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Titre :
Le professeur d'histoire, revue pédagogique
Éditeur :
  • Montréal, Québec :Société des professeurs d'histoire du Québec,1968
Contenu spécifique :
Janvier 1968
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Professeur d'histoire
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Le professeur d'histoire, revue pédagogique, 1968, Collections de BAnQ.

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[" ins tuto ° vol.1 no 1 janvier 1968 N WZ P- j424 CON N EDT Ye XIE VEE YE A AN Ve D'HISTOIRE *o REVUE$PEDAGOGIQUE Br TR TTR D'HISTOIRE DU QUEBEC PUBLICATION DELA\u201d SOCI Une expérience nouvelle Le professeur d'histoire Un idéal la réalité | Enseignement de l\u2019histoire Méthodologie il PR i i f = i \u201cA LA SOCIÉTÉ DES PROFESSEURS D'HISTOIRE DU QUÉBEC Siège social \u2014 261 Bloomfield Outremont Montréal 8, P.Q.Conseil général Président: Vice-président: Secrétaire-trésorier: Conseillers: élections à venir adresse postale: S.P.H.Q.C.P.277 Succ.Youville Montréal 11 Section de Montréal Georges-Emile Giguére Vice-prés.: Michel Allard Sec.-trés.: Mme M.Sicard-Bourque ler conseiller: Philippe Fontaine 2e conseiller: Pierre Savoie Président: adresse postale: S.P.H.Q.(Montréal) C.P.277 Succ.Youville Montréal 11 Section de Quebec Christian Laville Vice-prés.: Marie-Paule LaBrecque Sec.-trés.: Francois Delagrave ler conseiller: Maryvonne Demaret 2e conseiller: Roger Saucier Président: adresse postale: S.P.H.Q.(Québec) C.P.2208 Québec 2 Fondée en 1962 par MM.Pierre Sa- vard, Marcel Trudel, l\u2019abbé G.E.Proulx et quelques autres, LA SOCIETE DES PROFESSEURS D\u2019HISTOIRE DU QUEBEC compte aujourd\u2019hui environ 500 membres répartis en deux sections (Montréal et Québec) régies par des conseils exécutifs distincts sous la juridiction d\u2019un conseil générale BUT \u2018\u2018La Société se propose d\u2019étudier les questions reliées à l\u2019enseignement de l\u2019histoire.\u2019\u2019 (Statuts et règlements, art.2) e MEMBRES \u2018\u2018Sont membres ordinaires, les professeurs d\u2019histoire de tous les niveaux et les diplomés en histoire (possédant au moins une maîtrise ou une licence).\u201d\u2019 \u2018\u2018Sont membres associés, les personnes qui s\u2019intéressent à l\u2019ensei- nement de [\u2019histoire.\u2019\u2019 (Statuts et er réglements, art.3) e COTISATION Sur paiement d\u2019une cotisation annuelle de $5.00 (prix spéciaux pour les étudiants), payable par mandats poste ou chèque au pair, une carte de membre est remise à la personne qui en fait la demande.Cette carte fait foi de son inscription et lui assure les avantages de la S.P.H.Q.si Dire Adresse postale: C.P.277 Succursale Youville Montréal 11, Québec Directeur: Armand Fauteux Secrétaire: Madame Nicole Gohier Distribuée aux membres de la Société des Professeurs d'Histoire du Québec sommaire REVUE PÉDAGOGIQUE ÉDITORIAL UNE EXPÉRIENCE NOUVELLE.Armand Fauteux, directeur de la revue.Page 3 LE PROFESSEUR D\u2019HISTOIRE.Un idéal, la réalité.Georges-Émile Giguère, président de la S.P.H.Q.Page 5 ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE: Méthodologie.Antonin Dupont, bureau du perfectionnement de l\u2019enseignement, C.E.C.M.Page 16 1966 Le Nouvel An et la création de sa revue consacrée à la pédagogie de l\u2019histoire fournissent à la Société des Professeurs d\u2019histoire du Québec l\u2019occasion d\u2019offrir ses voeux les meilleurs et ses remerciements à ses quelques cinq cents membres aux exécutifs des régions de Montréal et Québec à tous les professeurs d\u2019histoire aux nombreuses sociétés qui lui sont affiliées ses différents collaborateurs M» ses généreux bienfaiteurs M, ses aides bénévoles dévoués D, tous ses amis 9 D» la population du Québec editorial : Une expérience nouvelle Le but de la SPHQ plaça ses dirigeants dans une espèce d\u2019ambiguité.La promotion de l\u2019histoire comporte au moins deux objectifs: la matière et son enseignement.Une consultation faite auprès de plusieurs professeurs et de plusieurs organismes nous a fourni une précieuse indication; on nous recommandait de laisser aux historiens les problèmes de l\u2019histoire pour concentrer tous nos efforts sur la pédagogie de cet enseignement.Nous avons reconnu tous ensemble que les principaux problèmes se situaient au niveau de la pédagogie.En vue de consacrer tous ses efforts 3 cette étude, la SPHQ a formé des comités pédagogiques correspondant aux divers niveaux d\u2019enseignement et aujourd\u2019hui elle offre une revue destinée à faire connaître les réflexions et les résultats de la recherche effectuée en ce domaine.Sur le point de lancer sur le marché une revue de pédagogie aussi spécialisée, nous croyons pouvoir affirmer avec une certaine vraisemblance que c'est un événement sans précédent dans l\u2019histoire du monde.Deux questions se posent: À qui s\u2019adresse cette revue et quels en seront les rédacteurs?Nous répondons dans un cas comme dans l\u2019autre, les professeurs d\u2019histoire et les spécialistes en pédagogie.Que vous soyez de l\u2019élémentaire, du secondaire ou de l\u2019université, les portes vous sont ouvertes comme auteurs ou comme lecteurs.Le moment est peut-être venu de préciser le contenu éventuel de cette revue.I] peut être très large si nous considérons que l\u2019éducation et l\u2019instruction ne sont pas le fait de l\u2019école toute seule.Ce qui veut dire que la pédagogie se pratique par bien du monde au cours d\u2019une année scolaire, mais c\u2019est avant tout de pédagogie scolaire que nous voulons parler.De plus la pédagogie se concrétise par les manuels, les programmes, les horaires, Ie système de pointage et d\u2019examens, les méthodes d\u2019enseignement et la réaction des étudiants en face de cet enseignement.Une philosophie particulière est donc transmise à l\u2019étudiant en formation et des idéologies différentes peuvent y voisiner ou s\u2019y affronter.Il s\u2019agit en définitive d\u2019apprendre à l\u2019élève à réagir devant la vie passé, présente ou a venir et à faire ses options d\u2019une façon juste et raisonnée.Étant une discipline intellectuelle qui a ses procédés particuliers l\u2019histoire est incontestablement une école de formation.La nouvelle de fondation de revue a été accueillie avec beaucoup d\u2019enthousiasme et c\u2019est avec beaucoup de jaie et de confiance que nous entreprenons cette oeuvre, mais il faudra retenir qu\u2019elle ne doit pas être l\u2019oeuvre de ses seuls directeurs, elle doit être le résultat d\u2019un effort collectif et d\u2019une collaboration générale.Courage, audace et initiative seront nos mots d\u2019ordre et sous cet angle chacun conserve la responsabilité de ses écrits.Yad Fe Tg Directeur sets rn py oe 9001, BOULEVARD PARKWAY, VILLE D\u2019ANJOU 352-4820 Cr ilk ZA & \u2014 Fl \u2014 \u201c|| fi EN ri | Nu mt I ! [ Gr es fa A : 4 - ÿ [| reo Bis nié de { > } ML CS, = LITHOGRAPHIE METROPOLE rh « 2 \u2014\u2014\u2014\u2014 INC, \u201c© \u2014 oS oo = » = Le professeur d'histoire: Un idéal, la réalité.