Québec-presse, 2 novembre 1969, Cahier 2
[" TOUTE LA SEMAINE voL.1 NO 3 - 2 NOVEMBRE 1969 An NOTRE POSITION La langue française est menacée au Québec.Elle est menacée parce qu\u2019elle est de moins en moins utile.Les Québécois francophones, qui forment la grande majorité, doivent, de plus en plus, parler anglais pour vivre.Non seulement ils sont les seuls à devoir être bilingues pour trouver de l'emploi mais, comme l'a démontré le rapport Laurendeau-Dunton, à compétence et à travail égal ils gagnent moins que les anglophones unilingues, au Québec.Plus de 70 p.cent des éo-Québécois s'assimilent à la minorité anglophone.La-même où ils sont en majorité les Canadiens français doivent donc travailler en anglais.De plus l'assimilation de plus en plus rapide des Néo-Québécois au groupe anglophone rend précaire même leur situation de majorité.Cet état de choses est intolérable.Il n'est pas irréversible.Les Québécois francophones ont à Québec un gouvernement.Ce gouvernement peut renverser la situation.I! a les pouvoirs requis pour faire du français !a langue d'usage et forcer l'intégration des immigrants à la majorité.Ce gouvernement et son opposition libérale ont préféré reconnaître les privilèges de la minorité en présentant le bill 63.En donnant aux parents le libre choix de la langue d'enseignement et en ne faisant rien pour que l\u2018usage du français soit utile et rentable, ce gouvernement force, en fait, les Québécois francophones à faire un choix douloureux entre leur langue maternelle et l'anglais, entre leur culture et leur niveau de vie.Non seulement il n'intègre pas les Néo-Québécois mais il invite, par son inaction, les francophones à s'assimiler.Depuis des siècles, on fait violence ici aux francophones: à la majorité, en imposant l'usage de l'anglais alors qu\u2019en toute justice elle devrait pouvoir travailler et vivre dans sa langue.Rien n'explique, sinon la force, l'usage de l'anglais au travail.Le bill 63 sanctionne cette violence en consacrant par légisiation un état de fait absurde qu'aucune majorité au monde ne saurait admettre.C'est Line législation de conquérant ou de roi-nègre.Ce n'est pas celle d'un gouvernement libre.Le gouvernement québécois a le devoir strict de faire du français la langue d'usage au Québec.ll à le devoir de subordonner les droits de la minorité à ceux d'une majorité menacée, ceux des individus à ceux de la collectivité.Bref le devoir de subordonner le bien individuel au bien commun.C'est d'ailleurs ainsi qu'a statué la Cour européenne des Droits de l'Homme dans le cas des minorités en Belgique comme on peut le constater page 13A.Ce n'est pas faire violence aux anglophones, c'est rendre enfin justice aux francophones.Il ne saurait y avoir de droits acquis par usurpation.Le jour où les francophones seront respectés chez-eux, ils respecteront les autres, et, de leur plein gré, ils seront généreux à l'égard de leurs minorités.Le front commun contre le bill 63 est un signe d'espoir et de dignité.Un peuple peut avoir raison contre un gouvernement.On dit même qu'en démocratie il est souverain.Québec-Presse ge\u201d AVEC JACQUES GUAY LE NORD-OUEST Vers le front commun permanent La lutte contre le bill 63 aura été l'occasion pour les mouvements populaires, syndicats ouvriers et agricoles, étudiants, enseignants, du Nord-Ouest québécois de reposer la question de la langue pour cette partie du territoire du Québec dominé par une économie étrangère.Dès dimanche à Rouyn des membres de syndicats de la C.S.N.et de la F.T.Q., des représentants de I'U.C.C., de la Saint-Jean-Baptiste, des enseignants et des étudiants se réunissaient d'urgence tandis qu\u2019un autre front se formait dans l'\u2018\u2019Abitibi ouest\u201d.On est présentement à former un seul front pour tout le Nord-Ouest, front dont l'objectif n'est donc plus le seul bill 63 mais celui de la primauté du francais dans la région.Des objectifs précis Connaissez-vous Témiscaming?C'est une ville du Témiscamingue (en français sur les cartes) où selon notre correspondant, tout ce qui se fait officiellement se fait en anglais alors que plus de 75 p.cent de la population est de bonne souche québécoise-française comme dit Claude Gauthier dans son \u2018Grand six-pieds\"\".Cet exemple, et de nombreux autres, sont ceux que le groupe de l'émission Bloc, temps retenu et payé par des syndiqués, donne dans son émission hebdomadaire pour démontrer l'absurdité du projet Cardinal-Bertrand, le fameux bill des langues.D'ailleurs dans une autre émission, une émission-spéciale-bill-63, la semaine dernière, on a comparé les équipements scolaires francophones et anglophones et le nombre de journaux existant dans les deux langues.Marche sur Noranda Au nombre des manifestations du Front commun de Rouyn il y avait jeudi dernier une marche sur Noranda, là où habitent entre eux les messieurs des mines et de la bonne finance, partisans du bilinguisme pour les Canadiens français.HULL-GATINEAU Ottawa est bien prés Les réactions n\u2019ont pas été aussi vives contre ie bill 63 a Hull et la région que dans le Nord-Ouest.\u201cPeut-étre parce que 8,000 citoyens québécois travaillent pour le gouvernement fédéral\u201d, souligne notre correspondant en notant cependant que les étudiants et les enseignants se sont unis à la S.S.J.B.pour protester et noliser des autobus pour descendre à Québec vendredi.La sagesse du député Le député fédéral de Hull, le Dr Isabelle, a, semble-t-il, réussi à soulever plus de proiestations des gens en place que le bill 63 lorsqu\u2019il a déclaré que Québec sait ignorer la région de Hull et qu\u2019il a invité les gens de l\u2019Ouest québécois à vivre aussi bien que les gens de l\u2019Ontario en endossant le projet d\u2019un district fédéral.On n\u2019a surtout pas aimé qu\u2019il compare la situation avec celle du parc Forillon, cette péninsule de la Gaspésie qu\u2019on veut transformer en réserve naturelle et qui a soulevé un autre débat constitutionnel entre nos deux gouvernements.Et certains ont rappelé qu\u2019en Ontario les francophones aimeraient eux aussi vivre aussi bien que les Ontariens.SAGUENAY LAC-ST-JEAN Des syndicats aux chambres de commerce Jean-Paul Tremblay, notre correspondant à Alma ne contenait pas son enthousiasme: \u201cJ'ai rarement vu un pareil ralliement.Il y avait plus de 300 représentants d\u2019organismes de toutes sortes réunis d\u2019urgence mardi dernier à Alma\u201d.Et pourtant la région du Saguenay-Lac-St-Jean s\u2019y connaît en ralliements.Tremblay souligne qu\u2019à l\u2019invitation de la Société nationale des Québécois (ex-St-Jean- Baptiste) on a vu accourir non seulement des étudiants, des enseignants ou des \u2018\u2018nationalistes\u201d mais aussi des syndiqués en grand nombre et \u2018\u2018même des rnembres des chambres de commerce\u201d Tous pour Johnson contre le Bill 63 Tout ce monde a voté à l\u2019unanimité une résolution s\u2019appuyant sur une phrase historique de \u201cfeu Daniel Johnson\u201d: \u201cLe Québec doit être aussi français que l\u2019Ontario est anglais\u201d.L'assemblée a demandé au gouvernement de légiférer en ce sens, celui de Johnson, plutôt que de \u2018garantir les privilèges de la minorité\u201d.En conséquence on a recommandé: que la langue française soit la seule langue officielle du Québec; que les droits des anglophones soient limités par ceux qu\u2019a la majorité francophone d\u2019assurer sa survivance et son épanouissement; qu\u2019on impose aux 2A / QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 immigrants la langue française: qu\u2019on renonce au droit de la langue pour les parents, droit \u201cerroné et abusif\u201d qu\u2019on ne retrouve dans aucun pays et qui conduit à la destruc tion de la communauté francophone; qu\u2019on n\u2019accorde le choix de la langue que pour la langue seconde.BAS-ST-LAURENT GASPÉSIE Renforts policiers à Gaspé Près de 1,000 manifestants contre le bill 63 à Gaspé ont amené les autorités à demander l\u2019aide de renforts de la Sûreté du Québec.Gaspé, hors l\u2019année académique, compte environ 3,600 habitants.Le bill n\u2019a pas cependant suscité dans la région autant de remous qu\u2019en Abitibi ou dans le Saguenay-Lac-St-Jean.Sauf les \u2018\u2018jeunes chambres\u201d et les sections de la S.S.J.B.les corps intermédiaires n'ont pas pris position officiellement et on n\u2019a pas formé de front commun.À la suite des étudiants Cependant des syndiqués de la F.T.Q.et de la C.S.N.ont participé aux séances d\u2019information dans les institutions d\u2019enseignement et à Matane et Rimouski, entre autres, ils ont voté en faveur des télégrammes de protestation expédiés à monsieur Bertrand.Le plan d\u2019abord Par ailleurs dans 10 paroisses ouvertes avec foi et patriotisme lors du retour à la terre des années de Crise, on se prépare à plier bagage d\u2019ici l\u2019automne 70.Comités de citoyens L\u2019Office de développement de l\u2019est du Québec, chargé de l\u2019exécution du \u201cplan\u201d, est à compléter les inventaires et autres analyses nécessaires à la fermeture des villages de la misère.Des comités de citoyens ont été formés dans les 10 premières paroisses qu\u2019on doit abandonner aux roches et aux maigres épinettes.Plus de 400 familles ont accepté de partir et déjà les \u201ccas urgents\u201d quittent les colonies cet automne.60 millions l\u2019an prochain Le 258 millions consacré au plan est distribué par tranches annuelles.Cette année on avait affecté 41 millions aux différents projets.On en aura dépensé près de 80 p.cent à la fin de l\u2019année.On espère disposer SEPT-ILES Guerre entre libéraux et partisans du Parti Québécois Peu ou pas de bruit autour du bill 63 à Sept-Iles, selon notre correspondant.Mais beaucoup d\u2019animation dans les derniers Jours des élections municipales du 3 novembre.À Sept-Iles on vote en effet un jour après tout le monde.La Fédération libérale et son député, tout-puissant sous le régime Lesage, ont décidé de tout mettre en oeuvre pour faire battre deux membres du P.Q.qui se présentent comme échevin, le Dr Roch Banvil- le, ex-personnalité libérale, et Roger Collin, syndicaliste et ex-échevin.d\u2019un budget de quelque 60 millions de dollars l\u2019an prochain.Les discussions ont commencé entre responsables de l\u2019O.D.E.Q., du Conseil régional de développement et les deux gouvernements.6440 - 251ème avenue Rosemont : Montréal 409 Tél.374-4610 $ Publié par l'Association coopérative Z des éditions populaires Tél.374-1280 # Pierre Lebeuf, 2 directeur .Jacques Guay, : rédacteur en chef Jacques Elliott, adjoint du rédacteur en chef REDACTEURS: Gérald Godin, Jacques Keable, Marthe Therrier Composé par les Entreprises Gérard Imprimé aux Editions du Richelieu à St-Jean Tirage et abonnement 325-5210- 11 - 12 Distribué par Métro Distribution Tél.: 721-0362 - Mtl.Québec: 1-418-522-7442 Dépositaires et Kiosques Publicité Citation Tél: 374-1242 Abonnements 12 dollars par année \u2019 Demande de courrier de deuxième classe soumise au ministère des Postes à Ottawa.Port de retour garanti Case postale 216, St-Jean, P.Q.La rédaction ne s'engage pas à retourner les manuscrits qui lui \u2018sont envoyés UN ÉLU DU PEUPLE SE CONFESSE UN ÉCHEVIN, À QUOI ÇA SERT ?(Hull, D.N.C.).\u2014 La plus grosse machine municipale du Québec.l'équipe Drapeau-Saulnier, est secouée à la base, par des comités de citoyens; des villes satellites de Montréal sont aux prises avec des administrations qui \u201csucent\u201d littéralement le citoyen au profit de leur appétit personnel; l'Union des municipalités, assez peu efficace jusqu'à maintenant, pour contrer certains administrateurs sans scrupules, s'analyse, se cherche des pouvoirs et des fonctions; aujourd'hui le 2 novembre, des milliers de Québécois éliront des échevins, des maires; à Hull, le plus jeune de l\u2019équipe D'Amour Gilles Rocheteau, homme d'affaires et échevin depuis 2 ans, démissionne comme président de la Comunission des loisirs.Ce geste est un symbole, il va AT EE \u2014 .dire à plus loin: \u2018Un échevin, qu'ossa donne?Je suis écoeuré, les structures actuelles sont foutues, tous les canaux sont bouchés, il va falloir que ça change, sinon ça va casser.\" Les bonnes intentions Comme beaucoup d'autres, Gilles Rocheleau s'est lancé dans l'aventure municipale avec de bonnes intentions et surtout avec des capacités que d'autres échevins n'ont pas; jeunesse, dynamisme, énergie, sens des affaires et de l'efficacité.Il voulait participer, travailler.L'enthousiasme du début fait place à l'écoeurement.Pourquoi?D'ailleurs, il n'est pas le seul comme ça au Québec; il y en a des centaines qui se posent la même question.La preuve, c'est qu'après sa démission, d'autres échevins du Hull métropolitain lui ont téléphoné et l'ont félicité parce que, disaient- ils, quelqu'un \u201cose\u201d enfin par ler.(comme si on était en Russie).Mais depuis deux ans, c'est lui qui a \u2018\u2019cassé\u2019\u2019.Les structures l'ont eu; le moule l'a formé, il étouffe.Pendant des heures, il me parle.Je résume.Québec aime la puanteur \u201cQuébec attend le pourrissement des choses avant d'agir.Vous vous souvenez, l'an dernier, nous avons dû jouer l'illégalité pour qu\u2019il bouge.Les marchands de la rue Principale ont fait la grève et n\u2019ont pas perçu de taxe de vente pendant un mois.Ce n\u2019est qu'à ce moment- là que Québec a décidé d\u2019envoyer des inspecteurs dans l'Ouest du Québec pour régler une situation qui pourrissait depuis des années, comme celle de Murray Hill.(Il s\u2019agissait de I'évasion de la taxe de vente, les gens préférant faire leurs achats en Ontario).Les marchands sont allés en Cour et ils ont payé l\u2019amende, dont moi qui étais échevin à ce moment-là.Je comprends les gens qui contestent et qui descendent dans la rue, et si ça ne bouge pas, il va y en avoir de plus en plus.Pourquoi ça pue Dans d'autres domaines, par exemple.Très peu savent que les firmes professionnelles ne sont pas obligées de présenter des soumissions pour des plans d\u2019urbanisme, de génie, etc.Ces firmes \u2018offrent leur service\u2019.C'est une porte grande ouverte à l'arbitraire, au favoritisme et au patronage.Il y a des firmes d\u2019ingénieurs-conseils qui contrôlent littéralement des conseils municipaux dans la région de Hull, sans parier des commissions scolaires.Il s'agit tout simplement que ces firmes offrent \u201ccertains services\u201d, financier entre autres, a \u201cleurs\u201d candidats.Une fois leurs candidats en place, plus de problèmes.J'en sais quelque chose, on m'a offert de \u201cl\u2019aide\u201d pour ma campagne électorale.Et quand ces mêmes firmes ensuite offrent leurs services professionnels aux municipalités, l'ingénieur municipal qui devrait intervenir parce qu\u2019il est le spécialiste préfère se taire à cause de l'éthique professionnelle.Je vous laisse imaginer la justesse de certains choix.Autre exemple.Manque de planification, de plan directeur, économie de bouts de chandelle.On utilise les plans de zonage comme des jeux de dames, des cartes de bingo.Dans un quartier relativement neuf de la ville, quelqu\u2019un décide de changer le zonage.On construira de grosses maisons de rapport au lieu de logis unifamiliaux.On doit donc changer les systemes d\u2019égout et d'aqueduc.Le Conseil vient d\u2019accorder une somme de 53,000 dollars juste pour l'étude qui conciura probablement qu'il faut changer tout le syste- me.ll en coûtera entre un ou deux millions aux contribuables.Comme homme d'affaires, ça m'écoeure.Les contribuables de la ville s\u2019endetteront pour quarante ans a cause strictement d\u2019un manque de planification, de décisions qui sont prises par qui et comment, on ne le sait trop.Et Gilles Rocheleau arrête de parler.Il ne sait pas, il ne sait plus.Mais il sait que lorsque des conduits sont bouchés, c'est dangereux et ça peut \u201c péter.\u201d Les édiles municipaux disent: \u201cMais oui, mais il n'y a personne qui assiste aux réunions du Conseil\u201d.Les contribuables répondent: \u2018Oui, mais les réunions sont plates\u2019\u2019.Pourtant, les contribuables de Touraine et de Pointe-Gatineau se sont rendus à ieur hôtel de ville, ces jours derniers, pour bloquer des règlements d'emprunt.C\u2019est peut-ë- tre pas brillant, comme l'ont dit les autorités de ces municipalités, qui voyaient leurs projets tomber à l'eau.Mais, à notre avis, c'est peut-être un début de participation, par la négative, d'accord, mais un début quand même.Avec les élections du 2 novembre, en plus d'aller voter, les Québécois votants et élus du peuple devraient réfléchir sur ceci: Il faut débloquer les tuyaux ou en trouver des neufs, sinon \u201ci-vont-sauter\u201d.G'EST SOR.LES GENS TRAVAILLENT TROR c co AU VIETNAM PAR EXEMPLE coo LES GENS SE TUENT À L'OUVRAGE .\u201d \u2014. La haine des politiciens pour la contestation importe peu; ce qu'il faut voir.c'est qu'il n\u2019y avait plus d'opposition véritable dans l'Etat, et que la contestation en éiève enfin une.La critique et la revendication sortent aujourd'hui directement de la bouche des citoyens, qui remplacent ainsi une opposition morte, une presse inexistante, des partis annexés au pouvoir, des tribuns soudoyés, insconscients ou transfuges.Il se fait des choses plus chargées de sens pour la démocratie dans le Comité des citoyens de Saint-Jacques ou dans celui de Saint-Henri.ou encore chez les étudiants ou a la Compagnie des Jeunes Canadiens.que dans toute l'activité de la loyale Opposition.Les non-politiciens ont au- jourd\u2019hui la charge qui incomba jadis a des partis, quand ils étaient militants; a des journaux, quand on les fondait pour écrire et pour combattre; a des orateurs, quand ils étaient encore quelque chose comme des héros.Le peuple parle aujour- d'hui par des non-politiciens; il parle lui-mème directement; il s'est chargé de la parole politique, à la place des députés; il s'est chargé des manifestations politiques, à la place des partis.Il y a le pouvoir, il y a le peuple.Entre les deux, et pour représenter le peuple contestant, il n'y a plus rien que des aspirants personnels au pouvoir, de la më- me classe et du méme verbe approximatif et chantant que le pouvoir, du méme jus et des mé- mes moeurs que lui.Le pouvoir s'est répandu dans toute l'institution démocratique, englobant l'opposition et la machine des partis.Quant a l'opposition, elle est toute dans la rue.Les députés n'ont plus d'importance, ni les partis, ni les sages, ni l'ordre, ni la procédure, et le gouvernement qui ne contient pas son juste poids d'oppo- sitton ne représente lui-même plus rien.Il n'est plus rien.Sauf la force.Alors il ne finit plus de faire des folies.N.D.L.R.Ils n\u2019en mouraient pas tous.Nous ne sommes pas malades assez souvent.Les éditorialistes, surtout, les députés, le président du comité exécutif de Montréal et quelques autres qui parlent fort devraient être hospitalisés quelque temps.Nous pourrons reparler ensuite avec eux des employés d\u2019hôpitaux.Ils sont plus de 80,000 au Québec et 65,000 d\u2019entre eux sont syndiqués.Ces derniers attendent depuis 16 mois qu\u2019on daigne négocier sérieusement avec eux.La grève des policiers et les manifestations contre le bill 63 les a malheureusement relégués au second plan.Un peu comme dans les hôpitaux où les vedettes sont les chirurgiens, les neurologues et autres spécialistes.L\u2019éditorialiste du Devoir, Vincent Prince, écrivait le 29 octobre: \u201cDans bon nombre de cas, on pourrait même dire que les salaires offerts se situent en deçà de ce que le Conseil économique du Canada a qualifié de seuil de pauvreté\u201d.On pourra constater la justesse de ces remarques en consultant le tableau que nous publions page 12.Mais M.Prince terminait: \u201cOn n\u2019a tout de même pas le droit de conclure, sans plus, qu\u2019ils (les salaires) sont injustes.\u201d L'opinion de M.Prince a ici son importance.Elle est partagée par bon nombre de parlants fort.L\u2019éditorialiste poursuivait: \u201c.il ne faut pas confondre politique salariale et politique sociale.Le gouvernement, en tant qu\u2019employeur, n\u2019a pas à verser nécessairement un salaire qui assure un niveau convenable de vie.C\u2019est pas sa politique sociale qu\u2019il doit s\u2019y appliquer.Comme employeur son seul devoir est d\u2019attribuer une rémunération juste pour un travail donné.\u201d Cette façon de raisonner n\u2019est pas nouvelle.M.Prince a écrit à peu près la même chose de la même manière lors de la grève des hôpitaux en 1966.L'autre semaine il précisait: \u201cLe gouvernement doit se comporter, en somme, comme n\u2019importe quel employeur du secteur privé.Il n\u2019a même pas à être un chef de file dans ce domaine.\u201d C\u2019est clair.Le gouvernement- employeur peut maintenir ses employés en deçà du seuil de pauvreté.Il n\u2019a pas à donner l\u2019exemple du salaire décent.Et sans doute, l\u2019éditorialiste du Devoir devrait nous éclairer là-dessus, il n\u2019a même pas à fixer un salaire minimum qui soit au-dessus du fameux seuil de pauvreté.Heureusement le gouvernement est un peu comme Dieu, c\u2019est un être en plusieurs personnes.Il est aussi l\u2019Etat-providence.Et il a alors le devoir de donner des allocations sociales aux pauvres qu\u2019il crée en refusant d\u2019être un chef de file en matière de rémunération.Ce qui revient à dire que finalement ça lui coûte aussi cher, ou à peu près, que s\u2019il donnait comme employeur un \u2018\u2018salaire qui assure un niveau convenable de vie\u201d.Tout ça finalement c\u2019est de la rhétorique, des beaux mots même pas le fun pour beaux esprits.Il y en a qui croient que le gouvernement peut exploiter ses employés.D'autres qui croient le contraire.Moi je crois le contraire.Et quelques autres aussi qui ont décidé e se syndiquer.Jacques Guay.4A / QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 COSSÉCA?TORRIEU!.Vous ASSAYEZ D'ANER L'GOUVARNMENT à COUPS D'PANCARTES ?par cE TOA.QUI COMPREND RIEN | L'BILL GOET 3 cE.VPREMIER PAS D'UNE POLITIK GL oeAL soe / QUI.PARMA- Pis.A IMMA D'NÉON vA AVOU LA PRIMOTÉ DU FRANCA] L'IMPORTANT CÉ.QU \"MONDES'COMPRENNENT.PIS PALENT FRANEA.COMME NOVUSSTES! 