u2019éducatrice.Au plus profond de lui-même, le syndiqué continue de croire à son rôle unique de pourvoyeur, à ses prérogatives dans la société et le monde du travail en particulier, tandis que le rôle essentiel de la femme est au foyer.\u201cMais comme syndiqué, il est obligé de considérer la situation avec d'autres yeux.Il doit se rendre à l'évidence: les femmes travaillent en nombre croissant, mêmes mariées et mères de famille; leur activité est commandée par des nécessités économiques dans la majorité des cas et c\u2019est pourquoi elles sont tolérées, sinon acceptées de bon gré\u201d.Bref, \u201cil subsiste toujours une différence entre la mentalité individuelle et l'attitude collective\u201d du travailleur syndiqué \u201cmâle\u201d face au travail féminin.\u201cComme membres d\u2019un syndicat, les hommes doivent admettre que les travailleuses ont les mêmes droits qu\u2019eux et que le syndicalisme doit veiller à la reconnaissance et au respect de ces droits\u201d.Tâches \u201cféminines\u201d \u2026 D'autre part, le document révèle qu'aussi longtemps que la femme reste dans des occupations étiquetées féminines, \u201ccela simplifie énormément l\u2019existence des syndiqués\u201d! La distinction des tâches féminines et masculines est particulièrement sécurisante pour les hommes et :3s syndiqués trouvent normal, en majorité, que ces tâches soient rémunérées à des taux que- n'accepteraient pas les hommes (puisqu'eux sont le gagne-pain de la famille.).Suite à la page 8 Montréal 405 Même s\u2019il ny a pas encore de femme-pompier, nous tenons à exprimer notre solidarité à la lutte des femmes pour une place de choix parmi nous.Association des Pompiers de Montréal (FTQ) 2600 est, boul.Saint-Joseph, FTQ Les membres de la Loge aérienne 1751 de l'Association internationale des machinistes (AIR CANADA) saluent les Québécoises et les encouragent à continuer à participer activement aux affaires du Québec.A.ARCHAMBAULT, Président \u2014 332-2668 Association internationale des machinistes et des travailleurs de I'aéro-astranautique, tél.: 636-3830 Ci 7 airline loclge loge aérienne 2780 RUE PAULUS ST., MONTREAL 386, QUEBEC, 15 TEL.: 332-2669 QUEBEC-PRESSE, 2 SEPTEMBRE 1973 / SUPPLEMENT FETE DU TRAVAIL / 5 He TAS - exemples, En examinant ce tableau et à la lumière de ces deux Suite de la page 3 prendre que la travailleuse qui subit de telles injustices perde ses illusions face à ses camarades qui la sacrifient pour btenir plus et qui, en toute borne conscience tirent la cou- on peut com- verte de leur bord an se Les femmes sur le marché du travail c\u2019est pas nouveau Les conditions de travail des femmes sur le marché, çà c'est rarement du nouveau.À qualification égale, salaire égal.Le Syndicat Canadien de la Fonction Publique (FTQ-CTC) FTQ disant peut-étre que la place de la femme est a la maison.Mais s'il faut déplorer que les syndicalistes masculins ne soient pas ren- leurs Graphiques.ques Local 27L.A tous nos membres et travail- nous désirons exprimer notre solidarité et meilleurs voeux en cette \u2018éte du travail.Par le seui syndicat qui représente tout le monde dans les Arts Syndicat International des Arts Graphi- dus plus loin dans leur évolution sociale, il faut cependant reconnaître en toute bonne foi que là où il y a une convention collective de travail, les con- ditions de travail et les salaires sont meilleurs pour la travailleuse comme pour le travailleur que dans les entreprises non syndiquées.Le drame c'est qu'il ny a que 35% de la main-d'oeuvre québécoise qui soit syndiquée.Et que là encore, les travailleuses soit défavorisées parce qu\u2019il y a moins de syndicats dans leur milieu de travail.20% seulement des travailleuses sont syndiquées.\u201cCela s'explique du fait que le syndicalisme atteint difficilement la très petite entreprise, le secteur commercial et le secteur des services en raison des montants énormes qui devraient être engagés pour établir et maintenir les contacts avec des individus dispersés.\u201d LA FÉDÉRATION DES TRAVAILLEURS DU QUEBEC COMPTE 50,000 MEMBRES FÉMININS, SOIT LE CINQUIÈME ENVIRON DE SES EFFECTIFS NOTRE DÉFI: QUE LES TRA VAILLEUSES SE SENTENT CHEZ ELLES A L\u2019INTERIEUR DE NOS RANGS ET QU'ELLES PARTICIPENT À PART ENTIÈRE \u201cIl nous a été malheureusement impossible, il faut l\u2019admettre, de faire reconnaitre, en fait, le principe du salaire égal à travail égal dans certains secteurs d'activité.\u201d (Extrait du mémoire présenté par la FTQ a la Commission Bird).1968 IL FAUT BATIR ENSEMBLE UNE SOCIÉTÉ LIBRES, QUI NE SERON PLUS CLASSIFIÉS NI DISCRIMINÉ EN FONCTION E LEUR SEXE à SN -\u2014 10, GEST ASSEZ POUR CHANGER DES CHOSES + FTQ QUEBEC-PRESSE, 2 SEPTEMBRE 1973 / SUPPLEMENT FETE DU TRAVAIL / 7 La discrimination contre les femmes, ça existe encore et il faut le dire.Syndicat des Metalios era par Gérin-Lajoie, directeur Suite de la page 5 \u201cCette attitude disparait toutefois progressivement, ajoutent les auteurs du document, battue en bréche par l\u2019évolution même du marché du travail.Nous avons pu constater qu\u2019un nombre croissant de syndiqués défendent des positions beaucoup plus éga- mation professionnelle, dans la promotion, etc.