Laval médical, 1 septembre 1952, Septembre
[" Vor.177 \u2014 No 7 QuEBEC, SEPTEMBRE 1952 LAVAL MEDICAL BULLETIN DE LA SOCIETE MEDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUEBEC DIRECTION \u2014 Faculté de Médecine, Université Laval, Québec.\"BEMOTINIC\" Liquide N° 940 Chaque cuillerée à thé (5 cc.) contient: Le \u2018\u2018Bémotinic\u201d liquide est Citrate de fer ammoniacal.200 mg \u2019 .+ a .une re aration aromaliséee a Vitamine Bio triers ars saree S microg , prep .Acide folique.0 mg.67 l'orange, non alcoolisée,etconsti- thiamine.oo.1 mg lue un toni ue san uin our Riboflavine.1 mg .q 8 p Niacinamide .5 mg les nourrissons, les convalescents pyridoxine.0 mg.33 el les vieillards.Il est également d-Panthénol.1 mg.67 IY 2 Flacons de 4, 8 et 16 onces utilisé au cours de la p uberté et Dose conseillée.\u2014Enfants: une cuillerée de la grossesse.à thé, trois fois par jour.Adultes: deux fois la dose enfants.ON AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE Biologistes ef Pharmaciens + MONTREAL, CANADA F823 USINES CHIMIQUES DU CANADA, INC.1338, Lagauchetière est (87 Station C), Montréal.Prépare.LES PRODUITS «VALOR » Solution stérile stabilisée à 5%, HYPOSULFITE DE SOUDE 10% et 20%.États de sensibilisation.Salicylate, Iodure et Colchicine, am- SAL-IOD UM « V ALOR » poules intraveineuses, 10 et 20 c.c.Rhumatisme, Arthritisme.Ampoules 1 c.c.,2¢c.c.,, 5¢c.c., 10c.c,, SERUM PHYSIOLOGIQUE 30 ter 50 ce.125 cn 350 co.« VALOR » 500 c.c.Solution isotonique ou hypertonique.Rachitisme, Anémie, Croissance, VITAVAL « VALOR » Appétit.Sels minéraux et Vitamines ABDG.Préventif du rachitisme et de la ca- LACTOV AL « VY ALO R » rie dentaire durant la grossesse.Calcium-Vitamines A et D.CHLORURE D'ETHYLE Anesthésie.« VALOR » P ANC RE AY AL « VY ALOR» Constipation d\u2019origine hépatique._\u2014 V8 À LAVAL MÉDICAL VOL.17 N° 7 SEPTEMBRE 1952 COMMUNICATIONS PNEUMOPATHIES ÉOSINOPHILES D\u2019ORIGINE MYCOSIQUE PROBABLE * par R.DESMEULES, F.R.C.P.(C) et L.MONTMINY de l\u2019Hôpital Laval Il arrive assez souvent qu\u2019une pneumopathie sorte du cadre nosologi- que habituel et qu\u2019il y ait difficulté à la classer dans un des chapitres classiques des affections pulmonaires.Mais 1l nous semble qu\u2019on rencontre assez rarement une observation aussi étrange et aussi troublante que celle qui fait le sujet de cette présentation.J.-C.M., âgé de cinquante-six ans, entre à l\u2019Hôpita! Laval, le 1°\" décembre 1951, pour des symptômes qui font, d\u2019abord, croire à une poussée tuberculeuse pulmonaire.Sans passé personnel ni familial important, le sujet, fatigué par son travail d\u2019agent d\u2019assurances, voit ses forces décliner, au début de l\u2019été 1951.Il commence alors à maigrir et à supporter de plus en plus difficilement son travail de bureau.À la fin d\u2019octobre, après s\u2019être refroidi, 1l se plaint de toux et de quelques expectorations.Les crachats sont, d\u2019abord, * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 4 avril 1952.(5) 088 ~~ esp poo Fevers a Je sek 1948 Rs dort \u201c5 9 3 he\u201d + 9978 pare ; wor -.; il ms 0 108° - TVIICAIN TVAV] + pe fi À marne | % - Figure 1.\u2014 Courbe de la température.7461 >1qua1daS Septembre 1952 LavaL MÉDICAL 881 muco-purulents et peu abondants.Ils augmentent, ensuite, de quantité et deviennent de plus en plus purulents.L\u2019amaigrissement s\u2019accentue et l\u2019asthénie rend le travail presque impossible.\u2019Tous ces symptômes finissent par inquiéter le malade, mais ce n\u2019est qu\u2019à la fin de novembre qu\u2019un médecin est consulté.Il constate des signes qui paraissent justifier une radiographie pulmonaire.La radiographie est faite à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement et les caractères des images font croire à une lésion pulmonaire tuberculeuse.Le radiologiste affirme l\u2019existence de spélon- ques dans la moitié supérieure de la plage pulmonaire droite.La recherche des bacilles de Koch dans les expectorations est cependant négative.g Le 1°\" décembre, le malade est admis à l\u2019Hôpital Laval.II est fatigué, amaigri et fébrile.La toux et les expectorations sont assez marquées.L\u2019examen des poumons révèle des signes intéressants : submatité, râles sous-crépitants et pectoriloquie aphone aux deux tiers postérieurs droits.Le cœur paraît normal, malgré un tracé électro- cardiographique qui indique de l\u2019insuffisance coronarienne.La tension artérielle est de 105/60.Le foie et la rate sont apparemment normaux et nous ne trouvons pas de ganglions périphériques.Pas d\u2019indices pathologiques à l\u2019examen des autres organes.Nous maintenons le diagnostic probable de tuberculose pulmonaire, malgré l\u2019absence de bacilles de Koch dans les expectorations.Le malade est mis sous observation, afin de confirmer ou d\u2019Infirmer ce diagnostic.Au point de vue clinique, nous notons, pendant plus d\u2019un mois, la persistance des signes pulmonaires anormaux que nous avons déjà mentionnés.La toux est peu marquée, mais les expectorations surviennent cinq à dix fois par vingt-quatre heures et elles sont muco-purulentes.La courbe de la température (figure 1) est d\u2019abord peu élevée, irrégulière ; mais, dix jours après l\u2019arrivée du malade, elle monte à 100°F, puis à 101°F.et atteint même à 102°F.Elle résiste à la pénicilline, à la streptomycine et à l\u2019auréomycine.Elle ne devient et ne se maintient normale qu\u2019après le 8 janvier.De nombreux examens sont réalisés par nos confrères des Services de radiologie, de bronchoscopie et des laboratoires. 882 Lavar MEbicac Septembre 1952 1° Quinze radiographies pulmonaires sont prises, du 3 décembre au 6 mars.Le premier cliché montre, à la moitié supérieure de la plage pulmonaire droite, des taches diffuses et généralisées.Nous notons, en plus, des opacités localisées à la base externe de l\u2019hémithorax droit (figure 2).Ces Figure 2.\u2014 Taches diffuses et généralisées à la moitié supérieure de la plage pulmonaire droite.Quelques ombres localisées à la base externe droite.ombres anormales demeurent à peu près stationnaires jusqu\u2019au 26 décembre, alors qu\u2019elles augmentent de façon marquée et qu\u2019elles s\u2019accompagnent d\u2019images de raréfaction, au tiers moyen.Au même endroit, la sériescopie et la tomographie indiquent de multiples cavités et, près du hile droit, une masse d\u2019ombre à forme triangulaire. Septembre 1952 LavaL MÉDICAL 883 Le 7 janvier, une nouvelle radiographie fait voir des ombres nouvelles, à la partie latérale des premier et deuxième espaces intercostaux gauches.Trois jours plus tard, il y a nettoyage presque complet à gauche et diminution des ombres anormales à droite.Figure 3.\u2014 Nettoyage complet des plages pulmonaires.Les radiographies prises ensuite permettent de noter l\u2019accentuation constante du nettoyage des plages pulmonaires et le dernier cliché, tiré le 6 mars, montre des images apparemment normales (figure 3).2° Plusieurs études sanguines ont été pratiquées.Le premier examen hématologique indique 77 pour cent d\u2019hémoglobine, 4,150,000 hématies, 7,450 leucocytes, 47 pour cent de poly- 884 Lavar MÉDICAL Septembre 1952 nucléaires neutrophiles et 47 pour cent d\u2019éosinophiles.La sédimentation globulaire est de 21 millimètres après une heure.Le 22 décembre, l\u2019éosinophilie est à 62 pour cent, la leucocytose a 13,050.Le 3 janvier, les globules blancs sont au nombre de 17,600 et les éosinophiles à 54 pour cent.Huit Jours plus tard, l\u2019éosinophilie est à 36 pour cent et la leucocytose de 10,300.Le 23 janvier, les éosinophiles ne sont plus qu\u2019a 26 pour cent et les globules blancs sont abaissés au chiffre de 8,950.L\u2019éosinophilie tombe ensuite à 11 pour cent, le 6 février, à 6 pour cent, le 20 du même mois, et à 9 pour cent, le 7 mars.Notons aussi que la sédimentation globulaire qui atteint 48, le 4 Janvier, baisse graduellement, à partir du 18 février, et que, le 6 mars, elle est de 10 millimètres après une heure.Soulignons aussi que les réactions de Bordet-Wassermann et de Kahn sont négatives.3° Quatre bronchoscopies ont été faites.Elles permettent de noter l\u2019absence de lésions macroscopiques de tuberculose et de cancer.La muqueuse de l\u2019arbre bronchique droit est plus vascularisée qu\u2019à I'ordinaire et quelques sécrétions purulentes s\u2019écoulent de la bronche postérieure du lobe supérieur droit.4° La recherche des bacilles tuberculeux a été faite à maintes reprises dans les expectorations, les sécrétions bronchiques et toujours le résultat en a été négatif.L\u2019inoculation de produits endobronchiques n\u2019a pas tuberculisé le cobaye.Une épreuve a la tuberculine, suivant la méthode de Vollmer, donne une très forte réaction locale accompagnée d\u2019une accentuation de l\u2019état fébrile.5° L\u2019étude cytologique des expectorations et des sécrétions bronchiques montre l\u2019absence de cellules néoplasiques, mais indique la présence d\u2019amas de polynucléaires dont la majeure partie est du type éosinophile.6° Plusieurs recherches des œufs de parasites dans les selles sont négatives.7° L\u2019examen direct des sécrétions bronchiques recueillies par bronchoscopie donne un résultat intéressant. Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 885 De rares cocci gram-positifs sont constatés, mais, en plus, il y a des spores petites et ovalaires.La culture sur bouillon et gélose fait pousser du staphylocoque blanc et doré et du micrococcus catarrhalis.Le 24 et le 27 décembre, un milieu de Sabouraud est ensemencé : on obtient une culture pure d\u2019un penicillium.La méme culture est obtenue sur lames gélosées.Le 7 janvier, nous apprenons ce résultat d\u2019examen de laboratoire.Tout de suite, nous prescrivons de l\u2019iodure de potassium à la dose de 0 g.50, trois fois par jour.Tout autre traitement est cessé.La nouvelle thérapeutique est suivie du retour de la température à la normale, de l\u2019augmentation du poids, de l\u2019amélioration remarquable de l\u2019état général et de la disparition de la toux et des expectorations.En même temps, nous voyons s\u2019effacer rapidement les opacités pulmonaires et l\u2019éosinophilie sanguine se rapprocher de plus en plus de la normale.La leucocytose et la sédimentation globulaire s\u2019abaissent graduellement et donnent, en mars, des chiffres normaux.Le 22 février, les éosinophiles sont disparus des sécrétions bronchiques.Ensemencé, le milieu de Sabouraud demeure stérile et ne fournit plus d\u2019éléments mycéliens.RÉSUMÉ Un homme de cinquante-six ans, après plusieurs mois de fatigue causée par le surmenage, présente une pneumopathie aiguë avec atteinte assez marquée de l\u2019état général.Les foyers occupent la moitié supérieure du poumon droit, la base externe droite et se présentent avec des caractères assez denses à la région parahilaire droite.Ils donnent même des images de raréfection, à la partie moyenne du poumon droit, et envahissent passagèrement la région sous-claviculaire gauche.L\u2019évolution de la maladie dure plus de cinq semaines.Elle se caractérise : 1° par une éosinophilie bronchique ; 2° par une éosinophilie sanguine très importante et par une leucocytose assez marquée ; 3° par la constatation d\u2019une culture pure d\u2019un penicillium, après ensemencement de sécrétions Dbronchiques recueillies par bronchoscopie ; 4° par l\u2019effacement rapide des signes fonctionnels et généraux, sanguins et radiographiques, après un traitement Ioduré. 886 Lavar.MÉDICAL Septembre 1952 Ce résultat remarquable s\u2019accompagne, en plus, de la disparition du pemicillium des sécrétions bronchiques.Discussion Cette pneumopathie à éosinophiles fait Immédiatement penser au syndrome de Læffler.Ce syndrome semble représenter une réaction particulière des poumons à des agents divers, réaction très probablement conditionnée par une hyperallergie spéciale des sujets atteints.L\u2019éosinophilie est l\u2019expression de l\u2019état allergique.Le syndrome de Læftfler se reconnaît aussi par la fugacité extrème des images radiologiques, sa remarquable bénignité et aussi par une évolution brève de quelques Jours.Notre observation n\u2019a que l\u2019éosinophilie comme caractère commun avec le syndrome de Læffler.Cette éosinophilie marquée et persistante signe, nous le croyons, la manifestation allergique de la pneumopathie.S\u2019est-il agi d\u2019une tuberculose allergique?L'\u2019apparition d\u2019une forte réaction tuberculinique nous impose quelque réserve.Mais toutes les recherches du bacille de Koch furent négatives, les foyers pulmonaires ont résisté à la streptomycine et la guérison de la maladie est survenue en quelques semaines.Nous croyons, en l\u2019absence de toute autre cause connue, que le penicillium trouvé dans les sécrétions bronchiques a été l\u2019agent probable de l\u2019affection pulmonaire allergique que nous avons observée.L'action spectaculaire de l\u2019iodure de potassium nous parait être un argument de valeuF pour établir notre diagnostic de probabilité.La pénicilliose pulmonaire est rare, mais elle est connue.T'alice et MacKinnon, Nussbaum et Benedek, Aimé, Creuzé et Kresser, Menetrel et Creuzé, en ont rapporté quelques observations.Les symptômes de la pénicilliose sont les mêmes que ceux que l\u2019on rencontre dans l\u2019aspergillose.Ces deux variétés de mycose donnent des signes cliniques et radiographiques se rapprochant de la symptomatologie de l\u2019abcès et surtout de la tuberculose pulmonaire.La rareté de la pénicilliose et la difficulté d\u2019en assurer le diagnostic nous obligent, malgré les caractères assez remarquables de notre observation, à être prudents dans notre interprétation et à penser que l\u2019évolution Septembre 1952 LavaL MÉDICAL 887 ultérieure chez notre malade, nous permettra de confirmer ou d\u2019infirmer notre diagnostic de probabilité.SUMMARY A man, fifty-six year old, after several months of fatigue caused by overworking, presents an acute condition of the lungs with an impairment of his health.The foci are seated in the superior half of the right lung, the right external base and show rather dense signs at the parahilar region.There are even some images of rarefaction at the middle region of the right lung and the lesions invade momentarily the left sub-clavian region.The evolution of this condition has leasted more than five weeks.This affection was marked by: a.a bronchial eosinophilia ; b.eosinophilia of the blood which has been very important and a rather pronounced leucocytosis ; c.the finding of a pure culture of Penicillium, after seeding of bronchial secretions obtained through bronchoscopy ; d.the quick disappearance of the general and of the functional symptoms, of the blood and X-ray signs, after a treatment by iodide.Such a remarkable result has been accompanied by the disappearance of the Penicillium from the bronchial secretions.(H.M.) BIBLIOGRAPHIE 1.BruUMPT, E., Précis de parasitologie, Masson et Cie, Paris.2.LÉon-Kinpserc, M., Apipa, P., et RosenTHAL, L., Pneumopathie à éosinophiles, La Presse médicale, 277, (12 mars) 1940.3.Rosser, G., et Hourier, J.-H., Infiltrations pulmonaires fugaces successives avec éosinophilie sanguine, Journal médical de Leysin, (nov.-déc.) 1937.4.Smita, D.T., The mycoses, Nelson Loose Leaf Living Medicine, vol.11, p.355. RÉACTIONS PULMONAIRES ANORMALES APRÈS BRONCHOGRAPHIE AU XUMBRADIL B.* par Jules HALLÉ, Lionel MONTMINY et Marcel BILODEAU Service de broncho-æsophagologie de l\u2019Hôpital Laval A la séance de la Société médicale des hôpitaux universitaires, tenue à l\u2019Hôpital Laval en novembre dernier, nous vous avons parlé de notre expérience bronchographique avec la substance opaque hydrosoluble, le Xumbradil B.Mème si elle est moins contrastante que le lipiodol, nous en avions conclu que cette substance avait une opacité suffisante pour fournir un bon dessin bronchique.Sa supériorité réside dans son élimination rapide, ce qui en fait la substance de choix dans le tissu pulmonaire susceptible d\u2019exérèse chirurgicale.Nous devons quelquefois bronchographier tous les segments ou, moins souvent, procéder à une bronchographie dirigée, afin de ne mettre en relief que les bronches d\u2019une région bien déterminée.Ces instillations électives s\u2019accompagnent souvent de remplissage alvéolaire avec menace de rétention prolongée, sinon définitive, de la substance opaque lorsque nous utilisons du lipiodol.Avec les autres expérimentateurs, nous avons signalé le caractère tussigène du Xumbradil B.En dépit de l\u2019addition d\u2019une substance * Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 4 avril 1952. Septembre 1952 LavAaL MÉDICAL 889 anesthésiante, ce produit provoque très facilement des quintes de toux et l\u2019usage d\u2019une plus longue anesthésie locale préalable est indispensable au succès de la bronchographie.ll nous a paru que l\u2019arrivée des premières gouttes de Xumbradil provoque, dans plusieurs cas, une irritation immédiate, une congestion intense, une véritable réaction anaphylactique de la muqueuse endobronchique.Cette réponse de la bronche est moindre, mais elle persiste en dépit de l\u2019anesthésie locale.En présence de ces constatations, nous nous sommes demandé si ce n\u2019est pas à ce comportement particulier de la muqueuse endobronchique que nous devons attribuer certaines manifestations anormales pulmonaires après usage de Xumbradil.Dans notre première série de 25 broncho- graphies, nous n\u2019avions noté aucune réaction secondaire du poumon.Depuis novembre, nous avons utilisé ce produit dans 24 autres cas.Trois malades ont, par la suite, présenté des complications pulmonaires.Nous avons cru intéressant de vous rapporter ces trois cas et d\u2019en rechercher la pathogénie.PREMIÈRE OBSERVATION André C., âgé de trente ans, est traité pour une tuberculose pulmonaire inférieure droite possiblement associée à des bronchiectasies.Il est soumis à trois séances bronchographiques les 7, 12 et 17 décembre 1951.Le malade supporte bien les deux premiers examens, mais le tableau est différent le 17.La bronchographie est pratiquée à dix heures du matin.À trois heures de l\u2019après-midi, le malade est frissonnant, il expectore des crachats brunâtres et se plaint de douleurs à la région thoracique droite.La fièvre est à 102°F., le pouls à 104 et la respiration, à trente.La pénicillinothérapie est instituée, mais la fièvre persiste à 101°F., le lendemain.La radiographie présente alors l\u2019image d\u2019une atélectasie de la base droite.La sédimentation globulaire est passée de 8 à 20 millimètres et l\u2019éosinophilie, de 3 à 6 pour cent.Nous procédons à une bronchoscopie exploratrice le 19, soit deux jours après l\u2019apparition de ces accidents.L\u2019examen permet d\u2019observer, au niveau de tout l\u2019hémisystème bronchique droit, une muqueuse fortement vascularisée et œdématiée, particulièrement au voisinage des divisions segmen- taires inférieures par où s\u2019écoulent péniblement des sécrétions brunâtres ; 890 Lava\u2026r MÉDICAL Septembre 1952 celles-c1 sont aspirées et nous pouvons mieux voir le calibre très rétréci des petites bronches.Le soir, la température revient à la normale, l\u2019état général s\u2019améliore et le cliché radiographique du 26 décembre témoigne de la régression des manifestations atélectasiques.Le 14 janvier, le malade peut être soumis à une exérèse chirurgicale des lobes moyen et Inférieur droits.Bien que l\u2019épreuve de la sensibilité oculaire au Xumbradil ait été négative chez ce malade, la fugacité des symptômes et leur suppression par la broncho-aspiration nous permettent de croire en l\u2019installation d\u2019une atélectasie au niveau du lobe inférieur droit ; celle-ci aurait été favorisée par l\u2019hypercongestion muqueuse et l\u2019abondance des sécrétions à l\u2019occasion de trois examens bronchographiques au Numbradil en l\u2019espace de dix Jours.DEUXIÈME OBSERVATION Laurette M., trente et un ans, tuberculeuse chronique, est soumise, le 5 décembre 1951, à une bronchographie, afin d\u2019éliminer l\u2019existence de bronchiectasies au sommet pulmonaire droit.La malade a un comportement normal pendant les deux Jours suivants, mais la fièvre monte à 101°F., le 7, et se maintient élevée pendant une semaine.Une radiographie, prise le 11 décembre, fait voir une augmentation des ombres du sommet droit et l\u2019apparition de quelques taches diffuses à la région moyenne droite.En dépit de ces images et de la fièvre, l\u2019état général reste bon.La température revient à la normale, le 14, et les images radiologiques nouvelles disparaissent en peu de Jours.En janvier, la bacilloscopie est négative dans le liquide du lavage gastrique et la vitesse de la sédimentation globulaire est inférieure à celle observée avant la bronchographie.Nous avons cependant un test oculaire positif au Xumbradil et nous avons noté une « rubescence pudique » exagérée chez cette malade.Bien qu\u2019il y ait eu apparition d\u2019images radiologiques nouvelles, l\u2019absence de bacilles tuberculeux, le ralentissement de la vitesse de la sédimentation globulaire, le retour à la normale de la température, huit Jours après l\u2019examen, même si nous avons eu recours à la streptomycino- thérapie, nous portent à croire qu\u2019il n\u2019y a pas eu essaimage de l\u2019infection, Septembre 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 891 mais bien plutôt manifestations allergiques du parenchyme en présence du produit utilisé.Le test oculaire établit la sensibilité de la malade.Les images pulmonaires ne seraient alors que de petits foyers congestifs sur un terrain vaso-moteur particulier, sans signe d\u2019iodisme et sans autre manifestation de l\u2019état général qu\u2019une fièvre oscillant entre 99° et 101°F.TROISIÈME OBSERVATION Monique D., âgée de dix-neuf ans, est hospitalisée à Laval depuis le 25 août 1947.Elle a été traitée, d\u2019abord, par la cure d\u2019air et de repos, puis par un pneumothorax artificiel gauche.Le 1°\" juin 1951, le poumon gauche étant toujours collabé, une première bronchographie, faite cette fois, avec du lipiodol, de la région moyenne gauche est pratiquée et l\u2019investigation met en évidence des dilatations cylindriques au niveau de la région explorée.Le pneumothorax est alors abandonné et 1l est décidé que la malade sera soumise à une lobectomie inférieure gauche, si une bronchographie droite n\u2019apporte pas de contre-indication.Cette dernière est réalisée le 12 octobre 1951.Pour ne pas retarder l\u2019intervention chirurgicale, on emploie une substance radio-opaque hydrosoluble (Xumbradil).L\u2019examen ne montre aucune dilatation et les radiographies pulmonaires prises dans les heures suivantes témoignent de l\u2019évacuation complète de la substance contrastante.La température et le pouls ne sont aucunement modifiés.L\u2019état général reste bon.Une bronchographie élective de la bronche apicale du lobe inférieur gauche est encore demandée.Le relief bronchique obtenu le 30 novembre 1951, encore à l\u2019aide du Xumbradil, montre des dilatations cylindriques à ce niveau.Ce jour-là, cependant, la température était de 96.8°F, le matin, et de 99°F, le soir.Elle monte davantage, le lendemain ; puis semble revenir à la normale au moyen d\u2019une cure à la pénicilline.La fièvre reprend, le 4 décembre, pour ne disparaître que le 13, alors qu\u2019un traitement à la streptomycine est commencé.La radiographie pulmonaire du 10 décembre laisse voir une ombre homogène entre le hile et la région infrahilaire droite avec un résidu 892 Lavar MÉDICAL Septembre 1952 lipiodolé au niveau du lobe supérieur droit.Un autre examen pulmonaire, fait le 17 décembre 1951, montre une accentuation de l\u2019ombre homogène antérieurement décelée ainsi qu\u2019un aspect tacheté diffus du tiers moyen droit et ce n\u2019est que le 4 février 1952 que l\u2019on commence à percevoir une diminution des ombres anormales droites.On remarque, en plus, que la sédimentation globulaire qui était de 7 millimètres, le 28 novembre 1951, deux jours avant la dernière bronchographie, est montée à 45 millimètres et la recherche du bacille de Koch s\u2019est montrée positive à l\u2019examen direct des crachats.La malade a perdu cinq livres de poids, entre le 1°\" et le 15 décembre.Il faut bien penser ici à un essaimage tuberculeux, bien plus qu\u2019à des phénomènes de congestion banale.Mais, comment expliquer la pathogénie des réactions pulmonaires récentes dans ces trois cas ?Par suite de la nouveauté des substances opaques hydrosolubles, nous ne retrouvons dans la littérature médicale que peu d\u2019acei- dents attribuables à l\u2019emploi de ce produit.Chadourne, lannou, Duchet- Suchaux et Pinelli, du Sanatorium de Chevilly, en rapportent deux cas au premier congrès international pour l\u2019étude des bronches, à Paris, en 1951, mais sans en expliquer clairement la pathogénie.Reinhardt, du Service de radiologie de l\u2019université de Hambourg, signale l\u2019apparition d\u2019une atélectasie massive de tout un poumon, mais, cette fois, à la suite d\u2019une bronchographie au lipiodol.Nous croyons que, chez nos trois malades, l\u2019arrivée du Xumbradil a provoqué une paralysie vago-sympathique entraînant une atélectasie lobaire du côté injecté, dans deux cas, du côté opposé, chez la troisième malade.Chez cette dernière, l\u2019atélectasie aurait favorisé l\u2019essaimage de l\u2019infection tuberculeuse.L\u2019atélectasie surviendrait par suite de la paralysie des bronches terminales du sympathique et du vague au niveau des bronchioles et des lobules.Le réflexe tussigène, facilement excitable au moment de l\u2019instillation du Xumbradil, serait complètement disparu dans les heures qui suivent.Le mouvement des cils vibratiles et de la couche protectrice de mucus endobronchique est arrêté.Cette paralysie vago-motrice peut être obtenue par d\u2019autres subs- .tances.Les auteurs rapportent, en effet, des phénomènes du même ordre constatés au cours d\u2019instillation d\u2019une solution de streptomycine dans les Septembre 1952 Lavar MÉDicAL 893 bronches.D\u2019autres la mentionnent à l\u2019occasion de certains traumatismes du thorax.La plupart des auteurs s\u2019accordent à attribuer cette paralysie segmentaire pulmonaire à un choc, plus souvent à une réaction anaphylactique.Nous avons recherché si la substance opaque hydrosoluble ne serait pas l\u2019allergène responsable.Nous avons observé la courbe de l\u2019éosinophilie chez la plupart de nos malades.Nous avons interrogé leur sensibilité conjonctivale en présence du produit.Deux malades, dont nous vous avons présenté l\u2019observation, nous ont fait voir une réaction conjonctivale marquée à la suite de l\u2019instillation d\u2019une goutte de Xum- bradil sur la conjonctive.L\u2019éosmophilie a passé au moins du simple au double.Chez André C., le test conjonctival s\u2019est révélé négatif.Mais, la encore, nous pouvons penser a une réaction allergique, si nous tenons compte du terrain.Ce jeune homme tolére mal de nombreux médicaments et cette intolérance se manifeste par des érythèmes passagers ou d\u2019autres manifestations allergiques d\u2019ordre général.Chez Monique D., que les manifestations pulmonaires droites nouvelles soient devenues bacillaires, rien ne s\u2019y objecte, le poumon gauche étant déjà tuberculeux.Mais, les réactions postbronchographiques semblent avoir été, d\u2019abord atélectasiques, avant de devenir bacillaires.C\u2019est ce phénomène d\u2019até- lectasie dont nous avons essayé d\u2019expliquer la pathogénie.RÉSUMÉ Nous avons rapporté trois observations de malades soumis à des bronchographies au Xumbradil, qui ont présenté des manifestations pulmonaires anormales dans les Jours qui ont suivi l\u2019examen.A la lumière des signes cliniques et radiographiques, nous croyons que ces manifestations sont des phénomènes atélectasiques consécutifs à une paralysie vago-sympathique.Nous expliquons cette paralysie par une réaction allergique au Xumbradil ou par une sensibilité particulière acquise par l\u2019individu à l\u2019occasion d\u2019examens répétés avec ce produit.Les tests de sensibilité étant recherchés avec som, l\u2019emploi du Xumbradil endobronchique demeure un procédé d\u2019examen recommandable et suffisant pour la mise en relief de l\u2019arbre bronchique. 894 Lavar MÉDICAL Septembre 1952 SUMMARY Three observations of patients subjected to bronchographic examinations by means of Xumbradil are reported.All these patients have been ill with abnormal pulmonary symptoms during the days which have followed the examination.The clinical and radiological signs that we have observed incline us to the belief that these morbid manifestations are due to atelectasic phenomena resulting from a vago-sympathetic paralysis.We explain this paralysis by an allergic reaction due to Xumbradil of by a peculiar sensitivity acquired by the subject on the occasion of repeated examinations by means of this drug.If the sensitivity tests are applied with great care, the use of Xum- bradil for endobronchial examinations remains an examination procedure worthy of commendation and it can throw the bronchial system into relief.(H.M.) BIBLIOGRAPHIE 1.Bonarico, N., L\u2019exploration bronchographique dans la tuberculose par l\u2019ioduron B.2.CHADOURNE, IANNOU, DuUcHET-SUCHAUX, PINELLI, Bronchographie avec produit de contraste iodé hydrosoluble dans la tuberculose broncho-pulmonaire, Premier congrès de l\u2019Association internationale pour l\u2019étude des bronches, Paris, (avril) 1951.3.MAGNENAT, P., Les substances de contraste employées en broncho- graphie lèsent-elles le poumon ?Les bronches, nos 3 et 4.4.REINHARDT, Atélectasie pulmonaire gauche totale après broncho- graphie.Journal de radiologie d\u2019électrologie et archives d\u2019électrologie médicale, 32 : 1951.5.SoLvEe, Welin, A contrast medium, Les bronches, volume I, ns 3 et 4. ASPECT PSEUDO-TUBERCULEUX D\u2019UNE CARDIOPATHIE * par P.RICHARD, C.LESSARD et P.-E.CAREAU de l\u2019Hôpital Laval Monsieur J.D., Journalier, âgé de quarante ans, fut envoyé à l\u2019Hô- 1°\" février 1952, pour tuberculose pulmonaire.Il y fut pital Laval, le admis à cause d\u2019une toux sèche, de rares expectorations muco-purulentes, un amaigrissement léger, un état dyspnéique et des hémoptysies, en décembre 1951.Dans ses antécédents héréditaires et familiaux, on relève que son père est mort accidentellement, à quarante-cinq ans.Sa mère est décédée, à quarante-huit ans, de cause inconnue.Quinze de ses frères et sœurs sont morts à la naissance ou en bas âge.Il a encore quatre sœurs vivantes, en bonne santé.Comme antécédents personnels, il est père de cinq enfants en bonne santé.Il fait un usage modéré d\u2019alcool et de tabac.Il n\u2019a Jamais souffert de rhumatisme articulaire aigu ou d\u2019accidents choréiformes ; il rendait souvent visite à une famille de tuberculeux.On ne relève aucun antécédent bacillaire chez ses parents.* Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 4 avril 1952.