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Titre :
Bulletin du Cercle juif /
Éditeurs :
  • Montréal :Cercle juif de langue française,1954-1985,
  • Montréal :Congrès juif canadien
Contenu spécifique :
Juillet - Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Bulletin du Congrès Juif canadien (Région du Québec)
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Bulletin du Cercle juif /, 1963-07, Collections de BAnQ.

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[" Bibliédtheque St.Sulpice, 1700, rue St.Denis, Kontreal, P,Q.c.Q.Kulletin du he 6 e C = CLE JUI iS Sc ë * 0 | conteur] = El l48812 Es Montréal, Juillet-Août 1963 Réunion du Cercle Juif CULTURE FRANCAISE ET CULTURE ANGLO-SAXONNE CONFERENCE dYVES BONNEFOY \u201cLa langue est un déterminisme métaphysique avec ses restrictions, ses choix, ses options.La langue française et la langue anglaise comportent deux grands schèmes métaphysiques qui donnent leur caractère aux deux civilisations française et anglo-saxonne.\u201d Tout au long de sa conférence, M.Yves Bonnefoy, poète français bien connu, traducteur de plusieurs pièces de Shakespeare, a essayé de faire ressortir les différences qui séparent les deux grandes cultures universelles.Il a d\u2019abord exposé ce qui caractérise Shakespeare et Racine.On trouve dans l'oeuvre de Shakespeare un nombre considérable de mots.Le grand poète anglo- saxon ne refuse pas la réalité mais essaie à l\u2019intérieur de cette réalité d\u2019effectuer son approche.Il exprime la variété et la richesse du réel.Ainsi, dans Hamlet, il présente un miroir de la société pour que celle-ci puisse s\u2019y reconnaître, miroir aussi d\u2019une expérience existentielle d\u2019un homme.Tel n\u2019est pas le cas dans l\u2019oeuvre de Racine.Il y a là, au départ, un parti-pris avoué de se séparer de ce devoir de véracité.T1 s\u2019agit d\u2019une tentative de transformation du réel, Racine ne veut pas accepter les choses dans \u2018eur \u201cvariété et leur nombre.Il opère tin\u201cchéix et substitue à l\u2019objet une idée, un archétype, une réalité plus haute.Tandis que Shakespeare emploie le mot comme un moyen pour s\u2019approcher du réel, pour Racine le mot est un lieu.Mots élus, choisis pour substituer au réel une réalité plus restreinte.Cela est vrai aussi de l\u2019oeuvre de Mallarmé, de Baudelaire, même malgré l\u2019effort de ce dernier de saisir la réalité dans la description de villes, de femmes réelles.La culture française est à la recherche de l\u2019Etre et non des êtres.Chez Claudel, la poésie est acte de prière.On peut dire que la poésie française dans son ensemble est un monde renfermé sur lui- même, une sphère qui mène à l\u2019absolu, au sacré.L\u2019homme français n\u2019atteint le réel qu\u2019à travers une forme qui est un témoignage du désir de prendre conscience de l\u2019absolu.Il s\u2019agit d\u2019une remontée du monde sensible à l\u2019unité.Par contre, l\u2019objet de la civilisation anglo-saxonne est la réalité empirique.Cette civilisation conduit à la création de choses nouvelles, d\u2019entreprises matérielles.Peu d\u2019objets suffisent à la conscience française tandis que la société anglaise est empirique, ouverte, c\u2019est une société de réalisation, Le conférencier voit dans cette dualité plus qu\u2019une simple opposition, qu\u2019une double infirmité.Il y trouve une source de richesse.Il est d'avis que les langues vont de plus en plus être les instruments d'expression des civilisations.Le dialogue entre les langues des deux grandes civilisations française et anglo-saxonne devient donc nécessaire, Les langues vont se connaître mieux, dit M.Bonnefoy, et c\u2019est à ce moment-là qu\u2019elles doivent mettre en évidence leur spécificité.Il faut arriver à exprimer la relativité de la pensée et l\u2019absolu dans la relativité.Disparition de la revue Evidences Nous avons appris avec étonnement la disparition de la revue parisienne Evidences.Fondée voici quinze ans par l\u2019American Jewish Committee, cette revue, d\u2019une très haute tenue, fut l\u2019une des meilleures publications intellectuelles juives en Europe.Son directeur, M.Nicolas Baudy, qui est lui- même un excellent romancier, à su lui imprimer une facture qui se distingue pa r la qualité, la pénétration, la vivacité et le courage.Nous regrettons vivement la disparition d\u2019Evidences.No.85 Neuvième Année MELANGES Elie Wiesel, lauréat du Prix Rivarol Le Prix Rivarol, le prix de \u201cPU- niversalité de la langue française\u201d, qui, chaque année, couronne l\u2019oeuvre d'un écrivain dont la langue maternelle n\u2019est pas le français mais qui s'exprime