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Titre :
L'avenir
Éditeur :
  • Montréal, Québec :[L'avenir],1847-1857
Contenu spécifique :
samedi 27 novembre 1847
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Sauvage
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L'avenir, 1847-11-27, Collections de BAnQ.

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[" -\u2014 > Vol.2.Montréal, Samedi 27 Movrembre, 1847.re ee L'AVENIR \u2019 ® P Co © ANNONCES.Paraît tous les Samuprs dans l'après-midi.Ou reçoit les ANNONCES tous les jours de 8ir.Æ-_ ABONNEMENT.) , x.à 6h.p.m.Les prix des annonces, quoique les Pour six mois, .Os 7 colonnes du journal soient plus larges que celles des Pour un an, Ce os.fy) : autres journaux, sont tes mêmes, et on fait es st invari 2 2 \u2018a= remises considérables sur celles pubhéces a tong L'abonnement est invariahlemeut payable d\u2019u Ç P Le vañve.> # 4 A - - 5 ¥ ™ 4 : .y ot Xe JOURNAL PUBLIÉ DANS LES INTERETS DE LA JEUNESSE.pus PA NE SOCIÉTÉ ÉDIGÉ PAR UN PUBLIÉ PAR UNE SOCIÉTÉ | \u20ac \u201c AVAIL TRIOMPHE DE TOUT.\u201d R | XF COMMANDITE DE JEUNES GENS.LE TR ¢ COMITÉ DE COLLABORATEURS ENCOURAGEMENTS DE LA JEUNESSE.LA PROMENADE DE BERNARDIN DE SAINT-PIERRE.T1 faut, pour étudier la nature, parcourir les différon- tes régions du globe, examiner et comparer les innombrables productions qui le couvrent, observer les mœurs, les usages des peuples qui l\u2019habitent ; et, pour ainsi dire, former dans sa pensée un abrégé de l\u2019univers.C\u2019est ce que fit pendant longtemps Bernardin de Saint-Pierre.Doué d\u2019une âme ardente, habile observateur et véritable philanthrope, il traversa les mers, séjourna parmi les hordes sauvages, parcourut les îles, les montagnes, les déserts de l\u2019Afrique, et, après avoir recueilli tout ce qu\u2019on peut trouver dans ces climats de curieux et d\u2019intéressant, il revint en France mettre cn ordre son travail, et publia les Etudes de la nature, qui l\u2019ont classé parmi les écrivains les plus distingués du dix-huitième siècle.Qui de nous a pu lire sans une émotion vive ct profonde, et ne relit souvent encore avec un nouvel intérêt la vie et les malheurs de Paul et Virginie?Quel tableau délicieux de l\u2019amitié, qui égalise tous les rangs et rapproche toutes les distances ! Quelles ravissantes descriptions de l\u2019amour le plus tendre senti dès le berceau, troublé par le désir, épuré par la décence et conservé jusqu\u2019à la mort ! Quelle effrayante et salutaire peinture de l\u2019ambition, qui l\u2019emporte sur la tendresse maternelle, et détruit à la fois deux familles que le sort avait réunies pour s\u2019entr\u2019aider et se chérir ! Oh! comment se défendre de blâmer Mme de La Tour, des\u2019intéresser à Paul et de pleurer Vieginie ?Cette ingénieuse et touchante production fit époque dans la république des lettres.Elle satisfit à la fois le poëte et le naturaliste, effraya les parents ambitieux, resserra les liens sacrés de l\u2019enfance et vengea cette portion de l\u2019humanité qui, par sa couleur, fit trop souvent deuter des sentiments dont elle est susceptible.T1 ne fut aucun noir qui ne voulût imiter Domingue ; il ne fut aucun blanc qui ne désirât un serviteur aussi fidèle.Paul et Virginie intéressèrent tous les rangs, tous les sexes, tous les âges ; les arts s\u2019en emparèrent et les reproduisirent dans leurs scènes les plus intéressantes.Les chefs de famille s\u2019empressèrent de donner à leurs enfants ces noms qui leur offraient de si doux souvenirs; en un mot, ce roman fut traduit dans toutes les langues vivantes, et son auteur eut la jouissance de le voir transporté jusqu\u2019aux rives lointaines où il en avait jeté les premiers fondements.Un succès conduit naturellement au désir d\u2019en obtenir un autre ; l\u2019amour des lettres est insatiable.Bernardin de Saint-Pierre, après avoir dépeint toutes les richesses de la nature, conçut le projet d\u2019y attacher ses lecteurs par le tableau d\u2019une félicité durable, qui s\u2019aceroit dans la vie privée et dans l\u2019obscurité ; il commença la Chaumière indienne.Livré à ce travail, auquel il portait une affection particulière, il sentit Lientôt que c\u2019était au milieu des champs qu\u2019il pourrait lui donner cette couleur locale, cette attrayante vérité, qui caractérisaient tout ce que produisait sa plume éloquente et facile: Il quitta donc Paris, et alla s\u2019établir au village d\u2019Étiolle, situé entre la Seine et la forêt de Sénart.Il habita le château dont le propriétaire, opulent et d\u2019un rang - élevé, mettait son bonheur à s\u2019entourer de littérateurs distingués et d\u2019artistes célèbres, dont il était à la fois l\u2019admirateur et l\u2019ami.Bernardin de Saint-Pierre était logé dans le même appartement qu\u2019avait autrefois occupé Colar- dean dans ce paisible séjour ; plusieurs inscriptions de la main de ce foëte aimable annonçaient que c\u2019était là qu\u2019il avait commencé son épitre d\u2019Héloïse à Abeilard, Cet appartement, construit dans une aile du château, s'en trouvait en quelque sorte séparé, ct formait une retraite délicieuse: elle dominait d\u2019un côté la ville de Cor- beil et ses jolis environs ; de l\u2019autre, elle offrait à sa vue une partie de l\u2019immense furêt, dont l\u2019aspect contraste si bien avec la plaine riche et variée où serpente la Seine, qui court offrir à la capitale les tributs des provinces les plus fertiles de la France.Tantôt Bernardin de Saint-Pierre allait s\u2019asseoir sur les bords du fleuve, et se laissait entraîner au charme se- eret d\u2019une méditation profonde ct d\u2019une douce mélan- eolie ; tantôt il portait ses pas vers la forêt de Sénart, et s\u2019abandonnait à tout l\u2019élan de son imagination brillante, en parcourant les ravins et les sites sauvages qui s\u2019offraient à ses regards.Cette promenade avait pour lui beeucoup plus d\u2019attraits que toutes les autres.Il croyait y retrouver ces mornes escarpés, ces déserts silencieux de l\u2019Afrique où tant de fois il avait médité sur les secrets de la nature, et donné l\u2019cssor à ses goûts solitaires.Se promenait-il dans un riant vallon, traversé par un ruisseau limpide, il se retrouvait à l\u2019Ile-de-France près de la rivière des lataniecs; gruvissait-il une colline cou- verie de vieux Arbres, à travers lesquels il apercevait la pointe d\u2019un clocher de village, il s\u2019imaginait parcourir les mornes du Port-Louis, et découvnr l\u2019église des Pamplemousses: rencontrait-il enfin deux cabanes de pâtres, à peu de distance l\u2019une de l\u2019autre, il s\u2019arrêtait, ému d\u2019attendrissement, croyait revoir les cases de Marguerite, de Mme de la Tour; et les échos, frappés soudain par les cris des bücherons ou des pasteurs, semblaient lui répéter les noms chéris de Paul et Virginie.Un jour d\u2019attomne, où le lever du soleil annonçait un ciel serein et la plus belle matinée, Bernardin de Saint- Pierre, attiré par le spectacle ravissant qu\u2019il s\u2019occupait à décrire, sort du village d\u2019Etiolle, et pénètre dans la forêt do Sénart, sans remarquer les \u2018différents sentiers qu\u2019il prenait au hasard.Après avoir marché pendant quelques heures, il voulut revenir au château, pour se trouver au déjeûner, qui réunissait ordinairement toutes les personnes qui l\u2019habitaient ; mais égaré dans sa route, par la réverie ou il était plongé, il suivit plusieurs détours qui le conduisirent insensiblement dans une espèce de la- byriuthe dont il ne put trouver l\u2019issue.T1 s'aperçoit alors, aux rayons du soleil qui dardent plus obliquement sur sa tête, que la matinée s\u2019avance : il fait de nouveaux efforts, ct parvient enfin à gagner une allée, ou plutôt une grande route, dont la longue perspective lui annonce qu\u2019il avait à cheminer bien longtemps avant d\u2019arriver à la lisière de la forêt.La fatigue et la faim ralentirent en ce moment sa marche incertaine, et le forcèrent à s\u2019asseoir sous uin chêne remarquable par sa grosseur, et qu\u2019entourait un banc de gazon.Après s\u2019être reposé quelque temps, il résolut de se confier au hasard et de suivre le grand chemin, qui lui semblait traverser en entier la forêt, quand tout à coup il entend résonner au loin le bruit du cor et les cris nom- bren£ d\u2019une meute qui paraît se diriger de son côté.Il attend done qu\u2019il passe près de lui quelque chasseur qui puisse Ini indiquer le chemin qu\u2019il doit prendre, et peut-être apaiser le besoin qu\u2019il éprouve de prendre quelque nourriture.Il ne fut point trompé dans son attente : plusieurs piqueurs et gardes-chasses qui faisaient une battue, arrivèrent au grand sentier où il se reposait : il les aborde et leur demande quelle est la route qui conduit aun village d\u2019Etiolle.