Laval médical, 1 avril 1954, Avril
[" LAVAL MÉDICAL VOL.19 N° 4 AVRIL 1954 COMMUNICATIONS SINUSITES CHRONIQUES ET BRONCHIECTASIES * par Magella CAUX et Alphonse MOREAU de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement La littérature médicale nous offre de très nombreux travaux sur l\u2019importante question des bronchiectasies.Cet état morbide, bien que de mieux en mieux compris, présente encore beaucoup d\u2019inconnus aux chercheurs.Depuis la description magistrale de Laënnec, en 1819, cliniciens, physiologistes, anatomo-pathologistes, radiologistes, broncho- scopistes et chirurgiens ont tenté de trouver des notions nouvelles qui pourraient aider à éclairer notre connaissance de cette maladie et à simplifier nos 1dées.Hélas, 1l nous reste encore beaucoup à apprendre et la véritable étiologie, la pathogénie profonde ainsi que le traitement de cette maladie sont encore à l\u2019étude.Sur un plan général, il est possible de classer les dilatations des bronches en deux catégories : celles qui évoluent comme maladie autonome et celles qui s\u2019associent à une autre entité pathologique ou en découlent.Dans le premier groupe, une malformation congénitale à l\u2019occasion d\u2019un trouble du développement bronchique embryonnaire serait à l\u2019origine * Présenté à la Société canadienne d\u2019ophtalmo-laryngologie, le 26 septembre 1952.(5) 440 Lavar MÉDicAL Avril 1954 de cette affection.Il faut aussi penser au terrain sur lequel se greffe une infection.Certains auteurs croient plutôt à une modification de la vascularisation bronchique par thrombose artérielle ou à un mauvais fonctionnement du système neurovégétatif sillonnant l\u2019intérieur de la bronche.La malformation congénitale des parois bronchiques, d\u2019ailleurs souvent associée à d\u2019autres malformations embryonnaires, la mauvaise vascularisation ou les troubles de l\u2019influx nerveux causent une dégénérescence du tissu musculo-élastique, de la muqueuse et de la péribronche avec dilatations secondaires.À côté de ces bronchiectasies autonomes se rencontrent beaucoup plus souvent des dilatations secondaires à une autre maladie ou accompagnant un état morbide quelconque de l\u2019organisme.Ce sont les cas les plus nombreux et 1ls découlent de causes diverses.En tête des lésions bronchiectasiantes, il faut placer les infections aiguës des bronches et du poumon Chez l\u2019enfant, ce sont surtout la coqueluche et la bronchopneumonie qui laissent des traces indélébiles dans les murs bronchiques.Chez l\u2019adulte, les mêmes causes entraînent les mêmes lésions, mais 1l ne faut pas oublier l\u2019abcès pulmonaire.Il donne pratiquement toujours des dilatations périfocales qui régressent assez souvent mais parfois s\u2019installent définitivement.Ces bronchiectasies secondaires à un épisode infectieux aigu seraient dues à la dilacération tissulaire produite dans la paroi bronchique par l\u2019infiltration mn- flammatoire venant de la bronche ou du parenchyme sous-jacent.Le tissu noble serait remplacé par du tissu indifférencié ne contenant plus de fibres élastiques ni musculaires.Les anneaux cartilagineux seraient désintégrés par endroits.De là à la dilatation progressive 1l n\u2019y a qu\u2019un pas.Une autre cause de bronchiectasies est l\u2019obstruction bronchique persistante.Six à huit semaines sont suffisantes pour entraîner une dilatation irréversible.Toutes les causes d\u2019obstructions complètes ou incomplètes peuvent provoquer ce désastre et l\u2019entraînent automatiquement si elles durent assez longtemps.L\u2019obstruction peut être intrinsèque ou extrinsèque.Les principales causes intrinsèques sont les corps étrangers et les broncholithes, les tumeurs bénignes ou malignes, comme les adénomes, les épistomes et les Avril 1954 Lavar MÉDicarL 441 épithéliomas.Il y a aussi les sténoses inflammatoires pures par œdème, bourgeonnement ou granulations.Parmi les causes extrinsèques mentionnons surtout les adénopathies tuberculeuses ou tumorales, les kystes, les tumeurs et les ectasies aortiques.On explique la formation des dilatations par l\u2019inflammation et infection qui accompagnent très souvent l\u2019obstruction, par la thrombose des artères bronchiques ainsi que par l\u2019atteinte du système nerveux neuro- végétatif provoquées par la lésion causale.Les bronchiectasies se rencontrent souvent au cours de la tuberculose pulmonaire.La tuberculose endobronchique, par la sténose inflammatoire qu\u2019elle provoque, favorise l\u2019établissement de dilatations.Mais c\u2019est surtout chez d\u2019anciens tuberculeux à forme fibreuse que nous trouvons ce genre de lésions.La sclérose rétractile qui envahit le parenchyme et le fixe atteint les parois bronchiques qu\u2019elle attire vers la périphérie par sa force centripète de rétraction ce qui explique la fréquence des bronchiectasies dans les cas de fibro-thorax.Mais, pour beaucoup d\u2019auteurs la cause la plus fréquente des dilatations bronchiques est l\u2019infection chronique des voies aériennes supérieures, particulièrement des sinus.On a remarqué la coexistence des deux syndromes, et si quelques-uns croient à deux manifestations parallèles d\u2019une même cause antérieure, plusieurs autres ont tendance à faire un lien de cause à effet entre l\u2019infection purulente haute et les dilatations bronchiques.Soulas, Mounier-Kuhn, Grégoire, Clerf et Chevalier-Jackson, dans des statistiques se rapportant à des bronchectasies de causes diverses, ont trouvé environ soixante-quinze pour cent des cas où les malades présentaient une atteinte fonctionnelle rhino-sinusienne.On a même trouvé chez des personnes ignorantes de leur affection nasale, des radiographies positives attestant l\u2019atteinte chronique des sinus.Il est bien évident que même dans les associations d\u2019ethmoïdo- antrites et de bronchiectasies, l\u2019infection supérieure n\u2019est pas toujours en cause.Et les cas rares décrits par Kartagener de rhino-ethmoïdite hypertrophique, bronchiectasie bilatérale et, inversion viscérale totale doivent être attribués à une cause embryologique ou héréditaire antérieure.Mais dans les cas ordinaires d\u2019infection sinusienne et de dilata- 442 Lavar MÉDICAL Avril 1954 tions, il est vraisemblable de croire que l\u2019atteinte chronique des voies aériennes supérieures soit jusqu\u2019à un certain point la principale cause des lésions inférieures.Celui qui souffre de sinusite maxillaire ou eth- moïdale chronique purulente reçoit continuellement du pus dans sa gorge.L\u2019œæsophage étant fermé en dehors de la déglutition et le larynx largement ouvert, le pus passant par le cavum descend dans la trachée et glisse jusqu\u2019aux bronches inférieures par son poids et par le courant d\u2019air inspiratoire.S\u2019il est abondant, le pus peut entraîner l\u2019obstruction d\u2019une bronche et l\u2019inflammation secondaire de ses parois.Un autre phénomène intervient si les sécrétions purulentes sont surtout visqueuses : la « fosse septique » décrite par Jackson et l\u2019École de Philadelphie.On sait, en effet, que trois facteurs concourent au drainage naturel de l\u2019arbre bronchique : l\u2019action des cils vibratiles, le courant d\u2019air expiratoire et surtout l\u2019expression pulmonaire par la diminution des diamètres thoraciques au moment d\u2019un effort de toux.Si la suppuration collectée dans la bronche est trop visqueuse, les cils vibratiles sont paralysés.Par suite de l\u2019obstruction bronchique, 1l n\u2019y pénètre pas d\u2019air à l\u2019inspiration et il n\u2019y a, par conséquent, pas de courant d\u2019air expiratoire.Quant a l\u2019expression pulmonaire, elle est devenue mefficace puisqu\u2019elle ne réussit à provoquer qu\u2019un lèger mouvement de va-et-vient du pus dans la bronche.Les expériences faites à Temple University ont démontré qu\u2019à l\u2019occasion de la rétention bronchique, 1l se fait une fermentation en vase clos, puis une liquéfaction du pus.Cette transformation est due à l\u2019action de saprophytes sécréteurs de ferments qui lysent le pus, mais ses lysines, si elles ont l\u2019avantage de fluidifier les sécrétions et de permettre leur évacuation, ont le grand inconvénient d\u2019irriter la paroi et de provoquer localement une réaction inflammatoire.Les cils disparaissent, la muqueuse et la couche musculo-élastique subissent une infiltration inflammatoire chronique.Cet état anormal qui persiste continuellement, entraîne une dissociation des éléments nobles et, avec le temps, une métaplasie tissulaire avec dégénérescence scléreuse et ensuite dilatation.Pareille théorie explique bien les phénomènes rencontrés dans l\u2019association d\u2019ethmoïdo-antrites et de bronchiectasies.Elle cadrerait avec le fait que les Iobes inférieurs sont beaucoup plus souvent atteints.À ass o le Avril 195+ Lavar MÉDicaL 443 droite, les statistiques sont de quatre pour cent pour le lobe supérieur, vingt-trois pour cent pour le lobe moyen et soixante-treize pour cent pour l\u2019inférieur.A gauche, le lobe supérieur est atteint dans un pour cent des cas, la lingula dans huit pour cent et le lobe inférieur dans quatre- vingt-dix pour cent.On expliquerait la prédominence des lésions du côté droit par la direction presque oblique en bas de la bronche souche droite.Si une telle étiologie s\u2019applique à de nombreuses bronchiestasies, il en découle que la recherche et le traitement hâtifs de la sinusite chronique sont souhaitables.Il découle aussi de cette pathogénie qu\u2019il ne faut pas pratiquer l\u2019exérèse lobaire ou pulmonaire avant d\u2019avoir tar! complètement l\u2019infection antrale.Autrement, on s\u2019exposerait à voir réapparaître dans le tissu pulmonaire résiduel les mêmes lésions pour lesquelles l\u2019opération a été pratiquée.Nous avons eu, au cours des derniers mois, l\u2019occasion d\u2019observer six cas d\u2019association de sinusites chroniques et de bronchiectasies.Chacun de ces malades est venu consulter parce qu\u2019il présentait des sécrétions nasales ainsi que des expectorations purulentes et abondantes depuis plus ou moins longtemps.Les traitements appliqués ont d\u2019abord été médicaux et nous avons obtenu ainsi des résultats encourageants dans quelques cas.Chez d\u2019autres, devant l\u2019échec de la thérapeutique médicale, nous avons dû intervenir chirurgicalement, avec des résultats fort heureux et des plus encourageants.Et nous en sommes venus à la conclusion que, si les dilatés bronchiques ne guérissent pas au point de vue anatomo-patholo- gique, du moins, au point de vue clinique et social, 1ls sont améliorés à un point tel que l\u2019on peut les déclarer « guéris ».De plus, nos travaux nous ont également permis de conclure que la chirurgie naso-sinusienne est très importante comme préparation à une résection pulmonaire partielle ou totale.Notre premier cas, G.V., âgé de 17 ans, vient consulter le 14 décembre 1951 pour une obstruction nasale quasi permanente depuis cinq ou six ans.Il raconte, en effet, que depuis l\u2019âge de douze ans 1l est obligé de subir des polypectomies à tous les trois ou quatre mois.À chacune de ces séances opératoires, on procède à l\u2019ablation de cinq ou six polypes. 444 Lavar.MéDicaL Avril 1954 Depuis environ trois ans, il tousse et expectore en abondance des sécrétions épaisses, visqueuses et malodorantes.En mars 1951, il reçoit cinq traitements de radiothérapie, sans résultat appréciable.Notre I x ° * fr examen révèle de multiples polypes au niveau des deux méats moyens.À dmis à l\u2019hôpital, le 2 janvier, nous nettoyons sa fosse nasale droite.Une radiographie des sinus fait voir des « cellules ethmoïdales fortement voilées ».Un examen clinique poussé et une radiographie pulmonaire révèlent l\u2019existence de dilatations bronchiques, de moyenne importance.Nous procédons au curetage de l\u2019ethmoïde droit après luxation en dedans du cornet moyen.Quelques jours plus tard, nous curetons de la même manière l\u2019ethmoïde gauche.Les suites opératoies sont sans particularités.Nous revoyons notre malade après un intervalle de huit mois.L\u2019examen rhmologique est négatif, la transillumination normale, de même que la radiographie.Le patient nous affirme qu\u2019il ne crache plus depuis sa seconde intervention : l\u2019examen clinique par ailleurs est complètement négatif.Dans ce cas, il semble indéniable que ces dilatations étaient en relation étroite avec l\u2019ethmoïdite chronique.En effet, une fois les cellules ethmoïdales curetées, Il n\u2019est plus apparu de polypes ni de sécrétions nasales ; la toux ainsi que les expectorations ont complètement cessé.C\u2019est une guérison clinique et sociale même si, au point de vue anatomo- pathologique, il persiste vraisemblablement des cavités bronchiques.Notre second cas, J.S., âgé de 18 ans, souffre de bronchiectasies importantes depuis son enfance.Des bronchographies faites en 1948 le prouvent mdubrtablement.D'octobre 1948 à avril 1949, ce malade est soumis à de nombreuses broncho-aspirations avec lavages antiseptiques ainsi qu\u2019à des séances d\u2019aérosols.Après une absence de deux ans, il revient en octobre 1951, et nous lui appliquons les mêmes traitements.Une radiographie montre une opaci- cation des sinus maxillaires et ethmoïdaux.Nous procédons alors à des lavages des sinus maxillaires mais sans effet.Le 29 mai 1952, nous pratiquons un curetage de l\u2019ethmoïde droit, qui semble diminuer la quantité des sécrétions nasales : nous complétons cette première opération par un Caldwell-Luc du même côté.Dès les premiers jours après cette seconde Avril 1954 Lavar MEpicaL 445 intervention, la fosse nasale droite ne présente plus de sécrétions purulentes et les expectorations sont sensiblement diminuées.Devant cette amélioration, nous curetons l\u2019ethmoïde gauche, le 17 juin 1952, et complétons par un Caldwell-Luc, le 8 juillet 1952.La rhinorrhée purulente a cessé complétement et la toux, les expectorations diminuent suffisamment pour que le malade se déclare lui-même guéri.Cliniquement, 1l est amélioré d\u2019environ soixante pour cent, Le troisième cas, T.S., âgée de 22 ans, souffre de bronchiectasies bilatérales depuis quelques années, mais elle n\u2019est suivie médicalement que depuis le 21 janvier 1952, alors que des examens clmiques et radiologiques ont démontré la présence de dilatations bronchiques ainsi qu\u2019une sinusite maxillaire bilatérale chronique.Depuis, elle a reçu de nombreux lavages des bronches et des smus maxillaires complétés par des instillations de terramycine, seul antibiotique auquel elle n\u2019était pas résistante.Les traitements médicaux ont, jusqu\u2019a ce jour, donné des résultats très nets et très encourageants.La toux, les expectorations et les sécrétions nasales purulentes sont pratiquement disparues.Subjectivement, elle est améliorée de quatre-vingt pour cent et nous avons renoncé, pour le moment, au traitement chirurgical.Ce troisième cas est le premier de nos deux observations de bronchiectasies favorisées par une infection smusienne quelconque qui se soit amélioré considérablement.Le second cas traité médicalement est parfaitement guéri aujourd\u2019hui : il s\u2019agit de G.G., âgée de 15 ans, sœur de notre second malade, qui a présenté un épanchement pleural mterlobaire en 1948.À la suite de cette maladie seraient apparues des dilatations bronchiques décelées par une radiographie, le 6 décembre 1948.L'examen naso-smusal de routine, l\u2019interrogatoire et la radiographie ont démontré que la malade souffrait en plus de sinusite maxillaire chronique bilatérale ainsi que d\u2019une sinusite frontale chronique gauche.Des broncho-aspirations avec lavages bronchiques sont faits à intervalles réguliers.Simultanément, nous traitons son nez et ses sinus à l\u2019aide de drainages et d\u2019aérosols.Les troubles naso-sinusaux, la toux, les expectorations et les râles diminuent graduellement.Le 23 février 1949, la malade n\u2019accuse plus 446 Lavar MÉDICAL Avril 1954 aucun trouble clinique ni subjectif, tant au point de vue de ses bronches qu\u2019au point de vue de son nez.La radiographie de la face revient négative.Le cinquième cas n\u2019a pas éprouvé une amélioration aussi marquée que les autres.Il s\u2019agit d\u2019une petite fille, M.D, âgée de 14 ans, qui souffre de polypose nasale depuis 1948.Elle a subi de nombreuses polypecto- mies au cours des trois ans qui ont suivi le début de son affection.En octobre 1951, le diagnostic clinique et radiologique de dilatations bronchiques est posé.Par la suite, elle reçoit de nombreux lavages bronchiques ainsi que de multiples drainages des sinus.Devant l\u2019msuccès des traitements médicaux et une radiographie des sinus fortement positive, nous nous tournons vers la chirurgie et, le 5 janvier 1952, nous procédons à un curetage de l\u2019ethmoïde droit suivi dans les huit jours d\u2019un curetage gauche.Les symptômes nasaux et bronchiques diminuent sensiblement et, un mois après la seconde intervention, notre petite malade quoique améliorée présente toujours une rhinorrhée purulente, de la toux et des expectorations assez importantes.Son état actuel demeure le même et nous devons admettre sinon un échec, du moins une réussite beaucoup moins heureuse que dans les cas précédents.Notre dernier cas est le seul qui ait subi une lobectomie : J.-L.S., âgé de 20 ans, est porteur de dilatations bronchiques bilatérales.Le diagnostic a été posé climiquement et bronchographiquement en janvier 1950.Par la suite, les broncho-aspirations avec lavages se sont avérées inefficaces.Après deux ans d\u2019absence, il revient en mars 1952.La radiographie des sinus prise à cette époque nous laisse voir une opacification des régions ethmoidales et du sinus maxillaire gauche.On reprend alors les aspirations bronchiques et on y associe des lavages du sinus malade.Les traitements se révélant insuffisants, nous curetons les deux ethmoïdes ainsi que le sinus maxillaire gauche.Les résultats n\u2019ont pas tardé à apparaître : diminution importante de la toux, des expectorations et des sécrétions nasales.Cependant, malgré l\u2019intégrité des fonctions nasales, des expectorations purulentes d\u2019origine bronchique bien que diminuées d\u2019environ soixante pour cent, ncommodent encore grandement le malade.C\u2019est alors que nous l\u2019avons reféré au chirurgien thoracique q Avril 1954 Lavar MÉDICAL 447 qui a réséqué le lobe inférieur droit, de beaucoup le plus atteint.Cette exérèse, faite depuis quinze jours seulement apporte déjà des résultats encourageants.Le patient ne présente que de rares expectorations et son état général est des plus satisfaisants.Dans ce cas, nous croyons que nos interventions chirurgicales au niveau des sinus ont joué un double rôle.Elles ont amélioré considérablement le malade en tarissant ses sécrétions purulentes nasales et en diminuant ainsi ses expectorations bronchiques.Elles préviendront peut-être l\u2019apparition de nouvelles dilatations au niveau de l\u2019arbre bronchique résiduel.Nous avons donc traité six malades atteints de bronchiectasies associées à des sinusites chroniques.Chacun de ces cas a reçu d\u2019abord un traitement médical qui nous a donné une guérison ou une amélioration très notable.Dans trois autres cas, nous sommes intervenus chirur- gicalement au niveau des sinus après un échec médical.Deux de ces cas ont parfaitement guéri et le troisième n\u2019est que peu amélioré.Quant au dernier, la chirurgie thoracique a complété les résultats heureux mais insuffisants des interventions rhino-sinusiennes.En conclusion, nous sommes d\u2019avis qu\u2019il existe une relation entre les bronchiectasies et les sinusites chroniques.Aussi, croyons-nous que tout dilaté bronchique devrait subir un examen rhinologique poussé.Egale- ment, tout malade présentant une sinusite chronique devrait bénéficier d\u2019un bon examen clinique et radiologique.Ils décélerait l\u2019existence possible de broncho-dilatations et peut-être concourrait-il à en éviter la formation.| BIBLIOGRAPHIE 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THORACOPLASTIE AVEC PLOMBAGE Rapport préliminaire portant sur vingt cas * par Joffre-André GRAVEL, F.R.C.S.(C) M.S.de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec Par ce titre « Thoracoplastie avec plombage », nous voulons dire exactement ce que signifient les mots, c\u2019est-à-dire, plastie du thorax et remplissage ou plombage de la cavité avec une substance étrangère, dans l\u2019occurrence un plastique, le polyéthylène, moulé en boules de un pouce de diamètre.Ces sphères sont légères et perforées, ce qui permet de les attacher ensemble soit au moment de la stérilisation, soit au moment de leur msertion dans la cavité thoracique.Leur stérilisation est très simple : vingt minutes dans une bouilloire est considéré comme très suffisant.Dans l\u2019histoire du traitement chirurgical de la tuberculose, la thoracoplastie, telle que préconisée par Ferdinand Sauerbuch, fut plus qu\u2019un simple pas en avant : elle marqua une étape réelle.Mais on s\u2019aperçut bientôt que cette opération devait être modifiée pour en diminuer le taux de mortalité et pour en augmenter l\u2019efficacité.La principale modification apportée fut la division de l\u2019intervention en deux, trois ou quatre temps opératoires.Puis, on y ajouta la sélectivité de la plastie qui, dès * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, a \"Hopital des Anciens combattants, le 20 novembre 1953. 450 Lavar MÉDICAL Avril 1954 lors, tendit à n\u2019affaisser que la partie malade du poumon.On arriva ainsi à une thoracoplastie étagée, sélective, ne comportant qu\u2019un taux négligeable de mortalité.À ce stade, vint s\u2019ajouter l\u2019importante amélioration, connue sous le nom d\u2019apicolyse (1), contribution de Carl Semb.Celle-ci n\u2019était pas une panacée, tel que l\u2019ont pensé plusieurs, mais bien une modification malléable, qui pouvait s\u2019appliquer ou non, selon les indications des différents cas.À cette époque, survint la résection pulmonaire et, dès lors, on crut que l\u2019évolution de la thoracoplastie était terminée, ou encore qu\u2019elle avait atteint un tel stage de perfection qu\u2019on ne pouvait plus lui apporter d\u2019améliorations.Dans bien des milieux les esprits étaient si fortement occupés à lui opposer la résection pulmonaire, qu\u2019on ne songeait plus a l\u2019avenir de la thoracoplastie.Heureusement, quelques travailleurs, regardant en face les désavantages de la soi-disant thoracoplastie moderne conventionnelle, décidèrent de la modifier.Quels désavantages présentait donc la thoracoplastie en deux, trois ou quatre temps, avec ou sans apicolyse, pour qu\u2019on cherchât à l\u2019améliorer ?1° La multiplicité des temps opératoires, qui apportait un plus grand Stress pour le malade et, naturellement, augmentait les risques de complications ; de plus, cette répétition des actes opératoires impose de plus grandes dépenses à l\u2019État ; 2° Le manque de sélectivité : souvent, pour arriver à collaber la partie malade, il fallait également collaber du tissu sain ; 3° La respiration paradoxale par manque de stabilité thoracique, avec un état de choc plus marqué, de la difficulté à l\u2019expectoration et un plus grand danger d\u2019essaimage ; 4° La faillite totale à fermer les cavités et à négativer les expectorations dans dix à quinze pour cent des cas ; certaines clmiques ont des faillites atteignant jusqu\u2019à quarante à quarante-cinq pour cent des cas ; 5° L\u2019altération marquée de la fonction respiratoire, en collabant du poumon sain et en modifiant la dynamique de la cage thoracique ; 6° L\u2019importance de la déformation thoracique : souvent quand celle-ci était peu apparente, les expectorations demeuraient positives. Avril 1954 Lavar\u2026 MÉDICAL 451 Pouvait-on arriver à une opération qui n\u2019aurait pas tous ces désavantages?On y travaille et d\u2019abord, dans le plan extrapleural.Tuffrer y avait d\u2019ailleurs pensé dès 1891.Dans ce plan, on insère une variété infinie de corps étrangers : parafline, fibre de verre, caoutchouc, huile, gazes à pansement, etc.Les succès sont aussi variés que les plombages.Les cavités se perforent, on obtient des hémorragies, des fistules et de l\u2019infection.Des séries importantes de ce genre de plombage extrapleural sont rapportées aux Etats-Unis par Wilson, en 1946 (2) et en 1948 (3).En 1949 toutefois, Trent (4) donne presque le coup de grâce à ce mode de plombage en rapportant cinquante et un cas, dont : 19,6% sont améliorés ; 5,8% demeurent dans le même état ; 39,2% voient leur état s\u2019aggraver ; 35,2% décèdent.C\u2019est alors qu\u2019avec sagesse on passe dans le plan extramusculo- périosté ; dès lors, plusieurs dangers sont éliminés.En 1941, Klemschmidt introduit les plastiques en chirurgie.Pour ce genre d\u2019opération, les Américains adoptent des sphères de lucite, alors que les Anglais, mquiets de la stérilisation de ces sphères, choisissent des boules pleines de polyéthylène, connues sous le nom de boules de polythène.Expérimentalement, ces deux plastiques ne sont pas irritants pour les tissus lorsqu\u2019ils sont employés à l\u2019état pur.Les complications rencontrées avec les plor bages purement extra- pleuraux s\u2019expliquent bien si l\u2019on s\u2019arrête à penser que ce procédé laisse bien peu de tissu entre le plombage et le poumon malade et alors, si des boules sont placées le momdrement serré, 1l se produit une nécrose de la paroi de la cavité avec fistule et empyème consécutifs.En 1949, Cleland (5), du Brompton Hospital, de Londres, publie ure série de cent vingt-cinq cas de plombage dans le plan extramusculo- périosté avec de bons résultats.Quand nous avons vu le docteur Cleland, en 1951, il ne pratiquait plus que cette thoracoplastie. 