* La conjoncture où nous vivons n\u2019est certes pas un facteur négligeable au départ d\u2019une étude comme celle que nous allons aborder.Nous en avons rencontré une exacte description dans un ouvrage américain que deux spécialistes de l\u2019éducation lançaient sur le marché en 1961.Vous trouverez bon sans doute de lire la pensée de James Quillen et Lavone Hanna sur notre monde actuel.Le vingtième siècle, fut à ce jour, une période de réalisations, de crises et de conflits.La science et la technologie ont apporté la santé, les loisirs et de hauts standards de vie à des millions de personnes.Mais le progrès a apporté avec lui la complexité des problèmes.Les inventions et les découvertes son survenues avec une telle rapidité que l\u2019homme n\u2019avait pas encore appris à vivre à l\u2019ère de la machine qu\u2019il était déjà catapulté dans l\u2019ère atomique.De fait, les nouvelles inventions et les découvertes se sont succédées s1 rapidement qu\u2019aucune définition précise ne peut décrire avec justesse la première moitié du vingtième siècle \u2014 c\u2019est-à-dire l\u2019ère de l\u2019aéronautique, l\u2019ère de l\u2019électronique, l\u2019ère de l\u2019automation, l\u2019ère atomique, l\u2019ère spatiale \u2014 chaoun de ces noms caractérise une partie seulement du monde d\u2019aujourd\u2019hui; cependant, tous ensemble, ils sont né- céssaires pour définir en plénitude l\u2019époque actuelle.Le grand défi qui confronte l\u2019homme aujourd\u2019hui réside dans sa façon d\u2019apprendre à utiliser les développements magnifiques de la science et de la technologie pour le bien de l\u2019homme et de la société.Aujourd\u201d- hui, plus que jamais, le savoir est une puissance.L\u2019homme peut utiliser son immense connaissance scientifique et technique pour l\u2019avancement social, économique et culturel, ou il peut aussi employer cette puissance à se détruire lui-même ou a détruire le monde.e + + + = ss + + « + + »s + 6 + + + eo + + = ee = « C\u2019est une tâche difficile et complexe que de développer des citoyens éclairés, capables de faire face aux problèmes de la première moitié du vingtième siècle.Chaque professeur est pour une part responsable de cette tâche, mais le professeur de sciences sociales est plus directement cor cerné dans le développement du citoyen chez ses étudiants.Parce que la qualité de cet enseignement dépend en définitive du professeur de sciences sociales, 1l doit être choisi et formé avec le plus grand soin.Probablement aucun professeur n\u2019a l\u2019obligation de se qualifier dans autant de domaine que le professeur de sciences sociales.Pour être efficace, il doit avoir une connaissance Texte remanié de la communication du president de la SPHQ qui, le 4 novembre 1967, a servi d'amorce à une fructueuse discussion au congrès de l\u2019ACFAS à l'université de Sherbrooke, ee ih as de base très large dans plusieurs secteurs et être capable de comprendre une nouvelle situation et les problèmes au fur et à mesure qu\u2019ils surgissent.Un immense bagage de de connaissances lui est nécessaire I! lui est indispensable de comprendre et de savoir promouvoir de bonnes relations humaines tout en sachant stimuler un esprit critique chez les jeunes.Finalement, l\u2019intégrité personnelle doit atteindre chez lui à son plus haut degré.! Avant d\u2019aller plus loin, il faut faire observer que l\u2019expression \u2018\u2018sciences sociales\u2019\u2019 utilisée par les américains et les anglo-saxons correspond plus ou moins exactement aux termes \u2018\u2018sciences morales\u2019\u2019 ou \u201c\u201c\u2018sciences de l\u2019homme\u2019 plus courants dans les milieux d\u2019expression française.Par ailleurs, tout le contenu de ces textes et de ceux qui vont suivre s\u2019applique sans réserve aucune aux professeurs d\u2019histoire comme à tous les professeurs de sciences humaines.La Société des professeurs d\u2019histoire du Québec, comme on le sait déjà, a pour but de travailler à la promotion de l'histoire par tous les moyens à sa disposition.Nous avons pour notre part défini ce que nous entendions par cette expression dans notre discours du 4 février dernier.?A notre avis, la promotion de l\u2019histoire concerne avant tout le professeur et l\u2019étudiant.Mais elle touche également tout ce qui est condition de son travail, comme les programmes, les horaires, les manuels, les examens, le pointage et les recompenses, les méthodes d\u2019enseignement.Elle englobe encore tous les instruments auxiliaires comme les bibliothèques, les éditions de manuels et de documents, et enfin les locaux et les moyens audio-visuels.Voila les facteurs relatifs à l\u2019enseignement et à l\u2019étude de l\u2019histoire, classifiés selon leur ordre d\u2019importance.Tout enseignement, il va sans dire, est constitué d\u2019une multiplicité de facteurs dont le premier et le plus important est incontestablement Le Professeur.Car on aura beau avoir les meilleurs manuels, les plus beaux programmes et les instruments les plus perfectionnés, si le maître est dépourvu de savoir ou de savoir-faire, rien d\u2019autre n\u2019y pourra jamais suppléer.C\u2019est pourquoi dans l\u2019exposé qui va suivre, nous voulons le placer au centre, et même au premier plan.De sorte que dans cette revision de l\u2019enseignement de l\u2019histoire, nous envisagerons tout dans la perspective même du professeur.Notre étude comportera deux parties bien distinctes.Le premier tableau de ce dyptique tracera un idéal, et très élevé, un point d\u2019arrivée vers lequel doivent tendre ensemble tous les professeurs d\u2019histoire.On verra en effet qu\u2019il existe sur ce point des règles assez précises résultant de plus de 50 années d\u2019études, d\u2019enqué- tes, de commissions spécialisées et de rapports volumineux et très au point aux Etats-Unis, en Angleterre, mais également en France et au Canada.Le deuxième exposé sera une très légère esquisse de la réalité des enseignants de l\u2019histoire au Québec.Une réalité qui peut être un peu triste, sombre et déprimante, réalité qu\u2019il faut tout de même regarder bien en face, puisqu\u2019elle est, qu\u2019on le veuille ou non, notre point de départ.Le contraste qui ressortira à la fin de ce double exposé montrera la route qu\u2019il nous reste à parcourir pour améliorer tous les facteurs qui constituent l\u2019enseignement de l\u2019histoire en notre province.Vouloir nous situer dans l\u2019optique personnelle du PROFESSEUR D\u2019HISTOIRE, c\u2019est adopter au départ un point de vue tout à fait nouveau pour étudier les différents aspects d\u2019un 1.Quillen, I.James & Hanna, Lavone ÀA., Education for Social Competence, The Social Studies in the Secondary School.Chicago, 1961.2.Le texte de ce discours a été distribué à nos membres, On le retrouve intégralement reproduit dans le Bulletin de liaison de la SPHQ, décembre 1966.La description de cet objectif de la SPHQ a été reproduite dans La Presse, 8 février 1967.\u20146_ Le 7 enseignement que des spécialistes ont jusqu\u2019ici abordés sous l\u2019angle \u201cTeaching of history\u201d ou \u2018\u2018Enseignement de l\u2019histoire\u2019\u2019 ou de quelques sujets connexes.Jamais à notre connaissance on ne l\u2019a traité de façon exhaustive dans la perspective du professeur d\u2019histoire.Sujet neuf et tâche difficile que la nôtre car si d\u2019un côté on s\u2019avance dans toutes les facilités d\u2019une flore inconnue et inexplorée, d\u2019autre part on peut s\u2019attendre a y rencontrer tous les écueils de l\u2019imprévu.La première de ces difficultés est de s\u2019adresser à des professeurs d\u2019histoire de tous les niveaux d\u2019enseignement.Inutile de dire que les préoccupations du professeur de l\u2019élémentaire sont parfois à cent lieues de l\u2019universitaire.Nous irons tantôt vers l\u2019un, tantôt vers l\u2019autre, revenant le plus souvent vers le premier qui affronte incontestablement les plus grandes et les plus nombreuses difficultés.Autant le premier pourra nous trouver idéaliste et exigeant, autant le second pourra nous accuser de dire de simples évidences.Ces accusations ne sont pas imaginaires puisqu\u2019on nous les a faites telles quelles lors du colloque de Sherbrooke, le 4 novembre dernier.Parce que nous sommes conscients de fouler une terre presque inconnue, le texte que nous vous présentons est beaucoup plus une amorce pour une étude plus longue et plus étendue qu\u2019- un résultat définitif.