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Titre :
Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec
Éditeur :
  • Montréal :Société des professeurs d'histoire du Québec,1988-
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 2015-03, Collections de BAnQ.

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mouvement Apprentissage et enseignement par concepts Recherche au 1\u201c cycle du secondaire Félix Bouvier, Sandra Chiasson Desjardins et Pascale Couture 20 L'Histoire, nom féminin qui se conjugue généralement au masculin \u2014 L'agentivité historique des femmes et la classe d'histoire Marie-Hélène Brunet 23 Ménagères au temps de la Crise de Denyse Baillargeon, un ouvrage de référence toujours pertinent Chantal Rivard 29 En page couverture Le parquet de la Caisse de dépôt et placement du Québec, dans le Quartier international de Montréal.Plus d'information en page 28.Photo © Lucie Laguë Revue de la SPHQ | Printemps 2015 mmaire Entrevue avec Jacques Mathieu Le lauréat du prix Gérard-Morisset 2014 répond à nos questions Raymond Bédard 17 Destination Montréal 375° Les Juifs de Montréal Geneviève Goulet et Raymond Bédard 33 Bourses de la SPHQ Retour en photos 13 Quoi de neuf ?Coté livres 37 Côté musées 39 TRACES | Volume 53 no 2 1 2 TRACES | Volume 53 no 2 La Société des professeurs d'histoire du Québec (SPHQ) a été fondée à Québec le 20 octobre 1962 l'initiative du professeur Pierre Savard (1938-1998), secrétaire de l\u2019Institut d'histoire de l\u2019Université Laval, avec la complicité du professeur Marcel Trudel (1917-2011), de la même institution, et de l\u2019abbé Georges-Étienne Proulx (1921-1998).La SPHQ a pour mission de promouvoir l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, sous tous ses aspects auprès de ses membres et de la population en général, et de contribuer à assurer l\u2019information et le développement professionnel de ses membres.À cette fin et par son expertise, elle peut mener des campagnes d\u2019information et d'éducation, faire des représentations et des recherches concernant l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, développer des alliances avec d\u2019autres organismes et prendre tout autre moyen jugé utile pour réaliser cette mission.La revue 7races vise à assurer la diffusion de l\u2019information et le développement professionnel des membres de la SPHQ.Elle se veut un outil de perfectionnement pour tous ceux que l\u2019enseignement de l\u2019histoire intéresse, et le promoteur de l\u2019enseignement des sciences humaines au primaire et de l\u2019histoire au secondaire.Le nom Traces a été choisi pour rappeler les fondements de l\u2019Histoire qui se construit à partir des preuves de la présence des humains et de leur société dans le passé.Il rejoint, en second lieu, l'empreinte particulière laissée par l\u2019enseignement de l\u2019Histoire sur l\u2019individu qui le reçoit.Il évoque finalement l\u2019action et l'influence passées et présentes de la SPHQ dans le domaine de l\u2019Histoire et de son enseignement au Québec._P TE Comité de rédaction : Raymond Bédard, Félix Bouvier, Marc-André Éthier, Geneviève Goulet Révision des textes : Suzanne Richard Infographie : Lucie Laguë, Sandrine Bédard Impression : Imprimerie des Éditions Vaudreuil, 2891, du Meunier, Vaudreuil- Dorion, Québec, 17V 8P2 depuis 1967 Société des professeurs d'histoire du Québec spha.recitus.qc.ca Publicité : Raymond Bédard raymondbedard@hotmail.com Abonnement et distribution : Louise Hallé lhalle2@videotron.ca Site Internet : Pascal Debien Dépôt légal : Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada, ISSN 0225-9710.Envoi de publication no 40044834.Port de retour garanti.Date de parution : mars 2015 Indexé dans Repère.Reproduction autorisée avec mention de la source, à moins d'avis contraire.Les opinions exprimées dans les articles publiés dans ce numéro n\u2019engagent que la responsabilité de leurs auteurs.Les titres, textes de présentation, encadrés, illustrations et légendes sont de la rédaction.Correspondance Revue Traces de la SPHQ 1319, chemin de Chambly, bureau 202 Longueuil (Québec) J4J 3X1 Publicité : raymondbedard@hotmail.com Site Internet : http://spha.recitus.qc.ca/ Adhésion annuelle à la SPHQ avec 4 numéros Individu : 65 S Institution : 75 $ Retraité ou étudiant : 35 S Frais de poste et de manutention inclus Revue de la SPHQ | Printemps 2015 Laisser de lame 5 res dan l'inporan tideprolé époque I des docin d'nterpe objet pl 1795 par} américain en décen Défments be tem pièces de CUVE av offi, ¢ Que celle our con placer da l'an 20is Changer Lens Tis dy Spon age fy SOUS form Phi Emig Reve Pegs, | ary Trigg gs Mere Membre; sg; des ¥en P Li Else eee See Teme go \"51e dore Bédo Für ii Goya Chard ne Bédard fins Urey lise Hall his êque et onde a cles ntquels os Hes, ilustrations mil com oe Auer inchs temps 108 Cs omit Pere a Mot du président Laisser des traces pour l\u2019histoire I! arrive souvent, en classe ou lors d\u2019une sortie avec les élèves dans un musée d\u2019histoire, que l\u2019enseignant souligne l\u2019importance de conserver des documents ou objets anciens et de protéger des lieux historiques car ils témoignent d\u2019une époque.Il en va de même quand les élèves travaillent sur des documents écrits ou visuels afin de caractériser et d'interpréter une période historique.La boîte avec des objets placés délibérément pour la postérité, enterrée en 1795 par Paul Revere, héros de la guerre d\u2019indépendance américaine, et Samuel Adams, et découverte à Boston en décembre dernier lors de travaux de réfection de bâtiments du Congrès de l\u2019État du Massachusetts, est un bel exemple de l\u2019importance de laisser des traces.Des pièces de monnaie en cuivre et en argent, une médaille en cuivre avec le portrait de Georges Washington, un sceau officiel, des cartes à jouer, des journaux, autant d\u2019objets que cette capsule témoin laisse aux générations futures pour comprendre son histoire.Quels objets devrait-on placer dans un telle boîte pour témoigner du Québec de l\u2019an 2015 ?Changement de garde au MELS Le passage relativement court et pour le moins controversé d\u2019Yves Bolduc au ministère de l\u2019Éducation, des Loisirs et du Sport aura au moins permis de maintenir le cap des changements souhaités par les enseignants en histoire du Québec et dont le nouveau programme sera implanté sous forme de projets pilotes dès septembre prochain dans plusieurs écoles secondaires à travers la province.La démission du ministre de l\u2019Éducation Yves Bolduc et son Revue de la SPHQ | Printemps 2015 Raymond Bédard Enseignant d'histoire au 4° secondaire lus que jamais l\u2019enseignement de l\u2019histoire joue un rôle important pour aider l\u2019élève à mieux comprendre et mettre en perspective les évènements qui façonnent l\u2019actualité au pays et à l\u2019étranger.Les attentats de Paris au Journal satirique Charlie hebdo et dans une épicerie juive, le 70° anniversaire de la libération du camp de la mort d\u2019Auschwitz, la prochaine décision de la Cour suprême du Canada sur la possible obligation constitutionnelle de l\u2019Alberta d\u2019adopter et de publier ses lois en français et en anglais, sont autant de sujets qui méritent d\u2019être analysés sous l\u2019angle de l\u2019histoire afin de garder un regard critique et nuancé.retrait de la vie politique ont amené le premier ministre Philippe Couillard à trouver rapidement un remplaçant à ce poste-clé du gouvernement.C\u2019est François Blais, ex-ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, qui prend la relève au moment où les négociations entre les enseignants et le gouvernement entrent dans une phase cruciale.Docteur en philosophie et ex-doyen de la faculté des sciences sociales de l\u2019Université Laval, François Blain semble avoir un meilleur curriculum pour diriger ce ministère, malgré une courte expérience en politique.Cependant, la période de grâce généralement accordée à un nouveau ministre risque d\u2019être brève compte tenu de la situation économique qui semble dicter l\u2019orientation du gouvernement.Est-ce que le retour au sein d\u2019un seul ministère ceux de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur permettra une réflexion sur la formation des maîtres comme le souhaitent plusieurs ?La question est posée.Congrès 2015 C\u2019est avec enthousiasme que la SPHQ prépare son 53° congrès qui aura lieu les 22 et 23 octobre prochain à l\u2019Hôtel Estrimont Suites & Spa à Orford dans le site enchanteur des Cantons de l\u2019Est.Afin de souligner le 75° anniversaire de l\u2019obtention du droit de vote des femmes au Québec, nous accueillerons en conférence d\u2019ouverture Mme Lorraine Pagé qui s\u2019est particulièrement illustrée comme présidente de la CEQ (aujourd\u2019hui CSQ) dans les années 1990.Pour notre soirée du jeudi, le chansonnier Alexandre Biard viendra interpréter ses chansons sur l\u2019histoire du Québec qu\u2019il a écrites avec la collaboration de l\u2019historien Gilles Laporte.Belle soirée en perspective.Le TRACES | Volume 53 no 2 3 comité organisateur s\u2019affaire donc à peaufiner ce rendezvous annuel avec des ateliers stimulants et pertinents accompagnés d\u2019un salon des exposants inspirants.Plus de détails dans le prochain numéro.Parlement des jeunes Le 22 janvier 2015, se tenait à l'Assemblée nationale du Québec la 13° Législature du Parlement des jeunes.À la fin de l'événement, la SPHQ a remis deux bourses à des élèves s'étant démarqués lors des débats parlementaires (Plus d'information en page 22).Traces Dans ce numéro de Traces, nous avons voulu souligner le 70° anniversaire de la libération d\u2019Auschwitz par un extrait du récit bouleversant de Michael Kurz survivant de l\u2019Holocauste qui habite aujourd\u2019hui Montréal.Pour notre nouvelle rubrique Destination Montréal 375°, nous avons cru bon de tracer un portrait de la communauté juive de Montréal des premiers arrivants avec la Conquête de 1760 jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.L\u2019historien Gilles Laporte rappelle la difficile naissance du drapeau canadien, il y a maintenant 50 ans.Le lauréat du prix Gérard-Morisset des prix du Québec 2014 catégorie culture, l\u2019historien Jacques Mathieu répond à nos questions.Chantal Rivard souligne, malgré sa parution il y déjà 24 ans, la pertinence de l\u2019ouvrage de Denyse Baillargeon Ménagères au temps de la crise pour enseigner cette époque.Félix Bouvier, Sandra Chiasson-Desjardins et Pascale Couture nous font part de leurs réflexions sur l\u2019apprentissage et l\u2019enseignement par concepts lié à l\u2019éducation à la citoyenneté, tandis que Marie-Hélène Brunet s\u2019interroge sur l\u2019agentivité historique des femmes en classe d\u2019histoire.Quelques nouveautés en librairie et expositions à voir, signalées dans la rubrique Quoi de neuf ?, concluent ce numéro du printemps.Collection Assemblée nationale du Québec Photographe Claude Mathieu 1° rangée : Zoé Wong, chef de l'opposition officielle (Westmount-St-Louis); René Chrétien, lieutenant-gouverneur du Parlement des jeunes; François Gendron, vice-président de l'Assemblée nationale; Isabelle Giguère, directrice des communications, des programmes éducatifs et de l'accueil; Aryane Barrière-Beaucage, présidente du Parlement des jeunes (Sherbrooke).2° rangée : Philippe Clément, chef du deuxième groupe d'opposition (Richelieu); Nassim Messaoud-Nacer, premier ministre du Parlement; Frédéric Fortin, directeur général des affaires institutionnelles et de la Bibliothèque; Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d'histoire du Québec; et Maximilien Martin, Secrétaire général du Parlement des jeunes (Richmond).4 TRACES | Volume 53 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2015 IE Ï } affhé den gene Jatoue 1 lige fr (\u2018én i LAméer Dans une avaient à pari cms chevaux jusqu | Moine avaient di frontière hiked Tome ¢ Ming envie Cop des enf Nii Victimes ville Deux jy lal Sid Mais Jy Lis 4 Nit Même % Marron Ploy Reve | gg lig lg Lape nj, Mig ts Uren ug i sy leg gy len gp Wier Sy 0s font un gene 3 tandis qe.igo Wea big eme, Je qu Que0f- de Mai gqu' emeur ale fa nen 1 prem: fn?id B 3 temps\u201d Tragédie SI, PAR MIRACLE MICHAEL KUTZ e 22 juin 1941, l\u2019Allemagne envahissait l\u2019Union soviétique.Ce matin-là, nous avons entendu le grondement puissant des chars, et tout le monde a afflué dans les rues pour voir ce qui se passait.Nous avons aperçu des colonnes de camions qui se dirigeaient vers la route menant à la gare de Gorodeya, d\u2019où partait la ligne ferroviaire qui ralliait Baranovichi et Brest-Litovsk.C\u2019était là que se trouvait la ligne de front à l\u2019époque.L'Armée rouge quittait la ville.Dans une immense panique, les citoyens soviétiques qui avaient joué un rôle dans l\u2019administration ont cherché à partir eux aussi.Cependant, étant donné que les commissaires du peuple avaient déjà saisi tous les chevaux et tous les chariots pour se faire transporter jusqu\u2019à la gare, il leur était impossible de trouver le moindre véhicule pour leur famille et pour eux-mêmes.Ils avaient dû partir à pied vers la ville de Sloutsk, située sur la frontière de 1939, puis de là, ils avaient tenté de rejoindre la ville de Minsk, à une centaine de kilomètres.Un petit nombre d\u2019entre eux sont effectivement parvenus jusqu\u2019à Minsk \u2014 malheureusement, la ville devait être également envahie par des parachutistes allemands par la suite.Cependant, la plupart, voyageant avec leur famille et des enfants en bas âge, ont été contraints de revenir à Nieswiez.Ces citoyens soviétiques ont été les premières victimes de l\u2019armée allemande lorsqu\u2019elle a occupé notre ville.Deux jours plus tard, l\u2019Armée rouge battait toujours en retraite face à l\u2019avancée allemande.Certains soldats soviétiques ont traversé la ville à bord de camions, mais la majorité d\u2019entre eux voyageaient a pied.Les Allemands ont rapidement commencé à tirer sur Nieswiez, et le soir du 2 juin, ma ville était occupée.Ce même soir, les soldats de la SA allemande, en uniformes marron ornés de svastikas rouges sur les manches, ont patrouillé à moto la ville et ses environs.Revue de la SPHQ | Printemps 2015 Michael Kutz, survivant de l'Holocauste Nous reproduisons avec l'aimable autorisation de la Fondation Azrieli un extrait du livre Si, par miracle, de Michael Kutz, traduit de l'anglais par Arnaud Regnauld de la Soudière et publié en 2014 dans la Collection Azrieli des mémoires de survivants de l'Holocauste.Né le 21 novembre 1930 à Nieswiez, en Pologne orientale (actuelle Biélorussie), Michael Kutz est arrivé au Canada comme orphelin de guerre en 1948 et a vécu à Winnipeg avant de s\u2019installer à Montréal au début des années 1950, Le lendemain matin, les Biélorusses se sont mis à piller les entrepôts soviétiques, volant tout ce qu\u2019ils pouvaient.Ce soir-là, l\u2019armée allemande a imposé un couvre-feu et les rues se sont vidées.Je me souviens que j'étais à la maison avec mon frère et mes sœurs, portes et fenêtres fermées, craignant que les non-Juifs ne soient en train de fomenter un pogrom.Ma mère était effrayée elle aussi et pleurait souvent.Mon père, mobilisé par l\u2019Armée rouge quelques mois auparavant, lui manquait.On avait convoyé son groupe de soldats, dont la plupart étaient juifs, jusqu\u2019à l\u2019ancienne frontière soviétique dans la région de Sloutsk et de Bobrouïsk.Ma mère était désormais le soutien de famille.Quelques jours plus tard, les nouvelles autorités nazies ont nommé Magalif président du Judenrat, le conseil juif placé sous leur contrôle.11 s\u2019agissait d\u2019un réfugié juif polonais, un avocat venu de Varsovie et qui parlait bien l\u2019allemand.Il était excessivement difficile de trouver des Juifs enclins à devenir membres du Judenrat; la plupart des Juifs de Nieswiez ne souhaitaient pas collaborer avec les nazis.Après l\u2019établissement du conseil, le commandant de Nieswiez a ordonné a son président de mettre en place une force de police juive.La majorité de ceux qui se sont portés volontaires étaient des réfugiés juifs polonais ayant fui l\u2019occupation allemande en 1939 et s\u2019étant installés à Nieswiez.Le Judenrai et la police exécutaient tous les ordres du commandant avec diligence et forçaient le reste des Juifs à faire de même.Le premier décret, passé au début de l\u2019automne, ordonnait aux Juifs dont les maisons étaient situées au centre-ville de déménager sur-le-champ et de se relocaliser dans la nouvelle section juive qui entourait la cour de la synagogue Kalte.Cette section, qu\u2019on appelait désormais le Ghetto, était très petite.Il s\u2019agissait du quartier qui contenait toutes les écoles juives, les héders et les écoles de Talmud Torah.Nous habitions déjà dans cette zone, mais les autres n\u2019avaient eu que quatre heures pour TRACES | Volume 53 no 2 5 déménager.Ils n\u2019avaient eu le droit d\u2019emporter que des sacs à main ou des valises, si bien qu\u2019ils portaient autant de vêtements que possible.Ils avaient abandonné le reste de leurs possessions, y compris leurs meubles, confisqués par la police biélorusse qui en avait livré la plus grosse partie aux casernes nazies.Quelques jours plus tard, certains non-Juifs privilégiés, qui avaient collaboré avec les nazis de leur plein gré, se sont installés dans les maisons vides, tout en pillant les autres.Lorsque les Juifs trouvaient le moyen de revenir chez eux pour récupérer une partie de leurs biens, ces nouveaux résidents les rouaient de coups ou les menaçaient de les livrer aux nazis.Pour échapper à ce destin, ils n\u2019avaient d\u2019autre choix que de rentrer en courant dans leurs nouveaux logis, au cœur du quartier juif.Ensuite, le commandant allemand a ordonné au Judenrat de rassembler les manteaux de fourrure et les bottes en cuir appartenant à la population juive.Les membres du conseil devaient ensuite saisir tous les sous-vêtements masculins, couvertures et draps neufs, ainsi que les pulls de laine.Ils s\u2019emparaient de plus en plus de choses qu\u2019ils devaient livrer aux autorités \u2014 des objets en argent ou en cuivre, des candélabres, des gobelets, de l\u2019or, des anneaux, des boucles d\u2019oreille, des bracelets, des perles et des tableaux d\u2019artistes connus.Les nazis ont envoyé une partie de ces objets confisqués à leurs familles en Allemagne.Pour s\u2019assurer que leurs ordres étaient bien appliqués, ils prenaient en otage un groupe de Juifs, et si les quotas n\u2019étaient pas remplis, ils les abattaient.Le Judenrat allait de maison en maison pour saisir les objets requis et s\u2019assurait qu\u2019ils étaient bien livrés au quartier général des nazis à l\u2019heure dite.I] arrivait que les officiers nazis se rendent eux-mêmes dans les maisons juives et confisquent tout tapis de valeur ou meuble artisanal.Les autorités avaient ouvert des quartiers de transit \u2014 des logements temporaires \u2014 pour l\u2019infanterie allemande et ses officiers de haut rang.Il leur fallait donc des meubles, des lits, du linge, des marmites, des plats et des couverts.Le Judenrat devait également s\u2019assurer qu\u2019on les leur fournisse rapidement, sinon la communauté juive dans son ensemble serait tenue responsable du retard et punie.Le Judenrat a dû ensuite créer un registre de tous les Juifs de Nieswiez.Lorsque le conseil a présenté sa liste au commandant allemand, ce dernier a ordonné d\u2019organiser des groupes de travail comprenant des hommes, des femmes et même des enfants.Le nom de Tsalia figurait en haut de la liste de ceux qui avaient été désignés pour nettoyer les rues et les trottoirs.Je n\u2019avais que 10 ans, mais on m'avait chargé de nettoyer les toilettes publiques.Cependant, Tsalia avait fait en sorte que je rejoigne son groupe.Chaque matin, nous nous retrouvions tôt, non loin 6 TRACES | Volume 53 no 2 du bureau du Judenrat, puis nous partions en file indienne nettoyer les rues du centre-ville.Je tenais un balai dans une main et une pelle dans l\u2019autre.11 fallait ramasser le crottin de cheval dans des sacs de toile, puis transporter ces sacs sur notre dos jusqu\u2019à une décharge.Notre groupe, qui comprenait plusieurs autres enfants, a néanmoins fini par être obligé de nettoyer les toilettes publiques, tâche que les nazis nous ordonnaient en général d\u2019accomplir à la main.Ils nous prenaient souvent en photo en train de travailler.Nous obtempérions pour la plupart, car nous voulions plus que tout rentrer chez nous sans encombre et retrouver nos familles.Si quelqu\u2019un désobéissait à un ordre, on lui frappait la tête avec une matraque en caoutchouc.Les autorités nazies nous avaient aussi mis en garde de façon bien plus sérieuse il arrivait en effet qu\u2019on abatte les travailleurs forcés pour désobéissance.Les paysans des villages voisins fournissaient aux Allemands du bois prélevé dans les forêts qui entouraient Nieswiez pour qu\u2019ils puissent chauffer leurs logements.Les hommes et les adolescents les plus âgés devaient couper le bois et le disposer en piles bien rangées.Tsalia et moi avons rapidement été placés parmi les bûcherons.La police biélorusse nous escortait jusqu\u2019à notre lieu de travail, surveillant les Juifs pour qu\u2019ils ne s\u2019échappent pas.Jai eu les mains couvertes de cals, mais je n\u2019ai pas mis longtemps à m\u2019y habituer.Les jeunes filles et les femmes juives travaillaient au quartier général des nazis, où elles s\u2019occupaient de la lessive, du repassage des chemises et des uniformes, et du nettoyage des pièces.Elles pelaient aussi les pommes de terre et récuraient les marmites.Elles étaient souvent violées par les officiers.Certaines des jeunes femmes qui avaient appartenu aux organisations sionistes avant la guerre étaient entraînées au maniement des mitraillettes, des revolvers et des grenades.Elles parvenaient à passer en fraude des pièces d\u2019armurerie cachées sous leurs vêtements pour