452 LavaL MEbicaL Avril 1954 En 1950, Woods aux États-Unis rapporte l\u2019usage de plombage temporaire extramusculo-périosté avec des billes de lucite.Aujourd\u2019hui, nous exposons notre expérience portant sur vingt cas de tuberculose pulmonaire, tous traités par une thoracoplastie avec plombage extramusculo-périosté.Ces cas furent opérés au cours d\u2019une période de deux ans, soit de septembre 1951, à septembre 1953.Malheureusement, 1l n\u2019est pas question de résultats éloignés : 1l faudra bien nous contenter de résultats immédiats.Au début, nous pratiquions la technique de Cleland.Depuis, nous l\u2019avons modifiée, pour le bien du malade, nous l\u2019espérons, et pour satisfaire à nos exigences.Fortuné d\u2019avoir à notre disposition l\u2019excellent Service d\u2019anesthésie que dirige le docteur Fernando Hudon, nous opérons tous nos cas sous anesthésie générale.Quel soulagement pour le malade et quelle paix pour le chirurgien ! L\u2019anesthésie générale ne nous a apporté aucune complication, et nous lui sommes en partie redevables de n\u2019avoir observé aucun cas sérieux d\u2019atélectasie, ni d\u2019essaimage.Au début, la majorité des malades et, maintenant, tous les malades sont intubés au tube de Car- lens.Nous croyons que cette manœuvre est encore plus importante au cours de cette opération que pour les résections pulmonaires.Les voies respiratoires sont nettoyées au besom et, si nécessaire, une bronchoscopie suit Immédiatement l\u2019intervention.Le malade est couché sur le côté sain.L\u2019incision est circumscapu- laire.Nous ne sectionnons aucune côte.Les première et deuxième côtes ne sont pas libérées de leurs attaches musculaires, ce qui réduit d\u2019autant la difformité, mais leur périoste inférieur est libéré et laissé sur la surface pulmonaire.L\u2019examen radiologique nous a déjà donné une idée de l\u2019étendue du collapsus à effectuer, et celle-ci se précise pièce en mains.Une apicolyse, plus ou moins marquée selon les cas, est faite, et les troisième, quatrième, cinquième et sixième côtes déshabillées selon le besoin.La lésion bacillaire qui, habituellement, siège à la gouttiére costo- vertébrale, est mobilisée.L\u2019espace obtenu est rempli de boules de polythène.Ceci crée un plan intrathoracique solide.Entre ce plan et le Avril 1954 LavarL MÉDICAL 453 poumon normal, le tissu malade est comprimé en moyenne vingt fois à la minute, à la longueur de journée.Voyons un peu les avantages que nous avons trouvés à cette thoracoplastie.1° Il n\u2019y a qu\u2019un seul temps opératoire.Personne, croyons-nous, ne peut contester cet avantage.En chirurgie, les opérations à plusieurs temps sont rarement populaires, si ce n\u2019est dans des conditions bien particulières.2° Le collapsus est plus sélectif.Seule, la partie que l\u2019on veut collaborer est mobilisée et comcée entre les boules et le tissu sain.Dans un grand nombre de cas, le segment antérieur du lobe supérieur a augmenté de volume par compensation, et continue de respirer librement.3° Il n\u2019y a pas de respiration paradoxale puisque la stabilité thoracique n\u2019est pas altérée.Alors, l\u2019expectoration est facilitée et le risque d\u2019essaimage est considérablement réduit.4° Avec les mêmes indications, 1l semble qu\u2019on négative au moins autant de malades qu\u2019avec la thoracoplastie ordmaire et peut-être plus.Notre série ne comporte toutefois pas assez de cas pour nous permettre de tirer des conclusions définitives.Toutefois, Povah (6), travaillant chez les Indiens, dans un sanatorium du Manitoba, a réussi avec une opération à peu près identique, à négativer dans le liquide gastrique soixante-quatorze pour cent de ses opérés et dans les expectorations, quatre-vingt-neuf pour cent.Sa série de thoracoplastie ordinaire donnait soixante-deux pour cent d\u2019examens négatifs dans le liquide gastrique et soixante-six pour cent d\u2019examens négatifs dans les expectorations.5° La fonction respiratoire est beaucoup moins déprimée qu\u2019avec la thoracoplastie ordinaire.Nous étudions actuellement une série comparative, qui fera l\u2019objet d\u2019une autre communication.6° Il n\u2019y a pas de difformité.À ceux qui croient ce facteur négligeable, nous aimerions bien faire part de la gratitude touchante des jeunes filles qui ont subi cette intervention.Deux d\u2019entre elles ont déjà trouvé mari.Quelle différence dans le psychisme et le moral de ces malades, comparé à celui des pauvres démolis d\u2019il y a quelques années. 454 Lavar MÉDicaL Avril 1954 7° La facilité avec laquelle le plombage peut étre enlevé si cela devenait nécessaire.Toutefois, en aucun de ses cent vingt-cing cas Cleland n\u2019a été forcé de recourir à l\u2019ablation des boules, ni nous non plus.S'il fallait le faire, ce ne serait qu\u2019une affaire de quelques minutes et sans danger pour le malade.Nos résultats immédiats sont [es suivants : Mortalité : Opeératoire.0 Tardive.LL 0 Morbidité : Fistule.LL LL 0 Infection ou empyéme.0 Hémorragie.0 Atélectasie.2 cas ; soit, 10% Essaimage ou réactivatio1.1 cas : soit, 5% Tous savent combien il est difficile de faire avec certitude ce diagnostic, ou du moins de le prouver.Ce malade ne faisait plus de température quinze jours après l\u2019opération, et au bout d\u2019un mois sa radiographie était normale.Aujourd\u2019hui nous soumettrions ce cas à une résection, vu la grandeur de la cavité.Douleurs.1 cas ; soit, 5% Ecoulement tenace.1 cas ; soit, 5% Voici l\u2019état actuel de ces opérés, de un mois à deux ans après leur opération.Le dernier cas, très récent, ne sera pas compté : 1l reste donc dix-neuf cas.De ces dix-neuf cas : dix-huit sont négatifs : neuf sont négatifs dans les expectorations, le tubage gastrique et la culture ; Neuf sont négatifs dans les expectorations.Ce sont des cas récents qui n\u2019ont pas encore eu de tubage gastrique.Neuf sont libérés : Les neufs premiers opérés.Tous se portent bien et font une vie normale.La majorité travaillent. Avril 1954 Lavar\u2026 MÉDicaL 455 Dix sont au sanatorium : Les dix derniers cas.Neuf ont une évolution très satisfaisante, sont négatifs dans les expectorations et continuent ou terminent leur cure.Un cas est demeuré positif.Après huit mois, il a exhibé une cavité résiduelle ; nous l\u2019avons réséqué, il y a un mois et demi, et il va très bien.Quelles sont les indications de ce genre de thoracoplastie ?Exactement les mêmes indications que la thoracoplastie ordinaire.Toutefois elle nous semble plus indiquée chez les jeunes filles ou femmes, chez les insuffisants respiratoires et chez les bilatéraux.Résumons maintenant quelques observations.Première observation : Jeune fille de 19 ans, malade depuis deux ans.Lésion excavée au sommet droit.Thoracoplastie et plombage droits.Collapsus parfait du sommet.La radiographie en latérale fait voir la sélectivité de ce collapsus qui a respecté le segment antérieur du lobe supérieur et le segment apical du lobe inférieur.Cette malade travaille constamment, est négative, se sent trés bien et dit qu\u2019il ne lui semble pas qu\u2019elle ait été opérée.Deuxième observation : Jeune fille de 20 ans, malade depuis quatre ans.Grande lésion excavée au sommet droit.Thoracoplastie et plombage droits.Aujourd\u2019hui, nous n\u2019oserions lui faire cette opération avec une si grande cavité.Nous aimerions mieux réséquer.La malade a fait un peu de rétention de sécrétions dans le poumon opposé ; nous l\u2019avons classée comme un cas d\u2019essarmage possible.Elle est maintenant à domicile, se sent très bien, et ne présente aucune difformité.Troisième observation : Jeune fille de 36 ans, malade depuis sept ans.(6) 456 Lavar MÉDiCaL Avril 1954 Lésion excavée assez étendue au sommet gauche avec traces de fibrose au sommet droit.Thoracoplastie et plombage gauches.La malade est maintenant négative, elle travaille, ne présente aucune dyspnée, aucun malaise.Dans sa vie, pouvoir se promener en costume de bain est quasi aussi important que d\u2019être guérie.Quatrième observation : Jeune fille de 26 ans, malade depuis quatre ans.La figure 1 montre des lésions excavées au sommet droit, descendant Jusque vers la cinquième côte.La figure 2 est une radiographie récente.La malade va très bien.Elle fait une vie absolument normale.Cinquième observation : Jeune femme de 40 ans, malade qui a fait plusieurs rechutes depuis dix ans.La figure 3 nous laisse voir des lésions excavées au sommet droit.Les figures 4 et 5 sont des radiographies assez récentes ; encore une fois la sélectivité du collapsus est bien illustrée.La figure 6 est une tomographie récente du côté collabé.Nous croyons que c\u2019est une belle illustration de la compression du parenchy me malade entre les boules et le parenchyme sain.Avec l\u2019expérience acquise, nous nous sommes aperçus que, de temps en temps, nous obtenions un collapsus plus marqué que nous ne désirions.Et il nous a semblé que ce collapsus était dù à une accumulation de liquide.Il nous arrivait souvent d\u2019avoir à ponctionner ces malades trois ou quatre fois.Nous avons donc décidé de drainer l\u2019espace de Semb pendant quarante-huit heures.Ceci est fait au moyen d\u2019une petite sonde en caoutchouc et conduisant à un simple drainage sous eau.Cette technique a été utilisée dans quelques cas et nous sommes très heureux du résultat. Avril 1954 LavAar MÉDICAL 457 135 TVOICAN IVAYT Récupération en grammes 90 e° 45 es.® ® e e e 0.0 5 10 15 20 25 30 3s 100 J50 200 250 300 350 400 Ne.moyen de calories ing jr/kg Liquides tot.c.c.jr/kg Figure 6.\u2014 Représentation graphique du tableau VI.vS6] [MAY Représentation graphique dus tmbiœnase VI Figure G- Avril 1954 Lava\u2026 MÉDicaL 495 100 90 LEGENDE 80 oO e 4 A Lait pasteurisé entier (garçons) @ 70 Lait pasteurisé écremé (garçons) à ° Lait maternel (garçons) = f 60 lait pasteurisé entier (filles) o > e lait pasteurisé écremé (filles) a 2 oO Lait maternel (filles) po | 50 ® 8 a il4 4 A © 30 @ @ 2 a © 8 8 oO 10 L NW ~A 30 jus i 0 O a 10 @ © à 0 O° o 20 & 0 ® Ba oe ® 30 na a A 40 ° a À \u201c|; a A > a c ol 60 a ® A A OD 2 40 :e æ ST oO e à & e,0 8 o @ os 4 ae 90 Pa & o A , 8 / Le œ A e à l 2 3 4 5 6 1 8 9 JO 12 13 14 1546 47/8 Jours Figure 7.\u2014 Fluctuation pondérale globale exprimée en pourcentage, en regard du nombre de jours.(Tous les groupes.) Pas davantage avons-nous précisé le degré de maturité de la fonction rénale en regard du métabolisme de l\u2019eau.Malgré toutes ces msuffisances, nous sommes portés à croire que : 1° La fluctuation pondérale des premiers jours est beaucoup plus un phénomène d\u2019hydrostatique que celui d\u2019une fixation des graisses ; 2° Le poids de naissance moyen, observé chez les enfants qui font l\u2019objet de cette étude, est comparable à celui rapporté par d\u2019autres auteurs ; 496 Lavar MÉDicaL Avril 1954 LEGENDE o\u2014\u2014\u2014e Allaitement maternel (garçons) 3750 o\u2014\u2014\u2014o Allaitement maternal (filles) e\u2014\u2014a Lait pasteurisé entier (garçons) 3100 p\u2014\u2014a lait pasteurisé entier (filles) »\u2014\u2014« Lait pasteurisé écremé (garçons) 3650 e-\u2014\u2014e Lait pasteurisé écremé (filles) 3600 3550 3500 3450 3400 3350 kilogrannmes 3300 3250 3200 3150 3100 3050 3000 / 2 3 + 5 6 7 8 9 Jours Figure 8.\u2014 Fluctuation pondérale moyenne en regard des différents laits.a 3° Les facteurs influençant la courbe pondérale des premiers Jours paraissent plutôt d\u2019ordre constitutionnel ou prénatal que d\u2019ordre alimentaire proprement dit. CHRONIQUE HÉMATOLOGIQUE LES SYNDROMES HÉMORRAGIQUES Thrombasthénies et purpuras non-thrombocytopéniques par Jean-Marie DELAGE, F.R.C.P.(C) Hématologiste a I\u2019 Hopital du Saint-Sacrement I.LES THROMBASTHÉNIES Nous avons étudié jusqu\u2019ici les maladies plaquettaires par msuff- sance numérique.Moins connues et de description plus récente sont les diathèses hémorragiques par insuffisance fonctionnelle des thrombocytes.Ce sont les thrombasthénies, encore appelées thrombopathies ou thrombocytopathies.Hayem avait entrevu la possibilité de troubles fonctionnels des plaquettes.En 1918, Glanzmann publie la premiére observation de thrombasthénie.Il s\u2019agit d\u2019une maladie héréditaire.La tare se transmet comme caractère dominant.L\u2019aspect clinique se rapproche beaucoup de celui du purpura thrombocytopénique essentiel.Les saignements apparaissent précocement et ont des localisations multiples.Il 498 LavAaL.MÉDICAL Avril 1954 n\u2019y a pas de splénomégalie.Le diagnostic précis ne peut s\u2019établir qu\u2019au laboratoire.On y note deux anomalies fondamentales : 1° L\u2019irrétractilité du caillot, signe qui ne manque jamais ; Glanz- mann l\u2019attribuait à l\u2019absence de rétractozyme, enzyme responsable, selon lui, de la rétraction du caillot ; 2° Les dysmorphies plaquettaires.En nombre normal, les plaquettes présentent des altérations de leur morphologie : inégalité de taille et de coloration, présence de granulations pycnotiques ou absence de granulations.Enfin, les plaquettes restent 1solées sur lames, ne montrant aucune tendance à s\u2019agglomérer.Revol (1951) a soumis les travaux de Glanzmann à une critique vigoureuse.Sans nier l\u2019authenticité du syndrome, il formule les restrictions suivantes.Quelques-uns des vingt-deux malades de Glanzmann avaient, en plus des deux anomalies signalées plus haut, soit un temps de saignement allongé, soit un signe du lacet positif, soit une vraie thrombopénie.En réalité, on peut observer toutes les formes de transition entre la thrombasthénie pure et la thrombopénie essentielle, et il est possible que la maladie de Glanzmann ne soit qu\u2019une forme mineure, atténuée, de la grande thrombopénie.D'ailleurs, c\u2019était réellement là le point de Glanzmann, qui a souligné la parenté entre les deux maladies.Il n\u2019en reste pas moins que la maladie de Glanzmann pure existe.Quelques bonnes observations le prouvent.Nous en avons, pour notre part, observé un cas authentique dans le Service du professeur Tocantins, à Philadelphie.Très proches de la maladie de Glanzmann sont les dystrophies plaquettaires décrites par Jürgues, Nægeli, Fonio et quelques autres.Élevées à l\u2019état d\u2019entités autonomes par leurs auteurs, elles se distinguent entre elles par des finesses et des subtilités qui les rendent un peu suspectes.Nous rappellerons leurs caractéristiques.La thrombopathie de Nægeli atteint les deux sexes.C\u2019est une tare à caractère dominant, évoluant sans accidents graves.Les plaquettes sont très altérées dans leur structure et leur coloration.Le temps de saignement est allongé considérablement, le caillot est irrétractile et signe du lacet positif.« On voit tout de suite », écrit Revol, « que ces cas peuvent être considérés Avril 1954 Lavar MÉDiCAL 499 soit comme une thrombasthénie à laquelle on aurait ajouté les troubles du saignement et le signe du lacet, soit comme une hémogénie à laquelle manquerait la thrombopénie, remplacée par des altérations morphologiques et fonctionnelles.C\u2019est donc un véritable état intermédiaire entre la thrombopénie et la thrombasthénie.» La thrombopathie familiale de type Jürgues, se transmet comme caractère dominant.Les hémorragies sont modérées.Au laboratoire, Ie signe du lacet est positif, avec des plaquettes de nombre et d\u2019aspect normal.Le temps de thrombose, étudié à l\u2019aide d\u2019une technique peu répandue, serait allongé.Fonio, en 1947 a décrit une nouvelle diathése, la thrombocytopathie granulopénique, assez différente des précédentes.Maladie familiale à évolution grave, elle ne donne aucune anomalie du saignement, de la rétraction du caillot ni de la résistance capillaire.Par contre, le temps de coagulation est allongé.L\u2019étude des plaquettes à l\u2019ultramicroscope montre une abondance de formes anormales, dépourvues du granulomère central.Enfin Revol, Bernard, Soulier, Favre-Gilly, Dameshek ont rapporté des cas que Languillon (1951) a groupés sous le nom de dystrophie thrombocytaire hémorragique congénitale.Les hémorragies surviennent précocement, dés les premiéres semaines de la vie ; les deux sexes sont atteints.Quatre patients sur six sont morts d\u2019hématémése.Au laboratoire, 1l y a allongement du temps de saignement, coagulation normale avec caillot irrétractile, signe du lacet positif.Les plaquettes, en nombre normal ou élevé, ne s\u2019agglutment pas et on observe de l\u2019anisothrombocytose.En réalité, ce dernier syndrome se rapproche énormément de la maladie de Nægeli.Il s\u2019en distingue par l\u2019absence d\u2019hérédité dominante indiscutable et une évolution beaucoup plus sévère.Le tableau I résume les caractéristiques des principales thrombo- pathies.D\u2019autres publications viendront, à n\u2019en pas douter, ajouter de nouveaux syndromes à ce groupe encore mal défini.Quoiqu\u2019il en soit, il faut retenir que l\u2019insuffisance fonctionnelle des plaquettes peut conduire à l\u2019hémorragie, qu\u2019elle peut être bénigne dans tel cas, mortelle dans tel autre, et qu\u2019elle se transmet suivant les lois mendéliennes.Pour terminer l\u2019étude des diathèses plaquettaires, nous dirons quelques mots de la thrombocythémie hémorragique. TABLEAU | Le groupe des thrombopatbies NOMBRE TEMPS TEMPS .SIGNE DES MORPHOLOGIE DES TEMPS DE DE RÉTRACTION DE MALADIE CLINIQUE DU PLA- PLAQUETTES SAIGNEMENT COAGU- DU CAILLOT LACET THROM- QUETTES LATION BOSE Thrombasthénie de Familiale.Normal Inagglutinabilité ; Normal Normal | Caillot irré- Normal GLANDZMANN.Caractère dominant : femmes sur- Méga-thrombocytes ; tractile.tout.Granulolyse.Précoce.Chronique.Bénigne.Thrombopathie Familiale.Normal Troubles de structure| Prolongé Normal Caillot irré- Positif constitutionnelle de Caractère dominant : atteint les et de coloration.tractile.NÆGELI.deux sexes.Évolution plutôt bénigne.Thrombopathie Caractère dominant : hémorragies Normal Normale Normal Normal Normale Positif Allongé constitutionnelle de modérées.JURGENS.Thrombopathie Familiale.Normal Dégénérées et non gra-| Normal Allongé Normale Normal granulopénique de Grave.nuleuses.Fonio.Maladie de Dominant : souvent grave et début| Normal Normale Prolongé Normal Normale Variable| Allongé WILLEBRAND précoce.(pseudo-hémophilie).Thrombocythénie Acquise.Très Normale Peut être pro-| Normal Normale Foie et rate peu- hémorragique.Autonome ou associée à une leucémie aug- longé.vent être aug- ou à une polyglobulie.men- mentés de vo- Hémorragies et thromboses.té.lume.&° 11 HE = 2 = 2e = EE.z = 2 = + e eee ee A LL 00< TYDIdF]N TYAYT FE6l [AY Avril 1954 Lavar.MÉDicaL 501 Entrevue en 1920 par Di Guglielmo, l\u2019affection a été bien décrite par Mortensen (1948).Maladie de l\u2019âge moyen (Baserg 1950) elle se caractérise par une tendance paradoxale aux hémorragies (surtout des hématémèses et du mélœna) et aux thromboses veineuses.Les plaquettes atteignent 1,000,000 ou 2,000,000 par mm3.La moelle montre une hyperplasie mégacaryocytaire.Le temps de saignement peut être allongé.Le foie et la rate sont parfois augmentés de volume.Revol fait de cette maladie une myélose hyperplaquettaire acquise du type des leucémies.Des faits cliniques appuient cette manière de voir.On connaît des polyglobulies avec thrombocytose élevée.La même chose peut s\u2019observer dans la leucémie myéloïde chronique.Bien plus, il est des cas où, chez le même malade, les trois lignées myéloïdes sont à la fois atteintes du processus néoplasique : l\u2019hyperleucocytose, la polyglobulie et 'hyperplaquettose s\u2019associent, et sur le frottis sanguin, apparaissent des formes immatures appartenant aux trois séries : rouge, blanche et plaquettaire.On connaît bien la tendance aux hémorragies et à la thrombose du polyglobulique.Généralement rangée dans le groupe des thrombopathies, elle appartient en réalité aux maladies d\u2019origme vasculaire que nous étudierons plus loin.En 1928, Willebrandt observe chez les Finlandais des îles Aaland une maladie hémorragique, familiale, caractérisée par un allongement du temps de saignement, sans aucune altération quantitative ni morphologique des plaquettes.Le caractère souvent provoqué des hémorragies lui a valu le nom de pseudo-hémophilie.Ajoutons d\u2019autres similitudes cliniques avec l\u2019hémophilie : hémarthroses, hématomes, fréquence des ecchymoses par rapport aux pétéchies qui distinguent nettement cette maladie des thrombocytopathies.Au laboratoire, le temps de saignement est allongé.Au thrombomètre capillaire, le temps de thrombose est prolongé.Le signe du lacet est variable, tantôt positif, tantôt négatif, tandis que la coagulation et la rétractilité ne présentent aucun trouble.L\u2019évolution se fait par accès.Elle est marquée d\u2019accidents graves, voire mortels.Willebrandt et Jurgens, se basant sur l\u2019allongement du temps de thrombose, attribuaient la maladie à un trouble plaquettaire.Cependant, on peut se demander comment 502 Lavar MÉDicAL Avril 1954 on peut incriminer les plaquettes alors qu\u2019elles sont en nombre normal, s\u2019agglutinent bien et que le caillot est rétractile.MacFarlane s\u2019est fait le partisan d\u2019une pathogénie vasculaire.Les capillaires de ces malades se contractent mal et ont un aspect tordu.Les cas de maladie de Willebrandt sont de plus en plus nombreux et dépassent la centaine (Soulier, Estren, Medal et Dameshek).Les auteurs modernes se rattachent à l\u2019opinion de MacFarlane et font de la maladie de Willebrandt un trouble vasculaire.II.LES PURPURAS NON LIÉS À UN TROUBLE PLAQUETTAIRE Ces purpuras sont nombreux et répondent à des causes très variées.Le plus souvent, ils sont liés à une attemte du vaisseau (purpuras vasculaires).Quelquefois, ils s\u2019associent à une msuffisance de protection extravasculaire, comme c\u2019est le cas pour le purpura sénile, à des embolies (Osler) ou à un trouble des protéïnes sériques comme on le voit dans la maladie de Waldenstrsm.Tantôt leur étiologie est évidente, tantôt l\u2019examen le plus minutieux ne permet pas de les rattacher à quelque cause que ce soit.Nous étudierons tout d\u2019abord les purpuras vasculaires de cause connue.On peut établir en principe que la plupart des infections graves peuvent déterminer un purpura thrombocytopénique ou non-thrombo- cytopénique.Il serait vain de les repasser en détail.Mentionnons particulièrement le purpura de l\u2019endocardite sub-aiguë ou maladie d\u2019Osler.La lésion répond ici à l\u2019action combinée d\u2019une atteinte capillaire directe (par toxines) et d\u2019une embolie.Un point blanc centre la tache purpurique.Le purpura peut manquer dans la maladie d\u2019Osler, mais il est souvent important.Il s\u2019agit d\u2019un purpura pétéchial dont la localisation est parfois assez spéciale : conjonctives, bouche, région sous-claviculaire, face dorsale du pied.Il peut être la seule manifestation de l\u2019endocardite (Bernard 1948).« De toutes les infections, la méningococcie est celle qui s\u2019accompagne le plus volontiers de purpura » (Bernard, 1949).Parfois le purpura i Avril 1954 Lava\u2026 MÉDICAL 503 constitue à lui seul tout le syndrome.Nous nous attacherons à ces formes purpuriques de la méningococcie.Dans la forme subaiguë, une température irrégulière jointe à une éruption pétéchiale se maintient durant plusieurs semaines.La forme aiguë laisse peu de place au doute.Au syndrome méningétique s\u2019associe une éruption de pétéchies et d\u2019ecchymoses.On peut même voir des bulles sérosanglantes et des hémorragies des muqueuses.La forme fulminante atteint les enfants.C\u2019est un drame qui éclate brusquement et avec violence : malaise extrême, convulsions, signes méningés.Le corps est rapidement couvert de pétéchies et d\u2019ecchymoses à extension rapide.La maladie serait fatale, se déroulant en quelques heures.C\u2019est le syndrome de Water- house-Friedrichsen (Auger, 1945) ; un épanchement hémorragique détruisant les surrénales explique son extrême gravité.Aujourd\u2019hui, par l\u2019association de cortisone et d\u2019antibiotes, on a pu sauver quelques malades.Soulignons qu\u2019il est probable que d\u2019autres septicémies suraiguës puissent causer les mêmes lésions.(On désigne parfois sous le nom de purpura fulminans des purpuras allergiques gravissimes qui n\u2019ont rien à voir avec la méningococcémie.) Dans les staphylococcies, le purpura n\u2019est pas rare, se montrant soit sous forme de pétéchies, soit sous forme d\u2019ecchymoses que centre un élément pustuleux.Chez les typhiques, avant l\u2019avènement des antibiotes, on a observé des syndromes hémorragiques.Le signe de Pastia montre la tendance hémorragique de la scarlatine.Cependant les grandes manifestations hémorragiques sont rares ici.Le purpura a été noté dans quelques affections chroniques ; citons l\u2019hyperazotémie avec son purpura cutanéo-muqueux.On croit à une action toxique directe sur les capillaires (Baserga, 1950).Dans le même groupe, rentrent les purpuras cardiaques dus à la stase dans les veinules et capillaires.Enfin, le purpura a été noté dans quinze pour cent des cas d\u2019hémo- chromatose (Stetson, 1932).Toutes les atteintes profondes du foie peuvent s\u2019accompagner de troubles hémorragiques graves où le facteur capillaire ne compte, en fait, pas beaucoup, le défaut de synthèse des (9) 504 Lavar.MÉDICAL Avril 1954 protéines essentielles à la coagulation (prothrombine-fibrinogène) semblant plus important.Les agents physiques et chimiques peuvent léser les vaisseaux et amener un purpura.S\u2019agit-il d\u2019action toxique directe ou, comme le veulent des théories récentes (Dameshek, 1953), d\u2019une manifestation d\u2019allergie?Mentionnons la quinine, le bismuth, le mercure, les venins comme agents incriminés.Les déficits en vitamine C sont depuis longtemps connus comme causes de syndromes hémorragiques.La première observation canadienne de scorbut hémorragique est celle de Jacques Cartier.La vitamine C est indispensable au bon état des vaisseaux.Elle soutient l\u2019enveloppe fibreuse qui entoure l\u2019endothélrum et pourvoit à la formation du « ciment ») qui relie entre elles les cellules endothéliales.La cortico- surrénale est riche en vitamine C.On sait que Szent-Gyorgyi l\u2019a isolée en 1928.En clmique, la carence en vitamine C se manifeste par des troubles gingivaux, osseux et hémorragiques.Ces derniers revêtent la forme de pétéchies, d\u2019ecchymoses ; les hémorragies viscérales sont rares.Dans nos régions les carences en vitamine C, suffisantes à provoquer l\u2019hérrorragie, ne se voient guère que chez les enfants souffrant de troubles d\u2019absorption et chez les gens qui vivent seuls et s\u2019alimentent mal.On a attribué à la vitamine P un rôle sur la perméabilité capillaire.Découverte aussi par Szent-Gyorgyi a partir du jus de citron et du poivre rouge, elle a pour principe actif la chalcone d\u2019hespéridine ; la rutine est un dérivé de la vitamine P.On ne connaît pas, de façon sûre, de syndrome hémorragique qui soit dû à un déficit en vitamine P chez l\u2019homme.Certaines maladies de la peau s\u2019associent à du purpura.Telles sont : la maladie de Majocchi, la maladie de Schamberg, la dermatite pigmentée lichénoïde et purpurique, l\u2019angiome serpigineux et le syndrome d\u2019Ehler-Danlos.L\u2019aspect typique de la dermatite signe le diagnostic.Chez les vieillards et les patients cachectiques, un purpura peut apparaître.Il se reconnaît à son aspect irrégulier et à sa distribution Avril 1954 Lavar.MÉDicaL 505 aux endroits les plus exposés aux traumatismes.Les vaisseaux éclatent facilement parce qu\u2019ils sont mal nourris et peu supportés par des tissus flasques.Le purpura mécanique est celui des contractions musculaires violentes amenant des ruptures capillaires.On le voit dans la coqueluche, les convulsions des enfants et celles de l\u2019éclampsique.Bénin et fréquemment rencontré est le purpura orthostatique, survenant aux membres inférieurs après station debout, chez des sujets à veinules et capillaires faibles, mal supportés et sensibles à la stase.III.LES PURPURAS NON-THROMBOCYTOPENIQUES SANS ETIOLOGIE CONNUE Nous venons de voir qu\u2019une foule d\u2019agents infectieux, médicamenteux ou autres peuvent causer un syndrome hémorragique vasculaire.