\u201c Vous en êtes bien loin, répond l\u2019un d\u2019eux : vous touchez presque à la grande route de Melun; il y a deux lieues, au moins, d\u2019ici à votre destination.\u2014 Deux lieues ! reprend celui-ci ; ah ! je ne pourrai jamais les parcourir, si vous ne daignez réparer un peu mes forces épuisées par la fatigue et surtout par une soif dévorante.\u201d\u201d À pcine a-t-il prononcé ces mots, que tous les veneurs, parmi lesquels së trouvent plusieurs nègres, qu\u2019il remarque avec intérêt, s\u2019empressent de lui offrir ce qui peut le ranimer.Aucun d\u2019eux ne connaît cet étranger; mais ses traits vénérables, ses longs cheveux blancs flottant sur ses épaules, et ce son de voix si pénétrant, qui semble commander même en suppliant, tout leur impose et les intéresse.Ils l\u2019instruisent que les principaux propriétaires des environs se sont réunis dans une grande chasse, pour délivrer le pays d\u2019animaux sauvages qui le dévastent: et que la halte, selon l\u2019usage, ne tardera pas d\u2019avoir lieu sous le grand chêne où 1l se trouve assis.Pendant cet entretien arrivent en effet tous les chasseurs et leur suite, qui, satisfaits de leurs exploits, se disposent à les bien célébrer dans un repas champêtre, dont la gaîté doit, s\u2019il se peut, exciter encore l\u2019appétit des heureux convives.Les uns saluent le vénérable étranger, et se demandent vainement quel est cet inconnu ; les autres, sur le récit des piqueurs, l\u2019abordent, le font asseoir parnu eux, et ne songent qu\u2019à rendre à la vicillesse les hommages qui lui sont dus, lorsqu\u2019un nouveau chasseur, riche banquier de Paris, accourant à toute bride pour participer aux plaisirs de la halte, s\u2019arrête tout a coup, ct s\u2019écrie en se découvrant : \u201c Que vois-je ?M.Bernardin de Saint-Pierre!.\u201d\u201d A ce nom, tous les compagnons de ce dernier entourent le célèbre solitaire, et se félicitent d\u2019une aussi agréable rencontre ; mais, de tous les assistants, aucun n\u2019éprouve une surprise plus forte, une émotion plus vive, que les nègres qui font partie de l\u2019équipage de chasse, et qui, depuis longtemps établis en France, avaient lu tant de fois Paul et Virginie.Ils contemplent d\u2019abord, avec un saisissement respectueux, ce Bernardin de \u2018Saint-Pierre, l\u2019ami des noirs, leur éloquent défenseur, puis teut à coup ils s\u2019élancent vers lui, l\u2019environnent, le preæsent dans leurs bras.Ni le respect qu\u2019il inspire, ni Pépuisement de ses forees ne peuvent les arrêter: ils baisent ses vêtements, ses : ; ; z longs cheveux ; et le philantrope égaré, qui, peu d\u2019instants auparavant, se croyait seul et sans secours, est tout à coup entouré de nombreux amis, qui le comblent d\u2019hommages, et semble an souverain qui d\u2019un seul regard fixe les destinées d\u2019un peuple heureux qu\u2019enivre sa présence.; - Jamais halte ne fut plus délicieuse.La gaîté, la pt- quante saillie s\u2019unissent au sentiment.Bernardin de Saint-Pierre, entraîné lui-même par le charme d\u2019une = joyeuse réunion, s\u2019uhandonne à l\u2019enjouement le plus aimable.Comme tout ce qu\u2019il dit est brillant, expressif Ÿ comme on le recueille, comme on le répète avec empressement ! les nègres placés derrière lui se disputent l\u2019honneur de te servir.\u201c M\u2019appartenir, dit l\u2019un d\u2019eux ; mo l\u2019aîné d\u2019 tous z\u2019aut\u2019 et m\u2019* nommer Domingue.\u2014 Nom- là c\u2019est nom d'honneur, ajoutg un autre nègre : n\u2019aceor- der droit d\u2019 porter li, qu\u2019à bon noir, qui servir maître tant comme serviteur fidèle.\u2014 C\u2019est à caus\u2019 ça, reprend Domingue, femme a moi s\u2019appeler Marie, chien & moi s\u2019nommer Fidèle.\u201d A ces mots, il désigne un des pins.beaux limiers de la meute, et lui faisant signe d\u2019approcher, il lui dit : \u201cToi vite caresser bon vieillard-la, }écher mains à li ; si ben vengé pauvres noirs cont\u2019 méchants qui vl'é crâser nous\u201d\u201d Aussitôt le chien si biem nommé s\u2019avance avec crainte, et se couche aux picds de l\u2019auteur de Paul'et Virginie, qui ne peut résister à som émotion, et témoigue toute sa surprise.\u201cIl est bien juste, s\u2019écrie un des plus aimables convives, que Bernardin de Saint-Pierre, égaré dans les bois, reçoive les caresses de Fidèle.\u201d \u201cJamais, s\u2019écrie à son tour l\u2019heureux vieillard, en rendant au limier les caresses qu\u2019il lui prodigue, jamais je n\u2019éprouvai une ivresse aussi pure, aussi profondément sentie\u2026 Mais tous ces hommages si touchants, ce bonheur inexprimuble dont je suis entouré ne peuvent me faire oublier que je me trouve à deux lieues d\u2019Etiolle, et que l\u2019on y doit être, par mon absence, dans la plus grande inquiétude.Souffrez done, mes bons amis, que je m\u2019arrache d\u2019auprès de vous, afin d\u2019aller rassurer par ma présence les habitants du château, que j'ai quittés ce matin.Cette halte, dont je me souviendrai longtems, m\u2019a rendu toutes mes forces, et je puis me remettre ex route.Tout ce que je vous demande, c\u2019est de me faire accompagner par quelqu\u2019un qui connaisse assez bien la forêt, pour m'empêcher de m\u2019égarer encore.\u2014 Je vous offre mon cheval, répond un des chasseurs, et me charge de vous escorter moi-même.\u2014 Non, non, ajoute un autre, ma calèche est sur la grande route de Melun ; je vais la faire avancer, et vous accompagnerai jusqu\u2019aw château d\u2019Etiolle.\u2014 Pas b\u2019soin d\u2019chival, de calèche, s\u2019écrie un des nègres : bras à nous bons pour porter digne ami : nous v°lé prouver à li dans z\u2019aut\u2019 noirs être tout plein Domingues.\u201d An même instant ils abattent plusieurs branches d\u2019arbre dont ils forment à la Lite un brancard qu\u2019ils couvrent de mousse, ct qu\u2019ils ornent de feuillages.Ils y placent Bernardin de Saint-Pierre, chargent sur leurs épaules ce précieux fardeau, l\u2019emportent en fesant retentir la forêt de leurs chants d\u2019allégresse, et aux applaudissements réitérés de tous les assistants, qui retrouvent dans ce délicieux tableau celui qu\u2019avait décrit avee tant de charme Pauteur de Paul et Virginie.Cependant, ainsi que l\u2019avait prévu ce dernier, on était au château d\u2019Etiolle dans une inquiétude qui allait jusqu\u2019à la consternation.Non seulement ce vieillard célèbre, si cher à tous ceux qui le connaissaient, n\u2019avait point paru au déjeûner, où jamais il ne manquait de se trouver ; mais l\u2019heure du dîner approchait, et l\u2019on ne savait pas encore ce qu\u2019il était devenu.Vainement les maîtres du château et toutes les personnes qui les entouraient firent-ils des recherches dans les environs ; tout cc qu\u2019ils purent \u2018découvrir, c\u2019est qu\u2019on avait va M.Bernardin de Saint-Pierre, au lever de l\u2019aurore, traverser le village et gagner la forêt.\u201cSans doute, disait l\u2019un, il s\u2019y sera éraré : les rentiers y sont tellement multipliés, si difficiles à roconnaître ! \u2014 Peut-être, ajoutait un autre, est-il en ce moment exténué de fatigue et de besoin ?\u2014 Pourvu, dit un troisième, qu\u2019il n\u2019ait pas rencontré quelque bête féroce, quelque sanglier blessé.\u2014 Vous me faites frémir, repond la dame du château: allons tous à sa rencontre, et promettons-nous de ne revenir ici qu\u2019après avoir trouvé notre cher fugitif.