Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le droit
Éditeur :
  • Ottawa :[Le droit],1913-
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le droit, 1974-06-22, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" LUN 1] Ce qui fait la force d'un peuple, c'est sa volonté de vivre ensemble, de construire ensemble et de s'épanouir ensemble.La fierté est un sentiment qui n'a de sens que vécu collectivement.C'est dans cet esprit que nous vivons cette année les fêtes de la St-Jean et que LE DROIT vous présente ce cahier [ spécial portant sur des gens et des projets collectifs dont nous pouvons être fiers.| Ce n'est qu'un éventail de témot- gnages bien incomplet, il va sans dire, mais le lecteur ajoutera sans doute les siens à ceux - Que nous avons retenus pour illustrer différents aspects de la vie nationale.PA Ee, Ne Is at STN \u201c4 + Lu us wv.\u2026.\u2026\u2026 + 41 pf FT 2 AA NOUS SOMMES FIERS e L'Amicale artistique de l'Outaouais L'union \u2018 ait la force > \u2018e Caisse pop Vanier Le rôle.éducatif On parle depuis quelques années de l'engagement social de certaines caisses populaires: on parle d'entraide, de coopératisme vécu, de l'implication des caisses dans leur milieu spécifique.Ce sont là des concepts et des.gestes qui s\u2019apprennent, qui se démontrent.\"Il v a quelque temps, le Comité d'action économique de l'ACFO publiait un document dans lequel il demandait aux caisses populaires de l'Ontario de \u2018dépasser le niveau des opérations bancaires simples et déboucher sur l'aspect de l'éducation des sociétaires qui, eux, réorienteront leurs caisses vers de nouvelles dimensions économiques, sociales et culturel- - les.\u201d Alphonse Desjardins a fondé, en 1900, les caisses.populaires: à peine quatre ans plus tard, il instituait les premières caisses scolaires.\u201cDès le départ: souligne André Martin, gérant de la caisse Vanier, le fondateur a insisté sur le rôle éducatif des caisses.des le plus jeune âge\u201d.Pour une caisse populaire, il est fréquent que le fonctionnement d\u2019une caisse scolaire représente plus de dépenses que d'apports monétaires.\u201cLe but est donc d'éduquer les enfants.selon M.Martin, de leur apprendre le vrai sens de l'argent et les principes de l'économie\u201d.: Au sens du gérant de la caisse Vanier, le mouvement coopératif, dans le domaine de l'épargne et du crédit comme dans d\u2019autres secteurs d'activité, est à la base d'un esprit de civisme.Il faut apprendre, dès l'école primaire, que l'Etat, c'est soi\u201d.Les administrateurs de la caisse Vanier sont convaincus de ces notions et ils s'efforcent de les mettre en pratique.À l\u2019école primaire La-Vé- rendrye.dans le quartier Beacon-Hill, la caisse scolaire fonctionne bien parce que les directeurs, les professeurs et les parents des enfants de I'école partagent les convictions exprimées par M.Martin.Ailleurs, ça va moins bien.L'expérience a échoué à l'école secondaire André-Laurent- deau.Croire aux bienfaits des caisses scolaires, c'est une chose.Prouver ensuite aux jeunes qui grandissent que ce qu\u2019on leur a raconté à propos du coopératisme est viable, c'est l'essentielle étape qui doit suivre.\u201cInciter les jeunes à épargner.au sein d\u2019un mouvement coopératif, pendant dix ans, puis refuser de leur consentir un prêt garanti par le ministère de l\u2019Education alors qu'une banque le leur consentira, c'est illogique\u201d, insiste.M.Martin.Pour ce motif, la caisse Vanier a fait les démarches pour être, reconnue, la première en Ontario, par le régime de prêts aux étudiants.Le cercle doit ainsi se mettre en mouvement et ne plus s\u2019interrompre: \u2018Une banque va appuyer les initiatives d'organismes de jeunes, de comités de citoyens, de groupes de l'âge d\u2019or, mais pas dès le début.Elle attendra que la société connaisse et ait vu évoluer l'organisme pendant uncertain temps\u201d._ Ç ol A Vanier, la caisse populaire s\u2019efforce de concrétiser le \u2018\u2018vrai sens\u2019 d'une coopérative d'épargne et de crédit \u201c\u2018d\u2019abord fondée sur les services, souligne M.Martin, puisque nous évoluons dans une société et sur un mar- .ché économique dont on n\u2019a pas encore le contrôle\u201d.En conséquence, la caisse Vanier essaie.de seconder les initiatives des jeunes.et moins jeunes du milieu, quitte à assumer quelques risques.\u201cJe crois que nous sommes sur la bonne voie, conclut M.Martin, et nous nous efforçons d'entraîner à EAN Lei uv sde pale RE iia ih in ca ES NA Re a Ut a Ya Neh A 4 a ra, VY EEL Ce ses 4 RAGE HU 000 \"aa 4 00400 SOU RGO 6 0 CU OR 01 eV RU 0611566504 AEE a 1° caer sae £00 20506\" v 8005 aue + Voilà six ou sept ans, les canaux d'expression et de rencontre des artistes et artisans de \u201c\u201cl\u2019Ou- taouais sans frontière culturelle\u201d en étaient à un point presque mort.\u2018\u2019Aucun artiste ne vivait de son art dans la région\u2019.précise Hélène Desbiens.Une telle situation anormale s'il en est, a poussé un groupe de personnes à s'unir pour revivifier les arts dans l'Outaouais.L'invitation était lancée aux artistes, artisans et amis de l\u2019art.On allait commencer avec des moyens de fortune, mais l'apport fondamental y était: \u201cTu réussis quand tu crois à ce que tu fais\u201d.Le mouvement de résurrection était entamé.Lentement mais sûrement, la population régionale a recommencé à prendre goût au travail créateur fait à la main.Un premier \u2018Gala des arts\u201d était monté à l'hiver 1971.L'événement est devenu annuel et.en février dernier, il regroupait les travaux exécutés par 35 artistes.Après ce premier succès, sous l\u2019instigation de mesdames Odile Paquin et Hélène Desbiens.une association s'est formée.L'Amicale artistique commençait, en octobre 1972, avec 40 membres.Aujourd'hui, 20 mois plus tard, l'AAO compte 150 membres.artistes, artisans et amis de l\u2019art.Odile Paquin en est la présidente et Hélène Desbiens s'occupe des relations publiques.Au moyen de films, d'expositions, de conférences, de diners.l\u2019AAO ne vise qu\u2019une chose: encourager la création.\u201cLe ministère québecois des Affaires culturelles ne nous aide pas\u201d.précise Mme Desbiens.\u2018Si nous subsistons.c\u2019est grâce à la collaboration de PE ew nt * 3 0 5 0 84 604 104668155560 048 ha mots.00 COR A2 340 SU SES deux mécènes\u201d\u2019.Pourtant, l\u2019AAO persiste à vouloir \u2018faire la preuve du sérieux et du.talent qui s'y trouve\u201d dans le but de s\u2019attirer l\u2019aide des organismes publics.Sans but lucratif, il leur faut de l'aide publique.\u2018\u2019L'animateur culturel de la ville de Hull.Jean-Claude Pigeon.collabore avec nous.Mais.toujours rien du côté de Québec.\u201d Les mécènes dont parle Hélène Desbiens ne se contentent pas d'appuyer financièrement le travail de I'Amicale artistique.Pierre Moreau, de la brasserie Molson, a mis a la disposition des artistes une galerie permanente.Depuis février 1973.20 artistes y exposent continuellement leurs oeuvres, alternativement.Il y a toujours des gens qui s'y rendent.Deux fois par année, on procède à un vernissage: chaque fois.-on y a accueilli quelque 600 personnes.L'AAO mise beaucoup sur le décloisonnement des arts dans la région.L'association veut atteindre le plus large public possible.Dans ce sens, la contribution de la caisse populaire St-Joseph présente quelque chose d'original.À chaque mois.un artiste expose ses oeuvres-dans le local de la caisse.Une publicité radiophonique est faite à cet artiste pendant ce mois, publicité défrayée par la caisse, Les résultats sont éloquents.De plus en plus de gens connaissent l\u2019existence et les oeuvres des artistes et artisans amateurs de l'Outaouais.En retour.le recrutement des artistes est facilité et leur expression est encouragée: \u2018Nous accueillons 4 ou 5 nouveaux artistes à chacune de nos expositions\u201d, de dire Mme Desbiens.En peu de temps donc.la roue s'est mise à \"264 ASHDCGHNUAN SERA CAS UNE tourner de plus en plus rapidement.Des expériences sont tentées.Par exemple, lors de la dernière semaine de l'éducation, l'AOO a monté diverses mini-expositions dans des écoles de la région.Chaque fois et dans chaque endroit.l'exposition amenait un public nouveau qui.bien souvent, ne connaissait pas l'Amicale artistique et son travail de promotion.- Un autre exemple de l'attrait grandissant , qu'exercent les artistes regroupés sur la population:lors de l'exposition du Renouveau, organisée en mai 1973 à l\u2019école Côte-du-nord, dans le Mont- Bleu, plus de 2,000 personnes se sont rendues visiter l'exposition, en une fin de semaine.\u2018\u2019Il y a nettement un public intéressé, conclut Hélène Desbiens, il suffit d'aller le chercher: la meilleure publicité demeure toujours la bouche à oreille\u201d.Mme Desbiens commente: \u201cEt dire qu\u2019au début, il fallait inclure une partie sociale à la soirée pour attirer les gens.Cela n\u2019est plus nécessaire.| L'évolution s\u2019est faite.Si bien que maintenant.nous commençons à vendre des oeuvres.Certains artistes ont du travail en permanence\u201d.Graduellement, un marché s\u2019est créé et Mme Desbiens, par son travail de relations publiques.est en train d'ouvrir des portes pour l'AAO à Montréal et à Québec.