dans cette lan- que, fut attribué cette année à Elie Wiesel.Nous avons souvent parlé des oeuvres de ce romancier qui, du reste, est venu à Montréal voici deux ans, parler devant les membres du Cercle Juif.C\u2019est donc avec une joie vive que nous lui adressons nos félicitations.La littérature est pour Wiesel un acte grave.Voilà comment, dans un article publié dans un journal israélien, il explique le sens qu'il donne à l\u2019acte créateur: \u201cFrancois Mauriac voit dans la littérature un pont qui unit l\u2019enfance et la mort; la première engendre la nostalgie, la seconde l\u2019angoisse, Plus la nostalgie est profonde et la peur totale, plus la parole gagnera en pureté et richesse.Pour moi, la littérature est plutôt une Matzéva, une pierre tombale invisible érigée à la mémoire des morts sans sépulture.L\u2019Ange de la Mort pénétra trop tôt mon enfance et y laissa plus que de traces.En pensant à Lui, je l\u2019aperçois non pas au bout de l\u2019avenir, mais à l\u2019origine du passé.C\u2019est donc avec une sorte de nostalgie que je me le remémore, non pas avec angoisse.Peut-être est-ce parce que jappartiens à une génération qui n\u2019a point de cimetière où elle pourrait, le lendemain de Rosh-Hashana, aller s'étendre et se recueillir avec les morts et faire de leur absence une prière.Les meurtriers nous ont tout pris même les cimetières.\u201d \u201cTe pense à ce que me disait un jour le Selishter Rabbi: \u201cLes mots\u201d disait-il \u201cpeuvent engendrer soît des démons soit des anges.Attention comment tu les manipules! C\u2019est dangereux de les libérer!\u201d \u201cParfois, il me semble qu\u2019il se tient derrière moi, rigide et sévère, et il lit ce que j'essaie de dire et de faire; il regarde pour voir si son disciple enrichit le monde de l\u2019'hom- me avec des anges ou, au contraire, s\u2019il s'agenouille devant les démons qui s\u2019accaparent de son imagination.C\u2019est avec le verbe que l\u2019on crée les univers, c\u2019est avec le verbe aussi que l\u2019on les détruit.\u201cSi le Selishter Rabbi ne se tenait pas derrière moi, j'aurais peut-être écrit différemment.Ou Je n'aurais rien écrit du tout \u201cPeut-être ne suis-je, moi, son disciple, rien d'autre que sa pierre tombale.\u201d Le judaïsme d\u2019André Maurois Le célèbre écrivain André Maurois, membre de l\u2019Académie Fran- case, fait très peu souvent état de ses origines juives.Aussi, est-il intéressant de citer quelques phrases de l\u2019article qu\u2019il vient de consacrer eux écrivains juifs français, article publié récemment dans le Jerusalem Post: \u201cUn Juif sera volontiers un moraliste.I v a en lui quelque chose du désespoir de l\u2019Ecclésiasie ou de Job.\u201cCela, je observe sur moi-mé- me, En surface, je suis arrivé à me faire une philosophie stoïcienne.Je supporte les hommes et la vie de société.Au fond, tout au fond, gît une amère tristesse.Je me souviens qu'à douze ans j'avais traduit l\u2019Ecclésiaste en vers fran- cais.Cette poésie désespérée touchait enfant que j'étais.Déjà j'étais conscient de la brièveté et de la vanité de la vie.Proust écrit: \u201cLa vie telle qu'elle s'écoule n\u2019est que du temps perdu, et rien n'en peut être sauvé que sous la forme de l\u2019éternité qui est aussi celle de l\u2019art.\u201cJe fais mienne cette idée\u201d Une nouvelle église sur les rives du lac de Tibériade Sur les bords du lac de Tibéria- de \u2014 le lac de Génésareth de l\u2019antiquité \u2014 une nouvelle église vient d'être inaugurée.Bâtie en béton armé en forme de tente, un de ses murs est en verre et donne sur Capharnaiim et sur le site de la multiplication des pains.Une hôtellerie sera ultérieurement construite pour les pèlerins auprès de cette église, dont les plans ont été dressés par trois architectes, un (Lire la suite en page 4) 2 BULLETIN DUCERCLE JUIF Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANCAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Tel.: VIctor 4-8621 (local 293) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bulletin: NAIM KATTAN \u201cLe Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.