les livreraux membres de larésistance juive clandestine qui venait de se constituer.Ces jeunes filles devaient se montrer très prudentes, car la police fouillait généralement leurs sacs à la fin de chaque journée.Au fil des jours, la famine s\u2019est répandue au sein de la population juive, mais à certaines occasions, des non- Juifs compatissants nous vendaient des pommes de terre et de la farine.Chaque fois que la police voyait des Juifs avec des provisions, ils les arrétaient ou bien les abattaient sur-le-champ, puis punissaient les citadins pour leur étre venus en aide.Ma mere avait pour habitude de nous dire que la nécessité est mère de l\u2019invention.Elle a accepté d\u2019une Revue de la SPHQ | Printemps 2015 soi qu ate: qos HA flle m3 pil fl roquat i des con pi pr ila mon tend oni led dake gyn à pésel vraie Les mi qu ef fal ma {ali basa sue.portée Jods.Le hifsjou Si on na de David dens fans Lies hi quartier bid Ceux Qu que ce Won a Le comp enter] ls avai ler Non gy Oli \u20ac h 1 pry gee Common Qaiidg chy iy tei lg Men Ree Île iy, 0 Wl lg ng, I; Wenge Es eng \"ly let niyo Een soy ru ter tog 3 elgg i Ge gy DAZE ogg Ske | oss pour SSE ay Lénourai logement 6 devaient utes.Tila 5 hcherns, 107 Îeu de S'echapgent Sens allen 0 aient de la normes es pommes ent sown ps femmes saat malls i pl sous leurs Janie Ue 40S fille ce full %.gi à des mod es de JR des Jui hana y eur iw er qi Jum ems?voix tremblante lorsque nous lui avons suggéré la chose suivante : le soir, à la nuit tombée, nous irions échanger nos nappes et notre linge propre contre de la nourriture.Elle m\u2019a choisi pour accomplir cette tâche, car j'étais rapide et prudent.C\u2019est ainsi que je suis devenu coursier, troquant au cœur de la nuit ces objets contre du pain avec des connaissances non juives.I] fallait que j'assume les responsabilités d\u2019un adulte, que je prenne la place de mon père à la maison.Il nous manquait beaucoup, à ma mère, à mon frère, à mes sœurs comme à moi-même, mais il fallait bien que la vie continue sans lui.J'avais l'impression que mon enfance avait disparu en une nuit, qu\u2019on me l\u2019avait volée à l\u2019heure où j'aurais dû être en train de jouer dehors ou d'aller à l\u2019école avec mes amis.J'avais toujours espéré apprendre la haffarah pour ma bar mitsvah.Or, je sentais à présent que jamais cela ne serait le cas.J\u2019ai commencé à vraiment comprendre ce qui se passait autour de nous.Les nazis imposaient de nouvelles lois tous les jours, ce qui entraînait encore d\u2019autres difficultés.Le couvre-feu était maintenu.Les trottoirs nous étaient interdits, et il fallait que nous portions du côté gauche de la poitrine des brassards blancs marqués d\u2019une étoile de David noire.Par la suite, cette étoile a été remplacée par une étoile jaune portée sur la poitrine (mais cette fois du côté droit) et dans le dos.Les nazis noustraitaient de verfluchte Juden (satanés Juifs) ou de Jüdische Untermenschen (sous-hommes juifs).Si un nazi remarquait un Juif qui ne portait pas l\u2019étoile de David, il l\u2019abattait pour avoir désobéi aux ordres.Ces incidents touchaient généralement les personnes âgées, les enfants ou bien les handicapés mentaux.Les Juifs étaient souvent arrêtés sans raison, conduits au quartier général de la Gestapo, puis abattus.La police biélorusse, qui collaborait avec les nazis, tuait tous ceux qui résistaient à leur arrestation.J'ai entendu dire que certains avaient été torturés et battus avec brutalité, qu\u2019on leur avait défoncé le crâne à coups de pioche ! Le commandant ordonnait ensuite au Judenrat de venir enlever les corps et de les enterrer dans les tombes qu\u2019on les avait forcés à creuser.Un autre groupe était chargé de laver le sang qui couvrait la cour du commandant.Non loin de Nieswiez se trouvait un village du nom de Glinistcha, où des Juifs avaient été pris en train d'acheter de la nourriture auprès de non-Juifs.Ils avaient été emprisonnés avec des soldats de l\u2019Armée rouge, des Tsiganes, des officiers juifs de l\u2019Armée rouge et des communistes.Des centaines de prisonniers y étaient quotidiennement assassinés, et chaque matin, on ordonnait aux hommes juifs de creuser des tombes pour les victimes innocentes.Ce sont les paysans qui vivaient à proximité de Nieswiez qui nous avaient rapporté cette information.[Is entendaient les hurlements de ceux que l\u2019on torturait Revue de la SPHQ | Printemps 2015 avant de les exécuter.Ils nous ont dit que les Tsiganes se défendaient à mains nues, et que les prisonniers de guerre soviétiques criaient des slogans comme « Vive l\u2019Union soviétique ! », « Vive l\u2019Armée rouge ! », « Notre patrie nous vengera du bain de sang dans lequel vous avez plongé notre peuple ! », « Nous vous combattrons et vous détruirons à jamais! ».Nous étions non seulement au courant de ce qui se passait à Glinistcha, mais au cours des mois d\u2019août, de septembre et d'octobre nous avions également entendu parler des massacres de masse perpétrés dans des villes et des villages voisins, ainsi que dans de plus grandes agglomérations comme Minsk, Sloutsk et Pinsk.Nous étions désespérés, et notre moral était au plus bas.Chaque Jour, nous nous attendions au pire.Le 29 octobre 1941, le commandant allemand a annoncé au président du Judenrar que le Gebietskommissar (responsable du district) de Baranovichi avait donné l\u2019ordre que tous les Juifs se rassemblent sur la place du marché au centre-ville, le lendemain 30 octobre, à 8 heures du matin.La police juive a donc fait du porte-à-porte avec la milice pour nous dire d\u2019emporter des vêtements propres et chauds le lendemain, et de prendre nos passeports et certificats de naissance avec nous.Nous n\u2019avons pas pu dormir cette nuit-là.Dans la maison, tout le monde sentait que quelque chose d\u2019affreux était sur le point d\u2019arriver.Les voisins sont venus, et nous avons tenté de nous réconforter en imaginant que les Allemands nous enverraient peut-être travailler dans des camps, ou dans un ghetto plus vaste, entouré de fils barbelés, comme nous en avions entendu parler.Certains se sont mis à pleurer, en priant pour un miracle.À 6 h 30 le lendemain matin, ma mère, mon frère, mes sœurs et moi étions prêts, vêtus de nos plus beaux habits et de manteaux chauds.Il faisait froid dehors.À 7 heures, la police juive est passée de rue en rue, ordonnant aux gens de quitter leur domicile et de se rendre sur la place du marché.À 8 heures, il fallait que nous soyons alignés en rangs avec nos familles.Dans la rue, on voyait les parents, certains portant de petits enfants dans les bras, avancer en direction de la place.Les enfants plus âgés tenaient la main de leurs parents.Les personnes âgées \u2014 les grands- mères et les grands-pères \u2014, dont bon nombre étaient en piètre santé, se dirigeaient également en direction du lieu de rassemblement.Ceux qui étaient très malades étaient restés alités chez eux.J\u2019ai découvert plus tard que ce même jour, la police biélorusse avait fouillé toutes les maisons et tué tous ceux qui étaient restés chez eux.Lorsque ma mère, mon frère, mes deux sœurs et moi- même sommes arrivés sur la place du marché, on nous a mis en rang.Une fois que toute la population juive de la TRACES | Volume s3 no 2 7 ville, soit environ 4 500 personnes, s\u2019est ainsi trouvée assemblée sur la place, des Lituaniens, des Ukrainiens, des Biélorusses et la police auxiliaire ont soudain surgi à bord de camions.Ils avaient tous des armes automatiques sur l\u2019épaule et des revolvers au côté.La plupart de ces meurtriers, les tristement célèbres Einsatzgruppen, étaient ivres et puaient la vodka.Quelques minutes plus tard, ces collaborateurs nazis, dont les uniformes étaient, pour bon nombre d\u2019entre eux, déjà couverts de sang, nous ont encerclés.J\u2019ai appris par la suite qu\u2019ils revenaient juste d\u2019une Aktion menée dans la ville de Kletsk, à 15 kilomètres de Nieswiez.À 8 heures pile, le commandant allemand et plusieurs officiers SS, parmilesquels un officier de haut rang a la chevelure rousse, ont mis a exécution leur horrible plan.Ils ont commencé par ordonner à tous les commerçants et à tous ceux qui exerçaient une profession libérale, ainsi qu\u2019à leur famille de former un rang séparé.Le commandant détenait une liste de ces travailleurs \u2014 médecins, ingénieurs, ouvriers du textile, charpentiers, maçons, mécaniciens, tailleurs, cordonniers \u2014 et connaissait donc leur nombre.La plupart des familles ont dû être divisées de force parce que les gens ne voulaient pas abandonner leurs grands-parents âgés.Près de 6 0 0 personnes ont été sélectionnées, dont un petit nombre était accompagné de leurs familles.On les a placés à l\u2019écart du groupe et on leur a ordonné de parcourir la courte distance qui séparait la place du marché de la cour du Gymnasium de Nieswiez.Sur la place, les familles ont été rapidement séparées \u2014 les enfants des parents, et les parents des enfants, ce qui a provoqué un immense vacarme.Les gens criaient et pleuraient.Tout le monde voulait s\u2019enfuir en courant sans savoir où aller.«Mon cher, mon tendre enfant, écoute-moi.Si, par miracle, tu survis, il faut que tu témoignes.Je crois que Dieu te protégera pour que tu restes en vie et dises au monde libre ce qui nous est arrivé », telles ont été les dernières paroles que m\u2019a adressées ma mère.Elle m\u2019a serré contre elle et m\u2019a embrassé.C\u2019est alors qu\u2019on a tiré plusieurs fois en l\u2019air, sans doute pour nous calmer.Mais la situation n\u2019a fait qu\u2019empirer.Les gens se sont mis à se pousser et à se marcher les uns sur les autres.Pendant la bousculade, je me suis trouvé séparé de ma famille.La confusion n\u2019a pas duré longtemps, car les assassins ont tôt fait de reprendre le contrôle de la situation.Ils nous ont répartis en groupes de 100 à 200 personnes.Une fois le calme revenu, j'ai vu que les Einsatzgruppen nous avaient à nouveau encerclés de toutes parts.Personne ne pouvait escompter s\u2019échapper.La presque totalité des gens pleuraient de désespoir de se voir ainsi séparés de leurs proches.Complètement démoralisés, nous nous tenions en file indienne, attendant qu\u2019on nous donne 8 TRACES | Volume 53 no 2 l\u2019ordre de marcher.Personne ne savait où nous allions, mais nous sentions tous que c\u2019était là, sans doute, notre dernier voyage.Les groupes ont alors commencé à quitter la place, l\u2019un après l\u2019autre.Les premiers sont allés à gauche, les autres à droite.J\u2019ai vu les officiers SS qui nous photographiaient \u2014 des parents qui portaient de jeunes enfants, des enfants plus âgés qui tenaient la main à leurs parents, les personnes âgées qui s\u2019accrochaient les unes aux autres.Abattu, les yeux embués de larmes, j'ai rejoint une colonne.Je regardais partout autour de moi dans l\u2019espoir d\u2019apercevoirquelqu\u2019un de ma famille.Mais, a mon grand désarroi, je n\u2019ai vu personne.Sur l\u2019ordre du commandant, les colonnes se sont mises en branle.Me trouvant parmi un des derniers groupes à avancer, j'ai donc pu voir que ceux qui quittaient la place étaient surveillés de très près.Pourtant, malgré les coups que les gens recevaient des gardes, il y en avait encore qui trouvaient le courage de tenter de s\u2019enfuir.On les abattait sans tarder, en guise d\u2019avertissement à tous ceux qui auraient cherché à les imiter.Le temps se rafraîchissait.Dans le ciel nuageux au-dessus de nos têtes, je voyais voler librement les oiseaux restés pendant l\u2019hiver.Si seulement j'avais pu voler moi aussi, J'aurais pu m\u2019enfuir, pensais-je, mais non, au lieu de cela, j'étais placé sous étroite surveillance, à me demander ce qui allait advenir de moi.Alors que mon groupe recevait l\u2019ordre d\u2019avancer, j'ai soudain compris qu\u2019ils nous emmenaient au château du comte RadziwiHt.Quelques jeunes se sont détachés de notre colonne et se sont mis à courir, mais j'ai aussitôt entendu des coups de feu et les ai vu tomber.Non loin de là, il est arrivé la même chose dans d\u2019autres groupes.J'avais également envisagé de m\u2019enfuir, mais un policier biélorusse au fusil chargé marchait à mes côtés, prêt à tirer.Il ne s\u2019est présenté absolument aucune occasion pour que je tente ma chance.Lorsque notre colonne est passée sous les grands arbres du parc très dense qui entourait le château, j'ai entendu d\u2019autres coups de feu et j'ai compris ce qui se passait.Là- bas, parmi les arbres, on nous a ordonné de nous arrêter et de nous déshabiller entièrement.On rossait de coups ceux qui n\u2019obtempéraient pas.Des Juifs barbus et pieux, ainsi que des jeunes femmes couvraient de leurs mains les parties intimes de leurs corps.J\u2019ai entendu les cris des enfants et les prières de leurs parents, puis d\u2019autres coups de feu : l\u2019exécution des groupes qui avaient précédé le nôtre.Lorsqu\u2019elles ont pris fin, on a conduit notre groupe à environ 140 mètres de là, face à des fosses béantes qui étaient désormais des charniers.Ils ont ordonné aux gens de sauter dedans.J\u2019ai vu les Finsatzgruppen arracher de minuscules bébés des bras de leur mère, les lancer en l\u2019air Revue de la SPHQ | Printemps 2015 June Lo ii il Jo 85S sel hates ed halls | Alors 4 hommes es Lu avez it sas i ars i mAH Jo me a fied ce frp fe Fol ome | tas des ei de us ous don, à d'une main et les abattre de l\u2019autre d\u2019un coup de revolver.moi.Je n\u2019étais certes qu\u2019un enfant, mais j\u2019ai trouvé la OUR, ro Lorsque le corps des nouveau-nés retombait sur le sol,les force de repousser les corps et j'ai cherché à me relever.Mines | Ce Li .a .\u2018 .Nig ; nazis ramassaient leurs petits cadavres et les jetaient dans J\u2019avais la tête qui tournait.Mon visage et mon corps 6 FE \\ 41» , ., .Le ey.Lo.toy \"| les fosses.Les mères qui étaient témoins de l\u2019exécution de étaient couverts de sang mais j'ai compris que je n\u2019étais fy ! leurs enfants se jetaient sur leurs meurtriers et se voyaient pas grièvement blessé, et je suis parvenu à tenir debout, Ming, \" abattues sur-le-champ.Les parents qui cherchaient à cherchant quelqu\u2019un autour de moi qui ne soit pas mort ou 2 ; Lt ; .i \" protéger leurs enfants de leurs corps étaient également mortellement blessé.En vain.$s abattus.La fosse dans laquelle je me trouvais n\u2019avait pas encore i Alors que je marchais vers la fosse, j\u2019ai vu de jeunes été comblée.J\u2019ai découvert bien plus tard pourquoi.On N s ., .ng) \" § hommes essayer d'attaquer les Einsatzgruppen à mains devait y conduire les derniers Juifs des villages alentour m nues.L\u2019un d\u2019eux criait: «Nous nous vengerons de vous qui le lendemain matin.Lorsque je n\u2019ai plus entendu de tirs, n on avez fait couler notre sang innocent ! » Ils ont été battus j'ai tenté prudemment de voir ce qui se passait au-dessus , ni.| sans pitié avant de recevoir une balle dans la tête.Les de moi, pour vérifier s\u2019il y avait des gardes, mais j'étais UNA par ; .ue , .; ; [ , ; (ram nazis photographiaient les exécutions et regardaient le trop petit pour voir quoi que ce soit.J\u2019ai alors rassemblé ; I .; , ; .; Rk ; LE massacre de ces innocents, le sourire aux lèvres.la force nécessaire pour tirer quelques corps dans le but À CS dE Igy d Cy , .ey , E NE A ; , e former un tas, puis j'ai escaladé la pile et j'ai pu glisser E eign Je me rappelle trés bien m\u2019étre retrouvé dos a la fosse, .» puis) , clap jaipug gE I ; ., , , ; ,[ ,.la téte hors de la fosse.J\u2019entendais encore la voix de ma É tug face a ces meurtriers.Lun d\u2019eux s\u2019est rué sur moi et m\u2019a , 20, .EE & £ À +âta À >; sos.:.Mère qui me disait: «Mon cher enfant, tu dois survivre.» È ban frappé a la téte d\u2019un coup de crosse.Linstant d\u2019apres, je ers ; a .= USE ; , au Voyant qu\u2019il n\u2019y avait personne, j'ai bondi hors de la fosse.euh à me retrouvais dans la fosse.Au bout d\u2019un temps, j'ai enfin A .J LL Le J ; ; , Il commençait à faire nuit, mais je connaissais très bien rouvert les yeux pour découvrir quelque chose d\u2019atroce.Co Le ; 2 gga ; [ cette zone.Je me suis mis à courir.J'avais le sentiment J\u2019étais couché parmi les morts et les mourants.Il y avait , à ns : ; aude Lei sat mi que ma mère courait à mes côtés en disant : « Michael, X aides des gens enterrés vivants : j\u2019ai entendu les gémissements .Cal res .; cours plus vite et ne te retourne pas! » de ceux qui se trouvaient en dessous et au-dessus de E To au, : Jeu de cel, E demand ; Non groupe i qu'ils ous ; Mot de la Fondation Azrieli rE lonne ete La Fondation est heureuse de vous annoncer que la Série 6 des mémoires de survivants, constituée de 12 nouveaux E 5 coups de titres (8 en anglais et 4 en français), est désormais disponible.N\u2019hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez recevoir 3 vélamène une copie de ces ouvrages, il nous fera plaisir de vous les remettre gratuitement, ainsi qu\u2019à la bibliothèque de votre i à envisagé établissement et à chacun de vos élèves si vous souhaitez les faire étudier en classe.F ul here Nous mettons également a votre disposition des courts-métrages illustrant la vie des auteurs, ceux-ci peuvent être E 1 présenté consultés mais également téléchargés en HD sur le site http://vimeo.com/azrieli.\u20ac ade Nous proposons un club de lecture sur Twitter, sur lequel les étudiants peuvent réagir et poser des questions au fil de leur af es lecture, auxquelles les éducateurs de la Fondation répondent.L'activité est proposée en français avec les mémoires de Michael Kutz Si, par miracle et en anglais avec les mémoires d'Arthur Ney W Hour.Les deux auteurs vivent aujourd\u2019hui à Montréal.Pour plus d\u2019informations sur le club de lecture Twitter, veuillez consulter http://www.azrielifoundation.org/fr/ memoirs-fr/club-de-lecture-twitter/.af end sth 1 gailrel pes eux, AS Enfin, si vous souhaitez donner à vos élèves l\u2019opportunité de rencontrer un survivant de l\u2019Holocauste, nous avons la possibilité d'organiser un témoignage dans votre classe ou via Skype, que vous enseignez à Montréal ou en région.Au mois d'avril, nous prévoyons l\u2019organisation de conférences/témoignages avec certains de nos auteurs dans les villes de Montréal, Québec et Gatineau.N\u2019hésitez pas à me contacter si vous enseignez à proximité de ces villes et si vous souhaitez proposer à vos étudiants d'apprendre sur l\u2019Holocauste, dans les mots de celles et ceux qui l\u2019ont vécu.Veuillez noter que la participation à cette activité est gratuite et que les frais inhérents au transport, comme par exemple la location d\u2019un bus, sont pris en charge par la Fondation.mains lt 5 is ds es fs yet k Uy sas q qi nat bk ald Catherine Person Coordinatrice a la promotion et au développement des ressources éducatives pour le Québec de la Fondation Azrieli né griell ation 5 Revue de la SPHQ | Printemps 2015 TRACES | Volume 53 no 2 9 ops? Les pacifistes et la Première Guerre mondiale 2° partie : Pourquoi a-t-on tué Jaurès ?Jean-Claude Richard Consultant en didactique de l\u2019histoire Chargé de cours à l'UQTR et membre de l'AQDHG ans la première partie de cet article, paru dans le numéro de l\u2019hiver 2015, j\u2019expliquais que les pacifistes européens, qui promouvaient depuis plus d\u2019un demi-siècle une recherche de la paix axée sur le développement du commerce, le libre-échange, la défense des droits fondamentaux de l\u2019homme et le règlement non violent des conflits, jouissaient généralement de l\u2019appui de la bourgeoisie libérale qui se reconnaissait dans ces valeurs.On peut donc s\u2019étonner de découvrir, à la veille de la Première Guerre mondiale, que Jean Jaurès, principal porte-parole en matière de politique étrangère du Parti socialiste français et directeur du journal L'Humanité, ait été l\u2019un des plus ardents défenseurs de la paix.Je tenterai donc, dans un premier > ._ sy NT temps, d\u2019expliquer comment un FEES socialiste de cetté envergure a pu 2 s\u2019engager aux côtés de pacifistes id « bourgeois ».J\u2019examinerai ensuite H les liens qu\u2019il est possible d\u2019établir + entre l\u2019engagement pacifiste de Jaurès et son assassinat perpétré le 31 juillet 1914, trois jours à peine avant que le cataclysme se déclenche.Pour y arriver, il me faudra également consacrer quelques lignes à Raoul Villain, son assassin au nom prédestiné, et au sort qui lui a été réservé.Jean Jaurès Né à Castres en septembre 1859, fils d\u2019un modeste commerçant souvent désargenté, Jaurès réussit à poursuivre des études grâce à sa grande intelligence et, surtout, aux brillants résultats scolaires qui couronnent un travail acharné.Diplômé de l\u2019École normale supérieure, agrégé de philo, professeur au lycée Lapérouse d\u2019 Albi puis chargé de cours à Toulouse, il est, en 1885, élu député du Tarn sous la bannière de l\u2019Union républicaine.Il 10 TRACES | Volume 53 no 2 reste cependant « géographiquement au centre », dit-il, et il demeure furieusement indépendant de tout parti.Battu aux élections de 1889, il devient conseiller municipal puis maire adjoint a Toulouse tout en préparant deux théses de philosophie qu\u2019il soutient a la Sorbonne en 1892.C\u2019est au cours de ce méme été que, scandalisé par les gestes foncièrement antidémocratiques de la direction des mines de la ville de Carmaux, Jaurès adhère définitivement aux idées socialistes.L\u2019année suivante, il est élu député socialiste de cette ville où, en 1895, il prend parti pour les ouvriers verriers qui sont en grève.En 1896, il participe au congrès de l\u2019Internationale ouvrière qui se tient à Londres.Cet événement le mettra en contact pour la première fois avec la mouvance socialiste européenne au \u2018 sein de laquelle il se fera rapidement remarquer.Jaurès est fondamentalement animé par un idéal de justice, quelle que soit l\u2019appartenance sociale des individus.Dès 1891, avant sa « conversion » au socialisme, il