\u201d Aussitôt hommes, femmes et enfants, maîtres et valets vont à la découverte, se distribuant à chacun un canton de la forêt, et se proposant d\u2019y faire une recherche générale ; mais à peine ont-ils parcouru quelques sentiers qu\u2019ils aperçoivent de loin, dans la grande allée qui aboutit au village dEtiolle, la marche triomphale qui s\u2019approchait.Elle cause au prémier aspect une vive iu- No.4.ath gy SEE PE \u2014 Sune ER. pm quiétude: chacun, en voyant Bernardin de Saint-Pierre porté sûr un brancard, le croit blessé, mourant, peut- être déjà privé de la vie; on n\u2019avance qu\u2019en tremblant, on craint de faire la moindre question : mais bientôt les eris de joie des nègres, et l\u2019ivresse empreinte sur la figure de leur vénérable ami, font passer dans l\u2019âme de tous ceux qui marchent à sa rencontre un ravissement qu\u2019il serait difficile d\u2019exprimer.Lui-même, trop ému en ce moment pour proférer une parole, s\u2019empresse de les \u201c rassurer du geste de la main, leur désignant ces bons noirs couverts de sueur, qui n\u2019avaient voulu céder à personne le bonheur de le porter ainsi pendant deux lienes entières, et qui vinrent enfin le déposer au château, d\u2019E- tiolle, où se réunirent tous les habitants du village, qu\u2019avait attirés ce délicieux spectacle.Bernardin de Saint-Pierre, trouvant alors la force de s\u2019exprimer, raconta ce qui lui était arrivé, dans sa promenade, et obtint sans peine le pardon de l\u2019inquiétude qu\u2019il avait causée à ses amis.Après avoir fait reposer les nègres, qu\u2019aurait humiliés l\u2019offre d\u2019une récompense, il leur avoua que de toutes les jouissances qu\u2019il devait à Paul et Virginie, il n\u2019en était point de comparable à celle qu\u2019ils venaient de lui fuire éprouver.Il les pria de lui laisser le brancard comme le plus cher monument de sa gloire ; et souvent le désignant aux jeunes littérateurs qui recherchaient sa présence, il leur disait : \u201cComment s\u2019effrayer des épines qui se trouvent à l\u2019entrée du Par- -Rasse ; comment craindre la longueur etla fatigue de la route, quand on a l\u2019espoir de se reposer un jour sous un pareil feuillage ?EDUCATION.' LES CONRAISSANCES LES PLUS UTILES SONT CELLES DONT ON A LE PLUS BESOIN.M.le Rédacteur.Pour que la société retire de l\u2019éducation tous les avantages qu\u2019elle peut lui offrir, il fant que cette éducation soit proportionnée à l\u2019usage que doit en faire chacun de ses membres.Les sciences sont un vaste dépôt où il ya des marchandises pour tous les besoins, des consolations pour toutes les douleurs, des fleurs pour tous les goûts.\u201d Mais si l\u2019on donne un habit à celui qui a faim, si on donne du pain à celui qui a froid, si l\u2019on donne un pavot à eelui qui veut une rose ; ni le froid ni la faim ne seront apaisés, ni amour pour la Yose ne sera satisfhite.De mênie, si eclui qui doit consacrer sa vic à eultiver les champs ne puise dans les sciences que l\u2019art de parler ct d\u2019¢crire correctement et avec\u201d élégance, ou de dire avec précision les bornes d\u2019un pays, la place d\u2019une ville, la quantité d\u2019or qu\u2019on a tiré d\u2019une mine ; je suis loin de croire que ces connaissances, toutes précieuses qu\u2019elles sont, soient celles qui doivent procurer à sa vie la plus grande somme d\u2019avantages que les sciences peuvent lui ofirir.Sile marchand et le mécanicien n\u2019ont étudié * montrer à que la versification ou les langues latine et grecque, je me sais si la versificalion rendra le dernier plus habile ; \u2014v=-s- ~~.or cr 4 TRILL LAVENIR-NOVEMBRA, 617 ao?premier jour de leur étude jusque dans le cours de leur vie?A peine le jeune homme et la jeune fifle ont-ils laissé le seuil de l\u2019école et repris le cours des travaux, que toutes ccs connaissances, dont a peine font-ils usage de temps à autre dans la vic, s\u2019oublient et s\u2019effacent.Ainsi les sacrifices des parents, le temps de la jeunesse, ce printemps de la vie, dont les heures sont si précieuses et si pleines d\u2019ospérance, ont été sacrifiées pour ne confier que des semences que vont emporter les eaux ou qui ne, produiront des fruits qu\u2019à de rares intervalles ; que des connaissances qui n\u2019ont que peu de rapport avec la vie de ceux qui les reçoivent, qui ne Jeur aideront nullement dans leurs travaux, et par conséquent dont ils ne sentiront pas l\u2019atilité et qui ne leur feront pas apprécier les bienfaits de l\u2019éducation.Pourquoi les hommes d\u2019état, les hommes de professions estiment-ils tant l\u2019éducation ?parce que ses connaissances leur sont d\u2019un usage journalier ; parce qu\u2019ils ne peuvent faire un pas sans en avoir besoin, parce qu\u2019à chaque instant ils les mettent en pratique ; parce que leur fortune en dépend ; parce qu\u2019entin ces connaissances sont celles dont ils ont besoin, sont celles dont ils se servent.Eh bien, en donnant l\u2019éducation aux cultivateurs et aux hommes de métier, donnons-leur une éducation proportionnée à leurs besoins, une éducation dont ils puissent faire usage, une éducation qui les guide et les éclaire dans les travaux de leur vie, ct non une éducation qui leur est inutile.Jamais le peuple n\u2019estimera les sciences que lorsqu\u2019elles seront pratiques pour lui, qu\u2019il en sentira l\u2019utilité, qu\u2019il en recueillera visiblement les fruits ; et en cela est-il si déraisonnable ?La masse du peuple de nos campagnes est cultivateur.Eh bien, que la plus grande partie de l\u2019instruction ait rapport à la culture, à l\u2019économie domestique, aux arts et métiers, comme la somme de l\u2019éducation des légistes a rapport au droit ; des commerçants, au commerce.Si en sortant de l\u2019école le jeune cultivateur pouvait son père à analyser les différentes espèces de terre que contient son champ ct lui en faire connaître les propriétés ; s\u2019il pouvait lui expliquer les diverses subs- : tances dont se composent ses herbes, ses grains et ses légumes et leur rapport avec l\u2019engrais de ses bestiaux ; s\u2019il pouvait lui dire ce qui manque à son champ pour produi- | re tels fruits ou tels grains ou ce qu\u2019il faudrait y ajouter; lui faire sentir la perte qu\u2019il souflre par le mauvais em- : ploi de ses engrais ; lui faire connaître les mélanges des | diverses espèces de terrains qui rendent le sol si fertile ; ainsi que les expériences heureuses qui ont été faites ! dans tous les pays: si le jeune homme lui-même, au lieu de ne voir dans la terre que \u2018du sable ou de l\u2019argile, y apercevant cet immense réservoir où circule en tous.sens des sues qu\u2019il peut détourner à son profit, qu\u2019il peut augmenter à son gré, qu\u2019il peut, pour ainsi dire, mesurer, peser et transformer ensuite en blés ou en légumes, en | arbres ou en végétaux ; si dans les arbres de son jardin\u2019 ou de son verger, au lieu de n\u2019y voir que du bois et des\u2019 feuilles ou des substances aussi brutes que la pierre, il y apercevait cette admirable circulation de la sève, cette! puissance, cette activité, cet accord de tous les agents de la nature, cette intelligence et cette soumission aux lois générales de la création, cette nutrition et digestion des plantes plus parfaites que celles des hommes et des ani- ' \u2018 ! .! dans son art ?ou si les mots grees ou latins apprendront (maux.En un mot, si dans toute la nature, au lieu de ne Ç au premier à mieux calculer ses profits ct ses pertes?Mais si le mécanicien a étudié les principes de la mécanique ; le marchañd, les connaissances utiles au commerce ; le cultivateur, la partie de la chimie qui a rapport à la composition ct décomposition des êtres organiques, base et analyse de l\u2019agriculture, s\u2019il connaît les expériences fructueuses que ln science a fait faire dans ce | bel art, tous trois auront la clef du trésor où ils veulent puiser, tous trois auront pris dans les sciences la part qui leur convient, celle qui doit les conduire à la prospérité.De même, si le magistrat ne voulait étudier que l\u2019agri- peu propres à remplir les devoirs de leur état.Ainsi donc est-il vrai que les connaissances les plus utiles sont cel- ; les dont ils ont le plus besoin et que c\u2019est un contresens + culture, le prêtre, la mécanique, l\u2019un et l\u2019autre seraient | et une absurdité de vouloir donner à