La nouvelle barre du jour, 1 janvier 1988, Novembre
[" = RREMIEREJUIGN L'EMOTION DES'FORMES FICTIONS r REFLEXIONS a 3 IUGUES CORRIVEAU , ETRE N-MARC DESGENT po.LLIVIER DYENS 0 UISE DUPRE PARTIR YLVIE GAGNON; (OME LACHAPELLE ry \u201d., a PEE; 1] 4a) HRISTOPHE PETCHANATZ ; ICHEL PETERSON \u2014, i 3 N | | @ on LEE A AN; 3 of x ba) CATE = à ir] ee al K a = EZ > = a N° en Ew S Se S : 5 BF ™ ai XN x B = NR = 4 } 1 : & + (a S À : Se e = # mes ; 3 À 15354 e {+ Id - 4 ~ oD pa a JN, SOR \u2014\u2014 ee \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 PE, atte guy ati rd J - 1.\" » g PR SL Ld A En SEE RP - = vo aay CT ED 5 - YO at - wr aa AR ails _ Pan PRAISE V4 PRE es ee pros bé rase .\u201c2 pe, > pe 4 M a = Ne me tiens pas responsable pour plus que ma vie et encore.je ne sais pas d'où je tiens ces informations sur la valeur des choses Je ne refuse pas toujours de regarder le passé, pourtant je compte les pages je me souhaite du nouveau.Pourrais-tu aller plus loin en ce sens.je ne connais que ce village.ce qui n\u2019est pas dans l\u2019histoire les regards sans suite les défis abandonnés à eux-mêmes les silences plus obstinés que les miens -2- Le loup restera sur son roc et n'attaquera pas.le village est de pierre mais les épervières sentent bon.En attendant je n'ouvre ni vieux chapitres, ni le procès de la vie.J'admirerai la subtilité de la virgule.Je ne serai ni tout à fait triste, ni tout à fait lucide.les iris bleus.sauvages.les bécassines rousses.aperçues à peine.19 -3- [gnare.dépourvue d'esprit pratique ?non vous êtes quelque chose comme un beau souvenir tombé dans l'oubli.-4- Où étais-tu dans la nuit de dimanche à lundi ?Mes rêves se tenaient droit devant moi et je me défendais de me demander pourquoi.-5- | Le loup dort sur sa sagacité contenue.un oeil sauvage.tu as quelque chose à défendre que je ne menace pas.eo Il se peut que les mots s'ordonnent d'eux-mêmes mais je me suis désistée aux suites incongrues.les coyotes qui se prennent dans les pièges les loups qui hurlent à peine les gros insectes qu'on jette en bas des galeries tout ce qui n'est pas dans l'histoire.20 MN -6- Sans doute te méfies-tu de moi parce que la phrase décousue sait a quel poeme se vouer.L'accord ressort à l'écriture et la vie tient du végétal yA Frappée de stupeur devant le mystere du langage comme de l'odeur des fleurs de merisier Que faisais-tu à cette heure tardive.il faisait froid comme en automne.-8- Tu sauras répondre, l'heure venue.c'est aussi ça.deux ou trois mensonges de plus.21 } Se om a on Po Der MP IN PY ER AE RT Da .mire -9- Eo Nous finirons par déborder la page prévue a notre fin.Je ne sais plus que souhaiter.je me persuade du contraire.~~ ~ -10- Au bord de ton lit regarde passer tes sentiments.comme la chicorée sauvage et bleue me regarde passer sur la route Le regard est réel, mais le souvenir, flou.la ligne, économisée -11- L'absence prend toutes les couleurs.te revoir serait presque trop.remettre la vérité à plus tard.22 -\u2014 -12- Ce que tu m'as laissé.plus que parfait quand je sens tes doutes s'éloigner, que la nuit tombe tout à fait.-13- Sans doute avais-tu raison de ne pas en dire plus qu'il ne fallait.tout ce qu'on dit étant donné les circonstances.Je préfère ne pas comprendre tu es las de toi-même mais ne le dis à personne.23 \u2018> = - [ee ta.Lai x a\u201c.; Le 4 de i + t x Lo RY pg = fs, pos rte 22) roses by gt _ V ry Pa fe -_.KL Pre E =.A, \u2014\u2014\u2014 N Fe # ft SR AT 3 5 x \u2019 5, & a a \u201ca LEE PA we D È [PR PAE te © PRIN 6 rs ee ee hatha Ay vues races (A pave) A ee orm =x a A CS dE a ae NH A CS = oy > Re : = iS aN RMN A 96 > ana Be = = 9 we.2 ss WS xe BY ES RRA ad \"i 3 se = es me 2 0 RN i oe sre TWN TW ee = NS = À Se NX TX NN = A = NR .à x > = = NS a S ÈS = x BN ES S S ® SE e 20) 1S\u20ac = i RY = ss > © SN aN sa SL R = Sa vi + « = S oN > Re nN S ND > = SN = 5 FR Nes \u20ac.R > a NN = RE = NS A Jos = = NN ES SN = N RR % SE S S DES SRE X NN N = SN Là.3 WN = NN 3 SN = > NN > A SN S RS NE $ N S Nt Mw 4 + $ = = FN: a Py N° BS | da JRA AN » N .n S NN NN AR N NS ; EN LS = = N NS 2 NS wd ad EE of Fo e- a a À corde crete agree arc soumet cé i ; moatégen CA T0EE prs 0 Côme Lachapelle Automobile No 24 (pad Rd By | 2001045 \u2014e { _- \u201cae _ pos 2m \u201c \u201ca a Lu æ I.a Eh PA EI) _ re - 7 Pis 3 3 1 ars = * pa LY rev ve A pere - A ES Er PRR A i Rota ra gic - Pa EY 15 A \u201ca pe ce EE 1 \u2026 Ri Pars [el A ph Re Pg N wn RY NES RA M I + Er EE Er pp esa pep ere a « automobile noise » * \u2014 l'hésitation à chaque pas.prétérition de l'angoisse.la tombée du jour.et après.l'intérêt vide ou aucune possibilité de langage.set of lights.un moment de peur.décomposé.la mise à mort.crissement de pneus.turbo moteur.daylight pour une figure indéchiffrable.il n\u2019a plus que lui.fétiche du réel.sous l\u2019intransigeance de la rumeur.une empreinte impossible.klaxons et surchauffement\u2026 Valvoline plus.oui ! dans le mouvement.* tiré de l'album a walk across the rooftops, par The Blue Nile, 1983.27 \u2014 la fonte du sang.qui parle de la résistance ?de l'abus le hale- tement des gènes comme des clignotants.\u2018 l\u2019exit.une portière qui claquait au loin.toujours la musique.les outils frappent et il dérive.~ sur la gauche.il imagine à peu près invisibles les boulevards défoncés.qu'il était revenu de nulle part.comme l'urgence.l'air conditionné des cinémas.perfect line.full of gas.il tombait au bas de ses caresses.cliquetis des poulies.de la mémoire.il chantait toujours pour personne.28 refroidissement à l\u2019eau.il croyait reprendre autant de rues insolites.sur une matière contondante.l\u2019élémentaire après-midi qui tape.bousculade des pare-chocs.permis de conduire à l'abandon.exhaust.ses lèvres.ses mots.dans l'air qui ne vient plus.white colour.toyota.parce que le point aveugle de la perspective le gangrène.vraiment vivre.clos et étouffé.jacké sur un pont qui ne traverse rien.grey colour.aucune douleur.leurs\u2019inclinent les roues en avant.« when 1 feel secret ».29 a) ex À soe AS i erat eo Ragin whips ue 5 I oo Ds i) > pp a 2 Cd Le died Les RS ARERR CCE 3 a < 1 RE DESIRE OR RE EEE pas G À LPN, 8 a> rate] - PEER ARTA MOT REN : \u2014 petit a petit.la perplexité des temps.il persiste dans la fin.laughing.le volant braqué.le bruit syncopé du métal affole ?par la force des heures couchées.une chaine de transmission.au sens du désordre : changer 1\u2019huile.il n'y a plus rien à perdre.les matériaux a la pointe des images.les simulacres et 1'instantané.timing gear.des phrases plus longues qui éclatent.le moteur s'emballe ?please.il n'a pas compris.30 HR .De pal a LA A4\" . \u2014 à chaque intersection.il jure de ne pas le faire.demain masque les nuages.attraper le rythme.la poussière jouant la vie.comme une musique en arrière-fond.tire réchappé.les wippers crient.de tout et de rien.il perd alors des poses connues.