Possibles, 1 janvier 2001, Printemps
[" EA epg gm Ea es SSE 2 LX PAS es 5 Ty $ £9 Low > ENE 21 Pa \u201c> «saut ou od -F nes &S 2 Pp 3e Ep dy oo S : au >; .Qu'elle s\u2019éveille Son cil pèse si fort sur mes tempes Qu'il finira par creuser une saignée dans ma tête Plus profonde Plus sauvage Une lame de fond.Ses bras défaits modèlent l\u2019intensité d\u2019un aveu Irréparable Au bord de ma nuque irrévérencieuse Polis comme d\u2019indigents granits Poussent des mensonges. A LIMPROVISTE Phylactères souples qui enserrent mon désir Jusqu'à la racine Me voilà prisonnier Sans prison Pourtant la prière était sincère.Me voilà surpris Une mésange bleue Au creux de ma main son bec À sa fragilité S\u2019étanche ma peur.Je n\u2019ai rien prévu qui ne soit inscrit dans le hasard Sa nécessité m\u2019est vitale.À bout portant Je porte le souvenir d\u2019un frisson Est triste ce qu\u2019il me reste et triste ce que je perds Chacun de nous dans l\u2019oubli de l\u2019autre.À l\u2019improviste je ressemble à mes amis Eux seuls peuvent-ils pardonner ?133 Hymne à l'enfance rar SOPHIE BÉRUBÉ s'il ne restait qu\u2019un seul piano sur toute la scène de l'univers je voudrais te l\u2019offrir afin que que tu continues d\u2019y mélodier tes amarres enfantines assise droite telle une demi-croche insolente chacun de tes doigts y ferait l\u2019empreinte de l\u2019oisiveté que tu peux encore te permettre si la galaxie tout entière n\u2019était plus qu\u2019un grand cheval je t'aiderais à grimper sur son dos et à galoper les vagues du plaisir de fondre avec le mouvement d\u2019un autre être au cœur qui bat HYMNE À L'ENFANCE 135 s'il n\u2019y avait qu\u2019une seule autre question à ne plus jamais être posée je te l\u2019accorderais sans hésitations même si alors tu demandais quand est-ce qu\u2019on va manger s\u2019il n\u2019existait que l'unique enceinte de tes corridas emportées ; je te l\u2019abandonnerais sans encombres 3 afin que tu y marteles tes découvertes d\u2019injustices a grands coups de talons au rythme de la fée dragée s'il n\u2019était plus qu\u2019un seul jardin au cœur d\u2019une jungle de décombres je te donnerais toutes les graines qui existent depuis le plus ancien des tournesols pour que tu les plantes de tes pouces verts et fasses pousser tes fantaisies farfelues, non censurées porteuses du matrimoine végétal de notre clan si le destin n\u2019était plus qu\u2019un volcan bouillonnant je te lancerais dans ses flammes parce que je sais que tu seras toujours plus brûlante que la vie elle-même PHAM EAN POSSIBLES.PRINTEMPS 2001.POESIE ET FICTION Blomidon enfant de Blomidon de rocher écarlate je commence à comprendre ta fascination pour la boue substance brunâtre et pétrifiante qui carillonne notre passé aussi bien que notre futur je comprends ton engouement pour le sol l\u2019exubérance débridée qui te pousse à respirer les contours de notre animale de terre par tous les pores de ton zeste dans le séisme de tes acrobaties vaseuses j'entends ton envie primale d\u2019y pétrir ton petit corps d\u2019y musculer ton respir et ton rythme d\u2019y cabrioler un tango à plat ventre d\u2019y ratisser un rituel de saleté suprême car tu es née entre deux rochers gigantesques faits d\u2019une pierre rude et compacte et chaque poussée te rapprochant de nous Id .> 7\u2019 .résonnait d\u2019un grondement déchirant enfant des cavernes les bruits de ton enfantement ont fait hurler les continents dans la poussière desquels tu te vautres avec luxure POESIE ET FICTION Outremondanites par MICHEL De CELLES utour de la table circulaire qu\u2019une suspension au design italien illumine crûment; où traîne le plateau de fromages dévasté, avec sa pointe de livarot affaissée et des grains de roquefort épars; où les verres maculés ne recèlent plus que des gouttes de morgon ou de sauternes; où l'assiette centrale offre aux convives repus la moitié d\u2019un paris-brest, les flûtes un fond de champagne, nous avons l\u2019air, dans la pénombre en retrait du cône lumineux, de six personnages un peu las, incertains de leur rôle dans la pièce jouée jusque-là sur la scène éclairée.