(6) 896 Lavar MépicaL Septembre 1952 La maladie actuelle semble remonter à cinq ans, alors que J.D.remarqua qu\u2019il faisait de la dyspnée à l\u2019effort.Ce trouble ne l\u2019inquiétant pas, 1l continua son travail, sans consulter son médecin, jusqu\u2019au 15 décembre 1951.Il fit alors plusieurs hémoptysies moyennes ; après celles-ci, le malade se sentit très fatigué, sa dyspnée était accentuée et il transpirait abondamment.En un mois, 1l perdit quelques livres de poids.Après une radiographie pulmonaire prise au dispensaire antituberculeux, une demande d\u2019hospitalisation fut faite à l\u2019Hôpital Laval.A l\u2019examen d\u2019entrée, le 1°\" février 1952, ce qui nous frappe, d\u2019abord, c\u2019est la pâleur du malade et la décoloration des conjonctives.Nous remarquons aussi un léger hippocratisme digital.La température buccale est normale et restera normale durant toute son hospitalisation ici.La respiration est de 20 et le pouls de 84 à la minute.La tension artérielle est à 125/80.II pèse cent neuf livres et mesure quatre pieds et huit pouces.II tousse un peu et crache quelques rares expectorations muco- purulentes par jour.Il n\u2019a pas craché de sang depuis le 15 décembre 1951.Il présente de la dyspnée à l\u2019effort, ainsi qu\u2019une fatigue inusitée et des transpirations profuses.Il n\u2019a Jamais remarqué de l\u2019ædème des membres inférieurs ou des parties déclives.L\u2019examen des systèmes digestif, génito-urinaire, locomoteur, lymphatique et nerveux ne révèle rien de pathologique.Le foie, non douloureux, déborde le rebord costal de deux travers de doigts.Quant à la rate, elle n\u2019est ni palpable, ni douloureuse, ni percutable.A l\u2019examen oto-rhino-laryngologique, on note sur la cloison nasale une légère ulcération infectée.L\u2019imspection de la cage thoracique montre que l\u2019amplitude respiratoire est normale pour les deux hémithorax.Elle met en évidence un soulèvement diastolique apexien, au sixième espace intercostal gauche, un peu en dehors de la ligne mamelonnaire.La palpation permet de constater un frémissement cataire présystolique à la région précardiaque avec maximum d\u2019intensité à la pointe qui est abaissée et repoussée vers la gauche.Les vibrations pulmonaires sont normales.La percussion révèle une sonorité normale dans les deux plages et la matité de l\u2019aire cardiaque est légèrement agrandie.L\u2019auscultation donne un murmure vésiculaire un peu rude ; il n\u2019y a pas de râles humides. Septembre 1952 LAavaL MépicaL 897 Nous entendons nettement un souffle cardiaque diastolique avec max1- mum d\u2019intensité à la pointe et de rares extrasystoles.Il n\u2019y a pas de dédoublement du deuxième bruit.Voici les renseignements fournis par l\u2019électrocardiogramme.Fréquence des oreillettes : 90 à 100.Fréquence des ventricules : 90 à 100.Rythme sinusal.Axe électrique : + 75.Remarques : 1.Onde P normale ; 2.Groupe Q-R-S normal ; ©» Segment S-T isoélectrique ; Onde T inversée en AVR et AVI ; Rares extrasystoles, d\u2019origine sinusale.9e Diagnostic électrocardiographique : 1.Arythmie sinusale ; 2.Arythmie extrasystolique légère.La percutiréaction à la tuberculine est positive (+++).Une sédimentation globulaire, faite le 4 février 1952, est de 25 millimètres après une heure.L\u2019examen des urines est normal, le 4 février 1952.La formule sanguine révèle une anémie ferriprive.Hémoglobine, 48 pour cent ; globules rouges, 3,070,000 ; valeur globulaire, 0.78 ; globules blancs, 16,850 ; polynucléaires neutrophiles, 83.0 pour cent ; polynucléaires éosinophiles 1.0 pour cent ; lymphocytes, 12.0 pour cent ; moyens monoculéaires, 2.0 pour cent ; grands mononucléaires, 2.0 pour cent ; image d\u2019Arneth : 8 pour cent, 40 pour cent, 36 pour cent, 12 pour cent, 4 pour cent ; indice nucléaire : 264 ; inversion nucélaire de Velez positive ; indice leucocytaire de Medlar : 86, D.M.7.4.La réaction de Bordet-Wassermann est négative dans le sang.La recherche du bacille tuberculeux, faite le 12 février 1952, est négative dans le liquide de lavage gastrique.Une hémoculture, faite le 16 février 1952, n\u2019a pu mettre aucun élément microbien en évidence.Les rapports des radiographies pulmonaires se lisent comme suit.Le 7 janvier 1952.Aspect chargé des deux hiles avec accentuation marquée du dessin broncho- 898 LavaL MEbicaL Septembre 1952 vasculaire dans l\u2019ensemble des deux plages.Fermeture complète des deux sinus costo-diaphragmatiques avec possibilité de réaction liquidienne à la base gauche.Aspect de stase vasculaire dans les deux plages.Index cardio-thoracique : 12.5 centimètres sur 26 centimètres.Le 2 février 1952.En comparaison avec la radiographie du 7 janvier 1952, on note une accentuation marquée des images anormales déjà décrites.On remarque, maintenant, des foyers d\u2019ombres non homogènes disséminées dans l\u2019ensemble des deux plages, particulièrement marquées du côté gauche.Les deux sinus sont toujours obtus et l\u2019index cardio- thoracique est passé de 12.5 centimètres sur 26 centimètres à 13.2 sur 26 centimètres.Ces examens imposaient le diagnostic de rétrécissement mitral et élimmaient la tuberculose pulmonaire.Le malade fut traité par la digitaline, en attendant son transfert dans un hôpital général.Voici une radiographie pulmonaire prise le 1°\" mars 1952 à l\u2019Hôpital Saint-François-d\u2019Assise.En comparaison avec la radiographie du 2 février 1952, on note une régression très importante des images anormales dans l\u2019ensemble des deux plages ; seuls les deux hiles apparaissent chargés et les deux sinus sont pratiquement libres.Ce cardiaque était donc nettement amélioré par le traitement médical.Ce patient nous a permis d\u2019étudier des in ages pulmonaires anormales susceptibes d\u2019être rencontrées chez les cardiaques et qui peuvent être interprétées comme la signature d\u2019une maladie tuberculeuse.C\u2019est une erreur de croire que nous pouvons faire un diagnostic anatomo-pathologique sur la simple lecture d\u2019images radiologiques.Le cliché renseigne sur l\u2019existence et l\u2019étendue des opacités anormales.Parfois, seuls la clinique et le laboratoire permettent l\u2019identification de la nature des lésions.Souvent, les opacités pulmonaires anormales signent une maladie extrapulmonaire.Parmi ces causes, nous pouvons signaler de façon particulière les cardiopathies sous les formes de l\u2019hyposystolie, de l\u2019asystolie, de l\u2019endocardite valvulaire, avec une prédilection marquée pour le rétrécissement mitral.L\u2019hyperhémie passive apparait généralement au cours d\u2019une insuffisance cardiaque ou d\u2019un rétrécissement mitral.Au stade initial de ces états pathologiques, les veines pulmo- Septembre 1952 LavaL MEpicaL 899 naires et les capillaires sont congestionnés.L\u2019hypertrophie ventriculaire droite donne ensuite naissance à la dilatation des artères pulmonaires.Les vaisseaux lymphatiques deviennent le siège d\u2019une transsudation.Finalement, les artères bronchiques sont touchées et la muqueuse bronchique s\u2019œdématie.Tout cet ensemble réalise des images radiologiques d\u2019une variabilité marquée, selon le degré de stase et d\u2019hypertension siégeant dans la petite circulation.Nous rencontrons surtout une exagération marquée de la trame conjonctivo-vasculaire coïncidant avec un élargissement des ombres hilaires.Les vaisseaux lobaires, vus de face, peuvent dépasser la dimension d\u2019un pois.Leur densité peut même les faire interpréter comme la signature d\u2019un ganglion calcifié.Le petits vaisseaux épousent une topographie périphérique évidente.Les capillaires atteignent parfois trente fois leur calibre normal.Ce gonflement surajouté à la transsudation alvéolaire explique la diminution nette de la transparence pulmonaire.Si les lymphatiques sont atteints, la plèvre intercostale s\u2019épaissit et devient visible sur le cliché.Charles Roubier synthétise sa pensée sur les images scissurales des cardiaques en ces termes : « Les images scissurales ne sont pas l\u2019apanage de la tuberculose seule.Elles se voient également au cours des cardiopathies décompensées, dans un tiers des cas.Elles traduisent une réaction de la plèvre à l\u2019infection du poumon cardiaque qui dans ce cas est discrète.» Parfois, l\u2019association de la congestion vasculaire et de la réaction alvéolaire à cellules cardiaques donne une image ressemblant à une pneumoconiose ou à une tuberculose militaire.Elle se différencie de ces dernières parce que la topographie granitée des cardiopathies va, en décroissant, des hiles à la périphérie et que la stase passive s\u2019accompagne d\u2019une diminution marquée de la transparence pulmonaire.Le rétrécissement mitral est rarement caractérisé par des traînées fines à point de départ hilaire et à extension périphérique.Lorsqu\u2019elles existent, elles sont plus denses et plus nettes que celles des arborisations vasculaires, bien qu\u2019elles ne soient pas aussi larges.Elles disparaissent, la plupart du temps, au cours du traitement de la cardiopathie acquise tandis que les opacités linéaires des cardiopathies congénitales en rapport avec l\u2019hyperhémie passive dessinent des images permanentes ou qui ne 900 Lavar.MÉDicaL Septembre 1952 disparaissent que rarement de façon définitive.On les attribue à une obstruction des lymphatiques qui serait secondaire à une hypertrophie de l\u2019oreillette gauche exerçant une compression sur le canal thoracique et sur le canal lymphatique droit.L\u2019insuffisance cardiaque grave peut donner naissance à tous ces signes radiologiques et dessiner des opacités fort diffuses.Quant aux embolies et aux infarctus, ils donneront des opacités arrondies et coniques à topographie lobaire ou segmentaire.En outre, les épanchements pleuraux sont un apanage fréquent des cardiopathies.Dès que le diagnostic étiologique est douteux, il est indispensable de rechercher, par tous les moyens d\u2019investigation possibles, le bacille tuberculeux, tant dans les expectorations que dans les liquides de lavage gastrique et bronchique en poussant les recherches jusqu\u2019à la culture sur le milieu de Læwenstein et même à l\u2019inoculation au cobaye.En résumé, toute cette symptomatologie radiologique que l\u2019on peut rencontrer chez les cardiaques et chez les tuberculeux prouve que le diagnostic étiologique est parfois difficile à faire.Et, si tous les examens faits en vue d\u2019éliminer la tuberculose ne permettent pas d\u2019arriver à ce but, il faut toujours avoir présent à l\u2019esprit que la bacillose et que la stase pulmonaire d\u2019origine cardiaque peuvent coexister.BIBLIOGRAPHIE 1.CaussALE, G.et TARDIEU, À, Annales de médecine, n° 4, 1934.2.DresmeurEs, R., Cardiopathies et fausses tuberculoses, Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, 227, 1934.3.GRÉGOIRE, G., Aspect radiologique de la tuberculose miliaire chez les cardiaques, L\u2019Union médicale du Canada, (juin) 1946.4.HursT et LEvine, Miliary densities associated with mitral stenosis, American Review of Tuberculosis, (mars) 1944.5.KerLy et Twining, X-Ray diagnosis by british authors, Shanks, éditeur. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L\u2019EMPLOI DE QUELQUES HORMONES EN THÉRAPEUTIQUE par le docteur B.L.FRANK conférencier, Faculté de médecine, université McGill Jamais dans son histoire, la Médecine n\u2019a écrit des pages aussi brillantes que celles qu\u2019elle nous offre à l\u2019heure actuelle.Ses progrès incessants, aussi bien dans le traitement que dans la prévention, ont complètement changé l\u2019évolution des maladies infectieuses, des déficiences de la nutrition, ainsi que des troubles endocriniens.De tels progrès ont évidemment révolutionné la pratique de la médecine, et les méthodes de diagnostic et de traitement ont considérablement changé depuis la dernière génération.Le coût de ces succès a été largement dépassé par ce qu\u2019en ont rapporté les chercheurs et les praticiens ; c\u2019est ainsi que, de nos jours, le clinicien qui s\u2019appule sur toutes les ressources scientifiques de la médecine moderne a la satisfaction de contrôler des maladies qui, 1l y a une génération, faisaient le désespoir de son prédécesseur.Le temps n\u2019est plus où l\u2019on ne faisait qu\u2019un soulagement symptomatique ; le médecin d\u2019aujourd\u2019hui peut, dans bien des cas, prévenir ou guérir bon nombre de maladies dont est affligée l\u2019humanité (1). 902 Lavar MÉpicaL Septembre 1952 Dans le domaine des hormones, le traitement causal est actuellement beaucoup plus fréquent que le traitement symptomatique.Trois facteurs régissent la fonction endocrine normale : A.La production, par \u2019hypophyse antérieure, d\u2019hormones « trophiques » en quantité suffisante pour stimuler adéquatement les autres glandes endocrines ; B.Une réponse normale des « cellules cibles » (en anglais target cells) ; C.Une fonction hépatique normale.A.C.N.H.Long (2) a noté que l\u2019activité de certaines glandes endocrines peut persister, bien que très réduite, après hypophysectomie ; ainsi, la thyroïde peut sécréter ses produits hormonaux même en l\u2019absence de thyrotrophine, la surrénale sans A.C.T.H.Le même principe s\u2019applique dans le cas de certaines sécrétions du pancréas.On croit généralement que l\u2019action des hormones « trophiques » du lobe antérieur de l\u2019hypophyse est d'accélérer les processus métaboliques des glandes endocrines sur lesquelles elles agissent de façon spécifique.Une déficience de certains acides aminés essentiels peut réduire la sécrétion d\u2019hormones trophiques par l\u2019hypophyse antérieure et, partant, amener une diminution dans le fonctionnement d\u2019autres glandes endocrines, telles les surrénales et les gonades.B.L'action des hormones dépend de l\u2019état de réceptivité des cellules «cibles » sur lesquelles elles agissent.Par exemple, les œstrogènes n\u2019ont aucune action sur les trompes de Fallope des poulets, s\u2019il y a déficience en vitamine B complexe, particulièrement en acide folique.Les hormones pourront rester sans effets s\u2019il y a déficience d\u2019un des facteurs suivants : 1.les vitamines ; 2.les acides aminés essentiels ; 3.les sels minéraux.Il apparaît donc évident que la nutrition joue un rôle important dans le mécanisme d\u2019action des hormones.C.Le foie peut inactiver un certain nombre d\u2019hormones qui se trouvent dans le sang circulant (3) ; lorsque sa fonction est déficiente, il s\u2019ensuit un excès relatif de certaines hormones qui deviendront en hyperactivité dans l\u2019organisme ; ceci s\u2019applique, par exemple, aux œstrogènes, comme nous le verrons plus à fond tout à l\u2019heure. Septembre 1952 Lavar MÉDicaL 903 Dans l\u2019emploi des hormones en thérapeutique, nous devons donc avoir à l\u2019esprit ces diverses relations.Comme vous le savez, l\u2019entrée en action de l\u2019hypophyse dépend d\u2019une multitude de facteurs ; je viens de vous mentionner l\u2019apport adéquat de certains acides aminés essentiels.Nous n\u2019en tiendrons toutefois pas compte, au cours de ce travail, et nous ne considérerons que le rôle joué par la nutrition dans le métabolisme des hormones après leur production et une fois qu\u2019elles circulent dans le sang.Le foie est également très important dans le métabolisme normal de certaines hormones.Zondek (4) a déjà démontré, en 1934, que l\u2019œs- trine est inactivée dans le foie et Selye (5), en 1941, a émis l\u2019opinion que toutes les hormones stéroïdes sont inactivées dans le foie.On est généralement d\u2019avis (6), à l\u2019heure actuelle, que les hormones sexuelles ne sont pas les seules à être métabolisées dans le foie et que le métabolisme intra- hépatique est un mécanisme qui concerne probablement toute l\u2019endocrinologie.Le métabolisme hépatique des hormones peut être perturbé par les deux facteurs suivants : 1.Des altérations pathologiques du foie ; 2.Une déficience de certaines vitamines qui sont essentielles à son fonctionnement normal.Depuis que Zondek a démontré, in vitro, l\u2019inactivation des œstro- gènes par le foie, des faits nombreux semblent prouver qu\u2019il en est ainsi dans l\u2019organisme.Les œstrogènes sont détruites au cours de la perfusion par la préparation « cœur-poumon-foie », mais elles ne le sont pas s\u2019il s\u2019agit de la préparation « cœur-poumon ».(7) Binskind (8) fit l\u2019implantation splénique de pellets d\u2019cestrogéne cristallisée chez des rats castrés, males et femelles.Sila circulation normale, entre la rate et le foie, était conservée, c\u2019est-à-dire lorsqu\u2019on laissait la veine splénique se jeter dans la veine porte, on ne notait aucune action hormonale ; si, au contraire, le sang veineux de la rate était drainé dans la circulation générale, il y avait apparition rapide d\u2019une action hormonale spécifique.Plusieurs autres chercheurs (9, 10, 11 et 12) ont démontré que des extraits de foie peuvent inactiver les œstrogènes in ritro. 904 Lavar MEbpicar Septembre 1952 Plusieurs faits cliniques montrent d\u2019ailleurs un déséqulibre dans le métabolisme des hormones sexuelles en présence de troubles hépatiques.Il a été observé dans bien des cas que certaines maladies chroniques du foie, en particulier la cirrhose, produisent une accumulation d\u2019œstrogènes dans l\u2019organisme, avec des troubles fonctionnels consécutifs.Chez la femme, certains troubles menstruels, la mastodynie et l\u2019acné en sont les manifestations.Chez les femmes qui ont dépassé la période de la ménopause et qui développent une cirrhose hépatique, on voit souvent la reprise des menstruations.Chez l\u2019homme, les symptômes comprennent le ramollissement des testicules et une atrophie testiculaire (13, 14, 15 et 16), de la gynécomastie (14, 15 et 17), la chute des poils axillaires, une libido diminuée et de l\u2019impotence ; on a même rapporté des cas de cirrhose du foie où l\u2019impotence était le symptôme capital (18 et 19).Certains patients, porteurs de lésions hépatiques chroniques, présentent assez fréquemment une hypertrophie de la prostate que l\u2019on attribue parfois (20) au taux anormalement élevé des œstrogènes dans le sang.Des études histologiques ont montré que, chez des jeunes souffrant de cirrhose du foie, l\u2019hyperplasie bénigne de la prostate est beaucoup plus fréquente que chez des sujets de même condition mais sans cirrhose (21).On admet aujourd\u2019hui que certains signes classiques de la pathologie hépatique doivent être considérés comme des signes précoces d\u2019hyperœstrinisme ; parmi ceux-ci, citons : l\u2019érythème palmaire des mains et, à un degré moindre, l\u2019érythème plantaire des pieds, associé à un ramollissement de la peau des éminences thénar et hypothénar et de celle du bout des doigts, avec certains nævi de la peau (22).Dans les deux sexes, on a observé de la stérilité chez des patients dont le foie était incapable d\u2019inactiver les œstrogènes (8 et 23).Cette déficience hépatique peut être la conséquence de l\u2019inanition ou d\u2019un manque de facteurs nutritifs, spécialement des vitamines du groupe B (24 et 31).On cite certains cas où cela s\u2019est produit chez des patients ayant une histoire d\u2019ictère, probablement dû à une hépatite mfectieuse ; on cite également un cas d\u2019alcoolisme grave (32).Il faut distinguer entre la gynécomastie qui résulte d\u2019altérations pathologiques du foie et accompagnée d\u2019une augmentation du taux Septembre 1952 LavaL MÉDICAL 905 œstrogène dans l\u2019organisme, \u2014 cliniquement associée à l\u2019atrophie testiculaire, certains nævi de la peau, la perte de la libido, l\u2019impuissance, l\u2019infertilité, l\u2019alopécie du tronc, l\u2019atrophie prostatique et l\u2019érythème palmaire (14, 15, 18, 19, 67 et 68), \u2014 et la gynécomastie de « réalimen- tation ) (d\u2019origine nutritive).Ce dernier état fut observé dans les camps de prisonniers Japonais durant la dernière guerre (69).Après l\u2019arrivée des boîtes alimentaires de la Croix-Rouge on remarqua que les prisonniers de guerre développaient une gynécomastie associée à un léger élargissement et une légère sensibilité d\u2019un testicule ou des deux.Sur épuisement des boîtes alimentaires de la Croix-Rouge, les hommes retournèrent à leur état précédent d\u2019inanition marquée, et la gynécomastie, ainsi que les altérations des testicules, disparurent.Après l\u2019arrivée d\u2019un nouvel envoi de nourriture par la Croix-Rouge, la gynécomastie causée par la « réalimentation » reparut.Les mêmes phénomènes ont été observés chez des soldats après leur libération de camps d\u2019emprisonnement dans les Philippines (70, 71 et 72).Depuis 1949 on a observé le même type de gynécomastie chez des patients cirrhotiques durant leur réalimentation (73 et 83).On est d\u2019opinion que cet état diffère du syndrome de gynécomastie féminisante des patients cirrhotiques gravement atteints, qui relève d\u2019un excès d\u2019œstrogènes dans la circulation (75).Le facteur causal dans la « gynécomastie de réalimentation ) peut être une substance mammogénique libérée par la croissance d\u2019un testicule atrophié lorsque ce testicule, ou la glande pituitaire, reçoit des quantités libérales de substances nutritives (83).L\u2019on croit que cette substance testiculaire mammogénique n\u2019est pas une substance œstrogène.La gynécomastie est aussi l\u2019effet de certains tumeurs mammogéniques des testicules (74).Dans Vitamins and Hormones, volume 4, 1946 (8), Morton S.Biskind fait une revue très au point concernant les effets d\u2019une nutrition déficiente sur la fonction endocrine.Dans son livre de 1950 (23), Biochemistry of B Vitamins, Roger J.Williams formule, en plus, une théorie sur les relations entre les vitamines du groupe B et le métabolisme des hormones, y compris celles du cortex surrénalien.Plus récemment, en 1951, Agnes F.Morgan, de l\u2019université de Californie, a publié, dans 906 Lavar MÉpicaL Septembre 1952 Vitamins and Hormones, volume 9 (65), une étude des effets de l\u2019hypo- vitaminose sur la fonction du cortex surrénalien.Il est impossible, dans le cadre de cet article, d\u2019entrer dans la discussion du vaste champ des interrelations entre le cortex surrénalien et les vitamines ; Je me limiterai à continuer de traiter des hormones sexuelles.Bien qu\u2019on n\u2019étudie que depuis peu de temps les relations entre la nutrition et les troubles endocriniens, on avait deviné, à la suite d\u2019observations empiriques, que la diète semblait étroitement liée à divers phénomènes de la vie, entre autres à la fonction de reproduction.La croyance populaire voulait que la fertilité, la libido et la puissance dépendent de certains aliments ; par exemple, on croyait de façon générale que les œufs et le poisson étaient des substances très utiles à l\u2019accomplissement de l\u2019acte sexuel.On commence maintenant à recueillir des données scientifiques concernant les influences de la nutrition sur la reproduction de l\u2019homme et de l\u2019animal ; des travaux intéressants ont été accomplis sur l\u2019étude des effets du complexe vitaminique B vis-à-vis des phénomènes endocrinologiques de la reproduction (66).Dans une série de 450 cas, Biskind a trouvé que le traitement par la vitamine B complexe, surtout sous forme de foie entier desséché, amenait une amélioration rapide et dramatique des troubles endocriniens dus à une déficience de la nutrition ; dans ces cas, le foie s\u2019est avéré impuissant à inactiver les œstrogènes.D\u2019autres auteurs ont obtenu une réponse excellente avec une diète riche en protides et pauvre en graisse, Incluant un riche supplément en vitamines du groupe B et en extrait de foie cru (32).Il arrive, cependant, des cas où la cirrhose du foie est tellement avancée que même la correction des déficiences alimentaires est insuflr- sante à redonner à l\u2019organisme une fonction endocrine normale.On sait que certaines pathologies hépatiques occasionnent des modifications dans les taux relatifs des androgènes et des œstrogènes, les taux d\u2019œstro- gène étant anormalement élevés ; ceci est dû au fait que le métabolisme des androgènes dans un foie malade est réalisé de façon plus complète en présence d\u2019hypovitaminose B.Dans ces cas, les œstrogènes s\u2019accumulent dans l\u2019organisme et donnent lieu aux manifestations dont nous avons déjà Septembre 1952 LavaL MÉDICAL 907 parlé.On a tenté de remédier à ces troubles métaboliques par l\u2019emploi du propionate de testostérone, à raison de 25 à 100 mg.trois fois par semaine.Malgré qu\u2019il n\u2019y eut aucune amélioration de la fonction du foie, on obtint une amélioration notable de l\u2019état général de ces patients (33).II ne faut pas, non plus, oublier que la sécrétion des gonadotropines par le lobe antérieur de l\u2019hypophyse est sensiblement réduite par l\u2019usage des œstrogènes (34).La seconde partie de ce travail portera sur l\u2019emploi des hormones en thérapeutique.Nous insisterons d\u2019abord sur trois points : 1.Les variations des besoins nutritifs qui accompagnent l\u2019augmentation du taux hormonal, comme cela se produit lors de l\u2019administration des hormones ; 2.Les effets exercés par ces hormones sur les enzymes de l\u2019organisme ; 3.La possibilité de l\u2019action des œstrogènes dans les transformations malignes de certains tissus qui leur sont sensibles, notamment le sein et l\u2019utérus.1.Actuellement, on ne connaît que très peu les effets des variations marquées du taux des hormones sur les besoins nutritifs de l\u2019organisme.Les recherches dans ce sens ont été surtout orientées vers la glande thyroïde, puisqu\u2019on savait déjà depuis longtemps l\u2019influence de cette glande sur le métabolisme, l\u2019hyperthyroïdie amenant une augmentation marquée des besoins caloriques, vitaminiques et minéraux, tandis que ces mêmes besoins sont diminués dans l\u2019hypothyroïdie (36).II faut considérer avec intérêt ces différences de concentrations hormonales en regard de l\u2019augmentation ou de la diminution de l\u2019apport nutritif, puisque des perturbations dans les glandes endocrines peuvent modifier grandement les besoins nutritifs de l\u2019organisme.Si certains troubles endocriniens peuvent provoquer ou aggraver des déficiences de la nutrition, il devient évident que l\u2019apport d\u2019une diète appropriée corrigera ou même préviendra les manifestations cliniques de ces déficiences.On a récemment démontré que des jeunes rats ont besoin d\u2019un supplément de vitamine B12 et probablement d\u2019autres facteurs, s\u2019ils 908 LavaL MEpicaL Septembre 1952 sont soumis à des variations importantes dans le taux des œstrogènes, de la thyroxine ou de la cortisone (35).On a aussi démontré que l\u2019administration de certains antibiotiques, en quantités minimes, peut corriger les manifestations des déficiences nutritives faisant suite à de fortes doses d\u2019hormones.Les besoins nutritifs de l\u2019organisme sont affectés par les perturbations au niveau du système endocrinien.La croissance des animaux de laboratoire est inhibée par de fortes doses de diéthylstilbœstrol, de thyro- protéine ou de cortisone, cette dernière inhibant également la pousse des poils.La diète peut empêcher ces inhibitions, de façon complète ou incomplète, par l\u2019addition de vitamine B12 ou d\u2019antibiotiques.Après thyroïdectomie et parthyroïdectomie, des rats ne peuvent survivre si la vitamine B12 est exclue de leur diète ; cependant, dès qu\u2019on ajoute cette vitamine à leur ration, la plupart de ces rats peuvent vivre et même se développer.A l\u2019état grave, l\u2019hypothyroïdie et l\u2019hyperthyroïdie augmentent les besoins en vitamine B12.Ceci ne répugne pas puisqu\u2019il a été démontré que, chez des rats traités par le thiouracil, la croissance corporelle est rendue possible par la vitamine B12 (37).D\u2019un autre côté, une déficience hormonale marquée peut nécessiter un apport supplémentaire de certains facteurs nutritifs.Après administration d\u2019acide pantothénique, on a observé, chez des rats surrénalecto- misés, une plus longue survie et une plus grande résistance à différentes tensions physiologiques (stress).On a également remarqué une survie et une croissance augmentées si l\u2019on donnait une diète adéquate, y compris la vitamine B12 (39), à des rats hypophysectomisés.On sait très bien que de fortes doses de vitamine D et de calcium peuvent régulariser le taux du calcium et du phosphore, lequel est perturbé au cours d\u2019une déficience de la parathyroïde.Ces quelques exemples démontrent donc qu\u2019on peut corriger certaines déficiences hormonales par l\u2019administration de facteurs diététiques définis.2.La question de l\u2019influence de certaines hormones sur les enzymes dans l\u2019organisme a été discutée lors de la Laurentian Hormone Conference qui s\u2019est tenue à Franconia, New-Hampshire, en septembre 1949.Les travaux ont été publiés en 1950 (volume 5) (40).Les enzymes spécifiques qui ont été étudiés peuvent se grouper dans trois catégories : Septembre 1952 Lavar MéDicaL 909 les phosphatases, alcaline et acide, et l\u2019adénosine triphosphate ; les enzymes glycolytiques (c\u2019est-à-dire le groupe d\u2019enzymes qui président à la dégradation du glucose jusqu\u2019au stade de pyruvate) ; et les enzymes d\u2019oxydation (la déshydrogénase succinique, la déshydrogénase malique et les cytochrome oxydases).Ces deux derniers groupes enzymatiques sont responsables de la dégradation des glucides en gaz carbonique et en eau.Il a été démontré que les hormones amènent des changements caractéristiques de la concentration enzymatique dans les tissus et dans les organes.Ces caractéristiques sont étroitement liées aux variations dans la fonction des tissus et des organes, et aussi à la concentration de l\u2019hormone qui agit sur ces organes (40).A la suite de toutes ces observations, il apparut évident qu\u2019à l\u2019heure actuelle, on ne peut apporter de conclusions générales définitives ; et l\u2019action des déficiences hormonales expérimentales sur le système enzymatique n\u2019est pas encore complètement élucidée.Dans le plus récent volume de Vitamins and Hormones (volume9, 1951), Fishman (41), de Boston, présenta une étude plus restreinte de ce problème.Intitulé « Relations entre les œstrogènes et l\u2019activité enzymatique » (Relationship between estrogens and enzymatic activity), son travail comportait des observations chez l\u2019être humain.Il conclut que les mécanismes de synthèse des stéroïdes conjugués de l\u2019organisme ont un rôle important dans l\u2019utilisation des œstrogènes, comme probablement, d\u2019ailleurs, l\u2019hydrolyse in vivo des stéroïdes conjugés.Conséquemment, la B-glucoronidase semble entrer en jeu dans ce mécanisme puisque cet enzyme occupe une place bien définie dans le métabolisme chimique de l\u2019æstriol, et peut-être aussi de certaines autres œstrogènes.En effet Fishman trouva des relations importantes entre la B-glucoronidase et l\u2019action des œstrogènes, mais il admet que, dans certains cas, les taux de cet enzyme étaient en relation avec des phénomènes tout autres que ceux du métabolisme des œstrogènes.3.À cause de la similarité des structures chimiques des œstrogènes et de certaines substances cancérigènes, on fut facilement tenté d\u2019attribuer aux œstrogènes un rôle dans la carcinogénèse.D\u2019autant plus que plusieurs chercheurs ont pu produire, avec certaines œstrogènes, des néoplasmes du sein et de l\u2019utérus, organes qui subissent l\u2019action de ces hormones. 910 Lava\u2026 MÉpicaL Septembre 1952 Si l\u2019on veut appliquer ces résultats à la pathologie humaine, il ne faut pas oublier que la plupart de ces expériences ont été reproduites sur des souris de race pure, dont les individus, à la suite d\u2019une sélection bien particulière, présentaient des affinités spéciales pour certains cancers.Dans plusieurs de ces souches de souris, l\u2019incidence du cancer mammaire peut être grandement affectée par la présence ou l\u2019absence du « Facteur lacté ».De plus, 1l faut avoir à l\u2019esprit que, comparativement à la longévité de la vie de ces espèces, les quantités des hormones utilisées ont été énormes et elles ont été administrées pendant de très longues périodes de temps.Nous faisons ces considérations pour démontrer que les conditions expérimentales qui ont présidé à l\u2019éclosion de ces cancers sont loin d\u2019être naturelles et qu\u2019on ne peut appliquer ces résultats à l\u2019homme qu\u2019avec de grandes réserves (42).Cependant, il faut bien admettre que plusieurs observations cliniques semblent démontrer une relation importante entre les troubles d\u2019inactivation hépatique des œstrogènes, dus à des lésions par déficience diététique, et l\u2019incidence de tumeurs mammaires et de myomes utérins (43).La thérapeutique, par une diète appropriée, amena non seulement une amélioration des troubles fonctionnels dus à l\u2019excès d\u2019æstrogènes, mais il y eut diminution sensible de certains cas de mastite kystique et, quelquefois, on vit la régression de fibro-adénomes du sein et de myomes de l\u2019utérus.Lipschütz et ses collaborateurs (44 et 56) ont démontré que l\u2019action continue, et non intermittente, des œstrogènes peut amener la production de fibroïdes sous-séreux et ce, non seulement dans l\u2019utérus mais aussi dans d\u2019autres organes abdominaux et dans la paroi abdominale.On peut même prévenir la formation de ces fibroides par administration simultanée de testostérone.Même si le foie, à cause d\u2019une déficience en vitamines du complexe B, est incapable d\u2019inactiver les œstrogènes, il n\u2019en continue pas moins l\u2019imactivation des androgènes ; et cette perturbation modifie grandement le rapport œstrogène-androgène.L\u2019incidence élevée du cancer mammaire chez les femmes obèses peut probablement s\u2019expliquer par le fait que les vitamines B sont essentielles à l\u2019inactivation des œstrogènes par le foie.L\u2019incidence 20e me otre entice Se Septembre 1952 Lavar MÉDicaL 911 du cancer est six fois plus élevée chez les diabétiques que chez le reste de la population générale (57).Les ménorragies et autres troubles fonctionnels en relation avecun excès d\u2019œstrogènes peuvent également être envisagés sous cet angle.Biskind (58) rapporte le cas d\u2019une femme qui eut trois crises de boulimie excessive.À chacune d\u2019elles, son poids augmenta de 50 livres et il y eut apparition rapide de métrorragie.Une diète appropriée fit disparaître les métrorragies, mais celles-ci revinrent de nouveau à la suite d\u2019écarts alimentaires.CONCLUSIONS De toutes ces considérations se dégagent les conclusions suivantes, .: , .Ce en, : .à savoir que bien que l\u2019emploi des œstrogènes soit justifié, voire même fortement indiqué, l\u2019on doit se guider en thérapeutique sur certains principes directeurs dont voici les plus importants (59) : 1.Éviter l\u2019emploi soi-disant prophylactique des œstrogènes ; 2.Éviter l\u2019usage inutile de doses excessives d\u2019œstrogènes ; 3.Éviter de fixer un dosage arbitraire pour un emploi prolongé, mais plutôt se fier sur la réaction individuelle de chaque patient ; 4.Éviter l\u2019emploi des œstrogènes pour des périodes indéfinies et ne recourir aux œstrogènes que s1 elles sont vraiment indiquées.Pour ma part, J'aimerais ajouter les considérations suivantes : 5.Vérifier l\u2019état du foie ; 6.Fournir un apport adéquat de vitamines, en particulier le complexe vitammique B ; 7.Se soucier de l\u2019état de nutrition générale du patient.Si nous avons toujours à l\u2019esprit ces principes de base lorsque nous décidons d\u2019employer les cestrogénes en thérapeutique, nous pourrons être d\u2019accord avec Heckel (60).Lors du Congrès international d\u2019obstétrique et de gynécologie de 1950, cet auteur, en conclusion de son mémoire sur « l\u2019usage et l\u2019abus des hormones en thérapeutique » (The use and abuse of endocrine therapy), disait que l\u2019emploi des stéroïdes à des doses physiologiques n\u2019amène pas la production de cancers.(7) 912 LavAL MÉDICAL Septembre 1952 Novak (61), Hamblen (63) et plusieurs autres spécialistes en endocrinologie, soutiennent depuis longtemps que les hormones ne devraient être utilisées que s\u2019il y a indication précise à leur action physiologique.On a fortement désapprouvé l\u2019emploi irréfléchi de l\u2019hormone thyroïdienne en gynécologie, ainsi que la prescription routinière de diverses hormones à toutes les femmes qui traversent la période de la ménopause.Les indications des œstrogènes en thérapeutique sont les suivantes (59 et 62) : 1.Le traitement des symptômes de la ménopause ; 2.Le traitement de certams états postménopausiques, tels la vaginite sénile, le kraurosis vulvaire, le prurit vulvaire, et certains cas de leucoplasie ; 3.Le traitement de l\u2019hypogénitalisme chez la femme, comme l\u2019hypoplasie utérine et l\u2019aménorrhée.4.La suppression de la lactation et le soulagement de l\u2019engorgement douloureux des seins ; 5.Le traitement de certains cas d\u2019hémorragies utérines fonctionnelles, telle la métropathie hémorragique.Les œstrogènes ont été également employées en clinique, en association à d\u2019autres méthodes thérapeutiques dans : 1.Certains cas de dysménorrhée spasmodique grave ; 2.Le traitement du cancer de la prostate.Les voies d\u2019administration des œstrogènes sont les suivantes : 1.La voie orale ; 2.La voie intramusculaire : 3.La voie vaginale, par emploi sous forme de pessaires ; 4.La voie percutanée.On ne peut donner de règles générales en ce qui a trait aux dosages puisque le traitement doit tenir compte des besoins individuels de chaque patient.Dans le traitement de la ménopause, Hamblen (63) emploie la thérapeutique suivante : d\u2019un mgm.à un mgm.et demi de sulfate d\u2019æstrone Septembre 1952 LavaL MepicaL 913 sodique par la bouche, tous les jours, plus 10 mg.de progestérone, c\u2019est-à-dire que le rapport est approximativement de 1 à 10.Cette médication dure 20 jours, puis est discontinuée pendant 10 jours.Et alors, le traitement recommence.Hamblen conseille de continuer cette routine même s\u2019il se produit une hémorragie « par retrait du médicament » (withdrawal bleeding).; Une dose de 1 mg.d\u2019œstrone correspond à 0.5 mg.de stilbœstrol, ou à 0.2 mg.d\u2019œstradiol, ou à 1 mg.de benzoate d\u2019œstradiol, ou enfin a 0.01 mg.ou 0.02 mg.d\u2019éthinyl cestradiol.En clinique, on emploie l\u2019hormone du corps jaune, ou progestérone, dans les conditions suivantes : Les avortements à la répétition ; Les menaces d\u2019avortement ; L\u2019aménorrhée (dans la seconde partie du cycle) ; La dysménorrhée ; Les ménorragies de la puberté ; SSH SE oi ada La métropathie hémorragique.La progestérone s\u2019emploie par injection intramusculaire à la dose de 5 mg.