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Titre :
Laval médical
Éditeur :
  • Québec :Faculté de médecine, Université Laval,1936-1971
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec
  • Successeur :
  • Vie médicale au Canada français
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Références

Laval médical, 1952-01, Collections de BAnQ.

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[" \u20142\u2014-\u2014 ae.at ui 3 = 7 \u2014 SE of 3 A BO iniiioiiierhiise F293 ns wi = Analg iden rani Phe ait és = 2.4 I on 5 HE es A \u2014\u2014 eZ \u2014\u2014 = ea ' =.= | 0 ce \u2014 \u2014 \u2014\u2014 Sn \u2014\u2014 = SN \u2014- \u2014\u2014 1684 - \u2014_\u2014\u2014 1914 VERE R 1} \u2014 ©, BIBLIOTHEQVE a JA 3 SAINT SVT PICE moyen \u2019 4 Jp db fe\u201d «fe fe fe +, + ev PE.Sar 4 \u2014 -.\u2014 4 h 38 J Vor.17 \u2014 No 1 QuEBEC, JANVIER 1952 LAVAL MEDICAL BULLETI N D E LA SOCIÉTÉ MÉDICALE 8 DES OPIT AUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC § Traitement des « macroeyt« air +s MATUREX\" No 340 \u2014 Renferme: Vitamine Bu ,, Estomac desséché, Acide folique.Acide 9 scorbique | mu Sulfate fer?reux P.B.\u20ac et Extrait de foie.a t \\ acon i Eh.« MATUREX\" Non fe x No 341 Formule du N° 340, Ton 4 EE LA 00 SE ns tate ferreux.e ' e a Ean \u201c , .capsules.posologie moyenne ee MATUREX nie ants 1s) No 33 8 \u2014 ripe! les mémes de chacune de ce s prépara- EE SN jents du ve le 340 mais @ un dosage fi ole 3 fois por EE mains élevé.Ca psules plus petites destinées jons: une \u20ac caps is P om a aux enfants jour après les repas.ER EN « MATUREX\" Non ferreux (\u20ac nfants s) N 339 \u2014 Formule ns Sulfate \u201cserreux.du N° 338.5 & HARRISON LIMITÉE EEN ee AYERST: McKENNA a Biologistes et Pharmaciens ® + MONTRÉAL CANADA ee VITAMINE Dr INJECTABLE Boîtes de 6 ampoules, 15 microgrammes par c.c.Vials 10 c.c., 30 microgrammes par c.c.USINES CHIMIQUES DU CANADA, INC.1338, Lagauchetière est, MONTRÉAL. LAVAL MÉDICAL VOL.17 N° 1 JANVIER 1952 LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC Président : 1951 MEMBRES CORRESPONDANTS ÉTRANGERS .le professeur A.CLERC, de Paris.M.M.M.M.M.M.le professeur A.LEMIERRE, de Paris.le professeur René CRUCHET, de Bordeaux.le professeur Jean BRAINE, de Paris.le professeur Raoul KouriLsky, de Paris.le professeur Albert JENTZER, de Genève.le professeur Henry L.Bocxus, de Philadelphie.COMPOSITION DU BUREAU M.le professeur Donat LAPOINTE.Vice-président : M.le professeur P.-A.POLIQUIN.Secrétaire-général : M.le professeur Maurice Giroux.Trésorier : Membres : (5) M.le docteur C G.STMARNAUD.MANE des plotepséurs- Silvio HÉEBLOND, Henri MAR- ; çoux et François Rov.af, Jes docteurs Eustace : Midaté èr 1, \u201cBE: 4E Dir\u2019! 1956: 7 Lava\u2026 MÉDicaL Janvier 1952 LISTE DES MEMBRES MM.ALLARD, Eugène, AUDET, Jacques, AUGER, Carlton, AUGER, Gustave, BEDARD, Arthur, BrAUDET, Hector, BEAUDRY, Maurice, BEAULIEU, Maurice, BERGERON, Geo.-A., BLANCHET, Roméo, BONENFANT, J.-Ls, BOULANGER, Jacques, CAOUETTE, Maurice, CAOUETTE, Robert, CARON, Sylvio, Caron, Wilfrid, CaucHon, Roland, CAYER, Lomer, Craver, Marcel, Côré, Chs-E., CôTé, C.-E., CôTE, J.-Chs, Côré, Paul-Émile, CourLLarD, Éd., CouLoMBE, Maurice, CouronvaL., Louis, A DELAGE, ie : Demers, F.-X° 2 °° DESCHENES, J.-P.DESMARAIS, André, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital Laval.à la Faculté de médecine.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.la Clinique Roy-Rousseau.> x à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hoôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.\\ a à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.° y »° G20» >», °8e *# LP , +0 * 0e pitt wil \"det [x Creche.I OPI ital des Antiens Combattants.À l'Hôpital Je PEnfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de médecine.>; a Janvier 1952 MM.DesmeuLes, Roland, DEsrOCHERS, Gustave, DE SAINT-VicTOR, Jean, DorvaL, Chs-H,, Drouin, Guy, Ducaz, J.-Paul, Ducat, Ls-Paul, Duvuis, Pierre, Fiser, P.-Emile, FISHER, J.-G., FoLey, A.-R,, FORTIER, de la Brog., FORTIER, Émile FORTIER, Guy, FORTIER, Jean, FRENETTE, Olivier, GAGNÉ, François, GAGNON, Fabien, Gavrisois, Paul, GARANT, Oscar, Gaumonp, Émile, GAUTHIER, Chs-Auguste, GAUVREAU, Léo, GENDRON, Ph, GIGUÈRE, Alphonse, GinGRras, Rosaire, Giroux, Maurice, GossELIN, Jules, GOURDEAU, Yves, GRANDBOIS, Jean, GRAVEL, J.-A, GRÉGOIRE, Georges, GREGOIRE, Jean, Guay, Marcel, Lavar MÉDICAL 3 à l\u2019Hôpital Laval.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital Laval.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôprtal de l\u2019Enfant-Jésus.à la Faculté de médecine.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacremet.la Faculté de médecine.\"= -\u2014 as.l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.x à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.- 3 a \u2019'Hopital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de médecine.Hôpital Laval.x jo a > a \u2019Hopital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.au Dispensaire antituberculeux.à la Faculté de médecine.à l\u2019Hôtel-Dieu. 4 Lavar MEbpicaL Janvier 1952 MM.HaLLE, Jules, à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.Hupon, Fernando, à l\u2019Hôtel-Dieu.JACQUES, Andre, à l\u2019Hôtel-Dieu.Join, Albert, à l\u2019Hôtel-Dieu.JoBiN, J.-Bte, à l\u2019Hôtel-Dieu.JoBIN, Joachim, à l\u2019Hôtel-Dieu.JoBIN, Pierre, a la Faculté de médecine.JoLic®UR, Amyot, à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.pe LACERTE, Jean, pp LapoucEur-Duvuis, Paule, a LALIBERTÉ, Henri, » LAncLois, Marcel, LAPOINTE, Donat, à l\u2019Hôpital de la Crèche.LAPOINTE, Henri, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.LAROCHELLE, Jean-Louis, à l\u2019Hôtel-Dieu.LAROCHELLE, Napoléon, à l\u2019Hôtel-Dieu.LAROCHELLE, Paul, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.LARUE, Antoine, à l\u2019Hôpital de la Crèche.LArUE, G.-Henri, à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.\u2019 Hôpital Saint-Michel-Archange.Hôpital du Saint-Sacrement.LARUE, Lucien, al > LAVERGNE, Nérée, à | Lavoig, Roland, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.LEBLOND, Sylvio, à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.LesLonDp, Wilfrid, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.© LEcLerc, L.-Ph,, LerFeBVRE, Lucien, l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.a l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.a Lemieux, Jean-M., l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.© Lemirux, Lionel, la Clinique Roy-Rousseau.> Lemieux, Renaud, l\u2019Hôpital du Samnt-Sacrement.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.[so LEessarp, J.-Marc, an LessarD, Richard, a LessarD, Robert, oy LETARTE, François, Janvier 1952 MM.MARANDA, Émilien, M Arcoux, Gendron, M aArcoux, Henri, Marois, André, MARTEL, Antonio, M ARTIN, Charles-A., MERCIER, Arthur, Micuaup, J.-Thomas, MILLER, J.-Chs, Moreau, Alphonse, Morin, Eustace, Morin, J.-Edouard, NADEAU, Honoré, Naup, Robert, Pack, Robert, PAINcCHAUD, Chs-À., ParincHauD, Paul, PAQUET, Adrien, PAQUET, Albert, PAQUET, Berchmans, PAraDIs, Bernard, Parapis, Yvon, PaTry, Laurent, PayEur, Léo-R., PELLETIER, Alphonse, PELLETIER, J.-Émile, Perron, Edmour, PETiTcLERC, J.-Louis, PETITGREW, Antoine, PICHETTE, Henri, PLAMONDON, Marcel, PoLiquiN, Paul, Por vin, A.-R,, PouLior, Antoine, Lavar.MÉDICAL à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.a la Clinique Roy-Rousseau.à l\u2019Hôprtal du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.à l\u2019Hôpital de la Miséricorde.à l'Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jësus.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus. 6 Lavar MéÉDicaz Janvier 1952 MM.Reip, Léonide, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.REINHARDT, Georges, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôpital Laval.l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.ROGER, J.-Paul, l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.Rousseau, Louis, l\u2019Hôpital Laval.Rousseau, Marie, à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.Qo RicHARD, Philippe, a RinrreT, Lucien, - RocHETTE, Paul, © À ao 9 Roy, L.-François, Roy, Ls-Philippe, Royer, Louis, © © a Royer, Maurice, l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.Jl\u2019Hôpital des Anciens Combattants.fo SAINT-ARNAUD, Grégoire, fo Samson, Euchariste, © Samson, Mathieu, a Samson, Maurice, > SAULNIER, Georges, po SCHERRER, Roland, a SiMARD, Philippe, l\u2019Hôpital de la Miséricorde.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôpital Laval.a SiMARD, René, [ou Sirois, Jean, pa SYLVESTRE, Ernest, la Faculté de médecine.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.a THERIEN, Mercedes, a THERRIEN, Richard, mo THIBAUDEAU, Roland, a l\u2019Hôpital du Samt-Sacrement.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.TREMPE, Florian, Qo.TURCOT, Jacques, TurcoT, Roland, Turcotte, Maurice, © a av l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.VERGE, Willie, l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.VERREAULT, J.-E., la Faculté de médecine.VÉZINA, Charles, à l\u2019Hôtel-Dieu.VOYER, Victorin, a \"Hopital du Saint-Sacrement.Vacuon, Malcolm, © = RÈGLEMENTS de la SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC MEMBRES La Société se compose de membres titulaires, de membres adhérents et de membres correspondants.Peuvent devenir membres titulaires : les professeurs et les agrégés de la Faculté de médecine ; les chefs de Service dans les hôpitaux universitaires.Peuvent devenir membres adhérents : les \u2018assistants dans les Services hospitaliers et dans les laboratoires universitaires.Les membres adhérents ne font partie de la Société que pendant la durée de leurs fonctions universitaires, Les membres correspondants sont élus parmi les notabilités médicales canadiennes et parmi les médecins et savants étrangers qui peuvent apporter à la Société une contribution utile ou qui ont des titres à sa reconnaissance.Pour être élu membre de la Société, à quelque titre que ce soit, il faut : 1° Que le candidat soit proposé par écrit au Bureau de direction par un membre titulaire ; 2° Que sa candidature soit soumise aux membres de la Société lors d\u2019une séance régulière ; 3° Que le candidat recueille la majorité des suffrages des membres présents à la séance suivante. 8 LAava\u2026 MÉDICAL Janvier 1952 La qualrté de membre de la Société se perd, 1° Par la démission ; 2° Par la radiation prononcée, pour motifs graves, par l\u2019assemblée générale comprenant au moins la moitié des titulaires, à la majorité des deux tiers des membres présents ; 3° Par le refus de régler sa cotisation annuelle pendant deux années consécutives.OFFICIERS Le Bureau de la Société se compose d\u2019un président, d\u2019un vice- président, d\u2019un secrétaire et d\u2019un trésorier.Le Conseil d\u2019administration se compose des membres du Bureau et de trois membres de la Société élus pour trois ans.Ces derniers, de même que le secrétaire et le trésorier qui sont élus pour un an, sont indéfiniment rééligibles.Le président et le vice-président sont élus pour un an.Ils ne sont rééligibles qu\u2019une fois.RESSOURCES Les ressources de la Société proviennent des cotisations et souscriptions de ses membres ; des dons et legs ; des subventions qui pourraient lui être accordées.La cotisation annuelle, payable en janvier, est de $5.pour les membres titulaires et de $3.pour les membres adhérents.Les membres reçus lors des séances d\u2019octobre, novembre et décembre ne sont pas sujets à la cotisation pour l\u2019année courante.La cotisation n\u2019est pas exigée des professeurs émérites.RÉUNIONS A.\u2014 Une assemblée générale des membres de la Société se réunit au moins une fois l\u2019an.1° Pour entendre Ie rapport du Conseil d\u2019administration sur la situation générale de la Société ; Janvier 1952 Lavar MÉDicaL 9 2° Pour entendre le compte rendu, par le secrétaire, des travaux de la Société pendant le cours de l\u2019année ; 3° Pour entendre le rapport du trésorier ; 4° Pour procéder à l\u2019élection des officiers.L\u2019Assemblée générale des membres de la Société aura lieu à l\u2019École de médecine.B.\u2014 Les séances.En dehors de la période des vacances (juillet et août) les séances ont lieu tous les premier et troisième vendredis de chaque mois, sauf le premier vendredi de janvier et le Vendredi saint.Les séances ont lieu soit à l\u2019École de médecine, soit dans les hôpitaux universitaires.On tient un procès-verbal des séances.Ordre des séances 1° Lecture et adoption du procès-verbal ; 2° Discussion à propos du procès-verbal ; 3° Correspondance ; 4° Présentation de malades ; 5° Lecture des travaux.Les séances ne doivent pas durer plus de deux heures.À moins d\u2019une autorisation préalable et exceptionnelle du président, quinze minutes seulement sont allouées pour chaque présentation ou communication.La discussion consécutive à chaque présentation ou communication est limitée à cinq minutes.Texte et résumé des communications Le texte de toute communication faite devant la Société doit être déposé séance tenante entre les mains du secrétaire pour publication dans le Laval médical.Un résumé succinct (une vingtaine de lignes) des travaux doit étre annexé au texte intégral.Ces formalités sont de rigueur absolue. 10 Lava\u2026.MÉDICAL Janvier 1952 INVITÉS Les membres de la Société médicale de Québec sont admis aux séances de la Société médicale des Hôpitaux universitaires.PUBLICATIONS Aucune communication ne peut être publiée au nom de la Société sans l\u2019approbation du Bureau. COMMUNICATIONS CONSIDERATIONS SUR L\u2019ANIRIDIE * par Jacques BOULANGER du Service d\u2019ophtalmologie de I\u2019Hépital des anciens combattants Les malformations oculaires suscitent toujours la curiosité de l\u2019observateur.Rarement rencontrée dans les cliniques journalières, l\u2019aniridie offre, à l\u2019occasion, un intérêt remarquable.L'observation d\u2019un aniridique de dix-huit mois nous donne l\u2019occa- tion d\u2019étudier les aspects variés de cette manifestation dysembryologique.OBSERVATION O.M.est né à terme d\u2019une mère multipare.C\u2019est la grandeur anormale des pupilles qui éveille, par hasard, l'attention, au cours d\u2019un examen de routine.On suspecte alors l\u2019aniridie, l\u2019enfant n'ayant reçu, localement, aucun mydriatique ni aucun cycloplégique.Devant une telle possibilité l\u2019examen ophtalmologique et général s\u2019impose.* Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 16 mars 1951. 12 Lavar MÉDiCaL Janvier 1952 [.Examen ophtalmologique : Les paupières et les conjonctives sont normales.Il n\u2019y a pas d\u2019exophtalmie ou d\u2019énophtalmie, ni de micro- ou macrophtalmie.Les cornées sont de dimensions, de forme et de transparence normales.Les pupilles, très élargies, couvrent l\u2019aire cornéenne.La skiascopie laisse entrevoir un reflet très large du fond d\u2019œil.Le cristallin apparaît libre d\u2019opacités.L\u2019équateur nous apparaît comme formant une circonférence linéaire concentrique au limbe.Du côté interne, dans chaque œil, on peut compter, à loisir, quelques procès ciliaires.La tension oculaire s\u2019est révélée normale : œil droit, 24 millimètres de mercure ; œil gauche, 30 millimètres de mercure.Incidemment, au cours de l\u2019anesthésie générale, nous avons remarqué une légère baisse de 5 à 7 millimètres du tonus, au fur et à mesure que l\u2019anesthésie devenait plus profonde.A notre grande surprise, le fond d\u2019œil paraît normal : la papille est bien constituée, ainsi que, en son centre, l\u2019épanouissement vasculaire.Apparemment, 1l n\u2019y a pas d\u2019aplasie maculaire.La rétine ne présente pas de plis.La choroïde sous-jacente est normale en épaisseur et en pigmentation.L'enfant n\u2019a pas de douleurs ni larmoiement.Mais, il souffre, à un certain degré, de photophobie.La fixation est movenne et troublée, de temps en temps, par des secousses de nystagmus qui sont de courte durée.La présence, toutefois, de ce nystagmus intermittent, du type ex anopsia, laisse planer un doute sur l\u2019intégrité fonctionnelle de la macula.II.L\u2019examen général : Il est pratiqué par le docteur E.Déchène et se lit comme suit : « Enfant présentant un rachitisme moyen.Retard marqué de la fontanelle antérieure qui est encore grande ouverte.« Retard dentaire : huit dents au lieu de douze.« Légère cyphose lombaire.Ne se tient pas debout.« Légère hypotonie généralisée. Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 13 « Les organes profonds : cœur, poumons, foie et rate, sont sans particularités.« Les réflexes sont difficiles à interprêter, étant donné l\u2019âge de l\u2019enfant.«Le psychisme semble normal, étant donné l\u2019âge du malade et le milieu d\u2019où il vient.» Avez-vous suivi la description clinique de ce malade ?Vous vous rendez compte de la coexistence de signes oculaires et de signes généraux.Les signes oculaires sont l\u2019aniridie, la petitesse de la C.A., la photophobie, la mauvaise fixation et le nystagmus intermittent.L\u2019aniridie ou iridérémie est l\u2019absence congénitale d\u2019iris.Cliniquement, on parle d\u2019absence totale, quoique, anatomiquement, il existe souvent une frange de tissu irien plus ou moins modifié, dissimulée dans l\u2019angle.L\u2019examen anatomo-pathologique mettrait en évidence ce rudiment d\u2019iris, mais il est rarement pratiqué.L\u2019affection est presque toujours bilatérale.L\u2019orifice pupillaire, qui, dans ses limites normales, mesure entre 2 et 7 millimètres de diamètre, est considérablement agrandi et se confond avec le diamètre transparent de la cornée.On observe à souhait le reflet spontané du fond d\u2019œil, entravé qu\u2019il puisse être par les opacités cristallmiennes fréquentes, réalisant le type de cataracte polaire ou zonulaire, ou par les ectopies.Des troubles du vitré, et des foyers de choroïdite complètent souvent le tableau.Souvent, aussi, la rétine est décollée.L\u2019œil est parfois hypertendu.En effet, 40 pour cent des aniridiques font du glaucome, dit Duke-Fider.L\u2019humeur aqueuse ne peut s\u2019écouler, à cause des modifications de l\u2019angle de filtration.Elle semble être produite en quantité normale.Cette simple constatation donne le coup de barre défimitif à la théorie qui confie à l\u2019iris le rôle sécrétoire et exclusif de l\u2019humeur aqueuse.On a noté aussi 'aplasie de la macula.A cela, s\u2019ajoutent des troubles moteurs qui se manifestent par du nystagmus du type ex anopsia.Fonctionnellement parlant, ces modifications anatomiques et physiologiques entraînent une gêne visuelle considérable.L'évaluation de la 14 Lavar MEbpicaL Janvier 1952 fonction varie énormément d\u2019un aniridique à l\u2019autre et dépend de l\u2019adaptation Individuelle.Ici, l\u2019âge de l\u2019enfant ne nous permet pas d\u2019établir, dès à présent, la valeur de son œil ; nous pouvons néanmoins prévoir un pronostic plutôt sombre.Le diagnostic de l\u2019aniridie s\u2019établit à la suite d\u2019un examen sérieux et détaillé.L\u2019observateur prudent aura vite entrevu le diagnostic différentiel avec le colobôme très large ou une mydriase submaximale médicamentause.La question du traitement curatif ne se pose pas.Le traitement préventif consiste à interdire aux aniridiques de contracter mariage entre eux.L\u2019explication de cette défense réside dans les constatations suivantes.En effet, dans les malformations oculaires, comme en tératologie générale, on peut distinguer une genése morphologique, et une genése étiologique.| \u2019étude de la première découle de l\u2019anatomie et de l\u2019embryologie normales.On s\u2019en prend alors à la défectuosité du germe, fondement de l\u2019aniridie hérédo-familiale qui nous fournit de véritables fratries d\u2019ani- ridiques.Le facteur hérédité joue certainement un grand rôle et sa valeur mérite d\u2019être considérée.L\u2019étude de la seconde repose sur des causes internes et externes.On parle alors des inflammations dues à la syphilis, la rubéole, etc.On accuse aussi les toxines, les rayons X qui, parfois, viennent détruire les cellules embryologiques très radiosensibles.On parle encore de compressions anormales au niveau des feuillets ectodermiques amenant un arrêt de développement de toutes les formations qui en découlent.Ces théories explicatives ne semblent pas avoir éclairé le problème de façon satisfaisante.C\u2019est pourquoi 1l faut pousser plus loin l\u2019étude de l\u2019aniridie.Les signes oculaires sont plutôt restreints chez notre petit malade.Mais, nous avons noté chez lui des signes généraux dignes de mention : rachitisme, ouverture de la fontanelle, retard dentaire, cyphose, etc.Le psychisme paraît normal, mais attendons. Janvier 1952 Lava.MÉDicAL 15 La compilation des cas d\u2019aniridie, nous porte à croire qu\u2019il ne faut pas considérer I\u2019aniridie comme une affection isolée, confinée a I\u2019ceil, mais plutôt comme un symptôme important d\u2019un syndrome oculo-soma- tique et même mental.De plus, les examens, les épreuves réalisées chez les aniridiques, ont montré que les porteurs de cette malformation oculaire présentaient souvent le complexe d\u2019oligophrénie, à condition, cependant, que l\u2019on s\u2019en tienne à la définitition suivante, à savoir : « Débilité mentale, intellectuelle ou affective, affectée à une hypoplasie du système nerveux, avec retard dans le développement somatique.» L\u2019idée d\u2019hérédité à caractère récessif doit être rattachée à celle de débilité mentale ou affective.Ce point capital d\u2019hérédité expliquerait le caractère héréditaire du complexe anirido-oligo-phrénique, et la spécification d\u2019hérédité récessive expliquerait les cas d\u2019aniridie sporadique.C\u2019est alors que l\u2019aniridie, considérée sous cet angle neuro-psycho- logique et ophtalmologique, nous offre un horizon plus vaste qu\u2019il importe de contempler pendant quelques instants.L'idée d\u2019étiologie morphologique, basée sur l\u2019anatomie et l\u2019embryologie normales, remonte à la surface.Les travaux des neuro-anatomistes nous sont ici d\u2019un précieux secours et mettent en vedette la valeur des relations entre les voies optiques et la base du cerveau.C\u2019est toute l\u2019anatomie du thalamus et de l\u2019hypothalamus qu\u2019il faut considérer avec attention.Ce dernier est formé, en avant, par les voies optiques et, en arrière, par la partie antérieure de l\u2019infundibulum contenant des noyaux importants du système organo-végétatif.L\u2019association de ces noyaux avec l\u2019œil est réelle anatomiquement.On sait d\u2019ailleurs, que ces noyaux et l\u2019hypophyse s\u2019unissent ou se désunissent dans leur action physiologique, formant complexe dont les modalités peuvent agir dans les deux sens : œil \u2014système nerveux ; hypophyse \u2014 vice versa.A l\u2019appui de ces données anatomiques et physiologiques, notons que la vésicule optique et l\u2019hypophyse se développent en même temps que le plancher du troisième ventricule auquel l\u2019embryologie les rattache.On conçoit alors aisément la possibilité et l\u2019explication de troubles pathologiques communs. 16 Lavar MÉDICAL Janvier 1952 La liste des maladies oculaires avec troubles mentaux et déficience somatique peut s\u2019allonger : maladie de Tay-Sachs ; rétinites pigmentaires ; dégénérescences tapéto-rétiniennes ; maladie de Steinert.Il n\u2019est donc plus possible de constater la coexistence de troubles oculaires, somatiques et mentaux comme un simple hasard.Il convient donc de ne plus parler d\u2019aniridie, mais plutôt de complexe anirido- somatique.Krause, de Chicago, a beaucoup étudié la question et a groupé une foule de syndromes oculaires sous l\u2019étiquette Congemital encephalo- ophtalmic dysplasia, sous laquelle je fais entrer notre petit aniridique de dix-huit mois.Les constatations antomiques, embryologiques et psychologiques que nous venons de faire constituent un chapitre assez récent de la neuro- ophtalmologie susceptible d\u2019intéresser, non pas seulement l\u2019ophtalmologiste, mais aussi le neurologiste et le psychiatre et, par extension, l\u2019anatomiste et le pédiatre.BIBLIOGRAPHIE ELDER, Sir Duke, Text book of ophtalmology.Traité d\u2019ophtalmologie.WoLr, Anatomy of the eve and orbit.Book of the year, Eve, ear, nose and throat, 1948.ScHACHTER, M., et OURGAND, Archives d\u2019ophtalmologie, tome 8 ,n° 4.KrausE, Arch.of ophtalmologv, 387, 1946.OFFRET, Guy, L\u2019œil et le diencéphale.woh = Nov wn BRONCHOGRAPHIE ET SUBSTANCES OPAQUES HYDROSOLUBLES * par Jules HALLÉ, Lionel MONTMINY et Marcel BILODEAU du Service de broncho-æsophagoscopie de l\u2019Hôpital Laval Les dilatations bronchiques sont fréquemment observées au cours de Ja tuberculose pulmonaire.Les signes cliniques et radiographiques ne peuvent pas toujours affirmer, cependant, à eux seuls, l\u2019existence de bronchiectasies.Il faut, dans certains cas, ajouter à nos moyens de recherche l\u2019instillation endobronchique de substances opaques.Celles- ci, en permettant de mieux voir les contours des images, contribueront souvent a mettre en relief un amas de dilatations bronchiques, 1a où nous suspections l\u2019existence d\u2019une caverne ou d\u2019une infiltration du parenchyme.La thérapeutique et l\u2019acte chirurgical en seront dès lors considérablement modifiés.Quelle substance employer ?Nous avons cru intéressant de communiquer les observations faites à l\u2019Hôpital Laval depuis quelques mois sur l\u2019emploi de substances hydrosolubles et de les comparer brièvement avec les substances huileuses encore généralement utilisées.* Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 9 novembre 1951.(6) 18 Lavar MÉDICAL Janvier 1952 Un article récent publié dans Diseases of the Chest, journal officiel de l\u2019American College of Chest Surgeons, définit ainsi les qualités que doit avoir la substance opaque en bronchographie : 1° Elle ne doit pas produire d\u2019irritation au poumon et ne pas causer de réactions générales ; 2° Elle doit se mélanger aux sécrétions bronchiques ; 3° Elle doit être facilement et rapidement éliminée des poumons ; 4° Il faut qu\u2019elle remplisse ou dessine même les plus petites bronches, sans envahir le parenchyme ; 5° Elle doit maintenir l\u2019opacification pendant un temps suffisant pour permettre la prise de radiographies ; 6° Elle doit être suffisamment opaque et sa technique d\u2019administration, très facile.Les substances huileuses, et parmi elles le lipiodol, sont peu irritantes pour les bronches et délimitent bien les images.Mais, elles ont l\u2019inconvénient, par suite de leur texture, de ne pas se mélanger aux sécrétions bronchiques.Elles donnent, de ce fait, des images de remplissage incomplet, lorsque des sécrétions stagnent dans les petites bronches.Les solutions huileuses ont un autre désavantage.Elles demeurent longtemps dans les bronches et dans le parenchyme.Cette stase est particulièrement marquée dans les cas où, par suite d\u2019un état pathologique bronchique, les moyens mécaniques d\u2019expulsion sont réduits au minimum.Les exemples ne manquent pas où la substance contrastante est demeurée dans les voies aériennes inférieures pendant des semaines, des mois et, parfois, des années.Sa décomposition donne alors naissance à des produits irritants pour la muqueuse et pour l\u2019alvéole pulmonaire.On rapporte, de plus, quelques accidents graves causés par des embolies, à la suite de la pénétration accidentelle de substances huileuses dans la voie sanguine.Les recherches ont été dirigées depuis quelques années vers la découverte d\u2019une substance opaque répondant davantage aux qualités rê- sumées par Diseases of the Chest.Des poudres diverses furent pulvér1- sées dans l\u2019arbre bronchique sans fournir les résultats attendus.Les substances hydrosolubles paraissent avoir plus de succès. Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 19 Il y a actuellement dans le commerce deux produits hydrosolubles, l\u2019un suisse, l\u2019autre suédois.Nous avons expérimenté avec le produit suédois et nous sommes reconnaissants au président de la filiale américaine de Astra Pharmaceutical Products, Inc.* de nous avoir fourni gracieusement le matériel nécessaire à nos recherches.ll s\u2019agit de l\u2019Umbradil, désigné, aux États-Unis, sous le nom de Xumbradil.C\u2019est une solution aqueuse de diéthanolamine et de cellulose carboxyméthyli- que.La solution est additionnée d\u2019un anesthésique local, la xylocaine à 5 pour cent.La solution se présente sous forme d\u2019un liquide incolore, stable, pouvant se conserver à la température de la chambre.Sa viscosité est comparable à celle des solutions huileuses.Sa limpidité peut être modt- fiée quand la substance est longtemps exposée à la lumière.Hellstrom et Holmgren ont fait des expériences avec l\u2019Umbradal chez des chats et chez des lapins.Ils ont recherché la réaction du tissu pulmonaire à la suite de l\u2019injection endobronchique.Ils ont constaté, histologiquement, une congestion banale, non spécifique, comparable à celle obtenue à la suite de l\u2019instillation dans la bronche de sérum physiologique.Le composé iodé est éliminé par la voie rénale.La cellulose carboxyméthylique est ingérée par les phagocytes alvéolaires.La principale contre-indication à l\u2019usage du produit est la néphrite aiguë.Il n\u2019est pas recommandable de l\u2019utiliser, pas plus que le lipiodol, dans certaines infections broncho-puimonaires aiguës et chez les grands asthéniques.Les dangers d\u2019aggravation de l\u2019infection sont cependant moindres, par suite de l\u2019élimination rapide de la substance.TECHNIQUE Nous employons la technique suivante : injection de morphine et d\u2019atropine, une heure avant l\u2019examen.L\u2019anesthésie générale est exceptionnelle et réservée uniquement aux enfants qui ne peuvent coopérer.Nous pratiquons l\u2019anesthésie locale à l\u2019aide de la pontocaïne, soit quatré centimètres cubes d\u2019une solution à deux pour cent en pulvérisation dans le pharynx et l\u2019hypo-pharvnx et deux centimètres cubes d\u2019une solution à * Monsieur Borje F.Jalar. 20 Lavar MÉDicaL Janvier 1952 un demi de un pour cent en instillation dans le larynx et les bronches.Il faut procéder lentement afin d\u2019obtenir une bonne anesthésie des muqueuses.Une bronchoscopie est alors pratiquée, afin de bien aspirer de visu toutes les sécrétions retenues dans les bronches.Le malade est ensuite conduit au Service de radiologie où nous nous servons de sondes opaques en gomme pour diriger, sous écran fluoroscopique, la substance contrastante dans tel lobe ou dans tel segment de [obe.Une inclinaison différente est donnée à la table, selon qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une bronchographie de la base, de la région moyenne ou du sommet.Nous instillons lentement et sans pression une quantité pouvant aller jusqu\u2019à quinze centimètres cubes de la substance opaque.L'arrivée et le cheminement de la solution dans l\u2019arbre bronchique sont suivis à la fluoroscopie.La substance a tendance à couvrir la muqueuse d\u2019une mince couche sans obstruer la lumière endobronchique.En raison de cette plus faible imprégnation et par suite de la tendance de la solution à envahir les alvéoles, il faut procéder plus rapidement pour la radiographie.Il est recommandable d\u2019utiliser la même pénétration que pour une radiographie ordinaire.Des clichés sont tirés dans les trois positions, antéro- postérieure, latérale et oblique.Nous avons intentionnellement, dans tous nos cas, évité le drainage postural, afin de mieux juger de la disparition de la substance hydrosoluble par les voies d\u2019élimination ordinaires de l\u2019organisme.Le malade en rejette une grande partie par la toux et les expectorations.La moitié de la substance opaque est disparue après trente minutes et presque complètement après une heure.Dans aucun cas, nous n\u2019avons pu retrouver la substance dans les bronches ou dans les alvéoles pulmonaires, cinq heures après l\u2019examen.De plus, les malades n\u2019ont présenté aucune manifestation particulière, dans les heures ou les jours qui ont suivi.RESUME En résumé, nous avons analysé les avantages de l\u2019emploi de substances hydrosolubles en bronchographie et nous avons rapporté nos propres expériences avec le produit suédois, l\u2019Umbradil, ou le Xumbradil américain.Nous avons constaté que la mise en relief des images est Janvier 1952 Lavar.MÉDICAL 21 moins accentuée avec cette substance qu\u2019avec le lipiodol, mais reste suffisante pour une bonne interprétation.La technique avec l\u2019Umbradil est sensiblement la même que celle employée avec la substance huileuse, mais elle demande un peu plus de rapidité dans son exécution.Dans tous les cas, le produit est bien toléré.Il est également éliminé très rapidement, ce qui, à notre avis, constitue un avantage remarquable sur les solutions huileuses.BIBLIOGRAPHIE 1.ATWELL et PEDERSEN, A water-soluble contrast medium for broncho- graphy, Diseases of the Chest, 18 : (décembre) 1950.2.HELLSTRÔM, B., et HormoreNn, Hj., The reaction of the lung in bronchography with viscous Umbradil, Umbradil and Carboxy- methylcellulose, Acta Radiol., 32 : 471, 1949.3.MoracEes, O., Further studies with viscous Umbradil.Its indications and technical applications, Acta Radiol., 32 : 317, 1949.4.MoratLes, O., et HErwinNker, H., A viscous, water-soluble contrast preparation.Preliminary Report, Acta Radiol., 30 : 257, 1948.SCHELANSKI, H.A, et CLARK, A.M., Physiological action of sodium carboxymethylcellulose on laboratory animals and humans, Food Research, 13 : 29, 1948.Vi CONDUITE A TENIR EN ANESTHÉSIE AU COURS DE LA CHIRURGIE CARDIO-VASCULAIRE * par Bernard PARADIS de l\u2019Hôpital des anciens combattants et de l'Hôpital Saint-François d\u2019Assise et Télesphore ROBERT de Hôpital Saint-François d\u2019Assise Le 22 mai 1950, nous étions tout heureux et rempli d\u2019enthousiasme d\u2019avoir l\u2019occasion de nous associer aux docteurs Jean-Louis Petitclerc, Gustave Auger et Jean Fortier pour anesthésier le premier cas de sympa- thectomie péri-aortique, pour le traitement de l\u2019angine de poitrine, chez un vétéran de l\u2019Hôpital des anciens combattants de Québec, Monsieur F.A la fin de l\u2019intervention, qui avait duré cinq heures, plus que satisfaits de l\u2019état de notre patient, nous pensions déjà à de nombreuses interventions de ce genre.* Présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 16 novembre 1951. Janvier 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 23 La deuxième intervention, chez Monsieur D., le 3 juillet 1950, a été un échec thérapeutique imputable à la nature de l\u2019affection cardiaque.Il ne s\u2019agissait pas d\u2019une angine pure, mais d\u2019un rétrécissement aortique presque complet.Nous avons, ultérieurement, anesthésié les deux premiers cas de ligature de la veine cave inférieure présentés par le docteur Jean Fortier.Cecr dit, résumons succinctement, en nous basant sur les recherches et les travaux faits dans les grands centres de chirurgie cardio-vasculaire, sur la littérature actuelle la plus orthodoxe et sur notre expérience acquise au cours de l\u2019anesthésie des cardiaques en chirurgie générale ou spécialisée, la conduite que nous croyons devoir suivre, actuellement, quand 1l nous faut anesthésier des cardiaques.Schématiquement, voici nos conclusions : A.AVANT L\u2019OPÉRATION 1° Appareils spéciaux désirables : 1.Détecteur d\u2019anhydride carbonique ; 2.Oxymètres { Van Slyke, oe \u2018 Mill kan ou Milli kan modifié ; .Electro-phono-cardiogramme ; .Respirateur mécanique ou pulmo-moteur ; Électrodes pour défibrillation au stimulation cardiaque ; woe ow Transfusion intra-artérielle.2° Drogues : Toutes celles prévues ; elles sont prétes d\u2019avance.3° Contrôle complet de l\u2019état du patient : 1.Tests de résistance pulmonaire et cardiaque : tels ceux de l\u2019Institut Lavoisier ; 2.Tests approximatits de risque opératoire ; 3.Certitude du diagnostic. 