Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec
Éditeur :
  • Montréal :Société des professeurs d'histoire du Québec,1988-
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de liaison
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 2005-01, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 27 i 2 PR rR Te A 27 3 oA i ryt Tal ~ 9 4e Ca A JA Xi y 4 as = ve pa dm a La 4 of» + > id .¥3 ~J 5 2 x, 0 Pons if i) RH ui \u2019 RE À oY 3S [i \\ 148 37 Ea wi Coy 33 od ; YE\" a À SES A I ui \u201cAS -# (G hill: yd Ry | = / 4H: ce 3 RE fi a Le $ = 2 FN g (4 3 (NM 0 UN, a Là à 8 ep on] pats & eg f 5 WN 4 ww LR Wns EN Ne {U KY Ca A 2% ad a P LS i rE 77 SC A vu = BY Sad 3 À \"3 » N j LJ er a \u2018 tt yn 4 pled lg 18 Fe 103 Ly LES we 3 EX) N 2) a PLY 3 A HY Ÿ À ih Ga : oF M \\ JP pi oe Be L$ Sri > OA, , PT x be TE » A Rf A + ot % #.- 4° vw { > LY YH > CE Q Ÿ NN a.D ç ART XN aN 4 x La y XP a J a ff i à A F LN PIC %, ; + hig ae by eC a A \u20ac FT BY oD & ae gh - NN 2 Io N (4 XX x YEA + a * NM A 7 nc \u2018 = Xe SN «ph ça 2 mi i z > A Le \u2018om = Pan > Tai ks fo - hy Cregg lige d d fg irl, RE (E conte Sey e ls 9 Heyy Pt TRACES JANVIER-FÉVRIER 2005 Le nom de la revue TRACES fait premièrement référence aux fondements de l'Histoire qui se construit à partir des preuves de la présence des humains et de leur société dans le passé.Il rejoint, en second lieu, l'empreinte spécifique laissée par l'enseignement de l'Histoire sur l'individu qui le reçoit.ll évoque, finalement, l'action et l'influence passées et présentes de la SPHQ dans le domaine de l'Histoire et de son enseignement au Québec.La revue TRACES vise à assurer l'information et le développement professionnel des membres de la Société des professeurs d'histoire du Québec.Elle se veut le reflet du dynamisme de l'enseignement de l'histoire au Québec, un outil de perfectionnement pour tous ceux que l'enseignement de l'histoire intéresse, et le promoteur de l'enseignement des sciences humaines au primaire et de l'histoire aux niveaux secondaire et collégial.Adresse postale de la revue : Comptoir postal Turgeon C.P.98 557 Sainte-Thérèse (Québec) J7E 5RY Direction de la revue : Jean-Claude Richard : (450) 435-0244 richard jean-claude@ugam.ca Comité de rédaction : Félix Bouvier Marc-André Ethier Pierre Gingras Jean-Claude Richard Conception graphique : Charlemagne Correction des épreuves : Suzanne Richard Impression : Imprimerie des Éditions Vaudreuil Publicité : Jacques Décarie : (514) 334-4768 Abonnements et distribution : Louise Halle Dépôt légal : B.N.C.- B.N.Q.\u2014 Envoi de publication \u2014 Date de parution : février 2005 \u2014 Numéro de la convention: 40044834 port de retour garanti \u2014 Parution : 4 numéros / année \u2014 Tarifs : membres de la SPHQ - inclus dans les frais d'adhésion.\u2014 Abonnement annuel : individus : 50$ institutions : 60$ retraités : 30 $ étudiants : 25$ Une adhésion à la Société des professeurs d'histoire du Québec (sphq), quelle que soit la date d'entrée dans la société, donne le droit de recevoir la revue TRACES au cours des douze mois suivants.TRACES appartient aux membres de la SPHQ.Le contenu des articles n'engage que leurs auteurs.Les textes peuvent être reproduits avec mention de la source, à moins d'avis contraire.Site web de la SPHQ : http:{{wrw.recitus.qc.cafassociations/sphq Revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec.Indexée dans REPERE depuis janvier 1989 2 : al RS\" CHAMPLAIN À L'ÎLE SAINTE-CROIX 14 p.20 LA MÉSOPOTAMIE p.26 32 36 En couverture : Jardin d'hiver Photo: Charlemagne VOLUME 43, N° 1 SOMMAIRE GRAFFITI e PRENDRE LE TEMPS LA SPHQ PRÉSIDENCE so NOUS AVIONS UN CONSENSUS e LE VOLUME 42 EN UN COUP D'OEIL L\u2019ENSEIGNEMENT RESSOURCES e TRANSPORT DURABLE ET MEDIAS e L'ESPRIT DES FEMMES L\u2019HISTOIRE CITOYENNETÉ + LES JOURNALISTES DE LA TRIBUNE DE PRESSE REPÈRES L'HIVER À L'ÎLE SAINTE-CROIX J'AILU, VU, ENTENDU eo AU CARREFOUR DES CULTURES DOSSIER e LA MESOPOTAMIE (1% partie) e LES CONCEPTS DE LA GUERRE FROIDE, 1947-1990 (2° partie) GRANDS ANNIVERSAIRES e LE CHEMIN DE FER CLANDESTIN TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 1 1319, Chemin de Chambly, bureau 202, Longueuil (QC) J45 3X1 * Tél.- SPHQ : (418) 626-8737 * CPIQ : (450) 928-8770 FORMULAIRE D\u2019ADHÉSION N.B.: CE FORMULAIRE DOIT ÊTRE COMPLÉTÉ PAR TOUTES ET PAR TOUS IDENTIFICATION (en lettres moulées, s.v.p.) .INOTIL © eerste erect h tetera beset ee b teste estes e eho ne teat estes e eens a tease se teste testes ae neers seen asenaenee i PTÉNOM \u2026.\u2026nrcrserererearrsreraenerrecrernsrnremeenesa race ranereresen evene nanseceras arr esseraneneanen see cesAecee rene necesa rs ce cernes cerner eee Ti ou PAIE, NOM DE L'ORGANISME : .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026.cccrersecerererenacreamearencenereererenemenee ere nes semer ere nec eee eee rc DCR AT QUENTIN GE : \u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026crcrencerrersenreerrenerensenneceverrrereneenrreerrerrnemnrerneern vers verrerie nerve nee nerve WA ADRESSE 1 NO ee TUE «eeeeiteeutenttate atte sree bees e este eats sues eerste beast eae b abt estes b tebe e abe b teats sees neat enter ease nent eaten aera sees \u2014 VILE © oie Province : \u2026.\u2026.ucccccescrsersescrranse Code postal : \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.TÉLÉPHONE: RÉSIDENCE ( ) covers.BUREAU: ( ) Lecrecaseerseeseneeser essence semences cesse TÉLÉCOPIE : ( ) coor COURRIEL : \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026versseeccemsersencermmennennennsensensenne FONCTION NIVEAU Professeur OU Primaire O Étudiant O Secondaire : 1° OU 2e D 3e D 4e O 5e Q (I Directeur O Collégial D Conseiller pédagogique J Universitaire D Autre (PréCISEZ) \u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026\u2026rrseennmnençeänennnnnnnnnnnnnnnnnnennnnnnnnnnnnennnnnnnnnnnnnnnannnnennnn S\u2019il s\u2019agit d\u2019un organisme : Décole: LU Primaire O Secondaire U Cégep OU Commission scolaire O Autre (PréCISEZ) \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026rcresennennennnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnennnnnnennnnnnnnnnnnnn RÉGION ADMINISTRATIVE (cochez votre région) OU 01 Bas-St-Laurent-Gaspésie O 07 Outaouais QU 13 Laval U 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean QU 08 Abitibi-Témiscamingue U 14 Lanaudière UJ 03 Québec OU 09 Côte-Nord O 15 Laurentides U 04 Mauricie U 10 Nord du Québec O 16 Montérégie O 05 Estrie 0 11 Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine OQ 17 Centre du Québec O 06 Montréal O 12 Chaudière-Appalaches O 18 Hors Québec COTISATION ANNUELLE 25 $ étudiant(e) 30 $ retraité(e) 50 $ enseignant(e) 60 $ organisme ou institution RÉSERVÉ À LA SPHQ Date o.oo Code de la fonction \u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026erercrreeecre Montant .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026rerererennnçmennnnensnnn OU Chèque O Mandat UJ Comptant Expédition : carte \u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026erserennecs O Reçu pour fin d\u2019impôt Retournez avec votre cotisation à la SPHO (adresse indiquée plus haut) 2 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 5 GRAFFITI IL SEMBLE POURTANT QUE, DANS CERTAINS MILIEUX, ON S'ACTIVE DEJA A EN SAPER LES BASES, EN EN DÉTOURNANT L'ESPRIT ET, PEUT-ETRE, LA LETTRE.COMME PAR HASARD, CE SONT LES DISCIPLINES DE L'UNIVERS SOCIAL QUI SUBISSENT LES PREMIERS ASSAUTS.NOUS NE CONNAISSONS PAS ENCORE TOUTES LES DIMENSIONS DU PROBLEME, MAIS CE QUE NOUS SAVONS NOUS AUTORISE, DEJA, A NOUS METTRE EN ETAT D'ALERTE ORANGE.| © REFORME DE L'EDUCATION N\u2019EST PAS ENCORE TERMINÉE.Selon nos sources, des directions d\u2019écoles et des conseils d\u2019établissements prendraient l'initiative de contracter le temps que le régime pédagogique réserve à l\u2019histoire et à la géographie afin d\u2019élargir la plage consacrée, ici au français, là à l\u2019anglais, ailleurs à quelque autre discipline.On invoque, pour ce faire, les marges de manoeuvre inscrites dans la loi, les besoins particuliers et une croyance qui voudrait que les programmes de l'univers social aient été conçus pour être enseignés en moins de temps que ne le prescrit le régime pédagogique.Ailleurs, on proposerait un enseignement semestriel de l\u2019histoire et de la géographie en prétextant que ce qui s\u2019enseigne en dix mois peut trés bien s\u2019enseigner en cinq mois pourvu que l\u2019on double le nombre de périodes.Nous devons absolument nous élever contre ces façons de faire.Nous ne prétendons pas, ici, que certaines disciplines ne devraient pas disposer de plus d\u2019espace; nous voulons surtout affirmer qu\u2019il est impossible de condenser le temps réservé à l'univers social sans affecter gravement la qualité de la formation que l'on associe à ce domaine.Rappelons que par l\u2019enseignement des disciplines de l\u2019univers social et, en particulier, par l\u2019enseignement de l\u2019histoire, on souhaite former un citoyen capable de comprendre le monde dans lequel il vit, mais capable également de jouer un rôle efficace au sein de la société.De telles compétences ne s\u2019acquiérent pas rapidement.Pour atteindre ces objectifs, il faut se méfier du bourrage de crane qui accompagne le plus souvent les ap- prentissages-éclairs et PRENDRE LE TEMPS miser plutôt sur le fertile processus de consolidation qui résulte des apprentissages qui s'accomplissent lentement.Pour que les particules en suspension se déposent au fond d\u2019un récipient qui contient un liquide, il faut éviter toute agitation.I en est de même des apprentissages.Il faut, dirons-nous, favoriser une sédimentation du savoir.Pour ce faire, ne précipitons rien, évitons les formules qui ne satisfont que les administrateurs et qui agissent au détriment des élèves, laissons le temps au temps.Le climat d\u2019effervescence et l'impression d'improvisation qui accompagnent la mise en place de la réforme nous incitent à penser que nous devrons rester vigilants et éviter de sauter dans le premier train qui passe, si rutilant soit-il.Nous devrons sûrement reprendre nos réflexions sur ce thème au cours des prochains mois.Ce numéro de Traces vous propose le premier texte de notre nouveau président.El aborde justement le JEAN-CLAUDE RICHARD Directeur DE TRACES sujet dont il est question plus haut.Récidivistes, nous avons encore une fois confié la rubrique Citoyenneté à un stagiaire de la Fondation Jean- Charles-Bonenfant et nous accueillons de nouveau le Musée de Pointe-à-Callière.La rubrique Dossier vous propose la suite de l\u2019article sur les concepts de la Guerre froide et la première partie d\u2019un texte traitant de la Mésopotamie dont vous trouverez la suite dans les deux prochains numéros.Enfin, il nous a semblé important de souligner le mois de l'histoire des Noirs en jetant un peu de lumière sur un aspect de l'histoire canadienne qui est peu connuau Québec : le chemin de fer clandestin.Nous vous rappelons que nous sommes toujours heureux de publier vos textes et vos commentaires.Alors, n\u2019hésitez pas à communiquer avec Traces.Nous espérons que n2ous passerez de bons moments en notre compagnie.Courage! le printemps arrive.TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 3 nn hh ui satire ii! sn hi te ai LA PRÉSIDENCE NOUS AVIONS UN CONSENSUS.LAURENT LAMONTAGNE PRÉSIDENT DE LA SPHQ U MOMENT OÙ CES LIGNES SONT ÉCRITES, LE RÉGIME PÉDAGOGIQUE DES JEUNES A ÉTÉ ADOPTÉ À LA SÉANCE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 2 FÉVRIER 2005.D'ICI QUELQUES JOURS, LE RÉGIME SERA DISPONIBLE DANS LA GAZETTE POUR UNE PÉRIODE DE CONSULTATION DE 45 JOURS.DE PLUS, LA NOMINATION DU NOUVEAU SOUS-MINISTRE ADJOINT À L'ÉDUCATION PRÉSCOLAIRE ET À L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ET SECONDAIRE A ÉTÉ ANNONCÉE OFFICIELLEMENT À CETTE MÊME SÉANCE DU CONSEIL DES MINISTRES.IL S'AGIT DE M.PIERRE BERGEVIN.Au départ, nous ne disposons pas entièrement du temps officiellement prévu pour l\u2019enseignement de nos programmes, avec les conséquences sur l'élève quant aux objectifs de formation.4 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 Que se passe-t-il actuellement dans l\u2019enseignement de l\u2019histoire?Ce qui retient l'attention est ceci, Retournons en 1996 : « La situation de l'enseignement de l\u2019histoire n'est pas meilleure au secondaire qu'au primaire, ce qui en inquiète d'aucuns.L'enseignement dispensé aide-t-il assez à former des citoyens informés et responsables?On ne le sait trop! L'un des problèmes que connaît l'enseignement de l'histoire au secondaire, et peut- être le plus important de tous, c'est le peu de temps qui lui est accordé ».(Se souvenir et devenir, 1996, page 43).Et puis après, direz- vous?Eh bien! Voyons ci-après la situation qui règne actuellement dans nos écoles : « Les répercussions de ce manque de temps sont connues : les programmes ne sont pas enseignés dans leur totalité (.).De fait, l'élève de 2e secondaire termine rarement l'année avec une connaissance de l'histoire de l'Occident postérieure à la Révolution industrielle et les apprentissages d'ordre méthodologique sont peu effectués ou ne le sont pas du tout.En 4e secondaire, par contre, l'examen, dont la réussite est obligatoire, oblige à enseigner tout le contenu factuel du programme, mais, faute de temps, les apprentissages les plus importants, à commencer par ceux qui viennent d\u2019être mentionnés, sont négligés.Il en résulte que, pour les deux seules années au cours desquelles des cours d'histoire sont obligatoires, les objectifs de formation essentiels visés par les programmes ne sont pas atteints par la majorité des élèves.» (Se souvenir et devenir, 1996, page 44).De plus \u2014 certains d\u2019entre nous le voyaient et le voient encore \u2014, des établissements scolaires coupaient et coupent encore du temps dévolu au programme de deuxième secondaire d'histoire générale pour la réalisation de projets pédagogiques, pour l\u2019enseignement des arts, des mathématiques, de la musique, etc., sans doute en recourant à une dérogation envoyée au ministère de l'Education : « Certains établissements scolaires, par ailleurs, se servent de leur « marge de manœu- vre » pour couper encore plus le nombre d'heures d\u2019enseignement de l'histoire, principalement en deuxième secondaire.Îls « récupèrent » ainsi des heures, ce qui leur permet d'accorder davantage de temps à la réalisation de projets pédagogiques particuliers, à l'enseignement plus intensif des arts, notamment de la musique, ou de l'éducation physique ou l'enseignement de matières jugées plus importantes que l\u2019histoire (\u2026).De fait, en 2\" et en 4¢ secondaire, l'enseignant d'histoire ne dispose que d'environ 75 à 80 heures d'enseignement par année, ce qui représente moins de 65 % du temps prévu lorsque les programmes ont été conçus, au début des années 1980.» (Se souvenir et devenir, 1996, page 44).Morale de l\u2019histoire?Au départ, nous ne disposons pas entièrement du temps officiellement prévu pour l'enseignement de nos programmes, pour toutes sortes de raisons que nous vivons chaque année, avec les conséquences sur l'élève quant aux objectifs de formation.a moins que l\u2019on nous démontre que les objectifs et les contenus obligatoires de nos programmes peuvent être atteints dans un temps moindre, ce qui reste à faire.Revenons à notre saga.Devant cette situation, donc, le Rapport Inchauspé vint redresser la barre : «Sil y a une question qui fait l'unanimité dans toute la société québécoise, c'est celle de l'importance de l\u2019enseignement de l\u2019histoire ».You, de Her Con INE toi Fons ons Je ca su ir enir oe! sie ère joe our Tu out nk vos ci re sde pins nor is el or an cit 0p died ui pl Rar ie fin mitt ite el à de « Au secondaire, nous recommandons que l\u2019histoire soit enseignée chaque année, en y intégrant l'éducation à la citoyenneté.Nous suggérons, tel que le recommandait le rapport Lacoursière, que la nouvelle séquence d'histoire traite d'abord, en 1\" et en 2°, d'histoire générale, puis, en 3° et en &, d'histoire du Québec et du Canada ».