\u2014 Certes, « rien n\u2019est simple », lance soudain Pauline, souriante, moqueuse, en soulignant la citation de la voix.Un ange est passé avant que n\u2019explose l\u2019hilarité libératrice.Un ange, une ombre plutôt, celle du grand absent auquel chacun s\u2019est gardé de faire allusion au cours du dîner plantureux, animé, ambigu.137 138 POSSIBLES, PRINTEMPS 2001, POÉSIE ET FICTION C\u2019est Pauline elle-même qui a eu l\u2019idée de cette soirée, qui l\u2019a organisée en mettant à profit une conjoncture hétéroclite et ses talents de relationniste.Motif officiel : l\u2019anniversaire récent de sa confidente Thérèse, laquelle, un tantinet écolo, s\u2019est néanmoins vue chargée d'apporter la salade de cresson.Ainsi que d\u2019accompagner Robert, leur camarade dans le syndicalisme étudiant à l'époque, maintenant prospère agent de publicité à Québec ; mais de passage à Montréal, divorcé endurci, à qui on doit la bouteille de Veuve Clicquot.Ahmed, ancienne liaison de Thérèse, qui enseigne au même département qu\u2019elle, toujours énigmatique et délicat, a rappliqué tout à l\u2019heure avec un superbe bouquet de roses \u2014 destiné à sa collègue que nous fêtons ou à l\u2019hôtesse, nul ne sait \u2014, et qui accompagne, sans doute à la suggestion de Pauline, Solange qui revient de France au bout de deux années à bricoler dans les milieux du cinéma.La fin d\u2019une aventure sentimentale explique en partie ce retour, me confiait Pauline en m\u2019invitant.Aussi je la soupçonne d\u2019avoir ourdi une rencontre entre Solange la scripte et Robert le publicitaire, qui pourraient bien se découvrir des aff- nités vu leur travail.C\u2019est que, sans guère s\u2019en cacher, la maîtresse de céans se veut marieuse zélée, ou du moins ferme tenante de la stabilité dans les unions qu\u2019elle arrange.Les cordonniers\u2026 La pratiquant depuis longtemps, j'avais déjà saisi que Pauline, par cette fébrilité à réunir quelques amis, cherchait surtout à se remettre d\u2019aplomb, après sa pénible rupture avec Hugues il y a trois mois.En blague, au début de son coup de téléphone, elle me parlait d'un banquet grandiose pour célébrer son centième jour de célibat.Quoi qu\u2019il en soit, chapeau devant son initiative, son entrain et le festin, surtout pour le plat principal mitonné de sa main qu\u2019elle nous avait réservé comme surprise, un navarin 2 I'agneau succulent, mystique selon une des boutades ayant OUTREMONDANITÉS égayé le repas.Joyeuse bombance, donc, malgré le fantôme de Hugues dans la coulisse, Hugues que nous aimons bien par ailleurs, si ondoyant qu\u2019il se montre devant les décisions nécessaires ou la perspective d\u2019engagements personnels.Ne se trahit- il pas souvent par l\u2019aphorisme ironique qu\u2019il répète à tout venant, d\u2019un ton sentencieux : « Rien n\u2019est simple »?Ce soir, en sap- propriant la phrase parce que nous hésitions entre prendre le café au salon ou le prendre à table, Pauline a déchaîné le fou rire.Puis s\u2019est elle-même esclaffée bruyamment, ce qui jure avec son style grande dame : elle rit à gorge déployée, tousse, hoquette, secouée de spasmes qui agitent son sautoir de perles.En laissant l'alcool vous fermer les paupières, à seulement prêter l\u2019oreille, vous croiriez qu\u2019elle sanglote.139 140 POSSIBLES.PRINTEMPS 2001.POÉSIE ET FICTION Voyages de fonction l y avait la fois, au départ de Montréal, un petit matin d\u2019automne, où la brume estompait le massif du mont Saint-Hilaire.Au sommet, un nuage boursouflé n\u2019en finissait pas de se défaire en traînées de pluie grises, pareil à une méduse échouée\u2026 Et la fois, au retour de Québec, où des flocons de neige larges comme la main s\u2019étaient mis à tomber.C\u2019était tard un soir de mars, sur l'autoroute à la hauteur de Joly, dans le corridor entre les épinettes serrées.L'auto fonçait, phares hauts, dans les rangs de monstrueux papillons blanchâtres qui, sans bruit, éclaboussaient le pare-brise de leurs corps velus, liquéfiés sous le choc.Les images surgissent dans la mémoire du voyageur.Les plus étranges d\u2019abord.Mais il peut en évoquer d\u2019autres, lumineuses.Il y avait la fois d\u2019un couchant spectaculaire, au mois d'août, près de Portneuf, en revenant à Montréal.Le ciel, on aurait cru, se voulait liturgique.