\u201d EDITORIAL Deux nationalismes Le directeur de la Société Générale de Financement, M.Gérard Filion, a déclaré aux journalistes que la société qu\u2019il dirige et dont la fonction est d\u2019aider des entreprises québecoises, suivra le principe de la non-discrimination en matière de langue et d\u2019ethnie.Il est heureux que M.Filion réaffirme ce principe.Du coup il élimine un facteur de confusion.La Province de Québec traverse une période de dynamisme et d\u2019expansion.Certaines structures désuètes s\u2019effondrent et on se rend compte chaque jour davantage que des changements radicaux sont nécessaires dans plusieurs domaines.Ceci crée un état d\u2019esprit progressiste sinon révolutionnaire.L'histoire nous enseigne que dans les périodes de grands changements on est souvent tenté de fouler aux pieds certains principes au détriment même des intérêts qu\u2019on prétend servir.Le dynamisme qui se manifeste dans notre province s\u2019accompagne d\u2019un sentiment nationaliste.Nous savons que le nationalisme peut être positif, accueillant, ouvert.Il peut conduire à l\u2019épanouissement de l\u2019individu au sein d\u2019une collectivité agissante.Mais le nationalisme peut aussi mener à des abus de fanatisme, de xénophobie et d\u2019intolérance.Sur le plan culturel, un nationalisme ouvert fait confiance au dynamisme interne de la culture qu\u2019il défend.Cette culture ne se contente pas du protectionnisme, encore moins de l\u2019usage de la force pour vaincre les obstacles qui se dressent sur son chemin.L\u2019exemple de la culture française est celui qui vient le plus facilement à l\u2019esprit.Cette culture propose au monde son universalisme et invite tous les peuples à puiser dans ses sources vives.Par contre, le nationalisme culturel qui se protège en élevant des murs et en dressant des frontières, se condamne à l\u2019engourdissement et à la disparition puisqu\u2019il élimine tout moyen de renouvellement.Sur le plan économique, le nationalisme fermé ne peut que mener à la discrimination, pratique néfaste du simple point de vue économique, Il est naturel qu\u2019on veuille élever le niveau de vie d\u2019une classe, assurer le bien-être d\u2019une société, favoriser l\u2019épanouissement d\u2019une région.Cependant les activités économiques ne se plient pas à des distinctions de race et de religion.Si on veut servir une région, on doit ne jamais perdre de vue qu\u2019on sert la collectivité qui habite cette région, la collectivité toute entière, sans restriction.Bien sûr, on peut vouloir protéger les caractéristiques de cette collectivité.On voudrait par exemple que la Province de Québec ait un caractère français.Mais il faut admettre que tous ceux qui parlent le français, sans distinction d\u2019origine et de religion, sont membres de la collectivité francophone et membres à part entière.Les Montréalais, nouvelles par Andrée Maillet, Editions du Jour, Montréal.Ces nouvelles ne décrivent la vie que d\u2019un certain genre de Montréalais qui se recrutent particulièrement dans les milieux cosmopolites intellectuels ou semi-in- tellectuels, qui affichent des idées nouvelles non-conformistes et qui tentent de se dégager des traditions du milieu ambiant.C\u2019est un milieu très restreint qui semble en fin de compte fort marginal.On sait que les groupes qui cohabitent à Montréal, s\u2019abritant chacun à l\u2019intérieur des murs de ses particularismes, entretiennent très peu de rapports les uns avec les autres.Andrée Maillet décrit certains indi- vidus qui franchissent les frontières et qui refusent de se laisser enfermer à l\u2019intérieur de leur îlot religieux et culturel.Elle va donc à l\u2019encontre des idées reçues et à contre-courant des conventions.Weekday Prayer Book, Rabbinical Assembly of America, New York.Ce livre réunit les prières juives dans le texte hébraïque avec une nouvelle traduction anglaise.Il faut féliciter tous ceux qui ont rendu cette édition possible, de son excellente présentation technique et typographique.Faillite de l\u2019Occident, par Jean Pellerin, Editions du Jour, Montréal.Voici un livre de polémiste, M.Jean Pellerin met en question l\u2019action de l\u2019homme blanc au cours de toute son histoire, action teintée d\u2019'arrogance, jalonnée de mépris pour l\u2019homme de couleur, émaillée d\u2019événements où l\u2019oppression et la tyrannie rappellent constamment que la civilisation que l\u2019Occident a prétendu élaborer est une faillite.Jean Pellerin, qui pense que l\u2019homme blanc est peu civilisé, accorde à l\u2019homme de couleur de grandes qualités.Ce livre est très court, sans doute, pour rendre compte de toute la civilisation humaine.L\u2019auteur sait parfaitement bien qu\u2019il risque à chaque page de soulever des objections.Le reproche qu\u2019on peut lui faire, à savoir qu\u2019il manque de nuances, peut le laisser in- différent.Selon nous, ce reproche revêt une grande importance puisque Jean Pellerin porte un jugement sur toute une civilisation.Ainsi, on s\u2019étonne que sa pensée soit si souvent linéaire.La civilisation humaine n\u2019est pas faite uniquement de l\u2019opposition entre