(Réaffirmer l\u2019école, 1997, pages 61-62).Bientôt, avec le nouveau programme de formation du secondaire, l'enseignement de l\u2019histoire et de l'éducation à la citoyenneté de la 1\" à la 4° secondaire, au moins, bénéficiera de temps; aux deux premières années du premier cycle du secondaire, un total de 150 heures sont dévolues à ce programme.Nous avions enfin un consensus, ce qui signifie un accord et un consentement du plus grand nombre.Vraiment?Qu'en sera- t-il à l'automne?Dans au moins une école, et cette situation apparaît de plus en plus généralisée au fil des discussions, ce ne sera pas le cas.Voyez vous-mêmes.Pour LA PRÉSIDENCE maintenir ses concentrations en arts, en musique et en sciences, il a été légalement décidé dans cette école de retrancher de l'Univers social une période sur six.Légalement parce que les enseignants du Conseil de participation enseignante (CPE) ont été consultés.Vous savez toutefois qu'il suffit à un directeur d'école de produire une lettre expliquant sa décision de ne pas retenir une recommandation du CPE pour que celle-ci sombre dans l'oubli.Légalement parce que le Conseil d\u2019établissement a également été consulté, lui qui approuve le temps accordé à un programme dans la grille horaire d\u2019une école.Mais vous savez aussi que les enseignants y sont minoritaires.Or on nous a assuré, au ministère, que le programme d\u2019histoire et d\u2019éducation à la citoyenneté pour la 1\u201d et la 2° secondaire est conçu pour être enseigné en 75 heures, à chacun des niveaux respectivement.À moins qu\u2019on nous démontre que ses objectifs et son contenu peuvent être atteints dans un temps moindre, ce qui reste à faire, et puisque l\u2019école devra offrir 25 heures de service pour chacune des unités attribuées à un programme d\u2019études, ce temps doit être intégralement respecté, sinon, à nouveau, les objectifs de formation essentiels visés par le programme d'histoire et d\u2019éducation à la citoyenneté risquent de ne pas être atteints par la majorité des élèves.Si au départ on retranche du temps, ne retournons-nous pas à la case départ?N\u2019a-t-on rien appris?Rappelez-vous que la génération actuelle de programmes, établis pour 75 % du temps, voulait laisser une marge de manœuvre, mais à l'enseignant, légitimement, pour l\u2019adaptation, l\u2019enrichissement, la consolidation.On sait maintenant que dans les faits, la longue litanie d\u2019objectifs a mené cette marge de manœuvre vous savez ou.Avec le nouveau programme, la marge de manœuvre (quelle marge de manœuvre, au fait?) va aux autres domaines d'apprentissage.Légitimement?Que se passe-t-il chez vous?Il est impératif que vous en informiez votre CA, puisqu'il a décidé lors de sa dernière rencontre (janvier 2005) de faire les représentations qui s'imposent, auprès des institutions qui sont les nôtres.Ainsi, le problème évoqué plus haut dans une école a été porté à l'attention du Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec (CPIO), lors de sa réunion du 29 janvier dernier.Plusieurs n'étaient pas surpris de cette situation, autre élément qui fait penser que nous faisons face à une situation généralisée.La surprise a toutefois été plus grande quand il a été mentionné que dans cette même école, du français était aussi retranché, légalement, et pour les mêmes raisons.Nous avions un consensus, légitimement, et pas seulement en histoire.Le nœud du problème se situe peut-être au niveau des dérogations.Est-il vrai que les commissions scolaires cherchent à s\u2019en approprier le pouvoir?Peut- être y a-t-il un lien avec la problématique de l'exode du public vers le privé, qui sait?Si les commissions scolaires Nous avions enfin un consensus, ce qui signifie un accord et un consentement du plus grand nombre.Vraiment?Qu'en sera-t-il à l'automne?TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 5 ih ll om i LA PRESIDENCE .CONSensus.obtenaient le pouvoir d\u2019accorder des dérogations, qui pourrait jouer le role d\u2019arbitre, dans ce mouvement allant contre les consensus?Votre CA souhaite ardemment que vous l\u2019informiez de ce qui se passe dans votre établissement.Vous pouvez aussi recourir à Traces et au site Internet de la SPHO.Du temps est-il retranché à l'histoire et à l'éducation à la citoyenneté chez vous?Le programme d'histoire et d\u2019éducation à la citoyenneté sera-t-il enseigné semestriellement ou annuellement?Aurez-vous deux nouveaux programmes à enseigner simultanément?Aurez-vous suffisamment de matériel pédagogique adapté à la Réforme?Sachez qu\u2019en plus du droit de disposer personnellement du manuel scolaire (article 7 de la loi sur l'instruction publique), l'élève doit avoir accès au matériel didactique choisi en application de la loi.Pour conclure, rappelons au départ que nous ne disposons pas entièrement du temps officiellement prévu pour enseigner nos programmes, pour toutes sortes de raisons que nous vivons chaque année et il semble que nous ne disposerons pas plus du temps prévu pour enseigner le programme d'histoire et d'éducation à la citoyenneté.De plus, les objectifs de formation essentiels visés par les programmes actuels ne sont pas atteints par la majorité des élèves, pendant que les objectifs de formation à venir sont en péril.Non, les objectifs et le contenu obligatoires de nos programmes actuels et à venir ne peuvent pas être atteints dans un temps moindre.Et n'oublions pas que lors du premier cycle, les élèves acquerront un ensemble de compétences disciplinaires et transversales qui leur permettront d'accéder aux apprentissages ultérieurs.Ceux-ci sont également menacés.Qu'on se le dise.laurent lamontagne@sympatico.ca 514.867.3162 LE VOLUME 42 EN UN COUP D\u2019OEIL PERFECTIONNEMENT e Disciplines transversales et construction des savoirs Pierre Gingras, # 1 Réflexivité en histoire et éducation à la citoyenneté (1\u201d partie) Marc-André Éthier, # 2 e Réflexivité en histoire et éducation à la citoyenneté (2° partie) Marc-André Éthier, # 3 DIDACTIQUE e Petit conte didactique Jean-Claude Richard, # 1 e Des documents en classe Jean-Claude Richard, # 1 LA RECHERCHE + La conscience citoyenne des jeunes au Québec Marc-André Éthier et Jean-François Cardin, #3 « Projet, TIC et compétences transversales Geneviève Therriault et Louise Sauvageau, # 4 RESSOURCES « Des sites à visiter Comité de rédaction, # 1 « Un duo gagnant Emmanuel Nivon, #2 * Ce printemps chez Statistique Canada Statistique Canada, # 2 « Mémoire en péril Marie-France Lapointe, # 3 LA RÉFORME ¢ Une école pour qui?Roland Arpin, #1 La responsabilité citoyenne Jean-Pierre Charbonneau, # 3 L'HISTOIRE QUI S'ENSEIGNE e TICs et éducation à la citoyenneté Marc-André Éthier et François Perreault, # 3 ! e Reproduction d'objets historiques Annick Bilodeau, # 4 CITOYENNETÉ e La ligne de parti : un mal nécessaire?Ariane Beauregard, # 4 J'AI LU, VU, ENTENDU « Bonnes gens, venez our doulces musiques.Lise Roy, #1 e Un égarement passager de la pensée André Charette, # 3 e Lumières sur le Vieux-Montréal Jean-Claude Richard, # 4 « Des sources d'inspiration Comité de rédaction, # 3 TÉMOIGNAGE * Un grand didacticien de l'histoire Félix Bouvier, # 3 e Les frères Lagueux honorés Jean-Claude Richard, # 4 REPÈRES e La revanche d'Icares Comité de rédaction, # 1 ® La Chine des Hans Pierre Ross, # 2 DOSSIER e La citoyenneté romaine Ella Hermon, #1 * Aux origines de Constantinople Geneviève Dumas, # 2 * Les villes musulmanes Geneviève Dumas, #3 e Colette Noël, pédagogue Freinet et progressiste Marc-André Éthier, # 4 Les concepts de la Guerre froide, 1947- 1990 Jacques Pincince# 4 DIVERS + Être membre du CPIQ : avantages Nicole Paradis, #1 6 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 quarts 1 2177 4 TH n MONDE Aa fe 3 LE ii = : k PS a 2 A of SNE ; - np SE tay | \u201c\u201d hides Ege A vignE 1 Cotatistique) Cm \"| » épveeee Ee EH m4\" 48'pagést\u2014 wi Ÿ pas tages LÉ MONDE EJ N 2004 : , 3-5: ai y sique LE AS 1.1 aiid dela fi 4 Xen \u201c3X 1.2 LA 0 ndes zor PCR aatiques Ta J 2 Fo Jl p> 42574770 Is AEN 1 NJ a _ : 2.l pat Far géohisto- of a iques du monde actuel : I 4» 2.2 Europe, Russie et Caucase | à 2.3 Maghreb et Moyen-Orient : Re 2.4: Afrique subsaharienne\u2019 = 2 4350, avenue 2.5 Asie centrale et du Sud de l\u2019'Hôtel-de-Ville 2.6\u2019 Asie de l'Est / Montréal (Québec) 2.7gAÂsie du Sud-Est et Océanie ! H2W 2H5 Amérique du pC) ; -\u2014 Téléphone: (514) 843-5991 iq LID=C \u201cTélécopieur: (514) 843-5252 Site Internet: 4 { http://www.lidec.ge.ca Courriel : lidec@lidec.qc.ca SE > j ; Ca _ a TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 7 cé DU 30 OCTOBRE AU 4 NOVEMBRE 2005 COLLINE DU PARLEMENT, OTTAWA * Observez de l\u2019intérieur le système parlementaire canadien.* Rencontrez des parlementaires et des spécialistes de la politique, de la procédure et de l\u2019enseignement.* Analysez des aspects clés de la démocratie parlementaire.* Elaborez des ressources pédagogiques pour l\u2019enseignement de notions sur le Parlement, la gouvernance, la démocratie et la citoyenneté.* Pour être admissible, vous devez enseigner présentement les sciences humaines (ou une matière connexe) à des élèves de la 4° année du primaire à la 5° secondaire, ou du cégep.* Soixante-dix candidats seront choisis par un comité d\u2019éducateurs de tout le pays.* Des frais d\u2019inscription de 300 $ sont exigibles au moment de la sélection.* Le programme couvre les frais de déplacement et d'hébergement ainsi que la plupart des repas.p \u2014 ; NW Des renseignements supplémentaires et des rpg, formulaires d\u2019inscription sont disponibles à la ; memes À « Bibliothèque du Parlement : { oo Yo (613) 992-4793 RAR (région de la capitale nationale) rE A .1-866-599-4999 } .fans frais à l\u2019intérieur du Canada) 4 www.parl.gc.ca ; («Au sujet du Parlement») Les demandes\u2019 doivent être expédiées par courriel ou par la poste au plus tard le 30 avril 2005 a (le cachet de la poste faisant foi).ay À Information available in English.Colloque BES 4,5 et 6 mars 2005 à l'hôtel Delta de Sherbrooke Séréna Royer, représentante des étudiants au C.A.de la SPHQ nous y représentera.CONGRÈS 2005 20 au 22 octobre 2005 à l'hôtel Delta SHERBROOKE à votre agenda 8 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 Il \\ PORTES OUVERTES HISTOIRE ET EDUCATION A LA CITOYENNETE Programme de formation de l\u2019école québécoise Portes ouvertes propose à l'élève de 1° secondaire une étude de « L\u2019Antiquité lointaine », de «L'Antiquité classique » et du « Moyen Âge ».C'est un carnet d'apprentissage qui correspond, bien sûr, au programme du ministère de l'Éducation.Chacune de ses sections, chaque « porte ouverte » aborde des notions essentielles (événements, personnages, idées), puis des activités qui favorisent la compréhension de ces notions, leur intégration, leur mise en rapport avec d\u2019autres notions appartenant à d'autres temps et d'autres lieux.L'idée maîtresse a été d'expliquer les choses et d'aborder le passé dans son rapport avec le présent.4350, avenue de l'Hôtel-de-Ville BN Montréal (Québec) H2W 2H5 Téléphone: (514) 843-5991 - Télécopieur : (514) 843-5252 Site Internet: http://www.lidec.qc.ca Courriel: lidec@lidec.qc.ca f y MARC BOSQUART Îre secondaire Jer CYCLE CARNET D'APPRENTISSAGE ISBN 2-7608-4672-5 (176 pages) CORRIGÉ ISBN 2-7608-4673-3 (178 pages) TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 9 RESSOURCES Scénarios pédagogiques TRANSPORT DURABLE ET MÉDIAS PASCAL LACHANCE FONDATION QUÉBÉCOISE EN ENVIRONNEMENT D EPUIS DEJA DIX-SEPT ANS, LES INITIATIVES DE LA FONDATION QUÉBÉCOISE EN ENVIRONNEMENT VISENT À FAVORISER L\u2019INTÉGRATION DE LA DIMENSION ENVIRONNEMENTALE DANS LE DISCOURS SOCIAL, ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE DE LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE.TOUT RÉCEMMENT, LA FONDATION A PRODUIT UNE SÉRIE DE SCÉNARIOS PÉDAGOGIQUES DESTINÉS AUX ÉLÈVES DE 5F ET 6' ANNÉE DES ÉCOLES PRIMAIRES DU QUÉBEC ET RÉALISÉS EN ACCORD AVEC LES EXIGENCES DU NOUVEAU PROGRAMME DE FORMATION DU MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION.ORIENTÉS VERS LE TRANSPORT DURABLE, CES SCÉNARIOS FAVORISERONT LES CHANGEMENTS DE COMPORTEMENTS EN DÉVELOPPANT CHEZ LES JEUNES UN SENS CRITIQUE ET ÉTHIQUE AFIN DE LES AMENER À PERCEVOIR L'INFLUENCE QUE LES MÉDIAS PEUVENT EXERCER SUR EUX ET SUR LA SOCIÉTÉ EN MATIÈRE DE CHOIX DE TRANSPORT.Les coûrs Lorsqu'un futur acheteur se rend chez un concessionnaire pour acheter une voiture, est-il en mesure de dire combien lui coûteront par année la possession et l\u2019utilisation d\u2019un véhicule?Sera-t- il en mesure de déterminer les impacts que provoquera l\u2019utilisation de son véhicule sur sa santé et celles des autres?Hormis les coûts directs reliés à l\u2019achat d\u2019un véhicule, il ne faut pas sous-estimer les impacts indirects que provoquera l'utilisation d\u2019un tel engin.La pollution, l'obésité et les accidents sont quelques- unes des conséquences qui résultent de l\u2019utilisation d\u2019une automobile.Malheureusement, très peu de gens connaissent ces enjeux qui menacent notre santé et celle de l'environnement.Selon l'Association canadienne des automobilistes (CAA), il coûte en moyenne 9 809,00 $ par année pour posséder et utiliser une Dodge Caravan et 9 072,00 $ pour une Chevrolet Cavalier Z24.Afin de compléter cette analyse des coûts, comparons les coûts de transport pour deux adultes qui ne possèdent pas de voiture et qui ne se déplacent pas a l'aide de leurs propres véhicules.L'organisme Equiterre, organisme non gouvernemental réputé de Montréal, a effectué cet exercice pour deux personnes qui habitent la grande région de Montréal et qui utilisent le Cocktail Transport (déplacements ef- 10 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 fectués a l'aide du vélo, de la marche, des transports en commun, du taxi et de quelquefois, une voiture louée).Selon leurs calculs, seulement 5 213,00 $ seraient nécessaires pour l\u2019ensemble de leurs déplacements pendant une année.