(Il se rappelle avoir souri pour lui- même en se traitant de baudelairien manqué.) Sur les collines visibles en silhouette, un immense dais vermeil était déployé.Curieusement, il reculait avec une lenteur processionnelle, paradoxale devant le véhicule lancé à vive allure\u2026 Puis il y avait la fois de la pleine lune sur la campagne mascoutaine, au solstice d\u2019été.Dans le crépuscule, au fond de la plaine mauve, le globe jaune était posé sur les lignes joignant des pylônes éloignés.On aurait dit une balle de tennis fluorescente, cosmique, hésitant de quel côté du filet basculer.Aussi la fois ou. VOYAGES DE FONCTION 141 Br Quand ses confrères de Montréal ou de Québec lui de- 1 mandent s\u2019il n\u2019est pas fatigué de ces voyages à répétition, il ré- ; pond que la route est sûre, le trajet sans surprise, qu'il le connaît par cœur, les yeux fermés.Dans une sorte d\u2019état second, je peux penser à autre chose, ajoute-t-il.B Imaginent-ils, les collègues, qu\u2019il s'agit du travail ?fl ih 1h A RY; Bl it RSA (I | Des fourmis et des oranges par GILLES LEVEILLEE À Marie-Odile Billamboz vant de prendre le car pour Marrakech, son ami Saïd avait acheté un kilo d\u2019oranges et une bouteille d\u2019eau Sidi Ali.Ils n'en avaient mangé que quelques-unes durant le voyage et au sortir du petit taxi sur la place Djemaâ El Fna où se trouvait son hôtel, son ami lui avait remis le reste des fruits et était reparti chez lui.Il déposa sur la table de nuit de la chambre n° 20 les oranges.Il passa une bonne quinzaine de jours à Marrakech jusqu\u2019au matin de son départ pour Ouarzazate, en direction de Tineghir.Deux oranges dont l\u2019écorce peu à peu avait séché reposaient sur la table de nuit maintenant libérée de tous les objets qui s\u2019y étaient accumulés.Il était très tôt ce matin-là et ses valises bourrées, au point que pas une savonnette ne pourrait y entrer, trônaient devant la porte de la chambre.Il faisait ce voyage à contrecœur et ne tenait pas en place.Il ne prendrait pas de petit déjeuner, il boirait un peu d\u2019eau embouteillée et pas une pensée n\u2019alla en direction de ces fruits qui pourtant auraient constitué DES FOURMIS ET DES ORANGES un excellent jus matinal.Il faisait les cent pas dans la chambre et songea qu\u2019il aurait pu prendre cette photographie de la vue absolument superbe encadrée par la fenêtre de la salle de bains qu\u2019il avait contemplée tous les matins.Mais il lui aurait fallu monter sur une chaise.C\u2019est ce qu\u2019il avait fait à plusieurs reprises.En effet, le rituel consistait, accompagné du chant des hirondelles, à prendre le temps de s'imprégner de ce superbe climat, au moment où le regard et le nez étaient encore vierges de sensations, à s\u2019ébahir, à respirer cet air chaud et sec, à le sentir sur sa peau, à se laver les yeux du bleu permanent de ce ciel et des couleurs orientales dont on avait peint les murs des chambres qu\u2019il apercevait devant lui.Une partie des murs, sur sa gauche, avait été recouverte du rouge de Marrakech, couleur de la ville, mais la plupart brillaient de ce jaune arabe qui s'harmonisait parfaitement avec le brun-rouge des fenêtres grillagées.Un soir, saisi par la vue du minaret d\u2019une mosquée qu\u2019il n'avait pas remarquée, il avait mis les pieds sur une chaise et vit que sur les terrasses, des paraboles avaient été installées, des cordes à linge avaient été tendues et, contrastant sur fond de ciel bleu, pointait la tête échevelée d\u2019un seul palmier, mais très vert.Complètement au fond, une partie du minaret de la Koutoubia coupait le ciel en deux et constituait le centre, non seulement du paysage mais de la ville même, la tour Eiffel de Marrakech, comme l'avait un jour qualifié un aimable chauffeur de taxi.Mais l\u2019élément le plus baroque de l\u2019ensemble était ces toits, trois ou quatre petits toits alignés sur les terrasses, en forme de pyramide, qui semblaient transporter ce paysage dans un autre pays arabe, pour offrir une pure essence du monde oriental auquel il