À ceux-ci vient s\u2019ajouter le groupe imposant des purpuras vasculaires essentiels.Nous traiterons d\u2019abord du purpura simplex.On réunit d\u2019habitude sous ce nom des purpuras cutanés bénins survenant surtout chez les femmes ; l\u2019ecchymatose habituelle femimme, due à un épiderme fragile, en est très proche, sans étiologie connue et sans aucune anomalie des épreuves de laboratoire.On a décrit des formes plus complexes, tel le purpura simplex héréditaire de Davis (1941) : il s\u2019agit d\u2019un purpura sans hémorragie, mais avec ecchymoses spontanées.L\u2019auteur en a observé quatre-vingt- huit cas dans vingt-six familles.Le seul test positif est le signe du lacet qui différencie bien artificiellement, ce purpura de l\u2019ecchymatose habituelle des femmes.Proches parents du syndrome de Davis sont les cas que Soulier a décrits, en 1950, sous le nom de « syndromes hémorragiques avec atteinte isolée de la résistance capillaire ».L\u2019incidence est élevée ; 7,75 pour cent de tous les syndromes hémorragiques rencontrés par l\u2019auteur.Il s\u2019agit d\u2019une fragilité capillaire familiale, dominante, semble-t-il.Le sexe féminin est en cause dans quatre-vingt-quatre pour cent des cas. 506 LavaL MEbicaL Avril 1954 En clmique l\u2019affection se traduit par des hémorragies cutanées et muqueuses, dès l\u2019enfance ; 1l y a recrudescences à la puberté et à la ménopause.Les accidents n\u2019ont, en général, aucun caractère de gravité.L\u2019étude de l\u2019hémostase ne montre qu\u2019une anomalie : la résistance capillaire est très troublée.Soulier attache une grande importance aux troubles neuro-végétatifs et endocriniens et conseille l\u2019association d\u2019hormones et de sédatifs comme traitement.Ainsi donc, nous sommes passés d\u2019un purpura simple à une forme intermédiaire, celle de Davis, familiale avec signe du lacet positif, et enfin à la maladie de Soulier avec hémorragies cutanéo-muqueuses, elle aussi héréditaire.Les trois formes atteignent de préférence les femmes.On peut dire que les distinctions entre ces trois variétés tiennent à peu de choses et qu\u2019elles ne sont, probablement, que l\u2019expression à des degrés divers d\u2019une même maladie.On connait beaucoup mieux le purpura de Schonlein-Henoch, dit purpura allergique.Ici, comme dans les maladies que nous venons d\u2019étudier, le diagnostic repose avant tout sur la clinique.On a groupé sous le nom de purpura allergique, un ensemble d\u2019affections ou le purpura s\u2019associe à des symptômes généralement attribués à l\u2019allergie : érythèmes, urticaires, œdèmes localisés.Ils portent plusieurs noms : purpura de Schônlein-Henoch, péliose rhumatismale, purpura anaphylactique, toxicose capillaire hémorragique.Une perméabilité capillaire excessive est à la base de ces purpuras, et les lésions ont un caractère exsudatif.Les signes cliniques varient selon la localisation de l\u2019exsudat.On a émis l\u2019opinion qu\u2019il existe une grande parenté entre cette maladie et la néphrite aiguë, le rhumatisme articulaire aigu et la périartérite noueuse.II est possible que des mêmes lésions d\u2019artériolite unissent ces syndromes en une pathogénie commune.En certains cas, un facteur allergique a pu être démontré : allergie alimentaire, microbienne, sensibilité au froid (Dameshek, 1952), Gairdner décrit une artériolite diffuse dans le purpura de Henoch (1948).Comme lésions, on peut rencontrer du purpura simple ou bulleux ; des effusions de sérum donnant de l\u2019urticaire ou de l\u2019ædème angio- Avril 1954 LavaL.MÉDICAL 507 neurotique ; un érythème diffus, simple ou avec inflammation ; des zones de nécrose, pouvant être suivies de formation de bulles ou d\u2019ulcères.Le caractère inconstant et imprévisible de la maladie est frappant.L\u2019association d\u2019un purpura et des troubles gastro-intestinaux caractérise la forme de Henoch.Les enfants et les adolescents sont atteints avec prédilection.Des crises abdominales, quelquefois bruyantes surviennent : coliques localisées 4 la région ombilicale et pouvant s\u2019étendre à tout l\u2019abdomen, vomissements simples ou sanglants.La crise peut simuler l\u2019occlusion intestinale.La présence de purpura évitera une intervention inutile et dangereuse.Souvent l\u2019accès est précédé de crises rhumatismales.La forme de Schënlein est celle des adultes jeunes.Ici ce sont des douleurs articulaires avec gonflements périarticulaires qui s\u2019ajoutent à un tableau de purpura récidivant.II n\u2019y a pas d\u2019épanchement hémorragique dans l\u2019articulation.Il est à noter que, dans l\u2019une ou l\u2019autre forme, le purpura peut manquer au moment où s\u2019installe le drame abdominal ou l\u2019attemte périarticulaire.L\u2019hématurie, de même que l\u2019hémorragie dans le système nerveux central, sont rares.Une température à 99° ou 100° se voit assez souvent.Enfin des accès d\u2019asthme, voire d\u2019œdème de la glotte viennent parfois compliquer la marche de l\u2019affection.Ils soulignent sa nature allergique.Au laboratoire, le signe du lacet sera parfois positif.Notons enfin que les deux formes, Henoch et Schônlein, peuvent alterner chez un même malade.Nous signalerons, pour terminer, le purpura hyperglobulinémique de Waldenstrom (1944).Il s\u2019agit d\u2019un purpura pétéchial sans hémorra- gle muqueuse ou viscérale.L'évolution se fait pendant plusieurs années.L\u2019élévation des globulines sériques est la seule anomalie du sang.Les travaux de Waldenstrom ont éveillé l\u2019attention des cliniciens et rappelé que dans certaines maladies avec hyperglobulimémie, tel le myélome multiple, on pouvait rencontrer un syndrome hémorragique un peu particulier.Jean Bernard (1952), reprenant les observations de l\u2019auteur 508 Lava\u2026.MÉDICAL Avril 1954 scandmave, a décrit la dysglobulinémie maligne hémorragipare où s\u2019associent : a) Des hémorragies multiples, parfois graves, sous forme de purpura, d\u2019épistaxis ou de gingivorragies ; b) Un trouble des globulines sériques : il y a élévation du taux des globulmes ou présence de globulines précipitant au froid (cryo- globulines) ou macroglobulinémie (globulines a poids moléculaire élevé) ; c) Une altération importante du système hématopoiétique : plasmocytose marquée (myélome?), infiltration lymphoïde des glandes lacrymales et salivaires (cryptoleucose lymphoide?).La maladie de Rendu-Osler ou angiomatose hémorragique familiale rentre dans le cadre des maladies hémorragiques par trouble vasculaire.On en connait quelque six cents observations.Maladie familiale a caractére dominant, elle atteint également les deux sexes.De multiples télangiectasies de volume variable, parsément la peau et les muqueuses.Elles s\u2019effacent partiellement à la vitro-pression et saignent au moindre traumatisme.Le diagnostic en est habituellement facile.L\u2019épistaxis est l\u2019accident le plus fréquent.Tous les organes peuvent saigner, selon le lieu où siègent les dilatations vasculaires.La maladie de Rendu- Osler peut se manifester dès le Jeune âge ou, au contraire, n\u2019apparaitre que tardivement.L'\u2019aggravation après la cinquantaine est de règle.On a signalé l\u2019association d\u2019anévrysmes artério-veineux au poumon.Le pronostic quoad vitam est bon.La fréquence accrue des hémorragies avec les années mène une forte proportion de patients à une vie de demi-invalides.Les purpuras avec dysglobulinémie n\u2019ont pas encore d\u2019individualité bien nette.Mais les travaux de Waldensträm et de Jean Bernard nous ont appris qu\u2019un trouble de protéines plasmatiques pouvait être responsable d\u2019un syndrome hémorragique.Cette nouvelle voie ouverte à l\u2019investigation mènera sans doute à d\u2019intéressantes découvertes et enrichira nos connaissances sur le rôle, très varié, que jouent les protéines du plasma.Nous avons étudié les thrombasthénies et les purpuras vasculaires.Si les premières constituent des raretés, les seconds se rencontrent Avril 1954 fréquemment.Lavar MÉDicaL 509 Les purpuras vasculaires forment un ensemble complexe qui se ramifie en de nombreux sous-groupes.Il y a avantage à les bien connaître : rares sont les cliniciens qui n\u2019en observent pas au moins un cas chaque année.Le tableau II résume la classification de ces différentes maladies.TapLEAU Il Les purpuras non-thrombocytopéniques I.Les thrombasthénies : U1 & 0 NH .Maladie de Glanzmann ; .Thrombopathie de Nægeli ; .Thrombopathie familiale de Jurgens ; .Thrombocytopathie granulopénique de Fonio ; .Dystrophie thrombocytaire hémorragique congénitale.II.La thrombocythémie hémorragique.III.Les purpuras vasculaires secondaires : 1.Infections graves : endocardite subaiguë, méningococcémie, typhoïde, influenza, scarlatine, varicelle, rougeole, diphtérie ; .Maladies chroniques : néphrite, cardiopathies, maladies du foie, hémo- chromatose ; .Agents chimiques et biologiques : iodures, belladone, atropine, quinine, bismuth, mercure, phénacétine, chloral, venins, etc.; .Avitaminose C ; .Dermatoses : maladies de Majocchi, Schamberg, Ehler-Danlos ; .Cachexie et dénutrition : purpura des vieillards et des maladies chroniques ; .Troubles des globulines : maladie de Waldenstrôm ; .Trouble mécanique : convulsions.IV.Les purpuras vasculaires d\u2019étiologie inconnue : 1.2.3.4.Purpura simplex : ecchymatose habituelle des femmes ; syndrome de Soulier ; Purpura de Schônlein-Henoch, dit purpura allergique ; Maladie de Rendu-Csler ; Maladie de Willebrand. 510 Lavar MÉDicaL Avril 1954 BIBLIOGRAPHIE aa .AUGER, C., Laval médical, 10 : 57, 1945.Baserca, A., et NicoLa de P., Le malattie emorragiche, Società editrice libraria, Milan, 1950.BERNARD, J., Maladies du sang, Flammarion, Paris, 1948.No aw .BERNARD, J., Revue bématol., n° 2, 1952.BERNARD, J., et SouLiEr, J.-P., Sem.Hôp.de Paris, 24 : 3217, (28 déc.) 1948.DAMESHEK, W., Blood, 1 : 382, 1953.Davies, E., Lancet, 1 : 145, 1941.8.EstrEN, S., SancHEz-MEDAL, L., et DamesHek, W., Blood, 1 : 504, 1946.9.GAIRDNER, D., Quart.Jour.Med., 17 : 95, 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déjà sur l\u2019usage thérapeutique, empirique, et très souvent entouré de mysticisme et de sorcellerie, qu\u2019on faisait alors d\u2019un grand nombre de préparations végétales.Avec les civilisations grecque et romaine, de grands noms : Esculape, Hyppocrate, Galien, illustrent le monde médical du temps.L\u2019on conserve d\u2019eux plusieurs ouvrages sur l\u2019emploi et la préparation des médicaments d\u2019origine végétale ou animale en vogue à cette époque.Leurs compilations n\u2019avaient cependant rien de scientifique, et il en fut ainsi jusqu\u2019au xixe siécle.* Professeur agrégé a la Faculté des sciences (Ecole de pharmacie). 512 Lavar MÉDicaL Avril 1954 Il était d\u2019ailleurs normal que l\u2019empirisme ait présidé à l\u2019origine de l\u2019utilisation des plantes qui, de nos jours, sont devenues d\u2019importantes sources de médicaments.C\u2019est bien avant que Pelletier et Caventoux n\u2019arent isolé la quinme, que l\u2019écorce de quinquma était utilisée pour ses propriétés fébrifuges.Une vieille guérisseuse anglaise, au xv1° siècle utilisait des infusions de feuilles de digitale pour combattre l\u2019ædème qui affectait certains de ses « clients » souffrant de troubles cardiaques et, cependant, ce n\u2019est que vers 1840 que Nativelle isola de Digitalis purpurea la digitalme, un des nombreux glucosides responsables de l\u2019activité thérapeutique de cette plante.C\u2019est à partir du x1x° siècle, grâce aux progrès accomplis en chimie, que la constitution du règne végétal s\u2019est peu à peu révélée.Résines, gommes, pigments, tannins, sont autant de principes généraux qu\u2019on retrouva dans presque toutes les plantes.Mais d\u2019autres corps chimiques plus spécifiques et de structure plus complexe : les alcaloïdes et les glucosides furent également mis en évidence.En même temps, avec Brown-Séquard et Claude Bernard, la physiologie expérimentale prenait une nouvelle orientation : les méthodes se perfectionnaient et l\u2019expérimentation animale devenait une technique indispensable à la recherche physiologique.C\u2019est alors que naquit la pharmacodynamie, qui ne fait qu\u2019utiliser les techniques de la physiologie expérimentale : on essaie sur l\u2019animal les substances chimiques isolées des végétaux et c\u2019est ainsi qu\u2019on peut non seulement connaître les constituants d\u2019un médicament d\u2019origine végétale, mais encore savoir lequel de ses principes est responsable des effets thérapeutiques reconnus et de quelle façon il agit sur l\u2019organisme.Depuis, le règne végétal a peu à peu livré aux chercheurs les secrets de sa constitution chimique et des propriétés pharmacologiques et thérapeutiques des substances qu\u2019on peut en tirer.Taxus canadensis nous offre un exemple typique.On l\u2019emploie couramment en médecine populaire dans le Québec, sous forme d\u2019infusion de feuilles, en vue d\u2019abaisser la pression artérielle ; ailleurs, on l\u2019utilise dans le traitement du rhumatisme, et on lui reconnait même des propriétés comme emménagogue.| Avril 1954 LavaL MEbicaL 513 Une revue de la bibliographie nous a permis de constater que peu de travail a été fait au sujet de cette plante.Aussi avons-nous résolu d\u2019entreprendre une étude chimique et pharmacologique de Taxus canadensis, d\u2019en rechercher les substances actives et, enfm, d\u2019étudier leurs différentes propriétés pharmacologiques.Première Partie ÉTUDE CHIMIQUE DE TAXUS CANADENSIS CHAPITRE PREMIER A.DESCRIPTION DF « TAXUS CANADENSIS ) Le genre de Taxus, de la famille des taxacées, et de l\u2019ordre des conifères, comprend quatre espèces dont la répartition géographique est assez diverse.C\u2019est ainsi qu\u2019en Europe l\u2019on retrouve Taxus bac- cata, gros arbre au port caractéristique des conifères.Il croit surtout en Angleterre, en France, en Italie, et en Allemagne.En Asie, au Japon en particulier, croit Taxus cuspidata, très employé comme arbre d\u2019ornementation et dont la hauteur ne dépasse pas dix à douze pieds.Le long de la côte du Pacifique, dans les gorges profondes des Rocheuses, on rencontre Taxus brevifolia, arbre de trente à quarante pieds, au port des conifères.Au Canada, localisé dans l\u2019est ontarien et dans la province de Québec, pousse Taxus canadensis, assez différent des autres espèces.Il possède les caractères généraux des conifères bien que n\u2019en ayant pas le port.C\u2019est un arbuste dont les branches ne sont pas fixées sur un tronc principal mais couchées sur le sol, où elles sont fixées par de courtes racines.Après avoir rampé sur une distance d\u2019un pied environ, ses branches se redressent et forment, avec les branches voisines, des buissons de trois à quatre pieds de hauteur.Les figures 1 et 2 illustrent une branche et un buisson de Taxus canadensis.Généralement ces buissons de Taxus canadensis croissent dans les sous-bois humides, près des cèdres et des épinettes.Les forêts des régions d\u2019Oka, du nord de Québec et de la Rivière-du-Loup en sont assez fournies. 514 Lava\u2026.MÉDicAL Avril 1954 Les plus grosses branches ont environ un pouce de diamètre.L\u2019écorce, lisse et rouge foncé, s\u2019enlève assez difficilement et laisse voir un bois blanc, très dur, brillant et flexible.Les feuilles, en forme d\u2019aiguilles, ont de trois à quatre centimètres de longueur par un millimètre de largeur.D\u2019un vert foncé à la partie na Figure 1.\u2014 Branche de Taxus canadensis.supérieure et vert pâle à la face inférieure, ces feuilles sont très onctueuses au toucher et dégagent l\u2019odeur caractéristique du foin vert qu\u2019on écrase entre les doigts.On n\u2019en perçoit pas le parfum propre aux conifères.Les feuilles sont fixées à leur rameau par un court pétiole, ce qu: est rare chez les conifères.C\u2019est une plante dioïque ; certains individus Avril 1954 Lavar.MÉDICAL 515 possèdent des fleurs mâles, d\u2019autres des fleurs femelles.A l\u2019automne, les rameaux qui possèdent des fleurs femelles sont porteurs de magnifiques baies, constituées d\u2019un gros noyau partiellement recouvert de pulpe et d\u2019une pelure rouge ; mais la partie inférieure du noyau est libre, ce qui donne au fruit une allure assez typique.Si certaines espèces du genre Taxus, comme Taxus baccata (6 et 20) Taxus cuspidata (18 et 19) et Taxus brevifolia (16 et 17) ont été l\u2019objet Bd rh ETS Ca dl ta.Figure 2.\u2014 Buisson de Taxus canadensis.d\u2019études chimiques assez poussées, par contre Taxus canadensis a êté à peu près ignoré.En fait, nous n\u2019en avons relevé qu\u2019un court mémoire de G.Masson, publié en 1942 (22).Ce dernier a isolé du Taxus canadien un alcaloïde très différent de celui qu\u2019on retrouve dans les autres espèces de Toxus, puisque son point de fusion, comme le fait remarquer l\u2019auteur, est de 232°C.alors qu\u2019il est de 122°C.4 124°C.pour la taxine isolée des Taxus baccata et cuspidata. 516 Lavar MÉDicaL Avril 1954 En plus de cet alcaloïide, Masson a aussi obtenu un glucoside qui semblerait différent de la taxicatine, glucoside 1solé de Taxus bacata par Lefebvre (21) et Bourquelot (2).B.ANALYSE PRÉLIMINAIRE GÉNÉRALE Avant de tenter d\u2019isoler une substance spécifique d\u2019une plante, il est utile de faire l\u2019analyse générale de ses constituants.Ainsi, la détermination du pourcentage de l\u2019humidité et des cendres, la recherche de la présence de gommes, résines, tannins, huiles volatiles, saponines, alcaloïdes, glucosides, est très importante.Les renseignements qu\u2019on en retire sont d\u2019une grande utilité.Ces recherches dites préliminaires, doivent porter sur les différentes parties du végétal : feuilles, tige, écorce et racines, puisqu\u2019on note souvent d\u2019importantes différences de composition dans les diverses parties d\u2019une plante.Récolte du matériel C\u2019est dans les bois avoisimant le Jardin zoologique, à Charlesbourg, que nous avons récolté notre Taxus canadensis.Nous remercions M.l\u2019abbé Alexandre Gagnon, du Département de biologie de la Faculté des sciences, d\u2019avoir identifié notre matériel et confirmé qu\u2019il s\u2019agissait bien de Taxus canadensis.Les branches, avec leurs rameaux et leurs feuilles sont mises à sécher à la température du laboratoire, soit entre 22° et 25°C.Après une semame, les feuilles qui se détachent facilement de leur rameau sont placées dans des bocaux.Quant à l\u2019écorce, nous choisissons les plus grosses branches que nous grattons jusqu\u2019au bois.Le matériel ainsi obtenu est pulvérisé, passé au tamis n° 20 et également placé dans des bocaux hermétiquement fermés.Ces échantillons sont soumis aux examens physiques et chimiques préliminaires suivants : 1° L\u2019hbumidtté : Des feuilles récoltées en juillet 1944 sont détachées à la main de leurs rameaux et la détermination de leur pourcentage d\u2019eau se fait la journée même.Nous avons opéré suivant deux techniques. i: ï Avril 1954 Lavar MÉDicAL 517 La première est la méthode de distillation au toluène, décrite dans Ja Pharmacopée américaine, 1948 (25).Cette méthode nous a donné, pour deux échantillons respectivement de 4,73 g et de 5,01 g une moyenne de 62,95 pour cent d\u2019humidité.La seconde technique consiste à placer dans une étuve à 98°C., une quantité exactement pesée de la substance et de l\u2019y laisser ainsi jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019un poids constant.Deux échantillons, respectivement de 7,71 g et de 6,81 g nous ont donné une moyenne de 63,0 pour cent d\u2019humidité.On voit donc que les résultats sont concordants, quelle que soit la technique utilisée.2° Les cendres : La méthode généralement utilisée consiste à incinérer l\u2019échantillon dans un creuset, soit à la flamme d\u2019un brûleur Bunsen, soit dans un four électrique.La matière organique se carbonise et fmalement se libère sous forme de CO?.Cependant, 1l faut tenir compte qu\u2019au cours de cette combustion certains éléments minéraux, comme As, I, CI, à cause de leur grande volatilité, sont entraînés avec le CO?formé.Pour cette détermination nous avons suivi la technique décrite par Jenkins et DuMez (15).Des feuilles cueillies en juillet sont séchées à l\u2019étuve, à une température de 100°C., pendant quarante-huit heures.Après pulvérisation, elles sont placées dans un creuset en platine, taré au préalable, et mci- nérées au four électrique, à une température de 650° à 750°C.Le creuset est ensuite placé dans un dessicateur, sur CaCP, et pesé régulièrement jusqu\u2019à obtention d\u2019un poids constant.Les cendres insolubles dans l\u2019eau.Toujours selon Jenkins et DuMez (15), on calcule l\u2019insolubilité des cendres dans l\u2019eau et dans l\u2019acide chlorhydrique.Après les avoir fait bouillir dans 25 cm* d\u2019eau, on filtre sur papier, on lave, et la portion qui reste sur le filtre est incinérée avec le papier dans un creuset de platine.Le poids obtenu, moins celui des cendres du papier est celui des cendres insolubles dans l\u2019eau.Deux recherches nous ont donné une moyenne de 0,25 pour cent de cendres imsolubles dans l\u2019eau avec une valeur de 0,22 pour cent 518 LavaL MEbicaL Avril 1954 pour un échantillon de 4,73 g de cendres et de 0,29 pour cent pour un échantillon de 8,02 g.Les cendres insolubles dans l\u2019acide chlorhydrique normal.Un poids détermmé de cendres est traité à l\u2019ébullition par 25 cm3 d\u2019acide chlorhydrique normal.Après filtration on incinère le papier et le résidu.Le creuset est placé dans un dessicateur à vide et pesé tant que le poids n\u2019est pas constant.Ce poids résiduel représente la partie des cendres imsolubles dans l\u2019acide chlorhydrique.Deux échantillons de 4,27 g et de 3,63 g de cendres nous ont donné respectivement 0,6 et 0,57 pour cent, soit une moyenne de 0,58 pour cent de cendres msolubles dans l\u2019acide chlorhydrique normal.Analyse qualitative des cendres.En suivant la technique décrite par Jordan et DeKay (17), nous avons identifié dans les portions solubles dans l\u2019eau ou dans l\u2019acide nitrique les cations Zn, Mn, Ca, K, Na, Fe, ainsi que les anions PO* Cl et CO?.La coloration verte des cendres est l\u2019indice d\u2019une forte teneur en manganèse.3° Dosage de l\u2019azote total : Pour nous renseigner sur la quantité approximative des éléments contenant de l\u2019azote, tels que les protéines, nous avons utilisé la méthode Kjeldhal (1) en prenant comme facteur la valeur 6,25.Nous opérons sur un échantillon de feuilles récoltées en septembre, et séchées à l\u2019étuve à 100°C.pendant quarante-huit heures.Deux échantillons de 5 g chacun nous donnent une valeur moyenne de 3,8 pour cent de protéines.4° Étude d\u2019une infusion de feuilles : C\u2019est sous forme d\u2019infusion que, dans le peuple, on utilise les feuilles de Taxus canadensis.I! convenait d\u2019étudier la composition d\u2019une telle infusion, puisqu\u2019elle doit contenir les principes actifs responsables des effets thérapeutiques mentionnés plus haut.Nous avons préparé une infusion avec des feuilles récoltées en novembre, dans les proportions de dix grammes de feuilles pour cent cm\u2019 d\u2019eau a 100°C.Au bout de deux heures, infusion est filtrée.La solution, de couleur jaune orangé possède une saveur amère et est très astringente.En agitant la solution, il se forme une mousse abondante et persistante.mere AE EME ATID.SEP.ATE SO.Tors.~ Fa; \u201cder A os i td : - et nds Avril 1954 Lavar MÉDICAL 519 La réaction est acide (pH 4), l\u2019addition de quelques gouttes de chlorure ferrique en solution fraîchement préparée produit une coloration vert foncé, indice de la présence possible de tannins.Avec l\u2019ammoniaque concentrée, une coloration brune se forme, c\u2019est encore là une réaction des tannins.L\u2019addition d\u2019une solution fraiche d\u2019acétate de plomb provoque la formation d\u2019un abondant précipité ce qui serait encore là l\u2019indice de la présence de gomme et de tannins.Examen du dépôt.Après quelques jours, il se forme un dépôt gommeux dans les infusions : après filtration, ce dépôt se dissout complètement dans l\u2019eau chaude.Cette solution réduit la liqueur de Fehling.L'\u2019addition à quelques centimètres cubes de l\u2019mfusion, de phloro-glucinol donne une coloration cerise.Au spectroscope, on observe une bande d\u2019absorption vers 550A.Ces résultats nous indiquent que nous sommes en présence d\u2019un sucre en C, un ribose ou un xylose, qui entre dans la constitution des gommes.Addition d\u2019alcool.L\u2019addition d\u2019alcool à l\u2019mfusion produit un précipité qui donne les réactions de gommes : solubilité dans l\u2019eau, réduction de la liqueur de Fehling, coloration cerise avec le phloro- glucinol, bande d\u2019absorption vers 550A.En somme, nous serions en présence d\u2019une gomme.Réactifs alcaloïdaux.Avec les réactifs de Mayer et de Valser, l\u2019acide picrique, l\u2019acide silico-tungstique, nous obtenons d\u2019abondants précipités, indice de la présence d\u2019alcaloides.Les mêmes résultats sont obtenus si l\u2019infusion est préparée avec H?SO* à un pour cent.Conclusions.L\u2019examen sommaire de cette infusion, utilisée par la médecine populaire, nous permet de conclure qu\u2019elle contient des gommes, quelques tannins, des alcaloïdes, probablement des glucosides et des saponines.C\u2019est en procédant selon la technique de Stass Otto décrite par Rosenthaler (25) que l\u2019on pourra s\u2019assurer de la présence d\u2019alcaloïdes et de glucosides.5° Examen des feuilles d\u2019après le procédé Stass Otto : La méthode Stass Otto est basée sur le fait que la plupart des glucosides et des principaux amers sont solubles dans l\u2019alcool et l\u2019eau (10) 520 Lavar MÉDICAL Avril 1954 et peuvent être déplacés de leur solution aqueuse par agitation en présence d\u2019un solvant immiscible avec l\u2019eau comme l\u2019éther ou le chloroforme.De plus, cette technique utilise le fait acquis que la presque totalité des tartrates d\u2019alcaloïdes sont solubles dans l\u2019alcool et l\u2019eau, mais ne sont déplacés de leur solution aqueuse que par des solvants immiscibles avec l\u2019eau que si on les libère au préalable de leurs sels par une base, comme la soude : en effet, les alcaloïdes sont, en général, solubles dans les solvants organiques, alors que leurs sels sont surtout solubles dans l\u2019eau.Cinq cents grammes de feuilles, recueillies en novembre, sont pulvérisées et portées à l\u2019ébullition, dans un ballon muni d\u2019un réfrigérant, avec 2,500 cm3 d\u2019alcool éthylique contenant vingt-cinq grammes d\u2019acide tartrique.Après une demi-heure, on filtre, puis les feuilles sont reprises par une nouvelle quantité d\u2019alcool et d\u2019acide tartrique.On filtre à nouveau et les deux portions alcooliques sont réunies et débarrassées de l\u2019alcool en distillant dans le vide.Le résidu est successivement repris par des portions de cent cm* d\u2019eau à la chaleur du bain-marie.Les solutions aqueuses sont réunies et filtrées.Nous avons alors une solution limpide, jaune clair, de réaction acide et donnant d\u2019abondants précipités avec les différents réactifs alcaloidaux.a) EXTRACTION DE LA SOLUTION ACIDE.Cette solution acide est extraite avec des portions successives de cent cm\u201d d\u2019éther.Colorée au début, la couche d\u2019éther est incolore après cinq extractions.Les portions d\u2019éther sont réunies et desséchées par l\u2019addition de vingt-cinq grammes de sulfate de sodium anhydre.Après filtration, on concentre sous pression réduite, jusqu\u2019à obtention d\u2019un volume de cinquante cm3 ; le tout est ensuite placé à la glacière.Après quelques Jours, aucun précipité ne s\u2019est formé.Alors on laisse évaporer spontanément l\u2019éther à la température du laboratoire.Le résidu gommeux, brun foncé, pèse 3,8 grammes ; désignons le : résidu À.Examen du résidu A.i) On reprend par vingt em* d\u2019acide chlorhydrique normal, 0,5 g du résidu.On obtient une dissolution presque complète.Après filtration, la solution est divisée en cinq portions auxquelles on ajoute respectivement deux gouttes de chacun des réactifs suivants : réactif de Valser, réactif de Maver, acide picrique, acide Avril 1954 Lavar MÉDICAL 521 silico-tungstique et réactif de Bouchardat.Aucun de ces réactifs ne produit de précipité : on en conclut à l\u2019absence d\u2019alcaloïde.ii) Une seconde portion du résidu acide, 0,5 g est dissoute dans vingt cm3 d\u2019eau ; après filtration, on note qu\u2019une telle solution réduit la liqueur de Fehling.De plus, cette solution donne avec la phlore- glucine une coloration cerise et, par addition d\u2019alcool, un précipite, qui, repris par de l\u2019eau, donne au spectroscope, une bande d\u2019absorption vers 550A, région propre aux sucres en C5, qui entrent dans la composition des gommes, sous la forme de sels de calcium ou de magnésium de leur acide correspondant, par exemple, l\u2019acide