toutes les classes de : la société une instruction basée sur les mêmes connaissances.Il est également contre l\u2019intérêt de la société et des individus d\u2019uccuper le temps court ct précieux de la jeunesse à étudier des sciences qui n\u2019ont que peu de rapport avec l\u2019autre partic de son existence, en négli- geaut celles dont elle devrait faire plus tard un usage journalier et pratique.C\u2019est pourtant.Ja unc de ces funestes inconséquences admises dans la plupart de nos écoles, mais que la raison doit démontrer et combattre.Dans plusieurs pays, mais particulièrement en Canada, forsqu'il s\u2019agit de l\u2019éducation du peuple, on sc contente d\u2019une éducation générale et indéfinie, en négligeant eetie instruction spéciale et pratique adaptée à ses besoins: et voilà pourquoi les sciences pénètrent si difficilement dans les classes laborieuses.Quérira jamais si on n\u2019en remonte pas a la cause, ou si on s\u2019obstine à la voir où celle n\u2019est point.10 À part la religion, on a semblé croire que la lecture, Pécriture, des notions de grammaire, de calcul, de géographie ou d'histoire, étaient tout ce que les sciences pouvaient offrir de plus précieux et de plus utile à la masse du peuple ou à tous ces jeunes gens qui ne peuvent recevoir leur éducation dans les grandes institutions col- légiules ou académiques.Mais où sont ceux qui ont jamais cherché sérieusement quelle était la valeur des fruits que la masse du peuple pouvait retirer de ces connais- C\u2019est un mal qu\u2019on ne voir qu\u2019une successionde mouvements qu\u2019il ne comprend pas et qu\u2019il ne cherche pas à comprendre, il y aperce- ; | vait la présence, la sagesse et la bonté du créateur de toutes choses qui se révèle aussi bien dans le grain de | blé et le parfum de la rose, que dans le mouvement des corps célestes, dans la lumière du soleil ou l\u2019activité de l'âme humaine : combien ces connaissances seraient pré-! cieuses pour le père et l\u2019enfant ! comme ils aimeraient à les consulter à chaque instant, à les faires présider à chu- cunc de leurs actions; oh! comme le peuple de nos campagnes estimerait l\u2019éducation, s\u2019il pouvait en faire un semblable usage!.Jusqu'au siècle dernier, l\u2019agriculture n\u2019a été, pour ainsi dire, qu\u2019un métier avec l\u2019habitude pour guide ; maintenant c\u2019est une science qui a pour règles les lois de la nature ; ct c\u2019est ln science que doit étudier les sept huitième du genre humain.Notre système d\u2019éducation ressent trop celui du moyen âge, où l\u2019instruction était proportion- néc aux besoins de ceux que le rang ou la fortune appelait aux professions, au gouvernement ou à l\u2019oisiveté.Mais aujourd\u2019hui que les sciences viennent aider la cause du peuple en travaillant à adoucir son art ; aujourd\u2019hui qu\u2019elles marchent d\u2019un pas rapide à l\u2019utilité universelle, il faut que l\u2019enseignement se conforme à leur progrès.\u2014 ' Echo de la Presse.L'AVENIR.or mn ape Laissons là ceux qui croient que le monde va crouler, parceque tout se remue et s\u2019agite autour d\u2019cux.MONTRÉAL, SAMEDI 27 NOVEMBRE, 1847.M.Alexandre Vattemare.: - Nous avons le plaisir d'apprendre par la lettre que l\u2019on trouverà plus basque cet ami généreux ct dévoué des ; être bien convaineu que c\u2019est du fond de m © 077 siter le Canada.M.Vattemare a écrit cette lettre à M.Huston, ci-devant bibliothécaire de l\u2019Institut Canadien, ; en réponse à une lettre que ce monsieur lui avait adres- | sée pour lui proposer de faire des échanges avce l\u2019Insti- ; tut, si les livres qu\u2019il a pour le Canada n°étaient pas des- \u201ctinés à quelques institutions particulières.Commc on le ; verra par la lettre de M.Vattemare, ce monsieur croyait, lorsqu\u2019il est parti de France, que l\u2019Institut, projeté par feu Lord Sydenham, avait été établi.Mais malheureuse- \u2018ment cette institution, pour l\u2019érection de laquelle le con- \u2018seil dc ville de Montréa! avait été autorisé à emprunter ' £50,000, cst restée à l\u2019état de projet.Par suite de l\u2019a- \u2018 pathie de ses citoyens pour cette grande œuvre nationale, :la ville de Montréal risque de perdre tous les avantages , qu\u2019elle retirerait du système d\u2019échange de M.Vattema- re.Cependant nous espérons que l\u2019Institut Canadien fera ; tous ses efforts pour remplacer autant que possible le grand Institut que M, Vattemare voulait fonder à Montréal en 1841.Cette jeune société, qui a tant fait en si ; peu de tems, peut rendre un grand service an pays, et a \u2018la jeunesse surtout dont elle est l\u2019œuvre et l\u2019organc, en réunissant des livres et des objets de l\u2019histoire naturelle \u2018du pays pour les offrir à M.Vattemare cn échange des livres qu\u2019il apporte pour le Cunada,et en se mettant en communication avec quelque société de Paris pour con- ,tinuer à faire annuellement des échanges de livres, de .cartes géographiques, de gravures, etc.Nous espérons que la jeunesse canadienne de Montréal fera, à M.Vattemare, une réception digne d'elle et du philantrope qui lui ouvrira une nouvelle ère, si elle veut profiter de ses conseils et mettre son système en pratique.: Nous le répétons, l\u2019Institut Canadien, organe de la jeu- \u201c nesse Franco-Canadienne, doits\u2019emparer du plan de M., Vattemare et le mettre à exécution; parcequ\u2019en dehors de cette société il n\u2019y a pour l\u2019avancement de la littérature dans le pays, ni travail, ni énergie, ni persévérance.L\u2019Institut Canadien doit le faire, dans son propre intérêt, dans celui du pays et pour l\u2019honneur de la nationalité qui paraît Ini être si cher.Nous publierons dans notre prochain numéro une lettre de M.Vattemare adressée, en 1846, à M.le comte de Salvandy, ministre de l\u2019instruction publique en France.Dans cette lettre, M.Vattemare trace Phistorique de son systéme, de ses travaux et de leurs résultats, Nos lee- teurs seront alors plus en état de juger du système de M, Vattemare et des avantages que le pays pourrait en retirer si on l\u2019adoptait immédiatement.Ci-suit la lettre de M.Vattemare adressée à M.Huston.Nous devons dire qu\u2019elle a été écrite à la hâte et qu\u2019elle n\u2019était pas destinée à Ja publication.Mais comme elle est d\u2019un grand intérêt public; le monsieur qui l\u2019a reçue nous a permis de\u2019la publicr.Burlington, le 15 novembre 1847.Mon cher monsieur, Depuis la réception de votre êté tellement occupé, tellemen m\u2019a été de toute impossibilité Je l\u2019aurais désiré.Permettez-moi avant tout, de vous exprimer ma vive reconnaissance pour tout ce que votre lettre contient de bienveillant pour moi et d\u2019intérét pour la cause au succès de laquelle j'ai voué mon existence, et veuillez é on cœur que Je partage pour le Canada tous les sentiments d\u2019attachement et de tendresse fraternelle que ma visite en 1841 y a fait naître, et croyez que je regarderai comme un des beaux jours de ma vie celui où j'aurai le bonheur de me trouver au milieu de vous, car je considère le Canada comme une seconde patric et les canadiens des deux origines comme des frères et des amis.Oh ! oui, mon cher monsieur, j\u2019ai foi dans l\u2019ardeur et le patriotisme de la jeunesse canadienne : l\u2019enthousiasme avec lequel clle répondit à mon premier appel, pour\u2019 jeter les bases de l\u2019établissement scientifique et littéraire que je lui proposais d\u2019élever à Montréal, m\u2019est un sûr garant de cc qu\u2019elle fera pour achever -l\u2019œuvre commencé sous de si heureux auspices.Elle peut compter sur les engagements pris alors par tout ce que le Canada possédait de plus illustre et de plus distingué ; tous voudront lui donner l\u2019exemple de.la fidélité avec laquelle on doit remplir un engagement aussi solennellement pris, tous voudront coopérer avec elle à l\u2019édification de ce temple de paix et d\u2019union dans lequel viendront s\u2019éteindre toutes ces vieilles rancunes de race et de parti, hors de date aujourd\u2019hui, et dans lequel les canadiens ne forment tous qu\u2019une seule et même famille, travaillant ensemble, à la culture des sciences et des arts, au