09 PIS.SASSERARIEN | / VOUS ETTES PAS PLUS PARLABES QV/LA GANG AU Pancems L'ASSEMBLÉE.NAGÇIGNAL | > 4 + & - .GROS, DEPUTE \u2018 LIBARTE D'CHOGSIR ' COLE DES ENFANTS.Je lis le supplément de QUE- BEC-PRESSE d'un bout à l'autre: les chroniques qui m'intéressent le plus sont \u201cLes Mots I'fun\u2019 de Pierre Maheu, \u2018L'Art de protester\u201d de Claude Jasmin et \u2018Qué- bec-Education\u201d de Jules Le- Blanc.J'ai remarqué dans le QUE- BEC-PRESSE-S no.2 une chronique intitulée \u2018Les Films au 10\", page Z0.Personnellement lorsqu'on diffuse au \u20182\u2019, au \u201c12\" ou au 6\", cela ne fait bien sûr aucune différence, un film est un film, je le regarde même si je préfère l'écran de cinéma.Cependant si vous nous parlez des films du \u201810\u2019, vous pourriez également (au moins) nous parler des films diffusés à l'émission \u201cCiné-Club\u201d le mardi soir à Radio-Canada, on y passe des films qui, je crois, valent la peine d'une mention.André Cloutier Montréal 408.Notre Société s'empresse d'abord de féliciter tous ceux qui ont eu le supréme courage de réaliser \"Québec-Presse\u2019.C'est sûrement là un défi dont nous avons besoin pour laisser s'écouler l'immense énergie dont nous sommes capables.Notre Conseil d'Administration veut marquer d'un geste symbolique son appréciation pour une telle initiative.Vous trouverez donc ci-joint un cheque de $200.00 pour deux parts sociales dans l'Association Coopérative des Editions Populaires.Sur ce, je vous prie de me croire, Votre dévoué, Nicolas Beaulieu Directeur général La Société Nationale des Québécois.Je voudrais graduellement acheter une part sociale des Publications Populaires.Ce \u2018Journal libre\u201d et de gauche m'intéresse beaucoup.Je vous fais parvenir trois chèques de $10.pour le moment.Les autres suivront en temps et lieu.Au besoin, renou- velez-moi la mémoire.Jean-Paul Robillard Saint-Laurent.C'est avec un grand intérêt que j'ai pris connaissance du premier numéro de Québec- Presse et c'est avec un vif plaisir que j'ai constaté l'intérêt que vous portiez à la section Sport en vous adjoignant par exemple un journaliste de la trempe de M.Marcel Dubé.Votre journal deviendra sans doute un des hebdomadaires les mieux cotés de la province.Robert Dugay L'Assomption, P.Q.© LE BILL MASOCHISTE Quais! .On a compris! Monsieur Bertrand et son gouver- nement sont masochistes.D'un mème geste, ils se disent les représentants d'un peuple de culture française et ils proposent une loi infâme qui garantit à une minorité (anglo- saxonne) le droit d'occuper, dominer, coloniser ce même peuple, toujours davantage, jusqu'à ce qu'il disparaisse.En d'autres mots, au nom de tous les Fran- co-Québécois, Bertrand dit aux officiers de la Puissance anglai- e: \u2018Continuez à nous faire mal; n'arrêtez pas votre invasion grandissante dans le champ de nos activités; poursuivez votre marche oppressive qui nous etouffe et nous fait tant de bien!\u201d Un premier ministre masochiste en concubinage avec une assemblée masochiste ne peut enfanter qu'un bill masochiste.En effet, le célèbre 63 joue carrément en faveur des capitalistes anglophones contre les va- lets-prolétaires que nous sommes tous.Aux yeux du monde, jamais peuple n'aura offert un spectacle de lâcheté aussi pitoyable et aberrant.Plutôt qu'une loi qui rend obligatoire l'étude du français à l'école anglaise, il aurait fallu une loi qui rende obligatoire la pratique du français à l'usine québécoise.À ce moment-là.monsieur Bertrand aurait réglé le véritable problème tout en: sauvant sa dignité ainsi que celle de son peuple.Au fait, .si notre premier ministre est ce qu'on appelle un \u201cdrop out\u201d, qu'il le soit jusqu'au bout et qu'il lâche le boyau à jeter de l'eau sur l'inondation.Nous pourrions mieux nous tirer de la catastrophe sans lui.Jean-Paul Filion, poète et ex-chansonnier, L'Ange-Gardien.Veuillez m'abonner pour deux années à ce bienfaisant et longtemps attendu Québec-Presse.Vous êtes des mages.Que nous ne connaissions plus à jamais la Grande noirceur récemment traversée.Mais il est quand même sacrement de voir dans un journal du peuple, ce pruneau de critique d'André Bertrand.C'est déprimant de penser que nous devons chaque semaine retrouver les mêmes ragots mal rapportés avec les comptes rendus inexacts de ce naïf cinéphile.Re: ce spectateur intellectuellement trop chétif- pour Jamais ne rien comprendre de la révolution culturelle du cinéma et dont participe un nombre croissant de cinéastes québé- COis.Pour ma part je ne contierai jamais rien, ni aucun élément de mes films a André Bertrand de peur que cet engourdi de \u2018\u2019critique\u2019 ne vienne tout obstruer avec ses gros pieds.Gilles Groulx St-Antoine-sur-Richelieu CE N\u2019EST PAS POWER CORPORATION QUI FINANCE QUEBEC-PRESSE C\u2019EST L\u2019ASSOCIATION COOPÉRATIVE DES PUBLICATIONS POPULAIRES qui existe grâce aux parts sociales de $100.des groupes ou des personnes membres de la FTQ, de la CSN, de la Corporation des Enseignants du Québec, des différentes coopératives, des Sociétés nationales des Québécois, des Comités ouvriers et grâce aux nombreuses autres personnes qui désirent encore au Québec une presse libre.e COMMENT PARTICIPER: ir i, DE & ment une souscription ou a faire adhé- : ¥ rer tout groupement dont vous faites = parti.4 sn OR SS, A BO cac HE ce iE nso Pour information: 374-1280 \u2018 En adhérant à l'Association coopérative ; des publications populaires; À En travaillant à faire voter démocratique: § QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 / 5A EET PYRO OTHE IP SGT PE La restructuration scolaire de Montréal (3) MISE EN TUTELLE ~~ PLUS OU MOINS DEGUISEE DE L'ENSEIGNEMENT PUBLIC MONTRÉALAIS par Jules LeBlanc Le gouvernement tentera-t-il de nouveau, à l'occasion de la prochaine loi sur la restructuration scolaire de Montréal, d'imposer sa mainmise sur tout l'enseignement public (élémentaire et secondaire) de la métropole?Si oui.procédera-t-il à une espèce de mise en tutelle déguisée ou aura-t-il recours à des moyens plus indirects et plus subtils mais presque aussi efficaces?On s'attend que la loi établira une période de transition en vue de réaliser ta mise en place des nouvelles structures administratives.Comment seront nommées les personnes qui composeront ce régime de transition?Québec s'assurera-t-il le contrôle en nommant ou en faisant nommer des \u2018hommes de paille\u201d, pantins qui auront l\u2019avantage marqué d'être en place lorsque la période de transition sera écoulée?Ou encore imposera-t-il au futur Conseil scolaire de l'île de Montréal la nécessité de recevoir l'approbation du ministre de I'Education pour toutes ses décisions importantes?Le taux de la taxe scolaire sera-t-il laissé entièrement aux responsables montréalais ou devra-t-il être accepté sinon directement fixé par Québec?Quel régime de subventions sera établi et de quelles conditions sera assorti ce régime?Bref, tant dans les questions pédagogiques que dans les domaines administratif et financier, de quelle marge de jeu bénéficiera l'éventuel organisme scolaire métropolitain face à Québec?TOUR DE PASSE-PASSE?Peu de gens jusqu'ici semblent se préoccuper de cet aspect pourtant névralgique de la réorganisation des structures administratives de l'enseignement public sur l'île de Montréal.L'attention et les énergies sont mobilisées sur l'\u2019intégration des Néo-Québécois et le statut du français dans les écoles de Montréal.Ce phénomène, qui est tout à fait normal dans les circonstances, est accentué par le débat qui entoure le bill 63.Mais pendant que tout le monde regarde ailleurs, l'autonomie de l\u2019enseignement public mon- tréalais \u2014 et certains autres aspects plutôt techniques mais importants de la restructuration scolaire \u2014 risque de glisser entre les mains de Québec.L'occasion est belle pour le gouvernement de passer, sous le manteau de la restructuration, quelques \u2018\u2019sapins\u2019\u2019 de tailie.La tentation est d'autant plus grande pour lui qu'on peut prévoir que les structures administratives qui seront mises en place à Montréal serviront probablement de modèles par la suite à l'ensemble du Québec.UN GATEAU ALLÉCHANT Cette hypothèse n'est pas une simple vue de l'esprit: le gouvernement de l'Union nationale a déjà succombé à cette tentation au début de l\u2019été 1967, alors que le premier ministre actuel, M.Jean-Jacques Bertrand, était ministre de l'Education.Sous le projet de loi 67.Québec a alors tenté de prendre solidement en mains la plus importante commission scolaire du Québec, soit la Commission des écoles catholiques de Montréal.Obligé de retraiter devant l\u2019opposition farouche que son projet de loi a suscitée, le gouvernement n'a pas cédé pour autænt: il a nommé quelques-unes de ses \u2018créatures\u2019 à la C.E.C.M., s'assurant ainsi presque automatiquement la majorité des votes sur toute question importante.Québec va-t-il récidiver ?Le gâteau, en tout cas, est particulièrement aliechant: un budget annuel qui dépassera les 200 millions de dollars d'ici quelques années; un programme de construction d'écoles de plus de 200 millions de dollars à réaliser d'ici moins de cinq ans; plus de 20 p.cent des élèves et des professeurs du secteur élémentaire et secondaire public, soit près de 400,000 élèves et plus de 15,000 enseignants.6A / QUEBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 SIMPLES SUCCURSALES?Il n'y a pas seulement les pouvoirs du Conseil scolaire de l'île de Montréal face au gouvernement: il y a aussi les pouvoirs de l'organisme métropolitain au regard de ceux des commissions scolaires.Ce nouvel organisme métropolitain aura-t-il les outils requis pour jouer le rôle de coordination et de planification que le rapport Parent et le rapport Fa- gé lui conferent?L'umtormisation de {'évaluation foncière, l'établissement des taux de taxes scolaires, l'approbation des budgets des commissions scolaires, la propriété des écoles et le contrôle direct sur toutes les constructions d'écoles, l\u2019organisation de tous les services qui peuvent être offerts de façon plus économique et plus efficace au niveau métropolitain, \u2014 tous ces domaines re- lèveront-ils ou non du conseil scolaire de l'île?Dans une telle éventualité, quelles fonctions précises seront assumées par les commissions scolaires?Celles-ci seront-elles des organismes dotés de pouvoirs réels ou simplement des succursales de l'organisme métropolitain?Leur rôle sera-t-il exclusivement d'ordre pédagogique (organisation scolaire, programmes d'études.etc.)?TERRITOIRE RESTREINT?Ceci ouvre la porte à une autre question délicate: combien faut-il implanter de commissions scolaires à travers l'île: sept comme le recommande le rapport Parent, 13 comme le préconise le rapport Pagé ou deux?On rencontre deux grandes tendances à ce sujet.Ou bien, on implante un Conseil métropolitain très fort avec des commissions scolaires nombreuses, couvrant un territoire restreint.Ces commissions scolaires ont l'avantage d'être assez rapprochées des parents et des élèves, mais elles sont démunies: leur bassin de population ne leur permet pas de recruter les ressources humaines que requiert l'exercice efficace de pouvoirs réels dans plusieurs domaines.Ou bien, on met en place un conseil métropolitain assez fort et des commissions scolaires assez fortes elles aussi.Ces commissions scolaires sont alors peu nombreuses et couvrent un territoire assez vaste.Elles sontplus éloignées des parents et des élèves mais, en revanche, elles ont des pouvoirs réels et qu'elles sont en mesure d'assumer.Est-il possible de concilier ces deux tendances?Sur le papier, assurément.Mais, dans la pratique, on voit mal comment cela se concrétiserait: cette conciliation aurait de fortes chances de n'être rien d'autre qu'un leurre.(à suivre) Lettre ouverte à M.Claude Ryan BATIR L\u2019ÉTAT FRANCAIS DU QUÉBEC DANS LA NON-VIOLENCE par André Dagenais Membre de la Commission générale des Etats généraux du Canada français président du Conseil québécois de la légitimité nationale.Monsieur le Directeur du Devoir, J'ai plaisir à préciser pour vous, aujourd\u2019hui, la conception politique qui m'anime.D'une part, la légalité anglaise qui régit la Province britannique de Québec est une légalité violente et oppressive qui conduira sous peu, si elle n'est pas \u201ccontrée\u2019\u2019, au génocide de la nation québécoise; et d'autre part, la violence physique contre la propriété ou les personnes ne constitue, ni en théorie, ni en pratique; une bonne voie du redressement national nécessaire.Le malheur, voyez-vous, M.Ryan, c\u2019est que les politiciens, matérialistes qui s'ignorent, font du \u2018\u2018fonctionalisme\u201d\u2019 au sujet de la patrie québécoise; à Ottawa, on croit déjà enterrer (\u2018Il n'y a pas, a dit Trudeau, de problème du Québec.) un peuple \u201cavorté\u201d, au nom d'une \u201cpolitique fonctionnelle\u201d; et à Québec, les termes manquent pour qualifier convenablement la médiocrité et l\u2019insignifiance de certains hommes politiques qui se comportent en fonctionnaires britanniques.Valets dans l'âme, ils reçoivent leurs ordres de la ploutocratie dominante.Il leur faut une direction étrangère.\u201cLa Couronne s'en charge\u201d, a expliqué l\u2019un d'eux.Selon ce fonctionalisme anti-humain, les politiciens ont décidé que le Québec a une \u201cplace\u2019\u2019, dixième province dans un ensemble impérialiste dont Ottawa a la gouverne, par suite de l'héritage de Londres; et que Québec a une \u2018\u2018fonction\u2019, celle de subalterne en tout, car les \u201cexclusivités\u201d dont parlait l'article 92 constituent une risée sur papier.Le sens de l'Histoire Selon l'Histoire, marche concrète de l'Homme dans le temps, le Québec est, par nature, de famille française.Celui qui ne sait pas cela, cher monsieur Ryan, manque du sens de l'Histoire et travaille à faire mourir l'Homme québécois.I! manque aussi du sens des Amériques.En vertu de quelle absurdité, de quel non-sens inhumain, la Nouvelle-France américaine n\u2019aurait-elle pas le droit naturel de se constituer en Etat français, quand 19 Républiques hispaniques sont nées d'Espagne, le Brésil continue le Portugal, et les Etats-Unis, l'Angleterre?Lionel Groulx, dont la stature couvre de son ombre plusieurs générations, a bien enseigné l'Histoire du Canada français et de l'Amérique française.Dans ses \u2018Chemins de l\u2019Avenir\u201d, il envisageait que la jeunesse québécoise bâtirait enfin \u2018notre Etat Français\".Il l'espérait.Laissez-moi vous dire, M.Ryan, qu\u2019il n\u2019y aura éventuellement une \"Communauté canadienne\u201d de culture anglo-française, (l'Empire \u2018\u2018canadian\u201d actuel n\u2019est pas une Communauté, et encore moins une nation, \u2026) que s\u2019il y a d\u2019abord un Québec Libre et Français! Sauvagerie ou constituante Vous avez entendu parler de Jean-Jacques Rousseau, de l'état de nature et du Contrat social\u2026 Serez-vous étonné si je vous dis que notre nation n\u2019a pas encore signé son \u2018Contrat social\u201d?Nous vivons en l'état de sauvagerie politique, et cette sauvagerie, - qui rend, selon les psychiatres, le Québec plus névrosé que l'Ontario, - n'est pas fort heureuse.Je ne suis pas rousseauiste.Mais force est de constater que notre peuple ne s'est jamais \u2018\u2018constitué\u201d\u2019 politiquement lui-même; qu\u2019il n\u2019a pas, dans une Constituante québécoise, signé sa propre \"Constitution personnelle\u201d; et qu'il est urgent, en toute humanité, de sortir de \"l'état de nature\u2019 pour émerger enfin, si en retard après d'autres, à l'état politico-social d'une \u201cPersonne nationale libre\u201d.Ne me parlez pas, M.Ryan, de la simili-constitution interne à venir dont se gargarise, par intermittences, M.Jean-Jacques Bertrand.Ce serait de \"humour noir.Cette mini-constitution, non élaborée par une vraie constituante et délimitée par l\u2019Acte anglais de 1867, à moins que ce ne le soit tout simplement par la dictature d'Ottawa, ne constituerait aucunement notre \u2018Contrat social\u201d.Une constituante est globale, ou elle n'est pas.T4 En attendant cette constituante, les résolutions des Etats généraux du Canada français, lesquelles rejoignent, dans leur ensemble, le droit naturel de notre peuple, disent\u2019 la légitimité québécoise.Le droit naturel du Québec Soulignons en passant qu'il n'y a pas de distinction stricte entre la nation ca- nadienne-française et la nation québécoise.C'est la même! Cette nation rayonne sur le territoire appelé Canada.Son cadre politique personnel, selon son histoire \u201cnaturelle\u201d, c'est Québec, dont la capitale (caput: tête) remonte à Champlain; c\u2019est le Bas-Canada; c\u2019est le \u2018corps québécois\u201d, à l'intégrité duquel nous avons droit, si notre \"ame nationale\u201d doit vivre; et ceux qui ne souffrent pas d'angélisme le comprennent.__, La légitimité, c'est d\u2019abord le droit naturel d'un peupie.En 1760, il y avait déjà la \"Civilisation de Nouvelle-France\u201d.Or en 1967, nous n'avons pas encore ''notre Etat français\u201d! Mais il n\u2019y a pas de droit contre le droit, pas de droit positif contre le droit naturel, et pas de droits des minorités linguistiques contre les.droits naturels d'une majorité constituant une nation bien identifiée.La légitimité, c\u2019est encore l'expression, dans une constituante globale, de la volonté populaire.Est-ce que, parmi vos livres, cher monsieur Ryan, il en est un qui raconte comment, un jour, la Nation Québécoise s\u2019est ainsi exprimée?Par une constituante souveraine, confirmée par un référendum populaire subséquent?Ii n\u2019y a pas de ditemme! La Ligue pour l'intégration scolaire (L.I.S.), chacun le sait, recherche un Québec français par l\u2019école publique française pour tous, avec un bon enseignement de l'anglais et des accommodements divers, par exemple au niveau des polyvalentes.- De son côté, le Parti Québécois prône que le français sera la langue du Québec, en proposant des modalités scolaires particulières pour les anglophones.D'une manière plus générale.vraiment nationale, les Etats généraux du Canada français ont statué que \"Le Québec doit établir le français comme seule langue officielle dans les organismes qui relèvent directement ou indirectement de son autorité: ministères, régies, sociétés d'Etat, conseils municipaux, commissions scolaires, etc.\u201d Le problème scolaire québécois étant porté, grâce à Dieu, à la conscience publique, le ministre de l'Education, monsieur Jean-Guy Cardinal, a accordé au Star, de Montréal, une longue entrevue durant laquelle Îl va et vient, pour n'aboutir à rien.Il parle d\u2019un \u2018dilemme partait\u201d.Eh bien, il faut affirmer le contraire: Objectivement il n'y a pas de dilemme! Ceux-là s\u2019en fabriquent un qui acceptent qu\u2019une légalité oppressive demeure indéfiniment, du moins jusqu\u2019à l\u2019asphyxie complète de la Nation Québécoise.Dans un Etat Français légitime, il doit y avoir, c\u2019est évident, un système public français pour tous, indépendamment de l'origine, de la religion et de la race.Et cette conception - j'espère que vous le comprenez, - est le contraire même du racisme, cela même que pratiquent de nombreux Etats civilisés d'Amérique et d'Europe.À partir de ce principe clair, des accommodements sont possibles, et\u2018 il n\u2019y à plus de dilemme! : à suivre ÉCRIVEZ À PASCAU __ Tous les jours de semaine, à C.K.L.M., les auditeurs échangent avec moi des opinions sur l'actualité.Je me suis souvent dit que si nos dirigeants politiques écoutaient cette émission, ils changeraient souvent de fa- con de penser.Au siécle ou nous vivons, la population éprouve un besoin de plus en plus urgent de participer a tout ce qui se passe autour d'elle, et tout individu, peu importe son niveau d'instruction ou sa culture académique, a quelque chose à dire.Son opinion compte et on doit la retenir.C\u2019est afin de rendre cette participation encore plus efficace que j'ai accepté de faire chaque semaine, dans QUEBEC-PRES- SE, une synthése de mes émis- \u2018sions quotidiennes à C.K.L.M.Je serais incapable de dire si les opinions exprimées dans cette chronique sont les miennes ou celles des auditeurs.Les idées se croisent dans un échange continuel, même si les points de vue sont souvent différents.Pour poursuivre, jusqu'à un certain point, l'esprit de mon émission, il serait souhaitable que les lecteurs m'écrivent pour me faire part de leurs opinions.Nous publierons ces lettres ici et J'y répondrai.Ainsi s\u2019établira peut-être une nouvelle forme de participation très intéressante.Envoyez vos lettres à Pierre Pascau, C.K.LM., 1184 ouest, rue Ste-Catherine; MONTREAL.SAULNIER ET LA POLICE Après avoir débrouillé ses affaires avec le syndicat des pompiers et des policiers, M.Saulnier a demandé à la population d'oublier le terrible mardi 7 octobre.Mais justement, il ne faut pas que nous oubliions cette tragédie.Qui nous dit que l'avenir ne nous réserve pas d'autres aventures du même genre?Est- ce qu'on va se laisser prendre encore une fois par surprise?ET LES AUGMENTATIONS?M.Saulnier a d'abord dit aux : pompiers et aux policiers que ses offres étaient finales et qu'il n'avait pas les moyens de leur donner plus d'argent.Un arbitre (impartial) est venu confirmer son verdict.Les policiers se sont révoltés, l'anarchie a régné à Montréal, et tout d'un coup ils ont obtenu la parité proportionnelle avec leurs collègues de Toronto.Est-ce que tout cela ne vous paraît pas un peu étrange?Moi, si.Ou l'arbitre était impartial, ou il ne l'était pas.Ou les offres de M.Saulnier étaient finales, ou elles ne l'étaient pas.Ou la municipalité n'avait pas les moyens de payer plus, ou elle les avait.Et la façon dont la ville a cédé aux pressions des policiers me renverse.D'habitude, quand on enfreint la loi, on est puni.Mais quand les policiers ont enfreint la loi en se mettant en grève illégalement, non seulement ils n'ont pas été punis, mais on les a récompensés par une augmentation de salaire inespérée.Vous trouvez que c'est juste?Moi, pas.LE BILL 63 JI n'y a sûrement plus un seul Québécois qui n\u2019a pas entendu parler de ce fameux projet de loi.Ila fait les frais de toutes les conversations pendant la semaine.Plusieurs des opinions exprimées auraient même pu faire l'objet de mémoires à la commission Gendron sur le statut de 2 la langue.LES ÉCOLES ANGLAISES Le bill 63 institue l'enseignement en français pour tous les Québécois, mais accorde l'enseignement en anglais à tous ceux qui en feront la demande, sans distinction de religion ou autre.Dans ces écoles anglaises on devra donner aux élèves une connaissance pratique du français et M.Cardinal a même précisé que le français pourra représenter un maximum de 40 p.cent de l'enseignement total.Par contre, il ne garantit pas l'excellence de l'enseignement de l\u2019an- Le but réel du bill 63 est la reconnaissance des droits de la minorité anglophone glais dans les écoles frangaises.Les parents réalistes se trouvent pris dans un dilemme.Ils savent parfaitement, et des enquêtes sérieuses l'ont prouvé, que l'anglais est la langue des affaires au Québec.Si leurs enfants ne parlent pas parfaitement cette langue, 1ls risquent d'être limités dans leur avancement.Les parents peuvent donc se demander si, en envoyant leurs enfants dans des écoles françaises, ils ne leur enlévent pas certaines chances de succès dans la vie.Par contre, dans les écoles anglaises, ces mêmes enfants pourront mettre tous les atouts dans leur jeu, y compris le français qu'ils apprendront correctement.De nombreuses personnes menacent, si le bill 63 prend force de loi, de réclamer des classes anglaises pour leurs enfants.Le ministre de l'Éducation, lié par la loi qu'il a lui-même présentée, sera obligé d'accéder à leur demande.LES DROITS DES MINORITÉS La minorité anglophone du Québec réclame depuis le début de l'affaire de Saint-Léonard, au printemps 1968, le droit de choisir la langue d'enseignement pour ses enfants.Le but réel du bill 63 est la reconnaissance de ce droit, et on le conteste.Nous avons tous beaucoup de droits dans la vie: droit de manger a notre faim, d'être bien logés, d\u2019avoir des loisirs, d'être beaux, heureux etc.etc.Un simple coup d'oeil autour de nous suffit à nous convaincre que tous ces droits ne sont pas respectés.Un droit n'est pas absolu et la société ne le respecte que dans la mesure du possible.Les droits des puissants et des riches sont mieux respectés que ceux des faibles et des pauvres.Les parents anglophones ont sans doute le droit de faire instruire leurs enfants dans la langue de leur choix, mais dans quelle mesure l'Etat a-t-il le devoir de faire respecter ce droit?C\u2019est ici qu'il serait nécessaire d'établir une sorte d'échelle des valeurs des droits individuels, ou une liste des priorités dans ce domaine.Par le bill 63, le gouvernement du Québec fait passer le droit des parents anglophones avant presque tous les autres droits linguistiques, notamment avant le droft des Québécois francophones de travailler dans leur langue.Question de priorités sans doute, priorités.