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Titre :
Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec
Éditeur :
  • Montréal :Société des professeurs d'histoire du Québec,1988-
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 2009-03, Collections de BAnQ.

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DANS NOTRE THESE DE DOCTORAT (2002)?NOUS AVONS PQUSSE L'ANALYSE EN NOUS INTERROGEANT SUR LA MATIÈRE ou LES ELEVES OBTENAIENT LES RESULTATS LES MOINS ELEVES, ET DEVINEZ QUOI?C'EST EN HISTOIRE QUE LES RÉSULTATS SONT LES PLUS BAS! À ÉTUDIER ÉTAIT.Ces constats doivent nous questionner comme praticiens et nous devrions nous arrêter aux facteurs qui ont été identifiés dans les études précitées faisant obstacles à un apprentissage « efficace » de l\u2019histoire au se ment faire?Voilà un mandat exigeant en effet pour nous praticiens, et il est exprimé de belle façon par le célèbre pédagogue Philippe Meirieu qui soulignait que la tâche d\u2019un enseignant consistait à «s'évertuer à inventer ds procédés Dédievci- ques toujours plus efficaces, créer des dispositifs didactiques, les plus sophistiqués qui soient, prenant en compte fout æ que nous savons de l'apprentissage.et accepter que ce soit tou jours l'Autre qui apprend de sa propre initiative, quand il le veut et jamais quand je le décide »° Des pistes de solution! Pour enseigner l\u2019histoire, il nous faut reconsidérer notre définition de l\u2019histoire Histoire vient du mot grec Historia, qui signifie en français, Enquête, expression qui nous vient de l\u2019historien grec du 5° siècle avant note ère, Hérodote, considéré oomme le « Père de l\u2019histoire ».Pour réaliser une enquête, il faut suivre des pistes, et chercher des traces, des traces sont évidemment, partielles (trop peu nombreuses) ef.partiales (étant générées par des êtres humams dont les biais se font sentir à travers leurs productions).L\u2019historien ou l\u2019enquêteur doit donc procéder à des recoupements afin de tenter une reconstitution qui soit la plus juste possible étant donné les documents auxquels il a accès.1 doit donc INTERROGER ces documents et procéder à leur INTERPRETATION, deux des trois compétences visées par les programmes d\u2019études du domame de l\u2019univers social.Estce que des élèves âgés de 12 à 16 ans peuvent effectuer de telles tâches, soit interroger et interpréter des réalités sociales à partir de documents que nous leur rendons accessibles?Nous croyons que oui, et nous TRACES, VOLUME 47, l\u2019avons montré à plusieurs occasions, entre le faire avec la collaboration de Dommic Cha- rette qui a récemment déposé avec succès son essai intitulé : La bande dessinée : un outil didac- fique pour Enseigner l\u2019histoire\u2019.Nous verrons comment, à partir de bandes dessinées, il est possible de capter et de maintenir l\u2019intérêt des élèves et de les amener à développer le mode de pensée critique en leur faisant réaliser des tâches qui s\u2019y rapportent.L\u2019intérêt de la démarche proposée par Dominic Charette c\u2019est qu\u2019elle rejoint les trois compétences visées par les programmes d'histoire et éducation à la citoyenneté, soit, interroger des réalités sociales, les interpréter et construire une conscience citoyenne.La présentation de la démarche comporte les Cinq sous-titres suivants : > L'importance du visuel dans la culture; > L'état des lieux de la bande dessinée; > La bande dessinée et l'aspect visuel > La bande dessinée à \u201cLuc Guay Université de Sherbrooke Dominic Charrette bédéiste et diplômé de la maîtrise en histoire de : l'Université de 5 Sherbrooke N N° 2, PRINTEMPS 2009 11 DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE La bande dessinée : un outil didactique\u2026 « D\u2019entrée de jeu, il importe de jeter un regard sur ce qui compose | univers socioculturel des élèves.Les études et les travaux de recherche consultés pour nos propres recherches nous informent que la culture des jeunes d'aujourd'hui porte beaucoup sur l'aspect visuel.».12 TRACES, VOLUME 47, Pécole : pour une pédagogie de li mage; \u201c> L'utilisation de la bande dessinée en histoire : quelques suggestions.L'importance du visuel dans la culture Notre préoccupation porte sur l\u2019utilisation d'outils permettant aux élèves de faire des a prentissages de manière intéressante et efficace en histoire.Pour rendre cela possible, nous proposons d'utiliser un média relié de près à l\u2019univers dans lequel évoluent les jeunes d'aujourd'hui.Il s\u2019agit de la bande dessinée.D'\u2019entrée de jeu, il importe de jeter un regard sur ce qui compose l\u2019univers socioculturel des élèves.Les études et les travaux de recherche consultés pour nos propres recherches nous informent que la culture des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui porte beaucoup sur l\u2019aspect visuel.Nous n\u2019avons qu\u2019à considérer la place que prend la télévision, l\u2019ordinateur, les jeux vidéo, dans le quotidien des jeunes pour illustrer ce propos.Cet aspect visuel mérite selon nous d\u2019être exploité en classe comme approche pédagogique.Si cela constitue un élément fort de la culture des élèves, alors nous proposons d\u2019en tirer profit pour les amener à faire des apprentissages que nous voulons voir intéressants et efficaces.Des outils mettant de l\u2019avant le visuel, il y en a sion, cinéma, publicités etc.Après avoir réfléchi sur le média de la bande dessinée au cours de nos travaux, nous en arrivons à la conclusion qu\u2019elle présente un potentiel fort intéressant pour effectuer des apprentissages en histoire associés à l\u2019aspect visuel.C\u2019est ce que nous allons présenter.L\u2019état des lieux de la bande dessinée Prenons le temps de brosser un rapide tableau de l\u2019univers des bandes dessinées.Née aux côtés de la caricature humoristique dans les joumaux au cours du XIX°siècle, la bande dessinée se résumait à une « bande » d'images, production pour prendre des formats plus larges.Son format le plus commun aujourd\u2019hui est l\u2019album cartonné.Ces pôles de la bande dessinée ont tous leurs héros, symboles, icônes, qui attirent beaucoup de jemes et moms jeunes.sons à Marvel et & DC Comics, avec leurs héros transposés au petit écran et au cinéma dont la vague semble faire fureur cs temps-ci : l\u2019Incroya- N° 2, PRINTEMPS 2009 ble Hulk, Spiderman, Ironman, Superman, péen maintenant, prenons les icônes de la bande dessmée que sont les Astérix, Spirou, Tintin, et mentionnons les vagues japonaises de mangas adaptés en dessins animés tel que Dragonball, Pokémon, Naruto.Loin de faire le tour de tout ce que l\u2019on trouve dans l\u2019univers de la bande dessinée, ce rapide topo témoigne de l\u2019ampleur du phénomène dans l\u2019univers culturel accessible par les jeunes.La bande dessinée offre aussi une myriade d\u2019au- santes pour nous qui voulons l\u2019utiliser dans les cours d\u2019histoire.Ces formats et les thèmes abordés par la BD varient énormément.Mais elle présente des caractéristiques qui lui sont propres : la bande dessinée est un mélange bien dosé entre le texte et l\u2019image.En lire adéquatement une requiert des habiletés particulières : savoir lire et décoder le texte mais aussi lire et décoder l\u2019image.Si le texte peut parfois être très élémentaire ou se retrouver en quantité réduite, l\u2019image compense.C\u2019est cet aspect qui retient notre attention.Labande dessinée et Paspect visuel La bande dessinée est donc une forme de littérature hybride associant le texte et l\u2019image.Pour bien lire ce média, il faut savor lire et décoder l\u2019image aussi bien que le texte.Une bande dessinée, c\u2019est une narration d'images, de séquences, visibles du premier coup d\u2019œil dès qu\u2019on ouvre la page : les yeux sont attirés par les images.Nous pouvons faire une lecture rapide et saisir l\u2019essentiel de l\u2019his- foire en jetant un coup d\u2019ceil sur les principales images de chaque page.Généralement c\u2019est en lecture, plus approfondie, que nous portons une plus grande attention au texte.Ce qui nous permet de faire pencher la bande dessinée dans un média visuel plutôt que dans un média écrit, c\u2019est son pouvoir de montrer l\u2019histoire par ses illustrations.Il existe aussi une autre caractéristique de la bande dessinée dont nous devons tenir compte ici, c\u2019est le phénomène de l\u2019ellipse, qui est celui de « lire entre les cases » pour comprendre le fil de l'histoire se déroulant d\u2019une case à l\u2019autre.Grâce à cela, le bédéiste fait participer son lecteur au récit, sur une échelle variable, en lui deman- favorable à eux qui affir- 5.S Yÿ |] 2 @g- Soe SE EE Eee = = ££ Tv EH.\u2014n = 53 = = of = 2 \u20145E = Se RREE we Jd BRB Boe = =O TY OR www mw VR = BRR oR 8% 8 F x BB xx Bes ment que la bande dessinée est un art plus qu\u2019un simple média.Et nous croyons que ct art (ou ce média, c\u2019est selon) est potentiellement aussi puissant pour faire ap- l\u2019histoire peuvent l\u2019être le roman, la télévision ou le film.La bande dessinée à Pécole : pour une pédagogie de l\u2019image.La force de la bande dessinée, c\u2019est l\u2019image; nous proposons donc une approche par la pédagogie de l\u2019image pour utiliser le plein potentiel de ce média.Il s\u2019agit d\u2019utiliser la bande dessinée non pas pour rapporter un récit, vrais pour le montre.La bande dessinée est un cette histoire.Nous pouvons voir les objets, avoir une idée précise des personnages, de leurs vêtements, des véhicules, des bâtiments, avoir une idée de leur échelle, comparé aux individus.Au cours des années, les dessimateurs ont su approfondir leurs talents et mettre sur le marché des bandes dessinées qui font office de véritables chefs- ticité dans le scénario et le dessm s\u2019approche dans plusieurs cas d\u2019une reconstitution d\u2019une extrême minute Des exemples sont présentés DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE La bande dessinée : un outil didactique\u2026 plus loin.Les dessins nous penmet- tent d\u2019entrer beaucoup plus rapidement dans l\u2019univers où se déroule lhistoire que ne le ferait un livre : une image vaut bien mille mots.Et le fait de voir ce qui est raconté nous semble être un moyen plus efficace pour retenir ce que nous apprenons.Selon la pyramide 10% de ce que nous H- sons, 20% de ce que nous entendons et 30% de ce que nous voyons.Plus intéressant encore est le fait que voir ces détails plutôt que de nous les diffuser.Dans un texte écrit, le lecteur va se représenter mentalement ce qui est décrit.Mais le dessin contribue à faire voir la scène décrite de manière plus univoque.Chacun peut, selon son expérience antérieure, avoir une image mentale de quelque chose décrit dans un texte, par exemple un véhicule sur une route de campagne.Mais avec le dessin, c\u2019est alors tel véhicule de telle forme et de telle couleur, circulant sur telle route dans tel type de décor qui nous est montré.Et l\u2019imagmation de chaque lecteur devient moins libre de donner la scène des contours ou des formes relevant de son expérience personnelle.Cet argument nous est fort important si nous voulons enseigner une matièe comme l\u2019histoire : en se basant sur le dessin, les constructions mentales d\u2019un objet ou d\u2019un événement peuvent présenter moins de variations dans les esprits des étudiants si tous se fient sur l\u2019image qu\u2019ils voient et non l\u2019image qu\u2019ils se représentent par eux- Mainienent ici il nous importe de regarder l\u2019envers de la médaille : ce pouvoir de l\u2019image est également un piège.Même si nous pouvons amener l\u2019élève à voir ce que nous voulons hu montrer grâce aux images d\u2019une bande dessinée, nous ne présentons en vérité qu\u2019une autre représentation, celle du dessinateur.Nous ne pourrons jamais amener les élèves au cœur de la réalité historique telle qu\u2019elle s\u2019est vraiment passée.La bande dessinée a ses forces mais aussi ses limites: > la narration de l\u2019his- tore présente des trous : ces ellipses, que le lecteur doit combler par sa propre = Je texte partage l\u2019espace avec l\u2019image.Ainsi, le vocabulaire se voit réduit de beaucoup pour se juxtaposer aux images; ainsi une bande dessinée TE pourra pas présenter un contenu en format textuel aussi étoffé qu\u2019un manuel ou ue encyclopédie.Une fois que nous avons compris les points forts et les limites de la bande senter des exercices, des avenues, qui poussent encore plus loin l\u2019usage de la bande dessinée pour effectuer des apprentissages en histoire, L'utilisation de la bande dessinée en histoire : quelques suggestions En amenant l\u2019utilisation de ce média dans les classes d'histoire, nous poursuivons deux objec- > proposer un outil qui suscite un intérêt chez les jeunes pour que ceux-ci puissent faire des apprentissages intéressants et efficaces à partir d\u2019aspects visuels; > favoriser le développement de la pensée critique et l\u2019enseignement de la démarche Donc, contrairement à ce que l\u2019élève pourrait penser en voyant arriver l\u2019enseignant avec des bandes dessinées sous le bras, nous voulons véritablement faire travailler l\u2019élève avec la bande dessinée, et non lui offiir une occasion qui pourrait être perçue comme une ré création au lieu des apprentissages habituels en classe.Intéressons-nous maintenant au comment faire « Maintenant ici il nous importe de regarder l'envers de la médaille : ce pouvoir de l\u2019image est également un piège.Même si NOUS pouvons amener l'élève à voir ce que nous voulons lui montrer grâce aux images d\u2019une nous ne présentons en vérité qu'une autre représentation, celle du dessinateur ».TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 13 Re\u201d DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE « Voici une question qui n'apas encore de réponse parce qu'elle est encore débattue : est-ce que l'historien a le droit d'utiliser ses capacités de mise en forme à l'égard des données qu'il possède?Autrement dit, est- ce que l'historien a le droit d'utiliser Son imagination pour combler les trous, les ellipses de l'histoire?Peut-on utiliser des éléments de fiction pour reconstituer une histoire sans trous?» 14 TRACES, VOLUME 47, véritablement travailler l\u2019élève en histoire grâce Une première proposition est d\u2019utiliser la bd comme déclencheur : les images et l'histoire présentées sous forme de bande dessinée peuvent servir a éveiller la curiosité des élèves.Nous croyons que ceci est essentiel pour faire générer des apprentissages aux élèves, d\u2019une peut, et éveiller la curiosité, qui est une étape préalable à toute analyse historique.De cette fonction de déclencheur, il faut être en mesure d'utiliser la bande dessinée pour amener l'élève à des lectures d\u2019un niveau de connaissances plus élevées.Cela pour lui permettre d\u2019approfondir ses commaissances.Dorc le récit illustré en bande dessinée sert de point de départ a une situation-problème.Mais allons plus lon.Notre but est de favoriser latteinte des habiletés intellectuelles reliées à la situations-problèmes grâce au questionnement d\u2019images, nous amenons l\u2019élève à la première étape de la démarche historique.Cette démarche consiste : = poser un probleme (problématique); = former des hypothèses; = rechercher des documents qui servent à étayer la preuve; = analyser ces documents tant écrits que figurés ou oraux; = Organiser une synthèse à partir des recoupements de ces documents; = communiquer cette synthèse au public.Utiliser la bande dessinée comme point de départ au questionnement historique place ce média à la source de la démarche historique.Deux éléments de la bande dessinée peuvent servir de déclencheur pour amener l'élève à effectuer des recherches documentaires : le récit et les images.Ces deux éléments peuvent offrir des occasions a pre Ta lecteur.Prenons exemple un album ds Tuniques Bleues : les aventures des personnages de cette bande dessinée se déroulent dans un contexte particulier : celui de la guerre civile américaine.Afin de mieux saisir le sens des aventures racontées dans cette bande dessinée, et ainsi des?Qui sont les belligérants?