| \u2014 UN IDEAL Il faut dire immédiatement que ce que nous appelons un professeur idéal pourra devenir une réalité presque complete dans un avenir plus ou moins éloigné selon notre lucidité et selon les efforts réunis de toute une collectivité active et intéressée que seront les professeurs d\u2019histoire.Au professeur idéal on assigne cinq qualités essentielles qui sont: 1.une philosophie positive de l\u2019éducation.un contrôle suffisant de sa matière.des moyens variés d\u2019enseignement.une connaissance suffisante de la psychologie de l\u2019étudiant.une bonne personnalité.UT FRA ON À son tour, cette personnalité comporte les caractères suivants, au nombre de dix: 1.respect de la vérité 2.optimisme intelligent 3.altruisme social 4.la sympathie 5, l\u2019impartialité 6.l\u2019esprit d\u2019interprétation 7.le sens du progres 8.la curiosité 9.la culture 10.l\u2019imagination (Quillen.pp.26 et 27) A - LA PRÉPARATION DES MAÎTRES 1.Le choix des candidats \u2018\u2018Nascuntur poetae, fiunt oratores\u201d.Qu\u2019on naisse historien ou qu\u2019on le devienne, il existe incontestablement des historiens.En conséquence, il importerait de penser à choisir dès le jeune âge des candidats qui ont les aptitudes naturelles à l\u2019histoire.Cela suppose évidemment que nous connaissions les qualités requises pour un historien.Si nous, professeurs d\u2019histoire et historiens, nous ne connaissons pas ces qualités, si nous ne pouvons les indiquer aux autres éducateurs, aux directeurs d\u2019études et aux orienteurs, qui donc les saura?Voilà une première question à poser à nos orienteurs, à nos spécialistes professionnels de l\u2019éducation et des sciences morales.Ensuite, à l\u2019aide de ces informations, les dirigeants compétents, compréhensifs et ouverts pourront guider et favoriser le choix des futurs historiens et professeurs d'histoire.C\u2019est notre tâche de travailler à inscrire cette carrière sur la liste des carrières qui s\u2019offrent à nos jeunes._\u20147_ I littérature, en arts et en humanités, Le fait d\u2019écrire, de faire du \u2018théatre, de la peinture ou de jouer un instrument de musique sera pour lui un atout.Mais tout celalui sera nuisible s\u2019il se laisse emporter dans des divagations de l\u2019esthétisme.Le professeur d'histoire sera sage de conserver un esprit réaliste car l\u2019é- 2.La base culturelle nécessaire Parce que le professeur d\u2019histoire est au départ un professeur comme les autres, il doit acquérir une large culture.Il y a quelques années, le pro- 3 fesseur était dans notre province d\u2019une 3 classe inférieure.C\u2019était parfois un refuge pour quiconque s\u2019estimait inapte à des carrières plus exigeantes.Au- tude du passé lui fera rencontrer plus jourd\u2019hui, la profession est largement souvent le \u2018Bourgeois Gentilhomme\u2019\u2019 3 restaurée dans l\u2019opinion publique et que \u2018\u2018Les Précieuses Ridicules\u2019\u2019.3 elle a accédé à un meilleur niveau Troisièmement, il devra avoir beau- social.Le professeur est devenu utile coup voyagé, et dans son pays, et à dans un monde ou\u2018\u2018qui s\u2019instruit s\u2019en- lé 3 chit?\u2019 etranger.richit\u2019\u2019.Pour continuer de mériter ce rang, il faut que les maîtres soient très cultivés autant et méme plus que les autres professionnels.Le professeur doit maîtriser parfaitement son expression orale et écrite.Sa compétence doit reposer sur une solide éducation générale et une préparation professionnelle adéquate faite de psychologie, de pédagogie et d\u2019une vaste information dans la matière de sa spécialité.Il doit avoir une connaissance plus qu\u2019ordinaire en sciences sociales et morales et méme en sciences précises Il lui faut au surplus un contrôle assuré des aptitudes propres à son travail d\u2019histoire et d\u2019éducation.Quelles qualités devons-nous rechercher chez nos professeurs d\u2019histoire, et plus particulièrement chez nos spécialistes\u201d Ce serait pure fantaisie que de tracer un portrait type auquel tous les professeurs d\u2019histoire devraient ressembler; ce serait nier la nature même du sujet.Cependant, en toute humilité, nous vous offrons trois suggestions.Premièrement, il se doit d\u2019être un homme d\u2019une intelligence forte et lucide, imaginatif aussi bien qu\u2019analytique; s\u2019il a effectué quelques recherches historiques, et tant mieux s1 à l\u2019imitation de feu R.G.Collingwood, 11 a appris par son expérience personnelle que l\u2019histoire n\u2019est pas une affaire de ciseaux et de colle mais beaucoup plus l\u2019idée de la science comme le pense Beacon.Deuxièmement, 1] devra posséder une vaste culture en 3.La préparation historique Puisque par ailleurs, le professeur d\u2019histoire n\u2019est pas un professeur comme les autres, il doit s\u2019assurer dans sa spécialité, une connaissance vaste, variée, une solide initiation au métier d\u2019historien, donc une formation et une information faite aussi de tous les secrets de la philosophie de l\u2019histoire: problème de la connaissance humaine, de l\u2019objectivité, des maladies de l\u2019histoire, positivisme, déterminisme, historicisme.Il doit savoir la pensée des principaux historiens, les tendances des différentes écoles de pensée.C\u2019est dans la lecture, la réflexion, la recherche personnelle ou dirigée qu\u2019il doit la trouver.Il lui faut également connaître les principaux écueils de son métier, car après le professeur et l\u2019étudiant, la connaissance historique est le troisième élément important de l\u2019enseignement de l\u2019histoire que nous voulons promouvoir.À cause même de l\u2019importance et de la difficulté de sa tâche, le professeur d\u2019histoire doit l\u2019emporter par l\u2019excellence de sa préparation et de sa compétence, par sa confiance en sa matière, sa fierté professionnelle, sa conscience de tenir un grand rôle dans la communauté humaine.Cependant, cette fierté et cette confiance ne doivent pas être surfaites.3.The Teaching of History, Cambridge Uni- versity Press, 1952, p.9._8 \u2014 4.La préparation pédagogique À notre avis, il existe une psychologie particulière au professeur d\u2019histoire tout comme il existe une psychologie du dentiste, du médecin, du vendeur ou du spécialiste en relations publiques.Et cette psychologie existe réellement puisqu\u2019on l\u2019enseigne à ces différentes personnes.Et les psychologues spécialisés qui leur donnent cet enseignement doivent emprunter à la psychologie générale et adapter celle-ci aux conditions et aux nécessités du métier.Pour le professeur d\u2019histoire ces nécessités viennent de l\u2019enfant, de la matière étudiée, de l\u2019époque et du milieu culture! ou social qui sont les principales conditions de sa psychologie particulière.Cette psychologie emprunte également au métier d\u2019historien et à l\u2019âge psychologique de l\u2019étudiant.Il faut que le professeur soit capable de penser dans la tête de l\u2019étudiant selon sa vision a lui, qu\u2019il sache discerner et contourner les difficultés qui s\u2019élèvent dans l\u2019esprit de l\u2019enfant, qu\u2019il puisse déceler rapidement ses principaux centres d\u2019intérét.Le professeur doit comprendre la croissance et le développement de l\u2019enfant, connaître la nature des procédés d'acquisition des connaissances, l\u2019évolution et les objectifs de l\u2019éducation, les appuis matériels et les procédés des bons maîtres.Selon nous, que cela vous surprenne ou non, la matière peut tellement conditionner la psychologie et la pédagogie que nous irions jusqu\u2019à affirmer que la pédagogie de l\u2019enseignement de l\u2019histoire du Canada diffère assez profondément de celle de toute autre histoire.Car il y a presqu\u2019autant de différence qu\u2019entre la méthodologie de l\u2019enseignement du français et la méthodologie des mathématiques et des sciences.Donc il doit exister également une psychologie du professeur d\u2019histoire, une méthodologie particulière de l\u2019histoire du Canada et même de l\u2019histoire générale pour les étudiants canadiens-français.Voilà brièvement dit, ce que les Américains appellent \u2018\u2018pre-service éducation\u2019\u2019.Disons en conclusion de cette partie qu\u2019\u2018\u2018Aucun professeur en préparation ne peut réaliser toutes les suggestions qui précédent.Cependant, il posera une base solide sur laquelle il s\u2019appuiera pour améliorer son efficacité comme professeur plus tard, au cours de son \u2018\u2018in-service éducation\u2019\u2019.