\u201d Maternité Au sujet de la maternité, l'étude note que les syndiqués \u201ccommencent à prendre conscience\u201d que mettre au monde des enfants est une fonction sociale pour laquelle la travailleuse ne doit pas être litaires.Ce groupe ne constitue pas encore la pénalisée et que, partant, l\u2019ensemble de la collec- majorité mais il est prêt tivité doit supporter les à défendre ses points de charges de la maternité vue afin de donner à la au même titre que les fernme qui a choisi de autres mesures sociales.travailler des chances égales à tous égards \u2014 a Idée toute faite l'embauche, dans la for- Tout en soulignant \u201cla prise de conscience\u201d des hommes face au travail féminin, les auteurs ne peuvent s'empêcher de noter: \u201cLa mentalité générale des syndiqués est encore enfermée dans un réseau de contradictions.Persuadés que la femme travaille nécessairement \u201cen attendant\u201d, que son salaire ne peut être qu\u2019un \u201csalaire d'appoint\u201d, ils jugent la travallleuse à partir de ces données.Hommes et femmes sont également conditionnés par cette idéologie.Quel statut professionnel peut- on donner à une femme qui exerce un métier en Si demain matin toutes les travailleuses faisaient la gre- ve parce qu\u2019elles subissent la discrimination, l\u2019économie en serait paralysée.Faudra-t-il attendre ce jour pour que cesse l\u2019exploitation?FTQ Syndicat International des Papetiers et des Ouvriers du papier 1010, rue Sainte-Catherine, Ouest Montréal ON SE DEFEND! Le Conseil du Travail de Saint-Jean et Région FTQ Robert Saumure, président passant, trop heureuse de rapporter un salaire d'appoint qui comble un trou dans le budget mais ne répond pas à ses aspirations légitines?Pourquoi la femme s'intéresserait- elle aux conditions de travail, pourquoi prendrait- elle des responsabilités puisqu\u2019elle n'est là que de passage?Voilà hommes et femmes prisonniers d\u2019une idée toute faite qui tourne en rond\u201d.Puisque, de l'avis des syndiqués \u201cmâles\u201d, \u201cles femmes sont les premières responsables de la situation\u201d, il n'est d'autre conclusion que la suivante: les femmes ne doivent compter que sur elles- mêmes pour leur \u201clibération\u201d dans le monde du travail.En attendant que, peut-étre, les hommes se \u201cdéniaisent\u201d un peu à ce sujet.et, surtout, que le.système capitaliste disparaisse.Vivent les femmes du Québec QUEBEC- PRESSE 8 / QUEBEC-PRESSE, 2 SEPTEMBRE 1973 / SUPPLEMENT FETE DU TRAVAIL = Ni eT | i { Les femmes «8% et 8357 par Micheline Lachance Méme en tenant compte des différences entre les professions exercées, de I'éducation et de I'expérience, les femmes gagnent entre 78 et 85% de moins que ies hommes, pour un travail a temps plein.Comment explique-t-on le paiement de salaires inférieurs?Les femmes ont besoin de moins d'argent parce qu'elles n'ont pas d'obligations familiales, dit-on.Elles ont probablement toléré une telle situation aussi longtemps parce qu'elles apportent généralement un second salaire à la maison ou, si elles sont célibataires, parce que leurs besoins sont moins grands.Cette discrimination encourage les employeurs à embaucher des femmes à la place des hommes.Les femmes chefs de famille Les femmes seules avec enfants sont les vraies victimes de la discrimination économique exercée contre la femme: \u201cCombien de femmes hésitent à rompre un mariage devenu un enfer parce qu\u2019elles savent fort bien qu'elles ne pourraient gagner adéquatement leur vie et celle de leurs enfants.\u201d Plus récentes encore que l'étude sur laquelle s'est penchée Ruth Parker.les statistiques révélées cette année par M.Bernard Buisson, économiste et coordonnateur de Multimedia, indiquent qu'au Canada, près de la moitié (44.7%) des femmes chefs de famille n'ont pas un revenu décent.I! y a trois fois plus de femmes que d'hommes ayant une famille à charge dans ce cas.Au Québec.on comptait en 1971 108,000 femmes chefs de famille, c'est- a-dire 8% de l'ensemble des familles.On les retrouve en général en milieu urbain.L'écart de salaires entre les hommes et les femmes est ici encore plus étonnant.En 1969.un homme.chef de famille (trois enfants), gagnait en moyenne $9,217 dollars par année; une femme ayant trois enfants à charge ne gagnait que $5.300 dollars.Selon M.Buisson.l'écart de revenu des familles dont le principal soutien est la femme ne se rétrécit pas, au contraire.En 1969.36% des familles dont le chef est une femme disposaient de revenus \u201cindécents\u201d; en 1971.ce pourcentage \u2018est passé a 44%.Pendant ce temps, le taux des familles à revenus faibles dont :ë père est le