(certains auteurs recommandent même un dosage aussi fort que 50 mg (60), ou par la bouche, sous forme d\u2019anhydrohydroxy-progestérone (éthystérone) à la dose de 5 à 10 mg.Depuis quelque temps, la clinique favorise l\u2019usage combiné d\u2019œstro- gènes et de progestérone (64, 76 et 77), et d\u2019æstrogènes avec l\u2019hormone sexuelle mâle (78 et 82), et ces associations se sont révélées avantageuses.En terminant, J'aimerais insister sur le fait que la thérapeutique hormonale agit sur l\u2019organisme entier, et qu\u2019il faut en conséquence avoir constamment à l\u2019esprit les répercussions prochaines ou éloignées qui seront provoquées par les hormones.RÉSUMÉ 1.Les facteurs suivants régissant la fonction endocrine normale sont mis en évidence : 914 LavaL.MÉDicaL Septembre 1952 a) La production, par l\u2019hypophyse antérieure, d\u2019hormones « trophiques » en quantité suffisante, b) Une réponse normale des « cellules cibles », c) Une fonction hépatique normale ; 2.L\u2019équilibre du métabolisme hépatique des hormones peut être perturbé par les deux facteurs suivants : a) Des altérations pathologiques du foie, b) Une déficience de certaines vitamines qui sont essentielles à son fonctionnement normal ; 3.Exposé des manifestations cliniques montrant un déséquilibre dans le métabolisme des hormones sexuelles en présence de troubles hépatiques ; 4.Distinction faite entre un nouveau syndrome, la gynécomastie de « réalimentation » d\u2019origine nutritive et la gynécomastie causée par l\u2019augmentation du taux d\u2019œstrogène dans l\u2019organisme ; 5.Rapports décrivant les effets thérapeutiques de la vitamine B complexe dans les cas de troubles endocriniens dus à une insuffisance hépatique ; 6.Les variations des besoins nutritifs qui accompagnent l\u2019administration des hormones, soulignées ; 7.Les effets exercés par certaines hormones sur les enzymes de l\u2019organime sont mentionnés ; 8.Discussion de la possiblité de l\u2019action des œstrogènes dans les transformations malignes de certains tissus qui leur sont sensibles, notamment le sein et l\u2019utérus ; 9.Conclusions se dégageant quant aux principes directeurs de l\u2019emploi thérapeutique des œstrogènes ; 10.Relevé des indications cliniques, voies d\u2019administration et équivalents posologiques d\u2019œstrogènes et de progestérone.SUMMARY 1.The following factors influencing normal endocrine function are discussed : a) The production of sufficient quantities of trophic hormones in the anterior pituitary lobe, Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 915 b) A normal responsiveness of the target cells, c) A normal liver function ; 2.Interference with a balanced hormone metabolism in the liver may be due to : a) Pathologic hepatic changes, b) Deficiency in certain vitamins esssential for normal liver function; 3.The clinical manifestations of impaired hepatic function associated with an imbalance of the sex hormones are described ; 4.À new syndrome, « re-feeding gynæcomastia », following inanition is distinguished from gynæcomastia due to an excess of œstrogen ; 5.Reports are quoted on the therapeutic effects of the vitamin B complex in endocrine disturbances due to hepatic failure ; 6.Changes in nutritional requirements following the administration of hormones are stressed ; 7.Actions of certain hormones on some enzyme systems in the body are referred to ; 8.The possibility of estrogens being involved in malignant change, notably in the breast and uterus, is discussed ; 9.Conclusions are drawn with regard to the general principles which should govern the therapeutic use of cestrogens ; 10.Clinical indications, routes of administration and dosage equivalents of cestrogens and progesterone are mentioned.BIBLIOGRAPHIE I.WrigHt, G.Payling, An introduction to pathology, p.1, \u2018Longmans Green and Co.1951.2.Long, C.N.H., Lecture at The 1950 Postgraduate Assembly in Endocrinology, Miami Beach, Florida (unpublished).3.WirLiams, T.L., et al, Urinary 17-ketosteroids in chronic liver disease, Endocrinologv 48 : 651, 1951.4.ZonNDEK, B., et SxLow, J., Inactivation of estrone by the liver after exclusion of the reticuloendothelial system., Proc.Soc.Exp.Biol.e= Med., 46 : 276, 1941. 916 LavaL.MÉDicaL Septembre 1952 5.SELYE, H., On the role of the liver in the detoxification of steroid hormones and artificial estrogens, J.Pharmacol.¢2 Exptl.Therap., 71 : 236, 1941.6.LEADING ARTICLE, The liver and endocrine dysfunction, Lancet, 262 : 350, (février) 1952.IsRAEL, S.L., MERANZo, D.R., JounsToN, C.G., Amer.J.Med.Sci.194 : 835, 1937.$.BiskIND, Morton S., Nutritional therapy of endocrine disturbances, Vitamins and Hormones, 4 : 147, 1946.9.Excel, P., Study on inactivation of ovarian hormones by the liver, Endocrinol., 35 : 70, 1944.10.ENGEL, P.et RosenBERG, E., Estrogen inactivating liver extracts, Endocrinol., 37 : 44, 1945.11.HeuLer, C.G., Metabolism of estrogens ; 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REVUE GÉNÉRALE TRAITEMENT DES VEINES VARIQUEUSES \u2018 par Louis-A.FRENETTE Hôtel-Dieu de Québec TRAITEMENT Les procédés de traitement des veines variqueuses ont grandement varié et, tout particulièrement, durant les quarante dernières années.À la suite d\u2019une longue période d\u2019interventions chirurgicales incluant l\u2019excision et le stripping, une ère de traitement non-opératoire par les injections a été accueillie avec enthousiasme et satisfaction.Ainsi, la chirurgie radicale, souvent associée à des complications fâcheuses, fut mise de côté pour une méthode de traitement plus simple et apparemment moins dangereuse.Toutefois, des études sérieuses démontrèrent, bientôt, un énorme pourcentage de récidives, à la suite du traitement exclusif par des injections sclérosantes, surtout dans les cas de grosses varices siégeant à la cuisse.La cause de ces nombreuses récidives était évidemment attribuable au fait que le traitement par les injections sclérosantes n\u2019affrontait pas le mal à sa source, c\u2019est-à-dire, à la valvule saphéno-fémorale.* Cf.Laval Médical, 17 : 763, (juin) 1952. 922 Lavar MépicaL Septembre 1952 L'importance de la ligature de la veine saphène interne à la fossa ovalis devait donc de nouveau être reconnue et être associée au traitement par les injections.La correction de la pression rétrograde devenait, une fois de plus, le principal facteur dans le traitement de cette condition pathologique.Il est bien entendu qu\u2019il serait très difficile d\u2019établir des lois absolues et applicables à tous les cas de veines variqueuses.En présence de varices, le médecin doit se demander, en premier lieu, si l\u2019état du patient n\u2019exclut pas toute autre forme de traitement que les mesures conservatrices et il lui faut, ensuite, établir si les veines variqueuses ont une étiologie essentielle ou symptomatique.En dernière analyse, la question de décider du traitement le plus approprié dépend de l\u2019expérience clinique et du Jugement du médecin.A la suite d\u2019un questionnaire et d\u2019un examen complets, chaque cas particulier doit être étudié soigneusement en vue d\u2019entreprendre un traitement approprié.Celui-ci peut se diviser en trois variétés : 1.Traitement conservateur ; 2.Traitement par injection de substances sclérosantes ; ( simples ( ligatures \\ multiples 3.Traitement chirurgical : Co ligature et injection | ligature et stripping.I.TRAITEMENT CONSERVATEUR Ce mode de traitement doit étre employé seulement lorsque les injections sclérosantes et le traitement chirurgical sont contre-indiqués.Le repos avec traitement, si nécessaire, de l\u2019état général ; l\u2019élévation du membre, aussi souvent que possible ; le port de bandage ou de bas élastiques ou de la botte avec la pâte Unna et le changement d\u2019emploi, pour éviter l\u2019orthostatisme : telles sont les principales mesures du Septembre 1952 Lava\u2026 MépicaL 923 traitement conservateur.Appliquées soigneusement et pour une longue période de temps, elles peuvent apporter beaucoup de soulagement : A ri .aux patients.Elles peuvent même amener une amélioration sensible de certains ulcères variqueux.Lorsque les varices sont petites et cutanées, il est recommandable de revoir les patients périodiquement pour véritier l\u2019effet du traitement avant d\u2019opiner pour des mesures plus radicales.II.TRAITEMENT PAR INJECTIONS DE SUBSTANCES SCLÉROSANTES A.Historique du traitement par les injections sclérosantes : Avant de considérer l\u2019aspect pratique du traitement par injections de substances sclérosantes, il est intéressant de se rappeler quelques faits importants dans l\u2019histoire de cette méthode.Pravaz, l\u2019inventeur de la seringue hypodermique, découvrit, en 1851, une méthode de traitement des anévrismes et des veines variqueuses par l\u2019injection hebdomadaire de petites quantités (3 à 4 gouttes) d\u2019une solution à 30 pour cent de perchlorure de fer.Il est donc le père du traitement des varices par injections de substances sclérosantes.Le perchlorure de fer était toutefois trop lytique et il causait, soit de la gangrène, soit de l\u2019infection des tissus.En 1885, Desgranges préconisa une solution d'acide iodotannique, mais cette substance fut considérée comme trop caustique.Une solution d\u2019alcool à 5 pour cent fut aussi employée par English, de Vienne, en 1884.Il avait observé, après l\u2019injection de cette substance, une lésion de l\u2019intima et la formation subséquente d\u2019un thrombus chimique.La période de 1911 à 1930 a été désignée comme une ère nouvelle dans la découverte de nombreuses solutions sclérosantes.Au cours du traitement de la syphilis par le chlorure de mercure, Linser a noté une thrombose de la veine céphalique et le même phénomène a été observé avec l\u2019usage du bicarbonate de soude, au cours du coma diabétique.Hanschell découvrit, en 1917, les propriétés sclérosantes de la quinine et Genevrier (1922) mélangea une solution de quinine à 12 pour cent à une solution d\u2019uréthane pour obtenir la substance quinine- 924 LavaL\u2026 MÉDicaL Septembre 1952 uréthane.Cette solution est encore employée, mais elle expose à des degrés variés de cinchonisme.L'usage du salycylate de soude en solutions concentrées à 30 et 40 pour cent fut préconisé avec succès par Sicard, en 1926.La même année, Nobl prescrivait des injections de dextrose en solution de 50 à 70 pour cent.Ces substances ne connurent jamais une grande popularité, parce qu\u2019elles produisent un degré très variable de thrombose et qu\u2019elles n\u2019affectent pas les veines largement dilatées, même à haute dose.Les deux autres événements importants dans l\u2019histoire des médications sclérosantes furent l\u2019introduction par Maingot (1928) de la méthode twin injection avec injections simultanées de quinine-uréthane et de lithocaïne, et l\u2019expérimentation de Kittel et Higgins (1930) avec le morrbuate de sodium.De 1930 à 1948, un nombre considérable de substances sclérosantes ont été employées mais aucune n\u2019a connu un usage aussi répandu que le morrbuate de sodium.B.Indications du traitement par injections : Les indications du traitement par injections ont été beaucoup discutées, surtout depuis 1912 jusqu\u2019a nos jours.La question a soulevé une grande polémique et la période chirurgicale a été suivie de ce qu\u2019on a appelé l\u2019ère des injections.En effet, à cette époque, les varices étaient traitées par des injections sclérosantes dans presque toutes les grandes cliniques à travers le monde.Il devint, toutefois, évident qu\u2019en dépit d\u2019excellents résultats immédiats, le pourcentage des guérisons était très bas et que les échecs étaient dus à l\u2019incompétence de la valvule saphéno- fémorale.Cependant, il n\u2019y a pas de règles absolues pour décider de l\u2019emploi des injections sclérosantes ou des mesures chirurgicales.En présence de grosses veines associées à une incompétence saphéno-fémorale, il n\u2019y a pas de difficulté à décider de l\u2019inefficacité de ce mode de traitement.Par contre, il est admis que les petites varices du mollet de la jambe sont traitées avec grande efficacité par les injections sclérosantes.La décision est plus difficile à prendre en présence des « cas-limites », alors qu\u2019il semble justifiable d\u2019employer les injections.Ces cas peuvent Septembre 1952 Lava\u2026.MéprcaL 925 fort bien récidiver, mais, dans l\u2019intervalle, le patient aura été soulagé.Enfin, 1l ne faut pas oublier que la ligature de la saphène interne et de ses collatérales à la fossa ovalis n\u2019est pas une intervention facile et que même les chirurgiens expérimentés, sont loin d\u2019obtenir des résultats toujours satisfaisants.Ochsner et Mahorner (1939) ont observé que le pourcentage des récidives était très élevé, à la suite du traitement exclusif par les injections.Ils ont cependant reconnu son utilité et le recommandent toujours dans les circonstances suivantes : 1.Les cas propices pour la ligature mais qui refusent l\u2019opération ; 2.Tous les cas de petites varices du mollet ; 3.Les cas où le traitement chirurgical est temporairement contre- indiqué, à cause de la nervosité du patient ; 4.Les cas où la raison cosmétique est Ie premier motif de la consultation.C.Contre-indications du traitement par injections : 1.Thrombose fémorale.L'histoire et les signes cliniques, complétés par les épreuves du garrot, doivent confirmer la présence ou l\u2019absence de cette condition pathologique.S\u2019il y a thrombose des vaisseaux profonds, il est interdit de commencer un traitement par des injections, car les veines superficielles jouent alors un rôle compensateur.2.Thrombophlébite superficielle.Des antécédents de phlébite superficielle récidivante sont, habituellement, une contre-indication aux injections sclérosantes.Brunstein (1940) et quelques autres préconisent des injections sclérosantes a petites doses, environ quatre ou cing mois après la cessation des symptômes.Il est toutefois préférable de se contenter du traitement conservateur.3.Grossesse.Généralement parlant, les veines variqueuses ne doivent pas être traitées par la chirurgie ou par les injections durant la grossesse.Ces modes de traitement sont peu recommandables pour trois raisons : a) les varices qui apparaissent dans la grossesse s\u2019améliorent considérablement, dans les mois qui suivent l\u2019accouchement ; 926 Lavar\u2026 MÉDICAL Septembre 1952 b) les veines superficielles peuvent être utiles, en cas de thrombo- phlébite profonde postpuerpérale ; c) les varices traitées durant la grossesse par des injections ou par la chirurgie récidivent, habituellement, avant la fin de la grossesse.D\u2019après un relevé fait en 1945 par Smith, plus de 80 pour cent des varices récidivent avant la fin de la grossesse.Dans les circonstances, le traitement par injections sclérosantes est nettement contre-indiqué et il faut se contenter de mesures conservatrices.4.Maladie systémique sérieuse.L\u2019hyperthyroïdie, les troubles cardiovasculaires décompensés, le diabète, la tuberculose pulmonaire, la cirrhose hépatique, le cancer ou la métastase cancéreuse, sont des contre- indications évidentes à ce mode de traitement.5.Insuffisance de la circulation artérielle.Pratt, Lake et Wright (1942) ont démontré que les veines variqueuses et l\u2019artériosclérose sont fréquemment des lésions associées.Chez tous les patients, jeunes comme âgés, 1l est donc de toute nécessité d\u2019explorer la circulation artérielle périphérique.6.Obstacle mécanique au retour veineux.Les tumeurs pelviennes offrent un bon exemple de cette condition.En effet, on reconnaît, de prime abord, l\u2019inutilité des injections sclérosantes, si on ne se préoccupe pas, auparavant, d\u2019enlever ces tumeurs.D.Appareillage nécessaire pour le traitement par injections : Aucun instrument chirurgical n\u2019est requis pour le traitement des veines variqueuses par les injections sclérosantes.En général, le traitement est donné au bureau du médecin ; mais encore faut-il que ce bureau soit bien organisé.Dans ce cas, les articles suivants sont considérés comme nécessaires : 1.Une table d\u2019examen ; 2.Deux tabourets : un pour le médecin, l\u2019autre est placé près de la table d\u2019examen, afin que le patient puisse y appuyer son pied lorsqu\u2019il est assis sur cette table ; 3.Deux bonnes lampes : une fixée au plafond et la seconde, sur pied ; 4.Une série de seringues stériles ; Septembre 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 927 5.Des aiguilles hypodermiques de calibre variant de 18 à 26 et à biseau court, préférablement ; 6.Des diachylons élastiques du type elastoplast ; 7.Une certaine quantité de solutions sclérosantes ; 8.Des ampoules d\u2019adrénaline en solution au millième, pour usage en cas de collapsus sérieux ; 9.Deux garrots élastiques ; 10.Support vertical ou horizontal pour que le patient puisse s\u2019appuyer lorsque l\u2019injection est donnée en position debout.E.Position du patient qui doit recevoir l\u2019injection : Pour le traitement par injection, 1l est très Important de placer ie patient de façon à faciliter le plus possible le travail du médecin.Au tout début, il faut décider si la substance sclérosante sera injectée dans une veine affaissée ou dans une veine dilatée.En position debout et en s\u2019appuyant surtout sur le membre à traiter, les veines sont gonflées et l\u2019injection devient très facile ; ce qui diminue le danger d\u2019injecter dans les tissus.Plusieurs grandes cliniques favorisent ce procédé.Cependant, l\u2019injection dans une veine affaissée semble préférable pour les raisons sur- vantes : 1.Le patient est en décubitus et, partant, moins exposé à la lipothymie et à l\u2019appréhension ; 2.La quantité de substance sclérosante à injecter est beaucoup plus faible, parce que celle-ci est en contact plus immédiat avec la paroi veineuse ; 3.n\u2019y a pas de lacs sanguins et, de ce fait, la substance sclérosante n\u2019est pas rendue inerte par une dilution sanguine trop marquée ; 4, Le thrombus formé est plus petit ; en effet, un gros thrombus met beaucoup de temps à se résorber et, en ce faisant, protège l\u2019intima contre une lésion étendue, d\u2019où une plus grande possibilité de recanalisation ; 5.Il y a moins de danger d\u2019ulcère par suintement que quand la veine est gonflée de sang et on rencontre, alors, moins fréquemment de masse dure douloureuse et d\u2019œdème dans les tissus périveineux.\u20188) 928 LavaL MEbicaL Septembre 1952 Il y a, cependant, des cas où la technique qui utilise une veine affaissée est trop difficile.Dans ces circonstances, on peut appliquer un tourniquet, en position debout, et faire, ensuite, coucher le patient, quitte à enlever le garrot après introduction de l\u2019aiguille dans la veine.On peut aussi, dans les cas plus difficiles, donner l\u2019injection en position assise ou debout, en plaçant l\u2019index à quelques centimètres au-dessus du pomt d\u2019élection et le pouce, quelques centimètres plus bas ; ainsi, cette portion de la veine devient Isolée et la substance sclérosante demeure plus longtemps au contact des parois veineuses.Bellis et Churney (1943) ont décrit une méthode qui présente beaucoup d\u2019intérét.Le patient étant assis sur la table d\u2019examen, l\u2019aiguille est introduite dans une veine, près de la malléole, et la seringue est maintenue fermement en place pour prévenir l\u2019injection du liquide au moment où un assistant soulève avec soin le membre à environ 45 degrés.On demande au patient de se coucher et on attend que les veines soient affaissées pour faire l\u2019injection.Un bandage est appliqué fermement de la cheville à la cuisse et le membre est tenu élevé dans cette position, pendant vingt minutes.A la suite de ce repos, le patient est averti de marcher afin de prévenir l\u2019embolie pulmonaire.Ces auteurs ont observé que la périphlébite est très considérable, mais 1ls la considèrent comme n\u2019ayant pas d\u2019importance, puisqu\u2019une seule injection, ainsi administrée, est suffisante pour oblitérer presque toute une veine.F.Solutions employées : Biegeleisen (1935) exigeait cinq conditions pour une solution sclérosante idéale : Incapacité de causer la desquamation des tissus ; Absence de douleur, au moment de l\u2019injection ; Efficacité comme irritant de l\u2019endothélium ; Non-toxicité en quantités raisonnables ; bk Wo Pureté et stabilité des constituants.Même seize ans plus tard, il semble bien qu\u2019on n\u2019a pas encore trouvé la solution sclérosante idéale répondant à toutes ces exigences.Plusieurs solutions sont employées, à travers le monde, et chaque pays semble avoir Ni ql ~~ Septembre 1952 LAavaL MEbicaL 929 ses préférences ; cependant, celles qui se rapprochent le plus de cetté solution idéale sont : le morrhuate de sodium, le monolate, la quinme-uré- thane.Elles méritent d\u2019être étudiées individuellement.a) MORRHUATE DE SODIUM : Historique et composition.Originairement, le nom d\u2019acide morrhui- que fut donné par Gauthier et Mourgues (1888) à un produit azoté : l\u2019acide butyrique hydroxydihydropyridine (C°H!2NO3).Ce produit avait été découvert dans de l\u2019huile de foie de morue putréfié.En se basant sur les méthodes de Ghosh (1920) et Cutting (1926), on a réussi à préparer une solution savonneuse d\u2019huile de foie de morue possédant des propriétés sclérosantes et pouvant être injectées par voile intraveli- neuse.Le nom initial d\u2019acide morrhuique fut changé et la solution sclérosante est maintenent connue sous le nom commercial de morrhuate de sodium.Les médecins anglais, particulièrement Higgins et Kittel, furent parmi les premiers à l\u2019employer pour l\u2019oblitération des veines variqueuses.Le morrhuate de sodium est donc un mélange très instable de sels de sodium et d\u2019acides gras non saturés et dérivant de l\u2019huile de foie de morue; par exemple les acides myristique, palmitique, stéarique, oléique, etc.Mode d\u2019action.Des expériences avec une solution commerciale ont démontré que le morrhuate de sodium devait son pouvoir irritant à son caractère savonneux, à cause de sa basse tension superficielle.Avantages : 1.Basse toxicité à dose thérapeutique moyenne ; 2.Faible pourcentage de nécrose périvasculaire ; 3.Douleur et sensibilité locales peu marquées.Inconvénients : 1.Composition chimique non uniforme ; 2.Action thérapeutique inconstante ; 3.Instabilité, à l\u2019état de solution ; 4.Diminution de l\u2019efficacité avec le vieillissement de la solution ; 5.Stérilité de préparation mise en doute sans l\u2019addition d\u2019un antiseptique ; 6.Danger sérieux de réactions allergiques. 930 Lavar MÉDicaL Septembre 1952 b) MONOLATE : Le monolate de même que l\u2019éthamalin, le néo-varicane sont des noms de commerce qui correspondent à l\u2019oléate de monoéthanolamine.Il est à noter que la composition chimique de cette solution est à peu près la même que celle du morrhuate de sodium, mais le monolate semble avoir l\u2019avantage de moins exposer aux réactions allergiques.Ce produit n\u2019est tout de même pas parfait, puisque Shelly (1939), Maingot (1942) ont rapporté des incidents fâcheux à la suite de son usage.Cependant, sans établir de règle absolue, 1l semble bien que le monolate se rapproche le plus de la solution idéale.c) QUININE \u2014 URÉTHANE : Cette substance chimique fut découverte par Genevrier (1922) et employée avec succès et popularité, jusque vers 1930, alors qu\u2019on a reconnu son pouvoir toxique.Aujourd\u2019hui, elle est presque uniquement réservée aux varices sacculaires, et encore, injecte-t-on, Immédiatement avant, une solution de lithocaïne (salicylate de lithium à 30 pour cent).C\u2019est la technique des twin injections de Maingot et cette association rend l\u2019injection très peu toxique.G.Quantité à injecter à chaque traitement : Habituellement, les patients ne présentent pas tous une réaction semblable et de même intensité ; c\u2019est pourquoi on conseille d\u2019employer une dose d\u2019essai chez tous les nouveaux sujets.Cette dose d\u2019essal (monolate, un centimètre cube, en injection intraveineuse) permet non seulement de déterminer la sensibilité du sujet vis-à-vis du produit injecté, mais l\u2019intensité de la réaction obtenue en vingt-quatre heures sert aussi de barême pour calculer le degré d\u2019oblitération que l\u2019on peut anticiper de doses plus substantielles.Une varice de gros calibre requiert, en général, 3 centimètres cubes pour une oblitération satisfaisarte, mais l\u2019expérience et la pratique sont encore les meilleurs guides pour décider de la dose idéale convenant a chaque cas particulier.Le monolate peut être mjecté dans différents segments d\u2019une même veine ou dans les veines différentes, à condition que la dose de 6 centimètres cubes ne soit pas dépassée. Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 931 H.Fréquence des injections : L\u2019intervalle habituel entre les injections est d\u2019une semaine.Cet intervalle peut toutefois être modifié, suivant la réaction que l\u2019on a obtenue, le genre de travail, la quantité injectée.Dans les cas présentant une allergie, 1l est souvent indiqué de changer de solution et de donner des doses faibles de désensibilisation.Les injections doivent être données à sept jours d\u2019intervalle, car, à l\u2019ordinaire, il faut une période d\u2019au moins dix jours pour établir une sensibilité.En effet, les réactions allergiques importantes surviennent habituellement à la suite d\u2019injections données irrégulièrement et à trois ou quatre semaines d\u2019intervalle.I.Technique de l\u2019injection : Aprés avoir placé le patient en position convenable, pour faciliter le plus possible l\u2019injection, celle-ci doit être donnée de la manière suivante: 1.Nettoyer la peau et en faire l\u2019asepsie ; 2.Immobiliser la veine à injecter avec le pouce et faire une pression vers le bas pour tendre la peau ; 3.Le biseau de l\u2019aiguille ne doit pas regarder la veine et l\u2019angle d\u2019entrée ne doit pas être trop grand ; 4.Ne pas faire l\u2019injection vis-à-vis un placard d\u2019induration et d\u2019eczéma ou tout autre endroit où la peau a peu de vitalité ; 5.Introduire l\u2019aiguille d\u2019un même coup à travers la peau et la paroi veineuse ; 6.Tirer sur le piston de la seringue et aspirer assez de sang pour s\u2019assurer que l\u2019aiguille est réellement dans la veine ; 7.Injecter la substance de façon continue mais lente ; 8.Il faut interrompre l\u2019injection lorsque : a) un gonflement apparait à l\u2019endroit de l\u2019injection ; b) la douleur devient trop forte ; c) on doit exercer une pression excessive pour faire avancer le piston ; d) le sang ne revient pas lorsqu\u2019on tire le piston ; 9.Lorsque l\u2019injection est terminée, 1l ne faut retirer l\u2019aiguille qu\u2019au bout de quinze secondes et seulement après avoir fait de la compression locale avec une gaze stérile en même temps qu\u2019une traction est exercée 932 LavaL MÉDICAL Septembre 1952 sur le piston (ces petits détails sont nécessaires si l\u2019on veut éviter un ulcére par suintement au point de l\u2019injection ; terminer par l\u2019application d\u2019un pansement stérile compressif ; 10.Après l\u2019injection, on conseille au patient de continuer ses activités habituelles, mais d\u2019éviter les efforts excessifs.Ne jamais lui permettre de demeurer au lit ; 11.Un support élastique n\u2019est pas de nécessité absolue durant le traitement, mais il soulage le patient, prévient l\u2019ædème et favorise la thrombose veineuse.J.Où commencer les injections ?Les opinions sont encore divisées quand il s\u2019agit de déterminer s\u2019il est préférable de commencer les injections à la partie proximale ou à la partie distale du membre.Plusieurs autorités, dont Frederick Smith (1947), sont d\u2019avis qu\u2019il vaut mieux procéder de haut en bas, parce que le sang veineux circulant en direction rétrograde, la substance sclérosante a tendance à se diriger vers le bas et qu\u2019il faut employer moins de cette substance.Bellis et Churney (1943) commencent à la malléole et, d\u2019après leur méthode, une seule injection est souvent suff- sante pour oblitérer toute une veine, résultat qui est de nature à nous inciter à commencer les injections par le bas.K.Les injections en baut du genou sont-elles permises ?Cette question est encore discutée de nos jours.Maingot, Mc- Pheeters et plusieurs autres maintiennent qu\u2019il n\u2019y a aucun danger à injecter en haut du genou, car aucun accident n\u2019est survenu à la suite d\u2019une série imposante de cas.Par contre, l\u2019opinion contraire est illustrée par de nombreux accidents d\u2019embolie pulmonaire.Dean, Dublin, Taylor (1940) en sont méme venus a la conclusion qu\u2019aucune mjection sclérosante ne devrait être donnée sans ligature antérieure de la veine saphène interne à la fossa ovalis.Même si l\u2019on n\u2019accepte pas cette opinion, il est tout de même sage de faire précéder les injections sclérosantes, à la cuisse, d\u2019une ligature haute de la saphène interne, car les grosses veines communicantes siègent à la cuisse. Septembre 1952 Lavar MÉDpicaL 933 L.Petites veines : Les petites veines sont très difficiles à injecter, surtout celles du type télangiectasique.L'\u2019injection peut cependant être rendue beaucoup plus facile si on emploie une aiguille de très fin calibre (26) et si on fait ressortir ces veines à traiter par un traitement à la lampe à rayons infra-rouges.M.Veines sacculaires de la cuisse : La méthode de Maingot (1943), dite twin injection, est le secret de l\u2019oblitération de ces lacs sangums.Trois seringues sont requises : la première doit contenir 5 centimètres cubes de lithocaïne (salicylate de lithium et 1 pour cent de tutocaïne), la seconde est remplie d\u2019eau stérile et la troisième, de 3 centimètres cubes de quinine-uréthane.L\u2019injection de Iithocaïne est donnée en premier lieu et l\u2019aiguille, laissée en place dans la veine, est lavée avec l\u2019eau stérile de la seconde seringue.Immédiatement après, la solution de quinine-uréthane est injectée et elle produit un précipité gélatineux dans le lac veineux.Exécutée par Maingot, cette technique est suffisamment sûre, mais il est préférable et plus prudent de procéder, auparavant, à une ligature haute de la saphène interne.N.Effets de l\u2019injection : ( locaux, locaux, Effets immédiats Effets ultérieurs généraux.généraux, c\u2019est- à-dire résultats.a) Effets immédiats locaux : Si les différents points de la technique de l\u2019injection sont suivis attentivement, les réactions locales sont à peu près inexistantes.Le monolate et la quinine ne produisent qu\u2019une sensation très légère, mais la solution de lithocaine de Maingot peut donner des sensations de brûlure et des crampes.Une solution de novocaïne à 114 pour cent en rend l'injection pratiquement indolore.Certaines veines se sclérosent en quelques heures, mais, pour d\u2019autres, la réaction peut être retardée de quelques jours.L\u2019idée est 934 LavaL MEbpicaL Septembre 1952 d\u2019évaluer la dose exacte qui est susceptible de produire une thrombose et une sclérose suffisantes, mais celles-ci ne doivent pas étre trop importantes, de façon à ne pas rendre le patient impotent.L\u2019œdème du pied et des chevilles est très fréquent à la suite des injections sur le pied et dans le voisinage de celui-ci, mais il est sans importance et il disparaît en quelques Jours.Cet œdème peut être prévenu par l\u2019application d\u2019un bandage élastique au pied et à la cheville, et les résultats en sont même supérieurs.La rougeur et la décoloration de la peau, qui peuvent être causées par une dose trop forte et une nécrose des tissus, est également possible par suintement de la solution sclérosante à l\u2019endroit de l\u2019injection.La même chose peut se produire si l\u2019injection est donnée trop rapidement ou si une pression trop grande est exercée sur le piston de la seringue.Dans la circonstance, on peut injecter quelques centimètres cubes de soluté physiologique dans les tissus avoisinants en vue de diluer la substance sclérosante.b) Effets immédiats généraux: Parfois, un patient fait une réaction générale à la suite de l'injection intraveineuse d\u2019une substance sclérosante.Cette réaction peut se présenter de différentes manières.Le patient peut se sentir faible et prêt à défaillir.Il faut alors lui demander de respirer plus profondément, le faire asseoir et même le faire pencher en avant de façon à tenir sa tête basse.N\u2019importe quelle de ces mesures est suffisante, dans la grande majorité des cas.Parmi les autres manifestations, on peut rencontrer des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales et même une stimulation du plexus lombaire et du tronc lombo-sacré.Dans ce dernier cas, le malade se plaint d\u2019une vive douleur lombaire et d\u2019une grande difficulté à respirer, le tout simulant une douleur pleurale.Cette manifestation dure environ trois ou quatre minutes et il suffit de parler au patient et de faire du massage à la région lombaire.Parfois, le patient peut avoir une céphalée intense accompagnée de troubles visuels.Ces sujets sont ordinairement très nerveux et un questionnaire sérieux permet de retracer d\u2019autres épisodes semblables dans leur histoire.Une capsule sédative, prise dès l\u2019arrivée du Septembre 1952 LavaL MéÉDpicaL 935 malade au bureau, enlève toute crainte et prévient ce genre de manifestations.L\u2019injection de la substance sclérosante peut aussi causer un érythème qui débute à la tête et se propage vers le bas.Le patient se sent chaud et se plaint d\u2019un prurit intensif.Parfois aussi, la réaction allergique se manifeste par des macules et des vésicules urticariennes isolées.Ces manifestations sont généralement traitées avec succès par une friction à la lotion calomine et une injection hypodermique de 1 centimètre cube d\u2019adrénaline au '/1.000e En solution aqueuse, associée à \u201850e de grain d\u2019atropine ou encore par une Injection Intramusculaire de ces mémes substances en solution huileuse.Si la réaction allergique résiste à ces mesures, on est alors en présence d\u2019une complication sérieuse pouvant évoluer vers un choc grave.Si l\u2019injection sclérosante est suivie d\u2019une réaction marquée d\u2019endo- phlébite superficielle, les symptômes généraux (température et frissons) peuvent en imposer, mais ils ne sont pas sérieux et ne durent que quelques heures.Toutefois, la réaction d\u2019endophlébite persiste pendant un temps plus ou moins long et qui est en rapport avec le calibre de la veine.c) Effets ultérieurs locaux : En général, lorsque l\u2019injection sclérosante a été efficace, la palpation permet de constater l\u2019existence d\u2019un cordon induré dans le tissu sous- cutané.Après un temps variable, ce cordon induré disparaît presque complètement et seuls quelques nodules demeurent perceptibles.d) Effets ultérieurs généraux ou résultats : Les résultats du traitement des veines variqueuses par les solutions sclérosantes ont été beaucoup discutés dans le passé, et 1ls le sont encore à l\u2019heure actuelle.Les statistiques en sont un exemple, puisqu\u2019elles donnent des récidives variant de 4 à 98 pour cent ; Sicard et Gaugier prétendent avoir seulement 4 pour cent de récidives, tandis que Howard et Mahorner en ont 98 pour cent.I! est évident que les statistiques sur ce sujet sont sans valeur, non seulement parce que les variations sont trop marquées, mais aussi parce qu\u2019il n\u2019y a pas de règles absolues pour les indications du traitement.De même, les techniques et les substances sclérosantes employées varient souvent au cours d\u2019une même statistique. 