\u2018Mes démarches aboutiront à des échanges culturels inter-régionaux sous peu\u201d.L'apport artistique à la collectivité s\u2019élargit sans cesse.Il fallait le faire.e À deux, 92 ans d\u2019enseignement Sy c'était à refaire.les autres caisses dans ce sillon\u201d 5 Quand on a enseigné à trois générations et à plus de 3,000 élèves, on la certitude d\u2019avoir fait oeuvre utile.C'est le cas de Georgette La- coste et Ida Villeneuve, respectivement directrice et directrice- adjointe du service de l'enfance \u2018inadaptée\u2019\u201d\u2019 des Ecoles séparées d'Ottawa.Les deux prendront leur retraite en juillet, apres 46 ans d'enseignement.\u201cC\u2019est une perte pour nos écoles, dira Edouard Bond le directeur des services aux étudiants.Elles seront difficiles à remplacer, car elles formaient une équipe exceptionnelle et les gens venaient de partout pour voir comment fonctionnait leur service.\u201d D'ailleurs, ce nom de service de I'enfance \u2018\u201c\u2018inadaptée\u201d.Georgette Lacoste le trouve inexact: \u201cLes 400 enfants qui fréquentent nos classes spéciales sont parfaitement adaptés à ce régime, et ils progressent beaucoup plus 'que dans les classes où ils seraient soumis à une concurrence injuste\u201d.dit-elle.C\u2019est pourquoi elle préfère qu\u2019on l'appelle *\u2018clas-' se spéciale\u201d, puisque c'est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit, le programme étant préparé en fonction de tel ou tel type d\u2019écolier.\u2018L'enfant évolue à son propre rythme ici, explique Ida Villeneuve.Il faut trouver ses possibilités sur le plan habileté manuelle, artistique etc.\u201d \u201cDans les activités scolaires, il est intégré .aux autres classes et très bien accepté, dit-elle.L'idéal serait que toutes ces classes spéciales.soient intégrées aux écoles du quartier, mais on doit encore faire des regroupements lorsque les élèves ne sont pas assez nombreux dans un secteur.\u201cIl serait encore mieux de mettre moins de petits dans une.classe.Ils auraient ainsi un programme plus souple pour chacun, d\u2019eux.Ca viendra sans doute\u201d, conclut Mlle Lacoste, Le \u201cbon\u201d vieux temps! \u201cOn a commencé à enseigner à Timmins, en 1928, même sl\u2019on était d'Ottawa l\u2019une et l\u2019autre.On ne pouvait pas obtenir d'emploi ici.sans doute parce que la Commission du temps préférait des enseignants d'expérience ou des religieuses payées moin cher.\u201d On appelle ça le bon vieux temps.mais \u2018\u2018on gagnait $850 par année avec des classes de 55 a 60 élèves, Il faut dire que c'était \u2018la crise\u201d et que les salaires dans les autres secteurs n'étaient pas meilleurs.\u201cDe plus, souligne Mile Villeneuve, on devait acheter du matériel didactique à même notre $82 par mois.À l\u2019époque, on trouvait ça normal\u2019.Les salaires et les conditions de travail ont bien changés depuis, disent-el- les, mais les parents indifférents le sont restés.Heureusement, ceux qui s'intéressent suivent l\u2019éducation de plus près\u201d.\u201cLes femmes n'avaient pas beaucoup de choix lorsque venait le temps de choisir un emploi.continue Mlle Lacoste.au Cana- da-Français: elles devenaient infirmières ou institutrices, C'était notre vocation.Les parents vous poussaient vers ça tout doucement\u201d.Et si c'était à refaire Mais aujourd\u2019hui, elles ne changeraient pas le cours de leurs vies si c'était à refaire.Elles ont d'ailleurs eu l\u2019occasion de le faire pendant la dernière guerre, alors que les enseignants qui voulaient changer de profession passaient à Ja Fonction publique très facilement.Mille Villeneuve, raconte en souriant: \u201cJ'y ai déjà songé pendant que je faisais mon cours de bibliothéconomie, mais l'enseignement est un travail plus satisfaisant\u201d.\u2018\u2019N\u2019oubliez-pas, de dire Mlle Lacoste, qu\u2019autrefois on n\u2019avait pas, comme maintenant, cette soif d'accumuler l'argent et les biens: on voulait d'abord aimer notre travail\u201d.Dans le cas de ces deux doyennes de l\u2019enseignement, aimer son travail voulait également dires'adapter au secteur le plus difficile de l\u2019école, Georgette Lacoste avoue \u2018qu\u2019au départ.ça été un drame dans ma vie, mais j'ai appris le pourquoi de ces classes\u201d.\u2018Ca devait être par la suite les plus belles années de sa carrière, comme de celles de Mlle Villeneuve.\u2018On n'avait pas seulement l\u2019impression d\u2019être utile: on voyait les résultats sous nos yeux,\u201d disent-elles.ATA rates ghee x \u2014 (us Ll 0) FFT Cr.td [Rr >= un a.SUPPLEMENT DE LA ST-JEAN © La Coopérative Beausoleil Des gens qui ont pri En 1967, la ville d\u2019Ottawa entreprend un des plus vastes programmes de rénovation urbaine au pays.Elle veut faire disparaître les taudis, changer le parcours des rues, doter le quartier d\u2019équipement collectifs modernes; en un mot, transformer la Basse-Ville.; Quelques années plus tard, les démolisseurs sont devenus les rois du quartier, les maisons tombent, les familles sont expropriées, le projet municipal est aux prises avec des difficultés multiples et les citoyens sont en colère, Près de 4,000 d\u2019entre eux ont quitté leurs maisons, leur quartier, voire leur ville._ C\u2019est au milieu de cette tempête que naît la coopérative d'habitations du parc Beausoleil.\u2018On critiquait la ville, on disait que sa manière de faire la rénovation était inhumaine; il fallait que l'on propose une solution meilleure que la sienne.C\u2019est Maurice Pagé qui parle.Membre du Comité de citoyens de la Basse-Ville, il critique vertement l'administration municipale.Mais son groupe ne veut pas en rester à la critique, il veut surtout faciliter le retour des citoyens dans la Basse-Ville, leur permettre de revenir chez-eux sans vivre dans des logis municipaux.Le président du Comité de citoyens, André Gratton, proposa donc la mise sur pied d\u2019un comité d'étude du relogement qui favoriserait la formule coopérative.Il estimait que par cette formule, on rendrait les gens plus autonomes et les logis plus conformes à leurs désirs.\u201cOn a rêvé trois ans avant que le projet devienne bien concret, dira M.Pagé, mais il fallait faire des recherches, convaincre nos membres et surtout convaincre les divers paliers de l'administration du bien fondé de notre idée\u201d.L\u2019obstacle majeur, c'était le manque de confiance général\u201d, conclut-il.Il n\u2019y avait pas seulement le manque d'expérience du comité qui w\u2019inspirait pas confiance la ville et à la Société centrale d\u2019hypothèques et de logement.La formule coopérative elle-même était remise en question.Peu d\u2019entreprises semblables existaient et une d\u2019entre elles avait même terni le blason coopératif en Ontario (Rochdale).Pensez-done! Des citoyens bien ordinaires voulaient construire 56 maisons d\u2019un coup.Mais pour qui se prenaient-ils?Les urbanistes de la ville allaient tenter de leur faire entendre raison.\u201cAprès tout ils connaissaient ça, eux, la planification.Un terrain de 3 acres au centre-ville; il fallait l\u2019utiliser au maximum\u201d, c\u2019est-à-dire faire 150 logis, et non pas 56.Maurice Pagé et ses camarades ne l'entendaient pas de la même manière, eux, la planification: \u2018On voulait de la pelouse, des arbres, un peu d'espace et on a demandé aux urbanistes s\u2019ils aimeraient ça vivre entassés comme ils nous le proposaient?Eux, ils vivaient 2 Rockliffe village\u201d.\u201cA la SCHL, raconte M.Pagé, ils doutaient eux aussi.Depuis Roch- dale, ils étaient méfiants, mais on a réussi, à force d'entêtement, à les dé- LE DROIT, OTTAWA, SAMEDI 22 JUIN 1974 \u20143 ( LE DROIT NOUS SOMMES FIERS Textes: Gilbert Brunet et Gilles Paquin Photos: François Roy cider à nous faire confiance\u201d.\u201cAprès tout, c\u2019est notre argent que gère la SCHL.Pourquoi n\u2019aurions-nous pas les mêmes services que les grandes entreprises de constructions?\u201d .Petit a petit, le réve devenait réalité, les citoyens adhéraient a la coopérative, la ville acceptait de louer un terrain à prix très avantageux et la SCHL finançait le tout.Pour devenir sociétaire de la coopérative, il n\u2019en coûte que $10.On peut ensuite louer une maison de la coop à moins de $200 par mois, alors que les maisons comparables au centre-ville sont introuvables à moins de $250.Pour Roger Desrosiers et son épouse Françoise, \u201cil n\u2019y a que des avantages sur le plan financier et sur le plan social également.C'est comme un village: on connaît les voisins, on se rencontre à des soirées.Nous, on est ici pour au moins 25 ans.\u201d Ces mémes avantages financiers et sociaux, d'autres que les 56 sociétaires de la coop Beausoleil pourront aussi en profiter, car la Société centrale d'hypothèques et de logement compte bien répandre la formuie.Elle embauchera des agents de promotion qui seront responsables non seulement de la diffusion de la formule coopérative, mais également de la consultation technique des groupes intéressés à se lancer.À cette fin, la SCHL mise beaucoup sur l'expérience des coopérateurs de la Basse-Ville, et Maurice Pagé est fier, à juste titre, de dire: \u2018On fera naître des coop d'habitation partout.I est temps que les citoyens prennent la question du logement en main.