chef de famille a diminué de 16% à 14%.Une enquête menée en 1970 révèle que prés des deux-tiers de tous les as- sistés sociaux étaient des femmes (divorcées, séparées, veuves).Même avec de l\u2019éducation! Quand une fernme qui a une éducation adéquate et qui résiste à la pression sociale décide de faire carrière, envers et contre tous, elle n'est quand méme pas rendue au bout de ses peines.Ce qu'elle constate dans le monde du travail, c'est que certains postes lui sont carrément refusés.Une enquête effectuée en 1971 démontre que parmi tous les cadres supérieurs a Radio-Canada, on ne compte que sept femmes.De plus, presqu'un quart des employées féminines de Radio-Canada pensent qu\u2019elles ont postulé un d'une discrimination lorsqu'elles ont postulé à un poste dans leur service.Une autre étude effectuée auprès de 28 employeurs d'industries reliées aux mass média a révélé qu'aucun d'entre eux n'employait une femme à titre de rédacteur en chef ou de responsable de section, sauf pour les pages féminines.A la Commission des écoles Catholiques de Montréal, même refrain.En 1968.selon la Commission d'enquéte, alors que 89% du personnel enseignant était féminin, seulement 51.8% des directeurs d'école étaient des femmes.A cette époque, aucune femme n'occupait de poste supérieur chez les fonctionnaires de la Commission; les femmes fonctionnaires à la CECM ne sont d'ailleurs que 16.3%.Toujours dans le secteur de l'éducation.pendant que chez les professeurs d'université un homme sur quatre est titulaire, on retrouve dans la même situation 1 femme sur 21 Pourtant.il ny a que huit fois plus de professeurs masculins.Plus une femme a de l'éducation ou de l'expérience.plus elle souffre de discrimination.Ceci est particulièrement vrai dans la fonction publique fédérale ou l'on trouve res peu de femmes aux échelons supérieurs.Une femme détentrice d'un baccalauréat et ayant 26 ans d'expérience ne gagne que 56% de ce que gagne un homme possédant une formation et une expérience comparables.Dans les banques à charte, on a décelé une discrimination semblable en matière de promotion.agnent entre e moins gue les hommes Méme si les deux-tiers des employés de banque sont des femmes, il n'y a que 29 gerants de succursales et 709 comptables de sexe féminin dans 6,000 banques et succursales.On a retrouvé 128 femmes et 3,145 hommes suivant des cours préparant à des postes de direction dans sept banques.La situation qui prévaut dans les magasins à rayon semble à peu près identique.Les employeurs préfèrent les hornmes Les enquêtes menées auprès des compagnies sont concluantes: les employeurs préfèrent engager un homme aux postes supérieurs.À compétence égale, 86% des employeurs interrogés ont choisi le candidat masculin.Les raisons évoquées?\u201cNi les hommes ni les femmes n'aiment travailler sous les ordres d'une femme\u201d.\u201cOn ne peut demander à une femme de déménager dans une autre ville et nos cadres doivent être mobiles\u201d.Ou encore, \u2018On ne sait jamais quand une femme deviendra enceinte et nous quittera.\u201d L'assurance-vie La discrimination à l'égard de la femme ne s'ar- réte pas la.Aujourdhui encore, la plupart des polices d'assurance-vie ne permettent pas à la femme d'assurer son mari ou ses enfants de la même façon qu'un homme peut assurer sa femme.Les régimes de pension de vieillesse péchent également dans ce sens au Québec et au Canada: un homme ne peut faire de réclamation lors de la mort de sa femme, a moins de faire la preuve (déclaration signée par une autre personne non intéressée) qu'il était com- plétement dépendant finan- cierement de celle-ci.Mé- me les enfants ne peuvent réclamer de prestations sauf dans des circonstances spéciales.Un homme est toujours considéré comme le support principal de la famille (à moins d'être physiquement han- dicané).Ceci veut dire qu'une femme n'est pas capable d'assurer aussi bien qu'un homme le niveau de vie de la famille et il y a donc toujours une pression pour qu'elle lui cède sa place.Devant la loi, l'homme est souvent le seul considéré comme responsable.Des exemples?Seule la situation financiére de l'homme est prise en considération lors d'une demande de crédit.Beaucoup Suite à la page 10 fataner Ki Suite de la page 9 de propriétaires n'acceptent pas la signature d'une femme mariée sur un bail.A l'assurance-chômage, un homme peut inclure sa femme comme \u2018dépendante\u201d si elle gagne moins de $25 dollars par semaine tandis qu'une femme ne peut inclure son mari que si son revenu total, y inclus son revenu de propriété, n'excède pas $25 dollars.Finalement, de nombreuses lois, faites sup- posément pour protéger ies \u201c\u2018faibles femmes\u201d contre les abus des employeurs sans scrupules, ser- Syndicat des professeurs de la région de Nicolet vent plutôt à empêcher la femme de concurrencer l'homme dans certains métiers.Au Québec.il y a encore une loi qui interdit l'emploi d\u2019une femme sur l'équipe de nuit entre minuit et huit heures.Dans au moins une entreprise.cela est suffisant pour justifier une différence dans la description de la tâche et un écart de 11% dans le salaire payé aux hommes et aux femmes pour un même travail.Ce genre de lois a longtemps empéché les femmes de devenir \u2018\u2019bartender\u201d: \"On ne considére pas que la profession de \u201cplayboy bunny\" est aussi dangereuse pour la moralité de ces pauvres innocentes.