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Titre :
Bulletin du Cercle juif /
Éditeurs :
  • Montréal :Cercle juif de langue française,1954-1985,
  • Montréal :Congrès juif canadien
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Bulletin du Congrès Juif canadien (Région du Québec)
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Bulletin du Cercle juif /, 1968-01, Collections de BAnQ.

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[" Bulletin du CERCLE (o 49 Bibliotheque 1700, rue Kontreal, St.Sulpie St.Denis Pise, P.Q.18 3 JUIF Montreal, janvier 1968 LE CONSEIL EXECUTIF D'EUROPE DU No.128 CONGRES JUIF MONDIAL PROMET SON APPUI AUX JUIFS DE FRANCE Réuni à Londres, le Conseil exécutif d'Europe du Congrès Juif Mondial s\u2019est chaudement affirmé solidaire des Juifs de France dans leur appui d'Israël en dépit des accusations faites au cours de la récente conférence de presse du Général de Gaulle.Le Conseil exécutif a appuyé sans restriction la réponse spontanée de la communauté juive francaise, par la voix du Grand Rabbin Jacob Kaplan, aux \u201cefforts faits par Israël en vue d\u2019une paix juste et durable.\u201d Au cours des deux jours de cette réunion, tenue sous la présidence de Lord Sieff, le Conseil exécutif adopta aussi une résolution priant le gouvernement de l'Allemagne Fédérale \u201cd'agir plus énergiquement en vue d\u2019enrayer le développement du néo-nazisme qui met en danger les libertés démocratiques et la paix mondiale.\u201d M.Y.Anug, ministre israélien à Londres, passa en revue les perspectives de paix au Moyen-Orient.Le comité entendit aussi des rapports sur la situation des populations juives en Union Soviétique, dans l\u2019Europe de l\u2019Est et dans les pays arabes.Il prêta une attention toute spéciale aux difficultés des Juifs en Egypte, en Irak et en Syrie à la suite de la guerre de juin, et discuta des mesures à prendre à l\u2019échelle internationale pour leur venir en aide.Les séances du comité furent présidées par Lord Sieff, la Marquise de Reading, Me David Lambert, de Paris, et le Dr.S.Levenberg, et groupaient des représentants de communautés et d'organisations d'Autriche, de Belgique, de Grande Bretagne, de France, d'Allemagne de l'Ouest, de Grèce, de Hollande, d'Irlande, d'Italie, de Suède, de Suisse et de Yougoslavie.(Suit le rapport de la Presse Associée:) Le Général de Gaulle, dans une lettre publiée dernièrement, nie avoir été blessant envers les Juifs lors de sa conférence de presse du mois de novembre, mais il a vigoureusement blâmé Israël d\u2019avoir \u201cdépassé les limites de la modération\u201d dans son conflit avec les Arabes.Dans sa lettre à M.Ben Gourion, le Président de Gaulle a mentionné \u201cl\u2019émotion\u2019\u201d\u2019 que ses remarques ont soulevé chez les Juifs.\u201cIl n\u2019y avait rien de blessant, ajoute-t-il, à souligner le caractère grâce auquel ce peuple fort a pu survivre et rester lui-même après dix-neuf siècles passés dans des conditions inouies.\u201d LE CONGRES JUIF CANADIEN DEMANDE A MOSCOU DE CESSER 5A DISCRIMINATION CONTRE LES JUIFS Le Congrès Juif Canadien a fait appel au gouvernement soviétique pour qu\u2019il rappelle la législation qui entrave en Union Soviétique la liberté religieuse et culturelle des Juifs.Cet appel, contenu dans une lettre transmise par l'intermédiaire de M.Ivan F.Shpedke, ambassadeur russe, évoque en même temps la célébration du cinquantième anniversaire de la révolution russe.MM.Michael Garber, président, et Saul Hayes, vice-président de l\u2019exécutif, rappellent que \u201cles Juifs du monde entier avaient salué dans cet événement qui a fait époque la fin de la longue période de persécutions, de souffrances et de privation de droits civiques qu'avaient infligées aux Juifs russes le régime despotique de la Russie des Tsars grâce à des règlements et des machinations anti-sémitiques qui leur (Suite à la page 5) Bo Présentation de la collection Judaic Quatorzième Année On re- a à la Bibliothèque Nationale.connaît sur cette photo: M.Harry Wolfson, Toronto; le Sénateur John J.Connolly, le Dr.W.Kayne Lamb, M.Naim Kattan et Ie Rév.Père Auguste Morisset, O.M.I.Le 27 décembre, au cours d\u2019une cérémonie officielle, une collection de volumes de littérature juive a été offerte à la Bibliothèque Nationale par la communauté juive du Canada, à l\u2019occasion du centenaire de la Confédération.L'hon.Sénateur John H.Connolly, au nom du Gouvernement du Canada, a accepté cette collection qui a été présentée par M.Lavy M.Becker, Président du Comité National du Congrès Juif Canadien.M.Becker était accompagné de M.Jacob M.Lowy, Président du Comité du Centenaire du Congrès Juif Canadien, et du Dr.Samuel Lewin, secrétaire du comité qui a réuni cette collection.La collection est composée d\u2019'oeuvres classiques juives et des ouvrages en plusieurs langues, notamment: en français et en anglais, et aussi un bon nombre en hébreu et en yiddish.M.Becker a exprimé l\u2019espoir que cette collection servirait à établir une section spéciale de littérature hébraïque telle qu\u2019on en trouve dans d\u2019autres bibliothèques Le Dr.N, Kaye Lamb nous a adressé la lettre suivante: \u201cCe fut vraiment un plaisir de vous recevoir, ainsi que vos associés, à la Bibliothèque Nationale, la semaine dernière, et j'ai été très heureux qu\u2019un groupe aussi nombreux et aussi représentatif, ait pu assister à cette cérémonie à quelques heures d'avis, Vos livres sont des plus intéressants, et je suis heureux de savoir que plusieurs autres s\u2019ajouteront à cette collection.Nous en sommes très fiers et, tel que je vous Iai expliqué, ils seront à la disposition de toutes bibliothèques au pays et constitueront une véritable ressource nationale.\u201d nationales.La collection comprend également la série complète en mi- cro-film du premier quotidien juif canadien \u2014 \u201cThe Jewish Daily Eagle\u201d de Montréal, \u2014 et un film du Pavillon du Judaïsme à l\u2019Expo \"67. 2 BULLETIN DU RO CET A TA TA TR EA RB I ER RR I I SR IR IR EIR ERIS] Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 ouest, rue Sherbrooke, Montréal Tel.: 844-8621 (local 293) Président du comité exécutif: PERRY MEYER \u201cLe Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.