\u2018 pour aucun retour sur la voie changeante.wait.wait.le claquement des valves en reprise de vitesse.la phosphorescence des yeux.white and grey.la voix tutoie.évanescence des sons.31 a LS + Se a a .a =~ _ ha \u201d iN + ay Re A - ENT IER Fr PY acid pe a a : = PEER d SFY - pa Ia La es , pn.4 \u2014 x i res re Pa ta rorar pa terres x \u2026 = ov Axl > +, Jean-Marc Desgent Amour, la Certitude des livres af pe \"46.46 2 07 a A Sa \u20ac > , ~ > \u201d : je, a 4 os, \u201c3 Là 3 pod { .X £5 Q À 5 * + a dr 15 a $*, , won, 3 3, wg 44 SE = = a ; A 3 #4 %- RS .nr df se - = Sa #% ve 3 se, od D 2 % Fe 2 x 23 a Ak ~~ 0 EF CCS * \u201cgi \u201chh P p> oH ak Pg 3 KE 3% e 75 pA # 2, A à fl 53 i \u20ac ; 5 ann 7%: #4 + 4 x £ % 4 & pe He à an od i\u2019 \u20184 2 : 3 2 = % 5d 5 2e = x Ae $ 2 Ollivier Dyens Sous un milliard d - ; + Zr - - are x] À arch + AY Ex >.-\u2014 JPERY © ar Ww ar ARPT + par a= = - d« -p oop ci ÉTÉ) a poy _ RéCE Poire Babe Te BN Rap 7 ra EN æ ra rx es à poy > 4 8 va rc Pa as A Papa pas pe - pp ON yf ie - e- JR Des ras NE \u201d pe EE ce ERIC go\u201d Pet EN A JP A PRPS] A .a.ID Pr \u2019 pgm ee er \u2014\u2014 c\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014p\u2014\u2014\u2014\u2014 Touche ta poitrine dans mes mains sur la table et le lit.Déshabille-toi et pleure devant des hommes sous la pluie.J'ai perdu mes mains et tu brûles comme un animal sur mon ventre.Je vois un arbre énorme dans tes cheveux, des feuilles déjà si vertes dans ta bouche, tes joues de racine et la nuit immense.J'entends tes parents qui nous appellent, tes enfants qui fondent sur moi, le chat immobile et effrayé dans le jardin.Mes bras frappent ta tête et tu touches mes yeux comme deux nuages gonflés qui s'enfoncent dans le fleuve et l'univers, comme l'explosion douce de ton regard dans la journée et l'après-midi.Tu es le mur dans mon cerveau, la poussière dans mes bras, la pluie, cette pluie immense qui me rappelle ma mère, la plaine qui souffre dans le crépuscule.63 \u201cof ~ Br og a Ye RE of EN LE TS FERS AE er OLE a.> à ; p ; ; Fold aif 251 SRS TE A 0e) he) EEE SPA LSI SRY D .i CI Ma voix tombe de l\u2019arbre et une petite fille se colle en moi, ses mains plus petites que mes yeux, son dos comme la chaleur du lait, ses joues fatiguées dans le vent.Veille sur moi comme l'aigle aveugle qui traverse ma gorge.Terre brûlée dans mon cœur, laisse mes mains s'enfoncer en toi, laisse mes enfants se noyer de ta couleur et de ton goût, appelle- moi l'oiseau et l\u2019éternel, l\u2019iguane qui tombe sous l\u2019éclipse.Écoute l\u2019arbre qui fait un geste et laisse-nous nous rapprocher.L'orage gonfle et craque sous tes yeux, mes mains cherchent ton front proche de mes hanches, parle-moi toujours, encore, si souvent et toujours doucement, ton souffle est ce vent qui change de peau, l'ange noir qui accouche dans l'oasis.64 Tant de bruit, tant de bruit qui jamais ne sort de mon cerveau tant de bruit maintenant, sans cesse, depuis des années et je ne suis rien.Le chien est lourd comme l\u2019urine, il est plus lourd que la pluie, plus lourd que la lune qui fait si mal.Il aboie sans arrêt, tout le temps, il aboie comme la douleur dans le matin, il aboie sans arrêt et tout le monde entend et il pleut, il pleut de plus en plus fort, de plus en plus fort, sans cesse depuis des années.65 ER IED ie Resa \"DE LA EE EE RS I TR te FU js N a a ER STIRS A ; ku ADH 20 i or Sr oy = ny me < J _- se = A te oh Pg ad ÿ = A | .J WI PA A Led audi agi ni oy SRNR iN PS I 4 ; PAS (REN AAI Ae ; ; Err gr Ait VOS.WA.ot CITY cd PL pes _ (2 eA [NAY \u2014- ~~ x x ~ én ~~ pes Te .PE 2 INE XA de a.LS [Op PRE 1 OPP wy cou .> pp ie 2 LES a Sy 4 dtl.Lac A DEEN ORR RTE rah in 0 Ea me PO App, 0 Cr or ¥» Ral pe Lr Na pence PARNER.se or a Fe ob ar SE NR AO a V2 4 À > $ pd Cro 42 Ry = pue < Pierre-Justin Déry Concerto Z Jo mm oo - Je =, - a.qua ny a on x Las es a\" cot ~~ a fog; wl ine ae nt oe ea pe _ re ed 4 tpt 4 or soe «a vo pe C4 A LS oJ) Lage hm! ru pe .re ~~ a LR.1 = rN - NE NE AAAI 5 æ he = ES Con ON aie st ces a PRES Re) a TT ra Re p .r'2 wthrh ay ft @ tf ry me + DIRES +.\"I vary Eee pr z8 a tes ?SSE + ae PF by 7 fl 7a .PRY bY ee RA Pa AEE pre a BW a vid ; ERAT Jed fare DE fy ADIN Ra _ te és MEE) PERE A A 3 tit EE) .pc?cb Para: A A .A a LA Ey PC of J ro rg Ha LE ) PA F EE = mater rt rt te a eee _\u2014 er ra ere een ra es ee amr J sn rere mem ara 5 | a AE rer tendre r= 22 ir remogiitsn sec 2 \u2018 .\u2014 -\u2014 MO OCT SE BNET VERE SU Ta DRE JO PE EE 7 En Mes ee ; mr 0).Dire Tu touches peut-être au corps, mais n'expliques point le projet Zéro virgule double Zéro.(0).Stéréophone Du poète ! Du poète ! Plaît-il toujours de n'entendre que cela?Doubler l'action, la tripler, la trip-attiser.N offrir aucune clé.L'irrésolu en concert.Le Zéronote remplace le Gaggernogag.Pour le temps, s\u2019il le fallait, pour l'équilibre.(0).Harmoniques PRINCIPAL CRISTAL SUR LE ZÉNITH ENTRETENIR CE COMPLEXE RECRÉER LA SYNTAXE DE GAMMA 69 EE Rat pnd eft = 7 Soe or - \u2014 bar\" 5 nu A Patrarurafabuteg th) Ce, co - ag ME Pag shiny > TZ SF SL LEE had p J \u2018 ex STRELA gE LT, ad a à a EE 4 a EER np pr Die i AR ari) EE ETE Sa RN (0).Doubleton Encadrés par l\u2019illusion, voyons à gauche les sorcières batelières d'une grenadine griffure.Encadrés par l'illusion, voyons à droite le modulé divinatoire du châssis par le trou.(0).Vous n'écoutez même pas Nous tous, soussignés, les musiciens, les vibrants, les pulsionnels, vos soupçons.Nous avons remarqué l'absence.Le mou.Cependant nous déclarons futur le rythme.©).Rock Bougabonderie pardelle mentalistole, ça semble triste.Plutôt.Juste assez.Triste musique pour ne pas raccompagner la traînure des cyclones./0 PLS rr +; 4e __ a.Len To Tk sb ©).Maélstrom Cybernétique mouvant sous tourbillon d'intentionnalité qui penche vers l\u2019ogre, avaleur de sens.©.Zolb Sot, étrange et démentiel, puisque Nip est son amant.(0).Dépit Mais c'est vrai que de ce temps-ci on soupèse tout ! Attendez un peu.Il va venir à l'aube.Een /1 N .A my ee PM 0).Bonhomme F Avance, temps mou, étrier sur la poitrine du mort ! re yn (0.Le passeur Il existe donc vraiment ?; 4 H ©.11 A Au plus près de ce qui bat.