l'Orient et l\u2019Occident.La dualité est au coeur même aussi bien de la civilisation occidentale que de la civilisation orientale.S\u2019il y eut des rois en Judée, il y eut aussi des prophètes qui ont toujours rappelé aux monarques que leur autorité était soumise à celle de Dieu.Et que dire des tyrans orientaux dont la férocité ne le cède en rien à celle des occidentaux.Dans cette opposition qui semble souvent arbitraire entre l\u2019Orient et l\u2019Occident, Jean Pellerin oublie ou néglige l'Islam.Voici peut-être un Orient accablé du complexe d\u2019Alexandre.Les Musulmans, au cours de leur histoire, sont allés aux portes de Poitiers et de Vienne.Faut-il les rejeter de la famille d\u2019un Orient civilisé?Mais comment expliquer alors l'existence dans cet Extrême Orient de bouddhistes et d\u2019hindouistes de près de deux-cent cinquante millions de Musulmans?ou faut-il tout simplement dire que l'Islam comporte la même dualité que le christianisme, qu\u2019il a ses soufis mystiques Juillet-Août 1963 LE THEATRE Les Festivals de Montréal Comme chaque année, les Festivals de Montréal offrent aux Montréalais une saison artistique des plus intéressantes.Les responsables de ces manifestations artistiques mettent l\u2019accent sur les talents locaux, Le meilleur exemple et le plus réussi cette année fut l\u2019opéra Wer- ther, de Massenet, présenté avec une distribution entièrement cana- dienue.Le rôle titre était tenu par Richard Verreau.Sa voix, sa technique, sa tenue sur scène font de lui un artiste de calibre international.Fernande Chiocchio a, elle aussi, interprété le rôle de Charlotte avec une grande sensibilité et une véritable autorité.Ces deux artistes furent très bien secondés par Napoléon Bisson et Claire Gagnier, etc.Concours J.M.C.Les finalistes au concours national des Jeunesses musicales du Canada ont offert un concert dans le cadre des Festivals.Le jury, représenté par Sir Ernest MacMillan, n\u2019a pas estimé pouvoir décerner un premier prix.Le deuxième prix fut remporté par l\u2019une des trois concurrentes, Mlle Gloria Richard.Le même programme comportait un opéra-bouffe en un acte du compositeur italien Roberto Hazon.Cette oeuvre a été interprétée par Cécile Vallée et Robert Savoie qui ont donné de nouvelles preuves de leur véritable talent.Le cocotier, de Jean Guitton, au Centre d\u2019Art de l\u2019Estérel.Voici une pièce de boulevard qui doit bien terminer les chaudes soirées des estivants.Un octogénaire fortuné empêche ses descendants de dilapider à leur guise l\u2019argent qu\u2019il a durement amassé.Aussi tentent-ils, chacun à leur tour, de le supprimer.La destinée ou le hasard veut qu\u2019il succombent l\u2019un après l\u2019autre, victimes de leurs propres tentatives de meurtre.Le vieil industriel leur survit et voit à la bonne marche de son entreprise.La distribution est inégale.Deux comédiens se distinguent par la justesse du ton: Guy Provost et Robert Gadouas.ainsi que ses généraux, ses califes et ses sultans?Reconnaissons à Jean Pellerin le don de soulever les graves problèmes auxquels toute l'humanité, qu\u2019elle soit orientale ou occidentale.doit faire face. Juillet-Août 1963 BULLETINDU CERCLE JUIF LES LIVRES Dialogue avec Israël, par le R.P.Jean Daniélou, S.J.Editions La Palatine, Paris.Le Père Daniélou, qui est un spécialiste des origines du christianisme, vient de réunir dans un petit ouvrage quelques articles consacrés aux relations judéo-chré- tiennes aussi bien au début du christianisme qu\u2019à notre époque.Qu'il aborde les questions se rapportant au judaïsme des premiers siècles de l\u2019époque chrétienne ou qu\u2019il parle de l\u2019antisémitisme contemporain, le Père Daniélou ne se départit jamais de sa franchise.Ses prises de position sont nettes.Nous ajouterons qu\u2019elles sont, du point de vue chrétien, extrèmement orthodoxes.Le Père Daniélou condamne toute forme de racisme et d\u2019antisémitisme et il exprime, certes là la position de l\u2019Eglise catholique.L\u2019auteur touche aussi aux problèmes inhérents à tout dialogue judéo-chrétien.11 est favorable à un tel dialogue et on sait qu\u2019il est un membre actif des Amitiés Ju- déo-Chrétiennes en France.Cependant, une certaine ambiguité dans son attitude en ce qui concerne ce dialogue suscite un certain malaise chez le lecteur juif.Le Père Daniélou accueille avec faveur le respect manifesté par des écrivains et des penseurs juifs contemporains tels qu\u2019Edmond Fleg et Jules Isaac à l\u2019égard du Christ.Cependant, il semble croire qu\u2019un dialogue judéo-chrétien devrait un jour ou l\u2019autre aboutir à la reconnaissance par les Juifs