affirme déjà : « Les hommes n\u2019ont pas besoin de la charité qui est une forme de l\u2019oppression; ils ont ?besoin de la justice.» En février i 1898, il témoigne en faveur d\u2019Emile of Zola poursuivi par le ministre de la À Guerre à la suite de la parution de EE « J\u2019accuse », article où il se portait Ci Lo à la défense du capitaine Alfred Dreyfus.Comme l\u2019écrivain, Jaurès considère que le militaire a été injustement traité et qu\u2019il est impératif de faire en sorte que ses droits soient rétablis.La plupart des militants socialistes voient dans Dreyfus un ennemi de classe, puisqu'il est officier de l\u2019armée, issu d\u2019une famille bourgeoise et, bien sûr, capitaliste juif.Jaurès, pour sa part, voit dans Dreyfus un être humain dépouillé Revue de la SPHQ | Printemps 2015 ed même À puise In ps ts ll On le à nous dl magie à ame qar des pars.oi vl [encore pute réubl pur Penta aus puis pines: de Vince pon au confr Juste p Ja gum.L'interna Nous sy (ile ideas d Progress base Ita seu à 00s, ent Lis ra fle, bir vieimes meta] Meme à my États De I LE Phi nye Fin Su fp d'en, Neil Reve & 2, di à part.Bay icp pus 1 theses 0 ls par ls rotons fribremen Le dpue ar pour ls pare au 1 Londres 3 Oa s a h OPER au rapidement ment ime je, quel pe socle | avant 8 lime.1 mes on él an; ils on En feet I d'Emile je del aun & je pou me de a, Jus je pl arias 5 Dre i if ul ten x de tout caractère de classe, « il n\u2019est que l\u2019humanité elle- même, au plus haut degré de misère et de désespoir qui se puisse imaginer », dit-il.Et il ajoute : « nous ne sommes pas tenus, pour rester dans le socialisme, de nous enfuir hors de l'humanité ».On le constate, Jaurès n\u2019est pas dogmatique.Il croit, nous dit Gilles Finchelstein, dans un entretien accordé au magazine L'Express, que la tâche des socialistes consiste à améliorer la vie de ceux pour lesquels ils se battent par « des réformes patientes, continues, modestes même parfois, plutôt que d\u2019attendre un hypothétique \u201cgrand soir\u201d ».Il le démontre encore en 1899 quand 1l appuie, à l\u2019encontre d\u2019un grand nombre de militants de son parti, la participation des socialistes au gouvernement de « défense républicaine » pour soutenir le régime qu\u2019il juge menacé par une agitation nationaliste et antisémite.Pendant toute sa vie, Jaurès aura le courage de s\u2019opposer aux puissants et aux siens quand il s\u2019agira de défendre des principes auxquels il croit.En politique, il a, selon les mots de Vincent Duclert, l\u2019un de ses biographes, moins cherché le pouvoir que la dignité et préféré « la cause de la justice au confort des antichambres.» C\u2019est cette recherche de la Justice par-dessus tout qui amènera Jaurès à s\u2019opposer à la guerre.L\u2019internationalisme ouvrier Nous savons déjà qu\u2019à partir du milieu du XIX siecle, différentes organisations fortement marquées par les idéaux démocratiques et pacifistes de la bourgeoisie progressiste voient le jour et tentent de s\u2019organiser sur une base internationale.Ces groupes ne sont toutefois pas les seuls à regarder au-delà des frontières; les mouvements ouvriers, nés dans la foulée du développement industriel, en font autant.Les raisons qui motivent les regroupements ouvriers diffèrent profondément de celles qui animent les pacifistes bourgeois.Les ouvriers des pays industrialisés se sentent victimes d\u2019une oppression qu\u2019ils lient à la volonté impérialiste de la bourgeoisie.Cette oppression étant la même dans tous les pays, il est donc nécessaire, pour la combattre.de s'unir au-delà des frontières de tous les Etats.De 1855 à 1889.plusieurs associations ouvrières internationales verront le jour dont les plus connues seront I\u2019 Association Internationale des Travailleurs (AIT), mieux connue sous le nom de Première internationale et, surtout, l\u2019Internationale ouvrière que l\u2019on connaîtra également sous le nom de Deuxième Internationale ou encore d\u2019Internationale socialiste à laquelle appartiendra le parti socialiste français dirigé par Jean Jaurès.Revue de la SPHQ | Printemps 2015 Dans les premiers temps, la Deuxième Internationale affirme, comme l\u2019AIT avant elle, que « l\u2019émancipation des travailleurs doit être l\u2019œuvre des travailleurs eux- mêmes », la révolution étant la voie la plus efficace pour atteindre ce but.Au début du XX* siècle, toutefois, certains groupes prétendent qu\u2019il serait peut-être plus efficace de faire progresser la cause des travailleurs en empruntant la piste du parlementarisme et du réformisme.Jaurès, foncièrement démocrate et républicain et opposé à toute forme de dictature et de violence \u2014 y compris à celle du prolétariat \u2014 s\u2019inscrit dans cette tendance.Les socialistes et la guerre Pour les socialistes, la guerre est causée par l\u2019appétit insatiable de groupes impérialistes qui cherchent à établir leur domination.Dans ce contexte, le prolétaire sort nécessairement perdant puisque l\u2019ouvrier, mobilisé dans l\u2019armée de son pays, se bat contre ses camarades de misère et, en cas de victoire, devient la cause de leur oppression.La guerre est donc à proscrire et le devoir des socialistes est de lutter pour l\u2019endiguer à tout prix.Il faut pourtant aussi tenir compte du fait qu\u2019une nation peut parfois être agressée.Dans ce cas, elle a, bien sûr, le droit de se défendre et personne ne peut se soustraire au devoir de participer à la défense du pays.Les socialistes devront donc également travailler à prévenir l\u2019éclatement de conflits entre États.Au tournant du XX° siècle, la conjoncture internationale est telle que tout le monde est persuadé que la guerre est imminente et inévitable.Lors d\u2019une rencontre de partis socialistes tenue à Bâle en 1912 afin de coordonner les actions des socialistes européens par rapport aux guerres balkaniques qui se déroulaient, Jaurès s\u2019interroge : « Si la chose monstrueuse est vraiment là, s\u2019il sera effectivement nécessaire de marcher pour assassiner ses frères, que ferons-nous pour échapper à cette épouvante ?» Il en appelle ensuite à l\u2019ensemble du mouvement ouvrier : « Il ne suffit pas qu\u2019il y ait ici et là, dispersée et hésitante, une bonne volonté pour la lutte.Il nous faut l\u2019unité de volonté et d\u2019action du prolétariat militant et organisé.» Et il ajoute : « L\u2019Internationale doit veiller à faire pénétrer partout sa parole de paix, à déployer partout son action légale ou révolutionnaire qui empêchera la guerre, ou sinon à demander des comptes aux criminels qui en seront les fauteurs.» En 1913, Jaurès, comptant sur l\u2019internationalisme ouvrier pour empêcher l\u2019éclatement d\u2019une guerre, s\u2019oppose à l\u2019adoption de la Loi des trois ans, qui avait pour but de faire passer le service militaire de deux à trois ans pour préparer l\u2019armée française à une guerre éventuelle avec l\u2019Allemagne.À la mi-juillet 1914, au congrès socialiste de TRACES | Volume 53 no 2 11 Paris, Jaurès fait adopter la grève générale simultanée et organisée internationalement pour lutter contre la guerre et imposer l\u2019arbitrage.Le 25 juillet, à Lyon, il déclare : « \u2026 Il n\u2019y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et de sauvagerie, qu\u2019une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c\u2019est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Allemands, Italiens, Russes, et que nous demandions à ces milliers d\u2019hommes de s\u2019unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l\u2019horrible cauchemar.» Le 31 juillet au matin, dans l\u2019éditorial du journal L'Humanité qu\u2019il a fondé en 1904 et dont il est le directeur, il en appelle au sang-froid de tous devant la détérioration de la situation.Ce soir-là, il dîne au Café du Croissant, rue Montmartre, à Paris.À 9 h 40, deux coups de feu éclatent : Jaurès vient d\u2019être assassiné.Pourquoi ?Jaurès dérangeait.D\u2019abord, des membres de ligues patriotiques qui lui reprochaient ses déclarations et ses prises de position pacifistes, son internationalisme et, pour certains, son engagement passé en faveur de Dreyfus.Il devient l\u2019ennemi à abattre.Certains s\u2019imaginent que Jaurès s\u2019opposait à la défense de la patrie en danger.Une citation résume bien la pensée de certains faiseurs d\u2019opinions : « Dites-moi », écrit Maurice de Waleffre dans L'Écho de Paris du 17 Juillet 1914, « à la veille d\u2019une guerre, le général qui commanderait |.] de coller au mur le citoyen Jaurès et de lui mettre à bout portant le plomb qui lui manque dans la cervelle, pensez- vous que ce général n\u2019aurait pas fait son plus élémentaire devoir ?» Quelques heures avant son assassinat, Jaurès rencontre Abel Ferry, le sous-secrétaire d\u2019État à qui il confirme que les socialistes continueront leur campagne contre la guerre.Ferry l\u2019aurait mis en garde : « Non, vous n\u2019oserez pas, car vous serez tué au premier coin de rue.» Ce à quoi Jaurès aurait répondu : « Nous allons vous dénoncer, ministres à la tête légère, dussions-nous être fusillés.» Raoul Villain s\u2019en chargera dans la soirée.L\u2019assassin est un Rémois de vingt-neuf ans.Il étudie en archéologie, il est membre de la Ligue des jeunes amis de l\u2019Alsace-Lorraine, groupement d\u2019étudiants nationalistes, partisans de la guerre et proches de l\u2019Action française.L\u2019Alsace-Lorraine était constituée de territoires du Saint- Empire romain germanique graduellement annexés par la France entre 1552 et 1766 et passés sous la domination allemande en 1870.Les nationalistes des deux côtés tenaient absolument, selon qu\u2019ils étaient de nationalité allemande ou française, soit à conserver, soit à récupérer ces territoires.Villain et ses amis voient dans la guerre qui s\u2019annonce un moyen de réaliser leur rêve; Jaurès, pour sa part, fidèle à ses idéaux pacifistes, préfère tenter de résoudre le problème à long terme et en utilisant la voie diplomatique.Par conséquent, Villain considère Jaurès comme un ennemi de son pays.Le 10 août 1914, quelques jours après son arrestation, il écrit à son frère : « j'ai abattu le porte-drapeau, le grand traître de l\u2019époque de la loi de trois ans, la grande gueule qui couvrait tous les appels de l\u2019Alsace-Lorraine.Je l\u2019ai puni.» Le proces de Villain n\u2019a eu lieu qu\u2019en mars 1919; il sera acquitté, ce qui provoquera la plus grande manifestation ouvrière et populaire d\u2019après-guerre.Le 31 juillet 1924, les cendres de Jean Jaurès sont transférées au Panthéon.En terme de conclusion, je me permets d\u2019emprunter une phrase de Léon Trotski publiée dans un quotidien ukrainien le 17 juillet 1915 : « Jaurès, athlète de l\u2019idée, tomba sur l\u2019arène en combattant le plus terrible fléau de l\u2019humanité et du genre humain : la guerre.».Il est mort parce qu\u2019il est demeuré fidèle à ses idéaux de justice, de solidarité et de paix.Sources bibliographiques Demetz, Jean-Pierre.« Il fallait légitimer cette guerre totale », L'Express, n° 3291 (30 juillet 2014), p.10-13.Entretien avec Gerd Krumeich, professeur émérite à l\u2019université Hemrich-Heine à Düsseldorf, historien de la Première Guerre mondiale.Ducoulombier, Romain (dir.).Jean Jaurès.Un prophète socialiste, Paris, Hors-série Le Monde, 2014, 122 p.(Ailleurs dans la bibliographie : Ducoulombier, 2014) LHaïk, Corinne.« Jaurès nous parle encore », L'Express, 12 TRACES | Volume 53 no 2 n° 3285 (18 juillet 2014), p.15-20.Entretien avec Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès et conseiller de Pierre Mauroy, de Dominique Strauss-Kahn et de Pierre Moscovici.Wieder, Thomas.« L\u2019icone foudroyée », dans Ducoulombier 2014, p.7-15.Wieder, Thomas.« Quand elle est divisée, la gauche se dispute Jaurès », entretien avec Vincent Duclert, dans Ducoulombier 2014, p.57-61.Revue de la SPHQ | Printemps 2015 sure! «Dis bpd 00 (As irl al § | Totem {nier ole ne enn Le Voici les dual gait Reve & Wig, | I dle à eg de aa, Mfg 65 du Sa Mets pr domination tite, I age 8 Willy oven ds es idéaux éme à long Onsèquen, Sonpars, estilo, I, and nde queue ime Je a 019 1 sem mestaion aurès onl emprunt quan de Fide Jo fia de [est mt jie.d nee mat plie og, da Sources webographiques « Discours de Bâle, 24 novembre 1912, par Jean Jaurès », (consulté le 24 janvier 2015) http://dormirajamais.org/jaures/ (consulté le 24 janvier 2015) « L\u2019 Association internationale des travailleurs », http:// fr.wikipedia.org/wiki/Association_internationale des _ travailleurs (consulté le 24 janvier 2015) « L\u2019internationalisme », http://fr.wikipedia.org/wiki/ Internationalisme (consulté le 27 septembre 2014).« Le pacifisme en Allemagne et en France », http:// jmguieu.free.fr/Enseignements/L3 France Allemagne Europe/TD_06_pacifisme.htm (consulté le « L\u2019Internationale ouvrière », http://fr.wikipedia.org/wik1/ 24 septembre 2014).Internationale_ouvrière (consulté le 24 janvier 2015) « Raoul Villain », http:/fr.wikipedia.org/wiki/Raoul « lle Internationale », http://www.larousse.fr/ Villain (consulté le 27 septembre 2014).encyclopedie/divers/H_e_Internationale/125050 Bourses de la SPHQ au Parlement des jeunes 2015 Voici les récipiendaires des bourses de 100 $, offertes par la Société des professeurs d'histoire du Québec dans le cadre du Parlement des jeunes 2015, et remises par M.François Garceau, membre du conseil d'administration de la SPHQ (à gauche) en présence de M.François Gendron, vice-président de l'Assemblée nationale (à droite).Chloé Gilbert, participante s'étant le plus distinguée par son adhésion aux valeurs de respect, d'ouverture et de tolérance.Nassim Messaoud-Nacer, participant s'étant le plus illustré par la qualité de ses discours.Il avait remporté le même prix l'an dernier.Revue de la SPHQ | Printemps 2015 TRACES | Volume 53 no 2 13 Le 50° anniversaire de l\u2019unifolié ou la difficile naissance du drapeau canadien Gilles Laporte Historien et président du Mouvement national des Québécois e 15 février 1965, le Parlement du Canada adoptait le nouveau drapeau canadien soit près de 100 ans après l\u2019adoption de l\u2019Acte d\u2019Amérique du Nord britannique.Curieusement, cinquante ans plus tard, le gouvernement conservateur de M.Harper, n\u2019a pas jugé pertinent d\u2019en souligner l\u2019anniversaire.Est-ce parce que cette naissance est le fruit d\u2019un premier ministre libéral, ou qu\u2019elle le fut dans un contexte de controverse ?Contrairement à l\u2019idée reçue, le Canada ne proclame nullement son indépendance en 1867, ses provinces s\u2019étant unies pour « ne former qu\u2019une seule et même Puissance (Dominion) sous la couronne du Royaume- Uni de la Grande-Bretagne et d\u2019Irlande ».Le sacrifice des deux guerres mondiales du XX\u201c siècle conduit cependant à une réflexion : les 100 000 Canadiens et Québécois morts pour l\u2019Angleterre n\u2019ont-ils pas largement payé le droit du Canada à l\u2019indépendance ?Durant la campagne électorale de 1945, le premier ministre Mackenzie King s\u2019engage donc à doter le Canada d\u2019un drapeau distinctif afin de parachever son indépendance déjà amorcée avec l\u2019adoption du statut de Westminster de 1931.En principe rassembleuse, cette proposition provoqua pourtant un grand chahut au sein même du gouvernement libéral.Tandis que les députés canadiens insistent pour qu\u2019un drapeau rappelle clairement le lien britannique, ceux du Québec refusent qu\u2019il perpétue notre soumission coloniale.Finalement, le gouvernement King préfère reculer et faire adopter comme drapeau le Red Ensign, un emblème représentant l\u2019Union Jack et les armoiries du Canada sur fond rouge.Déçu, le gouvernement du Québec continuera d\u2019utiliser l\u2019Union Jack en attendant d\u2019opter pour sa propre solution.Réaction à Québec Le Québec est alors fin prêt pour proclamer son propre drapeau.Le drapeau de Carillon et ses diverses variantes de fleur de lys et de croix blanche sur fond azur apparaît depuis longtemps lors des défilés de la Saint-Jean-Baptiste et des autres fêtes patriotiques.En 1947, tout un travail 14 TRACES | Volume 53 no 2 de sensibilisation était fait, notamment par le biais de la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste (aujourd\u2019hui le Mouvement national des Québécois (MNQ)).Talonné par le député indépendant, René Chaloult, et par sa base électorale largement favorable au fleurdelisé, le premier ministre, Maurice Duplessis sent d\u2019autant plus l\u2019urgence d\u2019agir que les autorités fédérales, par le choix du Red Ensign, s\u2019ancrent dans leur attachement aux couleurs britanniques.La motion ci-dessous que dépose Chaloult en novembre 1946 prend d\u2019ailleurs appui sur J\u2019incapacité du reste du Canada à poser un geste de rupture avec la Métropole.ATTENDU que l\u2019Assemblée législative de Québec a adopté à l\u2019unanimité une motion priant le comité parlementaire fédéral de choisir « un drapeau véritablement canadien », c\u2019est-à-dire un drapeau qui exclut tout signe de servage, de colonialisme et que peut arborer fièrement tout Canadien sans distinction d\u2019origine : QUE cette Chambre invite le gouvernement de Québec à arborer sans délai, sur la tour centrale de son hôtel, un drapeau nettement canadien et qui symbolise les aspirations du peuple de cette province.Chaloult revient à la charge le 19 mars 1947 avec une autre motion plus modérée qui évite cette fois les allusions au « servage » et au « colonialisme ».Le premier ministre Duplessis semble alors plus réceptif, mais hésite toujours.René Chaloult consulte alors discrètement l\u2019infiluent chanoine Lionel Groulx qui, perspicace, comprend que Duplessis cherche surtout à s\u2019arroger le fleurdelisé en lui donnant une touche personnelle.Groulx aurait donc suggéré de redresser les quatre fleurs de lys, qui pointaient vers le centre dans la « version de Carillon », de sorte qu\u2019elles pointent vers le haut dans la « version Duplessis ».Duplessis peut alors procéder.Encore là, le texte officiel de l\u2019arrêté en conseil du 28 janvier 1948 tire principalement Revue de la SPHQ | Printemps 2015 a NV181// Reve lis del ough I) Taos Par a base le premier Sl'ugerce NX du Re couleurs se Chalul neue I aie; la Quebec aie apes fapead jaisme 0) ent de eink den à à cafe ger Ie allusions ie joujou J'nfvent pend 4% {else \u20ac ga dore ude! de so pls : mpi Red Ensign canadien Drapeau de Carillon Fanion de Pearson | 2 Unifolié [> Revue de la SPHQ | Printemps 2015 prétexte de l\u2019incapacité du Canada anglais à se doter d\u2019un drapeau distinct afin que Québec puisse se sentir autorisée à agir.ATTENDU qu\u2019il n\u2019existe pas actuellement de drapeau canadien distinctif; attendu que les autorités fédérales semblent s\u2019opposer à l\u2019adoption d\u2019un drapeau exclusivement canadien et négligent en conséquence de donner à notre pays, le Canada, un drapeau qu\u2019il est en droit d\u2019avoir; [.] il est ordonné [.] que le drapeau généralement connu sous le nom de fleurdelisé, c\u2019est-à-dire drapeau à croix blanche sur champ d\u2019azur et avec lis, soit adopté comme drapeau officiel de la province de Québec et arboré sur la tour centrale des édifices parlementaires à Québec.Des deux côtés de la Chambre l\u2019accueil est enthousiaste, les députés de l\u2019Union nationale se pressant même autour du pupitre du premier ministre pour chanter : « Il a gagné ses épaulettes ».La minorité anglophone sembla accepter de bon gré la situation.Quant aux électeurs, ils se montrent apparemment ravis puisqu'aux élections de juillet 1948 ils donnent à l'Union nationale 82 sièges sur 90.Le fanion de Pearson Au Canada anglais, en revanche, c\u2019est la consternation.Le geste unilatéral du Québec montrait de manière cruelle l\u2019incapacité du Canada anglais à manifester la même unanimité pour se donner à son tour un emblème national.À la suite du Québec, d\u2019autres provinces allaient se doter d\u2019un drapeau distinctif, la plupart dérivés de l\u2019Union Jack anglais.Quant à l\u2019État fédéral, à la veille de ses 100 ans et en vue de l\u2019exposition Terre des Hommes devant se dérouler à Montréal, au Québec, il n\u2019avait à montrer à la face du monde qu\u2019une vulgaire copie du drapeau anglais.Le douloureux débat reprend donc, l\u2019un des plus déchirants de l\u2019histoire canadienne selon certains historiens.Lester B.Pearson est alors à la tête d\u2019un gouvernement libéral minoritaire (1963-1965) qui a désespérément besoin des voix du Québec et qui risque fort de s\u2019écrouler sur cet enjeu.En mai 1964, Pearson dépose donc une motion à la Chambre des communes pour faire adopter un drapeau représentant trois feuilles d\u2019érable entre deux bordures bleues.Cette motion entraîna des semaines de débats intenses à propos du « fanion de Pearson ».Le principal opposant au changement est alors le chef conservateur John Diefenbaker qui voyait un grand intérêt électoral à défendre les racines britanniques illustrées par le Red Ensign, et à dénoncer les deux bandes bleues semblant référer au Québec et au fait français dans la proposition de Pearson.Sûr de l\u2019emporter en flattant le britannisme des Canadiens et en isolant le Québec, Diefenbaker demande TRACES | Volume 53 no 2 15 la tenue d\u2019un référendum sur cette question.Le premier ministre choisit plutôt de former un comité parlementaire de quinze sénateurs et députés pour déterminer le nouveau drapeau.Le comité recevra des centaines de suggestions faites par des Canadiens, mais l\u2019exercice vise d\u2019abord à trancher entre le nationalisme de Pearson et le britannisme des conservateurs.