À quelle époque cela se déroule-t-il?Après avoir défini le cadre historique des aventures dont N° 2, PRINTEMPS 2009 La bande dessinée : un outil didactique.les albums de bandes dessinées font le récit, le lecteur peut procéder à des recherches documentaires sur des aspects particuliers énoncé dans l\u2019histoire : une bataille célèbre, un lieu, une arme ou un objet particulier présenté dans la bande dessinée, un personnage historique faisant une apparition dans une des aventures (par exemple les généraux Lee et Grant ou le Président Abraham Lincoln), etc.Autant le récit que l\u2019image peuvent servir d\u2019élément déclencheur à une recherche documentaire pour répondre à des questions que le lecteur peut se poser durant sa lecture.Mais loin d\u2019avoir fait le tour, nous croyons maintenant que la bande dessinée peut se retrouver ailleurs également dans la démarche historique, ce qui permettrait de travail ler sur le développement de l\u2019esprit critique des élèves.Une deuxième proposition : développer la pensée critique.Pour trouver des réponses à son questionnement, l\u2019historien utilise la méthode histori- tielle et partiale de ce qui n\u2019est plus.Toutes ces reconstitutions, même les mieux documentées, ne seront que provisoires : l\u2019image du passé que nous voulons recréer sera toujours fragmentaire, imparfaite, incertaine.Voici une question qui n\u2019a pas encore de réponse parce qu\u2019elle est encore débattue : est-ce que l\u2019historien a le droit d utiliser ses capacités de mise en forre à l\u2019égard des données qu\u2019il possède?Autrement dit, est-ce que lhistorien a le droit d\u2019utiliser son imagination pour combler les trous, les ellipses de l\u2019histoire?Peut-on utiliser des éléments de fiction pour reconstituer une histoire sans trous?Revenons à la dernière étape de la démarche historique.Après avoir eue et analysé les éléments servant à soutenir son hypothèse pour répondre à son questionnement de départ, l\u2019historien diffuse son travail à un public : ce public peut être la commmauté scientifique et/ou un public plus large, ce que l\u2019on peut appeler le « grand public» Ce sont les médias s\u2019adressant à un large auditoire pour diffuser l\u2019histoire qui nous intéresse : nous classons la bande gorie au même titre que les films, les romans historiques ou les émissions de télévision.Devant l\u2019ampleur de la production de bandes dessinées qui traitent de sujets historiques, force est d\u2019admettre que la bande dessinée mérite d\u2019être considérée 2 2 Ese Er gS So sSE PS TES SE SZ GE as guy = 8 Hmm R Br EF ao & PTS EE FF FR a Foe a3 woe =B8 oF 8.5 Teo et RS Be YO =m Hv FR LL BT ow comme un média favorisant la construction de connaissances historiques.Face à cette production, d'autre part, nous croyons qu\u2019il faut apprendre aux lecteurs à développer leur esprit critique face aux contenus véhi- aulés dans les bandes dessinées.Voilà donc une suggestion d\u2019utilisation véritable de bandes dessinées en histoire : chercher à développer l\u2019esprit critique des élèves face au produit historique diffusé par les bandes dessinées.Dans le cadre de ce travail, l\u2019élève serait appelé à : = retracer les principaux référents nécessaires à la construction de la le scénario d\u2019une part et les images d\u2019autre part); > juger de la pertinence des propos de l\u2019auteur = mversement, mettre en évidence les éléments tirés de la fiction.Ces efforts de développement de la pensée critique en histoire grâe à la bande dessmée sont tout aussi valables pour d\u2019autres médias entourant les élèves : films, livres, jeux vidéos.La bande dessinée, comme aucun autre mé- DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE La bande dessinée : un outil didactique\u2026 dia d\u2019aileurs ne peut revendiquer le tite de portail vers la réalité historique, même si, grâce à ses images, elle en facilite la représentation.L\u2019enseignant autant que l\u2019élève doit mener un travail de sélection des bandes dessinées à utiliser en classe Travailler avec la bande bonne connaissance du média par l\u2019enseignant, ce qui demande un travail de préparation supplé- selon nous en vaut la peine.Pour aider à se retrouver dans le vaste éventail de bandes dessinées disponibles, des ressources existent.D\u2019abord, le Diction naire encyclopédique des héros et auteus de BD, de Herri Filippini, paru en 1998 aux éditions Glénat.Véritable monument sur le 9 art, ce dictionnaire présente plus de 470 bandes dessinées Du côté des ressources en ligne, mentiomons le site bdnet www.bdnetcom, qui présente 20 000 albums en ligne, et qui se dit la première librairie BD sur Intemet.Le menu principal présente 22 catégories de bandes dessmées, dont la catégorie « Aventure historique » qui comprend un catalogue de 8 pages de Pour ceux et celles qui en désirent plus, voici le site Web de la Librairie Fichtre! www.fichtre.qc.ca.Il s\u2019agit d\u2019une librairie spécialisée en bandes dessinées ayant pignon sur rue à Montréal.Le site nous propose un catalogue de bandes dessinées québécoises, européennes et américaines.Finalement, mon moyen favori pour comaître ce qui existe en bandes dessinées historiques, c\u2019est d\u2019arpenter les rayons et les présentoirs des librairies.À chaque fois j\u2019y fais des découvertes : on ne sait jamais sur quelles nouveautés on peut tomber.Je vous présente ici ma sélection coup de cœur de bandes dessmées historiques.-Les Passagers du Vent (1980): série de 5 tomes ayant pour cadre la mer au XVIIÉsiècle : il y est question d\u2019une jeune femme qui, au cours de ses aventures, nous me- nera à l\u2019intérieur de la Marine Royale Française, des pontons anglais, de comptoirs coloniaux en Afiique, de négriers, de la traversée de l\u2019Aflantique pour aboutir dans une Ville coloniale du Nouveau Monde.L'auteur François Bourgeon se base sur une documentation riche pour décrire les réalités de la vie en mer et l'horreur du commerce triangulaire.Le succès populaire de la série a fait ses marques aux éditions Glénat qui ont décidé de TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 créer la collection Vécu, dont le principe est de mêler aventure et histoire.-Le Troisième Testament (1997): série de 4 tomes, scénarisée par Xavier Dorison et Alex Alice, paru aux éditions Glénat.Le scénario se déroule dans l\u2019Europe du XIV® siècle, où il est question d\u2019une épopée pour retracer la vérité concemant des manuscrits rapportés de Terre Sainte lors des Croisades.L\u2019intrigue fait entrer en scène l\u2019Inquisition et les Templiers.Cette série présente des fortes et impressionnantes, dont certaines semblent être la reproduction de peintures.-Maus : paru en 2 tomes (1987 et 1992).L auteur a recueilli les souvenirs de son père, survivant de l\u2019Holocauste.1 s\u2019agit là d\u2019un témoignage poignant de l\u2019extermimation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, War and Dreams (2007), qui raconte les historres entremêlées de trois vétérans de la Se- « La bande dessinée, comme aucun autre média d\u2019ailleurs, ne peut revendiquer le titre de portail vers laréali- té historique, même si, grâce à ses ima ges, elle en facilite la représentation.L'enseignant autant que l'élève doit mener un travail de sélection des bandes dessinées à utiliser en classe car la qualité des représentations historiques est variable ».15 DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE www.sciencestransfro ntalieres.org conde Guerre mondiale (un Américain, un Britannique et un Allemand) qui, lors d\u2019un séjour sur les plages de Normandie, en profitent pour se remémorer les souvenirs de ce qu\u2019ils ont vécu sur cette plage lors de la Seconde Guerre mondiale.Cette courte sélection n\u2019était pas exhaustive : bien nombreux sont les thèmes et les titres de bandes dessinées susceptibles d\u2019attirer l\u2019aftention.Finalement, une demière proposition : créer soi- même une bande dessinée.Une troisième voie est ici ouverte pour l\u2019utilisation de la bd en classe, mais celle-ci déborde de la classe d'histoire pour toucher d\u2019autres domaines d'enseignement : 1 s\u2019agit de laisser aux élèves l\u2019occasion d\u2019en produire une.Ce qui serait au cœur des apprentissages n\u2019est pas tant la qualité graphique le produit final L'élève toucherait à toutes les étapes de la démarche historique : le scénario et les dessins seraient soumis à une recherche documentaire afin de recréer une trame historique la plus véridique possible.comme références pour la bande dessmée seraient soumises à une analyse qui n\u2019a pas le choix d\u2019être Tigoureuse et minutieuse pour en faire la reproduction en dessin.En produisant la bande dessinée, l\u2019élève aurait à jouer avec le phénomène de l\u2019ellipse et à faire des choix dans chaque case qu\u2019il produit : le choix de l'événement présenté et justifier pourquoi tel ou tel « moment » de son histoire a-til retenu ou à l'inverse, inséré dans Pellipse de son scénario.Ceci est un exercice parfait pour ce qui est du pont 5 de la démarche historique, soit d'organiser une synthèse à partir constitution d\u2019un événement historique qui prendra la forme d\u2019une bande dessinée.Mais l'élève autant que l\u2019enseignant sont conscients de ce que représente la somme de travail nécessaire pour en arriver à ce produit final.Cette suggestion permettra de faire des apprentissages d\u2019une grande efficacité selon nous, si l\u2019on & réfère à la pyramide simuler réellement l\u2019expérience, celle-ci est reproduite sur papier.La trame des événements est simulée par la bande Conclusion Afin de susciter l\u2019intérêt La bande dessinée : un outil didactique.culturel des jeunes.Pour quelques suggestions de l\u2019utilisation de la BD en classe, dont celle de favoriser le développement de la pensée critique et de centrer les apprentissages sur la démarche histori- solutions les plus efficaces, selon la pyramide des apprentissages, pour ef fectuer des en histoire.Avec tout le travail nécessaire pour la reconstitution du plus grand nombre possible de faits, descriptions, vêtements, uniformes, bâtiments, moyens de transport, armes, outils, mœurs, vocabulaire et même la façon de penser propre à une époque donnée, nous croyons que la diffusion des fruits de la démarche historique par la réalisation d\u2019une proposition des plus efficaces pour apprendre l\u2019histoire.Notes ! Soulignons que le renouveau pédagogique a fit son entrée au secondaire en septembre 2004.?Downey, Mathew T.et Linda S.Levstik.(1991) « Teaching and Leammg History ».Dans James P.Shaver, Handbook of Research on Social Stud: ies.Teaching and Learr- ing.New York, Macmil- , lan.pp.400-410.* Martineau, Robert (1997).L'échec de l\u2019apprentissage de la pensée historique à l\u2019école secondaire.Contribution à l'élaboration de * Guy, Luc (2002).Conception et mise à l\u2019épreuve d\u2019un manuel électronique d'histoire générale visant le développement de la pensée historique à l\u2019aide d\u2019une démarche constræ- tiviste.Thèse de doctorat, Université Laval * Philippe Meirieu, L'ervers du tableau : quelle pédagogie pour quelle école?, Paris, ESF, 1993, p.73.$ Guay, Luc, Étienne Dubois- Roy (27 octobre 2007).« La Crise d'octobre 1970 : une démarche socioconstructiviste.» Congrès de la SPHQ, Laval, Québec., Luc, Kevin Pélo- « Romanisation et citoyen- nett.» 9° congrès des professeurs des sciences humaines du Québec, Québec.Guay, Luc (5 mai 2004).« Construire sa conscience citoyenne par l\u2019histoire : une démarche d\u2019apprentissage qui vise l\u2019authenticité des tâches.» Colloque de l\u2019AIPU, Université Cadi Ayyad, Marrakech Guay, Luc (6 mai 2004).« Les TIC : des outils de construction de connais- OAD gs = ji mr 4 9 [RAE Re 55-48 = ME 5 oer PRES w= om TB BB = 5 Bw MM Rx = = Ee = sances.» Colloque de I'AIPU, Université Cadi Ayyad, Marrakech.Guay, Luc (octobre 2004).Québec, Québec.Guay, Luc (27 mai 2003).« L'intégration des TIC à une démarche d\u2019apprentissage oonstructiviste », colloque de l\u2019AIPU, Université de Sherbrooke.Guay, Luc (octobre 2002).« Paix et conflits au Canada, un module d\u2019apprentis- DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE La bande dessinée : un outil didactique\u2026 sage de l\u2019histoire du Canada en ligne », congrès des professeurs de sciences fumames du Québec, Longueuil Guay, Luc (4 juillet 2002).« Manuel électronique d'histoire générale visant le développement de la pensée historique à l\u2019aide d'une démarche consiuc- tiviste.» Commumication gnants d'histoire inscrits à l\u2019école d\u2019été organisée par la Fondation Historica a l\u2019Université de Montréal.7 Charette, Dominic.La bande dessinée : un outil didactique pour enseigner Pr Ottawd, I au 6 novembre FORUM DES ENSEIGNANTES ET DES ENSEIGNANTS SUR LA DEMOCRATIE PARLEMENTAIRE CANADIENNE l'histoire.Essai présenté à l\u2019Université de Sher brooke, Sherbrooke, 2007.