(Quillen, p.27) B \u2014 LE PROFESSEUR EN EXERCICE Une fois entré dans l\u2019enseignement, le professeur doit poursuivre sa propre éducation.Ce que l\u2019on nomme aux Etats-Unis \u2018\u2018in-service éducation\u201d Ici, pour faire plus vite, nous nous contenterons d\u2019énumérer les règles de sa continuelle mise à jour.1.un programme de lecture 2.la participation à la vie intellectuelle, éducationnelle et sociale de sa communauté .des voyages des études graduées participation à des ateliers de travail .Un entraînement au service local .réunions de facultés ou départements 3 4 5 6 7 8.démonstrations 9 10 11 12 * .groupes d\u2019études .périodes de planification .services professionnels .associations d\u2019éducation, sociétés d\u2019histoire 13.organisation de sciences sociales ou d\u2019histoire 14.participation à son association professionnelle ou sociétés de professeurs d\u2019histoire.CONCLUSION \u2018\u2018Aucun professeur ne peut réaliser dans sonentier un tel programme d\u2019activité.Cependant, chaque professeur devrait profiter, dans les limites de son temps, de son argent et de sa santé physique, de toutes les occasions qui lui sont données pour devenir le meilleur professeur de sciences humaines.Car ainsi tout professeur se rend plus efficace en aidant les jeunes à développer leur capacité à faire un choix _9_ a NN pu À H be LE ii ; KR ; 4 pi is judicieux et à être des citoyeñs sociologiquement compétents au sein d\u2019une nation démocratique\u2019\u2019.(Quillen, p.38) Il \u2014 LA REALITE Venons-en enfin à la réalité qué- becoise de l\u2019enseignement de l\u2019histoire.Nous développerons nos constatations en deux tableaux successifs.Le premier peut s\u2019intituler: \u2018\u201cL\u2019histoire à l\u2019école\u2019\u2019 et le deuxième pourrait avoir le nom de \u2018\u2018L\u2019histoire dans la vie quotidienne\u201d.A \u2014 L'HISTOIRE À L'ÉCOLE 1.Le jugement public L\u2019opinion reste encore très répandue dans le public que l\u2019histoire est une matière ennuyante, qui demande un gros effort de mémoire, qui est dépourvue d\u2019intérét.On semble souvent ne se rappeler que l\u2019histoire-bataille et les dynasties de rois apprises jadis par coeur.À propos de l\u2019histoire du Canada, on se demande laquelle est enseignée, à propos des manuels, on formule toutes les plaintes, contre ses professeurs, on énumère tous les qualificatifs les moins flatteurs.De cette matière, enseignée en fin de journées ouen fin de semaine, par des professeurs sans attrait, on n\u2019a conservé aucun intérét.La place qu\u2019elle occupe dans l\u2019ensemble des programmes ou dans le pointage et les systèmes d\u2019émulation, ou l\u2019avantage qu\u2019on y trouve comme gagne-pain dans la vie, font de l\u2019histoire une matière très secondaire et négligeable.Tout ce que nous rapportons ici touche avant tout l\u2019enseignement des premiers niveaux d\u2019études.2.Raisons de ce jugement Nous avons bien le droit de nous demander de quoi au juste peut dépendre une opinion.Nous ne croyons pas nous tromper en attribuant aux premiers niveaux d\u2019enseignement la raison principale d\u2019un tel jugement.Nous devons toutefois remarquer que c\u2019est aux deux premiers niveaux que l\u2019enseignement de l\u2019histoire est le plus difficile.Mais il devrait aussi y être beaucoup plus soigné en raison méme des incapacités naturelles de l\u2019enfant.Nous examinerons le problème en reprenant un à un les différents facteurs qui composent cet enseignement pour essayer ensuite de discerner les causes de ces jugements.Groupons donc ces éléments sous trois chefs d\u2019idées: a)le professeur; b)l\u2019étudiant,; c) la matière.a) Le professeur.En février, nous avons tenté d\u2019établir approximativement le nombre de ceux qui enseignent l\u2019histoire dans notre province.Après avoir trouvé une incontestable base de calcul, nous avons lancé le chiffre de 10 ou 15,000.Très étonnés, les auditeurs ont contesté ce nombre.Quand, à ce moment et par la suite, nous avons fourni la base de nos déductions pour permettre à nos interlocuteurs de vérifier nos données, tous ont reconnu unanimement que ce chiffre demeure conservateur.Mais immédiatement, la contestation est passée du nombre à la compétence de ces maîtres.C\u2019était au fait des professeurs d\u2019histoire qui jugeaient d\u2019autres professeurs d\u2019histoire.On se fait de l\u2019historien une conception très élevée et on lui attribue les qualités les plus exigeantes.Marrou, dans son traité De la Connaissance historique, fait un portrait très précis de l\u2019historien.Et l\u2019on se dit implicitement que le professeur d\u2019histoire est un historien doublé des dons des meilleurs pédagogues.Il est bien souhaitable en effet que tout professeur d\u2019histoire ressemble en tout point à l\u2019historien et au pédagogue.Mais on peut se demander sérieusement combien de professeurs ne sont que des répétiteurs pressés, surchargés, ne pouvant que lire ou répéter leurs manuels ou leurs notes de cours.W.H.Burston écrit: \u2018\u2018L\u2019enseignement n\u2019est pas une simple relation étudiant-professeur mais plutôt pro- \u2014 10 - LL nt fesseur, matière ou aptitude d\u2019un côté et l\u2019élève de l\u2019autre.Strictement parlant, le professeur est un lien entre l\u2019étudiant et CE qu\u2019il veut étudier\u2019\u2019,4 Comment un professeur peut-il être un lien entre sa matière et l\u2019étudiant quand il n\u2019a ni la préparation voulue ni le temps de maîtriser l\u2019histoire ni la pédagogie.b) L'Étudiant Pour faire de cet enseignement non pas oeuvre de mémoire mais opération de l\u2019intelligence, le professeur doit connaître à la fois la psychologie de l\u2019étudiant à divers âges et les procédés du métier d\u2019historien.Il lui est indispensable aussi d\u2019avoir réfléchi pour découvrir l\u2019avantage et la nécessité de la méthode sympraxique que les Anglais appellent learning by doing et les Français l\u2019apprentissage historique, qui n\u2019est qu\u2019un autre nom pour les méthodes actives, reposant sur une initiation à la recherche scientifique et sur un enseignement basé d\u2019abord sur les centres d\u2019intérét.L\u2019étude de l\u2019histoire est mal assurée au départ si les procédés sont inadaptés à l\u2019âge psychologique des enfants qui ne peuvent encore vivre que dans le présent immédiat et strictement dans leur milieu ambiant.Les efforts des professeurs sont malhabiles quand ils tentent de capter l\u2019in- térét des enfants par toutes sortes de subterfuges verbaux y compris la déformation historique et les récits très romancés ou simplement imaginés.Il faut savoir aussi que les enfants sont beaucoup plus logiques qu\u2019on ne le pense.Ils dégagent instinctivement le sens naturel des choses.Pour eux, le système d\u2019émulation et de pointage ou de récompense est déjà un moyen d\u2019éducation.L\u2019horaire des cours lui- méme peut également leur marquer importance relative d\u2019une matière par rapport à une autre ou par rapport à l\u2019ensemble du programme.Il est bon de se rappeler également que l\u2019éducation n\u2019est pas l\u2019oeuvre de la seule école.Tout son milieu devrait dire à l\u2019étudiant l\u2019importance de l\u2019histoire, tout devrait lui en inspirer le goût.Il faut bien que le professeur prenne l\u2019enfant comme le lui présente son milieu.Mais il importe de même que le professeur d\u2019histoire sache créer un milieu qui évoque l\u2019histoire, qui parle aux yeux comme aux oreilles de l\u2019étudiant et à tous ses sens.La comme ailleurs, l\u2019éducation et l\u2019instruction sont inséparables l\u2019une de l\u2019autre.c) La matière Venons-en, en troisième lieu, à la matière historique.Elle est histoire générale ou histoire du Canada.N\u2019est-il pas encore opportun de se demander si l\u2019histoire générale est devenue autre chose que l\u2019histoire de la France?Quest-ce que nos'étudiants savent de l\u2019histoire de l\u2019Europe, de l\u2019Angleterre, des Etats-Unis, de la Russie ou du monde oriental?A-t-on remarqué aussi que les manuels peuvent facilement donner l\u2019impression d\u2019une matière étrangère: leur vocabulaire est parsemé de mots inconnus ou difficiles, la perspective de l\u2019auteur est celle d\u2019un étranger pour l\u2019étudiant, les programmes selon lesquels ils ont été préparés répondent à des besoins autres que les nôtres.Rappelons-nous que l\u2019étudiant, selon son âge, éprouve naturellement de la difficulté à se rattacher à une époque qui n\u2019est pas la sienne ou à un milieu qui lui est inconnu ou étranger.Et maintenant en histoire du Canada, doit-on opter pour l\u2019histoire du Canada français ou pour celle d\u2019un seul et unique Canada?N\u2019allons surtout pas reprendre la bataille autour du manuel unique, ni la discussion soulevée par le Rapport Parent sur la pseudo-objectivité de l\u2019histoire.Trou- vera-t-on jamais une solution à des problèmes déjà mal posés.Il y a au surplus, en dehors des cours et des manuels, les exclusivismes de certains spécialistes et les 4.Burston, W.H., Principles of History Teaching, Norfolk, 1966.