aurait pu rêver à volonté.I] retourna s'asseoir sur le lit.Il refusait de se détendre et attendait, fébrile.Il regarda sans les voir les deux oranges abandonnées sur la surface presque noircie de la table de nuit.Elles auraient été parfaites comme modèle pour une nature morte, 143 SE A MIE EN 144 POSSIBLES.PRINTEMPS 2001, POÉSIE ET FICTION cette unité de couleurs dans les tons de mûrissement que le bois blond avait prise, presque brun maintenant, et la teinte de plus en plus jaunâtre des oranges.Les femmes de chambre les jetteraient ou les offriraient à quelqu'un.Pourtant les oranges marocaines leur avaient réservé un pur délice, comme tous les autres fruits et légumes qu\u2019ils avaient mangés d\u2019ailleurs lors de leur premier voyage et il se rappela à quel point ils avaient été tout entiers à la dégustation de ces fabuleuses oranges au goût de miel.Il partit enfin pour Ouarzazate affronter les routes sinueuses et les virages en épingle à cheveux des montagnes du Haut Atlas.Il se rendit le lendemain à Tineghir et admira, presque halluciné, les beautés éclatantes des mille et une casbahs de la vallée du Dadès, nimbées des vapeurs de la chaleur de l\u2019été.Au bout de quatre jours, un copain berbère lui remit, pour le voyage de retour, dans un sac de plastique noir, un tajine et deux oranges.Rendu à Marrakech, il s'installa dans la même chambre qu'à son arrivée de Casablanca, la chambre n° 46.Il déposa les deux oranges sur sa nouvelle table de nuit.C\u2019est là qu\u2019il fit le lien entre les oranges de la chambre n° 20 et celles de la chambre n° 46, comme si les mêmes oranges avaient voulu lui rappeler leur abandon volontaire, comme si ces oranges avaient temporairement symbolisé une saturation ou une sorte de fatigue qu\u2019il avait éprouvée de son voyage au Maroc, de son enfermement dans la chambre n° 20, du travail de révision d\u2019une thèse qu\u2019il avait terminé au Café Argana, de ces journées trop bien ordonnées alors qu'il lisait le mouvement, le vent, la liberté, le soleil et la mer dans Les mémoires d'un nomade de Paul Bowles.Oui, sans doute avait- il renoncé à cet aspect du voyage pour obéir à ses obligations d\u2019aller revoir ses copains qui l\u2019attendaient à Tineghir.Avec les nouvelles oranges était revenue, en quelque sorte, une pleine et entière définition de ce que pourraient être des vacances au Maroc.Les vraies vacances, c'était le moment d\u2019un total aban- DES FOURMIS ET DES ORANGES don qu\u2019il avait vécu presque en vitesse à un café terrasse dans les montagnes du Haut Atlas, à son retour, alors que le car s'était arrêté pour une pause.Ce petit café terrasse improvisé lui avait plu par son toit de branchages accrochées aux figuiers qui l'enserraient.Ce café se nommait Le Jardin.On lui attribua une petite table près de la côte et il commanda quelque chose de rapide, une omelette berbère et un coca.Il avait peur que le car ne parte sans lui et il avait l\u2019oreille aux aguets.C\u2019est alors que, observant les touristes français et espagnols qui emplissaient le restaurant, une brise odorante et chaude, mais sèche, souffla et agita les feuilles des figuiers près de lui.Ce fut un moment de pures délices et de bonheur presque édénique qui pénétra en lui.Il en ferma presque les yeux, tellement ce parfum des figuiers, lui avait-on assuré après, l\u2019avait séduit, cette chaleur sèche dont seules les montagnes offrent une telle qualité et juste assez de vent, parfois subit, pour orchestrer l\u2019ensemble de cette atmosphère marocaine.Malgré une vue quelque peu obstruée par les figuiers, il voyait la perspective des montagnes et son imagination nourrie de la lecture des mémoires de Paul Bowles fit le reste.Il s'imaginait comme lui, louant une petite maison sur le flanc d\u2019une montagne, dans le calme de ces espaces qui l\u2019apaiseraient, entouré d\u2019une verdure luxuriante et coriace.Le livre de Paul Bowles lui avait fait découvrir un autre Maroc, moins récent, qui n\u2019existait peut-être plus qu'entre les pages de son livre.Il mangea son omelette en vitesse, paya l'addition et alla se promener près du car.Il contempla les