Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Laval médical
Éditeur :
  • Québec :Faculté de médecine, Université Laval,1936-1971
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec
  • Successeur :
  • Vie médicale au Canada français
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Laval médical, 1946-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" LAVAL MÉDICAL VOL.11 N° 2 FÉVRIER 1946 NÉCROLOGIE GEORGES-LÉO COTÉ 1901-1945 La Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec a été lourdement éprouvée par la perte de l\u2019un de ses membres les plus actifs.La mort l\u2019a foudroyé dans sa demeure, le 7 décembre 1945.Formé au culte des humanités au Séminaire de Québec, récipiendaire du doctorat en médecine de Laval avec la mention summa cum laude, il compléta ses études à la Faculté de médecine de Paris.Le surintendant médical de l\u2019Hôpital Laval trouva un collaborateur loyal et désintéressé lorsqu\u2019il lui demanda, en 1939, de créer un Service de bronchoscopie et de prendre charge du Service d\u2019oto-rhino-laryngologie.Il a immédiatement compris la place essentielle de l\u2019exploration endo- bronchique au cours de la tuberculose pulmonaire.Technicien habile, 1l exécutait avec une telle aisance les manœuvres endoscopiques que les malades s\u2019informaient souvent de la date de leur prochain examen.Ses protocoles étaient rédigés dans une langue impeccable et étaient ornés de dessins artistiques qui synthétisaïent ses observations.Ils terminaient invariablement par l\u2019émission d\u2019une opinion pratique sur la modalité thérapeutique à appliquer. 132 Lavar MEgbpicaL Février 1946 Son autorité dans le domaine trachéo-bronchique en fit un consultant régional recherché.Ses avis étaient écoutés avec une attention particulière aux sociétés savantes et au bureau médical de institution ou il exerçait.De 1939 à 1945, 1l publia une série de travaux sur la tuberculose endo-bronchique, la tuberculose de l\u2019oreille, la tuberculose des amygdales, la tuberculose pharyngo-laryngée cu la maladie d\u2019Isambert, l\u2019épithélioma bronchique, le sarcome pulmonaire, les causes de l\u2019atélectasie.Ils furent analysés dans la revue de phtisiologie la plus répandue au monde, soit l\u2019American Review of Tuberculosis, après leur publication dans le Laval Médical.Il fit partie de l\u2019équipe qui réalisa la première résection pulmonaire pratiquée à Québec, le 15 novembre 1944.Chargé du cours d\u2019oto-rhino-laryngologie à la Faculté, il donna des leçons qui étaient des modèles d\u2019exposition méthodique.Travailleur mfatigable, l\u2019effort était pour lui un plaisir.Il laisse Ie souvenir d\u2019un homme d\u2019action qui s\u2019est particulièrement appliqué au bien des malades.Le Laval Médical désire s\u2019associer au personnel de l\u2019Hôpital Laval pour présenter à la famille du disparu l\u2019expression de ses sincères condoléances.Ph.RicHARD. COMMUNICATIONS LA PÉNICILLINE (Quelques considérations biologiques) par Maurice GIROUX Chef des Laboratoires de I\u2019 Hépital Laval À mesure que l\u2019homme avance dans la vie, 1l s\u2019aperçoit que la lutte pour la vie est une chose réelle qui, si elle n\u2019explique pas de façon scientifiquement suffisante le transformisme intégral de Darvin, s\u2019applique néanmoins à tout ce qui a vie.Cette lutte a accoutumé d\u2019être considérée surtout en ce qui\u2019 regarde les êtres macroscopiques, mais elle relève d\u2019une loi biologique plus générale que cela, suivant laquelle tout organisme se défend, se protège, même quand il s\u2019agit de protistes, d\u2019êtres unicellulaires.Les uns résistent aux conditions extrinsèques défavorables, tandis que d\u2019autres vont plus loin, et fabriquent des substances qui sont nuisibles à la vie même de leurs voisins.C\u2019est dans ce dernier cas que l\u2019on a décrit une activité « antibiotique ».Si Je nom d\u2019antibiote est nouveau, la chose l\u2019est moins, puisque, déjà en 1877, Pasteur avait noté que l\u2019anthrax guérit beaucoup plus facilement quand 1l y a en même temps une contamination par des saprophytes de l\u2019air.Chacun connaît les nombreuses et intéressantes recherches qui se poursuivent actuellement sur les antibiotes en pro- 134 LavaL MeEpbicaL Février 1946 venance des bactéries du sol, surtout depuis que R.Dubos a isolé la gramicidine.HISTORIQUE Dans un éditorial du British Medical Journal, du 5 août 1944, on a divisé, avec à propos, l\u2019histoire de la pénicilline en 3 périodes : 1° Découverte de A.Fleming, 1929 ; 2° Travaux de Florey, 1938 ; 3° Production américaine.1° C\u2019est en 1929, que Sir Alexander Fleming, prix Nobel depuis lors, annonce la découverte d\u2019une substance nouvelle provenant d\u2019une moisissure tombée de l\u2019air dans une culture de staphylocoque doré, et ayant inhibé la culture de ce coccus autour de sa propre zone d\u2019accroissement.On a dit que la découverte de la pénicilline, comme l\u2019a nommée Fleming lui-même, après identification de la moisissure en penicilllum notatum par Thom, a été accidentelle.Il ne faut pas oublier qu\u2019en 1922, A.Fleming a 1solé du blanc de l\u2019œuf un « lyzozyme » ayant le pouvoir de dissoudre certaines bactéries, et, surtout, se souvenir de cette phrase de H.Coutières dans le Monde vivant : «mais il faut se défier du hasard ou, plutôt, 1l faut lui associer, au premier rang, la perpétuelle et profonde activité cérébrale humaine, pour qui rien n\u2019est perdu, qui associe des idées et se souvient, qui tire des conséquences du moindre fait, et prévoit, par induction, ce que le fait même ne lui montre pas ».A.Fleming constate donc qu\u2019une substance antibiotique, provenant de la culture du penicillium notatum, exerce une action inhibitrice, bactériostatique sur plusieurs bactéries gram-positives et également pathogènes, in vitro.Il constate également cette action sur des infections de la peau.Quelques chercheurs anglais, P.W.Clutterbuck, R.Lowell et H.Raistrick tentent, mais sans succès, d\u2019extraire cette substance active.Le bactériologiste d\u2019Oxford, tout en conservant la souche de penicillium notatum abandonne ses recherches jusqu\u2019en 1941.2° H.W.Florey, qui travaille depuis longtemps sur les antibiotes, commence, en 1938, à s\u2019occuper de la pénicilline, avec la collaboration successive des Drs E.Chain et F.P.Abraham. Février 1946 LavaL MEbpIicAL 135 Ces chercheurs emploient une méthode d\u2019extraction comprenant le traitement du bouillon de culture, contenant la pénicilline acide impure en solution aqueuse, par un solvant organique, soit l\u2019éther ou l\u2019acétate d\u2019amyl, et le passage successif de l\u2019agent purifié en une solution aqueuse de pH 5.0 à 6.0.Decette façon, ils obtinrent suffisamment d\u2019une poudre de pénicilline pour réaliser, en février 1941, des essais cliniques, avec un succès temporaire relatif, par manque de substance cristallisée.3° L\u2019état de guerre, extrêmement pénible pour la recherche, qui existait alors en Angleterre, incite les Drs Fleming et Heatley à venir aux États-Unis, à l\u2019Institut Rockefeller, puis au National Research Council à Washington.Dans ce pays, de nouvelles méthodes d\u2019extraction furent employées, en utilisant la souche de A.Fleming, et une large production commence avec le concours des grandes compagnies pharmaceutiques.Les premières expériences américaines furent faites en mars 1942, avec grand succès.La pénicilline fut alors utilisée pour les besoins des armées belligérantes alliées d\u2019abord, et successivement mise à la disposition de tous et chacun.CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES ET BIOLOGIQUES Le penicilllum notatum est un champignon de la classe des Moisissures, ayant la même morphologie que ces moisissures vertes que l\u2019on rencontre sur le pain ou, mieux encore, les fruits acides en décomposition ou encore dans le fromage de Roquefort.Il se caractérise par ses filaments aériens, dont l\u2019appareil de reproduction ressemble à un petit balai, à un pinceau, ou encore à la main d\u2019un squelette, laquelle porterait, au bout de chaque phalangette, des chaînettes de petites spores de couleur verdâtre.Le champignon pousse facilement, en quelques jours, sur toute substance organique, sur la gélose maltosée à 2%, mais 1l faut un milieu spécial liquide pour permettre l\u2019extraction de la substance antibiotique.P.W.Clutterbuck, R.Lowell et H.Raistrick employèrent le milieu synthétique liquide de Czapek Dox, dont ils isolèrent d\u2019abord une 136 Lavar.MÉDICAL Février 1946 protéme, puis un pigment jaune soluble, la chrysogénine.Le milieu liquide généralement employé contient plusieurs sels minéraux et du lactose.- Cependant, comme dans le métabolisme du champignon, il ne se forme que très peu de pénicilline, et ceci seulement après quelques jours de culture, un gramme du produit purifié demandant 20 litres de culture, un auteur américain, À.J.Moyer, a constaté que l\u2019addition d\u2019un sous- produit de l\u2019industrie du maïs, la Corn steeping liquor favorise grandement la culture du penicillium notatum.Le champignon y pousse en une couche superficielle de 1.5 à 2.0 centimètres d\u2019épaisseur, à une température de 22 à 25 degrés C.On a signalé que cette culture est encore accélérée si on ajoute 10% de levures.Il s\u2019agit d\u2019un aérobie strict, et si on fait des cultures en profondeur dans le milieu liquide, ce qui augmente la production massive, il faut installer un courant d\u2019air forcé fonctionnant de bas en haut.Après trois Jours d\u2019ensemencement, apparaissent des petits points blancs, qui forment bientôt un voile en surface.Vers le sixième jour, apparaît, sur le milieu, une teinte bleu verdâtre, et deux Jours plus tard, toute la surface est couverte par une couche plissée de mycelium avec teinte vert foncé.Alors se produisent, en surface toujours, des gouttelettes Jaunes, et tout le milieu devient lui-même teinté, avec un pH de 3.0 à 6.5 ; puis cette acidité diminue, quand la pénicilline apparaît.Quand le pH atteint 7.0, la teinte jaune et la pénicilline augmentent rapidement.Puis le taux demeure constant, sauf si le pH monte à 8.5 ; dans ce dernier cas, la solution devient brun foncé, et la pénicilline disparait.EXTRACTION DE LA PÉNICILLINE Depuis le premier mode d\u2019extraction réalisé par H.Florey et ses collaborateurs, plusieurs techniques nouvelles et plus pratiques ont été employées, et il ne peut être question de les décrire ici.E.P.Abraham et F.Chain ont employé, comme solvants, l\u2019éther et l\u2019acétate d\u2019amyl : la solution est refroidie entre 0 à 4 degrés C., puis acidifiée avec de l\u2019acide phosphorique à 10% jusqu\u2019à 1.9, et la pénicilline est extraite aussi rapidement que possible. Février 1946 LAVAL MEDICAL 137 De façon très générale, l\u2019extraction est directe et à froid par les solvants organiques, ou bien après absortion de la pénicilline par du charbon activé.Alors cette pénicilline ainsi obtenue est purifiée et concentrée.On fait le titrage, les essais de toxicité, stérilité, pyrogénicité, puis on congèle le liquide à 40 degrés C.sous zéro, et on dessèche dans le vide.PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES La pénicilline est un acide très soluble dans l\u2019eau et les solvants organiques : éther, alcool, acétone, acétate d\u2019éthyl, acétate d\u2019amyl, cyclohexanone, dioxane.Elle est moins soluble dans le benjoin, le chloroforme, et le tétrachlorure de carbone.Sa solubilité dans l\u2019eau distillée ou un sérum physiologique est d\u2019environ 5 milligrammes par centimètre cube.On transforme l\u2019acide pénicillique en sels de baryum, strontium, et surtout de sodium et calcium.Une pénicilline très purifiée se présente en une poudre cristallisée blanche, mais, en général, le produit non totalement purifié est fourni en une poudre allant du brun au jaune pâle.C\u2019est une substance instable se détruisant rapidement en solution aqueuse, à la lumière et à la chaleur.Cependant M.M.Kirby a constaté que les solutions des produits commerciaux du sel sodique de pénicilline conservent leur plein pouvoir antibiotique pendant un minimum de 4 jours à l\u2019étuve, et de 7 jours a la température ambiante.Toutefois 1l vaut mieux la conserver en poudre anhydre dans le vide et au froid, en ampoules scellées, ce qui garde les propriétés bactériostatiques pendant des mois.La pénicilline a des propriétés bactériostatiques plutôt que bactéricides, ce qui est très différent comme l\u2019a démontré R.Dubos.Ce produit biologique, comme les sulfamidés d\u2019ailleurs, arrête la croissance des germes microbiens, mais ne les tue pas, comme le font les antiseptiques, qui eux sont bactéricides.A.D.Gardner a constaté par l\u2019étude in vitro, que la pénicilline arrête la division des bactéries, et que celles-ci deviennent longues, filamenteuses.De même, L.D.Smith et T.Hay 138 Lava\u2026 MÉDICAL Février 1946 ont observé que le staphylocoque doré prend l\u2019aspect morphologique de très gros cocci, doublant ou triplant son diamètre habituel.La toxicité de la pénicilline pour l\u2019animal et l\u2019homme est presque nulle, surtout si on emploie un sel purifié contenant un grand nombre d\u2019unités au milligramme.Cependant, on a signalé des réactions urti- cariennes et des thrombophlébites au point d\u2019injection.Le pouvoir bactériostatique de la pénicilline in vitro est trés marqué, puisqu\u2019un sel ayant une activité de 450 à 500 unités Oxford par milligramme inhibe toute culture de staphylocoque doré en solution de \"/20,000,000e à / 30,000,000\u20ac- L'action bactériostatique s\u2019exerce surtout in vitro, sur les bactéries gram-positives, comme le staphylocoque doré, streptocoque, pneumocoque, Bacillus perfringens, et deux gram-négatives, comme le gonocoque et le méningocoque, de même que sur le tréponème de Schaudinn.L\u2019actinomycès serait aussi susceptible d\u2019être influencé par la pénicilline ; de même que la rickettsia.Son action in vitro est beaucoup plus étendue.Quant aux bactéries gram-négatives des voies digestives, elles ne sont pas influencées, peut- être parce qu\u2019elles sécrètent une enzyme détruisant la pénicilline, soit une pénicillase, ce qui les rend susceptibles d\u2019une autre thérapeutique par la sulfaguanidine, ou encore, pour le bacille d\u2019Eberth, par la streptomycine de Waksman.La pénicilline est excrétée rapidement de l\u2019organisme : ainsi après une injection intra-veineuse, le rein en élimine 70% en quelques beures.On a préconisé, comme l\u2019ont fait K.H.Beyer et ses collaborateurs, d\u2019in- Jecter, en même temps que la pénicilline, de \"acide para-aminohip- purique ce qui garde une concentration plasmatique plus élevée, pendant plus longtemps.On a également proposé de refroidir l\u2019endroit de l\u2019injection ou des applications pour obtenir le même résultat.Si la pénicilline, de par son peu de toxicité, peut être utilisée sans danger, il faut tout de même savoir que les bactéries peuvent devenir pénicillo-résistantes, comme on en a vues devenir sulfamido-résistantes.Ainsi E.Gallardo constate que sur 108 souches de staphylocoque doré, 22.2% sont spontanément résistantes, et 9.4% le deviennent en 5 à 40 jours. Février 1946 Lava\u2026 MÉDicaL 139 De même Schmidt et Sesler ont trouvé un pneumocoque de type I devenir résistant à la pénicilline.Il est donc d\u2019une certaine importance d\u2019étudier les souches bactériennes avant le traitement, et même après, si celui-ci est inopérant.UNITÉ DE PÉNICILLINE Les termes d\u2019unité Oxford, et d\u2019unité Florey sont synonymes, et désignent l\u2019activité bactériostatique de la pénicilline.M.L.Florey et M.A.Jennings ont ainsi défini I'unité de pénicilline : « la quantité de pénicilline qui, dissoute dans 50 c.c.d\u2019un bouillon de viande, inhibe complétement la culture d\u2019une souche-test de staphylocoque doré ».Il s\u2019agit donc d\u2019une mesure conventionnelle de l\u2019activité de la pénicilline in vitro, fixant le chiffre à 500 unités par milligramme.Cependant, les méthodes de dosages biologiques qui seront étudiées plus loin ne peuvent donner assez de précision.Et il est important que des standards soient définis et adoptés par tous les pays.Une commission de la Royal Society de Londres sous les auspices de la Permanent Standards Commission League s\u2019est occupé de cette question en octobre 1944, et a recommandé qu\u2019un sel sodique pur de pénicilline soit gardé en Grande-Bretagne et aux États-Unis comme standard.A l\u2019heure actuelle, on garde à Washington un standard-étalon consistant en un sel sodique cristallisé de pénicilline contenant 1,650 unités par milligramme.MÉTHODES DE DOSAGE DE LA PÉNICILLINE Depuis A.Fleming, on a proposé plusieurs méthodes de dosage biologique de la pénicilline, permettant de connaître la plus petite quantité susceptible d\u2019arrêter la croissance d\u2019un germe connu.Trois méthodes principales ont été proposées, soit : 1° méthode des dilutions sériées ; 2° méthode par néphélométrie ; 140 LavAL MÉDICAL Février 1946 3° méthode des godets (Cup plates).1° Méthode des dilutions sériées (Fleming) : Cette méthode consiste à introduire, dans un certain nombre de tubes de culture de bouillon contenant une souche bactérienne à inhibition par la pénicilline bien connue, soit le staphylocoque doré H (Heatley), des quantités de pénicilline en solution en doses décroissantes, et à noter à quel pourcentage, correspondant à tant d\u2019unités, la culture est arrêtée.C\u2019est en utilisant cette méthode initiale de À.Fleming, que Florey a dégagé la définition peu satisfaisante de l\u2019unité de pénicilline qui a été donnée plus haut.2° Méthode par néphélomêtrie : Cette méthode consiste à faire des mesures précises, en employant un électro-photomètre, du trouble qui apparaît dans une série de bourllons de culture ensemencés, et, ceci, après un temps fixé et connu de traitement par des quantités échelonnées d\u2019une solution de la pénicilline à éprouver.Évidemment, plus la pénicilline est en quantité suffisamment active, moins la turbidité sera marquée, et inversement.3° Méthode des « Cup plates » de Florey : Cette troisième méthode, originale et sûre, consiste à ensemencer avec une souche bactérienne (staphylocoque doré H, bu staphylocoque doré n° 209 du National Institute of Health, U.S.A.).la gélose en plaque d\u2019une boîte de Pétri, puis à placer sur cette gélose des godets de porcelaine, ou des bagues de verre, dans lesquels on dépose les dilutions de pénicilline à doser.Celles-ci diffusent dans la gélose qui entoure ces bagues de verre et, par le diamètre d\u2019inhibition après un temps fixé autour de chaque cupule, on peut juger de l\u2019activité de tel échantillon de pénicilline.C\u2019est en se basant sur cette méthode qu\u2019on a pu donner cette autre définition de l\u2019unité Oxford ou Florey : «la quantité de pénicilline qui, dans les conditions citées plus haut, donne une zone d\u2019inhibition de 24 m.m.de diamètre ». Février 1946 Lavar MÉDICAL 141 Les milieux de culture employés dans ces trois méthodes ne doivent pas contenir de glucose, car la notatine (Coulthard), la pénatine (Kocholaty) et la pénicillinme B (Roberts), provenant également du penicillium notatum, ont une action antibactérienne en présence de glucose.De plus, les échantillons de pénicilline à éprouver doivent être en solution aqueuse, et ne pas contenir de solvants organiques.EMPLOI DE CES MÉTHODES AU LABORATOIRE CLINIQUE Il est parfois important, et toujours intéressant, de connaître la quantité de pénicilline existant chez un patient au cours du traitement par ce produit biologique.Ces dosages s\u2019effectuent sur le sang, les urines, les exsudats de l\u2019organisme.Les méthodes du laboratoire sont évidemment tributaires des techniques générales décrites plus haut.C.H.Rammelkamp, en 1942, modifie la méthode des dilutions en série pour l\u2019adopter aux besoins des dosages cliniques sur de petites quantités de sang et d\u2019exsudats.Cette technique consiste à comparer, sur une série de 10 tubes contenant 2 c.c.de bouillon ensemencé avec la souche de staphylocoque doré H, l\u2019activité d\u2019une pénicilline standard a 0.60 unité Florey par c.c., avec une dilution du produit à doser mis en présence de 10 tubes semblablement ensemencés.Les tubes de chaque série où la culture est inhibée correspondent ; et on connaît ainsi le taux de pénicilline du produit à doser par comparaison.On peut également employer cette méthode en milieu solide.Cependant, cette première méthode, de même que la néphélométrie, laquelle a beaucoup de valeur dans les recherches précises, ne sont pas à conseiller, parce que trop complexes en pratique courante.La méthode idéale pour sa simplicité, et suffisamment précise, est celle des cup plates, de Florey, avec les modifications qu\u2019on lui a fait subir.Par cette méthode, en sachant quel est le diamètre de la zone d\u2019inhibition sur une souche-test, obtenue avec une quantité définie de -pénicilline, et au moyen de courbes, on dosera, par comparaison, la quantité d\u2019unités de pénicilline dans le sang et les divers liquides de l\u2019organisme. MOISISSURES oo SOUCHES ANTIBIOTES BACTERIES SUSCEPTIBLES PROPRIETES > Penicillium notatum Pénicilline (1929) Bactéries gram-positif, Gonocoque, Mé-| Non toxique ningocoque, Spirochètes, Actinomycose, Anaérobies Penicillium citrinum Citrinine (1931) Gram-positif Toxique Gliocladium fimbriatum Gliotoxine (1936) Gram-positif, Para et Dysentérique Toxique Aspergillus fumigatus Fumigatine (1938) Gram-positif Très toxique Fumigacine Aspergillus clavatus Clavacine (1942) Gram-positif Très toxique Penicillium notatum Pénatine (1942) Gram-positif et négatif Peu toxique, non active in vivo Aspergillus flavus Acide aspergillique (1940) Gram-positif Toxique .Flavicine Aspergillus claviforme Claviformine a Penicillium patulum Patuline < _ p BACTERIES = .oO o Pseudomonas aeruginosa Pyocyanase Gram-positif et négatif Non actif in vivo = Pyocyanine Bacillus brevis Tyrothricine Gram-positif Toxique Bacillus brevis Gramicidine Gram-positif Usage local Bacillus brevis Tyrocidine Gram-positif Bacillus subtilis Subtiline Gram-positif Bacillus brevis Gramicidine S (1944) Gram-positif et négatif Usage local Ti ACTINOMYCETES o: 4 5 Proactinomyces gardneri Proactinomycine Gardner (1942) Gram-positif et négatif : cocci Toxique \u2014_ Actinomyces lavendulz Streptothricine Waskman (1942) Gram-positif et négatif : cocci Toxicité peu marquce © Actinomyces griseus Streptomycine Waksman (1944) Gram-positif et négatif.Bacille de Koch in| Peu toxique oN vivo, actinomycès, bacille d\u2019Eberth Février 1946 LavaL MEbpicaL 143 .J.V.Cook a proposé une méthode simplifiée consistant à délimiter, au centre d\u2019une plaque de gélose en boîte de Pétri, un rectangle de 5 cms par 2 cms, lequel est imbibé par le liquide à doser ; puis on ensemence en un trait débordant le staphylocoque doré H, lequel est toujours arrêté dans sa croissance par 0.02 d\u2019unité de pénicilline standard (soit à 0.2 d\u2019unité par c.c.).Par conséquent si, par exemple, 0.1 de c.c.du liquide inhibe la culture, on sait que le-taux de pénicilline y est au moins à 0.2 d\u2019unité par c.c.On peut encore déposer les dilutions de pénicilline ou du liquide contenant ce produit, dans de simples trous dans la gélose en plaque, Fleming Agar Hole ou, plus simplement encore, déposer sur cette gélose ensemencée de petits papiers filtres stériles imbibés de la solution à éprouver.C.H.Rammelkamp s\u2019est servi d\u2019un streptocoque hémolytique à susceptibilité connue vis-à-vis la pénicilline, l\u2019hémolyse du milieu au sang servant de réactif indicateur tant en bouillon que sur gélose.En terminant ces quelques considérations biologiques sur la pénicilline, voici une liste, forcément abrégée, de quelques autres antibiotes dont quelques-uns du moins sont à l\u2019étude, et même plus, tiennent la vedette.Voici donc, très brièvement résumées, quelques notions biologiques sur cet antibiote à multiple emploi qu\u2019est la pénicilline, si appréciée en clinique, puisque, comme le signalait dernièrement A.Frappier, dans 45% des maladies, l\u2019organisme lutte avec les microbes pathogènes.BIBLIOGRAPHIE 1.K.H.Beyer, H.FriPpIN, W.L.VErvEy et R.Woopwarp.The effect of para-aminohippurie \u2018acid on plasma concentration of penicillin in man, J.A.M.A,, 126 : 1007, (déc.) 1944.2.J.V.Cooke.A simple clinical method for the assay of penicillin in body fluids, J.A.M.A., 127 : 445, (fév.) 1945, 14 3 oc Oo 10 11 12 13 14 15 16 17 18 4 LavaL MÉDICAL Février 1946 .J.V.CookE et D.GoLprING.The concentration of penicillin in various body fluids during penicillin therapy, J.A.M.A., 127 : 80, (jan.) 1945.H.Courières.Le Monde vivant, 1 : 118, Edit.: Soc.des Atlas pittoresques, 1927.R.J.DuBos.Antimicrobial agents of biologic origin, J.A.M.A., 124 : 633, (mars) 1944.ÉpiroriaL.The history of penicillin, J.A.M.A., 126 : 170 (sept.) 1944.Eprroriar.Secretion of a glucose oxidising enzyme with bacterio- static property by Penicillium notatum.(Hirsch, 1942), J.AM.A., 124 : 924, (mars) 1944.A.FrapPIER.La pénicilline, Union méd., 74 : 726, (juin) 1945.J.W.Foster et H.B.Wooprurr.Microbiological aspects of penicillin, Jour.Bact., 46 : 187, (août) 1943.H.W.FLorEY et alii.Further observations on penicillin, Lancet, 2 : 177, (16 août) 1941.M.Giroux.A propos de pénicilline, Laval méd., 9 : 732, (nov.) 1944.Sir P.HartLEY.World standard and unit for penicillin, Canad.Pub.Health J., 36 : 196, (mai) 1945.M.M.Kirsy.Stability of penicillin solutions at room and incubator temperature, J.A.M.A., 125 : 628, (juil.) 1944.C.C.Lucas.Penicillin, Canad.J.Med.Tech., 5 : 89, (sept.) 1943.C.H.RAMMELKAMP.A method of determining the concentration of penicillin in body fluids and exsudates, Proc.Soc.Exper.Biol.& Med., 51 : 95, (oct.) 1942.| .A.N.Ricuarps.Penicillin, J.A.M.A., 122 : 235.(mai) 1943.L.H.Scumipr et C.L.DesLer.Penicillin fast bacteria, Proc.Soc.Exper.Biol.er» Med., 52 : 353, (avril) 1943.J.J.WooLEY et H.ScumipT.Clinical penicillin assay : an adaptation of the Fleming agar hole, Tech.Bull.Reg.of Med.Tech., 6 : 22, (mars) 1945. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES RÉSULTATS OBTENUS PAR LA PÉNICILLINE EN CLINIQUE par Renaud LEMIEUX Chef du Service de médecine à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement L'attribution, ces semaines dernières, du prix Nobel à un des travailleurs de l\u2019École d\u2019Oxford, démontre bien quelle importance les savants du monde entier donnent à la découverte de la pénicilline et quelle reconnaissance l\u2019humanité entend vouer à un de ses bienfaiteurs.Si le génie de l\u2019homme s\u2019est orienté pendant le présent siècle vers la mise au point de tant de formidables engins de destruction, son esprit ne s\u2019est pas moins recueilli pour ajouter une arme nouvelle et puissante contre la maladie et la mort.La liste est déjà très longue des maladies dont le pronostic s\u2019est modifié depuis les premières communications de Florey et de Fleming, et, chaque jour, la littérature médicale vient ajouter de nouvelles précisions et ouvrir des horizons nouveaux à l\u2019emploi clinique de la pénicilline.II est certain qu\u2019aucun agent thérapeutique n\u2019a subi, au même titre que celui-ci, un contrôle aussi rigide et une critique scientifique aussi sévère ; c\u2019est au besoin urgent des forces armées que nous devons cette surveillance étroite qui s\u2019est exercée, pendant deux ans, sur l\u2019emploi des faibles quantités de ce médicament mises à la disposition du (3) 146 LavaL MEbpicaL Février 1946 public ; cette surveillance, si elle a paru ennuyeuse à certains jours, a cependant contribué à préciser, dès le début, le parti que le monde médical pouvait tirer de ce nouvel agent bactéricide en en permettant l\u2019usage que chez des malades dont l\u2019agent infectieux influençable avait pu être identifié d\u2019une manière indiscutable.La fin de la guerre et l\u2019intensification dans la production ont fait que, depuis plusieurs mois, la pénicilline est devenu d\u2019un usage courant en clinique, qu\u2019indiscutablement nous lemployons avec moins de discernement et que nous commençons de lui trouver des insuffisances que notre enthousiasme du début ne nous permettait pas de soupçonner.Rien qui doive nous surprendre, d\u2019ailleurs, pas plus pour la pénicilline que pour les autres médicaments, puisque l\u2019histoire se répète pour elle comme elle s\u2019est répétée pour tous ceux dont la grande presse s\u2019est emparée pour remplir ses colonnes ; pour suivre la mode, chaque patient, fébricitant ou non, insiste pour avoir sa dose de pénicilline et, à moins que cela ne soit déjà fait, nous verrons très bientôt les fabricants de pâtes dentifrices et de pommades pour l\u2019acné, ajouter à leur formule un peu de pénicilline, pour prendre plus facilement le marché.Cinq ans se sont écoulés depuis les découvertes de Florey et de Fleming et déjà, quelques mois après leurs premières publications, on ne comptait plus, grâce à ce merveilleux champ d\u2019observation qu\u2019était la campagne d\u2019Afrique et d\u2019Italie, le nombre de vies humaines qu\u2019on devait à la pénicilline.L'action antibiotique de certains micro-organismes signalée en 1877, par Pasteur et Joubert, trouvait son application pratique, dans un temps où l\u2019on sacrifiait sans compter à l\u2019égoïsme des peuples, la fleur de leur Jeunesse.Dès son introduction en thérapeutique, la pénicilline s\u2019est montrée un agant bactéricide tout aussi puissant que les constatations de Fleming l\u2019avait affirmé ; dénuée de toute toxicité à l\u2019état pur, elle devait avoir sur les agents chimiothérapiques, l\u2019immense avantage de n\u2019ajouter aucun phénomène d'intoxication à des perturbations organiques infectieuses déjà souvent très profondes.Son action bactéricide est loin d\u2019être universelle et constante ; un très grand nombre d\u2019espèces microbiennes sont résistantes à l\u2019action de la pénicilline, nous le savons, tandis que d\u2019autres, généralement influençables, ne sauraient être dé- Février 1946 Lava\u2026 MÉDpicaL 147 truites grâce à des proliférations anatomiques qui sont nées de la longueur de l\u2019infection ou de ses poussées successives.Il n\u2019est nullement besoin de rappeler que, sensiblement au même titre que les sulfamidés, la pénicilline n\u2019a aucun effet sur les espèces microbiennes gram-négatives, tandis que son pouvoir bactéricide s\u2019exerce généralement sur toute la série des agents gram-positifs ; l\u2019expérience clinique et le maniement Journalier de la pénicilline, depuis deux ans, nous a montré combien 1l était important, avant toute tentative thérapeutique, d\u2019établir, d\u2019une façon précise, les caractères bactériologiques d\u2019une infection pour ne pas courir le risque d\u2019aboutir à un échec dont dépendent souvent, la santé future ou la vie d\u2019un malade.Il n\u2019est pas besoin, non plus, de rappeler quels sont les modes d\u2019administration de la pénicilline, les voies qu\u2019il faut de préférence choisir et quelle concentration du médicament 1l faut viser à maintenir, d\u2019une façon aussi constante que possible, dans le sang pour faire rendre au traitement tous les bénéfices que le malade peut en tirer.On a démontré, d\u2019une façon péremptoire, avec quelle facilité et avec quelle rapidité la pénicilline était éliminée de l\u2019organisme ; l\u2019oubli de ce phénomène paraît être souvent une des raisons importantes des insuccès ou des demi-succès que l\u2019on rapporte.Mais le but du travail de ce soir est de jeter un coup d\u2019œil en arrière, sur le chemin parcouru en clinique depuis l\u2019usage de la pénicilline dans la lutte contre les infections.C\u2019est pourquoi il m\u2019a paru qu\u2019il serait beaucoup plus utile à tous si nous revoyions, à travers la littérature médicale, les résultats qui ont été signalés par les différents observateurs dans le traitement de groupes définis d\u2019infection, plutôt que de faire l\u2019analyse d\u2019observations personnelles, dont le nombre est nécessairement de beaucoup plus restreint puisqu\u2019elles ne s\u2019adressent qu\u2019à un petit groupe de malades, ceux que peut fournir un seul Service médical.La revue d\u2019une littérature aussi volumineuse que celle qui traite des applications cliniques de la pénicilline et des résultats thérapeutiques obtenus par son emploi depuis quatre ans, oblige, pour en faciliter l\u2019analyse, à des divisions peut-être un peu arbitraires.Ces divisions constitueront autant de chapitres à ce travail. 