\u201d RAA D ER BR RR TR TH RD DARED IR ELE EDITORIAL LA PROCHAINE CONFERENCE FEDERALE- PROVINCIALE D\u2019OTTAWA La Conférence Fédérale-Provinciale, fixée au 5 février prochain à Ottawa, en vue de considérer la possibilité d\u2019incorporer une législation plus étendue des \u201cDroits de l'Homme\u201d, au sein de la Constitution canadienne, n\u2019est pas une initiative imprévue ni de la part du Gouvernement fédéral, ni pour les provinces.Ainsi que l\u2019hon.L.B.Pearson l\u2019a rappelé dans sa lettre du 15 août 1967, adressée à tous les Premiers Ministres des Provinces, la question avait déjà été soulevée explicitement dès le 5 juillet 1967, lors d\u2019un déjeuner ministériel au domicile du Premier Ministre.En efet, ce problème s\u2019est manifesté toutes les fois qu\u2019une convention internationale sur \u201cLes Droits de l\u2019Homme\u201d, bien qu\u2019adoptée aux Nations Unies, avec un vote favorable formel de la part de la délégation canadienne, n\u2019a pu cependant être ratifiée et encore moins exécutée au Canada.Tel est le cas tant de la \u201cConvention Internationale sur l\u2019élimination de toutes formes de discrimination raciale\u201d adoptée le 21 décembre 1965, que des conventions sur les \u201cDroits Civils et Politiques\u201d ainsi que du \u201cProtocole Optionnel\u201d accordant aux particuliers le droit de se plaindre aux Nations Unies, de toute violation de ces conventions.Pourtant ces trois instruments internationaux ont été adoptés, avec l\u2019assentiment du Canada, depuis le 16 décembre 1966.L\u2019hon.Lester B.Pearson, dans une déclaration faite à la Chambre des Communes à Ottawa, le 23 janvier 1967, souligna importance tant internationale que nationale de ces conventions auxquelles, précisa-t-il, le Canada non seulement donna sa voix lors du vote à l\u2019Assemblée Générale des Nations Unies, mais aussi \u201ceut le privilège de fournir une contribution constructive lors de leur élaboration\u201d.Cependant, il dut reconnaître, avec un sentiment de regret, que ces conventions, quoique approuvées du point de vue fédéral par le Ministère des Affaires Etrangères d\u2019Ottawa, et par un comité ad-hoc depuis décembre 1966, ne pouvaient être soumises à la Chambre des Communes pour ratification, avant que les provinces n\u2019aient été consultées et aient exprimé leur accord.C\u2019est alors que l\u2019hon.John G.Diefenbaker, en sa qualité de Chef de l\u2019Opposition, suggéra la convocation d\u2019une conférence Fédérale-Provinciale \u201cafin que les provinces réalisent l\u2019importance de ces traités et les acceptent comme nécessaires à la paix mondiale\u201d, L'idée étant ainsi émise, M.A.Brewin, M.P.(Greenwood) la développa et demanda au gouvernement si ce n\u2019était pas le cas \u201cd\u2019incorporer certains des Droits de Homme dans la loi fondamentale du Canada, qui est la Constitution du Canada\u201d.M.L.B.Pearson répondit que: \u201cCette question serait examinée lorsque nous considérerons la présente constitution, ses amendements et sa révision\u201d.C\u2019est ainsi donc que la question fut officiellement posée et que le moment de considérer la révision et les amendements à la Constitution du Canada, annoncés par son Premier Ministre, semble être venu.À cette première question aux répercussions internationales, vient s'ajouter celle nationale également soulevée par l\u2019hon.L.B.Pearson dans sa lettre du 15 août 1967, relative à la dualité fran- co-anglaise de la richesse linguistique et culturelle du Canada et à la nécessité de la préserver et la développer par de nouvelles dispositions constitutionnelles.CERCLE JUIF Janvier 1968 Nous tenterons donc, à la lumière des déclarations et des lettres citées, d\u2019entrevoir ce que pourrait être et ce que pourrait donner la prochaine Conférence Fédérale-Provinciale d\u2019Ottawa.La réaction du gouvernement provincial du Québec, vu ses aspirations nationales, ne pouvait être que ce qu\u2019elle fut et telle qu\u2019exprimée par l\u2019hon.Daniel Johnson, dans sa réponse du 14 novembre 1967\u2014D'\u2019abord s\u2019empresser de prendre acte de la reconnaissance officielle de principe de la valeur au Canada, de la langue et la culture françaises.Ensuite faire valoir que ces problèmes purement canadiens, dont l\u2019amendement de la Constitution canadienne, ne pouvaient être résolus qu\u2019au Canada, après le rapatriement préalable de la Constitution au Canada.Par ce rapatriement, la position du Québec s\u2019en trouverait raffermie, ses aspirations nationales devenant ainsi une question purement locale canadienne, ne dépendant nullement désormais, si peu soit-il, de l\u2019ingérence de Londres.Nous ne connaissons pas l\u2019opinion précise d\u2019Ottawa sur cette question du rapatriement préalable de la Constitution, soulevée par le Québec, mais il apparaît peu probable qu\u2019une divergence majeure puisse s\u2019élever entre ces deux gouvernements dont les points de vue, au départ, tels qu\u2019exprimés par leurs lettres respectives, sont proches.Cependant, des difficultés pourraient surgir du chef des autres provinces, notamment de l\u2019Alberta, dont le Premier Ministre, l\u2019hon.E.C.Manning, a déjà exprimé ses intentions qui ne sont pas faites pour augurer un succès facile de la conférence prévue.M.E.C.Manning a, en effet, par sa lettre du 26 septembre 1967, déjà manifesté tout d\u2019abord, son scepticisme sur la nécessité et même l\u2019utilité d\u2019incorporer dans la Constitution \u201cLa Déclaration Canadienne des Droits de l'Homme\u201d de 1960, puisque, écrit-il, toutes les provinces ont déjà adopté par des lois particulières, les principes énoncés dans cette Déclaration.Au surplus, il a également exprimé son antagonisme en ce qui concerne la dualité et de la langue canadienne \u2014 française et anglaise \u2014 et de leur coexistence \u201cdans tout le Canada\u201d.De ce fait, il aurait déjà compromis le sort de cette Conférence Fédérale-Provinciale d\u2019Ottawa, avant même qu\u2019elle n\u2019ait été tenue puisque, assurément, il faudra l\u2019unanimité absolue de toutes les provinces pour que la \u201cConstitution\u2019 \u2019du pays puisse être amendée.En outre, M.E.C.Manning a soulevé une objection supplémentaire qui apparemment pourrait s\u2019avérer la plus dangereuse de toutes, bien qu\u2019elle ne tienne compte que de l\u2019intérêt particulier des provinces, plutôt que de l\u2019intérêt général, bien compris, du Canada.En effet, le Premier Ministre de l\u2019Alberta a déjà fait savoir que l\u2019incorporation des \u201cDroits de l\u2019Homme\u201d dans la Constitution canadienne, entraînerait l\u2019abdication par les provinces, au profit d'Ottawa, de leur droit actuel de légiférer aussi en la matière.Quant à nous, nous ne croyons pas qu\u2019il y ait renonciation à ces droits acquis, du fait de cette incorporation.Quoiqu'il en soit, une clause spéciale pourrait confirmer pour l\u2019avenir l\u2019autorité législative des provinces tout en donnant plus de latitude au Fédéral dans ce cas particulier.Nous pensons et souhaitons que les provinces, qui en définitive constituent le Canada, devraient accepter, dans l\u2019intérêt du Canada et des principes élevés des \u201cDroits de l\u2019Homme\u201d, qui de par leur nature ne peuvent être que profitables aux peuples du Canada, accepteront, disons-nous, que ces \u201cDroits\u201d soient incorporés dans la Constitution canadienne.Ce sera, tant du point de vue international que national, la confirmation éclatante, une fois de plus, de