936 Lavar MÉDicaL Septembre 1952 De plus, dans la plupart des cas de récidives, on ne s\u2019occupe pas de savoir si la veine injectée s\u2019est recanalisée ou si des veines considérées comme trop petites se sont dilatées et sont devenues variqueuses.Il est certam que plusieurs veines injectées se recanalisent, mais, dans l\u2019intervalle, les patients ont été soulagés de leur maux.Dans ces cas, une autre série d\u2019injections peut être conseillée et, souvent, les malades demandent eux-mêmes que l\u2019on recommence le traitement.De plus, la recanalisation des vaisseaux ne provoque pas toujours le retour des symptômes, car, la plupart du temps, les malades demeurent soulagés.Ce soulagement prolongé est sans doute dû au fait que la lumière de la veine injectée demeure plus petite, même après la recana- lisation.Enfin, il faut se rappeler, avec Mahorner, qu\u2019il se rencontre toujours un certain pourcentage de récidives, indépendamment du mode de traitement.Il ne faudrait donc pas toujours blâmer les injections ou en faire des erreurs de technique.O.Complications des injections : La meilleure manière d\u2019éviter les complications, c\u2019est de respecter les contre-indications, d\u2019administrer la dose d\u2019épreuve et de s\u2019assujettir scrupuleusement aux détails de la technique.Même avec ces précautions des complications peuvent survenir.La plus fréquente de ces complications est le choc anaphylactique véritable.Alors, il ne faut pas perdre trop de temps en utilisant les mesures habituelles contre les réactions allergiques, mais procéder assez tôt à l\u2019injection par voie intraveineuse d\u2019une rinçûre de seringue de chlorure d\u2019épinéphrine à '/1.000e (adrénaline), de 14 grain de papavérine en injection intravemeuse et à l\u2019inhalation d\u2019un mélange de 95 pour cent d\u2019oxygène et de 5 pour cent d\u2019anhydride carbonique.Une complication assez peu fréquente et très tragique de l\u2019injection sclérosante, c\u2019est l\u2019embolie pulmonaire.Plusieurs autorités prétendent n\u2019avoir Jamais rencontré cette complication à la suite d\u2019injection sclérosante, mais d\u2019autres auteurs, également expérimentés et qualifiés, tels que Dean et Dublin, en rapportent deux cas mortels sur une série de 600 injections. Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 937 I] est bel et bien prouvé que les injections sclérosantes exposent à l\u2019embolie pulmonaire et, en présence de celle-ci, 11 faut employer, sans tarder, le traitement habituel : anticoagulants, papavérine en injection intraveineuse et inhalation d\u2019oxygène, etc.L\u2019ulcère par suintement et la cellulite se rencontrent assez fréquemment à la suite du traitement par ces injections.La guérison de ces ulcères est longue, car ils siègent alors sur un terrain ischémié qui ralentit considérablement le processus de granulation.Il arrive parfois qu\u2019une thrombose des vaisseaux profonds n\u2019a pas été reconnue et l\u2019injection sclérosante causera un œdème permanent pour lequel 1l ne semble pas y avoir de traitement efficace.Enfin, la réactivation d\u2019une ancienne thrombophlébite est assez commune.Dans les circonstances, 1l faut prévenir l\u2019embolie pulmonaire en conseillant le port d\u2019un bon bandage élastique, en obligeant le patient à demeurer ambulant et en faisant un usage prudent des anticoagulants.P.Conclusion : La valeur du traitement des veines variqueuses par les injections sclérosantes ne peut être mise en doute, car ce mode de traitement est très utile dans certains cas choisis par des médecins expérimentés et de grande compétence.Cependant, on ne peut, à l\u2019instar de Ludwig Isaak (1940), proclamer que les injections sclérosantes vont guérir toutes les varices et faire disparaître tous leurs symptômes.Ce mode de traitement doit faire partie de l\u2019armamentarium du médecin qui doit l\u2019employer suivant les indications propres à chaque cas particulier.En terminant le sujet du traitement par les injections sclérosantes, on peut rappeler qu\u2019un médecin qui a eu l\u2019occasion d\u2019employer toutes les variétés de traitements est plus apte à faire une sélection judicieuse des cas que celui dont les possibilités se limitent au seul traitement par les injections sclérosantes.En effet, la sélection du mode de traitement approprié à chaque cas particulier requiert, non seulement de l\u2019expérience et du Jugement, mais aussi une application logique et jJudicieuse des différentes mesures plutôt qu\u2019une administration aveugle d\u2019un seul mode de traitement à tous les cas. 938 Lavar.MÉDicaL Septembre 1952 III.TRAITEMENT CHIRURGICAL A.Historique : a) C\u2019est à Hippocrate (500 A.c.) que revient le mérite d\u2019avoir reconnu les veines variqueuses comme une maladie et d\u2019avoir proposé un traitement par des ponctions multiples en vue de provoquer une réaction de clérose.b) Durant la période s\u2019étendant de 200 à 1877 après Jésus-Christ, Galen (201), Aegineta (690), Albucasis (1106) et Ambroise Paré (1590), proposèrent, tour à tour, des traitements différents, à savoir le déchirement des varices au moyen d\u2019un crochet ; la double ligature et la section, à la partie inférieure de la cuisse, et l\u2019excision par la dissection locale.c) Shede, en 1877, décrivit ce qui a été le premier essai d\u2019un mode de traitement acceptable au point de vue de la guérison complète des varices et de l\u2019absence de récidive ou de conséquences fâcheuses.Il préconisait la ligature de la veine saphène interne, à la partie mférieure de la cuisse, au moyen de multiples ligatures veineuses par voie transcutanée.Les récidives étaient nombreuses et cette opération ne devint Jamais populaire.d) L\u2019opération de Madelung (1885) pour l\u2019extirpation complète des varices de la saphène interne et de ses collatérales par une longue incision à la cuisse et à la jambe fut longtemps en grande faveur.Elle avait, cependant, l\u2019inconvénient d\u2019être très radicale et de demander un long séjour au lit, ce qui exposait aux accidents d\u2019embolie pulmonaire.Les principes de cette opération étaient identiques à ceux des procédés décrits par Keller (1905), Mayo (1906) et Madcok (1907), c\u2019est-à-dire le stripping des veines variqueuses.e) Trendelenburg (1891) décrivit une épreuve pour mettre en évidence le flot rétrograde dans la veine saphène interne.Cette épreuve était presque semblable à celle de Brodie (1846) et elle était basée sur le même principe, d\u2019où son nom d\u2019épreuve de Brodie-Trendelenburg.L\u2019opération de Trendelenburg préconisait la ligature et la section de la veine saphène interne à son point le plus proéminent, c\u2019est-à-dire, à la partie moyenne de la cuisse.f) La suggestion de Tavel (1904) de faire suivre, à quarante-huit heures d\u2019intervalle, la ligature de la veine saphène interne de l\u2019injection Septembre 1952 LAvaL MÉDpicaL 939 d\u2019une solution de phénol à 5 pour cent fut toute une nouveauté.Cette association de traitements avait pour but de diminuer les récidives postopératoires en favorisant la formation d\u2019un thrombus chimique.g) S\u2019inspirant des idées de Tavel, Schiassi (1908) décida de donner l\u2019injection sclérosante par voie rétrograde, au moment même de l\u2019opération.Il est donc l\u2019auteur de ce procédé de traitement.bh) En 1908, apparut un mode de traitement préconisé par Rindfleish et que Mahorner considère encore comme l\u2019opération la plus barbare qu\u2019un chirurgien aux mains lourdes ait pu imposer à ses patients.Elle consistait en une large excision de la saphéne interne, 4 la cuisse, et en une incision en spirale de tous les tissus jusqu\u2019à l\u2019aponévrose profonde ; commençant au genou, cette incision encerclait la jambe et se terminant au pied.Les vaisseaux superficiels étaient ligaturés et une gaze, laissée dans le sillon- nécessitait une guérison par seconde intention.Même les meilleurs résultats étaient atroces.Fort heureusement, ce mode de traitement ne fut Jamais populaire et son usage demeura plutôt restreint.1) Homans (1916), de même que Tavel, attira l\u2019attention sur la nécessité de ligaturer la veine saphène interne à la fossa ovalis et en haut de toutes les collatérales.Cette conception importante, qui est la seule façon logique d\u2019éviter les récidives, ne fut pas acceptée pendant de nombreuses années.J) La méthode de Schiassi fut modifiée par Nobile (1921) et par Unger (1927).Le premier injectait la veine saphène interne à la partie supérieure de la cuisse et, par une seconde incision, permettait au liquide sclérosant de sortir au niveau du genou.La modification de Unger consistait à introduire un cathéter urétéral, à la partie supérieure de la veine saphène interne, et à injecter une solution dextrosée à 20 pour cent, à mesure qu\u2019il retirait le cathérer, à raison de 1 à 2 centimètres cubes par 5 ou 10 centimètres de veine.Ces modifications de la méthode de Schiassi étaient très ingénieuses et celle de Unger est encore employée couramment, à l\u2019heure actuelle.k) En 1930, alors que le traitement opératoire avait été laissé de côté, à cause des risques d\u2019embolie pulmonaire, De Takats émit deux 1dées qui firent époque, car elles éliminaient presque complètement ce danger.Il recommandait les deux mesures suivantes : 940 Lavar MéÉDicaL Septembre 1952 1° La ligature de la veine saphène interne à la fossa ovalis, le plus près possible de son abouchement dans la veine fémorale ; 2° La nécessité de garder le patient ambulant.De 1930 jusqu\u2019à ces dernières années, différentes mesures chirurgicales sont apparues qui ont joul, momentanément, d\u2019une popularité assez grande et sont retombées, ensuite, dans l\u2019oubli.En résumé, le traitement opératoire moderne consiste dans les trois procédés suivants : .simples, I.Ligatures { P! multiples.i 24 eropératoires II.Ligature et injection { perop , 2° postopératoires.III.Ligature et extirpation opération de Madelung, stripping.B.Indications du traitement opératoire : Le traitement opératoire peut être employé dans tous les cas de veines variqueuses qui ne présentent pas de contre-indications.L\u2019incompétence de la valvule saphéno-fémorale constitue réellement un véritable indication.Les autres modes de traitement peuvent donner des résultats immédiats assez encourageants, mais 1ls sont voués à sa échec parce qu\u2019ils n\u2019éliminent pas la véritable source de cet état pathologique.C.Contre-indications du traitement opératoire : Les contre-indications du traitement opératoire des veines var! queuses sont, à quelques exceptions près, les mêmes que celles du traitement par injections sclérosantes.Il est cependant indiqué d\u2019en faire une brève énumération : 1° L\u2019âge avancé ; 2° L\u2019état mental ; 3° La grossesse ; 4° Les maladies débilitantes, telles que l\u2019anémie, les maladies du sang, le diabète, les troubles cardiaques et pulmonaires, le cancer, etc.; 5° Les troubles artériels, tels que l\u2019artériosclérose oblitérante et la thrombo- Septembre 1952 Lavar.MÉDicaL 941 angëite oblitérante ; 6° L\u2019obstruction des veines profondes consécutive à une thrombophlébite antérieure ; 7° La présence de thrombophlébite superficielle évolutive ; 8° Les affections cutanées locales ou générales, comme l\u2019eczéma généralisé, l\u2019intertrigo au pli de l\u2019aine, etc.; 9° L\u2019ulcère variqueux associé à une infection sérieuse ; 10° Un obstacle pelvien au retour veineux, c\u2019est-à-dire, le fibrome utérin ou le gros kyste ovarien.I.TRAITEMENT OPERATOIRE PAR LIGATURES SIMPLES ou MULTIPLES.a) Ligature simple.Ce mode de traitement est indiqué dans les cas ou l\u2019épreuve de Brodie-Trendelenburg indique une incompétence de la valvule saphéno-fémorale, sans aucun trouble des veines communicantes.La ligature de la saphéne interne est faite à la fossa ovalis, le plus près possible de la veine fémorale.b) Ligatures multiples.Les ligatures multiples sont indiquées dans les cas d\u2019incompétence de la valvule saphéno-fémorale et des veines communicantes de ce système, à la cuisse et à la jambe.L\u2019importance des incisions multiples a été reconnue par un grand nombre d\u2019autorités en la matière, tels que Mahorner (1939), Wright (1940), Rees et Harkins (1940), etc.Slevin rapportait, en 1940, qu\u2019avec une ligature simple à la fossa ovalis son pourcentage de récidives était de 17 pour cent, tandis qu\u2019il était seulement de 4 pour cent lorsque les incisions multiples étaient employées.Avantage de la ligature veineuse : Les principaux avantages de la ligature de la veine sapbéne interne sont les suivants : 1° La continuité de la veine saphène interne incompétente est interrompue, le plus près possible de son abouchement dans la veine fémorale ; 2° Les possibilités de recanalisation sont réduites au minimum ; 3° Le nombre des injections locales pour oblitération est grandement diminué ; 4° La durée du traitement est raccourcie ; 5° Le risque de l\u2019embolie pulmonaire est moins grand. 942 Lavar MÉDicaL Septembre 1952 II.TRAITEMENT OPÉRATOIRE PAR LIGATURE ET INJECTION PEROPÉRATOIRE, POSTOPERATOIRE.Il consiste dans la ligature haute de la saphène interne à la fossa ovalis et de toutes ses collatérales et dans l\u2019injection d\u2019une solution sclérosante dans le bout distal de la veine.Ce mode de traitement est, aujourd\u2019hui, presque universellement employé et, dans les cas d\u2019incompétence de la valvule saphéno-fémorale, il a donné de très bons résultats.Plusieurs auteurs ne partagent pas, cependant, cet enthousiasme et préfèrent ne pas injecter de solution sclérosante dans le bout distal du vaisseau, au moment de la ligature.Hawkes, Hewson, Harkins et Schug y voient les objections suivantes : 1.La substance sclérosante cause une douleur beaucoup plus forte que celle de l\u2019opération et incline les malades à demeurer au lit, donc danger plus grand d\u2019embolie pulmonaire.2.L\u2019injection dans le segment distal est inefficace, excepté quand on injecte une grande quantité de solution.Alors si une grande quantité de solution est injectée, il y a danger de réaction ou, si le sujet a été préalablement désensibilisé, l\u2019opération devient très difficile à cause de la réaction inflammatoire.3.Les incisions multiples, a la cuisse et à la jambe, ne sont plus possibles, sans exposer au suintement de la substance sclérosante dans les tissus adjacents.4.La quantité de substance sclérosante nécessaire est beaucoup plus grande que si on attend quelques jours après l\u2019opération.III.TRAITEMENT OPÉRATOIRE PAR LIGATURE ET EXCISION : Au début du présent siècle, Keller, Mayo et Badcock commencèrent à remplacer l\u2019excision des veines variqueuses par une mesure chirurgicale appelée stripping.Si ces auteurs avaient fait précéder cette opération de la ligature haute de la veine saphène interne et de ses collatérales, ils auraient causé toute une révolution dans le traitement des veines variqueuses.Depuis trois ou quatre ans, il semble y avoir un nouvel engouement pour la ligature et l\u2019excision par le stripping.Ce mode de traitement a probablement ses indications, mais 1l a été employé trop souvent à Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 943 tout hasard et on a tenté vainement d\u2019en faire une méthode prototype pour toutes les variétés de cas.Ce genre d\u2019opération peut être réservé aux cas compliqués de nombreuses veines communicantes à la jambe, à condition que ces veines ne soient pas trop tortueuses ou trop près du derme.Les dangers d\u2019embolie et d\u2019hémorragie sérieuse devraient restreindre son emploi, car Luke et Mahorner lui attribuent une mortalité de 2 pour cent.Robertson, en 1947, écrivait que si le stripping est une intervention assez sérieuse pour nécessiter un séjour au lit prolongé, le danger de l\u2019embolie pulmonaire constitue une contre-indication formelle à cette intervention.D'ailleurs, ses bons résultats cosmétiques ne sont pas une raison suffisante pour justifier une mesure chirurgicale aussi dangereuse.D.Technique de l\u2019opération : 1.Hospitalisation : Plusieurs chirurgiens considèrent la ligature de la saphène interne comme une opération mineure et banale qui peut être pratiquée dans une salle d\u2019urgence et ils permettent au patient de quitter les lieux immédiatement après que l\u2019opération est terminée.Cependant, cette manière de procéder expose à de sérieuses complications, en dépit de l\u2019expérience et de la compétence du meilleur des chirurgiens.Il est de beaucoup préférable de faire admettre le patient à l\u2019hôpital.L\u2019opération est ainsi pratiquée le plus aseptiquement possible, dans une salle d\u2019opération bien organisée, et le départ est autorisé seulement quarante-huit heures après l\u2019intervention.2.Anesthésie : L\u2019anesthésie par voie rachidienne, intraveineuse, locale ou par inhalation, peut être employée indifféremment, sans inconvénient pour le patient.Le point important est d\u2019employer un mode d\u2019anesthésie qui permettra au patient de devenir ambulant, le plus rapidement possible après l\u2019opération.C\u2019est pourquoi l\u2019anesthésie locale est surtout recommandable.3.Préparation du champ opératoire : Le patient est préférablement placé en décubitus dorsal et le membre à traiter est en légère rotation externe.Chez le patient masculin, on (9) 944 LavaL MÉDICAL Septembre 1952 éloigne le pénis et le scrotum du champ opératoire et, à l\u2019aide d\u2019un diachylon, on les fixe à la racine du membre opposé.Les régions pelvienne, inguinale, scrotale, vulvaire, la cuisse et la jambe, sont badigeonnées avec une solution antiseptique.Il est très pratique d\u2019employer une solution de teinture iodée à 214 pour cent, de façon à ne pas faire disparaître les points de repère marqués au Figure 15.\u2014 Allen, Barker, Hines, Peripheral vascular diseases.violet de gentiane.Ces champs stériles sont mis en place, de manière à obtenir une exposition parfaite des endroits à ligaturer.II est aussi préférable de préparer un seul membre à la fois, à moins de n\u2019avoir en vue qu\u2019une ligaturè à la fossa ovalis sur le second membre.La table d\u2019opération est ensuite inclinée en position de Trendelen- burg, afin de vider les veines saphènes interne et externe le plus complètement possible.Cela diminue le calibre des veines et permet Septembre 1952 LavaL MEpicaL 945 d\u2019obtenir le maximum d\u2019effet sclérosant par contact plus immédiat et plus étendu avec l\u2019intima de ces veines.4.Matériaux employés pour la ligature : La soie (bien stérile) de calibre B (n° 2) est la substance qui donne le moins de réaction inflammatoire.Pour plus de sécurité, on peut employer un calibre plus gros pour la ligature du tronc principal de la veine saphène.DU JA ciecumflesg Remoral Lot, sup femoral wt Figure 16.\u2014 Allen, Barker, Hines, location de la fossa ovalis et sens de l\u2019incision, dans Peripheral vascular disease, figure 375.5.Choix de incision pour la ligature de la veine sapbéne interne : On discute encore de la valeur de l\u2019incision verticale et de l\u2019incision oblique.a) Incision verticale.Ochsner et Mahorner emploient une incision verticale de 5 centimètres de longueur, juste au-dessus de la fossa ovalis, avec le confluent saphéno-fémoral comme point central.Ces auteurs prétendent qu\u2019il est plus facile de ligaturer les tributaires au moyen de cette incision que si l\u2019on utilise un tracé oblique.Par contre, cette 946 Lavar MÉDicaL Septembre 1952 incision ne suit pas les lignes de forces, se prête facilement aux hématomes et ne donne pas un bon rapprochement des tissus.b) Oblique.Cette incision est tracée à deux travers de doigt en dessous et parallèlement à l\u2019arcade crurale ; elle part au niveau des pulsations de l\u2019artère et se dirige obliquement, en dedans et en bas, sur un trajet d\u2019environ 5 centimètres de longueur.La grande majorité des chirurgiens la préfèrent à l\u2019incision verticale.6.Détails de la ligature de la veine saphène interne : a) Au niveau de l\u2019incision, le tronc principal de la veine saphène interne (tronc B) siège entre le feuillet profond de l\u2019aponévrose superficielle et l\u2019aponévrose profonde et c\u2019est là que doit se faire la dissection ; habituellement, la coloration bleutée de ce tronc veineux est visible à travers le feuillet profond de l\u2019aponévrose superficielle.Si l\u2019opérateur rencontre des ganglions inguinaux, 1l ne doit pas couper à travers ceux-ci, mais faire la dissection à un niveau plus inféro- interne et demeurer dans le tissu sous-cutané libre, où Il aura plus de chance de rencontrer le tronc principal de la saphène interne.Si ce tronc est difficile à trouver, un vaisseau tributaire peut être isolé et suivi jusqu\u2019à sa réunion avec le tronc principal.Après avoir identifié le tronc principal (B) de la veine saphène interne on applique deux pinces hémostatiques solides au niveau inférieur de la fossa ovalis et on sectionne entre ces deux pinces.L\u2019opérateur applique, ensuite, une légère traction vers le haut et en avant sur le segment supérieur du tronc veineux en vue de faciliter la dissection des tributaires.À ce point de l\u2019opération, il faut protéger l\u2019artère honteuse superficielle qui vient habituellement passer entre la veine fémorale et le tronc principal de la saphène interne.Cette artère est souvent 1gnorée et blessée au cours de la dissection ; 1l s\u2019ensuit une hémorragie assez importante qui peut empêcher l\u2019opérateur de garder son sang-froid.La division de cette petite artère est quelquefois nécessaire pour permettre de faire une dissection plus facile des tributaires à ligaturer.Les tributaires de la saphène interne à la fossa ovalis sont habituellement au nombre de trois et ils s\u2019abouchent dans la fossa ovalis.Ce sont la honteuse externe superficielle, la veine sous-cutanée abdominale et la veine circonflexe iliaque superficielle.Ces vaisseaux sont ligaturés et Septembre 1952 Lava\u2026 MéÉpicar 947 sectionnés, à tour de rôle, de même que la veine honteuse profonde qui est présente dans au moins un tiers des cas.II est important de diviser séparément ces petites veines tributaires, afin de prévenir les récidives par des vaisseaux anastomotiques.Une des grandes raisons des échecs du traitement chirurgical réside dans le manque d\u2019attention accordée aux deux veines tributaires : saphènes accessoires, interne et externe (tronc A).La recherche de ces vaisseaux est assez facile et, si la dissection est faite jusqu\u2019à la veme - Gauge \u2014 fuager Jose?great sabe \u201cSup ext.pudenda! arte Great soph nous ven Figure 17.\u2014 Allen, Barker, Hines.Peripheral vascular diseases.fémorale, il n\u2019y a pas de danger de les confondre avec la veine saphène interne elle-même (tronc B).Il arrive parfois que l\u2019opérateur est perplexe et confond le tronc principal (B) de la saphène interne avec la veine fémorale.Alors, l\u2019enveloppement de la veine fémorale dans une gaine fibreuse épaisse et sa direction externe servent à différencier celle-ci du tronc principal de la saphène interne, lequel se dirige, en dedans, vers la face antéro-interne de la cuisse. 948 LAavAL MÉDICAL Septembre 1952 Lorsque toutes les branches tributaires ont été ligaturées et divisées, le confluent saphéno-fémoral est exposé et la veine fémorale est disséquée sur une courte distance pour permettre son identification bien certaine et aussi pour élimmer toutes les banches collatérales anormales.L\u2019opérateur procède ensuite à la ligature de la veine saphène interne en plaçant un fil de soie de fort calibre le plus près possible du confluent saphéno- fémoral, mais en évitant une traction trop forte sur le vaisseau, car cet excès de traction pourrait amener un rétrécissement regrettable de la verne fémorale.Le court segment veineux entre la pince hémostatique et la ligature est ensuite sectionné et enlevé.b) Si le chirurgien décide d\u2019associer l\u2019injection rétrograde de substance sclérosante à la ligature veineuse, il doit s\u2019enquérir de l\u2019état des valvules dans le segment veineux à injecter.L\u2019épreuve consiste à injecter quelques centimètres cubes de soluté physiologique dans ce segment et, si le liquide pénètre facilement, on en conclut à l\u2019incompétence {Or Figure 18.\u2014 Aiguille a extrémité olivaire de Stevenson.des valvules.Si, au contraire, le liquide pénètre difficilement ou s\u2019il se produit un gonflement localisé, cela signifie que les valvules sont compétentes et 1l faut alors diriger l\u2019attention sur les veines saphènes accessoires.Après avoir protégé la plaie au moyen de plusieurs feuillets de gaze stérile, une aiguille Stevenson, à extrémité olivaire, est introduite dans la veine saphène interne, descendue jusqu\u2019en bas du genou et, avant d\u2019injecter la substance sclérosante, on pose une ligature serrée sur la veine.Immédiatement après l\u2019injection, on retire lentement l\u2019aiguille et, aussitôt que son extrémité en forme d\u2019olive s\u2019arréte sur la première ligature, on attache une seconde fois, emprisonnant ainsi l\u2019olive de l\u2019aiguille dans un petit segment de veine.On sectionne ensuite la veine entre les deux ligatures.Ces précautions sont nécessaires pour prévenir l\u2019mondation de la plaie par le sang ou le liquide sclérosant.L'usage de l\u2019aiguille Stevenson est très pratique puisqu\u2019il permet de déposer la substance sclérosante à distance et sur un long segment de veine.Plusieurs chirurgiens [ui Septembre 1952 LavaL\u2026 MÉDICAL 949 préfèrent un cathêter urétéral et il n\u2019y a pas de doute que son usage donne d\u2019aussi bons résultats.La plaie est ensuite lavée au soluté physiologique et l\u2019opération est complétée en fermant l\u2019aponévrose superficielle avec quelques points séparés à la soie très fine et en unissant les lèvres de l\u2019incision par des Figure 19.\u2014 Allen, Barker, Hines, Peripheral vascular diseases.points matelassés au dermalon ou à la soie.Les agrafes métalliques de Michel ne sont pas recommandées, car elles ont tendance à lâcher à cause de la tension qui se produit au cours de la marche.On termine par un badigeonnage de la plaie avec une solution antiseptique et on applique une petite gaze maintenue en place par une large bande de diachylon élastique (Elastoplast). 950 LavAaL\u2026 MéDpicaL Septembre 1952 7.Ligatures multiples : En vue d\u2019obtenir une sclérose plus étendue de toutes les veines incompétentes du système saphène interne, il est parfois nécessaire de faire des ligatures additionnelles.L\u2019exposé anatomique du début a montré que les veines commun:- cantes incompétentes ont trois localisations habituelles, à savoir : 1.Trers inférieur de la cuisse.La veine communicante Mid-Hunter siège à environ 10 à 15 centimètres au-dessus du tubercule du grand adducteur ; cette vemne est identifiée par les épreuves de Mahorner et de Pratt.2.Au genou.La communication entre les systèmes veineux profond et superficiel et les systèmes saphènes interne et externe se fait au niveau interne du genou par l\u2019intermédiaire du plexus géniculaire.3.En bas du genou.Les veines profondes et superficielles communiquent, la plupart du temps, à un endroit situé à environ 2.5 centimètres en bas de la face articulaire supérieure du tibia.C\u2019est donc à ces différents niveaux qu\u2019il faut faire les ligatures.De plus, après la dernière ligature en bas du genou, l\u2019opérateur peut injecter, sans danger, une substance sclérosante dans le bout distal.Il n\u2019est pas nécessaire de faire des ligatures plus bas que 2.5 centimètres de la face articulaire du tibia, bien que les veines communicantes soient très nombreuses à la jambe.En effet, 11 est prouvé par des phlébogrammes, même avec des épreuves doublement positives de Brodie-Trendelenburg, que les veines communicantes, à ce niveau, sont presque toujours compétentes, puis- qu\u2019elles permettent rapidement le passage du flot superficiel dans la circulation profonde.Boyd et Robertson ont démontré les mêmes faits en insectant, par voie rétrograde, une substance opaque dans la saphène interne au niveau du genou ; leurs phlébogrammes ont montré que la substance opaque demeurait dans la circulation superficielle.Luke (1943) ne nie pas l\u2019existence des veines communicantes incompétentes au niveau de la jambe, mais il est persuadé que leur importance n\u2019est pas suffisante pour justifier les opérations mutilatrices qu\u2019on emploie pour les enlever. Septembre 1952 LavaL\u2026 MÉDICAL 951 8.Détails de la ligature de la veine saphène externe : Si la veine saphène externe est variqueuse et si ces valvules sont incompétentes, 1l faut aussi la ligaturer.La veine est alors exposée par une incision transversale de 3 centimètres de longueur à l\u2019endroit où elle traverse l\u2019aponévrose profonde, c\u2019est-à-dire, au triangle supérieur de l\u2019espace poplité.Elle est, ensuite, isolée, ligaturée et sectionnée, la partie distale étant injectée d\u2019une substance sclérosante.9.Ordonnances postopératoires : a) L\u2019attention est surtout attirée sur la nécessité de marcher pendant au moins 5 minutes par heure, afin d\u2019activer la circulation veineuse profonde et prévenir l\u2019embolie pulmonaire ; b) On conseille au malade de ne pas demeurer au lit plus longtemps que sept heures par jour pendant plusieurs semaines ; c) Le port d\u2019un bandage élastique doit être recommandé pendant les deux premières semaines consécutives à l\u2019intervention chirurgicale ; d) Le patient peut demeurer debout aussi longtemps qu\u2019il le désire, puisque le reflux sanguin n\u2019existe plus ; e) Le patient peut quitter l\u2019hôpital au bout de quarante-huit heures, mais 1l doit revoir son médecin, à la sixième journée, pour faire enlever les points de suture et renouveler le pansement ; f) Si des injections sont nécessaires pour obtenir une sclérose plus complète, elles doivent être données régulièrement, à un intervalle Jamais plus long que sept jours ; g) Enfin, il est bon de demander au patient de consulter périodiquement son médecin afin d\u2019éviter tout délai dans le traitement des récidives.E.Principales causes de récidives : a) Même à la suite du traitement opératoire le plus approprié et le mieux administré, il existe encore un pourcentage minimum d\u2019environ 3 pour cent de récidives.Celles-ci sont alors dues à une tendance au développement des varices, nous voulons dire, à une faiblesse congénitale, diathèse que personne ne peut éliminer complètement.Comme question de fait, ce ne sont pas de véritables récidives, mais plutôt de nouvelles varices qui, d\u2019ailleurs, s\u2019améliorent rapidement avec le traitement par injections. 952 Lavar MÉDpicaL Septembre 1952 b) Plusieurs chirurgiens ont eu à constater la présence de récidives chez des patients qu\u2019ils croyaient avoir opérés avec grand soin.Cependant, l\u2019examen clinique et les constatations qu\u2019ils ont faites lors de la seconde intervention, leur permettent de réaliser que les mauvais résultats sont dus à une faute de technique au cours de la première opération.En voici les raisons : 1.L\u2019exposé anatomique du début de ce travail a démontré que l\u2019anatomie, même normale, de la crosse de la saphène est incontestablement compliquée.Il arrive assez souvent que la dissection est difficile et qu\u2019une branche tributaire de la saphène mterne n\u2019est pas ligaturée.Conséquemment, tout le sang des autres veines collatérales de la grande saphène se déverse dans cette branche tributaire non ligaturée, avec, comme résultat, une réapparition des varices au membre traité.2.Plusieurs anatomistes décrivent comme constantes la veine saphène accessoire externe (tronc A \u2014 ou superficial lateral femoral vein) et la veine saphène accessoire interne.Ces deux veines ne sont pas toujours visibles dans le champ opératoire, mais, lorsqu\u2019elles s\u2019y rencontrent, cela signifie qu\u2019elles sont incompétentes.La veine saphène accessoire externe peut atteindre un tel calibre qu\u2019elle en impose pour la saphène interne elle-même et qu\u2019elle est parfois ligaturée à la place de celle-ci.Dans la circonstance, l\u2019état pathologique de la saphène interne n\u2019est pas corrigé et les varices de ce système continuent d\u2019exister.3.Bien que la disposition anatomique des trois principales branches tributaires de la saphène interne à la fossa ovalis soit comparativement constante, il se rencontre des variations qu\u2019il faut savoir reconnaître.Les plus fréquentes de ces variations sont les suivantes : I.Les branches tributaires se vident dans la saphène accessoire externe (tronc A) et non dans la fossa ovalis ; II.Une ou deux collatérales s\u2019abouchent à la veine saphène accessoire externe et la troisième, à la veine saphène interne elle-même (tronc B) ; III.Les trois branches tributaires se relient directement à la veine fémorale.A moins d\u2019être familier avec toutes ces variations anatomiques, le chirurgien ignore facilement une de ces collatérales et son traitement est voué à un êchec. Septembre 1952 LAvAL MÉDICAL 953 4.C\u2019est un fait rapporté par plusieurs auteurs que les veines redeviennent rapidement variqueuses à la suite de la ligature de la veine saphène interne et de ses tributaires en association avec une injection sclérosante rétrograde.À la seconde opération, ils ont trouvé une veine saphène interne ligaturée, mais sans excision d\u2019un segment.Presque toujours, la recanalisation s\u2019était produite exactement à travers Ja ligature.L'\u2019excision d\u2019un segment de la veine saphène interne à la Jfossa ovalis est donc une condition sine qua non pour éviter le retour des varices.5.L\u2019excision des veines variqueuses par la méthode du stripping amène des résultas immédiats très encourageants, mais elle est fréquemment suivie de récidives.Dans ces cas, 1l est presque toujours possible de mettre en évidence une communication entre un moignon proximal beaucoup trop long et le segment distal au moyen de veines collatérales non ligaturées.c) Il existe cependant deux circonstances qui sont compatibles avec des résultats non satisfaisants, même si un traitement chirurgical approprié a été employé.Ce sont la grossesse et la fistule artério- vemeuse congénitale.Les résultats immédiats peuvent être très bons, mais ils sont invariablement suivis de récidives.F.Complications du traitement opératoire : La ligature des veines saphènes et l\u2019injection rétrograde sont des mesures chirurgicales compatibles avec certaines complications ; celles-ci doivent être connues de ceux qui sont intéressés à ce mode de traitement.