148 Lavar MEbpicaL Février 1946 Nous envisagerons donc les résultats obtenus par l\u2019emploi de la pénicilline : 1° au cours des infections du sang ; 2° au cours des infections du cœur ; 3° au cours des infections du système nerveux central ; 4° au cours des infections des voies respiratoires ; 5° au cours des infections du système osseux ; 6° au cours des infections de la peau et des tissus mous ; 7° au cours des infections du système génito-urinaire ; 8\u201c au cours d\u2019infections diverses.| 1.\u2014 INFECTIONS DU SANG Le traitement des septicémies a constitué, jusqu\u2019à ces dix dernières années, un des problèmes thérapeutiques les plus difficiles.Ceux d\u2019entre nous qui ont connu l\u2019ère de l\u2019électrargol, du collargol, du mercurochrome ou de l\u2019abcès de fixation, se souviennent avec quelle angoisse parfois, 1ls voyaient sortir de l\u2019étuve du bactériologiste des hémocultures toujours positives ; seuls, les sujets Jeunes pouvaient avoir quelqu\u2019espoir de guérir d\u2019une infection à streptocoques ou à staphylocoques, tandis que chez les malades âgés de plus de 50 ans, la mortalité par infection généralisée dépassait 90%.La venue des sulfamidés en chimiothérapie, et leur emploi énergique au cours des septicémies ont contribué à abaisser d\u2019une façon étonnante la mortalité de 90% à 40%.I! n\u2019en reste pas moins que, pour des raisons diverses, comme par exemple la résistance acquise en cours de traitement vis-à-vis les sulfamidés par les micro-organismes, le pouvoir bactéricide plutôt limité de ces substances, de même que leur toxicité parfois élevée, quatre septicémiques sur dix continuent de mourir.Les premières communications du groupe d\u2019Oxford permettaient d\u2019espérer que la pénicilline devait s\u2019avérer comme un agent anti-infec- tieux de beaucoup plus actif que tout ce qu\u2019on avait connu jusque-là ; les deux malades souffrant de septicémies, dont Abraham rapportait l\u2019observation, traités avec succès, en août 1941, en étaient des preuves indéniables.Depuis cette première communication, les observations se sont accumulées.Si on fait la somme des infections septicémiques Février 1946 Lavar.MÉpicaL 149 traitées par la pénicilline, et rapportées dans la littérature médicale en ces quatre dernières années, on atteint le chiffre assez imposant de 244 cas.Or, parmi ces 244 malades, 186 ont guéri, soit 76%.Si l\u2019on prend en considération que, dans ces 244 septicémies traitées par la pénicilline, sont incluses les observations des malades qui ont servi aux premiers essais cliniques de la médication, c\u2019est-à-dire pendant une période où la pénicilline contenait des impuretés en quantité et qu\u2019on en connaissait encore assez mal la posologie, et que, d\u2019un autre côté, bon nombre de ces malades en étaient déjà à une période avancée de leur infection, il est facile de croire qu\u2019une statistique ne comprenant que des cas de date plus récente, doive signaler des guérisons encore plus nombreuses.C\u2019est ainsi que dans une statistique de la Clinique Mayo, publiée en 1944, nous pouvons lire que vingt-cinq (25) des vingt-huit (28) malades souffrant de septicémie de date récente ont guéri, soit 89%, ce qui représente 10% de plus que le pourcentage de guérison calculé comme moyenne de la statistique totale.En dix ans, la mortalité par septicémie a donc décru de 90% qu\u2019elle était avant la découverte des sulfamidés à 15% ou 20% depuis l\u2019avènement de la pénicilline.C\u2019est incontestablement un résultat étonnant si l\u2019on prend en considération la période relativement courte pendant laquelle s\u2019est opéré ce changement.Il est intéressant de reprendre la somme des états septicémiques traités par la pénicilline depuis 4 ans, et qui ont servi à la statistique générale citée plus haut, pour répartir ces infections suivant les espèces microbiennes en cause.Sur ces 244 septicémies, 185 étaient d\u2019origine staphylococcique et s\u2019étaient montrées particulièrement résistantes à une sulfamidothérapie intensive ; 73%, soit 133, ont guéri à la suite d\u2019un traitement à la pénicilline.Encore, ici, il ne fait pas de doute que le pourcentage de guérison aurait été plus élevé n\u2019eut été la période d\u2019attente qui s\u2019est écoulée pendant la durée du traitement infructueux par les sulfamidés.L'origine streptococcique a été mise en évidence chez 16 des 244 malades souffrant de septicémie sans atteinte clinique de l\u2019endocarde ; 15 de ces 16 malades ont pu être considérés comme guéris, soit 93%.D\u2019un autre côté, 43 septicémies ont pu être attribuées à des origines diverses : tantôt 1l s\u2019est agi d\u2019infection pneumoccocique, tantôt d\u2019infection neissérienne.De ces 43 malades, 36 ont recouvré la santé, soit 150 LAavaL.MÉDrcaL Février 1946 85%.Un faut clinique que l\u2019on relève dans toutes ces observations, c\u2019est que la température tombe progressivement à la normale vers le 8e ou le 10\u20ac jour et que l\u2019hémoculture demeure négative à partir du 2\u20ac ou 3\u20ac jour du début du traitement.Tous les auteurs paraissent unanimes à admettre que les insuccès qui ont été enregistrés au cours du traitement des septicémies par la pénicilline, l\u2019ont été chez des malades dont le début de l\u2019infection remontait à une date éloignée ou bien chez ceux où l\u2019on observait des signes cliniques évidents d\u2019une endocardite concomitante.Il ne paraît pas, par ailleurs, exister de contre-indications au traitement des septicémies par la pénicilline et il ne paraît pas, non plus, que l\u2019on doive considérer les insuffisances rénales non plus que les défaillances cardiaques comme des facteurs pouvant gêner la thérapeutique en quelque manière que ce soit.La technique thérapeutique au cours du traitement des septicémies doit être des plus rigoureuses et plus encore qu\u2019au cours du traitement de toute autre infection ; pendant les premiers jours, il est de toute nécessité de s\u2019efforcer de maintenir, de la façon la plus constante possible, le taux de concentration de la pénicilline dans le sang.II est bien entendu que la voie idéale d\u2019administration du médicament est la voie Intra-veineuse et que la dose totale doit être d\u2019au moins 100,000 unités par jour.2.\u2014 ENDOCARDITES SUB-AIGUES Dès les premières publications de Florey, il paraissait évident que les quelques espoirs qu\u2019avaient fait naître les remarquables résultats signalés par tous les observateurs dans le traitement des septicémies par la pénicilline ne devaient pas se réaliser au cours du traitement des endocardites infectieuses.Dans une première communication, publiée par quelques observateurs de la Clinique Mayo, on signalait que si la température du malade revenait à la normale et que si les hémocultures ne montraient plus de streptocoque, après l\u2019administration de fortes doses de pénicilline, ce n\u2019était là qu\u2019un résultat temporaire et illusoire : dès l\u2019arrêt du traitement, la température se rallumait et Je sang donnait Février 1946 Lavar.MÉDICAL 151 de nouveau des signes d\u2019une infection persistante.En 1943, Keefer et Blake faisaient connaître, dans la presse médicale américaine, leur expérience dans le traitement des endocardites infectieuses par la pénicilline.Trois seulement de leur seize malades ont été temporairement améliorés, tandis que la statistique de Dawson, qui comprend dix observations, ne signale qu\u2019une seule guérison.Keefer, Blake et Dawson attribuent leurs échecs thérapeutiques tantôt à des doses insuffisantes de pénicilline dans un temps où on pouvait difficilement s\u2019en procurer, tantôt à la phase avancée de l\u2019infection au moment de l\u2019institution du traitement.Des résultats publiés, en 1944, par Lœwe et Rosenblatt étaient toutefois plus encourageants.Ces auteurs imaginérent d\u2019ajouter aux doses journalières de pénicilline, quelques milligrammes d\u2019héparine, l\u2019héparine étant introduite dans le traitement dans le but de prévenir, au niveau des valvules, les végétations qui empêchent la pénicilline d'atteindre les colonies microbiennes qui y sont cantonnées et d\u2019empêcher, d\u2019un autre côté, les accidents thrombosiques si fréquents qui ajoutent une note de gravité à l\u2019endocardite.L\u2019héparine est administrée de façon à maintenir le temps de coagulation sanguine entre trente et soixante minutes.Dans une première communication, Lœwe affirmait la guérison de 100% des sept malades chez qui ce traitement avait été appliqué ; dans une publication subséquente, 22 nouveaux malades pouvaient être comptés comme guéris.Des résultats aussi brillants ne permettent pas moins de douter de la guérison définitive chez tous les malades de Lœæwe, et seul le recul du temps permettra d\u2019accepter sans réserve toutes les affirmations de cet observateur.Une étude attentive des publications des derniers mois sur le traitement des endocardites par la pénicilline permet de conclure qu\u2019un très grand nombre de guérisons n\u2019ont été que des guérisons temporaires et, qu\u2019après avoir été en apparente bonne santé, un certain nombre de ces malades ont de nouveau souffert de la reprise de l\u2019infection.L\u2019étude de \"influence de la pénicilline in vitro sur certains groupes de streptocoques permet äe reconnaître que quelques types sont particulièrement résistants tandis que des types voisins, mais toujours de la même famille, sont facilement détruits.Ce phénomène est particulièrement évident pour le groupe des viridans.D'ailleurs, l\u2019infection disparue laisse toujours un endocarde touché 152 Lavar.MÉDICAL Février 1946 profondément au point de vue anatomique, et toujours susceptible d\u2019être infecté de nouveau.Les doses journalières de pénicilline employées dans le traitement des endocardites doivent être très élevées, en moyenne 200,000 à 300,000 unités, par vingt-quatre heures et par voie intra-veineuse de préférence pour maintenir la concentration sanguine constante la plus élevée possible.Les hémocultures se répètent tous les deux ou trois jours et le traitement doit se poursuivre pendant les quinze ou vingt jours qui suivent les dernières hémocultures négatives.Loewe a donné à quelques-uns de ses malades des doses totales de pénicilline qui ont atteint chez quelques-uns jusqu\u2019à 30,000,000 d\u2019unités dans l\u2019espace d\u2019un mois.Quant au traitement pénicilline-héparine, il n\u2019est pas sans danger et il ne saurait être conseillé comme pratique courante dans le traitement des endocardites, à moins que la pénicilline seule ait donné lieu a un échec thérapeutique complet.Le maintien d\u2019un temps utile de coagulation prolongé par des doses journaliéres d\u2019héparine comporte une surveillance difficile et la variabilité brusque entraîne des accidents sérieux.Notre expérience dans le maniement de l\u2019héparine associée à la pénicilline nous a permis d\u2019observer des accidents tout à fait identiques à ceux qu\u2019ont rapportés un bon nombre d\u2019auteurs.La pénicilline n\u2019a aucune action sur l\u2019évolution du rbumatisme cardiaque.La statistique de Forster est très explicite à ce sujet : des 38 malades souffrant d\u2019endocardite rhumatismale évolutive, aucun n\u2019a bénéficié du traitement à la pénicilline, malgré qu\u2019un certain nombre d\u2019entre eux aient reçu des doses totales de plusieurs millions d\u2019unités; chez la grande majorité, la pénicilline s\u2019est montrée.impuissante non seulement à guérir l\u2019infection, mais aussi à en arrêter l\u2019évolution.Cet échec paraît être une preuve assez nette que l\u2019infection rhumastimale - n\u2019est pas due au streptocoque hémolytique comme on l\u2019a si souvent affirmé.3.\u2014 INFECTIONS DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL Un certain nombre des éléments pathogènes que l\u2019on retrouve habituellement dans les infections du système nerveux central s\u2019étant montrés particulièrement influençables par la pénicilline au cours des Février 1946 Lavar.MÉDICAL 153 expériences d\u2019Oxford, «spécialement les méningocoques, les staphylocoques et les streptocoques, on devait s\u2019attendre que, de très bonne heure, les expériences soient poussées avec vigueur.Les merveilleux résultats obtenus par l\u2019utilisation des sulfamidés semblent avoir été une des raisons d\u2019un certain désintéressement manifesté par les cliniciens à l\u2019égard de la pénicillme dans le traitement des piemérites.Les premiers observateurs à faire mention du traitement par la pénicilline des infections méningées à méningocoques paraissent avoir été Keefer et Blake.Dès le début de 1943, ils rapportaient l\u2019observation de cinq patients traités, dont quatre étaient considérés comme guéris, l\u2019échec thérapeutique a yant été attribué av fait que, chez le malade décédé, aucun traitement rachidien n\u2019avait été fait.La statistique la plus significative de l\u2019influence curative de la pénicilline dans les infections méningées à méningocoques est celle de Rosenberg et Arling.Cette statistique comporte 86 cas de méningite ; 82 de ces malades ont guéri, soit 95%.D\u2019après Rosenberg, lorsque la pénicilline est introduite dans l\u2019organisme par la voie Intra-veineuse ou par la voie intra-musculaire une très faible quantité du médicament peut atteindre les méninges, et cette quantité varie considérablement suivant les sujets, et l\u2019utilisation de ces deux voies d\u2019administration constitue un élément de fausse sécurité lorsqu\u2019elles sont seules employées.Des auteurs anglais, comme Meads se montrent cependant moins enthousiastes que Rosenberg et que les auteurs américains.Meads affirme avoir eu des échecs dans près de 50% des cas ; ces échecs seraient attribuables à des variétés de méningocoques particulièrement résistantes à l\u2019effet de la pénicilline et 1l en conclut que les sulfamidés sont encore les agents les meilleurs et les plus sûrs dans le traitement des infections des méninges à méningocoques du type 1.Il ne fait pas de doute qu\u2019avant d\u2019entreprendre le traitement par la pénicilline, d\u2019une infection aussi rapidement mortelle, il est prudent de faire une identification de la variété des méningocoques en cause et de reconnaître leur susceptibilité à la médication.Dès que le diagnostic est établi, l\u2019administration de la pénicilline doit se faire à la fois par voie intra-rachidienne et par voie Intra-veineuse, à raison de 15,000 à 20,000 unités, par voie intra-rachidienne, toutes les 24 heures, et 100,000 unités par voie intra-veineuses 154 Lavar MÉDicaL Février 1946 Les méningites à pneumocoques répondent beaucoup moins favorablement au traitement, fort probablement à cause de la sensibilité très variable à la pénicilline des différentes familles de pneumocoques.D'un autre côté, la formation, dès le début de l\u2019infection méningée, d\u2019exsudats abondants et épais, empêcherait le contact et l\u2019action antibiotique du médicament.Les cas de méningites pneumococciques traités par la pénicilline, rapportés jusqu\u2019en janvier 1945, se chiffrent à environ 200.Le pourcentage de guérison peut s\u2019établir sensiblement entre 40% et 45%.Ce pourcentage paraît très bas, mais 1l n\u2019est nullement inférieur au pourcentage obtenu avec les autres modes de traitement ; Jusqu\u2019ici, on doit continuer de considérer la méningite à pneumocoques comme une maladie grave.Certains auteurs ont combiné la pénicilline et les sulfamidés pour obtenir des résultats surprenants.Sur douze méningites à pneumocoques traitées par la méthode mixte, Waring a pu enregistrer onze guérisons.La technique du traitement par la pénicilline seule est absolument la même que celle qui est employée dans les méningites à méningocoques.Quant à l\u2019emploi combiné de la pénicilline et des sulfamidés, 1l doit viser à maintenir une concentration sanguine sulfamidée au voisinage de 14 à 18 mgms par 100 c.c.de sang.Dans la littérature médicale des deux dernières années, il est fait mention de 11 cas de méningites à staphylocoques dans le traitement desquelles la pénicilline a été employée ; 7 de ces méningites ont guéri, soit 63%.D'un autre côté, il n\u2019est à peu près pas fait mention des états méningés streptococciques et c\u2019est à peine si l\u2019on peut relever quelques observations avec une mortalité qui s\u2019élève à 70%.La plupart de ces malades étaient porteurs d\u2019un abcès du cerveau.Les premiers essais de la pénicilline comme traitement préventif à la suite des blessures du cerveau ont été faits par les observateurs anglais pendant la campagne de Sicile et d\u2019Italie.L\u2019étude la plus récente a trait à 129 blessés ; chez un tiers d\u2019entre eux, les blessures dataient déjà de plusieurs heures ; deux seulement ont développé des Infections fatales.Le traitement s\u2019est résumé, pour les plaies de moins de 72 heures, en plus du traitement général, à saupoudrer les surfaces dénudées avec un mélange contenant de la pénicilline et des sulfamidés. ES ET Février 1946 LavaL MEbpicaL 155 Dans les plaies plus anciennes, les surfaces sont excisées, les cavités drainées et le champ, recouvert du méme mélange.4.\u2014 INFECTIONS DES VOIES RESPIR ATOIRES Les magnifiques résultats obtenus par les sulfamidés dans le traitement des angines à streptocoque en ont fait une médication de choix ; ces résultats ne paraissent pas être surpassés par aucune autre forme de traitement.Quelques auteurs ont tenté l\u2019usage de la pénicilline en certaines occasions lorsque le malade tolérait mal les sulfamidés ou que la guérison tardait à venir parce qu\u2019ils se trouvaient en présence de variétés microbiennes sulfamido-résistantes.En plus de la forme d\u2019administration générale par voie intra-musculaire ou par voie intraveineuse, la pénicilline a été appliquée directement dans le pharynx sous forme de bouillon ou de solutions concentrées en pulvérisations.Quelques auteurs ont étudié l\u2019effet de la pénicilline chez les porteurs de germes diphtériques.Pendant toute la durée du traitement, ils ont pu se rendre compte que les cultures étaient négatives pour redevenir positives aussitôt après l\u2019arrêt du traitement.II va de soi, que si la pénicilline influence rapidement, in vitro, les colonies de bacilles de Leffler, elle n\u2019a, in vivo, que peu d\u2019effet sur la marche et la progression de la maladie et l\u2019on ne saurait commettre la grave imprudence de ne pas l\u2019associer à la sérothérapie dans le traitement des diphtéries aiguës.Pneumonies.\u2014 Depuis l\u2019avènement de l\u2019ère des sulfamidés, nous avons vu se modifier, d\u2019une façon étonnante, et l\u2019évolution et le pronostic des pneumonies.Le diagnostic une fois établi et le traitement institué, la guérison, à peu près certaine, n\u2019est plus qu\u2019une question de quelques jours tout au plus.Les sulfamidés paraissent avoir pris dans la thérapeutique des pneumonies une place de choix.Cependant, quelques pneumonies, rares il est vrai, se sont montrées particulièrement résistantes malgré des doses élevées.II s'agirait d\u2019infections pulmonaires dont les éléments infectants, certains pneumocoques, auraient acquis une résistance particulière aux sulfamidés ou bien d\u2019infections mixtes où des staphylocoques ou des streptocoques seraient devenus les éléments prédominants. Lavar.MÉDICAL Février 1946.Dans le traitement des pneumonies franches, la pénicilline donne d\u2019excellents résultats comme nous avons tous pu le constater à maintes reprises et comme le démontre la communication de Tillett et Cambier ; en effet, 97% de leurs 56 malades ont guéri dans l\u2019espace de 36 à 48 heures.Ces résultats, cependant, ne paraissent guère meilleurs que ceux que donnent les sulfamidés ; la pénicilline a cependant cet avantage sur les produits chimiques qu\u2019elle n\u2019est pas susceptible d\u2019être mal tolérée.Certaines pneumonies bâtardes soit à prédominance de stapylocoques, soit à prédominance de streptocoques paraissent tout aussi sensibles que les pneumonies franches à l\u2019action de la pénicilline.Quant à la pneumonie atypique, dont on a beaucoup parlé 1l y a quelques mois, elle ne paraît pas guérir plus facilement avec la pénicilline qu\u2019avec les sulfamidés.La technique de l\u2019administration de la pénicilline ne diffère en rien de la technique classique des 100,000 ou 200,000 unités par 24 heures.Les pleurésies purulentes, dont l\u2019élement infectant est, dans la très grande majorité des cas, un bacille gram-positif, ont aussi servi de champ d\u2019action à la pénicilline.La plèvre malade se comporte vis-à-vis de la pénicilline de la même façon que la séreuse méningée : elle forme comme une barrière et ne laisse pénétrer dans les cavités pleurales qu\u2019une très faible quantité du médicament introduit dans la circulation.On ne saurait donc obtenir une stérilisation des plèvres qu\u2019en les mettant en contact direct avec la pénicilline par des injections intra-thoraciques.Un bon nombre de pleurésies à pneumocoques ont pu être guéries sans intervention chirurgicale par un traitement général et par des injections intra-thoraciques après aspiration d\u2019une partie du contenu de la cavité pleurale.C\u2019est ainsi que sept des huit malades de Tillet et Cambier ont guéri sans costotomie, en ne gardant comme seule séquelle de leur in- fection qu\u2019un épaississement pleural.En général, une ou deux in- Jections de 15,000 à 30,000 unités suffisent à rendre amicrobien le pus pleural : le liquide se résorbe progressivement et la costotomie ne devient nécessaire que pour vider la cavité de l\u2019excès de fibrine, ou bien encore pour défaire certaines adhérences qui limitent les lacs purulents qui n\u2019ont pu être touchés par la pénicilline. Février 1946 LLavaL MEDICAL 157 Les abcès à staphylocoques et streptocoques de la grande cavité pleurale guérissent aussi facilement que les abcès à pneumocoques par la méthode combinée d\u2019introduction ; comme dans certains empyèmes pneumococciques, le drainage devient parfois nécessaire pour vider la cavité pleurale d\u2019un excès de fibrine, malgré la stérilité apparente du milieu.Bon nombre d\u2019observateurs ont aussi rapporté des abcès pulmonaires guéris cliniquement et radiologiquement.Une des premières publications en a été faite par Florey et Fleming.Notre expérience nous laisse un peu perplexe et les échecs que nous avons observés nous portent à croire que le pourcentage des guérisons obtenues par la pénicilline dans le traitement des abcès pulmonaires n\u2019est peut-être pas tellement plus élevé que celui que peuvent donner les autres modes de traitement.En effet, bon nombre de microbes que l\u2019on retrouve dans le pus des abcès ne paraissent nullement subir l\u2019influence du médicament, même administré à hautes doses et pendant plusieurs jours.Il s\u2019est souvent agi de micro-organismes sulfamido-résistants.5, \u2014 INFECTIONS DU SYSTÈME OSSEUX Les premiers essais de la pénicilline dans le traitement des ostéomyélites aiguës et des ostéomyélites chroniques ont été faits dès 1941 ; les observateurs n\u2019étaient pas sans avoir été frappés de l\u2019action rapide et indiscutable de la pénicilline sur la famille des staphylocoques ; cette action, 1l était rationnel qu\u2019elle fut sensiblement la même au cours d\u2019une série de maladies rattachables aux mêmes espèces microbiennes, particulièrement les ostémyélites.Les premières observations de Florey ont paru justifier ces espérances ; cependant les publications anglo- américaines des deux ou trois dernières années nous permettent de conclure à des résultats quelque peu différents.Si l\u2019on parcourt la statistique américaine, on peut constater, par exemple, que environ 50% seulement des ostéomyélites aiguës ont pu être considérées guéries sans qu\u2019il ait été nécessaire de pratiquer de drainage osseux.Il s\u2019agit, bien entendu, de manifestations aiguës de l\u2019infection, avant cette période des thromboses vasculaires et de la formation des séquestres ; dès qu\u2019ils 158 Lava\u2026.MÉDICAL Février 1946 sont formés, le traitement médical à la pénicilline s\u2019est avéré inefficace sans une intervention chirurgicale.Les suites opératoires, lorsque le traitement a été combmé, sont beaucoup plus courtes, la réparation osseuse complète est plus rapide et la répétition des opérations, si souvent nécessaire autrefois, n\u2019est, en général, plus indiquée.Au cours des manifestations aiguës d\u2019une ostéomyélite, un traitement intensif à la pénicilline peut arrêter l\u2019évolution de l\u2019infection, amener une disparition de tous les symptômes avant même qu\u2019on ait pu observer d\u2019image radiologique.Certains auteurs ont cependant signalé que, dans un bon nombre de cas, il s\u2019est agi tout simplement du retard d\u2019apparition d\u2019une image radiologique qui ne manque pas de se montrer en même temps que la symptomatologie attire l\u2019attention si le traitement n\u2019est pas poursuivi suffisamment longtemps.Des contrôles radiologiques répétés deviennent nécessaires dès qu\u2019en pleine phase aiguë, on a pu déceler une image anormale ; une destruction osseuse rapidement évolutive, mise en évidence par des radiographies en série, indiquera la nécessité d\u2019un drainage osseux qui préviendra ainsi la formation de séquestres.L\u2019ostéomyélite des os plats paraît réagir à l\u2019action de la pénicilline beaucoup plus facilement que l\u2019ostéomyélite des os longs et nécessiter beaucoup moins souvent de drainage chirurgical.Dans les ostéites aiguës des os de la face, où l\u2019élément microbien en cause est, la plupart du temps, un streptocoque anaérobie, l\u2019association de la pénicilline au drainage chirurgical a donné des résultats inespérés tant sur la durée de l\u2019infection que sur le peu d\u2019étendue des délabrements osseux.Le problème du traitement de l\u2019ostéomyélite chronique demeure inchangé : l\u2019emploi de la pénicilline après le curettage de l\u2019os malade, ne semble pas influencer le cours de la guérison ; peut-être observe-t-on moins de récidives lorsque le traitement est poursuivi pendant longtemps.6.\u2014 INFECTIONS DE LA PEAU ET DES TISSUS MOUS Les infections de la peau sont, en général, influençables rapidement par la pénicillinme, Des pommades renfermant 400 unités au gramme sont communément employées localement en même temps que le Février 1946 Lavar MÉDicaL 159 médicament est administré par les voies ordinaires.C\u2019est ainsi que Christie et Barron ont pu rapporter, dans le traitement de certains eczémas jusque-là rebelles à tout traitement, des guérisons rapides.II *s\u2019agissait tantôt de manifestations eczémateuses de la face, infectées secondairement par du staphylocoque, tantôt de lésions du même genre implantées aux mains.Malgré certaines récidives, légères, l\u2019état de ces malades aurait été indiscutablement amélioré.Nous avons tous l\u2019expérience de l\u2019action de la pénicilline dans le traitement de la furonculose : en général, quelques cent mille unités amènent une guérison rapide, la plupart du temps sans suppuration du furoncle si le traitement a été commencé de très bonne heure.Cette action de la pénicilline dans la furonculose de la face et du nez est particulièrement précieuse.Le traitement local des furoncles par la pénicilline paraît inutile malgré que certains auteurs aient préconisé des infiltrations en couronne, à la base du furoncle, de sérum physiologique renfermant quelques centaines d\u2019unités de pénicilline.Dans l\u2019impétigo de la face et dans le sycosis, la guérison des lésions cutanées paraît être beaucoup plus rapide avec la pénicilline qu\u2019avec l\u2019emploi des traitements ordinaires.Après le décapage de la peau et l\u2019enlevage des croûtes, la pénicilline est appliquée localement sous forme de pommade ou de pansements imbibés de solution de pénicilline pendant que l\u2019administration du médicament est faite par les voies ordinaires.Dans un certain nombre de cas, cependant, la guérison n\u2019est que temporaire et l'infection récidive.La guerre aura fourni la plus belle expérience dans le traitement des plaies par arme à feu et le nombre est incalculable de blessés qui doivent la vie ou la conservation d\u2019un membre à l\u2019institution précoce d\u2019un traitement à la pénicilline ; dans une statistique, Bentley affirme que 95% des blessés, dont les plaies ont été traitées parfois plus de 24 heures après le premier pansement, ont guéri par première intention à la suite d\u2019un traitement tant local que général à la pénicilline.Brown met en opposition 100% de guérisons chez des blessés par arme à feu traités par la pénicilline, avec 23% d\u2019échecs dans un autre groupe où le traitement a consisté en des sutures simples après désinfection par les moyens ordinaires. 160 Lava\u2026 MÉDicaL Février 1946 Dans le traitement des brûlures comme dans les soins post-opéra- toires à la suite des greffes, les applications locales de pénicilline, en pommade ou en solution, ont permis des guérisons rapides avec un minimum d'infection secondaire, de plaies vicieuses ou de perte de greffons comme la chose se produisait dans environ 33% des cas.7, \u2014 INFECTIONS DES VOIES GÉNITO-URINAIRES La rapide expansion des maladies vénériennes entraînée par la guerre A a servi à mettre à l\u2019épreuve l\u2019efficacité de la pénicilline surtout dans les Infections gonococciques.Dès l\u2019introduction en clinique vénérienne des sultamidés on a, un moment, pu croire qu\u2019il serait possible de contrôler définitivement cette infection ; l\u2019expérience a cependant vite montré que quelques variétés de la série neissérienne étaient des sul- famido-résistants ou qu\u2019elles le devenaient très rapidement.De cette résistance particulière de certains groupes de diplocoques, il résultait qu\u2019un bon nombre d\u2019uréthrites continuaient d\u2019évoluer malgré une thérapeutique intensive par toutes les variétés de sulfamidés combinées à la pyrétothérapie.C\u2019est à ce moment que les expériences de Fleming ont démontré, d\u2019une façon péremptoire, que malgré qu\u2019en général la péni- cillme n\u2019avait pratiquement d\u2019influence que sur les micro-organismes gram-positifs, elle détruisait rapidement, in vitro, les colonies de gonocoques.L\u2019École d\u2019Oxford de conclure que cette action de la pénicilline devait s\u2019étendre aux différents groupes des diplocoques de Neisser ; six cultures de groupes différents étaient stérilisées par des dilutions de pénicilline au \u2018/20.000.000e tandis qu\u2019une septième nécessitait une dilution au '/32,000e- L\u2019enthousiasme soulevé dès les premières publications des résultats cliniques obtenus par l\u2019application de la pénicilline en vénéréologie a été quelque peu refroidi par l\u2019expérience des deux dernières années.Malgré les échecs, 1l n\u2019en reste pas moins vrai que la pénicilline constitue, à plusieurs points de vue, un des meilleurs traitements des infections gonococciques.En effet, une statistique qui comprend 7,753 cas, comme total des résultats publiés avec analyse dans les journaux médicaux, en 1942-43-44, montre que 7,549 malades ont été guéris, soit 97,4%.Comme la grande majorité des malades dont Février 1946 Lava\u2026 MÉDicaL 161 il est fait mention dans ces analyses étaient porteurs d\u2019une gonococcie considérée comme sulfamido-résistante, 1l est indiscutable que la péni- cillme a une haute valeur thérapeutique, d\u2019autant plus que le temps moyen de traitement, Jusqu\u2019à la négativation des frottis, a été de trente-six à quarante-huit heures.Certaines uréthrites, cependant, nécessitent la reprise du traitement, et parfois sans succès.Cette résistance à la pénicilline est difficile à expliquer, d\u2019autant plus que la quantité du médicament a dépassé les doses classiques et qu\u2019il a été administré de la façon la plus régulière.Les doses généralement employées paraissent être en moyenne de 150,000 unités.Des publications récentes nous apprennent les résultats remarquables obtenus par des injections de pénicilline en suspension dans de l\u2019huile ou de la cire d\u2019abeilles.La dose totale de 300,000 unités est administrée en une seule injection.Ce mode de traitement s\u2019avère particulièrement utile et pratique parce qu\u2019il ne nécessite pas l\u2019admission du malade dans une clinique et qu\u2019il ne l\u2019éloigne pas de son travail.Malgré des doses plus élevées, la pénicilline s\u2019est montrée tout aussi efficace dans le traitement des infections gonococciques chez les femmes.Les complications annexielles nécessitent plusieurs jours de traitement et, après leur guérison clinique, la courbe de la sédimentation reste au-dessus de la normale plusieurs jours après la cessation du traitement.8.