bonheur et à la gloire de Nur commune patrie.Telle est, mon cher monsieur, l\u2019espérance qui soutient mou courage, et qui me fera faire tous les sacrifices, même celui de mon bonkeur domestique, le plus grand de | tous, si mes faibles efforts peuvent contribuer à l\u2019accom- | plissement d\u2019un si grand bienfait pour notre chère patrie.Je ferai znon possible pour être à Montréal vers le mois de mars, époque à laquelle l\u2019on m\u2019a assuré que je trouverais le parlement assemblé et probablement disposé à accueillir avec bienveillance l\u2019exposé de mon système que je prendrai la liberté de soumettre à l\u2019attention et au patriotisme de ses membres.Veuillez, monsieur, être l\u2019interprète des sentiments d\u2019estime et d\u2019admiration dont je suis pénétré pour les jeunes gens, membres de l\u2019Institut Canadien, et pour les lettre du 30 septembre, j'ai t accablé de travaux qu\u2019it d\u2019y répondre aussitôt que sances ?qui ont suivi pas à pas les jeunes gens depuis le { sciences et de l\u2019édacation, des peuples va de nouveau vi- généreux efforts qu\u2019ils font Four la propagation des .sciences et des arts, dites-leur qu\u2019ils possèdent toutes mes \u2014\u2014 sympathies, et que je ferai tout ce qui dépendra de moi pour doyner des preuves de tout ce que je ressens pour eux.\u2018 .: \u201cMalheureusement, tout ce qui m\u2019a été remis en France pour le Canada est destiné au parlement et à l\u2019Institut que l\u2019on croit exister à Montréal, conformément à la loi passée en 1841, et qui se trouve consignée dans le recueil de lois et ordonnances, publiés en 1845, et qui m\u2019a mis à même d\u2019obtenir un grand nombre de bons ct beaux .ouvrages offerts à cet Institut en marque des sympathies que sa création avait fait naître en France pour le Canada : maintenant, pour changer cette direction, je ne puis le.faire qu\u2019en le demandant, et ponrcela je serais forcé d\u2019avouer que J\u2019établissement n\u2019existe pas et je craindrais qu\u2019un tel aveu ne diminuât, aux yeux de la France, l\u2019estime ct l\u2019admiration qu\u2019avait excitée pour le Canada l\u2019érection - d\u2019un si glorieux édifice ; ainsi je préfère attendre que je sois sur les lieux, et là nous aviserons : mais Mon dernier mot cst que l\u2019Institut projeté en 1841 doit exister.\u2018Tel est le vœu lc plus utile que puisse former pour le Canada celui qui ne craint pas de se souscrire son ami le plus humble et le plus dévoué.ALEXANDRE VATTEMARE.4 Chronique.L\u2019on m\u2019invite à chroniquer ; bons amis, je ne saurais m\u2019y refuser, au moins pour aujourd\u2019hui\u2014Allons, j\u2019eutre- rai dans une nouvelle carrière pour en sortir bientôt, c\u2019est assez probable, \u2014 Toujours est-il que me voici dans un pays inconnu, ct, si je n\u2019ai fait une découverte, je ne m\u2019en trouve pas moins dans le pays étrange, singulier, bizarre et souvent burlesque du Journaliste ; mais ce qui plus est, me voilà avec un titre, et, s\u2019il n\u2019est vain, il n\u2019en est pas moins lc titre de.chroniqueur.\u2014D\u2019où me vient cet honneur?jen suis encore à chercher.Vraiment, il est des choses surprenantes en ce monde ; des choses mirobolantes, incompréhensibles, merveilleuses, admirables, terribles, épouvantables.Que d\u2019événe- mens dont la nature étonne, surprend, mystifie ! Que de faits inattendus et de genre nouveau ! Que de choses singulières dans cette pauvre vie !\u2014S\u2019imaginer que de rien on puisse faire quelque chose ; certes, certes, c\u2019est drôJatique ; penser que dans un instant tout puisse se changer, se bouleverser ; que ce qui est ne sera plus, et que ce qui n\u2019est pas puisse être ; voilà qui doit étonner et faire réfléchir! Dire que tel être qui n\u2019est rien peut tout à coup se voirhonoré d\u2019une certaine importance, ceci surprend ; pour notre part nous n\u2019y comprerons rien.Et qui pourrait comprendre cc qui se passe dans notre sphère ?Ah ! oui, pour cela, oui, les destinées de ce monde sont incompréhensibles et souvent trop drôles !.Tiens, mon beau, voilà un globe roulant sans cesse; sur un de ses côtés sont tracées les phases de ta vie ;-dire que ces phases indiquent une destinée de bonheur ou de malheur, voilà qui cst sérieux, et certes il n\u2019est pas toujours Men de vouloir les contempler ; ce sont des indices plus souvent mauvais que bons.Qu\u2019est-ce donc que la destinée ?Nous répondrons avec toute notre philosophie que ce n\u2019est rien moins que le sceptre d\u2019un maître absolu à qui touf le monde doit le plus grand respect.On sait trop que la volonté de ce maître, c\u2019est le fait qu\u2019à son gré tout peut changer ; que ce qui est blanc maintenant sera rouge dans un instant, et que ce qui est beau sera bientôt laid.Avec ce maître, on passe bientôt du sanctuaire de la paix sur les champs de bataille, et de citoyen paisible on devient chef d\u2019un parti agitateur dont on défend les droits, le mérite et la force.Sur son ordre, on quittera les haillons pour revêtir l\u2019habit à l\u2019épaulette et aux galons d\u2019or, et de charbonnier on deviendra général.Celui-ei abandonnera la charrue pour gouverner son pays ; celui-là quittera la férule pour le sceptre glôrieux, et le maître d\u2019école deviendra roi, etc.Voilà la destinée, c\u2019est la roue qui met en mouvement les idées qui nous font agir ; et c\u2019est à coup sûr la roue Au progrès par excelleuce, celle-là, la vapeur ne la passera jamais.Voila, voila ; que l\u2019on se tourne maintenant ! Réflexions faites, nous croyons ne devoir plus nous étonner de notre nouvelle situation.Mais le mal, c\u2019est que chroniquer ne nous va guères! Que faire ?Il est si peu de choses dont on peut s\u2019accommoder en ce monde ! Tous les titres sont vains, les hommes encore plus ; et puis, la vie n\u2019est qu\u2019un songe ; Mallebranche et plusieurs autres philosophes l\u2019ont reconnu.Rien ne peut, rien ne saurait satisfaire ; rien, absolument qu\u2019une chose, le bonheur.Nous ne sommes pas difficile ; seulement si l\u2019on pouvait le trouver partout ! Quolques-uns disent qu\u2019il se trouve nulle part: pas plus sur eau que sur terre, pas plus daus les bois que dans les airs.On ne sait encore si c\u2019est quelque chose qui vole, nage ou court.D\u2019autres plus savants disent qu\u2019il existe, mais bien haut, si haut qu\u2019il est invisible : allez donc le chercher au ciel! Oh! restons- en où nous sommes, il est inutile de former un vain espoir ; soyons plus\u2019 philosophes ; s\u2019il faut mourir mourons ; si l\u2019on doit \u2018vivre vivous; voilà, soyons toujours contents de notre sort, si l\u2019on ne peut faire autrement, bien entendu ; c\u2019est de la philosophie, ça, hein ! Cependant si l\u2019on voulait réfléchir et considérer un peu ce qui se passe autour de nous, on pourrait bien reconnaître qu\u2019en effet le défaut de tous, c\u2019est de n\u2019être jamais content.Horace avait raison de dire : Mécontent de son sort, de désirs tourmenté, « Chacun mandit la place où le sort l\u2019a jeté, \u201cpie n\u2019élaisje marchand ! dit vu vieux militaire, \u2018L\u2019AVENIR \u2014NOVEMBRE, 147.: = 155 AS oe Qui va d\u2019un pied boîteux fcgagnèr sa chaumière.Qu\u2019un guerrier est heureux ! s\u2019écrie avec douleur Le marchand menacé par Nepture en fureur, Il se bat, on le tue, il expire avec gloire ; On le manque, il triomphe et chante sa victoire! Le juge, qu\u2019un client éveille au point du jour, Soupire après la paix d\u2019un champêtre séjour ; Le fermier, qu\u2019un procès arrache à son asile, Croit que tous les heureux demeurent à la ville.Que sais-je et qui pourrait nombrer ces mécontents ?Scéva, le grand parleur, y perdrait tout son tems.Ne devons-nous pas rire de ces gens qui se croient tou- dirait, à les voir, qu\u2019ils croient trouver un bonheur parfait.Il est des tracasseries pour tout le monde, chacun en a et doit en avoir sa bonne part, nous comme les autres, c\u2019est malheureusement trop certain.\u2014 Le seul remède à tout cela, c\u2019est de bien savoir prendre les choses: c\u2019est la grande science.