\u2018électorales\u2019?LE PROBLEME DE LA LANGUE Plus on examine les implications du bill 63, plus on se rend compte que le problème de la langue française est un problème global.!! faut l\u2019aborder dans son ensemble, car il se ramifie dans tous les secteurs de la vie québécoise.En réglementant d'abord le statut de la langue française dans le domaine de l'enseignement, on met peut-être la charrue avant les boeufs.Ne serait- il pas plus logique de s'attaquer d'abord aux problèmes de la langue de travail?Les problèmes dans ce secteur ne sont-ils pas influencés par des facteurs économiques et sociaux?Quelle incidence des changements d'orientation linguistique peuvent- ils avoir sur les investissements dont nous avons, paraît-il, tant besoin?Dans quel sens doit-on orienter l'immigration afin qu'elle s'intègre dans le plan den- .semble?Ce sont là des questions qui viennent spontanément à l'esprit; il y en a certainement beaucoup d'autres.On doit les étudier toutes avant de prendre des mesures pour améliorer la situation de la langue française au Québec.La commission Gendron ena été chargée.LA COMMISSION GENDRON On a accusé le gouvernement québécois d'avoir créé cette commission pour l'utiliser comme un paravent, d'abord à la présentation de l'ancien bill 85, et actuellement pour le bill 63 Une étude sur le statut de la langue française au Québec est nécessaire; non pas pour découvrir si cette langue est menacée, puisc'ie tout indique qu'elle l'est, (nais pour fournir à la population et au gouvernement toutes les données nécessaires afin de la promouvoir.M.Claude Ryan a demandé que le gouvernement décrète le statu quo linguistique en attendant le rapport Gendron.ll a parfaitement raison.Trop de choses dépendent de l'avenir de la langue française au Québec pour qu'on se risque à improviser dans ce domaine.Le statu quo renforcerait le prestige de la commission, et pourrait encourager les Francophones à présenter plus de mémoires.On pourrait même envisager d'accorder aux commissaires plus de pouvoirs qu'ils n'en ont actuellement, afin qu'ils puissent élargir leurs études.Tout cela ferait du rapport Gendron une base solide de discussion, qui pourrait aboutir éventuellement à un référendum sur la langue.L'INTRANSIGEANCE MINISTERIELLE Un peuple, s'il est moindrement alerte, n'est jamais unanime dans ses opinions.Un projet de loi sur un sujet aussi grave que la langue française provoque inévitablement des opinions diverses.Or le premier ministre Bertrand, dès le premier jour, a clairement indiqué qu\u2019il n'était pas disposé à le modifier.Il voulait le faire adopter tel quel, et vite.C'était sans doute son droit, au sens strict du mot, puisque l\u2019Union nationale a remporté la majorité des sièges aux dernières élections.Mais la démocratie est-elle seulement une question de lois et de règlements?Toutes les lois sont-elles moralement égales?M.Bertrand a justifié son intransigeance par le fait que le principe du bill 63 est contenu dans une phrase du dernier programme électorai de l'Union nationale.Pourtant, les élections générales de 1966 n'étaient pas un référendum.Et peu de votants, en se prononçant pour tel ou tel candidat ou parti, connaissaient exactement tous les articles de son programme.lls n'approuvaient donc pas nécessairement toutes les lois qui pouvaient être dérivées de toutes les phrases du dit programme.L\u2019ARGUMENT DE JEAN-NOEL TREMBLAY Le ministre des Affaires culturelles a fait reposer l'intransigeance de son gouvernement sur un argument fort original.Il se réfère au défunt bill 85 pour rappeler le comité parlementaire qui avait été créé à cette occasion.Il déclare que ce comité a déjà entendu tous les arguments possibles, et des plus extrémistes, et qu'il n'est pas utile de renouveler l'expérience.Le ministre manque de logique.S'il veut parler du bill 85, qu'il aille jusqu'au bout de son argument.Qu'il se souvienne que les objections apportées au comité parlementaire ont été jugées assez sérieuses et assez valables pour faire capituler le gouvernement.A-t-il peur de devoir reculer à nouveau devant les mêmes arguments, et préfère-t-il ne pas les entendre?QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 / 7A 3 A B i3 j H ; à q ; E a B L'étude de la sexualité est un phénomène relativement récent.Alors qu'auparavant on refusait systématiquement de regarder en face cet aspect de la vie humaine, aujourd\u2019hui on cherche à devenir toujours plus informé dans ce domaine.Personnellement, j'ai déjà fe.rep EATS tenté de contribuer à l\u2019information populaire en publiant quatre volumes d\u2019un Cours de sexologie; il s\u2019agit cependant d\u2019un travail inachevé que je compléterai durant les prochains mois ici-même dans cette chronique.Les sujets de sexologie alterneront avec d\u2019autres thèmes.LES PROBLÈMES DU COUPLE Les relations sexuelles constituent une forme importante d'échange entre les deux individus du couple.Il arrive souvent que des tensions naissent a ce sujet: à cause de l'incapacité d'avoir des rapports, à cause de la volonté de l'un de s'en abstenir, leur fréquence ne se réalise pas toujours selon les volontés des deux.Il existe une autre catégorie de problèmes dans lesquels l'obstacle à l'épanouissement ne réside plus dans le nombre des échanges, mais dans la façon de les effectuer: le sadisme, la masochisme et le fétichisme posent à certains couples des problèmes majeurs.On qualifie souvent ces comportements de déviations sexuelles.Les relations anales sont aussi considérées par certains comme une déviation; d'autres, les expliquent par des circonstances vécues par le couple.DÉVIATION OU EXAGÉRATION Avant de nous lancer dans l'étude d\u2019une première déviation, il importe de clarifier ce terme.Dévier signifie s'écarter du chemin; on veut donc indiquer, en parlant des déviations, qu'il s'agirait d'un écart du comportement sexuel normal.Nous avons pu voir antérieurement (1) à quel point la normalité était bien relative, dans le domaine sexuel.Ce qu'on qualifie de déviation n'échappe pas à cette loi: même si les pratiques qualifiées de \u2018\u2019déviationnistes\u201d\u2019 ne sont pas le propre de la majorité des individus, elles trouvent leurs racines dans l'humain.Mais alors que chez la plupart les tendances dites \u2018\u2019déviantes\u201d ne s'expriment que faiblement, influençant sans doute les comportements, mais dans une me-, sure acceptable, chez certains ces penchants prennent le dessus et provoquent des comportements jugés étranges, tellement ils s'éloignent parfois de ce qu'on est habitué de-voir.Dans quelques cas, la distance\u2019 avec la sexualité habituelle est si grande qu'un tel comportement devient véritablement aberrant, au risque de nuire aux individus qui entourent l'individu ainsi touché.La limite entre l'acceptable et 8A / QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 l'inacceptable, dans le comportement des gens atteints de déviation'', est extrêmement difficile à établir.Là encore il faut recourir au critère de mutualité: la sexualité étant vécue à deux, les limites à ne pas outrepasser seront davantage définies par le partenaire que par une régie arbitraire extérieure, sauf évidemment dans les cas ou d'autres PLAISIR i on a bd es individus de la société se trouvent mis en danger par le comportement amené par la déviation.En somme, et cela nous apparaîtra d'une manière beaucoup plus évidente au cours de notre étude de chaque type de déviation, les conduites sexuelles aberrantes sont bien plus des exagérations de tendances uniI- ET DOULEUR On dit souvent que le plaisir et la douleur sont très près l'un de l'autre.Ceci s'applique certainement aux relations sexuelles, car qu'est l'échange sexuel sinon une volonté mutuelle de co-pénétration intense et profonde qui se rapproche étrangement de l'agression?Sans le contexte spécial dans lequel se déroulent les rapports sexuels, les gestes qui constituent l'échange deviendraient vite douloureux.Les morsures et autres caresses passionnées laissent souvent des ecchymoses, pourtant elles n\u2019amenaient aucune douleur pendant qu'elles étaient infligées.L'élément de violence physique qui est une composante habituelle du rapport sexuel prend, dans certains cas, une envergure démesurée: du côté, le besoin de faire violence et de provoquer la douleur peut s'exagérer, et c'est le sadisme; de l'autre, la volonté de souffrir et de se faire maltraiter peut prendre des dimensions inhabituelles, et c'est le masochisme.Fort souvent, les deux tendances se retrouvent chez le même individu.On parle de sadisme ou de masochisme quand l'élément douleur prend une valeur telle qu'il devient une nécessité pour la satisfaction sexuelle.Le premier terme est dérivé du nom du marquis de Sade, qui L'ENFANCE Sadisme et masochisme sont fréquents.De temps à autre on met à jour un réseau profes- sionnei de maîtres à torture: le dernier découvert aux Etats- Unis, il y a quelques années, impliquait des gens extréme- ment haut placés dans la société.Le sadique ne veut pas seulement faire souffrir.il veut subjuguer totalement le partenaire, le mettre à sa merci et le rendre impuissant.Il n'inflige pas la douleur pour voir souffrir seulement, mais pour dominer.D'où l'usage fréquent de chaînes et autres moyens de lier.Quant au masochiste, c\u2019est l'attitude inverse qu'il adopte: il cherche à être réduit en esclavage, à trouver un maître qui lui fasse sentir sa domination.De tels besoins trouvent leur source dans l'enfance.La naissance place l'être humain dans une situation de totale dépendance: il doit tout attendre de ses parents.En vieillissant, l'enfant doit progressivement tenter de se libérer de ces liens qui l'attachent aux parents: il lui faut conquérir son indépendance pour arriver à vivre seul, loin de ceux qui lui ont donné le jour.Cet affranchissement ne se fera pas sans tiraillements ni conflits: la dépendance dure longtemps, et elle fournit des gratifications certaines, dont celle de ne pas avoir à prendre de responsabilités.Par contre, l'indépendance s'acquiert grâce au rejet de quelques habitudes, par suite d'une volonté de dominer d'une certaine facon l'entourage.Le besoin d'affirmer sa suprématie peut être transporté dans l'âge adulte, et expliquer un comportement sadique.De par la nature des rapports sexuels, le sadisme s'adapte mieux au comportement masculin qu'au féminin; dans le coit, c'est l'homme qui doit pénétrer, c'est lui qui joue le rôle plus actif.D'ailleurs, sa réussite sociale exige plus souvent qu'il acquière son indépendance et qu'il maîtrise les situations et .les hommes.Quant à la femme, il lui est plus facile de demeurer dépendante: l'union sexuelle peut s'accomplir sans aucune collaboration de sa part, sinon la soumission, et socialement, elle peut quitter la dépendance parentale pour la maritale.Ces inclinations n'indiquent pas CONSEQUENCES En général, le sadique ou le masochiste satisfont leurs goûts d'une manière qui demeure acceptable au partenaire.Assez souvent, les tendances sont refoulées par crainte des réactions du conjoint: pour satisfaire ses goûts, le sadique ou le masochiste recherche alors des occasions spéciales, ayant volontiers recours à des prostituées ou à des réseaux spécialement organisés.Parfois, les tendances se manifestent dans le couple même, dépassant les bornes de ce que le conjoint peut accepter.C'est surtout alors qu'on a recours a une consultation.Que peut faire un psychiatre avec un cas de sadisme ou de x 3 # 1 5 i verselles que des fantaisies d'individus tarés.Et là encore, il faudra reconnaître très souvent l'influence des événements et conflits vécus dans l'enfance, et surtout de la façon de résoudre ces conflits.La morale, qui a trop souvent tendance à se substituer à la compréhension, n'a donc rien à faire dans une étude des déviations.vécut vers la fin du XVIIIè siècle.Les écrits de Sade foisonnent de récits fantaisistes d'érotisme avec infliction de douleur.La popularité de ces écrits démontre bien à quel point ce comportement trouve des résonances chez nombre d'individus.Quant au masochisme, il tire son nom d'un médecin autrichien.le docteur Léopold Ritter Sacher- Masoch, qui vécut au XIXè siècle, et qui écrivit plusieurs romans où l'un des héros adopte une attitude de soumission aveugle à un partenaire cruel et sensuel.Nommés à partir de ces deux auteurs, ces comportements ne sont pas nés avec eux.Nombre de descriptions antérieures existent.que l'un ou l\u2019autre comportement soient l'apanage exclusif d'un sexe: mais il faut constater que le sadisme se retrouve plus souvent chez l'homme, et la masochisme chez la femme.La femme sadique devra assumer un rôle actif dans le rapport sexuel qui lui sera surtout possible dans l'homosexualité.Quant à l'homme masochiste.il lui sera plus facile de satisfaire ses tendances avec une femme dominatrice.On trouve aussi d'autres ral- sons qui peuvent pousser vers l'un ou l'autre comportement.Par exemple, le masochiste peut être un individu qui a mal assumé sa sexualité et qui voit le rapport sexuel comme une activité mauvaise.Quand il peut ajouter à l'union sexuelle un élément de souffrance, il a l'impression de racheter la faute qu'il commet alors, et il peut activer une satisfaction de ce qui, autrement, lui aurait été interdit.De même, le sadique peut manquer d'assurance en lui, et par la suprématie qu'il s'assure en dominant totalement le partenaire et en le mettant à sa merci, il vainc cette idée d'\u2019infériorité qu'il a de lui-même.masochisme?A court terme, il ne faut pas attendre des résultats très rapides.Nous l'avons vu, de telles tendarices originent de l'enfance, et nécessiteront de longue psychothérapie pour se résorber.(1) Voir l'introduction du tome lv du Cours de sexologie (Edition di Jour, 1969). LE CHÔMAGE POURQUOI ?(1) Une enquête de Roger Lecourt, André Messier, Pierre Robert LE TRAVAIL UN PRIVILEGE _Depuis quelques années le Québec, non seulement bat tous les records de chômage au Canada, mais bat aussi ses propres records en la matière d\u2019une année à l\u2019autre.Devant cette situation on commence à croire que le travail est en passe de devenir un privilège.\u2018\u2019Avoir un bon boss et une job steady\", est-ce la limite des ambitions que le contexte actuel permet d'avoir?LE DROIT AU TRAVAIL Au lendemain de ia crise économique des années 30, le monde ouvrier, syndicats en tête, réclamait énergiquement le droit au travail.Chaque homme devait pouvoir gagner sa vie, se rendre et surtout se sentir utile, face à lui-même et à la société.Car un homme sans travail est condamné à la dépendance et à la marginalité; il devient un parasite de la société et ne peut même plus se réclamer de la fierté la plus élémentaire qui soit: celle de subvenir à ses propres besoins et à ceux de sa famille.Donc peu à peu la conception change, les dirigeants acceptent, du moins en principe, que la société doit fournir à chaque homme un travail.Depuis 1946 le gouvernement canadien reconnait qu\u2019il doit essayer de maintenir le plein emploi.Aux Etats-Unis la responsabilité de l'Etat en la matière est reconnue explicitement par l\"\u201cEmployment Act\u201d de 1946.UNE PÉRIODE DE PROSPÉRITÉ Si en théorie on reconnaît le droit au travail, en pratique on est loin d'appliquer ce principe.C'est du moins ce que l'on est tenté de conclure en regardant les taux actuels de chômage.La situation n\u2019est peut-être que temporaire et se corrigera sous peu.Quelle est l'opinion de certains experts sur le sujet?Selon le dernier rapport du Conseil économique du Canada, notre pays entre dans une période de prospérité et les choses devraient aller pour le mieux.D\u2019autres, moins optimistes, tel l'économiste américain Killingsworth, prévoient que le chômage va aller s'accentuant en Amérique du Nord pour atteindre des taux aussi élevés que 20 ou 25%.Qui a raison, sur quoi doit-on se baser pour porter un jugement?Il est presque impossible de répondre catégoriquement à ces questions.Deux faits peuvent cependant éclairer le débat.hd CINQ MILLIONS DE NOUVEAUX EMPLOIS En premier lieu il est intéressant de voir que le Canada a un taux de croissance de la main-d'oeuvre active plus élevé que tout autre pays industrialisé.Durant les années 1965-80 le pourcentage d'accroissement de la population active sera de 49.5 n.cent, comparativement à 29.5 p.cent aux Etats-Unis, 4.4 p.cent en Angleterre et - 0.3 p.cent en Suède.En termes d'emplois, ceci veut dire qu'il faut créer 5 millions de nouveaux emplois d'ici quinze ans.Cet accroissement commence en 1965 et c'est vers la même période que le taux de chômage a commencé à se maintenir à un niveau élevé.S'agit-il d'une cdincidence?En second lieu il faut rappeler un fait qui est plus près de nous: la contestation dans les CEGEP l'an dernier.La crainte de ne pouvoir trouver de débouchés sur le marché du travail est un des facteurs à l\u2019origine du sentiment d'insécurité qui a donné naissance aux occupations.Il ne faut pas oublier de plus que le problème n\u2019aurait pas dû se poser.En effet seulement 30 p.cent des étudiants avaient choisi le secteur professionnel alors que l'on en prévoyait 70 p.cent.Que serait-il arrivé si les prévisions avaient été exactes?ll n'est pas aussi facile de créer des industries que de créer une seconde université pour absorber les diplômés de CEGEP.LA PLANIFICATION Ces deux faits nous amènent à répéter la question posée au début: \"Le travail est-il en passe de devenir un privilège qui ne sera accordé qu'à une minorité?\u201d Ceux qui vivent en marge de la société, assistés sociaux, chômeurs, etc, verront- ils leurs rangs s'agrandir?Si on veut que la situation soit corrigée, il faut que toute action future s'inscrive dans un contexte de planification.Comme le dit le Chanoine Jacques Grand'Maison: \u2018On n'en sortira jamais sans une politique de développement intégral qui établit les rapports dynamiques entre les trois principaux pôles, le savoir, le pouvoir et l'avoir; l'éducation, la politique et l\u2019économie\u2019\u201d\" (1) (1) J.Grand'Maison, Vers un Nouveau Pouvoir, HMH, Montréal, 1969, p.11 ir maman.DROIT] M T'RAVAI BEC AUX a CAPITALE DU CHÔMAGE * En août 1969, le Québec compte 43.3 p.cent de tous les chômeurs du Canada.ainsi.on signale 138,000 chômeurs au Québec et 318,000 dans tout le anada.* Les statistiques de mars 1969 indiquaient que 432,000 personnes sont en chômage au Canada.Plus de 180,000 chômeurs sont des Québécois.* Les jeunes de 14 et 19 ans sont les plus touchés par le chômage au Canada.fs constituent 12 p.cent des chômeurs.* Bien que le Québec compte plus de 43 p.cent des chômeurs du pays, les chômeurs de notre province reçoivent à peine 33 p.cent des indemnités payées par l'Assurance-Chômage.Cette Assurance-Chômage coûte plus de 30,000,000 dollars a chaque mois au gouvernement canadien.\u201d Le taux de chômage donné par les statistiques fédérales est un faible | .ice de la situation réelle.Ainsi, un individu qui a travaillé pendant au moins une heure, au cours du mois où se fait l'enquête, n'est pas considéré comme étant chômeur.: * De plus, pour être considéré comme étant chômeur, il faut avoir cherché activement du travail.Tous ceux qui.après avoir exploré toutes les possibilités d'emplois abandonnent toute recherche ne sont plus des chômeurs.* Il est difficile d'obtenir des statistiques sur le chômage selon les régions du Québec.Cependant.nous savons qu'en juin 1969, 4,428 travailieurs de Saint- Hyacinthe sont inscrits au Centre de Main-d'oeuvre.On estime ainsi qu'un travailleur sur cing est en chômage à Saint-Hyacinthe.LE PRESIDENT DE L U.C.C.A QUEBEC-PRESSE \u201cLES AGRICULTEURS CROIENT DE MOINS EN MOINS AUX GOUVERNEMENTS U\u2019ILS ÉLISENT \u201d \u2014 ALBERT ALLAIN QUEBEC \u2014 \u2018On doitau monde agricole de lui dire la vérité sur sa situation.À défaut de cette information juste et objective, la révolte peut en tout temps s'emparer de lui\u201d.Celui qui nous tient ces propos est le nouveau président de l'Union catholique des cultivateurs (U.C.C.), M.Albert Allain, qui a succédé depuis quelques jours au vieux lutteur qu'était M.Lionel Sorel.Remarquant qu'on manifeste à l'extérieur du Parlement, il me glisse, en souriant, qu'il n\u2019a pas l'habitude d'être à l'extérieur lors de manifestations semblables.Français d'origine, établi au Canada depuis 1950, M.Allain a gravi tous les échelons menant à la direction de l'organisme qu'il préside aujourd'hui.\u2018Je suis fils de paysan et cultivateur pratiquant\u201d, dit-il de lui-même.Les échanges sont directs.Il me dira, par exemple, que les agriculteurs du Québec éprouvent un grand sentimert de frustration vis-à-vis les grandes forces commerciales avec lesquelles ils doivent transiger.L'action syndicale a grandement amélioré les choses, mais la situation apparaît encore \u2018\u2018totalement insatisfaisante'\u2019.Coincé entre les grandes sociétés qui lui vendent, à prix fort, les in- trants agricoles qui lui sont essentiels: engrais, grains de provende, machinerie, etc, et les prix de ses produits qui sont stationnaires, l'agriculteur n'en mène pas large.CONFIANCE Le nouveau président de l'U.C.C.ajoutera qu'une crise de confiance ébranle présentement le monde agricole: envers les gouvernements, les coopératives, le syndicat.\u2018De moins en moins, les agriculteurs croient aux gouvernements qu'ils élisent; gouvernements qui se succèdent avec un tas de promesses jamais réalisées\u201d.M.Allain ajoute cependant qu'il serait trop facile, pour les agriculteurs, de toujours rejeter la faute sur les autres, principalement les gouvernements.\u2018Pourquoi nous faisons-nous - toujours fourrer?