quelques rares et pauvres maisons perchées de chaque côté de la route des montagnes et s'informa autour de lui, mais rien n\u2019était à louer.Le lendemain de son arrivée à Marrakech, bien reposé et revenant de prendre le petit déjeuner sur la terrasse de hotel, il observa à l\u2019entrée de sa chambre une armada de fourmis.Le spectacle n\u2019en était pas nouveau.Ce n\u2019était pas la première fois qu'on lui avait octroyé la chambre n° 46.Un amoncellement de sable, 145 146 POSSIBLES, PRINTEMPS 2001, POÉSIE ET FICTION un papier-mouchoir et le bouchon d\u2019une bouteille d\u2019eau semblaient faire obstacle à son entrée dans la chambre.Il poussa le papier du bout du pied et ferma la porte.La veille, il avait remarqué que les fourmis semblaient avoir adopté le devant de la chambre n° 46 et pas les autres, mais on lui avait promis qu'on lui offrirait une nouvelle chambre.Il était tranquille car il avait constaté qu\u2019elles demeuraient à l'extérieur sauf quelques-unes seulement qui semblaient faire le guet, se promenant sous la porte et retournant aussitôt de l\u2019autre côté.Mais il avait bien dormi et constatait que les chambres autour du patio, si elles étaient plus confortables, s\u2019avéraient plus bruyantes.Pour changer, il décida donc, non sans hésitation, de conserver la chambre n° 46.Après avoir fait la sieste, sans s\u2019énerver puisqu'il se sentait encore fébrile des huit heures de route qu\u2019il s'était tapées, il décida de faire d\u2019une pierre deux coups, de manger ses deux oranges.Il savait qu\u2019on pouvait tenir à distance les fourmis au moyen d\u2019écorces d\u2019orange ou de citron.Il prenait son temps.Il dénicha son épinel, coupa la base d\u2019une des oranges, la pela et déposa les écorces sur un sac de plastique noir correctement déplié sur le lit.Il n\u2019était peut- être pas nécessaire, pensa-t-il, d\u2019en venir à une solution aussi radicale puisque les fourmis semblaient avoir leur quartier général de l\u2019autre côté de la porte.Lorsqu'il eut terminé de manger la première orange, il alla examiner le bas de la porte à l\u2019intérieur de la chambre.Il s'aperçut alors que des fourmis y circulaient en plus grand nombre qu'il n'aurait cru et qu\u2019elles semblaient en avoir travaillé le bois ou peut-être était-ce même la céramique puis- qu\u2019une fine poussière rouge avait été extirpée de l\u2019endroit par où entraient et sortaient les fourmis.Il fallait donc réagir et à l\u2019aide d\u2019un papier-mouchoir imbibé d\u2019eau, il essuya cette fine poussière et sans doute emporta-t-il quelques fourmis dans l\u2019opération.Puis il apporta les écorces d\u2019orange et tenta d\u2019en extraire le jus en repliant la peau mais ce fut en vain.Il frotta tout de même le bas du mur avec l\u2019écorce et toutes les entrées potentielles des four- DES FOURMIS ET DES ORANGES mis.Mais, il n\u2019était pas sans éprouver quelque réticence à détruire l\u2019habitat de ces travailleuses et le fait ne fut pas sans lui rappeler le petit lézard qui s'était sans doute accroché à la serviette de bain qu\u2019il faisait sécher dans le grillage de la salle de bains de la chambre n° 20.L'animal était tombé dans la douche au moment où il se séchait.Ses petites pattes crochues tentaient désespérément de s\u2019agripper mais dérapaient sur la surface émaillée.Il enleva le bouchon de la douche et le lézard tout de suite s\u2019y engouffra.Il se demandait bien s\u2019il n\u2019allait pas se noyer dans ce long tube et mourir comme l\u2019autre lézard trois ou quatre fois plus gros, dont il se reprochait encore sourdement la disparition, et qui était peut-être entré de la même façon.Il avait tendance à croire qu'il était tout simplement passé sous la porte et qu\u2019il ressortirait.Ce qui lui donnait à penser cela, c'était la chaleur qui régnait à Marrakech dans cet hôtel, dans ces chambres installées autour d\u2019un patio dont le plancher était recouvert de larges plaques de céramique rouge que les femmes de ménage lavaient inlassablement et sur lesquelles avaient été déposées d'énormes plantes en pot, qui poussaient allègrement : hibiscus, citronniers, bougainvilliers, comme