Étudions quelques-unes de ces complications.a) Thrombose des veines profondes et embolie pulmonaire.Cette complication représente un danger constant.En effet, il ne saurait y avoir de doute qu\u2019une certaine quantité de la solution sclérosante mnjectée par voie rétrograde pénètre occasionnellement dans la veine fémorale et peut causer une thrombophlébite et une embolie pulmonaire.Au cours d\u2019une opération (1949) pour ligature de la veine saphène interne et de ses branches tributaires, à la fossa ovalis, nous avons injecté, par voie rétrograde, 5 centimètres cubes d\u2019une solution de diodrast à 35 pour cent, c\u2019est-à-dire, le même nombre de centimètres 954 [Lava.MÉDICAL Septembre 1952 que pour la substance sclérosante.Un phlébogramme pris sur le champ a montré que presque toute la substance opaque avait gagné la veine fémorale, au tiers inférieur de la cuisse, apparemment par la veine Mid-Hunter.Cette expérience correspond aux résultats de Boyd et Robertson qui ont obtenu un résultat identique sur une série de douze cas.lls ont, de plus, injecté une substance opaque dans la veine saphène interne au niveau du éondyle fémoral chez douze patients et les phlébogrammes ont montré que, onze fois sur douze, la substance opaque était demeurée entièrement dans le système veineux superficiel ; quant au douzième cas, une très faible quantité de substance opaque avait pénétré dans le système profond par une veine communicante située Juste en bas du genou.Ces auteurs en ont conclu que les veines communicantes de la jambe sont nombreuses mais de très petit calibre, de sorte que les solutions sclérosantes peuvent être injectées à ce niveau avec un maximum de sécurité.De Takats (1930) a préconisé deux mesures qui ont réussi à diminuer le danger de la thrombophlébite et de l\u2019embolie postopératoire.Ce sont l\u2019ambulation le plus rapidement possible après l\u2019opération et la ligature de la saphéne interne, le plus prés possible de la veine fémorale, de maniére a éviter la stase sanguine dans le moignon veineux.Ces deux mesures sout trés importantes et leur application permet de prévenir un accident aussi désastreux.b) Injection de l\u2019artère fémorale.Incrovable, comme on peut se l\u2019imagmer, cet accident est quand même arrivé, et il fut suivi d\u2019une amputation au tiers moyen de la cuisse.C\u2019est Miller et Luke qui le rapportent (1948).Une injection dans l\u2019artère d\u2019une solution à 1 pour cent de novocaïne suivie d\u2019une infiltration du sympathique lombaire pourrait, dans un tel cas, sauver le membre et nécessiter seulement une amputation du pied et voire même des orteils.¢) Hémorragie.Elle peut être très sérieuse et elle survient presque toujours à la suite de déchirure de la veine fémorale, d\u2019une défectuosité de la ligature du moignon de la veine saphène interne ou de l\u2019usage du stripping, a la partie supérieure de la cuisse.Si l\u2019hémorragie est sérieuse, elle doit être contrôlée par la pression et une transfusion doit être faite immédiatement.L\u2019anesthésie générale x Septembre 1952 Lavar MÉDrcac 955 doit aussi remplacer l\u2019anesthésie locale et l\u2019exploration par une incision agrandie ne sera faite que lorsque l\u2019état du patient redeviendra satisfaisant.Au cours de l\u2019exploration, le vaisseau qui saigne pourra être isolé et ligaturé ; une déchirure de la veine fémorale devrait être réparée, plutôt que ligaturée, à condition de faire suivre cette réparation d\u2019une thérapie anticoagulante.Dans certains cas, l\u2019hémorragie peut ne pas être assez sérieuse pour nécessiter une exploration, mais alors elle produit un hématome qui, tôt ou tard, deviendra infecté.d) L\u2019infection.Elle peut se rencontrer à différents degrés, à savoir infection simple des points de suture ; infection du derme et des tissus sous-jacents ; infection compliquée d\u2019élimination de fil de soie.En général, une aseptie rigoureuse, un lavage de la plaie au soluté physiologique, une hémostase soignée et l\u2019application d\u2019un bon pansement sont des mesures suffisantes pour prévenir ce genre de complication.e) Séroma.C\u2019est l\u2019accumulation de sérum dans la plaie.En général, celle-ci: guérit rapidement à la suite de l\u2019évacuation du sérum.f) Écoulement de lymphe.Il arrive parfois que la veine saphène est recouverte d\u2019un ou plusieurs ganglions lymphatiques.Ia dissection est occasionnellement suivie d\u2019un écoulement de lymphe qui peut durer des mois et se compliquer d\u2019ædème marqué de tout le membre.g) Chéloïde.Cette complication est presque toujours la résultante de l\u2019incision verticale.En effet, au milieu de l\u2019incision, la lèvre interne de celle-ci est tirée par en haut et en dedans, de sorte que la cicatrice opératoire est plus marquée, même si le rapprochement des tissus est guidé par des points de repère placés sur la peau au début de l\u2019opération.G.Traitement des ulcères variqueux : Le traitement des ulcères variqueux constitue par lui-même un sujet très complexe et très étendu qui fait plutôt partie du traitement de l\u2019insuffisance veineuse en général.Mais, étant donné que l\u2019ulcère est une complication assez fréquente (40 pour cent des ulcères sont d\u2019origine variqueuse), il convient d\u2019en énumérer brièvement les grandes lignes. 956 LavaL MÉDrcAL Septembre 1952 Le traitement des ulcères variqueux et des symptômes associés se divise essentiellement en trois points: le traitement de l\u2019ulcère même, le traitement des veines variqueuses et le traitement de la douleur.a) Traitement de l\u2019ulcère même : Des nombreuses méthodes de traiter l\u2019ulcère variqueux, les plus importantes à retenir sont : F 1° Le repos au lit et l\u2019élévation du membre ; 2° Le pansement compressif avec une éponge caoutchoutée, c\u2019est- à-dire, the venans beart de McPheeters et Merket ; 3° Le support par la botte avec pâte Unna ; 4° Le support par diachylon élastique Elastoplast ; 5° L\u2019application locale des différents onguents, pâtes et poudres ; 6° L\u2019excision de l\u2019ulcère avec remplacement par différentes greffes cutanées.b) Traitement des veines variqueuses concomitantes : Le traitement des veines variqueuses concomitantes est considéré par plusieurs, dont Zimmerman (1943), comme seulement un adjuvant prophylactique du traitement local de l\u2019ulcère.D\u2019autres auteurs, tels que Rees (1940) et Luke (1940), Hawkes et Hewson (1940) et plusieurs autres encore, sont d\u2019avis que la ligature des veines variqueuses est nécessaire pour obtenir la guérison permanente des ulcères variqueux.Voici quelles sont les méthodes préconisées : 1.Ligature de la veine saphène interne à la fossa ovalis et injection rétrograde de substance sclérosante : Hawkes et Hewson (1940), Harkins et Rees (1940) ; 2.Ligature des deux veines saphènes et injection rétrograde de substance sicérosante dans ces deux vaisseaux : Luke (1943) ; 3.Ligature de la veine poplitée : Gunnar Bauer (1943) ; 4.Ligature de la veine fémorale superficielle : Alton Ochsner et Michael De Bakey (1949) ; 5.Infiltration du sympathique lombaire et sympathectomie à ce niveau : Alton Ochsner et Michael De Bakey (1949). Septembre 1952 LavaL MEbicaL 957 c) Traitement de la douleur : La période de la douleur rend difficile l\u2019interprétation du résultat des différentes médications.L'usage per os du chlorure de thiamine (B), a la dose de 30 milligrammes par jour, est supposé maîtriser la douleur avec grande efficacité.Krieg (1938), Ochsner et Smith (1940) en sont les principaux protagonistes.H.Résultats du traitement opératoire : Notre expérience trop limitée et la difficulté de revoir les patients opérés ne nous permettent pas d\u2019avoir des opinions tout à fait personnelles sur les résultats du traitement opératoire des veines variqueuses.Par contre, une étude des résultats obtenus dans les grandes cliniques nous montre bien l\u2019efficacité de ce mode de traitement ; en voici quelques exemples : a) Statistiques des docteurs Harkins et Shuf : Hôpital Henry-Ford.Détroit, 1941.Ces chiffres portent sur une série de 42 patients revus douze mois après leur opération.b) Statistiques du docteur P.A.Fitzgerald.The Irish Journal of Medical Science, pp.108-115, 1947.c) Conclusions des docteur McElwee et Maisel, Annals of Surgery, 126 : 350-357, (septembre) 1947.Série de 452 patients, revus un an et plus après l\u2019opération.1.La ligature haute de la veine saphène interne et associée à des ligatures multiples, l\u2019injection rétrograde et le stripping ont donné de bons résultats dans 80 à 90 pour cent des cas.2.L\u2019hospitalisation a été plus longue et le degré d\u2019affliction, plus marqué, à la suite de l\u2019injection rétrograde ou du stripping.Par contre, la ligature haute et les ligatures multiples n\u2019ont pas présenté ces inconvénients.3.Les complications d\u2019infection furent plus fréquentes, quoique peu sérieuses, à la suite des ligatures multiples.Une thrombophlébite est survenue à la suite de l\u2019injection rétrograde.Il n\u2019y eut pas de mortalité ni d\u2019embolie pulmonaire.4.La ligature unique associée à l\u2019injection rétrograde a requis la plus petite quantité d\u2019injections sclérosantes ultérieures. 958 Lava\u2026 MÉDICAL Septembre 1952 GRAVITÉ DES SYMPTOMES PRÉOPÉRATOIRES*! - 0 + ++ +++ ++++ Douleur.112122200200 8 2 11 7 8 6 Edéme.00 5 0 8 14 9 6 Apparence.18 1 a 8 6 0 Ulcère présent dans 22 cas.GRAVITE DES SYMPTOMES POSTOPERATOIRES * Douleur.30 7 2 3 0 0 Edéme.| 24 10 6 0 2 0 Apparence.36 2 2 2 0 0 Ulcére.2 5.Les ligatures multiples sont considérées comme l\u2019opération de choix, parce qu\u2019elles possèdent l\u2019avantage d\u2019être un procédé simple qui se fait à l\u2019anesthésie locale et aussi parce que ce procédé donne de meilleurs résultats.CONCLUSIONS 1.Le problème des veines variqueuses par sa fréquence et son importance économico-sociale commande une attention plus grande que celle qui lui est présentement accordée ; 2.Les veines variqueuses doivent être étiologiquement divisées en deux grandes catégories : varices essentielles et varices symptomatiques ; * Intensité des symptômes : \u2014 : absent ; O : traces ; + : léger ; ++ : modéré ; +++ : marqué ; ++++ : très marqué.1.Statistique des docteurs Harkins et Shuf. Septembre 1952 LavaL MEpicaL 959 3.La physiologie, la physiopathologie et l\u2019anatomie des veines variqueuses sont trop fréquemment négligées et cela conduit, la plupart du temps à l\u2019échec du traitement ; 4.Il n\u2019existe pas de traitement stéréotypé applicable à tous les patients, mais chaque cas doit recevoir un traitement particulier ; SÉRIE DE 57 PATIENTS REVUES A DEUX ANS D\u2019INTERVALLE ! Groupe Résultats du traitement Nombre or Résultat opératoire 1 Anatomie et fonction parfaites.36 63.157, 2 Anatomie satisfaisante et fonc- Bon tion parfaite.9 15.80% Anatomie satisfaisante et fonction satisfaisante.9 15.80% J 3 Anatomie non satisfaisante et fonction satisfaisante.1 1.75\u201c 0 Médiocre 4 Anatomie et fonction non satisfaisantes.11120100 2 3.50% Mauvais TOTAL 57 5.Il y a des contre-indications au traitement par les injections sclérosantes et la chirurgie, mais il n\u2019y en a pas pour le traitement conservateur ; 1.Statistiques du docteur P.A.Fitzgerald.(10) 960 Lavar.MÉpicaL Septembre 1952 6.Le traitement par des injections de solutions sclérosantes seules devrait être réservé aux varices de petit et de moyen calibre, non associées à une incompétence de la valvule saphéno-fémorale ; 7.La ligature des veines variqueuses n\u2019est pas une opération aussi banale qu\u2019on le croit et elle expose à des complications sérieuses ; 8.La ligature haute de la veine saphène interne associée à l\u2019injection rétrograde à la cuisse comporte de graves dangers ; 9.La ligature haute de la veine saphène interne associée à l\u2019injection rétrograde en bas du genou (usage de l\u2019aiguille de Stevenson ou du cathéter urétéral) offre plus de sécurité ; 10.La méthode du stripping expose à de tels dangers que son usage n\u2019est pas justifié ; 11.Les ligatures multiples avec injection rétrograde dans le segment inférieur de la plus basse de ces veines (2.5 centimètres en bas de la surface articulaire supéro-interne du tibia) donnent les menleurs résultats et garantissent un maximum de sécurité.Elles sont donc la méthode de choix du traitement chirurgical des veines variqueuses.Dans un traité sur les veines variqueuses, Homans écrivait : « Les veines variqueuses ont été, jusqu\u2019à ce Jour, et continueront encore, durant de nombreuses années, d\u2019être une source fertile pour les échecs chirurgicaux.Cela n\u2019est pas dû au fait que le chirurgien manque de moyens efficaces de traitement, mais bien parce qu\u2019il ne sait pas varier ces moyens selon la diversité des cas.» En terminant, on peut souligner, avec à propos, que cette opinion est aussi vraie de nos Jours qu\u2019elle l\u2019était en 1916, lorsqu\u2019elle fut exprimée pour la première fois.BIBLIOGRAPHIE 1.Apams, J.C., Etiological factors in varicose veins of the lower extremities, Surg., Gynec.¢» Obst., 69 : 717-725, 1938.2.ALLEN, Barker, Hinges, Peripheral vascular diseases, 650-680, 818-842.3.Arras, L.N., Hasards connected with the treatment of the varicose veins, Surg., Gynec.¢r Obst., 77 : 136, 1943.4.Barer, T.H.T., Intravenous sclerosing solutions, Brit.M.J., 2 : 59-60, 1930. 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HISTOIRE DE LA MÉDECINE HISTOIRE de la FACULTÉ DE MÉDECINE DE LAVAL par Ch.-M.BOISSONNAULT IX REVUES ET SOCIETES MEDICALES Quelques années avant la mort de François Blanchet, un jeune médecin qui a fait ses études médicales sous von Iffland et les a complétées à \u201cNew-York, François-Xavier Tessier, remarquable linguiste, fonde, dans la capitale du pays, sous le nom de Journal de Médecine de Québec, un périodique bilingue dont il ne reste que peu de collections 1.Le 2 janvier 1825, Tessier adresse aux médecins et à tous ceux qu\u2019il croit susceptibles de s\u2019intéresser à l\u2019avancement des sciences «le premier Numéro du Journal de Médecine de Québec » et sollicite leur « influence » et leur « souscription ».* Cf, Laval Médical, 17 : 538, 679 et 803, (avril, mai et juin) 1952.1.La bibliothèque de l\u2019université Laval et celle du Parlement de la province en possèdent deux séries, 1826-1827. Septembre 1952 LavaL\u2026 MÉDICAL 969 - _\u2026 i\" _ .rm - = TT gs Fa are Be Le * # y= So i é ; 2 ; Québec 2 Janvier, 1825.MONSIEUR, Dans la persuasion où je suis que cous éles gn él dencourager toud ce qui peut contribuer à l'avancement des sciences en ce pays, je prends \u201cLa liverté de vous faisu tenir le premier Numero eu Journal de Médecine de Quibec, et | de sollicder votre influence ct votre souscription, sé vous l'en Jugez digne.J'ai Fhonneur d'être, avec considération, votre, Ke.Keo Ke.X.TESSIER.sia Circulaire du fondateur du Journal de Médecine de Québec, le premier périodique médical publié au Canada.(Reproduite avec l\u2019autorisation du bibliothécaire de l\u2019Université Laval.) 970 LavaL.MÉDICAL Septembre 1952 Le nouveau périodique, premier du genre en ce pays, s\u2019adresse aux médecins comme au public : «.nous avons cru voir dans la publication d\u2019un Journal de Médecine, un sûr moyen d\u2019être utile au corps auquel nous appartenons, en lui donnant la facilité de communiquer avec les maîtres de l\u2019art, dans l\u2019une ou l\u2019autre Hémisphère ; et au Public particulièrement, en détruisant des préjugés qui ne sont que trop enracinés, et qui paralysent sans cesse le zèle du Médecin Canadien ».Dès les premières lignes de la préface, Xavier Tessier note « les améliorations qui, depuis quelques années, se sont succédées les unes aux autres dans la profession de la Médecine en Canada : aussi quiconque s\u2019intéresse au progrès des sciences a-t-1l dû être convaincu, que les membres qui la composent, doivent redoubler d\u2019efforts, pour seconder l\u2019impulsion que le tems et les circonstances heureuses viennent de Jui donner ».Tessier fait ensuite allusion à l\u2019enseignement de la science médicale : « Déjà, écrit-il 2, se sont élevées parmi nous des institutions qui, par de légers sacrifices, doivent produire les plus heureux résultats, et qui nous donnent lieu d\u2019espérer que le tems n\u2019est pas éloigné, où l\u2019élève du médecin trouvera dans son pays natal, les moyens d\u2019acquérir des connaissances qui pourront le rendre digne un jour d\u2019être le gardien de ce précieux dépôt, la Santé de ses concitoyens ».Tessier avait sincèrement à cœur de développer la médecine : «Témoins de ces progrès fortunés, écrit-il, nous avions formé le dessein de ne point demeurer spectateur oisif, mais au contraire, de contribuer, autant qu\u2019il serait en nous, au succès de la science médicale en ce pays.» Avant de se lancer dans cette entreprise, Xavier Tessier avait soumis son projet « à plusieurs de ses confrères.La bonté avec laquelle ils ont applaudi à nos vues, observe-t-il, et l\u2019offre généreux (sic) qu\u2019ils ont bien voulu faire, de nous soutenir de leurs talents et de leurs lumières, ont fait disparaître l\u2019obstacle qui s\u2019opposait à notre projet, notre Jeunesse.Ainsi soutenus, nous nous sommes déterminés à solliciter la protection 2.Journal de Médecine de Québec, publié et rédigé par Xavier Tessier, vol.1, Quebec, imprimé par François Lemaître, rue Sainte-Famille, n° 3.Haute-Ville, 826.Épigraphe : Vita brevis, ars longa, occasio præceps, experientia fallax, judicium difficile HIPPOCRATE, Sect.1, Aphor.I. Septembre 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 971 rm JOURNAL Dr.MEDECINE DE QUEBEC.PUBLIE EI REDIGE\u2019 rin XAVIER TESSIER.ta brevis ars fonda, oC S10 preteps, experientia fallax, judhemm ditlicile.Hyrcocnare, Sect: 1, Apher: 1, \u2014\u2014 VOLUME 1./ y A - QUEBEC: Imgrme par Fas.Lexsirne, Îtue Ste.Famille, No.3.Haunte- Ville, 1826.= = ., .Titre dujpremier numéro du Journal de Médecine de Québec.(Rédaction francaise.) (Reproduit avec l\u2019autorisation du bibliothécaire de l\u2019Université Laval.) Keine 972 | LavaL MépicaL Septembre 1952 des amis des sciences, et la faveur du public en général, tout en leur soumettant le plan que nous nous proposons de suivre ».L'accueil ne pouvait être que chaleureux.En ce temps lointain, le médecin qui voulait publier devait s\u2019adresser aux Journaux ou transmettre ses articles aux revues de New-York et de Londres qui les accueillaient fort bien.Le fondateur du Journal de médecine de Québec se propose trois objectifs * : « analyse des ouvrages du jour, dans lesquels nous puiserons tout ce qui nous paraîtra devoir intéresser le Médecin » ; publication « de toutes les nouvelles découvertes, soit dans le traitement des maladies, ou dans toute autre branche de la Médecine, amsi que des cas extraordinaires qui méritent de fixer l\u2019attention ».Le troisième objectif, celui que Tessier ambitionne tout particulièrement d\u2019atteindre, « comprendra tout ce qui intéresse de plus près le Médecin et le public Canadien.C\u2019est dans la vue de mériter, autant qu\u2019il sera en nous, l\u2019encouragement que nous avons lieu de rencontrer dans toutes les classes de la Société, et plus particulièrement celle de nos confrères, que nous donnerons d\u2019abord un aperçu des maladies qui auront prévalu dans la saison passée ; après quoi, nous nous permettrons quelques réflexions que l\u2019occasion pourrait exiger, sur ce qui regarde plus immédiatement la conservation de la santé dans chaque individu ; puisqu\u2019il est vrai que c\u2019est à des préjugés trop généralement répandus, que nous devons rapporter ces obstacles qui, le plus souvent, entravent les vues du Médecin ».En même temps, Tessier invite « les personnes qui prennent quel- qu\u2019intérêt à l\u2019avancement de la science en Canada » à collaborer à son périodique.« Nous n\u2019exigerons pas les noms » de « ceux qui voudraient bien nous faire part du fruit de leurs recherches et de leurs observations », annonce le Journal.Tessier ajoute cette précision qui démontre que, chez lui, l\u2019esprit scientifique dépassait la moyenne et qu\u2019il savait reconnaître à tous la liberté totale dans les discussions et les controverses.« Cependant, écrit-il, comme nous aurons souvent occasion de traiter nous mêmes, des matières qui, par leur nouveauté, demanderaient la plus grande latitude dans les discussions, nous croyons devoir informer nos 3.Journal de médecine de Québec, 1826, Plan de ce journal, p.vi. Septembre 1952 Lavar MéÉDicaL 973 | + THE QUEBEC MEDICAL JOURNAL.EDITED AND PUBLISHED sy XAVIER TESSIER.Vita brevis, are longa, occasio prææceps, \u201cex perientia fallax, jediciam difficile, Hrrrocrate, Sect : 1, Æphos : 1.\u2014\u2014\u2014 YOLUME I.QUEBEC: Printed by Fas.Lewartac, Ste.Famille Street No.8.Upper-Towa, mt 1826.æ Titre du premier numéro du Journal de Médecine de Québec.(Rédaction anglaise.) (Reproduit avec l\u2019autorisation du bibliothécaire de l\u2019Université Laval.) 974 Lavar MÉDICAL Septembre 1952 lecteurs, que tout écrit anonyme qui n\u2019attaquerait que nos propres opinions, recevra un accueil favorable ; notre unique désir étant, comme nous venons de le dire, de donner un plus libre champ, à une discussion honnête et raisonnée ».Ce sont là les paroles d\u2019un savant qui recherche avant tout la vérité et la place au-dessus de ses susceptibilités.Aussi, pouvons-nous croire les sentiments qu\u2019il exprime, dans une langue très élégante, à la fin de ce programme : « Heureux si nous pouvons un jour goûter la douce consolation d\u2019avoir fait quelque chose pour le bien de nos concitoyens ; c\u2019est de ce sentiment seul que nous attendons notre unique récompense ».Dès le mois d\u2019août 1826, à l\u2019issue d\u2019un grand diner donné en l\u2019Hôtel Malhiot, par les médecins et chirurgiens de Québec et des environs en l\u2019honneur du docteur Pierre de Sales Laterrière qui revenait d\u2019Angleterre, Tessier reçut sa première récompense.Tous ses confrères le couvrirent de compliments depuis le héros de la fête jusqu\u2019aux docteurs François Blanchet, Charles Perrault, Joseph Painchaud, Couillard, White- law, etc.4.A ce moment ou Laterriére apporte des nouvelles de Londres arrive de Paris une communication fort importante.Un jeune médecin mont- réalais, 4gé de 22 ans, qui vient de parfaire ses études médicales aux universités d\u2019Édimbourg et de Paris, publie sa thèse sous le titre suivnat : Dissertation sur le cancer de l\u2019utérus présentée et soutenue à la Faculté de médecine de Paris, le 10 mai 1826, par Guillaume-J.-L.Vallée, de Montréal, Bas-Canada, docteur en médecine, bachelier ès-lettres, chirurgien et médecin du Canada, accoucheur, chirurgien du Collège Royal d\u2019Édimbourg.Paris, de l\u2019Imprimerie de Didot le jeune, 1826, 32 pp.in-4to 5, Le docteur Vallée devait mourir le 8 décembre 1839, à l\u2019âge de 35 ans, des suites d\u2019une paralysie contractée dans les prisons de Montréal où on l\u2019avait incarcéré «le 9 novembre 1838, soi-disant pour trahison, mais en fait sans cause précise, comme le furent tant de notables vers cettedate.Ilsubitson interrogatoire le 8 décembre 1838, et fut libéré sans conditions quatre Jours plustard.Sorti de prison malade, il ne put Jamais se rétablir, et mourut de paralysie, à Montréal, le 8 décembre 1839 » 6 4.Journal de Médecine de Quebec, 1826, pp.256 A 261.5.Ibid., p.241.Ægidius Fauteux, Patriotes de 1837-38, p.389.6.Fauteux, ibid. Septembre 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 975 Fauteux estime que Vallée avait manifesté trop de bienveillance à l\u2019égard des Patriotes emprisonnés.On l\u2019avait vu, dit-il, «à maintes reprises se porter caution pour des sommes importantes en faveur des détenus politiques ».C\u2019est probablement ce qui a excité là rancune des autorités contre lui.Les bureaucrates ne pardonnaient pas facilement une conduite qui les condamnait implicitement.En annonçant la nouvelle des succès obtenus à Paris par Vallée, le Journal de Médecine publie les réflexions suivantes : « Nous avons lu avec le plus vif intérêt cette production d\u2019un Jeune compatriote ; et quoique les limites de notre ouvrage nous obligent de ménages, nous croyons rendre justice à son auteur en le plaçant à côté de celle du Dr- Meilleur.Ces deux dissertations sont des exemples frappants de ce que peuvent les talents et l\u2019assiduité, surtout chez nos jeunes Médecins, dont l\u2019éducation est malheureusement trop négligée en ce pays.» Vers le même temps, François Blanchet publie dans le Jeune périodique 7 quelques Observations pratiques faites à l\u2019Hôpital des Émigrés entre le premier mai et le premier août 1826 alors qu\u2019il eut sous ses soins quelque « 242 malades, tous étrangers, à l\u2019exception d\u2019un ou de deux Canadiens ».Il s\u2019agit apparemment, selon Charlton, de certaines manifestations de fièvre typhoïde.Il y eut un suicidé parmi les typhiques : «Un jeune homme âgé d\u2019environ vingt-six ans, venant d\u2019Irlande en qualité de Chirurgien dans un transport chargé d\u2019émigrés, fut atteint à son arrivée d\u2019une fièvre continue, avec les symptômes d\u2019une tendance au typhus », écrit Blanchet.« L\u2019inquiétude de sa situation ne contribua pas peu à aggraver sa maladie, et surtout voyant que l\u2019hôte chez qui il logeait ne voulait plus le garder dans sa maison, par la crainte de contracter sa fièvre qu\u2019il croyait contagieuse.Il fut en conséquence admis à l\u2019Hôpital des Émigrés8.Le symptôme le plus marquant était un délire continuel et un murmure constant.« On s\u2019attacha principalement a réduire ces symptômes urgents par des saignées copieuses et des applications froides à la tête, mais un accident qu\u2019il était impossible de prévenir, vint mettre fin à sa triste existence.Au milieu d\u2019une nuit brûlante, le Jeune homme se lève de son lit, et se 7.Journal ., vol.ii, 1927, p.210.8.On trouvera dans le Vétéran médical d\u2019octobre 1950 et dans les numéros suivants une importante étude du D\" S.LeBlond sur cette institution.an 976 LavaL.MépicaL Septembre 1952 précipite à travers une fenêtre du deuxième étage de l\u2019Hôpital, avant que le gardien eut le temps de se rendre à lui pour le saisir.» 9 Au cours de l\u2019autopsie à laquelle on procéda le lendemain matin, « on trouva la rate lacérée et déchirée presque d\u2019outre en outre en plusieurs endroits, résultat de la chute et cause de la mort instantanée.Le cerveau était aussi gorgé de sang, ce qui rendait compte du délire que l\u2019inquiétude avait contribué à rendre opiniâtre.» Après avoir examiné les causes de la maladie, Blanchet résume les moyens thérapeutiques employés en son temps contre cette fièvre : « Je crois, écrit-il, que tous les médecins sont maintenant d\u2019accord que le bon air, les saignées abondantes et les douches, sont les meilleures armes pour combattre ces fièvres.Les douches surtout agissent comme par enchantement.Elles ont l\u2019effet de débarrasser subitement le système d\u2019un très grand degré de chaleur, et d\u2019arrêter les progrès du procédé inflammatoire.» 10 Évidemment, c\u2019était le professeur de chimie qui donnait son opinion.À ce moment, Blanchet enseignait à l\u2019hôpital des émigrés et ceux-là mème qui ne s\u2019accordaient point, politiquement parlant, avec l\u2019ancien prisonnier d\u2019État, lui reconnaissaient une haute compétence et proclamaient avec enthousiasme qu\u2019il avait largement contribué à relever le niveau de la médecine en son temps !!, D'ailleurs, durant cette période (1826-30), le progrès se manifeste dans tous les domaines et dans les sciences en particulier : naissance du Journal de Médecine de Québec, création par Chasseur d\u2019un musée d'histoire naturelle, fondation de la Société médicale de Québec 12.Une activité analogue se déploie à Montréal où les docteurs Calwell, Robertson, Stephenson et Holmes accumulent des initiatives nouvelles.Le Journal de Médecine compte comme collaborateurs, outre Tessier et Blanchet, Joseph Painchaud, Charles-Norbert Perrault, Joseph Mor- rin, Joseph Parent, Pierre-Martial Bardy, tous de Québec, Jean-Baptiste Meilleur, de l\u2019Assomption, et L.-S.Talbot, de Trois-Riviéres, ainsi que les docteurs Stephenson, Calwell et Robertson, de Montréal.9.Journal., p.211.10.Ibid., p.212.11.Ibid., p.118.12.Journal.p.116. Septembre 1952 LavaL MEbicaL 977 Xavier Tessier se félicite de vivre en des temps aussi progressifs : « L\u2019époque qui a vu naitre une association dont le but est de cultiver et de perfectionner l\u2019art de soulager l\u2019humanité, mérite d\u2019être appelée la plus importante de toutes celles dont l\u2019histoire scientifique du Canada fasse mention.» 13 Ce qui l\u2019enthousiasme, à ce moment, c\u2019est la nouvelle de l\u2019établissement de la Société médicale de Québec 14.L\u2019intention des fondateurs est d\u2019assurer « la dissémination et l\u2019amélioration des diverses branches de la science médicale, c\u2019est-à-dire : l\u2019histoire naturelle, la botanique, la chimie, la pharmacie, la matière médicale, la physique, la chirurgie, l\u2019anatomie, la physiologie, la jurisprudence médicale, la déontologie et les arts obstétricaux » 15, Réunion le premier lundi de chaque mois, seuls les membres peuvent y assister, élections annuelles le premier lundi de décembre, spécifie la constitution.Parmi les devoirs du président, il faut relever celui-ci : «il lui sera loisible de prendre part à tous les débats tout comme les autres membres et, à l\u2019expiration de sa période d\u2019exercice, 1 DEVRA présenter à la Société un travail sur un sujet médical, lequel travail sera le premier item de l\u2019ordre du jour après lecture du procès-verbal de la réunion précédente ».Les conditions d\u2019admission dans la Société médicale prescrivent que « Personne ne pourra devenir membre permanent de cette Société, à moins d\u2019avoir été proposé comme tel par un membre au cours d\u2019une réunion mensuelle, et que le vote ne soit pris à la réunion suivante : si les deux tiers des votes sont favorables, 1l sera élu comme tel, sinon il sera rejeté.Toujours a la condition que le proposeur démontre à la satisfaction de la Société que le candidat est un praticien qualifié selon le sens des lois de cette province, et qu\u2019il est actuellement engagé dans la 13.Journal., livraison d\u2019avril 1827, p.234.14.Le docteur Charles-Auguste GAUTHIER, médecin-neurologue à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus, Président de la Société médicale de Québec, dans le Laval médical de Janvier 1943, publie l\u2019Histoire de la Société médicale de Québec.On trouvera dans ces pages fort intéressantes le texte complet des « Résolutions adoptées le 30 novembre 1826 à Québec et constituant la préambule de la constitution de la Société médicale de Québec », ainsi que la « Constitution de la Société médicale de Québec telle qu\u2019adoptée le 4 décembre 1826 » (Laval médical, janvier 1943, p.71 et p.73).15.Traduction du docteur Gauthier.«.il nous est permis de croire que les deux principaux artisans de la rédaction initiale furent les Drs F.Blanchet et F.-X.Tessier » (Laval médical, p.79). 978 Lavar MÉDicaL Septembre 1952 pratique médicale ou résident dans la ville de Québec ou à une distance de moins de douze milles.» Chaque membre de la Société est tenu de « présenter à son tour un travail sur un sujet médical ».Seules les questions médicales peuvent être traitées durant les réunions de la Société : « Aucune conversation, discussion ou motion, portant sur un sujet politique ou tout autre sujet étranger au but de la Société, ne sera acceptée, au cours des réunions, et ceci pour quelque période que ce soit de l\u2019existence future de la Société », sous peine d\u2019expulsion.Bien plus, quiconque enfreint ce règlement ne saurait prendre place de nouveau dans les rangs de la société.Un article spécial assure l\u2019entière liberté de tous et chacun des membres.Joseph Morrin devint président de la Société, Charles Perrault, vice-président, Xavier T'essier, secrétaire perpétuel.Réélu l\u2019année suivante, le premier conseil cède la place, en 1828, à d\u2019autres médecins : Charles Perrault devient alors président et Joseph Painchaud vice- président.En 1829, la Société se donne une bibliothèque et un biblio- thécaire-curateur dont les fonctions sont assez variées puisqu\u2019il doit se rendre « à l\u2019endroit de chaque réunion de la Société une heure avant l\u2019heure fixée, veiller à ce que la pièce soit suffisamment chaude et en ordre.Il veillera également au musée et à la préparation des pièces anatomiques dont il devra inscrire la description dans un livre destiné à cet usage.Il est probable que l\u2019on doive considérer cet effort de la Société médicale de Québec comme un des, sinon le premier tenté au pays dans le but d\u2019instituer et de maintenir un musée de pièces anatomo- pathologiques.» 16 En 1829, Joseph Painchaud devint président, William A.Hall, vice- président, S.W.H.Leslie, secrétaire, Joseph Morrin, trésorier, John Maxham, bibliothécaire et curateur.A ce moment, Tessier est a New-York.On lui confère le titre de membre honoraire 17.Vers ce temps, la Société modifie ses règlements : affiliation de la Société à la London Vaccine Institution, le premier lundi de décembre devient jour d\u2019assemblée annuelle, exclusion des membres « absents pour trois réu- 16.GAUTHIER, ibid, p.89.17.John C.Warren, de Boston, Thomas Sewall, de Washington, T.Rameyn Beck, de Baltimore, Thomas Davis, de Londres, reçoivent en même temps ce titre.Laval médical, janvier 1943, p.89. [3] | = a 45 ES 3 % Le docteur JOSEPH MORRIN, premier président de la Société médicale de Québec, en 1826 et 1827.(Portrait reproduit avec la permission des RR.SS.hospitalières de l\u2019Hôtel- Dieu de Québec.) 980 Buse étre EL Titre de la publication des réglements de la Société médicale de Québec.Lavar MÉDICAL.Septembre 1952 LAWS OF THE | QUEBEC MEDICAL SOCIETY.- Enstituted December 4, 1826.nm rr se 4 = \u2014 orn | QUEBEC : PRINTED FOR THE SOCIETY, By Twos.Cary & Co., Buade Street.1830.