Bulletin du Cercle juif /, 1 juin 1959, Juin - Juillet
[" 10 011958 Bulletin du CERCLE JU Bibliotheque St.Sulpice, 1700, rue St.Denis, Montreal, P.Q.BA SI < evpse Montréal, Juin-Juillet, 1959 No.46 Les Juifs Canadiens célébrent le bicentenaire de leur établissement au Canada Partout au Canada, les juifs cé- lèbreront à l'automne prochain le 200ème anniversaire de leur établissement au Canada.Nous donnerons dans notre prochain numéro des détails sur les cérémonies prévues.Nous publions dans ce numéro le texte de la proclamation du bicentenaire signée par M.Samuel Bronfman, président du Congrès Canadien Juif et M.Lavy Becker, président du Comité National du Bicentenaire: Proclamation de foi et d\u2019actions de grâce à l\u2019occasion du Bi-centenaire du Judaisme canadien L'année 1959 marque le 200ème anniversaire d\u2019établissement des Juifs au Canada, où les bienfaits d\u2019un pays libre ont rendu possihle\u2026 l\u2019épanouissement d\u2019une communauté juive florissante vivant harmonieusement avec ses concitoyens.Notre peuple est venu de plusieurs pays, à ces rivages hospitaliers à la recherche de libertés religieuse et politique ainsi que de nouvelles possibilités économiques.Grâce à ces avantages, nous avons pris notre place, avec nos concitoyens, dans le développement de la vie économique, politique, religieuse, sociale et culturelle de notre pays.Nous sommes venus en aide aux moins fortunés parmi nous et nous avons secouru nos frères dans les pays d\u2019oppression et de pauvreté.Nos fils ont répondu à l\u2019appel de la patrie dans les périodes de paix et de guerre, quelques-uns recevant des récompenses convoitées pour leur bravoure et leur sservices, d\u2019autres accomplissant le sacrifice suprême.Parmi les différents groupes du Canada, nous avons maintenu fortement nos anciens idéaux prophétiques.Nous avons agi poussés par notre croyance dans la dignité humaine et le droit au bien-être de tous les hommes.À cette heure d'actions de grâce, A propos de S.Alechem Dans notre article: le centenaire de Schmolem Alechem du dernier numéro de notre bulletin, il y aurait rectifier: Le vrai nom de Scholem Alechem était S.Rabino- vich et non Abramovici comme mentionné par erreur.nous nous rappelons que notre génération a eu le privilège d\u2019assister à la création de l\u2019Etat d'Israël et nous exprimons notre profonde gratitude pour la contribution du Canada à cette réalisation historique.Pour cette raison, le Congrès Canadien Juif proclame humblement cette année comme une année de prières, d\u2019actions de grâce et de célébrations pour commémorer le bi-centenaire national du ju- daisme canadien.Remercions le Tout-Puissant de nous avoir accordé la liberté de pratiquer notre religion, de transmettre à nos enfants notre héritage culturel et de vivre dans l\u2019égalité complète avec nos concitoyens canadiens.Prions à cette occasion bénie pour une paix durable dans notre \u201cpays\u201d ainsi que \u2018Partout dans le monde et pour le bonheur et la prospérité de tous ceux qui y demeurent.\u20ac Cinquième Année LA CHRONIQUE PARISIENNE par Etienne Milhaud Les confidences de Pierre Lazareff Au \u201cPolo de Bagatelles\u201d, élégant club hippique situé dans le Bois de Boulogne, Pierre Lazareff présidait l\u2019autre soir un banquet de donateurs du Fonds Social Juif Unifié, le rgand organisme de collecte et de répartition de la communauté juive de France, que l\u2019on pourrait comparer à \u2018l\u2019United Appeal\u201d du Canada.C\u2019était déjà en soi en évènement.En effet, c\u2019est bien la première fois que celui qu\u2019on appelle le \u201cTsar\u201d de la presse française, ou encore le \u201cNapoléon des gros tirages\u201d participait à une réunion strictement juive.\u2014\u201cJe ne m\u2019en flatte pas, mais je ne songe pas à m\u2019en excuser, ras plus que je ne me flatte, ni ne m\u2019excuse d\u2019être juif, commen- LETTRE DE JERUSALEM de notre correspondant Maurice Saporta Période pré-électorale Une crise gouvernementale en trois ans est un signe de stabilité pour un pays coincé entre une dictature militaire et une monarchie branlante, dans une région où les régimes politiques changent tous les 6 mois.Cette crise provoquée on le sait, par les ministres de gauche (Mapam et Léahdouth Haavoda) a éclaté sur la question de la vente d\u2019armes légères de fabrication israélienne, à l\u2019Allemagne Fédérale.Tactique pré-électo- rale disent les uns, sursaut de fierté juive disent les autres.L'homme de la rue s\u2019y perd un peu surtout que, la cause de tout ce bruit oubliée, il ne reste plus que les accusations réciproques.Le Parlement, par un vote de 57 voix contre 45 a entériné la politique du gouvernement, mais celui- ci a dû démissionner en bloc, les auteurs de la crise ayant refusé de déposer leurs portefeuilles.