\u201d e La Caisse populaire St-André-Avellin Vraiment s impliquer dans le milieu En raison de la non-rentabilité des terres, de la crainte des gens de plonger dans l'expansion et de l\u2019ab- sence de relève.le phénomène de la vente des terres à des touristes est passé par St-André-Avellin comme ailleurs, Phénomène mortel, \u201cil fallait intervenir, car il s'agit du domaine primaire; nous avons tous besoin de manger\u201d., Bernard Pilon, gérant de la caisse de l'endroit.explique l'accent placé sur le secteur agricole, depuis- trois ans, par les administrateurs de cette institution.Les vertus d'autonomie et d'implication dans le milieu spécifique, dont se targuent ces coopératives d'épargne et de crédit, il faut en faire la preuve.\u2018C\u2019est la demande qui oriente le cours de nos activités, disait le gérant de la caisse St-Joseph de Hull, et si les besoins évoluent, il faut que le moyen évolue d'autant\u201d.Au point de départ, selon Bernard Pilon, si I'aspect financier de la vie va bien.l'effet social s'ensuit: on aura un hornme heureux, Tel est le sens de l'implication de la caisse St-André dans le milieu agricole: d\u2019une part, le tiers de la somme totale des prêts consentis par la caisse va à des agriculteurs qui misent sur la modernisation de leur entreprise.D'autre part, le - férant reçoit les gens, leur explique ce que la caisse ' peut faire pour les aider et les limites de cette aide, les oriente vers l'Office (provincial) du crédit agricole et vers la Société (fédérale) de crédit agricole.\u201cLà, précise M.Pilon, les techniciens compétents vont dire au bonhomme si son projet d'expansion est réalisable ou non\u201d.Ce genre d'aide-conseil n'est pas le propre d\u2019une institution purement bancaire.\u2018Quand je passe des soirées à discuter avec des gens ou que je vais faire un tour sur la machine à patates de l'agriculteur, c\u2019est que je crois d'abord à l'homme.Si on abandonnait l'aspect coopératif, dit Bernard Pilon, je ne serais plus gérant de ce qui deviendrait alors une banque\u201d.\u201c En trois ans, la caisse populaire St-André, par l'entremise de son gérant.est parvenue à insuffler un -nouveau départ à l'agriculture de la place.Les gens ont été sensibilisés aux nouvelles techniques de production, aux nouvelles exigences du marché et des lois.\u201cNous avons fait connaître la planification agricole à coups de discussions avec nos gens et de, pressions sur les autorités des ministères de l'Agriculture\u201d.S\u2019impliquer dans un domaine n\u2019est pas tout.\u201cA partir du moment où l'on croit à l'engagement social d\u2019une caisse et à la raison d\u2019être des services, on ne s'arrête plus\u2019.L'accent sur l\u2019agriculture n'empêche aucunement l'implication ailleurs.Si un commerçant ou un entrepreneur a un projet d'expansion, \u201cnous examinons avec lui ses états financiers, lui expliquons pourquoi la caisse n'est pas en mesure de lui avancer la somme requise et le référons directement à la Banque d'expansion industrielie, à des arpenteurs et autres personnes qui pourront l'aider\u2019.En matière de prêt hypothécaire, la caisse St-An- .dré a réalisé une expérience qui sort de l'ordinaire, Elle a construit une maison pour une famille.assistée sociale, dont le père était atteint de maladie cardiaque.En collaboration avec le Bien-être social et le Service social de l'Outaouais, elle s'est renseignée à fond sur le cas, auprès du médecin du père et auprès des professeurs des neuf enfants de la famille.La maison a été mise au nom de cet homme.Bernard Pilon précise qu\u2019il s'agissait là d'un cas type \u2018\u2019qui a suscité des répercussions positives\u2019.Les enfants sont plus épanouis que jamais; d\u2019autres demandes ont été adressées à la caisse par des membres de la communauté locale.La caisse a contribué à des réparations à d\u2019autres demeures.\u2018\u2018Malheureusement, conclut M.Pilon, nous ne pouvons plus le faire.La collaboration du Bien-être n\u2019est plus la même qu'avant.- Un réel engagement passe aussi par les plus petites choses de la vie quotidienne.Quand le gérant de la caisse se fait dire, par des fonctionnaires, de se mêler de ses affaires parce qu\u2019il fait pression en faveur de tel ou tel sociétaire aux prises avec un problème administratif, Bernard Pilon a l'impression de faire son travail.De même, lorsqu'il aide un consommateur à faire respecter, par un entrepreneur, un contrat de revêtement de maison ou d\u2019achat de meubles.En quoi cela est-il de ses affaires?\u2014 \u201cIl y va de l'intérêt de la caisse que l'intérêt du sociétaire soit respecté par tous\u201d.Les exemples n\u2019en finissent plus.Le parrainage de l'implantation du Centre local de services communautaires, la présence hebdomadaire d\u2019un avocat de l\u2019Aide juridique à St-André, les formulaires gouvernementaux que remplit gratuitement le gérant de la caisse pour des sociétaires qui n'y comprennent rien, la pétition des agriculteurs qui ont réussi à faire modifiér le tracé d\u2019une ligne de l'Hydro-Québec et même.des chicanes de ménage.Une caisse pop présente à son milieu, pour vrai. 4 em 00 eme rt i id - \u2014\u2014 \u2014.we.5 RUE Wu cou un = \\ e La Cidrerie NOUS SOMMES FIERS Du folklore au marché à créer Longtemps reléguées dans les obscures coulisses d\u2019une clandestinité tolérée, la fabrication, la vente et la consommation du cidre au Québec n\u2019a été ouvertement légalisée qu\u2019en décembre 1970.Dès lors, les cidreries allaient s'organiser sur une base industrielle et les petits producteurs de naguère, artisans, allaient être submergés.\u201cOn est Québécois pur cidre\u201d, dit l'actuelle publicité que présente l'Association des fabricants de cidre du Québec dans tous les quotidiens du territoire.Le cidre à forte teneur d'alcool (entre 11 et 13 pour cent) fait partie de la tradition québécoise, et encore davantage dans les régions qui produisent la matière première qu\u2019est la pomme.Ailleurs au Canada, comme en France, en Allemagne et aux Etats-Unis, on connaît un certain cidre, aussi appelé vin de pommes, mais sa teneur en alcool n\u2019atteint pas quatre pour cent.En moins de deux ans, neuf cidreries ont ouvert leurs portes au Québec et se sont taillé une part d'un marché encore embryonnaire.La plupart d\u2019entre elles étaient installées au sud de Montréal, dans la région St-Hilaire-Rouville.Anomalie de départ.le plus important comté producteur de pommes, Deux-Mon- tagnes, ne possédait aucune cidrerie.Les gens ont réagi.Quelque 168 pommiculteurs y produisaient 30 millions de livres de pommes annuellement.Les premières démarches ont permis de regrouper 54 pommiculteurs, d'élaborer un projet qui, une fois financé par les caisses populaires de la région, est devenu réalité en novembre dernier: la Cidrerie Deux-Montagnes était née.\u201cIl fallait brûler les étapes, dit Lucien Rouleau, le gérant de la cidrerie: nous étions en retard de deux ans sur les autres et nous arrivions juste à temps pour la plus grosse période de ventes qu'est celle des fêtes de fin d\u2019année\u201d.Le marché pouvait sembler saturé.Déjà uhe dixième entreprise en lice.\u201cIl n'en est rien, précise M.Rouleau; les habitudes alimentaires des gens changent si on les y incite: le gros gin a laissé le haut du pavé à la bière, mais ça n\u2019a pas toujours été ainsi.Et voilà que les Québécois commencent à devenir consommateurs de bon vin.Et le cidre cherche à son tour à s\u2019insérer dans le marché\u201d.Avec le résultat qu'il est pratiquement impossible de réaliser des études précises de marché.Il faut préalablement créer l'habitude ou plutôt suggérer un produit de remplacement.Par ailleurs, il est inévitable que la situation géographique de l'entreprise ait son importance.\u2018Puisque nous sommes les seuls à être situés au nord de Montréal, précise M.Rouleau.nous misons beaucoup sur le bassin de population de Laval et sur la clientèle touristique des Laurentides.En outre, deux magasins de Hull et Pointe-Gati- neau viennent de nous commander des quantités importantes\u201d.Le cidre québécois cherche actuellement à se tailler une place sur les marchés d'exportation.Les pourparlers sont sérieusement entrepris avec le Japon et l'Ecosse.Et quand il s\u2019agit de chercher à vendre massivement un produit de consommation, il est impossible d\u2019omettre les Etats-Unis.\u2018Si ces marchés d'exportation débloquent, nous informe le gérant de la cidrerie Deux-Montagnes, les dix cidreries québécoises auront toutes leur raison d\u2019être\u201d.> Le paradoxe surgit toutefois.Chacune des entreprises concurrentes mise beaucoup sur l\u2019Association des fabricants de cidre du Québec pour changer, via une publicité commune, les habitudes de consommation des gens d'ici.Toutes unissent également leurs efforts, sous la bannière de l'AFCQ, pour faire connaître leur produit à l'étranger.Parallèlement toutefois, certaines entreprises sont déjà plus grosses et plus connues, ce qui leur permet une publicité propre et relance le cercle du plus connu et du mieux vendu.Dans ce contexte, l'Association des fabricants prend l'allure d\u2019un \u2018\u2018corse\u201d, selon l'expression de M.Rouleau: \u201c\u2018Il nous faut donner à l'Association 19 cents pour chaque Deux-Montagnes Mgr.Chaff plus:en 7 sible s\u2019il.1g libération Le petif celui quig toujourf Ë enchaît peuple\u2019; vé Pert! cal.Il: mettre: .§ une voi, if \u201cNot but de ciété, .o crétisa\u2019 brouillej té\u201d.Le: \u201cfaire : Mgr \u20ach se canal \u201cLib les doc: dans.le été cent capucin prêtres.commel: gens.dèé À ont d\u2019al: |& roisse A È orientées qui ner: Prése § les com |g ne clini [§ laire: de tion.