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Titre :
Laval médical
Éditeur :
  • Québec :Faculté de médecine, Université Laval,1936-1971
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec
  • Successeur :
  • Vie médicale au Canada français
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Laval médical, 1969-01, Collections de BAnQ.

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[" tee Faculté de médecine Volume 40 / numéro 1 Revue canadienne de l'actualité en médecine PA Université Laval janvier et en biologie Québec - 1969 \u2019 iy 1-55 sf 2\u201d Ë xX LO © & CG ~/ JF | $ a ë ol .] Dans ce numéro Sommaire en page 1 Colloque sur les hallucinogénes ; te hi Ha als \u2019 ë : NN Jin OM sa à 4 i 0 : : )) 1 {4 : : veau 200 a ARRAS A pri onguent et t = «à 1 suppositoires Ire C O 1 PR Hg, $ sn ss a Gh ur fn Ming try > len iggy ab = 5 Sas asser %, = % # a 23 Hop Ps, \u201cly pe ss dn DS oh Sea ify 5 i Ho, EN i Yr % die, - my ype \u201ctoy a 5 ny i a Pe 7 x Fg ig 3 Rep Panel qe PBL 2 MW | luvais | Laval Médical Vol.40- Janv.1969 effet prévisible onne toléranc une dose par jour Ismelin-Esidrix (guanéthidine et hydrochlorothiazide CIBA) avant le traitement «181/114 *T.A.moyenne (mm Hg) en décubitus chez 25 patients\u2019 Indications: Traitement de I'hypertension artérielle.Posologie: Au départ, un comprimé par jour.Au bout d\u2019une semaine, si aucune baissetensionnelle ne s'est manifestée à la station debout, augmenter la dose à deux comprimés par jour.Les augmentations subséquentes, à raison d'un comprimé par jour, se feront à intervalles d\u2019une semaine jusqu'à ce que l\u2019on ait obtenu l'effet hypotenseur désiré ou possible (ne pas dépasser un maximum de 6 comprimés).Effets secondaires : On peut voir apparaître les manifestations suivantes: hypotension orthostatique et d'effort, vertige, faiblesse, lassitude, diarrhée, rétention liquidienne, inhibition de l'éjaculation, myalgies, faiblesse musculaire, troubles de l'accommodation oculaire, congestion nasale, nausées, anorexie, céphalées, nervosisme, rétention azotée, hyperuricémie, hyperglycémie, hypokaliémie.Réactions rares: purpura thrombocytopénique, éruptions cutanées, pho- to-sensibilité, urticaire et agranulocytose, Précautions à prendre: Prescrire avec prudence en présence d'insuffisance rénale avancée, s'il y a imminence de coma hépatique, dans la goutte, le diabète, l'ulcère peptique, la grossesse ainsi que dans l'ischémie coronarienne ou cérébrale récente.On doit également user de prudence lorsque le médicament est associé à d'autres agents, tels que les dérivés de la rauwolfia, les ganglioplégiques, la digitale, ou les vasopresseurs; les inhibiteurs de la MAO devront être abandonnés au moins une semaine avant le début de la thérapie avec Ismelin- Esidrix.Dans le traitement prolongé, assurer un apport suffisant de potassium dans le régime alimentaire et vérifier régulièrement l'équilibre hydro-élec- trolytique.Les agents anorexigènes de même que les stimulants peuvent amoindrir l'effet hypotenseur d'Ismelin-Esidrix.Le traitement doit être suspendu deux semaines avant l'intervention chirurgicale; sinon, il faut avertir en conséquence l\u2019anesthésiste.après le traitement © 149/94\" aor Contre-indications: Phéochromocytome, oligurie, blocage rénal complet.Tous renseignements détaillés seront fournis sur demande.Présentation: Comprimés (rose pâle) dosés à 10 mg d'Ismelin# (monosulfate de guanéthidine) et 25 mg d'Esidrix # (hydrochlorothiazide); flacons de 100 et 500.BIBLIOGRAPHIE: 1.Schultz, F.B.: The Use o Guanéthidine in Private Practice.J.Med.Ass.Alabama 37:177, 1961.CIBA 8070 DORVAL, QUÉBEC 7 2 Description et chimie : SERC est le nom déposé d'un médicament semblable à l'histamine dont le nom génétique est le chlorhydrate de betahistine et le nom chimique, le dichlorhydrate de 2 (2-methylami- noethyl) pyridine.La structure de la betahistine comporte certaines ressemblances avec celles de l\u2019histamine.Indications : SERC peut être employé pour réduire les attaques de vertige dans le syndrome de Menière.SERC ne prétend pas être efficace dans le traitement symptomatique de toute autre forme de vertige.Posologie : La dose adulte usuelle est de un ou deux comprimés (4 mg chacun) per os trois fois par jour.La dose initiale est de deux comprimés trois fois par jour; elle est par la suite adaptée selon la réaction du patient.La dose peut varier de deux à huit comprimés par jour.On recommande de ne pas dépasser huit comprimés par jour.SERC (chlorhydrate de betahistine) n'est pas recommandé pour les enfants.Comme pour tout autre médicament, SERC doit être conservé hors de la portée des enfants.Pharmacologie : Au cours d'études chez l'animal, les propriétés de la betahistine administrée par voie intraveineuse et son action sur une grande variété de tissus isolés ou intacts ressemblent à quelques propriétés de l'histamine!.L'injection intraveineuse de SERC chez le chien entraîne une augmentation transitoire du débit sanguin à l\u2019artère du labyrinthe, précédée par une chute de la pression différentielle traduisant une réaction systématique 2 On présume que SERC peut agir en réduisant la pression endo- lymphatique par suite d\u2019une augmentation de la vascularisation.Cependant, il n\u2019existe aucune preuve expérimentale d'une augmentation de la perfusion de la stria vascularis, ni non plus d\u2019une modification des liquides de l'oreille interne qui entraînerait une diminution de la tension de la membrane du labyrinthe.Par ailleurs, on n\u2019a pas encore de renseignements sur l'absorption, le métabolisme et l'excrétion du chlorhydrate de betahistine.= Etudes cliniques : Au cours d'expériences cliniques, plusieurs centaines de patients atteints d'un syndrome de Menière ont été traités avec SERC.Ces études s'étendent de la simple expérience clinique avec le médicament pendant des périodes brèves ou prolongées, jusqu'au traitement à double insue.Vu les caractéristiques du syndrome de Menière quant à la versatilité des symptômes, il est impossible, dans plusieurs expériences, de porter un jugement définitif sur les résultats, à cause d'une mauvaise planification de l'expérience.Une étude comprenait environ 60 patients atteints du syndrome de Menière, suivis de façon longitudinale, en même temps qu\u2019un groupe témoin.Chez tous les patients on a apprécié la fonction vestibulaire par électronystagmographie.Cette étude donne l'avantage à SERC pour la réduction des vertiges.De plus, la fonction vestibulaire a été améliorée chez la majorité des patients qui ont répondu favorablement au médicament 2.Trois études à double insue avec usage d\u2019un placebo suggèrent un effet thérapeutique favorable #5et6, Aucune réaction clinique désagréable n'a été observée.Toxicologie : La LDs, du chlorhydrate de betahistine est de 3040 mg/kg par voie orale, chez le rat blanc.Par voie intraveineuse chez le lapin, ia LDg59 est de 5.1 mg/kg.Les principaux signes de toxicité observés furent : l'\u2019ataxie, la salivation, l\u2019inactivité, l'hy- perpnée, le tremblement et la cyanose.L'étude pathologique démontra des gastroentérites graves.Les études de toxicité chronique n'ont révélé aucune anomalie dans les paramètres mesurés, avec des doses atteignant 25 mg/kg/Jour, pendant six mois.chez le chien, et 120 mg/kg/jour, pendant 18 mois.chez le rat.L'observation de deux portées chez le rat n'a révélé aucun effet secondaire anormal.Contre-indications : Plusieurs malades ayant une histoire d'uicère peptique ont observé une exacerbation de leurs symptômes par l\u2019emploi de SERC.Bien qu\u2019on n\u2019ait pu établir aucune relation de cause à ef- N MÉDICAMENT ENTIÈREMENT NOUVEAU POUR COMBATTRE LE VERTIGE DANS LE SYNDROME LITT: fet, SERC est contre-indiqué chez les ulcéreux et malades qui ont déjà eu cette maladie, SERC également contre-indiqué chez les malades atte d\u2019un phéochromocytome.Précautions : Bien qu\u2019on n'ait pas démontré que malades atteints d'asthme bronchique soient int rants à SERC, on devrait être prudent en employ ce médicament chez ces malades.SERC ne doit pas être employé en même ter que des agents antihistaminiques, puisqu'on ne [ sède aucun renseignement sur les réactions possit entre ces médicaments.Le médecin doit être conscient de la possibi: de réactions défavorables à SERC, encore inconnu Emploi en obstétrique : La sécurité de SERC- cours de la grossesse n'a pas encore été étab Dès lors, son emploi, au cours de la grossesse, la lactation ou chez des femmes susceptibles d'a des enfants, demande de bien soupeser les avar ges recherchés aux risques possibles encourus.Réactions secondaires : Des patients ont occask nellement éprouvé des troubles gastriques, des r sées et des céphalées.Présentation : Comprimés sécables, de 4 mg chac en flacons de 100 comprimés.BIBLIOGRAPHIE : 1.Hunt, W.H., et Fosbinder, R.J., À study of s beta-2 and 4, pyridylalkylamines, J.Pharm.1 Therap., 75:299, (août) 1942.2.Kubicek, W.G., et Anderson, W.D., Blood 1 changes into the dog labyrinthine arteries, Am./ demy Ophth.Otolaryng., 29 oct.- 2 nov., 1967.3.Bertrand, R.A., Rapport non publié soumis à Un ed Pharmaceuticals Limited.Sera publié bientôt.4.Wolfson, R.J., et al., Menlere's Disease - Treatn: with betahistine hydrochloride, E.E.N.T.Mont 46:896, (juil.) 1867.a drome, Clinical Medicine, 74: 41-48, (oct.) 1967.6.Hicks, J.J., et al., Meniere's Disease, Arch.Ot\u2019 ryng., 86: 28-31, (déc.) 1967.UNIMED PHARMACEUTICALS LIMITED, MONTREAL, P.Q.Burkin, A., Betahistine treatment of Meniere's t' CREPE TR NPE (Opin * fig i pas démon nie si der en ÊF- iar ps, SDI je rao 1° al 60 1 co a gd 8 57 Laval Médical Vol.40- Janv.1969 RADIOMETE Radiometer présente une gamme de nouveaux appareils pour la mesure des paramètres du sang: pH, l'oxygène et le bioxyde de carbone et par suite une analyse acido-basique complète: une combinaison d'appareils pour toutes les méthodes ou techniques.Vous avez plusieurs choix: mesure du pH ou mesure de l'équilibre acido- basique (méihode Astrup), analyse du pH, CO,, O, dans le sang.Les pionniers de l'art ala pointe du progres.Si ANE Bitar {on es, 5 Natyzep UT : 5 ÿ EN ow 0 Hitt Lat it a dil | entitle He en LGR lin asian ee 0 fi 21 Il y a deux nouveaux appareils pour la détermination de ces paramètres, l\u2019un avec présentation de résultats sur cadran et l\u2019autre avec présentation numérique à chiffres lumineux; on peut y ajouter des accessoires permettant les lectures directes de concentration du Pco, et Pos.Vous pouvez installer ces appareils sur vos tables de laboratoire ou acheter un systéme complet avec chariot mobile.CANADIAN LABORATORY SUPPLIES Montreal, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Edmonton, Vancouver LIMITED bi th 4 Raya A dre GA pie aly i) AAI IRENE gn SIRI ol Laval Médical Vol.40 -\u2014 Janv.1969 ÉLECTIVE DANS HYPERTENSION D'ORIGINE NERVEUSE ANSINE DE POITRINE AVEC HYPERTENSION SPAS MOLYTIQUE VASCULAIRE TOTAL ANGOR- ANGIOSPASMES THROMBOSES MIGRAINES VAS OVERINE Dose forte 80mg Crises : 7 Ampoule touter PAPAVÉRINE - BASE ler Shevrer Acide et Amide ENTRETIEN : 2 54 comprimér NICOTINIQUES par Jour 03 ell ouch CORPORATION PHARMACEUTIQUE FRANÇAISE LTÉE ___ MONTRÉAL coureur SUP EUDOL SUPPOSITOIRES D'EUDOL OXYCODÉINONE GROUPE NARCOTIQUE DE LAMORPHINE SPASMOLYTIQUE ET SÉDATIF PLUS FORTQUE LA MORPHINE, UEUDOL MIEUX TOLERE ET MOINS TOXIQUE N\u2019EST PAS EUPHORIQUE DOSE NORMALE 1/3gr.(20mgm) DEMI| - DOSE 1/6 gr (1Omgm) CORPORATION PHARMACEUTIQUE FRANCAISE LTÉE .MONTRÉAL Yeti ha yg JU ui } Vy = JAW JOcenu vite Ji< de efficacite ae i.*ét'arveline es étüves 0e à SENSIDINtE Es ANVDIOUQUES TEEN si.EViugnis 6 2e sa} Sale © GiSSAGIG V6 6 din microbes à la tétracycline ! addition de novobiocine à ja tétracycline permet de surmonter cetie difficui.s souches résistantes à la tétracycline 42,1 ~ Streptocoques @ hémolytiques \u2014 D.pneumoniae eo © D.pneumoniae Streptocoques g hémolytiques a Les épreuves de sensibilité, par la méthode des tubes de dilution, qui ont été entreprises en 1959.1963 et 1966 à l'Hôpital du Mont Sinai & New York, avaient pour objet de déterminer la sensibilité in vitro à la tétracycline des pathogènes courants.En 1966, on a mis également l'essai une association de novobiocine et de tétracycline.\" Cette étude permet de croire que le problème de la résistance croissante des microbes pathogènes courants à la tétracycline peut être résolu De l'addition de novobiocine à la tétracycline (Albamycin T) Posologie.Adultes.Capsuies.Dans la majorité des infections, deux capsules toutes les 12 heures; dens Jes infections graves, deux capsules 3 à 4 fois par jo Enfants: Granulé aromatisé\u2014la posologie devra être calculée de façon à ce qu'elle apporte au mains 7 mg du total des antibiotiques par livre de poids corporel « par jour, cette dose étant donnée en deux ou quatre prises fractionnées, Dans les infections graves, cett posologie peut être augmentée.Présentation.Capsules\u2014en flacons de 1b et 10C capsules.Une capsule contient 125 mg de nevobiue (à l'etat de novobiocine sodique) et 125 mg de chiorhycrate de tétracychine.Granulé aromatisé- e: flacc\"s de 40 et de 60 c.c.(après solubilisation) La dose de 5 cc.(cuillerée à thé} contient 62.5 mg de novcsiocine (à l'état de novobiocine calciquel, et 62.5 my de téteacychine Lass © l'ecat ue chlerhydr.de tétracycii e Avertissements.Les précautions habituelles et les contre-indications inhérentes à la novobiocine et à la étracycline doivent être respectées.Une documentaticn jétaillée sur les réactions secondaires, les nrécautions a prendre etc, est envuyée sur semande.Tibliograpiie Schneierson, S.S.New or.Stace J.Wii, - 3426-3432 (Nov.1) 1960 pourcentage de souches résistantes à l'association tétracycline-novobi Staphylococcus aureus lae Streptocoques g hémolytiques © N ~ D.pneumon © o aan.Jl) cif a Cygwin RA ocine lc c RE) rés Siange à la tétracycline.2.Schneierson, S.S.New Yor v.Med.55.542-5.ireb.15} 1965.\u201cENBRE 3.Informatica dans es dossiers me tn Compag-r THE UPJOHN COMPANY Jk waive Upjohn DON MILLS, ONTARIO AcFP ; .Savage, G.M.Vav:a.J.J.and Grady, J.EDs: Presented as a Scientific uh 1, Annus\u2019 Mesh A.M.A.Chicago, 1966 810 MARU CECE, VBA IN me à OCT NN FT, RT TARR AMER LHR AA ATR DISAIS Te eur 7 nt 27 ag Be pen ua PSS 1 la voie directe vers là suppression 1 de l'inflammation dans l'arthrite rhumatoïde et la bursite\u2026 LENO-1LiEroI INJECTION INTRA-ARTICULAIRE / PÉRI-ARTICULAIRE / INTRABURSALE 7 em \u201c vda = - or 'er se manifeste souvent dans un délai de 12 à 24 heures après l'injection intra-articulaire =- la-emenrt souter © de \u2018a doule: \u2014il persiste pendant 3 à 4 semaines après l'injection intra-articulaire i= «\u20ac Concentration er ahsorption \u2018enie- il ne faut qu\u2019un faible volume pour assurer un soulagement durable; rend plus facile l\u2019injection dans les petites articulations Indications et posologie: Intra-articulaire\u2014 Arthrite rhuma- bursite de l\u2019olécrâne.À administrer directement dans la toïde, ostéo-arthrite.La dose de Depo-Medrol à injecter bourse séreuse, de 4 à 30 mg.Dans la majorité des cas aigus, dépend de la dimension de l'articulation et de la gravité de la il est inutile de renouveler les injections.pathologie: L'injection peut être renouvelée, au besoin, après Avertissements: || importe de respecter les précautions et A un intervalle variant d'une à 5 semaines et meme plus, selon le contre-indications inhérentes à la corticothérapie systé- degré de soulagement obtenu dès la première injection.Pour matique et locale.Une documentation détaillée est fournie la posologie à adopter, on peut se baser sur le guide suivant: sur demande.grosse articulation (genou, cheville, épaule).de 20 à 80 mg Présentation: Sous forme d'acétate de articulation moyenne (coude, poignet).-de 10 à 40 mg méthylprednisolone, dosé 3 20 mg/c.c., petite articulation (métacarpo-phalangienne, interphalangien- en flacons-ampoules de 1 et de 5 c.c.; \u2014 | ne, sterno-claviculaire, acromio-claviculaire).de 4 à 10 mg dosé à 40 mg/c.c., en flacons-ampoules acer) | Intrabursale\u2014Bursite sous-deltoïde, bursite prérotulienne, delc.c.2c.c.et5c.c.\u2014ommes THE UPJOHN COMPANY OF CANADA / DON MILLS, ONTARIO MARQUE DÉPOSÉE: MEDROL MARQUE DE COMMERCE: DEPO CF 5098.1 DS \u2014 _ \u2014 a \u2014\u2014_ A .i vv in \" i Laval Médical Vol.40- Janv.1969 comme un sou neuf Rendez votre foie | Cholérétique : Wl Antispasmodique Ë \"| Lipotropique 4 SON ACTION EST TRIPLE fi ; i A i ~ \u2014@ STIMULANTE de la BILIGENESE E par l\u2019acide déhydrocholique ; \u2014\u2014\u2014@ CALMANTE des SPASMES il par le méthylbromure d\u2019homatropine \u2014@ MOBILISATRICE des GRAISSES \\ par l'association potentialisée de deux facteurs lipotropes Js Chaque dragée contient : dl-méthionine et bitartrate de choline Acide déhydrocholique .-.300 mg Méthylbromure d'homatropine .1.5 mg Bitartrate de choline .150 mg di-Méthionine .100 mg Posalogie : 40s ou deux dragées 2 ou 3 fois J.M.MARSAN & CIE LTÉE | | MONTRÉAL CANADA 3 Membre de l'Association des Fabricants du Québec de produits pharmaceutiques.(G) SRR : .freinez I'impulsion aux excès alimentaires avec LES CAPSULES SPANSULE' ESKATROL\u201d Le tranquillisant contenu dans \u2018Eskatrol\u2019 assure le réconfort nécessaire à de nombreux patients soumis à un régime.Il contribue à soulager le stress émotif \u2014 cause la plus fréquente d'excès alimentaires \u2014 et apaise la tension nerveuse provoquée par le régime.Le composant anorexigène exerce un véritable effet modérateur sur l\u2018appétit.Les deux principes actifs contenus dans la capsule \u2018Spansule\u2019 agissent simultanément et produisent un effet régulier, la journée durant, avec légère stimulation.Composition: chaque capsule à désagrégation prolongée \u2018Spansule\u2019contient 15 mg de Dexedrine * (sulfate d\u2019amphétamine dextrogyre, SK&F) et 7.6 mg de prochiorpérazinet sous forme de maléate.En flacons de 100 et de 500.Posologie: une capsule par jour, prise dans la matinée.Précautions: chez les femmes enceintes, tous les médicaments doivent être prescrits avec circonspection, surtout durant le pre- ZB SMITH KLINE & mier trimestre.Les phénothiazines peuvent potentialiser les dé- presseurs du SNC.Employer avec précaution en présence d'hypertension et de maladie coronarienne.L'emploi excessif des amphétamines par des sujets instables peut entraîner une dépendance psychologique.Effets secondaires: les réactions indésirables (principalement la nervosité et l\u2018insomnie) sont rares et, le cas échéant, légères et transitoires.Contre-indications: hyperexcitabilité, agitation anormale, anxiété, hyperthyroïdisme, allaitement.Ne pas administrer aux patients recevant des IMAO.Avant de prescrire, veuillez consulter la monographie SK&F correspondante figurant dans le Vademecum International, Renseignements complets sur demande.*Marque déposée au Canada fLa prochlorpérazine seule est présentée au Canada par Poulenc Limitée sous la marque déposée Stémétil.FRENCH e MONTRÉAL 9 Laval Médical Vol.40- Janv.1969 EL-C82 hii: hi: ho Shit i M di \u201c ant 4g ALLOCUTIONS | ALLOCUTION DU DOYEN DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE Monsieur le Président.Mesdames, Messieurs, Le colloque public, dont j'ai l\u2019honneur d\u2019ouvrir la première séance, ce matin, sera | tenu sous la responsabilité conjointe de 'ACFAS et de la Faculté de médecine avec la collaboration de l\u2019Association des étudiants en médecine de l\u2019université Laval.Il fait suite à un symposium qui a duré quatre jours et qui a été organisé dans Poptique du rôle que nous estimons être de notre devoir premier.Le Recteur de Laval, Monseigneur Louis-Albert Vachon, insistait récemment sur le fait que «les universités remplissent une mission sociale par les idées qu\u2019elles répandent, par les chefs qu\u2019elles forment, par les sciences et les techniques qu\u2019elles perfectionnent ou qu\u2019elles inventent.» Parce qu\u2019elle croit à ce mandat et qu\u2019elle veut participer à ce défi dans les domaines qui lui sont propres, la Faculté que je dirige se veut à l\u2019avant-garde et à la fine pointe de l\u2019observation des phénomènes qui influent sur les masses imprimant à l'humanité son évolution collective.Elle espère ainsi pouvoir contribuer, de façon bénéfique, à provoquer, au sein des groupements qu\u2019elle veut servir, les actions appropriées qui s'imposent pour leur protection, au moment même où une orientation hâtive et vigilante peut encore l\u2019assurer.L\u2019an dernier, les premières journées pharmacologiques de Laval se sont attaquées a la question des anovulants et des contraceptifs par une étude en profondeur dans le champ de la physiologie, de la pharmacodynamie et de la biochimie, complétée par l\u2019abord des aspects moral, social et religieux.Cette initiative a remporté un succès d\u2019envergure, déclanché l\u2019intérêt de la population et atteint les objectifs d\u2019information rigoureusement scientifique qu\u2019elle s'était fixés.Cette année, nous avons abordé le sujet des psychodysleptiques et des pharmaco- psychoses, au cours d\u2019une réunion internationale et multidisciplinaire qui a mis à contribution une cinquantaine de participants venus de plusieurs milieux européens et du grand continent américain.Cette collaboration a permis de grouper le haut savoir et l\u2019expérience étendue de chercheurs spécialisés en pharmacologie, neurophysiologie, neurochimie, cytopharmacolo- gle, psychiatrie, psychologie et de sociologie, ainsi que des membres d\u2019associations professionnelles pour le contrôle des médicaments.Favorisé, dans ses communications, par un service de traduction simultanée, le symposium s\u2019était fixé de considérer, d\u2019abord et fondamentalement, l\u2019effet et le mécanisme d\u2019action des psychodysleptiques puis, d\u2019une façon plus finaliste, les divers problèmes que pose l\u2019usage des hallucinogènes chez les jeunes.(H) | = \u2018 Laval Médicat ALLOCUTION DU DOYEN DE LA FACULTÉ DE MEDECINE Vol.40- Janv.1969 Ce colloque résumera les données, les réflexions et les conclusions de ces assises.Il en permettra une discussion générale et un contact direct désirable entre les membres du symposium, les représentants des étudiants des collèges et universités du Québec et aussi de tous ceux qui s'intéressent aux Sciences de la Santé comme au devenir du monde de demain.L'abus et la dépendance aux drogues sont actuellement un des problèmes majeurs, non seulement de la pharmacologie et de la toxicologie, mais aussi de la famille, des éducateurs, des ministres du culte, de toutes croyances, des gouvernants et de la société dans son ensemble.De tous les coins des pays civilisés on crie au danger et l\u2019on signale l\u2019établissement progressif d\u2019une situation que plusieurs croient cruciale, angoissante, voire catastrophique.Mais, pour inquiétante que puisse être cette situation, il semble que personne n\u2019en connaît toute la portée, du moins avec une certitude raisonnable.Barbituriques, amphétamines, tranquillisants, marijuana, LSD, cirages et cosmétiques, colle, dissolvants et sprays, tout y passe et fait l\u2019objet d\u2019enquêtes éparses, souvent superficielles et sujettes à caution, en raison de leurs conclusions hâtives ou de leur peu de respect pour la valeur et la signification des indices qu\u2019elles recueillent.C\u2019est ainsi, par exemple, que l\u2019évaluation de l\u2019intérêt des individus pour les hallucinogènes risque d\u2019avoir été faite parfois, involontairement et inconsciemment, en partant, presque exclusivement, d\u2019un groupe d\u2019adeptes plutôt que de la masse de la collectivité au sein de laquelle on se proposait d\u2019établir une statistique, ce qui en fausse forcément les données.Le cas s\u2019est présenté pour nous avant que nous nous adressions à un vaste échantillonnage de 20 000 garçons et filles, représentatifs d\u2019une population de quelque 250 000 étudiants, issue de toutes les couches de la société et des divers groupes scolaires.Les gouvernements, conscients de puiser à de telles sources d'informations incertaines, hésitent dans l\u2019élaboration des législations qu\u2019on leur réclame pour enrayer le fléau, réel ou supposé, retenus aussi par l\u2019expérience du passé et le peu d\u2019efficacité des prohibitions antérieures, des levées de boucliers et des guerres sacrées, entreprises contre le monde interlope et le trafic illicite de l\u2019alcool et des narcotiques.Car de tout temps, le genre humain a convoité et recherché avec avidité la découverte de substances qui provoquent des sensations fortes; la perception de phénomènes qui ne concordent pas toujours avec les réalités physiques.En ce qui concerne le LSD et les membres de sa famille, par dérivés, union ou substitution, qui offrent, par ailleurs, de très grandes ressources pour la recherche, psychiatrique en particulier, il semble que leur usage soit en hausse et que les individus qui les emploient, pour en tirer des effets particuliers, le font souvent sans connaître pleinement les risques qu\u2019ils courent.Le danger réside dans la facilité avec laquelle on peut les fabriquer et se les procurer, cependant qu\u2019une tenace, abondante et subtile publicité, à laquelle radio et télévision prêtent trop souvent leur résonance, en vante les effets, extrêmement agréables, sans insister sur les états de prostration qui peuvent s\u2019ensuivre et pas davantage sur l\u2019habitude qu\u2019ils sont susceptibles de créer chez certains usagers qui ne reculeraient plus devant rien pour se les procurer.L ; VX ies A (A ;dical LL, _ _ ; _ .Le a 8 Laval ras 1969 ALLOCUTION DU DOYEN DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE Hill Les seuls à conserver leur quiétude et leur sérénité devant cet état de choses sont ceux-là même pour qui on craint les effets nocifs et qui continuent, affirme-t-on, à s\u2019engager, à un rythme accéléré, de plus en plus nombreux, sur une pente qu\u2019on ne pourrait plus remonter.Dans ce contexte, la question fondamentale est d\u2019établir, par delà les limites de l\u2019exagération, où commence le mal et comment 1l arrive à implanter ses racines.Le cerveau humain est la plus complexe organisation qui puisse exister.Si la drogue altère vraiment la structure mentale des invidus, risquant d'y causer des ravages irréversibles, si elle l'achemine, progressivement, à une dépendance envers des composés chimiques, qui menacent son intégrité et conduisent à l\u2019affaiblissement de sa volonté, la meilleure façon d\u2019éviter la catastrophe est non seulement de procéder à l'éducation de toutes les classes de la société, mais aussi et surtout, de sensibiliser et d\u2019informer, à fond et correctement, avec le plus grand souci de la vérité et de l\u2019objectivité, tous les usagers, en puissance, du degré de nocivité de la drogue.Ainsi, s\u2019ils consentent subséquemment à l\u2019usage ou à l'abus, ils le feront, en toute connaissance de cause.Le risque sera calculé, mais caleulé par le principal intéressé, un être Jeune, la plupart du temps parfaitement normal, quelquefois frondeur mais intelligent plus souvent curieux et téméraire que découragé et à la recherche d\u2019évasion et qui, de toute façon, n\u2019a généralement pas tellement d\u2019attrait particulier pour sa propre destruction.Cette condition étant réalisée, une campagne de prévention, conduite avec discernement et vigueur, produira sans aucun doute des résultats remarquables mais à la condition, encore une fois, qu\u2019on ne l\u2019entoure pas de rengaines, de lieux communs, d\u2019épouvantails et de mystère ce qui ne ferait qu\u2019en atténuer la portée, smon l\u2019annihiler.Le colloque sur les psycholestiques vous propose un vaste tour d\u2019horizon : l\u2019état de fait, en 1968; le bilan des substances en cause ; leurs actions physiologiques, pharmacodynamiques et psychiques ; la motivation de leur usage dans son contexte contemporain, en tenant compte de la personnalité et des secousses auxquelles elle est soumise; la conséquence de leur utilisation, passagère ou habituelle, sur la santé physique et mentale des invidus ou de ceux qu\u2019ils peuvent engendrer; l\u2019habitude qu\u2019elles créent; l\u2019efficacité de l\u2019arsenal thérapeutique connu, qu\u2019il soit d\u2019ordre physique, chimique ou psychologique; enfin, l\u2019appréciation des effets que pourraient entraîner une éventuelle interaction et coalition de la famille, des éducateurs, de la médecine préventive et de la société, dans son ensemble, s\u2019il s\u2019avère que nous sommes confrontés à une situation sociologique d\u2019une extrême gravité qui menace, en la jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019adulte de demain.Jestime que le sujet est d\u2019importance primordiale et qu\u2019il motive les heures que nous consacrerons a la recherche de solutions appropriées.Rosaire GrNGRAS, M.D., Doyen de la Faculté de médecine ALLOCUTION DU PRÉSIDENT DE L\u2019ACFAS Madame la Présidente, Monsieur le Doyen, Mesdames, Messieurs, L\u2019ACFAS inaugure aujourd\u2019hui une de ses dernières politiques en organisant, dans les universités francophones canadiennes affiliées à notre association, un colloque multidisciplinaire à teneur scientifique et à portée populaire.Il n\u2019est pas surprenant que cette nouvelle politique de l\u2019'ACFAS prenne naissance à l\u2019Université Laval qui a toujours été une amie de l\u2019'ACFAS et nous en remercions les autorités et spécialement le docteur Gingras, doyen de la Faculté de médecine.Pour mener à bien ce premier colloque de l\u2019ACFAS, nous et l\u2019université Laval avons cru avoir la main heureuse en confiant l\u2019organisation à un homme dynamique, chef d\u2019une équipe non moins dynamique qui avait déjà fait preuve d\u2019une grande originalité couronnée d\u2019un succès certain en dirigeant les premières journées pharmacologiques de Laval sur les contraceptifs.Grâce à cet homme, le docteur Radouco-Thomas, et grâce à son épouse et aux membres du Département de pharmacologie de Laval, le colloque de l'ACFAS 1968 de multidisciplinaire qu\u2019il voulait être, est devenu international par la présence et la participation de nombreux éminents chercheurs du domaine des hallucinogènes venus de plusieurs pays et auxquels nous sommes fiers et honorés de nous associer.Les fructueuses études qui ont précédé ce colloque public, auxquelles le docteur Berlinguet, vice-doyen de la Faculté de médecine et vice-président de l\u2019ACFAS, ainsi que le docteur Julien à la fois du département de pharmacologie et directeur régional de notre association, ont participé, seront sûrement un gage que ce colloque conjoint de l\u2019ACFAS et de la Faculté de médecine aura une portée scientifique tout en atteignant le but informatif qu\u2019il s\u2019est fixé.Je désirerais donc au nom de mes collègues de l\u2019ACFAS, remercier vivement le docteur Radouco-Thomas et madame Radouco-Thomas, présidente de cette journée, leur souhaiter tout le succès qu\u2019il méritent et les assurer de notre très sincère admiration.L.-J.L'Heureux, Président de TACFAS Ir quË fer ALLOCUTION DU PRÉSIDENT DE L\u2019AEMUL Monsieur le Doyen, Monsieur le Président de l\u2019ACFAS, Madame la Présidente, Messieurs les Professeurs, Chers Confrères étudiants, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, C\u2019est ce matin que je réalise vraiment tous les problèmes auxquels a à faire face celui qui se présente pour une troisième allocution d\u2019ouverture ou de bienvenue.Je voudrais évidemment éviter les répétitions, mais il serait quand même bon de ne pas laisser s\u2019échapper les éléments qui peuvent être interprétés dans les perspectives d\u2019un étudiant.Malgré cela, c\u2019est avec un très grand plaisir et même avec enthousiasme que je vous souhaite ce matin la bienvenue à cette seconde journée pharmacologique organisée conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, par 'UGEQ et par TAEMUL.Cette journée est pour moi d\u2019une valeur inestimable.D\u2019abord, pour son intérêt scientifique : elle nous permettra de connaître un peu plus les avantages et les inconvénients qu\u2019offrent les hallucinogènes sur un plan chimique et physique.Puis, elle nous permettra de toucher à peu près tous les différents aspects psychologiques et sociaux que ces produits atteignent.Ces deux éléments nous permettront de mieux faire face aux problèmes que pose l\u2019utilisation de ces drogues, et de là, nous permettront une conduite vraiment sérieuse à ce sujet.On ne peut évidemment négliger la valeur que présentera chacun des exposés qui seront présentés, surtout si l\u2019on considère que nous recevons ici les savants parmi les plus compétents et les plus reconnus internationalement.Cette réalisation est aussi très valable, parce qu\u2019elle permet de démontrer l\u2019intérêt, la conscience, la maturité et le sens des responsabilités du monde étudiant face à un problème qui touche la jeunesse en général.Si nous considérons, par exemple, l\u2019enquête sociologique que nous avons effectuée, nous pouvons être fiers d\u2019avoir déjoué les prévisions et ce d\u2019une façon extrêmement significative de plusieurs groupes de gens qui se faisaient un point d\u2019honneur de connaître à fond ce monde étudiant que nous sommes.Selon eux, 20 000 copies du questionnaire étaient nécessaires pour recevoir un maximum de 3 000 réponses.Evidemment, les 14 000 réponses reçues ont singulièrement flatté ma fierté d\u2019être étudiant.J'espère que ces résultats seront aussi significatifs pour vous qu\u2019ils le sont pour nous.Personnellement, je ne crois pas que ce succès soit dû à un hasard.Ceci ne peut que démontrer, une fois de plus, que le monde étudiant est réellement un monde qui peut entrer dans les cadres d\u2019un monde adulte. ; = Lan Laval Médical 6 ALLOCUTION DU PRESIDENT DE L\u2019AEMUL Vol.40 -Janv.1969 Cette journée offre beaucoup d\u2019intérét aussi sur le plan de l\u2019organisation.Elle permet en effet de réaliser les chances de succes que peut offrir une étroite collaboration étu- diants-maîtres (à son sens le plus large ici).En effet, si nous considérons un projet comme celui-ci, nous remarquons l\u2019engagement direct des professeurs et savants, par l\u2019intermédiaire du Département de pharmacologie, la participation active des deux gouvernements, du monde étudiant par l'UGEQ ainsi qu\u2019une étroite collaboration de l'AEMUL.C\u2019est cette collaboration, basée sur une confiance mutuelle inégalée, qui a, en effet, permis une telle réalisation positive.Ici sont éliminés les conflits de personnalités, les barrières qui s\u2019érigent naturellement et souvent même volontairement entre les différents groupes en cause.Je ne nie évidemment pas la responsabilité des deux groupes en cause, autant du côté « autorité » par leur refus fréquent de reconnaître le monde étudiant, que du côté du « monde étudiant », lui-même, par son agressivité parfois exagérée.Nous avons tous deux nos torts, mais il est encore temps de corriger la situation.Ce monde étudiant a changé, et peut aujourd\u2019hui offrir une participation sérieuse et précieuse, par le sens des responsabilités et la maturité qu\u2019il a acquises.Je crois et espère que cette réalisation nous permettra de faire un pas en avant vers un travail d\u2019équipe réellement valable et profitable pour tous.Un professeur me faisait remarquer récemment que, par définition, un professeur se devait d\u2019être un éternel étudiant et que s\u2019il ne le considérait pas ainsi, il devait se considérer comme raté.Et c\u2019est de cette façon qu\u2019il préconisait un perpétuel dialogue entre les différents, disons « étudiants ».Evidemment, nous ne pourrons jamais, dans ces dialogues, négliger l\u2019aspect expérience qu\u2019ils offrent.Ce même professeur considère que nous formons une entité, mais avec des responsabilités différentes.Je suis persuadé que c\u2019est en conservant dans notre esprit ces différents éléments que nous pourrons progresser plus rapidement et plus adéquatement.C\u2019est avec cette confiance et ce respect mutuels que nous avons obtenu cette journée et que nous pourrons obtenir beaucoup d\u2019autres choses.J'espère que ces genres d\u2019initiatives réciproques vont se poursuivre, s\u2019améliorer et même s'étendre aux domaines les plus variés et ce sur un plan beaucoup plus vaste.Je tiens à remercier tous et chacun d\u2019entre vous pour la réalisation d\u2019une telle journée.Je n\u2019ai qu\u2019un souhait à formuler : Que cette journée soit pour vous un point de départ.J.-P.Fortin, Président de I Association des étudiants en médecine de l\u2019université Laval. lire: lite ALLOCUTION DE LA PRESIDENTE DU COLLOQUE Monsieur le Doyen, Monsieur ie Président de l'ACFAS, Chers Collègues, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Je voudrais tout d\u2019abord vous remercier tous d'être venus participer à ce colloque qui, comme on vous l\u2019a dit, veut être une journée d\u2019information et de discussion commune.Cette information, nous l\u2019avons voulue de haut niveau scientifique et nous n'avons pas hésité à demander aux chercheurs des différentes disciplines : pharmacologues.neuro- chimistes, neurophysiologistes, psychiatres, psychologues, sociologues, de différents pays.spécialisés dans l\u2019étude des psychodysleptiques, de venir nous apporter leur collaboration et nous aider à faire le point des connaissances actuelles sur les psychodysleptiques.Au cours du Symposium international que nous avons eu ces jours-ci et qui est le premier symposium multidisciplinaire consacré aux psychodysleptiques, nous nous sommes renseignés réciproquement, chacun faisant pour tous le bilan des acquisitions les plus récentes dans sa propre discipline.Nous avons gardé pour vous la primeur de cette synthèse globale sur les hallucino- gènes, dont les différents aspects vous seront transmis au cours de la journée.Les conféren- ciers vous présenteront non seulement la pharmacologie des hallucinogènes, leur mode d\u2019ac- tion.leurs applications médicales, les complications et dangers qu\u2019ils entraînent, mais encore un bilan des aspects psychologiques, socio-culturels et juridiques liés à l'usage non médical des hallucinogènes.En fin d'après-midi, nous vous communiquerons également les résultats de l\u2019enquête que nous avons effectuée cet été sur l\u2019usage des hallucinogènes dans les collèges et universités de la province de Québec.Dès à présent, je voudrais féliciter et remercier chaleureusement tous ceux et celles qui ont répondu à notre appel et nous ont retourné, rempli tel que requis, le questionnaire qui leur avait été envoyé.Sans la collaboration des étudiants, tous nos efforts.quelle qu\u2019ait été leur importance, sans votre collaboration, dis-je, tous nos efforts auraient été vains.Cette enquête, qui est la première en date par son importance numérique et dont on parle déjà beaucoup, non seulement au Canada mais en Amérique et même en Europe, ce n\u2019est pas notre travail, c\u2019est votre travail : c\u2019est le travail de recherche de tous les jeunes de la province de Québec.I] fera connaître la jeunesse québécoise: son dynamisme, sa maturité, sa franchise et son sens des responsabilités.I] montrera comment cette jeunesse, pendant la période de vacances, a su collaborer massivement et sans délai à un travail de recherche qui lui était proposé.Vous pouvez et vous devez tous en être fiers.J'aimerais ajouter que cette enquête n\u2019était pas pour nous une fin en soi, mais qu\u2019elle avait pour but d\u2019ouvrir le dialogue avec les étudiant québécois sur le problème des hallu- _ Laval Médical 8 ALLOCUTION DE LA PRESIDENTE DU COLLOQUE Vol.40- Janv.1969 À cinogènes : connaître leurs opinions, leurs attitudes vis-à-vis de ces substances afin de pouvoir, dans une deuxième phase, répondre à leurs questions.Ce problème des hallucinogènes ne représente, en fait, pour nous qu\u2019un aspect parmi d\u2019autres du problème complexe que 3 pose aux jeunes leur intégration dans le monde implacable qu\u2019est l\u2019actuelle société de con- 3 sommation.À la fin de leur questionnaire, de nombreux étudiants réclamaient « une information » sur les hallucinogènes.Je puis vous répondre immédiatement que nous donnerons suite à cette demande.Le colloque d\u2019aujourd\u2019hui en est un premier exemple.Nous avons commencé, en outre, à préparer, à organiser un système d\u2019information qui permettra de transmettre aux étudiants les données scientifiques actuellement acquises dans ce domaine.Mais ceci m\u2019amène à une autre remarque.Tout au long de cette journée où chacun des conférenciers essaiera scrupuleusement de faire le point pour vous dans son domaine de spécialisation, vous serez peut-être impressionnés, non pas par tout ce que l\u2019on sait, mais par tout ce que l\u2019on ne sait pas, par les réponses prudentes et peut-être parfois évasives qui seront données à vos questions précises.J\u2019aimerais vous assurer d\u2019avance qu\u2019il ne s\u2019agira pas d\u2019une réticence des conférenciers à prendre leur responsabilité, mais d\u2019un souci de rigueur scientifique que leur imposent les limites des connaissances scientifiques existantes et qui leur interdit à l\u2019heure actuelle de répondre simplement par un « oui » ou par un « non ».Il faut que vous sachiez que la principale conclusion du Symposium qui vient de se terminer a été de constater et de déplorer l'inégalité et la pauvreté des données objectives et scientifiquement contrôlées dans le domaine des psychodysleptiques.Tout pharmacologue pourra vous décrire les multiples et laborieuses recherches, systématiques et convergentes, qu\u2019effectuent de nombreuses équipes de chercheurs pendant des années tout d\u2019abord au laboratoire, puis en clinique avant que soit introduit un nouvel agent pharmacologique dans l\u2019arsenal thérapeutique.Ces travaux, destinés surtout à protéger la population contre les effets toxiques éventuels des nouveaux produits, sont ensuite contrôlés par la Direction des drogues et aliments qui autorisera ou refusera l\u2019utilisation du nouveau médicament dans la pratique médicale.Malgré ces précautions et ces exigences qui grèvent très lourdement le budget des Maisons pharmaceutiques, et leur imposent des années de retard, certaines substances se révèlent encore ultérieurement dangereuses pour le public.Je pense tout particulièrement à la thalidomide dont le potentiel tératogène a causé un désastre irréparable, sans précédent dans l\u2019histoire de la pharmacologie.Que dire alors des hallucinogènes qui n\u2019ont jamais été soumis à ces tests systématiques dans un but finaliste d\u2019utilisation par la population et qui se trouvent déjà répandus parmi le public .et qui y sont.en outre, utilisés sous des formes plus ou moins pures, contaminés peut-être par des substances satellites dont on ignore la structure chimique et la toxicité.On a discuté et on discute encore du droit qu\u2019ont les cliniciens d\u2019essayer un nouveau médicament sur un patient.Et cependant, ce nouveau médicament leur parvient muni d\u2019un volumineux dossier de pharmacologie animale.