de la divinité du Christ, ce qui signifierait la conversion collective des Tuifs, leur disparition en tant que groupe religieux et, par conséquent, la fin du dialogue.Mémoires d\u2019Occident, par Yerri Kempf, Librairie Beauche- min, Montréal.L\u2019auteur a réuni dans cet ouvrage les textes qu\u2019il a écrits pour une série d\u2019émissions radiophoniques.Son intention est de donner un apercu de l\u2019histoire occidentale.Dans son analyse de cette histoire, il fait appel particulièrement à la méthode psychologique.Ses références sont à la fois littéraires, poétiques et historiques.Certes, il s\u2019agit avant tout d\u2019un ouvrage de vulgarisation.TI] n\u2019en demeure pas moins que la lecture de ce livre ne peut manquer d\u2019intéresser jeunes et adultes, A Nostalgic View of Canada, par Donald W.Buchanan \u2014 McClelland & Stewart Ltd, Toronto, Ont.La collection de photos de M.Buchanan évoque une image inusitée du Canada.Rien de pittoresque, d\u2019exotique, de grandiose.Des scènes de la vie quotidienne qui tirent leur beauté de l'émotion qu\u2019elles ont fait naître chez l\u2019artiste et qu\u2019elles suscitent en nous.La laideur elle-même trouve sa raison d\u2019être car les rues, les magasins, les maisons de bois, les fenêtres, les petites huttes, sont transformés par l\u2019émotion qui leur donnent résonance particulière, une coloration.La Livre des Questions, par Edmond Jabès, Editions Gal- limard, Paris.Edmond Jabès est poète.Tl le savait.Il le savait peut-être trop.Il écrivait peu.Il est juif.Il ne le savait pas.Les circonstances politiques de son pays, l\u2019Egypte, l\u2019ont contraint à quitter sa ville.Il a pris conscience de sa condition de Juif.Entre l'\u201cécriture\u201d et la blessure, l\u2019identification s\u2019est faite.Dès lors, le Juif et le poète n\u2019ont fait qu\u2019un et ce fut la source d\u2019où jaillit cette oeuvre riche, douloureuse, complexe, ouverte à tous les vents.Le lecteur est entraîné dans ce tourbillon de questions.C\u2019est à lui de donner les réponses.On ne peut pas lire ce livre distraitement, avec indifférence.Jabès nous trace l'existence de deux adolescents, Sarah et Yukel, qui se trouvent, se reconnaissent, sont séparés sans se quitter.Les horreurs des camps de la mort les ont atteint tel un ange exterminateur.Yukel meurt et Sarah se perd dans la folie.Le dialogue entre ces deux visages d\u2019un même amour, d\u2019une même conscience, se noue par les mots au-delà de la présence.Des rabbins imaginaires, poètes, surgissent de l\u2019imagination de Jabès, interviennent, formulent leurs questions, se répondent les uns aux autres par d\u2019autres questions multiples, innombrables.Leur univers est l'univers des mots.\u201cAinsi le pays des Juifs est à la taille de leur univers, car il est un livre.Chaque Juif habite dans un mot personnalisé qui lui permet d\u2019entrer dans tous les mots écrits.Chaque Juif habite un mot-clé, un mot de douleur, un mot de passe que les rabbins commentent.La patrie des Juifs est un texte sacré au milieu des commentaires qu\u2019il a suscités.Ainsi chaque Juif est dans la Loi.Ainsi chaque Juif fait la Loi.Ainsi la Loi est juive.\u201d Ce livre de l\u2019absent est aussi celui du vivant puisque par les mots le poète se réalise et disparait en même temps.Pour Jabès, c\u2019est bien là le destin de chaque juif.\u201cDans chaque pierre, il y a un appel de la pierre.Dans chaque source, il y a un appel de l\u2019eau.Dans chaque Juif, il y a un appel au jour; car la pierre n\u2019en peut plus d\u2019être pierre; car la source rêve toujours d\u2019être retenue ; car le Juif attend chaque jour de vivre.\u201d Ce livre est exigent comme toute oeuvre poétique authentique.Crise au Moyen-Orient, par Camille Chamoun, Editions Gallimard, Collection l\u2019Air du Temps, Paris.Camille Chamoun fut le président de la République libanaise de 1952 à 1958.On sait qu\u2019il joua alors un rôle de premier plan dans la crise qui s\u2019est vite dégradée en guerre civile et qui a secoué non seulement le Liban mais tout le Moyen-Orient.Dans ce livre, ce chef d\u2019Etat libanais retrace à travers son récit autobiographique l\u2019histoire du Moven-Orient et particulièrement du Liban depuis le début du siècle.Il nous offre là un document d\u2019importance à verser dans le volumineux dossier du Moyen-Orient.C\u2019est le témoignage d\u2019un homme qui a agi sur les évé- nements et qui relate maintenant sa version de leur déroulement.C\u2019est en ce sens que ce témoignage prend valeur de document.Tl ne faut pas s\u2019attendre, cependant, à lire sous la plume de M.Chamoun des critiques sur