À titre de héros de guerre et héraldiste amateur, le député libéral John Ross Matheson (1917-2013) jouera un rôle clé au sein de ce comité, reconnu depuis comme l\u2019artisan du compromis final.On lui doit en fait que le drapeau adopté sera absolument exempt de référence au Québec et aux racmes françaises du Canada.Tandis que le premier ministre Pearson tenait à ses deux bandes bleues, Matheson aurait répondu que « Blue is not a Canadian Color ».Il s\u2019appuyait en cela sur un avis des services héraldiques britanniques ayant déja consacré le rouge et le blanc comme couleurs officielles du Canada et la feuille d\u2019érable comme emblème du Canada lors des foires coloniales.Le comité choisit donc de recommander le dessin créé par George Stanley, inspiré du drapeau du Collège militaire royal du Canada à Kingston, en Ontario.L\u2019unifolié fut proclamé par Elisabeth 11, la reine du Canada, le 28 janvier 1965, puis utilisé en priorité au Québec, ou sa présence choquait moins, en vue des célébrations du centenaire de 1967.Ne faisant allusion ni a ses racines autochtones, françaises ou britanniques (initialement exprimées par les trois feuilles d\u2019érable de Pearson), l\u2019unifolié finit par faire consensus dans l\u2019indifférence.Si les deux bandes latérales réfèrent aux deux océans (rouges ?) de la devise canadienne, la feuille d\u2019érable apparaît en fin de compte comme assez insipide : un arbre qui ne pousse que dans la partie est du Canada actuel.Un drapeau qui ne souleva en somme jamais l\u2019enthousiasme, mais qui permit au moins au Canada anglais de sortir du plus intense débat identitaire de son histoire.Québec à Montréal depuis 1988.Sir John Ross Matheson arborant une ébauche du drapeau en 1964.Gilles Laporte est historien.Il enseigne l\u2019histoire au cégep du Vieux Montréal et à l\u2019Université du 16 TRACES | Volume 53 no 2 Spécialiste de la rébellion de 1837-1838, il est entre autres auteur des ouvrages Patriotes et Loyaux, mobilisation politique et leadership régional (Septentrion, 2004) et Molson et le Québec (Michel Brûlé, 2009).En 2014, il a remporté le Prix du ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science, dans la catégorie Volume/Enseignement collégial, pour l'ouvrage Fondements historiques du Québec contemporain écrit en collaboration avec les professeurs Luc Lefebvre (Cégep du Vieux-Montréal) et David Milot (Cégep de Lanaudière) (4° édition, Chenelière Éducation, 2013).Il est membre fondateur de la Coalition pour l\u2019histoire (2009), Patriote de l\u2019année (2010) et porte-parole de la Maison nationale des Patriotes depuis 2011.En 2012, Gilles Laporte a été élu président du Mouvement national des Québécois.Revue de la SPHQ | Printemps 2015 aq Pr FE fer yirle if Q Qele vous?du Qu Tepes R bie de Ge nl Toute spn en crée Q lors d ae R lens ak quan Is dem the Q lagi deg À Lin ac aly JURY ill ls Jem; Om sik We ny ly ach ds tu Pe Inivesité du Potiots \u20ac ee Quête péri y l'ouvraé fru LU Cherf?a (to feadeeh nisi Entrevue avec Jacques Mathieu Propos recueillis par Raymond Bédard Enseignant d'histoire, Commission scolaire des Patriotes acques Mathieu est lauréat du prix Gérard-Morisset 2014, des Prix du Québec, catégorie Culturelle.Il est retraité de l'Université Laval depuis 2010 et professeur émérite d'histoire.Spécialiste de la période de la Nouvelle-France, il a publié de nombreux ouvrages sur le sujet.Q Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que pour demain, à l\u2019ère du numérique, elles posent vous aviez remporté le prix Gérard-Morisset des prix du Québec en novembre dernier ?Et qu\u2019est-ce que cela représente pour vous ?Évidemment j'ai été très honoré car la démarche de Gérard Morisset, caractérisée par la rigueur et la ténacité, a été axée sur l'émergence de connaissances nouvelles au bénéfice de la société, ce qui a toujours inspiré mes recherches.En ce sens, Gérard Morisset sert encore de modèle pour les chercheurs et les créateurs d\u2019aujourd\u2019hui.Lors de votre passage aux Archives nationales du Québec, avez-vous eu l\u2019occasion de travailler avec M.Morisset ?Je n\u2019ai pas travaillé avec M.Morisset.Cependant, j'ai eu le bonheur de le rencontrer à quelques occasions, quand il a reçu la distinction de directeur honoraire du musée.Toutefois je connais un peu l\u2019histoire de son cheminement de vie marqué par un engagement et une ténacité sans faille.La situation de la conservation des documents anciens a-t- elle évoluée positivement depuis cette époque ?L'évolution a été phénoménale et elle est aujourd\u2019hui au cœur des préoccupations culturelles, scientifiques, administratives et de communication.Les archives préservent la mémoire des personnes, des organisations et des nations.D'ailleurs, elles servent à la préservation des droits des individus comme des institutions.Elles permettent la réalisation de recherches innovantes, comme celle qui nous a fait découvrir, près de quatre siècles après les faits, un aperçu des plantes nouvelles que Louis Hébert a envoyé en Europe, faisant ainsi connaître la contribution du Nouveau Monde à l'Ancien Monde en matière botanique.Les fonctions archivistiques de préservation, sélection, classification assurent à la fois une bonne gestion administrative etune économie de gestion significative.Enfin, aujourd\u2019hui Revue de la SPHQ | Printemps 2015 d\u2019immenses défis liés aux nouvelles technologies.On l\u2019a un peu vu avec la question des recensements au gouvernement fédéral.L\u2019avenir soulève encore davantage de questions.Les gouvernements et autres institutions confieront-ils la gestion des documents à des entreprises privées en prônant la transparence ?Il y a bien des risques associés à l\u2019accès à cette information, sans savoir comment elle a été colligée et classée.Sans compter qu\u2019il est essentiel d\u2019en assurer l\u2019authenticité et l\u2019intégrité, tout en préservant les renseignements personnels.Le défi est de taille.Les objets et les lieux de mémoire semblent vous interpeller particulièrement dans votre démarche d'historien.Pourquoi ?Les objets et les lieux de mémoires constituent des éléments qui incarnent les préoccupations et les sensibilités d\u2019une époque ou d\u2019un groupe de personnes.Ils expriment et concrétisent en quelque sorte des valeurs affirmées, que l\u2019on invite à partager.En quoi consiste le mandat de la Commission des biens culturels ?Concrètement, quelles sont les principales réalisations de cet organisme ?Selon vous, la Commission a-t-elle les moyens pour effectuer pleinement sa mission ?La Commission des biens culturels est un organisme consultatif du gouvernement.Si au début, son mandat consistait principalement à veiller à la sauvegarde de bâtiments historiques, il s\u2019est considérablement élargi au fil des ans, en plus de se complexifier.Du bâtiment, on est passé aux ensembles, aux arrondissements historiques.Les œuvres d\u2019art, les documents anciens, les environnements, les paysages ont été reconnus comme des richesses patrimoniales à mieux préserver et à faire connaître.Il s\u2019agit d\u2019un organisme constitué de bénévoles provenant de divers milieux scientifiques et sociaux dont le rôle en est un de conseil auprès des décideurs.Les dossiers qui lui sont soumis proviennent TRACES | Volume 53 no2 17 de la direction du patrimoine et ont été élaborés par les experts au service de cette direction générale.Faut-il changer les choses ?On a vu se développer, à côté de ce mode de gestion, une participation, voire une appropriation citoyenne de plus en plus ferme et publiquement affichée.Ce sont, je crois, des tendances profondes de notre temps.Aux décideurs de tenir compte de cette évolution et de tenter de s\u2019y ajuster.En tant que spécialiste de la Nouvelle-France (votre livre La Nouvelle-France, Les Français en Amérique du Nord XVI \u2014 XVIII° siècle publié en 1991 aux Éditions Belin est encore un ouvrage de référence pour les enseignants), voyez-vous un regain d\u2019intérêt chez les étudiants universitaires pour la recherche sur cette période fondatrice de la société québécoise ?Les centres d\u2019intérêt potentiels pour la recherche historique sont tellement nombreux que les choix de domaines de recherches par les étudiants varient considérablement.Pour la période de la Nouvelle- France, l\u2019intérêt se maintient, mais d\u2019autres domaines offrent des pistes de recherches fort attrayantes pour une majorité d\u2019étudiants.Sur quels sujets souhaiteriez-vous orienter les étudiants universitaires en histoire du Québec ?Jai toujours insisté sur le fait que l\u2019étudiant devait choisir un sujet qui l\u2019intéresse personnellement; je disais même qui le prenne aux tripes.L'histoire est fille de son temps.Ce sont les préoccupations et les sensibilités des jeunes qui doivent prédominer; c\u2019est ce qui fonde la recherche innovante.Si j'ai un souhait en ce domaine, c\u2019est de tenter d\u2019enrichir sa démarche par les approches et les problématiques de disciplines connexes.Que des recherches alliant archivistique, histoire, ethnologie, archéologie et histoire de l\u2019art par exemple ouvrent des perspectives de compréhension nouvelles.Selon vous, existe-t-il encore des écoles de pensées différentes dans les facultés d\u2019histoire (Laval, Ottawa et Montréal), comme on le percevait dans les années 1960- 70 ?Je ne crois pas que l\u2019on puisse parler d\u2019école, mais il y a des préoccupations dominantes selon les professeurs, les regroupements, les chaires de recherche et les centres de recherche, d\u2019ailleurs devenus de plus en plus multi universitaires.Vos recherches sur la vie au quotidien lors de la Conquête britannique vous ont-elles mené à jeter un regard différent sur ces événements tragiques ?Quelle était fa principale difficulté des chercheurs dans la rédaction des deux tomes Vivre la Conquête parus aux éditions du Septentrion ?TRACES | Volume 53 no 2 R Au point de départ, j'étais tanné que l'on qualifie ces affrontements militaires de guerre entre les Français et les Anglais, quand 40 % des morts ont été des Canadiens.Au fil de la recherche, j'ai pu constater que toute la population civile du Canada avait été touchée de façon significative.L\u2019on évalue la population de la Nouvelle-France entre 65 000 et 70 000 personnes.Si l\u2019on enlève les enfants, puis les femmes, il reste environ 15 000 hommes aptes à prendre les armes.Les chiffres des chercheurs évaluent le nombre de miliciens entre 12 500 et 14 500 et identifient des enfants de 16 ans comme des vieillards (pour l\u2019époque) de 70 ans.Si l\u2019on considère en plus que 80 % de la population vit en milieu rural, il faut tenter d\u2019imaginer comment des femmes, vivant sur une ferme avec un, deux, trois ou cinq enfants, ont pu s\u2019organiser quand le mari était parti aux frontières de la colonie, du côté des Grands Lacs ou du lac Champlain, pour une période de cinq ou six mois.Cela sans compter les atrocités relevées ! Et que dire de ces femmes avec enfants sur la Côte- du-Sud, réfugiées dans les bois pendant des mois.Comment s\u2019abriter, se nourrir, se laver et se protéger des moustiques ?Et parmi les décès et les sépultures dans les bois, il y a eu ces exhumations de corps (dont un bébé de trois mois) quelques mois après les décès pour les inhumer a nouveau dans le cimetière catholique, conformément aux croyances et convictions de l\u2019époque.Les drames ont été nombreux et demeurent mal connus.Dans certains cas, les lendemains du conflit ont été pires que la période des affrontements.Sur la Côte-du-Sud, il y a eu deux fois plus de décès dans les mois suivants la capitulation de la Nouvelle-France que durant l\u2019occupation du territoire.C\u2019est ce qui m\u2019a amené à écrire un texte introductif intitulé « Individu et histoire » dans le tome I de Vivre la Conquête.Quant aux 50 biographies parues dans Vivre la Conquête, il faut noter qu\u2019elles ont été rédigées par des chercheurs expérimentés sur les personnages étudiés.Par ailleurs, il s\u2019agissait presque toujours de personnes qui ont survécu à la période des affrontements.Les destins observés sont alors variés à l\u2019extrême.Tous ont dû s\u2019adapter à des réalités nouvelles, tant politiques, que sociales et économiques.Vous venez de publier aux éditions du Septentrion le premier tome de Curieuses histoires des plantes du Canada, en collaboration avec Alain Asselin, spécialiste en phytologie et Jacques Cayouette, botaniste.Comment et de qui cette idée de livre est-elle née ?Comment cette collaboration entre scientifique et historien s\u2019est-elle déroulée ?Est-ce que ce fut un travail d\u2019équipe ou chacun a œuvré dans son champ d'expertise ?R Ce livre qui a été tellement bien reçu tant par le Revue de la SPHQ | Printemps 2015 lie gic ih pi moi à lo gil a hot Juma st 01S comp oust consid Howe person R le we ange pros Aten con Franc d'abo despl rs shu Tau glad I] ko if ib il Moi tho Dar Ame té fs Jig boi der 0 dpi publ Pls Ri Vans fur; Ree | Qualifo it i Png Wg de Wy Ww Slog, Ua de i | Perse, TS | gp Same Le Geil ns de [i] as, Population «TCommen deux tros e maté des Grands 0 de ing Sle! ur la Côte dès mois, Protéger des fes dès DS {dont vn décès pour cufiolique, ions de Semen sduconfi mis.Sur la décès dus e-France ce qu'a Indiiduet i ivre le spas 2 dts persan pois.Li > Tous ont plies erro ots specie (omer pent ete ses ou hi! | milieu scientifique que par le grand public repose principalement sur la recherche d\u2019Alain Asselin.Comme j'avais produit un ouvrage sur Le premier livre de plantes du Canada, publié à Paris en latin, dès 1635, Alain Asselin a souhaité ma collaboration principalement comme historien.I] s\u2019agissait pour moi de vérifier et valider des informations, d\u2019apporter à l\u2019occasion des compléments et de veiller à la structuration de l\u2019ensemble.Jacques Cayouette, expert en botanique, a vérifié les informations relatives à son domaine, en plus de fournir la majorité des magnifiques illustrations qui ornent les pages de ce livre.Nous avons œuvré, en somme, dans une remarquable complémentarité.Q Vous travaillez actuellement sur Louis Hébert, apothicaire considéré comme le premier véritable colon de la Nouvelle-France.Sous quel angle allez-vous aborder ce personnage ?R Je veux traiter la vie de Louis Hébert sous trois angles différents, passablement novateurs.De sa vie professionnelle active, ce qui retient davantage mon attention ce sont ses compétences d\u2019apothicaire et sa contribution à la botanique mondiale en expédiant en France 44 plantes jusque-là inconnues, transplantées d\u2019abord au jardin de l\u2019École de médecine, puis au Jardin des plantes, dès sa création en 1635.Par ailleurs, la vie personnelle de Louis Hébert comporte des situations absolument fascinantes; il vit en plein cœur de Paris, il a un père riche qui finit emprisonné pour dettes; 1l est adolescent au moment du siège de Paris par Henri IV; il mène des études sérieuses.Marié à une femme de qualité, il ne réussit pas à accumuler des revenus suffisants.À l\u2019âge de 30 ans, alors que la France sort péniblement de 25 années de guerre de religion, cet apothicaire s\u2019engage auprès d\u2019un officier militaire protestant pour œuvrer avec un ancien officier militaire catholique.Puis, à Port-Royal, comme à Québec 10 ans plus tard, il fait rapidement ami/ami avec les Amérindiens, sans doute en partie à cause de leur expérience à la fois commune et différente des vertus des plantes.La troisième partie tentera de vérifier Jusqu'à quel point la contribution de Louis Hébert à la botanique mondiale a pu être inspirée de ses relations avec les membres des Premières Nations.Q Après toutes ces années de recherches, de projets et de publications en histoire, de quelle réalisation êtes-vous le plus fier ?R Il est certain que MÉMOIRES, une recherche transposée en exposition au Musée de la civilisation qui a duré 15 ans.a attiré 8 millions de visiteurs et Revue de la SPHQ | Printemps 2015 R a donné lieu à trois publications est une réalisation dont je suis très fier.Il s\u2019agit toutefois en bonne partie d\u2019une œuvre collective.Nous avons consulté plus d\u2019une centaine de personnes, chercheurs et membres de collectivités culturelles variées.Une trentaine de jeunes chercheurs ont monté des dossiers pour moi et Jacques Lacoursière.Les orientations de la recherche étaient également novatrices.Il s\u2019agissait de comparer les perceptions et la réalité, comme celles de l\u2019espace immense aux ressources illimitées ou encore de la grosse famille.Cette recherche touchait différentes formes d\u2019identité les caractéristiques physiques, les relations à l\u2019autre et à l\u2019environnement, enfin les idéologies et les valeurs.Elle visait en somme à marier la culture comme héritage à la culture comme projet de société.Avez-vous suivi le débat sur la réforme des programmes d\u2019histoire et éducation à la citoyenneté au secondaire.Si oui, quelle est votre position, vos réactions ou suggestions à l\u2019égard des changements proposés ?Je serai extrêmement sévère sur cette question.On peut bien apporter de petites améliorations ici et là, mais tant que les futurs enseignants auront pour toute formation en histoire une année d\u2019études, on ne peut en faire que des répétiteurs qui ont très rarement pu développer le sens de la discipline.Pourtant, c\u2019est dans cette maîtrise acquise qu\u2019il est possible de transférer de façon consciente et sensible les rapports des personnes et des sociétés dans le temps et dans l\u2019espace.C\u2019est la maîtrise de sa discipline ajoutée à l\u2019investissement personnel de l\u2019enseignant qui sont les plus susceptibles d\u2019éveiller les jeunes à différentes réalités historiques, culturelles, politiques ou scientifiques et de les préparer le plus adéquatement possible à former une relève constructive pour la société.Selon vous, l\u2019histoire du Québec et du monde en général a-t-elle sa juste place dans la société ?Les historiens devraient-ils être plus souvent présents dans les débats qui animent la société ?Les chercheurs en général devraient avoir une place plus significative dans les débats de société.Malheureusement, il arrive trop souvent que les prises de position soient tellement caricaturales et axées essentiellement sur le spectaculaire que la science ne peut pas s\u2019y exprimer de façon aisée.Le vrai travail en profondeur dans la connaissance et le fonctionnement des sociétés se fait alors le plus souvent dans l\u2019ombre, dans les instances d\u2019enseignement et de recherche des universités par exemple.TRACES | Volume 53 no 2 19 Une recherche au premier cycle du secondaire sur l\u2019apprentissage et l\u2019enseignement par concepts dans un contexte de jumelage de l\u2019histoire et l\u2019éducation à la citoyenneté Félix Bouvier, Sandra Chiasson Desjardins et Pascale Couture, UQTR ntre les années 2010 et 2013, nous avons mené une recherche auprès d\u2019une quarantaine d\u2019élèves québécois des régions de l\u2019Outaouais, de Lanaudière et de la ville de Trois-Rivières du premier cycle du secondaire, dans le cadre de leurs cours d\u2019histoire et éducation à la citoyenneté (HÉC).Ces deux disciplines, rappelons-le, sont jumelées officiellement depuis 2005 par le Programme de formation de l\u2019école québécoise, une première dans l\u2019histoire de l\u2019enseignement de l\u2019histoire au niveau secondaire québécois.Les perceptions qu\u2019ont les élèves de cette association disciplinaire constituent d\u2019ailleurs un des deux aspects sur lesquels nous nous attardons dans cet article.Auparavant cependant, nous nous sommes penchés sur la compréhension qu\u2019expriment les élèves, à l\u2019occasion d\u2019entrevues semi-dirigées, des concepts récurrents du programme, c\u2019est-à-dire certains que l\u2019on retrouve dans plusieurs réalités sociales (époques historiques).Au total, quatre entrevues individuelles ont été menées à l\u2019automne et au printemps des deux années scolaires du cycle et quatre observations en classe ont été réalisées dans chacun des quatre groupes-classes d\u2019autant d'enseignants ayant participé à l\u2019étude.Ces derniers seront d\u2019ailleurs au centre d\u2019un prochain article portant sur ces deux mêmes questions.L\u2019appropriation conceptuelle Pour nous, il s\u2019agissait de voir comment les élèves s\u2019approprient les principaux concepts du programme HÉC et de cerner l\u2019évolution de leur compréhension au cours de ces deux années scolaires.Les concepts récurrents évoqués sont ceux de société, hiérarchie sociale, pouvoir, territoire, justice, démocratie et État.Les élèves devaient témoigner de leur compréhension de ces concepts, c\u2019est-à-dire nous les définir et identifier leurs principales caractéristiques.En ce qui touche la juxtaposition de l\u2019histoire et de l\u2019éducation 20 TRACES | Volume 53 no 2 à la citoyenneté, nous analysons la compréhension qu\u2019ont les élèves de cet arrimage et de la distinction qu\u2019ils font ou non entre les deux sphères.Pour les fins de cet article, trois concepts seront investigués quant à leur compréhension et leur appropriation par les élèves.Il s\u2019agit des concepts de pouvoir, de démocratie et d\u2019État.Pouvoir Le concept de pouvoir est présent dans l\u2019organigramme de base des cinq réalités sociales du programme HÉC.On peut donc supposer qu\u2019il a été fréquemment abordé en classe (ce que confirment nos observations en classe et des entrevues menées auprès des enseignants).Bien que ce concept soit, dès la première entrevue, relativement bien maîtrisé, il y a peu de différence dans la façon dont les élèves le définissent par la suite au cours du cycle, alors que le champ sémantique entourant ce concept de pouvoir n\u2019évolue globalement que peu au cours des deux années scolaires, malgré certaines nuances intéressantes qui émergent par ailleurs au fil du cycle.Les élèves évoquent ce concept sous différents angles.Pour eux, « avoir le pouvoir » est corollaire de « faire ce que l\u2019on veut », « avoir le dessus sur d\u2019autres personnes », « prendre des décisions » et « avoir le droit de diriger ».Toutefois, ces définitions ne s\u2019étoffent pas davantage au fil du cycle d\u2019enseignement, les élèves utilisant essentiellement les mêmes éléments pour définir le concept.Cependant, un aspect du concept évolue de façon plus significative et éloquente au cours du cycle : celui qui concerne les personnes défendant le pouvoir.Lors de la première entrevue, seul le roi est nommé en tant que personne ayant du pouvoir.Il s\u2019agit bien évidemment d\u2019une « image » forte du concept et il nous semble tout à fait normal que les élèves « personnifient » (Lautier et Allieu-Mary, 2008) ainsi le concept.Revue de la SPHQ | Printemps 2015 ji qui | quo pes nommé ak (es 8h fn isle gone! id (tare quisol doles Ans, genet dum pis élèves, Démoc Sitm pour de fço Tecra d'in à Bl ie wong sere base d $ gi celui à démos monde dial ele volent vont de Person Kare UT ipa di où sey Carat Les 0 hay Notons son réside Perso x omy Reve In qu'on Is om ou ck trois Henson oneeps niga mme HEC.1 ghordé 1 casee Bin que aivement zon don dak.pnep de des deux RES 5 ages « fre Sons», finger.avantage péilisant dior de int pl Los to qu emer! fol tk quier à ms 208 À la dernière entrevue, au printemps de la deuxième année du premier cycle, en plus du roi, qui demeure toujours une image importante du concept, d\u2019autres personnages et institutions détenant le pouvoir sont nommés par les élèves.Ces personnages et ces institutions sont le gouvernement, le chef politique et le président.Ces exemples sont plus contemporains et davantage en lien avec les réalités sociales étudiées plus récemment dans le cours.Il est donc possible de voir que l\u2019étude du concept dans d\u2019autres réalités sociales a permis aux élèves d\u2019identifier de nouveaux exemples incarnant le pouvoir.Cela rejoint, en partie, les observations de Cariou (2004) qui soutient que l\u2019élaboration d\u2019un concept historique est étroitement liée aux contextes dans lequel 1l est abordé.Ainsi, les nombreuses époques historiques étudiées permettent d\u2019en étoffer, en partie, sa compréhension ou, du moins, les exemples le personnifiant.Il s\u2019agit là d\u2019un pas important dans la compréhension du concept par les élèves.Démocratie Si l'on schématise ce qui a trait au concept de démocratie pour la recherche résumée ici, les élèves, spontanément et de façon récurrente, associent le concept de démocratie à la caractéristique du droit de vote.Il s\u2019agit inévitablement d'un attribut incontournable et fort du concept qui est identifié par les élèves.C\u2019est à travers cet attribut conceptuel que, pour une majorité d\u2019élèves, la démocratie s\u2019exerce et prend forme.Il constitue en quelque sorte la base du concept par laquelle d\u2019autres attributs viennent se greffer.Parmi les différents témoignages recueillis, celui de Karine' résume bien l\u2019ensemble.Pour elle, la démocratie, « c\u2019est le droit de vote [.] pour élire du monde, le président justement », selon ce qu\u2019elle nous dit à l\u2019automne de première secondaire.