\u2014 INFECTIONS DIVERSES L'influence rapidement curative de la pénicilline dans l\u2019infection gonococcique des voies génitales permettait de prévoir des résultats sensiblement identiques au cours de l\u2019évolution des complications.Les: salpingites, les orchites sont en effet rapidement guéries par quelques centaines de mille unités de la médication.Cependant certaines complications, comme les arthrites, sont plus résistantes à l\u2019action de la pénicilline, malgré qu\u2019il ait été prouvé qu\u2019il soit possible de retrouver dans les liquides d\u2019articulations des malades sous traitement, environ la moitié de la concentration de la pénicilline sanguine.Les résultats n\u2019en sont pas moins remarquables, si l\u2019on veut bien se souvenir que l\u2019on considère que la durée moyenne d\u2019une arthrite gonococcique traitée par les moyens (4) 162 LavaL MebicaL Février 1946 ordinaires, dépasse plusieurs semaines et que la sédation des phénomènes articulaires des arthrites soumises à l\u2019influence de la pénicilline se produit entre quelques jours et deux semaines environ, ce qui constitue déjà un assez remarquable succès L\u2019influence de la pénicilline sur les arthrites gonococciques a été niée par un bon nombre d\u2019observateurs.Cette divergence d\u2019opinion parait découler tout simplement du fait que la médication a été instituée chez un certain nombre de malades sans qu\u2019on ait distingué l\u2019arthrite de date récente de l\u2019arthrite qui datait déjà de plusieurs mois et au niveau de laquelle 1l s\u2019était produit des modifications anatomiques importantes.S1 la pénicilline détruit rapidement l\u2019infection des arthrites dont le début remonte à quelques jours, elle ne saurait chez les malades porteurs d\u2019arthrites anciennes avec modifications importantes des téguments articulaires et des surfaces osseuses, entraîner la réparation histologique des lésions considérées comme irréparables.Une erreur de diagnostic est facile entre l\u2019origine gonococcique d\u2019une arthrite ancienne et l\u2019origine rhumatismale banale d\u2019une arthrite évoluant concomitamment avec une uréthrite.Cette erreur est malheureusement souvent impossible à éviter, et l\u2019inefficacité du traitement par la pénicilline, des arthrites non gonococciques sert indiscutablement à nier parfois toute influence à la pénicilline sur l\u2019évolution des arthrites x infectées par le diplocoque à Neisser.D\u2019un autre côté, si l\u2019on admet que c\u2019est dans à peine 30% des cas seulement qu\u2019il est possible de retrouver l\u2019élément gonococcique infectant dans le liquide des articulations malades, 1l n\u2019est pas surprenant qu\u2019un traitement, établi sans preuve absolue quant à la nature de l\u2019infection, ait des chances d\u2019être appliqué dans des cas où l\u2019action de la pénicilline est généralement reconnue comme nulle.La statistique de Dawson a tendance à prouver qu\u2019au cours des infections de date récente, l\u2019arthrite gonococcique, avec un traitement adéquat, guérit dans l\u2019espace de quelques heures à quelques jours.Les malades de Dawson ont guéri d\u2019une façon complète et définitive.Le traitement a consisté à introduire dans l\u2019articulation, après soustraction d\u2019une certaine quantité de liquide, 10,000 unités de pénicillme par jour.Ce traitement local, bien entendu, vient complêter le traitement général. Février 1946 LavaL MEbpicaL 163 Harrell, d\u2019un autre côté, affirme que ce traitement mixte, local et général, n\u2019est souvent pas nécessaire et que seules les injections journalières de pénicilline, par voie intra-veineuse ou par voie intra-muscu- laire, sont suffisantes à entraîner la guérison.Cangrène gazeuse.\u2014Bon nombre de microbes anaérobies influençables in vitro par la pénicilline n\u2019ont pas manqué d\u2019attirer l\u2019attention des cliciniens.Parmi ces éléments microbiens, ceux que l\u2019on retrouve régulièrement au cours des gangrènes gazeuses ont été soumis à une série d\u2019expériences cliniques.Ces expériences, toutefois, n\u2019ont pas permis de prouver que la pénicilline seule pouvait être suffisante dans le traitement des gangrènes.On sait que dans ces genres d\u2019infection, en plus des espèces microbiennes, les tissus nécrosés et le milieu circulant contiennent des toxines qui constituent la gravité même de la maladie et sur lesquelles la pénicilline ne saurait avoir une influence.Bon nombre d\u2019auteurs anglais ont démontré d\u2019une façon très nette, que le traitement de la gangrène gazeuse doit être un traitement mixte par le sérum, la pénicilline et l\u2019intervention chirurgicale.Au printemps de 1944, en Italie, Jeffrey et Thompson ont eu l\u2019occasion de traiter 33 malades porteurs de telle gangrène et d\u2019en rapporter l\u2019histoire clinique.Leur méthode de traitement a consisté dans l\u2019utilisation à la fois de la pénicilline, du sérum antigangréneux et des interventions chirurgicales.De ces malades, 63.3% ont guéri et la mortalité de 36% de ces 63 malades a été attribuée à des néphrites par surcharge rénale en toxines apparue dès les premiers jours de la gangréne.La statistique de Harrell donne 75% de bons résultats avec un traitement combiné, sérum, pénicilline et chirurgie.Notre expérience est plutôt limitée dans le traitement des gangrènes gazeuses par la pénicilline.Toutefois, un malade que nous avons eu x l\u2019occasion d\u2019observer a guéri rapidement d\u2019une infection à perfringens par la méthode classique du sérum, la pénicilline et le drainage chirurgical.La quantité de pénicilline administrée par voie intra-veineuse est variable et dépend nécessairement de la gravité et de l\u2019étendue de l\u2019infection. 164 Lavar MÉDicaL Février 1946 Il ne fait pas de doute que le très petit nombre de gangrènes gazeuses qu\u2019on ait eu à déplorer pendant la dernière guerre est dû aux doses préventives de pénicilline que recevaient indistinctement tous les blessés.Les virus, surtout les petits comme ceux de l\u2019influenza et de la poliomyélite, subissent assez peu l\u2019influence de la pénrcilline tandis que les virus intermédiaires, comme ceux qui sont à l\u2019origine de la psittacose, seraient détruits in vitro par cet antibiotique.Nous connaissons, depuis longtemps, l\u2019influence de la pénrcilline sur l\u2019évolution des anthrax.Si le traitement est appliqué de très bonne heure et d\u2019une façon énergique, l\u2019anthrax cesse d\u2019évoluer, la cellulite des tissus voisins disparaît et 1l n\u2019est souvent pas besoin d\u2019intervention chirurgicale avec curettage et drainage pour complêter la guérison ; c\u2019est à peine si on assiste à la formation d\u2019une petite quantité de liquide sale qu\u2019une simple ponction à l\u2019aiguille réussit à évacuer.La pénicilline, même donnée à hautes doses, n\u2019offre aucun danger ; cependant, quelques ennuis ont été signalés comme, par exemple, les douleurs musculaires à l\u2019endroit de l\u2019injection ou des réactions veineuses au niveau du vaisseau traumatisé par l\u2019injection.La douleur musculaire est difficile à expliquer, surtout lorsque la technique de l\u2019injection a été bien suivie et que la pénicilline a été dissoute dansdu sérum physiologique.Pour certains observateurs, 1l s\u2019agrrait tout simplement de la présence de certaines impuretés dans le médicament.Quant aux réactions veineuses, elles sont d\u2019origine irritative et on peut les considérer non comme des phlébites, mais plutôt comme des pseudo-phlébites dont la durée est éphémère et qui disparaissent dans l\u2019espace de quelques heures.Les réactions fébriles avec frissons, qui ont été signalées au début de l\u2019emploi de la pénicilline, paraissent maintenant ne plus se produire depuis que l\u2019on a réussi à débarrasser la pénicilline des impuretés qu\u2019elle contenait.La disparition de ces éléments pyrogènes est d\u2019autant plus marquée que la concentration du médicament (en milligrammes) est plus élevée.Pour ce qui est des réactions urticariennes elles sont extrêmement rares et méritent à peine d\u2019être signalées. Février 1946 Lava\u2026 MÉDICAL 165 Voilà les quelques considérations générales que l\u2019on peut dégager en parcourant la littérature médicale pour ce qui a trait à l\u2019application clinique de la pénicilline.II est certain que le champ d\u2019action de cette médication antibiotique ne saurait s\u2019arréter aux limites actuelles.Tous les jours, à mesure que l\u2019expérience s\u2019accroît, les résultats que l\u2019on obtient sont de plus en plus intéressants, avec la variation des doses, leur augmentation et les méthodes d\u2019administration du médicament.La péni- cillme est le premier antibiotique actif d\u2019une liste qui promet d\u2019être longue et à laquelle s\u2019ajouteront bientôt la gramicidine, la streptothricine le streptomycine, et quelques autres qui ne sont encore qu\u2019à l\u2019état embryonnaire comme la citrinine, la gliotoxine, la fumigatine, la patuline, ete.BIBLIOGRAPHIE : W.E.HerretzL, Dorothy H.HEILMAN et H.L.Wiriiams.The clinical use of penicillin, Proc.Staff Meet.Mayo Clin, 17 : 609, (30 déc.) 1942.W.E.HErreLL.Further observations on the clinical use of penicillin, Proc.Staff Meet.Mayo Clin, 18 : 65, (10 mars) 1943.C.S.KEEFER, F.G.BLarE, F.K.MArsHau,, Jr, J.S.Lockwoop et W.B.Woop, Jr.Penicillin in the treatment of infections ; a report of 500 cases, J.A.M.A., 122 : 1217, (28 août) 1943.D.S.LikeLy et M.Y.Swirsxy.Staphylococcus aureus septicemia treated with penicillin, with report of drug side effects, J.A.M.A,, 123 : 956, (11 déc.) 1943.N.SiLvERTHORNE.Penicillin in treatment of hemolytic staphylococcal septicemia, Canad.M.A.J., 49 : 516, (déc.) 1943.M.H.Dawson et Gladys L.Hoey.The clinical use of penicillin ; observations in one hundred cases, J.A.M.A., 124 : 611, (4 mars) 1944.W.E.HErreLL.The clinical use of penicillin ; an antibacterial agent of biologic origin, J.A.M.A., 124 : 622, (4 mars) 1944.R.J.BoLLEr.Case of staphylococcic septicemia treated with penicillin, J.A.M.A., 125 : 629, (1\u201c\" juil.) 1944. 166 Lavar MÉDpicaL Février 1946 D.H.RosENBERG et P.A.ARLING.Penicillin in the treatment of meningitis, J.A.M.A, 125 : 1011, (12 août) 1944.Léo Lœwe, Philip RosenBLATT, H.J.GREENE et Mortimer RUSSELL.Combined penicillin and heparin therapy of subacute bacterial endocarditis : report of seven consecutive successfully treated patients, J.A.M.A, 124 : 144, (15 jan.) 1944.B.C.CorLiNs.Subacute bacterial endocarditis treated with penicillin, J.A.M.A., 126 : 223, (23 sept.) 1944.E.P.FosTEr, G.C.MCEACHERN, J.H.MirrEr, F.E.Barr, C.S.Hicrey et H.A.WaArrEN.The treatment of acute rheumatic fever with penicillin, J.A.M.A., 126 : 281, (30 sept.) 1944.W.E.HErrELL, D.R.Nicnors et Dorothy H.HErLman.Penicillin ; its usefulness, limitations, diffusion and detection, with analysis of 150 cases in which it was employed, J.A.M.A., 125 : 1003, (12 août) 1944.P.O.HAGEMAN, S.P.MARTIN et W.B.Woop, Jr.Penicillin : clinical study of its therapeutic effectiveness, J.A.M.A.124 : 798, (18 mars) 1944.A.J.WARING, jr et M.H.D.Smita.Combined penicillin and sul- fonamide therapy in the treatment of pneumococcic meningitis, J.A.M.A., 126 : 418, (14 oct.) 1944.G.C.StruBLE et J.G.BELLOWS.Studies on the distribution of penicillin in the eye ; and its clinical application, J.A.M.A.125 : 685, (8 juil.) 1944.C.A.SWANSON et D.C.BAKER, Jr.The use of penicillin in diseases of the ear, J.A.M.A., 126 : 616, (4 nov.) 1944.E.W.Boranp, N.E.HEapLEY et P.S.HENcH.The effect of penicillin on rheumatoid arthritis, J.A.M.A., 126 : 820, (25 nov.) 1944.Rose CoLEMAN et Wallace Sako.Treatment of multiple furonculosis with penicillin, J.A.M.A., 126 : 427, (14 oct.) 1944.W.E.HerreLL, E.N.Cook et Luther THompsoN.Use of penicillin in sulfonamide resistant gonorrheal infections, J.A.M.A., 122 : .289, (29 mai) 1943. Février 1946 Lavar.MÉDicaL 167 C.P.MiLrEer, W.W.ScoTT et Velma NŒrLER.Studies on the action of penicillin.The rapidity of its therapeutic effect on gonococcic urethritis, J.A.M.A., 125 : 607, (1° juil.) 1944.T.H.SternBeErG et T.B.TurNER.The treatment of sulfonamide resistant gonorrhea with penicillin sodium : results in 1,686 cases, J.A.M.A, 126 : 157, (16 sept.) 1944.R.B.GREENBLATT et Anita STREET.Penicillin for the treatment of chemoresistant gonorrhea in the female, J.A.M.A., 126 : 161, (16 sept.) 1944.F.R.Heiman et W.E.HErRreLL.Penicillin in the treatment of experimental ornithosis, Proc.Staff Meet.Mayo Clin., 19 : 57, (9 fév.) 1944.F.E.TurcaseN.Human ornithosis treated with penicillin, J.A.M.A., 126 : 1150, (30 déc.) 1944. TRAITEMENT DE LA SYPHILIS PAR LA PÉNICILLINE par Jean GRANDBOIS Assistant dans le Service de dermato-syphiligraphie de l\u2019Hôrel-Dieu Depuis de nombreuses années, les médecins sont à la recherche d\u2019un médicament qui guérirait la syphilis en quelques jours.A la suite de la découverte de l\u2019arsénobenzol (606), par Ehrlich, en 1909, on a cru qu\u2019une seule injection de ce fameux produit établirait une cure définitive de la syphilis.Mais, bientôt, on s\u2019aperçut que cette therapia sterilisans magna, comme on l\u2019appelait alors, ne possédait pas des propriétés curatives aussi rapides et aussi immédiates.On a donc établi des formes de traitement consistant en séries d\u2019injections, administrées durant des mois et des années.L'introduction du novarsénobenzol (914) et, plus près de nous, du mapharsen et du chlorarsen n\u2019ont pu, comme nous le savons tous, réaliser le rêve d\u2019Ehrlich de cette seule injection stérilisante.Les avantages, cependant, de ces arsenicaux reposent dans leur toxicité plus faible et leur administration plus facile.En 1933, Chargin, Leifer et Hyman préconisèrent le traitement de la syphilis en cing Jours, avec le novarsénobenzol.A cause de la toxicité trop élevée de cet arsenical, ils employérent plus tard la méme méthode, mais avec le mapharsen. Février 1946 Lava\u2026 MÉDicAL 169 À la suite de ces auteurs, d\u2019innombrables formes de traitement rapide firent leur apparition.La plupart de ces modes de traitement consistent dans l\u2019emploi conjugué de la pyrétothérapie et d\u2019injections multiples de mapharsen (1) sur des périodes de 1, 5 et 10 jours.Ces méthodes intensives de traitement ont été abandonnées presque complètement aujourd\u2019hui à cause de leurs complications trop souvent fatales, le taux de mortalité étant de un sur trois cents (1:300).On en est arrivé à un compromis, c\u2019est-à-dire une période de temps à mi-chemin entre le traitement de routine de dix-huit mois et plus, et ces traitements intensifs.Ce traitement, d\u2019une durée de six mois, et consistant en quarante injections de mapharsen et quinze de bismuth, s\u2019est montré effectif, peu toxique, et se compare favorablement au traitement de routine.Les armées américaines et canadiennes emploient cette méthode sur une haute échelle.C\u2019est en décembre 1943, il y a exactement deux ans, que la syphiligraphie s\u2019est enrichie d\u2019un nouvel agent thérapeutique, je veux dire la pénicilline.Aux États-Unis, Mahoney, Arnold et Harris (2) publièrent les observations des quatre premiers cas de syphilis primaire traités par la pénicilline.L'emploi par ces auteurs, de la pénicilline dans la syphilis humaine, avait été précédé de recherches fructueuses dans la syphilis expérimentale du lapin.Fagle et Musselman (3) et Dunham et ses collaborateurs (4) démontrèrent, plus tard, l\u2019action spirochéticide de la pénicilline dans le tube à essai.En Grande-Bretagne, Lourie et Collier (5) expérimentèrent de l\u2019action curative de la pénicilline sur le Spirochete recurrentis et le Spi- rillum minus.Ils conclurent que la pénicilline devrait être active contre le tréponème pâle de la syphilis, puisque les spirochètes ci-haut mentionnés sont détruits par les médicaments antisyphilitiques, comme l\u2019arsenic et le bismuth.L\u2019importance de ces travaux, et surtout celui de Mahony, sont essentiels, et le Conseil national des Recherches, aux États-Unis, par l\u2019intermédiaire du sous-comité des maladies vénériennes, institua un organisme spécialement chargé d\u2019étudier plus profondément ce problème.Vingt-trois cliniques et centres de recherches acceptèrent de traiter 170 Lava\u2026 MÉDICAL Février 1946 des syphilitiques, et cela, selon des méthodes de traitement fixées par les membres de cet organisme.Les plus grands syphiligraphes de Ja république voisine font partie de ce sous-comité.Je ne puis, ici, mentionner que quatre d\u2019entre eux : J.F.Mahony, Earl Moore, Evan Thomas et J.H.Stokes.Ces études expérimentales ont pour but de déterminer, dans le plus bref délai possible, la dose totale de pénicilline à employer et le temps d\u2019administration (time-dose relationship) (6).On a élaboré des méthodes de traitement pour les différentes périodes de la syphilis, la syphilis récente, acquise et congénitale, et les formes multiples de syphilis tardive.Je voudrais, ici, étudier avec vous les résultats actuels de ces traitements par la pénicilline, durant les diverses phases de la syphilis.SYPHILIS RÉCENTE Durant le mois de décembre 1943, comme Je l\u2019ai mentionné plus haut, Mahoney, Arnold et Harris (2) publiaient un rapport préliminaire sur le traitement par la pénicilline, de quatre patients atteints de syphilis primaire.Ces quatre patients présentaient un chancre génital d\u2019une durée d\u2019environ huit jours, avec présence de tréponémes et sérologie positive.Le traitement consista en injections intra-musculaires de 25,000 unités Oxford aux quatre heures, pour une dose totale de 1,200,000 unités.Des examens répétés sur champ noir montrèrent la disparition des tréponèmes dans les seize premières heures de traitement.Les examens sérologiques se négativèrent dans les deux ou trois premiers mois.Les réactions toxiques furent bénignes : élévation de température, malaises généraux, légère céphalée, réaction au niveau du chancre et des ganglions.Ces résultats sont comparables à ceux obtenus par l\u2019arsenic et les métaux lourds, et sans en présenter les complications graves.Cependant les auteurs, réalisant que la valeur d\u2019un médicament antisyphilitique ne se juge que sur des années d\u2019observation, réservent leur jugement final.Ils soulèvent aussi la question de la dose idéale, et du temps d\u2019administration. Février 1946 LAacAL MÉDICAL 171 Ce premier travail souleva beaucoup d\u2019enthousiasme, et près de 2,000 cas de syphilis récente, traités par la pénicilline, ont été rapportés depuis dans la littérature.Bloomfield, Rantz et Kirby (7), qui ont traité sept patients atteints de syphilis récente, en arrivent aux mêmes conclusions que Mahoney.Ces auteurs employèrent cependant la pénicilline par voie intra-veineuse, à raison de 200,000 unités Oxford pour une dose totale de 1,000,000 d'unités.Ils concluent, avec justesse, que cette dose est empirique.TABLEAU I PREMIER CAS DE SYPHILIS PRIMAIRE 7 F F on SERO-POSITIVE TRAITEE PAR LA PENICILLINE.(J.F.MAHONEY et alii.) Durée de la maladie (chancre) : 9 jours ; Présence de tréponèmes pâles à l\u2019ultra-microscope ; Pénicilline : 25,000 unités Oxford intra-musculaires, q.4 heures pour 48 injections ; Dose toiale : 1,200,000 unités en 8 jours ; Disparition des tréponèmes 16 heures après début du traitement.SÉROLOGIE MÉTHODES QUALIFICATIVES MÉTHODE Jours après début QUANTITATIVE du traitement Kahn Kolmer Kolmer (floculation) (F txation (F ixation du complément) du complément) 0 4 4 444441 1 4 4 444443 9 4 4 44442- 23 3 4 4443\u2014 37 3 3 3321\u2014 51 Nég.4 4441\u2014 58 « Nég.Nég.93 « « « Mois \u2014 - \u2014 4 Nég.Nég.Nég.6 « « « 8 « « « 11 « « « 172 LavaL MEbicaL Février 1946 Wise et Pillsbury (8) publiérent les observations de quinze cas de syphilis récente traités par la pénicilline, et conclurent que ce produit est un agent thérapeutique actif, et méme plus rapide que le mapharsen, en ce qui regarde la disparition des lésions secondaires.Norcross (9) apporte sa contribution à l\u2019étude de ce problème, en publiant les résultats immédiats observés chez 154 patients atteints de syphilis récente.L'auteur emploie des doses de 40,000 unités Oxford toutes les quatre heures, pour 60 injections.La dose totale est double de celle employée par Mahoney, puisqu\u2019elle est ici de 2,400,000 unités.Les spirochétes disparaissent des lésions superficielles dans une moyenne de 9.5 heures, et les lésions spécifiques guérissent rapidement.Toutes ces observations, mentionnées jusqu\u2019ici, ne comprennent que des patients, observés sur une période de deux semaines à trois mois.Donc, elles ne permettent d\u2019apprécier l\u2019efficacité de la pénicilline dans la syphilis, qu\u2019en ce qui regarde les résultats immédiats, c\u2019est-à-dire la disparition des tréponèmes des lésions superficielles et la guérison de ces lésions.C\u2019est alors qu\u2019apparut, en septembre 1944, une seconde publication par Mahoney et ses collaborateurs (10).Ils publient l\u2019évolution de leurs quatre premiers cas, et ajoutent les observations de 100 nouveaux patients.Sur les quatre cas précédemment mentionnés, et observés durant près d\u2019un an, dont le premier est analysé au tableau I, trois ont montré une sérologie négative, et n\u2019ont manifesté aucun signe de rédicive.L'autre patient, qui avait une sérologie négative le 71° jour, présente, vers le 286° jour, un chancre avec présence de tréponèmes, et un Bordet-Wassermann positif.Ici, la question se pose : s\u2019agit-il d\u2019une récidive ou d\u2019une réinfection ?Les auteurs n\u2019osent se prononcer, et considèrent ce résultat comme un échec.Quant aux 100 nouveaux patients, traités par la pénicilline, et observés durant une courte période de temps, ils présentent des résultats à peu près similaires à ceux mentionnés précédemment.Il est cependant intéressant de noter la présence de réaction de Herxheimer ou de shock thérapeutique chez 86 de ces patients, et cela durant le premier jour du traitement.Les réactions toxiques sont peu sévères, et comprennent deux dermatites exfoliatives de courte durée. gars 0 Février 1946 Lavar MÉDICAL 173 Les auteurs concluent que la pénicilline agit beaucoup mieux, si le patient est traité durant la période séro-négative.Les échecs plus nombreux, rencontrés dans la période secondaire, démontrent peut-être l\u2019insuffisance d\u2019une dose totale de 1,200,000 unités.On doit, cependant, se rappeler que la syphilis est une maladie caractérisée par des récidives, aussi bien cliniques que sérologiques.Simultanément avec ce travail de Mahoney, le sous-comité des maladies vénériennes du Conseil national des Recherches des États- Unis publia un rapport préliminaire, sur 1,418 cas de syphilis récente traités par la pénicilline (11).Chez tous ces patients, on administra la pénicilline à toutes les trois heures par voie intra-musculaire.La durée du traitement fut de 714 jours et comprit 60 injections.Mais ici, comme le but de cette étude consiste à trouver la dose curative minimale de pénicilline, on employa des doses totales de 60,000, 300,000 + 320 mg.de mapharsen, et 1,200,000 unités.(Voir tableau II.) TABLEAU II PÉNICILLINE DANS LA SYPHILIS RÉCENTE (MOORE et alii).NOMBRE | EPREUVE SEROLOGIQUE CEDULES DE TRAITEMENT DE PATIENTS Satisfaisante Non satisfaisante Dose totale en : 716 \u2014 B jours 60,000 unités Oxford.28 57.89%, 42.19, 300,000 « « .79 82.19, 17.7% 300,000 « « + maph.320 mg.24 91.69, 83% 1,200,000 unités Oxford.62 90.39, 9.6%, (Courte période d\u2019observation : 2 mois.) Avec une (dose totale aussi petite que 60,000 unités Oxford les tréponèmes disparaissent des lésions superficielles, et les lésions spécifiques guérissent assez rapidement, mais dans une période plus longue qu\u2019avec une dose totale de 300,000 ou de 1,200,000 unités Oxford.(Lei je voudrais mentionner que des auteurs brésiliens (12) démontrèrent 174 Lavar MÉDICAL Février 1946 la disparition des tréponèmes dans une période de trois à six jours, et cela avec une dose totale aussi infime que 10,000 à 20,000 unités.) Les lésions syphilitiques cutanées guérissent aussi rapidement qu\u2019avec les arsenicaux, si la dose totale est supérieure à 300,000 unités Oxford.La sérologie tend à se négativer indépendamment de la dose totale.La dose totale de pénicilline prend une réelle importance, s1 la syphilis est plus avancée.En effet la syphilis primaire séro-négative semble répondre d\u2019une façon aussi satisfaisante à 60,000 qu\u2019à 1,200,000 unités.Mais cela n\u2019existe pas, s\u2019il s\u2019agit de syphilis primaire séro- positive ou de syphilis secondaire.De ceci, les auteurs concluent que l\u2019on ne peut déterminer la dose effective de pénicilline par le temps requis pour la disparition du tréponème et la guérison des lésions.Seule l\u2019incidence des récidives, tant cliniques que sérologiques, démontrera l\u2019efficacité réelle de la pénicilline dans la syphilis récente.La courte observation de ces patients ne donne pas cependant une idée exacte de l\u2019incidence des rédicives, puisqu\u2019ils n\u2019ont été observés que sur une période d\u2019au moins 38 jours.Le pourcentage de récidives sera plus élevé sur une observation plus prolongée.Il y a aussi une relation définie entre la période à laquelle la syphilis est traitée, et les résultats obtenus.La dose totale prend aussi de l\u2019importance selon les diverses phases de la syphilis.(Voir tableau III.) Chez un petit nombre de patients, on employa une dose totale de 300,000 unités de pénicilline, associée avec une dose sub-curative (dose curative : 1,200 à 1,500 mg.) de 320 mg.de mapharsen.Chaque jour on donnait une injection de 40 mg.de ce produit arsenical, et cela durant les huit jours d\u2019administration de la pénicilline.Les résultats de cette méthode sont un peu supérieurs (récidive : 8.3%) à ceux obtenus par la pénicilline seule à raison de 1,200,000 unités Oxford.Les auteurs mentionnent aussi les réactions, peu sérieuses, qui surviennent chez les syphilitiques traités par la pénicilline.Cinquante- neuf pour cent (59%) des patients présentèrent une réaction de Herxheimer, consistant dans l\u2019exacerbation des lésions secondaires ou dans une légère élévation de température.Chez cinquante-neuf autres LA PENICILLINE DANS LA SYPHILIS RECENTE (MOORE et alii.) INCIDENCE DES RECIDIVES SELON LA PERIODE DE LA SYPHILIS, ET SELON LA DOSE TOTALE DE PENICILLINE TABLEAU II Syphilis primaire séro-négative Dose totale Patients Récurrences Sérologique Total % cliniques 300,000 unités.14 1 - 1 7.3 1,200,000 « .52 \u2014 - \u2014 - : Syphilis primaire séro-positive 300,000 unites.30 2 1 3 10.0 1,200,000 « .75 1 1 2 2.6 Sypbilis secondaire 300,000 unités.94 6 4 10 10.6 1,200,000 « .64 - 2 2 3.1 (Observation d\u2019au moins 38 jours.) p61 IMA] TVOIQIN TVAVT] SLI 176 Lavar MÉDICAL Février 1946 patients (4.1%), d\u2019autres réactions, attribuables à la pénicilline, sont Indiquées.Elles consistent, par voie décroissante de fréquence, dans de l\u2019urticaire, des éruptions cutanées variées, des troubles gastro- intestinaux, et des abcès locaux.Faisant suite à ces constatations, les auteurs recommandent de ne pas employer une dose totale de pénicilline inférieure à 1,200,000 unités, et de faire le choix de la voie intra-musculaire.Binkley et Kile (13) publient les résultats obtenus chez 159 patients atteints de syphilis récente et traités par de petites doses de pénicilline.La quantité de pénicilline employée varie de 60,000 à 200,000 unités Oxford distribuées sur une période de sept jours et demi.Ces auteurs concluent que ces méthodes de traitement sont inadéquates, et doivent être abandonnées à cause du trop grand nombre de récidives.Les résultats les plus favorables sont obtenus avec 1,200,000 unités Oxford sur une période de cinq a sept jours.De dix patients ainsi traités, sept ont été observés durant un an, et tous sont Indemnes de toute récidive, aussi bien clinique que sérologique.Voilà, en résumé, ce que l\u2019on connaît sur le traitement de la syphilis récente acquise et non compliquée, traitée par la pénicilline.PÉNICILLINE DANS LA SYPHILIS RÉCENTE 1.Action spirochéticide « in vitro » et « in vivo» ; 2.Dans une moyenne de 16 heures, il y a absence de spirochétes dans les lésions superficielles ; 3.Les syphilides secondaires disparaissent dans les quelques jours suivani le début du iraitement ; 4.Le Bordet-Wassermann tend à se négativer à partir du 20° jour, après le début du traitement ; 5.Si Bordet-Wassermann est fortement positif 90 jours après le traitemeni, ily a indication de répéter la pénicilline ; Dose totale de 2,400,000 unités ou plus ; 25,000 à 40,000 unités toutes les 3 heures, nuit et Jour ; Voie intra-musculaire supérieure à toute autre voie ; Réaction de Herxbeimer dans une moyenne de 60% ; Xo 0 NA Février 1946 LavaL MEbpicaL 177 10.Très faible toxicité de la pénicilline comparée aux arsenicaux ; 11.L\u2019incidence des récidives, avec une dose de 1,200,000 unités est inférieure à 10% (0.6) ; 12.L\u2019emploi d\u2019une dose double (2,400,000) réduira probablement ce Pourcentage.SYPHILIS RÉCENTE QUI RÉSISTE A L\u2019ARSENIC ET AU BISMUTH L'emploi de la pénicilline dans le traitement de la syphilis récente, qui résiste à un traitement adéquat par l\u2019arsenic et le bismuth, a fait le sujet d\u2019un trävail par Nelson et Duncan (14).Les six patients observés présentaient des lésions cutanées qui ne disparaissaient pas, et même progressaient sous l\u2019effet de l\u2019arsenic et du bismuth.La quantité de pénicilline employée varia de 60,000 à 2,000,000 d\u2019unités.Les résultats immédiats, pour ce qui regarde la disparition des spirochètes et la guérison des lésions, sont excellents.Chez quatre de ces patients, le Bordet-Wassermann devint négatif entre la septième et treizième semaine.Leur période d\u2019observation est courte, et seule une observation plus longue nous donnera la valeur réelle de la pénicilline dans ces cas particuliers.Cependant, la pénicilline prend ici une importance capitale au point de vue social : rendre ces patients non contagieux, dans le plus bref délai possible.PÉNICILLINE DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS RÉCENTE, QUI RÉSISTE A L\u2019ARSENIC ET AU BISMUTH, (D\u2019APRES NELSON .RussEL, ET Duncan LERoY) 1.Dose totale employée : 60,000 & 2,000,000 d\u2019unités Oxford ; 2.Six patients observés, et dont la syphilis avait résisté cliniquement et sérologiquement à des doses adéquates d\u2019arsenic et de bismurb ; Bordet-Wassermann fortement positif chez tous ; Démonstration de tréponèmes chez 5 de ces patients ; Les lésions cutanées guérirent rapidement sous l\u2019effet du traitement ; 998 P Chez 4 patients, la sérologie devint négative entre la 7° et 13° semaine ; (5) 178 Lavar.MÉDicaL Février 1946 7.Traitement sans danger, et couronné de succès ; 8.Avantage social important : rendre ces patients non contagieux ; 9.Dose suggérée : 2,400,000 unités Oxford à raison de 40,000 q.3 brs.Moore et ses collaborateurs (11) partagent l\u2019opinion des auteurs précédents, concernant l\u2019efficacité de la pénicilline dans la syphilis récente, qui résiste à l\u2019arsenic et au bismuth.Ils mentionnent que quatre-vingt-dix-sept cas de syphilis, récidivante à la suite d\u2019un traitement arseno-bismuthique, répondirent favorablement à la pénicilline.Comme dans la syphilis récente non résistante, une dose totale de 2,400,000 unités est conseillée.MÉNINGITE SYPHILITIQUE L\u2019emploi de la pénicilline, dans la méningite syphilitique aiguë semble avoir donné des résultats Immédiats très satisfaisants, si on en juge par une vingtaine d\u2019observations publiées jusqu\u2019ici.Les dix patients, atteints de cette forme de syphilis récente, et observés par Moore et ses collègues (11), ont reçu une dose totale de pénicilline de 1,200,000 unités.Chez tous, l\u2019amélioration des symptômes fut rapide.