$ À œ sujet, lire « Pour 1e éducation à l'image au collège » de Michel Thié- baut, coll : « Ressources Formation, enjeux du système éducatif » Paris, Hachette éducation, 2002, 142p.Blibliographie Charette, Dominic (2007).La bande dessinée : un outil didactique pour enseigner l\u2019histoire.Essai présenté à l\u2019Université de Sherbrooke, Sherbrooke.2009 « Teaching and Leaming History ».Dans James P.Shaver, Handbook of Research on Social Studies.Teaching and Learning.New York, Macmillan, pp.400410.Guay, Luc (2002).Conception et mise à l\u2019épreuve d\u2019un mamuel électronique d\u2019histoire générale visant le développement de la pensée historique à l\u2019aide d\u2019une démarche constructiviste.Thèse de doctorat, Université Laval.Martineau, Robart C97) de lo pense Foire bution à l\u2019élaboration de fondements didactiques pour enseigner l\u2019histoire.Thèse de doctorat, Université Laval Meirieu, Philippe (1993).L'envers du tableau : quelle Pédagogie pour quelle école?, Paris, p.73.70 participants de tout le Une semaine sur la co pays seront choisis de la maternelle au cégep, la plupart des frais sont pavés, bourses disponibles line du Parlement.une expérience à vivre! www.parl.gc.ca/profs 613-922-4793 ou 1 866 599-4999 CANADA Le Parlement du Canada vous offre également plusieur ressources pédagogique man An WWW, parl.gc.ca/education Programmes et produits pédagogiques » Adaptées à tous les niveaux scolaires | | » Matériel à télécharger du site Web | » Séries de classe et trousses d'enscignant disponibles All materials also available in English TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 17 es 0, PE A i LE ng Ja i nti Sn cr or ER ma Me AR nage LA RELÈVE ENSEIGNANTE AU PRIMAIRE TÂCHE INTÉGRATRICE À L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE CONSÉCUTIVE À UNE VISITE AUX FORGES DU SAINT-MAURICE CHRISTELLE LAQUERRE, ALEX MORNEAU ET AMÉLIE OUELLET, BACCALAURÉAT EN ENSEIGNEMENT PRÉSCOLAIRE ET EN ENSEIGNEMENT PRIMAIRE, UQTR PRÉSENTE LA PREMIÈRE COMMUNAUTÉ INDUSTRIELLE À S'ÊTRE INSTALLÉE EN NOUVELLE-FRANCE AU 18F SIECLE.PARCS CANADA A CONTRIBUE A PRESERVER LE PLUS FIDELEMENT POSSIBLE CE SITE QUI OFFRE LA POSSIBILITÉ D'EXPLORER LA PREMIÈRE INDUSTRIE DE SIDÉRURGIE AU CANADA ET LE MODE DE VIE DES HABITANTS DE LA COMMUNAUTÉ.PLUSIEURS SERVICES SONT OFFERTS AUX VISITEURS, PAR EXEMPLE, DES VISITES GUIDÉES ADAPTÉES AUX BESOINS DES DIFFÉRENTS GROUPES.LES GROUPES SCOLAIRES BÉNÉFICIENT D'ACTIVITÉS EN LIEN AVEC LE PROGRAMME DE FORMATION DE L'ÉCOLE QUÉBÉCOISE AINSI QUE L'ACCÈS À DIVERS MATÉRIAUX DIDACTIQUES.SUITE À UNE VISITE DES LIEUX, NOUS AVONS DÜ ORGANISER UNE SITUATION D'APPRENTISSAGE DIRECTEMENT EN LIEN AVEC CELLE-CI.POUR CE FAIRE, LA COMPÉTENCE NUMÉRO UN DU DOMAINE DE L'UNIVERS SOCIAL, SOIT « LIRE L'ORGANISATION D'UNE SOCIÉTÉ SUR SON TERRITOIRE! », SERA EXPLOITÉE, AINSI QUE SES COMPOSANTES LORS DU PROJET AVEC LES ÉLÈVES.LA DESCRIPTION DE L'ACTIVITÉ, L'ACTION EN CLASSE, LE MATÉRIEL REQUIS ET LES | : SITE DES FORGES DU SAINT-MAURICE EST UN LIEU HISTORIQUE QUI CRITÈRES D'ÉVALUATION SERONT ABORDÉS CI- DESSOUS.Christelle Laquerre 18 TRACES, VOLUME 47, L'activité choisie s\u2019adresse aux élèves du troisième cycle et consiste à monter différentes pièces de théâtre à laide de marionnettes que les enfants auront fabriquées en équipe.Ils s\u2019inspireront de leur visite aux Forges ainsi que des légendes en lien avec ce lieu Tout au long de l\u2019activité, les élèves devront démontrer qu\u2019ils s\u2019approprient la compétence numéro un et ses composantes.Nous avons choisi un tel projet, parce que nous trouvions que celui-ci touchait à plusieurs domaines disciplinaires, tels que le français, l\u2019univers social et les arts plastiques.Le fait d'aborder plusieurs matières rend les apprentissages beaucoup plus concrets pour les élèves.De plus, ce travail permet aux élèves de sortir des élèves se sentront davantage impliqués dans leurs apprentissages.Ce projet leur permettra aussi de collaborer avec leurs pairs et, par le fait même, d'apprendre à interagr avec les autres et à affirmer leur place dans une équipe.L'activité sera vécue en trois phases, soit la préparation en classe avant la visite, la visite elle-même etla réalisation de la pièce de théâtre qui se réalisera en classe au retour.Étant donné que tous les élèves ne savent pas nécessairement ce qu'est une légende, l\u2019ensei gnante devra, avant la N° 2, PRINTEMPS 2009 visite aux Forges, donner une explication de ce concept.Afin de rendre les explications plus concrètes, elle pourra faire la lecture d\u2019une ou plusieurs légendes qui les concement plus spécifiquement.Celles-ci pourraient tenir compte de leur région, de leur ville ou dun événement commu afin de susciter leur intérêt et leur curiosité.L\u2019enseignante pourrait i un remme- méninges avec la classe afin que les élèves puissent déterminer quelles tâches ils devront couvrir lors de la réalisation de leur pièce de théâtre.Ceux-ci se sentiront en core plus impliqués s'ils participent à l\u2019énumération des tâches et ils prendront conscience de l\u2019importance de chacune d\u2019entre elles.Ils sauront ainsi sur quels aspects porter leur attention lors de la visite aux Forges du Saint-Maurice.Afin de faciliter leur quête de renseignements, l\u2019enseignante pourra questionner les élèves en leur demandant, par exemple : «Quels métiers exerçaient les habitants des Forges ?» ou «Quel type de vêtements por- taient-ils pour travailler ?» pour leur domer des pistes de recherche une fois sur place.En ont des hypothèses à formuler, elle pourrait les noter au tableau, sans pour autant émettre de commentaires sur la plausibilité des réponses.En tentant des réponses à cette étape du projet, la composante «situer la société et son territoire dans l'espace et dans le » s\u2019amorce tranquillement.Pendant la visite guidée, les élèves devront axer leurs observations et leur recherche d\u2019informations sur les aspects précédemment déterminés en classe.Les enfants TN ro A 5H BH ES or A EC ER Rae PPT A ETES BAB et OS RÉ EE auront la possibilité de poser des questions tout au long de la sortie éducative afin de préciser leurs interrogations quant aux aspects abordés en classe, Is devront aussi porter une attention particulière sur les éléments de légende qui ler seront présentés au cours de la visite.Lors de celle-ci, la composante «établir des liens entre des caractéristiques de la société et l'amé de son territoire\u2019 » va être mise à profit puisque les élèves vont vraiment comprendre pourquoi les Forges sont situées près de la rivière Saint-Maurice, par exemple.Après la visite, l\u2019enseignante et les élèves effectueront un retour sur la sortie éducative ainsi qu\u2019une synthèse des Informations recueillies lors de clle-ci Par la suite, elle présentera aux élèves différentes légendes en lien direct avec les Forges du Samt-Maurice, telles que La bataille de Tassé, La fontaine du diable, Le marteau danseur, &.Ces légendes sont encore bien connues aujourd\u2019hui et elles font parties de l\u2019histoire de ce lieu historique.Le fait de lire ces nels ax élèves va leur permettre de fare un choix plus éclairé quant à la sélection de la légende qu\u2019ils voudront approfondir afn de monter leur pièce de marionnettes.C\u2019est à ce moment-ci que les élèves pourant se LA RELÈVE ENSEIGNANTE AU PRIMAIRE Tâche intégratrice à l'enseignement primaire\u2026 regrouper en équipes de sept ou huit et par la suite choisir la légende sur laquelle ils ont envie de travailler pour les prochaines semaines.Une fois leur choix arrêté, ils devront le commmiquer à leur enseignante afin qu\u2019elle puisse s'assurer qu\u2019il n\u2019y ait pas deux équipes qui travaillent sur le même récit.Un temps leur sera donc accordé pour qu\u2019ils puissent établir un plan de travail, qui sera préétabli par l\u2019enseignante.I comprendra les îtems suivant la division des tâches et les mforma- tions qu\u2019ils auront recueillies sur l\u2019habillement, les personnages mis en vedette dans la légende, etc.Une fois le plan terminé, l\u2019équipe bénéficiera d\u2019un temps privilégié avec l\u2019enseignante.Cette rencontre permettra aux élèves d'expliquer leur projet à leur titulaire.Si certaines équipes éprouvent des difficultés, il sera facile pour l\u2019enseignante de les cibler dès le départ et leur donner des pistes afin de les aider à poursuivre leur travail.De plus, le plan de travail permettra à l\u2019enseignante de savorr si tous les élèves sont impliqués à part égale dans le projet éducatif.Une fois l\u2019étape du plan de travail terminée, les élèves peuvent prendre le contrôle de leur projet, l\u2019enseignante adopte donc le rôle de guide pour le reste de l\u2019activité En d\u2019autres mots, les élèves sont arrivés à l\u2019étape où ils devront concevoir les dialogues.Il est important le texte conserve l'essence de la légende afin de pouvoir la présenter devant un public.Les élèves ne pouront pas ajouter d\u2019éléments qui ne seraient pas plausibles dans le contexte de leur récit.S\u2019il n\u2019est pas possible de transformer toute l\u2019histoire en dialogue, ils pourront avoir recours à un narateur.Bien que le texte soit un élément important du projet, les devront aussi mis ve les mariomettes, ainsi que les costumes de celles-ci.Il est important de noter qu\u2019ils devront toujours tenir compte des éléments historiques de l\u2019époque où se tient leur légende.Finalement, heures par cycle de cinq jours à l\u2019élaboration de ce projet.Dans un premier l'apttion de ba lens pourrait être faite à l\u2019intérieur d\u2019un cours de ffan- les élèves travaillent sur des légendes, il y a tout de même des parcelles d'histoire qui sont réelles.Par exemple, dans la légende de La fontaine du diable, on fait référence à monsieur Bell qui s\u2019avère être le Maître forgeron, l\u2019organisation sociale et territoriale de ce lieu.Dans un deuxième temps, les périodes d\u2019arts plastiques seront pratique- travail s\u2019avèe long et souvent interrompu, que se soit pour laisser le temps à la peinture de sécher ou bien pour laisser le temps aux enfants de trouver le matériel nécessaire manquant.Les élèves y devront porter une attention toute particulière afin de respecter le plus fidèlement possible le contexte historique et composante « établir des liens entre des caractéristiques de la 16 et l\u2019amé de son ervey sera donc approfondie lors de cette étape.En poursuivant toujours dans la Alex Morneau TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 19 teen rer eee LA RELÈVE ENSEIGNANTE AU PRIMAIRE Tâche intégratrice à l\u2019enseignement primaire.Cohtiambiants vo Benjamin Sulte, journaliste, p et historien Photographe : Archambault BAnQ, Centre d'archives de Montréal Collection Institut Notre-Dame du Bon- Conseil de Montréal P783, S2, SS9 20 TRACES, VOLUME 47, dre leur texte en vue de la présentation finale.La grande majorité du travail devra être fait à la maison ou durant leur temps fibre, surtout en ce qui conceme \u2019apprentissage de leurs dialogues.Du temps en classe pourrait cependant être prévu afin de permettre aux équipes de se rencontrer et s\u2019exercer ensemble.L\u2019enseignante pourra consacrer du temps aux élèves afin qu\u2019ils puissent bénéficier de son aide; elle pourrait aussi leur pemrttre de pratiquer avec leur décor et ajuster leur mise en scène, s\u2019il y a lieu Si Vieilles Pres Celui-ci est un recueil qui re groupe les différents contes et légendes des Forges du Saint-Maurice dialogues et elles donnent des informations utiles aux élèves.Chaque légende comprend des renseignements pratiques, comme le groupe d\u2019âge visé, le temps requis pour la raconter, les lieux de l\u2019histoire et les personnages principaux.L\u2019enseignante utilisera ce livre lorsqu\u2019il sera temps d\u2019expliquer le concept de légende et d\u2019en lire une, hors du contexte des Forges, par exemple.Le troisième et demier ouvrage est Le cœur-du- Québec.La Mawricie et le Centre-du-Québec\u201d.11 s\u2019agit d\u2019un livre d'histoire et de géographie.Il pourra aider les élèves à mieux comprendre le contexte de l\u2019époque des Forges ainsi qu\u2019à situer leur légende dans le concept de temps.En plus de tout ce matériel didactique, l\u2019enseignante devra foumir aux \u201c élèves un squelette du plan de travail afin d\u2019être certaine de retrouver certains éléments importants dans les différents projets de la classe.C\u2019est dans ce document que l\u2019enseignante devra spécifier ses attentes concemant le nombre d\u2019éléments du contexte géographique et historique qu\u2019elle veut retrouver dans ce projet éducatif.Celui-ci pourra être transformé en dossier de production dans lequel les élèves pourront intégrer leurs notes personnelles.Ce plan comportera le nom de chaque enfant de l\u2019équipe avec sa tâche respective.Ensuite, N° 2, PRINTEMPS 2009 on y retrouvera une section sur l\u2019habillement et une deuxième sur les personnages où les élèves ont pris en note les informations pertinentes lors de la visite ou de leur recherche.Ils pourront y inclure des photos qu\u2019ils auront trouvées sur Internet ou bien dans les livres, L\u2019enseignante devra aussi prévoir un espace pour les notions d'histoire et de géographie, par exemple pour ce qui trait à l\u2019aménagement du temitoire.Les croquis produits tout au long de la réalisation pourront aussi être mclus dans ce dossier.Les cntères d\u2019évaluation que l\u2019enseignante pourra utiliser lors de tout le cheminement du projet lié à la visite des Forges du Saint-Maurice seront regroupés autour de trois des composantes de la compétence numéro un, soit « lire l'organisation d'une société sur son taritoire.» Les objets d\u2019évaluation sont très similaires et certains aspects évalués pourront se trouver à l\u2019intérieur de plus d\u2019une composante.Le premier critère d\u2019évaluation portera sur «d'établissement des contextes géographique et historique de la socié- 11% Concrètement, dans le projet, l\u2019enseignante pourra trouver des traces de cette composante dans le plan de travail que les élèves lui auront remis, dans le texte qu\u2019ils auront adapté, dans les costumes des marionettes, ainsi que dans les décors qu\u2019ils auront fabriqués.Toutes cs actions demandent aux élèves de porter une attention toute particulière aux différents contextes historiques et géographiques abordés dans la légende et lors de la visite aux Forges.Ils devront donc s\u2019efforcer de les mettre en évidence dans leur démarche de création.Le deuxième objet d\u2019évaluation traitera de «d'établissement de liens entre des caractéristiques de la société et l\u2019'aménagement de son territoire!» Celui-ci ser plutôt évalué sur une base visuelle, c'est-à-dire que les éléments qui correspondent au premier critère devront s\u2019apparenter aux faits réels de cette époque.Par exemple, si les élèves ont décidé d\u2019illustrer des hommes transportant le charbon au grand fourreau, ils devront faire attention de ne pas représenter un moyen de transport du vingtième siècle au lieu d\u2019un autre du dix-huitième.L\u2019enseignante se basera donc principalement sur les éléments travaillés en cours darts plastiques pour évaluer ces aspects.Le demier aspect sur lequel l\u2019enseignante s\u2019attardera lors de son évaluation sera les «précisions sur l\u2019influence de personnages ou l'incidence d'événements sur l'orga- nisafion sociale et territoriale\u201d»» Celui-ci pourra être évalué lors de la rencontre avec la titulaire, à l\u2019aide du plan de travail.OEE BETES BES REE Er 2EEEsE RR \u2014 5 ER = ote se sz=zgsEs= gs gs5sSe-= em Fr ES ET IR AR 2 > sa se eu = = oe = «om BB ow FER 5m BORON Es rs RS en om RE Elle pourrait par exemple demander aux élèves quels sont les personnages principaux de leur légende et ainsi leur demander s\u2019ils ont eu un rôle réel dans l\u2019histoire des Forges du Sairt- Maurice.Ce point ne sera pas évalué de la même façon pour toutes les équipes puisqu\u2019elles n\u2019ont pas toutes les mé- mes récits populaires.La contrainte pour l\u2019ensei gnante sera donc d\u2019évaluer la compréhension des élèves en fonction des personnages et des évé- x nements propres à la légende du sous-groupe.L'avantage d\u2019un tel projet sera que l\u2019enseignante pourra y inclure des éléments d\u2019évaluation d\u2019autres domaines disciplinaires, soit la commamica- tion orale, la production tions d\u2019arts plastiques.En conséquence, les élèves ont moms l\u2019impression d\u2019être constamment bombardés d\u2019évaluations sans aucum lien entre elles.