À l'instar du CAA, l'organisme Équiterre a évalué qu'il en coûterait 17 965,00 $ s\u2019ils se déplaçaient tous les deux en automobile pendant un an; il s\u2019agit d\u2019une économie annuelle de près de 13 000 $! Un montant d\u2019argent qui peut être investi dans les loisirs, les vacances ou encore servir d\u2019épargne pour la retraite.N'oublions pas que l'automobile engendre un nombre important d\u2019impacts néfastes pour l\u2019environnement et pour ses utilisateurs; en voici quelques exemples : » On sait que toutes sources d'émission de gaz à effet de serre confondues, les transports sont responsables de près de 40 % de ces émissions au Québec.Les transports représentent donc une des causes les plus importantes du réchauffement planétaire.* Au Québec, les émissions de gaz à effet de serre, pour le secteur des transports seulement, se sont accrues de 14,6 % entre 1990 et 2000.e Chaque fois qu\u2019une personne utilise 300 litres de carburant, elle produit une tonne de gaz à effet de serre.En moyenne, chaque Québécois est personnellement responsable de l'émission de cinq tonnes de gaz à effet de serre par année.e L'automobile est responsable, chaque année, d\u2019un nombre important de blessés légers et graves, de handicapés pour la vie et de morts.Pour l'année 2003, au Québec, les accidents corporels causés par des véhicules routiers représentent 56 516 victimes (621 morts, 6 072 blessés graves et 49 823 blessés légèrement).e Selon une étude que vient de publier le Ministère des Transports en collaboration avec les Conseillers ADEC, le co ût socio-économique global de la congestion routière pour la grande région de Mont 787 fe Out au ten Coûts tes d hia abu Sion pil Tique comp 1 Lap de nol (etes Vial Cerne along sont le Taga) etl Ide | Teme dich aly bic qu 19 0 la Contre, Wey dg Tiers { Son les pu à our le rans- nl, se 15\" l'une e 30 rn, ome ae per port onde jil à ya est ae pbre sde ude bles ol Montréal s\u2019établit a 778,7 millions $ (« Outre les coiits liés au temps perdu, les coûts supplémentaires d'utilisation des véhicules, d'achat de carburant et d\u2019émission de gaz ou de polluants atmosphériques sont pris en compte ») LA PUBLICITÉ La publicité fait partie de notre quotidien.Ceci est d\u2019autant plus vrai en ce qui concerne la publicité automobile.Très rares sont les journaux, les magazines, les chaînes de télévision, les chai- nes de radio, les évé- nements spéciaux, les affiches publicitaires, et autres types de véhicules médiatiques qui n\u2019ont pas, un jour ou l\u2019autre, conclu un contrat de publicité avec un constructeur automobile.Ces derniers dépensent des sommes colossales pour assurer leur visibilité à l\u2019écheile internationale.Peu de gens réalisent à quel point nous sommes submergés par les publicités automobiles.Les messages véhiculés sont à l'occasion d\u2019une aberrance et d\u2019une grossièreté éloquente, n\u2019hésitant pas à pro- RESSOURCES mouvoir l'égoïsme, le pouvoir et la domination, bref, un ensemble de valeurs pour le moins choquantes.Pour développer son marché de façon aussi spectaculaire qu\u2019elle l\u2019a fait jusqu'à présent, l'industrie automobile a dû faire rêver les consommateurs afin de créer chez eux le besoin de posséder des voitures toujours plus puissantes, plus luxueuses et définies selon leurs besoins.Pour y parvenir, celle- ci mise depuis toujours sur l'apport considérable de la publicité et des médias.En 1997, les dépenses publicitaires effectuées par l\u2019industrie auto- mobile représentaient 20 % des dépenses totales en publicité pour le Québec.La proportion des revenus publicitaires de la télévision consacrée à l'industrie automobile s'élevait à 40 %, celle de la radio à 25 %, celle des journaux à 20 % et celle des revues à 25 %.Lorsque plus du quart de vos revenus en publicité dépendent d\u2019une industrie, quelle attitude adopterez-vous envers ses produits?Très rares seront ceux qui les dénigreront, mieux encore, très fréquents seront ceux qui en feront l'éloge.Le quotidien La Presse, qui publie chaque semaine un cahier spécial sur l'automobile, etle Canal Vox, qui diffuse chaque semaine le Guide de l'auto avec Jacques Duval, ne sont que deux exemples où l'automobile est louangée.I est inaccoutumé de trouver des articles de journaux ou des émissions de télévision qui dénigreront l'automobile.Dans ces conditions, on ne peut s'attendre à une couverture objective et proportionnée de l'automobile et de ses concurrents, les transports en commun.L'automobile demeure un puissant symbole de réussite sociale, de richesse et de liberté.À l'opposé, les transports en commun sont malheureusement souvent perçus comme des moyens de transport réservés aux pauvres, aux étudiants, aux personnes âgées et aux groupes ethniques.Il s\u2019agit d\u2019une des raisons qui expliquent pourquoi les transports en commun ne bénéficient pas d\u2019une popularité comparable à celle de l\u2019automobile.Les constructeurs automobiles bénéficient donc de cet apport considérable des médias qui louangent davantage l'automobile comparativement aux autres modes de transport.Les constructeurs automobiles réussissent, depuis plusieurs années, à convaincre les Québécois qu\u2019ils ont besoin de véhicules plus puissants, plus chers et d'autant plus polluants.En Europe, la consommation moyenne de carburant des véhicules commercialisés en 2012 sera de 4,4 L/100 km alors que, pour l'Amérique du Nord, on prétend qu'il serait impossible de descendre sous la barre des 10 L/100 km, parce que le marché exige des véhicules toujours plus lourds et plus puissants.Avons-nous réel-lement besoin des véhicules qui nous TRACES, VOL 43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 11 RESSOURCES .scénarios.sont proposés?Ne serait-ce pas les constructeurs automobiles qui ont persuadé les consommateurs que tels ou tels types de véhicules étaient nécessaires?Poser la question, c\u2019est y répondre.Cependant, très peu de gens réalisent l'ampleur de la situation et remettent en question le pouvoir exercé par l\u2019industrie automobile sur nos modes de vie, nos choix et d\u2019abord et avant tout sur notre santé.Comment expliquer que l'automobile soit si aisément acceptée par nos sociétés contemporaines, alors que nous savons qu'elle cause autant de dommages?Tout simplement parce que nous avons l\u2019impression d\u2019y trouver plus que notre compte, que nous avons le sentiment que l\u2019automobile nous est destinée et que nous ne pourrions faire autrement.C\u2019est pourquoi il est si important de changer la façon dont les jeunes conçoivent les transports et la façon de se déplacer.Tant et aussi longtemps que l'automobile et notre système de transport actuel ne seront pas considérés comme une menace pour notre santé et celle de l'environnement, la situation risque de demeurer inchangée.L'utilisation de ces scénarios pédagogiques permettra d\u2019augmenter la visibilité des questions relatives au transport durable dans la planification pédagogique des enseignantes et des enseignants.Ces derniers auront en main un outil efficace à la défense de notre environnement grâce à la sensibilisation de nos futurs citoyens.Vous pouvez avoir accès à ce document en consultant le site Internet de la Fondation québécoise en environnement.Pour de plus amples informations, vous pouvez contacter la Fondation québécoise en environnement par téléphone au 1 800 361-2503 ou via notre site Internet au www.fge.qc.ca.L'ESPRIT DES FEMMES FRANCE PARENT GROUPE FEMMES, POLITIQUE ET DÉMOCRATIE GROUPE i i FEMMES, POLITIQUE ET DÉMOCRATIE Le groupe Fondation québécoise en environnement propose aux jeunes, garçons et filles de 12 à 18 ans, une comédie éducative intitulée L'esprit des femmes.Visant des objectifs à la fois éducatifs et récréatifs, la pièce a été conçue dans un style léger et amusant, mais regorge de notions d'histoire, d'éthique citoyenne et d\u2019argumentations qui promeuvent l'égalité entre les sexes.Le spectacle s'intègre particulièrement bien à l'enseignement de l\u2019histoire, de l\u2019histoire des femmes, de la vie civique, de l\u2019éducation civique de la religion ou de la morale, du théâtre, du français, voire de la philosophie.La pièce elle-même dure environ 40 minutes.Une vingtaine de minutes sont ensuite réservées pour une animation qui reprend les principaux thèmes abordés.L'équi-pe qui se rend dans les écoles est constituée de quatre comédiens \u2014 deux garçons et deux filles \u2014 et d\u2019une animatrice.12 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 La pièce peut être présentée dans une agora, un amphithéâtre ou un auditorium.Les seuls accessoires nécessaires sur scène sont une table et sept chaises.La troupe arrive avec les autres accessoires qui sont très simples.Un système de sonorisation (pour la musique) est utile et quelques projecteurs sont souhaitables.Quant aux micros, ils ne sont pas essentiels.Un montant assurant les cachets des membres de la troupe est demandé.Pour plus de détails, contactez France Parent \u2014 (418) 843-3705.Pour plusieurs représentations dans une même école, des ententes peuvent être conclues.Au cours des deux dernières années, la pièce a été jouée devant plus de 2 600 élèves du secondaire de plusieurs régions du Québec.Sur votre demande, nous vous donnerons les coor-données d'enseignants qui ont déjà accueilli notre troupe.Le Groupe Femmes, Politique et Démocratie est un organisme d'éducation populaire qui a été créé en 1998.Il œuvre auprès des femmes, des jeunes et de tout organisme intéressé par la vie démocratique et par l'exercice de la citoyenneté.Pour découvrir notre groupe et ses réalisations, visitez le site : www.femmes-politique- et-democratie.com France Parent (418) 843-3705 fhparent@videotron.ca re ons, nlac- iS mont a (Vid tau es.KI se fae WS 0 à our | i pr ial RENAISSANCE Collection Histoire et éducation à la citoyenneté Dirigée par FÉLIX BOUVIER Programme de formation de l\u2019école québécoise 1'\u20ac secondaire Jérôme Chartrand, Cassandra Pichmond, 187 CYCLE DU SECONDAIRE Madeleine Votliènes Manuel ISBN 2-7608-4669-5 384 pages Guide d'enseignement ISBN 2-7608-4670-9 492 pages e matériel pédagogique (manuels de base et guides d'enseignement) de la collection HISTOIRE ET ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ est conçu pour les élèves du 1£r cycle du secondaire.Rédigé en étroite corrélation avec le programme du ministère de l\u2019Éducation.Ce matériel a été élaboré en fonction des objectifs inhérents à la réforme de l\u2019enseignement en cours.Il propose une approche où les différentes compétences disciplinaires, transversales et du domaine de l'Univers social (géographique) sont intégrées de façon simple, efficace et conforme au contenu du cours d'histoire et éducation à la citoyenneté.I! en va de même des domaines généraux de formation.Chacun des chapitres représente une des réalités sociales \u2014 ou de civilisations \u2014 couvertes par le programme du MÉQ /d et contient plusieurs taches intégratrices par lesquelles I'éleve s\u2019approprie la matiere de fagcon active et 72 impliquée, et qui permet le développement naturel des compétences et des concepts disciplinaires.AY Véritable coffre à outils riche en moyens pédagogiques, ce matériel didactique saura rendre, tant pour l'élève que pour l'enseignant et l'enseignante, l'année scolaire instructive et captivante.4350, avenue de l\u2019Hôtel-de-Ville AN Montréal (Québec) H2W 2H5 Téléphone : (514) 843-5991 Télécopieur: (514) 843-5252 Site Internet: http://www.lidec.qc.ca Courriel : lidec@lidec.qc.ca TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 13 nu} tt, te fH CITOYENNETE Seconde opposition à l\u2019Assemblée nationale?LES JOURNALISTES DE LA TRIBUNE DE LA PRESSE JEAN-FRÉDÉRIC LÉGARÉ-TREMBLAY BOURSIER STAGIAIRE 2001-2002 \u2014 FONDATION JEAN-CHARLES-BONENFANT L S'AGIT PRATIQUEMENT D'UN LIEU COMMUN QUE DE DIRE AUJOURD'HUI QUE LES MÉDIAS FORMENT UN QUATRIÈME POUVOIR.L'EXISTENCE D'UNE PRESSE LIBRE EST GÉNÉRALEMENT ATTRIBUÉE À LA BONNE SANTÉ D'UN RÉGIME DÉMOCRATIQUE.ELLE SYMBOLISE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION QUI EST UN DES FONDEMENTS DE LA DÉMOCRATIE.Dans notre système, l'existence d\u2019un quatrième pouvoir aux côtés des trois autres que sont l'exécutif, le législatif et le judiciaire, implique que ce pouvoir soit indépendant et autonome vis- à-vis de ceux-là.Autrement, il ne peut être un contre-pouvoir.À l\u2019Assemblée nationale, cela voudrait dire que les journalistes parlementaires jouiraient d\u2019une indépendance vis-à-vis les députés et les ministres.La question à laquelle s'intéresse le présent texte cherche donc à vérifier si les journalistes de la Tribune de la presse de l\u2019Assemblée nationale forment véritablement un contre-pou- voir et, en quelque sorte, une seconde opposition en Chambre.Pour y répondre, nous avons privilégié une approche triple : historique, stratégique et structurelle.La première approche cherche à dégager de l'étude ce qui relève de la conjoncture, du contexte, et non de la structure.Les médias au Québec et à l\u2019Assemblée nationale, ainsi que notre perception de ceux-ci, n\u2019ont pas toujours été ce qu\u2019ils sont aujour- d\u2019hui.La seconde approche cherche a rétablir la rationalité et la liberté de l'acteur dans le cadre des structures relationnelles.Le journaliste, comme l'élu, dispose de ressources et agit au milieu de contraintes relatives à la relation qu'ils entretiennent.Dans cette relation cohabitent des ressources et des enjeux pour lesquels les acteurs concernés déploient des stratégies et des tactiques.Tout compte fait, nous ferons l'inventaire des pouvoirs que détient le journaliste, de même que les contraintes structurelles au sein desquelles ils se définissent.LES MUTATIONS D'UNE PROFESSION Dans une période s\u2019étendant grossiere- 14 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 ment du 18° siecle jusqu'à la Première Guerre mondiale, les médias étaient, de fait, des organes des partis politiques, agissant comme courroies de transmission de leur propagande.Puisque les journaux de l\u2019époque ne pouvaient se suffire à eux-mêmes financièrement, les partis politiques assuraient leur survie par des subventions conditionnelles à leur fidélité partisane.Leurs allégeances étaient d\u2019ailleurs si manifestes et admises, que jusqu\u2019en 1911, les journalistes de la Chambre des Communes étaient répartis au sein de la Tribune de la presse en fonction de celles-ci : les Libéraux d\u2019un côté du Président et les Conservateurs de l'autre! .De nombreux quotidiens de l'époque sont ainsi répertoriés.Au Québec, La Presse et Le Soleil furent fondés respectivement par les Conservateurs au tournant du siècle et les Libéraux en 1880.Sir Wilfrid Laurier lui- même avait fondé Le Soleil en tant « qu\u2019organe du Parti libéral ».