arabinique.111) Enfin, une troisième quantité de 0,5 g est reprise en succession, par de I\u2019éther anhydre et de l\u2019acétate d\u2019éthyle.Après évaporation des solvants, les résidus qu\u2019ils abandonnent sont repris par vingt cm3 d\u2019eau.Les solutions ainsi obtenues ne réduisent pas la liqueur de Fehlmg.L\u2019addition de deux gouttes d\u2019acide chlorhydrique concentré et le chauffage au bain-marie pendant deux heures provoquent une réduction de la solution cupro-potassique dans le cas du résidu obtenu par l\u2019extraction de l\u2019acétate d\u2019éthyle, alors que l\u2019extrait à l\u2019êther ne présente pas de réduction.b) EXTRACTION DE LA SOLUTION ALCALINISÉE.La solution acide initiale est alcalinisée ensuite avec NaOH à trente pour cent, ajouté par petites quantités pour éviter une élévation brusque de la température.La solution subit alors une série d\u2019extractions par des quantités successives d\u2019êther, jusqu\u2019à ce que l\u2019éther soit incolore.Après dix extractions, nous examinons la solution aqueuse : cinq cm° acidifiés et additionnés de deux gouttes du réactif de Valser, ne fournissent aucun précipité, indice que les alcaloïdes présents dans la solution mère, sont tous passés dans l\u2019éther.Les portions d\u2019éther sont réunies puis déshydratées par l\u2019addition de sulfate de sodium anhydre ; après filtration, on concentre par distillation sous pression réduite jusqu\u2019à un volume de cinquante cm3 et le tout est placé à la glacière.Après trois jours on ne note aucun précipité.L\u2019éther est évaporé au bain-marie dans une capsule de porcelame.Le résidu gommeux pèse 6,3 grammes ; appelons-le : résidu B.Examen du résidu B.Ce résidu, séché dans le vide, sur de l\u2019acide sulfurique concentré est pulvérisé ; on obtient une poudre brunâtre, 522 Lavar MÉDicaL Avril 1954 gommeuse, et d\u2019un goût très amer.On en prend 0,5 g que l\u2019on agite avec cinquante cm3 d\u2019acide chlorhydrique décinormale ; il y a dissolution presque complète.Après filtration, on fait réagir sur différentes portions de la solution toute une série de réactifs alcaloïdaux, qui, comme on le sait, forment, en milieu acide, avec les alcaloïdes un complexe insoluble, mais dissociable en milieu alcalin.Nous avons obtenu des réactions positives avec tous les réactifs employés déjà mentionnés.Conclusion.En suivant le procédé Stass Otto, nous avons obtenu toute une série d'indices préliminaires qui serviront à orienter les analyses spécifiques subséquentes que nous ferons subir aux feuilles de Taxus canadensis.Déjà, on peut noter avec certitude que les feuilles contiennent des alcaloïdes, accompagnés d\u2019hétérosides.6° Étude de la feuille d\u2019après la méthode générale : Les phytochimistes décrivent, sous le nom de méthode générale, une technique qui consiste à épuiser un même échantillon d\u2019une plante par une série de solvants.Ces solvants sont ensuite évaporés et on détermme le poids des substances ainsi extraites.En choisissant des solvants propres à extraire la plupart des constituants d\u2019une plante, on peut ainsi se faire une idée de leur quantité et de leur nature, par une analyse même sommaire.On procède amsi : l\u2019échantillon est pulvérisé, puis séché à l\u2019étuve afin de le rendre parfaitement anhydre.On en pèse une certaine quantité qui est placée dans une cartouche à Soxhlet, et on procède à l\u2019extraction jusqu\u2019à ce que le liquide extracteur soit incolore.Après chaque extraction, l\u2019échantillon est débarrassé du solvant en le plaçant à l\u2019étuve et extrait à nouveau avec un autre solvant.Quant au liquide extracteur, qui se trouve dans le ballon taré au préalable, on l\u2019è- vapore au bain-marie, puis 1l est placé dans un dessicateur, sur de l\u2019acide sulfurique, où on le laisse ainsi dans le vide pendant trois ou quatre jours.Le ballon est ensuite pesé, et l\u2019augmentation de poids nous donne la quantité de substance extraite.On le place ensuite à l\u2019étuve à 100°C.pendant vingt-quatre heures ; la différence notée dans les poids représente la partie volatile qui a pu être extraite.Sur ce résidu, on opère par la suite une série de réactions, en vue d\u2019identifier au moins les éléments qui s\u2019y trouvent. Avril 1954 Lavar MÉDicaL 523 On trouvera dans le tableau I les résultats obtenus au cours de ces manipulations.TaBLEAU | Extraction d\u2019un même échantillon de feuilles par différents solvants POURCENTAGE Pourcen- Poips Poins DES TAGE SoLVANTS DES pu SUBSTANCES DES FEUILLES RESIDU EXTRAITES SUBSTANCES VOLATILES Ether de pétrole.44 3 g 1,38 2,9 0,18 (P.E.60°-120°C.) Ether anhydre.41,4 g 3,0g 7,1 0,21 Chloroforme.39,3 g 0,8g 2,01 0,0 Alcool à 95% .38,4 g 7,38 19,0 0,0 Eau.23,0 g 1,98 8,2 0,0 Dans le dernier cas, nous avons fait macérer I\u2019échantillon pendant deux jours, avec deux quantités successives de trois cents cm* d\u2019eau, en ayant soin de filtrer après chaque macération.fait évaporer à l\u2019étuve dans un bécher pesé.Nous avons ensuite Toutefois, ces derniers résultats ne représentent pas complètement ce qu\u2019a pu extraire l\u2019eau, puisqu\u2019il est resté une certaine quantité d\u2019eau dans les feuilles.Si nous additionnons les différents résultats exprimés en pourcentages nous obtenons : Éther de pétrole Chloroforme.Ether anhydre Alcool 2,9 pour cent 2,01 pour cent 7,1 pour cent 19,0 pour cent 8,2 pour cent 39,21 pour cent 524 Lavar MÉDicaL Avril 1954 Donc, 39,21 pour cent est extrait de cent grammes de feuilles par ces solvants.Ce qui reste est sans doute constitué de substances minérales, de celluloses et de protémes.EXAMEN DES RÉSIDUS.Nous avons ensuite soumis à une analyse qualitative les résidus obtenus au cours des extractions précédentes.Portion extraite par l\u2019éther de pétrole.La solution jaune foncé, ne contient pas de dépôt ni de cristaux après avoir été laissée au froid durant deux jours.Bien qu\u2019aucune odeur aromatique ne s\u2019en dégage, on a noté qu\u2019une certaine quantité, soit 0,18 pour cent était volatile.Après évaporation du solvant, nous avons fait quelques essais sur le résidu.L\u2019on note d\u2019abord que cette portion, extraite par l\u2019éther de pétrole, est très soluble dans l\u2019alcool éthylique.Une fraction du résidu, chauffée avec du bisulfate de potassium, fournit des vapeurs acres d\u2019acroléine, ce qui mdique la présence de glycérides (11).L\u2019on étend ensuite sur une feuille de papier une mince couche du résidu ; après plusieurs semaines, la tache est encore onctueuse au toucher, il n\u2019y a pas de dessication : ce qui nous porte à croire en l\u2019absence de lipides non saturés.D'ailleurs le résidu a toujours conservé une consistance plutôt molle, même après plusieurs semaines.Une fraction du résidu est chauffée au bam-marie, avec vingt-cinq cm3 d\u2019eau.Après filtration, la solution qui est claire et incolore, est traitée par une solution fraîche de FeCl° et par une solution d\u2019acétate de plomb.Dans les deux cas, aucune réaction n\u2019indique la présence de tannins.Enfin, on note que cette solution ne réduit pas la liqueur de Fehling.Une dernière portion du résidu est reprise et chauffée au bain-marie avec vingt-cinq em* d\u2019acide sulfurique à deux pour cent.Après filtration, cette solution ne donne aucune réaction avec les différents réactifs alcaloïdaux déjà mentionnés.En conclusion, retenons la faible quantité de substance extraite par l\u2019éther de pétrole.Ce fait est important, puisque le Taxus canadensis est un conifère qui, comme on le sait, devrait contenir beaucoup d\u2019oléo- résines.Enfm l\u2019éther de pétrole n\u2019extrait pas les alcaloïdes dont on a déjà souligné la présence.% - Cf Avril 1954 Lava\u2026 MÉDICAL Ul No J Extrait par l\u2019éther anbvdre.L\u2019extrait est débarrassé du solvant au bain-maire à 40°C.Le résidu, noir verdâtre, est dur, cassant, brillant.Un gramme en est repris par cent cm* d\u2019alcool éthylique à chaud ; il y a dissolution complète et la liqueur est verdâtre.Après refroidissement, 1l ne se forme aucun dépôt.Nous additionnons la solution alcoolique de petites quantités d\u2019eau.Immédiatement, 1l y a formation d\u2019un précipité ; nous additionnons d\u2019eau jusqu\u2019à précipitation complète et ce précipité est recueilli, repris par l\u2019alcool, et reprécipité par addition d\u2019eau, et filtré à nouveau.Après dessication dans le vide sur CaCÏl, nous obtenons une substance brunâtre, très cassante, de saveur âcre, qui pèse 0,4 gramme.Nous identifions cette substance comme une résine, du fait que celles-ci sont généralement extraites par l\u2019êther, solubles dans l\u2019alcool, mais insoluble dans l\u2019eau.Ce phénomène est une incompatibilité très fréquente en pharmacie, lorsque l\u2019on ajoute une teinture qui contient des résmes, à un véhicule aqueux.En calculant le poids de résine obtenu d\u2019un gramme de substance mitiale, pour la quantité totale extraite par l\u2019éther de pétrole, et reportant à cent grammes de feuilles, nous obtenons : 7,1 X 0,4 2,84 soit, 2.84 X 100 = 6,8 pour cent de résines.41,4 Ce résultat est un peu inférieur à celui que l\u2019on obtient à partir des autres résineux.Un autre gramme du résidu de l\u2019extraction par l\u2019éther est repris par cinquante cm* d\u2019eau au baïn-marie ; après décantation, on obtient une solution qui donne une coloration verte intense avec FeCP en solution fraîche ; on observe aussi un précipité avec une solution d\u2019acétate de plomb ou de gélatme, ce qui imdique la présence de tannms.Cette solution ne réduit par la liqueur de Fehling mais après hydrolyse par H?SO*, il y a réduction.Enfin le reste du résidu est chauffé au bain-marie, avec vingt-cinq cm3 de H?SO* à deux pour cent.Après filtration, la solution donne d\u2019abondants précipités avec tous les réactifs alcaloïdaux déjà mentionnés. 526 Lavar.MÉDICAL Avril 1954 Pour résumer, l\u2019éther anhydre extrait des résmes, des pigments chlorophylliens, des corps qui, par hydrolyse, libèrent des sucres réducteurs et, surtout, beaucoup d\u2019alcaloïdes.Extrait par le chloroforme.Après évaporation du chloroforme, le résidu, qui pèse 2,01 grammes, est de couleur verdâtre et d\u2019aspect brillant.Une partie, 0,5 g, reprise par l\u2019acool, donne un précipité par addition d\u2019eau ; ce qui nous indique la présence de résines.Une autre fraction de 0,5 g est reprise par l\u2019eau au bain-marie ; après filtration, on note que la solution donne une légère coloration avec une solution fraîche de FeCP, mais ne réduit pas la solution de Fehling, même après hydrolyse.Ce qui reste du résidu chloroformique est repris au bain-marie par H?SO* en solution aqueuse à deux pour cent ; la solution filtrée ne donne pas de précipités avec les réactifs généraux des alcaloïdes.En résumé, l\u2019extrait chloroformique nous fournit de la chlorophylle, des résines, des traces de tannins, mais ne contient pas de glucosides ni d\u2019alcaloïdes.Extrait par l\u2019alcool.La solution alcoolique est fortement colorée en brun rouge.I! faut plusieurs jours pour en chasser complètement le solvant.Le résidu, de consistance sirupeuse, est divisé en trois portions de trois à cmq grammes, que l\u2019on appellera fraction a, b et c.Examen de la fraction a.Cette première fraction est traitée par vingt-cinq cm* d\u2019eau ; il y a dissolution complète et la solution obtenue possède un pH alcalin.De plus, en agitant, il se forme une mousse abondante, lente à disparaître, et ressemblant par la disposition des bulles à un gâteau de miel.En acidifiant avec H?SO* à un pour cent, il y a formation d\u2019un précipité granuleux blanc, tandis qu\u2019à la surface du liquide flotte une substance brunâtre.Ce résidu gommeux est recueilli et repris par de l\u2019eau contenant NH*OH ; il y est complètement soluble et reprécipite si on acidifie à nouveau.On le filtre et dessèche dans le vide sur CaCP.Après deux jours, la substance garde sa consistance molle, et laissée à Pair, durant une semaine, ne montre aucun changement dans son apparence physique.Il ne peut s\u2019agir là d\u2019une résine, car les corps résineux ne sont pas ou très peu soulubles dans l\u2019eau.Aussi croyons-nous Avril 1954 Lavar MÉDICAL 527 qu\u2019il s\u2019agit de phlobaphènes, produits mal connus, provenant de la décomposition des tannins, solubles dans l\u2019eau en présence de tannins, ou encore en milieu alcalm.Comme le note Rosenthaler (26), quelquefois, lorsqu\u2019ils dérivent de tannins glucosidiques, les phlobaphènes peuvent par hydrolyse, libérer un sucre réducteur.Quant au précipité qui s\u2019est formé en acidifiant la solution de cette première fraction, nous l\u2019avons repris par l\u2019alcool à 70 pour cent.En chauffant, tout se dissout.Après quelques jours à la glacière, on retrouve d\u2019abondants cristaux solubles dans l\u2019eau.L\u2019analyse a révélé qu\u2019il s\u2019agissait de sulfate de potassium.De toute évidence, les sels de potassium des feuilles, extraits par l\u2019alcool, ont été transformés en sulfate au cours de l\u2019acidification.Examen de la fraction b.La fraction b de l\u2019extrait alcoolique est dissoute dans l\u2019alcool éthylique et additionnée lentement d\u2019eau : 1l ne se produit pas de précipité.Ce qui exclut la présence de résines.Examen de la fraction c.Cette portion du résidu alcoolique est reprise par vingt cm* d\u2019eau et légèrement acidifiée, Après filtration pour se débarrasser des phlobaphènes et des sels msolubles, la solution est essayée avec les réactifs des alcaloides.On ne note que de légères opalescences ; ce qui indique que la presque totalité des alcaloides a été extraite par l\u2019êther.Les différents réactifs généraux des tannins, tels que FeCI*, acétate de plomb, eau de chaux, donnent des précipités caractéristiques.Enfin, la solution réduit la liqueur de Fehling.En conclusion, disons que l\u2019alcool éthylique a extrait des tannins, des phlobaphènes qui en sont des produits de décomposition, des sels de potassium, pas ou très peu d\u2019alcaloïdes.Extrait par l\u2019eau.Le résidu, après évaporation de l\u2019eau à l\u2019étuve, repris par l\u2019eau, après agitation, mousse abondamment.Avec les réactifs alcaloïdaux, on n\u2019observe aucune précipitation ; la solution réduit abondamment la liqueur de Fehling et l\u2019addition d\u2019alcool produit un précipité ; on filtre et le précipité brunâtre est dissout dans dix cm3 d\u2019eau.Cette solution, mactive avec la liqueur cupro-potassique, la réduit considérablement après hydrolyse à chaud, par l\u2019acide chlorhydrique ; 528 Lavar MÉDicaL Avril 1954 de plus, elle donne au spectroscope une bande d\u2019absorption vers 550A.Ces résultats semblent indiquer la présence d\u2019un sucre réducteur en C5, soit le xylose ou l\u2019arabinose que l\u2019on retrouve, on l\u2019a vu, dans la constitution des gommes.Pour nous résumer, l\u2019extrait aqueux, contient des gommes, des sucres réducteurs, des substances de la famille des saponines mais pas d\u2019alcaloïdes.Nous terminons 1ci, l\u2019exposé des analyses dites préliminaires.Celles-cr nous ont permis de constater que les feuilles de Taxus canadensis contenaïent des substances importantes telles que des alcaloïdes, des glucosides, et des saponmes ; en plus, on y trouve des éléments que l\u2019on retrace très fréquemment dans le règne végétal, tels que des gommes, des résines, des tannins et des huiles fixes.Étant donné que la présence d\u2019alcaloïdes est certaine, et que d\u2019autre part, les glucosides v sont en très faible quantité (7) nous nous sommes orienté vers l\u2019isolement de ces principes azotés qui sont probablement responsables de l\u2019action pharmacologique des feuilles de Taxus canadensis.CHAPITRE Il ANALYSE SPÉCIFIQUE A.Extraction des substances alcaloïdales des feuilles de « Taxus canadensis » Au cours des analyses prélimmaires nous avons mis en évidence la présence de principes alcaloïdaux dans les feuilles.Nous devons maintenant extraire ces substances, les séparer et en donner quelques caractéristiques tant physiques que chimiques.Comme 1l s\u2019agit de traiter des quantités considérables de feuilles, nous devons trouver un mode d\u2019extraction qui, tout en donnant un rendement maximum, présente un minimum d\u2019ennui.En présence d\u2019un résineux, 1! faut s\u2019attendre à retrouver dans les produits d\u2019extraction de fortes quantités de résines et de gommes.Autant de facteurs dont il faut tenir compte au cours de la mise en tram d\u2019un procédé avantageux pour l\u2019obtention rapide et peu coûteuse des alcaloïdes. Avril 1954 Lavar.MEbpicaL 529 1.RECHERCHE DES SOLVANTS SUSCEPTIBLES D'EXTRAIRE LES ALCALOÏDES : Des échantillons, pesant quarante g, sont épuisés au Soxhlet avec l\u2019alcool éthylique, l\u2019alcoo! méthylique et l\u2019éther.Nous nous arrétons à ces trois liquides parce que ce sont ceux que l\u2019on obtient le plus facilement.Après extraction, le solvant est évaporé, et le résidu repris par H?SO* à un pour cent.Nous filtrons : les filtrats réagissent tous très fortement avec les différents réactifs alcaloïdaux déjà mentionnés.Pour nous rendre compte si l\u2019extraction est complète, chaque échantillon déjà extrait est repris successivement par les deux autres liquides extracteurs.À chaque fois, les résidus repris par H?SO* à un pour cent, après évaporation du solvant, ne donnent pas de précipités avec les réactifs.Donc, que ce soit avec l\u2019éther, l\u2019alcool éthylique ou méthylique, nous obtenons une extraction complète et totale des alcaloïdes.2.MÉTHODES D\u2019EXTRACTION : II nous faut maintenant déterminer le mode idéal d\u2019extraction ; nous essayons diverses méthodes que nous allons décrire.a) Extraction continue au Soxblet avec l\u2019alcool méthrlique : Nous opérons sur 2,500 g de feuilles récoltées en juillet.L\u2019épuisement se fait dans un appareil Soxhlet pendant onze heures.Le méthanol est chassé dans le vide, Le résidu, repris par H?SO* à un pour cent est agité pendant quelques heures et filtre.La solution est jaune clair.On procède alors à une décoloration au noir animal, de type Norite ; on filtre et le noir animal est repris par H?SO* à un pour cent, chauffé jusqu\u2019à ébullition ; on filtre et les deux solutions sont réunies.On obtmt ainsi un litre d\u2019un liquide encore légèrement coloré.On neutralise jusqu\u2019à pH alcalin avec NH/OH concentré en agitant ; immédiate ment, on note la formation d\u2019un précipité floconneux, blanchâtre.La liqueur alcaline est extraite huit fois par des portions de cinquante em?d\u2019éther, qui sont réunies et extraites par H?SO* à un pour cent jusqu\u2019à 530 Lava\u2026.MÉDicaL Avril 1954 épuisement.Les solutions acides sont débarrassées des traces d\u2019éther qu\u2019elles contiennent en chauffant à 40°C.au bain-marie.Puis on alcalinise à nouveau lentement avec NH°OH jusqu\u2019à pH alcalin.Il se forme un précipité blanc que l\u2019on recueille sur filtre Jena.Après séchage sur CaCl?dans le vide, l\u2019on pèse et le poids obtenu est de 0,0559 g, soit un rendement de 0,222 pour mille.Nous devons admettre que c\u2019est là un résultat très faible.Le point de fusion de la substance ainsi obtenue est de 88°C.Une petite quantité est solubilisée dans H2SO* normal et I\u2019addition de réactif de Valser donne un précipité très abondant.Pour vérifier si certains alcaloïdes n\u2019auraient pas été extraits à la suite de l\u2019alcalination par NH*OH, nous reprenons la solution mère ammoniacale que nous acidifions par H?SO* à un pour cent et neutralisons par NaOH a cinq pour cent.Cette fois, l\u2019extraction par l\u2019éther de cette solution et l\u2019épuisement des portions d\u2019éther par H?SO* à un pour cent ne fournissent aucun indice de la présence d\u2019alcaloïdes.d) Percolation à froid avec du méthanol contenant un pour cent d\u2019acide tartrique : La plupart des alcaloïdes sont facilement extraits à froid des végétaux par l\u2019alcool méthylique acidifié par l\u2019acide tartrique (26).Un percolateur, constitué d\u2019une grosse cruche d\u2019une capacité de vingt litres avec un robinet à la partie inférieure est remplie de 2,000 g de feuilles pulvérisées, recueillies au mois de septembre 1945.On ajoute lentement le méthanol et on laisse ainsi macérer pendant vingt-cinq heures.Puis on ouvre le robinet du percolateur et le liquide qui en sort est recueilli ; au fur et à mesure, on ajoute de l\u2019alcool méthylique acidifié jusqu\u2019à ce que le liquide qui sort du percolateur soit incolore.L'opération est terminé après quarante-huit heures.La solution obtenue est colorée brun foncé, mais très limpiae.On chasse l\u2019alcool par distillation dans le vide, et le résidu est traité comme précédemment, tout en alcalinisant par NH4OH.Le produit final est une poudre blanche, d\u2019un point de fusion variant entre 80°Cet 85°C., donc mférieur à celui obtenu par une extraction à chaud.Le rendement est un peu meilleur puisqu\u2019il s\u2019est élevé à 0,15 pour mille. Avril 1954 Lavar.MÉDICAL 531 c) Extraction à l\u2019éther : Nous tentons d\u2019utiliser l\u2019éther à froid, additionné de NH*OH pour extraire les alcaloïdes.Mille grammes de feuilles récoltées en septembre sont pulvérisées et mises à macérer avec l\u2019éther ammoniacal dans un ballon de six litres.Après vingt-quatre heures, on décante l\u2019éther et on recommence une seconde, puis une troisième macération.L'éther est chassé dans le vide ; on reprend le résidu par H?SO* à un pour cent.On décolore au norite, puis la solution, neutralisée avec HN*OH, est extraite jusqu\u2019à épuisement par cinquante cm?et vingt cm3 d\u2019éther.Ensuite, les portions d\u2019éther réunies sont extraites jusqu\u2019à épuisement par H?SO* à un pour cent.La solution acide ainsi obtenue est débarrassée des traces d\u2019éther par chauffage à 40°C.au bam-marie, et les alcaloïdes sont précipités de cette solution par l\u2019addition, goutte à goutte, et en agitant, de NH*OH concentré.Un précipité blanc se forme ; on le recueille.Après séchage dans le vide il pése 0,10 g.soit un rendement de 0,10 pour milled) Extraction aux acides minéraux : On peut extraire les alcaloïdes (25) en faisant macérer les parties végétales qui les contiennent dans une solution aqueuse, généralement à un pour cent, d\u2019acides minéraux, soit d\u2019acide chlorhydrique, soit d\u2019acide sulfurique ; les alcaloïdes se transforment en chlorhydrates ou en sulfates solubles dans l\u2019eau.C\u2019est un procédé qui exige un peu de temps, car il faut au moins trois macérations successives ; cependant, il possède l\u2019avantage d\u2019être peu coûteux et de ne pas exiger d\u2019appareils spéciaux ; les macérations peuvent se faire dans des béchers de cinq à six litres.Nous avons ainsi opéré avec H?SO* à un pour cent sur cinq cents g de feuilles recueillies au mois d\u2019octobre.Nous obtenons six litres de liquide acide, jaune clair, donnant un fort précipité avec les réactifs généraux des alcaloïdes.En vue d\u2019en extraire les alcaloïdes par EtO, nous alcalinisons avec NH*OH.Il se forme un précipité brun et la liqueur elle-même se colore en un brun foncé.Nous extrayons alors par Et?O jusqu\u2019à épuisement.La solution éthérée est concentrée dans le vide jusqu\u2019à obtention d\u2019un résidu sirupeux, qui est repris par H?SO* à un pour cent par portions de vingt cm3. 532 Lavar MÉDiCaL Avril 1954 Les extraits acides sont réunis, filtrés et décolorés ; puis après alcalinisation par NH*OH concentré, on extrait par l\u2019éther jusqu\u2019à épuisement.L\u2019éther est chassé par distillation sous pression réduite et le résidu est repris par trois portions de vingt-cinq cm* de H?SO% à un pour cent.L\u2019addition lente de NH\u201cOH concentré aux soixante- quinze cm* de solution acide contenant les alcaloïdes, provoque la formation d\u2019un précipité blanc, amorphe, qui est filtré, lavé, mis à sécher au dessicateur à vide sur CaCP.La poudre blanche amorphe pèse 0,019 g, soit un rendement de 0,030 pour mille, et possède un point de fusion de 85°C.Discussion Tous les procédés employés jusqu\u2019icI nous ont donné des rendements faibles.De plus, les processus sont longs, l\u2019extraction par les solvants organiques, en plus d\u2019être coûteuse, entraîne un grand nombre d\u2019impuretés, ce qui exige de longues manipulations pour les élimmer.Quant à la macération en milieu sulfurique, même si le rendement est un peu plus faible, elle présente tout de même des avantages, car elle est peu coûteuse et entraîne peu des substances organiques telles que les résines et gommes, s1 difficiles d\u2019élimimer ultérieurement.Il reste cependant que ce procédé d\u2019extraction, pour être satisfaisant, exige une grande quantité de solution acide.Ainsi pour extraire cmq cents g nous avons dû pousser les macérations jusqu\u2019à l\u2019obtention de six litres de liqueur.Si l\u2019on reporte ce procédé sur cinq ou six kilogrammes, on imagine le volume de liquide obtenu et la quantité d\u2019êther nécessaire pour en extraire totalement les alcaloïdes.Constatant néanmoins que l\u2019extraction par macération se montrait utile, nous avons tenté d\u2019éviter l\u2019extraction par l\u2019éther de tout ce volume de liquide obtenu à la fin des extractions.Finalement, nous en sommes venu à l\u2019idée de précipiter les alcaloïdes de ces liqueurs extractives avec un réactif alcaloïdal.Nous avons d\u2019abord étudié la précipitation par les différents réactifs déjà mentionnés.Tous précipitent complètement les alcaloïdes de leurs solutions ; nous avons arrêté notre choix sur le réactif de Valser (solution Ig ote Th li Avril 1954 LavaL MEebicaL 533 de KI et Hg I?) qui forme un composé donnant, avec les alcaloïdes, en milieu acide, un complexe insoluble qui se dissocie en milieu alcalin.Extraction par H?SO* à un pour cent en solution aqueuse et précipitation par le réactif de Valser : Nous opérons sur un matériel recueilli au mois de septembre.Les feuilles ne sont pas pulvérisées, car nous avons maintes fois observé que les extractions aqueuses sont plus complètes lorsqu\u2019on les fait à partir d\u2019un matériel dont les particules sont plutôt grosses.D'ailleurs, nous avons noté un travail très élaboré de W.J.Husa (13), où 1l conclut que, pour que l\u2019extraction avec les solvants aqueux soit rapide et complète, il faut que les plantes soient très peu pulvérisées à cause de la grande tension superficielle de l\u2019eau.Nous partons avec trois mille g de feuilles qui sont mises à macérer dans des béchers de six litres avec H?SO* à un pour cent.Après quarante- huit heures, nous procédons à une première décantation du liquide et reprenons une nouvelle macération, puis une troisième ; comme une quatrième macération ne donne qu\u2019un léger trouble avec les réactifs, nous croyons que trois macérations de quarante-huit heures suffisent.Lorsque toutes les liqueurs acides sont réunies, nous avons quinze litres de solution, d\u2019un jaune clair, très limpide qui donne d\u2019abondants précipités par l\u2019addition de réactif de Valser.Lorsque tous les alcaloïdes sont précipités, nous laissons reposer, puis le liquide surnageant est décanté et les précipités (réactifs et alcaloïdes) sont recueillis sur papier et lavés à l\u2019eau distillée acidifiée afin de ne pas dissocier le complexe.Rendu à ce stade nous avons un résidu qui occupe un volume d\u2019environ cinq cents cm3.Nous le suspendons dans huit cents cm* d\u2019eau additionnée de NH*OH et agitons cette suspension pendant deux heures.La liqueur est rouge foncé et fournit un abondant précipité brunâtre.On épuise ensuite à l\u2019éther et les portions d\u2019éther sont à leur tour extraites par H?SO* à un pour cent ; la solution acide est décolorée au noir animal par agitation pendant une heure ; on filtre, le noir animal est chauffé avec H?SO* à un pour cent au bain-marie et filtré.Cette solution est ajoutée à la solution initiale. 