l\u2019esprit démocratique qui anime les peuples du Canada et règne dans ce Pays, pays de pionniers, qui envoie ses fils dans les contrées lointaines y enseigner et y faire prévaloir les \u201cDroits de l'Homme\u201d, l\u2019Egalité et la Paix.22 pour cent des élèves dans les écoles protestantes de Montréal sont des Juifs pour cent de tous les enfants aux écoles protestantes.Dans les écoles primaires, ils sont 18.9 pour cent, et dans les écoles secondaires 29.3 pour cent.En 1967, les enfants juifs étaient en majorité dans douze écoles protestantes élémentaires et dans six écoles secondaires du Grand Montréal.M.Louis Rosenberg, Directeur de la Recherche au Congrès Juif Canadien, nous informe que dans les écoles protestantes de Montréal, sur un total de 64,323 élèves, 14, 618 sont des enfants juifs.Il précise que sur ces 14,618 élèves, 7,713 sont à l\u2019école primaire et 6,905 étudient au cours secondaire.Les élèves juifs forment donc 22.7 Janvier 1968 BULLETIN DU CERCLE JUIF LES DROITS DE L'HOMME AU QUEBEC (suiTe) L'année 1968 marquera le vingtième anniversaire de la \u201cDéclaration Universelle des Droits de l'Homme\u201d adoptée par la Société des Nations en 1948.Faisant siens les principes proclamés, le Canada promulgua, le 10 août 1960, la \u201cDéclaration Canadienne des Droits\u201d \u2014 Bill of Rights\u201d.Plus près de nous, par sa lettre du 15 août 1967, le Premier Ministre du Canada, l\u2019hon.M.Pearson, manifesta son souci d\u2019incorporer la \u201cDéclaration canadienne des Droits\u201d dans la Constitution canadienne elle-même en y ajoutant de nouvelles dispositions, plus en harmonie avec la situation évoluée du pays.Une conférence des Premiers Ministres sera vraisemblablement tenue dans ce but à Ottawa le 5 février prochain.Cependant, la \u201cCharte Provinciale Québécoise des Droits de l\u2019Homme\u201d que le Premier Ministre du Québec a promise dans le discours du Trône du ler décembre 1966, et qu'il avait hâte, semble-t-il, de promulguer, n\u2019a été, à ce jour, ni soumise à l\u2019Assemblée Législative, ni officiellement élaborée.Néanmoins, en ce qui concerne les \u201cDroits de l'Homme\u201d au Québec, nous possédons un document d\u2019une importance et valeur capitales, intitulé: \u201cUne Charte des Droits de l\u2019Homme pour le Québec\u201d, oeuvre de M.Jacques-Y van Morin, professeur de droit public à la Faculté de droit de l'Université de Montréal, membre de la Cour permanente d'arbitrage, et publié dans le \u201cMcGill Law Journal\u201d.La clef de voûte de ce document qui vraisemblablement servira de base à la nouvelle \u201cCharte\u201d réside en son article 2 \u2014 qui proclame légalité de chacun \u2014 hommes et femmes \u2014 sans distinction aucune, notamment \u201cde couleur, de langue, de religion, d'opinion publique ou de toute autre opinion, d'origine ethnique ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.\u201d Partant de ce principe étendu, les articles suivants reconnaissent le droit, sans discrimination, d\u2019élire et d'être éligible, de contracter mariage, de fréquenter les lieux publics ou d\u2019y loger; interdisent la publication ou l'exposition de tout signe ou symbole tendant à priver une personne ou catégorie de personnes de l\u2019exercice d\u2019un droit établi (arts.2 à 11).De même, est expressément reconnu, le droit au travail à des conditions justes et favorables, avec une rémunération équitable conforme à la dignité humaine en vue d\u2019une amélioration constante des conditions d\u2019existence, avec droit à la sécurité sociale et la protection contre le chômage, la maladie et les accidents (arts.12 à 15).Egalement, nul ne pourrait refuser de donner du travail sous prétexte de motifs discriminatoires, ni poser des questions de même tendance, à moins qu\u2019il ne s'agisse de certains emplois particuliers à caractère religieux ou communautaire.\u201cThe Canadian L'enseignement primaire serait obligatoire et gratuit à tous les niveaux, même universitaire, sans discrimination et sans obligation de suivre des cours d\u2019instruction religieuse, toutes les institutions d\u2019enseignement \u2014 catholiques, protestantes, judaïques et neutres \u2014 ayant droit à une quote-part des impôts scolaires (arts.11 à 22).Les libertés personnelles seraient garanties par la Charte, telles que la sécurité, la vie privée; nul ne pouvant être arrêté ou détenu sans mandat sauf le cas de \u201cflagrant délit\u201d, ni être soumis à des traitements dégrandants ou cruels, ni à un détecteur de mensonges.Le prévenu, l\u2019inculpé ou l'accusé, \u2018aurait le droit de communiquer immédiatement avec sa famille et avec un avocat que le Tribunal devrait lui désigner d'office s\u2019il n'avait pas les moyens d'en engager un à ses frais; il devrait aussi être informé immédiatement, dans sa langue, des motifs de son arrestation, étant réputé innocent jusqu'à preuve du contraire et ayant le droit d'obtenir sa mise en liberté provisoire, d\u2019interroger des témoins, sans pouvoir être contraint de témoigner contre lui-même ou de s\u2019avouer coupable.Les causes seraient instruites, plaidées et jugées publiquement à moins que \u201cl\u2019ordre public\u201d ne s\u2019y oppose.Les lois créant une infraction ou aggravant une peine ne pourraient avoir d'effet rétroactif (art.23, ar).Vu l\u2019absence dans l\u2019ordre judiciaire canadien et québecois, d'un \u201cConseil d'Etat\u201d à instar de celui créé en France par Napoléon ler compétent à juger les excès de pouvoir et les vices des décisions administratives, l'individu aurait le droit d\u2019en appeler en la matière a la jus tice de droit commun (arts.24-25).Enfin, les articles 26 et 27 relatifs aux libertés publiques et religieuses disposent que: \u201cToute personne a droit à la liberté de conscience ou de religion; .ainsi que le droit de manifester sa religion .Toute personne a le droit à la liberté d'expression .L\u2019exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités, il peut \u2018être soumis à certaines restrictions qui doivent être expressément prévues par la loi et qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, au respect des droits et de la réputation d\u2019autrui, à la sauvegarde de l\u2019ordre public, à la prévention du crime, pour empé- cher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l\u2019autorité et l\u2019impartialité du pouvoir judiciaire.