© is H à hy ; 4 5 /2 Es p +» ( & E ~~ © Ssd1 e memoi s at I.e 2 re S 5 Michel Savard & 3% A Je a 5 \u2018 a NER 70 5 5, 32 hy: & 5.Ce a = LR Fr 2 id $ cs NS KL VS 5 2 A 3e Le ÿ ER + A = [5 /: 2 GS £3 4 ol 7 Pc A 6 omiques 7 ih S +4, 7: és 2 S CS 7 2 4 2 Si od Ge ar FX 7 2 < Le Zl 4 9 a se 7 Sie 70.a BE 2 5 og Z 26 TB VK i XY i % % 2% ig, Tar, Jie 7 QR 30 = A tt A 2 33 Kr res du très probable) à ef La pe Sok a 2 2 À i: A = 4 os LY va as % Se ue De x 7 2 a pd 7 ne on.0:34 23 2 2e 4 à fo bd 7 2 4 7 CE ee, Al & SA * % Pr Er se Es ve 21 i \u20ac I a 2 AT) a, 5 A 7 XB; CE Le a PO 5 2 ns AS 32 7.re HE x A at x 7 A 2 2 FS 4 4 4 a ie 37 ce DES ries 75 Ee Ds % EE % \u201ci CA F2 Ce 4 A 7 ER \u201cx 2 es i YA RMN AEE AE EEE VD SERIE SR CO EE ANNEE EEE A A NNEC EAI 4.la demi-vie givre en arborescence pPoudroie je scelle en mémoire lon visage ébloui illuminé par la réalisation de la relativité de cette chambre blanche où se réjouit l'éruption que l'amour alimente que l'amour multiplie nous prolongeant plus loin que loin jamais ne fut raconte-moi l'atome quand il te dissémine /8 JERE IE Pr EERE BMC A EN Xe 5.lourdement il pleut que l'amour s abreuve que l'amour s'immerge je faux qu'il s'ignifie bon dieu les mots s écartent cest à refaire les murs les toits les fondations passe-moi tes plaies que mes lèvres reposent et l'œil 23 le bon 79 va ed API Ng a gr gon IA PO SIR MP Se a RON > OIE RRA EV NEE 6.cest de ce point regarde que fuient les perspectives que l'horizon s'évapore tu frissonnes c'est de cet effroi que l'amour seffrite que l'amour se dilue et que les terres rares regarde se déposent s apaisent et qu'insoutenables les ombres de se traîner et nous 80 .vs 2000286470 + 7.tendresse je sais ne me répète pas ou pas ce soir-ci que l'amour brûle en effigie que l'amour cristallise je me tais je laisse les larmes où tu les poses passage contre nature vers la chimie mes signes moites perdus perdus tes grognements rien plus rien 81 Ac Ta a Re ES ar NRA re AU PE GE RE ThA th ES 32.op PR IE ott SRSA Sood Fr a A SARS vie PP pa ony A Ro eRe ran x MORE EE aa Ty en RESORTS , had dat PP DEA a av an eee Se 0 Se es - 2e ME er seems , + rr > Fur go \u201c+ 45?2, D xed 8 Fa Sa a gt?+, yey Pay Les +o 2% x 4 Ju = PPS = 4 A.Pa al Po a 1 = 1S AE ger YS pd _ > PAE Part pu x Lun RS x pas APE, a Pah = pr È ES a os pes a Pts PP) fo - res sé LE Ped & FR I A ara PR Pe ai JT VADER EE Kg aE PC Ph fae pra ac Fav - Gi Po a ae APN Pe x a El A ry @ = Per nn oe es À - Il et grand temps de se prendre pour le nombril du fon monde 3 Lesbiennes d\u2019acid Denis VANIER Jy; Lx % Lea Fracture de la voix On devrait essayer de comprendre cela : envisager que la lec- 3 ture n'est rien d'autre qu\u2019une perception aiguë, comme s'il était 2 possible d'atteindre, par là, à une physiologie de l'auteur(e).Con- E sidérer l\u2019état du texte comme l'empreinte, le photostat du souffle ; 3 tout texte respirant de (des) son origine : reste a en saisir le batte- $ ment référentiel ( ?), en chaque ligne : souffle.Texte soufflé dans l\u2019indécidable lieu de la prise, force majeure et droit de passage : tourner court a toute cérémonie, faire de cette empreinte, la au 3 demeurant de la feuille, a chaque pli relevé, la trace de son batte- EF ment régulier.Empreinte « inspirée ».Qu'au souffle alors, dès le ET début, je me mette a « respirer mon écriture », seule référence E aléatoire où, peut-être, me reconnaît qui m\u2019entend (me lit).ji: À l'origine, aussi, il y a toujours le frère.Le premier « auteur » i que j'aie connu, de près.Le frère écrivait tellement qu'il s'en rendait « malade ».Il fomentait ainsi ses « maladies coutumières » pour être « mieux à même » d'écrire.Le frère écrivait à l'instant où bs jessayais désespérément de muer, la voix catastrophiquement fi prise dans les fils trop nombreux d'un voile étouffant.Le frère écri- i vait donc quand ce « drap » me restait dans la gorge, allait faire de L mon souffle une voix voilée a jamais.Rien a faire, pendant les écri- pi tures de l\u2019autre, je n'ai pas réussi à « muer » correctement.Un oto- i rhino-laryngologiste allait, plus tard, m'affirmer soit que j'avais des « nodules » sur les cordes vocales, soit que je n'avais jamais appris à « respirer intelligemment ».Privée de l'intelligence du souffle, la voix a pris un coup de voile.Tout cela pendant que le frère se rendait malade d'écrire et allait projeter sa voix à la radio.Drôle de sort qui, de l\u2019un à l\u2019autre, allait transporter tout cela.101 E PT HT TN ete à = oS = seb 1 : Pek 1 OM +, tg ny i Wy A fel D F5 IEEE MIME».Ça n\u2019a pas tellement d'importance, au fond, puisque déjà à l'oeuvre, quelque chose là se préparait qui allait faire du « brisé », du « coupé », ce que j'appellerais le coup d'envoi des textes.Faut-il se prendre au piège, croire qu'on pourra donner le change en regardant ainsi, de près comme de loin, ce qui a pu nous encourager à faire de l'écriture l'obsession qu'elle est devenue, la forme majeure qui nous fait au livre aspirer, étouffé(e)s que nous sommes par le moindre silence ?Donc, le frère toujours écrit, épaules arquées au-dessus de la table, chez la grand-mère.Dès le départ, dès ce moment, deux points d'orgue, soit la poésie du frère, soit comme premiere passion les histoires de Bob Morane écrites par Henri Verne.Egale tension, opposition manifeste : presque au même moment arrivent Rimbaud, Verlaine, Baudelaire.Presque au même point poésie et roman : l'aventure ouverte immédiatement, battement des genres.Jonas aussi en quelque sorte puisque le premier livre pour lequel il me semble m'être passionné une première fois s'appelait la Grande Aventure des baleines de Georges Blond.Sorti des gueules de la mer pour parvenir à Balzac, à Stendhal, les premiers « grands » avec Cocteau, juste avant Simone de Beauvoir (essentielle) et Camus et Sartre (comme tout le monde, dirais-je).Et là, une variation manifeste, un bonheur sans égal, dans le théâtre de Racine que je vais dévorer en entier.Et toute la poésie « quotidienne » que le frère, malade, écrit encore et toujours.Du texte précédent, préséance des lectures la nuit autour des chandelles.Nous lisions de la poésie souvent comme une activité irrémédiable.Nous avions avec le réel une « chicane » permanente : nous nous retranchions (en toute raison) derrière des rideaux tirés sur l\u2019été, chez la grand-mère, où nous refaisions incessamment des séances de lecture avec deux amis aussi « fous » que nous.D'où l\u2019origine nocturne de mes désirs d'écrire.Il y a là un tel refus du réel, au tout début, que rien n'a remplacé cette effervescence de la pensée étouffée au-dedans des chambres.Pitoyable frère ! Que d'atroces veillées je lui dus ! « Je ne me saisissais pas fervemment de cette entreprise.Je m étais joué de son infirmité.Par ma faute nous retournerions en exil, en esclavage.» Il me supposait un guignon et une innocence très bizarres, et il ajoutait des raisons inquiétantes.Je répondais en ricanant à ce satanique docteur, et finissais par gagner la fenêtre.Je créais, par delà la campagne traversée par 102 des bandes de musique rare, les fantômes du futur luxe nocturne.