534 LavaL MEbpicaL Avril 1954 A ce point, nous décidons d\u2019utiliser à nouveau la précipitation des alcaloïdes par un réactif approprié ; mais cette fois nous optons pour l\u2019acide silico-tungstique en solution aqueuse à cinq pour cent.La précipitation se fait en milieu acide ; le précipité, filtré et lavé, est dissous en milieux aqueux ammoniacal.Le complexe se dissocie, l\u2019acide silico-tungstique se libère du complexe alcaloïdal et les alcaloïdes précipitent ; ceux-ci, recueillis et lavés, sont dissous dans H?SO* à un pour cent et extraits par l\u2019éther en vue de les purifier.La solution acide est débarrassée des traces d\u2019éther qu\u2019elle contient, traitée à nouveau par le noir animal qui est repris par H?SO* à un pour cent à chaud et les solutions acides réunies sont additionnées de NH*OH, lentement et en agitant.Un abondant précipité blanc, floconneux se forme et se dépose lentement.Après filtration et séchage dans le vide, il pèse 0,15 g, soit un rendement de 0,03 pour mille.Le point de fusion est de 108° à 110°C.après ramollissement à 90°C.On reprend par Et\u2019O et on précipite par addition lente d\u2019éther de pétrole (par exemple : 30° à 60°C.).Après un séjour de vingt-quatre heures au troid, on décante et le précipité est repris par H2SO* 4 un pour cent.Il reste un résidu gommeux msoluble.La solution acide est filtrée puis additionnée de NH*OH à un pour cent, jusqu\u2019à précipitation complète.Le résidu recueilli et séché dans le vide pèse 0,10 g.Son point de fusion est monté à 114°- 115°C.après ramollissement vers 88°C.Voilà pourquoi nous avons décidé de n\u2019utiliser que ce procédé pour les extractions subséquentes en vue d'obtenir une quantité suffisante d\u2019alcaloïdes.Il reste toutefois que le rendement est très faible.Nous nous demandons alors si, au cours de l\u2019année, il n\u2019y aurait pas une époque ou l\u2019accumulation des alcaloïdes dans la plante serait plus considérable.Nous utilisons la précipitation par le réactif de Valser et pesons le précipité obtenu à partir de feuilles cueillies à différentes périodes de l\u2019année et extraites par macération en milieu acide.Nous procédons ainsi sur des feuilles recueillies au mois de janvier, mai, juillet, septembre et novembre.Toutes les manipulations sont identiques : collecte dans un même buisson, séparation à la main des feuilles de leur rameau, 4 Avril 1954 Lavar MÉDICAL 535 séchage à la température de la chambre, puis à l\u2019étuve à 80°C.pendant quarante-huit heures.On fait macérer en vase clos cinq g de feuilles dans cent em?de H?SO* à un pour cent.Après quarante-huit heures de macération, on filtre et l\u2019on mesure vingt em* de chacune des liqueurs obtenues, ce qui correspond à 0,4 g de feuilles, que l\u2019on place dans une éprouvette et additionne de quatre gouttes de réactif de Valser.On agite, et les précipités sont recueillis sur filtre Jena.Le tableau II donne les rendements.TapLEau Il Variations annuelles du taux d\u2019alcaloïde dans « Taxus canadensis » Porps MOYEN ÉCHANTILLON À ÉCHANTILLON B , , DES PRECIPITES Janvier.0,0408 g 0,0385 g 0,0397 g Mai.0,0102 g 0,0112 g 0,0107 g Juillet.0,0131 g 0,0151 g 0,0141 g Septembre.0,0097 g 0,0087 g 0,0092 g Novembre.0,0317 g 0,0336 g 0,3360 g La figure 3 nous présente une courbe de distribution des alcaloïdes au cours d\u2019une année.À l\u2019exception d\u2019une légère hausse en juillet qui pourrait être due à quelque erreur ou à des feuilles un peu différentes, nous notons qu\u2019en hiver 1l y a accumulation d\u2019alcaloïdes alors qu\u2019au printemps et en été la plante en contient beaucoup moins.Examen des feuilles extraites par H*SO* & un pour cent.Dans le but de savoir si, même après épuisement complet des feurlles par macération sulfurique, il n\u2019y aurait pas certaines bases alcaloïdales non extraites, nous reprenons les feuilles épuisées avec H?SO* à un pour cent et, après séchage, nous extrayons à froid les feuilles avec Et°O additionné d\u2019ammoniaque, en vue de rendre le milieu alcalin.L\u2019extraction par H?SO* à un pour cent des solutions d\u2019éther ainsi obtenues n\u2019a donné aucune trace d\u2019alcaloïdes comme le démontrent les réactions négatives des extraits acides avec les différents réactifs al- caloïdaux.dun 9es 7F .oO £& TVOIAIN TVAV] Poids en Gr ms ] i 1 4 1 L À 1 1 1 à Î 3 JAN, FRY, Mars AVRIL Mat JUIN JUILLET AOÛT SEPT.OCT.Nov.PEC fcol [HAY Figure 3.\u2014 Variations de la teneur saisonnière de l\u2019alcaloïde extrait des feuilles de Taxus canadensis. Avril 1954 Lavar MÉDicaL 537 B.ANALYSES DES BASES ALCALOÏDALES Le procédé d\u2019extraction décrit précédemment nous a permis d\u2019obtenir une substance qui contient tous les alcaloïdes contenus dans la feuille de Taxus canadensis.Ce produit se présente sous l\u2019aspect d\u2019une poudre blanche, amorphe, au goût très amer et dont le point de fusion est de 113° à 114°C., après avoir passé par une phase de ramollissement vers 88°C.Très soluble dans les acides étendus, l\u2019êther, l\u2019alcool et le benzène, cette substance est insoluble dans l\u2019eau, l\u2019éther de pétrole et le chloroforme.1° PURIFICATION : Nous soumettons ces bases à différents traitements, en vue de les purifier.Des solutions dans l\u2019éther sont traitées par des portions d\u2019éther de pétrole (par exemple : 60° à 120°C.).Il se forme un précipité, après refroidissement à la glacière pendant une nuit.Le précipité est repris par I\u2019éther et reprécipité par l\u2019addition de petites fractions d\u2019éther de pétrole.Ce procédé est ainsi répété quatre fois.Puis le précipité recueilli est séché dans le vide et repris par une solution aqueuse d\u2019acide sulfurique à un pour cent.L\u2019addition lente de NH\u2019OH concentré jusqu\u2019a neutralisation redonne les bases insolubles.Celles-ci recueillies, lavées, et séchées, possèdent toujours le même point de fusion de 113° à 114°C.2.STABILITÉ : Nous avons mentionné que les bases étaient solubles dans les acides dilués.Néanmoins, de telles solutions sont instables.Laissées à la température de la pièce, elles présentent après une ou deux semaines des dépôts que nous n\u2019avons pas tenté d\u2019identifier, mais qui sont assurément des produits de décomposition.Ces précipités sont solubles dans l\u2019éther et l\u2019alcool éthylique.Cependant, conservées à la glacière, ces mêmes solutions sont beaucoup plus stables, car, même après six mois, la solution est encore parfaitement limpide. 538 Lavar MÉDicCAL Avril 1954 3.RÉACTIONS DE COLORATION : Culland et Virden (6) ont mentionné, dans une de leurs publications sur Taxus baccata, certaines réactions colorées qu\u2019ils ont obtenues avec la taxine, l\u2019alcaloïde qui existe dans les feuilles de cette espèce.Nous avons essayé les mêmes réactions sur la masse alcaloïdale obtenue de Taxus canadensis.Le tableau III donne, comparées avec celles de la taxine, les réactions que nous avons observées : TapLEAU III Comparaisons des colorations entre la base obtenue de « Taxus baccata » et celles de « Taxus canadensis » RÉACTION OBSERVÉE REACTION OBSERVEE REACTIFS TAXUS BACCATA TAXUS CANADENSIS H2S04 concentré.Coloration violette Coloration rouge cerise HCI concentré.Coloration violet pâle Coloration rose clair H2SQ4 concentré et K2Cr?07.| Coloration bleue Coloration verte H2SO4 concentré et acide phos- phomolybdique.| Coloration verte Coloration bleue Comme on peut le noter aucune réaction donnée par la taxine n\u2019est fournie par les bases de Taxus canadensis.4.POUVOIR RÉDUCTEUR : Les bases ne réduisent ni la liqueur de Benedict, ni la liqueur de Fehling.5.PREPARATION DE SELS : A une solution de bases dans l\u2019éther, nous additionnons quelques gouttes d\u2019une solution alcoolique très diluée d\u2019acide sulfurique, chlorhydrique et picrique.Dans les trois cas, il se forme un abondant précipité qui est repris par l\u2019éther et ensuite par l\u2019alcool et laissé, soit à la glacière Avril 1954 Lavar MÉDicAL 539 soit à la température de la pièce.-Sauf dans le cas du picrate qui a donné quelques cristaux après un séjour de plusieurs semaines à la glacière, les deux autres sels ont toujours conservé leur état amorphe.Le tableau IV donne le point de fusion de ces sels.TapLEau IV Points de fusion de quelques sels obtenus avec les bases de « Taxus canadensis » SELS POINT DE FUSION Chlorhydrate.LL ALL 128°C.Sulfate.aa ea La a ana 139°C.Picrate.ea a a a aa aa a 250°C.6.EssAIS DE CRISTALLISATION DES BASES : Nous avons tenté de faire cristalliser les bases dans leurs solvants déjà mentionnés, tels que l\u2019éther, l\u2019alcool et le benzène.De telles solutions, après avoir été suffisamment concentrées, sont abandonnées soit au froid, soit à la température du laboratoire ou à l\u2019évaporation lente.Dans toutes ces manipulations, les solutions initiales sont ajustées de façon à contenir 0,5 g de bases dans cinquante cm3.Ni le froid, ni l\u2019évaporation lente n\u2019ont permis la formation de cristaux.Les solutions placées au froid sont restées limpides, tandis que celles qui se sont évaporées lentement ont peu à peu laissé apparaître un résidu toujours amorphe.Ces résidus recueillis à différentes phases, après solubilisation dans H?SO* à un pour cent et précipitation subséquente par NH*OH, possèdent toujours le même point de fusion 113°-114°C., et donnent tous les mêmes réactions colorées déjà notées.Nous n\u2019avons pas cru devoir pousser plus loin des essais de cristallisation ; cependant, devant les échecs subis, nous croyons que les bases que nous avons obtenues sont amorphes. 540 Lavar MÉDicaL Avril 1954 7.EssAI DE SÉPARATION DES ALCALOÏDES : Il nous reste un problème important à résoudre.Cet extrait basique alcaloïdal est-il constitué d\u2019un ou de plusieurs alcaloïdes?Étant donné l\u2019impossibilité d\u2019obtenir des produits cristallisés, il nous faut rejeter le procédé classique de séparation des constituants d\u2019une substance complexe par des cristallisations fractionnées.Nous adoptons alors une technique préconisée par J.F.Oneta (24).Le procédé est simple.Une solution, dans un acide étendu, des bases à fractionner est ajustée à différents pH avec NH\u2018OH.On recueille les précipités et ces derniers sont comparés entre eux quant à leur point de fusion, certaines réactions colorées, leurs sels, etc.Nous dissolvons 2,5 g des bases dans cent cm* d\u2019acide sulfurique à un pour cent.Après filtration, la solution, dont le pH est à 4,1, est additionnée lentement, en agitant, de NH*OH dilué, jusqu\u2019à pH 6,8.Le précipité, granuleux et blanc, est filtré, lavé et séché dans le vide.Il pèse 1,1 gramme ; son point de fusion se trouve vers 114-°115°C,, après ramollissement vers 87°-88°C.Il donne toutes les réactions de coloration obtenues déjà avec l\u2019extrait total.La solution qui reste, dont le pH est à 6,8, est traitée de nouveau par NH\u201cOH jusqu\u2019à pH 7,5 ; il se forme un nouveau précipité qui, filtré, lavé et séché, pèse 0,9 g.Son point de fusion et ses réactions colorées sont les mêmes que ceux du précipité obtenu à pH 6,5.De nouveau la solution est alcalimisée à pH 8,5 : un précipité peu abondant est recueilli.Il pèse 0,21 g et possède les mêmes caractéristiques que ies précipités précédents.Enfin la solution qui reste est fortement alcalinisée ; un léger dépôt est recueilli et séché.ll pèse 0,08 g et, encore, le point de fusion et les réactions col\u201d rées sont lesmêmes.Nous devons conclure que l\u2019extrait basique alcaloïdaÏ que nous avons obtenu des feuilles de Taxus canadensis ne contient qu\u2019un seul alcaloïde dont le point de fusion peut varier de 112° à 115°C., après une phase de ramollissement vers 85° à 88°C.8.IDENTIFICATION DES ÉLÉMENTS DE L\u2019ALCALOÏDE : En général, les alcaloïdes contiennent les éléments : carbone, hydrogène, oxygène et azote.Il est très rare qu\u2019on rencontre d\u2019autres Avril 1954 Lavar MÉDicaL 541 corps.Cependant pour nous assurer de la présence de ces éléments nous en faisons la recherche en utilisant la technique décrite par Gatter- man (8) et, de fait, nous retrouvons ces éléments.9.DÉTERMINATION DU POIDS MOLÉCULAIRE : Même s\u2019il n\u2019entre pas dans les cadres de ce travail de trouver la constitution chimique de l\u2019alcaloïde que nous avons 1solé, la connaissance de sa formule brute et de son poids moléculaire est importante du fait qu\u2019elle nous permettra de pouvoir faire certaines comparaisons avec d\u2019autres alcaloïdes, notamment la taxine.Par la méthode cryscopique et avec le benzène comme solvant, nous déterminons le poids moléculaire de notre alcaloïde.Les différents calculs effectués nous donnent 716 comme poids moléculaire.10.CALCUL DE LA FORMULE BRUTE : Nous faisons un semi-microdosage ! du carbone et de l\u2019hydrogène en utilisant la technique de combustion de Liebig (8) ; quant à la détermination du pourcentage d\u2019azote nous employons la technique de Dumas (8).Les deux combustions pour le dosage du carbone et l\u2019hydrogène nous ont respectivement donné 63,28 et 63,34 pour cent pour le carbone et 8,22 et 8,32 pour cent pour l\u2019hydrogène ; pour l\u2019azote, une micro- combustion a donné 6,04 pour cent.Si l\u2019on fait les moyennes on obtient : C 63,28 6334.63,31 pour cent 2 H 8,22 832.LL 8,27 pour cent 2 N 6,04 pour cent Total.a ALL La 77,62 pour cent 1.Les manipulations nécessaires à ces déterminations ont été faites au Département de chimie, Faculté des sciences, université Laval. VI B ID Lavar MÉDicaL Avril 1954 La différence (100 \u2014 77,62) soit 22,38 représente le pourcentage d\u2019oxygène.Les pourcentages de ces éléments, calculés pour la formule brute C°7H>70\"9N3, sont : C = 62,97, H = 8,08, O = 22,69 et N = 5,95.Ces valeurs calculées ne sont pas tellement différentes des valeurs trouvées ; nous accepterons donc cette formule brute C°7H*\"O'©N3, dont le poids moléculaire est de 706, comme celle de notre produit, isolé du Taxus canadensis.Comme on peut s\u2019en rendre compte, la formule brute de la taxine C:\u201dH°'O!9N, alcaloïde obtenu du Taxus baccata diffère notablement de notre substance.On y trouve, en effet, deux atomes d\u2019azotes et six atomes d\u2019hydrogène de moins.Provisoirement, nous appellerons cet alcaloïde, taxinine, dont la formule serait C°7H°70\"°N3, Discussion Au cours des recherches préliminaires faites sur des feuilles de Taxus canadensis, nous avons noté la présence d\u2019acaloïdes.L'activité pharmacodynamique de ces corps chimiques nous a poussé à 1soler ces bases, à les purifier et si possible à les séparer.Nous sommes presque convaincu que c\u2019est à ces corps qu\u2019il faut attribuer les propriétés pharmacologiques des infusions de feuilles de Taxus canadensis.L\u2019extraction en milieu aqueux légèrement acidifié élimine déjà les substances telles que les résines, dont on a tellement de difficulté à se défaire du cours de l\u2019extraction des alcaJoïdes.De plus, l\u2019emploi des réactifs de Valser et de l\u2019acide silico-tungstique permet de séparer plus rapidement les bases alcaloidales.Les tentatives d\u2019isolation des constituants alcaloïdaux nous ont permis de constater qu\u2019il n\u2019y avait qu\u2019un seul alcaloïde, différent de la taxine.Étant donné que nous nous étions proposé l\u2019isolement des principes actifs des feuilles nous nous en sommes tenu à déterminer sa formule brute et son poids moléculaire sans pousser plus loin l\u2019étude de cet alcaloïde, nous réservant avant tout son étude pharmacologique. Avril 1954 Lavar MÉDicAL 543 CHAPITRE Ill ANALYSE DE L\u2019ÉCORCE ET DU FRUIT A.ETUDE DE L\u2019ECORCE : Nous avons cru utile de faire une courte analyse chimique de Pécorce de Taxus canadensis.Pour cela nous avons recueilli en janvier de grosses branches et, après séchage, nous avons enlevé l\u2019écorce avec un couteau ; le décollement se fait bien par ce grattage.Après avoir été pulvérisé au moulin sur treillis n° 20, l\u2019échantillon est ensuite placé dans un bocal bien bouché.1.Recherches préliminaires : Tout d\u2019abord un même échantillon subit une série d\u2019extractions successives au Soxhlet, avec différents solvants, soit dans l\u2019ordre : l\u2019éther de pétrole (par exemple : 60° à 120°C.), Pêther et l\u2019alcool éthylique à 95 pour cent.Après épuisement de l\u2019écorce, nous évaporons lentement le solvant au bain-marie.Le ballon contenant l\u2019extrait est placé dans un dessi- cateur sur H2SO%.On conserve ainsi dans le vide pendant trois jours.On pèse et le poids de substance est reporté à cent grammes d\u2019écorce séchée à l\u2019étuve à 100°C.pendant vingt-quatre heures.Après chaque extraction, l\u2019échantillon est placé à l\u2019étuve à 60°C.pour l\u2019en débarrasser complètement du solvant qui l\u2019imbibe.On le replace ensuite dans une nouvelle cartouche à extraction.Le tableau V nous donne les résultats obtenus.TaBLEAaU V Extractions d\u2019écorce de « Taxus canadensis » par divers solvants.SoLVANT ÉCHANTILLON RésiDu POURCENTAGE Ether de pétrole.229g 0,3g 1,31 Ether.219g 0,4¢g 1,88 Alcool.20,3 g 0,8g 3,94 544 Lava\u2026 MÉDicaL Avril 1954 Le tableau VI compare les résultats obtenus sur l\u2019écorce à ceux déjà rapportés pour les feuilles, à l\u2019exception des extraits obtenus par le chloroforme.TaBLEau VI Comparaison entre les extractions de feuilles et d\u2019écorce SoLvaNT FEUILLES Ecorce Ether de pétrole.2,9 pour cent 1,31 pour cent Ether FR LL LL 0,21 pour cent 1,88 pour cent Alcool.19,0 pour cent 3,94 pour cent Ces résultats nous permettent de tirer les conclusions suivantes : a) Les feuilles fournissent un résidu plus considérable que l\u2019écorce, au cours de l\u2019extraction par l\u2019éther de pétrole.Or, comme ce sont surtout les corps gras, les acides gras et un peu de résines que ce solvant retire des végétaux, 1l apparaît donc que l\u2019écorce contient moins de ces substances que les feuilles.b) L\u2019êther donne un extrait plus abondant avec l\u2019écorce.Étant donné que l\u2019éther est un solvant des résines avant tout, il faut donc admettre que l\u2019écorce de Taxus contient plus de résmes que la feuille.c) L\u2019extrait sec alcoolique obtenu à partir des feuilles pèse cinq fois plus que celui que fournit l\u2019écorce.Or, l\u2019alcool à chaud, est un bon solvant des corps gras, des tannins et de certains hydrates de carbone ; de sorte que nous pouvons croire que l\u2019écorce contient moins de ces éléments que la feuille.Examen du résidu à l\u2019éther de pétrole.Le résidu, débarrassé de l\u2019éther de pétrole, présente l\u2019aspect d\u2019une masse jaune clair sans cristaux, > fr A ni dépôt quelconque.Nous n\u2019avons pas tenté d\u2019identifier ce résidu ; nous nous sommes borné à y rechercher la présence d\u2019alcaloide. Avril 1954 LavaL MEbicaL 545 x Nous avons donc repris ce résidu avec vingt cm* d\u2019H?SO* à sept pour cent au bain-marie, en chauffant pendant vingt minutes.La solution, filtrée, est ensuite divisée en quatre portions de cinq cm3, et on ajoute à chacune d\u2019elles, une goutte de réactif de Valser, d\u2019acide silico-tungstique, à cinq pour cent dans l\u2019eau, d\u2019acide picrique en solution aqueuse et de réactif de Bouchardat.Aucune des solutions n\u2019a donné de précipité ou même d\u2019opalescence.Examen du résidu de l\u2019extraction par l\u2019étber.Ce résidu, d\u2019aspect verdâtre, dur et cassant, est repris par une solution d\u2019H?SO$, à un pour cent.Après chauffage au bain-marie, on filtre.L\u2019addition à différentes portions de cette solution d\u2019une goutte des réactifs alcaloïdaux déjà mentionnés, ne produit aucun précipité.De plus, l\u2019addition d\u2019une solution fraîche de FeCP donne une coloration verte intense.La partie insoluble qui est restée sur le filtre est reprise par dix cm?d\u2019alcool à 95 pour cent.Il y a dissolution presque complète.Après filtration, l\u2019addition de quelques gouttes d\u2019eau à la solution alcoolique, amène la formation d\u2019une opacité qui devient un précipité lorsqu\u2019on augmente la quantité d\u2019eau dans l\u2019alcool.Ce sont sans doute des résines qui précipitent de leur solution alcoolique par l\u2019addition d\u2019eau.Examen du résidu de l\u2019extraction alcoolique.Le dépôt qui reste dans le ballon, après en avoir chassé l\u2019alcool, est de couleur brun rouge.Nous en prélevons une petite quantité, que nous reprenons avec H?SO* à un pour cent, en s\u2019aidant d\u2019un peu de chaleur.La solution, après filtration, ne donne aucune réaction avec les réactifs alcaloïdaux.L\u2019addition de FeCP fournit un précipité vert ; il y a donc abondance de tannins.Ce qui reste du résidu initial, est repris par l\u2019eau et il s\u2019y dissout presque complètement ; on filtre, et sur une première partie de la solution, l\u2019on opère une série de spot tests dits généraux, qui serviront à prouver qu\u2019il y a vraiment présence de tannins.Le tableau VII présente les observations relevées.Ces réactions propres aux tannins en général permettent de conclure avec certitude que nous sommes en présence de tannins. 546 Lavar MEbpicaL Avril 1954 TaBLEAaU VII Réactions obtenues à partir du résidu extrait par l\u2019alcool.RÉACTIFs OBSERVATIONS Solution de FeCB3.précipité vert foncé Solution de gélatine.précipité brun Solution de K2Cr207.coloration brune NH4OH cone.coloration brune et précipité Eau de brome.précipité jaune KLIL,NH4OH.précipité vert Mais l\u2019on sait que les tannins sont des composés très complexes, dont la molécule peut contenir des sucres, estérifiant des noyaux phéno- liques, tels que les catéchols, le résorcmol, l\u2019acide protacatéchique, le pyrogallol, l\u2019acide gallique.Hoch (12) et Haas et Hill (11) donnent différentes réactions propres à chacun de ces noyaux de sorte que l\u2019on peut préciser la nature des tannins rencontrés dans une plante.Ces auteurs divisent les tannins en deux groupes : le groupe des catéchols, où le noyau contient deux hydroxyles et le groupe des pyrogallols dont le noyau possède trois fonctions OH.Les catéchol-tannins donnent les réactions suivantes : a) Précipité avec l\u2019acétate de plomb ; b) Coloration verte avec FeCl\u2019, changeant au violet par l\u2019addition d\u2019acétate de sodrum ; c) Réduction de la liqueur de Fehling ; d) Coloration vert foncé par l\u2019addition d\u2019alun de fer ; e) Précipité avec l\u2019eau de brome.Or, la solution aqueuse de l\u2019extrait alcoolique donne toutes ces réactions, alors que nous n\u2019avons noté aucune des réactions caractéristiques aux pyrogallols-tannins.Enfm, étant donné que la coloration verte, obtenue par addition de FeCl?tourne au violet si l\u2019on ajoute de l\u2019acétate de sodium et que Avril 1954 Lavar MÉDicAL 547 cette même coloration ne tourne pas au bleu puis au rouge, en ajoutant du carbonate de sodium, comme le font les tannins de l\u2019acide pyro- gallique, nous admettrons que les tannins de Taxus canadensis appartiennent aux catéchols.2.Recherche d\u2019alcaloïdes par extraction à l\u2019éther ammontacal : Déjà les résidus des différentes extractions par des solvants organiques que nous avons employés, s\u2019étalent montrés dépourvus d\u2019alcaloïde.Cependant, nous avons cru devoir refaire une extraction avec de l\u2019êther, additionné de NH*OH, procédé qui est généraiement très sensible.Deux cents grammes d\u2019écorce pulvérisée sont mis 4 macérer dans un ballon de trois litres, avec cinq cents cm3 d\u2019éther et vingt cm3 de NH*OH.On agite fréquemment.Après vingt-quatre heures de macération, le liquide est décanté et l\u2019on procède à une nouvelle macération.Les solutions éthérées, de couleur jaune pâle, sont réunies et concentrées, sous pression réduite, à un volume de cent cm* qui est alors extrait six fois par dix cm* de H?SO* à un pour cent.L\u2019addition à la solution acide des réactifs alcaloïdaux déjà utilisés, ne produit ni précipité, ni trouble.Nous devons conclure à l\u2019absence d\u2019alcaloïdes.3.Recherche de glucosides : Cinq cents grammes de l\u2019écorce sont épuisés à l\u2019eau bouillante et les opérations qui suivent sont les mêmes que celles utilisées au cours de l\u2019extraction du glucoside dans les feuilles (7).La pâte finalement obtenue est desséchée à l\u2019étuve à 90°C., pulvérisée, puis placée dans un ballon à col court et muni d\u2019un réfrigérant à reflux.On extrait ensuite, à chaud, au bain-marie, avec trois portions successives de cent cm3 d\u2019acétate d\u2019éthyle.On concentre dans le vide jusqu\u2019à un volume de vingt-cinq cm* que l\u2019on place à la glaciére ; il ne s\u2019y produit aucune précipitation après une semaine.Le résidu, après évaporation complète de l\u2019acétate d\u2019éthyle, ne donne pas de coloration bleue avec l\u2019acide nitrique. 548 Lavar.MÉDiCAL Avril 1954 Devant l\u2019absence de cristallisation et de coloration avec HNO}, et comme cette dernière réaction est très sensible, puisqu\u2019elle s\u2019observe même avec des traces de taxicatime (21), nous devons conclure en l\u2019absence de glucosides dans l\u2019écorce de Taxus canadensis.Discussion L\u2019analyse sommaire de l\u2019écorce de Taxus canadensis s\u2019est donc montrée négative en regard des alcaloïdes et des glucosides isolés des feuilles de la même plante.Les solvants organiques ont fourni beaucoup moins de matière que dans le cas des feuilles et, de plus, aucun n\u2019a pu extraire d\u2019alcaloïde.Le glucoside, que Fortin (7) a isolé des feuilles, n\u2019existe pas dans l\u2019écorce.Quant aux tannins on a vu qu\u2019ils sont des catéchol-tannms ; ce sont peut-être là les constituants les plus importants de l\u2019écorce.B.ÉTUDE CHIMIQUE DU FRUIT DE « TAXUS CANADENSIS » Le fruit de Taxus canadensis est une magnifique baie d\u2019un beau rouge clair, de la grosseur d\u2019un pois.La pulpe abondante qui entoure la graine, est Juteuse et d\u2019un goût amer.Comme il nous a été très difficile d\u2019obtenir ces fruits en quantité suffisante, nous avons dû nous limiter à n\u2019y rechercher que l\u2019alcaloïde et le glucoside, déjà trouvés dans les feuilles.Nous n\u2019avons pu, en effet, recueillir que 150 g de fruits frais ; nous n\u2019avons fait que des analyses qualitatives.Nous avons d\u2019abord séparé la graine de la pulpe, et ces deux parties du fruit furent séchées à l\u2019étuve à 70°C., pendant quarante-huit heures.On note une perte en poids de 95 grammes soit environ, 63 pour cent.Recherche de l\u2019alcaloïde dans la pulpe et les graines : Nous disposons d\u2019environ vingt-cinq g de pulpe desséchée.Sur quinze g de cette pulpe, nous faisons une macération à l\u2019éther ammoniacal, soit cinquante cm3 d\u2019êther additionné de deux cm3 de NH?OH concentré., Après deux macérations, les solutions éthérées sont concentrées au J; Avril 1954 Lavar MÉDICAL 549 bain-marie et le résidu, d\u2019aspect huileux et jaunitre, est placé dans un dessicateur, sur CaCl?et on fait le vide.On reprend ensuite ce résidu par dix cm* d\u2019H?SO* à un pour cent en chauffant légèrement au bain-marie.Après filtration, on additionne la solution d\u2019une goutte d\u2019acide silico-tungstique en solution aqueuse à cinq pour cent : aucun précipité, aucune opalescence n\u2019est visible.Quant aux graines, après les avoir pulvérisées, nous en extrayons quinze g par l\u2019éther ammoniacal, en procédant, d\u2019ailleurs, de la même façon que pour la pulpe.L\u2019addition à la solution acide d\u2019une goutte d\u2019acide silico-tungstique produit une opalescence dont on peut voir les particules avec une loupe et, après vingt-quatre heures, on observe un précipité au fond du tube à essai.C\u2019est donc une réaction positive pour un alcaloïde.Recherche du glucoside dans la pulpe et le fruit : Comme nous ne disposons que d\u2019une très petite quantité de matière première pour l\u2019extraction du glucoside, qui, déjà, ne se rencontre qu\u2019à un taux très faible dans la feuille, nous devons être très circonspect quant à nos conclusions.Cependant, comme la réaction de coloration avec l\u2019acide nitrique concentré est d\u2019une extrême sensibilité, comme l\u2019ont démontré Lefevre et Fortin (7 et 21), nous croyons qu\u2019en nous servant de cette réaction, nous pourrons établir avec une quasi-certitude la présence ou non de taxicatine dans le fruit.Nous avons procédé de façon identique pour la pulpe et pour la graine : nous avons fait une dizaine d\u2019extractions sur bain-marie, dans un ballon muni d\u2019un réfrigérant à reflux, avec des portions de quinze em3 d\u2019acétate d\u2019éthyle.Nous avons ainsi traité quinze g de graines pulvérisées et dix g de pulpe sèche.Dans les deux cas, on laisse évaporer spontanément l\u2019acétate d\u2019éthyle.Les résidus sont peu importants ; une goutte d\u2019acide nitrique est ajoutée à chacun des résidus et, une minute plus tard, on ajoute dix em3 d\u2019eau : aucune coloration bleue n\u2019est visible. 