\u201d Des peines seraient prévues contre toute infraction aux principes et droits énoncés.Cette \u201cCharte des Droits de l'Homme\u201d du Québec ne revétirait un caractère ni purement statutaire, ni constitutionnel, mais en vue d\u2019une plus grande stabilité vis-à-vis des viscissitudes de la politique, ne pourrait être amendée par le Parlement que par une majorité des deux- tiers des membres présents et votants.Telle pourrait donc être la \u201cCharte des Droits de l'Homme\u201d du Québec.Nous aurions voulu y voir insérés expressément l'interdiction et la condamnation de la diffamation raciale et de la littérature haineuse.Nous sommes convaincus que lors de l\u2019élaboration législative de cette \u201cCharte\u201d promise, le Parlement du Québec aura à coeur de le faire.Par son discours du Trône du ler décembre 1966, le gouverneemnt de la Province de Québec nous a également annoncé la création de la fonction du \u2018Protecteur du Peuple\u201d.Sous un nom moins pompeux de \u201cOmbudsman\u201d, l'origine de ce haut fonctionnaire remonte, non seulement au Droit scandinave mais, sous une forme mitigée, jusqu\u2019au Droit romain en la personne du magistrat populaire \u2018le Tribun\u201d, promoteur et défenseur des droits du peuple.La fonction de l\u2019Ombudsman a été créée dans les Provinces de I'Alberta et du Nouveau Brunswick, et proposée aux Parlements Fédéral d'Ottawa (Bill C.40 \u2014 mai 1967) et Provinciaux de l'Ontario et de la Colombie Britannique.Quant au Manitoba, la question est à l\u2019étude par une Commission ad hoc.La dualité des compétences féde- rale et provinciale, qui existent territorialement en des \u2018champs différents, entraine en effet la conséquence, qu\u2019à l'instar de la \u201cCharte des Droits de l'Homme\u201d, une législation sur le Protecteur du Peuple \u201cne serait complète et ne couvrirait tout le territoire du Canada et tous les \u201cchamps\u201d qu\u2019à la condition d'être également fédérale et provinciale.Nous sommes donc amenés, du point de vue du Québec, à considérer quels seraient \u201cau fond\u201d la compétence et les pouvoirs de ce haut fonctionnaire et quelle serait \u201cla forme\u201d de l\u2019exercice de ceux-là.En vertu du principe de la séparation des pouvoirs: législatif, exécutif et judiciaire, etc, la compétence de l'Ombudsman ne devrait pas entrer en conflit avec ceux-ci; il ne pourra donc ni légiférer ni juger.Lui donner un pouvoir \u201csup- rajudiciaire\u201d équivaudrait à faire échec à \u201cl'autorité de la chose-ju- gée\u201d et a saper tout le système judiciaire actuel fondé sur plusieurs degrés successifs de juridiction.Mais, le \u2018Protecteur du Peuple\u201d serait néanmoins un \u201csuper contrôleur\u201d de la manière dont la justice aurait été rendue et administrée.En vertu de ces pouvoirs, il pourrait donc critiquer et désapprouver une procédure qui violerait les \u201cDroits de l'Homme\u201d ou serait préjudiciable aux droits de la défense ou de la liberté individuelle, etc.Il incomberait alors au Ministre responsable de réparer le tort commis \u2014 la décision judiciaire prononcée demeurant intangible.Par contre, c'est du point de vue administratif, exécutif que l\u2019intervention du \u201cCommissaire Parlementaire pour l\u2019Administration\u201d \u2014 car tel est le titre officiel de l\u2019'Ombudsman \u2014 serait le plus efficace.En effet, rarement un recours est prévu contre les décisions de l\u2019Administration et de ses préposés qui, souvent sont appelés à exercer un pouvoir discrétionnaire incontrôlable qui peut aboutir à l'arbitraire.C\u2019est donc sur ce terrain, ce \u201cchamp\u201d que la compétence et les pouvoirs de l\u2019Ombudsman seront des plus utiles.En effet, le \u201cCommissaire Parlementaire pour l'Administration\u201d adresserait ses griefs et ses recommandations au Ministre compétent lorsqu'il retiendrait que l\u2019Administration ou un agent de celle-ci aurait exécuté, ou exécute une loi d'une manière: \u201cirraisonnable, in- Juste, oppressive, discriminatoire, erronée\u201d ou \u201ccontrairement à la loi\u201d en commettant \u201cune erreur de droit ou de fait\u201d, ou enfin en abusant d'un \u201cpouvoir discriminatoire infondé.\u201d La procédure à suivre pour saisir le protecteur du peuple différerait selon que le Parlement qui créera la fonction désirera lui donner plus ou moins d'autorité avec, au surplus, le droit pour celui-là de se saisir \u201cmotu proprio\u201d sans plainte préalable, tel que adopté au Nouveau Brunswick.Un premier système consisterait à porter la plainte directement devant l'Ombudsman.Suivant le second système, l'Ombudsman ne pourrait être saisi que par l'intermédiaire du membre du Parlement représentant la circonscription électorale dont dépendrait le plaignant: procédure proposée au Fdéral.Le \u2018Protecteur du Peuple\u201d procéderait alors à toutes les enquêtes et admettrait tous les moyens de preuve jugés par lui pertinents.I] prendrait connaissance des dossiers de l'Etat concernant la plainte, à moins que ceux-ci ne soient déclarés secrets.Il adresserait ensuite ses conclusions au ministre compétent, lui recommandant la solution juste et équitable qu\u2019il préconiserait.À ce moment, une transaction pourrait intervenir entre le plaignant et l\u2019administration, Au cas ou le ministre adopterait ces recommandations et reviserait la décision objet de la plainte, la procédure prendrait ainsi fin à la satisfaction du plaignant.Si, par contre, le ministre confirmait la décision administrative, malgré les injonctions du \u201cProtecteur du Peuple\u201d, ou ne donnerait aucune suite expresse à celles-ci, 'Ombudsman ferait rapport du cas à la Chambre en attirant son attention sur l\u2019irré- (Tire la suite en page 4) BULLETIN DU M.SAMUEL BRONFMAN EST NOMME \u201cCOMPAGNON DE L\u2019ORDRE DU CANADA\u201d M.SAMUEL BRONFMAN M.Samuel Bronfman était l\u2019un des quinze Canadiens qui ont été nommés Compagnons de l\u2019Ordre du Canada par Son Excellence le Gouverneur Général, l\u2019hon.Roland Mitchener.Ceci complète la série de décorations décernées aux Canadiens pour services rendus au pays.Les Compagnons de l'Ordre du Canada ont le privilège de faire suivre leurs noms des lettres C.C.La biographie de M.Bronfman le dsignait aussi comme Président du Congrès Juif Canadien (Bureau des Gouverneurs), et Vice-président du Congrès Juif Mondial.Le Cercle Juif de langue fran- caise se fait un plaisir d'offrir ses sincères félicitations à M.Bronf- man.Les Droits.(Suite de la page 3) gularité qui aurait été commise.Le ministre et le gouvernement s\u2019exposeraient alors à un vote de censure, ou même de méfiance, avec toutes leurs conséquences.Il est certain que ces pouvoirs donnés à l\u2019'Ombudsman et à la Chambre inciteront les ministres et les gouvernements à procéder à une étude approfondie et équitable des plaintes appuyées par le \u201cProtec teur du Peuple\u201d et donneront au citoyen, dans l\u2019acception la plus large du terme, toutes les garanties de justice administrative auxquelles il a droit.Au surplus, \"existence de la fonction du \u201cCommissaire Parlementaire pour l'Administration,\u201d incitera l\u2019Administration et ses préposés, à bien considérer l'équité des décisions à prendre, de crainte de s\u2019exposer à la censure de l'Ombudsman.C\u2019est là que réside le principal avantage et garantie de la fonction.Pour terminer, nous voulons citer in extenso les conclusions de M.Jacques-Yvan Morin exprimées à la fin de son oeuvre: \u201cUne Charte des Droits de l'Homme pour le Québec\u201d: \u201cD\u2019aucuns opineront que le Canada francais est encore trop absorbé par la lutte pour ses libertés collectives et que les temps ne sont pas mûrs pour l\u2019adoption d\u2019une Charte aussi ample que celle dont nous nous faisons l\u2019avocat.Nous croyons, au contraire, que les droits individuels et les droits collectifs sont désormais indissolublement liés puisque aussi bien le progrès de ceux-ci dépend aujourd'hui du progrès de ceux-là et qu\u2019il ne saurait exister de démocratie sans le respect des uns et des autres.