\u2014 Mais, mais, que faisons-nous ! nous voilà bientôt moraliste.Le plus drôle, c\u2019est que la leçon était d\u2019abord pour nous; il ne faudra qu\u2019en bien profiter.\u2014 Mais, cessons la morale pour parler nouvelles.Que dire, que raconter pour faire plaisir ?des riens, c\u2019est trop ancien, trop rebattu; du nouveau ! Pourrait-il en exister ; eertes oui, nous ne saurions nous plaindre du savoir quelles bornes donner à un article.Il serait impossible de vous dire tout ce qu\u2019on nous a narré de joli, tout ce que nous avons vu de beau; avec pareille source de caractères, d\u2019anecdotes, il y aurait ample sujet à faire l\u2019histoire des fragilités humaines.I faudrait un autre Aristarque que nous pour vous raconter, vous décrire ces impressions, ces ridicules, ces émotions, ces joies, ces amours, ces plaisirs, ces tendresses, ces affections, ces délices dont la variété embarrasse.Mais essayons de bien recueillir nos souvenirs ; et si nous ne nous trompons, les principaux nous viendront des salons où il y a eu explosion d\u2019enthousiasme à l\u2019aide de la musique et de la danse ; les autres s\u2019éveilleront au bruit causé par la force de Ja vapeur suscitée à l\u2019inauguration d\u2019un nouveau chemin de fer, ou encore aux cris répétés d\u2019elections, causés par un entrechoquement ministériel dont il doit résulter une dissolution de parlement ; peut-être ensuite en retrouverons- nous d\u2019autres, il en est tant de ces souvenirs qui se perdent.Maisentrons en matière ! Malgré ces tems de nouvelles funestes; malgré ces sombres nuages que les vents désastreux ont pu faire planer sur notre ville, on trouve encore moyen de chasser la tristesse, en organisant des cercles où les plaisirs sont en grand honneur, la musique en bon train, la gaîté aussi belle, aussi remplie d\u2019enjouement, aussi bruyante, aussi entraînante que jamais.Musique et danse ont repris leur route accoutumée ayant bon air, bonne mine et se promettant un voyage charmant ; aussi traverseront l\u2019hiver avec tout autant de sûreté et de satisfaction que les années précédentes.Déjà à certaines places on leur a fait un accueil nagnifique ; certes, qui oublierait le bal de charité, et surtout et par excellence la grande soirée de la Ste-Catherine ! , Nous ne pouvons parler beaucoup de la soirée donnée au profit des orphelins; mais le moins que nous puissions en dire, c\u2019est qu\u2019elle a été très agréable sinon très amusante.Nous sommes flatté d\u2019avoir pu reconnaître que le zèle des quelques dames qui ont fait tant d\u2019efforts pour lui donner lieu, ait eté admirablement couronné.Mais la Ste-Catherine, qu\u2019en dire ?Certes, c\u2019est à n\u2019en pas revenir de la joie, de l\u2019enthousiasme où nous a plongé cette grande, cette admirable, cette magnifique fête.Vous savez quels plaisirs, quelles jouissances on se forme à l\u2019idée seule qu\u2019on se décide à assister à pareille soirée ; cette fois, réellement, nous croyons que tous s\u2019étaient promis tout particulièrement de s\u2019amuser ; quant à nous, s\u2019il vous plaît, c\u2019était notre bonne intention.À chacun son bon tems, voyez-vous; et quant il nous vient, on ne saurait mieux faire que d\u2019en bien profiter.Il fait être cagot pour en agir autrement, à coup sûr.Et puis il y avait là si belle, si agréable, si charmante rattruction ! Mais suivez-moi ; entronsà l\u2019hôtel Donegana, vous êtes en toilette ?bien.Par un malheureux hasard, vous n\u2019auriez pas oublié vos gants blancs, non; alors tout est bien, entrons.À peine êtes-vousentré qu\u2019un domestique se présente, un vrai domestique de nuits, de soirées, un nègre ; vousle suivez jusqu\u2019à ce que, par un très pol here, sir, il vous iudique la chambre où se déposent pardessus, casquettes, elc.Là vous accommoder votre dignité de quelques coups de brosse, sans vous faire une distraction quelconque de ce que vous venez de voir; car vous auriez dans le moins à vous rappeler qu\u2019en passant près de la barre vous y avez aperçu quelques bonnes gens qui ne veulent pas admirer Vénus sans avoir rendu hommage à Bacchus.Mais laissez ces souvenirs ; qu\u2019ils ne vous préoccupent pas le moindrement en traversant le long corridor qui conduit à la salle de danse.Donnez votre carte et entrons.Quelle magnifique salle ! Elle est bien décorée, comme ces guirlandes et ces drapeaux sont bien disposés ! Ah les corps de musique sont à cetle extrémité ! Et à l\u2019autre, sur eetteestrade, ce sont les dames honoraires! Et que voit-on derrière cette estrade ?C\u2019est une buvetie, où, sans doute, les danseurs trouveront café, saiut-gris, limonade ; oui, c\u2019est cela.\u2014 Nous en étions à continuer nos observations, quand nous nous entendons appeler.Qu\u2019est ce?Ici, messieurs, que l\u2019on vous présente aux dames honoraires, s\u2019il vous plaît.Nous nous avançons pour recevoir de ces dames un salut gracieux auquel nous nous efforçons de, répondre tout de même ; jours poursuivis par le malheur ! Quelle idée bizarre ! On, manque de nouvelles de fuits intéressans; il en est à ne croyons-nous que ces maîtresses de bon ton et de grâces ee EN libre ensuite de nous promener en attendant la danse.: C\u2019est un peu après neuf heures que le bal s\u2019est ouvert ; à dix heures le gouverneur est arrivé accompagné de Lady Elgin et de sa sœur.Déjà, alors, la gaîté avait prisson essor et rayonnait sur toutes les figures.Un nouveau cotillon venait de se former ; mais il fallut pour un instant le retarder, avertis que nous füûmes par un harmonieux God save the Queen qu\u2019une autre figure allait prendre place.On forma donc deux rangs ; et bientôt on vit passer au beau milieu 8.E.et lady Elgin et sa sour accompagnées des dames honoraires.Ces nobles hôtes parurent très bien s\u2019amuser toute la soirée; on a même eu le plaisir de les voir danser.Certes à l\u2019activité dont S.E.fit preuve en dansant un reel écossais on eût dit, à le voir, d\u2019un vrai montagnard se trouvant en pleine Ecosse.Que n\u2019a-t-on proposé un Highland Fling?.Mais il ne fallait pas tout cela pour bien disposer S.E.car c\u2019était là un honneur chez soi, content et satisfait.Elle était aussi l\u2019expression marquée sur sa figure, quand vers une heure il s\u2019est retiré.Devons-nous parler de l\u2019ensemble de la salle?Comment vous montrer ce tableau vivant ! Comment vous représenter ces spectacles de cinq à six cents personnes riant, sautant, dansant! Comment vous peindre ces toilettes élégantes, riches, variées.Vraiment nous fesons mieux d\u2019y renoncer ; ce serait trop entreprendre que d\u2019essayer de redire ce que nous avons éprouvé à la vue de ce spectacle de genre nouveau.Pensez seulement au coup d\u2019œil enchanteur qu\u2019offrait cette foule Joyeuse ; admirez donc un peu ces personnes gentilles, gracieuses et aimables ; mais ne regardez pas ces pieds mignons, cette peau blanche, ce teint admirable, ces yeux noirs ; c\u2019est trop de charmes ! ; Que dire de la danse ?Jamais la danse n\u2019a-été aussi honorée ; chez quelques-uns elle a été poussée à l\u2019exaltation, ça été une vraie frénésie.Tout le monde dansait; il n\u2019est pas jusqu\u2019à votre serviteur qu\u2019avait auss osé s\u2019aventurer dans quelques quadrilles ou cotillons.Oh ! c\u2019est pour le coup que c\u2019eût été un vrai étourdissement si soudain l\u2019on eût été pris d\u2019une belle idée espagnole et qu\u2019on en fût venu à user les castagnettes! Si l\u2019on n\u2019a pas dansé la Mazurka ou la Redowa, le Bolero ou la célèbre Cachucha de Madrid et de Tolède, de Sarra- gosse et de Pampelune, parbleu! on n\u2019a pas oublié le quadrille et le cotillon, la valse et la polka.Nous aimons le Quadrille ; car tout en parcourant les figures, on a la satisfaction de pouvoir causeravec notre partner ; et pour qui sait en profiter ce n\u2019est pas peu.Le cotillon, ce vieil ami des salons, est aussi bien plaisant.Le cotillon stimulé, émoustillé, c\u2019est la gaîté même que cette danse.Que dire de la valse et de la polka?Peu de chose, car nous ne les connhissons \u2018guères.Cependant pour parler en leur faveur il nous faudrait de bien doctes leçons de Cellarius ou de Coulon, de Laborde ou de Coraly.I en est de ces danses, comme