À la suite du projet, il avec le présent.» Pour ce faire, ils pourraient réaliser un tableau comparatif entre l\u2019époque des Forges et celle d\u2019aujourd\u2019hui qui du mode de vie, des réalités culturelles, économiques et politiques.LA RELÈVE ENSEIGNANTE AU PRIMAIRE Tâche intégratrice à l\u2019enseignement primaire\u2026 Pour conclure, cette pièce de marionnettes demande énormément de temps et de préparation afin d\u2019obtenir le résultat souhaité.L\u2019enseignante et les élèves doivent collaborer afin d'atteindre les apprentissages qui doivent être acquis.Pour ce qui est de la position de l\u2019enseignante, elle vient prendre le rôle de guide pendant le projet, puisqu\u2019elle me doit pas tout révéler aux élèves.Elle doit leur laisser la chance de recueillir le plus d\u2019informations possibles par eux- mêmes.Cartes, elle doit donner des pistes et venir en aide à œux qui ont plus de difficultés, mais encore une fois, elle doit leur laisser une certaine liberté afin que leurs apprentissages soient davantage réels et constructifs.Il est important qu\u2019ils etc.), la recherche, la communication sont tous des la pédagogie par projets.C\u2019est une méthode agréable à mettre en pratique avec un groupe de classe.Ce type de pédagogie permet aux élèves de amusante tout en ayant la possibilité d'apprendre i oma dap prentissages.Notes ! Gouvemement du Québec.Mmistère de l\u2019Education.Programme de formation de l\u2019école québécoise en éducation préscolaire et en enseignement primaire, 2001, p.173.* Idem.* Idem * Idem.* Idem.6 Auer incom, Cordes ef Légendes des Vieilles Forges, Editions du bien public, Trois-Rivières, 1954,132p.7 Gagnon, Cécile.Mille ans de contes.Québec.Édition Milan, France, 1996, 462 p.$ Lambert Serge et Kedl Eugen Le cœurdu Québec.La Mauricie et le Centre-du-Québec.Les Éditions GID, Sainte- Foy, 1998,271 p.?Gouvemement du Québec, Ministère de l\u2019Éducation, Programme de formation de l\u2019école THE.FoHuss, RIYER 59 MATRICT Les Forges du St-Maurice Situées sur les rives de la rivière St-Maurice, elles représentent les plus anciennes forges au uébec.Elles se spécialisent dans la fonte et l'acier.Source : Joseph Bouchette / BIBLIOTHE- QUE ET ARCHIVES Canada / C-004356 TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 21 SR RE EE TER PART D'UNE TROUVAILLE INTÉRESSANTE : RIEL DIDACTIQUE CRÉÉ PAR LE THINKING CRITICALLY CONSORTIUM, AUSSI APPELÉ TC\u2019.IL S'AGIT DE PETITS LIVRES PROPOSANT DES ACTIVITÉS SUR DES PÉRIODES HISTORIQUES, COMME PAR EXEMPLE LA NOUVELLE-FRANCE OU L'ÉGYPTE OU ENCORE, SUR DES ASPECTS PRÉCIS DE LA PENSÉE HISTORIENNE.BIEN QUE CETTE COLLECTION AIT ÉTÉ PUBLIÉE EN FONCTION DU PROGRAMME DE FORMATION DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE, ELLE ME SEMBLE NÉANMOINS INTÉRESSANTE DANS LE CAS DE L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE AU QUÉBEC.EN EFFET, ON RETROUVE DANS CETTE COLLECTION DES OUVRAGES TRAITANT DES RÉALITÉS SOCIALES DU PROGRAMME PAR COMPÉTENCES.DE PLUS, TOUS LES RECUEILS DE CETTE COLLECTION CONTIENNENT DE NOMBREUSES ACTIVITÉS PUBLIÉES AVEC LES INSTRUCTIONS POUR L'ENSEIGNANT, LES DOCUMENTS À PHOTOCOPIER ET À REMETTRE AUX ÉLÈVES ET LE MATÉRIEL D'ÉVALUATION (FORMATIF ET SOMMATIF).PARMI LES PUBLICATIONS DISPONIBLES, DEUX RETIENNENT PARTICULIEREMENT MON ATTENTION PAR LEUR PROXIMITÉ AVEC LE PROGRAMME DE FORMATION DU QUEBEC.ERE ERAGE PI RE ee LES PUBLICATIONS DE MATÉ- Catherine Duquette Université Laval 22 TRACES, VOLUME 47, Il sagt de Teaching about Historical Thinking et Active Cifizens- hip : Student Action Pro- five et la méthode historique), tandis que le second estune source utile d\u2019activités permettant d\u2019organiser des projets citoyens mettant, par la même occasion, la troisième compétence (construire sa conscience citoyenne) des élèves à l\u2019œuvre.Je vais présenter ici brièvement le contenu de ces deux ouvrages dans le but de donner un aperçu du type d'activités que l\u2019on y retrouve et d\u2019indiquer comment ces ouvrages peuvent répondre aux demandes du programme d'histoire de l\u2019école québécoise.1.Première publication: Teaching about Historical Thinking Écrit par Mike Denos et Roland Case et édité par Penney Clark et Peter Seixas, cet ouvrage, d\u2019une centaine de pages, a comme objectif le développement de la pensée historique (nos deux disciplinaires) chez les élèves du secondaire.Selon les auteurs, la pensée historique se diviserait en six dimensions permettant d\u2019interroger et de comprendre le passé.Ces six dimensions sont : l\u2019intérêt historique, l\u2019évidence, la continuité et le changement, les causes et les conséquences, la pers- N° 2, PRINTEMPS 2009 pective historique et le jugement moral L'intérêt historique renvoie au choix que nous faisons d\u2019accorder plus ou moins d'importance à un événement historique.Par exemple, la bataille des plaines d\u2019Abraham revêt au Québec une grande dans le récit collectif.Toutefois, l\u2019importance de cette bataille ne sera pas la même pour des gens de descendance ukrainieme habitant en Saskatchewan.Ainsi, les auteurs proposent que les élèves s\u2019interrogent sur les raisons qui rendent un événement historique important ou non pour une société en particulier.Le concept d\u2019évidence, quant à lui, est lié à notre deuxième où l\u2019élève est amené à MATÉRIEL DIDACTIQUE ET PENSÉE HISTORIENNE DES PUBLICATIONS À CONSULTER : LES LIVRES DU THINKING CRITICALLY CONSORTIUM TC?CATHERINE DUQUETTE! CANDIDATE AU DOCTORAT, UNIVERSITE LAVAL | oi D'UNE VISITE A VANCOUVER, DES AMIS ENSEIGNANTS M'ONT FAIT utiliser des documents pour trouver des réponses à ses questions concemant un événement du passé.Les causes et conséquences et la continuité et le changement renvoient aux liens entre les événements du passé et leurs impacts sur la société.La perspective historique demande à l\u2019élève, pour qu\u2019il soit en mesure de comprendre les sociétés du passé, de s'interroger sur la culture des sociétés étudiées, leur façon de penser et leur système de valeurs.Finalement, le jugement moral en histoire est, selon les auteurs, le jugement éthique d\u2019un individu sur les évérements du passé qu\u2019il faut muancer pour éviter de tomber dans des lieux communs.À partir de ces six dimensions, les auteurs affirment que l\u2019élève aura en sa possession tous les outils lui permettant de penser de manière historique.Il est possible, dans une certaine mesure, de retrouver ces six dimensions dans le programme par compéien- ces.Ainsi, les causes et conséquences, la perspective historique et le jugement moral sont des composantes de notre compétence 1 tandis que == ces goss ue ue Es ee eo 7 = Ske SH 8 5 @- © 36 fv pe = £2 Be £5 OKI T=.uses: = =X = pe cm BY mo Eo se FT a FF 5 = ww oh FoR OK ore ee eR Be ee RTT et BBE £0 A own th ym TE FRE Sr ve RM BE TR ew MATERIEL DIDACTIQUE ET PENSEE HISTORIENNE les évidences historiques, que la contimité et le changement relevent surtout de la méthode historique, en d\u2019autres femmes, de notre compé- Bien que ce volume débute avec une explication théorique des diverses dimensions de la pensée historique, les auteurs s\u2019assurent de faire la transition entre ces théories et la pratique.Ils demeurent, en ce sers, très réalistes à propos des défis encourus par les enseignants lors d\u2019une application pratique des théories qu\u2019ils proposent.Ils soulignent d\u2019ailleurs que la formation à la pensée historique demande beaucoup plus de travail pour l\u2019enseignant car celui-ci doit blèmes, assembler diver- d'un même événement, trouver des liens entre le passé et le présent assez concret pour les élèves, évaluer des compétences plutôt que des connaissances et diversifier ses méthodes d\u2019enseignement.Face à cette situation, les auteurs, voulant concrètement prêter mam forte aux enseignants, proposent diverses activités dont les premières servent à présenter les tenants et aboutissants de la discipline historique aux élèves.Par exemple, on retrouve deux courtes activités où l\u2019élève doit différencier le passé et l\u2019histoire et l\u2019histoire et le myth grace 2 des bleaux comparatifs.Ces exercices ont objectif d'aider l\u2019élève à déconstruire, en partie, l\u2019idée que l\u2019histoire est le récit véridique des faits du passé.Suite à œtte entrée en matière, les auteurs reprennent chacune des dimensions de la pensée Chaque dimension cons- tive donc un chapitre dont la structure est reprise à l\u2019identique pour Cette structure se divise comme sut : la première partie du chapitre, qui est dédiée à l\u2019enseignant, apporte des précisions sur la dimension de la pensée historique travaillée.On peut ainsi parfaire sa compréhension de la dimension traitée.Le texte désire d\u2019ailleurs démontrer aux ersei- gnants comment il est possible de passer de la théorie à la pratique en proposant une démarche de réalisation d'activités destinées aux élèves.La seconde partie du chapitre est consacrée à la présentation du concept aux élèves.Dans cette section, on propose quelques activités dont l\u2019objectif commum est d'aider l\u2019élève à mieux comprendre la dimension de la pensée i traitée.Par exemple, les auteurs proposent cinq courtes activités d'une période sur l\u2019inferprétation des documents historiques.Le Des publications a consulter.ple et proposer une mé- fhode de travail permettant aux élèves de mieux différencier les sources premières et secondaires tandis qu\u2019une autre peut être plus complexe et demander de compléter une grille permettant de vérifier la validité d\u2019un témoignage oral ou d\u2019un article de journal.Finalement, la troisième section du chapitre propose des activités de base qui sont adaptables aux réalités du programme d'histoire, Toujours dans l\u2019activité sur l\u2019analyse des documents historiques, les auteurs foumissent des grilles d\u2019analyse de documents et proposent une activité d'interprétation d'affiche de propagande datant de la Deuxième Guerre mondiale.Cette dernière activité est donc une sorte de synthèse où les élèves réinvestissent les compétences construites lors des activités précédentes.Faisant suite à ces six premiers chapitres, les auteurs suggèrent un exemple détaillé d\u2019intégration des six dimensions de la pensée historique dans une seule activité d\u2019apprentissage.L'exemple proposé ici est une activité d\u2019apprentissage construite autour du persommage de Simon Fraser et où l\u2019objectif est d\u2019amener les élèves à revoir le mythe construit autour du personnage.Toutefois, si l\u2019étude de le cas au Québec.Ainsi, il nous est impossible d\u2019utiliser cet exemple comme tel.Néanmoins, la structure didactique employée par les auteurs est aisément réadaptable aux besoms de notre programme de formation.On peut, en effet, rempla- cr le personnage de Fraser par n\u2019importe quel homme ou femme ayant tenu une place importante dans le passé du Québec ou de l\u2019histoire occidentale puisque l\u2019intérë&t de cette activité est d'amener les élèves à prendre une position réflexive face aux mythes entourant un personnage historique.Pour parvenir à cet objectif, les auteurs ont construit une situation d\u2019apprentissage divisée en six tâches basées sur les six dimensions de la pensée tâches permet à l\u2019élève de mieux cerner le personnage de Fraser tout en développant les outils de leur pensée historique.Le point fort de cette situation d'apprentissage est sans aucun doute la qualité des documents fournis qui par leurs formes, permettent aux élèves de bien structurer leurs imfor- mations, de justifier leurs dires et d\u2019évaluer leur travail La structure de Teaching about 77 Historical Thinking DEnos, Mike et Roland CASE.(2006).Teaching about Historical Thinkin dans la série Tools for Historical Understanding, ed.Peter Seixas et Penney Clark, The Critical Thinking Consortium, Vancouver : 107 p.TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 23 ERR A RA ANGIE: 1519 Re.iy wr mess REA AE PRR, RUE TETE EU LR MATÉRIEL DIDACTIQUE ET PENSÉE HISTORIENNE Des publications à consulter.: Active Citizenshipe Student Action Projects CASE, Roland, FALK, Clift SMITH Neil et Walt WERNER.(2004).Active Citizenship : Student Action Projects dans la série : Critical Challenges across the Curriculum, Vancouver : 93 p.24 TRACES, VOLUME 47, conception employée par les auteurs est simple sans être simpliste puisqu\u2019elle permet à l\u2019élève, même très jeune, de bien comprendre les tâches attendues et le genre de réponses désirées.Malheureusement, certaines activités proposées dans l\u2019exemple gramme par compétences.Par exemple, on demande aux élèves de défermmer quel élément du voyage de Fraser est le plus important sans toutefois réinvestir par la suite les conclusions des élèves lors des autres activités.Autre détail qui diminue quelque peu, à mes yeux, la valeur des tâches retrouvées dans cette situation d\u2019apprentissage, est que certames dimensions de la pensée historique, telles les causes et conséquences, sont employées dans les six activités, cependant les auteurs ne mentionnent pas où et comment les élèves développent cette dimension autre part que dans l\u2019acti- Vité qui lui est dédiée.I] y a pourtant un réel travail de plus d\u2019une dimension de la pensée historique dans chacune des activités qu\u2019ils proposent.Cela ne pousse à croire qu\u2019il est difficile de ne travailler qu\u2019un seul élément de pensée historique à la fois.Ces éléments sont, en effet, complémentaires et le travail de l\u2019un entraîne nécessairement le travail des autres.Vu la qualité des documents et des activités en général, il aurait été intéressant de la part des auteurs de proposer une activité faisant travailler concrètement plus d\u2019une dimension à la fois.Ce livre se termine avec une série de documents reproductibles à remettre aux élèves.Bien entendu, ces documents sont en langue anglaise, toutefois, leurs structures sont aisément reproductibles et donc adaptables an contexte québécois\u201d.Outre ce détail, Teaching about Historical Thinking demeure un ouvrage de référence intéressant.Dans ses pages, les dimensions des deux premières compétences du programme d'histoire sont expliquées de sorte qu\u2019elles nous apparaissent beaucoup plus claires, l\u2019objectif ici étant toujours d'aider les enseignants à utiliser concrètement ces dimensions dans l\u2019environnement de la classe.