Ÿ faisant allusion, un clinicien disait, parlant des hallucinogènes : « Beaucoup de jeunes se font à eux-mêmes ce que jamais nous n\u2019aurions même songé à faire d\u2019une manière expérimentale ».Pourquoi ces études pharmacologiques n\u2019ont-elles pas été faites ?Tout d\u2019abord, sims À plement parce que les pharmacologues ne pouvaient prévoir que les psychodysleptiques se répandraient dans le public.Parmi les milliers de synthèses chimiques effectuées à l\u2019heure actuelle, seuls les produits qui semblent présenter un minimum de dangers doublés d\u2019un Lion \"Tamm 10 ne genes qn Co al Médical ; Vol.40\u2014Janv.1969 ALLOCUTION DE LA PRÉSIDENTE DU COLLOQUE potentiel thérapeutique indiscutable sont retenus pour cette étude titanesque que représente la constitution d\u2019un dossier pharmacologique.Il a été dit que parmi 3 000 produits de synthèse, un seul parvient sur le marché pharmaceutique.Les autres restent au stade de curiosité de laboratoire ou servent de bistouri pharmacologique pour l\u2019étude des processus fondamentaux.Tel a été le cas du LSD.Mais ces études, si riches et intéressantes soient-elles du point de vue de la recherche pure, ne constituent nullement un dossier pharmacologique qui permette de donner des réponses précises en ce qui concerne les effets de leur utilisation régulière au sein de la population.Quelle réponse pourra donner le pharmacologue interrogé sur le danger ou l\u2019inocuité d\u2019un hallucinogène alors qu\u2019il ne dispose pas d\u2019un dossier de référence ?D'autre part, toute étude pharmacologique ne peut se faire que s\u2019il existe un produit à étudier.Cela semble une « lapalissade ».Cependant.il est inutile de cacher qu\u2019il y a quelques années seulement, on ignorait encore la structure chimique de ce que l'on suppose actuellement être le principe actif de la marijuana.L'identification de ce produit permet maintenant des études systématiques quantitatives, mais quelles seront les relations entre les effets observés après administration de ce produit et les effets qu\u2019engendrent l\u2019inhalation de la fumée de marijuana ou de haschich ?L\u2019an dernier, au cours de la Journée sur les médicaments anticonceptionnels, nous vous disions que le recul des années et les données sont encore insuffisants pour pouvoir se prononcer catégoriquement sur les effets à long terme de ces médicaments.Pourtant ce sont des produits de synthèse, donc définis dans leurs propriétés physico-chimiques, utilisés depuis dix ans et en 1965, on dénombrait cinq millions de femmes uniquement aux Etats-Unis, qui en faisaient un usage régulier.Cette prudence peut paraître exagérée, mais elle est indispensable pour tenir compte de la variabilité des réponses, non seulement d\u2019un sujet à l\u2019autre, mais encore chez un même sujet dans le temps.Si une telle réserve est observée dans le cadre d\u2019un système endocrinien, relativement bien connu dans ces paramètres, les exigences sont bien plus rigoureuses lorsque l\u2019on aborde ce système de communication et d\u2019intégration infiniment complexe, beaucoup étudié, mais encore si mal connu qu\u2019est le système nerveux central et dont on ne commence que maintenant à définir les relations avec le comportement et les réactions psychiques.Quel chercheur, si spécialisé soit-il, pourra dire autre chose que des hypothèses concernant les troubles mentaux ?On peut se demander pourquoi à notre époque, régie par l\u2019électronique, les ordinateurs, les découvertes atomiques et les sciences exactes, des jeunes acceptent d'utiliser empiriquement des substances non contrôlées scientifiquement.Il est difficile de répondre.Peut-être ce soir, en faisant le bilan de ce que l\u2019on sait et de ce que l\u2019on ne sait pas, comprendrez-vous mieux les réticences des experts et même certaines mesures légales.Vous saisirez qu\u2019elles ne sont pas basées uniquement sur les dangers connus, mais également et surtout sur l\u2019angoisse des éventuels dangers, encore inconnus, que peut engendrer l\u2019usage régulier de ces substances par les jeunes.Peut-être des études systématiques permettront- elles de démontrer que ces dangers sont négligeables ou, au contraire, qu\u2019ils sont lourds de conséquences.Actuellement, dans ce domaine, les hypothèses sont plus nombreuses que les faits, = Laval Médical ALLOCUTION DE LA PRÉSIDENTE DU COLLOQUE Vol.40- Janv.1969 Tout au long de cette journée, les conférenciers essaieront honnêtement, certains de faire un bilan des données disparates existantes, d\u2019autres de vous citer des expériences ou des cas de cliniques isolés.Nous avons pris la responsabilité de vous informer et nous le ferons dans la mesure de notre possible.Nous sommes prêts à vous répondre et à vous aider à prendre vos responsabilités.Mais, en dernier ressort, c\u2019est à vous seuls, et à chacun de vous de prendre sa propre responsabilité.Vous êtes des jeunes, mais a ce siecle de la vitesse, vous êtes déjà des adultes .vous nous l\u2019avez prouvé dans les questionnaires que vous nous avez retournés.En vous envoyant le questionnaire, nous vous avons fait confiance, contre l\u2019avis des experts des enquêtes postales qui voulaient décourager notre projet et à qui il semblait totalement « utopique » de vouloir obtenir 50 pour cent des réponses en un mois.Nous vous demandons, à notre tour, de faire confiance aux chercheurs des diverses desciplines qui se penchent sur ce problème.Parmi les recommandations que les participants du Symposium ont adressées aux organismes officiels qui suivent avec intérêt cette première confrontation multidisciplinaire sur les psychodysleptiques figure, au premier plan, la demande que soient intensifiées, facilitées et multipliées les recherches systématiques et convergentes sur les psychodysleptiques en expérimentation animale et chez l\u2019homme.Soyez certains que les chercheurs uniront leurs efforts et utiliseront tous les moyens et la technique scientifique modernes pour que, dans les meilleurs délais, les hallucinogènes aient un dossier pharmacologique digne de notre époque scientifique.Avant de terminer, je voudrais remercier d\u2019avance, en votre nom, les conférenciers qui ont accepté la responsabilité de vous informer, les président de séances qui dirigeront les discussions et les membres du Symposium international qui sont restés aujourd\u2019hui pour répondre à vos questions.J'aimerais également remercier tous ceux qui sans être actuellement à la première place, ont travaillé et travaillent encore « dans les coulisses » pour la réussite de cette journée d'étude.Je pense particulièrement aux membres du Département de pharmacologie et également aux interprètes qui, toute la journée, vont assurer la traduction simultanée français/anglais afin de permettre aux participants anglophones de suivre entièrement les conférenciers et les discussions.Enfin, je tiens à exprimer toute notre profonde reconnaissance à monsieur le Doyen de la Faculté de médecine, le docteur Gingras, pour tout l\u2019appui qu\u2019il accorde depuis plusieurs mois à l\u2019organisation de cette journée.Je voudrais aussi souligner la contribution importante de l\u2019Association canadienne française pour l\u2019avancement des sciences (ACFAS) qui a permis la réalisation de ce colloque conjoint de l'ACFAS et de la Faculté de médecine.Nous sommes particulièrement honorés par la présence parmi nous de monsieur L'Heureux que je tiens à remercier de sa bienveillante allocution.J\u2019ajouterai un dernier mot pour mentionner la dynamique collaboration que nous avons trouvée auprès de l'Association des étudiants en médecine de Laval (AEMUL) qui a su être à la fois le porte-voix des étudiants et notre messager auprès d\u2019eux.Simone Rapouco-THOMAS, Présidente du Colloque Département de pharmacologie [ii au, fi.ile sue i un re ; il 7 pi ARIA rn ye Ee ciel ut Hora one lin ie i ä COMMUNICATIONS PHARMACOLOGIE GÉNÉRALE DES PSYCHODYSLEPTIQUES (HALLUCINOGENES) * C.RADOUCO-THOMAS +, F.GARCIN et S.RADOUCO-THOMAS, Dans l\u2019exposé qui va suivre sur la pharmacologie générale des « psychodysleptiques > couramment mails improprement appelés « hallucinogenes », nous nous arrêterons plus particulièrement sur certains aspects.Nous essaverons de les définir, d'examiner le contenu et les limites, assez floues, de cette classe et de situer leur place en pharmacologie et en toxicologie, autrement dit d'effectuer un bilan général des hallueinogénes en usage.Nous n'examinerons le tableau phénoménologique avec ses différents syndromes et symptômes et les complications induites que pour besoin de systématisation.Ces différents aspects seront développés au cours du colloque par d\u2019autres conférenciers.1] me semble cependant utile, avant d'aborder les hallucinogènes, de vous dire quelques mots sur la grande famille des médicaments du psychisme couramment appelés « psychotropes ».Ces médicaments, quasi inexistants jusqu'en 1950, ont eu depuis un développement spectaculaire.Un rôle déterminant daus cette évolution peut être attribué à l\u2019École française de Delay et Deniker.En plus d\u2019une contribution clinico-expérimentale remarquable, les auteurs ont fourni une classification et une Homenclature qui est devenue classique depuis et que nous prenons comme élément de référence dans notre exposé (6 et 8).* Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l\u2019ACFAS.+ Rapporteur Département de pharmacologie, Faculté de médecine, université Laval.On distingue ainsi parnii les médicaments psycho- tropes trois grandes catégories; les psycholeptiques, les psychoanaleptiques et les psychodysleptiques qui respectivement abaissent, élèvent ou dévient le tonus psychologique.Les psycholeptiques groupent toutes les substances qui diminuent l\u2019activité mentale.Étymologiquement, le suffixe « leptique » indique l\u2019action d\u2019abaisser (du grec, lambano, lepsomai: capter).Chez les malades présentant une psychose d\u2019excitation telle que l'accès maniaque, l'administration des psyeho- leptiques fait disparaître l'agitation et tend à normaliser le malade.Dans les psychoanaleptiques rentrent les substances qui stimulent l'activité mentale.Le suffixe « analeptique » signifie une action d'élever.Chez un malade en état de dépression, les psychoanalept1i- ques tendent à normaliser l\u2019activité psychique en la stimulant.Enfin, la catégorie des psychodysleptiques, qui nous intéresse dans le cadre de ce colloque, groupe les divers agents pharmacologiques qui engendrent une perturbation.une déviation du psyehisme normal et une distorsion des valeurs de la réalité.Le terme de « dysleptique » signifie une action déviante, perturbatrice.Différents termes ont été utilisés pour désigner les psychodysleptiques : \u2014 Hallucinogène : inducteur des hallucinations ; \u2014 Omrogène : qui engendre des perturbations simi- Jaires à l\u2019état de rêve (6) ; 12 Corneille RADOUCO-THOMAS \u2014 Psychosogénique: inducteur de psychoses : \u2014 Psychosomimétique: qui mime les psychoses; \u2014 Psychotoxique: substances toxiques du psychisme.Inducteur possible de psychoses; \u2014 Dépersonnalisants ; \u2014 Phantastica: agent hallucinant : \u2014 Psychédélique: agent pharmacologique qui rend évidente, manifeste (du gree: delos: manifeste, évident) activité mentale: mind opening substances, conciousness expanding drugs.A ce titre, ces agents ont été utilisés en psychothérapie, pour promouvoir l\u2019expérience mystique, augmenter la créativité.Ces applications sont actuellement discutées ou controversées.Mais ces termes ne se rapportent qu\u2019à des aspects particuliers des réactions psychiques.Le terme « psychodysleptique », au contraire, par ses possibilités de généralisation, semble le plus adéquat pour grouper l\u2019ensemble des agents qui produisent une déviation, distorsion de l\u2019activité mentale (6, 10, 29 et 31).Il apparaît très difficile de faire une systématisation satisfaisante des psychodysleptiques (1).Plusieurs classifications ont été tentées, Citons parti culièrement la classification clinique classique de Lewin (19), en 1924, et celle, récente, de Delay et Deniker (6) et de Deniker (7 et 8).I] nous à semblé utile de présenter dans le tableau Il une systématisation des psychodysleptiques actuellement en usage basée d\u2019une part sur la strue- ture chimique et les effets pharmacologiques des psychodysleptiques et, d\u2019autre part, sur les conséquences toxicologiques: abus et dépendance (9 et 25).Cette classification a été discutée en détail ailleurs (23).Dans cet exposé, nous examinerons les deux der- niéres catégories (III et TV) indiquées dans le tableau I.Nous nous attarderons principalement sur la catégorie III et nous examinerons brièvement en fin d'exposé la dernière.En ce qui concerne les psychodysleptiques inducteurs de pharmaco-dépendance simple ou psychique.Plusieurs termes ont été utilisés pour les définir : onirogènes, par Delay et Deni- Médical Laval Vol.40- Janv.1969 ker (6), psychodysleptiques non confusionnels et hallueinogénes, qui représente le terme le plus employé actuellement.Deux grandes catégories (tableau II) peuvent être distinguées : \u2014 les hallucinogènes présentant un effet de type adrénergique apparent (type LSD, mescaline, cocaine, ete.).Quels que soient leur structure chimique et le syndrome psychologique engendré, ces agents pharmacologiques induisent une stimulation des structures sympathiques du système nerveux central (2, 22 et 24) ; \u2014 les hallucinogènes sans effet adrénergique apparent, type marijuana et nalorphine.Nous examinerons successivement les psychodysleptiques appartenant à ces deux catégories.TaBLEAU 1 Tentative de classification des psychodysleptiques dasée sur l\u2019induction de pharmaco-dépendance I- Psychodysleptiques, inducteurs de pharmaco-dépen- dance double: psychique et physiologique Analgésiques toxicomanogènes (stupéfiants), type morphine.II - Psychodysleptiques inducteurs de pharmaco-dépen- dance double (psycho-physiologique) ou simple (psychique) : \u2014 Hypno-sédatifs (noo-leptiques), type barbiturique ; \u2014 Tranquillisants (psycholeptiques mineurs), type meprobamate ; \u2014 Alcool.III - Psychodysleptiques inducteurs de pharmaco-dépen- dance simple, psychique (psychodysleptiques non confusionnels, hallucinogènes ou onirogènes) : \u2014 Psychodysleptiques avec effet adrénergique apparent, type LSD-25, mescaline, cocaïne ; \u2014 Psychodysleptiques sans effet adrénergique apparent, type marijuana.IV \u2014 Psychodysleptiques sans pharmaco-dépendance apparente (psychodysleptiques nes) : confusionnels ou délirogè- \u2014 Substances naturelles, type scopolamine ; \u2014 Substances de synthèse, type ditran, phencyclidine.Es ith Laval Médical Vol.40- Janv.1969 TApLEsU Il Psychodysleptiques inducteurs de pharmaco-dépendance simple, psychique (psychodysleptiques non confusionnels.hallucinogènes ou onirogènes) A.Psychodysleptiques avec effet adrénergique apparent : 1.Groupe Tryptamine : «) LSD-25 et dérivés ; b) Alkyl-tryptamines (type psilocybine) ; c) B-carbolines (harmine) et ibogaïne.2.Groupe Phényléthylamine (type mescaline).3.Groupe Phénylisopropylamine : «) Dérivés de l\u2019éphédrine (type norpseudo-éphédri- ne/khat) ; b) Dérivés de I'amphétamine : \u2014 Méthoxy-amphétamines (type DMA et TMA); \u2014 Me-dioxy-amphétamines (type MMDA et DMDA).4.Groupe Phényleyclopropylamine (type TMT).5.Groupe Phénylallyl (type myristicine noix muscade).6.Groupe Phénylpropényl (type asarone).7.Groupe o-Pyrone (type dihydrométhysticine kava).8.Groupe Cocainomimétiques (type cocaine).9.Groupe Isoxazol (type muscimol, Amanita musca- ria).B.Psychodysleptiques suns effet adrénergique apparent : 1.Dérivés du Cannabinol (marijuana) : «) type tétrahydrocannabinol : b) type cannabidiol.2, Antagonistes des Analgésiques toxicomanogènes (type nalorphine).8.Inhalants : «) Solvants aromatiques vernis) ; b) Anesthésiques généraux (type éther) : c) Vasodilatateurs volatils (type nitrite d\u2019amyle).(type toluène colles et A.PSYCHODYSLEPTIQUES AVEC EFFET ADRÉNERGIQUE APPARENT 1.GROUPE TRYPTAMINE : Le groupe tryptamine comprend la plupart des psychodysleptiques et également les plus puissants.lls peuvent être systématisés en trois sous-groupes : PHARMACOLOGIE GÉNÉRALE DES HALLUCINOGÈNES 13 \u2014 l'acide lysergique et dérivés ; \u2014 les alkyl-tryptamines ; \u2014 les B-carbolines (harmine) et l'ibogaïne.a) Acide lysergique et dérivés (figure 1) : L acide lysergique est le noyau de base des alea- loïdes d'un champignon de certaines céréales, l'ergot de seigle ou Claviceps purpurea.Cette substance a été responsable de l'ergotisme, connu au Moyen Âge sous divers noms: feu sacré, feu de Saint-Antoine.ete.(3).Ce syndrome toxique.caractérisé par des troubles neuropsychiques et une gangrène des extrémités, est apparu dans le passé à la suite de la consommation de farine contaminée par ce champignon.De nombreuses substances naturelles et de synthèse font partie de ce groupe (figure 1).Nous en signalons plus particulièrement deux: la diéthyla- mide et l'amide de l'acide Ivsergique.Le LSD-25 (lyscrgamide ou lysergide).Le d-LSD ou la diéthylamide de l'acide d-lysergique (figure 2) a été svnthétisé (1938) et identifié comme psyeho- dysleptique (1943) par A.Hoffman de Sandoz.Bâle, Le LSD-25 est un des plus connus et des plus puissants hallucinogènes.La dose efficace est très faible.de l'ordre de 0,5 à T1 meg ke (20 à 100 meg par sujet).= diméthy! = éthyl R2, R, [= diéthyl (LSD,,) Ry [= propyl = dipropyl = butyl Amine libre Amine di-substituée Amine mono-subst {tuée moe | H Hé \u2018 | b= \u2014 V Azote @ Carbone Rp |= Br Rl =méthyl =acétyl Figure 1 \u2014 La structure chimique de base des dérivés de l'acide lysergique. 14 Corneille RADOUCO-THOMAS 0 | CoHg Sh | 1 | C,H, a V Azote @® Carbone Figure 2 \u2014 Modèle moléculaire de la diéthylamide de l\u2019acide d-lysergique (LSD-25, lysergamide, lysergide).La molécule du LSD-25 avec ses différents noyaux (A, B, C, D) a été prise par certains auteurs comme élément de référence pour interpréter la présence ou l'absence d'effet psychodysleptique des diverses substances psychotropes naturelles ou de syn- these (28).L\u2019amide de acide d-lysergique (LAA) ou iso- ergine est le principe actif des semences (Ololtuqui) de certaines plantes phanérogamme du Mexique, Rivea corymbosa, et Ipomea violacea, connues aussi sous le nom de « gloire du matin » (morning glory).Drogue sacrée utilisée par les Aztèques comme le pevot] (mescaline) et le teonanacatl (psilocybine), elle à été redécouverte comme hallucinogène cette dernière décennie, par Wasson (1960) et Hoffman- Cerletti (1962).Plusieurs autres dérivés de l'acide lysergique sont présents dans l\u2019Ololiuqui tels l\u2019ergine (amide de l\u2019acide isolysergique), la chanoclavine, l\u2019elymoela- Laval Médical Vol.40- Janv.1969 vine, le lysergol, ete., mais le LAA serait le plus actif, son pouvoir hallucinogène représentant environ un dixième de celui du LDS-25.De nombreux dérivés ont été synthétisés à partir du noyau de base de l'acide Iysergique (figure 1).L'intensité de leur effet psychodysleptique (15) occupe une position intermédiaire entre celle du d-LSD et celle de dérivés inactifs tels que le LSD et le dérivé bromé, 2-Br-LSD (BOL 148).b) Dérivés alkyl-tryptamines (figure 3) : Les dérivés naturels et de synthèse appartenant aux alkyl-tryptamines sont groupés dans la figure 3.Parmi les psychodysleptiques plus actifs de cette classe, on peut mentionner l\u2019a-MT (a-méthyltrypta- mine), la DMT (NN diméthyltryptamine), la psilo- ¢ybine (4 phosphoryl- NN diméthyltryptamine), la 5-MeO-DMT (5 methoxy - NN diméthyltryptamine), ete.La psilocybine (figure 4) représente le principe actif des champignons mexicains sacrés (3); le téonanacatl a été identifié comme appartenant aux espèces Psilocyba, type Psilocyba mexicana qui ont pu être cultivés au laboratoire par Heim (13).La DMT et la 5-MeO-DMT, deux puissants hallucinogènes, ont été extraits et isolés de deux plantes sud-américaines: Piptadenia peregrina et Virola catophylla.L'action de la 5 OH-DMT (bufoténime) est assez discutée, L'absence d'effet hallucinogène serait liée à son incapacité de traverser la barrière hémato- encéphalique (11 et 16).«) B-carbolines (alcaloïdes d\u2019harmala) «et libogaïne : Parmi les alcaloïdes de l'harmala (figure 5) présentant une activité psychodysleptique, on peut citer l'harmine et ses dérivés hydrogénés: la dihydro- harmasine (harmaline) et la tétrahydroharmine.L'harmine serait deux fois et la tétrahydroharmine trois fois moins active que l\u2019harmaline.Il est intéressant de signaler qu\u2019on peut obtenir de l\u2019harmine par synthèse à partir de la 6-méthoxytryptamine.ble Ls HH ells JH om ne Vidi] aw, fits lis 1 ! It vp ait fiv péri je cute jar Tus Laval Médical Vol.40- Janv.1969 Ces aléaloïdes se trouvent dans les extraits de plantes Banisteria caapi (Amérique du Sud) et Peganum harmala (Afrique et Asie).L'harmine est souvent désignée par ses synonymes: bannisterine, yagéine ou télépathine, indiquant la source du Bansisteria caapi.appelé aussi vagé.caapi, avahuasca.L'ibogaïne (figure 5) présente une activité psychodysleptique et antifatigue similaire à la cocaïne.Elle est l'ingrédient actif du Tabernante iboga.plante tropicale de l'Afrique occidentale.Les dérivés du groupe tryptamine entraînent une dépendance psychologique variable, légère à très intense, en fonction du produit.Il n'y a pas de dépendance physiologique.Une forte tolérance a été chservée qui s\u2019installe et disparaît rapidement (9).PHARMACOLOGIE GÉNÉRALE DES HALLUCINOGÈNES |S) PEER ci hl A TG \u201c ri of ti tHE in fi 2, GROUPE PHÉNYLÉTHYLAMINE (figure 6) : Ce groupe comprend une série de substances naturelles et de synthèse représentant principalement des dérivés méthoxvlés de la phényléthylamine.Une relation étroite existe avec les catéeholamines, plus particulièrement avec la dopamine (figure 6).Lie prototype du groupe est la mescaline (3.4, 5.triméthoxy-phényléthylamime).Actuellement, produit de synthèse, la mescaline (figure T) est le principe actif du cactus mexicain Lophophora Wälliam- sit, ou pevotl des indiens Aztèques.La dose active est de 5 mg/kg, soit environ 300 à 500 mg par sujet.Elle entraîne une dépendance psychique mais ne semble pas entraîner de dépendance physiologique ni de syndrome d'abstinence.Les autres dérivés sont w + \u2014\u2014 \u2014e / 2 | VV Azote R10 @® Carbone ; | | Dérivés bo 5 6 7 1 8 | 9 10 11 ! eu TRYPTAMINE H H H H H H H H HE ; 8 4-0H-T OH H H H H H H H H nn \u20ac i SE 230H-T a OH H H H H a H 8 ù 9 Sérotonine ZE © - 2 £ = à 6-OH-T H H OH H H H H H H = &-_MT H H H H H H CHz H H = £ N-MMT H H H H H H H CH3 H * 5-MeO-MMT H CH40 H H H H H CH3 H La DMT H H H H H H H CH, CH, a Di Me-Trypt c - \u20ac OH-DMT oH H H H H H H CH3 CH d Psilocine TS - a = & P-4.0H-T = = \u2014 Ë + |# Psilocybine O-POZR2 OH H H f H H CH, CH | > a .\u2018$ 5.0H-DMT , 7 = 2 2-2H0MT H OH H H H H H CH CH Z| \u2014 |r Bufoténine \u2014 3 3 = < & 5-MeO-DMT H CH30 H H H H H CH3 CH3 > E| = 6 .0H-DMT H H OH H H H H CH3 CH3 | 2 7.0H-DMT H H H OH H H H CHy | Chg = = DET H H H H R H H C,H | CoHg DPT ] H H H H H H H C,H, CaH, DBT H H H H H H H C,H, C Hy Figure 3 \u2014 Les dérivés de la tryptamine : hydroxy-tryptamines et alkyl-tryptamines.rente RUHR , Le ts Er hn Bh fit | Laval Médical 5 het 16 Corneille RADOUCO-THOMAS FPE ES | sas moins actifs gue la mescaline ou ne présentent un un effet variable (28) depuis l\u2019inactivité complète | dont effet type mescaline qu\u2019en expérimentation animale.(TMA-3) jusqu\u2019à une activité vingt fois supérieure Pol (TMA-2) à celle de la mescaline.L'activité serait | 3.GROUPE PHENYL-ISOPROPYLAMINE : liée à la possibilité d\u2019avoir, par la formation des | a) Dérivés de l\u2019éphédrine (figure 8) : Le khat (kat) ou Catha edulis est très populaire dans l\u2019Afrique orientale et dans la péninsule arabique où les indigènes en mastiquent les feuilles et les bourgeons.Le principe actif est un alcaloïde, la d-norpseudo- éphédrine (cathine).Le syndrome neuro-psychologique consiste en une stimulation du système nerveux central, un état de pseudo-euphorie et un effet antifatigue.Le khat engendre une dépendance psychique nette, mais pas de dépendance physiologique ni de tolérance.b) Dérivés de l\u2019amphétamine (figures 8 et 9) : L\u2019induction de psychoses toxiques de type paranoïaque et schizophrénique a été décrite après usage des amphétamines et des anorexiants (14).Parmi les dérivés de l\u2019amphétamine, nous retenons les méthoxyamphétamines, les monométhoxy- et les diméthoxy- méthylènedioxy-amphétamines (figures 8 et 9).Il s\u2019agit de produits de synthèse.Les contrôles sur l'animal et sur l\u2019homme ont montré ze Vv Azote @ Carbone Figure 4 \u2014 Modèle moléculaire de la psilocine: 4-hy- droxy-NN-diméthyltryptamine (4-OH-DMT).noyaux B et C, une disposition spatiale se rapprochant du LSD (28).Un des dérivés amphétaminiques, le DOM ou DMM-A (2,5 diméthoxy- 4 méthylène amphétamine) à soulevé beaucoup de discussions à cause de son effet psychodysleptique de forte intensité et de lon- | sue durée.Il a été appelé par certains: mega-LSD ou STP (Sérénité, Tranquillité, Paix).D\u2019après Snyder, le DMM-A est cinq fois plus puissant que OT le TMA-2; done approximativement 90 fois plus que la mescaline.L'augmentation de l\u2019effet serait liée à un retard de son métabolisme conséeutif à la méthy- lation en C4, (14).Des rapports récents ne semblent cependant pas confirmer l\u2019effet excessif attribué au DMM-A.4, GROUPE PHENYLCYCLOPROPYLAMINE : Dans ce groupe, nous signalons un produit de synthèse : la TMT (3, 4,5 triméthoxy-tranyleypromine) B-CARBOLINES = HARMINE cho * FM Dihydro-HARMINE _ (HARMALINE) Tetrahydro-HARMINE | Figure 5 \u2014 Les g-carbolines ou alcaloides d\u2019harmala et l\u2019ibogaïne. vec Iv.144 ny le wi lel «LD ip ld d Laral Médical Vol.40- Janv.1969 dont l\u2019activité en expérimentation animale et chez l\u2019homme est similaire à celle de la mescaline.L'effet psychodysleptique semble cependant être de plus longue durée (32).IRRURR?PHARMACOLOGIE GENERALE DES HALLUCINOGENES us Psychodysleptiques 2 3 4 5 6 7 8 9 10 PE H H H H H H H H H Dopamine (D) H OH OH H H H H H H E = © Noradren.(NA) H OH OH H H OH H H H @ 3 © Adrénaline (Ad) H OH OH H H OH H CH;| H 3, 4 H CR50|CH,0| H H H H H H DM-PE 3, 4, 5 TM-PE H CH,0 CH40 CH30 H H H H H > 3 x (Mescaline) = ps) w = & 2, 3, 4 = CH30 CH40 CH,0 H H H H H H w TM-PE a NN Di Me H CH30 CH30 | CH30 H H H CH3 CH3 Mescaline y Azote DM = Diméthoxy @ Carbone TM = Triméthoxy 17 Figure 6 \u2014 Les dérivés de la phényléthylamine PE : les catécholamines et les dérivés méthoxy-phényléthylamines.m 2 Er 18 Corneille RADOUCO-THOMAS 5.GROUPE PHÉNYL-ALLYL : La myristicine (figure 11) serait le principe actif responsable de l'effet psychodysleptique de la plante Myristica fragrans (noix muscade, nutmeg).Une similitude de structure (figure 11) a été signalée entre la mescaline et la mvristicine (25 et 30); cependant, les syndromes psychologiques et toxicologiques sont différents (34).Une certaine utilisation des produits de la noix muscade dans le milieu étudiant a été signalée, comme première expérience, ou comme suppléant mineur du LSD ou de la marijuana.Les effets secondaires désagréables représentent cependant un facteur limitatif dans l\u2019utilisation des produits de la noix muscade.6.GROUPE PHÉNYLPROPENYL : L'\u2019asarone (3, 4, 6-triméthoxypropenylbenzène ) est le principe actif de l\u2019Acorus calamus utilisé pour ses effets antifatigue et psycholeptiques au Canada, en Europe et en Asie.7.GROUPE DIHYDRO Œ-PYRONE (kava) : La dihydrokawaïne et la dihydrométhysticine seraient les ingrédients actifs de Kava kava ou Piper methysticum connu et utilisé depuis longtemps dans les îles du Pacifique du Sud (5).En dose modérée, leur action est tranquillisante et euphorisante: à fortes doses, on observe un effet hallucinogène.8, GROUPE DES COCAÏNOMIMÉTIQUES : La cocaïne (figure 12) est l\u2019alealoïde de l'Ery- Hhrotylon coca répandu en Amérique du Sud.Son utilisation comme anesthésique local est actuellement réduite à cause d'autres produits de synthèse plus actifs et moins nocifs.Le syndrome neuro- psychique est variable en fonction de la dose et de la voie d\u2019administration et peut aller du simple état de pseudo-euphorie jusqu\u2019à la psychose toxique de type paranoïaque.La cocaïne n\u2019entraîne pas de dépendance physiologique, ni de tolérance.Elle engendre, par contre, une forte dépendance psychique similaire à celle des morphinomimétiques qui rend son usage très dangereux.Laval Médical Vol.40- Janv.1969 .V Azote Y @ Carbone O Oxygène Ng ~~ Figure 7 \u2014 Modèle moléculaire de la mescaline: 3,4,5 triméthoxy-phényléthylamine (3,4,5 TM-PE).9.GROUPE ISOXAZOL (Amanita muscaria) : Récemment, Eugster et coll.(12 et 21) et Waser (33) ont mis en évidence l\u2019effet psychodysleptique du muscimol, de l'acide iboténique et du muscazon qui représentent respectivement l\u2019amine et les acides œ-aminés dérivés de l\u2019isoxazol (figure 12).Les essais chez l\u2019animal (20) et les observations chez l\u2019homme indiquent que ces substances peuvent entraîner une stimulation du système nerveux central suivie d'une psychose toxique avec troubles de perception, désorientation, dysarthrie, ete.Le mus- «1mol serait le plus actif.B.LES PSYCHODYSLEPTIQUES SANS EFFET ADRÉNERGIQUE APPARENT 1.DERIVES DU CANNABINOL (marijuana) : Une série de dérivés naturels et de synthèse, dérivés du cannabinol, ont montré un effet hallucinogène (9 et 17).Les produits naturels se trouvent dans le chanvre indien (Cannabis sativa) et est utilisé en général sous forme de marijuana (mouture de fleurs et feuilles) et de hachiseh (résine).Le produit de base, le cannabinol, est inactif (figure 13).a) Tétrahydrocannabinols (figure 13) : Certains dérivés d\u2019hydrogénation présents dans le Cannabis, les tétrahydrocannabinols (THC), mani- , festent une activité psychodysleptique chez l\u2019homme \u2014le 1 - A°- trans-tétrahydroeannabinol et I igi ily any, Li Alle Carine typing e: 345 on bptipue 1:20 ET 4e fe lt\u201d gril a Laval Médical Vol.40- Janv.1969 \u2014le 1 - A®- tétrahydrocannabinol.Des dérivés de synthèse: le synhexyl et le Ry ! quite encastrer TC er NR fii hi gti tait fin ohihlite i file rien il nan ji PHARMACOLOGIE GENERALE DES HALLUCINOGENES SKF 58301 (figure 14) présentent une activité supérieure aux THC naturels.NU H + | 7 Rg Psychodysleptiques SS Ephédrine Nor (pseudo)éphédrine Amphétamine (A) DM-A TM-A 1 TM-A 6 DMM-A (DOM -A ou STP) V Azote @® Carbone A DM ™ DMM DOM Amphétamine Diméthoxy Triméthoxy Diméthoxy-méthyl Figure 8 \u2014 Les phényl-isopropylamines (éphédrine et amphétamine).La norpseudoéphédrine (Khat) et les dérivés méthoxy-amphétamines (DMA et TMA). R ete rh Corneille RADOUCO-THOMAS Médical Laval Vol.40-Janv.1969 NN b) Cannabidiols (figure 14) : Il a été suggéré que les cannabidiols et leurs dérivés, les acides cannabidiolique et tétrahydrocanna- bidiolique, peuvent être convertis sous l\u2019effet de la chaleur en THC hallucinogène.La dépendance de type cannabique se caractérise en général par l'absence de tolérance et de dépendance physiologique.La dépendance psychique est systématiquement rencontrée.Son intensité est va- rlable, modérée ou intense, suivant les sujets.2.ANTAGONISTES DES ANALGESIQUES TOXICOMANOGÈNES : Les antagonistes de la morphine et des morphi- nomimétiques ont été signalés comme inducteurs R, V Azote @ Carbone / eo N Psychodysleptiques 2 3 5 6 CH, MD-A H ; H H Azote @ Carbone > MMD-A1 H CH30 H O Oxygène 2 ~ CH H CH30 = MMD-A2 H 2 3 oT / \\ eg 2 2 MMD-A 3a CHz0 © 0 H H 1 2 CH MD = Méthylène-dioxy % MD-A1 CH30 / CH30 H MMD = Monométhoxy £ 0 0 méthylène dioxy = TMD = Diméthoxy = CH méthylène dioxy DMD-A 2 CH,0 CH,0 2 H 3 3 N 0 (types MMDA et DMA).Psychodysleptiques Ry Ry Ra Rs Re Amphétamine (A) H H H H H Tranylcypromine (T) H H H H H Triméthoxy- Tranylcypromine H CH,0 CH,O CH,0 H CIM-T) Figure 10 \u2014 Les dérivés de la phényl-cyclopropylamine (tranylcypromine).pei EU eels lm! tip \u201c Figure J: Fig Pin ¥, 19 DHA Laval Médical Vol.40-\u2014 Janv.1969 d\u2019effets psychodysleptigues du type onirogene, La nalorphine induirait un syndrome psychologigue de tvpe cannabique (29).MYRISTICINE 3, méthoxy- 4,5 méthylenedioxy- allyl-benzène CH30 CHp \u2014\u2014 C = CH, ® Carbone CHy \u2014 CHy \u2014 NH, MESCALINE 3,4,5 tri-méthoxy-phénylethylamine Figure 11 \u2014 Les dérivés phényl-ailyls.La structure chimique de la myristicine en comparaison avec celle de la mescaline.R K = Cos 0 2 @® = Carbone a \u2014- COCAINE UH N CH, Om 0 MUSCIHOL H f \u201d 9 Bu CH3 NH, = \u2014CH 3 coo® cod® 0 ô ACIDE IBOTENIQUE MUSCAZON Figure 12 \u2014 La cocaïne et les psychodysleptiques de l\u2019Amanita Muscaria : le muscimol, l\u2019acide iboténique et le muscazon, PHARMACOLOGIE GÉNÉRALE DES HALLUCINOGÈNES 21 \u201cJuge lite tft eh ee \" inne HE EL HR rth 1 i a anise] hier, Hint Les données concernant les autres antagonistes de k la morphine: levallorphan, eyelazocine, pentazoeine.sont encore incomplétes, E Quelques mots maintenant sur les psychodysleptiques sans pharmaco-dépendance apparente, psyeho- dysleptiques confusionnels ou délirogènes.Une série d'agents pharmacologiques engendrent.à l\u2019occasion de leur administration, un état de confusion onirique avec amnésie.Ils ont été définis par Rojette (27) et Jacob (18) comme agents confusionnels, et par Deniker comme psychodysleptiques délirogènes (8).Dans le tableau I et la figure 15 sont indiquées | \u2026.À pen ko el), = gel ! R \" a sH11(n) ® Carbone O Oxygène = \\ > PA 1 - 4° - Trans - TuC 1 - TETRANYDROCANNABINOLS (THC) Figure 13 \u2014 Les psychodysleptiques type de la marijuana : le cannabinol et les tétrahydrocannabinols (THC).DMHP / SKF 5301 SYNHEXYL Ro: 3 =(1',2'-diméthyl-heptyl) où R = CgH 30e) R\" H J ! R=\u2014C\u2014.\u2014R' R | | H CHy R' = CsH)) R\" = CH OH Za COOH ! R @ Carbone R = CsH,; (n) O Oxygène CANNABIDIOL et AC.CANNABIDIOLIQUE Figure 14 \u2014 Les psychodysleptiques de synthése type de la marijuana : le cannabidiol et acide cannabidiolique. 22 Corneille RADOUCO-THOMAS les principales substances naturelles et de synthèse à effet délirogène, Une étude des effets pharmacologiques et du mécanisme d'action de ce groupe est présentée ailleurs (28).Médical Laval Vol.40- Janv.1969 Cependant, ce qui caractérise la plupart de ces agents pharmacologiques (type ditran), c\u2019est que le sujet ne se rappelle pas de l'expérience vécue et ne manifeste pas le désir de la répéter.Alcaloides Plantes 1 Hyosciamine Atropa Belladona dl \" / Atropine Datura Stramonium Hyoscine / Scopolamine Scopola Carniolica 0 \u2014i v Ed 3 Ra 0 o | 4 = R1 7 -o\u20140 N-R 0 Ry Ac.tropique Tropine - Pipéridyl-glycolate Ditran et dérivés 0 R 0 2 | ?Ry > 0 o +o a £ A oJ 1 \u20ac 2 > N - R 3 wn 3 - Antiparkinsoniens Anticholinergiques 3 Trihexyphenidyl / Artane * Benztropine mesylate / Cogentine Figure 15 \u2014 Les psychodysleptiques confusionnels ou délirogènes : les alcaloïdes de la belladone et les délirogènes de synthèse, les pipéridyl-glycolates (ditran) et les antiparkinsonniens (anticholinergiques).; { i i I wile vo I ah Legal onl gt ip les es.aie ly 0 Dans villes Dil J Fiat Lis» él) 1 = Vol.40- Janv.1969 Laval Médical Cet aspect apparaît important sur le plan toxicologique, car l\u2019amnésie post-expérimentale est un facteur lunitatif dans l'induction de la dépendance et de l\u2019abus de ces drogues.Cependant, un certain usage non contrôlé a été signalé avec des préparations a base d\u2019atropine (ex: cigarettes anti-asthmatiques).La phencyelidine (Sernyl) présente des particularités qui la différencient des autres psychodysleptiques.Néanmoins, à titre provisoire, elle est intégrée dans la catégorie des délirogènes.3.INHALANTS : Dans le passé, les anesthésiques généraux ont été utilisés pour leur propriété psychodysleptique.Citons particulièrement l'éthéromanie répandue à l\u2019état endémique au XIX° siècle.Les solvants aromatiques, type toluène et acétone.ingrédients de base des colles, vernis, ete, représentent les agents à effet psychodysleptique les plus .BOISSIER, J.R., Animal versus human pharmacology.Prediction of human responses from animal experiments, in : Proc.First International Symposium on psychodysleptics and pharmacopsychoses, Québec, 1968 (en préparation).2, CrrreTT, C., Pharmacology of psilocybin, pp.291- 294, in : Psychopharmacology.Proc.First International Congress of Neuropsychopharmacology, Rome, 1958.BranLEY, P.B., DENIKER, P., and Ra- boTco-THomas, S., (Eds.), Elsevier Publishing Company.New York, 1959.J.CHEYMOL, J., Aspect de quelques hallucinogènes d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui, Conférence donnée au Palais de la Découverte le 11 février 1967, université de Paris, Palais de la Découverte.COHEN, S., Psychomimetic agents, Ann.Rev.Phar- macol., 7 : 301-316, 1967.CRONHEIM, G.E., 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de systématisation des divers psychodysleptiques, il apparaît nécessaire de souligner que les effets engendrés sont liés moins à l'agent pharmacologique lui-même qu'à son interaction avec le substrat neuro-biologique de l\u2019individu.La structure chimique, le mécanisme et le point d\u2019 impact des psyvchodysleptiques sont certainement des facteurs importants, mais les réactions neuro- psychiques induites sont dépendantes surtout de la structure de la personnalité du sujet et de son degré de connection avec le milieu (8, 23.25 et 29).tics and Pharmacopsychoses, Québec, 1968 (en préparation).ÿ#, Enpy, N.B., Harracn, H., Isseuc, H., et SErvers, M.H.\u2026 Drug dependence : Its significance and characteristics, Bull.Org.Mond.Santé, 32 : 721- 733, 1965./1).FarLrLacry, L.A.Clinical use of psychotomimetic substances, Compr.Psychiat, 7 © 13-19, 1966.11.GESSNER, P.K., et Pacr, I.H., Behavioral effects of 5-methoxy-NN dimethyltryptamine, other trypta- mines and LSD, Am.J.Physiol.203: 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search for psycho- Wl À Acta, 48 : 901-928, 1965.active drugs, Errox, D.H., (Ed), Public Health 22, NosAL, G., RADOUCO-THOMAS, S., CHAUMONTET, J.M.Service Publication.n° 1645, Washington, 1967.| 4 et Ranouco-Tnomas, C., Effets psychosogéniques des ;; Uxurr, S.M, Mescaline, LSD, psilocybin, and person- , i analgésiques stupéfiants.Action de certains psy- ality chance, Psychiatry.26 : 11-125, 1963.| Me choleptiques, bp.384-386, in : Neuropsychoparma- 3, Waurers, C.G., et Coorer, P.D., Alicyclic analogue ta cology.Proc.First International Congress of Neu- \u2018 .; of mescaline, Nature.218 : 298-300, 1968.ro-psychopharmacology, Rome, 1958, BranLry, P.P.I DENIKER, P., and Rapovco-THOMAS, C., (Eds.).33.WASER, P.G., The pharmacology of Amanita Mus- | _- Elsevier Publishing Company.New York, 1959.caria.pp.419-439, in : Ethnopharmacologic search CE for psychoactive drugs, Erron, D.H., (Ed.), Public der 3 23, RADOUCO-THOMAS, C., General pharmacology.Survey Health Service Publication.n° 1645, 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classiques sur le hachisch et le peyotl aux travaux modernes sur le lysergamide et la psilocy- bine, en passant par les observations et relations des intoxications volontaires, il est possible de tirer les caractéristiques cliniques des hallucinogènes, Il convient toutefois de distinguer nettement entre les ivresses aiguës et les troubles provoqués par les abus réitérés, prolongés ou massifs, qui sont relativement moins bien connus et qui soulèvent les difficiles problèmes posés par les pharmacopsyehoses.I.INVENTAIRE DES AGENTX EN CAUSE Les psychodysleptiques sont les drogues qui perturbent l\u2019activité mentale et, parmi eux, les hallucinogènes se caractérisent par leur aptitude à provoquer des libérations imaginaires et des distorsions des valeurs de réalité.Sont éliminés de cet exposé les troubles mentaux occasionnés par des médicaments courants (hormo- l\u2019ACFAS.PHARMACOLOGIE HUMAINE DE L\u2019USAGE INCONTRÔLÉ DES DROGUES * Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Québec, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et P.DENIKER et D.GINESTET.nes, antibiotiques) ou par des agents psychotropes non hallucinants: nous verrons que la sémiologie de ces psychoses toxiques est assez différente de celle que peuvent engendrer les hallucinogènes, Toutefois, nous aurons à distinguer les actions des psycho- dvsleptiques proprement dits de celles des stimulants comme les amphétamines, ces deux tvpes de substances étant fréquemment associés par les amateurs de toxiques.On peut classer les psychodysleptiques d'usage extra-médical en trois catégories (tableau I): TABLEAU I Principaux types d'hullucinogènes Ï.SUBSTANCES NATURELLES : chanvres : cannabis indica.sativa, ete.cactées : Tiphophora williamsi (peyotl) trichocerus.etc.solanées : datura, jusquiame harmala perganum bunisteria caupi champignons : psilocybles, conocybes, stropharia, amanites.iboya.loco, ete.IT.PRODUITS PHARMACEUTIQUES : DÉRIVÉS DE L\u2019ACIDE LYSERGIQUE ! mescaline psilocybine, psilocine harmine, harmaline etc.III.COMPOSÉS DIVERS : tétrahydrocannabinol diéthyltryptamine diméthoxyméthyl-phényléthylamine (S.T.P.) balbocapnine, ibogaine, ete.SITE K 1.les produits d\u2019origine naturelle, anciennement connus; 2.les produits d\u2019origine pharmaceutique dus aux synthèses modernes ; 3.les produits sélectionnés, ou réalisés par les toxicomanes eux-mêmes dans le cadre d\u2019une « psychopharmacologie parallèle» qu\u2019on ne saurait négliger.1.LES SUBSTANCES D'ORIGINE NATURELLE : Le chanvre (notamment les variétés indica et sati- va) est le plus ancien et sans doute encore le plus répandu des hallucinogènes naturels.On utilise les feuilles ou les sommités, mêlées au tabac, en inhalation ; on peut également absorber divers extraits de facon artisanale ; on utilise surtout la résine sécrétée par les plants sous certains climats.La posologie humaine n\u2019a pas changé depuis Moreau de Tours au XTXe siècle : on prend des doses croissantes jusqu\u2019à ce qu\u2019un effet se produise.Le cactus du Mexique appelé peyotl et les champignons hallucinogènes de ce pays (Psilocybes, Co- nocybes, Strophariae) qui ont donné lieu à la découverte de la mescaline, de la psilocybine et de la psilo- cine ne sont pas utilisés sur une grande échelle à l\u2019état naturel.On peut en dire autant des amanites.La coca et la cocaïne ne sont pas non plus d\u2019un usage extensif.Leurs effets se rapprochent de ceux des stimulants autant que des hallucinogènes.Pour mémoire, nous mentionnerons l\u2019opium et ses dérivés, car ils sont, en usage chronique, de véritables perturbateurs de l\u2019activité mentale.On ne peut cependant, sauf cas exceptionnels.les classer parmi les hallucinogénes.2.LES SUBSTANCES D\u2019'ORIGINE PHARMACEUTIQUE : Parmi les principes actifs, extraits ou synthétisés par les chimistes, il semble que seul le lysergamide, ou LSD, soit une drogue répandue.Au contraire, la mescaline et la psiloeybine sont restées sous contrôle médical et n\u2019ont pas donné lieu à des abus comparables.Laval Médical 26 P.DENIKER et D.GINESTET Vol.40- Janv.1969 La diffusion du LSD tient notamment à trois facteurs: d\u2019abord sa très haute activité à des doses minimes qui en fait un toxique à très grand rendement; c\u2019est ensuite la facilité de le fabriquer elandestinement à partir de l\u2019acide lysergique ; c\u2019est enfin la publicité dont il a été le centre et qui fait de lui le toxique des jeunes, par excellence.Du point de vue posologie, il faut insister sur le caractère d\u2019invisibilité du produit dissous et sur le fait qu\u2019en l\u2019absence de formation scientifique 1l est difficile de caleuler et même d\u2019imaginer des doses de l\u2019ordre du microgramme, ceci pouvant aboutir à des erreurs énormes, décuplant ou centuplant les doses ingérées.Nous verrons plus loin qu\u2019il nous faut inserire dans ce paragraphe les amphétamines, non pas tant pour leurs effets aigus qui ne sont pas hallueino- genes que pour les troubles que peut amener leur usage prolongé: troubles du caractére et bouffées délirantes de différents types.Parmi les actions pharmacologiques spéciales à ce groupe de composés figure l\u2019effet de tachyphylaxie qui explique sans doute les dosages très élevés qui peuvent être atteints soit avec les formes orales, soit avec les produits injectables.On peut encore citer, comme intermédiaires entre les analgésiques et les psychostimulants, le dextro- moramide et ses dérivés.3.LES SUBSTANCES SELECTIONNEES PAR LES TOXICOMANES : Leur variété est trés grande et leur pharmacologie souvent encore mal connue, car peu étudiée.Des produits « innocents » comme la colle plastique pour modèles réduits jusqu\u2019au méga-hallucinogène ou S.T.P.