\u201d\u2019\u201d Avec franchise, le président de l'UCC a répondu à cette question qu'il avait lui-même posée.\u2018C\u2019est parce qu'on a toujours été trop naif: aujourd'hui, on est puni, comme classe, pour cette adhésion souvent aveugle que nous avons pratiquée à l'égard des différents partis, bleu et rouge\".Il s'est dit persuadé que si les agriculteurs avaient veillé a négocier fermement avec ces partis, ils auraient pu sortir de leur marasme.\u2018Dans plusieurs comtés, les agriculteurs se livrent encore à des séances d'adoration du député\u201d, ironise-t-il.ENGAGEMENT SOCIAL Il était impossible, avec la situation qui prévaiait à ce mo- ment-là à Québec, de ne pas demander à M.Allain où se situait le monde agricole en ce qui a trait à l'engagement social et politique.\u201cOn ne fait pas beaucoup de bruit parce que nos moyens financiers ne nous le permettent pas.ll va cependant de soi qu'il entre dans nos responsabilités d'être présents à la vie de la nation.Mais nous, on est moins primes, on réagit moins vite\u201d.Sur la question de la langue, par exemple, le président de l'UCC considère qu'il serait normal que le Conseil général de l'UCC soit convoqué en vue de prendre position.\u201cOn croit s'en priver à cause de nos moyens limités\u2019.Quant au nationalisme, M.Allain estime que la classe agricole sera la dernière à y adhérer.\u2018Que voulez-vous! Son portefeuille est garni par Ottawa.Sur un revenu d'environ 160 millions de dollars, près de 60 millions proviennent directement du fédéral\u201d.Il ajoute que, malgré tous les griefs que la classe agricole soulève à l'endroit d'Ottawa, l'histoire était !à pour prouver que le fédéral avait été \u2018moins pourri\u2019 que le provincial envers les agriculteurs.\u201cLe patronage, à Québec, nous a coûté terriblement cher\u201d.AVENIR Comment le nouveau président entrevoit-il l'avenir du monde agricole?\u201cNous ne recherchons pas les coups d'éclat, mais un régime où les cartes seront sur table avec les gouvernements, et que ceux-ci nous considèrent comme des interlocuteurs avec lesquels (is doivent compter\".\u2018A défaut de cela, je dis que le monde agricole n'a pas le choix: il faudra que nous nous battions, et notre meilleurealliée sera l'opinion publique.Si c'est la mauvaise foi, l'incompétence ou le désintéressement qui nous bloquent le chemin, nous saurons où sont nos responsabilités et nos devoirs: dire carrément, à la face de tout le monde, ce qui nous arrive\".Michel RIOUX QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 / 9A CIRE l UNE GRÈVE QUI FAIT DES HEUREUX La sonnerie du téléphone im- Bl prime un style télégraphique à a notre rencontre.En ce jeudi 5 30 octobre, Raymond Couture, directeur du Service des grèves à la C.S.N., est un homme plus occupé que jamais.C'est la veille du lendemain, la veille du vote secret de 42,000 employés des hôpitaux: M.Couture ne souhaite pas la grève, mais il y croit que les syndiqués refuse- & ront les propositions patronales.Celles-ci, soulignons-le, ont été faites le 26 septembre, soit 3 semaines aprés que la Fédération Nationale des Services eût présenté les contre-propositions salariales basées sur la politique salariale du gouverne- ' ment québécois dans la fonction publique.Le document, de nous confier M.Guy Ferland de fa F.N.S., n\u2019a pas été contesté par l'autre partie, laquelle s'est montrée plutôt embarrassée au comité de négociations, A convenant qu\u2019on ne pouvait écarter ces chiffres du revers de la main.Résultat concret: \u201cils\u201d ont ajouté $8,000,000 aux $138,000,000 déjà sur la table.GAGNER LE PATIENT A SA CAUSE Ces coups de fil qui se succe- dent allégrement, c\u2019est tantôt un journaliste, tantôt un leader syndical local.L'un et l\u2019autre interrogent Raymond Couture sur les grèves de \u2018'sur-zèle\u2019\u2019 et sur les réactions des administrations hospitalières face à ces manifestations plutôt inusitées.Le \"sur-zéle\u201d, le directeur du Service des gréves y tient! Jusqu'ici, il y en a eu, d'une durée de 24 heures, dans au moins la moitié des 125 hôpitaux où est représentée la C.S.N.: cela consiste pour les employés à être 2 ou 4 fois plus nombreux que de coutume autour du patient, en faisant du \u2018\u2019surtemps\u2019\u2019 volontaire et \u2018gracieux\u201d, afin de montrer à ce patient, à ses visiteurs et aux administrateurs de l'institution qu'ils n\u2019entendent pas négliger leurs devoirs pour faire valoir leurs droits.\u201cOn n'attrape pas des mouches avec du vinaigre\u201d affirme le vieux proverbe: des lettres de félicitations reçues de patients, de visiteurs .et même d'administrateurs, laissent espérer à M.Couture que pour une fois, les syndiqués auront devancé l'employeur sur le plan plus que jamais décisif de la publicité.Dans leurs bureaux où règnent \u201cl\u2019acajou solide et le tapis épais de 3 pouces\u201d, poursuit M.Couture, les administrateurs craignent de voir leur échapper leur maîtresse carte: le patient.Le patient qui, agréablement surpris, pose des questions auxquelles ce personnel si zélé s'empresse de répondre.DES ALLIES PARMI LES ADMINISTRATEURS *Jusqu\u2019ici, vos manifestations se sont déroulées dans un climat pacifique.Félicitations!\u201d Je ne saurais garantir le mot à mot, mais l'important dans cette note que M.Couture s'empresse de remettre dans un dossier, c'est qu\u2019elle est signée le 21 octobre, par un directeur de personnel d\u2019un hôpital.Déjà, le 7 octobre, le directeur du Service des grèves de la C.S.N.affirmait qu'une forte proportion d'administrateurs hospitaliers n\u2019était pas d'accord avec leur Association et avec le gouvernement.\"ils assistent aux poses de travail, et l'admettent, prêtant l'auditorium ou la cafétéria pour les réunions sur les négociations, servent parfois café et brioches, et promettent de ne pas tenir compte de ces réunions pour le chèque de paie.\u201d S'ENTENDRE SUR LES MOTS.Le terme \u2018'pause-travail\u201d, voilà une autre chose à laquel- Les administrateurs veulent reprendre ce qu ils ont du concéder en 1966 \u201cLe Conseil régional du travail a tenté de récupérer ce qu\u2019il avait perdu en 1966.Par exemple, en 8 ce qui a trait aux expli- M cations devant être four- fl nies lors de congédiements, ainsi que sur les clauses concernant les fie .de %$ Hops: promotions et les transferts.\u201d Extrait du procés-verbal d'une réunion tenue le 23 octobre 1968, à l'hôpital Sainte-Justine, du Conseil régional no 7 de l'Association des hôpi- Ja Prov s tT ied x taux de la province de Québec.Etaient présents a cette réunion 47 délégués de 35 hôpitaux, 3 membres de l'exécutif de l'AHPO, ainsi qu\u2019un conseiller spécial en relations de travail.«Duc inc de Qué le tient M.Coutu-e! Il nous montre un bilan des manifestations, dressé par l'Association des hôpitaux: les pauses y sont appelées \u201cgrèves\u201d.Mais sur 36 à survenir entre le 9 juillet et le 3 octobre, une a duré 24 heures, une autre 15 minutes, et la majorité 2 heures.\u201cSur-zèle\u201d, \u201cpause-travail\u201d\u2026 les syndiqués du secteur hospitalier ne pouvaient pas ne pas \u2018marcher\u2019, c\u2019est-à-dire défiler publiquement au seuil de leurs institutions.En 3 mois, 27 défilés, qui durent de une à cinq heures, la plupart 1'2 heure.Ces pauses-travail et ces défilés rallient des syndiqués a travers tout le Québec.Un défilé de 6 personnes.une pause de 1,700 employés.Et entre- temps, on a boycotté la cafétéria de l'hôpital, ou on s\u2019est présenté tous ensemble, refusant ensuite de payer son repas.Autre expression de mécontentement: mêler les cartes de temps (les patrons disent \"saboter le poinçon\u2019\u2019), ralentir le travail (grève de zèle), ne pas travailler dans la cuisine la nuit.Une seule initiative est interdite par M.Couture; le sabotage, c'est-à-dire la destruc- rie tion.\"Ce serait faire le jeu de l'autre partie\u201d.\u201cGREVE GENERALE?PAS QUESTION!\u201d Faire le jeu de l'autre partie, ce serait aussi faire la grève générale.D'autant plus que pareille grève ne ressemblerait pas à celle de 1966: \"Nos gens nous disent qu'il ne serait pas question, cette fois, de laisser entrer malades, visiteurs et dames patronnesses.ce serait une grève très dure.\u2018Croyez-vous que le gouvernement Bertrand va lâcher du lest à la dernière minute, et nommer un médiateur extraordinaire ainsi que vous et la F.T.Q.(12,000 syndiqués dans 25 hôpitaux) le demandez?\" \u201cJe l'espère.Mais comment prévoir quoi que ce soit, avec ce gouvernement qui en moins de 3!2 ans a fait voter 4 lois d'exception.Ce qui n'\u2019inquiète, c'est que de récents sondages désignent Me Claude Wagner comme l\u2019homme politique le plus populaire au Québec.Le peuple aimerait la manière forte.Et les gouvernants n'hésitent pas à brandir I'épouvantail d'une hausse des taxes pour retourner l'opinion publique contre les grévistes.\u201d PES 3 7 1 > rame VA LS Ll CT ee, ORAN Le 5 septembre dernier, la Fédération nationale des services (F.N.S.), représentant 42,000 salariés affiliés à la C.S.N.dans 125 hôpitaux du Québec, présentait des contre-propositions salariales aux employeurs.La \u2018clé\u2019 de ce document de lecture laborieuse, les employeurs la possèdent déjà: c'est la politique salariale du gouvernement québécois dans la fonction publique.Un principe occupe la vedette, le slogan: \u201cA travail égal salaire égal\u201d.Québec-Presse soumet aujourd'hui à ses lecteurs 17 cas, parmi tous ceux cités dans le document de la F.N.S.afin de Montrer que le gouvernement n'applique pas sa politique salariale dans le secteur hospitalier, et que l'inégalité ne dispa- raitra pas si ses dernières offres prévalent.À moins, bien sûr, que les syndiqués de la fonction publique québécoise, qui ont servi de points de comparaison à la F.N.S., voient leurs salaires diminués lors de prochaines conventions collectives.Plaisanterie?Certes! Comment les élus du peuple, qui ne font pas d'histoire pour se voter, à la toute fin de la session, des augmentations de salaires, pourraient- ils simplement avoir l'idée de lésiner lorsqu'il s'agit de ce peuple\u2019 Car on ne saurait cette fois dire qu'une \u201célite\u201d, authentique ou pretendue, siphonne les contribuables.Un préposé a I'entretien ménager, ¢a travaille et¢a paie des taxes.Ce qui pose un problème, c'est le fait qu'il doive gagner $10 en moins si les paniers à rebuts qu'il vide se trouvent dars un bureau d'hôpital plutôt que dans celui d'un ministre.A moins, bien sûr, que les déchets soient plus abondants chez les ministres.HOPITAUX FONCTION PUBLIQUE Prééposé à l'entretien ménager Nettoyeur-laveur Salaire 74 91.60 (converti) Offre patron 82 92.(réel) Electricien Electricien cl.2 Semaine 38% hres 40 hres Salaire 101 120.13 (\u2018) (converti) Offre patron 121 .128 (2) (réel) Infirmier Infirmier en institution pénale Semaine 36!2 hres 37% hres | Salaire 72 80.87 (converti) Oftre patron 83 90.16 (réel) Aide féminin de service Aide domestique Semaine 36! hres 40 hres .Salaire 59 71.78 (converti) Offre patron 66 76.85 (réel) Préposé en réadaptation mc.== Auxiliaire en réadaptation sociale Semaine 3614 hres 32% hres Salaire 97.32 (réel) Oftre patron 83 Technicien en photographie lllustrateur médical =\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 cee (classe principale) Semaine 36! a hres 3215 hres Salaire 135.84 (réel) Offre patron 126 _Pétissier-boulanger Patissier Semaine 383% hres 40 hres Salaire 85 120.13 (converti) Offre patron 104 128.26 (réel) Aide-cuisinier Aspirant-cuisinier Semaine 38% hres 40 hres Salaire 72 89.12 (converti) Offre patron 83 98.40 (réel) Aide féminin à la Cuisine m\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 ide générale à la cuisine Semaine 3834 hres 40 hres Salaire 59 76.73 (converti) Offre patron 71 82,15 (réel) Préposé à la photographie médicale Technicien en Semaine 364 hres photographiecl.1 Salaire 73 322 hres Offre patron 83 97.32 (réel) Mécanicien de machines frigorifiques Mécanicien cl.1 Semaine 38% hres 40 hres Salaire 125.94 (converti) Oftre patron 121 134.66 (réel) Mécanicien d'entretien Mécanicien cl.2 Semaine 38% hres 40 hres Salaire 120.13 (converti) Offre patron 121 128.27 (réel) Peintre en batiment Peintre cl.2 Semaine 3834 hres 40 hres Salaire 99 113.92 (converti) Oftre patron 116 121.68 (réel) Menuisier \"Menuisier cl.2 Semaine 38% hres 40 hres Salaire 99 113.93 (converti) Offre patron 116 121.68 (réel) Serrurier Serrurier Semaine 38% hres 40 hres Salaire 99 120.13 (converti) Offre patron 116 128.26 (réel) Platrier Platriercl.2 Semaine 38% hres 40 hres Salaire 99 113.92 (converti) Offre patron 116 121.68 (réel) Comptable Agent Vérificateur cl.2 Semaine 35 hres 32% hres Salaire 108 125.32 (réel) Offre patron 110 (1) Salaire converti, en tenant compte de la différence du nombre d'heures ouvrables.\u2018 (2) Salaire fixé par une convention non encore échue.C3 Ny Eo ] 5 à Es i LE pra) Le Québec vit présentement des jours historiques comme il s'en présente quelques-uns par siècle dans la vie d'un peuple.QUEBEC-PRESSE a pris position en page une de ce cañier.Il essaie Ve 90 ANS DE LUTTE DU BON PARLER FRANÇAIS AU FRONT COMMUN par Gérald Godin Pour rendre le français \u2018\u2018primau- taire\u201d, le gouvernement Bertrand a décidé de consolider les droits de Panglais.Est-ce la premiere manifestation chez nous de cette manie qui consiste a faire un bon diagnostic et a donner, d\u2019un même souffle non seulement le mauvais remède, mais dans certains cas, ce que les médecins appellent \u2018\u2018une contre-indication\u201d et que nous appelons tout simplement du \u201cpoison vif\u201d au malade?Par curiosité, nous avons fouillé les textes des défenseurs du fran- cais depuis une centaine d\u2019années au Québec et le résultat est étonnant.L\u2019EPOQUE DU \u201cNE DITES PAS, MAIS DITES\u201d En 1880, le Don Quichotte du français se nommait Jules-Paul Tar- divel.Il en était aux slogans maintenant honnis de \u2018la langue garante de la foi\u201d et \u201cla foi, garante de la langue\u201d.Dans une causerie faite au Cercle catholique de Québec, fin 1879, il prononçait l\u2019excellent diagnos- tie qui suit: \u201cI est possible, si nous n\u2019y prenons pas garde, qu\u2019avec le temps la langue de la province de Québec devienne un véritable patois qui n\u2019aurait de français que le nom, un jargon qu\u2019il vaudrait mieux abandonner dans l\u2019impossibilité où Pon serait de le réformer (.) Le principal danger auquel notre langue est exposée provient de notre contact avec les Anglais\u201d.Le diagnostic est très bon.Le patois, nous l\u2019avons, c\u2019est le \u2018\u201cjoual\u201d\u2019.La cause, elle est connue, c\u2019est la langue de travail qui est l\u2019anglais.Et ce verdict est vieux de 9% ans! Mais la maladie, elle?Pour Jules- Paul Tardivel, la maladie, ou comme il le dit, l\u2019ennemi, c\u2019est l\u2019anglicisme.Quel remède propose-t-il?\u201cMieux vaut, en attendant que l\u2019on apprenne le mot français, employer carrément le mot anglais, que de forger un barbarisme.J'ai appris, continue-t-il, qu\u2019un spécialiste prépare, depuis quelque temps, un dictionnaire complet des termes employés sur les voies ferrées.Il faut espérer que cet exemple patriotique sera suivi, et que d\u2019autres travailleurs de bonne volonté nous donneront un dictionnaire des termes employés dans le commerce et l\u2019industrie.\u201d Cette tendance a fait des centaines de petits.Les dictionnaires se sont multipliés.Le plus récent est celui de Gérard Dagenais.Aux dictionnnaires se sont ajoutés des émissions de radio et de télévision, sans parler des innombrables chroniques de bon langage qui farcissent nos journaux et dans lesquelles on parlera, par exemple, de l\u2019accord des participes passés avec leur complément direct ou indirect.Le principal avantage de cette solution, c\u2019est de donner du travail à ceux qui la pratiquent.LES DANGERS Au début du siècle, le juge Adju- tor Rivard fonde la Société du Parler français au Canada.Son objectif est \u2018\u201c\u201c\u2018d\u2019étudier, de conserver et de perfectionner la langue française écrite et parlée, au Canada\u201d.Pour atteindre ses buts, la Société propose, entre autres, \u2018\u2018\u2019l\u2019examen des dangers qui menacent la langue francaise au Canada\u201d.LA LANGUE ET LA POLITIQUE Au début du siècle, en 1904 et 1905, les députés Paquet et Armand Lavergne déclenchèrent au parlement fédéral la guerre dite \u201cdes chèques bilingues\u201d dont André Laurendeau devait dire cinquante ans plus tard: \u201cC\u2019est trop peu et trop tard\u2019, avant de demander la création d\u2019une Commission d\u2019enquête sur le Bilinguisme et le Biculturalisme qui devait porter son nom jusqu\u2019à sa mort.Mais sur cette bataille des chèques, des piastres, des timbres et des documents publics bilingues, Armand Lavergne mobilisa en 1905 le quart de la population québécoise.460,000 personnes signèrent une pétition pour obtenir la reconnaissance de ce droit.En 1908, lors du Congres de la Jeunesse, tenu a Québec et qui réunit la fine fleur de la nation, comme on dit, Armand Lavergne fut accueilli en héros, ce qui fit dire à un chroniqueur du temps: \u2018\u2018Les applaudissements qui suivirent la présentation de M.La- vergne à l\u2019auditoire prouvent que les jeunes ne sont pas disposés à dormir sur leurs lauriers et qu\u2019ils poursuivent leur campagne en faveur du français\u201d.C'ÉTAIT IL Y A 60 ANS! Dès ce moment-là, monsieur A.E.Thériault, conférencier au Congrès notait: \u201cDans trois paroisses de langue anglaise, à Ottawa, nous avons pu compter quatre-vingt- seize familles dont le père est ca- nadien-français; la moitié des enfants de ces familles ne comprennent pas le français\u201d.C\u2019était, avant son temps, le rapport Laurendeau- Dunton.UNE PLUIE DE PUBLICATIONS Un inventaire récent du professeur Gaston Dulong évalue à plus de 1,000 le nombre de livres, tracts, plaquettes, revues, articles et imprimés de toutes sortes qui ont paru sur la question de la langue au Québec! En 1938, le cardinal Villeneuve faisait à Boston devant la Société historique franco-américaine un exposé au cours duquel il lança son cri célèbre \u201cSa Majesté la langue française\u201d.Ainsi, en cinquante ans, nos intellectuels passerent de la dénonciation de P'anglomanie au couronnement de la langue francaise au poste de Majesté.ANDRE LAURENDEAU L\u2019honneur revient a André Laurendeau d\u2019avoir été le premier Canadien français à mourir sur le front du bilinguisme.Sa lutte pour la survivance du français au Canada maintenant d\u2019aller plus loin avec Jacques Keable, à Québec, Gérard Godin et Marthe Therrien, à Montréal.Ce sont autant de pièces à ajouter au dossier de ia lutte contre le bill 63.LA REDACTION.EE remonte à l\u2019époque où il avait vingt ans et faisait campagne pour que le gouvernement fédéral confie à un francophone la charge de maître de poste de Montréal.Sous le régime Godbout, il se battit contre le premier ministre du temps qui, comme il l\u2019écrivait,\u2018\u2018prit la tète de la croisade en faveur de la langue anglaise\u201d.Il poursuivait en ces termes: \u201cPourquoi monsieur Adélard Goudbout prêche-t-il le bilinguisme à des convaincus?La seule campagne qui s'impose chez nous est celle en faveur de la langue francaise, parce que celle- ci est en danger, et non l'anglais\u201d.C'ÉTAIT IL Y A 25 ANS Un peu plus tôt, son successeur à la Commission sur le Bilinguisme et le Biculturalisme, monsieur Jean-Louis Gagnon avait lui aussi fait campagne contre le bilinguisme dans la revue \u201cVivre\u201d.Il avait dénoncé, entre autres ce qu\u2019il appelait \u201cle cocktail du bilinguisme\u201d.UN COMPLOT André Laurendeau fut le premier à parler d\u2019un complet anti-fran- cais.Il écrivait dans les années quarante: \u2018\u2018Se trouverait-il, 2 Québec comme à Ottawa, des politiciens, des publicistes, des fonctionnaires qui ont décidé d\u2019en finir avec le patriotisme canadien-fran- çais (.) On le dirait On croirait que le fanatisme des uns, l\u2019irréflexion et la lacheté des autres, sans oublier cette lassitude qui s\u2019empare de certaines volontés après une résistance trop prolongée, ont noué les fils d\u2019une conspiration anti-fran- çaise\u201d.On voit le progrès réalisé, de Ju- les-Paul Tardivel à André Laurendeau.Comme solution, il proposait exactement ce qui a eu lieu cette semaine: \u2018\u2018Manifestes, assemblées, pression populaire, etc, tous moyens vieux comme le monde, mais par lesquels la collectivité exprime sa volonté, et grâce à quoi la démocratie n\u2019est pas un vain mot\u201d.Aujourd\u2019hui, 90 ans plus tard, le Front du Québec français réussit à mobiliser des dizaines de milliers de Québécois pour l\u2019unilinguisme.Il y a des choses qui changent au pays du Québec.il y a des choses qui changent au pays du Québec.QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 / 11A ae .AN UNE STRATEGIE ELECTORALE L\u2019UNION NATIONALE A TOUT A GAGNER D'UNE SITUATION TRES CONFUSE .cu.Québec.\u201cNous avons eu un gouvernement qui ne gouvernait pas et qui tout à coup.brutalement, se met à gouverner\u201d.Et plus loin: \u201cLe premier ministre est sincère; j'espère que ceux qui l\u2019entourent le sont aussi, malgré qu\u2019on peut avoir des doutes\u201d.C\u2019est M.René Léves- que qui disait cela, jeudi en fin d\u2019après-midi, en Chambre, à Québec.Les questions ainsi posées sont fondamentales.Pourquoi, en fait, le gouvernement de l'Union nationale a-t-il pris, à un moment où rien ne l\u2019y obligeait, la décision de présenter à la Chambre le bill 63 sur la langue d\u2019enseignement?Rien ne forçait le gouvernement à présenter ce projet de loi, puisqu\u2019il avait déjà confié a une Commission spéciale le soin de suggérer au gouvernement une politique en matière de langue.À toute demande de passer des lois, M.Bertrand pouvait répondre, avec sagesse: nous préférons attendre pour agir avec pondération, en toute connaissance de cause, nous préférons attendre le rapport de la Commission Gendron.Cette attitude aurait été parfaitement justifiable, cette position aurait été inattaquable.Alors pourquoi agir maintenant?en provoquant la population?L'honnêteté personnelle, et l'intégrité de M.Bertrand, en cette matière, n\u2019est vraiment contestée par personne.Tous sont d\u2019accord pour le reconnaître.Cependant, ce projet de loi, présenté actuellement, a des aspects inquiétants.Il peut être interprété comme un tour de magie noire, visant à berner le peuple.Peut-être même peut-on penser que M.Bertrand le premier est le victime de tout un trafic visant à aboutir, rapidement, \u2018à des élections générales précipitées.Voyons 2 hypothèses particulièrement retenues.lere HYPOTHESE: LA NAIVETE M.Bertrand.qui est le véritable auteur du \u2018\u2018projet de loi Cardinal\u201d, croit profondément, en conscience, que le contenu de ce projet est bon, honnète, et juste.Battu par ses propres ministres, quand il a présenté le même projet de loi, le 85, l\u2019automne dernier, il aurait décidé, cette fois, de forcer le Cabinet à respecter son autorité.Il est le chef ou il ne l\u2019est pas: il était résolu à aller au fond de la question.Ou bien, sur cette question, l\u2019Union nationale s\u2019écroule en factions, ou bien elle plie l\u2019échine sous la volonté du chef.