« Vagabonds » Arthur RIMBAUD Tout se tient alors, comme si les mots, des leur premiere prononciation, allaient tenir le pari de revenir, de ressurgir plus tard, là dans les feuilles accumulées.Non plus les mots du frère, mais les miens.Il n\u2019y aurait rien alors que cette intention de suppléer, de remettre en cause le silence.La scène est classique : assis dans un autobus, à l'heure de pointe, sur Dorchester a Montreal, je me dis : « C'est impensable, je ne resterai pas anonyme.» Premier désir de faire du nom, comme si cela avait une importance aussi capitale que de respirer.Dans la bouche, déja, des promesses qui seront longues à tenir.Mais, là, dans ces débuts, c'est d\u2019abord la poésie qui va tenir à l'oreille le rythme congru du désir.Pendant les poèmes presque quotidiens du frère (maintenant silencieux) : il m\u2019apprendra un peu que la passion existe et plus encore l'exaltation.Toute cette remarquable dynamique qui, entre nous relan- cant les débats, trouvait à marquer la « propriété » de la langue, il faudrait bien l'appeler la passion, en effet.Comme l'écrivait Claude Beausoleil dans Au milieu du corps l'attraction s'insinue, il s'agirait bien d\u2019« [\u2026] une histoire de structures et de tensions dans laquelle la passion est un geste ultime [.\u2026] ».Il faudrait voir à quel point tout cela est justifié par la trame même des débuts.Des nuits entières de lectures, de chandelles et là, sur le fond classique de la musique, déjà le réel oblitéré, mis en quarantaine.« Nous n'y sommes pour personne ! » Activité : « lectures ».Proposition : « faire du texte ».Et là, dans mes toutes premières tentatives : une forme déjà très moderne (!), forme éclatée du vers, du rythme.Déjà, aux premiers textes, le brisé témoigne.C'est cassé, c'est fracturé.Le souffle se cherche.En y repensant bien, les tout premiers textes ressemblaient à une toux, hoquets malades, fractures de la VOIX.Projet donc de calmer cela, de prendre le ton.Le frère déteste d'abord ce que j'écris.Il ne supporte pas la difficulté déjà incessante des premiers balbutiements.Et je n'ai pas d'autres choix : lui, il se tient dans le lisible, le conforme.Il faut que quelque chose fasse différent pour qu'au frère je puisse répondre par ma voix, par 103 IAT ST À [RT ) 3 D PERRY HS TS PLU) RISA UE 2 TN (1 HPSC PSE POIQI EF : ni\u201d : ; > y e I - i oR ~ WW.« - D à & PL ek EY 4 _ ak.À \u201cJ-.memes ie A The ER py © eue ET IES Th i ANA réa i pue She ey At Re weve PS ACC SEE - x re Lu = PEAR A A J TL PO id at: Sire pI aa PRE Pa Sad su chu ada ES Li ASE wed - en: ry 7 5 4; T ps : EP LE Als 2 * Zo Lae : 78 Lid HEY ma bouche.L\u2019éclat seul sollicité alors comme toute réponse.N'oublions pas que le frère descend alors tout droit d'une image d\u2019Epi- nal où les troubadours avaient un air languide et le geste fatigué.Nous hébergerons dans notre groupe le pouvoir des mots, car le frère parle.Moi je tousse, j'ai la voix éraillée des lendemains de maladie, jamais je ne perdrai cela.Cette voix va me rester collée à la gorge comme un talisman.On dira plus tard que jai une voix de « gitanes bleues », mais pour l'instant j'apprends à fumer avec frénésie.On ne peut pas concevoir l'écriture sans fumée.Alors, faute d'opium, on roule quelques cigarettes et nous avons des fantaisies d'auteurs dans les gestes.Et seules les longues nuits de paroles auront cette odeur enfumée capable d'habiller l'air d'une moiteur chaude, résolument malsaine.Nous respirons à pleins poumons l'odeur même de l'écriture, telle que nous l'imaginerons toujours dans ces heures de premiers textes.Comme le remarque Jean Yves Collette dans Une Volvo rose : « La provocation.La provocation énorme des odeurs ».Il y a là infiniment de justesse : « (car / les odeurs n\u2019ont pas la vie facile) » (André Roy, « Cela a commencé en nous par l'amour »).Tout ce trouble du commencement, juste pour tracer le premier mot d\u2019une première et éventuelle publication.Quand je vais enfin publier « Défense de toucher » au sujet d'un texte de Gilles Hénault en 1973, je n\u2019y croirai pas encore.Ça va se mettre en marge, comme si le titre à lui seul traçait le programme de mon attente.Des textes refusés, d'autres encore, mais rien qui confirme que ça m'est arrivé, que ça se soit mis à écrire vraiment.La parole ne trouve pas alors son lieu, elle divague.Je souffre un peu, autiste, sans doute, de cette crainte folle d\u2019y arriver.Je ne déclenche pas de processus, je retarde tout au plus cette venue a.et la dans cet espace incontrôlé, je parviens parfois à maintenir le rêve, la promesse, l'efficacité du désir.\u2026 « concevoir le temps / pour le tuer » (Mario Campo, Coma laudanum).La marge Mais jamais il ne me viendra à l'esprit de m'insérer dans le lieu traditionnel, jamais je ne tenterai ce coup-là.Il faudra dès le départ que ce soit à la nbj que je publie mon premier texte de fiction, dans un numéro où on retrouve Paul-Marie Lapointe au sommaire.J'en resterai fasciné.J'ai, en y publiant, cette impression très nette que ça y est, que c'est parti, et cette revue va me prendre, 104 LS m'\u2019avaler totalement.Je serai marqué par elle.Le frère n\u2019est plus là depuis longtemps, le deuil est fait de façon totale.Il le fallait, mais il fallait aussi attendre.Je pouvais dire alors comme Nathalie Sar- raute dans !\u2019Usage de la parole : « Ici où je suis est le point extrême\u2026 C\u2019est ici qu'est le lieu ».Rien de moins.Comme si l'ancrage se marquait au seing du je.Enfin arrivé à l'écriture quelque part.Je ne cesserai plus alors de me redire la phrase que Roland Barthes écrit dans le Plaisir du texte et que j'ai maintes fois citée depuis : « le texte que vous écrivez doit me donner la preuve qu'il me désire ».Tout ce qui suivra me paraît hanté par cette manie du désir, cette féroce exigence du désir.Quand Nicole Brossard écrira dans Picture Theory que « la partie de plaisir inscrite dans la langue est celle qui étonne au moment même où le plaisir converge », il me semblera reconnaître une idée qui m'est familière.Dès le premier texte publié, le doublet désir/plaisir va hanter l'avant-texte.Ce désordre des pulsions qui vont mener à l\u2019écriture\u2026 Comme le dira aussi Hélène Cixous dans le Livre de Promethea, « À vrai dire, donc, je n\u2019écris pas : je me laisse impressionner aussi fidèlement que possible ».Ou encore Roger Des Roches dans I Imagination laique quand il affirme : « je n'écoute que ce qui m'étonne peut-être ».Mais je reparlerai plus loin de la forme, c'est à cela que je relie cette impression, c'est à la notion