24 LavaL MEbicaL Janvier 1952 B.PENDANT L INTERVENTION 1.Controle adéquat du systéme nerveux autonome ou neuro- végétatif ; 2.Contrôle adéquat de la respiration ; 3.Contrôle adéquat de la grande et petite circulation ; 4, Contrôle adéquat du rythme cardiaque.C.APRÈS L\u2019INTERVENTION Salle de réveil appropriée.A.AVANT L\u2019INTERVENTION Nous, anesthésistes, étions par le passé, handicapés par l\u2019impossibilité où nous nous trouvions de pouvoir déceler le moindre degré d\u2019anoxémie.Il a été prouvé que la cyanose n\u2019est décelable, même pour l\u2019observateur le plus entraine, que lorsque la saturation artérielle d\u2019oxygène est diminuée d\u2019au moins 30 pour cent de la normale.Les nouveaux appareils à anesthésie ont un détecteur d\u2019anhydride carbonique.L\u2019oxymètre est un appareil permettant de déterminer approximativement l\u2019oxygène dans le sang artériel.Le plus précis est le Van Slyke, mais il requiert l\u2019aide de tehnicens de laboratore.Le Milli kan, modifié par Stephen, Slater, Johnson et Sekely, au département de physiologie de l\u2019université McGill, est plus simple et basé sur une technique photo-électrique.Le contrôle du cœur est nettement facilité par l\u2019électro-phono- cardiogramme ; cet appareil permet de voir constamment le tracé électro- cardiographique ou son inscription continuelle et immédiate, selon les besoins du moment, et, en plus, 1l permet l\u2019amplification de l\u2019auscultation cardiaque.Le respirateur mécanique a pour but d\u2019aider le contrôle de la respiration, s\u2019adaptant à l\u2019amplitude, à la fréquence et à la force désirées.Il y a, actuellement, plusieurs variétés de ces appareils ; certains d\u2019entre eux ont un moteur et d\u2019autres fonctionnent au moyen d\u2019air comprimé. Janvier 1952 LavarL MEbpicaL 25 D\u2019autres, tel celui fabriqué par l\u2019ingénieur Roger Ray, contrôlent et l\u2019inspiration et l\u2019expiration du patient, permettent la respiration assistée et la respiration contrôlée : ce genre d\u2019appareil s\u2019appelle un pulmo- moteur.Pour prévenir une hémorragie foudroyante, au cours de l\u2019intervention cardio-vasculaire présentant ce danger, 1l est de bon aloi d\u2019avoir, prêt à fonctionner, l\u2019équipement requis pour la transfusion intra-artérielle.Celui que nous avons décrit à la dernière séance médicale de cet hôpital, le printemps dernier, se prête bien à nos besoins, nous le croyons, à cause de sa simplicité.De même, il est utile de posséder, sur la table d\u2019instrumentation, les électrodes servant ou à défibriller le cœur ou à le stimuler.Ils peuvent remplacer le massage cardiaque.Toutes les drogues et tous les produits anesthésiques doivent être à portée de main.Est-ce que le diagnostic de la maladie cardiaque en cause est relativement certain?Il le faut si l\u2019on ne veut pas aboutir à un échec.A l\u2019Institut Lavoisier, dirigé présentement par le docteur Fernand Grégoire, un travail magnifique se fait en ce sens ; les tests sur l\u2019état pulmono-cardiaque du patient et sur sa résistance permettent d\u2019établir un pronostic vrai, quant au risque opératoire, et une confirmation ou non du diagnostic posé climiquement.Il existe une série d\u2019indices permettant d\u2019obtenir une idée approximative de la résistance et de l\u2019opérabilité de tel ou tel patient.Les principaux sont : 1° La loi de Moots : Pression du pouls X 100.Pression diastolique Sa normale est de 25 X 75.2° L\u2019index de Froes : pression systolique X 100 Pourcentage d\u2019hémoglobine gl.rouges (en cent mille) En haut de 7, c\u2019est anormal.3° L\u2019index d\u2019énergie de Barach : montant d\u2019énergie permis par le svstéme cardio-vasculaire par minute. 26 Lavar MEeEbicaL Janvier 1952 Pouls X (pression artérielle maximum + pression artérielle minimum).Les deux premiers chiffres donnent l\u2019indice : 13 à 18 = normal ; 10 à 13 18 à 20 fatigue du cœur et défaillance circulatoire ; surcharge circulatoire.4° La capacité vitale : normale = 3,500 centimètres cubes.5° Le test de Crampton.6° Pouls X (T.A.mx \u2014 T.A.mn).100 Normale : 20 à 45 7° L\u2019indice de MekKesson : il peut montrer que l\u2019état s\u2019aggrave durant l\u2019opération ; c\u2019est-à-dire lorsque le pouls monte en haut de 100 et que la pression systolique baisse en bas de 100.Ces indices, il va sans dire, doivent être considérés, non comme infaillibles, mais comme des adjuvants.Il est bon de les connaître.B.PENDANT L\u2019INTERVENTION Nous sommes encore de l\u2019opinion que le système nerveux autonome ou neuro-végétatif Joue un grand rôle dans la genèse de la plupart des troubles per- et postopératoires.Au cours de l\u2019intervention, toute une série de stimuli sont déclenchés au niveau des territoires neuro-végétatifs, lesquels stimuli se poursuivent souvent après la fin de l\u2019opération.À ces excitations répétées, le système nerveux autonome répond par une libération des différents médiateurs, à effets d\u2019abord louables, puis souvent désastreux.Telle est la vaso-constriction initiale conduisant à l\u2019hyperperméabilité vasculaire et au choc.Il y en a beaucoup d\u2019autres.Il y a avantage, croyons-nous présentement, à stabiliser le S.N.A.au cours de l\u2019opération, en agissant sur toutes les voies de l\u2019arc réflexe, sur les centres (barbituriques, morphine, novocaine), sur les voies centripètes et sur les effecteurs (atropine, hyoscine, novocaine, anti- Janvier 1952 LavaL MEpicaL 27 histaminiques), sur les ganglions et les synapses (les curares et curarisants).Disons que le point important est de connaître parfaitement la pharmacodynamie des produits employés et de s\u2019en servir au moment opportun.Il n\u2019y a pas de règles standard à suivre, mais il y a un système nerveux autonome complexe qui varie avec le patient au cours de l\u2019intervention et qui exige une surveillance étroite et une thérapeutique prompte.Le contrôle de la respiration est d\u2019importance également capitale, mais moins connue.Plusieurs ont probablement entendu parler de la technique récente, découverte par Soltero, Faulconer et Bickford, de la Clinique Mayo, permettant le contrôle automatique de l\u2019anesthésie, au moyen d\u2019un appareil électro-mécanique basé sur la relation existant entre la profondeur de l\u2019anesthésie et l\u2019onde électrique produite au niveau du cortex, Nous devons attendre que ce procédé soit bien établi avant de l\u2019utiliser au cours d\u2019une opération importante.Les techniques du contrôle de la respiration se schématisent ainsi sous deux chefs : 1° Respirotion supplémentaire où le centre respiratoire est temporairement imbibé ; 2° Respiration complémentaire où le centre respiratoire n\u2019est pas inhibé, mais où l\u2019arrêt de la respiration est dû à d\u2019autres facteurs.1° Respiration supplémentaire : a) Respiration contrôlée passive : 1.e.au quatrième degré du stade chirurgical ; b) Respiration contrôlée active, c\u2019est-à-dire par diminution de l\u2019anhydride carbonique.2° Respiration complémentaire : a) Respiration sous pression positive de deux à quatre centimètres cubes d\u2019eau constante sur l\u2019inspiration et l\u2019expiration ; 28 Lavar MÉDiCaL Janvier 1952 b) Respiration sous pression additionnée (step-up respiration), c\u2019est- à-dire pression de sept à dix centimètres cubes d\u2019eau, à la fin de l\u2019inspiration pour empêcher l\u2019expiration ; c) Assistée : insufflation complète du poumon à toutes les trois ou quatre inspirations ; d) Compensée : sous pression de sept à dix centimètres d\u2019eau, pression qui alterne avec l\u2019inspiration et l\u2019expiration.L\u2019application de ces diverses formes de contrôle de la respiration doit être faite avec circonspection, quant au choix de la variété qui est requise par les conditions physiologiques du patient.Ces notions sont fondamentales et essentielles en chirurgie thoracique.Pour résumer notre pensée, citons une couple d\u2019exemples.Le cas d\u2019un patient dont la respiration s\u2019accélère à un rythme de 36 à 40 à la minute, sans cause apparente.Comment ralentir la respiration sans approfondir inutilement l\u2019anesthésie?Simplement par quelques respirations sous pressions additionnées, d\u2019une force maximale de dix centimètres d\u2019eau.A la fin de la première inspiration, une deuxième inspiration forcée bloque la première expiration et on agit de la même façon pour la troisième inspiration.Cette action mécanique sur les terminaisons vagales alvéolaires tend à fatiguer le centre respiratoire, à en élever le seuil d\u2019excitation et à ralentir ou arrêter la respiration.Un deuxième exemple.Dans l\u2019arythmie cardiaque d\u2019origine ventriculaire droite par surcharge, lors d\u2019une respiration diminuée en amplitude, comme le fait se présente très souvent au cours des interventions, le retour à la normale du cœur se fait par la respiration complémentaire sous pression positive de sept centimètres cubes d\u2019eau ou sous pression compensée ; alors nous augmentons la pression intrabronchique et intra- pleurale, nous diminuons proportionnellement le retour veineux sanguin au cœur droit, tout en augmentant le temps de remplissage du cœur et tout en diminuant le volume sanguin et I'ondée sanguine du cceur.Le rythme se régularise alors promptement.Si nous avons obtenu une maîtrise, un contrôle presque parfait de la respiration, nous n\u2019en pouvons dire de même du cœur.Regardons Janvier 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 29 cependant où nous en sommes rendus en ce qui touche le contrôle du rythme cardiaque au cours des interventions cardio-vasculaires.Chaque anomalie qui survient dans le rythme cardiaque pose le double problème suivant que l\u2019anesthésiste doit résoudre le plus rapidement possible.1° D\u2019abord, quelle est la nature exacte du trouble rythmique perçu ?Est-ce une simple arythmie d\u2019origine extrasystolienne?ou est-ce une fibrillation de l\u2019oreillette, ou une fibrillation du ventricule ; ou une tachycardie ventriculaire ou d\u2019autre nature?C\u2019est dans ces cas que l\u2019électro-phono-cardiogramme est indispensable et peut résoudre un problème grave.L\u2019auscultation seule se montre impuissante en face de ce problème complexe qu\u2019il faut résoudre dans les minutes qui suivent.2° En deuxième lieu, l\u2019anesthésiste, connaissant la nature exacte du trouble rythmique, doit en trouver la cause.Quel est le facteur responsable?Est-ce d\u2019origine réflexe éloignée du cœur?La position du patient sur la table, une irritation quelconque au niveau de la trachée, des bronches ou du poumon par l\u2019intubation, par des sécrétions, par une longue pression positive ou par une insufflation rapide du poumon, ou encore un changement brusque du volume circulatoire : toutes ces causes peuvent provoquer les réflexes éloignés.x Est-ce, encore, dû à une cause d\u2019origine chimique par les drogues utilisées?Ou encore est-ce produit par une irritation directe au cours des manipulations sur le myocarde, le péricarde ou les sympathiques des vaisseaux du cœur?Autant de questions auxquelles 1l faut répondre tout de suite.Toutes les mesures prophylactiques servant à protéger le cœur doivent être utilisées avant l\u2019intervention.Par exemple la surveillance dans l\u2019administration des électrolytes, la baisse du seuil d\u2019irritabilité cardiaque par la digitaline en application locale sur le myocarde et en injection intraveineuse au cours de l\u2019intervention.Que d\u2019autres encore. 30 Lavar MÉDICAL Janvier 1952 Tous connaissent le massage cardiaque.Il existe une technique bien précise pour le faire.En plus, au cours de ces manœuvres de ressus- citation, il est important d\u2019irriguer les coronaires par pression de l\u2019aorte, Juste au-dessus de l\u2019embouchure coronarienne.En dernier lieu, il faut maintenir un contrôle parfait de la circulation.L\u2019injection des liquides est à surveiller, quant à sa masse et quant à sa nature.CONCLUSION Nous voyons donc le problème de l\u2019anesthésie en chirurgie cardio- vasculaire de cette façon.Nous ne sommes pas en faveur de compliquer inutilement notre travail.Nous croyons cependant devoir connaître tous les angles du problème, avoir à notre disposition tout l\u2019outillage requis et nous familiariser avec celui-ci.Après l\u2019opération, le patient bénéficiera d\u2019une attention spéciale dans une salle de réveil bien organisée.Donc, avant, pendant et après l\u2019opération, l\u2019anesthésiste a une fonction importante à bien remplir.BIBLIOGRAPHIE 1.ALLUAUME, Pulmo-moteur : appareil pour la respiration assistée ou contrôlée, Anesthésie et Analgésie, 8 : 42, (février) 1951.2.BursTEiN, C.S., JAcksoN, À., Bishop, H., et ROVENSTINE, E.A, Curare in the management of automatic reflexe, Anæsthesiology, 409-422.3.CoLE, Frank, The poor risk patient, Current Researches in Anæsthesia & Analgesia, 52, (janvier-février) 1951.4.HARKEN, Dwight, et NorMAN, Leona, The control of cardiac arrhythmia during surgery, Anæsthesiology, 1321, (mai) 1950.5, HuGuENARD, Essai d\u2019anesthésie générale sans anesthésique, Anesthésie, 5, (février) 1951.6.PAraDIs, Bernard, Équilibre du S.N.A.en anesthésie générale et considérations sur le mélange : syncurine-novocaïne, Publication prochaine dans le Laval médical. Janvier 1952 Lavar MÉDpicAL 31 7.PARADIS, Bernard, Massive rapid blood tranfusion via the intra- arterial or mtra-venous routes, Treatment Services Bulletin, 6 : 379, (septembre) 1951.8.PARADIS, Bernard, Syncurine : a new curarising agent, Treatment Services Bulletin.9.SLocum, H., Cooper, Betty, et ALLEN, C., The control of respiration in anæsthesia, Anæsthesiology, 427, (juillet) 1950.10.SoLTERO, Donald, FAULCONER, Albert, et Bickrorm, R., The clinical application of automatic anæsthesia, Anæsthesiology, 574, (septembre) 1951.11.STEPHEN, C.R., SLATER, H.M., Jounson, À.L., et SExrLy, The oxymeter, a technical aid for the anæsthesiologist, Anæsthesiology, (septembre) 1951. LES BACILLES PARACOLI DANS LES ENTÉRITES DE LA PREMIÈRE ENFANCE par Léo GAUVREAU du Département de bactériologie (université Laval) On classe parmi les paracoli un groupe d\u2019enterobacteriaceæ qui, intermédiaires entre les coliformes et les salmonelleæ, leur sont apparentés par leurs propriétés biochimiques et antigéniques.Ils se caractérisent par l\u2019absence de fermentation du lactose ou par la lente fermentation de ce sucre.Bien que le pouvoir pathogène de ce groupe bactérien demeure encore mal défini, la plupart des auteurs (7, 8) tendent, de plus en plus à lui reconnaître un rôle dans l\u2019étiologie de certaines gastro-entérites.C\u2019est ainsi que, au cours d\u2019une étude systématique sur quelques milliers de souches de coliformes, Stuart et ses collaborateurs (1) ont eu l\u2019occasion d\u2019observer, chez quatre techniciens, des infections de laboratoire causées par des paracoli de leur collection.Un accident identique fut signalé en Angleterre par Hobbs, Thomas et Taylor (2), accident dû à une souche de paracoli isolée d\u2019une épidémie d\u2019intoxication alimentaire survenue dans une école.Précédemment, cette même souche s\u2019était d\u2019ailleurs montrée pathogène chez deux volontaires qui présentèrent des signes de » gastro-entérite subséquemment à l\u2019ingestion de la culture.* Une partie de ce travail a été effectuée à la Faculté de médecine de l\u2019université Laval dans le Service du docteur J.-Édouard Morin. Janvier 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 33 L\u2019apparition de nombreux cas de diarrhée, chez les enfants de la Crèche Saint-Vincent-de-Paul, nous a fourni l\u2019occasion d\u2019isoler un nombre important de ces bacilles paracoli dont 50 pour cent étaient agglutimés par les sérums anti-Flexner non saturés du commerce.Cette constatation nous fit penser, pour un moment, à la possibilité d\u2019une épidémie à bacilles paradysentériques.Notre étude a porté sur l\u2019analyse microbienne de 53 échantillons de selles, dont six provenaient du personnel de la cuisine.BACTÉRIOLOGIE Chaque échantillon de selles fut ensemencé, sans dilution préalable, sur des boîtes de Pétri garnies de gélose MacConkey et S S (Shigella- Salmonella) de Difco.Après vingt-quatre heures à l\u2019étuve sur ces milieux sélectifs, toutes les colonies à caractères biochimiques et morphologiques distincts furent repiquées séparément sur une série de milieux, afin d\u2019établir leurs caractères biochimiques propres.Nous avons donc recherché la fermentation du lactose, du glucose et de la mannite ; l\u2019hydrolyse de l\u2019urée ; la production d\u2019indol et d\u2019hydrogène sulfuré : l\u2019utilisation du citrate de sodium comme unique source de carbone ; la production d\u2019acétone par la réaction de Vosges-Proskauer et, finalement, la réduction du rouge de méthyl et des nitrates.Parmi les épreuves d\u2019ortentation destinées à éliminer les salmonella et les shigella, nous avons insisté, tout d\u2019abord, sur l\u2019acidification du bouillon lactosé à 10 pour cent | la production de l\u2019indol et la réduction des nitrates.Les salmonella ne produisent jamais d\u2019indol et les shigella ne réduisent pas les nitrates.Comme certaines souches non indologènes de paracoli ne peuvent être éliminées sérologiquement du genre salmonella, nous avons, par conséquent, ajouté la recherche de l\u2019action sur le saccharose et sur la salicine.Les différents types de paracoli furent étiquetés d\u2019après leurs réactions sur l\u2019Imric (indol, rouge méthyl, Vosges- Proskauer, citrate).Les 47 échantillons de fèces prélevés chez les enfants contenaient 25 souches de bacilles paracoli (tableau n° 1).Sur ce nombre, 17 apparte- 1.Sur les milieux où la concentration en lactose est faible, tels que le milieu de Kligler, la fermentation est souvent nulle après quarante jours.(7) 34 Lavar.MÉDICAL TaBLEAU | PROPRIETES BIOCHIMIQUES Janvier 1952 5g \u2014 2 NUMÉROS 5 = @ od DES 1 |E nm 8 2 \u201ca m m m = ~ ga =\u201c = a fa SOUCHES a 2 8 = = Z ça = É \u201c S| © zZ E|5 6 < 3 212/2/2/2/2/2|/2|12/7 cg 58 S| S|ol|lE|d|a|S| | &|« oc =z Z| = PARACOLOBACTRUM COLIFORMES # © 47 Tl + {4c + + + + ~~ + + - 1-1 +1 + 102 - 2 +e + + + - + + - = + - 24-28-43-51 \u2014 - He ++ +-+] + - - + + 36-71 - + |+ +| + + - |-] + |#+ -|-|+|- 54-108 \u2014 + |+|+|+|+ - + + - =| + + 73-77 \u2014 + |+ + + + -|+|+ -|-|+|- 41 - + |+ + + + - - + |+ -|-|+|+ 91 -\u2014 + {+ + - + + - + + - =| + + 38.111-116 -\u2014 + |+ + =| + =] -]+]+ - = + + 68 \u2014- + +c + - + = - + + - - +.|- PARACOLOBACTRUM INTERMÉDIAIRES 59-66-112 - + + + - |= =] + - =| + - 118 \u2014 ++ = +-+ - 1-1 +] + 109 - te + +|-|-|-|-|# - =| +] + 23 \u2014 \u2014- |+e + + + + -|-|+ + - + + PARACOLOBACTRUM AEROGENOIDES 33 | - | + + | + + + + | + - - | - + Ee 1 LEGENDE &# : Sur milieu de Kligler, aucune des souches n'avait fermenté Ir \u2018artose après cinquante jours, (*) \u2014 : pas de fermentation après cinquante jours.» {°) G : production de gaz. Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 35 naient au type coliforme, 6 au type intermédiaire et 2 au type aerogenes.Parmi ces échantillons, 15 ont fourni des cultures abondantes de paracoli, tandis que les dix autres ne donnèrent que de rares colonies de ces mêmes bacilles paracoli.Dans les 24 autres échantillons de fèces qui ne contenaient pas de bacilles paracoti, les cultures donnèrent de l\u2019Escherichia coli à l\u2019état pur ou associé à diverses enterobacteriaceæ, telles que le pseudo- monas pyocyanea, le proteus mirabilis, le fæcalis alcaligenes et l\u2019aerobacter aerogenes.Des six échantillons provenant du personnel de la cuisine, un seul a fourni une culture de très rares bacilles paracol.SÉROLOGIE Une fois classées d\u2019après leurs propriétés biochimiques, toutes les souches de paracoli furent ensuite soumises à une analyse antigénique aussi poussée que nous le permettait notre collection de sérums spécifiques.Malheureusement, comme nous ne possédions pas de sérums antiparacoli, nous avons dû limiter notre travail à la recherche des antigénes de l\u2019espèce paradysenteriæ et du genre Salmonella.Une premiére analyse effectuée sur lame, au moyen d\u2019un sérum antidysen- térique polyvalent et de sérums saturés antisalmonella, nous a permis de déceler la présence de traces d\u2019antigènes paradysentériques chez neuf cohformes et deux intermédiaires.Des antigènes somatiques du genre Salmonella appartenant aux groupes À, C, F et H furent retrouvés dans les souches C-33, C-41 et C-116.Afin de déterminer la richesse de ces souches en antigène de Salmonella, nous avons complété notre premier examen par des épreuves d\u2019agglutination quantitatives croisées (méthode en tube).Les sérums utilisés à cette fin, furent préparés chez le lapin avec le paratyphi A pour le groupe À, le poratvphi C pour le groupe C et les Salmonella onderstepoort et rubislaw pour les groupes F et H.Tel qu\u2019indiqué au tableau n° II, nous avons retrouvé les antigènes VI, XIV, NXV, à des taux relativement élevés dans les trois souches.Les autres antigènes n\u2019apparaissent qu\u2019à des taux faibles, sauf dans le cas du paracolon C-41 qui est apparu tout particulièrement riche en antigène XI.Cette analyse bactériologique, en apparence fort prometteuse, ne permet pas de déterminer le rôle des bacilles paracoli dans les cas de . TasrLeau Il 9¢ EPREUVES D\u2019AGGLUTINATION CROISEES SUSPENSIONS MICROBIENNES IMMUNSERUMS c.33 c.41 c.116 1, 11 VI, VIII XI VI, XIV, XXV ANTI - c.33 1: 40,560 1:80 1:80 1:640 « \u2014 C.41 1:10,240 1:40 1.610 1:5280 1:160 1:320 1:20 1:20 1:80 « c.116 TVOIGZ]N TVAYT « \u2014 A.(1, 11.) 1:40 1:80 1:40 1:10,000 « \u2014 C.(vi, vi.) 1:20 1:160 1:250 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 a \u2014\u2014\u2014 a \u2014\u2014 « \u2014 F.(x1.) 1:80 1:2560 1:320 1: 20,480 \u2014 1:1280 1:1280 1:2560 1:10,240 « \u2014H.(v1, X1V, XXV.) 7661 J91AUBS Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 37 diarrhée que nous étudions.Contrairement aux observations de Stuart et de ses collaborateurs (1), de Hobbs, Thomas et Taylor (2), lorsque l\u2019on confronte ces résultats avec la clinique, il est absolument impossible d\u2019établir une corrélation entre la gravité de la maladie, d\u2019une part, et la nature et le nombre de germes 1solés, d\u2019autre part.Il n\u2019existe aucun rapport direct entre le nombre de selles émises par vingt-quatre heures et la quantité de germes contenus dans les matières fécales.C\u2019est ainsi que, chez 15 sujets où les fèces contenaient de grandes quantités de bacilles paracoli, le nombre des selles n\u2019a pas excédé cinq par vingt- quatre heures.Dans ce groupe, un seul s\u2019est déshydraté au point qu\u2019il a dû recevoir du soluté physiologique par voie intraveineuse.Par contre, dans les cas où la coproculture n\u2019a fourni que de très rares bacilles paracoli, on a enregistré jusqu\u2019à huit selles en vingt-quatre heures, avec une moyenne de cing, comparativement à 3.5 pour les premiers.Un examen détaillé de chaque cas montre que les trois variétés de paracoli isolées (coliforme, intermédiaire, aerogenes), apparentées ou non aux shigella, ne sont guère plus pathogènes les unes que les autres.Quant aux souches renfermant des antigènes de salmonella, leur nombre étant très restreint, 1l est impossible pour le moment de tirer des conclusions.Si nous examinons le troisième groupe d\u2019enfants où les coprocultures sont demeurées stériles pour les paracoli, nous remarquons que c\u2019est Ici que s\u2019enregistrent la majorité des cas de déshydratation et de mortalité.En effet, sur quatre cas mortels, 1l est intéressant de signaler que deux étaient porteurs de pseudomonas pyocyanea.L\u2019un mourait de septicémie à pyocyanique, tandis que le second, un prématuré, succombait à une perforation intestinale, vérifiée à l\u2019autopsie.Dans les deux autres décès, l\u2019examen donna des cultures à peu près pures d\u2019Escherichia col.Enfin, chez les quatre autres enfants où la déshydratation nécessita l\u2019administration de soluté physiologique, la culture des fèces donna de l\u2019Escherichia coli à l\u2019état pur ou associé à de rares colonies de Proteus mirabilis.CONCLUSION ll se dégage, tout d\u2019abord, de cet ensemble de faits qu\u2019il ne peut s\u2019agir ici d\u2019une épidémie à bacilles paracoli, étant donné la grande 38 Lavar MÉDricaL Janvier 1952 variété de souches isolées sur un nombre de cas aussi restreint.De plus, par suite de l\u2019absence de tout parallélisme entre les résultats bactériologiques et l\u2019évolution clinique, il semble difficile, pour les cas qui nous concernent, d\u2019admettre que ces bacilles puissent être considérés comme les agents étiologiques de ces infections.Enfin, si l\u2019on considère : 1° comme l\u2019affirment Hobbs et ses collaborateurs (2), que les paracoli sont fréquemment retrouvés dans les selles de convalescents relevant d\u2019infection à salmonella ou à bacille dysentérique ; 2° que la plupart de ces entérites sont survenues à une époque où sévissaient la grippe et la rougeole, nous sommes portés à croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un épiphénomène.Les paracoli joueraient alors un rôle de microbes de sortie au cours de diarrhées consécutives à un état grippal, morbilleux ou à toute autre infection à répercussion digestive.REMERCIEMENTS (le L\u2019auteur tient à remercier M Françoise Potvin pour l\u2019aide technique apportée au cours de ce travail.BIBLIOGRAPHIE 1.STUART, C.A., WHEELER, K.M., Rusrtician, R., et ZIMMERMAN, A., J.Bact., 45 : 101-119, 1943.2.Hoses, B.C., Tuomas, M.E.M.et Tavror, J., Lancet, 2 : 530- 532, 1949.3.Barnes, L.A.et CHERRY, W.B., Am.J.Pub.Health, 36: 481-483, 1946.4.McNair, T.F., CorieLr, L.L., Davis, H., et Bourses, B.H,, J.Bact., 34 : 277, 1947, 5.STUART, C.A., et VAN STRATUM, E., J.Pediat., 26 : 464-469, 1945.6.Epwarps, P.R., West, M.G., et BrunEr, D.W., J.Bact., 55 : 711-719, 1948.7.Moran, A.B., et Bruner, D.W., J.Bact., 58 : 695-700, 1940.8.BurTIiAaUx, R., et KEstELooT, A., Ann.Inst.Pasteur de Lille, 1 ; 103-104, 1948. MÉDECINE EXPÉRIMENTALE CONTRIBUTION A L\u2019ÉTUDE DU PROBLÈME DE L\u2019ANESTHÉSIE DANS LA CHIRURGIE THORACIQUE ET PULMONAIRE * Le pentothal par Adrien PAQUET anesthésiste à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement et à l\u2019Hôpital Laval INTRODUCTION « La nature des choses est bien plus aisée à concevoir lorsqu\u2019on les voit naître peu à peu, que lorsqu\u2019on les considère que toutes faites.» , DESCARTES, ; Discours de la Méthode.Il y a un peu plus de cent ans, en 1839, un des grands maîtres de la chirurgie française, le professeur Velpeau, écrivait, dans un volume de médecine opératoire : « Éviter la douleur en chirurgie est une chimère qu\u2019il n\u2019est plus permis de poursuivre aujourd\u2019hui.» * Reçu pour publication le 15 janvier 1949, 40 Lava\u2026 MéÉDiCcaL Janvier 1952 Or, pour peu qu\u2019il soit vrai que l\u2019imprévu des découvertes et l\u2019ingéniosité des recherches dépassent toute prévision et toute limitation, à peine trois ans plus tard, en 1842, Crawford Long réussissait une première anesthésie générale par inhalation d\u2019éther.C\u2019était la naissance de cette chose étonnante qui, avec les années, était appelée à devenir la belle spécialité de l\u2019anesthésie.À une époque où la chirurgie entrait, elle aussi, dans une ère de développement intense et où, de jour en jour, elle faisait reculer les limites de ses possibilités, il était nécessaire que cet adjuvant vint apporter sa part de contribution à tous les perfectionnements de la chirurgie et rendit possibles des actes opératoires qui, hier, étaient encore du domaine des chimères.Ce n\u2019est que depuis le début du siècle que l\u2019art de l\u2019anesthésie est devenu réellement une science et une spécialité médicale, grâce au travail ardu de médecins qui ont su comprendre et découvrir toute la complexité du problème anesthésique.Au tout premier début, quelle que fut la nature de l\u2019intervention, c\u2019était déjà un succès que d\u2019avoir conservé la vie à un patient sous narcose.Mais trop nombreux étaient les échecs et trop importantes les séquelles pitoyables qui s\u2019en suivaient.Dans une deuxième étape, ce fut le contrôle des complications éventuelles de cette thérapeutique et, dès lors, les hécatombes se faisant plus rares, la confiance dans l\u2019avenir de l\u2019anesthésie laissait prévoir des succès futurs.Puis, vient des États-Unis le développement extraordinaire de la mécanique qui a fourni dans le domaine de l\u2019anesthésie des appareils dont le perfectionnement a permis l\u2019application pratique de données scientifiques encore inexplorées et qui étaient toujours demeurées du domaine purement théorique.Il n\u2019est pas téméraire d\u2019affirmer que l\u2019anesthésie moderne peut répondre pratiquement à tous les besoins chirurgicaux, quelle que soit la condition bonne ou mauvaise du patient et quelle que soit la nature de l\u2019acte opératoire.Il va de soi que les difficultés anesthésiques varient avec les besoins chirurgicaux.Ainsi, combien facile est devenue l\u2019anesthésie pour les interventions sur les membres.Par contre, beaucoup plus compliquée Janvier 1952 Lavar MÉpicaL +1 est la narcose dans la chirurgie abdominale et, plus spécialement, la chirurgie de l\u2019étage supérieur de l\u2019abdomen, là où 1l est nécessaire d\u2019obtenir, non seulement un relâchement musculaire complet, mais aussi un contrôle parfait de l\u2019amplitude des mouvements respiratoires qui, souvent, sont à peine perceptibles, grâce aux techniques anesthésiques.Les succès sont déjà grands et pour la chirurgie et pour l\u2019anesthésie.Mais 1l fallait encore aller plus loin, et, dès lors, par étapes progressives, le chirurgien et l\u2019anesthésiste se sont attaqués au problème de la chirurgie thoracique et pulmonaire.La solution du problème de l\u2019anesthésie dans la chirurgie pulmonaire paraît être l\u2019apogée du contrôle des difficultés de la narcose.À toutes les difficultés que l\u2019on rencontre dans l\u2019anesthésie pour la chirurgie générale, s\u2019ajoutent encore les complications de travailler sur des organes vitaux malades où toutes perturbations dans le fonctionnement physiologique font naître des problèmes nouveaux dont la solution relève des connaissances et de l\u2019habileté de l\u2019anesthésiste.Elle conduit celui-ci à un sommet et, si le développement des techniques de chirurgie thoracique a contribué à l\u2019avancement de cette spécialité, il est certain que ses plus beaux résultats sont en rapport avec le contrôle du problème de l\u2019anesthésie.Ce problème est complexe et difficile.Il comporte des controverses, des chocs d\u2019idées, des approbations et des désapprobations qui mettent bien en évidence toute la difficulté du problème.C\u2019est de cette question de l\u2019anesthésie en chirurgie thoracique et pulmonaire que nous voulons vous entretenir dans les pages qui suivent.L\u2019ANESTHÉSIE EN CHIRURGIE THORACIQUE ET PULMONAIRE Première Partie ETAT ACTUEL DE LA QUESTION Notions de physiologie Afin de rendre plus compréhensible le problème de l\u2019anesthésie en chirurgie pulmonaire, il est de première importance de rappeler quelques 42 Lavar MÉDICAL Janvier 1952 notions élémentaires de la physiologie respiratoire chez l\u2019individu normal, puis chez l\u2019individu qui souffre de lésions pulmonaires importantes et qui devra subir une anesthésie pour une intervention chirurgicale thoracique ou pulmonaire.Chez l\u2019individu normal, les phénomènes de la respiration sont conditionnés par des mouvements d\u2019expansion et de rétraction d\u2019une cage thoracique osseuse fermée à sa base par un organe musculaire, le diaphragme, qui agit sur la cage thoracique à la manière d\u2019un piston avec des mouvements de contraction, de va-et-vient continuels.Le poumon, qui est contenu dans la cage thoracique, est un organe expansible hermétiquement fermé de toutes parts et qui ne possède qu\u2019une seule ouverture avec l\u2019extérieur, le larynx.Les deux poumons sont séparés par une formation anatomique appelée médiastin ; celui-ci contient le cœur et les gros vaisseaux qui s\u2019en dégagent.Toutes ces formations anatomiques : cage thoracique, plèvre, poumons, médiastin et les organes qu\u2019il contient, vaisseaux et cœur, Jouissent d\u2019une élasticité relative et fonctionnent suivant un rythme régulier et des principes de base qui les rendent solidaires les unes des autres.Le fonctionnement normal de l\u2019expansion et de la rétraction d\u2019un poumon ne peut se faire sans le même fonctionnement normal du poumon du côté opposé et toutes modifications dans la physiologie respiratoire d\u2019un seul côté aura sa répercussion sur le fonctionnement du côté opposé.Cela est encore plus réel pour ce qui concerne le bon fonctionnement des organes du médiastin et ce fonctionnement normal des organes du médiastin ne peut être réalisé sans l\u2019expansion normale de la cage thoracique qui exerce constamment une traction permanente et rythmée (au rythme de la respiration) sur ce médiastin, à la manière de deux élastiques qui, de chaque côté du médiastin, maintiennent une traction variable avec l\u2019inspiration et l\u2019expiration, mais une traction toujours égale et balancée des deux côtés.La raison d\u2019être de cette expansion thoracique est de permettre la pénétration de l\u2019air extérieur par l\u2019ouverture du larynx dans l\u2019alvéole pulmonaire pour pouvoir suffire au besoin de l\u2019oxygénation normale, pendant que la raison d\u2019être de la rétraction thoracique est de permettre l\u2019évacuation de l\u2019air inspiré et l\u2019élimination des déchets de la respiration. Janvier 1952 Lavar MÉDicAL 43 Les contractions du diaphragme et l\u2019action des muscles intercostaux sur la cage thoracique provoquent une augmentation du diamètre antéro- postérieur du thorax ; puis, le vide pleural agit pour maintenir les surfaces pariétales du poumon au contact de la cage thoracique et permettre ainsi une dilatation de tout l\u2019arbre pulmonaire et créer un appel d'air extérieur qui pénètre en abondance dans le pharynx, le larynx et la trachée pour s\u2019insinuer dans tous les espaces libres des alvéoles pulmonaires.Toutes les parties du poumon n\u2019ont pas une expansion égale et l\u2019oxygénation du sang varie en rapport avec le degré d\u2019expansion des différentes régions alvéolaires.L'action d\u2019expansion du thorax fait naître une diminution de résistance de la pression veineuse et, à ce moment, une grande quantité de sang est attirée et pénètre dans l\u2019oreillette droite.Toutes les altérations, si minimes soient-elles, dans le fonctionnement normal de ce système sont de nature à créer des perturbations de la physiologie respiratoire.NATURE DES OPERATIONS Les affections qui sont appelées à bénéficier des avantages de la chirurgie thoracique se divisent en deux catégories.Tout d\u2019abord, les affections traumatiques de la cage thoracique et des organes qu\u2019elle contient : plèvre, poumons, médiastin, cœur et vaisseaux.Ces affections relèvent de la pathologie chirurgicale et comportent toutes les blessures accidentelles qui peuvent intéresser tout l\u2019appareil respiratoire.Les formes cliniques de toutes ces affections traumatiques et accidentelles sont variables à l\u2019infini et sont conditionnées par tous les hasards si imprévus de toutes les causes d\u2019accidents.Aussi, pendant la dernière guerre, la pathologie chirurgicale de la cage thoracique a-t-elle fourni un champ clinique très vaste à la chirurgie thoracique par la multitude des cas qu\u2019elle a apportés et par la diversité de la nature des affections à traiter.Un grand nombre de blessés thoraciques ont des lésions dont l'importance est moindre et peuvent bénéficier d\u2019une thérapeutique chirurgicale appropriée qui relève des techniques les plus simples. 