À cinq mois des élections, personne ne se fait d'illusions sur les motifs sincères des opposants et dans son ensemble le pays a regretté ces quelques semaines d\u2018\u2019agitation qui ont porté préjudice à Israël auprès de ses amis déjà si peu non- breux.Pour la sauvegarde de l\u2019hébreu L\u2019Académie de la Langue Hébrai- que vient d'entrer, elle aussi, dans ses meubles, en l\u2019occurance des centaines de fichiers, de dossiers, et de dictionnaires de toutes sortes.Mais tout cela est au moins centralisé maintenant dans son nouveau bâtiment, construit à la cité Universitaire grâce à des amis agissants de la culture hébraïque, M.et Mme William Salzman de New-York.L\u2019inauguration a donné lieu à une manifestation où les discours ont permis au public d\u2019apprécier la richesse d\u2019une langue que l\u2019on croit parfois incapable de rendre toutes les nuances de la pensée.Monsieur Moché Sharett, connu pour son purisme, a demandé que de plus gros efforts soient déployés pour la sauvegarde de la langue et son usage correct.Le Professeur Tour Sinai, Président de l\u2019Académie a donné un aperçu des travaux qui aften- dent les académiciens: la création de nouveaux vocables, la rénova- (Lire la suite en page 4) ça-t-il à jeter à son public, en guise de profession de foi.Quelques extraits de ce savoureux discours demeuré inédit : \u2014Mon métier?Vous le connaissez mal.Car contrairement à ce que l\u2019on dit pour les besoins de la propagande raciste, il n\u2019y a jamais eu que très peu de juifs dans la presse.Un seul propriétaire juif de quotidien en France avant guerre, trois pour tout le pays en ce moment.Et par ailleurs, très peu de journalistes juifs \u2014 certains affirment d\u2019ailleurs que je les monopolise.Pas de juifs non plus aux postes de commande de la radiodiffusion, que ce soient les postes privés ou la Radio-Télévision Francaise.Ce west pas un alibi, c'est un fait.Plus loin, abordant le problème de la presse et de la jeunesse: \u2014\u201cAu cours d\u2019une de mes émissions de télévision, j'ai pu prouver que les jeunes gens nés le 6 juin, le jour du débarquement, ne savaient pas exactement \u2014 pour la plupart \u2014 qui étaient Hitler, ou Mussolini, ni ce qu\u2019avait été MUNICH, ni qui étaient les Alliés lors de la dernière guerre mondiale?Cela provient moins de la presse que de l\u2019enseignement, moins de l\u2019enseignement que de l'éducation.\u201d \u201cPrès d\u2019une heure durant, improvisant avec brio, Lazareff devait tenir son auditoire sous le charme.A la fin du banquet, il souscrivit pour une somme importante, s\u2019exclamant : \u2014Ne suis-je pas des vôtres à présent !\u201d Sans être pour le \u201cculte des personnalités\u201d, je dois avouer que la \u201crécupération\u201d par le judaïsme français d\u2019un homme de l\u2019envergure de Lazareff, qui s'était toujours tenu ostensiblement à l\u2019écart de notre communauté est un test de la vitalité et du dynamisme retrouvés de cette dernière.L'année mondiale du réfugié Sous les lambris dorés du grand salon de \"Hotel de Ville, le Président du Conseil Municipal, entouré d\u2019Eminences \u2014 ambassadeurs, ministres, etc., ouvre pour la France, l\u2019Année mondiale (Lire la suite en page 4) 2 BULLETIN DU CERCLE JUIF Ce bulletin est publié tous les mois par: LE CERCLE JUIF DE LANGUE FRANÇAISE 493 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Tel.: VIctor 4-8621 (local 293) Président du comité exécutif: S.D.COHEN Secrétaire et rédacteur-en-chef du bullettn: NAIM KATTAN \u201cAutorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des postes, Ottawa.\u201d EDITORIAL LE BICENTENAIRE DU JUDAISME CANADIEN Cette année marque le 200ème anniversaire de l'établissement du premier citoyen de religion juive au Canada.Le Congrès Canadien Juif met au point un programme de festivités qui comportera des cérémonies qui auront lieu dans la plupart des villes canadiennes.Il est certain que tous les Juifs canadiens peuvent se réjouir de cette célébration historique.Ce sera pour nous également l\u2019occasion de faire le bilan de nos réalisations, d\u2019étudier la place que nous occupons dans la société canadienne, de prendre des résolutions et d\u2019exprimer des espoirs.oo La communauté juive peut s\u2019enorgueillir de réalisations marquantes dans tous les domaines de la vie canadienne.Les Juifs ont joué un rôle important dans le développement économique de notre pays et la place qu\u2019ils occupent dans la vie culturelle n\u2019a pas besoin d\u2019être soulignée.; Co On peut dire que notre communauté est a l'image du Canada.Un pays jeune qui a besoin de personnes dynamique prêtes à mettre leur énergie au service de toute la population.Tous les Canadiens ont ressenti les bienfaits de l\u2019expansion industrielle et économique de notre pays.Cependant, comme