Également chez tous, et cela durant une courte période d\u2019observation, le liquide céphalo-rachidien devint normal ou tourna rapidement vers la normale.Les dix cas de méningite syphilitique aiguë, publiés plus récemment par Nelson et Duncan (20), semblent confirmer les résultats des auteurs précédents.Ici, la dose totale de pénicilline fut de 600,000 à 4,000,000 d\u2019unités, distribuée sur une période de sept et demi à onze jours.Ces patients ont montré des résultats immédiats excellents.Durant la période de surveillance, qui a duré de 98 à 310 jours, on observa aucune récidive clinique, et une seule récidive sérologique.Bien que la pénicilline n\u2019apparaisse pas dans le liquide céphalo- rachidien (21) après des injections intra-musculaires fréquentes, ce médicament étant effectif par cette voie d\u2019administration, on ne voit pas la nécessité de recourir\u2019 à des injections intra-thécales.La dose totale, maintenant conseillée dans la méningite syphilitique aiguë, est de 2,000,000 à 3,000,000 d\u2019unités, sur une période de huit à seize jours. Février 1946 Lava\u2026 MÉDicaL 179 SYPHILIS RÉCENTE ASSOCIÉE AVEC LA GROSSESSE [Lentz et ses collaborateurs (15).] Les quelques résultats publiés, sur l\u2019emploi de la pénicilline dans la syphilis récente, associée avec la grossesse, sont excellents.La faible toxicité de ce médicament et son efficacité le placent au premier plan.ME PENICILLINE DANS LA SYPHILIS RECENTE ASSOCIEE AVEC LA GROSSESSE (LENTZ ET SES COLLABORATEURS) Dose totale employée : 1,200,000 unités Oxford ; .25,000 unités Oxford toutes les 4 heures, par voie intra-musculaire ; Réduire la dose de moitié durant les 43 premières heures du traitement; Ceci pour éviter le « shock » thérapeutique ou placentaire ; La pénicilline passe à travers le placenta, et est retrouvée dans la circulation fetale ; .Huit femmes enceintes, atteintes de syphilis récente, et dont la grossesse variait de 414 à & mois, ont été ainsi traitées ; Toutes ont donné naissance à des enfants normaux ; Ces enfants, surveillés sur une période de 4 mois, n\u2019ont présenté aucun signe de récurrence ; .Résultats supérieurs à toute forme antérieure de traitement ; 10.Dose totale recommandée : 2,400,000 unités Oxford.Le passage de la pénicilline de la mère au fœtus, par voie trans- placentaire, a été démontré par Herrell (16).Si on compare les résultats obtenus soit par le traitement de routine, soit par le traitement intensif, consistant dans l\u2019association pyré- tothérapie et mapharsen (17), à ceux obtenus par Ja pénicilline seule, ces derniers sont nettement supérieurs.Cependant, ici encore, le petit nombre de cas observés, et la courte période d\u2019observation de la mère et des enfants, ne nous permettent pas d\u2019être trop catégoriques. 180 .LavaL MEbicaL Février 1946 SYPHILIS CONCENITALE RECENTE (SYMPTOMATIQUE) Le rôle de la pénicilline, dans la syphilis congénitale récente, a fait le sujet de travaux par deux groupes d\u2019expérimentateurs.Lentz et ses collaborateurs (15) furent les premiers à publier les résultats du traiterrent de neuf enfants nés syphilitiques: Ils emploient une dose totale de 18,000 unités par livre de poids.Les effets immédiats de ce traiterrent semblent aussi satisfaisants que dans la syphilis récente acquise.Cependant, la mort de deux de ces neuf enfants, rort attribuable, soit à la syphilis, soit à la pénicilline, jette une ombre au tableau.À cause de cette dernière possibilité, 11 est fortement conseillé de réduire la dose de pénicilline durant les quarante-huit premières heures du traitement.PÉNICILLINE DANS LA SYPHILIS CONGÉNITALE RÉCENTE (SYMPTOMATIQUE), D'APRÈS LENTZ ET SES COLLABORATEURS 1.Dose employée : 18,000 unités Oxford par livre de poids ; D Quantité de pénicilline devra être très réduite durant les 48 premières beures ; Ceci pour éviter la réaction de Herxbeimer qui peut être farale.Neuf enfants ont été ainsi traités ; Sur ce nombre, résultats favorables dans 7 cas ; Réponse excellente de la périostite et de l\u2019ostéochondrite spécifiques ; Deux enfants sont morts ; cause : maladie ?ou traitement ?DNA US D A cause de cette dernière possibilité : une nouvelle cédule de traitement a été proposée par Earl Moore : | I\u201d jour : 8 doses de 30 unités par kilo de poids ; 2° jour : 8 doses de 100 unités par kilo de poids ; 3° jour : 8 doses de 100 unités par kilo de poids ; 4° jour : 8 doses de 400 unités par kilo de poids ; Dose totale de 100,000 unités Oxford par kilo de poids ; Durée du traitement : pas moins de 15 jours. Février 1946 LavaL MEbicaL 181 Un second groupe d\u2019auteurs publiérent les résultats de leur observation de 69 enfants, atteints de syphilis congénitale récente, et traités par des doses de 16,000 à 32,000 unités de pénicilline, par livre de poids.Voilà, quels sont les résultats chez 39 d\u2019entre eux, qui ont été observés sur une période variant de quatre à douze mois.Résultats Résultats cliniques sérologiques Bons résultats.37 Le Récidive clinique.nee 2 Lee Bordet-Wassermann négativé.| 21 ou 54% « douteux.| Lun 4 « 10% « positif, mais titrage diminué.| ue 9 « 23% Récidive sérologique.| Lee 5 « 139, Sur le groupe total de 69, trois enfants meurent durant ou tôt après le traitement.Ajoutons, cependant, que ces trois enfants étaient âgés de moins de deux mois, présentaient des lésions syphilitiques actives ; et leur état général était très pauvre.Deux autres enfants meurent, l\u2019un, quatre semaines, l\u2019autre quatorze semaines après l\u2019administration de la pénicilline.Dans ces deux derniers cas, la question suivante de nouveau se pose : leur mort est-elle due à la pénicilline ou a la syphilis?Les auteurs ne se prononcent pas.De ces deux groupes de patients, atteints de syphilis congénitale récente, on peut conclure que la pénrcilline est active, mais la question de la meilleure méthode de traitement est loin d\u2019être résolue.La possibilité que la pénicilline pourrait être la cause de la mort de quelques-uns de ces enfants, porte les auteurs à conseiller de réduire la dose durant les premiers jours, et à prolonger la durée du traitement. 182 Lavar MÉDICAL Février 1946 La plus récente méthode de traitement, proposée par Moore (19) repose sur ces deux facteurs (voir item 8, p.180).Voilà quels sont les résultats actuels, obtenus par l\u2019emploi de la pénicilline dans la syphilis récente, compliquée ou non, acquise ou congénitale.Passons maintenant à la syphilis tardive.SYPHILIS TARDIVE L\u2019emploi de la pénicilline, dans les différentes formes de syphilis tardive, a fait le sujet d\u2019un nombre restreint de publications, dont les plus importantes sont celles de Stokes et ses collaborateurs.Je voudrais cependant mentionner ici que le premier patient, atteint de syphilis tardive, et traité par la pénicilline, le fut par O\u2019Leary et Herrell (2) de la clinique Mayo.Ce patient présentait une syphilide tertiaire du nez, d\u2019une durée de huit mois.La dose totale de pénicilline employée, consista en 320,000 unités administrées par voie intra-veineuse, à raison de 20,000 unités deux fois par jour.À la fin du huitième Jour, dernier jour du traitement, il y avait involution substantielle de la lésion syphilitique.Trois semaines plus tard, guérison complète.Comme on peut le constater, les résultats cliniques chez ce patient sont excellents, et même plus rapides qu\u2019avec toute autre forme antérieure de traitement.Cependant, la sérologie ne fut pas modifiée par la pénicilline.La petite quantité de pénicilline employée en est peut-être la raison.Le travail suivant, à paraître dans la littérature, donna les résultats obtenus chez 182 patients, atteints de syphilis tardive.De ce nombre, 122 souffraient de syphilis nerveuse, quelques-uns de gommes syphilitiques cutanées, de syphilis oculaire et d\u2019autres formes de syphilis congénitale tardive.Ces patients furent traités dans huit cliniques différentes, qui avaient accepté Ja proposition du sous-comité des maladies vénériennes du Conseil national des Recherches.Stokes et ses collaborateurs (23) rapportent les résultats préliminaires obtenus.Tous les malades ont été observés sur une période Février 1946 LavaL MEpicaL 183 variant de huit à deux cent quatorze jours après le traitement.La guérison de gommes syphilitiques de la peau ou des os, entre le douzième et quarante-sixième jour, et cela avec une dose totale de 300,000 unités, vient confirmer les avancés d\u2019O\u2019Leary.Les auteurs mentionnent que, quelque soit la forme de syphilis tardive et quelque soit le procédé de traitement employé, la pénicilline provoque la réduction du titre dans le sang, chez 50 à 60% des patients.Dans la syphilis nerveuse, le liquide céphalo-rachidien s\u2019améliore jusqu\u2019à un certain point, dans 74%, et définitivement dans 33% des cas.L\u2019amélioration la plus fréquente, et la première à se manifester, consiste dans une baisse graduelle des cellules et de l\u2019albumine (67%).Chez 30 patients souffrant de paralysie générale simple, et qui ont été observés sur une assez longue période, 80% présenteraient une certaine amélioration.De ces 80%, la moitié s\u2019améliorèrent de 50% ou plus, incluant 8 patients qui s\u2019améliorèrent de 75% et plus, et d\u2019un qui est redevenu complètement normal.Voici maintenant un tableau (IV), qui nous permet d\u2019évaluer la valeur de la pénicilline dans différentes formes de syphilis tardive.TABLEAU IV Atrophie Syphilis Paralysie Tabès optique nerveuse générale dorsal primaire méningo- avancée avancée vasculaire Nombre total de patients.10 14 7 inconnu Amélioration de 75% ou plus.\u2026.2 \u2014 \u2014 \u2014 Amélioration de 50% ouplus.1 3 1 40% des patients Pas de changement.7 11 6 \u2014 Aggravation.\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Chez quatorze patients, atteints de kératite interstitielle, forme assez fréquente de syphilis congénitale tardive, six furent améliorés con- 184 LavaL MeEbicaL Février 1946 sidérablement, six ne présentérent aucun changement et deux virent leur condition s\u2019aggraver.Les auteurs concluent que, dans la syphilis nerveuse et dans la syphilis congénitale tardive ces résultats sont aussi bons que ceux obtenus par toute autre forme de traitement.Ajoutons, cependant, que la réaction de Herxheimer peut être très sérieuse dans la syphilis tardive.Il est donc important de réduire la dose durant les quarante-huit premières heures, pour éviter le danger de symptômes cérébraux et médullaires sévères.Les réactions à la pénicilline, dues à sa toxicité, sont bénignes : uticaire, prurit, réactions allergiques cutanées et troubles gastro-intestinaux.Plus récemment, Stokes et ses collaborateurs (24), publièrent un nouvel article sur la pénicilline dans la syphilis tardive.Ils donnèrent les résultats cliniques et sérologiques obtenus chez un bon nombre de patients atteints de syphilis nerveuse (toutes les formes).Ils insistent principalement sur la différence des résultats obtenus, selon la quantité de pénicilline employée, et aussi sur la supériorité des résultats séro- logiques sur les résultats cliniques.(Voir tableau V.) Ils étudient aussi en détail, certains exemples de syphilis nerveuse et de syphilis congénitale tardive, traités par la pénicilline et observés sur des périodes de quelques Jours à près de douze mois.La paralysie générale, et l\u2019association paralysie générale et tabès répondent d\u2019une façon très encourageante à la pénicilline.Les arsenicaux pentavalents et la pyrétothérapie sont plus dangereux à manier et ne donnent pas des résultats supérieurs.En terminant cet article, les auteurs concluent que « si la péniciline x continue à promettre autant que ce premier rapport le démontre, ce médicament va supplanter toutes les anciennes méthodes, ou arriver en association avec elles, à éliminer beaucoup de temps et de travail pour le médecin, ainsi que l\u2019appréhension et le danger pour le patient ».« On arrivera à ce but, si on multiplie les expériences en cours, et si on comprend mieux la pénicilline elle-même et son association avec l\u2019arsenic et la pyrétothérapie.» Une nouvelle publication a paru au sujet de quatre-vingt-neuf cas de syphilis nerveuse, traités par la pénicilline, à l\u2019Université de Penn- Février 1946 Lavar.MÉDICAL 185 sylvanie (25).Les doses totales de pénicilline employées furent de 1,200,000 à 2,400,000 unités.Il s\u2019agit encore ici d\u2019injections intramusculaires, à toutes les trois ou quatre heures.Chez un petit nombre de patients, on administra trois ou quatre millions d\u2019unités.TABLEAU V PÉNICILLINE DANS LA NEURO-SYPHILIS (TOUS LES GENRES) (STOKES et alit) 1° PÉNICILLINE : DOSE TOTALE DE 1,200,000 uNITÉs OxFORD.TAT DU PATIENT APRÈS CE TRAITEMENT.Résultats cliniques No.de pts Améliorés change t ation Aggravés 34 12 15 3 4 Résultats sérologiques (liquide cépbalo-rachidien) 46 33 10 | 2 1 2° PÉNICILLINE : DOSE TOTALE : 2,400,000 \u2014 4,000,000 p\u2019uNITES OXFORD.Résultats cliniques 29 | 17 9 3 | 0 Résultat sérologiques (liquide cépbalo-rachidien) 29 19 Co Note.\u2014Supériorité des résultats sérologiques sur les résultats cliniques.Le liquide céphalo-rachidien commença à s\u2019améliorer quelques jours après le début du traitement.L\u2019amélioration la plus marquée se produisit vers le quatrième mois.Cette amélioration porte surtout sur les cellules et l\u2019albumine, et 1l est intéressant de noter que l\u2019amélioration est plus importante si le liquide céphalo-rachidien est plus anormal. 186 LavaL MEbpicaL Février 1946 Mentionnons aussi que les effets de la pénicilline sont plus prononcés sur le liquide céphalo-rachidien que sur le sang.Ici, comme dans le travail précédent, la dose totale de pénicilline, et son temps d\u2019administration influencent les résultats.II semble qu'avec une dose plus élevée on obtient plus d\u2019amélioration.La prolongation du traitement, et sa division en deux phases seraient, d\u2019après les auteurs, plus effectives.La dose suggérée est de 4,800,000 unités, en une seule période, ou la même dose en deux périodes de huit jours.Voilà quelles sont le conclusions de ces différents travaux.PÉNICILLINE DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS NERVEUSE 1.Dose totale employée : 1,200,000 à 4,000,000 d\u2019unités Oxford ; 2.Réduire la quantité de pénicilline durant les 48 premières heures ; 3.Très grande importance de cette mesure, car possibilité de réaction de Herxheimer au niveau d\u2019un organe vital ; 4.Réponse excellente de ce traitemeni dans la méningite syphilitique aiguë ; 5.Résultats similaires à ceux obtenus par les autres formes de traitement, dans la paralysie générale ; 6.Le tabès semble plus résistant à certe thérapie ; 7.Le liquide céphalo-rachidien montre une réduction graduelle des cellules et de la protéine, puis plus tard, du Bordet-Wassermann ; 8.Arrêt de la perte visuelle dans 5 cas sur 6, d\u2019atrophie optique primaire ; 9.Les injections intra-thécales de pénicilline ne semblent pas présenter d\u2019avantages ; 10.Dose totale de pénicilline maintenant conseillée : 4,000,000 d\u2019unités Oxford ou plus dans une période de 8 jours.La même dose pourrait aussi être donnée dans 2 périodes de 8 jours.Jusqu'ici, Je n\u2019ai mentionné que les travaux où la pénicilline a été employée seule.Je voudrais maintenant vous donner quelques résultats sur l\u2019emploi conjugué de la pénicilline et de la pyrétothérapie dans la syphilis nerveuse.Il est intéressant de noter que, in vitro, la pénicilline a une action tréponémicide plus prononcée, si la température est plus élevée (3). rm pe evn vara mn Février 1946 Lava\u2026 MÉDICAL 187 \u2018Rose et ses collaborateurs (26) publient les rapports de soixante- et-dix patients, atteints de syphilis nerveuse, et traités par une dose totale de 3,000,000 d\u2019unités conjuguée à de la pyrétothérapie (la moitié de la dose jugée suffisante).Parmi ces patients, 1l y en avait quarante- neuf qui souffraient de paralysie générale, six de tabès dorsal, six d\u2019atrophie optique et neuf de syphilis chronique méningo-vasculaire.Ici, encore, c\u2019est la paralysie générale qui répond le mieux à l\u2019association pénicilline et pyrétothérapie.Sur trente-six patients atteints de cette forme de syphilis, vingt-quatre sont améliorés, onze ne montrent aucun\u2018changement et un seul voit son état s\u2019aggraver.Chez six patients, souffrant d\u2019atrophie optique, il y a eu arrêt de la perte visuelle chez cinq, et, parmi ceux-ci, amélioration possible chez deux.Ces derniers résultats sont pleins de promesses pour l\u2019avenir, si l\u2019expérience future vient les confirmer.Les auteurs ajoutent que l\u2019usage de la pénicilline seule est effectif, car, sur sept cas de paralysie générale, dont deux ont reçu deux séries, six sont améliorés.Pour ce qui regarde le tabès, on ne constate que peu de changement.Les résultats sérologiques, dans le liquide céphalo-rachidien, sont les suivants : réaction immédiate caractérisée par une montée temporaire des cellules et de l\u2019albumine ; chute vers la normale des cellules et de l\u2019albumine, et plus tard (quelques mois), du Wassermann.Les auteurs concluent à l\u2019efficacité de ce traitement, puisque les résultats sont similaires à ceux obtenus par les arsenicaux pentavalents, associés à la pyrétothérapie.Rose (27) publie un nouveau travail sur cent quarante cas de syphilis nerveuse symptomatique, traités par la pénicilline.Le même traitement de 3,000,000 d\u2019unités, associé à la pyrétothérapie, est administré.Les mêmes conclusions en découlent.Goldman (28) traite dix-huit patients souffrant de paralysie générale, et quatre de tabès dorsal.Il divise les paralytiques généraux en deux groupes : le premier reçoit de la pénicilline par voie intra-musculaire et par voie intra-rachidienne ; le second par voie intra-musculaire, seulement, mais avec association de pyrétothérapie. 188 Lava\u2026 MÉDicAL Février 1946 Le premier groupe est traité avec une dose de 900,000 unités (100,000 unités par voie intra-rachidienne), puis 1,000,000 d\u2019unités un mois plus tard, ce qui fait une dose totale de 1,900,000 unités.Le deuxième groupe reçoit 1,000,000 d\u2019unités associées à la pyrétothérapie, puis un mois plus tard un autre million, ce qui fait une dose totale de 2,000,000.Ces deux groupes de patients ont montré des résultats similaires.Rapide rémission chez huit, amélioration de degré variable chez neuf autres.Deux patients, qui étaient dans un état physique et mental très déficient, meurent à peu près dix jours après le début des injections intra-rachidiennes de pénicilline.Quatre patients, atteints de tabès dorsal, reçurent seulement des injections intra-rachidiennes, et cela pour une dose totale de 100,000 unités.La période d\u2019observation de ces quatre patients est trop courte pour pouvoir élaborer une technique spéciale de ce genre.Cependant, ils ont montré, en plus d\u2019un soulagement symptomatique immédiat, une évolution qui semble laisser entrevoir de bons résultats.Voilà quelles sont nos connaissances actuelles sur la syphilis tardive, traitée par la pénicilline.Mon expérience personnelle est assez limitée, puisqu\u2019elle porte sur une vingtaine de patients, atteints soit de syphilis récente, soit de syphilis tardive.La période durant laquelle j'ai pu suivre quelques-uns de ces patients, et cela grâce au Dr K.Astrachan, syphiligraphe au New York Skin and Cancer, New-York Post-Graduate Medical School and Hospital, varie de quelques semaines à un an.Les résultats obtenus chez ces patients sont similaires à ceux obtenus par les auteurs précédemment cités.Cependant, je dois ajouter que, chez plusieurs de ces malades, nous n\u2019employions pas la pénicilline seule, mais conjuguée au chlorarsen (dose sub-curative) et au bismuth.L\u2019emploi conjugué de ces médicaments ne permet pas, cependant, de juger de l\u2019efficacité réelle de la pénicilline.Je voudrais mentionner les résultats obtenus chez les deux patients suivants : M.X.Y., âgé de 48 ans, se présente à l\u2019hôpital pour une lésion du pénis d\u2019une durée d\u2019une dizaine de jours.L'examen à l\u2019ultra- microscope EA Février 1946 LavaL MEDicAL 189 démontre la présence de tréponémes.Le Bordet-Wassermann et le Kahn sont fortement positifs.Le diagnostic de syphilis primaire séro- positive est alors porté.Il recoit le traitement suivant : une dose totale de 1,400,000 unités de pénicilline distribuée sur une période de huit jours, accompagnée et suivie de 700 milligrammes de chlorarsen et de vingt injections de bismuth (sous-salicylate de bismuth : 1 c.c.par injection).La lésion primaire guérit rapidement La sérologie se négative à partir de la troisième semaine après le début du traitement Durant toute la période d\u2019observation, qui dura un an, le patient ne montra aucun signe de récidive clinique ou sérologique.Mme R.H., âgée de 40 ans, se présente à l\u2019hôpital pour un examen de son sang.La sérologie est fortement positive.L\u2019examen clinique est négatif, amsi que la ponction lombaire.Cette patiente n\u2019a reçu aucun traitement antérieur.Le diagnostic de syphilis latente récente est alors porté.Cette patiente reçoit une dose totale de 1,845,000 unités de pénicilline, sur une période de douze jours, accompagnée et suivie de 1,125 milligrammes de chlorarsen et de quatorze injections de bismuth.La sérologie est complètement négative cinq semaines après le début du traitement À cette date elle avait reçu la dose de pénicilline mentionnée plus haut, ainsi que 420 milligrammes de chlorarsen et nuef injections de bismuth.Durant toute la période d\u2019observation, qui dura un an, la patiente ne montra aucun signe de récidive clinique ou sérologique.Ces patients peuvent être considérés comme guéris à l\u2019heure actuelle.COMMENTAIRES De tous ces travaux, nous pouvons dire que la pénicilline est un agent thérapeutique qui est efficace dans le traitement de la syphilis récente et tardive.Sur Jes 2,000 cas de syphilis récente, traités par la pénicilline, un seul s\u2019est montré résistant (36).Ces résultats immédiats sont comparables à ceux obtenus par les arsenicaux, et sans présenter les dangers de ceux-ci.La toxicité de la 190 Lava\u2026.MÉDICAL Février 1946 pénicilline est trés faible, ce qui permet d\u2019ad ministrer une dose importante dans une courte période de temps.Les résultats tardifs par lesquels, seuls, il sera possible de juger le le degré réel de l\u2019efficacité de la pénicilline, nous ne les connaissons pas.Tous les syphiligraphes, parmi lesquels Stokes (23), Thomas (18), et Astrachan (29), s\u2019entendent pour dire que des mois et des années s\u2019écouleront avant de pouvoir se prononcer rigoureusement à ce sujet.En effet, quel sera le nombre exact de récidives chez les syphilitiques traités par la pénicilline, et dont l\u2019observation portera sur de nombreuses années?Est-ce qu\u2019un pourcentage important de patients ainsi traités pour une syphilis récente, et considérés guéris, développeront dans l\u2019avenir une syphilis nerveuse ?Quelle est la dose totale de péni- cillime la plus effective dans les diverses périodes de la syphilis?Est-ce que la prolongation du traitement donnera des résultats supérieurs à ceux obtenus avec la période de huit jours?Certaine clarté a été jetée à propos de la dose totale, mais beaucoup d\u2019inconnu persiste.Cependant, ce que nous connaissons à l\u2019heure actuelle, c\u2019est que des doses totales inférieures à 1,200,000 unités, dans la syphilis récente, et à 4,000,000 d\u2019unités dans la syphilis tardive, sont insuffisantes.Il semblerait que 2,400,000 unités dans la syphilis récente, et plus de 4,000,000 dans la syphilis tardive donneraient des résultats supérieurs.Cette quantité de pénicilline devrait être administrée par vole intra-musculaire, et cela à toutes les trois heures.Dans la syphilis congénitale récente et dans la syphilis nerveuse, on devrait diminuer les doses individuelles de pénicilline durant les quarante-huit premières heures, pour éviter des complications sérieuses et même fatales.D\u2019autres questions importantes doivent aussi se poser à ce sujet.Y aurait-il avantage, dans la syphilis récente, à conjuguer la pénicilline aux arsenicaux et aux métaux lourds, comme certains auteurs (29) le croient ?Est-ce que la pyrétothérapie et la pénicilline donneront des résultats supérieurs à la pénicilline seule dans la syphilis nerveuse ?Est-ce qu\u2019une petite dose de pénicilline, administrée avant l\u2019apparition du chancre, préviendrait la maladie?Cette dernière et importante question reçoit une réponse négative.Celle-ci est basée sur des observations de patients (30, 31, 32 et 33), traités pour une blennorragie et qui, Février 1946 Lava\u2026 MéÉDpicaL 191 en même temps, avaient contracté la syphilis.Ces patients reçurent des doses totales de 50,000 à 150,000 unités de pénicilline.Tout en guérissant la blennorragie, cette petite quantité de pénicilline n\u2019a pas empêché le développement de la syphilis, mais en a retardé ou modifié l\u2019apparition.Ceci pose un problème nouveau des plus importants, qui est dû à la découverte d\u2019un médicament actif dans ces deux maladies vénériennes, mais à des doses différentes.Donc, un patient, traité pour une blennorragie par la pénicilline, devrait être suivi durant une période d\u2019au moins quatre mois pour pouvoir déceler une syphilis retardée ou modifiée dans ses symptômes.Actuellement, le traitement de la syphilis par la pénicilline, bien que de courte durée, requiert l\u2019hospitalisation, puisque les patients doivent recevoir les injections toutes les trois heures sur une période de huit jours.Cependant, dans différents centres américains (34 et 35), et principalement à l\u2019hôpital Bellevue, de New-York (18), on expérimente sur l\u2019emploi de la pénicilline incorporée dans de la cire d\u2019abeilles (beeswax : 4.8%) et Phuile d\u2019arachides (peanut oil).A cause du ralentissement de l\u2019absorption et de l\u2019excrétion, une concentration adéquate de pénicilline pourrait être maintenue dans le sérum sanguin pour vingt-quatre heures, et cela par une ou deux injections par jour.Ceci permettrait à ce traitement de devenir un traitement ambulant et, ainsi, d\u2019en faciliter son emploi.Voilà quelles sont aujourd\u2019hui nos connaissances sur la pénicilline dans le traitement de Ja syphilis.Le rêve d\u2019Ehrlich d\u2019une seule in- Jection stérilisante, impossible de réalisation avec les arsenicaux, se réalisera-t-il avec la pénicilline?Seul l\u2019avenir saura le démontrer.BIBLIOGRAPHIE 1.E.W.Tuomas et G.WEXLER.Review of 2,144 courses of rapid treatment for early syphilis, Am.J.Syph., Conor.and Ven.Dis.28 : 529, 1944.2.J.F.MAHoNey, R.C.ArNoLD et A.D.Harris.Penicillin treatment of early syphilis, Ven.Dis.Informations, 24 : 255, (déc.) 1943. 192 3.10.11.12.13.14.15.16.Lava\u2026 MÉDICAL Février 1946 H.EAGLE et A.D.MUssELMAN.Spirocheticidal action of penicillin in vitro and temperature coefficient, J.Exper.Med., 80 : 493, (déc.) 1944.Wolcott B.Dunnam, Dorothy M.Hamre, Clara M.McKEE et Geoffrey RAKE, Action of penincillin and other antibiotics on treponema pallidum, Proc.Soc.Exper.Biol.and Med., 55 : 158-160, (mars) 1944, .LOURIE et COLLIER.Ann.Trop.med.parasit., 37 : 200, 1943.McDermott WarsH, Marie BENOIT et Rebeckah DuBors.Time-dose - relationship of penicillin therapy in early syphilis, Am.J.of Sypb., Gonor.and Ven.Dis., 29 : 345, 1945.BLoomFIELD, RaNTZ et KirBY.Clinical use of penicillin, J.A.M.A., 124 : 627, 1944.Wisk et PiLLsBURY.Penicillin treatment of early syphilis.British J.Surg., 32 : 214-127, (juil.) 1944.B.M.Norcross.Penicillin in treatment of syphilis.Med.Bull.North African Theatre Operations, 2 : 110-117, (nov.) 1944.J.F.MaHaNEY, R.C.ArnoLD et A.D.Harris.Penicillin treatment of early syphilis, J.A.M.A., 126 : 63-67, (sept.) 1944.J.E.Moore et alii.Penicillin treatment or early syphilis (1,418 cases), J.A.M.A., 126 : 67-73, (sept.) 1944.Area Leao, F.-N.GummariAes et G.NoBreGA.Ensaios thera- peutica com penicilina.Revista Brasileira de medicina, 1: 737- 740, 1944.George-W.BinkLEY et Roy L.Kite.Rapid treatment of early syphilis with small doses of penicillin, Arch.of Derm.and Syph., 51 : 200, 1945.Russell A.NELSON et Duncan Leroy.Penicillin in the treatment of early syphilis resistant to arsenic and bismuth, Am.J.of Svpbh., Gonor.and Ven.Dis., 29 : 1, 1945.Lantz, INGRAHAM, BEERMAN et J.H.Stokes.Penicillin in syphilis in pregnancy, J.À.M.A., 126 : 408, 1944.W.E.Herrerr, D.R.Nicsvoris et Dorothy H.HeIrMAN.Penicillin, its usefulness, limitations, diffusion and detection, J.A.M.A., 125 : 1003-1010, (août) 1944. Février 1946 Lavar MÉDICAL 193 17.Evan W.Tuomas, D.Speise MORTIMER, Gertrude WEXLER et 18 19 20 21.22.23.24.25.26.27.28.29.30.Hyman A.AsHEr.The rapid treatment of early syphilis during pregnancy, Am.J.of Obst.and Cyn., 49 : 214-225, 1945.R.V.PLaTou, Allen J.HiLL et ali.Penicillin in infantile congenital syphilis, J.A.M.A., 127 : 582, 1945.E.W.Tuomas, (Bellevue Hospital, New-York).Communication personnelle.R.A.Nerson et L.DUNCAN.Acute syphilitic meningitis treated with penicillin, Am.J.of Syph., Conor.and Ven.Dis, 29 : 141, 1945.Walsh M cDERMOTT et A.Nelson RusseLL.The transfer of penicillin into the cerebro-spinal fluid following parenteral administration of penicillin, Am.J.of Syph., Gonor.and Ven.Dis., 29 : 403, 1945.P.A.O'Leary et W.E.HerrerLL.Penicillin treatment of late cutaneous syphilis.(1 case), Proc.Staff.Meet.Mayo Clin.19 : 20, (Jan.) 1944.J.H.Sroxes, T.H.STERNBERG, W.H.SCHWARTZ, J.F.MAHONEY, J.E.Moore et Wood Barry.Action of penicillin in late syphilis, J.A.M.A., 126 : 73-79, (sept.) 1944.STOKES et ses collaborateurs.Penicillin in late syphilis, Am.J.of Syph., Gonor.and Ven.Dis., 29 : 313, 1945.G.D.Gammon, J.H.Stokes, H.BEarmaN, N.R.INGRAHAM et alii.Penicillin in neuro-syphilis, J.A.M.A., 128 : 633, (juin) 1945.S.Augustus Rose, L.D.TRENETT, J.A.Hinperr, Curtis PROUT et H.C.SoLomon.Penicillin treatment of neuro-syphilis Am.J.of Syph., Conor.and Ven.Dis., 29 : 487, 1945.S.A.Rose.Penicillin treatment of neuro-syphilis.Connecticut State Med.J., 9: 522, (juil.) 1945.Douglass GoLDMAN.Treatment of neuro-syphilis with penicillin, J.A.M.A.128 : 274 1945.Girsh D.ASTRACHAN.Communication personnelle.Bertha SHAFER et J.Zagon SAmuEL.Early syphilis masked and delayed by penicillin in treatment of gonorrhea, Arch.of Derm.and Syph., 50 : 200, 1945.(6) 194 | Lavar.MépicaL Février 1946 31.Hugh E.HaiLey.Suppression of syphilis by penicillin therapy of gonorrhea, Arch.of Derm.and Syph., 50 : 269, 1944.32.Orlando CANIZARES.Penicillin in treatment of simultaneous infections of syphilis and gonorrhea, Arch.of Derm.and Sypb., 50 : 264, 1944.33.T.E.Osmond.Masking syphilis with penicillin, British M.J., 1 : 853, 1945.34.D.R.NicHors et E.A.HAunz.Prolonged action of penicillin in mixtures of beeswax and peanut oil, Proc.Staff Meet.Mayo Clinic., 20 : 403, 1945.35.William KirBy et alii.Intramuscular and sub-cutaneous administration of penicillin in beeswax and peanut oil, J.A.M.A., 129: 940, 1945.36.William G.Tyson.Early syphilis resistant to treatment with penicillin.Report of a case.J.of Investigative Dermatology, 6 : 279, (oct) 1945. MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES MORTALITÉ PAR LE CANCER DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC Une étude analytique de la situation créée dans la province par la mortalité imputable au cancer doit nécessairement comporter un exposé statistique.On ne peut bien se rendre compte de la situation sans l\u2019apport de chiffres, mais, en vue d\u2019éliminer l\u2019aridité de données très longues, les seules intéressantes sont produites ici.Elles comportent la résultante d\u2019une très longue « tabulation » et demeurent suffisantes à la \u2018compréhension du sujet.Quelques explications sommaires doivent tout d\u2019abord être fournies : \u2018 a) Le territoire de la province est divisé en deux districts bien distincts : celui de Montréal et celui de Québec.La délimination en est faite par une ligne virtuelle passant à l\u2019est des comtés Abitibi, Saint- Maurice, Yamaska, Drummond, Richmond et Compton.(A noter ici que la cité des Trois-Rivières se trouve dans le district de Montréal.) Le district n° 1, ou de Montréal, comprend tout l\u2019ouest de la province, soit 40 comtés, tandis que le district de Québec, ou n° 2, comprend tout l\u2019est, soit 31 comtés.