44 Lava\u2026 MÉDICAL Janvier 1952 Ces sujets ne présentent que peu d\u2019importance et ils peuvent être classés dans les cas qui relèvent de la chirurgie thoracique mineure.Peu intéressante encore est la catégorie des trop grands blessés thoraciques, ceux chez qui les lésions sont trop importantes et l\u2019état général toujours mauvais et que le chirurgien se contente de laisser mourir après des soins d\u2019urgence qui, eux-mêmes, sont jugés d\u2019aucune utilité.Du point de vue chirurgical, le blessé thoracique intéressant est celui qui présente des lésions pulmonaires importantes qui lui réservent un sort fatal sans le secours de l\u2019intervention chirurgicale, et plusieurs blessés ont maintenant le plaisir de vivre, grâce à la mise en œuvre d\u2019une intervention chirurgicale souvent audacieuse mais appropriée.Ces cas relèvent de la chirurgie thoracique majeure.Puis, en deuxième lieu, les affections qui relèvent de la chirurgie thoracique sont fournies par la pathologie médicale.L'intervention chirurgicale devient alors un complément de la thérapeutique médicale et la question de la possibilité d\u2019une intervention chirurgicale thoracique ou pulmonaire ne se pose seulement après que les moyens thérapeutiques médicaux se sont avérés insuffisants.En présence de l\u2019échec de la thérapeutique médicale, la chirurgie thoracique et pulmonaire intervient, audacieuse et confiante, pour faire reculer les limites des possibilités de guérison de cette grande catégorie de malades, de tous les malades pulmonaires.Nombreuses sont les maladies qui peuvent bénéficier de la chirurgie thoracique et pulmonaire.Tout d\u2019abord, toutes les infections qui intéressent la structure osseuse de la cage thoracique, puis les affections de la plèvre qui prennent une importance tellement grande dans les pleurésies tuberculeuses chroniques, souvent infectées secondairement, et qui ont, comme complication, des fistules broncho-pleurales.Puis, les affections du poumon, spécialement, la tuberculose pulmonaire cavitaire, les kystes du poumon, les abcès du poumon, le cancer du poumon, les maladies des bronches, toutes les suppurations bronchiques : les bronchectasies, le cancer bronchique, les scléroses bronchiques.La chirurgie thoracique permet même des interventions sur des organes extrathoraciques, telles que les gastrectomies par voie transthoracique. Janvier 1952 LavarL MÉDICAL 45 CONDITIONS PATHOLOGIQUES DES MALADES Etat général Dans les maladies accidentelles traumatiques de la cage thoracique, il va de soi qu\u2019habituellement ces blessés présentent, en plus de leur état pulmonaire, un état de choc presque constant ; la pression artérielle est basse, le pouls, petit, souvent à peine perceptible ; la transpiration est abondante et la pâleur est marquée.Cet état de choc est aggravé par les lésions thoraciques, le thorax est ouvert et la plaie saigne abondamment.Cet état général très mauvais complique davantage le problème de l\u2019anesthésie et les conditions de travail sont habituellement très défavorables.Pour les indications opératoires d\u2019ordre médical, les malades qui doivent être opérés sont presque toujours des malades chroniques dont l\u2019état général a été atteint par de longues affections qui ont diminué la résistance de ces individus.Il peut arriver que ces sujets, préparés par une longue cure de repos et de traitements dans les sanatoriums, présentent un état général floride, mais, même dans ces cas, la résistance d\u2019un individu au repos ne peut pas être celle d\u2019un individu sain, en pleine activité.Dans la majorité des cas, les sujets à opérer sont des débiles souvent anémiés, dont la formule sanguine est déficiente, et qui, en plus de leur état pulmonaire, présentent des états pathologiques associés, soit du côté du cœur, du foie et des reins, soit mème du côté du système nerveux.Évidemment, avant une intervention chirurgicale, ces malades sont soigneusement préparés à l\u2019acte chirurgical par une thérapeutique médicale intense où les plus grandes insuffisances organiques sont corrigées et maintenues aussi rapprochées que possible de l\u2019état normal.C\u2019est donc dire que la seule considération de l\u2019état général des malades à opérer procure déjà à l\u2019anesthésiste des difficultés considérables et que, dans le choix de l\u2019anesthésique et des techniques anesthésiques, 1l devra tenir compte de ce premier facteur d\u2019embarras.CONDITIONS PATHOLOGIQUES CRÉÉES PAR L\u2019ÉTAT PULMONAIRE DES PATIENTS En plus d\u2019un état général toujours déficient, l\u2019opéré thoracique pose encore plusieurs problèmes spéciaux dont la nature relève, soit de la 46 LavaL.MéÉDicaL Janvier 1952 pathologie des organes malades, soit de la perturbation de la physiologie de ces organes, créée par l\u2019acte opératoire.Le pneumothorax Un état pathologique important est celui qui est causé par le pneumothorax.Le pneumothorax est constitué par la présence d\u2019air dans la cavité pleurale.Que celui-ci soit traumatique ou thérapeutique, il a pour effet de provoquer des perturbations de la physiologie de l\u2019arbre respiratoire.Pour plusieurs mterventions, le pneumothorax aura, tout d\u2019abord, été institué de façon thérapeutique, longtemps avant la date de l\u2019opération et le malade aura le temps de s\u2019habituer à ses nouvelles conditions respiratoires.Cette adaptation de longue durée est un avantage.Par contre, le pneumothorax spontané, au cours d\u2019une intervention, est un facteur de trouble dont 1l faut tenir compte dans l\u2019appréciation des risques anesthésiques.I! est la source d\u2019un état de choc possible.II affaisse le poumon, fait naître la respiration paradoxale et diminue la capacité vitale.Respiration paradoxale Les moditications de la respiration apportées par la présence d\u2019un pneumothorax donnent ce type respiratoire appelé respiration paradoxale dont les manifestations sont absolument l\u2019inverse des lois établies en physiologie.En effet, le pneumothorax fait disparaître le vide pleural et rend amsi impossible la traction faite sur le poumon au moment de l\u2019inspiration et le poumon s\u2019affaisse.Cette traction n\u2019est pas modifiée du côté sain et il se fait une rupture dans l\u2019équilibre de tension égale et balancée des deux côtés.La pression devient beaucoup plus grande du côté sain, l\u2019expansion pulmonaire de ce côté est exagérée et les mouvements inspiratoires créent un appel d\u2019air beaucoup plus considérable.Cet appel d\u2019air, par ailleurs, provoque un vide du côté malade et l\u2019on voit, à l\u2019inspiration du côté malade, le poumon déjà affaissé avoir un mouvement non pas d\u2019expansion, mais de rétraction.Pendant l\u2019expiration, au contraire, l\u2019in- Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 47 fluence de la succion positive de l\u2019air qui pénètre dans le poumon n\u2019existe plus et le poumon rétracté tend à avoir un mouvement d'expansion réduit au minimum.C\u2019est ce paradoxe qui a fait donner le nom de respiration paradoxale à ces phénomènes.Des troubles sérieux causés par cette respiration paradoxale se produisent alors dans l\u2019organisme.Il existe une augmentation de l\u2019acide carbonique et une diminution d\u2019oxygène du sang.Ces deux derniers facteurs, augmentation de l\u2019acide carbonique et diminution de l\u2019oxygène du sang, ont pour effet une stimulation exagérée du centre respiratoire dont la réponse est une dyspnée intense.En dépit de l\u2019augmentation du rythme des mouvements d\u2019inspiration et d\u2019expiration, la cyanose apparait, graduelle et constante.De plus, l\u2019équilibre de tension des deux poumons qui sert à maitriser l\u2019uniformité de pression sur le médiastin est rompu ; il se fait des tractions sur cet organe d\u2019où naissent des difficultés mécaniques de compression qui gênent l\u2019apport normal du flot sanguin au cœur droit.L\u2019organisme lutte contre ces états pathologiques et 1l s'établit des moyens de compensations qui font que le sujet s\u2019adapte à ces nouvelles conditions.I] en résulte toujours une diminution de la capacité vitale qui peut être réduite souvent de 25 pour cent, mais, par contre, il se produit une augmentation de l\u2019hémoglobine et des hématocrites du sang.La capacité vitale est constituée par l\u2019air respiratoire, l\u2019air comple- mentaire et l\u2019air de réserve.Cette capacité vitale est importante dans les échanges gazeux des anesthésiques et toutes les diminutions de la capacité vitale d\u2019un malade peuvent compliquer les problèmes de la narcose.L\u2019atélectasie pulmonaire L\u2019actélectasie pulmonaire est un état spécial du poumon dont les alvéoles sont privés d\u2019air et dont les capillaires sont fortement congestionnés.Les conséquences de ces états ne sont peut-être pas aussi grandes que celles apportées par la présence d\u2019un pneumothorax avec sa respiration paradoxale, mais elles sont cause, tout de même, de la diminution 48 Lava\u2026.MÉDiCAL Janvier 1952 de la capacité vitale, au même titre que toutes les affections qui ont comme conséquence la diminution du champ de l\u2019hématose.Le pneumothorax à soupape Les plaies de la partie supérieure du thorax se ferment facilement et se compliquent difficilement, étant donné le peu d\u2019expansion des mouvements respiratoires, à ce niveau.Mais, par contre, les plaies de la partie inférieure du thorax resteront souvent béantes et, à cause de la grande mobilité de la cage thoracique à ce niveau et du déplacement d\u2019air de chaque inspiration et expiration, elles constituent le pneumothorax à soupape ; à chaque effort de toux, l\u2019air a tendance à pénétrer dans la cage thoracique pour aboutir à un thorax très distendu.Cette distention de la cage thoracique entraîne des compressions du médiastin et, en plus des troubles inspiratoires, elle comporte la possibilité de compression des gros vaisseaux contenus dans ce médiastin et il s\u2019ensuit des troubles circulatoires importants.Ligatures La ligature d\u2019un pédicule pulmonaire est un acte chirurgical nécessaire, mais personne n\u2019osera prétendre que ce temps opératoire est inoffensif et n\u2019a pas sa répercussion importante sur le comportement du malade, au cours de l\u2019intervention.Une intervention pour une lobectomie peut s\u2019effectuer aussi normalement que possible jusqu\u2019au moment de la ligature du pédicule pulmonaire.C\u2019est le temps tragique de toute l\u2019intervention et c\u2019est à ce moment que l\u2019anesthésiste voit s\u2019effondrer l\u2019état de son malade.La pression baisse et tombe même à zéro ; le pouls devient petit, souvent même imperceptible ; le malade est pâle et la transpiration, abondante.Les mouvements respiratoires ne sont maintenus que par la respiration contrôlée, la pupille se dilate, le malade est mal.Il va de soi que l\u2019anesthésiste a prévu toutes ces éventualités et qu\u2019il a fait intervenir dans sa thérapeutique tous les moyens de réanimation qui conduisent au succès de l\u2019intervention.Telles sont, de façon générale, les conditions pathologiques qui influencent l\u2019état des malades pulmonaires.Ces conditions pathologiques Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 49 ont une grande importance et ce sont tous des facteurs dont l\u2019anesthésiste doit tenir compte dans \"administration de ses drogues anesthésiques, au cours des interventions chirurgicales thoraciques et pulmonaires.Il va de soi que, en plus de ces conditions pathologiques déjà défavorables, s\u2019ajoutent tous les éléments de pronostic qui sont fournis par un examen préopératoire complet et où sont soigneusement notées les insuffisances de tous les autres systèmes : cardio-vasculaire hépatique et rénal.C\u2019est seulement après une connaissance approfondie de tous ces facteurs que l\u2019anesthésiste doit faire le choix de la médication pré- anesthésique, de l\u2019anesthésique ou des anesthésiques à administrer, de la technique anesthésique, de la conduite à tenir pendant l\u2019anesthésie, des analeptiques et des moyens de réanimation.Toutes ces conditions de travail sont d\u2019une excessive importance et le résultat d\u2019une intervention hasardeuse comme une lobectomie est conditionné par la perfection apportée à la réalisation de chacun de ces points primordiaux.C\u2019est d\u2019une vue d\u2019ensemble de tous ces phénomènes que nous allons maintenant vous entretenir.MEDICATIONS PRELIMINAIRES Il est conventionnel de ne pas comprendre dans la médication préliminaire toutes les médications plus ou moins éloignées que le patient a pu recevoir comme préparation à son intervention chirurgicale.C\u2019est ainsi que ne sont pas comprises dans cette médication les injections de foie de veau ou les petites transfusions qu\u2019un malade pulmonaire, dont la formule sanguine est un peu basse avant une intervention thoracique, peut recevoir dans le but d\u2019une préparation éloignée à son intervention.La préparation d\u2019un malade à l\u2019intervention peut se diviser en une préparation éloignée à l\u2019opération qui relève du spécialiste en médecine et aussi en une préparation immédiate dont la thérapeutique relève de l\u2019anesthésiste.Il est conventionnel d\u2019accepter comme médication préliminaire toutes les médications prescrites par l\u2019anesthésiste dans le but immédiat de préparer le malade à un acte anesthésique et opératoire qui sera institué sans retard.(8) 50 Lavar MEbicaL Janvier 1952 C\u2019est peut-être à tort que l\u2019on est habitué à considérer la médication préliminaire comme une médication sédative et ils ne sont pas rares les cas où, dans la chirurgie thoracique et pulmonaire, l\u2019anesthésiste autorise une médication stimulante, comme les sérums et la transfusion, comme préparation à l\u2019opération.Entrent aussi dans cette catégorie toutes les médications analeptiques qui peuvent contribuer à soutenir l\u2019effort du cœur et à maintenir une pression artérielle à un niveau normal.Toute cette médication stimulante est utilisée par l\u2019anesthésiste suivant l\u2019indication que lui en fournit l\u2019état du malade ; les sérums sont utiles pour l\u2019hydratation ; les transfusions, avant une thoracoplastie, servent à rétablir une formule sanguine un peu basse et contribuent à prévenir les états de choc, surtout pendant les interventions qui, par leur nature, laissent prévoir une grande perte sanguine.Cette médication préliminaire stimulante est de rigueur pour tous les opérés de la chirurgie thoracique et pulmonaire.Mais, à côté de cette médication stimulante, l\u2019anesthésiste doit être autorisé à prescrire une médication sédative qui, dans l\u2019essence même de ses attributions, doit être régie par des normes bien définies.Les indications de la médication préliminaire sédative prennent leurs directives dans l\u2019état physique du malade à opérer, dans la nature de l\u2019intervention et des dangers qu\u2019elle comporte.Puis, dans le choix des anesthésiques et des techniques anesthésiques utilisés, en tenant compte aussi des préférences de l\u2019anesthésiste.Toutes ces questions sont fort discutées et la même médication reçoit, des uns, une approbation très grande, pendant qu\u2019elle peut être condamnée, et avec force, par des partisans d\u2019une théorie adverse.Quoi qu\u2019il en soit, la raison d\u2019être de la médication prélimmaire réside dans le but qu\u2019elle se propose d\u2019atteindre et il y a quatre motifs importants en faveur de l\u2019administration de cette médication préliminaire au patient avant une intervention thoracique.Elle se propose tout d\u2019abord d\u2019atteindre l\u2019état psychique du malade et d\u2019apporter à ce psychisme des effets sédatifs sur l\u2019état de plus ou moms grande anxiété et de nervosité.Personne n\u2019ignore jusqu\u2019à quel point le psychisme d\u2019un malade peut être atteint quand ce dernier envisage pour lui-même la possibilité d\u2019une intervention thoracique ; les médicaments qui sont = Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 51 employés à cet effet sont les alcaloïdes dérivés de l\u2019oprum et, plus spécialement, la morphine qui, souvent, est encore associée aux barbituriques.L\u2019action de la morphine et des barbituriques est d\u2019abord, d\u2019être sédative pour le psychisme du malade et elle a aussi comme avantage de diminuer les doses d\u2019anesthésiques complémentaires qu\u2019il est nêces- saire d\u2019administrer pour entretenir une narcose.Le deuxième but que se propose d\u2019obtenir la médication préliminaire sédative est la diminution dans la valeur des métabolismes et une diminution dans l\u2019excitabilité des réflexes.Le ralentissement des métabolismes diminue le besoin d\u2019oxygène et une hyposensibilité des réflexes favorise l\u2019induction d\u2019une anesthésie générale, quel que soit l\u2019agent anesthésique causal.Une fonction des plus importantes que la médication préliminaire se propose de contrôler dans la chirurgie thoracique, c\u2019est la fonction sécrétoire des glandes salivaires.La médication préliminaire se propose de diminuer et même d\u2019abolir cette sécrétion de salive et de mucus afin de faciliter la conduite de la narcose qui peut s\u2019effectuer en l\u2019absence totale de sécrétion, même chez les pulmonaires.La qualité de l\u2019anesthésie en est d\u2019autant meilleure et cette absence de sécrétion est un facteur capital dans la prévention des complications pulmonaires.Les médicaments utilisés à cet effet sont les paralysants du parasympathique, principalement l\u2019atropine et la scopolamine ou hyoscine.Enfin, la médication préliminaire peut avoir un but prophylactique qui est d\u2019établir un contrôle préventif sur l\u2019action de certains médicaments utilisés pour obtenir l\u2019anesthésie.Par exemple, pour contrôler l\u2019hypotension dans l\u2019anesthésie rachidienne, on utilise la néosynéphrine.La médication préliminaire a donc sa raison d\u2019être, surtout avant une intervention en chirurgie pulmonaire.Les médicaments utilisés à cet effet sont, tout d\u2019abord, les dérivés de l\u2019opium et, plus spécialement, la morphine, la codéine, le pantopon, le T.O.A.dont l\u2019action est analgésique.Puis, une substance synthétique, un substitut, le démérol.Ce sont, ensuite, les dérivés de la malonylurée, les barbituriques, spécialement, le nembutal, l\u2019amytal, le seconal, etc.; ces médicaments produisent l\u2019amnésie, mais non l\u2019analgésie. 52 Lavar MÉDICAL Janvier 1952 Puis, ce sont les paralysants du sympathique, l\u2019atropine, la scopolamine ou hyoscine.Enfin, ce sont les vaso-constricteurs, l\u2019épinéphrine, l\u2019éphédrine, la néosynéphrine, etc.La technique d\u2019administration de ces divers médicaments consiste habituellement à donner une médication qui a pour but de procurer un degré d\u2019amnésie au patient, [a veille de son opération et, à cet effet, les barbituriques sont tout indiqués.L\u2019administration, soit de nembutal, de seconal ou d\u2019amytal à une dose approximative qui peut varier entre 114 grain à 3 grains, est habituellement suffisante pour obtenir l\u2019effet désiré et permettre au malade de dormir durant la nuit qui précède son opération.Souvent, au réveil du malade, le matin, cette médication est renouvelée, environ trois heures avant l\u2019intervention, dans le but de maintenir cet état d\u2019amnésie si favorable à la préparation de l\u2019opération.Puis, une heure ou une demi-heure avant l\u2019intervention, l\u2019anesthésiste prescrit l\u2019analgésique et le paralysant du parasympathique.I] donne de la morphine, qui est certainement le dérivé de l\u2019opium le plus employé actuellement.Certains anesthésistes peuvent donner leur préférence à d\u2019autres dérivés de l\u2019opium ; il y a là une question de préférence et d'habitude.I! faut, évidemment, tenir compte des conditions générales du patient, avant de déterminer les doses de ces médications.La posologie de la morphine varie entre \u2018/ge, /ge et 15 grain de morphine, une heure ou une demi-heure avant l\u2019intervention.La dose de l\u2019atropine est, en moyenne, de \u2018/;sge de grain et peut osciller entre 1/100 et !/30ge de grain, suivant les cas.Toute cette médication est en rapport avec l\u2019anesthésie générale et c\u2019est dans ce seul domaine qu\u2019elle est applicable.Dans les cas d\u2019anesthésie locale, régionale, dans la rachianesthésie, par exemple, elle pourra être modifiée ou même les médications vasoconstrictives pourront lui être associées.Advenant le cas où, au moment de l\u2019intervention, cette médication préliminaire se serait avérée insuffisante, chez des sujets particulièrement résistants, l\u2019anesthésiste peut corriger cet état de chose en administrant avec prudence une nouvelle dose de morphine-atropine, par voie intraveineuse. Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 53 Dans la chirurgie pulmonaire et thoracique, la médication préliminaire est une chose excessivement importante ; elle doit toujours être le sujet d\u2019une attention spéciale de la part de l\u2019anesthésiste et l\u2019efficacité de cette médication est un facteur de succès pour la réalisation de la conduite parfaite de l\u2019anesthésie subséquente.Le patient ainsi préparé pourra désormais recevoir l\u2019agent anesthésique.LES AGENTS ANESTHESIQUES L\u2019impression que l\u2019on retire de la lecture des travaux écrits sur ce sujet est très curieuse et surprenante.Il en ressort que le choix de l\u2019agent anesthésique semble être une chose très discutée quant à son application en chirurgie thoracique et pulmonaire.Chacun défend ses principes avec énergie et préconise l\u2019usage de l\u2019anesthésique qui, dans son opinion, est le plus avantageux.Un auteur condamne de façon catégorique un anesthésique, pendant que, plus loin, ce même agent anesthésique condamné reçoit l'approbation de plusieurs.Le but que l\u2019anesthésiste se propose d\u2019obtenir en se servant d\u2019un anesthésique général est de procurer au patient une perte de conscience, d\u2019abord ; puis, ensuite, un degré d\u2019anesthésie chirurgicale suffisant pour permettre l\u2019intervention.Ce résultat ne peut être obtenu sans utiliser des médications appropriées qui ont un pouvoir anesthésique puissant, mais qui n\u2019en restent pas moins, pour cela, des médications toxiques dont l\u2019ensemble constitue le syndrome d\u2019intoxication anesthésique.Cette intoxication anesthésique se produit pour tous les anesthésiques par des manifestations d\u2019imprégnation des centres, chaque agent possède des particularités spéciales, des signes d\u2019intoxication qui relèvent de sa pharmacodynamie.Exception faite de l\u2019action anesthésique de ces médicaments, l\u2019action toxique corollaire des anesthésiques est un facteur qui ne peut pas être empêché et c\u2019est un mal nécessaire dont 1l est important d\u2019atténuer au maximum les mauvais effets.De plus, dans la chirurgie pulmonaire, le problème se complique du fait que l\u2019appareil respiratoire comprend les organes dont les fonctions seront le plus influencées par l\u2019intoxication.Tous les anesthésiques généraux ont une action toxique sur la respiration et cette action toxique, 54 Lavar\u2026 MÉDicaL Janvier 1952 par contre, n\u2019est pas la même pour tous les anesthésiques.Aussi, les théories se multiplient et chacun y va de son interprétation et cherche à solutionner ce problème.Les indications du choix des anesthésiques généraux, dans la chirurgie pulmonaire, sont les mêmes que dans la chirurgie générale, si on y ajoute des indications et des contre-indications spéciales venant de leur action sur l\u2019appareil respiratoire.ANESTHÉSIE LOCALE Beaucoup de chirurgiens ont trouvé une solution élégante à ce problème en s\u2019abstenant de toute administration d\u2019anesthésiques généraux et ils font leur intervention pulmonaire sous la conduite d\u2019une technique d\u2019anesthésie locale très avancée.Il faut admettre, d\u2019ores et déjà, que, du point de vue théorique, l\u2019anesthésie locale est certainement le mode d\u2019anesthésie le plus convenable et 1l met fin à toutes les discussions sur les avantages et les inconvénients des anesthésiques généraux.Mais, par contre, si les anesthésiques locaux présentent l\u2019avantage énorme de jouir d\u2019une toxicité réduite au minimum, et, par ce fait, d\u2019avoir la priorité, du point de vue pratique, ils semblent être d\u2019une utilisation difficile dans les interventions pulmonaires et les bons effets qui peuvent en résulter sont souvent contrebalancés par des insuffisances difficiles à combler.C\u2019est pourquoi l\u2019anesthésie locale, dans la chirurgie pulmonaire, ne rencontre peut-être pas beaucoup de défenseurs.Elle est, tout de même, préconisée par un homme de l\u2019envergure d\u2019Overholt, de Boston, qui est une autorité dans la chirurgie pulmonaire et qui fait toutes ses Interventions, fobectomies et preumectomies, à l\u2019anesthésie locale.C\u2019est certainement un témoignage dont il faut tenir compte, à cause de l'autorité du personnage et de la perfection de ses techniques opératoires.Il reste un fait, c\u2019est que l\u2019anesthésie locale ne rencontre pas la faveur de la majorité des chirurgiens.D\u2019autres lui préfèrent l\u2019anesthésie régionale : la rachianesthésie haute.RACHIANESTHÉSIE La rachianesthésie est préconisée par plusieurs auteurs, plus spécialement par Westly Bourne.Elle a certainement de grands avantages, Vi Vi Janvier 1932 Lava\u2026 MÉDicaL mais ses inconvénients sont multiples et le rendement n\u2019est pas toujours ce qu\u2019on aurait espéré qu\u2019il pût être.Elle a l\u2019avantage d\u2019éliminer les ennuis des anesthésiques généraux et les difficultés des anesthésiques locaux et c\u2019est peut-être à ces titres qu\u2019elles rencontre plusieurs défenseurs.Il paraît superflu d\u2019ajouter, comme corollaire, que les médicaments utilisés dans l\u2019anesthésie locale et rachidienne sont des dérivés, soit de la novocaïne, soit de la procaine.Tous les agents peuvent être utilisés selon la préférence du chirurgien, ce sont : la novocaïne, la procaïne, la pontocaïne, la nupercaïne, très en faveur pour les rachianesthésies, malgré leur grande toxicité.Du point de vue de la seule toxicité des médicaments, le choix de l\u2019agent anesthésique dans la chirurgie pulmonaire favorise de toute évidence, les anesthésiques locaux, que leur technique d\u2019utilisation soit locale, régionale ou rachidienne.Mais le peu d\u2019efficacité de leur action et les difficultés d\u2019application pratique ont fait préférer à plusieurs les * f : f r risques des anesthésiques généraux.ANESTHÉSIQUES GÉNÉRAUX Tous les anesthésiques généraux ont conservé, en dépit de leurs imperfections, des indications dans la chirurgie pulmonaire ; par contre, ces mêmes anesthésiques ont à leur débit des inconvénients attribuables à leur fonction et c\u2019est le bilan des avantages et des inconvénients de chacun des anesthésiques qu\u2019il faut maintenant bien établir.LE CHLORURE D'ÉTHYLE Le chlorure d\u2019éthyle est très peu employé dans la chirurgie pulmonaire.Il est trop toxique, sa marge de sécurité est petite et il ne peut être question de l\u2019utiliser, pendant de longues durées, pour des interventions majeures.Beaucoup d\u2019anesthésistes, tout de même, l\u2019utilisent au début d\u2019une intervention pour approfondir de façon courte et passagère une anesthésie de base et permettre une intubation bronchique qui pourrait être pénible sans ce complément au chlorure d\u2019éthvle. 56 Lava\u2026 MÉDICAL Janvier 1952 LE CHLOROFORME Le chloroforme est un anesthésique puissant, à action rapide et d\u2019une grande toxicité.Il a l\u2019avantage d\u2019avoir une action restreinte sur les sécrétions bronchiques et 1l trouverait certainement beaucoup plus d\u2019indications dans la chirurgie pulmonaire, s\u2019il ne présentait pas l\u2019inconvénient de faire apparaître, lors de son administration, des accidents cardiaques brutaux que l\u2019anesthésiste a appris à craindre.Ces difficultés établissent une barrière à son usage et, de fait, il n\u2019est que très peu employé.[ETHER De tous les anesthésiques généraux, l\u2019éther est celui qui présente la plus grande sécurité.Son administration est facile, les signes d\u2019anesthésie sont bien définis.Il est toxique pour les organes, mais d\u2019une toxicité qui peut toujours être contrôlée.Il produit rarement d\u2019acer- dents brutaux incontrôlables.Il est stimulant pour le système cardio- vasculaire ; en résumé, l\u2019éther présente des avantages qui sont supérieurs à ceux de tout autre anesthésique et il restera toujours l\u2019anesthésique de choix.Tout de même, appliqué à la chirurgie pulmonaire, il présente l\u2019immense inconvénient d\u2019être irritant pour l\u2019arbre respiratoire.Il favorise les sécrétions bronchiques et on lui attribue une foule de complications pulmonaires.Aussi cet anesthésique qui serait l\u2019idéal pour des interventions majeures de durée très longue qui prédisposent au choc opératoire, se voit contre-indiqué dans la chirurgie pulmonaire, à cause de son action nocive sur les bronches.Il ne faut pas conclure de là que l\u2019éther n\u2019a pas de partisans dans ses indications pour la chirurgie pulmonaire.Bien au contraire, ses défenseurs sont nombreux, l\u2019argumentation est forte et convaincante et 1l est certain que, en dépit de ses inconvénients, l\u2019éther gardera toujours dans la chirurgie pulmonaire une place de choix que ses bons résultats lui permettront de garder.LE CYCLOPROPANE C\u2019est à cet agent anesthésique que va actuellement la faveur des chirurgiens et des anesthésistes.Le cyclopropane possède plusieurs Janvier 1952 LavarL MEbpicaL 57 avantages.Il est trés peu toxique, inoffensif pour les organes, tels que le foie et le rein.De contrôle facile, 1l peut donner une anesthésie profonde.Il est tout de même dangereux pour le système cardio-vasculaire ; il favorise l\u2019hémorragie et le choc, et c\u2019est de ce côté qu\u2019il peut causer des accidents.Il n\u2019a aucune action irritante sur les bronches, ne favorise pas la formation des sécrétions et le rythme respiratoire est très peu modifié, bien que l\u2019amplitude de la respiration soit diminuée.Ce sont ces qualités qui l\u2019ont fait apprécier et elles trouvent toutes leurs indications dans la chirurgie pulmonaire.Le seul avantage que possède l\u2019éther sur le cyclopropane est sa plus grande sécurité mais, par contre, l\u2019éther possède tellement d\u2019autres incon- ,.venients.LE PROTOXYDE D AZOTE On a su dire du protoxyde d\u2019azote qu\u2019il était le moins toxique des anesthésiques mais aussi le moins anesthésique.Le protoxyde d\u2019azote a été beaucoup en faveur avant la découverte du cyclopropane.Il possède de grandes qualités, dont les principales sont l\u2019innocuité absolue pour les organes, l\u2019élimination presque instantanée de l\u2019organisme.On lui reproche une trop grande stimulation de la respiration et une amplitude respiratoire exagérée dont les conséquences prennent beaucoup d\u2019importance dans les interventions pulmonaires.Cette exagération de l\u2019amplitude respiratoire augmente la respiration paradoxale, favorise les tractions sur le médiastin, est un facteur important de choc opératoire et nuit à l\u2019acte chirurgical.De toute façon, le protoxyde d\u2019azote est encore beaucoup employé dans la chirurgie pulmonaire, souvent seul, mais, plus souvent encore, associé à d\u2019autres anesthésiques.Il conserve toutes ses indications pour l\u2019induction de la narcose.LE TRIBROMO-ÉTHANOL En plus des agents anesthésiques volatils, il y a la catégorie des agents anesthésiques non volatils.Parmi ceux-ci, il y a l\u2019avertine qui est du tribromo-éthanol en suspension dans I\u2019hydrate d\u2019amyléne.L\u2019aver- 58 Lavar MéÉDicaL Janvier 1952 tine s\u2019administre sous forme de lavement.C\u2019est un mode d\u2019anesthésie rectale.Il peut étre utilisé comme anesthésique de base seulement et il présente l\u2019inconvénient d\u2019une toxicité très grande pour le foie.Quelques anesthésistes l\u2019utilisent comme anesthésique de base avant une intervention thoracique ou pulmonaire.Il faut remarquer que les anesthésiques non volatils ne trouvent que très peu de défenseurs et cela est encore plus vrai pour l\u2019anesthésie intraveineuse.LE PENTOTHAL Un relevé de la littérature sur l\u2019anesthésie en chirurgie thoracique prouve de façon assez catégorique que le pentothal est très peu utilisé en chirurgie thoracique et la tendance générale est certainement, sinon de ne pas le condamner, tout au moins de sembler vouloir l\u2019ignorer.Très peu d\u2019articles ont paru sur l\u2019anesthésie au pentothal dans la chirurgie thoracique ou pulmonaire.Corrillos, en 1936, publie un travail sur l\u2019anesthésie intraveineuse dans la chirurgie thoracique.Il employait l\u2019évipal.Il a obtenu des résultats, mais personne n\u2019en a entendu parler depuis.Randoft et Kober publient le 10 avril 1943, dans le journal de l\u2019American Medical Association un travail au sujet des thoracoplasties sous anesthésie au pentothal.Ils sont satisfaits des résultats.Dans le Laval médical de l\u2019université Laval en février 1943, a été publié un travail sur le pentothal dans les thoracoplasties, travail qui avait été présenté à la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec, le 10 juin 1942, par nous-même.Ce travail était un résumé d\u2019une technique d\u2019anesthésie personnelle que nous avions perfectionnée depuis 1939.Ce travail traduit en anglais a été publié dans la Revue internationale d\u2019anesthésie et d\u2019analgésie, en novembre 1943.Il est permis d\u2019affirmer, si l\u2019on compare les dates de publication, que nous avons le mérite d\u2019être le premier à étudier ce point de l\u2019anesthésie en chirurgie thoracique.Il a pu échapper à notre investigation des articles sur le sujet que nous n\u2019avons pas su découvrir ; mais, de toute façon, la littérature est très limitée sur le pentothal en chirurgie thoracique. Janvier 1952 Lavar MÉpicaL 59 Les auteurs le signalent de façon bien modeste, comme quelque chose d\u2019un peu imprécis ; ils n\u2019osent pas y ajouter de commentaire ; ils n\u2019osent pas le recommander ni le condamner.L\u2019opinion générale est contre l\u2019usage du pentothal plutôt qu\u2019en sa faveur.Certains auteurs y vont franchement d\u2019une condamnation catégorique ; plus spécialement, le docteur Moyer, de Boston, qui publie un article impressionnant dans The Jourral of Thoracic Surgery, en décembre 1941.Il a fait une étude expérimentale sur le pentothal et condamne de façon catégorique son utilisation dans la chirurgie thoracique et pulmonaire.Le sujet du pentothal dans la chirurgie thoracique et pulmonaire étant un point important dans la thèse qui est présentée, ce sujet sera l\u2019objet d\u2019une étude plus approfondie dans la deuxième partie de ce travail.Pour l\u2019instant, qu\u2019il suffise de signaler que le pentothal est très peu recommandé ; que rares sont ceux qui l\u2019emploient et que plusieurs auteurs le condamnent de façon indiscutable.Une vue d\u2019ensemble de l\u2019étude de chacun des agents anesthésiques se rapportant à leur utilisation en chirurgie thoracique et pulmonaire donne l\u2019impression que chaque anesthésique peut être utile pour ses qualités ; mais, chacun d\u2019eux peut aussi être contre-indiqué pour ses imperfections individuelles.Le problème serait insoluble sans la connaissance de cette qualité qu\u2019ont tous les anesthésiques de pouvoir être mélangés les uns aux autres dans toutes sortes de proportions variant à l\u2019infini.MÉLANGES ANESTHÉSIQUES Cette propriété des anesthésiques a permis d\u2019administrer plusieurs anesthésiques au même malade pour la même intervention ; elle a permis de faire une sélection dans les qualités des anesthésiques ; de demander à plusieurs anesthésiques les résultats qu\u2019un seul ne pouvait fournir et elle a diminué l\u2019importance de l\u2019intoxication en éliminant les fonctions non désirées des anesthésiques. 