pour tous les Canadiens, des problèmes d\u2019ordre culturel et social se posent aux juifs canadiens.; ; | i L\u2019antisémitisme est certes en régression mais ses racines ne sont pas éliminées et le virus est latent.Ceci oblige tous les Juifs a demeurer vigilants mais les canadiens dans leur ensemble peuvent, et sans doute dans certaines circonstances, doivent s allier aux juifs pour empêcher la renaissance de ce mal car la haine que subit une minorité ne touche pas uniquement cette minorité mais répand ses ravages parmi les membres de la majorité.Certains des problmes qui se posent aux juifs canadiens sont à peine visibles.Pourront-ils s\u2019intégrer à la communauté canadienne tout en demeurant eux-mêmes et tout en s\u2019efforçant de conserver leur tradition et de s\u2019épanouir selon leur génie propre?Il est évident que le Canada est d\u2019abord un pays bi-culturel.Cependant, il offre la liberté et la possibilité à chaque groupe de garder son identité propre tout en faisant partie de la communauté canadienne.Ce qui n\u2019est pas toujours facile, c\u2019est l\u2019usage même de cette liberté.Pour conserver notre identité, un effort constant et un travail continu d\u2019étude et d\u2019approfondissement sont nécessaires.Nécessaires aussi sont la volonté de demeurer soi-même et la conviction que l\u2019effort consenti n\u2019est pas vain.En fait, combien est plus simple le chemin de la facilité qui nous conduit à vouloir nous perdre dans une masse informe dont la trame de l\u2019existence ne dépasse pas les limites des besoins matériels et du confort quotidien.Etre un groupe distinct, est-ce dire qu\u2019on doit vivre dans un ghetto?Ce serait là à notre sens sacrifier l\u2019esprit à la lettre.Il ne s\u2019agit pas de conserver uniquement les symboles extérieurs de notre foi et les marques sans vie de notre culture mais d\u2019introduire dans notre vie quotidienne les grands principes que nous ont légués nos ancêtres tout en les vivifiant de nos expériences actuelles.En donnant ainsi un sens à notre destin de groupe, nous ne retranchons rien à notre mission de canadiens.Au contraire, nous apportons une contribution plus riche à la vie du pays.Le problème culturel et humain au Canada n\u2019est pas l\u2019existence de groupes culturels distincts porteurs d\u2019une tradition ancestrale.Le problème c\u2019est que beaucoup de ces groupes ne sont pas eux-mêmes conscients de leur richesse et ne peuvent, par con- séqunt, s\u2019intégrer au grand ensemble canadien.Le danger c\u2019est le nivellement par le point zéro.Certes, il est plus facile à des personnes sans individualité propre et qui ont perdu le sens de ce qui les distinguent et les différencient de se rencontrer sur la plate-forme de l\u2019anonymat.Cela ne peut être de toute évidence, l'idéal d\u2019une société vivante, Juin-Juillet 1959 LES LIVRES LES ROMANCIERS CANADIENS ET LA CONDITION DES INTELLECTUELS Parmi les nombreux romans canadiens publiés les mois derniers, celui du romancier Mordecai RICHLER ; \u201cLe choix des ennemis\u201d mérite toute notre attention.M.Richler a déjà publié deux romans dont l\u2019un était consacré à la communauté juive de Montréal ; \u201cSon of a smaller hero\u201d.Nous avons déjà signalé ce dernier roman lors de sa parution à Londres et nous avons souligné que le jeune auteur était, à ce moment-là, sous l'influence d\u2019une crise d\u2019adolescence et que ses récriminations contre sa communauté nrocédaient d\u2019une difficulté d\u2019adaptation à l\u2019âge adulte.Or, depuis quelques années, M, Richler habite Londres où semble-t-il, sa carrière de romancier et de scripteur cinématographique se dessine de plus en plus clairement.A Londres, le jeune auteur canadien a dû entreprendre un nouvel effort d\u2019adaptation.Il ne s'agissait plus là de sa famille ou de son entourage immédiat.M.Richler devait définir sa place dans un milieu nouveau et redécouvrir son individualité dans une ville où il était un étranger et où on refusait de l\u2019admettre autrement que comme étranger.Son dernier roman \u201cLe choix des ennemis\u201d eut un certain succes a Londres.Tl vient d\u2019être traduit en français et publié à Paris.Nous sommes surpris, avons-le, que la parution de ce roman à Paris soit passé inaperçue à Montréal.D'autant plus que la critique française fut élogieuse et qu\u2019une revue parisienne n\u2019a pas hésité à comparer Richler a Koestler.T1 faut ajouter que ce roman est d\u2019un grand intérêt pour le lecteur canadien.L\u2019auteur y décrit la vie d\u2019un certain nombre d'écrivains et de jeunes intellectuels canadiens et américains expatriés à Londres.Certains, parmi eux, ont quitté les Ftats-Unis pour échapper à l\u2019inquisition de McCarthy.D\u2019autres, l'ont fait simplement poussés par le besoin d\u2019humer l\u2019air de