\u2014 11\u2014 ES ras pe a TE ET A A?+ E ( ji i A re AER UT SSE AEE Apo SE, Ta [SERN EE SES E a incessantes luttes d\u2019écoles* en histoire.S\u2019il est un domaine où l\u2019esprit devrait l\u2019emporter sur la matière, il nous semble que ça devrait être en histoire.L\u2019Ecriture dit que la vérité libérera l\u2019homme.Les guerres d\u2019écoles ou d\u2019historiens pour le triomphe d\u2019une thèse sur l\u2019autre, pour l\u2019objectivité historique sous telle forme ou telle autre sont très souvent un scandale pour le public.Doit-on pour autant supprimer les combats?Ne serait-il pas préférable de faire l\u2019éducation publique sur ce genre de travail.Serait-il possible qu\u2019enfin le désir de la vérité puisse l\u2019emporter sur la soif du pouvoir, sur l\u2019instinct de domination qui veulent faire triompher une thèse sur l\u2019autre\u2019 L\u2019hypothèse de travail est prévue et acceptée de l\u2019esprit scientifique.La preuve documentaire aussi.d) Les instruments matériels de cette étude Sans doute on objecte que les horaires sont chargés et les programmes trop vastes.Et c\u2019est juste.Mais ce qui devrait importer, c\u2019est moins la quantité que la qualité.Le professeur devrait réussir à inculquer un esprit fait de conscience historique et du mouvement de l\u2019histoire.L\u2019acquisition des notions de base précises pourrait être assurée par un programme de lectures dirigées, contrôlées et vérifiées hors concours, à un âge où le travail de la mémoire est psychologiquement plus favorisé que celui du raisonnement.Si on abandonne ce travail de base, comme la tendance s\u2019en fait sentir présentement, on remet à plus tard le règlement du problème, l\u2019acquisition des connaissances de base indispensable à l\u2019étude historique et l\u2019entrai- nement des moyens de son acquisition.L\u2019important n\u2019est pas de tout enseigner mais de donner le goût de tout savoir.Nous n\u2019avons pas le temps d\u2019aborder l\u2019examen des instruments matériels comme les manuels, les éditions de textes, les cartes et les illustrations, les bibliothèques, les locaux et le matériel audio-visuel.Ne disons qu\u2019un mot des bibliothèques.Nous avons laissé partir avec indifférence vers des bibliothèques étrangères les livres d'histoire qui auraient du normalement prendre place dans les nôtres.Nous avons été soudain éveillés par l\u2019intérêt qu\u2019y avaient trouvé les Américains en les achetant à prix d\u2019or.Les centres d\u2019études de la civilisation canadienne-française se sont multipliés aux Etats-Unis et au Canada anglais avant de voir le jour chez nous.Pourquoi l\u2019exemple doit-il toujours venir de l\u2019étranger qui y cherche un intérét avec curiosité?Nous manquons toujours de fierté.Nous, qui sommes les premiers intéressés en histoire, devons-nous tolérer plus longtemps que les subventions a la recherche scientifique soient toujours monopolisés par les sciences exactes?B \u2014 L'HISTOIRE ET LA VIE QUOTIDIENNE l.Les civilisations étrangères et la A notre On a dit souvent que les Européens baignent dans leur histoire, qu\u2019ils en vivent et en respirent méme inconsciemment.Partout sous leurs yeux s\u2019étalent les vestiges de leur culture et de leur civilisation, les monuments de leur histoire.Par là ils sont profondément enracinés dans leur passé auquel ils tiennent par toutes les fibres de leur être.Tout le milieu ambiant est, pour leurs yeux, leurs sens, leur sensibilité et leur raison, une leçon de choses faite d\u2019évocations du passe.Leur conversation s\u2019en ressent.Et si elle nous impressionne, c\u2019est parce que nous sentons en elle la conscience des richesses d\u2019un passé millénaire.Au Canada français nous avons été tellement imprégnés de l\u2019histoire et de la civilisation européennes dont nous sommes d\u2019ailleurs les descendants et les héritiers que souvent elle sont pour notre jugement un critère.Inconsciemment elles demeurent à nos yeux les modèles uniques et les critères quasi exclusifs.À tel point que nous commençons à peine à nous dégager \u2014 12 \u2014 cal Ai d\u2019un complexe d\u2019infériorité qui a annihilé jusqu\u2019à nos plus légitimes sentiments de fierté pour tout ce qui nous touche le plus intimement, qui a empêche l\u2019éclosion de notre ambition, de notre désir de progrès et qui a retardé l\u2019épanouissement de notre personnalité collective.Nous manquons tellement de fierté pour tout ce qui est nous- mêmes, pour tout ce qui est la trame de notre propre héritage, pour tout ce qui serait la source jaillissante de nos énergies.L\u2019atmosphère décrite plus haut, il faut bien le dire, n\u2019est pas exclusive aux Européens.Les Américains et jusqu\u2019à un certain point, les Anglo- Canadiens présentent un phénomène identique a notre conscience.L'effet produit chez nous est le même qu\u2019en face de la civilisation européenne.Qu\u2019ils soient fiers d\u2019eux-mêmes, qu\u2019ils montrent de l\u2019attachement pour tout ce qui les a faits célèbres, grands et puissants, rien de plus légitime.Et qui peut les en blamer?Les Américains également sont fiers de leur histoire, de leurs grands hommes, de leur passé comme de leur présent qui en est le résultat incontestable.Les Anglo-Canadiens eux-mêmes retournent constamment à leur histoire, ils exaltent leurs grands réalisateurs et leurs plus remarquables réalisations.Tout ce qui touche à leur passé prend valeur de sentiment.Le respect, l\u2019admiration et la vénération qu\u2019ils manifestent pour les moindres vestiges historiques, anciennes maisons, lieux historiques, sentiers (trails) qu\u2019ont suivis leurs ancétres, tout comme les hommes, les institutions, les grands é- vénements sont pour tous les témoins étrangers de leur civilisation une source de respect, d\u2019admiration et de vénération.Tout cela prend forme sensible dans de coûteuses reconstitutions d\u2019emplacements militaires qui ont illustré leur histoire, de maisons qu\u2019ont habitées leurs ancêtres.N\u2019est- il pas jusqu\u2019à leurs bibliothèques où se trouvent les écrits qui ont raconté les biographies, les grands faits de leur passé politique, économique, culturel, religieux ou autres?Leurs historiens reprennent constamment l\u2019étude de leurs documents bien conservés dans leurs archives, reproduits en facsimile, sur simili parchemins ouréunis dans d\u2019imposantes éditions de textes choisis.Leurs sociétés historiques ne sont pas de simples occasions de rencontres pseudo-sociales, des assemblées de contestations procédurières, mais des sanctuaires où s\u2019établissent scientifiquement les moindre parcelles de leur plus modeste passé comme des événements les plus marquants.2.Regards vers notre propre civilisation a) notre milieu ambiant Et sinous tournions maintenant nos lunettes d\u2019observation vers notre propre milieu.Qu\u2019est-ce que nous y rencontrerions?Une vie quotidienne, un monde de l\u2019information ou des milieux d\u2019affaires qui font pratiquement la même chose qu\u2019ailleurs.Prenons l\u2019exemple du nombre de journaux et de revues qui publient des articles relatifs à l\u2019histoire.Un journal comme La Presse donne quotidiennement depuis près de deux ans un intéressant \u2018\u2018Calendrier des pionniers\u2019\u2019.Son supplément hebdomadaire contient, trois semaines sur quatre, d\u2019instructifs articles d\u2019histoire.Celui du 25 mars décrivait le projet que nourrit la ville de de Montréal de decorer nos différentes stations de metro d\u2019illustrations historiques évoquant par thèmes notre passé national.Dans un autre domaine de l\u2019activité métropolitaine, nous avons le vieux Montréal, l\u2019Ile Ste-Hélène et l\u2019expo 67.Le \u2018\u2018vieux Montréal\u2019 n\u2019est- il pas un objet constant d\u2019observation pour nos touristes ou pour nos étudiants sous la direction de leurs maîtres.L\u2019Ile