(diméthoxyméthylan, tétamine), nombreux et sans cesse renouvelés, sont les agents qui n\u2019ont donné lieu qu\u2019à peu d\u2019études scientifiques.Si l\u2019Amérique vient sans doute en tête pour la découverte de ces toxiques, l\u2019Europe exerce aussi son activité dans la sélection des agents enivrants.En France.l\u2019existence du Dictionnaire Vidal des spécialités pharmaceutiques permet aux amateurs hs anil it! fore ane] faa qu pin res | tll à ! ill ils supra (te sosie JR § \u201cep sl antl All SEN lial My ling at RIN pes ji i cin Laval Médical Vol.40- Janv.1989 PHARMACOLOGIE DE L'USAGE INCONTROLE DES DROGUES 2 midis la plupart des sujets répondent à des doses de toxiques un fructueux screening: ainsi le buta- nolamide de l\u2019acide lysergique (antimigraineux) suffisantes.aurait des propriétés hallucinogènes, bien qu\u2019il ne Suivant le principe classique de la spécificité des figure pas au tableau des stupéfiants (tableau «B ») poisons, on à cherché à distinguer des actions spé- comme les autres dérivés de l\u2019acide lysergique.ciales à telle ou telle substance : par exemple, l\u2019effet En outre, l\u2019activité de recherche des toxicomanes hallucinant et l\u2019effet dépersonnalisant.En fait, s\u2019exerce dans le domaine des associations de toxiques lorsqu\u2019on utilise des doses suffisantes sur un nom- qui n\u2019avaient pas été prévues, et pour cause, par les bre assez grand de sujets, on constate que la plupart firnes pharmaceutiques.En particulier, l\u2019associa- des syndromes psychiques sont communs à tous les tion à l\u2019aléoo] des barbituriques, des hypnotiques agents hallucinogènes.ou des tranquillisants peut donner des résultats À l\u2019inverse, on à affirmé que l\u2019action des toxiques surprenants.n'est pas spécifique et que c'est la personnalité sous- Cette activité créatrice réalisée par ou pour les Jacente et préexistante qui se révèle lors des ivresses.toxicomanes nous paraît appeler deux ordres de me- Si l\u2019on observe un nombre suffisant de sujets s\u2019étant sures que sont la recherche scientifique et la méde- livrés à des expériences multiples, on constate que cine préventive.Les produits usités devraient être les syndromes psycho-dysleptiques sont partagés par systématiquement étudiés dans des unités spéciali- la majorité quoiqu\u2019en proportion variable.selon les sées et les antidotes apportés aux malades grâce à individus et les expériences.un système assez souple de dispensaires d'hygiène Aussi nous avancerons que les hallucinogènes ont mentale organisés dans ce but.des propriétés qui les différencient absolument des autres psychotropes, et que leurs effets peuvent être observés sur la plupart des individus avec des varia- ÏI.INVENTAIRE DES EFFETS CHEZ L'HOMME tions qui ne sortent pas des limites de plusieurs syn- Ainsi qu'il a été indiqué en débutant, il convient (lromes caractéristiques.iei de distinguer entre l\u2019action aiguë ou ivresse et .J 337 a QQ ; Q 2 Xe a \u201d + 4 De a.; > ge les troubles chroniques provoqués par des prises Symptômes psychiques caractéristiques : répétées 1 3.co .4 Lo épétées de toxiques On peut distinguer trois degrés dans la sémiologie : |.L'IVRESSE AUX LIALLUCINOGÈNES : \u2026 Lo 2 cas ; a) L'intoxieation légère se limite à l\u2019euphorie Les hallucinogènes ont en commun des propriétés avec TÉVerIes agréables et parfois des visions à yeux singulières qui se rattachent pour la plupart à la fermés.C\u2019est le cas avec les faibles doses, pour des : a Pa 2 : 1 Ac] 3 \u2018aon » Ie 1vV1té phénoménologie du rêve provoqué à l\u2019état de veille, Sujets résistants, ou s\u2019il s\u2019agit de drogues d'activité Ces propriétés n'existent que pour un nombre médiocre.par exemple l\u2019harmine et l\u2019harmaline.limité de substances.S\u2019il y a beaucoup de produits b) L\u2019intoxication moyenne fournit le tableau le enivrants, il en est peu qui produisent des ivresses plus riche et le plus typique.C\u2019est elle que nous hallucinatoires ; çe sont les corps que Lewin classait prendrons comme objet de description de l'ivresse parmi les phantastica.hallucinatoire.Chez des sujets prédisposés, l'ivresse, même alcoo- c) Enfin, l\u2019intoxication profonde fournit une sé- lique, peut produire des troubles mentaux avec hal- miologie très intense mais aussi durable.C\u2019est là lucinations (ivresses pathologiques).mais ceci est qu\u2019on peut voir l\u2019ivresse dépassée, la véritable psy- l'exception.Au contraire.les troubles psycho- chose aux hallucinogènes, qui est traitée après les sensoriels sont de règle avec les hallucinogénes.I] ivresses proprement dites.n'est pas possible d'affirmer que tous les individus S1 l\u2019on compare les synthèses sémiologiques pu- sont aptes à éprouver illusions et hallucinations, bliées sur les principaux agents hallucinogènes, on 28 P.DENIKER et D.GINESTET est frappé des similitudes de ces descriptions, en dépit des différences tenant aux auteurs et au mode d\u2019approche, On peut même dire que le tableau clinique fait pour une drogue est valable pour les autres; la plupart des auteurs ont mentionné le fait sans en tirer de conclusions générales.Ainsi les observations principales de Moreau de Tours sur le hachiseh (tableau IT) se retrouvent- elles dans les analyses des ivresses a la mescaline (tableau IIT), au lysergamide (tableau IV), et à la psilocybine (tableau V).Les symptômes majeurs sont mis en valeur dans toutes les descriptions, par exemple « l'excitation » dont Moreau faisait le phénomène primordial.Si tel symptôme important paraît manquer dans une étude, il est généralement facile de l\u2019y retrouver grâce aux lignes directrices établies à partir des autres publications: ainsi la présence des synesthésies, ou enchaînements de phé- nomenes.sensoriels d\u2019ordres différents, qui n\u2019est pas formulée par Moreau, se retrouve explicitement dans son œuvre à propos du « quatrième phénomène » (développement de la sensibilité de l\u2019ouïe) ou 1l écrit : « J\u2019entendais le bruit des couleurs ».Sans doute, la sémiologie varie-t-elle selon les doses, les agents et les sujets d\u2019expérience, notamment entre sujets sains et malades mentaux (tableau VI).Tout se passe pourtant comme s\u2019il exis- fait un ensemble limité ou pool sémiologique dans TapLeav IT Les effets du huchisch.selon Moreau de Tours, 1845 (15) I.Modifications physiques : neurovégétatives.IL.1°\u201d phénomène : SENTIMENT DE BONHEUR (euphorie).III.2° phénomène (primordial) : EXCITATION, DISSOCIATION DES IDÉES.IV.3° phénomène : ERREURS SUR LE TEMPS ET L'ESPACE.V.4\" phénomène : DE LOUIE.DEVELOPPEMENT DE LA SENSIBILITE VI.5\" phénomène : 1DÉES FIXES, CONVICTIONS DÉLIRANTES.VII.6\u201c phénomène : LÉSIONS AFFECTIVES (dérèglements émotionnels).VIII.7° phénomène : IMPULSIONS IRRÉSISTIBLES.IX.8° phénomène : A.ILLUSIONS (en rapport avec la mémoire).B.HALLUCINATIONS, Médical Laval ( Vol.40-Janv.1969 TasLEAU lIT L'intoxicution mescalinique, selon Ropert-Garnier (21) I.SYMPTÔMES PHYSIQUES © a) neurovégétatifs, b) neurologiques, c) catatonie (chez les malades mentaux).II.MODIFICATIONS THYMIQUES © a) excitation, dépression, indifférence, inhibition autistique, b) diminution du contrôle émotionnel, ce) variabilité du contact.TIT.TROUBLES PSYCHO-SENSORIELS : a) troubles visuels : déformations, transformations, visions a yeux fermés, hallucinations élémentaires et complexes, b) troubles auditifs, olfactifs, gustatifs, tactiles, c) troubles proprioceptifs, d) synesthésies, e) troubles de la perception de l\u2019espace et du temps.TV.TROUBLES DE LA CONSCIENCE ET DE LA STRUCTURE DE LA PERSONNE : 4) transformation de l\u2019ambiance.D) transformation du moi.c) vécu délirant.d) dysmnésie et amnésie après l\u2019intoxication.TaBLEAU IV L'intoxication au lysergamide, selon D.Widlocher.(thèse 1957) I.E¥FETS VEGETATIFS : sion, etc, sialorrhée, sudation, hyperten- IT.TROYBLES MOTEURS : incoordination.III.EFFETS PSYCHOSENSORLELS : 1.troubles tactiles de la sensibilité profonde et du schéma corporel ; 2.troubles visuels : «) illusionnels : modifications des contours, visages rapports spatiaux, mobilité anormale des objets, interprétations illusionnelles ; D) hallucinatoires : hallucinations élémentaires, hallucinations complexes ; 3.troubles acoustiques ; 4, modifications du goût, de l\u2019odorat.IV.EFFESS PSYCHIQUES : 1.troubles de la conscience et du cours de la pensée, conscience de l\u2019état morbide ; 2.modifications de l\u2019humeur : euphorie, hypomanie, crises anxieuses ; 3.manifestations oniroïdes ou paranoïdes ; 4.expériences de dépersonnalisation ; 5.expressions artistiques de la psychose.a.fil #4 1], val \"| bi [IL vi sue] dire deg ue yy ity li ge hy iri \u201cely fy lig Jy fil, lire fat thy li | Shiny dy}, [ion I J in, a as i Laval Vol.40 -Janv.1969 Médical TaBLEAU V Les effets de la psilocybine, selon M.Quétin (20) I.EFFETS SOMATIQUES : à) neuro-végétatifs ; b) signes généraux : c) troubles neurologiques.TI.MODIFTCATIONS DE L\u2019'HUMEUR : «) hypomanie, euphorie contemplative ; bh) dysphorie, subexcitation et prostration ce) irritabilité, opposition.III.PHÉNOMÈNES PSYCHO-SENSORIELS : à) visuels : illusions, perceptions sans objets ; Lb) auditifs : illusions, hallucinations ; c) gustatifs, olfactifs, tactiles ; d) synesthésies ; e) perturbations somato-gnosiques.IV.TROUBLES INTELLECTUELS : à) troubles de l\u2019attention et de la concentration : b) troubles de la mémoire ; c) troubles de la conscience du temps et de l\u2019espace.V.TROUBLES DE LA PERSONNALITÉ, DÉPERSONNALISATION : à) transformation de soi ; b) étrangeté du monde extérieur.VI.CONSTRUCTIONS DÉLIRANTES, VII.MODIFICATIONS DE L\u2019ATTITUDE VIS-A-VIS DE L'OBSERVATEUR (contact).lequel les observateurs relèvent des pourcentages différents de symptômes mais où toute la sémiologie demeure inscrite.C\u2019est cet ensemble symptomatique que nous avons présenté en groupements symptomatiques (tableau VIT) quelque peu arbitraires et qui ne prétendent à établir ni une hiérarchie ni une chronologie des symptômes, mais un plan pour s\u2019orienter dans une phénoménologie si polymorphe et changeante d\u2019un instant à l\u2019autre.Existe-t-il un ou plusieurs symptômes-clé expliquant toute l\u2019action des hallucinogènes ?Pour Moreau, « l\u2019excitation » était le phénomène primordial ; mais ce terme était entendu dans un sens si large qu\u2019il ineluait la « dissociation des idées »: en fait, c\u2019était l\u2019action même de la drogue sur le psychisme.La plupart des auteurs ont naturellement mis l\u2019accent sur les perturbations esthésiques, 1llu- sionnelles ou hallucinatoires qui ont valu leur nom aux hallucinogènes.Personnellement, nous souligne- PHARMACOLOGIE DE L'USAGE INCONTRÔLÉ LES DROGUES 2 rons l'importance des synesthésies, ou enchaînement sensoriel d\u2019un domaine à l\u2019autre et du réel à l\u2019imaginaire (le bruit des couleurs), ainsi que des synesthésies eemnésiques ou reviviscences (souvenirs revécus) provoquées par des sensations, qui paraissent être des symptômes spécifiques quoique non absolument constants.Ki l\u2019on veut regrouper la sémiologie de l\u2019ivresse hallucinatoire autour d'un seul concept, c\u2019est cer- tamnement à la phénoménologie du rêve qu\u2019il faut se référer.Moreau de Tours l'avait noté le premier ; la plupart des symptômes, même ceux qui sont contradictoires (par exemple l\u2019exaltation de l\u2019humeur et la perte du contact avee le réel) s'expliquent quaud on les rapporte à l\u2019activité onirique.C\u2019est pourquoi Delav à raison de proposer la dénomination d'onirogènes plutôt que celle d\u2019hallucinogenes.Une référence qui est cxalement invoquée est celle des psychoses artificielles, et l\u2019on a parlé d\u2019agents psychotomimétiques.Il y a plus de cent ans, Moreau de Tours faisait déjà le parallèle entre hachisch et aliénation mentale, mais cette dernière était entendue dans le sens général de l'époque, sans relation avec une psychose donnée.Avec les études sur la mescaline, une référence plus précise fut faite à la schizophrénie, c\u2019est-à-dire aux schizophrénies aiguës : le parallèle le plus étroit entre l\u2019action de la drogue et la sémiologie psychotique aiguë est sans doute celui de d'Osmond et Smythies (19).Mais beaucoup d'auteurs, notamment M.Bleuler (4), ont m- sisté sur les différences entre psychoses naturelles et artificielles.Similitude ou identité, se demande Delay (4), tout le problème est là.Le fait même que la question se pose montre que la ressemblance n\u2019est pas absolue.La différence essentielle réside sans doute dans le caractère transitoire des troubles artificiellement provoqués, qui demeurent ainsi contrôlés.La limitation de l\u2019expérience dans le temps facilite sa eri- tique et sa domination par le sujet : « Je savais que c\u2019était une expérience et que celle-ci allait se terminer », disait en substance un de nos volontaires (7).À cet égard, l\u2019emploi des neuroleptiques comme antidote des hallucinogènes a renforcé le contrôle 4 2 30 P.DENIKER et D.GINESTET que nous avons sur l\u2019expérience.Avant qu\u2019existe cette possibilité, les troubles pouvaient se prolonger bien au delà du stade hallucinatoire proprement dit : il suffit de relire l\u2019auto-observation de Morselli (16) ou même celle de Jean-Paul Sartre.Paradoxalement on eût pu dire que la phase la plus inquiétante de l\u2019expérience était la phase post-hallucinatoire qui pouvait comporter un vécu de type prépsychotique authentique.Le problème ambigu des psyehoses artificielles se trouve posé de facon renouvelée dans le cas que nous examinerons plus loin, celui des ivresses « dépassées » et des psychoses provoquées par les intoxications chroniques.On se trouve là devant le problème inverse: il ne s\u2019agit plus de savoir en quoi les troubles artificiels ressemblent ou non à des psychoses véritables, mais bien de dire si une psychose authentique à pour origine l\u2019abus de la drogue.Laval Médical Vol.40-\u2014 Janv.1969 2.LES INTOXICATIONS CHRONIQUES : T1 faut d\u2019abord souligner la rareté relative des troubles proprement psychotiques dans le cadre des intoxications prolongées et il faut, en même temps, noter que les stigmates d\u2019intoxication chronique sont souvent discrets et banals, n\u2019apparaissant qu\u2019à l\u2019observateur averti.De même qu\u2019il v à énormément de buveurs relativement au nombre des psychoses éthyliques, de même on sait combien sont diseutés les signes probants de l\u2019aléoolisme chronique.Certes, on peut esquisser un syndrome d\u2019amphé- taminisme chronique fait d\u2019amaigrissement, de troubles du caractère avec irritabilité et d\u2019une certaine hyperactivité improductive où le patient entreprend quantité de tâches mineures sans les achever, poussé par une impatience continuelle qui peut provenir d\u2019un trouble de l\u2019évaluation du temps véeu.TasLEAU VI Incidence des troubles produits par la psilocybine chez les normaux et chez les malades mentaux, selon Delay et coll.(8) \u2018 NORMAUX MALADES SYMPTÔMES en pourcentage en pourcentage I.Modifications thymiques _ 002 0er nee 100 82 euphorie 91 38,5 dysphorie 87,5 65 II.Phénomènes visuels 000 nan nn ones 87,5 38 FRE EST) à ON 7,8 19 hallucinations.eee a er eee carre rare ere ee en ee 31 16 hallUCinoses Le ne eee ea eee en eee ee T5 26 III.Modifications de l\u2019ouïe eine era rene 56 hallueinations eee eee eee ee ee eee 9 7 IV.Manifestations gustatives 10 28 1,5 V.Manifestations olfactives 00e 6 1,5 VI.Synesthésies audio-visuelles 100 12,5 0 VII.Perturbations de la somato-gnosie 11200 50 21 VIII.Dépersonnalisation ._.69 35 IX.Libérations mnésiques 000 41 48 X.Opposition Le Line 16 40 pl) vol Ji Yas \\ fi {i sp hs © yes yl i gy De mr peut si des ph le i IR Er Létu pricey 5 lel! vt fe mem Laval Médical Vol.40-Janv, 1969 Mais si l\u2019on considère le cannabisme chronique, fléau social beaucoup plus répandu, il n\u2019est guère de symptôme caractéristique de l\u2019intoxication en dehors de l\u2019amaigrissement.Les signes neurologiques (mydriase, tremblement, hyperréfleetivité) n\u2019ont rien de spécifique.les auto-mutilations elas- siques sont fonction des individus.De même avec l\u2019usage répété du Iysergamide, on peut simplement noter des phases de prostration et des phases d\u2019hyperactivité impatiente, ainsi que de sérieuses difficultés de l\u2019activité intelleetuelle.3.LES IVRESSES DÉPASSÉES ET LES PHARMACOPSYCHOSES : L'étude des ivresses dépassées et des pharmaco- psychoses pose un problème de méthodologie en PHARMACOLOGIE DE L\u2019USAGE INCONTRÔLÉ DES DROGUES 31 TaprLeaty VII Sémiologie de l'ivresse onirique raison de la marge d\u2019ignorance qui sépare les constatations des médecins appelés à soigner ces troubles et les pratiques clandestines des amateurs de toxiques qui représentent la « face cachée » de l\u2019expérience.Tant qu\u2019on demeure dans les domaines des euphories toxiques et des ivresses hallucinatoires, les observations médicales et les récits des intoxiqués conservent un parallélisme assez étroit pour permettre les descriptions d'ensemble que nous avons déjà relatées, Mais en présence d\u2019une psychose toxique ou d'une ivresse dépassée, il existe le plus souvent des inconnues majeures.a) Tout d\u2019abord l\u2019origine toxique même peut être méconnue, le sujet ne pouvant ou ne voulant pas la révéler, tandis que ses compagnons de db) synesthésies ecmnésiantes : évocation d\u2019images passées par des sensations actuelles ; c) ecmnésies : reviviscence de souvenirs.PHÉNOMÈNES DE LIBÉRATION ONIRIQUE : a) hallucinations ; b) intuitions et convictions délirantes ; ¢) déchainement émotionnel ; d) impulsions.par exemple : extraversion et perte de contact, excitation et apathie, .LABILITÉ, CONTRADICTIONS ET SIMULTANEITE DES SYMPTÔMES : croyance et critique des troubles. 32 P.DENIKER et D.GINESTET s\u2019esquivent en voyant la fâcheuse tournure des événements.b) Même si l\u2019on a la notion du facteur toxique, il est souvent impossible de faire préciser quel est l'agent ou les agents en cause, à quelle dose et pendant quelle durée il a été pris.les toxicomanes d\u2019aujourd'hui, habituellement en groupe, s\u2019adonnent aux drogues de facon discontinue, avee alternance de débauches et d abstinence relative: les polytoxicomanies sont la régle, réalisant les assoeia- tions les plus variées; enfin, les dosages demeurent insaisissables pour les produits à fumer et les drogues « invisibles » comme le LSD.c) Il est rare d'obtenir des renseignements précis sur la personnalité antérieure du sujet : en général, les amateurs de toxiques sont des marginaux ; bien souvent, les dires de la fumille ne permettent pas de faire le départ entre un déséquilibre psycho- pathique et un état prépsychotique schizophrénique existant avant l\u2019intoxication, même l\u2019éventualité d\u2019épisodes pathologiques antérieurs comporte de grandes difficultés d\u2019anamnèse.d) Enfin, il faut souligner que les caractères mêmes de la sémiologie ne sont pas ici d\u2019une grande aide diagnostique.Dans la plupart des cas, en effet, les psychoses dues aux hallucinogènes ne présentent pas les symptômes d\u2019une psychose toxique ou exogène aiguë, mais le tableau équivoque des réactions paranoïdes et des dysthymies atypiques.Pour tenter d\u2019étudier celles-ci, compte tenu des Laval Médieal Vol.40 - Janv, 1969 objections méthodologiques que nous venons d\u2019indiquer, il nous a semblé qu\u2019on pouvait opérer par séparation et par soustraction : en isolant un à un et en analysant les aspects cliniques des troubles mentaux qu\u2019on a pu étudier à l\u2019état pur, c\u2019est-à-dire lorsqu\u2019un seul agent toxique est en cause.1.Les psychoses cannabiques: Les auteurs des pays où le cannabisme chronique sévit à l\u2019état pur (sans mélange avec d\u2019autres drogues) n\u2019ont guère mis en doute l\u2019existence des psychoses cannabiques; mais leur individualisation nosographique parmi les psychoses délirantes apparaît plus difficile.l\u2019est ainsi que B.Sigg (23), pour affirmer l\u2019importance de ces psychoses au Maroc, tire argument du fait que dans son étude (statistique d\u2019une année portant sur 110 cas de cannabismie hospitalisés) les psychoses schizophréniques sont deux fois plus fréquentes chez les cannabiques que dans les statistiques internationales.Il rapporte 46 cas de schizophrénie et 13 cas de délire chronique, soit 53 pour cent des 110 cas de psychoses cannabiques.Mais il n\u2019a pas retrouvé dans la littérature assez de données pour confirmer ce point de vue.En ce qui concerne lu nosographie, Defer et Diehl (6), sur 560 observations de psychoses canna- biques aiguës, ont relevé, par ordre de fréquence décroissante, la sémiologie observée (tableau VIII) ; ils soulignent que dans 56 pour cent des cas existe TasLeau VIII Sémiologie des psychoses cannabiques, d'après Defer et Diehl (6) ; POURCENTAGE POURCENTAGE TOTAL SÉMIOLOGIE .; sans discordance sans discordance des pourcentages Oniroïde ne aa eee 20 7,5 27,5 Maniaque ren aire 6,5 15 21,5 Excito-confusionnelle 12,5 4 16,5 Discordante \u2014 15 15 Confusionnelle 2,5 6 8,5 Anxieuse-dépressive 102 nn 2 3,5 5,5 Stuporeuse-catatonique 00000000 \u2014 4 4 Confuso-onirique 1 Les 0,5 1 1,5 Total LL arriere eee ierrainre ne re e 44 56 100 Li al ! db We five pile ie Br Jr que | Jobe IIL a [evolu à SH vtr le élique.que, i din Hs ps des smh propel Un Ï dal RIN vien PUS, lis \u201cles | fs eli Wis fins La k sp iy Poy fey thy ler fr 1 Ng ly i ray lis lion ims.4 ui I Tir Mu til etl be fp \u201clice lise NUR VE ite 5 pour I lle I Laval Médical Vol.40- Janv.1969 une discordance psychique, sans pour autant assimiler les psychoses cannabiques et schizophréniques.Bien que nettement distinetes des 1vresses par leur sémiologie et leur durée, 11 semble néanmoins que les psychoses cannabiques se caractérisent par la brièveté de leur durée: quelques jours a quelques semaines.Des rechutes sont possibles et, a la longue, un affaiblissement démentiel peut se faire jour.L\u2019évolution chronique d\u2019emblée dans des psychoses à symptomatologie schizophrénique doit faire dis- euter le rôle respectif du toxique et du terrain psychique.Il est probable que les associations de toxiques, chanvre et alcool, ont une gravité supérieure.À titre comparatif, nous rappellerons iei les troubles psychotiques qui peuvent être provoqués par des substances psychodysleptiques qui ne sont pas proprement des hallueinogènes.On peut tout d\u2019abord mettre à part les psychoses alcooliques qui fournissent le type des psychoses exogènes aiguës à sémiologie confuso-onirique.Il convient toutefois de rappeler l\u2019hallucinose des buveurs, ainsi que l\u2019éventualité de délires hallucinatoires ou interprétatifs chroniques, notamment à thèmes de Jalousie.On peut également mettre de côté les psychoses dues aux stupéfiants, le delirium cocaïnique et le delirium amorphinique étant des raretés et les troubles cocaïniques se rapprochant beaucoup des psychoses amphétaminiques.2.Les psychoses amphétaminiques : L\u2019abus des amphétamines a posé la question de la survenue des psychoses non seulement confuso- oniriques mais surtout paranoïdes ou oniroïdes.Pour les étudier, nous pouvons nous référer à la thèse remarquable de Ph.Benoît (1) parue en 1956, done avant la grande vogue des hallucinogénes modernes, et qui relate toutes les observations publiées à ce moment.La plupart des cas représentent des intoxications relativement pures.En fait, c\u2019est avec les amphétamines qu\u2019on voit apparaître les réactions paranoides dans la nosographie des psychoses toxiques et elles sont en majorité par rapport aux accès (9) PHARMACOLOGIE DE L'USAGE INCONTRÔLÉ DES DROGUES 33 confuso-oniriques.Néanmoins, elles se caractérisent par leur brièveté extrême: résolution en quelques jours, par simple sevrage, dans la plupart des cas ; rarement elles durent quelques semaines, et guérissent spontanément; exceptionnellement, elles nécessitent une thérapeutique, mais ne récidivent pas si l'intoxication n\u2019est pas reprise.Les cas chroniques relèvent plutôt de pseudo-psychoses amphétami- niques (9), c\u2019est-à-dire de sehizophrénies dont le début se complique d'abus de drogues.Néanmoins, certains auteurs affirment l\u2019existence de psychoses chroniques amphétaminiques (24) qui comprennent des schizophrénies et des psychoses maniaco-dépressives.On peut retenir que les psychoses amphétamini- ques sont rares et qu\u2019elles sont le fait des dosages très élevés absorbés de facon prolongée.Ph.Benoît (1) en relève 45 cas en 20 ans de littérature (1987-1957) dont certains sont discutables du point de vue de l\u2019étiologie.Les psychoses amphétamini- ques sont en majorité de type paranoïde : délirantes et surtout hallucinatoires, avec possibilité de micro- hallucinations tactiles.Elles sont généralement de courte durée, spontanément curables ou sensibles aux traitements usuels.Toutefois, il n\u2019est pas possible d\u2019éliminer l\u2019étiologie toxique de certaines psychoses chroniques, schizophréniques ou dysthymi- ques, et nous avons vu que le même problème se pose à propos des psychoses dues aux hallucinogènes proprement dits.3.Les psychoses par intoxications complexes incluant le LSD : La revue de la littérature et celle de nos observations personnelles montrent qu\u2019en dépit des fluctuations individuelles qui peuvent être importantes, la sémiologie des pharmacopsychoses reste pratiquement circonserite dans le cadre des bouffées délirantes paranoïdes ou oniroïdes, à côté desquelles il faut faire place aux troubles thymiques, principalement dépressifs (tableau IX).Les cliniciens ont souligné qu\u2019en l\u2019absence de notion du toxique, le diagnostic de schizophrénie aiguë est presque toujours évoqué.L\u2019allure spéciale RENTE ENE Qe 34 P.DENIKER et D.GINESTET Laval Médical Vol.40 -Janv.1969 Tasreavu IX Pharmacopsychoses complexes i Nonser Pour Nosoc [ NOMBRE DE CAS SÉMIOLOGIE de cas CENTAGE OSOGRAPHIF 3 1.Composante dépressive 13 65 1.États dépressifs 7 2.Idées de suicide 3 15 «) mélancoliques : 1 3.Exaltation thymique 2 10 b) idées de suicide : à _ c) asthéno-dépressifs : 3 4.Agitation, troubles du 5 25 comportement 2.États d\u2019excitation 3 5.Hallucinations 10 50 «) expansifs : 1 a) visuelles : 5 db) agressivité : 2 db) auditives : 2 anxiété-agitation c) cénesthésiques : 2 oo 2, d) automatisme mental : 1 3.États oniroïdes 6 {nati 6 Dépersonnalisation 2 10 hallucinations dépersonnalisation 7.Onirisme 5 25 Lo persécution 8.Confusion-désorientation 5 25 J 4.États confuso-oniriques 4 9.Idées de persécution 5 25 LU 10.Idées mystiques 3 15 20 de la sémiologie permet-elle de soupçonner l\u2019étiologie ?Le polymorphisme et la variabilité des symptômes d\u2019un moment à l\u2019autre et le caractère oniroïde (qui se rapporte au rêve) du délire peuvent être notés, L'évolution et l'anamnèse permettent de reconnaître trois éventualités : \u2014 dans la première, l\u2019évolution est favorable, l\u2019épreuve thérapeutique positive, et la guérison de bonne qualité : il s\u2019agit alors d\u2019une pharmaco- psychose typique ; \u2014 dans le deuxième cas, on peut affirmer l\u2019existence de troubles psychotiques antérieurs, et c\u2019est généralement d\u2019une évolution schizophré- nique vraie, aggravée par l\u2019intoxication, qu\u2019il s\u2019agit; - dans la minorité des cas, l\u2019épreuve thérapeutique n\u2019étant pas franchement favorable et les renseignements sur la personnalité antérieure n\u2019étant pas concluante, il n\u2019est possible ni d\u2019affirmer ni de rejeter l\u2019hypothèse d\u2019une schizophrénie pharmacopsychotique.T] est à noter qu'il existe des formes de passage entre schizophrénie et déséquilibre psychopathique (héboidophrénie).11 est probable également que certains schizophrènes prépsychotiques sont partieu- lièrement attirés par les milieux marginaux où l\u2019on pratique la drogue.Pour trancher la question de la réalité des schizophrénies dues aux hallucinogènes, il faudrait apporter un certain nombre d\u2019observations d\u2019évolutions psychotiques confirmées chez des sujets antérieurement sains.Ceci ne paraît pas encore établi.Intérêt de l\u2019épreuve thérapeutique : Selon notre expérience, l\u2019action d\u2019une thérapeutique adéquate (chimiothérapie neuroleptique, E.C.T.) permet d'évaluer correctement la qualité de la rémission obtenue.On peut ainsi opposer schématiquement : les rémissions rapides et complètes contrastant avec la gravité des troubles initiaux et les améliorations plus lentes imparfaites.On s\u2019attachera particulièrement à évaluer l\u2019émotivité, l\u2019affeetivité et l\u2019activité du sujet.Si, à la suite du traitement, l\u2019humeur retrouve une « vi- brance > normale ou même excessive, et si le sujet gril Je ar grid ÿ le À pred sale sll 11 qua | Papel Valgre ll de flute pel er dation ue lis de Nes sont lesb pour |s lis agen préparés sity Lis this * qu 1 lu Mig bly Ï hell I\" pri La i \"ét litp J i: \u201clin LA ff Ten pu Laval Médical Vol.40- Janv.1969 reprend spontanément une activité (même marg1- nale), il y a de grandes chances qu\u2019on puisse éliminer une évolution schizophrénique.Si, au contraire, l'hypothymie et l\u2019apathie s\u2019installent, il faudra rechercher si le recours aux agents toxiques n\u2019était pas, déjà, une tentative auto- thérapeutique de ces symptômes déficitaires.Malgré un traitement efficace se produisent souvent de nouvelles intoxications et des rechutes psychotiques.L'analyse du déterminisme de celles-ci peut permettre de préciser l\u2019étiologie de la dégradation mentale progressive d\u2019un épisode à l\u2019autre.III.RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS Les agents psychotropes générateurs de phantasmes sont en nombre limité.Ceux qui donnent lieu à des abus extensifs sont essentiellement le cannabis (pour les produits naturels) et le lysergamide (pour les agents synthétiques), si l\u2019on excepte les produits préparés par les toxicomanes eux-mêmes, qui sont scientifiquement mal connus.Les effets psychiques de ces agents peuvent être classés en quatre catégories : a) pour les effets aigus, on peut distinguer : 1.les euphories toxiques banales, 2.les ivresses hallucinatoires caractéristiques ; b) pour les actions prolongées, on compte : 3.les signes discrets d'intoxication chronique, 4.les pharmacopsychoses proprement dites.Parmi celles-ci, les ivresses hallucinatoires et les pharmacopsychoses ont des caractéristiques qui semblent pratiquement communes aux divers agents hallucinogènes, en dépit de structures chimiques et de propriétés pharmacologiques différentes.Les ivresses hallucinatoires réalisent une phénoménologie de rêve en dehors du sommeil, où l\u2019on note particulièrement les synesthésies et les ecmné- sies : elles justifient la dénomination de drogues « onirogènes ».Ces ivresses se produisent chez la plupart des sujets, à doses suffisantes ; elles sont toutefois plus constantes chez les sujets normaux ou névrotiques que chez les psychotiques.\u2018 nc TR ET RE AE fi atin Gli shld PHARMACOLOGIE DE L'USAGE INCONTROLE DES DROGUES 35 Les pharmacopsychoses dues aux hallucinogènes, et aussi aux amphétamines, revêtent la forme, non des psychoses toxiques classiques, mais celle des réactions paranoïdes ou oniroïdes ainsi que celle des dysthymies atypiques, soulevant du même coup le problème d\u2019une évolution schizophrénique.L\u2019épreuve de la thérapeutique permet d\u2019individualiser les rémissions complètes, qui semblent caractéristiques, par rapport aux évolutions traînantes qui justifient une étude approfondie afin de faire la part de ce qui revient au facteur toxique et à la personnalité préexistante.Par rapport à la masse des intoxiqués, les phar- macopsychoses sont relativement rares; pour des milliers ou des millions de toxicomanes, les psychoses se comptent par dizaines ou par centaines.Mais les abus de drogues, en augmentant continuellement.entraînent un accroissement notable de la morbidité 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l'atropine ou des produits voisins, et les ECoG du sommeil naturel.En cherchant à préciser cette analogie, chez le chat libre porteur d\u2019électrodes implantées, nous avons été amenés à distinguer deux catégories de psychodysleptiques qui miment respectivement deux phases différentes du sommeil.Dans un premier groupe, nous avons étudié (7) les effets de l\u2019atropine et surtout du Ditran *.Lorsqu\u2019on enregistre par télémesure l\u2019ECoG d'un chat laissé entièrement libre dans une pièce, on constate que, quelques minutes après une injection sous- eutanée de 1 mg/kg de Ditran, 1 'animal présente un comportement de veille tout à fait anormal : les yeux en mydriase, le rythme cardiaque et respiratoire fortement accéléré, le chat ne répond plus aux sollicitations, il déambule lentement, en recommencçant sempiternellement l\u2019exploration de la pièce, Mais le phénomène le plus frappant de ce tableau est que * Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l\u2019ACFAS.1.Le Ditran, aimablement fourni par les Laboratoires Lakeside (Milwaukee, Wisc.) est un mélange de 30 pour cent de chlorhydrate de N-éthyl-3-pipérydil-phényleyclo- pentylglycolate et de 70 pour cent de chlorhydrate de N-éthyl-2-pyrrolidylméthyl-phényleyclopentylglycolate.Arlette ROUGEUL, Laboratoire de neurophysiologie comparée, Faculté des sciences, 9 Quai St-Bernard, Paris 5°.cette activité motrice n'empêche pas le développement de rythmes lents sur les tracés corticaux (figure 1, ¢).En effet, lu comparaison, que nous avons faite systématiquement, de ces enregistrements avec ceux du sommeil naturel du même animal, pratiqués par exemple le jour précédent.montre que les tracés « de veille » sous Ditran (figure I.\u20ac) sont impossibles à distinguer des tracés de sommeil lent naturel (b) ou du sommeil sous Ditran que nous avons a cm id gh EL a Lf ade nade i m \u201d lu LA alali RO ES PSE TEE NES TPE ver sue cu Sie ie] trap ° A sf pe \u2018 pad {fiat aie ne ; » 4 dg, \"Ai A AE 1sec Fy anh J 2 .i ii é M Lo + ree > * .Figure 1 \u2014 Comparaison des tracés corticaux de veille et de sommeil du même chat avant toute drogue et sous Ditran.Légende : cx m : cortex moteur ; trap : électromyo- gramme du clavotrapezieus.à : veille normale.b : sommeil lent spontané.c: « veille » sous Ditran (noter l\u2019activité EMG).d : sommeil lent sous Ditran.ai, ve GE 38 Arlette ROUGEUL A te VAN and AA .EP a nd Laval Médical Vol.40- Janv.1969 IAAP Ant Ny 8 AA ra fase A 1sec Msn hh APA Man VA Mra, Figure 2 \u2014 Ondes lentes corticales pendant le sommeil lent naturel (A) et la « veille » sous Ditran (B).exceptionnellement pu enregistrer (d).Les activités en fuseaux sont en effet identiques, non seulement par leur amplitude, leur fréquence intrafusellaire, leur durée et leur cadence d\u2019apparition, mais aussi par leur localisation sur le cortex.La ressemblance qualitative entre l\u2019ECoG «de veille > sous Ditran et le sommeil lent naturel se poursuit jusque dans les particularités individuelles; c\u2019est ainsi que chez les sujets qui présentent au cours de leur sommeil lent très peu de fuseaux mais surtout des ondes lentes irrégulières (figure 2, A), on retrouve cette prédominance des ondes lentes sur les tracés « de veille » sous Ditran (figure 2, B) ; toutefois, alors que dans le sommeil ces phases sans fuseaux n\u2019excédaient pas cinq à sept secondes, elles durent des dizaines de minutes sous l\u2019effet du psychodysleptique.Enfin, si l\u2019on traite les enregistrements pratiqués sous drogue comme ceux du sommeil naturel, on obtient un « profil » (figure 3) qui montre les particularités suivantes: l\u2019assoupissement, caractérisé dans notre nomenclature par des trains d\u2019ondes de quatre à sept par seconde (4), est particulièrement bref, puis se déroule une période de plusieurs heures composée essentiellement de longues phases de fuseaux et ondes lentes, sans qu\u2019il v ait jamais d'épisodes mimant un sommeil paradoxal.Ajoutons que ce tableau observé sous Ditran se retrouve pratiquement semblable avec l\u2019atropine (2-4 mg/kg).Puisque pendant le déroulement de ce « tracé de sommeil » l\u2019animal fait preuve d\u2019une activité motrice d'exploration, nous nous sommes demandé s\u2019il était capable de mouvements d\u2019un niveau moins élémentaire.Nous avons done administré du Ditran à la même dose à des chats qui avaient été préalablement surentraînés à un conditionnement instrumental (appui sur un levier, à un signal sonore, pour obtenir de la nourriture, figure 4, A).Bien que, nous l\u2019avons vérifié, l\u2019appétit de l\u2019animal soit maintenu ou parfois augmenté, ce type d\u2019activité dirigée devient irréalisable sous Ditran.Très rapidement, en effet, alors que l\u2019ECoG ne montre parfois pas encore d\u2019anomalies, le sujet ne sait apparemment plus ce qu\u2019il doit faire, et cherche autour de lui (figure 4, B:eh).Lorsque le plein effet du produit s\u2019est installé, on observe une activité motrice importante, quoique inefficace, contrastant A P F : mio v - 10 20 30 \u201c© 50 eo 7 som P B | vt 1 0 \u20181e 20 30 40 50 0 n somn p C A v | ml | | 0 10 20 3 4 seman Figure 3 \u2014 «Profils» tracés d\u2019après les ECoG.A: de sommeil naturel ; B : de « veille » sous mescaline ; C : de « veille » sous Ditran.V : tracé de veille ; À : tracé d\u2019assoupissement (caractérisé par la présence de rythmes à 4-7/s) ; F : tracé de sommeil à fuseaux et ondes lentes (caractérisé par la présence de fuseaux à 12-18/s) ; P: phase paradoxale, figurée par les blocs noirs.fl Ji fi far Figre 4 ~ du aici Palle enti tone go lin, Egy fe oe, A 1] [oy ; és bu, 0 ig, N ty hy hop Pia iy ll dng ling ay \u2019 Ile \" Ye | i Ne i Te Ral iy k ey \u201cly, \u2018 TN Cité, afl ih Pr Laval Médical Vol.40 - Janv.1969 À ce cit ca i ne iii i a ol ETAT DE VEILLE ET PSYCHODYSLEPTIQUES 39 B son m c c m eb m c c m m Figure 4 \u2014 Effet d\u2019une injection de Ditran sur une performance apprise.Légende : mot: cortex moteur; trap: EMG du clavotrapezius ; son : signal conditionnant sonore à 2/s ; app : signal électromécanique d\u2019appui sur le levier avec la patte antérieure.À : réponse témoin au début de la séance.B : quelques minutes après injection de Ditran.Pas de réponse conditionnée.ch : l\u2019animal cherche autour de lui.L'ECoG est encore désynchronisé.C : 20 mn après l\u2019injection.L'ECoG présente une succession continuelle de fuseaux, bien que le sujet soit très actif.Légende : M: miaule ; c : exécute des appuis sur le sol, mais non sur le levier ; eb : s\u2019ébroue.avec le développement des fuseaux sur le cortex (figure 3, C).Ainsi l'on voit que, sous Ditran, 1'état de « sommeil lent » du cerveau permet une activité motrice sans but, mais est incompatible avec une opération dirigée.S7il v a dissociation entre l'ECoG et le comportement, il faut préciser qu\u2019elle n'existe qu'entre l\u2019ECoG et le comportement sans but.Un autre groupe d\u2019hallucinogènes, tout à fait différents des premiers par leur formule chimique.a donné lieu à dse constatations analogues (6 et 81.Il s'agit (figure 5) de la mescaline (30 mg/kg), de la psilocybine (0.5 ma/kg), du LSD 25 (200 à 500 ye/ke et d\u2019un produit de synthèse, le CT 4719 2 (18 mg/kg).Mais ici le conportement dune part 2.Réalisé au Laboratoire de chimie thérapeutique de l'Institut Pasteur de Paris, Directeur : P\u201d Julia.L\u2019expérimentation a été effectuée avec l\u2019aide et les conseils de MM.Wiilfert et Demarne, de ce Laboratoire.et 1 ECoG, d\u2019autre part.sont différents de ce que l'on voit avee le Ditran.En effet.les animaux non seulement n\u2019ont pas \u2014C2Hs © >CH5 LSD-25 dy N-CH3 N OCH OH 7 3 H OPO3H H3CO NH, NH(CHy), H,CO 2 ) NH, N aM H CON mescaline sérotonine psilocybine OCH; OCH, OCH; ci cl NH, et NH, CH wave NH, 97253 ° el cl el 4719 5172 5126 Figure 5 \u2014 Formule développée des substances étudiées. 