À la quatrième entrevue, voici son témoignage : « Il y a du monde qui votent pour avoir un chef, un député [.] c\u2019est eux qui vont décider de nos choix.\"Faque\", il faut choisir la bonne personne ».Comme on peut le constater, la réponse de Karine est plus étoffée lors de la dernière entrevue.Ainsi, il est possible de voir que la notion de représentativité apparaît désormais en filigrane dans sa compréhension du concept.Karine n\u2019est pas l\u2019exception, alors que plusieurs élèves jugés « bons » abordent aussi cette caractéristique du concept lors de la quatrième entrevue.Les expériences scolaires ont donc permis de faire évoluer la compréhension du concept (Sillamy, 1989).Aussi, notons que les élèves sont en mesure d\u2019identifier plusieurs personnages qui incarnent bien le concept : député, chef, président, premier ministre.Encore une fois, les élèves personnifient spontanément le concept, et il s\u2019agit pour eux d\u2019une bonne façon de l\u2019aborder et d\u2019en témoigner leur compréhension.Revue de la SPHQ | Printemps 2015 État Le concept d\u2019État est généralement moins bien compris.En fait, une confusion et une certaine ambiguïté persistent tout au long du cycle dans la compréhension du concept et cela est notamment perceptible par le peu d\u2019attributs que les élèves évoquent du concept.Ceux-ci mentionnent parfois quelques attributs généraux, tels ceux de pays, territoire ou même place, pour étoffer le concept d\u2019État, mais ces attributs demeurent généraux.Ils semblent d\u2019ailleurs être utilisés davantage en tant que synonyme du concept et demeurent finalement assez globaux, sans démontrer une compréhension fine à cet âge allant de douze à quatorze ans.Voici quelques extraits de verbatims (la reproduction des propos des élèves) qui illustrent nos propos.Selon Catherine, « un État, c\u2019est comme une province si on veut.C\u2019est comme le Québec, c\u2019est un État du Canada ».Pour Chloé, la définition est plus large : « Un État, c\u2019est comme les États-Unis ».Pour Antoine par contre, c\u2019est nettement plus restreint et diffus : « Un État, c\u2019est un lieu ».Bref, les définitions recueillies en ce qui concerne le concept d\u2019État demeurent embryonnaires, par-delà l\u2019extrapolation qu\u2019il serait par ailleurs possible d\u2019en faire pour chacune d\u2019entre elles.Cependant, il semblerait que le faible niveau de compréhension de ce concept ne soit pas surprenant.En effet, il s\u2019agit d\u2019un concept éminemment abstrait qui nécessite la compréhension préalable d\u2019un amalgame d\u2019attributs (Deleplace et Niclot, 2005).Un dernier élément doit être soulevé ici.Les élèves, pour illustrer leur compréhension du concept d\u2019État, ont essentiellement procédé par analogies.Cela est notamment perceptible par l\u2019utilisation de connecteurs textuels tels que « comme ».Il s\u2019agit d\u2019un procédé qui est fréquemment utilisé lorsque les élèves sont dans un processus de compréhension du concept (Cariou, 2006; Reigeluth, 1983).La jonction entre l\u2019histoire et l\u2019éducation à la citoyenneté Bien que cette recherche et cet article fassent état des résultats obtenus entre 2010 et 2013, une constance émerge si on la met en lien avec l\u2019étude préliminaire menée entre 2006 et 2008 : les élèves associent le cours à peu près uniquement à la dimension historique, la sphère de l\u2019éducation à la citoyenneté n\u2019ayant à toutes fins pratiques pas de résonance chez eux.Si on résume, ils ne peuvent donner d\u2019exemples d\u2019activités et d\u2019exercices faits en classe qui soient en lien avec l\u2019éducation à la citoyenneté, ils ont de la difficulté à définir ce qu\u2019est cette discipline et une grande majorité d\u2019élèves, toutes écoles confondues, soutiennent que l\u2019enseignante ou l\u2019enseignant ne fait pas selon eux d\u2019éducation à la citoyenneté, mais simplement de l\u2019histoire.Julie résume bien la question : « Bien, on fait de l\u2019histoire en classe, pas vraiment d\u2019éducation à la TRACES | Volume 53 no 2 21 citoyenneté ».Conclusion Parmi les trois concepts pour lesquels nous avons évoqué la perception évolutive des élèves interrogés, il ressort nettement que le pouvoir est celui dont la compréhension est nettement la mieux affirmée et la plus nuancée.Pour les concepts de démocratie et d\u2019État, le peu d\u2019attributs très généralement évoqués en entrevue permet d\u2019affirmer qu\u2019il s\u2019agit de concepts dont l\u2019appropriation est beaucoup plus réduite et à l\u2019évidence toujours en structuration.De plus, l\u2019arrimage de l\u2019histoire et de l\u2019éducation à la citoyenneté n\u2019est clairement pas bien saisie par les élèves, si tant est qu\u2019il soit véritablement effectué par les pédagogues.L'enseignement aux mêmes élèves est d\u2019ailleurs l\u2019autre grand volet de la recherche effectuée, ce dont nous traiterons bientôt.1 Les prénoms évoqués dans l\u2019article sont fictifs.Références bibliographiques < Cariou, D.(2006).Étudier les voies de la conceptualisation en histoire à partir des écrits des élèves.Les méthodes de recherche en didactiques.Dans M.-J.Perrin-Glorian et Y.Peuter (éditeurs), Les méthodes de recherche en didactiques (p.124-183).Belgique, Presses Universitaires du Septentrion.Cariou, D.(2004).La conceptualisation en histoire au lycée : une approche par la mobilisation et le contrôle de la pensée sociale des élèves.Revue Française de Pédagogie, 147, 57-67.Deleplace, M.et Niclot, D.(2005).L'apprentissage des concepts en histoire et en géographie : enquête au collège et au lycée.CRDP de Champagne-Ardenne.+ Lautier, N.et Allieu-Mary, N.(2008).La didactique de l\u2019histoire.Revue française de pédagogie, 1(162), 95-131.+ Reigeluth, C.M.(1983).Meaningfulness and Instruction: Relating what is being learned to what a student knows.Instructional Science, 12, 197-218.+ Sillamy, R.(1989).Dictionnaire encyclopédique de psychologie.Paris, Bordas.REFUSONS, L'AUSTÉRITÉ 22 TRACES | Volume 53 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2015 rang game \u20ac gsi le fie diet les mi a on eth dans C ong effet el fon Js ch ou nf fous femme de pie [ato [His cel ar On di Way dr Sige Ge gh h Cl bugs Reve, My Cou Dhs Dey LT % 5 Tig gg Us Py don Tous Methods herche x rôle de a weal ak} nt noms, L'Histoire, nom féminin qui se conjugue généralement au masculin \u2014 L'agentivité historique des femmes et la classe d'histoire Marie-Hélène Brunet Candidate au doctorat en didactique de l'histoire, Université de Montréal ans son recueil intitulé Pas d'histoire les femmes !, Dumont (2013) exprime sa consternation de voir les femmes toujours reléguées au second rang dans l\u2019Histoire.Car, si l\u2019histoire des femmes et du genre est un champ prolifique depuis plus de trente ans et si les connaissances historiques sur divers aspects de la vie des femmes sont riches et nombreuses, le transfert didactique, lui, s\u2019opère lentement.Leur présence dans les manuels scolaires est limitée à certains événements, à l\u2019iconographie ou aux encadrés.Plus inquiétante encore est la manière dont elles y sont présentées.C\u2019est pourquoi, dans cet article, nous cherchons à savoir comment « se conjugue » l'Histoire.Les récits historiques utilisent en effet une trame narrative dans laquelle des sujets agissent et font des choix, mais les historiens peuvent présenter les changements historiques de multiples façons reflétant ou non l\u2019agentivité des femmes.En d\u2019autres mots, nous voulons mieux comprendre les rôles attribués aux femmes : fait-on d\u2019elles de véritables agentes historiques et, si oui, de quelle manière ?La sélection de l\u2019acteur principal, le choix du verbe, ainsi que la valeur attribuée à l'action, influencent tous la manière dont « se conjugue » l'Histoire.Cette citation de Dumont est à la base même de cet article : On doit se demander pourquoi, dans les livres d'histoire, on insiste pour dire que ce sont les gouvernements qui ont « accordé » le droit de vote aux femmes, au lieu d\u2019expliquer pourquoi et comment les femmes l\u2019ont « réclamé ».Cette occultation des actions politiques des femmes contribue à nier leur rôle historique (1998, p.50).La question de l\u2019agentivité historique ne se pose pas que lorsqu\u2019il est question des femmes : tous les groupes sociaux opprimés cherchent à faire partie intégrante du récit historique.Par ailleurs, l\u2019analyse des luttes sociales menées par ces différents groupes est au cœur des objectifs du programme d'histoire et d\u2019éducation à la citoyenneté qui veut amener les élèves du secondaire à « découvrir que le changement social est tributaire de Revue de la SPHQ | Printemps 2015 l\u2019action humaine » (MELS, 2006, p.23).Des analyses détaillées des récits proposés par les manuels d\u2019histoire depuis la réforme sont présentement en cours (Lefrançois, Éthier et Demers, 2011).Ce texte propose toutefois une réflexion plus théorique, s\u2019intéressant à l\u2019agentivité des femmes.Nous commencerons par définir le concept, puis nous présenterons différents obstacles à l\u2019agentivité des femmes dans les récits historiques.Définir l\u2019agentivité Étudier ce concept en didactique de l\u2019histoire est essentiel parce qu\u2019un récit intégrant bien l\u2019agentivité permet aux élèves de donner du sens à l\u2019histoire, de mieux envisager la complexité des causes historiques et de prendre conscience de leurs propres capacités en tant qu\u2019agents dans le présent (den Heyer, 2003).Puisque l\u2019agentivité s\u2019exprime lors de luttes pour des changements sociaux, nous choisirons une définition proposée par Engestrom et Sannino (2013, p.5) : «l\u2019agentivité se manifeste lorsque des personnes formulent des intentions et exécutent des actions volontaires qui débordent des habitudes acceptées et des conditions données de l\u2019activité et de l\u2019organisation dans laquelle elles s\u2019inscrivent, pour ensuite les transformer ».Dans un contexte d\u2019agentivité, les actions humaines sont multiples et variées; la réalité est complexe et des individus et des groupes offrent des voies divergentes.Pour refléter l\u2019agentivité citoyenne, les récits historiques devraient éviter de présenter la société comme un tout homogène.Regardons maintenant quelques exemples concrets en classe d\u2019histoire.Questionnés sur le rôle de l\u2019histoire, des adolescents rencontrés par Vansledright (1997) ont répondu en ignorant la question de l\u2019agentivité historique.En effet, si l\u2019histoire est, selon eux, « une leçon pour le futur, pour ne pas répéter les mêmes erreurs », la citoyenneté ne semble pas y jouer un rôle.Les actions collectives dans les luttes pour la démocratie et contre les différentes formes d\u2019oppression n\u2019apparaissent pas dans les réponses des élèves.Les luttes sociales sont le TRACES | Volume 53 no 2 23 plus\u2018souvent considérées comme achevées.Dans le même ordre d\u2019idées, Seixas (1993) constate une corrélation entre l\u2019incapacité des élèves saisir l\u2019agentivité dans leur classe d\u2019histoire et un sentiment que l\u2019action est hors de leur portée dans le présent.Ces constatations nous mènent à nous interroger une fois de plus sur les rôles attribués aux femmes dans les récits historiques.En classe d\u2019histoire, permet-on réellement aux élèves d\u2019envisager les questions citoyennes liées à l\u2019égalité hommes-femmes ?La manière dont les luttes féministes dans l\u2019histoire sont présentées peut-elle avoir un effet sur la conscience citoyenne des élèves ?Des obstacles à l\u2019agentivité pour les élèves Sans le faire de manière consciente, les auteurs de manuels et les enseignants proposent souvent un récit historique comportant de nombreux obstacles à l\u2019agentivité.Ceux-ci risquent de restreindre la compréhension de l\u2019agentivité, plus spécifiquement des femmes, chez les élèves.Intéressons-nous d\u2019abord à l\u2019agentivité individuelle.Dans l\u2019histoire scolaire, les récits ont tendance à présenter une vision très héroïque et « hyperindividualisée » de ce qu\u2019est un agent historique (den Heyer, 2003, p.418).Ainsi, même lorsque le programme (dans ce cas le PFÉQ) prône une approche où l\u2019élève devrait être amené à reconnaître le rôle des actions collectives dans les changements historiques, les manuels semblent encore mettre l\u2019accent sur une « conception monocausale et linéaire de l\u2019histoire, attribuant à [.] tel ou tel «grand personnage» [.] la plupart des changements sociaux [.], mais invoquant rarement l\u2019influence de [\u2026] l\u2019action des «gouvernés» sur l\u2019évolution de la démocratie » (Lefrançois er al, 2011, p.76).En d\u2019autres mots, en valorisant l\u2019action de quelques grandes personnalités, un récit historique a tendance à négliger l\u2019agentivité collective.Or, les luttes féministes (tout comme par définition les luttes sociales en général) ne sont pas le fruit d\u2019une initiative individuelle, mais bien collective.S\u2019il est certes possible pour les élèves d\u2019admirer les grands personnages, peuvent-ils réellement par la suite envisager s\u2019investir dans une action collective ?Peuvent- ils percevoir que le changement est à leur portée ?Selon une recherche de Barton (1997), les élèves du primaire, avant même leur premier cours d\u2019histoire, conçoivent les luttes pour l\u2019égalité (noirs, femmes) en terme d\u2019action individuelle, cette agentivité étant uniquement le lot de quelques personnages puissants ou charismatiques.L\u2019agentivité collective est absente de leurs explications historiques.Par ailleurs, les élèves font généralement référence uniquement à des hommes, comme Martin Luther King Jr.Le même chercheur explique 24 TRACES | Volume 53 no 2 d'ailleurs que les élèves d\u2019Irlande du Nord développent une notion bien différente de l\u2019agentivité historique que les élèves états-uniens (Barton, 2001).Selon lui, le type d\u2019histoire enseignée est en cause.En effet, le récit historique présenté en Irlande du Nord accorde beaucoup moins de place aux réalisations de personnes célèbres que celui généralement proposé aux États-Unis.Ce choix pédagogique se traduit, dans les récits d\u2019élèves irlandais, par une plus grande place faite à l\u2019agentivité collective.Cette dernière recherche s\u2019avère, selon nous, l\u2019une des plus évocatrices de la nécessité de réfléchir à l\u2019histoire scolaire.En effet, « l\u2019école demeure l\u2019endroit où l\u2019on étudie la version officiellement sanctionnée de l\u2019histoire; si elle ne fait pas place à une diversité d\u2019acteurs, les élèves peuvent aisément conclure que leur participation à la société n\u2019est ni possible, ni souhaitable » (Barton, 2011).Une seconde problématique liée à l\u2019agentivité touche aux choix du type d\u2019événements présentés dans les récits.Ces choix déterminent en partie les agents qui seront étudiés lesquels, comme nous l\u2019avons vu, sont souvent des hommes politiques.De nombreuses études démontrent la faible présence quantitative des femmes dans les manuels d'histoire (Clarke, 2005; Consentino, 2008; Efthymiou, 2007; Lucas, 2005).En réponse aux critiques formulées par des chercheurs en éducation, plusieurs éditeurs ont « ajusté » leurs éditions subséquentes en ajoutant des femmes dans les encadrés et les documents iconographiques situés en marge du texte, le tout ne changeant rien à la trame narrative principale qui demeure essentiellement « politique »'(Bickmore, 1999).S'il est normal que le transfert des savoirs savants aux savoirs scolaires prenne un certain temps, il faut tout de même rappeler que, depuis plusieurs décennies déjà, les sujets d\u2019étude historique se sont multipliés dans les départements d\u2019histoire universitaires.Les historiens se sont tournés vers de nombreux groupes longtemps ignorés dans l\u2019historiographie, parmi lesquels les femmes (la moitié de l\u2019humanité), suscitant un renouveau de la recherche (Sandwell, 2005).L'histoire des femmes s\u2019est attirée des louanges, mais évidemment des critiques.L\u2019une de ces critiques vient même d\u2019une historienne féministe, Scott (1988) qui s\u2019est questionnée sur les réelles avancées en lien avec ce nouveau champ historique.Elle considère en effet qu\u2019en développant une histoire des femmes comme champ spécifique, les historiennes se sont elles-mêmes marginalisées, laissant l\u2019histoire politique et traditionnelle continuer à se développer sans réellement devoir faire l\u2019effort d\u2019intégrer au récit la question centrale du genre (gender).Le défi des historiens est maintenant d\u2019intégrer une réflexion sur les constructions sociales genrées à travers l\u2019histoire (Tupper, 2005).Revue de la SPHQ | Printemps 2015 Til pa Jp ot va des à per fer jetés de dé vi ales ele pls ê rs à di Jes mi come à pour fie ais seche 05} Jeri pra des d (th Tuppe « ma mère lie les pli a tase an his bs fl tpt ja Qu lg fo de \u201ca dng ery gy th fom Lin lig Trg Reve Cg by iy hi k Lex bey S tle Cech ag (lke Resp R Solaire uf | Sele 3 peli ey Duché aux es ri Seo We des oe das le 0.20 rites users Vents à i 0 72 demeure als dL faut tou ts Ge dans ls ns nen: Emme a 6 ps se cigs sonne ris qe.Hk pie 552 0 ogee qual | ail jens gait Tant des historiens que des didacticiens ont réfléchi a ces questions.Ainsi, Dumont (1992) propose de repenser le concept de « vagues » du féminisme.Ces fameuses « vagues » qui se retrouvent dans la trés grande majorité des ouvrages d\u2019histoire générale ont, dit-elle, un effet pervers : simplifier de façon quasi-caricaturale les luttes féministes.En d\u2019autres mots, penser le féminisme en termes chronologiques est problématique.Il n\u2019y a pas eu de creux entre les « vagues » et il n\u2019y a pas eu que des « Victoires ».Par exemple, au lieu d\u2019insister uniquement sur les vagues du féminisme, les manuels devraient plutôt mettre l\u2019accent sur le contexte expliquant ces luttes et, qui plus est, sur les résultats concrets et tangibles, de même que sur les difficultés toujours existantes.L'historienne et didacticienne Clark a étudié cette question à travers les manuels d'histoire de la Colombie-Britannique.Elle conclut qu\u2019une trame historique narrative très politique et triomphante (qu\u2019elle appelle le nation-building) a pour effet de reléguer l\u2019histoire des femmes à quelques événements et personnages très circonscrits, négligeant ainsi l\u2019essentiel des développements récents de la recherche en histoire des femmes et du genre (Clarke, 2005).On constate ainsi que les femmes apparaissent dans le récit lorsqu'il est question du droit de vote ou encore de la première femme élue, mais disparaissent ensuite pour des chapitres entiers (Efthymiou, 2007).Mais quel effet cela peut-il avoir sur les élèves ?Tupper (2005) note que l\u2019histoire traditionnelle et « masculine » est en général devenue