Ste-Hélène et sa Franche Marine sont là comme des sentinelles qui rappellent un peu notre histoire militaire.L\u2019Expo 67 ne fut-elle pas, entre autres choses, par un tres fort pourcentage de ses pavillons, une université populaire où se racontait l\u2019histoire du monde et des différents pays.b) le monde des affaires Passons au monde des affaires.Une tradition encore récente a fait surgir dans notre métropole une bonne dizaine de restaurants historiques où la bonne société aime à trouver le \u2014 13 \u2014 \u2018\u2018goût de vivre\u2019\u201d en s\u2019instruisant de façon agréable au spectacle des costumes d\u2019époque des serveuses dans une ambiance de maisons ou de reconstitutions historiques décorées d\u2019objets historiques.On s\u2019enorgueillit à nous y présenter \u2018un menu composé de mets nationaux et l\u2019on vous offre avec une certaine fierté les preuves documentaires de l\u2019historicité des lieux.En ce centenaire de la Confédération, également centenaire de notre province de Québec, une large quantité de maisons d\u2019affaires anglaises ont publié des brochures, des livres, des illustrations racontant l\u2019histoire du pays depuis cent ans.Cette publicité d\u2019affaire, plus intensive et plus générale en 1967, a absorbé des capitaux fort imposants marquant nettement le prix qu\u2019on attache à l\u2019histoire comme moyen de publicité, assuré de rencontrer les plus chers sentiments d\u2019un public instinctivement attaché à son passé et à tout ce qui le concrétise et le rend visible.Consciente de la valeur didactique de tout ce matériel, la Société des Professeurs d\u2019histoire s\u2019est assuré de la distribution gratuite de ces publications à ses membres.L\u2019offre a été largement acceptée, elle a rencontré la plus large faveur, si l\u2019on en.juge par la demande qui nous est parvenue.Nous y voyons une expérience à renouveler.c) la commission du Centenaire La Commission du Centenaire elle- même a consacré des centaines de millions à évoquer sous mille et une formes un événement dont pourtant un large public ne cesse de contester la valeur.Centenaire qui aura été fructueux en nous forçant à pousser nos réflexions dans tous les sens à la fois vers une prise de conscience décisive pour notre avenir collectif.d) d'autres sociétés Il ne faudrait pas oublier à côté de cela une vieille institution comme la Commission des monuments historiques qui depuis longtemps ne cesse de marquer de plaques de bronze les lieux et les événements de notre histoire.Et depuis dix ou quinze ans, nous devenons de plus en plus conscients de la carence de nos bibliothèques, de l\u2019absence quasi totale de musées et du besoin d\u2019une politique culturelle déjè amorcée au cours des cinquante dernières années par des organismes privés.Lors du cinquantenaire de l\u2019Action nationale, François-Albert Angers, son directeur, signalait que depuis un demi siècle, cette revue avait tenu le rôle d\u2019un ministère des affaires culturelles.Et la Revue d'histoire de l'Amérique française depuis vingt ans a diffusé chez nous et même à l\u2019étranger le goût et la préoccupation scientifique de l\u2019histoire.L\u2019un et l\u2019autre ont été la contrepartie française de la Société royale du Canada.L\u2019Institut d\u2019histoire fondé par le chanoine Lionel Groulx, tout en symbolisant l\u2019histoire du Canada français, a tenté et réussi jusqu\u2019à un certain point un regroupement des forces, une concentration de différentes sociétés consacrées a l\u2019histoire.L\u2019O.N.F.a depuis longtemps commencé et réalisé des films d\u2019histoire du Canada.Conscient de l\u2019aide que la Société des professeurs d\u2019histoire pouvait lui apporter dans sa tâche, l\u2019O.N.F.a sollicité sa collaboration et s\u2019est montré disposé à élargir sa propre publicité et ses services.Disons aussi quelques mots de la radio et de la télévision.Les auditeurs et les téléspectateurs assidus ont pu suivre depuis quelques années d\u2019innombrables programmes historiques, des films ou même des cours d\u2019histoire.Il suffit d\u2019évoquer le célèbre \u2018\u2018Tous pour Un\u2019\u2019 qui a capté l\u2019attention et l\u2019intérét d\u2019un large auditoire à l\u2019aide de questions historiques.Il n\u2019est déjà pas trop tôt pour signaler les mérites du film à épisodes \u2018\u2018D\u2019Iberville\u2019\u2019 présenté à la télévision tous les mercredi soir.e) différentes commissions Continuons notre tour d\u2019horizon.Les commissions d\u2019urbanisme se montrent respectueuses des vieux quartiers historiques.En plusieurs villes et régions, des commissions de toponymie fournissent des indications pour les noms de rues, de boulevards, de grandes artères ou d\u2019édifices publics.\u2014 14 \u2014 dur lst lait Les ponts de l\u2019île de Montréal sont évocateurs: Jacques Cartier, Champlain, Mercier, Victoria, Hypolite Lafontaine.Nos écoles et principalement nos grandes régionales sont remarquables pour les noms historiques qu\u2019elles portent.Il faudrait encore mentionner les maisons d\u2019éditions, les agences de voyages, les entreprises commerciales qui, sous une forme ou une autre, font recours à l\u2019histoire pour stimuler leurs affaires, Il ne faut pas oublier nos défilés de la Saint-Jean-Baptiste qui, il y a quelques années encore, promenaient dans nos grandes artères et sur les écrans de télévision des personnages, des thèmes et des institutions historiques.CONCLUSION Comme on le voit, nous aussi, dans notre vie quotidienne, nous respirons notre histoire.Nous sommes-nous dé jà arrétés à le constater\u201d Les parents et les maîtres ont-ils pris la peine d\u2019attirer l\u2019attention de nos jeunes?Tout cela, nous le concédons fac i- lement, n\u2019est peut-être pas de la plus grande rigueur scientifique et se révèle de qualité fort inégale.Mais l\u2019effort collectif qui s\u2019y manifeste, le recours général à l\u2019histoire nationale est un symbole, un symptôme qui peut faire naître le goût de l\u2019histoire, en répen- dant par le geste du semeur, des connaissances historiques susceptibles de germer.L\u2019information qu\u2019on diffuse de la sorte peut devenirdans un climat favorable l\u2019inspiration principale de la culture et de la civilisation d\u2019un peuple.Le public n\u2019y reste jamais in- différent ni étranger.Et la responsabilité serait grande d\u2019une intelligent- zia aux propos négatifs et destructeurs, aux ambitions trop uniquement idéalistes.Car les humains ne sont pas faits pour la haine.L'histoire étant partout autour de nous, il importerait assurément de nous en rendre conscients d\u2019abord et de la faire entrer dans la tête et le coeur de nos enfants en ouvrant largement les fenêtres de nos écoles.Le respect de ce qui est nous-mêmes et de tout ce qui le touche et le symbolise est à lui seul la meilleure des pédagogies.Quand le goût de notre histoire aura pris naissance et qu\u2019une large diffusion des connaissances historiques aura informé les esprits, peut-être alors pourra-t-on songer à une culture historique plus disciplinée, à une étude plus scientifique répondant à des esprits avides de s\u2019instruire.Voilà précisément ce qu\u2019affirme Paul Ricoeur quand il écrit: \u2018\u2018L\u2019objectivité scientifique ne se comprend que reliée à deux niveaux d\u2019objectivité, un niveau préalable et un niveau ultérieur: celui du monde quotidien de la rue, celui d\u2019une interprétation philosophique de la situation de l\u2019homme dans le monde\u201d.5 En résumé, nous avons vu ensemble l\u2019idéal du professeur d\u2019histoire, après quoi nous avons jeté un regard sur la réalité.Celle-ci est double: l\u2019histoire à l\u2019école et l\u2019histoire dans la vie quotidienne.Comme on le voit l\u2019enseignement de l\u2019histoire se compose, à l\u2019égal de tout enseignement, d\u2019un certain nombre d\u2019éléments dont le professeur doit être le principal et le plus important.C\u2019est lui l\u2019animateur, qui par sa compétence et son savoir-faire, doit étre l\u2019âme, la vie, le dynamisme de tout ce qui compose son enseignement.C\u2019est lui qui doit être le lien indispensable entre l\u2019étudiant et la matière.Ce