40 Arlette ROUGEUL perdu le contact avec l\u2019environnement, mais présentent apparemment un état d\u2019attention acerue.Les singularités du comportement sont a peu près les mêmes pour tous ces produits: hypersensibilité marquée à toutes les modalités de stimulus, attitudes catatoniques bien déterminées: position en kangourou (dos arqué, pattes postérieures écartées en extension, queue en volute) (1) pouvant durer 30 minutes, position couchée avec les quatre pattes en extension, doigts en éventail.Certains signes seraient en faveur d\u2019hallucinations: le sujet fixe et suit des yeux un objet en mouvement (alors que rien ne bouge), ou ramasse avec la gueule un objet imaginaire sur le sol.Ces états s\u2019accompagnent d\u2019un ECoG identique pour toutes les substances étudiées: il mime non pas le tracé du sommeil, mais celui de l\u2019assoupissement psil.27 mn Laval Médical Vol.40- Janv.1969 du même animal avant toute drogue.On voit ainsi sur la figure 6 (psil.et endorm.) que les trains de rythmes lents (entre 4 et 7/sec) ont la même allure et la même localisation sous psilocybine et lors de l\u2019assoupissement naturel: absents en 1 (dérivation frontale), maximaux dans les régions postérieures et latérales.On apprécie la différence de cette distribution avec celle des fuseaux de sommeil lent chez le même animal (figure 6, sommeil : maximum des fuseaux rapides à 15/sec en 1 et 2).Si l\u2019on traite de tels ECoG sous drogue comme un tracé de sommeil, c\u2019est-à-dire en se flant uniquement au développement des éléments électrocorticaux, on obtient des « profils » du type de celui présenté sur la figure 3 (mescaline) ; pratiquement, le produit déclenche un tracé d\u2019assoupissement prolongé sans possibilité du passage au stade suivant, de sommeil endorm.PAA | rb Np VASAT.2.AA bela 3 AMA Avant) pra Née Lettre pv sprint Nr ram print 5 ani Mami ri its sommeil | UA hsm ra Hsien inn fmt] to | a Figure 6 \u2014 Comparaison des tracés corticaux obtenus pendant la « veille » sous psilocybine et au cours du sommeil spontané avant toute drogue.Légende : spil.: 27 mn après l'injection de psilocybine ; endorm.: assoupissement naturel ; sommeil : phase de sommeil naturel à fuseaux et ondes lentes, qui fait suite à l\u2019assoupissement.rol LC von Ja, piped\u201d lpiened ue Jol edeore pil de cuit ses Jet fi SIT la ised Ditran, 1 figé Pur ery du aval shriiettire à it souvel isa indo] Tes i ue part in dof aed Ale Une « wi pil ling HP ÿn sis tir es ha \"ily; Tn di av th \u201cnn \"yy HU Sigg 1 fps Tig fo PUR, fh ie d > ae dL.198) alg ge «lle 7 In \u201c de ion be ent ui Ae dp nei Laval Médical Vol.40- Janv.1969 ÉTAT DE VEILLE ET à fuseaux et ondes lentes.Or, normalement, l'assoupissement ne dure pas plus de quatre à cinq minutes et est souvent beaucoup plus bref.Tei encore, l\u2019on n'a pas affaire à un état comportemental de veille normal, ear le sujet surentraîné voit ses performances très réduites en conditionnement instrumental.On peut done en conclure que la dissociation ECoG/comportement, comme pour le Ditran, n\u2019est visible que pour le comportement non dirigé.Pour terminer, nous voudrions dire quelques mots d\u2019un travail actuellement en cours sur les relations structure/activité des produits utilisés.On a, en effet, souvent insisté sur le rôle que semble jouer le novau indole dans les effets hallucinogènes des substances du type LSD.Or.on doit faire remarquer d'une part que la mescaline possède une structure non indolique, très probablement symétrique (fi- eure 4), et d\u2019autre part que la sérotonine, qui présente une structure indolique très voisine de celle de la psilocybine.ne peut être considérée comme hallucinogène : chez le chat, son précurseur, le 5-HTP, provoque l'apparition des mêmes tracés d'assoupissement prolongé que nous avons décrits pour les hallucinogènes de type LSD, mais cette fois accompagnés du comportement d'assoupissement correspondant (3).Aussi avons-nous étudié quelques produits de synthèse, munis de la même chaîne aminée.et qui, bien que dépourvus de noyau indole.présentent dans leur strueture la même densité électronique.Le CT 4719° (figure 5) provoque, nous l\u2019avons dit.des effets comportementaux et ECoG très analogues à ceux de la mescaline ; en revanche, le CT 5172?n'a plus que des effets minimes, et le CT 5126 2 ne pro- 3.Ct.note 2.io ls i PSYCHODYSLEPTIQUES 41 voque aucun signe apparent ni dans la sphère végétative, ni dans la sphère comportementale.11 est done évident qu'il existe d\u2019autres facteurs que la densité électronique du noyau indole ou la position de la chaîne aminée pour déterminer l'activité hallucinogène des psyehodysleptiques du type LSD.BIBLIOGRAPHIE [.Avey, W.R., Berri, F.R., et Dexnis, B.J., Effects of LSD-25, psilocybin, and psilocin on temporal lobe EEG patterns and learned behavior in the cat.Neurology.12 : 591-602, 1962.2.BrADLEY, P.B., et ELKES, 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neurochimiste, c\u2019est-à-dire le biochimiste spécialisé dans la chimie du cerveau, cette question signifie quelle est l\u2019action des psychodysleptiques au niveau de la cellule nerveuse ?Quels effets chimiques exercent-ils dans le corps?Il faut se souvenir qu\u2019en laboratoire, nous pouvons travailler sur l\u2019organe le plus complexe du corps, un organe de dix millions de millions de cellules, elles-mêmes de différents types et chacune reliée à plusieurs autres directement ou par des intermédiaires.On compare souvent le cerveau à un immense réseau électrique ou téléphonique où chaque téléphone, avec son lacis de fils, représente une cellule nerveuse, un neurone.Ces neurones sont séparés par un espace microscopique et la décharge se transmet à travers * Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et TACFAS.T.L.SOURKES, Professeur de biochimie et Directeur du Laboratoire de chimie neurobiologique, Département de psychiatrie, Université McGill, Montréal, Qué.cette jonction interneuronale par l\u2019intermédiaire de substances chimiques.Ces substances peu nombreuses et produites in situ possèdent des actions spécifiques.Vraisemblablement, chaque neurone n\u2019emmagasine qu\u2019une seule de ces substances appelées « transmetteurs » parce qu\u2019elles portent le message ou l\u2019impulsion d\u2019une cellule nerveuse à une autre.Le neurone peut libérer ou non le transmetteur selon les conditions physiologiques existantes.La biochimie a découvert que plusieurs des substances chimiques qui influencent les fonctions cérébrales exercent leur action en affectant probablement les neuro-transmetteurs.Nous savons aussi maintenant qu\u2019une diminution ou un accroissement du taux de ces substances peut modifier le comportement.Ainsi, nous avons constaté avec le docteur L.Poirier, à Laval et à McGill, que de faibles concentrations en dopamine et en sérotonine, deux transmetteurs importants dans une région partieu- lière du cerveau, le corps strié, interviennent dans le contrôle du mouvement des membres chez le singe.L'interruption des fibres nerveuses se projetant dans cette aire peut induire un tremblement postural des membres similaire à celui rencontré dans la maladie de Parkinson chez l\u2019homme et aboutit à des modifications biochimiques du même ordre.Un autre exemple est le rôle Joué par la sérotonine dans le sommeil.Il existe une corrélation entre le taux de sérotonine dans certaines parties du cerveau et les états de sommeil chez le chat.Enfin, on pense que.chez l\u2019homme souffrant de dépression mentale, il existe une déficience relative d\u2019un transmetteur, la pat fol 0 li lbs fis sy vs, 1 ! ars D qu sont porta uifent au Biv sue de \u20ac pis ll EE wel vide va aie de a i, 8 wee Lal Ja) J wilieury Pir yen Mls iy staan, pi gi \u201cnity Filey Pps itl) Uitte iss, a Tig Ui.\"isp img nif, lp 0 lg, ha! Pr URRES, hime hg >.Qué, gin awe ar Laval Médical Vol.40- Janv.1969 noradrénaline, aux jonctions des centres responsables des émotions.Lorsqu\u2019on étudie le mode d\u2019action des hallucinogènes, il faut évidemment examiner leur influence sur les transmetteurs cérébraux, car ces composés qui sont des amines assez simples jouent un rôle important.I] est possible que les hallucinogènes modifient leur concentration ou leur déplacement au niveau des jonetions interneuronales.La poursuite de cette hypothèse est encourageante, car certains hallucinogènes ressemblent chimiquement a l\u2019un ou à l\u2019autre des transmetteurs.En effet, la mescaline, qui provient d'un cactus mexicain.possède une strueture voisine de celle de la dopamine ou de la noradrénaline.Le plus récent hallucino- géne, le STP, ressemble aussi à la dopamine et possède une struéture chimique se rapprochant de celle de l\u2019amphétamine, souvent appelée speed.De plus.parmi les hallucinogènes, des substances ont une configuration chimique rapprochée de la sérotonine.Par exemple, la bufoténine se trouve dans certaines plantes indigènes des Caraïbes et dans le venin du crapaud, tandis que la psiloeybine se rencontre dans une espèce de champignon eultivé dans le plateau du sud du Mexique.Quant au LSD.il peut être synthétisé en laboratoire de même que les autres hallucinogènes.Ces ressemblances ne nous échappent pas et suggèrent que ces composés exercent leur action en interférant dans la fonetion d\u2019un transmetteur.Ainsi, la cellule, en présence de deux composés, assez similaires, l'un d'origine endogène (le transmetteur).l\u2019antre d\u2019origine exogène (l\u2019halluei- nogène) peut se tromper et choisir ce dernier.Par conséquent, sans le véritable transmetteur.l\u2019activité nerveuse normale ne peut s'exercer et elle est donc modifiée ou interrompue.On peut facilement s\u2019imaginer qu'une telle perturbation.portant sur des milliers de cellules dans une aire spécifique du ver- veau, peut aboutir à un désordre du comportement.Grn a ASPECT NEUROCHIMIQUE DES HALLUCINOGENES 43 du sommeil.des émotions et même des pensées.Il serait alors possible que le taux du transmetteur soit normal mais que cette amine existe sous une forme bloquée et inefficace lorsque l\u2019hallucinogène est présent.Ceci équivaudrait à une carence de cette amine avec perte de l'activité nerveuse dans cette région du cerveau.Comment les hallucinogènes peuvent-ils être utilisés dans les sciences psychologiques ou neuroehimi- ques ?Peut-on les employer pour disséquer les processus menfaux ?À mon avis, cette place existe pour les hallucimogènes dans la psychologie expérimentale.Dans la neurochimie, ils ont moins d\u2019importance, à l'heure actuelle, comme outils de recherche que comme objets de recherche et nous recherchons quelles réactions chuniques cérébrales sont modifies par les hallucinogènes.Enfin.depuis deux décennies, cet intérêt renouvelé pour les hallueino- gènes a donné naissance à une théorie qui suggère que des psychoses majeures, telle la schizophrénie.résulteraient de la formation d\u2019une substance hallucinogène.à partir d'une amine naturelle endogène.Selon ce point de vue, des processus métaboliques, encore inconnus, agiraient sur un intermédiaire dans la formation d'un transmetteur.conme la noradrénaline.et aboutiraient à la formation d\u2019une substance de tvpe mescaline.Une autre théorie.basée sur la sérotonine et supposant un trouble métabolique similaire, présume la production d une substance comme la psilocybine ou la bufoténine dans la schizophrénie.S'il n'y a aucune évidence formelle pour appuyer ces hypothèses, elles demeurent toutefois des conjectures intéressantes pour la poursuite d\u2019expériences biochimiques en ce sens.En effet.le neuro- chimiste possède suffisamment de produits à effet neurotransmetteur pour effectuer ces recherches et il tirera profit de l'étude des perturbations des ami- nes cérébrales au cours des situations tant expérimentales que cliniques. APPLICATIONS MÉDICALES DES HALLUCINOGÈNES * I.HISTORIQUE Depuis quelques années, nous avons assisté à l\u2019accroissement de l\u2019intérêt public envers diverses substances produisant des modifications d\u2019ordre psychologique, notamment les hallucinogènes ou psychodysleptiques.Cet attrait pour les substances hallucinogènes n\u2019est pas nouveau et les plantes dont certaines sont extraites étaient connues des anciennes civilisations et des sociétés primitives où elles avaient des applications pacifiques, euerrières ou religieuses.L\u2019empereur chinois Shen Nung (ca.2700 av, J.-C.) mentionnait la Cannabis dans son herbier (15) tandis qu\u2019il y a plus de 2 000 ans.l\u2019historien grec Hérodote décrivait les effets de la marijuana (17).Les prêtres aztèques utilisaient l\u2019ololiugui pour entrer en communication avee leurs dieux et en recevoir des messages (11).Encore de nos jours, dans les cérémonies de l\u2019Eglise indigène d\u2019Amérique qui compte au Canada et aux États-Unis plus de 200 000 membres, le peyotl est employé dans les rituels religieux (21 et 24).Quant à l\u2019ergot de seigle, un champignon parasite duquel on a isolé le LSD, les accidents * Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Québec, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l\u2019ACFAS.1.Chef de la Division de recherches, Hôpital Saint- Michel-Archange, Québec ; professeur auxiliaire au Département de psychiatrie et chargé d'enseignement au Département de pharmacologie, Faculté de médecine, université Laval, Québec, Canada.2.Directeur clinique et directeur de la recherche, Hôpital Douglas, Verdun, Canada ; professeur au Département de psychiatrie, Faculté de médecine, université MeGill, Montréal, Canada.A.VILLENEUVE' et H.E.LEHMANN ?dus à la consommation de farine contenant ce champignon parasite ont été rapportés dès le Moyen Âge (Mal des Ardents).Un chimiste suisse, Hoffmann, découvrit fortuitement en 1943 les propriétés hallucinogènes du LSD (11 et 32).Plusieurs scientifiques, dont Moreau de Tours, Beringer, Lewin et Kluver (3, 16, 20 et 23) et plusieurs écrivains, dont Baudelaire, Gautier, Huxley et Michaux (2, 8, 14 et 23), nous ont fait le réeit de leur expérience subjective sous l\u2019influence de ces agents pharmacologiques.Cette possibilité de produire expérimentalement des troubles psychiques a suscité en psychiatrie l'hypothèse que, consécutivement à un trouble métabolique, une maladie mentale comme la schizophrénie pourrait être causée par la formation endogéne de substances anormales capables de modifier d\u2019une façon durable la personnalité.Cette hypothèse est d'autant plus séduisante que certains hallucinogènes sont chimiquement voisins de l\u2019adrénaline et de la sérotonine, deux éléments normaux de l\u2019organisme bumain.Cette théorie n\u2019a cependant pas encore été vérifiée à l\u2019heure actuelle (7, 9 et 11).II.TABLEAU CLINIQUE 1.LE GROUPE LSD-MESCALINE-PSILOCYBINE : Ces substances apportent des modifications d'ordre somatique, perceptuel et psychique.Les symptômes suivants constituent le syndrome clinique fondamental habituellement décrit (6, 12 et 26) : sur le plan somatique, sensation de vertige.faiblesse, tremblements, nausées.assoupissement, paresthésies, vision brouillée ; sur le plan perceptuel.pal J pa 1-0 ration prep ns torsion yl et nat! Les dér - pull se Mél atl 12 TIT LLG JEN dus dis \u201cHIE SO ants 5 i GRO BEST £4 Wired 14 par > MR Lie y \u201ci h Sil tig Hi, te Diu cl fy iy gy ( à Lh Mi Lig \u201cem % 4 in i \u201cemg HANK: elle! sat el aie ele Ju ps is : iv ii AlN it Laval Médical Vol.40-Janv.1969 altération des formes et des couleurs, exaltation des perceptions auditives; sur le plan psychique.modifications de l\u2019humeur et de la tension émotionnelle.distorsion de l\u2019appréciation du temps, difficulté dans l\u2019expression des idées pouvant s'accompagner de sentiment de dépersonnalisation, de sensations oniriques et d\u2019hallucinations visuelles.Les dérivés amphétaminiques hallucinogènes tel le DOM (2,5-diméthoxy-4-méthyl-amphétamine) de même que les dérivés tryptaminiques halluei- nogènes tel le DMT (diméthyltryptamine) entraînent un tableau clinique similaire (12.30 et 31).2.LE GROUPE DE LA CANNABIS ( MARIJUANL, HACHISCH, TÉTRAHYDROCANNABINOL) : Aux doses habituellement consommées, ces substances sont plus euphorisantes et légèrement stimulantes qu\u2019hallucinogènes (6 et 12).3.LE GROUPE DES ESTERS DE TYPE PIPÉRIDYL, BENZILÉ (SÉRIE JB, DITRAN : JB-329) : Ces substances anticholinergiques produisent un délire de type confuso-onirique similaire à celui produit par la seopolamine (12, 25, 26 et 27).4.LA PHENCYCLIDINE (SERNYL) : Cette substance crée un syndrome apparenté à celui de la déprivation sensorielle mäis plus intense.Si la réponse est en général reliée à la dose prise, l'effet en demeure cependant imprévisible, individuel (12, 26 et 27).D\u2019autres substances sont actuellement employées à des fins psychodysleptiques: par exemple, les vapeurs de colle d'avion ou les solvants organiques, les remèdes anti-asthmatiques.Le tableau clinique engendré est de type toxique avee confusion mentale.III.APPLICATIONS CLINIQUES L'utilisation clinique des hallucinogènes fut envisagée en psychiatrie seulement vers le début de 1950.À cette époque furent publiés les premiers résultats concernant l\u2019emploi du LSD à petite dose comme sti, < .i , eatin or dei rs ba i SO in APPLICATIONS MEDICALES DES HALLUCINOGENES 45 aide a la psychothérapie (5).Depuis, un trés grand nombre d'articles ont déerit les applications elini- ques de ces nouveaux agents pharmacologiques.En psychiatrie.leur utilisation a été explorée dans trois domaines: diagnostic.thérapeutique.didactique.1.APPORT AU DIAGNOSTIC PSYCTITATRIQUE : Ces substances très puissantes bouleversant le fonetionnement mental.on s\u2019est aperçu rapidement que, dans la plupart des cas, il devenait très difficile.sinon impossible.d'affiner un diagnostic déjà posé.Cependant, les psyehodysleptiques conservent une certaine utilité dans l\u2019exploration de la psycho- dvnamique de la maladie mentale (10 et 17).2.THÉRAPIE AVEC LES PSYCIIODYSLEPTIQUES (1, 13, 17 et 18) : On peut distinguer deux variétés principales: la thérapie psycholytique et la thérapie psychédélique.a) La thérapie psycholytique : Dans la thérapie psycholytique, terme introduit par Sandison (28), le psychodysleptique est administré à doses petites ou modérées.On répète son administration parfois chaque semaine ou chaque 14 jours, pendant une période de plusieurs mois.Comme la tolérance se développe rapidement avee le LSD, une semaine doit s\u2019écouler entre chaque traitement.Cette technique constitue essentiellement une aide à une psychothérapie commencée depuis quelque temps.b) La thérapie psychédélique : Dans la technique de thérapie psychédélique, terme employé depuis quelques années par plusieurs auteurs (18), on donne des doses habituellement plus élevées que dans la méthode précédente.Cependant, de règle, ce traitement n\u2019est administré qu\u2019une fois ou deux.Contrairement à la méthode précédente où le psychodysleptique sert uniquement d\u2019adjuvant à une psychothérapie déjà en cours, ici il est employé at 46 A.VILLENEUVE et H.E.LEHMANN comme principal agent thérapeutique, afin de susciter une expérience psychédélique.La psychothérapie s\u2019y associant prépare aux effets de l\u2019hallucinogène, à l\u2019expérience psychédélique et à l\u2019assimilation thérapeutique de cette expérience.En fait, la définition, les modalités et les indications respectives de ces deux formes de thérapeutique ne se retrouvent pas toujours avec la même rigueur dans la littérature scientifique.Les auteurs européens (10, 18 et 28) semblent préférer le terme et la technique psycholytique, tandis que les auteurs américains paraissent utiliser plutôt, en thérapeutique, les différents stades de l\u2019expérience psychédélique décrite par Osmond (4, 11 et 29).On a aussi décrit une technique hypnodélique, combinaison d\u2019hypnose et de LSD (19), de même que la psychothérapie de groupe sous LSD (13).3.AIDE DIDACTIQUE : Effectuée avec prudence, l\u2019expérience psychédé- Hique peut s'avérer une aide utile dans la formation professionnelle des psychiatres, des psychologues cliniques et d\u2019autres membres de l\u2019équipe impliqués dans le soin de malades mentaux souffrant de troubles sévères.En leur donnant une expérience personnelle des symptômes subjectifs ressentis par le malade, elle peut faciliter une meilleure compréhension de son état psychique (17).IV.PRINCIPALES INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES DES PSYCHODYSLEPTIQUES Les psychodysleptiques sont employés actuellement dans le traitement des désordres psycholog1- ques suivants (1, 13, 17 et 27) : 1) certains étatst névrotiques: névrose d\u2019angoisse, phobie et névrose obsessionnelle ; déviations sexuelles ; alcoolisme : les résultats obtenus sont divergents et inégaux ; réactions schizophréniques infantiles ; certaines formes de schizophrénie de 1\u2019adulte.Laval Médical Vol.40 - Janv.1969 On rapporte aussi l\u2019obtention de résultats bénéfiques avee le LSD dans le traitement de malades souffrant de cancers terminaux et où de hautes doses de morphine étaient nécessaires.V.PRÉCAUTIONS Ces substances doivent, évidemment, être administrées dans un milieu où une surveillance clinique compétente peut s\u2019exercer.Le thérapeute qui les utilise doit connaître à fond le domaine de la psycho- dynamique, de même que l\u2019action pharmacologique et les effets psychologiques de ces substances.CONCLUSION Comme on peut le constater, l\u2019utilisation des hallucinogènes en psychiatrie est assez complexe.Leur emploi ne s\u2019effectue qu\u2019en milieu spécialisé par des thérapeutes expérimentés, Beaucoup de recherches et d\u2019études sont encore nécessaires pour évaluer l\u2019utilité et la juste place des psychodysleptiques en psychiatrie.Il faudra probablement une autre décennie pour atteindre ce but.BIBLIOGRAPHIE .ABRAMSON, H, A.(éd.), The use of LSD in psychotherapy and alcoholism, Bobbs-Merrill Co.Ine.Publ., 1967.BauvpeLamrE, C., Les paradis artificiels, Collection Le Livre de Poche Classique, Éditions Gallimard et Librairie Générale Française, 1964.BFRINGER, K., Experimentelle Psychosen durch Mescalin, Vortag 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Hoisi JHE of the Pull, Li, Hours Jated paych I Br bel, in Jw, rey of th fll only i Kr alg PL in Lim d'inie Tatio lédien 0.fy béni ltl; oN fine il INrèll- Laval Vol.40 - Janv.1969 10.11.12.16.18.Médical 3.GAUTIER, T., Le hachich, le club des hachichins, In : Les paradis artificiels, Collection Le Livre de Poche Classique, Éditions Gallimard et Librairie Générale Française, 1964.GREENBERG, L.H., McCanpLESS, R.F.J., et GorpoN, M., Biochemical basis of mental disease, Ch.3, (pp.249-282), In : Psychopharmacological Agents, Vol.II, M.Gordon, (éd.), Academic Press.Publ, 1967.Gror, S., Use of LSD-25 in personality diagnostics and therapy of psychogenic disorders, In : Use of LSD in psychotherapy and alcoholism, (pp.154- 190), H.A.Abramson, (éd.), The Bobbs-Merrill Co.Inc.Publ., 1967.HorFFR, A, et Osmonn, H., The hallucinogens, Academic Press, Publ., 1967.HorrrsTEr, L.E., Chemical psychoses: LSD and related drugs, Chapitre III.Clinical syndromes of the chemical psychoses, (pp.32-58), C.C.Thomas.Publ., 1968.3.Horrrsrer, L.E., Chemical psychoses, LSD and related drugs, Chapitre VIII, pp.123-142, Chemical psychoses as therapy, C.C.Thomas, Publ, 1968.HuxcEy, A, The doors of perception.Heaven and hell, Penguin Books and Chatto & Windus, 1967.JAvFE, J.H., Drug addiction and drug abuse, Chapitre XVI, pp.285-311, In : The pharmacological basis of therapeutics (3 Edition), L.S.Goodman et A.Gilman, Collier-Macmillan Canada Limited, Toronto, 1965.Krvver, H., Mescal, the divine plant and its psychological effects, K.Paul, Trench.Trubner and Co.London, 1928.LEBMANN, H.E., The use of psychodysleptics in clinical psychiatry, Proceedings of the First international symposium on psychodysleptics and phar- macopsychosis, université Laval, Québec, (sept.) 1968 (à paraître).LEUNER, H., Present state of psycholytic therapy and its possibilities.In : The use of LSD in psychotherapy and alcoholism, pp.101-116, H.A.Abram- son, (éd.), The Bobbs-Merrill Co.Inc., 1967.LEVINE, J., et Lupwia, A.M., The hypnodelic treatment technique In : The use of LSD in psychotherapy and alcoholism, pp.533-560, Abramson, H.A., Ed.The Bobbs-Merrill Co.Inec., 1967.20.21.iv oe te te = «© ve 26.titty og le tina, RI APPLICATIONS MEDICALES DES HALLUCINOGENES 47 Lewix, L., Phantastica, narcotic and stimulating drugs, Routledge and K.Paul.London, 1964.McGorHLIN, W.H., Social and para-medical aspects of hallucinogenic drugs, In : The use of LSD in psychotherapy and alcoholism, pp.3-43, H.A.Abramson, (éd.), The Bobbs-Merrill Co.Inc.1967.Mrewauvx, H., Misérable miracle, Éditions Monaco, 1956.J.MOREAU DE Tours, J., Du hachiseh et de l\u2019aliénation mentale, études psychologiques, Fortin & Masson, 1845, - PELMER, L., Peoyte cult, mescaline hallucinations, and model psychosis, N.Y.State J.Med.67 : 1943, 1967.1838- .PÉROX-MAGNAN, P., Étude d\u2019un nouveau type de drogue onirogène (à propos d\u2019une amine du groupe des benzylates de pipéridyl), Thèse (Faculté de médecine).Paris, 1963.RAJOTTE, P., Revue des psychodysleptiques.I.Classification des psychodysleptiques, Canad.Med.Ass.J., 91: 293-300, 1964.27.RAJOTTE, P., Les psychodysleptiques.II.Quelques problèmes relatifs à leur usage, Canad.Med.Ass.J., 91 : 335-342, 1964.SANDISON, R.A.Certainty and uncertainty in the LSD treatment of psychoneurosis, In : Hallucinogenic drugs and their psychotherapeutic use, pp.33-36, R.Croket, R.A.Sandison, et A.Warlk, H.K.Lewis and Co.London.SAVAGE, C., et WoLr, S., An outline of psychedelic therapy, In : Neuropsychopharmacology, pp.405- 409, BriLL, H., COLE, J.O., DENIKER, P., Hirervs, H,, and Bravrey, P.B., Eds.Excerpa Medica Foundation.1967, 30.SNYDER, S.H., Fan.Lace, L., et HoLLISTER, L., 2, 5- LS Dimethoxy-4-methyl-amphetamine (STP) : a new hallucinogenic drug, Science, 158 : 669-670, 1967.SNYDER, S.H., FAILLACE, L.À., et WEINGARTNER, H., DOM (STP), a new hallucinogenie drug, and DOET : effects in normal subjects, Amer.J.Psychiat.\u2026.125 : 357-364, 1968.Surrrr, J.M, et PELICIER, Y., Les substances hallucinogènes, Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Vol.IV, (37630.F10), pp.1-10, 1957. COMPLICATIONS ET DANGERS DES HALLUCINOGÈNES ASPECTS CYTOPHARMACOLOGIQUES * Le problème des complications entraînées par l\u2019usage des agents psychodysleptiques (hallucinogènes) a été extensivement répandu par la voie des mass media.Aussi, cet exposé se limitera-t-il à rapporter quelques observations récentes, limitées d\u2019ailleurs, qui ont été faites à la suite de l\u2019administration, unique ou répétée, de la diéthylamide de 1\u2019acide lysergique (LSDs;), choisie comme exemple de psychodysleptiques.Trois aspects sont envisagés : \u2014 un aspect possible, éventuel, exercé au niveau du neurone par le LSDs; ; \u2014 le deuxième aspect examiné sera la potentialité tératogénique qui a été considérée à propos de ces agents psychodysleptiques ; \u2014 les complications d\u2019ordre cytogénétique, impliquant l\u2019apparition d'\u2019altérations chromosomiques conséeutivement à l\u2019usage répété du LSDz;, seront examinées dans le rapport du docteur Genest.MÉTHODES A.ETUDE AU NIVEAU NEURONAL Les contrôles ont été faits sur des rats Sprague- Dawley adultes de 90 a 100 jours et au cours de la période postnatale (8¢ et 12¢ jour apres la naissance).* Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Québec, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l\u2019ACFAS.+ Département de pharmacologie, Faculté de médecine, université Laval, Québec (Canada).Gilliane NOSAL Ÿ 1.Contrôles cytologiques: Toutes les observations ont été effectuées dans la région vermienne du cervelet fixé par perfusion intra-aortique abdominale (voie rétrograde) appliquée dans des conditions décrites antérieurement [Nosal et coll.(7, 8 et 9)].utilisés, glutaraldéhyde à trois pour cent et acide Les deux fixateurs osmique à un pour cent, ont été retenus sur la base des résultats de choix qu\u2019ils donnent en microscopie photonique et en microscopie électronique.Les techniques usuelles de microscopie électronique ont été appliquées: postfixation, déshydratation et inclusion à l\u2019Epon.Les coupes semi-fines à 0,57 ont été colorées au bleu de toluidine boraté, examinées et photographiées au microscope photonique.Le même matériel, débité en coupes ultrafines, monté sur grille et coloré par la coloration double, citrate de plomb et acétate d\u2019uranyle, est utilisé actuellement pour l\u2019examen ultrastructural en microscopie électronique.2.Administration des substances: Pour les études au niveau neuronal, les deux substances utilisées, le LSDas, diéthylamide de 1\u2019acide D-lysergique sous forme de tartrate (Delyside, Sandoz) et le BOL, dérivé monobromé de 1\u2019acide D-lysergique, ont été administrées par voie i.p., sous un volume constant et aux mêmes horaires chez l\u2019animal adulte et jeune.Des examens quotidiens portant sur l\u2019état général, l\u2019évolution pondérale et le comportement somato- moteur ont été effectués dans les différentes séries expérimentales.og) JE 11 4 Jas J, 13D: rl 00 501 Aono gla {2 BOL.50 ation.La cout spits Des amin \u201clis ont le 5.cosmait TR Lx ll raoue Dy 1 table of = Lilith veg ig Sih \u201ci Tey \u201cJor el Ch bn = Bate rs \u201ciy fog lie Sy I le I = iy, lng ig, U Heu lg, \u201c#5 a \u201cly | \u201cI il by ROSA li AAI app BLE sil Tell I.sl 0 let uit ate x ors 8 eal citi GRRE ; fy Gish Laval Médical Vol, 40- Janv.1969 Le LSDs; a été administré en doses uniques de 750 et 1 000 ug/kg et en doses répétées quotidiennes de 5, 10, 100, 250 et 500 pg/kg du 1°\" jour (administration & 3 h post-partum et 4 24h) au 8¢ jour et du 1°\" au 12° jour.Le BOL a été administré en doses répétées de 2, 10, 25, 50, 100, 200 et 500 ug/kg dans les mêmes conditions.Les contrôles ont été effectués au 8° jour (neuf injections) et au 12° jour (13 injections).Des animaux témoins prélevés dans les mêmes portées ont été injectés avec du soluté physiologique dans les mêmes conditions.B.CONTRÔLE DE LA POTENTIALITÉ TÉRATOGÉNIQUE Les contrôles ont été effectués sur des rats Sprague-Dawley dont la durée de gestation était bien établie.1.Contrôles morphologiques: Les examens ont porté sur : \u2014 le nombre de rejetons, normaux ou immatures, dans chacune des cornes utérines; sur 1\u2019observation de la résorption et de la mortalité fœtales ; \u2014 pour chaque rejeton, des mensurations de poids et de longueur ont été faites; \u2014 l\u2019examen macroscopique a porté sur la morphologie externe (tête, museau et colonne vertébrale ; membres et queue) pour la vérification de malformations congénitales éventuelles.Des autopsies ont été pratiquées pour contrôler l\u2019existence possible de lésions du système nerveux central et des organes ainsi que la présence d\u2019ædèmes et /ou d\u2019hémorragies.2.Administration des substances: Les conditions expérimentales utilisées pour l\u2019administration des deux substances, LSD2; et BÔL, sont identiques à celles ci-dessus mentionnées.Le LSD»; a été administré en doses uniques de 5, 25, et 50 ug/kg au 4° et au 7° ou 8° jour de gestation.Le BOL a été administré en doses uniques de 2, 25, 200 et 400 ug/kg au début de la gestation, à des temps identiques.(K) sud or ;, ry .Elder tl ng (Hy | dels So COMPLICATIONS ET DANGERS DES HALLUCINOGÈNES 49 Les prélèvements des cornes utérines ont été effectués au 19° jour de gestation.Des gestantes témoins, non injectées et injectées au soluté physiologique dans les mêmes conditions, ont été sacrifiées parallèlement et les fœtus comparés à ceux des animaux traités.RÉSULTATS ET DISCUSSION A.EFFETS INDUITS AU NIVEAU NEURONAL PAR LE LSD»5 L'objet de l\u2019étude expérimentale dont les résultats sont présentés ci-dessous a été d\u2019examiner si le Figure 1 \u2014 Micrographie électronique d\u2019une section ul- trafine de cellule de Purkinje dans le cortex vermien chez le rat adulte.Perfusion a la glutaraldéhyde suivie de post-fixation osmique.Coloration double : acétate d\u2019uranyle/citrate de plomb.Agrandissement microscopique direct x 6 000 Ensemble d\u2019un neurone, sectionné suivant l\u2019axe de la dendrite.Le système « nucléo-ribosomique » est représenté : \u2014 dans le noyau d'aspect reniforme, par le nucléole (excentrique dans cette image) ; \u2014 au niveau du cytoplasme, par les ribosomes attachés au reticulum endoplasmique et libres, agrégés en poly- somes.À la frontière nucléo-cytoplasmique, la membrane nucléaire présente des replis plus ou moins profonds : les invaginations de la membrane nucléaire (IMN).À remarquer, PIMN sous forme de pseudo-îlot à l\u2019intérieur du noyau [d\u2019après Nosal, Chouinard et Radouco-Thomas (9)]. = = ee ca Sa SINT SEES Gilliane NOSAL LSD»; administré chez le rat pourrait entraîner des modifications d\u2019un système cellulaire donné.Le choix du modèle cellulaire s\u2019est porté sur les acides nucléiques et en particulier les acides ribonucléiques (RNA) impliqués dans la synthèse des protéines et enzymes neuronales et dont le rôle est, par conséquent, essentiel dans le fonctionnement neuronal normal ainsi qu\u2019au cours de la différenciation neuronale.1.Neurone non traité: La cellule de Purkinje du cortex vermien chez le rat a été choisie comme neurone d'étude.Les RNA apparaissent, en microscopie électronique (figure 1) et en microscopie photonique (figures 2 et 3), groupés dans le système bio-synthétique « nucléo-ribosomique ».À titre de rappel, ce système est constitué : \u2014 dans le noyau, par le nucléole avec sa chroma- Laval Médical Vol.40- Janv.1969 tine associée et par les masses paranucléolaires (figures 2 et 3) ; \u2014 dans le cytoplasme, par le système ribosomique : ribosomes attachés au reticulum endoplasmique et ribosomes libres, agrégés en polysomes (figure 1).En mirocroscopie photonique, la composante riboso- mique est représentée par les corps de Nissl du neurone (figures 2 et 3).À la frontière nucléo-cytoplasmique, la membrane nucléaire présente des replis plus ou moins profonds, les invaginations de la membrane nucléaire (IMN) dont la présence est constante dans la cel- Jule de Purkinje chez le rat (figures 1, 2 et 3).Dans une première étape de nos recherches, l\u2019effet des doses variables de LSD»; a été étudié dans le neurone en différenciation, c\u2019est-à-dire pour le rat dans la période néonatale et postnatale.Les con- troles ont été effectués au 8¢ et au 12° jour après la naissance.Figures 2 et 3 \u2014 Cellules de Purkinje en sections transnucléolaires chez le rat adulte, d\u2019après Nosal et coll.(8), montrant l\u2019aspect du système « nucléo-ribosomique » en microscopie photonique : \u2014 dans le noyau d\u2019aspect reniforme, le nucléole et les masses paranucléolaires ( => ) ; \u2014 dans le cytoplasme, les corps de Nissl distribués dans la calotte nucléaire apicale (fig.3) et dans le péricaryon (fig.2 et 3).Le contour du noyau apparaît irrégulier, échancré par plusieurs IMN de topographie variable ( \u2014> ).N.B.\u2014 Les figures 2 à 9 sont des microphotographies de sections semi-fines des cellules de Purkinje dans le cortex vermien du rat adulte.Même technique de fixation.Coloration au bleu de toluidine-boraté.Agrandissement microscopique direct x 1 250.port Je yg 4-10 Jans Je peur à fe all ll Tle © pire À lee (1 quil est | ty de Fait 5 % il) Ly of amis Jims représenté Apr d fie 7.elle, ips Por dg Toe Ni ln À sel SU Us le ÿ TA.\u2014 sy 1st Co i nié Laval Médical! Vol.40 - Janv.1969 Dans les figures 4 et 5 est illustré l\u2019aspect du neurone au 8° Jour postnatal.Pur rapport à la cellule adulte des images précédentes (figures 2 et 3).on note certaines différences, particulièrement au niveau du cytoplasme qui apparaît sous forme d'une mince couche dans la région basale.axonique alors qu\u2019il est bien développé, présentant une aceumu- lation de matériel ribonucléoprotéinique au pôle dendritique., 2.Neurone traité: Les effets de doses croissantes de LSD»s; après administration répétée, quotidienne et identique, de la troisième heure après la naissance au 8° jour sont représentés dans les figures 7 à 9.Après des doses faibles de l'ordre de 5 à 10 pe/kg (figure 7), aucune modification, microscopiquement décelable, n\u2019a été observée dans le nucléole et les corps de Nissl, par rapport au témoin (figure 6).Pour des doses plus élevées de 100 a 250 ug, ke (figure 8) et de 500 pg/ke (figure 9) : \u2014 le nucléole montre un contour plus irrégulier et semble parfois dilaté ; \u2014 les corps de Nissl présentent des degrés variables de fragmentation.Alors qu'ils existent sous suite cette ts rite fink! M A AB jeg alti COMPLICATIONS ET DANGERS DES HALLUCINOGENES 51 forme de petits batonnets dans les neurones témoins (figures 4.5 et 6).ils apparaissent, après le traitement.granulaires, en petits agrégats (figure 8).La diminution et la dispersion de la substance de Nissl, observées aux plus fortes doses, mettent en évidence l'aspect réticulaire du eytoplasme (figure 9).Les contrôles effectués au 12° jour après la naissance (13 administrations quotidiennes) ont montré, en fonction des doses, des modifications du système « nucléo-ribosomique » comparables à celles enregistrées au 8° jour.De plus, il a été observé, dans certains neurones, la présence d'aires eytoplasmiques dépourvues de corps de Nissl.localisées dans certaines régions de la cellule, par exemple à l'émergence dendritique.En résumé.l'étude microscopique du système « nucléo-ribosomique » daus le neurone après administration de LSD»; suggère que : \u2014 les faibles doses ne semblent pas entraîner de modifications microseopiquement décelables ; \u2014 les doses plus élevées peuvent engendrer certains changements dans ce système.principalement au niveau des corps de Nissl.Toutefois, 11 est possible de concevoir que les résultats obtenus pour les fortes doses puissent s\u2019interpréter comme une résultante d\u2019un effet cytotoxique.Figures 4 et 5 \u2014 Aspect de la cellule de Pu Le système « nucléo-ribosomique » présente certaines \u2014 dans le noyau : nucléole comparable à celui de l\u2019adulte ; \u2014 au niveau du cytoplasme, la composante ribosomique (corp s que.à ba que d\u2019une mince couche de cytoplasme.alors que la région basale axonique n\u2019est constituée rkinje au 8e jour postnatal chez l\u2019animai témoin.différences avec celui du neurone adulte : s de Nissl) apparaît accumulée au pôle dendritique Laval Médical \u2014 dans le cytoplasme, la diminution des corps de Nissl met en évidence l\u2019aspect réticulaire du cytoplasme.rat J Gilliane NOSAL Vol.40 - Janv.1969 io 4-30 Les examens en microscopie électronique, actuel- tions des ribonucléoprotéines puissent être interpré- lis à lement en cours, permettront une meilleure dis- tées en relation avec certains troubles de mémoire qu cout crimination des effets possibles induits au niveau survenant après utilisation répétée de LSDs;.C\u2019est ato neuronal par le LSDsz.une hypothèse émise avec de nombreuses restrictions axfrsion Les données présentées sont préliminaires et il et surtout valable pour fournir une base de travail pie est difficile de tirer des conclusions.La participa- pour des expériences complémentaires.firs apt tion des acides ribonucléiques dans différents pro- Les données de la littérature concernant une éven- pére cessus mentaux, entre autres dans les phénomènes tuelle action des psychodysleptiques au niveau neu- La la de mémorisation, d\u2019apprentissage, est reconnue.ronal sont, à notre connaissance, très réduites et érès l'ai T1 n\u2019est pas impossible d\u2019envisager que les varia- limitées aux observations effectuées sur des neurones iis, à BIL \u2014 ergigue à eu off i wie 0 ,; ae > RE À miei Buoy ul isla Am Fide los Jy tb gg TALS gly Tut Hs it | \u2018us dy bars Brey M var rr Mira .f ex 5 a : Le \u2018 Dug L 2 + vu WE Soy (06 su A ° cat A Ey a 2 de oul ww SE Weng ly Figures 6 à 9\u2014 Aspect de la cellule de Purkinje au 8e jour postnatal, chez les animaux traités, par des doses ré- he ti pétées, quotidiennes du 1er au 8e jour.té Figure 6 \u2014 Neurone témoin (pour détails, voir figures 4 et 5).Ligh Figure 7 \u2014 Neurone aprés des doses faibles de 5 à 10 H9/kg.Aspect assez comparable à la cellule témoin, Lg Il Figure 8 \u2014 Neurone après des doses plus élevées de 100 à 250 pa/kg : ily 0 \u2014 dans le noyau, !e nucléole montre un contour plus irrégulier ; | ni \u2014 dans le cytoplasme, les corps de Nissl apparaissent fragmentés.ls Figure 9 \u2014 Neurone après les doses supérieures utilisées : 500 g/kg : Hh, \u2014 dans le noyau, le nucléole présente un contour plus irrégulier ; ly fy Lk fi lédient A.1959 5 isi Laval Médical Vol, 40 - Janv.1969 cultivés in vitro.Geiger (5 et 6) a remarqué, après un contact de 15 à 20 minutes avec le LSD2,;, des altérations du nucléole qui apparaît dilaté avec extrusion de matériel ribonucléoprotéinique ainsi qu\u2019une désagrégation des corps de Niss! pouvant faire apparaître des zones « vides », principalement périnucléaires.Les données microscopiques actuelles obtenues après l\u2019administration répétée, dans les mêmes conditions, de doses variables de 2 a 500 ug/ke de BOL \u2014 dérivé «non hallucinogéne » de acide lysergique \u2014 ne permettent pas de conclure quant a leur effet au niveau neuronal.Des études complémentaires sont nécessaires et seront poursuivies en microscopie photonique et électronique.B.CONTRÔLES DE LA POTENTIALITÉ TÉRATOGÉNIQUE DU LSD»; 25 Les données récentes de la littérature rapportent, après usage des psychodysleptiques type LSD2s, l\u2019induétion possible de malformations congénitales dans la descendance humaine (13) et l\u2019apparition de diverses anomalies dans les portées chez les animaux administrés avec ces substances (1.2 et 4).Toutefois, les effets tératologiques des hallucinogènes et leurs relations éventuelles avec les aberrations chromosomiques relevées chez les utilisateurs de ces substances sont encore controversés, En expérimentation animale, les résultats obtenus sont variables en fonction des espèces et parfois contradictoires pour une même espèce.Dans le cadre des recherches cytopharmacologi- ques sur les hallucinogènes, parallèlement aux effets neuronaux et cytogénétiques possibles, il a donc semblé utile de contrôler leur éventuelle potentialité tératogénique chez l\u2019animal.Les observations préliminaires présentées dans les figures 10 et 11 ont été obtenues après admuiis- tration au 4° jour de gestation de doses uniques, variables de LSD»; et, à titre de comparaison, après des doses uniques de BOL.La figure 10 montre par rapport au témoin (A) des fœtus dont les mères ont reçu des doses crois- COMPLICATIONS ET DANGERS DES HALLUCINOGÈNES ahs Hirst ie phi din à ie ee ad, i fi in io ih i Un co santes de 5, 10, 25 et 50 pg/kg de LSD.; (respectivement en B, C, D, E).Aucune malformation externe de la tête, du museau, de la colonne vertébrale et des membres n\u2019a été observée.L\u2019autopsie n\u2019a révélé aucune lésion ou anomalie, macroscopiquement visible, au niveau du système nerveux central et des viscères.D'autre part, dans ces portées.la mortalité et la résorption fœtales, la diminution du nombre et de la taille des fœtus ne survenaient pas, même pour IL ms C7 Figure 10 \u2014 Fœtus prélevés au 19e jour sur des rats ges- tantes, traitées par des doses uniques de LSD,; au 4e jour de gestation : en À : témoins ; en B: après LSD;;, 5 pa/kg ; en C: aprés LSD; 10 pg/kg; en D: aprés LSD; 25 ng/kg; en E: après LSD,,, 50 pa/ka.Aucune malformation visible au niveau de la tête, du museau, de la colonne vertébrale et des membres.ps ess hii Gilliane NOSAL la posologie supérieure, dans une proportion nettement supérieure à celles survenant dans les portées témoins.De même, Warkany et coll.(12) n\u2019ont trouvé aucun effet tératogénique du LSDs; chez le rat.Par contre, Alexander et coll.(1) signalent chez ce même animal, après administration d\u2019une dose unique de 5 ug/kg de LSDs; au 4° Jour de gestation, la présence dans certaines nichées de ratons morts- nés dont quelques-uns présentaient un développement normal alors que d\u2019autres étaient immatures.L'effet du LSD»;, lors de son administration non plus au 4° jour de gestation mais au T° ou 8° jour \u2014 soit à la « période critique » chez le rat pour l\u2019indue- tion de malformations congénitales \u2014 a été également contrôlé.Les portées issues des mères traitées étaient comparables à celles des animaux témoins.Des constatations similaires ont été faites après administration de doses croissantes de 2 à 500 pe/kg de BOL.Même les doses supérieures (400 ug/ke) ne semblent entraîner ni malformations congénitales (figure 11 en B), ni modifications de là taille et du nombre des fœtus qui solent plus importantes que celles pouvant survenir normalement dans les portées témoins.Dans d\u2019autres espèces animales, les données obtenues apparaissent variables.Chez le hamster, Geber (4) a pu mettre en évidence, par administration unique au 8¢ jour de gestation, l\u2019apparition de malformations caractérisées chez les fœtus (12 Jours) de mères traitées avec le LSD»; (1 à 240 pg/kg), avec la mescaline (0,45 à 3,3 mg/kg) et avec le BOL (2 4 400 pg/kg).Ces anomalies consistaient principalement en des difformités du museau, des exencéphalies et des spina bifida.pouvaient être normaux.Cependant, d\u2019autres rejetons de la portée Par contre, Fabro et Sieber (3) n\u2019ont retrouvé aucun effet tératogénique du LSD»; chez le lapin.alors que cette espèce s\u2019est révélée particulièrement sensible à des agents tératologiques tels que la thalidomide, Auerbach et Rugowski (4), aprés administration chez la souris au T° jour de gestation de faibles Laval Médical Vol.40- Janv.1969 Figure 11 \u2014 Foetus prélevés au 19e jour sur des rats gestantes, traités par le LSD, et le BOL en doses uniques au 4e jour de gestation : en A: après LSDz;, 5 ju 9/kg ; en B: après BOL, 400 yg/kg.doses de l\u2019ordre de 1 ug/kg de LSD,;, ont noté diverses anomalies du système nerveux central des embryons.Ces malformations n\u2019apparaissaient pas quand l'injection était pratiquée après le 7\u20ac jour de gestation.Cependant, en utilisant la résine de Cannabis sativa, Persaud et Ellington (10) n'ont pu reproduire d\u2019embryopathie chez les souris.Toutefois, des doses répétées, quotidiennes, de 16 mg/kg du 1°\" au 6¢ jour de gestation entraineraient, suivant ces auteurs, des résorptions fœtales complètes.La variabilité dans les résultats obtenus en expérimentation animale pourrait être interprétée, entre autres, sur la base de la différence de sensibilité des espèces envers les psychodysleptiques.D'autre part, de même que pour des agents tératogéniques tels que la thalidomide, le jour de gestation où le LSDs; est administré serait un facteur déterminant pour l\u2019induction de malformations congénitales.Un traitement antérieur ou postérieur à la « période critique » pourrait entraîner soit aucun effet marquant, soit d\u2019autres types d\u2019effets, comme la mortalité et la résorption feetales ou des anomalies de nombre et de taille des fœtus.di ID, ppp Tile pele fl 3 qe floes NO \u201cion de ua mised un is itt ¢ x ut lit #Il part des con dm en Ave à Lis d ris peri \"sili lt pote Partie) ant ley, valable He gf lg ig] Iv, 1954 s rals niques ant i is al ps Far Laval Médical Vol.40 - Janv.1969 En ce qui concerne l\u2019effet tératogénique possible du LSDa2; duns la descendance humaine, les données rapportées dans la littérature sont controversées, Zellweger et coll.