À ce niveau, les auteurs de l\u2019ouvrage y bien Toutefois, on ne traite à aucun moment de notre troisième compé- fence, C'est pourquoi je me suis tounge vers une deuxiéme publication du collectif traitant exclusivement de la conscience citoyenne.2 Deuxième publication : Active Citizenship : Student Action Projects (2006) Tout comme au Québec, les programmes de scien- N° 2, PRINTEMPS 2009 ces sociales des autres provinces demandent aux enseignants de développer la conscience ci- toyerne de leurs élèves.Toutefois, un réel développement de cette conscience citoyenne passe nécessairement par une application pratique de la part des élèves.Ceux-ci sont plus à même de comprendre l\u2019importance de leurs actions sur la société tout en réalisant que cellesci peuvent avoir de réelles répercussions dans la vie de tous les jours.Cependant la réalisation de tels projets reste un défi de taille.L'ouvrage Active Citizenship : Student Action Projects, écrit par Roland Case, Cliff Falk, Neil, Smith et Walt Wemer en 2006 se veut une ressource venant en aide aux enseignants désireux d'organiser de tels projets citoyens avec leurs classes.Pour ce faire, les auteurs commencent par indiquer qu\u2019il existe trois types de projets et que chacun des types de mande un investissement différent de la part de l'enseignant.Ainsi, on retrouve les projets scolaires impliquant la vie de l\u2019élève à l\u2019école, les projets d'ordre commumau- taire et les projets touchant à l\u2019intemational.Logiquement, les projets scolaires demandent le moins d\u2019implication tandis que les projets intema- tionaux sont plus coûteux au niveau du temps.Les auteurs identifient aussi deux types d'actions possibles, l\u2019action directe et l\u2019action indirecte.Ainsi, les actions directes impliquent toutes les actions des élèves dont l\u2019aboutissement donne lieu à un changement concret.Par exemple, des élèves de secondaire 3 pourraient visiter un foyer pour per- somes âgées dans le but d'interroger les résidents sur leur vision de l\u2019après- guerre pour ensuite rédiger une synthèse sur cette époque dont une copie serait remise aux résidents du foyer.Les actions indirectes, à l\u2019inverse, se composent de projets dont les résultats me sont peut être pas concrètement visibles pour l\u2019élève.Ainsi, l\u2019envoi de lettres au député local concemant un événement de l'actualité n\u2019apportera peut-être pas de dl concret.Toutefois, l\u2019envoi d\u2019une lettre demeure une mpli- cation citoyenne de la part de l\u2019élève.En constatant qu\u2019il existe différents types de projets proposant diverses actions possibles, un enseignant peut ainsi mieux envisager et évaluer quel genre de projet correspondra le mieux à ses attentes et a ses disponibilités.Bien qu\u2019il existe une grande diversité de projets citoyens, les auteurs proposent un plan d\u2019action adaptable en six étapes.Ces étapes sont les suivantes : 1.Préparation mutiale du projet, \u2014 a > =~ se = = gOS SR opp ERE es S&S EHESS ES SE RE BESe ssa \u2014 =.= = B27 BE Ba nS PF ERs 89 8 as B88 S285 = = 5 Bw KH fe 2A 5 we = MATÉRIEL DIDACTIQUE ET PENSÉE HISTORIENNE 2.Présentation du projet aux élèves; 3.Clarification du problème par les élèves; 4.Accord de la classe sur une solution; 5.Planification du projet; 6.Implantation du projet et évaluation des retombées.Chacune des étapes mentionnées ici est expliquée en profondeur dans un chapitre qui lui est dédié.Les auteurs indiquent ainsi toutes les tâches à effectuer pour chacune des étapes.Par exemple, lors de la préparation initiale du projet par l\u2019enseignant, les auteurs indiquent dans un premier temps tous les facteurs à considérer avant d\u2019entreprendre un projet et ce, peu importe son envergure.On traite ainsi du respect du programme, des besoms des élèves, des ressources nécessaires et des retombées possibles.Dans un second temps, une liste des personnes et organismes à contacter est aussi fournie.En d\u2019autres terres, œ chapitre devient une liste de vérification lors de la planification de projets qui permet d'éviter plusieurs difficultés et oublis.En plus de détailler cha- c\u2019est aux élèves de concrétiser le projet.Pour ce faire, les auteurs proposent pour chaque étape du projet une démarche spécifique à suivre.Ainsi, lors de la quatrième étape, les élèves dorvent s\u2019accorder sur une solution au problème citoyen et déterminer la démarche qu\u2019ils effectueront pour tenter de le résoudre.Les élèves sont donc amenés à s\u2019infonrer sur les stratégies d'implantation possible et sur les obstacles auxquels ils pourraient se buter.Une fois cette étape complétée, les élèves seront plus aptes à choisir la meilleure solution selon des critères d\u2019eflicacité, de compréhension, de réalisme et de respect envers autrui.Notons par la même occasion, la qualité des documents d'accompagnement qui rendent les tâches, parfois assez complexes, réalisables pour des élèves de cycle secondaire.Une fois les six étapes d\u2019élaboration du projet citoyen expliquées, les section domant quatre exemples de projets citoyens menés par des écoles de Vancouver.Ces exemples démontrent clairement comment les six étapes d\u2019élaboration sont employées.Toutefois, aucun des exemples cités implique concrètement la discipline historique.Il s\u2019agit en effet d\u2019un bémol important à l\u2019utilité de ce livre dans le cadre du programme d'histoire Des publications à consulter.passé dans l\u2019étape no.3, la clarification du problème par l\u2019élève où celui-ci doit trouver l\u2019origine du problème citoyen.Ce manque à gagner au niveau de la discipline historique s'explique par le fait que la majorité des program mes des provinces canadiennes, à l\u2019exception du Québec, n\u2019offrent pas de cours d'histoire mais bien des cours de Social Sciences où histoire, géographie, éducation à la citoyenneté et économie s\u2019enseignent tous à la fois.En ce sens, les projets présentés par les auteurs s\u2019insèrent dans ce genre de programme.Cependant, dans le cadre spécifique du programme d'histoire du Québec, la jouer un plus grand rôle lors de la réalisation de projet citoyen.Cela ne veut toutefois pas dire que la démarche retrouvée dans Active Citizenship : Student Action Projects n\u2019est pas utilisable dans le cadre du programme par compétences.Au contraire, les structures proposées par les auteurs peuvent s'appliquer aux demandes du MELS.De plus, les étapes à respecter dans le cadre de l\u2019élaboration et de la mise en œu- vre du projet s\u2019avèrent particulièrement utiles de bien structurer les différentes étapes du projet.3.Condusion Fn conclusion, les ouvrages du Thinking Critically Consortium sont, malgré le fait qu\u2019ils soient publiés tous deux en Colombie- Britamique, un outil intéressant à consulter tant au niveau de la philosophie qu\u2019ils suivent qu\u2019au niveau des activités qu\u2019ils proposent.Les activités qui nous ont été données d'observer démontraient clairement qu\u2019elles étaient en lien avec les demandes du programme.De plus, toutes les activités proposées dans ces ouvrages ont été essayées, avant publication, par des ensei- de divers niveaux.Les volumes de TC?sont, de manière générale, une banque d\u2019idées pouvant nous aider à diversifier notre apprentissage et les documents d\u2019accompagnement peuvent nous servir d\u2019exemples lors de la création de nos outils.Le seul problème de ces publications est qu\u2019elles sont en anglais ce qui limite leur utilisation dans nos classes.Toutefois, il est possible que la collection soit traduite si les enseignants ffanco- phones se montrent infé- ressés.Si vous voulez démontrer votre intérêt à voir ces ouvrages fraduits, veuillez le faire savoir \u2014en Tanga à à l\u2019adresse sui- @itenthangeube ca Voici les références bibliographiques des deux documents : = DENOS, Mike et Roland CASE.(2006).la série Tools for Historical Understan ding, ed.Peter Seixas che interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE) a l\u2019Université Laval.* Pour plus de détail, voir les pages 345 à 348 du programme par compé- DE L'ÉDUCATION, DU LOISIR ET DU SPORT DU QUEBEC (MELS), (2003).L'école, tou un programme, Programme de formation au premier cycle du secondaire.* Je traiterai plus en déail du problème de la langue dans la conclusion de ce TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 25 nt Se HISTOIRE DE L'ÉDUCATION L'HISTOIRE DES MOUVEMENTS SOCIAUX ET L\u2019EVOLUTION DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE AU QUÉBEC MÉLANIE BOUCHER-LAVALLÉE, ENSEIGNANTE AU PRIMAIRE ET AU PRÉSCOLAIRE ET ÉTUDIANTE À LA MAÎTRISE EN ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE, UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE SAVOIRS LIRE ET ÉCRIRE, L'ÉDUCATION DE CES SAVOIRS FUT LE PRIVI- D E TOUTES LES SOCIÉTÉS ANCIENNES CONNAISSANT LES SECRETS DES LÈGE PRESQUE EXCLUSIF DES ÉLITES NANTIES OU RELIGIEUSES.PLUS PRÈS.DE NOUS, AU QUÉBEC, L'INSTRUCTION CONNUT UNE TANGENTE SEMBLABLE A CES PREMIERES LUEURS, C'EST-A-DIRE DES L\u2019APPARITION DES COMMU- NAUTES RELIGIEUSES CATHOLIQUES DANS LA COLONIE DE LA NOUVELLE- FRANCE.AVEC LA CRÉATION DE LA CONFÉDÉRATION CANADIENNE, LES NOUVELLES PROVINCES DURENT DISCUTER ET S'\u2019ORGANISER AUTOUR DE LA NOUVELLE, COMPÉTENCE EXCLUSIVE DONT ELLES S'OCCUPAIENT MAINTENANT, SOIT DE L'ÉDUCATION.LA CONFÉDÉRATION, COMME BIEN D'AUTRES FACTEURS, A RÉALIMENTÉ LES DISCUSSIONS ET LES PRISES DE POSITION AUTOUR DE LA QUESTION DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE OBLIGATOIRE, ET CE, DANS TOUTES LES RÉGIONS DU QUÉBEC.L'ARTICLE PRÉSENTÉ ICI TRAITERA DE CE LONG QUESTIONNEMENT SUR L'INSTRUCTION TOUT EN LE METTANT EN PARALLÈLE AVEC L'HISTOIRE DES MOUVEMENTS SOCIAUX DE LA PROVINCE.Mélanie Boucher-Lavallée 26 TRACES, VOLUME 47, Pour ce survol de cette vaste problématique, il sera d\u2019abord question brièvement de la situation de l\u2019éducation au 17 et au 18° siècle.Par la suite, le texte abordera des nombreux et houleux débats autour de l\u2019instruction obligatoire ainsi que l\u2019évolution du système d\u2019éducation.Ensuite, il sera question de l\u2019année 1943 où la loi sur la fréquentation scolaire fut adoptée.Finalement, les modifications de cette loi au cours du début des aunées 1960 seront analysées.La situation de l\u2019éducation aux 17,18° et 19Ÿ sièdes Depuis le début de la colonisation française en Nouvelle-France, l\u2019éducation est administrée par le Clergé catholique.À partir du milieu des années 1600 environ, les différentes commmautés religieuses, comme les Jésuites et les Sulpiciens, créèrent des couvents, des collèges, des écoles et autres pour assurer l\u2019éducation sur le territoire.La position prépondérante de cet acteur social structura l\u2019éducation de manière confessionnelle, non mixte, publique et non obligatoire.À cette époque, l\u2019éducation visait à façomer de bons citoyens et de bons chrétiens.La fréquentation scolaire se rythmait aux sons des saisons, car les enfants étaient requis pour les travaux de la ferme.Ce n\u2019est que lors- N° 2, PRINTEMPS 2009 que ceux-ci étaient terminés que les enfants marchaient vers les écoles, et sous fmancées.Avec la Conquête anglaise, le Clergé catholique préserva ses droits dans la pratique de la religion catholique ainsi que ceux concemant 1\u2019éducation.Les protestants, nouvellement installés, établirent leurs propres institutions d\u2019enseignement.Les deux systèmes s\u2019admmis- trèrent durant ces quel- Les débats autour de Pinstruction publique Au cours des 19° et 20° siecles, de nombreux débats sur instruction obligatoire sonnèrent le glas dans la province de Québec.Plusieurs pans de la société se mobilisèrent dans les différents débats qui eurent lieu et qui connurent des hauts et des bas.Par exemple, les premières lois concemant l\u2019éducation furent des échecs (loi de l\u2019Institution Royale pour le progrès de l'Instruction en 1801 et la loi sur les Ecoles de Fabrique en 1824\u201d).Par la suite, la Rébellion des -Patriotes des années 1837 et 1838 désarma à tel point les les écoles furent, durant cinq ans, sans organisations\u2019.En 1841, la première loi concemant l\u2019éducation fut votée au Parlement.blissait la base d\u2019un système d\u2019éducation, divisait la province en districts avec à leur tête un préfet, des conseillers et un trésorier nommés par le gouvemeur.Toute fois, cette loi ne fut pas en application très longtemps, car elle accentua la révolte populaire des Patriotes.De plus, elle suscita la grogne chez les Protestants, car elle imposa, par le moyen de Eros Ee S58 em 2 ose te HORE 8 S858 BB 2S BB BE ss BEBE FO =.a2 OE s = = mB FB Ea 1 wR Rt REESE es REST RS RB &F BB = 8B = oe FCT RFT oR | YY BY OS om | Ke taxes, la moitié des frais d\u2019éducation aux familles\u201d.À la suite de cet échec, on nomma deux surintendants, un pour chaque ince du Canada-Uni.Les deux premiers furent Meilleur et Mumy.Selon le regard du frère V.Lessard, M.Meilleur a eu une grande influence sur le régime scolaire et c\u2019est à lui que l\u2019on doit le sens confessionnel des écoles québécoises amsi qu\u2019une plus grande coercition entre la famille, l\u2019État et l\u2019Église\u201d.À partir des années 1845, une série de lois furent adoptees dans l'optique d'organiser davantage et d'adapter le système d\u2019éducation dans le Bas- Canada, qui deviendra bientôt la province de Québec au sein du Canada.C\u2019est ainsi qu\u2019en 1845-1846, une série de lois intégrèrent les écoles dans les organisations paroissiales, au grand bonheur du Clergé.De plus, ces lois pallièrent le manque de financement dans le réseau de l\u2019éducation par une plus grande cntralisation de l\u2019organisation ainsi que l\u2019établissement d\u2019un système de d'âge scolaire.En 1849, étant donné la perpétuation du mécontentement, une loi abaissa les frais mensuels des parents aux mois d\u2019école.Cette loi fit plus appréciée, car elle possédait l\u2019avantage de s\u2019adapter aux contraintes du calendrier agraire\u2019.Les années 1840 provoquèrent de fortes réactions populaires.En fait, les nouvelles réglementations déclenchèrent la « guerre des éteignoirs »*, qui comut son pa roxysme en 1846.En effet, les Seigneurs et les prolétaires agricoles contestaient les taxes, le manque d\u2019éducation des commissaires (502/1025 ne savaient pas lire ni écrire)\u201d, la non-réception des contributions gouvernementales, etc.De plus, les paysans s\u2019opposaient, car ils avaient un grand besom de leurs enfants pour les travaux de la ferme.La « guerre des éteignoirs » provoqua du désordre public, du vandalisme, de la violence et des émeutes.Pour calmer la population, l\u2019Etat dut avoir recours à l\u2019armée.Ce conflit s\u2019atténua progressivement et prit fin vers le début des années 1850\".Au cours des années 1850, I'Etat continua a réformer le système d\u2019éducation par une série de lois.En outre, la loi de 1851-1852 entérinait l\u2019embauche d\u2019i nommés, la loi de 1857 créa un Journal de l'Instruction publique et 1a loi de 1859 créa le Conseil de [Instruction publique\".La signature de la Confédération cana- diene en 1867 domna, par la suite, le système d'éducation au contrôle HISTOIRE DE L'ÉDUCATION L'histoire des mouvements sociaux.exclusif de l\u2019État, par l\u2019article 93.En 1875, une loi réforma égalerrent le Conseil d l'Instruction publique en nommant d\u2019office tous les évêques catholiques, quelques laïques a quelques Protestants'*.En somme, le système d'éducation de la province du Québec se développa durant les armées 1600 à 1900.Toutefois, beaucoup de réformes durent prendre le chemin de la poubelle à cause de la levée de mouvements populaires et bourgeois comme les Patriotes et les Éteignoiss.Pendant la période suivante, le calme régna, en apparence.En fait, des individus et des rent à discuter de l\u2019idée, jusque-là écartée, de l\u2019instruction obligatoire.Parmi ces gens, on retrouve le premier ministre Honoré Mercier.Ce demier s\u2019affima rapidement et publiquement pour l\u2019instruction obligatoire : « [I] a mere doit son lait à l'enfant qu'elle a mis au monde, le pere hii doit le pain, la société hi doit l'instruction (1890).D\u2019autres individus prirent le côté du pour comme le député Irving Omin Vincent, le Sénateur R Dandurand®, le jouma- liste D.Morin'® Tes auteurs P-G.Martineau et H.Beauregard\u201d, le rédacteur de L\u2019Ensei primaire, C.J.Magnan\u201d\", le père C.Gobiet, oblat de Marie-Immaculée\u201d, le rédacteur en chef de La Vérité, J.