l\u2019Europe.L'auteur retrace d\u2019une manière saisissante la vie quotidienne de ces expatriés volontaires.Ils gagnent difficilement leur vie, leur avenir est incertain et ils ont conscience qu\u2019ils mènent une existence marginale.N\u2019étant pas acceptés par la société anglaise, ils demeurent à Londres comme d\u2019éternels touristes : \u201cTls étaient fiers.Ils étaient venus en conquérants.Mais au lieu de conquérir, ils avaient été eux- mêmes conquis par l\u2019alcool, par le froid ou tar l\u2019indifférence.Tls avaient refusé de participer à la vie sociale.Ils tournaient les coutumes locales en dérision et d'ailleurs, pour la plupart, en (talent exemptés grâce à cet accent lourd qui ne permettait pas de dire à quelle \u201cclasse\u201d ils appartenaient .Ils n\u2019avaient pas fondé de foyer et ils n\u2019avaient pas su s\u2019implanter dans le pays.Ils avaient emmené leurs femmes comme ils avaient emmené leurs rasoirs électriques.-.\u201cCar, même pour ceux qui avaient vécu à Londres durant des années, la vraie vie de la ville n\u2019était qu\u2019une rumeur.Les indigènes tourbillonnaient autour d'eux comme s'ils étaient aspirés par Diana Dors, par des courses en autobus, par toutes sortes de compétitions, par l\u2019automation et par la princesse Margaret.Les étrangers ne fravaient qu'avec les étrangers.\u201d Cet aspect du roman de Richler pose avec acuité la question de l\u2019intellectuel canadien qui quitte son pays.Qu\u2019il soit de langue anglaise ou de langue française, qu\u2019il s\u2019installe à Londres ou à Paris, son problème est plus ou moins le même.Conquis par la grande ville européenne et son immense richesse, il se fraie difficilement une place dans ses méandres.Même s\u2019il réussit à gagner sa vie, la place qu\u2019il occupera sera toujours marginale.Son rôle, il ne peut le jouer pleinement que sur place, au Canada, même si certains aspects de la vie culturelle lui semblent hostiles.A Londres ou à Paris.l\u2019intellectuel Canadien peut gagner sa vie.Au Canada, il peut jouer un rôle et occuper une place dans la société découvrant ainsi un sens profond d\u2019un engagement qui n\u2019est ni abstrait, ni une facade à un arrivisme facile.Ce n\u2019est là qu\u2019un aspect du roman de Richler.L'auteur voulait, par ailleurs, décrire la situation paradoxale, contradictoire et quasi impossible de l\u2019intellectuel de gauche.Celui-ci a perdu ses certitudes.Parmi ses personnages, on trouve un Allemand, Ernest, ancien Nazi, ancien Communiste.évadé de l\u2019Allemagne de l\u2019Est et vivant illégalement à Londres.Jutaposé à un soldat juif.\u201c\u2014On dirait que n te- Jue nous apparte nons a un monde de promesses non tenues, et de colère, et que tout cela n\u2019a pas plus de valeur que ce qui se passe le jour de Ia Sainte-Catherine.Mais, voyez- vous, Ernest lutte pour naître à la conscience.Nous venons d\u2019un monde où régnait un certain ordre, et de cet ordre, nous avons fait un chaos.C\u2019est de ce chaos que sort Ernest.C\u2019est pourquoi.en un certain sens, nous sommes responsables de lui.En tous cas.c\u2019est ainsi que je vois les choses.\u201d \u201cC\u2019est une époque qui a besoin d\u2019être consolidée, une époque où la surenchère remplace l\u2019Hérois- me, où la trahison, à v regarder de près, remplace la fidélité et où la foi, l'honneur et le courage sont la petite monnaie de politiciens astucieux: tine époque où Juin-Juillet 1959 BULLETIN DU CERCLE JUIF LA COMMUNAUTE JUIVE AU BRESIL par Bernardo Gersen M.Bernardo Gersen est l\u2019un des jeunes écrivains juifs brésiliens les plus prometteurs.I a bien voulu, à notre demande écrire un article sur la communauté juive du Brésil.Quoique les juifs du Brésil plan des alliances de famille, ainsi jouent dans la vie politique, artistique et littéraire du pays un rôle assez considérable, l'apport de la communauté juive à la culture brésilienne est encore modeste.Cela tient aux conditions générales du pays, aussi bien qu\u2019à la nature de la communauté, celle-ci, d\u2019ailleurs, reflétant dans ses caractéristiques et son orientation les traits principaux de celui-là.En effet, 11 s\u2019agit d\u2019une communauté très hétérogène par ses origines.Pour qu\u2019une communauté atteigne le niveau propice à la création, au travail fécond, il est indispensable qu\u2019elle développe une certaine conscience d\u2019elle-même, signe d\u2019une relative intégration communale et, indirectement, d\u2019une pleine adaptation sociale et nationale.Or, c\u2019est seulement depuis la dernière guerre qu\u2019on observe une tendance nette à la fusion des divers courants qui constituent la communauté, et à la formation de liens nouveaux sur le il importe de se montrer opinià- tre.L'opiniâtreté est une grande vertu.