(13) ont décrit le cas d\u2019une petite fille née d\u2019une mère ayant absorbé du LSD+; à quatre reprises au début de la grossesse, à des doses non précisées mais suffisantes pour l\u2019obtention de l\u2019effet « psychédélique ».À la naissance, le bébé présentait wi syndrome aplastique earacté- risé d\u2019une jambe ainsi que des ruptures chromosomiques dans un certain nombre de cellules.Celles-ci étaient également présentes chez les parents, tous deux utilisateurs de LSD»;.Ces résultats sont discutés par d\u2019autres auteurs, en particulier par Sato et Pergament (11) qui, dans des conditions similaires, ont signalé la naissance d\u2019un enfant parfaitement normal et ne présentant aucune altération chromosomique notable.Les données rapportées sur les éventuelles propriétés tératologiques du LSD2; chez l\u2019enfant et en expérimentation animale sont encore trop limitées et souvent contradictoires pour se prononcer sur la potentialité tératogénique des hallucinogènes, en particulier du LSD.D'autre part, il n\u2019est pas possible d\u2019établir actuellement, sur la base de ces cas isolés, une corrélation valable entre la présence d'anomalies chromosomiques et l\u2019induction possible de malformations congénitales.COMPLICATIONS ET DANGERS DES HALLUCINOGÈNES ~~ \u201ca 10.HF ~~ EEE Ts of eto ie a pu et ei fle itil ith i i are RE ene ten il ir i nt hi i | il a i OT Qi BIBLIOGRAPHIE .ALEXANDER, GC, Murs, B.E., Goun, G.M, et ALEXANDER, R.B., LSD: Injection early in pregnancy produces abnormalities in offspring of rat, Science, 157 : 459-460, 1967.AUERBACH, R., et Rueowski, J.A, LSD effect on embryos, Science, 157 : 1325-1326, 1967.Fagro, S., et SieBer, S.M., Is lysergide a teratogen ?Lancet.7545 : 639, 1968.GEBER, W.F., Congenital malformations induced by mescaline, LSD and bromo-lysergic acid in the hamster, Science, 158 : 265-267, 1967.Gereer, R.S., Effect of LSD\u2026 and serotonine on adult cortical brain cells in tissue culture, Fed.Proceed.16 : 44-45, 1957.i.GEIGER, R.S., Effects of 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et Apo, G., Is lyser- gic-acid diethylamide a teratogen ?Luncet, 2: 1066-1068, 1967.yi ht, ii! i ant SE ry SR ÉTUDE CYTOGÉNÉTIQUE DES HALLUCINOGÈNES.ESSAI PRÉLIMINAIRE DE LA LYSERGAMIDE (LSD-25) SUR LA CULTURE DES LEUCOCYTES HUMAINS * La généralisation de l\u2019usage répréhensible des psychodysleptiques du type lysergamide (LSD- 25) a stimulé, depuis quelques années, l\u2019étude de l'effet cytotoxique de cette substance.Cohen et ses collaborateurs (3) ont rapporté, les premiers, l\u2019apparition de cassures chromosomiques et anomalies similaires, dans des cultures leucocytaires d\u2019origine humaine auxquelles du LSD avait été ajouté, en différentes concentrations (100 ug- 0,001 pg/ml de culture), durant des périodes variables de temps.Ils ont aussi noté des aberrations similaires dans les leucocytes d\u2019individus faisant usage de LSD, amphétamines, barbituriques, cocaine, marijuana et certains dérivés de la phéno- thiazine.Irwin et Egozcue (11) ont fait des observations identiques chez des habitués de LSD.Cependant, Loughman et coll.(13) n\u2019ont pas trouvé d\u2019altérations chromosomiques dans les cultures leucocytaires d\u2019individus utilisant des doses quotidiennes de 300 à 4000 us de LSD, seul ou associé à diverses drogues hallucinogènes.Sparkes et coll.(15) ont eu aussi des résultats négatifs.Bender et Sankar (1), également.n\u2019ont pas remarqué d\u2019effets significatifs.* Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Québec, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l\u2019ACFAS.+ Département de pathologie, Faculté de médecine, université Laval.Paul GENEST + D\u2019autre part, Skakkebaeck et coll.(14) ont rapporté des cassures et des lésions chromatidiennes ainsi que des fragmentations chromosomiques, dans les cellules germinales de souris males injectées de fortes doses (1 mg/kg) de lysergamide.Cohen et Mukherjee (5) ont obtenu des résultats similaires.Browning (2) a noté une augmentation significative des mutations récessives léthales de chromosome X chez la drosophile, après injections péritonéales de doses élevées de la drogue, observation que Grace et coll.(9) n\u2019ont pu corroborer.Ces divergences de résultats nous ont incité à faire quelques essais in vitro de LSD sur la culture des leucocytes humains.MATERIEL ET METHODE Du sang prélevé par ponction veineuse à été cultivé selon une microteehnique modifiée d\u2019une méthode déjà publiée (7).Le mode d\u2019expérimentation et la concentration de LSD ont été similaires à ceux de Cohen (4).Comme les lymphocytes du sang ne constituent pas une population synchrone, LSD (Sandoz) ainsi qu\u2019un dérivé monobromé (BOL) ont été ajoutés le deuxième jour des cultures, soit 24 heures avant l\u2019arrêt de celles-ci.Les critères de l\u2019action cytopathogène ont été l\u2019indice mitotique et la présence d'anomalies chromosomiques numériques et structurales.L\u2019indice mitotique a été caleulé en faisant le pourcentage des cellules mitotiques de 1 000 cellules paral Ji void sols périques À ts Jl ian pr due + Hea D Diners, aut été dé ass IR be nova went Find témoin, 1 proportion dns by Fraticène Soa tran Pois 1j 1s Hei s deny hii Bete {yy l'autre de J deve 18) ENEST L Ne lis «dus vis le ile ét jrs, ef ne Je Frat it lie put es i Laval Médical Vol.40- Janv.1969 viables dans chaque préparation.Les anomalies numériques ont été recherchées sur des agrandissements photographiques de 3500 \u2014 4000 x d\u2019un certain nombre de cellules en métaphase de chaque préparation chromosomique.RÉSULTATS Aucun effet nocif n\u2019a été noté avec LSD (tableau I).Quelques modifications chromosomiques mineures, notamment des lésions achromatiques, ont été décelées dans quelques cellules en métaphases, mais le nombre est resté dans les limites de la normalité.Fait curieux, cependant, non seulement l\u2019indice mitotique a été supérieur à ceux du témoin, mais, en outre, l\u2019auementation a été en proportion inverse de la concentration de la drogue dans la culture.Par contre, BOL, dont le pouvoir tératogène a été démontré chez le fœtus hamstérien (8), a causé des lésions chromosomiques mineures beaucoup plus nombreuses que dans les cultures témoins (figure TI).Cependant, l'indice mitotique n\u2019a pas varié dans les cultures qui contenaient ce dérivé de LSD.Aucune véritable cassure, caractérisée par une solution de continuité sur les chromatides ou la perte d\u2019un segment, n\u2019a été observée avec l\u2019une ou l\u2019autre des drogues utilisées ÉTUDE CYTOGÉNÉTIQUE DES HALLUCINOGÈNES is ; > Cos 0 être libre.c\u2019est être assujetti à quelqu'un où à fa.\\ Laver Ao at r ncontr dans vos lee- J id Vous avez également pu rencontrer dans vos quelque chose.L'OMS (10) en donne une défini- ç 1Ce < Ps à £ ] - res les : ] iction), accoutu .; Ly 21.gl ures les termes: toxicomanie (addiction), a tion très large : « un état qui résulte de l\u2019absorption, périodiquement ou continuellement rejetée, d\u2019une certaine drogue » \u2014 qui, comme vous le voyez, repose uniquement sur l\u2019origine, sur la cause de cet état, sans en mentionner les conséquences.Cette définition est complétée par la distinction entre la 60 Simone RADOUCO-THOMAS dépendance psychique, assujettissement du psychisme, et la dépendance physique, assujettissement de l\u2019organisme (tableau I).La dépendance psychique ou psychologique correspond au désir, au besoin psychologique d\u2019une sensation de plaisir.La sensation recherchée peut représenter un plaisir pour l\u2019organisme, mais elle n\u2019est nullement un besoin, une nécessité de l\u2019organisme ; elle est une exigence du psychisme.Ce besoin, cette passion pourrait-on dire par analogie avec d\u2019autres passions (la passion du jeu, par exemple), peut être, dans certains cas, extrêmement violent, voire quasi insurmontable.L\u2019OMS définit la dépendance psychique de la façon suivante: « une pulsion psychique à absorber, périodiquement ou continuellement, la substance pour en retirer du plaisir ou chasser une sensation de malaise » (10).Trois aspects de la dépendance psychique doivent être soulignés : 1.La dépendance psychique représente le caractère commun de toutes les substances engendrant la dépendance.« En fait, c\u2019est le facteur le plus puissant de tous les facteurs qui entrent en jeu dans l\u2019intoxication chronique par les psychotropes » (10).2.La dépendance psychique peut être d\u2019intensité variable suivant la substance utilisée.En outre, les réactions individuelles varient considérablement non seulement en fonction de l\u2019état mental préexistant du sujet mais encore en fonction des conditions sociales dans lesquelles il évolue, de son adaptation ou de sa non-adaptation au milieu.L\u2019OMS insiste sur le rôle joué dans l\u2019étiologie de la dépendance « par les facteurs sociaux et les facteurs du milieu, indépendamment des motivations individuelles » (10).Laval Médical Vol.40- Janv.1969 3.Si le sujet est privé de la drogue, il n\u2019y aura pas de syndrome d\u2019abstinence : l\u2019équilibre biochimi- que de l'organisme n\u2019est pas rompu, mais la violence du désir de la drogue peut pousser le sujet à des actes antisociaux (vol ou même meurtre) en vue de se procurer la drogue et de renouveler son plaisir.La dépendance physique ou physiologique correspond à une exigence physiologique.Il n\u2019est pas question d\u2019un plaisir physiologique que provoque la drogue, il est question d\u2019un besoin de l\u2019organisme.L'\u2019entité biochimique que constitue l\u2019organisme exige pour fonctionner normalement l\u2019apport régulier d\u2019une molécule chimique exogène, la drogue, qui est devenue indispensable à son équilibre biochimique, pseudo-normal.J utilise le terme « pseudo-normal » parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un état d\u2019équilibre nouveau, créé par l'administration répétée de la drogue et qui ne peut être maintenu qu\u2019en présence de la drogue.Les caractéristiques principales de la dépendance physique sont les suivantes : 1.La dépendance physique n\u2019est engendrée que par un nombre limité de drogues.Citons particulièrement la dépendance physique qu\u2019engendrent inévitablement les morphinomimétiques, dans certaines conditions les barbituriques et chez certains sujets l\u2019alcool.2.La dépendance physique augmente en intensité à mesure que les doses augmentent ; cette augmentation des doses étant exigée par le développement de la tolérance.3.Si le sujet est privé de la drogue, son pseudo- équilibre biochimique est rompu.Le déséquilibre biochimique, l\u2019état de carence, qui s\u2019ensuit se traduit par un tableau clinique particulier: le syndrome d\u2019abstinence, la crise de sevrage dont vous TaBLEAU 1 Dépendance physique et dépendance psychique \u2014 Caractères différentiels DÉPENDANCE CARACTÉRISTIQUE SUPPRESSION DE LA DROGUE GUÉRISON i Besoin physiologique Déséquilibre physiologique Possible Physique (Exigence biochimique) (Syndrome abstinence) .Désir, passion Crs ; 9 Psychique (Exigence psychologique) Déséquilibre psychologique ?ped Xe qu 4-0 las En ath a: (an \u201cox i 10 sino) a ee Aon lls qe Supe I ae dé lifes, ¥ quelques À Hamon Weert sadrome pat dy dut, à à de tile Paks MN hae.By W Ie JIS Joy lhe My \u201chg i lly Pang, hye Dit \u201clps Is lig Alig tu, le Mig, \u201cply ( Wig Uy, Le ly fa \" fry \u201cal Yidien a Jy lly ih.isles \u201cà LU de Dr, ATE.= pes ie dive, I sip égiler qu'est ig mil MRE, Jitvli- Lo ap sri nlite Laval Médical Vol.40- Janv.1969 connaissez l\u2019aspect dramatique.L\u2019OMS se base sur l\u2019existence de ce syndrome d\u2019abstinence pour caractériser la dépendance physique qu'elle définit comme suit: «un état adaptatif caractérisé par l\u2019apparition de troubles physiques intenses lorsque l\u2019admi- uistration de la drogue est suspendue ou que son son action est contrecarrée par un antagoniste spécifique » (10).À l\u2019encontre des autres exigences physiologiques, telles que le sommeil, la nourriture, la boisson dont la suppression passagère peut être surmontée par l\u2019organisme, l\u2019exigence de la drogue ne supporte aucun délai: le syndrome d\u2019abstinenee (douleurs diffuses, vomissements, transpiration, ete.) débute quelques heures après la suppression de la drogue.Il atteint son maximum après 24 à 48 heures pour régresser ensuite progressivement.L\u2019intensité de ce syndrome est telle que, en l\u2019absence de traitement, il peut être mortel pour certains sujets.Actuellement, 1l est possible par des traitements adéquats de réduire la sévérité de cette crise.Peut-on guérir, être hbéré de la dépendance ?La réponse est différente suivant le type de dépendance.En ce qui concerne la dépendance physique.là réponse est affirmative.Après une dizaine de jours, le sujet est totalement « libéré » de sa dépendance physique à la drogue.Son organisme a retrouvé son équilibre normal antérieur; 1l fone- tionne normalement sans la drogue.Peut-on être « libéré », peut-on guérir de la dépendance psychique ?Dans les cliniques spécialisées, toutes les ressources thérapeutiques actuelles: psychothérapie individuelle ou de groupe, ergothérapie, réintégration sociale sont mises en œuvre dans ce but.Cependant, la dépendance psychologique ne peut être abolie.Elle persiste après la disparition complète de la dépendance physique.Cocteau a évoqué cette nostalgie de la drogue qui résiste même au temps: « La drogue morte laisse un fantôme, À certaines heures, il hante la maison.» Il ne faut done pas sous-estimer l\u2019importance et les conséquences de la dépendance psychique.La dépendance physique transforme le sujet en un ma- PROBLÈMES DE LA DÉPENDANCE 61 lade, et un malade qui peut être guéri, tandis que la dépendance psychique peut créer un < obsédé » qui ne reculera devant rien pour assouvir sa passion et qui gardera toute sa vie la nostalgie de la drogue.C\u2019est elle, et elle seule, qui est à 1 \u2018origine de l\u2019écrasante majorité des rechutes des toxicomanes.Un ancien héroïnomane disait: « Réintéeré dans la vie soclale depuis cinq ans, j'ai tout pour être heureux : femme, enfants, profession.fortune, mais il ne se passe pas un seul jour où je ne pense à la drogue.Qui sait si, à foree d'y penser, je n\u2019y retournerai pas un jour?» Après avoir défini ces termes, examinons les agents pharmacologiques qui induisent une dépendance.Parmi les différentes substances mentionnées dans le tableau II, je m\u2019attarderai surtout d\u2019une part aux analgésiques toxicomanogènes, d\u2019autre part, aux préparations de cannabis.Les définitions données par l'OMS (3 et 10) pour les autres dépendances sont résumées dans le tableau III.Les analgésiques toricomanogénes (opium, morphine et dérivés de synthèses) ou morphinomimé- tiques (15) créent une forte tolérance et entraînent une dépendance physique et une dépendance psyehi- que.L'héroïnomane utilisera tous les moyens pour se procurer la drogue parce qu\u2019il désire violemment la pseudo-euphorie que lui procure la drogue (dépendance psychique) et parce que cette moléeule Tapneau Il Principales drogues engendrant la dépendance Analgésiques toxicomanogènes (stupéfiants) : opium, morphine, héroïne, etc.Barbituriques Tranquillisants Alcool Nicotine Cocaïne Amphétamines Substances type hallucinogènes : \u2014 type LSD \u2014 type marijuana (hachisch) \u2014 type colle d\u2019avion Laval Médical G2 Simone RADOUCO-THOMAS Vol.40- Janv.1969 Tapreau III Description des différents types de dépendance (3.10) Di 0 c A i DEPEXDANCE DEPENDANCE ToL EPENDANCE RIGINE ARACTERISTIQUE PSYCHIQUE PHYSIQUE OLERANCE .CL.Désir ou besoin irrésistible Type Absorpon répétée de continuer à prendre morphinique periodianemen\u2019 oO la drogue et de se la + + + continuellemen procurer par tous les moyens Absorption répétée T continuellement Désir ou besoin intense b ie Doses, en général, de continuer a prendre + + \u2014 arbiturique supérieures aux doses la drogue thérapeutiques Ab .4 Désir ou besoin irrésistible Type bsorption répétée de continuer à prendre cocaïnique per lodiduement ou la drogue et de se la + continuellement procurer par tous les moyens Type Absorption répétée Dési besoin d amphéta- périodiquement ou ; ésir ou en e + \u2014 = minique continuellement continuer à prendre la drogue T Absorption répétée Dési besoi de rénét \u2018ie périodiquement ou Pa on co Pre er + \u2014 \u2014 cannabique + périodiquement absorption de la drogue chimique est devenue indispensable au pseudo- équilibre biochimique de son organismes (dépendance physique).Je voudrais rappeler rapidement 1\u20ac1 que la dépendance de type morphinique s\u2019induit excessivement vite.Quelques doses \u2014 Je ne dis même pas plusieurs doses \u2014 quelques doses, successives ou espacées, sont suffisantes.De plus, l'induction de cette double dépendance est inéluctable.Elle apparaîtra chez tous les sujets, sans exception, quelle que soit l\u2019individualité psychophysiologique du sujet et quelles que soient les conditions d\u2019administration : qu\u2019il s'agisse d\u2019un stupéfiant naturel ou de synthèse (16), de doses faibles ou fortes, d\u2019une administration par injections ou par suppositoires et, enfin, d\u2019une administration volontaire ou imposée, consciente ou inconsciente.J\u2019insiste sur ce point, d\u2019une part, parce qu\u2019on sous-estime parfois le caractère absolu du potentiel toxicomanogène des morphinomimétiques, d\u2019autre part, parce qu\u2019il permet de faire une distinetion majeure avee l\u2019aléool.Contrairement à la morphine, l\u2019alcool n\u2019engendre la dépendance physique que chez un nombre limité de sujets, mais elle ne l\u2019engendre pas chez tous les sujets.L\u2019induction d\u2019une tolérance et d\u2019une double dépendance, physique et psychique, à l\u2019aleoo! pour- vait être liée à certaines déficiences biochimiques congénitales par exemple en métabolites essentiels, que présenterait une faible minorité de sujets.Pour ces sujets, la dépendance à l\u2019égard de l'aléool serait similaire à la dépendance de tvpe morphinique ou plus encore à la dépendance de type barbiturique.Pour l'ensemble de la population, cependant.la consommation répétée d'aléool n\u2019engendre pas de dépendance physique.Signalons que la dépendance de type barbiturique résulte de l\u2019administration continuellement répétée coat Ni filam hat ils es ied je lu moi Tues | sill i well We va)lement atl dè oxi Tarehiue Vos de sû coma dée ph nsélique pluie, da \u201ci we En Lrutionne BUS Iétivenp Nisa, Misa Side Va» \u201cit by ele ip Ra \u201clr iy ny | til val Pro My Laval Médical Vol.40 - Janv.1969 de barbituriques à des doses, en général, supérieures aux doses thérapeutiques (tableau IIT).Le syndrome d\u2019abstinence peut étre plus violent que celui de la morphine, voire létal.Toutes les autres substances psychotropes n\u2019entraînent pas de dépendance physique, mais uniquement une dépendance psychique.Ce qui ne signifie nullement qu\u2019elles soient moins néfastes: je vous al parlé tout à l\u2019heure des rechutes presque inévitables des toxicomanes, liées uniquement à la dépendance psychique.Vous devez savoir également que la cocaïne, dont on connaît les ravages, n'engendre aucune dépendance physique mais uniquement une dépendance psychique, Il n\u2019y a pas non plus de tolérance mais plutôt, dans les cas d\u2019absorption épisodique, indue- tion d\u2019une hvpersensibilité à la cocaïne.En ce qui concerne les amphétamines, il faut mentionner que le sujet en absorbera des quantités croissantes, moins à cause de la tolérance qui est relativement faible que « pour obtenir des effets croissants, soit des effets d'excitation ou d\u2019euphorie plus accentués, soit pour combattre plus efficacement l\u2019état de dépression ou de fatigue ».(10).Qu'en est-il des substances utilisées actuellement comme ballucinogènes ?Aucune de ces substances n\u2019engendre de dépendance physique.En ce qui concerne la dépendance psychique, l'OMS mentionne (3 et 10) : - pour les inhalants type colle d'avion: une dépendance variable : \u2014 pour les préparations de cannabis (marijuana.hachiseh), une dépendance liée notamment à l\u2019exaltation apparente des capacités qu\u2019elles provoquent et qui peut être moyenne à forte en fonction des effets subsjectifs recherchés par le sujet ; \u2014 pour le LSDu; et ses congénères (mescaline, STP.ete.) : une dépendance faible pour la ma- Jorité des sujets mais violente pour une minorité qui pourra y sacrifier sa fortune et sa carrière.Je ne m'attarderai pas sur le problème de la dépendance à l\u2019égard des inhalants type colle d\u2019avion, ni à l\u2019égard des substances type LSD.Les effets PROBLÈMES DE LA DÉPENDANCE 63 drastiques et les dangers inhérents à l'expérience unique (2, 14) en liniitent le nombre d'usagers réguliers.J ajouterai, par contre, quelques commentaires au sujet des dérivés de cannabis, tout en me limitant strictement a 'examen du danger « dépendance ».à l'exclusion des autres dangers (2, 5 et 14) que peut impliquer l'abus de ces produits! La mention par l'OMS d'une dépendance psychique « moyenne à forte » à la marijuana repose sur les observations relatées ou faites dans les différents pays, à différentes époques, et dans différents milieux lors de l'utilisation chronique de différentes variétés de cannabis.Les limites de cette dépendance psychique dans le cadre actuel sont encore discutées (4) et exigent pour être précisées des études systématiques rigou- l'euses, À ce sujet.j'aimerais faire mention des commentaires qui ont été faits spontanément par des usagers de la marijuana en répouse a notre guestion- naire sur les hallueinogénes.Par souei d\u2019objectivité, Je vous citeral deux opinions aussi opposées que possible : N° 9887.«J'ai cessé pour le moment parce que je n'ai plus beaucoup d\u2019argent et je voulais voir si je pouvais m'en passer facilement.Je peux dire maintenant oui, maïs je n'ai pas abandonné tout à fait; a la premicre occasion, je fumerai tout en n'étant pas esclave, Physiquement et du point de vue psychique, je ne me sens pas attaqué.» No 12684, année, j'ai décidé d'arrêter l\u2019emploi des drogues.«Un mois avant les examens, cette 1.«le cannabis fait actuellement l\u2019objet de débats continuels, de caractère quelque peu journalistique.Alors que \u2014 fait ironique \u2014 des pays comme l\u2019Inde, qui possèdent des siècles d\u2019expérience dans ce domaine suppriment progressivement la consommation de ce stupéfiant, dans les pays industriellement avancés certains groupes soutenaient inconsidérément par des arguments spéciaux que la consommation du cannabis n\u2019est pas dangereuse ou en tout cas qu\u2019elle n\u2019est pas assez dangereuse pour justifier une interdiction.De l\u2019avis du comité, il ne suffit pas de répondre à des assertions par d\u2019autres assertions.La politique la plus efficace consiste, tout en maintenant les restrictions actuelles, à confirmer le danger que présente ce stupéfiant en réunissant, grâce à la recherche et au rassemblement des données, une masse de preuves irréfutables » (6). a = \u2014 ç NS.4 Ses Lo / J Sn 6 12 18 24 30 36 6 12 18 24 30 36 6 12 18 24 30 36 mois USA Québec France Figure 1 \u2014 Courbes qualitatives de Pusage du LSD aux Etats-Unis, au Québec et en France.Pour les usagers réguliers, le plateau se situe entre 12 et 52 expériences.+ M pui?sa 4h-J Franee sui élites Het +3 deux pa.el: PrspfIn BE Franti turellement 1 AE aux eus La cons EE équevelente oss tent nr sat dé y du roue elite iy Fey diag Jaa, 1g \"Hi \u201cuf Sige ell Ce Tiisye es Se het ality es il lie el Alls Al Le tle \u201cap.in ul Le.fal pra tit ist Et iid Laval Médica! Vol.40- Janv.1969 France surtout sous des formulations esthétiques ou idéalistes.Les buts collectivement exprimés de l\u2019utilisation s\u2019expriment aussi différemment dans les deux pays: aux USA, transformation de la société originale; en France, exploration de la conseience.POSITION RELATIVE DT QUÉBEC Économiquement relié au monde américain et eul- turellement partagé, le Québécois français présente une réaction générale au LSD qui est intermédiaire aux deux précédentes (figure 2).La consommation montréalaise semble légèrement inférieure à celle de villes américaines de population équivalente en nombre, mais la répartition des usagers est probablement assez similaire, avec un recrutement inversement proportionnel à l\u2019âge et la présence de groupe d'utilisation.Cependant, le rôle du groupe est plus diffus, l\u2019appartenance moins généralisée et les contacts moins fréquents entre les FRANCE Consommation totale: Répartition des usagers: Présence de groupes de consommation: Mode d'accès au marché: Proportion d'usagers réguliers: | I Forme des courbes d'usage: | C de 1\" ontenu de l'expérience: | xpérience «| 7 | J | O Position relative du Québec Usagers intermittents Usagers réguliers [«] [v] : Expériences successives \u2019 > Figure 2 \u2014 Canalisation culturelle des réactions au LSD.in AR TR a SHH ct i « i INTERACTION HALLUCINOGÈNES - CULTURE 93 membres d'un groupe.Il s'agit d'un univers fluide de consommation plus que d'un ensemble de groupes bien définis.Les intérêts de cet univers de consommation sont fragmentés et reflètent la complexité de la situation historico-géographique qu\u2019ils expriment.L'accès au marché se fait ordinairement à travers ce groupe diffus de consommation ou bien par un contact direct avec des utnis résidant dans une ville américame.L'utilisation générale est sensiblement moins forte qu'aux États-Unis et les usagers réguliers apparaissent moins nombreux.La courbe d'utilisation pour ceux-el atteint un plateau moins élevé mais de longueur égale à celle de l\u2019usager américain; la descente est plus sensible.Le profil d'usage intermittent au Québec est sans plateau et fragmenté.Le relevé du contenu des expériences de Québé- cols présente un intérêt particulier par son évolution propre.Les toutes premières expériences se rapprochent du modèle français avee une grande similarité : lutte pour la conservation totale du moi et auto-observation permanente, Cependant, chez ceux qui montrent une certaine continuité d\u2019utilisation, les expériences subséquentes se polarisent vers une lente dérive en direetion du modèle américain.Bien qu'un net piétinement soit observable avant le stade de l'acceptation des visions para-extatiques et à consonance religieuse, il semble que l\u2019usager régulier québécois présente peu de différences avec l'usager américain quant au contenu de ses expériences.Il est en contact avee la manifestation américaine du phénomène LSD par tous les media d\u2019information et plusieurs des modèles de comportement qui lui sont suggérés peuvent être appliqués avec peu de modification au sein de la culture québécoise.En somme, le Québécois réagit avec sa culture et sa culture le situe d\u2019abord d\u2019une façon statique entre deux continents.Or, la vie collective est alimentée et animée par des courants culturels qui forcent la dérive en direction des attractions dominantes; la réaction de l\u2019usager québécois français exprime la dominance de la polarité américaine sur la eulture- mère et sur la culture émergente locale. 94 Georges LÉTOURNEAU INTERACTION ENTRE LE MILIEU SOCIAL ET L\u2019USAGE DES HALLUCINOGÈNES Ces exemples de réactions différentielles au LSD ont permis de sentir l\u2019importance de la canalisation culturelle des effets d\u2019une même substance.L'\u2019étude des réactions aux hallucinogènes mineurs apportera la réciproque de cette même perspective, ¢\u2019est-a- dire la modification du milieu culture! par la présence des hallucinogènes mineurs.Par hallucinogènes mineurs, j'entends des substances telles que haschish et marijuana, et j\u2019appellerai « fumeurs » les usagers de ces substances.Pour des fins immédiates, marijuana et haschish seront considérés comme interchangeables.En période de disette de marijuana, le fumeur se tourne vers le haschish qui, étrangement, inonde alors le marché.Alimenté de deux mondes, l\u2019un sur le continent même, l\u2019autre au Moyen-Orient, le marché est aisément maintenu et l\u2019approvisionnement du fumeur peut être presque toujours assuré.Lorsque le marché abonde à la fois en haschish et en mari- Juana, les préférences individuelles se manifestent plus librement et l\u2019on peut vérifier l\u2019existence d\u2019une plus forte proportion de fumeurs du second sous- tvpe.Seuls les fumeurs américains semblent posséder la force numérique suffisante pour altérer de facon sensible le contexte culturel ambiant.L\u2019infiltration des media d'information et de publicité, l\u2019expression publique d\u2019une certaine vision du monde à travers la musique et l\u2019art populaire sont quelques-uns des symptômes de l\u2019activité interne.Ces forces d\u2019expression proviennent de groupes de pression et la formation de ces groupes particuliers est en corrélation directe avec une forme d'utilisation des hallucinogènes mineurs.Parmi les effets d'une drogue, il en est certains que l'on peut qualifier de collectifs, car les réactions de cet ordre exigent la présence de plus d\u2019une personne pour se manifester et c'est sur ce plan collectif d'effets qu\u2019il faut considérer l'influence des hallucinogènes si l\u2019on veut dégager le social du psychologique.Fumer seul diffère de fumer en groupe ct cette différence est sensible chez tout fumeur.Laval Médical! Vol.40- Janv.1969 Lorsqu'un fumeur régulier fume seul, c\u2019est géné- \u2018alement pour des motifs différents de ceux qu\u2019il peut invoquer lorsqu'il fume en groupe ou avec des intimes, Fumer seul implique une acceptation plus profonde de la drogue et une connaissance plus directe de ses effets.Celui qui commence à fumer seul cesse d'être un fumeur occasionnel, car l'habitude peut désormais s\u2019infiltrer sous des motifs d\u2019efficacité ou d\u2019atmosphère intérieure essentielle.Mais, pour le fumeur novice, fumer est essentiellement une activité de groupe.Les premières occasions sont toujours collectives et impliquent habituellement plusieurs membres d\u2019une même classe d\u2019âge: compagnons d\u2019études ou de récréation, rencontres de coffee-house ou de discothèque, confrères de mouvement idéologique ou de travail.Le groupe auquel vient ainsi se greffer le nouveau venu peut être de deux types: un groupe préexistant, possédant déjà cohésion et identité, ainsi qu\u2019un second type, celui-ci accidentel, ayant surgi spontanément par la simple présence de la marijuana et parfois composé uniquement d\u2019individus qui en sont à leurs premières expériences, Donc, groupe préexistant ou bien groupe spontané mais, inévitablement, groupe.Le processus de formation des groupes est accéléré et, simultanément, modifié.L'évolution d\u2019un groupe spontané, depuis son émergence jusqu\u2019à sa maturité possible, nous permet de découvrir quelques-unes des pressions qui le renforcent et l\u2019alimentent en tant qu\u2019organisme collectif.La perception de l\u2019illégalité du geste, contrebalancée par la sensation de partage du défi, apporte une premiere émotion commune, ressentie de facon variable par chacun des membres mais affirmée par un vaste cérémonial de précautions.Avant même que les individus commencent à intercommuniquer, l'assemblée forme déjà un groupe.La complicité à été exprimée, ressentie et partagée avant que les premières paroles soient prononcées, avant que ne commence à circuler la cigarette où la pipe.Le geste traditionnel de faire circuler la même cigarette de bouche en bouche mérite que l\u2019on s\u2019y attarde quelque peu, car il est profondément ancré chez les fumeurs nord-américains.C\u2019est à la fois poil Je fi ls ut goulénent sell btn I le wt eres | pige pure Lu certaine rialsati went vu de ml wilful, | ier | prs ete uid leu | buat l'ensemtl Ww pie lis vali et bis indy vomplém hr ais org Lors Tseng Bony | ope 1 de lis lilly d' fear By Ml lg [buy \u201cile de lh rr leg Hy om ely tl Bagg i ils pin I ll (LA cel Jal Laval Médical Vol.40 -Janv.1969 la méthode économique par excellence et, plus profondément, c'est l\u2019acte de consolidation rituelle de l'assemblée.Le geste est essentiel et suffisant à la création de l'atmosphère: une communauté d\u2019attitude est dès lors établie de façon concrète entre les membres participants et le partage d'une même cigarette devient symbole de cette communauté temporaire, Le nouveau groupe possède done dès le début une certaine cohérence émotionnelle et un mécanisme de ritualisation de son existence, Les fonctions se précisent et le groupe devient soit groupe d'amusement ou de relaxation, soit groupe de discussion ou de contact.Graduellement, les individus vont se regrouper par complémentarité d'attitudes: les groupes deviennent lieux de partage.une permanence fluide leur donne cohésion et, peu à peu, permet l\u2019élaboration d\u2019une notion d\u2019identité applicable à l\u2019ensemble des membres.Le groupe possède dès lors ses premières bribes de conscience collective et, en plus d\u2019être Tieu de partage, devient milieu d\u2019élaboration et de développement d'idées et de concepts.Les individus antérieurement groupés par suite de complémentarité d\u2019idéaux se retrouvent en train d'élaborer une idéologie commune ; le groupe devient alors groupe de similarité.Lorsqu'un groupe de similarité peut canaliser l'ensemble de ses énergies individuelles de facon à obtenir une force utilisable.l\u2019on peut parler de groupe de pression.Ce sont certains de ces groupes de pression qui utilisent actuellement la plupart des media d'expression afin de centrer l\u2019attention publique sur ce qu\u2019ils estiment être important et valable.En plus de cette corrélation directe avee le processus de cristallisation de groupe.on peut constater l'émergence d'une forme linguistique nouvelle par suite de l'introduction relativement généralisée des hallucinogènes mineurs.Une terminologie technique s\u2019est élaborée pour décrire les phénomènes psychiques nouveaux, pour ciréonserire la modification de la conseience collective.Le dialeete psychédélique anglo-saxon présente des propriétés uniques de généralisation et de simplification qui permettent son usage dans de multiples circonstances et par toutes INTERACTION HALLUCINOGÈNES - CULTURE 95 Crt pan te phare hunni sortes de personnes.Le dialecte hip est aussi le seul de sa catégorie et, de ce fait, s\u2019installe en monopole symbolique.C\u2019est ainsi qu'aucun équivalent fran- cals acceptable n'a pu être établi pour des termes tels que high, stoned, pot, et le fumeur québécois français utilise ces termes courants dans leur langue originale, Cet exemple de dérive linguistique nous mène à considérer la situation québécoise.La structuration du phénomène à Montréal est analogue à celle d'une grande ville des États-Unis et seule la diversité particulière des groupes d'usagers permet d\u2019en distinguer les caractéristiques propres.La forme du phénomène demeure approximativement identique et seul le contenu semble variable.Le fumeur montréa- lais peut appartenir à l'un des quatre tvpes suivants: politiquement engagé, d'occupation académique ou intellectuelle, de production esthétique et.finalement, de curiosité.Ces types généraux sont tout aussi valables pour d'autres villes américaines, mais l\u2019on constatera alors une variation de la proportion d'appartenance.Ainsi, un fort pourcentage de fumeurs réguliers du type politiquement engagé est observable à Montréal, tandis que le quatrième type, de curiosité, est de beaucoup moins populeux qu'aux États-Unis.Partageant le même marché clandestin, canalisé par des structures juridiques analogues et en contact permanent avee une culture souterraine forte, les usagers des hallucinogènes mineurs, au Québec, ne se comportent pas de façon qui soit appréciablement différente de celle de l\u2019usager américain.En somme, la situation du Québec face au pro- bléme de la marijuana se présente comme un appendice de la situation totale nord-américaine.En conclusion.la canalisation par la culture des réactions au LSD et l'influence des hallucinogènes mineurs sur certaines formes culturelles suggèrent l\u2019existence d\u2019une réciprocité d\u2019action.Une drogue possède une efficacité variable suivant l\u2019organisme qui l'absorbe, Chez un individu, le processus d\u2019acceptation ou de rejet est primordial et antérieur aux réactions adaptatives ou correctives.Une société pour être considérée comme un vaste Laval Médical 96 Georges LETOURNEAU Vol.40- Janv.1969 organisme et.en plus d'un sens, la définition de l'organisme social s\u2019accorde avec celle d\u2019un organisme biologique, c\u2019est-à-dire un ensemble dont les parties ou organes sont viablement intégrés, tout en étant doués d\u2019autonomie fonctionnelle.L'introduétion d'une substance active dans l'organisme, qu\u2019il soit social ou biologique, amène des réactions d\u2019un ordre propre à cet organisme, Cette réaction dépend toujours de l'acceptation ou du rejet préalable et la canalisation des réactions est, en quelque sorte, l\u2019image de l'organisme affecté, pendant qu'il est affecté.L'ASPR DES H [othe Shi TI gs ps een teal Her ll Tis qu à Jiselgl sll qe uy \u201ch il tu de ting Bi, 0) yy i i) \u201cin ig Vie I fil Hr \u201cltr Ji UT I EN Mg Tilly Su \u2018 > Ta ly à fod, Br | [Ee vitre atin RO dg fife, non L\u2019ASPECT PSYCHOLOGIQUE DE L'USAGE INCONTROLE DES HALLUCINOGENES * Le théme que je dois traiter concerne les dimensions psychologiques de l\u2019usage incontrôlé des drogues psychodysleptiques; par usage incontrôlé, J'entends celui qui ne dépend pas des prescriptions médicales autorisées, visant un effet thérapeutique ou expérimental déterminé, mais, au contraire, celui qui résulte de la libre initiative du consommateur qui en attend quelque satisfaction.Ces dimensions psychologiques sont multiples et variées.Ne disposant que de peu de temps, Je voudrais envisager avec vous le problème qui me semble le plus immédiat et le plus significatif dans la situation présente, celui de l'initiative, du choix, ou de la décision, de prendre (ou de ne pas prendre) la drogue en question.Où l\u2019on touche au problème essentiel de la motivation de la conduite.Pourquoi veut-on prendre ces produits ?Pourquoi recherche-t-on une telle expérience ?Et quelles satisfactions espère-t-on y trouver?Quelles seront ensuite les conséquences d\u2019une telle conduite, poursuivie avec une telle motivation, en ce qui concerne le développement nlté- rieur de la personnalité vers la maturité ou, au contraire, sa fixation en des formes plus ou moins pathologiques d\u2019immaturité ou de dépendance ?Il est d\u2019abord évident que de telles motivations sont toujours multiples et variées, et qu\u2019une décision unique dépend à la fois de facteurs très divers.Nous essaierons d\u2019énumérer de façon explicite * Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Québec, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l\u2019ACFAS.2) D.H.SALMAN, Institut de psychologie, Université de Montréal, Montréal.quelques-uns des facteurs les plus habituels et les plus constants.Il faudra aussi évaluer ces diverses motivations, du point de vue psychologique qui nous intéresse ici.On devra distinguer deux aspects assez différents du problème.D'une part, on se demandera si ces motivations sont acceptables pour une personnalité équilibrée qui tend vers la responsabilité adulte.D'autre part.on reconnaîtra dans ces motivations des tendances profondes de la personnalité, qui révèlent quelques aspects de sa structure intime, et peut-être quelques-unes de ses faiblesses cachées.En ce sens, toute motivation intérieurement ressentie est un symptôme.dont il convient d'examiner la signification.Et aucun d\u2019entre nous ne pourra choisir en connaissance de cause sans avoir évalué ces motivations intimes qui animent nos secrets désirs, en attendant de déterminer notre conduite.Remarquons maintenant que les toutes premières motivations sont socialement induites par la eul- ture ambiante.La drogue est disponible désormais dans tous les milieux, elle est l\u2019objet d\u2019une immense et confuse publicité, elle est fournie à des prix compétitifs par des livreurs empressés fort soucieux de leurs profits.On risque ainsi de devenir la victime passive de pressions purement commerciales, dans une singulière complicité avec les pires aspects d\u2019une société de consommation.Une personnalité vraiment autonome, par contre, devrait sûrement se décider pour d'autres raisons.Si elle recourt à la drogue, ce n\u2019est sûrement pas pour enrichir les fabricants clandestins.Il en va de même en ce qui concerne une deuxième motivation induite et done possible, 98 D.H.SALMAN qui dérive cette fois des pressions sociales des groupes ambiants qui auraient déjà adopté l\u2019usage des drogues.Car une personnalité autonome se devrait sûrement de résister à ces sollicitations, pour prendre une décision personnelle fondée sur des motivations librement acceptées.Et si l\u2019un ou l\u2019autre d\u2019entre nous éprouve quelque difficulté à résister aux sollicitations commerciales des vendeurs ou aux pressions sociales d\u2019un milieu conformiste, il devrait y reconnaître l'indice d\u2019une relative immaturité.Sa personnalité, encore faible et dépendante, n\u2019est manifestement pas capable de décisions autonomes et personnelles.Ce symptôme devrait le mettre en garde contre un choix qui, pour lui, serait certainement prématuré.Le moment viendra, pourtant, où l\u2019on pourra choisir en raison de motivations plus personnelles.Le motif le plus fondamental est sans doute alors un singulier mélange de curiosité, de goût du risque, de désir d'explorer des expériences encore inconnues et d\u2019espoir de découvrir en soi des capacités encore insoupconnées.Et ce souci d\u2019une expérience plus riche et plus intense explique sans doute mieux l'attrait qu\u2019exercent les psychodysleptiques sur les jeunes générations d\u2019aujourd\u2019hui.Je crois qu\u2019il faut reconnaître l\u2019existence et la portée de telles aspirations.Il faudra cependant se demander aussi, il faudra que chacun se demande pour son propre compte, s\u2019il est possible de les satisfaire.On peut réfléchir à ces questions en fonction des observations déjà faites par d\u2019autres; on peut aussi, si l\u2019on croit devoir risquer l\u2019épreuve, évaluer sa propre expérimentation.Mais il faudra, de toute façon, évaluer tant les résultats effectivement atteints que les motivations qu\u2019elles suscitent et développent chez l\u2019usager habituel de la drogue.Or, en ce qui concerne d\u2019abord la marijuana, les effets produits sembleront de qualité relativement médiocre.Son effet est sans doute apaisant et euphorisant; elle fait disparaître la tension et l\u2019anxiété qu\u2019elle remplace par l\u2019aisance et un sentiment chaleureux d\u2019agréable facilité.