-P.Tardive\u201d, le député T.de le Congrès ouvrier du Canada de 18907, le Congres de la française 1912)\u201d, le juge , etc.Les principaux arguments en faveur mentionnaient que l'instruction obligatoire diminuerait l\u2019insouciance des parents qui refusaient d'envoyer leurs enfants à l\u2019école\u201d, qu\u2019elle état nécessaire pour ceux qui voulaient un jour jouir des droits de citoyens et d\u2019électeurs\u201d, qu \u2018elle réduirait l'incapacité politique\u201d , qu\u2019elle n\u2019entraînerait pas nécessairement d\u2019emblée la neutralité religieuse « la gratuité scolaire\u201d.D\u2019autres mentiomnaient que l'instruction était rendue au point d\u2019être obligatoire, car les enfants n\u2019étaient pas assez prépa- tés aux luttes de la vie quotidienne\u201d, car, entre l\u2019école de, manière fort iméguliére®.Finalement, l\u2019on mentiomna que l\u2019Ftat possédait le droit d\u2019exiger aux parents de donner une charge minimale de et ce, par I'école™.D\u2019autres §\u2019affi- chérent clairement contre cette idée de fréquentation scolaire obligatoire.Parmi eux, on note l\u2019ensemble du Clergé catholique, dont le père É., le père et supérieur de St-Suipice de Montréal, M.Collin\u201d, le père Paquin\u201d\u201d 2 le cardinal Tas- chereau\u201d, le rédacteur du Courrier de St- Hyacirthe, M.LaBru- Honoré Mercier, premier ministre de la province de Québec du 29 janvier 1887 au 21 décembre 1891 WWWwW.assnat.qc.ca TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 27 RE EE RERO ES HISTOIRE DE L'ÉDUCATION L'histoire des mouvements sociaux.Lomer Gouin, premier ministre de la province de Québec et président du Conseil exécutif du 23 mars 1905 au 8 juillet 1920 WWW.assnat.qc.ca 28 TRACES, VOLUME 47, re\u201c, A.St-Pierre\u201d, etc.Les arguments en do veur portaient sur le fait qu\u2019elle brimerait les droits des pères de famille\u201d qu\u2019elle était contraire aux préceptes de l\u2019Église catholique\u201d, que l\u2019État devait jouer un rôle secondaire et supplétif dans l'éducation\u201d, qu'elle enfreindrait la liberté humaine et divine\u201d, qu\u2019il y avait ingérence dans Je domaine de l\u2019éducation De plus, il était question que l'instruction obligatoire eût failli à la tâche partout où elle avait été tentée\u201d que l\u2019assiduité scolaire fût dià plus forte au Québec (plus de 75 %) que dans la plupart des pays et dans les provinces canadiennes où elle avait été implantée\u201c.En bref, les premiers affrontements entre les i et les non partisans de I'mstruction obligatoire se soldèrent sans vainqueur ni perdant.Ce fut un combat verbal et émotif qui toucha principalement des intellectuels, des religieux et des bourgeois, et ce, sans trop d organisation.Quant eux instituteurs et concemés par les réformes de l\u2019éducation, ils ne prirent que peu parti dans cette joute oratoire.En fait, les regroupements d'instituteurs et surtout d\u2019institutrices avaient d\u2019abord besoin de se faire reconnaître, d\u2019améliorer leurs conditions de travail, dont la sécurité d\u2019emploi, leurs conditions sociales et leurs salaires, à cette même époque\u201d.Les débats sur l\u2019instruction obligatoire reprirent le chemin de l\u2019Assemblée législative avec le « bill de Grosbois » en 1901-1902.Ce projet de loi visait une meilleure fréquentation scolaire en octroyant des amendes aux parents fautifs, en obligeant les enfants de 8 à 13 ans aller à l\u2019école de leur municipalité durant au moms 16 semaines, et ce, conformément à la croyance religieuse de l\u2019enfant.Ce projet de loi fût rapidement relayé sur les tablettes des oubliettes parlementaires\u201c.En 1902, un groupe de citoyens composé à sa tête par M.-O.Faucher et G.Langlois fondèrent la Ligue de l'Enseignement.pour une éducation gratuite, laïque et obligatoire.En général, la population n\u2019acceptait guère les propos de cette ligue et l\u2019État la regardait presque comme un danger, à cause de son affiliation à une ligne maçonnique en France (la Ligne maçon- rique du Grand Orient de Paris).Ce regroupement eut une durée fort éphémère et ne réussit point à soulever des idées que chez une poignée d'individus\u201d.Ensuite, la province connut des débats sur la proposition du député de Saint-Laurent J.T.Finnie qui, en novembre 1912, déposait un projet de loi sur l\u2019instruction obliga- N° 2, PRINTEMPS 2009 toire à l'Assemblée lég- slative®.Cette loi prévoyait des mesures pénales qui forceraient les parents à envoyer leurs enfants à l\u2019école sous peine d'amendes ou d\u2019emprisonnement\u201d.La population est très tôt mise au courant des différents débats par les différents médias comme Le Pays, The Wimess, Le Devoir, La Vérité, The Gæette, L'Action sociale, La Patrie, Le Canada ainsi que les différentes associations et s\u2019exprime de plus en plus sur la question.Certains mouvements sociaux prendront part à ces débats comme le mouvement ouvrier et certains regroupements de dames.Les actions de ces demiers sont moins refentissantes sur cette question que les propos de leurs représentants.Toutefois, il est à noter qu\u2019un groupe de femmes a trouvé la ques- ton assez importante pour faire du porteà- porte et convaincre les épouses des ouvriers de l'importance de rejeter une telle loi.Quant à lui, le député ouvrier de Saint-Sauveur, J.-A.Lan- gois, mentionne en chambre que les ouvriers ont voté contre l\u2019instruction obligatoire\u201d.Sur cette question, le premier ministre de l\u2019époque, Lomer Goum, a également donné son avis sur la problématique au cours des débats en chambre.Selon lui, ce projet de loi est tout d\u2019aune partie de la population, car il s\u2019adresse seulement ax Protestants\u201d.Par la suite, il mentionne qu\u2019une telle mesure ne devrait pas être mise en branle avant l\u2019épuisement de tous les autres moyens, comme l\u2019aide aux familles démumnies, pour envoyer les enfants à I'école.Qui plus est, il dicte que Télectorat n\u2019approuve pas cette option, que l\u2019instruction obligatoire est un moyen douteux, car son succès laisse fort à désirer dans les pays qui l\u2019appliquent, comme la France et la Belgique, que les parents font preuve d\u2019une bonne volonté intellectuelle, que cette mesure brimerait la liberté, et plus encore.Le chef de l'opposition de l\u2019époque, J-M.Tellier renchérit en disant que le non nécessaire, etc.En somme, le projet de loi de Finnie finit par être rejeté par une forte majorite (62 contre 6).En marge des projets de loi, l\u2019opinion publique fit écho.En fait, certaines unions ouvrières et certains clubs ouvriers, comme le Club ouvrier Lafontaine, l'union des plombies et Poseurs d'appareils de chauffage, l\u2019union des ferblantiers- couvreurs et l'union des Briquetiers proclamèrent que « l'instruction obligatoire et gratuite [est] l'un =e mre BOSS oF ED SEER REE BREE ERE ER EB \u2014 = \"ee Rs Ce Cou = \u201cw FF BF BY 8 FF BEE oR Bx os BS © Ts =F.kr 2m BOYER OTT Oe = SS RST = ¥ wm fa 3 3 ra km he RY BA |= LT des plus puissants moyens de préservation morale pour la jeunesse ».Pour plusieurs autres, la peur de I'obliga- écoles et brimait la liberté des parents.Les discordes entre les deux camps semblaient encore longues, car les échos étaient faibles et le dialogue était Toutefois, le bill Finnie eut, à moyen terme, un succès.En fait, la population commença à s\u2019intéresser clairement et officiellement à ctte question.En regard de ct intérêt, le gouvemement fédéral nomma une Commission royale d'enquête sur l'enseignement technique et industriel au Canada, où plusieurs individus et organismes syndiqués de St- Hyacinthe, qui porta un mémoire au nom de ses collègues en faveur de Instruction obligatoire.Plus tard, en 1918, les de Drummondville et de St-Jérôme se rattachérent à cette idée.Cette même année, et ce, pour la première fois, des organismes officiels paroissiaux prirent la même tangente, avec en tête l\u2019abbé N.Dubois.Ce revrement du Clergé est dû au fait que les idées ont diminué en rigidité et que l\u2019indécision a commencé à faire surface parmi ses mer bres.De plus, le grand changement de cap dû au pape Pie XI fit une grande différence, lors de la publication en 1929 de I magistrale sur l'éducation.Flle disait que « L'instruction élémentaire est obligatoire à partir de l'âge de six ans jusqu'à celui de quatorze ans révolus, pour les enfants des deux sexes.Ceux-ci tant qu\u2019il ne sera pas établi d'écoles dans la Cité du Vatican, devront fréquenter celles de Rome que désignera le gouvernewr, après er tente avec l'autorité civile.Les parents ou tuteurs qui contreviendrort à l'obligation précitée seront punis d'une amende pouvant atteindre 500 lires et dun emprisonnement pouvant s'élever à dix jous à moins qu'ils ne puissent prouver qu\u2019ils sont en mesure de domer l'instruction privée à leur frais et avec des moyens être appliquée deux fois dans le courant de la même année scolaire »*.Il devient alors évident que si le pape oblige l\u2019instruction dans l\u2019État pontifical, il doit l\u2019accepter à travers le monde chrétien.Ensuite, l\u2019Associafion des Instituteurs protestants de la Province de Québec étudia la question en comité spécial et lors de la convention de 1918 adopta le principe à l\u2019unanimité De plus en plus, les rapports, les requêtes, les manifestes, les enquê- HISTOIRE DE L'ÉDUCATION L'histoire des mouvements sociaux.tes et les pétitions de gens ou d'organismes influents s \"acheminèrent d\u2019échelon en échelon\u201d.Bref, l\u2019idée de l'instruction obligatoire parcourra de plus en plus toutes les sphères de la population et les débats de fond s\u2019enclenchèrent sur cet enjeu.Egalement, dans les joumaux, le sujet années 1910 et continua à alimenter les débats.Dès lors, il ne restait plus qu\u2019à définir les cadres théologiques, philosophiques et juridiques d\u2019un futur projet de loi.La fréquentation scolaire obligatoire : une loi Il aura fallu attendre le retour au pouvoir des libéraux durant la Deuxième Guerre mondiale (1939) pour que les débats sur l'instruction obligatoire se rendent de nouveau à l\u2019Assemblée législative.Les appuis en faveur d\u2019une telle loi se firent rapidement entendu joumal Ze Jour, la Ligue des droits des femmes (1938-1939), des Syndicats ouvriers, de J.- C.Harvey (1939), du juge L.Robillard de la Cour Juvénile, du rédacteur en chef de L'Action catholique, de la Chambre de Commerce des Jeunes de Montréal, du Comité protestant (1942), des Instituteurs (1941- 1942), de la Commission de Coordination et d'Examers, du Comité catholique de l\u2019Instruction publique (1942), du Cardinal R.Villeneuve, de Mgr J.Charbonneau, archevêque de Montréal, du Sénateur Prévost, du surintendant V.Doré, de la Commission des Eco- les catholiques de Montréal, du Conseil de l\u2019Instruction publique, du Dr.J-W.Robidoux, député de Richelieu - Verchères, du chef du parti libéral, M.A.Godbout, etc.Les arguments en faveur de cette loi furent la plus grande nécessité de l\u2019instruction que naguère, la moins grande suspectibi- lité de la part des tenants actuels de l'instruction obligatoire, la nécessité de remettre les jeunes à l\u2019é- oole pour dimmuer la criminalité juvénile, etc.Certames persomalités comme M.Duplessis restèrent contre, tandis que certains organismes comme la Société St Jean-Baptiste et la Jew nesse ouvrière catholique (JOCM et JOCF) reçurent la requête de rester neutre dans les débats \u201d.Le projet de loi, quant a lui, fut déposé le 8 avril 1943 par le secrétaire de la province H.Perrier.A.Godbout, premier ministre, déclara sur cette question que « [Ife gouvernement est prêt à tout sacrifier pour l'école obliga- foire.Nous nous ferons battre, s\u2019il le faut, mais nous passerons cette loi in de préparer pour que la pilule soit plus facile à avaler pour les a Pie XI, pape de 1922 à 1939, année de son décès http:// www.michaeljournal.o rg/pauvrete.htm TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 29 HISTOIRE DE L'ÉDUCATION L'histoire des mouvements sociaux.Adélard Godbout, premier ministre de \u2018la province de Québec et président du Conseil exécutif du 11 juin au 26 août 1936.Ministre de l'Agriculture et de la Colonisation du 27 juin au 26 août 1936.Défait en 1936.Confirmé chef du Parti libéral lors d'un congrès tenu le 11 juin 1938.Réélu en 1939.De nouveau premier ministre, président du Conseil exécutif et ministre de l'Agriculture du 8 novembre 1939 au 30 août WWW.assnat.qc.ca contestataires et les indécis, il ne füt pas question d'instruction obligatoire, mais plutôt de fréquentation obligatoire.Ce changement de contenant (mot), mais point de contenu fut assez.percu- lectures d'usage, le bill fit adopté le 26 avril 1943, sans grande surprise.Cette loi concemant la fréquentation scolaire obli- gatore se lisait comme suit: 290a) Tout enfant doit fréquenter l\u2019école chaque année tous les jours pendant lesquels les écoles publiques sont en activité suivant les règlements établis par l\u2019autorité compétente, depuis le début de l\u2019année scolaire suivant le jour où il a atteint l\u2019âge de six ans jusqu\u2019à la fin de l\u2019armée scolaire au cours de laquelle il a at- temt l\u2019âge de quatorze ans.290b) Satisfait à cette obligation : 1.L'enfant qui fréquente une école sous le contrôle d\u2019une com mission scolaire ou toute autre école organisée sous l\u2019empire des lois de cette province, 2.Celui qui reçoit à domicile un enseignement efficace.290c) Est dispensé de cette obligation : 1.L\u2019enfant qui est empêché de fréquenter l\u2019é&- cole par maladie ou 2.Celui qui a obtenu un certificat attestant qu\u2019il à terminé avec succès le cours d\u2019études élémentaires ou primaires élémentaires ou un autre certificat officiel équivalent.3.Celui qui a été expulsé de l\u2019école publique.4.Tout enfant de moms de dix ans et résidant à une distance de plus de deux milles.de même que tout enfant qui réside à plus de trois milles.si dans l\u2019un et l\u2019autre cas, la commission scolaire ne pourvoit pas au transport gratuit des enfants à l\u2019école.290f) Le père, la mère, le tuteur ou gardien de chaque enfant obligé par la présente section de ffé- quenter l\u2019école, doit faire en sorte que cet enfant satisfasse à cette obligation les jours de classe.290s) Aux père, mère, tuteur ou gardien qui ne font pas en sorte qu\u2019un enfant tenu de fréquenter l\u2019école y soit présent tous les jours de classe, est passible sur poursuite sommaire, d\u2019une amende d\u2019au plus vingt dollars, pour chaque infraction\u201d.En somme, le projet de loi sur la fréquentation obligatoire ou l\u2019instruction obligatoire dut attendre les années 1940 avec l\u2019arrivée au pouvoir des libéraux pour se concrétiser.Chez la plupart des groupes de la population, l\u2019idée d\u2019une telle loi avait fait son chemin & il ne manquait que la