\u201c\u20ac gallon vendu, ce qui couvre les frais d'administration et de publicité commune de ii l\u2019AFCQ\".Mais l'Association fixe à ses membres des prix de vente communs pour les CTVO; À produits \u2018\u2018concurrents\u201d\u2019.< qu'un: & Ces prix fixés contraignent les entreprises plus modestes: \u201cNous, par exemple, dit le gérant de la cidrerie Deux-Montagnes, pourrions vendre notre produit moins cher parce que nous n'avons pas de publicité propre.Nous ne le pouvons pas.\u201d Pour être mieux connue, cette cidrerie particulière, comme les autres plus petites, aurait avantage et possibilité de vendre ses produits à des prix inférieurs.Mais déjà, dans cette industrie qui n\u2019a que trois ans au Québec, \u2018les grosses cidreries ont avantage à contrôler les plus petites\u201d.e Le Club coopératif de consommat| \u201cC\u2019est pas pare \u201cC\u2019est pas un magasin ça monsieur, c\u2019est la coopérative\u201d.Et comme son interlocuteur ne semblait pas voir la différence, la jeune femme ajouta d'un ton qui ne permet pas la réplique: \u201cC\u2019est pas pareil; c\u2019est à nous autres\u201d.L'automobiliste en quête de renseignements passa son chemin et la jeune femme entra au Club coopératif de consommation de la Haute-Gatineau, sans doute étonnée que celui-ci ne comprenne pas sa réaction.Il y a de quoi, car la différence entre ces deux types d\u2019entreprises est fondamentale, l\u2019une n'ayant qu\u2019un but, la recherche du profit; l'autre, fourmr des services à ses membres par l'entraide.La formule de coopérative à contribution directe n'est pas nouvelle.mais celle de Maniwaki est une réussite unique en son genre dans la vallée de la Gati- neau et une des plus importantes parmi les 38 du Québec.D\u2019autres coopératives, comme les caisses populaires ou les coops agricoles, ont également suscité des mouvements de participation de leurs membres-fonda- teurs, mais les clubs coopératifs de consommation sont des manifesttions quotidiennes de la nouvelle conscience collective des Québecois.Lors d\u2019une conférence au colloque du Conseil de la coopération du Québec, le professeur Léon Dion, de l\u2019université Laval, disait que \u201cla nouvelle conscience est motivée par un désir puissant, encore que non toujours clairement ressenti, d'autodétermination.De façon souvent maladroite mais non équivoque, on se décide de sortir de la condition de mineur ou de sujet qui depuis toujours fut le lot de la grande majorité.\u201d \u201cPendant la grève du Front commun, en mai 1972, on a longuement discuté de notre situation, du coût de la vie, et de moyens collectifs de s\u2019en sortir\u201d, raconte Bruno Billard le président fondateur du Club coopératif de Maniwaki.\u2018On sentait qu\u2019il y avait une espèce d'uniformité des prix qui ressemblait à un contrôle, que les marchands, ici comme ailleurs, faisaient des profits excessifs que l\u2019on pouvait constater par leur train de vie.Dans une petite ville, tout le monde se connaît et on sait comment vit le voisin\u201d, dit-il.Pour M.Billard et les quelque 54 familles participantes du tout début, il ne s'agissait pas seulement de trouver un mode de distribution de produits alimentaires le moins cher possible, mais également de partici- I; c'e| es > ® /BUPPLEMENT DE LA ST-JEAN .Le i 8 \\s-de parlure, plus de faisure\u201d, a souvent 3 Agr Paul-Emile Charbonneau, évéque du M de Hull de 1963 à 1973.Ces mots simples M t-la conception et le sens des gestes posés 5 i'qui\u201c\u201ca essayé de faire de l\u2019Eglise de Hull @ ise de participation des petits, avec les ris- # : cela comporte\u201d.g ge d\u2019une église qui s\u2019est engagée à donner x aux \u2018\u2018petits\u201d, image frappante quand on are à l'engagement social d\u2019autres diocè- ra-être répétée partout ailleurs, au sens de @æ rbonneau:\u2018\u2018L\u2019Eglise devra s\u2019engager de B lus, car il n\u2019y a pas d\u2019évangélisation pos- l\u2019y à pas d'engagement dans le sens de la des.petits\u201d.@ t, ou le pauvre, dont il parle, ce n\u2019est pas 8 .n\u2019a pas le sou, mais \u201ccelui qui écoute @> \u2018et ne parle jamais\u2019.Mgr Charbonneau Mic'en insistant sur le droit d\u2019expression de ce @chrétien et c\u2019est ce droit strict qui a moti- Æbaüche par le diocèse d\u2019un animateur so- 7 a deux philosophies à l\u2019animation social: W@ dehors tout le monde en place ou donner Æx à ceux qui n\u2019en ont pas.@s avons choisi la deuxième option, dans le faire la preuve, dans l\u2019Eglise et dans la so- Que les écrits de l'Eglise nouvelle sont con- bles, quitte à assumer les risques de &r Pétablissement de l\u2019Eglise et de la socié- @ gouvernement diocésain de Hull visait à bouger une population\u201d, ce qui, précise Marbonneau, est la ligne de pensée de l\u2019Egli- @lienne depuis maintenant cinq ans.M:ration\u201d et \u2018nouveaux pouvoirs\u2019\u2019 disent Quments des évêques canadiens.\u201c\u2018L\u2019Eglise @ monde de ce temps\u2019 disait un document Mile: \u2018L\u2019engagement social de l\u2019Eglise de @t Mgr Charbonneau, ce n\u2019était pas pour fai- dou pour faire du bruit, mais pour con- bi eette ligne de pensée de l\u2019Eglise d\u2019au- Wa.Mocèse étant trop vaste, l\u2019expérience a donc @ rée sur I'ile de Hull.De petites équipes de s, d\u2019oblats, de soeurs de l\u2019Assomption, de M séculiers et de laïcs ont graduellement @incé.à manifester une présence à la vie des M l'ile.\u2018Ensemble, dit Mgr Charbonneau, ils Moëd tenté de sensibiliser les curés de pa- mn Ce.que leur travail, leur paroisse soit Æ.dans le sens de donner une voix à ceux Æ ont pas\u201d.@ ntspar l\u2019animation sociale, présents dans Mités: de citoyens, dans les premiers pas d\u2019u- & jué d'aide juridique, d\u2019une clinique popu- \u2018Ÿ :sänté, d\u2019une coopérative de consomma- @n retrouve plusieurs de ces personnes dans \u2018\u2019sbuüligne Mgr Charbonneau, ajoutant Mertain éveil a été amorcé; \u2018\u2018une prise de a a I mio Une Eglise engagée | à faire plus que parler \u2018conscience qu\u2019on peut faire quelque chose même si on ne détient pas un poste d\u2019autorité.\u201d La fierté de l\u2019ex-évêque de Hull dans tout cela: celle d\u2019avoir pu \u2018\u201c un peu permettre, soutenir l\u2019action de petits qui se sont relevés la tête, qui ont pu s\u2019exprimer.Il y a encore du chemin à faire, mais.\u201d Le travail fait, comme celui qui est a faire, selon Mgr Charbonneau, n\u2019est pas du travail politique, \u2018\u2018contrairement aux accusations qui ont été lancées, mais plutôt du vrai travail d\u2019évangélisation moderne\u201d.Le diocèse a investi sur les personnes \u2018\u2018et non sur les bâtisses\u2019\u2019\u201d.Michel Lacroix, par exemple, prêtre et animateur social, a travaillé avec l\u2019Assemblée générale de l\u2019île de Hull.Cette union de comités de citoyens déborde maintenant l\u2019île et a changé son nom en celui de Regroupement des comités de citoyens de Hull.Michel Lacroix y travaille toujours à temps plein.\u201cQue l\u2019Eglise pose de tels gestes, c\u2019est étonnant, c\u2019est dérangeant\u201d, admet Mgr Charbonneau.Mais ce sont là les risques dont il parlait au début \u2018 et il faut les assumer car \u2018\u2018de plus en plus, il faut avoir les mains libres pour essayer de faire relever la téte des gens, pour la dignité humaine\u201d.Les moindres petits gestes bouleversent les gens.Quand Mgr Charbonneau a appuyé la pétition \u201cI\u2019Outaouais a l\u2019urgence\u201d, on l\u2019a accusé de prise de position politique.\u2018\u2018Pourquoi?\u2019\u201d\u2019 demande-t-il encore.La question fondamentale dans tout cela en est une d\u2019ordre de priorités.\u2018Quand on demande, raconte Mgr Charbonneau, quels changements a apporté le Concile et que l\u2019on répond: \u201cla messe en français, il me semble que l\u2019on a trop mis l\u2019accent sur les réformes liturgiques et pas assez sur la vie quotidienne des gens\u201d.Selon lui, l\u2019un empêche pas l\u2019autre; il s\u2019agit d\u2019une question de priorités.Avec le concile et les écrits récents de l'Eglise canadienne, l\u2019étape de la théorie était déjà franchie.\u201c\u201cIl fallait insister sur la pratique, les petits projets et les petites réalisations\u2019.Quand on lui demande s\u2019il s\u2019est efforcé d'expliquer sa conception à la population, en long et en large, il répond: \u201cLes gens concluent vite quand ils ont des\u2019 faits concrets devant eux\u201d.L\u2019engagement social de l\u2019Eglise de Hull, lancé sous son instigation et conforme aux écrits de l\u2019E- glise, Mgr Charbonneau croit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un mouvement irréversible.\u2018Quand Mgr Proulx recommande aux citoyens des zones inondées de se regrouper pour faire pression sur le Gouvernement, pour faire valoir leurs droits, j'appelle cela de la continuité.\u201d Maintenant, Mgr Charbonneau est continuellement en tournée de par le Canada.Il explique ailleurs ce qu\u2019il a fait ici.| Fon de la Haute-Gatineau Ist a nous autres\u201d per à la gestion et à l\u2019administration.Le résultat est éloquent, lorsque les membres parlent de leur coop, ils que le chiffre d\u2019affaires.