550 LavaL MEbicaL Avril 1954 Discussion Bien que notre étude n\u2019ait porté que sur une faible quantité de fruits de Taxus canadensis, nous avons, néanmoins, pu constater que : 1° La pulpe ne contient ni alcaloïde, ni glucoside ; 2° La graine ne contient pas, non plus, de glucoside, mais comme l\u2019indique la réaction avec l\u2019acide silico-tungstique, réactif très sensible à l\u2019alcaloïde trouvé dans les feuilles, nous croyons qu\u2019elle contient un alcaloïde, probablement le même que celui des feuilles.CONCLUSION La plupart des principes chimiques d\u2019origine végétale, soit de nature alcaloïdale, soit de nature glucosidique, proviennent de plantes appartenant à la classe des angiospermes.Parmi les gymnospermes, on ne trouve que quelques familles, comme certains champignons, les [ycopodes, les éphédras et les taxus, qui fournissent, soit des alcaloïdes, soit des glucosides.L\u2019if canadien est justement une espèce du genre Taxus.Il est assez curieux de noter qu\u2019un conifère comme le Taxus cana- densis ne possède pratiquement aucune des caractéristiques physiques et chimiques des conifères ; pas de présence d\u2019oléorésines, pas de cônes reproducteurs, seules ses feuilles en aiguilles sont typiques.L\u2019étude que nous en avons faite nous a révélé, en plus des constituants généraux des végétaux, la présence d\u2019un alcaloïde assez pauvrement caractérisé.\u201cComme nous voulions expliquer, en isolant un principe responsable, le mécanisme pharmacodynamique qui permet aux mfusions des feuilles de Taxus de jouer le rôle d\u2019agent hypotenseur nous nous en sommes tenu à ce travail chimique que nous compléterons, dans une seconde partie, d\u2019une étude pharmacologique de l\u2019alcaloïde. MOUVEMENT MÉDICAL LES LIMITES DE LA MÉDECINE ET LE DOCTEUR PAUL TOURNIER par Abbé J.-P.SCHALLER, s.T.0.* C\u2019est un lieu commun aujourd\u2019hui que de rappeler combien la Médecine insiste sur ces relations étroites entre l\u2019Âme et le corps qui établissent chez l\u2019homme l\u2019unité psychosomatique.Cette unité, qu\u2019à certaines époques de l\u2019histoire de la Médecine on négligea beaucoup trop, permet à la thérapeutique de soigner le patient non pas seulement comme un ensemble mécanique d\u2019organes et de fonctions dérangés par la maladie, mais comme un être chez qui le psychisme exerce sur le physique \u2014 et vice versa \u2014 une Influence très prononcée et même * Note biographique.\u2014 Jean-Pierre Schaller, né le 3 mars 1924 à Porrentruy, ville de Suisse située non loin de la frontière française, d\u2019une famille qui compte depuis deux générations des médecins.Passe son baccalauréat au collège d'État de sa ville natale.Étudie la philosophie à l\u2019université de Fribourg, la théologie aux Facultés de Lucerne et de Fribourg où 1l est reçu docteur en théologie en 1948.Chargé du soin pastoral de la Mission catholique de langue française à Zurich pendant qu\u2019il suit des cours supérieurs à l\u2019université et au Polytechnique de cette ville : médecine, théologie protestante, littérature.Exerce présentement son ministère sacerdotal à Saint-Imier, en Suisse protestante, tout en prenant part à différents congrès de médecine psychosomatique.Est l\u2019auteur de Prêtre et Médecin en face du malade ; élabore présentement un ouvrage qui portera sur la Médecine moderne et les sacrements.N.D.L.R.(12) 552 LavarL MEbicaL Avril 1954 souvent imprévisible et mystérieuse.Cette conception synthétique de la Médecine permet aux spécialistes et aux praticiens d\u2019échapper à une compréhension organistique trop sommaire de la maladie et de pénétrer amsi dans la sphère du malade avec plus de perspicacité.Les découvertes scientifiques elles-même disposent à cet état de choses.La psychanalyse en révélant de lointains mobiles dans les réactions de l\u2019homme, la psychochirurgie en relevant combien l\u2019être raisonnable dépend, pour user de cette raison, de sa structure animale, établissent la nécessité de considérer un patient dans son unité et non pas comme une somme de parties diverses que l\u2019on pourrait soigner chacune indépendamment des autres.MINISTÈRE MÉDICAL Il faut donc se réjouir de voir la Médecine revenir toujours davantage à la synthèse et à ce souci constant de considérer l\u2019acte médical, comme un «acte singulier ».Le mot est de Georges Duhamel qui le comprenait au sens qu\u2019il prend dans combat singulier : un acte d\u2019homme à homme !.Cependant, immédiatement on se rend compte del\u2019influence possible non seulement de la Médecine mais de la personne mème du médecin sur le patient.En Suisse, par exemple, chacun connaît le nom du médecin protestant de Genève, le docteur Paul Tournier.Cet homme apporte à l\u2019exercice de son art non seulement des connaissances enrichies de multiples expériences mais encore une sincérité de chrétien qui souhaite procurer la paix intérieure à ses patients.Plusieurs ouvrages de cet auteur indiquent son point de vue qui mérite avant toutes choses un grand respect.II y a pourtant des affirmations surprenantes qui, pour un lecteur catholique, semblent dépasser l\u2019office propre du praticien et venir d\u2019un représentant non plus de la médecine mais du sacerdoce.Cette confusion, il faut le dire immédiatement, était quasi mévitable de la part d\u2019un médecin protestant.Déjà lorsque le docteur Paul Tournier publiait son premier ouvrage : Médecine de la personne, qui eut un succès retentissant, un dominicain, le R.Père B.Lavaud, s\u2019était élevé contre des exagérations et même certames erreurs 1.Georges DUHAMEL, « Les excès de l\u2019Étatisme et les responsabilités de la Médecine », Revue des Deux Mondes, (15 mai) 1934, p.278.AD arr me It Avril 1954 Lavar MÉDICAL 553 qu\u2019un catholique ne saurait accepter : une doctrine christologique déficiente, une distinction entre ame et l\u2019esprit peu conforme à la philosophie traditionnelle et, surtout, une confusion nette entre médecme et religion 2.Dans les ouvrages qui parurent ensuite on retrouve encore cette confusion et c\u2019est surtout sur ce point que nous voudrions insister.Nous avons déjà eu l\u2019occasion de relever ailleurs 3 qu\u2019un pasteur protestant n\u2019ayant pas à soutenir le malade par des sacrements conférant la grâce \u2014 comme c\u2019est le cas pour le prêtre catholique qui dispense l\u2019absolution sacramentelle, la sainte communion et l\u2019extrême-onction \u2014 le médecin protestant pourra d\u2019autant plus assimiler son office à celui d\u2019un directeur spirituel, voire d\u2019un pasteur.C\u2019est ainsi que le docteur P.Tournier affirme : « Notre profession est un ministère, un sacerdoce, et Je voudrais que l\u2019Eglise consacre les médecins comme elle consacre les ecclésiastiques » 4.Se basant sur une pareille conception des choses l\u2019auteur parlera fréquemment du « ministère médical ».II consiste à « amener des âmes à Jésus-Christ » et pas seulement à guérir le patient.Ou plutôt 1l consiste à le guérir tout en l\u2019aidant «à distinguer lui-même ce que Dieu a fait pour lui, ce que Dieu lui dit par les événements » (Bible et médecine, p.75).Ainsi d\u2019une seule personne, du médecin, découlent les deux offices de soigner l\u2019organisme et de guider l\u2019âme.Ce que le docteur P.T'ournier appelle « cure d\u2019Ame » se réduit « toujours à une seule chose : conduire l\u2019âme en présence du Christ, et cela non en l\u2019exhortant à y aller, mais en y allant avec elle, fraternellement ; en la suivant.pas à pas sur sa propre route, en priant derrière elle pour l\u2019empêcher de reculer » 5.On comprend dès lors que l\u2019auteur, souvent, relate qu\u2019avant de traiter un malade il se recueille longuement à son sujet ou même il 2.R.P.B.Lavaup, o.p., « De la pratique médicale à la direction spirituelle », Nova et Vetera, 1941 (Fribourg en Suisse), pp.67-110.3.Abbé J.-P.SCHALLER, Prêtre et médecin en face du malade, Porrentruy (Suisse), Le Jura, 1949, cf.p.31.4.Dr Paul Tournier, Bible et médecine, Neuchâtel (Suisse), Delachaux et Niestlé, 1951, p.207.5.Dr Paul TournNier, Technique et foi, Neuchâtel (Suisse), Delachaux et Niestlé, 1944, p.246. 554 LAvAL MÉDICAL Avril 1954 l\u2019aide à prier ou prie avec lui.Ces constatations corroborent ce que le docteur P.Tournier exposait déjà dans son premier ouvrage : «La médecine ne saurait pas plus ignorer arbitrairement le spirituel que le psychique ou le physique.La médecine consiste à guérir.Tout ce qui contribue à guérir relève donc de la médecine.Il n\u2019est pas contestable que des faits d\u2019ordre spirituel peuvent contribuer à guérir.Ils ne sauraient donc être écartés par le médecin.De même que celui-ci peut appliquer les ondes courtes sans être physicien, ou injecter de la morphine sans être chimiste, de même iI peut pratiquer la cure d\u2019âÂme sans être théologien.La cure d\u2019âÂme, dans son essence, consiste à amener les âmes au contact personnel du Christ.Au contact du Christ elles font des expériences qui ont des conséquences psychiques et physiques, et qui relèvent donc de la médecine » 6.Ces affirmations semblent oublier que la chimie, la physique et la médecine sont des sciences d\u2019ordre naturel tandis que la théologre atteint le domaine surnaturel.Pour préciser la pensée de l\u2019auteur 1l importe de bien définir ce qu\u2019il entend par cette expérience que l\u2019âme fait au contact du Christ.ExPÉRIENCE SPIRITUELLE Toute la doctrine du médecin genevois est basée sur ce terme : expérience spirituelle.Le mot revient sans relâche dans les divers ouvrages du docteur Tournier.L'auteur dit aussi : expérience religieuse, expérience chrétienne, expérience de la grâce, expérience de Dieu, expérience spirituelle authentique.On sait que c\u2019est là une notion chère aux écrivains protestants.Une fois encore le médecin ne diffère pas beaucoup du pasteur, soit pour vivre cette expérience, soit pour aider les autres à la connaître, à leur donner « la contagion de sa propre expérience » et non pas de simples exhortations.Le docteur Tournier définit ainsi cette notion : « L'expérience chrétienne, c\u2019est l\u2019irruption de Jésus-Christ dans une vie, qui y apporte une détente, une confiance et une force libératrice inconnues et provoque une discontinuité dans son évolution » (Médecine de la personne, p.202).6.Dr Paul TourNIER, Médecine de la personne, Neuchâtel (Suisse), Delachaux et Niestlé, huitième édition, 1945, p.133. \u2014 wh TR \u20ac | \u2014 oH = Avril 1954 Lavar MÉDICAL 555 Comme nous le disions au début, c\u2019est le souci de considérer l\u2019homme dans son unité qui a conduit le docteur P.Tournier a cette conception de la médecine.L\u2019auteur désire amsi réaliser un idéal et on doit souvent admirer la profonde bonne volonté qu\u2019il apporte pour venir à la rencontre de ses patients.« Si le médecin n\u2019a en tête que des préoccupations scientifiques, s\u2019il ne pense qu\u2019à des microbes, des dosages chimiques ou des complexes psychiques, jamais le malade ne s'ouvre à lui sur les questions qui le hantent et qui concernent non le mécanisme mais le sens de sa maladie » (Bible et médecine, p.11).Ce zèle aussi sincère qu\u2019admirable ne peut cependant justifier en tout cette ingérence du médecin en un domaine où le prêtre catholique seul aurait compétence s\u2019il s\u2019agit de patients appartenant à cette religion.Tant que le problème est de veiller à l\u2019ensemble psychosomatique 1l faut reconnaître les compétences du praticien.Le médecin genevois sait bien que cet ensemble est fort compliqué, ne serait-ce déjà que par l\u2019imfluence « des nerfs dans tout le corps, qui président au travail de tous les organes, qui accélèrent ou freinent le rythme du cœur, ou celui des mouvements de l'intestin, qui modifient la pression du sang ou sa répartition dans l\u2019organisme par dilatation ou constriction des vaisseaux, qui stimulent ou inhibent la sécrétion de chaque glande ; ils provoquent la contraction de n\u2019importe quel muscle, Solontaire ou involontaire, ils modifient le trophisme des téguments ou le métabolisme des humeurs, 1ls donnent ou abolissent les sensations de douleur et de jouissance » (Technique et foi, pp.162-163).Les rapports entre les troubles psychiques et les nerfs ou les glandes endocrines sont souvent inextricables.Certains phénomènes mentaux, des crises d\u2019angoisses ou d\u2019obsession peuvent avoir des origines diverses.Mais cela n\u2019autorise encore pas le praticien à prendre en main, lui- même, la direction spirituelle du patient, au point de pénêtrer dans une sphère qui n\u2019est plus celle de la thérapeutique car elle est la sphère du surnaturel.Or précisément souvent le docteur P.Tournier parle de la vertu de foi.Chacun sait que la théologie appelle cette vertu « théologale » parce qu\u2019elle a Dieu comme objet direct : elle est un don de Dieu, une vertu essentiellement surnaturellle.Donc, en soi la foi n\u2019appartient 556 Lavar MÉDicaL Avril 1954 aucunement au domaine médical.Cependant elle joue un rôle prépondérant chez le médecin genevois dans sa manière de comprendre la médecine et la thérapeutique.C\u2019est qu\u2019alors la foi devient un puissant levier de courage et de confiance qui favorisent, chez le malade, le « vouloir guérir » et le « vouloir vivre » qui sont, on le sait, des éléments essentiels de la part du patient pour obtenir la guérison.Voilà pourquoi l\u2019auteur relève le devoir qu\u2019ont les médecins d\u2019éveiller affectueusement le désir de vivre chez leurs malades (Bible et médecine, p.142).Dans ce but le docteur P.Tournier s\u2019efforce sans relâche d\u2019intensifier la foi religieuse du patient.Il consacre d\u2019ailleurs à cette vertu des lignes admirables.C\u2019est aïmsi qu\u2019après avoir observé que « celui qui prétend n\u2019avoir jamais douté ne sait pas ce que c\u2019est que la foi, car la foi se forge à travers le doute » (Technique et foi, p.121), l\u2019auteur écrivait encore : « La foi, ce n\u2019est pas marcher sans difficulté, mais c\u2019est recevoir la force de marcher en avant malgré toutes les difficultés extérieures et intérieures et oser les regarder en face.La foi consiste à croire que là où nous sommes c\u2019est là que Dieu veut que nous soyons ; qu\u2019Il nous demande de nous donner de tout cœur à cette tâche présente et qu\u2019Il saura bien nous conduire ailleurs s\u2019Il le veut un jour » (1bidem, pp.185-186 et p.208).Ces affirmations sont très exactes et on ne saurait les contredire.Tout au plus pourrait-on 1ci et là remplacer le terme foi par celui de confiance, et au point de vue théologique 1l y aurait alors une différence fondamentale.Cependant ailleurs le docteur P.T'ournier fait lui-même observer que la foi n\u2019entretient pas toujours en nous une totale sécurité.Il écrit, par exemple, que «la peur de la mort n\u2019est pas un manque de foi.Beaucoup de malades m\u2019écrivent pour me questionner à ce sujet.Demeurer dans la foi, ce n \u2018est pas être mhumain, ce n\u2019est pas se prétendre inaccessible à la peur ; c\u2019est bien plutôt oser prendre conscience de ses révoltes naturelles » (Bible et médecine, p.155).MÉDECIN ET THÉOLOGIEN Il semble un peu bizarre que des malades écrivent au docteur P.Tournier \u2014 qui, même, ne s\u2019mtitule pas psychiatre \u2014 pour le questionner au sujet de la valeur de ce don de Dieu qui se nomme la foi.Mais Avril 1954 Lavar MÉDICAL 557 nous ne saurions assez insister sur le fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un médecin protestant à qui il est beaucoup plus facile de remplacer le pasteur, qu\u2019à un médecin catholique de prendre la place du prêtre.L'auteur constate que « la foi consiste plus à respecter les mystères de Dieu qu\u2019à prétendre les expliquer » (Bible et médecine, p.157).C\u2019est encore exact mais la tâche du théologien consiste cependant, à la lumière de la Révélation et secouru par la saine raison, à montrer l\u2019excellence mais aussi la non- contradiction des mystères du christianisme et à en tirer des applications pratiques pour la vie de chaque jour.Et ceci n\u2019est plus l\u2019office propre du médecin.Le docteur P.Tournier répondra peut-être que les faits attestent qu\u2019« un malade découragé de la vie, écrasé par des problèmes de famille qu\u2019il n\u2019a pas pu résoudre, mourra d\u2019une grippe banale » et qu\u2019ainsi « plus notre état physique et moral est compromis, plus nous avons besoin d\u2019une âme limpide et victorieuse pour soutenir le corps» (Médecine de la personne, p.30 et p.28).Mais qu\u2019on n\u2019oublie pas que le prêtre catholique possède, à la disposition des fidèles, pour rendre leur âme toujours plus limpide et victorieuse, les sacrements qui sont, selon une expression chère aux Pères de l\u2019Église, les canaux de la grâce que seul, dans la plupart des cas, le prêtre revêtu du sacerdoce peut actionner.Il serait dangereux qu\u2019un médecin prenne peu à peu la place du prêtre dans la vie des fidèles car, il faut bien le reconnaître, tous les médecins n\u2019ont pas la grandeur d\u2019âme et les convictions lumineuses du docteur P.l'ournier.On doit admirer dans les ouvrages de cet auteur une mesure, une recherche d\u2019entente et d\u2019équilibre, une absence d\u2019hostilité à l\u2019égard d\u2019autres confessions et un zèle ardent à servir le malade tout en respectant ses croyances.En n\u2019approuvant pas absolument en tout le docteur P.T'ournier, amsi que nous l\u2019avons montré, il est sage d\u2019ajouter que même si la médecine était pratiquée selon ses méthodes par les praticiens on ne saurait attendre de tous les médecins pareille ferveur et pareille impartialité.Toute maladie, écrit le docteur P.Tournier, est un rappel de notre condition mortelle (Bible et médecine, p.163).Se basant sur une conception aussi sûre de la vie, l\u2019auteur alors observait : « Du sens des choses, du sens de la maladie et de la guérison, de la vie et de la mort, du monde, de l\u2019homme et de l\u2019histoire, la 558 Lavar MÉDicaAL Avril 1954 science ne nous dit rien ; c\u2019est la Bible qui nous en parle.C\u2019est pourquoi l\u2019étude de la Bible est aussi précieuse au médecin que celle de la science » (ibidem, p.12).Nous ne saurions douter que la lecture de l\u2019Écriture sainte est un merveilleux secours pour le médecin afin de l\u2019aider à demeurer théo- centrique et humain.En revanche nous ne pensons pas que la mission médicale consiste également à expliquer la Bible aux patients.C\u2019est l\u2019office du théologien.Mais encore une fois il faut revenir à une distinction indispensable : le protestant n\u2019ayant pas à comprendre la Bible dans l\u2019esprit de la Tradition, comme le fait le catholique (sentire cum Ecclesia), il est plus aisé à un médecin réformé, s\u2019il est psychologue et enclin au surnaturel, d\u2019établir une application subjective des textes sacrés au cas du malade qui veut sortir de son mal ou au moins l\u2019accepter.Cependant, lorsque le docteur P.Tournier passe à l\u2019exégèse 1l lui arrive d\u2019expliquer l\u2019Écriture d\u2019une manière qui s\u2019écarte alors de la théologie catholique.Un exemple 1llustrera ceci.x L\u2019auteur, faisant allusion à 26) écrit dans Bible et médecine : un passage des Actes des Apôtres (1, 15- « Judas avait trahi le Christ.Par qui fallait-il le remplacer ?Le souci de l\u2019Église, c\u2019était de bien choisir le nouvel apôtre, non pas selon des vues humaines, mais selon la volonté de Dieu.Deux hommes paraissaient qualifiés : Joseph, surnommé Justus, et Matthias.«Ils firent cette prière : Seigneur, toi qui connais les «cœurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi.Ils « tirérent au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut associé « aux onze apôtres (Actes, 1, 24- 26) ».On sait comment Dieu s\u2019est choisi lui-même un douzième apôtre en la personne de saint Paul, Je grand persécuteur de l\u2019Église qu\u2019il a terrassé sur le chemin de Damas (Actes, 9).Quand on songe aux fruits qu\u2019a portés ce ministère, on mesure combien le plan de Dieu était loin des vues étroites de la communauté primitive.Dieu ne s\u2019est pas laissé enfermer dans un dilemme posé par Iles hommes, si sincère que fit leur foi et leur recherche de sa direction » (op.cit, p.80).Ainsi le docteur P.Tournier estime que les Apôtres, malgré leur sincérité, en tirant au sort pour désigner le successeur du traître Judas, avaient eu recours à une solution que Dieu démentit par la suite.S.Thomas d\u2019Aquin, commentant ce passage des Actes, rapporte dans la Somme théologique (11-11, gq.95, a.8, c.) les propos de samt Bède Avril 1954 Lavar MÉDICAL 559 disant : « Si Matthias fut élu par la voie du sort, c\u2019est qu\u2019il fut choisi comme apôtre avant la Pentecôte », c\u2019est-à-dire avant l\u2019effusion plénière du Saint-Esprit sur l\u2019Église.Donc c\u2019est qu\u2019ensuite Dieu a ratifié le choix, en envoyant le saint Esprit.Et qu\u2019on n\u2019oublie pas la remarque de saint Pierre, proposant l\u2019ëlection du remplaçant de Judas, et constatant : « 1! faut que, parmi les hommes qui nous ont accompagné tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous, à partir du baptême de Jean jusqu\u2019au jour où il a été enlevé d\u2019auprès de nous, 1l y en ait un de ceux-là qui devienne avec nous témoins de sa résurrection » (Actes, 1, 21-22).Saint Pierre voulait donc choisir un nouvel apôtre parmi ceux qui avaient connu le Christ : c\u2019est déjà l\u2019idée de Tradition, très ancrée chez les chrétiens, qui se manifeste activement.Et samt Paul, dont l\u2019Écriture ne parlera d\u2019abord qu\u2019au martyre de saint Étienne (Actes, vii, 58), n\u2019aurait su se ranger parmi ceux qui étaient susceptibles de remplacer Judas du fait qu\u2019ils avaient été compagnons du Seigneur.Ainsi l\u2019exégèse du docteur P.Tournier ne s\u2019accorde pas avec l\u2019esprit de l\u2019Église et saint Paul lui-même dirait que son nom d\u2019apôtre n\u2019est dû qu\u2019à son zèle et à sa ferveur puisqu\u2019il se nomme, dans une lettre qu\u2019il adressait aux Corinthiens, l\u2019avorton, le moindre des apôtres (I Cor., xv, 8-9).Cet exemple ne va pas diminier l\u2019estime qui revient au docteur P.Tournier car simplement il est montré par là qu\u2019un médecin ne saurait s\u2019aventurer dans des domaines qui semblent davantage appartenir exclusivement aux théologiens et qui ne sont aucunement du ressort de la science médicale ou d\u2019une certame psychothérapie.Il faut s\u2019empresser d\u2019ajouter qu\u2019un prêtre, de son côté, n\u2019a pas à tenter de résoudre des cas de maladie par une prétendue direction d\u2019âme qui ne peut remplacer la thérapeutique.Avec raison le docteur P.Tournier constate, en parlant des névroses graves et des malades mentaux : «On ne saurait trop recommander, autant aux ecclésiastiques qu\u2019aux profanes, de ne pas s\u2019acharner dans la cure d\u2019âme auprès d\u2019eux.Qu\u2019ils les entourent d\u2019amour ; qu\u2019ils imtercèdent pour eux, sachant que Dieu est plus près des malades que des bien portants.Mais qu\u2019ils les envoient chez le médecin.Son intervention technique, un traitement de choc ou une psychanalyse peuvent être plus efficaces que toutes les tentatives d\u2019action spirituelle » (Technique et foi, p.249). 560 LavaL MEbicaL Avril 1954 Ainsi, pour le plus grand bien du malade on ne peut que souhaiter une exacte hiérarchie des valeurs, une répartition équitable des charges, evitant de la sorte toute confusion nuisible et périlleuse.Il y aura certes des effets réciproques divers, tantôt sur l\u2019âme, tantôt sur le corps, mais l\u2019origine des conseils et des directives est différente.Selon le médecm genevois le drame de la névrose est « que des élans, qui devraient produire la vie, entravent celle-ci, c\u2019est que l\u2019intensité même avec laquelle les névrosés aspirent à la vie, à la justice, à l\u2019affection, à la perfection, les prive d\u2019élan, de justice, d\u2019affections et de courage pour lutter contre [eurs penchants» (Bible et médecine, p.221).On sent dès lors les secours favorables que les influences médicales et religieuses pourront apporter.Mais ces influences qui atteignent le même sujet ne doivent pas nécessairement provenir d\u2019une seule et unique origme.C\u2019est respecter la personne du patient que de lui indiquer tantôt un médecin consciencieux, tantôt un prêtre capable, sans espérer remplir seul ce double office.On évite ainsi un mélange trouble entre naturel et surnaturel alors que ces domaines doivent se rencontrer avec harmonie et clarté.Il arrivera hélas ! parfois que le prêtre aura le pénible devoir de contredire le médecm.C\u2019est que toutes les directives médicales n\u2019ont pas la probité de celles du docteur P.Tournier.Ce dernier s\u2019élève, en effet, contre les méthodes de certains psychiatres qui, dans le but de calmer des natures inquiètes ou de rémédier à des troubles d\u2019angoisse et d\u2019obsession, conseillent une «expérience sexuelle».C\u2019est-à-dire quelque aventure qui aurait pour effet de pacifier le sujet.Tant aujourd\u2019hui on voue un culte à la psychologie, spécialement en médecine, on ne craint pas de faire appel à des moyens fort douteux au point de vue moral, dans le but de fournir une solution à divers conflits.Le docteur P.Tournier a senti le danger.S\u2019il accuse la médecine d\u2019être parfois trop interventionniste, Il remarque également qu\u2019un abus des théories psychologiques en thérapeutique n\u2019a pas servi la cause de l\u2019humaanité.