regard circulaire qu\u2019avec nous le professeur d'histoire vient de jeter autour de lui-même jusqu\u2019aux confins de son propre enseignement devrait être une première prise de conscience.C\u2019est le premier point de départ vers une planification d\u2019ensemble, vers un éveil de l\u2019intérét général d\u2019abord de nos membres, ensuite de tous les professeurs d\u2019histoire, et par eux de tous les éducateurs, de tous les responsables de l\u2019éducation et enfin du public en général.La conviction, l\u2019intelligence et le travail que, à notre invitation, tout ce monde déploiera produiront des fruits proportionnés à l\u2019idéal que nous ambitionnons pour l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec.GEORGES-ÉMILE GIGUERE Président de la SPHQ.5.Strasser, Stephan, Phénoménologie et Sciences de l'homme, Paris et Louvain, 1967.Extrait de !a préface de Paul Ricoeur._ 15 \u2014 OR Enseignement de l'histoire: Méthodologie.La première exigence que pose une bonne méthodologie de l\u2019enseignement de l\u2019histoire est l\u2019utilisation de documents graphiques, visuels et sonores.Les manuels d\u2019histoire exploitent de plus en plus le document écrit et le professeur, pour atteindre l\u2019adolescent, ne doit négliger aucun des moyens que le progrès met à sa disposition et que son sens pédagogique lui conseille d\u2019utiliser.Au cours secondaire, le tout n\u2019est pas de posséder la vérité historique, d\u2019être le spécialiste de toutes les question ou de s\u2019aventurer avec autant d\u2019assurance dans la description des temps préhistoriques que dans la reconstitution de l\u2019arbre généalogique de Louis XIV.Cette connaissance nécessaire \u2014 que l\u2019on a trop longtemps négligé \u2014 doit s\u2019accompagner de méthodes qui vont susciter l\u2019intérêt de l\u2019adolescent et l\u2019amener à considérer la science historique comme un des éléments indispensables à une formation vraiment complète.Préparation de la leçon: Il n\u2019y a pas de recette unique dans la préparation et la présentation d\u2019un cours d\u2019histoire.Nous aimerions cependant apporter notre modeste contribution à l\u2019élaboration d\u2019une méthodologie qui tiendrait compte à la fois des derniers perfectionnements de la didactique et des plus recents progrès de l\u2019histoire.Nous savons, par expérience, que les meilleures méthodes peuvent facilement achopper si l\u2019enseignant ne tient aucun compte de la catégorie d\u2019élèves auxquels la leçon est destinée.Au moment de la préparation de la leçon, il est bon de dresser une courte bibliographie se rapportant à la période que l\u2019on va étudier pendant la leçon ouau cours de la semaine; à tout le moins, le professeur devrait conseiller aux élèves la lecture d\u2019ouvrages qui seraient d\u2019un précieux secours dans l\u2019éveil de l\u2019intérét de l\u2019adolescent pour telle question historique que l\u2019on va aborder.Il pourrait tout aussi bien s\u2019agir de revues spécialisées dans l\u2019étude de problèmes historiques et que l\u2019on peut acheter dans les librairies ou kiosques.Ce simple effort d\u2019historiographie exige du professeur d\u2019histoire une constante disponibilité et un recyclage continuel.Dans la préparation d\u2019une leçon, le plan de cours est également de mise.Il doit permettre au professeur de présenter une leçon mieux ordonnée selon une table analytique, géographique ou chronologique.Il est possible que des sujets se prêtent mieux à l\u2019un ou l\u2019autre plan: au professeur de choisir.Dans le premier cycle du cours secondaire surtout, le professeur devrait écrire ce plan au tableau noir.Par ce plan, il pourrait rattacher la leçon du jour à la précédente lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un même sujet, indiquer les divisions naturelles et grouper les principaux faits dans chaque division.Lorsque nous disons tableau noir, il peut s\u2019agir tout aussi bien de l\u2019écran du rétroprojecteur, le - 16\u2014 => = = gr di sed sait ani i pl ces i lg ip a pi pe Pre fe foi B55 plan du cours ayant été copié sur acétate.Dans un troisième temps, le professeur doit prévoir quel sera le matériel didactique dont il aura besoïn dans la présentation de la ou des prochaine (s) leçon(s): cartes historiques, disques, diapositives, films fixes, photos, maquettes, etc.Pour que tous ces documents soient disponibles au moment de la leçon, il faut que leur utilisation ait été prévue et que conséquemment les réservations nécessaires aient été faites.Car il peut arriver que des appareils ou des documents servent à plus d\u2019un professeur.Est-il besoin de souligner que le professeur d\u2019histoire doit sentir la nécessité de s\u2019imposer la lecture d\u2019ouvrages se rapportant plus expressément au sujet dans la leçon ou la série de leçons à venir.Il est bon de se tenir à jour, de connaître les plus récentes acquisitions de la science historique et de ne pas craindre de préparer les prochains cours par des lectures appropriées.Présentation de la leçon: Est-ce que l\u2019exposé magistral doit nécessairement ouvrir la leçon d\u2019histoire?Cet exposé magistral est-il même essentiel à la leçon?Nous croyons que cet exposé doit être bref lorsqu\u2019il s\u2019agit de jeunes adolescents et que, à cet âge, nous devons employer des moyens plus actifs si nous voulons que notre enseignement soit profitable.Il est une autre question que l\u2019on peut se poser.Quelle proportion du temps alloué à la leçon faut-il consacrer à l\u2019exposé du maître\u201d Afin de ne pas donner une réponse trop hâtive, attendons d\u2019avoir exposé les différentes parties d\u2019une leçon.L\u2019exposé magistral dont nous avons parlé peut étre combiné avec le procédé par interrogation.Cette interrogation peut revétir deux formes: orale ou écrite.Les questions habilement posées peuvent amener l\u2019élève à une réflexion très enrichissante, réflexion que souvent il n\u2019aurait pu amorcer par sa seule initiative.Le procédé interrogatoire est un art que tous ne peuvent manier avec la même maestria.Le temps que l\u2019on doit consacrer à cette partie de la leçon dépend de l\u2019hermétisme du document étudié, de la complexité de la période historique en cause et sans doute, au premier chef, de la catégorie d\u2019élèves auxquels le maître doit dispenser son enseignement.Le plus souvent, c\u2019est oralement que les questions sont posées.Cependant, s\u2019il s\u2019agit de vérifier le degré d\u2019assimilation d\u2019une leçon, l\u2019interrogation doit être écrite, préférablement.À la fin d\u2019un cours, par exemple, le maître propose à l\u2019élève une dizaine de questions.Au début du cours suivant, le maître peut ne contrôler que deux questions sur les dix proposées.L\u2019élève peut fort bien utiliser le cahier dans lequel il a consigné ses réponses.Le document devra occuper une place de plus en plus importante dans l\u2019enseignement de l\u2019histoire.Nous parlerons d\u2019abord du document visuel: diapositives, objets, photos, cartes, etc.Toute leçon d'histoire devrait comporter l\u2019utilisation de quelques diapositives.Plusieurs séries de diapositives sont présentement disponibles.Le professeur devra choisir celles qu\u2019il peut le mieux exploiter et ne pas avoir l\u2019ambition de les montrer toutes indistinctement.Le nombre de diapositives à utiliser au cours d\u2019une leçon est limité.Selon certains, il varie de 1 à 15.Ce qu\u2019il faut retenir, c\u2019est que l\u2019image doit demeurer pour le maître un moyen et non pas une fin.Elle est utilisée pour autant qu\u2019elle aide l\u2019élève à mieux comprendre un passage difficile d\u2019un chapitre ou qu\u2019elle permet de mieux saisir une leçon.Des objets peuvent être placés sur une table de démonstration, des photos peuvent être fixées au tableau d\u2019affichage, des cartes peuvent être suspendues au mur ou à un chariot mobile; voilà autant de documents visuels propres à faciliter la tâche du professeur d\u2019histoire.Le document graphique est, croyons- nous, la pièce maîtresse de la leçon d'histoire.C\u2019est à partir de celui-ci \u2014 17 \u2014 BERT CTR RN que la leçon doit se développer.C\u2019est par le texte que se fait