60 Lavar MEbpicaL Janvier 1952 Aussi, toutes les associations anesthésiques sont-elles possibles.Tout d\u2019abord, le simple mélange éther-chloroforme.Puis, le mélange chlorure d\u2019éthyle-éther-chloroforme et, encore, le protoxyde d\u2019azote associé au chlorure d\u2019éthyle et à l\u2019éther.Le cyclopropane, le pentothal, enfin, tous les anesthésiques se mélangent les uns aux autres.La nature même de l\u2019acte anesthésique et de l\u2019acte opératoire, dans la chirurgie thoracique et pulmonaire, permet la possibilité de ces associations anesthésiques.Qu\u2019il nous soit permis de dire que, personnellement, nous avons administré au même malade, une enfant de huit ans, en l\u2019occurrence, au cours d\u2019une lobectomie pour bronchectasie, du pentothal rectal, du chlorure d\u2019éthyle, de I\u2019éther, du chloroforme, du protoxyde d\u2019azote et du cyclopropane.Elle avait même reçu un barbiturique et de la morphine comme médication préliminaire.C\u2019est dire que chaque anesthésique, peut être mélangé et l\u2019art de ces mélanges anesthésiques associé aux contrôles de toute la direction de la narcose, est mieux expliqué dans la description des techniques anesthésiques.TECHNIQUES ANESTHESIQUES Nombreuses sont les techniques anesthésiques qui sont utilisées en chirurgie thoracique et pulmonaire.Toutes ont leurs avantages et chaque anesthésiste adopte pour lui-même une technique anesthésique personnelle qu\u2019il a développée suivant ses goûts et ses préférences.Il est illusoire de vouloir faire une description détaillée de toutes ces techniques, d\u2019autant plus que toutes offrent des points de repère d\u2019importance commune et des principes généralement acceptés par tous.Les techniques anesthésiques peuvent se diviser en trois catégories : les techniques d\u2019anesthésie locale, les techniques d\u2019anesthésie régionale rachidienne et, enfin, les techniques d\u2019anesthésie générale.Anesthésie locale : Le principe de l\u2019anesthésie locale consiste à injecter une substance anesthésique à un point déterminé d\u2019un nerf et d\u2019obtenir l\u2019abolition de la Janvier 1952 Lavar.MépicaL 61 sensibilité à partir de ce point d\u2019injection jusqu\u2019à l\u2019extrémité terminale de ce nerf.Appliquée à la chirurgie thoracique et pulmonaire, cette technique est difficile à réaliser en pratique sans le secours d\u2019une importante médication sédative analgésique et, souvent, sans le complément d\u2019un anesthésique général dont l\u2019administration extemporanée permet d\u2019exécuter un temps opératoire plus douloureux.L\u2019anesthésie locale aurait ses indications chez les patients très malades et qui sont considérés comme des mauvais risques opératoires.Selon Richardson, dans 30 pour cent des cas, l\u2019opération serait rendue beaucoup plus difficile et le temps de l\u2019opération serait prolongé de beaucoup, à cause de la délicatesse qu\u2019il faut mettre dans l\u2019exécution de l\u2019opération et de l\u2019attention qu\u2019on doit porter à un malade conscient et susceptible, à tout moment, de se plaindre de la douleur.Tout de même, il faut admettre que l\u2019anesthésie locale présente des avantages marqués dans les opérations thoraciques et pulmonaires.Le réflexe de la toux est conservé ; l\u2019expectoration est possible ; l\u2019état de conscience du malade permet d\u2019avoir sa collaboration.Il peut tout de même se produire des états de chocs attribuables à l\u2019anesthésie locale et, plus spécialement, le choc à la procaïne qui peut survenir, même avec une solution à 1 pour cent, quand la quantité d\u2019anesthésique injectée devient trop grande, la limite de cette quantité d\u2019anesthésique à injecter serait d\u2019environ 240 centimètres cubes.Le choc peut se produire environ vingt-cinq minutes après l\u2019injection.Le grand maître de l\u2019anesthésie locale dans la chirurgie pulmonaire, c\u2019est Overholt, de Boston.C\u2019est une autorité en chirurgie pulmonaire et il ne veut pas accepter aucun autre mode d\u2019anesthésie.La raison qu\u2019il donne de cette ténacité à utiliser l\u2019anesthésie locale est sérieuse et ne comporte aucune discussion : la sécurité.Il est assuré de conduire à bien une lobectomie sous anesthésie locale, en dépit des inconvénients qu\u2019elle peut lui apporter et cette sécurité qu\u2019il Juge si importante, il ne l\u2019a pas avec les autres techniques d\u2019anesthésie.La technique d\u2019Overholt, pour si simple qu\u2019elle puisse paraître, n\u2019en est pas moins pour cela très compliquée.La préparation des malades est très importante et la médication préliminaire très poussée : mor- 62 Lavar.MÉDICAL Janvier 1952 phine et barbituriques à hautes doses.1! obtient ainsi une anesthésie.de base, une prénarcose qui a pour résultat de présenter à la salle d\u2019opération un malade éveillé mais demi-conscient, rendu pratiquement indif- férent aux manœuvres dont il est l\u2019objet.Le docteur Overholt attache beaucoup d\u2019importance à la position du malade sur la table d\u2019opération, car, dit-il, dans les suppurations pulmonaires pour lesquelles 1l est effectué une lobectomie ou une pneumectomie, 1l est important que, au cours de l\u2019intervention, le pus qui s\u2019échappe des bronches infectées n\u2019aille pas se répandre dans les bronches saines et infecter le poumon sain ; pour obtenir ce résultat, il affirme que la position du malade sur la table d\u2019opération est une question ma- Jeure.Il place ses malades, non pas en position latérale, mais complètement en position ventrale, les deux hémithorax étant sur un plan tout à fait égal.Puis, il donne à la table une inclination d\u2019environ quinze degrés, de sorte que le thorax et la tête du malade sont légèrement inclinés par en bas.En opérant un malade sous anesthésie locale, en position déclive, 11 empêche les sécrétions et les suppurations bronchiques de diffuser du côté sain et ceci, pour Overholt, est un point capital de la chirurgie pulmonaire.Pour l\u2019exécution de ses opérations, Overholt a à sa disposition un personnel très nombreux et bien entraîné.Son organisation est parfaite et, dès que le patient est installé en position sur la table d\u2019opération, l\u2019anesthésiste et l\u2019assistant-anesthésiste s\u2019occupent de faire l\u2019anesthésie locale et régionale.L'opération commence : les sérums, le plasma, les transfusions, sont administrés de façon automatique, le malade est mis sous oxygène.Le pouls, la pression artérielle, la respiration, l\u2019état général, tout est surveillé et des thérapeutiques appropriées sont inst1- tuées.Si, pour un temps donné, l\u2019anesthésie locale devient insuffisante, l\u2019anesthésiste y ajoute un complément d\u2019anesthésie générale au protoxyde d\u2019azote.Le chirurgien enlève l\u2019organe malade, puis laisse l\u2019opéré entre les mains de ses assistants à qui revient la charge de terminer l\u2019opération.Les résultats d\u2019Overholt sont certainement supérieurs et 1l faut lui concéder que l\u2019anesthésie locale donne la meilleure sécurité ; mais, du Janvier 1952 Lavar MÉDicAL 63 témoignage même de ceux qui ont eu l\u2019avantage de suivre pendant quelque temps le service du docteur Overholt, 1l ressort, tout de même, que les interventions sont pénibles, que les malades deviennent parfois très mal au cours de leur intervention et que, souvent, le complément d\u2019anesthésie générale au protoxyde d\u2019azote prend des proportions tellement importantes qu\u2019il est à se demander si l\u2019opération s\u2019effectue à l\u2019anesthésie locale ou générale.De plus, on a constaté que le temps opératoire est de beaucoup prolongé et que la réalisation de toute cette démonstration chirurgicale, y compris la quantité et la qualité du personnel qu\u2019elle impose, exige des conditions matérielles de travail difficiles à réaliser dans tous les milieux.Mais tout ceci importe peu, pourvu que les résultats soient supérieurs.L\u2019anesthésie rachidienne : L\u2019anesthésie rachidienne consiste en l\u2019injection d\u2019un anesthésique local dans le canal rachidien afin d\u2019obtenir une imprégnation des racines antérieures et postérieures et procurer l\u2019anesthésie des nerfs moteurs et sensitifs qui se dégagent des trous de conjugaison.Elle se divise en trois catégories : l\u2019anesthésie rachidienne haute accompagnée d\u2019un degré de paralysie des muscles intercostaux, et c\u2019est ce premier mode d\u2019anesthésie qui, seul, peut être utilisé dans la chirurgie thoracique et pulmonaire.Les deux autres catégories : rachidienne moyenne et rachidienne basse, ne peuvent pas être considérées dans ce domaine.Les agents anesthésiques utilisés pour produire l\u2019anesthésie rachidienne haute sont la procaine, la pontocaine et la nupercaine.La solution peut être hypobarique, isobarique ou hyperbarique.La technique d\u2019anesthésie diffère, suivant que l\u2019on utilise l\u2019une ou l\u2019autre de ces solutions.Ce n\u2019est pas le lieu, dans ce travail, de définir toutes les lois de la rachianesthésie et ne peuvent être considérés que les éléments qui sont directement en rapport avec la chirurgie thoracique et pulmonaire.Le point capital est la détermination de la hauteur de la rachianesthésie à obtenir.Ce niveau doit être suffisamment élevé pour atteindre la première côte. 64 Lavar MÉDicaL Janvier 1952 La rachidienne haute.Le propagandiste de l\u2019anesthésie rachidienne haute dans la chirurgie thoracique et pulmonaire est le docteur Wesley Bourne.lIlutilise la nupercaîne suivant la technique d\u2019Etherington Wilson.Les malades reçoivent une médication préliminaire d\u2019intensité moyenne : morphine et barbiturique, avant leur intervention, la ponction lombaire est effectuée en position assise et laisse pénétrer dans le canal rachidien, une quantité suffisante de nupercaïne en solution hypo- barique.Après l\u2019injection, le malade demeure en position assise pendant plusieurs secondes pour permettre la diffusion haute de la solution hypo- barique et atteindre la hauteur désirée d\u2019anesthésie.Puis, le malade est couché en position d\u2019un léger Trendelenburg.Pour quiconque est un peu au courant des dangers de la rachidienne et des risques de la diffusion de l\u2019anesthésique en solution hypobarique quand le malade est en position assise, ces manœuvres peuvent paraître hasardeuses et le succès est conditionné par l\u2019application d\u2019une technique rigoureuse.Au cours de l\u2019intervention, le malade reçoit de l\u2019oxygène, des sérums, du plasma et une transfusion.L\u2019anesthésiste se prépare à toute éventualité et si, pour une raison ou pour une autre, l\u2019anesthésie rachidienne devient insuffisante, on y ajoute un complément d\u2019anesthésie générale au protoxyde d\u2019azote ou au cyclopropane.Les avantages de cette technique, selon Wesley Bourne, sont les suivants : en plus de l\u2019insensibilité, on peut, à volonté, obtenir le sommeil complet.Le malade peut tousser et expectorer ; les hémorragies sont diminuées ; la respiration est régulière, le relâchement musculaire parfait et l\u2019alimentation est possible, deux ou trois heures après l\u2019intervention.La chute de la pression artérielle, si elle se produit, est promptement jugulée par l\u2019administration d\u2019éphédrine.Anesthésie rachidienne continue.Le principe de la rachidienne continue est de permettre la prolongation de la durée de l\u2019anesthésie rachidienne par des nouvelles réinjections d\u2019anesthésique, après que l\u2019anesthésie a déjà été obtenue par une dose initiale suffisante.Cette technique demande de maintenir en place l\u2019aiguille de ponction lombaire et de rester en communication avec le canal rachidien, tout le temps de l\u2019intervention. Janvier 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 65 Georges Willower utilise cette technique dont l\u2019avantage primneipal est la possibilité de maintenir l\u2019anesthésie aussi longtemps que désiré.En effet, les anesthésiques locaux ont une limite de temps pour agir et la longueur de l\u2019intervention, sans adjuvant d\u2019un autre anesthésique de complément, est en rapport avec la durée d\u2019action de l\u2019agent anesthë- sique.La rachidienne continue devient une solution à ce problème.Willower utilise la procaïne à 214 pour cent.Il n\u2019attache pas d\u2019importance au choix de ponction de l\u2019espace intervertébral.Le degré de hauteur de l\u2019anesthésie se fait de façon ascendante et la quantité d\u2019anesthésique s\u2019établit au taux de cinquante milligrammes d\u2019anesthésique pour deux espaces intervertébraux.Pour un premier temps de thoracoplastie, 1l doit atteindre le bord supérieur de la clavicule.La chute de pression est causée par une paralysie sympathique et la syncope respiratoire, par l\u2019anesthésie de la corde cerviale.Les résultats qu\u2019il a obtenus dans la chirurgie pulmonaire ont été bons dans 85 pour cent des cas.Il a administré un anesthésique de complément dans 11.7 pour cent des cas.À dix reprises différentes, l\u2019opération a dû être abandonnée.Ces opérations ont été inachevées, ce qui aurait peut-être tendance à démontrer que ces techniques anesthésiques ne comportent pas toujours l\u2019élément de sécurité qu\u2019on leur attribue.Quoi qu\u2019il en soit pour Willower, les avantages de cette technique seraient le contrôle de la durée de l\u2019anesthésie qui peut être prolongée à volonté.Les autres avantages ont déjà été décrits pour la rachidienne haute.L\u2019anesthésie épidurale.L'\u2019anesthésie épidurale consiste dans l\u2019injection d\u2019un anesthésique local entre la dure-mère de la corde spinale et les formations osseuses et cartilagineuses du canal vertébral.Cet espace épidural contient les racines des nerfs rachidiens, les ganglions spinaux et les rameaux communicants gris et blancs.L\u2019anesthésie épidurale est une anesthésie beaucoup plus sensitive que motrice et cette prédilection pour l\u2019anesthésie sensitive est due à la formation anatomique des éléments nerveux à ce niveau.Les éléments moteurs étant beaucoup plus gros et protégés par un manchon myéli- nique ils sont moins accessibles à l\u2019action de l\u2019anesthésique que les (9) 66 Lavar MÉDICAL Janvier 1952 éléments sensitifs qui, eux, sont plus petits et n\u2019ont pas de manchon fibreux.Pour la chirurgie pulmonaire et thoracique, l\u2019injection se fait dans la région comprise entre la septième vertèbre cervicale et la troisième vertèbre thoracique.Timihowa est un ardent défenseur de la technique de l\u2019anesthésie épidurale dans la chirurgie thoracique et pulmonaire.Il admet, tout de même, que la technique est d\u2019administration difficile.Il a besoin pour la réaliser de toute la coopération du malade.Il affirme la supériorité de ce mode d\u2019anesthésie et ses qualités en feraient l\u2019anesthésie idéale en chirurgie pulmonaire.La supériorité de l\u2019épidurale sur la rachidienne est l\u2019impossibilité pour l\u2019anesthésique d\u2019atteindre les centres vitaux de la moelle, puisque l\u2019espace épidural est fermé par le foramen magnum.C\u2019est là l\u2019argument principal pour justifier ses préférences, les autres avantages sont comparables à ceux qui ont déjà été mentionnés pour la rachianesthésie haute.En résumé, dans l\u2019étude de toute cette question de l\u2019anesthésie locale, de l\u2019anesthésie rachidienne et épidurale, dans la chirurgie thoracique et pulmonaire, 1l ressort que ces différentes techniques rencontrent l\u2019approbation de nombreux anesthésistes et 1l faut tenir compte, dans l\u2019évaluation de ces procédés, de l\u2019opinion d\u2019un homme du calibre d\u2019Over- holt qui préconise l\u2019anesthésie locale.Les résultats sont très satisfaisants, mais les techniques sont souvent difficiles d\u2019application pratique et comprennent des complexités fort discutées, au point qu\u2019il est à se demander laquelle 1] faut préférer de l\u2019anesthésie locale ou générale.Évidemment, les supporteurs de l\u2019anesthésie locale ont voulu éliminer tous les inconvénients de l\u2019anesthésie générale, mais, par contre, les supporteurs de l\u2019anesthésie générale ont voulu combler les insuffisances de l\u2019anesthésie locale.Avec l\u2019anesthésie générale, le problème se complique davantage et il y aura à tenir compte d\u2019une quantité de facteurs dont la solution était toute trouvée dans l\u2019anesthésie locale.Le problème de l\u2019anesthésie générale, en chirurgie thoracique et pulmonaire, se complique du fait de la perte de conscience du malade, Janvier 1952 Lava\u2026 MéÉpicAL 67 de la disparition des réflexes, de l\u2019impossibilité de conserver l\u2019effort de la toux, d\u2019empêcher l\u2019évacuation des sécrétions, de favoriser par irritation la production de ces mêmes sécrétions.Tous ces inconvénients étaient facilement évités dans l\u2019anesthésie locale.Puis, sont encore cause de difficultés importantes, les changements apportés dans la physiologie de l\u2019arbre respiratoire par l\u2019intoxication anesthésique.La diminution ou l\u2019augmentation de l\u2019amplitude des mouvements respiratoires, les états d\u2019apnée, la respiration paradoxale exagérée, la diminution de la capacité vitale et bien d\u2019autres causes, sont tous des facteurs qui s\u2019ajoutent au problème.Aussi, l\u2019anesthésie générale est un problème complexe dont la solution relève de l\u2019application de techniques anesthésiques nombreuses et qui, comme pour la question des anesthésiques locaux, devient le sujet de discussions et de controverses où l\u2019on rencontre les plus belles approbations et les plus importantes condamnations.Techniques d\u2019anesthésie générale : L\u2019anesthésie générale se propose dans son application un but ultime et unique : permettre l\u2019intervention chirurgicale.Les moyens qu\u2019elle a à sa disposition pour atteindre cette fin sont nombreux et les techniques anesthésiques sont variées.Si l\u2019on veut réussir à donner un aperçu de toute la question de l\u2019anesthésie générale, dans la chirurgie thoracique et pulmonaire, dans des limites de temps et d\u2019espace raisonnables, 1l faut accepter, d\u2019ores et déjà, comme acquises, les connaissances essentielles de l\u2019anesthésie moderne appliquées à la chirurgie générale.Autrement, il n\u2019y aurait aucun moyen d\u2019arriver à un résultat, tellement la compréhension de ces techniques nouvelles est intimement liée à la connaissance des notions élémentaires d\u2019anesthésie.Il faut accepter comme acquises toutes les notions d'anesthésie qu\u2019il est nécessaire d\u2019avoir pour effectuer une anesthésie générale moderne pour une intervention relevant de la grande chirurgie, telle qu\u2019une gastrectomie, une cholécystectomie ou une hystérectomie.En partant de ces notions acquises, 1l sera facile d\u2019aller plus loin et d'ajouter aux difficultés d\u2019une narcose bien conduite pour la chirurgie 68 Lavar MéÉprcaL Janvier 1952 générale les embarras nouveaux que pose le problème de l\u2019anesthésie générale en chirurgie thoracique et pulmonaire.Les risques anesthésiques seront beaucoup plus importants dans ce domaine que dans toutes les autres interventions, car, en plus de l\u2019intoxication anesthésique, il faudra envisager, à chaque fois, le risque opératoire, qui, de par sa nature même, est toujours grave.La thoracoplastie présente peut-être moins de gravité par elle-même que les interventions sur le poumon, comme les pneumectomies ou les lobectomies.Mais, de toute évidence, ces interventions sont toujours sérieuses et, en comparaison avec la chirurgie générale, les risques sont toujours plus importants.Dans la pneumectomie, le traumatisme chirurgical est de sa nature même très grave ; 1l comporte des délabrements étendus ; 11 ne peut s\u2019effectuer sans l\u2019ouverture large de la cage thoracique ; l\u2019organe malade qui doit être enlevé est un Organe vital, excessivement délicat à manœuvrer ; ces manœuvres se font en profondeur, près du médiastin et à proximité du cœur.La ligature d\u2019un pédicule pulmonaire est toujours impressionnante ; c\u2019est le moment critique de l\u2019opération et c\u2019est à ce moment que l\u2019anesthésiste peut toujours perdre son malade.C\u2019est dire que, du point de vue chirurgical pur, les interventions thoraciques ou pulmonaires sont toujours graves et l\u2019anesthésiste doit tenir compte de cet état de gravité, avant une anesthésie générale.Il aura certainement à établir, au cours de l\u2019intervention, des thérapeutiques spéciales de prévention des accidents et, souvent aussi, il devra utiliser les moyens de réanimation nécessaires.Heureusement, ces moyens de réanimation sont, aujourd\u2019hui, d\u2019une efficacité reconnue et il est vrai de dire que l\u2019anesthésie moderne, non seulement produit l\u2019anesthésie du patient, mais, avant tout empêche peut-être le patient de mourir.Nombre de succès chirurgicaux doivent leurs résultats à l\u2019efficacité des moyens de réanimation des malades.Un autre point de vue qu\u2019il est intéressant de mettre en évidence, afin de bien laisser voir les difficultés qui se présentent, est le fait que l\u2019organe qui doit être enlevé dans la chirurgie pulmonaire est aussi l\u2019organe qui, par ses fonctions physiologiques, est essentiel à l\u2019administration des agents anesthésiques volatils dont l\u2019anesthésiste se sert pour produire la narcose.De plus, advenant le cas de la nécessité d\u2019une réanimation Janvier 1952 Lavar MÉDiCAL 69 obligatoire chez un malade à jamais perdu que le traumatisme opératoire a conduit à la dernière extrémité, l\u2019organe qui est essentiel à la réussite des moyens de réanimation est encore l\u2019organe que le chirurgien doit enlever.L\u2019anesthésie est encore compliquée du fait que tous les agents anesthésiques volatils pénètrent dans le sang par la voie pulmonaire et que, en plus, tout le problème de l\u2019oxygénation du sang et de l\u2019élimination des déchets de la respiration, spécialement l\u2019anhydride carbonique, ne peuvent se faire par une autre voie que le poumon.Or, ce poumon est un organe malade, très malade, puisque on en est venu à la décision de l\u2019enlever pour assurer la santé du patient.Les suppurations bronchiques, tous les états de collapsus pulmonaire, toutes les gênes mécaniques de la respiration, la toux et tant d\u2019autres facteurs, viennent compliquer à l\u2019extrême le problème de l\u2019anesthésie générale et la grande indication de l\u2019anesthésiste est de maintenir libre à tout prix les voies respiratoires.C\u2019est le facteur essentiel de succès.Avec une respiration libre, l\u2019anesthésiste pourra endormir son malade et contrôler la narcose.Avec une respiration libre, 1l pourra ranimer son patient et l\u2019empêcher de mourir.La condition essentielle du succès est donc, en tout premier lieu, de maintenir libres à tout prix, les voies respiratoires.Les ennuis que peut rencontrer l\u2019anesthésiste, au cours de l\u2019anesthésie générale dans la chirurgie thoracique et pulmonaire, sont les mêmes que ceux qu\u2019il peut rencontrer dans l\u2019anesthésie en chirurgie générale ; mais, à ces mêmes ennuis s\u2019ajoutent toutes les complications que présente 7 le malade pulmonaire opéré.L\u2019anesthésiste aura à envisager pour la chirurgie pulmonaire le problème des sécrétions bronchiques, de l\u2019anesthésie endotrachéale, de l\u2019anesthésie endobronchique, de la respiration contrôlée, de la pression intrapulmonaire positive.Toute cette nomenclature n\u2019est qu\u2019un aperçu des difficultés qu\u2019il aura à surmonter.Les sécrétions bronchiques.L\u2019état pathologique qui cause le plus d\u2019ennuis, au cours des interventions pulmonaires, est constitué par les sécrétions bronchiques.Les tuberculeux cavitaires, les bronchectasiques, les cancéreux du poumon et des bronches, les porteurs de fistule broncho- pleurale, les porteurs d\u2019abcès du poumon, sont tous des malades qui toussent et qui expectorent des quantités souvent énormes de pus.A 70 Lavar MÉDicaL Janvier 1952 cette sécrétion pathologique peut venir se surajouter une sécrétion irritative par l\u2019utilisation d\u2019agent anesthésique, tel que l\u2019êéther.Il va sans dire que le patient qui n\u2019est pas sous l\u2019influence de la narcose tousse et expectore facilement et qu\u2019il a des moyens naturels de défense qui sont les réflexes de la toux et qui permettent au sujet d\u2019éliminer ses sécrétions et ses suppurations.Il est évident que l\u2019avantage de l\u2019anesthésie locale est de conserver ces moyens de défense au patient ; mais, sous anesthésie générale, les réflexes sont abolis, le patient a perdu ses moyens de défense, la toux et l\u2019expectoration sont impossibles.Il peut s\u2019ensuivre, au cours de l\u2019intervention, des complications graves qui peuvent même être cause de la perte du patient.En effet, un abcès du poumon qui se vide dans les bronches, au cours d\u2019une anesthésie générale, est une complication grave par les effets qu\u2019elle produit.Il s\u2019établit une obstruction bronchique qui peut être totale et cette obstruction bronchique est sûrement à l\u2019encontre du principe primordial : maintenir à tout prix les voies respiratoires libres.Les sécrétions bronchiques n\u2019ont pas toutes une importance égale, elles varient en intensité avec l\u2019état pathologique de chaque malade.Mais si, pour tous, le problème n\u2019est pas aussi ardu, pour tous 1l existe et doit être considéré.Les mesures préventives des complications apportées par la présence de sécrétions bronchiques se prévalent de plusieurs techniques thérapeutiques importantes.II est, d\u2019abord, recommandé qu\u2019un drainage thérapeutique des bronches soit institué, plusieurs jours avant l\u2019opération.Et, chez ces malades, il est habituel de faire des bronchoscopies aspiratrices pendant plusieurs jours avant l\u2019opération.Si la bronchoscopie est impossible pour une raison ou pour une autre, le drainage des bronches est facilité en maintenant le patient en position déclive pour favoriser l\u2019écoulement à l\u2019extérieur des sécrétions bronchiques.De plus, en tenant compte du fait que ces patients toussent et crachent surtout le matin au réveil, il y aura indication de faire l\u2019opération, tard dans l\u2019avant-midi, ou même dans l\u2019après-midi, afin de s\u2019assurer du maximum d\u2019évacuation bronchique. Janvier 1952 Lavar.MÉDicaL 71 Enfin, comme mesure préventive du traitement des sécrétions, se pose le problème de l\u2019anesthésie endotrachéale.L\u2019anesthésie endotrachéale : L\u2019anesthésie endotrachéale est une technique d\u2019anesthésie qui consiste en l\u2019introduction d\u2019une sonde trachéale dans la trachée-artère.Le but de l\u2019introduction de cette sonde est de pouvoir maintenir de façon parfaite la liberté des voies respiratoires et d\u2019élimmer les génes respiratoires qui auraient pour cause une obstruction mécanique du naso-pharynx et du larynx.Les avantages de l\u2019intubation endotrachéale sont nombreux, mais appliquée plus spécialement à la chirurgie pulmonaire, elle a celui de maintenir les voies respiratoires parfaitement libres.Elle rend possible la respiration contrôlée et la respiration sous pression positive.Elle permet aussi l\u2019aspiration des sécrétions bronchiques au moyen d\u2019une succion qu\u2019il est possible d\u2019introduire dans les bronches par la lumière de la sonde.L\u2019anesthésie endotrachéale peut être, soit partiellement obstructive ou totalement fermée.Dans le premier cas, la sonde utilisée est d\u2019un calibre d\u2019environ la moitié du calibre de la trachée et peut ainsi permettre le passage de l\u2019air en partie par l\u2019orifice de la sonde, en partie par l\u2019espace libre entre la sonde et les parois de la trachée et l\u2019orifice du larynx.Pour obtenir une endotrachéale complètement fermée, le calibre de la sonde est beaucoup plus gros et son extrémité distale est munie d\u2019un ballon qui forme manchon autour de la sonde et qui peut être soufflé de façon à obstruer complètement la trachée-artére.L\u2019introduction de cette sonde endotrachéale demande une technique habile qui peut quelquefois compliquer l\u2019anesthésie.L\u2019anesthésiste doit-il ou non utiliser l\u2019anesthésie endotrachéale dans la chirurgie thoracique et pulmonaire ?La réponse à cette question, pour toute simple qu\u2019elle paraisse être, si on ne considère que les avantages d\u2019une intubation, est pourtant fort difficile à donner, si on en établit le bilan des avantages et des inconvénients.Il semble que la majorité des auteurs favorisent l\u2019intubation endotrachéale pour la chirurgie thoracique et pulmonaire, mais un fort 72 Lavar MÉDICAL .Janvier 1952 pourcentage en limitent l\u2019utilisation à des indications spéciales et semblent y voir une complication surajoutée à un problème d\u2019anesthésie déjà si compliqué.C\u2019est que, en réalité, 11 y a plusieurs inconvénients à l\u2019anesthésie endotrachéale.C\u2019est, en somme, l\u2019introduction d\u2019un corps étranger dans un organe qui, sous l\u2019action de l\u2019anesthésie générale, ne tolère aucunement un corps étranger et physiologiquement cherche à les expulser le plus rapidement possible.Ce corps étranger introduit dans les bronches est une cause d\u2019irritation pour la trachée et provoque un réflexe de toux important.Puis, s\u2019ajoute la présence d\u2019un corps lubrifiant qui a servi à faciliter l\u2019introduction de la sonde dans les bronches.Ce lubrifiant agit encore à la façon d\u2019un corps étranger et il comporte, en plus, le danger qu\u2019une partie de ce lubrifiant reste dans les bronches, même après que la sonde a été enlevée.L\u2019épaisseur de la paroi de la sonde diminue la grandeur de la lumière de la trachée et peut être comparable à une gêne mécanique partielle de la respiration.Un inconvénient important de l\u2019anesthésie endotrachéale est la nécessité d\u2019obtenir une anesthésie profonde pour l\u2019introduction de la sonde et de maintenir cette anesthésie profonde pour que le patient conserve sa sonde.Il est nécessaire de maintenir l\u2019anesthésie dans le deuxième stade, ou plus, de l\u2019anesthésie chirurgicale.Il peut se produire, au cours des manœuvres, des traumatismes du pharynx et du larynx.De plus, toute la flore microbienne contenue dans le naso-pharynx et le larynx peut être transportée dans les bronches, surtout si I'introduction de la sonde se fait par la voie nasale.Enfin, le travail récent du docteur Burnstein, de New-York, a tendance à démontrer que l\u2019intubation endotrachéale produit des modift- cations de l\u2019électrocardiogramme, de façon passagère, peut-être, mais constante, et serait, en conséquence, un facteur qui favoriserait l\u2019apparition de l\u2019état de choc.Tels sont, en somme, les inconvénients de l\u2019intubation endotrachéale et c\u2019est pour toutes ces raisons que plusieurs la considèrent comme non désirable, à moins d\u2019indications spéciales où les inconvénients de cette \u2019 p Janvier 1952 LAava\u2026.MÉDICAL 73 technique seraient contrebalancés par des avantages supérieurs à ces inconvénients.Aussi Richardson affirme qu\u2019il n\u2019y a pas de règle à établir sur ce sujet et que, à son avis, elle doit être effectuée seulement dans les cas où elle est absolument nécessaire et où les sécrétions sont très abondantes : il en vient même à se demander si l\u2019irritation provoquée par la présence du tube n\u2019est pas un facteur de sécrétions.Aussi, la question de l\u2019anesthésie endotrachéale est-elle fort discutée pour la chirurgie thoracique et pulmonaire.Ceux qui la préconisent ont une argumentation très favorable qui leur permet de critiquer fortement les adversaires de la technique.Par contre, un grand nombre de spécialistes sont moins catégoriques.Ils en font une question d\u2019indication ou de contre-indication pour chaque patient et c\u2019est peut-être à ces derniers qu\u2019il faut accorder la préférence.(A suivre.) HISTOIRE DE LA MÉDECINE HISTOIRE DES MÉDECINS CANADIENS par Ch.-M.BOISSONNAULT Introduction Nous présentons aujourd\u2019hui quelques biographies de médecins canadiens.Le docteur Adam Mabane, les trois Laterrière, le docteur John Rolph, quelques-uns des médecins qui ont joué un rôle durant la révolution de 1837-38 et le docteur Jean-Baptiste Meilleur font partie de cette première série.L\u2019auteur, M.Charles-Marie Boissonnault, publiciste, historien, secrétaire de la Société des poètes, membre de la Société des écrivains, ancien directeur de la Canadian Authors Association, membre de la Société canadienne d\u2019histoire de la médecine, prépare en ce moment une Histoire de la Faculté de médecine de l\u2019université Laval.Ce sont les notes biographiques recueillies au cours de ses recherches dans les archives canadiennes et de ses lectures des ouvrages divers qui constituent les sources de l\u2019histoire de la médecine au Canada, que M.Boissonnault, commence à publier dans le Laval médical.Dans ces biographies de médecins, l\u2019auteur raconte les faits et les événements auxquels se trouvèrent mélés, d\u2019une façon ou d\u2019une autre, différents praticiens canadiens.La RÉDACTION Janvier 1952 LavarL MEbpicaL 75 Lendemains de conquéte : Adam Mabane L'histoire de la médecine traite des événements qui appartiennent à l\u2019art de conserver la santé et de guérir les malades, art qui repose sur la science des maladies.L\u2019histoire des médecins, elle, se borne à raconter les faits et les circonstances relatifs à la vie des hommes qui exercent ou qui ont exercé la médecine.« Un grand professeur en médecine et un grand médecin », écrit Chazelles, « peuvent être deux hommes différents.» De même, l\u2019histoire des médecins et l\u2019histoire de la médecine peuvent être deux récits différents.Dans toute société bien organisée, le médecin joue un rôle social très important.Au lendemain de la cession du Canada à l\u2019Angleterre, comme aux premiers temps de la Nouvelle-France, il se trouva, à Québec, un médecin éminent qui assuma l\u2019un des premiers rôles politiques dans l\u2019élaboration du nouveau régime.Sa vie a été consacrée à l\u2019établissement du droit et de la justice sur les rives du fleuve Saint-Laurent.On n\u2019est pas très bien fixé sur les origines du docteur Adam Mabane.Ses biographes, sur la foi d\u2019un article de l\u2019abbë L.Bois, affirment qu\u2019il avait étudié la médecine à Édimbourg, en Écosse.Cependant, son nom n\u2019apparaît pas dans la liste des médecins sortis de cette institution.On croit qu\u2019il n\u2019y termina point ses études et qu\u2019il s\u2019engagea, jeune encore, dans la marine de Sa Majesté le roi d\u2019Angleterre.Les uns le déclarent Écossais pur sang, les autres prétendent qu\u2019il descend d\u2019une famille française établie en Écosse depuis quelques générations.Quoiqu\u2019il en soit, Adam Mabane a été l\u2019une des plus remarquables figures de la profession médicale au début du régime anglais.Tour à tour chirurgien de la garnison de Québec, plus tard juge et membre du conseil législatif, Mabane était un homme renseigné, fervent d\u2019histoire et de culture, studieux et généreux.Il vint en Amérique avec l\u2019armée du général Amherst.Il possédait le français comme l\u2019anglais et quand il se fut installé à Québec, c\u2019est à la demande expresse du général Jacques Murray qu\u2019il présida le premier tribunal de ce pays.Sa connaissance des lois françaises était égale à sa maîtrise de la jurisprudence anglaise.Lors de sa nomination au poste de juge, il reçut cent cinquante livres me f , decin 9 Q » .QD NW AN 8 #æ ¥ 3 tee 7 RR Wii.> SN AN NX WY AN v , WN vi 4 ANE \\ \\ 0 N° Ie N ) A NS WN \\ a CN vs 2D Le Le docteur ADAM + S ny Wo \\ N VANE ù WE) 2 RS Sd ) és Yo SNS \\ S 2 A) N ; = PE nT TZ Sb 3 LE LE RE GP Tate ER Ü nN i n° POSE es LE EE ra, x xh 5 A GE 23 7 MABANE, or ET +7 he) usqu\u2019à l\u2019heure de l\u2019invasion qui v mit fin, du moins temporairement 12 3 P IT L\u2019invasion du Canada par les troupes de la Révolution américaine mit un terme aux dissensions et Carleton dut réunir autour de lui tous les hommes de bonne volonté, tous ceux qui tenaient par un lien quelconque à la Couronne britannique.Il constata alors que les marchands étaient loin de faire partie de ce groupe.C\u2019est ainsi que le parti de Mabane, défenseur des lois françaises, protecteur des Canadiens, devint le parti politique officiel cependant que les marchands, la plupart d\u2019origme étatsunienne, passaient du côté des envahisseurs.L'armée de Montgomery entra sans coups férir à Montréal, reçue par un groupe de marchands parmi lesquels on remarquait les noms les plus en vue de la province de Québec.\u2018 Tout en exerçant son art, le chirurgien Mabane, durant le siège de Québec, remplit plusieurs missions politiques.L'organisation et le maintien des milices lui furent confiés.C\u2019est ainsi qu\u2019il communiqua avec le capitaine Nairn à la Malbaie et obtint qu\u2019un certain nombre de personnes soient gardées sous les drapeaux.À l\u2019automne, seconde mission ; cette fois, il lui faut la remplir lui-même avec l\u2019aide de deux autres commissaires.Il se dirige vers l\u2019Ile d\u2019Orléans pour recruter des volontaires.Il subit un échec.C\u2019est du moins ce que révèle une lettre 12.À cet égard, on peut consulter les sources suivantes : SHORTT et DoucHTy, Doc.const.; HEy au chancelier, 28 août 1775 ; Archives du Canada, Colonial Office, 42, vol.9.; Memorial of Livius, 15 déc.1778 ; Smith Papers, etc., Hilda NeaTny, The political career of Adam Mabane, dans Canadian Historical Review, 1935, vol.16, p.137 et suivantes. Janvier 1952 Lavar MEbicaL 87 écrite par Lecompte Dupré, seigneur d\u2019Argentenay, a son cousin, François Baby, lettre publiée dans les Mémoires de la Société rovale et qui nous dit en substance ceci : « Le lieutenant-gouverneur a envoyé à l\u2019Isle d\u2019Orléans, messieurs Mabane, juge en chef (?), Grant et Boisseau, avec instructions de réquisitionner des volontaires.Dix hommes armés les accompagnailent, mais ils furent accueillis par 250 hommes armés de bâtons.Sans la présence et les efforts de Boisseau, Mabane s\u2019en serait fort mal tiré.» !