une norme intériorisée dans les classes d\u2019histoire, à tel point que plusieurs, y compris les filles, en sont venues à rejeter les femmes comme catégorie d\u2019analyse historique.La pédagogue Dolby (2000) donne l\u2019exemple d\u2019une élève lui ayant confié vouloir en apprendre plus sur les femmes en classe d\u2019histoire, puis qui s'est ravisée après avoir constaté « qu\u2019il n\u2019y a pas vraiment de femmes importantes dans l\u2019histoire » et que « l\u2019histoire des femmes n\u2019intéresse que les filles et les femmes ».Levstik et Groth (2002), ayant expérimenté un enseignement de l\u2019histoire incluant plus de femmes que le curriculum traditionnel, soulignent que plusieurs élèves (filles), malgré leur intérêt pour les nouveaux sujets traités, ont perçu cette modification du cours comme étant préjudiciable aux garçons ou « antihommes ».Leurs explications révèlent qu\u2019elles considèrent ce changement comme s\u2019écartant de ce que devrait être l\u2019histoire « normale ».Cette attitude s\u2019observe aussi chez certains enseignants : « J\u2019aimerais inclure plus de femmes dans ma classe, mais i/ n'y a pas tant de femmes que ça dans l\u2019histoire » (Barton, 2011).Limiter l\u2019agentivité à quelques événements politiques très circonscrits diminue le poids historique des groupes marginalisés.Comme le souligne Barton (2011), les Revue de la SPHQ | Printemps 2015 femmes n\u2019ont pas seulement été agentes dans l\u2019histoire lorsqu\u2019elles ont obtenu le droit de vote ou lors de l\u2019élection des premières députées.Elles l\u2019ont aussi été lorsqu\u2019elles ont intégré massivement les universités, réclamé le droit de contrôler leur fécondité, etc.Une classe d\u2019histoire qui refléterait mieux les développements de l\u2019historiographie pourrait certainement prétendre à une meilleure intégration de l\u2019agentivité, et, croyons-nous, rejoindre davantage les intérêts de tous les élèves.Dumont (1998) présente clairement une lacune souvent identifiée quant à l\u2019agentivité, lorsqu\u2019elle rappelle la tendance à attribuer le droit de vote des femmes à une intervention gouvernementale, plutôt qu\u2019au travail des groupes de femmes.Il arrive aussi que cette « victoire » soit associée au féminisme (l\u2019idéologie), sans expliquer le rôle actif des femmes.Cette façon de présenter le déroulement des événements n\u2019est pas étrangère à la prédominance de l\u2019histoire politique.Tant les historiens que les enseignants d\u2019histoire ont parfois tendance à attribuer les causes à des événements ou à des structures plutôt qu\u2019à des agents, ce qui laisse peu de place pour comprendre la complexité des luttes sociales (den Heyer, 2003).L\u2019obstacle à l\u2019agentivité est ici que l\u2019on attribue les changements à une « grande idée », à l\u2019œuvre d\u2019une entité impalpable ou encore à l\u2019évolution « normale » de la société (Éthier, 2000).Un exemple en histoire des femmes peut ici éclairer notre propos.Dumont (2000) propose une analyse qualitative de la présence des femmes dans un ouvrage d\u2019histoire générale du Québec (Linteau, Durocher et Robert, 1979, 1986).L\u2019une de ses constatations porte sur les changements majeurs depuis les années 1960.Qu\u2019il soit question des droits juridiques des femmes (loi 16°) ou des réalités touchant leur sexualité (nuptialité, fécondité, contraception, avortement, etc.), les auteurs se réfèrent surtout aux changements des mentalités en guise d\u2019explications.Quel est l\u2019effet d\u2019un tel récit ?Lorsque les agents sont totalement absents, que les choix et les prises de décision sont invisibles, les sociétés ne semblent répondre qu\u2019aux exigences inexorables de forces sur lesquelles elles n\u2019ont que très peu de contrôle.Par conséquent, le cours de l\u2019histoire peut apparaître comme inévitable et les acteurs historiques, particulièrement les groupes opprimés, peuvent sembler n\u2019avoir aucune prise sur leur situation.II n\u2019est donc pas surprenant, selon Seixas (1993), que les élèves attribuant le changement social principalement aux structures soient beaucoup plus apathiques devant les questions citoyennes.Une autre recherche indique que les élèves tendent à voir l\u2019oppression comme un « phénomène aujourd\u2019hui disparu sous cette forme » (Fink et Opériol, 2010, p.6).Ils ont TRACES | Volume 53 no 2 25 tendance à idéaliser le présent « égalitaire », par contraste à un passé injuste.Plusieurs recherches empiriques démontrent d\u2019ailleurs que les élèves perçoivent les groupes opprimés (noirs, peuples autochtones, immigrants d\u2019origine chinoise, femmes) comme des sujets qui subissent plutôt que des sujets qui agissent (den Heyer, 2003; Levstik et Groth, 2002; Peck, Poyntz et Seixas, 2011).Finalement, un autre obstacle à l\u2019agentivité se retrouve dans l\u2019usage de catégories englobantes (par exemple : les Québécois, les anglophones, les femmes \u2014 ou, pire encore, la femme).S\u2019il semble évidemment difficile de ne pas se référer à de tels regroupements pour faciliter la compréhension, il ne faudrait pas négliger qu\u2019ils ont tendance à « [polariser] les identités » (Lefrançois er al, 2011, p.78) en naturalisant les éléments soi-disant communs aux membres d\u2019une communauté, donnant une image sans doute beaucoup plus uniforme que la réalité.Il est commun que les femmes soient représentées comme un groupe homogène.Les rôles joués par les femmes risquent alors d\u2019être stéréotypés.Le biais est parfois inconscient, mais même les récits historiques tendent à prôner un certain « idéal » de féminité à travers leurs choix interprétatifs.Lamoureux (1991), s\u2019intéressant à la manière de décrire la représentation des femmes dans les mouvements politiques, note que les mêmes activités ne sont pas présentées de la même façon lorsque ce sont des femmes qui y participent.Ces dernières se voient une fois de plus attribuer une étiquette correspondant à une certaine idée de la féminité, alors que des hommes ayant œuvré au sein des mêmes groupes sont présentés comme des avant-gardistes.Les interprétations offertes dans les récits historiques n\u2019ont certainement pas comme objectif de limiter l\u2019agentivité des femmes, mais il est plausible que les constructions sociales genrées influencent la manière de les présenter.La transposition didactique n\u2019est pas une tâche simple.Il peut paraître complexe d\u2019amener les élèves à comprendre l\u2019oppression des femmes dans leur ensemble tout en présentant les femmes comme un groupe hétérogène.La diversité des parcours de femmes selon leur classe sociale, leur origine ethnique ou autre est indéniable, mais des recherches démontrent aussi que les obstacles à l\u2019intégration de cette pluralité d\u2019expériences par les élèves sont nombreux, à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur de la classe d\u2019histoire (Levstik, 2009; Levstik et Groth, 2002).Conclusion Pour repenser les récits, il ne suffit pas d\u2019inclure plus de femmes ou inclure plus de membres de groupes marginalisés.Nous avons démontré que cela serait « aussi inefficace que de prescrire un antibiotique pour un virus » (Traille, 2007, p.35).La formulation des causes historiques et de l\u2019agentivité des individus et des groupes dans les récits demande une réflexion didactique poussée.Elle doit considérer les représentations des élèves tout comme les effets possibles de l\u2019apprentissage; elle doit réfléchir non seulement au récit en tant que tel, mais aussi questionner les conceptions des enseignants, leurs approches pédagogiques et les ressources didactiques mises à leur disposition.Si plus de recherches sont nécessaires pour réellement comprendre comment les élèves interagissent avec les récits historiques, tout porte à croire qu\u2019un enseignement intégrant bien le concept d\u2019agentivité améliore la compréhension que les élèves se font des changements sociaux.Ils sont ainsi moins portés à croire que les mutations historiques sont toujours synonymes de progrès ou qu\u2019elles sont liées à l\u2019action d\u2019une petite minorité d\u2019individus puissants.Par ailleurs, un tel enseignement favorise une prise de conscience de leur rôle potentiel comme agents pouvant influencer le cours de l\u2019histoire.Nous pensons qu\u2019un tel enseignement pourrait outiller les élèves face aux enjeux sociaux touchant les femmes.La tâche n\u2019est pas impossible et le travail nous semble déjà bien entamé par plusieurs historiens.L'histoire des femmes et l\u2019histoire du genre au Québec ont vu abonder une recherche historique qui, nous le croyons, intègre avec brio le concept d\u2019agentivité.Il nous semble donc que l\u2019histoire scolaire a tout intérêt à se tourner vers ces études, afin d\u2019offrir une « image plus complexe du passé des Québécoises et pour cette raison, sans doute plus proche de la réalité » (Baillargeon, 1995, p.153).1 Nous entendons ici l\u2019histoire politique « traditionnelle » puisque nombreux sont les historiens, particulièrement en histoire des femmes, qui revendiquent une définition beaucoup plus large de l\u2019histoire politique où le « privé est politique ».2 En 1964, à la suite des multiples réclamations des groupes féministes et grâce à l\u2019intervention de la ministre Claire Kirkland-Casgrain, l\u2019Assemblée législative du Québec adopte la loi 16.Les femmes mariées peuvent désormais exercer leurs pleines capacités juridiques et ne doivent plus obéissance à leur mari.26 TRACES | Volume 53 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2015 Bariot, Chi Con fre Jou Barton.(eli bo pis Net Bick i, ï les être eu de hi Cle ts Ë Soupes th sy I pg es ces 5 roues \u20ac Pons ig gy \u201cle di tl, mai ns leurs eles éllemen avec les nema fle a DBE que les e progrès morte iene ole soir, Loutiler femmes gentle te des horde fee bl done \u2018vers cs du passe pie pli ines, ain, sel I Baillargeon, D.(1995).Des voies/s parallèles.L'histoire des femmes au Québec et au Canada anglais (1970- 1995).Sextant, 4, 133-168.Barton, K.C.(1997).\u201cBossed Around by the Queen\u201d: Elementary Students\u2019 Understanding of Individuals and Institutions in History.Journal of Curriculum and Supervision, 12(4), 290-314.Barton, K.C.(2001).A Sociocultural Perspective on Children\u2019s Understanding of Historical Change: Comparative Findings from Northern Ireland and the United States.American Educational Research Journal, 38(4), 881-913.Barton, K.C.(2011).Agency, choice, and historical action: How history teaching can help students think about democratic 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contredit une des belles réussites économiques de la province.| Nor fame.de Men laprem à Monr prolésse Montre Tie Qe he tEmoign fla Cr macs ely | ita En 2002, la Caisse de dépôt et placement du Québec s\u2019installait dans un nouvel édifice en Ÿ am plein coeur du Quartier International de Montréal.Les architectes Renée Daoust et Éric BR de Gauthier conçoivent alors un édifice tout en lumière et de facture novatrice qui est devenu Pre avec le temps un symbole dans le quartier.En 2009, l\u2019édifice reçoit la certification du Leed Qu so Or Existing Building, soulignant sa performance sur le plan du développement durable.C\u2019est fe Ivanhoé Cambridge, la filiale immobilière de la Caisse qui gère cet édifice, le Centre CDP tery Capital.[iy Créée en juillet 1965 par une loi de l\u2019Assemblée nationale du Québec (à l\u2019époque Assemblée législative du Québec), la Caisse de dépôt et placement avait pour mission de gérer les fonds du tout nouveau Régime de rentes du Québec.Avec le temps, la Caisse prend en charge la gestion de fonds d\u2019autres régimes publics de retraite ou d\u2019assurance.Au début des années 1970, selon la volonté du gouvernement de l\u2019époque, elle effectue ses premiers placements en investissant dans les entreprises québécoises puis canadiennes.Au tournant des années 1980, elle s\u2019ouvre sur les marchés étrangers et investit dans le secteur immobilier.Au début des années 2000, la Caisse procède à ses premières acquisitions d\u2019envergure dans les infrastructures en investissant dans des aéroports à l\u2019étranger.Dans ce même ordre d\u2019idée, son président actuel Michael Sabia annonçait récemment la participation de la Caisse dans la réalisation du nouveau pont Champlain reliant Montréal à la Rive Sud.Aujourd\u2019hui, la Caisse de dépôt et placement est actionnaire de plus de 4 000 entreprises au Québec, au Canada et à l\u2019étranger, ce qui en fait un investisseur institutionnel de premier plan.Source : www.lacaisse.com/fr/a-propos/historique (2014) À laure | aise femmes [ q ® fi Uy fi nse TRACES | Volume 53 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2015 tug i tour ie n 1 Elegy Sy 80 Ig 35m.Ménagères au temps de la Crise de Denyse Baillargeon, un ouvrage de référence toujours pertinent Chantal Rivard Doctorante et chargée de cours, Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université de Montréal rès de 25 ans après sa publication, comment un ouvrage peut-il être encore utile pour déboulonner des mythes et des idées préconçues et mieux nous éclairer sur une période historique du siècle dernier.Denyse Baillargeon est une historienne et professeure titulaire au département d'histoire de l\u2019Université de Montréal.Spécialiste de l\u2019histoire des femmes, de la famille, de la santé et de la consommation, elle est l\u2019auteure de Ménagères au temps de la crise, un ouvrage publié pour la première fois en 1991, aux éditions du Remue-ménage, à Montréal.C\u2019est sous la direction de Jacques Rouillard, professeur au département d'histoire de l\u2019Université de Montréal, que cette recherche sur les femmes de la classe ouvrière pendant les années 1930 est d\u2019abord née en tant que thèse de doctorat.Il s\u2019agit d\u2019une étude qui repose sur le témoignage de 30 femmes qui étaient mariées au moment de la Crise de 1929.La chercheure a voulu mesurer les impacts de la Grande Dépression sur la sphère domestique qui relevait de la responsabilité des femmes (Baillargeon, 1993).Son étude apporte un éclairage intéressant qui va bien au-delà des quelques noms de personnalités féminines qui ont marqué l'histoire politique et au-delà même des quelques clichés que l\u2019on trouve trop souvent dans le Programme de formation des écoles du Québec (PFÉQ) et qui sont repris dans les manuels scolaires.Afin de rendre encore plus concrets les apprentissages qu\u2019il est possible de tirer de cet ouvrage, il appert essentiel de relever les informations qui sortent des lieux communs.L\u2019ouvrage comporte sept chapitres, dont six abordent de manière assez chronologique la vie domestique des 30 femmes qui ont participé à cette étude.Chronologique parce que Baillargeon aborde la naissance et l\u2019enfance de ces femmes dès le second chapitre.Puis, elle s\u2019intéresse aux fréquentations et au mariage des informatrices.Ensuite, elle aborde la maternité et, par le fait même, la Revue de la SPHQ | Printemps 2015 sexualité.C\u2019est dans ce chapitre que nous avons relevé les informations les plus inattendues.Elle poursuit, dans le cinquième chapitre, avec le travail rémunéré et l\u2019administration du budget.Ici aussi, l\u2019étonnement attend le lecteur à la révélation de certains faits.Baillargeon s\u2019arrête ensuite pour décrire le travail ménager et plus particulièrement les lieux dans lesquels celui-ci se déroule.C\u2019est ainsi que les logements et les quartiers font l\u2019objet d\u2019une attention particulière de la part de l\u2019auteure.Enfin, elle conclut son ouvrage sur l\u2019intervention de l\u2019État dans l\u2019économie familiale et les rôles de la famille et du voisinage en temps de crise économique.Le premier chapitre est, quant à lui, consacré à la définition des termes et à la méthodologie employée.Utilité de cet ouvrage pour enseigner le PFÉQ en univers social Lorsqu\u2019on s\u2019arrête au programme du primaire, et au document sur la progression des apprentissages en particulier, on ne peut que constater l\u2019espace restreint qu\u2019occupent les femmes dans l\u2019histoire.Aucun personnage féminin marquant ni aucune indication sur le rôle des femmes dans l\u2019organisation de la sphère domestique, qui connaîtra pourtant de nombreux changements entre 1900 et 1980, n\u2019y sont abordés.Dans le programme du deuxième cycle du secondaire, quelques revendicatrices féministes font leur entrée et tout semble se régler assez rapidement avec l\u2019entrée sur le marché du travail des femmes lors de la Seconde Guerre mondiale.Plusieurs manuels d'histoire abordent le mouvement féministe des années soixante de manière à ce que l\u2019élève conçoive que tout s\u2019est déroulé TRACES | Volume 53 no 2 29 dans un ordre qui était établi.En ce sens, l\u2019ouvrage de Baillargeon permet de mieux saisir le véritable rôle joué par les femmes et de rétablir un équilibre entre l\u2019histoire politique et économique et l\u2019histoire sociale.En allant au-delà des revendications féministes et syndicalistes, la chercheure permet de s\u2019approcher du vécu de femmes d\u2019ouvriers, de développer une empathie historique en contextualisant le milieu ouvrier montréalais du point de vue des femmes.Travail domestique et crise économique Dans ce premier chapitre, certaines informations seront fort utiles à l'enseignant pour bien saisir le contexte de l\u2019époque.Par exemple, l\u2019auteure révèle qu\u2019en 1931, selon le Canadian Welfare Council, le salaire annuel minimal pour faire vivre une famille moyenne de cinq personnes était de 1 100 $.Or, le même organisme constatait que près de la moitié des familles montréalaises gagnait moins de 1 000 $.En 1935, alors que le revenu minimal est fixé à 1 200 $ selon le Montreal Board of Trade, 68 % des 180 000 chefs de famille gagnent moins de 1 000 $ et plus de 50 %, moins de 850 $.On comprend alors comment les allocations de la Ville de Montréal, qui s\u2019élevaient à 36,88 $ par mois en été et à 39,48 $ en hiver, pouvaient être d\u2019un réel secours (Baillargeon, 1993).Les prémices d\u2019un État providence paraissent ainsi bien réelles.Ces données permettent également de comparer le pourcentage du revenu accordé au loyer à l\u2019époque (le prix d\u2019un loyer à Montréal dans un quartier ouvrier était de 12 à 18 $ par mois selon les données obtenues par la chercheure dans le chapitre six) avec celui d\u2019aujourd\u2019hui.Les éleves pourront en tirer d\u2019intéressantes conclusions.De la naissance au mariage Ce qui peut étonner, dans ce chapitre consacré à la jeunesse des 30 femmes interrogées, concerne l\u2019apprentissage des tâches domestiques.Les témoignages révèlent que les mères divisaient souvent les tâches domestiques entre leurs filles, privant chacune d\u2019un apprentissage global de leur futur rôle d\u2019épouse et de mère.Celles qui avaient appris à coudre n\u2019avaient pas approché les fourneaux, de sorte qu'au moment de nourrir leur famille, elles se trouvaient dans une position inconfortable.De plus, la précarité des revenus obligeait les parents à envoyer leurs filles sur le marché du travail, et ce, dès 12 ans, les privant ainsi de l'apprentissage des rudiments des tâches ménagères.Baillargeon révèle donc au lecteur que l\u2019apprentissage des tâches domestiques ne se transmettait plus nécessairement de mère en fille.En revanche, la transmission des valeurs de dévouement et d\u2019abandon de soi demeurait.L'intégration de ces filles au marché du travail avait pour seul but de contribuer au revenu familial.30 TRACES | Volume 53 no 2 Au-delà de la romance : les fréquentations et le mariage Au 3° chapitre, le lecteur apprendra peu d\u2019informations surprenantes.En temps de crise économique et surtout dans le milieu ouvrier, les célébrations entourant les mariages étaient plus que modestes; très peu de femmes ont suivi cette mode nouvelle qui habillait la mariée de blanc et qui couvrait d\u2019un voile son visage.Pour une question de rentabilité, la robe de mariée était choisie en fonction d\u2019une possible réutilisation.La cohabitation avec les parents dans les premières années du mariage n\u2019étonne pas, de même que l\u2019apport du trousseau de la mariée à l\u2019économie du couple.Le recyclage de matière pour confectionner ce trousseau ne surprend pas non plus, tel l\u2019utilisation de sac de sucre pour la confection de linge de table.En ce qui concerne les fréquentations et le choix de l\u2019époux, l\u2019enquête de Baillargeon nous apprend que les femmes n\u2019avaient pas la possibilité de courtiser et que le choix du mari reposait sur des impératifs économiques, mais également sur la crainte de ne plus être « choisie » par un autre.La maternité Sans contredit, ce chapitre est le plus instructif sur le milieu ouvrier montréalais des années 1930.Baillargeon affirme d\u2019emblée que la maternité, parce qu\u2019exclusive aux femmes, a séparé ces dernières du monde marchand.La femme-mère s\u2019est vue, lors de l\u2019industrialisation, enfermée dans la sphère domestique d\u2019où elle ne sortira qu\u2019avec le mouvement féministe des années 1960.L\u2019auteure explique alors que les discours clérical et médical béatifient la mère- épouse dont le seul rôle est lié à la maternité.Néanmoins, ce qui surprend le plus dans ce chapitre concerne la sexualité.Bien sûr, la pudeur, la gêne et la crainte omniprésente du péché expliquent en grande partie le peu de connaissances des participantes sur la sexualité, voire méme sur leur propre système reproducteur.Trois d\u2019entre elles ont déclaré n\u2019avoir appris que quelques semaines avant la naissance de leur premier enfant les principes de l'accouchement.Mais on apprend que l\u2019avortement était un sujet de discussion au sein de la famille.En effet, une des informatrices mentionne qu\u2019étant devenue enceinte