certification officielle.C\u2019est donc 30 TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 sans grands remous que les procédures d\u2019usage ont eu cours pour établir l\u2019instruction obligatoire dans la province de Québec.La province rejoindra ainsi plusieurs autres provinces canadiennes comme l\u2019Ontario, la Co- lombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse, qui ont imposé dans leur structure légale de telles dispositions, et ce, dès le milieu etla fin du 15° siecle.Les modifications dela loi de 1943 Après quelques années d'implantation de la fréquentation scolaire obligatoire, plusieurs mesures ont dues être mises en jours, a été mis en place à la suite de la refonte de 1956 par le Département a oJ instruction publique\u201d.L\u2019amée 1960 est marquée, quant à elle, par la sanction de plusieurs lois unionistes.Ces lois concemaient les investis- universités, l\u2019aide financière des universités, l\u2019assurance du progrès en éducation, les subventions aux corporations scolaires, les subventions aux institutions d\u2019enseignement, etc.Dans la foulée de la publication, en 1960, des « Insolences du frère Untel » de JP.Desbiens sur la situation déplorable du français au Québec\u201c, dans Peuytt- mie de raffrapage des gouvernements vis-a-vis la Révolution tranquille, dans le mouvement de la demande d'extension de la période de fréquentation scolaire à 16 ans par le cardinal PE.Léger®, etc.le gouvemement orchestra une Commission royale d'enquête sur l'enseignement.Cette demière fut menée par Mgr A-M.Parent Le en cinq tomes qu'il déposa, en 1963-1964, tabla les grands changements du systeme d\u2019éducation™.Sur les recommandations de Parent, le gouvernement libéral prommilgua la loi 60 qui créa le Ministère de l\u2019Éducation, la matemelle et les CÉGEP.De plus, la fréquentation scolaire sera élevée à 16 ans, la formation des futurs maîtres sera plus poussée et l\u2019accès à l\u2019uni versité sera plus démocratisé\u201d.L'impact du rapport Parent est encore visible aujourd\u2019hui.Les conséquences de oes modifications entraine- ront une plus grande accessibilité au réseau scolaire supérieur, un accroissement de la qualité de la formation des jeunes et plus encore.Conclusion Pour conclure, il va de soit que l\u2019étude de l\u2019instruction pourrait s\u2019échelonner jusqu'aux années 2008 avec en première page la réforme de l\u2019éducation, la gratuité scolaire, le sous-financement du réseau éducatif, l\u2019intégration des enfants en diffi- gam ess gos ass ass ZEEE BREE BEB aa.\u2014 =\u201d 8 toe rm =; 5.= Eu © = ss \u2014 I PY = =F =| 5 32 =H F 2 = 5 TERE 8 BE RRR =r = Tow.Sf WR Bk BR RTY ff NBER BR oN =H NE oe KC ETT = re Wr ocd wr YP Rr ee culté dans les classes régulières et j'en passe.Toutefois, cette recherche se voulait plus cadrée sur les réalités moins connues de l\u2019évolution du système d'éducation depuis la création de la Nouvelle- France jusque dans les années 1960.Comme ce texte le démontrait, l\u2019instruction a connu une lente mais constante évolution passant des écoles confessionnelles jusqu\u2019aux évo- les neutres, muxtes, gratuites et obligatoires, Des débats, des luttes, des projets, des enquêtes et des événements violents ont marqué cette évolution dans la province de Québec.Si je peux me permettre de résumer le tout, je dirais que, pour ce qui concerne la question de l\u2019évolution de l\u2019instruction obligatoire, « le temps arrange bien les choses » et « petit train va loin ».Notes ' Fahmy-Eid, Nadia, « Education et classes sociales : Analyse de I'idéologie conservatrie \u2014 cléricale et petite bourgeoise \u2014 au Québec au milieu du 19° siécle », Revue d'histoire de l\u2019Amérique française, vol.32, no2 (septembre 1978), p.179, Houston, Susan E.et and Scholars in Nine- teenth-Centuv, Ontario, Toronto, Université de Toronto, Press, 1988, p.250-251 (traduction), d'Ottawa, 1993, p.135- 138 et Couturier, Jacques Paul, Wendy Johnston et Réjean Ouellette, Un passé composé, Le Cana da de 1850 a nos jours, 2° édition, Les Editions d\u2019A- cadie, Moncton, Nouveau- Brunswick, 2000, p.32- 38.Via, A, La guerre des Eteignoirs, http:// www.prologue.qc.ca/ edgon/universite/ guemrehtm «et Lessard, frère Victrice, L \u2018struction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, Thèse présentée à l\u2019École de Psychologie et d\u2019Éducation de l\u2019Université d'Ottawa en vue de l'obtention du PhD.en Éducation, Saint-Tite, Québec, 1962, p.1.* Lessard, fière Victrice, L'instruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p2.\u2018Ibid, p.2 et Via, A, La guerre des Elteignoirs, h tt p :// www.prologue.qc.ca/ edgon/universite/ guerre.htm.* Ibid, p.3.° Ibid, p.34.\"Ibid, p.4 et Via, A, La guerre des Eteignoirs, h tt p :// www.prologue.qc.ca/ edgon/universite/ guerre htm.* Ibid, p.4 et idem.°Lajeunesse, M, L'opinion canadienne-française et les problèmes d'éducation au Bas-Canada 1840- 1846.These de DES (histore), Université de Montréal, 1968, 107p.Tiré de Viau, A, La guerre des Eteignoirs, http:// www.prologue.qc.ca/ edgon/universite/ HISTOIRE DE L'ÉDUCATION L'histoire des mouvements sociaux.guerre.htm.10 Viau, À, La guerre des Eteignoirs, http:// www.prologue.qc.ca/ edgon/universite/ guerre htm \" Lessard, fire V., L'instruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.56.2 bid, p.8.8 Ibid, p.17-18.\u201cIbid, p.12-21.St-Pierre, A.L instruction obligatoire dans la province de Québec : polémique Dandurand-Saint- Pierre, Coll.« CIHM », 9- 91587, Montréal, 1912, 13 microfiches.Mis sur microfiche en 1999, Université de Sherbrooke.!° Lessard, fiére V., L'ins- fruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.19.Ibid, p.19.\"8 Ibid, p.26.* Ibid, p.29.2 Ibid, p.23-26.* Ibid, p.25.2 Ibid, p.20.?St-Pierre, A.L \u2018instruction obligatoire dans la province de Québec : polémique Dandwrand-Saint- Pierre, diapositive 3.* Idem, diapositive 10.# Lessard, fière V, L'instruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.30.* Ibid, p.30.7 Ibid, p.30.3 bid, p.31.® Ibid, p.26.\u201d StPierre, A.Linstruction obligatoire dans la province de Québec : polé- Fe Dendurand Saint Piare, diapositive 1 Magnan, CJ, 4 ropes d'instruction obligatoire, TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 31 Canada, 1919, p.18.* Lessard, fière V., L'instruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.23.2 Ibid, p.22.* Ibid, p.22.* Paquin, Pére L.P,, Conférences sur l'Instruction obligatoire, faites au cercle catholique de Québec, deuxième édition, J.A.Langlais, Libraire - Editeur, St-Roch, Québec, Canada, 1881, 156 p.* Lessard, fière V, L'instruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.28.* Ibid, p.13.* St-Pierre, A.L'instruction obligatoire dans la province de Québec : polémique Dandurand-Saint- Pierre, diapositive 1.8 Lessard, fière V., L'instruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.13.® Ibid, p.13-25.© Ibid, p.22.4! Ibid, p.25, Paquin, Père L P, Conférences sur l'Instruction obligatoire, 1881, p.et LALANDE, P.Hermas, S.J, L'Instruction obligatoire, Principes et conséquences, Imprime- tie du Messager, Montréal, Québec, Canada, 1919, p.17.© Ibid, p.31.© St-Pierre, A.L instruction obligatoire dans la province de Québec : polémique Dandurand-Saint- Pierre, diapositive 2.* Idem, diapositives 2-7-11.® Idem, diapositive 2 et Thivierge, M, « La syn- HISTOIRE DE L'ÉDUCATION L'histoire des mouvements sociaux.ces rurales catholiques, 1900-1959 » in Mat tresse de maison, mat- tresse d'école, sou la direction de N.Fahmy- Eid et Micheline Du- mont, Montréal, Boréal Express, 1983, p.171- 189.% Lessard, fière V, L'instruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.33- 34-39 et La question de l'instruction publique dans la province de Québec, Coll.« CIHM », 77302, Montréal, 1903, 23 microfiches.Mis sur microfiche en 1995, Université de Sherbrooke.\u201cid, p.41-45-46-48-56 et HEAP, Ruby, « Urbanisation et éducation : La centralisation scolaire à Montréal au début du 20° siècle », Historical papers 1985 Communications historiques, 1985, p.136.$ Gouin, L, J.-M.Tellier et J-A.Langlois.L'instruction obligatoire : ce que pensent Sir Lomer Gouin, M J-M Tellier, M.JA.Langlois, député ouvrier de Saint-Sauveur, Coll.« CIHM », 9-90694, Québec, 1919, 9 microfi- en 1999, Université de Sherbrooke, diapositive 1 et Lessard, frère V., L'ims- truction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.75, © Idem, diapositive 1 et2.Idem, diapositive 7-9 et Lessard, fière V., L'instruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.57- 74-81-88-109.>! Idem, diapositives 1 26.* Idem, diapositives 7-8-9 et Lessard, frère V., L'instruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.75- 83-99-100, * Lessard, fière V, L'instruction obligatoire dans la province de Québec de 1875 à 1943, 1962, p.65- 66-67-82.- * Ibid.p.199-200.* Ibid, p.102 2200.* Ibid, p.201 à 223, Université de Sherbrooke, Bilan du siècle 17 décembre 1942 \u2014 Recommandation pour obtenir l'instruction publique obligatoire, h tt p : / wwwbilanusherb.ca/ et Université de Sherbrooke, Bilan du siècle, 26 mai 1943\u2014 Adoption de la Loi sur la fréquentation scolaire obligatoire, http// www.bilanusherb.ca/.3 Ibid, p.224.*® bid, p.220.* Ibid, p.224-225.9 Université de Sherbrooke, Bilan du siècle, 1956 \u2014 Refonte du cows pri maire complémentaire et du cours supérieur par le Département de l\u2019instruction publique, ttp// $ Université de Sherbrooke, Bilan du siècle 10 mars 1960 \u2014 Sanction de plusieurs lois scolaires par le gouvemement d'Union nationale, http:// www.bilan.usherb.ca/.Université de Sherbrooke, Bilan du siècle, septembre 1960 \u2014 Publication des « Insolences du frère Untel » de Jean-Paul Desbiens, http:// © Université de Sherbrooke, Bilan du siècle, 28 septembre 1960 \u2014 Demande d'extension de la période de fréquentation scolaire par le cardinal Paut 32 TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 Emile Léger, http// www.bilanusherb.ca/.® Université de Sherbrooke, Bilan du siècle 23 awil 1963 \u2014 Publication du premier tome du rapport de la Commission Parent sur l'éducation au Québec, http:// www.bilanusherb.ca/ et Université de Sherbrooke, Bilan du siècle 1961 \u2014 Adoption d'une mesure rendant la fréquentation scolaire obligatoire jus- qua seize ans, lttp// 6 Wikipédia, L\u2019encyclopédie Libre, Rapport Parent, http:// fr.wikipedia.org/wiki/ Rapport Parent et Uni- versitt de Sherbrooke, Bilan du siècle 13 mai 1964 \u2014 Entrée en vigueur de la Loi 60 créant un ministère et un Conseil supérieur de l'Éducation, http:// www bilan.usherb.ca/.AA ous n\u2019avez pas renouvelé votre adhésion?Vous voulez recevoir la revue TRACES chez vous ou à votre école?Ihalle@mediom.qc.ca Prochains numéros: > été 2009; > automne 2009 (ouméro du 47 congrès).La revue est distribuée à plus de 500 intervenants du milieu de I'enseignement de \"univers social au primaire et au se condaire et plus généralement des sciences humaines au Québec (conseillers pédagogiques, chargés de cours, universitaires, historiens).(450) 628-6007 ve oo PO \u201cmeee | = =, sm BI £3 ££ 8&2.SRO Fp BY 2 BOF IE fe Eh EH a= ETS Es mE == BOOBY aa a8 es = \u2014=- \u2014 = ue = «se.=F \u2014> \u2014 = A A US EE A CE TE PY on + GRANDS ANNIVERSAIRES FÊTER OU COMMÉMORER.C'EST SELON JEAN-CLAUDE RICHARD CONSULTANT ET CHARGE DE COURS EN DIDACTIQUE DE L\u2019HISTOIRE TOURE LES CELEBRATIONS DU 400F ANNIVERSAIRE Ao LE FASTE ET LES CONTROVERSES QUI ONT EN- DE LA FONDATION DE LA VILLE DE QUEBEC, ON AURAIT PU CROIRE QU'UN CERTAIN CONSENSUS REGNERAIT EN CETTE ANNEE QUI MARQUE LE 250% ANNIVERSAIRE DE LA DEFAITE DES TROUPES FRANCAISES SUR LES PLAINES D'ABRAHAM.C'ÉTAIT TROP BEAU POUR ÊTRE VRAI.Nos amis d\u2019oute Ou- taouais et nos compatrio- fes « antiscparatistes », qui avaient réussi à évacuer toute référence à l\u2019histoire de la Nouvelle- France lors des fêtes du 400° de Québec et qui semblent craindre que tout ce qui peut rappeler que ce pays a un jour été une terre exclusivement française est susceptible de provoquer une mor- tée du nationalisme, ont décidé de transformer en une sorte de fête une commémoration qui aurait dû être empremte de solennité, de noblesse et de gravité.Avec, bien sûr, approbation en thousiaste de la gent mercantile pour qui fête rime avec tourisme et gros sous.La fête, on le sait, nara pas liew mais l'événement, hi, de meure.Et il ne faut pas l\u2019effacer de nos mémoires Pas plus que deux autres, de nature plus joyeuse : l\u2019amivée de Jacques Cartier dans le golfe du Samt-Laurent et la fondation de Trois- CARTIER D y a 475 ans, Jacques Cartier est chargé d\u2019une mission.Il reçoit «\u2026 ka somme de six mille livres tournois .au payement des fraiz que seront nécessaires tant pour l'ad- vitaillement, amement et equipaige de certains navires \u2026 presentement equipez au pays de Bre- faigne, que pour la Soulde et entretenement de maviniers et autres personnaiges qui doivent en la compagnie et par la conduicte de Jacques Cartier faire le voyage de ce royaume es Terres Neufves pour descouvrir certaines ysles et pays où l'on dit qu'il se doibt trouver grant quantité d'or et autres riches choses.» La mission est claire.Comment le Ma- louin s\u2019en acquittera-t-il ?Laissons-lui la parole, « Apres que Messire Charles de Mouy, sieur ae la Meilleraye, et Vi- sadmiral de France eut fait iurer les Cappitaines, Maistres et compagnons des Nauires, de bien et fidellement se comporter au service du Roy tres- chrestien, sous la charge du Capitaine Iacques le xx d'Awil en l'an MDXXXII.du port S.Malo auec deux nauires charge chacun d'environ sobxerite tonneaux, et amé de soixante et un homme (sc); Ft nauigas- mes auec tel heur que le x.de May nous arviuas- mes à la terre-Neufue (.)» Au cours de mai et de juin, Cartier explore le golfe et les terres environnantes.Il en décrit la flore, la faune et les habitants qu'il rencontre, À titre d\u2019exemple, voici qu\u2019il écrit à propos d\u2019une ile qu\u2019il nomme « l\u2019Isle de Blanc-sablon » : « n'y a autre chose que mousse, et petites espi- nes et buissons çà et là sechez et demy morts.» Il joute : « En somme ie pense que ceste terre est celle que Dieu donna à Cain » Ce lieu est habité : « \u2026 là on y void des hommes ae belle taille et gran deur, mais indomptez et sauuages : Ils portent les cheueux liez au sommet de la teste, et estreins comme vre poignee de fon y mettars au trauers vn petit bois ou autre chose au lieu de milieu du corps, ce que ne sont pas les hommes : TRACES, VOLUME 47, ils se peignent auec certaines couleurs row ges.»* Cette description n\u2019indiquet-elle pas que les populations locales n\u2019avaient pas la peau rouge, comme on l\u2019a si longtemps prétendu?Poursuivant ses explorations, Cartier arrive dans une région où il ren contre un groupe de près de deux cents autochtones, hommes, femmes et enfants, qui s\u2019adonnent à la pêche.