Îl fallait refaire l'unité du parti, déchirée par le bill 85, combattu par M.Cardinai, et déchirée, encore, par la lutte pour la chefferie, entre MM.Cardinal et Bertrand.C\u2019est maintenant fait, au niveau ministériel en tout cas.M.Bertrand aurait ainsi gagné son pari, son coup de force a porté: il est le chef.Ze HYPOTHESE: ELECTIONS GENERALES Devant la volonté de M.Bertrand de passer ce bill, les stratèges du parti se sont interrogés.Quel serait l\u2019effet, sur la population, de ce projet de loi?D'abord, le parti libéral devrait voter avec le gouvernement sur cette question.Du coup, l\u2019Union natio- male désarmerait, électoralement, le parti libéral, qui se verrait ainsi placé à la remorque de l\u2019Union nationale.L'opposition viendrait d\u2019ailleurs.En Chambre, seul le Parti Québécois, - et peut-être un ou deux députés de 1'U.N.- s\u2019opposerait, quant au fond, au projet de loi.L\u2019opposition importante viendrait de Ia rue.lere question des strateges du parti: quelle sera l\u2019ampleur de ces manifestations qui ne manqueraient pas d\u2019avoir lieu?Si elles sont petites, et se limitent à Montréal, le parti n\u2019aura pas perdu de comtés, puisque Montréal est traditionnellement une région libérale.Donc, les conséquences électorales de ce projet seraient mineures.2e question des stratèges: si les manifestations sont très importantes, que pourra en retirer, ou y perdre, le parti de l\u2019Union nationale?La réponse a été la suivante: l\u2019Union nationale a tout à gagner d\u2019une situation très confuse, d\u2019un ensemble de manifestations, d\u2019une situation de chaos.C est du chaos que sortirait, dans l\u2019état actuel des choses, une victoire éclatante du parti de l\u2019Union nationale.C\u2019est ici que le calcul est un peu beaucoup machiavélique.ELECTIONS PRÉCIPITÉES Les sondages, faits depuis un certain nombre de mois par quelques sociétés québécoises sur la popularité de l\u2019Union nationale, révelent tous qu\u2019advenant une élection, l\u2019U- tion nationale serait lessivée.Elle serait littéralement pulvérisée.On peut même penser que, les mois passant, l\u2019Union nationale sera de plus en plus moribonde.Plus les mois passent, en effet, et plus le parti libéral prend de la vigueur: il aura un nouveau chef à la mi- janvier et il jouit de l\u2019appui non ca- moufflé du parti libéral fédéral.Et de ses fonds.Plus les mois passent, plus le Parti Québécois de M.Lévesque prend du poil de la bête: il procède actuellement au choix des candidats dans les comtés, et il pense avoir terminé ce travail pour le printemps.Au printemps, si les élections se tenaient à ce moment, l\u2019Union nationale aurait donc 2 adversaires en pleine forme.12A / QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 LA TRADITION M.Bertrand a dit et redit qu'il ne déclencherait point d\u2019élections tant que le parti libéral n'aura pas choisi son chef.Ainsi le veut la tradition et le \u2018\u2018fair-play\u201d de M.Bertrand.Il n\u2019a pas dit, cependant, que des élections ne seraient pas déclarées, advenant une situation d'urgence nationale.Or, le bill 63, - et plusieurs organisateurs le souhaitent - pourrait créer cette situation d\u2019*\u2018urgence nationale\u201d, de chaos social.qui rendrait des élections précipr tées \u201c\u2018inévitables\u201d.Advenant des élections précipitées, qui se tiendraient fin décembre ou début janvier, l\u2019Union Nationale aurait la partie belle, pour plusieurs raisons: 1) le parti libéral est sans chef, 2) le Parti Québécois n\u2019a que peu de candidats choisis, et ses organisations de comtés ne sont pas encore au point; 3) le bill 63 vole des armes de combat au parti libéral désorganisé: il ne pourrait pas reprocher à l\u2019union Nationale d\u2019avoir failli à sa tâche, en ne reconnaissant pas le \u2018\u2018droit fondamental\u201d des parents de choisir la langue d\u2019enseignement; 4) Le combat nationaliste serait Le bill 63 ou \u2018\u2019Loi pour promouvoir l\u2019enseignement de la langue française au Québec\u201d a rencontré dans les milieux francophones du Québec de vives résistances, qui ont provoqué la maissance d\u2019un front commun très large, le \u201cFront du Québec francais\u201d, groupant plus de 120 associations.Les résultats de la compilation des prises de position face au bill 63 parlent par eux-mémes: le nombre des organismes engagés sur cette question tend à contredire les allégations de M.Jean-Jacques Bertrand sur le manque de démocratie du mouvement d\u2019opposition, \u2018\u2018dirigé par des agitateurs professionnels\u201d.Nous vous livrons donc les prises de position.\u2018\u2018pour\u201d\u2019 et \u2018\u2018contre\u201d le Bill 63, que nous avions au moment de mettre sous presse.POUR LE BILL Le Conseil du patronat du Québec: le Centre des dirigeants d\u2019entreprises; l\u2019Association des manufacturiers canadiens; la Chambre de commerce des jeunes de Montréal; l\u2019Association for Reform in Education; l\u2019Association d\u2019Education du Québec; l'Association of Catholic School Principals of Montreal; I'Association des principaux d'écoles catholiques de Montréal; le Comité Canada; le Congres juif canadien: le Conseil municipal d\u2019Arvida; M.Lucien Saulnier, président du Comité exécutif de la Ville de Montréal; M.Jean Drapeau, maire de Montréal; le président de l'exécutif de l'Association des étudiants des hautes Etudes commerciales; le parti libéral du Québec par la voix de M.Jean Lesage.Enfin.dans un débat télévisé au poste Télé-métropole, le 29 octobre dernier, les éditorialistes des journaux La Presse (Madame Renaude Lapointe).Montréal-Matin (M.Lucien Langlois).Diman- che-Matin (M.Claude Lavergne), dénonçant en termes violents le Front du Québec français, ont manifesté leur accord avec le bill.CONTRE LE BILL L'Alliance des professeurs de Montréal (C.E.Q.); la Corporation des enseignants du Québec; le Conseil Central des syndicats nationaux de Montréal (C.S.N.); le Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides: la Fédération des ingénieurs et cadres du Québec (C.S.N.); le Syndicat des fonction- maires municipaux de Montréal (C.S.N.); le Syndicat professionnel des enseignants (C.S.N.); le Syndicat professionnel des enseignants du Québec (C.S.N.); la Fédération nationale des enseignants du Québec (C.S.N.); le Syndicat des professeurs de l\u2019université de Montréal; le Syndicat des professeurs du CEGEP de St-Laurent; le Syndicat des professeurs du CEGEP de Rosemont: le Syndicat des étudiants du CEGEP de Maisonneuve: les Employés de la production de télévision et les employés de bureau, annonceurs et autres employés de Radio-Canada (ARTEC) affiliés au Syndicat de la fonction publique (F.T.Q.); la Société des auteurs et compositeurs (C.S.N.); le Syndicat des écrivains du Québec; le Syndicat des journalistes de Québec; le Syndicat national des employés de Ville Laval; l'Association des éducateurs de St-Lau- rent; l\u2019Association qnéhécoise des profes- mené par le Parti Québécois seul, encore mal organisé.5) Le bill 63 ne peut pas ne pas amener quelques fonds appréciables dans la caisse électorale de l\u2019Union nationale.MANIFESTATION EN FAVEUR DU \u201cBILL\u201d M.Bertrand, dans son discours de deuxième lecture, a demandé aux éléments modérés de se manifester, et de dire qu\u2019ils appuient le projet.Par ailleurs, marqués par ce qui s\u2019est passé en France au mois de mai 1968, des gens près du gouvernement ne seraient pas \u2018\u2018défavorables\u201d à cette possibilité.L\u2019EXEMPLE DE LA FRANCE Le parti gaulliste, en France, avant les troubles du mois de mai 1968, n\u2019avait pas la majorité absolue à l\u2019Assemblée Nationale.Aux élections qui ont suivi les troubles, élections déclenchées au nom de I'\u201c\u2018urgence nationale\u201d, de façon à permettre à la population de manifester son choix, le parti gaulliste pourtant impopulaire a remporté une majorité de sièges à la même Assemblée._ De plus, pour s'opposer aux manifestations, la France a vu défiler, seurs de français; l\u2019Association des professeurs de géographie du Québec; l\u2019exécutif de l\u2019Association des professeurs de l'université de Montréal; l\u2019Association des professeurs du CEGEP de Sherbrooke; l'Association des professeurs de l\u2019université du \u2018jaéber à 'rois- Rivières et à Montréal; les Professeurs du département d\u2019histcir de J'ur/versité du Québec à Montréal; 64 Professeurs et assistants de recherche en sciences sociales de l\u2019université de Montréal; l'Association des professeurs en éducation physique de l'université de Montréal; I\u2019 Association des enseignants de Royer; la Fédération des enseignants de Montréal; le Service de l'éducation permanente de Montréal; le Comité consultatif de l\u2019école Le Carignan, la Fédération des omnipraticiens du Québec; les Techniciens dentaires du Québec; la Société des sourds du Québec; l\u2019Association des peintres de Montréal-Nord: l\u2019Association professionnelle des cinéastes du Québec: l'Association des étudiants de l\u2019université de Sherbrooke; l\u2019Association des étudiants de polytechnique de Montréal; I'Association générale des étudiants du CEGEP d'Ahuntsic; l'Association des étudiants de l'école normale de Thetford Mines; l\u2019Association des étudiants en droit de l\u2019université de Montréal; l\u2019Association des étudiants de l\u2019école des métiers de Montréal; l'Association générale des étudiants de Chicoutimi; les étudiants en histoire de l'université de Montréal: l'Association libre des étudiants en théologie de l\u2019université de Montréal; le journal Campus estrien; le Quartier Latin; l\u2019Association des parents catholiques du Québec; l\u2019Association des parents de langue française du Québec: la Fédération des principaux du Québec; la Commission scolaire de St-Léonard; les Freres des écoles chrétiennes de Montréal; la Congrégation des pères du Saint-Sacrement: la revue Maintenant; le Mouvement Liique de langue française; les Etats généraux du Canada français; le Parti Québécois; le Mouvement pour l'intégration scolaire; la Ligue pour l'intégration scolaire; la L.1.S.d'Estrie; le Comité d'action de la Ligue pour l\u2019intégration scolaire à l'université de Montréal; le Mouvement pour l'unilinguisme français au Québec: le Front de libération populaire; le Mouvement de libération du taxi de Montréal; les Chevaliers de l'indépendance; les Chevaliers de la table ronde; Québec international; l'Institut gracéen; le Comité de vigilance nationale; le Cercle du moulin du crochet; la Société historique du Richelieu; la Ligue d\u2019action nationale; les Amitiés internationales: le Comité des citoyens de St-Henri: le Comité des ouvriers de Hochelaga-Maisonneuve; le Comité des citoyens de St-Jacques; le Comité des citoyens de Terrebonne; la Famille; le Club fleur de lys de Montréal: la Société nationale populaire; le Conseil québécois de la légitimité nationale: la Fédération nationale des Sociétés tés St-Jean-Baptiste du Québec; les Sociétét St-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, de la Côte Nord, de Joliette, de Mont-Laurier, de Nicolet, de l'Ouest Québécois, de l'Outaouais Nord, de Rimouski, de Ste-Anne, de St-Jérô- me, de St-Hyacinthe, de St-Jean, de Rouyn- Noranda, de Thetford Mines, de Trois-Rivie- un jour, sur les Champs-Elysées, des gaullistes venus en masse appuyer le régime.Cette marche de l\u2019ordre, cette \u201cmanifestation\u201d des partisans du pouvoir, a eu un effet considérable.A Québec, cet exemple francais est tres présent.DE LA PROVOCATION On ne prête pas à M.Bertrand lui-même ces calculs.Il croit au projet de loi et il veut le faire passer, coûte que coûte.D'autres, dans son entourage, y pensent.Et s'ils n\u2019ont pas découragé M.Bertrand dans son plan, c\u2019est qu\u2019ils y voyaient peut-être la chance unique de garder le pouvoir pendant plusieurs années encore.Provoquer la passion populaire et l\u2019utiliser à ses fins, tel est le calcul.Il n\u2019est pas sûr, malgré la présence à Québec de \u2018\u2018gros\u2019 organisateurs, que les élections soient subitement déclarées.M.Bertrand pourrait s\u2019y opposer.Mais l\u2019\u201c\u201curgence nationale\u201d et le \u201csalut public\u201d le convaincront peut-être.C\u2019est le peuple, une fois encore, qui n\u2019aura vu que du feu.On l\u2019aura provoqué pour mieux s\u2019en servir.Plus grave peut-être, M.Bertrand aurait été aussi victime de son propre parti, vainqueur malgré lui.et LES CONTRE res; l'Atelier des Néo-Québécois de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal; l'Association des consommateurs d\u2019aliments naturels et le College des Naturopathes; la Jeune chambre de commerce de Baie Comeau-Hauterive; le Front de libération des femmes; les Come- diens du théâtre du: T.N.M.; le Comité d'aide au groupe Vallières-Gagnon.DEMANDES DE SURSIS AU PROJET DE LOI: * jusqu\u2019à ce qu\u2019une politique linguistique soit définie: le Conseil des Universités; le Conseil supérieur de l\u2019éducation; l'exécutif de l'Association des professeurs de l'université de Montréal; l'Union des artistes de Montréal (FTQ); les Professeurs et assistants du département de sociologie et d'anthropologie de l\u2019Université Laval.* jusqu\u2019à la publication du rapport Gendron et demande de référendum: la Jeune chambre de commerce de Baie Comeau-Hauterive.* doute sur la valeur du moyen législatif pour régler le problème du français: M.Léo- A.Dorais, recteur de l\u2019Université du Québec à Montréal.OUI AU BILL MAIS: La Chambre de Commerce de Montréal approuve l\u2019esprit du bill mais veut la consultation des corps intermédiaires. Photos: Québec-Presse UN JUGEMENT QUI FAIT AUTORITÉ LA COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L\u2019H¢ LE CHC En deux mots comme en cent, la Cour européenne des Droits de l'Homme, présidée par Me René Cassin, Prix Nobel de la Paix en 1968, ne reconnaît pas le droit des parents à choisir la langue d\u2019enseignement de leurs enfants.Elle a rendu ce jugement dans la célèbre affaire \u201crelative à certains aspects du régime linguistique de l\u2019enseignement en Belgique\u201d.Six peres de famille francophones de la zone flamande voulaient un enseignement public français en invoquant les articles de ce qu\u2019on peut appeler \u2018\u2018la Charte européenne des Droits de l'Homme\u201d qui stipulent que \u201cnul ne peut se voir refuser le droit à l\u2019instruction (.) conformément à ses convictions religieuses et philosophiques\u201d.Sur ces points, la Cour affirme Le président de Cour, Rene Cas- sin, prix Nobel de Paix.que la Charte des Droits de l\u2019Homme voit à garantir \u201cla jouissance du droit à l\u2019instruction à toute personne relevant de sa juridiction, sans discrimination.\u201d La Cour con- IF NE RECC tinuait en disant: \u2018\u2018Interpréter ces articles comme reconnaissant à toute personne placée sous la juridiction d\u2019un Etat un droit à être instruite dans la langue de son choix conduirait à des résultats absurdes, car chacun pourrait ainsi revendiquer une instruction donnée dans n'importe quelle langue\u201d.Quant aux convictions religieuses et philosophiques, la Cour est d\u2019avis que les préférences linguistiques n'ont rien à voir avec celles-ci.UN PEU D'HISTOIRE C\u2019est en 1963 que le gouvernement belge fixa des frontières à quatre zones géographiques en vue d\u2019y établir quatre régimes linguistiques différents, soit la zone flamande, la zone française (ou wal- YNNAIT PAS par Gérald Godin lonne) la zone allemande et Bruxel- les-Capitale.Dans les zones qui nous intéressent, soit les zones française, flamande et Bruxelles- Capitale, les deux premières sont unilingues et la troisième est bilingue.C\u2019est-à-dire que la langue de l\u2019enseignement est le flamand dans la zone flamande, le français dans la zone française.Dans Bruxelles- Capitale, le régime bilingue est fondé sur le critère de la langue maternelle ou usuelle de l\u2019enfant.L\u2019étu- tude de la seconde langue nationale y est obligatoire au niveau primaire et facultative au niveau secondaire.AUTOUR DE BRUXELLES Aux zones unilingues et à la zone bilingue s'ajoutent six cormmunes de la périphérie de Bruxelles qui sont dotées d\u2019un statut particulier.Ces six communes font partie de la zone flamande, mais vu la présence là d\u2019un grand nombre de francophones, l\u2019enseignement pré-mater- nel, maternel et primaire peut y être donné en français à l\u2019enfant dont cette langue est la langue maternelle ou usuelle, à condition que seize chefs de famille résidant sur le territoire de la commune le demandent.Dans les écoles flamandes des six communes en question, l\u2019étude du français est facultatif, tandis que l\u2019étude du flamand est obligatoire dans les écoles françaises.LA COUR DES DROITS DE L'HOMME Sur cet ensemble de mesures, et plus particulièrement sur la région unilingue flamande et les six communes \u2018\u2018spéciales\u2019\u2019, la Cour est d\u2019avis que \u201cla législation belge tend dans la région unilingue flamande à décourager la création ou le maintien d\u2019écoles dont l\u2019enseignement se dispenserait uniquement en français.Elle repose tout d\u2019abord sur cet élément objectif que constitue la région.Elle s\u2019inspire en outre d\u2019un intéret public, celui d\u2019assurer que tous les établissements scolaires dépendant de l\u2019Etat et existant dans une région unilingue, dispensent leur enseignement dans la langue qui est, au premier chef, celle de la région\u201d.La Cour ajoute encore: \u201cIt s\u2019agit d\u2019un ensemble de textes poursuivant un but commun, la défense de l\u2019homogénéité linguistique de la région\u201d.LE LIBRE CHOIX DES PARENTS FLAMANDS Se posait aussi, comme ici et pour les mémes raisons économiques, le problème de l\u2019assimilation des flamands aux francophones.L'Etat interdit maintenant aux enfants flamands de fréquenter l'école fran- caise.Sur ce point, la Commission européenne des Droits de I'Homme, une instance d\u2019un degré inférieur à la Cour du même nom, déclare: \u201cLe fait que les enfants d\u2019expression néerlandaise n\u2019ont pas accès aux écoles françaises de Bruxelles et l\u2019existence du contrôle linguistique reflètent le souci de l\u2019Etat belge de veiller au maintien de la langue néerlandaise\u201d.POURQUOI CETTE LÉGISLATION?Le gouvernement belge a dit devant la Cour européenne des Droits de l'Homme que sa \u201cpolitique linguistique poursuit un objectif légitime: assurer en Flandre la formation d'élite d\u2019expression flamande en luttant contre le phénomène de francisation qui se manifestait jadis\u201d.LE CHOIX DES PARENTS Il faut ajouter que les requérants accusaient le gouvernement de vouloir \u201créaliser par la contrainte l\u2019assimilation d\u2019une partie de la population et spécialement à liquider les minorités francophones de Flandre en obligeant leurs membres à se fla- mandiser ou à déménager.Les abus incontestables du siècle passé, ajoutaient les parents francophones, seraient depuis longtemps réparés et ne justifieraient en aucune manière l\u2019abus opposé\u201d.Ce à quoi le gouvernement belge répondit: \u2018\u2018Les textes législatifs critiqués, malgré des imperfections inévitables, représentent un compromis démocratique entre les valeurs de liberté et les valeurs sociales\u201d. Cay L ETAT POLICIER a p , / are M 7) AA 7 55 a ia) 7 7 (| > = a ; i ow wil 7 A i i 7 7 // PL = FA Tune jeu # 7 4 que //1 A ._ _ | | i / x - [ana , A oi Z ED | .: A 4 , = i i ; i i I Ja QUÉPP ph 5 3 4 Mn 7 Le i N on Z U 4 I - Z 7 x i 4 4 7 RT LH) Ù | or Te i _ j ou 7 Lie CS ! (> .