À ce noyau du départ, 351 autres familles sont venues s'ajouter en l\u2019espace d\u2019un an et demi, partageant le travail et la satisfaction des fondateurs de cette entreprise communautaire.Tant et si bien que le modeste local des premiers mois devint trop petit et poussa les membres à construire un vaste édifice à l'entrée de la ville, où ils emménagèrent en juillet 1973, La formule de la coopérative à contribution direc- achetés, sans profit.Les coopérateurs partagent les frais du local, des employés, de l'électricité, etc, en parts égales qu\u2019ils paient chaque semaine.Pour éviter que ces frais deviennent trop élevés et pour s'assurer que les sociétaires participent vraiment au projet collectif, chacun fournit un certain nombre d'heures de travail par mois.La mise de fonds initiale provient de la part sociale que doivent acquérir les membres lors de leur adhésion, mais celle-ci leur est remise à leur départ.Les membres du conseil d\u2019administration sont heureux de dire qu'il y a peu de départs, mais par contre, une liste d\u2019attente existe depuis quelque temps, le local étant encore devenu exigu.Tous ces règlements ont été mis de côté pendant limentation augmentaient autant que le niveau de l\u2019eau, dit M.Billard.On a décidé d'ouvrir nos vannes et d'offrir les aliments à prix de gros à tout le monde pour endiguer cette spéculation.Que les gens soient membres ou non, ils étaient mal pris\u201d.Pourtant, l coopérative elle-même était mal prise.Son local étant inondé, elle ne fonctionnait que par la grâce de Dieu, relogée dans l\u2019église de l\u2019Assomption.L'avenir semble plein de promesses et.de projets.qui véulent agrandir les services de leur entreprise.cal pour admettre plus de sociétaires.soulignent d\u2019abord la qualité de la participation plutôt te, elle, n'a pas changé, c\u2019est-à-dire la revente aux membres des produits, au même prix que la coop les a la terrible inondation du mois de mai, \u201cLes prix de l\u2019a- Le conseil en étudie plusieurs, soumis par les membres Les uns parlent d'ajouter les produits pétroliers, les autres transformer une partie du terrain de stationnement en marché en plein air à la disposition des fer- Fniers des alentours.On parle même d\u2019agrandir le lo- GEE a ga élan nette ba ad iy Sa LE DROIT, OTTAWA.SAMEDI 22 JUIN 1974 \u20148 Victor Boulay 1 A NOUS SOMMES FIERS Un demi-siècle de Un demi-siècle de solidarité syndicale, c'est ce qu\u2019on appelle avoir de la suite dans les idées.Victor Boulay en a.: Le syndicalisme, il l\u2019a appris sur le tas.\u201cA 17 ans j'étais à l'emploi de la Hull Steel et cette année là, on a fait notre première grève\u201d.C'était en 1917.\u201cDes salaires de 5 à 10 cents l'heure vous Savez, on en avait assez.ça n\u2019a pas marché, mais j'ai compris la nécessité de la solidarité entre travailleurs\u201d, nous raconte le noble vieillard de 74 ans.S a voix est sans amertume, mais tout aussi déterminée lorsqu'il revient sur son passé.Après cette expérience précoce, il n\u2019a jamais cessé d'être un militant syndical tant et si bien qu'en 1924, alors qu\u2019il travaillait à Montréal, il devint vice-président du syndicat des plâtriers.\u201cAprès une dure journée d'ouvrage, on allait aux réunions de l\u2019union, il fallait y tenir\u201d, dit-il.Mais, les années devenant de plus en plus difficiles,il revenait à Hull où \u201cla crise devait le rattraper un peu plus\u2018tard et le pousser à s'exliler de nouveau.Cette fois c'était vers Notre-Dame-du- Laus, \u201cpour aller gratter la terre avec ses mains\u201d au début des années trente.\u201cJ'avais maintenant trois enfants, explique-t-il, ils ont au moins mangé des légumes et bu du lait frais alors qu'en ville, on vous versait une maigre allocation de survivance\u201d, et la politique De retour en ville après ces années noires, il participa à la première campagne locale de la: CCF.\u201cLes candidats de la région furent choisis dans ma cuisine lors d'une réunion d\u2019organisation\u201d, dit-il.Le succès obtenu ne se mesurait pas à la conviction des membres, mais les vieux routiers ne voulurent pas lâcher et refusèrent par la suite de voter bleu ou rouge, arguant que c'était du pareil au même, ces vieux partis étant tous deux au service des biens nantis.Lorsque ces partis adoptent des mesures sociales progressives, affirme M.Boulay, c\u2019est qu'ils n\u2019ont pas le choix.C'était vrai au début de la CCF, comme au cours de l'hiver qui vient de se terminer, dit-il, pendant l'alliance Trudeau-Lewis, solidarité syndicale La Commonwealth Cooperative Federation ne réussissait pas à s\u2019implanter au Québec et Victor Boulay, comme les autres, était bien près du découragement lorsque le Nouveau parti démocratique prit la relève au début des années soixante.Mais le Nouveau parti, comme la CCF, ne ressemblait guère aux Canadiens français et Victor Boulay trouvait aussi difficile de s'identifier à ce parti, que facile d\u2019être d'accord avec ses politiques sociales.I cherchait toujours un parti \u201cplus près de ses péoccupations nationales\u201d, pendant que la situation évoluaient rapidement au Québec.Le renversement de l\u2019Union nationale devaitt amener un formidable brassage d'idées et la naissance des premiers partis indépendantistes, M.Boulay observait avec intérêt ce qui se passait dans ces nouvelles formations politiques, comme plusieurs citoyens de son école.La multiplication de ces partis le fascinait, tout en l\u2019inquiétant, jusqu\u2019au jour où il n\u2019en resta qu\u2019un, à [a structure démocratique et au financement populaire, auquel il adhéra.\u201cOn constatait de plus en plus, soutient-il, que la Confédération nous désavantageait, nous les Canadiens français, et que nous étions d\u2019éternels minoritaires à Ottawa, n\u2019étant qu\u2019une province sur dix\u201d.\u201cPourtant, nous sommes bien le tiers de la population canadienne, mais surtout, la majorité au Québec, il n\u2019est donc que très normal que ce gouvernement devienne notre outil et serve nos inté- réts plus que ne le fait Ottawa.\u201d C'est avec cette conviction profonde que Victor Boulay faisait la dernière campagne électorale du Québec et tentait de rallier au Parti québécois les citoyens de sa génération.Ce qu'il trouve le plus difficile, c\u2019est de réussir à ébranler le scepticisme des personnes âgées devant l\u2019enthousiasme des jeunes pour la chose politique \u201ccomme si on ne devait plus avoir d'espoir à notre âge\u201d, dit-il, \u201cJe ne cesserai de travailler, dit M.Boulay, que lorsque les richesses naturelles du Québec serviront à ses habitants au lieu de servir les intérêts des compagnies multinationales.\u201d ë à.6 LE DROIT, OTTAWA, SAMEDI 22 JUIN 1974 ) ola détermination de Roland Galarneau NOUS SOMMES FIERS a - Etre un inventeur canadien-français en Amérique ) c\u2019est difficile.Etre un inventeur canadien-francais et À aveugle.c'est un double défi! C était celui de Roland Galarneau et de ceux qui lui ont fait confiance.A .\u201cLes spécialistes du Conseil des recherches ne a peuvent pas s'imaginer qu'un homme, aveugle en plus, puisse faire un ordinateur dans son sous-sol, explique Roland Galarneau.Pourtant, on l\u2019a fait.\u201d ; _ La détermination et le besoin ont poussé son équipe à mener ce projet à terme.La bougie d'allumage, c\u2019était M.Galarneau, qui pensait à combler le vide existant dans les bibliothèques en braille, destinées aux E aveugles de langue française au pays.\u2018Ceux de langue =x anglaise pouvaient se rabattre sur les publications amé- = ricaines, mais nous, les aveugles francophones, nous ne = sommes que 7.000 au Québec.Ca n'intéresse pas les éditeurs\u201d, dit-il.i Des 1961.Roland Galameau songeait à mettre au \u2018point une machine à écrire en braille.mais il est rapidement passé à autre chose de plus efficace: l'ordinateur.eat Il fallait d'abord trouver la documentation nécessaire.ce qui lui demandait de longues recherches.puisque les publications techniques n'étaient pas disponibles en braille.* Heureusement.raconte-t-il.j'avais sui- - vi des cours techniques pendant plusieurs années et je connaissais des personnes ressources comme Jacques Therrien et Robert Spielvogel.qui m'ont fourni leur collaboration.Il va sans dire que son épouse, ses enfants et son gendre.Adrien Filiatreault, ont été parmi \u2018les ouvriers de la première heure.D'autres devaient s'ajouter à ce novaux par la suite.Mais Roland Galarneau ne devait commencer la construction proprement dite qu'en 1966, alors qu'il 2 avait terminé la conception théorique de son appareil.3 L'ordinateur électromagnétique maison serait composé d\u2019un téléscripteur pour alimenter la mémoire et c'est celle-ci.qui compare et traduit le texte en braille.au rythme de 100 mots à la minute.