* Mabane et ses collègues avaient désigné quelques officiers pour assurer le recrutement dans l\u2019île, mais les émeutiers les enlevèrent avant que ces hommes aient reçu leurs instructions.Malgré cette aventure, le docteur Mabane n\u2019en continua pas moins de revendiquer l\u2019application des lois françaises, après l\u2019invasion comme avant.Bien plus, le groupe qui reconnaissait Mabane comme son chef s\u2019était trouvé, entre temps, un nouveau motif de haine contre les marchands.Le chirurgien considérait ces gens comme de véritables rebelles, des républicains ennemis de l\u2019Angleterre.Aux yeux de Mabane et de son groupe, quiconque réclamait la mise en vigueur des lois anglaises était séditieux.Mais cette lutte de Mabane contre le parti mercantile ne lui rapporta guère.Au fur et à mesure qu\u2019il avançait en âge, le nombre des marchands anglais, leur influence se décuplait et les instructions des gouverneurs, devenant mieux connues, 1l éprouvait de grandes difficultés à Juger selon l\u2019équité et le droit coutumier français.Sa carrière médicale s\u2019en ressentait vivement.Ainsi, vers 1781, à peine a-t-on décidé de l\u2019établissement d\u2019un hôpital spécial pour la garnison de Québec, que son ami, le nouveau gouverneur, Frédérick Haldimand qui l\u2019avait nommé chirurgien de cette institution, se voit dans l\u2019obligation de supprimer et l\u2019hôpital et le poste confié au docteur Mabane.En réponse à la lettre que lui adresse Haldimand au sujet de l\u2019abolition de son poste, Mabane écrit : « Il est bien connu que, depuis que le gouverneur Murray, en 1764, me confia un poste de fonctionnaire, j'ai abandonné toute pratique rémunératrice.À cette époque, le salaire affecté au poste de Juge était de 150 livres par an, somme assez modique 13.Mrs.F.C.WARREN and Édouard Fabre SURVEYER, From Surgeon\u2019s Mate to Chief Justice : Adams Mabane (1740-1792). 88 Lavar.MÉDICAL Janvier 1952 pour que l\u2019on ne puisse pas attribuer à des motifs intéressés le fait que je l\u2019aie accepté.Je dois vous dire en outre que l\u2019abandon de ma pratique privée, pratique que je trouve incompatible avec mes fonctions de juge, constitue un sacrifice considérable puisque les émoluements que Je reçois de la Couronne à cet effet sont quatre fois moindres que le montant global que me valait l\u2019exercice de la médecine.» Or, deux ans plus tard, d\u2019après du Calvet, Mabane recevait 1,200 livres par an.Voici comment, selon Pierre du Calvet, se répartissaient les revenus que le docteur Mabane retirait de l\u2019État : Chirurgien de la garnison.\u2026.200 livres Membre du conseil législatif.100 livres Juge des plaidoyers communs.500 livres Juge de la cour des prérogatives.300 livres Commissaire et juge en chef suppléant.300 livres Benjamin Sulte qui cite ces chiffres dans ses Mélanges bistoriques prétend que cette somme de douze cents livres équivaut à vingt mille dollars ($20,000.).Warren et Surveyer trouvent ces chiffres difficilement acceptables.La commission nommée en 1778 pour remplacer le juge en chef, disent-ils, n\u2019avait pas reçu un seul sou avant le 23 octobre 1783, soit quelques semaines avant la lettre de Pierre du Calvet.Le docteur Adam Mabane avait cessé d\u2019être chirurgien de la garnison avant que du Calvet n\u2019exprimât ses doléances.En outre, disent les mêmes auteurs, ce n\u2019est qu\u2019en 1775 que le salaire des juges des plaidoyers communs furent fixés à cinq cents livres.Auparavant, ils étaient de deux cents livres seulement.Il est bien difficile d\u2019établir un chiffre exact de même que de définir ce que Mabane entendait par exercice de la médecine.Ahern 14 prétend que, même quand il était magistrat, Mabane ne négligeait pas sa clientéle : « Ainsi en 1762, il était avec Field, assistant chirurgien de l\u2019Hôpital militaire de Québec où Fisher le remplaça en 1783, en 1766 chirurgien de la garnison et en 1767 médecin de l\u2019Hoôpital Général.C\u2019est dans la chapelle de cet hôpital que le 25 mai 1767 un sauvage du docteur Mabane 14.Notes pour servir à Histoire de la médecine dans le Bas Canada, par les docteurs M.-J.et Geo.AHERN, Québec 1923, p.380. Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 89 fut baptisé.Le 15 septembre de la même année, un autre sauvage du docteur mourait au même hôpital.» Il ne faut pas être étonné du dévouement que manifeste le docteur Mabane à l\u2019égard de l\u2019Hôpital Général.Dès son départ, le gouverneur Murray conseillait à Sa Grandeur M#\" Briand de toujours s\u2019appuyer sur le docteur Mabane, lui disant qu\u2019il trouverait dans ce chirurgien un ami et un protecteur.«Je sais qu\u2019il vous aime, vous, et les Canadiens », écrivait Murray 1°.C\u2019est encore Ahern qui nous apprend que Mabane fut, en 1779, un des fondateurs et des premiers directeurs du Quebec Library Association qui tenait ses assemblées et avait sa bibliothèque à l\u2019évêché.C\u2019est dire quelles relations intimes existaient entre Mabane et l\u2019épiscopat de son temps.Néanmoins, tous Jes membres du clergé n\u2019étaient pas favorables à cette bibliothèque.Le 25 avril 1777, soit quelque temps avant l\u2019établissement de la bibliothèque, le vicaire général du diocèse de Québec, M8\" Montgolfier, faisait part de ses inquiétudes à Sa Grandeur M*\" Briand à peu près en ces termes : « J\u2019ai eu l\u2019honneur de recevoir M.Mabane qui est venu me voir trois ou quatre fois durant son séjour à Montréal : nous en sommes toujours revenus au projet de bibliothèque à Québec.Sans aucun doute, il compte sur une généreuse souscription de ma part.J'ai toujours évité de m\u2019expliquer à ce sujet et J'ai répondu que je m\u2019arrangerais avec M.Gravé.Je dois avouer, Monseigneur, que si je contribue à l\u2019établissement de cette bibliothèque, ce sera bien involontairement et par pur motif de politique chrétienne.Je suis intimement persuadé que dans tous ces établissements d\u2019imprimerie et de bibliothèques publiques, bien qu\u2019elles comportent quelque chose de bon en soi, 1l y a toujours plus de mal que de bien et qu\u2019elles font plus de torts que de bien même dans les endroits où 1l s\u2019exerce une certaine surveillance pour la préservation de la foi et de la morale.» Monseigneur Montgolfler termine par les paroles suivantes : « J\u2019espère, Monseigneur, que Votre Grandeur sera assez bonne pour me donner à cet égard des directives salutaires et prudentes.» Quoiqu\u2019il en soit, la bibliothèque se trouva fondée deux ans plus tard, mais les biographes de Mabane ne nous disent pas ce qu\u2019elle est 15.Rapport de l\u2019Arcbiriste de la province de Québec, 1929-30, p.65. 90 Lava\u2026.MÉDicaL Janvier 1952 devenue.Quant à ses relations avec le clergé et les Canadiens, elles demeurèrent cordiales jusqu\u2019à la fin.L\u2019Hôpital Général, en particulier, n\u2019eut qu\u2019à se louer de ses bons offices.Il semble qu\u2019il y ait toujours exercé ses fonctions de chirurgien.Les religieuses de cette institution lui doivent beaucoup de gratitude.Par exemple, lorsqu\u2019elles devinrent propriétaires du fief de Berthier, écrivent Warren et Surveyer, le général Haldimand, sur les instances de Mabane, les exempta des droits habituellement payables à la Couronne en de telles circonstances.Puis, dans les deux procès intentés par elles contre madame d\u2019Albergati, pour faire mettre de côté la donation que leur avait faite leur chapelain, Charles Régis des Bergères de Rigaudville, le docteur Adam Mabane fut leur premier conseiller.Charles de Rigaudville avait consacré sa vie à l\u2019œuvre de l\u2019Hôpital Général.Ordonné prêtre le 20 septembre 1749, « ce fut au temps des fièvres malignes qu\u2019il commença à être connu plus particulièrement ».Il n\u2019était pas encore aumônier à cette époque, mais, écrit l\u2019auteur de Monseigneur de Saint-Vallier et Hôpital Général de Québec, « Il venait à son tour, comme les autres messieurs du clergé, faire le service de notre hôpital selon l\u2019ordre établi par monseigneur de Pontbriand.La contagion ne cessa que pour faire place aux horreurs de la guerre.Un seul Jour suffit, hélas ! pour remplir de blessés et de mourants notre monastère tout entier.Dans des conjonctures si critiques, 1l fallait à nos Mères, affirme le même auteur, quelqu\u2019un qui sut calmer leurs justes alarmes et leur donner des conseils et des encouragements.Monseigneur de Québec pria son cher ami, M.Briand, de vouloir bien se charger de ce soin, et le nomma supérieur de notre communauté dont il était confesseur depuis trois ans.M.Briand réunit dès lors les deux attributions ; en venant résider 1ci, il amena avec lui M.de Rigaudville qu\u2019il chargea de la desserte de l\u2019hôpital.Tous deux durent habiter la même pièce tant l\u2019espace était alors restreint.Toute sa vie, il la passa à l\u2019Hôpital Général, refusant même une cure très rémunératrice que lui avait offerte l\u2019abbé Briand devenu évêque de Québec aux lendemains de la conquête.Et quand il mourut, l\u2019abbé de Rigaudville donna ses biens à l\u2019hôpital, ses vrais héritiers étant en Europe à l\u2019exception d\u2019une cousine germaine dont il assura le bien-être.» d Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 91 Dans son testament, de Rigaudville écrit : « La seigneurie que je possède n\u2019était point venue à ma mère par héritage, mais par pur don de la part d\u2019un étranger avant son mariage avec feu mon père.Je ne dois donc rien à mes parents du côté de mon père.D'ailleurs, il n\u2019y en a qu\u2019un dans le pays, et 1l a trois mille livres de rente ».Il lègue en outre deux mille livres à son filleul, Charles-Michel de Salaberry, son parent au sixième degré, et institue les religieuses de l\u2019Hôpital Général ses légataires universelles.«Le gouvernement n\u2019apporta aucune entrave à l\u2019exécution des dernières volontés de M.de Rigaudville ; loin de là, le général Haldimand accorda sans aucune difficulté don et remise du droit d\u2019amortissement dû à la couronne par les nouvelles propriétaires du fief de Berthier.Il est permis de croire que la recommandation du docteur Mabane était pour quelque chose dans la facilité avec laquelle nos Mères obtenaient à cette époque les faveurs du gouvernement.» «Le docteur Mabane était juge des plaidoyers communs, membre du conseil législatif et aussi du conseil privé de Son Excellence », note la rédactrice de la monographie de l\u2019Hôpital Général, et ami intime du gouverneur Haldimand.Pendant quatre années, l\u2019Hôpital Général tenta de remplir ses obligations envers madame Charlotte Aubert, veuve du marquis d\u2019Albergati, qui, au bout de cing mois, avait hérité de la rente payable à Madeleine de l\u2019Estringan Saint-Martin, la cousine germaine de l\u2019abbé de Rigaud- ville, mais la marquise refusa.Au bout de ce laps de temps, soit en avril 1785, par écrit, madame d\u2019Albergati prévient la « révérend mère Thérèse de Jésus qu\u2019elle croyait se devoir à elle-même de faire valoir ses prétentions sur les biens de feu messire de Rigaudville son parent, et que les cours de justice en décideraient ».L\u2019affaire se trouva portée devant les tribunaux.«Le docteur Mabane se montra dans cette occasion, comme toujours, un ami plein de zèle.Il sut inspirer ses sentiments à M.Gray, avocat, qu\u2019il choisit pour défendre les intérêts des religieuses, et la cour rendit sa sentence en leur faveur le 30 juillet.Madame d\u2019Albergati cependant ne se tint pas pour vaincue, et elle se décida à intenter une nouvelle action.En annonçant aux religieuses qu\u2019elles allaient subir un second procès, le docteur Mabane s\u2019empressa de les rassurer ; c\u2019est ce que fit également 92 Lavar MÉDICAL Janvier 1952 M.Gray, et tous deux leur donnèrent de précieux conseils sur la manière dont elles devaient agir dans une affaire de cette conséquence.Nos Mères, comme on peut le penser, ajoute l\u2019auteur de Monseigneur de Saint-Valler et l\u2019Hôpital Général, attendaient de Dieu seul leur principal appui.Elles commencèrent aussitôt une neuvaine en l\u2019honneur du saint cœur de Marie.Neuf longs mois se passèrent dans des alternatives de crainte et d\u2019espérance.Enfin arriva le jour où le jugement devait être rendu ; c\u2019était le trois juillet 1786.Pendant les heures de la matinée, plus ardentes que Jamais furent les supplications adressées au Ciel ; chacune demandait surtout une parfaite résignation à la volonté de Dieu quelle que dût être la sentence.» Dans les annales de la communauté, on peut lire ce passage manuscrit qui peint bien toute l\u2019époque et la façon dont les événements s\u2019y déroulaient : « Soudain, nous aperçumes un cabriolet qui venait avec une célérité telle qu\u2019à chaque instant la poussière en dérobait la vue.Après quelques minutes d\u2019attente, nous vimes arriver M.Cugnet, un de nos avocats, nous annonçant avec joie que tout était en notre faveur.Un envoyé du docteur Mabane, qui se flattait d\u2019être le premier porteur de la bonne nouvelle, suivit de près MM.Cugnet et Gray, et alternativement, toute l\u2019après-midi, plusieurs amis se succédèrent pour nous féliciter de cet heureux succès.» Le docteur Mabane n\u2019était pas toujours d\u2019un aussi grand secours pour ceux qui réclamaient par devant les tribunaux.Son confrère, le docteur Jacques Bowman en sut quelque chose lorsque, après avoir conduit une enquête dans toute la province au sujet du mal de la Baie, il voulut présenter ses comptes.Le conseil scruta sa réclamation et trouva que 2,500 livres sterling ou 12,500 dollars, c\u2019était beaucoup trop pour l\u2019examen de quelques malades.Il semble que l\u2019épidémie ne se soit pas répandue au delà de Lachine où l\u2019on procédait à l\u2019examen médical de tous ceux qui s\u2019en allaient vers l\u2019intérieur des terres, mais à partir de Lachine, en descendant, et Jusqu\u2019aux confins de la province de Québec, sur les deux rives du Saint-Laurent, il v avait quantité de malades.Pendant tout le printemps et l\u2019été de 1785, Bowman 16 parcourut la majeure partie de la province de Québec.Il semble avoir visité tous les 16.A.L.BurT, The Old Province of Quebec, pp.476-477.AHERN, ibid, p.82.Mo doux thy Ben Janvier 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 93 centres habités.Alfred LeRoy Burt estime A cing ou six mille le nombre des patients traités, ce qui indiquerait un plus grand nombre d\u2019examens médicaux.Son compte était certainement élevé, mais il comprenait, outre le temps consacré à l\u2019enquête, la nourriture, le logement et le transport, les médicaments et tous les accessoires nécessaires à un traitement qui se donnait suivant des formules assez variées et assez onéreuses, Malheureusement, pour le docteur Bowman, le lieutenant-gouverneur Hope qui avait confié cette mission au médecin, était retourné en Angleterre à la suite de quelques frictions politiques.Les amis de Hope étaient en disgrace et le docteur Bowman qui était l\u2019un de ses intimes se trouvait classé dans leur catégorie.Burt estime que Mabane éprouvait aussi quelque jalousie à l\u2019égard de Bowman et qu\u2019il ne fut pas étranger aux difficultés que rencontra celui-ci quand il voulut se faire payer.Sur les entrefaites, Guy Carleton, devenu lord Dorchester, arriva au pays et commença par examiner la situation générale avant de régler les comptes en instance de paiement.Tout alla si bien que le docteur Bowman mourut quelques mois plus tard sans avoir rien reçu.Il y a toute une correspondance à ce sujet aux archives publiques, à Ottawa.De plus, le père du docteur Bowman vint en Canada pour se faire rembourser les frais.Ahern fait observer que le gouvernement, pour ne pas régler ce compte, allégua « que le docteur avait exagéré le nombre des malades ; qu\u2019il n\u2019avait pu visiter certains endroits mentionnés dans son rapport ; que le plus souvent ses visites avaient été tellement courtes qu\u2019il ne pouvait pas examiner suffisamment les malades, car d\u2019après son propre témoignage 1l aurait fait en 1785, huit cents lieues dans quatre mois ; qu\u2019il n\u2019a pu en deux jours donner des consultations et distribuer des remèdes à 500 personnes dans deux paroisses éloignées l\u2019une de l\u2019autre de plusieurs lieues ; qu\u2019à plusieurs endroits les curés lui avaient donné des reçus sur sa promesse d\u2019envoyer des remèdes qu\u2019ils n\u2019ont jamais reçus ».Le gouvernement offrit cent guinées pour les dépenses et deux cents pour les honoraires, ce qui, au taux de l\u2019époque, équivalait à $1,530.environ.Il restait une jolie marge.On voit ce que le père du docteur Bowman, après avoir traversé l\u2019Atlantique, a pu recueillir ici. 94 Lavar.MÉDICAL Janvier 1952 Quoiqu\u2019il en soit, 1l ne faudrait pas juger le docteur Mabane par cette seule intrusion dans un litige qui mettait l\u2019un de ses confrères aux prises avec le gouvernement.Adam Mabane était un très honnête homme.Dès son arrivée en Canada, il devint Canadien et les intérêts permanents du pays trouvèrent en lui l\u2019un de leurs meilleurs défenseurs.Comme on l\u2019a constaté au début, on 1gnore quelles études médicales il avait faites.D\u2019après un journal attribué à William Hervey, le docteur Mabane aurait poursuivi pendant un certain temps des études médicales à l\u2019université d\u2019Edimbourg et ensuite, poussé par l\u2019amour des voyages, il se serait embarqué sur un navire de l\u2019amiral Saunders et y aurait continué l\u2019étude de la médecine et de la chirurgie sous la direction d\u2019un chirurgien de la marine.Il avait environ 27 ans quand 1l arriva à Philadelphie et se transporta à Québec.C\u2019est dans notre ville qu\u2019il obtint ses grades et devint chirurgien-major.Sitôt que le gouverneur lui eut confié un poste de fonctionnaire, il renonça à ses honoraires de médecin qui lui rappor- talent infiniment plus, mais continua quand même de prodiguer ses soins gratuitement à ses clients et à ceux qui faisaient appel à son art.« Possédant une adresse remarquable, un vrai caractère et le cœur effervescent d\u2019un bon Écossais, dit Burt !\u201d, il fut l\u2019une des figures dominantes de la colonie depuis son entrée dans le fonctionnarisme en 1764 jusqu\u2019à sa mort en Janvier 1792.En vérité, durant cette période, fort peu d\u2019individus exercèrent une influence comparable à la sienne sur l\u2019administration publique de notre pays.» Le docteur Mabane mourut tragiquement au cours d\u2019une tempête de neige, alors qu\u2019il traversait à pied ce que nous nommons aujourd\u2019hui les plaines d\u2019Abrabam.Il s\u2019y égara et « fut trouvé à peu près gelé et inconscient, et ramené chez lui où 1l prit une pneumonie et mourut le 3 janvier 1792 ».Concluons avec le docteur Ahern que «le docteur Mabane fut un homme probe, honnête et studieux.Vivant à une époque excessivement difficile, détesté des bureaucrates anglais dont 1l contrecarrait les vues égoïstes et accapareuses, et en butte, pour cela, à leurs mauvais traitements ; peu sympathique aux Canadiens français parce qu\u2019il était anglais et représentait l\u2019autorité du vainqueur, il sut malgré tout rester fidèle à ses principes de justice, de devoir et d\u2019honneur.Sa 17.BURT, ibidem, p.88 (traduction libre). Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 95 mort fut universellement regrettée, car dans les dernières années de sa vie il avait été mieux compris et s\u2019était attiré des sympathies sincères et loyales d\u2019hommes importants dans les deux camps adversaires ».Ajoutons qu\u2019il était fort cultivé tant en médecine qu\u2019en droit et en littérature, en histoire et en science.Dans sa bibliothèque dont nous possédons un inventaire, on relève des ouvrages d\u2019Homère, de Virgile, de Plutarque, de Shakespeare, de Voltaire, de Jean-Jacques Rousseau, de LeSage, d\u2019Ossian, de Pope, les Mémoires de Sully, une anthologie de la poésie anglaise et les manuels de médecine et de droit indispensables à une bibliothèque de juge et de médecin.C\u2019était un homme de bien, un grand honnête homme.II Pierre de Sales Laterrière Voici un nom célèbre dans l\u2019histoire du Canada ! Celui qui le portait, contrairement à tant d\u2019autres, a compris qu\u2019il importe d\u2019édifier soi- même sa biographie si l\u2019on veut passer à la postérité.Trop de gens oublient qu\u2019après leur mort, les historiens écriront l\u2019histoire avec les documents qu\u2019ils trouveront et qu\u2019il vaut mieux laisser une relation des évêne- ments auxquels on a été mêlé que de ne rien laisser du tout.Même si certaines circonstances de notre vie n\u2019ont pas eu l\u2019heur de plaire à nos contemporains et font rougir ceux qui nous suivent, il vaut toujours mieux laisser une explication de ses propres actes.D'ailleurs, la vérité est toujours moins discutée que les à peu près et la probité intellectuelle vaut bien l\u2019autre.Pierre de Sales Laterriére a joué un rôle éminent dans la vie politique et sociale de notre pays.Il se devait de laisser des Mémoires et il l\u2019a fait.Grâce à ses récits, nous savons une foule de choses qui expl1- quent quantité d\u2019événements demeurés obscurs jusqu\u2019en 1873, date de la publication de son petit livre, par l\u2019excellent écrivain Alfred Garneau.Né le 23 septembre 1747, à Bonneval, diocèse d\u2019Albi, en France, Pierre de Sales Laterrière, comme 1l le dit lui-même, était le fils de Jean- Pierre de Sales, seigneur de Sales, et de Marie Delergues.Pierre de Sales Laterrière prétend que la famille de saint François de Sales n\u2019était pas étrangère à la sienne.Après des études de mathématiques à La- 96 Lava.MÉDICAL Janvier 1952 Rochelle, Pierre de Sales Laterrière se rendit à Paris où sa famille, apparemment, possédait des relations influentes, en particulier la comtesse de Grammont.Destiné à la marine, 1l lui avoua dès la première rencontre que la mer ne l\u2019intéressait point.Ce qu\u2019il connaissait de la vie de marin ne lui plaisait guère.« Les navires marchands que je voyais entrer fort souvent délabrés, dans le port (LaRochelle), les tristes récits des officiers et des équipages, les vœux qu\u2019ils venaient offrir en action de grâces au Très-Haut dans les églises pour avoir échappé au naufrage et, surtout, un équipage qui avait manqué de vivres et qui débarqua avec un quartier de chair humaine qu\u2019il avait eu de reste, pour l\u2019enterrer et en même temps rendre grâce au ciel, me firent faire de s1 fortes réflexions, ajoute Pierre de Sales, que je me dégoûtai de cette profession.J\u2019en informai mes parents et immédiatement je fus appelé à Paris.» On conçoit, en effet, que c\u2019était là suffisant pour détourner de la marine un homme de bonne éducation et de mœurs saines.Il termina son cours classique le premier juin 1764.Peu après, 1l était à Paris et visitait cette ville dont 1l rêvait depuis sa plus tendre enfance.Mais tous ces déplacements lui avaient causé quelque fatigue et sa famille décida de l\u2019envoyer se reposer en Bourgogne.Ce premier contact avec un médecin \u2014 celui qui l\u2019examina \u2014 l\u2019inclina vers l\u2019art d\u2019Esculape.Pierre de Sales se rendit à Joigny-le-Roi où 1l rencontra un second médecin du nom d\u2019Hyver, passa deux jours chez ce praticien et se rendit ensuite chez le marquis de la Mothe, seigneur du Buisson-Souef, qui habitait un château situé à une lieue et demie de Joigny-le-Roi.C\u2019est là que Pierre de Sales rencontra un certain Saint-Germain, canadien de nation, dit-il.Après quatre ou cinq semaines de séjour en Bourgogne, Pierre de Sales apprit qu\u2019il devait bientôt s\u2019embarquer sur un navire en partance pour les Indes.II y était résigné, mais le destin avait disposé autrement de sa vie, car bientôt on apprit que ce navire était condamné comme pourri.Par conséquent, son départ était remis.« Le dégoût me reprit encore pour la mer, écrit Pierre de Sales, et je visai à un autre état plus conforme à mon penchant.» C\u2019est alors qu\u2019il revint chez la comtesse de Grammont et qu\u2019il décida de sa carrière dans un dialogue que l\u2019on retrouve dans ses Mémoires Janvier 1952 LavaL MEbicaL 97 et qu\u2019il convient, ce me semble, de rapporter dans son entier.Madame de Grammont ne l\u2019attendaiut pas si tôt : «\u2014 Voilà, dit la comtesse, mon rêve accompli, et Je devais te voir aujourd\u2019hui.Que vas-tu faire?Le Brisson (c\u2019était, on le devine, le fameux navire sur lequel Pierre de Sales devait s\u2019embarquer pour les Indes) est pourri et condamné, et le tems (sic) de la mousson empêche qu\u2019il n\u2019y en ait d\u2019autres d\u2019expédiés de sitôt.Il faut pourtant t\u2019occuper ; je vais t\u2019obtenir une place à l\u2019école militaire, à moins que ce ne soit pas [à ton goût ?« \u2014 Je me sentirois de l\u2019inclination pour la médecine et l\u2019histoire de a nature, répondit le jeune Pierre de Sales Laterrière.« \u2014 Eh bien, dit la comtesse de Grammont, si c\u2019est là ton penchant, il est fort aisé de te placer chez le médecin de la reme M.de la Rocham- baux !.Un médecin expert est aussi utile à l\u2019État que le meilleur général d\u2019armée, ajoute la comtesse.» Et après un arrêt de quelques instants où elle sembla se livrer à ses pensées, elle continua en ces termes : « \u2014 Sois constant dans cette profession, c\u2019est celle qui est appelée l\u2019ami des dames.Je ne doute nullement que tu ne t\u2019y distingues.Va en informer ton oncle, et je vais t\u2019assurer cette place avant peu de jours.Demain, je verrai le médecin.» L\u2019oncle de Pierre de Sales reconnut immédiatement qu\u2019il valait mieux que son jeune neveu suive son penchant et se consacrât à la profession qu\u2019il préférait.Toutefois, lui dit-il, nous allons demander à votre père s\u2019il vous autorise à entrer dans cette carrière.C\u2019était en effet plus prudent car Jean-Pierre de Sales, le père de notre héros, semblait jJusqu\u2019alors bien décidé à faire de son second fils un marin de mème qu\u2019il avait fait du premier un militaire.Il faut croire que l\u2019oncle avait su présenter avec tous les égards requis la demande du neveu, car Pierre de Sales rapporte que son père laissa à ses protecteurs le soin de statuer sur son sort : « Mon père, écrit-il, laissoit au choix de mes protec- 1.Rochambaux s\u2019écrit Rochambeau, selon Alfred Garneau.Les conversations sont reproduites au texte.(11) PR Fp 7 he * / 7 I La 7 - Ng ps s ar À Sed à PIERRE DE SALES LATERRIÈRE, médecin, en costume de l\u2019époque, 1790, d\u2019après François Baillairgé.le te (Reproduction autorisée par le directeur de l\u2019 Inventaire des œuvres d\u2019art.) de I li Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 99 teurs de me faire entrer dans la carrière que je préfererois (sic), comme le seul moyen de faire de moi un homme de conséquence.» La comtesse de Grammont, apparemment, n\u2019avait pas attendu cette autorisation puisque, déjà, le jeune homme était inscrit chez le docteur Rochambeau.« Déjà, spécifie Pierre de Sales, notre cousine m\u2019avoit placé et avoit obtenu de M.de la Rochambaux que j\u2019irois chez lui par brevet, à quoi mon oncle consentit, sans autre réserve que d\u2019assister au théâtre de Saint-Côme et aux pansemens importants à l\u2019Hôtel-Dieu.J\u2019entrai chez M.de Rochambaux le 20 août 1766 ?.» S\u2019il faut en croire les Mémoires, ce médecin de la reine avait alors 80 ans ; il était « fort libéralement instruit, surtout dans sa profession, mais grand partisan du système des urines ».Grâce à ses puissantes influences, Pierre de Sales fut traité comme un enfant de la maison et le docteur de Rochambeau lui ouvrit sa maison et sa bibliothèque.Pendant dix-huit mois qu\u2019il passa auprès de ce médecin, l\u2019apprenti- médecin le suivit partout, visitant ses malades et rédigeant ses ordonnances.« Ses visites réglées, écrit Pierre de Sales, se faisoient tous les jours à dix heures, et les extraordinaires en tous tems, a pied ou en carosse.Les lectures et les démonstrations à Saint-Côme avoient leurs saisons.Depuis onze heures jusqu\u2019à une heure avoient lieu à l\u2019Hôtel-Dieu la visite et le pansement des malades ; tous les étudians (sic) y assistoient suivant leurs grades, et les privilégiés y étoient admis à porter le tablier pour opérer.» Sur recommandation de la comtesse de Grammont, Pierre de Sales avait également obtenu cette autorisation, ce qui lui valut un regain de considération dans ce milieu susceptible et souvent vaniteux.C\u2019est là aussi que Pierre de Sales fit la connaissance d\u2019un Jeune Anglais dont l\u2019influence devait avoir une certaine répercussion sur sa carrière.Dans cette partie de ses Mémoires, Pierre de Sales ne se ménage pas les compliments, mais il le fait avec une telle plausibilité que l\u2019on est tenté de le croire sur parole.A le lire, il semble qu\u2019il ait alors commencé de remplacer le docteur Rochambeau en maintes circonstances.«Sur mon rapport ou l\u2019examen d\u2019une fiole d\u2019urine du malade, ce sage médecin 2.Selon Alfred Garneau, Rochambaux s\u2019écrit Rochambeau.Dans les citations, l\u2019auteur de ce résumé conserve l\u2019épellation du texte établi par Garneau. 100 Lavar.MÉDICAL Janvier 1952 faisoit son ordonnance, et il réussissoit toujours, bien qu\u2019aujourd\u2019hui 3 on n\u2019ait plus confiance dans ce système que les contemporains regardent comme pure charlatanerie.Je me rappelle, continue Pierre de Sales, qu\u2019il lui venoit des fioles d\u2019urine en poste de toutes les parties de l\u2019empire françois et des autres États, surtout d\u2019Espagne et d\u2019Italie.L\u2019homme, dit-il encore, étoit en si grande renommée à Paris, que l\u2019on n\u2019y auroit pas fait une consultation sans lui, et 1l y alloit avec une gravité telle qu\u2019elle surprenoit toujours ses confrères.» Toutefois, Il semble que ce grand médecin partageait les idées de son temps touchant l\u2019efficacité de la médecine et des médicaments.Pierre de Sales rapporte, en effet, une conversation amusante qu\u2019il aurait eu avec Rochambeau en passant un jour devant le cimetière Samt-Honoré, à Paris.La voici : \u2014 Courons vite, s\u2019écrie Rochambeau, et passons ce lieu, où reposent tous ceux que moi et bien d\u2019autres nous avons tués .Effectivement, Rochambeau aurait entrainé à la course Pierre de Sales.Quelques médecins qui étaient dans les environs, on se demande pourquoi?auraient alors demandé à Rochambeau et à son compagnon quelle mouche les piquait?Rochambeau aurait répondu textuellement ceci : \u2014 Hélas ! mes chers confrères, Je pensois que si ceux que nous avons tués, vous et moi, et qui reposent dans ce cimetière, alloient se lever avec chacun une canne, ils nous f .une fière dégelée, et cette pensée me fait trembler ! Rochambeau et Pierre de Sales étaient sans doute des pince-sans- rire.Le groupe de médecins se rendaient chez une certaine comtesse Saint-Jean, habitant au faubourg Saint-Germain.«Ils allaient consulter », ajoute Pierre de Sales qui avait sans doute lu Molière.Après le récit de cet incident, Pierre de Sales répète les compliments que, selon son affirmation, le docteur Rochambeau a fait de ses connaissances médicales et de ses progrès dans ses études, puis 1l raconte l\u2019histoire 3.D\u2019après Alfred Garneau, lc texte des Mémoires a Cte rédigé en 1812. Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 101 d\u2019une transfusion de sang, la première et la dernière, dit-il.Par permission spéciale du parlement de Paris, les médecins devaient opérer sur un criminel et lui infuser du sang de veau, on imagine avec quel succès.L\u2019expérience, dit-il, commença à onze heures.Une heure plus tard, soit à midi, « arriva un ordre du roi défendant au médecin Denis de la jamais répéter, ni lui ni d\u2019autres, dans ses états sous peine de mort, et Jui ordonnant absolument de sortir du royaume dans les 24 heures.Ainsi, conclut Pierre de Sales, le même jour vit la naissance et la mort sans résurrection de cette infâme transfusion, qui devoit suivant les fous et des spéculateurs en délire, éterniser la vie humaine ! .».Voici comment on avait fait la transfusion toujours selon Pierre de Sales : « À mesure qu\u2019on ôtoit du sang artériel et que M.Denis (qui étoit à la tête des transfusionistes de la Faculté), msmuoit (sic) à la place du sang de veau, la victime baissoit et le sang étranger se coaguloit dans ses veines.Ce pauvre malheureux périt, comme chacun l\u2019avoit prévu.» Les spécialistes de la transfusion du sang et les profanes que les conceptions d\u2019un autre âge intéressent liront avec curiosité, sans doute, les réflexions qu\u2019ajoute à ce sujet l\u2019auteur des Mémoires : « .aucune opération ne m\u2019avoit tant répugné à cet hôpital que la transfusion, où Je voyois pas de sens commun.Comment le sang humain et le sang animal, d\u2019une hétérogénéité certaine et bien connue, pourroient-ils se trouver homo- génisés dans les veines sans avoir subi la transformation ordinaire de la sanguification par tous ces couloirs jusqu\u2019au cœur?.» Voilà comment s\u2019exprimait en 1812 un homme qui avait fait ses études vers 1764.Pierre de Sales raconte ensuite comment on s\u2019y prit pour faire mourir un homme de peur.« Un certain génie de l\u2019Académie, écrit-il, voulut prouver que l\u2019imagination peut Jouer un rôle aussi efficace que les faits eux-mêmes, 1l obtint du roi la permission de faire une expérience probante sur la personne d\u2019un condamné à mort.L'\u2019assassin devait avoir la vie sauve s\u2019il sortait victorieux de l\u2019expérience.En conséquence, on plaça ce cobaye nouveau genre « sur une bergère, les yeux bandés, et l\u2019autre (assassin sans doute?) lui dit d\u2019une voix de bourreau que sa sentence porte qu\u2019il doit mourir par perte de tout son sang aux quatre veines.Huit satellites de l\u2019art médical sont occupés, quatre à faire semblant de lui piquer et ouvrir les veines tout d\u2019un tems, et les quatre 102 Lavar.MÉDicaL Janvier 1952 autres à verser de l\u2019eau chaude sur les prétendues ouvertures, d\u2019où elle coule dans les poelettes, jusqu\u2019à suffisante exécution.» Vingt-cinq minutes, paraît-il, suffirent pour tuer cet homme que la seule pensée de l\u2019écoulement de son sang extermina.C\u2019est en vain que l\u2019on tenta ensuite de le ranimer selon les méthodes alors en usage pour ramener les noyés à la vie.Il resta bel et bien mort.Évidemment, le roi, de nouveau, défendit pareilles expériences.Pendant ce temps, les dix-huit mois s\u2019étaïent écoulés et le docteur Rochambeau, exténué par l\u2019âge, passa de vie à trépas, ayant trop largement bénéficié des soins des médecins, ses confrères, et des apothicaires, ajoute Pierre de Sales.Rochambeau légua sa bibliothèque à Pierre de Sales et déclara à ses confrères assemblés autour de son lit de mort et attendant de lui quelque révélation touchant la médecine : « .apprenez de moi que ce que je suis seulement et bien réellement parvenu à savoir et connaître, c\u2019est que je savois rien ! .>) Malheureusement pour lui, l\u2019héritier de Rochambeau était un amiral qui, de toute évidence, ne tenait pas à reconnaître les dettes de son oncle.Il s\u2019empara de la bibliothèque et de tout ce que contenait la maison du docteur Rochambeau si bien que.ses apprentis médecins y perdirent leur avoir et que les domestiques ne parvinrent même pas à se faire payer leurs gages.; Ainsi, sans avoir terminé ses études de médecine, Pierre de Sales Laterrière se trouva seul dans la vie.La comtesse de Grammont et ses autres protecteurs ne semblent pas avoir fait d\u2019autres efforts pour lui trouver une nouvelle situation et il dut accepter d\u2019aller en Angleterre avec l\u2019ami dont nous avons parlé plus haut, ami qui portait le nom de Laython.C\u2019est d\u2019ailleurs sans trop d\u2019inquiétudes qu\u2019il traversa la Manche et vint s\u2019installer à Londres où, croyait-il, il apprendrait plus facilement de nouvelles choses.Pierre de Sales semble avoir particulièrement apprécié la vie à Londres.C\u2019est là qu\u2019il aurait pris l\u2019idée de venir en Canada.Dans ses lettres à ses parents, il parlait de sa Joie de voir à Londres « des canadiens et des sauvages et du désir qu\u2019ils (lui) donnoient par leurs récits de faire un voyage à leur pays avant de retourner en France ».On se demande si de telles phrases n\u2019ont pas été écrites après coup.