\u201d Selon le Bureau de la main-d'oeuvre féminine, les lois sur l\u2019âge obligatoire de la retraite forcent les femmes à se retirer de 3 à 5 ans plus tôt que les hommes (malgré le fait que les femmes aient une vie anticipée de 7 ans de plus que les hommes!).Or.parmi les personnes les plus défavorisées au Canada, on trouve justement les femmes seules âgées de plus de 60 ans\u2026 Pas de Québec libre sans libération des femmes! (Manifeste des femmes québécoises) Pau pny PP Pas de femmes libres sans libération du Québec! Hubert Sacy, président Syndicat des professeurs de Ville de Laval Que tu travailles ou que tu travailles pas, à un moment donné il faut que tu fasses le ménage\u2026 L'Association des Professeurs- de l\u2019amiante ceq Le Syndicat des Enseignants du Nor- det à l\u2019occasion de ce congé des travailleurs québécois, la plus grande prudence sur nos routes et souhaite a tous et en particulier à ses membres féminins un bon retour au travail.859, Bélaneer, apt.1, Hauterive, GSC 2N8.{418) 589-9824 recommande 456, Arnaud, Local 210, Sept-lles, G4R 3B1.(418) 962-5375 Le travail mal rénuméré des femmes est une des sources majeures du profit de l\u2019entreprise capitaliste.L'Association des Enseignants de la Chaudière Une secrétaire parle \u201cComme si j'avais le mot café écrit dans le front\u201d Je fais du travail de bureau depuis 11 ans.Je déteste ce genre de travail.Peut-être parce que je ne l'ai pas choisi.A la fin du secondaire \u201ccours général\u201d (à l'époque le seul cours gratuit accessible), mon père me dit que je dois travailler.II n'a pas les moyens de me payer des études.Même pas le cours commercial.Si j'avais été un garçon, il aurait sans doute fait \u2018quelques sacrifices\u201d car me dit-il \u201cdes études pour une fille c'est de l'argent gaspillé, t'as pas besoin de ça pour laver des couches\u201d.Je n'ai aucune spécialisation, aucune expérience de travail.Dans quel domaine puis-je travailler?En usine, waitress, vendeuse.Pas question.A ce moment-là, j'aurais cru m'abaisser.Il reste une solution: travailler dans un bureau.Mais comment faire.je ne suis pas sténo-dactylo.Le père d'une de mes amies réussit à me faire engager comme commis au service d'une municipalité de banlieue.Comme des enfants Nous étions deux filles à faire ce travail qui consistait à s'occuper du service des archives, du microfilm, de la polycopie.Nous étions au service des différents gérants de département et de leurs secrétaires.Ces dernières ayant un poste plus élevé que nous dans la hiérarchie, elles n'hésitent pas pour nous refiler les petits travaux les plus ennuyants.Les patrons que l\u2019on doit appeler \u201cmonsieur\u201d nous tutoient et exercent une surveillance digne de l\u2019école élémentaire.On se sent vraiment traitées comme des entants.Pourtant certains de ces bons pères de famille ne se génent pas pour tenir des propos grossiers devant nous, nous faire des avances et même ont les \u201cmains longues\u201d, sur-: tout au party de Noël.A la maison Je détestais ma condition.Ce travail m'intéressait tellement peu que je profitais du moindre petit malaise pour rester à la maison.Afin de pouvoir un jour trouver une meilleure situation, je m'inscris au B.A.pour adultes.C'est assez mal vu dans mon milieu de travail.\u2018Qu'est-ce que ça va fe donner?\" Quand il y a du temps supplémentaire a faire, je dois rester au bureau.Aussi je manque souvent les cours et méme un examen.De toute fagon, quand j'arrive aux cours, je me sens tellement fatiguée et abrutie que j'ai de la difficulté a suivre.Aprés deux ans.je finis par laisser.tomber.Mais j'étais de plus en pilus écoeurée.Après quatre ans, j'abandonne mon travail pour suivre les cours de sténo-dactylo payés par le gouvernement.Au moins, pensais- je, je pourrai obtenir un poste de secrétaire et avoir de meilleures conditions de travail.A la fin du cours, je me trouve un emploi dans un bureau d'avocats.Au début le travail me semble plus intéressant.C\u2019est pourtant devenu bien vite routinier: le matin, mettre de l'ordre dans le bureau du patron, remplir son pot à eau, dépouiller le courrier, préparer et rappeler le travail de la journée, recevoir et faire patienter les clients car le patron est rarement à l'heure, répondre au téléphone, fixer les rendez-vous, placer les appels car ce cher homme n'a jamais appris à composer un numéro de téléphone même pas celui de son domicile.Je dois m'occuper