\u201d Déjà, la lutte pour le contrôle de ces journaux et quotidiens était féroce\u201c, révélant ainsi le pouvoir ou du moins le potentiel de pouvoir intrinsèque des médias.Au début du 20° siècle, les avancements technologiques, l\u2019urbanisation et l'éducation ont suscité l\u2019émergence de bassins de population constituant de vastes marchés potentiels pour les médias.Devenant de véritables entreprises, les médias commercialisèrent leur produit et purent subvenir à leurs propres besoins financiers, anéantissant du même coup la dépendance pécuniaire et donc aussi partisane à l'égard des partis politiques.De plus, la logique marchande impliquant la conquête de nouveaux clients, allait à l'encontre de la logique partisane excluant d'emblée du lectorat tout sympathisant politique adverse.Ainsi, pour éviter de s\u2019aliéner une partie de la clientèle, les médias devaient relater les faits sans teinte partisane, devenant ainsi plus objectifs.Le profit, et non la politique, devint alors la mesure du succès* .Les agen- ces de diennes dans ce lei, 0 vent p nouvel vendue tomb sil ut to Dis Tati à ctv Cehdi un bér Qube pério dite à nées ç d'après ferent du spa Pes Médiat lg pen LS | quel ciel i Talent fort 0 Prod le | Semon Sem Prt Te, Huy Ten; tftp p aly lap $ est ; IE Sme, Ce 1 hg da | Loti Er WvOIr Wien: - 5 cl, tech han ion Ter Is de insti mar pour aride os mer pr hie be near coup peur aust! dde mât oth pou Jad log Joant fort tp {ith ces de presse canadiennes sont apparues dans ce contexte.Celles-ci, on le sait, doivent produire des nouvelles qui seront vendues au plus grand nombre de médias possibles, ce qui exclut toute forme de biais partisan et garantit ainsi une objectivité maximale.Cela dit, il faut inscrire un bémol au chapitre québécois lors de cette période de la presse dite objective.Les années duplessistes d'après-guerre suscitèrent la résurgence du spectre de la Party Press dans le monde médiatique.En effet, les penchants autocratiques et autoritaires que l\u2019on connaît du chef unioniste l\u2019amenaient à exercer un fort contrôle sur la production journalistique.En plus de les semoncer et de les sermonner, Duplessis pratiquait un népotisme qui consistait à soudoyer financièrement les membres de cette profession alors mal rémunérée.La période duplessiste s'est achevée avec l'émergence d\u2019un troisième type de presse dans notre continuum historique, apparu dans les années 1950 CITOYENNETÉ et 1960.Plusieurs évé- nements survenus aux États-Unis, comme la guerre du Viét-Nam ou le Watergate, au Canada, avec le scandale du Trans-Canada cadre juridique a la profession afin de garantir légalement l'autonomie des journalistes.Sous cette ère, la distanciation entre autorités politiques et jour- Pipeline, et au Québec, avec celui du gaz naturel, ont agi comme catalyseurs de transition vers une presse de type critique.Dans ces quatre cas, les scandales avaient été déterrés par les journalistes, et les médias avaient remplacé, pour ainsi dire, le Parlement comme lieu de reddition de comptes, les journalistes se substituant en quelque sorte à l\u2019Opposition.Au Québec, cette période a coïncidé avec l\u2019incorporation de la Tribune de la presse qui venait conférer un nalistes ainsi que la volonté d'autonomie de la part de ces derniers ont pris de l'ampleur.Cette distanciation se remarque aujourd\u2019hui notamment avec le réaménagement des locaux de la Tribune de l'Hôtel du Parlement à l'édifice An- dré-Laurendeau ainsi qu'avec la raréfaction des activités communes.LA RELATION JOURNALISTES/AUTORITÉS AUJOURD'HUI La relation entre les deux parties s'oriente d'emblée autour d\u2019un enjeu, la production de l'actualité, et de deux ressources, l'information et la publicité.Il y a donc conflit autour de l'enjeu, puisque les deux veulent exercer un contrôle maximal sur la production de la nouvelle, mais, coopèrent nécessairement autour des ressources.En effet, l'information détenue par les autorités politiques est nécessaire aux journalistes, mais en revanche, la visibilité publique qu\u2019offrent les journalistes est, elle aussi, nécessaire a leurs vis-a- vis.La relation s\u2019inscrit donc dans une dynamique d\u2019interdépendance et une dialectique conflit/coopération constamment négociée de part et d'autre par les acteurs.On peut concevoir cette négociation de façon imagée par la règle du « donnant donnant ».Toutefois, cette interdépendance induite implique de toute évidence que ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019est totalement indépendant.L'autonomie des journalistes, comme celle des élus, se retrouve altérée, puis- qu\u2019ils ont de part et d'autre besoin de la ressource dont l\u2019autre dispose.Cela dit, à l'inverse, la détention d\u2019une ressource essentielle à l\u2019autre par chacune des parties leur confère un pouvoir de négociation qui rétablit une part de leur autonomie.Du côté des autorités politiques, des sources en l\u2019occurrence, le pouvoir dans la relation réside dans le contrôle de l\u2019information en amont.Autrement dit, ce pouvoir se manifeste par la menace implicite d\u2019une rétention de l\u2019information qui viendrait ainsi priver le journaliste de l'essence même de son travail.Cette menace est cependant limitée par certains facteurs, dont le monopole pratiquement impossible de l\u2019information.De plus, la proximité et une certaine connivence entre les journalistes de l'Assemblée nationale leur permettent d\u2019échanger aisément l\u2019information.Mais au-delà de ces raisons, le simple coût politique d\u2019une telle pratique est considérable.Le personnage politique risque d\u2019avoir mauvaise presse et, en con- TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 15 CITOYENNETÉ \u2026jÎribune de presse.séquence, de voir sa réputation se ternir.On peut alors convenir que le pouvoir des journalistes réside dans le contrôle de l'information en aval.Ainsi, la ressource dont ils disposent et qu\u2019ils contrôlent \u2014 et qui est nécessaire aux autorités politiques \u2014 c\u2019est la visibilité, l\u2019accès à l\u2019espace public\u201d.Conséquemment, leur pouvoir, que l\u2019on pourrait qualifier de publicitaire, s\u2019actualise dans la menace d\u2019une réduction de l'accès à cet espace public.Toutefois, il faut ici à nouveau apposer quelques bémols.Le pouvoir des journalistes se voit lui aussi altéré par quelques contraintes liées à une certaine dépendance envers les sources politiques et leur ressource, l\u2019information.Et ceci est plus particulièrement palpable dans la relation avec les ministres qu'avec les simples députés, les premiers détenant une information plus abondante et plus importante.Il y a donc une certaine concentration de l'information qui limite du même coup la possibilité pour les journalistes de diversifier les sources.Cette dépendance relative vis-à-vis des membres du gouvernement implique que les journalistes doivent demeurer soucieux d\u2019une certaine harmonie dans leurs relations avec ceux-ci et ménager la « susceptibilité des sources »°.Celle-ci consiste en la réaction d\u2019une autorité politique, la source, à la couverture antérieure qu\u2019aura faite de lui le journaliste.Par conséquent, une couverture peu élogieuse ou fallacieuse selon l\u2019élu peut amener ce dernier à devenir antipathique à l'égard de ce même journaliste et lui restreindre l'apport d\u2019information.À la lumière de cette brève rétrospective des pouvoirs respectifs des autorités politiques et des journalistes, force nous est de constater qu'il existe bel et bien des limites à ceux-ci en vertu de leur interdépendance et de leur nécessaire coopération.Cependant, le conflit naît autour de l'enjeu, soit la production de l\u2019actualité.Cet enjeu voit se confronter deux leitmotivs, deux rhétoriques antagoniques issues des intérêts divergents portés par les deux parties.Deux logiques de rôle s\u2019affrontent.Il se trace, à partir de la nature même de l'enjeu et des ressources disponibles, une dialectique conflit/ coopération qui s\u2019actualise dans ce que l\u2019on pourrait qualifier de love-hate relation.L'élément conflictuel de cette relation découle essentiellement des rôles que s\u2019attribuent d\u2019une part les autorités politiques et d\u2019autre part les journalistes.L'attribution de ces rôles, de plus en plus antagoniques, procède à son tour, chez les journalistes, d\u2019un mouvement allant dans le sens d\u2019une distanciation vis-à-vis des sources\u201d.De ce côté, on cherche à critiquer.Chez les autorités politiques, on veut faire passer l'information que l\u2019on possède sans qu'il y ait de distorsion en aval.Ainsi, deux logiques s'affrontent : persuader et critiquer.Les autorités politiques perçoivent le rôle des journalistes comme strictement informa- 16 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 tif : rapporter fidèlement les faits et non pas les commenter.À cet effet, il n\u2019est pas rare que des autorités politiques accusent les médias de les avoir mal cités, de les avoir cités hors contexte, d\u2019avoir maladroitement insisté sur tel aspect d\u2019une politique, etc®.Selon eux, les journalistes doivent agir en tant qu'intermédiaires neutres entre les élus et les citoyens.Lorsque les médias s\u2019arrogent le droit de juger les élus à la place des citoyens, ils se trouvent à usurper une légitimité qui ne leur revient pas de droit®.À l'inverse, les journalistes se reconnaissent un droit, une légitimité à critiquer et juger la performance des élus.Aux yeux des journalistes, borner sa profession à la simple information n\u2019est ni complet, ni valorisant et comporte, de surcroît, des risques.Le simple transfert d\u2019information des sources à la population consisterait à devenir le porte-voix servile des autorités politiques\".Devant cette menace d\u2019asservissement, le ton critique permet d'établir une distance qui confère au journaliste une aura d\u2019autonomie et d'indépendance par rapport à ses sources politiques, faisant de lui un véritable « watchdog ».Cela dit, les journalistes n\u2019évincent pas pour autant l'objectivité sur laquelle repose leur crédibilité\".Avec la neutralité, l\u2019objectivité est fondamentale et le journaliste doit constamment faire la preuve que son information n\u2019est pas biaisée par une quelconque affiliation partisane.Mais plus que la critique en tant que telle, c\u2019est la confusion des genres (objectif et critique) qui est particulièrement exécrée de la part des autorités politiques.Il se produit en effet un mélange des deux discours au sein d'un même genre journalistique, la nouvelle'?.Or, ce genre journalistique se prétend essentiellement objectif et factuel.Ainsi, lorsque des éléments critiques sont présentés sous couvert d\u2019objectivité, le message politique ou les informations issues d\u2019une source politique se retrouvent | biaisés HOEY fisati velle» Ce co din 1ols Ja re [ome dpi du cû pre quede d'autr puma hende oie Vers, don de dé mir les ly ages OÙ de form; feng fone LO Speci Min fa lem Lan des 9 tl thi dll la Ma Fg lagi fg ane Ing il a ota ques, lis biaisés.C\u2019est le phé- nomene d\u2019« éditoria- lisation de la nouvelle ».Ce conflit découlant d\u2019un antagonisme de roles s\u2019actualise dans la relation par une forme de méfiance réciproque.D'une part, du côté politique, on appréhende la critique des journalistes et d'autre part, chez les journalistes, on appréhende les abus de pouvoir ou autres travers que l\u2019on s\u2019est donné pour mission de dénoncer.De plus, on considère aussi que les élus et leur entourage tentent de retenir ou de manipuler l\u2019information qu\u2019ils détiennent, et ce, à plus forte raison avec la multiplication des spécialistes de la communication et des attachés de presse dans le milieu politique\"*.La professionnalisation des sources et la multiplication des attachés de presse et autres spécialistes en la matière participent finalement, en plus de la distanciation entre élus et journalistes, à la normalisation et à la régulation des rapports entre ceux-ci\"*.Bref, les rapports s\u2019insti- CITOYENNETÉ tutionnalisent.Pouvoirs ET CONTRAINTES STRUCTURELLES DES JOURNALISTES En raison de la position stratégique qu\u2019il occupe, le journaliste se voit automatiquement conférer un certain pouvoir.En tant qu\u2019intermédiaire entre les élus et la population, il devient en quelque sorte le médiateur de la communication publique et, dès lors qu'il détient une certaine autonomie, celui-ci peut agir avec une certaine liberté, faisant de lui un acteur politique à part entière muni de certains pouvoirs.Les pouvoirs Le premier pouvoir que l\u2019on reconnaît aux journalistes est celui de l\u2019agenda-setting, qui, comme son nom l'indique, consiste à établir l'ordre du jour des débats publics.Pour des raisons évidentes, inhérentes au temps et à l\u2019espace, les journalistes doivent choisir quelles nouvelles doivent être prioritaires, établissant ainsi une hiérarchie dans le flot d\u2019informations et le choix de la nouvelle publiée.Il y a donc un certain pouvoir exercé par les journalistes dans le choix délibéré des sujets abordés.En retour, ces sujets choisis et abordés reviennent sur la scène publique pour y définir et y alimenter les débats.À cet égard, le fait que les articles de journaux nourrissent les attaques de l'opposition en Chambre est un indice de ce pouvoir médiatique.Il faut aussi ajouter à cela le « spin » qu'il faut rattacher en bonne partie à la culture journalistique particulière régnant à la Tribune de la presse de l\u2019Assemblée nationale.La connivence entre journalistes et l'influence des vétérans combinées imposent le « lead » et le contenu de la nouvelle, provoquant du même coup l\u2019uniformité de la couverture médiatique et l'omission subséquente des sujets jugés non prioritaires.Ce « fonctionnement en chorale de la presse »!'* confère aux médias une cohérence et, par conséquent, un pouvoir accru dans le monde politique et social.Ainsi, ce pouvoir ne consiste pas à dire quoi penser, mais bien sur quoi penser\u2019.Cela dit, on peut attribuer aux journalistes un pouvoir corollaire à celui d'agenda-setting, qui, lui, n'indiquerait pas à quoi penser, mais bien comment penser.C\u2019est ce que l\u2019on appelle le priming, qui consiste plus précisément à définir un « agenda d\u2019attributs » donnant un effet d\u2019« orientation »'\u201d.Autrement dit, en insistant sur certains sujets ou aspects politiques, les journalistes se trouvent à identifier implicitement les critères sur la base desquels les citoyens évalueront leurs élus.Par exemple, en insistant sur les problèmes entourant les affaires de lobbying entre le Parti québécois et la firme de lobbying Oxygène 9 au courant de l'hiver 2002, les médias ont fourni un critère à partir duquel la population allait juger son gouvernement.Un autre pouvoir découle des deux précédents, soit celui de consécration.Lorsque les médias mettent les projecteurs sur un personnage quelconque, celui-ci devient, en quelque sorte, célèbre ou, du moins, connu du grand public.C\u2019est le pouvoir « publicitaire » des médias.Actuellement, par exemple (N.D.LR.: 2001-2002), les médias couvrent énormément l'ADO et son chef, Mario Dumont.Cetui- ci jouit depuis quelque temps d\u2019une publicité qui jusqu'alors était passablement faible.Parallèlement à cela, le pouvoir de consécration est aussi celui de destruction, comme le rappelle l'exemple des torts causés au gouvernement du Parti québécois par l\u2019insistance sur les « affaires » de lobbying.Ultimement, nous dirions que les journalistes font davantage qu'indiquer a la popu- TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 17 CITOYENNETÉ .Iribune de presse.lation sur quoi penser (agenda-setting) ou méme comment penser (priming).En raison de leur attitude de plus en plus critique a l'égard des autorités politiques, ils en viennent finalement à dire quoi penser.Il s\u2019agit pour nous, en quelque sorte, de la résultante du phénomène palpable d\u2019« éditorialisation » de la nouvelle.Cette métamorphose du journalisme vers des formes « éditoriali- santes », avec ce qu\u2019elles impliquent, n\u2019est pas sans s'accompagner d\u2019un certain cynisme.Le « métajournalisme » consacre en quelque sorte cette scission dans le monde politique entre discours et faits d\u2019une part, et intérêts et objectifs inavoués d'autre part.En ce sens, la prémisse de base présume que le politicien est malhonnête et cherche à cacher des informations.Les contraintes structurelles Cependant, bien que ces pouvoirs soient réels et que leurs conséquences soient manifestes, la pratique du journalisme n\u2019est pas sans entraves ni contraintes.Et en ce sens, les médias ne sont pas omnipotents ni tout-puissants.Les logiques organisationnelles, c\u2019est-à-dire relatives à l\u2019organisation pratique du travail journalistique, comportent plusieurs contraintes inhérentes principalement au temps et à l\u2019argent.Dans ce métier propulsé par l'urgence, le manque de temps contraint notamment le journaliste à recourir fréquemment aux mêmes sources!'