\u201d Avouons, cependant, que comparé à ce qu\u2019ont écrit un Koestler, un Silone, un Wright, le roman de Richler paraît bien pâle.Dans sa technique, ce roman se rattache à un certain genre facile du roman américain.Bien sûr, Richler ne fait pas songer à Hemingway ou à Faulkner.TI se classe dans la lignée des Wouk, Uris, Shapiro (un autre montréalais), ce qui, tout compte fait, n\u2019est pas trop mal.C\u2019est un autre genre d\u2019intellectuel que nous présente M.René Chicoine dans son roman \u201cCarrefour des Hasards\u201d, Roman?En vérité c\u2019est plutôt d\u2019un journal artistique qu\u2019il s\u2019agit, journal coiffé d\u2019un récit des aventures sentimentales du héros.Quoique le roman se lise agréablement, on a du mal à partager les émotions du héros qui nous semble parfois capricieux et qui donne l'impression d\u2019attacher trop d'importance à certains faits et évènements de la vie quotidienne.Ajoutons que ce roman est très bien écrit.Mordecai Richler: Le Ennemis (traduit Daniel Apert).Paris.René Chicoime: Carrefour des Hasards: Le Cercle du Livre de France (Coliection Nouvelle-France) Montréal.Choix des de l\u2019anglais par Editions du Seuil, que sur le plan social et celui des institutions religieuses et culturelles.Un pays en plein essor Quant aux conditions générales du pays, elles tendent à agir sur les nouvelles générations, les seules qui comptent vraiment à notre point de vue, car la majorité des 150,000 juifs du Brésil sont nés à l\u2019étranger.Le Brésil est un pays jeune, à tous les égards, un pays en plein développements et qui traverse une phase d\u2019expansion vertigineuse.L'industrie y est en plein essor et les villes grandissent \u2014 horizontalement et verticalement \u2014 à un rythme extrêmement rapide.De nouvelles villes très modernes, parmi lesquelles la nouvelle capitale, Brasilia, projetée selon les principes les plus avancés de l\u2019urbanisme et située sur un plateau central du pays, poussent comme des champignons et des routes monumentales sont ouvertes à travers la jungle, qui relieront les régions les plus éeloignées à la nouvelle capitale et aux centres producteurs.On a donc besoin surtout de techniciens, d\u2019ingénieurs, d\u2019architectes, d\u2019hommes d\u2019action, d\u2019administrateurs, avec le sens du concret et de l\u2019immédiat.La culture a sa place Sur le plan social, inévitablement, le technicien et même le brasseur d\u2019affaires jouissent de beaucoup plus de prestige que l\u2019intellectuel, l\u2019artiste, et leur niveau de vie, évidemment, est supérieur.Cet état de choses ne peut manquer d\u2019influencer la mentalité des nouvelles générations.Le tiers des étudiants de l\u2019Ecole Polytechnique de Rio sont juifs; et la proportion des étudiants juifs aux écoles de chimie, d\u2019architecture, de médecine, de droit, est très considérable au détriment des Facultés de Lettres de l\u2019Ecole Nationale de Musique, et même de l\u2019Ecole des Beaux-Arts, fréquentées au Brésil surtout par des jeunes filles.Heureusement, même dans ces domaines à la mode, la possibilité de contribution originale reste grande.Le Brésil compte plusieurs arcihtectes de renommée internationale, et un des plus célèbres et des plus doués est juif: Henrique Mindlin.La soif de vivre, le besoin de luxe, la course à argent qui caractérisent naturellement une telle société faconnent jusqu\u2019à un certain point leurs institutions sociales et culturelles.I] y a quelques années les clubs juifs de Rio, de San Paulo, de Pôrto Alegre étaient surtout, ou en majorité, des centres mondains, limitant leurs activités à des bals, des compétitions sportives, des réunions de bienfaisance.Depuis la renaissance de l\u2019Etat d'Israël leur rôle s\u2019est nettement modifié et s\u2019élargit chaque jour davantage.Non seulement ces clubs tendent à devenir de plus en plus juifs, quelle que soit leur tendance idéologique offrant des cours d\u2018\u2019hébreu et d\u2019histoire du peuple d'Israël et inculquant dans l\u2019esprit de leurs membres une fierté nationale, mais ils participent également au renouveau général de la culture juive, et mettent de plus en plus l\u2019accent sur les activités culturelles.Ils organisent des expositions de peinture auxquelles participent leurs membres, forment leurs propres troupes d'art dramatique et leurs chorales (qui chantent des oeuvres du folklore Yiddish, brésilien et israélien, aussi bien que des morceaux de Haendel, Villa Lobos et de compositeurs israéliens modernes), offrent des séances de cinéma d\u2019art, des débats sur toutes sortes de sujets culturels.des concours littéraires.Activités juives D\u2019autres part, le nombre d'écoles et de collèges juifs, où l\u2019enseignement de l\u2019hébreu et du Yiddish est donné parallèlement à celui des disciplines courantes.souvent par des professeurs venus spécialement d\u2019Israël, s\u2019est