« Quelques semaines Janvier 1952 Lavar\u2026 MÉDICAL 103 après, écrit encore Pierre de Sales, mon oncle De Rustan m\u2019écrivit qu\u2019il avoit communiqué à notre cousine mon dessein, et qu\u2019elle l\u2019avoit fort approuvé, que mon père en étoit aussi satisfait, et que quant à lui, 1l l\u2019étoit doublement par la raison que son épouse, ma tante de Rustan, étoit encore au Canada, que j\u2019eusse à me préparer et que dans peu de Jours il m\u2019enverroit ses lettres à son épouse et des lettres à tous ses amis du Canada, particulièrement à M.Alexandre Dumas, négociant à Québec, avec qui il étoit en liaison d\u2019affaires touchant le papier du Canada.» En conséquence, Pierre de Sales, moyennant 25 guinées anglaises, s\u2019embarqua à bord d\u2019un vaisseau, le London, qui appareillait à destination de Québec.A bord de ce navire, il fit la connaissance d\u2019Hector-Théophile Cramahé, qui devait être administrateur du Canada en 1770 pendant l\u2019absence du gouverneur Guy Carleton.Dans ses Mémoires, Pierre de Sales Laterrière qualifie immédiatement Cramaché de lieutenant- gouverneur, ce qui n\u2019est pas exact pour le moment où il se trouve.Plus de quarante voyageurs avaient pris place à bord du London.Quant à Laython, 1l avait voulu lut aussi s\u2019embarquer à destination de Québec, mais la famille Laython n\u2019avait pas consenti et 1l allait devenir médecin- chirurgien sur un navire de guerre, faisant voile vers les Indes.Pierre de Sales prétend que le général Richard Montgomery, le futur commandant des troupes d\u2019invasion en 1775, se trouvait à bord du London.Pierre de Sales Laterrière débarqua à Québec le 5 septembre 1766.C\u2019est du moins ce qu\u2019affirme Alfred Garneau en se basant sur une nouvelle parue dans la Gazette de Québec du 8 septembre 1766.Pierre de Salles donne le 7 septembre comme date.I! se rendit immédiatement chez le négociant Alexandre Dumas où 1l fut accueilli à bras ouverts, des lettres d\u2019Europe ayant annoncé son arrivée prochaine à ces bonnes gens.Comme la majorité des Européens, Pierre de Sales était prévenu contre les Canadiens qu\u2019il croyait être comme les Indiens, c\u2019est-à-dire « créoles, laids, affreux ».La beauté des Canadiennes 4 le ravit et, dans ses 4.« Il faut avouer que le sexe canadien est beau, et qu\u2019en général, recevant plus de connaissances par le moyen des écoles et communautés que les hommes, et par unc disposition naturelle, il surpasse de beaucoup l\u2019espèce masculine en finesse, en douceur et en grâces.Peu exigeantes, elles ne se prévalent point de cette supériorité, ce qui leur attache les hommes à ce point que même les étrangers sont forcés de les mériter.En général, les femmes du Canada sont très-économes et de tendres et fidèles épouses.Il est bien difficile à quiconque passera ici quelque année, d\u2019éviter d\u2019y faire alliance.Les Anglois ont senti cet ascendant après leur conquête ; beaucoup d\u2019entre eux s\u2019y sont 104 Lavar.MÉDICAL Janvier 1952 Mémoires, 1l en profite pour s\u2019exclamer : « .à voyageurs, que les choses vous apparaissent souvent tout autres, lorsque votre ignorance est effacée par des connaissances sûres et vraies !.» Dès le lendemain de son arrivée en terre canadienne, son hôte, Alexandre Dumas, demanda à Pierre de Sales ce qu\u2019il entendait faire pour gagner sa vie : \u2014 Il paraît par ce que votre oncle me marque, que vous avez d\u2019abord étudié les mathématiques à LaRochelle, où, moi-même, j\u2019ai fait apprentissage de commerce, et à Paris la médecine ; mais vous êtes bien jeune pour pratiquer dans ce pais une telle profession °.Négociant lui-même, Alexandre Dumas veut engager Pierre de Sales à se consacrer au commerce : \u2014 N\u2019auriez-vous pas quelque goût pour le commerce, plus profitable dans ce pays commerçant, lui fait-il observer ?\u2014 Je ne suis venu dans cette partie de l\u2019Amérique, lui répond, Pierre de Sales, que pour y voyager.Cependant si J\u2019y prends goût pour vouloir m\u2019y fixer, il faudra bien m\u2019adonner à quelque chose.\u2014 Fh bien ! ajoute Dumas, après que vous connoîtrez ces lieux vous pourrez vous décider, et quand vous étudiriez le commerce, cela ne vous empêchera pas de vous mêler de médecine.\u2014 Lorsque J'aurai vu ma tante de Montréal, réplique Pierre de Sales, je vous répondrai ; j'aurai peut-être alors changé d\u2019idée ; pour le présent J\u2019aime bien la médecine.\u2014 Très bien, conclut Dumas, voyez vos amis, je vous introduirai ces jours-ci dans les meilleures maisons.En attendant, remettez toutes vos lettres de recommandation, et amusez-vous.Pierre de Sales ne devait pas attendre longtemps pour commencer d\u2019exercer la médecine.Quelques jours plus tard, à la Pointe de Lévis, Il aperçut un camp d\u2019Indiens.Ces derniers, lorsqu\u2019ils apprirent que mariés, et à présent le nombre en est terriblement augmenté.» (Mémoires, pp.52-53) A propos des Iroquoises, il écrit ceci : Les Iroquoises « ne le cèdent pas en beauté aux Canadiennes ; toutes brunettes, teint espagnol ou portugais, les yeux et les cheveux noirs ; elles aiment fort les étrangers.» 5.Les paroles prononcées par les personnages sont textuellement copiées dans les Mémoires de Pierre de Sales Laterrière. Janvier 1952 Lavar MÉDicaL 105 Pierre de Sales connaissait la médecine, le prièrent de procéder à quelques accouchements.C\u2019était une nouvelle expérience pour lui.Heureusement, il avait apporté sa trousse d\u2019Europe et put leur être d\u2019une grande utilité.« Chaque année, écrit le mémorialiste, toutes les nations voisines de la capitale (Québec) viennent recevoir des présents du ro1.Les présents reçus, chacun retourne vers les siens, content de bagatelles 6 Il arrive presque tous les ans qu\u2019une pareille rencontre produit beaucoup de mariages entre les différentes tribus.J\u2019y ai été accoucher beaucoup de sauvagesses, leur décence surpasse tout ce que l\u2019on peut imaginer.Ces malades sont séparées du reste jusqu\u2019à parfaite guérison ; celui qui voudrait faire insulte à ces femmes ainsi retirées, ou même les visiter, serait rigoureusement puni.» Peu de temps après, Pierre de Sales se rend à Montréal où il travaille chez un commerçant qui l\u2019épuise et lui fait perdre le peu de goût qu\u2019il pouvait avoir pour les affaires.« Paris du Canada », écrit-il, « Montréal est fort riche en raison de son commerce et de la traite avec les Sauvages.Les pays d\u2019en-haut, à la distance de six à huit cents lieues, y apportent leurs pelleteries, qui y sont embarquées pour Londres et de là répandues par tout l\u2019univers.» 7 Toutefois, Pierre de Sales ne se laisse pas endormir dans les délices de cette nouvelle Capoue.Il songe toujours à la médecine.Pendant son séjour à Québec, il a fait la connaissance d\u2019un médecin canadien réputé, le docteur Philippe Badelart, chirurgien, aide-major des armées du roi sous le régime français et l\u2019un des confidents d\u2019Haldimand sous le régime anglais.Badelart, qui aimait bien son art, poussait Pierre de Sales à exercer la médecine.6.«drap, couvertes, rassades, fusils, etc.» Cf.Mémoires, p.55.7.Voici ce que Pierre de Sales, dans ses Mémoires, p.61-62, dit de Montréal * « Jamais je n\u2019ai connu nation aimant plus à danser que les Canadiens ; ils ont encore les contre-danses françoises et les menuets, qu\u2019ils entre-mêlent de danses angloises.Les nuits, durant l\u2019hiver, qui dure 8 mois, se passent en fricots, soupers, dîners et bals.Les dames y jouent beaucoup aux cartes avant et après les danses.Tous les j jeux se jouent, mais le favori est un jeu anglois appelé wisk.Le; Jeu de billard est fort à la mode, et plusieurs s\u2019y ruinent.Je l\u2019aimois bien, mais je n\u2019y jouois Jamais à l\u2019argent, par prudence.Dans toutes les sociétés, en mon nouveau petit Paris américain, il falloit commencer par là (par le jeu) ; c\u2019est ce que les dames appeloient le bon ton.Le sexe y est très-beau, poli et fort insinuant.Ma jeunesse et les manières européennes du dernier goût dont J\u2019étois entièrement pétri, me faisoient désirer partout ; et si j'avois pu résister à la fatigue de tous ces plaisirs, si ma nouvelle occupation ne m\u2019en avoit pas empêché, J'aurois été dans les fêtes les Jours et les nuits ! » 106 Lavar MéÉpicAL Janvier 1952 De retour à Québec, Pierre de Sales s\u2019installa de nouveau chez le négociant Dumas qui lui confia le soin de tenir ses livres.C\u2019était un commerçant important dont les multiples transactions nécessitaient l\u2019emploi d\u2019un bon comptable dans cette maison dont les relations s\u2019étendaient à toute la colonie et se poursuivaient jusqu\u2019en Europe.Heureusement, Pierre de Sales avait fait d\u2019excellentes études de mathématiques à LaRochelle en même temps que son cours d\u2019art nautique.C\u2019étaient là des connaissances fort utiles dans la colonie canadienne.Cet Alexandre Dumas dont parle fréquemment, dans ses Mémoires, Pierre de Sales Laterrière, mérite mieux qu\u2019une mention.Joseph- Edmond Roy, dans son Histoire du notariat au Canada, en trace le portrait suivant : « Originaire de Nègrepelisse, petite ville du Languedoc, qui forme maintenant partie du département de Tarn et Garonne, en France, où il était né vers 1728, Alexandre Dumas était venu s\u2019établir au Canada vers 1755.Il s\u2019était d\u2019abord occupé de commerce à La- Rochelle et il continua à Québec en même temps qu\u2019il ouvrait un magasin à Montréal.Comme il était de la religion huguenote, il fut bien vu des conquérants et fit d\u2019assez bonnes affaires à l\u2019origine.» C\u2019était un homme probe et consciencieux comme en témoigne les deux avertissements suivants parus dans la Gazette de Québec, le premier en 1764 et le second en 1765 : « Alexandre Dumas prévient le public de son départ de cette ville pour l\u2019Europe, au plus tard dans la quinzaine après ce Jour, et qu\u2019il laissera la gestion de ses affaires et sa procuration à Mons.Rustau actuellement chez lui, auquel tant les débiteurs que créanciers du dit Dumas pourront s\u2019adresser : Et comme le dit sieur Dumas souhaite, avant son départ, ne laisser aucune de ses affaires en litige, il prie ceux qui sont en relations d\u2019affaires avec lui de vouloir bien les régler dans l\u2019espace de la dite quinzaine.» 8 C\u2019était prévenir en temps ceux qui pouvaient avoir quelque réclamation à lui faire.D'ailleurs, les réclamations, il ne les fuyait point, mais semble les avoir recherchées comme le démontre l\u2019entrefilet survant : 8.Gazette de Québec, 29 novembre 1764. Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 107 « Si quelqu\u2019un de mes créanciers a quelque doute que le bien qu\u2019il m\u2019a confié ne soit pas en sûreté je le prie pour sa tranquillité venir prendre connaissance de mes affaires et ils obligeront leur serviteur.» (A.Dumas.) 9 On voit que les hommes d\u2019affaires de cette époque plaçaient très haut le crédit et la confiance dont 1ls jouissaient auprès de leurs concitoyens.Alexandre Dumas était intimement mêlé à toute l\u2019activité économique du Canada et Pierre de Sales Laterrière ne pouvait avoir meilleur ami, ni meilleur conseiller.Membre de la Société des forges du Saint-Maurice, dont il devint l\u2019unique propriétaire en 1778, il avait habité Trois-Rivières pendant quelque temps et revint à Québec lorsqu'il embrassa le notariat, soit vers 1778.Plus tard, 1l devait renoncer au notariat et se lancer dans la pratique du droit.Cette haute influence d\u2019Alexandre Dumas sur la vie économique de Québec et de Trois-Rivières s\u2019exerça à maintes reprises en faveur du jeune Pierre de Sales Laterrière, mais ce dernier aimait sincèrement la médecine et il fut toujours attiré par Esculape.« Ainsi flottant d\u2019une profession à l\u2019autre, et quoique sans appointemens, je restal trois ans avec lui (Dumas).Il étoit, ainsi que toute sa famille, si aimable, que je pouvois pas me résoudre à le quitter, parce que j\u2019étois, dans toute la force du terme, regardé comme son fils.» 10 Au moment où Pierre de Sales Laterrière allait céder aux objurgations d\u2019Alexandre Dumas, celui-ci dut faire cession de ses biens et renoncer lui-même au commerce.C\u2019est alors qu\u2019il se fit notaire cependant que Pierre de Sales décidait de s\u2019engager définitivement dans la pratique de la médecine.Quelque temps auparavant, il avait fait la connaissance d\u2019un autre médecin, le docteur Jean-Bernard Dubergès qui, pour lors, exerçait son art à Montmagny.Dubergès avait fait ses études médicales à Montpellier.Il exerça la médecine à Saint-Pierre, ile d\u2019Orléans, ensuite à Saint-Thomas de Montmagny et, finalement, à Québec où il mourut en 1792.Il était né en 1722 à Caillaut, en Gascogne.Laterrière exerça la médecine pendant deux ans avec Dubergès.Le Canada traversait une 9.Gazette de Québec, 18 juillet 1765.10.Mémoires, p.62. 108 Lava\u2026.MÉDIC4L Janvier 1952 époque difficile : « La confiance indispensable entre les conquis et les conquérants avait bien de la peine à s\u2019établir.Soit préjugé ou non, la distance que chacun paroissoit mettre de son côté étoit si grande, que ce ne seroit pas de sitôt que ces deux peuples ne feroient qu\u2019un.Les places n\u2019étoient données qu\u2019à des Anglois de naissance, les Canadiens n\u2019avoient pas besoin d\u2019y penser, ce qui ne pouvoit que les rendre indifférens.» !' La médecine ne rapportait guère non plus.C\u2019était tout de même un avantage pour un homme de la trempe de Pierre de Sales que de pouvoir travailler sous les directives d\u2019un médecin instruit et habile comme Jean-Bernard Dubergès.Au bout de deux ans, cependant, Pierre de Sales, qui s\u2019ennuyait à la campagne, décida de revenir dans un centre urbain.Il faut dire que Dumas, dont les affaires depuis qu\u2019il pratiquait Je notariat, s\u2019étaient rétablies l\u2019invitait de nouveau à participer à ses entreprises dont la plus importante à cette époque était devenue la Société des forges du Saint-Maurice.Le nouveau poste que lui offrait Alexandre Dumas était considérable.Il lur offrait plus de trois cents louis par année.Enfin, Pierre de Sales se décida à quitter Saint-Thomas de Montmagny, non sans regrets d\u2019ailleurs, car une solide amitié le liait véritablement à Dubergès 12 Pendant quelque temps, les affaires allaient éloigner Pierre de Sales de la médecine que ses activités commerciales occupaient de plus en plus.Il vint un temps où sa « pratique comme tel se réduisit au traitement des jeunes gens attaqués de la syphilis ».Il ne reprit véritablement l\u2019exercice de sa profession qu\u2019une fois établi à Trois-Rivières.Le 25 février 1775 \u2014 c\u2019est du moins la date qu\u2019il donne lui-même et Alfred Garneau n\u2019y contredit pas \u2014 Pierre de Sales se transportait à Trois- Rivières et assumait le poste d\u2019inspecteur.Il s\u2019était fait octroyer l\u2019autorisation d\u2019exercer la médecine en même temps « pour assister les travailleurs des ateliers et même les amis du voisinage qui voudroient m\u2019employer.» L'\u2019invasion des Bostonnais allait, une fois encore, changer le 11.Mémoires, p.63.12.« Je dois dire que je ne me séparai pas de Dubergès en mauvais termes ; au contraire, il voyait bien la nécessité de mon départ, et s\u2019il m\u2019avoit associé à ses intérêts, c\u2019avoit été plutôt pour m\u2019obliger qu\u2019autrement.Aussi fâmes-nous toujours amis intimes jusqu\u2019à sa mort.II étoit d\u2019un caractère bon, honnête, doux et fort obligeant \u2014 et par-dessus tout homme d\u2019éducation, ayant été gradué à Montpellier.S\u2019il se fût établi en ville, ses talents y auroient fait du chemin ; mais l\u2019homme étoit philosophe épicurien, et préféra ses plaisirs à toute ambition.» lk: Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 109 cours de sa carrière, de même que son aventure avec Catherine Delzène, femme Pélissier.Toutefois, il faut croire que cette carrière apparemment brillante n\u2019était pas aussi rémunératrice qu\u2019elle le paraissait, car lorsque Pierre de Sales eut l\u2019idée de se marier avec Angélique Duhamel, le notaire Dumas lui répondit qu\u2019il risquerait la misère et que les affaires et la médecine ne suffiraient point à le faire vivre convenablement lui et sa femme.La prédiction de Dumas se réalisa d\u2019une toute autre façon.Pierre de Sales jeta bientôt son dévolu sur une autre jeune fille, Catherine Delzène.Or les Delzène avaient contracté certaines dettes envers le maître des forges du Saint-Maurice, Pélissier, qui leur demanda la main de cette jeune fille.Les Delzéne n\u2019osèrent refuser.On célébra le mariage dans un petit village éloigné malgré le refus énergique de la jeune fille.Ce mariage attira toutes sortes de tracas a Pierre de Sales.Vers le même temps survint la guerre de l\u2019Indépendance américaine.Les troupes du général Montgomery envahirent le pays et vinrent assiéger Québec, la capitale.Pélissier, qui était l\u2019employeur de Pierre de Sales, se rangea du côté des Bostonnais et Pierre de Sales qui, selon son propre témoignage, était resté à l\u2019écart de ces querelles, fut quand même arrêté et alla passer trois ou quatre ans en prison.Il faut lire ses Mémoires pour se rendre compte de l\u2019affection qu\u2019il portait alors au gouverneur Haldimand, l\u2019auteur de sa détention.Jamais, Pierre de Sales ne put subir son procès.Finalement, 1l profita d\u2019une journée où Haldimand était mieux disposé et obtint l\u2019autorisation de quitter le pays.Il se rendit alors à Terre-Neuve.Au Havre-de-Grâce où il s\u2019installa, il rencontra deux médecins, un Italien, Férys, et un Français du nom de LeBreton.Il semble assez difficile de retrouver la biographie de ces deux personnages.Dans ses Notes, Ahern les mentionne tous deux, mais les renseignements qu\u2019il fournit sont tirés des Mémoires de Pierre de Sales Laterrière.Aucun recoupement ne nous permet de savoir d\u2019où ils venaient ni quelle instruction ils possédaient.Apparemment, c\u2019étaient deux réfugiés qui avaient enlevé deux jeunes filles, une Française mariée à LeBreton, et une Espagnole unie à Férys. 110 Lavar MépicaL Janvier 1952 Le médecin français élevait une nombreuse famille.Le chirurgien italien menait grande vie dans une villa, la Carbonnière, sise à quelque distance de: Havre-de-Grâce.«Sans être meilleur praticien que Le Breton, 1l avait plus de pratique et, ayant par conséquent plus de revenus, faisoit plus de dépenses.» 13 Pendant son séjour à Terre-Neuve, Pierre de Sales visita la capitale de l\u2019ile, la jolie ville de Saint-Jean, et y fut reçu comme un héros, à ce qu\u2019il prétend.Du point de vue médical, un seul incident de ce voyage mérite d\u2019être rapporté, c\u2019est celui qui se déroula en plein océan lorsque, en revenant vers le Havre-de-Grâce, à bord d\u2019une goélette, la tempête « repoussa plus de cent lieues en pleme mer, quelques manœuvres que nous fissions pour nous rapprocher de terre » 14.Les connaissances médicales que possédait Pierre de Sales Laterrière lui permirent, indirectement 1l est vrai, de sauver la vie à l\u2019un de ses compagnons de voyage que l\u2019on se proposait de dévorer.Voici comment il raconte cette intervention extra chirurgicale : « La septième et la huitième journées, nous nous trouvâmes réduits à manger nos souliers et nos bottes et à boire notre urine, parce que le vin, le rhum et la morue salée qui étoient à bord ren- doient tous les passagers fort malades, Notre situation était critique.J\u2019avais beau, en qualité de médecin, leur recommander de ne pas perdre une goutte de leur urine, ils ne me crurent point, à l\u2019exception de Thomy et d\u2019un matelot nommé John, qui, nous voyant faire, suivit notre exemple.Par cet heureux moyen, quoique très-affaiblis nous nous soutenions encore, tandis que nos compagnons étaient étendus à fond de cale et à demi-morts.Nous étions en ce triste état, lorsque tout à coup John prit la parole : \u2014 Je vois bien, dit-il, qu\u2019il nous faut tous mourir : le vent ne change pas et nous sommes bien loin de terre ! Il ne nous reste plus qu\u2019un moyen de prolonger nos jours \u2014 Quel est-il, demande Thomy ?\u2014 Tous nos gens sont presque morts, répondit John ; 1l y à parmi eux un boulanger qui est vieux et fort gras.Plutôt que de mourir de 13.Mémoires, p.126.14.Ibid., p.130. e Janvier 1952 LavarL MEbpicaL 111 faim, si nous l\u2019achevions?.Avec des morceaux du doublage du bâtiment, nous ferons du feu et en ferons cuire ! Quoique cette idée nous parut affreuse, écrit Pierre de Sales 15, nous ne dimes pas grand\u2019chose : nous le calmâmes cependant en lui disant : \u2014 Patiente jusqu\u2019à minuit ou demain matin.Hélas ! si Dieu ne nous envoie pas d\u2019autre vent, nous y consentirons.Avec bien de la peine, conclut le Mémorialiste, 1ls nous écouta, tant la faim le dévorait.Ventre enragé n\u2019a point d\u2019oreilles.John étoit un Irlandais catholique, et notre divine religion toucha son cœur ; il pria Dieu comme nous de changer le tems, et le Tout-Puissant eut pitié de nous.» Un peu avant l\u2019aube le lendemain, le vent changeait et la goélette reprenait la route du Hâvre-de-Grâce.Toutefois, la goëlette avait terriblement dérivée et c\u2019est à la baie de Trinité que les naufragés accostèrent.Heureusement, un marchand du nom de Walker les y reçut chez lui.On venait de tuer un orignal.Pierre de Sales qui avait mangé « quelques ribambelles de son capot de loup-marin » était assez fort pour veiller aux soins des malades.Il ordonna de faire un bouillon de caribou, « d\u2019y joindre un peu de farine, et d\u2019en faire prendre à tout le monde ».Pas un seul des malades n\u2019eut le droit de manger autre chose « jusqu\u2019à ce que les intestins se fussent remis à fonctionner !».16 Quand tous les passagers de la goéëlette eurent repris leur santé, ils décidèrent de se rendre par terre au Havre-de-Grâce à pied malgré une distance de trente lieues.On ne voulait pas recommencer un voyage sur mer à cette époque de l\u2019année.Grâce aux excellentes provisions qu\u2019ils avaient reçues du nommé Walker, marchand de la baie de Trinité, les naufragés arrivèrent sains et saufs à Havre-de-Grâce.Pierre de Sales Laterrière y passa l\u2019hiver en charmante compagnie, chacun s\u2019ingéniant à lui rendre le séjour agréable.Aussi, quand la femme du juge Garland, l\u2019un de ses premiers bienfaiteurs, 15.Mémoires, p.132.16.Ibid., p.133. 112 Lava\u2026 MÉDICAL Janvier 1952 tomba malade, Pierre de Sales suivit la maladie avec intérêt et souci.Ii a écrit à ce sujet dans ses Mémoires deux pages qu\u2019il faut citer au complet car elles intéressent autant l\u2019histoire de la médecine que la biographie de l\u2019auteur des Mémoires.Il s\u2019agit d\u2019un accouchement particulièrement difficile dont 1l se tira avec succès alors que les deux médecins de l\u2019endroit avaient renoncé à sauver la malheureuse de la mort qui la guettait.Voici ce récit qui nous renseigne mieux que bien d\u2019autres sur l\u2019obstétrique de l\u2019époque : « La femme du juge civil, étant enceinte de huit mois, écrit Pierre de Sales, tomba dans des spasmes nerveux, qui amenèrent une perte avec convulsion dont rien ne pouvait triompher.Sa faiblesse devint telle qu\u2019on perdit toute espérance.Son médecin étoit le D\" Ferries (non Férys, cette fois \u2014 c\u2019est évidemment le même), qui l\u2019avait déjà accouchée.Le Breton fut appelé, mais la malade continua de s\u2019en aller en poste ; et l\u2019on vint me chercher pour consulter en ce moment critique.En présence d\u2019une nombreuse famille, qui s\u2019attendoit à la voir fermer les yeux, je demandai aux deux praticiens si, à chaque grossesse, la malade avoit aperçu de pareils signes?Ferries répondit que non.\u2014 Quelle est donc selon vous la cause de la perte, s\u2019enquit Pierre de Sales ?\u2014 Quelque vaisseau a rompu in utero.\u2014 N\u2019admettez-vous pas d\u2019autres causes ?\u2014 Non, de répliquer Ferries.\u2014 Et vous, M.Le Breton ?\u2014 Je suis de l\u2019opinion du D\" Ferries, dit Le Breton.\u2014 Comment regardez-vous la malade ?\u2014 Comme étant dans le plus grand danger, répond Le Breton.\u2014 Vous ne trouvez aucun autre moyen à tenter, s\u2019enquiert Pierre de Sales ?\u2014 Non, et vous M.le D' LaTerrière, ajoutèrent-ils d\u2019un ton goguenard ?\u2014 Messieurs, répondit-il, je suis étranger icI ; je ne viens assister la malade qu\u2019au désir de sa respectable famille.Je respecte vos opinions, qui sont fort sages ; mais une spécialité de notre profession qui m\u2019est bien familière est celle d\u2019accoucheur, et j'ai rencontré plusieurs cas sem- Janvier 1952 Lavar MéEbpicaL 113 blables à celui-ci, dans différentes villes et paroisses du Canada.Voici la méthode que J\u2019ai employée dans ces cas désespérés : Je m\u2019assurois SI les pertes venoient de ce que le placenta étoit devant l\u2019enfant à l\u2019orifice du gravide uterus ; cet état d\u2019inertie et d\u2019irritation, avec la pression de l\u2019enfant, cause les convulsions et en est la conséquence.De pareils accidents n\u2019admettent que deux moyens, l\u2019un curatif et l\u2019autre palliatif.L\u2019humanité exige que nous les employions 1ci, car 1ls pourrorent sauver la vie à la malade et à son fruit.Abandonner la malade seroit cruel, quand cette espérance promet une ombre de succès.Ferries s\u2019y opposa en homme irrité, continue Pierre de Sales ; LeBreton partageoit son opinion.Quelque danger qu\u2019il y eût pour cette victime condamnée, ne falloit-il pas tenter les moyens proposés ?A l\u2019instant même, il fut décidé par l\u2019époux et toute la famille en pleurs d\u2019essayer l\u2019impossible et Dieu feroit le reste.\u2014 Je n\u2019ai besoin que de deux femmes et du D\" Le Breton, dis-je, et qu\u2019on me donne de l\u2019huile d\u2019olives ! L\u2019attouchement me convainquit que le D\" Ferries avoit fait quelque tentative, car les parties s\u2019étoient tuméfiées et un com de placenta étoit sorti et bien égratigné, ce qui devoit produire les convulsions et l\u2019hémorragie.Je dis à LeBreton de donner à la malade deux cuillerées de vin et d\u2019eau et 20 gouttes de castoréum ; pendant ce tems de la fomenter avec de l\u2019eau tiède huileuse.Quand il eut fini, je lui demandai quelle heure il étort.\u2014 Deux heures précises.\u2014 J\u2019introduisis toute ma main dans le vagin pour m\u2019assurer de l\u2019état d\u2019adhérence du placenta.Une tranchée que la titillation de ma main lui donna, amena l\u2019entière sortie de cet organe.Glorieux de ce succès, je le cachai, et vitement j\u2019insinual la main in utero pour rompre les membranes des eaux ; même succès.Depuis plusieurs jours que cet enfant souffroit, faute d\u2019une main habile, Je ne lui eus pas plutôt ouvert cette voie, qu\u2019il présenta une main et l\u2019épaule : Je les fis rentrer et Je l\u2019amenai suivant l\u2019ordre des choses, sans autre accident qu\u2019une extrême faiblesse.L\u2019hémorragie et les convulsions cessèrent, et furent suivies d\u2019une faiblesse de deliquium animi pendant trois jours.Je mis la malade dans son lit avec ordre de lui faire avaler une cuillerée de bouillon toutes les minutes, la première heure, en augmentant par degrés.On s\u2019apercevoit qu\u2019elle n\u2019étoit pas (12) 114 Lavar.MÉDiC4L Janvier 1952 morte, mais c\u2019étoit tout.Elle revint à la vie, et l\u2019enfant aussi ; ils vivoient encore tous les deux au printemps, lorsque je quittai le havre !.7.» A la suite de ce récit, Pierre de Sales ajoute deux mots qui nous donnent une idée de ce que pouvaient être certains médecins de l\u2019époque en des centres aussi éloignés : « LeBreton, écrit-il, m\u2019avoua n\u2019être pas accoucheur et que le D\" Ferries n\u2019était qu\u2019un intrus en médecine.» Ce sont là des renseignements que Ahern ne donne pas, sans doute parce qu\u2019ils lui ont échappé, étant donné que l\u2019on peut être assuré de la parfaite intégrité de l\u2019œuvre du biographe de nos médecins.Le commerce s\u2019acharnait sur Pierre de Sales Laterrière.Le printemps étant revenu, !l apporta des nouvelles d\u2019Europe dont la signature de la paix entre l\u2019Angleterre et les États-unis d\u2019Amérique.Au moment où Pierre de Sales songeait à revenir au Canada, convaincu que la paix signée 1l n\u2019avait plus rien à craindre des autorités canadiennes, un marchand pourvu d\u2019une forte cargaison de denrées de toutes sortes se présenta au Havre-de-Grâce, mais ne trouva pas le moyen de disposer de ses marchansises.On lui conseilla de consulter à cet effet le docteur La- terrière.Pierre de Sales-lui déclara qu\u2019au Canada, en ajoutant, sucre, thé et mélasse, il pourrait facilement écouler tous ses produits.Le troc se pratiquait alors sur une grande échelle.Il semblait aisé à Pierre de Sales d\u2019échanger les produits européens contre des fourrures canadiennes.De concert, William Hardy \u2014 c\u2019était le nom du marchand \u2014 et Pierre de Sales louèrent une barque et y chargèrent toutes les marchandises.Ainsi, ballotté entre le commerce et la médecine, Pierre de Sales vivait sans trop d\u2019ennuis.De retour a Québec, il fut bien reçu par ses amis et le gouvernement lui donna toute liberté de rechercher ses biens.Il résolut alors d\u2019aller s\u2019établir à Bécancourt, d\u2019y tenir magasin et d\u2019y pratiquer la médecine en même temps.Pendant quelques saisons, il exerça à la fois le commerce et la médecine, puis, toujours entreprenant, 1l résolut d\u2019aller offrir et ses marchandises et ses connaissances médicales aux habitants des différentes paroisses de la rive sud.Pour ce faire, il se fit construire 17.Mémoires, pp.135-136.Il convenait de citer au texte un récit aussi important du point de vue médical.Le vocabulaire de l\u2019époque paraît essentiel en pareille circonstance. Janvier 1952 Lavar MÉDicaL 115 un traineau pourvu d\u2019une armoire dans laquelle il disposa ses instruments de chirurgie et ses médicaments.Il transporta ainsi avec lui une véritable petite pharmacie.Le traîneau devait être assez gros, car, à l\u2019arrière, il installa une « petite chambre où étoient un poêle et des coffres renfermant lit, vaisselle et provisions, pour vivre sans être obligé d\u2019aller 18 Gentilly, Saint-Pierre-les-Becquets, Sainte-Margue- aux maisons » rite, Baie-du-Febvre le virent tour à tour, mais l\u2019accueil ne fut guère profitable, pas plus au marchand qu\u2019au médecin.Il poussa jusqu\u2019à Saint-Hyacinthe et Chambly, mais n\u2019ayant guère réussi, il revint à Gentilly non sans avoir failli se faire attaquer par une bande de voleurs commandée par un certain Mondon.De 1784 à 1789, 1l vécut en cet endroit avec sa femme et sa fillette, Dorothy, qui grandissait, bonne et gentille.Pierre de Sales prétend que, durant cette période, 1l vécut de l\u2019exercice de la médecine qui lui rapportait plus que ne l\u2019aurait fait une vingtaine de terres, c\u2019est-à-dire de fermes canadiennes.Il avait des clients dans toute la région et principalement à la Baie-du-Febvre où ses beaux-parents s\u2019étaient installés.Plus le temps avancait, plus sa renommée se répandait.Cependant, Pierre de Sales Laterrière n\u2019en avait pas fini avec les traverses, comme il dit.Jusqu\u2019alors, l\u2019exercice de la médecine n\u2019était pas réglementé, ce qui causait toutes sortes d\u2019ennuis aux patients.Les transformations apportées dans la société par suite de la guerre de l\u2019Indépendance commençaient de se faire sentir en notre pays et le développement économique et social aidant, il fallut bientôt établir des normes afin de réglementer l\u2019exercice de l\u2019art.Or, Pierre de Sales qui avait commencé ses études en Europe ne les avait jamais terminées.La guigne lui arriva sous forme d\u2019une décision de la Chambre d\u2019Assemblée « qui ordonnoit à tout praticien en médecine de se présenter à l\u2019examen ou de montrer et faire enregistrer ses diplômes ou lettres chirurgicales, sous de grièves peines » 19 Pierre de Sales ne possédait ni la preuve de l\u2019apprentissage qu\u2019il avait fait sous le docteur Rochambeau à Paris, ni même les certificats que [ui avait décerné Saint-Côme.Toutefois, comme on le voit par le ton de ses Mémoires, il ne doutait pas de ses propres aptitudes, ni 18.Mémoires, p.143.19.Mémoires, p.148. 116 Lava\u2026 MéÉDicaL Janvier 1952 de ses connaissances, particulièrement en médecine.Aussi, n\u2019hésita-t-il pas à se présenter devant le bureau chargé de procéder à l\u2019examen des candidats à l\u2019exercice de la médecine.Une nouvelle déception l\u2019attendait.Quatre médecins et quatre conseillers composaient le bureau médical 20.La curiosité avait, en outre, attiré une foule de personnes qui assistèrent à l\u2019interrogatoire subi par Pierre de Sales Laterrière, interrogatoire qui se termina par une fin de non recevoir, c\u2019est le cas de l\u2019écrire.De huit heures du matin à quatre heures de l\u2019après-midi, Pierre de Sales fut soumis à un questionnaire serré.«Une question n\u2019attendait pas l\u2019autre, rapporte-t-il 21 Quelque justes que fussent mes réponses, mes examinateurs, faute par moi de leur représenter mes lettres, ne voulurent pas me permettre de continuer à pratiquer : il me falloit repasser à un nouveau collège pour obtenir d\u2019autres lettres.Leur partialité, leur dureté, leur malice étoient si visibles, que plusieurs amis, simples spectateurs, me dirent : \u2014 Partez pour Cambridge, près Boston, où dans peu de tems, avec les connoissances que vous avez déployées ici, vous obtiendrez ce qui vous manque.Mes examinateurs ayant vu cela, et les reproches que le public leur fesoit, plutôt par honte que par amitié, se mirent à dire : \u2014 Oui, que le candidat aille à Cambridge ou ailleurs, nous allons lui donner un certificat très favorable de talens et des connaissances qu\u2019il a montrées.Je leur demanda : \u2014 Quand est-ce que je l\u2019aurai, messieurs ?\u2014 Demain, à dix heures.\u2014 Je ne manquerai pas de l\u2019accepter, et d\u2019aller tout de suite mériter d\u2019avoir ce que vous trouvez qui me manque.20.Dans une étude ultérieure, l\u2019auteur de ces lignes se propose de consacrer quelques pages à la composition de ce bureau médical ct de ses origines.21.Mémoires, pp.148-140. Janvier 1952 Lavar.MÉDICAL 117 Pareil voyage ne pouvait s\u2019entreprendre sans argent.En huit jours, Pierre de Sales se trouva un prêteur et se prépara.Le 7 septembre 1786, accompagné de deux Indiens, il se mettait en route décidé à suivre la Saint-François et le lac Magog.Le guide, un Indien du nom de César, prépara les provisions consistant en pain, viande, pistolets, fusils, poudre et plomb.Pendant son absence, madame Delzenne devait séjourner chez les d\u2019Estimauville et Dorothée, sa fillette, chez le notaire Dumas, à Québec.Le trajet devait se faire en canot d\u2019écorce.Pierre de Sales à tenu un Journal de son voyage sur la Saint-François, mais il déclare qu\u2019il l\u2019a oublié dans un coffret chez son professeur d\u2019anatomie, un certain docteur Warren, de Boston.En résumant dans ses Mémoires, le récit de ce voyage, il ajoute quelques notes touchant la médecine chez les indigènes qui ont, dit-il, leurs propres doctoresses.C\u2019est le mot qu\u2019il emploie.Voici ce passage : « Je les ai souvent traités dans leurs maladies, et J'ai même suivi, l\u2019été, leurs doctoresses dans les bois.Ils m\u2019ont toujours paru francs, de bonne foi, et, pour ce qui est de la connoissance des plantes, dont toute leur médecine est formée, bien supérieurs aux Européens.Cette connoissance leur suffisoit anciennement pour le soulagement de leurs maladies : n\u2019ayant pas autant de besoin que nous, la somme de leurs maux étoit en proportion fort moindre.Quant à la chirurgie opératrice, ils n\u2019y entendent rien.» 22 Au cours de son voyage à Boston, Pierre de Sales eut l\u2019occasion de s\u2019arrêter en différents endroits.Comme il était réputé médecin, chaque fois que la nouvelle de son passage se répandait, quelques malades le réclamaient.C\u2019est ainsi qu\u2019à un endroit qu\u2019il désigne par l\u2019expression suivante : maisons on Abrabam\u2019s Plains, 1l fut logé chez un meunier du nom de Welch, propriétaire d\u2019un moulin à scie et d\u2019un moulin à farine, grand éleveur.Le premier meunier de Welch était alors malade.Le maître de la maison pria Pierre de Sales de le soigner.