de la correspondance et des procédures courantes.Le patron me dicte les procédures quand ça devient trop compliqué ou quand il s'agit d\u2019une cause très importante.A certains moments, j'ai limpression d'être une servante avec le mot \u201ccafé\u201d écrit dans le front.Plusieurs fois par jour, il me demande de faire du café pour lui et ses clients, peu importe si je suis en train de faire une travail urgent.Je suis maintenant fatiguée du 9 a 5, de la routine, de la paperasse.J'en ai assez de plaire au patron, de ménager son amour-propre, de continuellement m'adap- fer à son rythme de travail, d\u2019être toujours disponible, de poser des questions quand je sais d'avance les réponses, de ne jamais pouvoir émettre mes opinions, d'avoir de \u201cl'initiative\u201d tout en ne prenant aucune décision.J'en ai assez de jouer les stupides, je finirai par le de- verdir Vouloir la libération des travailleurs égal vouloir la libération de la femme.Travailler à l\u2019extérieur du foyer égal réussir la libération de la femme.Voila des équations trop faciles.En effet les conditions de la femme à la maison, dans l\u2019enseignement, sur le marché du travail sont occasion d'exploitation et discrimination.A titre d'exemple, considérons la DOUBLE JOURNEE de travail que la femme québécoise doit assumer quand elle entend s'engager sur le marché du travail, quand elle entend participer à la vie syidicale, sociale, politique et pédagogique de son milieu.Dans ce contexte il n\u2019est certainement pas faux de dire que la femme québécoise a sa PFROPRE LUTTE à conduire.Les autres travailleurs seront-ils tous SOLIDAIRES de cette lutte?Syndicat des Enseignants de le Royer Micheline Sicotte, présidente Hommage aux travailleuses québécoises ceq Corporation des Enseignants du Québec Une journee dans la vie les insolences d'un prof ensorgnanie de francais a sien Aux inépuisables militants missionnaires qui se plaignent à tort et à travers que les 72.8% de nos femmes enseignantes ne sont pas tellement participantes à notre syndicalisme engagé socio-politiquement parlant, jé me permets de vous raconter cette épuisante aventure.À l'aube d'un matin froid de décembre, dans une petite maisonnette aux abords d'une route, un réveil sonne, faisant sursauter une petite mère encore fatiguée par les deux heures de correction de la veille.Elle ouvre les yeux à la clarfé encore brunâtre du jour et vitement se \u201cgaroche\u201d en bas du lit.Et c'est l'éternel recommencement.Etant à la fois épouse pour son mari, mère pour ses enfants, ménagère sur ses planchers, cuisinière dans sa cuisine, institutrice pour ses élèves, étudiante dans des cours de rattrapage: inutile de vous dire qu'elle a besoin de Wampole à certaines périodes de l'année.Rapidement, il faut faire le café, préparer le Cornflake car l'autobus vient vite pour les enfants.Attention petite mère, ne lâche pas ton sourire devant ton mari qui se plaint de to nervosité; n'oublie pas qu'il est encore le symbole de l'autorité.Vite, bon Dieu, tu fais attendre ta copine qui te permet de monter dans sa voiture jusqu'à l'école: enfiles ton manteau, prends ta serviette, un bec par-ci, un bec par-là et oup.dehors.Un vent froid te paralyse le corps, mais ne t'en fais pas, c'est bon l'air pur.a cause de l'état des routes, tu es cinq minutes en retard et de plus tu as oublié d'enlever ton tablier.Encore chanceuse qu'on ne te coupe pas ton salaire.En passant, ça m'est arrivé dernièrement.Là, il te faut regrouper ton troupeau de petits monstres, les faire se placer en lignées droites, et à la classe.La prière, la catéchèse, la lecture: Ouf! tu peux relaxer.Tu réfléchis au sens profond du mot liberté, tu penses aux milles choses que tu fais chaque jour et qui te font ce que tu es.Petite mère, je t'en prie, ne penses plus à ta crainte quotidienne de ne pas être réengagée, dis-toi bien qu'aucun homme au monde n'accepterait pareil sort.Dring., la cloche du midi; habille tes élèves et vas déguster tes sandwichs avec une bonne soupe Campbell.N'oublie surtout pas que c'est ton jour de surveillance aujourd'hui.Ben oui, tu aurais dû mettre deux paires de collants: avec ce froid, tu vas attraper ton coup de mort.Pendant que tu surveilles, dehors, je me perme*s quelques réflexions sur ta situation:Il faut aimer pour vivre comme ça, petite mère.N'avoir jamais une minute à soi, à cause du mari, des enfants, des repas, du lavage, des commissions.Etre accaparée 16 heures sur 24, isoiée dans ta classe, dans ta cuisine, dans tes cahiers de correction, derrière ton panier de grosserie, n'ayant de liberté que de choisir la marque de ton beurre de peanuts.On ose t'appeler faible femme, petite mère.Faire ton métier, c'est accepter de ne pas avoir le temps de penser: Entre nous, il ne faut pas s'étonner de ta non-participation.La cloche de 1:15 heure te permet de venir réchauffer tes jambes gelées.Puis ce sont les mathématiques, l'hygiène, les