®, la quête de nouvelles sources exigeant de toute évidence des efforts et surtout des heures supplémentaires.Ce qui attend généralement le journaliste avec cette contrainte, c\u2019est la « routini- sation » de son travail.La question financière peut quant à elle mener à des conséquences similaires.En effet, maintenir une distance vis-à-vis des sources politiques et assurer une bonne analyse des informations reçues nécessite d\u2019abord, pour l\u2019entreprise de presse, la constitution d\u2019un réseau de sources d\u2019information vaste et diversifié, et ensuite \u2014 par voie de conséquence \u2014 une équipe nombreuse, étoffée et stable\u2019, ce qui implique nécessairement des sommes considérables d'argent que peu de médias peuvent se permettre d\u2019investir.CONCLUSION Entre toute-puissance et servitude, et entre indépendance et dépendance, où se situent les médias dans la sphère politique québécoise?Sont-ils réellement un qua- trieme pouvoir?Une seconde opposition a I\u2019 Assemblée nationale?Avec quelques nuances bien explicitées, nous répondrons beaucoup plus par l\u2019affirmative que par la négative.Historiquement, il est indéniable qu\u2019au Québec les journalistes ont acquis au fil du temps une grande part d\u2019indépendance et d\u2019autonomie vis-à-vis des autorités politiques.Cependant, la relation que les journalistes entretiennent avec les autorités politiques implique une évidente interdépendance.Bien qu'il soit malaisé de déterminer laquelle des deux parties exerce 18 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 le plus d'autorité et de pouvoir sur l\u2019autre, ce qui démontre déjà assez clairement qu'il n\u2019est pas question en tout cas d'une nette domination des journalistes par les élus, le fait qu'il y ait négociation de part et d'autre suggère que les journalistes exercent un pouvoir réel.Mais que font les journalistes de ce pouvoir?A l'heure actuelle, le ton critique semble s\u2019exacerber avec l'adversité et la distance à l\u2019égard des sources politiques.À notre avis, ceci n\u2019est pas sans participer à une montée du cynisme dans le journalisme et, par ricochet, dans le discours populaire.Ainsi, dans le paradoxe le plus complet, la volonté des journalistes d\u2019être de véritables « watchdogs » aura suscité des effets pervers contribuant à la détérioration de la démocratie même qu'ils prétendent pourtant protéger.NOTES 1 David TARAS, The Newsmakers: the media's influence on Canadian politics, p.45 2 Taras GRESCOE, Sacré blues: un portrait iconoclaste du Québec, Montréal, 2002, VLB, p.155 3 David TARAS, op.cit, p.43 4 David TARAS, op.cit, p.50 5 Ibid, p.350 6 Ibid, p.44 7 Erik NEVEU, op.cit, p.40 8 Anne-Marie GINGRAS et Manon TREMBLAY inManon TREMBLAY et Marcel R.PELLETIER, Le systéme parlementaire canadien, Sainte-Foy, PUL, 1996, p- 89 9 Jean CHARRON, op.cit, p.30 10 Ibid., p.198 11 Ibid, p.30 12 Ibid, pp.203-204 13 ASSEMBLÉE NATIONALE, « Les 125 ans d\u2019une institution parlementaire: la Tribune de la presse », op.cit., p.12 14 Jean CHARRON, op.cit, p.327 15 Erik NEVEU, op.cit, p- 54 16 Arthur SIEGEL, Politics and the media in Canada, Toronto, McGraw- Hill Ryerson, 1996 17 Jean CHARRON, op.cit., p.80 18 Anne-MarieGINGRAS, op.cit., p.56 19 Erik NEVEU, op.cit., p.40 otc tnt | 3 | NB, L \u2018| 5,0 5, 0 I Ty PR x CS - a cycle pU\u2019 Teel) DNS ; VAE Rs re i A | met areas Chantal Lalongé, Jean-Claude Larouche qi £ ISBN 2-7608-4671-7 LE, A 272p.pr | i | Le contenu du programme de géographie vise le ] Lo * 2 wi développement de trois compétences : Mi | * Lire l\u2019organisation d\u2019un territoire ; * Interpréter un enjeu territorial ; e Construire sa conscience citoyenne à J Péchelle planétaire.Ww sl Ce programme permettra à l'élève d'étudier : prog p ol plusieurs territoires à des échelles différentes, allant «0 d'une ville à un pays ou encore à une région sur la planète.A pans ib a 4350, avenue % de l\u2019Hôtel-de-Ville NX Montréal (Québec) H2W 2H5 a Téléphone: (514) 843-5991 & Télécopieur : (514) 843-5252 -\u2014 Site Internet: S LID=C http://www.lidec.qc.ca CA Courriel : lidec@lidec.gc.ca +4 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 19 E ceri ap REPERES Champlain en Acadie L\u2019HIVER À L\u2019ÎLE SAINTE-CROIX COMITÉ DE RÉDACTION \u2014 TRACES N.D.L.R.: En 1613, Champlain publie un « journal très-fidèle des observations faites es def couvertes de la nouvelle France .» Il le dédit «Au Roy».En ce 400° anniversaire du séjour de Champlain à l\u2019île Sainte-Croix, nous publions des extraits de ce journal afin de laisser l\u2019explorateur décrire dans ses propres termes l'hiver 1605.Nous avons respecté au plus près possible la graphie de l\u2019auteur.Nous avons utilisé le signe «f» en lieu et place du signe utilisé par l\u2019imprimeur du XVIF siècle pour représenter le «s», car nous ne disposions pas du symbole nécessaire.L ES VOYAGES DV SIEVR DE CHAMPLAIN XAINTONGEOIS, CAPITAINE ordinaire pour le Roy, en la marine.DIVISEZ EN DEVX LIVRES.L'île Sainte-Croix « Faifant l'oueft noroueft trois lieux par les ifles, nous entrafmes dans vne riuiere qui a prefque demye lieue de large en fon entrée, où ayans faict vne lieue ou deux, nous y trouuafmes deux ifles; l\u2019vne fort petite proche de la terre de l\u2019oueft : & l\u2019autre au milieu qui peut auoir huict ou neuf cens pas de circuit, efleuée de tous coftez de trois à quatre toifes de rochers, fors vn petit endroict d\u2019vne poincte de Sable & terre graf fe, laquelle peut feruir à faire des briques, & autres chofes necef faires.Il y a vn autre lieu a couuert pour mettre des vaiffeaux de quatre vingt à cent tonneaux : mais il af feche de baf fe mer.[.] Ce lieu eft nommé par le fieur de Mons l\u2019ifle faincte Croix.[.] N\u2019ayant trouué lieu plus propre que cefte Ifle, nous commengames a faire vne barricade fur vn petit iflet vn peu feparé de l'ifle, qui feruoit de platte-forme pour mettre noftre canon.» Voici un exemple de la façon dont nous avons transcrit le document « Comme nous arriuafmes à l\u2019ifle S.Croix chacun acheuoit de fe loger.L'yuer CHAPITRE VI.Omme nous arriuafmes à l\u2019ifle S.Croix chacun acheuoit de fe loger.L\u2019yuer nous fur- nous furprit plufto/t prit pluftoft que n\u2019efperions, & nous empefcha que n'efperions, & nous empe/cha de de faire beaucoup de chofes que nous nous eftions faire beaucoup de chofes que nous nous propofées.Neantmoins le fieur de Mons ne laifla eftions propofées.» de faire faire des iardinages dans I'ifle.Beaucoup Comparez les deux textes.20 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 i REPÈRES L'hiver arrive tôt.« Les neges commencerent le 6.du mois d\u2019Octobre.Le 3.de Decembre nous vifmes paffer des glaf fes qui venoyent de quelque riuiere qui éftoit gellée.Les froidures furent afpres & plus excef fiues qu'en France, & beaucoup plus de durée : & n\u2019y pleuft prefque point ceft yuer.le croy que cela prouient des vents du nord & noroueft, qui paf fent par def fus de hautes montaignes qui font toufiours couuertes de neges, que nous eufmes de trois à quatre pieds de haut, iufques à la fin du mois d\u2019'Auril; & auffi qu\u2019elle fe concerue beaucoup plus qu'elle ne feroit fi le païs eftoit labouré.» La maladie frappe.« Durant l\u2019yuer il fe mit vne certaine maladie entre plufieurs de nos gens, appelée mal de terre, autrement Scurbut, à ce que l\u2019ai ouy dire depuis à des hommes doctes.(.) de façon que de 79.que nous eftions, il en mourent 35.& plus de 20.qui en furent bien prés : La plus part de ceux qui refterent fains, fe plaignoient de quelques petites douleurs & courte haleine.Nous ne pufmes trouuer aucun remede pour la curation de ces maladies.(.) Ceux qui y refterent malades furent gueris au printemps; lequel commence en ces pays la eft en May\".» de Kore 1.1 semble ici que Champlain ait effectué une correction à son texte et oublié de retirer le mot «est».L'habitation de l\u2019Île Sainte-Croix Le froid règne, l'eau est rare.A.logis du sieur de Monts; B.Maison publique où l\u2019on passait le ., temps durant la pluie; C.le magasin; D.logements des Suisses: E.ia « Durant cet yuer nos boif fons gelerent toutes, horfmis le vin d\u2019Efpagne.vb On donnoit le cidre à la liure.La caufe de cefte parte fut qu\u2019il n\u2019y auoit point de caues au magazin : & que l'air qui entroit par des fentes y eftoit plus afpre que celuy de dehors.Nous eftions contraints d\u2019vfer de trefmauuaifes eaux, & boire de la nege fondue, pour n\u2019auoir ny fontaines ny ruiffeaux : car il n\u2019eftoit pas pof fible d'aller en la grand terre, à caufe des grandes glaces que le flus & reflus charioit, qui eft de trois braf fes de baf fe & haute mer.» L'hiver est plein d'enseignements sur le pays.« Il eftoit mal-aifé de recognoiftre ce pays fans y auoir yuerné, car y arriuant en eté tout y eft fort aggreable, à caufe des bois, beaux pays & bonnes pefcheries de poif fon de plufieurs fortes que nous y trouuafmes.Il y a fix mois d\u2019yuer en ce pays.» On a hâte de partir.« Nous attendions nos vaiffeaux à la fin d\u2019Auril lequel eftant paffé chacun commença à auoir mauuaife opinion, craignant qu'il ne leur fuft arriué quelque fortune, qui fut occafion que le 15.de May le fieur de Mons delibera de faire accommoder vne barque du port de 15.tonneaux, & vn autre de 7.afin de nous en aller à la fin du mois de luin à Gafpé, chercher des vaiffeaux pour retourner en France, fi cependant les noftres ne venoient : mais Dieu nous affifta mieux que nous n\u2019efperions : car le 15.de luin enfuiuant eftans en garde enuiron fur les onze heures du foir, le Pont Capitaine de l\u2019vn des vaiffeaux du fieur de Mons arriua dans vne chalouppe, lequel nous dit que fon nauire eftoit ancré à fix lieues de noftre habitation, & fut le bien venu au contentement d\u2019vn chacun.Le lendemain le vai/feau arriva, & vint mouiller l'ancre proche de noftre habitation.» On cherche un meilleur endroit.ee css =e \u2014 « Le 17.du mois le fieur de Mons fe delibera d\u2019aller chercher vn lieu A PARIS, lus propre pour habiter & de meilleure temperature que la noftre (.) » hez lea BErjON, rue S.lean de Beauvais, au Cheual P propre p P q f (- Chez volant, & en fa boutique au Palais, à la gallerie des prifonniers.Nous avons utilisé la réédition des Oeuvres de Champlain.publiée en 1870 parl'abbé C.-H.Laverdière, sous M.DC.XIII.| le patronage de l'université Laval, et reprise par les AVEC PRIVILEGE DV ROY.Editions du Jour en 1973.TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 21 J'AI LU, VU, ENTENDU Les amours de Montréal AU CARREFOUR DES CULTURES CLAUDE-SYLVIE LEMERY DIRECTRICE, COMMUNICATIONS-MARKETING \u2014 Musée DE POINTE-À-CALLIÈRE ONTRÉAL LA ROMANTIQUE, MONTRÉAL LA CHARMANTE, MONTREAL LA SEDUCTRICE ! POINTE-A-CALLIERE, MUSEE D'ARCHÉOLOGIE ET D'HISTOIRE DE MONTRÉAL, PRÉSENTE LES AMOURS DE MONTRÉAL \u2014 AU CARREFOUR DES CULTURES, UNE NOUVELLE EXPOSITION QUI POSE UN REGARD KALEIDOSCOPIQUE SUR L'HISTOIRE D'HOMMES ET DE FEMMES D'ICI OU D'AILLEURS QUI AIMENT MONTREAL ET QUI L'ONT CHOISIE POUR S'AIMER ET Y VIVRE.Présentée dans l\u2019édifice de l\u2019Ancienne- Douane, cette exposition arrive en fin de parcours du Musée de telle sorte qu\u2019elle aura permis aux visiteurs de suivre l\u2019histoire de Montréal de l'époque amérindienne à nos jours.Cette exposition porte un regard émouvant sur les personnes qui ont choisi Montréal comme terre d'accueil pour y vivre, y travailler, s\u2019y marier, élever des enfants, échanger avec des Montréalais d\u2019origine, et devenir eux-mêmes des Mon- tréalais à part entière fiers de partager leurs richesses culturelles, celles de leur pays quitté, il y a 2 ans, 5 ans, 10 ans, 25 ans.Grace a des objets et des témoignages recueillis aupres de Montréalais, des photographies montrant des paysages urbains, des projections vidéo- graphiques et des œu- vres de quelques artis- lv ME : 2 carrefour des populations qu'est notre ville.En début de parcours, une première zone situe le visiteur entre le fleuve et la montagne pour lui faire décou- AL.Le début du parcours de l'exposition situe le visiteur entre le fleuve et la montagne.Les textes et photographies de dix-sept quartiers de Montréal nous font voyager du Quartier Latin jusqu\u2019au Mile-End, en passant par le Quartier Chinois, Parc Extension, le Centre- Ville, le canal de Lachine et la Petite Italie.Photo : Normand Rajotte tes montréalais, l\u2019exposition présente une succession de regards intimistes sur Montréal.Le tout devient un portrait en neuf tableaux déclinés à partir de trois mots porteurs : «Vivre à Montréal» où l\u2019on découvre une réalité qui mène le visiteur vers l'essence même du 22 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 vrir la diversité de cette grande ville.Des textes et des photographies de dix-sept quartiers de Montréal nous font voyager du Quartier Latin jusqu\u2019au Mile-End, en passant par le Quartier chinois, Parc Extension, le Centre- Ville, le canal de La- chine et la Petite Italie.Le visiteur entre ensuite dans le secret des cœurs des Montréa- lais par le biais de correspondances diverses.Des lettres, des valentins, des cartes postales, des courriels et d\u2019autres tendres messages se laissent découvrir.Instant touchant que la lecture d\u2019une correspondance entre une jeune Mon- tréalaise, son frère et un ami, ces derniers étant soldats canadiens durant la Seconde guerre mondiale.Des objets de toutes provenances, souvent discrètement insérés dans le paysage mon- tréalais, témoignent de la grande diversité des traditions que l\u2019on y retrouve.Trois moniteurs-vidéo font ensuite voir et entendre des témoignages de couples mixtes pour lesquels Montréal a joué à « l\u2019entremetteuse ».Il ressort de ces confidences à la fois amusantes et romantiques, l'idée que Montréal est une merveilleuse toile de fond pour les histoires d\u2019amour.C\u2019est dans la pluralité des cultures que s\u2019ex- SUITE : PAGE 