« Je me fis avec plaisir conduire auprès du malade, que je trouvai attemt d\u2019une vraie pleurésie avec tous les symptômes d\u2019inflammation, écrit Pierre de Sales.Quoique ce fût sa cinquième Journée, je crus sage de le saigner trois fois et lui mettre les mouches sur le côté.Au bout de trois fois 24 heures, il étoit mieux ; ce n\u2019est qu\u2019au bout de neuf Jours, lorsque je le vis hors de 22.Mémoires, p.155. 118 LavarL MEbpicaL Janvier 1952 danger que je l\u2019abandonnai.Cette cure me donna beaucoup de réputation dans l\u2019endroit, à ce point que l\u2019on m\u2019engagea à m\u2019établir parmi cette nouvelle population.» 23 Des phrases comme celle-ci faisaient éclater la colère de ce bon Ægidius Fauteux, l\u2019homme modeste par excellence.Quoiqu\u2019il en soit, Pierre de Sales refusa sans toutefois se fermer toutes les portes et expliqua à Welch qu\u2019il avait de grandes affaires en vue.Il se trouvait alors à soixante lieues de Boston.Welch le fit conduire en voiture à une vingtaine de lieues, à un endroit nommé Haverhill Mountain, où Pierre de Sales fut reçu par un Canadien du nom de Mailloux, allié à la famille d\u2019un prêtre ami de Laterrière.«Ici encore, écrit Pierre de Sales, je traitai et mis hors de danger un jeune homme de qui l\u2019on désespéroit, que deux charlatans de l\u2019endroit traitoient avec le quinquina et la crême de tartre.» La saignée qui semble avoir été la panacée préférée de Pierre de Sales fut de nouveau appliquée et l\u2019homme s\u2019en tira, ce qui valut à notre médecin un autre voyage de vingt lieues au frais d\u2019autrui.Les deux médicastres que Pierre de Sales qualifie de charlatans ne croyaient pas à la vertu de la saignée et ils le lui dirent clairement affirmant « qu\u2019ils n\u2019avoient pas coutume de saigner, qu\u2019ils avoient vu ce remède produire tant de mauvais effets qu\u2019ils ne s\u2019en servoient que fort rarement.\u2014 Quoi ! jamais dans les synoques, le typhus, s\u2019écrie Pierre de Sales ?\u2014 Non, répliquent les deux savants, nous ne savons pas ce que c\u2019est.Un ministre méthodiste, qui exhortait le malade à la mort, ayant dit à Mailloux qu\u2019il étoit cruel de laisser mourir cet homme sans avoir essayé tous les moyens qu\u2019offroit le véritable art médical, les parents du mourant, qui l\u2019aimoient beaucoup, firent faire une assemblée où 1l fut résolu que le nouveau moyen seroit tenté, puisque les deux chirurgiens n\u2019avoient plus d\u2019espoir ; et je fus appelé sur le champ.Le malade déliroit si fort qu\u2019il fallut le tenir pour le saigner ; la saignée rendit copieusement, et le soulagea tout de suite.Une heure après, sans le repiquer, par la même ouverture, je lui tirai autant de sang, pendant que 23.Mémoires, p.155. Janvier 1932 Lavar Mépicac 119 mes deux charlatans crioient que le malade n\u2019avoient que peu de minutes a vivre.Ce pauvre malheureux, débarrassé de ses spasmes délirans, se calmoit de mieux en mieux.» C\u2019est alors que Pierre de Sales lui donna une nouvelle prescription pour le remettre complètement sur pied.Les pharmaciens et les médecins trouveront sans doute intéressantes pareilles recettes.Voici comment 1l la donne textuellement : « Une tisane de graines citrouille, millefeuilles et de nitre, dont on lui fit Boire toute la nuit acheva de le tranquilliser.Après quoi, des prises de calomel avec de la crème de tartre, que je lui donnai pendant quatre à cinq Jours que je restai là, le mirent tout à fait hors de danger, à la grande surprise des spectateurs, qui portèrent aux nues le French Doctor.Les deux charlatans, conclut Pierre de .2 Sales, auraient voulu, eux, me voir à tous les diables.» 24 Après ce nouveau succès dont 1l ne nous appartient pas de supputer l\u2019authenticité puisqu\u2019il s\u2019agit surtout de faire connaître ce qu\u2019un médecin de 1800 pouvait faire en face de certaines maladies, Pierre de Sales continua sa route vers Boston où 1l s\u2019installa dans une auberge à l\u2019enseigne du Cheval Blanc.Une fois reposé, il descendit dans la grande salle de l\u2019établissement et fit connaissance avec un étudiant de Harvard à qui 1l exposa le but de son voyage.Celui-ci lui offrit de le présenter au président du collège, un certain Willard.Le même Jour apparemment Pierre de Sales fut reçu par le président Willard et lui raconta en termes vifs sa carrière et les incidents qui s\u2019étaient passés dans la province de Québec lors de l\u2019invasion conduite par Arnold et Montgomery.C\u2019était un excellent moyen de s\u2019attirer les sympathies d\u2019un Bostonnais.« L\u2019ordonnance sur la médecine, ou la loi qui vient d\u2019être rendue touchant cette profession, comme vous en pourrez juger par l\u2019extrait que Je vous soumets, expliqua Pierre de Sales au président Willard, ne vous laissera aucun doute à cet égard.Tous ceux qui n\u2019ont pas servi dans l\u2019armée et que n\u2019avoient pas de diplômes, ont été obligés de subir un examen.» 25 Après avoir raconté qu\u2019il avait été emprisonné pendant quatre ans parce que le gouvernement de la province de Québec le soupçonnait 24.Mémoires, pp.156-157.25.Ibid., pp.158-159-160. 120 LavarL MÉDICAL Janvier 1952 « d\u2019être l\u2019am: des Américains », il déclara qu\u2019il avait été victime des examinateurs d\u2019autant plus que, durant les années précédentes, il avait égaré ses certificats.L'entretien se termina par de bonnes paroles, le président allant même jusqu\u2019à lui promettre son appui.Entre temps, Pierre de Sales fit la connaissance du docteur Warren, ce professeur d\u2019anatomie qui devait devenir l\u2019un de ses intimes.Enfin, il fut admis à subir l\u2019examen d\u2019admission devant le corps universitaire d\u2019Harvard, section de la médecine.Voici la relation qu\u2019il nous a laissée de cet interrogatoire : \u2014 Nous sommes réunis ici, déclare le président Willard en présentant le candidat canadien Pierre de Sales Laterrière, pour rendre justice à un candidat étranger qui se présente pour faire ses cours de médecine a notre Université.Pouvons-nous lui faire les questions ordinaires pour connaître s\u2019il en est digne?A Tunanimité, dit Pierre de Sales, les personnages présents acquiescèrent.On lui demanda alors qui il était et quelle instruction il avait reçue.\u2014 Je suis François, répondit-il.J\u2019ai fait mes études primaires à Albi, ville du Languedoc, et mes humanités à Toulouse ; jJ\u2019aifait en outre un cours de mathématiques à La Rochelle.\u2014 Êtes-vous praticien en médecine?où avez-vous étudié la médecine, lui demanda-t-on encore ?\u2014 À Paris, chez le D' De la Rochambeau, médecin de la Reine, en 1765 et 1766 j\u2019ai fait mes cours à Saint-Côme, sous Dionis, et assisté à l\u2019Hôtel-Dieu.Pierre de Sales dut faire serment.Sitôt après, 1l fut admis à l\u2019étude de la médecine.On lui conféra tous les privilèges ordinairement réservés aux étudiants.Le docteur Warren continua de s\u2019occuper de son confrère canadien et poussa l\u2019amabilité jusqu\u2019à lui trouver une chambre chez un professeur de langues orientales, Ebenezer Sewell, qui était en même temps docteur en théologie.Comme Sewell habitait non loin du collège, c\u2019était un grand avantage pour le nouvel étudiant.Un autre professeur de médecine, le docteur Waterhouse, s\u2019occupa de lui faire visiter l\u2019université et en particulier la bibliothèque où les élèves pouvaient se pro- | 7 I û Janvier 1952 Lavar MÉDICAL 121 curer non seulement les livres dont ils avaient besoin, mais tous les instruments nécessaires a leurs travaux.Quant à la clinique, le mercredi et le Jeudi de chaque semaine, 1l devait se rendre à l\u2019hôpital Darmhouse où elle se faisait.Dans ses Mémoires, Pierre de Sales Laterrière nous présente en ces termes les différents professeurs auxquels 1l eut d\u2019abord à se soumettre : « M.Benjamin Waterhouse, pour la médecine ; 1l survoit le système coli- nien dans toute sa nosologie et l\u2019appliquoit à l\u2019appur ou contre tous les autres auteurs.» Le professeur d\u2019anatomie et de chirurgie était son ami, le docteur Jean Warren, qui « suivoit le système de Hallet et de Winslow et Bell en chirurgie ».Il y avait ensuite le titulaire de la chaire de chimie et de matière médicale, Aaron Dexter, un adepte du « système de Four- croy.» L'usage voulait que les étudiants prissent des notes durant les cours, Ils devaient ensuite consulter les ouvrages de la bibliothèque et complêter leurs études par des cliniques.Outre ces leçons, Pierre de Sales décida d\u2019assister aux cours de physique expérimentale professés par Cleber.Laterrière était bien décidé à réussir ou à mourir, comme 1l l\u2019écrit lui- mème, soulignant avec force la difficulté des examens qu\u2019il allait subir.En médecine, note Pierre de Sales, « 1l faut apprendre à guérir d\u2019après des principes connus, et savoir bien entendre ces principes, pour passer à l\u2019examen devant un corps de savants, par qui la moindre hésitation est tenue pour ignorance, et qui en pareil cas recule d\u2019un an le candidat \u2014 un an à ajouter aux deux années absolument requises ».Plus sérieux que les autres étudiants, souverainement désireux de bien réussir, Pierre de Sales travailla ferme.Il faut le croire quand 1l affirme que, souvent, il remplaçait les autres étudiants, moins fidèles que lui a la clinique et aux cours.Un homme de son âge et de son tempérament n\u2019était pas à Cambridge pour s'amuser.« Plusieurs fois, écrit-il, Je pris, pour les pansemens, la place d\u2019autres dans l\u2019esprit de qui les plaisirs prépondéroient, ce qui me rendoit ces soins plus familiers et me rendoit moi-même plus recommandable aux yeux de nos professeurs ; à ce point que quand il se faisoit quelque opération soit dans l\u2019une ou l\u2019autre ville, le malade étoit laissé à mes soins.» C\u2019est ainsi qu\u2019il raconte un peu plus loin comment 1l remplaça l\u2019un de ces professeurs de l\u2019université appelé à Plymouth au chevet d\u2019un 122 Lavar MEbicaL Janvier 1952 garçonnet de quatorze ans souffrant de la pierre.Pierre de Sales, selon son propre témoignage, parvint à extraire « une pierre qui pesoit 34 oz ».Son professeur lui confia alors la tâche de soigner le malade et il resta neuf jours à son chevet.Après ce laps de temps, Pierre de Sales revint à l\u2019université.C\u2019est vers cette époque qu\u2019il fit la connaissance d\u2019un Bostonnais qu\u2019il ne nomme point, mais qui lui remit un mot de recommandation à l\u2019adresse du surintendant général des hôpitaux anglais et étrangers de la province de Québec, le docteur J.Mervin Nooth, qui allait [ui être utile plus tard.En ce temps-là, on le sait, il n\u2019était pas question de se procurer des cadavres autrement que par le vol, sauf si quelques criminels venaient à se faire pendre.Pierre de Sales raconte, à ce propos, une histoire d\u2019enlèvement de cadavre.Il s\u2019agissait, à ce qu\u2019il affirme, d\u2019une célibataire, grosse et grasse, mais d'un âge assez avancé.Les étudiants qui étaient toujours à l\u2019affût de pareille aubaine, comme ils disaient, apprirent un jour que le bedeau de l\u2019église du Christ avait mis le cadavre de la vieille fille en vente.Pierre de Sales et un bon groupe d\u2019étudiants l\u2019achetèrent.Le vendeur ne livrait pas la marchandise.II se contentait de l\u2019enterrer à faible profondeur et oubliait sa pelle dans le cimetière.Les étudiants au nombre d\u2019une trentaine se rendirent la nuit suivante dans une obscurité aussi propice qu\u2019opaque à la fosse encore fraiche.Ils déterrèrent le cadavre et le déposèrent dans une grande poche.Un inconnu, passant par là, les aperçut dans l\u2019exécution de leur macabre besogne et alerta la sûreté bostonnaise.Cinq ou six policiers arrivèrent aussitôt sur les lieux, mais que faire contre trente étudiants résolus.Les soutiens de l\u2019ordre prirent la fuite.En conséquence, le cadavre fut transporté sans difficulté dans la salle de dissection.Cependant, écrit Pierre de Sales, « le lendemain matin, la nouvelle de ce corps enlevé se répandit dans les deux villes : les parents demandèrent un warrant de recherche au gouverneur, mais étant lur- même membre de la corporation du collège, 1l le refusa, et le bruit que cela avoit causé s\u2019apaisa peu à peu » 26, Les étudiants purent donc travailler à loisir sur ce cadavre tout neuf.«Nous disséquâmes la vieille fille secrètement et à notre aise ; 26.Mémoires, p.169. Janvier 1952 Lavar\u2026 MÉDICAL 123 ce fut un sujet superbe .», conclut Pierre de Sales.Ce dernier et un camarade du nom de William Pearson y travaillèrent même pendant toute une nuit.Poursuivant ainsi ses études, Pierre de Sales arriva à l\u2019heure de l\u2019examen fort bien préparé, si bien que s1 l\u2019on accepte son témoignage, sur vingt-six aspirants, il fut le seul avec son ami Pearson à subir avec succès l\u2019épreuve.En ce temps-là, tous les médecins et professeurs de médecine assistaient aux examens et pouvaient poser des questions.Pierre de Sales prétend s\u2019être trouvé dans l\u2019obligation de répondre à plus de quinze cents interrogations.Laissons-lui la responsabilité d\u2019une telle assertion, de même que de l\u2019anecdote suivante qui agrémente son récit : Un médecin, voulant l\u2019embarrasser, lui « demanda d\u2019un air bien emphatique ce que c\u2019étoit qu\u2019un sudorifique, et quel étoit le plus efficace », Pierre de Sales lui aurait répondu dans les termes suivants : « Un sudorifique est tout ce qui provoque la sueur ; et le meilleur des sudorifiques, c\u2019est paroître devant une aussi grande et respectable compagnie que celle-ci pour répondre scientifiquement et à propos !.» L'auteur ajoute que cette réplique fut très applaudie.Ainsi, Pierre de Sales Laterrière venait de recevoir son titre de médecin.Il avait présenté une thèse intitulée Dissertation on the puerperal fever et cette étude avait été très bien accueillie.On en avait distribué cinq cents exemplaires à Boston.27 Le 15 juin 1889, à cheval, Pierre de Sales Laterrière quittait Cambridge et prenait le chemin du retour non sans regret, car les mois qu\u2019il avait vécu à l\u2019université Harvard avaient été très agréables pour lui.Il 27.« Le jour si impatiemment attendu de I\u2019 exhibition publique étant arrivé, je me revêtis de la robe, avec le petit collet et le bonnet à quatre cornes et à gland de soie, et Je me rendis au théâtre, où je restai assis dans la chaire d\u2019honneur jusqu\u2019à ce qu\u2019un auditoire d'environ trois mille ersonnes eut pris place et que le président eut dit aux candidats de s\u2019avancer avec ordre et grâce pour offrir leurs dissertations au public et les défendre.Les médecins eurent le pas sur les autres Facultés, et en ma qualité d\u2019étranger, on me fit l\u2019honneur de me dire de commencer.Ayant salué M.le président et toute r assemblée, je les suppliai d\u2019être indulgens vu que j\u2019allois m\u2019exprimer dans une langue qui n\u2019étoit pas la mienne ; puis je lus avec la plus grande aisance et le plus grand calme ma dissertation sur la fièvre puerpérale ; je restai ensuite debout et respectueux.Plusieurs praticiens de Boston, usant de leur droit, entrèrent dans la tribune opposée, et mirent sophistiquement en controverse avec moi Certains points pratiques de mon sujet ; mais j\u2019avois une connaissance, théorique et pratique, si familière de cette branche, que j\u2019avois pratiqué longtemps au Canada, avant cet essai classique, que je leur répondois sans peine et leur faisois à mon tour des questions, par rapport aux climats et aux habitudes qui les embarrassoient fort.» (Mémoires, pp.175-176.) 124 Lavar.MÉDICAL Janvier 1952 s\u2019était pris d\u2019affection pour cette vieille institution, alors bien jeune, ce Cambridge charmant et pittoresque, « bâti sur une plate-forme ».28 Pierre de Sales, muni de ses certificats, franchit en peu de jours la distance qui le séparait de Cambridge à Québec et vint demander au bureau des examinateurs de lui donner l\u2019autorisation d\u2019exercer la médecine dans notre pays.Il déposa ses documents devant la commission médicale et attendit.On ne voulut pas reconnaître les certificats de Cambridge.\u2014 Votre diplôme étant d\u2019une université étrangère à la Grande- Bretagne, lui dit l\u2019un des examinateurs, nous ne l\u2019admettons, avec vos lettres de recommandations et les certificats des professeurs, que comme simple certificat d\u2019étude, et nous ne pouvons vous recevoir que si vous vous soumettez à l\u2019examen.\u2014 Si J'entends bien l\u2019ordonnance, répliqua Pierre de Sales, il y est dit : Tout candidat diplômé dans une université où la médecine était enseignée ; et un tel diplômé n\u2019est tenu qu\u2019à faire enregistrer ses patentes.Tous « firent la sourde oreille, parce qu\u2019à leurs yeux ce qui n\u2019étoit pas sorti d\u2019une école angloise ne valoit pas la boue.J\u2019ajoutai que les connoissances, quel que fût le lieu de leur origine ou provenance \u2014 que ce fût Paris, Londres ou Pékin, devoient être respectées.Eux-mêmes ne vouloient-ils pas que les autres nations respectassent les leurs?Mais ils ne m\u2019écoutèrent pas, parce que leur dessein était de me faire subir un rigoureux examen.I! fallut m\u2019y soumettre, et en dépit de la [oi ».Devant une telle attitude, Pierre de Sales n\u2019avait plus qu\u2019à se soumettre ou à renoncer immédiatement à l\u2019exercice de la médecine.II résolut de subir l\u2019examen, mais voulut au préalable dire leur fait à ses juges aussi partiaux que de mauvaise foi.Voici comment il relate ce discours dans ses Mémoires : « Messieurs, la crainte de ne pas répondre convenablement à vos questions n\u2019est point ce qui m\u2019émeut : je m\u2019afflige du peu d\u2019égards que vous avez pour les témoignages d'hommes estimables et justes autant que savants.Je consens maintenant avec plaisir à subir 28.« Il y a de belles maisons (à Cambridge), mais son plus bel édifice est le collège, formé de trois corps-de-logis disposés en rectangle, sur trois faces ; la quatrième est la cour.Îlest entouré de murs, sauf le devant sur la grande place de la ville, qui est garnie d\u2019une clôture à barreaux.Les salles d\u2019études y sont vastes, commodes et nombreuses ; la bibliothèque est belle, le musée et le cabinet de physique aussi ; la salle de physique expérimentale ne peut être surpassée.» QI Mi I me thy Pie am Janvier 1952 Lavar MEbpicaL 125 un examen qui vous prouvera leur équité, et qu\u2019ils ne confèrent de degrés qu\u2019à bon escient.» Cette allocution valut à son auteur les applaudissements de l\u2019auditoire et l\u2019approbation du surintendant des hôpitaux, le docteur Nooth que Pierre de Sales, d\u2019ailleurs, avait vu la veille et à qui 1l avait remis les lettres que lui avaient confiées ses amis.Le premier examinateur à l\u2019interroger fut le docteur John Foote, chirurgien des troupes à Québec, et membre du premier bureau d\u2019examinateurs en médecine.Son 1nter- rogatoire porta sur « le système musculaire et la circulation du sang » que Pierre de Sales connaissait très bien.Il ne se vante donc point quand il écrit : « Je répondis sans hésiter.» James Fisher, successeur du docteur Mabane au poste de chirurgien de la garnison de Québec, interrogea ensuite, mais il le fit d\u2019une façon détournée et, comme l\u2019écrit Pierre de Sales, d\u2019une « manière étrangère à une saine nosologie », ce que l\u2019aspirant lui fit aussitôt remarquer, en appelant à l\u2019impartialité du docteur Nooth.Celui-ci ayant donné raison à Laterrière, Fisher voulut quand même embarrasser Pierre de Sales et lui demanda de se poser à lui-même les questions.Le candidat venait en effet de déclarer qu\u2019il avait fort bien compris ce que voulait dire l\u2019examinateur.Pierre de Sales s\u2019en tira encore pour la plus grande confusion du docteur Fisher.Le docteur Frédéric-Guillaume Olive, Allemand d\u2019origine, qui voulait probablement paraître intelligent, demanda à Pierre de Sales la question suivante : \u2014 Quelle différence y a-t-il entre un malade dans un livre et un malade dans son lit ?\u2014 La différence est la même qu\u2019entre la théorie et la pratique, lur répondit Laterrière.François Lajus, fils de Jourdain Lajus, chirurgien et major des médecins, faisait également parti du bureau des examinateurs.Sa question porta sur les instruments dont on se sert pour opérer la trépanation.Pierre de Sales lui répondit ceci : « Les anciens en employaient beaucoup ; les modernes n\u2019en emploient que cinq : tréphine, scalpel, rugine, aiguilles armées, emplâtre agglutinatif et bandage.» 29 29.Mémoires, pp.186-187. 126 Lavar MÉDICAL Janvier 1952 Aussitôt, le docteur Foot, au nom des examinateurs, déclara Pierre de Sales Laterrière « reçu à pratiquer en médecine, en chirurgie et en l\u2019art des accouchements ».Un tel récit justifie, à notre sens, les graves accusations portées par Pierre de Sales contre les membres du bureau des examinateurs.Joseph-Edmond Roy, l\u2019un de nos meilleurs historiens, érudit plus que tout autre, vient, dans son Histoire du notariat canadien, confirmer les dires de Pierre de Sales.La première preuve qu\u2019il apporte est celle du texte de l\u2019ordonnance qui drt bien, ainsi que le prétend Pierre de Sales Laterrière, que le diplôme le dispensait de tout examen.Voici ce texte : « Pourvu toujours, et 1l est par ces présentes statué que rien dans cette ordonnance ne s\u2019étendra ou ne s\u2019entendra s\u2019étendre à obliger ceux qui ont pris leur degré dans aucune université, ou qui ont été commissionnés et nommés chirurgiens dans l\u2019armée, ou la marine de Sa Majesté, à aucun examen, avant d\u2019obtenir une permission qui sera enregistrée, comme il est dit ci-dessus, avec une copie du degré ou du certificat de la commission ou de l\u2019ordre ; et qu\u2019aucun médecin ou chirurgien dans l\u2019armée, ou la marine, dans cette province, ne sera obligé d\u2019avoir une permission.» 30 En vérité, ce texte établit clairement que tout médecin ayant « pris son degré dans une université ) n\u2019était pas tenu de subir un tel examen devant le bureau.Joseph-Edmond Roy ajoute quelques réflexions qui montrent bien dans quel état d\u2019infériorité pouvaient être les candidats dépourvus d\u2019influence : « L\u2019ordonnance de 1788, relative à la profession médicale, ouvrait la porte à des inconvénients dont le plus grave était l\u2019arbitraire de l\u2019Exécutif.A mesure que le pays se développa, que la population s\u2019accrut, que le nombre des aspirants à la médecine devint plus considérable, les sujets des griefs devinrent aussi plus fréquents.La question nationale et politique fit sentir son influence dans cette sphère comme dans la plupart des autres.Les médecins canadiens-français se plaignirent que, grâce à l\u2019appui officiel, les médecins anglais leur tenaient la dragée haute et conservaient une autorité exclusive sur la direction de la profession et sur les conditions d\u2019admission au sein de la docte confrérie .pendant environ quarante ans, il n\u2019y eut pas un seul examinateur canadien-français à Québec et à Montréal.Vers 1823, des 30.Histoire du notarial canadien, p.501 Janvier 1952 Lavar MépicaL 127 pétitions furent adressées à la législature pour demander une loi nouvelle, » 31 Le 19 août 1789, quand Pierre de Sales Laterrière subit son examen, c\u2019étaient trois médecins anglais et un médecin d\u2019origme allemande qui l\u2019interrogeait.On voit que l\u2019affirmation de Joseph-Edmond Roy est conforme aux faits.Il avait même fallu qu\u2019il fit appel à un autre Anglais, le docteur Nooth, pour obtenir justice sans quoi il n\u2019obtenait certainement pas le droit d\u2019exercer la médecine.Sentant qu\u2019il rencontrerait toujours en ces hommes des adversaires, Pierre de Sales, malgré les objurgations des amis québécois, retourna à la campagne où une bonne clientèle l\u2019attendait déjà.Avant d\u2019aller plus outre, comme disent certains, il convient de citer ici le texte même des documents dont venait de se munir Pierre de Sales Laterrière.A l\u2019instar du nouveau bachelier en médecine de Cambridge, commençons par ce parchemin de la grande université des États-Unis : « Whereas M.La Terriére hath diligently attended our lectures on Anatomy and Surgery, Theory and Practice of Physics, Chemistry and Materia Medica, in this University, and whereas we, the Medical Professors have strickly (sic) examined him in the above branches of our Art, and have read and approved his dissertation on the Puerperal Fever, we do hereby certify that we have found him so far qualified in his profession as to recommend to the reverend and honorable Corporation and Overseers, as worthy of a degree of Bachelor in medicine.University J In testimony whereof we have hereunto subscribed of Cambridge our names this 14th day of July 1789.(Signed) J.WARREN, M.D., Anat.Prof.W.Bn.WATERHOUSE, M.D., Theor.and Prax.Profess.A.DEXTER, M.D., Chem.and Mater.Med.Profess.31.Joseph-Edmond Rov, ibid, vol.Il, p.502. Lava\u2026 MÉDicaL Janvier 1952 DIPLÔME AVEC LE GRAND SCEAU ECCLESIA CUM CHRISTO Senatus universitatis haryardianæ Cantabrigensis in Republica Massachusetensi.Omnibus ad quos litteræ presentes pervenerint salutem in Dominus sempiternam.Notum esto quod Petrus de Sales La Terrière, Canadensis, vir ingenio bono as scientia utili morbus que probis ornatus post- quam multum temporis, \u2014 medicinæ studio et praxi dedisset prælec- tionibus omnium in medicina hujusce Universitatis professorum assidue interfuit, et examine publice habito et dissertatione sua de febri puerperali coram enunciata \u2014 omnes professores supra a nominati eam laudabilem in arte medendi progressum effecisse in- venerunt, et testimonium scriptum dederant ideneum esse qui ad graduum in medicina Baccalaurearem admittatur.Qua propter nos præses et socii consentientibus honorandi admodum ac reverendis universitatis ante dicte inspectoribus, admissimus Petrum de Sales LaTerriére ad gradum in medicma Bacca- laurealem, eique dedimus et concessimus potestatem de medicina consultandi prax in cœteraque exercendi quæ medicine Bacca- laureali exercere solent, et omnia insiquia jura et privilegia dignitatis ad honores quibus ad istiusmodi gradum gentium ev ornantur vel ornari debent.In cujus rei testimonium litteris hisce nostro communi sigillo munitis die julii NV anno salutis MDCCLXNNIX reiquepublicæ americanæ XIV apposuimus chirographa.(Signed) Josephus WILLARD, s.T.D., Præsce.Ever UNDELL.Joanes LoVELL.E.WIGGLESWORTH, S.T.D.et S.P.T.H.(Tllisible) Jim CONHWARD, S.T.D.Joanes LATHROPP, S.T.D.Ebenezer Storer, Thesaurius.\u2014\u2014y Janvier 1952 Lava\u2026 MÉDicaL 129 CERTIFICAT DES COMMISSAIRES EN MÉDECINE A QUÉBEC « We, the examining Commissionners of His Excellency the Right Honourable Guy Lord Dorchester (sic), that pursuant to His Excellency\u2019s Commission under an Ordinance of the Province entitled : An Ordinance to prevent persons practising physic and surgery within the Province of Quebec of midwifery in the Towns of Quebec and Montreal, without a licence » ; that Peter de Sales LaTerriére, late of the Parish of Gentilly, in the District of Quebec, Gentleman, appeared this day before us and produced a bachelor\u2019s degree in physic from the University of Cambridge, in the State of Massachusetts Bay, very ample certificates of his great exertions in study and a recommandation from the Professors of the said University, also a recomandatory letter from Doctor Pain, late physician to the British Hospital at Halifax, in the Province of Nova-Scotia ; upon examination we found him deserving thereof, and conceive that he may be licensed to practise in Physic, Surgery and Pharmacy.(Signed) John Foote, prases, James FISHER, James DAVIDSON, F.LAJUST.Quebec, 19 August 1789.La signature de Lajus au bas de ce document semble contredire Ies affirmations de Joseph-Edmond Roy, mais il ne semble pas avoir inclus les examinateurs de Pierre de Sales Laterriére dans cette liste.C\u2019est ce que nous examinerons quand il s\u2019agira de l\u2019histoire du Bureau médical.Les documents ci-dessus sont cités in extenso dans les Mémoires de Pierre de Sales Laterrière.32 Dans son style alerte et vivant, l\u2019auteur, après avoir cité les documents sus-mentionnés, demande au lecteur ce qu\u2019il pense des objections apportées par les membres du bureau des examinateurs : « .N\u2019étoit-ce pas, de leur part, vouloir loger toutes les connoissances humaines dans le 32.Ibid., pp.188, 189 et 190.(13) 130 Lavar MÉDiCaL Janvier 1952 trésor de l'orgueilleuse nation angloise au préjudice des autres nations?.Est-ce généreux ?\u2014 Non, certes, et 1l s\u2019en faut de beaucoup que tous les Anglois bien nés partagent ces idées fausses : 1ls savent rendre justice à qui elle appartient, et mon blâme ne tombe que sur une espèce d\u2019égoïstes demi-savans, aux prétentions les plus sublimes.Que Terreur de ces derniers est grande !.» 33 Ses Traverses, comme 1l le dit en parlant de ses aventures, semblaient terminées et 1l prit la route de la Bale-du-Febvre avec sa fille, emportant avec lui une bonne provision de médicaments de toutes sortes.Quatre villages avaient retenu ses services médicaux et il projetait d\u2019étendre son champ d\u2019action « jusqu\u2019aux Trois-Rivières et à toutes les paroisses du nord du lac Saint-Pierre ».Deux ans plus tard, les affaires étant très bonnes, Pierre de Sales acheta une maison à Trois-Rivières, une maison que lui vendit Labadie de Tonnancourt.Il quitta Baie-du-Febvre après avoir installé un fermier sur sa ferme.I! faut dire que l\u2019obligation où 1l était l\u2019hiver de traverser le lac Saint-Pierre en voiture comptait pour beaucoup dans cette décision qui le ramenait sur les lieux de ses mésaventures de 1775.Vers cette époque, il devint médecin des prisons, mais les ennuis le guettaient encore.Un jour qu\u2019il avait, en sa qualité de médecin de la geole, assisté une femme condamnée à mort pour meurtre (complicité), le tribunal l\u2019autorisa à utiliser le cadavre et a le disséquer en public.Mal lui en pris quand il s\u2019exécuta en présence de treize de ses confrères ! «Il arriva, écrit-il, dans un pais plem de préjugés, que cet acte au lieu de me recommander, produisit l\u2019effet contraire et éloigna les pratiques, du moins les personnes ignorantes et foibles, qui sont les plus nombreuses au Canada et qui sont soutenues dans leurs préjugés par des gens de mauvaise foi .» 34 Pierre de Sales commença la dissection en octobre, mais, comme au cours de l\u2019automne, le nombre des malades se trouva fort considérable, il décida de retarder ce travail.En attendant janvier, il déposa le cadavre de Marie Brisebois \u2014 c\u2019était le nom de l\u2019infortunée - \u2014 dans sa glacière.Toutefois, on n\u2019ignorait pas dans les environs la présence de ce cadavre et cette connaissance menaçait de lui attirer des désagréments.Il rc- 33.Ibid, p.190.34.Mémoires, pp.193-194. Janvier 1952 Lavar.MÉDICAL 131 solut de faire transporter la Brisebois dans un endroit reculé, à Machiche.Il y avait là, au bord du lac, une maison vide appartenant au colonel Dunière, un ami de Pierre de Sales.En conséquence, 1l enferma le cadavre dans une caisse, déclara qu\u2019il s\u2019agissait de vaisselle et de meubles et confia la boîte à un tiers qui la transporta chez Dunière.Capitaine de milice, Dunière n\u2019avait pas froid aux yeux.Quand le porteur eut déposé la caisse dans la maison, Dunière lui demanda : « Qu\u2019avez-vous donc apporté?» « Une charge de meubles de ménage, et une caisse de vaisselle », répondit l\u2019homme.Dunière éclata de rire et lui dit qu\u2019il s\u2019agissait du cadavre de Marie Brisebois.L'autre se refusa à croire pareille chose et Dunière dut ouvrir la boîte pour l\u2019en convaincre, ce qui n\u2019avait aucune espèce d\u2019importance, sauf que Dunière entendait bien se payer la tête du malheureux.À l\u2019aspect du cadavre, le malheureux se rendant compte qu\u2019il a voyagé toute une nuit en compagnie d\u2019une pendue, se sent saisi de frayeur et «se trouve mal ».Pierre de Sales déclare qu\u2019il lui fallut un mois pour faire la dissection complète du cadavre de Marie Brisebois.Mais on n\u2019appréciait guère alors les recherches anatomiques.La peur de la mort et les rumeurs que de tels travaux provoquaient épouvantaient le peuple.Pierre de Sales résolut de quitter Trois-Rivières et de retourner à la Baie-du-Febvre où on le connaissait bien.Pendant le voyage, une tempête s\u2019éleva et faillit faire périr les voyageurs dans le lac.Pierre de Sales ou du moins ses compagnons attribuèrent leur salut à Marie Brisebois « qu\u2019ils regardoient comme une sainte.Ce qu\u2019il y a de certain, continue le mémorialiste 3°, c\u2019est que depuis qu\u2019elle est en ma possession, il ne m\u2019est arrivé aucun accident ; ma situation s\u2019est soutenue et les moyens ne m\u2019ont manqué ni pour mon nécessaire ni pour l\u2019éducation de mes enfants : ce pauvre cadavre sec a servi à leur instruction.Moi et eux l\u2019avons fait voir à tous ceux qui l\u2019ont demandé, à la condition de prier pour son âme ».Marie Brisebois, d\u2019ailleurs, était morte « en se repentant de son crime » et avait, estime Pierre de Sales, « obtenu son pardon du Père de toute miséricorde ! ».Ainsi, Pierre de Sales reprit sa pratique sur la rive sud.La population du village de Saint-François et les Abénakis avaient fréquem- 35.Mémoires, p.197. 132 Lavar MéÉDicaL Janvier 1952 ment recours à ses connaissances et les malades abondaient en cette région.S\u2019il faut l\u2019en croire, la réputation d\u2019accoucheur acquise par Pierre de Sales Laterrière s\u2019étendait dans toute la région et, dans les cas difficiles, on le mandait dans les régions les plus éloignées.Toutefois, pendant ce temps, la famille Laterrière augmentait en nombre.Il avait maintenant, outre Dorothée, deux fils qui allaient bientôt avoir l\u2019âge de fréquenter le collège.Nicolet ne possédait pas encore cette institution magnifique dont l\u2019œuvre sociale et éducative a joué un si grand rôle, un rôle si bienfaisant, dans l\u2019enseignement en notre province.Mieux que bien d\u2019autres, Pierre de Sales comprenait l\u2019importance de l\u2019instruction.En somme, c\u2019est à l\u2019enseignement qu\u2019il avait reçu en France, grâce à ses parents, qu\u2019il avait pu si souvent se tirer d\u2019affaire en des circonstances où d\u2019autres seraient morts à la peine.C\u2019est pourquoi quand Pierre de Sales explique avec emphase qu\u2019il a eu tel ou tel succès, l\u2019homme réellement instruit des choses de la vie a tendance à ajouter foi à ses affirmations si élogieuses soient-elles.Tels sont les mobiles qui déterminèrent ce nouvel exode de Pierre de Sales Laterrière.Il vint s\u2019établir à Québec, ouvrit une pharmacie et pratiqua la médecine dans la capitale.« Ma chère fille, écrit-il, Dorothée et moi tenions ce ménage ; mon fils aîné alloit au petit séminaire en qualité d\u2019externe, et mon épouse, restée à la Baie-du-Febvre, achevoit d\u2019y régler nos affaires.Mes pratiques des différentes paroisses, mes Voisins et mes amis particuliers, eurent un chagrin infini de mon départ ; mais reconnurent la nécessité de l\u2019éducation de mes enfants, puisque Je n\u2019en voulais pas faire des terriens.» 36 Cette fois, Québec l\u2019accueillit fort bien.Des médecins réputés comme Badelard et Fisher lui envoyèrent des clients.Il noua une certaine amitié avec un autre médecin en vue du temps, le docteur George Longmore, qui habitait une maison sise précisément où se trouve maintenant le bureau de poste de la haute-ville, à l\u2019angle de la côte de la Montagne.Longmore était apothicaire en même temps que médecin.Laterrière habitait un peu plus bas dans la côte même une habitation que lui avait vendu un certain Crête.36.Ibid, p.199. Janvier 1952 Lava\u2026 MÉDICAL 133 A l\u2019automne, madame Laterrière ayant réglé les affaires de son mari à la Baie-du-Febvre vint s\u2019installer à Québec avec lui et leurs enfants, Dorothy, Pierre de Sales II et Marc-Paschal.Tout l\u2019hiver, elle fut ma- Jade, ayant contracté l\u2019asthme.Les crises étaient si fortes que Pierre de Sales craignait pour sa vie.Voici comment il la soignait : « la saignée, un vomitif ou une purgation, du parégorique, des mouches employés à temps, la mettoient vite hors de danger », écrit-il.Un danger d\u2019une autre sorte menaçait son bonheur et il ne s\u2019en doutait pas.Vers cette époque, un certain François Lehoulier commença de fréquenter chez les Laterrière et de faire la cour à la jeune Dorothy dont le dévouement à son père faisait déjà l\u2019admiration de tous ceux et celles qui la connaissaient.Le mariage ne dura que quelques mois et ne fut jamais consommé.Cependant, cette aventure causa toutes sortes d\u2019ennuis à Pierre de Sales qui, pensant arranger les choses, quitta Québec et retourna à Trois-Rivières où 1l pratiqua tout un hiver.Il dut revenir à Québec, s\u2019acheter une maison, car 1l avait donné la sienne à son gendre, et reprendre sa fille, une séparation de corps ayant été arrangée entre Lehoulier et sa femme.