arts plastiques et encore des corrections pour ce soir en plus des cours \u201cplates\u201d à l'Université du Québec.Vient la fin de la journée, il est déjà minuit.Tu peux te détendre, te lancer dans les bras de celui qui t'aime et tout oublier Dors petite mère.Saches que j'ai des sentiments nobles pour ce que tu fais.Rêve petite mère à une société très moderne où le statut d'infériorité chez la femme ça n'existe pas, où le mariage n'est pas un rapport d'esclavage, où tu n'es pas subalterne.Rêve d'une société où il y aura beaucoup de femmes médecins, d'avocates, où il y aura la libération économique, où tu seras députée ou ministre.En attendant cette société en couleur, qui fait quelque chose pour changer ta situation?Tiré d'une chronique du Journal \u201cLa Mêche\u201d du Syndicat des Travailleurs de l'enseignement du Nord-Ouest Québécois.(S.T.E.N.0.Q.} par Micheline Lachance \u201cLes femmes continueraient-elles d'accepter des salaires inférieurs et inadéquats, des travaux routiniers et ennuyants, une discrimination inouie en matière de promotion et d'avancement et un paternalisme humiliant si leurs intérêts n'étaient centrés ailleurs, s'il n\u2019y avait cette possibilité d'échapper à ce monde aliéné et aliénant en devenant reine de leur propre foyer?\u201d Telle est la question que pose Ruth Parker, professeur de sociologie à l'Université du Québec à Montréal, à l'issue d'une enquête qui lui a permis de tracer le portrait de la femme au travail.Elle a fait un tour d'horizon des professions \u201cféminines\u201d, des conditions de travail réservées aux femmes, de leurs responsabilités familiales et analysé la discrimination qui s'exerce dans les salaires, l'embauche et la promotion: \u201cL'oppression des femmes se fait sur deux plans.La société s'est donnée une image de la femme: elle doit étre douce, émotive, fragile, chaste, préoccupée de la maison et des enfants et surtout dépendante de l'homme pour son soutien économique et, éventuellement, pour toutes ses transactions avec le monde extérieur.En fonction de cette image, on a mis en place les conditions matérielles qui rendent presqu\u2019impossible pour une femme un comportement non conforme a cet idéal.\u201d En attendant.En 1970, 58.5% des femmes agées de 20 a 24 ars travaillaient a l'extérieur du foyer.Mais la plupart du temps, elles occupaient un poste sans possibilité de promotion, en attendant de se marier (ou bien, La Commission d'enquête sur le statut de la femme 3 ans après PRESQUE RIEN DE CHANGE! La Commission fédérale d'enquête sur la situation de la femme a été créée le 16 février 1967.Son but: \u201cSensibiliser les Canadiens à la situation de la femme tout en affermissant la détermination du gouvernement d'abolir la discrimination, de promouvoir l\u2019égalité dans le travail et d'accélérer l'intégration complète et égale de la femme dans la société canadienne.\u201d Quelque 167 recommandations ont été remises à la Chambre des Communes, trois ans plus tard, le 7 décembre 1970; le comité ne s'était penché que sur les questions pressantes tombant sous ia juridiction du gouvernement fédéral.Des changements Au sein du gouvernement, quels changements ont été effectués à la suite de la parution du rapport?Le 5 février 1973, la Commission de la fonction publique du Canada annonce sa décision d'enquêter sur toutes les plaintes de \u201cdiscrimination fondée sur le sexe, la race, la religion, l'origine ethnique, la couleur, dans l'application de la loi sur l'emploi dans la fonction publique.\u201d Et la farandole des enquêtes continue! vu côté de l'avortement, rien ne va plus.Même si la commission d'enquête a recommandé la modification du code criminel, afin de permettre à un médecin qualifié de procéder à un avortement à la seule requête de la femme enceinte de 12 semaines ou moins, le gouvernement fait la sourde oreille.Il garde le statu quo après avoir apporté quelques amendements à la loi, en 1970, autorisant !'avortement thérapeutique dans les hôpitaux accrédités.Le printemps dernier, le premier ministre Trudeau affirme en chambre qu'il n'a nullement l'intention de présenter de nouveaux amendements au code cri- mine! pour libéraliser la loï sur l\u2019avortement.Le code du travail Le nouveau code canadien du travail prévoit des congés de maternité de 17 semaines.