24 \u2014> les I Les Editions CEC couvrent la Réforme dans le temps et dans l'espace avec 2 nouveaux manuels qui sortent des sentiers battus.PARUTION EN AVRIL 2005 PE Tout est prêt pour que vous amorciez la Réforme en toute confiance au 1°\" cycle du secondaire avec Regards sur les sociétés et Cap sur les territoires.Ces 2 nouvelles collections très souples s'adaptent à vos besoins et à ceux de vos élèves tout en demeurant d'une conformité exemplaire aux nouveaux programmes de formation du MEQ.Un coup d'œil à ces nouveautés vous convaincra de la justesse de nos dires.LES EDITIONS CEC 8101, boul.Métropolitain Est, Anjou (Québec) H1J 1J9 Téléphone : (514) 351-6010 Télécopieur : (514) 351-3534 © QUEBECOR MEDIA I\" www.Editionscec.com UN CHOIX INTELLIGENT TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 23 J'AI LU, VU, ENTENDU .l1es amours.0d \u201c0 POINTE-À CALLIÈRE priment aussi les différences de chacun.Et c\u2019est ainsi que la plus importante ville française des Amériques a grandi et qu\u2019elle poursuit sa croissance, Ne soyez donc pas surpris de voir réunis, dans des vitrines, un bracelet indien pour bébé, deux poupées japonaises et un mélangeur Osterizer, des signes tangibles de présents offerts à l\u2019occasion de multiples rituels et cérémonials.Ceux qui s'intéressent à la généalogie pourront s\u2019attarder autour de bornes interactives en généalogie qui permettent de découvrir les origines lointaines de plusieurs familles montréalaises.C\u2019est autour d\u2019un bon plat que les liens se tissent, que les langues se délient et que les coeurs se nouent.Défilent sous nos yeux des images de fêtes multiples, à commencer par la traditionnelle fête nationale québécoise, la célébration du 14 juillet français, l'heure du thé chez les Japonais, une noce juive, la fête de la Saint-Patrick, la fête nationale grecque, ou lors d\u2019une fête haïtienne.Les artistes montréa- lais venus d'ailleurs s\u2019inspirent souvent de leur ville d'accueil pour créer des ceuvres qui portent l'esprit du lieu, le génie de notre ville.Ainsi, il est question de créateurs, qui jonglent sans cesse avec les ressemblances et les contrastes des cultures, puisent dans ce merveilleux choc leur matière première pour écrire, peindre, chanter, danser, sculpter et faire du cinéma.L'exposition se termine par un regard sur l'avenir.Et cet avenir, il appartient aux enfants.Fruits de ces multiples histoires d'amour, petits ponts vivants entre ces cultures faites pour s'unir, ils nous laissent avec leur vision de leur ville, un Montréal coloré, vivant et harmonieux.Au milieu de ces reproductions de dessins en format géant, le Visiteur n'aura qu'une envie, fredonner un air connu, devenu symbolique pour cette exposition : I! y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai\u2026 24 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 UNE INVITATION EST LANCÉE Écrivez-nous votre « plus belle histoire d\u2019amour à Montréal » Afin de célébrer Montréal, Pointe- à-Callière lance le concours Ma plus belle histoire d'amour à Montréal, une invitation au public à nous faire, à son tour, ses confidences.Nous demandons au grand public de nous acheminer le récit d'une belle histoire d'amour vécue à Montréal, dans un de ses quartiers, ses rues, OU lors d'un événement qui s\u2018y est déroulé.Ces témoignages, d'au plus 500 mots, peuvent nous être acheminés par la poste ou par courriel et certains d\u2019entre eux seront exposés, d'ici quelque temps, dans l'édifice de l\u2019An- cienne-Douane.Cinq de ces lettres seront sélectionnées au hasard le 1° avril 2005 et les auteurs de ces lettres recevront un de nos prix pour deux personnes, soit un brunch du dimanche au restaurant du Musée L'Arrivage, des flûtes à champagne et des cartes de souhaits à l'effigie de l'exposition.On peut envoyer le tout à : Ma plus belle histoire d'amour à Montréal, Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, au 350, place Royale, Vieux-Montréal, H2Y 3Y5 ou par courriel à l\u2018adresse amoursdemontreal@pacmusee.qc.ca = Hassuna & (0° ASSYRIE Désert d'Arabie Haute-Mésopotamie [7 Basse-Mésopotemie Assur eJarmo Supp, Sama od Mari BN \u201cis, Babylo ong 8 2 FLAM sj deh Diem sg Fa sh ler res, à travers de lentes migrations et des relations commerciales, est une des caractéristiques fondamentales de la région.D'ailleurs, dès le départ, la dualité du monde méso- potamien, avec la présence des Sumériens et des Akkadiens, va contribuer à faire de cette civilisation une symbiose à travers les siècles.Toutefois, l'unité apparente qu'ont imposée le Tigre et l'Euphrate n\u2019a pas permis la naissance d\u2019un peuple unique.Les Mésopo- tamiens n\u2019ont pas existé comme tel.Il y eut les Sumériens, les Akkadiens, les Babyloniens, les Assyriens.Le Proche-Orient antique a donc été, pendant trois millénaires, une mosaïque de peuples dont les diverses cultures se sont entrechoquées et copéné- trées au rythme des invasions, des guerres et des échanges commerciaux.Et un certain nombre de cités, de royaumes et d\u2019empires de plus en plus grands y ont exercé une hégémonie.En TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 27 HSE sr rss = DOSSIER .Mésopotamie.fait, on peut considérer l\u2019histoire du monde mésopotamien comme un déplacement progressif du siège du pouvoir vers le nord du territoire avec les dominations successives de Sumer, d\u2019Akkad, de Baby- lone, puis de l\u2019Assyrie, de la Perse.EVOLUTION DES PÔLES DE POUVOIR La révolution urbaine ayant eu lieu en Mésopotamie, c'est aussi dans cette région, plus précisément au pays de Sumer* au IH millénaire, que sont nées les premières cités- États.L'Histoire a bien commencé à Sumer, comme l'indique le titre du célèbre ouvrage du sumérologue S.Kramer, « du moins celle des événements, des dynasties, des souverains, des empires, mais aussi celle de l\u2019économie ou de la société.»* Progressivement s\u2019est mis en place un réseau hiérarchisé de villes d\u2019où a émergé une capitale.Ces villes, comme Uruk (Ourouk), Ur (Our), Lagash, se situaient à proximité des fleuves.Il s'agissait de centres de relations et de décisions où se rencontraient les hommes, où s\u2019échangeaient les marchandises, où se diffusaient les idées.Chacune avait son monarque, ses dieux et ses temples.Certaines sont même devenues des rivales, notamment à cause de répartition de ressources naturelles, telles que l\u2019eau, déclenchant ainsi des conflits et suscitant des hégémonies temporaires.Cette période des cités-États de Sumer a duré environ 500 ans, soit la première moitié du Ille millénaire.Vers 3000 avant notre ère, des nomades sémites du désert de Syrie s\u2019établissaient en Mésopotamie et fondaient des villes comme Babylone, Mari et Akkad.Et Akkad devint, sous le roi Sargon au milieu du 3° millénaire, la capitale d\u2019un premier royaume méso- potamien.Ce royaume fut de courte durée (environ 150 ans) car des soulèvements intérieurs et les attaques d\u2019ennemis extérieurs amenèrent sa disparition.Toutefois, cette première expérience a laissé des traces : Sargon fut considéré comme le créateur et le premier réalisateur de l\u2019idée d'un royaume comme idéal de paix et de prospérité, mettant de l\u2019avant l'unité au lieu de la diversité.Mais les tendances autonomistes resurgirent à la fin du 22° siècle avec la renaissance des cités-États sumériennes, notamment autour de Our.On assista alors à une floraison artistique et littéraire ainsi qu\u2019à de gigantesques travaux de construction.Mais très rapidement deux futures grandes puissances revendiquèrent l'héritage sumérien : Assyrie et surtout Ba- bylone.Cette ville devint la véritable capitale du territoire autour de 1900 et mit en place un royaume.Le sixième roi et le plus célèbre de cette période paléo- babylonienne fut Hammourabi (18° siècle), souverain législateur et guerrier auquel il faut associer bien évidemment le fameux Code d\u2019Ham- mourabi dont nous reparlerons plus loin.Il agrandit et unifia le premier royaume babylonien en regroupant sous une même administration centralisée les territoires an- 28 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 nexés d\u2019Akkad et de Sumer, le royaume de Mari et l\u2019Assyrie.\"\u201d Après la mort d'Ham- mourabi, une grave crise économique et une attaque des Kas- sites (des montagnards du Zagros se conjuguèrent pour affaiblir le royaume puis provoquer son effondrement.À cette époque, la stabilité du Proche- Orient fut modifiée entre autres par l'invasion de groupes nomades et semi-nomades connus sous le nom d\u2019Indo-Européens\"!.Ainsi au début du 16° s., les Hittites, des Indo- Européens venus d\u2019Ana- tolie, descendirent l\u2019Euphrate et s\u2019emparèrent de la ville.Donc, à la suite de ces invasions, de grands empires s\u2019effondre- rent et d\u2019autres se reconstituèrent.Au XII siècle, les Assyriens devinrent maîtres de Babylone et créèrent un véritable empire qui s\u2019étendit des régions montagneuses de l\u2019est de la Mésopotamie jusqu\u2019en Syrie et en Égypte.Ce succès, ils le devaient à leur puissance militaire, et plus particulièrement à leur infanterie composée de piquiers et d\u2019archers, et surtout a leur cavalerie.Ils érigèrent en système le pillage et la destruction des villes conquises, la mutilation et la décapitation et la réduction en esclavage des prisonniers ainsi que les déportations massives de peuples vaincus.L'Assyrie fit trembler toute la Mésopotamie, et même tout le Proche-Orient.Les expéditions militaires annuelles ou presque permirent de faire rentrer les tributs sans avoir à installer une administration permanente et des garnisons coûteuses.Cet empire posséda trois capitales successives : Assur (1 capitale), Nimrud' (a partir de 850) et Ninive!'* (à partir de 700).À la fin du VII* siècle, la faiblesse du pouvoir central, des intrigues à la cour ainsi que des révoltes continuelles dans les territoires furent quelques-uns des problèmes que connut cet empire.Les Babyloniens et leurs alliés mèdes écrasèrent les Assyriens et s\u2019emparèrent de leur capitale, Assur, en 614 et de Ninive, en 612.Ces différents épisodes signalèrent la fin de l'aventure assyrienne et le début d\u2019un nouvel empire babylonien qui fut de très courte durée, soit environ 65 ans (605 -539).Il faut bien comprendre que dans un contexte de domination universelle, il n\u2019y a pas de place pour deux puissances dominantes : l\u2019une succède à l\u2019autre.Les Mèdes abandonnèrent donc la Mésopotamie aux mains de leurs alliés babyloniens qui achevèrent leur conquête des plaines du Tigre et de l\u2019'Euphrate, de la Syrie et de la Palestine.Cet empire néo-babylo- nien, quoique d\u2019une courte durée de vie, fut particulièrement brillant.Un souverain laissa sa marque, il s\u2018agit de Nabuchodo- nosor (604 -562), un remarquable adminis- DOSSIER trateur qui remit en place une administration efficace sur l\u2019ensemble du territoire, une administration centrale au palais et une administration provinciale avec des gouverneurs.Pour Daniel Arnaud, auteur d\u2019une récente biographie de ce souverain, « exceptionnels (.) furent les résultats : le Croissant fertile reconquis et finalement apaisé, les principaux temples reconstruits, la capitale incomparablement embellie.»!* On assista aussi à une renaissance dans les arts, la littérature, l\u2019architecture'* , les sciences avec comme noyau principal la plus grande et la plus importante ville de l\u2019Antiquité orientale Baby- lone'® .Au VIe siècle, Nabuchodonosor s\u2019empara de Jérusalem, ses armées détruisirent la cité et notamment le Temple et emmenerent une partie des Hébreux en captivité.La domination babylonienne ne fut pas très longue et dès 539, Cyrus, roi des Perses, accueilli sans hostilité et même comme un libérateur, s\u2019empara de Baby- lone.Cette dernière devint le centre d\u2019une province perse, une des satrapies.Avec l'Empire universel perse (539 -331), le centre d'équilibre sortit du monde mésopo- tamien pour se déplacer à l\u2019est, vers l\u2019actuel Iran.Quand les Perses prirent Babylone, ces nomades indo-européens étaient des quasi-inconnus pour le Proche-Orient.Cyrus le Grand renversa le souverain des Mèdes et s'empara de la capitale, il devint le fondateur de l'empire achéménide.Grâce à la cavalerie appuyée par des archers et des piquiers, les Perses se révélèrent de grands conquérants.Après I\u2019 Asie Mineure, ce furent les territoires syrien et mésopotamien.A Babylone, Cyrus libéra les Juifs et autorisa leur retour en Is- raél et la reconstruction du Temple.\u201d Son fils, Cambyse IL, s\u2019empara de l'Égypte en 525.C\u2019est la première fois qu'un empire du Proche-Orient atteignait des dimensions mondiales : il s\u2019étendait d\u2019est en ouest, de la vallée de l'Indus aux frontières de l'Égypte et jusqu\u2019à la Thrace.Le V\" siècle fut plus difficile pour l'Empire perse avec les Guerres médiques (490 -470) qui les opposèrent aux Grecs.Finalement, après de nombreuses dissensions et révoltes, l'empire achéménide s\u2019effondra entre 333 et 331 devant Alexandre le Grand qui fit de Baby- lone son éphémère capitale.D'une certaine façon, leur empire préfigurait celui d\u2019Alexandre, puis celui des Romains.En plus d\u2019être de grands conquérants, les Perses ont été de remarquables administrateurs de l\u2019empire qu\u2019ils ont mis sur pied.Pour conserver le territoire, ils le divisèrent en une vingtaine de satrapies'® reliées entre elles par des routes et un service de courrier qui partait du palais, base 1L FAUT NOUS EXCUSER, ON Vous A AKKADIENS / NOUS LES SUMÉRIENS, NOUS SOMMES EN GUERRE CONTRE Eux / CO PRIS POUR DES LA PROCHAINE FOIS, TÂCHEZ DE VOUS INFORMER EST-CE QU'ON A UNE TETE D'AKKADIEN, NOUS 7 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 29 BER ran | \" it hts DOSSIER .Mésopotamie.du pouvoir central.Selon les attitudes des dirigeants, les régions conservèrent leur administration ou étaient directement gérées par un satrape.Ce système favorisait la surveillance mutuelle et la dénonciation auprès du pouvoir central, mais aussi le respect des particularismes.Ainsi, les Perses firent montre de justice, de tolérance religieuse et de respect envers les peuples conquis, à la condition que ceux-ci paient leur tribut bien évidemment.Une des meilleures illustrations de ce phénomène fut le départ des captifs de Babylone pour retourner à Jérusalem.De plus, les Perses créèrent une monnaie impériale, la darique d'or, tout en maintenant les monnaies locales.De la même façon, l\u2019art achéménide était très éclectique et emprunta des caractéristiques à toutes les composantes de l'Empire perse.\u201d Une fois de plus, la disparition de cet empire est à lier à des problèmes internes (particulièrement des difficultés dynastiques et successorales constantes, mais aussi une aristocratie puissante et intrigante, une mosaïque de peuples épris d'indépendance, la pression financière liée aux grands travaux et aux guerres; tous ces facteurs expliquent les révoltes), mais aussi externes (la supériorité des hoplites grecs et la chance d\u2019Alexandre!).Pour l\u2019historien Pierre Cabanes, « l'effondrement de l'Empire achéménide est probablement plus imputable à une fragilité de ses structures qu\u2019à cette vague notion de décadence : l\u2019unité des possessions était mal assurée et l\u2019histoire des Sé- leucides\u201d montre bien que cette fragilité demeure après la victoire d\u2019Alexandre le Grand.»