(Édition anglaise, la seule accessible.) (Reproduit avec l\u2019autorisation du bibliothécaire de l\u2019Université Laval.) Septembre 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 981 nions consécutives », création d\u2019un « diplôme de la Société médicale de Québec ».Un document qui tient une place prépondérante dans l\u2019évolution de la médecine canadienne remonte également à cette époque.C\u2019est le code d\u2019honneur établi par la Société médicale de Québec : « Lois et règlements dans le but de régir l\u2019étiquette et les rapports entre professionnels parmi les membres de la Société médicale de Québec.»18 Pour emprunter une expression chère aux géographes, le premier occupant, par suite des nouveaux règlements, voit ses droits reconnus.Le médecin qui remplace un confrère absent au chevet d\u2019un patient doit se retirer sitôt le praticien de retour.Par ailleurs, la Société, en s\u2019affi- Jiant à la London Vaccine Institution, renonce à son autonomie.«Si l\u2019on se souvient qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019école de médecine régulièrement établie, ce diplôme constituait un diplôme de bonne foi que le médecin du temps pouvait exhiber au même titre que nous le faisons de nos Jours avec le parchemin du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec.» 19 En ce temps là, écrit encore le docteur Gauthier, « .les grandes difficultés des professionnels .provenaient surtout de deux clans : les éclectiques (thomsonnians) qui ne possédaient de diplôme d\u2019aucune école reconnue, soit américaine, soit européenne, et les homéopathes qui, eux non plus, n\u2019étaient pas plus qualifiés pour pratiquer la médecine » 20, La Société médicale, elle, compte parmi ses membres, des médecins remarquables si l\u2019on en Juge par les travaux scientifiques de Perrault, Morrin et Painchaud.A propos de La maladie de la Baie-Saint-Paul, le docteur Perrault offre 4 ses auditeurs « une revue trés poussée de la symptomatologie, de l\u2019évolution, des traitements tentés et comparés, de même qu\u2019un essai de discussions étiologiques sans les lumières que devaient apporter plus tard les travaux de Pasteur et de Lister » 21.« On se souvient avec tristesse des chiffres effarants de morbidité et de mortalité maternelle et infantile dans la province depuis les débuts 18.Le docteur Gauthier en publie le texte (Laval médical, p.103).19.Laval médical, tbid., p.10\u20ac.20.Ibid.21.Ibid., p.92.Voir également ci-dessus l\u2019étude du docteur Gaumond touchant le même sujet.Cf.Laval médical, janvier 1942 : La sypbilis au Canada français, bier et aujourd\u2019hui, par le docteur Émile Gaumonp. 982 Lavar MÉDicaL Septembre 1952 de la colonie.Aussi constatons combien de travaux portant sur les questions d\u2019obstétrique furent présentés au cours des trois années 1827, 1828 et 1829 : huit en tout, se rapportant, directement ou indirectement, à cet art que, dans le temps, on avait tendance à considérer indépendant de la médecine et de la chirurgie (pourquoi?nous ne le voyons pas très bien).» 22 Les maladies infectieuses du temps font également le sujet de plusieurs études soumises aux membres de la Société.Les conférences prononcées devant la Société médicale « étaient présentées dans les deux langues, les programmes étaient imprimés de la même façon, et l\u2019on doit croire que dans les discussions on procédait aussi de la sorte » 23.Évidemment, c\u2019était alors l\u2019usage, puisque le Journal de Médecine de Québec, on l\u2019a vu, était également bilingue 24.En ce temps-là, on exige les deux langues un peu partout.En 1851, deux aspirants à l\u2019étude de la médecine se voient refuser parce que l\u2019un ne connaît pas l\u2019anglais et que l\u2019autre ignore le français.Leur êchec dépend uniquement de leur unilinguisme ; ils ont en effet subi avec succès les autres examens.La loi du 28 juillet 1847, article onze, spécifie : « les qualifications que le Bureau des gouverneurs devra exiger de tout aspirant à l\u2019étude de la médecine en cette province, seront : La jouissance d\u2019un bon caractère moral, une connaissance suffisante du latin, de l\u2019Histoire, de la géographie, des mathématiques et de la philosophie 22.GAUTHIER, ibid, p.91.23.GUATHIER, ibid., p.106.24.Après avoir résumé le contenu du premier numéro de la première revue médicale de Canada, le docteur Léo Pariseau continue en ces termes : « Six autres parurent à intervalles de trois mois.L'abonnement était de 20 « chellings ».Le format était d\u2019environ 514 par 9.La couverture était d\u2019un bleu-vert sombre et portait le nom de journal dans les deux langues.Au quatrième numéro, pour des raisons que j'ignore, Tessier renonça au titre français du Journal, mais la matière n\u2019en resta pas moins bilingue.En janvier 1827, l\u2019épaisseur de la publication doubla ; 128 pages au lieu de 64.Hëèlas ! ce n\u2019était pas de l\u2019embonpoint, c\u2019était de l\u2019œædème.Au mois d\u2019octobre de l\u2019an mil huit cent vingt-sept, le Journal de Médecine de Québec quitta ce monde, sans faire le moindre bruit.Les uns disent qu\u2019il mourut d\u2019une maladie de carence ; d\u2019autres prétendent qu\u2019il! mourut étranglé.Pour ma part, je crois que les deux camps ont raison ; il se mourait déjà lorsqu\u2019on l\u2019étrangla.Qui vient trop tôt et parle haut ne dure guère » (L\u2019Union médicale du Canada, vol.LIV, décembre 1925, n° 12).Le docteur Gauthier semble entretenir une opinion analogue à propos de la Société médicale qui entre alors dans une période de léthargie : « .mais devons-nous ajouter, il semble aussi certain que si bilinguisme 1l y avait au cours des réunions, c\u2019était de la part des médecins surtout de langue française si l\u2019on en Juge par la tournure des choses à la Société médicale de Québec de 1829-30.Et c\u2019est maintenant que nous pouvons mieux apprécier les raisons qui firent la faiblesse d\u2019une Société apparemment si forte (Gau- THIER, ibid, p.106).Toutefois, en 1844, la Gazette médicale de Montréal, annonce : ©.et nous avons été enchantés d\u2019apprendre que la Société médicale de Québec était en train de ressusciter ». Septembre 1952 Lavar MÉDpicaL 983 naturelle ; et qu\u2019à compter de la fin de l\u2019année mil huit cent cmquante, une connaissance générale des langues anglaise et française sera aussi indispensable.» 25 Ainsi, la loi s\u2019applique et les candidats à l\u2019étude de la médecine doivent s\u2019y soumettre 26.Trois ans avant l\u2019adoption de cette loi, soit le 8 novembre 1844, le docteur Joseph Painchaud propose l\u2019établissement d\u2019une association médicale visant à « porter secours aux médecins nécessiteux, incapables d\u2019exercer leur profession, soit à cause d\u2019un âge avancé, soit à cause d\u2019autres infirmités ».Son projet prévoit, en outre, l\u2019institution d\u2019une caisse de secours destinée à soutenir « les veuves et les enfants, ces derniers jusqu\u2019à l\u2019âge de 21 ans » 27.Un peu plus tard, la Canadian Medical Association naîtra de cette idée 28.Alors que les cinquante premières années du x1x\u201d siècle s\u2019achèvent, l\u2019importance de s\u2019unir semble apparaître plus nettement aux médecins.Chacun s\u2019efforce d\u2019attirer l\u2019attention des fils d\u2019Esculape sur « les résultats funestes qui se multiplient à la faveur de l\u2019isolement.Il est réellement pénible de constater l\u2019égoïsme qui parait s'emparer du corps médical, et l\u2019impuissance des médecins à secouer un genre d\u2019apathie qui peut compromettre, si profondément les intérêts généraux et la dignité de la profession en ce pays.Nous sommes vraiment affligé de remarquer qu\u2019il n\u2019existe aucun lien susceptible d\u2019entourer dans un vaste réseau, tous les médecins disséminés dans les différentes localités du Bas-Canada, et de resserrer ainsi la plus étroite union, la noble confraternité qui doit exister entre hommes ayant la même mission auprès de l\u2019humanité.» 29 Voilà ce que l\u2019on pouvait Îire dans le numéro du premier juin 1847 de La Lancette canadienne, journal médico-chirurgical publié à Montréal 25.Cf.Le Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, avant-propos par l\u2019hon.Marc Trudel, d.m., président, p.8.26.« At the late semi-annual meeting of the Board of Governors of the College of Physicians and Surgeons of Lower Canada, two young gentlemen were refused admission to the study of medicine, \u2014 the one a Canadian, for ignorance of the English language, the other, of British descent, for ignorance of the French language.The Act of Incorporation is precise on this point.It states.We understand that the two gentlemen, who were thus unfortunate, passed otherwise very creditable examination.But the Board had no other alternative than to carry out the law, and we state these facts as a warning to students » (British American Medical and Physical Journal, June 1851, vol.it, No.2, p.91).27.GAUTHIER, ibid, p.107.28.Cf.H.E.MAcDErmoT, m.d., f.r.c.p.(c)., History of the Canadian Medica Association, 1857-1921, Toronto, 1935.29.La Lancette canadienne, ler juin 1847, p- 52. 984 LavaL MÉDicaL Septembre 1952 par le docteur J.-L.Leprohon.C\u2019était le second périodique médical de langue française au pays.Le Journal de médecine de Québec ayant été, comme on l\u2019a vu plus haut, le premier.Avant 1852, deux revues médicales de langue anglaise parurent : Montreal Medical Gazette (1844-1845) et British American Journal (1845-1852).En 1852, se fonde le Canada Medical Journal and Monthly Record qui s\u2019éteint \"année suivante 30.Auparavant, Tessier avait publié le prospectus d\u2019un Journal des Sciences naturelles de l\u2019Amérique, mais le périodique lui-même ne vit Jamais le jour.La Montreal Medical Gazette doit la vie aux docteurs Francis Badgley et William Sutherland.Le British American, fondé par Archibald Hall, médecin réputé, succomba faute de fonds et l\u2019éditeur Ie déplora pour l\u2019amour-propre des médecins de son temps qui ne surent pas lui fournir les moyens de vivre.Le 15 juin 1847, La Lancette canadienne se trouve dans la même situation : «.nos confrères n\u2019ont pas répondu avec bienveillance à notre appel, et c\u2019est avec regret que nous leur en faisons part.Nous comptions, à plusieurs titres, sur un grand nombre de médecins, nos collègues, pour venir à notre appui pour fonder ce journal médical ; mais la grande majorité d\u2019entre eux ont négligé de s\u2019acquitter des conditions, en sorte que nous sommes forcés d\u2019en suspendre la publication.Nous regrettons d\u2019avoir eu à rentrer dans ces détails, mais nous tenons à ce que l\u2019on sache bien la raison pour laquelle ce Journal cesse de paraître, » 31 Le périodique de Leprohon n\u2019a vécu que six mois.Le premier numéro, paru le 4 janvier 1847, contient le prospectus : « Depuis longtemps le besoin d\u2019un journal français, exclusivement consacré aux sciences médicales et accessoires se fait généralement éprouver dans le Bas- Canada ; nos collègues, nous n\u2019en doutons pas, ont dû plus d\u2019une fois se pénétrer de cette réflexion, à savoir : qu\u2019à mesure que la médecine fait de si grands progrès en France, en Angleterre, en Allemagne, etc, il était À regretter que nous n\u2019eussions pas, dans cette partie de l\u2019Amérique, un journal publié dans la langue de la grande majorité de ses habitans ; et qu\u2019il serait temps, plus que jamais, d\u2019en créer un qui fût à la fois 30.MAcDERMOT, History of tbe Canadian Medical Association, p.112.31.La Lancette canadienne, 15 juin 1847, p.56. Septembre 1952 LavaL MÉDICAL 985 l\u2019écho des progrès de la médecine en Europe, et le fidèle interprète de nos confrères en ce pays.» Conformément à ses promesses, La Lancette canadienne, pendant toute sa durée, a reproduit « des extraits nombreux et judicieusement choisis des diverses publications médicales françaises », étatsuniennes et anglaises, donnant une bonne place aux « cas intéressans et insolites qui se rencontrent parfois dans nos hôpitaux et dans la pratique privée ».On y relève différentes notes au sujet des médecins du temps, principalement celle-ci qui a trait à l\u2019un des médecins de Québec les plus plus en vue à cette époque : « Nous sommes heureux de faire part à nos confrères et aux élèves en médecine, que M.le D' Painchaud doit ouvrir à Québec, dans la première semaine du mois de Mai, un cours de conférences cliniques, sur la médecine pratique et les accouchemens.Depuis quelques années, le D' Painchaud se livre avec succès à ce genre d\u2019instruction complémentaire ; ce printemps, il veut encore consacrer des momens précieux qu\u2019il dérobe à sa clientèle, pour inculquer des notions solides aux élèves qui sont à la veille d\u2019être admis à la profession.Au moment où les cours d\u2019hiver se terminent, les étudians doivent profiter de cette occasion de perfectionnement ; aussi, nous espérons qu\u2019ils ne feront pas défaut, et qu\u2019ils feront une ample moisson des préceptes et d\u2019observations, aussi pratiques que variées.» 33 Les diverses sociétés médicales fondées au cours du x1x® siècle ont subi le même sort.La première ayant périclité, les autres ne firent guère mieux.La Société médico-chirurgicale de Montréal, établie en 1843, le 23 décembre, au cours d\u2019une réunion tenue chez le docteur Crawford, dura jusqu\u2019en 1852.Le docteur A.F.Homes en fut le premier président et le docteur F.Badgley le secrétaire-trésorier.Vers 1847, à Clarenceville, dans la province de Québec, naquit The Frontier Medical Society.La présidence échut au docteur H.N.May, de Phi- lippsburg, et le secrétariat au docteur H.T.Lord 34.Vers le même temps, la lutte se poursuit entre médecins canadiens et anglo-canadiens au sujet de la réglementation « de la médecine, de la 32.Ibid, p.2.33.La Lancette canadienne, 1er avril 1847, p.30.34.On trouvera d\u2019autres détails au sujet de ces éphémères sociétés dans M ac- DERMOT, History of the Canadian Medical Association, chapter X, p.137. 986 LavaL\u2026 MÉDICAL Septembre 1952 chirurgie et de l\u2019art obstétrique » 3°.L'évolution de la structure sociale et les pressions démographiques de plus en plus grandes modifient la situation des médecins ; elles exigent de nouvelles mesures.II devient « nécessaire d\u2019amender les lois maintenant en force pour régler la pratique de la médecine, de la chirurgie et de l\u2019art obstétrique » et 1l « est grandement à désirer que la profession médicale du Bas-Canada susdit soit mise sur un pied plus respectable et plus efficace à la fois, et que de meilleurs moyens de convaincre et punir les personnes qui pratiquent la médecine sans licence soient établis » 36.En 1847, l\u2019ordonnance de 1788 ne correspond plus ni aux mœurs, ni aux circonstances économiques et démographiques.En deux mots, ce sont les conditions sociales de l\u2019époque qui ont déterminé l\u2019établissement du Collège des médecins et chirurgiens 37.Joseph Painchaud, Daniel Arnoldi, Joseph Morrin, et surtout l\u2019ancien révolutionnaire, F Wolfred Nelson ont contribué, plus que d\u2019autres, à l\u2019élaboration du projet 38.On trouve cent quatre-vingts signatures au bas de cette charte 39.La nouvelle loi, adoptée le 28 juillet 1847, porte le titre suivant : Acte pour incorporer les Membres de la Profession médicale dans le Bas-Canada, et régler l\u2019étude et la pratique de la médecine et de la Chirurgie en icelui.La loi remet à trente-six gouverneurs le soin de « régler les affaires du dit collège ».Ces gouverneurs constituent un Bureau provincial de 35.10 et 11 Victoria, ch.26, 1847, p.1413.36.Préambule de la loi 10 et 11 Vict., cap.XXVI.37.Le Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, 1847-1947, par le docteur Albert LESAGE avec post-dire par le docteur MacDermott.38.Maud ABBOTT, Hrstory of Medicine in the Province of Quebec, pp.71-72.« The Act of 1788, which did such good service in its early days, soon showed itself inadequate to the growing need of the country.It was repealed some thirty years later, as were other Acts thereafter, the lack of unanimity that existed between the English and French-Canadian parties in the Profession adding to the difficulties of obtaining suitable legislation.At the moment of that curious meeting of August 20th, 1846, when the delegates of the Medical Societies had been so summarily disposed of and the meeting adjourned without transacting the business for which it had been called, a Medical Bill was before the House which was considered unsatisfactory on several points and subsequently failed.To meet this situation the sponsoors of the « District Meeting » held what they termed an « adjourned convention of the medical delegates of Montreal, Quebec and Three Rivers » on September 5th, 1846, with Dr.Morrin in the Chair and Drs.Painchaud, Frémont, Sewell, Kimber, Valois and Arnoldi present, to consider a project submitted by Dr.Wolfred Nelson for incorporating the Profession of Canada East (as this Province was then called) in a College of Physicians and Surgeons » (Maud ABBOTT).; ; , 39.Les noms apparaissent dans le texte de la loi ainsi que l\u2019historique publié par le docteur Albert Lesage. Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 987 médecine.A compter de la sanction de cette loi, « personne ne pourra recevoir une licence pour pratiquer la médecine, ou la chirurgie ou l\u2019art de l\u2019obstétrique, dans le Bas-Canada, avant d\u2019avoir obtenu un certificat de qualification du dit bureau provincial de médecine ; et le gouverneur de cette province sera tenu d\u2019accorder la dite licence chaque fois qu\u2019un tel certificat de qualification lui sera présenté ».Est dispensée de ce certificat, © toute personne qui a obtenu ou pourra obtenir ci-après un degré ou diplôme en médecine dans toute université ou collège dans les domaines de Sa Majesté ».En outre, « personne ne sera admis à étudier la médecine, la chirurgie ou l\u2019art obstétrique, avant d\u2019avoir obtenu un certificat de qualification du dit bureau provincial de médecine ».L'article dix de la loi définit les attributions du Collège en matière d\u2019enseignement et lui confère le pouvoir « de régler l\u2019étude de la médecine, de la chirurgie, et de l\u2019art obstétrique et de la pharmacie » par l\u2019institution de «règlements quant à la qualification préliminaire, la durée des études, le cours à suivre, et l\u2019âge de l\u2019aspirant qui demandera un certificat, afin d\u2019être autorisé à pratiquer : pourvu toujours, que tels règlements ne seront pas contraires aux dispositions du présent acte ».L'examen de « toutes les lettres de créances qui mettent le porteur en droit de réclamer un certificat pour être autorisé à pratiquer en cette province » relève du Collège, qui doit « exiger du porteur des dites lettres de créance qu\u2019il atteste sous serment (lequel sera administré par le président pour le temps d\u2019alors) que c\u2019est lui qui est nommé dans les dites lettres, et qu\u2019il les a obtenues légitimement ».Le nouvel organisme doit « faire enregistrer dans les livres du collège, le nom, l\u2019âge, le domicile, la place natale de chaque membre de la profession qui pratique maintenant, ou pourra ci-après pratiquer dans le Bas- Canada, ainsi que la date de sa licence, et la place où 1l l\u2019a obtenue ».L'article onze détermine « les qualifications que le bureau des gouverneurs devra exiger de tout aspirant à l\u2019étude de la médecine en cette province ».C\u2019est dans cet article que la règle du bilinguisme intégral se trouve décrétée : « .à compter de la fin de l\u2019année mil huit cent cinquante, une connaissance générale des langues anglaise et française sera aussi indispensable », lit-on en toutes lettres dans cet article.« La Jouissance d\u2019un bon caractère moral, une connaissance suffisante du 988 LavaL MEbicaL Septembre 1952 latin, de l\u2019histoire, de la géographie, des mathématiques et de la philosophie naturelle » sont également de rigueur.Enfin, « tout candidat qui se présentera à l\u2019examen pour obtenir un certificat afin d\u2019être autorisé à pratiquer » devra avoir « atteint l\u2019âge de vingt et un ans » et avoir « étudié sans interruption pendant une période de pas moins de quatre années chez un praticien dûment autorisé à pratiquer la médecine en général, ou chez plusieurs ».Il faudra « qu\u2019il ait suivi, pendant la dite période, dans quelque université, collège ou école de médecine incorporée, dans les domaines de Sa Majesté, pas moins de deux cours de six mois chaque, d\u2019anatomie générale et de physiologie \u2014 d\u2019anatomie pratique, \u2014 de chirurgie, \u2014 de pratique de la médecine, \u2014 de l\u2019art obstétrique, \u2014 de chimie et de matière médicale et de pharmacie ; \u2014 un cours des instituts de médecine de six mois, \u2014 un cours de jurisprudence médicale et cours de botanique, de trois mois, s\u2019il y a moyen d\u2019en obtenir un dans le Bas-Canada.» Cliniques et durée des cours font également le sujet des dispositions de la nouvelle loi.De cette partie de l\u2019ordonnance, Il résulte que le candidat doit avoir « suivi la pratique générale d\u2019un hôpital contenant au moins cinquante lits, et sous la charge de deux médecins ou chirurgiens au moins pendant une période de pas moins d\u2019une année, ou deux périodes de pas moins de six mois chaque ».Il doit encore avoir « suivi deux cours de médecine chimique, de trois mois chaque, ou un cours de six mois de médecine clinique, et la même chose en ce qui concerne la chirurgie clinique ».Comme la question qui domine à cette époque est celle de l\u2019enseignement, la nouvelle loi, dans une langue baroque, farcie d\u2019anglicismes et solécismes, décrète « qu\u2019il est et qu\u2019il sera suffisant .que les écoles incorporées de médecine de Québec et de Montréal .sont tenues de donner annuellement cent vingt lectures sur les sujets réglés par la loi, dans la langue anglaise ou dans la langue française, sans qu\u2019il soit nécessaire qu\u2019aucune lecture soit délivrée dans les deux langues, et chaque lecture dans quelque langue qu\u2019elle soit délivrée, sera comptée comme une des cent vingt » 40.40.Statuts du Canada, Deuxième parlement, 1847, ibid. Septembre 1952 Lava\u2026.MÉDICAL 989 Les autres articles concernent la régie interne du Collège des médecins et chirurgiens, sauf le quinzième qui autorise les sages-femmes à pratiquer les accouchements.Voici en quels termes : «.rien de contenu au présent acte ne sera censé empêcher aucune personne compétente du sexe, d\u2019exercer l\u2019art obstétrique dans le Bas-Canada, après qu\u2019elle aura prouvé sa capacité devant deux membres quelconques du collège des médecins et chirurgiens, et obtenu d\u2019eux un certificat à cet effet, pourvu que tel certificat et preuve ne seront requis que dans les cités de Montréal et de Québec et la ville des Trois-Rivières seulement.» Grâce à cette loi, la médecine canadienne possède enfin une véritable charte qui correspond aux conditions économiques, intellectuelles et sociales d\u2019une période historique en plemne évolution, mais dans laquelle subsistent plusieurs traits de l\u2019Âge antérieur, traits que de nouvelles formes politiques et l\u2019établissement d\u2019une université à Québec vont bientôt faire disparaître.Une grande évolution intellectuelle, scientifique et constitutionnelle se prépare.La culture et Ja science de l\u2019abbé Jérôme Demers, l\u2019amour de la recherche expérimentale d\u2019un Joseph Painchaud et d\u2019un Jean Blanchet, la grande figure politique de Louis- Hippolythe LaFontaine dominent cette période tandis que François- Xavier Garneau s\u2019apprête à retracer les origines de la Nouvelle-France et l\u2019évolution historique du Canada.X L\u2019ÉCOLE DE MÉDECINE DE QUÉBEC Dès le début du x1xE siècle, Québec et Montréal apparaissent comme des centres d\u2019attraction vers lesquels se tournent les intellectuels du pays.A mesure que le siècle vieillit, un mouvement scientifique, de plus en plus prononcé, incline les esprits vers la recherche et le progrès.Lorsque François-Xavier Garneau publie son Histoire du Canada, immédiatement, le pays prend conscience de lui-même.Dans le champ déjà très vaste de la médecine, revues et sociétés naissent, vivent quelque temps, et meurent.Les plus belles tentatives avortent, mais, aussitôt, les mêmes aspirations, préparées lentement par 990 Lavar MÉDICAL Septembre 1952 les méditations enthousiastes des Blanchet, des Tessiers, des Perrault, des von Iffland, des Painchaud, des Morrin, des Frémont et des autres médecins du temps, suscitent de nouveaux efforts et provoquent des transformations décisives.L\u2019instruction médicale est à l\u2019ordre du jour.Dès 1819, Charles Perrault, devant la Chambre d\u2019assemblée, expose les avantages que comporte pour la collectivité une véritable école de médecine.A ce moment, le dispensaire de Québec est en pleine activité.Le 4 février 1823, le Montreal General Hospital qui vient à peine d\u2019être construit est doté d\u2019une école de médecine dont, ce jour-là, on annonce le programme !.Tout ceci découlait de l\u2019Institution royale et des dons de James McGill.Les cours ne commencèrent qu\u2019en 1824, à l\u2019automne.« L\u2019Hon.James McGill avait fait une dotation pour établir une université, dans un espace de temps limité après son décès, à défaut de quoi ses biens devaient passer à ses héritiers, la famille Desrivières.Le temps alloué pour cette fondation fut peut-être dépassé mais l\u2019université Mc- Gill fut créée tout de même et les médecins ci-dessus désignés se constituèrent en Faculté de médecine, d\u2019abord connue sous le nom d\u2019Institution médicale de Montréal et puis sous celui de Faculté médicale de l\u2019université McGill.» 2 Les médecins auxquels Foucher fait allusion sont Caldwell, Robertson, Stevenson et Lædel.En 1842, se fonde l\u2019école de médecine et de chirurgie de Montréal 3 qui s\u2019affilie à l\u2019université Victoria, de Cobourg, dans le Haut-Canada.Dans différents petits centres du Bas-Canada (la province de Quebec d\u2019aujourd\u2019hui) s\u2019établissent des écoles de médecine.La mieux connue est celle de Berthier, établie en 1851, et dans laquelle enseignent les médecins suivants : L.-H.Ferland, obstétrique, L.-H.Turcotte, médecine, J.-G.Bethune, anatomie et physiologie, anatomie pratique et chirurgie pratique, L.G.Moll, chirurgie 4.La capitale possède son école de médecine depuis 1845, mais cette école ne commence de recevoir des élèves qu\u2019en mai 1848.Ses fondateurs sont Joseph Painchaud, 1.Françis-J.SHEPHERD, The First Medical School in Canada, p.5, dans McGill University Publications, Series VIII (Medicine) No.28.2.A.-A.FoucHer, Une page d\u2019histoire (Origine.\u2014 Évolution.\u2014 État actuel de la médecine au Canada) dans l\u2019Union médicale du Canada, vol.XX XIII, p.401.3.FoucHER, ibid.; ABBOTT, ibid.; SHEPHERD, ibid.4.British American Journal, Montreal, October 1, 1851, p.270. Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 991 John Rowley, Joseph Parent, Charles Frémont, James Arthur Sewell, Pierre-Martial Bardy, Joseph Morrin, Jean Blanchet, James Douglas, John Racey, A.Jackson et J.-Zéphirin Nault °.En demandant leur existence juridique, les fondateurs déclarent « qu\u2019un certain nombre d\u2019entre eux liés avec les hôpitaux » de Québec, « se sont associés pour donner des lectures, sur l\u2019anatomie, la chirurgie, la pratique de la médecine, et l\u2019art obstétrique à une classe d\u2019étudiants fréquentant les dits hôpitaux ».Ils estiment, disent-ils, « que, si eux et leurs successeurs étaient incorporés et munis des pouvoirs » nêces- saires « ils seraient plus en état d\u2019augmenter leurs moyens d\u2019offrir à leurs élèves une instruction convenable ;.ils pourraient mettre à leur portée des moyens d\u2019acquérir des connaissances médicales qui les dispenseraient de passer aucune partie de leurs études hors de la province, et fréquemment hors des possessions de Sa Majesté, comme plusieurs sont maintenant obligés de le faire à de grands frais qu\u2019ils supportent difficilement, et à leurs grands désavantages sous d\u2019autres rapports » 6.En somme, ces médecins réclament l\u2019autonomie de l\u2019enseignement.La loi qui constitue l\u2019École de médecine de Québec précise le nombre de cours et les sujets dont les professeurs traiteront : « la dite corporation fera donner annuellement et chaque année, par des personnes compétentes, en quelque place dans la cité de Québec, au moins cent vingt lectures publiques en langue anglaise et autant en langue française, d\u2019au moins une heure chaque, sur les branches suivantes de la science médicale, à savoir : l\u2019anatomie et la physiologie, la chimie et la pharmacie, materia medica, la théorie et la pratique de médecine, les principes et la pratique de la chirurgie et de l\u2019art obstétrique, et les maladies des femmes et des enfants, et ce entre le premier jour d\u2019Octobre et le premier Jour d\u2019Avril.» L\u2019école exigera de « chaque élève à son entrée ou Immatriculation dans le dit collège » une somme qui « n\u2019excédera pas dix schellings courant et le dit honoraire sera employé par la corporation, en achat de livres et modèles, et pour augmenter autrement leur bibliothèque et cabinet qui seront ouverts à leurs élèves tous les jours, excepté Jes dimanches et Jours de fêtes ».5.Statuts du Canada, Deuxième Parlement, 1844-45-46, p.507., _ 6.8 Victoria, c.LXXX ou Statuts du Canada, 1845, p.507.Le chapitre suivant s'intitule Acte pour Incorporer l\u2019École de médecine et de chirurgie de Montréal.(12) 992 LavaL MEDicaL Septembre 1952 Quant aux examens, la loi contient les dispositions suivantes : «.sur la présentation par quelque élève de la dite école de médecine, de son certificat qu\u2019il a assisté aux lectures, donné par la dite corporation, au corps ou personnes nommées pour examiner les aspirants qui demandent des licences pour pratiquer la médecine, la chirurgie, l\u2019art obstétrique ou la pharmacie, ce corps examinera le dit certificat.» Vérification faite, le bureau des examinateurs « certifiera lui-même.au gouverneur de cette province que l\u2019aspirant est qualifié ».Celui-ci obtiendra alors sa « licence ».L\u2019inauguration de l\u2019École de médecine de Québec n\u2019eut lieu que trois ans plus tard, le 15 mai 1848.A cette occasion, le docteur Joseph Morrin, président du Collège des médecins et des chirurgiens du Bas- Canada, médecin de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, membre honoraire de diverses institutions du Canada et de l\u2019étranger, et président de l\u2019École, prononça un long discours dans lequel il brossa un tableau de l\u2019histoire générale de la médecine, passa «rapidement en revue la Médecine canadienne, les membres de la profession et les Institutions médicales en Canada », terminant par quelques conseils aux étudiants 7.«Si cette école de Médecine est destinée à devenir un ornement à la cité et une bénédiction pour la communauté, dit-il, elle doit avoir pour objet le commerce de l\u2019esprit avec l\u2019esprit.» Morrin fait d\u2019abord l\u2019éloge des « membres actuels de la Faculté de Québec .ils ne sont point surpassés sur ce continent quant à leur habilité dans la Médecine, la chirurgie et l\u2019art obstétrique ».S\u2019adressant directement aux professeurs de l\u2019école, Morrin leur dit : «.poursuivez avec ardeur et constance toutes les découvertes fondées sur la vérité.La base où repose la gloire des Professeurs en Médecine de l\u2019antiquité comme de nos jours, est sans contredit la vérité de leurs observations.N\u2019employez jamais vos talents à développer des hypothèses imaginaires.Comme la vérité seule subsiste, la démontrer n\u2019est pas seulement le devoir de chaque professeur, mais c\u2019est encore sa plus grande gloire.Soyez systématiques, patients et attentifs, lucides dans tous les faits 7.Discours d\u2019inauguration de l\u2019École de médecine de Québec, prononcé le 15 mai 1848 par Jos.MORRIN, m.d., Président de cette Corporation ., traduit de l\u2019anglais par le Dr P.-M.Bardy, secrétaire de l\u2019École de médecine de Québec et professeur de Jurisprudence médicale et de botanique.Québec, Imprimerie de N.Aubin.La brochure appartient à la bibliothèque de Laval. III 5:5 si.EEE me Septembre 1952 LavaL MEbicaL 993 particuliers que vous citerez.Soyez affables sans manquer de dignité.N\u2019omettez rien de ce qui peut procurer la véritable expérience à ceux qui suivront vos lectures.» Tout en donnant des conseils aux étudiants, 1l leur fit un éloge de la capitale : « Votre intelligence, leur dit-il, sera développée par la science que vous avez puisée sur les bancs de l\u2019école.Aucune ville ne saurait offrir de plus grands avantages pour cultiver l\u2019esprit que celle de Québec.Vous avez les moyens d\u2019acquérir les langues modernes dans l\u2019état particulier de notre société ; et l\u2019on enseigne dans nos séminaires les auteurs classiques des anciens avec ce succès et ce discernement propres à étendre les bornes de l\u2019esprit, à aiguillonner ses facultés et à satisfaire la raison.» 11 faut exiger « de chaque élève autant de connaissances que l\u2019occasion lui permet d\u2019en acquérir.Mes jeunes amis, profitez de vos moments, et bientôt vous acquerrez l\u2019expérience des années.On peut vous procurer ici tous les moyens d\u2019obtenir une éducation complète en médecine, qui pourront égaler et quelquefois surpasser le but de toute autre institution établi sur le continent de l\u2019Amérique ».Cette idée se trouve déjà dans la charte de l\u2019école.L\u2019orateur parle ensuite des avantages qu\u2019offre Québec à l\u2019étudiant en médecine : « II serait difficile, dit-1l, d\u2019énumérer les occasions favorables de faire des progrès dans l\u2019étude de la Médecine et de la chirurgie, vii les accidents et les maladies sans nombre qui remplissent l\u2019Hôpital de la marine et des émigrés et l\u2019Hôtel-Dieu de cette ville, où l\u2019on acquiert par l\u2019expérience les connaissances les plus précieuses.« Les progrès importants du Commerce et les avantages particuliers à Québec, comme port de mer, visité tous les ans par plus de 1,200 vaisseaux ; la facilité de suivre la pratique de la Médecine et de la Chirurgie dans un hôpital qui contient plus de 300 lits, et reçoit plus de 1,500 malades pendant la durée de la navigation ; l\u2019avantage d\u2019examiner et d\u2019observer les cas, de connaître les maladies et d\u2019en rechercher le siège, ainsi que les organes affectés ; tout est propre à mettre cette école en état de répandre les connaissances les plus importantes dans la Chirurgie et la Médecine clinique.Il ne faut pas seulement considérer les nombreuses et importantes opérations de la chirurgie, ainsi que les 994 Lavar MEbicaL Septembre 1952 moyens de les rendre profitables à l\u2019élève ; mais encore l\u2019avantage de recevoir en français comme-en anglais l\u2019instruction clinique dans l\u2019Hôpital de la Marine, et d\u2019avoir accès à une bibliothèque composée des meilleurs ouvrages en Médecine, ce qui semble devoir assurer l\u2019importance et l\u2019efficacité de l\u2019école de Médecine de Québec.» .Joseph Morrin avait une foi absolue dans la science et dans l\u2019étude.Né à Dumfries, en Écosse, le 19 octobre 1794, il arrive à Québec alors qu\u2019il n\u2019a que quatre ans 8.Il fait à l\u2019école Wilkie des études plus faibles que la moyenne, mais son entregent et son affabilité suppléent à son ignorance : il trouve toujours un camarade pour l\u2019aider.D'ailleurs, ses parents le destinent aux arts mécaniques et ne jugent pas à propos de lui donner une instruction très poussée.