« Il n\u2019est pas contestable \u2014 écrit l\u2019auteur \u2014 que s1 tant de gens ont perdu la foi aujourd\u2019hui, ce soit en bonne partie à cause des \u2014\u2014\"e ss Avril 1954 Lava\u2026 MÉDicaL 561 théories scientifiques qui ont voulu expliquer toutes les valeurs morales et spirituelles comme de simples projections psychologiques » (Technique et foi, p.43).Il ne faut pas trop s\u2019étonner devant les réactions de la nature et se souvenir que l\u2019homme déchu doit s\u2019accommoder de sa condition imparfaite mais qui ne l\u2019empêchera pas de gagner le Crel, s\u2019il fait preuve de bonne volonté.C\u2019est pourquoi le médecin genevois remarquait que « tout le monde a des complexes et s\u2019en accommode tant bien que mal » (ibidem, p.31).Voilà une observation pleine de bon sens, car ce terme de complexe est utilisé aujourd\u2019hui de manière aussi peu mesurée que précise.Lorsque le docteur P.Tournier parle de la confession 1l n\u2019entend pas habituellement ce mot au sens de l\u2019accusation des péchés pour en recevoir l\u2019absolution sacramentelle.Ce sacrement ayant disparu de la religion protestante, il faut comprendre le terme confession, chez l\u2019auteur, comme «le récit sincère de sa vie », l\u2019accusation des péchés faite au médecin qui permet alors, entre autres effets, « la libération du sentiment d\u2019infériorité, qui est souvent lié à un remords non liquidé » (Bible et médecine, p.202).Une fois de plus il importe de distmguer entre l\u2019heureuse intervention naturelle que sera la dissociation des réminiscences et le sacrement de Pénitence où le but premier et essentiel est un rétablissement ou une augmentation de la grâce dans l\u2019âÂme du pécheur.Le docteur P.Tournier écrit : « Beaucoup de troubles fonctionnels, et à la longue, de lésions organiques, sont la conséquence directe d\u2019un remords non liquidé, ainsi qu\u2019en témoigne leur disparition brusque ou leur amélioration à la suite de la confession.Ainsi voit-on des insommies, des palpitations, des céphalées, des troubles digestifs, hépatiques, qui duraient depurs \u2018des années, cesser du jour au lendemain après la confession d\u2019un amour coupable ou d\u2019un mensonge » (ibidem, p.21).Des résultats aussi favorables sont du ressort de la médecine mais le danger consiste à ramener insensiblement la pratique catholique de la confession sacramentelle à une séance fructueuse de psychothérapie.On s\u2019écarte de ce péril en séparant de nouveau très nettement l\u2019office du médecin de celui du prêtre.Si le sacrement cause la paix dans une 562 LavAaL MEDicAL Avril 1954 âme, c\u2019est heureux et c\u2019est souhaitable.Cependant le Christ n\u2019a pas institué la Pénitence dans le but de résoudre des complexes ou de faire avant l\u2019heure de la psychanalyse.Il importe de conserver aux sacrements et à la grâce leur caractère fondamentalement surnaturel.Le mot grâce n\u2019est pas étranger au docteur P.Tournier.Il entend souvent par là, d\u2019ailleurs, une « intervention de Esprit».Il s\u2019agit d\u2019un secours de Dieu qui permet à la vie de devenir précisément « une aventure conduite par l\u2019Esprit ».Mais on ne saurait découvrir exactement dans cette manière de concevoir la grâce le sens très précis que les théologiens, depuis le divinæ consortes naturæ de saint Pierre (2 Pierre, 1, 4), ont accordé à cette notion.Il faut ici encore éviter l\u2019écueil qui ferait tomber dans la confusion due à des mots identiques mais cachant d\u2019autres réalités.En revanche il est juste d\u2019apprécier la psychologie du docteur P.Tournier lorsqu\u2019il parle de «la nostalgie du conte de fées ».Ses constatations semblent très conformes à la doctrine du péché originel, selon l\u2019enseignement traditionnel.L\u2019auteur affirme que c\u2019est un penchant naturel, mhérent à notre condition, que d\u2019avoir recours à cette « nostalgie du conte de fées, d\u2019une baguette magique qui escamote les imextricables difficultés de la vie, les souffrances, les limites et les obscurités de notre condition humaine » (ibidem, p.113).Ce regret d\u2019un état heureux et équilibré, qui était le lot de nos premiers parents avant la chute, ne doit cependant pas faire éviter ou fuir le devoir que représente la vie comprise chrétiennement.Car on ne saurait oublier le dogme de la Rédemption et les promesses de Béatitude.Mais qu\u2019un médecin habitué à scruter les âmes, comme fait le docteur P.Tournier, décèle fréquemment cette nostalgie ne fait que confirmer les développements théologiques sur le péché originel.Cela confirme également ce que Daniel-Rops écrivait 1] y a quelques années : «le souvenir d\u2019un cœur impollué par le mal hante la mémoire des hommes vivants » 7.Il serait vain et stérile de gémir sur l\u2019absence du paradis perdu : 1l est plus sage et plus chrétien de tout mettre en œuvre pour le réacquérir.7.DANIEL-Rops : Mort, où est ta Victoire ?Plon, Paris, 1934, p.378. dr \u2014 (\" i Avril 1954 Lavar MÉDicAaL 563 CONCLUSION Le docteur A.Mæder, préfaçant l\u2019ouvrage du docteur P.Tournier : Technique et foi, constatait que « tous les chercheurs honnêtes ont à apprendre les uns des autres ».Les considérations qui précèdent ont essayé de le montrer.En relevant succinctement la maniére dont un médecin aussi connu et apprécié que le docteur P.Tournier comprend la médecine, elles ont tenté de souligner d\u2019une part toute l\u2019influence qu\u2019un médecin peut exercer sur ses malades lorsqu\u2019il veut donner à leur vie un sens et une valeur, et d\u2019autre part le danger possible d\u2019une confusion des ordres qui pourrait écarter le patient d\u2019une saine morale ou d\u2019une exacte hiérarchie des valeurs.Car on ne saurait attendre de tous les praticiens la loyauté et la foi vibrante du docteur P.Tournier.Ce dernier a un souci constant de découvrir l\u2019harmonie existant entre la science et le service de Dieu.« Nul doute, écrit-il par exemple, que si les écrivains bibliques avaient connu les mouvements browniens, les affinités chimiques, les rayons cosmiques, les corps radio-actifs, les électrons, les neutrons, les protons et tout ce que la physique découvrira encore, ils y auraient vu autant d\u2019effets de la puissance de vie qui procède de Dieu » (Bible et médecine, p.132).Ce théocentrisme en une époque qui en fait tellement défaut est réjouissant.Mais il ne suffit pas pour justifier, chez un médecin, un rôle sacerdotal qui ne lui est point départi.Certes on s\u2019est plu de tous côtés à comparer la médecine à un sacerdoce mais 1l faut distinguer entre une image et une réalité absolue.On ne saurait Imaginer un prêtre catholique remplacé par un médecin même consciencieux et animé de bonne volonté, pas plus qu\u2019on ne conçoit un théologien catholique confier l\u2019instruction religieuse des fidèles à un médecin, même loyal, mais qui ne possède pas le bagage de connaissances correspondant à cet office.Il y a des prêtres qui sont médecins, mais ce sont des exceptions.Amsi la lecture des ouvrages du docteur P.Tournier, tout en suscitant l\u2019admiration, nécessite donc une certaine réserve.L\u2019auteur cite saint François de Sales mais s\u2019appuie également sur Laberthonnière qui est un théologien condamné par l\u2019Église.Cependant il faut estimer 564 Lavar MÉDICAL Avril 1954 la manière dont le docteur P.T'ournier insiste par exemple pour que Pon n\u2019assimile pas la foi à un phénomène de suggestion, ou encore pour qu\u2019on ne confonde pas la sexualité, « ce chef d\u2019œuvre de Dieu », avec le péché.En résumé c\u2019est avec un grand respect qu\u2019il faut consulter l\u2019œuvre du docteur P.Tournier, un respect qui s\u2019imprégnera de perspicacité afin de laisser à la théologie et à la médecine leurs attributions respectives.En ces questions les ouvrages du docteur R.Biot, de Lyon, par exemple, corespondent mieux, pour un catholique, à l\u2019exacte hiérarchie des ordres et des valeurs.Ce qui ne signifie aucunement qu\u2019un catholique n\u2019ait pas à puiser de multiples bonnes choses dans l\u2019œuvre du médecin genevois.Ce dernier, donnant une conférence à Zurich, en 1952, relevait le devoir qu\u2019a le médecin de contribuer à l\u2019épanouissement de l\u2019individu, d\u2019aider le chrétien à rayonner en faisant une expérience personnelle, directe, de sa foi, car celui qui reçoit le christianisme par le dehors est un chrétien éteint.Certes le médecin doit veiller, en favorisant la santé et l\u2019équilibre organique, fonctionnel, mental, de l\u2019homme à rendre l\u2019individu plus épanoui.C\u2019est une des grandeurs de la profession médicale.Mais le médecin n\u2019a pas à indiquer au patient comment vivre et pratiquer son christianisme.Respecter la morale naturelle est davantage le devoir du médecin de famille, qui avec raison veut ne pas ignorer tout ce qui préoccupe le malade, que de chercher à devenir un directeur d\u2019âme, au sens théologique du mot.Il ne faut pas dépasser les limites de la médecine, malgré l\u2019unité psychosomatique de l\u2019homme, car ce n\u2019est pas servir cette unité que de favoriser une confusion entre ses éléments constitutifs.On sait combien le Pape Pie XI], dans un discours prononcé à Rome en septembre 1952, lors du Congrès international d\u2019histo- pathologie du système nerveux, recommandait la mesure et la prudence tant en psychanalyse qu\u2019en psychochirurgie ®, car, disait le Souverain Pontife, « l\u2019intérêt médical et psychothérapeutique du patient trouve des limites morales ».Il nous paraît sage en termmant de citer encore cette remarque aussi exacte que pertinente du chanome P.Tiberghien, professeur à Lille, qui est un spécialiste en ces questions où se rencontrent médecine et morale : « Il n\u2019y a pas de médecine chrétienne, mais il y a 8.Acta Apostolicae Sedis : vol.34, p.733 sq.anno 1952. Ë i} it Avril 1954 Lavar MÉDICAL 565 une manière chrétienne de faire de la médecine.» 9 Or, comprendre chrétiennement un art et une science comme la médecine consiste à respecter dans le patient une image de Dieu et un enfant de Dieu : ce qui signifie que le médecin n\u2019a le droit ni de contrecarrer les plans du Créateur ni de parler en maître en des domames ou d\u2019autres seuls ont compétence.Voilà pourquoi lorsque le docteur P.l'ournier montre un zèle aussi ardent pour aider le malade en toutes ses difficultés, 1l doit songer \u2014 et nous sommes certain que le médecm genevois partage pleinement cet avis \u2014 que lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un patient catholique il est des éclaircissements, des secours et des réconforts que seul le prêtre, au nom du Christ, est à même de procurer.9.Professeur P.T1IBERGHIEN : Médecine et morale.Desclée, Paris, 1953, nouvelle édition, p.149.A ce propos il est bon d\u2019 indiquer la remarque du docteur P.Tournier, écrivant : « On entend quelquefois parler d\u2019une médecine chrétienne.Je ne crois pas, pour ma part, qu\u2019il y ait une médecine chrétienne, distincte de la médecine ordinaire » (Bible et médecine, p.31). ANALYSES G.ALBOT, J.TOULET, G.-F.BONNET et C.MOULLARD.Front and side-view cholecystography, with a study of the angle of vesicular erection, of the volume of the gall-bladder and of the volumetric coefficient of evacuation.(Cholécysto- graphie en position de face et latéro-latérale, avec étude de l\u2019angle d\u2019érection vésiculaire, du volume de la vésicule et du coefficient volumétrique d\u2019évacuation.) Am.J.Digest.Dis., 20 : 293, (oct.) 1953.Les auteurs décrivent leur méthode de cholécystographie.Celle-ci comprend : 1° Une première exposition, le sujet debout ; 2° Le sujet couché sur le dos, après centrage radioscopique, une exposition frontale et une latéro-latérale ; 3° Soixante à quatre-vingt-dix minutes après ingestion d\u2019un repas de Boyden, deux expositions prises exactement dans la même position que précédemment.La position frontale permet d\u2019apprécier le volume de la vésicule et le coefficient d\u2019évacuation.La position latéro-latérale permet d\u2019apprécier l\u2019angle d\u2019érection vésiculaire.Par cette méthode les auteurs ont obtenu des détails morphologiques des canaux billaires et une meilleure appréciation de la contraction vésiculaire.Comme résultats pratiques cette méthode met en évidence : 1° Une hypertension ou un obstacle au niveau du cystique, une cholécystite chronique non calculeuse localisée à l\u2019infundibulum, des cas évidents de cystite, une infundibulite, ou encore, une dyskinésie biliaire par anomalie mécanique ; Avril 1954 Lavar MÉDicAL 567 2° Une hypotension biliaire et la cholécystatonie de Chiray et Pavel ; 3° Les stases vésiculaires totales ; 4° Les vésicules hypercontractiles.Les auteurs concluent que leur méthode rend possible le diagnostic des dyskinésies biliaires.Robert LESSARD R.FLEMING.Acid-base balance of the blood in dogs at reduced body temperature.(Equilibre acido-basique du sang de chiens dont la température corporelle a été abaissée.) Arch.Surg., 68 : 145, (fév.) 1954.La réduction de la température corporelle de plus en plus employée en chirurgie ne va pas sans dangers parmi lesquels la fibrillation ventriculaire et l\u2019arrêt cardiaque demeurent les plus importants.L\u2019auteur a entrepris de vérifier l\u2019équilibre acido-basique au cours du refroidissement, dans l\u2019espoir que des perturbations de cet équilibre pourraient influencer les complications cardiaques et la mortalité.Des chiens anesthésiés au thiopenthal-curare et munis d\u2019un cathéter intratrachéal sont refroidis par une circulation d\u2019alcool 4 0°C.dans des couvertures caoutchoutées spéciales.Cette technique abaisse la température rectale jusqu\u2019à 20°C.dans un délai d\u2019environ quatre heures.Les animaux sont subséquemment réchauffés par immersion dans un bain d\u2019eau à 40°C., ce qui entraîne un retour à la température normale dans un délai de une ou deux heures.La fréquence respiratoire qui est de trente à trente-cinq par minute au début du refroidissement s\u2019abaisse progressivement et cesse lorsque la température rectale attemt 23 à 25°C.Lorsque la température corporelle atteint 25°C, l\u2019auteur installe une respiration artifrcielle d\u2019oxygène pur, sous pression positive et à un rythme de cinq à six respirations a la minute.Cette respiration artificielle est mamtenue jusqu\u2019à la fin du refroidissement et n\u2019est interrompue au cours de la période de réchauffement que lorsque la respiration spontanée redevient adéquate, soit à une température rectale d\u2019environ 24°C.L\u2019oxygène n\u2019est supprimé que lorsque la température atteint 32°C.Le sang analysé est prélevé de l\u2019oreillette droite, par un cathéter intrajugulaire et hépariné.Le sang est manipulé sous une technique rigoureuse afm d\u2019éviter tout contact avec l\u2019air atmosphérique.Les observations de l\u2019auteur peuvent se résumer ainsi : 1° Le pH du sang s\u2019abaisse régulièrement au cours du refroidissement et passe d\u2019un pH de 7,35 à un pH de 7,03 à 20°C.Cette observation est diamétralement opposée à ce qui se produit dans un échantillon de sang refroidi in vitro, qui devient de plus en plus alcalin.(13) 568 Lavar MegpicaL Avril 1954 2° La teneur du sang en CO?s\u2019élève et passe de 22 mEqg au litre à la température normale à 30 mEqg au litre à 20°C., et la pression relative du CO?passe de 45 à 130 mm de Hg.La diminution de la respiration et la diminution de la solubilité du CO?dans le sang refroidi sont les deux facteurs de cette variation.3° Par contre, 1l n\u2019y a que peu de variations dans la concentration des anions et des cations.Nous sommes donc en présence d\u2019une acidose gazeuse non compensée.Serait-elle la cause des troubles cardiaques et de l\u2019abaissement de la pression artérielle ?Co La prévention de l\u2019acidose par l\u2019administration de bicarbonate par voie intraveineuse au cours du refroidissement à la dose de cent mg par kg de poids corporel ne réduit que partiellement l\u2019abaissement du pH, et ne modifie ni les troubles cardiaques ni la mortalité.En quête d\u2019une autre solution, et bien que l\u2019oxygénation soit suffisante par la méthode utilisée, l\u2019auteur admmistre de l\u2019oxygène sous pression positive et à une fréquence de dix à vingt insufflations à la mmute dès le début de l\u2019anesthésie, et à un débit de cinq à sept litres d\u2019oxygène à la minute.Cette technique empêche complètement l\u2019acidose et même induit une certaine alcalose analogue à celle qu\u2019on observe sur le sang refroidi in vitro.Simultanément, la concentration du CO?dimmue dans le plasma.De plus l\u2019auteur observe une diminution de la mortalité, une réduction appréciable des irrégularités cardiaques et l\u2019absence de fibrillation ventriculaire.Ces expériences suggèrent fortement que chez les opérés refroidis on maintienne une fréquence respiratoire normale et une bonne ventilation pulmonaire pendant toute la durée de l\u2019abaïissement de la température corporelle.Georges-A.BERGERON F.BUSCHKE.Surgical and radiological results in the treatment of esophageal carcinoma.(Résultats chirurgicaux et radiologiques dans le traitement du cancer de l\u2019æsophage.) Am.J.Rænt., 71 : 9, (jan.) 1954.Une meilleure technique chirurgicale secondée par une anesthésie de premier plan, par des traitements appropriés du choc et de l\u2019infection, une radiothérapie employant un supervoltage avec irradiation rotatoire ou en multiple champs ont apporté depuis une dizaine d\u2019années de meilleurs résultats dans le traitement du cancer de l\u2019æsophage.Certaines conditions sont requises pour une comparaison convenable des résultats chirurgicaux et radiothérapeutiques : 1° La nature histologique de la lésion : le cancer épidermoïde ; 2° Le matériel doit être suffisant et en chirurgie et en radiothérapie ; 5 > tre lig i Id Avril 1954 Lavar.MÉDICAL 569 3° Il faut considérer la maladie au même stage ; 4° T1 faut envisager des problèmes thérapeutiques différents suivant le siège de la lésion.: : Dans le cancer de l\u2019œsophage cervical l\u2019exérèse chirurgicale est facile mais les résultats éloignés sont peu encourageants, l\u2019envahissement métastatique étant précoce.Ces lésions sont également accessibles aux rayons et on peut y délivrer une dose tumorale satisfaisante mais le traitement des métastases est aussi difficile qu\u2019avec la chirurgie.Tant que la chirurgie n\u2019apportera pas de meilleurs résultats, l\u2019auteur préfère la radiothérapie dans ces lésions de l\u2019œsophage cervical.Treize pour cent des cancers épidermoïdes sont localisés au quart inférieur de l\u2019œsophage.La chirurgie est indiquée dans ces cas que les rayons X ne peuvent traiter convenablement.Sweet rapporte 14,8 pour cent de cinq ans de survie chez soixante-quatorze patients opérables.Soixante-dix pour cent des cancers œsophagiens se situent dans les segments thoraciques haut et moyen.L\u2019auteur compare les statistiques chirurgicales de Sweet et de Garlock, les statistiques radiologiques de Nielsen, Gyming, Swithers et Watson.Les survies de cing ans, de trois à six pour cent sont comparables chez les sujets traités et chirur- gicalement et radiothérapeutiquement.Une lésion primitive ne dépassant pas les parois œsophagiennes peut être contrôlée tout aussi bien par les rayons X que par l\u2019exérèse chirurgicale.Des autopsies pratiquées chez des gens traités par radiothérapie et morts d\u2019autre cause ont démontré une disparition complète des cellules cancéreuses au niveau de la lésion primitive traitée.L\u2019envahissement des ganglions régionaux établit vraisemblablement la ligne de démarquation entre la curabilité et l\u2019incurabilité soit chirurgicale soit radiologique.Chez la majorité des cancéreux de l\u2019æsophage, le traitement doit rester palliatif.La gastrostomie a été abandonnée.Elle permettait au patient de se nourrir mais lui ôtait le goût de vivre.La radiothérapie apporte le meilleur traitement palliatif.Les méthodes ordinaires maintiennent la nutrition normale dans cmquante pour cent des cas.La radiothérapie extrapénétrante et rotatoire maintient une déglutition satisfaisante et une amélioration des signes radiologiques dans les deux tiers et même dans les quatre cinquiémes des cas.La chirurgie apporte plus d\u2019inconvénients techniques et la mortalité opératoire reste encore élevée.Les indications de la chirurgie et de la radiothérapie se basent sur trois facteurs : le type histologique, la localisation et l\u2019âge du patient.Certaines tumeurs peu radiosensibles doivent être traitées chirur- gicalement.Les petites lésions constrictives, en virole, sont traitées aussi bien chirurgicalement que radiologiquement.La chirurgie est préférable pour les lésions accessibles chez des sujets relativement Jeunes.Le cancer bourgeonnant, plus étendu, peu sténosant, peu contrôlable, est mieux traité par la radiothérapie. 570 Lava\u2026 MÉDicaL Avril 1954 Le cancer muqueux superficiel, largement ulcéré est le moins curable chirurgicalement.L\u2019envahissement lympathique est rapide.Quelquefois même, il faut s\u2019abstenir de toute thérapie sauf du traitement symptomatique de l\u2019infection.Le cancer de l\u2019æsophage cervical est de préférence traité par la radiothérapie.La chirurgie prime dans les cancers de la portion inférieure de Poesophage.La mortalité opératoire est considérable dans les lésions du tiers moyen de l\u2019œsophage.D\u2019après Sweet la mortalité opératoire va de six pour cent chez les sujets de moins de quarante-cinq ans jusqu\u2019à vingt-cinq pour cent chez les sujets de plus de soixante-cinq ans.Les complications cardio- vasculaires sont les plus fréquentes.La radiothérapie doit avoir la préférence à mesure que l\u2019âge du sujet augmente.Robert LEssARD (54 fhe Qu, Ment 1 tirs 1 les chez dio.RD hi REVUE DES LIVRES Chirurgie plastique cutanée.Pratique courante, par J.FRAN- CILLON et P.TRUCHET, de Lyon, chez G.Doin er Cie.Ce volume de quelque 186 pages s\u2019adresse à tous les chirurgiens praticiens et, comme nous le dit la préface, il n\u2019a pas la prétention d\u2019être un grand traité de cette chirurgie qui connaît depuis la dernière guerre un essor merveilleux.C\u2019est une espèce de manuel qui fait une mise au point des dernières données de la plastie avec 210 figures de dessin en noir et un texte clair et facile à lire.Avec des dessins on obtient une compréhension plus rapide des marches d\u2019une opération qu\u2019avec des photographies, mais cela reste plus schématique et par là moins réel.Il y a danger que cela donne une idée de simplification aux étudiants, qui n\u2019existe pas, même une idée de perfection qui pourrait fausser leur esprit comme le cinéma a faussé celui du public en ce qui regarde la chirurgie plastique.Toutefois, la chirurgie plastique cutanée étant ce qu\u2019elle est, c\u2019est- à-dire toute d\u2019imagination et d\u2019invention, il fait toujours bon de revenir aux principes de base et de voir un peu ce que les autres ont à offrir comme solution aux divers problèmes qu\u2019offrent les plaies ou tares de la peau et des tissus mous.Le livre, sans être très original, n\u2019en rendra pas moins de grands services aux étudiants et aux chirurgiens en général, car nous insistons sur le fait, 1l a, tel un manuel d\u2019enseignement, l\u2019allure d\u2019un vaste tableau synoptique de ce qu\u2019est la chirurgie plastique de la peau.Amiot JOLICŒUR Research in endocrinology, par August A.WERNER, M.p.La majeure partie de ce volume comprend un rapport partiel des activités du docteur Werner, tant au point de vue scientifique qu\u2019au point de vue médical.Ces contributions du docteur Werner seront fort appréciées de la génération actuelle de la profession médicale et le 572 Lavar MÉDicaAL Avril 1954 seront davantage des générations futures.En voici les principaux ouvrages : Le syndrome hypo-ovarien ; Psychose climatérique ; Le climatère chez l\u2019homme ; Étude du dosage de l\u2019œstrogène : Effet de l\u2019extrait de la gonadotrope ; Croissance chez l\u2019enfant atteint de mongolisme.Pierre JoBIN Atlas d\u2019hystérographie, par P.BROCQ, professeur à la Faculté de médecine de Paris, chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu ; P.MOULONGUET- DOLERIS, professeur à la Faculté de médecine de Paris, chirurgien de l\u2019Hôpital Tenon ; R.MARICOT, attaché de gynécologie à la clinique chirurgicale de l\u2019Hôtel-Dieu ; et H.HARTMANN, attaché de consultation de gynécologie à l\u2019hôpital Tenon.Un volume de 106 pages, avec 140 figures (19 x 28), 1,440 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI°), France.L\u2019hystérographie est à l\u2019heure actuelle une méthode d\u2019exploration d\u2019usage courant.Cependant, elle n\u2019est peut-être pas encore suffisamment employée par l\u2019ensemble des praticiens.Aussi a-t-il semblé utile aux auteurs de mettre à la disposition de tous, médecins, gynécologues, chirurgiens, radiologistes et radiothérapeutes, un atlas permettant d\u2019interpréter les images dont la lecture jJudicieuse assure une meilleure interprétation des données de l\u2019examen clinique.Certes, l\u2019hystérographie ne résout pas toutes les difficultés, mais en ajoutant à l\u2019exploration l\u2019avantage de montrer la forme, les dimensions, la situation de la cavité utérine, elle concourt au choix d\u2019une thérapeutique mieux adaptée aux lésions qu\u2019elle a charge de traiter.En voici un exemple : l\u2019hystérographie, Torsqu\u2019elle est faite systématiquement dans les fibromes sauf contre-indication liée à un état infectieux, peut guider le traitement et le rendre plus rationnel.Les précisions qu\u2019elle apporte, dans bien des cas, dans le diagnostic permettent de faire un choix entre la chirurgie conservatrice (myomec- tomie), la chirurgie plus radicale (hystérectomie), la rœntgenthérapie, le traitement hormonal.N\u2019est-1l pas précieux de savoir s\u2019il existe dans la cavité utérine, un cancer en dehors du fibrome déjà reconnu?N'\u2019est-il pas aussi très utile de savoir que, dans une grosse masse pelvienne ou pelvi-abdominale, la cavité utérine reste petite ou, du moins, peu développée ou peu déformée, ce qui implique la présence de volumineux fibromes sous-péritonéaux ou d\u2019importantes lésions associées (salpingite kystique, kyste ou tumeur des ovaires)?Dans de tels cas, est évitée une rœntgenthérapie inutile ou nuisible. Avril 1954 Lavar MÉDicaL 573 i Seules ont été retenues les images dont la signification a été parfaitement démontrée par l\u2019opération et par l\u2019évolution postopératoire.Tous les clichés qui n\u2019avaient pas fait leurs preuves ont été éliminés et ceux qui gagnent a la confrontation des lésions ont été reproduits à côté de la photographie de la pièce opératoire.Le lecteur trouvera dans cet Atlas l\u2019ensemble des cas ou l\u2019hystérographie présente un intérêt à la fois pour le diagnostic et pour la thérapeutique : hystérographie dans les aplasies, les malformations utérines, les fibromes, les polypes, les lésions dystrophiques, les cancers du corps, du col et les cancers de la totalité de la cavité, les tumeurs associées et, enfin, les Images rares et encore msuffisamment connues, en particulier celles de l\u2019endométriose utérmne, des sarcomes de l\u2019utérus, des accidents de la méthode (infection des veines et des lymphatiques).Pour mieux assurer la précision des lectures, les radiographies ont été reproduites à un grossissement uniforme.Au total, le but des auteurs et des éditeurs est de rendre service à l\u2019ensemble des praticiens, en diminuant le nombre de surprises que l\u2019examen clinique seul est incapable d\u2019éviter dans le diagnostic des affections pelviennes de la femme.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE Introduction.\u2014 Utérus normal.\u2014 Aplasie.Déviations.Malformations.Hystérographie et grossesse.\u2014 Fibromes.\u2014 Polypes utérins.\u2014 Lésions dystrophiques.\u2014 Cancers utérins.Cancer du corps.Cancer du col.Cancer total.