> CS : i 3 : 7 D _ Marais tam punt OO \u2018 x Y joc Tone fore 7 bo I lu # { 4 {AOE 7 i 7 i À PsA // d 00 Ei HR 09° PRESSE i UN IL I x Te g ; M Jie ia parce A Z J { # a.3 Prin pe pui ; J Imm .A A IT SX 5 oA \u2019 5 Tame frm il 0 7 aS Jus din /l bo 9 | po 2 EG PR [ED A i nm wn.I TIE A A / Wr 5 Z 2 8 (ill 7 7 A [L// i! we aan A .y .Uk ll ¢ = oy 0 7 y [dsr CR .2 | dansk fr li Ÿ | | Ib 7 00 he ) I 3 CU i Ze me {es / Il nae Ii pee IGE | En ns \\ i : Um L | I .! A ; J ames\u201d mtn ne 14A / QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 veut en LE LIBAN OU LA FIN D\u2019UNE (Photo-UPI) \u2014 Le général Emile Boustami en conversation avec le ministre égyptien de la guerre, le général Mohamed Fawzi.Seul des Etats arabes limitrophes d'Israël à être sorti de la guerre de \u2018Six jours\u201d avec des frontiéres intactes, le Liban paie aujourd'hui le prix de sa prudence.Quatre jours d'émeutes ont suffi pour balayer le pouvoir du premier ministre Hachid Kara- mé et remettre en question l'ingénieux équilibre entre chrétiens et musulmans.Les nationalistes palestiniens occupent toujours des positions solides à Tripoli et à Yanta; des militants d'El Fatha continuent de régner en maître sur plusieurs quartiers de Beyrouth.UN VOYAGE A CANOSSA Dans cette situation, la mission au Caire du général Emile Boustani, qui dirige la délégation libanaise aux pourparlers de paix, ressemble fort à un voyage à Canossa.La plupart des Etats arabes sont d'avis que les exigences des Palestiniens sont fondées et le Liban doit prendre une part plus grande à la lutte contre l'ennemi commun.Le leader de l'Organisation de libération de la Palestine a, dans une conférence de presse donnée à Damas, demandé que le Liban accorde une liberté totale de manoeuvre aux combattants palestiniens et la liberté immédiate des Libanais et des réfugiés ayant pris part aux derniers événements.Cette exigence faite sous forme d'ultimatum au président Hélou, ferait la preuve, si elle était acceptée, que le pouvoir à Beyrouth n'est plus qu'une apparence.UN CHOIX DIFFICILE Ce choix, le Liban aurait préféré l'éluder, car en accordant une liberté totale de manoeuvre aux \u2018\u201cfedayns\u2019\u201d qui veulent utiliser son territoire comme base pour des raids terroristes contre les villages et les kibboutz d'Is- ragl, il s'attire les foudres de Tel Aviv qui refuse, comme l'a déclaré à diverses reprises Moshe Dayan, de faire une \"distinction fallacieuse\u2019 entre Etats arabes révolutionnaires et Etats arabes modérés.En outre, Etat multiconfessionnel, le Liban est obligé de tenir la balance égale entre ses différentes communautés.C\u2019est pour cela, du reste, qu'une règle acceptée depuis l'indépendance exige que le premier ministre soit de confession musulmane chaque fois que le président de la république est de foi chrétienne et inversement.Ce souci de l'équilibre est tel que la constitution de tout cabinet donne lieu à un subti! dosage entre musulmans chiite, sunnite ou druze et chrétiens de rite catholique ou maronite.Une courte guerre civile en 1958, avait failli provoquer l'éclatement du pays quand des musulmans séduits par l'idée de la \u2018Grande nation arabe\" avaient pris contacts avec des émissaires du Caire pour préparer l'intégration du Liban dans la R.A.U.du colonel Nasser.Et c'était pour ne pas être minoritaires dans un grand ensemble islamique que les chrétiens avec à leur tête le président Camille Chamoun, avaient obtenu du président Eisenhower qu'il envoie quelque milliers de fusiliers marins \u2018pour aider le Liban à défendre son indépendance\u201d.UN STATUT NEUTRE L'intervention américaine ne produisit pas une cassure définitive entre les deux communautés grâce à un homme, le général Chehab qui bien que chrétien maronite, réussit à rétablir un certain climat de confiance en faisant passer l'idée de l'Etat avant celle de la religion et aussi en favorisant certaines réformes sociales.Actuellement, musulmans et chrétiens touchent vers lui mais il est douteux que le vieux général accepte de sortir de la retraite qu'il s'est imposée depuis 1964.Minoritaires au Liban mais tenant bien en main tous les leviers économiques du pays, les chrétiens savent qu'ils seraient sacrifiés sur l'autel de l\u2019entente avec les nationalistes palestiniens et, conscients de ce risque, ils réclament depuis plusieurs années un statut neutre, garanti par les grandes puissances, qui détournerait le Liban de la nostalgie de la \u201cGrande Arabie\u201d et l'exposerait moins aux représailles israéliennes.Ce projet de faire du Liban une \u201cSuisse du Moyen Orient\u201d avait rencontré un moment la sympathie du président de Gaulle mais avait été dénoncé par les Etats arabes comme une preuve su- plémentaire de la duplicité libanaise et de son désir de tirer au plus vite son épingle du jeu.Au Liban même, des groupements politiques soutenaient la cause palestinienne et réclamaient l'ouverture d'un front contre Israël pour soulager les Egyptiens et les Jordaniens.UNE UNITE FACTICE Dans ce contexte, l'opération héliportée des Israëliens contre l'aéroport de Beyrouth eut pour effet de précipiter les dissensions et de rompre la façade d'unité nationale.Refusant de participer au ministère de Ha- chid Karamé, ie parti chrétien de Chamoun réclama au plus vite un strict contrôle de l'armée libanaise sur le déplacement des commandos palestiniens.Adoptant la position inverse, les Musulmans proches du leader druze, Joumblat, dénoncèrent la \u201cpolitique de l\u2019autruche\u201d et se gaussèrent de la position de \"ce petit pays qui croit pou- yor se tenir en dehors du con- it\".La fin de l'unité apparente du Liban est ce que souhaite le plus le mouvement nationaliste palestinien.Un règlement global de son contentieux avec Beyrouth ne peut que lui être favorable.Désormais, quel que soit le compromis qui sortira de la réunion du Caire, le Liban sera forcé de donner des gages d'arabisme et de participer à l'effort de guerre contre Israël.avec Roch Denis MONTRÉAL-LES-ÉMEUTES U\u2019EST-CE QUI NE VA PAS ?LE A ry A .FY) Montréal-les-émeutes: qu'est- ce qui ne va pas?Parti au Canada avec l'intention d'interviewer le premier ministre Trudeau, Edouard Sablier, le producteur parisien d'un nouveau \u201cmagazine\u201d télévisé intitulé \u201cVoilà\u201d, est revenu en France, il y a quelques jours, avec beaucoup de choses intéressantes sur le Québec et très peu sur le Canada.Que s'est-il donc passé?\u2018Nous souhaitions, déclare Sablier au quotidien \u2018Le Monde\"'', \u201ctraiter un sujet de détente.\u201d, apres deux premières émissions plutôt graves sur les Etats-Unis et sur l\u2019Algérie.M.Trudeau avait accepté de nous accorder une interview.L'événement en décida autrement.Arrivée a Montréal en pleine grève des policiers et au moment des manifestations violentes qui ont suivi, l'équipe de \u201cVoilà\u201d a décidé de s'arrêter au Québec, d'y produire un reportage sur la \u201ccontestation\u201d et de réserver une quinzaine de minutes au premier ministre canadien sur un reportage qui en comptait cinquante.UNE ÉMISSION HONNETE Heureux hasard, il faut bien le dire.Car c'est une émission fort bien montée, portant le titre \u201cQu'\u2019est-ce qui ne va pas à Montréal?\u201d que présentait le 27 octobre la télévison française.Une émission d'abord honnête vis-à- vis des faits, et dont le style de & \u201cgrande enquête\" tranchait nettement avec les salades \"cou- sins-canadiens\u201d et \u2018''gros-ac- cent\u201d qu\u2019ont bien souvent servies les véhicules d'information en France.Les Français, pour une fois, auront eu l'occasion de voir Montréal autrement que par le seul biais de la Place Ville-Ma- rie, de l'Expo et du métro.Ils auront pu mesurer, dans toute sa violence, le contraste frappant entre la \u2018métropole des gratte-ciel et de la Finance\u201d, et celle des \u201czones grises\u201d, des rues sales, et des terrains abandonnés.En fait, le principal mérite d'Edouard Sablier et de son équipe c'est d\u2019avoir compris que la politique au Québec se joue de plus en plus sur place, c'est-à- dire dans la rue et dans les quartiers populaires, et de moins en moins dans les bureaux des politiciens.Succession d'images sur la grève des policiers, sur la manifestation devant les garages de la Murray Hill, sur la Place Ville- Marie et sur les quartiers-taudis, sur la communauté italienne de Montréal, etc.Succession d'entrevues aussi, avec un ouvrier, avec des responsables du Mouvement de libération du taxi, de la Compagnie des jeunes canadiens, avec Keith Spicer professeur à l'Université de Toronto, avec René Lévesque, Jacques Parizeau, etc.Et puis, en fin d'émission, la sérénité du premier ministre Trudeau qui déclare ne pas être inquiet de la polarisation de l'idée séparatiste autour du parti de René Lévesque.Face à la thèse fédéraliste, dira en substance M.Trudeau, la polarisation du séparatisme permet d'offrir des options claires aux citoyens.L'ÉPREUVE DE FORCE Alors les jeux sont faits.Et l'équipe de \u2018\u2018Voilà\u201d peut tirer sa conclusion: entre Trudeau et les séparatistes du Québec, \u201cl'épreuve de force approche\u201d.Conclusion simplifiée certes, mais qui ne met pas en cause le contenu du reportage, pas plus d'ailleurs que ce commentaire qui échappe, au début: \"l'intervention de l\u2019armée pose en fait le vrai problème: Québec peut-il vivre sans Ottawa?\u201d Au-delà des commentaires, l'essentiel c\u2019est que \u201cla question du Québec\u201d ait été posée en France de manière plus honnête qu'elle ne l'est habituellement.L'essentiel aussi c'est que bon nombre de Français aient pu en quelques minutes prendre conscience de la dimension économique et sociale du problème québécois.Il faudra cependant revenir sur -la question.Pour Edouard Sablier et son équipe, le dossier Québec reste ouvert.QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 / 15A À 3 i ass tpt wR » Tawa Py Sam nm Mardi dernier.Le teach-in organisé par le Front du Québec Français.Un garçon salue des deux mains à la fois, le poing gauche fermé en salut révolutionnaire, la main droite faisant le \u2018V* amoureux des hippies.C'est la plus belle image de la nouvelle génération.Jusqu'ici, nous avons tous été des Canadiens français.Et voici que les nouveaux Québécois sont parmi nous.Teach-in ou love-in?L'atmosphére qui régnait mardi au stade de l\u2019Université était bien différente de celle des manifestations politiques d'il y a quelques années.Nous avons été intransigeants et agressifs, nous avons vécu la révolte et la colère.Mardi, la plupart des orateurs, plus vieux, parlaient encore de ça.Mais ans la salle, l'atmosphère était à la Fête.Des milliers de nouveaux Québécois s'y regardaient, s'y souriaient, étonnés et comme éblouis de se reconnaître, heureux de leur nombre, de leur solidarité, de leur liberté.Je me suis promené dans cette foule.J'en ai eu le souffle \u201ccoupé d'émotion.Je me suis as- sis dans un coin, j'ai regardé, je me suis laissé imbiber du spectacle d'une liberté et d'une joie nouvelles.À quelques reprises, je me suis aperçu, presque gêné, que j'étais en train de dévisager en souriant un de ces jeunes, parce que le trouvais beau.Et à chaque fois, ces filles et ces garçons m'ont rendu mon sourire, m'ont salué, sont venus causer en me tutoyant.Et j'ai découvert chaque fois qu'ils connaissaient le bill \u20ac3 assez bien pour le discuter en détail, qu'ils avaient interrompu leurs cours pour l'étudier avant de venir manifester.Que leur conviction raisonnée était à l'unisson de leur affection passionnée.Est-ce du romantisme?Ce que j'ai vu briller dans leurs yeux me donne la certitude que l'indépendance se fera.Un scandale Dans le Devoir du lendemain, Claude Ryan commente cette journée.\u201cLa notion de temps perdu n'a sûrement pas, dans ces milieux, la même résonance que dans les milieux industriels, commerciaux et financiers\u201d.Eh non, M.Ryan.Le temps perdu, c'est celui où l'homme se perd au profit de l'argent, pas celui où les hommes se retrouvent.\u201cCette utilisation des adolescents pour des spectacles politiques est un chapitre honteux de l\u2019histoire présente du Québec.Elle est une caricature de la démocratie\u201d.Qu'est-ce que la démocratie, M.Ryan, des bouts de papier (bulletins de vote et papier-monnaie) ou l'expérience affective et effective de la fraternité?\u201cCes gens donnent l'impression de vouloir tout obtenir en même temps.Ils sont unis présentement contre quelque chose.On se demande ce qui pourrait les garder unis, une fois éteint ie feu de la bataille\u201d.Et si cette bataille-là ne devait jamais s'éteindre, M.Ryan?\"Le spectacle offert par les.opposants est coloré et extrêmement animé.Il annonce peut- être, s\u2019il reflète vraiment les sentiments de la jeunesse d'au- jourd\u2019hui, un avenir radicalement différent.\u201d Eh oui, M.Ryan, radicalement différent, scandaleux.Et la poésie?C'est vrai, je fais une chronique littéraire.Voici donc quelques poèmes.Ils sont écrits en joual: les orateurs parlaient de la sauvegarde du français, mais les pancartes où j'ai lu ces poé- mes, elles, affirmaient la vitalité du Québécois.Poème: \"Québec, réveille toé\u2019.Poème: \"Nous refusons de mourir\u201d.Poème: \u201cTabarnac de Han-Hacques\u2019.Et je pourrais continuer.Qui donc a dit: \u201cLa poésie doit avoir pour but la vérité pratique\u201d?Et qui a dit: \u201cLa poésie sera faite par tous et non par un\u2019'?La poésie est peut-être un de ces milieux ou la notion de temps perdu n'a pas la méme résonance que dans les milieux industriels, commerciaux et financiers.La poésie annonce peut-être un avenir radicalement différent.Pierre Maheu \"DE BREL A CHARLEBOIS\u201d, tel était le titre du spectacle donné récemment par les Patriciens à I'Atre, rue St-Denis, spectacle qui a attiré chaque soir une foule de jeunes, si bien qu'on avait peine a péné- ter à l\u2019intérieur.Si pour le rnoment les Patriciens donnent un spectacle assez varié, avec Amsterdam, ces gens-là et d\u2019autres chansons de Brel, La Complainte de Presqu'Amérique de l\u2019ancien Charlebois, ils s\u2019orientent progressivement vers une expression musicale de plus en plus appréciée et demandée.- En quoi consiste cette nouvelle expression musicale?Gilles Hénault, coordinateur de l\u2019équipe, nous l'oxpli- que en quelques mots : \"Nous voulons faire des chansons engagées, mais sur une musi que moderne, rythmée, électrique; parce que nous voulons atteindre tout le monde, autant le public intellectuel que les amateurs de musique commerciale et pop.D'autant plus que le chansonnier conventionnel, c\u2019est dépassé.\" Ce nouveau \"bag\", cette nouvelle formule, est définie par une composition de Gilles Hénault: \u201cEvasion\u201d.Evasion expose l'attitude des jeunes face à la suppression des sentiments humains: Les Patriciens \u201ctuer vos oiseaux mécaniques.\u201d et explique leur besoin et leur recherche \".méme en enfer.\u201d L'AME DES PATRICIENS Les Patriciens sont des mu- siciens-étudiants de 18 et 19 ans environ qui se donnent en- tierement a leur musique.Sur scène, ils sont vibrants de jeunesse, d'espoir, de dynamisme.Quant on les écoute, on voudrait partir avec eux pour conquérir le monde.Lors de la mise en marche d\u2019une chanson, tous collaborent étroitement, les musiciens autant que le chanteur.Bref, toute l'équipe est profondément engagée dans '\u2018I'aventure patricienne\u201d\u2019.L\u2019ame des Patriciens, c'est Gilles Hénault, chanteur-gui- tariste-auteur-compositeur.Il possède une mimique naturelle remarquable et une bonne technique du micro.Quand il chante les chansons de Brel, on dirait son frère jumeau.Mais Giiles ne veut absolument pas devenir un autre Brel.L'auteur d'Evasion tient à s'affirmer dans son style personnel.\"Pour réussir, il faut innover, ne pas avoir peur d'aller de l'avant.\u201d À la batterie, le coeur d\u2019un orchestre.Daniel Dagenais a un rythme endiablé.Claude Bourbonnais, l'organiste, connaît très bien son instrument.Les Patriciens exécuteront prochainement une de ses compositions inti- Gilles Hénault tulée: \u201cFestin pour six millions d'innocents\u201d.Le guitare- basse, c'est Réjean Appleby, le philosophe du groupe.PROJETS Le 5 novembre, les Patriciens doivent commencer une tournée d'une douzaine de Cegeps.Puis on les verra a I'Atelier, as Café Révolution et au Gesu.Le 19 novembre prochain, ils donneront un spectacle monté par Jean Luc, soit avec les Triangle, soit avec La Révolution Française, à l\u2019amphithéâtre St-Stanislas, rue Laurier.\u201cNous avons beaucoup de nouvelles chansons en prépa- drions étendre notre message ration affirme Réjean.Luc Ledoux et Roger Lacroix sont nos compositeurs avec Raymond Houde et Gilles Hénault; et puis, nous comptons enregistrer bientôt plusieurs disques\u201d.- Avez-vous voyager?\u201cBien sûr, mais nous voulons chanter pour le Québec d'\u2019abord\u201d.- Autres projets?\u201cS'il y a possibilité, nous vou- l'intention de québécois; nous ne voulons pas limiter notre message seulement au Québec\u201d.Monique Paradis 16A / QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 af: ru A PAR ANDRE BERTRAND uy lS ENT Larry.\u2014 Réalisateur né en 1937 en Afrique du Sud, a Johan- MD nesburg.Il émigre a Vancouver ou il tourne dés 1962 un premier film à la fois traditionnel par sa structure et audacieux par son sujet: \u2018The Bitter Ash\u201d, qui raconte l'histoire d'un gigolo, recèle en effet certaines scènes d'orgies où les personnages s'ennivrent et se culbutent à qui mieux comme ils le feront par la suite dans presque tous les longs métrages de Larry Kent, avec enthousiasme.\u2018\u2019Sweet Substitute\u201d (1964) et \u2018When Tomorrow dies\u201d (1966) mènent ainsi directement à \u2018High\u2019 dont l'action se déroule chez les drogués portés sur la bagatelle.Interdit par la censure en 1967, \u201cHigh\u201d demeure jusqu'à nouvel ordre l'oeuvre la plus caractéristique de son auteur tant par ses images explosives aue par sa facture extrémement simple malgré l'emploi du noir et blanc et de la couleur pour exprimer ici le rêve et là le quotidien.Dépourvu semble-t-il du souffle des créateurs authentiques, Larry Kent s'es- souffie à gonfler des ballons qui éclatent à la figure des spectateurs sans jamais les éblouir.Aprés \u201cFacade\u201d (1968), il prépare \u201cTriple Bill\u201d: à trois moments de l'histoire, le comportement de la femme devant la maternité.Lanny Beckman et Astri Thorvik dans \u201cHigh\u201d réalisé par Larry Kent en 1967.ef ans au moment précis où la médecine ne l'intéresse plus, Claude Jutra tourne des films d'amateur come \u2018le Mouvement perpétuel\u201d et \u201cle Dément du lac Jean Jeune\" avant de rédiger en 1953 le premier téléthéâtre canadien, \u201cl'Ecole de la peur\u201d.Ayant étudié au T.N.M.et chez René Simon, à Paris, il interprète lui-même son troisième court métrage photographié en 1955 par Michel Brault, \u201cPierrot des Bois\", puis \u201cIl était une chaise\u2019 réalisé en 1957 en collaboration avec Norman McLaren.Suivent en 1960 deux documentaires sur le troubadour Félix Leclerc et le comédien Fred Barry, eten 1961 un reportage d'une heure sur le Niger auquel participe l'ethnographe français Jean Rouch.Parallèlement à ces travaux, Claude Jutra s'intéresse jusqu'en 1963 à des oeuvres qui ne lui appartiennent pas en propre mais qui, sans sa coopération, vaudraient beaucoup moins: \u201cles Mains nettes\u2019, \u2018Québec USA ou l'invasion pacifique\u201d', \u2018les Enfants du silence\u2019 et \u201cle Petit discours de ia Méthode ont ainsi grandement bénéficié de son aide aux niveaux du montage et de la mise en scène, et \u2018la Lutte\" n'aurait probablement pas gagné autant de prix à travers le monde s'il n\u2019y avait pas contribué dans une large mesure.Quoi qu'il en soit, après \u2018Anna la Bonne\u201d inspiré de Jean Cocteau et produit en 19\u20ac0 par François Truffaut (Marianne Oswaid en est l\u2019hérodine), Claude Jutra se consacre corps et âme à l'autobiographique \u2018\u2019A tout prendre\u2019 qui décrit l'échec de son amour pour une certaine Johanne Harelle et s'avère bientôt un échec financier monumental malgré d'immenses qualités artistiques et une peinture assez audacieuse des milieux intellectuels montréalais.\u201cUn cri dans le désert\u2019, observe amèrement l'auteur qui s\u2019en va enseigner en Californie où il découvre les techniques audio-vi- suelles adaptées aux besoins des écoles modernes: \u2018Comment savoir\u201d traite donc des réformes pédagogiques devenues nécessaires en 1966.Autres films: \u201cles Jeunesses musicales\u201d (1956), \u201cRouli-rou- lant\u201d (1966).Note: Claude Jutra incarne un médecin dans \u2018le Viol d'une jeune ihe douce\u201d réalisé par Gilles Carle en UTRA Claude.\u2014 Né a Montréal le 11 mars 1930 et médecin a 22 AU COUT DE $450,000.GILLES CARLE TERMINE \u201cRED\u201d A Onyx ou Claude Fournier tourne enfin son premier long métrage de fiction, \"Deux femmes en or\u201d, Gilles Carle termine \u201cRed\u201d après avoir réalisé \"la Vie heureuse de Léopold Z\u201d en 1965 et \u201cle Viol d\u2019une jeune fille douce\u201d en 1968.- Gilles Carle, combien coûte ce nouveau film qui raconte les mésaventures d\u2019un Métis injustement accusé du meurtre de sa soeur et tué par ses propres frères?Environ 450,000 dollars fournis à la fois par Onyx, Famous Players, Associated Screen Industries, Cinévision et le gouvernement fédéral.Non pas le plus gros budget de l'histoire du cinéma canadien mais l'un des plus considérables -après \u201cla Forteres- e\u201d et \u2018Waiting for Caroline\".Au total, 400 figurants et 60 personnages d\u2019une certaine importance rassemblés autour du héros, Daniel Pilon, et de comédiens d'expérience comme Gratien Gélinas, Fernande Giroux, Marcel Giguè- re, Paul Gauthier, Claude Mi- chaud et Sylvie Heppel.Geneviève Deloir incarne par ailleurs Famie de Red, cette Georgette qui travaiile dans une manufacture de bicycles.- Où le film a-t-il été photographié?- Principalement à la Place Bonaventure, où Red est assassiné par ses frères, et chez les Algonquins de Cabonga près du parc La Vérendrye.- Que pensez-vous des Indiens?- lis ne s'embarrassent pas de vaines questions de prestige alors même qu'ils apparaissent à l\u2019écran sous un jour défavorable: je ne saurais en dire autant des patrons de la G.M.et de la Winchester, qui BERNATUS AVEC LOUIS DE FU NES l'affiche des cinémas PR boi et Maisonneuve, HIBERNATUS est un échec même si Louis de Funès y excelle dans le rôle d'un maj:aux prises avec le grand- pore e sa femme, disparu au Groénland en 1905 et ressuscité en 1970.Un échec a cause d'un scénario bourré d'invraisemblances.Un échec à cause d'une mise en scène dépourvue d'originalité, redevable au médiocre Edouard Molinaro, plus médiocre que jamais.HIBERNATUS, là précisément où le comique tombe sous zéro.se prennent tous pour des bienfaiteurs de l'Humanité et qui ont refusé de collaborer avec nous parce que l\u2019action se situe chez des criminels.Seule la compagnie CIL nous a aidés sans craindre de baisser automatiquement dans l'estime des spectateurs: nous avions besoin de dynamite, elle nous a donné de la dynamite! Gilles Carle est un homme heureux.Nul doute que \u201cRed\u201d\u2019 va faire boum puisque cette farce macabre ponctuée d'éclats de rire, qui montre une famille entière en proie à la destruction, sera distribuée au Canada par Cinépix qui distribue présentement \u201cValérie\u201d avec un succès retentissant.Paramount se chargerait de la distribution à l'étranger, et Paramount n\u2019est pas rien comme chacun sait.A.B.FRSA rtm, SO Geneviève Deloir dans le rôle de Georgette, l'amie de Red LA GALERE ENGLOUTIE.Documentaire français réalisé par Louis Malle et Jacques-Yves Cousteau, \u2018\u2018l'alpiniste sous- marin\u201d Au 2 le 2 a 20:30.* * * LES CONQUERANTS DE CARSON CITY.Western de série B a regarder entre deux annonces de céréales par ceux-là qui n'ont rien de mieux à faire que de syntoniser le canal 10 à 14 heures le 3 novembre.Les principaux acteurs, Randoilph Scott et Raymond Massey, sont des Canadiens d'origine.x ow # LA STEPPE.L'Union Soviétique telle que l'a découverte en 1962 l'Italien Alberto Lattuada.Au 2 le 4 à 19:30.* * * LES CHEYENNES.Si John Ford compte parmi les grands cinéastes américains, c'est grâce a des oeuvres comme celle-ci où les Indiens, magnifiques, refusent cette civilisation chrétienne occidentale dont les cowboys se réclament, une main sur la Bible et l'autre sur le revolver.Au 2 le 4 à 23:40.* # QUOI DE NEUF PUSSYCAT?Les amours fragiles d'un Anglais qui saute de femme en femme, talonné par un psychiatre que le sexe obsède.Avec Peter O'Toole, l'inénarrable Peter Sellers et une bonne demi- douzaine de créatures qui s'appellent tantôt Ursula Andress et tantôt Romy Schneider.Au 10 le 5 à 19:30.* * * LA CHARGE DE LA HUITIEME BRIGADE.Encore un western de Raoul Walsh, supérieur à la moyenne.Troy Donahue, Suzanne Pleshette et James Gregory en sont les vedettes.Au 2 le 6 à 19:30.%* * * LA TOUR DES AMBITIEUX.Drame social de Robert Wise interprété par William Holden, Frederic March et l'inévitable Barbara Stanwyckh.Au 2 le 7 à 23:40.* x * LE GRAND SEDUCTEUR.Biographie de Rudolph Valentino avec Anthony Dexter.Comment un danseur de cabaret se lance a l\u2019assaut d'Hollywood-Baby- lone.Au 16 & 7 vers minuit.* x * COLT 45.Encore un western avec le Canadien Randolph Scott, flanqué de Lloyd Bridges et de Ruth Roman.Au 10 le 8 à 13 heures, entre deux annonces de céréales et à moins de tomber sur des dessins animés en changeant de poste.QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 / 17A E J À \u201d i > \u201cMON FILS, TE MÉFIER DU CINÉMA y avait dans \u2018Bonnie and Clyde cette fameuse image d\u2019un campement de gitans-pau- vres (il y a des gitans-riches: exemple: Tex Lecors) et on se disait \u2018quelle réalité bien filmée\".Or, c'était sans doute de la mise en scène.L'art est un arrangement.Monsieur Fallini le sait bien et vous aussi spectateurs de \u201cJuliette .