| \u201cCette \u201csimple petite machine à traduire\u201d devait exiger près de 10.000 heures de travail à l'équipe de M.Galarneau.qui oeuvrait avec un équipement de fortune et des vieilles pièces récupérées un peu partout.Les moyens financiers étaient du même ordre que les mo- vens techniques jusqu'à ce qu\u2019une aveugle de Montréal.Jeanne Cypihot.offre $12.000 pour mener le projet à bon port.et que l'Institut canadien des aveugles contribue également $1.000.En 1970, on fondait une société à but non lucratif, Les Services converto-braille Cypihot-Galarneau™.qui se fixait comme objectif la construction de l'ordinateur et son usage sans profits.au service des aveugles.; L'oeuvre de M.Galarneau devait prendre de l'expansion en 1971.alors que sans abandonner la fabrication de l'ordinateur.il ajoutait l'enregistrement de volumes sur bandes sonores.en collaboration avec l'Université d'Ottawa, qui les mets à la disposition des étudiants atteints de cécité.Cette nouvelle orientation était possible grâce à une subvention gouvernementale qui permettait l'embauche d\u2019une douzaine d'étudiants et a la contribution de rubans de magnétophone qu'offrait la bibliothèque universitaire.A ce jour.3.500 volumes sont terminés et voyagent d'une ville à l'autre.En avril 1974, le premier ordinateur-traducteur du français au braille était né, mais Roland Galarneau ne s'arrête pas là.Il veut maintenant.ou déjà.le perfectionner en transformant le clavier \u2018de voyant en un clavier en braille.permettant ainsi à un aveugle de faire fonctionner l'appareil.L'inventeur est fier de son protégé et souligne que le tout a coûté environ $15.00.alors que les appareils de même type que les grands fabricants d'ordinateurs mettent au point.coûteront dans les $100.000.lorsqu'ils seront prêts et.de ce fait.rendront le prix des volumes inaccessibles à la majorité des aveugles.\u2018De toute façon.ces instruments traduiront de l'anglais au braille.remarque M.Galarneau.alors que le mien parle fran- Çais.comme son père.\u201d Un autre problème se pose aussi.aux Services Cypihot-Galarneau.la subvention est épuisée et la caisse est à sec.Le groupe ne peut plus se permettre de payer la technicienne préposée à l'ordinateur et vient de lui signifier son renvoi.\u2018Vous comprendrez.dit M.Galarneau.que le marché des livres en braille est tres restreint au Québec.donc non-rentable.Il nous faut trouver une autre façon de faire nos frais.\u201d C'est devenu une seconde nature chez-lui de ne compter que sur ses propres mo- vens et c'est ce qu'il fera.La Société devra s'autofinancer.trouver des moyens de faire vivre l'ordinateur sans augmenter le prix des volumes qui en sortiront.On a déjà mis sur pied un atelier de reliure et on est en train d'aménager une imprimerie.Les profits de ces services alimenteront le service de tréduction.Depuis la formation de la corporation à but non-lucratif.les dons de machinerie affluent et l'atelier d'imprimerie est déjà en mesure de faire des petits travaux.L'équipe de M.Galarneau espère que ses moyens financiers lui permettront bientôt de remettre en marche l'ordinateur et le service d'enregistrement de volumes parlés.Ils sont de ce type d'hommes \u2018\u2018qui ne là- chent pas\u201d.Combien d'entreprises peuvent affirmer avoir construit 10 pour cent de tous les logements existants dans une ville?Ce chiffre et ce domaine précis d'activité donnent un exemple.parmi d'autres.de ce dont s'enorgueillit l'équipe Campeau.À Ottawa.l\u2019ancienne Campeau Construction et l'actuelle Campeau Corporation ont construit plus de 12.000 unités de logement.sur les quelque 125,000 qu'on ñ y relève, À cela, cette société immobilière diversifiée ajoute l'aménagement de ter- y rains, la construction et la gestion de propriétés commerciales, la fabrication et la Ë vente de matériaux de construction, et quoi encore.Le tout pour un actif qui dépasse $300 millions.\u201cNotre fierté est d'abord franco-ontarienne, puis canadienne-francaise\u201d, précise Marcel Lalande.associé à Robert Campeau depuis plus de 20 ans.\u2018Nous ne nous sommes jamais sentis étrangers ou persécutés à Ottawa: nous étions chez nous, en Ontario\u201d.Pour l'équipe.depuis le début, il s\u2019est agit de relever un défi, celui de \u2018\u2019réussir en affaires.en Ontario, quand la tradition des Franco-Ontariens est de suivre et non de prendre les devants\u201d.En 1948.Robert Campeau est machiniste a la CIP de Gatineau.Il se construit une maison, pour sa propre utilisation, mais la vend avec profit.De là, lui et son cousin Antonio construisent deux nouvelles.maisons et\u2026 la roue est lancée.Alban Cadieux.beau-frère de Campeau, s'associe aux deux premiers.Le groupe décroche un contrat du gouvernement fédéral pour la construction de baraques à Uplands.En 1952, Antonio laisse l'entreprise, mais le frère de Robert, Lionel, arrive et _ la Cie Campeau Construction est formée en 1953.Le recrutement du personnel de base s'effectue à ce moment et procède par les connaissances personnelles: Alban Cadieux est originaire d'Alfred et il va y chercher Raymond Larocque qui, a son } tour, amene Marcel Lalande.La construction massive de logements débute: Billings Bridge: Applewood Acres: Elmvale Acres; etc.Du nouveau personnel spécialisé est recruté, toujours chez les Franco-Ontariens: Jean-Charles Paradis et J os Johnson sont gérants de ! succursales de la Société centrale d\u2019hypothèques lorsqu'ils sont recrutés.Gilbert Campeau, de Sudbury, comme son frère Robert.entre à la compagnie en 1955, Clément Cadieux, Raymond Chevrier et Jean-Marie Gaudreau sont également tous des Franco-Ontariens.L'équipe est à peu près complète au début des années 1960.Aujourd'hui.outre le président-leader, les hommes de la première heure occupent des postes de vice-présidents.Le volume de construction grandit chaque année.\u2018Nous avons eu des difficultés\u201d, confie Marcel Lalande.Le chantier de l\u2019usine de filtration de Britannia a été completement inondé et \u201cnous avons eu des problèmes avec Charlotte Whitton\".La Société a finalement abandonné les contrats de construction lourde.Parallèlement, en 1965, Campeau dévoile son audacieux projet \u2018\u201c\u2018Place-de- Ville\u201d.Ces cing tours allaient \u2018\u2019déménager le centre-ville d'Ottawa de deux quadrilatères\u201d.selon l'expression de M.Lalande.Qui ne se souvient des longues querelles entre l'hôtel de ville et Campeau au sujet de la hauteur des édifices?\u2014 La limite était de 110 pieds, rien ne devant dépasser la Tour de la Paix.Au bout du .compte, les tours ont atteint 250, puis 350 pieds.Entre-temps, lorsqu'il fut question d'expansion dans d'autres domaines d\u2019acti- | vité, l'équipe Campeau a voulu éviter \u201cl'erreur habituelle des Canadiens français qui, en affaires, ont tendance à vendre à des Américains une entreprise établie\".| Ë C'est pour ce motif, précise M.Lalande, que Campeau a transigé avec Paul Des- ER çÇ marais, de Power Corporation, \u201cun autre gars de Sudbury\".q Ainsi, en 1970, Power Corp.prenait le contrôle de Campeau Corp.qui, en un échange, obtenait le contrôle de Blue Bonnets, de Kanata et de plusieurs centres | d'achats dans tout le Canada.Moins de deux ans plus tard, \u2018les deux puissants leaders de Sudbury ne pouvaient plus s\u2019entendre, mentionne M.Lalande, et Campeau rachète de Desmarais toutes ses anciennes actions, tout en conservant l'acquis de 1970\", \u2018 : Immédiatement sous le nez de cette grosse entreprise canadienne-française d'Ottawa, du côté de Hull, Campeau et son groupe n\u2019ont encore rien fait.Marcel Lalande explique: \u2018Cela peut sembler anormal d'investir ailleurs, au Canada et au Québec, alors que rien ne se faisait à Hull.Je crois que cette attitude reflète assez précisément l'attitude des gens d'Ottawa à l\u2019égard de Hull\".TE Cela peut sembler d'autant plus anormal de la part d\u2019une équipe de Franco- I Ontariens qui, selon M.Lalande, \u201cont des choses en commun avec les Québecois, 8 comprennent la langue et la mentalité\u201d.es grosses affaires iawn.Ge, a CA A e Michel Larocque Du pee wee bouche-trou à Jouer au hockey est devenu un métier rémunérateur, mais cela demeure un métier qui s'apprend, au même titre que celui de plombier.d'ingénieur ou de radiologiste.Dans chaque cas, l'apprentissage nécessite un labeur ardu \u201cet ce n'est que lorsqu\u2019on réussit que l\u2019on est fier\u201d.Michel Larocque, le p\u2019tit gars de St-Joseph de Hull qui a gravi un à un les échelons jusqu\u2019au professionnalisme dans le hockey, retient l'omniprésence de la compétition comme étant la plus rude épreuve dans l'apprentissage de son gagne-pain.Combien de p'tits gars, chez nous, n'ont jamais rêvé de \u201cs'asseoir sur le banc\u201d des Canadiens de Montréal.l'équipe nationale suivie par la radio et la télévision d'Etat et présentée sans relâche par tous les média d'information?- \u2014 Larocque était du nombre et il a finalement matérialisé ce rêve.Pourtant, maintenant, \u2018\u2019m'asseoir sur le bout du banc du Forum est la chose que je déteste le plus\u201d.Les premiers \u2018\u2019coups de patins\u2019\u2019, que Larocque avoue d\u2019ailleurs avoir été fort maladroits, il les a donnés sur une patinoire du coin.avec des gosses plus grands que lui.Trop petit, trop lent.on l\u2019a désigné \u201cvolontaire\u201d pour garder les buts.Il ne les a plus quittés.Les diverses équipes de la paroisse St-Joseph, il en a toutes fait partie.Au stage bantam, il était gardien auxiliaire: De quoi vous dégoûter.j'ai bien failli laisser le hockey\u201d.Mais les chances et les étapes se sont rapidement succédées: l'habitude de jouer avec des gars plus vieux ne devait plus le laisser: à 11 ans, il était avec l'équipe midget de la ville de Hull; à 13 ans.il jouait à l\u2019occasion avec l'équipe junior de St-Joseph.Deux ans plus tard, il est invité au camp d\u2019en- trainement du junior de Thetford Mines: il ne fait pas l'affaire mais rentre dans l'Outaouais juste à temps pour être accepté à titre de gardien du 67 d'Ottawa, junior *B\u201d.Dix parties plus tard, il entreprenait un séjour de cinq saisons avec les 67 d'Ottawa.