À peine adolescent, 11 devient apprenti chez un commerçant, mais s\u2019engage presque aussitôt chez le chirurgien James Cockburn, récemment débarqué à Québec et venant du cap de Bonne-Espérance.; On est alors en 1809.Morrin a donc quinze ans.Il s\u2019initie très vite à la préparation des médicaments, se familiarise avec les pansements, seconde Cockburn durant ses opérations chirurgicales et fait si bien que celui-ci consent à l\u2019initier à son art.En même temps, Morrm reprend ses études sous la direction de McNevin, 'assistant de Wilkie.Un peu plus tard, l\u2019expérience étant venue, on lui confie la tâche de surveiller les soldats invalides que transporte à Portsmouth la frégate Éole.A son arrivée à Londres, il entre immédiatement à l\u2019hôpital que dirige l\u2019un des plus habiles chirurgiens de l\u2019Angleterre, sir William Blizard.Toutefois, malgré un séjour complémentaire à Édimbourg, Morrin, parce qu\u2019il n\u2019a pas assisté à tous les cours et parce qu\u2019il n\u2019a pas fréquenté l\u2019hôpital durant la période requise, n\u2019est pas admis dans le Collège royal des chirurgiens.En 1814, il est de retour à Québec.Nommé assistant chirurgien de marine sur les lacs, il abandonne ce poste quelques mois plus tard et devient l\u2019assistant de son ancien patron, Cockburn, fonction qu\u2019il conserve pendant quatre ou cing ans.Après ce laps de temps, 1l se libère et fonde un hôpital pour les marins malades.Il s\u2019associe au pharmacien John Musson et s\u2019installe à deux pas des Remparts, rue Saint-Georges.8.Gazette de Québec, 26 octobre 1864.Article nécrologique signé par Antoine von Iffland. Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 995 Toujours, il s\u2019occupe de former des chirurgiens Rien ne lui paraît plus important, plus nécessaire que l\u2019enseignement de la médecine et la formation du chirurgien.Que la moyenne de vie des hommes de l\u2019art soit inférieure à celle des autres professionnels, cela lui semble naturel.Le médecin connaît les symptômes de la maladie ; 1l sait comment la prévenir et peut en discerner les causes, mais sa tâche, exténuante et jamais finie, l\u2019impossibilité où il se trouve de prendre quelque repos, l\u2019inquiétude qui le tenaille à la pensée du péril couru par ses patients, la pauvreté dans laquelle il vit, le spectacle constant de la souffrance et de la détresse humaines abrègent ses jours.Et cependant, le médecin ne recule pas plus devant le contagieux que le soldat devant la bataille 9 L\u2019admiration de Morrin à l\u2019égard de ses confrères n\u2019a d\u2019égale que le respect qu\u2019il porte aux « travaux de ces femmes angéliques, qui abandonnèrent la France, leur pays natal, et:la douceur de leur foyer domestique, pour consacrer courageusement leur existence au bien-être général des habitants, des districts où elles fondèrent.l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, des Trois-Rivières et de Montréal ».Co L\u2019œuvre bienfaisante de nos communautés religieuses, il en fait un éloge mérité dans son discours d\u2019inauguration : « Les Dames de ces communautés furent les premières dispensatrices de la médecine en Canada ; et en 1640 et 42, lorsque la petite vérole exerça ses ravages avec une incroyable violence sur la race humaine, on vit ces femmes jeunes et délicates, porter la consolation et le secours au sauvage malade comme à l\u2019habitant de la colonie, et cela, avec la même sollicitude, qu\u2019elles ont transmise à celles qui leur ont succédé jusqu\u2019à ce jour.Et pour l\u2019ordre, la propreté et l\u2019attention énvers les malades, quel autre établissement pourrait surpasser l\u2019Hôtel-Dieu de Québec?Permettez- moi en terminant cet humble et juste tribut, de vous citer une anecdote relative à l\u2019Hôtel-Dieu de cette ville.L'année dernière, accompagnant un médecin distingué des États-Unis, dans toutes les salles, je le vis aller de côté et d\u2019autre, les yeux fixés sur le plancher, paraissant méditer : lui ayant demandé quel était le sujet de ses réflexions, « je cherche, dit-il, à trouver la plus légère tache » !0, 9, Paroles de Morrin citées par von Iffland.10.Discours d\u2019inauguration, p.21. 996 Lavar MÉDrCAL Septembre 1952 Morrin termina cet éloge par ces mots : « Si, dans toutes les institutions érigées sur notre sol pour le soulagement de l\u2019humanité souffrante, on se faisait un devoir sacré d\u2019y traiter aussi charitablement ceux qu\u2019on y reçoit, nous servirions d\u2019exemple aux autres.» Inaugurée par ce discours le 15 mai 1848, l\u2019École de médecine de Québec ferma ses portes le 30 avril 1854, cédant la place à l\u2019école de médecme de l\u2019université Laval qui venait de se fonder et qui confiait ses principales chaires aux professeurs qui avaient entouré le docteur Morrin 11.Une circulaire de l\u2019École de Québec, datant de 1851, nous apprend que parmi les licenciés de cette institution « l\u2019on compte MM.Eusèbe Lemieux, Chas Lebel, Jos.Giasson, Pierre Desjardins, Sam.Payne, Frs Dussault, P.-O.Tessier, Jeremi Prendergast, Jos.Blanchet, James Reed, Amab.Beaupré, Hilarion Blanchet, Chas Deguise ».La circulaire porte la signature du docteur Pierre-Martial Bardy, secrétaire de l\u2019École 12, Le prix des cours était de douze piastres, « excepté ceux d\u2019anatomie et de chimie pour chacun desquels l\u2019élève doit payer $15.Le prix des cours de trois mois est moindre ; en tout le tarif est conforme à celui des autres écoles de cette province.À chaque session les élèves doivent se faire enregistrer en payant dix schellings pour leur carte d\u2019immatriculation.Ils pourront se procurer des pensions convenables à des prix modérés dans les environs de l\u2019école ou de l\u2019Hôpital de la Marine ».La circulaire contient un éloge de l\u2019École qui résume bien son œuvre et explique bien pourquoi Laval a tenu à s\u2019attacher ses professeurs : « La Corporation de cette École, tout en offrant ses sincères remerciments pour l\u2019encouragement et l\u2019intérêt que les membres de la profession et les 11.D\u2019après cette circulaire, les membres de la corporation sont Joseph Morrin, président, J.-Zéph.Nault, trésorier, P.-M.Bardy, secrétaire, Joseph Painchaud, Jean Blanchet, James Douglas, Charles Frémont, J.A.Sewell, Alfred Jackson et L.-E.-L.Landry.Les professeurs sont Painchaud, art obstétrique, et maladies des femmes et des enfants ; Sewell, théorie et pratique de la médecine ; Frémont, théorie et pratique de la chirurgie ; Landry, anatomie générale et descriptive, physiologie ; Jackson, chimie générale et médicale ; Nault, matière médicale et thérapeutique ; Bardy, jurisprudence médicale.Painchaud, Jackson et Bardy donnaient, en outre, des cours d\u2019été, portant sur la médecine clinique, la chirurgie clinique et la botanique.12.Il existe un ouvrage intitulé Le docteur Pierre-Martial Bardy, sa vie, ses œuvres et sa mémoire compilation par l\u2019abbé F.-X.BurquE (Québec, 1907).On peut tout le lire sans se rendre compte du rôle si important Joué par ce médecin, le compilateur ayant oublié la carrière principale de Bardy.I a également omis le rôle prépondérant joué par Bardy dans le mouvement annexioniste. Septembre 1952 Lavar MÉDicaL 997 élèves ont bien voulu prodiguer à cette institution naissante, demande qu\u2019il lui soit permis de se féliciter de l\u2019heureux résultat qui est venu couronner les travaux et les efforts des professeurs ainsi que des élèves à la fin de chaque session.« Aussi cette École doit-elle s\u2019énorgueillir d\u2019avoir lancé dans le sein de la société de jeunes et studieux confrères qui se feront honneur à eux- mêmes ainsi qu\u2019à ceux qui les ont dirigés dans leurs études.Tous les moyens possibles seront adoptés pour procurer aux élèves les avantages de l\u2019éducation médicale dans sa théorie et sa pratique.» Avec l\u2019établissement de l\u2019École de médecine de Québec, l\u2019entreprise individuelle atteint son apogée.Le mouvement intellectuel, commencé au temps de Sarrazin, a pris une telle ampleur que, maintenant, quelques hommes seuls ne peuvent plus ni le dominer, ni l\u2019orienter.L\u2019initiative personnelle a besoin de cadres : quand les pressions démographiques se font sentir dans toutes les catégories d\u2019occupations, 1l devient plus important « de former et de renouveler sans cesse .des générations d\u2019hommes instruits, dont l\u2019esprit élevé dans le commerce des lettres, capables d\u2019idées générales et de vues désintéressées » soit « apte à bien comprendre, à bien poser, et à bien résoudre tous les difficiles problèmes politiques et sociaux que » font « surgir à chaque instant les circonstances toutes particulières au milieu desquelles se » déroulent « nos destinées » 13, A mesure que vieillit le x1x°© siècle, la science « se diffuse largement et ses applications industrielles attirent l\u2019intérêt de toutes les classes de la société.Les machines à vapeur se répandent, et la rénovation de l\u2019outillage mécanique, celle des moyens de transport, font appel à l\u2019activité d\u2019ingénieurs qui ont désormais besoin de connaissances scientifiques relativement élevées .» 14 Le Canada, lui-même, commence de ressentir les conséquences de la révolution industrielle.L\u2019heure est venue de s\u2019y préparer.En médecine, les progrès sont notables : La distinction des nerfs moteurs et sensitifs par Charles Bell, les découvertes de Flourens relatrvemant aux centres nerveux, les idées de Broussais et les intuitions géniales de Laënnec, le perfectionnement des méthodes de diagnostique et de pro- 13.Camille Roy, L\u2019Université Laval et les fêtes du cinquantenaire, p.10.14.LavissE et RamBauD, Histoire générale, vol.10, Les monarchies constitutionnelles 1815-1847, p.765. 998 Lava\u2026 MÉDICAL Septembre 1952 gnostique, la vogue de l\u2019hydrothérapie, l\u2019emploi de l\u2019éther comme anesthésique contribuent à la transformation des sciences médicales.Tous ces progrès exigent de nouvelles méthodes d\u2019enseignement.Seule, une université pourra répondre aux besoins du siècle.Livre I! FONDATION DE L'UNIVERSITE UN PROJET D'UNIVERSITE EN 1790 Mil sept cent soixante-trois | Le Traité de Paris consacre l\u2019occupation de la Nouvelle-France par les troupes anglaises.Les plénipotentiaires de Louis XV abandonnent la Louisiane à l\u2019Espagne et ne gardent que Saint-Pierre et Miquelon, deux îles de l\u2019Atlantique servant de base à ses navires de pêche.Le sept octobre de la même année, par proclamation royale de Londres, la Nouvelle-France, conquise quelques années plus tôt par le général Wolfe, conservée par Jacques Murray, devient colonie britannique et reçoit le nom de Province de Québec.Ainsi, au lendemain du Traité de Paris, la puissance britannique atteint son apogée : le premier empire de Londres est né.Il durera jusqu\u2019a la Guerre de l\u2019Indépendance qu\u2019entreprendront les treize colonies sous la conduite de Washington.En 1763, l\u2019Angleterre compte dix-huit provinces américaines et d'immenses territoires qui appartiennent à la compagnie de la baie d\u2019Hudson.L\u2019étendard de George IT ! flotte de l\u2019Atlantique au Missis- sipp! et de la baie d\u2019Hudson au golfe du Mexique.L\u2019occupation des rives du fleuve et du golfe Saint-Laurent par les troupes anglaises libère les futurs États unis 2 d\u2019Amérique de la seule raison pour laquelle ils demeurent, à cette époque, loyaux à la mère- 1.George II, on le sait, succède à George II, le 25 octobre 1764).2.L'auteur Cerit États unis quand 1l s\u2019agit d\u2019insister sur le fait de l\u2019union des treize colonies. Septembre 1952 LavaL MEbicaL 999 patrie.La Nouvelle-France disparue, ils n\u2019ont plus qu\u2019un seul but : l\u2019émancipation.Afin de fermer, autant que possible, l\u2019accès de l\u2019Atlantique à la population française du Canada, quelque temps avant la création de la province de Québec, une proclamation de la cour Saint-James place toute la côte du Labrador, soit de la rivière Saint-Jean au détroit de Belle- Isle, sous le gouvernement anglais de Terre-Neuve.À l\u2019autre extrémité des nouvelles possessions, Londres établit une immense réserve indienne.De cette façon, les dix-huit 3 colonies se trouvent comprimées sur les bords de l\u2019Atlantique.Le 21 novembre 1763, George II nomme le gouverneur militaire, Jacques Murray, capitaine général et gouverneur en chef de la province de Québec ; il lui confère, en même temps, l\u2019autorité indispensable à l\u2019établissement d\u2019un gouvernement civil régulier.Aristocrate et fils d\u2019aristocrate, Murray avait une sympathie naturelle pour le seigneur canadien qu\u2019il jugeait son égal et pour le modeste habitant respectueux de l\u2019autorité 4 Adam Mabane, l\u2019un des premiers chirurgiens anglais venu en Canada, partageait cet avis.La bienveillance manifestée par Murray et Mabane aux Canadiens leur valut, à tous deux, l\u2019animosité d\u2019une partie des marchands de Québec, gens peu scrupuleux émigrés des États-Unis et qui voulaient tailler le pays en coupe réglée.Tous deux regardaient cette population hétéroclite avec les yeux d\u2019un Européen qui préfère les vieilles coutumes d\u2019outre-mer et comme un Anglais qui ne veut pas que le Canada soit entraîné dans le sillage des colonies émancipées ?.En 1768, Guy Carleton remplace Murray, victime des intrigues des marchands 6.Frère d\u2019armes de Wolfe et de Murray, blessé à la bataille 3.« In addition to the great domain of the Hudson\u2019s Bay Company, and the inorganized territory south of the Great Lakes, there were now eighteen provinces in British North America, the original thirteen British colonies on the Atlantic Seaboard, West Florida, East Florida, Nova Scotia, Quebec, and Newfoundland » (Arthur G.Dorranp, Our Canada, p.108).4.DorLAND, thid, p.112.5.Hilda Neartsy, The political carcer of Adam Mabane in Canadian Historical Review, 1935, vol.16, p.137 et suivantes.Cf.Charles-Maric Boissonnaurt, Lendemains de conquête : Adam Mabane, in Laval médical, janvier 1942.6.« Le 24 oct.1765, le général H.S.Conway qui avait remplacé le comte d\u2019Halifax en qualité de secrétaire d\u2019État pour le département du Sud le 12 Juillet 1766 (sic), écrivit à Murray que, par suite des rapports au sujet des désordres qui régnaient dans la colonie, il devait se préparer à passer en Angleterre afin de présenter un compte-rendu 1000 Lavar MÉDICAL Septembre 1952 des Plaines d\u2019Abraham, c\u2019était un Irlandais de l\u2019Ulster, féru de discipline et de grandeur.Aussi appréciait-il la soumission dont faisait preuve le peuple conquis sans se demander quelle était la cause de cette résignation.Il s\u2019allia aux seigneurs qui lui peignirent leurs censitaires tels qu\u2019ils le souhaitaient et non pas tels qu\u2019ils étaient 7.La lutte des marchands contre le gouverneur Murray a retardé le développement social, politique et commercial de la colonie.Ayant obtenu le rappel de Murray, ils se croient les maîtres du pays, mais une nouvelle constitution, l\u2019Acte de Québec, vient leur apprendre qu\u2019il n\u2019en est rien.Au même moment, une révolution éclate au Massachusetts et se propage rapidement dans les treize colonies.Le 16 décembre 1773, déguisés en Indiens, des Bostonnais s\u2019emparent de trois vaisseaux chargés de thé anglais et jettent la cargaison tout entière à la mer, aux applaudissements de plus de deux mille personnes qui ne savent pas encore qu\u2019elles sont des rebelles.Tel est l\u2019incident que l\u2019histoire universelle nous conserve sous l\u2019appellation ironique de Boston Tea Party 8 Pendant que certains historiens font remonter la Révolution des treize colonies à l\u2019assemblée new-yorkaise de 1765, \u2014 the Stamp Act Congress, \u2014 les autres, avec Washington, qui devait tout de même en savoir quelque chose, estiment qu\u2019elle date du quatre juillet 1776, jour de la déclaration d\u2019Indépendance.Cette guerre civile ne se termine qu\u2019en 1783 par le Traité de Versailles.Tout en mettant fm au premier empire britannique, la Révolution américaine lègue aux provinces canadiennes une population anglophobe considérable 9.Fidèles à la couronne, des milliers de loyalistes quittent la Pennsylvanie, le Massachusetts ou les autres colonies et viennent chercher refuge dans la province de Québec qui sera, bientôt, grâce à eux, de l\u2019état de la province.Murray fut formellement rappelé le 1er avril de l\u2019année suivante.Il quitta le Canada le 28 juin 1766, et le colunel P.Æmilius Irving, président du Conseil, remplit la charge de gouverneur provisoire jusqu\u2019à l\u2019arrivée du colonel Guy Carleton.Voir archives canadiennes, Q2, p.464, et Q3, pp.14et 173 » (Documents constitutionnels, 1759-1791, p.219).7.« A soldier at heart, he placed a high value on authority and discipline.Consequently, he admired what he regarded as the obedient and submissive qualities of the French Canadians » (DorLAND, ibid., p.115).8.John Fiske, The American Revolution, 2 vols.Cf.Charles-Marie Boisson- NAULT, Révolution en Amérique, in La Revue de l\u2019Université Laval, novembre 1948, p.256.9.« L\u2019appoint des loyalistes qui se sont réfugiés 1ic1 a considérablement renforcé le parti anglais en ces dernières années.» (Dorchester 4 Sydney, 13 juin 1787.Cf.Doc.const, p.926) Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 1001 subdivisée en deux parties : le Haut et le Bas Canada.Le premier en recut dix mille et le second trois mille.Cinquante mille, estime-t-on, s\u2019établirent en Nouvelle-Écosse, sur les deux rives de la baie Française (Fundy), ce qui amena, un peu plus tard, la création de la province de Nouveau-Brunswick 10, Pendant la période qui suit, Haldimand succède à Carleton et tente d\u2019organiser une espèce de gouvernement personnel, mais 1l se heurte au part! anglais et, dès novembre 1784, doit céder la place au lieutenant- gouverneur Henry Hamilton qui, d\u2019ailleurs, partage ses vues dans une certaine mesure 11, Le gouverneur Henry Hope gouverne pendant un an, puis Guy Carleton, élevé à la paierie et devenu lord Dorchester, est de nouveau désigné à ce poste.Il arrive à Québec le 23 octobre 1786 en compagnie d\u2019un loyaliste du nom de William Smith, un ex-juge en chef de New- York.Le conflit entre partisans et adversaires d\u2019une nouvelle constitution, avivé par les pressions démographiques et les revendications des marchands maintenant appuyés par les loyalistes, avait engagé le gouvernement de Londres à modifier ses vues à l\u2019égard du pays.Les instructions du nouveau gouverneur lui enjoignent d\u2019instituer une enquête générale sur les lois, le commerce, l\u2019administration de la justice, l\u2019instruction publique.En conséquence, Dorchester subdivise le conseil en divers comités.Une commission, composée de William Smith, de Thomas Dunn d\u2019Adam Mabane, de Joseph Chaussegros de Léry, d\u2019Henry Caldwell, Paul-Rocque de Saint-Ours, de François Baby et de Jean-Baptiste Lecompte Dupré, fait porter son enquête sur l\u2019enseignement supérieur et publie son rapport en 1790.Si l\u2019on avait fait droit aux vœux émis par le président de cette commission, William Smith, le gouvernement aurait 10.DORLAND, ibid, pp.125, 127.C\u2019est un anachronisme que d\u2019écrire Nouveau- Brunswick, car, en ce temps-là, on disait Nouvelle-Brunswick et LaFontaine l\u2019écrit encore ainsi en 1838.11.Hamilton à Sydney, 20 avril 1785, Doc.const, II, p.762.Comme résultat des représentations de Haldimand à Hope, voici la lettre que Hamilton reçut : « J\u2019ai ordre du roi de vous informer que Sa Majesté n\u2019a plus besoin de vos services comme lieute- nant-gouverneur de la province de Québec et c\u2019est le plaisir du roi que vous retourniez en Angleterre, laissant au colonel Hope, qui a été nommé votre remplaçant, les instructions ct les documents du gouvernement en votre possession, et dont il aura besoin pour sa gouverne.» Signé «Sydney ».Q.25, p.34.in Doc.Const, IT, p.765. 1002 LavAaL MÉDICAL Septembre 1952 doté le pays d\u2019un système d\u2019instruction dont l\u2019État aurait eu la direction.L\u2019établissement d\u2019une université « avec un recteur et quatre professeurs », telle était l\u2019ambition du juge Smith.« Sans doute, disaient les membres du comité, cette université ne saurait être un puits de science comme celles de la vieille Europe, tout de même il est permis de supposer que les Jeunes gens pourront y acquérir les connaissances nécessaires pour exercer les professions de notaire, d\u2019avocat et de médecin.La charte devait pourvoir à ce que cette université ne fut pas pervertie de manière à se prêter aux vues particulières d\u2019aucune secte.Catholiques et protestants y seraient admis sans distinction ; c\u2019est pourquoi l\u2019enseignement de la théologie en était exclu.» 12 Le 13 août 1789, plus de deux ans après la formation de la commission d\u2019enquête (31 mai 1787), William Smith, inquiet de l\u2019apathie générale, transmet à l\u2019évêque de Québec, M®\" Jean-François Hubert, les trois questions que comporte l\u2019enquête : état actuel de l\u2019enseignement, cause de l\u2019état imparfait de l\u2019instruction, remèdes proposés !3.Les gouverneurs de cette université se seraient recrutés chez les protestants et les catholiques : « Le roi par son représentant devait être le visiteur.Les juges, les évêques, tant catholiques que protestants, et vingt autres directeurs dont moitié protestant et moitié catholiques, nommés d\u2019abord par le gouvernement, devaient former le bureau des directeurs ; chaque vacance devait être remplie à la majorité des voix.On proposait d\u2019affecter une partie des biens des Jésuites à l\u2019entretien de cette université, et l\u2019on espérait que des contributions individuelles, des legs, un octroi d\u2019une certaine étendue de terres, ainsi que la rétribution scolaire payée par les élèves, formeraient avec le temps des sources de revenus qui permettraient à l\u2019institution de se développer rapidement.» !4 « Rien n\u2019est plus digne du sage Gouvernement sous lequel nous vivons, que d\u2019encourager les sciences par tous les moyens possibles et 12.Ivanhoé Caron, La colonisation de la province de Québec, \u2014 Débuts du régime anglais, 1760-1791, p.233.13.Report of a Committee of the Council on the subject of Promoting the Means of Fducation, imprimé par ordre en conseil (24 décembre 1789) chez Samuel Neilson, n° 3, rue la Montagne, M.DDC.XC.Ce rapport, rédigé dans les deux langues, est illisible.1! vaut mieux citer les résumés qu\u2019en ont fait certains historiens tel Thomas Chapais, dans La Presse du 6 avril 1901 ou Chauveau dans L\u2019instruction publique au Canada, 14.Chauveau, L\u2019Instruction publique au Canada, Québec, 1876, p.57. > \u2014~ & ~~ OIE #4 sé iy Mgr JEAN-FRANCOIS HUBERT, ne a + x Québec le 3 février 1739, évêque de Québec le 12 juin 1788, décédé A le\"17 octobre 1797, à l\u2019 a ge de 58 ans.Il sut faire échec au projet d\u2019université mixte lancé par le juge en chef William Smith en 1890. 1004 LavaL MEpicaL Septembre 1952 J\u2019ose dire en mon particulier que rien en saroit être plus conforme à mes vues, et à mes désirs », de répondre M8\" Hubert.« Au nom d\u2019une université établie dans la Province de Québec ma patrie, je bénis le Seigneur d\u2019en avoir inspiré le dessein et le prie d\u2019en favoriser l\u2019exécution.Néanmoins, comme Il paroît que l\u2019on recevroit avec plaisir mon opinion sur le projet d\u2019une Université ; je dois faire à l\u2019Honorable Conseil et au Comité de la part duquel je suppose que vous m\u2019avez écrit, les observations su1- vantes : (1) 1l est fort douteux que la Province puisse fournir présentement un nombre suffisant d\u2019Escolier pour occuper les Maîtres et Professeurs que l\u2019on mettroit dans une Université.» 15 L\u2019évêque de Québec présente d\u2019abord une analyse de la situation sociale de la province en 1789 : « D\u2019abord, écrit-il, tant qu\u2019il y aura beaucoup de terres à défricher en Canada, on ne doit pas attendre que les habitants des campagnes soient curieux des arts libéraux.Un cultivateur aisé qui désirera laisser un bon héritage à ses enfants, aimera mieux communément les appliquer à l\u2019Agriculture et employer son argent à leur acheter des fonds, qu\u2019à leur procurer des connaissances dont 1l ne connaît pas, et dont il n\u2019est guère possible qu\u2019il connaisse le prix.Tous les pays du monde ont successivement donné des preuves de ce que j\u2019avance, les sciences n\u2019y ayant fleuri que quand 1l s\u2019y est trouvé plus d\u2019habitants qu\u2019il n\u2019en falloit pour la culture des terres.Or ceci n\u2019a pas encore lieu en Canada, pays immense dont les terres peu avancées offrent de toutes parts de quoi exercer l\u2019industrie et piquer l\u2019intérêt de ses Colors.Les villes seraient dont les seules qui pussent fournir des sujets à l\u2019Université.» À ce moment, il n\u2019y a que quatre villes dans la province.Ce sont Québec et Montréal qui ont une population convenable, William-Henry (Sorel) et Trois-Rivières « qui meriteroit à peine le nom de bourg».Montréal peut-elle envoyer des élèves à Québec.M8\" Hubert en doute à cause de « la rareté actuelle de l\u2019argent et de la pauvreté des citoyens ».« Tous les deux ans, observe l\u2019évêque, une dizaine ou douzaine d\u2019écoliers de Montréal sont envoyés ici pour étudier la Philosophie.Il n\u2019en faut pas davantage pour faire murmurer toute leur ville.Plusieurs, faute de moyens suffisants, sont contraints de borner à la Rhétorique finie le cours 15.La réponse de l\u2019évêque est reproduite dans le Rapport du comité. Septembre 1952 LavAaL MÉDICAL 1005 de leurs études.Néanmoins le Séminaire de Québec donne gratuitement ses instructions sur la Philosophie comme sur les autres sciences, et la plus forte pension alimentaire qu\u2019il exige d\u2019un Écolier, ne monte jamais à 12 liv.sterling par an.Je concluerois de tout cela que le moment n\u2019est pas encore venu de fonder une Université à Québec.» L\u2019évèque donne ensuite une définition de ce qu\u2019il entend par Université.C\u2019est, écrit-il, « une Compagnie, Communauté ou Corporation composée de plusieurs Collèges, dans laquelle des Professeurs sont établis pour enseigner diverses sciences.La fondation d\u2019une Université présuppose donc l\u2019établissement des Collèges qui en dépendant et servent à la former par les sujets qu\u2019ils lui fournissent.Suivant les chronolo- gistes les plus suivis, l\u2019Université de Paris, la plus ancienne du monde, n\u2019a été fondée que dans le douzième siècle, bien que le Royaume de France subsistât depuis le 5°.Rien ne presse donc de faire un pareil établissement dans une Province de nouvelle existence, qui ne compte que deux petits Collèges, et qui serait peut-être obligée de chercher dans les pays étrangers des Professeurs pour remplir les Chairs et des Écoliers pour entendre leurs leçons.» Prévoyant que les partisans de la création d\u2019une université citeraient en exemple le cas des États-Unis, l\u2019évêque ajoute : « On objectera que les Anglo-Américains nos voisins, quoiqu\u2019ils ne datent pas de bien loin l\u2019établissement de leurs Colonies, sont néanmoins parvenus à se procurer une ou plusieurs Universités.Mais il faut observer que le voisinage de la mer dont nous sommes privés, ayant étendu promptement leur commerce, multiplié leurs villes et augmenté la population de leurs Provinces ; on ne doit pas s\u2019étonner de les voir plus avancés que nous, et que le progrès de deux pays aussi différemment situés, ne sauroit être uniforme.» Ce projet d\u2019université est trop vague, déclare l\u2019évêque de Québec.On se demande comment concilier la présence des protestants et des catholiques dans la direction de cette nouvelle institution.On propose des bommes sans préjugés, dit MB\" Hubert.« Mais ceci ne fait qu\u2019accroi- tre la difficulté, loin de la résoudre.Car qu\u2019est-ce que l\u2019on appelle des hommes sans préjugés.Suivant la force de l\u2019expression, ce devraient être des hommes ni follement prévenus en faveur de leur nation, ni témérairement zélés pour inspirer les principes de leur Communion aux jeunes- 1006 LavaL.MÉDICAL Septembre 1952 gens qui n\u2019en auraient point été imbus.Mais aussi, d\u2019un autre côté, ce devraient être des hommes honnêtes et de bonnes mœurs, qui se dirigeassent sur les principes de l\u2019Évangile et du Christianisme ; au lieu que dans le langage des écrivains modernes, un homme sans préjugés est un homme opposé à tout principe de religion, qui prétendant se conduire par la seule loi naturelle, devient bientôt sans mœurs, sans subordination aux lois qu\u2019il est néanmoins si nécessaire de faire respecter aux jeunes-gens, si l\u2019on veut les former au bien.Des hommes de ce caractère (en notre siècle en abonde pour le malheur et la révolution des États) ne conviendraient aucunement à l\u2019établissement proposé.p16 À cette époque, l\u2019enseignement supérieur est bien meilleur que les adversaires des Canadiens ne le laissent croire : « depuis la conquête, déclare le prélat, le Séminaire de Québec s\u2019est chargé volontairement et gratuitement de l\u2019instruction publique.Outre la théologie, on y enseigne les Humanités, la Rhétorique, la Philosophie, la Phisique, la Géographie, l\u2019Arithmétique et toutes les branches des Mathématiques.Il en est sorti, et il en sort tous les jours, des sujets habiles pour toutes les sciences, dont ils ont la clef, et capables de faire honneur à leur éducation et à leur patrie : témoins MM\" Delery, M\" de Salabery, M\" Cugnet fils, M\" Deschenaux, &c.sans compter un grand nombre d\u2019ecclésiastiques, qui se distinguent dans notre Clergé.« Lorsqu\u2019il s\u2019est présenté au Séminaire de Jeunes Messieurs Anglois, continue M8 Hubert, on les a admis comme les Canadiens, sans aucune Distinction ni prédilection ; seulement on les a exemptés des exercices Religieuses de la maison, qui nes\u2019accordaient pas avec les principes de leur créance.» A l\u2019éloge du séminaire, il ajoute que cette maison s\u2019est toujours fait un devoir de loger les évêques de Québec « et de les nourrir gratuitement et honorablement ».A propos de la question : « D\u2019où proviennent les découragements et les fautes », l\u2019évêque répond : « On pourrait peut- être ajouter comme cause de découragement, la préférence, qui est donnée pour les charges et emplois publics, aux anciens sujets et même aux étrangers établis dans cette province, sur les Canadiens.» L\u2019historien Thomas Chapais, commentant cette réponse, déclare : « C\u2019était mettre le doigt sur une plaie vive, et infliger une juste censure à 16.Rapport du comité, pp.9 et 10. Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 1007 ostracisme odieux dont les Canadiens étaient l\u2019objet, depuis de longues années, de la part du gouvernement colonial.» Si l\u2019évêque de Québec refuse l\u2019université que lui propose le juge en chef Smith, il ne se déclare pas opposé à une institution de haut savoir.Bien plus, il fait une contre-proposition : « Nous avons au milieu de Québec, dit-il, un beau et vaste Collège dont la plus grande partie est occupé par les troupes de la garnison, ne pourrait-on pas rapprocher cette maison de son institution primitive, en substituant à ces troupes, sous le bon plaisir de son Excellence, quelques classes utiles, comme feraient celles de droit civil et de navigation, auxquelles on pourrait ajouter, si l\u2019on veut, la classe de Mathématiques qui se fait présentement au Séminaire?Ce même Collège ne pourrait-il pas, par la suite des tems, être érigé lui-même en université, et se soutenir en partie par les revenus des fonds actuellement appartenant aux Jésuites?Cette manière de procéder graduellement à l\u2019établissement d\u2019une université me paraîtrait beaucoup plus prudente et plus sûre.» La lettre de Mgr Hubert résume avec tant d\u2019exactitude la situation sociale du pays à la fin du xvir12 siècle que William Smith se déclare de l\u2019avis de l\u2019évêque : « institution d\u2019une Université, en la comparant au plan Européen, dit le rapport, serait extravagante, comme n\u2019étant point adaptée ni à la capacité, ni aux besoins d\u2019un pairs, qui ne consiste pas encore en cent cinquante mille habitants, qui avaient un désert devant eux pour se porter à la culture afin d\u2019obtenir les nécessités de la vie.» En conséquence, la commission d\u2019enquête clot ses délibérations le 26 novembre 1799, par les résolutions suivantes : « que des écoles non confessionnelles (free) soient ouvertes incessament dans chaque paroisse ou village ; qu\u2019il en soit ainsi dans les chefs-lieux ; que le programme de ces écoles se borne à l\u2019enseignement de l\u2019art d\u2019écrire et de lire, ainsi que l\u2019enseignement de l\u2019arithmétique et, dans les chefs-lieux, que l\u2019on enseigne les règles d\u2019arithmétique, les langues, la grammaire, la tenue des livres, Jaugeage, la Navigation, l\u2019Arpentage et les branches pratiques des Mathématiques.» Qu\u2019entendait-on par ces termes en 1799?Le rapport ne l\u2019mdique pas.Enfin, les deux dernières résolutions doivent être citées au texte : « Qu\u2019il est avantageux d\u2019établir une institution Collégiale pour cultiver (13) 1008 Lavar MÉDicAL Septembre 1952 les arts libéraux et les sciences enseignées dans les Universités européennes ; excepté la Théologie des Chrétiens rapport au mélange des Communions, dont un secours mutuel est à désirer autant qu\u2019elles y consentiront, et qui devraient trouver une provision pour les candidats dans l\u2019état de Ministre de leurs Églises respectives ;.Qu\u2019il est essentiel à l\u2019origine et au succès de telle institution d\u2019incorporer une société à cet effet ; et que la Charte pourvoie sagement contre la dépravation de l\u2019institution, et contre toutes les singularités sectaires, laissant une libre carrière pour cultiver le cercle générale des sciences.» Les commissaires, à l\u2019unanimité, adoptent ces résolutions.Le gouverneur, qui était favorable à l\u2019établissement d\u2019une université, accueillit avec faveur cette proposition des commissaires.Les provinces anglaises du continent nord-américain avaient besoin d\u2019une université.Dès le 10 novembre 1790, 1l l\u2019écrivit à Grenville, soulignant le fait que Simon Sangumet, lui aussi favorable à la création d\u2019une institution de ce genre, avait légué sa seigneurie de La Salle dans cette inteation.Dor- chester projetait, dès lors, de constituer tout un système d\u2019instruction publique dépendant d\u2019une université mixte.Moins de deux ans plus tard, par une loi destinée à permettre l\u2019établissement d\u2019écoles gratuites dans la province et à stimuler l\u2019avancement des sciences, le gouvernement créait I\u2019 Institution royale, une corporation munie de tous les pouvoirs nécessaires à l\u2019administration de l\u2019instruction publique en cette province.17 Il est plus facile d\u2019adopter une loi que de l\u2019appliquer.Faute de fonds, l\u2019Institution royale ne put fonctionner, sauf à Montréal où la libéralité de James McGill vint suppléer à l\u2019absence de fonds.En 1821, George IV octroya une charte royale à l\u2019 Institution royale et à l\u2019université McGill 18, Ils\u2019écoula encore de nombreuses années avant que les cours puissent s\u2019organiser d\u2019une façon satisfaisante.On peut affirmer qu\u2019au moment de la fondation de Laval, en 1852, McGill n\u2019était guère plus avancée.17.41 Geo.111, c.17 Cf.Milnes à Portland, 3 février 1801.Dans une lettre de Craig a Liverpool (ler mai 1810), a propos de I\u2019 Institution royale, Craig cite ce mot de Mer Plessis : « Vous dites que notre Église ne dort jamais, mais vous admettrez, cependant, que nous étions endormis, et très profondément, quand nous avons laissé adopter cet acte ! » 18.Francis J.SHEPHERD, The First Medical School in Canada.Shepherd raconte en quelques pages l\u2019essentiel des origines de l\u2019université McGill, précisément au point de vue dont il est question ici. ANALYSES MM.Pasteur VALLERY-RADOT, P.MILLIEZ, CI.LAROCHE et J.