\u201d La revision des \u201cDroits Civils\u201d du Code civil québecois, la \u201cCharte des Droits de l'Homme pour le Québec\u201d, le \u201cProtecteur du Peuple au Québec\u201d sont du futur.Nous exprimons le voeu d\u2019un futur proche.Les minorités du Québec, dont nous sommes, désirent assurément que ces garanties promises par le Discours du Trône et le Premier Minister du Québec le ler décembre 1966, deviennent des réalités, qui confirmeraient irréfutablement la maturité du Québec et l\u2019aideraient grandement dans la réalisation de ses aspirations nationales.V.M.H.Rodriguez HOMMAGE A LA MEMOIRE DE L\u2019ANCIEN GOUVERNEUR GENERAL, LE TRES HONORABLE VINCENT MASSEY Le Congrès Juif Canadien, dans un message adressé à l\u2019hon.Lester B.Pearson, Premier Ministre du Canada, rend hommage à la mémoire de l\u2019ancien Gouverneur Général, le Très Honorable Vincent Massey, et exprime son profond regret de sa dispartition.M.Vincent Massey, adressant la parole à la Session plénière du Congrès Juif Canadien, à Toronto, en 1953, avait alors dit que le mémoire soumis par le Congrès à la Commission Royale sur les arts, les lettres et les sciences était \u201cune très bonne présentation des buts du Congrès Juif, à savoir: développer les plus hauts standards d'esprit civique en encourageant toutes les activités patriotiques, culturelles et humanitaires qui servent à promouvoir l\u2019entente et la bonne volonté entre les divers groupes raciaux.\u201d Le Secrétaire d'Etat a demandé au Rabbin Zambrowsky d'assister aux funérailles du Très Honorable Vincent Massey en sa qualité de représentant de la foi juive.CERCLE JUIF Janvier 1968 LES LIVRES Le Roman Québecois: Rêve et Réalité par DENISE GALANTI Tout récemment, Marie-Claire Blais et Rejean Ducharme se sont distingués en France par leurs romans aux images et associations nouvelles et inattendues.La littérature québecoise contemporaine a cessé aujourd\u2019hui d\u2019être une littérature régionale.A qui doit-on son épanouissement actuel?Ou prend-elle racine?Quels sont ses premiers tuteurs?Au siécle dernier, encore tout retentissant des premiers coups de hache et des échos des Plaines d\u2019Abraham, se dessinaient déjà les trois formes que devait prendre le roman canadien, jusqu\u2019à la pre- miére guerre mondiale: Roman d\u2019aventures, roman historique et roman de la terre.Un titre résume ces trois aspects des premiers romans: \u201cLes Anciens Canadiens\u201d (1863) de Philippe Aubert de Gaspé, père.Ce livre, dont toute recherche artistique se limite à l'exploitation de \u201cscènes à effets\u201d, est loin d\u2019être par son style, un \u201cinstrument de connaissance\u201d, Il est cependant encore lu de nos jours.C\u2019est nécessairement que quelque chose doit encore en émaner.Il a en effet le mérite de refléter le tempérament canadien de l\u2019époque, celui du seigneur-terrien face à l\u2019ennemi et sur le point de cesser d\u2019être seigneur pour n\u2019être qu\u2019un simple terrien.On y trouve les derniers soubresauts d\u2019une noblesse blessée, et les premiers jalons d\u2019un genre qui décidément devait faire école: Le roman de la terre.La position d\u2019équilibre que tâchaient de maintenir les deux choix opposés de Jules d\u2019Haber- ville et de sa soeur Blanche est rompue.C\u2019est la descendance d\u2019un Dumais qui prospère et se multiplie à travers toute une littérature de \u201cva-nu-pieds\u201d qui, de nos jours, n'est certainement pas encore tarie.Il semble bien en effet que le meilleur Thériault ait passé tout entier dans deux oeuvres \u2018\u2018irremplaçables\u201d à plus d\u2019un sens.Il s\u2019agit, bien sûr, d\u2019Ashini, 1960, et d\u2019Agaguk\u201d (1958).La fougueuse sensibilité d\u2019Yves Thériault peut s\u2019épanouir tout à son aise dans l\u2019évocation d\u2019une âme primitive, chez qui les penchants naturels ont l\u2019avantage, surtout dans Agaguk, d\u2019y être libres \u201cnaturellement\u201d.Le choix d\u2019un genre nouveau de roman est déjà, à lui seul, presque une garantie de succès.Mais réussir à faire voir le monde à travers les yeux d\u2019un sauvage est un mérite encore plus grand.Reste à savoir si cette \u201cvision sauvage du monde\u201d n\u2019est autre que du Thé- riault à peine stylisé, comme plusieurs critiques l\u2019ont laissé entendre.Il est aussi intéressant de retrouver dans ce \u201croman esquimau\u201d cette \u201cnostalgie\u201d dont parle Gabrielle Roy \u201ccomme peuple d\u2019être enfin compris et défini\u201d en même temps que ce besoin d\u2019évasion d\u2019un présent médiocre.Après les descriptions des steppes à perte de vue et du Grand Nord, il restait à transposer une nature plus apprivoisée mais dont il faut toujours tenir compte : celle du Chenal du Moine, où le ciel \u201cs\u2019attriste\u201d et où \u201cil neige du sucre\u201d.C\u2019est qu\u2019il ne s\u2019agit plus d\u2019affronter les éléments en pleine nature, mais d\u2019interpréter les signes du temps à travers une vitre de cuisine.Germaine Guévremont, dans Le Survenant ( 1945), ne réussit pas seulement à évoquer une campagne bien canadienne en une langue \u201ctrop belle\u201d.Elle parvient à incarner encore une fois ces deux courants qui, depuis les deux Philippe Aubert de Gaspé, ont nourri l\u2019inspiration canadienne: \u201cun réalisme de plus en plus fidèle, une rêverie de moins en moins bridée\u201d.On a voulu voir dans \u201cTrente Arpents\u201d le pendant canadien à \u201cMaria Chapdelaine\u201d qui lui est supérieur par le \u201cfini de la forme et la finesse des détails\u201d, nous dit Tougas, mais inférieur au niveau de la vérité vécue.Le fait est que \u2018Trente Arpents\u201d (1938), et \u201cMaria Chapdelaine\u201d (1921) se répondent effectivement à un intervalle d\u2019un quart de siècle, mais non pour se compléter, comme le pense Tou- gas.Chacune de ces Oeuvres se suffit à elle-même, nous semble- t-il, et a choisi ses propres structures pour traiter deux aspects, assez recurrents, nous l\u2019avons vu, de lame canadienne \u2014 réalité et rêve, Il nous semble bien aussi que Roger Lemelin fait passer dans son roman \u201cAu pied de la pente douce\u201d (1944) beucoup plus de confidences mi-bouffonnes, mi-at- tendrissantes.Une dualité bien plus complexe anime les adolescents de Saint-Sauveur qui, tout en dévalant la pente douce de leur Parnasse, s\u2019aiment, se haissent, s\u2019admirent, se méprisent, s\u2019envient et se prennent en pitié avec presque autant de fougue, de versatilité et de sincérité que les personnages adultes de Dostoievsky.Que l\u2019auteur ait choisi le ton humoristique pour raconter des mésaventures enfantines, qui n\u2019en sont pas moins tragiques, ne fait que relever le drame qui est en train de se jouer et que l\u2019auteur ne veut pas prendre au sérieux.Habile à l\u2019évocation de mouvements de groupe, Roger Lemelin a fait la satire d\u2019un cer- (Suite à la page 5) | Janvier 1968 BULLETIN DU CERCLE JUIF Les Livres.