si l\u2019habitat dans lequel il vivait convenait tout à la fois à ce genre d\u2019animal et à l\u2019être humain et qu\u2019ils puissent cohabiter.Un soir, en ouvrant les lumières de la chambre, la bête s\u2019élança sur le centre du mur et à mi-chemin s'arrêta net, sa tête tournant de façon bizarre, le jaugeant, le jugeant, à tel point qu\u2019il se sentit devenir l\u2019intrus.Puis le lézard accéléra tout aussi soudainement et pénétra dans un des interstices du mur.II le laissa faire mais la nuit suivante, il se réveilla subitement, ayant eu la vague impression que le lézard §'était promené sur sa main.Il se leva et se rendit à la salle de bains.Le lézard sortit de sous le lit et, à la vitesse de l\u2019éclair, réintégra sa cachette.Ce n\u2019est que le lendemain qu\u2019il prit la décision de boucher l\u2019interstice en y insérant plusieurs papiers-mouchoirs.Il fut longtemps à le regretter, imaginant les souffrances de l\u2019immobilité et la lente asphyxie auxquelles il avait 147 148 POSSIBLES, PRINTEMPS 2001.POÉSIE ET FICTION condamné l\u2019animal.À moins, se disait-il parfois, pour se déculpabiliser, qu\u2019un réseau de galeries internes par où peut-être il était entré, lui ait permis d\u2019avoir la vie sauve.Ce fut sans doute cette angoisse qui lui fit libérer le petit lézard puisqu\u2019il ne remit pas le bouchon au fond de la douche et qu\u2019il réussit à capturer délicatement le petit animal pour le déposer au bord de la fenêtre d\u2019où il disparut prestement.Il retourna s'asseoir sur le lit et entreprit de manger la deuxième orange.De chaque côté de la porte, le bas des murs étaient jonchés d\u2019écorces d\u2019orange comme les murailles d\u2019un fort entre lui et les fourmis.Cette orange était vraiment juteuse et lui ouvrirait l'appétit pour le soir.Il rangea les écorces d'orange dans un sac qu'il garda en réserve pour plus tard.Il continua de mettre de l\u2019ordre dans les quelques vêtements qu\u2019il avait apportés, se déshabilla et prit la douche fraîche de l\u2019après-midi.Le tuyau de caoutchouc de la douche avait été réparé mais de manière si artisanale qu\u2019il fallait le tenir à une certaine hauteur sous le bras pour que le jet d\u2019eau soit suffisant, agripper d\u2019une main le pommeau et de l\u2019autre le savon tout en essayant d\u2019avoir accès à toutes les parties du corps.En plus, le fond émaillé de la douche ne semblait pas très propre mais à y regarder de plus près, c\u2019était plutôt l\u2019âge des installations sanitaires qui donnait cette impression.Il lui manquait de l\u2019espace pour déposer la brosse à dents et les quelques effets dont il avait besoin.Les toilettes fonctionnaient bien mais le fond de la cuvette semblait rouillé.Le miroir aurait eu besoin d\u2019un bon nettoyage.Mais tout cela n'avait pas beaucoup d'importance compte tenu du calme surprenant de la chambre et d\u2019un plus grand volume d'air frais qui y pénétrait.En ouvrant la porte, les fourmis ne surent jamais ou à moitié qu\u2019elles avaient été l\u2019objet d\u2019un tiraillement, d\u2019une presque réflexion philosophique et que les énormes masses de cuir noir cuites ete DES FOURMIS ET DES ORANGES 149 | qui leur faisaient l\u2019effet d\u2019un tremblement de terre allaient suivre leur chemin, qu\u2019elles les épargneraient encore si elles consentaient à ne pas entrer trop avant dans la chambre.Été 2000, à Marrakech ee PE \u2018a COLLABORATION SPÉCIALE À CE NUMÉRO GAËTAN ANDERSON est écrivain et enseignant.Il a reçu le premier prix du concours de nouvelles de Nouvelles CEQ en 1996.