\u2014 Tumeurs associées.\u2014 Images rares en hystérographie.\u2014 Appareillage et technique.Incidents au cours d\u2019hystérographie.Les groupes sanguins chez l\u2019homme \u2014 Etude sérologique et génétique, par Jacques RUFFIÉ, assistant de médecine légale et de médecine du travail à la Faculté de médecine de Toulouse.Préface de A.Tzanck.Un volume de 212 pages avec de nombreux tableaux (16,3 x 24,8), 1,200 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI\u20ac), France.Cet ouvrage représente une étude synthétique de la sérologie et de la génétique des groupes sanguins chez l\u2019homme.Dans le premier chapitre sont exposées les principales notions de la sérologie moderne se rapportant aux groupes sanguins.Les chapitres suivants sont consacrés à l\u2019étude des systèmes sanguins aujourd\u2019hui connus.Pour chacun d\u2019eux, l\u2019auteur fait une étude génétique détaillée au cours de laquelle sont exposées les méthodes utilisées et en particulier les résultats fournis par l\u2019analyse statistique.La deuxième partie de chaque chapitre est consacrée à l\u2019étude sérologique des facteurs de groupe des différents systèmes, au rôle qu\u2019ils jouent dans l\u2019immunologie humaine, et à leur importance clinique et transfusionnelle. 574 Lavar MÉDicAL Avril 1954 L\u2019ouvrage s\u2019adresse d\u2019abord à ceux qui, dans la pratique, ont à connaître les groupes sanguins : médecins accoucheurs, transfuseurs, médecins légistes.Ils y trouveront des notions pratiques leur permettant de résoudre des problèmes qui se posent d\u2019une manière particulièrement fréquente.Ce livre s\u2019adresse aussi aux chercheurs pour qui les systèmes des groupes sanguins constituent un moyen de travail de choix ; généticiens, anthropologistes, trouveront ici des bases de travail utiles.En conclusion, l\u2019ouvrage de J.Ruffié constitue une synthèse à la fois claire et complète sur une question qui est au premier rang de l\u2019actualité, soulève sans cesse de nouveaux problèmes et se révèle susceptible d\u2019applications de plus en plus nombreuses.Il sera lu avec fruit par tous les médecins et les biologistes.DiVISIONS DE L\u2019OUVRAGE I.Généralités sur les groupes sanguins.Etude générale des réactions sérologiques.Etude sérologique des groupes sanguins.\u2014 II.Le système Abo.Les quatre groupes de base.Les sous-groupes du système.Les anticorps du système.\u2014 III.Le système Lewis.Le problème génétique.\u2014 IV.Le système MNSs.Les facteurs MN.Les facteurs Ss.Les anticorps.Dernières découvertes : facteur Hunter et facteur Henshaw.\u2014 V.Le système P.Q.Le groupe P.Groupe Q.Le système P.Q.\u2014 VI.Le système Rhésus.Le facteur Rhésus.Les sous-groupes Rh.Sérum St.Théorie de Fisher.Phénotype et Génotype.le gérotype probable.Les fréquences chromosomiques.Les gènes Rhésus.Leur expression phénotypique.Les antigénes Rh dans les tissus.Les anticorps.\u2014 VII.Le système Luthéran.\u2014 VIII.Le système Kell-Cellano.Les anticorps.\u2014 IX.Le système Duffy.\u2014 X.Groupes sanguins récemment découverts.Les antigènes du type Levay.Annexe : Rappel élémentaire des principes fondamentaux du calcul des probabilités.L\u2019urokymographie et la radiomanométrie urinaire, par W.GREGOIR, adjoint au Service d\u2019urologie de l\u2019université libre de Bruxelles (Institut Solvay de physiologie, Service universitaire d\u2019urologie).Un volume de 226 pages, dont un atlas de 110 pages, avec 31 figures (16,5 X 24,8).Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (VI®), France.L\u2019exploration de la fonction excrétrice du haut appareil urinaire n\u2019a pas répondu jusqu\u2019à présent aux exigences de la clinique, malgré les multiples méthodes d\u2019examen dont elle dispose.Les unes pèchent par la complexité de leur technique, telles la cinématographie ou la polygraphie cathodique, les autres par leur imprécision, telles l\u2019urographie sériée ou la pyéloscopie.Le but de l\u2019auteur a été d\u2019introduire dans le domaine clinique deux examens qui offrent le maximum de précision dans les renseignements \\ oR 2B IR ro all Avril 1954 Lavar MÉDICAL 575 qu\u2019ils fournissent, avec le minimum de difficulté technique : l\u2019urokymo- graphie et la radionométrie urinaire.Les efforts de Gregoir en vue de permettre à l\u2019urokymographie de s\u2019élever du rang de simple outil de recherche à celui d\u2019examen clinique, ont poursuivi les objectifs suivants : rendre la technique de l\u2019urokymo- graphie de réalisation facile ; définir ses indications et établir dans toute leur valeur des éléments qu\u2019elle est susceptible d\u2019apporter.Pour cela, il fallait lui soumettre un très grand nombre de cas cliniques et chirurgicaux.Les observations de l\u2019auteur ont été faites sur un total dépassant huit cents clichés urokymographiques.Parmi ceux-ci se trouvent, outre les examens normaux, quatre-vingt-deux cas de pathologie clinique relatifs aux troubles dynamiques de l\u2019arbre urinaire supérieur et trente- trois cas chirurgicaux de même nature ayant subi diverses interventions conservatrices.L'ouvrage présente en outre la première application clinique des principes manométriques et radiomanométriques à l\u2019arbre urinaire.Destinées à observer le comportement de l\u2019arbre urinaire sous une pression et un débit donnés, les épreuves manométriques permettent de vérifier la perméabilité de la voie d\u2019excrétion du rein néphrostomisé.Elles sont également d\u2019un intérêt spécial dans l\u2019étude du reflux vésico- urétéral.Les travaux de l\u2019auteur portent sur soixante-trois épreuves réalisées dans trente-six cas.L\u2019urokymographie et la radiomanométrie, qui semblent à première vue étrangères l\u2019une de l\u2019autre, explorent en réalité la même fonction sous un angle différent.La première étudie la fonction du muscle pyélo-urétéral, la seconde sa capacité de débit.Associées en un seul examen, elles permettent d\u2019observer le comportement musculaire sous une pression et un débit déterminés.Pour ces motifs, il a paru logique et utile de présenter en un seul travail de synthèse ces techniques cliniques qui sont désormais d\u2019application pratique et dont l\u2019utilité est évidente.(Chaque chapitre est suivi d\u2019un résumé en anglais et en allemand.Les légendes de l\u2019atlas sont rédigées dans les trois langues.) DIVISIONS DEF L\u2019OUVRAGE Préface.\u2014 Introduction.\u2014 Modalités techniques.\u2014 L\u2019urokymo- graphie.\u2014 Les examens manométriques.\u2014 Etude kymographique de la physiopathologie pyélo-urétérale.\u2014 L\u2019isopéristaltisme.\u2014 L\u2019acinésie.\u2014 L\u2019antiperistaltisme.\u2014 Les mouvements associés.\u2014 Etude clinique L\u2019étude du rein néphrostomisé.\u2014 Le reflux vésico-urétéral.\u2014 L\u2019uretère de grossesse.Atlas radiologique : Urokymographies normales.\u2014 Images kymo- graphiques de bassinet.\u2014 Images kymographiques d\u2019uretère.\u2014 Mouvements associés.\u2014 Physiopathologie.\u2014 Fausses images d\u2019obstruction.\u2014 Antipéristaltisme.\u2014 Phénomènes spasmodiques.\u2014 Dilatations dynamiques et méga-uretéres.\u2014 Lithiase.\u2014 Hydronéphrose.\u2014 Radiomano- métrie pyélique.\u2014 Radiomanométrie vésicale.\u2014 Dilatations de grossesse. 576 Lavar MÉDICAL Avril 1954 Méningite tuberculeuse et tuberculose miliaire de l\u2019enfant \u2014 Leur traitement, par Robert DEBRÉ, professeur à la Faculté de médecine de Paris, et H.-F.BRISSAUD, médecin des Hôpitaux de Paris, avec la collaboration de J.RAYNAUD et de S.Barsan, G.BouvEau, R.GRUMBACH, S.-A.KaPLAN, J.LavarT, J.LE PINTRE, A.LERIQUE-KŒcHLIN, P.Mozziconaccr, M.NavEeau, H.NourrLARD.Un volume de 632 pages, avec 237 figures (17 X 25), 5,000 fr.Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint- Germain, Paris (VI©), France.Cet ouvrage est consacré à l\u2019étude de la méningite tuberculeuse et de la tuberculose miliaire chez l\u2019enfant et donne de ces graves manifestations de la tuberculose une étude aussi complète que possible.Celle-ci s \u2018appuie sur l\u2019expérience très vaste des auteurs, qui ont étudié 644 cas entrés et survis dans leur Service hospitalier des « Enfants- Malades ».Les descriptions traditionnelles des cliniciens ont certes déjà mis en évidence tous les caractères de la méningite tuberculeuse ; les modifications qu\u2019ont apporté les traitements nouveaux ont êté \u2018également bien souvent décrits.Il reste qu\u2019il est utile de préciser les conditions dans lesquelles le médecin est amené à soupçonner et à connaître la maladie dont le diagnostic précoce a l\u2019importance que l\u2019on sait.Après avoir rappelé les notions indispensables qui concernent l\u2019étiologie de la méningite tuberculeuse, les auteurs étudient sa période initiale, c\u2019est-à-dire les prodromes et le début de la maladie.Ils en retracent les caractères à l\u2019aide d\u2019exemples nouveaux et insistent spécialement sur les aspects mhabituels qui peuvent dérouter le médecin et l\u2019mduire en erreur.L\u2019évolution de la méningite tuberculeuse traitée, qui est étudiée par la suite, se prolonge durant plusieurs mois.La symptomatologie se modifie rapidement et la maladie s\u2019oriente soit vers la forme subaiguë curable et la guérison, soit, l\u2019action du traitement étant incomplète, vers les formes subaiguës mortelles, évitables désormais.La maladie peut aussi prendre l\u2019allure de ces formes prolongées et chroniques ralenties mais non guêries par le traitement.Les reprises et les rechutes possibles sont également décrites.Les diverses complications sont abordées ; les unes sont liées â la maladie elle-même (hémiplégies, paralysies oculaires, cécité, etc.), autres sont la conséquence du traitement, en particulier la surdité.Très importants sont les renseignements fournis par l\u2019examen du liquide céphalo-rachidien \u2014 examen cytologique et chimique d\u2019une part : les auteurs décrivent les altérations constatées au début de la méningite et leur évolution au cours du traitement ou de certaines complications \u2014 examen bactériologique, nécessaire aussi bien pour le pronostic et la conduite du traitement que pour le diagnostic.La souche de bacilles de Koch prélevée permet d\u2019étudier sa sensibilité aux différents médicaments antituberculeux.es emer ex ea | = 3 oy ry ep me Avril 1954 LavAaL MÉDicAL 577 Le climicien a également besoin du concours du laboratoire et du spécialiste pour d\u2019autres enseignements : les tracés électroencéphalo- graphiques servent à l\u2019établissement du pronostic et au contrôle de l\u2019évolution.L\u2019ophtalmologiste découvrira éventuellement les tubercules choroïdiens.L\u2019étude anatomique des pièces d\u2019autopsie apportera de précieux enseignements sur la maladie.Les auteurs apportent en des chapitres successifs les résultats des études poursuivies dans ces différentes disciplines.Le pronostic est ensuite étudié en partant de l\u2019analyse des taux de guérison obtenus en fonction de nombreux facteurs.Avant d\u2019aborder le traitement, les auteurs rappellent avec le diagnostic différentiel de la méningite les erreurs que l\u2019on ne doit pas commettre si l\u2019on veut éviter le moindre retard = qui peut être fatal \u2014 dans le traitement.Les médicaments antituberculeux dont dispose le clinicien sont aujourd\u2019hui très efficaces.Les auteurs étudient comment les utiliser.Ils en exposent soigneusement les règles sans négliger aucune des indications particulières qui peuvent découler des éventualrtés relevées au cours de leur étude.DIVISIONS DE L\u2019OUVRAGE Introduction à l\u2019étude de la méningite tuberculeuse.1.Étiologie de la méningite tuberculeuse.\u2014 2.Période Initiale : prodromes, début, éléments du diagnostic précoce.\u2014 3.Principales formes évolutives : forme subaiguë favorable ; forme subaiguë mortelle ; forme prolongée ; reprises évolutives sous traitement ; rechutes.\u2014 4.Complications.\u2014 5.Formes clmiques : symptomatologie et dragnos- tic.\u2014 6.Liquide céphalo-rachidien ; formes rapidement mortelles ; formes favorables ; liquide céphalo-rachidien et complications de la méningite tuberculeuse traitée ; problème des hyperalbummoses rachr- diennes ; le liquide céphalo-rachidien au moment de l\u2019arrêt du traitement.\u2014 7.Bactériologie : techniques ; résultats ; étude de la sensibilité à la streptomycine ; tests de sensibilité au P.À.S., à l\u2019isoniazide.\u2014 8.L\u2019électroencéphalogramme au cours de la méningite tuberculeuse.\u2014 9.Les lésions ophtalmologiques : examen ophtalmoscopique ; étude du segment antérieur ; troubles de la motilité oculaire ; troubles de Ia fonction visuelle ; anatomie pathologique ; valeur des signes oculaires pour le diagnostic et le pronostic ; signes oculaires et surveillance de l\u2019évolution.\u2014 10.Anatomie pathologique.Les lésions observées et leur évolution : aspect macroscopique ; aspect microscopique.\u2014 11.Pronostic : séquelles.\u2014 12.Diagnostic différentiel : avant la ponction lombaire ; après la ponction lombaire ; moyens de parvenir au diagnostic dans chaque cas.\u2014 13.Traitement : principes généraux d\u2019application de la streptomycine ; traitement intramusculaire ; traitement local ; accidents généraux, locaux, neuro-toxiques ; acide para-amino-salicyli- que ; sulfones ; Isonicotinylhydrazide ; Néomycine.\u2014 14.Tuberculose miliaire : étiologie ; étude clinique ; évolution ; formes cliniques ; diagnostic ; traitement ; anatomie pathologique. CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES Au Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada Nous reproduisons la liste complète des candidats de Québec qui ont réussi les derniers examens du Collège royal, pour l\u2019obtention du titre d\u2019Associé ou du « Certificat ».Associés en médecine et Certificat : Docteur Robert Caouette, Docteur Charles Filteau, Docteur Louis Pouliot.Associé en neurologie et Certificat : Docteur Lionel Lemieux.Associé en psychiatrie et Certificat : Docteur Charles-Alfred Martin.Associés en chirurgie et Certificat : Docteur André Michaud, Docteur Jean-Thomas Michaud.Associés en chirurgie orthopédique et Certificat : Docteur Jean Leclerc, Docteur Jacques-Georges Robichon.Certificat en médecine interne : Docteur Robert Feuiltault. qu & Avril 1954 Lavar MÉDICAL 57°) Certificat en pathologie : Docteur François Gagné.Certificat en Radiologie thérapeutique : Docteur Robert Lessard.Certificat en chirurgie : Docteur Lavergne Paradis.Certificat en ophtalmologie : Docteur Marc Plamondon.Certificat en otolaryngologie : Docteur Joseph-Jacques-Guy Bérubé, Docteur André Gagnon.Certificat en chirurgie thoracique : Docteur Maurice Beaulieu.Le 17° Congrès international des oculistes Montréal sera, du 9 au 11 septembre 1954, le centre du six-septième Congrès d\u2019ophtalmologie.Le Congrès international d\u2019ophtalmologie est la plus ancienne organisation médicale sur le plan mondial, ayant tenu ses premières assises à Bruxelles, en 1857.Avec le congrès de septembre, ce sera la deuxième fois seulement \u2018 que ces assises auront lieu sur ce continent et la première fois au Canada.Le Canada partagera cette année les honneurs avec les Etats-Unis du dix-septième congrès, car à la suite des assises de trois jours dans la métropole canadienne, les congressistes iront siéger cinq Jours dans la métropole américaine.Au dernier congrès de Londres, en 1950, soixante-trois pays étaient représentés.Au congrès de Montréal, en septembre, les trois langues officielles seront l\u2019anglais, le français et l\u2019espagnol.On y étudiera les principales causes de cécité et des diverses maladies de l\u2019œil.On y passera également en revue les plus récentes acquisitions dans les sciences de base : anatomie, histologre, embryologie, pathologie, physiologie, biochimie, bactériologie, pharmacologie et optique, quitoutes sont reliées à l\u2019ophtalmo- logre.Au Canada, le congrès sera l\u2019hôte de la Société canadienne d\u2019ophtalmologie, et, aux États-Unis, de l\u2019American Ophtalmological Society, de 580 Lavar MÉDICAL Avril 1954 l American Academy of Ophtalmology and Otolaryngology, et de la section d\u2019 ophtalmologie de I\u2019 American Medical Association.A la cérémonie d\u2019ouverture, qui aura lieu à Montréal, le Conseil international d\u2019ophtalmologie remettra la médaille Gonin, décoration suisse recherchée, à celui qui, au cours des quatre dernières années, a contribué le plus à l\u2019avancement de la science ophtalmologique.Les principales séances scientifiques à Montréal seront tenues au centre des sciences physiques de l\u2019université McGill, tandis que l\u2019Organisation contre le trachome tiendra ses réunions à l\u2019université de Montréal.Le président de ce congrès est le docteur Bernard Samuels, de New-York ; le secrétaire général, le docteur William L.Benedict, de la climique Mayo, à Rochester.Le secrétaire adjoint de tout le congrès est le docteur Stuart Ramsey, de Montréal, ancien professeur d\u2019ophtalmologie à l\u2019université McGill.Parmi les spécialistes locaux qui s\u2019occupent d\u2019une façon particulière de l\u2019organisation de ce congrès, mentionnons les docteurs Kenneth B.Johnson, professeur d\u2019ophtalmologie à l\u2019université McGill ; François Badeaux, professeur d\u2019ophtalmologie à l\u2019université de Montréal ; Jules Brault, B.Alexander, John V.V.Nicholls, Jules Brahy, John C.Locke, Roland Cloutier, L.S.S.Kirschbert, R.-J.Viger, Samuel T.Adams, Gaston-N.Duclos et D.W.McDonald.Le comité des dames est présidé par Mesdames Kenneth B.Johnson et Jules Brault.Election à l\u2019Association canadienne des radiologistes À l\u2019issue de son congrès annuel tenu à Québec, en janvier 1954, l\u2019Association canadienne des radiologistes a élu ses officiers pour le terme courant.Ce sont, entre autres : président, Ie docteur J.W.McKay, Montréal ; vice-président, le docteur Ronald Burr, Kingston ; secrétaire-trésorier, le docteur D.L.McRae, Montréal ; assistant secrétaire-trésorier, le docteur Guillaume Gill, Montréal ; conseillers pour la région de Montréal : les docteurs John C.Lanthier et Louis- Philippe Belisle.Congrès de Winnipeg du Collège royal du Canada Le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada tiendra son Congrès annuel à Winnipeg les 22 et 23 octobre 1954.Les séances se tiendront à l\u2019hôtel Royal Alexandra. \u2014 = mr wm - Avril 1954 Lavar.MÉDicAL 581 Élections à l\u2019Union médicale du Canada L\u2019assemblée annuelle des directeurs de l\u2019Union médicale du Canada eut lieu au Cercle universitaire de Montréal samedi le 23 janvier 1954, sous la présidence du docteur J.-M.Laframboise d\u2019Ottawa.L\u2019assemblée prit connaissance des rapports du secrétaire, du trésorier, et du rédacteur en chef ; après leur adoption, on procéda aux élections.Furent élus : le docteur Albert Jutras, président ; le docteur Emile Blain, vice- président ; le docteur J.-A.Vidal, secrétaire-trésorier ; le docteur Paul- René Archambault, assistant secrétaire-trésorier ; le docteur Roma Amyot, rédacteur en chef ; le docteur Edouard Desjardins, assistant rédacteur en chef ; le docteur Roger-R.Dufresne de Montréal et le docteur Antoine Pettigrew de Québec, secrétaires de la rédaction.Un nouveau directeur a été choisi : le docteur Roger-R.Dufresne.Les anciens collaborateurs de Montréal et de Québec ont été réélus.Trois nouveaux collaborateurs ont été renommés : les docteurs Paul David, Edouard-D.Gagnon et Fernand Grégoire.Réunion annuelle de l\u2019Association des anatomo-pathologistes de la province de Québec FACULTÉ DE MÉDECINE UnNivErsiTÉ LaAvaL QUEBEC 30 AVRIL \u2014 1° MAI 1954 ExÉCUTIF Président : Carlton AucEr, M.D.; Vice-président : J.-L.RIOPELLE, M.D.; Secrétaire-trésorier : Simon LAUZE, M.D.1'Ë JOURNÉE : VENDREDI 30 AVRIL : Séance du matin Président : Carlton AUGER, M.D.9 heures a.m.: Inscription. Lavar MÉDicaL Avril 1954 9 beures 30 a.m.: Malignant tumors arising from pulmonary bamartomas.M.A.Simon, M.p., Jewish General Hospital, Montréal, P.Q.10 beures a.m.: Sarcome de nature indéterminée.Joseph Bruneau, M.p., Hôtel-Dieu Saint-Vallier, Chicoutimi, P.Q.10 beures 30 a.m.: Ma conception des méningiomes.: ., mn Professeur Pierre Masson, Université de Montréal, Montréal, P.Q.[1 11 heures a.m.: Archenteric cysts of the mediatinum associated with small bowell diverticula.P.Byers, m.p.(by invitation), et F.W.Wiglesworth, m.p., The Children\u2019s Memorial Hospital.11 heures 30 a.m.: Sur la pathogénie de la rupture spontanée de l\u2019aorte.Simon Lauzé, m.p., Hôpital Notre-Dame, Montréal, P.Q.12 beures a.m.: An interesting correlation of pathology in the liver and kidney.C.Neville Crowson, M.D.(by invitation), et Robert H.More, M.D., Queen\u2019s University, Kingston, Ont.Séance de l\u2019après-midi Président : J.-L.RIOPELLE, M.D.2 beures 30 p.m.: «CONFÉRENCE LOUIS-BERGER » An evaluation of the lipid and vascularization theories of atbero- sclerosis.J.C.Paterson, m.p., professor of medical research.The Collip Research Laboratory, University of Western Ontario, London, Ont.3 heures 30 p.m.: Nodules des traveurs de vaches.Emile Gaumond, M.D.(par invitation), et C.Auger, M.p., Hôtel- Dieu de Québec. Avril 1954 LAvAL MÉDICAL 583 4 beures p.m.: Myélomatose plasmocytaire avec syndrome leucémique.Georges Groulx, M.p., Hôpital St-Joseph, Trois-Rivières, P.Q.4 heures 30 p.m.: Thyroïdite sub-aiguë de De Quervain.Clément Jean, m.p., Université Laval, Québec.5 beures p.m.: ; Studies of the endocardium : Morphological features of connective tissue with special reference to the role of permeability in alterations of ground substance.H.Z.Movat (bv invitation) et Robert H.More, m.p., Queen\u2019s University, Kingston, Ont.7 beures p.m.: Cocktail.Manoir Saint-Castin, Lac-Beauport, P.Q.8 heures p.m.: Banquet.Manoir Saint-Castin, Lac-Beauport, P.Q.2\u20ac JOURNÉE : SAMEDI LE 1°\" MAI : Séance du matin Président : F.W.WIGLESWORTH, M.D.9 beures 30 a.m.: Lésions bronchiques dans la période d\u2019incubation de la rougeole.J.-L.Bonenfant, m.p., Université Laval, Québec.10 heures a.m.: Sur la malignité des mélanomes.L.-C.Simard, m.p., et C.Gélinas-MacKay, m.p., Hopital Notre- Dame, Montréal, P.Q.10 heures 30 a.m.: A case of mycobacterial infection.Igor Klatzo, m.0., McGill University, Montréal, P.Q., L.A.Jentz.M.D., et A.M.Masson, m.p.(by invitation).11 beures a.m.: Leuco-encéphalopathie métachromatique.Lionel Lemieux, M.D., Clinique Roy-Rousseau, Québec. 584 LAavAL MÉDICAL Avril 1954 11 heures 30 a.m.: Syndromes immuno-hématologiques.Jean-Marie Delâge, M.D.(par invitation), Hôpital Saint-Sacrement, Québec.12 beures a.m.: Les affinités de quelques mucines pour le mucicarmin et le fer colloidal associé au P.A.S.J.-P.Thériault, M.p., Université de Montréal, Montréal.2 beures p.m.Réunion d\u2019affaires annuelle.Renseignements généraux : RESTAURANTS.Kerbulu, 22, côte de la Fabrique, Québec.\u2014 La Bastogne, 22, rue Couillard, Québec.\u2014 Le Vendôme, 36, côte de la Montagne, Québec.\u2014 Chez Marino, 34, rue Dauphine, Québec.\u2014 Pavillon Fleur de Lys, Enr., 107, Grande-Allée, Québec.PriviLEGEs.Les anatomo-pathologistes inscrits au congrés, jouissent des privilèges de membre au Cercle universitaire, 65, rue d\u2019Auteuil, Québec.Appui fédéral à la recherche sur les dérivés du sang faite à Montréal Le ministère fédéral de la Santé, annonce que la recherche sur les dérivés du sang, poursuivie à l\u2019université de Montréal, bénéficiera d\u2019une subvention fédérale de $46,220.Une subvention à la recherche en hygiène publique a été approuvée par application du Programme national d\u2019hygiène afin d\u2019aider à l\u2019établissement et au fonctionnement, à l\u2019Institut de microbiologie et d\u2019hygiène de l\u2019université de Montréal, d\u2019un laboratoire où l\u2019on poursuivra des recherches sur les dérivés du sang.On fait observer que l\u2019Institut dirigé par le docteur Armand Frappier montera et équipera une installation « pilote », afin de préparer des fractions du sang et d\u2019étudier l\u2019activité de ces fractions au moyen de méthodes physio-chimiques et biologiques.On tentera d\u2019améliorer ces produits du sang afin de les adapter à des fins sanitaires et de mettre à la disposition des autorités d\u2019hygiène publique tout sous-produit du sang mis à Jour par de telles recherches : gamma-globuline, serum bovin déspécifié, etc. Avril 1954 LAvAL MÉDICAL 585 Les recherches qu\u2019entreprend l\u2019Institut sont chaudement appuyées par les autorités en recherche et en hygiène publique, et les spécialistes de la santé s\u2019intéressent de plus en plus à l\u2019emploi des fractions du sang dans la prophylaxie de certaines maladies transmissibles et dans l\u2019activité de la défense civile.Travaux de recherche sur la chirurgie de la tuberculose Des travaux de recherche sur les genres de chirurgie et sur les méthodes d\u2019anesthésies les moins nuisibles à l\u2019action du cœur et des poumons chez les tuberculeux se poursuivent cette année à l\u2019hôpital Laval, de Sainte-Foy (Qué.), avec l\u2019aide d\u2019une subvention fédérale à l\u2019hygiène.En annonçant cette nouvelle, le ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, ajoute que les autorités d\u2019hygiène publique espèrent que ces travaux Jetteront de la lumière sur les risques chirurgicaux et anesthésiques de la thoracotomie et réduiront le taux de mortalité chez les tuberculeux.Ces travaux, qui dureront probablement un an, se font sous la direction du docteur Jean-Paul Dechêne, anesthésiste de l\u2019Hôpital Laval et de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, avec le concours du docteur Maurice Giroux et du docteur Marcel Bilodeau.Au cours de ces travaux, on fera des essais élaborés de laboratoire et physiologiques sur les malades, avant, pendant et après les interventions chirurgicales.La subvention fédérale, d\u2019un montant de $7,300, aidera à acheter le matériel requis ainsi qu\u2019à payer une partie des traitements des chercheurs scientifiques qui se consacrent à ce projet.Congrès international de gynécologie et d\u2019obstétrique à Genève (26 au 31 juillet 1954) DEUXIÈME COMMUNIQUE DE PRESSE Le Bulletin d\u2019information vient de paraître ; il contient tous les détails d\u2019organisation et peut être demandé au Secrétariat général, Maternité, Genève, ou dans toutes les agences de l\u2019American Express Company.Les conférences magistrales seront faites par MM.les professeurs Butenandt (Tubingue), Caspersson (Stockholm), Houssay (Buenos ~~ 586 Lavar MegbicaL Avril 1954 Aires), Oberling (Paris), Penrose (Londres), Sigerist (Yale et Zurich), Warkany (Cincinnati).Trente à trente-cinq gynécologues éminents du monde entier présenteront des rapports sur le thème général de la prophylaxie en gynécologie et obstétrique et 100 à 120 rapporteurs adjoints compléteront les exposés et les discureront.Les orateurs pourront s\u2019exprimer à Jeur choix dans l\u2019une des cinq langues officielles du congrès, le français, l\u2019anglais, l\u2019allemand, l\u2019espagnol et l\u2019italien ; l\u2019interprétation simultanée par ondes courtes et par casques se fera en français et anglais.Un programme de 60 communications libres, non traduites, est en préparation.Les expositions scientifique et technique suscitent le plus grand intérêt et de nombreuses inscriptions sont déja parvenues.Plusieurs films scientifiques ont été annoncés pour être présentés en première vision au cinéma du congrès.Pour tous renseignements, s\u2019adresser au Secrétariat du Congrès, Maternité, Genève."]
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