ses propres prises de position.Ainsi, sa version du conflit israélo-arabe s\u2019écarte très peu de celle de tous les autres politiciens arabes qui ne veulent pas entendre parler d\u2019un compromis entre Israël et ses voisins.Certes M.Chamoun qui, à travers les pages de ce long récit, justifie sa propre action, pouvait difficilement proposer un plan de paix entre Israël et les Arabes.Son témoignage comporte cependant une lacune beaucoup plus grave et, nous semble-t-il, du point de vue historique, impardonnable.On sait que la guerre civile qui a éclaté au Liban en 1958, et dont M.Chamoun fut l\u2019un des principaux acteurs, puisqu'il était alors le Président de la République, s\u2019est vite détériorée en guerre religieuse.M.Chamoun est celui qui s\u2019est le plus violemment opposé à Nasser et à la faction panarabe et pro- nassérienne au Liban même, Il sait donc fort bien que cette guerre civile avait des implications religieuses puisqu\u2019elle opposait des chrétiens comme lui aux Musulmans, Dans ce livre il escamote cet aspect primordial de la question se contentant d\u2019une attaque vigoureuse contre la dictature nassérien- ne et contre les visées expansionnistes du chef égyptien.Montréal, par Frank Lowe, avec les photographies de Sam Tata, McClelland and Stewart Limited, Toronto.Le photographe Sam Tata a réussi dans cette collection de photographies à saisir les diverses facettes de Montréal, Dans sa préface au livre, M.Frank Lowe écrit: \u201cBeaucoup de Montréalais vous diront que leur ville n\u2019est pas tout à fait comme les autres: \"accueil y est plus cordial, la vie plus tranquille, l\u2019ambiance plus gaie.Héritière de la vieille Europe, elle a le charme d\u2019une ville française, une ville où il fait bon vivre.\u201d On a l\u2019impression que les photographies ne font qu\u2019illustrer et confirmer cette constatation.Les commentaires et la préface sont bilingues.Le jour S, suivi de Chronique américaine, par Serge Dou- brovsky, Mercure de France, Paris.Dans ce recueil de nouvelles, M.Doubrovsky nous transmet son expérience de l\u2019Amérique, continent qu\u2019il a vu à la fois de l\u2019intérieur puisqu\u2019il y a fait sa vie pendant plusieurs années, et de l\u2019extérieur puisqu\u2019il est demeuré français de culture et de pensée.Cette double vision de l\u2019Amérique se heurte à une embûche que l\u2019auteur n\u2019a pas réussi à circonvenir: l\u2019ambivalence.Ainsi, les Américains qu\u2019il met en scène parlent l\u2019argot parisien.Ce ne serait là qu\u2019un détail technique, qu\u2019une convention que le lecteur serait vite amené à oublier si l\u2019auteur avait choisi soit de participer à la vie de ses personnages, soit de braquer sur eux le regard de l\u2019observateur.Balls for a one-armed juggler, par Irving Layton \u2014 McClel- land & Steward Limited, Toronto, Ont.Dans son dernier recueil de poésies, Irving Layton poursuit sa marche dans les voies de la facilité, pente dangereuse qu\u2019il a choisie voici quelques années et où il s\u2019enfonce davantage.Ses audaces verbales cachent mal l\u2019affaiblissement de sa veine poétique.Fascistes et nazis d\u2019aujourd\u2019hui, par Dennis Eisenberg, Editions Albin Michel, Paris.Le nazisme n\u2019est pas mort avec Hitler.T1 en reste des déchets et des vestiges dans nombre de pays.L\u2019ouvrage de M.Eisenberg décrit les diverses formations nazies et fascistes en Europe, en Amérique du Nord ainsi qu\u2019en Amérique du Sud.La conclusion que tire l\u2019auteur de ce périple effectué à travers plusieurs continents est qu\u2019en dehors de toute idéologie politique, \u201cla prospérité est le meilleur des antidotes à la violence et que les fondements les plus solides de la démocratie résident dans l\u2019acceptation commune d\u2019un ordre social qui ne frustre aucune catégorie de citoyens\u201d.Le bref passage consacré au Canada est déjà fort dépassé.Cependant les informations fournies par l\u2019auteur sur d\u2019autres pays nous paraissent plus exactes. BULLETIN DUCERCLE JUIF Juillet-Août 1963 Mélanges .