(Par « comtés », 1l faut comprendre ici les comtés municipaux, non pas l\u2019une ou l\u2019autre des divisions électorales ; par ailleurs, quelques comtés sont groupés pour n\u2019en constituer qu\u2019un, tels : Napierville-Laprairie, Charlevoix-Saguenay, etc.) 196 Lavar MÉDICAL Février 1946 b) Parce que l\u2019on semble plus directement intéressé à connaître la situation de cette mortalité dans le district de Québec, les données statistiques de ce district sont les seules détaillées en relation des comtés le composant.Tous les tableaux incorporés dans ce travail comportent toutefois une comparaison entre les deux principaux districts précédemment définis.c) L'analyse entreprise couvrant une période de quinze années, Il serait très long de citer les chiffres de chacune de ces années.Une condensation a donc été effectuée par un fractionnement en périodes quinquennales, comme le tableau I permet d\u2019en juger.Quelle est donc, dans notre province, la situation créée par la moralité imputable au cancer?D\u2019ores et déjà, il faut préciser qu\u2019il n\u2019est question que de mortalité, puisque nous ne possédons aucune donnée sur la morbidité.Chacun sait que le cancer n\u2019est pas maladie déclarable.La seules sources de renseignement relatives au nombre de cas de cancer seraient les hôpitaux où ils sont traités et il serait très compliqué que de réunir ces renseignements.Il devient donc présentement impossible d\u2019établir un taux de léthalité.Nous en tenant à la seule mortalité, on constate qu\u2019actuellement (les données finales sont celles de 1943) notre taux de mortalité par le cancer est de 110.0 par 100,000 habitants.En d\u2019autres termes, ce taux signifie qu\u2019il meurt chez nous une personne par mille habitants.Peut-on affirmer que ce taux est faible ou élevé ?Faisant tout de suite le point avec le reste du Canada, on voit que le taux moyen du pays est de 120.0.Celui de la province de Québec est donc en dessous de cette moyenne, et c\u2019est une consolation.Par ailleurs, le taux d\u2019autres provinces doit être plus élevé que cette moyenne.Dans cette catégorie, nous relevons celui de la Nouvelle- Écosse (117.9), du Manitoba (122.6), de l\u2019Ile du Prince-Édouard (127.5), de la Nouvelle-Écosse (128.5), de l\u2019Ontario (132.6) et de la Colombie- Anglaise (143.3).Avec notre province, il n\u2019en demeure que deux autres à montrer un taux inférieur à la moyenne, soit la Saskatchewan (92.5) et l\u2019Alberta (94.4), mais le taux de ces dernières est considérablement plus faible que le nôtre à 110.0.Si nous remontons dans le passé, nous constatons qu\u2019en 1926 notre taux n\u2019était que de 70.3, constatation qui démontre un accroissement de 56.5% au cours des vingt dernières années.er cores orm Février 1946 Lavar.MÉDICAL 197 TABLEAU I Distribution des décès par le cancer dans la province en relation de certains districts, avec moyennes quinquennales.PÉRIODE «A» PÉRIODE «B» PÉRIODE «C» 1929-1933 1934-1938 1939-1943 Total {Moyenne|| Total |Moyenne|| Total |Moyenne Province.12,088 2,418 14,676 2,935 17,783 3,557 District n®1.8,501 1,700 10,545 2,109 12,912 2,582 District n® 2.3,587 718 4,128 825 4,871 974 Partienord.1,675 335.0 2,045 409.0 2,511 502.0 Champlain (1).107 21.4 86 17.2 96 19.2 Charlevoix-Saguenay .90 18.0 124 24.8 196 33.2 Chicoutimi.158 31.6 190 38.0 271 54.2 Lac-Saint-Jean (1).75 15.0 66 13.2 56 11.2 Laviolette (2).54 18.0 119 23.8 134 26.8 Montmorency.59 11.8 61 12.2 90 18.0 Portneuf.121 24.2 164 32.8 176 35.2 Québec.967 193.4 1,172 234.4 1,427 285.4 Roberval 2).44 14.7 63 12.6 95 19.0 Parttesud.1,190 238.0 1,304 260.8 1,484 298.8 Arthabaska.os 19.6 119 23.8 128 25.6 Beauce.157 31.4 164 32.8 184 36.8 Bellechasse.92 18.4 93 18.6 111 22.2 Dorchester.99 19.8 96 13.2 107 21.8 Frontenac.73 14.6 74 14.4 80 16.0 Lévis.158 31.6 196 39.2 204 41.8 Llslet.52 10.4 58 11.6 75 15.0 Lotbiniére.86 17.2 86 17.2 96 19.2 Mégantic.126 25.2 161 32.2 172 34.4 Montmagny.84 16.8 70 15.0 83 16.6 Nicolet.120 24.0 129 25.8 172 34.4 Wolfe.45 9.0 58 11.6 72 14.4 Partieest.722 144.4 779 155.8 876 175.0 Bonaventure.108 21.6 111 22.2 118 23.6 Gaspéest (1).103 20.6 94 18.8 109 21.8 Gaspé ouest (2).11 3.7 26 5.2 27 5.4 Iles-de-la-Madeleine.26 5.2 26 5.2 25 5.0 Kamouraska.94 18.8 101 20.2 110 22.0 Matane.53 10.6 60) 12.0 73 14.6 Matapédia.73 14.6 61 12.2 66 13.2 Rimouski.109 21.8 130 24.0 162 32.4 Riviére-du-Loup (2).71 14.2 133 22.6 138 27.6 Témiscouata (1).74 14.8 37 7.4 48 9.8 (1) Comté subdivisé en 1931 : la moyenne de la période « À » se trouve plus élevée parce qu\u2019incluant tous [es décès du comté durant les années 1929 et 1930.(2) Nouveau comté constitué en 1931 : la moyenne de la période « À » se trouve être tricnnale. 198 Lava\u2026 MÉDICAL Février 1946 Si, actuellement, notre taux est plus-bas que la moyenne du pays, 1l devient manifeste qu\u2019il a plus que doublé depuis vingt ans, suivant en ceci la tendance universelle.Il est peut-être approprié d\u2019établir ici un parallèle entre la courbe du cancer et celle de la tuberculose.Cette dernière cause de décès faisait, en 1926, 125.2 victimes par 100,000 habitants quand elle n\u2019en fait plus que 82.4 en 1943.C\u2019est donc tout à fait l\u2019opposé de la courbe du cancer, et, mises en graphique, les deux courbes se croisent au cours de l\u2019année 1934, après quoi elles continuent leur marche à l\u2019opposé.Depuis cette année, la tuberculose devient la troisième cause principale de mortalité tandis que le cancer détient le second rang.Les cardiopathies demeurent toujours en première place.Il y a donc eu augmentation considérable de notre mortalité par le cancer.Comment la situation générale se répartit-elle dans la province, et comment l\u2019accroissement de la mortalité en cause s\u2019est-il distribué ?C\u2019est ce que nous pouvons observer par l\u2019étude du tableau I.Ce tableau est évidemment la condensation d\u2019une très longue « tabulation », mais il permet une étude très complète et qui reste très exacte de la situation.On voit que la période « À » (1929-1933) enregistre une moyenne annuelle de 2,418 décès, que la période « B » (1934- 1938) en enregistre une de 2,935 tandis que la période « C » (1939-1943) se rend jusqu\u2019à 3,557.Un rapide calcul fait constater que la période « B » s\u2019est accrue de 21.7% et que la période « C », à son tour, montre un accroissement de 21.29% sur la période « B» et de 47.1% sur la période « A» Entre les moyennes des périodes extrêmes, l\u2019augmentation des décès fut de 1.139.Ceci démontre clairement que notre morta- Iité par le cancer a doublé au cours de la période sous étude.Ces données concernent la province entière.Puisqu\u2019aux fins de ce travail le territoire de la province est partagé en districts, le tableau I permet de constater si cet accroissement de notre mortalité par le cancer a été uniforme.Le district de Montréal (n° 1) voit augmenter sa mortalité de 51.9% quand le district de Québec (n° 2) ne montre une augmentation que de 35.6%.Si l\u2019on compare ces proportions, c\u2019est pour constater que celle du district n° 1 est de 45.7% plus forte que celle du district n° 2.Il est bon de noter que le district n° 1 contient plus du double de la population du district n° 2 (exactement 51.2%) ; et ce fait peut immédiatement fournir - Février 1946 LavarL MÉDICAL 199 une explication à cette incidence élevée de la mortalité par le cancer dans le district de Montréal.Restreignant l\u2019analyse aux données du seul district de Québec, qui sont détaillées en relation des comtés, on peut chercher si l\u2019une ou l\u2019autre de ses trois régions enregistre une prédominance marquée de la mortalité en cause.C\u2019est ainsi que l\u2019on constate que la région nord (Québec et Chicoutimi) s\u2019est accrue de 49.9%, que la région sud (Beauce et comtés voisins) s\u2019accroît d\u2019un quart, soit 25.5%, quand la région est, (Kamouraska et la Péninsule), ne s\u2019accroît que d\u2019un cinquième, ou 21.37.Il semble ici aussi que la distribution de la population est un facteur explicatif de la régression dans cet accroissement du nombre des décès d\u2019une région à une autre.On doit penser aussi que, plus l\u2019on s'éloigne des centres hospitaliers et médicaux, moins considérables sont les facilités de diagnostic.Ces considérations sont toutes établies sur les nombres absolus des décès.Seraient-elles différentes si elles étaient construites d\u2019après le taux de mortalité?Il faut s\u2019arrêter un instant à penser qu'entre alors un facteur nouveau dans la comparaison, le chiffre de la population, et ceci peut modifier considérablement la résultante d\u2019une comparaison entre l\u2019accroissement dans le total des décès et celui du taux de mortalité.Le tableau II produit les données de base à l\u2019établissement des taux spécifiés de mortalité par 100,000 habitants ainsi que les taux mêmes pour les districts et les régions du district n°2.Antérieurement, 1l a été dit qu\u2019en 1926 le taux général de la mortalité par le cancer était de 70.3.Ici, nous constatons que le taux moyen de la période « À » est de 84.1 pour la province entière.De 1926 à la médiane de cette période, le taux s\u2019est déjà accru.À la période « B », le taux est de 94.6; à la période « C», 106.8.Nous avons donc un accroissement de 27.0% à la période « C » en comparaison de celui de 47.19%, dans le nombre des décés.Le facteur population joue donc son rôle et cette différence est normale.Si cette différence n\u2019existait pas, cela signifierait que le total des décès par cancer augmenterait corol- lairement à la population.Ce serait formidable car le nombre des cancéreux décédant serait à tout le moins de quelque 5,000. 007 > TABLEAU II Taux spécifié, par 100,000 babitants, de la mortalité par le cancer.PERIODE « A » PÉRIODE « B » PÉRIODE « C » 1929-1933 1934-1938 1939-1943 Popu- Moyenne Taux Popu- Moyenne Taux Popu- Moyenne Taux lation des par lation des par lation des par \u2018 déces 100,000 décès 100,000 décès 100,000 Province.2,874,255 2,418 84.1 3,103,069 2,935 94.6 3,331,882 3,557 106.8 District ne 1.1,882,121 1,700 90.7 2,027,049 2,109 104.0 2,172,298 2,582 118.9 District n° 2.992,134 714 72.4 1,075,720 826 76.8 1,159,584 974 84.0 Région nord.434,366 335 77.1 480,691 409 85.1 526,796 502 05.3 Région sud.327,048 238 72.8 341,183 261 76.5 355,527 299 84.1 Région est.\u2026 230,720 145 62.8 253,846 156 61.5 277,261 175 63.1 TVOIQFJN 1YAYT] 9V61 1911497 Février 1946 Lava\u2026 MÉDICAL 201 Dans le district n° 1, le taux passe de 90.7 4 118.9, soit 31.19, d\u2019accroissement.Dans le district n° 2 l\u2019accroissement n\u2019est que de 16.0%.La variation dans les taux est à peu près parallèle à celle observée dans les nombres absolus puisqu\u2019il a été démontré que le nombre des décès était de 45.7.% plus fort dans le district de Montréal et que nous constatons maintenant que le taux du district de Montréal est de 41.55% plus élevé.Dans le district n° 2, on doit tout d\u2019abord constater que ses régions montrent des taux plutôt faibles, même aussi bas que 63.1 dans la région est (qui ne varie pratiquement pas d\u2019une période à l\u2019autre), taux qui se trouve plus bas, à la période « C », que n\u2019avait été le taux général de la province à la période « A ».La région sud montre un taux égal, à la période « C », à celui de la province durant la période « À ».La région nord, celle de Québec même, est la seule à produire un taux plus élevé.De ces constatations on peut conclure que la mortalité cancéreuse n\u2019est pas encore très élevée dans le district n° 2 puisqu\u2019elle ne s\u2019est accrue que de 35.6% dans le nombre des décès et de 16.0% dans son taux.Par ailleurs, l\u2019accroisserment constaté se localise presque uni- - quement dans la région de la capitale.A la suite de cette analyse, 1l reste à relever la distribution de ces décès en relation du sexe et de l\u2019âge.Pour cette partie de l\u2019étude entreprise, il ne sembla pas nécessaire d\u2019établir une « tabulation » couvrant la période des quinze années comme il vient d\u2019étre fait pour la situation générale.D\u2019analyser la distribution selon le sexe et l\u2019âge au cours d\u2019une seule année est suffisant, car la variatior qui peut s\u2019observer d\u2019une année à une autre est habituellement faible et toujours fortuite, en ce qu\u2019elle se corrige l\u2019année suivante.D\u2019établir une moyenne donnerait pratiquement le même résultat que celui fourni par une seule année.Les données chcisies à cette fin sont celles de l\u2019année 1943 qui est la dernière pour laquelle des chiffres finals sont connus.La distribution des décès selon le sexe est fournie par le tableau III, suivant la méthode déjà adoptée pour le tableau I.Au point de vue général, le cancer fait autant de victimes chez l\u2019homme que chez la femme.En effet, la différence proportionnelle entre les deux sexes n\u2019est pas assez forte pour comporter une.signification 202 Lavar MÉDicaL Février 1946 TABLEAU III Décès par le cancer durant 1943 distribués en relation du sexe avec répartition proportionnelle.Masc.% FÉMm.% ToraL Province.1,874 49.4 1,919 50.6 3,793 District n®1.1,327 48.3 1,420 51.7 2,747 District n®2.547 52.2 499 47.8 1,046 Partie nord.296 52.8 265 47.2 561 Champlain.10 52.6 9 19 Charlevoix-Saguenay.21 53.8 18 39 Chicoutimi.LL.40 58.0 29 69 Lac-Saint-Jean.5 62.5 3 8 Laviolette.20 58.8 14 34 Montmorency.4 9 69.2 13 Portneuf.18 58.1 13 31 Québec.168 50.9 162 330 Roberval.10 55.6 8 18 Partiesud.167 55.1 136 44.9 303 Arthabaska.11 50.0 11 50.0 22 Beauce.26 65.0 14 40 Bellechasse.15 57.7 11 26 Dorchester.9 10 52.6 19 Frontenac.10 71.4 4 14 Lévis.23 56.1 18 41 LlIslet.5 13 72.2 18 Lotbiniére.14 66.7 7 21 Mégantic.23 65.7 12 35 Montmagny.7 8 53.3 15 Nicolet.12 23 60.5 38 Wolfe.7 58.3 5 12 Partieest.84 46.2 98 53.8 182 Bonaventure.- 8 15 65.2 23 Gaspéest.12 50.0 12 50.0 24 Gaspéouest.2 50.0 2 50.0 4 Iles-de-la-Madeleine.8 80.0 2 10 Kamouraska.10 12 54.5 22 Matane.7 10 58.8 17 Matapédia.5 7 58.3 12 Rimouski.15 21 58.3 36 Riviére-du-Loup.12 14 53.8 26 Témiscouata.5 62.5 3 8 Février 1946 Lava\u2026 MÉDICAL 203 de valeur.Durant 1943, en effet, les cancéreux masculins représentèrent 49.4, des 3,793 décès contre 50.6% féminins.Par contre, dans le district n° 1, les décès féminins accentuent légèrement leur prédominance avec 51.7% mais, dans le district n° 2, la situation est renversée et ce sont les décès masculins qui prédominent avec 52.2%.Existe-t-1l quelque facteur « local » pouvant expliquer cette inversion ?Trop de conditions variées peuvent être avancées, et sans fondement réel, pour qu\u2019une réponse satisfaisante soit donnée.Une inversion semblable se retrouve entre les régions du district n° 2 où l\u2019on voit que, dans les régions nord et sud, les décès masculins prédominent avec 52.8% et 55.1% tandis que, dans la région est, les décès féminins montrent une proportion de 53.89%.Cette constation est des plus intéressantes.Il appartient aux praticiens et chirurgiens de l\u2019expliquer.Cependant, en démographie, de si faibles variantes ne.possèdent pas de réelle signification.La distribution des décès en A relation de l\u2019âge, produite au tableau IV, fournit aussi une constatation du plus vif intérêt.TABLEAU IV Distribution des décès de 1943 par cancer en relation de l\u2019âge, avec répartition proportionnelle.Ages \u201c Décès % Ages Décès % 0a 4ans.10 50 à 54 ans.322 5à 9 «.11 55459 « .437 10 à 14 « .9 60464 « .518 15419 «.15 653469 « .526 20424 « .20 70474 « .550 0 à 25 « 65 1.7 50475 « .| 2,353 62.0 25429 « .20 75479 « .457 30434 « .40 80484 « .236 35439 « .96 85 ans et plus.137 40 à 44 « .162 45349 « .227 75 ans et plus.830 21.9 25449 « .545 14.4 Tous les ages.| 3,793 100.0 204 LavaL MEbpicaL Février 1946 On voudra constater que la répartition proportionnelle n\u2019est fournie que pour les groupes de cinq ans.Établie à chaque âge elle serait parfois très petite et sans valeur ; par ailleurs les nombres absolus - fournissent déjà très aisément cette distribution plus ou moins accentuée pour chaque âge.I! est notoire que le cancer fait son plus grand nombre de victimes dans le groupement 50 à 74 ans avec 62.0% des décès de l\u2019année.La proportion suivante est celle de 21.9% dans le groupement au-dessus de 75 ans.Nous relevons 83.9% des décès par cancer dans la dernière moitié de la vie et ceci devient normal.Quant à la première moitié de la vie nous devons constater que le groupement 25 à 49 ans fournit 14.49% du total des décès tandis que le premier quart de la vie contribue 1.7%.Cette dernière proportion est même surprenante car elle nous fait constater de visu si l\u2019on peut dire que le cancer réputé maladie de l\u2019âge mûr atteint tout aussi bien le jeune âge.Ne trouve- t-on pas 10 décès dans le groupe de moins de 4 ans?Cet exposé, réduit à sa plus simple expression chiffrée,donne donc une description de la situation dans la province en ce qui regarde notre mortalité par le cancer, devenu la seconde cause de mortalité.La Division de la Démographie du ministère de la Santé et du Bien-Etre social compte tous les décès.Durant l\u2019année 1943 notre grand total de décès fut de 35,069 ; de ce nombre 3,793 furent causés par le cancer.En somme, le cancer est responsable de 10.8% de nos décès.Nous venons de constater que, depuis 1929, cette cause de mortalité maintient une ascension régulière dans sa courbe, et nous entrevoyons le moment où, si une lutte efficiente ne lui est pas livrée, elle atteindra un sommet déplorable, tant pour l\u2019individu atteint que pour le bien-être de notre population.Il est donc désirable que soient entrepris les efforts appropriés, à la lumière des connaissances actuelles, pour prévenir tant de fatalités.Paul PARROT, D.P.H., M.P.H., Fellow A.P.H.A., Démographe provincial, Chargé du cours de démographie à Laval. LE CANCER A TRAVERS LES AGES Ce mot, a, chez tous les peuples, et dans tous les âges, engendré un sentiment de crainte et d\u2019horreur qui ne s\u2019est point amoindri ou atténué dans les temps présents.Il comporte l\u2019idée d\u2019un mal fatal qui ne pardonne pas et qui, tôt ou tard, conduit au tombeau.Le malade atteint de cancer en est le dernier averti et lorsqu\u2019on lui découvre son affection, il est déjà, très souvent, tellement pris par celle-ci qu\u2019il n\u2019a plus la force physique de réagir.Le cancer était connu des Anciens.En 1872, Ebers a trouvé, dans les ruines de Thèbes, un papyrus dont on a pu faire remonter l\u2019origine à l\u2019an 1500 avant Jésus-Christ.Ce papyrus contient des observations- médicales et des méthodes de traitement.On «y retrouve signalées « des tumeurs ulcérées » que l\u2019on traitait par l\u2019excision ou par un onguent arsenical escharotique.On a retrouvé des tumeurs osseuses (ostéo-sarcomes du fémur, sarcomes de l\u2019humérus) sur des momies de la Ve dynastie égyptienne, celle dite éléphantine, dont on peut placer l\u2019existence aux environs de l\u2019an 2500 avant Jésus-Christ.Le Rig-Véda, le premier et le plus ancien des livres sacrés de l\u2019Inde, dont l\u2019ensemble constitue le Véda, série de poèmes et d\u2019hymnes aux divinités hindoues, écrits entre 1500 et 800 avant Jésus-Christ, parle aussi des « tumeurs ulcérées ».De la médecine chez les peuples anciens de la période pré- hippocratique, 1l ne reste que peu de choses.Peu de monuments nous ont transmis des notions médicales.Les livres hindous, quelques 206 Lavar.MéDicaL Février 1946 papyrus, comme ceux d\u2019Ebers et de Smith et le code d\u2019Hamourrabi, sont les seuls éléments où on peut puiser les notions médicales de ces époques.On y trouve cependant, comme on l\u2019a vu plus haut, que les « tumeurs ulcérées » étaient connues.Avec Hippocrate, la médecine prend un essor nouveau.Elle se dégage de sa gangue rituelle et devient de la médecine pure et simple basée sur l\u2019observation.La théorie des quatre humeurs sera pendant des siècles la base de l\u2019enseignement médical.La lutte entre ces humeurs, leur rencontre ou leur déplacement sera, d\u2019Hippocrate à la Renaissance, la cause de toutes les maladies.Si l\u2019humeur peccante, au lieu de sortir à l\u2019extérieur au moment de la crise, se jette dans un organe voisin ou un autre tissu, il y a « métastase ».Le cancer était une métastase.Hippocrate appelait xapxivos les humeurs qui ne guérissent pas.Il donnait le nom de xapxivoma aux tumeurs malignes qu\u2019il divisait en deux groupes : les cancers durs (sxyppos) et les cancers ulcérés (xapxivos).Les cancers du sein, de l\u2019estomac et de l\u2019utérus constituaient un troisième groupe qu\u2019il appelait melaiva.L\u2019École d\u2019Alexandrie, \u2018avec Erasistrate et Hérophile, partage les idées d\u2019Hippocrate sur le cancer.Celse, dans son traité De Re Medica, donne le nom de carcinomes aux tumeurs, et parmi eux les cancers sont les plus malins.Il les divise en ulcus, squirrhe, carcinome sans ulcération ou latent, cancer occultus et cancer apertus.Il ne connaît comme traitement que l\u2019extirpation.Galien, qui vient après (131) redonne à la Médecine le lustre qu\u2019elle avait perdu.Celse avait été un compilateur, un encyclopédiste plutôt qu\u2019un médecin.Galien reprend les notions émises par Hippocrate et rattache au bon équilibre des humeurs l\u2019état de santé.Il crée la notion des tempéraments suivant la prédominance chez les individus de telle ou telle humeur, de la bile, du sang, du phlegme, ou de l\u2019atrabile (bile noire).C\u2019est l\u2019atrabile qui engendre le cancer Il écrit un Traité des tumeurs.I! distingue trois sortes de proliférations tumorales : 1° les tumeurs suivant la nature (utérus gravide) ; 2° les tumeurs qui dépassent la nature (cal osseux) ; et, 3° les tumeurs contre nature ; tumeurs humorales ; squirrhe (bénignes) et cancer (malignes).La bile, surtout la bile noire, propage les tumeurs en circulant dans les veines. Février 1946 Lavar MÉpicaL 207 Il recommande l\u2019extirpation de la tumeur, la compression des veines ambiantes pour l\u2019expurger et la cautérisation au fer rouge.Il calme les douleurs du cancer par des infusions de têtes de pavot.Galien disparu, les médecins continuent d\u2019observer ses préceptes.Paul d\u2019Egine, vivant à l\u2019époque byzantine, reprend et vulgarise les idées d\u2019Hippocrate dans son traité De Arte Medendi.Il fait le pont entre la médecine grecque et la médecine arabe qui ne s\u2019affirmera bien qu\u2019une fois les conquêtes complétées.La médecine, comme les autres arts, revient habillée à l\u2019orientale.Les Arabes puisent chez les Grecs et les Latins, continuent les données hippocratiques auxquelles ils ajoutent leurs observations particulières, et cela tant à Bagdad avec Rhazès et Avicenne qu\u2019à Séville avec Avenzoar.Avicenne, surnommé le Galien des Arabes, touche à la thérapeutique du cancer dans El Kanun (Le Canon).Il préconise des décoctions de plantes, la saignée, la purgation et l\u2019arsenic.Son Canon fut un traité classique pendant plusieurs siècles.À cette époque du Moyen-Âge qu\u2019on appelle la Pré-Renaissance, époque qui a vu l\u2019efflorescence de la civilisation arabe, on a vu aussi naître des écoles médicales très actives.\u2018 Salerne, dont l\u2019épopée nous a été révélée par De Renzi au siècle dernier, a été une pépinière de médecins de toute race, de toute foi, de toute langue.Elle a atteint une renommée considérable, beaucoup plus comme école que par les professeurs qui y ont enseigné.Petroncellus préconise le toucher rectal dans le diagnostic du cancer, Lanfranchi de Milan, forcé de quitter son pays pour des raisons politiques, se rend à Paris.Il y devient professeur de chirurgie au Collège Saint-Côme et, en 1296, publie sa Chirurgia Magna.Il y discute le diagnostic du cancer du sein et s\u2019attache surtout au pronostic des différents cancers suivant leur siège.Il préconise l\u2019excision avec cautérisation.Paris avait son école de Médecine (1180).Montpellier existait depuis 1137 et, avec Arnauld de Villeneuve et Roger Bacon, s\u2019était dégagée de l\u2019influence arabe.Cette école a surtout été illustrée par Guy de Chauliac, génie universel et fécond qui publia, en 1365, son Inventorium et Collectorium Artis chirurgicalis Medicine.Ce traité, resté classique jusqu\u2019à Ambroise Paré, ne parle pas du cancer.Avant 208 LavarL MÉDICAL Février 1946 lui, à Montpellier cependant, Henri de Mondeville attribuait le cancer à la melancolia et à la materia corrupta.La notion humorale comme origine du cancer, émise par Galien, est encore à cette époque la cause du cancer.La Renaissance se manifeste par un esprit de liberté et un humanisme marqués.L'homme devient la merveille de la nature que l\u2019on admire dans ses formes et des œuvres.On s\u2019attache de plus en plus à son étude.On délaisse les théories arabes.On s\u2019attaque au dogmatisme intouchable jusque-13, de Galien.Vésale, dans son De Fabrica Corporis Humani, publié en 1543, réfute et relève les nombreuses erreurs du Maître, lequel n\u2019avait Jamais disséqué que des singes et des porcs.Michel Servet décrit la petite circulation dans son œuvre Christianismi Restitutio et meurt brûlé par Calvin sur le bûcher de la place publique de Genève.Paracelse, esprit révolutionnaire s\u2019il en fût, rêve de devenir le Luther de la Médecine.Il mêle l\u2019alchimie à la chimie et à la médecine.Il crée la théorie de la liqueur de vie (liquor vitæ) à la base de toute la physiologie humaine et attribue le cancer à la présence d\u2019un sel minéral dans le sang ; ce sel cherche une porte de sortie et 1l forme une tumeur aux endroits qui résistent.Ambroise Paré, chirurgien des armées françaises, rénove la chirurgie; il écrit un traité de chirurgie en 5 volumes, où 1l étudie les tumeurs en général et, en particulier, les tumeurs contre nature parmi lesquelles il classe le « chancre » ou tumeur chancreuse dont 1l décrit tous les signes cliniques.I! traite le chancre non ulcéré par la saignée et les « médicaments qui purgent l'humeur mélancolique ».La fin du xvi° et tout le xvI1° siècle voient la véritable Renaissance de la Médecine, en retard de plus d\u2019un siècle sur celle des Arts et de l\u2019Architecture.Cette époque est dominée par la philosophie de Descartes qui crée la théorie de l\u2019homme-machine et essaie d\u2019appliquer à l\u2019anatomie et à la physiologie les données de la géométrie et de la mécanique.La médecine se départit de l\u2019humorisme intégral d\u2019Hippocrate et de Galien et cherche à expliquer, par les phénomènes physiques, les différentes fonctions de l\u2019organisme et ses anomalies. Février 1946 LavaL MEbicaL 209 Harvey découvre la grande circulation et en décrit toute la mécanique.Aselli met à jour les vaisseaux lymphatiques et Pecquet décrit la citerne qui porte son nom ainsi que le canal thoracique.Leuwenhæck s\u2019amuse avec les lentilles du microscope et voit des choses qu\u2019on ne voit pas à l\u2019œil nu.On est en pleine mécanique.Le sang et la lymphe circulent sous l\u2019influence de la pompe mécanique qu\u2019est le cœur à travers une série de vaisseaux et, bientôt, ces éléments, en particulier la lymphe, sont sujets à des stagnations que des émotions, des accidents peuvent provoquer et le cancer en découle.Bæœrhaave, le grand clinicien, résume toutes les idées de l\u2019époque dans sa conception iatro-mécanique.« La trop grande ténacité cause des obstructions, des extensions des vaisseaux, des douleurs, des tumeurs, surtout aux glandes et aux plexus artériels.Mais lorsque l\u2019acrimonie est pareillement jointe à la ténacité, suivant la diverse proportion des concours de ces deux qualités, les petits vaisseaux se détruisent, les fluides s\u2019extravasent, ce qui produit ensuite des pustules, des inflammations, des gangrènes, le sphacèle, le cancer, des ulcères malins, la carie et autres maux semblables.Or, l\u2019acrimonie, tantôt accompagne et tantôt suit la ténacité.» (Bœrhaave.) En somme la médecine cartésienne fait de la « lymphe coagulée » la cause du cancer.Au début du xviIr° siècle, la théorie de l\u2019animisme de Stahl, qui eut une vogue considérable, est le produit d\u2019une réaction aux tendances trop mécanisantes, trop matérialistes du xVII siècle.Pour Stahl, l\u2019âme est la cause et le mécanisme de tout mouvement de l\u2019organisme.L\u2019âÂme digére par l\u2019estomac, l\u2019âme pense par le cerveau, l\u2019âme régie tous les phénomènes physiologiques et pathologiques et rien ne sert d\u2019introduire la chimie ou la physique dans l\u2019organisme humain.L\u2019âme cause du cancer, comme des autres maladies, eut de nombreux adeptes.En Angleterre, cependant, John Hunter voit mal qu\u2019une lymphe morte puisse engendrer une tumeur active, progressive, vivante.Aussi, en fidèle disciple de Descartes, la fait-il vivante.Elle « sue »des vaisseaux sanguins, est sécrétée par les tissus enflammés et organise sa vie tumorale suivant les données physiques habituelles de l\u2019organisme.Pour la première fois on donne la vie aux tumeurs, tout comme les (7) 210 Lava\u2026 MÉDicaL Février 1946 tissus normaux elles sont alimentées par les vaisseaux sanguins et continuent de vivre leur vie à elles indépendamment des tissus qui les entourent.On conçoit tout de même, à cette époque, qu\u2019on connaît peu le cancer et son traitement.Toutes les théories explicatives ne sont quand même que des théories dont on n\u2019a pu prouver la véracité.Il intrigue.En 1773, l\u2019Académie de Lyon met au concours une question : « Qu\u2019est- ce que le cancer?» Bernard Peyrilhe, jeune homme de 28 ans, remporte le prix par un travail remarquable pour l\u2019époque.Lui aussi admet mal que la lymphe seule puisse provoquer le cancer et lance l\u2019idée d\u2019un virus.Il expérimente sur le chien, il établit l\u2019identité pathologique des tumeurs malignes des glandes et du tissu cellulaire.Il préconise le traitement du cancer par le « gaz sylvestre » : CO?tiré des « cendres gravellées » (CaCO\u201d).L\u2019expérimentation est née.Pendant tout ce temps, Morgagni, le créateur de l\u2019anatomie pathologique, étudiait sur les tissus et les cadavres les effets de la maladie et préparait la voie à l\u2019histogenèse.Au x1xE siècle, l\u2019étude des tumeurs prend une allure toute nouvelle.L\u2019anatomie et la pathologie se côtoient de plus en plus et le médecin cherche chez son \u2018malade les correspondances anatomiques.Morgagni avait donné le ton, Bichat, Laënnec, Dupuytren, Cruveilhier embau- chent le pas et produisent des œuvres immortelles.La médecine est tout entière anatomique et tissulaire, Bichat regarde les organes, les viscères et les tissus.Il en étudie la forme, le site, les corrélations, leurs fonctions et leurs réactions physiologiques et pathologiques.Pour lui le cancer est un tissu qui a, comre les autres tissus, ses propriétés vitales.C\u2019est un tissu accidentel qui va vivre, grandir, détruire autour de lui.Le cancer ulcéré n\u2019est qu\u2019un stade dans l\u2019évolution habituelle du cancer.Ildistingue le parenchyme de la tumeur de son tissu de soutien ou stroma.Laënnec, grand admirateur de Morgagni, a, comme lui, fréquenté la salle d\u2019autopsie.S\u2019il a établi la pathologie du poumon, 1! a aussi ajouté à la connaissance du cancer.Dans ses leçons au Collège de France, en particulier dans la X* leçon, intitulée Producitons accidentelles, il divise les tumeurs en deux catégories : 1° « Productions accidentelles analogues » ; et, 2° « Productions accidentelles non analogues ».« Le Février 1946 Lavar MÉDICAL 211 premier type », c\u2019est Laënnec qui parle, « comprend les tumeurs formées de tissus pathologiques qui ont leur analogie dans les tissus normaux du corps, et dont il existe autant de variétés qu\u2019il est de tissus différents dans l\u2019organisme.Le deuxième type est celui dans lequel les tissus pathologiques n\u2019ont pas de correspondance directe dans les tissus de l\u2019organisme.À celui-ci répond le tubercule, le squirrhe proprement dit, le squirrhe gélatineux, l\u2019encéphaloïde, les mélanoses, les scléroses, les cirrhoses, les productions nacrées, les productions squameuses ».(Laënnec.) Il les fait passer par deux stades, le stade de crudité et le stade de ramollissement.Il connaît les métastases.« Quelquefois formées dans un point d\u2019un organe, elles peuvent être emportées et ne se reproduisent pas.Mais, le plus souvent, à la période de ramollissement, elles ont une tendance générale à productions semblables et très nombreuses, véritable diathèse ou disposition inconnue dans sa nature, mais très réelle.» (Laënnec.) Dupuytren n\u2019admet pas d\u2019emblée toutes les théories de Laënnec et 1l croit à l\u2019origine infectieuse du cancer malin.Il tente l\u2019inoculation à l\u2019anima , sans succès cependant.Cruveilhier, disciple de Bichat, devient un fervent de l\u2019anatomie pathologique et ne conçoit pas de médecine ou de chirurgie possibles sans association anatomo-pathologique.Il fait du cancer une « dégéné- ration ) partie d\u2019un tissu normal.Il divise les dégénérations organiques en deux catégories : 1° la dégénération aréolaire et gélatiniforme qui n\u2019est pas maligne ; et, 2° la dégénération cancéreuse, maligne.Celle- ci donne le « suc cancéreux » par râclage de la tumeur, suc blanc, crémeux, qui se mêle facilement à l\u2019eau.Il fait de ce suc un élément pathognomonique de la tumeur cancéreuse et, après lui, de nombreux médecins et chirurgiens hésiteront à porter un diagnostic de malignité devant l\u2019absence de ce suc cancéreux de Cruveilhier.Cependant, le vitalisme de Stahl n\u2019était pas mort et la théorie de la lymphe coagulée, de la lymphe plastique avait encore des adeptes.Lobstein va plus loin et fait venir de la lymphe tous les tissus normaux et anormaux.Il appelle homéoplastiques les tissus normaux et hétéroplastiques les tissus anormaux.Des substances étrangères mal connues s\u2019infiltrent entre les tissus normaux et donnent naissance aux tumeurs.Voilà ce que pensait Lobstein. 