-Cl.RENIER.Pleurésie purulente aiguë traitée par la streptokinase et la streptodornase.Bull.et Mém.de la Soc.Méd.des Hôp.de Paris, 19-20 : 789, 1951.Depuis quelques années, l\u2019utilisation d\u2019agents anti-infectieux actifs a considérablement amélioré le pronostic des pleurésies purulentes.Deux agents thérapeutiques tout nouveau, la streptokinase et la strepto- dornase, vont, semble-t-il, permettre la guérison complète de ces affections, sans qu\u2019il ne soit plus besoin de recourir à la chirurgie.: Dans les pleurésies purulentes, les formations fibrineuses tapissent les feuillets pleuraux et nuisent considérablement à l\u2019action des antibiotiques Injectes localement.La fibrine favorise la formation d\u2019adhérences qui s\u2019organisent progressivement, nécessitant souvent le recours à la chirurgie pour obtenir une guérison complète.La streptokinase a été retiré la première fois, en 1933, par Tillet et Gartner du filtrat de culture du streptocoque hémolytique, groupe « À ».Ce facteur a la propriété de liquéfier les caillots de fibrine.Il s\u2019agit plutôt d\u2019un agent catalytique qui n\u2019agit pas directement sur la fibrine, mais qui active un système fibrinolytique présent dans la fraction euglobulinique du sérum et dans les exsudats.Après la liquéfaction de la fibrine, l\u2019épaisseur et la viscosité des exsudats ne s\u2019en trouvent que très peu modifiées et son évacuation est souvent difficile et incomplète.La consistance du pus paraît due à la présence dans le liquide d\u2019épanchement de nucléo-protéides « désoxy-ribo-nucléo-protéines » provenant de la lyse leucocytaire et formant parfois jusqu\u2019a 30 et méme 70 pour cent de la masse solide du pus.Des recherches plus poussées ont permis de déceler dans le filtrat du streptocoque hémolytique, groupe « A », un enzyme capable d\u2019hydrolyser ces nucléo-protéines ; cet agent est appelé streptodornase.Cet enzyme est en mesure de fluidifier le pus et de lui donner une consistance voisine de celle de l\u2019eau ; l\u2019évacuation en devient donc très facile.L\u2019action de la streptokinase est de courte durée, tout au plus quatre heures ; il est donc nécessaire de répéter les injections.La streptodornase est très fragile, elle ne résiste que quelques heures à la 1010 Lavar MÉDICAL Septembre 1952 température de la chambre ; elle doit être conservée à une température de plus 4 à moins 40 degrés.La streptokinase n\u2019est efficace que lorsqu\u2019elle est injectée dans la séreuse inflammée ; elle n\u2019a plus d\u2019action sur les adhérences organisées.Ces deux agents ne peuvent guérir seuls la pleurésie purulente, ils n\u2019ont aucune action sur l\u2019infection elle-même ; 1l faut toujours leur adjoindre des agents anti-infectieux actifs : sulfa- midés, antibiotiques.Ils n\u2019ont aucune action irritante sur la séreuse ou sur les cellules vivantes.Leur administration est parfois suivie d\u2019une réaction générale avec élévation thermique et légers troubles digestifs ; cette réaction n\u2019offre aucune gravité et disparaît après deux a trois jours.La streptokinase et la streptodornase sont injectées dans la cavité pleurale, vers le quinzième jour de l\u2019évolution de la pleurésie, apres la phase aiguë inflammatoire, mais avant l\u2019organisation des processus adhérentiels et l\u2019enkystement.Les doses moyennes sont de l\u2019ordre de 100,000 unités Cathie de streptokinase et de 10,000 à 100,000 unités de streptodornase, selon la consistance plus ou moins grande du pus.S\u2019il existe des cloisonnements pleuraux, il sera de bonne pratique d\u2019injecter chacune des poches pour obtenir un bon résultat.En général, 1l faut faire deux à quatre injections par jour, rarement plus.La ponction pleurale sera faite, le lendemain des premières injections.On s\u2019efforcera toujours de pratiquer une évacuation la plus complète possible de la plèvre avant chaque injection.Les deux et trois premiers jours, on retire environ 400 à 500 centimètres cubes de liquide purulent ; le volume de liquide retiré diminue de Jour en jour, le liquide devient de plus en plus séreux.Après deux ou trois semaines, la plèvre est habituellement sèche et elle demeurera sèche.Avec la streptokinase la streptodornase, se trouve réalisée une méthode de traitement qui constitue une grande amélioration dans la thérapeutique des pleurésies purulentes qui peuvent guérir, le plus souvent, parfaitement sans le secours de la chirurgie.Honoré NADEAU.J.H.PALMER.Le traitement de l\u2019angine de poitrine.C.A.MA.J., 65 : 211, (septembre) 1951.Ce fut Heberden qui décrivit le syndrome d\u2019angine de poitrine.On sait que la crise résulte d\u2019une ischémie temporaire, localisée et réversible du myocarde.Le rétrécissement ou l\u2019occlusion des artères coronaires sclérosées sont, dans la majorité des cas, la cause de cette crise.La circulation se fait alors par les vaisseaux collatéraux.Aussi, le traitement consiste-t-il à favoriser la dilatation artificielle de cette circulation collatérale.« Le myocarde, comme tout autre muscle, devient le siège de douleurs, chaque fois qu\u2019il est forcé de travailler sans un apport suffisant de sang.I! faut, d\u2019abord, faire faire le dépistage des infections chroniques (syphilis), des affections gastro-mtestinales, de l\u2019hyperthyroïdie et du Septembre 1952 Lava\u2026 MéÉDicaAL 1011 diabète.Il faut traiter l\u2019obésité et l\u2019hypertension, presque toujours coexistante.La sympathectomie dorso-lombaire est contre-indiquée.Elle favorise l\u2019occlusion coronarienne.L\u2019effort doit toujours cesser avant que la douleur apparaisse ; mais l\u2019exercice modéré est un bon vaso-dilatateur.L\u2019émotion produit le même effet que l\u2019effort physique par la décharge d\u2019adrénaline qui se produit alors.L\u2019abaissement du métabolisme de base a été préconisé dans le but d\u2019alléger le fardeau circulatoire.On a préconisé le thiouracil, la destruction du tissu thyroïdien par l\u2019iode radio-actif.Ces procédés sont dangereux, pas au point, et non recommandables.La trinitrine est encore le traitement de choix au cours de la crise.Le nitrite d\u2019amyle est moins employé, à cause de son odeur.Le nitrite d\u2019octyle que l\u2019on emploie en inhalateur est aussi efficace que ce dernier.La trinitrine doit être croquée, gardée une minute dans la bouche, puis avalée.L\u2019effet est immédiat et dure environ trente minutes.On peut l\u2019utiliser aussi souvent que nécessaire à la dose de '/100e de grain.La trinitrine prise à titre préventif Immédiatement avant l\u2019effort a un effet semblable.La crise ne survient pas.L\u2019alcool apporte aussi un soulagement, mais on ne sait trop comment il agit.Les vaso-dilatateurs à long terme utilisés à titre préventif n\u2019ont donné généralement aucun résultat.Le tétranitrate d\u2019érythrol, l\u2019héxanitrate et le pentanitrate de manni- tol, ont été utilisés depuis cinquante ans environ, mais n\u2019ont jamais été populaires.Le trinitrate de triéthanolamine a des effets semblables et il fait le sujet de recherches, actuellement, à l\u2019université McGill.L\u2019aminophylline, la diurétine et la théocalcine se sont montrées de bons vaso-dilatateurs chez l\u2019animal.Les doses efficaces chez l\u2019homme sont dangereuses.L\u2019aminophylline par voie intraveineuse peut avoir un effet favorable.Per os, elle donne des malaises gastriques.En 1946, on a préconisé la khelline extrait de l\u2019amnmi visnaga.A dose élevée, elle irrite l\u2019estomac et ses résultats sont aléatoires.L\u2019atropine, la papavérine, le testostérone, l\u2019acide nicotinique, la quinidine, le venin de cobra, la disthermie précordiale, l\u2019irradiation du thorax et des surrénales, ont été essayés avec des succès variables.La chirurgie de l\u2019angine de poitrine sort à peine du stade expérimental.Elle a deux façons de procéder : 1° elle essaie d'interrompre la fibre conductrice de la douleur ; ou, 2° essaie d\u2019améliorer le débit sanguin.: 1.Section des racines postérieures thoraciques (quatrième et cinquième) ; 2.Injection d\u2019alcool dans les ganglions thoraciques (douloureuse mais efficace contre la douleur) ; 3.Opération tendant à accroître le débit du cœur : a) greffe épiploïque, b) Ligature de la veine cardiaque (Fauteux). Lavar MÉDicar Septembre 1952 CONDUITE DE Cas Traitement ordinaire banal, d\u2019abord, sans immobilisation.Ne pas effrayer le malade pour ne pas créer chez lui une névrose d\u2019anxiété qui ne ferait qu\u2019empirer la situation.Permettre une certaine activité.La mort est habituellement brusque, mais en deux ans ou en vingt ans.En avertir la famille ou l\u2019entourage sans trop alarmer le malade lui-même.Sylvio LEBLoND.D.B.EFFLER, Cleveland, Ohio, B.BLADES, et E.MARKS.Le problème des tumeurs solitaires du poumon.Surgery, 24 : 917-928, décembre 1948.Effler et ses assistants rappellent les difficultés du traitement chez les personnes apparemment normales qui présentent une lésion solitaire non diagnostiquée du poumon.Dans le passé, la conduite ordinaire consistait dans l\u2019observation des malades pendant un temps plus ou moins long.Cependant la valeur de l\u2019observation clinique seule varie considérablement avec le talent du clinicien et la coopération du malade.On 1gnore le sort de la majorité des tumeurs du poumon mises ainsi sous observation.Dans ce travail, les auteurs présentent une série importante de 24 2° 7 | .\u2019 cas qu\u2019ils ont observés sur une période de 18 mois dans le département de chirurgie thoracique de l\u2019hôpital général Walter Reed.Les auteurs croient qu\u2019il est important dans la plupart des cas de faire le diagnostic pré-opératoire d\u2019une tumeur pulmonaire asymptomatique.Chacun des 24 malades a subi un examen radiologique du poumon au cours de l\u2019examen général de routine.Dans chaque cas, on a découvert une lésion pulmonaire arrondie et la lésion était toujours asymptomatique.On a hospitalisé tous ces malades et on a pratiqué tous les examens nécessaires pour en arriver à un diagnostic clinique précis.On a présenté chacun de ces cas à la Tumor Board Conference ou la Thoracic Conference, avant de les soumettre à l\u2019opération.On a jamais pu faire l\u2019unanimité complète d\u2019opinion entre le clinicien et les radiologistes.Malgré la grande variété des opinions émises, toutes ces tumeurs ont été considérées comme bénignes avant l\u2019opération.Cependant, on a conseillé l\u2019opération à ces 24 malades en disant que le diagnostic sans la biopsie est une simple conjecture.Tous ont accepté l\u2019opération et on les a soumis à une thoracotomie.Il n\u2019y eut aucune mort opératoire.On a exclu de cette série les malades qui présentaient des métastases cutanées de leurs tumeurs médiastinales.De même on a éliminé les malades chez qui on pouvait faire une biopsie sur la bronchoscopie.4 de ces 24 malades présentaient des lésions malignes et avec des tuberculomes.Les auteurs regrettent que la plupart des médecins Septembre 1952 Lavar MÉDICAL 1013 considèrent le tuberculome comme une lésion inoffensive sous prétexte que la radiologie ne montre pas de lésions actives du parenchyme.Un de ces malades illustre bien les complications qui peuvent survenir dans les cas non traités : on a observé cette tumeur pendant presque deux ans alors qu\u2019elle évoluait vers la caséification cavitaire malgré que les expectorations aient d\u2019abord montré des bacilles acido-résistants.Aujour- d\u2019hui, les chirurgiens du poumon admettent que l\u2019on doit enlever tous les tuberculomes.Ces malades sont relativement jeunes puisqu\u2019on les a observés dans un hôpital militaire, au cours de la guerre.Les auteurs croient que, dans un groupe de malades plus âgés, on trouverait probablement une plus grande fréquence de tumeurs malignes.Les auteurs concluent que l\u2019on ne peut résoudre le problème que par l\u2019étude histologique de la lésion entière.L\u2019observation prolongée est toujours incertaine et peut même conduire à des désastres.C\u2019est sur l\u2019histologie que l\u2019on doit baser son diagnostic et les néoplasmes intrathoraciques ne sont pas rares.D\u2019après les plus récents développements de la chirurgie et de l\u2019anesthésie, la thoracotomie exploratrice est devenue un procédé simple pour les malades de tous Ages.Pierre JoBIN.A.BRUNNER, C.HENSCHEN, H.HEUSSER, A.JENTZER, O.SCHÜRCH, J.VEYRASSAT.Traité de chirurgie.Les Éditions Delachaux et Nestlé, S.A.Ce traité de chirurgie, publié par des médecins suisses, offre, sous une forme concise et dans un ordre systématique, une vaste information portant sur les caractéristiques fondamentales de la chirurgie moderne et sur ses aspects particuliers essentiels.Le professeur Jentzer dit dans sa préface qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un recueil de faits cliniques enrichi d\u2019une documentation approfondie qui est le résultat d\u2019une longue expérience plutôt que d\u2019une création livresque.C\u2019est un traité en deux volumes de 2,000 pages qui traite de la séméiologie et qui insiste particulièrement sur l\u2019examen clinique, l\u2019anatomie pathologique, la physiologie pathologique, le diagnostic différentiel, l\u2019indication opératoire et thérapeutique, l\u2019anesthésie, les soins pré-, per- et post-opératoires.En second plan, 1l présente l\u2019expérimentation, la technique et le diagramme de l\u2019évolution des sciences biologiques.La bibliographie est réduite au stricte minimum.Il est destiné, d\u2019une part, aux étudiants qui ont besoin d\u2019une large base chirurgicale et, d\u2019autre part, aux chirurgiens de culture générale qui y trouveront les données nécessaires au diagnostic et à l\u2019indication opératoire.On y trouve : la traumatologie, les infections, les parasites, les hémorragies, les thromboses et embolies, le choc, les métabolismes de l\u2019eau, des sels et des protéines, la lutte contre la douleur, les tumeurs, les maladies chirurgicales de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, les 1014 Lavar.MÉDicaL Septembre 1952 artères, les muscles et les os, le cerveau, les glandes endocrines, etc.Enfin, les derniers chapitres du premier volume traitent de la chirurgie de guerre, des principes de la chirurgie réparatrice, des traitements médicamenteux et de la diététique en chirurgie ; enfin, de la physiothérapie.Dans le second tome, les principaux chapitres suivants : chirurgie de la face et de la bouche, du cou, du thymus, de l\u2019œsophage, du thorax, de la glande mammaire, des parois abdominales, de l\u2019estomac, du foie, de la rate, des intestins, du pancréas, de la colonne vertébrale et du bassin, de l\u2019appareil uro-génital, des membres supérieurs et inférieurs, puis les auteurs terminent leur ouvrage en trois chapitres : l\u2019orthopédie du praticien, les appareils et prothèses et enfin l\u2019expertise en matière des accidents.Pierre JoBIN.A.HÆMMERLI (Zurich).Le pronostic de la maladie ulcéreuse.Bulletins périodiques des Compagnies suisses d\u2019assurances sur la vie, n° 22, (décembre) 1951, Zurich.La maladie ulcéreuse est une affection chronique caractérisée par des troubles fonctionnels apparaissant et disparaissant périodiquement, associés fréquemment à des douleurs dans la région de l\u2019estomac et du duodénum.La tendance de l\u2019ulcère lui-même à la guérison spontanée est relativement élevée.Depuis l\u2019époque de la première guerre mondiale, cette maladie est devenue beaucoup plus fréquente, dans les grandes villes en particulier.Quelle est actuellement la fréquence réelle de la maladie ulcéreuse ?De l\u2019étude de milliers d\u2019observations, il ressort que 4% environ des personnes autopsiées présentent un ulcère algu, 4 ou 5% un ulcère chronique et 5 à 12% des cicatrices d\u2019ulcères.Il semblerait que, dans les grandes villes du moins, 10% de la population environ sont atteints une fois ou l\u2019autre d\u2019une poussée d\u2019ulcère.La maladie ulcéreuse est beaucoup plus fréquente chez l\u2019homme que chez la femme.Il y a ce que l\u2019on peut appeler le type de l\u2019ulcéreux, en tant qu\u2019homme, ce type est généralement sympathique, 1l réussit dans la vie, tout va bien.Lorsqu\u2019il présente des troubles, 1l fait une poussée ulcéreuse.Alors son humeur s\u2019altère, il devient irritable, souvent déprimé.Le malade se replie dans une attitude égocentrique et l\u2019inquiétude qui le remplit au sujet de son état de santé et de son avenir contribue à entretenir les conditions défavorables qui, à l\u2019origine, ont déclenché l\u2019éclosion de la maladre ulcéreuse.Une statistique récente montre que seulement 8% des malades souffrant d\u2019ulcères atteignent la limite d\u2019âge de service de 65 ans dans une grande mdustrie, contre 30% pour l\u2019ensemble du personnel.Le pronostic de cette affection est beaucoup plus favorable dans les professions qui permettent certains ménagements.Ainsi Bockus indique au moins 50%.de guérisons définitives après traitement médical.Lorsque la radiographie montre un ulcère déjà non compliqué, on peut espérer une entière guérison par un traitement approprié.Mais la Septembre 1952 LavaL MÉDicAL 1015 disposition à la maladie ulcéreuse n\u2019est pas écartée pour autant, des rechutes restent possibles pendant une longue période d\u2019années.Les malades appartenant à des familles d\u2019ulcéreux sont plus menacés que d\u2019autres.On peut presque sans exception obtenir la guérison d\u2019un ulcère récent par le repos et le régime.Pour éviter les rechutes, le malade doit retrouver la tranquillité, résoudre ses conflits intérieurs et ceux qui l\u2019opposent à son entourage.Il Tui faut apprendre à vivre sans anxiété et sans soucis et à se résigner sans amertume à tout ce qui, dans sa vie, ne se laisse pas modifier.Le tabac, en particulier la cigarette, augmente considérablement le risque de récidive.Bien des malades sont très menacés à ce point de vue, car on n\u2019arrive presque pas à les faire abandonner la fumée, alors que, très souvent, Ils ne ressentent aucun besoin de boissons alcooliques.Des vacances à intervalles réguliers sont indispensables, en particulier pour les malades qui assument de grosses responsabilités.Toutes les conditions que nous venons d\u2019énumérer ne sauraient être remplies au service militaire.Les armées américaines, anglaises et canadiennes déclarent inaptes au service les sujets qui ont été atteints d\u2019ulcère.Il faut signaler qu\u2019un examen radiologique bien fait est indispensable dès qu\u2019on soupçonne un ulcère, car lui seul permet de poser un diagnostic précoce.Il faut pratiquer un contrôle radiologique au moins tous les sIX MOIS, sans cette mesure de précaution, le malade se croit définitivement guéri, 1l retourne à son ancien mode de vie et crée ainsi de lui-même les conditions favorisant une rechute.Il semble bien que si l\u2019intervention chirurgicale immédiate dans le cas d\u2019ulcère perforé ne fait pas l\u2019objet de longues discussions, par contre, il ne faut opérer que certains cas d\u2019hé- morragle gastrique, car la mortalité est très faible avec le traitement interne composé essentiellement de régime liquide et de transfusions répétées.Lorsque les cas qui relèvent de la chirurgie sont opérés à temps, les résultats sont également satisfaisants.Il va de soi que le chirurgien doit rendre le malade attentif au fait qu\u2019un estomac opéré peut ne plus donner le signe d\u2019alarme indiquant que son organisme est en danger.En résumé, 1l faut retenir que le pronostic de la maladie ulcéreuse ne dépend pas encore de quelque médicament miraculeux.II est déterminé, pendant une période qui s\u2019étend sur de nombreuses années, par la clairvoyance et la discipline du malade et par les soins et les conseils de son médecin.Richard LEssARD. CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES XXII° Congrès des médecins de langue française du Canada PROGRAMME SCIENTIFIQUE MARDI, LE 23 SEPTEMBRE 1952 2 h.30 p.m.« LA BIOLOGIE DES GLANDES SURRÉNALES ) : Ire Partie \u2014 Notions fondamentales Président : Dr Robert Courrier, Collège de France.Présidents d\u2019honneur : Pr Charles VÉZINA, doyen de la Faculté de médecine de Laval ; Pr Louis-E.PHANEUF, Boston.a) Rôle de l\u2019hypophyse vis-à-vis des surrénales : J.B.CouLiP, doven, London, Ont.; b) Médullo-surrénale : les effets physiologiques, pharmacologiques et pathologiques de la médullo-surrénale : Henri HERMANN, doyen, de Lyon, France ; c) Cortico-surrénale : les effets physiologiques, pharmacologiques et pathologiques de la cortico-surrénale : Hans SELYE, Montréal.d) En discussion : Pr Robert COURRIER.MERCREDI, LE 24 SEPTEMBRE 1952 9 h.00 a.m.« SEANCE MÉDICO-CHIRURGICALE D : Présidents : Donatien Marion, Montréal ; Joseph-Louis Petitclerc, Québec ; J.-D.GAUTHIER, Shippagan. Septembre 1952 LavaL MÉDicaL 1017 Antonio LEcours, Ottawa : La sympathectomie dorsale (films) ; Pierre Morisset, Saint-Georges de Beauce : Les données récentes sur l\u2019infarctus du mvocarde ; Hector BEAUDET, Québec : Le cancer de l\u2019æsophage ; J.-Edouard Samson, Montréal : Aspect clinique et thérapeutique de la scoliose de croissance ; Guy BERTRAND, Sherbrooke : Considérations cliniques sur la douleur abdominale aiguë.En discussion : Pr Bénard de Paris.2.h.30 p.m.« SYMFOSIUM SUR LA SURRENALES) : 2e Partie \u2014 Applications cliniques Présidents : Charles-Émile GriGNoN, Montréal ; Wilbrod BoniN, doyen, Montréal ; Rodolphe Aucer, Beauce.a) Les notions les plus récentes : Dalton JENKINS, Boston ; b) Syndrome clinique d\u2019hvpo- et d\u2019byper-fonctionnement : Pr BÉNARD, Paris ; c) Surrénale et bypertension artérielle : Pr MouquiN, Paris.d) En discussion : Pr Louis-Paul DucaL, Québec.8 h.00 p.m.« HISTOIRE DE LA MÉDECINE », sous les auspices de la Société d\u2019Histoire de la médecine de Québec : Présidents : Charles-Auguste GAUTHIER, Québec ; Albert JoB1N, Québec ; J.-D.Mirort, Fall-River, Mass.Sylvio LEBLonD, Québec : Le docteur Joseph Painchaud ; Roméo BoucHEr, Montréal : La médecine en 1852 Charles-A.MARTIN, Québec : Quelques mythomaniaques célèbres ; Gabriel Napeau, Ruthland, Mass.: François Le Beau, médecin du Roi à Québec.Exposition de documents anciens : Benoît Boucher, Antoine Roy et Charles-Auguste Gauthier.JEUDI, LE 25 SEPTEMBRE 1952 9 h.00 a.m.« SEANCE MEDICO-CHIRURGICALE ) : Présidents : Arthur RicHarD, doyen, Ottawa ; Edmond Porvin, Chicoutimi ; Armand Rioux, Québec.Jean-Paul RoGer et Jean-Marie Lemieux, Québec : Thoracoplastie et résection pulmonaire ; Wilfrid CARON, Québec : Considérations sur la chirurgie ano- rectale ; 1018 Lava.MÉDICAL Septembre 1952 Eustace Morin, Québec : Les avitaminoses ; Gérard GAGNON, Chicoutimi : Les diverticulites du Meckel ; Roland CAucHOoN, Québec : Cancer des voies urinaires : Ernest DUMONT, Campbellton : Traitement des brûlures intéressant 50% et plus de la surface cutanée.En discussion : Pr Léon BINET, doyen de Paris.2 h.30 p.m.« MALADIES DU THORAX » Présidents : Guy FORTIER, Gaspé ; Richard GaupeT, Sherbrooke ; Roland DesMEULES, Québec.Jules Prévost et Léandre DÉCARIE, Montréal : Tumeurs du médiastin ; Paul RoBerT, Montréal : Diagnostic du cancer du poumon ; Joffre GravEL, Québec : Diagnostic et traitement chirurgical des malformations du cœur et des gros vaisseaux ; Fernando Hupon, Québec : L\u2019anesthésie dans la chirurgie intra- thoracique.En discussion : Pr Raoul Kourirsry, Paris.9 h.00 p.m.« ÉCONOMIE MÉDICALE.VENDREDI, LE 26 SEPTEMBRE 1952 9 h.a.m.« SÉANCE MÉDICO-CHIRURGICALE ) : Présidents : J.-Avila DENONCOURT, Trois-Rivières ; Henri-L.GirARD, Manchester, N.-H.; Paul-A.PoLiQuin, Québec.Lucien LARUE, Québec : L\u2019épilepsie, aspect médical ; Jean Sirois, Québec : L\u2019épilepsie, aspect chirurgical ; Jean-Louis BONENFANT, Québec : Les réticuloses aiguës de l\u2019adulte ; Jean-Paul Ducat, Québec : Colite ulcéreuse : considérations sur 90 cas ; Émile Gaumonp, Québec : La vitaminothérapie à baute dose en dermatologie ; John HAMirToN, Toronto : Les maladies du collagène.2 h.30 p.m.« PATHOLOGIE VASCULAIRE DES MEMBRES ) : Présidents : Renaud Lemieux, Québec ; Eugène Tl'HIBAULT, Verdun ; Auray FONTAINE, Woonsocket R.I.; Philippe Brousseau, Abitibi.a pere rar eo TE Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire_reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Recommandée et prescrite par le Corps Médical dans le monde entier INDICATIONS : ARTHRITISME Rhumatisme aigu, chronique Une bouteille par jour, soit : Goutte un verre à jeun, un verre à chaque Diabète arthritique repas et un verre le soir.VIEHY CELESTIN EAU MINÉRALE ALCALINE NATURELLE \u2014 PROPRIÉTÉ DE L'ÉTAT FRANÇAIS MALADIES DES VOIES URINAIRES Gravelle urique et phosphatique Une bouteille par jour comme ci-dessus.Albuminurie des goutteux et des Une demi-bouteille par jour : soit : graveleux i .Un verre à jeun.Cystites.\u2014 Néphrites Un verre une demi-heure avant le repas du midi.Artério-sclérose au début Un verre le soir e MÉFIEZ-VOUS DES IMITATIONS \u2014 PRESCRIVEZ « CELESTINS » Représentants exclusifs pour le Canada.HERDT & CHARTON, Inc.2027, avenue du Collège McGill, - Montréal, Canada.Laval Médical, Québec, septembre 1952 \u2014 Vol.17 - No 7 \u2014 31 VIRALTONIC Dragées Élixir Déficiences nerveuses \u2014 Fatigue intellectuelle \u2014 Fatigue musculaire Anémies \u2014 Convalescence Vitamines et Minéraux : Posologie : Riboflavine LL ee eee oe : 12 mgms.Elixir : 1 a 2 cuillerées à thé avant les repas, Thiamine HCL.40 mgms.trois fois par jour.Niacimide.000 400 mgms.; .; | Fer ammonium citrate.1 gramme Dragées : 2 a 4 dragées par jour.Phosphate de manganese.4 décigrammes Sulfate de strychnine LL 2 mgms.Présentation : Sulfate de cuivre.oo traces ; Elixir aromatique q.s.100 c.c.Flacon 8 oz.Elixir ; flacon de 200 dragées.PRÉPARÉ PAR LES LABORATOIRES JUNOD, GENÈVE, SUISSE.HERDT & CHARTON, INC., MONTREAL.FORMULE : miscible à l\u2019eau.OSMOPAK ioe Tic OSMOPAK est un pansement osmotique émollient composé de 58% de sulfate de magnésie, de 1 - 2% de benzocaine et de 1 - 25,000 de vert brillant, dans une base OSMOPAK est recommandé dans tous les cas d\u2019infection en général, clous, furoncles, plaies diabétiques, etc., et dans le traitement d\u2019inflammation ou d\u2019infections locales purulentes des mains, des pieds ou de tout autre tissu sous-cutané.L\u2019'OSMOPAK procure le maximum de drainage avec un minimum de perte de tissu.Il est aussi recommandé dans la cervicite et la vaginite.Présentation : Pots de 115 et 577 grammes.Échantillon médical et documentation sur demande.Agents exclusifs au Canada : HERDT & CHARTON, INC, 2027, avenue du Collège-McGill, Montréal, P.Q.32 \u2014 Laval Médical, Québec, septembre 1952 \u2014 Vol.17 \u2014 No 7 Septembre 1952 LAavaL MEDICAL 1019 Jacques TurcoT, Québec : Aspects de la pathologie des capillaires et des lymphatiques ; Georges-Étienne CARTIER, Montréal : Les troubles de la circulation veineuse superficielle et profonde (Diagnostic et traitement) ; Richard Lessarp, Québec : Les troubles de la circulation artérielle (diagnostic) ; Gustave AUGER, Québec : Les troubles de la circulation artérielle au niveau des membres (traitement).En discussion : Pr Henri HERMAN, doven, Lyon.PROGRAMME SOCIAL MARDI, LE 23 SEPTEMBRE 1952 10 h.00 a.m.Inscription au Winter Club ; Visite des exhibits scientifiques et commerciaux.5 h.30 p.m.Vin d\u2019honneur de I\u2019Association (sur invitation).8 h.30 p.m.Salle des promotions, université Laval : Séance solennelle d\u2019ouverture du Congrès ; Cinquantenaire de l\u2019Association des Médecins de langue française du Canada et Centenaire de la Faculté de médecine.Remise de doctorats d\u2019honneur : Pr Émile BLAIN, directeur général de 'A.M.L.F.C.: Pr Charles VÉZINA, doyen de la Faculté de médecine, Laval ; Dr Marc TRUDEL, président du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec ; > Pr Jean-Baptiste JoBIN, président du XX 11° Congrès.Remise de diplômes d\u2019honneur aux Drs J-Avila DENON- COURT, Jos.NORMAND et J.-L.ROCHEFORT.Allocutions : Mer Ferdinand VANDRY, recteur : Dr Charles VEzINA ; Dr Jean-Baptiste JoBIN ; Dr Émile BLAIN ; Dr Marc TRUDEL ; S.E.Monsieur Hubert GUERIN, ambassadeur de France au Canada. 1020 10 h.4 h.10 h.12 h.6h.10 h.7 h.00 p.m.00 p.m.00 p.m.00 00 p.m.00 p.m.00 p.m.Lavar.MÉDICAL Septembre 1952 Vin d\u2019honneur offert par la Faculté de médecine dans le vieux réfectoire des prêtres de l\u2019université Laval.MERCREDI, LE 24 SEPTEMBRE 1952 Thé au Château-Fontenac avec démonstration florale.Grand concert par Raoul Jobin, de l\u2019Opéra de Paris, au Palais-Montcalm.JEUDI, LE 25 SEPTEMBRE 1952 Déjeuner-revue des Modes au Château-Frontenac.Buffet froid des exposants au Winter Club.Cinéma artistique au Palais-Montcalm : Paris \u2014 Le Pape \u2014 Les cathédrales de France \u2014 Le ski \u2014 Québec.VENDREDI, LE 26 SEPTEMBRE 1952 Banquet de clôture avec coquetel et bal au Château- Frontenac.FORMULE DE BULLETIN DE LOGEMENT COMITÉ DU LOGEMENT, a/s du Docteur Richard Therrien, 34, de la Fabrique, QUÉBEC, P.Qué.Prière de réserver, à une des hôtelleries suivantes (indiquer votre préférence par les chiffres 1, 2, 3, etc.) Le CHATEAU-FRONTENAC HOTEL SAINT-LOUIS HOTEL CLARENDON QU.HOTEL VICTORIA Lo HOTEL SAINT-ROCH .CHATEAU-LAURIER KENT HOUSE MAISON DE TOURISTES lit simple chambre(s) 4.lit double Le lits jumeaux avec bain ou douche \u2026 sans | ALENTERYL Traitement de choix dans les : DYSENTERIES BACILAIRES DYSENTERIES AMIBIENNES DYSPEPSIES FERMENTATIVES DIARRHÉES ESTIVALES ENTÉRITES COLITES Formules : Chaque comprimé contient : Iodochloroxiquinoléine.\u2026.\u2026 0.25 gr.Charbon adsorbant.0.15 g.Présentation : Flacon de 20 comprimés.Flacon de 100 comprimés.Posologie : Un ou deux comprimés 3 fois par jour après les repas.Préparé par les LABORATOIRES JUNOD, GENÈVE, SUISSE.Représentants exclusifs au Canada HERDT & CHARTON, INC.2027, avenue du Collège McGill, Montréal.Laval Médical, Québec, septembre 1952 \u2014 Vol.17 \u2014 No 7 \u2014 33 (14) GOUTTE - RHUMATISME SCIATIQUE DPRAZINE SCIATICA A mg LT] G = i 4 0 = GRANULE EFFERVESCENT Hexaméthylénetétramine, Benzoate de Lithine, PIPERAZINE, Bicarbonate de Soude, SOUFRE COLLOIDAL SPECIALEMENT RECOMMANDEE DANS LES CAS DE: CYSTITE, PYELITE, GRAVELLE URIQUE ET DANS LES AFFECTIONS DES VOIES URINAIRES Echantillon médical envoyé sur demande.LES LABORATOIRES SPARTOL Paris - Montréal.Représentants exclusifs pour le Canada HERDT & CHARTON, Inc., 2027, avenue du Collège McGill, Montréal, Canada.34 \u2014 Laval Médical, Québec, septembre 1952 \u2014 Vol.17 \u2014 No 7 Septembre 1952 Lavar MÉDicAL 1021 x A , à être occupée(s) par : \u2026 AVANT-MIDI APRÈS-MIDI Lu SOIRÉE Date du départ.1000 A ee eee ee ee re ee IMPORTANT : Vu l\u2019achalandage dans la plupart des hôtelleries à l\u2019époque du Congrès qui coïncide avec les fêtes du Centenaire de l\u2019unix versité Laval et à l\u2019affluence de visiteurs attendus à cette occasion, la direction des hôtels insiste pour que chaque chambre soit occupée par au moins deux personnes.Ceux qui viendront seuls voudront bien indiquer ci-dessous, s\u2019il y a lieu, le nom d\u2019un autre congressiste avec lequel 1ls n\u2019ont pas d\u2019objection à partager une même chambre (à deux lits) : Adresse.LA A AA A A Veuillez indiquer, s\u2019il y a lieu, à quel titre vous participez au congrès : INVITE.RAPPORTEUR.OFFICIER DE I\u2019ASSOCIATION.(Les hôtelleries confirmeront vos demandes de réservation.) 1022 LavaL MéEpicaL Septembre 1952 Nouvelle édition du Manuel Horner offerte gratis aux intéressés La deuxiéme édition du Manuel Horner est maintenant préte pour la mise en distribution.Dans le but de rendre service aux membres du Corps médical et des professions alliées, la compagnie Frank W.Horner a compilé dans ce seul recueil une foule de données techniques sur l\u2019emploi et l\u2019interprétation des procédés de laboratoire dans le diagnostic.Ce compendium commode, présenté sous format de poche de bonne durée, met à la portée de la main toute une gamme de références pratiques telles que normes physiologiques, données de chimie du sang, données et méthodes en hématologie, tests fonctionnels de certains organes, diagnostic et traitement de l\u2019empoisonnement.I! présente de plus les procédés à suivre dans l\u2019examen du contenu gastrique, du liquide séminal, de l\u2019urine et du fluide cérébrospmnal.La portée des états anormaux révélés par ces tests est discutée dans chaque cas.Le Manuel Horner a été mis au point après plusieurs mois d\u2019étude, de classement et d\u2019évaluation d\u2019une somme énorme de données recueillies de sources innombrables.Ces renseignements furent comparés soigneusement avec les découvertes cliniques actuelles pour s\u2019assurer de leur exactitude et de leur uniformité.Les éditeurs du Manuel, adoptant les suggestions offertes par lafprofession médicale, ont jugé bon d\u2019en écarter toutes les données n\u2019ayant aucune portée pratique.Médecins, étudiants en médecine, infirmières, techniciens de lIabo- ratoire, pourront se procurer gratis, un exemplaire du Manuel Horner en écrivant à Frank W.Horner Limited, Casier postal 6139, Montréal, Qué."]
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