À des doses plus élevées, elle est légèrement hallueinogène et entraîne alors avec une certaine régression une impression de plaisir gratuit.Tout cela procure sans doute de réelles Laval Médical! Vol.40-Janv.1969 satisfactions, qui expliquent assez pourquoi on y revient si volontiers.Mais quelle est la qualité de ces gratifications et de quelle portée est l\u2019expérience ainsi vécue ?Il] n\u2019y a guère ici de découvertes inédites ou d\u2019intuitions transcendantes, la créativité n\u2019est pas acerue et la productivité artistique ou intellectuelle n\u2019est pas augmentée.Il n\u2019y a point du tout, dans ce cas, de ces résultats merveilleusement psychédéliques qui devaient étendre les capacités de l\u2019esprit.Soit ! dira-t-on.Renoncons, dans ce cas au moins, aux expériences transcendantes.Mais profitons du moins des gratifications d\u2019une agréable euphorie, qui sont fort comparables aux ivresses procurées par un usage quelque peu intempérant de l\u2019alcool.Sans doute.Mais, précisément, quelle est la qualité d\u2019une telle motivation ?D\u2019où vient, en notre personnalité, ce curieux besoin d\u2019une euphorie artificiellement provoquée, de ce plaisir facile et superficiel?Et qu\u2019arrivera-t-il à une personnalité qui renforce cette tendance par un recours trop fréquent à la drogue ou à l\u2019aléool, l\u2019habituant ainsi à un type de gratification assez improductif, en la fixant à un type de plaisir assez douteux ?En pareil cas, la drogue a pour premier effet de révéler une faiblesse préexistante de la personnalité ; et si le sujet s\u2019abandonne a ces trop faciles satisfactions, il risque de se fixer à un niveau assez médiocre d\u2019immaturité.TM faudrait d\u2019ailleurs se demander aussi pourquoi l\u2019on recourt si volontiers à d\u2019aussi faciles gratifications, comment il se fait que les joies plus essentielles d\u2019une vie humaine pleinement épanouie semblent offrir si peu d\u2019attrait.Pourquoi une personnalité de ce genre n\u2019est-elle pas séduite par la vérité de la recherche scientifique ou philosophique, la beauté de la création artistique ou littéraire, la générosité du service social ou politique, les joies de l\u2019amour et de l\u2019amitié ?Le besoin d\u2019émotions fortes artificiellement provoquées suggère toujours au psychologue un besoin de compensation et de surcompensation.Et il appartient à chacun de s\u2019interroger sur ses besoins excessifs de gratifications stériles de cet ordre.Un autre aspect du problème concerne l'évasion trouvée et volontiers recherchée dans l\u2019expérience Li pull Yi ol 40-0808 J dn d'éviter cl ins if pafronter ia res ju fu hé As ele Tighe fans Leff et dés Toy qui fit 14 diffalts sit qu À capable de fr, cet sti {in existe 0g l'évasion, d'in af elle ris facil à I 1¢ yyy ise d fiery Went Wragg à las Ts fp létioo mn og as al Js péri A Hiv Hew = Pôle cle LA, ll il, Sans sl ult Jour gO = (tte rise om if ald ed 5 vil I» Ë LE pi sir J fine pen ni?Cpr be .i phd i pa Laval Médicai Vol.40 - Janv.1969 de la drogue.Une telle évasion permet au sujet d'éviter certaines tensions pénibles et d\u2019oublier certaines difficultés.Mais, du même coup, il à renoncé à affronter la réalité, il a refusé l\u2019épreuve de la vie, il a remis au lendemain des problèmes persistants qu\u2019il faudra bien résoudre un jour.Cela semblera une mauvaise solution du point de vue du développement normal d\u2019une personnalité qui tend vers l\u2019équilibre bien intégré de la maturité.Car c\u2019est dans l\u2019effort qu\u2019elle acquiert ses nouvelles capacités et des moyens d'action plus parfaits, dans l\u2019effort qui fait rencontrer les obstacles et surmonter les difficultés.D\u2019où le danger permanent de toute évasion qui détourne du réel, de ce réel qui est seul capable de donner les véritables gratifications.Or, cette fois encore, la motivation individuelle sera d\u2019une capitale importance.Si une tendance existe d\u2019avance dans la personnalité qui dispose à l\u2019évasion, qui tend à faire éviter les dures exigences d\u2019un affrontement des problèmes réels de la vie, elle risque d\u2019être favorisée par un recours trop facile à la drogue.Cette tendance constitue alors une vulnérabilité spécifique de la personnalité que l\u2019usage de la drogue révélera d\u2019abord, qu\u2019elle renforcera ensuite au point d\u2019en faire une fixation permanente d\u2019immaturité.Cette disposition d'éviter la confrontation avec le réel, par un recours habituel à l'évasion, est sans doute l\u2019une des plus dangereuses de celles que le recours à la drogue risque i te fii Hitt ASPECT PSYCHOLOGIQUE 99 de favoriser, Et il appartient à chacun d\u2019examiner ses intimes motivations pour y reconnaître d\u2019aussi secrètes et dangereuses faiblesses, Plus on découvrira en soi de telles tendances vers l\u2019immaturité, plus on devra se méfier de pratiques dont l\u2019effet serait de les renforcer.Avant donc de se décider pour l\u2019emploi de la marijuana, il conviendrait d\u2019en évaluer les avantages possibles et les probables inconvénients.Les avantages me semblent assez limités et de médiocre qualité.Les inconvénients que nous avons considérés sont surtout ceux d\u2019une habituation à des conduites typiques de l\u2019immaturité, qui sont dommageables pour le développement de la personnalité et l'acquisition d\u2019une pleine productivité créatrice et adulte.Les inconvénients, nous l\u2019avons dit, varient selon les personnalités: ce sont malheureusement les sujets les plus faibles et les plus vulnérables qui s\u2019exposent le plus volontiers au danger.Ces analyses devraient être prolongées et précisées.Une analyse parallèle devrait étudier le cas des autres drogues et en particulier du LSD.On devrait signaler son action dysleptique beaucoup plus intense et les dangers beaucoup plus grands qu\u2019il fait courir à l\u2019équilibre de la personnalité.Les quelques réflexions que j'ai pu vous proposer n'avaient pour but que de rappeler le rôle de motivations souvent préconscientes ou du moins inexpli- citées dans l\u2019évolution de la personnalité au cours d\u2019une pratique incontrôlée de ces drogues.EMI E \u20ac we A AAR 2 = = En eA QUELQUES TRAITS PSYCHOLOGIQUES D\u2019UN GROUPE D'ADOLESCENTS Avant de présenter les résultats d'une modeste enquête menée sur les problèmes psychologiques rencontrés chez des adolescents de niveau secondaire et de milieu moyen, utilisant des drogues psychodysleptiques, nous voudrions faire quelques remarques.Tout d\u2019abord, dans le domaine de la psychologie individuelle, la littérature ne nous fut gue d\u2019un maigre secours.Si l\u2019on envisage le problème sous ses aspects biochimique, physiologique, pharmacologique, psychiatrique ou sociologique, on n\u2019a que l\u2019embarras du choix pour trouver des travaux fort experts, précis, non complets, certes, comme dans tout domaine scientifique, mais cependant suffisamment solides et prouvés pour être reconnus.Mais si l\u2019on en vient à une approche individuelle, à un niveau qui ne relève encore ni de la pathologie ni de la sociopathologie, c\u2019est-à-dire à un niveau où la prophylaxie.notamment psychologique, à le plus de chances d\u2019être efficace, on ne trouve pratiquement rien.Et, abstraction faite, bien sûr, des « confidences » publiées dans les revues « spécialisées » ou des idées toutes faites de la presse à grand tirage.que reste-t-il ?De ce fait, nous avons été conduit à entreprendre une étude fragmentaire qui, sans méconnaître la valeur des découvertes médicales ou sociologiques, * Travail effectué par un groupe d\u2019étudiants en psychologie de l\u2019université Laval, dirigé par l\u2019auteur.+ Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Québec, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l\u2019ACFAS.UTILISANT DES HALLUCINOGENES * i B.MORIN, Département de psychologie, Université Laval, Québec.nous permet d'approcher singulièrement des individus utilisant diverses substances psychodysleptiques, tout en restant, de fagon générale, « adaptés ».Car aussi bien, peut-on tout expliquer et tout con- prendre, uniquement en terme d\u2019altération chimique ou électrique ou bien en terme de pression socioculturelle ?Que! pouvait être l\u2019élément individuel favorisant l'épanouissement d\u2019une forme ou d\u2019une autre d\u2019asservissement à ces modes nouveaux d\u2019évasion ?Et ceci dans un cadre bien délimité géographiquement : la ville de Québec et sa proche banlieue.Voici done maintenant le point, bien imprécis, de nos premières recherches.À partir d\u2019un nombre de cas très réduit (24) d\u2019usage de la drogue chez les adolescents, nous avons remarqué que certains faits (comportement général, traits psychologiques, cadre familial) se retrouvaient chez la quasi-totalité des sujets.Sans done prétendre avancer des conclusions prématurées au début d\u2019une recherche, il est peut-être possible de présenter, à titre d\u2019hypothése de travail, les pre- miéres impressions qui se dégagent des observations.Au point de départ, le seul trait commun aux adolescents observés (intelligence normale, même brillante mais résultats scolaires irréguliers) était l'utilisation réellement établie d\u2019une drogue (colle, marijuana, LSD), utilisation qui, pour être suivie.n'avait pas entraîné d'intervention policière ou médicale majeure, restant donc dans le cadre du normal (faible fréquence: un ou deux par semaine ; courte durée : un à six mois).L\u2019investigation porta, évidemment, sur le choix de la drogue, la fréquence, pari de al ii am J pital non Tope wider irs fp Jes ole | AIS ELU Dislins ver de Ray pili de parent Tel ie wire de y Tpit l'ip ding 08 rsh Tip IL sm SUT: \u201clle Wifi Prisation i bis sy Semi i {iy bi, fi Fo NE I\" lige i Ing, i Fini, Ty \u201cMari HORN, \u201cloge Sather \u201cile al Laval Vol.40-\u2014 Janv.1969 Médical les raisons et les effets de son usage et aussi sur les faits saillants du comportement et les conditions de l'environnement familial.Une première surprise nous attendait.Il est con- venn de croire que les jeunes qui se droguent le font hors de chez eux, lieux publies ou clandestins, eaba- nes, ete.Or.pour nos adolescents, la prise a lieu .aussi souvent à la maison qu\u2019à l'extérieur.Dès lors, l\u2019étude du cadre familial permit de dégager des faits quasi généralisés.On se trouvait dans un contexte bien spécial : antécédents judiciaires ou psychiatriques, traits névrotiques chez bon nombre de parents, représentés surtout par un comportement paternel fait à la fois d'absence et de rigueur.voire de violence, et un comportement maternel fait d'esprit dominateur et de laisser-aller.Tn premier point commun s\u2019établissait done: une pédagogie familiale en « douche écossaise », impliquant une discontinuité du « courant affectif » de compréhension et du «courant rationnel » d\u2019autorité.T1 semblait alors possible d'avancer l'hypothèse suivante : cette discontinuité pouvait engendrer un sentiment profond de malaise, d'insécurité qui, automatiquement, entraînerait la recherche d\u2019une compensation « sortant de l\u2019ordinaire ».De ce point de vue, l\u2019étude des motivations, ou plus simplement dit, de l\u2019effet recherché, est assez significative : si, au début, nos adolescents sont venus à la drogue par curiosité.ils restent sous sa dépendance, de leur aveu, par besoin d'évasion.Peut-être serait-il possible d'épiloguer longuement sur ce besoin d'évasion, C'est.en effet.un besoin bien courant à ces âges, Comment done se fait-il qu'ici, il vienne se manifester de façon si particulière ?L'examen de certains traits de caractère nous permettra peut-être de comprendre mieux le phénomène.À l\u2019aide d'évaluations, aussi objectives que possible, obtenues auprès des adolescents eux-mêmes et auprès de leurs éducateurs habituels, il à été possible de dégager certaines constantes.Tout d'abord, l'anxiété sous une forme diffuse apparaît très clairement.Nous ne cherchons pas à TRAITS PSYCHOLOGIQUES D'UN GROUPE D\u2019ADOLESCENTS nt rise = hi Me siti 4), edie op ea 101 savoir.en la circonstance.si cette anxiété à telle ou telle origine, mais bien seulement qu'elle existe de façon notoirement plus intense que chez la majorité des adolescents.De même.on remarque, avant ou après, cause ou effet.une émotivité.une réactivité forte aux frustrations externes.L'esprit d'indépendance est très aiguisé, comprenons désir et besoin de faire quelque chose par soi- même, en opposition avec les normes reçues, et ceci sans aucune timidité.de manière même volontiers fracassante.Le sens pratique.les souhaits et les espoirs correspondant aux possibilités, est faible: là aussi l'évasion velléitaire est importante.Par contre.le conformisme de l\u2019anti-conformisme est constant.Pour parler plus simplement.l'obéissance aux normes du groupe.même si ce groupe n'est pas apparemment constitué.est impérieuse : on retrouverait presque ici le ritualisme d\u2019une secte ésotérique.Enfin.l'égocentrisme.souvent douloureux, participe à la toile de fond.Brièvement résumées, voici quelques-unes de nos observations.Est-il possible de les regrouper.d'es- saver d'en tirer, en les analysant.un tableau provisoire de l'adolescent utilisateur de la drogue ?Entendous bien, au départ, deux choses: 1.En l'état actuel de nos connaissances, nous ne nous hasarderons pas à porter un jugement de valeur sur l'usage ou le non-usage de la drogue.De même, nous n\u2019envisageons pas l\u2019ensemble des facteurs physiologiques, sociologiques, psychologiques qui pourraient être des phénomènes générateurs ou déclenchants de l'usage de la drogue : 2.Notre investigation étant fort réduite.nous ne prétendons nullement tirer des conclusions.Ce que nous allons dire n\u2019est valable que pour le groupe examiné, et encore\u2026 Cependant.une chose est frappante et nous la retiendrons comme hvpothèse de travail.Chez les adolescents observés, l'usage de la drogue paraît correspondre à un besoin de compensation.de récupération, et ceci à partir de deux phénomènes.D'une part.un terrain psyehologique fait d'émotivité et d\u2019anxiété prédisposant à un mode de 102 B.MORIN compensation inusuelle, utilisé, du reste, conjointement avec d\u2019autres modes de compensations nettement inadaptés (délinquance ou comportement névrotique).D'autre part, cause ou conséquence, un contexte familial déséquilibré où les nécessités et exigences pédagogiques sont mal connues, mal comprises, mal appliquées.Peut-on conclure ?Laval Médical Vol.40- Janv.1969 Différents aspects du problème ont été évoqués ici.Quant à nous, psychologues, 11 nous reste à étudier sans parti pris, objectivement, ce phénomène qui, de toute façon, ne semble pas s\u2019inscrire dans la ligne des comportements adaptés.Le connaissant mieux, peut-être pourrons-nous trouver une prophylaxie psychologique qui, jointe aux autres prophylaxies, permettra d\u2019aider les jeunes et les moins jeunes à vivre pleinement hors des « paradis artificiels ».ENQUE DANS L Parte | Lis fe Murti quelque prés des é alt Jey Psi Lig Met firs.Le fille | lu Mu let Pads Li Dre ele | ley Sete d © ré ifs oh} ITE \u2014 Tn Hg | ley) sy i lug 5 Dig li iy Pay i fe Hi mtu ly, il Su Serie FE Ir Tugs 05: Crete \" El Anant ene ENQUÊTE SUR L\u2019USAGE DES PSYCHODYSLEPTIQUES (HALLUCINOGENES) DANS LES COLLEGES ET UNIVERSITES DE LA PROVINCE DE QUEBEC Partie Il : Méthodologie et résultats préliminaires * Simone RADOUCO-THOMAS 1, André VILLENEUVE 2, Marcel HUDON 1, Claude TANGUAY 3, Daniel MONNIER 3, Claire GENDRON 1, Dans le cadre de ces « Deuxièmes Journées pharmacologiques », nous vous présentons aujourd\u2019hui quelques aspects d\u2019une enquête effectuée cet été auprès des étudiants de la province de Québec, concernant leurs opinions et leurs attitudes vis-à-vis des psychodysleptiques.L'usage non contrôlé des hallucinogènes constitue présentement un problème complexe dans plusieurs pays.Ce phénomène, souvent relié à une réaction contre la violence, qualifiée par certains auteurs the green rebellion, et souvent identifié au mouvement « hippie » (1, 2 et 9), semble actuellement prendre une certaine ampleur (3, 4, 7 et 8).Le projet de cette enquête a été conçu au Département de pharmacologie de la Faculté de médecine de l\u2019université Laval lorsque, au cours de l\u2019organisation des « Journées pharmacologiques de 1968 », on réalisa qu\u2019il n\u2019existait pratiquement pas de données objectives concernant l\u2019utilisation des halluei- nogènes dans la province de Québec.* Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, le 20 septembre 1968.Rapporteurs : S.Radouco-Thomas, M.Hudon, C.Tanguay et À.Villeneuve.1.Département de pharmacologie, Faculté de médecine, université Laval, Québec.2.Faculté de médecine et Chef, Division de recherches, Hôpital Saint-Michel-Archange, Québec.3.Ministère de l'éducation, Direction de la planification, études sociologiques (Responsable : G.Lapointe) et Service de l\u2019informatique (Directeur : R.Girard).et Corneille RADOUCO-THOMAS 1, Département de pharmacologie, Faculté de médecine, Université Laval.En effet, les quelques rapports accessibles prove- nailent de sondages d\u2019opinion plutôt limités, d'articles de Journaux ou encore de statistiques obtenues à partir de sujets ayant été appréhendés et trouvés coupables d'utilisation ou de trafic de ces substances.On envisagea d\u2019abord de former des équipes volantes qui enquêteraient dans la province et, dans ce but, on mit au point un questionnaire provisoire devant être distribué sur place aux étudiants.La région de Chicoutimi fut choisie pour les premiers essais et trois institutions apportèrent leur collaboration, Dans ces institutions de niveaux secondaire et collégial, de petits groupes d\u2019environ quinze étudiants sélectionnés au hasard remplirent le questionnaire.À partir de leurs réponses, commentaires et suggestions, le questionnaire fut révisé, complété et doublé d'une traduction anglaise.Entre-temps, le ministère de l\u2019Éducation ayant manifesté un grand intérêt pour cette initiative, les ressources furent mises en commun et l\u2019enquête devint un projet conjoint de la Faculté de médecine de l\u2019université Laval et du ministère de l\u2019Éducation du Québec.Cette collaboration facilita considérablement la rédaction définitive du questionnaire, la définition de l\u2019échantillon de la population étudiante, l\u2019expédition du questionnaire et enfin !\u2019analyse par ordinateur des réponses reçues.i A du 0) 104 Simone RADOUCO-THOMAS et coll.I.LE QUESTIONNAIRE Le questionnaire a été élaboré en fonction de certains objectifs qui, dans leurs grandes lignes, peuvent se définir comme suit : 1.Mesurer la fréquence d'utilisation des halluei- nogènes dans le milieu étudiant de la province de Québec ; 2.Évaluer le degré d\u2019information des étudiants concernant les effets, dangers et risques reliés à l\u2019utilisation des hallucinogènes ; 3.Tenter d\u2019apprécier les relations de « l\u2019usager des hallucinogènes » avec son milieu familial, scolaire et extrascolaire, ainsi que sa motivation : 4.Tenter de mettre en évidence certains éléments socio-culturels.Le questionnaire (6) comprend 71 questions réparties en 147 item et peut se diviser en deux parties principales.La première partie identifie l\u2019étudiant et le situe dans son milieu familial, scolaire et social, tandis que la seconde examine l\u2019attitude de l\u2019étudiant envers les hallucinogènes, c\u2019est-à-dire son degré d\u2019information, ses opinions et ses éventuelles « expériences », Nous en dégagerons ici les prinei- paux éléments.Partie I: Le sujet et son milieu a) Le sujet: âge, sexe, lieu de naissance, ete.; b) Son milieu et ses relations avee celui-ci: milieux familial, scolaire et extrascolaire.Partie II: Hallucinogènes a) Information et opinion du sujet quant à l\u2019utilisation des hallucinogènes dans le milieu scolaire et extrascolaire, leurs effets et leurs dangers ou leur innoeuité.b) Expériences: \u2014 Renseignements sur la première expérience : nature de la substance utilisée, circonstances et impressions de cette première expérience, ete.; \u2014 Renseignements sur les expériences subséquentes : nombre d'expériences, nature de la substance la plus fréquemment utilisée, etc.Laval Médical! Vol.40- Janv.1969 II.L\u2019ÉCHANTILLONNAGE Parmi les 625 000 écoliers et étudiants de la province de Québec, la population statistique a été limitée aux étudiants des deux dernières années (11° et 12°) des écoles secondaires, à ceux des eol- léges et aux sous-gradués des universités, le tout formant un total d\u2019environ 245 000 étudiants (tableau I).Comme seule une minorité de ces étudiants était susceptible d\u2019avoir véeu l\u2019expérience des hallucinogènes, la dimension de notre échantillon devait être suffisamment élevée pour permettre l\u2019étude de cette minorité et son analyse en fonction des diverses variables considérées.De plus, cette enquête étant effectuée par la poste et pendant la période des vacances, nous avons finalement opté pour un échantillon de 20 000 sujets, soit environ huit pour cent de la population statistique sus-mentionnée.Cet échantillon fut réparti comme suit : 10 000 étudiants au secondaire, 5000 au collégial, 5000 à l\u2019université (tableau I).En raison du matériel alors à notre disposition, du temps dont nous disposions et de la non-disponibilité de sources homogènes pour les différents niveaux des sous-populations étudiantes, nous avons finalement adopté la formule de « l\u2019échantillonnage raisonné » qui tient compte des caractéristiques particulières des sous-populations.Vu l\u2019importanée numérique de l\u2019échantillon et la formule de l\u2019échantillonnage raisonné complétée par une technique de sélection au hasard au niveau des sous-populations, il est permis de considérer notre échantillon comme représentatif de la population étudiée.À l\u2019intérieur de ces sous-populations, l\u2019échantillonnage au hasard a été effectué avec quelques vu- riantes que nous mentionnons ci-dessous : a) Niveau secondaire: Un fichier-élève des 11% et 12° années du Québec fut utilisé comme source de population.Le nom et !\u2019adresse des élèves furent prélevés à tous les dixièmes sujets jusqu\u2019à l\u2019obtention des 10 000 étudiants composant l\u2019échantillon.Ce travail fut fait par ordinateur à même les fichiers du ministère de l'Éducation.T1 faut noter poil À val, 49-Ja oo Nivea # oH Niveau 1 heat 1 Sous Gradu Tral 1 Pop 1 be Lractions \u20ac gradu, 1 LATE (ce d'u he his da tll 4, Fle pp a di bap Ire oh Dip lig i li ly Hig i his I lig Dey GE \u2018née, 0 ( ly lag, Li Ih iy ig 1 Ir lf WN ne iii don Laval Médical Vol.40 -Janv.1969 jie htc ENQUÊTE SUR L'USAGE DES PSYCHODYSLEPTIQUES 105 Tapreau Î Distribution de la population étudiée NIVEAU POPULATION POPULATION .LL, SCOLAIRE TOTALE ! STATISTIQUE ÉCHANTILLON Niveau secondaire : 1re-10e 371 350 11°-12¢ 128 650 128 650 10 000 500 000 Niveau collégial 75 000 75 000 5 000 Niveau universitaire : 50 000 ; Sous-gradués 5 000 Gradués Total 625 000 240 000 à 250 000 20 000 1.Population étudiante du Québec en chiffres arrondis.2.Etant donné la latitude donnée aux universités concernées de nous fournir un échantillon selon nos instructions et la difficulté de saisir pour chacune de ces universités ce que représente le groupe d\u2019étudiants sous- gradués, nous ne pouvons pas avancer de chiffres précis actuellement.iei qu'un fichier-informatique n'a ni ordre ni séquence logique et que le choix des sujets à partir d'un facteur mathématique de sélection respecte les lois du hasard.La proportion française de l'échantillon était d'environ 70 pour cent tandis que le reste représentait l'élément anglophone.b) Niveau collégial: La séleetion de l\u2019échantillon n'a pu être aussi rigoureuse et sur la base de eri- tères objectifs, cing institutions furent choisies.D'après leur liste d'étudiants et une séquence de choix alphabétique, notre échantillon de 5 000 étudiants fut constitué.Dans une de ces institutions.l'échantillon fut fourni par ordinateur selon la teeh- nique employée aux niveaux secondaire et universitaire, La constitution mixte de certains collèges ne nous permet pas de préciser pour le moment la proportion d'étudiants francophones et anglophones.c) Niveau universitaire: Selon les instructions données, les centres universitaires de mécanographie ou d'informatique sélectionnèrent.d'après les lois du hasard, un échantillon déterminé.La population de laquelle fut extrait l'échantillon et qui représente le niveau sous-gradué ferait, selon une de nos hypothèses, partie plus intégrante de cette jeunesse québécoise, objet de notre étude.La proportion d'étudiants anglophones et francophones y est semblable à celle du niveau secondaire, IIT, RÉSULTATS Retardé par la grève postale, l'envoi du questionnaire n'a pu être fait que le 15 août.Daus les dix Jours qui suivirent.8 518 questionnaires nous ont été retournés.remplis tels que requis.À ce jour.le nombre reçu atteint environ 13 000.soit un taux de réponses d'environ 65 pour cent, Afin de pouvoir communiquer aujourd'hui certains résultats de cette enquête.une analyse préliminaire des 8 518 premiers questionnaires retournés u été effectuée par ordinateur.Nous vous présentous done quelques résultats extraits des 1 700 tableaux recus il y a quelques jours.La portion de l\u2019échantillon traitée représente 42 pour cent de l\u2019échantillon total et aucun test statistique n'a encore été appliqué.ll ressort de ces différents tableaux que 9,67 pour cent des sujets avaient eu au moins une expérience avec les hallucinogènes (tableau IT) et que 7.50 pour cent.soit 77 pour cent d'entre eux, avaient utilisé la marijuana pour leur première expérience 25 ae ose 106 Simone RADOUCO-THOMAS et coll.TABLEAU II Sujets ayant eu au moins une expérience avec une des substances du type, Colle, Marijuana ou LSD (Question 57) POURCENTAGE NOMBRE Une expérience ou plus \u2026\u2026.9,67 824 Pas d\u2019expérience 87,74 7474 Pas de réponse .2,52 215 Rejets! 0,07 5 Total Lee eee ere 100,00 8 518 1.Ne contient habituellement qu\u2019une infime proportion des données non acceptées ou non traitées par l\u2019ordinateur pour des raisons techniques diverses.TasLEay III Substances utilisées lors de la première expérience (Question 60) Laval Médical Vol.40-Janv.1969 (tableau III).Parmi les motivations de cette première expérience, 85 pour cent des sujets invoquent la curiosité comme facteur déterminant et 29 pour cent l\u2019influence du groupe comme facteur secondaire (tableau IV).La moitié des sujets se sont limités à une seule expérience (tableau V).Une forte proportion des sujets estiment que ceux qui utilisent régulièrement les hallucinogènes sont plus susceptibles de devenir des usagers des stupéfiants (tableau VI).La majorité des sujets réclament des lois plus sévères (tableau VII).Cependant, les réponses des usagers des hallucinogènes, considérées séparément, semblent indiquer une tendance inverse.IV.CONCLUSION Les résultats préliminaires de notre enquête se rapprochent de ceux signalés ailleurs.Par exemple, une étude très récente (5) effectuée dans un collège de New York sur 2 270 étudiants rejoint d\u2019assez près POURCENTAGE NOMBRE nos données préliminaires.Parmi les 1 245 étudiants Type Colle 120200000000 1,29 110 qui ont répondu au questionnaire, 6,3 pour cent ont Type Marijuana, Haschich 7,50 639 admis avoir utilisé diverses drogues se seri Type LSD oi.0,38 33 \u2018 \u2018 \u201c sues sans preserip- Aucune expérience \u2026 _ 0,48 40 fion a un moment ou l\u2019autre de leurs études et Rejets i 0,02 2 0.9 pour cent continuent à les utiliser fréquemment.Soixante pour cent des étudiants ayant eu une Total 9,67 824 ante pout o oy on plusieurs expériences avaient déjà cessé lors de TaBLEAU IV Principales motivations invoquées pour cette première expérience (Question 62) PREMIÈRE RAISON DEUXIÈME RAISON Pourcentage Nombre Pourcentage Nombre Curiosité 1er inner 7,84 668 1,23 105 Connaissance de soi .0,28 24 1,02 87 Bien-étre 0,08 7 1,40 120 Besoin d\u2019assurance .0,04 4 0,17 15 Evasion nn _ 0,42 36 1,87 160 Défi envers la société 12m 0,05 5 0,65 56 Influence du groupe ne 0,45 39 2,57 219 Total PS 8,88 1 783 8,91 762 1.L'écart constaté avec le 9,67 pour cent (N \u2014 824)des questions précédentes représente les réponses rejetées par l'ordinateur pour diverses raisons techniques.a CSET TTS in prie fol 1-0 Yount ft 3 = ee [ne seule Quelques Plusieurs [sage 1 Pas de rép Reels Te: Les lis Les ois 1 Pes do Rejets Tou] lg Xi) lil Jy du VA Ye i \u201cif lite m \u201cPIS By Fly Gi lle ye M Laval Médical = pre TABLEAU V ley Nombre d'expériences avec les substances hallucinogènes, type Colle, Marijuana ou LSD (Question 67) Vol.40- Janv.1969 ENQUÊTE SUR L'USAGE DES PSYCHODYSLEPTIQUES 107 TaBLEAU VI Opinion générale des étudiants sur le dunger du passage de l\u2019utilisation des hallucinogènes à celui des stupéfiants (Question 52) MN, POURCENTAGE NOMBRE POURCENTAGE NOMBRE Une seule expérience 3,90 333 Quelques-unes 2,38 203 Danger een 75,86 6 462 ; Plusieurs .1,84 157 Aucun danger 10,38 884 ! Usage régulier 0,71 61 Ne sait pas 12,90 1099 Pas de réponse 91,13 7763 Pas de réponse _ 0,69 59 us Rejets cc cerner crane 0,01 1 Rejets nine 0,17 14 | \u2014 Total Lens cernes crerseruse 100,00 8518 Total Lee eeeer eee rer rer 100,00 8518 Tarreau VII Opinion des étudiants en général sur la législation actuelle (Question 56) Le MARIJUANA LSD Pourcentage Nombre Pourcentage Nombre AU Les lois sont trop sévères 0.26,68 2273 14,14 1205 Les lois ne sont pas assez séveéres 71,70 6108 83,96 7152 4 Pas de réponse unes cecs area ernvnes 1,50 126 1,79 151 ie | RejetS 0,12 11 0,11 10 Total 100,00 8518 100,00 8518 \"IL il l\u2019envoi du questionnaire et se rapportaient à leur < Brown, J.D., Les Hippies, Les éditions de l'Homme ed antérieure.L arijuana était la subs Ltée, 1968.expérience antérieure.a marijuana eta 7 J.NowLis, H.H., Drugs on the college campus, À Guide tance la plus populaire sur le campus.for college administrators, décembre 1967.Au Québec, d\u2019après notre enquête, la marijuana 4.PEARLMAN, S., Drug on the campus, An annotated i ] 1.ilisé A .d guide to the litterature, Brooklin College.The - est aussi la substance la plus utilisée.Au point de City University of New York, 1968.| vue épidémiologique, le phénomène de l'usage non 5.PEarLMAN, S., Drug use and experience in an urban | contrôlé des hallucinogènes dans la population étu- jai pop ation.Amer.J.Orthopsychict., 38: ! \u2014ol4, .| diée prend une proportion importante en 1967 avec 6.Rapouco-THomas, S, ViLEnEuvE, A, Hupon, M, ! ascension continue en 1968.TANGvray, C, MoNNIER, D., TEssiEr, L., LAJEUNESSE, , En terminant insiston r le fait ces N., GENDRON, C., et RApoUCO-THOMAs, C., Enquête f n terminant, nous INSISLONS sur le lait que sur l'usage des psychodysleptiques (hallucinoge- résultats sont préliminaires et demeurent sujets a nes) dans les collèges et universités de la province 4 révision.Il faudra attendre quelques mois avant de Québec.Partie I: Questionnaire utilisé, Laval \u2018 ; cl 21 0 ; méd.39 : 817-837, 1968.| que ne soit complétée l'analyse détaillée des données 7 Uvwrs, J.R, Illicit drug use among Canadian youth, ' qui fera le sujet d\u2019une monographie.Part I, Canad.Med.Ass.J., 98: 402-407, 1968.BIBLIOGRAPHIE - {.ALLEN, J.R., et WesT, L.J., Flight from violence : Hippies and the green rebellion, Amer.J.Psychiat., 125 (3) : 1968.Unwin, J.R., Illicit drug use among canadian youth, Part II, Canad.Med.Ass.J., 98 : 449-454, 1968.Wrsr, L.J., et ALLEN, J.R., Three rebellions : red, black and green, in Science and psychoanalysis, J.BE.Masserman (éd.), Grune and Stratton, New York, 13 pp., 1968. EE Ti SOMMAIRE DES SEANCES DE L\u2019AVANT-MIDI * Les séances de ce matin ont été consacrées à cinq thèmes principaux : 1.LA PHARMACOLOGIE GÉNÉRALE DES HALLUCINOGÈNES Les difficultés de la pharmacologie générale des hallucinogénes nous ont été considérablement amoindries grâce aux qualités didactiques du professeur Radouco-Thomas.Celui-éi a retenu le terme de psychodysleptique introduit par J.Delay en 1957 pour qualifier les substances qui dévient l\u2019activité mentale et provoquent, dans certaines conditions, des phénomènes hallucinatoires situant ces drogues parmi les autres substances psychotropes.La elas- sification de Delay comporte, à côté des psychodysleptiques: 1) les psycholeptiques qui diminuent l\u2019activité mentale et sont utilisés dans le traitement de la manie et de la schizophrénie; 2) les psychoanaleptiques qui augmentent l\u2019activité mentale et sont utilisés dans les syndromes dépressifs.N'entraînant pas de dépendance physiologique, les psychodysleptiques comportent des substances d\u2019origine botanique ou chimique diverses, d'usage également très variable parmi les utilisateurs d\u2019hallucinogènes.Le professeur Radouco-Thomas consi- dére: a) les psychodysleptiques de tvpe non confu- * Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Qué- bee, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l'ACFAS.i Attaché de Recherches de l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (I.N.S.E.R.M.), Clinique des maladies mentales et de l\u2019encéphale (Prof.J.Delay), Centre psychiatrique Sainte-Anne, Paris, France.D.GINESTET à sionnel et b) les psychodysleptiques de type confusionnel.La première catégorie, les psyehodysleptiques non confusionnels, comporte un groupe assez homogène constitué par les dérivés de la tryptamine (type mescaline, amphétamine et STP) et enfin la cocaïne.À côté de ce groupe existe un groupe hétérogène avec, d\u2019une part, la cannabis et son principe actif, le tétrahydro-cannabinol et, d\u2019autre part, des substances volatiles tels les anesthésiques généraux comme l\u2019éther, le chloroforme, le nitrite d\u2019amyle et surtout les solvants présents dans les colles à plastique et les vernis à ongles: il s\u2019agit alors de toluéne ou d\u2019acétone.La catégorie des hallucinogènes confusionnels, entraînant chez le consommateur une amnésie de l\u2019expérience vécue, comprend l\u2019atropine et la scopolamine, les esters glycoliques et benzyli- ques (type Ditran) et le muscinol.Le professeur Radouco-Thomas a largement illustré son exposé par une riche iconographie botanique et chimique qui a permis de mettre en évidence des rapports entre la structure chimique et l\u2019action hallucinogène.Enfin, le professeur Radouco-Thomas a situé les hallucinogènes dans l\u2019ensemble des médicaments et a montré = l'importance de la toxicité par rapport à l\u2019activité.2.LES EFFETS DES HALLUCINOGÈNES CHEZ L\u2019HOMME lour ma part, j'ai eu à décrire les effets des hallucinogènes chez l\u2019homme.Reprenant un exposé récent du professeur Deniker, il m\u2019a semblé que les effets psychiques de ces toxiques pouvaient être elas- sés en effets aigus et en effets chroniques.En ce qui concerne les effets aigus, on peut distinguer les | put yi qu 4l-Jaor pe i os qu Ë nee qu nigel gr pedi J phan lleiiatn carats I at des set ithe réalisent | dé de l\u2019 ment our | 1 ls de ion Jetuell à se produis tonte | vu désir Le pra Ap In rig ds ge Miro des, le X Par 1p Netrpype Willy ll $5 em Pir que ey lun i gi Je Lisa li I Lg tgp Why, ba fy Milf aime, Hey, i vi | ot ponte itn iti Laval Médical Vol.40- Janv.1969 euphories toxiques banales et les ivresses hallucinatoires qui constituent « le voyage ».En ce qui regarde les actions prolongées des hallucinogènes, on note des signes discrets, physiques et psvehiques, d'intoxication chronique et, surtout, les pharmacopsychoses proprement dites.L\u2019ivresse hallucinatoire et les pharmacopsyehoses ont des caractéristiques qui semblent pratiquement communes aux différents agents hallucinogènes en dépit des structures chimiques et de propriétés pharmacologiques différentes.Les ivresses hallucinatoires réalisent la phénoménologie de l\u2019onirisme, c\u2019est-à- dire de l'activité de rêve: on insiste particulièrement sur les associations sensorielles et la réminiscence des souvenirs.Les hallucinogènes affectent de façon transitoire les fonctions perceptive et intellectuelle ainsi que l\u2019humeur.Les ivresses toxiques se produisent chez la plupart des sujets; elles sont toutefois plus constantes chez les sujets normaux ou névrotiques que chez les malades psyehotiques.Les pharmacopsyehoses dues aux hallucinogènes et aux amphétamines absorbés de facon prolongée sont des réactions délirantes, paranoïdes ou oniroïdes, ainsi que des troubles de l\u2019humeur atypiques: ces syndromes psychotiques soulèvent, pour ces malades, le problème d\u2019une évolution sehizophrénique.Par rapport à la masse des intoxiqués, les phar- macopsychoses sont relativement rares: pour des milliers ou des millions de toxicomanes, les psveho- ses se comptent seulement par quelques dizaines ou par quelques centaines.Mais les abus de drogues, en augmentant continuellement, entraînent un acerois- sement notable de la morbidité mentale avant pour origine les hallucinogènes, 3.LES ASPECTS NEUROPHYSIOLOGIQUES DES HALLUCINOGENES Le troisieme théme a été traité par le professeur Arlette Buser, de Paris, qui nous a familiarisés dans un langage particulièrement clair avee les modalités hautement techniques de la neurophysiologie.Le professeur Buser a comparé les électroencéphalogrammes chez l\u2019homme et chez l'animal sous l\u2019influence des substances dysleptiques.L'étude chez rite rigs i SOMMAIRE DES SÉANCES DE L'AVANT-MIDI atic eile AS ty in 109 l'homme démontre que les réponses de l'écorce cérébrale à la photostimulation se modifient sous LSD.La première onde augmente d\u2019amplitude et devient plus complexe: il y a done une modification des messages sensoriels qui parviennent au cerveau.En outre.on n'observe plus l'habituation, c\u2019est-à-dire l'affaiblissement de la réponse à des éclairs répétés en succession monotone.La disparition de l'habituation sous LSD signifie que le cerveau est assailli par la multiplieité des impressions visuelles, auditives et autres.On ne peut plus faire abstraction des impressions non significatives pour concentrer son attention sur celles qui sont dignes d'intérêt.Sur le chat libre.muni d'éleectrodes implantées, on peut enregistrer l\u2019électrocortigramme par télémétrie.Avee le Ditran.le chat recommence indéfiniment l'exploration de la pièce où il se trouve: ceci laisse penser qu\u2019il n\u2019est plus capable de fixer les informations qu'il a recueillies.Sous LSD, il semble hvpervigile, hyperattentif à tous les stimulus et il est devenu incapable d'une activité motrice dirigée.Par exemple, les sujets très bien dressés à se procurer leur nourriture par appui sur un levier en deviennent incapables.L'examen de leur éleetrocorticogrannne rend compte, en un certain sens, de cet état de choses, le tracé cortical est en effet celui-là même de leur sommeil normal.spontané, enregistré la veille avant toute drogue.1.LES ASPECTS NEURO-CHIMIQUES DES HALLUCINOGÈNES Le professeur Sourkes, de Montréal, a fait le point de nos connaissances sur les aspeets neuro- chimiques.Après avoir comparé le cerveau à un central téléphonique, évoquant par là un laeis inextricable constitué par des milliards de cellules neuronales et leur prolongement.il a exposé l\u2019hypothèse généralement admise que le passage d\u2019un influx nerveux d'une cellule à l\u2019autre s'effectue par l'intermédiaire de substances chimiques: les plus étudiées sont la sérotonine.la noradrénaline et la dopamine.Les hallucinogènes, dont la structure chimique s\u2019apparente à celle de ces médiateurs, pourraient, en se substituant à ces substances, imiter ou 110 D.GINESTET empêcher leur action, On à supposé que les affections mentales pouvaient être dues à des substances hallucinogènes naturelles, mais aucun argument expérimental valable n\u2019a été rapporté jusqu\u2019à présent.Dans une intervention très à propos, le professeur Boissier, de Paris, a insisté sur le caractère encore spéculatif de ces conceptions qui restent cependant des hypothèses de travail fructueuses et indispensables; il a également insisté sur l\u2019impérieuse nécessité d'établir des corrélations de cause à effet entre les modifications biochimiques et les résultats pharmacologiques et thérapeutiques avant de pouvoir affirmer que les modifications observées expliquent le mécanisme d\u2019action des hallucinogènes.5.LES USAGES THÉRAPEUTIQUES DES HALLUCINOGENES Enfin, le docteur Villeneuve, de Québec, faisant un bref historique des hallucinogènes, souligna lui aussi que leurs propriétés avaient donné lieu à des hypothèses concernant l\u2019origine biochimique des maladies mentales, notamment dans la schizophrénie.II rappela que les premiers usages thérapeutiques rapportés avec le LSD le furent en 1950.TI note que les hallucinogènes ont été utilisés par les psychiatres surtout à deux fins : comme aide au dia- gnostie psychiatrique et comme technique psycho- thérapique.Sur le plan diagnostique, on a rapidement cons- Laval Médical Vol.40 - Janv.1969 taté que, dans l\u2019état actuel de nos connaissances, les dysleptiques sont peu utiles.Dans le domaine de la psychothérapie, il faut distinguer deux types de traitement avec les substances dysleptiques: une thérapeutique psycholytique et une thérapeutique psychédélique.La thérapeutique psycholytique se caractérise par l\u2019utilisation de doses petites ou modérées d\u2019halluei- nogènes qui sont administrées à divers intervalles au cours de plusieurs semaines.Cette technique n\u2019est utilisée que lorsqu\u2019une psychothérapie est déjà instaurée depuis un certain temps.Quant à la thérapeutique psychédélique, elle se caractérise par l\u2019utilisation des psychodysleptiques à doses, plus élevées.Ce type de thérapeutique est utilisé une fois ou deux, tout au plus.En ce qui regarde les indications thérapeutiques, on utilise les hallucinogènes dans le traitement de certaines névroses.On les utilise également dans certains dysfonctionnements ou déviations sexuelles, dans les maladies psychosomatiques et dans l\u2019alcoolisme.Les formes de thérapeutique donnent des résultats actuellement difficiles à apprécier : ils apparaissent souvent divergents et controversés et il faudra près d\u2019une décennie pour situer les substances psychodysleptiques à leur juste place dans l\u2019arsenal thérapeutique.Cette dernière opinion est partagée par plusieurs psychopharmacologues et psychothérapeutes au premier rang desquels il faut citer le professeur Lehmann.SOMA De uh ul Jovi ie sil lations qéis paye NEE.od aE i Ls ft Incl \u201cul oy Ml $ | pry és lp AU de dre ls Études TET ott ] Si À Pet doy HU pro \u201ctn Hint Jo lig > \u2018 Thay Huy, {iy \\ | Var le By tithyg ) ry | ep { Peg Ferg Bie Vétioy \u201clas, jg: I Sage ni fx Is us: yg iti tiv Uli Italy tiv =) li ii Une Ale mid al de il wl veut À Trapp ofa Dati | SOMMAIRE DES SÉANCES DE L\u2019APRÈS-MIDI * De nombreux sujets ayant été abordés cet après- midi, je vais tenter de les résumer aussi brièvement que possible.Deux thèmes ont été développés : éom- plications et dangers des psychodysleptiques, aspects psychologiques et socio-eulturels reliés à leur usage.T.COMPLICATIONS ET DANGERS DES PSYCHODYSLEPTIQUES À.ASPECTS CYTOPHARMACOLOGIQUES : Les docteurs Nosal et Genest ont constaté que les psychodysleptiques ont un effet neuronal et ont étudié leur potentialité tératogénique.Cet effet neuronal se traduit par une réduction du taux des nucléoprotéines après exposition au LSD : on a done émis l'hypothèse de travail que la diminution du taux des nucléoprotéines pourrait éventuellement être en relation avec des troubles de la mémoire et des études sont actuellement en cours afin d\u2019explorer cette possibilité.Quant à la potentialité térato- génique, des résultats différents de ceux rapportés par d\u2019autres chercheurs ont été obtenus: on n\u2019a pu produire de malformations congénitales chez le rat ni confirmer les résultats de Cohen concernant les altérations leucocvtaires (augmentation de l\u2019index mitotique).* Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Québec, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l'ACFAS.+ Chef de la Division de recherches, Hôpital Saint- Michel-Archange, Québec ; professeur auxiliaire au Département de psychiatrie et chargé d\u2019enseignement au Département de pharmacologie, Faculté de médecine, université Laval, Québec, Canada.A.VILLENEUVE Ÿ B.PROBLÈMES DE LA DÉPENDANCE : Le docteur S.Radouco-Thomas souligna qu\u2019il faut distinguer deux types de dépendance, la dépendance psychologique et la dépendance physiologique.La dépendance psychologique se définit par le besoin psychologique d'utiliser une substance, tandis que la dépendance physiologique se caractérise par un besoin physique impérieux d'absorber cette substance: dans ce dernier cas, il y à apparition du phénomène de tolérance (besoin d'augmenter progressivement les doses pour obtenir le même effet) et survenue de réactions physiques (symptômes de sevrage) lors de l\u2019arrêt de prise de la substance.Elle insista sur le fait que la dépendance psyeho- logique est un phénomène beaucoup plus difficile à surmonter que la dépendance physiologique, Comme exemples de substances créant à la fois une dépendance psychologique et physiologique, elle cita opium et ses dérivés (héroïne, ete.), l\u2019aleool, les barbituriques.Par contre, la dépendance engendrée par la marijuana et le LSD est uniquement d ovdre psychologique.C.IMALLUCINOGÈNES, AGENTS INCAPACITANTS : Le professeur Cheymol traita un thème original : l\u2019utilisation des hallucinogènes comme « agents incapacitants ».Un agent incapacitant pourrait se définir comme un agent qui immobilise un individu, l\u2019empêche de « fonctionner » sans laisser de traces ou de séquelles une fois son action terminée.Le professeur croit qu\u2019aujourd\u2019hui les deux grands bloes mondiaux possèdent de tels agents incapacitants, mais que ces substances sont connues seulement de quelques hauts fonctionnaires. 112 A.VILLENEUVE D.ASPECTS NEUROPSYCHIATRIQUES : Le docteur Labrie distingua les complications qui peuvent survenir au cours de l\u2019utilisation des hallucinogènes, celles conséeutives à leur utilisation et enfin celles pouvant résulter de leur emploi régulier.Au cours de l'expérience psychédélique, il mentionna la possibilité d\u2019apparition de réactions de panique, d\u2019anxiété aiguë, de confusion, de désorganisation mentale avec idées de grandeur et de sur- puissance, Comme conséquence de l\u2019utilisation des hallucinogénes, il signala, dans certains cas, des tentatives de suicide, le déclenchement de psychoses transitoires ou prolongées, de méme que la récurrence spontanée de portions de 1'expérience psychédélique ou hallucinatoire, plusieurs jours ou même plusieurs semaines après la dernière prise d\u2019hallucinogène, Enfin, la passivité, la non-productivité, l'apathie et lu diminution de l\u2019efficacité au travail pourraient être reliées à l\u2019utilisation régulière des hallucinogénes.Il rappela que certains chercheurs ont avancé la possibilité de production de très fines lésions cérébrales par l\u2019utilisation chronique de ces substances.Le docteur Gosselin nous fit ensuite part de son expérience dans un hôpital général où il eut l\u2019occasion de traiter sept adolescents âgés de 15 à 22 ans, quatre jeunes hommes et trois jeunes filles, tous étudiants à l\u2019exception d'un seul.Des substances diverses avaient été utilisées.Une jeune fille avait présenté pendant deux jours de la confusion mentale tandis qu\u2019une autre déclarait employer fréquemment le haschich pour ne pas conserver un souvenir pénible des relations sexuelles.TI.ASPECTS PSYCHOLOGIQUES ET SOCIO-CULTURELS DES HALLUCINOGENES À.HISTORIQUE DES HALLUCINOGENES : Au cours d'un exposé très complet, le professeur Cheymol retraça l'historique des substances hallucinogènes, rappelant à l'auditoire que de nombreuses plantes où elles sont présentes étaient déjà employées à des fins psychodysleptiques dans les civilisations antiques et primitives.Laval Médical Vol.40- Janv.1969 B.ASPECT PSYCHO-SOCIAL : Faisant part de son expérience avec les adolescents, le docteur Unwin exprima l\u2019opmion que, sauf peut-être pour la marijuana, les hallucinogènes constituent tous un danger sérieux pour la santé.Avant l\u2019âge de 17 ou 18 ans, il lui paraît toujours dangereux d'utiliser des substances toxiques, car c\u2019est au cours de cette période de l'adolescence que se développe la personnalité.L'usage des hallucinogènes peut donc amener un émoussement du sens critique et altérer les phénomènes de maturation.I] fit remarquer que la majorité des gens qui utilisent les hallucinogènes ne venaient pas à l\u2019attention des médecins pour trois raisons principales: 1) la peur d\u2019être dénoncé et d\u2019être puni, 2) le rejet du médecin comme prototype de l'homme représentant la classe moyenne d\u2019une société qui n\u2019est plus acceptée, et 3) la facilité d\u2019obtenir de sources diverses des antidotes contre les complications induites par les ballu- cinogènes (bad trip).Faisant remarquer qu\u2019au Canada et aux États- Unis le phénomène de l\u2019utilisation des hallueino- gènes a atteint des proportions quasi épidémiques, il souligna le manque d\u2019information du public en général.Ce manque d\u2019information, il en attribue la responsabilité aux médecins, aux autorités et aux moyens publics de communication (journaux, radio, télévision), lesquels déforment parfois l\u2019information.Il déplora aussi que trop souvent des organisations d'adultes sabotent les efforts des médecins et de certains organismes pour venir en aide aux Jeunes.I] termina en constatant que les lois actuelles et les opinions sur les hallucinogènes sont contradictoires.Pour lui, surtout au sujet de la marijuana.la législation est absurde et trop sévère, et le phénomène de l\u2019usage des hallucimogènes est symptomatique des problèmes de notre société, C.ASPECT CULTUREL : M, Létourneau exposa longuement le phénomène de la formation du groupe chez les usagers des hallucinogènes au Québec, constatant sa similarité avec celui des grandes villes américaines.Il termina par le parallèle suivant: au point de vue val, site «ih pnéaze Jha oe ale Nal Ji tb \u201cale dU] i il willl ls Quant \u201cétions dans des es, day ent, + port hall = la | LE pe {ite pee \">.Da be Sj Mls de nly È JA] ' RS I, aR} ive.lle ye ï Us Laval Médical Vol.40- Janv.1968 social, on pourrait comparer l'introduction des hallucinogènes dans la société à l\u2019introduction d\u2019une substance étrangère dans l\u2019organisme humain et.commie dans l\u2019organisme humain, des réactions sont provoquées dans tonte la société.M.ASPECT PSYCHOLOGIQUE : Le docteur Salman attacha une grande importance au phénomène du choix.à la décision de prendre ou non des hallucinogènes, Il en diseuta les motivations multiples et variées qu'il situa au niveau de la société, du groupe, de l'individu.Quant au docteur Morin, il fit part de deux constatations se dégageant d\u2019observations recueillies dans des groupes d'adolescents, usagers d\u2019hallucinogènes.Premièrement, il v a plus de désavantages que d'avantages à utiliser les drogues et, deuxièmement, l'âge moyen des usagers va en s\u2019abaissant.Il rapporta que les jeunes observés consommaient des hallucinogènes aussi souvent à la maison qu\u2019en groupe.La famille de ces adolescents était habituellement perturbée au point de vue psychologique.Il avertit cependant qu'il ne s'agissait que d\u2019une étude préliminaire, portant sur un nombre restreint de cas.Des études portant sur un plus grand nombre de sujets seront nécessaires pour apprééler avec plus de certitude ces dimensions psychologiques et familiales.E.ENQUÊTE SUR L'USAGE DES HALLUCINOGÈNES DANS IE MILIEU ÉTUDIANT QUÉBÉCOIS : M.Tangnuay.les docteurs M.Hudon, S.Radonco- it, put 1 (SIE abrutis nit i SOMMAIRE DES SÉANCES DE L'APRÈS-MIDI 113 Thomas et A.Villeneuve exposèrent les résultats préliminaires d\u2019une enquête à ce sujet.Pour cette enquête, 20 000 étudiants, sélectionnés au hasard par ordinateur, avaient reeu un questionnaire très détaillé explorant les aspects culture, famille (notamment relations avee les parents), personnalité, mode d\u2019emploi des drogues, fréquence, ete.Le questionnaire était strictement anonyme, les étudiants identifiés étant ceux qui ont inscrit volonta1- rement leur nom sur le questionnaire.En moins de quatre semaines, près de 13 000 questionnaires remplis tel que demandé avaient été retournés.Les résultats fournis ici portent sur l\u2019analyse des 8 518 premiers questionnaires reçus.On constate qu'environ 9.7 pour cent des étudiants qui ont répondu ont déja eu au moins une expérience avee une substance de tvpe colle, marijuana ou LSD.Pour la première expérience.la préférence va a la marijuana (7,5 pour cent).La eurio- sité, le désir d\u2019évasion et 1'influence du groupe sont les principales motivations rapportées pour 1'utilisation de ces substances.On constate que 0,7 pour cent des sujets ont continué à les utiliser d\u2019une façon régulière, surtout la marijuana.Concernant la législation actuelle, les non-usagers sont en faveur de lois plus sévères alors que les usagers favorisent une plus grande libéralisation des lois.Les rapporteurs ont signalé que les résultats cités ici sont encore fragmentaires, ne portant que sur l'analyse partielle de 8 518 questionnaires.Ils sont donc évidemment sujets à révision et à certaines nuances.(3) ASPECTS LÉGAUX DES HALLUCINOGÈNES * Je suis très heureux de me trouver parmi vous, ce soir, et de vous présenter cet exposé sur les aspects légaux des hallucinogénes.Nous sommes a la fin d\u2019une longue journée et, dans le temps dont Je dispose, j'ai done l'intention de parler surtout de la marijuana, une drogue hallucinogéne qui a fait couler beaucoup d\u2019encre dans la grande presse et la presse scientifique.Tout d\u2019abord, quelle est la situation légale, à l\u2019heure actuelle, des psychodysleptiques au Canada ?Citation 1 : DROGUES CONTRÔLÉES Définitions : Ab.et remp.1960-61, c.37, s.1.31.Dans la présente Partie, a) «drogue contrôlées désigne toute «drosue contrôlée » drogue mentionnée à l\u2019annexe G ; db) « possession » signifie la possession «possession » au sens où l\u2019entend le Code criminel ; et c() «trafiquer >» ou « faire le trafic» si- « trafiquer » \u20ac Lo.contrôlées.gnifie le fait de fabriquer, vendre, ex- ou « faire porter du Canada ou importer au !e trafic» Canada, transporter ou livrer, autrement que sous l\u2019autorité de la présente Partie ou des règlements.La troisième partie de la « Loi des aliments et drogues » (citation 1) prévoit une législation de contrôle de la fabrication et de la vente de certaines * Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l'ACFAS.{ Ministère de la santé nationale et du bien-être social, Ottawa.A.C.HARDMAN, M.D., Sous-directeur général, Direction générale des aliments et drogues.drogues.Soit dit en passant, toutes ces lois sont publiées en français et en anglais; tout médicament inclus dans la liste du tableau G est considéré comme une drogue contrôlée.« La possession » est définie par le code criminel, « Trafiquer » signifie la fabrication, la vente, l'exportation, l\u2019importation, le transport, ou la livraison.Vous remarquerez qu\u2019un mot peut vouloir dire tout ce qu\u2019un juriste veut lui faire dire.Dans cette législation, comme dans toute législation similaire, « donner, faire cadeau » de la drogue à une autre personne, c\u2019est « trafiquer ».Citation 2: ANNEXE G.1.Amphétamine et ses sels Modifiée.C.P.1962- ; PRIE , 5, 1471, 2.Acide barbiturique, ses sels et ses dé- 5 oct.1962.rivés 3.Benzphétamine et ses sels 4.Méthamphétamine et ses sels.Au Canada, la vente et la distribution des amphétamines et des barbituriques sont contrôlées depuis 1961 (citation 2).Ces règlements exigent que le fabricant, le grossiste et le pharmacien inscrivent dans un registre la circulation de ces drogues, et en fassent un rapport.Il y a eu très peu de produits détournés de la voie légale d\u2019approvisionnement, sauf par vol et production d'ordonnances multiples.Néanmoins, récemment, des fabricants clandestins ont fait de la métamphétamine sous forme de poudre brute.Les hippies appellent ceci du crystal ou du speed., pareil 4 vo, 4-6 citation à gl drogue Ce angie § drague C 19} Nu ge frog! ew Vote su et MD: SET lb pus Jes un ii] pe vu de Ee Tey in soit gt Hy Citation Ka, Ciention Fi | Lj lg fit, tatin Un ln \u201cD À Dp Ly eg a in \u201cD.gry), Sues, ils pill ile THIS ale ill li inn I Ut este Laval Médical Vol.40- Janv.1969 Citation 3: 32.(1) Nul ne peut faire le trafic d\u2019une quane des LL., rogues drogue contrôlée ou d\u2019une substance quel- Ajouté.conque qu'il prétend être ou estime une persl, drogue contrôlée.(2) Nul ne peut avoir en sa possession Possession A14 2,5 aux fins une drogue contrôlée pour en faire le trafic.de trañc.Ajouté.1960-61, e, 37, s.1 (3) Quiconque enfreint le paragraphe (1) Infraction.1 : Joute.ou (2) est coupable d\u2019une infraction et en- 1960-61, court, e.87, s.1.a) sur déclaration sommaire de culpabilité, un emprisonnement de dix-huit mois ; ou b) sur déclaration de culpabilité par voie de mise en accusation, un emprisonnement de dix ans.Quiconque trafique d\u2019une drogue contrôlée ou de toute substance qu\u2019il prétend être une drogue commet un délit (citation 3).Étant donné que ces drogues sont utilisées dans la pratique de la médecine, la possession d\u2019une petite quantité de drogue n\u2019est pas un délit, mais la possession d\u2019une grande quantité peut être considérée comme « possession » en vue de trafic.En ce qui concerne les délits dans le cadre de ses recommandations, la Couronne a le choix de procéder soit par conviction sommaire, soit par mise en accusation.Les sanctions vous sont indiquées à la citation 3 ci-dessus.Citation 4: 14A.Nul ne doit vendre quelque drogue mentionnée à l\u2019annexe H.En 1963, le Parlement du Canada a amendé la Loi des aliments et drogues pour y inscrire l\u2019interdiction de vendre une certaine drogue (citation 4).Citation 5 : ANNEXE H Item n° 1.Thalidomide 2.Diéthylamide de l\u2019acide d-lysergique 3.DET N,N-Diéthyltryptamine et ses sels 4 DMT N,N-Diméthyltryptamine et ses sels 5.STP (DOM) 4-Méthyl-2, 5-diméthoxy- amphétamine Si in ha leigh i ntti ail HAR fF lino RES ; sible dite aie ce a ASPECTS LÉGAUX DES HALLUCINOGÈNES 115 Les deux premières drogues ont été la thalidomide et le LSD (citation 5), mais nous sommes en train d\u2019y ajouter le STP, le DMT et le DET.Ces substances sont l\u2019objet d\u2019abus au Canada et il faut créer un certain contrôle en attendant l\u2019adoption d\u2019une nouvelle législation.Citation 6 : Peines 25.Quiconque viole une disposition de Peines.la présente loi ou des règlements est coupable de contravention et passible a) sur déclaration sommaire de culpabilité, pour une première contravention, d\u2019une amende ne dépassant pas cinq cents dollars, ou d\u2019un emprisonnement de trois mois au maximum, ou des deux peines à la fois, et, en cas de récidive, d\u2019une amende n\u2019excédant pas mille dollars ou d\u2019un emprisonnement de six mois au maximum, ou à la fois de l\u2019amende et de l\u2019emprisonnement ; et 0) sur déclaration de culpabilité par voie de mise en accusation, d\u2019une amende ne dépassant pas cing mille dollars ou d\u2019un emprisonnement de trois ans au maximum, ou à la fois de l\u2019amende et de l\u2019emprisonnement.Les autorités, là encore, ont le droit de procéder soit par conviction sommaire, soit par mise en aceu- sation, et les pouvoirs judiciaires ont encore un plus grand choix de sanctions possible, allant d\u2019une amende d\u2019un maximum de $500 à un emprisonnement de trois mois au maximum (citation 6).Examinons maintenant l\u2019hallucinogène pour lequel une législation existe au Canada depuis 1923 et un contrôle international depuis 1925, la marijuana.Cette drogue avait été très peu utilisée jusqu\u2019à il y à trois ans.Nos dossiers révèlent qu\u2019en 1965, il y à eu 139 cas, 411 en 1966, 1577 en 1967 et qu\u2019en 1968, au rythme actuel, il y aura environ 3 000 cas.Ces cas connus ne révèlent que le sommet de l\u2019iceberg.Nous nous rendons compte que c\u2019en est un qui grandit rapidement et, éomme l\u2019honorable John Munro, ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, l\u2019a annoncé à Régina le mois dernier, le gouvernement étudie, à l\u2019heure actuelle, la législation existante et l\u2019effet des sanctions sur le i ii : 3 § hie 4 pit ha i Hi 116 A.C.HARDMAN jeune qui commet son premier délit.Entre-temps, tous les Canadiens, et en particulier les fervents de la marijuana, sont soumis à la loi et aux règlements sur le contrôle des stupéfiants.Citation 7: e) « stupéfiant » désigne toute substance « stupéfiant » mentionnée dans l\u2019annexe, ou tout ce qui contient une telle substance ; En termes juridiques, un narcotique est toute substance inserite dans ce tableau annexé (citation 7).Citation 8: 3.Chanvre indien (Cannabis sativa), ses préparations, ses dérivés et préparations synthétiques semblables, ainsi : (1) Résine de cannabis, (2) Cannabis (marijuana), (8) Cannabidiol, (4) Cannabinol (n-amyl-3 triméthyl-6,6,9 dibenzo-6 pyran-l-ol), (5) Pyrahexyl (n-hexyl-3 triméthyl-6,6,9 tétrahydro-7,8,9,10 dibenzo-6 pyran-l- ol), et (6) Tétrahydrocannabinol.La citation 8 montre la portion du tableau déeri- vant la marijuana, Nous nous inquiétons du fait que des quantités croissantes de hachish, et plus récemment de THC (tétrahydrocannabinol), sont utilisées dans notre pays.Citation 9 : h) « possession > désigne la possession au sens où la définit le Code criminel ; et Ce sont là des définitions similaires à celles des Règlements sur les drogues contrôlées.Citation 10 : i) «trafiquer» ou « faire le trafic» dé- « trafiquer » C3 .ou « faire signe le fait le trafic » (i) de fabriquer, vendre, donner, administrer, transporter, expédier, livrer ou distribuer, ou (Gi) offrir de faire l\u2019une ou l\u2019autre des opérations mentionnées au sous-alinéa (i) autrement que sous l\u2019autorité de la présente loi ou des règlements.Laval Médical Vol.40 - Janv.1969 Remarquez que « trafiquer », dans ces lois sur les narcotiques, est pris dans un sens très large (citation 10) .Citation 11 : 3.(1) Sauf ainsi que l\u2019autorisent la Possession de 2 : a stupefliant.présente loi ou les réglements, nul ne peut avoir un stupéfiant en sa possession.(2) Quiconque enfreint le paragraphe Infraction.(1) est coupable d\u2019un acte criminel et encourt un emprisonnement de sept ans.4 (1) Nul ne peut faire le trafic d\u2019un Trafic de stupéfiant ou d\u2019une substance quelconque stupéfiants.qu\u2019il prétend être ou estime un stupéfiant.(2) Nul ne peut avoir en sa possession Possession pn 2 + en ue d'un un stupéfiant pour en faire le trafic.frafie, a (3) Quiconque enfreint les paragraphes Infraction.(1) ou (2) est coupable d\u2019un acte criminel et encourt l\u2019emprisonnement à perpétuité.C\u2019est un délit (citation 11) que d\u2019avoir un narcotique sur sa personne, d\u2019en faire du trafic, ou de détenir un narcotique dans le but d\u2019en faire le trafic.Remarquez bien que la Couronne n\u2019a plus le choix, elle ne peut procéder que par mise en accusation.Néanmoins, il n\u2019y a pas de sentence minime et les pouvoirs judiciaires peuvent prononcer une peine allant d\u2019une sentence sursitaire jusqu\u2019à sept ans de prison pour simple possession, et jusqu\u2019à l\u2019emprisonnement à vie pour le délit de trafie.Personne ne s\u2019est jamais vu infliger la sentence maxima.Citation 12 : DROGUES DE L'ANNEXE H C.07.001.Sous réserve des articles C.07.002 et C.07.003, la vente! du diéthylamide de l\u2019acide lysergique, par un fabricant à une institution approuvée par le Ministre, a) pour usage clinique dans l\u2019institution, par des chercheurs compétents et aux fins d\u2019en préciser les risques 31-12-62 et l\u2019efficacité ; ou b) pour recherches de laboratoire dans l\u2019institution, et par des chercheurs compétents ; est exemptée des dispositions de l\u2019article 14A de la Loi.= Le ministre est autorisé à permettre la distribution des drogues inscrites au tableau H pour des essais cliniques et des recherches en laboratoire (citation 12), Lact ! vo] 4i-Ja citation | Cor rit qe \u20ac [serge |e Minish ai inf sien tion 13 Citation CN Sappliqu Une fon iste, i duit Yi \u201clp J li tatin Présent Tagg, Ii In hg 8 toy Être ty Li iy To \u201cts ill i ml Jui Laval Médical Vol.40 - Janv.1969 Citation 13: C.07.002.Avant de vendre quelque quantité que ce soit de diéthylamide de l\u2019acide lysergique à une institution approuvée par le Ministre, un fabricant doit à) informer le Ministre de ce qui suit : (1) le nom et l\u2019adresse de l\u2019institution à laquelle la drogue doit être vendue ; (ii) la quantité de cette drogue qui doit être vendue : et (iii) la forme posologique sous la- 21-19-62 quelle cette drogue doit être vendue : et b) obtenir l\u2019approbation écrite du Ministre, approbation spécifiant que la quantité de drogue et la forme poso- logique précisées aux sous-alinéas (ii) et (iii) de l\u2019alinéa «) ci-dessus sont appropriées et convenables aux fins pour lesquelles ladite drogue doit être employée dans cette institution.si le fabricant prend certaines précautions (citation 13) Citation 14 : C.07.003.Chaque institution à laquelle s\u2019applique l\u2019article C.07.001 doit tenir dans une forme jugée satisfaisante par le Ministre, des dossiers sur a) la quantité de diéthylamide de l\u2019acide lysergique qu\u2019elle a reçue ; b) l'usage fait de cette drogue dans l\u2019institution ; 21-12-62 c) les noms et titres professionnels des chercheurs qui utilisent cette drogue ; et d) toutes les données cliniques relatives à la drogue reçue, et doit mettre ces dossiers à la disposition du Ministre à sa demande.et si le chercheur accepte certaines responsabilités pour cette drogue (citation 14).Citation 15 : 5.(1) Sauf ainsi que l'autorisent la Lmportation présente loi ou les règlements, nul ne peut stupéiants.importer au Canada ni exporter hors de ce pays un stupéfiant quelconque.(2) Quiconque enfreint le paragraphe (1) Infraction.est coupable d\u2019un acte criminel et peut être condamné à l\u2019emprisonnement à perpétuité, mais encourt un emprisonnement d'au moins sept ans.ASPECTS LÉGAUX DES HALLUCINOGÈNES 117 Une autre catégorie de délit se rapporte à l\u2019importation et à l'exportation des narcotiques (citation 15).Elles entraînent une pénalité obligatoire de sept aus d\u2019emprisonnement.Citation 16 : 6.(1) Nul ne peut cultiver le pavot Culture du spa + .pavoi somnifère ou le chanvre indien, sauf avec somnifère l'autorisation et en conformité d\u2019un permis ©°u du chanvre à lui délivré aux termes des règlements.indien.(2) Quiconque enfreint le paragraphe (1) Infraction.est coupable d\u2019un acte criminel et encourt un emprisonnement de sept ans.(3) Le Ministre peut faire détruire toute Destruction sos es plantes.plante de pavot somnifère ou de chanvre indien sur pied, cultivée autrement qu'avec l\u2019autorisation et en conformité d\u2019un permis délivré aux termes des règlements.Enfin, c'est un délit que de cultiver la marijuana (citation 16) Voilà la loi à l\u2019heure actuelle.Beaucoup de gens ont mal interprété les déclarations du ministre, lui faisant dire que le gouvernement envisageait de rendre légale la vente de la marijuana.Le Canada à signé la Convention unique de 1961 qui impose des obligations internationales aux 65 pays qui ont ratifié ce traité et interdit la possession et le trafic de cette drogue.Il est peu probable que le gouvernement se retire de ce traité et, par conséquent, la marijuana ne pourrait être disponible légalement.si ce n\u2019est pour recherches cliniques et en laboru- toire effectuées par des chercheurs connus.Toutefois, le ministre a annoncé que l\u2019on étudierait la procédure légale et les peines iniposées par la loi du contrôle sur les narcotiques en ce qui concerne la marijuana.En conclusion.monsieur le président, j'aimerais souligner qu\u2019au cours de la dernière session, le gouvernement a présenté un projet de loi, S-21, en vue d\u2019amender la Loi des aliments et drogues.Ce projet de loi prévoit une catégorie de drogues qui sera connue sous le nom de « Drogues d\u2019usage restreint ».Un projet de loi prévoit l\u2019interdiction de leur possession, si ce n\u2019est à des fins de recherches scientifiques autorisées, et la prohibition de leur trafic.La Couronne aurait la Laval Médical 118 A.C.HARDMAN Vol.40- Janv.1969 possibilité de procéder soit par conviction sommaire, soit par mise en accusation, et la peine maxima serait un emprisonnement de six mois pour possession lors du premier délit et de un an lors du second délit.Bien que ce projet de loi ait été adopté par le Sénat en décembre 1967, il n\u2019est pas encore passé par le Parlement.Par conséquent, il devra être présenté au cours de la session actuelle pour prendre force de loi.LESH Linh dis dime tant que titres es Hl gestes ds para an lage da Bp Üttawz : Deux Come Jeu Hil pi su * Blle tiny Deux Pour At [ine \u201cDr cid Gi IRE hy a \u201c 9 itd yy table pt init ste J LES HALLUCINOGENES ET L\u2019ASPECT JUDICIAIRE * Li\u2019ombre opaque que projette sur la société 'usage des drogues ne sera pas facilement dissipée.Tous, tant que nous sommes, restons atterrés devant les titres des journaux qui nous renseignent sur les faits et gestes d\u2019une jeunesse adonnée au doux plaisir des paradis artificiels : «102 jeunes adolescents arrêtés pour vols à l\u2019éta- tage dans l'intention de se procurer de la drogue ».«28 jeunes gens arrêtés devant le Parlement à Ottawa, fumant de la mari».« Deux jeunes étudiants racontent devant le juge comment ils sont devenus peu à peu des drogués ».« Jeune étudiant en droit traduit devant le Tribunal pour avoir été trouvé en possession de drogues ».«Elle aurait essayé de faire entrer au Canada cinq millions d\u2019héroïne ».«Deux jeunes Montréalais arrêtés à Plattsburg pour traffic de drogues ».et combien d\u2019autres titres ne pourrions-nous pas citer ! Depuis le mois de septembre 1967, nous avons constaté une recrudescence de jeunes traduits devant le tribunal de la Cour de Bien-être social de Montréal pour délits relatifs aux drogues.Au cours de comparutions pour délits ordinaires autres que la drogue, nous nous sommes rendu compte qu\u2019une multitude de ces jeunes faisaient usage de drogues.Nous avons été, à maintes occasions, sidérés par le récit dramatique de leurs aventures.Invité à un colloque organisé par un groupe de parents d'une paroisse de Montréal avec de jeunes * Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Québec, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l\u2019'ACFAS.M.TRAHAN, Juge de la Cour du Bien-ÊËtre Social, Montréal.étudiants, pour discuter ce problème, grande fut notre consternation lorsque la plupart de ces jeunes, âgés de 13, 14 et 15 ans, nous révélèrent qu\u2019ils avaient fait usage de drogues ou continuaient à en faire usage, que personne n'avait le droit d\u2019entraver leur liberté et que l'usage de drogues ne pouvait que valoriser leur personnalité tout en les éloignant de la réalité concrète des événements.Cette escalade dans la consommation des drogues engendre une situation sociale et médicale vraiment navrante.La criminalité juvénile présente un certain caractère que nous pouvons facilement encore explorer, mais cette forme nouvelle de délinquance, due aux drogues, crée une inadaptation sociale plus difficile a percer et à comprendre Inquiets sont les juges appelés à se pencher sur ce problème lorsqu'ils doivent prendre une mesure d\u2019ordre judiciaire, ou a rendre une sentence.Cette inquiétude lancinante est de plus en plus aiguë face aux possibilités de réhabilitation et de réinsertion de ces jeunes dans leur milieu social naturel.Dans l\u2019ordre Judiciaire, les Jeunes usagers de drogues peuvent être traduits devant deux juridictions.S\u2019ils ont moins de 18 ans, ils relèvent de la Cour de Bien-être social appliquant les dispositions de la loi des Jeunes délinquants.Agés de plus de 18 ans, comme vous le savez, ils relèvent des cours ordinaires de juridiction criminelle.Il y à une différence assez grande entre les deux juridietions dans la manière de disposer des affaires qui leur sont soumises, Plus familier avec la Cour de Bien-être social, je vous exposerai mon point de vue dans l'optique de la pratique de cette cour. 120 L\u2019adolescent de moins de 18 ans appelé à comparaître devant la Cour de Bien-être social, en vertu des dispositions de la loi des jeunes délinquants, n\u2019est pas trouvé coupable d\u2019une offense spécifique comme dans les autres juridictions criminelles ordinaires.L'article 3 de la loi, paragraphe 2, stipule ceci: « Lorsqu'il est jugé qu\u2019un enfant a commis un délit, il doit être traité non comme un contrevenant mais comme quelqu'un qui est dans une ambiance de délit et qui, par conséquent, a besoin d\u2019aide, de direction et de bonne surveillance.» Ce besoin d\u2019aide, de direction et de bonne surveillance, c\u2019est par le truchement de l\u2019article 20 que le juge peut les orchestrer dans un esprit d\u2019individualisation et d\u2019humanisation de la peine.Cet article stipule que la Cour peut, à sa discrétion, lorsque l\u2019enfant a été jugé jeune délinquant, prendre une ou plusieurs des mesures y énoncées, selon qu\u2019elle le juge opportun dans les circonstances.Le paragraphe 3 du même article permet au juge d\u2019articuler sa mesure suivant les résultats présentés par l\u2019adolescent au cours de l\u2019application de la mesure initiale et de la modifier à l\u2019occasion Tout le mécanisme judiciaire de la Cour peut se traduire par ce principe.Il y a autorité de la ehose jugée quant à la matérialité des faits, mais non quant à la mesure de réhabilitation sociale qui peut être prise à l\u2019égard de l\u2019enfant pour lui assurer ce que prévoit l\u2019article 3, paragraphe 2, besoin d'aide, de protection et de bonne surveillance.La flexibilité de cette loi assure au chargé de son application une mobilité d\u2019action que ne possède pas, au même degré, le juge des cours criminelles.Ce dernier est limité, dans son action socio- judiciaire, par le principe de la chose jugée.Certes, en certaines circonstances et sous des conditions précises, il peut utiliser le mécanisme de sentence suspendue et de la libération conditionnelle des articles 638 et 639 du Code criminel.C\u2019est sous l\u2019autorité de ces articles qu\u2019un juge de Montréal a dernièrement fait bénéficier un jeune narcomane d\u2019une certaine clémence qui peut, sans doute, l\u2019amener à résipiseence.Vous avez sans doute remarqué, lorsque nous avons parlé de l\u2019article 20 de la loi des jeunes délin- M.TRAHAN Médical Laval Vol.40-Janv.1969 quants, ces deux expressions spéciales: «à sa discrétion » et « lorsqu'il le juge opportun d\u2019après les circonstances ».Ce sont les deux pôles articulateurs de l\u2019action socio-judiciaire du juge.Le juge de la Cour de Bien-être social est privilégié dans l\u2019exercice de cette discrétion, puisqu\u2019il peut compter sur les services de la Clinique psychiatrique de l\u2019enfant et de la famille, rattachée spécifiquement à la Cour et dirigée par le docteur Noël Garneau.Les juges se réjouissent de pouvoir compter sur son entière collaboration et sur celle des membres de son équipe.Leur expertise psychiatrique nous permet d\u2019user a bon escient de notre discrétion.Pour préciser cette mesure selon l\u2019opportunité des circonstances, les juges de la Cour de Bien-être social comptent aussi sur la coopération des officiers de probation qui, eux, lui apportent les données sociales du problème en lui donnant l\u2019image du milieu social dans lequel évolue l\u2019adolescent, famille, travail, école, lvisirs, et en lui faisant connaître les ressources sociales sur lesquelles le juge peut tabler pour réaliser un travail socio-judiciaire rentable.L\u2019inadaptation sociale des usagers de la drogue présente des caractères de gravité plus sérieux que l\u2019inadaptation sociale des autres jeunes délinquants.L'état de santé physique des usagers est beaucoup plus détérioré que celui des autres délinquants.Bien souvent, le milieu social immédiat, la famille, est moins coopératif parce que plus avarié et moins soucieux de l\u2019intérêt de leur enfant et plus axé sur son propre problème.L'étude des multiples cas dont nous avons eu à nous oceuper nous a révélé cette situation lamentable.Nonobstant tous ces aléas, nous sentons que nous sommes engagés dans une lutte Âpre et difficile et l'accent de notre action doit être axé sur la notion de maladie neuropsychique, de thérapeutique, de curabilité, de réadaptabilité et de réinsertion dans le milieu social.Le but poursuivi par notre action judiciaire tente beaucoup plus à guérir qu\u2019à incarcérer, car les grilles n\u2019ont jamais empêché le déferlement de la marée montante.Notre politique criminelle doit reposer sur le postulat suivant : les sujets srs) bres da ih tl d'être pou ell Ju {atte p fi ge pl phar des tech [ne fa déve ls lib ton dd humain À elle écaremen Tips upper es tls \u20ac sie doses ma en À + Di centrés hg Hello) ] faut Wig lie Tes pg le Ju hid sl i tity fli bs iffy in \u201cWert | ir J asi Udy à Se ri spl pi i rip.il i le 17H A mp es 3) pal Ir il ! a Laval Médical Vol.40- Janv.1969 transitoirement troublés dans leur psychisme et délabrés dans leur état physique doivent être rendus à la société dans des conditions qui leur permettent d\u2019être pour elle des actifs et des valeurs qu\u2019ils n\u2019auraient jamais dû cesser d\u2019être.Cette politique criminelle est réalisable aujour- d'hui grâce à l\u2019enrichissement considérable de l\u2019arsenal pharmacologique ainsi qu'au progrès constant des techniques psychothérapiques.Il ne faut pas que, dans certains milieux, on considère l\u2019usager des drogues comme un invalide mental, justiciable de mesures de protection et de prévention d'ordre, avant tout de réclusion.C\u2019est un être humain dont les virtualités et potentialités volitives et intellectuelles ont été mises en veilleuse par un égarement momentané dont un monde dur et cruel n\u2019a pas su le protéger mais a plutôt aidé à développer les conditions d'un tel abêtissement.Pour réaliser cette politique de défense sociale qui consiste « soit à stimuler et provoquer l'épanouissement du sens des responsabilités, soit à lui frayer un chemin en déblayant les obstacles qui l\u2019empêchent de se manifester » (Baan), il nous faut posséder des centres où, en même temps que l'usager est désintoxiqué physiquement, il puisse bénéficier d\u2019une action psychiatrique efficace.Sabséquemment, il faut aussi prévoir, à la suite d\u2019un traitement, un aménagement des conditions matérielles et psychologiques de sa réinsertion sociale et, enfin, prévoir des consultations externes de posteure.Le juge de la Cour de Bien-être social est le juge du dialogue et de la persuasion.En effet, lorsqu\u2019il décide d'une mesure de réhabilitation sociale, il le fait en ayant pris connaissance des rapports de la clinique de l\u2019enfant et de la famille ainsi que ceux des officiers de probation.C\u2019est alors qu\u2019il reçoit, en audience privée, les parents, les enfants et les experts dont il à requis le concours.Il engage alors avec les intéressés immédiats le dialogue afin de les sensibiliser à l\u2019œuvre poursuivie, et tente de persuader adolescent et parents du bien-fondé de la mesure envisagée.Ces entrevues, ces audiences durent Jain Fir gt Gel et Lt, i LES HALLUCINOGÈNES ET L'ASPECT JUDICIAIRE 121 parfois des heures et les intéressés y participent activement, Cette pratique socio-judiciaire permet à l'usager de conrprendre pleinement et entièrement la nature de la mesure envisagée.Au cours de ces entrevues, le juge s\u2019efforee d\u2019avoir à l'égard de l'usager une attitude optimiste, lui signifiant que la notion d\u2019ineurabilité doit être écartée.Il importe aussi que le juge fasse en sorte que l\u2019environnement familial et social soit compréhensif et coopérant afin que l\u2019usager ne soit pas projeté dans la démission sociale, car.comme l'écrit Oloj Kuigberg: « La réadaptation sociale des délinquants ne peut se faire qu'avec la collaboration des individus eux-mêmes.» La réadaptation de l'usager qui vient devant la Cour de Bien-être social commence au moment où il comparaît devant le juge.lequel doit être attentif à tout ce que lui dit le jeune homme jusqu'au point d\u2019attacher une certaine importance, en apparence, à des faits et vestes qui n'en ont pas.Après que la mesure est prise, le Juge doit rester présent dans le cas, afin que le jeune ne sente pas que tout se fait d\u2019une manière stéréotypée.Le juge doit revoir le jeune et ses parents autant de fois qu\u2019il est nécessaire: suivre les progrès du traîte- ment et manifester au jeune l'intérêt que la société, à travers la personne du juge, attache aux réussites du traitement.Il faut que le jeune sente le juge aussi engagé que lui dans le processus de traitement.car.quoi qu\u2019on en dise dans certains milieux, là Justice qui se fait de plus en plus humaine doit voir le juge au centre de la rééducation.C\u2019est un défi de taille.TI] y aura probablement au cours de ce travail socio-psycho-judiciaire des inquiétudes, des dangers, des chutes et des rechutes, mais il faut être optimiste dans le sens que Mauriac exprimait: « J\u2019appelle optimiste un homme qui, après avoir regardé en face la maladie, le vice, la misère et la mort, mais aussi le dévouement, l'amour, l\u2019immolation consentie de tant de créatures, demeure fidèle à la plus difficile de toutes les vertus: l\u2019espérance.» ASPECT JURIDIQUE ET TRAVAIL CLINIQUE EN RAPPORT AVEC LE PROBLÈME DES DROGUES * l.RAPPEL DE LA NATURE DE CERTAINES LOIS DONT RELEVENT LES DROGUES (en particulier la marijuana) Depuis déjà fort longtemps à l\u2019intérieur de chaque pays on a appliqué des mesures légales visant au contrôle des drogues ou stupéfiants pour protéger les citoyens contre les abus ou les effets nocifs de ces derniers.En 1925, lors de la convention de Genève une recommandation internationale concernant la marijuana demandait que celle-ci soit contrôlée mondialement au méme titre que les autres opiacés du tvpe de l\u2018opium, de l'héroïne, ete.Il semble que ce mouvement soit issu des pays nord-africains, afin de protéger la population contre les méfaits de cette substance.Cette mesure bien qu'avant des buts humanitai- tes puisqu'elle s'appliquait surtout aux couches sous-développées de la population visait également à augmenter le rendement de la classe ouvrière au niveau des plantations.Aux Etats-Unis, avant 1930.on ne rapportait pratiquement pas de probléme concernant cette drogue, cependant comme le problème existait au Mexique de la même façon qu'en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.cette habitude s\u2019est transmise * Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Québec, le 20 septembre 1968 et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l\u2019'ACFAS.* 410 est, rue Bellechasse, Montréal, Québec.Noël GARNEAU, M.D., Clinique de l\u2019enfant et de la famille à la Cour du bien-être social Ÿ au sud des Etats-Unis, ce qui a entraîné l\u2019établissement du Marijuana Control Act 1937 et du Marijuana Tax Act de 19537.Le problème se posait à travers toute l\u2019Asie également ; un fait intéressant à rapporter est qu\u2019il semble que la Syrie soit le pays le plus grand producteur de marijuana en dépit du fait que son utilisation soit contrôlée par la loi.En 1938, commencait à New-York l\u2019enquête du maire de la Guardia.Les rapports ont été publiés en 1945 et semblaient dans leur ensemble minimiser les effets de cette drogue sans que l'on mette en pratique les recommandations de ce comité.Le docteur A.C.Hardman nous a exposé les dispositions légales prévalant au Canada et les nouvelles dispositions à l\u2019étude.Dans le rapport ad hoc présenté par le colloque scientifique on a préconisé des changements dans la législation tant internationale que fédérale.Ces suggestions visaient a la reclassification des psychodysleptiques et à l\u2019établissement d\u2019une législation appropriée aux données actuelles scientifiques et sociologiques.Des mesures immédiates nous éviteront l\u2019écueil rencontré dans l'application de la loi de MeNaugh- ten datant du siècle dernier, concernant la maladie mentale, et qui continue d\u2019être la base légale dans l'application du droit criminel.Les cours juvéniles, sur le plan légal, sont néanmoins frès favorisées puisqu'elles accordent, par la modification du code criminel concernant la délinquance infantile, beaucoup plus de latitude, tel : Ji du sa roa il Tra.Apes i pus al quid [pict Tein tie d l'ensemble nes, à oe 0 Tiles, D D'inport De ph tb none don Jy at th vil en \u201cat Vie vivait d Se) Ji Jp rig He a Tere thie \u2018 big $l fy Wg, iy, rly y h Uy Bit dr Lan fr |, de Jef thi | Li \u201cin lf vo | à Cour social afl IN dt inn Lavul Médical Vol.40 - Janv.1969 qu\u2019on a pu le voir dans l\u2019exposé de M.le juge Marcel Trahan.Après ce bref tour d\u2019horizon « juridique » nous nous attarderons maintenant à l\u2019aspeet clinico- Juridique.Il.TRAVAIL CLINIQUE DANS UN CADRE JURIDIQUE (Cour du bien-être social de Montréal) Introduction : Il est important de souligner ici la situation privilégiée de la province de Québec par rapport a l\u2019ensemble des autres provinces.En effet, seuls des avocats, dans la province de Québec, sont nommés comme juges, Tandis que dans bien d\u2019autres provinces, un peu comme dans le cas des juges de paix, n\u2019importe qui peut accéder à ce poste.De plus, il est à souligner ici que la nomination de nouveaux juges a été des plus appréciée étant donné la tâche énorme à abattre.Nous avons rencontré chez eux un très grand intérêt pour un travail en collaboration et 1\u2019étanchéité des disciplines s\u2019est vue beaucoup plus vite rompue parce qu\u2019il existait déjà, dans le cadre de la Cour du bien-être social, un certain échange interdisciplinaire.Je me permets de rappeler également la situation juridique privilégiée des juges de la Cour du bien- être social par rapport à ceux de la Cour supérieure dans la latitude des mesures à appliquer à chaque cas.Cet avantage est également une lame à deux tranchants car 1l exige du juge une connaissance beaucoup plus approfondie du cas et des moyens utilisables pour sa réhabilitation.Mais cette latitude l\u2019expose parfois à être préjugé en insistant sur la réhabilitation, mais en évitant de juger sur la matérialité des faits.Rôle du juge : L'importance de l'acte juridique est primordiale.car le juge se doit avant tout de poser un acte de justice régi par les lois instituées par la eollee- tivité.Il doit done poser un geste de justice à l\u2019endroit de l\u2019inculpé et de la société.Le prévenu est-il \u2019 coupable ou non, est-il dangereux pour la société ?té OR pa stil 0 ic li ji RE ASPECT JURIDIQUE ET TRAVAIL CLINIQUE 123 Cependant dans le cadre de la Cour juvénile cet acte de justice devient un acte de « justice sociale » car non seulement vise-t-il a faire observer le code mais également «l'acte juridique » doit offrir une valeur rééducative basée sur la nature des faits juridiques, sociaux et des problèmes psyeho-émotion- nels en cause.Bien souvent le juge doit se substituer à l'autorité parentale pour permettre la mise en place de mesures de rééducation.Le juge joue également un rôle de coordonnateur dans la rééducation des jeunes, auprès des institutions de rééducation et des centres de traitement.Le juge est assisté dans son travail par la présence des avocats du greffe ou des conseillers juridiques qui doivent Jouer un rôle des plus important dans le cadre de la Cour.