decertaines personnes; on ne peut se faire à leur caractère.Nous devrions dire un mot des dames; et pourtant nous n\u2019osons le faire.Les questions de mérite sont 81\u201d délicates à traiter.Nous ne saurions cependant oublier de dire que les dames Canadignnes qui ont assisté à cette soirée ont été plus que jamais très aimables, et quelques-unes bien charmantes.Jamais on n\u2019a eu à Montréal soirée publique plus amusante, plus agréable.Récllement nous devons savoir gré aux jeunes messieurs qui ont entrepris cette noble tâche d\u2019amuser leurs compatriotes.Nousdevons les féliciter surla manière admirable dont tout a été conduit.La table faisait honneur au bon goût de M.Donegana ; les mêts étaient des meilleurs, des mieux choisis et des plus succulents.Tout le monde est parti joyeux et le cœur satisfaits.Il y en avait là de tous les rangs et de toutes les classes; tous étaient contents.Certes, Ste-Catherine n\u2019aura pas seulement confondu les philosophes, mais aussi ceux qui ne croyaient pasè la grandeur, au plaisir d\u2019une fête canadienne ; ce n\u2019est qu\u2019à quatre heures du matin que la fête s\u2019est résumée aux cris de vive notre Ste-Catherine.Nous vous avons beaucoup parlé musique et danse ; maintenant parlons chemins de fer, car aujourd\u2019hui c\u2019est le grand sujet de.conversation.On ne peut aller nulle part, sans qu\u2019à nos oreilles on fasse sonner ce mot important, chemin de fer, chemin de fer de Lachine, chomin de Portland, etc., chemin de fer, chemin de fer, toujours chemin de fer.Avez-vous eu la curiosité de vous transporter à l\u2019extrémité sud-ouest de la rue St-Bcnaventure, vendredi de la semaine derniére ?Il y avait là une foule immense.Que se passait-il done d\u2019extraordinaire ?Il ne s\u2019agissait de rien moins que de l\u2019inanguration d\u2019un nouveau chemin de fer d\u2019ici à Lachine.Tous les premiers dignitaires ont bien voulu assister à ce spectacle ; le gouverneur, le bräve commandant Gore, les célèbres membres du ministère et bon nombre d\u2019autres ont bien voulu faire lessai de cette nouvelle voie ouverte au progrès.Le voyage n\u2019a été suivi de rien moins que d\u2019un gala donné à l\u2019hôtel Donegana ; il y a eu, comme de raison, force foast et speech, et le gouverneur en a donné sa bonne part.Voilà l\u2019élan donné ; voilà un grand pas de fait.Le commerce se ressentira bientôt du bien que peuvent faire ces chemins de fer ; pour notre ville c\u2019est une porte d\u2019ouverte au progrès Ces grandes entreprises font le bien de tous ; par elles seules l\u2019argent peut cireu- ler facilement.A nous tous, done, d\u2019encourager ce qui peut fuire notre bien.On parle beaucoup d\u2019une dissolu- tion ; nous pourrions presque dire qu\u2019elle est annoncée.* C\u2019est dènc cela, que ces pauvres ministres se promènent \u2018 tant FOn les voit partout, on les trouve partout, et toujours ailleurs que là où ils doivent être.- S\u2019ils se conten- * 1] \u2014 24 1; AVENIR~ NOVEMBRE, 1847.\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014 taient de ne rien faire ; mais ne s\u2019amusent-ils pas à jouer des tours, des tours assez sérieux.Et chose effrayante, étrange, incompréhensible! c\u2019est M.Turcotte qui en est la victime ! On avait assuré à cet illustre éteignoir que samedi dernier sortirait la proclamation de dissolution.Aussi, il ne perd pas un instant ; vite il compose des speech qu\u2019il se propose d'aller débiter aux habitans d\u2019Yamaska le dimanche suivant.Que fait-il ?Il se rend à Sorel, attendant avec patience l\u2019heureuse nouvelle ; mais, à malheur ! on l\u2019a trompé ; point de proclamation ce jour-là ; reste donc encore un voyage a faire.Pourquoi maltraiter ainsi un homme qui se dévoue corps et âme pour rendre service a l\u2019administration?Pourquoi, ministres ingrats, jouer ainsi le tour à un homme aussi zélé, aussi dévoué, \u2018et toujours prêt à sacrifier le peu d\u2019honneur qui lui reste ?Ah! c\u2019est toujours la même justice dans tous vos actes ! Mais, gare a vous; car rira bien qui rira le dernier! Louis DE MiRECŒUR.La huitaine.\u2014 11 st passé trés pen de chose d\u2019important durant la semaine, si ce n\u2019est les rumeurs d\u2019élections qui se continuent et se propagent par milliers.On parle maintenant de MM.Drummond et Tully comme devant se contester l\u2019élection du comté de Beauharnais.Les autres rumeurs sont à peu près celles que nous avons mentionnées dans notre dernière feuille.On disait que le Major Campbel! devait se présenter anx électeurs du comté de Rouville, mais ce monsieur a contredit ce bruit dans une léttre adressée à la Minerve.\u2014 C\u2019est avec le plus grand plaisir que nous voyons qu\u2019il y a eu une assemblée monstre hier soir des commnis- marchands détailleurs de cette ville afin de former une association dans un but de bienfaisance mutuelle.Il y avait à cette assemblée le plus grand nombre de commis qui se soit jamais assemblé en corps à Montréal, Quoique l\u2019assemblée ait été convoquée d\u2019une manière tout à fait anglicane, nous sommes fiers de voir qu\u2019il y avait un grand nombre de commis canadiens, ce qui fait voir qu\u2019ils ne\u201csont pas indifférents sur ce qui peut les intéresser.Les bases de la société ont été adoptées ct elle a reçu le nom de Société Amicale des assistants détailleurs.L'union, l\u2019égalité, l\u2019amitié la plus fraternelle et la plus complète a régné tout le tems.Des discours ont été prononcés en français et eu anglais, et le tout s\u2019est passé dans le meilleur ordre possible.Tous les partis, les dis- pu tions d\u2019origines et de races étaient confondus ensem- e.\u2014 Les Mélanges d\u2019hier soir terminent un article intitulé L\u2019Avenir du Canada, comme suit : \u201c Nous croyonsque ceci suffira pour convaincre nos frères de la Louisiane et notre confrère du Courrier en partieu- lier que le Canada n\u2019aspire nullement à se faire incorporer àla république voisine; qu\u2019au contraire il ne demande pas mieux que de demeurer sous la protection du drapeau britannique, surtout lorsqu\u2019il a en vue une union fédérale de toutes les provinces anglaises nord-américaines, qui devra rendre aux Canadiens-Français ce que l\u2019Acte d\u2019Union du Haut et du Bas-Canada leur aurait ravi.\u201d Nous aimerions bien a savoir où l\u2019éditeur des Mélanges a conçu cette belle idée que les canadiens-français gagneraient par une union fédérale des provinces Britanniques Américaines ce qu'ils ont pu perdre par l\u2019union du Haut et du Bas- Canada et qu\u2019ils]a désirent.Nous n\u2019avons pas le tems de discuter cette question aujourd\u2019hui, mais nous donnons cet extrait laissant à nos lecteurs de le juger.Nous y reviendrons peut-être.\u2014 La Gazette du Canada d\u2019aujourd\u2019hui contient la nomination de L.E.Dubord écr., comme agent des biens des Jésuites pour le district des Trois-Rivières.Point de proclamation de dissolution encore, Mariage.En cette ville, mercredi 24 du courant, par le Révérend M.Fay, M.Laurent Ovide Dufresne, commis-marchand, a Dlle.Marie Euphrésine Pattenaude, tous deux de cette ville.LE REPERTOIRE NATIONAL OU RECUEIL DE Litterature Canadienne.On peut s\u2019abonner à cette publication chez MM.Fabre et Cie, à la Chambre de lecture de l\u2019Institut-Canadien, à l\u2019Hôtel du Canada et à l\u2019Hôtel de Québec, ou en s\u2019adressant franc de port à MM.Lovell et Gibson.Montréal.\u201420 nov.\u201c Societe Mercantile d\u2019Economie.La prochaine assemblée mensuelle de cette société aura lieu MERCREDI le PREMIER décembre prochain à la chambre-de-nouvelles de l\u2019Institut-Canadien à huit heures P.M.Il y aura assemblée des directeurs le 10 et le 20 de ehaque mois à compter d\u2019aujourd\u2019hui.A.MOUSSEAU, président.Ts J.B, E, DORION, secrétaire, Montréal, 15 nov.1847.; LE REPERTOIRE NATIONAL, \u2018RECUEIL DE LITTERATURE CANADIENNE.* Les che(s-d\u2019œuvre sont rares et les écrits sans défaut sont encore à naître >\u2019 (Le Canadien de 1807.) Prospectus.Nous soumettons aujourd\u2019hui, au public Canadien, le projet d\u2019une compilation, qui, suivant l\u2019avis d\u2019un grand nombre d\u2019hommes instruits, devra être très utile aux jeunes gens studieux, aux écrivains du Canada, et très intéressante pour les personnes qui aiment la littérature nationale et qui voudront étudier son enfance, ses progrès et son avenir.