\u201d! Ainsi, à partir de 331, le territoire mésopota- mien tomba dans le giron hellénistique lorsque Alexandre s\u2019empara de l\u2019Empire perse.« L'hellénisme triomphant va recouvrir cet Orient qui pendant cinq millénaires avait rayonné vers l'Occident, et qui désormais recevra de lui ses forces vives.»\u201d Les successeurs d\u2019Alexandre, les Sé- leucides, restèrent présents en Mésopotamie jusqu\u2019en 64, puis ce fut au tour des Parthes et des Arabes de mettre la main sur cet espace.Comment expliquer le déclin et la mort de la civilisation mésopotamienne?Plusieurs facteurs ont joué un rôle : l'absence prolongée d'un gouvernement « national », l\u2019hellénisation par Alexandre et surtout les changements profonds ethniques, linguistiques, culturels et religieux introduits par les vagues successives d\u2019envahisseurs.À la fin, pour l\u2019historien Georges Roux, nous avons affaire à une civilisation sclérosée dont la fidélité aux traditions, qui avait assuré sa cohésion et sa stabilité, était devenue un handicap.Il n'hésite pas à dire, en résumant un phénomène très complexe en une formule simple, qu'elleest « morte de vieillesse ».\u201d L'évolution des pôles de domination dans le monde mésopotamien nous a permis d\u2019assister à la domination des cités-États, des royaumes, et des empires.Ces derniers se présentaient comme une organisation étati- 30 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 que centralisée avec un peuple conquérant, une bureaucratie efficace, une mosaique d\u2019ethnies aux langues et coutumes variées ainsi qu'une extension des échanges commerciaux à longue portée.Leur formation s'explique souvent par l'absorption d\u2019un royaume par un autre, donnant ainsi au vainqueur un surplus de puissance qui lui permettra de prétendre à une hégémonie de plus en plus grande.En fait, de la cité-État au royaume puis à l\u2019empire, le fondement restait le même, « seules les dimensions changent par l'accumulation d'unités de base ».Et cette très grande importance prise par les cités explique peut- être en partie la faiblesse des grandes constructions méso- potamiennes qui ne semblent pas avoir su imaginer un système autre que la domination d\u2019une cité sur d\u2019autres.Un des exemples probants de ce phénomène fut Baby- lone.* SOURCES : Carte Fernand Braudel, Les mémoires de la Méditerranée, Paris, De Fallois, 1998, carte no 4.Image ASTERIX R.Goscinny et À.Uderzo L'Odyssée d\u2019Astérix, Paris, Éditions Albert René, 1981, p.36 NOTES 1 Cet article a d\u2019abord pris la forme d'une communication au congres annuel des Sciences humaines a Québec à l'automne 2003.2 Il peut être intéressant de faire quelques parallèles avec d\u2019autres sociétés, des synchronismes entre autres, pour bien montrer le caractère très ancien des civilisations de la Mésopotamie, d\u2019où l'intérêt de l'utilisation de la ligne du temps.3 Expression de Gordon Childe qui y voit la deuxième révolution de l\u2019histoire de l\u2019humanité, après celle de la révolution néolithique, et qui la situe entre 4000 et 2500 av.J.-C.4 Ilaétéemployé pour la première fois par les Grecs, 5 Jean-Claude Margueron, Les Mé- sopotamiens, Paris, Picard, 2003, p.377. Wu e te I 6 On place dans cette catégorie entre autres les Sumériens, les Elamites, les Kassi- tes, les Hurrites\u2026 Soulignons qu'il est parfois difficile de les bien connaître, car nous n'avons pas de traces par nature pour les peuples nomades ou sinon lorsque les sédentaires en parlent.Stanley Kramer a été le premier à rendre populaire la culture de Sumer.Cf Stanley N.Kraemer, L'histoire commence à Sumer, Paris, Arthaud, c1956, réédition mise à jour en 1986.(édition de poche chez Champs- Flammarion) Margueron, Les Mé- sopotamiens, 2003, p.77.10 Toutefois, précisons qu'il n\u2019est aucunement question de citoyenneté, concept inconnu en Mésopotamie à cette époque, et surtout d\u2019« appartenance » commune à tout l'empire, chaque habitant demeurant rattaché en premier lieu à sa ville.Ils ont en commun un mode de vie nomade et des langues apparentées qui montrent notamment qu'ils ne connaissent au départ ni la mer ni la vie urbaine.12 On a découvert dans les années 1980 le DOSSIER Trésor de Nimrud, c\u2019est-à-dire les tombes de deux reines assyriennes avec leurs bijoux.13 La bibliothèque de Ninive (23 357 tablettes, la plus grande partie de la production littéraire de son temps) a été découverte au 19e siècle et transportée au British Museum.L'étude de ces documents a contribué grandement à la naissance de l\u2019assyriologie et à la redécouverte de la Mésopotamie.14 Daniel Arnaud, Na- buchodonosor 11, roi de Babylone, Paris, Fayard, 2004, p.360.15 Si vous pensez aux célèbres jardins suspendus de Babylone, qui ont beaucoup fait rêver, les textes n\u2019en parlent pas et les fouilles n\u2019en ont pas trouvé trace.Daniel Arnaud, Nabuchodo- nosor II, roi de Baby- lone, Paris, Fayard, 2004, p.232.16 En 1978, Saddam Hussein a entamé la reconstruction de Ba- bylone.Comme il s\u2019identifiait a Nabu- chodonosor, il «a fait graver dans la salle du trône cette inscription :«Saddam Hussein, président de la République d'Irak, j'ai reconstruit Babylone, relevé les murs du palais de Nabuchodonosor et des temples d\u2019Ishtar (.) dans les années 1988-1989, pour rendre au peuple irakien la fierté de son glorieux passé.».* « La Bible est née à Baby- lone », Le Monde de la Bible, no 161 (septem- bre-octobre 2004), p.25.17 Dans l'histoire du ju- daisme, commence ici la période du Second Temple.18 Province, division administrative, de l\u2019Empire perse placée sous l\u2019autorité d\u2019un gouverneur ou d\u2019un satrape nommé par le roi.19 Un des beaux exemples de cet art perse est les tombes rupestres de Persépolis et de la falaise toute proche de Nagsh-i- Rustam ( tombeaux des grands rois perses).20 Dynastie hellénistique qui régna sur la Syrie et une partie de l'Orient de 305 à 64.21 Pierre Cabanes, Petit atlas historique de l'Antiquité grecque, Paris, Armand Colin, 1999, p.51.22 Margueron, Les Mé- sopotamiens, p.85 23 Georges Roux, La Mésopotamie, Paris, Seuil (Coll.Points), 1995, p.468.24 Pour l'obtenir, on plonge la céramique déjà cuite dans un creuset qui contient en fusion un mélange de chaux, silice et soude, puis on fait une nouvelle cuisson de l\u2019objet.On crée ainsi des céramiques plus imperméables, qui peuvent notamment retenir les liquides et on peut varier le décor.VOUS DÉMÉNAGEZ ?PRÉVENEZ-NOUS INale@mediom.qc.ca Louise Hallé 295, rue Moisan Saint-Augustin (QC) G3A 1K8 (418) 878-3407 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 31 sr Rte na DOSSIER LES CONCEPTS DE LA GUERRE FROIDE, 1947-1990 principes, lignes de force et ruptures (2° partie) JACQUES PINCINCE COLLÈGE DE ROSEMONT ET UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE SENTATION DE LA GUERRE ET DES CONFLITS DE L'HISTOIRE, [) ANS UN CONTEXTE OÙ L'ON S'INTERROGE SUR LA REPRÉ- CET ARTICLE A POUR OBJET D\u2019IDENTIFIER LES CONCEPTS DE BASE AYANT DEFINI LES PRINCIPES DES ORIENTATIONS DE LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DES ÉTATS-UNIS ET DE L'UNION SOVIÉTIQUE DE 1947 À 1990.À TRAVERS L'ÉTUDE DES DIFFÉRENTES PHASES DE LA GUERRE FROIDE (CONFRONTATION, COEXISTENCE PACIFIQUE, DÉTENTE, RETOUR À LA CONFRONTATION ET DIALOGUE RENOUVELÉ), NOUS ÉTUDIERONS LES LIGNES DE FORCE (PAR EXEMPLE : LA BIPOLARITÉ, L'ACTIVISME GLOBAL, LA SÉCURITÉ NATIONALE, L'ANTICOMMUNISME, L'EXPANSIONNISME, L'ENDIGUEMENT) QUI SE SONT MAINTENUES DANS L'HISTOIRE DE CETTE LONGUE PAIX ARMÉE.N.D.L.R : Nous vous proposons aujourd\u2019hui la deuxième partie d'un article qui fait suite à un atelier présenté par l'auteur dans le cadre du 10° Congres de I'APHCQ tenu au Collège de Saint-Jean-sur-Riche- lieu.le 3 juin 2004.La premiere partie a été publiée dans notre dernier numéro (Volume 42, n° 4, novem- bre-décembre 2004).Puisque ces deux articles ne forment qu\u2019un seul texte, la numérotation des notes suit l\u2019ordre établi dans la première partie.LA COEXISTENCE PACIFIQUE DE 1953 À 1962 C\u2019est au Premier secrétaire du Parti communiste ayant succédé à Staline, Nikita Khrouchtchev, que nous devons l\u2019expression de la coexistence pacifique proclamée en 1956.Cette phase de dégel des relations américano-soviéti- ques signifiait le rejet de la guerre nucléaire comme instrument de la concurrence des communistes face aux capitalistes.Dorénavant, la concurrence entre les deux systèmes serait pacifique et résulterait dans la victoire du communisme selon Khrouchtchev, cela procurant une vie meilleure aux Soviétiques.À la même époque, sous la présidence d\u2019Eisenhower, la Guerre froide devint plus profonde, à cause de son expansion dans le monde.Cette phase de globalisation vit l'expansion du conflit en périphérie en Asie (en Corée, à Taiwan et au Vietnam), au Moyen- Orient (en Égypte), en Amérique latine (au Nicaragua et à Cuba) et en Afrique (au Congo).En l\u2019occurrence, une nouvelle formulation de la politique de l\u2019endiguement fut adoptée.Le New Look amena le Rollback, c\u2019est-à- dire le fait de refouler les communistes là où existait une menace.Cet endiguement adapté à une nouvelle conjoncture avait pour principal objectif de dissiper les peurs émanant de l'application de la théorie des dominos et de reprendre, si possible, le ter- 32 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 rain perdu.Sous Eisenhower, par rapport au concept du militarisme, dans la course aux armements nucléaires et spatiaux, la doctrine des représailles massives du 12 janvier 1954, le NSC 162/2 de John Foster Dulles, devint une intégration de la force nucléaire pour dissuader l\u2019ennemi.Les alliés comme les adversaires des États-Unis devraient être convaincus de leur volonté d\u2019utiliser immédiatement les armes nucléaires en cas d'agression contre le territoire américain ou contre celui de leurs alliés.Pour éviter tout malentendu, Washington devait indiquer clairement à Moscou et à Pékin l'étendue de ses engagements.° Aussi invraisemblable que cela puisse l'être, dans cette lancée, la conférence de Genève de 1955 créa un nouvel esprit de coopération qui s\u2019avéra cependant éphémère.En 1957, la doctrine Eisenhower stipula que les États-Unis interviendraient au Moyen-Orient, si n\u2019importe quel gouvernement demandait de l\u2019aide s\u2019il était menacé par une prise de pouvoir communiste.Il s'agissait alors d'étendre la Doctrine Tru- manau Moyen-Orient.Finalement, pour démontrer tout l\u2019engagement américain dans sa lutte contre la menace soviétique, Fi- senhower élargit l\u2019horizon géopolitique des États-Unis par une nouvelle série d\u2019alliances en complément de l'OTAN.Cette politique, qualifiée de « pactomanie », institutionnalisa dorénavant un réseau d\u2019alliances militaires bilatérales et multilatérales en y incluant le Japon (1951), la Chine nationaliste (1951), la Corée du Sud (1953) et le Vietnam du Sud (1954).Conséquemment, la création de trois autres blocs militaires, l'ANZUS (1951), l'OTASE (1954) et le CENTO (1959) visait à rendre le camp occidental élargi plus hermétique.Cela eut pour conséquence d\u2019encercler stratégiquement l\u2019Union soviétique.À la suite de la reconnaissance de la souveraineté de la République Fédérale d\u2019Allemagne, par son réar- mem dans] TK créant sie bloc: pars l'Est, Mem cord lance autre dup ely Sos Tey Tip ty fa Teg fig fy Sal; re Sail an Das dan El ttes de \" Ir mement et son entrée dans l'OTAN, en 1954, l'URSS réagit en créant le Pacte de Varsovie en mai 1955, le bloc militaire de huit pays de l\u2019Europe de l'Est, où « les pays DOSSIER nentaux créant un ratio de 3 :1 sur l'Union soviétique et il serait également question d'opérations clandestines pour déstabiliser les gouvernements suspects.membres du pacte accorderont une assistance militaire à tout autre membre victime d\u2019une agression venue de l'extérieur ».\u2018 Sous le président Kennedy, la doctrine de la riposte graduée fut élaborée après la constatation pourtant erronée du missile gap (différence de missiles) avec l'URSS.Elle visait à proportionner et diversifier les représailles en fonction de la menace, par une plus grande panoplie d'armement nucléaire.Elle augmenterait, entre autres, le nombre de missiles interconti- LA DÉTENTE DE 1962 À 1979° Durant la période de la Détente (relative ou même profonde, selon l'expression de Wohl- forth), qui fait référence a une diminution substantielle des tensions entre les deux superpuissances antagonistes après la crise majeure des missiles de Cuba d'octobre 1962, un rapprochement entre les deux Allemagnes se manifesterait et les accords d\u2019Helsinki seraient entérinés dans les années 1970°.La doctrine Johnson énonça que les États- Unis pouvaient dorénavant utiliser la force militaire dans leur sphère d'influence de l'hémisphère occidental lorsqu'ils croyaient qu'il y avait une menace communiste imminente.Du côté soviétique, en 1968, la doctrine Bre- jnev, prônant la souveraineté limitée des états limitrophes de l\u2019Europe de l'Est, fut mise en application comme dans le cas de la Tchécoslovaquie en 1968.Ultérieurement, sous son homologue Nixon, une nouvelle doctrine présidentielle affirmait que les États- Unis tenteraient de se retirer du Vietnam, qu'ils procureraient du matériel aux nations qui avaient besoin d'aide pour se défendre par de l\u2019assistance économique et militaire, mais sans faire usage de la présence des troupes américaines.Dans le contexte de la possibilité d'une guerre nucléaire apocalyptique, la doctrine de la destruction mutuelle assurée fut adoptée à la fin des années 1960.Cette doctrine stratégique fut dessinée pour dissuader une première frappe par l\u2019Union soviétique, en s\u2019assurant que les populations civiles des deux géants soient a risques égaux dans l'éventualité d\u2019une telle frappe.Elle mena au Traité de Moscou de 1963 ( Test Ban Treaty) et, en mai 1972, à l'Accord sur la limitation des armements stratégiques (SALT D.Le tandem Nixon-Kis- singer développa simultanément la diplomatie des relations triangulaires avec la Chine et l'URSS, laissant présager un retour à la multipo- larité dans la conjoncture de la Guerre froide.