ÉLAINE AUDET est écrivaine.Elle a publié au Québec et en Europe des recueils de poésie, des essais et a collaboré à plusieurs ouvrages collectifs.Elle rédige depuis 1990 une chronique littéraire et féministe pour le mensuel d\u2019information politique /'autjournal.ALAIN BERTRAND est professeur de littérature au collège Ahuntsic.SOPHIE BÉRUBÉ est née au Québec et vit en Nouvelle-Écosse depuis 1981.Elle a publié des textes poétiques dans des revues des provinces atlantiques, des États-Unis et d'Europe.MICHEL DE CELLES est Montréalais et physicien.Il fait de l\u2019enseignement et de la recherche à l\u2019Université Laval.Il a publié des textes de fiction dans Écrits du Canada français, Imagine, Liberté, Mæbius, POSSIBLES, Trois, XYZ.JACQUES FOURNIER est rédacteur en chef de la revue Interaction communautaire, organisateur communautaire et agent d\u2019information dans un CLSC.DOMINIC GAGNÉ est étudiant en littérature à l\u2019Université Laval.MADELEINE GAGNON est écrivaine.NADIA GHALEM est diplômée en communications, journaliste, écrivaine et conférencière.Elle a publié plusieurs ouvrages pour adultes et des romans pour la jeunesse.VICTOR-F KALTENBACHER a voyagé un peu partout dans le monde puis s\u2019est enraciné à Montréal.Il s'intéresse à la peinture et aux antiquités.Il a publié dans des revues au Québec et en Europe.Il prépare un premier recueil de textes, À la renverse des corps, pour l\u2019automne.Gires LÉVEILLÉE a fait paraître un récit en 1991, Les Paysages hantés, et un recueil de nouvelles, Lieux de passage, en 1995.Il est également professeur de littérature au cégep Saint-Jean-sur-Richelieu et étudiant au doctorat à l\u2019Université Laval.Jacky MALO est essayiste et chercheur.LORI SAINT-MARTIN est professeur au Département d\u2019études littéraires de l'UQAM.CÉLINE SAINT-PIERRE est présidente du Conseil supérieur de l'éducation. BULLETIN D'ABONNEMENT fasse En vous abonnant, vous épargnez 7 $ sur le coût de quatre numéros en kiosque, vous contribuez à l'essor de la revue et vous recevez un numéro en prime.Je souscris un abonnement à POSSIBLES.Envoyez-moi le numéro suivant, en prime : [I vol.12, n° 3 : Le Québec des différences [J vol.17, n° 1 : À qui le droit?(le droit dans divers domaines) ] vol.17, n° 2 : Parler d\u2019ailleurs/d\u2019ici (sur les communautés culturelles) [J vol.16, n° 4 : Formations professionnelles NOM ADRESSE VILLE CODE POSTAL TÉLÉPHONE OCCUPATION Ci-joint : chèque mandat-poste au montant de abonnement d\u2019un an (quatre numéros) : 25 $ abonnement de deux ans (huit numéros) : 45 $ abonnement institutionnel : 40 $ abonnement de soutien : 40 $ abonnement étranger : 50 $ PROCHAIN NUMÉROg Revue PossIBLES PR RE 5070, rue de Lanaudiere + Pa Montréal (Québec) H2J 3R1 littérature québécoise A ERR RE ER EN tL 4 Xi i DE a NUMÉROS DISPONIBLES NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3/4 : NUMÉRO 1 NUMÉRO 2/3 : NUMÉRO 4 : NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3/4 : NUMÉRO 1 NUMÉRO 1 NUMÉRO 3/4 : :5$ 5$ 5% :5$ 5$ 5% :5$ 5$ 5% :5$ NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3/4 : 5$ 5$ :6$ NUMÉRO 2 : 6% 5$ VOLUME 1 (1976-1977) Tricofil; sciences sociales et pouvoir Poèmes de Roland Giguère et Gérald Godin Santé; question nationale Poèmes de Gilles Hénault, Luc Racine, Robert Laplante Les Amérindiens : politique et dépossession De l'artisanat comme instrument de conquête VOLUME 2 (1977-1978) Fer et titane : un mythe et des poussières Nouvelles perspectives du roman québécois Nouvelle de Jacques Brossard Bas du fleuve/Gaspésie Poème de Françoise Bujold Mouvements sociaux, coopératisme et autogestion Texte d\u2019Alexis Lefrançois VOLUME 3 (1978-1979) À qui appartient Montréal ?Poèmes de Pierre Nepveu L\u2019éclatement idéologique La poésie, les poètes et les possibles Paul Chamberland : la dégradation de la vie Éducation Sur les chemins de l\u2019autogestion : le JAL Poèmes de François Charron et de Robert Laplante VOLUME 4 (1979-1980) Des femmes et des luttes Projets du pays qui vient Faire l'autogestion : réalités et défis Poèmes de Gaston Miron VOLUME 5 (1980-1981) Qui a peur du peuple acadien ?