212 LavaL MEbpicaL Février 1946 Broussais, médecin militaire, n\u2019a laissé de toute son œuvre que sa popularité et ses inimitiés.Pour lui, toute la pathologie tourne autour de la gastro-entérite, et l\u2019irritation qu\u2019il combat par la saignée, les sangsues et les révulsifs.Il attribue le cancer à une accumulation d\u2019albumine dans les tissus enflammés.Broussais eut des adeptes à l\u2019étranger, en particulier, Walther, en Allemagne, et Cooper, en Angleterre.A la suite des données émises par Bichat, Laënnec et Cruveilhier, basées sur l\u2019anatomie tissulaire, et après le recul humoral et animiste de Broussais et Lobstein, l\u2019étude des tumeurs devient toute histologique et cellulaire.Raspail et Royer-Collard décrivent (1827-1828) la structure cellulaire des végétaux et des animaux.Partant de ces notions, on s\u2019arrête davantage à la cellule cancéreuse.C\u2019est en Allemagne, surtout, que cette étude prend des proportions avec Muller, Remak et Virchow.Johannes Muller (1801-1858) reprend l\u2019étude de la structure tumorale et y trouve partout les éléments des tissus normaux.Il affirme conséquemment que le carcinome n\u2019est pas constitué par un tissu « hétérologue », mais bien de tissus normaux embryonnaires ou adultes.La tumeur est formée par un groupement spécial de ces tissus et une prolifération cellulaire différente.Il divise les tumeurs en bénignes et malignes tout simplement.C\u2019est lui qui a défini le carcinome « une tumeur qui bouleverse la structure des tissus, tumeur qui est, dès le début, constitutionnelle, qui récidive aprés extirpation et qui tue ».Lebert, de son côté, croit que la cellule cancéreuse est un produit nouveau qui se substitue aux tissus habituels, qui les envahit d\u2019une façon monstrueuse en détruisant tout sur son passage.Il la décrit : « grande cellule ovoïde ou elliptique aux contours nettement accusés, à 2 ou 3 nucléoles volumineuses ».Il fait cette cellule spécifique du cancer, et \u2018on doit toujours la retrouver pour établir un diagnostic de tumeur maligne.Cela rappelle le suc cancéreux de Cruveilhier.Cette cellule cancéreuse naitrait dans le torrent circulatoire qui la déposerait dans un interstice tissulaire sous forme de gouttelette amorphe qu\u2019il appelle un blastème et qui prend sa forme cancéreuse dès sa sortie du vaisseau. Février 1946 Lava\u2026 MÉDICAL 213 Johannes Muller et Lebert se rapprochent de la théorie cellulaire que mettra bien en évidence Virchow.Velpeau, en France, s\u2019oppose à la conception cellulaire de Lebert et veut que la cellule soit non pas l\u2019élément caractéristique du cancer mais un produit secondaire.Pour lui le cancer est encore une diathèse à manifestations tumorales variables avec les tissus en cause.Velpeau et Cruveilhier, sont, on pourrait dire, les derniers tenants de l\u2019origine humorale du cancer.Virchow (1863-1867) définit sa théorie cellulaire : « les êtres ne naissent pas d\u2019un magma ou de l\u2019humeur lymphatique mais bien d\u2019une cellule et toute cellule naît d\u2019une autre cellule (omnis cellula e cellula) ».Il n\u2019existe pas, comme l\u2019avait affirmé Lebert, une cellule cancéreuse et le blastème est un mythe.Le cancer peut naître de n\u2019importe quelle cellule.Il affirme que les tumeurs épithéliales et les tumeurs con- Jonctives naissent toutes deux du tissu conjonctif (théorie connective).Cette affirmation sera battue en brèche, un peu plus tard, par Remak.La tumeur, pour Virchow, fait partie intégrante du corps et en suit les lois.Il croit à la transmission héréditaire de la prédisposition cancéreuse et admet que l\u2019irritation puisse être une cause déterminante du cancer.Remak (1815-1865) décrit les feuillets du blastoderme et affirme la spécificité cellulaire.Les éléments 1ssus des trois feuillets du blastoderme son fixes et spécifiques : une tumeur épithéliale provient d\u2019un tissu épithélial, une tumeur conjonctive d\u2019un tissu conjonctif.Virchow se rallie et admet avec Remak que les tumeurs sont histologiquement spécifiques.Thiersch démontre l\u2019origine épithéliale des épithéliomas et confirme ainsi la théorie de Remak.Billroth et Waldeyer deviennent de fervents adeptes de la spécificité tumorale et l\u2019introduisent dans leurs nombreux travaux.ExPÉRIMENTATION L\u2019expérimentation avait fait peu de progrès jusque-là.On s\u2019était intéressé beaucoup plus à l\u2019étude morphologique du cancer qu\u2019à son étiologie, sa prolifération et ses transmissions possibles. Lavar MEbpicaL Février 1946 Peyrilhe, en 1775, avait tenté la transplantation d\u2019un cancer humain au chien et avait obtenu des granulomes inflammatoires.Hanau, en 1889, greffe un épithélioma de la vulve d\u2019une rate au scrotum de rats sains et obtient un cancer péritonéal généralisé.Morau, en 1894, réussit la greffe d\u2019un épithélioma cylindrique à plusieurs générations de souris.Leo Lœb, aux États-Unis, en 1900, réussit à greffer à 40 générations de rats blancs, un sarcome kystique d\u2019origine thyroïdienne.Jensen, au Danemark, a mis au point et développé toute la question des grefles et des transplantations.Il en a décrit la technique, et a suivi, pas à pas, heure par heure, ces greffes transmises par le trocart ou par [a seringue et a vu proliférer la tumeur comme une métastase.Bashford et Murray, en Angleterre, ont établi Ie «rythme des greffes », par lequel une tumeur aurait une puissance d\u2019accroissement qui se termine par une descente brusque.Ils ont immunisé des souris contre la greffe par des injections de tissus embryonnaires, des globules rouges et encore par la splénectomie.En Allemagne, Ehrlich et Apolant, 4 Francfort-sur-le-Mein, ont poursuivi leurs recherches sur les greffes et ont établi que le cancer ne se greffe bien que sur des individus de même espèce.En 1910, aux États-Unis, Peyton-Rous découvre, chez une poule, un sarcome fuso-cellulaire à évolution excessivement rapide qui tue l\u2019aniral en quelques semaines après une généralisation métastatique très prolifique.Il réussit à reproduire cette tumeur (sarcome de Peyton- Rous) à d\u2019autres poules, non seulement par greffes mais aussi par inoculation du filtrat dela tumeur.Cette découverte fait sensation, et a donné un regain d\u2019activité aux tenants de la théorie microbienne du cancer, en particulier Borrel, fervent partisan de la théorie parasitaire, en France, et Leyden et son école, en Allemagne.Tous les chercheurs, par la suite, ont répété l\u2019expérience de Peyton- Rous, en particulier Paine, en Angleterre ; Peyron et Borrel, en France ; Burger et Fischer, en Allemagne ; Carrel et Murphy, aux États-Unis ; Pentomalli, en Italie ; Llamblias, au Brésil ; et Roffo, en Argentine.En 1914, les Japonais Yamagiwa et Koichi Ichikawa réussissent à provoquer, chez le lapin, un cancer par applications successives de goudron, en 1918.T'sutsui obtient le même phénomène chez la souris. Février 1936 Lava\u2026 MÉDICAL 215 Cette autre grande découverte d\u2019une substance connue capable de faire naître un cancer fit sensation elle aussi et, dans tous les pays, l\u2019expérience fut répétée : au Danemark, par Fibiger et Bang ; en Italie, par Parodi et Londoni ; en France, par Ménétrier, Roussy, Leroux et Peyre ; en Hollande, par Deelman ; en Suisse, par Bruno Bloch et son école de Genève ; en Angleterre, par Leitch et Kennaway, etc.TRAITEMENT Le traitement du cancer a, depuis toujours, consisté dans l\u2019extirpation large de la tumeur, des applications escharotiques « arsenicales, sulfureuses, mercurielles » et même la saignée et les purgations comme les préconisaient Broussais et Ambroise Pare.L\u2019extirpation large et précoce est encore le traitement de choix du cancer.Cependant, les découvertes de Rœntgen et des Curie ont apporté des éléments adjuvants considérables à la thérapeutique cancéreuse.On connaît bien l\u2019action de la radiothérapie sur le cancer de l\u2019utérus.De nombreuses autres substances ont été essayées : les sels de métaux lourds (plomb), le magnésium (Delbet), l\u2019arsenic (Ehrlich).On a aussi tenté la toxinothérapie, la sérothérapie et l\u2019endocrinothérapie.Toutes ces méthodes ne sont plus que des souvenirs.LUTTE CONTRE LE CANCER La première manifestation de la lutte sociale contre le cancer fut celle du chanoine Jean Godinot, qui, à sa mort, laissait 25,000 livres à la ville de Reims, pour la fondation d\u2019un hôpital pour les cancéreux.En 1740, grâce à ce don, un hôpital de 12 lits était fondé à Reims à l\u2019usage exclusif des cancéreux.C\u2019était à l\u2019époque où on croyait le cancer contagieux et on refusait l\u2019admission des cancéreux dans les hôpitaux généraux.Cet hôpital a subsisté jusqu\u2019en 1846.Le 12 octobre 1791, un médecin anglais, John Howard, demande aux médecins du Middlesex Hospital d\u2019organiser un service pour les cancéreux et un centre de recherches pour cette maladie terrible.Huit mois plus tard, le centre anticancéreux du Middlesex Hospital était 216 Lavar.MÉDICAL Février 1946 fondé grâce aux dons généreux de Samuel Whitbread, et John Howard en était le premier directeur.JI n\u2019a fait que progresser depuis et 1l constitue, encore en Angleterre, un centre de recherches très actif.En France, naît, en 1892, la première ligue contre le cancer sous l\u2019instigation du professeur Verneuil.Cette ligue n\u2019a pas survécu à sa naissance.Dès 1888, aux États-Unis, apparaissait, à New-York, le premier établissement consacré aux maladies cancéreuses.Roswell Park fut, dans ce pays, le grand animateur des études scientifiques sur le cancer.En 1913 fut fondée l\u2019American Society for the Control of Cancer qui couvre tout le pays et s\u2019étend même au Canada.De nombreuses institutions se sont développées par la suite, dont l\u2019Institut Rockefeller, apparu en 1901, qu\u2019ont illustré James Murphy, Alexis Carrel, et Peyton-Rous.Le xx®° siècle s\u2019intéresse d\u2019une façon toute spéciale au cancer, et tous les pays luttent en recherchant la cause de cette maladie et le moyen de la faire disparaître de la surface de la terre.Nous avons vu qu\u2019aux États-Unis l\u2019American Society for the Control of Cancer apparaît en 1913.En France, l\u2019Association française pour \u2019étude du cancer est créée en 1906.En 1912, l\u2019Université de Paris fonde l\u2019Institut du Radium sous la direction du professeur Regaud, auquel vient s\u2019ajouter, en 1921, la Fondation Curie.En 1927, se construisait, à Villejuif, près de Paris, l\u2019Institut du Cancer de la Faculté de Médecine de Paris sous la direction du professeur Gustave Roussy.Des centres anticancéreux nombreux ont été par la suite établis en province, collaborant étroitement avec les deux grands établissements de la Capitale.\u2018 En Allemagne se fonde, en 1900, le Comité central pour la recherche et la lutte contre le cancer sous la présidence du professeur von Leyden.Celui-ci établit dans sa clinique, à Berlin, un centre anticancéreux qui devient, en 1907, l\u2019Institut anticancéreux de Berlin : Instüut für Krebsforschung an der Charité.Des instituts semblables se fondent dans les diverses universités allemandes : à Heidelberg, sous l\u2019instigation du professeur Czerny ; à Francfort-sur-le-Mein, qu\u2019illustrent Ehrlich, Apolant et Caspari. Février 1946 Lavar MÉDICAL 217 L\u2019Angleterre continue sa belle tradition du Middlesex Hospital et fonde, en 1902, I\u2019Imperial Cancer Research Fund sous les auspices du Royal College of Physicians et du Royal College of Surgeons.L\u2019Argentine possède, depuis 1922, un Institut de Médecine expérimentale pour l\u2019étude et le traitement du cancer sous la direction scientifique très active du professeur Roffo.La Hollande inaugure, le 17 janvier 1915, le premier institut cancéreux hollandais Antoni van Leuwenbeckbuis qui, depuis 1922, est devenu le centre de réunion des savants qui s\u2019occupent du cancer du goudron.L\u2019Italie, en 1924, a sa ligue Italienne contre le cancer et, à Milan, en 1928, naît l\u2019Institut national anticancéreux.La Ligue nationale suisse contre le cancer apparaît en 1910, et son centre démenage avec son président.Toutes les Universités suisses deviennent des centres anticancéreux, centres de recherches et de lutte.L\u2019Association japonaise pour l\u2019étude du cancer (Can Kinkyukai) apparaît en 1922 et a son siège à Tokio.Elle est illustrée par des noms tels que ceux de Nagayo et Honda.Tous les autres pays ont eu leur ligue contre le cancer.Il serait trop long de les énumérer ici.Le Canada a organisé la lutte contre le cancer sous la direction du professeur Grant Fleming, de l\u2019Université McGill.L'Institut de Radium de Montréal a été fondé en 1923, par les soins du Dr Gendreau.A Québec, 1l existe un centre anticancéreux, sous la direction du Dr Chs Vézina, doyen de la Faculté de Médecine et du professeur Louis Berger.Il est difficile de savoir ce que sont devenues toutes ces belles organisations dans les pays envahis, au cours de la dernière guerre, mais elles sont restées très actives dans les deux Amériques.CONCLUSION Er somme, pendant plus de 20 siècles, on considère le cancer comme une diathèse humorale.Au xvi12 siècle, la tendance mécanisante cartésienne et la découverte des vaisseaux lymphatiques par Aselli 218 LavaL MegEpicaL Février 1946 ouvrent de nouveaux horizons.La lymphe remplace la bile noire et devient l\u2019agent du cancer.Puis Morgagni crée l\u2019anatomie pathologique.L'\u2019évolution atteint son apogée avec Virchow et sa théorie cellulaire.La fin du x1x® siècle et le xx° siècle voient le cancer occuper,tous les esprits scientifiques et même les organismes sociaux.Dans tous les pays s\u2019organisent des ligues contre le cancer dont la dernière guerre a réduit les activités ; mais elle semblent vouloir renaître avec plus de vigueur qu\u2019auparavant.Sylvio LEBLOND, Professeur d\u2019Hiswoire de la Médecine a l\u2019Universué Laval, Chef de clinique médicale à l\u2019Hôpual du Sain-Sacremem.BIBLIOGRAPHIE Jacques BANDALINE.La lutte internationale contre le cancer, Maloine, Paris, 1933.Gustave Roussy, R.Leroux et M.Wour.Le cancer.Nouveau Traité de Médecine, Roger, Widal, Tessier.Fascicule V, tome II, 1929.P.MÉNÉTRIER.Cancer (Généralités).Nouveau Traité de Médecine et Thérapeutique, Brouardel et Gilbert.Tome XIII, 1926.J.Ewing.Neoplastic Diseases, Saunders, Philadelphie, 1940.J.Ducuine.Précis de Cancérologie, Masson et Cie, Paris, 1932.A.CASTIGLIONI.Histoire de la Médecine, Pavot, Paris, 1931.Victor RoBIiNson.The Story of Medecine, New Home Librarv, New- York, 1943.L.MEUNIER.Histoire de la médecine, Lefrançois, Paris, 1924.Aristides A.Mo.Aesculapius in Latin America.Saunders, Philadelphie, 1944.Bernard Cuneo.Le cancer dans histoire, Lutte contre le cancer, n° 41, p.422, (juil-août-sept.) 1933. EXAMEN DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN DANS LES CAS DE SYPHILIS Cet examen doit s\u2019effectuer dans tous les cas de svphilis : Les cas de syphilis récente traités d\u2019après un régime exigeant six mois ou plus, devraient subir une ponction lombaire à la fin du traitement.Les cas de syphilis récente, traités d\u2019après une méthode rapide, devraient subir une ponction lombaire de six à neuf mois après l\u2019institution du traitement.Les cas de syphilis latente ou formes tardives de la syphilis, devraient subir une ponction lombaire immédiatement, avant l\u2019institution du traitement.Concours du malade : Une ponction lombaire doit être considérée comme une intervention chirurgicale mineure, et, comme toutes les interventions chirurgicales, ne doit pas se faire sans le consentement du malade.En général, ce consentement s\u2019obtient facilement, en donnant, avec tact, les explications voulues au malade. 220 I AvAL MÉDicaL Février 1946 Si le malade refuse de se soumettre à la ponction lombaire en dépit de toutes les explications, le médecin ne peut pas se considérer comme dégagé de toute responsabilité.Il doit avertir le malade que son traitement ne peut être considéré comme complet avant qu\u2019un examen du liquide céphalo-rachidien ait donné un résultat négatif, et que, ce résultat ne pouvant se présumer, le traitement doit être continué.Le médecin profite des séances suivantes pour gagner la confiance du malade.Au bout de quelque temps, 1l explique plus en détail la nécessité de l\u2019examen du liquide céphalo-rachidien.Il est très rare que le malade ne donne pas son consentement, après quelques semaines de traitement et d\u2019explications supplémentaires.SIGNALEZ TOUS LES CAS REPÉREZ LES CONTACTS AUX AUTORITÉS REVUE THÉRAPEUTIQUE LE STOVARSOL BUCCAL DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS CONGÉNITALE La syphilis, mot d\u2019étymologie grecque, fut ainsi dénommée par Jérome Fracastor, en 1521, dans son poéme Syphilis sive Morbus Gallicus, poème dédié au cardinal Bembo, où 1l se rendit célèbre par la description qu\u2019il fit de la maladie et par le nom de son héros (le pâtre Syphilus) qui a légué son nom à la maladie.Vulgairement appelée vérole ou grande vérole, la syphilis est une maladie infectieuse, contagieuse, héréditaire ou mieux, congénitale, due à l\u2019introduction dans l\u2019organisme d\u2019un spirochète découvert en 1905 par Fritz Schaudinn et Erich Hoffmann.Importée vraisemblablement de l\u2019Amérique du Nord (nouveau monde) la syphilis n\u2019existait pas en Europe avant que Colomb ne vienne en Amérique.Elle serait originaire d\u2019Haïti, vers l\u2019an 1500.Dès l\u2019apparition de la syphilis en Europe vers le début du xvi° siècle, Torella, Vella, Cataneus admettent la transmissibilité de la syphilis des procréateurs à leur descendance.Et Fallope, en 1507, décrivait l\u2019aspect macéré du fœtus syphilitique comme étant un individu « à moitié cuit, fournissant ainsi la preuve du péché de ses parents ».Il faut attendre le xvrr1\u20ac siècle pour voir Ambroise Paré, Fabre, le baron Van Sweiten, F.Swediaur, remettre la question de l\u2019hérédo-syphilis à l\u2019ordre du jour.Le Dr Émile Gaumond, syphiligraphe, signale dans sa brochure, La syphilis au Canada français, hier et aujourd\u2019hur (15) qu\u2019« ici méme, dans la province de 222 Lavar.MÉDicar Février 1946 Québec, dès 1785, au moment où sévissait une épidémie de syphilis qui fit 5,800 victimes connues, sur une population de 120,000 âmes, on se rendit compte de la possibilité de cette transmission et mème de la certitude de la chose, si le traitement approprié des procréateurs n\u2019était pas fait ».S1 le fait de la transmissibilité ne faisait plus de doute pour personne, un autre problème suscitait maintes discussions : c\u2019était celui du mécanisme de la transmission.Est-ce une hérédité paternelle transmise au fœtus par le sperme ou une infection qu\u2019une mère contaminée inocule à son enfant par voie transplacentaire ?Si la mère est syphilitique, l\u2019ovule est déjà infecté bien avant la conception.Si le père seul est syphilitique, il contamine la mère de façon évidente le plus souvent, et, exceptionnellement, l\u2019enfant par le sperme sans infecter la mère.La plupart des auteurs, pour ne pas dire tous, ne croient plus à cette dernière possibilité.Si la syphilis paternelle germinative n\u2019est pas à nier, elle est douteuse, non impossible.Mais, peu importe, dans les deux cas, le fœtus est syphilisé.| Devenues désuétes les lois de Colles et de Profeta ont été remplacées par la loi de Carle qui affirme que quand l\u2019enfant est syphilitique, sa mère l\u2019est aussi mais non inversement.Cette dernière peut donc allaiter son enfant à moins d\u2019avoir été contaminée dans les dernières semaines de sa grossesse.Habituellement, le problème est assez simple car, dans la majorité des cas, les deux conjoints sont syphilitiques.Non seulement des procréateurs atteints de syphilis acquise plus ou moins ancienne, mais aussi les hérédos peuvent transmettre la maladie à leurs enfants.La syphilis transmise par eux est appelée hérédosyphilis de seconde génération ou syphilis de troisième génération.Notons, en passant, que les hérédos ne sont pas immunisés et peuvent contracter de nouveau la syphilis.Cependant, en principe, plus la maladie est ancienne chez les géniteurs, moins la syphilis de l\u2019enfant sera grave.Les syphilis récentes des parents, au contraire, donneront à l\u2019enfant des accidents multiples précoces et graves que l\u2019on qualifie communément de signes de certitude tels que : pemphigus, coryza séro-sanguinolent, splénomégalie, ostéo- chondrite, périostite, etc.Mais ce qui importe plus que l\u2019ancien- Février 1946 Lavar.MÉDICAL 223 neté de la maladie chez les parents, c\u2019est la façon dont la syphilis a été traitée.Le Dr Thomas Parran, du Département de la Santé publique des États-Unis, affirme, dans son livre Shadow on the Land, que, parmi les mères syphilitiques traitées, seulement une sur neuf reçoit un traitement suffisant pour protéger son enfant.Traitée méthodiquement dès le début de la grossesse et Jusqu\u2019à l\u2019accouchement, une femme contaminée par le porteur d\u2019une syphilis active, peut accoucher d\u2019un enfant non seulement dépourvu d\u2019accidents visibles, mais présentant même un aspect tout à fait normal.Négligée, au contraire, cette syphilis de la mère infectera l\u2019œuf à coup sûr.S\u2019il s\u2019agit d\u2019une contamination récente et grave, le développement de l\u2019ovule sera profondément troublé.C\u2019est ce qui explique la fréquence des fausses couches chez les femmes syphilitiques par mort du fœtus dans l\u2019utérus.Elles se produiront d\u2019abord peu de temps après la conception, puis, au fur et à mesure que la maladie deviendra plus ancienne, les grossesses évolueront plus longtemps.Mais ce ne sera parfois qu\u2019au bout de la quatrième ou cinquième grossesse qu\u2019un enfant naîtra vivant.On conçoit donc que les aspects de la syphilis congénitale chez l\u2019enfant soient multiples selon la virulence du germe transmis.Suivant l\u2019époque où se manifestent les premiers accidents on distingue une syphilis fœtale, une syphilis du nouveau-né, une syphilis congénitale précoce, une syphilis congénitale tardive ou mieux, des symptômes tardifs de syphilis congénitale et, enfin des dystrophies syphilitiques congénitales.Notre exposé se rapporte plutôt à des nouveau-nés et à de très Jeunes enfants.La découverte du tréponème par Fritz Schaudinn en 1905, la réaction de fixation du complément de Bordet, adaptée à la syphilis par August von Wassermann en 1907, les travaux de A.Fournier, en France, de Kassowitz, en Allemagne, ont fourni les bases aux conceptions modernes du problème que nous allons maintenant aborder.A l\u2019heure actuelle, la société est encore aux prises avec ce grave fléau qu\u2019on appelle la syphilis.C\u2019est pourquoi la lutte antivénérienne, entreprise par les médecins et les pouvoirs publics, ne peut nous laisser indifférents.Elle intéresse le riche comme le pauvre, l\u2019intellectuel aussi bien que l\u2019ouvrier, le citadin et le campagnard. 224 Lava\u2026 MÉDICAL Février 1946 De tous les syphilitiques, l\u2019hérédo est celui qui mérite le plus notre sympathie et notre attention.Né de parents infectés, porteur d\u2019une tare dont 1l n\u2019est nullement responsable, il sollicite d\u2019autant plus notre bienveillante attention qu\u2019il est, par lui-même, dépourvu de toutes ressources.Depuis la guerre, le nombre des hérédo-syphilitiques légitimes et surtout 1llégitimes a doublé, sans compter les avortés, les prématurés, les mort-nés.Dans une institution comme la Crèche Saint-Vincent-de- Paul, à Québec, le pourcentage est passé de 2.1% \u2014 2.3% en 1938-39 à 5.8% \u2014 5.9% en 1942-43 et à 6.6% en 1944.Aux Etats-Unis, soixante mille hérédos sont nés l\u2019an dernier.Dans la province de Québec, d\u2019après les statistiques compilées par le Dr Jules Archambault, directeur de la division des maladies vénériennes, le nombre de nos syphilitiques, toute proportion gardée, est presque l\u2019égal de celui de nos voisins.Évidemment, 1l y a Îieu de s\u2019alarmer et ce n\u2019est pas sans raison que les pouvoirs publics manifestent de l\u2019inquiétude.Il n\u2019est plus temps de demeurer sur la défensive ; il faut faire plus : prendre l\u2019offensive contre cet ennemi mortel.Notre seule arme efficace est le traitement arsenical ; les iodures, le mercure et le bismuth servant plutôt d\u2019adjuvants utiles.N\u2019oublions point que le traitement de l\u2019hérédo est un travail de patience, de persévérance tenace.C\u2019est Louis Cadet de Paris qui, en 1760, découvrit le premier composé organique arsenical connu sous le nom de « liquide arsenical de Cadet ».Robert Bunsen consacre six longues années (1837-43) de recherches intensives à l\u2019étude de ce composé.Bechamp, en 1860, à la suite des recherches de Berzelius, découvrit le premier composé aromatique : l\u2019anilarsinate de sodium ou atoxyl.En 1907, l\u2019attention de Paul Ehrlich fut attirée sur ce produit et, deux ans plus tard, il annonçait la découverte de l\u2019arsénobenzol (arsphénamine).Plusieurs autres composés arsenicaux devaient par la suite faire leur apparition.L\u2019arsenic et ses dérivés s\u2019offrent à nous sous différentes formes et s\u2019administrent de différentes façons.Ils se divisent en arsenicaux trivalents et pentavalents.Les premiers, plus toxiques, sont plus actifs s\u2019ils sont donnés par voie intra-veineuse.Parmi ceux qui se donnent Février 1946 Lava\u2026 MÉDicAL 225 par cette voie, mentionnons le novarsénobenzol et le mapharsen qui s\u2019injectent communément, l\u2019enfant étant bien immobilisé en hyper- extension, dans la veine jugulaire externe ou dans une veine épicrânienne.Le sinus longitudinal supérieur est totalement contre-indiqué quand il s\u2019agit d\u2019injecter un arsenical par voie sanguine.Il faut avouer que, chez le Jeune enfant, la voie intra-veineuse est difficile d\u2019accès, assez souvent même inaccessible.Le novarsénobenzol se donne à la dose de 0.015 à 0.02 par kilo de poids soit de 0.10 à 0.15 de la naissance à 3 mois ; de 0.15 à 0.20 de 3 mois à 1 an ; de 0.20 à 0.45 de 1 à 12 ans ; le mapharsen, à raison de 0.01 gr.par 25 à 30 livres de poids ou 0.75 à 1.00 mgm.par kilo.Tous les deux se donnent à raison d\u2019une injection par semaine pendant six semaines, suivie de frictions mercurielles quotidiennes ou d\u2019injections bismuthiques pendant six semaines.Nous passons sous silence les voies intra-péritonéale et rectale ; la première à cause des accidents possibles, la seconde à cause de son inefficacité thérapeutique reconnue.D\u2019autres sels arsenicaux s\u2019administrent par voie intra-musculaire dont l\u2019acétylarsan, un arsenical pentavalent, contenant 21.59, d\u2019arsenic fourni en solution aqueuse contenant 23.69, d\u2019acétylarsan, 1.e.0.05 d\u2019arsenic par c.c.Il s\u2019administre par voie intra-musculaire à raison de 14 c.c.(0.025) par vingt livres de poids.Le traitement est assez long.II consiste en des séries de neuf semaines de traitement suivies de six semaines de repos, \u2014 avec reprise du traitement pendant trois à cinq ans.Certains auteurs suppriment la période de repos et traitent sans répit.Les signes d\u2019intoxication tels que : céphalée, hyperpyrexie, vomissement, érythème toxique, ictère, albuminurie, sont rares, surtout chez le jeune enfant.Yampolsky et Powel, qui ont poursuivi des travaux cliniques sur l\u2019efficacité de l\u2019acétylarsan, nous rapportent les conclusions suivantes : Groupe I.\u2014 (Enfants de moins de un an) : Les lésions cutanées guérissent rapidement après 20 à 30 injections.36% des Bordet-Wassermann sont négativés après quelques années de traitement.40% des lésions osseuses guérissent complètement.(8) 226 Lava.MÉDicAL Février 1946 Groupe II.\u2014 (Enfants de 1 à 12 ans) : Les lésions cutanées ne disparaissent point par le traitement.Le Bordet-Wassermann demeure positif, après comme avant le traitement.Les lésions osseuses ne sont nullement améliorées.Dans le Service du Pr Donat Lapointe, à la Crèche Saint-Vincent- de-Paul de Québec, nous faisions usage, il y a déjà sept ans et plus, d\u2019un autre arsenical : le sulfarsénobenzo! ou sulfarsénol du Dr Lehnhoff- Wyld, un trivalent contenant du novarsénobenzol et un sulfite acide de sodium (21% d\u2019arsenic) que nous donnions à raison de .015 par kilo ou .0075 par livre pour une série de dix injections intra-musculaires a raison de deux par semaine.Nous étions satisfaits de nos résultats lorsqu\u2019un bon jour nous dûmes, pour des raisons un peu particulières à notre personnel, abandonner cette voie d\u2019introduction pour en prendre une autre, plus facile, plus accessible, moins dangereuse.Nous avons choisi un arsenical administré par la voie buccale et déjà accepté avec beaucoup d\u2019enthousiasme par des pédiatres comme Pirquet, Leiner, de Vienne, Finkelstein, Czerny, Meyer, de Berlin, mais par contre peu recommandé par Babinsky, Moll, E.Muller et autres qui avaient tenté l\u2019expérience avec le mercure et les 10d ures.Cette voie d\u2019absorption est mieux acceptée du public, surtout des parents.D'ailleurs, en pratique, les injections sont toujours mal acceptées des parents.On n\u2019arrive à peu près Jamais à injecter des enfants pendant des semaines, des mois, des années, même si le traitement est gratuit, à moins d\u2019user de la coercition ou de mesures légales.Les parents ne comprennent point l\u2019importance de la mesure, la nécessité du traitement pour eux et pour leurs enfants, le sentiment l\u2019emportant trop souvent sur la raison.Si le mode d\u2019administration du médicament était idéal du point de vue pratique, il s\u2019agissait de trouver un produit d\u2019une efficacité reconnue.Le mercure, ce médicament des temps reculés sous forme de bichlorure, de lactate neutre, de poudre grise, d\u2019hydrargyrum cum creta (12-32 mgrrs.t.i.d.), de calomel, et même de lait de chèvre traitée aux frictions mercurielles comme le signale Berton dans sa Thérapeutique des fev Ma pt ges dee Février 1946 LavAaL.MÉDICAL 227 Maladies des Enfants (1843) ; les iodures, sous forme d\u2019iodure de potassium, de teinture d\u2019iode, de sirop de Gibert, furent administrés a des doses variables suivant le poids de l\u2019enfant avec des résultats plutôt décevants.Les essais tentés au moyen de sels solubles de bismuth (lactate), administrés par la bouche, ayant fourni des résultats peu satisfaisants (C.Levaditi et A.Navarro-Martin), 1l fut décidé de s\u2019adresser aux arsenicaux.Fournier, en 1911, ne fut pas très heureux avec l\u2019arsénobenzol et le novarsénobenzol donnés par la bouche.Le stovarsol, un dérivé arsenical, devait nous causer des surprises.Ce dernier est un dérivé acétylé de l\u2019acide oxyaminophényl- arsenique (sel de soude) n° 190 de Fourneau ou 594 de la série de Paul Ehrlich dont la formule ressemble à celle de l\u2019arsphénamine.Ce pentavalent fut le médicament de notre.choix.C\u2019est une poudre cristalline blanche, inodore, au goût légèrement acide, peu soluble dans l\u2019eau froide ou bouillante, légèrement soluble dans les alcalis ou les carbonates alcalins.Elle est stable à la température ordinaire, contient de 27.1 à 27.4% d\u2019arsenic tandis que le néosalvarsan en contient 20%, le salvarsan, 32%, la sulfarsphénamine, 22%.Le produit est connu sous les noms de : stovarsol en France, spirocid en Allemagne, osarol en Russie, acétarsone aux États-Unis.Le produit se vend en comprimés de .01 (/6e de grain ou 0.027 gm.d\u2019arsenic) \u2014 .05 (34 de grain) \u2014 .25 (4 grains ou 0.0683 gm.d\u2019arsenic).Les comprimés, écrasés dans quelques onces d\u2019eau, de jus d\u2019orange, de jus de tomate ou de lait, sont administrés 15 à 30 minutes avant le boire ou le repas.La dilution du comprimé dans un liquide a pour but de prévenir la trop rapide absorption du médicament, car on sait que la décomposition du stovarsol est accélérée en milieu acide et l\u2019arsenic libre plus rapidement absorbé.En 1921, Fourneau, de l\u2019Institut Pasteur, avec Tréfonel et Navarro- Martin publièrement quelques notes préliminaires et expérimentales sur l\u2019arsenic pentavalent.C\u2019est H.Guillemont qui, en 1924, se servit pour la première fois du stovarsol dans le traitement de la syphilis congénitale chez un enfant de onze mois porteur de condylomes anaux et de fissures aux commissures labiales.Dupérié, Cadenaule et Clarac rapportent, à peu près vers la même date, le traitement d\u2019un hérédo de deux mois, jumeau d\u2019un fœtus macéré.P.Marfan signale, en 1925, le 228 Lava\u2026 MÉDpicaL Février 1946 stovarsol buccal comme une nouveauté dans le traitement de la syphilis congénitale.Un peu plus tard, son emploi se généralisa à l\u2019Allemagne (Oppenheim, Steiner, Scherber, Krombach .etc.) et, finalement en 1927, les Américains (Cregor et Gastineau) en firent l\u2019essai.Ici, dans la province, il est peu connu et peu employé.Notre expérimentation a pour but d\u2019en faire connaître les avantages nombreux et inconnus et d\u2019en répandre l\u2019emploi.Au début, les doses étaient trés variables.La posologie était des plus confuses.Tuscherer, de Berlin, donnait la même quantité de stovarsol à un nouveau-né qu\u2019à un enfant plus vieux.Von Kiss, Maxwell, Glaser firent de même.Martin donnait deux fois plus que les précédents.Ils eurent inévitablement des accidents.Ils citent, entre autres, le cas d\u2019un enfant qui mourut paralysé après trente-quatre jours de traitement.Ce dernier recevait à peu près trois fois la dose recommandée aujourd\u2019hui.Glaser rapporte deux cas de myélite.Martin cite le cas d\u2019un enfant de trois mois avec une paraplégie flasque ; d\u2019un autre de deux mois et demi avec une paraplégie spasmodique.Ces derniers recevaient six à huit fois la dose actuelle.D\u2019autres accidents beaucoup moins graves sont signalés : coryza, bronchite, céphalée, ictère, œdème, urticaire, douleurs abdominales, albuminurie, poussées de température, diarrhée, leucopénie, éosinophilie, réaction d\u2019Herxheimer (Klaften et Krombach).Pezold signale un cas d\u2019exanthème ; Courtin, une dermatite arsenicale chez un bébé de deux mois.En 1930, Alois Bratusch et Marrain, après Soldin, Lesser, Tuscherer, eurent l\u2019heureuse idée d\u2019établir une échelle de dosages proportionnels au poids corporel, ce qui était beaucoup plus sensé.Ils recommandèrent les doses suivantes : 0.005 x nombre de kilos de poids du corps par jour pendant 1 semaine.0.010 x nombre de kilos de poids du corps par jour pendant 1 semaine.0.015 x nombre de kilos de poids du corps par jour pendant 1 semaine.0.020 x nombre de kilos de poids du corps par jour pendant 6 semaines. Février 1946 © Lavar MEDICAL 229 Exemple : un enfant de onze livres reçoit une dose totale de 5.25 gms.Maxwell et Glaser apportèrent quelques modifications à cette règle.Pour notre part, nous avons augmenté les doses et modifié la dernière partie du traitement en traitant neuf semaines au lieu de six semaines ; cette modification du traitement nous a conduits à des résultats que nous croyons supérieurs à tous les précédents.La série a une durée d\u2019environ trois mois.Nous faisons une pause d\u2019un mois et demi pendant laquelle nous pratiquons une série de frictions à l\u2019onguent napolitain ou onguent mercuriel double (50% de Hg) pendant quinze jours.Nous ne pourrions affirmer que les frictions jouent un rôle thérapeutique très efficace.Après maints calculs et essais cliniques, nous basant toujours sur le poids, nous avons établi des doses amplement supérieures à celles établies par Bratusch et Marrain, doses que nous avons synthétisées dans le tableau ci-dessous, plus simple, plus pratique.C\u2019est ce tableau que nous avons suivi dans notre expérimentation clinique.