À peine, cette affaire était-elle terminée que Pierre de Sales reçut des nouvelles de France, lui annonçant que l\u2019héritage de son frère, le militaire, était ouvert et que des collatéraux allaient s\u2019en emparer s\u2019il n\u2019allait, lui-même, le recueillir.Pierre de Sales décida de se rendre dans sa patrie.On était alors sous le règne de Napoléon I et ce n\u2019était pas facile.Pierre de Sales décida de passer sur le continent par la voie du Portugal et il arriva dans ce pays au moment où l\u2019armée de Junot occupait l\u2019Espagne.Pierre de Sales fit le voyage en compagnie de son plus Jeune fils dans l\u2019intention de le laisser à l\u2019université de Montpellier s\u20191l parvenait à entrer en France et à recueillir son héritage.Tous deux quittèrent Québec le 26 juillet 1807.Sans trop d\u2019incidents fâcheux, ils firent la traversée, mais en arrivant dans le port de Lisbonne on les envoya en quarantaine et ils durent attendre quelque temps avant de débarquer.Grâce aux recommandations qu\u2019il possédait, Pierre de Sales put voir facilement les principaux personnages de Lisbonne, y compris les consuls de France et d\u2019Angleterre, mais les circonstances s\u2019opposaient à son voyage en France.Il en profita pour visiter divers endroits dont l\u2019uni- 134 Lavar MéÉDicaL Janvier 1952 versité de Coimbre ou il passa trois jours.Il eut l\u2019occasion de visiter l\u2019école de médecine de l\u2019endroit.Voici comment 1l décrit cette institution : « Le collège est bâti en pierres de taille, et à trois étages ; il y a une belle chapelle et de superbe jardins.On y enseigne toutes les plus hautes sciences.C\u2019est de là que sortent les médecins portugais.L\u2019amphithéâtre de médecine y est grand et commode ; celui de dissection aussi.On y a beaucoup de difficulté à se procurer des sujets, le collège étant loin des deux villes et le païs chaud.La botanique y est enseignée par un homme fort savant.Les fondateurs de cette institution furent des médecins arabes.» 37 L\u2019abbé Henri-Raymond Casgrain, dans la biographie qu\u2019il consacre à Pierre de Sales Laterrière °° donne quelques détails supplémentaires quant au séjour de Pierre de Sales en Portugal.Lors de son excursion à Coïmbre, Pierre de Sales habitait Oporto où il-passa une trentaine de jours.Il se serait également rendu à Valladolid et, non loin de cette dernière ville, il aurait rencontré « les avant-coureurs de l\u2019armée française commandée par le général Junot, créé depuis duc d\u2019Abrantès ».Évidemment, en ces temps lointains, il était moins dangereux de rencontrer les armées.Les lois de la guerre étaient plus rigides qu\u2019à notre époque et le respect d\u2019autrui était une vertu pratiquée par la majorité des humains.« L\u2019empereur Napoléon, continue l\u2019abbé Casgrain, envoyait cette armée envahir le Portugal pour en chasser les Anglais.L\u2019officier qui commandait l\u2019avant-garde arrêta Pierre de Sales et ses compagnons et s\u2019enquit de leur destination.Quand ils eurent répondu qu\u2019ils se rendaient en France, le commandant se contenta de leur déconseiller pareil voyage : « Vous venez, M.de Laterrière, dit-il, d\u2019une province anglaise, du Canada ; je vous donne le conseil de retourner sur vos pas, car on pourrait, dans ces temps critiques, vous dénoncer comme un espion anglais et vous faire pendre, vous et votre fils, au premier arbre de la route.» 39 Pierre de Sales se conforma à cette invitation, retourna à Oporto et s\u2019embarqua quelques jours plus tard à destination de l\u2019Angleterre.Dé- 37.Ibid., pp.230-231.38.Henri-Raymond CASGRAIN, Œuvres complètes, II, Biographies canadiennes, p.39.Cité par CASGRAIN, ibid, p.222, Janvier 1932 LavarL MÉDICAL 135 barqué a Dartmouth, il se rendit à Londres chez l\u2019un de ses amis, Bulmer, dans le Strand.Pendant son séjour en Angleterre, Pierre de Sales tomba malade et la description qu\u2019il donne de sa maladie comme du traitement qu\u2019on lui appliqua mérite d\u2019être retenue car elle a sa place dans une histoire de la médecine et des cures faites au cours du xixe siecle.« N\u2019ayant pas accoutumé de marcher beaucoup au Canada, où je ne sortois guère qu\u2019en voiture, et me trouvant, après le repos du voyage, transporté tout à coup dans une ville où les distances sont si bien mesurées que la marche à pied d\u2019une rue à une autre ne paroît d\u2019abord, quoiqu\u2019elle soit souvent fort longue, la visite que je fis de mes connoissances et des lieux curieux à voir, m\u2019occasionna une si grande inflammation abdominale avec constipation, qu\u2019un soir ma rupture sortit, dure comme fer, et, contre l\u2019ordinaire, en me couchant Je ne pus la remettre.Connoissant le danger, éloigné de ce que j\u2019avois de plus cher au monde, mon épouse et mes enfants, Je fis demander M.Bulmer et M.Butterfield.Ceux-ci envoyèrent chercher chacun les médecins en qui ils avoient confiance et les plus proches.» Quelques instants plus tard, il se présentait quatre médecins qui, aux dires de Pierre de Sales, ne savaient que faire.Ils n\u2019avaient apparemment aucune idée de la façon dont un tel mal puisse être soulagé.Pierre de Sales leur révéla sa condition de médecin et procéda lui-même au diagnostic.« Une inflammation intestinale, leur dit-il, avec une constipation de quatre ou cinq jours, a causé la sortie de la rupture et Pendurcissement.Sans beaucoup faire attention à ce que je leur disois, ils essayèrent en tâtant de la réduire, ce qui me faisoit endurer, écrit-il, des douleurs mortelles.Ce moyen ne faisait que me précipiter vers un danger irrémédiable.» Le malheureux médecin aux prises avec ses confrères leur déclara tout de go qu\u2019ils étaient en train de l\u2019achever.« La réduction dans le présent moment, leur affirma Pierre de Sales, me paroit absolument impossible sans meurtrir les parties et l\u2019épiploon, et partant amener LL LL.(illisible) la gangrène et la mort inévitablement.» Pierre de Sales qui, on l\u2019a vu fréquemment, presque chaque fois qu\u2019il raconte une cure qu\u2019il a faite, était favorable au saignement, voulut qu\u2019il soit 136 LavAa\u2026.MÉDICAL Janvier 1952 pratiqué sur lui-même.Il l\u2019annonça en propres termes a ses quatre médecins qui durent en passer par ses instructions : « Je désire absolument d\u2019être saigné de la quantité de sang qui pourra m\u2019être très tirée sans que j'aie de syncope, dit-il, de recevoir un ou plusieurs lavements écoprotiques avec une médecine composée de tels remèdes qu\u2019il vous plaira.Ils y consentirent après s\u2019être retirés dans la chambre voisine et y avoir décidé que, sitôt que je me trouverois mal, ils réduiroient forcément [a rupture.» Les quatre médecins exécutèrent donc les instructions du malade à la lettre et Pierre de Sales dut y mettre un terme sans quoi 1l serait passé de vie à trépas.Il avait demandé « une forte saignée » et perdit ce qu\u2019il estime être « deux livres de sang ».Il décida alors de se faire bander le bras et dans ce but, écrit-il, «\u20ac je mis l'index sur l\u2019ouverture de la veine et les priai d\u2019appliquer le bandage.Ils le firent, continue-t-il, tout étonnés de ce que je ne fusse pas tombé en syncope, et adoptèrent ma proposition de lavemens et d\u2019une médecine, ainsi que-les fomentations chaudes, suivant mon désir ; mais jusqu\u2019au lendemain seulement et 1l étoit minuit.Ces secours me furent administrés Immédiatement par M.Butterfrelds, et mon fils, à toute minute, me fit des fomentations.Vers cinq heures ayant évacué de deux lavemens, je pus réduire avec aisance la rupture, et appliquer très-serré mon bandage, avec quelle joie, on le peut imaginer.» Quand il fut ainsi soulagé, Pierre de Sales fit prévenir ses confrères médecins.Tous le croyaient à la veille de mourir et s\u2019exclamèrent devant sa guérison.Pierre de Sales estime que les médecins de Londres l\u2019auraient littéralement tué s\u2019il n\u2019avait prévenu leur geste en exigeant la saignée qui, dit-il, n\u2019était pas alors pratiquée par les médecins london- niens.Le fameux médecin de la Reine d\u2019Angleterre, Paternoster, ayant appris cette cure merveilleuse se rendit au chevet de Pierre de Sales et devint l\u2019un de ses meilleurs amis.Chirurgien de la garde de la reine, 1l jouissait alors d\u2019un grand prestige et Pierre de Sales ne manque pas de le noter.«Si une toux catarrheuse ne m\u2019avait point fatigué jusqu\u2019à me faire sortir mon interépiplocèle à chaque accès, rapporte le mémorialiste, j\u2019eusse été bientôt rétabli parfaitement.» Il dut garder la chambre pendant exactement vingt-sept jours.Pierre de Sales termine le récit Janvier 1952 Lava.MÉDICAL 137 de sa maladie en se plaignant des bouillons qu\u2019on lui faisait absorber, affirmant qu\u2019ils étaient loin d\u2019avoir la saveur et la valeur nutritive de ceux que lui faisaient sa femme dans son cher Canada.Dans la vie de Pierre de Sales Laterrière, le commerce semble poursuivre le médecin.Même à Londres, il fut mêlé aux négociants qui le reçurent dans leur société, l\u2019Académie Adelphie, c\u2019est du moins le nom que Pierre de Sales donne à ce corps dans ses Mémoires.4 Il relevait à peine de maladie quand on l\u2019invita à une manifestation de cette société.Durant la séance, on donna lecture d\u2019une lettre venue du Canada et on lui demanda de confirmer ou d\u2019infirmer les prétentions du signataire.Quand il se fut exécuté, on l\u2019invita à parler lui-même de notre pays.Il demanda huit jours pour se préparer et revint au bout de ce laps de temps.A la suite de ce discours, il fut invité à titre de membre correspondant à faire partie de l\u2019Adelphie.Le secrétaire, Charles Taylor, par une lettre datée du 24 décembre 1807, l\u2019en avisa : « I have the honour to address this letter to you acquainting you that on the 16th instant, you were elected a corresponding member of the Society instituted at London for the encouragement of Arts, Manufactures and Commerce ; and in conformity to an established rule and order, I am to inform you that no member of this Society ; and that the corresponding members are requested as often as shall be convenient, to favour the Society with accounts of such useful discoveries or improvements in any of the polite arts or commercial, as may come to their knowledge.» La peur de la mort prit une forme particulière chez Pierre de Sales quand 1l se rendit compte qu\u2019il pourrait passer de vie à trépas dans l\u2019île d\u2019Albion.« Mars approchait, et me sentant encore bien malade, écrit-il, je me disois mille fois à moi-même : Comment sortirai-je d\u2019Angleterre ?Mon ami me dit que si J\u2019y restois encore un mois, jJ\u2019étois mort.Je le sentois comme lui, et Je ne voulois pas être la proie des scélérats de marchands de chair humaine appelés Resurrection Men, qui m\u2019auroient vendu pour être disséqué après que jJ\u2019aurois eu reçu les prières de l\u2019enterrement dans ma chambre d\u2019un prêtre et j\u2019aurois été repris par un ministre, et conduit dans le chariot noir au cimetière dans la forme de sa paroisse, afin 40.Pierre de Sales LATERRIÈRE, ibid, p.240. 138 Lava\u2026.MÉDicaL Janvier 1952 que ce ministre ne perdit pas son droit.Un évêque, le pape lui-même mourroit en cette 1sle qu\u2019il ne seroit pas enterré autrement.Telle est sur ce point la tolérance d\u2019un païs qui se vente d\u2019être si libre ! Dieu me préserve de ce grand malheur.Je préférois mourir en mer : là point de distinction ; elle reçoit tous les morts dans son sein.» Quel beau tableau de mœurs, en effet?Il avait d\u2019ailleurs quelques motifs d\u2019écrire ainsi puisque mêmes les commodités les plus basses lui avaient été refusées à certains moments.Après la maladie racontée plus haut, Pierre de Sales décida de s\u2019embarquer sur le premier bateau à destination de Québec, mais il était encore trop faible pour faire les démarches nécessaires et dut se confier à un tiers .© la fièvre, la toux, et l\u2019oppression me reprirent plus fort que Jamais, dit-il ; et 1l me fallut garder la chambre et le lit quinze à seize jours ».Ce laps de temps écoulé, 1l recommença ses démarches, mais un Jour qu\u2019il s\u2019était cru en meilleure santé, il risqua un voyage au navire sur lequel il avait réservé sa cabine.Il n\u2019avait pas franchi deux milles « que des coliques terribles m\u2019empoignèrent, écrit-il, avec tant de furie que je revins sur mes pas au plus vite.J\u2019eus beau demander des lieux en chemin, car je me trouvois mal, on me rioit au nez.Belle humanité de Londres !.Les spasmes et le besoin d\u2019aller à la selle étoient si violens, qu\u2019à environ deux arpens de mon logis, je laissai tout aller .dans mes culottes.Heureusement que j\u2019en avois alors deux paires et doublées.La plus proche de ma peau, à mon arrivée à la porte, étoit toute crémeuse.Imaginez les souffrances que j\u2019avois endurées et ma joie de me voir sur mon pot, a mon aise, dans ma chambre, sauvé du danger de mourir dans la rue comme un chien ».4! Il lui fallut encore retarder son départ, mais finalement sa santé se rétablit et il ne lui resta que le souvenir des cond1- tions hygiéniques dans lesquelles il avait dû vivre à Londres.On excusera ces détails.I! est utile de les connaître quand on veut se rendre compte de l\u2019état de l\u2019hygiène à cette époque et des conditions dans lesquelles il fallait souvent voyager.Pierre de Sales estime que seule l\u2019espérance de revoir sa famille l\u2019avait soutenu pendant cette épouvantable maladie.La peur des croquemorts semble aussi avoir joué un certain rôle dans l\u2019énergie qu\u2019il déploya pour lutter contre un mal aussi 41.Ibid, pp.241-242, Janvier 1952 Lavar MEbpicac 139 grave.D\u2019ailleurs, son mal n\u2019était qu\u2019endormi.A la veille de son départ Il fut reçu chez des amis et, par politesse, il resta « depuis cing heures jusqu\u2019à onze sans uriner, par une honnêteté mal calculée, dit-il.A ma sortie, raconte-t-il, jJ\u2019essayal cinquante fois d\u2019uriner depuis le Foundling Hospital jusqu\u2019à ma demeure ».Il endurait d\u2019atroces souffrances qui augmentèrent tellement qu\u2019après s\u2019être couché, il dut se relever et appeler tous ceux qu\u2019il connaissait, y compris le docteur Paternoster.Finalement, il tenta de se procurer une sonde car deux lavements n\u2019avaient donné aucun résultat appréciable.Finalement, Pierre de Sales dut partir à destination de Portsmouth sans être guéri.A ce dernier endroit, il parvint, après mille recherches, à se trouver une chambre et à manger une soupe aux oignons, ce qui le soulagea immédiatement de son inflammation de la vessie.En ce temps-là, les bateaux partaient quand le capitaine en avaut le désir ou quand les armateurs le lui ordonnaient.De retards en retards, Pierre de Sales resta à Portsmouth jusqu\u2019au 16 avril 1808.Ce n\u2019est qu\u2019à cette date qu\u2019il s\u2019embarqua sur la Jane qui devait enfin le ramener au Canada.Le voyage lui-même devait être assez rude puisque vers le quatre mai, comme il le note dans le Journal qu\u2019il tint pendant le trajet, il « se cassa deux côtes ».Il avait fait une chute et s\u2019était apparemment fracturé les côtes « sur le bord d\u2019un panier de fer blanc ».Peu de temps après, 1l constata « une grande inflammation » s\u2019étendant «du bas- ventre au creux de l\u2019estomac et aux reins et aux hanches ».Vraiment, la guigne le poursuivait sans relâche depuis quelques mois.Pierre de Sales se soignait à l\u2019huile de Palma et au calomel.L\u2019alimentation du bord, bœuf salé deux fois par jour, n\u2019était pas de nature à lui rendre la santé.Le 6 juin, il avait mal aux dents, souffrait de la bouche, ayant la lèvre supérieure enflée ainsi que la joue.Les côtes lui faisaient toujours mal : « J\u2019y tiens sans cesse les mouches éteintes en forme de cirouène et je m\u2019aperçois que cela me soulage », écrit-il, à cette date.Le lendemain, il note : « Le mal de dents m\u2019a laissé à minuit ; des mouches que j\u2019avois mises sur ma gorge ont fait leur effet.» Enfin, le 13 juin, il peut enlever son bandage et se coucher sur le côté droit, ce qu\u2019il n\u2019avait pas fait depuis près d\u2019un mois.Enfin, le 19 juin, un dimanche matin, le bateau Jane jetait l\u2019ancre devant Québec, soit après 140 Lavar MÉDICAL Janvier 1952 deux mois et deux Jours de navigation, deux mois de souffrances et d\u2019inquiétudes pour Pierre de Sales.Qu\u2019il était heureux de trouver sa chère Catherine Delzenne à laquelle il était uni depuis le dix octobre 1799 par les liens du mariage comme le note Cyprien Tanguay, et ses deux enfants, Pierre et Dorothée, restés au pays pendant qu\u2019il voyageait en compagnie de Marc-Paschal.Pierre de Sales Laterrière reprit l\u2019exercice de sa profession et pratiqua jusqu\u2019en 1810 alors qu\u2019il acheta la seigneurie des Éboulements et alla se fixer en cet endroit, abandonnant sa clientèle à ses fils.« De 1810 à 1815, partageant les loisirs de sa vieillesse entre sa belle campagne et ses enfants établis à Québec, 1l termina, dans le calme et l\u2019aisance, une carrière traversée par tant de vicissitudes.I! mourut à Québec, le 8 juin 1815, chez son fils, Marc-Paschal, et fut inhumé dans la cathédrale de Québec.» 42 (À suivre.) 42.CASGRAIN, ibid, LI, p.223. ANALYSES Theodore JAMES.Congenital syphilis in one of twins.(Syphilis congénitale chez un jumeau.) The British Journal of Dermatology, 63 : 389, (novembre) 1951.On ne peut pas dire que les cas de syphilis congénitale chez l\u2019un de deux jumeaux soit des plus fréquents.L\u2019auteur tient compte surtout des cas rapportés depuis la découverte de la réaction de Wassermann, les autres cas rapportés antérieurement n\u2019avant pour lui pas de bases scientifiques suffisantes ou indiscutables.Depuis l\u2019application de la réaction de Bordet-Gengou à la syphilis, seize cas auraient été rapportés de syphilis congénitale chez un de deux jumeaux, dont huit seulement mériteraient d\u2019être retenus.L\u2019auteur accepte, pour contrôle de cette syphilis congénitale chez un des jumeaux, les critères suivants : 1° Une observation clinique et un examen sérologique des parents et des autres enfants de la famille ; 2° Examen du placenta et des membranes à l\u2019accouchement de même que du liquide céphalo-rachidien et un examen radiologique des os longs, au moins durant les six premiers mois ; 3° La nature de l\u2019infection doit être démontrée hors de tout doute chez le jumeau atteint de syphilis ; 4° Il doit y avoir certitude que le jumeau apparemment non syphi- lisé n\u2019est pas syphilitique ou ne développera pas la syphilis ; 5° Examens physiques et sérologiques répétées des deux jumeaux avec autopsie, en cas de décès.L\u2019auteur croit réalisées toutes ces conditions dans l\u2019observation suivante : Une femme qui a déjà accouché d\u2019un enfant sain, met au monde deux jumeaux, l\u2019un de huit livres (H) et l\u2019autre de six livres et quart (K).Il s\u2019agit de deux enfants mâles.La sage-femme qui a fait l\u2019accouchement a déclaré qu\u2019il s\u2019agissait de jumeaux univitillins : un placenta, deux membranes. 142 Lavar MÉDicaL Janvier 1952 Le bébé H, durant les jours qui suivent sa naissance, présente un corvza sanguinolent et il est admis à l\u2019hôpital à l\u2019âge de vingt- -huit jours.On fait un diagnostic de syphilis secondaire floride cutanéo-muqueusc avec hépato-mégalie et splénomégalie.Les réactions de Bordet- Wassermann et de Kahn sont positives et, malgré 300,000 unités de pénicilline pendant cing jours, l'enfant décède.L\u2019 autopsie confirme les constatations cliniques.Le jumeau K est admis à l\u2019hôpital alors qu\u2019il est âgé de cinq semaines.L\u2019enfant est cliniquement indemne, la réaction de Bordet- Wassermann dans le sang et le liquide céphalo- rachidien est négative et la radiographie des os longs ne révèle rien d\u2019anormal.De nouvelles réactions sérologiques et des examens radiologiques, faits treize mois après la naissance, ne montrent rien de particulier et l\u2019enfant se développe bien.Le père de ces jumeaux a une réaction de Bordet-Wassermann négative mais celle de la mère est positive.Le premier enfant né avant les Jumeaux a aussi une sérologie positive, sans autre signe toutefois.L'auteur rapporte les nombreuses hypothèses auxquelles il ajoute les siennes pour tenter d\u2019expliquer pourquoi de deux jumeaux nés d\u2019une mère syphilitique, un seul des deux est atteint par la maladie.L\u2019explication la plus plausible voudrait que les tréponèmes seraient peu nombreux en circulation pendant la grossesse et qu\u2019il puisse arriver qu\u2019 un seul des deux produits de la conception retienne ces rares tréponèmes.Le jumeau non syphilisé ne devrait qu\u2019à la chance d\u2019être indemne de la maladie.| Emile GAUMOND.J.C.SCOTT.Treatment of trochanteric fractures.(Traitement des fractures du trochanter.) The Journal of Bone and Joint Surgerv, 508, (novembre) 1951.Depuis vingt ans, le traitement des fractures par voie sanglante a beaucoup augmenté : l\u2019amélioration de la chirurgie, de l\u2019anesthésie, de la qualité du matériel employé, ont été des facteurs importants.II est essentiel de se servir de ce que nous avons en main aujourd\u2019hui, mais, tout de même aussi, d\u2019éviter des opérations à résultat douteux.Les fractures de l\u2019olécrâne, de la rotule, du coi fémoral exigent un traitement chirurgical ; d\u2019autres, comme la fracture oblique du tibia, celle des deux os de l\u2019avant-bras, celle du fémur, méritent considération pour chaque cas en particulier.Pour les fractures du trochanter, il existe deux écoles : l\u2019une s\u2019en tient au traitement conservateur, l\u2019autre préfère l\u2019intervention.L'auteur rapporte une série de cent cas de fractures intertrochan- tériennes traitées de 1946 à 1948 d\u2019une façon conservatrice par traction avec un appareil de Thomas ou de Russell.Il est convenu que le premier but du traitement est, d\u2019abord, de sauver la vie, puis, ensuite, de restaurer le mouvement.L'auteur décrit les trois variétés de fractures rencontrées : Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire_reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Recommandée et prescrite par le Corps Médical dans le monde entier INDICATIONS : ARTHRITISME Rhumatisme aigu, chronique Une bouteille par jour, soit : Goutte un verre à jeun, un verre à chaque Diabète arthritique repas et un verre le soir.VIUNT CLIN EAU MINÉRALE ALCALINE NATURELLE \u2014 PROPRIÉTÉ DE L\u2019ÉTAT FRANÇAIS MALADIES DES VOIES URINAIRES Gravelle urique et phosphatique Une bouteille par jour comme ci-dessus.Une demi-bouteille par jour, it : graveleux sol Albuminurie des goutteux et des Un verre a jeun.Cystites.\u2014 Néphrites Un verre une demi-heure avant le repas du midi.Artério-sclérose au début Un verre le soir.e MÉFIEZ-VOUS DES IMITATIONS \u2014 PRESCRIVEZ « CELESTINS » Représentants exclusifs pour le Canada.HERDT & CHARTON, Inc.2027, avenue du Collège McGill, - Montréal, Canada.Laval Médical, Québec, janvier 1952 Vol.17 - No 1 - 31 \u2014ALGESAL™ #BAUME®*8sANTIRHUMATISMAL lle A base de salicylate de diéthylamine, qui a un pouvoir d\u2019absorption beaucoup plus puissant que tout autre salicylate.INDICATIONS MODE D'EMPLOI Rhumatismes articulaires et musculaires Douleurs ictio L rhumatismales et arthritiques.Goutte.Sciatique.Faire pénétrer le baume par frictions légères sur la Lumbago Torticolis Courbatures musculaires Ne- Zone douloureuse Répéter les frictions plusieurs fois vralgles.par jour Documentation et échantillon sur demande 7 Préparé en France par LES LABORATOIRES DE THERAPEUTIQUE MODERNE LATEMA Représentants exclusifs au Canada HERDT & CHARTON \u2019 Inc.2027, avenue du Collége McGill, Montréal OSMOPAK coin FORMULE : OSMOPAK est un pansement osmotique émollient composé de 58% de sulfate de magnésie, de 1 - 2% de benzocaïne et de 1 - 25,000 de vert brillant, dans une base miscible à l\u2019eau.OSMOPAK est recommandé dans tous les cas d\u2019infection en général, clous, furoncles, plaies diabétiques, etc, et dans le traitement d\u2019inflammation ou d\u2019infections locales purulentes des mains, des pieds ou de tout autre tissu sous-cutané.L'OSMOPAK procure le maximum de drainage avec un minimum de perte de tissu.|! est aussi recommandé dans la cervicite et la vaginite.Présentation : Pots de 115 et 577 grammes.Échantillon médical et documentation sur demande.Agents exclusifs au Canada : HERDT & CHARTON, INC, 2027, avenue du Collège-McGill, Montréal, P.Q.32-\u2014 Laval Médical, Québec, janvier 1952 \u2014 Vol.17 \u2014 No 1 = Janvier 1952 LavaL MEbpicaL 143 a) Oblique, a la base du trochanter : b) Oblique et communitive ; c) Oblique, mais de dedans en dehors.C\u2019est la seconde variété qui requiert Ie plus de som, car rl laut pre- venir le varus.La traction est maintenue, de huit à douze semaines.Si l\u2019on compare le traitement conservateur et le traitement opératoire, on a une mortalité de 31.1 pour cent avec le premier et 19.2 pour cent avec le second.Cependant, l\u2019hospitalisation est prolongée avec lc traitement conservateur ; la convalescence est moins agréable.Dans le même numéro du Journal, Hafner rapporte quatre-vingts cas opérés avec une mortalité de 7 pour cent et de 12 pour cent avec le traitement conservateur.L\u2019auteur dit que la mobilité articulaire est meilleure avec le traitement opératoire, que la convalescence est de beaucoup plus agréable, puisque l\u2019opéré commence à marcher, quelques Jours après l\u2019intervention.Il sera hospitalisé quelques semaines au lieu de trois à quatre mois.Hafner emploie un clou qu\u2019il implante assez verticalement vers le haut.Louis-Philippe Roy.Robert CLEMENT.Hypervitaminose A.La Presse médicale, 75 : 1570, (24 novembre) 1951.A côte des méfaits provoqués par l\u2019excès de vitamine D, il faut faire une place à l\u2019hypervitaminose À.D\u2019après quelques observations publiées par l\u2019auteur, l\u2019hypervitami- nose À semble frapper surtout les jeunes enfants, particulièrement au- clessous de deux ans, mais on l\u2019a signalée aussi chez le grand enfant et chez l\u2019adulte.Le tableau clinique consiste en anorexie, courbe du poids stationnaire ou amaigrissement ; extrême irritabilité et humeur chagrine ; éruption prurigineuse, cheveux clairsemés, ternes et rudes, pâleur, peau sèche, grise ct finement squameuse et, parfois, fébricule.Il existe, en plus, un symptôme encore plus caractéristique : : c\u2019est l'apparition de douleurs aux membres, douleurs spontanées et surtout prov oquées par le moindre contact.On note une sensibilité extrême en certaines régions des os longs ou des muscles ; souvent, un gonflement fusiforme des diaphyses avec, parfois, un empâtement œdémateux des tissus.La radiographie permet de constater un épaississement du périoste, une corticale irrégulière et un certain degré de décaleification.Dans l\u2019hypervitaminose A, le taux de la vitamine À trouvée dans le sang est très augmenté (d\u2019après les observations : 10 à 50 fois plus que la normale).La lipémie totale, le taux du cholestérol et des lécithines sont très nettement augmentés.Les symptômes disparaissent assez rapidement après la suppression cle la médication intempestive, pour reprendre avec elle.Les doses de vitamine À utiles pour provoquer des accidents toxiques sont très élevées par rapport à la dose physiologique, en movenne 7,000 fois plus, mais il v a de très grandes variations.(14) 144 LavaL\u2026 MÉbicAL Janvier 1952 Les doses quotidiennes qui ont provoqué des accidents chez le jeune enfant n\u2019étaient pas très élevées : 80 à 160 milligrammes (la dose normale d\u2019un enfant étant de 1.4 milligramme par jour).Plus que les doses fortes, il semble que ce soit l\u2019administration prolongée de vitamine A qui donne des accidents.L\u2019hypervitaminose A semble surtout entrainer un déséquilibre vitaminique et se traduire par des symptômes ressemblant à ceux des avitaminoses C (hémorragies au niveau des muqueuses), des avitaminoses B2, D-K et B.La prophylaxie consiste à toujours maintenir un équilibre entre les diverses vitamines et à ne pas prolonger trop longtemps l\u2019absorption d\u2019huiles de foie de poisson ou d\u2019axérophtol.Antonio MARTEL.George CRILE, jr., et C.Y.THOMAS.The treatment of acute toxic ulcerative colitis by ileostomy and simultaneous colectomy.(Le traitement de la colite ulcéreuse aiguë toxique par iléostomie et colectomie simultanées.) Gastro-enterology, 19 : 58, (septembre) 1951.Cette forme de, colite ulcéreuse n'est pas fréquente ; 31 cas sur unc série de 675 cas.Le traitement conventionnel, soit médical, soit chirurgical, l\u2019iléostomie d\u2019urgence étant l\u2019intervention pratiquée, comporte un taux de mortalité de 68 pour cent dans un groupe de malades suivis pendant des périodes variant de deux à neuf ans.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une crise première ou d\u2019une manifestation aiguë de la forme chronique, le taux de mortalité est à peu près le même.Si le seul traitement médical est appliqué, la mortalité est de 73 pour cent ; si l\u2019iléostomie est pratiquée, elle est de 63 pour cent.Les premiers six mois de la maladie sont les plus dangereux, la mort survenant surtout par péritonite, toxémie, inanition, embolie ou hémorragie ; ces complications surviennent aussi bien chez les patients 1Iléostomisés que chez ceux traités médicalement.L\u2019iléostomie faite chez de tels malades donne un taux de mortalité de 50.5 pour cent dans les premiers six mois, d\u2019après une moyenne tirée de plusieurs statistiques.Ces résultats semblent donner raison à ceux qui prétendent que ces patients sont trop malades pour être opérés.Pour leur part, les auteurs sont d\u2019avis que la mort n\u2019est pas causée par l'opération, mais par l\u2019affection qui continue à évoluer malgré l\u2019i- léostomie.D\u2019après eux, il n\u2019y à pas d\u2019obstacle à pratiquer une chirurgie extensive, c\u2019est-à-dire à enlever en même temps le côlon.Les suites opératoires sont étonnamment faciles et les patients récupèrent très rapidement.Sept patients ont été traités ainsi ; un seul opéré in extre- mis, mourut.«Plus l\u2019état du patient est grave, plus urgente est l\u2019indication pour une iléostomie et une colectomie simultanées ».Jean-Paul DUGAL. GOUTTE - RHUMATISME - SCIATIQUE DAOPRAZINE GOUT - RHEUMATISM - SCIATICA GRANULÉ EFFERVESCENT Hexaméthylènelétramine, Benzoate de Lithine, PIPERAZINE, Bicarbonale de Soude, SOUFRE COLLOIDAL SPECIALEMENT RECOMMANDEE DANS LES CAS DE: CYSTITE, PYELITE, GRAVELLE URIQUE ET DANS LES AFFECTIONS DES VOIES URINAIRES Echantillon médical envoyé sur demande.LES LABORATOIRES SPARTOL Paris - Montréal.Représentants exclusifs pour le Canada HERDT & CHARTON, Inc., 2027, avenue du Collège McGill, Montréal, Canada.Laval Médical, Québec, janvier 1952 - Vol.17 - No 1 \u2014 33 SULPHO-LAC (Pommade ne contenant aucun corps gras) FORMULE : Soufre colloïdal \u2014 Sulfure de calcium Sulfate de zinc \u2014 Glycerine.INDICATIONS : Acné, Séborrhée huileuse, Couperose, Lupus érythémateux, Dermites de cause vénénifique.MODE D'EMPLOI : En application locale le soir au coucher.PRESENTATION : Pots de 1 oz.\u2014 2 ozs \u2014 4 ozs et 16 ozs.Pour obtenir des résultats plus rapides, on recommande de faire aussi l'usage du Savon SULPHO-LAC.Documentation et échantillon sur demande.Représentants exclusifs au Canada : HERDT & CHARTON, INC.2027, avenue du Collège-McGill ° Montréal, P.Q.SULFARLEM NOUVEAU TRAITEMENT DES AFFECTIONS HEPATHIQUES à base de trithioparaméthoxy-phénylpropène INDICATIONS : Insuffisance hépatique \u2014 Allergies digestives \u2014 Cirrhoses Cholécystites \u2014 Insuffisance hépato-rénale \u2014 Foie cardiaque POSOLOGIE : Ampoules : Une injection tous les deux jours.GRANULES : Une à deux granules avant chaque repas.PRÉSENTATION : Boîte de 6 ampoules de 1 c.c.\u2014 Boîte de 40 granules.Échantillon et documentation envoyé à Messieurs les Médecins sur demande.HERDT & CHARTON, Inc.2027, avenue du Collège McGill, - - Montréal.34 \u2014 Laval Médical, Québec, janvier 1952 \u2014 Vol.17 = No 1 CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES Remise du diplôme d\u2019honneur au docteur Charles Vézina L\u2019université de Paris a tenu sa séance annuelle de rentrée le ler décembre, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne.Au cours de la , fr .fr .f f : cérémonie, le professeur Charles Vézina, doyen de la Faculté de médecine de l\u2019université Laval a reçu le diplôme de docteur bonoris causa.Le f * , I * .professeur Léon Binet, doyen de la Faculté de médecine de Paris, a prononcé le discours suivant : Charles Vézina, Avec ses lacs et ses fleuves, avec ses forêts et sa faune variée, le Canada est un merveilleux pays dont on admire sans réserve les villes et les universités, les hôpitaux et les laboratoires.À Québec, aujourd\u2019hui, l\u2019université Laval se prépare à fêter son centenaire : la Faculté de médecine de Paris a tenu à prouver son attachement amical au docteur Charles Vézina, depuis 1940 doyen de la Faculté de médecine de l\u2019université Laval et elle est heureuse de lui conférer le titre de docteur honoris causa de l\u2019université de Paris.Le professeur Vézina est un grand chirurgien qui aime parler de ses confrères français.De lui on sait cet admirable travail portant sur dix années et consacré à l\u2019étude de 752 cas de goitre traités.De lui, on cite ses communications sur l\u2019appendicite et la psoïtis, sur la pancréatite hémorragique, le mégacôlon et les lésions du côlon sigmoïde, sur l\u2019abcès pulmonaire, sur l\u2019hydronéphrose et sur la thymectomie.On sait bien aussi la place active qu\u2019il occupe dans la direction du Centre anticancéreux de l\u2019université Laval.Notre éminent collègue est de ceux qui ont su associer l\u2019effort chirurgical et les recherches anatomiques.Avant d\u2019aborder les grands problèmes d\u2019actualité chirurgicale, le professeur Vézina, au cours d\u2019un (15) 146 LavaL.MÉDICAL Janvier 1952 exposé de « pratique chirurgicale » met à profit, dans une langue directe, sobre et claire, ses connaissances de l\u2019anatomie vivante ; l\u2019on y retrouve les accents de la plus pure tradition anatomo- chirurgicale française.Ne fut-il pas professeur d'anatomie avant d\u2019avoir êté professeur de clinique chirurgicale?En soulignant cette évolution, je pense à ses collègues de chez-nous qui restent fidèles à cette double association, chirurgicale et anatomique.Un des nôtres, n\u2019écrivait-Il pas : « La connaissance approfondie de l\u2019anatomie donne au chirurgien cette sécurité morale, ce sentiment intérieur, qu\u2019il sait où il est, qu\u2019il sait où il va, qu\u2019il sait ce qu\u2019il fait, cette vision claire de son action, hors laquelle tout n\u2019est qu\u2019incertitude, hésitation et maladresse ?» Cette formation anatomique n\u2019empêche pas M.Vézina de s\u2019orienter vers la physiologie : n\u2019est-ce pas dans ce sens qu\u2019il dirige l\u2019organisation de la nouvelle Faculté de médecine dont Québec va être dotée, aux bords du Saint-Laurent, dans un cadre admirable?A cette grande tâche, notre confrère consacre sa belle énergie.Le doyen Charles Vézina a présidé l\u2019Association des médecins de langue française et de l\u2019Amérique du nord, il est membre de notre Académie de chirurgie, 11 porte les insignes de notre Légion d\u2019honneur.Combien nous regrettons son absence aujourd\u2019hui ! Il aurait pu, uhe fois de plus, entendre ici cette voix que j'ai écoutée, moi aussi, dans la forêt canadienne, la voix «du cœur des hommes de notre pays », « le cœur le plus humain de tous les cœurs humains » .ce cœur n\u2019a pas changé.(Extrait de La Presse médicale, 15 décembre 1951.) "]
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