(Suite de la page 1) américain et deux israéliens, la réalisation en avant été confiée à \u201cSolel-Bonen\u201d, la grande entreprise de construction appartenant à la Histadrouth, la Fédération Générale du Travail d'Israël.Amitié Judéo-Chrétienne à Madrid L'association Amitié Tudéo- Chrétienne d'Espagne vient de publier, à Madrid, son premier bulletin.Voici à ce sujet le texte que nous a fait parvenir Soeur Marie Noëlle de Sion: \u201cC\u2019est avec joie que nous saluons la parution du premier bulletin intitulé \u201cAmistad Tudeo-Cris- land\u201d, paru à Madrid en juin dernier.Autorités religieuses catholiques et juives mi ont volontiers accordé leur cautionnement.Voici d\u2019abord un extrait de la lettre très cordiale de Mgr l\u2019Évêque de Huelva: \u201cJ\u2019 Association \u201cAmitié Judéo- Chrétienne\u201d, approuvée par S.Ex.Révérendissime le Patriarche Evê- que de Madrid, et qui a son siège en la maison des Religieuses de N.D.de Sion, a bien voulu me demander quelques lignes destinées au premier numéro de son bulletin.JP'apprécie cette délicatesse et réponds volontiers à cette sollicitation du Comité directeur, avec l'espoir de prêter ma sincère et humble collaboration à tout ce qui peut contribuer au renforcement des liens spirituels entre les hommes en cette heure du Concile Oécuménique Vatican II.La vérité et la charité sont les principes fondamentaux du message évangélique, en ce qui a trait à l\u2019orientation des relations publiques autant que privées des hommes.Ainsi tout ce qui peut contribuer à une connaissance objective des cultures, traditions et formes de vie des divers peuples et à la disparition des préjugés et ressentiments historiques doit être accueilli, non seulement avec sympathie, mais bien comme un Service de la vérité et de l\u2019exquise charité fraternelle.Un de ces préjugés, à la fois anti-chrétien et anti-historique est que le peuple juif est un peuple déicide, sous le poids d\u2019une malédiction.La foi chrétienne et la vérité historique contredisent l\u2019esprit de ces affirmations qui, malheureusement, ont été plus d'une fois à l\u2019origine d'états d'esprit hostiles et de mouvements collectifs machinés contre le peuple juif.Alors que ce peuple a été autrefois élu par Dieu pour conserver et transmettre à l'humanité entière la révélation divine préchrétienne.Le fait historique que le Christ Rédempteur et Marie Corédemp- trice ainsi que le collège apostolique avaient en leurs veines du sang juif constitue un mystère à la fois DOMAINE YIDDISH Le vent me parle yiddish, de Dora Teitelboim, Editions Pierre Seghers, Paris.On traduit peu la poésie yiddish en français et on sait à quelles difficultés se heurte tout traducteur de poésie.La poétesse Dora Teitel- boim a eu la chance de trouver en Charles Dobzynski un traducteur de tout premier odre.Mme Teitel- boim est née en Pologne d\u2019une famille ouvrière, Elle a connu dans son enfance la misère et la guerre.A 17 ans, elle s\u2019installe aux Etats- Unis où elle devient active dans les milieux ouvriers.C\u2019est une poétesse d\u2019extrême gauche.On doit cependant reconnaître que c\u2019est par sa sensibilité qu\u2019elle a été amenée à faire sienne la cause de tous les persécutés et à s'engager dans l\u2019action politique.Cela ne veut pas dire que toute sa poésie soit consacrée à des questions d\u2019actualité.Ce recueil contient plusieurs poèmes où l\u2019auteur évoque ses impressions de voyages effectués en Europe occidentale ainsi que dans les pays situés derrière le rideau de fer.Mme Teitelboim évoque avec beaucoup de sensibilité la nature et avec nostalgie son enfance : \u201cLe vent est venu me parler en yiddish aujourd\u2019hui Parmi les arbres secouant des grappes de brouillard dans la vallée, Et stupéfaite j\u2019écoutais sa longue plainte s\u2019exhaler Où je reconnaissais la voix de tant de jours évanouis \u201cDans un tourbillon de rameaux comme un moulin battant des ailes JPentends un bruissement d\u2019enfants, de mères tissant leurs berceuses Et les soupirs des amoureux quand jouaient les violoneux, Et la prière des vieillards, le chant des jeunes ouvriers; \u201cJ'entends applaudir le feuillage aux voix secrètes des amants, Chansons fertilisant les coeurs comme des grains dans les sillons, Messages ranimant jadis les jours assoupis au seuil de villages; Et tant de pas vêtant de leur habit de fête les ruelles en haillons.\u201cNuages déchirés pareils à des processions de spectres, On ne sait d\u2019où vient cet écho des \u201cJoyeuse fête\u201d d\u2019hier Qu\u2019à travers sa fenêtre ouverte un voisin vous lança peut-être Il monte dans l\u2019aube automnale un chuchotement de prières.\u201cL\u2019orage a troué l\u2019horizon, ployé les branches jusqu\u2019au sol, On dirait une rumeur de nids désertés, une migration d\u2019oiseaux pris de panique Quand du coeur même des nuées s\u2019échappe un long cri désolé: \u201cNous sommes la fumée et la cendre de Maidanek\u201d, La foudre a déchiqueté les arbres dans la vallée sombre; Est-ce sur son propre malheur que le vent sanglote tout bas ?