\u2018\u2019Au début, on ne faisait appel à mes services qu'en fin de partie, quand le compte était de dix à un.Puis je suis devenu, durant trois ans, le gardien de l'équipe\u201d.Que ressentait-il, à ce moment?\u2014 \u201cCe n'était pas un cadeau: je comprenais à peine l'anglais et les gars faisaient continuellement des farces.Tu penses qu'ils rient de toi et des autres Canadiens-fran- çais, mais quand tu commences a comprendre, tu te rends compte qu'ils se moquent tout autant des petits nouveaux anglophones\u201d.Larocque était très fier d\u2019être repêché au sixième rang lors du repéchage de la Ligue nationale.Ft par le Canadien, par dessus le marché: \u2018Ca fait quelque chose!\u201d À ce moment toutefois, Ken Dryden n'aurait pu être délogé de son poste, même par un homme doté de la meilleure volonté au monde.I) a donc pris la route de la Nouvelle-Ecosse où, en un an, il est devenu le meilleur cerbère de la Ligue américaine.Deux jours avant l'ouverture du dernier camp d'entraînement du Canadien, Dryden tire sa révérence.\u2018C\u2019était ma chance, ou jamais\u201d, commente Larocque.La saison a été difficile pour l'équipe mais l'instructeur m'a avisé que je commencerais les parties éliminatoires.En six parties, dont quatre en cinq jours, \u2018sans dormir et rongé par la nervosité\u201d, le club a été rayé de la liste des aspirants.Les observateurs ont blâmé plusieurs joueurs, mais le p'tit gars de Hull sortait des séries la tête haute.Il croyait avoir prouvé quelque chose.Mais l'élimination du Canadien en quart de finale, les amateurs ne digèrent pas cela.Résultat: Sam Pollock est revenu sur son entêtement et l'avocat Dryden est rentré au bercail.Larocque est déçu, attend les événements mais indique fièrement qu'il préfère \u2018\u2018être le numéro un ailleurs plutôt que de jouer les deuxièmes violons avec l\u2019équipe à \u2018 » laquelle j'ai si souvent rêvé\u201d.+ ra REE NEE EERE of LP SISA ep 0 RITES , © Aurèle Pilon et \u201cPAL\u201d L'union des petits contre les grands PAL, c'est Auréle Pilon, un jeune homme de 66 ans qui monte les escaliers du bureau deux marches à la fois, arrive au travail à 7 heures 30 le matin etparcourt le pays pour faire connaître son entreprise.Mais l'idée d\u2019un regroupement des marchands de matériaux de construction indépendants, unis sous une seule bannière, est née du besoin de faire face à une réalité nouvelle en 1958: l\u2019envahissement du marché par les grandes corporations multimillionnaires.\u201cAu début, raconte M.Pilon, je sentais venir la disparition des petites entreprises indépendantes sans être en mesure de m\u2019y opposer.Je pensais que le salut viendrait d\u2019ailleurs.Après quelques démarches auprès d\u2019hommes d'attaires puissants d'Ottawa, dit-il, j'ai compris qu'ils ne prendraient pas l\u2019initiative, et j'ai décidé de le faire moi-même\u201d.C\u2019est alors qu\u2019il fondait, en 1958, la première chaîne de marchands indépendants en Amérique, la \u2018\u2018Progressive Alliance of Lumberyards\u201d.Le nom anglais s'explique du fait que la majorité des participants du début étaient des anglophones.Mais, depuis, les choses ont bien changé et PAL regroupe maintenant 104 commerçants, dont la majorité sont francophones, soit 73 au Québec, 25 en Ontario et 6 au Nouveau-Brunswick.Le fondateur est fier de dire que le siège social demeure à Hull et que \u2018\u2019la langue de travail, naturellement, c\u2019est le français\u201d.Il ajoute en souriant: \u2018\u201cOn fonctionne à l\u2019envers des autres grandes entreprises interprovinciales.On fait de la traduction pour les anglophones ici\u201d.La majorité des entreprises anglophones participantes se sont retirées au cours des années et ont formé des chaînes concurrentes dont les sièges sociaux sont à Toronto.Certaines ont même pris sous leur aile des entreprises montréalaises.M.Pilon est d\u2019avis que les \u2018anglophones n'aiment pas beaucoup se retrouver au sein d\u2019un groupe dont la téte est francophone\u201d, ce qui explique la difficulté de s'éten- re en Ontario que connaît PAL.Malgré tout, il *\u2018conserve de trés bonnes relations\u201d avec ses adhérents anglophones, qui trouvent de nombreux avantages commerciaux chez lui, \u2018le pouvoir d\u2019achat de PAL demeurant un des plus importants au Canada.\u201d .Au-delà de ses intérêts commerciaux, M.Pilon a également des préoccupations collectives qui reviennent souvent lors d\u2019une rencontre: la famille et la jeunesse.\u201cSi on ne fait pas plus de deux eniunts par famille, dit-il, on ne se renouvelle même pas; c\u2019est un suicide collectif qui m'inquiète beaucoup et qui assombrit notre avenir national\u201d.Il pose la question à ceux qui -parlent de l\u2019avenir du Québec:\u2018Avec qui allons-nous le faire, si notre peuple décroit toujours en importance?\u201d La question demeure sans réponse, et Aurèle Pilon, tout en se disant pessimiste, continue de construire une entreprise qui lui survivra.e Le Théâtre-lyrique de Hull Quand on veut, on peut! Le vieux dicton \u2018vouloir, c'est pouvoir\u201d est le plus souvent associé à des réussites individuelles.Il se vérifie parfois collectivement: les 50 membres de la troupe du Théâtre lyrique de Hull en font la preuve depuis dix ans.\u2018Quand il faut passer la vadrouille, le président ou le premier rôle peuvent aussi bien le faire\".L'esprit d'équipe transporte des montagnes: \u201cToutes les couches de la société sont représentées, nous dit le secrétaire-tré- sorier du TLH, Louis-Charles Piché.Nous sommes 25 femmes et 25 hommes.Une harmonie quasi parfaite règne au sein du groupe, de l\u2019adolescence à l'âge d'or.Pas de conflits de générations, pas de snobisme, mais de l\u2019amateurisme inspiré d\u2019un désir commun de mener à terme chaque entrepri- e\u201d.L'Ecole d\u2019art dramatique existait, à Hull, depuis 1945, quand on a entrepris de la modifier.En 1963, le groupe a abandonné les pièces théâtrales en faveur d\u2019une comédie musicale.Deux ans plus tard, le Théatre lyrique avait trouvé sa nouvelle voie: l\u2019opérette.Depuis ce temps, à chaque hiver, la troupe présente aux spectateurs de la région le fruit de son travail d'amateurs, de ses heures de loisirs consacrées à ce que les membres de la troupe ont en commun: l\u2019amour de l'art lyrique.ma\u201d Tour tour, on a monté \u2018\u2019La fille du tambour major\u2019: \u2018La belle Hélène\u201d; \u2018Le petit duc\u2019\u2019; \u2018La mascotte\u201d, et ainsi de suite, jusqu\u2019à \u2018La fille de Mme Angot\u201d, production du dixième anniversaire, en maïs dernier.\u201cNous jouons maintenant devant des salles combles, dit M.Piché, mais il nous a fallu susciter ce goût pour l'opérette\u201d.En 1968 1969 et 1970, le Théâtre lyrique a vendu tous ses billets aux diverses caisses populaires de Hull qui, à leur tour, ven- datent les billets à leurs sociétaires.*\u2018C\u2019était une façon de susciter le goût de la musique chez des gens qui ne la connaissaient pas\u201d.Durant les mêmes années, le TLH a monté, outre ses opérettes annuelles, des concerts populaires, opérettes en un acte, simplifiées, toujours dans le but de créer un goût chez une clientèle habituellement non rejointe.Bien sûr, tout n\u2019est pas parfait, et les.membres de la troupe sont les premiers à l\u2019admettre: \u2018\u2018Nous n\u2019avons ni orchestre, ni salle ni plateau adéquat, ni ressources financières suffisantes.Pourtant, souligne Lu- cienne Bigras, metteur en scène, nous réussissons à défendre les rôles, sans pépin majeur\u201d.Et Louis-Charles Piché -d\u2019enchainer: \u201cTout cela malgré que plusieurs de nos chanteurs ne savent même pas lire la musi- » que écrite\u201d.On peut présumer de la patience du directeur musical.Dix ans de réussite amateur, cela signifie des dépenses à restreindre et des difficultés pour couvrir celles qui doivent être encourues.Lucienne Bigras estime à $3,000 ou $4,000 le coût de chacun des spectacles annuels: équipement, décors, costumes, maquillage, salaires des techniciens, ete.Pour couvrir ces frais, le Théâtre lyrique doit se fier à la vente des billets, à une subvention de la municipalité de Hull et à des dons de commerçants.Les résultats demeurent bons.