avant le mariage, sa famille lui proposa l\u2019avortement comme solution.Cette discussion ouverte sur l\u2019avortement n\u2019a pas manqué d\u2019étonner.En ce qui concerne l\u2019accouchement, si l\u2019assistance d\u2019une femme de l\u2019entourage venant agir comme sage-femme ne surprend pas, le fait que plus du tiers des maris aient assisté leur épouse lors de l'accouchement démontre que les conjoints n\u2019étaient pas systématiquement exclus comme c\u2019était le cas en milieu hospitalier jusqu\u2019au milieu Revue de la SPHQ | Printemps 2015 juan ge pri la! hl fun ald ws ie Je pot ki lamer nde © soient ondiss?qa Jugs ¢ rnd servi ques es accep sons qu Enñn,le lila couples.rege! d'enfant ses nf faire ng de qual recueil dela su époque, Tril Le chap lemme qu'est que [ag exclu Imre des has emg ils f aha Ti Ss) homme 14 Fami ira Me Wily da J lay Le {tay Pie le img ing Moly ks de lem; Mig & Pour Une ask Hig 1 loge à Manée à ire pour ns Ek ge 4 choi 1d ge TE Que le nomique choi ff sr I allie sie ans dhand.La salem: qu'avec le cexplique tlamère- chape re ie pute sexual a, To quelques pin ls pod qu en de que oped ) eT cede fone 5 ét fone evs D piled ms des années 1970.Cette présence de l\u2019homme démontre une certaine forme d\u2019intimité entre les époux et s\u2019explique par la taille réduite des familles, faisant de la naissance d\u2019un enfant un moment privilégié.On apprend également que plus de la moitié des femmes avaient une assurance privée leur permettant de recevoir la visite d\u2019une infirmière pendant les relevailles, ce qui permettait de vérifier l\u2019état de la mère et de son enfant.De plus, on apprend la relation tendue entre certaines femmes et les organismes qui veillaient au bien-être des enfants.En effet, l\u2019importance grandissante qu\u2019accordait le gouvernement à l\u2019hygiène et aux soins du nourrisson avait entraîné la mise sur pied d\u2019organismes prodiguant des conseils pour bien nourrir et prendre soin des enfants.Les conseils émis par ces services publics, tel La Goutte de lait, interféraient parfois avec les croyances profondes de certaines femmes qui n\u2019acceptaient pas de se faire dicter leur conduite sur les soins qu\u2019elles apportaient à leurs enfants.Enfin, le dernier point à relever dans ce chapitre concerne l\u2019utilisation de moyens contraceptifs par plus de 50 % des couples, et ce, malgré l'interdiction de l\u2019Église.C\u2019est donc dire que la majorité des couples a préféré réduire le nombre d\u2019enfants ou espacer les naissances.La volonté d\u2019élever ses enfants dans un certain « confort », l\u2019ambition de les faire instruire et le désir de vouloir leur accorder du temps de qualité n\u2019ont pas manqué d\u2019étonner.Ces informations recueillies par la chercheure font ressortir la fragilisation de la soumission au dictat de l\u2019Église déjà présente à cette époque.Travail rémunéré et administration du budget Le chapitre sur ce sujet met en lumière l\u2019image de la femme pendant et après la Seconde Guerre mondiale qui est véhiculée par les manuels d\u2019histoire.On apprend que l\u2019administration du budget familial relevait presque exclusivement des femmes et que ces dernières avaient l\u2019impression de gérer l\u2019argent de leur mari.Cette vision des choses faisait que le sentiment de culpabilité se trouvait accru lorsque le budget familial connaissait des ratés.Et si les femmes avaient la responsabilité de maximiser les achats et de réduire les dépenses, jamais cette responsabilité ne s\u2019est traduite en pouvoir qui demeurait l\u2019apanage des hommes en tant que pourvoyeurs.De plus, on apprend que 18 familles sur 30 ont traversé la crise économique grâce au travail des deux conjoints.Voilà un point qu\u2019il peut être intéressant de développer avec les élèves : qu'est-ce qui a contribué au développement de l\u2019autonomie des femmes dans les années 1940 puisqu'elles effectuaient déjà des travaux rémunérés et géraient le budget familial ?Le travail ménager Moins étonnante, cette section renseigne sur les travaux Revue de la SPHQ | Printemps 2015 ménagers que les femmes devaient accomplir.La chercheure, grâce aux différents témoignages, décrit la nature de ces travaux de même que les lieux dans lesquels vivaient les familles ouvrières montréalaises.Selon Baillargeon, le travail ménager était considéré comme une contrepartie essentielle du travail rémunéré car il contribuait à fournir des produits et des services pour assurer le bien-être de l\u2019ensemble de la famille.La production domestique devait donc servir à compenser les revenus familiaux trop faibles pour assurer des conditions de vie minimales.État, famille, voisinage et crédit On apprend dans ce dernier chapitre que l\u2019État providence, alors à ses premiers balbutiements, ne visait qu\u2019à soutenir ceux qui étaient sans ressource.L\u2019aide apportée était minimale et ne pouvait soutenir réellement la famille d\u2019un chômeur.C\u2019est pourquoi la famille, principalement les femmes, a joué encore longtemps le rôle de support avant que ne se développe un véritable filet social après la Deuxième Guerre mondiale et surtout à partir de la Révolution tranquille.En ce qui concerne le voisinage, on apprend l\u2019importance qu\u2019accordaient les femmes à la sphère privée.La misère et les difficultés rencontrées à cause de la pauvreté devaient demeurer cachées.Par contre, l\u2019entraide était palpable, ce qui fait dire à Baillargeon que les relations entre voisins étaient élaborées en véritable réseau où circulaient de l\u2019entraide et beaucoup de silences.Les limites de la recherche Tirée d\u2019entretiens réalisés auprès de 30 femmes mariées ou sur le point de l\u2019être au moment de la Crise de 1929, la recherche de Baillargeon repose sur la mémoire de femmes qui, au moment des entrevues, avaient un âge avancé.Ce n\u2019est pas tant de l\u2019âge dont il faut se méfier, comme le souligne la chercheure, mais bien de la mémoire.Une mémoire de femmes ayant traversé les époques et qui peut porter un jugement sur ce qu\u2019elles ont vécu dans les premières années de leur mariage.Jugement, parce que le mouvement féministe et la société de consommation ont changé la donne et modifié la perception qu\u2019elles ont de leur vie passée (Baillargeon, 1993).Baillargeon est consciente de cette limite qu\u2019elle aborde d'ailleurs dans le premier chapitre.En ce sens, on pourrait y voir un lien avec Pomian qui affirmait que « toute mémoire humaine est mémoire de quelqu\u2019un \u2014 une personne déterminée dotée d\u2019un sentiment, de sa singularité et de son unicité » (Pomian, 1999, p.270).Par contre, on pourrait reprocher à l\u2019auteure de ne pas être revenue sur cette délicate question de l\u2019utilisation de la mémoire en histoire.En effet, le fait que la mémoire soit sélective, égocentrique et qualitative ne vient pas nuancer TRACES | Volume 53 no 2 31 les propos que la chercheure rapporte parfois de la part de ses informatrices.Or, certains de ces commentaires reflètent un net jugement de valeur qui ne peut qu\u2019étre associé à l\u2019influence de l\u2019évolution de la société.Il aurait été pertinent que l\u2019auteure y revienne car, si elle contextualise les informations en s\u2019appuyant sur d\u2019autres recherches qui ont fait ressortir des aspects sociaux-culturels de la société montréalaise à cette époque, elle ne le fait pas pour les critiques que s'adressent par moment les informatrices.Ainsi, lorsqu\u2019une informatrice affirme qu\u2019elle « étai[t] trop niaise.[Qu\u2019elle] connaissait] rien.[Qu'elle] connaissai[t] pas comment un enfant « s\u2019achetait\u201d quand [ils se sont] mariés » (informatrice E12, Baillargeon, 1993, p.103), la chercheure poursuit en expliquant l\u2019ignorance dans laquelle se trouvaient les femmes en ce qui concerne la sexualité et l\u2019accouchement.Toutefois, il aurait été pertinent de contextualiser la critique que se fait cette femme, car 11 devient par moment difficile de saisir l\u2019époque étudiée en raison de la présence constante du présent dans les discours rapportés.En effet, comment juger cette ignorance « niaiseuse » alors que, plus loin, une autre informatrice ayant eu recours à la contraception admet, elle, que c\u2019est le « Bon Dieu qui est juge de ça.[Que si elle est] coupable, il y a quelque chose qui arrivera » (informatrice 16, Baillargeon, 1993, p.108) ?Comment alors expliquer cette opposition par rapport aux valeurs que prônait alors l\u2019Église catholique sans faire entrer le présent dans l\u2019analyse ?La question demeure.Par le recours à des sources orales, l\u2019historienne permet de dresser un certain portrait de la société ouvrière montréalaise à l\u2019époque de la Crise économique, parce que ces sources donnent accès à l\u2019expérience qu\u2019ont vécue des groupes absents de la sphère politique, et donc souvent de l\u2019histoire, ce qui fut le cas des femmes issues de cette classe sociale.Toutefois, ce portrait semble parfois soutenu par le désir de rendre aux femmes le statut d\u2019actrices et de « les restituer à l\u2019histoire » (Baillargeon, 1993, p.32).Ainsi Baillargeon demeure par moment évasive sur le nombre de femmes ayant posé certains gestes et utilise des termes comme « plusieurs », « seulement quelques-unes », « un grand nombre », « un certain nombre », « certaines ».Cette imprécision peut entraîner des interrogations chez le lecteur.En effet, comment analyser le fait que « plusieurs [-\u2026] [femmes] se sont plaintes à mots couverts de l\u2019appétit sexuel, a leurs yeux insatiable, de leur conjoint [.] » (Baillargeon, 1993, p.102) ?Est-ce dire que le « devoir conjugal » était désagréable pour une majorité de femmes ?Est-ce dire que plusieurs femmes n\u2019éprouvaient aucun plaisir pendant l\u2019acte sexuel ?L\u2019imprécision de certains propos ne permet donc qu\u2019une analyse sommaire de ces 30 entretiens.Conclusion L'ouvrage de Baillargeon, s\u2019il possède des limites particulièrement liées au type de recherche, offre un portrait des familles montréalaises au temps de la Crise économique à travers l\u2019histoire de 30 femmes.Cette intrusion dans leur sphère privée donne du sens à la sphère politique et permet à l\u2019histoire de s\u2019intéresser à un des groupes qui en sont trop souvent exclus.Pour un enseignant, cette recherche permet de contextualiser cette période de l'histoire et offre des points de vue différents sur la Crise de 1929 et sur la Grande Dépression qui a suivi.Cette recherche permet donc, à un enseignant qui le souhaite, d\u2019utiliser ou de développer l\u2019empathie historique, selon qu\u2019il la considère comme un but ou comme un processus, avec ses élèves (Levstick, 2001).L'emploi de certains extraits des entrevues est à cet égard recommandé.L'élève aura ainsi une multitude de points de vue, ce qui ne peut que contribuer au développement de sa pensée historique (Seixas, 2010 et Wineburg, 2001).Bibliographie + Baillargeon, D.Ménagères au temps de la Crise.Montréal, Canada, Éditions du remue-ménage, 1993.Levstik, L.S.Crossing the Empty Spaces: Perspective Taking in New Zealand Adolescents\u2019s Understanding of National History (2001).Dans O.L.Davis Jr, E.A.Yeager et S.J.Foster (dir.), Historical Empathy and Perspective Taking in the Social Studies (p.69-96).Lanham, Etats-Unis : Rowman & Littlefild Publishers, Inc.Pomian, K.Sur l'histoire.Paris, Gallimard, 1999.Seixas, P.Evaluation de la réflexion historique.Dans J.-F.Cardin, M.-A.Ethier, A.Meunier (dir.), Histoire, musées et éducation à la citoyenneté (p.247-263).Québec, Canada, Éditions MultiMondes, 2010.Wineburg, S.Historical Thinking and Other Unnatural Acts, Philadelphie, Etats-Unis, Temple University Press.TRACES | Volume 53 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2015 (ent Raym EL Traces.plus su fiver, Jo bére plsd' elo À Tige dans Les or Selon 1 pren bran de 1760 Tonal Ses fil: de Mow qu'un Tom de de ac lauele dl com const Lag ing le lr Ha Py yg à An, le gy le Wie de Ee, Mins , NS che Je pue Flag M], i deve eng\u201d Wl dey k tera Ie d Ces 5 is oe mn la Crise es.(ete sens à la Érese à Pour un ier ete iféens on qu à sgl empañe à ut ou 2007 égard e ports ppemel 1,201} ig of gel es Pres.np 208 Destination Montréal 375¢ e Les Juifs de Montréal Geneviève Goulet, Enseignante d'histoire, Collège Sainte-Anne de Lachine Raymond Bédard, Enseignant d'histoire, Commission scolaire des Patriotes n 2017, la ville de Montréal célébrera son 375¢ anniversaire de fondation.À sa façon, la SPHQO apporte sa contribution aux célébrations entourant cet anniversaire.Au cours des prochains numéros de Traces, une série d\u2019articles vous permettront d\u2019en apprendre plus sur Montréal, cette ville aux milles clochers.Cet hiver, un événement célèbre son 70° anniversaire, celui de la libération du camp d\u2019extermination nazi d\u2019Auschwitz où plus d\u2019un million de Juifs ont été tués.Plusieurs survivants de l\u2019Holocauste ont trouvé refuge à Montréal après 1945.À l\u2019époque, une population juive était déjà bien établie dans l\u2019île.Voici son histoire.Les origines des Juifs montréalais Selon l\u2019historien Denis Vaugeois, Aaron Hart serait le premier Juif à s\u2019établir au Canada.Arrivé avec les troupes britanniques sous la direction du général Amherst à l\u2019été de 1760, il profite de la levée de l\u2019interdit d\u2019installation des non-catholiques romains pour s\u2019installer dans la province.Ses fils seront à l\u2019origine de la première communauté juive de Montréal.En 1768, cette communauté, qui ne comprend qu\u2019une centaine d\u2019individus, fonde un groupement du nom de Shéarith Israël (Les restes d\u2019Israël), appellation de la communauté juive sépharade de New York avec laquelle ils entretiennent d\u2019étroites relations amicales et commerciales.En 1777, la première synagogue est construite sur un terrain situé rue Notre-Dame.L'arrivée de quelques Juifs de Pologne et d\u2019Allemagne dans les années 1840, amène cette communauté de rite ashkénaze à fonder sa propre synagogue.Ainsi les deux communautés juives ont chacune leur lieu d\u2019enseignement hébraïque et religieux.Vers 1875, chacune des communautés aura sa propre école, celle de Shéarith Israël et celle de Shaar Hashomayim.La grande migration de 1880 Jusqu\u2019à la Première Guerre mondiale, les exigences d\u2019admissibilité en matière d\u2019immigration sont relativement souples ce qui favorise l\u2019entrée au Canada de nombreux immigrants.Les Juifs commencent à arriver en plus grand nombre dans la métropole dans les années 1880.Ceux-ci fuient les pogroms russes.Originaires de l\u2019Europe de l\u2019Est, ces immigrants pauvres s\u2019installent dans des quartiers d'artisans, principalement autour de la grande artère de la rue Saint-Laurent.Progressivement, des ateliers de l\u2019industrie du vêtement emploieront ces nouveaux venus.Plusieurs synagogues y seront construites.Au début du 20° siècle, les Juifs représentent le principal groupe ethnique qui n\u2019est ni d\u2019origine française, ni d\u2019origine anglaise.En 1900, ils sont environ 7 000 à Montréal.Puis, l\u2019immigration S\u2019accélère et dans les années 1920, l\u2019île de Montréal compte environ 45 000 Juifs, ce qui représente presque la totalité du judaïsme de la province.Au recensement de 1931, la population juive du Québec est composée majoritairement de personnes nées à l\u2019étranger, dont la moitié provient de Russie.Face à cet afflux constant d\u2019immigrants pauvres en provenance d\u2019Europe de l\u2019Est, la communauté juive de Montréal doit s\u2019organiser.Le Baron de Hirsch Institute, la société d\u2019assistance la plus importante sur le territoire de la métropole, est né de généreux dons d\u2019un philanthrope européen.Cet organisme de charité permet Ashkénazes : Juifs originaires des pays germaniques et slaves.Hassidisme : Mouvement d'\u2019intense piété mystique du judaïsme.Pogrom : Mouvement populaire de violence perpétré contre les Juifs en Russie.Petit glossaire Sépharades : Juifs originaires de la péninsule ibérique.Talmud Torah : Constitue avec la bible l'autre source Yiddish : Langue judéo-germanique parlé par les Juifs principale de la religion hébraïque.ashkénazes.Revue de la SPHQ | Printemps 2015 TRACES | Volume 53 no 2 33 Chronologie e 1768 : Fondation du groupement Shearith Israël.1777: Construction de la première synagogue Shearith Israël.e 1829 : Loi autorisant l\u2019établissement d\u2019une synagogue à Montréal et lui conférant le droit de tenir les registres d\u2019état civile 1832 : Loi autorisant aux Juifs du Québec les mêmes droits et privilèges que ceux des autres sujets britanniques de la province.e 1846 : Amendement à la loi de 1829, autorisant la construction d\u2019une deuxième synagogue à Montréal.1860 : Fondation du groupement Congregation of Polish and German Jews, plus tard appelé Shaar Hashomayim.* 1869 : Loi provinciale scindant le Conseil de l\u2019instruction publique en deux comités, l\u2019un catholique et l\u2019autre protestant, Les propriétés foncières à Montréal et Québec sont classées pour fin d'impôt scolaire.e 1870 : Amendement à la loï de 1869.Premier texte législatif faisant mention de la minorité juive.» 1875-1894 : École de jour de Shearith Israël avec interruption de 1882 à 1886.1875-1882 : Attribution d\u2019une subvention à Shearith Israël par la commission scolaire protestante.e 1880-1927 : Immigration massive de Juifs de l\u2019Europe de l'Est.1890 : Fondation du groupement B\u2019naï Jacob et de l\u2019Institut Baron de Hirsch.* 1890-1907 : École Baron de Hirsch.1896 : Fondation de l\u2019école du soir Talmud Torah, école de garçons.1903 : Reconnaissance légale de Talmud Torah sous l\u2019appellation Hebrew Free School.1905 : Fondation de la Yiddish Public Library à Montréal * 1907 : Fondation du quotidien Jewish Daily Eagle à Montréal « 1909 : Fondation de Jewish National Workers Alliance a Montréal * 1914: Fondation de I'Hopital juif de Montréal, alors Hebrew Maternity Hospital.¢ 1919: Fondation du Congrès juif canadien.# 1922 : United Talmud Torah of Montreal obtient sa Charte provinciale.« 1930 ; Adoption de la loi David qui permet la création d\u2019une commission scolaire des écoles juives de Montréal.e 1956 : Début de l'immigration des Juifs en provenance du Maroc.+ 1976 : Fondation du Centre commémoratif de l\u2019Holocauste à Montréal (ouvert au public en 1979).Extrait de Corcos, Arlette.Montréal, les Juifs et l\u2019école, Québec, Septentrion, 1997, 305 p.34 TRACES | Volume 53 no 2 à la communauté juive de faciliter l\u2019établissement des nouveaux immigrants démunis.L'industrie du vêtement et le commerce du détail Même s\u2019ils possèdent peu de ressources, les entrepreneurs d\u2019origine juive sont très nombreux à posséder de petits ateliers dans l\u2019industrie du vêtement.Au début du siècle, la majorité des juifs travaillent comme ouvriers dans cette industrie.Les plus qualifiés sont tailleurs ou teinturiers.Les postes les moins prestigieux tels que couturières sont laissés à une main-d\u2019œuvre féminine canadienne- française qui s\u2019avère moins coûteuse au plan salarial.Le quartier Saint-Laurent est pendant près de soixante ans le centre de la confection de vêtements au Canada.Plusieurs bâtiments témoignent aujourd\u2019hui de ce secteur d\u2019activité tel que l\u2019édifice Cooper qui a abrité plusieurs ateliers de confection de vêtements.Une foule de commerces de vente au détail, qui ne requiert que peu de capitaux, représente le second domaine d\u2019activité économique de la communauté juive de Montréal.Des commerces d\u2019alimentation, de vêtements, de restauration voient le jour.Le restaurant Schwartz's Delicatessen ouvre ses portes en 1929.Cet établissement de renommée est administré par les frères Schwartz, des Juifs roumains.Sur le boulevard Saint-Laurent se trouve le magasin d\u2019alimentation Warshaw.En 1935, les Florkivitch, un couple juif polonais, ouvrent un magasin de fruits et de légumes dont les étalages se diversifient rapidement pour répondre à une clientèle grandissante.Les transactions commerciales se déroulent principalement en anglais.L\u2019anglais, parlé par les groupes d\u2019origines britanniques, est adopté par les Juifs de Montréal.Puisque l\u2019accès aux écoles catholiques francophones leur est refusé, les enfants juifs montréalais fréquentent les écoles du secteur anglophone protestant.L'importance de l\u2019éducation et le succès dans le secteur économique de la métropole font en sorte que certains Juifs se joignent à l\u2019élite anglophone montréalaise.Ainsi, le fils d\u2019un fabricant de cigares, Mortimer B.Davis, deviendra le président d\u2019/mperial Tobacco et l\u2019un des plus importants philanthropes de la communauté juive.Il fera ériger une riche et luxueuse résidence dans le Mille carré doré, avenue des Pins, dans laquelle se tiendront plusieurs soirées mondaines.Le dynamisme culturel de l\u2019entre-deux-guerres L\u2019immigration juive connaît une baisse marquée au cours de la période de l\u2019entre-deux-guerres.Entre 1933 et 1945, moins de 5 000 Juifs réussissent à entrer au pays.Néanmoins, la crise ne freine guère l\u2019effervescence culturelle de la communauté juive.Montréal constitue l\u2019un des principaux foyers culturels de la langue yiddish Revue de la SPHQ | Printemps 2015 danser ielct frie biblio fheitee Nation ep) y perl 154E peintres feito La mon La com move 1930 L Tappan bie lavile, dela tele 0 imp Jui à Fane Obi amie tang J nie like lle Cava ie} Cen ifs age tee Reve Rey ts ig Rare, i de Kis hy, a, Ei courir Tain.dang) le Begs Ps dati Beli kein domaine jive & dens, Sehir semen watz, das erouve le lorovich, ruse de Dent pour ent fungies Monee ones kr ent x porta mig & joe fls dun fod k pporar nt Ut mr de plus Faire son Steinberg ! Cette expression populaire dans les années 1960 fait référence à l\u2019entreprise du même nom qui a développé un concept nouveau d\u2019épicerie libre-service dans les années 1930-40.En 1909, la famille Steinberg de Hongrie immigre au Canada et ouvre une petite épicerie à Montréal.Samuel et ses quatre frères commencent à y travailler en 1917 et en font l\u2019une des plus Ézal 72444 grandes chaînes de supermarchés au Canada.En 1934, sous la direction de Samuel, Steinberg ouvre à Montréal le premier magasin libre-service du Québec.Cinq ans plus tard, Samuel ouvre une succursale à Arvida.En 1959, Steinberg achète 38 magasins de la Grande Union Ltd de l\u2019Ontario.En 1978, au moment du décès de Samuel, les profits de la compagnie provenant de ses magasins Steinberg, Miracle Mart et autres entreprises se chiffrent a un milliard de dollars pas année.! En 1989, la famille Steinberg vend ses supermarchés à la Caisse de dépôt et placement du Québec et à Socanav.Après quelques années difficiles, l\u2019entreprise est partagée entre Métro-Richelieu et Provigo (qui sera racheté par Loblaws en 1998).! Niosi, Jorgue.Dans L'Encyclopédie du Canada, Montréal, Éditions Alain Stanké, 1987.dans le monde.La métropole abrite de nombreux artistes, intellectuels, écrivains qui utilisent cette langue, la troisième la plus parlée à Montréal.Fondée en 1914, la bibliothèque juive est un lieu d\u2019échanges culturels.Le théâtre yiddish se développe et occupe le Monument- National, premier centre culturel canadien-français de la métropole.Une troupe de théâtre d\u2019art moderne yiddish y performe durant douze saisons entières entre 1922 et 1934.