de structure aussi qu\u2019il me faut référer si j'entends, comme je le veux, cette étonnante remarque : lequel détail du désir si bien que je tiens à ces riens Miguasha Renaud LONGCHAMPS Alors que « j'ai toujours ressenti l'ignorance comme une détresse [\u2026] », selon le très beau mot de Peter Handke dans sa Leçon de la Sainte-Victoire, il me faut tout prendre, avaler, comme si jamais n'allait prendre fin l\u2019insatiable de la connaissance, et deja et depuis lors, considérer l'étendue de mon non-savoir comme le désastre même de mon existence.Retentit ainsi dans le cerveau l\u2019immensité, le désert déplorable des non-lectures.Comme le dit Philippe Haeck : « Médite si tu veux sur ce pourrissement, cela te regarde, c\u2019est ta vie intérieure » (Naissance.De l'écriture québécoise).Et cela ne regarde en effet que ce coin-là du désastre de trouver le vide qui quelquefois hante encore certains aspects du devenir, aussi les premières heures hantées avant que ça ne se décide à dire certaines choses de soi-même.105 PRY PRON Ed.REY: .; EU < - NT ae L\u2019obésité Et l\u2019homme se souvient de la mère qu'il'a L'insomnie grande ouverte bâille sur son enfance Et l\u2019homme se souvient de cet enfant qu'ila « Feu sur la bête angoisse » Gilles HENAULT Devenir obèse d'avoir trop écrit, plein de mots, au sens strict.L\u2019esthétique de l'obésité partout à l'origine.Tellement écrire qu'il n\u2019y ait plus d'autre place : en souffrir presque.Et ces odeurs d'encre et les richesses des papiers que l\u2019on range et sur lesquels on écrit.Brouillons pendant les fatigues du vin blanc et les retournements d'estomac, ces suites, là où tranquillement ça se fait.J'ai eu tellement mal au coeur d'attendre, en tournant en rond dans certains autobus du centre-ville de Montréal, certaines années, à cause de l'odeur de l'essence et parce que l'absence de nom « faisait rage » (je l'ai déjà dit, ici, alors : deuxième battement de coeur).Une telle boulimie au fond des textes, au fond des têtes ! Têtes différentes selon les années.Les ajouts qui tranquillement nous conduisent au livre.Vieillir prend parfois, dans la tête, des sensations de trop-plein, comme si à force d'en ajouter allait s'écouler par les oreilles une lymphe, culture liquide du fond de la cervelle, indigestion de l'esprit, qui des yeux à la moelle, se remplit et se remplit encore, mot après mot, écriture après écriture, pour faire de l'oeuvre le centre, jusqu'à déborder de la tête.Obsession des années durant d'en venir à l'essentiel.Non, je ne pourrais pas vivre sans remords sans écrire ! Il y faudrait une telle mauvaise volonté, aussi difficile à réaliser que ces mots-là qui chaque fois s'organisent et s'organisent et se mettent en ordre fou au fond de la pensée.Car écrire, d'abord, part de là : du geste des yeux qui nous sortent de la tête, qui se mettent à faire de l'ordre sur le vide.Ecrire, d'abord une question de style.Ça reste toujours la question première : d'abord, avant le premier livre, pour chacune des phrases.Comment, toujours comment.\u2026 l'esthétique de la maniere.le travail du doute toujours impérieux.comment parvenir à redire\u2026 redire\u2026 l'écueil et l'extrême vérité\u2026 Danger si ça parle dans les mots.danger.exit.le mot danger.: 106 L'anorexique préfigure ceci plutôt poétiquement, en le conjurant.Il refuse le manque.Il dit : je ne manque de rien, donc je ne mange pas.L'obèse, c'est le contraire : il refuse le plein, la réplétion.Il dit : je manque de tout, donc je mange n'importe quoi.L'anorexique conjure le manque par le vide, l'obèse conjure le plein par le trop- plein.Ce sont toutes deux des solutions finales homéopathiques, des solutions d'extermination.« La puissance du dégoût » Jean BAUDRILLARD Exterminer Il fallait ainsi « exterminer » : l'ennui comme le vide, le manque à aller là où ça devait se parler, forcément.Ainsi en manger, sen mettre plein, jusqu'au coude, d'encre totalement rempli, jusqu'à vomir, mais aller au désir, dans cette allée, là, qui menait du frère au texte, des siens aux miens.Car il y a eu le frère qui a écrit tellement aux yeux de qui ne pouvait parler : le droit d'aînesse : la parole : le texte.Lui savait, pouvait.Je me suis dit que j'allais, moi, écrire avant que je ne le fasse taire.Quelques années, comme ça, en combat singulier où se trompait la mort, « l'extermination ».Faire table rase pour mettre en place la parole.Et surtout, au moment où on se dit : « Voilà.», nous trouvons de l'écriture tout le tour, à en baver, à en vomir.Il y a tellement, mais tellement de monde qui écrit.Qu'est-ce qu'on vient faire là, comme s'y prendre ?« Exterminer » la terreur d'écrire et trouver sa place parmi tous ces tombeaux qui s'alignent sur les rayons comme dans la mémoire des lectures.Il faut y venir, en venir à bout, à petits coups de séduction, dans l\u2019étrangeté de ce qui n'advient pas encore.Nous sommes autour de 1975 et il n'y a qu\u2019un seul texte publié, su tel pendant trois ans, resté unique et angoissant à cause du titre peut-être : « Défense de toucher », à cause de l\u2019'anagramme de mon prénom dans celui de l'auteur : Gilles Hénault ! Etrange séduction qui va mener du premier texte au premier livre.Nous sommes quelque part, tout près de l\u2019année de la femme, le frère s'est enfin tu, le poète aîné G.H.vient de se taire aussi dans l\u2019obsession des études ; et il y a le vide, le si grand vide de ce qui encore n'est pas la.Le désordre toujours remarquable.« Un raide 107 «lea < TES 52 NESE LN EY SN RE Ra «ete \"1-4 WRN &.CON.Se Re PRE LC RECT BP « 3 A PT PE TS a NY TCEQ ER E HEAT TN, SS AE FE} LS EE NE accouchement par le haut, bien spasmé, bien hoqueteux, voila comment sannonce, dans sa virulence primitive, 1\u2019écriture-» (« Opus Nauseus », Jacques Henric).Il n\u2019y a rien d'autre que ce mal d'estomac, cette indigestion théorique et cet empéchement de parler encore, tant ca s'accumule à la sortie, dans 1\u2019étroit couloir de Ta gorge jusqu'à la langue.Il faudrait savoir faire la queue, simplement, comme au supermarché, prendre son tour.Mais voilà, ce n'est pas tout à fait cela qui se passe quand on en vient ainsi à trouver que, peut-être, nos propres mots pourraient avoir de l'allure.N'empêche que cette bête d'écrire n'entraîne pas uniquement le fait d'aligner des mots les uns derrière les autres, mais détermine également toute une attitude à l'égard autant du réel que de l'ensemble des données qui mènent à la littérature.Ainsi y aurait-il quelque profondeur à rappeler cette difficile (très difficilement acceptable) pensée d'André Beaudet et à en reconnaître l\u2019éclatante justesse : L'obsessionnel \u2014 et il est bien possible que