\u201cLa fille de Mme Angot\u201d a été jouée à cinq reprises l\u2019hiver dernier, quatre fois à Hull et une autre à Gatineau \u201clors d\u2019une intéressante expérience d'expansion\u2019.La clef de ce succès, outre la bonne volonté et l'harmonie au sein de la troupe: \u201cNous ne nous prenons pas pour d\u2019autres\u201d.Le metteur en scène du TLH estime que la formule de l\u2019opérette est la bonne, en ce sens qu\u2019elle plait aux spectateurs, qui comprennent le contexte amateur et sont satisfaits des résultats, comme elle convient aux membres de la troupe, parce que formule mitoyenne: \u201cOn ne touchera jamais à l\u2019opéra ou au théâtre classique: cela appartient aux professionnels\u201d.un 4 NATE mnie, | 8\u2014 LE DROIT, OTTAWA, SAMEDI 22 JUIN 1974 ) LE DROIT 5 NOUS SOMMES FIERS | Sr Etaler des misères pour: les atténuer Quand le cardinal Léger se faisait photographier avec de, jeunes Africains atteints de la lèpre, dans le but de susciter prise de conscience et réactions d\u2019aide, les gens ne répondaient pas en l\u2019accusant de sadisme ou en lui reprochant de vouloir prôner la misère.Pourquoi alors accuser les auteurs québécois contemporains (Tremblay, Barbeau, Carrier, etc.), qui étalent des misères socio-économiques en utilisant la langue du peuple, de vouloir prôner la misère, de vouloir généraliser les conditions de vie dénoncées et mousser l\u2019utilisation de la langue empruntée?Ce parallèle de moyens est du cru de l\u2019écrivain Gaby Dé- ziel-Hupé, dont la pièce \u2018\u201cY m\u2019font mourrir\u201d vient d\u2019être présentée pendant un mois à l\u2019Atelier de théâtre d\u2019Ottawa.Ce qu\u2019elle décrit, Gaby l\u2019a vécu, l\u2019a connu au fil de ses activités quotidiennes.: Originaire de St-Pierre-de-Wakefield, elle continue toujours à y éduquer ses six enfants.Elle possède une expérience de 18 ans dans l\u2019enseignement, au primaire et au secondaire, à Hull.\u201cJ'avais toutefois le malheur d\u2019être effrontée: imaginez, je laissais les questions sur la sexualité se poser, durant mes cours de catéchèse; je laissais les élèves s\u2019exprimer, dialoguer.J'étais une contestataire qui ne s\u2019est pas tue et qui a, par le fait même, été remerciée de ses services\u201d.Gaby Déziel-Hupé venait de tourner une page.Elle a refusé des offres d\u2019emploi de diverses commissions scolaires pour se consacrer à la dramaturgie.C\u2019est par une image qu\u2019elle résume sa conception: \u201cJe décris des réalités socio-économiques, sans crainte d\u2019étaler nos plaies sociales devant le monde; or une plaie ne guérira vraiment que si elle est laissée au soleil: elle sèchera puis disparaîtra.L\u2019envelopper, la cacher sous un pouce d\u2019onguent ne fait qu\u2019en retarder la guérison\u201d.Ses pièces, Gaby Déziel les écrit en joual \u2018\u2018pour atteindre la masse\u2019\u2019.Elle a publié des recueils de poemes et a écrit des pièces pour la radio: \u2018Je peux écrire du béau, des fleurs et des oiseaux; mais quand tu veux atteindre ton public, tu dois dire ce que tu penses dans la langue de ce public, sans quoi tu passes à côté\u201d.Passer à côté, sciemment ou non, recouvrir des plaies d\u2019onguent, tel a été, selon elle, le propre des gouvernements: \u201cIls ont détourné l\u2019attention des gens en s\u2019attaquant à l\u2019impureté du joual, alors qu\u2019il ne s\u2019agit là que d\u2019un phénomène social appelé à disparaître si l\u2019on s\u2019attaque aux causes réelles.Les problèmes les plus importants attendent encore une efficace intervention gouvernementale\u201d.Ce qui réconforte l\u2019auteur et la comédienne, c\u2019est que les gens vont voir ses pièces et participent, s\u2019expriment.Les gens s\u2019y reconnaissent, même si \u2018les snobs disent que je charie\u201d.Pourtant, lors des représentations de \u2018Y m\u2019font mourir\u2019, les spectateurs ajoutaient en criant lorsqu'ils trouvaient que le personnage n\u2019allait pas assez loin dans ses propos: \u201c\u2018Ils entendent dire ce qu\u2019ils voudraient dire mais n\u2019osent pas ou ne savent 2\u201d pas\u201d.Son apport à la collectivité, Gaby Déziel-Hupé le conçoit ainsi: \u201cQuand bien même à chaque soir un seul spectateur prendrait conscience de l'existence réelle, dans son entourage, de l\u2019un de mes personnages, ma contribution n\u2019aura pas été vaine: ce spectateur vibrera positivement vers une personne de la classe défavorisée\u201d.Dans sa collectivité locale, à St-Pierre-de-Wakefield, Gaby Déziel participe en dirigeant le théâtre du Verseau; 57 enfants, de 6 à 13 ans, viennent de jouer en tournée dans les écoles de la Commission scolaire Champlain.Une trentaine d\u2019adolescents préparent une comédie musicale pour l\u2019automne.Un groupe d\u2019adultes de St-Pierre présentent, les 21, 22 et 23 juin, sa pièce \u201cLes outardes\u201d.Pendant ce temps, elle écrit et joue son rôle de mère de famille nombreuse.\u201cIl y a eu un temps, dit-elle, où, enseignante, je voulais être riche; puis j'ai su, j'ai appris en le vivant que l\u2019on pouvait être heureux dans la pauvreté totale, sans électricité ni eau courante.La pauvreté n\u2019est pas une galle qui atteint des gens sur lesquels on crache et qui réagissent.violemment\u201d.Son appartenance à l\u2019ordre de fraternité humaine \u2018\u201cRose- croix\u201d, n\u2019est pas étrangère à ses principes et à ses actions.Cet ordre mondial, qui regroupe 14 millions de membres sur les cing continents, a pour mot d\u2019ordre \u201cLa plus grande tolérance dans la plus stricte indépendance\u201d.L'apport culturel de l'écrivain qu\u2019est Gaby Déziel-Hupé à la collectivité, locale et nationale, nous le devons à la promesse qu\u2019elle a prononcée en joignant l\u2019ordre de \u2018\u201c\u201cRose-croix\u2019: servir l\u2019autre, quel qu\u2019il soit, avec'ses moyens et ses talents.\u2018® Gaby Déziel-Hupé pte 0 La Coopérative régionale de Papineau De la corvée au coopératisme \u2018Le coopératisme agricole est à notre siècle ce que \u2018la corvée\u2019 était au siècle dernier.Les besoins étant différents.les outils seuls ont changés, mais l'entraide demeure la force motrice.Comme nous dit Léopold Lefebvre, un des pionniers du coopératisme à Thurso: \u2018Pour nous cultivateurs, il était tout naturel de faire une coopérative, surtout qu'on avait pas d'\u2019argent.Et le vieil homme d'ajouter \u201cOn avait entendu parler de coopératisme avant de fonder celle-là: on avait une mutuelle incendie dans le village.Celle-là.c'est la Coopérative laitière de Thurso, une des quatre constituantes de la \u2018Coopérative régionale de Papineau\u2019 qui a pris la relève, en regroupant également celles de Buckingham.Notre-Dame-de-la-Salette et Saint-André-Avellin, en 1965.\u2018En 1937.dit M.Lefebvre, le fromage se vendait mal.les exportations diminuaient, mais le prix de la moulée, lui, augmentait.\u201d Les fromageries se transformaient en beurreries pour le plus grand bien de leur propriétaire, mais les agriculteurs ne réussissaient pas à joindre les deux bouts.Un premier groupe d'une cinquantaine de coopérateurs s'est formé pour acheter le moulée en gros.\u201cOn achetait des chars de grains, pis quand ils arrivaient, on moulait ça drette là dans la cour de la gare.Chacun repartait avec sa part\u201d.Petit à petit, d'autres fermiers sont venus grossir les rangs de la coop et lui donner assez de force pour acheter la beurrerie Morvan.de Thurso.Ils supprimaient ainsi un intermédiaire entre le producteur et le consommateur, tout en obtenant de.meilleurs prix pour leur production laitière.\u201cIl faut dire, souligne M.Lefebvre.que l'Union catholique des cultivateurs nous a bien servi.C'était notre lieu de rencontre.On a appris à se connaître ét à travailler ensemble\u201d.et puis, ensuite.\u2018la Coopérative Fédérée nous a offert les services techniques\u201d.Fait inusité.la Coopérative laitière de Thur- so est née avant la Caisse populaire de cette localité, contrairement à la coutume établie dans les autres coins du Québec.Le mouvement ainsi lancé allait de l\u2019avant dans les 4 villages, jusqu'à ce que l'on songe à un regroupement des forces de toutes les coopératives agricoles de la région, pour faire face à une concurrence toujours plus grande des multinationales de l'industrie laitière.En 1965.l'ex-secrétaire de la Coopérative de Thurso, M.Emile Duguay, devenait le premier secrétaire de la nouvelle Coopérative agricole régionale de Papineau.Le ministère de l\u2019A- griulture \u2018\u2018nous a suggéré le regroupement, dit-il, et les 1,000 membres des 4 coop ont ratifié la décision de leur conseil respectif en quelques jours\".L'année suivante.la nouvelle Régionale construisait son usine de Plaisance, au coût de $1.5 million.au coeur de son territoire, qui forme un immense rectangle s\u2019étendant de Ga- tineau à Maniwaki et de Ferme-Neuve à La- chute.Elle transforme le lait des sociétaires en beurre et en lait en poudre, qu'elle vend sous les marques de commerce \u2018Papineau\u2019 et \u201cFedeco\u201d.Cette année, en tenant compte de ses succursales de vente de moulée.d'équipement de ferme et de produits laitiers.la Coop a atteint un chiffre d'affaire de $9 millions.Il n'y a là rien d'extraordinaire direz-vous.D'autres coop agricoles atteignent des chiffres plus importants.Mais Gabriel Lajeunesse.son directeur général, souligne que la région est moins riche en terre agricole que le bassin du Saint-Laurent ou les Cantons de l'Est.Tellement \u2018que l'entreprise privée ordinaire n'aurait jamais fait ce que nous avons réussi, dit-il.L'entreprise étant trop difficile.Pensez aux fortes distances entre les fermes de notre région.par exemple.Le service aux membres passe avant le profit ici, et c\u2019est bien normal: c'est à eux la coopérative\u201d.En faisant de la sorte, la Coopérative a atteint un plafond dans sa production laitière et certains sociétaires songent maintenant à un regroupement avec une coopérative agricole, ce qui leur ouvrirait des marchés inaccessibles jusqu'à aujourd\u2019hui en raison de la production spécialisée.La corvée continue.EE ES pu ve - age, dk nh Sa Te Whe a "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.