« Nous leur dormions des cou teaux, chappelets de verre, peignes, el autres choses de peu de valeur dont ils se resiouys- soyent infiniment leuant les mains au ciel, char tans et dansans ds leurs barques.D gens « n'ont m5 tiens.Ils n'ont ny la nature ny le langage des premiers que nous auions trouvez.Ils portent la teste entierement de cheueux au plus haut de la teste, lequel ils laissent croistre long comme vne queue de cheual qu'ils lient sur la teste auec des esguillet- tes de cuir.» C\u2019est à cet endroit, en présence de ce groupe d\u2019mdigènes, que Cartier pose le geste que tous les anciens manuels N° 2, PRINTEMPS 2009 33 Jean- Claude Richard GRANDS ANNIVERSAIRES Féter ou commémorer.oO Buste de Laviolette, fondateur de Trois- Rivières, La statue a été érigée en 1934, à l'occasion du 300e anniversaire de la ville.Photo de Claude Boucher, 18 juin 2006.Certains historiens ont prétendu que le nom complet ou véritable de Laviolette était Nicolas Goupil, et ce n'est pas le cas.On ne connaît pas le prénom ni le nom complet de Laviolette.Aucune preuve relative à ces prétentions n'a jamais pu être fournie.(Wikipédia) soulignaient : « Le xxiii.du mois fismes faire vne croix haute de trente pied, et fit faite en la l'entree de ce port au milieu de laquelle mismes vn escusson relevé auec trois fleus-de-Lys, et dessus estoit escrit en grosses lettres enteillees dans le bois VIVE LE ROY DE FRANCE.Et apres la plantasmes en leur presence sur ladite pointe, et la regardoyent fort, tant lors qu'on la faisoit que quand on la plantoit.»\" Bien que la chose ne soit pas clairement indiquée dans le texte de Cartier, il semble que le lieu corresponde à la pointe de Gas- Pe.L\u2019exploraton du golfe continue ef Cartier re- frouve des lieux connus.- si bien que par la race de Dieu nous er trasmes le lendemain qui estoit le ix.d'Aoust dans Blanc-sablon et voila fout ce que nous auons descouvert.»\" 1 est temps de rentrer en France.« En apres le xv.Aoust iour de l\u2019Assumption de nostre Dame nous partsmes d Blarc- sablon (.\u2026) le cinquuième jour de Septembre de l'année susdite nous arri- vasmes au port de S.Malo d'où nous estions partis.»\" TROIS-RIVIÈRES L'histoire a retenu qu\u2019en 1634, il y a donc 375 ans, un établissement fut fondé au lieu nommé les Trois-Rivières.La rivière Saint-Maurice avait déjà été visitée, en 1535, par Jacques Cartier qui écrit : « Nous nommasmes icelle riuière riuiere de Fouez »* Laverdière rapporte que le lieu était déjà connu comme poste de traite dès 1598, car en 1599, Pont-Gravé incite Chauvin à s\u2019y installer plutôt qu\u2019à Tadoussac\u201d.Champlain, qui reconnaît le lieu en juin 1603, en dit : « Ce feroit à mon iugement vn lieu propre à habiter, & pouroit-on le Jortifier promptement, fa Joituation est forte de Foy.»* 1 ajoute plus loin : \u2026 l'habitation des Trois Rivieres feroit vn bien pour la liberté de quelques nations, qui n'ofent pas venir par là, à caufe defdicts Irocois nent toute laditte riviere des Canadas bordée ; mais, eflant habitée, on pouroit rendre leficts firocois & autres sauua- ges amis, ou à fout le moins, fous la faueur de laditte habitation, lefcicts sauuages viendroient librement fans crainte & danger, d'autant que leckct lieu des Trois Riuie- res est un paffage.» De leur côté, souligne l\u2019abbé Ftienne-Michel Faillon : « Les sauvages avaient souvent demandé à Champlain qu'il cors- truisit quelque Fort, sur les bords du fleuve Saint- Laurent, plus ca-dessus de Québec, afin de tenir en respect les Iroquois, qui leur fermaient les passages lorsqu'ils des- 34 TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 cendaient à la traite.Après son retour, il leur promis, (.) de faire une habitafion ax Trois- Rivières, & cette promesse leur fit grand plaisir.>\" La ville de Trois-Rivières a été fondée en 1634.Mais était-ce le 1\u201c ou le 4 juillet ?Les textes consultés se contredisent.Dans le Catalogue des Tres- passez Au Lieu nommé Les Trois Riuieres, on peut lire : « Messieurs de la Compagnie de la Nou- velle-France ayant ordonné qu\u2019on dressast une habitation en un lieu nommé les Trois Riuie- res, M de Champlain, qui commandait en ce pays, envoya de Kéhec une barque sous la conduite de Monsieur de La Violette lequel mit pied à terre le quatrième jour de juillet de l'an 1634 \u2026 »\"Ce dou- ment a été rédigé en février 1635 ; le rédacteur peut avoir fait une erreur, mais c\u2019est le seul document de première main que nous ayons retrouvé qui domme une date de fondation.Le 4 juillet est d\u2019ailleurs la date de fondation officiellement Tetenue.Quant à monsieur de Laviolette, le fondateur, on semble savoir peu de chose à son sujet.Selon le site internet Grand Québec : « Laviolette est né vers 1604 en France.(\u2026) 1! était un des subalternes de Samuel de Champlain et commis principal de la Compagnie de la Now velle-France On me connaît pas le prénom ni le nom complet du fonda teur de Trois-Rivières.On présume d'ailleurs que «Laviolette» était un sumom (.).Laviolette commande le fort jusqu'en 1636.Le 17 avril 1636, il quitte Trois- Rivières et retourne en France (du moins, son nom n'est plus mentiormé dans les documents de l'époque, pas plus que la date de son décès, mais certaines sources men- fionnent 1660 comme étant l'année de sa mort)» Malgré ces quelques imprécisions, on pat quand même souhaiter des belles célébrations à la ville de Trois-Rivières et à tous les Triftuviens.LES PLAINES D\u2019ABRAHAM Je n\u2019imsisterai pas trop sur la bataille des Plaines d\u2019Abraham.D'abord, parce qu\u2019on en a beaucoup parlé récemment, ensuite, parce que nous aurons tout le temps nécessaire pour y revenir à l\u2019au- torme prochain; enfin parce qu\u2019il faudrait citer de trop nombreux documents pour en illustrer les diverses facettes.Je me contenterai donc d\u2019indiquer deux ouvrages dans lesquels il est possible de consulter des extraits de documents intéressants et facilement exploitables en classe.D'abord, le premier tome de l\u2019Histoire du Canada par les textes, publié chez Fides en 1963 par les ds À = #4 EE BEBE ESTBRESEEEE \u2014= BE © = Ta 58 = = TET Se &=-\u2014-% Se 9° EE = SE 4 BEE er = per rt => = = = = 28 ¥F 57-8583 = sS BR ea Rs AO EE = RF COUT be tv tM BB YY 8 Bm Iv ES ee TT = a HA ST TE historiens Guy Frégault et Marcel Trudel On y trouvera d\u2019abord un extrait d\u2019une lettre datée du 5 octobre 1759 dans laquelle le gouvemeur Vaudreuil raconte la bataille du 13 septembre au ministre de la Marine.Cet extrait est suivi de témoignages contemporains sur le même événement : Bigot à Lévis (15 septembre), journal de Foligné, extrait du journal de l\u2019armée de Montcalm, lettre de Lévis à Belle-Isle (1* novembre 1759), etc Dans un deuxième temps, le premier tome, sparé Cameron préparé par Nish et intitulé Le Régime Français, de la collection Histoire du Canada : textes et documents publiée chez Prentice-Hall en 1966.Deux documents viennent compléter ceux cités dans l\u2019ou- dre qu\u2019il n\u2019y a pas à grand-chose à célébrer.Jy reviendrai de façon plus poussée la suite de notre congrès.Notes * Cette note, relative au premier voyage de Cartier, est signée PREUDHOMME, commis du trésorier de la Marne.Extrait de H.P.Biggar, Documents Rela- fifs à Jacques Cartier et au Sieur de Roberval, Publications des Archives du Canada, no.14, Ottawa : Imprimerie de l\u2019État, 1930, p.42.Cité dans Cameron Nish, Le Régime Français, Scarborough, Prentice- Hall, 1966: 4.\"Voyages de Jacques Cartier au Canada en 1534.Nouvelle édition publiée d\u2019après l\u2019édition de 1598 et d\u2019après Ramino par M.H.Michelant, Paris, Librairie Tross, 1865 : 17-18.\"Idem : 27-28 \"Idem : 52-53 \u201cIdem : 53 \u201cIdem: 56 \u201cIdem : 67 \u201c* [bidem * Rapport?par I\u2019abbé Char- les-Honoré Laverdière dans l\u2019édition annotée des Œuvres de Champlain publiée en 1870.Cet ouvrage a été réédité par les Éditions du Jour, en 1973.La citation apparaît à la note 1 de la page 94 de l'édition originale.ipedia (article sur Trois-Rivières) situe l'événement au 12 octto- bre 1635 et ajoute que Cartier a fait élever une croix sur Ile de Saint- Quentm.* Ibidem * Œuvres de Champlain, annotées par C-H.Laver- dière, réédition de l\u2019édition de 1870, Montréal, Éditions du Jour, 1973 : 94 (Pour cette note et toutes celles extraites du même ouvrage, la pag} nation est œlle de Pai tion Ek) * [dem:95 # Abbé Étienne-Michel Faillon, Histoire de la Colonie Française en GRANDS ANNIVERSAIRES Canada, [Paris 7}, Ville- mare, 1865, volume numérisé par Google : 265.L'auteur donne en référence le Mercure français, t XIX, p.819.* Catalogue des Trespas- sez Au Lieu nommé Les Trois Riuieres, BANQ, P1000, S3, D362-01 dans Documents relatifs a Champlain.* _http//grandquebec.com/ gens-du-pays/laviolette (Consulté le 11 mars 2009).Guy Frégault (1918 - 1977) www.125.umontreal.ca Marcel Trudel http:// www.marceltrudel.ca/ Fêter ou commémorer.L\u2019expérience syndicale au Québec.Ses rapports avec l\u2019État, la nation et Popinion publique (2009), Jacques Rouillard, VLB éditeur.TTT puis le milieu des années 1980, le syndi- L'EXPÉRIENCE SYNDICALE calisme au Québec se AUQUÉREC tient sur la défensive.Ce WRELHORN ARPE FÈSIS 88 SAGE TT ESPNGRIR SEE livre montre que le mouvement syndical a déjà su s'adapter à bien d\u2019au- cats avec l\u2019État, leur vision du nationalisme et la perception qu\u2019en a l\u2019opinion publique.Jacques Rouillard est professeur au département d\u2019histoire de l\u2019Université de Montréal et responsable du programme d\u2019études québécoises.Il a publié plusieurs Quvrages sur le syndicalisme qu'en don 1979 nafionaux au Québec, 1900-1930 PUS i lui a valu, en 1980, le prix Lionel-Groulx de l\u2019Estiut d'histoire de l'Amérique française (VLB éditeur).I] avait présenté une communication au 45° congrès de la SPHQ, en 2007, intitulé La modernisæ- tion du Québec selon le nouveau programme d'histoire au secondaire.www.edvib.com Bulletin d\u2019histoire politique, hiver 2009, Le Québec et la Première Guerre mondiale n éditorial, la dispa- tion de l\u2019objet Québec des cours de niveau collégial, par Gil- «y les Laporte.Le dossier thé- sg matique du numéro de l\u2019hiver 2009 porte sur le Québec et la Première Guerre == mondiale, avec des articles he Mourad Djebabla, Ai- ii mé-Jules Bizimana, Jean- Pieme Gagnon, Mélanie 1; Morin-Pelletier, Michel \u201d italien, Carl Pépm, Samy Mesli et Éric Labayle.Plusieurs autres articles dans le numéro régulier.www.mites.ugam.ca/bhp/voll7-2.htm = > 0 TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 35 DIVERS MACÉDOINE WEBMESTRE DE LA SPHQ DITS FAITS, ÉVÉNEMENTS, CONGRÈS, COLLOQUES OU PARUTIONS SONT ICI SOULIGNÉS.FAITES-NOUS PART DE TOUTE INFORMATION QUE VOUS VOUDRIEZ Y VOIR.DEPUIS FÉVRIER 2007, 120 000 INTERNAUTES ONT VISITÉ NOTRE SITE WEB.af = ; Z colloque national sur CE à \u201cl l'insertion professionnelle aor Loa e 2 colloque national sur l\u2019in- th dE # sertion professionnelle approche a grand pas.Vous pouvez encore vous y inscrire.La constante évolution du monde de l\u2019éducation suppose des ajustements et de nou- = -\u2014\u2014\u2014 veaux moyens pour accueillir, retenir et accompagner les nouveaux membres de la profession.1] devient donc impératif de s\u2019en préoccuper.Au printemps 2009, venez partager les programmes en place et les projets en marche avec les enseignantes et enseignants, les représentantes et représentants des commissions scolaires ainsi que les chercheuses et chercheurs universitaires.\u201c Profitez-en aussi pour faire le plein des bons coups, des idées gagnantes et des meilleures pratiques existantes qui seront à l\u2019ordre du jour.Nul doute que votre participation à ce colloque contribuera à la démarche que nous avons entreprise pour dormer un nouvel élan à la profession.(CNIPE) La SPHQ sera présente.www.insertion.qc.ca Bulletin Formation et Profession (CRIFPE), volume 16, numéro 1, mars 2009.Dos- :sier : Le programme dPhis- toire et d\u2019éducation à la à \u201c toyenneté ormation et Profession E.| est un bulletin d\u2019infor- \u2014\u2014 mation et de transfert Lecce salisé par le Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE).Articles de Kathleen Bédard, Félix Bouvier, Jean-François Cardin, Julie Dumais-Lévesque, Marc-André Éthier, Marius Langlois, David Lefrançois et Robert Martineau.www.crifpe.ca e congrès 2009 de l\u2019Asso- j ciation des professeurs APJ [CQ d\u2019histoire des collèges du 7 Québec se tiendra les 27, 28 et 29 mai au Collège Montmorency à Laval.La SPHQ y sera, en y présentant deux ateliers.www.aphog.ge.ca Cahiers pédagogiques, no 471, Apprendre PHistoire (mars 2009) Peisaismis suffit-il « \"apprendre ses legons », quitte à en oublier rapidement la plus grande partie ?Dans ce dossier, nous voulons plutôt prendre au sérieux la vocation de la discipline à former à la citoyenneté, à l\u2019esprit critique, à « l'intelligence active ».Comment les ensei- très anciennes et très contemporaines à la fois autour des migrations ou des religions, ou les efforts de renouvellement des programmes pour prendre en compte des nouveautés historiographiques comme la World History.11 est surtout question des compétences du socle commam, celles qui sont déjà au centre de l\u2019enseignement de la discipline en Belgique ou au Québec, et qui sont le plus souvent implicites dans les cours ordinaires en France.Beaucoup == | d'articles abordent en particulier la question de l\u2019appréhension par les élèves === | de la complexité du temps historique, ouvrent des pistes, proposent des mises en activité pour travailler explicitement l\u2019apprentissage des durées, des pério- disations, des ruptures et des continuités.Un dossier qui propose de nombreux récits de pratique et des réflexions pour aider les élèves à mieux apprendre l\u2019Histoire, pour mieux se situer dans le temps du XXT siècle .(Cahiers pédagogiques).www.cahiers-pedagogiques.com/numero.php3?id_artide=4310 Lettre d\u2019information de la SPHQ \\ ce jour, vingt-huit lettres d\u2019information ont été éditées, toutes sur le site Web À souvent être eme ifs Vous ne la recevez pas?Contactez le webmestre : webmestre_sphq@hotmailcom 36 TRACES, VOLUME 47, N° 2, PRINTEMPS 2009 Congrès 2009 de la Fédération des sociétés d\u2019histoire du Québec, 29, 30 et 31 mai (Baie-Comeau) a Société historique de la Côte-Nord vous invite au 44° Congrès de la FSHQ les 29, 30 et 31 mai 2009.L\u2019historien Jacques Lacoursière y livrera ses réflexions sur les ponts qui relient les histoires locales, souvent perçues comme anecdotiques, aux grands mouvements nationaux.L'histoire de la Côte- Nord côtoie souvent la «Grande histoire nationale» depuis la construction du Poste Chauvin en 1600\u2026 www.histoirequebec.qc.ca 5 AAR Ali ed = = uv FF | OB PS E-\u2014 TP 1735 Pan A \u20ac ge } à EE a 5 a = = =2 = = ROXIE CXC pes CEH CA) 5 ER) 0.0.0, CICK Oa, x2 00900, OU UOC CX) CIC 5 CC) QO CIC) CS EX Lx COOK 506.0, 00 CXR CX 09 > RX CXC 0.9.0.CX) XC) HC CHC QOCCOG SK DCCC [CIE fi SICH POX OCH 0.0.0.0.0 DCS QOC0G CCX) = 0.0.0.9, EX) 00,0, ss BC 0.0 NL V : SCC O0 CC) ve CXC) 0.0 0.0.0 OS : a a) SOC os 6 GC 0.a DES ACTIVI] - i 7 E) ©, K 0 2 Ça Q G x2 © | AG ge 0 6) 9, Cu œ =) s > 253 CC] NX ES ETL Qu a 000 ca CRC] O0 CX) A 0.0.0 OG OE A GC RK) [0 PEERS 0.0.0, EO 0.0, 00.= 2 SRK) LCE Pa 5 RCC ] ys\u2019 3 % 0) © < \u2018> ni Q 2, \\ % ps X ©, 2, a CTX) G X GS 0, ©, : 2% 9, o 0, =) 7 = à C2 CX) 00, (HCH 920, SPCC AN 1° VS KICK us 2 22552 0.9, a) ae OCC > CX 2 a) CO) CR Do 2 E \u201c= Re KPC) 9.9, XC Se 2 eu Dos AY = 3 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