À la Cour du bien-être social de Montréal, ces avocats sont appelés à faire la sélection des demandes de recours.De plus, ils représentent en quelque sorte la Couronne ou la société.De fait, leur rôle dépasse de beaucoup ces deux fonctions, ils sont également des conseillers juridiques pour les juges, pour les personnes s'adressant à la Cour et très souvent pour les ineulpés eux-mêmes qui ne sont pas représentés.Rôle du clinicien : C\u2019est ici que se greffe le rôle plus particulier du elinicien auprès du juge de la Cour du bien-être social.Il appartient au clinicien d'éclairer le juge sur la nature des problèmes psycho-émotionnels du sujet et de leurs répercussions sur le comportement, lorsque la complexité du cas exige une expertise.De plus, le clinicien préconisera les mesures appropriées qui seront soumises au juge par la suite et discutées en équipe s\u2019il y a lieu.Il revient au juge de faire adopter les mesures les plus appropriées.C\u2019est ici souvent que se pose un problème crucial pour les cliniciens et les officiers parajuridiques.soit celui du secret professionnel.Le juge se doit d\u2019éclairer les deux parties, tant la défense de l\u2019inculpé que l'avocat de la Couronne (avocat du greffe).1] va de soi que la facon de procéder 124 dans la présentation de l\u2019expertise risque parfois de compromettre les mesures thérapeutiques envisagées.Il faut donc au juge beaucoup de souplesse, car il y a risque ou d\u2019être mal renseigné par l\u2019expert afin de sauvegarder le traitement ou de porter préjudice à la défense du sujet, n'étant informé que de certains problèmes.Ceci est un point très important puisqu'actuellement on est à rebâtir la loi sur les enfants et les adolescents, et que dans le texte de loi proposé, toute personne assumant la défense (même s\u2019il s\u2019agit des parents, voire le sujet lui-même) doit connaître la teneur de l\u2019expertise.Travail de collaboration en particulier dans le domaine de la drogue : Sur le plan pratique, il va sans dire qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un travail d\u2019équipe.Les délits, concernant l\u2019usage des drogues, vus dans l\u2019esprit de la loi de la délinquance juvénile, font des juvéniles des privilégiés par rapport aux adultes sur le plan légal.Tronie juridique peut-être, mais certains cas sont favorisés d\u2019avoir commis un délit relevant de l\u2019ar- ficle 20 concernant la délinquance, car le cas peut être jugé d\u2019abord au niveau de la Cour juvénile sans être nécessairement déféré.Pour ces délits, les juges s\u2019assurent en général non seulement d\u2019avoir les faits juridiques mais également les faits relatifs à la réalité sociale et psycho-émotionnelle.Ces cas, relevant d\u2019un délit en rapport avec les stupéfiants, après une évaluation clinique sont dis- \u201cutés en équipe.Ces sujets peuvent donc bénéficier 'e mesures thérapeutiques et rééducatives sans \u2018fa\u2019on soit contraint d'utiliser des moyens punitifs t coercitifs, cependant ces moyens peuvent également servir.La présence d\u2019une équipe polyvalente composée (le spécialistes « multi-disciplinaires ».psychiatre, psychologue, criminologue, équipe sociale, travaillant de pair avec les juges et les officiers de probation, les cadres de rééducation et les centres de traitement, constitue un apport concret dans l\u2019application de la charte des droits dont on fait si souvent état.Noël GARNEAU Laval Médical Vol.40-Janv.1969 La présence de collaborateurs qui gravitent autour du juge à permis à celui-ci de perdre ce rôle souvent odieux de « justicier » pour jouer un rôle beaucoup plus humanisé.D'autre part, les experts ont également gagné beaucoup à reconnaître maintenant chez le Juge non seulement une fonction d\u2019autorité juridique, mais un rôle positif dans la rééducation.C\u2019est à mon sens la marque sensible d\u2019une évolution positive de la « civilisation » trop souvent peu « civilisatrice ».Profil des usagers rencontrés (soit par le truchement de la Cour, où par des rencontres avec le milieu étudiant) : D'une manière empirique, on pourrait classifier artificiellement les adhérents des drogues en cinq groupes : 1.Groupe des psychédélistes : Ce groupe comprend les initiés, les true hippies.Il s\u2019agit en général de jeunes adultes de plus de 17 ans, le plus souvent affiliés à des groupes universitaires.Au sein de ce groupe on retrouve un courant idéologique et philosophique.Ils sont en général pacifistes, ils possèdent le plus souvent une assez bonne notion de l\u2019utilisation et des effets de ces différentes drogues.En général ils se noyautent et sont très altruistes entre eux.Comme on le faisait remarquer dans Psychedclic review, il y à deux a trois pour cent des hippies dans le lot des True hippies, ou des authentiques, gui présentent des troubles émotionnels marginaux.Il existe ce que la même revue appelle The plastic hippies, ou les pseudo-hippies, souvent plus nombreux, chez lesquels on peut trouver, dans une proportion de quatre a six pour cent des perturbations émotionnelles d'ailleurs plus caractérielles.2.Groupe réactionnel : Ce groupe est constitué de fait par des adolescents qui traversent la crise réactionnelle normale rencontrée à la période de la puberté.Comme on le sait, l\u2019apogée de cette phase, qui amènera la rupture ou la scissure de la dépendance filiale, est caractérisée par le besoin de se révolter ' {fl ev 1 Vi ane Lad! atte lle pale de ie vont par W0 rer des gas démarche de gontrst 3, fon sit flous forte Je mie, sont inf i evi quik lel pag Js re fees.I Uie phase la mir + bio A Un gua Titttrilg Lepr Lie fy Dobe Wr L pl \u201cMy, lu fy ta bly, ie ll Vétion a, 1 \u201ca © tif My \u201cner Tie inti ts wish ip if.\u201c00 fisifr lg i, is Jer i J ie igi IL a AUS, Jil k Laval Médical Vol.40-Janv.1969 contre l'autorité parentale d'abord et également contre toute autre autorité.Cette phase réactionnelle de développement s\u2019exprime chez l\u2019adolescent par un besoin d'autonomie et par une tendance à provoquer l\u2019entourage comme si la contre-réaction des figures parentales et autres leur facilitait cette démarche ultime, T1 s\u2019agit de fait d'une autre forme de contestation.3.Groupe des insécures : I] s\u2019agit de fait d\u2019adolescents en quéte de sensations fortes qui cherchent à s'identifier à travers le groupe.Îls veulent rivaliser avec le groupe.Ils sont influençables mais en général très peu souvent ils deviendront de véritables adeptes.En autant qu\u2019ils auront tenté l\u2019expérience, d\u2019ailleurs qu\u2019ils colorent et amplifient, ils se feront souvent plus propagandistes que véritables engagés, Ces derniers, on les retrouve à tous les niveaux d'âge, même très jeunes.Ils ne correspondent nécessairement pas à une phase de développement définie.Ils constituent la majeure partie des adeptes transitoires.4 Groupe des caractériels : À l\u2019intérieur de ce groupe, on retrouve les délinquants névrotiques et psychopathiques ; les caractériels dont l'adhésion à ces mouvements permet d\u2019exprimer leur besoin d\u2019acting out.Ce passage à l\u2019acte fait partie de leur mode de défense privilégié pour pouvoir agir leur conflit et maintenir ainsi un certain équilibre.Le plus souvent cette attitude de révolte sert de couverture à un sentiment dépressif profond contre lequel ils se défendent.On retrouve ces adeptes particulièrement à l\u2019adolescence, quoïqu\u2019on puisse les rencontrer à la phase de latence.5.Groupe des névrotiques : À l\u2019intérieur de ce groupe se retrouvent toutes les formes de névroses, en particulier les états hys- jet fis ASPECT JURIDIQUE ET TRAVAIL CLINIQUE ls .n spb butte tie si ce tn sa di 125 téroides, anxieux et dépressifs.Les sujets sont en général à la fin de la période d\u2019adolescence.Dans cette catégorie on retrouve beaucoup plus de jeunes filles que de garcons.Fréquence ; Quant à la fréquence rencontrée à la Cour par période, elle est d\u2019environ trois à quatre cas par semaine.Quant au pourcentage rencontré dans certains CEGEP, ce dernier pourrait être à l\u2019heure actuelle beaucoup plus élevé, allant jusqu\u2019à 30 pour cent et 43 pour cent dans certaines écoles pour une première prise de ces substances, Mesures à suggérer : Me J.Kaplan rapportait que si la marijuana (cannabis) n\u2019est pas si dangereuse qu\u2019on le prétend et que sur le plan juridique on continue de la maintenir comme telle, nous perdrons la confiance de la jeunesse.Le docteur H.Nowlis, vice-président au Conseil national de coordination pour l\u2019éducation et l\u2019information sur l'abus des drogues (Etats-Unis), soulignait qu'il fallait dire la vérité, rien que la vérité.de façon appropriée au niveau d'âge.Dans l\u2019établissement de lois nouvelles, toutes les sciences de l'honime devraient être appelées à faire un travail concerté autour des juristes.Les lois ne viendront pas usservir les hommes mais au contraire viserouf à les faire se dépasser.Pour ce qui est de l\u2019information et du traitement, il convient au plus tôt d'organiser une information bien structurée à tous les niveaux qui répondrait aux demandes des cliniciens, des éducateurs, des parents et des élèves, À ceci devraient se ereffer au niveau de la province de Québec, des équipes de recherches et de traitement travaillant en étroite collaboration.FI ir LY fe er i nh lo didi ii BUG HI LON + ie HALLUCINOGÈNES : PROBLÈMES DE L'INFORMATION * Permettez-moi d\u2019abord de remercier les organisateurs de ce colloque de leur invitation à parler des moyens d\u2019information par rapport aux drogues et aux hallucinogènes.Commençons par affirmer que seule l\u2019éducation peut limiter l\u2019usage des drogues et hallucinogènes chez les jeunes et chez les adultes.De plus, l\u2019éducation doît se servir au maximum des grands moyens d\u2019information tels que la presse, la radiodiffusion, la télévision et le cinéma.Cette information se doit d\u2019être rigoureusement scientifique et ne s\u2019appuyer sur aucun autre concept que celui de 1\u2019objectivité scientifique.En fait, je ne crois pas que les gens prédisposés \u2014 pour une raison ou une autre \u2014 à l'usage des drogues et hallucinogènes obéissent aux exhortations des curés ou encore moins aux dires des policiers.Seuls les hommes de science sont capables de convaincre les adeptes des drogues du mal que ces dernières peuvent causer tant sur le plan individuel que collectif.En effet, et en dépit de tout, les jeunes ont un grand respect pour la science qui est devenue pour eux une des premières valeurs.Ils sont fascinés par la recherche et les réalisations scientifiques.Ils sont avides de connaître.Et, à ce point, l\u2019erreur des adultes est souvent de confondre les diverses Jeunesses et de croire que tous les jeunes sont complètement « gogos », « véyés » ou psychédéliques.Dans l'ensemble.les jeunes sont normaux et ne sont por- * Travail présenté au Colloque sur tes hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et IACFAS.Pierre DUCEPPE, commissaire, Haut-Commissariat & la jeunesse, aux loisirs et aux sports, Province de Québec, Québec.teurs d aucun microbe social.Mais les jeunes d\u2019au- Jourd'hui se cherchent dans la solitude et l\u2019angoisse.Si l\u2019ensemble des jeunes forme ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler une jeunesse normale, il y a en outre les « Jeunes marginaux » comme les motards, les hippies.Toutefois, ces filles qui portent toutes sortes de vêtements bariolés, ces garcons chevelus et barbus ne sont pas nécessairement des voyous ou des aventuriers et encore moins des criminels même si toutes les polices du monde les pourchassent de maintes façons, allant parfois jusqu\u2019à abuser de la loi pour les mettre sous arrêt.Ces jeunes, issus de notre eul- ture, de notre société de consommation, de notre civilisation \u2014 et aussi nos fils \u2014 sont les symptômes et les signes avant-coureurs d\u2019une grande mutation sociale et économique.Ils sont les phares brumeux qui indiquent au loin les vents de la tempête.Personnellement, je n\u2019endosse pas les hippies: je crois cependant que leur recherche du bonheur et de la vérité est valable.Le véritable problème est plutôt d'amener les Jeunes contestataires de la société à changer leur mode de contestation.Il faut essayer de faire en sorte que les jeunes, solent-ils hippies, motards ou tout simplement « normaux », acceptent de contester la société par les « moyens intérieurs », c\u2019est-à- dire ranimer suffisamment la confiance des jeunes.de sorte qu\u2019ils ne se dissocient pas de la société.Or, pour amener les jeunes \u2014 travailleurs ou étudiants \u2014 à ne pas quitter ou à réintégrer la société.les çrands moyens d\u2019information sont des outils de première force.Mais, il faut beaucoup de cireonspeection.Car pri wid fo 4-0 [pint ii ve | cells dé la ari.1 Nues ford le ds | Triple, de déroqre ul ef, Les tre que ls Sent so Yan nt fils qui tin) of rage.Le Tih sell sn de perso à for fonction: Sir Is J lining rosie { Ty I bse do, tig hig lis lt, { Mls li Has by Wig I ry, fig 4 Hig y \u2018en 0 ci les by, I ley ley lig, Man \\ Missaire X Sr, Quêtes Quêtes itll His, a Ae tls, I ollie les il pi \u201clk [re ls re nll ls lis a Laval Médical! Vol.40-Janv.1969 l'information, de nos jours beaucoup plus qu\u2019autrefois, livre divers renseignements ainsi que les nouvelles de l'actualité d\u2019une manière massive et démesurée.Le public, le consommateur, recoit donc en blocs informes, sans transition psychologique, l\u2019annonce des faits, qu\u2019il s'agisse d'accidents, de catastrophes, de guerres et révolutions, d'inventions et de découvertes scientifiques, de scandales politiques ou sociaux, de drames ou de liaisons anioureux, ete.Les moyens d\u2019information délivrent en vrac tout ce que l'ensemble de la société leur a donné en négligeant souvent l'identification des vraies valeurs.Mais, en toute vérité, nous reconnaissons les difficultés qui confrontent les grands movens d'information et loin de nous le désir de leur porter ombrage.Les journaux, la radiodiffusion et la télévision accordent habituellement la priorité à la nouvelle susceptible d\u2019intéresser le plus grand nombre de personnes.L'information est souvent construite en fonction d\u2019une clientèle déterminée et non en fonction de l\u2019importance réelle de la nouvelle.Sur le plan pratique, cela amène les journaux, les revues, la radiodiffusion, la télévision et souvent le cinéma à traiter de la facon la plus spectaculaire possible des sujets tels les drogues et les hallucinogènes, parce que tout repose, avant tout, sur une base de rentabilité.Le meilleur exemple n'est-il pas celui qui consiste à faire paraître à l'écran de télévision et devant des millions de téléspeetateurs un individu soumis à l'influence d\u2019un hallucinogène ?Certes, dira-t-on, l'expérience télévisée est menée sous la surveillance de médecins, de psychiatres.Mais le problème fondamental n\u2019étant pas le cobaye volontaire, à l\u2019écran, sous la surveillanée des médecins ou des psyehiatres, mais les effets psyehologi- ques \u2014 encore impossible à mesurer \u2014 sur les mil- Hons de téléspectateurs.En effet, parmi ces derniers se trouvent des milliers d'enfants et d'adolescents qui n'ont peut-être pas la maturité requise afin de savoir distinguer les divers aspects du problème.Dans de telles expériences, sans égard à leur valeur scientifique, que je ne saurais d\u2019ailleurs contester, les dangers de répandre et de populariser l\u2019usage des drogues et des hallucinogènes sont aussi grands que les possibilités d\u2019en limiter ou d\u2019en em- HALLUCINOGÈNES : PROBLÈMES DE L'INFORMATION > ct iii pêcher la réclame et l'usage.C\u2019est ce que nous appelons la rétroaction, les effets de feedback ou encore les effets de boomerang.En fait, ces effets de boomerang sont encore mal expliqués et mal connus, Ils consistent à provoquer des réactions contraires à celles qui sont objectivement recherchées à l'aide de moyens reconnus et habituels.Conséquemmient, et pour des raisons que je ne peux exposer en quelques minutes, je crois venu le temps pour les scientifiques de participer entièrement à la solution des problèmes de la colleetivité.Aussi occupés qu'ils soient, il n'en demeure pas moins qu'ils ne peuvent refuser de s'intéresser concrètement aux problèmes que cause l'usage des drogues et des hallucinogènes chez un trop grand nombre d'individus, plus particulièrement chez les Jeunes.Vous vous devez, à mon avis, de développer ue forme d'engagement social, un engagement total dans les domaines de vos disciplines scientifiques.Vous devez assumer entièrement vos responsabilités d'hommes de science en 1968.Vous n'avez ni le droit moral, ni le droit social, ni le privilège individuel de vous dissoéier ou de ne pas vous intéresser concrètement à la Iutte que les hommes de bonne volonté livrent à la terrible habitude de l'usage des drogues et des hallucinogenes.Le temps est venu de ne plus laisser courir de bouche à oreille.de laisser écrire dans les journaux ou les revues, de laisser dire et montrer soit à la radiodiffusion ou à la télévision ou au cinéma des faussetés sur le sujet des drogues et des hallucinogènes.Messieurs, Je vous le répète, de toutes les voix qui se font entendre au sujet des drogues et des hallucinogènes la vôtre est probablement la seule qui possède suffisamment de force pour être entendue par les trop nombreux jeunes pris au piège du mal du siècle.Même si, précédemment, dans cet exposé Je fis preuve de quelque sévérité à l\u2019endroit des grands moyens d'information, cela n\u2019enlève rien à leur valeur réelle.La radiodiffusion, la télévision, le cinéma ou la presse peuvent informer des faits scientifiques, des méthodes thérapeutiques des moyens prévus pour combattre l'usage non contrôlé des drogues et des hallueinogènes.Les techniques audio-visuelles sont certes d\u2019un grand secours pour es = 7 = PSE ' fat CTI mr i it Ratha.05 D ; 128 l'éducateur ou le scientifique qui sait s\u2019en servir.La physique et la chimie sont facilement illustrables par l\u2019image filmée ou télévisée et l\u2019image est un excellent moyen pour la représentation de l\u2019investigation du monde microphysique.Les microphéno- mènes sont facilement identifiables et peuvent également être reproduits à l\u2019aide du microscope électronique et de caméras spécialement conçus à ces fins.En somme, l\u2019image peut, de nos Jours, reproduire l\u2019infiniment petit comme l\u2019infiniment grand.La caméra de cinéma ou de télévision maniée par des mains expertes sait suivre comme un œil indiscret les moindres détails de la transformation ou du comportement des ondes électriques du cerveau, plus précisément les ondes reproduites sur les encéphalogrammes, Mais je m\u2019arrête là avant de me prendre pour un médecin, un médecin du temps de Molière, sans doute ! En résumé, sur un plan pratique, je crois qu\u2019il serait utile que ce colloque provoque de nombreuses initiatives et aussi cette nouvelle forme d\u2019engagement social dont j'ai parlé plus haut, sachant fort bien par ailleurs que plusieurs d\u2019entre vous assument déjà largement de telles responsabilités.T1 faudrait done, à mon avis, que des équipes de spécialistes dans ce domaine des drogues et des hal- lucinogär-s soient formées avec l\u2019objeetif précis d\u2019informer l\u2019ensemble de la population en utilisant au maximum les grands moyens de communication ou d\u2019information.À titre d\u2019exemples, on pourrait Pierre DUCEPPE Médical Lanal Vol.40- Janv.1969 facilement réaliser des séries de films qui illustreraient les effets de l\u2019absorption des drogues et des hallucinogènes.Ces films pourraient être également de diverses durées, c\u2019est-à-dire des grands films de base et des films de soutien, sortes de mini-films- choe d\u2019environ une dizaine de minutes.Aussi, la télévision se laisserait facilement convaincre, me semble-t-il, que des spécialistes dans ces domaines puissent présenter des séries d\u2019émissions placées à des heures de pointe afin d\u2019informer la population.De même la radiodiffusion est capable d'apporter une importante contribution à cette information du public.Enfin, il faudrait former un comité de vigilance qui aurait comme mission de corriger toutes les erreurs répandues comme monnaie courante par de pseudo-connaisseurs où encore par certaines vedettes en mal de publicité qui, fatalement, en arrivent à dire n\u2019importe quelle banalité ou inexactitude.Une fois l\u2019engagement de la lutte acceptée.nombreuses seraient les personnes capables de trouver les formules d\u2019information appropriées et convaincantes ou tout au moins objectives et non contrailgnantes.Voilà, messieurs, les quelques idées que Je voulais développer dans le cadre de ce symposium.Cependant, en terminant, je me dois de préciser que mes propos n'engagent aucunement le haut-commissariat à la jeunesse, aux loisirs et aux sports de la province de Québec pour lequel j\u2019exerce les fonctions de commissaire à la Jeunesse et aux loisirs.L'INFORI [ EN MILE La ques les adolse centaené tile 9 porter, Ce phi le contest De peut à Hemant « aspeut de d'a et dy dy] Dour en ten fri De Prop lire gy l'nsit {Miro Lge fly I Dirty gs, fio Alu I | ll ls iti, iter \u201conde se Iw [I li itl ale ll lis 5 \u201c Te ride le WE re IE i Sn ' tit i dda f el Lt fut L'INFORMATION SUR LES HALLUCINOGÈNES EN MILIEU SCOLAIRE * La question épineuse de l\u2019usage des drogues par les adolescents dans nos écoles secondaires méritait certainement l\u2019attention que les organisateurs de ce colloque sur les hallucinogènes ont bien voulu lui porter.Ce phénomène contemporain, qui s\u2019inserit dans le contexte vaste et complexe de l\u2019évolution sociale, ne peut être abordé honnêtement et traité convenablement si on l\u2019isole ou si on le confine à un seul aspeet de la vie de l\u2019étudiant, celui de l\u2019acquisition d\u2019un certain nombre de connaissances pour s\u2019adapter à la société moderne.Aussi, comme je ne me sens pas la compétence pour embrasser aussi largement le sujet, je me limiterai très consciemment en restreignant la portée de mes propos ou de mes réflexions à la clientèle seo- laire ou au publie des adolescents qui fréquentent l\u2019institution que nous appelons l\u2019école secondaire polyvalente.L'usage de la drogue est un phénomène constaté chez le publie de l\u2019école secondaire.S\u2019il s\u2019avère opportun de donner de l\u2019information sur les drogues, quelle peut être, à cet égard, la responsabilité du système scolaire ?J\u2019essaierai done de mettre en relation le phénomène de la drogue, les adolescents d\u2019aujourd\u2019hui et l\u2019information intégrée à un système d\u2019enseignement qui voudrait mettre à la disposition de ces adolescents un ensemble de moyens éducatifs de * Travail présenté au Colloque sur les hallucinogènes tenu à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval, Québec, le 20 septembre 1968, et organisé conjointement par le Département de pharmacologie de la Faculté et l\u2019ACFAS.(4) André LACOMBE, Ministère de l'éducation du Québec.nature à leur permettre de faire face à leurs obligations et de prendre les décisions plus conformes à la construction de leur avenir.Il va sans dire que le besoin d\u2019information s\u2019impose déjà à l\u2019école élémentaire, comme au collégial et à l\u2019université, et que les moyens devront être adaptés à ces clientèles différentes.La drogue dans les écoles La question de l\u2019usage des drogues dans les écoles en est une de brûlante actualité et n\u2019est pas sans causer des inquiétudes tout au moins aux éducateurs et aux administrateurs scolaires, à cause d\u2019abord de la confusion qui existe sous le terme « drogue » et, d\u2019autre part, de la grande variété des opinions dites expertes sur les dangers de leur utilisation.À cette question de l\u2019usage des drogues sont associées un certain nombre d\u2019autres réalités comme la violence, la sexualité, la criminalité juvénile, les hippies, ce qui empêche parfois d\u2019aborder la question de facon lucide et avec une certaine sérénité.Il est un fait, cependant, c\u2019est qu\u2019il y a des adolescents qui font usage de la drogue ou d\u2019autres substances toxiques.La situation atteint-elle l\u2019ampleur qu\u2019on dit ?L\u2019enquête menée auprès des étudiants du Québec et dont les résultats nous seront présentés au cours de ce symposium devrait pouvoir nous fournir des indications précieuses pour l\u2019établissement d\u2019un programme réaliste d\u2019information.Avant d\u2019aborder cette question, tous ceux qui ont à cœur d\u2019aider la jeunesse devraient d\u2019abord essayer de comprendre pourquoi les jeunes font usage de la drogue. 130 André LACOMBE La réponse la plus simple, je dirais même simpliste, à cette question serait sans doute que les adolescents font usage de la drogue parce que les adultes en font aussi usage.N\u2019est-il pas vrai que boire, fumer ou se droguer constitue le privilège du statut d\u2019adulte.Bien sûr, nous n\u2019avons pas par là résolu la question ; mais il semble important de voir, d\u2019envisager le problème de l\u2019usage des drogues par les adolescents dans un contexte social beaucoup plus vaste que celui de l\u2019école ou de l\u2019éducation.Nous vivons dans une culture qui chaque jour, par tous ses média d\u2019information, proclame les merveilles et les vertus des drogues, des médicaments de toutes sortes et nous exhorte à la consommation de l\u2019alçool, du tabac, des barbituriques, en les associant de façon très pressante au sexe, au plaisir, à la santé, au bien-être, ete.Même si l\u2019on connaît les méfaits du tabac et de l\u2019alcool sur la santé des individus, rien n\u2019empêche leur consommation dans une proportion de plus en plus grande.Nos adolescents vivent dans cette société qui accepte ces contradictions.Les adolescents d\u2019aujourd\u2019 hus Nous devons d\u2019abord constater que les adolescents d\u2019aujourd\u2019hui constituent la première génération de cette jeunesse d\u2019après-guerre qui est née avec la télévision, le cinémascope, le transistor.Elle arrive dans une technologie de l\u2019information qui a créé de nouveaux concepts du temps, de l\u2019espace et des relations humaines.Avee l\u2019automation et la cybernétique, cette génération sera sans doute la première à être psychologiquement préparée à penser science- fiction.Elle sera née en même temps que la mise au point de méthodes anticonceptionnelles offrant 100 pour cent de sécurité.Elle aura connu la bombe atomique et ses effets désastreux sur l\u2019humanité.Cette adolescence, nord-américaine du moins, aura été élevée selon une philosophie de l\u2019éducation des enfants basée sur l\u2019affection, la douceur, la permissivité, la liberté, l\u2019exploration pour l\u2019exploration, la gratuité.Les parents de cette généraiton, qui ont connu la misère de la crise économique et de la guerre, auront voulu donner à leurs enfants tout ce Laval Médica! Vol.40 - Janv.1969 qui pourrait leur éviter la souffrance et ont offert un climat de bien-être, de loisir et d\u2019indulgence.Cette génération moderne se présente avec les caractéristiques suivantes : elle dédaigne le passé et rejette la tradition, elle est critique à l\u2019égard des adultes et ne veut être engendrée par personne.Elle est tout orientée vers la joie de vivre, le loisir et la consommation.Il semble qu\u2019on lui ait volé ses héros ; elle a soif d\u2019absolu, mais elle manque de modèles.Même si les adolescents contestent la société qui à été bâtie par d\u2019autres pour eux, ils indiquent en même temps leurs aspirations profondes à une vie adulte qui est caractérisée par la conscience et la\u2019 responsabilité.Ils recherchent done des modèles et, s\u2019ils ne les trouvent pas toujours dans les adultes, ils se les fabriquent même si ces modèles ne doivent avoir qu\u2019une existence transitoire.Ils ont développé un certain scepticisme à l\u2019égard de la compétence des adultes à prendre les responsabilités de bâtir un monde juste.Ils ont voulu croire aux promesses solennelles que les gouvernants et les chefs des peuples se sont échangées à la fin de la dernière guerre : cette chose effroyable ne se reproduirait plus.Hélas ! Tls ont trop vite compris.Nous devons cependant considérer dans les caractéristiques de cette jeunesse moderne des valeurs extrémement positives.Qu\u2019on pense seulement a ce souci de retour aux sources d\u2019un certain christianisme, de l\u2019expérience mystique et de la communauté d\u2019amour entre les êtres, de l\u2019orientation psychologique qui veut au delà des choses voir la vérité et au delà des rôles voir la personne ; la jeunesse ne veut pas faire route seule, elle tend vers l\u2019actualisation de soi, elle veut être disponible et non arrêtée dans son développement.T1 faut reconnaître.par ailleurs, que les aspects importants de la culture moderne (loisirs, souci de développement personnel, recherche et libération de son moi) invitent la jeune génération a recourir aux psychédéliques dont les effets semblent rejoindre ces conditions de vie désirée par la jeunesse.C\u2019est cette Jeunesse qui se trouve dans nos écoles et pour laquelle s\u2019édifie un nouveau système d\u2019enseignement.i il yi fab dete ger Leto dans FOE VOIE HQ Sou Hef Pres Lase Vich inp del' her Fran GHEE dette ; rh on ie Je sdb anal, Laval Médical Vol.40\u2014Janv.1969 A Se tS es ape 5 me en we eee ar.1s Ban 1d { | i ffs | VICHY CELEST fos Eau minérale alcaline naturelle i Js Be diététique, légèrement thérapeutique.pi, Le tonique minéral tout indiqué ul dans les soins post-opératoires.ent an) i i FOIE [] VOIES BILIAIRES [] re VOIES DIGESTIVES [] mis EQUILIBRE DE LA NUTRITION [] Ÿ Tis: dil i | Souvent recommandée par le corps médical Tl i Méfiez-vous des substitutions Lo Prescrivez CELESTINS His La seule véritable eau de | par Vichy vendue au Canada | ° ; Importée directement | hi de l\u2019établissement van : thermal de Vichy, 5 : France.{ Lan | qi lle J | 8 i Tie es ail Ü «|: | pipe ; cell ja | - Sas.eee - ii Importateurs : HERDT & CHARTON, Inc., 2245, rue Viau, Montréal.65) Laval Médical 28 Vol.40- Janv.1969 POUR VOTRE INFORMATION VOTRE TESTAMENT Dans la présente chronique, nous aimerions attirer votre attention sur le projet de budget que l\u2019honorable E.J.Benson a exposé au Parlement le 22 octobre dernier.Bien entendu ce projet, recommandant une réforme majeure de la Loi de l'impôt sur les biens transmis par décès, n\u2019a pas encore été adopté et ne fait pas force de loi.Cependant nous vous conseillons fortement de bien surveiller les changements qui seront apportés prochainement.En effet, si cette réforme est acceptée telle que proposée, elle pourra avoir des répercussions sur votre propre testament ou projet de testament.Il nous fera plaisir de discuter avec vous, en temps opportun, de votre planification successorale.Cette chronique vous est présentée pour votre information par MORIN, PAQUET & ASSOCIES Consultants en assurances 2835 CHEMIN GOMIN, STE-FOY, P.Q.TELEPHONE : 651-4510 Représentants de l\u2019Industrielle Compagnie d'assurance sur la vie.PRODUITS CHIMIQUES ET SOLUTIONS POUR LABORATOIRE ® Réactif UTC EIA fi A» t la liste des prix, J hoping PLIES Mh ert * Col CT YALL ho e Concentre volumétrique e Soivant\u2019Spectroqualité , oa» e Solution tampon 500 - 2i¢me Ave, Ville St.Pierre, Montréal 32 JARDINS PONT-DE-QUEBEC, INC.SERVICES PAYSAGISTES ET FLEURISTES vous offrent un service complet dans leurs deux magasins : 3235, chemin Saint-Louis, Québec 10, téléphone : 653-2885 Magasin Pollack, boulevard Laurier, Québec 10.wi pen LE va Lite [ill mae Ie \u201cles pers 1 | ! | sus lé ; sit lies 0 SHIEH Slo! mt Frruar: \"rs fatal tht fas aly Len! Der Vus à lt lle \u201cill tile Fi Re We Wentele Wifey ly lg i lig Aig lv i Misi gw by \u201cDeny a Da \u201cte à de Ï ES Laval Médical Vol.40- Janv.1969 L'aménagement du programme de l\u2019école secondaire Les enseignements et les services offerts par l\u2019école secondaire sont done organisés de telle sorte qu\u2019ils permettent un développement harmonieux des aptitudes personnelles et de l\u2019esprit communautaire.Ainsi la programmation de l\u2019enseignement à l\u2019école secondaire se fait par le regroupement des disei- plines sous quatre titres ou groupes de disciplines : formation de la personne, lettres et langues, sciences et mathématiques, arts et techniques.Le contenu des disciplines composant le groupe « Formation de la personne » est nettement orienté vers la construction de la personnalité et son insertion dans la société.On y retrouve notamment : 1.les sciences morales et religieuses, 2.l\u2019éducation physique, 3.le développement personnel.C\u2019est sous ce dernier aspeet, celui du développement personnel, que sont réunis plusieurs enseignements autrefois isolés et qui se rapportent à la formation de la personnalité : hygiène scolaire (physique et mentale), personnalité, civisme, éducation familiale, sexologie, orientation et documentation professionnelle.À l\u2019intérieur d\u2019un programme-eadre d\u2019éducation sanitaire, qu\u2019il conviendrait mieux d\u2019appeler, selon une conception plus moderne, de santé physique, mentale et sociale, devrait prendre place un enseignement formel concernant l\u2019usage des stupéfiants, des drogues, des hallucinogènes ou autres substances de même nature.Ainsi intégrée dans un contexte normal d\u2019une discipline visant à la formation de la personnalité physique, mentale et sociale, l\u2019information sur les drogues pourrait profiter pleinement aux jeunes.De plus, il faut noter que cette discipline de développement personnel et les cours qu\u2019elle comporte fait partie de la grille-horaire-type comme obligatoire et doit constituer une préoceupation majeure de l\u2019école, au même titre que les autres disciplines d\u2019enseignement, c\u2019est-à-dire une des disciplines de (6) eee Cis ti, - GRU te i pinta tn LES HALLUCINOGENES EN MILIEU SCOLAIRE 131 base de l\u2019apprentissage qui doivent pour tous les étudiants faire l\u2019objet d\u2019une étude rigoureuse tout au long des cinq années du cours secondaire.Parallèlement à ces enseignements, l\u2019école offre en complément une structure de services personnels aux étudiants (psychologue, médecin, travailleur social, conseiller d\u2019orientation, ete.) dont la fonetion est d\u2019aider chaque étudiant à faire face aux problèmes existentiels, aux dilemmes et aux paradoxes qui caractérisent la condition humaine, et lui permet de prendre les décisions les plus conformes à la conduite de sa vie.L\u2019information de la jeunesse Autant les jeunes ont besoin d\u2019être informés, autant ils ont droit à une information adéquate, ob- Jjective, adaptée et intégrée à un système de valeurs.Aussi, est-ce avec le plus grand soin que les responsables de l\u2019établissement des programmes dans ce domaine particulier devront choisir les spéecia- listes et les vrais experts et utiliser les découvertes scientifiques.De même, les maîtres qui seront appelés à dispenser ces divers enseignements devront avoir reçu une formation spéciale et être reconnus comme des personnes ayant déjà acquis une maturité certaine et une grande ouverture aux problèmes humains.11 faudrait aussi reconnaître qu\u2019avec la progression impressionnante de la quantité des informations, aucun système d'enseignement ne peut se donner comme objectif de fournir toutes les connaissances nécessaires à la préparation à la vie.Même si l\u2019école, à une époque de scolarisation poussée et d\u2019éducation permanente, doit compter parmi les agents les plus importants dans la transmission du savoir et de l\u2019héritage culturel, elle n\u2019est plus seule dans cette entreprise de promotion sociale.L'école est un bien commun ; elle doit donc s\u2019ouvrir aux influences et aux apports extérieurs, en particulier par l\u2019intégration de certains services offerts par la société et par l\u2019utilisation des mass- media.Elle doit être vraiment une école coopérative, ouverte au monde et sur le monde, incluant non seulement les parents, mais tous les éducateurs au sens le plus large.0 5 fr 132 André LACOMBE Cependant, n\u2019importe qui ne peut s\u2019adresser à la jeunesse étudiante, n\u2019importe quand, pour dire n\u2019importe quoi, sous le couvert de la liberté d\u2019expression ou avec le prétexte du droit à l\u2019information.Toutefois, il serait illusoire de dispenser un enseignement qui ne collerait pas à la réalité ou qui serait trop en contradiction avec les comportements en usage dans une société donnée.Trop d\u2019adultes donnent le témoignage de vivre en continuel besoin de «supplément d\u2019existence » pour ne pas inciter les jeunes à renoncer très tôt aux affrontements « à froid » ou aux engagements i 5 pi re it >= à gl deh ic i sa fe i io \" , ! ; JV Li ue OU M pa it : : ; ite i it igh Qu i ü à ÿ ; , ie i 4 {i i, ii of th ht | te I} i 3 i 2 | : ih i 1, Gta fhe, A a = 2 ste iy &, ih hi] i 2 = pi SE i ghar Gi a ul = PT (RE à os < N ¥ 3 ii = id FA qu Cu = , | $ 2, Bi > \u2018i : 11} : SA = 5 4} a, 2 kK ol i hl à > hy 3 {fia {i ~ Qu pat at 2 que i} ii, ihe ere vi a he A Le Er ri i Ru i 2, he L » i Je 3 ih i Eu Re a i : y 8 à ; ; 2 i ne Ln i, i a À td hi ! ! : ! AN N i ih H REP ñ nd 4 a (ode or ih eu ih 4 3 .X W = oN = ee Bh A) oR 3 i\" 0: HS ot i on a sie Ft Hi 1 Pana FY oR mes Fr = TN pl \u2018 ia tu Fr, \\, ; | ro 4 xT a UT wr v Le i = vo CN Ab È Lb vv ve m Soulagement de la douleur aigué et de sa tension grace a la dualite d\u2019 action du © L'accord semble unanime: la douleur est habituellement accompagnée de tension nerveuse.La tension se manifeste sur le terrain préparé par la douleur.Douleur et tension.Le Fiorinal-C combat les deux aspects des phénomènes douloureux en soulageant la douleur physique elle-même et la tension nerveuse qui intensifie la douleur.Le Fiorinal-C est un analgésique-sédatif puissant qui assure le soulagement souhaité par vos malades.Il fait coup double: il soulage la douleur et calme la tension.SANDOZ\u201d DORVAL, QUÉBEC x Er nt Te Lural Médical Vol.40- Janv.1969 FIORINAL:C existe en deux teneurs de codéine pour une plus grande souplesse de prescription.La posologie peut être adaptée aux besoins du malade et à l'intensité de la douleur.FIORINALC \u20182 (contenant 2 grain de codéine) FIORINAL:C a (contenant 4 de grain de codéine) Lorsque la morphine est indispensable, rien d'autre ne pourra agir a sa place mais dans tous les autres phénomènes douloureux qui peuvent varier de modérés à aigus, sauf les états paroxystiques qui exigent de la morphine, I'analgésique dont l\u2019action puissante assurera les meilleurs résultats est le FIORINAL-C.COMPOSITION : Chaque capsule contient 50 mg de Sandoptal (itobarbital), 200 mg d'acide acétylsalicylique, 130 mg de phéna- cétine, 40 mg de caféine, 32 mg (Ka grain) ou 16 mg (%4 de grain) de phosphate de codéine, POSOLOGIE : 1 ou 2 capsules pour commencer, suivies d'une capsule toutes les 3 à 4 heures, en cas de besoin.PRESENTATION : Fiorinal-C Va (capsules bleu clair et bleu foncé) \u2014 flacons de 25, de 100 et de 1000 capsules.Fiorinal-C YA (capsules bleu et blanc) \u2014 flacons de 25, de 100, de 500 et de 1000 capsules.EFFETS SECONDAIRES : A l\u2019occasion, étourdissements et somnolence.DOCUMENTATION COMPLÈTE, SUR DEMANDE.SANDOZ\u201d DORVAL, QUÉBEC tes + (8) , >) Céfracycline TÉTRACYCLINE TAMPONNÉE SUSPENSION et COMPRIMÉS Pour la mise en garde relative aux effets toxiques sur le foie et le pancréas, veuillez consulter votre Vademecum International.Documentation complète sur demande./ PRODUITS PHARMACEUTIQUES DE QUALITE A Chanos E.Frosst et Cie MONTREAL CANADA MAISON FONDÉE AU CANADA EN 1899 _ _7 Téléphone : 522-2073 C.P.1933 AUDART, inc.181, rue St-Vallier est Québec 2, P.Q.Photos, dessins.clichés, flans, électros, plaques lithographiques films, séparations couleurs.Téléphone : 681-4119 MAINGUY, JARNUSZKIEWICZ & BOUTIN ARCHITECTES 1327, avenue Maguire, Québec 6, P.Q.H y a une succursale dans votre localité pour vous servir LA BANQUE D'\u2019ÉCONOMIE DE QUÉBEC (THE QUEBEC SAVINGS BANK) Siège social : 1161, rue Saint-Jean \u2014 Québec Téléphone : 522-1235 PHARMACIE SOUCY 999, avenue Cartier, Québec.Téléphone : 525-4825 ADÉLARD LABERGE, Ltée ENTREPRENEUR 260, 5¢ Rue, Québec 3, P.Q. 0 pose! dl Zr HEMOD) MIQUE Ÿ pQUrles troubles CARDIC J.OMPLAMIN Gels Augment débit minut 9 lg VSI ue Ts] PEL Sn = Diminie 24 ré ry organt Ouvre pp res Je veg J | et fonct els a for tion d\u2019u Sc co s prese 01-1007 SX) d\u2019obstr Le æ Co influer espiration e OI AUX cellulai en yet ampoules: ana, aq cli WE sur demande.Bibliographie et matériel pour 0 18 Wé\u2014 La 4 y OMPL'AMIN: I SY : SAN 1 Après entente avec Johann À Wulfing, Dusseldorf DE LAVAL, Q Thr ON CO AGNIE LTÉE, y, A) Laval Médical Vol.40- Janv.1969 43 \u2019 PE et 7 © ç 7 | Vv MEDICATION (TABLEAU GRAPHIQUE DE PERTE DE POIDS) 7 3 ANTIOBESE A bo fe tem dm Sum dam ESINTEGRATION MOYENNES patients initial No de Poids Perte de poids 40 180.5 1ère sem.178.6 1.9 2e sem.37 [180 [176.9] 3.1 32 186.7 3e sem.180.9 5.8 15 1 mois 177.1 169.7 7.4 ESSAIS CLINIQUES SANS DIETE RESTRICTIVE = PERTE DE POIDS SANS DIÈTE RESTRICTIVE tere sem.Perte pendant le 1ère sem.: 1.9 lb par sem.2e sem.Perte pendant la 2e sem.: 1.55 lb par sem.3e sem.Perte perdant la 3e sem.: 1.93 tb par sem.4e sem.Perte pendant la 4e sem.: 1.85 lb par sem.MOYENNE + Moyenne de perte hebdomadaire: !.8 Ib.MEMBRE DE L'ASSOCIATION DES FABRICANTS DU QUÉBEC DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES HELONNÉE Le 700) SOLOGIE: LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE MONTRÉAL CANADA Laval Médical 44 Vol.40 - Janv.1969 Quelle différence! 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