Également, au cours des années 1930, de nombreux peintres juifs associés à l\u2019art moderne sont très actifs sur le territoire de la métropole.La montée de l\u2019antisémitisme des années 1930 La communauté juive de Montréal est ébranlée par le mouvement antisémite mondial qui sévit dans les années 1930.Les Juifs montréalais sont bouleversés par les récits rapportés d\u2019Europe.À Montréal, l\u2019antisémitisme est bel et bien présent sous différentes formes.Les anglophones de la ville exercent une discrimination subtile face aux Juifs de la métropole.Par exemple, la communauté anglophone refuse d\u2019embaucher des Juifs dans certaines entreprises ou impose des quotas pour l\u2019admission d\u2019étudiants juifs à l'Université McGill.L\u2019antisémitisme chez les francophones est plus démonstratif.Certains journaux sont ouvertement antisémites.Le journaliste Adrien Arcand qui appuie le nazisme fonde un journal Le fascisme canadien dans lequel une large partie de son espace rédactionnel contient des propos antisémites.Un racisme envers les Juifs est aussi présent dans les écrits de jeunes intellectuels tel que Lionel Groulx.Ce mouvement de pensée, qui reste davantage présent dans les milieux intellectuels, est loin de faire l'unanimité chez les Canadiens-français de Montréal.Ceux-ci continuent de faire affaire avec des commerçants juifs malgré une campagne d\u2019« Achat chez nous ».La vague antisémite s\u2019estompe tranquillement au cours de la décennie 1930 mais sans totalement disparaître.Puis, la Revue de la SPHQ | Printemps 2015 communauté juive montréalaise est confrontée à l\u2019horreur, celle de l\u2019Holocauste qui se déroule en Europe.Les Juifs d\u2019après la Seconde Guerre mondiale À l'instar des États-Unis, le gouvernement canadien autorise très peu de réfugiés juifs à immigrer au Canada lors de la Seconde Guerre mondiale.I] faut attendre la décennie 1950, avec la création d\u2019un nouveau ministère de l\u2019immigration et de la citoyenneté, pour que la limitation de l\u2019immigration des Juifs soit levée.Les nouvelles générations de Juifs nés à Montréal entraînent un recul de la culture yiddish.De plus en plus instruits, ils accèdent à des professions libérales.Plusieurs petits commerçants voient leur commerce prendre de l\u2019expansion avec la prospérité d\u2019après-guerre.C\u2019est le cas des familles Bronfman (Distillerie et immobilier), Pascal (Quincaillerie) et Steinberg (Alimentation, voir encadré) qui profitent de ce contexte d\u2019expansion économique rapide.Le niveau de vie des Montréalais d\u2019origine juive s\u2019améliore grandement.Sur le plan culturel, la communauté juive contribuera à la renommée de Montréal par l\u2019intermédiaire d'artistes qui s\u2019illustrent sur la scène internationale.Ainsi, l\u2019écrivain Mordecai Richler, né à Montréal en 1931, traduit dans ses romans, qui puisent dans ses souvenirs de jeunesse passée dans le quartier juif de Montréal, la difficile recherche de valeurs d\u2019un jeune Juif dans la société canadienne moderne.Journaliste et romancier de réputation internationale, il a aussi publié des essais.Son roman The Apprenticeship of Duddy Kravitz (1959) sera adapté au cinéma américain en 1974.L\u2019écrivain et chanteur Léonard Cohen, né à Montréal en 1934, connaît lui aussi une brillante carrière internationale.Malgré de nombreux séjours à l\u2019étranger, son œuvre demeure teintée de l\u2019atmosphère de Montréal.Sensible aux horreurs de la Deuxième Guerre mondiale, et plus particulièrement à l\u2019Holocauste nazi, sa poésie est empreinte d\u2019un côté sombre.Ses chansons sont TRACES | Volume 53 no 2 35 Population des Juifs sur l'Île de Montréal Qu | \u201cNombre Tg régulièrement reprises par d\u2019autres artistes.En 2008, il est 6 962 19 nommé Grand officier de l\u2019Ordre national du Québec.28 872 5,2 Dans les années 1960, de nouveaux arrivants du Maroc, les sc Juifs francophones de la communauté sépharade viennent fit 45 792 6,3 SLT , © or , re) s\u2019établir dans la métropole.Différents de la communauté Pere: 57 996 >,8 ashkénaze des Juifs de l\u2019Europe de l\u2019Est, ils doivent se Lan 63 898 5,7 tailler une place auprès de leurs coreligionnaires.Au même ati 71 403 5,4 moment, des Juifs hassidiques s\u2019installent sur l\u2019île, plus fh 70 183 4.0 précisément dans la municipalité d\u2019Outremont.La montée il on 200 p du nationalisme québécois dans les années 1970 entraine le 0139 > le départ de plusieurs Juifs montréalais qui déménagent al 78 385 4,5 dans la ville de Toronto, devenue le centre économique du un ; 95 000 nd Canada.De 101 000 Juifs en 1971, ils ne sont plus que 90 pe 88 765 26 000 aujourd\u2019hui.De nos jours, les multiples communautés juives de la ville de Montréal exercent toujours une Des de 90 780 2,4 ; 12 ; présence en prenant part à l\u2019économie de la métropole.Sans prise Source pour les années 1901 à 1981 : Michael D.eux, la ville de Montréal aurait un visage fort différent.Ils ant dé Behiels, Le Québec et la question de l'immigration : sont la preuve vivante de la grande diversité culturelle et de ces de l'ethnocentrisme au pluralisme ethnique, 1900- religieuse du peuple québécois.Tanto 1985, Ottawa, Société historique du Canada, 1991, mène 23 p.solid Source pour les années postérieures à 1981 : | Statistique Canada, recensement de la population.Air-A (isl ne .[Hom Bibliographie .21e .; ps , Lal + Anctil, P.« Le judaïsme montréalais depuis 1860 », Cap-aux-diamants, La revue d histoire du Québec, 105, 10-14, ou 2011.Chis Behiels, Michael D., Le Québec et la question de l'immigration : de l'ethnocentrisme au pluralisme ethnique, 1900- gt 1985, Ottawa, Société historique du Canada, 1991, 29 p.hi Corcos, Arlette.Montréal, les Juifs et l\u2019école.Québec, Septentrion, 1997, 305 p.bi Spec Fougères, D.Histoire de Montréal et de sa région.Tome Il.Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 2012.chi Linteau, P.-A.Histoire de Montréal depuis la Confédération.Montréal, Boréal, 1992.Linteau, P.-A., Durocher, R., him Robert, J.-C., et Ricard, F.Histoire du Québec contemporain.Le Québec depuis 1930, tome 11.Montréal, Boréal, daa 1989.Teta , ., a py L Encyclopédie du Canada, Montréal, Editions Alain Stanké, 1987, 2153 p.de Cet hig Vo | sy {iQ Ley Ch Loy Cag & I} TRACES | Volume 53 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2015 ng Ma they fu, ls Vente Ming hin Aurème \"le lig à Montée ene Milage Mite da US que 9) Tiina; OU Une Nl Sans tren J rele of her À.Bored, pil Quoi de neuf côté livres ?À chacun ses Juifs, 60 éditoriaux pour comprendre la position du Devoir à l\u2019égard des Juifs, 1910-1947 Pierre Anctil, Québec, Septentrion, 2015 La position du journal Le Devoir à l\u2019endroit de la communauté juive de Montréal et du judaïsme en général représente l\u2019un des enjeux historiographiques les plus discutés de l\u2019histoire juive canadienne.Les travaux rédigés en anglais évoquent souvent Le Devoir comme un exemple patent du repli idéologique et nationaliste du Canada français au cours des années 1930.Or, aucune étude sérieuse ne semblait jusqu\u2019à aujourd\u2019hui étayer ou réfuter ces thèses.Pierre Anctil s\u2019est donc attaqué à cette question dans ce quatrième ouvrage d\u2019une série d\u2019études consacrées au journal Le Devoir.Des deux cents éditoriaux consacrés entièrement ou de manière partielle à la présence juive à Montréal, à l\u2019antisémitisme en Allemagne et à la Shoah, soixante ont été retenus et reproduits en entier, en plus d\u2019être commentés.À la lecture de ces textes, on peut percevoir le trouble et la confusion des éditorialistes à l'endroit de la modernité qui s\u2019affirme peu a peu dans le Canada français, en même temps que se dessine un projet de société basé sur de nouvelles formes de solidarité sociale.Air - Archéologie du Québec, Territoire et peuplement Gisèle Piédalue, Jean-Yves Pintal et Jean Provencher, Montréal, Les Éditions de l\u2019Homme, 2015 La collection « Archéologie du Québec » est née de la volonté du ministère de la Culture et des Communications et de Pointe-à-Callière, cité d\u2019archéologie et d'histoire de Montréal, de rendre accessible au public, de façon synthétique, illustrée et rigoureuse, les résultats de quelque 50 années de recherches archéologiques.Pour lancer cette collection qui explore les multiples facettes de l\u2019archéologie, les responsables ont voulu réaliser, avec le concours de nombreux pi.spécialistes, une série de quatre livres axés sur les éléments : l'air, l'eau, la terre ) \u20ac es et le feu.Le premier ouvrage, Air Territoire ef peuplement, propose de revivre la grande marche du peuplement du territoire québécois.Des pointes de flèches datant de 12 000 ans aux pièces de fusils français ou britanniques, des foyers qui réchauffaient la toundra aux bouilloires industrielles, des pendentifs amérindiens aux pièces de monnaie des marchands, des fondations de l\u2019Habitation de Champlain à celles du parlement du Canada-Uni, des sentiers de portage aux rails de tramway, les vestiges et artefacts, sous la plume captivante d\u2019archéologues et d\u2019historiens, reprennent sens pour nous raconter mille rencontres humaines.À votre tour, comme si vous survoliez des chantiers de fouilles et des paysages saisissants, explorez du haut des airs la préhistoire et l\u2019histoire du peuplement du Québec.Le Québec dans la Grande Guerre.Engagements, refus, héritages Charles-Philippe Courtois et Laurent Veyssière, Québec, Septentrion, 2015 Lorsque, le 4 août 1914, la Grande-Bretagne déclare la guerre à l\u2019Allemagne, le Canada se trouve également de facto en état de guerre.Contrairement au reste de l'Europe, l\u2019Empire britannique ne peut compter sur une mobilisation générale Revue de la SPHQ | Printemps 2015 TRACES | Volume 53 no 2 37 lui permettant d\u2019engager au front une armée nombreuse, et s\u2019en remet au volontariat, ( d\u2019abord en Grande-Bretagne, puis rapidement dans ses dominions.Le 20 octobre, un \" regroupement d\u2019hommes politiques, de religieux et d\u2019hommes d\u2019affaires canadiens français obtient du gouvernement la création d\u2019un bataillon canadien-français.usé Dès 1916, le recrutement volontaire s\u2019essouffle alors que les pertes au front exigent 5,18 des enrôlements toujours plus importants.En août 1917, une loi sur le service militaire obligatoire est adoptée, avivant un peu plus les tensions entre les différentes | pen communautés dans le pays.Sous la forte influence d\u2019un pacifisme chrétien, l\u2019élite hue canadienne-française affirme son opposition a la conscription, rapidement rejointe fn par l\u2019ensemble de la population.Des manifestations à Montréal puis à Québec Par cÀ dégénèrent et vont marquer durablement la mémoire québécoise en éclipsant 1 ped l\u2019engagement des Canadiens français.Les conséquences de la Grande Guerre sur ou la société québécoise sont profondes et durables.Pacifisme et indépendantisme J, Am sont deux héritages qui alimentent un antimilitarisme associé historiquement au fait divers \u20ac britannique depuis la Conquête.Des du fon Quartiers disparus , à Los Catherine Charlebois et Paul-André Linteau, Montréal, Edition Cardinal, 2014.LL.Au cours des années 1950 et 1960, Montréal est une ville qui bouge très vite.Y dfs souffle un fort vent de modernisation, alimenté par le discours de la Révolution au tranquille et par l\u2019atmosphère enfiévrée d\u2019Expo67.Cette poussée de modernisation amène les urbanistes et les dirigeants politiques \u2014 le maire Jean Drapeau en tête \u2014 à 1 ist repenser l\u2019aménagement de la ville en n\u2019hésitant pas à faire table rase du passé.Ceci 0, (he entraine une puissante vague de démolition de logements anciens, souvent justifiée Lop par la nécessité d\u2019éliminer les taudis considérés comme insalubres.(ete img Blah Bond, ney Dans cet ouvrage composé de témoignages éloquents et de photos d\u2019archives provenant des Archives de Montréal (pour la plupart inédites), le lecteur pourra replonger dans la vie de trois quartiers disparus : le Red Light, le Faubourg à m\u2019lasse et Goose Village.Né de la suite de l\u2019exposition du même nom et conçu par le Centre d\u2019histoire de Montréal en collaboration avec le Laboratoire d\u2019histoire et de patrimoine de Montréal de l'UQAM et les Archives de la Ville de Montréal, Le Quartiers disparus se veut une mise en contexte photographique de ce pan important ahi de l\u2019histoire de la métropole québécoise.tin frpou Voisins et ennemis.La guerre de Sécession et l\u2019invention du Canada John Boyko, Québec, PUL, 2014.MUSH En 1861, le Canada et les Etats-Unis se toisent depuis plus d\u2019un siécle de part et ÿ nl d\u2019autre de la frontiére.Leurs relations sont tendues, émaillées de prises de bec et l'age d\u2019accrochages.Par deux fois déjà, Washington a envahi la colonie britannique, mal ei protégée par des défenses aléatoires.Et les Etats-Unis n\u2019ont pas renoncé à s\u2019approprier lly son territoire.Quand la guerre de Sécession éclate, en avril, la population canadienne Xe se trouve inévitablement entraînée dans le conflit qui déchire son voisin.À travers le destin de six personnages fascinants, Voisins et ennemis.La guerre de Sécession et l\u2019invention du Canada décrit le rôle du Canada dans la guerre de Sécession, mais ul aussi l\u2019incidence de ce conflit sur son propre devenir : pour survivre, les colonies | ks britanniques devront s\u2019inventer un pays.Dans cette inestimable contribution à notre les} connaissance de l\u2019histoire des États-Unis, John Boyko éclaire d\u2019un jour nouveau la au guerre de Sécession et la naissance de la Confédération, une époque particulièrement État mouvementée qui passionne les historiens et le grand public depuis un siècle et demi.i ii Leg TRACES | Volume 53 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2015 i\u201d Om, \u201cotre in Stade, Cas elgg k Mite li iy Rie te ila lem Sr ise Hat) 04 sie Ÿ Holton Mission Mêle-à 55.Cl jusife archives 7 pours bou à à conçu istic fone mp pate hic el we pops afienne vers ALL i, als ONES 0 sels ee a de, ps \u2026 coté musées ?MUSÉE POINTE-À-CALLIÈRE 350, Place Royale, Vieux-Montréal (18 février 2015 au 3 janvier 2016) Première grande exposition du genre au pays, Neige présente près de 250 artefacts et documents d\u2019archives répartis selon quatre grandes thématiques : l\u2019adaptation, l\u2019innovation, la passion et l\u2019inspiration.: Pour offrir cette exposition au public montréalais et aux visiteurs, Pointe-à-Callière a adapté Neige, une exposition itinérante réalisée par le Musée canadien de l\u2019histoire en partenariat avec le Musée J.Armand Bombardier, en y ajoutant une centaine d\u2019éléments divers comprenant des œuvres d\u2019art dont plusieurs de la Collection Desjardins, des artefacts, des iconographies, des cartes postales du fonds Christian Paquin, et des projections audio-visuelles.L'exposition présente une histoire culturelle de la neige et évoque les modes de vie au fil du temps, les défis de survivre à la froidure et les défis actuels que posent nos hivers enneigés.L'exposition propose ainsi une formidable incursion au cœur de notre nordicité.of AUNIRFAPE M Winter Attractions rffeaith hy Spo MUSEE STEWART 20, Chemin du Tour de l\u2019îsle, Montréal (25 février au 1°\" novembre 2015) L\u2019exposition qui fait du bruit ! Cette exposition surprenante dévoile des personnages emblématiques tant fictifs que réels qui ont tous marqué notre imaginaire collectif, accompagnés d\u2019une centaine d\u2019armes et d\u2019objets provenant des collections du Musée.Personnages de la littérature classique, contemporaine, et du cinéma, tels que Don Quichotte, Lucky Luke, Barbe Noire, James Bond, ainsi que Che Guevara, tous reprennent du service pour nous faire découvrir les armes qu\u2019ils affectionnent sous un regard ludique et différent.L'exposition trace une trame historique, du 13° au 20° siècle, tout en suscitant une réflexion sur le rapport aux armes, à la violence et à la justice.Divisée en six zones, des chevaliers aux révolutionnaires, en passant par les cowboys, les espions, les pirates et les gangsters, les plus jeunes comme les plus grands peuvent renouer avec ces héros, gentils ou fripouilles, dont plusieurs sont reconnus pour leur habileté légendaire dans le maniement des armes.MUSÉE DE LA CIVILISATION DE QUÉBEC 5, rue Dalhousie, Québec (26 février 2015 au 17 janvier 2016) L'exposition Tirées pas les chevaux ! souligne la donation d\u2019hippomobiles de M.Paul Bienvenu, une des plus importantes et imposantes donations reçues jusqu'ici par les Musées de la civilisation.Elle se veut une exposition hommage au collectionneur passionné qui aura créé, en 50 ans, une collection reconnue comme étant la plus importante en Amérique du Nord.L'exposition explore l\u2019histoire des transports terrestres au pays, sur près de deux cents ans (1770-1950), et retrace la façon dont les Québécois ont su s\u2019adapter au climat et à la géographie du pays.Elle vise aussi à faire connaître l\u2019histoire et le savoir-faire des voituriers québécois, plusieurs ayant atteint une grande renommée, et à mettre en lumière les liens historiques qui relient parfois les objets à d\u2019illustres propriétaires, hommes d\u2019affaires, hommes politiques ou commerçants.L'exposition divise les voitures en deux sections, soit les voitures glissantes et les voitures roulantes, encadrées de deux immenses fresques murales représentant une scène d\u2019été et une scène d\u2019hiver.Parmi les thèmes abordés, mentionnons : Le cheval \u2014 la fierté ; Le chemin du Roy; L\u2019adaptation \u2014 suivant les saisons, voitures d\u2019hiver et d\u2019été ; Les courses; et Les charrons et voituriers du Québec.Revue de la SPHQ | Printemps 2015 TRACES | Volume 53 no 2 Formulaire d\u2019adhésion Devenez membre de la Société des professeurs d\u2019histoire | du Québec dès maintenant et recevez gratuitement les quatre numéros annuels de la revue Traces.IDENTIFICATION NOM rover ere PTÉTNONN ! mn mrrrrerereremnem eee | Nom de l\u2019organisme (s\u2019il y A ll@U) © ocr sess sss snes sss oes esse sss esos sens see AAT @SSE © eros ceases ese 80 258 5 8 8 48 504 485 188 1 ane VITE: vevracecsrevroreenseensenonsecsosrevresveserenremter eersenmermeessensesremsereensenseememe nn Code poOStAI 1 oro PROVINCE : .\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026vererrerreercerererrrresrersenser or sorsorsrsseneresverercesees PODYS Q Lrcrracseo areas sersansocsentescescensenon es srssssses ses sos sess assesses TÉlÉPHONE ! reverse rrersenrsrescereremmerersser rer ren raser rs rnsrantretees avr ses meneersee anses etre rss antennes COUFFI@] | _.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026+rrceccrrerscrrcrrresrerereransrsvreveesesvereorees sen envres £2 en 4 et e244 208 ee et 0 reson nee rare ee nas FONCTION OU ORGANISME D Enseignant O Directeur d'école D Établissement d\u2019enseignement © Conseiller pédagogique O Étudiant D Commission scolaire ORDRE D'ENSEIGNEMENT D Primaire D Secondaire 0 Collégial O Universitaire 5 Autre : es COTISATION 35 $ Étudiant 35 $ Retraité 65 $ Enseignant 75 $ Organisme ou institution 5 MODE DE TRANSMISSION Retourner le formulaire rempli accompagné d\u2019un chèque à : 1319, Chemin de Chambly, bureau 202 Longueuil (Québec) J4J 3X1 Ce formulaire est également disponible sur le site : http://sphq.recitus.qc.ca 40 TRACES | Volume 53 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2015 ent ion ae = a) dw OR dé A.od 1 T J 4 LUF Ein Société des professeurs d'histoire du Québec CONGRÈS 6e.: | 15 ans Estrimont Suites & Spa, Orford mer PARAS r= ling > LE i Poa = oo = he = Ateliers : histoire, ressources éducatives et didactiques = Salon des exposants = Souper spectacle avec le chansonnier Alexandre Belliard Conférence d'ouverture Mme Lorraine Pagé Détails et formulaire d'inscription sur http://spha.recitus.qc.ca POSTES PUBLICATIONS | DESTINATAIRE NUMÉRO DE CONVENTION : 40044834 A ?\u201d Dépôt légal Adresse de retour ibliothèque nationale du Québec SPHQ, 1319-A, Chemin de Chambly 2075, vue Holt Longueuil, QC, J4J 3X1 Montréal Québec HOG 31 BByLIE DER C DES FRO# © sro y REVUE DE LA société - REVUE DE LA SOCIETE DES PROFESSEURS DES PROFESSEURSÉ D'HISTOIRE DU QUÉBEC D'HISTOIRE DU QUEBEC 1% = unger "]
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