l\u2019étude de la période historique et c\u2019est dans celui- ci que l\u2019élève doit découvrir tous les éléments nécessaires à la compréhension de cette même période.L\u2019exploitation du document écrit doit se faire en trois étapes; 1) localisation géographique et chronologique.2) compréhension.3) interprétation.Le texte est habituellement contenu dans le manuel.Lorsque nous croyons avoir découvert un texte qui pourrait avantageusement remplacer celui du manuel, il ne faut pas craindre de le substituer au texte officiel et de le polycopier.Les articles de journaux et de revues peuvent également contribuer à l\u2019étude d\u2019une période.Sans être un document au sens strict parce qu\u2019ils ne sont pas contemporains de l\u2019époque étudiée, ces textes d\u2019historiens peuvent apporter une aide précieuse dans la compréhension d\u2019une question historique.Ces articles peuvent aussi étre rédigés par de simples journalistes.Leur utilité se mesure alors à l\u2019intérét qu\u2019ils soulèvent chez les adolescents.Les élèves devraient eux-mêmes apporter ces documents en classe; cette forme d\u2019engagement les porte a s\u2019intéresser davantage a la lecon d\u2019histoire.Nous voudrions insister maintenant sur un élément de la présentation d\u2019un cours, qui peut sembler, de prime abord, farfelu sinon saugrenu.L\u2019expérience nous a démontré qu\u2019il suffit parfois de peu de chose pour retenir l\u2019attention et soutenir l\u2019intérét des élèves.C\u2019est pourquoi il nous paraît précieux d\u2019intercaler dans une leçon un ou deux faits que nous n\u2019oserions pas classer comme événements de grandes importance mais qui ont le mérite de souligner un aspect humain, inédit ou tout simplement anecdotique.En ce qui touche, par exemple, l\u2019enseignement de l\u2019histoire du Canada, ne serait-il pas approprié pour le professeur de puiser abondamment dans les volumes de Pierre-Georges Roy: Les mots qui restent pour le régime français et Toutes petites choses du régime anglais en deux tomes.Il ne s\u2019agit pas de s\u2019attarder au récit de ces faits mais, par un rappel très bref, de montrer à l\u2019élève la richesse de notre passé et d\u2019éveiller sa curiosité.Le même procédé peut être employé pour l\u2019histoire générale en s\u2019inspirant de l'Histoire universelle de la collection Marabout- Université.Pour que ces notes soient quelque peu exhaustives, il nous faut parler de travaux pratiques.En quoi peuvent consister ces travaux?Ils peuvent revétir un aspect plus intellectuel que manuel ou vice versa selon l\u2019âge, la maturité et l\u2019entraînement des élèves.Voici quelques suggestions de travaux pratiques que les élèves pourraient exécuter.On peut demander aux élèves de rédiger le sommaire d\u2019une ou de plusieurs leçons à la fois.On peut leur demander également de faire le résumé ou le croquis synoptique d\u2019une période ou de dresser l\u2019arbre généalogique d\u2019une dynastie.D\u2019autres genres de travaux peuvent être proposés aux étudiants.Il serait de mise, croyons-nous, au début de l\u2019année, de demander aux élèves de tracer l\u2019historique de leur école, de la paroisse ou est située l\u2019école ou de leur ville.Des groupes différents pourraient s\u2019occuper de chacun de ces travaux et à l\u2019intérieur des groupes les tâches devraient être partagées.Les uns consultent les archives locales, paroissiales ou municipales pour obtenir des photos ou des plans; d\u2019autres travaillent à reconstituer la lignée des principaux, curés, ou maires avec photos à l\u2019appui; d\u2019autres enfin essaient de décrire les principales étapes de ces institutions.La maquette devrait occuper une place de choix dans les travaux pratiques des élèves.Est-ce que ce genre d\u2019activités exige plus d\u2019habilité manuelle que d\u2019énergie intellectuelle?A notre avis, la n\u2019est pas la question.Si, par ce moyen, nous arrivons a donner aux adolescents le goût de l\u2019étude du passé, une saine curiosité envers les faits historiques, nous avons atteint notre but et le travail exigé des élèves _ 18 \u2014 a porté fruit.Les matériaux qui peuvent servir à construire une maquette sont nombreux; nous n\u2019en ferons pas la mo- menclature.Soulignons simplement que d\u2019autres matériaux d\u2019un usage plus courant peuvent aussi étre utilisés à cette fin.Les conseils du professeur sont essentiels à la bonne marche de tels travaux.Nous voudrions signaler que plusieurs professeurs favorisent l\u2019utilisation d\u2019un cahier d\u2019histoire.C\u2019est l\u2019outil personnel de l\u2019étudiant.Il sert à consigner des notes, à dresser des tableaux synoptiques, etc.La frise historique est un autre moyen pratique d\u2019aider l\u2019élève à comprendre l\u2019histoire et à faire voir son influence même dans l\u2019étude des autres disciplines.Dans les premières années du cours secondaire, ce serait une excellente façon de donner à l\u2019adolescent le sens chronologique.Cet axe des temps peut-être à la fois représenté dans le cahier et sur le mur de la classe.Il peut être éminemment utile pour situer des connaissances acquises en sciences, en littérature, en géographie, en mathématiques, en langues et même en religion.L\u2019étudiant peut de plus orner cette frise historique d\u2019illustrations représentant des personnages, des machines, des instruments, des oeuvres d\u2019art, etc.Sans pécher par infatuation, nous croyons apporter une contribution profitable à l\u2019élaboration d\u2019une meilleure méthodologie de l\u2019enseignement de l\u2019histoire.Nous serons pleinement récompensé si quelques enseignants puisent dans ces notes de nouvelles inspirations et saisissent l\u2019occasion d\u2019améliorer, si possible, la qualité de leur enseignement.Nous n\u2019avons cependant pas l\u2019outrecuidance de croire que notre étude soit complète car nous avons sciemment ignoré quelques aspects méthodologiques pour appliquer nos énergies à développer davantage d\u2019autres moyens.Antonin Dupont \u201419\u2014 3 1 5 8 À 3 a A À 8 8 0 A \"a i.Al i 23 Ri 4 00 A ; i oH au \" À A L ; 1 .: LL QUATRIÈME COLLOQUE ANNUEL organise par les étudiants en histoire de l'Université Laval.SUJET L'Enseignement CONFÉRENCIERS DATE LIEU de l'Histoire au Québec \u2014 situation actuelle \u2014 formation des professeurs \u2014 programmes et manuels \u2014 rôle de l\u2019histoire \u2014 fonction sociale de l'histoire.Mlle Huguette Dussault M.Pierre Savard M.Denis Vaugeois M.Fernand Dumont M.Ségal.9 et 10 février 1968 Universite Laval Pavillons des Sciences Humaines La SPHQ a aidé à la diffusion d'un questionnaire d'enquête a ses membres.Elle vous invite maintenant a participer à ces remarquables assises.Vous ne pouvez manquer l\u2019occasion. LOUIS GIRARD HISTOIRE GÉNÉRALE UN \u2018LIVRE D'ART\u2019 AU SERVICE DE L'HISTOIRE TROIS TOMES TROIS CAHIERS D'EXERCICES Plus de 400 illustrations Une présentation soignée et attrayante Couverture cartonnée, pleine toile.rato (NN ?HISTOIRE GENERALE , cs, ROME sronint, sa ont v'am 1328 J MT RTL Rodd B [ER .GULTUREL INC.e ENTRE EDUGCATIF EV nd \u201c.les étudiants s'\u2019initient à l\u2019histoire générale i par l\u2019essentiel; ils ont entre les mains un instru- va ment de travail qui est le point de départ sûr et © ordonné des études et des recherches supplémentaires auxquelles ils désirent se livrer par eux- mêmes ou sous la direction du professeur, en classe ou en laboratoire.\u201d Anion, pry ivi ntl, AOR.HOIN v.52 EDITIONS MONTREAL TROIS GUIDES DE L\u2019ENSEIGNANT P.SAVARD, docteur es Lettres (Histoire) Universite Laval, Québec.H.DUSSAULT, licenciée en histoire Université de Montréal.ta hd OÙ DENSERGINANT HISTOIRE GÉNÉRALE HISTOIRE GENERALE L'ANTIQUITÉ \u201c LE HOVEN Act ui A RN Lincaltt of Cobwed, fot.CENTRE EDUCATIF ET CULTUREL, INC.TOME | L\u2019Orient, la Grèce, Rome, Le Moyen Âge jusqu'en 1328.Cahier d'exercices, tome | Guide de l'Enseignant, tome | TOME |! de 1328 à 1815 Cahier d'exercices (en prép.) Guide de l'Enseignant (en prép.) TOME 111 de 1815 a nos jours (1968) Cahier d\u2019exercices (en prép.) Guide de l'Enseignant (en prép.) eu.vontitte."]
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