j'en sois un \u2014 trace des frontières qui, au heu de tenter leur franchissement, ne le tiennent si bien en main que parce que, doutant avec force de son projet, il les redoute.De cela 1l fonde sa certitude, au point de la convertir en absolu.Dans cette perspective qui l'envotte, il monnaye sa vision du monde.Littérature l'imposture André BEAURET Territoire Il y a donc ce piège effroyable de chercher à savoir où l'on va, d'essayer tant bien que mal de circonscrire certaines limites, définitions, usages qui nous correspondent.Plus l\u2019écrivain(e) est tenté(e) par ce genre de « perspective-limite », par ces paramètres grossièrement tracés autour de lui ou d'elle, plus il ou elle restreint son intérêt comme la radicale affirmation de sa propre fonction.Désastreuse mise en boîte de certaines formes comme de certains projets.Depuis le frère, depuis les premiers textes, m'aura-t-il également fallu me battre contre cette tentation envoûtante de me mettre en case, de m'astreindre à un territoire donné.Ainsi, et cela explique aussi beaucoup cette volonté qui a pris de plus en plus d'importance au fil des textes, ne pas me limiter à un genre donné.108 La rapacité avec laquelle j'ai voulu attaquer sur tous les fronts, qu'ils soient critiques, poétiques, romanesques, tient à cette volonté d'explorer/exposer en divers lieux les formes d'une pensée en mouvement.Faute de bien comprendre le sens du mot territoire, il m'est apparu dans toute sa séduction que l'éclatement dans les formes aurait à jouer cette multiplicité, seule requise, pour que toujours la vie trouve lieu : Personne ne concevrait d'analyser un texte sans l'avoir lu, mais les mêmes parlent d'une expérience sans l'avoir vêcue \u2014 ou tentée, à leur façon \u2014 comme si la vie n'était pas aussi singulière que le texte, comme si l'expérience était générale, donnée à tous, im-médiate.Pourtant, personne n'a le même corps : c'est sans doute que personne n a la même vie.Au fond, il n'y a pas d'« im- pensé » : il n'y a que de l'invécu.Rimbaud en Abyssinie Alain BORER Faut-il croire alors que nous ne saurions parler/écrire qu'à partir d'une expérience concrète ?Voilà sans doute le paradoxe que souligne Borer quand il ne donne (pour ainsi dire) aucune pertinence à l'imagination.Or, quoi d'autre dans toute écriture que cela justement qui, du contenu à la forme, ne cesse de jouer avec les fils ?Faut-il rappeler que l'écriture est en soi un acte d\u2019une très haute imagination comme tout ce qui s'y rapporte (au premier chef la lecture, bien sûr) ?Ainsi, n'est-ce qu'elle, également, cette imagination qui, à l'origine, m'a fait tendre vers cette activité « fabuleuse » ?Il faut toujours se « repenser » tourné(e)s, comme le dit Louise Larose, vers « sa différence cette part d'irréductible » (Ouvrages).Il s'agit de trouver, à écrire, à s'en prendre à nous- mêmes, à débusquer « une série d'évocations.La machine fiction- nelle : un projet imprévisible ».Quand Louise Cotnoir écrit cela dans Plusieures, elle soulève justement cette dimension essentielle de tout ce qui touche à l'écriture, à savoir cette part d'imprévisible qui doit toujours tenir compte du temps comme du réel.Y a-t-il quelque chose de plus « imprévisible » que le réel ?Ou encore, comme l'écrit Paul Chanel Malenfant : le langage s'esquive par ses signes \u2014 si minuscules les 109 Pr MEE TERE NC LIS A ATAPI - Pa - - Jr TE BX Em ee « Qi 33 + Cu x Se 25 se wed Ré ASD \" AIR.m5 ES we LEE choses au regard équivoque si fictives les grandes mémoires \u2014 restent les marques et les prophéties \u2014 le - - risque calculé [.\u2026] Le Mot à mot - Paul Chanel MALENFANT Ainsi se déploie devant toute écriture « l'imprévisible » « risque calculé » du projet, du devenir, du temps.Reste devant ce comment de l'éphémère, cette activité si concrète de l'imagination : et je l'entends ici dans tout ce qu'on peut appeler la séduction, 1'irremplaçable séduction des choses de la littérature, des actes de la littérature : « en travers de ma tempe dans l'extrême silence ce rouge octave de l\u2019archet et cette bouche et cette cheville en choses du plaisir [.] » (Arbre-radar, Gatien Lapointe), « avec le quotidien en deca du monde la souffrance urgence de la dire » (Vertiges, France Théoret).Inventer d'autres récits : prendre des mots, en faire des corps.Convoiter des faits : les arriver.Imaginer des prises, des livraisons mutuelles, de graves beautés.Oublier toute économie, même la.Lire toutes les affiches : les inventer.La Mort d'André Breton Jean Yves COLLETTE Choisir - - En effet, car même le réel peut s'inventer.N'est-ce pas à chaque fois, à chaque retour, ce que tous ceux ou toutes celles qui écrivent font et refont dans cette inadmissible mais « indélogeable » fiction ?C'est un peu : une nécessité de l'entreprise aveugle Alors surgissent des images Au coeur de la lettre Madeleine GAGNON Et cette nécessité commande que l'écriture se fasse contre la cécité et le mutisme.Il y a dans l'acte d'écrire tout un réseau méta- 110 [MPN EERE ET NERD RING D pue pari pet A RINE .: 3 5 je \u2014 - 0 .RR SAR AEE NIRS DERE SA SEMEN MONE Z-RO EES NEAR] ERT Hae a AA BORA standin phorique avec lequel la santé aurait à voir.Une entreprise d'écrire peut ressembler très souvent à une entreprise de guérison.Dire et survivre.Faire en sorte que la maladie ne soit pas.Quand, aux origines, s'installe cette certitude qu'un jour on écrira, vient au corps cette sensation d\u2019un étrange bien-être/bien-vivre.Déjà, parler d'écriture, c'est aussi parler de l'audace d'aller contre la mort, et cela reste tellement vrai : Nous prononçons les mots « chaise » ou « fenêtre » ou « montre », des termes qui désignent des objets usuels de ce monde qui nous entoure, et voilà que nous transmettons aussitôt quelque chose de mystérieux et d'indéfinissable, une sorte de clef ou de pathétique message d'une région profonde de notre individualité.L\u2019Écrivain et la catastrophe Ernesto SABATO Ce choix, donc, mot pour mot, nous trahit, nous compromet, fait en sorte que nous soyons totalement investis.Choix contre le silence, contre la maladie du silence.Force nous est de reconnaître que là, dans ce seul effet de langue, déjà, quelque part en nous, s'établit le signe que nous privilégions tel ou tel aspect de l'univers.Ecrire est toujours plus qu'écrire.Il s'agit de donner dans son lexique ce qui du monde cherche par nous a s'identifier.