accru étonnamment.Puis, il y a les cours du soir d\u2019hébreu pour des étudiants juifs d\u2019écoles non-juives et pour des adultes.Et il y a la presse juive, en portugais et en Yiddish, dont le nombre de lecteurs ne cesse d'augmenter, et, surtout, les programmes juifs à la radio (et à la télévision), écoutés pour ainsi dire religieusement par l\u2019écrasante majorité des juifs des grandes villes.Cette poussée culturelle dans tous les domaines ne pourra manquer, à la longue, de porter des fruits pour la culture juive aussi bien que pour la culture brésilienne proprement dite.Quelques artistes Jusqu\u2019à présent, la majorité des artistes et des intellectuels juifs étaient d\u2019origine étrangère qui ont souvent passé la plus grande partie de leur vie au Brésil, ou dont la formation artistique s\u2019est réalisée dans ce pays.Citons-en quelques-uns: tout d\u2019abord, Lasar Se- gall.Né en Russie, décédé il y a deux ans, peintre de tendance ex- pressioniste, qui unit aux techniques de l\u2019art moderne une profonde conscience sociale et, très souvent, juive, tant par les sujets de ses tableaux \u2014 par exemple, le monumental: \u201cBateau d\u2019Emigrants\u201d, la poignante série du \u201cPogrom\u201d et des \u201cCamps de concentration\u201d \u2014 que par une certaine mélancolie presque morbide dans le traitement.Il y a aussi Franz Waissman, peintre et sculpteur d\u2019origine autrichienne, d\u2019un très grand talent, encore jeune mais qui a déjà gagné plusieurs prix importants.Quant à Fayga Ostrower, peintre et graveur, elle est née en Pologne mais fut élevée à Rio, ville où elle a commencé ses études et qui a vu l\u2019épanouissement de sa personalité artistique.Elle remporta un grand prix à la dernière Biennale de Venise.Et quelques écrivains Dans le domaine des lettres l\u2019apport des juifs est encore très mince.Il v a surtout des érudits, des professeurs et des journalistes.Un auteur dramatique à succès fait exception: Pedro Bloch, qui est également médecin, et dont les pièces: Les mains d\u2019Eurvdice, Les ennemis m\u2019envoient pas de fleurs.sont jouées dans les grandes capitales de l\u2019Eurore et de l\u2019Amérique du Sud.Dans le roman et la poésie, les deux genres les plus substantiels et les plus originaux de la littérature brésilienne, et qui comptent quelques auteurs de portée universelle, \u2014 dont Jorge Amado, romancier traduit dans trente langues \u2014 les juifs n\u2019ont produit encore rien d\u2019appréciable.Dans la vie politique, le rôle des juifs est assez important: plusieurs députés de la nouvelle Chambre sont juifs, dont Horacio Lafer, industriel de S.Paulo, ancien ministre des finances et un des plus influents leaders du P.S.D., parti qui est au pouvoir.Dans l\u2019ensemble, toutefois, il est encore trop tôt pour évaluer l'arport des juifs \u2014 soit directement à la culture brésilienne, soit de facon indirecte, par l'intermédiaire de la culture juive.Il s\u2019agit d'une communauté assez récente, encore trop peu homogène, dont les racines dans le pays ne sont pas profondes.En effet, ce que des juifs ont fait pour l\u2019art et la civilisation au Brésil, jusqu\u2019ici, présente peu de caractère juif ou même brésilien.Le Cercle Juif participe au défilé historique de la fête nationale des canadiens-français Pour la première fois, une délégation dont faisait partie M.S.D.Cohen représentant le Cercle Juif a participé au défilé historique de la fête nationale des canadiens- français le 24 juin dernier.Ce défilé est organisé, on le sait, par la Société Saint-Jean-Baptiste. GS = 3 SE use or 3 A BULLETIN DU FESTIVALS DE MONTREAL C\u2019est par un double événement artistique d\u2019une très haute importance et du plus grand éclat que s\u2019ouvriront, le 4 août prochain, les spectacles et concerts du Festival de Montréal.Après la soirée d\u2019inauguration qui aura eu lieu la veille et sur invitation seulement, le Festival présentera dès le 4 août la Comédie Française à la Comédie Française à la Comédie Canadienne et le même soir le célèbre pianiste allemand Wilhelm Kempf f en concerto avec la fameuse \u201cSymphony of the Air\u201d, dirigée par Wilfrid Pelletier, à l\u2019auditorium du Plateau.La Comédie Française jourra à Montréal \u201cLe Jeu de l\u2019Amour et du Hasard\u201d, de Marivaux, et \u201cL\u2019Ecole des Maris\u201d, de Molière dans la même soirée, avec Maurice Escande, Hélène Perdrière, Robert Manuel et Jacques Toja comme têtes d'affiche.Il y aura en tout quatre représentations de ce spectacle soit les 4, 5, G et 7 août.Quant à M.Kempff, il jouera dans le même concert le troisième Concerto de Beethoven, en do mineur, et le Concerto en la mineur de Schumann.Le 6 août, sera donnée en l\u2019église Notre-Dame, l\u2019opéra de Piz- zetti, \u201cAssassinio nella cattedrale\u201d, d\u2019après le chef-d'oeuvre de T.S.Eliot, \u201cMeurtre dans la Cathédrale\u201d.L\u2019oeuvre sera exécutée sous la direction du chef Laszlo Halasz et sa collaboration avec l\u2019Empire State Music Festival, de New- York.La \u201cSymphony of the Air\u201d, ancien orchestre de Toscanini, pariicipera a la présentation qui mettra en vedette pluscieurs chanteurs nord-américains bien connus, notamment la basse Joseph Rouleau et Theresa Stratas, de Toronto.Le vendredi 7 août, les manifestations du Festival se poursuivront avec un récital de quatre sonates de Beethoven par Wilhelm Kempff au Plateau.Le célèbre maitre allemand jouera alors les quatre dernières sonates de Beethoven.