\u201cNous sommes la cendre des Juifs que l\u2019on brûla, nous somme l\u2019ombre De tant d\u2019enfants qui n\u2019avaient fait dans la vie que leurs premiers pas; \u201cNous chevauchons les vents, les rafales et les fumées Et nulle porte désormais ne saurait nous être fermée.Car de six millions de morts nous sommes les cendres errantes, O monde nous venons attiser ta conscience!\u201d \u201cNous chevauchons les vents, les rafales et les fumées émouvant et empli d'espérance.\u201d M.le grand-rabbin des Juifs Hispano-Américains de Londres, Dr.Gaon, écrit de son côté: \u201cPai grand plaisir à vous adresser mes meilleurs voeux à l\u2019occasion de la parution du premier bulletin intitulé \u201cAmistad Judeo- Cristiana\u201d.Me trouvant à Madrid il y a un an, j'ai eu la chance d\u2019être présent à l\u2019inauguration de votre association en Espagne, et j'ai exprimé à cette occasion l'espérance que \u201cCAwmitié\u201d constituera un apport de valeur dans le resserrement de Punion entre Juifs et Chrétiens dans le monde .Comme le dit le prophète \u201cNous avons tous une même foi, tous nous sommes l\u2019oeuvre du même Créateur.Nous avons aujourd\u2019hui à combattre l\u2019ennemi commun du matérialisme qui s'attaque à l'être véritable de l\u2019homme et tente de lui faire oublier la fin pour laquelle il a été LE, 3 cree.Sous le titre \u201cJuifs et Chrétiens\u201d, le président de la communauté israélite de Madrid, M.Max Mazin, écrit de son côté un chaleureux article, empli d'espoir en la transformation des relations ju- déo-chrétiennes, si douloureusement hypothéquées par un long passé d\u2019inimitié, voire de haine.Voici quelques extraits de ce manifeste: \u201c.Le judaïsme, victime séculaire de notre civilisation, a pour loi première la loyauté à ses principes traditionnels et religieux, dont la définition excellente a été donnée par Rabbi Hillel le Grand: \u201cNe fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse!\u201d.Le judaïsme voit en la religion chrétienne un chemin sui-generis pour conduire au même Dieu.Le judaïsme croit en la fraternité des hommes et prescrit le traitement juste et équitable de tous les êtres humains, sans distinction de race, credo ou couleur.Le peuple juif, êlu de Dieu selon les Ecritures, pour porter son message à la terre, se considère comme dépositaire, témoin et gardien de la Loi reçue de Moïse au Sinai, et sa place est en première ligne de combat contre l\u2019athéisme, l\u2019indiffé- rentisme et la dégradation religieuse.Le chemin qui mène à Dieu est le chemin de l'amour, et c\u2019est notre justification de \u201cl\u2019Amitié Tudéo- Chrétienne\u201d.En dernière page du bulletin figurent des photos prises lors du service solennel célébré à la synagogue de Madrid à la mémoire de Sa Sainteté Jean XXIII.Sur Pune d'elles on voit en premier plan le rabbin et au premier rang des assistants deux prêtres catholiques.La légende placée à côté de la photo du pape est ainsi conçue: \u201cH est mort, notre frère Joseph.\u201d \u201cHa muerto \u201cnuestro hermano José!\u201d Le petit livre de la sagesse populaire juive, par Arnold Mandel, Editions Albin Michel, Paris.M.Mandel a réuni dans ce livre des dictons et des proverbes juifs provenant aussi bien de l\u2019Europe que du Proche-Orient et de l\u2019Afrique du Nord.T1 a fait précéder son choix de ces spécimens de la sagesse populaire d\u2019une longue et pénétrante étude sur ce que distingue les proverbes juifs de ceux d\u2019autres peuples et d\u2019autres civilisations.Pour donner une idée de la richesse de ce livre, citons quelques-uns de ces exemples d\u2019une sagesse séculaire : \u201cLa vie n\u2019est qu\u2019un songe ! Mais je t\u2019en prie, ne me réveille pas.Mieux vaut être pauvre qu\u2019enterré.\u2014 Pour le poulet froid, il est bon d\u2019être à deux: moi et le poulet.\u2014 Quand un pauvre mange du poulet, c\u2019est qu\u2019il est malade, ou alors le poulet était malade.\u2014 Manger est sain, les médecins mêmes le conseillent.\u2014 \u201cSi le riche vole, il s\u2019est trompé Si le pauvre se trompe, il a volé.\u201d \u201cQuand on demande au mulet : \u2018Qui est ton père ?\u201d I] répond: \u201cLe cheval est mon oncle.\u201d \u201cQuand les enfants sont petits, les parents racontent combien ces enfants sont intelligents.Quand les parents se font vieux, les enfants racontent combien ces parents sont sots.\u201d \u2018Mieux vaut parler avec une femme et penser à Dieu, que parler à Dieu et penser à une femme.\u201d \u201cLe non-juif vole et on pend le voleur.Vole le juif et on pend le juif.\u201d \u201cDonne-moi, Seigneur, le pain quotidien ; pour l\u2019eau-de-vie, je me débrouillerai tout seul.\u201d "]
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