Écrire fait en sorte que des éclats d'os, rupestres représentations, dessinent un palimpseste de notre monde intérieur.Tout ce qui fente en moi, ce feu qui me pénètre, ni bon ni méchant inéditement beau, vivant, fatal cet extérieur qui appelle, captif, pure joie toute lisse, passion détei- gnante, art d'être tête-bêche dans l'échange.Affaires courantes Jacques LANCTOT Séduire « [.] cette passion moderne qu'est la fascination », comme I'entend Jean Baudrillard, dans les Stratégies fatales, fait ainsi figure du désir, place nette devant qui s'introduit dans l'ordre du dis- 111 We sora PS LER oy Ze Same +5 pepe Ved = PS + - CERIN SEL FIR TRY Ag ae ee +\" \"mu \u201ci AA 30 EN mc N Ve a ANVIL ee AA app oo Pt wt files\u201d Hct cor PEC ï LE hl Loi ACER RPP Ad A KY 12 \u201c liam: 2 4-H 2 #71 An Rt + a Aa pere PES TE Mr RE ES RETO UMS Ao Pre rs CHINAS BAA sh FS SAARI AIAN 1 hn 16 PAROI TOA red MIE 0 ai\u201d 2 - Gar.Con ao 0 be.«acaha idée 07 23 et structure éclatée, la poésie tient aussi de la sculpture.Elle met la lecture dans tous ses éclats/états.Elle tient un pari magnifique contre le silence, car son sens dépendra toujours de ce qui, extérieur à elle, lui permet de naître.La poésie est l'état de naissance de la langue, elle se situe dans le passage entre sens et non-sens, clarté et hermétisme.Elle est de l'ordre même de ce qui s'étrangle dans le goulot étroit, jambes ouvertes sur le monde, sexe débordant dans la naissance des mots.À chaque ligne, la poésie traverse et dérape, s'écoule et saigne, elle fait de la langue la matrice, et féconde.Poésie, déjà à l'origine, séductrice dans la bouche du frère où mettre la langue n'aurait de sens que pervers.Mais justement, le poétique tient de la séduction même des formes, obliques et obligeantes, chaque phrase ayant du sujet l'exclusive authenticité.Chaque mot donné dans la poésie est radicalement solitaire et fait tache, s'étend, réclame, hurle en quelque sorte.Le poétique tient là tout son sens, chaque mot étant radicalement et totalement solitaire, comme il s'agit de le dire à la naissance.Poser l'écriture comme cause, comme agent transformateur et le poète comme « effet de sens ».[.] Il ne s'agit pas ici, on l'aura compris, de suppléer a un mythe par un autre.Pas question, après le « créateur », de sublimer la « création », de tomber dans le piège de la spontanéité, d'un certain automatisme, du texte-écran, pas question non plus d'occulter le travail au profit du produit fini, de nier les soucis techniques inhérents au travail d'écriture ni même d'ostraciser le poète comme fondamentale « volonté du texte ».Bien au contraire.Affirmer que l'écriture transforme, bouleverse, à son tour retourne, n'est-ce pas précisément, tout en contestant l'écrivain comme différence originelle, supposer l'écriture, et par conséquent son pratiquant, comme différence en devenir, comme devenir-différence ?« Retournement (le cerveau du poète : dérive sur quelques questions d'antériorité) » Normand de BELLEFEUILLE Est-ce donc mieux réussir le miroir, cet « autre engouffrant » qui s'étale devant soi et qui travaille, là, en exigeant, lecture après 116 lecture, son utilité, son efficacité effective ?Alors, peu importe en fait que pour des raisons autobiographiques, on puisse croire quon soit sollicité par la poésie dès l\u2019origine quand, dès l\u2019origine, c'est le langage, la forme, le travail, l'efficacité du poétique qui sont choisis comme moyens d'intervention, qui concourent à réaliser l\u2019objet, l\u2019autre, ce qui différemment se place devant.Le « double » n'est pas seulement pensé comme « reflet », mais comme idéal du moi.Le « double » peut aussi signifier « toutes les éventualités non réalisées de notre destinée dont l'imagination ne veut pas démordre, toutes les aspirations du moi qui n'ont pu saccomplir par suite des circonstances extérieures, de même que toutes ces décisions réprimées de la volonté qui ont produit l'illusion du libre arbitre ».Les « doubles » que sont les oeuvres d'art permettent à l'artiste de construire ses fantasmes, de s'en libérer par là même et de constituer son identité.À travers la répétition multiple, se construit l'unité du moi : le mouvement regrédient est lié à un mouvement progrédient d'intégra- Hon, d'intrication des pulsions, d'organisation : on reconnaît ici l'oeuvre d'Eros.L\u2019Enfance de l\u2019art Sarah KOFMAN Objet de désir et non pas de santé a partir d'une quelconque maladie, non pas objet de malade mais réalisation de la pulsion désirante, poésie.Et qu'ainsi se conçoive, dès l\u2019origine, l'objet de séduction qui devient aux yeux de celui ou de celle qui écrit l'objet texte, voilà qu'alors, cette tentation érotique de l'écriture trouve dans le « désordre » poétique un lieu d'application, un champ de bataille où les mots font corps du désir.N'est-ce pas suffisant de penser qu'ainsi travaille, dès l'origine, cette séduction où le texte va devenir, strictement, un lieu de décharge, où la pulsion travaille le désordre, cherche le sens.Et là devant, dès l\u2019origine, l\u2019irrempla- cable surprise de voir le « résultat » m'excluant quoique « venant de moi ».Ce qui devant les yeux se met à travailler, ce n\u2019est pas autre chose qu'une autonomie définitive de langage, une proposition perverse qui fasse sens dans le seul sens de sa prise en main, en 117 charge, en lecture.Et cette séduction permanente, sans doute, exercée sur moi par le poétique tient évidemment de ce qu'ôn peut nommer le fragmentaire.Cela permet de s'abstraire en quelque sorte, de sortir de la « continuité ».Il y a un non-temps de la poésie, fragmente, car c'est dans l\u2019instantanéité absolue de la structure active qu\u2019un sens/forme décide de se dire.Le fragment devient ainsi, en quelque sorte, une délivrance quant aux contingences du continuum temporel, porte de sortie sur l'immédiateté, force de mise en forme « à l'instant même » qui produit.Le poétique crée ainsi « l\u2019illusion » d\u2019une production admirable dans le moment de sa mise à jour.L'acte de naissance, chaque fois que les mots crient, s'ajoute.Il y a là une telle gratuité.La confiance-défiance dans le langage est déja fétichisme, choisissant tel mot pour en jouer dans la jouissance et le malaise de la perversion qui suppose toujours, dissimulé, un bon usage.- L'Ecriture du désastre Maurice BLANCHOT Et cette tentation de faire « autrement », ce désir de la délinquance est peut-être au fond l'objet le plus séducteur de la poésie.Parvenir à un objet d'une « ciselure (structure) parfaite », tout autant qu'à un éclatement le plus baroque procure cet écart suffisant par rapport à une norme « indigeste » pour provoquer le désir d'ajouter, au réel, cet autre réel de l'écriture.Sans oublier, bien sûr, qu'avant toute chose, l'acte d'écrire reste un acte au même titre que tout ce qui s'active dans la société.