(Suite de la page 4) tain esprit de quartier, en nous le faisant apparaitre a travers les yeux de la conscience du Saint- Sauveur: ceux du jeune Denis Boucher, le future romancier.C\u2019est en effet au moyen des outils d\u2019un écrivain en herbe que nous est brossé ce portrait de Zéphirin Lévesque, tel que vu par Denis.\u201cLui qui avait vécu comme une ponctuation dans la vie des autres ne pouvait se concevoir tout a coup verbe, sujet et attribut\u201d.(Au pied de la pente douce).Dans ce roman, Roger Lemelin ne s\u2019est pas penché seulement sur les problèmes de la vie d\u2019un quartier, mais sur ceux qui se présentent à tout écrivain québecois.Denis Boucher, sténographe chez un patron dont le francais est douteux, se voit mis a la porte pour avoir corrigé l\u2019orthographe de son supérieur.\u201cJe ne vendrai pas ma langue pour sept dollars\u201d.Le héros de Lemelin a ainsi carrément opté pour le réve, et son rêve à lui est la littérature.Le cas du roman de Langevin, \u201cPoussière sur la ville\u201d (1953), nous paraît plus délicat car deux possibilités d'interprétation se présentent à l\u2019esprit.La première nous fait conclure qu\u2019à force de s\u2019entendre dire que les écrivains québecois doivent se mettre au diapason de l\u2019angoisse moderne, Lan- gevin a tout simplement donné libre cours à une influence à peine assimilée de Sartre et de Camus.Dans \u201cPoussiére sur la ville\u201d, nous retrouvons en effet une classe prolétaire, cette fois-ci en train de \u201cdigérer\u201d a son tour une vie dont le sens lui échappe.On ne saurait oublier que les \u201csalauds\u201d de Sartre l\u2019avaient déjà fait dans \u201cLa Nausée\u201d.Le bon médecin qui est \u201cchargé de corps\u201d plutôt que d\u2019âmes n\u2019est autre que le docteur Rieux de \u201cLa Peste\u201d, envoyé dans une petite ville minière dont les commérages et le regard des autres assurent l\u2019état de siège.La deuxième interprétation est plus en faveur du roman de Langevin qui ainsi prend sa place dans la lignée de romans canadiens-français pour qui cette dichotomie: être et conscience d\u2019être, ou réalité et rêve, a eu tant d\u2019incarnations différentes.Chez Langevin ,le rêve a pris sa forme la plus achevée de conscience et de lucidité non en tant qu\u2019évasion cependant, mais en tant qu\u2019obsession.Même la mort de I'héroine n'aurait pas été si tragique si, en se penchant sur le cadavre de sa femme, eù pleine rue, le docteur Dubois pouvait pour un instant perdre conscience de ce \u201cregard\u201d de la ville toujours braqué sur lui.Langevin a sûrement condamné cette hypertrophie de la conscience, tout en l\u2019exaltant, puis- 4 TRES EE que le docteur Dubois en est réduit à prendre le monde en pitié, tout en étant conscient de le faire.Dans son témoignage, Gabrielle Roy ne s\u2019est pas contentée de faire l\u2019inventaire du roman canadien par ordre de valeur.Elle s\u2019est visiblement laissée guider par les différents aspects qu\u2019a pris le roman au Québec et nous a donné des noms, sans doute les plus représentatifs de ces courants.T1 est naturel qu\u2019à une croisée de chemins, plusieurs flèches partent dans des directions différentes et opposées.Mais il est aussi évident que l\u2019écrivain qui se cherche ne peut pas les suivre toutes, au risque de se perdre.Peut-être est-il encore plus vrai que chacun a son propre chemin à parcourir, ses propres obstacles à surmonter, pour aller rejoindre une vérité trop individuelle pour qu\u2019elle ne soit pas finalement aussi universelle.C\u2019est sur ces chemins que nous paraissent engagés, pour le moment, les romanciers canadiens- français.vers une littérature de demain, peut-être, mais qui est en train de se faire aujourd\u2019hui.Le Congrès .(Suite de la page 1) rendaient la vie insupportable\u201d.Ils font ressortir que l'égalité de citoyenneté et la liberté religieuse et culturelle promises à tous les groupes ethniques \u201ctant dans la nouvelle constitution que dans la déclaration de Lénine avaient donné à la minorité juive de Russie \u2018un nouveau courage et l'espoir d'un brillant avenir,\u201d optimisme que partagaient les Juifs du monde entier.\u201cMais le peuple juif,\u201d continue le message \u201cest forcé d\u2019attester qu\u2019à sa profonde désolation, la promesse d\u2019un monde meilleur ne s'est pas réalisée en ce qui regarde les Juifs russes.Les restrictions imposées au libre exercice et à la défense de leur vie et de leurs institutions culturelles, religieuses et communautaires ont empiré leur situation.\u201d Tout en saluant le peuple russe en cet anniversaire de la révolution, la lettre fait appel au gouvernement soviétique pour qu\u2019il \u201cmette en pratique l'esprit et la lettre de la magnifique déclaration de liberté exprimée dans la constitution soviétique, par le rappel des mesures restrictives et injustes qui entravent la liberté religieuse et culturelle des Juifs de Russie.Nous intercédons pour qu'on leur laisse pleine liberté de pratiquer leur vie communautaire et de rester en contact avec leurs coreligionnaires d\u2019outre-fron- tière, tout comme peuvent le faire les autres minorités ethniques de l\u2019Union Soviétique.