\u201d ou de \u2019Huit et demi.\u201d L'art est une réduction, de l'ellipse.Même Pierre Perrault arrange tout.Visitez l'Ile-aux-Coudres.4 ÿ les cadrages, le rythme du montage.Voici Monsieur Louis Malle qui revient de l'Inde, bourré de pellicules et il dit que c\u2019est du \u2018\u2019cinéma- vérité\u201d.Partiellement.C'est \u201cCalcutta\u201d vu par un individu (ou deux, comptant son et cameraman) venus de Paris-lumiére, France.Cela change tout.Envoyons Perrault et il reviendra aver.son \u201cCalcutta\u201d.Voyez \"La vie, l'amour .\u201d\u2019 de Lelouch.Vieille histoire mais racontée de façon actuelle, c'est brassé avec une énergie que je trouve formidable.Je ne fais pas mon petit André Bertrand ici.Je voulais dire un mot contre \u2018la vérité\u201d de certaines fausses vérités, tel le cinéma-vérité.Mon oeil! Etre humain, Dieu merci, c'est encore être personnel.De là la variété de l'art, l\u2019art du cinéma comme des autres moyens d\u2019expression.Voyez l'aimable regard de complaisance subjective du jeune Peter Fonda pour les motards dans son célèbre \u2018Easy riders\u201d et, ici encore, le campement de hippies.Très arrangé?Et puis après?Polanski aussi avait tout arrangé pour \u2018cette nuit des sorciers\u2019 dans \u201cLe bébé de Rosemarie\u2019.Et puis la vie, souvent, copie l'art.Je le sais, je l'ai éprouvé pour \u201cEthel et le terroriste\u2019\u2019.Oui, méfiez-vous du cinéma, c'est \u2018\u2019vrai\u201d\u2019! LE SERPENT DE LA CULTURE SE MORD LA QUEUE Les gens qui s\u2019interrogent sur l'avenir du théâtre devraient se rendre au \u2018Théâtre d'aujour- d'hui\u2019\u2019 (métro, station Papineau) rue Sainte-Catherine.L'auteur anglais Tom Stoppard s'est creusé laborieusement les méninges pour pondre ce texte (mis en scène avec vivacité par Robert Spickler) du célèbre et antique \u201cHamlet\u201d de Shakespeare.Stoppard exhibe une tragi-comédie où deux figurants-soldats-poli- ciers jouent les \u2018premiers rd- les\u201d (rôles bien défendus par deux jeunes inconnus doués) de Rosencrants et Guildenstern sont morts.Nous sommes encore au théâtre de l'absurde et si nous saluons au passage Beckett, Adamov et lonesco, il faut bien aussi admettre que la pièce s'enregistre encore aux interrogations actuelles.Il y a d'excellents moments, rares, il y a plusieurs gags, il y a davantage de longs moments ennuyeux comme la pluie.Le bavardage incontinent a pu amuser les intellectuets de 1950, maintenant il ennuie.Que de jeunes personnes, pleines de sang (et de talent aussi souvent) se fatiguent à \u2018\u2019palabrer et à parlementer'' au travers ce genre de prose dramatique en diahrrée (sic), c'est pénible.On est loin du théâtre populaire, on n'est pas moins loin d'un renouvellement fécond.Les étudiants (ou professeurs) du \u2018\u2019cours-classi- que-à-papa\"' s'intéressent encore a \u201cHamlet\u201d et à ses soldats- policiers mais c'est le serpent de la vieille culture qui se mord la queue.Cette pièce illustre assez la fatigue intellectuelle de la vieille \u2018\u2019europe\u2019\u2019 gréco-latine et judéo-chrétienne.En Amérique du Nord, en 1969, par de irais jeunes québécois, nous nous attendons à du neuf et non pas à ces clowneries, déguisements à la manière de personnages (de Breugel) moyenageux.Les beaux haillons claudéliens ou \u2018\u2019père-legaultien\u201d\u2019, rien de pire pour éloigner un public qui compte sur la scène pour retrouver la liberté d'expression sans les tabous de la télé et du cinéma commercial et calculateur.Liberté et nouveauté profonde.Je le répète, c'est tout de même un spectacle qui intéressera les amateurs et les spécialistes.Intéressés: ne pas le manquer.Les jeunes comédiens sont bons et ils se donnent à fond.C'est la \u2018machine Stoppard-Spickler\u201d qui est lourde.URGENT:IL FAUT SOCIA LISER LES MANUELS SCOLAIRES Je travaille depuis assez longtemps dans une entreprise étatisée pour bien connaître les périls du socialisme.Le danger se nomme: bureaucratisation excessive.Paresse, en un mot.D'autre part, on peut voir aussi, depuis belle luretté les périls de la totale \u201clibre entreprise\u201d.Anarchie et gaspillage, en deux mots.Exploitation du public, bien souvent.Dans un numéro spécial du DEVOIR, il y a plusieurs années de cela, comme écrivain, je parlais du virtuel scandale des manuels scolaires.Il y a un peu plus d'un mois, le 24 septembre, des policiers fédéraux déclenchaient une première investigation, une sorte de \u2018\u2018descente en règle\u201d.La dénonciation (par qui?) du mandat de perquisition contenait tous les éditeurs et les libraires du Québec.Plein de religieux et de religieuses par dessus le marché.Et même l'honorable Conseil supérieur du livre, subventionné généreusement par le ministre Jean-Noël Tremblay.La \"police montée\u2019, lancée comme il se doit par le ministère de la Justice d'Ottawa, alla fouiller d'abord, comme il se devait, chez Hachette.|| s'agit d'une immense entreprise qui peut tout régenter: production, distribution, commerce au détail, etc.Les petits requins, éditeurs et libraires du cru s\u2019indignent du gros \u2018requin\u2019, mais, oui ou non, ont-ils eux-mêmes formé une sorte de cartel?La loi l\u2019interdit.Par contre, jadis (et encore?) c'était la foire d'empoigne.On coupait les prix, il y avait favoritisme et puis tout le monde du manuel scolaire végétait.Maintenant, il y a la menace \u201chachette\u201d.Je n\u2019y vois qu\u2019une solution.Etatiser \"la production\u2019 des livres d'études, Les éditeurs serviraient, en ce domaine vital, de gérant, d\u2019imprésario des auteurs éventuels de manuels scolaires.Un jury pédagogique éliminerait avant l\u2019imprimerie les manuscrits invalides.Mais, on le sait, cela ne se fera pas demain.Il s\u2019agit d\u2019un commerce d'importance, de \"gros sous\u201d\u2019 (tirés de nos goussets de contribuables) qui voltigent.Et les requins sont affamés.Au fait, verra-t-on une suite à la spectaculaire descente du 24 septembre?LE FRONT COMMUN DES ARTISTES par Annie Bergeron Plusieurs assemblées d'information réunissaient les artistes au Théâtre National cette semaine, en vue de lutter contre l'adoption du projet de loi 63.C'est à la suite du geste posé par les comédiens de \u2018\u2018Lysistrata\u201d au T.N.M.de \u201cMoi Ma Maman M'aime'* au Théâtre de Quat'sous, des \u2018Girls\u2019 au Pa- -triote, de \u201cRosencrantz et Guil- denstern\u2019\u2019 au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui, que lies élèves du Conservatoire et de L'Ecole nationale, avec l\u2019appui du Centre d'essai des jeunes auteurs formaient un Front Commun Des Artistes, pour lutter collectivement contre l'adoption du projet de loi.La prise de position des comédiens de ces théâtres se traduisit par la lecture d'un manifeste à la fin de chaque représentation.\u201cL'artiste est plus informé que la moyenne du public, il est normal qu'il informe 1,200 personnes chaque soir s'il le peut\u201d dira l'un d'eux.Lors d'une première assem- biée, Ginette Letondal prit la parole au nom de tous les comédiens du T.N.M., suivie de Charles Prévost du Front de libération populaire qui parla du rôle de l'artiste dans la Société et on attendait Raymond Lemieux avant de se rendre à l'Union des Artistes, à qui l'on reprochait de ne pas avoir pris une position ferme à l'égard du projet de loi 63.Rejoint plus tard, le secrétai- re-général de l'Union des artistes nous dit avoir reçu une délégation, composée de plusieurs artistes dont Jean Doyon, Lionel Villeneuve, Louis Aubert, Denis André, Tex, Diane Ficard, André Saint-Laurent, Gisèle Collet qui vinrent s'informer de la teneur exacte du télégramme envoyé par l'Union au gouvernement.Les artistes apprirent ainsi que l'Union, qui soulignait le caractè- LE MANIFESTE DES COMÉDIENS Cher public, Vous venez d'assister à une manifestation de notre culture française, culture vivante.Dé- trompez-vous donc si vous êtes sous l'impression d\u2019avoir assisté a une manifestation folklorique quelconque.Nous n\u2019en sommes pas encore là.Mais c\u2019est ce qui risque d\u2019arriver si le bill sixty three, qui entre en deuxième lecture à - l'Assemblée nationale du Oué- bec et qui officialise la langue de I'envahisseur, qui est hélas aussi celle de Shakespeare, est adopté.Devant l'extrême gravité de la situation, les comédiens de cette troupe se solidarisent à tous les mouvements qui luttent contre le bill sixty three qu\u2019ils entrevoient comme l'arrêt de mort de leur culture, votre culture, notre culture.Nous ne sommes pas du tout intéressés à assister 18A / QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 passivement à notre louisiani- sation.Notre langue et notre culture françaises sont notre identité et notre identité est notre vie; nous ne tolérerons pas que nos tartuffes de représentants trônant à Québec dans la plus totale inconscience mettent notre vie en danger ou la troquent contre les gros sous de leurs Maîtres de la rue Saint-Jacques.H est impératif que le bill sixty three ne soit jamais adopté, et les comédiens de ce spectacle comptent se servir de tous les moyens dont ils disposent pour que cette trahison infamante de nos représentants, soit-disant légitimes, n\u2019ait jamais forcée de foi.Le vendredi 31 octobre, c'est à Québec que se jouera le dernier acte.Nous nous devons d'y être et de vous inviter à y être.re peu explicite du projet de loi quant au choix des parents et à la politique d'immigration, le caractère hâtif du projet de loi et le peu de cas que l'on avait ainsi fait de la commission Gendron, s'opposait donc à l'adoption du projet de loi.Lors de cette première assemblée, on notait une majorité de jeunes comédiens, quelques noms connus et la présence de Paul Hébert, de Michel Tremblay et André Brassard.LA NOUVELLE COMPAGNIE THEATRALE La déclaration suivante dégage la Nouvelle compagnie théâtrale de toute responsabilité et n'engage que les comédiens et le personnel sur scène en ce moment.Nous, nous considérons que la \u2018façon la plus positive pour nous de lutter est encore de vous présenter du théâtre en français avant qu'il ne soit trop tard.ace SPECTACLES CETTE SEMAINE cinéma ALOUETTE : 318 Ste-Catherine, 861- 2807.Paint Your Wagon 8.30; merc., sam.et dm.2.30.ARLEQUIN : 1004 E.Ste-Catherine, 288-2943.48 Heures d'amour 2.35, 5.55, 9.20, Une corde, un colt 1.00, 4.20, 7.45.D.S.7.35.ATWATER : angle Atwater-Ste-Ca- therine.935-4246.Paranoïa 1.15, 3.30, 5.30, 7.30, 9.30.AVENUE : 1224, Greene, 937-4689.Last Summer 1.25, 3.25, 5.25, 7.25, 9.30.BERRI (ODEON) 1280 St-Denis, 878- 3366.Erotissimo 1.00, 3.10, 5.20 7.25, 9.35.BIJOU : 5030, Papineau, 527-9131.Tu seras terriblement gentille 12.30, 3.45, 6.36, 9.49.La Récréation 2.05, 5.18, 8.31.BONAVENTURE : Place Bonaventure, 861-2725.Oliver (francais) Mercredi, sam.dim.2.00.Every Night At 8.30.CANADIEN : 1204 E.Ste-Catherine, 523-5180, Ingrid 12.15, 3.30, 6.33, 10.00.Le Crime de David Levinstein 1.40, 4.55, 8.10.CAPITOL : 890 O.Ste-Catherine.866-6828.Southern Star 10.30, 1240, 2.50, 5.00, 7.10, 9.25.Dim.dés 9.00.CHAMPLAIN : 1815 E.Ste-Catherine, 524-1685.Les Miens, les tiens, et les ndtres, 2.22, 6.07, 9.52.Sel et poivre et dynamite 12.30, 4.15, 8.00.CHATEAU : 6856 St-Denis, 271-4400.Femmes et tentations 1.00, 4.25 ,7.50.Le Secret d\u2019une fille de Soho 2.40, 6.05, 9.35.CINEMA V : 555 O., Sherbrooke, 489- 5559 I am curious Yellow 7.30, 10.00, dim.12.00, 2.30, 5.00, 7.30, 10.00 ; Sam.5.00, 7.30, 10.10, 12.00.CINEMA ANJOU : Les Galeries d'Anjou.Les Amours de Lady Hamilton 7.05 ; sam.dim.\u20181.00, 3.00, 5.05, 7.05, 9.10.CINEMA DE MONTREAL : 1584 Mt- Royal E., 521-7870.Je fais l\u2019amour pas la guerre 2.19, 6.50.Les Striptiseuses 2.10, 4.09, 8.48.Les Voluptés du bain 12.50, 5.29, 10.08.CINEMA DE PARIS : 896 O.Ste-Ca- therine, 861-2996.Le Mariage 1.30, 3.30, 5.30, 7.30, 9.30.CINERAMA THEATRE IMPERIAL : 1430 Bleury, 288-7102.Mediterranean Holiday.Tous les jours 8.30 ; mercredi, samedi, 2.00; dim.2.00, 7.30.COTE DES NEIGES : 6800, Côte-des- Neges, 735-5527.Cnéma 1: Don\u2019t let the Angels Fall 7.20, 9.25.Sam.dim.1.05, 3.1N, 5.15, 7.20, 9.20.D.S.9.00.Cinéma 11 : Oliver (English); merc.sam.dim.2.00.Every Night At 8.30.CREMAZIE : 8810, St-Denis, 388- 4210.Funny Girl 8.05; sam.dim.2.15, 5.15, 8.15.CRYSTAL : 1223, St-Laurent, 861- 2249.Murderers Row Only when 1 laugh, The wild Racers.DAUPHIN : 2396 E.Beaubien, 721- 6060.Salle Renoir: La Vie, Pamour la mort.7.30, 9.4% sam.dim.1.15, 3.20, 5.25, 7.30, 9.40.Salle McLaren : Le Diable par la queue 7.30, 9.30; sam.dim.1.30, 3.30, 5.30, 7.30, 9.30.ELYSEE : 35 O.Milton, 842-8053.Salle Resnais : Ma nuit chez Maud 7.30, 9.30; sam.1.30, 3.30, 5.30, 7.30, 9.45 ; dim.1.30, 3.30, 5.30, 7.30, 9.30.Salle Eisenstein : Un soir un train (s.t.anglais) même horaire.FESTIVAL : 1206 Est, Ste-Catherine \u201cJe suis curieuse\u201d En sem.7.30, 10.00, Sam.5.00, 7.30, 10.00, 11.45.Dim.midi, 2.30, 5.00, 7.30, 10.00.FLEUR DE LYS : 858, Ste-Catherine E., 288-35.Hibernatus 12.00, 3.30, 6.50, 10.35.L\u2019écume des jours 1.20, 4.50, 3.25.FRANCAIS : 59, E.Ste-Catherine, 288-5513.Femmes et tentations 2.40, 6.10, 9.35.Le Secret d\u2019une fille de Soho 1.15, 4.40, 8.05.D.S.7.45.GRANADA : 4353, E.Ste-Catherine, 255-2428.Femmes et tentations 2.55, 6.20, 9.40.Le Secret d'une fille de Soho 1.15, 4.40, 8.05.D.S.8.05.GREENFIELD PARK : 549, Tasche- reau, 671-6129.Cinéma 1: Charley 6.03, 9.40.Hell in the Pacific 7.50; dim.dès 12.30.Cinéma 11: 4 La Jungle sensuelle 6.20, 9.35.Des filles pourl \u2019armée 7.40.Dim.dès 1.00.JEAN-TALON : 4255 E.Jean-Talon, 725-7000.Hibernatus 6.45, 10.25; dim.12.00, 3.25, 6.45, 10.25.Les jeunes Loups 8.20 ; dim.1.20, 4.50, 8.20.KENT : 6100 O.Sherbrooke, 489- 9707.Best House in London 1.20, 3.15, 5.15, 7.10, 9.10.D.S.8,50.LAVAL : Centre d'Achat Laval, 688- 8200.Cinéma 1: Charly 5.55; sam.dim.12.10, 4.30, 8.55.Hell in the Pacific 7.45; sam., dim.12.30, 4.05, 7.45.DS.7.45.Cinéma 11: La Jungle sensuelle 6.35, 9.50; sam.dim.3.20, 6.35, 9.50.Des filles pour l\u2019armée 8.60; sam dim.1.30, 4.45, 8.00.D.S.8.00.LIDO : 360, Labelle, 681-1828.Du 21 au 25: Le Voyage fantastique et La Diligence vers l'ouest, les 2 films des 7.00.Le 26 : La Reine des Vikings et Ballades en bleu dés 1.30, et dès 7.00.Du 27 au 31: même films dés 7.00.LOEW\u2019S : 954 O.Ste-Catherine, 866- 5851.Gypsy Moths 10.15, 12.30, 2.45, 5.00, 7.15, 9.25.D.S.9.05.LUCERNE : 855, Décarle, 744-2734.Charly 6.00 ,9.40.Hell in the Pacific 7.45.D.S.7.45.Dimanche dés 1.00.MAISONNEUVE : 3001 E.Sherbrooke, 525-2174.Hibernatus 6.45, 10.25; dim.12.00, 3.25, 6.45, 10.26.Les jeunes Loups 8.20; dim.1.20, 4.50, 8.20.MERCIER : 4260 E.Ste-Catherine, E., 255-6224.L\u2019Eveil de la puberté 6.30, 9.40; sam., dim.12.30, 3.40, 6.50, 10.05.La Tour de Nesle 8.05; sam.dim.2.05, 5.15, 8.30.MIDI-MINUIT : 4462, St-Denis, 842- 8264.Oui à l\u2019amour non à la guerre 1.35, 4.45, 8.00.L\u2019Auberge de la peur 12.00, 3.10, 6.20, 9.35.MONKLAND : 5504 Monkland, 484- 9711.Joniko 1.10, 3.10, 5.10, 7.10, 9.10.E.S.9.05.MONTCALM : 3238, Masson, 727- 5213.Les Vierges de Satan 8.10; sam., dim.1.30, 4.45, 8.10.Le monstre de l\u2019espace 6.30, 9.50; sam., dim.3.10, 6.30, 9.50.D.S.8.10.OUTREMONT : 1248 O.Bernard, 277- 3233.Jonilo 1.15, 3.15, 5.15, 715, 9.15.D.S.8.00.PALACE: 698 O.Ste-Catherine, 866-6991.Sweet Charity 10.00, 12.40, 3.20, 6.00, 8.50.D.S.840.Dim, dès 12.40.PAPINEAU : 4519 Papineau, 521- 6853.Valérie 2.40, 6.05, 9.40.La loi du survivant 12.55, 4.20, 7.50.PARISIEN : 480 O.Ste-Catherine, 861-2697 Les amours de Lady Hamilton 10.00, 12.00, 2.15, 4.30, 6.45, 9.10.PIGALLE : 912, Ste-Catherine O.866-2774.Oui à l\u2019amour non à la guerre 10.10, 1.35, 4.45, 8.00, 11.10.L\u2019Auberge de la peur 12.00, 3.10, 6.20, 9.35.Dim.dès 12.00.PLACE DU CANADA : 1010, Lagau- chetiére O.861-4595.Journey To the Far Side of the Sun 5.40, 7.40, 9.45; sam.dim.1.30, 3.35, 520, 7.25, 9.35.PLACE VILLE-MARIE : 1 Place Vil- le-Marle, 866-2644.Grand cinéma : The Sterile Cuckoo 1.10, 3.10, 5.10, 7.10, 9.10, Sam.Midnight Show 11.15.D.S.9.00 Petit cinéma : The Graduate 12.30, 2.30, 4.30, 6.3C, 8.30.Sam.Midnight Show 11.i5.D.S.8.30.PLAZA : 6505 St-Hubert, 274-6155.Ingrid 12.15, 3.30, 6.33, 10.00.Le Crime de David Levinstein 1.40, 4.55, 8.10.RITZ : 1313, Bélanger E.272-5290.Le monstre de l\u2019espace et Le Peuple des abimes.Sam.et dim.ouvert dés 1.00: semaine, 6.00.RIVOLI : 6906, St-Denis, 277-4129.Mon homme 2.30, 5.55, 9.25.Les trols sergents du fort Madras 12.50, 4.15, 7.45.SAINT-DENIS : 1594, St-Denis, 849- 4211.Le Grand Dadais 12.20, 3.39, 6.38, 9.57, Une garce inconsciente.1.51, 5.10, 8.29.SALLE HERMES : 5550 O.Sherbroo- Ke, 480-5559.Marry Marry Me.8.00, 10.00 ; dim.2.00, 4.00, 6.00, 8.00, 10.00.SAVOY : 4470 Wellington, 769-7372.Romeo and Juliet 9.10 ; dim, 1.05, 5.05, 9.10.Barefoot in the Park 7.15 ; dim.3.15, 7.15.D.S.7.15.SEVILLE : 2155 O.Ste-Catherine, 932-1139.Goodbye Colombus.1.25, 3.25, 5.25, 7.25, 9.25.D.S.9.00.SNOWDON : 5225, Décarle, 482-1322, La Mubhair 1.30, 3.30, 5.35, 7.40, 9.40.THE CINEMA : 1 Westmount Square 931-2427.Me Natalie.1.05, 3.05, 5.05, 7.05, 9.15.VAN HORNE : 6150 Côte-des-Neiges, 737-5811 Medium Cool 1.00, 3.05, 5.10, 7,15, 9.25.VERDUN : 3841, Wellington, 768- 2992.L\u2019Eveil de la puberté 6.30, 9.40; sam.dim.12.30, 340, 6.50, 10.00.La Tour de Nesle 8.05; sam., dim.2.05, 5.25, 8.30.VERSAILLES : 7265 E.Sherbrooke, 352-0200, salle Rouge: Femmes et tentations 8.05; sam., dim.1.15, 4.40, 8.05.Les Secrets de la fille de Soho 6.20, 9.40: sam, dim.2.55, 6.20, 9.40.Salle Bleue : Pas folles les mignonnes 6.00; sam., dim.2.25, 6.00, 9.40.Will Penny le solitaire 7.45; sam., dim.12.30, 4.05, 7.45.D.S.7.45 WESTMOUNT : 5038 O.Sherbrooke, 486-7395.Midnight Cowboy 12.30, 2.40, 4.50, 7.05, 9.20; sam.11.30.Midnight Show, YORK : 1487 O.Ste-Catherine, 937- 8978.Take the Money and Run 1.35, 3.35, 5.35, 7.35, 9.40.D.S.9.05.Au Verdi cette semaine VERDI : \u201cCalcutta\u201d et \u201cPourquoi C\u2019est faire\u201d: sur semaine à 7:30 et 9:30 et le samedi et le dimanche à 1:30, 3:30, 5:30, 7:30 et 9:30.À la Cinémathèque Canadienne cette semaine Mardi le 4 à 21.30, cinq films sur l'art: le GUSTAVE MOREAU, de Nelly Kapian, MAGRITTE OU LA LECON DES CHOSES, de Luc de Heusch, MISE A NU, de Robert Lapoujade, R-34, de Jack Chambers, MAGIC CIRCLE, de Gary Li Nova.Mercredi le 5, a 19.30, six courts meé- trages réalisés en Afrique par John Marshall: A CURING CEREMONY, N/UM TCHAIL, AN ARGUMENT, MEN BATHING, A JOKING RELATIONSHIP, KUNG BUSHMAN HUNTING EQUIPMENT.A 21.30, six films canadiens: WALKING (Ryan Larkin), LA OU AILLEURS (Jacques Leduc), GALLERY (Don Owen), POURQUOI C\u2019EST FAIRE (Richard Lavoie), LES CANOTS DE GLACE (Jean-Claude Labrecque), LES MASQUES (Jacques Kasma).Jeudi le 6 à 20 heures: LES DE- SOEUVRES (René Bail).Vendredi le 7, à 19.30: ONZE FIO- RETTI DE FRANCOIS D\u2019ASSISE (Roberto Rossellini}.A 21.30: BOUDU Drôle, rigolo, désopilant, à se tordre, irrésistible, gai, amusant, hilarant, joyeux, humoristique, badin, folichon, enjoué, déridant CHEZ SAUVE DES EAUX, réalisé par Jean Renoir avec Michel Simon.boties à L\u2019ATRE : 4461 St-Denis, 844-7314.Spectacle tous les soirs à 10:00, Dim.le 26, Jean Richard, Du 27 oct.au 2 nov.incl.Langlois Rajotte-Gauron.LA BUTTE A MATHIEU : 1-819-322- 2248, Val David, 2554 Monty.Samedi le 8 nov.\u201cGeorges Dor\u201d.Spectacle à 9.00 et à 11.00.LA CLEF présente un festival de Blues et Rock avec les Hunted, Hig- gan\u2019s Hill, Paul Wyner, expédition, Tallmuds, Blues Generation.Le dimanche 9 novembre de 4 hres à minuit à l\u2019'auditorium du collège Ahunt- sic, 9155 St-Hubert.Billets en vente à: Records Cave, Phantasmagoria, Matter of Opinion.La Clef et à la Coop du CEGEP Ahuntsic.LA CREMAILLERE : Ile du Moulin, Terrebonne, 666-8516.Raymond Léves- que et Gilles Fecteau.LE CARREFOUR INTERNATIONAL: 6600 Wilderton, 731-8045.Le 8 oct, un chansonnier.LA GALERIE CAFE : 158 est, St- Paul, 861-4031.Dim.le 26 The Minds.Le 31 oct.Hyggan's Hills.Le ler nov.Le Cordan.LE PATRIOTE : 1474 Ste-Catherine est, 521-6666.Dim.le 26 oct.Jean- Pierre Ferland avec en première partie Diane Chayer.Du 28 oct.au 2 nov.Tex.Spectacles en semaine à 8:00 et 11:00 le dimanche à 7:30 et impayable, MIVILLE du lundi au vendredi ESNT5 sve Jean Mathieu, Jean Morin, René Caron et le trio musical de Roger Lesourd 10.30.Du 3 au 10 novembre Les Jéro- las.LE PATRIOTE A CLEMENCE : 1474 Ste-Catherine est, 521-6666.Dim.le 26 oct.\u201cLa Tabarnouche de Varlope\u201d.Du 29 oct.au 9 nov.\u201cLes Girls\u201d, revue de Clémence Desrochers.Merc., Jeu.dim.: 9:00 Ven.: 10:00 Sam.: 9:00 et 11:30.LE PICASSO : 1621 St-Denis, 843- 3533.Dim.le 26 oct.Richard Roy.LA POUDRIERE : Ile Sainte-Mélè- ne.\u201cDélicate Balance\u201d de Edward Albee, en francais.Jusqu\u2019au 31 octobre.L'ATELIER INC.: Cité Universitaire, Sherbrooke Qué.Le Théâtre de l'Atelier présente \u201cCaviar ou lentilles\u201d, comédie de Scarnicei et Tarabusi.Mise en scène : Benoît Dumont ; décors : Denis Rousseau ; régie : Patrice Pot- vin.Les mercredis, jeudis et samedis à 8.30.Jusqu'à la mi-décembre.RIDEAU-VERT : 4664, St-Denis, 844- 1793.\u201cCet animal étrange\u201d plèce de Gabriel Arout, d\u2019après les récits de Tchekhov avec Yvette Brind'Amour.Gérard Poirier, André Cailloux, Andrée St-Laurent, Serge Turgeon, Daniel Roussel et Diane Pilon.Mise en scène : André Cailloux, Costumes : Fran- cols Barbeau.Décor: Guy Rajotte.Jusgu\u2019au 2 novembre.THEATRE MAISONNEUVE : Place des Arts.\u201cLysistrata\u201d d\u2019aprés Aristo- phane.Adaptation d\u2019André Brassard et Michel Tremblay.Avec Denise Pelletier, dans le rôle-titre : Elizabeth LeSleur, Ginette Letondal, Diane Picard.Présenté par le Théfitre du Nou- veau-Monde, jusqu'au 9 novembre.THEATRE POPULAIRE DU QUEBEC: 130 E.St-Paul.\u201cEncore 5 minutes\u201d pièce de Françoise Loranger avec Marjolaine Hébert et Jean Duceppe.Costumes : Gilles-André Vaillancourt ; décor : Hugo Wuethrich.Mise en scène: Louis-Georges Carrier.QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 / 19A f RS (résumé) Nicole Marceau travaille à Télé-Québec.ll y a deux hommes dans sa vie de secrétaire jolie et efficace, Roger Bleau, un jeune ambitieux du poste et Lucien, son Lucien, un garçon du quartier, de la paroisse Sainte-Cécile, un garçon simple et bizarre aussi.Docile-et mystérieux: Zo NW Ae ' W (Le - = 2 = 0 4 = Zz Nicole sort du Rivoli, pas contente, pas ennuyée non plus.Son Lucien, lui, est satisfait.Il adore ces films où un bel espion ingénieux triomphe de tous les dangers.Il sourit au coin de la rue Bélanger, regardant les enseignes lumineuses des cinémas, du \u201cCigars store\u201d, du \u201cLaura Secord\u201d \u2026 ll redescend lentement sur terre._ * - Tu es content là, hein?Ca se voit, mon beau niai- seux?