Écrire reste avant tout une intervention.Et cette intervention légitime justifie l'injustifiable.Décider d'écrire, c'est décider d'intervenir autrement que par la violence contre la mort, toujours et encore, commencée.Et cette intervention est d'autant plus injustifiable qu'elle convoque toujours et encore la jouissance.Quand Éros signifie, le signe prend corps-texte.Du discursif aussi Du roman aussi comme tentation.Car il faudrait croire, si l\u2019on veut, qu'il ne s'agit pas nécessairement de la même chose, qu\u2019il y aurait dans les organisations de la pulsion, là à l\u2019histoire, d'autres 118 dae a ER at en an 00e 11 J RE a AL RAAT MA ACO EM A NE EMER NE ME FE SEER EE RENE SE I A wa impératifs.Soit, si toujours et encore, pour le roman comme pour la\u2019poésie, le travail fait signe par le désir.Reste que, dans cette volonté du discursif, s\u2019installe aussi celui d\u2019un « ordre » particu- r lier, autre que le fragmentaire dont il a été question.Le roman suscite peut-être mieux le continu, le temporel ; il sort du cadre factuel, dirait-on, dans la mesure où son investissement à « long El terme » le place dans la durée, juste au bord de 1\u2019abime de la mort, | du constamment inachevé.Écrire un roman met en jeu le risque de M l'inaccompli, de l'inachèvement ; écrire un poème met en jeu la \u2018 réalité immédiate de la mort elle-même, catastrophique.Le poème comme syncope, le roman comme agonie.Tous deux proposant dans leurs dimensions respectives une relation différente au mortel silence qui pourrait bien l'empêcher de s'achever.Écrire, ainsi, le (me) trouble.à is Fuentes nous procure la clé de sa méthode : « Il faut plusieurs E vies pour faire une seule personne » (L'Art du roman, Milan Kun- ba dera).En y réfléchissant, toute tentative pour écrire un roman D pourrait bien ressembler à ce désir mathématique du cumul.: « Plusieurs vies », comme si, dés l\u2019'enfance, le désir insatiable | d'être multiple, d\u2019être beaucoup « de métiers » à la fois, d\u2019être E autre, d'être le frère qui a la langue, le père qui est absent, la mère E qui s'inquiète d'être là, et tous les autres, dès lors, dans la tête.F C'est comme si s'organisait la schizophrénie radicale du romanesque, l'éclatement fou d'une fiction.« Se raconter des histoires », quelque part dans sa vie, est devenu primordial, dirais-je si sérieux, qu'au bout, là une fiction s'élabore.Et dans toute écriture du roman, il faut savoir qu'il y a la séduction de l'intelligence, car c'est bien un acte d'intelligence qu\u2019une fiction, un produit de pure structure.N'oublions pas que « [.\u2026] les grands romans sont tou- | jours un peu plus intelligents que leurs auteurs » (L Art du roman, : Milan Kundera).« J'en parle pour vous faire comprendre que composer un roman c'est juxtaposer différents espaces émotionnels, et que c'est là, selon moi, l'art le plus subtil d\u2019un romancier » (L'Art du roman, Milan Kundera).Force nous est de comprendre que c'est E dans le déchirement du tissu poétique, dans sa couture particu- fo lière, que l'objet discursif prend son sens.Morceau par morceau, une structure met en place une « histoire » : on pourrait dire que l'organisation des morceaux d\u2019une fiction tient de la famille et que chaque poème tient de l'orphelinat.Quand, là, chaque pièce autonome parle de soi, quand là chaque pièce autonome dépend de 119 z wp Mar oa = c ; se .- \u201cgd Cd \u20ac + & + 22e l'autre.L'organisation du roman tient a cette obsession du « lien », à la mise « ensemble » d'éléments hétéroclites pour organiser une histoire de famille.Et justement, si on parlait des personnages, si on disait à quel point ils séduisent.« Le personnage n'est pas une simulation d'un être vivant.C\u2019est un être imaginaire.Un ego expérimental » (L Art du roman, Milan Kundera).Et là, quand on décide d'écrire un roman, c'est sans doute la plus grande tentation.Quelle illusion heureuse de faire ainsi que certains « egos » se promènent au-delà de soi, dans un univers où rien ne saurait limiter les possibles.Ecrire un roman tient de cette performance absolue du désir ou se met en mots des actes sensibles.C'est en ce sens-là que je comprends et partage l'obstination avec laquelle Hermann Broch répétait : Découvrir ce que seul un roman peut découvrir, c'est la seule raison d'être d'un roman.Le roman qui ne découvre pas une portion jusqu'alors inconnue de l'existence est immoral.La connaissance est la seule morale du roman.L'Art du roman Milan KuNDERA Je voudrais plutôt entendre cette remarque appliquée à tout ce qui est la littérature.Plus encore, à ce que nous appelons la modernité.Je n'ai pas d'autre mot pour expliquer ce qui motive vraiment que la littérature ait continué à me séduire sinon en affirmant et en réaffirmant que cet état de recherche, cette volonté de trouver « quelque chose », quoi que ce soit, la plus infime partie de ma propre ignorance, saura sans doute et toujours me stimuler.Et Kundera ajoute, un peu plus loin : « Or, je ne me lasserai jamais de répéter avec Broch : la seule raison d\u2019être du roman est de dire ce que seul le roman peut dire » (L Art du roman, Milan Kundera).Comme nous pourrions dire la méme chose de la poésie ! Rien ne peut justifier l'existence d\u2019un objet que sa propre réussite en tant qu'il est pleinement accompli et dans sa forme et dans sa fonction.Ainsi faut-il obstinément chercher à réaliser une oeuvre qui, à nos yeux, d'une quelconque façon, ait l'air d'avoir cessé de s'accomplir, cessé de chercher à se poursuivre.Quand on cesse d'écrire un texte, qu'on le dit terminé, il faut, sans aucun doute, soupçonner 120 ou af ww.Shia te SEM a 20 oh S20 0A BMA SRI aid AINE Sa fe cake af aS dies al ade An do MICHIE BIC A SLI ADL INe FLSA Ae MCE BE at ELE J NL Eo A EE ER Re A A I a PA i EE EC A SE RC DT que là s'est « accomplie », « refermée » la vérité totale ( ?) du texte en question.Et il est parfois plus difficile de « consentir » à dire un texte terminé qu'à s'épuiser à le poursuivre sans fin.Achevé-détaché Ainsi, toute tentation du poétique tiendrait à une relation privilégiée avec la langue, tandis que toute tentation du romanesque tiendrait à une relation privilégiée avec la fiction.D'une part les « mots » en jeu, d'autre part les « egos » en scène.Faut-il croire alors qu'un désir de la fragmentation serait à l\u2019origine de cette prétention à se( ?) réaliser en roman ?Combien je serais heureux si je pouvais m'appliquer ce mot de Brecht : « Il pensait dans d'autres têtes ; et dans la sienne d'autres que lui pensaient.C'est cela la vraie pensée ».« Le grain de la voix » de Roland BARTHES cité par Tzvetan Todorov dans Critique de la critique 121 a - Se ee ~~ ah .A on See oo.ay \u201cÀ À yp Car a 5 a - Fan
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