\u201d DIALOGUES INTERCONFESSIONNELS Le 10 janvier, le Congrès Juif Canadien, représenté par son Vice- président de l'Exécutif, M.Saul Hayes, C.R., assisté de M.Levy, recevait à déjeuner Dom Mathys, Prieur des Révérends Pères Bénédictins de l\u2019Abbaye de Saint-Benoît du Lac, ainsi que M.Pierre Beaudoin, notaire, président des Amis de Saint-Benoit, M.Francois Desmarais, échevin de la ville d\u2019Outremont et secrétaire des Amis de Saint-Benoît, M.Philippe Roberge, notaire, MM.Toupin, père et fils, respectivement président et secrétaire des Amis de Saint-Benoît pour le comté de Wolfe, Soeur Marie-Noëlle, Mme V.Shecter, le Dr.Victor Gold- bloom, M.P.P., MM.Rosenstein, Vineberg, Rosenbloom, Mazur, Lallouz et M.Policar, du Bureau israélien du Tourisme.M.le Prieur Dom Mathys saisit l\u2019occasion pour exprimer toute la satisfaction que son dernier voyage en Israël lui procura, l\u2019admiration qu\u2019il éprouva pour le peuple israélien et sa profonde conviction qu\u2019un dialogue devrait être initié et poursuivi entre catholiques et Juifs, dans le cadre des principes oécuméniques, pour une meilleure connaissance et estime réciproques.Me.Rosenstein a répondu, au nom du Congrès juif, en assurant la plus grande collaboration pour mettre un tel plan à exécution.Mtre Beaudoin appuya chaleureusement Dom Mathys dans ses vues et offrit dans ce but le plein concours des Amis de Saint-Benoît.La réunion, empreinte d\u2019une sincère fraternité, prit fin sur la promesse de tous, de se réunir souvent, toujours plus nombreux, et de promouvoir des conférences et des dialogues pour se mieux connaître et manifester un parfait \u201camour du prochain\u201d.ROBERT RUMILLY GAGNE LE PRIX DUVERNAY C\u2019est le président du jury chargé de recommander au Conseil général le lauréat du Prix Duver- nty, M.François-Albert Angers, directeur général de la Société, et lui-même titulaire du Prix pour l\u2019Année 1961, qui fit l\u2019éloge du récipiendaire et de son oeuvre.\u201cL\u2019oeuvre de M.Rumilly est considérable et unique en son genre chez nous par le souci d\u2019aller au coeur et au détail de l\u2019événement afin de nous en restituer la relation complète en même temps que la synthèse, dit M.Angers en rendant hommage à l\u2019ensemble de l'oeuvre historique du lauréat.\u201cL'histoire qu\u2019il nous a écrite, continua-t-il, exige un immense labeur de recherche et de digestion; oeuvre de bénédictin à laquelle chaque génération devra retourner sans cesse pour replacer dans son ensemble le document nouveau exhumé des archives qui pourra exiger une réinterprétation de l\u2019histoire mais qui n\u2019aura son véritable sens que vu dans la perspective des circonstances qui l\u2019encadrent.\u201d \u201cParmi toutes les \u201chistoires\u201d qui se sont écrites chez nous, dit M.Angers, celle de Rumilly res- fera celle à laquelle il sera toujours le plus utile de se reporter pour retrouver le plus près de leur réalité l\u2019ensemble des faits.\u201d Rappelant que l\u2019œuvre principale de M.Rumilly était son HISTOIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC dont trente-six volumes sont déjà parus, M.Angers termina en ces termes: \u201cEn cela, Monsieur, vous vous étes fait en quelque sorte précurseur et vous étes peut-étre affiché comme le premier Québecois.L'intérêt de M.Rumilly pour la province de Québec est un fait en quelque sorte inusité chez nous, pris comme tel.Nos histoires en général ont gardé la nostalgie de l\u2019ancienne France, consacré des études historiques sur le régime français ou rédigé des Histoires des Canadiens-français, des Histoires du Canada français où la place était faite large à l\u2019ancienne Nouvelle France, et relativement étroite, à l\u2019époque contemporaine post - confédérative.C\u2019est M.Rumilly qui aura bâti les fondements de la nouvelle dimension de notre histoire : Histoire du Québec; et par son labeur, il a fait en même temps oeuvre de pionnier et d\u2019annonciateur.Il y a longtemps, Monsieur, que la reconnaissance de votre mérite au Prix Duvernay vous était due, et c\u2019est donc avec beaucoup de satisfaction et de fierté que je demande au Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de vous remettre le Prix Duvernay et la médaille Bene merenti de Patria.\u201d LE PLACEMENT DES IMMIGRANTS A MONTREAL Les Services juifs d'orientation professionnelle nous apprennent qu\u2019ils ont trouvé de l\u2019emploi pour 63 nouveaux immigrants durant le mois de novembre. BULLETIN DU CERCLE JUIF JE ME SOUVIENS par STEPHEN BARBER Quand j'étais petit garçon, avant la guerre de 1914, notre promenade préférée nous menait à un monument érigé à l'endroit historique où l'Empereur Joseph II mettait la main à la charrue d\u2019un paysan du village, aux environs d\u2019Austerlitz, nom connu à travers le monde par la fameuse bataille.Emu par le sort tragique dans lequel vivait la grande masse de la population paysanne, l'Empereur décréta l\u2019abolition du système féodal.Ft inspiré par les idées de l\u2019âge de raison, les idées d\u2019un Lessing et d\u2019un Moses Mendelssohn, il enleva, peu après, les restrictions les plus opprimantes qui gouvernaient le sort des Juifs de ces provinces.A la maison et à l\u2019école, on parlait toujours du \u2018bon Empereur Joseph\u201d\u2019 pour qui tous les Juifs d\u2019Autriche avaient un attachement presque sentimental.Plus tard, je me rendis compte que le \u201cJoséphinis- me\u201d avait des conséquences importantes et bien graves pour la population juive.Le prix de Iégalité civique fut la germanisation progressive des Juifs qui, jusqu\u2019à cette époque, se servaient de la langue de la majorité du peuple \u2014 le tchèque \u2014 ou de leur judéo-allemand traditionnel.Bientôt, toutes les écoles communautaires juives furent obligées d'adopter l'allemand comme langue d\u2019enseignement.Voici donc qu'au cours de deux générations, les Juifs devinrent une minorité au sein de la minorité allemande.Vers la fin du dix-neuvième siècle, la migration des Juifs vers les grandes villes s\u2019accentua.En arrivant dans la capitale, ils s\u2019intégrèrent très souvent, au point de vue économique et social, et surtout au point de vue linguistique, au groupe germanophone qui, de son côté, joua un rôle prépondérant dans le commerce et l\u2019industrie.La statistique de 1880 concernant la distribution des.enfants juifs dans les écoles allemandes et tchèques donne une bonne idée de l'état de choses en Bohême à cette époque.Sur 13,574 écoliers juifs, 10,769 ou 79 pour cent étaient inscrits dans les écoles allemandes, et seulement 2,805 ou 21 pour cent dans les écoles tchèques.De ce chiffre total, les écoles juives privées ou confessionnelles comptaient 4,861 écoliers ou 36 pour cent, et la langue d'enseignement était l\u2019allemand.Cependant, le dernier quart du dix-neuvième siècle et les premières années du vingtième siècle amenèrent un changement très net dans les rapports entre les Juifs et les deux nations parmi lesquelles ils vivaient.L'épanouissement politique, économique et culturel du peuple tchèque, surtout la direction donnée aux éléments libéraux par le Professeur Masaryk, exercèrent une influence croissante sur l'attitude des Juifs.Beaucoup parmi eux sympathisaient avec les aspirations du peuple tchèque en marche vers sa renaissance.Après l'indépendance de la République tchécoslovaque, en octobre 1918, une population juive d'environ 100,000 personnes, qui avaient leur domicile dans les régions occidentales du pays, se trouvèrent en face d\u2019une nouvelle situation.Des ajustements, souvent difficiles, étaient devenus indispensables.Les Tchèques, comme nation majoritaire et au contrôle du pouvoir politique, exigèrent une réorientation, surtout sur le plan linguistique, de la part de la minorité juive, tandis que la minorité allemande s\u2019efforça de conserver l\u2019appui des Juifs, surtout sur le plan culturel, de la presse, du théâtre et des écoles.Les mêmes questions que nous entendons si souvent à l'heure actuelle se posèrent alors d\u2019une façon assez aigüe.D'une part, les avantages d'appartenance au milieu ger- manophone, qui compte plus d'une centaine de millions de personnes, comparée au tchèque qui est l\u2019idiome d\u2019une petite nation de six millions.La grande littérature allemande, les opéras de Mozart à Wagner, l'influence de la célèbre université de Vienne, tout cela n\u2019était pas fa- - cile à remplacer par une nouvelle ambiance malgré la floraison rapide et extraordinaire de la vie culturelle tchèque.Un nouveau mode de vie commence.