(De la naissance à six mois) 1 comprimé de .05 par jour pendant 7 jours.2 comprimés de .05 par jour pendant 234 mois.Dose totale : 8.55 gm.Durée : 3 mois.(De six à trente mois) 1 comprimé de 05 par jour pendant 7 jours.2 comprimés de .05 par jour pendant 7 jours.3 comprimés de .05 par jour pendant 214 mois.Dose totale : 12.45 gm.Durée : 3 mois.(De trente à quarante-buit mois) 1 comprimé de .05 par jour pendant 7 jours.2 comprimés de .05 par jour pendant 7 jours.3 comprimés de .05 par jour pendant 7 jours.4 comprimés de .05 par jour pendant 214 mois.Dose totale 15.9 gm.Durée : 3 mois 230 Lavar MÉDicarL Février 1946 I! y a toutefois une exception à cette règle de conduite.Les prématurés, les débiles, les enfants en état de dénutrition ne doivent recevoir au début du traitement que la moitié de la dose préconisée, c\u2019est- à-dire 0.0025 par kilo par jour pendant une ou deux semaines (Rosenbaum et Kaulkner).Ces doses sont égales à deux et même trois fois celles recommandées par Bratusch et Marrain.Ces quantités ont l\u2019avantage, à notre grande surprise, de n\u2019être pas toxiques et d\u2019être bien tolérées par le tube digestif de tous les enfants, sauf ceux qui présentent un foie ou des reins pathologiquement atteints ou, encore, une certaine idiosyncrasie à l\u2019arsenic.Nous n\u2019avons rencontré aucun cas d\u2019arseno-résistance.Au premier signe d\u2019intoxication, 1l faut cesser tout traitement.Le stovarsol n\u2019a aucun effet cumulatif dans l\u2019organisme.II s\u2019absorbe rapidement et en quantité notable par la muqueuse digestive comme le prouve l\u2019étude de l\u2019élimination de l\u2019arsenic par l\u2019urine chez l\u2019homme et chez l\u2019animal (M.et Mme Tréfonel).Notre médicament étant choisi, il s\u2019agissait maintenant de choisir nos sujets.Quelques notions de sérologie nous auront vite fixés.Chez l\u2019adulte, les réactions sérologiques sont généralement positives dans les formes actives à signes cliniques manifestes et dans la majorité des syphilis latentes.Chez le nouveau-né, il faut cependant noter que la sérologie peut tarder à devenir positive (n° 19) et présenter, durant les premières semaines de vie, des lésions actives avec un sang négatif (n° 5 et 21) ou vice-versa (n° 1, 15 et 27).Les réactions fortement positives sont beaucoup plus rares dans la syphilis congénitale que dans la syphilis acquise.Il faut tenir compte des réactions sanguines positives, même faibles (n° 17 et 23).Enfin, la sérologie demeure tout à fait silencieuse dans un certain nombre de formes frustes de la syphilis congénitale.Le Bordet-Wassermann doit se rechercher de préférence dans le sang et non dans le liquide céphalo-rachidien à moins de soupçon ou de preuve de la présence d\u2019une manifestation nerveuse.II faut retenir de tout ceci qu\u2019une réaction négative, surtout à la naissance, ne doit pas faire écarter l\u2019hypothèse d\u2019une syphilis congénitale (n° 5, 19 et 21).A défaut d\u2019une réaction positive au spirochète de Février 1946 Lavar MÉDicaL 231 Schaudinn chez l\u2019enfant, les accidents syphilitiques qu\u2019il présente, la sérologie positive du père, surtout celle de la mère, enfin l\u2019ensemble des constatations cliniques, sérologiques et radiologiques, permettront d\u2019établir le diagnostic.Avant d\u2019aller plus loin, je dois vous dire que nous attachons plus d\u2019importance aux signes cliniques ou radiologiques qu\u2019aux réactions sérologiques, très capricieuses et de peu de valeur à la naissance de l\u2019enfant.Nos recherches nous ont démontré, sans conteste, le peu de valeur de ces réactions dans le premier mois.Exemple : n° 22, G.G., née le 19 juin 1944.Mère : Bordet-Wassermann positif, 4 plus ; Enfant (dans le cordon) : Bordet-Wassermann : extr.alcool : négatif ; ant.choles.: positif, 3 plus ; Kahn : positif, 2 plus ; 14 jours après : Bordet-Wassermann : négatif (dans le sang).Un Bordet-Wassemann positif à la naissance dans le cordon indique tout simplement que la mère est syphilitique D\u2019après J.F.Coppolino, de Philadelphie, le Bordet-Wassermann sanguin n\u2019aurait de signification qu\u2019à un mois, pas avant.Nous sommes d\u2019avis, qu\u2019avant un mois, tout examen sanguin demeure un indice incertain.Pendant le siècle dernier, plusieurs auteurs se sont posé la question suivante.Doit-on traiter tous les hérédos ou seulement une catégorie bien déterminée de ceux-ci?Notre expérimentation comprend : a) des hérédos porteurs d\u2019un Bordet-Wassermann positif dans le cordon.Malgré le peu de valeur de la réaction, nous avons cru bon de les traiter plus ou moins intensivement selon le cas pour des raisons que nous mentionnerons plus loin.b) des hérédos à Bordet-Wassermann négatif dont la mère est atteinte d\u2019une syphilis confirmée, traitée ou non, ou même dont la mère est négative et le père positif au spirochète de Schaudinn.c) des hérédos porteurs de signes cliniques ou radiologiques évidents de syphilis avec une sérologie positive ou négative.Ces derniers sont les plus importants à traiter et ce sont ceux-là surtout qui nous ont 232 Lava.MÉpicaL Février 1946 permis d\u2019éprouver la valeur thérapeutique de notre médication.(N° 4, 5, 8, 9, 10, 13, 14, 17, 18, 20 et 21.) Il est, en syphiligraphie comme en médecine générale, un principe que nous ne devons point perdre de vue.Nous devons penser que c\u2019est beaucoup plus un syphilitique que nous avons à traiter que la syphilis toute seule.Nous croyons qu\u2019il faut traiter, avec plus ou moins d\u2019intensité selon le cas, tous les hérédos, quels qu\u2019ils soient, même s\u2019il n\u2019existe aucun signe clinique ou radiologique ou même sérologique dans le ou les premiers mois, tout comme s\u2019ils étaient syphilitiques incontestables.Rien ne permet d\u2019affirmer que ces enfants, qui ne présentent aucun stigmate de syphilis, ne présenteront pas tardivement des symptômes d\u2019hérédosyphilis ou, encore, une de ces dystrophies attribuées avec plus ou moins de raison à la syphilis.Suit un tableau synoptique de quelques-uns de nos hérédos traités par le stovarsol (page 15).Nous commençons le traitement dès la deuxième ou troisième semaine de la vie afin d\u2019éviter l\u2019apparition de symptômes tardifs de syphilis.Tout le monde admet qu\u2019il est beaucoup plus facile de traiter un hérédo nouveau-né qu\u2019un hérédo de cinq à neuf ans.Certains auteurs européens instituent même le traitement dès la naissance chez tout hérédo, quel qu\u2019il soit.Plus le traitement est précoce, meilleurs sont les résultats.Après trois ou quatre séries du traitement, son efficacité est mise à l\u2019épreuve par un Bordet-Wassemann, dans le sang de préférence.Il y a avantage à poursuivre le traitement arsenical plusieurs mois, un an même après la négativation des réactions sérologiques, après la disparition des signes cliniques ou radiologiques.On sait fort bien qu\u2019il faudra un traitement beaucoup plus long chez l\u2019enfant plus âgé que chez le tout jeune enfant pour négativer un Bordet-Wassermann.Dans notre expérimentation, nous avons fait usage du «stovar- sol» (1).Le tréparsol, dérivé formylé de l\u2019acide phénylarsenique du groupe de l\u2019arsenic pentavalent, devrait, théoriquement, donner d\u2019aussi (1) Le stovarsol, de Poulenc Frères, nous a été gracieusement fourni par le Ministère de la Santé et du Bien-être social, division des Maladies vénériennes. QUELQUES HÉRÉDOS TRAITÉS PAR LE STOVARSOL.(Crèche Saint-Vincent-de-Paul.) Date SANG CORDON SIGNES CLINIQUES Durée LIQUIDE Ne NOM de DE LA DE DE du CÉPHALO- SANG naissance MÈRE L'ENFANT L'ENFANT traitement RACHIDIEN 1 Cons.H.2/ 8/39 B.-W.: négatif B-W.: ++++ Enfant remis à sa (dossier 11565) +H+++ mère Kahn : ++++ 2 B.D.15/ 6/41 B.-W.: +++\u2014+ B.-W.: ++++ 3 ans B.-W.: nég.(22/6/44) Kline : nég.(13/11/44) (dossier 12515) 3 H.G.10/10/41 B.-W.: + +4 + B.-W.: ++++ 214 ans B.-W.: nég.(22/6/44) Kline : nég.(13/11/44) (dossier 12692) 4 Ww.M.14/ 6/42 B.-W.: ++++ Tube cassé dans le| À 8 mois : ostéite 12 mois B.-W.: nég.(8/7/43) Kline : nég.( 3/ 7/44) (dossier 13016) transport syph.du maxillaire Kline : nég.(10/11/44) supérieur 5 A.M.27/ 7/42 B-W.: ++ ++ B.-W.: négatif Coryza séro- (dossier 13076) sanguinolent 22 mois B.-W.: nég.(22/6/44) Kline : nég.(10/11/44) Rate palpable 6 H.G.15/ 1/42 B.-W.: \u2014 B.-W.: ++++ 18 mois B.-W.: nég.(23/6/44) Kline : nég.(13/11/44) (dossier 12794) ++++ Kahn : \u2014 7 H.G.7/ 5/42 B.-W.: +++ + B.-W.: ++++ 18 mois B.-W.: nég.(22/6/44) Kline : nég.(13/11/44) (dossier 12984) 8 A.M.25/ 7/42 B.-W.: positif B.-W.: ++++ Rate palpable le 15 mois B.-W.: nég.(22/6/44) Kline : nég.(10/11/44) (dossier 13072) 9/12/42 9 C.N.8/10/42 B-W.: ++++ B.-W.: +++ 4 Rate palpable 18 mois B.-W.: nég.(22/6/44) Kline : nég.(10/11/44) (dossier 13158) NoTE.\u2014Tous les examens sérologiques effectués pour fins expérimentales sont dûs à la bienveillance des autorités du laboratoire séro- logique (Montréal) du Ministère de la Santé et du Bien-être social que nous nous empressons de remercier pour leur généreuse coopération. Date SANG CoRDON SIGNES CLINIQUES Durée LIQUIDE NOM de DE LA DE du CÉPHALO- SANG naissance MÈRE L'ENFANT L'ENFANT traitement RACHIDIEN G.R.15/ 1/43 B.-W.: ++++ B.-W.: ++++ Rate palpable 12 mois B.-W.: nég.(22/6/44) Kline : nég.(10/11/44) (dossier 13329) ++++ Kahn : ++++ J.R.5/ 2/43 B.-W.: positif 16 mois B.-W.: nég.(22/6/44) Kline : nég.(10/11/44) (dossier 10384) Traitement interrompu J.R.3/2/43 B.-W.: ++++ B.-W.: 12 mois B.-W.: nég.(22/6/44) Kline : nég.(10/11/44) (dossier 13378) Intolérance J.R.9/ 2/43 B.-W.: ++++ Rate palpable 12 mois B.-W.: nég.(22/6/44) B.-W.: ++++ (10/11/44) (dossier 13399) ++++ ?Dactylite syphilitique .++++ : Kahn : ++ Intolérance Kahn: ++++ V.V.22/ 5/43 B.-W.: ++++ B.-W.: + Plaque leucoplasiquez| 12 mois B.-W.: nég.(23/6/44) Kline : nég.(10/11/44) (dossier 13667) ++++ sur le palais mou Kahn : ++++ Kahn : Z.V.26/ 5/43 B.-W.: ++++ B.-W.: 9 mois B.-W.: nég.(23/3/44) B.-W.: nég.(23/ 6/44) (dossier 13680) ++++ Kline : nég.( 8/11/44) Kahn: ++++ Kahn : H.A.9/10/43 B.-W.: ++++ B.-W.: + 8 mois B.-W.: nég.(23/6/44) Kline : nég.( 8/11/44) (dossier 13968) Kahn : H.A.12/10/43 B-W.: ++++ B.-W.: Plaque leucoplasique 8 mois B.-W.: nég.(23/6/44) Kline : nég.( 8/11/44) (dossier 13969) de la voûte palatine Kahn J.B.18/11/43 B.-W.: ++++ B.-W.: ++ ++ Rate palpable 4 mois B.-W.: nég.(31/3/44) B.-W.: nég.(26/ 6/44) (dossier 14029) ++++ ++++ Kahn : ++++ Kahn : ++++ 19 A.E.22/ 4/44 B.-W.: ++++ B.-W.: négatif 3 mois B.-W.: nég.(12/5/44) B-W.: +4+44 (1/9/44) (dossier 14409) B.-W.: nég.(21/6/44) ++++ B.-W.: nég.(14/9/44) Kahn : ++++ Décédé de broncho-pneum onie le 26/9/44 20 A.F.27/ 4/44 B.-W.: ++++ B.-W.: n'a pu être| Leucoplasie de la 1 mois B.-W : nég./ 22/6/44 (dossier 14434) +4 ++ fait voûte palatine Kahn:.nég.Kahn ++++ ; Décédée de congestion pul|monaire le 22/7/44 21 A.F.28/ 4/44 B.-W.: ++++ B.-W.: négatif Leucoplasie de la 144 mois B.-W.: nég.(21/6/44) Kline : nég.(8/11/44) (dossier 14437) voûte palatine 22 G.G.19/ 6/44 B.-W.: ++++ B.-W.: \u2014\u2014\u2014 Syphilides ?B.-W.: née.1 3/7/44 (dossier 14601) +++ Kahn : nég.Kahn : ++ 23 G.G.22/ 6/44 B-W.: +++ + B.-W.: (douteux) Kline : nég.le 13/9/44 (dossier 14607) \u2014 + 24 L.G.9/ 7/44 B.-W.: ++++ B.-W.: ++++ (29/9/44) (dossier 14652) ++++ ++++ Kahn ++++ B.-W.: nég.(4/10/44) Kahn: ++++ Décédée de septico-pyohé|mie le 22/10/44 25 O.L.30/10/44 B.-W.: ++++ Réaction anormale] Leucoplasie de la à 1 mois (2/11/44) (dossier 14306) ++++ voûte palatine ?B.-W.: \u2014 Kahn: ++++ +++ Kahn : + 26 M.-P.J.8/ 9/44 B.-W.: positif 2 mois B.-W.: +++ (6/10/44) (dossier 14762) + Kline : nég.(8/11/44) 27 L.H.29/8/44 B.-W.: ++++ B.-W.: ++ 2 mois B.-W.: \u2014 (6/10/44) (dossier 14747) ++++ ++++ + Kahn : ++++ Kahn ++++ Kahn : \u2014 Kline : nég.(8/11/44) 236 LavaL MebpicarL Février 1946 bons résultats.Ala précocité doit s\u2019ajouter l\u2019intensité du traitement en fonction du degré de contamination.Nous instituons le traitement apres avoir fait subir à l\u2019enfant un examen général complet.Il y aurait évidemment désavantage à administrer de l\u2019arsenic au bébé présentant une déficience hépatique, un trouble du fonctionnement rénal ou des lésions du fond de l\u2019œil, du diabète, de l\u2019hémophilie, un syndrome hémorragipare, une lésion cardiaque, etc.Ce traitement doit être sous surveillance médicale.A la moindre alerte d\u2019intoxication : fièvre, céphalée, coryza, vomissement, diarrhée, rash, érythrodermie, ictére, paralysie, 1l faut discontinuer le traitement.Les parents eux-mêmes doivent être avertis de ces accidents possibles.Quelques-uns de nos patients ont présenté de la diarrhée, des vomissements.Immédiatement nous cessâmes le traitement et tous, après un temps plus ou moins long, sont devenus tolérants à l\u2019arsenic par une désensibilisation lente sans aucune récidive ultérieure.II faut bien remarquer, cependant, que le danger n\u2019est pas tant dans l\u2019intoxication médicamenteuse que dans l\u2019insuffisance du traitement.Cette thérapeutique par le stovarsol a l\u2019avantage d\u2019être en même temps un excellent toniffant, spécialement pour l\u2019enfant.Tous ceux qui ont déjà traité des jeunes syphilitiques savent combien il est difficile de négativer un Bordet-Wassermann chez un nourrisson de quelques mois.H.Rosenbaum et H.Faulkner ont négativé par le stovarsol buccal à la clinique syphilitique du Children\u2019s Memorial Hospital, de Chicago, un total de 232 hérédos.Goltman affirme les négativer aprés deux séries de traitement par le stovarsol.Pour notre part, nous traitons, depuis 1939, à la Crèche Saint-Vincent-de-Paul, tous nos hérédos par le stovarsol buccal.Nous en avons traité jusqu\u2019à maintenant plus de cent et tous nos Bordet-Wassermann se sont négativés.Pas un enfant ne nous a quittés avec une sérologie positive.Les signes cliniques sont disparus après un à trois ans de traitement sauf pour la \u2019 kératite interstitielle dont nous n\u2019avons eu aucun cas.Sur un nombre plus considérable, 1l faudrait cependant s\u2019attendre à quelques échecs.Davidson et Birt affirment que le Bordet-Wassermann se négative trois fois plus vite avec le stovarsol qu\u2019avec les autres arsenicaux pentavalents ou le bismuth. Février 1946 Lava\u2026 MÉDicaL .237 Je crois que le dosage, la régularité et la durée du traitement y sont pour beaucoup.La régularité avait beaucoup à souffrir dans le traitement par les injections chez ces pauvres enfants que les parents devaient contraindre à la piqûre sans cesse répétée et appréhendée.Le fait de donner gratuitement la quantité de stovarsol nécessaire pour deux ou quatre semaines seulement obligerait les parents à se présenter régulièrement au dispensaire avec l\u2019enfant d\u2019où contact facile et fréquent entre le médecin et son patient.Sur une fiche appropriée peuvent être inscrits les dates, les doses, et tout ce qui a rapport à l\u2019infection.En un coup d\u2019œil, nous avons un rapide aperçu de l\u2019évolution de la maladie et du traitement.Ce mode de traitement, tant prophylactique que curatif, est très efficace chez l\u2019enfant, et 1l se compare avantageusement avec les autres modes.D'ailleurs, les travaux expérimentaux de Fourneau, de C.Levaditi et A.Navarro Martin, de L.Fournier avaient confirmé ces données chez le lapin en 1921.Marcel Pinard a fait erreur en affirmant catégoriquement que les arsenicaux pentavalents n\u2019étaient pas à conseiller chez l\u2019hérédo-syphilitique.Cette thérapeutique a l\u2019avantage de ne pas bouleverser Ie psychisme du malade en supprimant cet élément de crainte qu\u2019est la pigûre pour l\u2019enfant.C\u2019est un facteur qui n\u2019est pas négligeable.Ce traitement a le seul désavantage d\u2019être assez long mais, par contre, 1l est mieux accepté des parents.Et d\u2019ailleurs, il vaut mieux traiter un enfant moins intensivement mais plus longtemps que très intensivement et pas assez longtemps.La coopération des parents constitue, il va sans dire, l\u2019un des principaux facteurs de la réussite du traitement.Même au point de vue scientifique, il n\u2019y a que les arsenicaux trivalents donnés par voie intra-veineuse qui lui sont supérieurs.Et encore sont-ils beaucoup plus toxiques ! La pénicilline, ce médicament nouveau-né aux effets miraculeux, serait-elle supérieure au novarsénobenzol, au mapharsen, au stovarsol?Le médicament est encore au stade expérimental chez l\u2019hérédo.Les docteurs J.W.Lentz, Norman R.Ingraham, Herman Beerman, John H.Stokes, de Philadelphie, viennent de publier un intéressant travail sur le sujet (39).Leurs résultats sont trés encourageants.Pour notre 238 Lavar MÉDpicaL Février 1946 part, nous devons abandonner tout espoir, du moins pour l\u2019heure actuelle, car Ici encore, l\u2019élèment piqûre intervient.Le stovarsol garde donc notre préférence jusqu\u2019au jour où quelques injections seulement de pénicilline blanchiront à tout jamais l\u2019hérédo.Le stovarsol est, de beaucoup, préférable à l\u2019acétylarsan.Il amène la disparition des lésions cutanées, du gonflement articulaire, des douleurs aux extrémités, de la micro-poly-adénie et procure une amélioration de l\u2019état général, de l\u2019appétit, de l\u2019activité.Le taux de l\u2019hémoglobine, chez le Jeune enfant, s\u2019élève et la kératite interstitielle, au dire de Yampolsky et Powel, s\u2019améliore aussi bien qu\u2019avec n\u2019importe quel autre médicament.Le Bordet-Wassermann se négative dans la majorité des cas malgré l\u2019opinion contraire de Sezary et Pomaret.Seules, les lésions osseuses guérissent lentement.Les travaux de Kolmer et Rule ont démontré que le stovarsol par voie buccale possède un pouvoir plus spirochéticide que l\u2019acétylarsan par voie intra-musculaire.Outre sa non-toxicité, sa facile absorption par l\u2019organisme, sa teneur élevée en arsenic, son efficacité suprenante, son coût peu élevé, sa valeur tonifiante physique et mentale, sa facilité d\u2019administration, le stovarsol est, après les trivalents intra-veineux, le médicament de choix du jeune hérédo et même, j\u2019oserais dire, de tous les cas où une médication eutrophique et reconstituante s\u2019impose.Euclide DÉCHÈNE, BIBLIOGRAPHIE \u2018) 1.Crecor, F.W., et GASTINEAU, F.M.Stovarsol in the treatment of syphilis, Archives of Dermatology and Syphilology, 16 : 43, (janvier) 1927.2.TUSCHERER, J.Zur Behandlung der Lues congenita mit Spirocid, Monastsch.f.Kinderh., 45 : 63, 1929.3.BRATUSCH-MARRAIN, A.Wert u.Durchführung der Spirocid- behandlung der Syphilis in Kindesalter, Arch.f.Kinderb., 92 : 26, 1930.(1) Nous exprimons nos remerciements aux Laboratoires Poulenc Frères du Canada, pour l\u2019abondante bibliographie qu\u2019ils ont bien voulu nous procurer. Février 1946 LavaL MebicaL 239 4.10.11.12.13.14.15.16.METTEL, Howard B.The use of stovarsol in the treatment of syphilitic periostitis in children, Archives of Pediatrics, p.761, (décembre) 1931.RosenBauMm, H.A.Stovarsol in the treatment of syphilis in infants and in children, Amer.Journ.of Dis.of Children, 44 : 25, (juillet) 1932, ABT, À.F., et TRAISMAN, À.S.Stovarsol in peroral treatment of congenital syphilis, Journal of Pediatrics, 1 : 172, 1932,.Maxweur, C.H., et GLASER, Jerome.Treatment of congenital syphilis with acetarsone (Stovarsol) given by mouth, Amer.Journ.of Dis.of Children, p, 1461, (juin) 1932.TRAISMAN, A.S.Treatment of congenital syphilis with acetarsone (Stovarsol) by mouth, Amer.Journ.of Dis.of Children, 46 : 1027, (novembre) 1933.RosENBAUM, H.A.A survey of one hundred cases of congenital syphilis treated with stovarsol (Acetarsone), Journal of Pediatrics, 3 : 434, (septembre) 1933.Les établissements PoULENC Frères.\u2014 Le stovarsol.Action préventive et curative de ce composé dans la syphilis et le pian.Action curative spécifique dans la dysenterie amibienne.RAMBAR, A.C.Syphilis and prematurity, Journal of Pediatrics, 3: 841, (décembre) 1933.FRIEDMAN, C.F.Acetarsone in the treatment of osseous lesions of early congenital syphilis, Amer.Journ.of Dis.of Children, 48 : 548, 1934 YAMPOLSKY, J., CATHCART, D.F., et Smita, I.Acetarsone (Stovarsol) in the treatment of syphilis in negro children, Amer.Journ.of Dis.of Children, 48 : 81, 1934.MiTcHEr1, H.S.Stovarsol (Acetarsone) in the treatment of congenital syphilis, C.M.A.J., 377, (octobre) 1935.Gaumonp, E.La syphilis au Canada français (hier et aujourd\u2019hui), Laval méd., 7 : 25, (janvier) 1942.Davipson, À.M., et BirT, A.R.The treatment of congenital syphilis with Stovarsol, C.M.A.J., 34 : 33, 1936. 240 Lavar MÉDpicaL Février 1946 17.TRAISMAN, Alfred S.The use of antisyphilis remedies (Acetarsone), J.À.M.A., 108 : 825, (6 mars) 1937.18.CoprorLIiNo, John F.The treatment of congenital syphilis, Medical Times, (janvier) 1937.19.Rosann, P.D,, et Kemp, J.E.The oral administration of stovarsol in the treatment of experimental syphilis of the Rabbit, American Journal of Syphilis, Gonorrbea and Venereal Diseases, p.180, (mars) 1937.20.WurepLge, Dorothy V., et Dunnam, E.C.Congenital syphilis ; Part II : Prevention and treatment, Journal of Pediatrics, p.101, (juillet) 1938.21.PirrsBury, D.M., et PERLMAN, H.H.Acetarsone therapy, in 187 cases of congenital syphilis with observations on group of eighty-seven patients receiving no treatment, Archives of Dermatology and Syphilology, 39 : 969, (juin) 1939.22.Lyon, R.À., et SEymour, M.Congenital syphilis : I.\u2014 Routine treatment with acetarsone of infants whose mothers were inadequately treated during pregnancy, Journal of Pediatrics, 15 : 13 (juillet) 1939.23.Lyon, R.A, et O'Neil, F.C.Id.: II.\u2014 Comparison of treatment with acetarsone and other arsenicals, Journal of Pediatrics, 15 : 19, (juillet) 1939.24.ÉpiToRIAL.Why acetarsone for syphilis?J.A.M.A, 113 : 1969, (25 novembre), 1939.25.LAPOINTE, Donat.Les ostéopathies syphilitiques en clinique infantile, Laval méd., 4 : 309, (octobre) 1939.26.GoLTMAN, David W.Public health aspects of the treatment of congenital syphilis in a southern city, Southern Medical Journal, 33 : 687, (juillet) 1940.27.RosENBAUM, H.A., et FAULKNEr, H.L.Acetarsone (Stovarsol) treatment of syphilis in infants and children, Journal of Pediatrics, 18 : 750, (juin) 1941.28.Lancrois, Marcel.Quelques aspects de la syphilis infantile, Laval méd., 6 : 431, (novembre) 1941. Février 1946 I.avarL MEbpicarL 241 29.30.31.32.33.34.35.36.37.38.39.40.41.GrIFFITH et MitcHELL.Texbook of pediatrics, p.358, 3° édition (1942).Y AMPOLSKY, J., et Power, C.The use of acetylarsan in the treatment of congenital syphilis in children, Journal of Pediatrics, 23 : 303, (septembre) 1943.NaBarro, David.Unrecognised congenital syphilis, Lancet, p, 291, (6 mars) 1943.Encyclopédie médico-chirurgicale : Pédiatrie, vol.1I, 4120-1.Drs F.C.AVIRAGNET et J.PEIGNAUX.Soins à donner aux enfants, tome II, page 206.Dr NoBEcourt.Précis de médecine des Enfants.Annales médico-chirurgicales de l\u2019Hôpital Sainte-Justine, 4 : 55, (mai) 1944.SwEpiAUR, F.Practical observations of venereal complaints, Edinburgh, 1787.Gaumonp, Emile, et Morisset, Jean.Deux cas d\u2019hérédo-syphilis, Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec, p.374, 1935-1936.Gaumonp, Émile.Syphilis congénitale, Trentième congrès annuel de l\u2019Association canadienne de Santé publique, p.510, Québec, 1941.Lentz, J.W., INGRAHAM, N.R., BEERMAN, H,, et SToxes, J.H.Penicillin in the prevention and treatment of congenital syphilis, J.A.M.A., 126 : 408, (octobre 14) 1944.Moore, J.E.The modern treatment of syphilis (2° édition).GaumonD, Emile.La syphilis à Québec, en 1942, Laval méd., 8: (Juin) 461, 1943.(9) ANALYSES Monroe J.ROMANSKY et George E.RITTMAN.A Method of Prolonging the Action of Penicillin.(Un procédé prolongeant l\u2019action de la pénicilline).Science, 100 : 196, 1944.Le traitement par la pénicilline présente encore un certain nombre de difficultés techniques.Le choix de la dose optima, la durée du traitement et ses inconvénients, tant pour le malade que pour le personnel médical, sont encore discutés.Les auteurs préconisent un mode d\u2019administration qui ralentit l\u2019absorption du médicament, prolonge sa présence dans le sang à une concentration efficace et comporte le minimum d\u2019inconvénients pour le malade.Ils ont préparé des mélanges de cire d\u2019abeille dans l\u2019huile d\u2019arachides à des concentrations variant de O0 gr.75 à 6 gr.%.En versant dans deux à trois centimètres cubes de ce mélange le contenu d\u2019une ampoule de pénicilline, ils obtinrent une suspension fine et homo- géne de pénicilline.Cette solution se montra très stable, la pénicilline ne perdant rien de son efficacité après avoir été gardée au froid ou à une température de 37°C.pendant 30 à 62 jours.Au point de vue de sa persistance dans le sang, cette pénicilline conserva un taux convenable pendant 6 à 12 heures (en solution saline, ce taux n\u2019est démontrable que pendant 2 heures).A des malades, on fit une Injection intra-musculaire contenant 41,500 a 66,000 unités Oxford de pénicilline en solution dans 2 4 2.4 c.c.du mélange cire d\u2019abeille-huile d\u2019arachides.Le taux de la pénicilline s\u2019est maintenu dans le sang pendant 6 à 7 heures, l\u2019absorption se faisant plus lentement.On retrouva de la pénrcilline dans l\u2019urine pendant 20 à 32 heures, ce qui indiquait que la pénicilline restait dans la circulation générale pendant tout ce temps, même si aucune réaction de laboratoire ne l\u2019y pouvait déceler.On ne nota aucune douleur ou gêne au point de l\u2019injection, ni aucune réaction allergique.11 sur 12 malades atteints d\u2019urétrite gonococcique ont été guéris après une seule injection de pénicilline en solution dans le mélange cire d\u2019abeille-huile d\u2019arachides.Henri MaArcoux. à A ND + oO Février 1946 Lavar.MÉDicaL Wing Commander R.F.FARQUHARSON.Principles of penicillin therapy.(Les principes du traitement par la pénicilline.) Canad.M.A.J., 53 : 199, (sept.) 1945.SOMMAIRE La pénicilline est le plus puissant bactéricide actuel.Son usage est limité au traitement des infections causées par les organismes pénicillino- sensibles et ses effets les plus frappants surviennent dans le traitement des lésions aiguës.Pour être efficace, la pénicilline doit étre mise au contact des micro-organismes dans les tissus avant que les lésions ne soient trop avancées.Une concentration bactériostatique suffisante doit être maintenue au siège d\u2019infection jusqu\u2019à ce que son travail soit accompli.Les plus grands dangers de cette thérapeutique sont : 1° qu\u2019on lui accorde trop de confiance, au détriment même d\u2019un diagnostic précis et à la place d\u2019autres traitements médicaux ou chirurgicaux bien indiqués ; 2° et que, si on ne les manie pas avec soin, les préparations de la pénicilline peuvent être contaminées par des organismes pénicillino- résistants et l\u2019infection peut être propagée par leur administration.Les résultats de cette thérapeutique sont excellents dans les lésions aiguës, causées par le streptocoque hémolytique, le pneumocoque, le staphylocoque, le méningocoque, le gonocoque, les spirochètes et d\u2019autres organismes pénicillino-sensibles.Dans les lésions sub-aiguës et chroniques, un traitement de plus longue durée, et quelquefois à doses plus considérables.a produit de bons résultats, chaque fois qu\u2019il a été possible de mettre la pénicilline au contact des micro-organismes.Pierre JoBIN.C.LEVADITI.Mode d\u2019action de la pénicilline.Presse méd., 53 : 69, (10 février) 1945.Les principes antibiotiques connus aujourd\u2019hui jouissent soit d\u2019une activité bactéricide, soit d\u2019une action bactériostatique.Les substances bactéricides exercent sur les microbes un «effet mortel » parce qu\u2019elles sont capables de briser la membrane des microbes et de transformer certaines diastases protéidiques.L\u2019agent bactériostatique n\u2019empéche pas un microbe de « vivre et de respirer », mais il lui enléve les moyens de se reproduire en rendant le microbe absolument incapable d\u2019élaborer les protéides essentiels à sa croissance et a sa division.Tel est le mécanisme bien établi des sulfamidés.Pour la pénicilline, la discussion est encore ouverte ; certains auteurs tenant que la pénicilline est bactéricide ; d\u2019autres affirmant son activité bactériostatique. 244 LavarL MÉDiCaL Février 1946 M.Levaditi, pour se former une opinion sur l\u2019action véritable de la pénicilline, examine avec soin « ce qui se passe lorsqu\u2019on met en présence pénicilline et staphylocoques dans des conditions où l\u2019effet antibiotique se manifeste ».II convient d\u2019analyser les faits suivants : 1° Les microbes n\u2019absorbent, ni ne détruisent la pénicilline : elle semble donc agir comme une diastase ; 2° L'action de la pénicilline ne porte que sur des germes en voie de division.Elle n\u2019attaque que les microbes qui ont commencé à se segmenter en les lysant.Certains microbes peuvent échapper à la destruction et continuent de vivre sans pouvoir se reproduire.Ce sont les germes persistants de Bigger.Ces micro-organismes que la pénicilline laisse végéter s\u2019hypertrophient mais ne deviennent pas pénicillo- résistants.Les germes persistants peuvent, lorsque le milieu ne contient pas de pénicilline, récupérer leur pouvoir de multiplication.En conclusion pratique, l\u2019auteur appuie la suggestion de Bigger conseillant «des cures pénicilliques intermittentes » qui donneront au microbes persistants la chance de se multiplier dans l\u2019intervalle des cures et permettront ensuite à la pénicilline d\u2019attaquer ces bactéries devenues vulnérables.Henri MArcoux.Maxwell FINLAND, Manson MEADS et Edwin M.ORY, avec l\u2019aide technique de Clara WILCOX (Boston).Oral penicillin.