Ç Nous voulons donc réunir dans deux volumes les meilleures productions des littérateurs Canadiens, maintenant éparses dans les nombreux journaux franco-canadiens qui ont été publiés depuis un demi-siècle.Après avoir fait de longues et soigneuses recherches, et consulté des écrivains distingués, nous sommes con- vaineus, et nous le disons sans crainte d\u2019être démenti plus tard, que la républication d\u2019un bon choix des meilleurs écrits Canadiens fera certainement honneur au pays et à scs écrivains.La littérature Canadienne, il est vrai, nese compose encore, pour ainsi dire, que de simples essais, en vers ou en prose, pour la plupart l\u2019œuvre de jeunes gens dont le goût n\u2019était pas encore bien formé, ct que les études et la connaissance du monde n\u2019uvaient pas encore müris.Mais au milieu des défauts de composition, et souvent des incorrections de style, le talent étincelle et brille, comme l\u2019électricité à travers de légers nuages.Grand nombre de ces essais, toutefvis sont évidemment l\u2019œu- vre d\u2019hommes au goût sévère, aux fortes études, aux vastes connaissances, qui se sont inspirés des beautés du pays, des belles mœurs du peuple, ct d\u2019une nationalité naissante et déjà combat'ue.: A part quelques volumes et quelques pamphlets, tous ces essais se trouvent enfouis dans les énormes volumes des journaux périodiques.Jetés sur des feuilles politiques, comme quelques fleurs dans un gouffrè, ils-ont dis- jaru pour toujours, si une main amie ne les retire de Poubli pour les faire revivre sous unc forme plus légère, plus gracieuse et plus utile.4 Nous pensons qu\u2019outre le mérite de retirer de l\u2019oubli, comme nous venons de le dire, des écrits d\u2019un grand mérite sous le rapport national, le RÉPERTOIRE aurait aussi leffet d\u2019engager un bon nombre d\u2019écrivains éminens à reprendre leurs travaux littéraires, et tous les jeunes gens à travailler avec énergie à éclipser leurs devanciers.Car nous le tenons pour certain, ce qui jette le dégoût dans l\u2019ame des écrivains Canadiens, c\u2019est de voir le fruit de leurs études et de leurs travaux passer avec les journaux périodiques dans un oubli éternel.Mais lorsqu\u2019ils auront l\u2019espoir d\u2019être tirés un jour de ce triste oubli et de trouver place dans le RÉPERTOIRE NATIONAL, qui pourra être continué d\u2019époque en époque par les amis de leur pays, ils travailleront davantage et mieux.Quand à nous, si par nos recherches nous pouvons ajouter un nouveau fleuron à la couronne nationale, nous serons amplement récompensé de uos veilles et de notre labeur.: NOTRE PLAN.+ .Le RÉPERTOIRE NATIONAL formera un recueil des meilleurs écrits publiés en Canada.Le recueil se composera de deux volumes de 384 pages, imprimés sur beau papier et avec de beaux caractères, dont le présent prospectus est un échantillon.Le recueil sera publié par livraisons.Il en sortira une de 32 pages octavo tous les quinze jours.\u2019 Les écrits porteront la date de leur première publication, et seront insérés dans le RÉPERTOIRE, sans subir \u2018aucun changement, afin que le lecteur puisse juger du mérite intrinsèque des auteurs, et comparer les progrès qu\u2019a faits la littérature à différentes époques.Pour bien faire connaître ces différentes époques, il sera nécessaire quelquefois d\u2019insérer des écrits de peu-de mérite, mais alors le nombre en sera très restreint.Lorsqne les noms des auteurs seront connus ils seront mis en toutes lettres, au bas de leurs productions.; Chaque volume sera accompagné d\u2019une table alphabétique des matières y contenues.Le prix sera de QUATRE PIASTRES pour 'ouvrage, ou Dix chelins par volume, payablesaprés la publication de la premiére livraison de chaque volume.Des listes de souscription seront déposées chez les principaux libraires de Québec et Montréal, et au cabinet de lecture de l\u2019Institut-Canadien.La publication sera commencée aussitôt que deux cent cinquante souscripteurs auront inscrit leurs noms sur les listes.Et le compilateur s\u2019engage à compléter les deux volumes, une fois qu\u2019il en aura commencé la publication.S\u2019adresser franc de port, au soussigné, chez MM.Lovell et Gibson, Montréal.J.HUSTON, \u2018 Membre de l\u2019Institat-Canadien.Les journaux qui reproduiront ce Prospectus auront droit à un exemplaire du Répertoire.LE VERITABLE PORTRAIT == S.S.PIE IX.9 PEINT D'APRÈS NATURE, A ROME, EN 1847, ET GRAVÉ SUR GRAND PAPIER DE CHINE.28 pouces de haut sur 22 de large.EPS A SA AE A A AAA CETTE MAGNIFIQUE GRAVURE, Copie fidèle d\u2019un des plus beaux chefs-d\u2019œuvre de l\u2019école Italienne, sera bientôt mise en vente chez les soussignés.L'intérêt toujours croissant qui entoure aujourd\u2019hui LE GRAND APOTRE DE L\u2019EGLISE ET DE LA LiBERTE, S.S, PIE IX, ne peut qu\u2019inspirer le plus vif désir de posséder le portrait D\u2019UN si ILLUSTRE PONTIFE.Les grandes dimensions et le mérite artistique de cette gravure lui mériteront, sans doute, la première place dans les salons de nos concitoyens.CHAPELEAU Er LAMOTHE, Rue Notre-Dame, vis-à-vis le Séminaire.Montréal, 20 novembre 1847., AVIS.TOUTES personnes ayant à leur soin ou possession aucun ARGENT, MARCHANDISES, BIENS-MEU- BLES ou EFFETS qui auraient ci-devant apppartenu à des Emigrés, maintenant MORTS, ou appartenant maintenant à des Emigrés MALADES, sont par les présentes réquises DE LES LIVRER sans délai au soussigné, qui a dûment été autorisé par Son EXCELLENCE LE GOUVERNEUR-GÉNÉRAL EN CONSEIL, en date du 25 Octobre courant, à recevoir ces Argents, Marchandises Biens Meubles et Effets.\u2019 JOS.CARY, Dép.Inspecteur- Montréal, 13 Novembre 1847.P P Gen.Les propriétaires de Journaux dans la province publieront trois foix l\u2019avertissement précédant dans leurs journaux respectifs.Ceux qui publient en langue française le feront en cette langue.P GENDRON, IMPRIMEUR, No.24, Rue St-Vincent,\u2014 Montreal.OFFRE ses plus sincères remerciments à ses amis et an publie pour l\u2019encouragement qu\u2019il en a reçu, depuis qu\u2019il à ouvert son ATELIER TYPOGRAPHIQUE, et prend la liberté de solliciter de nouveau leur patronage, qu\u2019il s\u2019effür- cera de mériter par le soin qu\u2019il apportera à l\u2019exécution.des ouvrages qui lui seront confiés On exécute à cette adresse, toutes sortes d\u2019impresions telles que :\u2014 Livres, PAMPHLETS, - CATALOGUES, BILLETS D\u2019ENTERREMENT CARTES D\u2019ADRESSE, CIRCULAIRES, \u2019 CHEQUES, POLICES p\u2019 ASSURANCE, TRAITES, CARTES DE VISITES, CONNAISSEMENTS, ANNONCES DE DILIGENCES, PROGRAMMES DE SPECTACLE, ETc.Lec tout avec goût et célérité.Tout le matériel de son établissement est NEUF, acheté depuis 5 ou 6 mois seulement.: PRIX TRES REDUITS.CONDITIONS DU JOURNAL.L\u2019venir paraît tous les samedis dans l\u2019après-midi sous les auspices d\u2019une société en commandite de jeunes gens.Le prix d\u2019abonnement est de dix chelins par année, payables par semestre d\u2019avance.On ne s\u2019abonne pas pour moins de six mois.: Toute personne fournissant six abonnés, pourra devenir agent et recevra la journal gratis.Le journal est rédigé par un comité de collaborateurs.Les communications etc, doivent être adressées au directeur de la société, affranchies et munies d\u2019une signature responsable.,_ On recevra les abonnements au bureau du journal chez M.P.GENDRON, no.24, rue St.Vincent ; a la cham.bre-de-nouvelles de l\u2019INsTITUT-CANADIEN, no.25, rue St.Gabriel; chez MM.E.R.Fasre, et Cie ; ainsi que chez les agents ci-dessous : AGENTS DE L\u2019AVENIR.Québec, .8S.Drareav.Trois-Rivières, .\u2026 P.Nourie Champlain, ., .À.J.ManTINEaU.Berthier, .-.P.J Guirrs, Ste.Anne de la Pérade, .L.Bureav.Sorel, .+.J.B.LAMÈRE.St.Ours, .+ + + Jos.GERMAIN.St.Jean Dorchester, .«J.MARCHESSEAULT.St.Hyacinthe, .+ J.C.BACHAND.Imprimé pour les propiiétaires par P.GExDRON, imprimeur, No.Rue St.Vincent, où l\u2019on pourra laisser tous crêtes, annosece, "]
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