| interdit a l'employeur de congédier une femme tout simplement parce qu'elle réclame un congé de maternité.La loi de l'assurance-chômage accorde à la future mère des prestations durant quinze semaines.Un conseil de la condition de ia femme Répondant au voeu de la Commission d'enquête, le gouvernement canadien a mis sur pied un Conseil consultatif en vue d'améliorer la situation de la femme.Le mandat de ce conseil: saisir le gouvernement et le public des questions qui intéressent et préoccupent les femmes et conseiller le gouvernement au sujet des mesures qu'il croit utile d'adopter afin d'améliorer la situation de ia femme dans la société.Le nouvel organisme doit consulter les associations féminines avant de se prononcer.Donc, trois ans plus tard, on en est encore à faire des enquêtes et des promesses.Le ministre du Travail, John Munro, doit déposer incessamment un projet de loi modifiant le code du travail de manie- re a faire disparditre toute discrimination dans ies méthodes d'emploi.Un second projet de loi devrait modifier les règlements sur les salaires justes et la durée du travail; il aura pour objet d'interdire aux employeurs d'user de discrimination à l'égard de certaines personnes à cause de leur sexe, de leur âge ou de leur état civil.12 / QUEBEC-PRESSE, 2 SEPTEMBRE 1973 / SUPPLEMENT FETE OU TRAVAIL une fois mariée, avant la venue de leur premier enfant).Selon le rapport de la Commission d'enquête sur le statut de la femme, 25% des femmes de 20 à 24 ans à l'emploi du gouvernement fédéral quittent leur emploi au cours d'une année (comparativement à 18% des hommes).Un autre groupe de femmes, celles qui sont mariées avec enfants, retournent au travail quand leurs enfants deviennent grands.Mais elles ie font généralement pour ne pas rester enfermées à la maison, seule toute la journée; d'autres travaillent pour aider leur mari à boucler le budget.Enfin, quelques- unes veulent s'offrir un peu de luxe: acheter une maison, faire un voyage, permettre aux enfants de poursuivre leurs études.La plupart de ces femmes, retenues à la maison pendant plusieurs années, n'ont pas de formation spécialisée ou ont peu d'expérience.Celles qui ont une certaine formation, par exemple comme sténodactylo ou intirmières, ressentent souvent le besoin d'un recyclage.\u201cLa vaste majorité de ces femmes sont marginales, en partie parce qu\u2019elles ont accepté l\u2019image de la femme centrée sur le foyer et qu\u2019elles ne veulent pas s'intéresser à leur travail, en partie parce qu'elles ont réellement des responsabilités qui leur laissent peu de disponibilité pour d'autres activités.\u201d Le troisième groupe, les célibataires, font carrière.Par nécessité.Malgré leur disponibilité, on leur assigne des \u201ctravaux de femme\u2019, des postes subalternes avec peu de responsabilité et sans possibilité de promotion.Au mieux, elles peuvent atteindre des postes de surveillance dans des hiérarchies féminines, mais elles ne sont que rarement admises dans des postes importants de direction: \u201cAu dela d'un certain age, on considère la femme célibataire comme une ratée, une sorte de monstre, anormal qui n'a pas le minimum de charme et de qualités féminines pour gagner le prix suprême désiré par toute femme véritable: un homme.La femme célibataire, ainsi que tout autre femme qu\u2019 manifeste le moindrement d'indépendance et d\u2019agressivité, devient l\u2019objet continuel de plaisanteries et d\u2019hostilité de la part des hommes.\u201d Des emplois de bureau \u201cDociles et habiles, les femmes ont tôt fait de devenir une source de main-d'oeuvre bon marché.S'il est encore possible d'accorder aux femmes des salaires moindres sans être accusé de discrimination, c'est qu\u2019elles ne se trouvent pas dans les mêmes professions et ne font pas le même travail que les hommes.\u201d En 1969, 34% des femmes exerçaient des emplois de bureau (comparativement à 7.8% des hommes), 8% des femmes étaient vendeuses, 22.2% travaillaient dans le secteur des services et de la récréation et 1.7%, dans les communications.Du côté des professions dites \u201clibérales\u201d, les femmes sont un peu mieux représentées cue les hommes (18.4% contre 12.4%) mais même ici, cles se retrouvent surtout dans les professions liées à leur vocation de meére et de ménagère: elies sont infirmières, enseignantes (surtout au niveau primaire), travailleuses sociales, bibliothécaires, diététiciennes.Remarquons aussi que 7% des médecins au Canada sont des fem mes, 12% des professeurs d'université, 3% des avocats, 4% des dentistes et 1% des ingénieurs.Aux postes de direction.les femmes font véritabie- ment piètre figure.Seu- ler.ent 2.3% des femmes sont administrateurs ou gé-ants \u2018comparativernent a 3,2% des homrnes).Par- nu les 5,889 administrateurs de 5u grandes firmes recensées par la commission d'enquête, on comptait 41 femmes! Sur 1469 cadres de compagnie, il v zvait 3 f-mmes.Passons aux cols-bleus.Ici aussi, les femmes sont sous-représentées puisque seulement 13.4% d'entre elles sont ouvrières avec ou sans spécialisation (comparativement à 54.7% des hommes).La plupart de ces ouvrières travaillent dans les industries proches du travail domestique: textile, vêtemert:, conserves.On retrouve un grand nombre de femmes aux échelons inférieurs des emplois de service: travailleuses affectées à l'eruetien dans les hépi- taux ou les entreprises, serveuses de restaurant, etc. Une prostituée ;varle \u201cJ°trouvais ca P°f \u201cJe suis née en 48 et pis moi, j'ai