(La pénicilline par voie buccale.) J.A.M.A., 129 : 315, (29 sept.) 1945, Diverses recherches ont montré que la plus grande partie de la pénicilline administrée par la voie buccale est détruite par l\u2019acide chlorhydrique du suc gastrique.Les traces de pénicilline retrouvées dans l\u2019urine, la démonstration de l\u2019activité du sérum sanguin indiquent cependant qu\u2019il existe un certain degré d\u2019absorption.Des études plus récentes ont révélé que de fortes doses (100,000 unités) de pénicilline administrées à des sujets en état de jeûne, étaient suivies d\u2019une excrétion urinaire aussi importante que celle qui survient à la suite de l\u2019administration par voie parentérale de doses habituelles de pénicilline.Dans l\u2019étude présente les auteurs rapportent les résultats qu\u2019ils ont obtenus de l\u2019administration par voie orale de la pénicilline.Diverses préparations de pénicilline ont été employées : capsules de 15,000 unités de pénicilline au calcium mélangée au shellac, à la cire d\u2019abeille et à l\u2019huile de coton ; capsules de 25,000 unités de pénicilline au calcium dans de l\u2019huile de maïs ; capsules de 30,0C0 unités de pénicilline au calcium associés à une substance tampon ; pénicilline au sodium et hydroxyde d\u2019alumine mélangés dans la proportion de trois parties d\u2019hydroxyde d\u2019alumine pour 2 parties de la solution saline de pénicilline, la préparation contenant 5,000 unités par c.c. Février 1946 Lava\u2026.MÉDicaL 245 Les expériences ont été conduites chez des sujets sains et chez des malades.Chez les sujets normaux une dose de pénicilline de 90,000 unités a amené l\u2019apparition d\u2019un taux de pénrcilline sanguin plus élevé que celui obtenu par l\u2019administration de 15,000 à 20,000 unités par voie intra-musculaire.Le mélange de pénicilline et d\u2019hydroxyde d\u2019alumine s\u2019est montré le plus efficace ; le taux sanguin a été plus élevé et s\u2019est maintenu plus longtemps à un niveau supérieur qu\u2019avec les autres préparations mises à l\u2019étude.Les mêmes doses administrées aux mêmes sujets une demi-heure après les repas ont donné des taux sanguins des plus variables avec les différents sujets et les préparations employées, les plus grandes variations sont apparues à la suite de l\u2019administration de la solution saline de pénicilline.Chez les sujets souffrant d\u2019anémie pernicieuse avec anachlorhydrie les mêmes doses de pénicilline ont donné des taux sanguins de pénicilline plus élevés et plus prolongés, la pénicilline pouvant être décelée dans le serum pendant 4 à 6 heures, comparativement à 2 à 4 heures chez les sujets normaux.Encore ici le taux de la pénicilline dans le sang était plus élevé et se maintenait plus longtemps à un niveau convenable lorsque la pénicillime était administrée avant un repas.Chez ces malades les taux les plus élevés ont été obtenus par l\u2019emploi de la solution saline habituelle de pénicilline.Dans le but de maintenir un taux de pénicilline sanguin uniforme pendant tout le cours du traitement, le mode d\u2019administration suivant a été adopté : une forte dose de pénicilline (90,000 à 100,000 unités) est administrée immédiatement avant le déjeuner, la première dose d\u2019entretien est donnée une heure après, les doses subséquentes sont administrées toutes les deux heures pour quatre doses supplémentaires.Cette méthode semble avoir donné des résultats comparables à ceux obtenus par l\u2019administration intermittente de la pénicilline par voie intramusculaire.Soixante-et-un malade porteurs d\u2019une gonorrhée aiguë ont été traités suivant cette méthode.Dans la majorité des cas la guérison a été obtenue avec une dose totale de 450,000 unités.Certains cas qui ont résisté à ce mode de traitement ont guéri rapidement avec une dose de 100,000 unités administrée par voie intra-musculaire.Sept malades souffrant de pneumonie de gravité moyenne ont été soumis au traitement.Dans 5 cas, la dose initiale fut de 300,000 unités, dans 2 cas elle fut de 150,000 unités ; les doses d\u2019entretien furent de 90,000 à 100,000 unités, toutes les deux heures jusqu\u2019à ce que la température fit revenue a la normale depuis 48 heures.Les résultats obtenus chez ces malades sont comparables à ceux que donnent les sulfamidés ou la pénicilline administrée à la dose de 15,000 à 20,000 unités toutes les trois heures.Chez tous ces malades on note une amélioration clinique rapide, la température revient à la normale en 12 à 36 heures.De leurs recherches les auteurs tirent les conclusions suivantes : une dose de 90,000 unités de pénicilline administrée par voie buccale, une demi-heure avant le déjeuner, donne des résultats identiques à ceux obtenus par l\u2019administration de 15,000 à 20,000 unités par voie intramusculaire ; les résultats sont des plus variables lorsque la pénicilline est administrée après un repas ; l\u2019absorption de la pénicilline est plus rapide et plus prolongée chez les sujets présentant de l\u2019anachlorhydrie 246 Lava\u2026 MÉDICAL Février 1946 que chez les sujets normaux ; les diverses préparations de pénicilline ont donné sensiblement les mêmes résultats lorsqu\u2019elles ont été employées dans les mêmes conditions ; 1l est possible de maintenir un taux sanguin de pénicilline convenable avec des doses de 90,000 à 100,000 unités administrées toutes les deux heures.Les résultats obtenus dans le traitement de quelques malades souffrant de gonorrhée aiguë et de pneumonie tendent à démontrer que le traitement buccal à la pénicilline est doué d\u2019une réelle efficacité et qu\u2019il peut être institué avec succès dans d\u2019autres infections ne nécessitant que des doses moyennes de pénicilline administrée par voie parentérale.II reste encore de bonne pratique d\u2019administrer la pénicilline par voie parentérale au début du traitement des infections sévères et dans les cas où l\u2019expérience a démontré que la pénicilline doit être administrée à fortes doses pendant tout le cours du traitement.Honoré NADEAU.Richard A.KOCH, John S.HAINES et Willlam Y.HOL- LINGSWORTH.Evalution of penicillin in gonorrhea treatment and control.(La valeur de la pénicilline dans le traitement et la guérison de la gonorrhée.) J.A.M.A., 129 : 491, (13 oct.) 1945.Les auteurs s\u2019étonnent du résultat obtenu par certains médecins dans le traitement de la gonorrhée par la pénicilline, résultats qui sont de 95 à 100 p.cent de guérison.Leurs résultats à eux sont inférieurs à ces chiffres malgré que le traitement ait été fait régulièrement et bien suivi.Ils ont donné la pénicilline à 485 patients, hommes et femmes, souffrant de gonorrhée.Chaque malade a eu une dose totale identique, soit 200,000 unités, à raison de 80,000 unités pour la première injection et de 40,000 unités pour les trois injections subséquentes faites à trois heures d\u2019intervalle.86 p.cent des malades furent considérés guéris après des examens répétés (3) faits à une semaine d\u2019intervalle.Les auteurs insistent sur le minimum d\u2019examens que nécessitent ces malades avant que l\u2019on puisse les déclarer guéris.Aucun cas ne s\u2019est montré résistant à la pénicillme.Certains malades ont dû recevoir plusieurs injections supplémentaires, n\u2019ayant pas guéri à la première cure ; et pour quelques-uns les sulfamidés et la pyrothérapie furent adjoints à la pénicilline.Ils terminent en disant que la profession médicale doit savoir que la thérapeutique par la pénicilline a des limites d\u2019application et émettent l\u2019idée qu\u2019il est possible que la pénicilline crée des porteurs de germes.Emile GAUMOND. Février 1946 LavaL MEbicaL 247 N.D.FABRICANT.Sulfa drugs, penicillin and common cold.(Les sulfamidés, la pénicilline et le rhume banal.) Eye, Ear, Nose & Throat Monthly, (sept.) 1945.Malgré les bienfaits qu\u2019ont apportés les sulfamidés dans les maladies telles que la pneumonie, l\u2019otite moyenne ou la mastoïdite, l\u2019érysipèle, la gonorrhée et la septicémie à streptocoque, bien des médecins avertis mettent en garde contre l\u2019emploi intempestif de ces médicaments qui peuvent faire autant de mal que de bien.En effet, si les doses sont inadéquates, ou s\u2019ils sont employés à propos de tout ou de rien, ces médicaments sont dangereux.Dans une petite ville des Etats-Unis, dix-neuf personnes, dans l\u2019espace de six mois, sont mortes d\u2019empoisonnement par les sulfamidés.L'usage des sulfamidés comme médicament de routine, dans le rhume, la grippe, n\u2019a pas du tout fait ses preuves.De plus, il sensibilise le malade et l\u2019empêche d\u2019en tirer bénéfice au moment opportun.Cependant, lorsqu\u2019un individu fait ordinairement, à la suite de rhume ou grippe, des complications, telles que pneumonie, otite, il est conseillé de donner des sulfamidés à titre préventif.Nous pouvons dire la même chose de la pénicilline, quoique son emploi soit moins dangereux.La pénicilline ne semble pas être un traitement adéquat pour le simple rhume.Quoi qu\u2019on en pense dans le grand public, qui se fait leurrer par les annonces des Journaux vantant le bon effet des gouttes nasales, des dragées à la pénicilline, des pâtes à dent et de gargarismes à la pénicilline, ce médicament merveilleux doit être employé à bon escient.L'emploi de petites doses, de doses insuffisantes, donne une fausse sécurité, prétend le Dr Fleming, car le patient se sensibilise à la pénicilline et n\u2019en tirera aucun bénéfice au moment opportun.Jean LACERTE.Manson MEADS, M.Eugène FLIPSE, jr, D.MILDRED, W.BARNES et Maxwell FINLAND.Penicillin treatment of scarlet fever.(Le traitement de la scarlatine par la pénicilline.) J.A.M.A., 129 : 785, (17 nov.) 1945.Les auteurs étudient l\u2019action de la pénicilline sur la flore microbienne du pharynx et des fosses nasales chez les malades atteints de scarlatine.Les malades observés, au nombre de 36, sont divisés en quatre groupes de neuf sujets.Les malades du premier groupe sont soumis au traitement ordinaire de la scarlatine, ils ne reçoivent ni sulfamidés, ni pénicilline.Les malades du deuxième groupe reçoivent 10,000 unités de pénicilline par voie intra-musculaire toutes les trois heures.Aux malades du troisième groupe on administre la sulfadiazine à la dose de 0.06 par livre et par jour, la dose totale étant divisée en six doses égales, en plus de la dose 248 Lava.MÉDICAL Février 1946 initiale qui est des deux tiers de la dose journalière totale.Les malades du quatrième groupe sont traités par des vaporisations pharyngées et nasales à l\u2019aide d\u2019une solution isotonique de pénicilline à 1,000 unités par c.c.Chez tous ces malades soumis aux divers traitements, la culture des mucosités pharyngées et nasales est positive pour le streptocoque hémolytique, soit le jour de l\u2019entrée du malade à l\u2019hôpital, soit dans les Jours qui suivent.Chez les malades soumis au traitement habituel de la scarlatine, la culture des sécrétions nasales et pharyngées demeure positive au streptocoque hémolytique pendant tout le cours de la maladie, sauf dans quatre cas où la culture est devenue négative en 15 à 29 Jours.Chez les malades traités à la pénicilline par voie intra-musculaire, la culture devient négative en 24 à 48 heures.Les malades du troisième groupe traités à la sulfadiazine restent porteurs de streptocoques hémolytiques, mais ceux-ci apparaissent beaucoup moins nombreux.La culture ne devient négative que chez un seul des malades du quatrième groupe traités par des vaporisations d\u2019une solution de pénicilline, le streptocoque hémolytique persiste en moins grande abondance chez les autres.L'administration de la pénicilline par voie intra-musculaire au cours de la scarlatine agit rapidement sur le streptocoque hémolytique qu\u2019elle fait disparaître des sécrétions nasales et pharyngées.Les résultats obtenus incitent à croire que le traitement à la pénicilline, prolongé pendant quelques jours après la phase éruptive de la maladie, contribuerait à éliminer les complications septiques tardives.De même, ce traitement permettrait-il d\u2019abréger la période d\u2019isolation, à 8 à 10 jours après la phase aiguë de la maladie, sans crainte de dissémination de la maladie par des porteurs de streptocoques hémolytiques.La pénicilline n\u2019a aucun effet sur la phase aiguë éruptive de la maladie.Honoré NADEAU.M.CLEVELAND et J.GROVE.Delayed primary closure of wounds with compound fractures.(La suture retardée dans les plaies avec fractures ouvertes.) Bone and Joint Surg., 27 : 452, (juillet) 1945.; Le soldat blessé par éclat d\u2019obus ou de shrapnel doit d\u2019abord, à cause du dégât important des tissus, recevoir un débridement soigné et l\u2019exérèse des tissus morts.Cependant, la peau et les os doivent être conservés le plus possible si l\u2019on veut une régénération sous-jacente.Les corps étrangers doivent être enlevés, une gaze vaselinée sert au drainage et un plâtre est ensuite appliqué pour permettre un transport facile à l\u2019hôpital où il sera traité.Il peut s\u2019écouler de quelques jours à deux semaines avant que ce premier pansement puisse être enlevé et la plaie examinée.Si elle est propre, une traction trans-osseuse par broche de Kirchner ou de Steinmann est installée et laissée en place tant qu\u2019il n\u2019y a pas début | j us Sea tire A i = Mr ere ie - Février 1946 Lava\u2026.MÉDicaL \u201c 249 de cal, 1.e.cinq à dix semaines.On s\u2019efforce alors de maintenir le tonus musculaire en bonne condition.Souvent, lors du premier pansement à l\u2019hôpital, plusieurs plaies peuvent être fermées, car durant les premiers dix jours, la peau reste encore mobile.La plaie est soigneusement examinée, fermée lâchement, sans tension, avec du matériel non résorbable, après bonne hémostase et en laissant pour quelques heures (24 à 48) un drain de caoutchouc.Les auteurs étudient 97 cas traités ainsi.Sur ce nombre, seize seulement ont reçu de la pénicilline et trente-trois avaient une plaie pouvant être fermée par suture retardée.Ce fut un succès complet dans 62 p.cent des cas, partiel dans 29 p.cent et un échec dans 8 p.cent.La pénicilline a été donnée généralement avant l\u2019opération : 120,000 unités.Le temps écoulé entre la blessure et la fermeture de la plaie a montré que plus le soldat blessé était vu tôt, meilleur était le résultat.Certains facteurs doivent entrer en ligne de compte dans les fractures ouvertes quant à la suture retardée : 1° L\u2019état d\u2019anémie du sujet ; 2° L'endroit de la plaie, sa dimension, le microbe en cause ; 3° La chimiothérapie reçue ; 4° Le temps écoulé entre la blessure et la suture.Avec un nombre normal de globules rouges, la suture retardée réussit dans 90 p.cent des cas, compte tenu des autres facteurs.Les plaies du membre supérieur guérissent mieux que celles du membre inférieur où la contamination est plus facile.Il va sans dire qu\u2019une grande plaie Infectée guérira moins bien par suture retardée.Sur 5,042 cas de fractures ouvertes, dont 2,614 du membre inférieur et 1,895 du membre supérieur, la suture retardée a été faite chez 2,937 patients.Il s\u2019est écoulé en moyenne 14 jours entre la blessure et la suture retardée ; dans 236 cas, il a fallu faire une greffe de peau.Le résultat a été excellent dans 66.5 p.cent des cas ; satisfaisant dans 26.7 p.cent.Les causes d\u2019échecs partiels ont été un petit abcès, l\u2019élimination partielle du greffon cutané.Dans 6.7 p.cent 1l y a eu échec complet.L\u2019endroit le plus fréquent a été le !/3 supérieur du fémur ou les plaies du bassin compliquées de lésions vésicales ; le \u2018/3 inférieur de la jambe fournit également un haut pourcentage d\u2019échecs.Le staphylocoque a été la plupart du temps le microbe en cause.Ls-Philippe Rov.Owen H.WANGENSTEEN.The ulcer problem.(Le problème de l\u2019ulcère.) Canad.M.A.J., 53 : 309, (oct.) 1945.CONCLUSIONS Les observations cliniques et expérimentales rapportées paraissent justifier les conclusions suivantes : 250 Lavar MÉpicaL Février 1946 1° La facilité avec laquelle on reproduit l\u2019ulcère gastro-duodéna! perforant chez la plupart des animaux de laboratoire par l\u2019implantation d\u2019histamine enrobée de cire d\u2019abeille démontre la grande importance de l\u2019activité acido-peptique du suc gastrique dans la genèse de l\u2019ulcère.2° L'expérience a montré que l\u2019embolie graisseuse peut survenir dans la fracture d\u2019un os long, obstruer les petits vaisseaux de la muqueuse gastrique, développer des érosions ou des ulcérations qui peuvent, à leur tour, causer des hématémèses ou du melæna.Cette observation clinique a été reproduite au laboratoire.3° Le fait que l\u2019adjonction de vaso-moteurs tels que I\u2019épinéphrine et la pitressine a \"histamine enrobée de cire d\u2019abeille ait réussi à produire de graves hémorragies au niveau des ulcères, démontre à l\u2019évidence importance du facteur ischémie (vaso-motricité exagérée) dans la production d\u2019ulcère quand la secrétion gastrique reste abondante.4° L\u2019obstruction partielle de la circulation veineuse au niveau de l\u2019estomac augmente le poids de l\u2019organe, ce qui est redevable à l\u2019œædème de la paroi, et particulièrement de la sous-muqueuse ; une telle obstruction peut produire des ulcères hémorragiques.L'auteur suggère que les menaces d\u2019 hémorragie dans l\u2019obstruction de la veine porte peuvent être évitées par une opération qui, en réséquant 90% de l\u2019estomac, réduit considérablement la sécrétion gastrique ; quatre cas sont cités.De plus, l\u2019auteur suggère que l\u2019hémorragie occulte du tube digestif provient très souvent de l\u2019estomac et que la résection gastrique est aussi indiquée dans ces cas ; quatre patients sont cités qui présentaient une anémie occulte profonde et qui ont été guéris par cette opération.5° L\u2019histamine enrobée de cire d\u2019abeille s\u2019est révélée un précieux Instrument d\u2019appréciation du succès de l\u2019opération dans l\u2019ulcère.Il semble qu\u2019un Billroth II, avec résection de 75% qui prend tout l\u2019antre et la petite courbure, répond aux exigences d\u2019une opération satisfaisante.D\u2019après l\u2019expérience de l\u2019auteur avec cette technique chez l\u2019homme et chez le chien, l\u2019ulcère intraitable (intractable) serait un mythe.Pierre JoBIN.Bernard I.COMROE.Gold therapy for rheumatoid arthritis.(Le traitement par l\u2019or de l\u2019arthrite rhumatismale.) J.A.M.A,, 128 : 848, (21 juillet) 1945.1.L\u2019aurothérapie est sans valeur dans les formes de maladies articulaires autres que l\u2019arthrite rhumatismale ; elle est utile dans la majorité des cas de cette maladie.Il ne faut pas l\u2019employer dès le début de l\u2019affection, mais seulement après quelques mois lorsque les traitements habituels n\u2019ont pas été suivis d\u2019amélioration.2.Au point de vue des traitements habituels, il est bon de savoir ue : a) la plupart des spécialistes ne croient plus en l\u2019efficacité possible du venin d\u2019abeille, de l\u2019huile de chaulmoogra, des vaccins, du soufre ; Eas Février 1946 [avar MÉDiCaL 251 b) l\u2019ablation d\u2019un foyer infectieux ne produit pas une grande amélioration ; c) la pyréthothérapie ne produit qu\u2019une légère amélioration temporaire dans un petit nombre de cas ; d) la vitamine D à dose massive est encore à l\u2019épreuve et semble ne donner qu\u2019une amélioration passagère qui disparaît avec la cessation du traitement.3.Conduite à tenir vis-à-vis du malade : A) Prescrire le traitement habituel : repos physique et mental, repos local de l\u2019articulation atteinte (parfois même en l\u2019immobilisant), régime alimentaire riche en vitamines, en calories, éviter la constipation, thérapie physique et occupationnelle, traitement orthopédique s\u2019il y a lieu, ablation des foyers infectieux, transfusions dans certains cas, traitement symptomatique (analgésiques, sédatifs).B) Au bout de quelques mois, en cas d\u2019insuccés, prescrire l\u2019aurothérapre.4.Suivant tous les rapports qui ont été publiés, elle fournit des résultats encourageants.Elle semble arrêter ou ralentir le processus inflammatoire ; il est évident qu\u2019elle ne répare pas les dommages cartilagineux ou osseux, ne reconstruit pas les jointures, et ne réhabilite pas celui qui est tout déformé.Elle est plus efficace au premier stage de la maladie ; dans les formes plus avancées, s\u2019il y a de l\u2019activité, elle peut diminuer la douleur et la raideur.5.Son mode d\u2019action est inconnu ; une action chrmiothérapique antibactérienne, une stimulation du système endothélial, une action diurétique, le déclenchement d\u2019un choc (shock) moyen et prolongé ont été proposés par différents auteurs.6.L\u2019élimination de l\u2019or se fait par l\u2019intestin, la muqueuse bronchique, mais surtout par le rein ; ce métal pénètre toutes les cellules, mais se concentre surtout dans le foie, la rate, le rein, la peau.Il faut ne pas oublier qu\u2019il est longtemps retenu dans l\u2019organisme.À la suite d\u2019injections hebdomadaires de 100 mgms., seulement environ 20% du produit est éliminé au cours de la semaine ; et on en retrouve dans l\u2019urine 10 à 12 mois après l\u2019arrêt des injections ; 3 mois après des iniections de 50 mgms.; 4 semaines après des injections de 25 mgms.7.L\u2019auteur a confiance dans les sels suivants : aurothiomalate de sodium, aurothioglucose, aurothiosulfate de sodium, aurothiomalate de calcium.Les doses suivantes sont pour les 2 premiers de ces sels, qui sont toujours administrés par injection intra-musculaire.a) 4 injections de 5 mgms à 3 ou 4 jours d\u2019intervalle ; b) 2 injections de 10 mgms à 1 semaine d\u2019intervalle ; c) 8 injections de 25 mgms à une semaine d\u2019intervalle ; d) s\u2019il y a amélioration, 24 injections de 25 mgms.e) s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019amélioration, 12 injections de 50 mgms à une semaine d\u2019intervalle ; il n\u2019y a pas d\u2019intérêt à continuer si l\u2019amélioration n\u2019apparaît pas ; Io Vi No Lavar MÉDicCaL Février 1946 f) dans les cas où 1l y a amélioration à la fin de la première série, répéter la série après 6 ou 8 semaines de repos ; g) si la sédimentation reste accélérée, donner une troisième série après 8 semaines de repos ; h) avec l\u2019aurothiosulfate de sodium, augmenter la dose de !/3.8.Il faut bien connaître les signes d\u2019intoxication : rash, démangeaison, douleur à la langue ou aux gencives, goût métallique, ictère, perte d\u2019appétit, indigestion persistante.Faire l\u2019examen sanguin et d\u2019urine avant chaque injection ; ou au moins aux 2 ou 3 semaines.9.Contre-indications : histoire de purpura ou d\u2019angine agranulocy- taire, maladie de reins ou de foie, grossesse, hémophilie, diabète, anémie sévère ou tendance hémorragique, eczéma sévère, dermatite chronique (sauf le psoriasis), asthme bronchique sévère, maladie sérieuse.10.Les réactions toxiques les plus sérieuses sont : le purpura hémorragique, l\u2019entérite ulcérative, l\u2019atrophie jaune aiguë du foie, l\u2019angine agranulocytaire, l\u2019anémie aplastique.Elles surviennent dans moins de 10% des cas.Il est impossible de les prévoir et de les prévenir ; on a suggéré la vitamine B, les jus de fruits, l\u2019extrait de foie.11.Les résultats : l\u2019amélioration débute de 1 à 3 mois après le début du traitement par la diminution des douleurs, du gonflement, de la fièvre, de la vitesse de sédimentation globulaire ; l\u2019état général se remonte.Les recrudescences (35% des cas) apparaissent de 6 à 12 semaines après le début du traitement.Guy Drouin.R.H.SMITHWICK.Surgical treatment of hypertension.(Traitement chirurgical de l\u2019hypertension.) Arch.Surg., 49 : 180, (sept.) 1944, Smithwick rapporte 156 cas d\u2019 hypertension artérielle opérés par lui depuis 6 ans.La pression minima pré-opératoire variait de 100 à 162 mm.de Hg.Le sexe se partageait entre 92 femmes et 64 hommes ; l\u2019âge moyen des hommes était de 40 ans, celui des femmes de 35, et la moyenne de 37, 1.e.de 16 à 57 ans.Les résultats sont appréciés de 14 ou à 6 ans après l\u2019opération.La technique opératoire consiste à réséquer tous les nerfs splanchniques du ganglion semi-lunaire et la chaîne ganglionnaire depuis le 9° ganglion dorsal jusqu\u2019au premier lombaire inclusivement par une voie sus- et sous-diaphragmatique.L\u2019opération se pratique en deux temps : 1° d\u2019un côté, 2° de l\u2019autre, et la mortalité a été de 2 à 8 p.cent.Effets sur la pression artérielle : Dans 80% des cas, la minima a été abaissée de 10 à 30 mm.de Hg.Dans 20%, elles est restée stationnaire ou s\u2019est même élevée quelque peu. Février 1946 LavarL MEeEbicaL 253 Facteurs de pronostic : La réponse à l\u2019épreuve de sédation (3 grs d\u2019amytal de sodium le soir à 7 hrs : la pression est mesurée toutes les heures de la nuit) nous indique jusqu\u2019ou la pression peut s\u2019abaisser.Tous ceux dont la minima s\u2019est abaissé à 90 ou moins ont beaucoup profité du traitement.Le fond d\u2019œil a son importance : moins 1l y a de lésions apparentes, meilleurs sont les résultats.Le sexe peut intervenir : les femmes se sont améliorées dans la proportion de 84.8% et les hommes dans 71.8 p.cent.Les réponses aux épreuves de l\u2019orthostatisme ou du refroidissement ont dénoté la souplesse vasculaire en enregistrant les plus hautes mesures.La base du critère est la pression différentielle : plus elle est pincée moins les résultats sont certains.Si elle est égale à la moitié de la minima, le pronostic est très bon ; si elle dépasse la moitié de plus de 20, il est mauvais.Pyélonéphrite : Onze cas sur 156 souffraient d\u2019une pyélonéphrite chronique : 90% furent d\u2019excellents résultats.Bropsie rénale : La biopsie faite au cours de l\u2019intervention montre moins souvent 50% de néphrite glomérulaire que l\u2019autopsie.L\u2019auteur en conclut que hypertension est la cause des lésions artériolaires.D\u2019autre part, il a étudié l\u2019élimination rénale et constaté que la filtration glomérulaire était d\u2019autant plus réduite que la dégénérescence vasculaire était plus avancée.Fond d\u2019œil : L\u2019œdème de la papille, les hémorragies et les spasmes se sont améliorés en proportion inverse du degré d\u2019avancement de la dégénérescence vasculaire : de 30 à 100% de bons résultats ont été enregistrés.Electro-cardiogramme : Les ?/3 des opérés avaient un électro-cardiogramme modifié avant l\u2019opération ; il y eut 63% d\u2019amélioration.Fonction rénale : La disparition de l\u2019albuminurie, le retour à la sédimentation normale, augmentation de la concentration d\u2019urine et de l\u2019élimination de la phénol-sulfone-phtaléine furent l\u2019apanage de presque tous les opérés.CONCLUSION La splanchnicectomie thoraco-lombaire est actuellement le procédé thérapeutique qui offre les meilleures garanties dans l\u2019hypertension artérielle ; la pression s\u2019abaisse généralement, mais surtout la minima, ce qui est plus important encore si l\u2019on considère la pression différentielle.Les femmes sont plus nombreuses parmi les 156 cas étudiés mais les hommes répondent moins bien au traitement.(10) 254 Lava\u2026 MÉDicaL Février 1946 Les principaux points d\u2019amélioration sont : le fond d\u2019œil, l\u2019électrocardiogramme, la fonction rénale et l\u2019état général de l\u2019opéré.La pyélonéphrite a donné d\u2019aussi bons résultats que l\u2019hypertension essentielle.Les renseignements de la biopsie rénale n\u2019ont pas pu modifier le pronostic car les améliorations de la pression artérielle n\u2019étaient pas nécessairement en rapport avec des lésions vasculaires ; 1l y a une forte présomption que le rein ne représente qu\u2019une faible étendue vasculaire en regard de toute la zone splanchnique dans l\u2019établissement de l\u2019hypertension artérielle.Pierre JoBIN.Robertson PRATT, T.C.DANIELS, John J.EILER, J.B.GUNNISON, W.D.KUMLER, John F.ONETO, et Louis A.STRAIT (Ecole de pharmacie, Université de la Californie) ; H.A.SPOERHR, G.J.HARDIN, H.W.MILNER, J.H.C.SMITH et H.H.STRAIN.(Institut Carnegie de Washington, Section de la biologie des plantes, Université Stanford).Chlorellin, an Antibacterial Substance from Chorella.(La chlorelline, substance antibactérienne extraite de Chlorella.) Science, 99 ; 2574 : 351, (25 avril) 1944.La culture de Chlorella, en milieu minéralisé liquide, fournit une substance qui empêche la multiplication cellulaire.La substance inhibitrice 1solée possède une activité antibiotique contre d\u2019autres organismes et, en particulier, un pouvoir antimicrobien net contre des microbes gram-positifs et gram-négatifs : staphylocoque doré, streptocoque, Bacillus subtilis, colibacille et bacille pyocyanique.Chlorella vulgaris et Chlorella pyrenoidosa ont été utilisés.On a cultivé leurs cellules dans des milieux liquides contenant tous les minéraux nécessaires à la croissance des algues, plus 5% de CO?, et en pleine lumière.On a extrait la substance active par le chloroforme, le 1.2- dichloroétane ou le benzéne.L\u2019extrait cru est une masse brune visqueuse ou demi-solide.L\u2019extrait dilué dans l\u2019eau (0.03 à 0.1 mg par c.c.), tamponné à pH 7.0 a été essayé sur du staphylocoque doré, et à la dose de 0 c.c.2, a fourni une zone d\u2019inhibition de 18 à 35 mm,, parfois 45 mm.On a obtenu les mêmes résultats avec le streptocoque, le colibacille, le Bacillus subtilis et le bacille pyocyanique.La chlorelline agit en 10 minutes contre le staphylocoque doré ; en 20 minutes contre le colibacille.La présence de protides sanguins diminue très légèrement l\u2019activité de la chlorelline.La chlorellime semble être un produit facile à extraire et relativement peu coûteux.Henri MArcoux. CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES Mgr FERDINAND VANDRY, P.D.Monseigneur Ferdinand Vandry, P.D., supérieur du Grand Séminaire, a êté nommé recteur de l\u2019Université Laval, le 12 décembre dernier, par la Congrégation des Séminaires et des Universités à Rome.Mgr Vandry, originaire de Saint-Patrice-de-Rivière-du-Loup, a fait ses études classiques (B.A.1910) et théologiques à Québec.Il obtint la licence en philosophie (1911) et le diplôme en théologie (1913) puis, après son ordination sacerdotale (1914), il devint professeur de philosophie morale et de dogme au Grand Séminaire.Après quelques années d\u2019enseignement, l\u2019Université le nomme Docteur en Théologie (1921).Abandonnant momentanément l\u2019enseignement, il fait un voyage en Europe, puis deux années de ministère paroissial, à l\u2019Ange-Gardien et à Jacques-Cartier ; il est ensuite nommé directeur spirituel de l\u2019École apostolique Notre-Dame jusqu\u2019en 1926.A ce moment, 1l reprend ses cours au Grand Séminaire où il enseigne le dogme et le droit public de l\u2019Église.Il occupe différents postes importants : en 1934, préfet des études ; en 1938, directeur du Grand Séminaire ; en 1942, doyen de la Faculté de théologie et, l\u2019année suivante, supérieur du Grand Séminaire.Il reçoit les nominations de Chanoine honoraire en 1938 et de Prélat domestique en 1943.Sa grande culture philosophique l\u2019a fait porter à la présidence de l\u2019Académie canadienne de Saint-Thomas-d\u2019Aquin. Lavar MÉpicaL Février 1946 CONFÉRENCES SUR PASTEUR Sous les auspices de la Faculté de médecine et de l\u2019Institut franco- canadien, M.le professeur Henri Simonet, docteur en médecine, en art vétérinaire et en sciences, a prononcé, au cours de janvier, cinq conférences sur l\u2019œuvre scientifique de Louis Pasteur.Le Dr Henri Simonet est professeur à l\u2019École vétérinaire d\u2019Alfort, près de Paris, et ses travaux de recherches expérimentales ont porté principalement sur des problèmes de nutrition et d\u2019endocrinologie.Avec le Dr Lucien Brouha, 1l a étudié l\u2019action des extraits d\u2019hormones gonado- tropiques, l'application des hormones sexuelles en thérapeutique humaine ; 1l a aussi exécuté des travaux de physique biologique sur les stérols irradiés.Il a publié, seul, L\u2019hormone folliculaire, puis, en collaboration avec Sainton et Brouha, Endocrinologie clinique, thérapeutique er expérimentale.Observant des propriétés physiques différentes chez des corps de même composition chimique, Pasteur relie ce phénomène à la structure moléculaire.Cette dissymétrie moléculaire, mise en évidence par la réfraction de la lumière polarisée, est non seulement le fait d\u2019un processus vital mais elle est aussi la démarcation entre le monde organique et le monde minéral.Ce grand savant français a été le créateur de la stéréochimie, science utilisée dans la mise au point de la théorie atomique.En chimie biologique, il a produit des méthodes qui sont encore en usage, v.g.pour séparer les isomères optiques, qui sont les principes mêmes de la matière vivante.Il a découvert le monde des micro-organismes et jeté les bases de la technique bactériologique.L\u2019immunité est l\u2019œuvre prédominante au point de vue humain, car la prévention des maladies, les interventions chirurgicales et l\u2019hygiène sociale doivent leurs succès à Pasteur qui les a basées sur des méthodes rationnelles.Les statistiques sur la rage, la diphtérie, la tuberculose, etc., montrent à l\u2019évidence la fécondité de ces découvertes.Du reste, la France, dans un témoignage de reconnaissance, a fondé l\u2019Institut Pasteur où les savants continuent l\u2019œuvre du maître en assurant le rayonnement de sa pensée : « elle représente un de ces modèles achevés qu\u2019il faut contempler, pour comprendre la marche de la pensée déchirant les voiles de l\u2019inconnu ».Pierre JoBIN."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.