À la Comédie canadienne, et pour huit représentations, on donnera du 10 au 28 août, dans une mise en scène de Guy Hoff- mann, la joyeuse opérette d\u2019Offenbach, \u201cBarbe-Bleue\u201d.Une distribution entièrement canadienne participera a ces représentations, rappelant les succés passés du Festival dans le domaine de l\u2019opéra, notamment avec \u201cLes Noces de Figaro\u201d et de \u201cDon Juan\u201d.André Turp, Jean-Paul Jeannotte, Jacqueline Plouffe, Yolande Dulude, Lionel Daunaiss Guy Hoffman, Paul PBerval, Georges Carrère, Germaine Giroux et Claudette Bergeron incarneront les divers personnages de cet opéra-bouffe qui sera pour plusieurs une véritable révélation.L\u2019oeuvre sera dirigée par Jean Beaudet et les costumes et décors seront signés Michel Ambrogi.Le Festival de Montréal présentera en outre la création de la nouvelle pièce de Gratien Gélinas, \u201cBousille et les Justes\u201d, à compter du 17 août à la Comédie Canadienne, deux concerts de musique de chambre avec la Quintette Chi- giano, de Rome, les 11 et 14 août à ce même théâtre, deux récitals de musique du XVIIIe siècle par John Newmark sur son piano Cle- menti, les 24 et 26 août au Musée des Beaux-Arts, et enfin quatre concerts populaires de la fanfare et du choeur de l\u2019Aviation américaine.Deux de ces concerts auront lieu au Chalet du Mont-Royal, les 16 et 16 août deux autres au théâtre du Parc Lafontaine, les 17 et 18 août.Comme on le voit, les Festivals de Montréal présenteront au public de Montréal et de la province, cette année, ces spectacles et concerts qui n\u2019ont rien à envier à ce qui se fait ailleurs en Amérique du Nord et qui, dans bien des cas, égale les festivals européens.Le choix des oeuvres a été préparé avec beaucoup de soin et les meilleurs artistes disponibles ont été engagés pour les interpréter.Chronique Parisienne (Suite de la page 1) du réfugié.À cette initiative des Nations Unies, on a donné ici une énorme résonnance.La radio-té- lévision, la presse, les affiches répandent à loisir les slogans en faveur des réfugiés dont 40.000 ont reçu récemment un généreux accueil dans notre pays.Symbole émouvant: c\u2019est un ancient réfugié, directeur de l'institution pour l\u2019aide aux réfugiés juifs en France, qui a été promu aux plus lourdes responsibilités de \u2018l\u2019Année mondiale.\u201d Les Cantiques de Max Neumann Singulier paradoxe.Le meilleur disque de musique juive rituelle qui soit sorti des presses discographiques provient de.la \u201cDeutsche Gramophon Gesel- schaft\u201d.Presenté en stéréophonie comme en monophonie, cette réalisation de Max Neumann et de la belle chorale \u201cOratorio de Paris\u201d justapose avec un rare bonheur psaumes (S-u sheorim) et cantiques traditionnels (Kol Nidre, Sh\u2019am Kolenu).N\u2019empêche, il y a tout de même une petite gêne.Tourisme et ferveur Avec la canicule de l\u2019été nous sont arrivés les touristes, d\u2019outre- atlantique et d\u2019ailleurs.Nous synagogues trouvent désormais la veille du sabbath des fidèles aussi polyglottes que fervents.En outre nombre d\u2019étrangers témoignent d\u2019un intérêt passionné pour tout ce qui est juif à Paris, institutions du présent comme vestiges du passé.Ne serait-ce pas le moment d\u2019édifier enfin à Paris ce grand musée juif dont la nécessité s\u2019impose de plus en plus.Ce Musée, géré à la fois par la municipalité et la Communauté pourrait rassembler des souvenirs émouvants et des trésors artistiques actuelle- CERCLE JUIF Lettre de Jérusalem.