eu une enfance pas mal le fun.Qu'est-ce qui m'a amenée a faire de la prostitution?Au début c'était pas de la prostitution.C'a été les p'tits amoureux, ben là j'veux dire que j'ai quand même baisé pour la première fois à 14 ans.O.K., j'ai rattrappé le temps perdu mais la prostitution est venue plus tard.J'avais un gros seize ans.Un maudit beau gars \u201cJ'ai fais ma onzième année dans une école commerciale.Au \u201cMother House\u201d.J'faisais du pouce pour revenir chez nous a Laval.A un moment donné, j'ai fait du pouce avec un maudit beau gars que maintenant je sais un bandit notoire mais dans l'temps, j'le savais pas.Y m'a invitée à prendre un verre.Pis à un moment donné y m'a donné vingt piasses pour que je retourne chez nous t'sais.Pis j'trouvais ça ben l'un t'sais le fric.Parce que j'en étais privée.Le premier vingt piasses, ça m'a impressionnée.Pis après je sortais avec des Italiens.Je rencontrais toute sorte de monde.Même un mus- cle-man une fois.Ensuite j'ai travaillé dans une p'tite agence d\u2019assurance- feu vu que j'avais pas passé mon cours commercial.Ca fait qu'un jour y a un gars qui m'appelle pis qui me dit: \u201cSi tu viens à tel bar j'peux te présenter à un bonhomme qui va te donner ben d\u2019l'argent, sais.\u201d Ca fait que j'ai dit oui.Parce que j'étais bien aventurière.C'était un vieux de 60 ans et puis y m'donnait d'l'argent, beaucoup d'argent, toutes sortes de belles choses comme des brassières Lou à 20 piasses, des petites culottes à 6 ou 7 piasses, ben sexy, ben I'fun.Faire l'amour avec un gars de 60 ans, c'était assez drô- ie; et pis j'tais ben payée.Mais y a des affaires qui m'a faites, pis ça a été.y m'écoeurait pis y m'écoeurait pas.Au bout de trois semaines, j'l'ai laissé tomber.Mais je considérais pas ça comme d'la prostitution même si j'aimais pas l'bonhomme.\u201cA un moment donné, chu allée vivre avec un Italien.Là j'ai fait un peu de prostitution organisée, l'sais; mais là, mes parents m'ont fait rechercher par la police.Mais je faisais pas de raccollage.J'ai dis à mes parents que C'était pas la peine de me rechercher parce que je resterais pu chez eux.J'M'arrangeais ben dans I'temps, j'faisais 800 pias- ses par semaine.Les pre- miéres semaines, les bonnes femmes qui trouvent une belle fille de 16 ou 17 ans, une maudite belle fille, tu comprends, y lui font faire toutes les ciients qui ont.Même y les appellent \u201cEcoute, j'en ai une nouvelle pis eh.\u201d Un pourcentage \u201cJe donnais toujours un pourcentage.Ca dépend, 20, 50, 30, 40.Si je fais 800, ça veut dire que j'en ai fait plus que mille.Moi, j'ai déjà fait travailler des filles pis c'étaii 10 pias- ses la plupart du temps qu'y me donnaient sur 50.\u201cJ'avais une peur bleue des flics.Leur organisation était pas tellement saine.La première fois que j'Me suis fait prendre par la police y m'ont tait chier pis là, j'ai senti la frustration, je veux dire que j'étais pas en loi pis les flics sont écoeurants.J tais nue dans l'appartement, pis j'pense qui pensais que j'avais d'l'argent dans le vagin ou j'sais pas trop quoi.Mais y m'ont laissé là nue pendant 15 à 20 minutes t'sais, I'temps de fouiller.Après ça quand j'rentrais dans un hôtel, j'étais paranoïaque.\u201cJ\u2019éprouve rien de hor- teux.Y a des fois j'me décourage pis là j'fais des grandes scènes en disant: \u201cJ'suis une prostituée ahhhhh!\u201d mais au fond j'pense que des fois, j'aime ça taquiner I'monde.J'les écoeure avec Ça.T'sais, j'vis avec mes bi- bittes, que les autres me laissent tranquille ou ben.Les Québécois, y sont tellement habitués d'avoir des belles filles, t'sais.Même y a pas tellement longtemps, j'ai faite un bonhomme qui avait beaucoup d'argent, mais sa femme s'\u2019faisait quoi, depuis leur dernier enfant, pis j'pensa que le dernier y avait 14 ans, y avait pas fait l'amour.T'sais, c't'une vieille toc toc.C'fait que à un moment donné, le gars te compte ca.Ben' tu dis batache, r'viens plus souvent.Y en a qui baisent bien méme si y sont des clients.Un moment donné, ça dépend, moé j'ai vu, j'étais ben, ben en amour avec un gars, même si j'ais des clients.Comme dans tout métier \u201cSi j'ai envie de jouir j'veux dire, j'sais pas pourquoi j'jouirais pas; j'veux dire, une cave t'sais .\u2026 Mais la plupart du temps c'est bing, bing.J'fais ça vite méme.J'veux dire, le gars si tes.si tes.Si t'es, si tu crois qu'tes la meilleure d'une façon d'une autre, tu dis: ah! ah! je suis la meilleure, j'vais t'avoir mon gars.dans 5 minutes tu le fais jouir le bonhomme.C\u2019comme dans tout métier un moment donné.C\u2019est un métier, pis tu dis: je l'ai l'affaire, pis j'sus capable de faire ça.et très vite.Tu res- ie fric\u201d Sins aussi beaucoup d'monde.J'veux dire.Tu sais si I'gars c'tun cave, y va jouir un p'tit peu plus vite qu'un gars qui a un peu de culture.\u201cJ'ai milieux vu \u201ceaucour de d
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