\u201d Sous la présidence de Jimmy Carter, en complément de l\u2019application de la stratégie du linkage, ou le fait de lier toutes les questions à traiter, la doctrine Carter voulait que toute tentative de l\u2019Union soviétique de prendre le contrôle du Golfe persique et de ses ressources pétrolières serait vue comme un assaut contre les intérêts vitaux des États-Unis.Ces derniers seraient autorisés à utiliser la force militaire si nécessaire.LE RETOUR À LA CONFRONTATION, LE DIALOGUE RENOUVELÉ ET LA FIN DE LA GUERRE FROIDE DE 1979 À 19905 L'invasion de l\u2019Afghanistan par l'URSS, en 1979, jumelée à l'élection du président républicain Ronald Reagan, fit en sorte que l\u2019on assista alors à une régénération de la Guerre froide.Ce retour à une guerre froide classique se matérialisa d\u2019abord par la rhétorique acerbe de Reagan.De 1980 à 1983, l\u2019ascendance de la tension passa tour à tour par des opérations clandestines et par une remilitarisation intensive avec, entre autres, le projet du bouclier spatial américain (Strategic Defense Initiative) de mars 1983.Le point culminant fut atteint à l'automne, lorsqu'une série de crises successives fit de cette période l\u2019une des plus dangereuses \u2014 sinon la plus dangereuse \u2014 de la Guerre froide.La Doctrine Reagan soutenait que la politique extérieure amé- TRACES.VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 33 DOSSIER guerre froide.ricaine allait promouvoir activement la démocratie à travers le monde en supportant des « combattants de la liberté » et en apportant de l\u2019aide humanitaire et militaire pour là où des révolutions démocratiques.surviendraient, afin de renverser les régimes communistes au Tiers Monde.En 1985, le nouveau Premier secrétaire du Parti communiste de l\u2019Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, s\u2019engagea dans une restructuration de l\u2019économie (perestroika) et dans une transparence de l'information dans la vie publique (glasnost).Cette « Nouvelle pensée » se voulait une réévaluation révolutionnaire de la politique extérieure soviétique pour combler un retard économique et scientifique chronique.Elle signifia le rejet complet de l\u2019idée de la concurrence entre le communisme et le capitalisme, en faveur de relations normalisées entre les États et d\u2019une coopération pour résoudre les problèmes mondiaux.Suivant quelques ouvertures diplomatiques, de partet d\u2019autre, un dialogue renouvelé vit le jour à la stupéfaction de l'auditoire de cette compétition qui durait depuis près d\u2019un demi-siècle.Cette percée historique, après la conférence de Reykjavik de 1986, mit de l\u2019avant des réductions des forces militaires nucléaires et classiques, annulant presque la confrontation.À l'automne de 1989, l\u2019on s\u2019attaqua à régler la question allemande après les épisodes de la libéralisation du glacis soviétique et de la chute du mur de Berlin.Ce qui avait permis cette révolution fut la doctrine Sinatra, remplaçant la doctrine Brejnev, qui devint la nouvelle politique soviétique sous laquelle les Européens de l'Est eurent la possibilité de poser des gestes selon leur bon vouloir, l\u2019Union soviétique n\u2019intervenant pas pour sauver les régimes communistes de cette région.Finalement, c\u2019est dans cette conjoncture de vacillation de l\u2019Union soviétique, que l\u2019on s\u2019accorda pour la réunification del\u2019 Allemagne et que se concrétisa, en 1990, la fin de la Guerre froide, a l'endroit même où elle avait commencé.\" CONCLUSION Pour conclure, nous pouvons faire ressortir certaines considérations dans deux champs d\u2019interprétations, soit au niveau des concepts de bases ayant défini les principes des orientations de la politique extérieure des États-Unis et de l'Union soviétique pendant la Guerre froide, et au niveau de leurs apprentissages à des fins pédagogiques.Dans un premier temps, nous croyons que les concepts de la Guerre froide sont de deux types.D'abord, les concepts de longues durées, qui furent élaborés dans la phase d\u2019incubation et dans la première phase de confrontation, se sont maintenus pendant tout le conflit et représentent les principales lignes de force.Par l'étude particulière des doctrines, nous isolons des continuités dans les grandes orientations des politiques, particulièrement l\u2019expansionnisme soviétique et 34 TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 l'endiguement américain.Puis, nous avons reconnu des concepts de courtes durées, qui furent énoncés à chacune des périodes en fonction des actions et des réactions des deux opposants.Mais dans les deux cas, les conceptions divergentes et les perceptions différentes ont fait en sorte que la confrontation ne pouvait pas trouver de dénouement et dura pendant cinquante ans.On conçoit que chaque participant tenta, par l\u2019utilisation de ses propres concepts fondamentaux, d'imposer son système à l\u2019adversaire.Au niveau de la géopolitique, toutes les régions du monde, les Amériques, le Moyen- Orient (pour les ressources pétrolières), I\u2019 Asie, le Tiers Monde et l\u2019Europe, furent convoitées et soumises à des crises.La grande énigme historique de la responsabilité de l\u2019affrontement trouve sa source dans la combinaison du rôle fondamental des personnages et des forces profondes de l\u2019histoire.La fin de la Guerre froide, cette victoire par défaut selon Gaddis, marqua le passage d\u2019un système bipolaire à un système en redéfinition, faisant parfois même regret- for TRUE puis, TEI sanc l'an lu sone Au apr fins NUS êtud eut Den lot ile ois d'à Ge min tion tna dre Con Quat tre { Com Mai Ter fa die dé bag in Cu fat Tay del Dog Bre fg ls, ex | ter la stabilité dangereuse du système.Depuis, l\u2019on fait référence à l\u2019hyperpuis- sance américaine et l\u2019on pose maintenant la question du sort de son empire.\"2 Au niveau de leurs apprentissages a des fins pédagogiques, nous pensons qu\u2019une étude conceptuelle peut faciliter les apprentissages sur cette lutte armée.Ce modèle d'enseignement nous paraît bien adapté, d\u2019abord puisque la Guerre froide est terminée.Puis, l\u2019utilisation de concepts abstraits et moins concrets, agencés avec un contenu factuel adéquat, devrait permettre de concevoir des conjonctures problématiques et de suggérer des activités pédagogiques originales et diversifiées.Par cette démarche, après avoir défini les concepts de base retenus et établi l\u2019interrelation de ceux- ci, une meilleure intégration de toute la dynamique et des enjeux de la Guerre froide est possible et favorisée.\"* Bref, l\u2019étude de la Guerre froide est pertinente pour expliquer les origines des guerres et des conflits ac- DOSSIER tuels.Il serait maintenant intéressant d'identifier et d'analyser les concepts à la source des nouvelles orientations de l\u2019Union Soviétique et des États- Unis sur l\u2019échiquier mondial depuis les événements du 11 septembre 2001.NOTES : 1 William TAUBMAN, Khrushchev, The Man and His Era, WW.Norton and Company, 2003, p.270- 324.2 Robert R.BOWIE, Waging Peace: How Eisenhower Shaped an Enduring Cold War Strategy, Oxford University Press, 2000.3 NOUAILHAT, op.cit, p.192-193.4 Dominique ROY, Histoire du XXe siècle, perspectives internationales, Modulo, 2003, p.192.5 Ibid, p.198.Le concept de Détente fut compris de façon différente par les deux camps.Pendant que les Etats-Unis semblaient satisfaits et se contentaient du statu quo, l\u2019Union soviétique pratiquait une Détente agressive par une expansion au Tiers Monde et une augmentation substantielle de leur potentiel nucléaire.6 Daniele GANSER, «Retour sur la Crise des missiles à Cuba », Le Monde diplomatique, #584, novembre 2002, p.i.7 Raymond LGARTHOEE Détente and Confrontation, American-So- viet Relations From Nixon to Reagan, The Brookings Institution, 1985, p.199-247 et Chen JUAN, Mao's China and the Cold War, University of North Carolina Press, 2001, p.238- 276.8 Raymond L.GARTHOFE, The Great Transition, American-Soviet Relations and the End of the Cold War, The Broo- kings Institution, 1994, Don OBERDORFER, From the Cold War to a New Era, The United States and the Soviet Union, 1983-1991, The John Hopkins University Press, 1998, Geir LUNDESTAD, « Imperial Overstretch, Mikhail Gorbatchev, and the End of the Cold War », Cold War History, Vol.1, #1, August 2001, p.1-20 et Richard NED LEBOW, Ending the Cold War: Interpretations, Causation, and the Study of International Relations, Palgrave Macmillan, 2004.9 Enseptembre, l\u2019avion- espion sud-coréen KAL 007 fut abattu.En octobre, les Amé- 10 11 12 ricains envahirent la Grenade.En novembre, I'opération Able Archer fut une simulation informatisée d\u2019une attaque nucléaire de l'OTAN contre l'URSS et en décembre, les États- Unis entreprirent le déploiement des Euromissiles Cruise et Pershing.Philip ZELIKOW et Condoleezza Rice, Germany Unified and Europe Transformed, À Study in Statecraft, Harvard University Press, 1997, p.39-62, p-364-372, Jeremi SURI, « Explaining the End of the Cold War : ANew Historical Consensus?», Journal of Cold War Studies, Vol.4, #4, Fall 2002, p.60-92 et Odd Arne WESTAD, Reviewing the Cold War, Approaches, Interpretations, Theory, Frank Cass, 2000, p.343-368.« Qui forge l\u2019histoire?Le poids des choses ou la volonté des hommes?», Jacques De SEDOUY, Le Congres de Vienne, L'Europe contre la France 1812-1815, Paris, Perrin, 2003, p.15.Depuis cinq ans, la majorité des essais historiographiques de la Guerre froide porte justement sur la fin du conflit, en fonction de l'intérêt 13 du sujet et des sources disponibles.On dénote une nouvelle volonté de rattacher l'épisode aux périodes antérieures et ultérieures.C\u2019est dans cette optique que les analyses du statut de l'Empire américain sont débattues.Voir, sur cette importante question : Emmanuel TODD, Après l'Empire, Essai sur la décomposition du système américain, Galli- mard, 2002, p.9-33, G.John IKENBERRY, « Illusion of Empire, Defining the New American Order », Foreign Affairs, Volume 83, #2, March/ April 2004, p.144-154 et John L.GADDIS, Surprise, Security, and the American Experience, Harvard University Press, 2004.Nicole LEBRUN, « Difficultés des concepts, implications pour l'enseignement des sciences humaines », Traces, Vol.33, #6, novembre-dé- cembre 1995, p.16-20.TRACES, VOL.43, N°1 / JANVIER-FEVRIER 2005 35 GRANDS ANNIVERSAIRES Les Noirs au Canada LE CHEMIN DE FER CLANDESTIN COMITÉ DE RÉDACTION \u2014 TRACES HISTORICA \u2014 histori.ca NTRE 1840 ET 1860, PLUS DE 30 000 ESCLAVES AFRO-AMÉRI- CAINS TROUVENT LA LIBERTÉ AU CANADA.POUR Y PARVE NIR, LA PLUPART DE CES PERSONNES ONT EMPRUNTÉ CE QUE DES HISTORIENS ONT NOMMÉ «LE CHEMIN DE FER CLANDESTIN».PEUT-ÊTRE PARCE QUE TRÈS PEU \u2014 POUR NE PAS DIRE AUCUN \u2014 DE CES INDIVIDUS SE SONT INSTALLÉS AU QUÉBEC, CET ASPECT DE L'HISTOIRE CANADIENNE NOUS EST PEU CONNU.À L'OCCASION DU MOIS DE L'HISTOIRE DES NOIRS, TRACES, GRACE A LA FONDATION HISTORICA, LÈVE LE VOILE.N.D.L.R.: Nous avons emprunté le texte ci- contre a HISTORICA qui nous a autorisé à le publier.Nous remercions l\u2019organisme dont nous vous incitons à consufterle site Web à \"adresse : histori.ca 36 TRACES, VOL.43 « Lorsque j'ai posé le pied pour la première fois sur le rivage canadien, je me suis lancé à terre pour me rouler dans le sable, j'en ai pris des poignées et les ai embrassées.» Tels étaient les mots de Josiah Henson pour évoquer ses premiers moments de liberté.Henson avait fui au Canada grâce au « chemin de fer clandestin », un réseau de sentiers secrets, de cachettes et de maisons d'accueil qui reliait les États du Sud et les frontières du Canada.Comme une foule d\u2019autres immigrants, Henson était venu au Canada à titre de réfugié voulant échapper à la brutalité et à l'oppression.Les esclaves fuyaient les traitements inhumains qu'ils subissaient dans les États du Sud où ils étaient, selon la loi, la propriété de leurs maîtres.Battus, fouettés et forcés d\u2019obéir, nombre d\u2019entre eux travaillaient douze heures par jour dans les champs pour s\u2019en retourner, le soir venu, dans des cabanes sordides pour manger de maigres rations de semoule de maïs et de restes de bacon.Parmi les nombreuses tragédies de l'esclavage, on trouve des récits de maris séparés de leur femme et d'enfants arrachés des bras de leur mère pour être vendus comme des animaux.S'ils étaient capturés, les esclaves fugitifs étaient souvent torturés.Les chasseurs professionnels d'esclaves, d\u2019une cruauté notoire, traquaient ces fugitifs des confins du Sud jusqu'à la frontière canadienne.Ces derniers devaient faire preuve d\u2019un immense courage pour s\u2019échapper.Grâce aux « préposés » du « chemin de fer clandestin », c\u2019est- à-dire aux hommes et aux femmes, qu\u2019ils .N°1 / JANVIER-FÉVRIER 2005 soient des Blancs ou des Noirs, des Canadiens et des Américains, qui opéraient ce réseau d\u2019évasion, beaucoup d'esclaves ont trouvé la liberté au Canada.Quelques- uns de ces « préposés » sont devenus légendaires.La grande Harriet Tubman, ancienne évadée, est retournée maintes fois dans le Sud pour diriger d'autres esclaves vers le Nord.Le Canadien Alexander Ross voyageait dans les seaux.En réalité, il orientait les esclaves vers les voies d\u2019évasion.Selon Martin Luther King, l\u2019histoire de l\u2019Amérique noire relate que le Canada était considéré comme l\u2019« Étoile du Nord ».Le negro spiritual Follow the Drinking Gourd conseillait aux esclaves de fixer leur regard sur la Gourde, c\u2019est-à-dire la Grande Ourse, qui indiquait la route du Nord vers le « paradis », le Canada.plantations du Sud en se faisant passer pour un observateur d\u2019oi- CE QU'EN DIT L\u2019ENCYCLOPEDIE CANADIENNE Le « chemin de fer » clandestin est un réseau informel de maisons et de gens sûrs qui aidaient les esclaves en fuite à passer des États américains esclavagistes aux États libres ou au Canada, Source de nombreux mythes, le nombre de fugitifs qui sont passés et de Blancs qui les ont aidés grâce au « chemin de fer » clandestin n\u2019est pas aussi considérable que ce que l'on pense généralement.Bien que la plupart des esclaves en fuite soient restés dans les États libres du Nord des États-Unis, on estime que 30 000 d'entre eux se seraient rendus ou Canada.En activité de 1840 à 1860, environ, le « chemin de fer» a été le plus efficace après l'adoption de la Fugitive Slave Act américaine en 1850, qui accordait aux chasseurs d'esclaves le pouvoir de poursuivre les fugitifs en territoire libre.Laloi a donné lieu à des tentatives d'eniève- ment d'esclaves au Canada afin de les retourner à leurs propriétaires. mors ze or or i In = HE aire ire SEE Semele ieee wr Lee rm = os = ps 2 in cire, ai TIL Se oe _- sm __ sn LL ATT ce oo mes os a ols == = = == 235 == EE Su ce _ = oi 2 cs ess css se = = = CESSE ES Es oc SE Cv EE = ess ee == po se re a EI Lo cs Ps RA pn EE Ea = ii = = Sign = en ss = == = = Ses 2 = ct = = sis == a ns = RE ES EE EE ERE or en RES == £75 25 = Co on po 2 fe = a ne = RES Se ut si PS ie = = = = = = Ur 2s Ti Te Fu > - 1 \u2014 POSTES - PUBLICATIONS NUMERO DE CONVENTION : 40044834 Adresse de retour SPHQ, 1319-A, Chemin de Chambly LONGUEUIL, QC J4J 3X1 HISTOIRE ET ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ 1° CYCLE DU SECONDAIRE Auteurs FRANCE LORD JEAN LÉGER ee Des textes riches et concis qui interpellent les élèves.I Des photos, des cartes, des illustrations et des documents historiques pertinents.I Des activités et des projets stimulants qui amènent les élèves à comprendre l\u2019évolution des sociétés et à mieux saisir le présent.Groupe Modulo 233, avenue Dunbar, bureau 300 \u2019 Mont-Royal (Québec) H3P 2H4, CANADA Téléphone : (514) 738-9818 / 1 888 738-9818 Télécopieur : (514) 738-5838 / 1 888 273-5247 MODU LO Site Internet : www.moduloediteur.com "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.