Élection 81 : question au PQ.Gilles Hénault : d\u2019Odanak à l\u2019Avenir Victor-Lévy Beaulieu : l\u2019Irlande trop tôt Les nouvelles stratégies culturelles Manifeste pour les femmes NUMÉROS DISPONIBLES VOLUME 6 (1981-1982) 5 NUMÉRO 1:6$ Cinq ans déjà\u2026 | L\u2019autogestion quotidienne Poèmes inédits de Marie Uguay A NUMERO 2:6 $ Abitibi : La voie du Nord À Café Campus É Pierre Perrault : Éloge de l\u2019échec NUMÉRO 3/4:6$ La crise.dit-on Un écomusée en Haute-Beauce gi Jacques Brault : leçons de solitude VOLUME 7 (1982-1983) NUMÉRO 1 :6$ Territoires de l\u2019art Régionalisme et internationalisme Roussil en question(s) NUMÉRO 2:6$ Québec, Québec : à l'ombre du G Jean-Pierre Guay, Marc Chabot : un beau mal NUMÉRO 3:6$ Et pourquoi pas 'amour?VOLUME 8 (1983-1984) NUMÉRO 1::6$ Repenser I'indépendance Vadeboncœur et le féminisme NUMÉRO 2:6$ Des acteurs sans scène Les jeunes L'éducation NUMÉRO 3:6$ 1984 \u2014 Créer au Québec En quéte de la modernité NUMERO 4:6$ L Amérique inavouable VOLUME 9 (1984-1985) NUMERO 1:6$ Le syndicalisme à l\u2019épreuve du quotidien NUMÉRO 2:6$ .et les femmes NUMÉRO 3:6$ Québec vert\u2026 ou bleu?NUMÉRO 4:6$ Mousser la culture VOLUME 10 (1985-1986) NUMERO 1:6% Le mal du siècle NUMÉRO 2:6$ Du côté des intellectuels NUMÉRO 3/4:6$ Autogestion, autonomie et démocratie NUMÉROS DISPONIBLES NUMÉRO 1 NUMÉRO 1 NUMÉRO 1/2 : NUMÉRO 3 : NUMÉRO 4 : NUMÉRO 1 NUMÉRO 1 NUMÉRO 1 NUMÉRO 1 : NUMÉRO 2 : :6$ NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3 : NUMÉRO : 6$ 6$ 6$ :6$ NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3 : NUMÉRO : 6$ 6$ 6$ 6$ 6$ 6$ :6$ NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3 : NUMÉRO 6 : 6$ 6$ 6$ :7$ NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3 : NUMÉRO : 7% 7% 7% :7$ NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3 : NUMÉRO 4 : 7% 7% 7% 7% 7% NUMÉRO 3/4 : 12 $ VOLUME 11 (1986-1987) La paix à faire Un emploi pour tous?Langue et culture Quelle université ?VOLUME 12 (1988) Le quotidien : modes d\u2019emploi Saguenay/Lac Saint-Jean : les irréductibles Le Québec des différences : culture d\u2019ici Artiste ou manager ?VOLUME 13 (1989) Il y a un futur [Droits de] regards sur les médias La mère ou l\u2019enfant ?VOLUME 14 (1990) Art et politique Québec en 2000 Culture et cultures Vies de profs VOLUME 15 (1991) La souveraineté tranquille Générations 91 Bulletins de santé Les publics de la culture VOLUME 16 (1992) L'autre Montréal What does Canada want ?Les excentriques (les arts en régions) Formations professionnelles VOLUME 17 (1993) À qui le droit?Parler d\u2019ailleurs/d\u2019ici (les communautés culturelles) À gauche, autrement NUMÉRO 1 :8$ NUMÉRO 2 :8$ NUMÉRO 3 : 8 $ NUMÉRO 4 :8$ NUMÉRO 1/2 : 10 $ NUMÉRO 3 : 8 $ NUMÉRO 4 :8$ NUMÉRO 1 :8$ NUMÉRO 2 : 8 $ NUMÉRO 3 : 8 $ NUMÉRO 4 : 8 $ NUMÉRO 1 :8$ NUMÉRO 2/3 : 10 $ NUMÉRO 4 : 8 $ NUMÉRO 1 : 8 $ NUMERO 2:8 % NUMÉRO 3/4 : 12 $ NUMÉRO 1 : 8$ NUMÉRO 2 :8$ NUMÉRO 3 : 8 $ NUMÉRO 4 : 8$ NUMÉRO 1 :8$ NUMÉRO 2/3 : 10 $ NUMÉRO 4 : 8 $ NUMÉRO 1 :8$ NUMÉROS DISPONIBLES VOLUME 18 (1994) L'artiste (auto)portraits Pensées pour un autre siècle (les inspirateurs de POSSIBLES) L\u2019État solidaire LEstrie VOLUME 19 (1995) Rendez-vous 1995 : mémoire et promesse Créer à vif Possibles@techno VOLUME 20 (1996) Modernité : élans et dérives Éduquer quand même Québec.On continue?L'art dehors (l\u2019art public) VOLUME 21 (1997) Penser avec Giguère et Miron Travailler autrement : vivre mieux ?Homo violens VOLUME 22 (1998) Générations : des liens à réinventer Un art qui s'engage Québec 1998 : l\u2019alternative VOLUME 23 (1999) L\u2019affirmation régionale (les régions québécoises) Ethnies, nations, sociétés Avec ou sans Dieu Nouvelles stratégies culturelles VOLUME 24 (2000) Québec : capitale ou succursale?Sortir de la pensée unique Interculturalisme québécois VOLUME 25 (2001) Un monde vert _- pre La Le pact Lo aio Acide ; E À fl PB A Er f.- Jn th pr.; P ki By | Bi fl @ pi 8 Al A d 3 bi pi Re 8 : it 2 ht fet a Nt ft ' J tT i ft 1: 3 Rg gt Nl À » g q n Be ot J Be 8 ES EE qe ENR Co 4 Lamiti®entre femmes, un secret bien gardé Traiter des rapports - lity eo qui existent entre les LES ae hommes et les femmes, (o EX se LCs au cœur ee 2 § Ay et de ses rêves, En era au cœur d'une culture, - op Ogu de sa mouvance, de ses possibles.PU un quelle pre CELIN ee A deuX doigts de ALAIN BERTRAND nouveau défi Le Couple ou moins ¢a change, F plus ou moins C'est pareil Pour etre heureux, aimer sans espoir JACQUES FOURNIER Ruptures etes PN Ey QE TY MADELEINE GAGNON Pre ETRE DOMIN 2GAGNE A improvisté NC Site \u2018enfance et Blomidon Voyages de Prin MICHELS CELLES Des fourmis'et des oranges GILLES LÉVEILLÉE "]
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