à prendre forme, une vie entre et avec deux voisins.La génération d'avant-guerre, non sans efforts, apprend le tchèque et devient plus ou moins bilingue; pour les jeunes, le bilinguisme ne présente aucune difficulté.Les écoles juives deviennent bilingues, même trilingues, le tchèque, l'allemand et l'hébreu moderne étant employés comme langue d\u2019enseignement.Les écoliers juifs dans les écoles tchèques montent à 60% en 1929-30, et dépassent les 75% en 1938.Dans les synagogues, les sermons donnés en tchèque par les rabbins deviennent un fait normal tandis que pour la génération précédente c'était encore une exception très rare.Les hebdomadaires juifs paraissent en éditions tchèques et allemandes.Les abonnés aux spectacles tchèques et allemands incluent une bonne proportion de Juifs.Dans la vie universitaire, entre professeurs et étudiants, et dans la vie sportive et sociale, les barrières de langue et de nationalité commencent à s\u2019atténuer.Cependant, le Juif conscient de sa tradition nationale, religieuse et culturelle, malgré l\u2019aisance avec laquelle il maintient des rapports étroits et amicaux avec les deux milieux, développe une attitude spéciale qui est probablement le mieux caractérisée par le mot de Max Brod qui, dans un de ses romans, Janvier 1968 LETTRE D'ISRAEL par notre correspondant Z.S.PEREZ Ce dont on parle en Israel Si la logique était de rigueur dans les rapports que notre pays entretient, (ou n\u2019entretient pas, comme l\u2019on veut) avec ses voisins, la \u201cguerre de six jours\u201d (que Graham Greene appelle plus justement \u201c\u201cquerre de 20 ans\u201d) aurait, dès le cessez-le-feu, groupé les belligérants autour d\u2019une table ronde et des conclusions heureuses seraient tirées de leurs discussions, scellant, une fois pour toutes, la paix ju- déo-arabe tant désirée par les hommes de bonne volonté des deux bords.Pour l\u2019heure, il n\u2019en est pas encore question.Tandis que Gunnar Jarring, l\u2019envoyé de U Thant fait la navette entre les capitales moyen-orientales dans le but de préparer le terrain a des conversations possibles et que le chef du Gouvernement israélien, M.Ech- kol rencontre le Président des Etats-Unis en vue d\u2019arriver à un accord au sujet des grands problèmes qui agitent notre région, en Israël on parle de l\u2019accroissement nécessaire de la natalité, des conséquences de la dernière dévaluation sur l\u2019économie du pays, des mesures d\u2019allègement fiscal prévues dans le budget du prochain exercice, du \u201csporttoto\u201d qui passionne les foules et tue la \u201cLoterie nationale\u201d, de la coincidence, cette année, des fétes de Hanoucca, de Noël et de I\u2019 Aid-El-Fitr, bon signe assurément d\u2019un temps qui ne saurait tarder à nous montrer Israël et l\u2019Islam et la Chrétienté se comprendre et s\u2019aimer.De quoi parle-t-on encore dans le pays?De l\u2019union des trois partis socialistes Mapai, Ahdouth Avoda et Rafi en un mouvement ouvrier fort, de l\u2019entrée du Général Rabin dans la diplomatie et de la nomination du GI Bar-Lev, a la téte de Tzahal, etc.Cette actualité de tous les jours est à suivre.Flle révèle les soucis les plus intimes du Peuple israélien qui est épris, depuis toujours, de progrès, de paix, d\u2019équilibre.Mots en tous genres La \u201cGuerre de Six Jours\u201d a agrandi les territoires sous contrôle israélien dans des proportions jamais atteintes.Nos lecteurs con- parle de la \u201cDistanzliebe\u201d, c\u2019est-à- dire l'amour à distance.Savoir vivre en liberté et dignité, entre et avec deux cultures nationales, sans perdre de vue l\u2019équilibre entre les exigences de la vie politique et économique du présent et les loyautés formées par le passé et l'espoir pour l'avenir, voici la grande tâche sur laquelle nous nous penchons.Le nom de la ville est différent.L'année, hélas! n\u2019est pas la même Pourtant il me semble que \u201cplus ça change, plus c\u2019est la même chose.\u201d naissent jusqu\u2019où vont ces frontières d\u2019aujourd\u2019hui.Comme ces territoires nouveaux et leur avenir sont dans toutes les conversations, ici et à l\u2019étranger, le journal \u201cMaariv\u201d, vient de créer un nouveau dictionnaire pour les définir (les territoires, naturellement).Certains termes compris dans la nomenclature ne sont pas étrangers aux terres tombées sous contrôle israélien, lisez plutôt: MOTS AIGRES\u2019: rattachement, territoires libérés, terroriste, occupation.TERMES POLIS: présence militaire, territoires contrôlés, infiltré, démographie.TERMES PROGRESSISTES: Expulsion, territoires conquis, nationaliste, caractère juif de l\u2019Etat.MOTS ULTRA-PROGRES- SISTES: impérialiste, fasciste, nazi, sioniste, Les définitions sont complètes, comme on le voit.C\u2019est donc un dictionnaire très actuel que nous livre ainsi le grand journal du soir israélien.À vous cependant de définir la paternité de ces mots.La vie littéraire Sur le plan littéraire, signalons l\u2019attribution du Prix Bialik au poète Simon Halkin, pour son \u201cMaabar Yabouk\u201d une oeuvre poétique de grande inspiration, reflet d\u2019une vie passionnante commencée en Russie, dans le tumulte du pilpoul thoranique et de la mystique juive, puis en Amérique, monde nouveau aux innombrables facettes.Le rayonnement de la poésie de Halkin est incontestable et les milieux littéraires sont unanimes dans leur satisfaction de la voir couronnée par le jury du Bialik.Pour ce qui concerne la Sagesse d\u2019Israël, le même Prix a été attribué au linguiste et historien Abba Bendavid pour son ouvrage érudit sur LA LANGUE DE LA BIBLE ET CELLE DES RABBINS, sorti des presses de Dvir, récemment.VISITES DE LA PLACE DES ARTS Des visites d\u2019une durée d\u2019environ une heure ont lieu les mardis, jeudis et samedis inclusivement.Le départ se fait d\u2019heure en heure, de 13h.à 16h, des guichets de la Salle Wilfrid-Pelletier.Sauf exception, la Salle Wilfrid-Pelletier, le théâtre Maisonneuve et le théâtre Port-Royal sont, tous trois, compris dans Jespregramme des vi- mexdreHendez'wo s en des osteusd Q "]
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