(Suite de la page 1) tion de vieux mots, la dérivation de nouvelles formes à partir de vieux radicaux et une lutte sans merci contre les erreurs et les incorrections.Pour illustrer ce programme le Professeur Tour Sinai a déclaré que, contrairement à l\u2019opinion de M.Ben Gourion, le mot Académie n\u2019est pas un mot étranger.Cette expression grecque viendrait du nom du fondateur de la première académie, un certain Académos, dérivé lui-même du mot hébraique \u201ckédem\u201d, signifiant: ancien, antique.Allant plus loin encore, le Professeur Tour Sinai prétend que cet Académos était Juif.Quoiqu\u2019il en soit, I\u2019Académie travaille pour l\u2019instant à l\u2019a- chévement du grand dictionnaire hébraique de Ben Yéhouda commencé il y a 70 ans.Elle compte également terminer d\u2019ici 25 ans, un dictionnaire historique de l\u2019hébreu, de la Bible à nos jours.Juifs en plus d\u2019être israéliens Ils étudient la Bible, la littérature hébraique, le Talmud, la Ha- gada, l\u2019histoire juive; ils parlent l\u2019hébreu et on leur reproche un manque de \u201cconscience juive\u201d.C\u2019est pourtant le cas de nombreux lycéens qui sont de parfaits Israéliens mais que rien ou presque rien ne rattache au peuple juif dans son ensemble.Pour éviter cette rupture entre le peuple d\u2019Is- raél dans son pays et le peuple juif dans le monde, le parlement a voté une résolution donnant au Ministre de l\u2019Education les pleins \u2018pouvoirs pour élaborer un programme tendant à \u2018implanter aux jeunes esprits la conscience d\u2019être juifs\u201d (et non seulement Israéliens.) Ce programme engage notamment les professeurs à emme- nesr leur élèves de temps à autre à la synagogue le vendredi soir pour les faire assister à un office dont 1ls ignorent souvent la liturgie.Dans cet ordre d'idées, des visites sont organisées au siège du Rabbinat à Jérusalem et dans diverses synagogues et yéschivoth de la capitale et des autres villes du pays.Beethoven dans un cadre unique Le chant des cigales monte dans la nuit chaude d\u2019Eilath, peuplant les silences de la partition.La lune ment dispersés aux quatre points cardinaux de Paris: du musée Carnavalet (moyen-âge) au modeste bâtiment de la rue des Saules, du Louvre aux collections semi-privées qu\u2019un étranger de passage chez nous aura toutes les peines du monde à visiter.Lors d\u2019un récent séjour à Amsterdam j'avais été ébloui par l\u2019agencement du Musée juif de la capitale néerlandaise, pourtant relativement pauvre.Ce qui a été accompli aux Pays-Bas où la communauté ne compte guère qu\u2019une quinzaine de milliers de personnes ne peut-il être fait chez nous?Juin-Juillet 1959 qui vient de se lever a laissé une trainée blanche sur les eaux immobiles de la baie.On croirait ce décor artificiel planté là par un metteur en scène en veine de romantisme.Et pourtant, rien n\u2019est plus réel; la baie, la lune, la nuit étoilée, le chant des cigales et les deux mille garcons et filles en spartiates, la chemise flottant sur le pantalon qui écoutent les veux rivés sur Isaac Stern, le concerto pour violon et orchestre de Beethoven.Le grand violoniste a eu l\u2019idée de ce concert.Eugène Or- mandy et tous les musiciens de l\u2019orchestre l\u2019on approuvé avec enthousiasme.Le soir même ils rentraient en avion à Tel-Aviv avec le sentiment que ce concert aura été un évènement inoubliable pour eux et pour tous les habitants du second port d\u2019Israël, où les manifestations culturelles de cet ordre sont assez rares.La peinture de M.Janko La rétrospective Marcel Janko au musée Hélena Rubinstein à Tel-Aviv est une surprise agréable et qui ne manque pas d\u2019intérét.Les organisateurs ont réuni 120 toiles de cet éternel révolté, couvrant 40 ans d\u2019une création presque inintérompue.Janko a commencé sa carrière d\u2019avant-gardiste à Zurich en 1917.Avec un groupe de poètes et de musiciens il fonde le mouvement \u201cDada\u201d qui se rend célèbre par la façon violente dont il réagit devant l\u2019esprit petit-bourgois.En Roumanie où il retourne après un séjour à Paris, il devient une des personnalités en vogue dans les milieux artistiques.Il expose en 1938 à Bucarest, et l\u2019on rapporte qu\u2019un poète connu, enthousiasmé par cette peinture nouvelle, se serait exclamé en l\u2019embrassant sur les deux joues: \u201cquel dommage que vous soyez Juif\u201d.Janko arrive en Israël en 1941 et refuse de prendre une part active à la vie du pays.Il ne sera ni critique d\u2019art, ni conservateur de musée, Il peint.Et lorsque.tous les peintres en sont à l\u2019impressionisme, il fait de la peinture abstraite.Tl passe à l\u2019expressionisme constructif lorsque tous les autres en arrivent à l\u2019abstrait.Cette exposition est pleine de dynamisme et d\u2019une liberté d\u2019expression qui témoigne de la vitalité d\u2019un peintre en révolte constante contre les idées reçues et les poncifs de notre société.Dans un autre genre, plus conservateur, les oeuvres de peintre Manobla de Jérusalem ont attiré l\u2019attention sur un procédé nouveau grâce auquel le relief donne une vie extraordinaire aux tableaux.Par un système d\u2019éclairages appropriés qui s\u2019ajoute au nouveau procédé, le Mur des Lamentations présenté sur une immense toile, donne une telle impression de réalité que beaucoup de visiteurs qui se souviennent de leur pèlerinage en Vieille Ville, en ressentent une vive émotion."]
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