\" Nicole n'est pas fier de son chum.Elie accepte de sortir avec lui mais c\u2019est comme \"en attendant\u2019.Lucien la regarde drôlement ce soir, soudain, il dit: \u201cNicole, si tu veux me faire un grand plaisir, tu vas venir faire un tour\u201d.Et Nicole accepte encore une fois ses \u2018fameux\u2019 petits tours des mardis ou des samedis soirs.Le jeudi, c\u2019est sacré: elle joue au bowling.Lucien conduit son vieux Pontiac, bleu marine, 1962, dans les rues de Montréal.Ii mâche sa gomme chick- Jett, verte toujours, une main nonchalante au volant, le sourire du cinéphile satisfait,au bec.ll lui offre une orangeade \u201cjulep\u2019\u2019 et Nicote qui adore l\u2019orangeade fouettée accepte volontiers.I! stoppe rue Lajeunesse.\u2018Viens, laissons la bagnole ici, on va marcher un peu\".\u201c-Tu digères mal?Tu digères toujours mal, je l\u2019oubliais\u201d\u2019.Nicole l\u2019accompagne, elle se dit soudain que c\u2019est terminé.Revenus, tantôt, elle va lui parier, c\u2019est assez de ces sorties insignifiantes qui ne mènent à rien.On dirait que Lucien a deviné cette pensée, il la regarde durement: \u201c-Je sais bien que tu en as assez de moi.Tu me trouves banal, hein, Nicole?\u201d Et puis, Nicole se souvient mal du reste.Ils étaient rendus près d\u2019un cimetière car il y avait un mur, une grille d\u2019entrée et qui a grincé affreusement quand Lucien en poussa les barrières.C'était sombre et sinistre! Nicole se demande maintenant, au milieu de son divan- lit, assise, incapable de s'endormir, si elle a fait un cauchemar.Lucien lui a pris le bras avec une fermeté rare.It y avait, dans ce petit cimetière de la rue Berri, des inscriptions en langue étrangère, de l\u2019hébreu sans doute.il la poussait devant lui dans une allée: \"\u201c-Ne crains pas, n\u2019aie pas peur.C'est pas dangereux.Regarde Nicole, regarde bien\u201d.Nicole était bouleversée, devant elle, à ses pieds, il y avait une sorte de petit nuage de brouillard blanc, bleuté.Et dans ce paquet d\u2019ouate humide, it lui semblait voir une sorte de petit bonhomme, ou bien était-ce un animal, c'était rose, de ce rose accusé qu'elle admirait tant, enfant, sur les jambons des vitrines de Pâques.\u201c-Lucien, qu\u2019est-ce que c'est?\u201d\u2019.Nicole était tout près de lui, effrayée.\u2018Je peux faire apparaître et disparaître des choses comme celle-là.Nicole, je ne suis pas n'importe qui\u201d\u2019.\u201cEt soudain, en un éclair, Nicole songe à ce petit Lucien Pageau qui, petit garçon, faisait des crises d\u2019hystérie sur le trottoir de la rue Saint-Denis, qui marchait en pleine nuit, en crises fréquentes de somnambulisme.Elle revoit la mère de Lucien, sur le balcon, qui pleure certains soirs en racontant les cauchemars affreux que faisait son cher petit garçon.Nicole, comme à huit ans, de nouveau a peur de ce grand garçon pâle, secret, timide.\u201cJe fais des expériences de spiritisme.J'ai lu des traités d'experts sur la question.Nicole, si tu me quittes, je te changerai en pourceau, en perroquet.\u201d Et Nicole écoute ce rire, pour la première fois, dur, mé- chant.Elle recule de quelques pas.Elle se bouche les oreilles car ce petit paquet de chairs roses remue frénétiquement maintenant comme s'il était attaché à des liens invisibles et ii pousse des cris rauques.Nicole maintenant se jure bien de ne plus revoir ce Lucien hypocrite qui avait une vie cachée, qui est peut-être possédé du diable.Elle ne sait plus quoi penser, si elle doit croire à son âge aux légendes de son enfance, aux contes effrayants que son grand-père lui racontait quand elle était toute jeune.Elle court sans regarder derrière elle.Nicole, essouflée, tremblante d'effroi, entend les cris de Lucien au fond du petit cimetière: \u2018Reviens, Nicole, reviens, je vais t'expliquer.Je ne suis pas n\u2019importe qui! Nicole.\u201d Les barrières de la grille d'entrée sont refermées.Elle a du mal à les ouvrir.Ses nerfs ne répondent plus adéquatement, son cerveau est brouiilé, elle a des gestes incohérents et elle se coupe sur I'angle d\u2019un piquet, son front cogne aux barreaux, étourdie, elle a peur de s\u2019évanouir.Elle se retourne et elle voit son grand dadais de Lucien qui gesticule, qui est nu comme cette manière de goret rose qui grouillait tantôt entre deux pierres tombales.C\u2019est affreux! Sa bouche n\u2019est qu'un grand trou noir et Nicole n\u2019entends pas ce qu\u2019il veut lui dire! Elle se jette en courant hors de ce cimetière du nord de la ville, elle voit l\u2019entrée du métro, ses lumières qui la calment un peu.Elle s\u2019y engouffre, haletante, en sueurs.Les gens l'observent avec curiosité.Elle cherche un billet.Déclic! Elle passe le tourniquet.Elle a rêvé, songe-t- elle, elle va se réveiller tantôt, bientôt! Mais non, tout est bien réel.Elle connaît ce cimetière de la rue Berri.Cette station Sauvé est bien une station du neuf métro de Montréal.Et Lucien?Lucien n\u2019est donc pas ce grand garçon tranquille qu'elle croyait connaître.C\u2019est de la folie?Elle sort à Jean-Talon.Elle épie tout, vérifiant si tout s\u2019ajuste bien à ce qu\u2019elle sait déjà, oui, il y a la banque au coin de sa rue, il y a le feu vert qui lui indique la voie.Il y a le logement, à vue d'oeil, là-bas.Et lui, lui, oui, Lucien qui sort de sa voiture, gèné un peu, on dirait qu\u2019il a couru aussi, il est en sueurs lui aussi: \"Nicole, où étais-tu passée?Nicole, il faudrait que je te parle.C'est important.Jai trahi un secret.Nicole, je ne pourrai plus te voir si\u2026\u201d A SUIVRE 20A / QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 PAR GÉRARD ST-DENIS DÉCÈS DE M.CYRILLE VAILLANCOURT I.\u2019honorable Cyrille Vaillancourt, président honoraire de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses Populaires Desjardins, est décédé à Lévis le 30 octobre dernier.Monsieur Vail- lancourt avait été directeur général de la Fédération depuis sa fondation en 1932 jusqu\u2019en mars dernier.: LES MAGASINS CO-OP APPUIENT UN OFFICE DE PROTECTION DU CONSOMMATEUR L'annonce de la création prochaine d\u2019un office de la Protection du Consommateur par le gouvernement du Québec ne peut que réjouir tous ceux qui de près ou de loin travaillent à l'information et à la protection du consommateur.À maintes reprises, les magasins Co-op avaient demandé et avaient réclamé de la part du gouvernement la misé en place d'un tel organisme.Nous étions conscients et nous le demeurons des difficultés avec lesquelles les consommateurs sont aux prises dans notre société: publicité erronée et tendancieuse; emballage trompeur; étiquetage erroné ou produits dangereux.Depuis longtemps, les magasins Co-op ont tenté avec leurs modestes moyens de travailler à la protection et à l'information du consommateur.Encore récemment, en juin dernier, la Fédération des magasins Co-op a mis sur pied, en collaboration avec l'Association coopérative féminine du Québec, l'Institut de protection et d'information du consommateur, organisme essentiellement voué à la défense des intérêts du consommateur.Sous la direction de Cécile Hamel, diététicienne, cet institut, à l'aide de sa cuisine expérimentale, prépare des dossiers d'information et fait de la recherche sur les produits à l'intention des consommateurs.C'est là une autre contribution des coopératives de consommation afin d'aider concrètement les consommateurs à sortir de la situation d'infériorité et d'isolement dans laquelle ils sont plongés.Si le gouvernement désire créer un organisme qui aura comme véritable fonction de travailler aux intérêts des consommateurs, ce dont nous ne doutons pas, il importe cependant que le mouvement coopératif et des groupes de consommateurs représentatifs soient présents à l'élaboration et à la définition de cette loi.Les coopératives de consommation représentent des dizaines de milliers de familles.Elles regroupent des personnes de toutes les classes, de toutes les professions, de tous les milieux Gone et cela aux quatre coins du Québec; les ignorer serait faire preuve d'un manque de connaissance du role économique et social des coopératives chez nous.De toutes façons, les coopératives seront là pour s'assurer que cet Office remplit bien et de façon adéquate les fonctions auxquelles il est destiné.Le gouvernement veut agir et il peut être assuré de la part des coopératives de consommation d'une collaboration des plus étroites.Qui sait?Peut-être cet office de protection du consommateur sera-t-il le premier pas vers un Ministère des consommateurs.M.J.-A.Dionne, président de la Fédération des Magasins Co-op inaugure officiellement le nouveau système IBM 360.On sait que la Fédération a été la première entreprise d'alimentation à Québec à utiliser l'informatique.Sur la photo on reconnaît de gauche à droite: M.Benoïît Morneau, gérant général adjoint, M.Charles Belzile, membre de l'exécutif et gérant de Coopgro, M.Jacques Towner, directeur général et M.André Dalmont, responsable de l\u2019informatique.LES MAGASINS EN VEDETTE CETTE SEMAINE GO au magasin CO-OP de votre localité G, CO-OP MIRACLES DANS LES PRIX Le dictionnaire Larousse définit RACLE\u201d ainsi: \u2018fait surnaturel.Effet dont la cause échappe à la raison de l\u2019homme\u201d.LES MIRACLES DANS LES PRIX SONT DONC IMPOSSIBLES.Les Magasins CO-OP ne diront pas qu\u2019ils font des miracles dans les prix parce qu'ils respectent les consommateurs.Ils n\u2019annonceront pas une baisse de prix à tous les deux Avez-vous pensé que tous les postes de direction sont occupés par des Canadiens français?Qui achète aux Magasins CO-OP protège © ses enfants et leur AVENIR.VOUS INFORMENT au magasin CO-OP de votre localité \u2018\u201cMI- TRANCHES Of ans., .CANADIEN Les Magasins CO-OP méritent votre con- Fowou fiance parce qu\u2019ils sont au service des consommateurs.2(9) PLUS DE 200 POINTS DE VENTE COOPÉRATIFS AU QUÉBEC \u201cPOUR MIEUX VOUS SERVIR Il existe plusieurs sortes d\u2019ampoules électriques.Mais les plus avantageuses sont celles qui sont faites pour 125 volts.En général, elles dureront plus longtemps, si on considère que la tension (voltage) varie durant la journée selon l'heure, le nombre d'installations électriques et les périodes pendant lesquel- LES BONNES AMPOULES les les lampes sont allumées.On sait que la vie moyenne d\u2019une ampoule est de mille (1,000) heures.Mais une lampe faite pour 120 volts utilisée à 125 volts ne durera que 580 heures, tandis qu\u2019une autre fabriquée pour 125 volts et employée à 120 voits sera prolongée à environ mille sept cent (1 700) heures.L\u2019ACCENT REVEILLE-T-IL LA SAVEUR OU LA DOULEUR?La décision des manufacturiers d'aliments pour bébés, Heinz et Gerber, de suspendre I'emploi du monosodium de glutamate ou MSG dans la préparation de leurs produits, fait suite aux expériences de chercheurs américains; ces derniers ont découvert que le MSG est susceptible de nuire au système nerveux humain; ils l'ont constaté sur des animaux de laboratoire.C'est pourquoi il est à conseiller aux ménagères de cesser complètement l'assaisonnement à l'Accent'.On sait en outre que la cuisine \u2018chinoise\u2019 utilise abondamment le MSG, ce qui provoque des crampes d'estomac assez violentes chez certains individus.UN MOIS DE PRIX STABLES Voici, pour le mois de novembre la cote de prix des aliments, prévue par le ministère fédéral de l'agriculture: Boeuf: les prix pourraient varier légèrement par rapport au niveau de la fin de septembre.Porc: les prix pourraient fléchir un peu en raison de l'augmentation saisonnière des abattages.Oeufs: les approvisionnements sont abondants et les prix sont légèrement à la baisse.Volaille: les approvisionne- menis de poulets à griller seront considérables et leurs prix fléchiront.Quant aux dindes et dindons, ils seront relativement rares et leurs prix resteront fermes.Pommes de terre: les approvisionnements sont suffisants et les prix resteront bas.Fommes: l'offre sera considérable et les prix ne varieront généralement pas.COMMENT CHOISIR VOS OEUFS Vous avez sûrement remarqué que le prix des oeufs varie beaucoup au cours de l'année.Ainsi en automne, les gros oeufs sont plus chers que les petits et les moyens.Pour décider de l'achat le plus avantageux, il suffit de faire un calcul trés simple: la différence de prix entre les grosseurs d'une même catégorie devrait être d'environ 7 cents pour que les oeufs soient relativement au même prix.Prenons un exemple: si les gros oeufs se vendent 60 cents la douzaine et les oeufs moyens 48 cents, les oeufs moyens sont beaucoup plus avantageux que les gros.Poires: on dispose de forts approvisionnements pour lesquels les prix ne changeront pas.Canneberges: les approvisionnements sont bons et s\u2019écoulent à dex prix saisonniers.Choux, carottes et rutabagas: l'offre est normalement élevée pour la saison alors que les prix sont modérément fermes.Oignons: on dispose d'approvisionnement suffisants à prix stables.= NRA .FA AN Lape 258 sa HR 1 blanc d'oeuf 1/4 tasse de mayonnaise 1 c.à thé de jus de citron un petit chou-fleur).SERVIR en pointes.6 portions.un petit chou-fleur).SERVIR en pointes.6 portions.CHOU-FLEUR TETE D\u2019OR 1 chou-fleur moyen lavé et paré 2 c.à table de fromage parmesan (environ) PLACER le chou-fleur entier dans 1 La tasse d'eau bouillante salée.Saupoudrer 3/4 c.à thé de sel sur la tête du chou-fleur.COUVRIR et amener à ébullition.CUIRE lentement jusqu'à tendreté, environ 20 minutes (15 minutes pour MELER la mayonnaise ct !e jus de citron.Battre le blanc d'oeuf jusqu'à ce qu'il forme des pics fermes.L'incorporer délicatement à la mayonnaise.ÉGOUTTER le chou-fleur cuit.Le déposer sur une plaque à biscuits.Couvrir de la préparation à la mayonnaise.Saupoudrer de fromage parmesan.METTRE sous le gril (qu'on aura pré-chauffé), à 3 ou 4 pouces de la source de chaleur pour dorer, environ 5 minutes.PLACER le chou-fleur entier dans 1 4 tasse d'eau bouillante salée.Saupoudrer 3/4 c.à thé de sel sur la tête du chou-fleur.COUVRIR et amener à ébullition.CUIRE lentement jusqu'à tendreté, environ 20 minutes (15 minutes pour MELER la mayonnaise et ie jus de citron.Battre le blanc d'oeuf jusqu'à ce qu'il forme des pics fermes.L\u2019incorporer délicatement à la mayonnaise.EGOUTTER le chou-fleur cuit.Le déposer sur une plaque à biscuits.Couvrir de la préparation à la mayonnaise.Saupoudrer de fromage parmesan.METTRE sous le gril (qu'on aura pré-chauffé), à 3 ou 4 pouces de la source de chaleur pour dorer, environ 5 minutes.VOTRE MENU DE LA SEMAINE Dimanche, le 2 Hors-d\u2019oeuvre Rôti de veau Sauce brune Pommes de terre au paprika * Epinards frais à l'ail (voir menu du 4) Tranches de tomate à la vinaigrette Gâteau roulé Lundi, le 3 Crème de blé d'Inde Barbotte sautée à la poêle Pommes de terre en purée Batonnets de céleri et cornichons * Pouding éponge aucitron Mardi.led * Goulash éclair (réstes de veau) Nouilles persillées Salade: laitue.épinards, radis et oignon Crème à la vanille avec bananes tranchées Mercredi.le 5 Pain de viande Sauce aux champignons Pommes de terre persillées * Chou-fleur tête d'or Bâtonnets de carotte Saundae à la guimauve Jeudi, le6 * Oeufs à la King Pommes de terre fondantes Brocoli au beurre avec filet de citron Quartiers de concombre Tarte aux pommes Vendredi, le 7 Cuisses de poulet rôties au four * Riz à la Frisco Salade: chou, carotte râpée, piment vert et oignon Brownies Samedi, le 8 Coeur de boeuf farci Pommes de terre sautées à la poêle avec oignons Salade: betteraves, pomme, céleri et oignon Mayonnaise * Dessert jello au lait Biscuits 22A / QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 CETTE PAGE EST RÉDIGÉE EN COLLABORATION AVEC L'INSTITUT DE PROTECTION ET D'INFORMATION DU CONSOMMATEUR (1PIC), UN SERVICE DE \u201cCOOPRIX\u201d SITUÉ AU 1420 EST, RUE LEGENDRE À MONTRÉAL. POUR TOUS Par RICHARD JOANNETTE Bien choisir ses bottes Une bonne chaussure de ski peui contrôler une paire de skis de qualité très inférieure, mais une mauvaise chaussure ne saura jamais manier même le meilleur ski au monde.La chaussure transmet simultanément tout mouvement de la cheville au ski et rend le travail du pied efficace.La semelle doit être assez étroite pour ne pas déborder à l'extérieur du ski, ce qui permet d'éliminer les accrochages sur les pentes.Elles doivent être très rigides dans la construction latérale pour assurer une meilleure prise de carres.D'autre part, dans sa fabrication longitudinale, la flexion ne doit pas être trop lâche afin de ne pas affecter sa force latérale.La tige de la chaussure est construite de façon à assurer la flexion dans l'axe du ski.Dans la conception d'une chaussure moderne nous ajoutons en réunissant ces points de contreforts: le blocage.Si dans la flexion et la poussée du genou en avant le mouvement ne conduit pas jusqu'aux carres, il n'existe pas dans la chaussure ce blocage nécessaire à une prise totale des skis sur la piste durant !e virage.Ainsi, les skis seront difficilement en- trainés dans l'arc du virage.En quelques mots: presque toutes les chaussures que vous trouverez dans les boutiques de ski sérieuses sont maintenant fonctionnelles et adéquates.Cependant, le prix minimum d\u2019une excellente botte de ski est de soixante dollars et, si elle n\u2019est pas excellente ce n'est plus une chaussure pour faire le ski.Les chaussures Le Trappeur, Caber, Lange, Koflach, Molitor, Rieker sont très populaires et à la fois reconnues dans le monde entier.N.B.Dans 99% cles cas la pointure d'une chaussure de ski seta moindre que celle de vos soutiers.Préparation physique L'entrainement physique du skieur a un effet sur son rendement: il améliore sa formation technique et ses dispositions psychologiques.Les mouvements gymniques recommandés, utilisés également dans la formation technique du skieur, ont pour but de développer les muscles des jarnbes, des reins et de l'abdomen.Le premier mouvement suggéré conditionne les muscles abdominaux au travail énergique commandé par le ski: l'élève passe de la position allongée à la position assise et revient à sa position initiale, jusqu'à ce qu'il se sente fatigué.|| répète ce mouvement trois ou quatre fois.Le deuxième mouvement a pour effet de renforcer les muscles des épaules et du dos: L'élève passe rapidement de la position accroupie a la position allongée et fait le mouvement inverse, jusqu'à ce qu'il sente la fatigue le gagner.Le mouvement est répété trois ou quatre fois.Le troisième veut conditionner le skieur à une performance puissante et énergique des bras et des épaules: l'utilisation de poids et haltères légers est recommandable.Sans vouloir former des champions, ces exercices pratiqués modérément seront salutaires au skieur du dimanche.Un quatrième exercice peut être pratiqué afin d'améliorer l'efficacité et la souplesse des virages: il s'agit d'une flexion- extension sous forme de sautillements en se servant de bâtons de ski pour conserver l'équilibre.- PLACEMENT - DEVENEZ PROPRIETAIRE DANS LE FUTUR CENTRE DU NOUVEAU LONGUEUIL.NOUS AVONS DES TERRAINS PAYABLES EN TROIS ANNEES SANS INTERET POUR AUSSI PEU QUE .306 LE PI.C.(POUR UN TEMPS LIMITÉ SEULEMENT) POUR INFORMATION: GABRIEL CHARTRAND 677-2689 674-0420 DEVENEZ PROPRIÉTAIRE DE VOTRE LOGEMENT PRIX A PARTIR DE: $ 11,500.00 MOT MYSTERE NO 2 PAR FERNAND PRINCE To[Z[H~lzH [Olen [m0 |Z|o|A1M}>10/8 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11-12 13 14 !5 16 17 18 1|E N|RJRIE|Y[ONIR|UJOIC [B|0oju |C |HJA 2IT |H JOIDIG JE |JRIL|G/E HV [E [Z|1 IN JA |l 3[T|S [N|MIE |C |D [E]R|C JA JC NIL |A|YIC |O 4E|DIN|A |R[U D IN JA [DJAJO/O|H|AJH|M[C 5] Y|U [OIN|R |A [MjL IN[RIEIE I JA[AIY [IE 6JO|F [LIN|Y|C |H [AIT IT JO|L(ITIR|A|R[K|R 71G-|F JA JA [ND |! [E |N|R jt JO |O|R [P |L [N |\\ 8ITIN|B |E |R|S |R|A|N|MJE |P IN || JE JE JOIE 9|B|O|1 JE [I OIL |! [AITIR(MIRIS |R|B|E|N 10/1 jL MIT [E [PIN IN|S[O|A|V|B|S|E(N|C |O 1118 jL [A [E |B [ON |( ININ |! |E |\\AJLIN|L [E|L J2|E |E|R]K|RjL |A JO|T INIR|V]! JOIA|K|C |A 13|A |D IS[C|E|LIVIH|G|EJA|V |H|RIC|Y|L |M 14{U |S |H |O |E JO |A|S IN |R JE [© JO] ! |\u20ac JO|& j0 15|L |o|A|R[S|C|D|S|D|A|A |S |H|R |NJE |R]R 16|T [M}L |T IM|KJO JO [U|V|E IV |JO|DN IT |C|E 17|E |L [JL |RJE |N JO |! |JR|F|F JO |E|G|Y|A|RIN BBIRIL [BR |A [JC |K]S |T IRJO|MIWIAIL [T JO|NIZ 191R [U |R |E |P |R |A |H|A |RIV JE |Y JE |L |S |RI|O 20|1Y |H [A [U [A JE |JSIS|UIOIRILIN|O|S |E|G|R Backstrom E Hicke ; M baliock Balon Elmer Hillman Malone Pronovost Béliveau Hodge Mantha Benoit F Hull Marshall R Berenson McNeil Bibeault Fontinato I Moore Ray Bonin Fargeson jryin Mosdel Reon Bouchard G Relais J N Richard © von Joliat Noël Rocket Carter Goat Rousseau croi avant, L © Goyette mstea D \u2019 de or ee Dandurand Larose S Duff Harmon Laycoe P Durnan Harder Leclerc Savard Dusseault Harris Léo Plante Selke LA SOLUTION DU MOT MYSTÈRE SERA DONNÉE LA SEMAINE PROCHAINE LICE HOF =r Ic mwn nico zo] = Talbot Terry Tom Tremblay Turner V Vachon Vadnais Vézinas W Walton Worsley PAUL HUGRON PHOTO 1247 BELANGER 274-6589 MARIAGE PHOTOS COMMERCIAL E N Ï E CAMERAS PROJECTEURS SUR PRESENTATION DE CE COUPON VOUS BÉNÉFICIEZ-D'UN ESCOMPTE ADDITIONNEL EN PLUS DE L'ESCOMPTE HABITUEL } 2 pa = ET {LES PRIX.ET MEME LES ANNONCES.PRENEZ LES MOYENS D'ÉCONOMISER SUR VOS ACHATS ] D\u2019EPICERIE ET DE VIANDE ACHETEZ EN QUANTITE ET QUALITE J 4 > SPECIAL D'INTRODUCTION EXEMPLE: MENU POUR 3 MOIS - FAMILLE DE 3 PERSONNES 1 VIANDES EPICERIE I Roti de surlonge 3ib.ch.Pattes de porc 11d 15 Ib sucre blanc 3 btes Ajax géant ! Rôti de côte croisé 31b ch.Saucisses de boeuf 11d 5 1b sucre brun 15 bars savon toilette 1 Koti de croupe 31b.ch.Saucisses de pore 41b 2 pots confiture fraises 24 on.; bees Lome : Li ; : jus de tomates 2 Rétis pore filet 3ibch, Faucicisses Hot-Dog 4ib 2 pots Nestlée Quick 10 1b spaghetti 3 Jambon picnic x Ib Foic de jeune boeuf $1b 2 pots café instarit 1 1b macaroni à Steak ass.81b Filet Haddeck 41d 100 sacs the 2 bout.ketchup Heinz > steak haché 6b Bacon 1/2 1b.2 pgts | bte de sel .I pot moutarde Condor + : : Bologne 1/2 tv.2 pqts 16 roul papier de toilette 3 btes pois verts no.3 = Boeuf haché 4ib Base de consommé 31b | roul.papier ciré Cut Rite 3 btes blé d'inde en crème 3 Boeuf en cube 41b B.B.Q.12 tb 1 roul.papier aluminium 3 btes feves jaunes BL Chop de porc maigre 416 Cuisse de poulet Jib 15 1b savon bleu 2 btes macédoine be Porc haché s1ib Poitrine de poulet 15 2 gals Lavo 1 btes sauce aux pommes CE MENU PEUT ETRE MODIFIE 48 SELON VOS GOUTS ET BESOINS ff} ) NOUS AVONS 6 12 AUTRES MODELES £8 $ \u201cKEBEKUK\"\u2019 3 $ DE CONGELATEURS DEMANDEZ NOTRE DEPLIANT 4 $ É 6 GRATIS AVEC TOUT ACHAT Incluant à DE CONGÉLATEUR - | viandes, epiceries y 1 CHANCE PAR MOIS, et congélateur combiné $ POUR DOUZE MOIS rites & DE GAGNER CE GROS LOT Viande rouge Canada No 1 Garanties 100% sur shments Viande congeiée.dépecée et embaliee ANE Services à domicile A Livraison a domrcile tous tes 3 mois s ° Epicertes Marques connues seulement er e [IW Nous avons des menus pour familles ) de 2 a 12 personnes ler PAIEMENT , CENTRE DE DANS 8 jours M 10,110 LAJEUNESSE MONTRÉAL 384-1332 24A / QUÉBEC-PRESSE - 2 NOVEMBRE 1969 Da WN EK ENRG.tin, "]
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